"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."
C’était le destin, c’était la fatalité, ou, mieux encore, comme j’ai entendu quelqu’un le dire une fois : c’était la fatalité du destin…
La plupart des gens vivent avec cette idée que le cours des choses est réglé par une force aveugle à laquelle personne ne peut échapper, et qui vous rattrape de toutes manières quoi que vous tâchiez de faire.
Cela peut-être en bien ou en mal, mais quoi qu’il arrive, tout est écrit par avance : mektoub, comme on dit en arabe…
Pour la Bible, et la Foi Chrétienne authentique qui est fondée en elle, les choses sont bien différentes.
Ma destinée n’est pas aux mains d’une force aveugle, mais dans celles d’un Etre Tout-Puissant et Eternel qui dirige chaque pas de mon existence en établissant une relation personnelle de Père Céleste à enfant et en me donnant Sa Loi afin que ma vie soit dirigée par ce cadre Protecteur et Bienfaisant.
Cette relation n’est possible qu’à cause du don par le Père céleste de Son Fils Bien-Aimé, Jésus-Christ, venu accomplir cette loi Parfaitement afin de me mettre au bénéfice de Son Obéissance.
Les enfants de l’Alliance avec le Seigneur Eternel savent donc que la Providence Divine gouverne toutes choses, mais pas de manière aveugle, impitoyable ou impersonnelle.
Au contraire, comme l’écrit l’apôtre Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome (chapitre 8) : Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein.
Et il conclut ce passage par ces paroles extraordinaires qui sont tout sauf une évocation fataliste :
Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.
Il vaut la peine d’écouter comment le fameux catéchisme de Heidelberg, rédigé au temps de la Réforme, explique la Providence.
A la question :
Qu’entends-tu par la providence de Dieu,
il répond :
La force toute-puissante et partout présente de Dieu par laquelle Il maintient et conduit, comme par la main, le ciel et la terre avec toutes les créatures, de sorte que les herbes et les plantes, la pluie et la sécheresse, les années de fertilité et celles de stérilité, le manger et le boire, la santé et la maladie, la richesse et la pauvreté, bref toutes choses ne viennent pas du hasard, mais de sa main paternelle.
La question suivante posée par le catéchisme de Heidelberg est la suivante :
A quoi nous sert-il de connaître la création et la providence de Dieu ?
Et la réponse offre un résumé de l’espérance chrétienne fondée en la toute-puissance du Père céleste :
A être patients dans l’adversité, reconnaissants dans la prospérité, et à garder confiance, quoi qu’il arrive, en notre Dieu et Père fidèle. Aucune créature ne peut nous séparer de son amour puisqu’Il les tient toutes tellement dans sa main qu’elles ne peuvent agir ni se déplacer sans sa volonté.
Aucun moment de notre vie n’échappe à cette dimension de l’existence. Cela peut paraître exagéré de dire une telle chose. Un peu de religion n’a jamais fait de mal à personne, entend-on dire parfois. Mais un peu trop de religion et c’est sûrement le début de la fin, le fanatisme assuré, l’intolérance garantie pensent beaucoup d'autres personnes.
Comment répondre à cette crainte en se fondant sur ce que dit la Bible et en comprenant spirituellement ce dont il est question ?
Je voudrais le faire en lisant avec vous deux textes, l’un tiré de l’Ancien Testament, et l’autre du Nouveau Testament. Vous verrez comment ils se répondent l’un l’autre.
Le premier texte provient du psaume 116 à partir du verset 8, tandis que le second appartient à la lettre de l’apôtre Paul aux chrétiens de Rome, à la charnière des chapitres 11 et 12.
Extrait du psaume 116,à partir duverset 8 :
Oui, Eternel, tu m’as délivré de la mort, tu as séché mes pleurs, tu m’as préservé de la chute : ainsi je marcherai encore sous le regard de l’Eternel au pays des vivants. Oui, j’ai gardé confiance même quand je disais : « je suis trop malheureux ! » Dans mon accablement, j’en venais à me dire : « Tout homme est un menteur ! » Que puis-je rendre à l’Eternel pour tous ses bienfaits envers moi ? J’élèverai la coupe du salut, et je m’adresserai à l’Eternel lui-même, et, devant tout son peuple, j’accomplirai les vœux que j’ai faits envers l’Eternel. Elle est précieuse aux yeux de l’Eternel la vie de ses fidèles. O Eternel, ne suis-je pas ton serviteur ? Oh, oui, ton serviteur, le fils de ta servante ; tu as brisé mes chaînes, je t’offrirai un sacrifice, pour marquer ma reconnaissance, et je m’adresserai à toi, ô Eternel.
Extrait de la lettre de Paul aux Romains, à partir du verset 33 du chapitre 11, jusqu’au verset 2 du chapitre 12 :
Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science ! Nul ne peut sonder ses jugements. Nul ne peut découvrir ses plans. Car, « Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? » En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. A lui soit la gloire à jamais ! Amen. Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte raisonnable. Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
Si nous comparons ces deux extraits de la Bible, l’un tiré de l’Ancien Testament, l’autre du Nouveau Testament, nous nous apercevons que l’auteur du psaume, le psalmiste, et Paul, apportent le même message : Dieu est Tout Puissant et Il libère.
Est-ce qu’on peut lui apporter quelque chose en retour en échange de cette libération ? Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? Nous ne pouvons jamais mériter ou acheter sa Grâce, nous ne pouvons jamais en payer le prix qui lui est dû. On ne peut pas davantage sonder ses pensées.
Voilà d’ailleurs un autre thème qu’on retrouve tout au long de l’Ancien Testament. Par exemple les paroles du prophète Esaïe, au chapitre 40, verset 13 :
Qui donc a mesuré l’Esprit de l’Eternel ? Qui a été son conseiller et qui son instructeur?De qui Dieu a-t-il pris conseil pour se faire éclairer ? Qui lui a enseigné la bonne voie ? Qui lui a transmis le savoir et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ?
On pourrait alors se demander: Mais que me reste-t-il donc à faire ? Est-ce que tout ce que Dieu attend de moi c’est de rester passif, jusqu’au retour promis du Christ ? Pas du tout. Car le croyant est bien appelé à apporter une offrande à Dieu. Dans l’Ancien Testament c’était une libation, c’est-à-dire l’offrande d’une boisson donnée, comme le mentionne le psaume 116 : J’élèverai la coupe du salut, et je m’adresserai à l’Eternel lui-même, et, devant tout son peuple, j’accomplirai les vœux que j’ai faits envers l’Eternel.
Cette libation n’était pas une simple reconnaissance formelle de la dépendance du croyant envers Dieu. Elle allait bien plus loin que cela : O Eternel, ne suis-je pas ton serviteur ? Oh, oui, ton serviteur, le fils de ta servante. Cela veut dire : Depuis ma naissance toute ma vie t’appartient, je dois t’obéir en toutes choses. Les libations n’étaient que le signe symbolique d’une dépendance totale qui doit se manifester par une vie d’obéissance totale.
A nouveau il nous faut souligner qu’il n’y a aucune différence essentielle entre ce que dit l’auteur du psaume 116 et ce qu’écrit Paul aux chrétiens de Rome. Notre vie tout entière appartient à Dieu et doit manifester cette appartenance.
Il y a donc plus dans la vie d’un croyant que l’exercice du culte dominical, même si cet exercice constitue une partie très importante de notre religion, que nous exprimons avec les autres croyants. Notre religion est exercée tout au long de la semaine, et non pas seulement le dimanche.
Et pourtant, quelque chose de fondamental s’est bien passé entre le psaume 116 et les paroles de Paul dans sa lettre aux Romains : il s’agit de l’offrande parfaite de Jésus-Christ sur la Croix de Golgotha.
Mais qu’est-ce que ce sacrifice a changé exactement ?
Il a rendu totalement explicite pour les croyants que l’offrande que nous devons apporter à Dieu c’est celle de notre vie toute entière :
Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.
Cela ne veut pas dire que dans l’Ancien Testament, avant la venue de Jésus-Christ sur terre, Dieu attendait moins que cela de ses enfants. Et les vrais croyants le savaient fort bien. Mais alors, où gît la différence ?
Sur la Croix Jésus a donné pour nous son corps tout entier, sa vie toute entière. La mort de Jésus met fin aux sacrifices d’animaux qui ne reviennent pas à la vie après avoir été mis à mort. Raison pour laquelle dans l’Ancien Testament ces sacrifices devaient constamment être répétés. L’agneau, le bouc ou le taureau mis à mort ne ressuscitaient jamais.
En contraste, la résurrection des morts de celui qui est l’Agneau parfait de Dieu démontre de manière éclatante que ceux qui sont greffés par la foi dans son corps, vivent avec lui et peuvent désormais se donner pleinement à Dieu comme offrandes.
En la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu leur a parfaitement rendu la vie en mettant à mort leur nature de péché.
Les croyants du temps de l’Ancien Testament ne pouvaient jamais dire : ma vie toute entière dépend de cet agneau, de ce bouc ou de ce taureau que je viens d’offrir, je suis désormais greffé dans sa vie et je vis de sa vie.
Bien sûr, ils croyaient que les promesses de Dieu sont fiables et ils accomplissaient les sacrifices prescrits par la Loi de Moïse en plaçant entièrement leur confiance en Dieu.
Ils comprenaient la nécessité de l’expiation de leurs fautes par le sang versé des sacrifices. Mais ils attendaient quelque chose de bien meilleur qui devait encore venir : le sacrifice parfait qui mettrait fin à tous ces sacrifices provisoires et couvrirait de manière définitive tous leurs péchés.
Avec la résurrection de Jésus-Christ le nouvel Adam vit pour toujours, et les croyants avec lui, car ils sont indissociablement liés à sa vie par le lien de l’Esprit Saint. Dieu fait de ses enfants des créatures nouvelles en Jésus-Christ, par le lien du Saint Esprit qui les unit à leur Sauveur. Et c’est en fait le seul terrain sur lequel Paul se place pour appeler ses lecteurs à offrir leur vie entière comme sacrifice d’obéissance à Dieu.
Je ne puis offrir mon corps tout entier comme sacrifice saint et agréable à Dieu que sur le fondement du corps du Christ qui a été brisé pour moi, et qui est ressuscité corporellement d’entre les morts.
Ceux qui ne croient pas en sa résurrection physique, corporelle, ne peuvent pas non plus offrir leur corps comme offrande agréable à Dieu puisqu’ils ne sont pas greffés dans le corps vivant et incorruptible du nouvel Adam.
Ces gens-là ne sont tout simplement pas de nouvelles créatures, même s’ils se disent chrétiens.
C’est exactement pour la même raison qu’ils n’auront aucune part à la résurrection des morts et à la vie éternelle promise.
La religion qui découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ est la seule qui ait un sens véritable, qui ne nous abandonne pas à nos propres spéculations fumeuses ou à nos fantasmes, et qui soit en plus agréable à Dieu.
Ici Paul utilise dans la langue grecque un mot (loghiken) qui signifie : raisonnable, plein de sens : Ce sera là de votre part un culte raisonnable.
On pourrait aussi traduire : un culte véritablement spirituel.
Car ne voyons-nous pas en effet autour de nous toutes sortes de cultes déraisonnables, déformés spirituellement, et mêmes complètement destructeurs ? Des sectes, des déformations outrageuses du message de l’Ecriture Sainte et de son cœur qui est l’Evangile de Grâce en Jésus-Christ ? On voit même parfois des manifestations démoniaques qui prétendent être la vraie religion, celle commandée par Dieu… Jésus-Christ n’est pas au centre de tels cultes, en fait il en est totalement exclus et rejeté.
Remarquez bien que Satan n’est pas contre la religion. Il aime beaucoup la religion, au contraire, pour peu que cette religion suive ses propres motifs de rébellion et ses normes destructrices. Or le monde est hélas rempli de tels cultes…
Je voudrais continuer avec vous notre méditation sur le passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome qui parle d’offrir nos corps entiers en sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.
Voyons ensemble comment se distinguent la vie et les pensées de ceux qui ont été rachetés par le sang de Jésus-Christ et comment ils sont transformés dans leur être intérieur.
La vie entière est religion, ou, si vous préférez, sacrée, car elle se déroule entièrement sous le regard de Celui qui l’a non seulement créée, mais aussi la recrée dans la vie de ceux qui, par la foi, sont greffés dans la nouvelle vie du Christ ressuscité.
C’est ce dont nous avons parlé plus haut en nous fondant particulièrement sur un passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome.
Relisons ce passage à partir du verset 33 du chapitre 11, jusqu’au verset 2 du chapitre 12 :
Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science ! Nul ne peut sonder ses jugements. Nul ne peut découvrir ses plans. Car, « Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? » En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. A lui soit la gloire à jamais ! Amen. Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte raisonnable. Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
La religion qui découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ est la seule qui ait un sens véritable, qui ne nous abandonne pas encore une fois s'il faut le répéter à nos propres spéculations fumeuses ou à nos fantasmes, et qui soit de plus agréable à Dieu.
Ici Paul utilise dans la langue grecque un mot qui signifie : raisonnable, plein de sens : Ce sera là de votre part un culte raisonnable.
On pourrait aussi traduire : un culte véritablement spirituel.
Car ne voyons-nous pas en effet autour de nous toutes sortes de cultes déraisonnables, déformés spirituellement, et mêmes complètement destructeurs comme spécifié déjà un peu plus haut ?
Or c’est justement le thème que Paul développe maintenant dans le passage que nous avons lu : le culte raisonnable et vrai qui est acceptable devant Dieu, se caractérise par une continuelle prise de distance vis-à-vis de toutes les tendances qui viennent du monde et ne reflètent pas l’Esprit du Christ tout en influençant notre propre esprit.
En prenant nos distances de cette manière, nous apportons notre corps, notre vie toute entière comme offrande à Dieu, une offrande qui lui est agréable.
Et c’est à n’en pas douter une des choses les difficiles à faire : comment donc puis-je échapper à l’influence du monde ?
Je vis dans le monde, je ne suis pas un moine qui s’isole hors du monde et d’une société mauvaise.
Tous les jours de ma vie j’entre en contact d’une manière ou d’une autre avec les nouvelles qui me viennent du monde, avec des articles de journaux, des livres, toutes sortes de films, de publicités, des chansons dont je n’approuve pas nécessairement les paroles, des images qui me choquent ; je suis en contact avec des attitudes, des modes de vie qui apparaissent de plus en plus fréquemment dans la société et sont considérés comme acceptables alors qu’ils ne le sont pas au regard de ma foi.
Comment puis-je vivre libre de tout ceci ?
Il ne m’est pas possible de vivre avec une personnalité bipolaire dans ce monde.
Bien souvent nous soupirons aussi : O Seigneur, quand aurai-je atteint un état de perfection à cet égard ?
Paul nous signifie que cette rupture est quelque chose qui a commencé mais qui n’est pas achevé.
C’est un combat qui ne se conclut pas d’un seul coup car il a trait à la mise à mort de notre vieille nature, celle qui refuse encore d’être greffée en Jésus-Christ.
A propos de cette mise à mort le catéchisme de Heidelberg déclare: C’est être affligé du fond du cœur à cause de ses péchés, les haïr et les fuir de plus en plus.
Et la question-réponse qui suit immédiatement, dans ce beau catéchisme du temps de la Réforme, est la suivante :
Qu’est-ce que la résurrection de l’homme nouveau ? C’est se réjouir de tout cœur en Dieu par Jésus-Christ et mettre sa joie et son amour à vivre selon la volonté de Dieu, dans l’accomplissement de toutes œuvres bonnes.
Alors, quand exactement atteindrons-nous la perfection dans cette offrande de notre vie entière à Dieu ? Seulement lorsque le Seigneur viendra reprendre notre corps ici-bas, au moment décidé par lui seul. Alors seulement ce corps sera totalement soumis à sa volonté.
La seule arme du chrétien durant ce combat est de savoir qu’il est greffé dans le corps du Christ, que son baptême est un sceau de cette greffe et que l’Esprit de Dieu a fait sa demeure en lui.
Et il doit se souvenir des paroles de Paul : En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui.
Il n’est dit nulle part dans la Bible que les croyants doivent s’isoler du monde.
Au contraire, ils sont appelés à exercer un esprit de discernement spirituel sur tous les terrains de l’existence.
C’est le même apôtre Paul qui écrit dans sa première lettre aux chrétiens de Thessalonique : Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon.
Cela a trait à l’enseignement correct sur les prophéties, au plan de Dieu pour l’humanité, mais l’on doit bien comprendre que cet enseignement s’étend sur toutes les dimensions de notre existence, toutes les sphères de la vie.
Aux chrétiens de Corinthe il écrit aussi dans la même veine (1 Corinthiens 2 :14-15) :
Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.
A propos de cet esprit de discernement spirituel, Paul peut écrire, dans sa seconde lettre aux Corinthiens (10 :4-5) :
Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance du Christ.
Ce combat dont parle Paul n’est rien d’autre qu’un combat pour la promotion et le maintien de normes chrétiennes dans la civilisation.
Ce qui est en effet un mandat gigantesque au milieu d’un monde qui ne veut pas en entendre parler.
La rupture progressive de nos pensées, de nos attitudes avec les modèles offerts par un monde incrédule qui refuse de se repentir, est opérée par une transformation, écrit l’apôtre Paul à ses lecteurs.
Nous connaissons le mot « métamorphose » qu’on utilise par exemple en sciences naturelles pour indiquer le passage de l’état de chenille à celui de papillon.
Le mot grec employé par Paul est justement le verbe « metamorphousthe », qu’on pourrait traduire par : « soyez transformés, soyez métamorphosés ».
Paul parle d’une transformation que nous n’initions pas nous-même, mais que nous laissons se produire en nous.
Il faut que nous soyons réceptifs vis-à-vis de cette transformation, car elle fait pleinement partie de l’offrande totale de nos vies à Dieu.
L’agent de cette transformation ce n’est donc pas nous, mais le Saint Esprit de Dieu qui travaille en nous.
Et en quoi consiste cette transformation ? Justement à rompre avec les modèles du monde en comprenant et en vivant de plus en plus profondément la volonté de Dieu, sur tous les terrains de notre existence.
Au fur et à mesure que notre greffe sur le corps spirituel de Jésus-Christ se confirme, au fur et à mesure que nos yeux se fixent sur lui et lui seul en tant que Médiateur, Sauveur et Roi, alors cette transformation prend place en nous.
Elle renouvelle nos pensées : elle nous fait saisir la volonté parfaite de Dieu et la met en contraste aigu avec les modèles du monde qui nous sont journellement proposés comme étant les seuls viables et valables.
Nous n’apprenons pas seulement à les distinguer, mais nous donnons notre plein assentiment à la volonté de Dieu dans notre vie, nous l’approuvons car nous voyons bien qu’elle est ce qu’il y a de mieux pour nous.
Nous recevons aussi la force de dire « non » au monde et à ses voies tentantes.
« Non », car il y a quelque chose de bien meilleur, et c’est de vivre en accord avec la volonté divine, ce qui est saint, parfait et qui lui plaît, quoi qu’en pense le monde.
Chaque fois qu’un croyant saisit la volonté du Seigneur dans une situation donnée, et cherche à s’y soumettre quel que soit le prix à payer, et quoi que le monde en pense, ce croyant manifeste la vie nouvelle que Dieu lui a donnée en Jésus-Christ : le Saint Esprit fait pousser en lui des fruits qui glorifient Dieu.
Si nous ouvrons le catéchisme de Heidelberg à la section du 32e dimanche de l’année, nous y trouvons la question suivante :
Puisque nous sommes délivrés de notre misère par la grâce du Christ, sans aucun mérite de notre part, pourquoi devons-nous faire des œuvres bonnes ?
La réponse est la suivante :
Parce que le Christ, après nous avoir rachetés par son sang, nous renouvelle aussi par son Saint Esprit à son image, afin que nous montrions à Dieu, par toute notre vie, notre reconnaissance pour ses bienfaits et qu’ainsi nous le glorifiions ; ensuite, afin que nous puissions aussi être nous-mêmes assurés de notre foi par les fruits qu’elle porte, et que par la sainteté de notre vie, nos prochains soient gagnés à Jésus-Christ.
Ce que nous dit la dernière phrase de cette section c’est qu’une vie qui témoigne d’une conformité croissante avec la personne de Jésus-Christ est utilisée avec puissance par Dieu comme moyen d’évangélisation, pour gagner notre prochain à Christ.
A travers les œuvres bonnes que nous effectuons, d’autres personnes peuvent être attirées vers le Dieu Sauveur.
Nous-mêmes n’en serons peut-être pas toujours conscients, mais l’esprit de Dieu se servira de notre exemple modelé sur celui du Christ, pour accomplir le plan de Dieu.
Les voies de Dieu ne sont pas celles du monde.
Or tout croyant est appelé à se soumettre à ses voies saintes, en se laissant transformer intérieurement par son Esprit afin de vivre selon sa volonté parfaite dans tous les aspects de l’existence humaine.
Le tout en gardant toujours ces paroles de Paul à l’esprit :
En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. A lui soit la gloire à jamais ! Amen.
La réécriture de la Bible est à l’ordre du jour, et la rédaction virtuelle d’un évangile apocryphe est devenue particulièrement d’actualité, au moyen de la déconstruction par élimination et la recomposition graduelle du message de l’Évangile. Ceci n’est d’ailleurs que le parallèle logique de la popularité croissante des évangiles apocryphes des premiers siècles de l’ère chrétienne qui font, aujourd’hui comme à l’époque, concurrence aux évangiles du Nouveau Testament aux yeux du grand public, par le biais de nombreux articles ou publications. Par apocryphes j’ai en vue une série de textes plus ou moins calqués sur les évangiles du Nouveau Testament mais rédigés après ces derniers : évangile de Pierre – déjà cité dans la seconde lettre de Clément de Rome à la fin du premier siècle -; évangile de Thomas, consistant en 118 logia ou paroles attribuées à Jésus; évangile de l’enfance de Jésus-Christ par Thomas; protévangile de Jacques; actes de Pilate, etc. (on consultera avec profit le recueil Évangiles apocryphes publié par France Quéré – Collection Sagesse, Paris, Seuil, 1983 – qui en rassemble un certain nombre).
En introduisant toutes sortes de fantaisies, d’exagérations, de spéculations mystiques, en prenant pour prétexte la recherche d’une spiritualité supérieure, ils déforment le sens des évangiles du Nouveau Testament, abolissant de fait la signification du salut par la foi en l’œuvre de réconciliation accomplie une fois pour toutes sur la Croix par le Christ, seul médiateur entre Dieu et l’humanité en état de chute.
Aujourd’hui, cette réécriture virtuelle de la Bible, en particulier du Nouveau Testament, provient du sein même des églises qui récusent implicitement – voire explicitement – l’autorité de la Bible en tant que Révélation afin de s’attacher à leur propre canon, en tant que source d’autorité conçue pour s’adapter étroitement à l’idéologie dominante ou aux décisions politiques du moment. Une telle réécriture virtuelle de la Bible mérite d’être mise en évidence, dans la mesure où elle instaure un nouveau canon aux profondes conséquences dogmatiques et éthiques pour l’Église d’aujourd’hui. C’est ce que je me propose ici de faire de manière synthétique.
Le Canon marcionite
Un retour s’impose sur l’histoire du christianisme des origines, dont la connaissance peut certainement nous aider à nous y retrouver dans la confusion éthique et doctrinale actuelle.
Déjà au second siècle de notre ère, un certain Marcion, fortement influencé par les sectes dites gnostiques (du mot grec « gnosis », qui signifie connaissance – une connaissance réservée aux pneumatikoi, élite initiée de gens soi-disant « spirituels »), constitue un canon de l’Écriture débarrassé de la totalité de l’Ancien Testament et de tout ce qui peut ressembler à un Dieu Créateur. Celui-ci est en effet assimilé à un mauvais démiurge (« Yaldabaoth-Yahweh » dans certaines terminologies gnostiques de l’époque), c’est-à-dire à une forme inférieure de divinité, puisqu’il est impliqué dans la création de la matière. Or, pour les Gnostiques, la matière est en elle-même mauvaise, elle se situe à l’opposé de ce qui est vraiment « spirituel ». L’union homme/femme et la procréation qu’elle implique font partie de cette « mauvaise » création (d’où l’appel à l’abstinence totale au sein du mariage, voire au rejet du mariage comme institution chez de nombreux gnostiques). Marcion supprime même plusieurs passages du seul évangile qu’il maintient dans son canon, celui selon Luc, notamment ce qui a trait à la naissance de Jésus, l’annonce faite à Zacharie dans le temple etc.: il les juge en quelque sorte « impropres à la consommation » dans la mesure où ils se réfèrent à l’Ancien Testament dans lequel se manifeste justement Yahweh le démiurge, qu’il oppose à une divinité d’ordre supérieur, le vrai Dieu en quelque sorte.
L’autre élément expurgé du canon marcionite – même au sein des épîtres pauliniennes qu’il a retenues – concerne tout ce qui se rapporte à la Loi, et qu’il estime s’opposer à la seule véritable dimension spirituelle, celle de la Grâce délivrée de tout aspect légal. Marcion n’introduit pas en tant que tels un ou plusieurs des évangiles apocryphes mentionnés ci-dessus. Il découpe plutôt ce qui lui semble s’accorder avec l’essence du message chrétien dans des textes déjà reçus et tenus pour inspirés par la majorité des églises, les élaguant en fonction de ses choix doctrinaux. Soulignons en effet que dès le début de l’ère chrétienne, outre l’Ancien Testament (comprenant la Torah, les écrits – ketubim – et les prophètes – nebiim -) des écrits récents bien particuliers, tels les épîtres pauliniennes, étaient reçus par les églises comme étant propres à la lecture dans les assemblées en raison de leur origine apostolique ou de l’autorité interne du témoignage qu’ils rendent à l’Évangile de Jésus-Christ (c’est d’ailleurs ce qu’indique clairement la longue citation d’Irénée donnée ci-dessous)
Il est fort instructif à plusieurs égards de constater que des pères de l’Église comme Tertullien ou Irénée de Lyon ont combattu dans les termes les plus vifs ce canon marcionite et ce qu’il implique par rapport à l’ordre créationnel bon et parfait institué par Dieu, de même que par rapport à la relation entre la Loi et l’Évangile. Cela même alors que le Canon du Nouveau Testament tel que nous l’avons reçu (avec ses 27 livres) n’était pas encore constitué de manière générale en tant que tel. Rappelons en effet qu’il ne le sera que vers la fin du quatrième siècle, étant progressivement reconnu par les églises qui furent incitées à le faire notamment à la suite de la constitution du canon marcionite. Tertullien – dans Adversus Marcionem, notamment au livre IV portant sur l’évangile selon Luc et sa version marcionite – de même qu’Irénée défendent avec la plus grande vigueur la canonicité – et donc l’autorité – de la Loi et des prophètes, de l’Ancien Testament donc.
Le jugement d’Irénée de Lyon
Voici par exemple ce qu’écrit Irénée de Lyon sur Marcion et, à sa suite, sur la secte des Encratites, dans son traité « Contre les hérésies, dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur » (I, 27, 2-4 ; 28, 1. Trad. Française par Adelin Rousseau, Paris, Cerf, 1984, p. 118-121). Ce long extrait nous permettra de cerner les thèmes communs que l’on retrouve aujourd’hui dans le nouveau canon adopté par nombre d’églises:
[Cerdon] eut pour successeur Marcion, originaire du Pont, qui développa son école en blasphémant avec impudence le Dieu annoncé par la Loi et les prophètes : d’après lui, ce Dieu est un être malfaisant, aimant les guerres, inconstant dans ses résolutions, et se contredisant lui-même. Quant à Jésus, envoyé par le Père qui est au-dessus du Dieu Auteur du monde, il est venu en Judée au temps du gouverneur Ponce-Pilate, procurateur de Tibère César ; il s’est manifesté sous la forme d’un homme aux habitants de la Judée, abolissant les prophètes, la Loi et toutes les œuvres du Dieu qui a fait le monde et que Marcion appelle aussi le Cosmocrator. En plus de cela Marcion a fait croire à ses disciples qu’il est plus véridique que les apôtres qui ont transmis l’Évangile, alors qu’il met entre leurs mains, non pas l’Évangile, mais une simple parcelle de l’Évangile. Il mutile de même les épîtres de l’Apôtre Paul, supprimant tous les textes où l’Apôtre affirme de façon manifeste que le Dieu qui a fait le monde est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que tous les passages où l’Apôtre fait mention de prophéties annonçant par avance la venue du Seigneur.
Selon Marcion, il n’y aura de salut que pour les âmes seulement, pour celles du moins qui auront appris son enseignement ; quant au corps, du fait qu’il a été tiré de la terre, il ne peut avoir part au salut. A son blasphème contre Dieu, il ajoute encore, en vrai porte-parole du diable et en contradicteur achevé de la vérité, l’assertion que voici : Caïn et ses pareils, les gens de Sodome, les Égyptiens [en tant qu’adeptes de pratiques magiques] et ceux qui leur ressemblent, les peuples païens qui se sont vautrés dans toute espèce de mal, tous ceux-là ont été sauvés par le Seigneur lors de sa descente aux enfers, car ils sont accourus vers lui et il les a pris dans son royaume ; au contraire, Abel, Hénoch, Noé et les autres « justes », Abraham et les patriarches issus de lui, ainsi que tous les prophètes et tous ceux qui ont plu à Dieu, tous ceux-là n’ont point eu part au salut : voilà ce qu’a proclamé le Serpent qui résidait en Marcion ! (…)
Puisque ce Marcion est le seul qui ait eu l’audace de mutiler ouvertement les Écritures et qu’il s’est attaqué à Dieu plus impudemment que tous les autres, nous le contredirons séparément : nous le convaincrons d’erreur à partir de ses écrits et, Dieu aidant, nous le réfuterons à partir des paroles du Seigneur et de l’Apôtre qu’il a conservées et qu’il utilise. Pour l’instant il nous faut faire mention de lui, pour que tu saches que tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, adultèrent la vérité et blessent la prédication de l’Église, sont les disciples et les successeurs de Simon, le magicien de Samarie. Bien que, dans le but de tromper autrui, ils se gardent d’avouer le nom de leur maître, c’est pourtant sa doctrine qu’ils enseignent ; ils mettent en avant le Nom du Christ Jésus comme un appât, mais c’est l’impiété de Simon qu’ils propagent sous des formes diverses, causant ainsi la perte d’un grand nombre ; par ce Nom excellent, ils répandent leur détestable doctrine ; sous la douceur et la beauté de ce Nom, ils présentent le venin amer et pernicieux du Serpent, qui fut l’initiateur de l’apostasie.
A partir de ceux que nous venons de dire ont déjà surgi les multiples ramifications de multiples sectes, par le fait que beaucoup parmi ces gens-là – ou pour mieux dire, tous – veulent être des maîtres: quittant la secte dans laquelle ils se sont trouvés et échafaudant une doctrine à partir d’une autre doctrine, puis encore une autre à partir de la précédente, ils s’évertuent à enseigner du neuf, en se donnant eux-mêmes pour les inventeurs du système qu’ils ont ainsi fabriqué.
Ainsi par exemple, des gens qui s’inspirent de Saturnin et de Marcion et qu’on appelle les Encratites ont proclamé le rejet du mariage, répudiant l’antique ouvrage modelé par Dieu et accusant de façon détournée Celui qui a fait l’homme et la femme en vue de la procréation ; ils ont introduits l’abstinence de ce qu’ils disent animé, ingrats qu’ils sont envers le Dieu qui a fait toutes choses (…)
D’autres, en revanche, ont pris comme point de départ les doctrines de Basilide et de Carpocrate ; ils ont introduit les unions libres, les noces multiples, l’usage indifférent des viandes offertes aux idoles : Dieu, disent-ils, n’a cure de tout cela. Et que sais-je encore ? Car il est impossible de dire le nombre de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se sont écartés de la vérité.
Apparemment, Irénée n’était pas un chrétien tolérant et pluraliste se félicitant de la diversité d’opinions et de points de vue censée manifester une grande richesse au sein d’une Église unie!
Démythologisation contemporaine et transgénèse du Canon
Le processus contemporain de déconstruction du message de l’Évangile débute en prenant le contrepied d’une affirmation du Nouveau Testament sur l’authenticité de ce même message. En 2 Pierre 1:16-18 on lit ceci:
Ce n’est pas en effet en suivant des fables [en grec: μύθοι, mythes) habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissanceet l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais parce que nous avons vu sa majesté de nos propres yeux; car il a reçu honneur et gloire de Dieu le Père, quand la gloire pleine de majesté lui fit entendre cette voix: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, objet de mon affection. Nous avons entendu cette voix venant du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.
Au début de la première lettre à Timothée (1:3-4), Paul exhorte Timothée à ne pas laisser certains enseigner des fables et des généalogies sans fin: Comme je t’y ai exhorté, à mon départ pour la Macédoine, demeure à Ephèse, afin de recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d’autres doctrines et de ne pas s’attacher à des fables (ici aussi μύθοι, mythes] qui favorisent des discussions plutôt que l’œuvre de Dieu dans la foi. Sans entrer dans les détails sur la nature et le contenu de ces « fables » il est clair que ces deux passages établissent une distinction voire une antithèse radicale entre d’une part les fables/mythes contemporains (qu’ils soient judaïsants ou gréco-romains) et d’autre part les faits historiques sur lesquels l’annonce de l’Évangile est fondée, ainsi que cette annonce.
Or en développant une méthode de « démythologisation » pour éliminer tout ce qu’elle considère justement comme des fables dans la Bible (par exemple les miracles dans le Nouveau Testament, ou, ici, la Transfiguration de Jésus devant trois de ses disciples [Mat.17:1-8; Marc 9:2-13; Luc 9 :28-36]) la théologie héritée des Lumières du dix-huitième siècle se voit progressivement contrainte – si elle veut maintenir vivante cette appellation de « théologie » au sein de la tradition chrétienne dont elle est issue et perpétuer une pratique théologique appliquée à la vie de l’Église – de définir un nouveau Canon, avalisant les accents dogmatiques ou éthiques qu’elle s’est donnée. Elle se retrouve donc en porte-à-faux avec le Canon reçu par l’Église universelle au cours des siècles. Elle en a cependant encore besoin et cherche à s’en servir comme d’un tremplin destiné à faire atteindre l’étape canonique suivante et la faire accepter progressivement au sein de l’Église.
Les processus de cette ré-écriture de l’Écriture sont multiformes, et par là-même peuvent être trompeurs dans la mesure où – tout comme du temps des différentes sectes gnostiques mises en évidence et dénoncées par Irénée – on a affaire à un mouvement protéiforme susceptible d’évoluer et de s’adapter à de nouveaux courants ou de nouvelles exigences socio-culturelles. L’historisme contemporain, c’est-à-dire l’absolutisation du temps historique auquel est faussement conférée une dimension transcendante et normative (le fameux « Sens de l’Histoire » si l’on veut), sert néanmoins de matrice à ce courant protéiforme orienté avant tout vers la satisfaction fonctionnaliste des besoins existentiels du moment. De mutations en mutations, toutes provoquées consciemment afin de donner lieu à une transgénèse jugée salutaire pour la survie de l’homo religiosus contemporain, on aboutit donc imperceptiblement à ce qu’on pourrait qualifier de CGM : un Canon Génétiquement Modifié.
L’idée d’un Canon modifié, purgé des éléments jugés mythologiques (non pas ceux récusés par les lettres de Paul et de Pierre, mais ceux jugés comme tels par les censeurs des évangiles canoniques) émerge déjà au cœur des « Lumières » avec la fameuse bible du déiste et moraliste Thomas Jefferson, l’un des rédacteurs de la constitution américaine et le troisième président des États-Unis. Il s’agit en fait d’une version du Nouveau Testament expurgée, qui ne fut portée à la connaissance du public que bien longtemps après la mort de Jefferson. Les passages mentionnant les miracles de Jésus, l’annonciation, la résurrection, le Saint Esprit, le péché etc. ont été découpées par Jefferson au rasoir, et le tout recomposé sous le titre : The life and morals of Jesus of Nazareth (La vie et les enseignements moraux de Jésus de Nazareth).
Un exemple contemporain de ré-écriture de l’Évangile nous vient du Jesus seminar, animé par John Dominic Crossan (un ex-prêtre catholique irlando-américain) et Robert Funk. Il est du reste assez significatif de constater que Crossan considère la rédaction de l’évangile de Pierre – un des évangiles apocryphes mentionnés ci-dessus – comme précédant chronologiquement celle des évangiles canoniques. Afin de se rapprocher du « Jésus historique » (le soi-disant véritable Jésus débarrassé des oripeaux mythologiques dont l’auraient affublés les évangiles canoniques) le Jesus Seminar invitait entre autres ses participants à lire séparément les évangiles canoniques en entourant de couleurs différentes les paroles de Jésus en fonction de leur degré supposé d’authenticité, selon des critères donnés. Les chercheurs comparaient ensuite leurs trouvailles pour en faire une synthèse et publier ensuite leurs vues sur le « Jésus historique ». Une telle méthode aux accents extrêmement subjectifs, ne peut naturellement manquer de faire venir à l’esprit la sympathique formule : je t’aime: un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout appliquée aux choix opérés par les uns ou les autres…
Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir affaire à une réécriture contemporaine de type marcionite, – proposant au lecteur un texte formellement mutilé et recomposé – pour que cette réécriture ait effectivement lieu. La réécriture apocryphe par nombre d’églises aujourd’hui tient le plus souvent de l’abandon voire de l’occultation de tous les passages bibliques considérés comme obsolètes en raison d’une évolution socio-culturelle guidée par des motifs intrinsèques opposés à ceux que les textes du Canon traditionnel affirment ou font ressortir. Notons quelques symptômes de cet état de fait, suffisamment répandus pour motiver cette assertion: ces passages ne sont plus lus lors des offices ou des cultes ; on ne prêche plus (ou bien très rarement) sur l’Ancien Testament ; le Décalogue est relégué au rang d’objet de musée ; dans la prédication la pratique de l’exégèse est négligée et remplacée par toutes sortes de considérations moralisantes ou de citations littéraires voire philosophiques. L’exposition historico-rédemptrice des passages la Bible n’est plus pratiquée et l’histoire de la Révélation tout simplement abandonnée. En revanche, des citations bibliques prises hors de leur contexte canonique particulier et général se font de plus et plus courantes (ce que l’on nomme « biblicisme »).
Le motif universaliste et le motif antinomien
A contrario, un motif universaliste affirmant le salut de tout individu – qu’il soit régénéré par l’Esprit Saint ou non – devient un principe herméneutique (interprétatif) dominant dans l’exposition de thèmes divers, d’ordre éthique en particulier. La pression socio-culturelle égalitariste contemporaine rend en effet insupportable tout maintien de mentions discriminatoires à l’égard du salut, sans aucun égard pour les textes néo-testamentaires, même limités aux paroles de Jésus-Christ pourtant sans équivoque à cet égard (comme en Mat. 7:21-23; 22:14; 25:31-46 etc.)
La démarche suivie peut être résumée comme suit : on commence par allégoriser les textes au moyen d’une herméneutique spiritualiste afin de mieux les réduire à une simple morale immanente, dénuée de tout caractère eschatologique inclusive d’un Jugement final. Une fois cette étape atteinte, le résidu de morale biblique obtenu se trouve à son tour relégué au rang des scories de l’histoire lorsque de nouveaux impératifs sociétaux ou anthropologiques ont été définis, et avec eux quasiment toute notion biblique de bien et de mal redéfinie. Le bien et le mal sont désormais connus avec une nouvelle certitude – une foi qui désormais ne doute plus ! – par l’homo religiosus contemporain, non plus régénéré par la Parole et l’Esprit, mais auto-promu au rang d’homo emancipatus, émancipé de l’autorité paternelle (selon l’étymologie de cet adjectif en droit romain).
S’il faut chercher une inspiration derrière ce nouveau canon universaliste, c’est plutôt dans la pop-culture et les mouvements de masse branchés que le nouvel évangile apocryphe va la puiser. Par exemple dans la fameuse chanson de Polnareff des années soixante-dix :
On ira tous au paradis mêm’ moi Qu’on soit béni ou qu’on soit maudit, on ira
Tout’ les bonn’ ssoeurs et tous les voleurs Tout’ les brebis et tous les bandits
On ira tous au paradis
On ira tous au paradis, mêm’ moi
Qu’on soit béni ou qu’on soit maudit, on ira
Avec les saints et les assassins
Les femmes du monde et puis les putains
On ira tous au paradis
Ne crois pas ce que les gens disent C’est ton cœur qui est la seule église Laisse un peu de vague à ton âme N’aie pas peur de la couleur des flammes de l’enfer On ira tous au paradis, mêm’ moi Qu’on croie en Dieu ou qu’on n’y croie pas, on ira… Qu’on ait fait le bien ou bien le mal On sera tous invités au bal On ira tous au paradis On ira tous au paradis, mêm’ moi Qu’on croie en Dieu ou qu’on n’y croie pas, on ira Avec les chrétiens, avec les païens Et même les chiens et même les requins On ira tous au paradis…
Au sein du nouvel évangile apocryphe, le corollaire du motif universaliste est le motif antinomien, l’antinomisme étant essentiellement opposé à toute notion de Loi limitative. Ainsi, pour ce motif, la Grâce suppose l’abolition de la Loi (au lieu de la délivrance par le Christ de la malédiction que la Loi amène sur l’homme pécheur incapable de satisfaire à ses exigences). L’Évangile n’est plus l’accomplissement de la Loi, selon les paroles mêmes du Christ (Matt. 5:17-20 et jusqu’à la fin du chapitre 5 où l’esprit de la Loi est en fait révélé dans toute sa portée, radicale et insoupçonnée par ceux-là mêmes qui s’en réclamaient de manière purement formaliste). Il devient donc quasiment interdit d’interdire au motif fallacieux d’une liberté qui ne connaît de bornes que celles posées par homo emancipatus.
L’antinomisme ne se positionne pas seulement par rapport à la Loi mosaïque, mais par rapport à toute prise en compte des aspects normatifs dans la Création, avant même la Chute. Car Homo emancipatus est libre de toute entrave, en particulier dans l’exercice de sa sexualité (une thématique particulièrement d’actualité dans les débats contemporains au sein des églises, mais déjà présente à l’époque d’Irénée, comme en témoigne le dernier paragraphe de la citation donnée plus haut – sans même parler de textes néo-testamentaires tels que 2 Pierre 2:18-19): toute norme limitative à l’égard de cet exercice – quand bien même elle apparaîtrait à travers toute l’Écriture – constitue une contradiction du principe régissant la pensée et les actes d’homo emancipatus.
Les similarités avec la doctrine marcionite
Si nous reprenons les thèmes propulsés par le canon marcionite et ceux du nouveau canon (avec l’évangile apocryphe qui lui sert de support), tel qu’on vient de l’esquisser, on retrouve les éléments communs suivants :
Le refus de l’ordre créationnel exprimé en Genèse 1 et 2, qui ne peut être qu’une œuvre mauvaise, oppressive.
Le rejet de la résurrection corporelle (à commencer par celle de Jésus), remplacée par la notion classique d’immortalité de l’âme.
Le divorce entre Loi et Évangile, ce dernier étant présenté comme l’abolition de la précédente, et non comme son accomplissement par le Christ dans son obéissance parfaite aux exigences de la Loi et la satisfaction propitiatoire à toutes ses exigences pour le compte des pécheurs, en vue de leur sanctification.
L’émancipation subséquente vis-à-vis de la Loi, en vue d’une existence plus « spirituelle », au sens où elle doit désormais être soumise à des impératifs moraux redéfinis et dégagés des normes divines considérées comme obsolètes.
L’affaiblissement de la distinction et complémentarité sexuelle originelle telle que révélée en Genèse 1 et 2, soit par la dévalorisation du mariage, soit par l’élévation d’autres formes de relations sexuelles (en particulier homosexuelles) au même rang.
Par quelle autorité?
La présence d’un Canon dans l’Église – quel qu’il soit du reste – pose nécessairement la question de l’autorité par laquelle une prédication, un enseignement, des règles de conduite sont donnés. Car tout enseignement et pratique dans l’Église ne se justifie que par rapport à une règle, une mesure, une norme acceptées et crues comme dignes de confiance et conformes à la vérité (c’est du reste la signification initiale du mot canon). Ce ne peut-être qu’au nom d’une autorité quelconque que parle et agit l’Église. Cette question cruciale était déjà au centre du débat qui nous est rapporté en Matthieu 21:23-32, entre Jésus et les principaux sacrificateurs ainsi que les anciens du peuple: Par quelle autorité fais-tu cela et qui t’a donné cette autorité ? La réponse de Jésus – qui se réfère à Jean Baptiste venu dans la voie de la justice et au baptême de repentance pratiqué par lui et cru par les péagers et les prostituées (v.32) – pointe clairement en direction soit du ciel, soit des hommes. Dans la mesure où Jésus-Christ déclare à ses disciples que toute autorité (πασα ἐξουσία) lui a été donnée dans les cieux et sur la terre, et qu’il leur enjoint d’enseigner à toutes les nations tout ce qu’il leur a prescrit (Matt. 28:18-20), il est impératif que l’Église, du moins celle qui prétend être son corps, se pose avec acuité la question de la source de l’autorité de son enseignement: l’Évangile qu’elle prêche vient-il du ciel ou des hommes? Et le Canon qui l’exprime est-il donné une fois pour toutes, ou bien est-il malléable à merci ?
Lire les évangiles directement dans la Bible nous confronte au fait que l’Évangile à l’eau de rose qu’on nous propose si souvent de nos jours, n’a pas grand-chose en commun avec les textes inspirés de la Bible.
Les paroles souvent rugueuses de Jésus ne peuvent cependant être éliminées si facilement, à moins de créer un faux en écritures, comme on dit en langage juridique pour décrire des comptes truqués.
Parmi ces paroles rugueuses on trouve régulièrement l’expression :
génération perverse, ou génération adultère,
que Jésus applique à ses contemporains qui refusent de croire en Sa Personne et Sa Mission Divine.
Par exemple, au chapitre 8 de l’évangile selon Marc Jésus dit :
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? En effet quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges.
En lisant ces paroles, on est bien sûr amené à se demander :
Jésus ne s’adresse-t-Il qu’à ses contemporains, ou bien à toutes les générations d’hommes et de femmes jusqu’à Son Retour en Gloire, donc nous-mêmes aujourd’hui y compris ?
Il n’y a pas de doute que nous aussi nous sommes inclus dans cet avertissement, car l’envoi de Ses disciples vers toutes les nations pour annoncer l’Évangile jusqu’à son retour promis inclut toutes les générations d’hommes et de femmes à venir.
On voit donc bien par-là qu’essayer d’adoucir les Paroles de Jésus lorsqu’on les trouve trop rugueuses, bref substituer un évangile à l’eau de rose à celui révélé dans la Bible, c’est justement avoir honte de Lui et de Ses Paroles.
Prétendre être chrétien tout en niant que Jésus-Christ demande une allégeance totale et sans compromis à Sa Personne, c’est tout simplement Le renier, et avec lui son propre salut.
Dans son discours de Pentecôte, le disciple Pierre, qui avait lui-même renié Jésus peu après son arrestation en niant Le connaître, prononce ces paroles vitales à la foule de Jérusalem qui s’était rassemblée :
Repentez-vous, et que chacun soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.
Par quelle voie, par quels instruments l’Évangile est-il fidèlement transmis depuis deux mille ans ? Une telle transmission est-elle seulement possible, ou bien n’est-elle qu’un leurre, une vue de l’esprit, quelque chose qui ne s’est en fait jamais réalisé mais aurait été (et serait toujours) fantasmé par les générations suivantes ?
La question s’est posée dès le début de l’ère chrétienne à ceux qui proclamaient la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, notamment Paul de Tarse, l’auteur de treize lettres comprises dans le Nouveau Testament, reçues et acceptées par les Églises chrétiennes comme détenant une autorité apostolique authentique, en tant que mandatée et certifiée par celui qui se trouve au centre de l’Évangile, Jésus-Christ lui-même. Cette autorité apostolique, contestée par certains du temps du vivant de Paul, mais rapidement établie par l’ensemble de la chrétienté d’alors, ne pouvait aucunement dépendre de mesures coercitives ou d’un complot quelconque. C’est la nature du message proclamé et son fondement qui l’ont établie. En tant qu’homme, Paul termina sa carrière d’apôtre exécuté sous l’empereur Néron en raison de sa foi en Jésus-Christ comme Seigneur (kurios).
Dans sa seconde lettre à Timothée, rédigée peu avant cette exécution, Paul parle justement de la transmission de l’Évangile qui lui a été confié (ainsi qu’aux autres apôtres du Christ) et il en définit les modalités. Les versets 1 à 13 du second chapitre de cette lettre, cités ici, serviront à préciser ces modalités en cinq points centraux (citation à partir de la version Segond révisée, « La Colombe ») :
Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Christ-Jésus. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. Souffre avec moi comme un bon soldat du Christ-Jésus. Il n’est pas de soldat en campagne qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé, et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles. Le laboureur qui peine doit être le premier à recueillir les fruits. Comprends ce que je dis : car le Seigneur te donnera l’intelligence en tout.
Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, issu de la descendance de David, selon mon Évangile, pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas liée. C’est pourquoi je supporte tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui et en Christ-Jésus, avec la gloire éternelle.
Cette parole est certaine :
Si nous sommes morts avec lui,
Nous vivrons aussi avec lui ;
Si nous persévérons,
Nous régnerons aussi avec lui ;
Si nous le renions,
Lui aussi nous reniera ;
Si nous sommes infidèles,
Lui demeure fidèle,
Car il ne peut se renier lui-même.
Le premier point qui doit être souligné par rapport à la question initiale posée, c’est que ce qui doit être transmis, le message-objet de la transmission, c’est « ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins » (2a). Il s’agit d’un enseignement, d’une doctrine de vie appelée par Paul sonÉvangile (8b). Succession de doctrine donc. Cet Évangile est le sien non pas de manière exclusive, comme s’il était la propriété de Paul, mais pour être distingué de toute version contradictoire de cet Évangile qui prétendrait détenir une autorité apostolique authentique (voir Galates 1:6-7 à cet égard). C’est donc de cet Évangile-là dont Timothée doit se souvenir. La transmission en question ne s’est pas faite de manière quasi-initiatique ou secrète, mais « en présence de beaucoup de témoins » ce qui est à la fois une indication de la portée communautaire du message, et une protection contre toute tentative de déformation par un ou plusieurs individus. L’impératif de cette transmission indique aussi son caractère diachronique, destiné à traverser les générations suivantes. L’Évangile n’a pas été annoncé pour une ou deux générations seulement.Ce dépôt doit ensuite être confié à des hommesfidèles(2b). Le caractère de fidélité exigé par Paul pour la transmission de l’Évangile implique qu’aucune déformation, aucun ajout, aucune suppression de tel ou tel élément jugé indésirable ne sauraient être tolérés. Ceci nous ramène à une injonction similaire que l’on trouve au début du quinzième chapitre de la première lettre de Paul aux Corinthiens : Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes, et par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain.Le caractère diachronique de cette transmission de doctrine est ensuite établi au verset 2c : …qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres.La fidélité de la transmission sera proportionnelle à la capacité (ikanoi en grec) d’enseignement des transmetteurs suivants. Ce n’est donc pas à n’importe qui que cette charge de transmission peut ou doit être confiée, mais au contraire à des hommes dûment enseignés, formés et établis pour ce faire.S’il advenait que certains, lesquels ayant reçu le dépôt, soient néanmoins trouvés infidèles dans cette transmission, reniant ainsi le Christ, celui-ci les renierait au jour de sa venue en gloire (12-13).L’infidélité de certains n’annulera néanmoins jamais la fidélité du Christ : Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même (v. 13).De la même manière, le fait que Paul soit emprisonné, attendant son exécution prochaine au moment de la rédaction de sa seconde lettre à Timothée, ne lie pas l’Évangile à sa situation personnelle, comme s’il ne pouvait la transcender : … pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas liée (v. 9).La fidélité du Christ envers lui-même fera toujours que de nouveaux serviteurs, fidèles quant à eux, seront en leur temps et circonstances envoyés pour proclamer l’Évangile, qui ne saurait être lié d’une quelconque manière.
Antoine de Chandieu (1534-1591), pasteur Protestant du seizième siècle ayant joué un rôle considérable dans l’établissement d’Églises réformées dans le royaume de France, a écrit quelques très belles pages sur ce thème dans son ouvrage La Confirmation de la Discipline Ecclésiastique (1566). En voici quelques extraits pour compléter ces remarques:
« A la vérité nous devons bien reconnaître que Dieu est meilleur que nous pour vouloir ce qui est bon et juste, et qu’il est plus sage que nous pour choisir les moyens qui lui sont propres. Il est certain que ceux qui voient l’Écriture Sainte, ne peuvent ignorer que Dieu a mis cet ordre en son Église, qu’il veut être gardé inviolablement, à savoir qu’un chacun indifféremment et de sa seule autorité ne puisse s’attribuer quelque office ou charge au sein de celle-ci, et particulièrement de prêcher. Mais que cet honneur lui soit réservé d’y appeler ceux qu’il lui plaira. De telle sorte que quiconque pervertit un tel ordre ne puisse être excusé de vouloir diviser l’Église et comme couper les nerfs par lesquels Dieu veut qu’elle demeure debout et en son entier.
Cela nous est enseigné si clairement par l’Apôtre, que ceux qui n’y prennent garde ferment les yeux à leur escient. Jésus-Christ, dit-il, a donné les uns pour être apôtres, et les autres pour être prophètes, les autres évangélistes, les autres pasteurs et docteurs, pour assembler les saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ (Éphésiens 4 :11). Donc puisque le Seigneur a mis cette distinction de charges en son Église, il s’ensuit qu’il n’est pas loisible à tout un chacun de s’y entremettre indifféremment. Et même, puisque l’apôtre dit que le Seigneur les a donnés, il déclare assez par cela qu’il est l’auteur d’un tel ordre, et que ceux qui s’ingèrent sans être appelés, contreviennent à son ordonnance. Et à ce propos il dit par ses Prophètes qu’il a constitué sur son peuple des gardes et des guetteurs pour l’avertir de son devoir. Et S. Paul dit des vrais Pasteurs que le Saint Esprit les a mis sur leurs troupeaux pour gouverner l’Église de Dieu (Ésaïe 62 :6 ; Jérémie 6 :17 ; Ezéchiel 33 :7 ; Actes 20 :28).
Il y a assez d’autres passages qui montrent que c’est Dieu qui envoie les annonciateurs de sa parole : comme quant notre Seigneur Jésus-Christ commandait qu’on priât le maître de la moisson afin qu’il y envoie des ouvriers (Matthieu 9 :38). Ce qui n’est pas dit seulement en général, mais aussi nous voyons comment en particulier Dieu a souvent témoigné à ses serviteurs que c’était lui qui les envoyait à son œuvre. Voilà pourquoi tant de fois il commande à Moïse de dire aux Israélites qu’il l’envoyait vers eux pour leur déclarer sa volonté. Il assure Ésaïe de sa vocation, et même par une vision admirable. Il donne du courage à Jérémie, l’assurant qu’il était envoyé par lui. Comme aussi notre Seigneur Jésus-Christ déclare à ses apôtres qu’il les envoie, leur donnant tout de suite après le Saint esprit, par la vertu duquel ils peuvent s’acquitter de leur charge. Et de même quand il apparut à Saint Paul : Je te suis, dit-il, apparu pour te constituer ministre et témoin des choses que tu as vues, et de celles dans lesquelles je t’apparaîtrai, te délivrant du peuple et des Gentils vers lesquels je t’envoie maintenant.
Et certes ce n’est pas sans cause que Dieu a voulu imprimer dans les cœurs de ses serviteurs une pleine certitude de leur vocation, mais afin que par cela ils soient munis et fortifiés contre tant de difficultés par lesquelles il faut qu’ils passent. Car qui sera celui qui ne tremble s’il appréhende à bon escient, et selon la parole de Dieu, le pesant fardeau d’une telle charge ? Est-ce une chose légère d’être ambassadeur pour Christ, messager de Dieu et dispensateur de ses secrets ? Est-ce peu de choses de porter la parole de la réconciliation de Dieu avec les hommes ? Exhorter comme si Dieu lui-même exhortait ? D’annoncer la rémission des péchés aux croyants et la condamnation aux infidèles ? De délier les uns, et lier les autres au jugement de Dieu ? Est-ce une chose humaine d’être le sel de la terre ? La lumière du monde ? Bref d’être la bouche par laquelle le Seigneur parle aux hommes, les mains par lesquelles il s’approche d’eux, afin qu’ils le voient, qu’ils le connaissent et servent selon sa volonté ? Si nous considérons ces choses à bon escient, ne dirons-nous pas avec l’Apôtre : Et qui est suffisant pour ces choses ? Il est certes très nécessaire que ceux auxquels une si grande et difficile charge est commise, cherchent ailleurs qu’en eux-mêmes les choses qui sont requises à leur devoir. Et d’où prendront-ils quelque assurance, sinon de ce qu’ils sont certains et résolus que Dieu les envoie ; et par le même moyen qu’il sera leur garant, qu’il les soutiendra sous le poids d’une si grande charge, qu’il les armera contre les assauts qui leur sont présentés, bref qu’il les pourvoira des choses qui leur sont nécessaires ?
Or, bien que Dieu ait appelé de tout temps ceux qui ont reçu de lui une charge d’enseigner son Église, il n’a cependant pas toujours usé des mêmes moyens pour les y appeler. Car il a envoyé les Prophètes et Apôtres d’une façon extraordinaire, en tant qu’il n’a pas fait usage du suffrage et de l’élection des hommes en leur endroit. Pareillement lorsque l’ordre de l’Église est totalement interrompu, et que la pureté de son service est abolie, selon ce qu’il peut apparaître extérieurement, Dieu suscite extraordinairement des personnes qu’il dote de grâces propres pour rétablir l’ordre de l’Église, et remettre dessus son service en la pureté qui convient. Et comme ce sont des choses extraordinaires, elles n’ont pas toujours lieu en l’Église.
Mais quant aux ministres et Pasteurs, leur charge doit durer en l’Église jusques à la consommation du monde, ayant certains troupeaux qui leur sont assignés, afin qu’ils les nourrissent en la connaissance et crainte par la prédication de sa parole, et l’administration des sacrements qu’il a institués. Et ceux-ci sont appelés de Dieu à leur charge par le moyen des hommes : assavoir par une élection sainte et légitime, telle qu’elle nous est enseignée par la parole de Dieu. Et ainsi, bien qu’ils doivent sentir en leur conscience le témoignage de leur vocation intérieure, il faut néanmoins que la vocation extérieure et ordinaire, selon l’ordre de l’Église, y soit adjointe avant qu’ils puissent s’entremettre d’annoncer l’Évangile. Et voilà pourquoi l’apôtre spécifie et déclare si soigneusement et par le menu les choses requises à un fidèle Pasteur (Timothée 3 :1), afin que par cela l’Église connaisse mieux ceux qu’elle devra élire en une telle charge. Et même écrivant à Tite (1 :7): Je t’ai laissé, dit-il, afin que tu établisses des Anciens par les villes, comme je l’ai ordonné. S’il y a quelqu’un qui soit irrépréhensible, etc. Pour nous faire comprendre premièrement que l’élection a lieu en telle chose, et secondement qu’on doit y procéder avec grande prudence et égard, afin que l’Église soit bien pourvue. A cela appartient la remontrance qui est faite à Timothée (1 Timothée 5 :22), qu’il n’impose pas à la hâte les mains sur aucun, et ne communique point aux péchés d’autrui. Et même, (bien que Timothée doive être plutôt compté au rang des Évangélistes qui ont eu lieu au commencement avec les apôtres, qu’au rang commun des Pasteurs), l’apôtre déclare néanmoins qu’il a été élu à sa charge par l’imposition des mains de la compagnie des anciens (1 Timothée 4 :14). Et suivant cela, il est dit que S. Paul et Barnabas ordonnaient des Pasteurs dans chaque Église avec prières et jeûnes (Actes 14:23).
En somme, il nous apparaît par toute l’Écriture Sainte, qu’excepté les Prophètes, Apôtres, et ceux que Dieu a en certains temps suscités extraordinairement et sans le moyen des hommes, tous les autres qu’il a envoyés pour porter sa parole, ont reçu témoignage de leur vocation par l’ordre de l’Église, qui est comme la main de Dieu, par laquelle il élève les hommes en une telle charge.
Et tout comme Dieu approuve ceux qui avec vocation légitime s’emploient à son service, qu’il les assiste, qu’il bénit leurs labeurs et ratifie au ciel la doctrine qu’ils ont annoncée en la terre : aussi il a de tout temps condamné, rejeté et puni ceux qui sans être envoyés, se sont ingérés en quelque charge ecclésiastique. [exemples tirés de l’Ancien Testament : Jérémie 14 ; 29 :23 ; Ézéchiel 13 :7 ; Nombres. 16 1 ; Samuel 6 ; 13 ; 2 Sam. 6 ; 2 Chroniques 26].
Tous ces exemples sont suffisants pour nous retenir en notre devoir, afin que nous ne nous avancions pas outre ce qui nous sera commandé par Dieu. Car estimons-nous que si après tant de défenses, de menaces, de punitions rigoureuses contre ceux qui ont commis de telles fautes, on veut néanmoins violer et pervertir l’ordre que Dieu a établi, une telle audace et témérité puisse demeurer impunie ? Que donc l’enseignement de l’Apôtre aux Hébreux nous contienne enserrés dans les limites de notre vocation, quand parlant de la sacrificature, il dit que nul ne prend l’honneur à soi-même sinon celui qui est appelé par Dieu (Hébreux 5 :4). Comme aussi quand Saint Paul parle de la prédication de l’Évangile : Comment entendra-t-on, dit-il, sans prédication ? Et comment prêchera-t-on sinon qu’on soit envoyé ? (Romains 10 :14-15), montrant par cela que nul ne doit s’avancer pour prêcher la parole de Dieu, sinon celui à qui Dieu aura ouvert la bouche, l’appelant à un tel office. Et c’est la raison pourquoi les serviteurs de Dieu ont tant de fois allégué leur vocation, tant pour témoigner qu’ils ne s’étaient pas ingérés d’eux-mêmes, qu’aussi pour rendre les hommes plus attentifs et obéissants à la doctrine qu’ils annonçaient. Ainsi, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Zacharie, et les autres disent qu’ils sont envoyés. Ainsi Saint Paul déclare qu’il est constitué héraut pour annoncer l’Évangile. Ainsi Jésus-Christ lui-même témoigne qu’il est envoyé, et que ce qu’il fait est selon la charge qui lui est commise. »
La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.
Pourquoi s’adresser à Dieu dans la prière ? Sur la nature de la prière selon la Bible, lisons la réponse que donne à cette question le catéchisme de Heidelberg, cet excellent manuel de piété chrétienne rédigé il y a bientôt cinq siècles. Lisons la série de questions et de réponses qui font partie du quarante-cinquième dimanche de ce catéchisme:
116 Pourquoi devons nous prier ?
Parce que la prière est la principale partie de la reconnaissance que Dieu réclame de nous; et parce que Dieu ne veut donner sa grâce et son Saint-Esprit qu’à ceux qui les lui demandent par des prières ardentes et continuelles et qui l’en remercient.
117 Que faut-il pour que la prière soit agréée et exaucée par Dieu ?
Premièrement, que nous demandions du fond du cœur au seul vrai Dieu qui s’est révélé à nous dans sa Parole tout ce qu’Il nous a ordonné de requérir de lui; deuxièmement que nous connaissions, droitement et à fond, notre pauvreté et notre misère afin de nous humilier devant sa majesté; troisièmement, que nous nous appuyions sur cette ferme assurance que, sans tenir compte de notre indignité, Il exaucera sûrement notre prière pour l’amour du Seigneur Jésus-Christ, comme Il nous l’a promis dans sa Parole.
118 Que Dieu nous a-t-il ordonné de lui demander?
Tout ce qui est nécessaire pour l’esprit et pour le corps et que le Seigneur Jésus-Christ a rassemblé dans la prière qu’il nous a lui-même enseignée.
119 Que dit cette prière?
Notre Père qui es aux cieux
Que ton Nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel;
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal;
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen
Le catéchisme poursuit ensuite son explication du Notre Père, qu’on appelle aussi l’oraison dominicale (c’est-à-dire la prière du Seigneur):
120 Pourquoi le Christ nous a-t-il commandé de nous adresser à Dieu comme à notre Père?
Afin d’éveiller en nous, dès le commencement de notre prière, le respect filial et la confiance en Dieu qui doivent être à la source de notre prière, car Dieu est devenu notre Père par le Christ. Il veut bien moins nous refuser ce que nous lui demandons avec foi que nos pères ne le font pour les choses ordinaires.
121 Pourquoi est-il ajouté: qui es aux cieux?
Afin que nous n’ayons aucune idée terre-à-terre de la majesté céleste de Dieu et que nous attendions de sa toute-puissance tout ce qui nous est nécessaire pour le corps et pour l’âme.
122 Quelle est la première demande?
Que ton nom soit sanctifié, c’est-à-dire: donne-nous d’abord de te connaître droitement, de te sanctifier, de te célébrer, et de te louer dans toutes tes œuvres en lesquelles brillent ta toute-puissance, ta sagesse, ta bonté, ta justice, ta miséricorde et ta vérité. Donne-nous aussi de régler toute notre vie, nos pensées, nos paroles et nos actes de telle sorte que ton Nom ne soit jamais blasphémé à cause de nous, mais plutôt honoré et glorifié.
123 Quelle est la deuxième demande?
Que ton règne vienne, c’est-à-dire: règne sur nous par ta Parole et ton Esprit de telle sorte que nous nous soumettions de plus en plus à toi. Maintiens et fais croître ton Église. Renverse les œuvres du Diable, toute puissance qui s’élève contre toi et tous les méchants complots formés contre ta sainte Parole, jusqu’à ce que vienne l’accomplissement de ton Royaume lorsque tu seras tout en tous.
124 Quelle est la troisième demande?
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, c’est-à-dire: Que tous les hommes et nous, nous renoncions à notre propre volonté et que, sans aucun murmure, nous obéissions à sa volonté qui seule est bonne, et qu’ainsi chacun s’acquitte de son devoir et de sa vocation aussi promptement et fidèlement que les anges dans le ciel.
125 Quelle est la quatrième demande?
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. C’est-à-dire: veuille nous pourvoir de tout ce qui est nécessaire à l’existence afin que nous reconnaissions que tu es la source unique de tout bien et que, sans ta bénédiction, ni nos soins, ni nos travaux, ni même tes dons ne nous profiteraient; et qu’ainsi nous détournions notre confiance de toutes les créatures pour ne la placer qu’en toi.
126 Quelle est la cinquième demande?
Pardonne nous-nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, c’est-à-dire: à cause du sang du Christ, veuille ne pas nous imputer, à nous pauvres pécheurs, toutes nos fautes et le mal qui nous est toujours attaché; donne-nous également de trouver en nous ce témoignage de ta grâce: la ferme résolution de pardonner de bon coeur à notre prochain.
127 Quelle est la sixième demande?
Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, c’est-à-dire: puisque nous sommes si faibles que nous ne saurions subsister un instant, et que, de plus, nos ennemis mortels – le Diable, le monde et notre propre chair – nous assaillent sans cesse, veuille nous soutenir et nous fortifier par la puissance de ton Saint Esprit. Ainsi seulement nous pourrons leur résister avec courage et ne pas succomber dans ce combat spirituel, jusqu’à ce qu’enfin nous remportions une pleine victoire.
128 Comment conclus-tu cette prière?
Car c’est à toi qu’appartiennent, aux siècles des siècles, le règne, la puissance et la gloire, c’est-à-dire: nous te demandons tout cela parce que tu es notre Roi et qu’ayant tout en ta puissance, tu peux et tu veux nous accorder tout bien; ainsi la gloire en revient non pas à nous mais éternellement à ton saint Nom.
129 Que signifie ce petit mot: Amen ?
Amen veut dire: c’est sûr et certain ! Ma prière est bien plus sûrement exaucée par Dieu que je ne sens dans mon coeur le désir qu’elle le soit.
Le chant des psaumes en langue vernaculaire, qu’il soit individuel, familial ou communautaire (dans le cadre du culte), a sans aucun doute été un marqueur de l’identité protestante depuis la Réforme du seizième siècle. Foi et Vie Réformées a déjà publié des extraits de la Préface de Jean Calvin au recueil des psaumes publié à Genève en 1543 en conclusion d’un article sur la préparation, l’impression et la diffusion du Psautier de 1562 (cliquer ici).
De son côté Martin Luther écrivait ce magnifique texte dans la préface au psautier allemand (1531-1545) :
Tout chrétien, qui veut prier et se recueillir, devrait se servir du Psautier. Il serait bon que tout chrétien se familiarisât à tel point avec lui, qu’il le sache par cœur, mot à mot, et puisse en citer, en toute circonstance, un passage approprié. Car, en vérité, tout ce qu’un cœur pieux désire exprimer en une prière, il le trouve formulé dans les Psaumes d’une façon si parfaite et si émouvante, qu’aucun homme ne saurait mieux le dire. Le Psautier nous enseigne et nous console précisément par la prière. Il s’accorde au « Notre Père » et le « Notre Père » se retrouve en lui d’une façon si parfaite que l’un nous sert à comprendre l’autre et que les deux rendent le même son.
Ce qui donne la plus grande valeur à ces paroles, c’est qu’elles sont prononcées en présence de Dieu et lui sont adressées : de là leur sérieux et leur vie. Car, quand on parle aux hommes de ces choses, le cœur est moins engagé, il y a moins de flamme, de vie et d’insistance. C’est pourquoi le Psautier est le livre de chevet de tous les saints et chacun y trouve, en toutes circonstances, des prières et des paroles qui s’adaptent à son cas et correspondent à tel point à ses besoins qu’elles semblent avoir été écrites uniquement pour lui, et qu’il ne saurait en formuler, en trouver, en souhaiter de meilleures. Cela nous sert à acquérir la certitude que, quand ces paroles nous plaisent et répondent à nos propres sentiments, nous sommes réellement dans la communion des saints, qui ont éprouvé ce que nous-mêmes nous expérimentons, parce que leur chant s’accorde avec le nôtre…
En résumé, si tu veux un tableau vraiment vivant et coloré de la sainte Église chrétienne, prends en main un Psautier et tu verras dans un miroir parfait ce qu’est la chrétienté. Tu y apprendras aussi à te connaître réellement toi-même, de même que Dieu et toutes les créatures.
Notre Seigneur, qui nous a enseigné à prier les Psaumes et l’Oraison dominicale, et qui nous les a donnés, veuille aussi nous accorder un esprit de prière, afin que nous priions avec joie et avec une foi réelle, fermement et sans cesse ; car nous en avons besoin. C’est ainsi qu’il l’a ordonné, et c’est ce qu’il attend de nous. Qu’il soit loué, honoré et béni à jamais : Amen.
Un jour, quelqu’un m’a demandé si j’étais plutôt de gauche ou de droite. A ma question de savoir ce qu’il entendait par gauche et droite, il m’a dit : en résumé, une personne de gauche insistera davantage sur la notion de justice tandis qu’une personne de droite insistera davantage sur celle d’ordre.
Que cette définition soit juste ou non, pertinente ou très approximative, elle appelle quelques remarques. La première consiste à se demander si la justice peut subsister, voire exister, sans l’ordre, et inversement. Là où règne le désordre, peut-on s’attendre à ce que règne une justice impartiale et honnête ? Et là où règne l’injustice, de quel ordre s’agit-il ? D’un ordre injuste, qui n’est rien d’autre qu’un désordre moral. Alors, par rapport à ces catégories, faut-il être plutôt centriste que de gauche ou de droite ? Le juste milieu serait-il la solution ? Cinquante pour cent de justice et cinquante pour cent d’ordre suffisent-ils à faire l’affaire ?
Si tel est notre choix, il faudra rapidement convenir qu’il manquera toujours quelque part cent pour cent de ce que l’on recherche : cinquante pour cent d’ordre et cinquante pour cent de justice manqueront toujours à l’appel. Le vrai problème n’est-il pas que notre esprit est déformé, inclinant toujours à opposer quelque part ordre et justice car incapable d’envisager que ces deux notions sont inséparables, même si elles peuvent être distinguées ? On doit chercher à atteindre chacune d’entre elles pour que l’autre puisse aussi apparaître et fleurir de manière concomitante. Mais là où l’ordre est abusivement amalgamé à l’oppression, et la justice faussement assimilée au laissez-faire, on ne risque sûrement pas de parvenir à la manifestation harmonieuse des deux !
Dans bien des milieux qui se disent chrétiens, une opposition artificielle entre ordre et justice s’exprime lorsqu’on commence par s’opposer à la notion même de justice divine : celle qui exige la rétribution pleine et entière des transgressions commises par les hommes pécheurs contre la sainteté de Dieu. On trouve cette notion insupportable. A partir de ce rejet, on rejette tout de go l’ordre restauré par le Dieu sauveur entre lui et les humains à travers le plan de rédemption qu’il a accompli en Jésus-Christ. Car c’est ce dernier qui, accomplissant parfaitement la justice divine, a permis le rétablissement de cette relation. Si ordre et justice doivent prévaloir de manière harmonieuse entre les humains, ce ne peut être qu’en plongeant le regard de la foi dans cette œuvre-là, qui vient d’en-haut.
Écoutons l’apôtre Jacques, qui nous parle dans sa lettre de désordre et de justice (3.16-18) : Làoù il y a jalousie et rivalité, il y a du désordre et toute espèce de pratiques mauvaises. La sagesse d’en-haut est d’abord pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. Le fruit de la justice est semé dans la paix par les artisans de paix.
Ces citations appartiennent à des Pères de l'Eglise, pasteurs, conducteurs, anciens, écrivains profanes ou non…. Chacune d’entre elles est une petite leçon de sagesse, ramenant toujours à l’essentiel et au principal : La Bible et son Divin Auteur qui est Dieu.
- Dieu parle à sa manière, et même de façon très claire. Tout d'abord, il parle à travers son œuvre majeure, la Création de l'univers, qui n'est pas, qui ne saurait être le produit du chaos, du hasard incontrôlé, de millions de milliards de combinaisons hasardeuses qui n'ont aucun sens. Si l'univers n'avait pas de sens, à quoi cela servirait-il de lire, d'écouter certaines émissions à la radio ou de regarder certains programmes à la télévision, pourquoi chercherait-on à s'instruire ? Mais, la vérité, c'est que l'univers entier crie la puissance et la sagesse de celui qui l'a créé et le maintient à chaque instant. Dieu. (...) Dieu parle à notre conscience, par laquelle chacun de nous sait plus ou moins distinguer le bien du mal (...) Sans cette distinction, il faudrait abolir tout système judiciaire, toute police, toute forme d'altruisme. D'où nous vient cette distinction ? Du chaos originel, de la soupe primitive qui s'est subitement retrouvée douée de sens moral par l'effet d'une mutation génétique inattendue ? Allons donc ! (Eric Kayayan)
- Tous les hommes sont naturellement pleins de péchés. Et il n'y a pas de sauveurs de pécheurs, pas de voie de salut que par Christ. (Jonathan Edwards)
- Une personne est considérée juste par Dieu non pas sur la base de ce qu'elle fait, mais sur la base de ce que Christ a fait. L'acte de Dieu qui justifie le pécheur ne peut être annulée. C'est pour toujours. Il est reçu par la foi, par la grâce seule. Pas de médiateurs mais le Christ lui-même. (Augustus Nicodemus)
- Dieu ne peut pardonner à personne simplement en disant : "Je vais pardonner". Il ne peut pas. Il n'y avait qu'une seule manière par laquelle Dieu pouvait pardonner ; c'était en mettant nos péchés sur Son Fils et en les punissant en Lui. C'était un Saint Amour...un Juste Pardon. Dieu doit toujours être juste. (Martyn Lloyd-Jones)
- "Afin que le dessein de Dieu selon l'élection ne repose pas sur les œuvres, mais sur celui qui appelle". Il n'y a donc plus rien à dire. Le salut vient entièrement de Dieu. Les hommes et les femmes ne peuvent jamais se vanter du fait qu'ils se sont sauvés. C'est Dieu qui sauve. ( Martyn Lloyd-Jones)
- Lorsque je me regarde, je ne vois pas comment je peux être sauvé. Mais lorsque je regarde le Christ, je ne vois pas comment je peux être perdu. (Martin Luther)
- Christ est mort pour moi. Il a fait mienne sa justice et a fait sien mon péché. Et s'il a fait sien mon péché, alors je ne l'ai plus, et je suis libre. (Martin Luther)
- Nous sommes justes parce que Dieu nous a imputé la justice de Christ. (R.C. Sproul)
- Par Christ, nous avons été adoptés comme fils et filles du Très Haut. Il n'y a donc plus de condamnation mais déclaration de justice parfaite qui nous a été imputée à cause de la justice de Christ. ( William F. Hill, Jr. )
- Sur la croix, Christ a non seulement payé la peine que nous méritons, mais nous a également accordé la justice que nous ne méritons pas. (Dustin Benge)
- Ah Seigneur Jésus ! Je n'ai jamais connu ton amour jusqu'à ce que j'aie compris le sens de ta mort. (Charles Spurgeon)
- Un message pour l'incrédule - « c'est mon privilège de vous dire que si vous reconnaissez votre aveuglement et les ténèbres de votre mauvais cœur, votre péché et votre désespoir, et que vous vous jetez sur la miséricorde de Dieu, il vous recevra et vous dira qu'il "t'a aimé d'un amour éternel » (Jeremie 31:3). Et Il vous donnera une nouvelle vie, un nouvel espoir, la paix, la sécurité, la sûreté - et tout ce dont vous avez besoin dans cette vie et dans le monde à venir " ( Martyn Lloyd-Jones)
- La foi opère en recevant, mais en recevant seulement : l'homme s'efface, pour laisser tout le Salut à Dieu. Ne me dites pas que la foi sent, que la foi aime, que la foi obéit ; et que c'est par ce sentiment, par cet amour, par cette obéissance qu'elle vaut devant Dieu. Non, vous dis-je ; la foi ne fait que recevoir ; et c'est par cette simplicité du recevoir qu'elle vaut, parce que c'est par elle qu'elle laisse à Dieu toute la Gloire du faire. Le sentiment, l'amour, l'obéissance, ce n'est pas la foi, c'en sont les fruits, les œuvres ; et attribuer le Salut à ces fruits, à ces œuvres, c'est, après l'avoir rejetée dehors par le grand portail, ramener la justice propre par une porte dérobée. Ne me dites pas même que la foi est une condition du salut. Sans doute, cela peut se dire, si l'on ne veut exprimer par là que la nécessité de la foi pour être sauvé ; mais le mot de condition présente à l'esprit l'image d'une participation agissante méritoire ; et l'humble participation du recevoir ne saurait être qualifiée de condition sans abuser du langage. Vous vous rendriez ridicule si vous disiez : La vallée de Chamonix est admirable -- mais à condition qu'on la regarde ; ou le raisin est un fruit exquis -- mais à condition qu'on le prenne. Il ne faudra pas dire davantage : La grâce de Dieu nous sauve, mais à condition qu'on y croie ; mais il faudra dire avec l'Apôtre : « La grâce de Dieu nous sauve par la foi. ». Par la foi, précisément pour bien constater que l'homme n'y est pour rien, et que le salut est un don de Dieu, un pur don, tout gratuit ; ainsi l'explique l'Apôtre, reprenant sa pensée par le côté négatif, pour ne laisser à notre orgueil aucune issue par où lui échapper : « Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; cela ne vient pas des oeuvres, afin que nul ne se glorifie. » C'est dans le même esprit que le même Apôtre écrit aux Romains une ligne qui résume à elle seule tout ce que nous pourrions dire là-dessus : « C'est par la foi -- afin que ce soit selon la grâce. » Pesez bien cette parole profonde. (...) La première voie ouverte à l'homme pour glorifier Dieu, l'obéissance parfaite, qui eût rendu hommage à la perfection de Sa Loi, t'est fermée, mais il t'en reste une seconde, la foi, qui rend hommage à la Gratuité de Sa Grâce. Cet hommage ne sera pas moins agréable à Dieu que n'eût été l'autre ; que dis-je ? Il le sera même davantage, car « Dieu est Amour, » et de toutes Ses Perfections, celle dont Il est le plus jaloux, c'est Son Amour Tout Gratuit, que l'homme innocent n'eût jamais connu, que l'ange saint n'a point éprouvé, et que l'homme pécheur, mais reçu en Grâce, a la tendre mission de sentir et de proclamer. (…) (Adolphe Monod)
- Celui qui vient à Dieu dans la bonne attitude, celui qui reconnaît son péché et prend pleinement conscience du fait qu'il se présente devant Dieu en tant qu'une personne indigne ne pouvant se fier qu'à Sa Miséricorde, recevra ce qu'il cherche. Si tu viens vraiment à Christ, afin de recevoir de Lui le pardon, tu verras alors qu'Il fait de toi un homme nouveau. Tu viens à Lui comme un patient vient chez un médecin, afin qu'Il guérisse ta maladie et tes blessures. Confesse Lui tout ce qui te pèse, ne retiens rien. Et ne pense pas pouvoir venir à Lui en raison de tes propres bonnes actions. Ne dis pas : "Jésus, pardonne moi, car je ne suis pas une mauvaise personne", mais confesse comme David : "Pour l'amour de ton nom, ô Éternel, pardonne mon péché qui est si grand". (Jonathan Edwards)
- Il appelle Jésus-Christ Fils de dilection, ou le Fils très cher du Père, parce que c'est lui seul en qui le Père a pris tout son bon plaisir, comme il est dit en Matthieu 17.5, et par lequel tous les autres sont aimés. Car il faut que nous tenions pour tout certain que nous ne sommes point agréables à Dieu autrement que par Christ. Et il ne faut point douter que Saint Paul ne veuille tacitement noter la séparation mortelle que les hommes ont d'avec Dieu, jusqu'à ce que la dilection apparaisse en la personne du Médiateur. (Jean Calvin Commentaire sur Colossiens 1.13, )
- "... et nous a transportés au royaume de son Fils bien-aimé". Ce sont déjà les commencements de notre béatitude, quand nous sommes transportés au royaume du Christ, d'autant que nous passons de la mort à la vie. Saint Paul attribue ceci aussi à la grâce de Dieu, afin que nul ne pense pouvoir obtenir un si grand bien par son propre effort. comme donc notre délivrance de la servitude du péché et de la mort est l'oeuvre de Dieu, ainsi autant en faut-il dire de ce que nous passons dans le royaume du Christ. (Jean Calvincommentaire sur Colossiens 2.13, )
- Je peux dire avec une confiance absolue que vous ne trouverez pas de meilleures nouvelles aujourd'hui que cela : à vous est né ce jour dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ Le Seigneur ! (Kevin De Young)
- Le MESSIE est "Emmanuel, Dieu avec nous", de notre côté, non plus le vengeur du péché, mais l'auteur du SALUT. (John Newton)
- Quelle grâce d’avoir la liberté d’invoquer Dieu ! Quelle sagesse que d’en faire bon usage ! C’est folie de recourir aux hommes, quand le Seigneur nous invite à lui présenter notre cas à Lui-même. (Charles Spurgeon)
- Ceux qui enseignent par leur doctrine doivent enseigner par leur vie, ou bien, ils tirent d'une main ce qu'ils construisent avec l'autre. (Matthew Henry)
- Je hais le péché non pas parce qu'il me damne, mais parce qu'il a fait du tort à Dieu. Avoir chagriné mon Dieu est pour moi le pire des chagrins. (Charles Spurgeon)
- Les Écritures ne nous sont pas données simplement comme une doctrine abstraite ; elles nous viennent comme la Parole divine de Dieu, conçue pour l'édification, la reproduction, la correction et l'instruction, afin que nous soyons pleinement équipés en tant qu'hommes et femmes de Dieu. (R.C. Sproul)
- Bien qu'Il ait tendu la main et semble menacer nos plus chers conforts, pourtant quand nous nous souvenons que c'est Sa Main, quand nous considérons que c'est Son Dessein, Son Amour, Sa Sagesse, Sa Puissance, nous ne pouvons pas refuser de Lui faire Confiance. (John Newton)
- Car la satisfaction d’être maître à bord est la pire peste qui puisse atteindre les hommes pour les perdre et les couler ; aussi l’unique havre de salut est-il de ne pas être sage à ses propres yeux, de ne rien attendre de soi, mais seulement de suivre le Seigneur. (Jean Calvin)
- Nous sommes entre les mains de Dieu... C'est lui qui ordonne nos vies et en dispose à son bon plaisir... Notre responsabilité est de nous abandonner à lui en toute humilité et obéissance... Qu'il est juste que nous lui appartenions entièrement dans la vie comme dans la mort" (Jean Calvin)
- L'ironie du légalisme, c'est qu'il ne nous donne pas envie de travailler plus dur, il nous donne envie d'abandonner (Burk Parsons)
- Souvenez-vous que la sainteté est une fleur, non une racine ; ce n'est pas la sanctification qui sauve, mais le salut qui sanctifie. Un homme n'est pas sauvé par sa sainteté, mais il devient saint parce qu'il est déjà sauvé. (Charles Spurgeon)
- Une profession de foi ne justifie personne. C'est la possession de la foi qui justifie. (R.C. Sproul)
- Si votre foi et votre espérance sont en Dieu, alors vous avez une sécurité que personne ne peut détruire. (Charles Spurgeon)
- Beaucoup de gens pensent que le Christianisme, c'est que tu fais toutes les choses justes que tu détestes et évites toutes les choses méchantes que tu aimes afin d'aller au paradis. Non, c'est un homme perdu avec la religion. Un Chrétien réel est une personne dont le cœur a été changé ; ils ont de nouvelles affections. ( Paul Washer)
- Les Chrétiens prennent plaisir à lire les Ecritures, parce qu'elle parlent de leur Sauveur Bien-Aimé. (JC Ryle)
L'humilité est toujours la plus grande sauvegarde dans la vie spirituelle. Ainsi, lorsque nous sommes abaissés et humiliés, c'est bon pour nous ; et tout ce qui fait cela pour nous travaille pour notre bien. Dans cet état, nous commençons à voir une foule de choses que nous avions tendance à oublier. ( Martyn Lloyd-Jones)
- Nous prions mieux lorsque nous sommes tombés face contre terre dans une douloureuse impuissance. (Charles Spurgeon)
- Jésus Christ est le Seigneur souverain de l'Eglise. Sa parole est notre loi, Son adoration est notre amour, Sa volonté est notre vie. (Dr Steven Lawson)
- La sanctification est toujours et automatiquement une conséquence de la justification. (R.C. Sproul)
- La fondation de la vraie sainteté et du vrai culte chrétien est la doctrine de l’Évangile, ce que nous sommes à croire. Lorsque la doctrine chrétienne est négligée, abandonnée ou corrompue, la vraie sainteté et le culte seront aussi négligés, abandonnés et corrompus. (John Owen)
Le faux prophète est un homme qui n'a pas de " porte droite " ni de " voie étroite " dans son évangile. Il n'a rien qui est offensif à l'homme naturel ; il plaît à tous. Il est dans les vêtements de moutons, si attrayant, et si agréable à regarder. Il a un message également si agréable, confortable et réconfortant qu'il plaît à tout le monde et tout le monde parle bien de lui. Il n'est jamais persécuté pour sa prédication. Il est loué par les libéraux et les modérés, il est loué par les évangéliques. Il est toutes choses à tous les hommes dans ce sens où de fait il n'y a aucunement de porte droite avec lui, il n'y a pas de chemin étroit dans son message, il n'y a pas d'offense de la croix. " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous dans des vêtements de moutons mais intérieurement sont des loups." Matthieu 7:15 (Martyn Lloyd-Jones)
Nous devons éviter de faire d'une facette de l'amour de Dieu son attribut absolu. Mettre l'accent exclusivement sur l'amour électif de Dieu conduit à l'hyper-calvinisme. A l'inverse, nous focaliser uniquement sur l'amour providentiel de Dieu pour sa création mène au panthéisme ou à toute autre forme de monisme. (Guillaume Bourin d'après une mise en garde de Donald Arthur Carson)
- Avec quelle difficulté les hommes font une petite bonté à leurs ennemis ; mais Christ nous a aimés alors que nous étions ses ennemis, qu'Il a joyeusement jeté sa vie sous les tourments les plus extrêmes pour nous sauver de l'enfer que nous méritions et nous amener à la gloire éternelle. (x)
- Celui qui demande grâce et n'en montre aucune, ruine le pont sur lequel il doit lui-même passer. (Thomas Adams)
- Le péché est généralement au fond de toutes les cachettes de la face du Seigneur ; demandons au Seigneur de nous en révéler la forme spéciale, afin que nous nous en repentions, que nous la surmontions et que nous l'abandonnions désormais. (Charles Spurgeon)
- Il n'y a pas de meilleur sentiment que de nous relever après nous être mis à genoux, sachant que Dieu a pardonné tous les péchés que nous avons commis. (R.C. Sproul)
- Lorsque l'obscurité tombe sur vous, lorsque la peur vous gagne, lorsque votre conscience troublée vous tourmente, lorsque votre cœur est brisé, le Christ est infiniment plus grand que les ténèbres, votre peur, votre conscience, votre cœur. Christ a restauré Pierre tombé. Il vous restaurera en venant à Lui. (Via Katy Von Bora)
- Je veux détester mes péchés plus que je déteste les péchés des autres qui pèchent différemment que moi. (Burk Parsons)
- Apprenons à connaître Christ, et Christ crucifié ; apprenons à chanter sa louange, à désespérer de nous même et à dire : "Toi, Seigneur Jésus, Tu es ma Justice, mais moi, je suis ton péché ; Tu as assumé ce qui est à moi, et Tu m'as donné ce que je n'étais pas. (...). "Réfléchissons bien à ce Grand Amour, et voyons y la plus Douce des consolations. En effet, s'il convient de parvenir à la quiétude de la conscience par nos efforts et nos épreuves, pourquoi donc est Il mort ? Nous ne trouverons donc la Paix qu'en Lui, après avoir désespéré de nous même et de nos œuvres ; nous apprendrons en outre de Lui même que, de même qu'Il s'est chargé de nous et qu'Il a fait Sien nos péchés, de même Il fait notre Sa Justice. (Martin Luther)
- Je vous remercie chaleureusement pour votre lettre. Quant à ce que vous et mes autres ennemis dites contre moi, je sais des choses pires sur moi que vous ne direz jamais sur moi. Avec amour en Christ, (George Whitefield)
- Cela ne vous fait pas être un témoin si vous savez qu'il y a de l'espoir que quelqu'un pourrait être sauvé. Je ne vais pas aller perdre mon temps si c'est à l'homme. Il ne viendra jamais ! Mais si je sais que la grâce souveraine peut souffler partout où elle souhaite sur le plus dur des cœurs, j'ai alors oui de l'espoir de témoigner. Je peux alors regarder mon voisin mort qui rejette l'Evangile, ou mon mari incroyable, année après année, et trouver l'espoir parce que le vent de la grâce pourrait souffler aujourd'hui. C'est un message de l'Evangile avec l'espoir à l'intérieur. (Jesse barrington)
- Le seigneur des lumières, par son Saint Esprit, veuille de ce saint et salutaire Evangile enseigner les ignorants, fortifier les faibles, illuminer les aveugles et faire régner sa vérité en tous peuples et nations, afin que le monde universel ne connaisse qu’un Dieu et un seul Sauveur, Jésus-Christ, une foi et un Evangile, Ainsi soit-il. (Jean Calvin)
- les non croyants peuvent tolérer Jésus christ aussi longtemps que celui-ci est dépouillé de sa véritable identité. (R.C. Sproul)
- Christ n'est pas un demi-sauveur. C'est une chose difficile d'amener des cœurs orgueilleux à se reposer sur Christ pour la justice. Dieu humilie les orgueilleux en appelant les pécheurs entièrement de leurs propres justices à Christ pour leur justification. (John Flavel)
- Prêchez Christ, il a été crucifié et ressuscité. Seul ce témoignage réconforte le cœur souffrant et encourage les croyants à continuer. Rien d'autre ne remplace la prédication pure et simple de l'Evangile. (Augustus Nicodemus)
- C'est maintenant votre opportunité tant que vous vivez. Le Christ ne vous invitera plus et ne s'offrira plus à vous après votre mort. (Jonathan Edwards)
- Sola Scriptura signifie que toute connaissance doit être soumise à l'autorité de la Parole de Dieu. Il n'y a pas d'autorité plus élevée dans ce monde que la Parole de Dieu. (Grant R. Castleberry)
- C'est une chose de prêcher sur la grâce en généralités. C'en est une autre d'expliquer la manière dont cette grâce devient opérationnelle dans la vie des croyants à cause de la mort substitutive, conjurant la colère, expiant le péché, conquérant Satan et assurant la consommation sécurisante de Jésus Christ. (Nick Batzig)
- "... ne craignez pas le reproche des hommes. Avoue le Christ audacieusement et sainement devant le monde. Montrez vos couleurs, et n'ayez pas honte de votre Maître. Le temps est court : l'éternité se précipite. La croix n'est que pour un court moment : la couronne est éternellement." ( J.C.Ryle )
- Si la croix n'est pas une folie pour le monde perdu, alors nous avons déformé la croix. (Dr Steven Lawson)
- "La repentance envers Dieu et la foi envers notre Seigneur Jésus Christ", telle était la somme des instructions apostoliques. Ce n'est pas une invocation occasionnelle du nom, ou une reconnaissance passagère de l'autorité du Christ, qui remplit la mesure des termes "Croire en Jésus". (William Wilberforce)
- Quant à moi-même, si je n'étais pas calviniste, je pense que ne devrais avoir plus d'espoir de succès dans la prédication aux hommes, qu'aux chevaux ou aux vaches. (John Newton)
- Bien que ma mémoire faiblisse, je me souviens très clairement de deux choses : je suis un grand pécheur et le Christ est un grand Sauveur. (John Newton)
- Celui qui peut dire : "Je sais que mon Rédempteur vit", sait que Son Rédempteur est au-dessus de tout et qu'il peut tout faire pour lui. (Jonathan Edwards)
- Comment savons-nous que Dieu nous a élus avant la fondation du monde ? Parce que nous croyons en Christ... La foi est comme la copie de notre adoption (acte). Dieu, dans son conseil éternel, garde l'original sur son registre et nous en donne une copie par la foi. (Jean Calvin (3ème sermon sur Ephésiens)
- De sa nature, en effet, Dieu est enclin à nous faire venir à lui d’une façon douce et aimable, tout comme un père ne demande qu’à gagner ses enfants, riant avec eux, et leur donnant tout ce qu’ils désirent ; si un père pouvait toujours rire avec ses enfants, et satisfaire leurs appétits, il est certain que tout son plaisir serait là. Dieu donc se montre tel avec nous… le propre de Dieu est de nous gagner doucement, tout comme un père tâchera de gagner ses enfants. Qu’est-ce donc que Dieu demande ? que nous le servions d’un cœur franc et libéral, et que nous le servions joyeusement. Et pourquoi , parce qu’il nous traite en toute humanité, qu’il nous donne tout ce qu’il faut, et que nous avons contentement et repos, si nous ne sommes pas des ingrats… (Jean Calvin)
Le Seigneur Jésus, avant d’enseigner à ses disciples la prière que tous les chrétiens connaissent sous le nom de “Notre Père” (car c’est avec ces mots qu’elle commence), a défini l’attitude que nous devrions avoir en priant : pas d’extériorité destinée à faire impression sur les autres, pas d’hypocrisie tâchant de nous faire passer pour des gens très religieux, pas non plus de cris ou de hurlements (comme si le nombre de décibels émis par notre larynx pouvait faire grande impression sur le Dieu qui habite dans les cieux, et pourtant connaît exactement ce qu’il y a au plus profond de notre cœur).
Au contraire, Jésus nous prescrit une attitude recueillie, calme, empreinte de crainte confiante par laquelle nous pouvons commencer notre prière avec les mots : “Notre Père, qui es aux cieux…”
Durant sa vie terrestre, Jésus s’est retiré dans des lieux à l’écart, loin des foules qui le suivaient partout, pour pouvoir prier Dieu, son Père.
Mais il a encore averti ses disciples au sujet de l’attitude qu’il convient d’avoir dans la prière (Matthieu 6.7-8) :
En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
Il y a une grande différence entre multiplier de vaines paroles, et faire connaître à Dieu nos demandes par la prière et la supplication, avec des actions de grâces.
Dans le premier cas on parle à tort et à travers, on s’excite soi-même, on répète interminablement les mêmes phrases, tandis que dans le second cas on prie dans une attitude de dépendance totale marquée par l’humilité et la reconnaissance à la fois.
On attend vraiment son secours de Dieu, dans la confiance d’une foi vraie.
Lisons ce qu’écrit l’apôtre Jacques à ses lecteurs dans la lettre qu’il leur adresse (1.5-8) :
Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, que le vent agite et soulève. Qu’un tel homme ne pense pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur : c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies.
Ce texte de la lettre de Jacques, dans le Nouveau Testament, nous dit non seulement que douter lorsque l’on prie, c’est assurément se priver de l’exaucement de Dieu, mais il nous indique aussi ce qu’il convient de demander en priorité à Dieu : une véritable sagesse, inspirée par son Esprit.
Voilà un point très important : nos requêtes devraient d’abord concerner ce qui peut nous rapprocher davantage de Dieu : une vraie sagesse, l’amour et la connaissance de la vérité, des relations avec notre prochain conformes à la volonté de Dieu, la patience, le zèle.
Voilà ce qu’il convient de demander en priorité à Dieu.
Cela n’exclut pas des demandes matérielles particulières, pour autant qu’il ne s’agisse pas de notre égoïsme personnel, mais de ce qui nous permet de mieux servir Dieu, de mieux travailler au sein de son Royaume, là où il nous a appelés.
Une autre partie très importante de la prière est constituée par l’intercession.
Intercéder, nous l’avons vu avec Jésus-Christ et le Saint Esprit, c’est prier pour d’autres que soi-même, présenter des requêtes à Dieu qui les concernent. Jésus-Christ nous a appris ce qu’est l’intercession lorsqu’il a prié pour ses disciples, peu avant son arrestation, son procès et sa crucifixion.
Dans l’Évangile selon Jean (17.8-9), il prie de cette façon pour eux :
Je leur ai donné les paroles que tu m’as données ; ils les ont reçues; ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’il sont à toi.
Notre intercession commence avec nos proches, nos frères et sœurs dans la foi.
En particulier, ceux d’entre eux qui souffrent à cause de leur foi, ceux qui sont persécutés (il y a dans le monde beaucoup de chrétiens persécutés pour leur foi, même si les grands médias ne s’en font pas l’écho).
Ceux-là devraient faire l’objet de notre intercession particulière.
Car ils sont avec nous les membres du même corps, et leur souffrance témoigne de ce que ce corps souffre dans certains de ses membres.
Comment les autres membres pourraient-ils rester indifférents à cette souffrance ?
Notre intercession, pourtant, doit s’étendre plus loin qu’à ceux qui partagent la même foi que nous.
A un moment précis que nous venons d’évoquer, Jésus a prié en particulier pour ses disciples, qu’il confiait à son Père céleste, car ils allaient être investis d’une mission très spéciale après sa résurrection : celle de proclamer l’Évangile.
La proclamation de cet Évangile de pardon et de grâce est destinée à s’étendre sur tout le genre humain.
Il nous faut donc aussi, dans notre intercession, prier que l’Évangile atteigne le plus grand nombre d’hommes et de femmes, afin que tout comme cela a été le cas pour nous, eux aussi soient amenés à la connaissance de Jésus-Christ, qui seul peut opérer leur salut.
Au second chapitre de sa première lettre à Timothée (2.1-3), Paul écrit ceci :
J’exhorte donc, en tout premier lieu, à faire des requêtes, prières, intercessions, actions de grâce, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui occupent une position supérieure, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et dignité. Cela est bon et agréable devant Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.
Comme on le voit, s’il faut prier pour tous les hommes, Paul mentionne une catégorie en particulier : les gouvernants, ceux qui ont reçu un mandat particulier d’autorité.
Car ce mandat ne provient pas d’eux-mêmes (comme beaucoup le croient trop souvent), ni même de la volonté du peuple, comme on aime à la proclamer haut et fort à notre époque moderne, mais en fin de compte de Dieu lui-même : ils sont ses lieutenants sur terre, pour faire régner ordre et justice sans partialité ni corruption.
Et s’il faut prier pour eux – quelle que soit d’ailleurs leur conduite ou leur manière d’exercer cette autorité – c’est afin qu’ils reconnaissent d’où elle leur vient, afin aussi qu’ils l’exercent selon les normes posées par Dieu dans sa Parole.
Peut-on tout dire à Dieu en une prière ?
Quelle doit en être la longueur ?
S’il ne faut pas multiplier de vaines paroles dans nos prières, comme le font les païens, faut-il nous fixer une limite de temps pour chaque prière?
Devons-nous et pouvons-nous chaque fois intercéder pour toutes les causes qui se présentent à nous ?
Nous faut-il développer notre prière selon les thèmes que nous avons abordé, sans jamais nous écarter de cet ordre ?
Et comment comprendre les paroles de l’apôtre Paul qui écrit à de jeunes communautés chrétiennes qu’il prie sans cesse pour elles (par exemple en Romains 1.8-10 ; Éphésiens 1.15 ; Colossiens 1.9) ? Cela implique-t-il pour nous que nous devons passer au moins de cinq à six heures par jour dans la prière ?
Vous aurez compris que la prière est par excellence un acte spirituel, qui doit être mesuré, évalué et apprécié de manière spirituelle.
La vie chrétienne est faite de nombreuses facettes différentes, qui sont pourtant toutes reliées par un même lien : Jésus-Christ, qui doit régner sur chacune de ces facettes.
La prière est un aspect essentiel de la vie chrétienne, elle n’est cependant pas la seule facette de cette vie.
L’étude de la Bible, la lecture d’ouvrages propres à approfondir notre connaissance spirituelle, l’adoration en commun avec d’autres frères et sœurs, le chant de psaumes et hymnes, la pratique de l’amour chrétien, constituent d’autres facettes de cette vie chrétienne.
Mais celle-ci ne se limite pas, loin de là, à l’étude de la Bible ou à l’adoration commune.
Elle doit devenir un témoignage complet à la royauté de Jésus-Christ.
La vie de famille, les activités de loisir, la vie sociale et économique des chrétiens, leurs activités artistiques ou sportives, devraient refléter la marque de cette royauté, dans un témoignage sérieux et réfléchi.
Ainsi, la prière ne constitue pas le seul élément de la vie chrétienne, et ne peut servir de palliatif à une absence de témoignage dans les domaines que je viens d’évoquer à titre d’exemple.
Cependant, comment réformer nos activités quotidiennes pour les soumettre à la volonté de Jésus-Christ si nous ne prions pas Dieu qu’il nous accorde sa sagesse ?
Comment témoigner autour de nous de Jésus-Christ par nos actes et nos paroles, si nous n’entretenons pas une relation personnelle suivie avec celui qui constitue l’objet de notre foi et de notre témoignage ?
Autant retirer l’épine dorsale d’un corps humain, et croire qu’il pourra continuer à marcher sans problème… La prière est la respiration de la foi, a dit quelqu’un de manière très juste.
Prier sans cesse signifie prier sans que notre zèle pour la prière soit refroidi, sans que nous passions des journées voire des semaines inactifs dans cette communication intime avec Dieu.
Et si une paresse ou une nonchalance nous prend, alors il faut nous forcer à prier, tout comme l’on doit parfois se forcer à manger, même quand, pour une raison ou une autre, on n’en a pas envie.
Oui, la prière doit être quotidienne : actions de grâces avant de prendre un repas qui nous est accordé par Dieu dans sa Providence ; prière de reconnaissance pour un bienfait particulier reçu, que nous n’attribuerons pas au hasard ou à la chance, comme le font les païens.
Des moments de calme doivent être aménagés dans la journée, au milieu d’activités diverses bien souvent très prenantes.
On doit pouvoir s’isoler ne serait-ce que pour quelques instants, afin de renouer le dialogue avec Dieu.
Il est évident que chaque moment de prière diffèrera en longueur, selon les circonstances.
Mieux vaut une prière courte et recueillie, qu’une prière longue prononcée au milieu de l’agitation, alors que nos pensées sont enclines à se disperser.
Notre intercession doit pouvoir aussi être répartie en plusieurs sessions, afin de ne rien oublier qui compte à nos yeux.
Des moments nocturnes d’insomnie, chose en soi peu enviable, peuvent être utilisés avec grand profit pour la prière.
Peut-être est-ce la manière par laquelle Dieu nous force à nous adresser à lui, dans le calme de la nuit…
En résumé, la qualité de notre prière importe davantage que le temps qui lui est consacré.
Il est bon de passer de longs moments dans la prière si ceux-ci nous sont accordés, il est bon de ménager de telles plages dans notre vie quotidienne, mais il serait erroné et même dangereux de négliger les autres aspects de la vie chrétienne mentionnés plus haut, au profit exclusif de la prière.
" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."
Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
(Romains 5-6)
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