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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 18:33
Citations (35)

Ces citations appartiennent à des Pères de l'Eglise, pasteurs, conducteurs, anciens, écrivains profanes ou non…. Chacune d’entre elles est une petite leçon de sagesse, ramenant toujours à l’essentiel et au principal : La Bible et son Divin Auteur qui est Dieu.

Croix

 

 

 - Dieu parle à sa manière, et même de façon très claire. Tout d'abord, il parle à travers son œuvre majeure, la Création de l'univers, qui n'est pas, qui ne saurait être le produit du chaos, du hasard incontrôlé, de millions de milliards de combinaisons hasardeuses qui n'ont aucun sens. Si l'univers n'avait pas de sens, à quoi cela servirait-il de lire, d'écouter certaines émissions à la radio ou de regarder certains programmes à la télévision, pourquoi chercherait-on à s'instruire ? Mais, la vérité, c'est que l'univers entier crie la puissance et la sagesse de celui qui l'a créé et le maintient à chaque instant. Dieu. (...) Dieu parle à notre conscience, par laquelle chacun de nous sait plus ou moins distinguer le bien du mal (...) Sans cette distinction, il faudrait abolir tout système judiciaire, toute police, toute forme d'altruisme. D'où nous vient cette distinction ? Du chaos originel, de la soupe primitive qui s'est subitement retrouvée douée de sens moral par l'effet d'une mutation génétique inattendue ? Allons donc ! (Eric Kayayan)

 

 

- Tous les hommes sont naturellement pleins de péchés. Et il n'y a pas de sauveurs de pécheurs, pas de voie de salut que par Christ. (Jonathan Edwards)

 

 

 

- Une personne est considérée juste par Dieu non pas sur la base de ce qu'elle fait, mais sur la base de ce que Christ a fait. L'acte de Dieu qui justifie le pécheur ne peut être annulée. C'est pour toujours. Il est reçu par la foi, par la grâce seule. Pas de médiateurs mais le Christ lui-même. (Augustus Nicodemus)

 

 

 

- Dieu ne peut pardonner à personne simplement en disant : "Je vais pardonner". Il ne peut pas. Il n'y avait qu'une seule manière par laquelle Dieu pouvait pardonner ; c'était en mettant nos péchés sur Son Fils et en les punissant en Lui. C'était un Saint Amour...un Juste Pardon. Dieu doit toujours être juste. (Martyn Lloyd-Jones)

 

 

 

- "Afin que le dessein de Dieu selon l'élection ne repose pas sur les œuvres, mais sur celui qui appelle". Il n'y a donc plus rien à dire. Le salut vient entièrement de Dieu. Les hommes et les femmes ne peuvent jamais se vanter du fait qu'ils se sont sauvés. C'est Dieu qui sauve. ( Martyn Lloyd-Jones)

 

 

 

- Lorsque je me regarde, je ne vois pas comment je peux être sauvé. Mais lorsque je regarde le Christ, je ne vois pas comment je peux être perdu. (Martin Luther)

 

 

- Christ est mort pour moi. Il a fait mienne sa justice et a fait sien mon péché. Et s'il a fait sien mon péché, alors je ne l'ai plus, et je suis libre. (Martin Luther)

 

 

- Nous sommes justes parce que Dieu nous a imputé la justice de Christ. (R.C. Sproul)

 

 

- Par Christ, nous avons été adoptés comme fils et filles du Très Haut. Il n'y a donc plus de condamnation mais déclaration de justice parfaite qui nous a été imputée à cause de la justice de Christ. ( William F. Hill, Jr. )

 

 

- Sur la croix, Christ a non seulement payé la peine que nous méritons, mais nous a également accordé la justice que nous ne méritons pas. (Dustin Benge)

 

 

Ah Seigneur Jésus ! Je n'ai jamais connu ton amour jusqu'à ce que j'aie compris le sens de ta mort. (Charles Spurgeon) 

 

 

 Un message pour l'incrédule - « c'est mon privilège de vous dire que si vous reconnaissez votre aveuglement et les ténèbres de votre mauvais cœur, votre péché et votre désespoir, et que vous vous jetez sur la miséricorde de Dieu, il vous recevra et vous dira qu'il "t'a aimé d'un amour éternel » (Jeremie 31:3). Et Il vous donnera une nouvelle vie, un nouvel espoir, la paix, la sécurité, la sûreté - et tout ce dont vous avez besoin dans cette vie et dans le monde à venir "  ( Martyn Lloyd-Jones)

 

 

- La foi opère en recevant, mais en recevant seulement : l'homme s'efface, pour laisser tout le Salut à Dieu. Ne me dites pas que la foi sent, que la foi aime, que la foi obéit ; et que c'est par ce sentiment, par cet amour, par cette obéissance qu'elle vaut devant Dieu. Non, vous dis-je ; la foi ne fait que recevoir ; et c'est par cette simplicité du recevoir qu'elle vaut, parce que c'est par elle qu'elle laisse à Dieu toute la Gloire du faire. Le sentiment, l'amour, l'obéissance, ce n'est pas la foi, c'en sont les fruits, les œuvres ; et attribuer le Salut à ces fruits, à ces œuvres, c'est, après l'avoir rejetée dehors par le grand portail, ramener la justice propre par une porte dérobée. Ne me dites pas même que la foi est une condition du salut. Sans doute, cela peut se dire, si l'on ne veut exprimer par là que la nécessité de la foi pour être sauvé ; mais le mot de condition présente à l'esprit l'image d'une participation agissante méritoire ; et l'humble participation du recevoir ne saurait être qualifiée de condition sans abuser du langage. Vous vous rendriez ridicule si vous disiez : La vallée de Chamonix est admirable -- mais à condition qu'on la regarde ; ou le raisin est un fruit exquis -- mais à condition qu'on le prenne. Il ne faudra pas dire davantage : La grâce de Dieu nous sauve, mais à condition qu'on y croie ; mais il faudra dire avec l'Apôtre : « La grâce de Dieu nous sauve par la foi. ». Par la foi, précisément pour bien constater que l'homme n'y est pour rien, et que le salut est un don de Dieu, un pur don, tout gratuit ; ainsi l'explique l'Apôtre, reprenant sa pensée par le côté négatif, pour ne laisser à notre orgueil aucune issue par où lui échapper : « Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; cela ne vient pas des oeuvres, afin que nul ne se glorifie. » C'est dans le même esprit que le même Apôtre écrit aux Romains une ligne qui résume à elle seule tout ce que nous pourrions dire là-dessus : « C'est par la foi -- afin que ce soit selon la grâce. » Pesez bien cette parole profonde. (...) La première voie ouverte à l'homme pour glorifier Dieu, l'obéissance parfaite, qui eût rendu hommage à la perfection de Sa Loi, t'est fermée, mais il t'en reste une seconde, la foi, qui rend hommage à la Gratuité de Sa Grâce. Cet hommage ne sera pas moins agréable à Dieu que n'eût été l'autre ; que dis-je ? Il le sera même davantage, car « Dieu est Amour, » et de toutes Ses Perfections, celle dont Il est le plus jaloux, c'est Son Amour Tout Gratuit, que l'homme innocent n'eût jamais connu, que l'ange saint n'a point éprouvé, et que l'homme pécheur, mais reçu en Grâce, a la tendre mission de sentir et de proclamer. (…)  (Adolphe Monod)

 

 

- Celui qui vient à Dieu dans la bonne attitude, celui qui reconnaît son péché et prend pleinement conscience du fait qu'il se présente devant Dieu en tant qu'une personne indigne ne pouvant se fier qu'à Sa Miséricorde, recevra ce qu'il cherche. Si tu viens vraiment à Christ, afin de recevoir de Lui le pardon, tu verras alors qu'Il fait de toi un homme nouveau. Tu viens à Lui comme un patient vient chez un médecin, afin qu'Il guérisse ta maladie et tes blessures. Confesse Lui tout ce qui te pèse, ne retiens rien. Et ne pense pas pouvoir venir à Lui en raison de tes propres bonnes actions. Ne dis pas : "Jésus, pardonne moi, car je ne suis pas une mauvaise personne", mais confesse comme David : "Pour l'amour de ton nom, ô Éternel, pardonne mon péché qui est si grand". ( Jonathan Edwards)

 

 

- Il appelle Jésus-Christ Fils de dilection, ou le Fils très cher du Père, parce que c'est lui seul en qui le Père a pris tout son bon plaisir, comme il est dit en Matthieu 17.5, et par lequel tous les autres sont aimés. Car il faut que nous tenions pour tout certain que nous ne sommes point agréables à Dieu autrement que par Christ. Et il ne faut point douter que Saint Paul ne veuille tacitement noter la séparation mortelle que les hommes ont d'avec Dieu, jusqu'à ce que la dilection apparaisse en la personne du Médiateur. (Jean Calvin Commentaire sur Colossiens 1.13, )

 

 

- "... et nous a transportés au royaume de son Fils bien-aimé". Ce sont déjà les commencements de notre béatitude, quand nous sommes transportés au royaume du Christ, d'autant que nous passons de la mort à la vie. Saint Paul attribue ceci aussi à la grâce de Dieu, afin que nul ne pense pouvoir obtenir un si grand bien par son propre effort. comme donc notre délivrance de la servitude du péché et de la mort est l'oeuvre de Dieu, ainsi autant en faut-il dire de ce que nous passons dans le royaume du Christ. (Jean Calvin commentaire sur Colossiens 2.13, )

 

 

 - Je peux dire avec une confiance absolue que vous ne trouverez pas de meilleures nouvelles aujourd'hui que cela : à vous est né ce jour dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ Le Seigneur ! (Kevin De Young)

 

 

- Le MESSIE est "Emmanuel, Dieu avec nous", de notre côté, non plus le vengeur du péché, mais l'auteur du SALUT. (John Newton)

 

 

Quelle grâce d’avoir la liberté d’invoquer Dieu ! Quelle sagesse que d’en faire bon usage ! C’est folie de recourir aux hommes, quand le Seigneur nous invite à lui présenter notre cas à Lui-même. (Charles Spurgeon)

 

 

- Ceux qui enseignent par leur doctrine doivent enseigner par leur vie, ou bien, ils tirent d'une main ce qu'ils construisent avec l'autre. (Matthew Henry)

 

 

- Je hais le péché non pas parce qu'il me damne, mais parce qu'il a fait du tort à Dieu. Avoir chagriné mon Dieu est pour moi le pire des chagrins. (Charles Spurgeon)

 

 

- Les Écritures ne nous sont pas données simplement comme une doctrine abstraite ; elles nous viennent comme la Parole divine de Dieu, conçue pour l'édification, la reproduction, la correction et l'instruction, afin que nous soyons pleinement équipés en tant qu'hommes et femmes de Dieu. (R.C. Sproul)

- Bien qu'Il ait tendu la main et semble menacer nos plus chers conforts, pourtant quand nous nous souvenons que c'est Sa Main, quand nous considérons que c'est Son Dessein, Son Amour, Sa Sagesse, Sa Puissance, nous ne pouvons pas refuser de Lui faire Confiance. (John Newton)

 

 

- Car la satisfaction d’être maître à bord est la pire peste qui puisse atteindre les hommes pour les perdre et les couler ; aussi l’unique havre de salut est-il de ne pas être sage à ses propres yeux, de ne rien attendre de soi, mais seulement de suivre le Seigneur. (Jean Calvin)

 

 

 

- Nous sommes entre les mains de Dieu... C'est lui qui ordonne nos vies et en dispose à son bon plaisir... Notre responsabilité est de nous abandonner à lui en toute humilité et obéissance... Qu'il est juste que nous lui appartenions entièrement dans la vie comme dans la mort" (Jean Calvin)

 

- L'ironie du légalisme, c'est qu'il ne nous donne pas envie de travailler plus dur, il nous donne envie d'abandonner (Burk Parsons)

 

 

- Souvenez-vous que la sainteté est une fleur, non une racine ; ce n'est pas la sanctification qui sauve, mais le salut qui sanctifie. Un homme n'est pas sauvé par sa sainteté, mais il devient saint parce qu'il est déjà sauvé. (Charles Spurgeon)

 

 

- Une profession de foi ne justifie personne. C'est la possession de la foi qui justifie. (R.C. Sproul)

 

 

- Si votre foi et votre espérance sont en Dieu, alors vous avez une sécurité que personne ne peut détruire. (Charles Spurgeon)

 

 

- Beaucoup de gens pensent que le Christianisme, c'est que tu fais toutes les choses justes que tu détestes et évites toutes les choses méchantes que tu aimes afin d'aller au paradis. Non, c'est un homme perdu avec la religion. Un Chrétien réel est une personne dont le cœur a été changé ; ils ont de nouvelles affections. (  Paul Washer)

 

 

- Les Chrétiens prennent plaisir à lire les Ecritures, parce qu'elle parlent de leur Sauveur Bien-Aimé. (JC Ryle)

 

 

L'humilité est toujours la plus grande sauvegarde dans la vie spirituelle. Ainsi, lorsque nous sommes abaissés et humiliés, c'est bon pour nous ; et tout ce qui fait cela pour nous travaille pour notre bien. Dans cet état, nous commençons à voir une foule de choses que nous avions tendance à oublier. ( Martyn Lloyd-Jones)

- Nous prions mieux lorsque nous sommes tombés face contre terre dans une douloureuse impuissance. (Charles Spurgeon)

- Jésus Christ est le Seigneur souverain de l'Eglise. Sa parole est notre loi, Son adoration est notre amour, Sa volonté est notre vie. (Dr Steven Lawson)

- La sanctification est toujours et automatiquement une conséquence de la justification. (R.C. Sproul)

 

- La fondation de la vraie sainteté et du vrai culte chrétien est la doctrine de l’Évangile, ce que nous sommes à croire. Lorsque la doctrine chrétienne est négligée, abandonnée ou corrompue, la vraie sainteté et le culte seront aussi négligés, abandonnés et corrompus. (John Owen)

 

 

Le faux prophète est un homme qui n'a pas de " porte droite " ni de " voie étroite " dans son évangile. Il n'a rien qui est offensif à l'homme naturel ; il plaît à tous. Il est dans les vêtements de moutons, si attrayant, et si agréable à regarder. Il a un message également si agréable, confortable et réconfortant qu'il plaît à tout le monde et tout le monde parle bien de lui. Il n'est jamais persécuté pour sa prédication. Il est loué par les libéraux et les modérés, il est loué par les évangéliques. Il est toutes choses à tous les hommes dans ce sens où de fait il n'y a aucunement de porte droite avec lui, il n'y a pas de chemin étroit dans son message, il n'y a pas d'offense de la croix. " Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous dans des vêtements de moutons mais intérieurement sont des loups." Matthieu  7:15  (Martyn Lloyd-Jones)

 

 

Nous devons éviter de faire d'une facette de l'amour de Dieu son attribut absolu. Mettre l'accent exclusivement sur l'amour électif de Dieu conduit à l'hyper-calvinisme. A l'inverse, nous focaliser uniquement sur l'amour providentiel de Dieu pour sa création mène au panthéisme ou à toute autre forme de monisme. (Guillaume Bourin d'après une mise en garde de Donald Arthur Carson)

 

 

- Avec quelle difficulté les hommes font une petite bonté à leurs ennemis ; mais Christ nous a aimés alors que nous étions ses ennemis, qu'Il a joyeusement jeté sa vie sous les tourments les plus extrêmes pour nous sauver de l'enfer que nous méritions et nous amener à la gloire éternelle. (x)

 

 

 

- Celui qui demande grâce et n'en montre aucune, ruine le pont sur lequel il doit lui-même passer. (Thomas Adams)

 

 

- Le péché est généralement au fond de toutes les cachettes de la face du Seigneur ; demandons au Seigneur de nous en révéler la forme spéciale, afin que nous nous en repentions, que nous la surmontions et que nous l'abandonnions désormais. (Charles Spurgeon)

 

 

- Il n'y a pas de meilleur sentiment que de nous relever après nous être mis à genoux, sachant que Dieu a pardonné tous les péchés que nous avons commis. (R.C. Sproul)

 

 

- Lorsque l'obscurité tombe sur vous, lorsque la peur vous gagne, lorsque votre conscience troublée vous tourmente, lorsque votre cœur est brisé, le Christ est infiniment plus grand que les ténèbres, votre peur, votre conscience, votre cœur. Christ a restauré Pierre tombé. Il vous restaurera en venant à Lui. (Via Katy Von Bora)

 

 

- Je veux détester mes péchés plus que je déteste les péchés des autres qui pèchent différemment que moi. (Burk Parsons)

 

 

Apprenons à connaître Christ, et Christ crucifié ; apprenons à chanter sa louange, à désespérer de nous même et à dire : "Toi, Seigneur Jésus, Tu es ma Justice, mais moi, je suis ton péché ; Tu as assumé ce qui est à moi, et Tu m'as donné ce que je n'étais pas. (...). " Réfléchissons bien à ce Grand Amour, et voyons y la plus Douce des consolations. En effet, s'il convient de parvenir à la quiétude de la conscience par nos efforts et nos épreuves, pourquoi donc est Il mort ? Nous ne trouverons donc la Paix qu'en Lui, après avoir désespéré de nous même et de nos œuvres ; nous apprendrons en outre de Lui même que, de même qu'Il s'est chargé de nous et qu'Il a fait Sien nos péchés, de même Il fait notre Sa Justice. (Martin Luther)

 

 

- Je vous remercie chaleureusement pour votre lettre. Quant à ce que vous et mes autres ennemis dites contre moi, je sais des choses pires sur moi que vous ne direz jamais sur moi. Avec amour en Christ, (George Whitefield)

 

 

- Cela ne vous fait pas être un témoin si vous savez qu'il y a de l'espoir que quelqu'un pourrait être sauvé. Je ne vais pas aller perdre mon temps si c'est à l'homme. Il ne viendra jamais ! Mais si je sais que la grâce souveraine peut souffler partout où elle souhaite sur le plus dur des cœurs, j'ai alors oui de l'espoir de témoigner. Je peux alors regarder mon voisin mort qui rejette l'Evangile, ou mon mari incroyable, année après année, et trouver l'espoir parce que le vent de la grâce pourrait souffler aujourd'hui. C'est un message de l'Evangile avec l'espoir à l'intérieur. (Jesse barrington

 

 

 -  Le seigneur des lumières, par son Saint Esprit, veuille de ce saint et salutaire Evangile enseigner les ignorants, fortifier les faibles, illuminer les aveugles et faire régner sa vérité en tous peuples et nations, afin que le monde universel ne connaisse qu’un Dieu et un seul Sauveur, Jésus-Christ, une foi et un Evangile, Ainsi soit-il. (Jean Calvin)

 

 

- les non croyants peuvent tolérer Jésus christ aussi longtemps que celui-ci est dépouillé de sa véritable identité. (R.C. Sproul)

 

 

- Christ n'est pas un demi-sauveur. C'est une chose difficile d'amener des cœurs orgueilleux à se reposer sur Christ pour la justice. Dieu humilie les orgueilleux en appelant les pécheurs entièrement de leurs propres justices à Christ pour leur justification. (John Flavel)

 

 

- Prêchez Christ, il a été crucifié et ressuscité. Seul ce témoignage réconforte le cœur souffrant et encourage les croyants à continuer. Rien d'autre ne remplace la prédication pure et simple de l'Evangile. (Augustus Nicodemus)

 

 

- C'est maintenant votre opportunité tant que vous vivez. Le Christ ne vous invitera plus et ne s'offrira plus à vous après votre mort. (Jonathan Edwards)

 

 

- Sola Scriptura signifie que toute connaissance doit être soumise à l'autorité de la Parole de Dieu. Il n'y a pas d'autorité plus élevée dans ce monde que la Parole de Dieu. (Grant R. Castleberry)

 

 

- C'est une chose de prêcher sur la grâce en généralités. C'en est une autre d'expliquer la manière dont cette grâce devient opérationnelle dans la vie des croyants à cause de la mort substitutive, conjurant la colère, expiant le péché, conquérant Satan et assurant la consommation sécurisante de Jésus Christ. (Nick Batzig)

 

 

"... ne craignez pas le reproche des hommes. Avoue le Christ audacieusement et sainement devant le monde. Montrez vos couleurs, et n'ayez pas honte de votre Maître. Le temps est court : l'éternité se précipite. La croix n'est que pour un court moment : la couronne est éternellement." ( J.C.Ryle )

 

 

- Si la croix n'est pas une folie pour le monde perdu, alors nous avons déformé la croix. (Dr Steven Lawson)

 

 

- "La repentance envers Dieu et la foi envers notre Seigneur Jésus Christ", telle était la somme des instructions apostoliques. Ce n'est pas une invocation occasionnelle du nom, ou une reconnaissance passagère de l'autorité du Christ, qui remplit la mesure des termes "Croire en Jésus".  (William Wilberforce)

 

 

- Quant à moi-même, si je n'étais pas calviniste, je pense que ne devrais avoir plus d'espoir de succès dans la prédication aux hommes, qu'aux chevaux ou aux vaches. (John Newton)

 

 

- Bien que ma mémoire faiblisse, je me souviens très clairement de deux choses : je suis un grand pécheur et le Christ est un grand Sauveur. (John Newton)

 

 

- Celui qui peut dire : "Je sais que mon Rédempteur vit", sait que Son Rédempteur est au-dessus de tout et qu'il peut tout faire pour lui. (Jonathan Edwards)

 

 

- Comment savons-nous que Dieu nous a élus avant la fondation du monde ? Parce que nous croyons en Christ... La foi est comme la copie de notre adoption (acte). Dieu, dans son conseil éternel, garde l'original sur son registre et nous en donne une copie par la foi. (Jean Calvin (3ème sermon sur Ephésiens)

 

 

-  De sa nature, en effet, Dieu est enclin à nous faire venir à lui d’une façon douce et aimable, tout comme un père ne demande qu’à gagner ses enfants, riant avec eux, et leur donnant tout ce qu’ils désirent ; si un père pouvait toujours rire avec ses enfants, et satisfaire leurs appétits, il est certain que tout son plaisir serait là. Dieu donc se montre tel avec nous… le propre de Dieu est de nous gagner doucement, tout comme un père tâchera de gagner ses enfants. Qu’est-ce donc que Dieu demande ? que nous le servions d’un cœur franc et libéral, et que nous le servions joyeusement. Et pourquoi , parce qu’il nous traite en toute humanité, qu’il nous donne tout ce qu’il faut, et que nous avons contentement et repos, si nous ne sommes pas des ingrats… (Jean Calvin)

 

 

 

Précédemment : Citations (34)

Suite : Citations (36)

 

 

Bible protestante

 

Croix Protestante

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:40
Dieu est Amour (1ère Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

 

Dans une petite ville d’Italie que le volcan du mont Vésuve ensevelit, il y a de cela des années lointaines, sous un fleuve de lave, on trouva d’anciens manuscrits brûlés qui ressemblaient plus à des charbons éteints qu’à des livres, et qu’on déploya par d’ingénieux procédés, péniblement, lentement, ligne après ligne, mot après mot.

 

Supposons qu’un de ces rouleaux d’Herculanum renfermât un exemplaire de notre épître, et le seul qu’il y en eût au monde.

 

Parvenu au quatrième chapitre et au huitième verset, on vient de déchiffrer ces deux mots :

 

« Dieu est »,

 

et l’on ignore encore celui qui doit suivre.

 

Quelle attente !

 

Ce que les philosophes ont tant et si vainement cherché, ce que les plus sages d’entre eux ont enfin renoncé à découvrir, une définition de Dieu, la voici donc et la voici de la main de Dieu Lui-même.

 

Dieu est… que va-t-on nous dire et quel est Il ?

 

Quel est Il, ce Dieu caché, « qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, que nous cherchons comme en tâtonnant, bien qu’Il ne soit pas loin de chacun de nous », et qui nous contraint de nous écrier comme Job :

 

« Oh ! Si je savais comment le trouver ! Voilà, si je vais en avant, Il n’y est pas, et si je vais en arrière, je ne l’y apercevrai point ; Il se fait entendre à gauche et je ne puis le saisir, Il se cache à droite et je ne l’y vois point ? » (Job 23 / 3,8,9)

 

Quel est Il, ce Dieu puissant, dont une parole a créé tout ce qui est et dont une autre parole peut l’anéantir, « en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être », qui nous tient chaque moment sous sa main, et qui peut faire ce qu’Il lui plaît de notre existence, de notre situation, de notre séjour, de notre société, de notre corps, de notre esprit lui-même ?

 

Quel est Il enfin, ce Dieu Saint, « dont les yeux sont trop purs  « pour voir le mal », que notre conscience nous convainc d’avoir offensé et dont la nature nous révèle vaguement la colère, sans que ni conscience ni nature nous fasse pressentir s’il y a pardon auprès de Lui ; Ce Juste Juge entre les mains duquel nous pouvons tomber après avoir donné ce message, peut être demain, peut être aujourd’hui, ignorants de la sentence éternelle qu’Il nous réserve, et sachant seulement que nous avons mérité qu’elle nous soit contraire ?

 

Quel est Il ?

 

Notre repos, notre salut, notre éternité, tout est là ; et je crois voir toutes les créatures de Dieu se pencher sur le Saint Livre, dans l’attente silencieuse et solennelle de ce qu’Il va révéler au monde sur la question des questions.

 

Voici le mot fatal qui se découvre : amour.

 

« Dieu est Amour ».

 

Que pouvait souhaiter de meilleur, que pouvait concevoir de comparable l’imagination la plus confiante et la plus hardie ?

 

Ce Dieu caché, ce Dieu puissant, ce Dieu saint, Il est Amour.

 

Que nous faut il de plus ?

 

Dieu nous aime : que dis je, Il nous aime ?

 

Tout en Dieu est Amour.

 

L’amour est le fond même de Dieu ; qui dit Dieu dit amour.

 

« Dieu est Amour ! »

 

Oh ! Réponse qui passe toutes nos espérances !

 

Oh ! Révélation bienheureuse qui met fin à toutes nos anxiétés !

 

Oh ! Gage assuré de notre félicité présente, future, éternelle !

 

Oui, si nous pouvons croire ; car ce n’est pas assez que Dieu soit Amour, si nous ne pouvons dire avec saint Jean :

 

« Nous avons connu et nous avons cru l’amour que Dieu a pour nous ».

 

L’amour de Dieu ne peut ni nous consoler, ni nous éclairer, ni nous sanctifier, ni nous sauver même, l’amour de Dieu est pour nous comme s’il n’était pas, aussi longtemps qu’il n’a pas été « répandu dans notre cœur par le Saint Esprit » (selon Romain 5/5, l’amour de Dieu, dans cet endroit, c’est l’amour de Dieu pour nous, et non pas notre amour pour Dieu),

 

et « mêlé avec nous par la foi » (Selon Hébreu 4/2, par la foi, la parole de Dieu pénètre dans notre âme et s’unit à elle, comme les aliments qui entrent dans notre corps s’assimilent à sa substance.)

 

Créatures spirituelles et responsables, nous possédons le glorieux mais terrible privilège de pouvoir nous ouvrir ou nous fermer à l’amour de Dieu, et par là nous prévaloir ou nous exclure de cet amour, le trésor du genre humain et l’espérance de l’univers.

 

La foi à l’amour de Dieu, voilà donc le sentiment que je voudrais nous inspirer à tous.

 

Oh ! Si je pouvais nous renvoyer émus, saisis, pénétrés de cette pensée :

 

« Dieu est Amour ! »

 

Seigneur, s’il est vrai que tu es Amour, fais le connaître en conduisant ma plume par ton Amour, et en ouvrant à cet amour le cœur de tout le peuple !

 

Le véritable amour ne se déclare pas seulement, il se montre ; ou mieux encore, selon une belle expression de saint Jean, il se donne :

 

« Voyez quel Amour le Père nous a donné ! » (1 Jean 3/1)

 

Aussi, non content de nous dire qu’Il est amour, Dieu nous l’a prouvé par des marques visibles, par des faits éclatants qui changent cette touchante doctrine en une histoire plus touchante encore.

 

Ouvrons les oreilles et écoutons, ouvrons les yeux et regardons : il n’en faut pas davantage pour reconnaître que Dieu est amour.

 

Ces faits, ce n’est pas à la création ni à la vie naturelle que je vais les emprunter.

 

Non que l’une et l’autre ne soient remplies de l’amour de Dieu, car « L’Eternel est bon envers tous », et « tout ce qui respire loue l’Eternel » (Psaume 145 : 9 & Psaume 150 : 6) ; mais les preuves qu’elle en fournissent seraient insuffisantes pour nous persuader, parce que des marques de colère s’unissent aux marques d’amour dans l’ouvrage du Dieu créateur.

 

Si la douce chaleur du soleil pénètre la nature de vie et de joie, si des fleuves majestueux font couler dans nos campagnes la fertilité et l’abondance, si l’haleine bienfaisante des vents rafraîchit et purifie l’air que nous respirons, si la terre porte et nourrit à la fois les générations humaines, n’avons-nous pas vu ce soleil se changer en un feu consumant, ces fleuves en torrents dévastateurs, ces vents en tempêtes qui brisent des navires sur nos côtes dans une nuit, et cette terre elle-même, cette terre fidèle, en un sol mouvant qui, dans un jour, dans une heure, dans un moment, engloutit une ville et l’efface de dessous les cieux ?

 

Si le foyer domestique a des joies si douces, ces tendres épanchements, cette aide semblable à nous, ces autres nous-mêmes en qui nous revivons, cette caresse d’un petit enfant, ce sourire d’une mère, hélas ! N’a-t-il pas aussi des peines cruelles, ces orages du cœur, ces privations de la pauvreté, ces angoisses de la maladie, et tôt ou tard cette mort qui, avant même qu’elle finisse toutes nos joies, les glace toutes vives par la crainte de les voir chaque jour échapper à nos faibles mains ?

 

Il est vrai que, si nous prenions le soin de démêler ces témoignages contradictoires pour y faire la part du Créateur et celle de la créature, nous trouverions que les marques de colère ne sont point entrées dans le plan de la création, et que l’ouvrage de Dieu, tel qu’il est sorti de Ses mains et qu’il n’a tenu qu’à l’homme de le laisser, resplendissait d’amour comme le soleil de lumière.

 

Quel amour dans l’œuvre de ces six jours dont chacun, dans le récit de Moïse, se termine par ces mots :

 

« Et Dieu vit tout ce qu’Il avait fait ; et voilà, il était très bon ! »

 

Quel amour dans cette lumière des cieux, dans cette terre féconde, dans cet ordre des saisons, dans ces flambeaux du firmament, dans cette multitude vivante qui peuple et qui anime la création tout entière !

 

Quel amour dans cet homme fait à l’image de Dieu, capable de penser, de parler et d’aimer ; songeons y, quel amour dans cette parole :

 

« Faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance ! »

 

Quel amour dans cet Eden, c'est-à-dire dans ce séjour des délices, et dans cette semaine de l’homme partagée, à l’imitation de celle de Dieu Lui-même, entre un travail si facile et un repos si doux !

 

Quel amour dans cette femme formée d’une côte d’Adam, dans cette union à la fois si tendre et si pure, et dans toute cette félicité naïve qui, tout inconnue qu’elle est pour nous, a laissé dans le fond de notre cœur comme un vague et douloureux souvenir !

 

Quel amour même dans cet arbre de la science du bien et du mal par lequel Dieu éprouve nos premiers parents, et qui devait, s’ils étaient fidèles, échanger leur innocence enfantine contre une obéissance de réflexion et de liberté !

 

Ah ! Croyons le, si nous eussions pu interroger Adam avant sa chute, nous aurions entendu sortir de l’abondance de son cœur, nous aurions lu dans chacun de ses regards l’exclamation de notre texte :

 

« Dieu est Amour ».

 

Mais c’est d’un autre amour que je veux nous parler, d’un amour dont Dieu vous aime, m’aime aujourd’hui, et nous aime, vous aime tels que vous êtes.

 

Cet amour, je veux vous le faire voir concentré dans un fait, dans un seul fait qui suffit à notre apôtre, et qui nous suffira également  si nous savons le méditer.

 

« En ceci », poursuit saint Jean développant lui-même sa pensée, « en ceci est manifesté l’amour de Dieu envers nous que Dieu a envoyé son Fils Unique au monde, afin que nous ayons la vie par Lui. En ceci est l’amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés, et qu’Il a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés ».

 

Mais au moment d’ouvrir cette doctrine pour nous montrer le trésor d’amour qu’elle renferme, une crainte secrète me retient et me gêne.

 

Je sais qu’il y a ici un prodige d’amour qui a de quoi nous étonner, nous confondre, nous ravir ; mais je crains d’être écouté froidement, hélas !

 

Et, s’il faut dire toute ma pensée, je crains d’en parler froidement moi-même.

 

Comme la contemplation journalière de la nature nous a rendus presque insensibles aux beautés dont elle étincelle, ainsi l’habitude d’entendre l’Evangile nous a blasés sur ce don ineffable que toutes les puissances de notre âme sont incapables de sentir et de célébrer dignement.

 

Pour réveiller l’attention de ses lecteurs, un philosophe de l’antiquité, décrivant les merveilles de la création, suppose qu’elle s’offrent pour la première fois aux regard d’un homme qui aurait passé toute sa vie dans un antre obscur, et recherche les impressions qu’un tel spectacle produirait sur un tel spectateur.

 

Je veux faire avec vous quelque chose de semblable.

 

Demandons nous quel effet produirait l’Evangile, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle, sur l’âme du non croyant qui l’entendrait pour la première fois,  après avoir toujours demeuré jusque là dans les ténèbres spirituelles de sa grossière idolâtrie.

 

Ou plutôt laissons les hypothèses, et prenons un fait historique.

 

Les Chrétiens Moraves qui portèrent l’Evangile aux Groënlandais crurent devoir préparer ces esprits à le recevoir, en ne leur parlant d’abord que des vérités générales de la religion, de l’existence de Dieu, de l’obéissance due à ses lois et d’une rétribution future.

 

Ainsi s’écoulèrent quelques années durant lesquelles ils ne virent aucun fruit de leur travail.

 

Un jour enfin, les voici qui hasardent de leur parler du Sauveur, et de leur lire le récit de sa passion.

 

Ils n’eurent pas plutôt achevé que l’un de leurs auditeurs, nommé Kajarnak, s’approche de la table où Beck était assis, et lui dit d’une voix forte, mais émue :

 

« Que nous dis tu là ? Répète nous cela. Moi aussi, je veux être sauvé ! »

(Cranz, Geschichte Von Groenland, page 490)

 

Et Kajarnak crut, vécut en Chrétien et mourut dans la paix, prémices bénies d’une abondante moisson.

 

 Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)  Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:38
Dieu est Amour (2ème Partie)

Dieu est Amour

(2ème Partie)

Par Adolphe Monod,

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Eh bien, mettons nous à la place de Kajarnak dont la conscience vient enfin de se réveiller, et cherchons à nous expliquer la vive impression qu’il reçoit de cet Evangile tout nouveau pour lui.

 

Il ne faut pour cela que suivre pas à pas notre apôtre dans ce développement si court, mais si plein, que nous avons lu dans 1 Jean Chapitra 4 verset 8 :

 

« Dieu est Amour ».

 

Nous y voyons tout à la fois que l’homme pécheur peut encore avoir part à la vie éternelle, que Dieu a envoyé dans le monde son Fils revêtu d’une chair mortelle, qu’Il l’a livré à la mort en expiation de nos péchés, et qu’Il a fait tout cela pour nous gratuitement, quand nous n’avions mérité que sa colère.

 

La première chose qui doit porter Kajarnak à reconnaître que Dieu est amour, c’est le but que Dieu s’est proposé dans l’Evangile et que l’apôtre énonce en ces mots :

 

« Afin que nous ayons la vie ».

 

Quoique le pécheur ait mille fois encouru la mort, Dieu veut non qu’il meure, mais qu’il vive.

 

Il l’a déclaré, Il l’a juré par lui-même :

 

« Je suis vivant, dit le Seigneur, que Je ne prends point plaisir en la mort du méchant, mais en ce qu’il se convertisse et qu’il vive ».

 

Plus on développe à Kajarnak cette vie que Dieu veut donner au pécheur, plus il est surpris, charmé, ému d’un tel amour.

 

Cette vie, c’est la vie de grâce : c’est le pardon de toutes ses offenses, un pardon qui efface, qui ôte le péché.

 

Oter mon péché, se dit à lui même cet homme simple, quel langage !

 

Quand j’ai souillé mes mains du sang  de mon ennemi, je l’ai ôté avec l’eau de la mer ou avec la neige des cieux ; mais ôter le péché de dessus ma conscience, et me rendre la paix, quel amour !

 

Cette vie, c’est la vie du ciel ; c’est la possession de la gloire de Dieu dans le séjour des bienheureux et dans la société des saints anges.

 

Un pécheur tel que moi appelé à une telle gloire, admis dans un tel séjour, reçu dans une telle société : quelle vocation, quel amour !

 

Cette vie, c’est la vie de Dieu : c’est l’Esprit de Dieu, c’est Dieu même qui vient habiter au dedans du pécheur, c’est Dieu qui se donne à lui, qui s’unit à lui ; n’est ce pas là le propre de l’amour ?

 

Dieu faisant sa demeure dans mon âme comme dans un sanctuaire de prédilection, dans cette âme qui ne semblait réservée qu’au démon et à ses anges : quelle condescendance, quel amour !

 

Mais cette nouvelle, cette excellente nouvelle, est elle bien vraie ?

 

Le peut elle être ?

 

Et la loi de Dieu que j’ai violée ; et la Parole de Dieu, engagée à punir le péché par la mort ; et la justice de Dieu, intéressée au châtiment de mes crimes, que deviennent elles ?

 

Peut être semble t il à plusieurs de nous que je prête à Kajarnak des pensées peu naturelles.

 

Dans ce pardon de Dieu auquel il a peine à croire, nous ne découvrons rien qui nous étonne, nous, saturés de science évangélique sans avoir reçu l’Evangile dans notre cœur ; et nous n’y savons voir, au lieu d’une grâce merveilleuse, qu’une chose toute simple que Dieu devait à ses créatures et qu’il se devait à lui même.

 

Faut il donc un si grand appareil pour pardonner ?

 

N’est ce pas le plus noble usage qu’un souverain puisse faire de sa puissance ?

 

Et comment les perfections qu’on prête à Dieu nous feraient elles moins attendre de sa part ?

 

Nous sommes pécheurs, sans doute, mais à tout péché miséricorde.

 

Voilà une de ces maximes populaires où, par une affreuse confusion de la vérité avec l’erreur, on se sert de l’Evangile pour anéantir l’Evangile.

 

A tout péché miséricorde :

 

Maxime vraie, maxime sainte, maxime divine, si nous disions avec surprise, avec ravissement, et comme d’une chose presque incroyable :

 

Il est donc vrai qu’il y a un pardon pour tous nos péchés !

 

Mais maxime fausse, maxime de péché, maxime de perdition,  si nous disons sans joie, sans émotion, et comme d’une chose qui suit tout naturellement des perfections de Dieu et des misères de l’homme :

 

A tout péché miséricorde.

 

Ah ! C’est que nous jugerions alors de Dieu par nous mêmes, attirant ainsi sur nous ce reproche accablant qu’Il adresse aux plus méchants d’entre les hommes :

 

« Véritablement, vous avez estimé que j’étais semblable à vous » (Psaume 50 :21).

 

Pour nous, « formés dans l’iniquité, conçus dans le péché », c’est une chose toute simple que nous tolérerions sans indignation et sans surprise dans les autres ce qui serait tristement en nous une seconde nature.

 

Mais en est il de même pour ce Dieu « dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, qui ne tient pas le coupable pour innocent », et qui a dénoncé la mort et la malédiction contre quiconque transgresse ses commandements ?

 

Il ne faut pas, il ne se peut pas que sa Parole soit trouvée vaine, ni sa loi foulée aux pieds, ni sa justice désarmée ; et Dieu ne serait plus Dieu s’Il pardonnait comme nous l’entenderions.

 

Sachons qu’il y a un obstacle sur le chemin de ce pardon, un obstacle immense, un obstacle à jamais insurmontable pour tout autre que pour Celui « à qui rien n’est impossible ».

 

 

Bien loin que les pensées que nous avons prêtées à Kajarnak aillent au delà de la vérité, elles demeurent fort en deçà.

 

Kajarnak est encore trop peu éclairé sur les perfections divines pour bien apprécier la difficulté ; plus il croîtra en lumières, plus il la verra grandir devant lui.

 

Mais donnons là à résoudre à de plus avancés.

 

Donnons la à résoudre à ce pécheur depuis longtemps travaillé et chargé, qui ne peut se persuader qu’il y ait pardon pour lui, tant il est touché de sa misère et de la sainteté de Dieu, et nous l’entendrons prier ainsi dans le secret de son cabinet :

 

Pardonne moi, ô mon Dieu, si Tu peux me pardonner sans porter atteinte à ta Sainte Loi !

 

Donnons la à résoudre à ce profond théologien, qui s’exerce jour et nuit dans la contemplation de la grâce, et nous le verrons écrivant dans un journal auquel il confie ses plus secrètes pensées :

 

« Je ne voudrais pas d’un salut où la loi ne serait pas honorée et mon péché expié » (Memoir of Griffin, by Sprague, p27)

 

Faisons mieux encore : donnons la à résoudre aux anges du ciel.

 

Plaçons nous avec eux entre la chute et la promesse, et demandons leur un moyen par lequel Dieu puisse pardonner sans cesser d’être juste, et faire grâce au pécheur sans épargner le péché.

 

Venez, esprits célestes, appris aux méditations sublimes, et qui avez pénétré si avant dans les pensées de l’Amour Divin : tâchez de résoudre ce grand problème.

 

Rassemblons toutes les forces de notre esprit immortel ; appelons à notre aide toute la philosophie d’en haut ; cherchons, méditons, montons au troisième ciel, descendons au plus profond des abîmes, et dites moi, si vous le savez, un moyen de pardonner sans cesser d’être juste et de faire grâce au pécheur sans épargner le péché.

 

Mais comment aurions nous pu découvrir une chose qui, venant à être révélée, étonne et accable notre intelligence ?

 

Comment pourrions nous pressentir la pensée de Dieu dans l’Evangile, nous que le Saint Esprit nous dépeint courbés sur cette pensée, comme les chérubins sur l’arche, et ne pouvant jamais contenter « le désir » qui nous consumait « d’y regarder jusqu’au fond » ? (1 Pierre 1 :12)

 

Ah ! Plutôt faisons silence, et écoutons ensemble la voix de Dieu lui même sortant du ciel :

 

« J’ai trouvé la propitiation ». (Job 33.24)

 

Il l’a trouvée ; et l’on dirait qu’Il s’étonne Lui même d’avoir réussi à la découvrir, tant ce succès est une étonnante merveille où toute la plénitude de sa divinité a dû être engagée.

 

Il l’a trouvée ; mais Il l’a trouvée tout entière dans Son Propre Sein ; « Son propre bras l’a dirigé, et Sa Propre Justice l’a soutenu » ; toute cette œuvre est « de Lui, par Lui et pour Lui ».

 

Il l’a trouvée :

 

« Gloire soit à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bonne volonté envers les hommes ! »

 

Ce Dieu qui a trouvé la propitiation, ce Dieu qui a voulu si fermement nous donner la vie qu’Il a comme triomphé de Sa Justice et de Sa Loi, ce Dieu n’est il pas Amour ?

 

Si le but que Dieu s’est proposé dans notre rédemption touche le cœur de Kajarnak, le moyen qu’Il a employé pour nous racheter le touche plus encore.

 

Dieu a trouvé la propitiation, et voici la propitiation qu’Il a trouvée :

 

« Il a envoyé son Fils Unique au monde ».

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:34
Dieu est Amour (3ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(3ème Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Dieu a un Fils, quelle étonnante nouvelle !

 

Accoutumé à entendre parler de ce Fils de Dieu depuis notre naissance, nous ne sentons pas tout ce qu’il y a d’étrange dans la seule idée de paternité, de génération, associé avec le nom du Dieu créateur.

 

Kajarnak en est frappé bien plus vivement que nous ; mais le pieux chrétien qui lui parle à cet instant n’arrête guère son attention sur ces profondeurs, et, jaloux de parler à son cœur, il ne touche au mystère qu’autant qu’il le faut pour lui faire concevoir quelque chose de l’inconcevable amour qui doit unir ce Père à ce Fils.

 

Le nom seul de Fils le fait déjà connaître : car quel nom plus tendre le Saint Esprit pouvait il choisir, quand il voulait nous montrer dans une relation terrestre quelque image de cet éternel amour ?

 

Mais ce n’est pas assez pour lui : à ce nom de Fils il en joint d’autres qui le relèvent encore.

 

C’est « le Fils unique de Dieu, son propre Fils, son Fils bien aimé ».

 

Unique, qui soutient avec lui une relation à laquelle ne participe aucune créature ; propre, qui lui appartient en vérité, et qui est né de lui réellement et sans figure ; Bien Aimé, « en qui Il prend tout son plaisir ».

 

Oh ! Que de force et de simplicité tout ensemble dans cette parole :

 

« Le Père aime le Fils ! »

 

Il l’aime, et lui communique toute sa puissance :

 

« Le Père aime le Fils, et lui remet toutes choses entre les mains ».

 (Jean 3-35).

 

Il l’aime, et lui fait part de tous ses secrets :

 

« Le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’Il fait ».

 (Jean 5-20).

 

Il l’aime de toute éternité :

 

« Père, tu m’as aimé avant la fondation du monde »

 (Jean 17-24).

 

Il l’aime, et cet amour du Père pour le Fils est le type éternel de tout amour véritable ; tout autre amour n’est qu’un reflet de celui là ; et tout ce que le Fils peut demander de plus excellent pour ses plus chers disciples, c’est « que le Père les aime ainsi qu’Il l’a aimé ».

 

Oh ! Qui dira ce que ce Fils est pour ce Père ?

 

Qui nous racontera ces épanchements intimes, cette dilection ineffable, cette habitation éternelle du Fils dans le sein du Père ?

 

Qui déploiera devant nos yeux tout le sens de cette parole :

 

« J’étais alors par devers Lui son nourrisson,  j’étais ses délices de tous les jours » ?

(Proverbes 8-30)

 

 

Eh bien, avec quel sentiment Kajarnak apprendra-t-il que ce Fils de Dieu, ce Fils Unique, ce Fils Bien Aimé est celui que le Père envoie dans le monde, celui qu’Il éloigne de son trône, de sa gloire, de son sein, pour que nous vivions par Lui !

 

Si le Fils de Dieu est si grand, si précieux, si cher à ses yeux, que Lui sommes nous donc, nous pour qui Il a donné ce Fils si grand, si précieux, si cher ?

 

Si un capitaine rachète à prix d’or ses prisonniers retenus par l’ennemi, n’est ce pas que la liberté de ses compagnons lui est aussi chère, lui est plus chère encore que l’or dont il les rachète ?

 

Si Abraham offre en holocauste Isaac son fils, n’est ce pas que la Sainte Volonté de Dieu lui est aussi chère, lui est plus chère encore que la vie de ce fils tant aimé ?

 

Si Dieu « donne des hommes pour Israël et des peuples pour sa vie », n’est ce pas qu’Israël lui est aussi cher, lui est plus cher encore que les hommes, que les peuples qu’il donne pour sa délivrance ?

 

Et si le Père, placé dans cette alternative, ou de nous frapper en épargnant son Fils unique, ou de livrer son Fils unique pour nous épargner, livre son Fils et nous épargne, que dire de l’amour dont Il nous aime, qu’en dire qui ne parût le comble de l’égarement et de la présomption, si nous n’avions pour nous la vérité, l’évidence, la révélation de Dieu même ?

 

Quoi qu’il en soit, Il le livre, Il le donne, Il l’envoie dans le monde ; dans ce monde que le péché a perdu, mais qui par cela même avait besoin de Lui pour être sauvé.

 

Il fait plus encore : Il l’y envoie sous la forme de l’homme pécheur, « et dans une chair semblable à notre chair de péché ».

 

Car ‘il a fallu, nous dit saint Paul, « qu’Il fût semblable en toutes choses à ses frères » ; et « parce que ceux qu’Il venait sauver participaient à la chair et au sang, Lui aussi a participé aux mêmes choses, afin que par la mort Il détruisît celui qui avait l’empire de la mort, savoir le diable ».

 

Y avons-nous jamais réfléchi ?

 

Quel honneur pour notre nature, pour cette pauvre nature déchue, que le Père l’ait fait revêtir au Fils, « la splendeur de sa gloire et l’image empreinte de sa personne » ; à ce Fils « qui, étant en forme de Dieu, s’est anéanti Lui-même, ayant pris la forme de serviteur fait à la ressemblance des hommes » !

 

Mais aussi quel abaissement pour le Fils, quelle merveille de condescendance et d’amour de la part du Père qui l’a donné !

 

Qu’était ce pour « le Rois des rois et le Seigneur des seigneurs », que de naître d’une femme et de tomber du sein de sa créature sur une terre maudite ?

 

Pour « le Fils du Très Haut », que d’échanger le sein du Père contre un séjour dont Satan est appelé le prince ?

 

Pour « le Dieu fort et puissant », que de souffrir le travail, la fatigue et la peine ?

 

Pour « Celui que tous les anges de Dieu adorent », que de traîner un corps de poussière et de boue ?

 

Pour « le Seigneur de gloire », que de se voir assujetti aux infirmités et aux humiliations de la chair ?

 

Pour « l’Héritier de toutes choses », que de soutenir un corps périssable avec une nourriture périssable ?

 

Pour « le Saint des saints », que d’être tenté par le diable ?

 

Pour « le Prince de la vie », que d’être soumis à l’abaissement de la mort et du tombeau ?

 

Aussi, voyons l’étonnante pensée que ce mystère inspire à saint Paul.

 

Ce que le Seigneur fait ici pour nous, Il l’a fait pour nous seuls ; Il n’a rien fait de pareil pour les anges eux-mêmes.

 

« Car, dit l’apôtre, Il n’a pas pris ou assisté les anges, mais Il a pris la semence d’Abraham. »

 (Hébreux 2-16)

 

Oh ! Quel amour que Celui qui a conçu la pensée d’associer à notre misère, pour nous en retirer, le Fils de Dieu même !

 

Le Dieu qui a envoyé son Fils au monde, pour que nous vivions par Lui, ce Dieu n’est il pas amour ?

 

Mais de quel message le Père a-t-il chargé le Fils, et quelle œuvre Lui a-t-Il donnée à faire en « l’envoyant dans le monde » ?

 

« Il l’a envoyé », répond l’apôtre, « en propitiation pour nos péchés » ; et l’œuvre qu’Il lui a donnée à faire, c’est l’expiation de nos crimes par son sang.

 

L’expiation : mot banal parmi nous, doctrine usée, qu’un enfant sait par cœur ; mais quel mot, mais quelle doctrine pour le catéchumène de Beck !

 

Tu viens d’entendre, Kajarnak, que Dieu a envoyé son Fils au monde pour te sauver ; écoute maintenant comment Il doit te sauver.

 

Il faut que « ce Saint et ce Juste » reçoive à ta place le coup que tu as mérité, mais que le Père veut détourner de toi.

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », loin de Dieu et de sa loi ; « mais l’Eternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous », la mienne, la tienne, l’entends tu bien ?

 

Et puis, Il l’a « navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités. Il a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous procure la paix, afin que nous ayons la guérison par sa meurtrissure ».

 

Ecoute encore :

 

« Celui qui n’a point commis de péché, Il l’a fait être péché pour nous, afin que nous fussions justice de Dieu en Lui ».

 

Qu’en dis tu ?

 

L’avais tu prévu, l’aurais tu imaginé, l’aurais tu rêvé, qu’un Dieu offensé verserait pour laver tes offenses le sang de son propre Fils ?

 

Je pourrais te montrer, dans les contrées lointaines et privilégiées d’où l’on t’apporte cette étonnante nouvelle, des hommes, des assemblées entières qui trouvent cela tout simple : mais toi, dussent ils te taxer d’exagération et d’enthousiasme, qu’en dis tu, qu’en pourrais tu dire ?

 

Mais viens, suis moi au pied de la croix du Fils de Dieu : c’est un spectacle qu’il faut contempler de plus près.

 

 

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:32
Dieu est Amour (4ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(4ème Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

 

Oh ! Quel amour que Celui qui a conçu la pensée d’associer à notre misère, pour nous en retirer, le Fils de Dieu même !

 

Le Dieu qui a envoyé son Fils au monde, pour que nous vivions par Lui, ce Dieu n’est il pas amour ?

 

Mais de quel message le Père a-t-il chargé le Fils, et quelle œuvre Lui a-t-Il donnée à faire en « l’envoyant dans le monde » ?

 

« Il l’a envoyé », répond l’apôtre, « en propitiation pour nos péchés » ; et l’œuvre qu’Il lui a donnée à faire, c’est l’expiation de nos crimes par son sang.

 

L’expiation : mot banal parmi nous, doctrine usée, qu’un enfant sait par cœur ; mais quel mot, mais quelle doctrine pour le catéchumène de Beck !

 

Tu viens d’entendre, Kajarnak, que Dieu a envoyé son Fils au monde pour te sauver ; écoute maintenant comment Il doit te sauver.

 

Il faut que « ce Saint et ce Juste » reçoive à ta place le coup que tu as mérité, mais que le Père veut détourner de toi.

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », loin de Dieu et de sa loi ; « mais l’Eternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous », la mienne, la tienne, l’entends tu bien ?

 

Et puis, Il l’a « navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités. Il a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous procure la paix, afin que nous ayons la guérison par sa meurtrissure ».

 

Ecoute encore :

 

« Celui qui n’a point commis de péché, Il l’a fait être péché pour nous, afin que nous fussions justice de Dieu en Lui ».

 

Qu’en dis tu ?

 

L’avais tu prévu, l’aurais tu imaginé, l’aurais tu rêvé, qu’un Dieu offensé verserait pour laver tes offenses le sang de son propre Fils ?

 

Je pourrais te montrer, dans les contrées lointaines et privilégiées d’où l’on t’apporte cette étonnante nouvelle, des hommes, des assemblées entières qui trouvent cela tout simple : mais toi, dussent ils te taxer d’exagération et d’enthousiasme, qu’en dis tu, qu’en pourrais tu dire ?

 

Mais viens, suis moi au pied de la croix du Fils de Dieu : c’est un spectacle qu’il faut contempler de plus près.

 

« Voici l’heure venue et la puissance des ténèbres » ;  l’heure dont la seule approche lui cause de si cruelles angoisses qu’il sort de son corps une sueur de sang qui coule en grumeaux à terre, mais l’heure que le Père ne pouvait Lui épargner s’Il voulait nous épargner nous-mêmes.

 

Abraham, près d’accomplir son sacrifice, entend la voix d’un ange qui lui crie :

 

« Abraham, Abraham, ne mets point ta main sur l’enfant ! ».

 

Mais cet autre Abraham, n’a personne au dessus de lui pour retenir son bras prêt à frapper : ce qu’il n’a point exigé de son serviteur, il se le commande à lui-même, et il ne s’arrêtera point que le sacrifice ne soit consommé.

 

Venez, rage de l’enfer, venez, fureur de la terre, venez, colère du ciel, épuiser sur cette tête innocente, que le Seigneur vous abandonne, tout ce que vous avez de plus redoutable, et « accomplir tout ce que Sa main et Son conseil avaient auparavant déterminé devoir être fait ! ».

 

« Satan, l’ancien serpent », impatient d’accomplir la première prophétie, soulève en sifflant sa tête hideuse, et « brise le talon de la semence de la femme ».

 

Vaincu naguère par Celui qu’il était venu tenter, il s’était retiré pour un temps.

 

Mais voici que le Père lui permet de revenir, de soulever toute son armée contre le Fils, d’entrer dans Judas pour le trahir, dans Caïphe pour le condamner, dans Pilate pour le livrer ; et s’il n’a pu faire tomber au désert le Saint des saints, il pourra faire mourir en Golgotha le Prince de la vie ; pour Lui fournir l’occasion « d’affranchir par sa mort tous ceux que la crainte de la mort tenait asservis ».

 

Voici quelque chose de plus odieux encore.

 

Que cette ange redoutable, l’éternel ennemi de Dieu et des hommes, s’acharne contre le Fils de Dieu et le Sauveur des hommes, cela est indigne, mais cela se conçoit du moins ; mais ces hommes qu’il venait sauver, ces hommes dont Il avait revêtu la nature, comment le traitent ils à leur tour ?

 

Car le Père l’a livré entre leurs mains et « ils lui font ce qu’ils veulent ».

 

Ils le traitent, je ne dis pas, non en Fils de Dieu ; je ne dis pas, non en Roi ; je ne dis pas, non Prophète ; je ne dis pas, non en Juste, mais non en homme.

 

Ils le réduisent, eux, ces vers de terre, Lui, le Fils de Dieu, à s’écrier sous le poids de leur haine et de leur mépris :

 

« Et moi, l’opprobre et le méprisé du peuple, je suis un ver et non un homme ! ».

 

Ils se le vendent l’un à l’autre ; ils l’estiment au prix de trente pièces, dans le moment qu’Il les estimait, Lui, au prix de son Divin Sang ; ils le surprennent de nuit, armés d’épées et de bâtons ; ils le lient, ils le traînent de Pilate à Hérode, et d’Hérode à Pilate.

 

Ils le raillent comme roi, le parent d’écarlate et le couronnent d’épines ; ils le raillent comme prophète, lui donnent des soufflets et lui disent :

 

« Prophétise qui t’a frappé » ; ils le raillent comme Fils de Dieu, et lui crient : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve toi toi-même ! ».

 

Ils le frappent d’une verge, ils lui crachent au visage, ils le condamnent à mort, ils lui préfèrent Barrabas, ils le crucifient avec un malfaiteur à sa droite et un autre à sa gauche ; et tandis que les plus grands scélérats excitent du moins dans ce moment suprême, plus de pitié que de colère, même chez leurs plus cruels ennemis, Lui Seul a été réservé du Père à l’affreux privilège d’exciter sur sa croix, d’exciter dans son agonie, d’exciter par ses cris et par ses prières les rires, l’ironie, les sarcasmes de ses persécuteurs !

 

Ce n’est pas tout encore, c’est peu auprès de ce qui nous reste à dire

 

 – à qui ? A nous ? Non, mais à Kajarnak, mais à un impie qui heureusement ne connaît pas ces choses, ou du moins ne les connaît pas comme nous, qui savons les souffrances de notre Sauveur comme on sait tristement les fables d’Homère ou les histoires des siècles passés. 

 

Quand le Fils était seul, seul dans la tentation du désert, seul dans l’angoisse de Gethsémané, seul sur la croix, Il pouvait dire :

 

« Je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » ; mais que serait ce si le Père Lui-même venait à l’abandonner ?

 

Contre la rage du démon, contre la haine des pharisiens, contre les clameurs de la populace, contre la lâcheté de Pilate, contre les sarcasmes des sacrificateurs, Dieu, son Dieu, son Père, Le soutenait et Le consolait ; mais qui Le consolera, qui Le soutiendra contre la colère, contre la malédiction, contre la justice terrible de Dieu Lui-même ?

 

Cette mort, ce supplice, ce corps rompu, ce sang versé, ces outrages, ce sont là sans doute des amertumes de la croix ; mais l’amertume de la croix est ailleurs, la cause de sa sueur de sang est ailleurs, la coupe qu’Il demandait à ne pas boire, s’il était possibles, est ailleurs.

 

Le péché venant sur Lui, avec ce qui suit le péché, la colère du Père, la malédiction du Père,  voilà l’amertume de la croix.

 

J’ai vu le Père rassemblant sur le Fils l’iniquité de nous tous, Lui faisant porter nos péchés en son corps, le faisant être péché pour nous, le chargeant de nos transgressions jusqu’à surmonter sa tête et à le faire plier sous le fardeau.

 

Je l’ai vu, pour nous racheter de la malédiction à le froisser (Esaïe 53-10), le mettant en langueur, appesantissant sa main sur Lui, le transperçant de ses flèches, et ne laissant rien d’entier dans sa chair à cause de son indignation, ni de repos dans ses os à cause du péché. (Galates 3-13).

 

Je l’ai vu trouvant désormais dans son Fils, OUI, dans Son Fils Unique et Bien Aimé, un spectacle qui repousse sa Majesté Sainte, s’éloignant de sa délivrance et des paroles de son rugissement, le laissant crier, la voie lassée, le gosier desséché, les yeux consumés d’attente, et le contraignant enfin à cette exclamation d’angoisse :

 

« Eli, Eli, lamma sabachtahani ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as Tu abandonné ? »

 

Ceci nous laisse t il encore l’œil sec, le cœur froid ?

 

Qu’on me donne donc un autre auditoire !

 

Donnez moi donc pour auditeur des Groënlandais, des non croyants, qui entendent parler pour la première fois des merveilles d’un tel Amour, et je vous les montrerai émus, pénétrés de componction et s’écriant :

 

« Que faut il que nous fassions pour être sauvés ? »

 

Que dis je ?

 

Donnez moi le sol de la terre, donnez moi les rochers, donnez moi le voile du temple, donnez moi le soleil pour auditeurs, et je vous montrerai cette terre tremblant, ces rochers se fendant, ce voile se déchirant, ce soleil se voilant le visage, et l’univers, témoin de leur deuil et de votre indifférence, se demandant si ce n’est pas pour eux que le Fils de Dieu est mort plutôt que pour vous !

 

Dites le nous, Groënlandais, non croyants, dites le nous, terre, rochers, voile du temple, soleil, le Dieu qui a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés, ce Dieu, qu’est Il, s’Il n’est pas Amour ?

 

Mais ce qui achève de briser le cœur de Kajarnak, c’est la cause de cet Amour.

 

Car enfin, si Dieu nous a tant aimés, d’où nous vient tout cet Amour ?

 

Pour nous, nous aimons ce qui est aimable ; surtout, nous aimons ceux qui nous aiment.

 

Etions nous aimables aux yeux de Dieu, ou l’avions nous aimé les premiers ? Non.

 

« En ceci est l’amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés. »

 

Dieu, se dit à lui même Kajarnak, Dieu a envoyé son Fils Unique dans le monde en propitiation pour mes péchés ; et moi, qu’ai je fait pour Lui ?

 

Qu’ai je fait pour attirer cet Amour dont Il me prévient, dont Il me comble, dont Il m’accable ?

 

Où sont mes titres, mes avances ; où sont mes œuvres, mes désirs, mes pensées qui ont pu provoquer de sa part un Tel Amour ?

 

Quand Il se souvenait de moi, quand Il prolongeait jusqu’à moi Sa Gratuité, quand Il sacrifiait pour moi son propre Fils, quand Il m’envoyait ce Chrétien de delà les mers pour me rendre témoignage de son Amour, hier encore, ce matin même, que faisais je ?

 

Je l’oubliais, je l’offensais, je foulais aux pieds sa Sainte Loi.

 

Je vivais dans l’égarement, dans la révolte, dans l’idolâtrie, dans la convoitise, dans la haine, dans le mensonge, dans le larcin, dans les voluptés.

 

Ah ! Mes avances, je n’en vois d’autres que mes péchés, et mes titres à son Amour, je n’en vois d’autres que cet Amour même !

 

Oui, Kajarnak, tu dis vrai ; et plus tu apprendras à te connaître, plus tu te verras coupable, injuste, rebelle, « ennemi de Dieu par tes pensées et tes œuvres mauvaises », digne enfin de l’enfer et d’une malédiction éternelle.

 

Si tu pouvais en douter un moment, le spectacle de cette croix même que tu as devant les yeux suffirait pour te désabuser.

 

Car, si elle te montre Dieu aimant tellement le pécheur qu’Il a donné son Fils Unique pour le sauver, elle te montre aussi Dieu détestant tellement le péché qu’il na pas fallu un poindre prix pour l’expier que la mort de ce Fils unique.

 

Un même sang mesure tout ensemble l’amour de Dieu pour nous et l’horreur de Dieu pour nos péchés.

 

Quels péchés que ceux qui ont exposé le fils de Dieu à la rage de l’enfer, à la fureur du monde, hélas ! Et à la colère du ciel !

 

Quels péchés que ceux que Dieu n’a pu contempler en son propre Fils sans l’accabler, Lui son Fils, du poids de sa malédiction !

 

Les plus terribles déclarations de la haine de Dieu contre le péché, le monde submergé par le déluge, cinq villes de la plaine consumées par le feu du ciel, des peuples entiers exterminés en Canaan, ces tonnerres, ces éclairs, cette fumée et ce tremblement du Sinaï, tout cela est peu de chose auprès du Fils Unique de Dieu mourant sur la croix.

 

Approche, Kajarnak, et achève de lire dans l’agonie de ton Sauveur l’enfer que tu as mérité.

 

Et pourtant, quand tu étais si haïssable que le sang du Fils de Dieu pouvait seul te réconcilier avec Dieu, Dieu t’a tant aimé qu’Il a versé pour toi ce sang précieux !

 

« Est ce là la manière des hommes ? »

 

Tu as pu aimer une femme, un enfant, un ami ; mais aimer un ennemi, mais le poursuivre de ton amour jusqu’à ce que tu eusses triomphé de sa haine, mais sacrifier pour lui ton plus précieux trésor quand il était au plus fort de son animosité contre toi, as tu jamais fait, as tu jamais vu, as tu jamais imaginé rien de semblable ?

 

Dieu t’a aimé, non pour quelque chose d’aimable qu’Il ait vu en toi, mais malgré tout ce qu’il y a eu de mauvais et d’odieux.

 

Il t’a aimé à cause de Lui même, par un épanchement de sa nature ; Il t’a aimé parce qu’Il est Amour.

 

Kajarnak n’est pas le seul qui s’émeuve à cette pensée.

 

Tous les écrivains sacrés n’ont qu’une voix là dessus, et dans les tendres prescriptions qu’ils font de l’Amour de Dieu, le point saillant, le trait qui a percé leur propre cœur, c’est la gratuité de cet Amour.

 

« Quand nous étions des enfants de colère comme les autres, Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand Amour dont Il nous a aimés, quand nous étions morts par nos offenses, nous a vivifiés ensemble avec Christ ; vous avez été sauvés par grâce. »

 

Et ailleurs :

 

« Quand nous étions privés de toute force, Christ est mort en son temps pour nous qui étions des impies. Or, à peine quelqu’un mourrait il pour un juste ; mais Dieu fait paraître son Amour envers nous, en ce que Christ est mort pour nous quand nous étions encore des pécheurs ». Ephésiens 2 / 1-5. Romains 5/6-8

 

Et encore :

 

« Car nous étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, dignes d’être haïs et nous haïssant l’un l’autre. Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur et son Amour envers les hommes ont été manifestés, Il nous a sauvés, non par des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon Sa Miséricorde ». Tite 3/3-5

 

Mais tout cède à l’expression de notre apôtre :

 

« En ceci est l’Amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés ».

 

Sentons nous la force de cette pensée :

 

« En ceci est l’Amour ? »

 

Ce que nous avons vu jusqu’à présent, une propitiation trouvée pour nos péchés, le Fils de Dieu envoyé au monde, ce Fils livré pour nos péchés, tout cela est une manifestation de l’Amour de Dieu, une manifestation si éclatante qu’auprès d’elle pâlissent toutes les autres marques de l’Amour Divin qu’un homme ou qu’un ange même pourrait recueillir de tout l’univers.

 

Mais voici plus qu’une manifestation de l’Amour, en voici l’Essence même et le Principe :

 

« Dieu nous a aimés le premier » 1 Jean 4/19 ;

 

et si la grandeur de cet Amour nous force à nous écrier avec admiration :

 

« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils » ;

 

la gratuité de ce même Amour arrache à nos cœurs humiliés et brisés cette tendre, cette profonde parole :

 

« Dieu est Amour ! »

 

Oui, Dieu est Amour : cela seul peut expliquer qu’Il ait ainsi aimé.

 

Qui ?

 

Des anges ? Des saints ?

 

Non, mais nous, ses ennemis, nous proprement, moi qui vous parle, vous qui me lisez.

 

Dieu est Amour : l’Amour est Son Etre, Sa Substance, Sa Vie.

 

Dieu est Amour :  l’Amour résume toutes Ses Œuvres et explique toutes Ses Voies.

 

L’Amour lui a inspiré la création d’une race sainte, et la rédemption d’une race déchue.

 

L’Amour a vaincu le néant pour nous donner l’existence, et triomphé du péché pour nous donner la vie éternelle.

 

L’Amour fait le sujet de l’admiration des anges, et le fera de la nôtre dans l’éternité.

 

Les pensées de Dieu sont Amour, Sa Volonté est Amour, Sa Providence est Amour, Ses Dispensations sont amour, Sa Sainteté est Amour, Ses Jugements son Amour, tout en Lui est Amour :

 

« Dieu est Amour ».

 

Mais le cœur de Kajarnak lui en dit plus que nos discours.

 

A l’ouïe de cette bonne nouvelle, voici ce païen, s’il est permis de lui donner un tel nom, le voici qui, suspendu à la parole du Chrétien, le cœur ému, la conscience troublée, s’écriant :

 

« Que dites vous là ? Répétez nous cela : moi aussi je veux être sauvé ».

 

Et pourquoi lui plutôt que nous, vous ?

 

Pourquoi la même doctrine, qui de ce non croyant a fait un Chrétien sur les rivages du Groënland, ne ferait elle pas aujourd’hui, où que nous soyons ou soyez un Chrétien réel et vivant ?

 

C’est l’invitation réveillant l’apathie ordinaire, à se mettre à la place de ce Groënlandais qui entend la Parole de Dieu, l’Evangile pour la première fois de sa vie ; mais gardons nous de croire que cette condition soit indispensable pour en être touché, que l’Evangile ait perdu de sa vertu pour l’avoir été si souvent entendu, et que cette froideur que nous déplorions tantôt soit une nécessité de position.

 

C’est une nécessité de péché, de négligence, d’ingratitude, d’incrédulité, et rien de plus.

 

Notre position est un privilège, si nous y savons seulement répondre.

 

L’Evangile a été souvent entendu, répété ? Eh bien, nous avons ce que souhaitait si ardemment Kajarnak :

 

« Répétez nous cela, répétez nous cela ».

 

On a fait pour nous ce que l’apôtre Paul prenait soin de faire pour ses chers Philippiens :

 

« Il ne m’est point fâcheux, et c’est votre sûreté, que je vous écrive les mêmes choses ».

 

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite & Fin)

 

 

bible (5)Croix Huguenote

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:30
Dieu est Amour (5ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(5 ème et dernière Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Suppléons au défaut de nouveauté par la ferveur de la méditation, et nous allons trouver dans ce long usage que nous avons de l’Evangile un moyen de nous mieux pénétrer de l’Amour de Dieu.

 

Les œuvres de l’homme perdent à être considérées de trop près ; mais les œuvres de Dieu, mais les témoignages de son Amour, mais par dessus tout le don ineffable de son Fils, nous ne les pourrons jamais tellement admirer que nous ne demeurerions que fort au dessous de la vérité.

 

Nous ne le pourrions ni dans cette vie ni dans celle qui est à venir ; les anges eux mêmes ne le pourront jamais, eux qui s’efforcent en vain d’y regarder jusqu’au fond.

 

Combien de face nouvelles à contempler, que toutes les prédications, tous les livres, toutes les méditations ne suffiraient pas plus à épuiser que nous n’épuiserions la mer avec le creux de notre main !

 

Tantôt c’est la profondeur de l’abîme dont Dieu nous a retirés : quel Amour que celui qui nous a délirés du péché, de l’enfer, du feu éternel, de la société du démon et de ses anges !

 

« ta bonté est grande envers moi ; car tu as retiré mon âme d’un sépulcre profond ! »

 

Tantôt c’est le nombre, c’est l’immensité des dons qui accompagnent celui du Fils : quel Amour que celui qui nous accorde « grâce pour grâce », la vie éternelle, la paix, la lumière, la force, la joie, et pour tout dire en un mot , « la participation à la nature divine ».

 

Tantôt c’est la grandeur, c’est la plénitude du pardon que Dieu nous donne en Jésus christ.

 

Quel Amour que Celui qui anéantit le péché, « qui le jette au fond de la mer, qui l’éloigne de nous autant que l’Orient est éloigné de l’Occident », qui ne nous demande que de nous repentir et de croire, et qui, tombés à genoux sous le poids de la malédiction divine, nous relève affranchis, justifiés, glorifiés, sauvés !

 

Tantôt c’est la direction nouvelle que la Grâce de Dieu en Jésus Christ imprime à ces angoisses de la vie que nous héritons du premier Adam.

 

Quel Amour que Celui qui s’empare de tous ces fruits du péché, qui les fait entrer dans Son Plan, qui les contraint à accroître notre félicité, qui tourne la malédiction en bénédiction, et qui plie toutes les créatures, jusqu’aux plus ennemies, à ne plus travailler que pour notre bien !

 

Tantôt ce sont les appels particuliers que Dieu adresse à chacun de nous pour le porter à recevoir ce grand salut.

 

Quel Amour que Celui qui, nous voyant lent à fuir la colère à venir, nous envoie appel sur appel, avertissement sur avertissement, messager sur messager, affliction sur affliction, s’il le faut, et qui frappe coup sur coup à la porte de notre cœur !

 

Tantôt c’est cette ferme assurance de La Grâce que le Saint Esprit communique à une âme, et à l’âme même d’un Zachée, d’une Marie Magdeleine, d’un brigand crucifié.

 

Quel Amour que Celui qui rend une telle âme capable de saisir la vie éternelle, de ressusciter par avance, de prendre possession du paradis, de s’asseoir dans les Lieux Célestes avec Jésus Christ et de chanter le cantique :

 

« Je suis assuré que ni vie ni mort, ni anges ni principautés ni puissances, ni choses présentes ni choses à venir, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature, ne nous pourra séparer de l’Amour de Dieu qu’Il nous a montré en Jésus Christ Notre Seigneur ! »

 

 

Mais surtout, surtout, quel Amour que Celui qui a donné, qui a sacrifié pour nous le Fils Unique et Bien Aimé !

 

C’est là qu’il en faut toujours revenir ; c’est là que se concentrent toutes les grâces et le ciel tout entier.

 

Car « Celui qui n’a point épargné son Propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait Il pas toutes choses avec Lui ? ».

 

C’est là que nous contemplons sans voile, en face, « dans le visage de Jésus Christ » (2 Corinthiens 4/6), et de Jésus Christ crucifié, l’Amour caché dans le Sein du Père.

 

C’est là que le cœur de Dieu s’ouvre devant nous et que nous y lisons comme dans un livre des choses ineffables, que nulle langue humaine ne peut expliquer dignement.

 

C’est là que nous recevons une mesure nouvelle pour mesurer cet amour auquel toutes les dimensions humaines réunies ne suffisent point, et « qu’étant enracinés et fondés dans l’Amour, nous sommes rendus capables de comprendre, avec tous les saints, quelle en est la largeur, et la longueur, et la profondeur, et la hauteur, et de connaître l’Amour de Christ qui surpasse toute connaissance ».

 

Et pourtant, vains efforts !

 

Non, nous ne saurions le contempler sans voile !

 

Notre faible cœur n’y pourrait suffire !

 

Tout notre être en serait brisé, anéanti !

 

Ici bas nous n’en contemplons que les bords !

 

Et si, comme Moïse, nous demandons à Dieu de nous faire voir Sa Gloire, Il fera passer toute Sa Bonté devant nos yeux, mais nous ne pourrons pas la voir en face.

 

Tandis que ce spectacle se déploiera devant nous, « la main de Dieu nous tiendra couverts dans l’ouverture du rocher ».

 

Seulement une voix frappera nos oreilles, non plus celle qu’entendit Moïse,  mais une voix plus douce et plus tendre encore, la voix du Saint Esprit dans notre texte :

 

Dieu est Amour ! Dieu est Amour !

 

Et maintenant cet Amour, qu’en voulons nous faire ?

 

Voulons nous y répondre, comme Kajarnak, et dire :

 

« Moi aussi je veux être sauvé ? »

 

Il n’est pas demandé de croire à la vérité de la doctrine que le Seigneur vient de faire entendre, nous n’en pouvons pas douter.

 

Cette doctrine se rend à elle-même un témoignage trop manifeste.

 

Si elle n’était pas véritable, elle ne serait pas dans le monde : « ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, qui ne sont point montées au cœur de l’homme », et il serait plus inexplicable que l’homme eût conçu un tel dessein qu’il ne l’est que Dieu l’ait exécuté.

 

Il n’y a aucune ignorance qu’en exposant de la sorte, que la grandeur même de l’Amour que Dieu nous a témoigné, selon l’Evangile, rend l’Evangile incroyable pour un grand nombre.

 

Dieu donnant Son Fils Unique, ce Fils se chargeant de notre nature, ce Fils mourant pour nos péchés, c’est trop d’amour, c’est une condescendance trop infinie pour trouver une entière créance dans des cœurs asservis à l’égoïsme comme les nôtres.

 

Comment croire que Dieu a donné pour nous Son Fils Unique et Bien Aimé, si nous sommes si lents à donner pour autrui ?

 

Non pas un fils ou une fille unique et bien aimé€, mais un peu de notre temps, de notre travail, de notre nécessaire, de notre superflu, de notre bien être ?

 

Réfléchissons et reconnaissons que cela même qui excite notre incrédulité est ce qui doit la confondre.

 

Comment l’esprit humain aurait il pu imaginer un prodige d’amour qui le dépasse, qui le déborde de toutes parts ?

 

Comment serait il capable d’inventer ce qu’il n’est pas même pas capable de croire ?

 

Où l’a-t-il prise, cette idée accablante d’un Fils de Dieu mis en croix pour nos péchés ?

 

Dans quelle région inconnue, dans quels replis de ses méditations, dans quelles profondeurs de ses philosophes, dans quel rêve de ses poètes ?

 

Ah ! Quand je trouverais ce système de l’Evangile au fond d’un désert, loin des prophètes qui l’ont annoncé, loin des prodiges qui l’ont attesté, je le reconnaîtrais tout aussitôt pour l’ouvrage d’un Dieu dont les voies ne sont ps nos voies, ni les pensées nos pensées.

 

Quand Dieu aime, Il aime comme Il fait tout le reste, en Dieu.

 

Veut Il montrer sa puissance ? Il fend les flots de la mer.

 

Veut Il faire éclater Sa Justice ? Il fait monter un déluge sur la terre entière.

 

Veut Il déployer Sa Gloire ? Il parle, et un monde sort du néant.

 

Veut Il faire voir qu’Il est Maître Souverain ? Il parle encore, et le soleil s’éteint, et « les cieux sont roulés comme un livre ».

 

Et veut Il manifester Son Amour, qui « est par-dessus toutes Ses Œuvres » ? Il envoie Son Fils au monde, et Il le livre pour nos péchés.

 

Laissons donc là tous nos doutes, tous nos sophismes, toutes nos hésitations.

 

Faisons comme Kajarnak, écoutons notre cœur.

 

Ce cœur, ne le sentons nous pas ? Est à l’étroit au-dedans de nous, il manque d’air, de jour et de vie.

 

Mettons le au large, échangeons le dieu froid, le dieu mort que nous avons pu servir jusqu’ici, contre ce Dieu qui est Amour et qui a donné Son Fils pour nous sauver.

 

Aussi bien, quel autre salut pourrions nous trouver, quel autre chercher, à quel autre songer seulement en présence de ce spectacle d’amour ?

 

Quels titres, quels mérites, quelles œuvres, que ce fleuve d’amour n’emporte avec nos péchés ?

 

Irons nous peser nos vertus, énumérer nos services, compter les deniers de nos « aumônes » à la vue du sang du Fils de Dieu coulant pour nous ?

 

A cette vue, cessons du même coup et de rien craindre de nos péchés et de rien espérer de nos œuvres.

 

Hâtons nous de jeter au loin le vêtement souillé de notre propre justice, comme Bartimée son manteau.

 

Plongeons nous dans « cette source qui est ouverte en Jérusalem pour le péché et pour la souillure. Quand nos péchés seraient comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige, et quand ils seraient rouges comme le vermillon, ils deviendront comme la laine. »

 

Venons à Celui qui le Premier «  est venu chercher et sauver ce qui était perdu », et qui adresse une invitation si tendre :

 

« Vous tous qui êtes altérés, venez aux eaux, et vous qui n’avez point d’argent, venez, achetez et mangez ; venez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait ».

 

« Venez, et qu’on vous donne dans le sein une bonne mesure, pressée, secouée, et qui se répand par-dessus les bords ».

 

Venons, tels que nous sommes, quand nous entendrions l’Evangile pour la première fois, c’est assez.

 

Kajarnak ne l’avait pas entendu davantage.

 

On ne nous demande que de dire comme lui :

 

« Et moi aussi, je veux être sauvé », que de croire à l’Amour de Dieu, que d’entrer dans le Plan de Sa Grâce, et que de ne pas rendre « inutile le sang de la croix ».

 

Croyons, ouvrons nous, abandonnons nous, rendons nous !

 

Et s’il n’y a pas reddition, quelle est donc alors la pensée ?

 

Serait ce qu’il y ait fondation sur cet Amour même un secret calcul, et qu’il  y ait encouragement dans l’incrédulité par la pensée qu’un Dieu si rempli d’Amour ne saurait réserver une éternité misérable ?

 

S’il en est ainsi, il n’y aucun arrêt pour représenter combien ce calcul est indigne.

 

Eh quoi ! Lorsque Dieu fait appel à ce qu’il reste de plus noble et de plus généreux dans notre nature déchue, par un Amour immérité, immense, ineffable, nous tromperions autant qu’il est en nous le but d’un si tendre appel,  en ne songeant qu’à faire prévaloir contre Dieu de l’excès même de sa miséricorde !

 

Mais ne nous arrêtons pas là-dessus, parce que, dans la supposition qu’il vient d’être faite, ce langage serait vraisemblablement inintelligible pour beaucoup.

 

Il ne reste plus qu’à dire une chose, et elle sera sérieuse : c’est que cet Amour qui nous rassure est ce qui doit également nous faire trembler.

 

Gardons nous de comparer Dieu à ces personnes faibles dont la bonté imprévoyante flatte et nourrit le vice ou l’ingratitude qui en abuse ; bonté indigne d’un homme juste, plus indigne d’un magistrat intègre, combien plus indigne encore du « juge de toute la terre » !

 

L’Amour de Dieu est un amour Saint auquel s’associe l’horreur du péché, et nulle part, encore une fois, ni dans le déluge, ni dans Sodome et Gomorrhe, ni dans l’Egypte, ni dans Canaan, ni en Sinaï, cette horreur n’a été si hautement déclarée que sur la croix.

 

Si nous demeurons dans nos péchés et dans notre incrédulité, l’Amour de Dieu ne trouve point d’accès en nous, et Dieu ne peut pas nous faire face.

 

Il ne le peut pas, sans voiler Sa Sainteté et se manquer à Lui-même.

 

Il ne le peut pas, comme « Jésus ne put pas faire de miracles » chez les Nazaréens, « à cause de leur incrédulité » (Marc 6 :5 ; Matthieu 13 : 58).

 

Il ne le peut pas, parce que « nous aurons rendu Son Dessein inutile à notre égard » (Luc 7 : 30)

 

Il est écrit : «  Si nous sommes infidèles, Il demeure Fidèle, et ne peut se renier Lui-même » (2 Timothée 2 : 13)

 

Mais ce n’est pas assez dire.

 

L’Amour de Dieu trouvera accès chez l’incrédule, mais ce sera pour se tourner contre lui et pour rendre sa condition plus cruelle.

 

Si nous persévérerions dans cette voie,  un temps viendrait où nous serions réduits à souhaiter que nous n’eussions jamais été ainsi aimés, parce que l’Amour de Dieu, oui, Cet Amour Lui-même nous laisserait sans consolation, sans excuse et sans ressource.

 

Sans consolation :

 

Si nous avions été moins aimés, nous pourrions espérer peut être dans notre ruine quelque adoucissement aux reproches de notre conscience et à l’amertume de nos regrets ; mais le moyen de les adoucir quand nous songerions que Dieu nous avait tant aimés que de livrer à la mort pour nous Son Fils Unique et Bien Aimé ?

 

Quelle profondeur d’angoisse dans cette pensée : périr quand nous avions un Tel Sauveur !

 

Avoir été tant aimés et être venus dans ce lieu de tourment !

 

Sans excuse :

 

Si nous avions été moins aimés, nous pourrions essayer de quelque justification devant le Tribunal du Souverain Juge ;  mais que Lui répondre, mais comment ouvrir seulement la bouche, quand Il nous rappellerai combien Il nous a aimés et de quel prix Il a payé notre rançon ?

 

Pesons ces paroles :

 

 « Si quelqu’un avait violé la loi de Moïse, il mourait sans miséricorde sur la déposition de deux ou trois témoins. De combien pires tourments pensez vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, estimé profane le sang de l’Alliance par lequel Il a été sanctifié, et outragé l’Esprit de Grâce ? C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu Vivant ! » 

 

Terrible ! Et pourquoi ?

 

Nous venons de le lire, à cause des Grâces mêmes que nous avons reçues, à cause de l’Amour que Dieu nous a témoigné.

 

Enfin, et surtout, sans ressource :

 

Si nous avions été moins aimés,  nous pourrions rêver peut être quelque nouvelle manifestation d’amour, capable de réparer notre crime et de remédier à notre misère.

 

Mais qu’espérer de semblable quand Dieu a livré Son Propre Fils et ne l’a point épargné ?

 

Attendrons nous qu’une autre victime soit immolée tout exprès pour nous ?

 

Une victime plus précieuse devant Dieu que « Son Fils Unique et Bien Aimé » ?

 

Plus glorieuse que « l’image empreinte de Sa Personne et la Splendeur de Sa Gloire» ?

 

Plus touchante que « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ?

 

Plus grande que « Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » ?

 

Plus pure que « Le Saint des saints » ?

 

Plus capable de nous délivrer que « Le Conseiller, l’Admirable, le Dieu Fort et Puissant, le Père d’Eternité, le Prince de Paix » ?

 

Non, non.

 

« Si nous péchons volontairement après avoir reçu la Connaissance de la Vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais l’attente terrible d’un feu qui dévorer les adversaires » (Hébreux 10 : 26)

 

Aussi Dieu nous prend Il à témoin contre nous-mêmes qu’il n’y a rien à ajouter à ce qu’Il a fait pour nous.

 

« Jugez, je vous prie, entre moi et ma vigne. Qu’y avait il à faire à ma vigne que je ne lui aie fait » ?

 

Tout est épuisé, épuisé par l’Amour, et les ressources ne manquent que parce que l’Amour de Dieu s’est déjà donné, donné tout entier.

 

Il faut donc le dire, quelques répugnance que j’éprouve à présenter de pareilles considérations sur un tel sujet, il faut le dire à ceux qui spéculent sur l’Amour de Dieu, dont certains osent se prévaloir pour Lui contester et résister, et qui feront peut être, leur plus grand tourment dans l’avenir.

 

Cette pensée n’est pas nouvelle.

 

Bien des théologiens l’on émise.

 

Peut être est ce essentiellement cet Amour qui rendra leurs regrets plus amers, leur incrédulité plus criminelle, leur condition plus désespérée.

 

Peut être est ce cet Amour qui fera paraître la justice du jugement à venir, et qui expliquera l’inexplicable mystère d’un châtiment éternel.

 

Peut être mon texte recevra t il dans l’enfer une éclatante,  mais redoutable confirmation.

 

Peut être ne parlera t on pas moins de l’Amour de Dieu (quoique, hélas ! Avec un sentiment bien différent) dans le séjour des damnés que dans celui des bienheureux.

 

Il y a plus ici que de simples hypothèses.

 

On a vu des impies mourants, agités de pressentiments sinistres, rendre témoignage comme en dépit d’eux, au travers de leurs blasphèmes, à l’Amour de Dieu désormais fermé pour eux, mais fermé par eux seuls.

 

Le Saint Esprit nous montre dans l’Apocalypse les ennemis du Seigneur le reconnaissant, mais avec effroi, pour l’Agneau de Dieu, et disant aux montagnes et aux rochers :

 

« Tombez sur nous, et nous cachez de la face de Celui qui est assis sur le Trône et de la colère de l’Agneau ! Car le grand jour de Sa Colère est venu ; et qui est ce qui peut subsister » ?

 

La colère de l’Agneau !

 

Etrange, épouvantable association d’idées !

 

La colère du lion est dans l’ordre de la nature.

 

Mais la colère de l’agneau a quelque chose d’inaccoutumé qui la rend plus redoutable encore.

 

Plus elle est opposée à son caractère, plus il faut qu’elle soit juste, qu’elle soit provoquée, qu’elle soit inévitable, quand elle éclate.

 

Et si ses malheureuses victimes découvrent encore l’Agneau dans celui qui les frappe, ce caractère d’Amour n’arrache leurs hommages que pour accroître leur terreur.

 

Ah ! Puissiez vous ne jamais avoir à fuir devant la colère de l’Agneau !

 

Puisse un temps ne pas venir où le plus grand malheur serait d’avoir été aimés d’un si Grand Amour et Rachetés à un si haut prix !

 

Un temps où reconnaissant trop tard la vérité de mon texte, il y aurait confession certaine que Dieu est Amour, mais avec la rage dans le cœur !

 

N’est il pas vrai, nous ne voulons pas fermer plus longtemps notre cœur à l’Amour de Dieu, ni vivre sans foi devant un Dieu qui est Amour ?

 

Par cette foi, nous sauvons notre âme.

 

Par elle aussi nous devenons un autre homme, une autre femme.

 

Cet amour de Dieu que nous avons devant les yeux se communique à nous et renouvelle tout notre être.

 

C’est en se sentant aimé qu’on apprend à aimer, et l’égoïsme ne règne que parce qu’on ignore l’Amour de Dieu.

 

Entrevoyons nous la vie nouvelle que ce changement prépare ?

 

Je nous vois, « imitateur de Dieu, comme son Enfant Bien Aimé ».

 

Je nous vois, à l’exemple de Christ qui nous aimé, « aller de lieu en lieu faisant du bien », et trouver notre joie dans les privations, dans les fatigues, dans les sacrifices de la Charité.

 

Je nous vois, « pressé et possédé de l’Amour de Christ », sevré de notre volonté propre, de l’amour de l’argent et des plaisirs vides du monde, consoler l’affligé, soulager le pauvre, visiter le malade, et porter partout avec nous Jésus Christ et tous ses bienfaits.

 

Alors l’image et la ressemblance de Dieu aura été formée tout de nouveau dans le cœur !

 

Alors nous demeurerons en Dieu et Dieu en nous !

 

Si d’être aimé, c’est la vie de notre âme, aimer, n’en est ce pas la joie ?

 

Si d’être aimé, c’est toute la dogmatique de l’Evangile, aimer, c’en est toute la morale.

 

Aimer comme nous avons été aimés, c’est le ciel sur la terre, en attendant que ce soit le ciel dans le Ciel.

 

Heureux si l’Amour de Dieu nous pénètre de telle sorte qu’on ne puisse trouver à notre caractère, par quelque côté qu’on nous regarde, de définition plus exacte que celle que l’Amour a inspirée à Jean pour décrire Celui de Dieu !

 

Heureux si l’on peut dire de nous : Il est Amour ! Ses paroles sont Amour ! Ses œuvres sont Amour ! Son zèle est Amour ! Son travail est Amour ! Ses joies sont Amour ! Ses larmes sont Amour !

 

Heureux surtout si ce Dieu « qui sonde les cœurs et les reins » peut ajouter :

 

Son cœur aussi est Amour !

 

Amen.

 

Adolphe Monod Refuge Protestant

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant réformée

Bible

Croix Huguenote

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:50
La Trinité par le pasteur Adolphe Monod

Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, non pas à la chair pour vivre selon la chair ; car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Car vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans la crainte, mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ; et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ ; si du moins nous souffrons avec Lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec Lui. (Romains 8 : 12-17)

 

L’Ecriture Sainte est sage jusque dans son silence.

 

Vous y chercheriez en vain le mot trinité pour exprimer la doctrine sur laquelle, j’ai à cœur de vous dire quelques mots.

 

Pourquoi ?

 

Parce que ce mot la trinité présenterait à nos esprits l’idée de quelque chose de spéculatif, tandis que cette doctrine, qui a été plus tard appelée, du nom de trinité, est tout ce qu’il y a au monde de plus pratique et de plus tendre, parce que c’est l’expression même de l’Amour qui est en Dieu, soit dans Ses rapports avec l’humanité, soit dans les rapports intérieurs de Dieu avec Lui même.

 

Le principe de notre salut est dans l’Amour de Dieu.

 

« Nous L’aimons, parce qu’Il nous a aimés le Premier ; Dieu est Amour ».

 

Et cet Amour s’est manifesté à nous dans l’œuvre de notre salut ; mais Il s’est fait connaître non seulement comme nous sauvant, mais comme existant de toute éternité dans le Sein de Dieu, et faisant Sa Félicité Eternelle avant de faire la nôtre et celle de toutes Ses créatures fidèles.

 

Lorsqu’on veut se rendre compte de la manière dont l’Amour de Dieu opère envers Ses pauvres créatures perdues, pour leur donner la Vie Eternelle qu’elles ont perdues par leurs œuvres, il n’y a qu’à suivre tout simplement l’Ordre Historique dans lequel Dieu nous a donné Ses Révélations, et a inspiré Ses Ecritures à Ses apôtres, après l’avoir fait à Ses prophètes.

 

C’est ainsi que nous trouvons d’abord le Dieu de l’Ancien Testament, puis le Dieu des Evangiles, et le Dieu des épîtres et de la prophétie évangélique.

 

Dans la première partie de la Bible, nous apprenons déjà, ce qui devrait suffire pour remplir nos cœurs de joie.

 

Nous y apprenons ce qui devrait suffire pour remplir nos cœur de joie : c’est que tout indignes que nous nous sommes rendus de Son Amour, Dieu nous a pourtant aimés.

 

Nous aurions mérité mille et mille fois qu’Il se déclarât contre nous : et si quelqu’un n’était pas pénétré de cette pensé, il n’a qu’à relire les prophètes, Ezéchiel en particulier, qui sont tout remplis de cette doctrine terrible des jugements de Dieu que les enfants d'Israël avaient attirés sur eux par leurs œuvres mauvaises, mais qu’ils n’avaient pas plus mérités que le reste des hommes dont leur histoire est comme le miroir.

 

Mais voici qu’au lieu de se déclarer contre nous, Dieu se déclare pour nous ; et nous apprenons que là où nous ne devions nous attendre qu’à trouver un trésor de colère, nous trouvons un Trésor de Miséricorde.

 

Le Dieu Tout Puissant qui a créé le ciel et la terre, l’Auteur du monde visible et du monde invisible, est pour nous Tout Entier ; Il ne demande qu’à nous sauver ; et quiconque veut entrer dans Ses Pensées, confesser ses péchés et se soumettre à Sa Grâce, possédera la Vie Eternelle comme s’il n’avait point péché ; ou plutôt il la possédera, ayant péché mais ayant été réconcilié, avec un sentiment nouveau de la Miséricorde qui est en Dieu.

 

C’est ainsi que Dieu se révèle à nous dans cette première partie de la Bible, et que soulevant ce pesant fardeau de la Colère Divine, l’Amour Divin perce partout ; ces mêmes prophètes qui dénoncent ces jugements terribles ne peuvent pas soutenir longtemps ce langage, et ils finissent toujours par des paroles de Miséricorde.

 

Vous trouverez cela d’une manière très remarquable dans le prophète Michée, qui, dans la brièveté de ses pages, développe avec une plénitude admirable le plan de la condamnation, de la prophétie, et du salut dans lequel il finit par se reposer.

 

Arrivent les Evangiles prédits par les prophètes.

 

Alors Dieu fait un pas de plus : Il s’approche de nous, Il ne se contente pas de nous déclarer comme de loin qu’Il est pour nous, mais Il vient de tout près vivre avec nous, comme l’un d’entre nous, Fils de l’homme, pris d’entre les hommes, tout Fils de Dieu qu’Il est ; et après avoir été pour nous, Il est avec nous, tout près de nous, comme un Ami et un Frère, avec lequel, selon l’expression du Psaume 55, nous pouvons « communiquer tous nos secrets ».

 

Alors Dieu se montre à nous sous un aspect plus Tendre encore et plus rassurant que nous ne L’avions vu dans la première partie de la Bible, surtout lorsque Cet Ami et Ce Frère vient à achever de nous révéler la Doctrine de la Justice Divine et de la Miséricorde Divine, en mourant pour nous sur la croix et en y effaçant nos péchés.

 

Mais tandis qu’un rapport si tendre se déploie de Dieu à nous, un autre rapport se déploie dans le Sein de Dieu Lui même, et nous apprenons que Celui qui nous rachète est Le Fils de Celui  qui veut nous sauver, et qu’il y a, entre Dieu tel qu’Il s’est montré dans la première partie de la Bible et Dieu tel qu’Il apparaît dans les Evangiles, le touchant rapport d’un Père à Son Fils : rapport que nous ne pouvons discerner du moins être quelque chose d’ineffablement tendre et mystérieux tout à la fois.

 

Remarquez bien que l’un de ces rapports ne saurait aller sans l’autre, et que nous ne comprendrons jamais ce que Dieu est pour nous en Jésus Christ, si nous n’entrevoyons pas ce que Jésus Christ est pour Dieu, d’autant plus qu’il y a ici quelque chose qui ne doit pas nous échapper.

 

Nous ne comprenons dans Sa Plénitude l’esprit d’amour que comme esprit de sacrifice : or, en Dieu, semble-t-il, il ne peut y avoir de sacrifice ; car que pourrait-on prendre sur un seul moment de Sa Félicité Eternelle ?

 

Mais voici que dans la Personne de Son Fils, le Seigneur des seigneurs nous donne l’exemple du sacrifice ; voici que Celui qui est Le Fils du Père est en même temps « l’homme de douleurs » ; et que là où « la plénitude de la divinité a habité corporellement », l’ineffable immensité de la douleur dont l’humanité est capable, mais dont elle n’est capable que dans cette union avec la divinité, se déploie à nos regards touchés et reconnaissants.

 

Et ne voyez vous pas que cette Doctrine si touchante disparaît complètement si le Fils n’est pas un avec le Père, et que tout ce qui excite notre tendre reconnaissance pour le Seigneur Jésus Christ tient à ce qu’Il est véritablement Fils de Dieu, c’est à dire Dieu, comme Il est Fils de l’homme, c’est à dire homme ?

 

Viennent les épîtres et la prophétie évangélique ; et comment s’ouvrent elles ?

 

Par la descente du Saint Esprit, qui fonde l’Eglise tout en se répandant sur elle.

 

C’est le troisième et dernier pas, car on n’en saurait concevoir d’autre, que Dieu fait vers Sa pauvre créature déchue.

 

Il était avec elle, et Le voici qui vient s’établir en elle, et se faire tellement un avec nous, que de ces pauvres corps nés de la poussière et devenus esclaves du péché, Il forme des temples de son Esprit, Le Domicile de Dieu où Il se complaît à reposer.

 

Le Saint Esprit, c’est à dire Dieu, vient Se donner à nous, après avoir été pour nous dans la première partie de la Bible, et avec nous dans les Evangiles : c’est le dernier excès de l’Amour Divin qui ne peut se contenter qu’il ne soit fait un avec nous, « Lui en nous, et nous en Lui ».

 

Et ici encore, remarquez, que toute la puissance de cette doctrine de vie disparaît, si le Saint Esprit, au lieu d’être Dieu Lui même, n’était qu’une émanation de Dieu, qu’une action de Dieu, qu’un don de Dieu ; car ce ne serait alors que rappeler ce que nous savons abondamment par l’Ancien Testament et par les Evangiles sur la Puissance et sur la Grâce que Dieu Peut et Veut nous communiquer ; tandis que le Saint Esprit tel qu’Il se révèle à nous dans les épîtres et dans la fin de la seconde partie de la Bible et dans les promesses de Jésus Christ à ses disciples, étant Dieu Lui même, c’est la Puissance de Dieu qui nous fortifie, c’est la Paix de Dieu qui nous console, c’est la Sainteté de Dieu qui nous affranchit du mal, c’est la vie de Dieu qui fait battre notre cœur.

 

Oh ! Qui pourrait mesurer et comprendre l’immensité de ce progrès du dernier chapitre de l’Evangile au premier chapitre des Actes, et se rendre compte de cette marche admirable de la Révélation et des dons Divins, dans les trois parties des Saintes Ecritures que nous venons de parcourir si rapidement hélas !

 

Admirable vue, que je ne puis qu’indiquer.

 

Le rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit à l’homme, correspond à un rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit en Dieu, et l’Amour qui se répand pour nous sauver, est l’expression de l’Amour qui a habité Eternellement dans le Sein de Dieu.

 

Ah ! Que la Doctrine que nous contemplons devient alors touchante et profonde !

 

C’est là le fond de l’Evangile, et ceux qui la rejettent comme une doctrine spéculative et purement théologique, n’y ont donc jamais rien compris.

 

C’est la force de notre cœur, c’est la joie de notre âme, c’est la vie de notre vie, c’est le fondement même de la Vérité révélée.

 

Je vous laisse à vos méditations ces choses et me borne à vous rappeler un mot que j’ai souvent cité en chaire, résumant admirablement toute cette Doctrine.

 

Un Père de l’Eglise disait :

 

« Nous avons dans l’Ancien Testament Dieu pour nous, dans les Evangiles, Dieu avec nous, et dans les Actes et les Epîtres Dieu en nous ».

 

C’est ce Dieu pour vous, avec vous et en vous ; c’est Le Père, Le Fils, Le Saint Esprit, que je vous souhaite, comme à moi même, pour vivre et pour mourir, du plus profond d’un cœur qui vous est dévoué en Jésus Christ !

 

Amen,

 

 

Adolphe Monod

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 05:00
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (1ère partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

Si l'on nous eût donné à deviner lequel d'entre tous ses disciples Jésus ressuscité devait honorer de sa première apparition, qui aurions-nous nommé ?

 

À n'écouter d'abord que le cri de la nature, cette tendre mère, à laquelle une épée venait de transpercer l'âme (*1), se serait offerte à notre esprit avant tous les autres.

 

Puis, à peser les droits sacrés de l'apostolat, nous aurions balancé entre les deux disciples de prédilection, Pierre, héritier de cette grande promesse :

 

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon É(Eglise (*2), » ou Jean, le disciple intime, le plus empressé des deux à constater la résurrection de son Maître (*3), et le premier à la croire (*4).

 

Mais la dernière personne à laquelle nous aurions pensé, convenons-en, c'est une pauvre étrangère qui avait commencé par être l'indigne proie de sept esprits infernaux.

 

Et pourtant, c'est cette pauvre étrangère, c'est Marie de Magdala qui a été choisie :

 

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle Il avait chassé sept démons. »

 

En mettant ainsi en regard, dans un de ces raccourcis qui lui sont propres (*5), le premier et le dernier des traits par lesquels le Saint-Esprit nous a fait connaître Marie-Magdeleine, notre évangéliste a eu quelque chose de plus sérieux en vue que de nous proposer un contraste curieux ou embarrassant.

 

Pour lui, ce contraste cache un rapport profond :

 

Si Marie - Magdeleine a été élevée si haut, c'est parce qu'elle avait été retirée de si bas.

 

Étudions la transition instructive qui l'a conduite de l'un de ces termes à l'autre, et que l'histoire évangélique, développant la pensée de saint Marc, nous fait suivre de période en période, non en nous exposant les sentiments intérieurs de Marie-Magdeleine, mais en nous la montrant à l'oeuvre dans quelques-unes de ces grandes occasions où le coeur se révèle par l'action.

 

Car, chose étonnante !

 

Dieu, Lui Seul connaît les coeurs, ne peint guère l'homme que par ses oeuvres, tandis que l'homme, qui ne voit que les oeuvres, s'évertue à pénétrer le secret des coeurs.

 

Me trompé-je en disant que cette étude répond à un besoin de nos âmes ?

 

Nous désirons, nous aussi, que Jésus se révèle a nous dans la sainte gloire de sa résurrection (*6).(...)

 

La seule chose que nous sachions de la conversion de Marie-Magdeleine, c'est que Jésus avait chassé d'elle sept démons.

 

C'est là le fait saillant qui a frappé les évangélistes, saint Luc aussi bien que saint Marc ; c'est sans doute aussi celui qui a frappé ce peuple fidèle dont ils sont les organes inspirés : pour l'Église primitive, Marie-Magdeleine était cette femme bien connue de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

La tradition qui nous représente Marie - Magdeleine livrée aux honteux désordres de la chair, est d'origine plus récente et sans appui solide.

 

On avait jugé, sans raison suffisante, que la présence des esprits malins ne pouvait aller sans une vie déréglée ; ou bien on avait, avec moins de raison encore (*7), confondu Marie-Magdeleine avec cette pécheresse qui vient répandre sur les pieds du Seigneur une huile odoriférante, en les arrosant de ses larmes et les essuyant de ses cheveux.

 

Ne cherchons pas des crimes à Marie-Magdeleine, pour accroître le prodige de sa conversion : avant tout, comme l'Écriture, soyons vrais.

 

Hélas ! Et ce trait seul ne suffit-il pas pour jeter sur son premier état une mystérieuse, mais effrayante lumière : sept démons (*8)?

 

Ce n'est pas le lieu et temps de discuter la condition de ces démoniaques, qui apparaissent dans le Nouveau Testament comme pour fournir au Fils de Dieu l'occasion de déployer toute sa Vertu Divine, dans une lutte étrange et terrible avec les puissances des ténèbres.

 

Une chose est certaine : c'est que ces infortunés, asservis à une influence occulte et pernicieuse, au travers de laquelle perçaient çà et là des lueurs d'intelligence, de foi même, qui redoublaient le sentiment de leur misère quand elles ne les conduisaient pas au Sauveur, appartenaient, par leur condition tant physique que morale, aux plus malheureux et aux plus déchus d'entre les hommes.

 

C'était porter en soi le germe de tous les péchés et de toutes les douleurs, que d'y porter cette action des esprits malins ; c'était ressentir un avant-goût de l'enfer sur la terre, avec ses souffrances sans consolation, avec sa lumière tardive et infructueuse ; aussi les démons chassés comptent-ils, dans le récit des évangélistes, parmi les prodiges les plus éclatants de Jésus-Christ et parmi Ses Bienfaits les plus signalés.

 

Sept démons ! C'est le type du dernier degré d'abaissement moral (...)

 

Sept démons ! Il n'en a fallu qu'un pour réduire un pauvre enfant à cet état d'égarement et de fureur qui défie tous les efforts des apôtres, et ne cède enfin à la parole de Jésus-Christ, spécialement préparé par le jeûne et par la prière, qu'au travers d'un si affreux combat que le malade guéri passe quelque temps pour mort aux yeux de la multitude épouvantée (*9).

 

Sept démons ! On peut juger de ce qu'a dû être la condition première de Marie-Magdeleine par celle de cet autre possédé en qui l'esprit immonde, pressé par cette question du Seigneur :

 

« Comment as-tu nom ? » répond : « Je m'appelle Légion, car nous sommes plusieurs, » et que saint Marc nous montre rompant ses liens et brisant ses fers, courant de jour et de nuit dans les montagnes et dans les sépulcres, se meurtrissant. avec des pierres et poussant des cris lamentables (*10).

 

Telle à peu près a dû être la condition de Marie-Magdeleine, jusqu'au jour de Grâce où elle rencontra ce Fils de Dieu « que tous les anges adorent, » et que les démons confessent en dépit d'eux tout en blasphémant.

 

Il parle, et la voici délivrée ; Il dit : « Esprit immonde, Je te commande, Moi, sors et ne rentre plus (*11) » et voici Marie-Magdeleine rendue, j'allais dire à la société et à sa famille, mais disons mieux encore, rendue à elle-même et à Dieu.

 

Qu'on se figure la confiance et la gratitude qui l'attachent désormais à Celui qui l'a fait passer « de la puissance « de Satan à Dieu, et des ténèbres à la lumière (*12). »

 

La profondeur de l'abîme d'où elle a été retirée, tel est le principe, telle est la mesure de l'amour qu'elle porte désormais à Jésus ; et cet amour est la clef de tout ce qu'elle fait à l'égard de Jésus vivant, de Jésus mourant, de Jésus ressuscité.

 

Elle le suit vivant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le pleure mourant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le cherche ressuscité, parce qu'elle l'aime ;

 

Et elle l'aime, parce qu'elle n'a qu'à jeter un regard sur Lui pour se rappeler que c'est Lui Seul qui l'a délivrée, et qu'à en jeter un sur elle-même pour se rappeler de quoi Il l'a délivrée, elle, cette femme indigne et misérable, jadis possédée de sept démons à la fois.

 

Le premier effet par lequel se déclare l'amour de Marie-Magdeleine pour Celui qui l'a délivrée, c'est le désir de Le suivre dans le cours de sa Sainte et Bienfaisante vie.

 

Cette expression de sa reconnaissance ne lui est pas particulière : quand Jésus a délivré ce malheureux Gadarénien de sa légion de démons , le malade guéri sollicite la faveur d'être avec Lui.

 

Jésus, qui avait pour cet homme une autre mission en réserve, Lui répond :

 

« Retourne en ta maison, et raconte quelles grandes choses Dieu t'a faites (*13); » mais la mission d'un homme n'est pas celle d'une femme, et la mission d'un disciple n'est pas celle d'un autre disciple (*14) : Marie-Magdeleine désire à son tour d'être avec le Seigneur, et Jésus ne le lui défend point.

 

La voilà donc qui s'attache à tous ses pas, comme ses apôtres, jusqu'à l'accompagner aux fêtes solennelles, où la présence des hommes était seule réclamée par la loi (*15) :

 

« Il allait de ville en ville, et de bourgade en bourgade, prêchant et annonçant le royaume de Dieu; et les douze disciples étaient avec Lui, et quelques femmes aussi qu'Il avait délivrées des malins esprits et des maladies, savoir Marie qu'on appelait Magdeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, et Jeanne, femme de Chuzas, lequel avait le maniement des affaires d'Hérode, et Suzanne, et plusieurs autres, qui l'assistaient de leurs biens (*16). »

 

Marie-Magdeleine, nommée constamment la première, et peinte au point de départ par saint Luc du même trait dont la peint saint Marc en terminant, est à la tête de ce cortège de femmes pieuses qui suivent le Seigneur de lieu en lieu, et qui en même temps subviennent à ses besoins.

 

Jésus n'avait rien à Lui dans ce monde, ni un lieu même où reposer sa tête : c'est à un ami qu'Il demande un asile à Jéricho (*17) ; c'est d'un ami qu'Il emprunte une monture pour entrer dans Jérusalem (*18); c'est chez un ami qu'Il retient une chambre haute pour célébrer la Pâque (*19).

 

Eh bien ! Marie-Magdeleine, pourvue des biens de ce monde, s'empresse de les mettre à la disposition de Celui à qui elle doit tout et se doit elle-même, heureuse de pouvoir faire quelque chose pour Lui rendre moins pesant le fardeau de la vie humaine, dont Il s'est chargé pour la soulager.

 

Toutefois, ce généreux sacrifice n'est pas encore ce qui me touche le plus dans Marie-Magdeleine suivant tous les pas du Seigneur.

 

Ce qui me touche le plus, c'est le tendre empressement qu'elle fait paraître de demeurer toujours avec Lui, pour ne perdre aucune de Ses Paroles , aucun de Ses Miracles, aucune de Ses Guérisons, plus spécialement peut-être aucune de celles qui ressemblent à la sienne.

 

Tout cela nous semble peut-être assez naturel, et nous nous étonnons de voir une grande preuve de l'amour de Marie-Magdeleine pour Son Sauveur dans une conduite toute simple, et que nous aurions tenue nous-mêmes à sa place.

 

Mais y avons-nous bien réfléchi ?

 

Prenons garde : rien de plus attrayant que la charité en perspective et le sacrifice à l'horizon ; mais la réalité est une rude épreuve pour le dévouement, et la seule certaine.

 

Jugeons plutôt de ce que nous aurions fait dans une situation que nous n'apercevons qu'à distance, par ce que nous faisons actuellement dans une situation qui est la nôtre, et où Dieu lui-même nous fournit les moyens de connaître ce qui est dans notre coeur.

 

Vivant aux jours de Jésus-Christ, nous nous serions empressés, pensons-nous, de mettre à son service ce que nous avons de biens sur la terre.

 

Nous aurions fait comme Marie-Magdeleine qui donne son trésor, non comme le jeune riche qui refuse le sien.

 

Et pourquoi donc faisons nous bien souvent dans une vraie réalité objective comme le jeune riche, non comme Marie-Magdeleine ?

 

Si Jésus-Christ n'est plus sur la terre, Il y a laissé ses disciples, qui sont Ses Frères, les membres de Son Corps, et parmi lesquels il ne manque pas de pauvres (*20).

 

Il nous a déclaré que ce que nous faisons pour eux, nous l'aurons fait pour Lui, et que ce que nous leur refusons, nous l'aurons refusé à Lui-même.

 

Voilà un moyen tout trouvé, un moyen pratique sans danger d'illusion ni de poésie, de prouver notre disposition à faire des sacrifices pour Jésus-Christ.

 

Ce moyen, quel usage en faisons-nous ?

 

Nous voit-on en recherche d'occasions pour assister Jésus-Christ dans la personne du pauvre qui croit en son nom ?

 

Nous voit-on nous dépouiller un peu largement en sa faveur de notre superflu, je n'ose pas dire toucher à notre nécessaire ?

 

Ah ! sachons bien que telle que Marie-Magdeleine a été pour le Sauveur, telle elle serait aujourd'hui pour ses frères ; et qu'elle aurait cru se renier elle-même, que de se contenter de ces misérables secours que la plupart d'entre nous, même de ceux qui font profession d'une foi évangélique, se laissent si péniblement arracher.

 

Aussi bien, elle ne pouvait suivre Son Maître, sans trouver à chaque pas, dans les malheureux que la Charité de Jésus attirait de toutes parts, des occasions qui sollicitaient son esprit de sacrifice.

 

Si nous devions nous plaindre de la multitude des appels qui viennent chercher notre bienfaisance : pour elle, sa vie entière était un appel continuel, qu'elle allait chercher elle - même.....

 

Grâces à Dieu, il est dans tous les temps quelques veuves qui donnent de leur nécessaire, quelques Dorcas qui donnent leur travail, quelques Barnabas qui donnent leurs possessions, après s'être donnés eux-mêmes ; il en est que nous connaissons, il en est d'autres qui réussissent à se cacher; - mais, hélas !

 

Hélas ! Sont-ils donc si nombreux que le sacrifice de Marie-Magdeleine ne nous doive inspirer ni admiration ni surprise ?

 

 

 

Suite 2ème partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod)  

Bible (124)

Croix Huguenote

 

 

 

 

Notes :

-1. Luc II, 35. 

 

-2.Math, XVI, 16. 

 

-3. Jean XX, 2-4 

 

-4. Jean XX, 8.

 

.-5. Marc 1, 13, etc. 

 

-6. Éph. 1, 19-fin; 1 Cor.-IV, 14-22, Etc.

 

-7. Luc VIII, 2, rapproché de Luc VII, 37-50.

 

-8. Marie-Magdeleine peut avoir été possédée de ces sept démons, et guérie par le Seigneur, ou successivement, ou simultanément. La seconde hypothèse est de beaucoup la plus vraisemblable, par analogie avec Luc VIII, 27-39, et Matth. XII, 43-45.

 

-9. Marc IX, 19-27. 

 

-10Marc, V, 1-20.

 

-11. Marc IX, 25. 

 

-12. Actes XXVI, 18.

 

-13. Luc VIII, 39.

 

-14. Luc IX, 57-62.

 

-15. Matth. XXVII, 55-56.

 

-16. Luc VIII. 1-3.

 

-17. Luc XIX, 5.

 

-18. Luc XIX, 30, 31

 

-19. Luc XXII, 12.

 

-20.1 Cor. 1, 26.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:58
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (2ème partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Ce devait être aussi, pensons-nous, une vie pleine d'intérêt et de mouvement, que celle de ces disciples et de ces femmes, compagnons assidus du Sauveur auditeurs de Ses Discours, témoins de Ses Oeuvres, spectateurs de Ses Prodiges.

 

Fort bien, s'ils l'eussent suivi dans l'esprit de ce peuple volage qui se pressait parfois sur les pas de Jésus-Christ pour n'en prendre que selon Son Attrait, un jour prêtant l'oreille au sermon de la montagne, un autre jour profitant de la multiplication des pains, ici assistant à la résurrection de Lazare, là attendant l'accueil fait à la prière de la Cananéenne, ou à la question des Pharisiens coalisés avec les Hérodiens.

 

Mais suivre Jésus, comme Marie - Magdeleine, jour après jour, dans toutes les situations, dans toutes les fatigues, dans toutes les douleurs, dans toutes les humiliations, dans toutes les réalités enfin de la vie de l'Homme-Dieu sur la terre ;

 

Le suivre, quand ses disciples n'avaient le loisir ni de se reposer, ni de manger (*21);

 

Le suivre, quand Ses Discours éloignaient de Lui tous ceux qu'une foi invincible n'enchaînait pas auprès de Sa Personne (*22);

 

Le suivre, quand ceux de Nazareth Le menaient au haut de leur montagne pour l'en précipiter (*23), ou quand ces Juifs tenaient déjà des pierres dans leurs mains pour Le lapider (*24);

 

Le suivre, quand on ne pouvait Le suivre qu'au péril de sa propre vie (*25),  

 

Etait-ce aussi curieux, aussi nouveau, aussi entraînant selon nous ?

 

Ah ! Que nous nous connaissons mal nous-mêmes, ou que nous connaissons mal Le Fils de l'homme !

 

Que nous savons peu combien nous sommes asservis à nos habitudes, à nos aises, à notre bien-être, ou que nous savons peu combien Sa Vie, et la vie de ceux qui l'entouraient, était remplie de privations, d'amertumes, de périls !

 

Quand nous Lui aurions dit :

 

« Maître, je Te suivrai partout où Tu iras, »

 

Il nous eût répondu comme à ce disciple novice :

 

« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête (*26); »

 

Et qu'aurions-nous fait alors, nous que décourage parfois, souvent, la moindre peine, le moindre reproche, le moindre embarras à affronter pour le Saint Nom de Jésus ?

 

Mais au reste, à cette double épreuve du sacrifice pécuniaire et du sacrifice personnel, il s'enjoignait une troisième, plus redoutable encore peut-être, mais que je me borne à indiquer : celle de la sainteté.

 

La sainteté seule de Jésus devait suffire pour écarter une âme ordinaire, si elle n'était retenue, comme un Judas, par l'intérêt et par l'hypocrisie.

 

Avez-nous jamais songé à ce qu'il en coûte d'avoir constamment sous les yeux un parfait exemple de piété, de charité, d'humilité, de vie céleste, soit qu'on s'applique avec une noble ardeur à se régler sur ce modèle, ou qu'on se résigne lâchement à subir la censure incommode qu'on y trouve, comme Caïn dans les oeuvres bonnes de son frère ?

 

Mais, croyez-moi : on ne la subira pas longtemps ; si l'on ne tue pas comme un Caïn, on fuira du moins comme un Démas ; suivre Jésus, c'est s'engager tacitement à l'imiter.

 

Je ne parle point ici pour nous accabler : je ne veux que nous faire apprécier, par un contraste humiliant pour nous, tout ce que valait, tout ce que prouvait la fidélité de Marie-Magdeleine à suivre Jésus-Christ vivant.

 

Qu'est-ce donc qui la rendait capable de cette vie, dont nous serions, selon toute apparence, incapables ?

 

C'est qu'elle était cette femme de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

En échange d'une telle délivrance, l'abandon de sa fortune, de son repos, de sa volonté, de sa vie même, si elle lui était demandée, ne lui semblait qu'un présent de vil prix.

 

Et nous, voilà ce qui nous manque : Jésus ne nous a pas délivrés de sept démons.

 

Que si nous souhaitons cependant une épreuve plus décisive pour le dévouement de Marie-Magdeleine, nous ne serons que trop tôt satisfaits.

 

Il est si vrai qu'il fallait aimer Jésus comme Marie-Magdeleine l'aimait, pour s'associer comme elle le faisait à sa vie, que nous allons voir la génération contemporaine importunée par cette vie si bienfaisante, mais si sainte, et tout occupée des moyens d'y mettre un terme.

 

A peine ce beau spectacle a-t-il commencé d'être donné au monde, que déjà Il va lui être enlevé : le Fils de l'homme est retranché de la terre des vivants (*27).

 

Le voici, en quelques jours, que dis-je ?

 

En quelques heures, trahi, arrêté, jugé, condamné, crucifié entre deux brigands.

 

« Il a été mis au rang des malfaiteurs (*28). »

 

Que devient alors Marie-Magdeleine ?

 

Hélas ! Il y a un moment de terreur panique (*29), où le vide se fait de toutes parts autour de « l'homme de douleurs (*30), » et où la terre entière l'abandonne (*31), souvenir à jamais humiliant pour la race humaine.

 

Toutefois, le premier coup de tonnerre passé, les plus fidèles, ou les moins infidèles, se rallient, mais avec quelle timidité !

 

Des deux seuls apôtres qui suivent Jésus (*32), l'un le renie, l'autre n'évite l'apostasie que par le silence ; pas une voix ne s'élève en faveur du Fils de l'homme livré aux mains des méchants.

 

Cependant un groupe de disciples, où les femmes dominent, suivent, en pleurant, Jésus au Calvaire ; et, après avoir peut-être envié secrètement à Simon de Cyrène le pesant fardeau dont on charge ses épaules, ils s'arrêtent, enchaînés sans doute par la crainte, et contemplent à distance la scène de la suprême douleur.

 

Marie-Magdeleine est dans ce groupe (*33).

 

Mais en voici quatre (*34), fidèles entre les fidèles, qui, s'enhardissant par degrés, percent enfin à grand'peine au travers de cette multitude curieuse, de ces pharisiens acharnés, de ces soldats romains cruellement empressés, de tous ces obstacles qui eussent rebuté dix fois un courage, disons mieux, un amour ordinaire, et ne s'arrêtent cette fois que parvenus au pied de la croix : Marie-Magdeleine est de ces quatre, qui donnent à Jésus la plus haute marque d'amour qu'il ait reçue durant « les jours de sa chair. »

 

Je ne crois pas dépasser la vérité en ajoutant que même entre ces quatre, l'amour de Marie-Magdeleine l'emporte par un certain côté, qui est proprement celui de l'Église.

 

C'est l'amour de Jésus-Christ tout pur, sans l'appui, ni le mélange, d'aucune affection particulière.

 

L'amour de Marie de Nazareth est l'amour d'une mère; l'amour de Jean, l'amour d'un apôtre intime; l'amour de Marie de Cléopas, l'amour d'une tante, et cette tante, la mère d'un apôtre (*35).

 

Mais l'amour de Marie-Magdeleine, sans parenté ni apostolat, c'est l'amour, non de tel ou tel disciple, non de telle ou telle catégorie de disciples, mais de l'Église tout entière pour son Sauveur crucifié.

 

Cet amour, Marie-Magdeleine le témoigne, non en apôtre, par une profession publique, telle que la fit autrefois Simon Pierre, mais en femme, par sa présence, par ses larmes, par sa sympathie.

 

Si Jésus souffre pour Marie-Magdeleine, Marie-Magdeleine souffre avec Jésus.

 

Mais cette sympathie, qui la dira ?

 

Je me plaignais tantôt que l'homme prétend lire dans le coeur de l'homme.

 

Au risque de me contredire, je me laisse aller moi-même à la tentation ; oui, je crois lire dans le coeur de Marie-Magdeleine, comme je lirais dans un livre ouvert.

 

 

 

 

 

  Suite partie 3ème  (Marie Magdeleine par Adolphe Monod)

Bible (56)

Croix Huguenote

 

Notes :
 

-21. Marc VI, 31. 

 

-22. Jean VI, 67-69. 

 

-23. Luc IV, 29.

.

-24. Jean X, 31.

 

-25. Jean XI, 16. 

 

-26. Luc IX, 57,58. 

 

-27. Ésaïe LIII, 8.

.

-28. Marc XV, 27, 28. 

 

-29. Marc XIV, 50 - 52. 

 

-30. Esaïe LIII, 3.

.

-31. Jean XVI, 32.

 

-32. Jean XVIII, 13.

.

-33. Matth. XXVII, 56; Marc XV, 40; Luc XXIII, 49.

.

-34. Auxquels Olshausen et d'autres en ajoutent une cinquième, Salomé, d'après Matth. XXVII, 56, et Marc XV, 40; mais Jean XIX, 25, est contraire à cette supposition.

.

-35. Jacques le Mineur, Marc, XV, 40.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:56
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (3ème partie)

  « Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Voyons nous Marie Magdeleine, mourant de la mort de Jésus et languissant de ses langueurs, frémissant au bruit de ce marteau tour à tour levé et abaissé, dont les coups retentissent au fond de son âme, et de ces clous enfoncés qui la déchireraient moins., lui semble-t-il, plantés dans ses mains que dans celles de son Maître ?

 

La voyons nous, recueillant tour à tour les sept paroles de la croix, qui ont fait l'étude et l'admiration de l'Église pendant plus de dix-huit cents années, avant de faire l'objet de nos méditations ?

 

La voyons-nous, prêtant l'oreille aux outrages des prêtres, aux railleries des bourreaux, à la prière du larron pénitent, à la confession du centenier, - enfin au dernier soupir du Crucifié, qu'elle attendait pour respirer à l'aise et pleurer sans contrainte ?

 

Jamais elle ne L'a tant aimé vivant, qu'elle L'aime mourant.

 

Pourquoi cela ?

 

C'est qu'elle L'aimait vivant comme Son Libérateur, et qu'elle L'aime mourant comme Son Sauveur; un Sauveur, qui ne la délivre qu'en souffrant pour elle, qui ne Lui donne de vie et de félicité que ce qu'Il prend sur La Sienne, et qui, comme la semence déposée en terre, ne porte son fruit précieux qu'à la condition de mourir (*36).

 

Ainsi que le Bienfait de Jésus, l'amour de Marie-Magdeleine a changé de caractère.

 

Autant l'un est devenu plus douloureux, autant l'autre est devenu plus tendre.

 

C'est pour les pécheurs que Jésus souffre, et par les pécheurs ; c'est plus spécialement pour elle, et par elle, la plus misérable de tous à ses yeux, et à qui sa misère est révélée par cette croix, comme elle ne le fut jamais en Galilée.

 

Elle s'indigne, sans doute, contre les auteurs iniques et les exécuteurs barbares du plus détestable des jugements ; mais elle s'indigne surtout contre elle-même.

 

Ce sont ses péchés, à elle, elle dirait volontiers à elle seule, qui ont imposé à l'Amour de Jésus cet affreux sacrifice ; sa main, sa propre main a conduit les mains qui ont manié ce marteau, planté ces clous, dressé cette croix.

 

Il lui semble que le monde entier va lui dire :

 

C'est pour toi, c'est par toi que tout ceci lui arrive;

 

Et si le monde ne le lui dit pas, elle est prête à le dire au monde :

 

C'est moi qui ai tout fait ; moi, indigne entre les indignes ; moi, la plus ingrate de toutes les créatures, si je n'en étais pas la plus reconnaissante, et si mon amour ne croissait pas avec ses douleurs !

 

Sympathie combien méritée, combien naturelle !

 

Oui, mais combien rare !

 

Rare, comme le sentiment profond de désordre réparé, de coulpe effacée, de peine remise, qui a poussé Marie-Magdeleine au pied de la croix, et que la croix lui rend doublé, centuplé.

 

Nous-mêmes, la connaissons-nous, cette sympathie ?

 

Y a-t-il quelque chose de pareil aux pensées de Marie-Magdeleine, dans les pensées avec lesquelles nous contemplons Notre Sauveur mourant ? q

 

Quelque chose qui soit en rapport avec l'excès de son amertume, ou avec l'objet de Son Sacrifice ; avec ce qu'Il nous doit de douleur, ou avec ce que nous Lui devons de délivrance ?

 

Que dis-je ?

 

Quelque chose qui soit en rapport avec ce que nous avons éprouvé peut-être pour la souffrance d'un indifférent, ou pour le supplice d'un criminel, ou pour des malheurs de roman ou de théâtre ?

 

Coeurs égarés, où la fausse sensibilité a tué la véritable ; tendres à l'excès pour tout le reste, sans pitié pour Lui Seul !

 

C'est affreux, ce que je dis là, c'est effrayant, mais n'est-ce pas bien souvent vrai ?

 

Ah ! C'est que beaucoup n'ont jamais eu conscience, comme Marie-Magdeleine, d'une calamité immense dont Jésus a retirés c'est qu'il n'a pas pour beaucoup encore délivrés de sept démons !

 

Aussi, de quelle ardeur Marie-Magdeleine cherche-t-elle son Sauveur ressuscité !

 

C'est ici la dernière période, et le triomphe de son amour; c'est ici ce qui a inspiré à saint Marc le rapprochement indiqué dans mon texte :

 

« Il apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. »

 

Jésus, Celui qu'elle aimait, sans qui elle ne peut vivre, est mort.

 

Elle L'a suivi vivant; elle La pleuré mourant ; mort, que ferait-elle ?

 

Mort, - mais L'est-Il tout entier ?

 

L'est-Il pour toujours ?

 

L'est-Il pour longtemps ?

 

Son coeur lui dit là-dessus des choses étranges ; et la Parole de Jésus vient en aide à son coeur.

 

Il a annoncé qu'Il mourrait, et qu'Il ressusciterait le troisième jour (*37) ; cela est si bien connu que ses ennemis prennent des précautions pour empêcher l'enlèvement de son corps.

 

Il est vrai que les disciples de Jésus n'ont pas cru cette parole, ou plutôt ne l'ont pas comprise (*38).

 

Marie-Magdeleine ne l'a probablement pas plus comprise que les autres ; les aromates qu'elle apporte pour embaumer le corps de Jésus (*39), et sa plainte répétée :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis (*40), »

 

donnent à connaître qu'elle Le cherche plutôt mort que vivant.

 

Et pourtant, il y a dans le fond de sa pensée quelque autre chose qu'elle ne dit pas, qu'elle ne saurait dire : ce n'est pas ainsi qu'on cherche un mort.

 

En Jésus-Christ Ressuscité, Marie-Magdeleine trouve plus qu'elle n'osait chercher, j'en conviens ; mais certainement aussi dans son seul cadavre, elle eût trouvé moins que ce qu'elle cherchait ; et toute préparée qu'elle est pour l'embaumer, elle s'attend vaguement à avoir quelque chose de meilleur à faire.

 

Après une telle vie et une telle mort, elle compte sur quelque chose d'extraordinaire qu'elle n'avoue à personne, dont elle ne se rend pas compte à elle-même ; elle pressent confusément la Résurrection de Son Maître, à peu près comme Marthe celle de son frère; et sa lumière va croissant par degrés, jusqu'au moment où l'événement vient tout ensemble réaliser ses espérances et les dépasser.

 

Quand je veux me faire quelque idée de ce qui se passe dans son coeur, je me figure une mère qui vient de perdre son fils bien-aimé, mais à qui une parole vénérée a fait concevoir, comme celle d'Élisée à la Sunamite, je ne sais quelle espérance incertaine qu'il va lui être rendu.

 

Je me la figure courant à son tombeau, le trouvant vide, n'ayant plus qu'à choisir entre une résurrection et un enlèvement, n'avouant que' l'enlèvement, mais inclinant vers la résurrection, demeurant la dernière près du sépulcre où elle est venue la première, pleurant, cherchant, interrogeant, attendant, et trouvant enfin son fils, - son fils vivant, - sans oser d'abord le reconnaître, de peur d'avoir à redescendre d'une illusion trop ravissante dans une trop amère réalité...

 

Ce n'est là qu'une image affaiblie de l'histoire de Marie-Magdeleine, devançant tous les autres et prévenant le jour; trouvant la pierre roulée et le sépulcre vide ; courant vers les apôtres, qui semblent ne se mouvoir que sur sa parole ; les rendant témoins de ce qu'elle a vu, mais demeurant après eux pour voir davantage ; seule, faible femme, près d'un tombeau ouvert ; pleurant, et demandant à tout ce qui l'entoure celui qui seul remplit son coeur; le demandant aux anges, en qui rien ne la touche ni ne l'intéresse que le témoignage qu'elle sollicite d'eux ; le demandant à Lui-Même, qu'elle prend pour un autre, - jusqu'au moment où, reconnaissant enfin Sa Voix Aimée dans l'accent dont Il l'appelle, elle est rassurée par cet entretien en deux mots, en deux noms :

 

« Marie ! Rabboni ! » mais deux noms, dont l'un dit tout ce que Marie est pour son Sauveur ressuscité, et l'autre tout ce que Jésus ressuscité est pour Marie sa servante, de laquelle Il a chassé sept démons.

 

C'est toujours à ces sept démons qu'il en faut revenir, c'est par ces sept démons qu'il faut tout expliquer ; le Saint-Esprit l'a fait comprendre à Marc, et Marc nous le fait comprendre à son tour.

 

Marie-Magdeleine, premier témoin de la résurrection, choisie pour L'annoncer à ceux qui ont été choisis pour l'annoncer au monde, simple femme, qui n'a que son coeur pour elle, mais dont ce coeur fait l'apôtre des apôtres ;

 

Marie-Magdeleine, la grande figure de cet admirable vingtième chapitre de saint Jean, où elle occupe, dans la première journée du royaume des cieux, cette première place que les apôtres eux-mêmes lui cèdent sans hésitation ;

 

Marie-Magdeleine, les prémices de l'Église consolée, la première voix terrestre qui ait frappé l'oreille de Jésus ressuscité, et la première oreille humaine que la Voix de Jésus ressuscité ait rendue attentive ;

 

Marie-Magdeleine, à laquelle il n'est pas un disciple, si froid soit-il, qui n'ait donné au moins une fois dans sa vie un mouvement de sympathie et une larme d'attendrissement ;

 

Eh bien, cette Marie-Magdeleine, qui est-elle enfin et d'où vient-elle ?

 

Est-ce une sainte accomplie, qui puisse se vanter d'une vie sans tache, d'une perfection surérogatoire, que sais-je ?

 

D'une conception immaculée ?

 

Non, vous dis-je, non, mais une pauvre et indigne pécheresse ; mais l'objet d'une obsession maligne et infernale.; mais une femme, que nous aurions rougi d'avoir pour fille ou pour soeur; une femme, que nous aurions tremblé de voir s'asseoir à nos côtés ; une femme, que nous aurions fait enfermer dans quelque Salpêtrière et revêtir de la camisole de force ; une femme enfin, de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

Voilà, voilà le principe de sa vie en Galilée, de sa douleur sous la croix, de sa joie près du sépulcre, enfin de toute sa grandeur ; grandeur dont elle ne sait rien elle-même, suivant, avec la simplicité d'un enfant, le mouvement d'un coeur qui la pousse à chercher Celui qu'elle a perdu, sans plus songer à mériter le témoignage que je lui rends, et que le Saint-Esprit lui a rendu avant moi, que nous ne songeons, nous, à nous obtenir l'estime ou l'admiration des générations à venir par l'émotion qui remplit en ce moment notre coeur, et que nous porterons à la table de ce même Jésus, mort pour nous comme pour Marie-Magdeleine, et pour nous comme pour elle, ressuscité d'entre les morts.

 

Mais le remplit-elle en effet ?

 

Entrons-nous dans l'esprit du dialogue échangé entre Marie-Magdeleine et son Maître ressuscité ?

 

Entendons-nous, en esprit, Jésus nous disant Marie !

 

Et, se réjouissant sur nous, qu'Il a déjà affranchi de la mort, déjà fait monter au ciel, déjà fait asseoir à la droite de Dieu avec lui ?

 

Et Jésus nous entend-Il à son tour lui disant Rabboni ! Et nous réjouissant dans la pensée qu'Il a tout accompli, qu'Il ne souffre plus, qu'Il vit aux siècles des siècles, et qu'Il recueille auprès du Père le prix de Son abaissement et de Son Sacrifice ?

 

Notre coeur, en un mot, célèbre-t-il la Pâque comme une vraie Pâque du Seigneur, qu'il a aimé, qu'il a cherché, qu'il a trouvé?

 

Ou bien célébrera-t-il la Pâque, parce que c'est le jour de Pâques, sans tressaillement, sans amour, prêt à retourner demain aux pensées terrestres de ses joies, à l'abattement de ses douleurs, ou à l'entraînement de ses convoitises, tout comme si Jésus n'était pas ressuscité ?

 

Mais pourquoi ? Si ce n'est parcequ'alors, rien n'aurait été connu qui ressemble à la plaie du coeur de Marie, et que Jésus n'aurait pas encore délivré de sept démons ?

 

Tel est le secret de Marie-Magdeleine, pour croître dans cette grâce qui l'a retirée de l'abîme : l'amour par l'humilité.

 

Son premier secret, avec Jésus vivant, c'est un premier pas dans l'amour par un premier pas dans l'humilité ;

 

Son second secret, avec Jésus mourant, c'est un second pas dans l'amour par un second pas dans l'humilité ;

 

Son troisième secret, avec Jésus ressuscité, c'est un nouveau pas dans l'amour par un nouveau pas dans l'humilité en attendant que son secret final., avec Jésus Glorifié, ce soit le complet épanouissement de l'amour par l'humilité, son âme élue plongeant du plus haut des cieux dans le plus profond de cet enfer auquel elle a commencé par être livrée.

 

... Mais quoi ? Tant de grâce n'est-elle donc accessible qu'à la victime de sept démons ?

 

Pour avoir été préservés de l'excès de misère qui a été la première condition de Marie-Magdeleine, nous sera-t-il impossible d'aimer comme elle ?

 

Et serons-nous réduits à souhaiter d'avoir été plus coupables pour être plus reconnaissants ?

 

Non, non, nous serons réduits seulement à nous connaître mieux ; car nous n'avons qu'à nous mieux connaître pour nous trouver les "sept démons" dont elle a été délivrée, si ce n'est pour nous en trouver davantage, hélas ! Et celui qui s'en voit le moins, est celui qui en a le plus.

 

La pécheresse de saint Luc n'a pas été délivrée de sept démons, comme Marie-Magdeleine ; et cependant, elle ne peut trouver de marques ni assez humbles ni assez tendres de sa reconnaissance et de son amour :

 

« Elle a beaucoup aimé or celui à qui il est moins pardonné, aime moins (*41). »

 

Saint Pierre n'a pas eu à rompre, comme cette pécheresse, avec les indignes convoitises de la chair; et cependant, il peut dire d'un coeur sincère :

 

« Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime (*42). »

 

Saint Paul n'a pas, comme saint Pierre renié trois fois son Maître après l'avoir connu ; et cependant, il a pu écrire :

 

« Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, desquels je suis le premier (*43). »

 

C'est pour lui-même, comme pour saint Pierre, comme pour la pécheresse, comme pour Marie-Magdeleine, comme pour nous tous, que ce même saint Paul a écrit encore :

 

« Nous aussi étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses passions et voluptés, vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs et nous haïssant l'un l'autre (*44). »

 

Ah ! Quand on est tel , je le demande, pour entrer dans l'esprit de Marie-Magdeleine, faut-il plus que de se connaître ? (...)

 

 

  Suite et dernière partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod) 

Bible (133)

Croix Huguenote

 

Notes:

 

-36. Jean XII, 24.

 

-37. Matth. XVI, 21, etc.

 

-38. Luc XVIII, 31-34.

.

-39. Marc XVI, 1, 2.

 

-40. Jean XX, 2, 13, 15.

 

-41. Luc VII, 47.

.

-42. Jean XXI, 17.

-43. 1 Tim. I, 15.

-44. Tite III, 3

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:54
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (4ème et dernière partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.) 

 

(...) Quand Jésus oppose cette pécheresse qui a beaucoup aimé parce qu'Il lui a été beaucoup pardonné à Simon le pharisien qui aime moins parce qu'il lui a été moins pardonné, ne voyons-nous pas que ce n'est qu'à ses propres yeux que Simon est moins coupable que la pécheresse, et que la dureté superbe du premier, son incrédulité soupçonneuse, surtout sa complaisance pharisaïque en lui-même, balancent les péchés plus éclatants de la seconde, si elles ne les dépassent pas devant Dieu ?

 

Et si, par malheur, devait on s'imaginer que certains pourraient se sentir si fort, voire même au-dessus de Marie-Magdeleine aux sept démons, ces démons, présents ou passés, l'incrédulité, l'avarice, l'égoïsme, la convoitise, la vanité, l'impureté peut-être, - en voilà six, - ne valent-ils pas les siens ?

 

J'ai gardé pour le dernier le plus mauvais de tous, l'orgueil, qui fait accroire d'être meilleur qu'elle.

 

Et quoi !? Ne peut on pas alors comprendre que la Justice de Dieu, à la différence de celle des hommes, Pèse avec l'acte visible les sentiments cachés dans le coeur, et tient compte à chacun des ressources, des exemples, des occasions, des lumières, des avertissements même intérieurs, dont toute personne a jouie ou dont il a été privé ?

 

Eh bien, qui sommes nous pour faire la part de toutes ces choses ?

 

Qui sommes nous pour balancer notre fardeau avec celui de Marie-Magdeleine ?

 

Et quelle est cette surprenante sûreté, sinon « d'estimer les autres, par humilité, » - y compris Marie-Magdeleine, - « plus excellents que nous-même (*45) ? »

 

Le premier des pécheurs, pour saint Paul, c'est saint Paul ; pour saint Pierre, c'est saint Pierre ; pour la pécheresse, c'est la pécheresse ; pour Marie-Magdeleine, c'est Marie-Magdeleine ; et pour nous, ce doit être nous.

 

Non, non : ce n'est pas nous, ô mon Dieu, que pourrait aborder le souhait téméraire d'offrir un champ plus riche aux merveilles de ta grâce !

 

Pour l'apprécier, cette Grâce toute gratuite, nous n'avons pas plus besoin de nous voir pires que nous ne sommes, que nous n'avons besoin de nous voir meilleurs que nous sommes !

 

Révèle-nous ô Seigneur tels que nous sommes, si toutefois nous pouvons supporter ce spectacle, et si nous n'avons pas à craindre que la tête ne nous tourne en nous penchant sur cet abîme !

 

Tu es Sage, Seigneur, pour nous faire croître dans le sentiment de Ta Miséricorde, en même temps que Tu nous feras croître dans celui de notre injustice; de cette injustice, que nous apprenons d'année en année, et presque de jour en jour, à sonder plus avant, et que nous n'aurions pu voir telle que nous la voyons aujourd'hui, quand nous n'en étions encore qu'aux premiers éléments de ta Gâce, sans risquer de tomber par trop de lumière dans le désespoir !

 

Ah! si Tu devais étaler devant le monde les plaies de chacun de nous, comme Tu as étalé celles de Marie-Magdeleine; si Tu devais proclamer seulement tout ce qui s'est passé entre Toi et chacun de nous, les actions de notre vie, les paroles de nos lèvres, les pensées de nos coeurs, - dans la confusion dont nous serions couverts, la crainte qui nous préoccuperait ne serait plus celle de trouver en nous moins à pardonner, moins à effacer, moins à laver dans le sang de la croix, qu'elle ne trouve en elle !

 

Viens donc, Seigneur Jésus, viens créer en chacun de nous un coeur de repentance et d'humilité, afin que chacun, ne cherchant plus qu'en lui-même, comme Marie-Magdeleine, le plus coupable, le plus indigne, le plus vil de tous, puisse désormais, à force d'amour pour celui qui l'a sauvée telle qu'elle était, et qui nous sauve tels que nous sommes, l'égaler en communion avec Ta Vie, en sympathie pour Ta Mort, en joie dans Ta Résurrection, jusqu'à ce que nous l'égalions en possession ineffable de Ta Gloire et de Ta Félicité !

 

Communiants ! Dans toute fête de Notre Sauveur Ressuscité, approchons-nous à chaque fois de Sa Table dans l'esprit de Marie-Magdeleine, Le cherchant du coeur ; Le cherchant dans la Parole, Le cherchant dans le Sacrement, Le cherchant dans le pain et dans le vin, Le cherchant dans la prière, Le cherchant jusqu'à ce que nous le trouvions et que nous échangiez avec lui Rabboni contre Marie ; de peur que nous ne rentrions tristement dans nos maisons, sans avoir plus reçu à cette fête que nous n'y avons apporté, et que nous ne vnous arrêtions à moitié chemin entre l'incrédulité et la foi, entre la mort et la vie, entre le Vendredi et le Dimanche, dans ce cri douloureux de Marie-Magdeleine encore incertaine et tremblante :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis! »

 

Catéchumènes ! Dans la jeunesse encore, mais pas trop jeunes pour avoir besoin du Dieu de Marie-Magdeleine.

 

Hélas ! Vous connaissez et savez à quoi vous en tenir sur cette innocence prétendue que le monde attribue à votre âge, et au milieu de laquelle vous avez commencé de sentir se former en vous, avec les années, un trésor de péché et de désobéissance, qui déjà vous laisserait sans espérance, si vous n'aviez appris aussi à voir dans Votre Dieu Sauveur un Trésor de Grâce et de Pardon.

 

Oh ! Puissiez-vous, Mes Chers Enfants, ne pas plus valoir à vos propres yeux que Marie-Magdeleine ne valait aux siens, le jour qu'elle donna son coeur à Jésus, et qu'elle puisa dans les profondeurs de sa misère naturelle les richesses divines de son dévouement et de son amour !

 

Et pour celle ou celui, quel qu'il soit, touché(e) pour la première fois peut-être, de tout ce qu'il y a en en soi de misère et de tout ce qu'il y a en Jésus de Grâce Gratuite, souhaiterait intérieurement de finir comme Marie-Magdeleine, après avoir commencé comme elle ; à celle ci, à celui ci, mon frère, ma soeur, qui aurait vécu jusqu'ici ou pour le péché, ou pour l'incrédulité, ou pour l'égoïsme, ou pour le monde, mais à qui l'Esprit de Dieu dit au-dedans du coeur :

 

Et pourquoi ne passerais-tu pas, comme Marie-Magdeleine, « des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu? »

 

Je le redis avec Lui et avec cette conscience : Pourquoi pas ?

 

Et j'ajoute : Pourquoi pas aujourd'hui ? Pourquoi pas dès ce moment ?

 

Pourquoi ne pas mettre cette communion comme une barrière entre cette ancienne vie dont il vous tarde de sortir, et la vie nouvelle où vous êtes impatient et soupirez d'entrer ?

 

Si votre coeur est droit devant Dieu, venez, c'est la meilleure des préparations, et la seule nécessaire.

 

Venez, tels que vous êtes, je vous y invite au nom du Seigneur !

 

Venez, « quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige; »

 

 Venez, et cherchez désormais dans la mesure de votre injustice passée celle de votre sainteté future, au service de Celui qui est venu, sur notre terre souillée, vivre pour notre salut, mourir pour notre rédemption, et ressusciter pour notre délivrance !

 

Si Celui qui, choisit pour premier témoin de sa gloire nouvelle cette Marie-Magdeleine de laquelle Il avait chassé sept démons, devait apparaître et choisir Celui qu'Il daignera honorer de ses communications les plus intimes et de ses bénédictions les plus précieuses, sur qui pensons-nous que tomberait son choix ?

 

Sur celui de tous qui entre le mieux dans l'esprit de Marie-Magdeleine; sur celui de tous, peut-être, pour qui nous attendrions le moins la préférence du Maitre; sur celui de tous, à coup sûr, qui l'attendrait le moins pour elle même ou lui-même !

 

Amen,

 

  Adolphe Monod

Pasteur Adolphe Monod,

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

Note :

 

-45. Phil. II, 3.

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 11:37
Chant : Que ne puis je ô Mon Dieu (Adolphe Monod)

Paroles du Pasteur Protestant Adolphe Monod (1802-1856)

Musique d'H. Duvernoy,

et joué à l'orgue par Jean-Philippe Jabouin

 

--------

 

 

Que ne puis-je, ô mon Dieu, Dieu de ma délivrance,
Remplir de ta louange et la terre et les cieux,
Les prendre pour témoins de ma reconnaissance,
Et dire au monde entier combien je suis heureux !

 

Heureux quand je T'écoute, et que cette Parole
Qui dit : «Soit la lumière !» et la lumière fut,
S'abaisse jusqu'à moi, m'instruit et me console,
Et me dit : «C'est ici le chemin du salut.»

 

Heureux quand je Te parle et que, de la poussière,
Je fais monter vers Toi mon hommage et mon voeu,
Avec la liberté d'un Fils devant Son Père,
Et le saint tremblement d'un mortel devant Dieu.

 

Heureux quand, recueilli, Seigneur, devant Ta Face,
Avec Tes Rachetés je T'adore en Ton Jour ;
Quand nous allons ensemble au Trône de la Grâce,
D'où descendent sur nous des réponses d'Amour.

 

Heureux, toujours heureux ! J'ai le Dieu fort pour Père,
Pour Sauveur Jésus-Christ, pour Conseil l'Esprit Saint !
Que peut ôter l'enfer, que peut donner la terre,
À qui jouit du ciel et du Dieu Juste et Saint ?

 

 

 

 

refuge protestant adolphe monod

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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