"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."
Je me réjouis de Ta Parole comme celui qui trouve un grand butin !
Psaume 119-162
Enseigne moi Tes voies Ô Eternel ! Je marcherai dans Ta fidélité. Dispose mon cœur à la saine et sainte crainte de Ton Nom
Psaume 86-11
Car Dieu n'a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et Il ne lui cache point Sa Face ; Mais Il l'écoute quand il crie à Lui.
Psaume 22-24
Je serai leur Dieu. Je leur donnerai un même cœur et une même voie, afin qu'ils me craignent toujours, pour leur bonheur et celui de leurs enfants après eux.
Jérémie 32 : 38/39
A Dieu Seul, Notre Sauveur, par Jésus Christ Notre Seigneur, soient Gloire, Majesté, Force et Puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen,
Jude 1-25
J'ai demandé une chose à l’Éternel, [et] je la requerrai [encore], c'est que j'habite en la Maison de l’Éternel tous les jours de ma vie, pour contempler la Présence Ravissante de l’Éternel, et pour visiter soigneusement Son Palais.
Psaume 27-4
Que Notre Dieu de Paix qui a ramené d'entre les morts Le Grand Berger des brebis, par Le Sang d'une Alliance Éternelle, Notre Seigneur Jésus, nous rende aptes à tout ce qui est bien pour faire Sa Volonté ; qu'Il fasse en nous ce qui Lui est agréable par Jésus Christ à qui soit La Gloire aux siècles des siècles ! Amen !
Hébreux 13-20,21
Souvenez vous des Conducteurs qui annoncent la Parole de Dieu, considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi.
Hébreux 13-7
Calvin Jean :
- La foi repose sur la connaissance, pas sur une pieuse ignorance.
- C'est l'Esprit qui nous régénère afin que nous cessions d'avoir envie de nous conduire nous-mêmes, mais qu'influencés et dirigés par lui, le peu de bien qui est en nous provienne de sa grâce.
- La vraie et pure religion ne se retient pas seulement de mal faire par crainte de punition, mais parce qu'elle aime et révère Dieu comme Père.
- Les Écritures Saintes doivent être lues avec l’intention d’y trouver Christ. Qui s’écarte de ce but se fatiguera toute sa vie dans l’étude sans jamais parvenir à la connaissance de la Vérité.
RC Sproul :
- Au cœur de la théologie reformée, cet axiome retentit : la régénération précède la foi.
Luther Martin :
- Dieu est tellement la bonté même, que tout ce qui part de son initiative ne peut procurer qu’une joie intense. Il n’accable pas, Il réconforte.
- Il ne sert à rien à un arbre de croître, de fleurir si, avec ses fleurs, il ne porte pas de fruits. Beaucoup, justement, périssent tout en fleurs.
- Enseigne-nous, ô Père, à ne pas nous confier en nous-mêmes ou en nos belles entreprises, mais à tout attendre de ton infatigable bonté. Que la tristesse de vivre souvent en désaccord avec Ta Volonté ne nous submerge pas, mais plutôt que Ta Miséricorde s'étende à toute notre vie et la fertilise.
Pascal :
- La connaissance de Dieu sans celle de sa propre misère fait l’orgueil. La connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir. La connaissance de Jésus-Christ fait le milieu, parce que nous y trouvons et Dieu et notre misère.
Toussaint Pierre :
- C'est ma gloire d'être appelé Hérétique par ceux dont je vois que la vie et la doctrine sont opposées à Jésus Christ.
Twain Mark :
- "La plupart des gens sont dérangés par les passages dans les Écritures qu'ils ne comprennent pas; mais pour moi, j'ai toujours remarqué que les passages qui me troublent le plus sont ceux que je comprends."
Citations autres :
- Aimer, accueillir, aider, partager, guider…. C’est la voie royale dont parle Jésus dans l’Evangile, celle qui ne laisse, ni ne laissera jamais de regrets.(Y.C.)
Au reste frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable,
tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable,
tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange,
soit l’objet de vos pensées .
(Philippiens 4. 8)
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Son palais n'est que douceur, et toute sa personne est pleine de charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami.
Cantique des cantiques 5:16
Ma foi a trouvé un lieu de repos (Chant Presbytérien d'Eliza Edmunds Hewitt (1851-1920) )
Ma foi a trouvé un lieu de repos
(My faith has found a resting place)
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Ma foi a trouvé un lieu de repos,
de la culpabilité mon âme est libérée ;
j'ai confiance en Celui qui est toujours vivant,
ses blessures pour moi plaideront.
Je n'ai besoin d'aucun autre argument,
je n'ai besoin d'aucun autre plaidoyer,
il suffit que Jésus soit mort, et qu'il soit mort pour moi.
Assez pour moi que Jésus sauve,
cela met fin à ma peur et mon doute ;
une âme pécheresse, je viens à lui, il ne me chassera jamais.
Je n'ai besoin d'aucun autre argument,
je n'ai besoin d'aucun autre plaidoyer,
il suffit que Jésus soit mort, et qu'il soit mort pour moi.
Mon cœur s'appuie sur la Parole, la Parole écrite de Dieu,
salut par le nom de mon Sauveur, salut par son sang.
Je n'ai besoin d'aucun autre argument,
je n'ai besoin d'aucun autre plaidoyer,
il suffit que Jésus soit mort, et qu'il soit mort pour moi.
Mon grand Médecin guérit les malades,
les perdus qu'il est venu sauver ;
pour moi son sang précieux il a versé,
pour moi sa vie il a donné.
Je n'ai besoin d'aucun autre argument,
je n'ai besoin d'aucun autre plaidoyer,
il suffit que Jésus soit mort, et qu'il soit mort pour moi.
Eliza Edmunds Hewitt
.
Ps : elle fut membre de l' Église presbytérienne Calvin à Philadelphie. Auteur de nombreux poèmes et de chants, elle écrivit parmi bien d'autres celui bien connu notamment en France :Non jamais tout seul, Jésus mon Sauveur me garde.
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La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction
« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » (Jean 5 :40)
Ce verset est l’un des plus puissants qu’utilise la religion centrée sur l’homme. Un d'ailleurs des grands canons des arminiens. L’ayant installé sur leurs murailles, les hommes l’emploient avec grand fracas contre les pauvres Chrétiens appelés calvinistes et qui s’attachent à la Bible.
J’ai l’intention ici de pourfendre ce canon, ou plutôt de le retourner sur l’adversaire, parce qu’il ne leur a jamais appartenu. Il n’a pas été coulé dans leur fonderie, mais il vise au contraire à enseigner la vérité qui s’oppose précisément à leurs assertions. On découpe habituellement ce texte de la manière suivante :
L’homme a une volonté ;
Il est entièrement libre ;
Il doit se pousser lui-même à vouloir aller à Christ, sans quoi il ne peut être sauvé.
Mais je m’oppose farouchement à un tel dépeçage, et je m’efforcerai pour ma part de considérer le texte d’une manière plus calme. Je ne conclurai pas automatiquement, parce qu’il parle de « vouloir » ou de « ne pas vouloir », que le texte enseigne la doctrine du libre arbitre. Il a déjà été démontré au-delà de toute controverse que le libre arbitre est une absurdité.
La liberté ne peut pas davantage appartenir à la volonté que l’analyse pondérale n’est propre à l’électricité. Ce sont deux choses entièrement différentes. Nous pouvons croire au pouvoir de choisir, mais une liberté de choix est tout simplement ridicule.
Tout le monde sait bien que la volonté est dirigée par l’intelligence, poussée par les motivations, guidée par d’autres parties de l’être, et qu’elle n’est qu’une chose de second degré. La philosophie et la religion réfutent d’emblée la pensée même du libre arbitre.
Et j’irai aussi loin que la grande assertion de Martin Luther :
« Si quelqu’un attribue quoi que ce soit du salut, même la plus petite part, au libre arbitre de l’homme, cette personne ne connaît rien de la grâce et n’a pas connu ma vérité sur Jésus-Christ ».
Cela peut sembler un sentiment dur, mais celui qui croit en son âme que l’homme se tourne vers Dieu de par son libre arbitre ne peut avoir été instruit de Dieu. En effet, l’un des premiers principes que celui-ci enseigne en commençant son œuvre en nous est que nous n’avons ni volonté ni puissance, mais qu’Il nous donne les deux. Il est « l’alpha et l’omega » dans le salut de l’homme. Loin d’affirmer que l’homme vient à Christ de sa propre volonté, le texte le renie avec vigueur et force. Il déclare : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
Ami(e), je suis sur le point de m’écrier :
Tous les adeptes du libre arbitre ne savent-ils rien pour oser s’opposer ainsi à l’Inspiration Divine ? Tous ceux qui nient la Doctrine de la Grâce Libre et Souveraine n’ont-ils point d’intelligence ? Se sont-ils tellement détournés de Dieu qu’ils tordent ce texte pour prouver leur libre arbitre ? Cela n’empêche pas la Bible de dire : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
L’homme est mort par nature
« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
Personne ne court après la vie s’il la possède déjà en lui-même. Le texte parle avec force lorsqu’il dit : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! ».
Sans le dire directement, il affirme cependant que l’homme a besoin d’une vie supérieure à celle qu’il possède de nature.
Ami(e) lecteur(rice), nous sommes tous morts si nous n’avons pas été engendrés pour une espérance vivante.
Par nature, nous sommes tous légalement morts
« Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement », dit Dieu à Adam. Bien que ce dernier ne soit pas mort physiquement à cet instant-là, il mourut cependant dans un sens légal. C’est-à-dire que l’arrêt de mort fut enregistré contre lui dès le moment de sa transgression.
Dès que le président du tribunal, en sa qualité de juge, prononçait autrefois la peine capitale, l’homme était tenu pour mort à l’égard de la loi. Un mois pouvait s’écouler entre le prononcé de cette sentence et son exécution, mais la loi considérait dès cet instant ce condamné comme un homme mort. Il lui était désormais impossible de procéder à toute transaction. Il ne pouvait ni hériter ni léguer. Il n’était plus rien, sinon un homme mort. Le pays ne le considérait plus comme vivant en son sein. S’il y avait une élection, il ne pouvait pas voter parce qu’on le regardait comme mort. Il était enfermé dans sa cellule de condamné, et il était mort.
Et vous, pécheur impie qui n’avez jamais eu la vie en Christ, vous êtes encore vivant aujourd’hui, en sursis. Mais, savez-vous qu’en fait, vous êtes légalement mort ?
Dieu vous considère comme tel. Savez-vous que, le jour où notre père Adam toucha le fruit, et lorsque nous-même avons péché, Dieu se leva en sa qualité de Juge Eternel et nous Condamna ?
Nous parlons abondamment de notre statut, de notre bonne moralité.
Où se trouvent toutes ces choses si nous ne sommes pas en Paix avec Dieu ? L’Écriture déclare que vous êtes « déjà condamné ». Au moment même où nous avons péché, notre nom fut inscrit dans le sombre livre de la justice. Dieu condamna alors chacun de nous à mort, à moins qu’il ne se trouve un substitut pour nos péchés en la Personne de Christ.
Que penseriez-vous si vous alliez au tribunal et voyiez le coupable condamné assis sur son banc en train de rire et de s’égayer ? Vous vous diriez : « Cet homme est fou car il est condamné et va être exécuté. Pourtant le voilà qui rit ! »
Et quelle n’est pas la folie qui caractérise l’homme du monde ! Alors qu’une sentence de mort est retenue contre lui, il vit dans la gaieté et le rire ! Pensez-vous que la Sentence de Dieu n’ait pas de Puissance ? Pensez-vous que notre péché, éternellement gravé sur le roc avec une plume d’acier, ne renferme aucune horreur ? Dieu a dit que nous sommes, vous êtes déjà condamné.
Si seulement nous sentions la réalité de cette Sentence, cela mélangerait l’amertume à la douceur de notre coupe d’insouciance. Les danses s’arrêteraient et les rires s’éteindraient en plaintes, si nous nous souvenions que nous sommes déjà condamné.
Nous devrions tous pleurer si nous prenions vraiment ceci à cœur. Nous n’avons, par nature, aucune vie devant Dieu. Nous sommes, effectivement et positivement, condamnés, et cette condamnation est déjà enregistrée contre nous.
Dieu nous considère, maintenant en nous-mêmes, aussi morts que si nous étions déjà jetés en enfer. Le péché nous condamne dès à présent. Nous n’en souffrons pas encore le plein châtiment, mais celui-ci est déjà préparé pour nous. Nous sommes légalement morts, et nous ne pouvons trouver la vie à moins que ce ne soit la vie légale qui réside en la Personne de Christ.
Par nature, nous sommes aussi morts spirituellement
La sentence ne fut pas seulement enregistrée dans un livre, mais elle toucha le cœur, pénétra dans la conscience et opéra sur l’âme et le jugement, sur l’imagination et l’être tout entier.
« Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »
Cette parole n’est pas seulement l’écriture d’une sentence, mais aussi une réalité qui prit place en Adam lui-même. Le jour où il mangea du fruit, son âme mourut aussi réellement que ce corps qui m’enveloppe mourra à un certain moment, que le sang s’arrêtera, le pouls cessera et l’air n’enflera plus les poumons.
L’imagination d’Adam perdit son puissant pouvoir de s’élever vers les choses Célestes et de voir le Ciel. Sa volonté perdit sa puissance à toujours de choisir ce qui est bon. Son jugement perdit capacité de juger résolument et infailliblement entre le bien et le mal, bien qu’un certain reste ait été retenu dans la conscience. La mémoire d’Adam se tacha et découvrit une capacité à retenir des choses mauvaises tout en laissant des choses justes s’échapper. Chacune des forces de l’homme cessa de fonctionner quant à sa vitalité morale. La bonté, qui était la vitalité de ses forces, disparut. La vertu, la sainteté et l’intégrité, qui composaient la vie de l’homme, s’enfuirent, et il mourut. En ce qui concerne les choses spirituelles, tout homme est désormais spirituellement «mort par ses offenses et par ses péchés ».
Chez l’homme naturel, l’âme n’est pas moins morte que le corps ne l’est lorsqu’on le met en terre. Elle est réellement et positivement morte, et non pas seulement dans un sens métaphorique. Paul ne parle pas en métaphore lorsqu’il dit : « Vous qui étiez morts par vos offenses et par vos péchés » (Ephésiens 2 :1).
Ami(e) lecteur(rice), j’aimerais que ce soit à votre cœur dont je parle ici. C’était assez terrible lorsque, tout à l’heure, je décrivais la mort comme ayant été enregistré contre vous. Voici que j’en parle maintenant comme étant effectivement survenue dans votre cœur.
Vous n’êtes pas ce que l’homme fut autrefois, au temps de sa création en Adam. Il était alors pur et saint. Vous n’êtes pas la créature parfaite dont certains se vantent. Vous êtes entièrement déchu, vous vous êtes écarté du chemin, vous vous êtes corrompu et souillé.
N’écoutez pas le chant de sirène de ceux qui vous parlent de votre dignité morale, et de votre puissante élévation dans les choses concernant le salut. Vous n’êtes pas parfait. Ce terrible mot « ruine » est écrit sur votre cœur, et la mort est gravée sur votre esprit.
Et vous, qui pensez être un homme moral, n’imaginez pas que vous serez capable de vous tenir devant Dieu dans votre moralité. Vous n’êtes rien de plus qu’une carcasse embaumée de légalisme, un cadavre revêtu de vêtements somptueux, mais cependant corrompu aux yeux de Dieu. Et ne pensez pas, vous qui possédez une religion naturelle, pouvoir vous rendre acceptable devant Dieu par votre propre force et votre puissance. Vous êtes mort !
On peut revêtir les morts aussi glorieusement qu’on le veut, ce n’en est pas moins une moquerie solennelle.
Voilà Cléopâtre qui repose sur son lit de mort. Ceignez-lui le front de sa couronne, habillez-la des vêtements royaux, entourez-la du grand apparat. Mais, quel frisson glacé vous transperce lorsque vous l’approchez ! Elle est encore belle, même dans la mort, mais quelle horreur que de se tenir aux côtés d’une morte, même si elle était reine et réputée pour sa majestueuse beauté !
Vous possédez peut-être la gloire de votre beauté et de votre gentillesse. La couronne de l’honnêteté ceint votre front, et les vêtements de l’intégrité vous habillent.
Mais, si Dieu ne vous a pas éveillé, si l’Esprit n’a pas touché votre âme, vous êtes aussi répugnant au regard de Dieu que l’est un cadavre à vos yeux.
Vous refuseriez qu’on assoie un cadavre à votre table.
Pareillement, Dieu n’aime pas vous voir devant lui. Il est en colère contre vous continuellement, car vous êtes dans le péché, vous êtes dans la mort. Croyez-le, et que cette vérité pénètre dans votre âme. Emparez-vous d’elle, car votre mort, spirituelle et légale, est une vérité incontournable.
Notre mort est une mort éternelle
C’est l’exécution de la sentence légale et la consommation de la mort spirituelle. La mort éternelle est celle de l’âme, et elle prend place après que le corps, dont l’âme s’est séparée, soit mis au tombeau. La mort légale est terrible en raison de ses conséquences, et la mort spirituelle est redoutable à cause de ce qui lui sont les racines, et la mort qui doit venir en est la fleur.
Si seulement j’avais les mots pour vous décrire ce qu’est la mort éternelle ! L’âme est passée devant son Créateur, le Livre a été ouvert et la sentence a été prononcée.
Les mots : « Retirez-vous de moi, maudits » ont secoué l’univers, et la désapprobation du Créateur a fait pâlir les sphères célestes.
L’âme s’est dirigée vers les profondeurs où elle demeurera avec d’autres dans la mort éternelle. Quelle situation horrible lui échoit. Elle se couche sur un lit de flammes. Elle subit des visions meurtrières qui terrifient son esprit. Elle entend des hurlements, des gémissements, des grognements et des plaintes. Son corps ne connaît plus autre chose que l’affliction des douleurs atroces ! Elle vit un malheur indescriptible, une misère absolue.
Alors, cette âme élève les regards, mais l’espérance s’est éteinte et a disparu.
Elle abaisse ses yeux avec terreur et crainte, car le remord s’en empare. Elle regarde à droite, mais les murs inflexibles du destin la gardent à l’intérieur des limites de ses tortures. Elle se tourne à gauche, mais le rempart d’un feu ardent lui interdit même l’échappatoire d’un rêve spéculatif d’évasion. Elle rentre à l’intérieur pour y chercher quelque consolation, mais un ver rongeur a pénétré en son être.
Elle regarde autour d’elle. Il n’y a plus d’amis pour l’aider, ni de consolateurs, mais seulement une abondance de bourreaux.
Elle perd alors tout espoir de délivrance. Elle a entendu la Clé Eternelle de la destinée tourner avec un horrible cliquetis définitif, et elle a vu Dieu prendre cette Clé et la jeter dans les profondeurs de l’Eternité afin qu’on ne la retrouve plus. Cette âme a perdu tout espoir, elle ne connaît aucune voie d’évasion et n’imagine plus aucune délivrance.
Elle soupire après la mort, mais celle-ci est devenue son ennemie et s’est enfuie. L’âme désire se faire avaler par quelque non-existence.
Comme l’ouvrier attend avec impatience son repos, elle soupire pour qu’on lui accorde au moins l’extermination, mais cette mort éternelle ne connaît pas d’annihilation.
L’âme désire se faire avaler par le néant tout autant que le galérien rêve de liberté. Mais le néant ne vient pas, car cette âme est éternellement morte.
Lorsque l’Eternité aura dévidé les multitudes de ses cercles infinis, cette âme sera toujours morte.
« Pour toujours » ne connaît pas de fin, et seule l’Eternité peut décrire l’Eternité.
Après tout ce temps, pour ainsi dire, l’âme voit encore écrit au-dessus de sa tête : « Maudite pour toujours ».
Elle entend des hurlements qui doivent être perpétuels, elle voit des flammes qui ne peuvent s’éteindre, elle souffre des douleurs sans mélange.
Elle entend sa Sentence qui gronde et roule, non comme un orage de la terre, si rapidement remplacé par le silence, mais comme un tonnerre qui continue sans cesse de secouer les échos de l’Eternité, faisant vibrer des milliers d’années du son terrifiant : « Eloignez-vous, éloignez-vous, maudits ! »
Voilà ce qu’est la mort éternelle.
La Vie en Jésus-Christ
« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
Pour un pécheur, il n’y a aucune vie disponible en Dieu le Père, ni chez le Saint-Esprit en dehors de Jésus.
La vie d’un pécheur est en Christ.
Ne prenez pas le Père sans le Fils car, même si Dieu aime Ses Elus et a décrété qu’ils vivront, cette vie n’est disponible qu’en Son Fils.
Ne prenez pas le Saint-Esprit sans Jésus-Christ car, bien que ce soit Lui qui nous donne la Vie spirituelle, cette Vie est en Christ, le Fils de Dieu.
Nous n’osons ni ne pouvons demander directement la Vie spirituelle au Père ou au Saint-Esprit.
Le premier acte vers lequel Dieu nous dirige lorsqu’Il nous fait sortir de l’Égypte du péché consiste à manger la Pâque, l’Agneau immolé.
C’est là la toute première chose et le premier moyen par lequel nous recevons la Vie. Nous nous nourrissons de la Chair et du Sang du Fils de Dieu, nous vivons en Lui, plaçant notre confiance en Lui et croyant en Sa Grâce et Sa Puissance.
De même que nous avons vu trois aspects en ce qui concerne la mort de l’homme pécheur, il existe trois sortes de vie en Christ.
Il y a une Vie légale en Christ
Tout homme naturel considéré en Adam fait face à une sentence de condamnation prononcée à son encontre au moment du péché d’Adam, et plus particulièrement au moment de sa première transgression. De même, si nous croyons en Christ, une sentence légale d’acquittement a été prononcée à notre compte en raison de l’Oeuvre de Jésus-Christ.
Pécheur coupable, vous êtes peut-être aujourd’hui, tout aussi condamné que les occupants de nos prisons.
Mais, avant que ce jour ne décline, vous pouvez être aussi libre de toute culpabilité que les anges dans le ciel.
Il existe une vie légale Réelle en Christ et, béni soit Dieu, certains d’entre nous en jouissent déjà.
Nous savons que nos péchés sont pardonnés car Christ en a souffert le châtiment.
Nous savons que nous ne pourrons jamais être punis nous-mêmes, car Jésus a déjà souffert à notre place.
La Pâque a été immolée pour nous, le linteau et les poteaux de notre vie ont été recouverts du sang, et l’ange de destruction ne peut plus nous toucher.
Il n’y a plus d’enfer pour nous, bien que celui-ci luise d’une terrible flamme.
Que l’on prépare le bûcher ancien de la géhenne, qu’on y apporte du bois et que beaucoup de fumée en sorte, nous ne pouvons jamais aller en ce lieu. En effet, Christ est mort pour nous.
Et s’il y avait des chevalets d’horribles tortures, et les plus terribles réverbérations des grondements du tonnerre ?
Rien de tout cela ne sera pour nous ! Nous sommes dès à présent délivrés en Jésus-Christ. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui croient en Jésus-Christ ».
Homme pécheur, êtes-vous légalement condamné aujourd’hui ? Le ressentez-vous ?
Alors, écoutez ; la Foi en Christ vous déclarera votre Acquittement Légal.
Ami(e), notre condamnation en raison de nos péchés n’est pas une chimère mais une réalité.
De même, l’Acquittement des Croyants est aussi une Réalité.
Si l’homme qui est sur le point d’être exécuté reçoit la grâce présidentielle, il la brandit comme une grande réalité.
« J’ai été grâcié, dit-il, personne ne peut me toucher maintenant. » Et je me sens comme lui.
« Jésus-Christ est Ma Justice, Son Sang a coulé pour moi ; Je trouve en Son Sacrifice ; Paix et Pardon par la Foi. »
Le Chrétien a obtenu la Vie légale en Christ, telle qu’il ne peut la perdre.
La sentence s’est dressée autrefois contre lui, mais elle a maintenant disparu pour lui.
Il est écrit : « Il n’y a donc maintenantaucune condamnation. »
Ce maintenantme suffira tout autant dans cinquante ans qu’il le fait aujourd’hui.
Quelque soit la durée de ma vie, il sera toujours écrit :
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »
Il y a aussi une Vie Spirituelle en Jésus-Christ
L’homme est spirituellement mort, mais Dieu a une Vie spirituelle pour lui, car il n’y a pas de besoin auquel Jésus ne réponde, ni ne vide dans le cœur humain que Christ ne puisse combler.
Il remplit tout désert et fait fleurir comme une rose toute étendue aride.
Vous, pécheurs, spirituellement morts, écoutez :
La Vie est en Jésus-Christ.
Mes propres yeux ont vu les morts revivre à nouveau. J’ai connu l’homme, dont l’âme était totalement corrompue, rechercher la justice par la puissance de Dieu. J’ai vu l’homme, dont les vues étaient charnelles, les convoitises puissantes et les passions fortes, se consacrer à Jésus-Christ et devenir un Enfant de Dieu, soudainement et par une Puissance Céleste Irrésistible.
Je sais qu’il y a une vie d’ordre spirituel en Jésus-Christ. Plus encore, j’ai ressenti en moi-même la réalité de cette Vie spirituelle.
Je n’ai pas encore oublié les jours où je venais à la Maison de Dieu, aussi mort que la chaise sur laquelle j’étais assis. J’avais déjà entendu maintes fois le message de l’Évangile, mais sans aucun effet.
Puis, soudain, comme si un ange puissant était venu ouvrir mes oreilles de ses doigts, un son a pénétré en mon cœur.
Je pensais entendre Jésus me dire : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »
Une main irrésistible se plaça sur mon cœur et en fit sortir une prière.
Je n’avais jamais prié de la sorte auparavant.
Je me suis alors écrié : « O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur. »
Certains d’entre nous avions ressenti depuis des mois comme si une main nous pressait, comme si nous avions été pris dans un étau, et notre âme versait des grumeaux d’angoisse. Cette misère annonçait la venue de la Vie. L’homme qui se noie ressent moins la douleur alors qu’il est dans l’eau que lorsqu’on l’en a retiré.
Nous nous rappelons ces douleurs, ces gémissements, ce combat vivant qui étreignait notre âme alors qu’elle venait à Christ. Nous pouvons nous rappeler du moment où nous avons reçu ce don de notre Vie spirituelle aussi facilement qu’un homme pourrait se rappeler de sa délivrance de la tombe.
Nous pouvons supposer que Lazare se souvenait de sa résurrection, sans peut-être s’en rappeler toutes les circonstances. Ainsi, bien que nous en ayons oublié une grande partie, nous nous rappelons le moment où nous nous sommes donnés à Christ.
Nous pouvons dire à tout pécheur, aussi mort soit-il : « La vie est en Jésus-Christ, même si vous gisez dans la pourriture et la corruption de la tombe. »
Celui qui ressuscité Lazare d’entre les morts nous a aussi ressuscités. Et Il peut encore dire, oui, même à vous : « Lazare, sors. »
Il y a enfin une Vie Eternelle en Jésus-Christ
Si la Mort Eternelle est terrible, la Vie Eternelle, elle, est bénie, car Christ a dit :
« Je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. »
Il priait aussi Son Père en disant :
« Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire. »
« Je donne la vie éternelle à mes brebis, et elles ne périront jamais. »
Or, tout adepte du libre arbitre qui décide de pêcher sur ce texte doit se procurer une paire de lèvres en caoutchouc.
Il lui faudra en effet accomplir de surprenantes contorsions de la bouche, à moins qu’il n’accepte d’annoncer la vérité entière, sans faire aucun zigzag ou gesticulation bizarre.
La Vie Eternelle n’est pas quelque chose que l’on perd, mais elle dure pour l’Eternité.
J’ai perdu la vie en Adam, mais je l’ai gagnée en Christ.
J’étais perdu pour toujours, mais je me trouve désormais Eternellement en Jésus-Christ.
Une Vie Eternelle, quelle pensée merveilleuse !
Mes yeux pétillent de joie et mon âme brûle d’extase à la pensée que je possède la Vie Eternelle.
Étoiles du firmament, que Dieu place Son Doigt sur vous, et vous vous éteindrez, mais mon âme vivra dans le Bonheur Absolu et dans la Joie.
Soleil, tu peux t’endormir, mais mes yeux verront la Splendeur du Grand Roi lorsque ta gloire aura disparu de l’univers.
Et toi, lune, transforme-toi en sang, mais mon sang ne connaîtra jamais le néant.
Mon esprit existera alors que tu auras cessé de parcourir l’espace.
Et toi, monde majestueux ! Tu seras roulé comme l’écume d’un instant roule sous la vague qui la porte. Quant à moi, je possède la Vie Eternelle.
O temps, tu verras des montagnes géantes mourir et descendre dans leur tombe, et les étoiles chuter comme des figues mûres tombent de l’arbre, mais jamais tu ne verras mon esprit mort.
Tous ceux qui cherchent la Vie Eternelle la recevront
Aucun homme n’est jamais venu à Christ pour recevoir la vie éternelle, la vie légale, et la vie spirituelle, sans l’avoir d’une certaine manière déjà reçue. Et il lui fut manifesté peu après sa venue qu’il l’avait reçue.
Regardons un ou deux textes :
« Il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui. »
Quiconque vient à Christ trouvera qu’Il est capable de le Sauver à la Perfection.
Il ne recevra pas un petit salut, la délivrance d’un petit péché, l’aide dans une petite épreuve, la force sur un petit bout de chemin avant d’être abandonné.
Non, Christ sauve l’homme jusqu’aux limites de son péché, jusqu’à l’extrême longueur de ses épreuves, jusqu’à l’extrême profondeur de ses douleurs, jusqu’aux frontières de son existence.
Christ a dit à quiconque vient à Lui :
« Viens, pauvre pécheur, inutile de te demander si J’ai la Puissance pour Sauver. Je ne te demanderai pas jusqu’où tu es tombé dans le péché. Je Sauve Parfaitement ceux qui viennent à Moi. »
Personne sur terre ne peut dépasser ce « Parfaitement » de Dieu.
Voyons cet autre texte :
« Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (notez que les promesses s’adressent presque toujours à ceux qui viennent).
Quiconque vient trouvera ouverte la Porte de la Maison de Christ, ainsi que celle de Son Cœur.
Quiconque vient (je le dis dans le sens le plus large) trouve en Christ de la Miséricorde disponible pour soi.
La plus grande absurdité du monde consiste à vouloir posséder un évangile plus large que celui annoncé dans l’Écriture.
Je prêche que tout homme qui croit sera Sauvé, que tout homme qui vient recevra la Miséricorde.
Certains demanderont :
« Supposez qu’une personne qui ne soit pas élue vienne, sera-t-elle sauvée ? »
Allez, vous supposez une bêtise, et je ne vous répondrai pas.
Celui qui n’est pas élu ne viendra jamais.
Sa venue serait une preuve certaine de son élection.
Tel autre peut dire :
« Supposez qu’une personne aille à Christ sans avoir été appelée par l’Esprit. »
Arrêtez, mon ami ! Vous n’avez aucun droit de formuler cette supposition, car une telle chose ne peut arriver.
Vous ne dites cela que pour chercher à m’embrouiller, mais vous n’y arriverez pas ainsi.
J’affirme que quiconque vient à Christ sera Sauvé.
Je peux dire cette Vérité tout aussi clairement que vous le pouvez.
Je n’ai pas un Évangile plus étriqué que le vôtre, mais le mien s’appuie sur un Fondement Solide, alors que le vôtre ne repose sur rien de plus que du sable et du néant.
« Celui qui vient sera sauvé, car nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire. »
Quelqu’un d’autre dira :
« Mais supposez que le monde entier vienne, Christ recevra-t-il tout le monde ? »
Certainement, si tous venaient. Mais ils ne viendront pas.
Je vous affirme que Christ reçoittous ceux qui viennent, oui, même s’ils ont été aussi mauvais que des démons. Christ acceptera même ceux dont le cœur déborde, comme un grand égout de la société, de tous les péchés et de toute la souillure du monde. Oui, Christ les recevrait s’ils venaient.
On dira encore :
« Je pense aux autres homme. Puis-je aller leur dire : Jésus-Christ est mort pour chacun d’entre vous ? Puis-je dire : Il y a de la justice pour chacun d’entre vous, il y a de la Vie pour chacun d’entre vous ? »
Non, vous ne le pouvez pas.
En revanche, vous pouvez annoncer :
« Il y a la Vie pour quiconque vient ».
Mais si vous affirmez qu’il y a la Vie pour l’un de ceux qui ne croient pas, vous prononcez un terrible mensonge.
Si vous leur dites que Jésus-Christ a été puni pour leurs péchés, alors qu’ils iront à la perdition, vous prononcez un mensonge délibéré. Dieu punirait-il Christ puis ensuite la personne elle-même ? Quelle audace impudente !
Un pasteur prêchait un jour en annonçant qu’il y avait dans le ciel des harpes et des couronnes préparées pour tout son auditoire. Puis il conclut d’une manière très solennelle :
« Mes chers amis, il y en a beaucoup parmi vous pour qui ces choses sont préparées en vain. »
En fait, il termina son message d’une manière lamentable, comme on aurait pu s’y attendre. Mais je vous le dis : c’est pour les anges célestes et tous les saints glorifiés qu’on aurait dû se lamenter, car la situation qu’il avait décrite détruisait toute la Beauté du Ciel.
Lorsque la famille se réunit à Noël, si vous avez perdu votre frère durant l’année, et que son siège soit vide, vous dites : « Nous avons toujours eu de la joie à Noël, mais aujourd’hui, nous éprouvons une grande peine, car ce pauvre frère est mort et enterré ! » Pensez aux anges qui diraient : « Quel merveilleux royaume céleste ! Mais, quel malheur de voir toutes ces couronnes là-bas recouvertes de poussière et de toiles d’araignée. Nous ne pouvons pas supporter ces places vides. »
Puis, ils pourraient continuer en se disant l’un à l’autre : « Personne d’entre nous n’est en sécurité ici, car la promesse était : « Je donne la vie éternelle à mes brebis », mais un grand nombre de ces brebis est en enfer, alors que Dieu leur avait donné la vie éternelle. Beaucoup de ceux pour lesquels Christ versa Son Sang brûlent maintenant dans la fosse. Et s’ils ont pu y être envoyés, alors nous le pouvons aussi. Si l’on ne peut pas se reposer sur une promesse, comment le faire avec une autre ? »
Ainsi, le ciel perdrait son fondement, et s’écroulerait.
Eloignez-vous avec votre évangile absurde ! Dieu nous donne un Message Sûr et Solide, bâti sur les œuvres et les relations de l’Alliance Eternelle, sur les Desseins Eternels et leur Plénitude Assurée.
Par nature, personne ne viendra à Christ
« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
J’affirme à partir de l’autorité inspirée de mon texte que si vous n'écoutez et suivez ce que Christ commande, vous ne voulez pas de vous-mêmes venir à Christ pour avoir la vie. Je pourrais vous parler sans discontinuer, et emprunter l’éloquence de Démosthène ou de Cicéron. Vous ne voudriez cependant pas venir à Christ.
Je pourrais vous implorer à genou avec des larmes aux yeux, vous montrer les horreurs de l’enfer et les joies du ciel, la Pleine perfection de Christ, et votre perdition. Toutefois, aucun d’entre vous ne viendrait de lui-même à Christ à moins que l’Esprit, qui reposait sur Christ, ne vous attire. Il est vrai de tous les hommes dans leur condition naturelle qu’ils ne veulent pas venir à Christ.
Mais il me semble entendre un de ces discoureurs me poser une question :
« Ne pourraient-ils pas venir s’ils en avaient envie ? »
Mon ami(e), ce n’est pas la question ici, car je parle de la volonté, et non de la capacité.
Vous remarquerez qu’à chaque fois où l’on parle du libre arbitre, ses adeptes commencent aussitôt à parler de capacité et mélangent deux sujets qu’il faut garder séparés.
Je ne prendrai pas deux sujets à la fois, et je refuse de combattre sur les deux fronts en même temps.
« Nul ne peut venir si le Père ne l’attire », mais pour l’instant, c’est la volonté qui nous occupe.
Et il est sûr que personne ne veut de soi-même venir à Christ pour avoir la Vie.
Je pourrais prouver cela de plusieurs textes de l’Écriture, mais je prends une seule parabole.
Vous vous rappelez celle dans laquelle un certain roi tint un festin pour son fils, et convia un grand nombre d’invités à venir. On tua les bœufs et les veaux gras, et on envoya des messagers pour annoncer aux invités que le repas était prêt. Vinrent-ils au festin ? Non.
Tous, comme d’un même accord, trouvèrent une excuse.
L’un dit qu’il venait de se marier, et ne pouvait donc pas venir. Il aurait pu amener son épouse avec lui. Un autre avait acheté un attelage de bœufs, qu’il devait aller essayer. Pourtant, le festin avait lieu pendant la soirée, et il ne pouvait tester ses bœufs dans l’obscurité.
Un autre encore avait décidé d’offrir ce festin. Il dit alors à son serviteur : « Va dans les chemins et le long des haies, et… Invite-les » ? Non, pas « invite-les », mais « contrains-les d’entrer ».
En effet, même les pauvres hères, déguenillés et couchant dans les haies, ne seraient jamais venus si on ne les avait pas contraints.
Prenons une autre parabole :
« Un homme avait une vigne. Au temps fixé, il envoya un de ses serviteurs pour en percevoir le fermage. Que lui firent les vignerons ? Ils battirent ce serviteur. Le maître envoya un autre, qu’ils lapidèrent, puis troisième, qu’ils tuèrent. Enfin, il dit : Je leur enverrai mon fils, ils respecteront. » Mais que firent-ils ? Ils se dirent : « Voici l’héritier ; tuons-le, et jetons-le hors de la vigne. » C’est ce qu’ils firent. Il en est ainsi de tous les hommes par nature. Le Fils de Dieu est venu, mais ils l’ont rejeté. « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
Il nous faudrait trop de place pour mentionner d’autres preuves de l’Écriture. Nous ferons cependant référence à la grande doctrine de la chute.
Quiconque croit en l’entière liberté de la volonté humaine, et en la capacité qu’a l’homme de s’en saisir pour parvenir au salut, ne croit pas à la chute.
Comme je l’ai parfois dit, peu de pasteurs croient absolument à la doctrine de la chute. Ou bien ils pensent que, lors de sa chute, Adam se cassa seulement le petit doigt. Pour eux, il ne se brisa pas le cou ni ne ruina sa race. Mais mon ami(e), la chute détruisit entièrement l’homme et ne lui laissa pas une seule faculté intacte.
Tout a été brisé, avili et souillé.
Comme pour un ancien temple majestueux, les piliers sont encore là, ainsi que la flèche, les colonnes et le pilastre. Mais ils sont tous démolis, même si certains gardent quelque chose de leur forme et de leur position initiales. La conscience de l’homme garde parfois une grande partie de sa sensibilité, mais elle est déchue. De même, la volonté n’en est pas exempte.
Lisez La Guerre Sainte de Bunyan si vous voulez vous en convaincre.
Votre nature déchue a été détraquée, et votre volonté, parmi d’autres choses, s’est complètement détournée de Dieu.
La meilleure preuve de la réalité de mes propos tient dans le fait que vous n’avez jamais rencontré de chrétien authentique qui vous dise être venu à Christ sans que Christ ne soit d’abord venu à lui.
Vous avez entendu un grand nombre de sermons faisant appel au libre arbitre, j’en suis sûr, mais jamais une seule prière qui se repose sur cette base.
En effet, les Chrétiens Authentiques se ressemblent tous quand ils prient, en parole, en acte et en esprit. Un adepte du libre arbitre à genoux prie exactement comme celui qui n’y croit pas. Il ne peut pas prier au sujet de ce libre arbitre, car ce dernier n’a aucune place dans la prière.
Imaginez un homme qui prierait ainsi : « Seigneur, je te remercie de ne pas m’avoir fait comme ces adversaires présomptueux. Seigneur, je suis né avec un merveilleux libre arbitre, avec la force de me tourner de moi-même vers toi. J’ai fait progresser la grâce que tu m’as donnée. Si tout le monde avait fait comme moi avec cette grâce, ils seraient peut-être tous sauvés. »
« Seigneur, je sais que tu ne forces pas notre volonté si nous ne voulons pas de nous-mêmes. Tu accordes la grâce à tout le monde, et certains n’en font rien de bon, mais je ne suis pas comme eux. Beaucoup iront en enfer, qui ont pourtant été rachetés par le sang de Christ tout autant que je le suis. Ils ont reçu la même mesure d’Esprit-Saint, ils avaient une chance aussi bonne, et étaient aussi bénis que moi. Ce n’est pas ta grâce qui fit la différence ; oui, je sais qu’elle a fait une grande part, mais c’est moi qui ai pris le tournant. Je me suis servi de ce que j’avais reçu, alors que d’autres n’ont pas fait de même. C’est là que se trouve la différence entre eux et moi. »
Voilà une prière pour le diable, car personne d’autre ne peut offrir un tel blasphème.
Ah ! Les chrétiens peuvent annoncer de fausses doctrines lorsqu’ils prêchent ou parlent entre eux, mais jamais lorsqu’ils ne peuvent les retenir.
Si quelqu’un parle très calmement, il peut parler d’une manière très raffinée, mais lorsque le sujet agite ses lèvres, les vieilles expressions de son terroir ressortent.
Je vous demande à nouveaux, avez-vous jamais rencontré un chrétien qui affirme :
« Je suis venu à Christ sans la puissance de l’Esprit » ?
Si jamais vous avez rencontré une telle personne, n’hésitez pas à lui répondre :
« Je peux vous croire, et je ne doute pas que vous soyez aussi reparti sans la puissance de l’Esprit. Vous ne connaissez rien de la question. Vous êtes toujours dans le fiel de l’amertume et le lien de l’iniquité. »
Est-ce que j’entends un chrétien dire : « J’ai cherché Christ avant qu’il me cherche. Je suis allé à l’Esprit, mais il n’est pas venu à moi » ?
Non, mon ami(e), nous devons tous, chacun d’entre nous si nous avons été régénérés, mettre la main sur le cœur et dire :
« Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. »
Une dernière question :
Ne trouvons-nous pas, même après être venus à Christ, que notre âme n’est pas libre, mais qu’elle est gardée par Christ ? Ne passons-nous pas, même aujourd’hui, par des moments où nous n’avons pas la force de vouloir ?
Il y a dans nos membres une loi qui lutte contre la loi de notre esprit. Or, si tous ceux qui sont spirituellement vivants sentent l’opposition de leur volonté à Dieu, que faut-il dire de celui qui est « mort par ses offenses et par ses péchés » ?
Ce serait une parfaite absurdité que de mettre les deux au même niveau, et davantage encore de placer le mort avant le vivant.
Non, le texte est vrai, et notre expérience l’appuie dans notre cœur.
« Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »
Il me faut maintenant vous donner les raisons pour lesquelles les hommes refusent de venir à Christ.
Pour commencer, aucun homme ne pense par nature avoir besoin de Christ.
Par nature, l’homme s’imagine pouvoir se passer de Christ.
Il pense posséder une robe de justice qui lui soit propre, être bien habillé.
Il ne se voit pas dénudé, mais se pense sans besoin de la purification du Sang de Christ.
Il n’est à ses yeux ni noir ni cramoisi, et n’a pas besoin de Grâce pour le purifier.
Personne ne connaît son Réel Besoin avant que Dieu ne le lui montre, et personne ne recherche le Pardon avant que l’Esprit-Saint ne lui en révèle la Nécessité.
Je pourrais prêcher Christ sans discontinuer mais, à moins que vous ne ressentiez votre Besoin de Lui, vous ne viendrez jamais à Lui.
Un pharmacien peut avoir une boutique bien achalandée, mais personne n’achètera ses médicaments avant d’en ressentir le besoin.
Les hommes n’aiment pas non plus le Moyen par lequel Christ Sauve.
L’un dit : « Je n’aime pas cette voie car il me rendra saint. Je ne pourrai plus boire ni jurer s’il me sauve. »
Un autre avance : « Cela me demande d’avoir une conduite stricte et gardée, alors que je préfère avoir plus de liberté. »
Tel autre n’aime pas la Voie de Christ car elle est trop humiliante.
La « Porte du Ciel » n’est pas tout à fait assez haute pour sa tête, et il n’aime pas se baisser !
La raison principale pour laquelle vous ne voulez pas venir à Christ, c’est que vous ne pouvez pas le faire avec la tête haute.
Christ vous fait baisser la tête lorsque vous venez.
Tel autre homme n’aime pas que ce soit une Voie de Grâce du début à la fin.
« Oh, dit-il, si seulement je pouvais en retirer un peu d’honneur ! »
Mais lorsqu’il entend que c’est tout Christ ou pas du tout Christ, il réplique :
« Je ne viendrai pas », et il s’éloigne.
Ah ! Pécheurs orgueilleux, vous ne voulez pas venir à Christ !
Pécheurs ignorants, vous ne voulez pasnon plus venir à Christ, parce que vous ne savez riende Lui.
Les hommes ne connaissent pas Sa Valeur, sinon, ils viendraient à Lui.
Pourquoi les marins n’allaient-ils pas en Amérique avant Christophe Colomb ? Parce qu’ils ne croyaient pas qu’il existait une telle chose. Christophe Colomb avait de la foi dans le fait qu’il trouverait une terre, c’est pour cela qu’il partit.
Celui qui a la Foi en Christ vient à Lui.
Mais vous ne connaissez pas Jésus, et beaucoup d’entre vous n’ont pas vu la Beauté de Son Visage.
Vous n’avez jamais réalisé la Valeur qu’a Son Sang pour le pécheur, ni la Grandeur de Son Sacrifice ou la Pleine Perfection de Ses Mérites.
Ainsi donc, « vous ne voulez pas venir à Lui ».
Ami(e) lecteur(rice), ma dernière pensée est solennelle.
J’ai affirmé que vous ne voulez pas venir, mais certains diront : « Ils refusent de venir à cause de leur péché. »
Oui, c’est vrai. Vous ne voulez pas venir, mais votre volonté est une volonté pécheresse. Certains penseront que j’offre une excuse au pécheur lorsque je prêche cette doctrine, mais ce n’est pas le cas.
Je n’affirme pas que la volonté pécheresse appartienne à la nature originale de l’homme, mais à sa nature déchue. C’est le péché qui vous a amené dans cette condition où vous refusez de venir. Si vous n’aviez jamais péché, vous viendriez à Christ dès l’instant où il vous serait annoncé. Mais vous ne venez pas à cause de votre péché et de votre crime. Les gens s’excusent à cause de leur mauvais cœur. C’est l’excuse la plus faible du monde. Le vol et le cambriolage ne viennent-ils pas aussi d’un mauvais cœur ? Imaginez qu’un voleur dise à son juge : « Je n’y peux rien, j’ai un cœur mauvais. » Que répondra le juge ? « Vaurien, si ton cœur est mauvais, j’alourdis la sentence car tu es vraiment un voyou. Ton excuse ne vaut rien. » Le Tout-Puissant : « rit, et se moque du méchant. »
Je ne prêche pas cette doctrine pour vous excuser, mais pour vous humilier. La possession d’une nature mauvaise est tout autant votre responsabilité que votre terrible malheur. Leur refus de venir à Christ est un péché qui sera toujours retenu contre les hommes, car c’est le péché qui les retient.
Je crains que celui qui ne prêche pas cela ne soit fidèle ni à Dieu ni à sa conscience.
Réfléchissez donc, et dites-vous : « Je suis par nature si pervers que je ne veux pas venir à Christ, et cette méchante perversion de ma nature est mon péché. Je mérite d’être envoyé en enfer pour cela. »
Et si cette pensée ne vous humilie pas, sous l’action de l’Esprit, alors rien ne le pourra.
C’était le destin, c’était la fatalité, ou, mieux encore, comme j’ai entendu quelqu’un le dire une fois : c’était la fatalité du destin…
La plupart des gens vivent avec cette idée que le cours des choses est réglé par une force aveugle à laquelle personne ne peut échapper, et qui vous rattrape de toutes manières quoi que vous tâchiez de faire.
Cela peut-être en bien ou en mal, mais quoi qu’il arrive, tout est écrit par avance : mektoub, comme on dit en arabe…
Pour la Bible, et la Foi Chrétienne authentique qui est fondée en elle, les choses sont bien différentes.
Ma destinée n’est pas aux mains d’une force aveugle, mais dans celles d’un Etre Tout-Puissant et Eternel qui dirige chaque pas de mon existence en établissant une relation personnelle de Père Céleste à enfant et en me donnant Sa Loi afin que ma vie soit dirigée par ce cadre Protecteur et Bienfaisant.
Cette relation n’est possible qu’à cause du don par le Père céleste de Son Fils Bien-Aimé, Jésus-Christ, venu accomplir cette loi Parfaitement afin de me mettre au bénéfice de Son Obéissance.
Les enfants de l’Alliance avec le Seigneur Eternel savent donc que la Providence Divine gouverne toutes choses, mais pas de manière aveugle, impitoyable ou impersonnelle.
Au contraire, comme l’écrit l’apôtre Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome (chapitre 8) : Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein.
Et il conclut ce passage par ces paroles extraordinaires qui sont tout sauf une évocation fataliste :
Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.
Il vaut la peine d’écouter comment le fameux catéchisme de Heidelberg, rédigé au temps de la Réforme, explique la Providence.
A la question :
Qu’entends-tu par la providence de Dieu,
il répond :
La force toute-puissante et partout présente de Dieu par laquelle Il maintient et conduit, comme par la main, le ciel et la terre avec toutes les créatures, de sorte que les herbes et les plantes, la pluie et la sécheresse, les années de fertilité et celles de stérilité, le manger et le boire, la santé et la maladie, la richesse et la pauvreté, bref toutes choses ne viennent pas du hasard, mais de sa main paternelle.
La question suivante posée par le catéchisme de Heidelberg est la suivante :
A quoi nous sert-il de connaître la création et la providence de Dieu ?
Et la réponse offre un résumé de l’espérance chrétienne fondée en la toute-puissance du Père céleste :
A être patients dans l’adversité, reconnaissants dans la prospérité, et à garder confiance, quoi qu’il arrive, en notre Dieu et Père fidèle. Aucune créature ne peut nous séparer de son amour puisqu’Il les tient toutes tellement dans sa main qu’elles ne peuvent agir ni se déplacer sans sa volonté.
Pourquoi quelqu'un dirigerait-il son amour vers la Loi de Dieu ?
La Loi limite nos choix, restreint notre liberté, tourmente nos consciences et nous pèse d'un poids énorme qui ne peut être surmonté.
Pourtant, le psalmiste déclare son affection pour la Loi avec passion.
Il appelle la Loi plus douce que le miel à sa bouche. (Psaume 119-3)
En quoi la Loi de Dieu peut-elle provoquer une telle affection ?
En premier lieu, la Loi n'est pas un ensemble abstrait de règles et de règlements.
La loi reflète la volonté du législateur et, à cet égard, elle est extrêmement personnelle.
La Loi reflète pour la créature la Volonté Parfaite du Créateur et révèle en même temps le Caractère de l'Être dont la Loi est la Loi.
La Loi de Dieu procède de l'Être de Dieu et reflète Son Caractère.
Lorsque le psalmiste parle de son affection pour la Loi, il ne fait aucune distinction entre la Loi de Dieu et la Parole de Dieu.
Tout comme le Chrétien aime la Parole de Dieu, nous devons aimer la Loi de Dieu, car la Parole de Dieu est bien la Loi de Dieu.
La deuxième raison pour laquelle le psalmiste a une vision aussi positive de la Loi est que la Loi, révélant le Caractère de Dieu, expose notre erreur.
C'est le miroir qui reflète nos propres images et devient le pédagogue, le maître d'école qui nous conduit au Christ.
La Loi ne nous chasse pas hors du royaume, elle nous introduit dans le Royaume en nous dirigeant vers Celui qui Seul est capable de Satisfaire Ses Exigences.
La Loi de Dieu est aussi un Guide pour nous.
Le psalmiste appelle cela "une lampe à mes pieds et une lumière sur mon chemin" (119-105).
Les images ici suggèrent une personne marchant sur un chemin étroit par une nuit sans lune, tâtonnant dans le noir pour trouver le bon chemin.
Un mauvais virage pourrait entraîner la chute dans un précipice ou le passage dans des ronces douloureuses.
Mais la Loi sert également de lampe pour nous montrer où nous devons placer nos pieds lorsque nous marchons.
Cela nous montre comment ne pas nous écarter et éviter le chemin de la destruction.
A cet égard, la Loi avec Sa Lumière accorde de la Sagesse à celle et celui qui la médite.
Par cette Sagesse, nous discernons ce qu'est la Vraie Justice et quelle est la bonne chose à faire dans les situations complexes de nos vies.
La Lumière qui émane de la Loi révèle les pièges que l'ennemi de nos âmes met sur notre chemin, nous donnant ainsi la sagesse de les éviter.
Cela devient une cachette et un bouclier.
La Loi agit également comme une contrainte sur nous. Notre nature charnelle liée à la chute est celle de l'anarchie. Le pouvoir de la conversion nous sauve de l'esclavage au péché, mais ne nous libère pas de toutes les tentations.
Nous avons besoin de la contrainte de la Loi pour garder nos impulsions pécheresses et nos penchants déchus en échec.
A cet égard, nous pouvons utiliser la métaphore de la bride. La bride et le mors sont placés sur le cheval afin que celui-ci puisse être empêché de courir vers un danger fatal.
Les limitations de vitesse sur la route ne font pas cesser le danger, mais imposent une certaine retenue pour notre bien, maîtrisant de fait certaines impulsions pouvant nous amener à la mort ou des dégâts conséquents, voire irréparables tant pour nous que pour autrui.
La fonction la plus merveilleuse de la Loi, cependant, est qu'elle nous montre ce qui Plaît à Dieu.
L'homme pieux est celui qui sert et médite la Loi jour et nuit.
Heureux l'homme trouvant son plaisir dans la Loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit.(Psaume 1-2)
Et il le fait parce qu'il y trouve ses délices.
En se délectant des Préceptes de Dieu, il devient comme un arbre planté au bord de courants d'eau vive, produisant son fruit en son temps (Psaume 1-3).
Notre Seigneur a dit : " Si vous m'aimez, observez mes Commandements" (Jean 14-15), mais nous ne pouvons montrer cet amour pour Lui que si nous savons quels sont les Commandements.
La connaissance de la Loi de Dieu nous donne le modèle d'obéissance aimante.
Si nous aimons le Seigneur, nous devons aussi aimer Sa Loi.
Aimer Dieu et mépriser Sa Loi est une contradiction qui ne doit jamais être le profil du Chrétien.
Le Psalmiste dit que Dieu déteste l'homme à l'esprit double parce que l'homme à l'esprit double dit qu'il aime Dieu tout en évitant la Loi du Seigneur (Psaume 119-113).
Le psalmiste dit que les Préceptes, les jugements et les Témoignages de Dieux sont Merveilleux parce qu'ils préservent l'âme et nous préservent des péchés nous ramenant à l'esclavage et à la domination (Verset 129).
La Loi à cet égard est Rédemptrice, non pas que nous trouvions notre Rédemption en gardant la Loi, mais que le Rédempteur nous soit montré par la Loi.
La Loi est Rédemptrice, non pas que nous trouvions notre Rédemption en gardant la Loi, mais que le Rédempteur nous soit montrée par la Loi.
R.C. Sproul
Enfin, le psalmiste dit : " Ta Parole est très Pure. C'est pourquoi ton serviteur l'aime." (Verset 140).
Les choses pures, parfaites sont des objets dignes de notre affection.
Toutes ces fonctions de la Loi se manifestent dans la douceur et la beauté de la Loi révélée par Dieu.
Dieu nous donne Sa Loi non pas pour enlever notre joie mais bien plutôt pour que notre joie soit complète.
Sa Loi n'est jamais donnée dans un contexte de méchanceté mais dans le contexte de Son Amour.
Nous aimons la Loi de Dieu parce que Dieu Aime Sa Loi et parce que cette Loi est tout à fait Belle.
Un mal s’est introduit parmi les croyants chrétiens, si grossier et si incongru, que les plus "myopes" spirituels ne peuvent manquer de le voir.
Au cours des dernières années, il s’est répandu fort rapidement comme du levain qui agit jusqu'à ce que toute la pâte soit levée.
Rarement Satan a proposé aux assemblées quelque chose d’aussi rusé :
II les a amenées à admettre la nécessité de présenter aux gens des distractions afin de les gagner.
Le témoignage de l’Eglise n’a cessé de perdre de son Influence.
Les puritains parlaient encore droitement.
On est alors devenu indifférent, et l’on n’a plus ressenti tragiquement les influences mondaines, qui ne tardèrent pas à être tolérées en marge par les assemblées.
Aujourd’hui, elles sont officialisées par cet argument : l’on peut ainsi atteindre les grandes masses.
Voici une première réponse :
Nulle part l’on ne trouve dans l’Ecriture qu’il faille, comme mission d’une Assemblée Chrétienne, présenter des distractions aux gens.
Si cela était du domaine des œuvres spirituelles, Christ ne l’aurait-Il pas mentionné ?
II a recommandé :
Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création.(Marc 16;15).
C’est clair, n’est-ce pas ?
Et tout aussi clair eût été ceci, qu’Il aurait ajouté :
"...et offrez des distractions à ceux qui n’accueillent pas l’Evangile avec beaucoup d’intérêt".
Mais nous ne trouvons pas de tels mots.
II semble bien qu’Il n’y pensait nullement.
Prenons un autre passage biblique:
Ephésiens 4 : 11-12 Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, 12 pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,
Où placer là les amuseurs ?
L’Esprit Saint ne les mentionne pas.
Les prophètes furent-ils persécutés pour avoir fait rire les auditeurs ?
Ne serait-ce pas plutôt parce qu’ils refusaient de le faire? (...)
Deuxièmement : Offrir des distractions est en opposition directe à la Doctrine et à la Vie de Christ et de tous Ses Apôtres.
Quelle était la position de l'Eglise vis-à-vis du monde ?
"Vous êtes le sel..." (Matthieu 5,13), et non pas ceux qui sucent une tétine !
Le sel est rejeté, il n’est pas absorbé pour le plaisir.
Brève et sèche, cette déclaration "...laisse les morts ensevelir leurs morts" (Mathieu 8,22).
Jésus le pensait avec une Sainte Solennité !
Si Jésus-Christ avait introduit davantage d'éléments gais et agréables dans Ses Prédications, Il n’aurait pas perdu de Sa popularité (dans le cas exposé en Jean 6, 60-69).
Je ne vois nulle part qu’Il ait dit :
"Cours après eux, Pierre, et dis-leur qu’à partir de demain, nous présenterons un nouveau genre de religion, attrayant avec de brèves prédications. Nous offrirons au peuple une soirée agréable. Dis-leur que les gens s’y sentiront certainement très bien. Vite, Pierre, nous devons absolument attirer du monde!"
Jésus éprouvait de la compassion pour les pécheurs ; Il soupire et pleure sur eux, mais Il n’essaya jamais de les distraire.
C’est en vain que l'on chercherait dans les épîtres néo-testamentaires une trace d'un Evangile distrayant.
Le Message Biblique est : "Sortez du monde, restez en dehors, et tenez-vous purs de ses œuvres !"
Les premiers Chrétiens avaient une confiance illimitée dans l'Evangile ; ils ne se servaient d’aucune autre arme.
Après que Pierre et Jean eurent été emprisonnés pour avoir prêché publiquement, une Assemblée se réunit pour prier (Actes 4).
La prière formulée ne fut pas :
"Seigneur, fais que Tes serviteurs puissent montrer à ces gens, par des distractions inoffensives et bien mûries, quel peuple joyeux nous, chrétiens, nous sommes."
Ils ne se laissaient pas dissuader de prêcher Christ.
Ils n’avaient pas de temps à consacrer à l'organisation de distractions.
Dispersés par des persécutions, ils allèrent partout pour prêcher l'Evangile.
Le monde en fut remué.
Là réside la différence avec nous, chrétiens d’aujourd'hui.
"Oh Seigneur, purifie l’Assemblée de toute la pourriture et de toute l’absurdité dont le diable l’a chargée, et ramène-nous aux méthodes apostoliques !"
Finalement, "l'amusement chrétien" rate le vrai but.
Il provoque des ravages chez les nouveaux convertis.
Que les insouciants et les moqueurs, qui remercient Dieu de ce que l’Eglise les a rencontrés à mi-chemin, se lèvent et rendent témoignage.
Que ceux qui portent de lourds fardeaux prennent la parole, eux qui auraient trouvé la paix lors d’un concert "chrétien".
Qu’ils se lèvent, les alcooliques à qui une pièce de théâtre "chrétienne" aurait donné une impulsion décisive vers leur conversion !
Personne portant en vérité la réalité Chrétienne justement ne se lèvera !
L'évangélisation au moyen de la distraction n’a amené personne à se convertir.
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est une étude, faite avec foi, de la Parole de Dieu, allant de pair avec une vie spirituelle sérieuse, où un élément découle de l'autre comme le fruit procède de la racine.
II nous faut un enseignement biblique, qui touchera notre intelligence et nos coeurs d’une manière telle que nous en deviendrons ardents pour le Seigneur.
Aucun moment de notre vie n’échappe à cette dimension de l’existence. Cela peut paraître exagéré de dire une telle chose. Un peu de religion n’a jamais fait de mal à personne, entend-on dire parfois. Mais un peu trop de religion et c’est sûrement le début de la fin, le fanatisme assuré, l’intolérance garantie pensent beaucoup d'autres personnes.
Comment répondre à cette crainte en se fondant sur ce que dit la Bible et en comprenant spirituellement ce dont il est question ?
Je voudrais le faire en lisant avec vous deux textes, l’un tiré de l’Ancien Testament, et l’autre du Nouveau Testament. Vous verrez comment ils se répondent l’un l’autre.
Le premier texte provient du psaume 116 à partir du verset 8, tandis que le second appartient à la lettre de l’apôtre Paul aux chrétiens de Rome, à la charnière des chapitres 11 et 12.
Extrait du psaume 116,à partir duverset 8 :
Oui, Eternel, tu m’as délivré de la mort, tu as séché mes pleurs, tu m’as préservé de la chute : ainsi je marcherai encore sous le regard de l’Eternel au pays des vivants. Oui, j’ai gardé confiance même quand je disais : « je suis trop malheureux ! » Dans mon accablement, j’en venais à me dire : « Tout homme est un menteur ! » Que puis-je rendre à l’Eternel pour tous ses bienfaits envers moi ? J’élèverai la coupe du salut, et je m’adresserai à l’Eternel lui-même, et, devant tout son peuple, j’accomplirai les vœux que j’ai faits envers l’Eternel. Elle est précieuse aux yeux de l’Eternel la vie de ses fidèles. O Eternel, ne suis-je pas ton serviteur ? Oh, oui, ton serviteur, le fils de ta servante ; tu as brisé mes chaînes, je t’offrirai un sacrifice, pour marquer ma reconnaissance, et je m’adresserai à toi, ô Eternel.
Extrait de la lettre de Paul aux Romains, à partir du verset 33 du chapitre 11, jusqu’au verset 2 du chapitre 12 :
Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science ! Nul ne peut sonder ses jugements. Nul ne peut découvrir ses plans. Car, « Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? » En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. A lui soit la gloire à jamais ! Amen. Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte raisonnable. Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
Si nous comparons ces deux extraits de la Bible, l’un tiré de l’Ancien Testament, l’autre du Nouveau Testament, nous nous apercevons que l’auteur du psaume, le psalmiste, et Paul, apportent le même message : Dieu est Tout Puissant et Il libère.
Est-ce qu’on peut lui apporter quelque chose en retour en échange de cette libération ? Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? Nous ne pouvons jamais mériter ou acheter sa Grâce, nous ne pouvons jamais en payer le prix qui lui est dû. On ne peut pas davantage sonder ses pensées.
Voilà d’ailleurs un autre thème qu’on retrouve tout au long de l’Ancien Testament. Par exemple les paroles du prophète Esaïe, au chapitre 40, verset 13 :
Qui donc a mesuré l’Esprit de l’Eternel ? Qui a été son conseiller et qui son instructeur?De qui Dieu a-t-il pris conseil pour se faire éclairer ? Qui lui a enseigné la bonne voie ? Qui lui a transmis le savoir et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ?
On pourrait alors se demander: Mais que me reste-t-il donc à faire ? Est-ce que tout ce que Dieu attend de moi c’est de rester passif, jusqu’au retour promis du Christ ? Pas du tout. Car le croyant est bien appelé à apporter une offrande à Dieu. Dans l’Ancien Testament c’était une libation, c’est-à-dire l’offrande d’une boisson donnée, comme le mentionne le psaume 116 : J’élèverai la coupe du salut, et je m’adresserai à l’Eternel lui-même, et, devant tout son peuple, j’accomplirai les vœux que j’ai faits envers l’Eternel.
Cette libation n’était pas une simple reconnaissance formelle de la dépendance du croyant envers Dieu. Elle allait bien plus loin que cela : O Eternel, ne suis-je pas ton serviteur ? Oh, oui, ton serviteur, le fils de ta servante. Cela veut dire : Depuis ma naissance toute ma vie t’appartient, je dois t’obéir en toutes choses. Les libations n’étaient que le signe symbolique d’une dépendance totale qui doit se manifester par une vie d’obéissance totale.
A nouveau il nous faut souligner qu’il n’y a aucune différence essentielle entre ce que dit l’auteur du psaume 116 et ce qu’écrit Paul aux chrétiens de Rome. Notre vie tout entière appartient à Dieu et doit manifester cette appartenance.
Il y a donc plus dans la vie d’un croyant que l’exercice du culte dominical, même si cet exercice constitue une partie très importante de notre religion, que nous exprimons avec les autres croyants. Notre religion est exercée tout au long de la semaine, et non pas seulement le dimanche.
Et pourtant, quelque chose de fondamental s’est bien passé entre le psaume 116 et les paroles de Paul dans sa lettre aux Romains : il s’agit de l’offrande parfaite de Jésus-Christ sur la Croix de Golgotha.
Mais qu’est-ce que ce sacrifice a changé exactement ?
Il a rendu totalement explicite pour les croyants que l’offrande que nous devons apporter à Dieu c’est celle de notre vie toute entière :
Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.
Cela ne veut pas dire que dans l’Ancien Testament, avant la venue de Jésus-Christ sur terre, Dieu attendait moins que cela de ses enfants. Et les vrais croyants le savaient fort bien. Mais alors, où gît la différence ?
Sur la Croix Jésus a donné pour nous son corps tout entier, sa vie toute entière. La mort de Jésus met fin aux sacrifices d’animaux qui ne reviennent pas à la vie après avoir été mis à mort. Raison pour laquelle dans l’Ancien Testament ces sacrifices devaient constamment être répétés. L’agneau, le bouc ou le taureau mis à mort ne ressuscitaient jamais.
En contraste, la résurrection des morts de celui qui est l’Agneau parfait de Dieu démontre de manière éclatante que ceux qui sont greffés par la foi dans son corps, vivent avec lui et peuvent désormais se donner pleinement à Dieu comme offrandes.
En la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu leur a parfaitement rendu la vie en mettant à mort leur nature de péché.
Les croyants du temps de l’Ancien Testament ne pouvaient jamais dire : ma vie toute entière dépend de cet agneau, de ce bouc ou de ce taureau que je viens d’offrir, je suis désormais greffé dans sa vie et je vis de sa vie.
Bien sûr, ils croyaient que les promesses de Dieu sont fiables et ils accomplissaient les sacrifices prescrits par la Loi de Moïse en plaçant entièrement leur confiance en Dieu.
Ils comprenaient la nécessité de l’expiation de leurs fautes par le sang versé des sacrifices. Mais ils attendaient quelque chose de bien meilleur qui devait encore venir : le sacrifice parfait qui mettrait fin à tous ces sacrifices provisoires et couvrirait de manière définitive tous leurs péchés.
Avec la résurrection de Jésus-Christ le nouvel Adam vit pour toujours, et les croyants avec lui, car ils sont indissociablement liés à sa vie par le lien de l’Esprit Saint. Dieu fait de ses enfants des créatures nouvelles en Jésus-Christ, par le lien du Saint Esprit qui les unit à leur Sauveur. Et c’est en fait le seul terrain sur lequel Paul se place pour appeler ses lecteurs à offrir leur vie entière comme sacrifice d’obéissance à Dieu.
Je ne puis offrir mon corps tout entier comme sacrifice saint et agréable à Dieu que sur le fondement du corps du Christ qui a été brisé pour moi, et qui est ressuscité corporellement d’entre les morts.
Ceux qui ne croient pas en sa résurrection physique, corporelle, ne peuvent pas non plus offrir leur corps comme offrande agréable à Dieu puisqu’ils ne sont pas greffés dans le corps vivant et incorruptible du nouvel Adam.
Ces gens-là ne sont tout simplement pas de nouvelles créatures, même s’ils se disent chrétiens.
C’est exactement pour la même raison qu’ils n’auront aucune part à la résurrection des morts et à la vie éternelle promise.
La religion qui découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ est la seule qui ait un sens véritable, qui ne nous abandonne pas à nos propres spéculations fumeuses ou à nos fantasmes, et qui soit en plus agréable à Dieu.
Ici Paul utilise dans la langue grecque un mot (loghiken) qui signifie : raisonnable, plein de sens : Ce sera là de votre part un culte raisonnable.
On pourrait aussi traduire : un culte véritablement spirituel.
Car ne voyons-nous pas en effet autour de nous toutes sortes de cultes déraisonnables, déformés spirituellement, et mêmes complètement destructeurs ? Des sectes, des déformations outrageuses du message de l’Ecriture Sainte et de son cœur qui est l’Evangile de Grâce en Jésus-Christ ? On voit même parfois des manifestations démoniaques qui prétendent être la vraie religion, celle commandée par Dieu… Jésus-Christ n’est pas au centre de tels cultes, en fait il en est totalement exclus et rejeté.
Remarquez bien que Satan n’est pas contre la religion. Il aime beaucoup la religion, au contraire, pour peu que cette religion suive ses propres motifs de rébellion et ses normes destructrices. Or le monde est hélas rempli de tels cultes…
Je voudrais continuer avec vous notre méditation sur le passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome qui parle d’offrir nos corps entiers en sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu.
Voyons ensemble comment se distinguent la vie et les pensées de ceux qui ont été rachetés par le sang de Jésus-Christ et comment ils sont transformés dans leur être intérieur.
La vie entière est religion, ou, si vous préférez, sacrée, car elle se déroule entièrement sous le regard de Celui qui l’a non seulement créée, mais aussi la recrée dans la vie de ceux qui, par la foi, sont greffés dans la nouvelle vie du Christ ressuscité.
C’est ce dont nous avons parlé plus haut en nous fondant particulièrement sur un passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome.
Relisons ce passage à partir du verset 33 du chapitre 11, jusqu’au verset 2 du chapitre 12 :
Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science ! Nul ne peut sonder ses jugements. Nul ne peut découvrir ses plans. Car, « Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a fait des dons pour devoir être payé de retour ? » En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. A lui soit la gloire à jamais ! Amen. Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte raisonnable. Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
La religion qui découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ est la seule qui ait un sens véritable, qui ne nous abandonne pas encore une fois s'il faut le répéter à nos propres spéculations fumeuses ou à nos fantasmes, et qui soit de plus agréable à Dieu.
Ici Paul utilise dans la langue grecque un mot qui signifie : raisonnable, plein de sens : Ce sera là de votre part un culte raisonnable.
On pourrait aussi traduire : un culte véritablement spirituel.
Car ne voyons-nous pas en effet autour de nous toutes sortes de cultes déraisonnables, déformés spirituellement, et mêmes complètement destructeurs comme spécifié déjà un peu plus haut ?
Or c’est justement le thème que Paul développe maintenant dans le passage que nous avons lu : le culte raisonnable et vrai qui est acceptable devant Dieu, se caractérise par une continuelle prise de distance vis-à-vis de toutes les tendances qui viennent du monde et ne reflètent pas l’Esprit du Christ tout en influençant notre propre esprit.
En prenant nos distances de cette manière, nous apportons notre corps, notre vie toute entière comme offrande à Dieu, une offrande qui lui est agréable.
Et c’est à n’en pas douter une des choses les difficiles à faire : comment donc puis-je échapper à l’influence du monde ?
Je vis dans le monde, je ne suis pas un moine qui s’isole hors du monde et d’une société mauvaise.
Tous les jours de ma vie j’entre en contact d’une manière ou d’une autre avec les nouvelles qui me viennent du monde, avec des articles de journaux, des livres, toutes sortes de films, de publicités, des chansons dont je n’approuve pas nécessairement les paroles, des images qui me choquent ; je suis en contact avec des attitudes, des modes de vie qui apparaissent de plus en plus fréquemment dans la société et sont considérés comme acceptables alors qu’ils ne le sont pas au regard de ma foi.
Comment puis-je vivre libre de tout ceci ?
Il ne m’est pas possible de vivre avec une personnalité bipolaire dans ce monde.
Bien souvent nous soupirons aussi : O Seigneur, quand aurai-je atteint un état de perfection à cet égard ?
Paul nous signifie que cette rupture est quelque chose qui a commencé mais qui n’est pas achevé.
C’est un combat qui ne se conclut pas d’un seul coup car il a trait à la mise à mort de notre vieille nature, celle qui refuse encore d’être greffée en Jésus-Christ.
A propos de cette mise à mort le catéchisme de Heidelberg déclare: C’est être affligé du fond du cœur à cause de ses péchés, les haïr et les fuir de plus en plus.
Et la question-réponse qui suit immédiatement, dans ce beau catéchisme du temps de la Réforme, est la suivante :
Qu’est-ce que la résurrection de l’homme nouveau ? C’est se réjouir de tout cœur en Dieu par Jésus-Christ et mettre sa joie et son amour à vivre selon la volonté de Dieu, dans l’accomplissement de toutes œuvres bonnes.
Alors, quand exactement atteindrons-nous la perfection dans cette offrande de notre vie entière à Dieu ? Seulement lorsque le Seigneur viendra reprendre notre corps ici-bas, au moment décidé par lui seul. Alors seulement ce corps sera totalement soumis à sa volonté.
La seule arme du chrétien durant ce combat est de savoir qu’il est greffé dans le corps du Christ, que son baptême est un sceau de cette greffe et que l’Esprit de Dieu a fait sa demeure en lui.
Et il doit se souvenir des paroles de Paul : En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui.
Il n’est dit nulle part dans la Bible que les croyants doivent s’isoler du monde.
Au contraire, ils sont appelés à exercer un esprit de discernement spirituel sur tous les terrains de l’existence.
C’est le même apôtre Paul qui écrit dans sa première lettre aux chrétiens de Thessalonique : Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon.
Cela a trait à l’enseignement correct sur les prophéties, au plan de Dieu pour l’humanité, mais l’on doit bien comprendre que cet enseignement s’étend sur toutes les dimensions de notre existence, toutes les sphères de la vie.
Aux chrétiens de Corinthe il écrit aussi dans la même veine (1 Corinthiens 2 :14-15) :
Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.
A propos de cet esprit de discernement spirituel, Paul peut écrire, dans sa seconde lettre aux Corinthiens (10 :4-5) :
Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance du Christ.
Ce combat dont parle Paul n’est rien d’autre qu’un combat pour la promotion et le maintien de normes chrétiennes dans la civilisation.
Ce qui est en effet un mandat gigantesque au milieu d’un monde qui ne veut pas en entendre parler.
La rupture progressive de nos pensées, de nos attitudes avec les modèles offerts par un monde incrédule qui refuse de se repentir, est opérée par une transformation, écrit l’apôtre Paul à ses lecteurs.
Nous connaissons le mot « métamorphose » qu’on utilise par exemple en sciences naturelles pour indiquer le passage de l’état de chenille à celui de papillon.
Le mot grec employé par Paul est justement le verbe « metamorphousthe », qu’on pourrait traduire par : « soyez transformés, soyez métamorphosés ».
Paul parle d’une transformation que nous n’initions pas nous-même, mais que nous laissons se produire en nous.
Il faut que nous soyons réceptifs vis-à-vis de cette transformation, car elle fait pleinement partie de l’offrande totale de nos vies à Dieu.
L’agent de cette transformation ce n’est donc pas nous, mais le Saint Esprit de Dieu qui travaille en nous.
Et en quoi consiste cette transformation ? Justement à rompre avec les modèles du monde en comprenant et en vivant de plus en plus profondément la volonté de Dieu, sur tous les terrains de notre existence.
Au fur et à mesure que notre greffe sur le corps spirituel de Jésus-Christ se confirme, au fur et à mesure que nos yeux se fixent sur lui et lui seul en tant que Médiateur, Sauveur et Roi, alors cette transformation prend place en nous.
Elle renouvelle nos pensées : elle nous fait saisir la volonté parfaite de Dieu et la met en contraste aigu avec les modèles du monde qui nous sont journellement proposés comme étant les seuls viables et valables.
Nous n’apprenons pas seulement à les distinguer, mais nous donnons notre plein assentiment à la volonté de Dieu dans notre vie, nous l’approuvons car nous voyons bien qu’elle est ce qu’il y a de mieux pour nous.
Nous recevons aussi la force de dire « non » au monde et à ses voies tentantes.
« Non », car il y a quelque chose de bien meilleur, et c’est de vivre en accord avec la volonté divine, ce qui est saint, parfait et qui lui plaît, quoi qu’en pense le monde.
Chaque fois qu’un croyant saisit la volonté du Seigneur dans une situation donnée, et cherche à s’y soumettre quel que soit le prix à payer, et quoi que le monde en pense, ce croyant manifeste la vie nouvelle que Dieu lui a donnée en Jésus-Christ : le Saint Esprit fait pousser en lui des fruits qui glorifient Dieu.
Si nous ouvrons le catéchisme de Heidelberg à la section du 32e dimanche de l’année, nous y trouvons la question suivante :
Puisque nous sommes délivrés de notre misère par la grâce du Christ, sans aucun mérite de notre part, pourquoi devons-nous faire des œuvres bonnes ?
La réponse est la suivante :
Parce que le Christ, après nous avoir rachetés par son sang, nous renouvelle aussi par son Saint Esprit à son image, afin que nous montrions à Dieu, par toute notre vie, notre reconnaissance pour ses bienfaits et qu’ainsi nous le glorifiions ; ensuite, afin que nous puissions aussi être nous-mêmes assurés de notre foi par les fruits qu’elle porte, et que par la sainteté de notre vie, nos prochains soient gagnés à Jésus-Christ.
Ce que nous dit la dernière phrase de cette section c’est qu’une vie qui témoigne d’une conformité croissante avec la personne de Jésus-Christ est utilisée avec puissance par Dieu comme moyen d’évangélisation, pour gagner notre prochain à Christ.
A travers les œuvres bonnes que nous effectuons, d’autres personnes peuvent être attirées vers le Dieu Sauveur.
Nous-mêmes n’en serons peut-être pas toujours conscients, mais l’esprit de Dieu se servira de notre exemple modelé sur celui du Christ, pour accomplir le plan de Dieu.
Les voies de Dieu ne sont pas celles du monde.
Or tout croyant est appelé à se soumettre à ses voies saintes, en se laissant transformer intérieurement par son Esprit afin de vivre selon sa volonté parfaite dans tous les aspects de l’existence humaine.
Le tout en gardant toujours ces paroles de Paul à l’esprit :
En effet, tout vient de lui, tout subsiste par lui et pour lui. A lui soit la gloire à jamais ! Amen.
Lire les évangiles directement dans la Bible nous confronte au fait que l’Évangile à l’eau de rose qu’on nous propose si souvent de nos jours, n’a pas grand-chose en commun avec les textes inspirés de la Bible.
Les paroles souvent rugueuses de Jésus ne peuvent cependant être éliminées si facilement, à moins de créer un faux en écritures, comme on dit en langage juridique pour décrire des comptes truqués.
Parmi ces paroles rugueuses on trouve régulièrement l’expression :
génération perverse, ou génération adultère,
que Jésus applique à ses contemporains qui refusent de croire en Sa Personne et Sa Mission Divine.
Par exemple, au chapitre 8 de l’évangile selon Marc Jésus dit :
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? En effet quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges.
En lisant ces paroles, on est bien sûr amené à se demander :
Jésus ne s’adresse-t-Il qu’à ses contemporains, ou bien à toutes les générations d’hommes et de femmes jusqu’à Son Retour en Gloire, donc nous-mêmes aujourd’hui y compris ?
Il n’y a pas de doute que nous aussi nous sommes inclus dans cet avertissement, car l’envoi de Ses disciples vers toutes les nations pour annoncer l’Évangile jusqu’à son retour promis inclut toutes les générations d’hommes et de femmes à venir.
On voit donc bien par-là qu’essayer d’adoucir les Paroles de Jésus lorsqu’on les trouve trop rugueuses, bref substituer un évangile à l’eau de rose à celui révélé dans la Bible, c’est justement avoir honte de Lui et de Ses Paroles.
Prétendre être chrétien tout en niant que Jésus-Christ demande une allégeance totale et sans compromis à Sa Personne, c’est tout simplement Le renier, et avec lui son propre salut.
Dans son discours de Pentecôte, le disciple Pierre, qui avait lui-même renié Jésus peu après son arrestation en niant Le connaître, prononce ces paroles vitales à la foule de Jérusalem qui s’était rassemblée :
Repentez-vous, et que chacun soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.
Rev. VEILLEUX Mario
Eglise Réformée de Beauce
(Québec)
Lectures :
(2 Timothée 3:1-5 / Colossiens 3:15-17)
Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles.
Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force.
Éloigne-toi de ces hommes-là.
2 Timothée 3:1-5
Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants.
Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce.
Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.
Par quelle voie, par quels instruments l’Évangile est-il fidèlement transmis depuis deux mille ans ? Une telle transmission est-elle seulement possible, ou bien n’est-elle qu’un leurre, une vue de l’esprit, quelque chose qui ne s’est en fait jamais réalisé mais aurait été (et serait toujours) fantasmé par les générations suivantes ?
La question s’est posée dès le début de l’ère chrétienne à ceux qui proclamaient la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, notamment Paul de Tarse, l’auteur de treize lettres comprises dans le Nouveau Testament, reçues et acceptées par les Églises chrétiennes comme détenant une autorité apostolique authentique, en tant que mandatée et certifiée par celui qui se trouve au centre de l’Évangile, Jésus-Christ lui-même. Cette autorité apostolique, contestée par certains du temps du vivant de Paul, mais rapidement établie par l’ensemble de la chrétienté d’alors, ne pouvait aucunement dépendre de mesures coercitives ou d’un complot quelconque. C’est la nature du message proclamé et son fondement qui l’ont établie. En tant qu’homme, Paul termina sa carrière d’apôtre exécuté sous l’empereur Néron en raison de sa foi en Jésus-Christ comme Seigneur (kurios).
Dans sa seconde lettre à Timothée, rédigée peu avant cette exécution, Paul parle justement de la transmission de l’Évangile qui lui a été confié (ainsi qu’aux autres apôtres du Christ) et il en définit les modalités. Les versets 1 à 13 du second chapitre de cette lettre, cités ici, serviront à préciser ces modalités en cinq points centraux (citation à partir de la version Segond révisée, « La Colombe ») :
Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Christ-Jésus. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. Souffre avec moi comme un bon soldat du Christ-Jésus. Il n’est pas de soldat en campagne qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé, et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles. Le laboureur qui peine doit être le premier à recueillir les fruits. Comprends ce que je dis : car le Seigneur te donnera l’intelligence en tout.
Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, issu de la descendance de David, selon mon Évangile, pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas liée. C’est pourquoi je supporte tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui et en Christ-Jésus, avec la gloire éternelle.
Cette parole est certaine :
Si nous sommes morts avec lui,
Nous vivrons aussi avec lui ;
Si nous persévérons,
Nous régnerons aussi avec lui ;
Si nous le renions,
Lui aussi nous reniera ;
Si nous sommes infidèles,
Lui demeure fidèle,
Car il ne peut se renier lui-même.
Le premier point qui doit être souligné par rapport à la question initiale posée, c’est que ce qui doit être transmis, le message-objet de la transmission, c’est « ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins » (2a). Il s’agit d’un enseignement, d’une doctrine de vie appelée par Paul sonÉvangile (8b). Succession de doctrine donc. Cet Évangile est le sien non pas de manière exclusive, comme s’il était la propriété de Paul, mais pour être distingué de toute version contradictoire de cet Évangile qui prétendrait détenir une autorité apostolique authentique (voir Galates 1:6-7 à cet égard). C’est donc de cet Évangile-là dont Timothée doit se souvenir. La transmission en question ne s’est pas faite de manière quasi-initiatique ou secrète, mais « en présence de beaucoup de témoins » ce qui est à la fois une indication de la portée communautaire du message, et une protection contre toute tentative de déformation par un ou plusieurs individus. L’impératif de cette transmission indique aussi son caractère diachronique, destiné à traverser les générations suivantes. L’Évangile n’a pas été annoncé pour une ou deux générations seulement.Ce dépôt doit ensuite être confié à des hommesfidèles(2b). Le caractère de fidélité exigé par Paul pour la transmission de l’Évangile implique qu’aucune déformation, aucun ajout, aucune suppression de tel ou tel élément jugé indésirable ne sauraient être tolérés. Ceci nous ramène à une injonction similaire que l’on trouve au début du quinzième chapitre de la première lettre de Paul aux Corinthiens : Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes, et par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain.Le caractère diachronique de cette transmission de doctrine est ensuite établi au verset 2c : …qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres.La fidélité de la transmission sera proportionnelle à la capacité (ikanoi en grec) d’enseignement des transmetteurs suivants. Ce n’est donc pas à n’importe qui que cette charge de transmission peut ou doit être confiée, mais au contraire à des hommes dûment enseignés, formés et établis pour ce faire.S’il advenait que certains, lesquels ayant reçu le dépôt, soient néanmoins trouvés infidèles dans cette transmission, reniant ainsi le Christ, celui-ci les renierait au jour de sa venue en gloire (12-13).L’infidélité de certains n’annulera néanmoins jamais la fidélité du Christ : Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même (v. 13).De la même manière, le fait que Paul soit emprisonné, attendant son exécution prochaine au moment de la rédaction de sa seconde lettre à Timothée, ne lie pas l’Évangile à sa situation personnelle, comme s’il ne pouvait la transcender : … pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas liée (v. 9).La fidélité du Christ envers lui-même fera toujours que de nouveaux serviteurs, fidèles quant à eux, seront en leur temps et circonstances envoyés pour proclamer l’Évangile, qui ne saurait être lié d’une quelconque manière.
Antoine de Chandieu (1534-1591), pasteur Protestant du seizième siècle ayant joué un rôle considérable dans l’établissement d’Églises réformées dans le royaume de France, a écrit quelques très belles pages sur ce thème dans son ouvrage La Confirmation de la Discipline Ecclésiastique (1566). En voici quelques extraits pour compléter ces remarques:
« A la vérité nous devons bien reconnaître que Dieu est meilleur que nous pour vouloir ce qui est bon et juste, et qu’il est plus sage que nous pour choisir les moyens qui lui sont propres. Il est certain que ceux qui voient l’Écriture Sainte, ne peuvent ignorer que Dieu a mis cet ordre en son Église, qu’il veut être gardé inviolablement, à savoir qu’un chacun indifféremment et de sa seule autorité ne puisse s’attribuer quelque office ou charge au sein de celle-ci, et particulièrement de prêcher. Mais que cet honneur lui soit réservé d’y appeler ceux qu’il lui plaira. De telle sorte que quiconque pervertit un tel ordre ne puisse être excusé de vouloir diviser l’Église et comme couper les nerfs par lesquels Dieu veut qu’elle demeure debout et en son entier.
Cela nous est enseigné si clairement par l’Apôtre, que ceux qui n’y prennent garde ferment les yeux à leur escient. Jésus-Christ, dit-il, a donné les uns pour être apôtres, et les autres pour être prophètes, les autres évangélistes, les autres pasteurs et docteurs, pour assembler les saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ (Éphésiens 4 :11). Donc puisque le Seigneur a mis cette distinction de charges en son Église, il s’ensuit qu’il n’est pas loisible à tout un chacun de s’y entremettre indifféremment. Et même, puisque l’apôtre dit que le Seigneur les a donnés, il déclare assez par cela qu’il est l’auteur d’un tel ordre, et que ceux qui s’ingèrent sans être appelés, contreviennent à son ordonnance. Et à ce propos il dit par ses Prophètes qu’il a constitué sur son peuple des gardes et des guetteurs pour l’avertir de son devoir. Et S. Paul dit des vrais Pasteurs que le Saint Esprit les a mis sur leurs troupeaux pour gouverner l’Église de Dieu (Ésaïe 62 :6 ; Jérémie 6 :17 ; Ezéchiel 33 :7 ; Actes 20 :28).
Il y a assez d’autres passages qui montrent que c’est Dieu qui envoie les annonciateurs de sa parole : comme quant notre Seigneur Jésus-Christ commandait qu’on priât le maître de la moisson afin qu’il y envoie des ouvriers (Matthieu 9 :38). Ce qui n’est pas dit seulement en général, mais aussi nous voyons comment en particulier Dieu a souvent témoigné à ses serviteurs que c’était lui qui les envoyait à son œuvre. Voilà pourquoi tant de fois il commande à Moïse de dire aux Israélites qu’il l’envoyait vers eux pour leur déclarer sa volonté. Il assure Ésaïe de sa vocation, et même par une vision admirable. Il donne du courage à Jérémie, l’assurant qu’il était envoyé par lui. Comme aussi notre Seigneur Jésus-Christ déclare à ses apôtres qu’il les envoie, leur donnant tout de suite après le Saint esprit, par la vertu duquel ils peuvent s’acquitter de leur charge. Et de même quand il apparut à Saint Paul : Je te suis, dit-il, apparu pour te constituer ministre et témoin des choses que tu as vues, et de celles dans lesquelles je t’apparaîtrai, te délivrant du peuple et des Gentils vers lesquels je t’envoie maintenant.
Et certes ce n’est pas sans cause que Dieu a voulu imprimer dans les cœurs de ses serviteurs une pleine certitude de leur vocation, mais afin que par cela ils soient munis et fortifiés contre tant de difficultés par lesquelles il faut qu’ils passent. Car qui sera celui qui ne tremble s’il appréhende à bon escient, et selon la parole de Dieu, le pesant fardeau d’une telle charge ? Est-ce une chose légère d’être ambassadeur pour Christ, messager de Dieu et dispensateur de ses secrets ? Est-ce peu de choses de porter la parole de la réconciliation de Dieu avec les hommes ? Exhorter comme si Dieu lui-même exhortait ? D’annoncer la rémission des péchés aux croyants et la condamnation aux infidèles ? De délier les uns, et lier les autres au jugement de Dieu ? Est-ce une chose humaine d’être le sel de la terre ? La lumière du monde ? Bref d’être la bouche par laquelle le Seigneur parle aux hommes, les mains par lesquelles il s’approche d’eux, afin qu’ils le voient, qu’ils le connaissent et servent selon sa volonté ? Si nous considérons ces choses à bon escient, ne dirons-nous pas avec l’Apôtre : Et qui est suffisant pour ces choses ? Il est certes très nécessaire que ceux auxquels une si grande et difficile charge est commise, cherchent ailleurs qu’en eux-mêmes les choses qui sont requises à leur devoir. Et d’où prendront-ils quelque assurance, sinon de ce qu’ils sont certains et résolus que Dieu les envoie ; et par le même moyen qu’il sera leur garant, qu’il les soutiendra sous le poids d’une si grande charge, qu’il les armera contre les assauts qui leur sont présentés, bref qu’il les pourvoira des choses qui leur sont nécessaires ?
Or, bien que Dieu ait appelé de tout temps ceux qui ont reçu de lui une charge d’enseigner son Église, il n’a cependant pas toujours usé des mêmes moyens pour les y appeler. Car il a envoyé les Prophètes et Apôtres d’une façon extraordinaire, en tant qu’il n’a pas fait usage du suffrage et de l’élection des hommes en leur endroit. Pareillement lorsque l’ordre de l’Église est totalement interrompu, et que la pureté de son service est abolie, selon ce qu’il peut apparaître extérieurement, Dieu suscite extraordinairement des personnes qu’il dote de grâces propres pour rétablir l’ordre de l’Église, et remettre dessus son service en la pureté qui convient. Et comme ce sont des choses extraordinaires, elles n’ont pas toujours lieu en l’Église.
Mais quant aux ministres et Pasteurs, leur charge doit durer en l’Église jusques à la consommation du monde, ayant certains troupeaux qui leur sont assignés, afin qu’ils les nourrissent en la connaissance et crainte par la prédication de sa parole, et l’administration des sacrements qu’il a institués. Et ceux-ci sont appelés de Dieu à leur charge par le moyen des hommes : assavoir par une élection sainte et légitime, telle qu’elle nous est enseignée par la parole de Dieu. Et ainsi, bien qu’ils doivent sentir en leur conscience le témoignage de leur vocation intérieure, il faut néanmoins que la vocation extérieure et ordinaire, selon l’ordre de l’Église, y soit adjointe avant qu’ils puissent s’entremettre d’annoncer l’Évangile. Et voilà pourquoi l’apôtre spécifie et déclare si soigneusement et par le menu les choses requises à un fidèle Pasteur (Timothée 3 :1), afin que par cela l’Église connaisse mieux ceux qu’elle devra élire en une telle charge. Et même écrivant à Tite (1 :7): Je t’ai laissé, dit-il, afin que tu établisses des Anciens par les villes, comme je l’ai ordonné. S’il y a quelqu’un qui soit irrépréhensible, etc. Pour nous faire comprendre premièrement que l’élection a lieu en telle chose, et secondement qu’on doit y procéder avec grande prudence et égard, afin que l’Église soit bien pourvue. A cela appartient la remontrance qui est faite à Timothée (1 Timothée 5 :22), qu’il n’impose pas à la hâte les mains sur aucun, et ne communique point aux péchés d’autrui. Et même, (bien que Timothée doive être plutôt compté au rang des Évangélistes qui ont eu lieu au commencement avec les apôtres, qu’au rang commun des Pasteurs), l’apôtre déclare néanmoins qu’il a été élu à sa charge par l’imposition des mains de la compagnie des anciens (1 Timothée 4 :14). Et suivant cela, il est dit que S. Paul et Barnabas ordonnaient des Pasteurs dans chaque Église avec prières et jeûnes (Actes 14:23).
En somme, il nous apparaît par toute l’Écriture Sainte, qu’excepté les Prophètes, Apôtres, et ceux que Dieu a en certains temps suscités extraordinairement et sans le moyen des hommes, tous les autres qu’il a envoyés pour porter sa parole, ont reçu témoignage de leur vocation par l’ordre de l’Église, qui est comme la main de Dieu, par laquelle il élève les hommes en une telle charge.
Et tout comme Dieu approuve ceux qui avec vocation légitime s’emploient à son service, qu’il les assiste, qu’il bénit leurs labeurs et ratifie au ciel la doctrine qu’ils ont annoncée en la terre : aussi il a de tout temps condamné, rejeté et puni ceux qui sans être envoyés, se sont ingérés en quelque charge ecclésiastique. [exemples tirés de l’Ancien Testament : Jérémie 14 ; 29 :23 ; Ézéchiel 13 :7 ; Nombres. 16 1 ; Samuel 6 ; 13 ; 2 Sam. 6 ; 2 Chroniques 26].
Tous ces exemples sont suffisants pour nous retenir en notre devoir, afin que nous ne nous avancions pas outre ce qui nous sera commandé par Dieu. Car estimons-nous que si après tant de défenses, de menaces, de punitions rigoureuses contre ceux qui ont commis de telles fautes, on veut néanmoins violer et pervertir l’ordre que Dieu a établi, une telle audace et témérité puisse demeurer impunie ? Que donc l’enseignement de l’Apôtre aux Hébreux nous contienne enserrés dans les limites de notre vocation, quand parlant de la sacrificature, il dit que nul ne prend l’honneur à soi-même sinon celui qui est appelé par Dieu (Hébreux 5 :4). Comme aussi quand Saint Paul parle de la prédication de l’Évangile : Comment entendra-t-on, dit-il, sans prédication ? Et comment prêchera-t-on sinon qu’on soit envoyé ? (Romains 10 :14-15), montrant par cela que nul ne doit s’avancer pour prêcher la parole de Dieu, sinon celui à qui Dieu aura ouvert la bouche, l’appelant à un tel office. Et c’est la raison pourquoi les serviteurs de Dieu ont tant de fois allégué leur vocation, tant pour témoigner qu’ils ne s’étaient pas ingérés d’eux-mêmes, qu’aussi pour rendre les hommes plus attentifs et obéissants à la doctrine qu’ils annonçaient. Ainsi, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Zacharie, et les autres disent qu’ils sont envoyés. Ainsi Saint Paul déclare qu’il est constitué héraut pour annoncer l’Évangile. Ainsi Jésus-Christ lui-même témoigne qu’il est envoyé, et que ce qu’il fait est selon la charge qui lui est commise. »
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Rev. VEILLEUX Mario Eglise Réformée de Beauce (Québec)
Lectures:
Psaume 120:6-7 / Romains 12:9-18
Assez longtemps mon âme a demeuré auprès de ceux qui haïssent la paix.
Je suis pour la paix ; mais dès que je parle, Ils sont pour la guerre.
Psaume 120:6-7
Que la charité soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur; attachez-vous fortement au bien. Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres; par honneur, usez de prévenances réciproques. Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur. Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l’hospitalité. Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent. Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. (...)
(...) Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépende de vous, soyez en paix avec tous les hommes.
" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."
Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
(Romains 5-6)
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