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Vie Protestante Réformée

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 14:50

Adolphe Monod

  « Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Voyons nous Marie Magdeleine, mourant de la mort de Jésus et languissant de ses langueurs, frémissant au bruit de ce marteau tour à tour levé et abaissé, dont les coups retentissent au fond de son âme, et de ces clous enfoncés qui la déchireraient moins., lui semble-t-il, plantés dans ses mains que dans celles de son Maître ?

 

La voyons nous, recueillant tour à tour les sept paroles de la croix, qui ont fait l'étude et l'admiration de l'Église pendant plus de dix-huit cents années, avant de faire l'objet de nos méditations ?

 

La voyons-nous, prêtant l'oreille aux outrages des prêtres, aux railleries des bourreaux, à la prière du larron pénitent, à la confession du centenier, - enfin au dernier soupir du Crucifié, qu'elle attendait pour respirer à l'aise et pleurer sans contrainte ?


Jamais elle ne L'a tant aimé vivant, qu'elle L'aime mourant.

 

Pourquoi cela ?

 

C'est qu'elle L'aimait vivant comme Son Libérateur, et qu'elle L'aime mourant comme Son Sauveur; un Sauveur, qui ne la délivre qu'en souffrant pour elle, qui ne Lui donne de vie et de félicité que ce qu'Il prend sur La Sienne, et qui, comme la semence déposée en terre, ne porte son fruit précieux qu'à la condition de mourir (*36).

 

Ainsi que le Bienfait de Jésus, l'amour de Marie-Magdeleine a changé de caractère.

 

Autant l'un est devenu plus douloureux, autant l'autre est devenu plus tendre.

 

C'est pour les pécheurs que Jésus souffre, et par les pécheurs ; c'est plus spécialement pour elle, et par elle, la plus misérable de tous à ses yeux, et à qui sa misère est révélée par cette croix, comme elle ne le fut jamais en Galilée.

 

Elle s'indigne, sans doute, contre les auteurs iniques et les exécuteurs barbares du plus détestable des jugements ; mais elle s'indigne surtout contre elle-même.

 

Ce sont ses péchés, à elle, elle dirait volontiers à elle seule, qui ont imposé à l'Amour de Jésus cet affreux sacrifice ; sa main, sa propre main a conduit les mains qui ont manié ce marteau, planté ces clous, dressé cette croix.

 

Il lui semble que le monde entier va lui dire :

 

C'est pour toi, c'est par toi que tout ceci lui arrive;

 

Et si le monde ne le lui dit pas, elle est prête à le dire au monde :

 

C'est moi qui ai tout fait ; moi, indigne entre les indignes ; moi, la plus ingrate de toutes les créatures, si je n'en étais pas la plus reconnaissante, et si mon amour ne croissait pas avec ses douleurs !

 

Sympathie combien méritée, combien naturelle !

 

Oui, mais combien rare !

 

Rare, comme le sentiment profond de désordre réparé, de coulpe effacée, de peine remise, qui a poussé Marie-Magdeleine au pied de la croix, et que la croix lui rend doublé, centuplé.

 

Nous-mêmes, la connaissons-nous, cette sympathie ?

 

Y a-t-il quelque chose de pareil aux pensées de Marie-Magdeleine, dans les pensées avec lesquelles nous contemplons Notre Sauveur mourant ? q

 

Quelque chose qui soit en rapport avec l'excès de son amertume, ou avec l'objet de Son Sacrifice ; avec ce qu'Il nous doit de douleur, ou avec ce que nous Lui devons de délivrance ?

 

Que dis-je ?

 

Quelque chose qui soit en rapport avec ce que nous avons éprouvé peut-être pour la souffrance d'un indifférent, ou pour le supplice d'un criminel, ou pour des malheurs de roman ou de théâtre ?

 

Coeurs égarés, où la fausse sensibilité a tué la véritable ; tendres à l'excès pour tout le reste, sans pitié pour Lui Seul !

 

C'est affreux, ce que je dis là, c'est effrayant, mais n'est-ce pas bien souvent vrai ?

 

Ah ! C'est que beaucoup n'ont jamais eu conscience, comme Marie-Magdeleine, d'une calamité immense dont Jésus a retirés c'est qu'il n'a pas pour beaucoup encore délivrés de sept démons !

 

Aussi, de quelle ardeur Marie-Magdeleine cherche-t-elle son Sauveur ressuscité !

 

C'est ici la dernière période, et le triomphe de son amour; c'est ici ce qui a inspiré à saint Marc le rapprochement indiqué dans mon texte :

 

« Il apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. »

 

Jésus, Celui qu'elle aimait, sans qui elle ne peut vivre, est mort.

 

Elle L'a suivi vivant; elle La pleuré mourant ; mort, que ferait-elle ?

 

Mort, - mais L'est-Il tout entier ?

 

L'est-Il pour toujours ?

 

L'est-Il pour longtemps ?

 

Son coeur lui dit là-dessus des choses étranges ; et la Parole de Jésus vient en aide à son coeur.

 

Il a annoncé qu'Il mourrait, et qu'Il ressusciterait le troisième jour (*37) ; cela est si bien connu que ses ennemis prennent des précautions pour empêcher l'enlèvement de son corps.

 

Il est vrai que les disciples de Jésus n'ont pas cru cette parole, ou plutôt ne l'ont pas comprise (*38).

 

Marie-Magdeleine ne l'a probablement pas plus comprise que les autres ; les aromates qu'elle apporte pour embaumer le corps de Jésus (*39), et sa plainte répétée :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis (*40), »

 

donnent à connaître qu'elle Le cherche plutôt mort que vivant.

 

Et pourtant, il y a dans le fond de sa pensée quelque autre chose qu'elle ne dit pas, qu'elle ne saurait dire : ce n'est pas ainsi qu'on cherche un mort.

 

En Jésus-Christ Ressuscité, Marie-Magdeleine trouve plus qu'elle n'osait chercher, j'en conviens ; mais certainement aussi dans son seul cadavre, elle eût trouvé moins que ce qu'elle cherchait ; et toute préparée qu'elle est pour l'embaumer, elle s'attend vaguement à avoir quelque chose de meilleur à faire.

 

Après une telle vie et une telle mort, elle compte sur quelque chose d'extraordinaire qu'elle n'avoue à personne, dont elle ne se rend pas compte à elle-même ; elle pressent confusément la Résurrection de Son Maître, à peu près comme Marthe celle de son frère; et sa lumière va croissant par degrés, jusqu'au moment où l'événement vient tout ensemble réaliser ses espérances et les dépasser.

 

Quand je veux me faire quelque idée de ce qui se passe dans son coeur, je me figure une mère qui vient de perdre son fils bien-aimé, mais à qui une parole vénérée a fait concevoir, comme celle d'Élisée à la Sunamite, je ne sais quelle espérance incertaine qu'il va lui être rendu.

 

Je me la figure courant à son tombeau, le trouvant vide, n'ayant plus qu'à choisir entre une résurrection et un enlèvement, n'avouant que' l'enlèvement, mais inclinant vers la résurrection, demeurant la dernière près du sépulcre où elle est venue la première, pleurant, cherchant, interrogeant, attendant, et trouvant enfin son fils, - son fils vivant, - sans oser d'abord le reconnaître, de peur d'avoir à redescendre d'une illusion trop ravissante dans une trop amère réalité...

 

Ce n'est là qu'une image affaiblie de l'histoire de Marie-Magdeleine, devançant tous les autres et prévenant le jour; trouvant la pierre roulée et le sépulcre vide ; courant vers les apôtres, qui semblent ne se mouvoir que sur sa parole ; les rendant témoins de ce qu'elle a vu, mais demeurant après eux pour voir davantage ; seule, faible femme, près d'un tombeau ouvert ; pleurant, et demandant à tout ce qui l'entoure celui qui seul remplit son coeur; le demandant aux anges, en qui rien ne la touche ni ne l'intéresse que le témoignage qu'elle sollicite d'eux ; le demandant à Lui-Même, qu'elle prend pour un autre, - jusqu'au moment où, reconnaissant enfin Sa Voix Aimée dans l'accent dont Il l'appelle, elle est rassurée par cet entretien en deux mots, en deux noms :

 

« Marie ! Rabboni ! » mais deux noms, dont l'un dit tout ce que Marie est pour son Sauveur ressuscité, et l'autre tout ce que Jésus ressuscité est pour Marie sa servante, de laquelle Il a chassé sept démons.

 

C'est toujours à ces sept démons qu'il en faut revenir, c'est par ces sept démons qu'il faut tout expliquer ; le Saint-Esprit l'a fait comprendre à Marc, et Marc nous le fait comprendre à son tour.

 

Marie-Magdeleine, premier témoin de la résurrection, choisie pour L'annoncer à ceux qui ont été choisis pour l'annoncer au monde, simple femme, qui n'a que son coeur pour elle, mais dont ce coeur fait l'apôtre des apôtres ;

 

Marie-Magdeleine, la grande figure de cet admirable vingtième chapitre de saint Jean, où elle occupe, dans la première journée du royaume des cieux, cette première place que les apôtres eux-mêmes lui cèdent sans hésitation ;

 

Marie-Magdeleine, les prémices de l'Église consolée, la première voix terrestre qui ait frappé l'oreille de Jésus ressuscité, et la première oreille humaine que la Voix de Jésus ressuscité ait rendue attentive ;

 

Marie-Magdeleine, à laquelle il n'est pas un disciple, si froid soit-il, qui n'ait donné au moins une fois dans sa vie un mouvement de sympathie et une larme d'attendrissement ;

 

Eh bien, cette Marie-Magdeleine, qui est-elle enfin et d'où vient-elle ?

 

Est-ce une sainte accomplie, qui puisse se vanter d'une vie sans tache, d'une perfection surérogatoire, que sais-je ?

 

D'une conception immaculée ?

 

Non, vous dis-je, non, mais une pauvre et indigne pécheresse ; mais l'objet d'une obsession maligne et infernale.; mais une femme, que nous aurions rougi d'avoir pour fille ou pour soeur; une femme, que nous aurions tremblé de voir s'asseoir à nos côtés ; une femme, que nous aurions fait enfermer dans quelque Salpêtrière et revêtir de la camisole de force ; une femme enfin, de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

Voilà, voilà le principe de sa vie en Galilée, de sa douleur sous la croix, de sa joie près du sépulcre, enfin de toute sa grandeur ; grandeur dont elle ne sait rien elle-même, suivant, avec la simplicité d'un enfant, le mouvement d'un coeur qui la pousse à chercher Celui qu'elle a perdu, sans plus songer à mériter le témoignage que je lui rends, et que le Saint-Esprit lui a rendu avant moi, que nous ne songeons, nous, à nous obtenir l'estime ou l'admiration des générations à venir par l'émotion qui remplit en ce moment notre coeur, et que nous porterons à la table de ce même Jésus, mort pour nous comme pour Marie-Magdeleine, et pour nous comme pour elle, ressuscité d'entre les morts.

 

Mais le remplit-elle en effet ?

 

Entrons-nous dans l'esprit du dialogue échangé entre Marie-Magdeleine et son Maître ressuscité ?

 

Entendons-nous, en esprit, Jésus nous disant Marie !

 

Et, se réjouissant sur nous, qu'Il a déjà affranchi de la mort, déjà fait monter au ciel, déjà fait asseoir à la droite de Dieu avec lui ?

 

Et Jésus nous entend-Il à son tour lui disant Rabboni ! Et nous réjouissant dans la pensée qu'Il a tout accompli, qu'Il ne souffre plus, qu'Il vit aux siècles des siècles, et qu'Il recueille auprès du Père le prix de Son abaissement et de Son Sacrifice ?

 

Notre coeur, en un mot, célèbre-t-il la Pâque comme une vraie Pâque du Seigneur, qu'il a aimé, qu'il a cherché, qu'il a trouvé?

 

Ou bien célébrera-t-il la Pâque, parce que c'est le jour de Pâques, sans tressaillement, sans amour, prêt à retourner demain aux pensées terrestres de ses joies, à l'abattement de ses douleurs, ou à l'entraînement de ses convoitises, tout comme si Jésus n'était pas ressuscité ?

 

Mais pourquoi ? Si ce n'est parcequ'alors, rien n'aurait été connu qui ressemble à la plaie du coeur de Marie, et que Jésus n'aurait pas encore délivré de sept démons ?

 

Tel est le secret de Marie-Magdeleine, pour croître dans cette grâce qui l'a retirée de l'abîme : l'amour par l'humilité.

 

Son premier secret, avec Jésus vivant, c'est un premier pas dans l'amour par un premier pas dans l'humilité ;

 

Son second secret, avec Jésus mourant, c'est un second pas dans l'amour par un second pas dans l'humilité ;

 

Son troisième secret, avec Jésus ressuscité, c'est un nouveau pas dans l'amour par un nouveau pas dans l'humilité en attendant que son secret final., avec Jésus Glorifié, ce soit le complet épanouissement de l'amour par l'humilité, son âme élue plongeant du plus haut des cieux dans le plus profond de cet enfer auquel elle a commencé par être livrée.

 

... Mais quoi ? Tant de grâce n'est-elle donc accessible qu'à la victime de sept démons ?

 

Pour avoir été préservés de l'excès de misère qui a été la première condition de Marie-Magdeleine, nous sera-t-il impossible d'aimer comme elle ?

 

Et serons-nous réduits à souhaiter d'avoir été plus coupables pour être plus reconnaissants ?

 

Non, non, nous serons réduits seulement à nous connaître mieux ; car nous n'avons qu'à nous mieux connaître pour nous trouver les "sept démons" dont elle a été délivrée, si ce n'est pour nous en trouver davantage, hélas ! Et celui qui s'en voit le moins, est celui qui en a le plus.

 

La pécheresse de saint Luc n'a pas été délivrée de sept démons, comme Marie-Magdeleine ; et cependant, elle ne peut trouver de marques ni assez humbles ni assez tendres de sa reconnaissance et de son amour :

 

« Elle a beaucoup aimé or celui à qui il est moins pardonné, aime moins (*41). »

 

Saint Pierre n'a pas eu à rompre, comme cette pécheresse, avec les indignes convoitises de la chair; et cependant, il peut dire d'un coeur sincère :

 

« Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime (*42). »

 

Saint Paul n'a pas, comme saint Pierre renié trois fois son Maître après l'avoir connu ; et cependant, il a pu écrire :

 

« Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, desquels je suis le premier (*43). »

 

C'est pour lui-même, comme pour saint Pierre, comme pour la pécheresse, comme pour Marie-Magdeleine, comme pour nous tous, que ce même saint Paul a écrit encore :

 

« Nous aussi étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses passions et voluptés, vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs et nous haïssant l'un l'autre (*44). »

 

Ah ! Quand on est tel , je le demande, pour entrer dans l'esprit de Marie-Magdeleine, faut-il plus que de se connaître ? (...)


 

  Suite et dernière partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod) 

Bible (133)

Croix Huguenote

 

Notes:

 

-36. Jean XII, 24.

 

-37. Matth. XVI, 21, etc.

 

-38. Luc XVIII, 31-34.

.

-39. Marc XVI, 1, 2.

 

-40. Jean XX, 2, 13, 15.

 

-41. Luc VII, 47.

.

-42. Jean XXI, 17.

-43. 1 Tim. I, 15.

-44. Tite III, 3

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Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
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  Une femme oublie-t-elle

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... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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