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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 20:03
Vous ne voulez pas venir à Moi pour avoir la vie
« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
(Jean 5 :40)

Ce verset est l’un des plus puissants qu’utilise la religion centrée sur l’homme. Un d'ailleurs des grands canons des arminiens. L’ayant installé sur leurs murailles, les hommes l’emploient avec grand fracas contre les pauvres Chrétiens appelés calvinistes et qui s’attachent à la Bible. 

J’ai l’intention ici de pourfendre ce canon, ou plutôt de le retourner sur l’adversaire, parce qu’il ne leur a jamais appartenu. Il n’a pas été coulé dans leur fonderie, mais il vise au contraire à enseigner la vérité qui s’oppose précisément à leurs assertions. On découpe habituellement ce texte de la manière suivante :

  1. L’homme a une volonté ;

  2. Il est entièrement libre ;

  3. Il doit se pousser lui-même à vouloir aller à Christ, sans quoi il ne peut être sauvé.

Mais je m’oppose farouchement à un tel dépeçage, et je m’efforcerai pour ma part de considérer le texte d’une manière plus calme. Je ne conclurai pas automatiquement, parce qu’il parle de « vouloir » ou de « ne pas vouloir », que le texte enseigne la doctrine du libre arbitre. Il a déjà été démontré au-delà de toute controverse que le libre arbitre est une absurdité. 

La liberté ne peut pas davantage appartenir à la volonté que l’analyse pondérale n’est propre à l’électricité. Ce sont deux choses entièrement différentes. Nous pouvons croire au pouvoir de choisir, mais une liberté de choix est tout simplement ridicule. 

Tout le monde sait bien que la volonté est dirigée par l’intelligence, poussée par les motivations, guidée par d’autres parties de l’être, et qu’elle n’est qu’une chose de second degré. La philosophie et la religion réfutent d’emblée la pensée même du libre arbitre.

Et j’irai aussi loin que la grande assertion de Martin Luther :

« Si quelqu’un attribue quoi que ce soit du salut, même la plus petite part, au libre arbitre de l’homme, cette personne ne connaît rien de la grâce et n’a pas connu ma vérité sur Jésus-Christ ».

Cela peut sembler un sentiment dur, mais celui qui croit en son âme que l’homme se tourne vers Dieu de par son libre arbitre ne peut avoir été instruit de Dieu. En effet, l’un des premiers principes que celui-ci enseigne en commençant son œuvre en nous est que nous n’avons ni volonté ni puissance, mais qu’Il nous donne les deux. Il est « l’alpha et l’omega » dans le salut de l’homme. Loin d’affirmer que l’homme vient à Christ de sa propre volonté, le texte le renie avec vigueur et force. Il déclare : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

Ami(e), je suis sur le point de m’écrier :

Tous les adeptes du libre arbitre ne savent-ils rien pour oser s’opposer ainsi à l’Inspiration Divine ? Tous ceux qui nient la Doctrine de la Grâce Libre et Souveraine n’ont-ils point d’intelligence ? Se sont-ils tellement détournés de Dieu qu’ils tordent ce texte pour prouver leur libre arbitre ? Cela n’empêche pas la Bible de dire : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

 

L’homme est mort par nature

 

« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » 

Personne ne court après la vie s’il la possède déjà en lui-même. Le texte parle avec force lorsqu’il dit : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! ».

Sans le dire directement, il affirme cependant que l’homme a besoin d’une vie supérieure à celle qu’il possède de nature. 

Ami(e) lecteur(rice), nous sommes tous morts si nous n’avons pas été engendrés pour une espérance vivante.

Par nature, nous sommes tous légalement morts

« Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement », dit Dieu à Adam. Bien que ce dernier ne soit pas mort physiquement à cet instant-là, il mourut cependant dans un sens légal. C’est-à-dire que l’arrêt de mort fut enregistré contre lui dès le moment de sa transgression.

Dès que le président du tribunal, en sa qualité de juge, prononçait autrefois la peine capitale, l’homme était tenu pour mort à l’égard de la loi. Un mois pouvait s’écouler entre le prononcé de cette sentence et son exécution, mais la loi considérait dès cet instant ce condamné comme un homme mort. Il lui était désormais impossible de procéder à toute transaction. Il ne pouvait ni hériter ni léguer. Il n’était plus rien, sinon un homme mort. Le pays ne le considérait plus comme vivant en son sein. S’il y avait une élection, il ne pouvait pas voter parce qu’on le regardait comme mort. Il était enfermé dans sa cellule de condamné, et il était mort.

Et vous, pécheur impie qui n’avez jamais eu la vie en Christ, vous êtes encore vivant aujourd’hui, en sursis. Mais, savez-vous qu’en fait, vous êtes légalement mort ?

Dieu vous considère comme tel. Savez-vous que, le jour où notre père Adam toucha le fruit, et lorsque nous-même avons péché, Dieu se leva en sa qualité de Juge Eternel et nous Condamna ?

Nous parlons abondamment de notre statut, de notre bonne moralité.

Où se trouvent toutes ces choses si nous ne sommes pas en Paix avec Dieu ? L’Écriture déclare que vous êtes « déjà condamné ». Au moment même où nous avons péché, notre nom fut inscrit dans le sombre livre de la justice. Dieu condamna alors chacun de nous à mort, à moins qu’il ne se trouve un substitut pour nos péchés en la Personne de Christ.

Que penseriez-vous si vous alliez au tribunal et voyiez le coupable condamné assis sur son banc en train de rire et de s’égayer ? Vous vous diriez : « Cet homme est fou car il est condamné et va être exécuté. Pourtant le voilà qui rit ! »

Et quelle n’est pas la folie qui caractérise l’homme du monde ! Alors qu’une sentence de mort est retenue contre lui, il vit dans la gaieté et le rire ! Pensez-vous que la Sentence de Dieu n’ait pas de Puissance ? Pensez-vous que notre péché, éternellement gravé sur le roc avec une plume d’acier, ne renferme aucune horreur ? Dieu a dit que nous sommes, vous êtes déjà condamné.

Si seulement nous sentions la réalité de cette Sentence, cela mélangerait l’amertume à la douceur de notre coupe d’insouciance. Les danses s’arrêteraient et les rires s’éteindraient en plaintes, si nous nous souvenions que nous sommes déjà condamné.

Nous devrions tous pleurer si nous prenions vraiment ceci à cœur. Nous n’avons, par nature, aucune vie devant Dieu. Nous sommes, effectivement et positivement, condamnés, et cette condamnation est déjà enregistrée contre nous.

Dieu nous considère, maintenant en nous-mêmes, aussi morts que si nous étions déjà jetés en enfer. Le péché nous condamne dès à présent. Nous n’en souffrons pas encore le plein châtiment, mais celui-ci est déjà préparé pour nous. Nous sommes légalement morts, et nous ne pouvons trouver la vie à moins que ce ne soit la vie légale qui réside en la Personne de Christ.

Par nature, nous sommes aussi morts spirituellement

La sentence ne fut pas seulement enregistrée  dans un livre, mais elle toucha le cœur, pénétra dans la conscience et opéra sur l’âme et le jugement, sur l’imagination et l’être tout entier.

« Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »

Cette parole n’est pas seulement l’écriture d’une sentence, mais aussi une réalité qui prit place en Adam lui-même. Le jour où il mangea du fruit, son âme mourut aussi réellement que ce corps qui m’enveloppe mourra à un certain moment, que le sang s’arrêtera, le pouls cessera et l’air n’enflera plus les poumons.

L’imagination d’Adam perdit son puissant pouvoir de s’élever vers les choses Célestes et de voir le Ciel. Sa volonté perdit sa puissance à toujours de choisir ce qui est bon. Son jugement perdit capacité de juger résolument et infailliblement entre le bien et le mal, bien qu’un certain reste ait été retenu dans la conscience. La mémoire d’Adam se tacha et découvrit une capacité à retenir des choses mauvaises tout en laissant des choses justes s’échapper. Chacune des forces de l’homme cessa de fonctionner quant à sa vitalité morale. La bonté, qui était la vitalité de ses forces, disparut. La vertu, la sainteté et l’intégrité, qui composaient la vie de l’homme, s’enfuirent, et il mourut. En ce qui concerne les choses spirituelles, tout homme est désormais spirituellement «mort par ses offenses et par ses péchés ».

Chez l’homme naturel, l’âme n’est pas moins morte que le corps ne l’est lorsqu’on le met en terre. Elle est réellement et positivement morte, et non pas seulement dans un sens métaphorique. Paul ne parle pas en métaphore lorsqu’il dit : « Vous qui étiez morts par vos offenses et par vos péchés » (Ephésiens 2 :1).

Ami(e) lecteur(rice), j’aimerais que ce soit à votre cœur dont je parle ici. C’était assez terrible lorsque, tout à l’heure, je décrivais la mort comme ayant été enregistré contre vous. Voici que j’en parle maintenant comme étant effectivement survenue dans votre cœur.

Vous n’êtes pas ce que l’homme fut autrefois, au temps de sa création en Adam. Il était alors pur et saint. Vous n’êtes pas la créature parfaite dont certains se vantent. Vous êtes entièrement déchu, vous vous êtes écarté du chemin, vous vous êtes corrompu et souillé.

N’écoutez pas le chant de sirène de ceux qui vous parlent de votre dignité morale, et de votre puissante élévation dans les choses concernant le salut. Vous n’êtes pas parfait. Ce terrible mot « ruine » est écrit sur votre cœur, et la mort est gravée sur votre esprit.

Et vous, qui pensez être un homme moral, n’imaginez pas que vous serez capable de vous tenir devant Dieu dans votre moralité. Vous n’êtes rien de plus qu’une carcasse embaumée de légalisme, un cadavre revêtu de vêtements somptueux, mais cependant corrompu aux yeux de Dieu. Et ne pensez pas, vous qui possédez une religion naturelle, pouvoir vous rendre acceptable devant Dieu par votre propre force et votre puissance. Vous êtes mort !

On peut revêtir les morts aussi glorieusement qu’on le veut, ce n’en est pas moins une moquerie solennelle.

Voilà Cléopâtre qui repose sur son lit de mort. Ceignez-lui le front de sa couronne, habillez-la des vêtements royaux, entourez-la du grand apparat. Mais, quel frisson glacé vous transperce lorsque vous l’approchez ! Elle est encore belle, même dans la mort, mais quelle horreur que de se tenir aux côtés d’une morte, même si elle était reine et réputée pour sa majestueuse beauté !

Vous possédez peut-être la gloire de votre beauté et de votre gentillesse. La couronne de l’honnêteté ceint votre front, et les vêtements de l’intégrité vous habillent.

Mais, si Dieu ne vous a pas éveillé, si l’Esprit n’a pas touché votre âme, vous êtes aussi répugnant au regard de Dieu que l’est un cadavre à vos yeux.

Vous refuseriez qu’on assoie un cadavre à votre table.

Pareillement, Dieu n’aime pas vous voir devant lui. Il est en colère contre vous continuellement, car vous êtes dans le péché, vous êtes dans la mort. Croyez-le, et que cette vérité pénètre dans votre âme. Emparez-vous d’elle, car votre mort, spirituelle et légale, est une vérité incontournable.

Notre mort est une mort éternelle

C’est l’exécution de la sentence légale et la consommation de la mort spirituelle. La mort éternelle est celle de l’âme, et elle prend place après que le corps, dont l’âme s’est séparée, soit mis au tombeau. La mort légale est terrible en raison de ses conséquences, et la mort spirituelle est redoutable à cause de ce qui lui sont les racines, et la mort qui doit venir en est la fleur.

Si seulement j’avais les mots pour vous décrire ce qu’est la mort éternelle ! L’âme est passée devant son Créateur, le Livre a été ouvert et la sentence a été prononcée.

Les mots : « Retirez-vous de moi, maudits » ont secoué l’univers, et la désapprobation du Créateur a fait pâlir les sphères célestes.

L’âme s’est dirigée vers les profondeurs où elle demeurera avec d’autres dans la mort éternelle. Quelle situation horrible lui échoit. Elle se couche sur un lit de flammes. Elle subit des visions meurtrières qui terrifient son esprit. Elle entend des hurlements, des gémissements, des grognements et des plaintes. Son corps ne connaît plus autre chose que l’affliction des douleurs atroces ! Elle vit un malheur indescriptible, une misère absolue.

Alors, cette âme élève les regards, mais l’espérance s’est éteinte et a disparu.

Elle abaisse ses yeux avec terreur et crainte, car le remord s’en empare. Elle regarde à droite, mais les murs inflexibles du destin la gardent à l’intérieur des limites de ses tortures. Elle se tourne à gauche, mais le rempart d’un feu ardent lui interdit même l’échappatoire d’un rêve spéculatif d’évasion. Elle rentre à l’intérieur pour y chercher quelque consolation, mais un ver rongeur a pénétré en son être.

Elle regarde autour d’elle. Il n’y a plus d’amis pour l’aider, ni de consolateurs, mais seulement une abondance de bourreaux.

Elle perd alors tout espoir de délivrance. Elle a entendu la Clé Eternelle de la destinée tourner avec un horrible cliquetis définitif, et elle a vu Dieu prendre cette Clé et la jeter dans les profondeurs de l’Eternité afin qu’on ne la retrouve plus. Cette âme a perdu tout espoir, elle ne connaît aucune voie d’évasion et n’imagine plus aucune délivrance.

Elle soupire après la mort, mais celle-ci est devenue son ennemie et s’est enfuie. L’âme désire se faire avaler par quelque non-existence.

Comme l’ouvrier attend avec impatience son repos, elle soupire pour qu’on lui accorde au moins l’extermination, mais cette mort éternelle ne connaît pas d’annihilation.

L’âme désire se faire avaler par le néant tout autant que le galérien rêve de liberté. Mais le néant ne vient pas, car cette âme est éternellement morte.

Lorsque l’Eternité aura dévidé les multitudes de ses cercles infinis, cette âme sera toujours morte.

« Pour toujours » ne connaît pas de fin, et seule l’Eternité peut décrire l’Eternité.

Après tout ce temps, pour ainsi dire, l’âme voit encore écrit au-dessus de sa tête : « Maudite pour toujours ».

Elle entend des hurlements qui doivent être perpétuels, elle voit des flammes qui ne peuvent s’éteindre, elle souffre des douleurs sans mélange.

Elle entend sa Sentence qui gronde et roule, non comme un orage de la terre, si rapidement remplacé par le silence, mais comme un tonnerre qui continue sans cesse de secouer les échos de l’Eternité, faisant vibrer des milliers d’années du son terrifiant : « Eloignez-vous, éloignez-vous, maudits ! »

Voilà ce qu’est la mort éternelle.

La Vie en Jésus-Christ

« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

Pour un pécheur, il n’y a aucune vie disponible en Dieu le Père, ni chez le Saint-Esprit en dehors de Jésus.

La vie d’un pécheur est en Christ.

Ne prenez pas le Père sans le Fils car, même si Dieu aime Ses Elus et a décrété qu’ils vivront, cette vie n’est disponible qu’en Son Fils.

Ne prenez pas le Saint-Esprit sans Jésus-Christ car, bien que ce soit Lui qui nous donne la Vie spirituelle, cette Vie est en Christ, le Fils de Dieu.

Nous n’osons ni ne pouvons demander directement la Vie spirituelle au Père ou au Saint-Esprit.

Le premier acte vers lequel Dieu nous dirige lorsqu’Il nous fait sortir de l’Égypte du péché consiste à manger la Pâque, l’Agneau immolé.

C’est là la toute première chose et le premier moyen par lequel nous recevons la Vie. Nous nous nourrissons de la Chair et du Sang du Fils de Dieu, nous vivons en Lui, plaçant notre confiance en Lui et croyant en Sa Grâce et Sa Puissance.

De même que nous avons vu trois aspects en ce qui concerne la mort de l’homme pécheur, il existe trois sortes de vie en Christ.

Il y a une Vie légale en Christ

Tout homme naturel considéré en Adam fait face à une sentence de condamnation prononcée à son encontre au moment du péché d’Adam, et plus particulièrement au moment de sa première transgression. De même, si nous croyons en Christ, une sentence légale d’acquittement a été prononcée à notre compte en raison de l’Oeuvre de Jésus-Christ.

Pécheur coupable, vous êtes peut-être aujourd’hui, tout aussi condamné que les occupants de nos prisons.

Mais, avant que ce jour ne décline, vous pouvez être aussi libre de toute culpabilité que les anges dans le ciel.

Il existe une vie légale Réelle en Christ et, béni soit Dieu, certains d’entre nous en jouissent déjà.

Nous savons que nos péchés sont pardonnés car Christ en a souffert le châtiment.

Nous savons que nous ne pourrons jamais être punis nous-mêmes, car Jésus a déjà souffert à notre place.

La Pâque a été immolée pour nous, le linteau et les poteaux de notre vie ont été recouverts du sang, et l’ange de destruction ne peut plus nous toucher.

Il n’y a plus d’enfer pour nous, bien que celui-ci luise d’une terrible flamme.

Que l’on prépare le bûcher ancien de la géhenne, qu’on y apporte du bois et que beaucoup de fumée en sorte, nous ne pouvons jamais aller en ce lieu. En effet, Christ est mort pour nous.

Et s’il y avait des chevalets d’horribles tortures, et les plus terribles réverbérations des grondements du tonnerre ?

Rien de tout cela ne sera pour nous ! Nous sommes dès à présent délivrés en Jésus-Christ. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui croient en Jésus-Christ ».

Homme pécheur, êtes-vous légalement condamné aujourd’hui ? Le ressentez-vous ?

Alors, écoutez ; la Foi en Christ vous déclarera votre Acquittement Légal.

Ami(e), notre condamnation en raison de nos péchés n’est pas une chimère mais une réalité.

De même, l’Acquittement des Croyants est aussi une Réalité.

Si l’homme qui est sur le point d’être exécuté reçoit la grâce présidentielle, il la brandit comme une grande réalité.

« J’ai été grâcié, dit-il, personne ne peut me toucher maintenant. » Et je me sens comme lui.

« Jésus-Christ est Ma Justice,
Son Sang a coulé pour moi ;
Je trouve en Son Sacrifice ;
Paix et Pardon par la Foi. »

 

Le Chrétien a obtenu la Vie légale en Christ, telle qu’il ne peut la perdre.

La sentence s’est dressée autrefois contre lui, mais elle a maintenant disparu pour lui.

Il est écrit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation. »

Ce maintenant me suffira tout autant dans cinquante ans qu’il le fait aujourd’hui.

Quelque soit la durée de ma vie, il sera toujours écrit :

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »

 

Il y a aussi une Vie Spirituelle en Jésus-Christ

L’homme est spirituellement mort, mais Dieu a une Vie spirituelle pour lui, car il n’y a pas de besoin auquel Jésus ne réponde, ni ne vide dans le cœur humain que Christ ne puisse combler.

Il remplit tout désert et fait fleurir comme une rose toute étendue aride.

Vous, pécheurs, spirituellement morts, écoutez :

La Vie est en Jésus-Christ.

Mes propres yeux ont vu les morts revivre à nouveau. J’ai connu l’homme, dont l’âme était totalement corrompue, rechercher la justice par la puissance de Dieu. J’ai vu l’homme, dont les vues étaient charnelles, les convoitises puissantes et les passions fortes, se consacrer à Jésus-Christ et devenir un Enfant de Dieu, soudainement et par une Puissance Céleste Irrésistible.

Je sais qu’il y a une vie d’ordre spirituel en Jésus-Christ. Plus encore, j’ai ressenti en moi-même la réalité de cette Vie spirituelle.

Je n’ai pas encore oublié les jours où je venais à la Maison de Dieu, aussi mort que la chaise sur laquelle j’étais assis. J’avais déjà entendu maintes fois le message de l’Évangile, mais sans aucun effet.

Puis, soudain, comme si un ange puissant était venu ouvrir mes oreilles de ses doigts, un son a pénétré en mon cœur.

Je pensais entendre Jésus me dire : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »

Une main irrésistible se plaça sur mon cœur et en fit sortir une prière.

Je n’avais jamais prié de la sorte auparavant.

Je me suis alors écrié : « O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur. »

Certains d’entre nous avions ressenti depuis des mois comme si une main nous pressait, comme si nous avions été pris dans un étau, et notre âme versait des grumeaux d’angoisse. Cette misère annonçait la venue de la Vie. L’homme qui se noie ressent moins la douleur alors qu’il est dans l’eau que lorsqu’on l’en a retiré.

Nous nous rappelons ces douleurs, ces gémissements, ce combat vivant qui étreignait notre âme alors qu’elle venait à Christ. Nous pouvons nous rappeler du moment où nous avons reçu ce don de notre Vie spirituelle aussi facilement qu’un homme pourrait se rappeler de sa délivrance de la tombe.

Nous pouvons supposer que Lazare se souvenait de sa résurrection, sans peut-être s’en rappeler toutes les circonstances. Ainsi, bien que nous en ayons oublié une grande partie, nous nous rappelons le moment où nous nous sommes donnés à Christ.

Nous pouvons dire à tout pécheur, aussi mort soit-il : « La vie est en Jésus-Christ, même si vous gisez dans la pourriture et la corruption de la tombe. »

Celui qui ressuscité Lazare d’entre les morts nous a aussi ressuscités. Et Il peut encore dire, oui, même à vous : « Lazare, sors. »

Il y a enfin une Vie Eternelle en Jésus-Christ

Si la Mort Eternelle est terrible, la Vie Eternelle, elle, est bénie, car Christ a dit :

« Je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. »

Il priait aussi Son Père en disant :

« Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire. »

« Je donne la vie éternelle à mes brebis, et elles ne périront jamais. »

Or, tout adepte du libre arbitre qui décide de pêcher sur ce texte doit se procurer une paire de lèvres en caoutchouc.

Il lui faudra en effet accomplir de surprenantes contorsions de la bouche, à moins qu’il n’accepte d’annoncer la vérité entière, sans faire aucun zigzag ou gesticulation bizarre.

La Vie Eternelle n’est pas quelque chose que l’on perd, mais elle dure pour l’Eternité.

J’ai perdu la vie en Adam, mais je l’ai gagnée en Christ.

J’étais perdu pour toujours, mais je me trouve désormais Eternellement en Jésus-Christ.

Une Vie Eternelle, quelle pensée merveilleuse !

Mes yeux pétillent de joie et mon âme brûle d’extase à la pensée que je possède la Vie Eternelle.

Étoiles du firmament, que Dieu place Son Doigt sur vous, et vous vous éteindrez, mais mon âme vivra dans le Bonheur Absolu et dans la Joie.

Soleil, tu peux t’endormir, mais mes yeux verront la Splendeur du Grand Roi lorsque ta gloire aura disparu de l’univers.

Et toi, lune, transforme-toi en sang, mais mon sang ne connaîtra jamais le néant.

Mon esprit existera alors que tu auras cessé de parcourir l’espace.

Et toi, monde majestueux ! Tu seras roulé comme l’écume d’un instant roule sous la vague qui la porte. Quant à moi, je possède la Vie Eternelle.

O temps, tu verras des montagnes géantes mourir et descendre dans leur tombe, et les étoiles chuter comme des figues mûres tombent de l’arbre, mais jamais tu ne verras mon esprit mort.

Tous ceux qui cherchent la Vie Eternelle la recevront

Aucun homme n’est jamais venu à Christ pour recevoir la vie éternelle, la vie légale, et la vie spirituelle, sans l’avoir d’une certaine manière déjà reçue. Et il lui fut manifesté peu après sa venue qu’il l’avait reçue.

Regardons un ou deux textes :

« Il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui. »

Quiconque vient à Christ trouvera qu’Il est capable de le Sauver à la Perfection.

Il ne recevra pas un petit salut, la délivrance d’un petit péché, l’aide dans une petite épreuve, la force sur un petit bout de chemin avant d’être abandonné.

Non, Christ sauve l’homme jusqu’aux limites de son péché, jusqu’à l’extrême longueur de ses épreuves, jusqu’à l’extrême profondeur de ses douleurs, jusqu’aux frontières de son existence.

Christ a dit à quiconque vient à Lui :

« Viens, pauvre pécheur, inutile de te demander si J’ai la Puissance pour Sauver. Je ne te demanderai pas jusqu’où tu es tombé dans le péché. Je Sauve Parfaitement ceux qui viennent à Moi. »

Personne sur terre ne peut dépasser ce « Parfaitement » de Dieu.

Voyons cet autre texte : 

« Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (notez que les promesses s’adressent presque toujours à ceux qui viennent).

Quiconque vient trouvera ouverte la Porte de la Maison de Christ, ainsi que celle de Son Cœur.

Quiconque vient (je le dis dans le sens le plus large) trouve en Christ de la Miséricorde disponible pour soi.

La plus grande absurdité du monde consiste à vouloir posséder un évangile plus large que celui annoncé dans l’Écriture.

Je prêche que tout homme qui croit sera Sauvé, que tout homme qui vient recevra la Miséricorde.

Certains demanderont :

« Supposez qu’une personne qui ne soit pas élue vienne, sera-t-elle sauvée ? »

Allez, vous supposez une bêtise, et je ne vous répondrai pas.

Celui qui n’est pas élu ne viendra jamais.

Sa venue serait une preuve certaine de son élection.

Tel autre peut dire :

« Supposez qu’une personne aille à Christ sans avoir été appelée par l’Esprit. »

Arrêtez, mon ami ! Vous n’avez aucun droit de formuler cette supposition, car une telle chose ne peut arriver.

Vous ne dites cela que pour chercher à m’embrouiller, mais vous n’y arriverez pas ainsi.

J’affirme que quiconque vient à Christ sera Sauvé.

Je peux dire cette Vérité tout aussi clairement que vous le pouvez.

Je n’ai pas un Évangile plus étriqué que le vôtre, mais le mien s’appuie sur un Fondement Solide, alors que le vôtre ne repose sur rien de plus que du sable et du néant.

« Celui qui vient sera sauvé, car nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire. » 

Quelqu’un d’autre dira :

« Mais supposez que le monde entier vienne, Christ recevra-t-il tout le monde ? »

Certainement, si tous venaient. Mais ils ne viendront pas.

Je vous affirme que Christ reçoit tous ceux qui viennent, oui, même s’ils ont été aussi mauvais que des démons. Christ acceptera même ceux dont le cœur déborde, comme un grand égout de la société, de tous les péchés et de toute la souillure du monde. Oui, Christ les recevrait s’ils venaient.

On dira encore : 

« Je pense aux autres homme. Puis-je aller leur dire : Jésus-Christ est mort pour chacun d’entre vous ? Puis-je dire : Il y a de la justice pour chacun d’entre vous, il y a de la Vie pour chacun d’entre vous ? »

Non, vous ne le pouvez pas.

En revanche, vous pouvez annoncer : 

« Il y a la Vie pour quiconque vient ».

Mais si vous affirmez  qu’il y a la Vie pour l’un de ceux qui ne croient pas, vous prononcez un terrible mensonge.

Si vous leur dites que Jésus-Christ a été puni pour leurs péchés, alors qu’ils iront à la perdition, vous prononcez un mensonge délibéré. Dieu punirait-il Christ puis ensuite la personne elle-même ? Quelle audace impudente !

Un pasteur prêchait un jour en annonçant qu’il y avait dans le ciel des harpes et des couronnes préparées pour tout son auditoire. Puis il conclut d’une manière très solennelle :

« Mes chers amis, il y en a beaucoup parmi vous pour qui ces choses sont préparées en vain. »

En fait, il termina son message d’une manière lamentable, comme on aurait pu s’y attendre. Mais je vous le dis : c’est pour les anges célestes et tous les saints glorifiés qu’on aurait dû se lamenter, car la situation qu’il avait décrite détruisait toute la Beauté du Ciel.

Lorsque la famille se réunit à Noël, si vous avez perdu votre frère durant l’année, et que son siège soit vide, vous dites : « Nous avons toujours eu de la joie à Noël, mais aujourd’hui, nous éprouvons une grande peine, car ce pauvre frère est mort et enterré ! » Pensez aux anges qui diraient : « Quel merveilleux royaume céleste ! Mais, quel malheur de voir toutes ces couronnes là-bas recouvertes de poussière et de toiles d’araignée. Nous ne pouvons pas supporter ces places vides. »

Puis, ils pourraient continuer en se disant l’un à l’autre : « Personne d’entre nous n’est en sécurité ici, car la promesse était : « Je donne la vie éternelle à mes brebis », mais un grand nombre de ces brebis est en enfer, alors que Dieu leur avait donné la vie éternelle. Beaucoup de ceux pour lesquels Christ versa Son Sang brûlent maintenant dans la fosse. Et s’ils ont pu y être envoyés, alors nous le pouvons aussi. Si l’on ne peut pas se reposer sur une promesse, comment le faire avec une autre ? »

Ainsi, le ciel perdrait son fondement, et s’écroulerait.

Eloignez-vous avec votre évangile absurde ! Dieu nous donne un Message Sûr et Solide, bâti sur les œuvres et les relations de l’Alliance Eternelle, sur les Desseins Eternels et leur Plénitude Assurée.

Par nature, personne ne viendra à Christ

« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

J’affirme à partir de l’autorité inspirée de mon texte que si vous n'écoutez et suivez ce que Christ commande, vous ne voulez pas de vous-mêmes venir à Christ pour avoir la vie. Je pourrais vous parler sans discontinuer, et emprunter l’éloquence de Démosthène ou de Cicéron. Vous ne voudriez cependant pas venir à Christ.

Je pourrais vous implorer à genou avec des larmes aux yeux, vous montrer les horreurs de l’enfer et les joies du ciel, la Pleine perfection de Christ, et votre perdition. Toutefois, aucun d’entre vous ne viendrait de lui-même à Christ à moins que l’Esprit, qui reposait sur Christ, ne vous attire. Il est vrai de tous les hommes dans leur condition naturelle qu’ils ne veulent pas venir à Christ.

Mais il me semble entendre un de ces discoureurs me poser une question : 

« Ne pourraient-ils pas venir s’ils en avaient envie ? »

Mon ami(e), ce n’est pas la question ici, car je parle de la volonté, et non de la capacité.

Vous remarquerez qu’à chaque fois où l’on parle du libre arbitre, ses adeptes commencent aussitôt à parler de capacité et mélangent deux sujets qu’il faut garder séparés.

Je ne prendrai pas deux sujets à la fois, et je refuse de combattre sur les deux fronts en même temps.

 « Nul ne peut venir si le Père ne l’attire », mais pour l’instant, c’est la volonté qui nous occupe.

Et il est sûr que personne ne veut de soi-même venir à Christ pour avoir la Vie.

Je pourrais prouver cela de plusieurs textes de l’Écriture, mais je prends une seule parabole.

Vous vous rappelez celle dans laquelle un certain roi tint un festin pour son fils, et convia un grand nombre d’invités à venir. On tua les bœufs et les veaux gras, et on envoya des messagers pour annoncer aux invités que le repas était prêt. Vinrent-ils au festin ? Non.

Tous, comme d’un même accord, trouvèrent une excuse.

L’un dit qu’il venait de se marier, et ne pouvait donc pas venir. Il aurait pu amener son épouse avec lui. Un autre avait acheté un attelage de bœufs, qu’il devait aller essayer. Pourtant, le festin avait lieu pendant la soirée, et il ne pouvait tester ses bœufs dans l’obscurité.

Un autre encore avait décidé d’offrir ce festin. Il dit alors à son serviteur : « Va dans les chemins et le long des haies, et… Invite-les » ? Non, pas « invite-les », mais « contrains-les  d’entrer ».

En effet, même les pauvres hères, déguenillés et couchant dans les haies, ne seraient jamais venus si on ne les avait pas contraints.

Prenons une autre parabole :

« Un homme avait une vigne. Au temps fixé, il envoya un de ses serviteurs pour en percevoir le fermage. Que lui firent les vignerons ? Ils battirent ce serviteur. Le maître envoya un autre, qu’ils lapidèrent, puis troisième, qu’ils tuèrent. Enfin, il dit : Je leur enverrai mon fils, ils respecteront. » Mais que firent-ils ? Ils se dirent : «  Voici l’héritier ; tuons-le, et jetons-le hors de la vigne. » C’est ce qu’ils firent. Il en est ainsi de tous les hommes par nature. Le Fils de Dieu est venu, mais ils l’ont rejeté. « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

Il nous faudrait trop de place pour mentionner d’autres preuves de l’Écriture. Nous ferons cependant référence à la grande doctrine de la chute.

Quiconque croit en l’entière liberté de la volonté humaine, et en la capacité qu’a l’homme de s’en saisir pour parvenir au salut, ne croit pas à la chute.

Comme je l’ai parfois dit, peu de pasteurs croient absolument à la doctrine de la chute. Ou bien ils pensent que, lors de sa chute, Adam se cassa seulement le petit doigt. Pour eux, il ne se brisa pas le cou ni ne ruina sa race. Mais mon ami(e), la chute détruisit entièrement l’homme et ne lui laissa pas une seule faculté intacte.

Tout a été brisé, avili et souillé.

Comme pour un ancien temple majestueux, les piliers sont encore là, ainsi que la flèche, les colonnes et le pilastre. Mais ils sont tous démolis, même si certains gardent quelque chose de leur forme et de leur position initiales. La conscience de l’homme garde parfois une grande partie de sa sensibilité, mais elle est déchue. De même, la volonté n’en est pas exempte.

Lisez La Guerre Sainte de Bunyan si vous voulez vous en convaincre.

Votre nature déchue a été détraquée, et votre volonté, parmi d’autres choses, s’est complètement détournée de Dieu.

La meilleure preuve de la réalité de mes propos tient dans le fait que vous n’avez jamais rencontré de chrétien authentique qui vous dise être venu à Christ sans que Christ ne soit d’abord venu à lui.

Vous avez entendu un grand nombre de sermons faisant appel au libre arbitre, j’en suis sûr, mais jamais une seule prière qui se repose sur cette base.

En effet, les Chrétiens Authentiques se ressemblent tous quand ils prient, en parole, en acte et en esprit. Un adepte du libre arbitre à genoux prie exactement comme celui qui n’y croit pas. Il ne peut pas prier au sujet de ce libre arbitre, car ce dernier n’a aucune place dans la prière.

Imaginez un homme qui prierait ainsi : « Seigneur, je te remercie de ne pas m’avoir fait comme ces adversaires présomptueux. Seigneur, je suis né avec un merveilleux libre arbitre, avec la force de me tourner de moi-même vers toi. J’ai fait progresser la grâce que tu m’as donnée. Si tout le monde avait fait comme moi avec cette grâce, ils seraient peut-être tous sauvés. »

« Seigneur, je sais que tu ne forces pas notre volonté si nous ne voulons pas de nous-mêmes. Tu accordes la grâce à tout le monde, et certains n’en font rien de bon, mais je ne suis pas comme eux. Beaucoup iront en enfer, qui ont pourtant été rachetés par le sang de Christ tout autant que je le suis. Ils ont reçu la même mesure d’Esprit-Saint, ils avaient une chance aussi bonne, et étaient aussi bénis que moi. Ce n’est pas ta grâce qui fit la différence ; oui, je sais qu’elle a fait une grande part, mais c’est moi qui ai pris le tournant. Je me suis servi de ce que j’avais reçu, alors que d’autres n’ont pas fait de même. C’est là que se trouve la différence entre eux et moi. »

Voilà une prière pour le diable, car personne d’autre ne peut offrir un tel blasphème.

Ah ! Les chrétiens peuvent annoncer de fausses doctrines lorsqu’ils prêchent ou parlent entre eux, mais jamais lorsqu’ils ne peuvent les retenir.

Si quelqu’un parle très calmement, il peut parler d’une manière très raffinée, mais lorsque le sujet agite ses lèvres, les vieilles expressions de son terroir ressortent.

Je vous demande à nouveaux, avez-vous jamais rencontré un chrétien qui affirme : 

« Je suis venu à Christ sans la puissance de l’Esprit » ?

Si jamais vous avez rencontré une telle personne, n’hésitez pas à lui répondre :

« Je peux vous croire, et je ne doute pas que vous soyez aussi reparti sans la puissance de l’Esprit. Vous ne connaissez rien de la question. Vous êtes toujours dans le fiel de l’amertume et le lien de l’iniquité. »

Est-ce que j’entends un chrétien dire : « J’ai cherché Christ avant qu’il me cherche. Je suis allé à l’Esprit, mais il n’est pas venu à moi » ?

Non, mon ami(e), nous devons tous, chacun d’entre nous si nous avons été régénérés, mettre la main sur le cœur et dire :

« Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. »

Une dernière question :

Ne trouvons-nous pas, même après être venus à Christ, que notre âme n’est pas libre, mais qu’elle est gardée par Christ ? Ne passons-nous pas, même aujourd’hui, par des moments où nous n’avons pas la force de vouloir ?

Il y a dans nos membres une loi qui lutte contre la loi de notre esprit. Or, si tous ceux qui sont spirituellement vivants sentent l’opposition de leur volonté à Dieu, que faut-il dire de celui qui est « mort par ses offenses et par ses péchés » ?

Ce serait une parfaite absurdité que de mettre les deux au même niveau, et davantage encore de placer le mort avant le vivant.

Non, le texte est vrai, et notre expérience l’appuie dans notre cœur.

« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

Il me faut maintenant vous donner les raisons pour lesquelles les hommes refusent de venir à Christ.

Pour commencer, aucun homme ne pense par nature avoir besoin de Christ.

Par nature, l’homme s’imagine pouvoir se passer de Christ.

Il pense posséder une robe de justice qui lui soit propre, être bien habillé.

Il ne se voit pas dénudé, mais se pense sans besoin de la purification du Sang de Christ.

Il n’est à ses yeux ni noir ni cramoisi, et n’a pas besoin de Grâce pour le purifier.

Personne ne connaît son Réel Besoin avant que Dieu ne le lui montre, et personne ne recherche le Pardon avant que l’Esprit-Saint ne lui en révèle la Nécessité.

Je pourrais prêcher Christ sans discontinuer mais, à moins que vous ne ressentiez votre Besoin de Lui,  vous ne viendrez jamais à Lui.

Un pharmacien peut avoir une boutique bien achalandée, mais personne n’achètera ses médicaments avant d’en ressentir le besoin.

Les hommes n’aiment pas non plus le Moyen par lequel Christ Sauve.

L’un dit : « Je n’aime pas cette voie car il me rendra saint. Je ne pourrai plus boire ni jurer s’il me sauve. »

Un autre avance : « Cela me demande d’avoir une conduite stricte et gardée, alors que je préfère avoir plus de liberté. »

Tel autre n’aime pas la Voie de Christ car elle est trop humiliante.

La « Porte du Ciel » n’est pas tout à fait assez haute pour sa tête, et il n’aime pas se baisser !

La raison principale pour laquelle vous ne voulez pas venir à Christ, c’est que vous ne pouvez pas le faire avec la tête haute.

Christ vous fait baisser la tête lorsque vous venez.

Tel autre homme n’aime pas que ce soit une Voie de Grâce du début à la fin.

« Oh, dit-il, si seulement je pouvais en retirer un peu d’honneur ! »

Mais lorsqu’il entend que c’est tout Christ ou pas du tout Christ, il réplique :

« Je ne viendrai pas », et il s’éloigne.

Ah ! Pécheurs orgueilleux, vous ne voulez pas venir à Christ !

Pécheurs ignorants, vous ne voulez pas non plus venir à Christ, parce que vous ne savez rien de Lui.

Les hommes ne connaissent pas Sa Valeur, sinon, ils viendraient à Lui.

Pourquoi les marins n’allaient-ils pas en Amérique avant Christophe Colomb ? Parce qu’ils ne croyaient pas qu’il existait une telle chose. Christophe Colomb avait de la foi dans le fait qu’il trouverait une terre, c’est pour cela qu’il partit.

Celui qui a la Foi en Christ vient à Lui.

Mais vous ne connaissez pas Jésus, et beaucoup d’entre vous n’ont pas vu la Beauté de Son Visage.

Vous n’avez jamais réalisé la Valeur qu’a Son Sang pour le pécheur, ni la Grandeur de Son Sacrifice ou la Pleine Perfection de Ses Mérites.

Ainsi donc, « vous ne voulez pas venir à Lui ».

Ami(e) lecteur(rice), ma dernière pensée est solennelle.

J’ai affirmé que vous ne voulez pas venir, mais certains diront : « Ils refusent de venir à cause de leur péché. »

Oui, c’est vrai. Vous ne voulez pas venir, mais votre volonté est une volonté pécheresse. Certains penseront que j’offre une excuse au pécheur lorsque je prêche cette doctrine, mais ce n’est pas le cas.

Je n’affirme pas que la volonté pécheresse appartienne à la nature originale de l’homme, mais à sa nature déchue. C’est le péché qui vous a amené dans cette condition où vous refusez de venir. Si vous n’aviez jamais péché, vous viendriez à Christ dès l’instant où il vous serait annoncé. Mais vous ne venez pas à cause de votre péché et de votre crime. Les gens s’excusent à cause de leur mauvais cœur. C’est l’excuse la plus faible du monde. Le vol et le cambriolage ne viennent-ils pas aussi d’un mauvais cœur ? Imaginez qu’un voleur dise à son juge : « Je n’y peux rien, j’ai un cœur mauvais. » Que répondra le juge ? « Vaurien, si ton cœur est mauvais, j’alourdis la sentence car tu es vraiment un voyou. Ton excuse ne vaut rien. » Le Tout-Puissant : « rit, et se moque du méchant. »

Je ne prêche pas cette doctrine pour vous excuser, mais pour vous humilier. La possession d’une nature mauvaise est tout autant votre responsabilité que votre terrible malheur. Leur refus de venir à Christ est un péché qui sera toujours retenu contre les hommes, car c’est le péché qui les retient.

Je crains que celui qui ne prêche pas cela ne soit fidèle ni à Dieu ni à sa conscience.

Réfléchissez donc, et dites-vous : « Je suis par nature si pervers que je ne veux pas venir à Christ, et cette méchante perversion de ma nature est mon péché. Je mérite d’être envoyé en enfer pour cela. »

Et si cette pensée ne vous humilie pas, sous l’action de l’Esprit, alors rien ne le pourra.

Que Dieu humilie chacun de nous.

 

spurgeon

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 

 

 

Bible
Croix

 

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18 juillet 2026 6 18 /07 /juillet /2026 19:58
Destin ou Providence

C’était le destin, c’était la fatalité, ou, mieux encore, comme j’ai entendu quelqu’un le dire une fois : c’était la fatalité du destin… 

La plupart des gens vivent avec cette idée que le cours des choses est réglé par une force aveugle à laquelle personne ne peut échapper, et qui vous rattrape de toutes manières quoi que vous tâchiez de faire.

 Cela peut-être en bien ou en mal, mais quoi qu’il arrive, tout est écrit par avance : mektoub, comme on dit en arabe… 

Pour la Bible, et la Foi Chrétienne authentique qui est fondée en elle, les choses sont bien différentes. 

Ma destinée n’est pas aux mains d’une force aveugle, mais dans celles d’un Etre Tout-Puissant et Eternel qui dirige chaque pas de mon existence en établissant une relation personnelle de Père Céleste à enfant et en me donnant Sa Loi afin que ma vie soit dirigée par ce cadre Protecteur et Bienfaisant. 

Cette relation n’est possible qu’à cause du don par le Père céleste de Son Fils Bien-Aimé, Jésus-Christ, venu accomplir cette loi Parfaitement afin de me mettre au bénéfice de Son Obéissance.

Les enfants de l’Alliance avec le Seigneur Eternel savent donc que la Providence Divine gouverne toutes choses, mais pas de manière aveugle, impitoyable ou impersonnelle. 

Au contraire, comme l’écrit l’apôtre Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome (chapitre 8) : Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. 

Et il conclut ce passage par ces paroles extraordinaires qui sont tout sauf une évocation fataliste : 

Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.  Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.

Il vaut la peine d’écouter comment le fameux catéchisme de Heidelberg, rédigé au temps de la Réforme, explique la Providence. 

 

A la question : 

Qu’entends-tu par la providence de Dieu,

 

il répond : 

La force toute-puissante et partout présente de Dieu par laquelle Il maintient et conduit, comme par la main, le ciel et la terre avec toutes les créatures, de sorte que les herbes et les plantes, la pluie et la sécheresse, les années de fertilité et celles de stérilité, le manger et le boire, la santé et la maladie, la richesse et la pauvreté, bref toutes choses ne viennent pas du hasard, mais de sa main paternelle. 

 

La question suivante posée par le catéchisme de Heidelberg est la suivante : 

A quoi nous sert-il de connaître la création et la providence de Dieu ?  

 

Et la réponse offre un résumé de l’espérance chrétienne fondée en la toute-puissance du Père céleste : 

A être patients dans l’adversité, reconnaissants dans la prospérité, et à garder confiance, quoi qu’il arrive, en notre Dieu et Père fidèle.  Aucune créature ne peut nous séparer de son amour puisqu’Il les tient toutes tellement dans sa main qu’elles ne peuvent agir ni se déplacer sans sa volonté.

 

Amen,

 

 

Eric kayayan Foi et vie réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

Bible

 

Huguenote Cross

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 08:33
La vie entière est religion

La vie entière est religion.

 

Aucun moment de notre vie n’échappe à cette dimension de l’existence.  Cela peut paraître exagéré de dire une telle chose. Un peu de religion n’a jamais fait de mal à personne, entend-on dire parfois. Mais un peu trop de religion et c’est sûrement le début de la fin, le fanatisme assuré, l’intolérance garantie pensent beaucoup d'autres personnes.  

 

Comment répondre à cette crainte en se fondant sur ce que dit la Bible et en comprenant spirituellement ce dont il est question ? 

 

Je voudrais le faire en lisant avec vous deux textes, l’un tiré de l’Ancien Testament, et l’autre du Nouveau Testament. Vous verrez comment ils se répondent l’un l’autre.  

 

Le premier texte provient du psaume 116 à partir du verset 8, tandis que le second appartient à la lettre de l’apôtre Paul aux chrétiens de Rome, à la charnière des chapitres 11 et 12.  

 

Extrait du psaume 116, à partir du verset 8 : 

 

Oui, Eternel, tu m’as délivré de la mort, tu as séché mes pleurs, tu m’as préservé de la chute : ainsi je marcherai encore sous le regard de l’Eternel au pays des vivants.  Oui, j’ai gardé confiance même quand je disais : « je suis trop malheureux ! » Dans mon accablement, j’en venais à me dire : « Tout homme est un menteur ! »  Que puis-je rendre à l’Eternel pour tous ses bienfaits envers moi ?  J’élèverai la coupe du salut, et je m’adresserai à l’Eternel lui-même, et, devant tout son peuple, j’accomplirai les vœux que j’ai faits envers l’Eternel.  Elle est précieuse aux yeux de l’Eternel la vie de ses fidèles.  O Eternel, ne suis-je pas ton serviteur ?  Oh, oui, ton serviteur, le fils de ta servante ; tu as brisé mes chaînes, je t’offrirai un sacrifice, pour marquer ma reconnaissance, et je m’adresserai à toi, ô Eternel.

 

Extrait de la lettre de Paul aux Romains, à partir du verset 33 du chapitre 11, jusqu’au verset 2 du chapitre 12 : 

 

Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science !  Nul ne peut sonder ses jugements.  Nul ne peut découvrir ses plans.  Car, « Qui a connu la pensée du Seigneur ?  Qui a été son conseiller ?  Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? »  En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui.  A lui soit la gloire à jamais !  Amen.  Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.  Ce sera là de votre part un culte raisonnable.  Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.

 

Si nous comparons ces deux extraits de la Bible, l’un tiré de l’Ancien Testament, l’autre du Nouveau Testament, nous nous apercevons que l’auteur du psaume, le psalmiste, et Paul, apportent le même message : Dieu est Tout Puissant et Il libère.

 

Est-ce qu’on peut lui apporter quelque chose en retour en échange de cette libération ?  Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ?  Nous ne pouvons jamais mériter ou acheter sa Grâce, nous ne pouvons jamais en payer le prix qui lui est dû.  On ne peut pas davantage sonder ses pensées.  

 

Voilà d’ailleurs un autre thème qu’on retrouve tout au long de l’Ancien Testament.  Par exemple les paroles du prophète Esaïe, au chapitre 40, verset 13 : 

Qui donc a mesuré l’Esprit de l’Eternel ?  Qui a été son conseiller et qui son instructeur?  De qui Dieu a-t-il pris conseil pour se faire éclairer ?  Qui lui a enseigné la bonne voie ?  Qui lui a transmis le savoir et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ?  

 

On pourrait alors se demander:  Mais que me reste-t-il donc à faire ?  Est-ce que tout ce que Dieu attend de moi c’est de rester passif, jusqu’au retour promis du Christ ?  Pas du tout. Car le croyant est  bien appelé à apporter une offrande à Dieu.  Dans l’Ancien Testament c’était une libation, c’est-à-dire l’offrande d’une boisson donnée, comme le mentionne le psaume 116 : J’élèverai la coupe du salut, et je m’adresserai à l’Eternel lui-même, et, devant tout son peuple, j’accomplirai les vœux que j’ai faits envers l’Eternel.  

 

Cette libation n’était pas une simple reconnaissance formelle de la dépendance du croyant envers Dieu.  Elle allait bien plus loin que cela : O Eternel, ne suis-je pas ton serviteur ?  Oh, oui, ton serviteur, le fils de ta servante.  Cela veut dire : Depuis ma naissance toute ma vie t’appartient, je dois t’obéir en toutes choses.  Les libations n’étaient que le signe symbolique d’une dépendance totale qui doit se manifester par une vie d’obéissance totale.  

 

A nouveau il nous faut souligner qu’il n’y a aucune différence essentielle entre ce que dit l’auteur du psaume 116 et ce qu’écrit Paul aux chrétiens de Rome. Notre vie tout entière appartient à Dieu et doit manifester cette appartenance.  

 

Il y a donc plus dans la vie d’un croyant que l’exercice du culte dominical, même si cet exercice constitue une partie très importante de notre religion, que nous exprimons avec les autres croyants.  Notre religion est exercée tout au long de la semaine, et non pas seulement le dimanche.

 

Et pourtant, quelque chose de fondamental s’est bien passé entre le psaume 116 et les paroles de Paul dans sa lettre aux Romains : il s’agit de l’offrande parfaite de Jésus-Christ sur la Croix de Golgotha.  

 

Mais qu’est-ce que ce sacrifice a changé exactement ?  

 

Il a rendu totalement explicite pour les croyants que l’offrande que nous devons apporter à Dieu c’est celle de notre vie toute entière :  

 

Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.  

 

Cela ne veut pas dire que dans l’Ancien Testament, avant la venue de Jésus-Christ sur terre, Dieu attendait moins que cela de ses enfants.  Et les vrais croyants le savaient fort bien.  Mais alors, où gît la différence ?  

 

Sur la Croix Jésus a donné pour nous son corps tout entier, sa vie toute entière.  La mort de Jésus met fin aux sacrifices d’animaux qui ne reviennent pas à la vie après avoir été mis à mort.  Raison pour laquelle dans l’Ancien Testament ces sacrifices devaient constamment être répétés. L’agneau, le bouc ou le taureau mis à mort ne ressuscitaient jamais.  

 

En contraste, la résurrection des morts de celui qui est l’Agneau parfait de Dieu démontre de manière éclatante que ceux qui sont greffés par la foi dans son corps, vivent avec lui et peuvent désormais se donner pleinement à Dieu comme offrandes.  

 

En la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu leur a parfaitement rendu la vie en mettant à mort leur nature de péché.  

 

Les croyants du temps de l’Ancien Testament ne pouvaient jamais dire : ma vie toute entière dépend de cet agneau, de ce bouc ou de ce taureau que je viens d’offrir, je suis désormais greffé dans sa vie et je vis de sa vie.  

 

Bien sûr, ils croyaient que les promesses de Dieu sont fiables et ils accomplissaient les sacrifices prescrits par la Loi de Moïse en plaçant entièrement leur confiance en Dieu.  

 

Ils comprenaient la nécessité de l’expiation de leurs fautes par le sang versé des sacrifices.  Mais ils attendaient quelque chose de bien meilleur qui devait encore venir : le sacrifice parfait qui mettrait fin à tous ces sacrifices provisoires et couvrirait de manière définitive tous leurs péchés.

 

Avec la résurrection de Jésus-Christ le nouvel Adam vit pour toujours, et les croyants avec lui, car ils sont indissociablement liés  à sa vie par le lien de l’Esprit Saint.  Dieu  fait de ses enfants des créatures nouvelles en Jésus-Christ, par le lien du Saint Esprit qui les unit à leur Sauveur.  Et c’est en fait le seul terrain sur lequel Paul se place pour appeler ses lecteurs à offrir leur vie entière comme sacrifice d’obéissance à Dieu.  

 

Je ne puis offrir mon corps tout entier comme sacrifice saint et agréable à Dieu que sur le fondement du corps du Christ qui a été brisé pour moi, et qui est ressuscité corporellement d’entre les morts.   

 

Ceux qui ne croient pas en sa résurrection physique, corporelle, ne peuvent pas non plus offrir leur corps comme offrande agréable à Dieu puisqu’ils ne sont pas greffés dans le corps vivant et incorruptible du nouvel Adam.  

 

Ces gens-là ne sont tout simplement pas de nouvelles créatures, même s’ils se disent chrétiens.  

 

C’est exactement pour la même raison qu’ils n’auront aucune part à la résurrection des morts et à la vie éternelle promise.

 

La religion qui découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ est la seule qui ait un sens véritable, qui ne nous abandonne pas à nos propres spéculations fumeuses ou à nos fantasmes, et qui soit en plus agréable à Dieu.  

 

Ici Paul utilise dans la langue grecque un mot (loghiken) qui signifie : raisonnable, plein de sens : Ce sera là de votre part un culte raisonnable. 

 

On pourrait aussi traduire : un culte véritablement spirituel.  

 

Car ne voyons-nous pas en effet autour de nous toutes sortes de cultes déraisonnables, déformés spirituellement, et mêmes complètement destructeurs ?  Des sectes, des déformations outrageuses du message de l’Ecriture Sainte et de son cœur qui est l’Evangile de Grâce en Jésus-Christ ?  On voit même parfois des manifestations démoniaques qui prétendent être la vraie religion, celle commandée par Dieu…  Jésus-Christ n’est pas au centre de tels cultes, en fait il en est totalement exclus et rejeté.  

 

Remarquez bien que Satan n’est pas contre la religion.  Il aime beaucoup la religion, au contraire, pour peu que cette religion suive ses propres motifs de rébellion et ses normes destructrices.  Or le monde est hélas rempli de tels cultes…

 

Je voudrais continuer avec vous notre méditation sur le passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome qui parle d’offrir nos corps entiers en sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.

 

Voyons ensemble comment se distinguent la vie et les pensées de ceux qui ont été rachetés par le sang de Jésus-Christ et comment ils sont transformés dans leur être intérieur.  

 

La vie entière est religion, ou, si vous préférez, sacrée, car elle se déroule entièrement sous le regard de Celui qui l’a non seulement créée, mais aussi la recrée dans la vie de ceux qui, par la foi, sont greffés dans la nouvelle vie du Christ ressuscité.  

 

C’est ce dont nous avons parlé plus haut en nous fondant particulièrement sur un passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome.  

 

Relisons ce passage à partir du verset 33 du chapitre 11, jusqu’au verset 2 du chapitre 12 : 

 

Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science !  Nul ne peut sonder ses jugements.  Nul ne peut découvrir ses plans.  Car, « Qui a connu la pensée du Seigneur ?  Qui a été son conseiller ?  Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? »  En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui.  A lui soit la gloire à jamais !  Amen.  Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.  Ce sera là de votre part un culte raisonnable.  Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.

 

La religion qui découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ est la seule qui ait un sens véritable, qui ne nous abandonne pas encore une fois s'il faut le répéter à nos propres spéculations fumeuses ou à nos fantasmes, et qui soit de plus agréable à Dieu.  

 

Ici Paul utilise dans la langue grecque un mot qui signifie : raisonnable, plein de sens : Ce sera là de votre part un culte raisonnable. 

 

On pourrait aussi traduire : un culte véritablement spirituel.  

 

Car ne voyons-nous pas en effet autour de nous toutes sortes de cultes déraisonnables, déformés spirituellement, et mêmes complètement destructeurs comme spécifié déjà un peu plus haut ?  

 

Or c’est justement le thème que Paul développe maintenant dans le passage que nous avons lu : le culte raisonnable et vrai qui est acceptable devant Dieu, se caractérise par une continuelle prise de distance vis-à-vis de toutes les tendances qui viennent du monde et ne reflètent pas l’Esprit du Christ tout en influençant notre propre esprit.  

 

En prenant nos distances de cette manière, nous apportons notre corps, notre vie toute entière comme offrande à Dieu, une offrande qui lui est agréable.  

 

Et c’est à n’en pas douter une des choses les difficiles à faire : comment donc puis-je échapper à l’influence du monde ?  

 

Je vis dans le monde, je ne suis pas un moine qui s’isole hors du monde et d’une société mauvaise.  

 

Tous les jours de ma vie j’entre en contact d’une manière ou d’une autre avec les nouvelles qui me viennent du monde, avec des articles de journaux, des livres, toutes sortes de films, de publicités, des chansons dont je n’approuve pas nécessairement les paroles, des images  qui me choquent ; je suis en contact avec des attitudes, des modes de vie qui apparaissent de plus en plus fréquemment dans la société et sont considérés comme acceptables alors qu’ils ne le sont pas au regard de ma foi.  

 

Comment puis-je vivre libre de tout ceci ?  

 

Il ne m’est pas possible de vivre avec une personnalité bipolaire dans ce monde.  

 

Bien souvent nous soupirons aussi : O Seigneur, quand aurai-je atteint un état de perfection  à cet égard ? 

 

Paul nous signifie que cette rupture est quelque chose qui a commencé mais qui n’est pas achevé.  

 

C’est un combat qui ne se conclut pas d’un seul coup car il a trait à la mise à mort de notre vieille nature, celle qui refuse encore d’être greffée en Jésus-Christ.  

 

A propos de cette mise à mort le catéchisme de Heidelberg déclare: C’est être affligé du fond du cœur à cause de ses péchés, les haïr et les fuir de plus en plus.  

 

Et la question-réponse qui suit immédiatement, dans ce beau catéchisme du temps de la Réforme, est la suivante : 

 

Qu’est-ce que la résurrection de l’homme nouveau ?  C’est se réjouir de tout cœur en Dieu par Jésus-Christ et mettre sa joie et son amour à vivre selon la volonté de Dieu, dans l’accomplissement de toutes œuvres bonnes.  

 

Alors, quand exactement atteindrons-nous la perfection dans cette offrande de notre vie entière à Dieu ? Seulement lorsque le Seigneur viendra reprendre notre corps ici-bas, au moment décidé par lui seul.  Alors seulement ce corps sera totalement soumis à sa volonté.  

 

La seule arme du chrétien durant ce combat est de savoir qu’il est greffé dans le corps du Christ, que son baptême est un sceau de cette greffe et que l’Esprit de Dieu a fait sa demeure en lui.    

 

Et il doit se souvenir des paroles de Paul : En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui.

 

Il n’est dit nulle part dans la Bible que les croyants doivent s’isoler du monde.   

 

Au contraire, ils sont appelés à exercer un esprit de discernement spirituel sur tous les terrains de l’existence.  

 

C’est le même apôtre Paul qui écrit dans sa première lettre aux chrétiens de Thessalonique : Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon.  

 

Cela a trait à l’enseignement correct sur les prophéties, au plan de Dieu pour l’humanité, mais l’on doit bien comprendre que cet enseignement s’étend sur toutes les dimensions de notre existence, toutes les sphères de la vie.  

 

Aux chrétiens de Corinthe il écrit aussi dans la même veine (1 Corinthiens 2 :14-15) : 

 

Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge.  L’homme spirituel au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.  

 

A propos de cet esprit de discernement spirituel, Paul peut écrire, dans sa seconde lettre aux Corinthiens (10 :4-5) : 

 

Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance du Christ.  

 

Ce combat dont parle Paul n’est rien d’autre qu’un combat pour la promotion et le maintien de normes chrétiennes dans la civilisation.  

 

Ce qui est en effet un mandat gigantesque au milieu d’un monde qui ne veut pas en entendre parler.

 

La rupture progressive de nos pensées, de nos attitudes avec les modèles offerts par un monde incrédule qui refuse de se repentir, est opérée par une transformation, écrit l’apôtre Paul à ses lecteurs.

 

Nous connaissons le mot « métamorphose » qu’on utilise par exemple en sciences naturelles pour indiquer le passage de l’état de chenille à celui de papillon.  

 

Le mot grec employé par Paul est justement le verbe « metamorphousthe », qu’on pourrait traduire par : « soyez transformés, soyez métamorphosés ».  

 

Paul parle d’une transformation que nous n’initions pas nous-même, mais que nous laissons se produire en nous.  

 

Il faut que nous soyons réceptifs vis-à-vis de cette transformation, car elle fait pleinement partie de l’offrande totale de nos vies à Dieu.  

 

L’agent de cette transformation ce n’est donc pas nous, mais le Saint Esprit de Dieu qui travaille en nous.  

 

Et en quoi consiste cette transformation ?  Justement à rompre avec les modèles du monde en comprenant et en vivant de plus en plus profondément  la volonté de Dieu, sur tous les terrains de notre existence.  

 

Au fur et à mesure que notre greffe sur le corps spirituel de Jésus-Christ se confirme, au fur et à mesure que nos yeux se fixent sur lui et lui seul en tant que Médiateur, Sauveur et Roi, alors cette transformation prend place en nous.  

 

Elle renouvelle nos pensées : elle nous fait saisir la volonté parfaite de Dieu et la met en contraste aigu avec les modèles du monde qui nous sont journellement proposés comme étant les seuls viables et valables.  

 

Nous n’apprenons pas seulement à les distinguer, mais nous donnons notre plein assentiment à la volonté de Dieu dans notre vie, nous l’approuvons car nous voyons bien qu’elle est ce qu’il y a de mieux pour nous.  

 

Nous recevons aussi la force de dire « non » au monde et à ses voies tentantes.  

 

« Non », car il y a quelque chose de bien meilleur, et c’est de vivre en accord avec la volonté divine, ce qui est saint, parfait et qui lui plaît, quoi qu’en pense le monde.

 

Chaque fois qu’un croyant saisit la volonté du Seigneur dans une situation donnée, et cherche à s’y soumettre quel que soit le prix à payer, et quoi que le monde en pense, ce croyant manifeste la vie nouvelle que Dieu lui a donnée en Jésus-Christ : le Saint Esprit fait pousser en lui des fruits qui glorifient Dieu.  

 

Si nous ouvrons le catéchisme de Heidelberg à la section du 32e dimanche de l’année, nous y trouvons la question suivante : 

 

Puisque nous sommes délivrés de notre misère par la grâce du Christ, sans aucun mérite de notre part, pourquoi devons-nous faire des œuvres bonnes ?  

 

La réponse est la suivante : 

 

Parce que le Christ, après nous avoir rachetés par son sang, nous renouvelle aussi par son Saint Esprit à son image, afin que nous montrions à Dieu, par toute notre vie, notre reconnaissance pour ses bienfaits et qu’ainsi nous le glorifiions ; ensuite, afin que nous puissions aussi être nous-mêmes assurés de notre foi par les fruits qu’elle porte, et que par la sainteté de notre vie, nos prochains soient gagnés à Jésus-Christ.  

 

Ce que nous dit la dernière phrase de cette section c’est qu’une vie qui témoigne d’une conformité croissante avec la personne de Jésus-Christ est utilisée avec puissance par Dieu comme moyen d’évangélisation, pour gagner notre prochain à Christ.

 

A travers les œuvres bonnes que nous effectuons, d’autres personnes peuvent être attirées vers le  Dieu Sauveur.  

 

Nous-mêmes n’en serons peut-être pas toujours conscients, mais l’esprit de Dieu se servira de notre exemple modelé sur celui du Christ,  pour accomplir le plan de Dieu.  

 

Les voies de Dieu ne sont pas celles du monde.

 

Or tout croyant est appelé à se soumettre à ses voies saintes, en se laissant transformer intérieurement  par son Esprit afin de vivre selon sa volonté parfaite dans tous les aspects de l’existence humaine.  

 

Le tout en gardant toujours ces paroles de Paul à l’esprit : 

 

En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui.  A lui soit la gloire à jamais !  Amen. 

 

 

 

Eric Kayayan Pasteur Protestant Réformé (Foi et Vie Réformées)

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

(Foi et Vie Réformées)

 

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Bible
Croix Huguenote

 

 

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Source :

Foi & Vie Réformées (Afrique)

Foi & Vie Réformées (France)

Croix Huguenote Foi et Vie Réformées

 

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15 janvier 2024 1 15 /01 /janvier /2024 19:02
Dieu prend soin de moi par Pierre Roques

Je dois repasser dans mon esprit sur les soins que Dieu a pris de moi, dans un temps, où je paraissais destitué de tout secours humain ; et comment il m’a placé dans l’état heureux, où je me trouve.

 

Certainement tu es celui qui m’as tiré hors du ventre de ma mère, et qui as fait ma sûreté lorsque j’étais aux seins de ma mère. J’ai été mis en ta charge dès la matrice. Tu es mon Dieu fort dès le ventre de ma mère. 

Psaume 22.10,11

 

 

Réflexions

 

I.

 

Mieux vaut se retirer vers l’Éternel, que de s’assurer sur l’homme.

Que trouve-t-on dans l’homme pour fonder notre confiance ?

Ignorance, malice, légèreté, faiblesse. Tous ces défauts sont quelques fois réunis.

Un seul est suffisant pour rendre l’homme un appui inutile.

En vain cet homme accrédité m’a-t-il  promis sa protection, si je ne compte que sur lui, je ne reposerai point en assurance ?

Qui me répondra de sa vie pour une journée entière ? Qui ne peut se soutenir soi-même, peut-il servir d’appui solide aux autres ?



II.

 

Abandonnons l’appui de la créature pour ne nous reposer, désormais, que sur le Créateur, qui est béni aux siècles des siècles.

L’homme est changeant ; Dieu est toujours le même.

L’homme est mauvais ; Dieu est souverainement bon.

L’homme marche dans les ténèbres, il ne sait où il va, ni où il conduit ceux qui le suivent ;

Dieu est lumière, et il n’y a en lui aucunes ténèbres.

L’homme passe comme une ombre ; Dieu est l’Éternel, l’immortel, l’immuable.

Le moindre obstacle peut arrêter l’homme, et ruiner tous ses projets ; Dieu dirige tous les évènements, et sa volonté est souverainement efficace.

Ô ! aveuglement incompréhensible, de préférer l’appui d’un faible mortel, même de tous les hommes réunis, à la protection de Dieu, qui est le rocher des siècles !



III.

 

Je m’aveuglerais volontairement, si je ne reconnaissais que Dieu m’a conduit, protégé et dirigé d’une manière sensible. Combien de fois les créatures, sur lesquelles je devais, à ce qui semble, compter, m’ayant abandonné, Dieu m’a-t-il fait naître des appuis nouveaux ?

À ces féconds il en a fait succéder des troisièmes ; me montrant, en même temps, et la fragilité de la créature, et l’immuable bonté du Créateur.



IV.

 

Ne dois-je pas conclure des soins paternels de mon Dieu, que quand même mon père et ma mère m’abandonneraient, que quand même je serais délaissé de tout appui humain, et privé de l’affection de mes amis et de mes protecteurs, le Seigneur me recueillera ?

Qu’il est doux de penser que Dieu nous a fait du bien !

Les faveurs reçues, si l’on en a profité, deviennent les arrhes des grâces que Dieu se prépare de nous accorder dans la suite.

Mon âme, ne t’abats point dans tes maux. L’Éternel qui t’a mille fois consolée et réjouie, te délivrera encore.

Refuser de s’abandonner entièrement à Dieu, dans tout ce qui peut nous arriver, n’est-ce pas avancer l’une ou l’autre de ces impiétés ; ou, que c’est à notre industrie, que nous devons notre conservation, et ce que nous sommes, ou, que nous avons à nous plaindre de la manière, en laquelle Dieu nous a conduits jusqu’ici ?



V.

 

Vouloir que Dieu nous protège, et ne pas vouloir exécuter ce qu’il nous ordonne, n’est-ce pas imiter la folie de celui, qui se choisirait un guide, et qui pourtant refuserait de marcher dans le chemin qu’il lui indiquerait ?

Dieu soutient toutes ses créatures, mais il chérit ses bien-aimés comme la prunelle de son œil ; et avec plus de tendresse que la mère ne chérit l’enfant qu’elle allaite.

Le moyen sûr de se perpétuer le secours de Dieu, c’est de priser ce secours ; de la demander ; de s’en servir, et d’avoir une confiance sans bornes en ce Dieu, qui daigne nous favoriser de sa protection.

 

 

Croix Protestante

 

Prière

 

 

C’est bien avec justice, ô mon Dieu ! que tu es appelé le Père des orphelins. Privé de tout secours, tu as été mon soutien et mon refuge. Tu as pourvu, comme par miracle, à mon éducation ; et dans le temps où je devais, ce semble, être abandonné de tous. Tu m’as fait naître des appuis et des protecteurs.

Tous les jours, ô Père des grâces ! tu as renouvelé sur moi tes gratuités (grâces), et tes dernières faveurs l’ont toujours emporté sur les premières. Oh ! si donc, ô mon Dieu ! mon amour pour Toi avait crû à proportion, quel zèle ! quelle affection ! quel attachement n’aurais-je point, ô Dieu ! malgré mes froideurs, et mes ingratitudes ; mais ajoute à toutes ces grâces, celle de les sentir vivement, et de les rapporter à ta gloire.

C’est à Toi seul que je dois tous les avantages qui m’environnent. Qu’on voie, ô Père de grâce ! que c’est Toi qui m’as conduit dans l’état où je me trouve, et que j’y vis suivant les ordres de ta volonté.

Fais que je suive en tout tes désirs ; que j’épouse ta cause ; et que je paraisse ne vouloir dépendre que de Toi, ô Père céleste ! à qui je dois tout ce que je suis, et de que j’attends ce qui peut me rendre heureux.

Amen !

 

Pierre Roques

Pasteur Protestant Réformé

Pierre Roques
 

Bible
Croix Huguenote

 

Le tableau de la conduite du chrétien qui s’occupe sérieusement du soin de son salut.

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Méditations et prières des pères Huguenots
Méditations et prières des pères huguenots

Source : https://pensees365.blogspot.com/

 

 

 

 

 

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2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 08:35
Prière du matin par Bénédict Pictet, Pasteur Théologien Calviniste Genevois (1655-1724)

Bénédict Pictet, né le 20 mai 1655, est un Pasteur Théologien Calviniste Genevois. Il décède le 09 juin 1724.

Il fut d'un très grand soutien pour les huguenots, qu'ils soient restés en France ou qu'ils soient réfugiés à Genève, en entretenant une correspondance régulière avec de nombreuses personnalités du monde protestant (Antoine Court, Claude Brousson, pour ne citer qu'eux).

Il devient membre de la Société anglaise pour la propagation de l'Évangile (Royal Society for the Propagation of the Gospel)  et de l'Académie de Berlin en 1714.

Deux prières ci-dessous extraite de "Les vérités de la Religion Chrétienne" .

 

Bible

Prière pour dire le matin

 

Seigneur, notre Dieu et notre Père, nous nous abattons en ta sainte présence, pour te demander le pardon de tous nos péchés, au nom de ton Fils Jésus-Christ, et pour te rendre grâces de ce que tu nous as fait passer heureusement la nuit, pour arriver jusqu’à ce jour. Fais, ô Dieu, que nous l’employons à ton saint service, et que toutes nos pensées, toutes nos paroles, et toutes nos actions s’y rapportent, à la gloire de ton saint nom et à l’édification de nos frères. Donne-nous, pour cet effet, ton Saint-Esprit, qui dissipe par sa lumière nos ténèbres, qui mortifie notre chair, qui dompte nos passions, qui change notre cœur, et qui nous conduise dans la droite voie de ta justice, afin que nous ne nous proposions point d’autre but que de te plaire, et que nous n’entreprenions rien qui ne te soit très agréable.

Béni tout ce que nous ferons dans ce jour, fais que nous nous y avancions dans ta connaissance et dans ta crainte, et que travaillant pour la vie présente, nous pensions toujours à celle qui est à venir. Sois le Protecteur de nos corps et de nos âmes. Fortifie-nous contre toutes les tentations du diable, et garantis-nous de toute sorte d’accidents; ou si tu nous y exposes, donne-nous la force de les supporter. Et ne permets pas que rien ne nous sépare jamais de ton amour.

Aie pitié de ton Église, conserve celle dont nous sommes membres; accorde ton secours à tous ceux qui en ont besoin. Répands tes plus précieuses grâces sur tous nos proches; affermis-nous dans ta vérité; augmente notre foi. Soutiens notre espérance et enflamme tellement nos cœurs d’un saint zèle pour toi que nous te soyons fidèles jusques à la mort, pour remporter la couronne de vie qui nous a été acquise par le sang de ton Fils, au nom duquel nous t’invoquons, en disant, notre Père (qui es aux cieux) etc.

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

Source :  site Par la Foi  &   Ressources Chrétiennes

 

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 19:20
Prière du soir de Jean Calvin

Prière du soir


Seigneur Dieu,

Puisque Tu as destiné la nuit au repos de l’homme

Comme Tu as Créé le jour pour son travail, 

Je Te demande d’accorder à mon corps une nuit de repos

Et de faire que mon âme s’élève vers Toi

Et que mon cœur soit toujours rempli de Ton Amour.
Apprends-moi ô Dieu, à Te confier tous mes soucis

Et à me souvenir sans cesse de Ta Miséricorde

Afin que mon âme puisse, elle aussi, jouir du repos spirituel. 

Fais que mon repos ne soit pas excessif,

Mais qu’il serve à réparer mes forces,

Pour que je sois plus disposé à Te servir. 

Qu’Il Te plaise également de me conserver pur

Dans mon corps et dans mon esprit, 

Me préservant de toute tentation et de tout danger

Afin que mon sommeil lui-même puisse servir

A la Gloire de Ton Nom.
Et puisque ce jour ne s’est point écoulé

Sans que je T’aie offensé en plusieurs manières, 

Moi qui suis un misérable pécheur,

Veuille ô Dieu, de même que Tu caches maintenant toutes choses

Dans les ténèbres de la nuit, 

Ensevelir aussi tous mes péchés,

Selon Ta Miséricorde,

Par Jésus-Christ Mon Sauveur.

Amen. 

 

 

 

 

Jean Calvin Refuge Protestant

(Jean Calvin)

 

 

 

 

 

 

O Seigneur de ma vie, je ne veux rien d'autre que T'appartenir.

Le jour comme la nuit, Viens remplir mes pensées.

Que je veille ou dorme, Ta Présence m'éclaire.

Sois ma Sagesse, Purifie mes paroles ô Mon Céleste Père.

Sois mon bouclier, mon épée pour lutter,

Sois toute mon armure et ma force.

Sois  L'abri de mon âme et le Lieu de mon Refuge.

Je ne désire ni richesse ni honneur sinon celui d'être qu'à Toi,

Ne voulant que Toi sur terre et dans le ciel.

Demeure à jamais le Seul Maître en mon cœur.

Céleste Souverain Tu es Mon Seul Vrai Trésor.

 

 

Bible Protestante

 

Huguenot Cross

 

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La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 05:10
Prière du matin de Jean Calvin

Fais-moi entendre, dès le matin, ta bonté, car je me suis confié en toi ; fais-moi connaître le chemin où je dois marcher, car j’ai élevé mon âme à toi. Eternel, délivre-moi de mes ennemis ; je me suis retiré vers toi. Enseigne-moi à faire ta volonté, car tu es mon Dieu. Que ton bon Esprit me conduise dans le droit chemin. (Ps 143 ,8-10)

Mon Dieu, mon Père et mon Sauveur, puisqu’il t’a plu de me conserver par ta grâce pendant la nuit qui vient de finir et jusques au jour qui commence, fais que je l’emploie tout entier à ton service et que je ne pense, ne dise ou ne fasse rien qui ne soit pour te plaire et obéir à ta sainte volonté, afin que toutes mes actions se rapportent à la gloire de ton nom et au salut de mes frères. Et de même que pour cette vie terrestre, tu fais luire ton soleil sur le monde, veuille aussi éclairer mon intelligence par la clarté de ton Esprit, afin de me diriger dans la voie de ta justice.

Ainsi, ô mon Dieu, à quelque chose que je m’applique, que mon but soit toujours de te servir et de t’honorer, attendant tout mon bien de ta seule bénédiction et n’entreprenant rien qui ne te soit agréable. Fais aussi, Seigneur, que tout en travaillant pour mon corps et pour la vie présente, j’élève mon âme plus haut jusques à cette vie céleste et bienheureuse que tu réserves à tes enfants. Qu’il te plaise d’être le protecteur de mon âme comme de mon corps afin de me fortifier contre toutes les tentations de Satan et de me délivrer de tous les dangers qui me menacent sans cesse.

Et puisque ce n’est rien de commencer si l’on ne persévère, je te demande, ô Dieu, de me conduire et de me diriger, non pas ce jour seulement, mais jusques à la fin de ma vie. Veuille aussi augmenter continuellement en moi les dons de ta grâce, afin que je progresse de jour en jour, jusques à ce que je parvienne à la pleine communion de ton Fils Jésus-Christ, qui est la vraie lumière de nos âmes.

Mais, ô mon Dieu, pour que je puisse obtenir de toi de si grands bienfaits, veuille oublier tous mes péchés et me les pardonner selon ta miséricorde infinie, comme tu l’as promis à tous ceux qui t’invoqueront d’un cœur sincère en Jésus-Christ notre Sauveur.

Amen.

Jean Calvin

Jean Calvin,

 

 

Bible
huguenot cross

 

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 19:51
Prière du soir par Bénédict Pictet, Pasteur Théologien Calviniste Genevois (1655-1724)

 

bible

 

Prière pour dire le soir

 

Seigneur, notre Dieu, nous-nous prosternons devant le trône de ta majesté souveraine, pour bénir ton saint nom, de ce que tu nous as garanti dans ce jour de tous les dangers auxquels notre pauvre nature est sujette, et de ce que nous n’avons pas été accablés par tes jugements, comme nous l’avions mérité. Pardonne-nous, pour l’amour de ton Fils, tous les péchés que nous y avons commis, avec tous les autres dont nous sommes coupables, et donne-nous ton Saint-Esprit, afin que désormais nous ne t’offensions plus.

Continue-nous ta protection pendant cette nuit; fais que nous y prenions le repos dont nos corps ont besoin, afin d’être plus en état, demain, de travailler à l’œuvre de notre vocation; et répands dans nos consciences le doux sentiment de ta paix. Que tes anges campent autour de nos personnes; et fais que nous nous déchargions de tous les soins de cette vie, pour ne penser qu’à toi, et pour nous reposer uniquement dans le sein de ta providence. Ne permets point que notre sommeil soit excessif, pour plaire à notre chair; mais seulement pour soulager notre nature.

Préserve-nous de tous les accidents auxquels nous sommes exposés; et surtout, fais que voyant tous les jours avancer notre fin, nous nous préparions continuellement à notre mort, afin de vivre dans ta crainte, pour mourir dans le sentiment de ta grâce, et pour revivre éternellement dans ta gloire, avec ton cher Fils, au nom duquel nous te prions, notre Père, etc.

 

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

Source :  site Par la Foi  &   Ressources Chrétiennes

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 16:18
Prière et confiance en Dieu lorsque nous sommes dans la crainte

Ô Seigneur, quand les fondations sont détruites, que peut faire le juste ? Quand les méchants attaquent les droits pour les détruire, que peut faire le droit ? Devons-nous fuir vers les montagnes ? Non en effet, nous devons nous réfugier en toi, car tu es dans ton saint temple. Ton trône est dans les cieux et tu règnes sur tout ton domaine. Il n'y a rien qui échappe à ta vue. Il n'y a personne dont tu n'observes pas la vie. Tu testes le juste pour le corriger et le purifier. Tu pardonnes les péchés du pénitent. Tu es juste et et tu aimes les bonnes œuvres. Ne craignons pas en ces temps troublés. Ne pensons pas que déménager dans un nouvel endroit nous éloignera des troubles du monde. Trouvons plutôt en toi Notre Refuge, car tu es l'abri pour ton peuple. Nous te prions au nom de Jésus. Amen.

 

Dr Benjamin Shaw,

 

Professeur d'hébreu et d'Ancien Testament,

Greenville Presbyterian Theological Seminary

And

Reformation Bible College

 

Basée sur quatre couplets du livre d'Isaïe, chapitre 43

 

N'aie pas peur, car je t'ai racheté. Je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi. Quand tu marcheras dans les eaux, je serai avec toi ; tu ne couleras jamais sous les vagues. N'aie pas peur, car je t'ai racheté. je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi. Lorsque le feu brûle tout autour de vous, vous ne serez jamais consumé par les flammes. N'aie pas peur, car je t'ai racheté. je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi. Quand la peur de la solitude se profile, alors souviens-toi que je suis à tes côtés. N'aie pas peur, car je t'ai racheté. je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi. Souviens-toi que tu es précieux à mes yeux. N'aie pas peur, car je t'ai racheté. je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi. Tu es à moi, ô mon enfant, je suis ton Père, et je t'aime d'un amour parfait. N'aie pas peur, car je t'ai racheté. je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi.

 

Bible prière Refuge protestant
Croix Protestante Refuge Protestant

 

Metropolitan Tabernacle Londres. Texte de John Newton (Bien que les ennuis assaillent)

Bien que les ennuis assaillent, et que les dangers effraient, pourtant une chose nous sécurise, quoi qu'il advienne.

 

L'Écriture nous assure :

"Le Seigneur pourvoira".

 

Les oiseaux, sans grange ni entrepôt, sont nourris ; apprenons d'eux à avoir confiance pour notre pain.

 

Tant qu'il est écrit :

"Le Seigneur pourvoira",

 

nous obéissons à son appel, comme Abram d'autrefois, ne connaissant pas notre chemin. La foi nous rend audacieux, car bien que nous soyons des étrangers, nous avons un bon guide, et nous avons confiance.

 

Dans tous les dangers : 

'Le Seigneur pourvoira.'

 

Quand Satan apparaît, obstruant notre chemin, et nous remplissant de craintes, nous triomphons par la foi, ne pouvant nous enlever (Bien qu'il ait souvent essayé)

cette promesse réconfortante :

 

"Le Seigneur pourvoira".

 

Aucune propre force ou propre bonté que nous revendiquons depuis que nous connaissons le Grand Nom de Notre Sauveur, dans cette tour forte nous nous réfugions en sécurité :

 

"Le Seigneur pourvoira".

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

Mon espoir est bâti sur rien de moins que le sang et la justice de Jésus ; je n'ose faire confiance au cadre le plus doux, mais je m'appuie entièrement sur le nom de Jésus. Sur Christ, le Rocher solide, je me tiens, tout autre sol est du sable mouvant. Quand les ténèbres semblent cacher son doux visage, je me repose sur sa grâce immuable ; dans chaque coup de vent violent et orageux, mon ancre tient malgré l'obscurité. Son Serment, Son Engagement, Son Sang me portent au travers du déluge submergeant. Soutiens-moi dans le déluge accablant ; et quand tout cède autour de mon âme, Il est tout mon espoir et mon soutien. Lorsqu'il viendra, je serai trouvé en Lui, vêtu de Sa Seule Justice, sans faute en me tenant devant Son Trône.

Bible Refuge Protestant
Croix Protestante

 

 

Genèse 12:1-13:1; 1 Chroniques 12; Psaume 11; Luc 7:36-8:3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 17:19
Bonne année 2022 en Christ

Meilleurs vœux en Jésus Christ

Notre Sauveur et Seigneur

pour cette année 2022.

 

Refuge Protestant

Croix Huguenote Refuge Protestant

 

Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui peut édifier et donner l'héritage avec tous les sanctifiés.

Actes 20:32

Church happy new year

 

​Ô Dieu, qui est l'ancien des jours et le Père d’Éternité, le Premier et le Dernier, Tu nous vois en Ta Présence pour Te consacrer les prémices de ce jour et de cette année, et pour Te demander Ta Bénédiction. Nous Te rendons nos actions de grâces, de ce que pendant l'année que nous avons achevé hier, Tu nous as garantis de mille accidents qui pouvaient nous être funestes, et qui l'ont été à une infinité de nos Frères, et nous venons Te prier de nous accorder la continuation de Tes Grâces.



Nous bénissons Ton Nom de ce que Tu as Couvert de Ton ombre et de Ta Protection Tes Enfants*. Nous venons reconnaître devant Toi combien nous nous sommes rendus indignes de Ton Soutien, par des péchés sans nombre, que nous avons commis contre Toi, et dans l'année passée et dans les autres qui l'ont précédée. Et nous venons Te supplier de ne nous point faire porter la peine que nous avons justement méritée.
 


Regarde-nous plutôt dans Tes Compassions Infinies, et Fais-nous Grâce pour l'Amour de ton Bien-Aimé, en qui Tu Prends Tout Ton Plaisir. Souviens-Toi, qu'Il a Satisfait Ta Justice pour nous ; et à cause de ce Cher Fils, Conserve-nous la vie, quoique nous ne méritions que la mort, et Continue à répandre sur nous Tes Faveurs. Dans cette année nouvelle que nous commençons aujourd'hui par un effet de Ta Miséricorde Infinie, Fais Luire de nouveau sur nous la Clarté de Ta Face. Sans Toi nous ne pouvons rien ; mais avec Toi nous pouvons toutes choses.
 


Enseigne-nous à faire Ta Volonté, afin que nous commencions aujourd'hui une nouvelle vie. Éclaire tellement nos esprits qui sont naturellement aveugles, que nous puissions comprendre ce que Tu Es, et ce que nous sommes ; ce que Tu as Fait pour nous, et ce que Tu Veux que nous fassions pour Toi ; l'Espérance de Ta Vocation, les Richesses de Ton Héritage, la Profondeur et la Hauteur de Ta Charité, et l'Obéissance que nous Te devons. Sanctifie aussi nos âmes, Viens-y Retracer Ton Image, et Soumets toutes nos passions à Ton Empire. Donne-nous une Vraie Foi dans Tes Promesses, une Vive Espérance, et Enflamme nos cœurs d'un Véritable Amour pour Toi, et pour notre prochain. Ne permets pas que nous occupions nos esprits à des connaissances vaines et même criminelles, comme nous ne l'avons que trop fait jusqu'à présent ; mais fais plutôt que nous travaillions à acquérir la Science du Salut que Tu nous as Révélé dans Tes Écritures, et que dans cette année nous y fassions de grands progrès.
 


Affermis-nous dans Ta Vérité, afin que rien n'ébranle notre Foi ; et donne-nous une si grande horreur du péché, que non seulement nous détestions tout ce qui est contraire à Ta Volonté, mais que nous nous abstenions de toutes les apparences du mal, et que nous vivions dans ce présent siècle sobrement, justement et religieusement. Si Satan, le monde et notre chair, nous tentent et nous sollicitent à quelque péché, quelque léger qu'il paraisse, que le Respect de Ta Majesté et la Sainte Crainte de Tes Jugements nous retiennent, et Fais que nous nous souvenions sans cesse que nous ne faisons rien que sous Tes Yeux, que Tu Entends tous nos discours, que Tu Sondes même nos cœurs, et que Tu nous Jugeras un jour.
 


Soumets toutes nos volontés à la Tienne, afin que nous ne murmurions jamais contre Ta Providence, de quelque manière que Tu en Uses avec nous. Et si notre chair orgueilleuse combat contre notre esprit, Fais que notre esprit triomphe de notre chair, que la loi de notre entendement l'emporte sur la loi de nos membres, et que la Loi de Ton Esprit de vie nous affranchisse de la loi du péché et de la mort. Fais que dans cette année tout soit renouvelé en nous, et que nous ayons de nouveaux désirs et de nouvelles inclinations. Donne-nous un nouveau cœur et mets en nous un esprit nouveau. Fais que nous renoncions à notre avarice, à notre ambition, à notre luxe, à notre libertinage, à notre usure, et à toutes nos passions criminelles, que notre vieil homme meure, et que nous soyons revêtus du nouveau, qui est créé en Justice et en Sainteté; et que laissant les choses qui sont en arrière, nous nous avancions vers celles qui sont en avant, tendant au but de notre Céleste Vocation.
 


Aie pitié de cette partie de Ton Église, qui gémit sous la Pesanteur de Ta Main. Il est temps que Tu en Aies Compassion. Entends les cris de Ton Peuple, et les sanglots de l’Épouse de Ton Bien-Aimé. Regarde les masures de Tes Sanctuaires, et Relève-les par Ta Puissance ; Rappelle tant de troupeaux dispersés et tant de pasteurs fugitifs ! Et Fais que cette année soit une année de Grâce, de Bienveillance, de Salut et de Joie pour Ta Chère Sion. Ouvre les prisons où Tes Enfants sont enfermés, et Rompt les chaînes dont Ils sont liés. Conserve toutes les Églises qui subsistent par un effet de Ta Bonté ; mais surtout Continue à Etre Le Protecteur de Ton Eglise dont nous sommes les membres. Sois toujours Son Soleil et Son Bouclier, Sa Lumière et Sa Force ; que Ta Gloire habite au milieu d'Elle, et que Ta Main la Couvre. Dissipe tous les complots qu'on pourrait faire contre Elle. Garantis-La des horreurs de la guerre, de la famine et de la peste. Inspire à toutes les puissances du monde des sentiments favorables pour cet État. Fais que la Divine Semence de Ta Parole y produise des Fruits en Abondance, et Répands sur elle les Plus Douces Influences de Ton Ciel.
 


Roi des rois! Bénis nos magistrats, Comble-les de Tes Plus Rares et de Tes Plus Précieuses Faveurs. Revêts-les de Ton Esprit de Lumière, de Conseil et de Force ; Préside dans tous leurs conseils. Donne un heureux succès à leurs justes desseins ; et Fais qu'ils n'aient point d'autre But que Ta Gloire, l'Avancement du Règne de Ton Fils, le bien de Ton Église et le bonheur de cet État, afin qu'un jour ils soient couronnés dans Ton Ciel. Fais que toutes les puissances de la terre Te rendent leurs hommages, et qu'elles se soumettent à l'Empire de Ton Fils, afin que Tes Enfants vivent heureux sous leur domination.
 


Souverain Pasteur de nos âmes, Bénis tous ceux que Tu as Appelés pour nous conduire dans la Voie du Salut, et pour nous découvrir les Vérités de Ton Royaume. Donne-leur dans cette nouvelle année une nouvelle mesure de Ton Esprit, qui leur Enseigne ce qu'ils doivent enseigner à Ton Peuple, qui leur inspire ce qu'ils doivent dire de Ta Part, qui les embrase d'un Saint Zèle, afin qu'ils fassent Ton Oeuvre avec une Ardeur, une Activité et une Vigilance qui ne se relâche jamais. Accompagne leur ministère de Ta Bénédiction, afin qu'ils puissent Confondre tous les ennemis de La Vérité, Corriger les pécheurs, Ramener tous ceux qui s'égarent, Consoler les affligés, Abattre au pied de la Croix de Ton Fils les âmes les plus orgueilleuses, et Ranger tous les cœurs sous Son Obéissance, et qu'ayant amené plusieurs à La Justice, ils soient introduits dans le Séjour Éternel de Ta Gloire, où Ton Agneau sera Leur Pasteur. Répands aussi Tes Bénédictions sur ceux qui se consacrent au Saint Ministère, et Sois Toi-même Leur Docteur et Leur Maître.
 


Bénis toutes les familles qui composent Ton Église, de tout âge, de tout sexe et de toute condition ; vieillards, hommes faits, jeunes gens et enfants, citoyens et bourgeois, habitants, étrangers, et ceux que les malheurs du temps ont contraint de chercher ici un Asile, pour Te Servir selon les lumières de leur conscience, tous en particulier, chacun selon la vocation dont Tu l'as honoré, et selon l'état où il se trouve. Conserve ceux qui sont en santé ; rétablis ceux qui sont malades, si Tu le Juges à propos, Pour Ta Gloire et pour leur Salut.
 


Sois le Protecteur des innocents, le Mari des veuves, et le Père des orphelins. Sois le Trésor des pauvres, et Fais que ceux à qui Tu as donné des biens en fassent un bon usage. Console tous les affligés, et Réjouis-les par les Assurances de Ta Grâce. Bénis ceux qui s'attachent aux belles-lettres, et ceux qui portent les armes. Bénis ceux qui veillent pour notre garde, ceux qui défendent la juste cause des personnes à qui l'on fait tort, et ceux qui s'emploient à la guérison des malades. Bénis le commerce de ceux qui négocient et les travaux des artisans. Dans ce jour, Répands sur nous toutes les Bénédictions les plus rares. Voici, nous ne Te laisserons point aller que Tu ne nous aies Bénis.
 


Fais qu'aujourd'hui et pendant tout le cours de cette année, nous pensions sérieusement à la fragilité de notre vie, qui s'en va comme une ombre, et que nous nous disposions à la mort, en vivant toujours comme devant mourir, et en pratiquant les Vertus Chrétiennes que Tu nous Ordonnes. Si Tu Veux que nous achevions l'année que nous commençons par Ta Grâce, Fais que nous l'employions toute à Ta Gloire, et à nous avancer tellement dans notre sanctification, que nous nous trouvions l'année suivante, plus saints que nous ne sommes aujourd'hui, plus zélés pour Ta Gloire, plus détachés du monde et plus Attachés à Ton Service. Qu'aucun jour ne se passe sans que nous ayons fait plusieurs actes de piété envers Toi, et des œuvres de Charité envers nos Frères.
 


Mais si Tu veux que cette année soit la dernière de notre vie, ne Permets pas, ô Dieu ! que la mort nous surprenne dans un mauvais état, et Fais-nous Connaître notre fin, afin que nous nous y préparions et que nous l'attendions comme un bon serviteur attend la Venue de Son Maître, et qu'ainsi nous puissions espérer d'entrer dans ces nouveaux cieux, où la Justice habite, et où nous ne compterons plus nos années et nos jours, mais où nous commencerons une année nouvelle, qui ne finira point, où nous ne serons plus exposés à la rigueur des saisons et aux injures de l'air, où Ton Fils sera Notre Soleil, qui ne se couchera jamais, et où nous serons rendus semblables à Lui.


Amen.

Bénédict Pictet

Bénédict Pictet. (1655-1724)

Théologien Calviniste Genevois

 

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté.

Éphésiens 1 : 3-5

Eglise Refuge Protestant

 

Bible Huguenote
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

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Source : Pensées 365 (Prière pour le premier jour de l'année - Bénédict Pictet )

* (adapté pour l'article, initialement Bénédict Pictet précisait en la circonstance : ce pays et ton Eglise.)

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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 08:10
Sur la véritable gloire du Chrétien de Jacques Saurin (1677-1730)

Sur la véritable Gloire du Chrétien,

Sermon de Jacques Saurin

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Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie,

si ce n’est en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ,

par qui le monde m’est crucifié, et moi au monde.

Galates VI, 14

 

Le Saint Esprit nous représentant, sous l’idée d’une mort et d’une crucifixion, notre renoncement au monde n’a pas seulement voulu nous marquer la nature et les degrés de cette disposition ; il a voulu aussi en marquer les difficultés.

 

Rarement meurt-on sans souffrir.

 

Les morts les plus douces sont pour l’ordinaire précédées de symptômes violents, que quelqu’un a appelé les messagers de la mort.

 

Ces messagers de la mort, ce sont des syncopes mortelles, ce sont des ardeurs brûlantes, ce sont des douleurs violentes, ce sont des tortures insupportables.

 

La crucifixion surtout était le supplice le plus violent que la justice des hommes, dirai-je ? ou leur barbarie eût jamais inventé.

 

L’imagination est effrayée, quand elle se représente un corps attaché à un poteau, suspendu par des clous, entraîné par son propre poids, dont le sang est versé goutte à goutte, et n’expirant qu’à force de souffrir.

 

Cette effrayante image est-elle outrée pour représenter les peines, les combats, les sacrifices auxquels un chrétien est appelé, et qu’il ne peut se dispenser de subir, avant que de parvenir à ce bienheureux état où la grâce avait donné à notre Apôtre d’arriver, lorsqu’il disait dans les paroles de mon texte :

 

Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.

 

Représentez-vous un chrétien, représentez-vous un homme encore novice dans l’école de Jésus-Christ, appelé tantôt à combattre des penchants qu’il a apportés au monde ; tantôt, à déraciner une habitude qui est devenue en lui une seconde nature ; tantôt, à résister au torrent de l’exemple et de la coutume ; tantôt à mortifier une passion dominante qui l’occupe, qui le possède, qui l’entraîne ; tantôt à quitter le lieu de sa naissance comme Abraham, à marcher sans savoir où il va ; tantôt à immoler un fils unique, comme ce Patriarche ; à s’arracher dans un lit de mort à des amis, à une épouse, à un enfant qu’il aime à l’égal de lui-même ; et tout cela, parce que c’est Dieu qui le veut ; et tout cela, avec cette soumission qui faisait dire à Jésus-Christ, le chef et le consommateur de la foi du chrétien, son rédempteur et son modèle :

 

Non point ce que je veux, mais ce que tu veux (Matthieu 26 :19) !

 

O croix de mon Sauveur, que vous êtes pesante, quand vous êtes imposée à des hommes qui n’ont pas encore porté l’amour pour lui à ce degré, qui rend toutes choses aisées à celui qui l’aime !

 

O sentier de la vertu qui paraissez uni à ceux qui y marchent, que le chemin qui nous conduit à vous est raboteux !

 

O joug de Jésus-Christ si aisé, fardeau léger à celui qui a accoutumé de vous porter, que vous êtes difficile à ceux qui veulent essayer leurs forces !

 

Aussi, vous le voyez, mes frères, dans le style de l’Écriture, renoncer au monde de la cupidité, c’est offrir son corps en sacrifice :

 

Je vous exhorte par les compassions de Dieu que vous présentiez vos corps en sacrifice (Romains 12 :1).

 

C’est se couper son bras, c’est s’arracher un œil (Matthieu 5 :29-30), c’est renoncer à soi-même, c’est charger sa croix : car si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il charge sa croix (Matthieu16 :24).

 

C’est être crucifié avec Jésus-Christ, car je suis crucifié avec Jésus-Christ (Galates 2 :20) et dans notre texte : le monde m’est crucifié et je suis crucifié au monde.

 

Mon Dieu qu’il en coûte pour être chrétien !

 

Mais cette disposition, de quelque amertume qu’elle soit accompagnée, constitue pourtant la véritable gloire ; c’est le second article qu’il faut éclaircir.

 

Nous consentons de mettre ici en opposition le héros du siècle avec le héros chrétien.

 

Nous nous engageons à prouver que ce dernier l’emporte infiniment sur l’autre.

 

De quelles sources le héros du siècle prétend-il tirer sa gloire ?

 

Quelquefois de la grandeur du maître auquel il s’est dévoué.

 

On se félicite de contribuer à la gloire de ces hommes qui sont élevés au-dessus du reste du genre humain, d’être l’appui de leur trône, et d’affermir leur couronne.

 

Le maître au service duquel le chrétien se dévoue, c’est le roi des rois : c’est celui devant lequel tous les rois de la terre ne sont que comme une goutte d’eau pendant à un seau, et comme la menue poussière qui s’arrache d’une balance (Ésaïe 40 :15) : c’est celui par l’autorité duquel les rois règnent, et les princes administrent la justice (Proverbes 8 :15).

 

Il est vrai que la grandeur de cet être adorable* (*Digne d'adoration) le met au-dessus de tous nos services.

 

Il est vrai que son trône est stable à toujours, et que toutes les créatures réunies seraient incapables de l’ébranler.

 

Mais si le chrétien ne peut pas contribuer à la gloire d’un si grand maître, il la publie, il confond ceux qui l’outragent, il la fait connaître par toute la terre.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la haine qu’il porte à l’ennemi auquel il livre la guerre.

 

Quel ennemi plus odieux pourrions-nous avoir, que le monde ?

 

C’est lui qui nous dégrade de notre grandeur naturelle ; c’est lui qui efface de notre âme ces traits que la divinité y avait elle-même gravés ; c’est lui qui nous fait perdre les prétentions que nous avions à une éternité bienheureuse.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la noblesse de ceux qui ont marché devant lui dans la même carrière.

 

Il est glorieux, dans le monde, de succéder à ces hommes qui ont rempli l’univers de leur nom, qui ont fait marcher la terreur devant eux, et qui se sont signalés par des actions au-dessus de l’homme.

 

Le chrétien a été précédé, dans sa carrière, par les Patriarches, par les Prophètes, par les Apôtres, par les martyrs, par ces foules de rachetés de toutes les nations, de tous les peuples, de toutes les langues (Apocalypse 5 :9).

 

Ces saints hommes ont été appelés à livrer la guerre au péché, comme nous à vaincre nos passions ; à former au-dedans d’eux, comme nous, la piété, la charité, la patience, toutes les vertus.

 

Le chrétien a été précédé, dans sa carrière, par Jésus-Christ lui-même, le chef et le consommateur de la foi.

 

Nous donc, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetant tout fardeau, et le péché qui nous environne si aisément, poursuivons constamment la course qui nous est proposée. Regardant à Jésus, le chef et le consommateur de la foi ; qui au lieu de la joie qui lui était proposée, a souffert la croix, ayant méprisé la honte (Hébreux 12 : 1-2).

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la grandeur des exploits.

 

Mais qui en opère de plus grands que le chrétien ?

 

S’affranchir du préjugé, mépriser le jugement des hommes, résister à la chair et au sang, vaincre les passions, affronter la mort, souffrir le martyre, être inébranlable sous les débris du monde croulant, et savoir s’appliquer au milieu du bouleversement universel des créatures, ces belles promesses : Quand les montagnes crouleraient, quand les coteaux se renverseraient ! ma gratuité ne se départira point de toi, l’alliance de ma paix ne bougera point (Ésaïe 54 :10).

 

Voilà les exploits du chrétien.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire des avantages qu’il procure aux autres, des biens qu’il fait à sa patrie, des forçats qu’il délivre de leurs chaînes, des monstres dont il purge la terre.

 

Qui est, à cet égard, plus utile à la société que le chrétien ? Il en est le rempart, il en est la lumière, il en est le modèle.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire des acclamations qu’excite son héroïsme, et de la magnificence de la couronne qui lui est préparée.

 

Mais d’où partent les acclamations qui l’enflent ?

 

Est-ce à des âmes vénales, à des courtisans, à des panégyristes à gages ; est-ce à des gens de cet ordre à applaudir, et à louer ?

 

Ont-ils seulement l’idée de la véritable gloire ? Porte, porte tes méditations, chrétien, jusqu’à la grandeur de l’être suprême !

 

Pense à cette intelligence adorable qui réunit dans son essence tout ce qu’il y a de grand !

 

Contemple la divinité entourée d’anges, d’archanges, de chérubins, de séraphins ! Ecoute les concerts que ces bienheureux esprits entonnent à sa gloire ! Vois-les pénétrés, ravis, transportés des beautés divines ; employant l’éternité à les exalter, et s’écriant jour et nuit :

 

Saint, Saint, est l’Éternel des armées ! Tout ce qui est en toute la terre est sa gloire ! Amen (Ésaïe 6 :3).

 

Louange, gloire, action de grâce, honneur, puissance soit à notre Dieu aux siècles des siècles ! Amen (Apocalypse 7 :12).

 

Que tes œuvres sont grandes et magnifiques, ô Seigneur notre Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables ! Roi des Saints, qui ne craindrait qui ne glorifierait ton nom (Apocalypse 15 :3-4).

 

Cet être si digne de louange et si dignement loué, c’est celui qui prépare les acclamations aux vainqueurs du monde.

 

Oui, athlète chrétien ! Après que tu auras été la balayure et la raclure de ce monde (1 Corinthiens 4 :13) ; après que tu auras mortifié, martyrisé, crucifié cette chair ; après que tu auras porté cette croix qui était autrefois scandale aux Juifs et folie aux Grecs, et qui est encore aujourd’hui folie et scandale à ceux qui devraient mettre toute leur gloire à la porter ; tu seras appelé en la présence des hommes et des anges !

 

Ce grand Dieu te démêlera dans la foule, et il t’adressera cette voix :

 

Cela va bien, bon serviteur et fidèle (Matthieu 25 :21).

 

Il accomplira la promesse qu’il fait encore aujourd’hui à tous ceux qui combattent sous les étendards de la croix :

 

Celui qui vaincra, je le ferai seoir* (asseoir) sur mon trône (Apocalypse 3 :21).

 

Ah ! gloire du héros du siècle, éloges profanes, inscriptions fastueuses, trophées superbes, diadèmes plus propres à amuser des enfants qu’à occuper des hommes raisonnables !

 

Qu’avez-vous de comparable aux acclamations et aux couronnes qui attendent le héros chrétien ?

(…)

Si nous regardons cette croix par rapport à son harmonie avec toute la contradiction que Jésus-Christ a éprouvé sur la terre ; elle nous porte à nous mettre dans les dispositions de Saint Paul, et à pouvoir dire comme lui :

 

Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.

 

Notre grand maître finit par la croix une vie passée dans le mépris, dans l’indigence, dans le détachement des sens, dans la faim, dans la soif, dans le travail, dans la mortification ; siérait-il à un chrétien de s’endormir dans les bras de l’indolence, de se livrer aux plaisirs, de se laisser enchanter par les charmes de la volupté, de ne respirer que l’aise, que les commodités, que le repos, que l’abondance ?

 

Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite, que le serviteur n’est pas plus grand que son maître (Jean 15 :18-20).

 

Si nous regardons cette croix par rapport au sacrifice qui y est offert à la justice divine, elle nous porte à nous mettre dans la disposition de Saint Paul, et à pouvoir dire comme lui :

 

Le monde m’est crucifié et je suis crucifié au monde.

 

Cette vie mondaine, ces dissipations, ces rébellions aux ordres du ciel ; en un mot cette cupidité qui fait nos délices, à quoi aboutit-elle ?

 

Voyez les carreaux * (foudre et tonnerre, par analogie avec les flèches des arbalètes appelées "carreaux") qu’elle attire sur la tête de ceux qui s’y livrent.

 

Jésus-Christ était parfaitement exempt de péché, mais il s’était chargé des nôtres, il les a portés sur le bois (1 Pierre 2 :24) et c’est pour cela qu’il a subi sur ce bois infâme tous les tourments sous lesquels sa divinité et son innocence l’ont empêché de succomber.

 

Voilà ce qui t’attend pécheur !

 

Oui, si tu n’es pas crucifié avec Jésus-Christ par la foi, tu le seras par la justice divine !

 

Et alors tous les carreaux de la justice divine fondront sur ta tête, comme ils fondirent sur la sienne !

 

Alors tu seras livré, dans un lit de mort, aux combats auxquels il fut livré dans Gethsémané ! Tu frémiras à l’idée des supplices que la vengeance divine te prépare ! Tu sueras comme des grumeaux de sang, quand tu porteras ta pensée sur le trône de justice, devant lequel tu vas être traîné ! Bien plus : alors tu seras condamné à compenser, par la longueur de ton supplice, ce que ta faiblesse te rend incapable de supporter de son poids !

 

Les siècles accumulés ne mettront point de bornes à tes tourments ! Tu seras maudit de Dieu dans l’éternité, comme Jésus-Christ le fut dans son temps ! Et cette croix que tu auras refusé de porter dans le temps, tu la porteras dans l’éternité !

 

Si nous regardons la croix de Christ, par rapport à l’atrocité de ceux qui méprisent un sacrifice si auguste, elle nous porte à revêtir les dispositions de Saint Paul, et à nous mettre en état de pouvoir dire comme lui :

 

Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.

 

L’image que je voudrais vous tracer ici, est encore de Saint Paul. Cet apôtre nous dépeint la cupidité comme un mépris de la croix de Christ et comme un renouvellement de son supplice.

 

L’idée de la punition d’un tel crime l’absorbe et le confond ; il ne trouve point de couleurs assez vives pour le dépeindre ; et il se contente de dire, après avoir parlé des châtiments infligés à ceux qui avaient enfreint la loi de Moïse :

 

De combien pires tourments pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le fils de Dieu ; et tenu pour une chose profane le sang de l’alliance, par lequel il avait été sacrifié ! (Hébreux 10 :29)

 

Voilà ta sentence, pécheur ! La voix du sang du Fils de Dieu criera de la terre au ciel, vengeance contre toi ; Dieu te demandera compte, un jour, du sang d’un Fils qui lui est si cher.

 

Il te dira, comme Saint Pierre dit à ceux qui l’avaient versé :

 

Tu as renié le saint et le juste, tu as mis à mort le prince de la vie (Actes 3 :14-15).

 

Il te poursuivra de ses fléaux comme si tu avais répandu ce sang, et comme il a poursuivi ceux qui l’ont réellement répandu.

 

Mais pressons des motifs plus doux, et plus sortables* (convenables) à la dignité des rachetés de l’Éternel.

Si nous regardons la croix de Christ par rapport aux preuves qu’il nous y donne de sa charité, pouvons-nous trouver quelque chose de trop pénible dans les sacrifices qu’il demande de nous ?

 

Pouvons-nous trop faire pour un Jésus qui a tant fait pour nous ?

 

Quand votre cœur se révolte contre la morale de l’Évangile, quand vous êtes tentés de dire : Cette parole est rude, qui la peut ouïr (Jean 6 :60) ?

 

Quand la porte du ciel vous apparaît trop étroite, quand la chair vous exagère les difficultés du salut ; quand il vous semble que nous venons vous arracher le cœur, lorsque nous vous demandons de modérer la fougue de votre tempérament, de résister au torrent de votre cupidité, de donner quelque portion de votre bien aux pauvres, d’immoler une Dalila et une Drusille* (Voir Actes 24:24: Drusille, fille d’Hérode Agrippa I (cf Actes 12) avait déserté son premier mari, le roi d’Émèse qu’elle avait épousé à l’âge de 15 ans, pour le gouverneur Félix, un an après son mariage.) ; suivez votre Sauveur jusqu’au calvaire ; voyez-le traversant le torrent de Cédron, arrivant sur le funeste mont où il devait consommer son sacrifice ; voyez ce concours de maux qui le réduisent à s’écrier :

 

Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ! (Matthieu 27 :46)

 

Si vous le pouvez, tenez contre ces objets !

[p. 78]
Si nous envisageons la croix par rapport aux preuves qu’elle nous fournit en faveur de la doctrine de celui qui y a fini sa vie, elle nous porte à revêtir les sentiments de Saint Paul. Il est naturel, je l’avoue, que des êtres raisonnables, de qui l’on exige de si grands sacrifices que ceux que la religion vous demande, veuillent s’assurer de la vérité de cette religion.

 

On ne saurait prendre trop de précautions, lorsqu’il est question d’immoler des victimes si chères.

 

Le moindre doute sur cette question est capital. Mais cet article est-il susceptible du moindre doute ?

 

Jésus-Christ a scellé de son sang la doctrine qu’il a prêchée ; il a été non seulement le héros de la religion que nous vous prêchons, mais il en a été le martyr. SI nous regardons cette croix, par rapport aux forces nécessaires pour nous former aux sentiments de Saint Paul, elle nous presse encore de les revêtir.

 

Elle nous assure, de la part de Dieu, tous les secours dont nous avons besoin pour nous soutenir dans les combats auxquels elle nous appelle. Elle fonde ce raisonnement le plus juste, le plus concluant qu’aucune intelligence ait jamais formé.

 

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a point épargné son propre fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il point toutes choses avec lui ? (Romains 7 :30-31)


Et pour finir ce discours, par les images que nous tracions en le commençant, si nous regardons cette croix par rapport aux gloires qui l’ont suivie, elle nous presse encore de revêtir les sentiments de Paul.

 

L’idée de cette gloire soutint Jésus-Christ dans ce que son sacrifice eut de plus pénible. A la veille de le consommer, il dit à son père,

 

Père ! L’heure est venue, glorifie ton fils, afin qu’il te glorifie (Jean 12 :23, 28).

 

Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, toi, père ! envers toi-même, de la gloire que j’ai eue par devers toi avant que le monde fût (Jean 17 : 1, 5).

 

Cette espérance ne fut point trompée. Le combat fut long, il fut rude ; mais il finit ; mais des messagers célestes vinrent le recevoir, au sortir de son tombeau ; mais une nuée vint l’enlever à la terre ; mais les portes du ciel s’ouvrirent à la voix de l’Église triomphante qui honorait son triomphe, et qui s’écriait dans le moment de son exaltation :

 

Portes, élevez vos linteaux ! Huis éternel, haussez-vous ! (Psaume 24, 7, 9).


Chrétiens, arrêtons nos regards sur cet objet. Souffrir avec Jésus-Christ, c’est s’assurer de régner avec lui. Nous ne vous déguisons point les peines qui vous attendent, dans la carrière que nous vous avons ouverte.

 

Il est dur de se refuser tout ce qui flatte, tout ce qui plaît, tout ce qui enchante.

 

Il est dur d’entendre toujours parler de difficultés à surmonter, d’ennemis à combattre, de croix à porter, de crucifixion à subir.

 

Il est dur de se mortifier, tandis que les gens du monde se réjouissent ; tandis qu’ils raffinent sur les plaisirs ; tandis qu’ils sont ingénieux à se procurer de nouveaux amusements ; tandis qu’ils distillent leur cerveau pour diversifier leur joie ; tandis qu’ils consument leur vie en jeux, en fêtes, en festins, en spectacles.

 

Le combat est long, il est violent, je l’avoue ; mais il finit, mais votre croix sera suivie des mêmes pompes que celles de Jésus-Christ : 

 

Père, L’heure est venue, glorifie ton fils.

 

Mais vous, en expirant sur votre croix, vous remettrez votre âme à votre Dieu comme il lui remit la sienne, et vous mourrez en disant :

 

Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23 :46).

 

Mais les anges viendront recevoir cette âme, pour la porter dans le sein de Dieu ; et après s’être réjouis de votre conversion, ils se réjouiront de votre béatitude, comme ils se réjouirent de la sienne. Mais dans le grand jour du rétablissement de toutes choses, vous serez portés sur les nuées au ciel, comme Jésus-Christ ; vous serez exaltés, comme lui, par-dessus tous les cieux ; et vous prendrez, comme lui, séance sur le trône de la majesté de Dieu.


C’est ainsi que la croix de Christ nous forme aux sentiments de notre apôtre ; c’est ainsi qu’elle fait que le monde nous est crucifié, et que nous sommes crucifiés au monde : C’est ainsi qu’elle nous conduit à la véritable gloire.

 

O glorieuse croix ! Tu seras toujours l’objet de ma méditation et de mes études !

 

Je ne veux me proposer de savoir que Jésus-Christ crucifié !

 

A Dieu ne plaise que je me glorifie, si ce n’est en la croix de Jésus-Christ, par qui le monde m’est crucifié, et moi au monde !

 

Dieu nous en fasse la grâce.


Amen.

Jacques Saurin

Jacques Saurin,

Pasteur Protestant Réformé

Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

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Source : Avec les remerciements à Eric Kayayan, Pasteur et Responsable de Foi & Vie Réformées

(Pges 64 /78 sermon Jacques Saurin)

 

Foi et Vie Réformées
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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 08:00
Commentaires sur les compassions de Dieu, s​​​ermon de Jacques Saurin

Commentaires

 SUR LES COMPASSIONS DE DIEU

Sermon de Jacques Saurin

Par Eric Kayayan, Pasteur de Foi & Vie Réformées

Croix Huguenote Foi et Vie Réformées
Jacques Saurin

Jacques Saurin,

Pasteur Protestant Réformé

De telles compassions dont un père est ému envers ses enfants, de telles compassions l’Éternel est ému envers ceux qui le craignent (Psaume 103 :13)

 

Dans son sermon sur les compassions de Dieu, le pasteur français Jacques Saurin (1677-1430) contraste l’amour de Dieu, ses compassions, avec le caractère d’imperfection et le défaut d’harmonie qu’on trouve chez tous les humains, même lorsqu’il est question de la plus grande expression de l’amour chez eux.


La plus belle notion que nous puissions nous former de la divinité, celle qui est en même temps le fondement le plus solide de la foi que nous en avons en sa parole, de l’assurance que nous avons en ses promesses, c’est celle qui nous représente Dieu comme un être conforme, dont les attributs ont une exacte harmonie, et qui est toujours d’accord avec lui-même (…) Il y a une parfaite harmonie de perfections dans la divinité. 

Cette véracité va nous servir de guide dans le corps de ce discours, elle va même en régler le plan.


Le cinquième des six points que Saurin développe pour éclairer son propos consiste en l’immobilité des desseins de Dieu, c’est-à-dire le fait que sa volonté et ses desseins sont immuables, non changeants. Voici comment il exprime dans ce passage de son sermon le caractère changeant d’affections humaines certes sincères, mais néanmoins flottantes et variables :


L’amour de Dieu pour les créatures est en harmonie avec l’immobilité de ses volontés. Il y a peu de fond, peu de solidité dans les sentiments d’amour dont les hommes comme nous sont susceptibles.

 

Ces noms de fermeté, de constance, d’égalité, d’image que rien ne pourra effacer, d’impression qu’aucune cause ne sera capable d’affaiblir, d’idée toujours présente à l’esprit, d’attachement sans fin, d’amitié éternelle, ces noms ne sont que des noms ; ce ne sont que de vains sons quand ils sont appliqués aux sentiments que les amis même les plus fidèles peuvent avoir les uns pour les autres.


Je ne veux pas dépeindre seulement ici ces caractères légers, aussi prompts à quitter les chaînes dont ils se sont liés, qu’ils avaient été à les prendre. Je veux caractériser une autre disposition d’esprit. Nous ne nous connaissons point nous-mêmes, lorsque nous nous croyons capables d’un attachement solide, et nous sommes les premiers à nous tromper, lorsque nous pensons que nous aimerons toujours, parce que nous sommes sincères lorsque nous assurons que nous aimons.

 

Cet homme, qui dans certains moments produit des sentiments de tendresse, cet homme n’est point hypocrite.

 

Cette femme n’est point hypocrite, lorsqu’éplorée auprès d’un époux mourant, et en quelque sorte plus mourante que lui, elle ne recueille de forces que pour recueillir les derniers souffles d’une personne qui lui est si chère ; elle proteste de n’aimer dans la vie désormais que ce moment où il plaira à l’arbitre des événements de lui permettre de suivre dans le tombeau une partie d’elle-même ; cette femme exprime ce qu’elle sent, et ce qu’elle croit sentir toujours : mais bientôt la suite du temps, un objet nouveau, d’autres projets, calmeront la violence de ces sentiments, et la mettront dans cet état de tranquillité et de soumission aux volontés divines, que toutes les maximes de la religion n’avaient pu produire.

Les hommes ne sont pas toujours blâmables d’être si superficiels dans leurs amitiés. Notre légèreté fait en quelque sorte notre bonheur, et nos malheurs sont l’apologie de notre inconstance.


La vie serait un tourment continuel, si nos amitiés étaient toujours dans le même degré d’activité, et Rachel serait infiniment malheureuse, si elle avait toujours ses enfants dans sa mémoire, et si elle refusait toujours d’être consolée de ce qu’ils n’existent plus.

 

Je veux dire seulement que ce caractère de légèreté est essentiel aux amitiés des esprits bornés comme sont les hommes.


Dieu seul est capable (être adorable, qui peux seul avoir des sentiments si nobles, donne-nous de les exprimer !) Dieu seul, mes chers frères et sœurs, est capable d’un amour réel, solide, permanent et sans diversion, sans interruption.


Dans la dernière section de son sermon, qui concerne le fait que la bonté de Dieu doit être en harmonie avec sa véracité, Jacques Saurin va se pencher sur le don parfait par le Père de son Fils Jésus-Christ, à partir de Jean 3 :16 

 

L’expression la plus vive et la plus énergique de l’amour de Dieu, selon nous, c’est celle qui est dans le chapitre 3, verset 16, de l’Évangile selon saint Jean : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.

 

Pesons ces mots, mes frères et sœurs : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.


Les idées métaphysiques commencent à être décriées ; je ne m’en étonne point : les hommes ont des notions si imparfaites des substances, ils connaissent si peu la nature des esprits, surtout ils se trouvent si confondus, lorsqu’ils veulent déduire certaines conséquences de l’infini, qu’il n’y a pas lieu d’être surpris, si l’on commence à revenir de certaines spéculations dans lesquelles on voit que des esprits téméraires ont fait de si grands écarts.


Voici une métaphysique plus sûre. Persuadé de la faiblesse de mes connaissances, surtout à l’égard de l’essence divine et de ses attributs, je consulte l’idée que m’en donne ce livre sacré, que Dieu a lui-même dicté.

 

D’abord je ne puis m’empêcher d’apercevoir que Dieu, en parlant de lui-même, s’est proportionné à l’infirmité de l’homme à qui il parlait.

 

Je n’ai pas de peine à expliquer par cette voie ce que je vois dans l’Écriture, que Dieu a des mains, des pieds, des yeux, des entrailles ; qu’il va, qu’il vient, qu’il monte, qu’il descend, qu’il s’apaise, qu’il se courrouce.


Il me semble pourtant que ce serait abuser étrangement de cette pensée que de ne pas prendre à la lettre certaines idées constantes que nos Écritures nous donnent de la divinité, idées sur lesquelles elles font rouler en partie le système de la religion chrétienne.


Je vois, ce me semble, clairement, je vois d’une manière constante, dans nos écritures, qu’il y a dans la divinité un être, une personne, et si l’on peut ainsi parler, une portion de l’essence divine, qui s’appelle le Père, et une autre qui s’appelle le Fils.


Je vois, ce me semble, d’une manière qui n’est pas moins claire, dans ce même livre, que l’union qui est entre ce Père et ce Fils, entre ces deux personnes, est l’union la plus étroite, la plus intime qui puisse jamais être conçue.

 

Quel amour doit être celui de deux personnes qui ont les mêmes perfections, les mêmes idées, les mêmes desseins, les mêmes projets !

 

Quel amour doit être celui de deux personnes dont l’union n’est traversée par aucune misère, par aucune passion, et pour dire encore plus, par aucun caprice.

Je vois encore, ce me semble, d’une manière qui n’est pas moins claire, que Jésus homme, qui est né à Bethléhem couché dans une crèche, est uni d’une manière intime à cette Parole éternelle, qui est elle-même unie avec Dieu, je vois que ce Jésus livré pour moi, vile créature, au traitement le plus honteux, au supplice le plus douloureux et le plus infâme qui pût jamais être infligé au plus indigne et au plus criminel de tous les hommes.


Et quand je cherche dans ma méditation la cause de ce grand mystère, quand je me demande à moi-même quel est le principe qui a mû la divinité à me faire un si riche présent ; surtout quand je cherche, dans la révélation, l’explication d’un mystère que la raison ne pourrait jamais m’expliquer qu’imparfaitement, je ne saurais en trouver d’autre que la miséricorde de Dieu.


Que l’école se donne carrière, que la raison se perde dans des spéculations, que la foi même ait peiné à se soumettre à un dogme qui a été dans tous les siècles l’effroi de tous ceux qui pensent et qui méditent ; pour nous, nous nous en tiendrons à cette claire, à cette étonnante, mais à cette douce, à cette consolante proposition : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.

 

Quand on nous montrera Jésus-Christ dans Gethsémané, suant des grumeaux de sang ; quand on nous le fera voir chez Caïphe, interrogé, insulté, battu de verges ; quand on nous le présentera sur le Calvaire, cloué sur une croix, prêt à plier sous les coups qui lui sont portés de la part du ciel et de la part de la terre ; quand on nous demandera raison de ces étonnants et de ces formidables phénomènes, nous dirons :

 

C’est que Dieu aimait les hommes : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.

 

 

Eric Kayayan Foi et Vie Réformées

 

Commentaire d'Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

sur les compassions de Dieu, s​​​ermon de Jacques Saurin

 

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Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

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Source : Aimablement transmis par Eric Kayayan, Pasteur et Responsable de Foi & Vie Réformées

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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