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Vie Protestante Réformée

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Bouchra Maurice 

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 09:14
Comment Dieu peut-Il être Miséricordieux et Juste à la fois ?

Comment Dieu peut-Il être Miséricordieux et Juste à la fois ?

 

Cette question surgit nécessairement lorsque nous lisons la dernière partie du premier paragraphe dans la confession de foi baptiste de Londres de 1689  :

 

Il est amour, plein de grâce, de miséricorde et de patience. Il abonde en bonté et en vérité. Il pardonne l’iniquité, la transgression et le péché. Il récompense ceux qui le cherchent avec assiduité. Il est en outre très juste et terrible en ses jugements, haïssant tout péché et n’innocente d’aucune façon le coupable.

 

Dieu est Amour (1 Jean 4.16).

 

Il n’est pas animé par la méchanceté, mais par la Bonté.

 

Il y a en Lui de la Tendresse et de la Douceur envers les êtres qu’Il a créés.

 

L’affection que les parents ressentent envers leurs enfants est semblable à l’affection qui anime Dieu envers l’homme (Psaume 103.13) :

 

« Comme un père a compassion de ses enfants, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. »

 

 

La bonté des parents envers leurs petits est radicalement inférieure à la Bonté du Seigneur envers nous (Mathieu 7.9-11).

 

Dieu est Miséricordieux : Il a un Cœur pour la misère, Il éprouve de la Compassion.

 

Il n’est pas indifférent à nos souffrances et à nos tristesses ; Il a des entrailles de Miséricorde (Luc 1.78).

 

« Quand un malheureux crie, l’Éternel entend, et il le sauve de toutes ses détresses. L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. » (Psaume 34.7, 19).

 

Dieu prend plaisir à pardonner les péchés et à oublier les offenses (Michée 7.18-19) :

 

18 Quel Dieu est semblable à toi, qui pardonnes l’iniquité, qui oublies les péchés du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère à toujours, car il prend plaisir à la miséricorde. 19 Il aura encore compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités ; tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés.

 

Dieu est Saint (Esaïe 6.3).

 

Il est Parfaitement Juste, « Dieu est un juste juge » (Psaume 7.12).

 

Il n’y a en Lui aucune trace de mal ni aucune communion avec le péché (1 Jean 1.5).

 

Il déteste la méchanceté et l’injustice ; Il les hait d’une Haine Eternelle.

 

Ses yeux sont trop purs pour voir le mal, Il ne peut regarder l’iniquité (Habakuk 1.13).

 

Il a en horreur l’orgueil, le mensonge, la violence, la perfidie, la perversité, la fausseté et les querelles (Proverbes 6.16-19).

 

Dieu ne peut rester les bras croisés devant le mal, car Il ne peut d’aucune façon en être complice et l’innocenter (Genèse 18.25) :

 

« Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ? ».

 

Le Seigneur punit le crime, Il exécute la Justice et le Jugement, Il rétribue le péché et condamne le criminel.

 

Comment la Miséricorde de Dieu et Sa Justice peuvent-elles coexister ?

 

D’un côté, si Dieu pardonne le péché peut-Il être Juste puisque toute transgression et toute désobéissance méritent une Juste Rétribution (Hébreux 2.2) ?

 

De l’autre côté, si Dieu punit toute transgression et toute désobéissance, comment peut-Il être Miséricordieux ?

 

Dieu ne peut pas être Miséricordieux s’Il ne pardonne pas le mal, mais Il ne peut pas être Juste s’Il ne le punit pas.

 

Il ne faut pas imaginer que Dieu soit partagé comme nous entre Ses Sentiments ou qu’il y aurait en Lui deux volontés qui laisseraient Dieu dans l’indécision.

 

Dieu est un Être Simple dans lequel il n’y a aucun conflit.

 

Comment Dieu peut-Il être Miséricordieux et Juste à la fois ?

 

 

La seule et unique réponse à cette question est l’Évangile.

 

L’Évangile est plus qu’un acte de rédemption, il est une nécessité ontologique d’un Dieu à la fois rempli d’Amour et de Colère envers l’homme.

 

La raison pour laquelle seul le Dieu de la Bible peut être le vrai Dieu est l’Évangile.

 

Toute conception de la divinité qui n’implique pas l’Évangile est une conception idolâtre.

 

Par quel autre moyen que l’Évangile Dieu peut-Il être Miséricordieux et Juste ?

 

L’Évangile manifeste l’Amour de Dieu qui a tant aimé l’homme qu’Il l’a sauvé par la mort de Son Fils (Jean 3.16; Romains 5.8 ; 1 Jean 4.9).

 

L’Évangile manifeste aussi la Pleine Justice de Dieu contre le péché (Romains 1.17; 3.25).

 

Seul l’Évangile manifeste un Dieu d’Amour et de Justice ; si quelqu’un a l’Évangile, il a Dieu (1 Jean 4.14-15) :

 

 

14 Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. 15 Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.

 

 

L’Évangile est à la fois Parfaite Justice et Parfait Amour; il n’existe pas de tension entre les deux pour Dieu.

 

Une fausse doctrine du salut mène à la perdition, car sans l’Évangile on ne peut connaître Dieu (Galates 1.8 ; 1 Corinthiens 15.1-2).

 

Certaines personnes disent croire en Dieu et avoir confiance en son amour sans croire dans l’Évangile.

 

Ce n’est pas en Dieu qu’elles croient, mais en une idole qu’elles se sont fabriquée et à laquelle elles ont attribué l’amour.

 

Cet amour est vain et ne peut rien pour ces personnes qui verront leur espoir périr (1 Jean 4.8-10).

 

Parce que Dieu est Véritablement Amour et Véritablement Juste, l’Évangile est absolument nécessaire.

 

L’essence de Dieu révèle l’Évangile et l’Évangile révèle l’essence de Dieu.

 

Nous devons chérir la doctrine de Dieu aussi précieusement que nous chérissons l’Évangile.

 

Compromettre l’un c’est compromettre l’autre, avoir l’un c’est avoir l’autre.

 

En Dieu, dans l’Évangile, « la bonté et la fidélité se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent » (Psaume 85.11).

 

À cause de l’Évangile, nous pouvons véritablement affirmer :

 

« L’Éternel est miséricordieux et juste » (Psaume 116.5).

 

 

 

Amen,

 

Pasteur Pascal Denault,

Eglise Baptiste Réformé St Jérôme (Quebec)

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:30
Servir Dieu pour les bonnes raisons

Il est possible d'être convaincu de servir Dieu, alors qu'en fait notre service peut être tout sauf un parfum de bonne odeur pour Christ.

 

Autrement dit, nous pouvons "faire de bonnes choses pour les mauvaises raisons", ce qui "gâche" l'activité en question.

 

Faire le "bien" sans que cela soit ....bien.

 

Servir Dieu ne limite pas la réflexion aux activités dans une Eglise.

 

Servir Dieu, c'est aussi servir notre prochain, notre société, nos collègues, nos ami(e)s, notre Directeur et/ou Responsable divers dans un emploi "séculier", notre Épouse, notre Époux, nos enfants à la maison, mais aussi notre pasteur dans les tâches qu'il peut confier pour le bien de l'Eglise.

 

Ce sujet nous concerne tous.

 

Plusieurs texte de l'Ecriture montrent qu'une activité qui peut paraître plaire à Dieu peut ne pas Lui être agréable en raison de l'état d'esprit dans lequel elle est accomplie.

 

  • Une belle oeuvre faite pour gagner l'accès à Dieu, est "bonne à être mise au rebut" (Philippiens 3.8)

 

  • Les Corinthiens utilisaient leurs talents spirituels sans amour réel pour les autres (1 Corinthiens 12-14), ce qui revient à n'être "rien de plus qu'un airain résonnant ou une cymbale bruyante" (1 Corinthiens 13.1)

 

  • Un serviteur de Dieu qui bâtit de manière douteuse sur le fondement de Jésus Christ (y compris son attitude) verra sa construction consumée par le feu lors du Jugement Final. Au lieu d'utiliser de l'or, de l'argent et des pierres précieuses résistant au feu, il a opté pour des matériaux inflammables tel que le bois, le chaume ou du torchis de paille (1 Corinthiens 3.10-15)

 

  • Annoncer Christ "par jalousie et par un esprit malsain de rivalité, voire des motifs étant loin d'être innocents" (Philippiens 1.15,17)

 

  • Alors que Paul rédige sa lettre aux Philippiens, tous, dans son entourage (y compris, sans doute, des personnes croyant servir Dieu), à l'exception de Timothée, "ne s'intéressent qu'à leurs propres affaires et non à la Cause Sainte de Christ" (Philippiens 1.21)

 

Cet échantillonnage d'exemples donne à réfléchir.

 

Alors, avant d'intervenir de quelque manière que ce soit, rencontrer des personnes, nos ami(e)s, nos voisins, nos collègues, rendre un service pratique, m'occuper de ma famille, accomplir une tâche en apparence "peu spirituelle" (car, dans la Vie Chrétienne, TOUT est "Service de Dieu"), avec l'aide de Christ,

 

 

Avant toutes choses, je remercie Dieu.

 

La gratitude et reconnaissance me recentre sur Lui et sur Sa Bonté.

 

Lui dire merci pour ce qui me vient à cœur et à l'esprit, et, tout particulièrement, pour le salut extraordinaire que Dieu m'a accordé.

 

Le remercier pour Son Aide et Secours à le servir en toute circonstance.

 

Lui demander à conduire ma prière tel qu'Il le souhaiterait.

 

 

J'ai accès à Dieu grâce à Christ Seul.

 

Je ne sers et n'aime pas Dieu pour qu'Il m'accepte ; Il m'a déjà accueilli !

 

Je m'ancre dans la doctrine Sainte de la justification par la Foi Seule.

 

Christ a mérité l'Approbation de Dieu à ma place.

 

Je me repose uniquement dans Son Oeuvre pleinement accomplie.

 

Avec Christ, Son joug est facile à porter et Son fardeau léger. (Matthieu 11.30)

 

 

Je ne suis pas à moi-même mais j'appartiens à Christ.

 

Un passage sous la plume de Jean Calvin cite : 

 

Nous ne nous appartenons pas (1 Corinthiens 6.19) ; que notre raison et notre volonté ne dominent pas dans nos réflexions et nos décisions. 

Nous ne nous appartenons pas ; n’ayons pas pour objectif ce qui nous plaît selon la chair. 

Nous ne nous appartenons pas; oublions-nous nous-mêmes autant que possible, ainsi que tout ce qui nous entoure. 

Au contraire, nous sommes au Seigneur; que sa volonté et sa sagesse dirigent nos actions. 

Nous sommes au Seigneur; que tous les aspects de notre vie soient orientés vers lui comme étant notre unique objectif.

Ô que de bienfaits a reçu la personne qui, sachant qu’elle ne s’appartient pas, a renoncé à l’autonomie et à la domination de sa propre raison pour les remettre à Dieu !

Car la satisfaction d’être maître à bord est la pire peste qui puisse atteindre les êtres humains pour les perdre et les couler ; aussi l’unique havre de salut est-il de ne pas être sage à ses propres yeux, de ne rien attendre de soi, mais seulement de suivre le Seigneur (Romains 14.8).

– Institution de la religion chrétienne, Livre III, chapitre VII

 

 

Je m'assure d'être en mode " Marie" plutôt qu'en mode "Marthe" (Luc 10.38-42)

 

 

Je ne peux donner aux autres que ce que j'ai reçu de Christ.

 

 

Je confesse mes fautes.

 

Suis-je conscient d'un péché non reconnu ? Je me mets rapidement au bénéfice du sang de Christ (1 Jean 1.9) en réglant également ce qu'il y a à régler selon Dieu et devant les hommes s'il se doit avec honnêteté et droiture.

 

 

J'implore son secours

 

 

Même les fois où le service que je m’apprête à réaliser est très « terre à terre » et ne semblerait  pas justifier à nos propres yeux le recours au Secours Divin, je place ma confiance et demande aide à Mon Dieu.

 

Existe-t-il vraiment des activités que je puisse accomplir « sans Dieu »

 

Ce que je suis à présent, c’est à la Grâce de Dieu que je le dois, et cette Grâce qu’Il m’a témoignée n’a pas été inefficace.

 

Loin de là, j’ai peiné à la tâche plus que tous les autres apôtres – non pas moi, certes, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. (1 Corinthiens 15.10)

 

Ce qui a fait défaut à Marthe, c'est la joie, engagée par ailleurs dans un service tout à fait louable (Luc 10.38-42).

 

Mais dans l’ordre, j'ai la joie d’être un pécheur pardonné ; et j'ai l'immense joie de pouvoir servir Mon Dieu, Mon Sauveur et Seigneur.

 

Ce que je fait en tant que Chrétien sauvé par Grâce vise le bien des autres.

 

Je mets donc en priorité l’intérêt des personnes. 

 

Je rejette toute fausse humilité et je m'attends de quelque manière que ce soit à ce que Dieu bénisse ce qui sera fait à Sa Gloire Seule, et non forcément en termes de fruits visibles ou de résultats apparents, mais dans la perspective qui est la Sienne. 

 

Je suis au service de Christ, pas de mon petit royaume personnel.

 

S’il m’arrivait d’avoir l’impression qu’une certaine mesure de bénédiction accompagnait ce que je fais, je m’engage à attribuer, dans le silence de mon cœur, tout l’honneur à Dieu.

 

Si, au contraire, je devais ressentir l’impression désagréable d’avoir perdu mon temps, je donnerai aussi gloire à Dieu, car Lui ne perd jamais le Sien.

 

 

Dieu n'a pas besoin de moi.

 

 

Je ne suis pas indispensable. Dieu ne manque pas de ressources humaines, et je suis loin d’être Sa Seule Option.

 

Si je meurs avant d’avoir pu accomplir un quelconque service, Dieu ne sera pas pris au dépourvu, et le mouvement des astres ne s’interrompra guère ! Dieu accomplira Son Plan quoiqu'il en soit, avec ou sans moi. 

 

Ces exemples ne sont pas exhaustifs, et ceux ci ne constituent certainement pas la seule manière d’aborder d'être en tant que Chrétien.

 

Mais c’est un bon regard susceptible d’aider face à un nombre considérable de pièges dans lesquels nous pourrions tomber.

 

Je me mets au bénéfice de la pureté de Christ, voulant Lui ressembler de plus en plus, y compris dans tout ce que je ferai pour Mon Maître.

 

Amen,

 

 

 

D. Angers,

Professeur & Docteur en Théologie pratique Québec,

 

 

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Bible
Refuge Protestant Croix Huguenote

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 08:10
La meilleure manière de vivre

Je me suis toujours proposé l’Eternel devant moi ;

puisqu’Il est à ma droite, je ne serai point ébranlé.

Psaume 16.8.

 

 

Elle est la meilleure manière de vivre.

 

Ayant l’Eternel toujours devant nous, nous avons la plus Noble des compagnies, le plus Saint des exemples, la plus Douce des consolations, la plus Puissante des influences.

 

Mais c’est là un choix déterminé à faire, et qui doit être maintenu pendant tout le cours de la vie :

 

« Je me suis proposé l’Eternel. »

 

Avoir un oeil toujours fixé sur celui de Son Maître, une oreille toujours prête à entendre Sa Voix, telle est la position normale de tout homme et de toute femme de Dieu.

 

Son Dieu est tout près de lui, remplissant son horizon, traçant le sentier de sa vie.

 

Que de folies nous seraient évitées, que de péchés nous surmonterions, combien nous déploierions de vertus et connaîtrions de joie, si nous avions l’Eternel toujours devant nous !

 

Pourquoi pas ?

 

C’est le secret de la sécurité.

 

Le Seigneur remplissant toujours nos pensées, nous éprouverions une grande tranquillité et une réelle assurance du fait de Sa Constante Proximité !

 

Il est à notre droite pour nous guider et nous aider; aussi nous ne sommes pas effrayés devant la force, la fraude ou la légèreté des hommes.

 

Quand Dieu est à notre droite, nous sommes sûrs de ne pas être ébranlés.

 

Venez seulement, ennemis de la vérité; précipitez-vous sur moi, si vous le voulez, comme une tempête.

 

Dieu me garde et me maintient; Il demeure avec moi.

 

De qui aurais-je peur ?

 

Amen,

 

 spurgeon rp2

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible (56)

Croix Huguenote

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 07:59
Sensibilité contemporaine ou réalité de la Vie Chrétienne

Evangélisation ou divertissement

 

Le témoignage chrétien, préoccupation majeure de tout croyant authentique, repose sur cet ordre prononcé par Jésus lui-même :

 

« Que votre lumière luise devant les hommes ».

 

Or la sécularisation grandissante du monde occidental a relégué la foi dans la sphère privée, ce qui a contraint l’Eglise à lutter contre la marginalisation en recherchant sans cesse des moyens d’exister encore aux yeux du monde, et de se faire entendre.

 

La volonté légitime d’adapter le message à la sensibilité contemporaine, de le rendre plus accessible, moins radical, a conduit parfois les croyants dans certains choix bien différents de ceux du passé.

 

L’annonce de l’évangile par des moyens ludiques et la notion de divertissement ont peu à peu envahi nombres d'évangélisations et de cultes.

 

Des interrogations surgissent alors : toutes les manières d’exprimer sa foi sont-elles bonnes ?

 

Existe-t-il un modèle Biblique de piété qui soit atemporel ?

 

La diversité de nos choix, n’est-elle pas lourde de conséquence ?

 

Quels moyens pour évangéliser ?

 

Toute « méthode » pourrait se justifier par cette argumentation simple :

 

« du moment que c’est pour la gloire de Dieu, tout est possible. Dieu seul connaît les cœurs, il peut agir de toutes sortes de manières ».

 

Par Sa Puissance et dans Sa Souveraineté, il est vrai que Dieu peut utiliser tous les moyens pour amener les âmes à Lui.

 

La Bible affirme même que « s’ils se taisent les pierres crieront ».

 

Si Dieu peut utiliser les moyens les plus saugrenus, il ne nous est toutefois pas demandé de les mettre en œuvre…

 

Paul, évangéliste par excellence, affirme qu’« il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication ».

 

Il nous semble nécessaire de rappeler cette orientation Biblique, à l’heure où l’Eglise adopte de plus en plus - et parfois aveuglément - les moyens d’expression du monde.

 

La vocation d’être témoin de la Parole Divine semble s’effacer au profit de rencontres de louange, soirées spectacle, et autres activités qui confinent plus au divertissement qu’à une méditation sérieuse de la Parole.

 

Il ne s’agit pas de juger avec hauteur ceux qui utilisent ces moyens mais plutôt de chercher ce que Dieu attend de la pratique de nos œuvres et de notre foi, car s’il est clair - pour la plupart- que Christ est la Pierre Angulaire, il est précisé également :

 

« que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus ».

 

Le choix du matériau doit être fait en toute conscience devant Dieu, c’est une question de discernement, devoir que tout Croyant véritable est appelé à exercer.

 

Dans le souci « d’accrocher » les incroyants, certains ont le "don" douteux et peuvent rivaliser d’ingéniosité et de techniques comme en témoignait un article du magazine Le Point, publié en août 2009 et intitulé « Jésus-Christ superstar ».

 

Cet article expliquait que les Eglises évangéliques aux Etats-Unis (nota Refuge Protestant : et pas qu'elles malheureusement....) en viennent à mimer l’enlèvement en suspendant les fidèles dans les airs à l’aide d’un filin…

 

Sensation garantie…

 

De plus en plus d’églises ne jurent que par la ...« technoliturgie ».

 

« Depuis quinze ans, les temples font preuve de plus en plus d’innovation. On essaie de réaliser des productions de haute qualité, sur le modèle du Cirque du Soleil »

 

« Installez un grand écran, un site Internet et il y a des chances pour que la fréquentation augmente », estimait un membre de l’Institute for Religion Research.

 

Ces propos viennent comme une confirmation que l’instrument n’est plus au service de la Parole, mais qu’il est devenu le moteur, le stimulant principal.

 

On compte davantage sur l’équipement high-tech ou le volume des décibels que sur l’action de l’Esprit.

 

La préoccupation est ici tournée vers l’homme et ses désirs, non plus vers Dieu.

 

C’est ainsi que la Parole n’est plus qu’un prétexte à tous les défoulements parfois les plus excentriques.

 

Jacques Ellul, penseur protestant redécouvert ces dernières années et dont la perspicacité ne cesse d’étonner avait quant à lui affirmé :

« On a beau, pour justifier ces danses et ces rites, rappeler la danse de David devant l’arche, le rappel d’un texte biblique ne me convainc pas en face de la permanence du phénomène psychique dans toutes les formes religieuses. C’est le label d’une fausse authenticité : celle que l’homme s’atteste à lui-même quand il confond ses propres phénomènes psychiques avec la présence secrète et pourtant solennelle du Seigneur de sa vie. L’esprit Dionysos est l’inverse de l’Esprit du Seigneur. »  Jacques Ellul, l’impossible prière.

 

La piété s’appuie sur la connaissance de Dieu et non sur les sentiments.

 

Loin de conduire à un état d’ivresse hédoniste, la louange nous exhorte et nous enseigne :

 

« Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. » Colossiens 3 : 16.

 

Blaise Pascal s’est également beaucoup interrogé sur la question du divertissement pour en retirer des enseignements très éclairants :

 

Selon lui, le divertissement nuit à la vie de l’esprit car il détourne la conscience des questions essentielles qui conduisent l’homme à la prise de conscience de sa misère, chose pourtant indispensable pour chercher Dieu.

 

« La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et nous fait perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui et cet ennui nous pousserait à chercher le moyen le plus sûr d’en sortir. Mais le divertissement nous amuse, et nous fait insensiblement arriver à la mort ». (« Les Pensées » de Blaise Pascal)

 

Ne devons nous pas en conclure qu’il est pour le moins paradoxal des croyants, de vouloir conduire les hommes à Christ - seul chemin de plénitude - par un moyen qui n’a pour but que d’étouffer leur quête intérieure ?

 

Sainteté-profanation

 

« La sainteté convient à ta maison, Ô Eternel ! » Psaume 93 : 5.

En ce qui concerne l’œuvre de Dieu, il convient de rappeler deux choses :

  • Dieu touche et change le cœur des hommes par la Parole et l’action du Saint Esprit
  • le Saint-Esprit est Saint…

 

Si nous voulons que le Saint-Esprit agisse, il est nécessaire de bien comprendre ce que signifie la sainteté selon la Bible :

 

« Soyez saints car Je suis Saint ».

 

Si l’aspect rituel de la purification disparaît avec la nouvelle alliance, l’exigence d’une conduite sainte est réitérée sans cesse.[1]

 

Paul rappelle également « n’attristez pas l’Esprit de Dieu ».

 

La solennité de l’approche de Dieu telle qu’elle nous est décrite dans l’ancienne alliance ne disparaît pas dans le nouveau testament, au contraire !

 

L’épître aux Hébreux nous dit :

« puisque nous recevons un royaume inébranlable, ayons de la reconnaissance, en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte. Car notre Dieu est aussi un feu dévorant. »

 

A la lecture de ces textes il devient difficile de justifier la légèreté ambiante qui règne dans bon nombre de cultes et offices.

 

Lorsqu’il s’agit de parler de choses saintes, ne réalise-t-on pas que l’on touche à la Majesté de Dieu ?

 

Le divertissement n’est pas un péché en soi, car Dieu n’est pas contre le plaisir.

 

Une certaine mentalité religieuse consiste à poser des interdits d’emblée : le plaisir étant considéré comme péché et la jouissance comme coupable.

 

Certains enseignent qu’à partir du moment où le cœur désire quelque chose, la piété Chrétienne imposerait nécessairement de choisir l’inverse.

 

Faire ce que l’on aime, aller où le cœur nous pousse, désirer la fille qui nous plaît seraient forcément suspects !

 

Le renoncement et la frustration seraient-ils donc le fondement du bien ?

 

L’ecclésiaste semble nous encourager à jouir de la vie comme un don de Dieu, mais il avertit aussi que tout homme aura à rendre des comptes.

 

Le divertissement n’est donc pas interdit et Dieu n’est pas contre le rire puisqu’il a doté l’homme de cette faculté, mais chaque chose doit être à sa place.

 

Lorsqu’il est question de choses spirituelles, il existe un langage spirituel, le profane est le profane.

 

Même si certains - soucieux de casser l’image du « père fouettard » - ne cessent de s’employer à déceler de l’humour en Dieu, il ne nous semble pas que l’Evangile et l’ensemble des textes Bibliques prêtent à rire.

 

Et lorsque Paul dit qu’il ne veut rien savoir d’autre que Christ Crucifié, il ne veut rien faire d’autre qu’amener à une prise de conscience bien éloignée de toute superficialité.

 

Annoncer la Parole de Dieu comme venant de sa part implique une séparation préalable du péché et de l’esprit du monde.

 

« Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. »[2]

 

En voulant mélanger les deux choses, les croyants se sont habitués à la profanation et les païens ne sont pas conduits au Saint.

 

Un des derniers ressortissants de la période faste de « l’Union Chrétienne des Jeunes Gens » a expliqué peu de temps avant sa mort que le mouvement s’est éteint de manière quasi soudaine.

 

Il n’a pas manqué de remarquer avec regret que ce retournement coïncide avec l’arrivée des chrétiens de Paris, venus pour imposer une manière plus « moderne » d’évangéliser.  (Nota Refuge Protestant : en voyant "Hillsong" pour ne prendre qu'un très maigre exemple, l'on peut se faire une "petite" idée de la trajectoire finale désastreuse et attristante).

 

Désormais il fallait du spectacle, des comédies musicales et autres sketchs.

 

Ce fut le début de la fin…

 

En voulant nous adapter au monde, le monde est entré dans l’Eglise au point qu’elle est en passe de perdre son âme.

 

Le mélange nuit à la l’Autorité de la Parole qui se retrouve altérée[3] et donc sans puissance.

 

Les cultes ont de moins en moins de contenu Biblique propre à toucher les consciences et les pasteurs deviennent, à l’image des présentateurs de télévision, des amuseurs publics pour beaucoup, à défaut d'être de ..."remarquables" ...philosophes et où la Bible se finit littéralement évidée de toute sa puissance, richesse et beauté.

 

L’humour n’est pas proscrit mais il est clair selon l’apôtre Paul qu’il ne convient pas au ministère au sens où on l'entend tristement maintenant :

 

« Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. Evite les discours vains et profanes ; car ceux qui les tiennent avanceront toujours plus dans l'impiété, et leur parole rongera comme la gangrène. »

 

« Nous n'altérons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme devant Dieu. » 2 Corinthiens 4 : 2.

 

La véritable soif du cœur

 

Qu’est-ce qu’un incroyant, un jeune désœuvré peut attendre lorsqu’il s’approche d’un pasteur ?

 

N’y a-t-il pas au fond de son cœur une soif que les plaisirs du monde n’ont pu étancher ?

 

Répondre à des besoins charnels par des moyens charnels ne produira probablement rien de spirituel.

 

N’avons-nous pas expérimenté que notre témoignage n’a jamais été aussi efficace que lorsque nous avons pris au sérieux la détresse de l’autre en suppliant le Seigneur de nous donner une parole pour lui ?

 

La Parole ne fait pas appel au plaisir des sens mais au véritable besoin du cœur.

 

Lorsque Jésus faisait mention des besoins naturels, il n’avait d’autres intentions que de parler à l’âme de ceux qui l’écoutaient (cf. la femme samaritaine).

 

La véritable soif des hommes désespérés sera étanchée par autre chose que du divertissement, et les écorchés de la vie n’aspirant qu’à mourir n’ont pas le cœur à s’intéresser aux sketchs, ni à faire la fête quand bien même les protestants l’organisent… (peut-être encore moins lorsque c’est eux d’ailleurs...).

 

Seule une parole Biblique, empreinte d’amour et de véritable connaissance du Seigneur peut sortir un homme de son désespoir.

 

En tant que Croyant, ayons ardemment à cœur de dégager l'annonce de la Parole de tous ces artifices, et nous serons toujours plus émerveillés et réconfortés de voir encore aujourd’hui des délaissés du chemin et incroyants écouter avec attention la Parole de Dieu donnée comme prêchée avec sobriété mais solennité.

 

Nous voulons faire nôtre cette préoccupation de Paul :

 

« Faisant preuve dans l’enseignement de pureté de doctrine, de gravité, de parole saine qu’on ne peut condamner, afin que celui qui s’oppose ait honte, n’ayant rien de mauvais à dire de nous. » (Tite 2 : 8)

 

Conclusion

 

Lorsque Dieu parle, les hommes tombent sur leurs faces, convaincus de péché et ils l’adorent.

 

Aucun réveil n’est survenu par le biais de divertissements ni dans une ambiance d’allégresse légère, mais au contraire par la prédication invitant à la Repentance et au retour à Dieu.

 

C’est en réponse à des prières adressées avec supplications et par une prédication sans fioritures que l’œuvre de Dieu s’est accomplie parfois de manière si spectaculaire.

 

C’est ce que l’histoire nous enseigne et ce qui nous semble conforme à l’Enseignement Biblique.

 

La nostalgie du « réveil » peut conduire autant à se morfondre qu’à se démener, mais ne faudrait-il pas plutôt s’informer des anciens sentiers pour s’en inspirer ?

 

Peut-être retrouverons-nous alors le chemin de la bénédiction, celui que nos pères ont suivi parfois dans la peine mais la Sainte et Saine Crainte de Dieu, pour le bien des Eglises, pour le Salut de nos enfants et de tous ceux que le Seigneur veut encore Sauver.

 

 

[1] 1 Thessaloniciens 4 : 3 « ce que Dieu veut c’est votre sanctification ».

[2] Jérémie 15 : 19.

[3] En parcourant les magazines évangéliques et à sa tête Horizon Evangélique, (...comme bien d'autres magazines protestants malheureusement d'ailleurs...) il est frappant de constater l’importance accordée aux différentes expressions artistiques sans cesse encouragées prétextant la liberté acquise en Christ.

 

MT

Bible 2010

-Arthus Croix Huguenote

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 07:00
Inexistence de Mon Dieu ? Le combat contre Lui. Pure perte de temps

Quelles idées et notions indignes, ce monde a de Dieu !

 

Si vous testez vos idées sur Dieu selon l'enseignement des Écritures, vous verrez d'un coup d'oeil ce que je veux dire.

 

Nous manquons même du sentiment de grandeur et de puissance et de majesté de Dieu.

 

Écoutez les hommes argumenter à propos de Dieu, et notez avec quelle désinvolture ils utilisent le terme...

 

C'est vraiment alarmant d'observer de quelle manière nous avons tous tendance à employer le nom de Dieu.

 

Il est évident que nous ne réalisons pas que nous parlons du Dieu à jamais Béni, Eternel, Absolu, Tout-Puissant.

 

En un sens, nous devrions ôter nos souliers à chaque fois que nous employons le nom de Dieu.

 

 

 

spurgeon_c_150x500.jpg

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 
 
 
Bible (56)
Croix Huguenote
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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:30
O Profondeur (1)

  La Bannière de la Vérité

 

Le plus mauvais coup porté à la religion chrétienne dans les siècles passés des Eglises de l'occident a été de la vulgariser.

 

Ce travers a toujours été présent dans l'Eglise de chaque âge.

 

Mais dans les époques d'autrefois il y avait des facteurs restrictifs qui ont progressivement disparu aujourd'hui.

 

Nous pouvons supposer qu'il était difficile pour l'Eglise primitive de vulgariser l'Evangile parce que ses membres avaient connu le siècle de Jésus-Christ lui-même et des apôtres.

 

En outre, ils avaient souvent à faire face aux dures réalités du martyre.

 

Dans une telle situation ils ne pouvaient s'empêcher de croire l'Evangile dans sa grandeur et son mystère, même s'il a été souvent mal énoncé sur le plan théologique.

 

Le Moyen Age fut une période pendant laquelle les notions de miracle, de mystère et de péché étaient étroitement mêlées à la réflexion quotidienne.

 

L'erreur, dans cet âge-là fut d'exagérer le miraculeux et de revêtir les bâtiments, les reliques, les martyrs et les saints d'une aura de mystère d'une manière injustifiable, poussant à la superstition.

 

Ce fut leur erreur et leur péché et ce fut une grande faute à laquelle le monde moderne peut être reconnaissant d'échapper maintenant par son incrédulité.

 

Mais, il y a au moins quelque chose de bien qui peut être dit en faveur de la perspective médiévale, c'est qu'elle n'a pas, de façon générale, fait disparaître tout le mystère de la foi et ne l'a pas réduit à la «lumière d'un jour ordinaire».

 

Ce sont les réformateurs protestants du 16ème siècle qui ont exorcisé l'esprit de superstition de l'Eglise de leur temps sans détruire une juste appréciation du surnaturel.

 

Ceci est à mettre à leur crédit et les honore beaucoup.

 

Les réformateurs étaient tout d'abord des hommes marqués par la piété.

 

C'est-à-dire qu'ils n'étaient pas premièrement des érudits ou des experts techniques dans la lettre de l'Ecriture.

 

Ils n'étaient même pas premièrement des théologiens académiques.

 

Ils avaient toutes ces capacités et encore plus !

 

Mais, ils étaient suprêmement les hommes qu'ils étaient parce qu'ils étaient des hommes de Dieu et des ministres de Christ.

 

Leurs écrits témoignent de ce fait.

 

Un livre comme «L'Institution de la religion chrétienne» de Calvin -qui est plus un livre sur la foi évangélique qu'un  - manuel de théologie - en est la démonstration.

 

Les pages des écrits de Calvin sont remplies du sens de la grandeur ineffable de Dieu et du sens de notre obligation à l' aimer, le servir, lui obéir et le posséder.

 

Calvin ne se contente pas d'apporter des informations à l'esprit.

 

Il lance un défi à la conscience et réchauffe le coeur .

 

Son mobile puissant est de sauver ses auditeurs et pas seulement de les éduquer.

 

Un sentiment élevé du mystère de la foi fut maintenu et entretenu par les grands théologiens des 17e et 18e siècles.

 

Mais, dans le siècle passé, un changement survint.

 

A part quelques régions plus privilégiées - spécialement celles qui furent favorisées par des réveils - la tendance des chrétiens des cent dernières années en Occident a été de perdre le sens du mystère de la foi.

 

Conséquence inévitable : l'Evangile a été abaissé au niveau de l'homme.

 

Sa profondeur n'a plus été appréciée.

 

Sa sublimité n' a plus été estimée par la mentalité chrétienne moderne.

 

Sa plénitude n'a plus été saisie par notre âge suroccupé.

 

Et par conséquent, notre caractère, en tant que chrétiens, a reflété de moins en moins «cet esprit d'un autre monde» qui fut jadis la marque du chrétien et que les générations d'autrefois s' attendaient toujours à trouver chez des hommes professant être convertis.

 

Il est à craindre que la génération future, quand elle jettera un regard sur notre christianisme, devra dresser un terrible constat à notre sujet :

 

nous sommes un âge de nature superficielle dans les choses de Dieu.

 

Je ne nie pas que nous ayons atteint un degré acceptable de rectitude dans la lettre de la compréhension doctrinale en tant que chrétiens, mais notre âge est tristement déficient en ce qui peut être défini comme «la grandeur spirituelle».

 

A la racine de ceci, nous trouvons la maladie moderne de la superficialité.

 

Nous sommes beaucoup trop impatients pour méditer sur la foi que nous professons.

 

Nous ne pouvons pas dire  «O profondeur» !

 

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

 

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

 

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

 

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

Voici trois domaines où il serait profitable pour les chrétiens de cette fin de siècle de retrouver plus de «profondeur» dans la compréhension de l'Evangile :

 

Un sens plus profond de l'horreur du péché

 

Un comportement plus respectueux dans l'adoration

 

Une vision plus élevée de l'intention de Dieu de bénir le monde

 

(Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:25
O Profondeur (2)

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

 

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

 

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

 

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

Voici trois domaines où il serait profitable pour les chrétiens de cette fin de siècle de retrouver plus de «profondeur» dans la compréhension de l'Evangile.

 

1. Un sens plus profond de l'horreur du péché

 

Nous abordons là un sujet où, aujourd'hui, nous avons faussé compagnie aux anciens évangéliques.

 

Le christianisme moderne ne supporte pas ce qui dépasse une confession de péché formelle.

 

Il est généralement accepté qu'un croyant est en droit de vivre pendant des heures et des jours, vaquant à ses occupations et défendant ses intérêts, avec une petite pause pour la prière privée ou l' adoration publique.

 

Beaucoup de chrétiens de cette classe sont contents d' articuler un joyeux «Père, pardonne-moi» et poursuivent leur chemin comme avant.

 

Mais une telle pratique prouve une santé spirituelle déficiente.

 

Est-ce qu'un croyant ne devrait pas répondre régulièrement de ses péchés dans la présence de Dieu ?

 

Ne devrait-il pas fréquemment réfléchir sur le caractère odieux du péché à la vue de Dieu ?

 

Est-ce que Christ n'a pas été «fait malédiction» et n'est pas mort à cause du péché ?

 

Le chrétien ne doit-il pas se rappeler, à l'occasion, que chaque péché commis mérite la colère et la malédiction de Dieu dans cette vie et celle qui est à venir ?

 

Il y a un moment, dans la vie d'un vrai chrétien, pour se prendre en dégoût à cause de son péché (cf Ez 36.31).

 

Il y a un moment pour ressentir son impureté et pour la confesser (cf Es 6.5).

 

Si nos théologiens protestants d'autrefois pouvaient parler de leur péché comme ayant le caractère «d'infinité sur infinité» et «d'infinité multipliée par l'infinité» que ne devraient pas dire les croyants du leur aujourd'hui ?

 

C'est le péché mignon de notre âge de banaliser le péché.

 

Le remède consiste à méditer sur la sainteté et la justice de Dieu lui-même, sur la rigueur et la perfection de ses lois, sur la fin des damnés en enfer, et, par-dessus tout sur les souffrances de notre bien-aimé Rédempteur sur la croix du Calvaire.

 

Le chrétien cesse de faire des progrès spirituels dès qu'il cesse de se repentir.

 

La façon moderne consiste à chuchoter quelques formules de confession comme si le péché n'était pas plus sérieux, aux yeux de Dieu, qu'un manquement à l'étiquette ou une infraction aux bonnes manières à table.

 

Rappelons-nous que le péché est la contradiction de Dieu.

 

Les grands hommes de Dieu d'autrefois ont regardé leurs propres cours comme un abîme de corruption.

 

Ils avaient raison.

 

C'est quelque chose que nous devrions apprendre de nouveau.

 

Nous pourrions dire de nos péchés «O profondeur».

 

(Suite)

 

Bible (128)

Croix Huguenote

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:13
O Profondeur (3)

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

 

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

 

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

 

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

2. Un comportement plus respectueux dans l'adoration

 

Il est dit de l'Eglise primitive que son attitude envers Dieu était caractérisée par «la craint(Act 2.43) et quelquefois par «une grande crainte» (Act 5.5 et Il).

 

L'apôtre Paul instruit les chrétiens de son temps à se comporter de telle façon dans leurs services publics que si un non-croyant entre, les secrets de son coeur sont dévoilés (1 Cor 14.24- 25).

 

Le sentiment de la présence de Dieu le pousse alors à tomber sur sa face en confessant :

 

Dieu est réellement au milieu de vous (v .25).

 

L' enseignement apostolique met l'accent sur un culte rendu «avec piété et avec crainte» (Héb 12.28).

 

Ailleurs, nous sommes exhortés à mettre en oeuvre notre salut avec crainte et tremblement (Phil 2.12).

 

Malheureusement cette crainte empreinte de respect a été largement perdue dans les services d' adoration contemporains.

 

Ceci est dû, en partie, à l'esprit de notre temps qui secrète la superficialité.

 

L'homme moderne se précipite sur un chemin «où les anges craignent de poser le pied».

 

II s'approche de Dieu hardiment et en coup de vent, avec des pensées, des paroles et des émotions sans préparation de coeur.

 

En fait, l'ancienne pratique qui consistait à se préparer pour l'adoration à la maison de Dieu en passant premièrement du temps dans la prière est généralement considérée comme désuète et comme une addition pénible à l'agenda religieux du jour.

 

II est déplorable que beaucoup de services dans les églises évangéliques ne soient pas marqués par «la crainte respectueuse» (Héb Il.7).

 

Quel dommage que la gravité soit presque partout un souvenir du passé !

 

Une ignorance coupable est tapie derrière le remue-ménage des cultes modernes.

 

Mais la plus grande faute demeure notre manque de perception de la gloire, de la grandeur et de la majesté du Dieu que nous venons adorer.

 

La règle, dans la maison de Dieu, avant un service, devrait être le silence respectueux qui évite la dispersion et les conversations relatives aux affaires courantes.

 

Toute notre attention doit être mobilisée par la solennité de l'heure pour louer le Tout-Puissant avec nos coeurs et nos voix et pour écouter sa parole.

 

Notre entendement doit être rééduqué pour comprendre cette vaste perspective de Dieu, ce qui inspirera notre attitude envers le pasteur et les anciens (Héb 13.7; 1 Thes 5.12,13).

 

Lorsque nous prions notre Dieu, courbons-nous dans sa présence et concentrons nos pensées sur sa grandeur infinie.

 

C'est ainsi que nos coeurs seront réchauffés et réjouis parce que Dieu «fait grâce aux humbles» (Jac4.6).

 

Mais les indifférents et les irrespectueux s'en iront insatisfaits parce qu'ils n'auront pas «sanctifié le Seigneur dans leurs coeurs» (I Pi 3.15).

 

Nous devons faire attention à ce que nous chantons et répandre nos coeurs devant Dieu avec grâce et non dans un torrent de sons.

 

En écoutant la prédication, nous devons prêter attention à la doctrine et ses applications à nos vies ; ne nous permettons pas d'être distraits par une infirmité supposée dans la voix, le style ou la délivrance du sermon.

 

Si nous recevons peu du message, augmentons-en le poids en nous réunissant plus tard avec des amis chrétiens pour discuter les points principaux.

 

En rassemblant les miettes après le service, nous pouvons grandement accroître ce que nous avons reçu à l'Eglise.

 

Nous avons besoin de nous souvenir que lorsque nous venons au culte, nous venons à quelque chose d'excellent et de céleste.

 

De la vraie adoration, nous pourrions dire «O profondeur» !

 

Suite Ô profondeur

 

Bible

Croix Huguenote

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:00
O Profondeur (4)

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

 

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

 

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

 

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

3. Une vision plus élevée de l'intention de Dieu de bénir le monde

 

Il est tout à fait évident que l' apôtre Paul avait ce sujet à l'esprit quand il a rédigé les paroles qui forment le titre de cet article.

 

L'étendue du regard de Paul embrasse le cours complet de l'histoire humaine.

 

Dans l'Ancien Testament, Dieu confinait sa bénédiction à Israël.

 

Dans le présent âge du Nouveau Testament, il confine largement sa bénédiction aux païens.

 

Dans un jour à venir, avant la fin, Israël sera spirituellement vivifié.

 

Il y aura une «plénitude» de salut pour Israël et pour le monde entier.

 

C' est une déclaration foudroyante que Paul fait ici, alors qu' il contemple le plan de Dieu et le voit se concrétiser dans l'histoire:  

 

Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous (Rom 11.32).

 

Cela ne signifie pas, bien sûr, que tous les hommes seront sauvés, mais que tous les croyants seront sauvés.

 

Ils viendront à Christ du sein de toutes les nations et ils attribueront tous leur délivrance de l' in- crédulité à la seule miséricorde et grâce de Dieu.

 

Une nouvelle humanité, rachetée et élue selon le dessein divin, est appelée hors des profondeurs du péché.

 

Aucune force sur la terre ne les empêchera d'entendre l'Evangile, d'y croire et de persévérer jusqu'à la fin.

 

Ils seront appelés au pied de la croix en dépit des préjugés de leur éducation et des inconvénients de leurs circonstances personnelles.

 

La grâce ne les conduira pas seulement à céder au Sauveur.

 

Elle créera en eux la volonté, la joie et l'amour pour le faire.

 

Le fanatique d'une fausse religion sera amené par la grâce à plier le genou devant Jésus-Christ, et l'ancien matérialiste sera changé en un adorateur du seul vrai Dieu.

 

Toutes les barrières qui séparaient autrefois les hommes seront abolies.

 

Aucune considération de race, de credo ou de rang altérera l'unité en Christ dont les rachetés jouiront enfin.

 

Voilà la destinée qui attend le véritable peuple de Dieu, dont la justice vient entièrement de Lui.

 

Il n'est pas étonnant qu'avec de telles pensées agitant son âme, Paul peut s'écrier «O la profondeur» !

 

Notre Dieu est le seul Dieu.

 

Son dessein unique s'accomplira et triomphera sur terre.

 

Tous ses adversaires et ses ennemis seront réduits à néant.

 

Tous ceux qui l'aiment et le servent hériteront la gloire et l'immortalité.

 

Dieu a encore beaucoup d'élus à appeler par l'Evangile.

 

Notre travail n'est pas vain dans le Seigneur.

 

Que le courage caractérise notre témoignage pour Jésus; prions pour recevoir une vision plus élevée du plan de Dieu.

 

Si nous suivons cette voie, nos Eglises modernes se détacheront enfin de la superficialité de notre temps.

 

Maurice Roberts

(La bannière de Vérité)
traduit par Philippe Favre,

Bible (135)

Croix Huguenote

 

Source : Promesses

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 22:04
Jésus Christ croyait-Il au ...purgatoire ?...

Jésus-Christ croyait-Il en l’existence du purgatoire ? 

A-t-Il seulement enseigné qu’un tel état existe ? 

Et s’Il ne l’a pas fait, les apôtres mandatés par Lui pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume des cieux, l’ont-ils fait sous l’inspiration du Saint Esprit leur rappelant tout ce qu’Il leur avait enseigné et leur parlant des choses à venir (selon la Parole du Maître à Ses Disciples en Jean 16:12-15) ?

Quelles que soient les multiples traditions, vénérations, croyances et usages qui se sont développés au cours des siècles et ont été sanctionnés par certaines autorités ecclésiastiques, force est de constater qu’absolument rien ne milite en faveur de la croyance au purgatoire lorsque l’on se fonde sur l’Écriture Sainte comme Autorité Entière et Suffisante en matière de Foi et de vie.

Face à une telle constatation, nous ne pouvons que nous poser la question suivante :

Dieu, dans Sa Parole, dans la Bonne Nouvelle de l’Évangile de la Grâce, aurait-Il volontairement laissé Ses Enfants dans l’obscurité vis-à-vis de la question de leur Salut en Son Fils Jésus-Christ, en omettant de leur apporter un enseignement aussi central et vital, puisqu’il concerne la manière dont ils sont rendus parfaits pour apparaître purs et sans reproche devant Lui après leur mort terrestre ?

UNE DÉFINITION DU PURGATOIRE

Une définition du purgatoire s’impose en premier lieu, et le mieux est d’aller la prendre dans les milieux qui maintiennent cette croyance. 

La nouvelle encyclopédie catholique théo (Droguet & Ardant/Fayard, 1989, page 890) introduit le sujet comme suit :

 Les définitions du purgatoire (du latin purgare, nettoyer, débarrasser, purifier) sont diverses et largement remises en question aujourd’hui.  Pour la clarté de l’exposé on retiendra la suivante : le purgatoire est le temps d’épreuve permettant la purification préalable de ceux qui, au terme de leur vie terrestre, sont admis à partager le bonheur de Dieu. Si cette définition n’est pas acceptée unanimement, c’est que le purgatoire est une construction théologique : dans le Nouveau Testament on ne trouve en effet aucune trace ni du mot ni même de la réalité qu’il désigne.  En fait cette notion théologique s’est élaborée petit à petit, en vue de rendre compte du sens d’une pratique en usage dans l’Église depuis les premiers siècles : la prière pour les défunts.  A quoi servirait-elle si les défunts avaient directement accès à Dieu ?  Or la nécessité de cette prière a toujours fait l’objet d’une très forte conviction.

 En lisant ces premiers paragraphes de la section consacrée au purgatoire dans l’encyclopédie théo, on est heureux de constater deux choses :

  • Tout d’abord l’honnête aveu qu’il n’y a aucun fondement scripturaire pour la doctrine ou la croyance au purgatoire. 

Comment pourrait-on d’ailleurs soutenir le contraire, si ce n’est soit en réécrivant le texte du Nouveau Testament, soit en prétendant qu’il a été falsifié ou amputé par des mains malveillantes au cours des siècles, (à la manière de ce que prétend – sans aucune preuve d’ailleurs – l’islam) et ce dans le but mal avoué de priver les âmes anxieuses d’une Précieuse Révélation que le Seigneur leur aurait pourtant explicitement fournie ?   

  • Et en second lieu l’aveu que la tradition qui a progressivement forgé cette construction théologique repose sur des éléments humains purement subjectifs, en l’occurrence une « très forte conviction » de la part de croyants (tous ? lesquels ?) des premiers siècles : ce qui signifie que le point de départ d’une construction théologique n’est pas nécessairement l’Écriture Sainte comme Révélation Divine, mais peut être à titre égal la très forte conviction des uns ou des autres.

De son côté le Catéchisme de l’Église catholique (Centurion/cerf/Fleurus-Mame/CECC, Paris, 1998, par. 1030-1032, p. 262-263), fournit l’explication suivante :

1030 Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. 1031 L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés.  L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente.  La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture, parle d’un feu purificateur (…) Cet enseignement s’appuie aussi sur la pratique de la prière pour les défunts dont parle déjà la Sainte Écriture : « Voilà pourquoi il (Judas Maccabée) fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché ».  Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu.  L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts (…)

 La citation concernant Judas Maccabée est extraite du deuxième livre des Maccabées (12:46), livre faisant partie des écrits apocryphes de l’Ancien Testament et qui relate des événements historiques concernant le peuple de Juda durant la période post-exilique.

Ce livre n’était pas inclus dans la Bible Hébraïque au temps de Jésus – Il ne s’y réfère Lui-même nulle part dans les Evangiles – mais l’était dans la traduction grecque des Septante largement utilisée dans la diaspora juive à l’époque. 

En tout état de cause il n’avait pas de statut canonique dans le judaïsme, dont aucun autre écrit (antérieur ou postérieur) ne présente d’injonction à offrir des prières pour les morts.

Par ailleurs, le feu dont il est question dans l’Écriture, d’après les deux citations fournies par ce catéchisme en note de bas de page (1 Cor. 3:15 et 1 Pi. 1:7), ne saurait conduire à la notion de purgatoire telle qu’elle y est décrite. 

Dans le cas de  1 Corinthiens 3:15, il n’est nulle part mentionné que le feu à travers duquel passera le bâtisseur d’église utilisant un mauvais matériau finalement consumé par ce feu, puisse remplir un quelconque rôle purificateur. 

L’apôtre Paul avertit seulement ceux qui se targuent d’édifier l’église par leur prédication et leur enseignement déficients, que leur travail sera rigoureusement testé au jour du Jugement.

Si leur œuvre se trouve être consumée par le feu, eux-mêmes ne seront sauvés que comme des tisons arrachés à ce même feu, et ce uniquement parce qu’en dépit de leur œuvre déficiente ils n’auront pas renié le fondement (Christ)

Paul a précisé la fonction du feu au verset 13, fonction non pas purificatrice mais Révélatrice, voire destructrice : l’œuvre de chacun sera manifestée ; car le Jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera de quelle nature est l’oeuvre de chacun.

 Dans le cas de 1 Pierre 1:7, le feu purificateur de l’épreuve dont il est question par analogie au feu qui purifie l’or, est celui de l’épreuve présente, et non d’un état au-delà de la mort. 

Le texte (à partir du verset 6, mais il faut en commencer la lecture dès le début du premier chapitre pour en saisir le contexte immédiat) parle pour lui-même : 

Vous en tressaillez d’allégresse, quoique vous soyez maintenant, pour un peu de temps, puisqu’il le faut, affligés par diverses épreuves, afin que votre foi éprouvée – bien plus précieuse que l’or périssable, cependant éprouvé par le feu – se trouve être un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la révélation de Jésus-Christ.  

De fait, ce texte déclare exactement le contraire de ce que soutient la doctrine du purgatoire : cette Foi des Croyants éprouvée par l’épreuve dans cette vie présente, se trouvera être  un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la révélation de Jésus-Christ. 

 Il est vrai que le catéchisme de l’Église catholique ne dit pas que ces textes sont en soi une preuve scripturaire en faveur de la doctrine du purgatoire et du feu purificateur, mais que c’est la tradition de l’Église qui en parle : La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture, parle d’un feu purificateur. 

Le problème étant qu’elle s’appuie pour ce faire sur une interprétation des passages cités qui fait directement violence à leur sens direct et au contexte dans lequel ils apparaissent. 

Même l’aveu qu’une construction théologique peut se fonder sur une tradition humaine ne peut éluder la question de sa compatibilité ou de son incompatibilité avec la source scripturaire dont elle prétend faire dériver cette tradition ou à laquelle elle cherche à l’arrimer.

Car si l’Église du Dieu vivant, la maison de Dieu – selon l’apôtre Paul en 1 Timothée 3:15est la colonne et l’appui de la vérité, elle ne l’est, toujours selon l’apôtre Paul, que dans la mesure où elle est édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle (Éphésiens 2:20).

L’ENSEIGNEMENT DE LA PARABOLE DE L’HOMME RICHE ET DU PAUVRE LAZARE

Afin de répondre – justement de manière scripturaire – à tout ceci, examinons en premier lieu un texte bien connu du Nouveau Testament : la parabole du riche et du pauvre Lazare racontée par Jésus à ses auditeurs, et que l’on trouve au chapitre 16 de l’évangile selon Luc

Texte bien connu, en en même temps trop souvent réduit à une image d’Épinal, celle de l’inversion des positions entre l’homme riche et le pauvre Lazare.

Durant leur vie terrestre le premier semble avoir tout ce dont on peut rêver sur le plan matériel, à l’inverse du second, destitué de tout et laissé à l’abandon, devant le portail même du riche.

Après leur mort, la situation se trouve totalement inversée. 

Le pauvre Lazare connaît la consolation (étant porté par les anges dans le sein d’Abraham, au Paradis) tandis que l’homme riche – qui a manqué de miséricorde vis-à-vis de Lazare qu’il pouvait pourtant voir quotidiennement avec toute sa misère devant chez lui – se retrouve dans le séjour des morts, le « Hadès » en grec, l’équivalent du « Shéol » en hébreu. 

Notons qu’il ne s’agit pas de l’enfer d’ailleurs, car le Jugement final n’est pas encore intervenu. 

Pour autant, les âmes des décédés sont bien conscientes, au Paradis comme dans le séjour des morts, mais dans une condition déjà bien différente suivant l’endroit où elles se retrouvent.

Cela dit, le point central de la parabole, celui que Jésus souligne, n’est pas en tant que telle cette inversion de conditions, encore moins l’idée qu’en raison de ses souffrances terrestres le pauvre Lazare aurait mérité d’être porté dans le sein d’Abraham immédiatement après sa mort (un dolorisme rédempteur par lui-même, en quelque sorte). 

Le point central de la parabole est le fait que durant sa vie terrestre, l’homme riche avait Moïse et les prophètes  c’est-à-dire la Parole de Dieu dans l’Ancien Testament – pour réfléchir au sens de sa vie et agir avec justice et compassion, ce qu’il n’a pas fait. 

Ce n’est pas seulement le mouvement même du texte de la parabole qui permet d’affirmer que tel est bien ce point central (tertium comparationis) mais aussi le contexte immédiat dans lequel elle est prononcée. 

En effet, un peu auparavant, aux versets 16 et 17 du seizième chapitre de l’évangile selon Luc, Jésus a dit : 

L’époque de la Loi et des prophètes va jusqu’à Jean-Baptiste; depuis qu’il est venu, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. Il serait plus facile au ciel et à la terre de disparaître qu’à un trait de lettre de la Loi.   

C’est cela même que Jésus va illustrer avec la parabole qui suit.

Aux supplications de l’homme (ex-) riche adressées à Abraham d’envoyer Lazare prévenir ses cinq frères afin qu’ils n’agissent pas comme il l’a fait et qu’ils ne se retrouvent pas eux aussi dans la même condition peu enviable, il est répondu : 

Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.  Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront.  Et Abraham lui dit : s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts (v. 29-31).  

C’est sur ces paroles abruptes que Jésus conclut Sa Parabole, et c’est bien là le point central qu’Il veut amener ses auditeurs à comprendre :

On n’entre pas dans le Royaume grâce à des actes forcés par des humains revenant du séjour des morts pour avertir et secouer les vivants de leur torpeur spirituelle, ce qui relève de la violence mentionnée par Jésus juste auparavant. 

La Parole de Dieu est là, avec Son Autorité et Sa Pérennité, c’est à elle qu’il convient de prêter dès maintenant toute son attention, c’est elle qui avertit et secoue. 

Un avertissement similaire a été lancé par Jésus à ses auditeurs par deux fois au chapitre treize, en réponse à deux incidents récents ayant causé mort d’homme (1-9) : 

Mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez de même.

Quel rapport avec le purgatoire, demandera-t-on ?  Il est double. 

D’abord la parabole ne laisse nulle part entendre qu’un séjour prolongé dans le Hadès peut avoir une quelconque fonction purificatrice, alors que l’homme riche se rend bien compte de l’échec total de sa vie au regard des Exigences Divines. 

Abraham ne lui laisse rien entendre dans ce sens. 

En second lieu, il ne peut attendre non plus aucun adoucissement aux tourments dont il est la proie : en dépit de ses supplications (car c’est lui qui est maintenant le mendiant !) 

Lazare ne lui sera pas envoyé pour rafraîchir sa langue avec le bout de son doigt trempé dans l’eau (v. 24). 

Il est frappant que Jésus mette la parole suivante dans la bouche d’Abraham : 

En plus de tout cela entre nous et vous se trouve un grand abîme afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne puissent le faire, et qu’on ne parvienne pas non plus de là vers nous (v. 26). 

Une telle précision dans la narration exclut toute notion d’un état intermédiaire qui pourrait servir de tremplin à l’accès au Paradis, grâce à l’intercession des uns ou les bonnes œuvres des autres pouvant être portées à notre compte. 

En un mot : ma repentance et  ma conversion quotidiennes au Dieu d’Abraham, c’est maintenant  ou bien cela risque d’être trop tard.

Abraham, qui a cru dans la Parole de Dieu avec toutes Ses Promesses (avant même Moïse et les prophètes),  sert ici de figure ou de type du Christ Ressuscité et Glorifié, Celui qui reçoit en Son Sein les âmes des croyants décédés.

QUELS MÉRITES NOUS VALENT-ILS DE POUVOIR PARAÎTRE SANCTIFIÉS DEVANT DIEU ?

On objectera certainement à ceci, sur le fondement des définitions du purgatoire fournies ci-dessus, que ce dernier ne prétend pas être une modification voire une « amélioration » du séjour des morts décrit dans la parabole du riche et du pauvre Lazare.  

Il s’agit d’autre chose, d’un stage de perfectionnement préparatoire pour ceux qui seront de toute manière reçus lors de l’examen final (stage en fait quasi obligatoire pour tous ceux qui sont sauvés : ceux qui, au terme de leur vie terrestre, sont admis à partager le bonheur de Dieu, selon l’encyclopédie théoceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, selon le Catéchisme de l’Église catholique). 

Stage de perfectionnement qui répond à une attente des croyants assurés d’obtenir la moyenne, voire une mention « assez bien », mais pas la mention « très bien », qui seule peut leur donner accès à la Présence Divine.

C’est peu ou prou ce qu’explique l’encyclopédie théo dans le passage suivant de son article consacré au purgatoire :

Le temps du purgatoire (le mot « temps » reflète l’impuissance de l’esprit humain à sortir des limites du temps et de l’espace) est déjà le temps du salut définitif.  Malgré son péché, l’homme se sait justifié par Dieu (jugement particulier) et destiné à la rencontre définitive avec lui ; celle-ci est seulement différée par la volonté de l’homme lui-même, qui ne peut accepter de se laisser approcher par Dieu avant de s’être totalement conformé à lui : temps d’épreuve mais surtout temps de l’amour et du désir entièrement centrés sur Dieu. La solidarité qui unit les hommes dans le monde ne prend pas fin avec la mort.  La prière pour les défunts, les efforts et renoncements en vue d’une vie plus conforme à l’Évangile peuvent contribuer à hâter la rencontre avec Dieu de ceux qui sont en cours de purification. 

On est vraiment étonné de lire de telles explications : depuis quand le Dieu de la Bible (si c’est bien de lui qu’il s’agit, et non d’un fantasme ou d’un ectoplasme) vient-il à la rencontre de l’homme dans Sa Grâce qui sauve, et la réponse de l’homme est de différer cette rencontre pour se perfectionner par lui-même afin d’être jugé digne de cette rencontre, après que son corps soit retourné à la poussière ?

Depuis quand un roi tout puissant convoque-t-il devant lui ses sujets, et ceux-ci refusent par leur volonté d’apparaître devant lui ?

Depuis quand l’homme dans la condition de pécheur qui est la sienne selon la Bible, « ne peut accepter de se laisser approcher par Dieu avant de s’être totalement conformé à lui », alors même qu’il fait preuve d’un « désir entièrement centré sur Dieu » ?

En marge du caractère évidemment bipolaire d’une telle affirmation, on perçoit ici un très grand orgueil, sous un faux prétexte d’humilité et d’obéissance :

L’orgueil typiquement humaniste de croire que notre propre ascèse, voire les mérites, aumônes, prières, indulgences et oeuvres de pénitence d’autres pécheurs encore vivants (qui seraient portés par Dieu à notre compte créditeur), peuvent suppléer à la Grâce Divine, puisqu’apparemment les mérites du Christ acquis pour nous une fois pour toutes ne sont pas suffisants pour manifester pleinement cette Grâce.

Selon cette logique, si un pécheur arrivé au terme de sa vie a eu besoin d’une quasi éternité de purification et de sanctification avant d’être admis dans la Présence Glorieuse et Rayonnante de Son Seigneur, c’est bien le brigand crucifié pour ses actes criminels, qu’il confesse quelques instants à peine avant sa mort devant  Jésus et l’autre brigand, crucifiés en même temps que lui. 

La réponse de Jésus à la demande de Salut qu’il adresse au Roi d’un Royaume qu’il reconnaît ne pas être de ce monde, ne se fait pas attendre : 

En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis (Luc 23:39-43). 

Est-il nécessaire d’élaborer sur cet « aujourd’hui » qui apparaît plusieurs fois dans l’évangile selon Luc pour exprimer l’irruption de la Grâce Divine dans la vie de pécheurs au moment de leur rencontre avec Christ, comme par exemple Zachée (Luc 19:9) ?  

Si chaque Croyant ne peut s’approprier les Paroles de Jésus au brigand crucifié, avec la Promesse de l’accès au Paradis au moment de sa mort dans ce même “aujourd’hui”, à quoi bon la foi ? 

Soupçonnerait-on un instant Jésus d’avoir induit en erreur le brigand repenti, en ne lui accordant pas cet accès immédiat avec Lui et en Sa Présence « aujourd’hui »?

En contradiction avec l’encyclopédie théo  qui a elle-même fait état d’un manque d’unanimité sur la question du purgatoire et sa définition  le Catéchisme pour adultes des évêques de France (Livre de Poche, 1991, p. 455, par. 660) indique que dans l’état du purgatoire, qui (nous est-il précisé) n’est ni un lieu ni un temps, c’est Dieu lui-même qui purifie et transforme.  Sans être une punition, le purgatoire est néanmoins une peine engendrant une souffrance, celle de réaliser après la mort nos imperfections et de désirer nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ (ce que ne dit d’ailleurs pas le Catéchisme de l’Église catholique): La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d’aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ.  C’est Dieu lui-même qui purifie et transforme.  Mais la tradition de l’Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l’intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu.

Il nous faut donc reprendre ce que déclare l’Écriture Sainte sur la Puissance Salvatrice du Christ et la Purification Pleine et Entière qu’elle a apportée à la Croix aux pécheurs qui se repentent et qui croient. 

 

j’ai commencé à évaluer sur le fondement de la Bible crue et acceptée comme Écriture Sainte, la doctrine du purgatoire, et celle des mérites ou actions de personnes vivantes ou décédées.  

D’après cette doctrine, ces mérites ou actions pourraient être attribuées à d’autres personnes décédées afin de les mener à un état de perfection qui leur permettrait d’entrer finalement en la Présence Bienheureuse de Dieu après leur mort, au cours d’un processus final (et douloureux) de purification de leurs péchés.

Il me faut donc reprendre ici encore ce que déclare l’Écriture Sainte sur la Puissance Salvatrice du Christ et la Purification Pleine et Entière qu’elle a apportée à la Croix aux pécheurs qui se repentent et qui croient.

 

LA PUISSANCE SALVATRICE DU CHRIST : PARFAITE ET UNIQUE

La mesure de la Sainteté de Dieu s’est manifestée de manière Absolue à Golgotha, par l’abandon du Fils Unique sur la Croix en vue de l’expiation des péchés de tous ceux qui sont greffés en Lui par la Foi : cet anéantissement de la chair humaine déchue qu’a subie Celui qui justement n’avait pas péché, est semblable au Déluge qui a englouti l’humanité du temps de Noé. 

La différence avec le Déluge est qu’à partir de la Croix, la Grâce de Dieu envers les humains accorde aux pécheurs durant leur vie terrestre de contempler par la Foi le Sacrifice du Christ, et de croire qu’Il est véritablement l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1:29).

Conformément à la Promesse faite à Noé de ne plus amener les eaux de manière cataclysmique sur toute la surface de la terre, le Jugement Divin sur une humanité tout aussi corrompue que celle d’alors est passé sur la personne de Jésus, d’où le lien établi entre le baptême et le Déluge en 1 Pierre 3:21. 

C’est par la Foi en une Oeuvre de Pure Grâce  – qu’ils sont bien incapables d’accomplir par eux-mêmes avant ou après leur propre mort – que les humains sont purifiés de leurs péchés et justifiés devant Dieu : 

C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi.  Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.  Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.  Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions  (Paul aux Éphésiens, 2:8-10).  

Seule la Foi Plantée par le Saint Esprit comme Semence Vivante dans le coeur des Croyants produit une Vie progressivement sanctifiée durant cette vie.

Or, c’est un fait que la Sanctification des Croyants arrivés en fin de vie n’est jamais devenue parfaitement visible.

C’est un cheminement dans la persévérance qui connaît des hauts et des bas, tout au long de l’existence terrestre. 

Leur vie est demeurée entachée de péchés jusqu’à son terme.

La repentance et la conversion quotidiennes n’ont jamais dû cesser.

Cependant la présence même d’une attitude de repentance et de conversion quotidiennes jusqu’à la fin (la Persévérance des Saints dans la Foi) témoigne – en la rendant visible –  de la continuité d’une Action de Sanctification par le Saint Esprit, qui la mène à son terme.

C’est aussi dans ce sens que le Credo (symbole de Nicée-Constantinople) affirme l’Action Vivifiante du Saint Esprit.

En revanche, seule la Sainteté Parfaite manifestée au cours de la vie humaine du Christ Crucifié et Ressuscité peut être portée au Crédit des Croyants, raison pour laquelle Il est seul capable d’intercéder pour eux auprès du Père, étant Le Seul Avocat Habilité à Le faire. 

1 Jean 2:1 utilise le terme juridique  paraklêtos (παράκλητον ἔχομεν) pour désigner cet office du Fils auprès du Père : 

Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres mais aussi pour ceux du monde entier.

Quant à l’auteur de l’épître aux Hébreux, il souligne dès le début de sa lettre que la Purification pour les péchés a bien été accomplie par Le Fils (1:3 )

Ce Fils, qui est le rayonnement  de sa gloire et l’expression de son être, soutient toutes choses par sa parole puissante ; après avoir accompli la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts

Le témoignage de l’Écriture ne laisse donc aucune place pour une quelconque action de purification des péchés en dehors de celle accomplie à la Croix et aucune intercession auprès du Père que celle de Jésus-Christ, Le Seul qui puisse en tout temps être invoqué comme Avocat.

En accomplissant cette Purification pour les Croyants Greffés en Lui par la Foi, Il les a d’ores et déjà rendus Conformes à Sa Mort et à Sa Résurrection. 

Le Père les accepte et reçoit comme tels sur le Fondement de l’Oeuvre du Fils appliqué dans leur vie par l’Esprit Saint. 

L’apôtre Paul l’affirme en Romains 6 (4-11), passage qui vaut la peine d’être cité dans son ensemble car la conformité dont il parle ici invalide toute notion d’un manque de conformité à la Personne du Christ Ressuscité:

Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.  En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection ; nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est quitte du péché.  Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui sachant que Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus ; la mort ne domine plus sur lui.  Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes, et maintenant qu’il vit, il vit pour Dieu.  Ainsi vous-mêmes, considérez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Christ-Jésus.

A la lumière de ces textes de l’Écriture, imaginer un seul instant que les Croyants puissent après leur mort continuer de se sanctifier par leur propre ascèse ou par les prières et actes (toujours entachés de péchés) de ceux qui ne sont pas encore décédés, revient à annuler l’office d’Avocat et de Sacrificateur Parfait du Christ. 

C’est bien là toute la question : une telle assertion porte préjudice à la Perfection de l’Oeuvre de Jésus-Christ à la Croix. 

Cette œuvre aurait toujours besoin d’auxiliaires, jusqu’à la fin des temps. 

Elle continuerait de se manifester par des instruments humains pécheurs, leurs œuvres entachées de péchés étant en quelque sorte recyclées par Dieu pour recycler à leur tour les péchés d’autres pécheurs. 

Dans cette optique ce n’est plus Christ et Lui Seul qui opère la Purification (καθαρισμός) des péchés et Mène à son terme la Sanctification (ἁγιασμός) des Croyants par l’Action toute Puissante de l’Esprit Saint en eux, c’est l’Église  – le corps de la tête –  qui prétend exercer ce ministère.

Or rien n’est plus contraire à l’exposition de la relation entre Christ et son église par analogie à celle du mari et de l’épouse, telle que Paul nous la livre en Éphésiens 5:25-27 : 

Maris, aimez chacun votre femme, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré pour elle, afin de la sanctifier après l’avoir purifiée par l’eau et la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut. 

Ce n’est donc pas l’Église qui se livre perpétuellement pour elle-même, notamment par le biais des prières, aumônes, indulgences et œuvres de pénitence en faveur des défunts, c’est Christ, l’Époux,  qui s’est livré pour elle, afin de la sanctifier après l’avoir purifiée par l’eau et la parole. Et cela est entièrement suffisant pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut. 

Il est d’ailleurs frappant de constater dans tous les passages du Nouveau Testament qui parlent de l’Action Purificatrice de Jésus-Christ en faveur de Son Église,  l’emploi grammatical constant des temps passés (aoriste ou parfait, en grec) pour dénoter le fait que Jésus-Christ a accompli cette oeuvre historiquement et une fois pour toutes (ἐφάπαξ).

 

LE SACERDOCE PARFAIT ET NON TRANSMISSIBLE DE JÉSUS-CHRIST

Dans la section centrale consacrée au Ministère Unique de Prêtre du Christ, Sacerdoce qui ne peut être transmis à personne, l’épitre aux Hébreux déclare (7:25-27):

De plus, ces sacrificateurs [les prêtres-sacrificateurs dans l’Ancien Testament] ont existé en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents ; mais lui, (Jésus) parce qu’il demeure éternellement, possède le sacerdoce non transmissible.  C’est pour cela aussi qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. C’est bien un tel souverain sacrificateur qui nous convenait : saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, et ensuite pour ceux du peuple.  Cela il l’a fait une fois pour toutes, en s’offrant lui-même.

Et au chapitre 10 (11-18), reprenant le même argumentaire, l’auteur conclut cette section avec mots suivants:

Tout sacrificateur se tient à son poste chaque jour pour faire son service et offrir les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés.  Mais lui, après avoir présenté un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu, et il attend désormais que ses ennemis deviennent son marchepied.  Car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés.  C’est ce que le Saint Esprit nous atteste également.  Car après avoir dit [citation du prophète  Jérémie 31:33-34]: « Voici l’alliance que je traiterai avec eux, Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur cœur Et je les écrirai dans leur intelligence (il ajoute) : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. » Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché.  

De fait, la Perfection de ce Sacerdoce Non Transmissible,  qui déclare Inutile toute autre offrande consécutive au Sacrifice Accompli une fois pour toutes à Golgotha, n’est-elle pas la raison même de l’Incarnation du Fils de Dieu?

Si donc Jésus-Christ, de par Son Sacerdoce Unique et Non Transmissible, peut Sauver Parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui durant leur vie terrestre, étant Toujours Vivant pour Intercéder en leur faveur, si par une seule offrande, Il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés, ceux-là, une fois défunts, n’ont nul besoin de prières, d’aumônes, d’indulgences ou d’œuvres de pénitence de quelque nature qu’elles soient, comme si d’autres offrandes étaient encore nécessaires.

Car ou bien Son Oeuvre de Purification est Parfaite, ou elle ne l’est pas. 

Or justement parce qu’elle l’Est, elle entraîne et comprend avec elle l’attribution aux croyants – par Ses Mérites Uniquement – de la Sanctification Requise pour paraître devant Dieu lorsqu’Il nous convoque devant Lui, afin qu’à notre mort nous entrions dans Sa Gloire, étant nous-mêmes entrés dans un état glorieux, définitivement lavés, débarrassés de tout péché. 

Voilà bien la Grâce Divine à l’Oeuvre dans Son Infinie Miséricorde, même dans la vie d’un pécheur tel que le brigand crucifié. 

Cela demeure naturellement le Mystère Inconcevable de l’Amour et du Pardon Divins, Mystère pourtant clairement révélé dans l’Évangile. 

C’est bien aussi cette séquence que l’apôtre Paul présente aux chrétiens de Rome au chapitre 8 de la lettre qu’il leur adresse, dans un célèbre passage (8:28-30) :

Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein : Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’un grand nombre de frères.  Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés, et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.

Du reste quel commandement dans le Décalogue, les morts pourraient-ils bien observer sans aucune faute pour parfaire leur sanctification :

« Tu ne commettras pas d’adultère » ? « Tu ne déroberas point » ?

Ou encore

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? 

Pour revenir au sens de la parabole du riche et du pauvre Lazare, la Loi Divine, Celle du Christ, est la Seule Mesure de Sanctification qui nous soit donnée.

Dans l’Écriture elle concerne notre vie présente, jamais celle de l’au-delà.

Aux chrétiens de Thessalonique l’apôtre Paul écrit (I Thessalonique 4:3-7) :

Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez de l’inconduite ; c’est que chacun de vous sache tenir son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans se livrer à une convoitise passionnée comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ; que personne, en affaires, n’use envers son frère de fraude ou de cupidité : le Seigneur fait justice de tout cela, nous vous l’avons déjà dit et attesté.  Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification.

 C’est aussi ce que Paul écrit aux Chrétiens de Rome au tout début de la troisième partie de la lettre qu’il leur adresse, après leur avoir exposé l’Évangile du Salut par la Grâce, au moyen de la Foi (12:1-2) :

Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.  Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait.

La Sainteté Requise est Celle d’une vie Renouvelée par l’Esprit de Dieu. 

La déclinaison de cette exhortation initiale en autant de recommandations pour la vie présente fait ensuite l’objet de la lettre de Paul, jusqu’à la fin du chapitre quinze.

Le sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ici requis est une offrande de Reconnaissance au Dieu Sauveur, mais n’est pas conçu ou présenté comme un acte de purification ou d’expiation des péchés devant Lui.

Tâcher d’interpréter ce passage dans ce dernier sens reviendrait à invalider dans son ensemble l’argument même de l’épître aux Romains.

Libérées de toute nécessité expiatrice ou purificatrice vis-à-vis du Jugement Divin, les œuvres bonnes Requises de ceux qui ont été Parfaitement Sanctifiés par le sang du Christ, témoignent désormais de cette Reconnaissance mise au Service du Royaume de Dieu dans toutes ses dimensions.

 

NOTRE VÉRITABLE BESOIN PROFOND

Il nous faut cependant encore répondre à la question suivante, que pose l’encyclopédie théo 

Pourquoi la pratique de la prière pour les défunts serait-elle apparue si elle ne répondait pas à un besoin profond ? 

Question qui sous-entend que tout ce qui apparaît comme besoin profond au sein d’une communauté de croyants doit être suivi d’une réponse propre à satisfaire cette attente.

Avec ceci, nous sommes d’accord.

La question qui devrait être posée immédiatement (mais qui ne l’est pas), est :

« D’où viendra donc la réponse adéquate ? »

Faut-il considérer  tout questionnement qui apporte déjà avec lui sa réponse, comme légitime, alors que cette réponse n’est sanctionnée nulle part, ni par le Seigneur ni par ses apôtres, voire s’oppose frontalement à leur enseignement ? 

Les réponses à leur questionnement profond des sectes gnostiques issues de communautés chrétiennes au cours des premiers siècles, étaient-elles légitimes ?

Leur questionnement n’est-il pas justement né d’une déformation préalable de la relation entre Dieu et le monde, l’esprit et la matière – si l’on évalue et juge de tout cela à l’aune de la Parole ?  

Des questionnements profonds témoignant d’un tel éloignement n’apparaissent-ils pas dans les toutes premières églises chrétiennes, celles-là mêmes fondées ou visitées par l’apôtre Paul : l’église de Colosses, de Corinthe, les églises de Galatie ?

Paul accepte-t-il un quelconque syncrétisme avec les judaïsants ou les sophistes grecs pour donner un exutoire aux tendances manifestées dans ces églises ?

Échafaude-t-il des constructions théologiques pour ce faire ?  

La réponse est bien évidemment négative.

Les apôtres (et à leur suite toute église authentiquement apostolique),  présentent à leurs lecteurs l’Évangile du Christ Ressuscité et Sa Puissance de Victoire sur la mort : Son Oeuvre de Purification et de Sanctification est Parfaitement Appliquée par Son Esprit aux Croyants qui en retirent le Bénéfice non seulement au cours de leur vie terrestre, en dépit de leurs faiblesses et de leurs péchés, mais bien plus encore après leur mort, lorsqu’ils entrent immédiatement en la Présence Glorieuse de Leur Sauveur et Seigneur.

L’appel à la Sanctification durant cette vie présente, qui est un Appel à vivre une Vie de Purification conforme aux Paroles du Christ, repose sur l’espérance mise dans l’Oeuvre qu’Il a accomplie pour eux. 

Déjà dans l’Ancien Testament, Job, en proie à la destruction de sa chair, criait son espérance en Son Rédempteur (19:25-27) 

Mais je sais que mon rédempteur est vivant, Et qu’il se lèvera le dernier sur la terre, Après que ma peau aura été détruite ; Moi-même en personne, je contemplerai Dieu.  C’est lui que je contemplerai, Que mes yeux verront, et non quelqu’un d’autre. 

Une reprise de cette vision béatifique apparaît dans la première lettre de Jean (3:2-3), l’auteur appelant ses lecteurs à se purifier dès maintenant, sur le Fondement de cette espérance : 

Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsqu‘il sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.  Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui (le Seigneur) est pur.

Lors de la conférence de Jérusalem, l’apôtre Pierre, parlant de la conversion à Jésus-Christ des païens (toujours en vie) mis au bénéfice de la Grâce de la même manière que les Juifs, déclarait à leur propos (Actes 15:8-9)

Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous; il n’a fait aucune différence entre nous et eux, puisqu’il a purifié leur cœur par la foi (τῇ  πίστει καθαρίσας τας καρδίας αὐτῶν)

A eux aussi, comme à tous les Croyants qui auront mis leur entière confiance en Jésus-Christ au cours de l’histoire et ce jusqu’à Son Retour en Gloire, s’applique donc désormais sans restriction, sans aucune épreuve de purification supplémentaire après leur mort, la béatitude prononcée par Jésus en Matthieu 5:8 :

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

 

Amen,

 

 

Pasteur Eric Kayayan de Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

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Purgatoire
Purgatoire

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 20:19
Ne perdons pas courage si nous ne sommes pas certains de notre élection

Vers 1610 s’est développée au Pays-Bas une controverse théologique lancée par Jacob Arminius et, après sa mort, par le parti des Remonstrants, concernant le salut par la Grâce Seule et la doctrine de l’Election Divine. 

La théologie « arminienne » des Remonstrants maintenait que l’homme est dans une certaine mesure co-responsable de son salut par l’assentiment volontaire qu’il accorde aux promesses du salut (il saisirait en quelque sorte la perche que lui tend Dieu dans l’Évangile, et opèrerait donc partiellement son salut par lui-même). 

Pour répondre à ces objections contre la doctrine calvinienne de l’Election et de la Toute-Puissance Divine à l’œuvre dans le Salut des Croyants, un Synode des églises des Pays-Bas fut réuni dans la ville de Dordrecht en 1618-1619.

Il condamna fermement les positions arminiennes et confirma la position de la confession Belgica. 

Les cinq points soulignés dans les Canons de Dordrecht sont, très brièvement résumés, 

les suivants :

1.  Dépravation totale de la nature et du genre humain après la Chute.

2. Élection Divine Inconditionnelle des croyants (elle ne dépend pas d’une prescience de Dieu qui sauverait ceux dont Il a vu à l’avance qu’ils avaient la capacité de croire en Lui).

3. Nécessité du Sacrifice du Christ et son Effectivité limitée aux croyants.

4. Grâce Divine Irrésistible dans la vie des croyants.

5. Persévérance des Saints (élus) qui demeureront dans la Foi jusqu’à la fin et ne peuvent tomber dans une rechute spirituelle qui serait fatale à leur salut.

Foi & Vie Réformées / Refuge Protestant

(Foi & Vie Réformées

 

 

Ceux qui ne sentent pas encore efficacement en eux une vive foi en Jésus-Christ, ou une confiance certaine du cœur, une paix de la conscience, un soin et souci d’une obéissance filiale, et une glorification en Dieu par Jésus-Christ, mais qui néanmoins se servent des moyens par lesquels Dieu a promis d’effectuer ces choses en nous : ceux-là ne doivent pas perdre courage quand ils entendent parler de la réprobation, ni se mettre au rang des réprouvés.

Au contraire, ils doivent persévérer soigneusement dans l’usage de ces moyens, désirer ardemment l’heure d’une grâce plus abondante, et l’attendre en toute révérence et humilité.

Beaucoup moins encore doivent être épouvantés par la doctrine de la réprobation ceux qui, bien qu’ils désirent sérieusement se convertir à Dieu, lui plaire uniquement, et être délivrés de ce corps de mort, ne peuvent toutefois encore parvenir aussi avant qu’ils voudraient dans le chemin de la piété et de la foi, puisque Dieu, qui est miséricordieux, a promis qu’il n’éteindra point le lumignon qui fume, ni ne brisera le roseau cassé.

Mais cette doctrine est à bon droit en effroi à ceux qui, ayant mis en oubli Dieu et le Sauveur Jésus-Christ, se sont entièrement asservis aux sollicitudes de ce monde et aux convoitises de la chair, aussi longtemps qu’ils ne se convertissent point à Dieu.

— Canons de Dordrecht, article I.16

 

La doctrine de la Réprobation ne nous est pas révélée pour ternir notre joie, au contraire, mais il peut arriver qu’elle nous rende très mal à l’aise.

 

Se pourrait-il que Dieu ne m’ait pas choisi ?

 

Il y a des gens qui sont extrêmement troublés par une telle idée.

 

Les enfants de Dieu peuvent avoir des craintes dans leur cœur.

 

L’article 16 répond de façon très pastorale pour encourager ceux qui ont des doutes quant à leur élection.

 

Il s’adresse à trois différents types de personnes.

 

Ceux qui ne discernent pas encore clairement les fruits de leur élection.

 

Cette catégorie de personnes n’a pas encore une ferme conviction dans la Foi.

 

« Ils ne sentent pas encore efficacement en eux une vive foi en Jésus-Christ, ou une confiance certaine du cœur, une paix de la conscience, un soin et souci d’une obéissance filiale, et une glorification en Dieu par Jésus-Christ, mais néanmoins se servent des moyens par lesquels Dieu a promis d’effectuer ces choses en nous. » (I.16).

 

Ils sont faibles dans la foi, mais ils écoutent la Parole de Dieu, ils prient, ils participent aux sacrements.

 

Ils veulent servir le Seigneur, mais ils ne sont pas certains de leur élection.

 

Quand ils regardent à eux-mêmes, ils ne voient pas une foi ferme et solide.

 

Ils se rendent compte que leur vie n’est pas assez à l’honneur de Dieu.

 

Le doute et l’inquiétude surgissent alors dans leur esprit :

 

Suis-je vraiment un élu ? Ou suis-je un réprouvé?

 

« Ceux-là ne doivent pas perdre courage quand ils entendent parler de la réprobation ni se mettre au rang des réprouvés. Au contraire, ils doivent persévérer soigneusement dans l’usage de ces moyens, désirer ardemment l’heure d’une grâce plus abondante, et l’attendre en toute révérence et humilité. » (I.16).

 

« Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos fils, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. » (Deutéronome 29:28).

 

Dieu ne nous appelle pas à fouiller ses secrets éternels pour savoir si nous serions « non élus ».

 

Il nous dit clairement ce qu’il faut faire :

 

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » (Actes 16:31).

 

Cette doctrine n’a pas pour but de décourager ceux qui ne ressentent pas l’assurance de la foi, mais de les encourager à marcher sur la bonne route.

 

Le Saint-Esprit se plaît à utiliser des moyens pour nous fortifier dans la foi.

 

« La foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole du Christ. » (Romains 10:17).

 

Nous avons besoin de nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, chercher notre réconfort dans ses promesses, croire en Jésus-Christ, chercher en lui notre vie, mettre en pratique sa Parole.

 

C’est ainsi que nous serons fortifiés dans la foi.

 

« Mais celui qui a plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui persévère, non pas en l’écoutant pour l’oublier, mais en la pratiquant activement, celui-là sera heureux dans son action même. » (Jacques 1:25).

 

Jésus et les apôtres ont comparé la vie chrétienne à un arbre qui porte du fruit (Jean 15:1-8; Galates 5:22-23).

 

Un arbre fruitier a besoin de temps pour grandir et porter du fruit.

 

De même, quand on vient à la foi, on ne peut pas porter du fruit instantanément ; il faut du temps.

 

Certains arbres prennent plus de temps pour parvenir à maturité, de même les croyants parviennent à maturité spirituelle à des moments différents de leur vie.

 

La croissance dans la foi est un processus qui a besoin d’être nourri et cultivé.

 

Continuons donc à nous mettre à l’écoute de sa Parole.

 

En son temps, Dieu nous fera grandir pour nous faire porter plus de fruit.

 

Le deuxième groupe de personnes sont ceux qui ne sont pas encore parvenus au degré de foi désiré. Le deuxième groupe de personnes, ce sont « ceux qui, bien qu’ils désirent sérieusement se convertir à Dieu, lui plaire uniquement, et être délivrés de ce corps de mort, ne peuvent toutefois encore parvenir aussi avant qu’ils voudraient dans le chemin de la piété et de la foi » (I.16).

 

Ils luttent dans leur vie chrétienne à cause de leur manque d’obéissance, leur manque de zèle, leur manque de piété, leur manque de sainteté.

 

Il est facile de s’identifier à cette catégorie.

 

Tous les jours, nous luttons contre le péché, un excès de colère, une convoitise, des paroles blessantes, un désir de voler.

 

Nous devenons découragés de constater que nous retombons toujours dans les mêmes péchés.

 

Il y a tellement de péchés dans nos vies et tellement peu de victoires qu’on peut en venir à se demander : Suis-je vraiment un élu ?

 

Le doute finit par s’installer.

 

Au fond, notre combat ressemble à celui de l’apôtre Paul.

 

Il avait un cœur nouveau, transformé par le Saint-Esprit, et pourtant il disait :

 

« Je suis charnel, vendu au péché […] Car je le sais : ce qui est bon n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair. Car je suis à même de vouloir, mais non pas d’accomplir le bien. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas. » (Romains 7:14,18-19).

 

Paul était très dérangé par le fait qu’il n’avait pas la victoire sur le péché.

 

Il reconnaissait le combat qui faisait rage en lui et criait son désespoir :

 

« Qui me délivrera de ce corps de mort? »

 

Il connaissait toutefois la réponse :

 

« Grâces soient rendues à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. » (Romains 7:24-25). 

La rédemption se trouve dans le sang de Jésus.

 

Le Seigneur pardonne nos péchés par son sang et nous promet de nous transformer par son Esprit.

 

Suis-je un réprouvé ?

 

Je sais que mes péchés sont encore nombreux.

 

Mais Dieu agit en moi pour produire une tristesse qui mène à la repentance ainsi qu’un désir de justice. C’est là un fruit de l’élection ! Dieu est fidèle !

 

Il va compléter ce qu’il a commencé! Nous avons donc cet encouragement.

 

« Beaucoup moins encore doivent être épouvantés par la doctrine de la réprobation […] puisque Dieu, qui est miséricordieux, a promis qu’il n’éteindra point le lumignon qui fume ni ne brisera le roseau cassé. » (Ésaïe 42:3) (I.16).

 

Il nous arrive de fixer notre attention sur nos imperfections et d’oublier de regarder à Jésus.

 

La Parole de Dieu donne beaucoup d’encouragement à nous tous qui sommes faibles dans la foi.

 

« L’Éternel, Dieu compatissant et qui fait grâce, lent à la colère, riche en bienveillance et en fidélité. » (Exode 34:6).

 

Ne regardons pas à notre force, mais à sa force, non pas à notre infidélité, mais à sa fidélité.

 

Gardons précieusement la promesse de Jésus :

 

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. » (Matt. 11:28-29).

 

Écoutons sa Parole qui nous exhorte tendrement mais fermement à nous tourner vers Jésus.

 

Ceux qui se moquent de Dieu et qui vivent dans le péché

 

Le troisième groupe de personnes est celui qui refuse de se convertir et qui s’abandonne à la façon de vivre de ce monde et aux plaisirs de la chair.

 

« Mais cette doctrine est à bon droit en effroi à ceux qui, ayant mis en oubli Dieu et le Sauveur Jésus-Christ, se sont entièrement asservis aux sollicitudes de ce monde et aux convoitises de la chair, aussi longtemps qu’ils ne se convertissent point à Dieu. » (I.16).

 

Ceux-là devraient sérieusement s’inquiéter !

 

La doctrine de la réprobation est terrible pour ceux qui refusent de se convertir.

 

Ces gens devraient réfléchir très sérieusement au fait que Dieu ne laisse pas le péché impuni.

 

Il peut laisser les gens dans leurs péchés.

 

Il peut les endurcir dans leur incrédulité et leur faire payer le salaire qu’ils méritent dans l’enfer éternel.

 

« Cette doctrine est à bon droit en effroi ».

 

C’est un avertissement et un appel à se repentir pendant que Dieu en donne encore l’occasion.

 

Une telle repentance est nécessaire, car « il est terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant! » (Hébreux 10:31).

 

Il arrive souvent que cet enseignement, par la Grâce de Dieu, saisisse une personne et lui fasse voir la gravité de sa condition pour l’amener ensuite à se convertir.

 

Remarquons bien que ceux qui refusent encore de se convertir ne sont pas appelés des réprouvés.

 

Nous ne devrions jamais conclure une telle chose de personne.

 

Tant qu’une personne respire, nous devrions l’appeler à la repentance et à la foi.

 

L’Église a la responsabilité de prêcher et « d’annoncer tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27), et cela inclut la doctrine de la réprobation.

 

Nous ne devrions pas hésiter à l’enseigner.

 

Il ne nous est toutefois pas permis de penser que telle personne est réprouvée, car Dieu ne nous l’a pas révélé.

 

La doctrine de la réprobation nous enseigne à craindre Dieu et à « travailler à notre salut avec crainte et tremblement » (Philippiens 2:12).

 

Car Dieu est un Feu Dévorant.

 

C’est une chose terrible de vivre dans l’Église, d’écouter la Parole de Dieu et d’avoir encore l’audace de vivre dans le péché !

 

Cette doctrine nous encourage à utiliser avec diligence les moyens que Dieu nous a donnés pour vivre et grandir dans la Foi.

 

Elle nous pousse à trouver Notre Unique Assurance en Jésus-Christ.

 

Même si nos péchés sont encore nombreux, ce n’est pas une raison de désespérer.

 

La tristesse à cause de nos péchés est une œuvre de l’Esprit et un fruit de notre élection.

 

Dieu n’a pas fini Son Oeuvre dans nos vies!

 

Il ne va pas laisser tomber ce qu’Il a commencé.

 

Nous pouvons dire avec joie et avec confiance :

 

« Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne, en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus-Christ. » (Philippiens 1:6).

 

Amen,

 

 

Paulin Bedard

Pasteur Paulin Bédard, 

 

 

 

 

 

Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Ressources Chrétiennes

D'après Le solide fondement du salut, série d’études doctrinales sur les Canons de Dordrecht.   

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 19:45
La culture de l'impotence

Cet article a pour sujet la culture de l'impotence où l'homme ne vit plus dans la réalité, mais comme dans un spectacle ou une pièce de théâtre.

 

De même, plusieurs Églises encouragent le formalisme et la superficialité.

 

La culture et la promotion de l’impotence, tel est le titre d’un bref essai de mon ami le pasteur et théologien d’origine arménienne, Rousas John Rushdoony, qui inspire mon exposé.

 

Je vous en propose une très large adaptation ainsi qu’un certain nombre d’applications qui ont davantage trait à la situation du monde francophone.

 

Dans son étude Le Chevalier au cours de l’histoire (1984) l’auteure américaine Frances Gies décrit le déclin de la chevalerie à partir du deuxième millénaire.

 

À l’origine, le chevalier était une figure considérable dans la société féodale.

 

Mais après 1050, c’est son statut de noble, plus que sa fonction, qui fut souligné et mis en valeur.

 

Ce qui jusque là n’avait été qu’un rang nobiliaire se transforma en caste héréditaire.

 

Les tournois entre chevaliers devinrent une représentation théâtrale continue.

 

Le même sort échut également à la royauté, qui à son tour devint une affaire de descendance ainsi que de théâtre.

 

À partir de ce moment, ce ne fut plus la compétence personnelle du souverain qui compta, mais plutôt ses liens avec le sang royal.

 

Les cours royales cessèrent d’être les lieux où s’exerçait la justice pour devenir des centres sociaux où les parades et les habits somptueux l’emportaient de loin sur le caractère personnel et l’aptitude à gouverner des monarques (pensons seulement à Louis XIV, vivant en continuelle représentation dans sa cour théâtrale de Versailles).

 

À la réalité de la vie et des affaires du royaume, on préféra des façades et une ostentation de vitrine, mais l’arrière-boutique, elle, restait vide de tout contenu.

 

Au lieu d’exercer l’autorité et la justice, les princes qui gouvernaient s’occupèrent davantage de mode.

 

Dès lors, on comprend le conte du Danois Andersen sur l’empereur nu… (Bien qu’à mon avis, la morale de ce conte pourrait être inversée et l’on pourrait tout aussi bien parler, pour le passé comme pour le présent, d’habits vides d’empereur…).

 

Il était dès lors inévitable que la fin de cet ordre ne tarde pas à arriver.

 

Ainsi, l’imbécillité de Louis XIV prépara aussi bien la Révolution de 1789 que la Terreur, dont la guillotine emporta la tête de son arrière-petit-fils Louis XVI. (Soit dit en passant, on peut se demander si ce n’est pas injustement que ce dernier a été traité d’imbécile. Cette épithète aurait peut-être convenu davantage à son arrière-grand-père, que de bizarres thuriféraires encensent encore sans la moindre pudeur).

 

De tels monarques ont cherché l’admiration pour eux-mêmes plutôt que la vérité, le progrès et le bien du peuple.

 

L’art lui-même se développa au détriment de la Foi Chrétienne pour devenir l’apanage d’une petite minorité qui s’imagina être l’élite de la nation, mais finit par se réfugier en dehors de toute réalité.

 

Ce phénomène n’est pas étranger aux Églises chrétiennes.

 

Ainsi, l’administration et la bureaucratie se substituent souvent à une authentique préoccupation pastorale, et l’exhibitionnisme clérical éclipse la ferme et fidèle proclamation de l’Évangile.

 

Voyez un peu ceux qui se promènent triomphalement un peu partout avec une démagogie indigne du Christ dont ils prétendent être les serviteurs !

 

Ailleurs, des lobbies cléricalistes placent leurs créatures serviles à des postes-clés pour mieux tirer les ficelles dans les coulisses, et si l’on continue sur cette lancée, la loyauté envers l’Écriture Sainte, voire envers l’Église elle-même, finira par disparaître totalement.

 

Ces tactiques ecclésiastiques ne sont rien de moins, elles aussi, que de l’art théâtral et même du théâtre de bas étage.

 

Voyez aussi combien ce que l’on appelle par un néologisme gonflant et redondant « relations publiques » a remplacé la vieille et solide « Communion des Saints », de même que la vieille expression quelque peu amusante « cure d’âme » a cédé le pas à la psychologie interpersonnelle et à d’autres balivernes…

 

Dans le monde du spectacle, aussi bien la vie que la mort sont des faits imaginaires.

 

Selon un homme de théâtre américain, « la vie, la révolution et le théâtre sont une et même chose, un non catégorique jeté à la figure de la société moderne ».

 

C’est là une parfaite gabegie, car transformer la vie en théâtre c’est couper tout lien avec la réalité réelle, s’il est permis d’utiliser un tel pléonasme.

 

Mais combien de nos contemporains, aussi bien dans le monde des lettres que dans celui des simples spectateurs, déclarent que la vie c’est du théâtre et que le théâtre c’est la vie !

 

On s’imagine qu’une fois monté sur scène on participe au théâtre vivant !

 

Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que les services d’information, ainsi que la politique politicienne, ne sont plus que conférences de presse et discours grandiloquents dans des congrès et des colloques…

 

On fait du théâtre au lieu de mener une action concrète et d’œuvrer en vue d’accomplissements réels, utiles et urgents.

 

Et lorsque l’homme prend congé de la réalité, il finit toujours par se réfugier dans le monde imaginaire du théâtre pour cultiver, promouvoir et faire fructifier une impotence foncière.

 

Pour les zombies culturels modernes, véritables morts-vivants, l’impotence exerce une attraction et une séduction étonnantes.

 

L’impotence évite la peine, l’effort, la dépense de soi et le soin et les soucis quotidiens que demande la vie de famille, ainsi que les problèmes inévitables et même fondamentaux à toute existence humaine normale.

 

C’est avec une singulière dilection que notre époque pourchasse aussi bien l’impotence que son fruit, la mort.

 

Elle favorise l’homosexualité, l’avortement, l’euthanasie… Le presbytre Salvien, du 5e siècle de notre ère, décrivant la chute d’une importante ville de l’Empire romain, constatait que ses habitants n’avaient opposé aucune résistance aux envahisseurs… parce qu’ils étaient beaucoup trop engagés dans les jeux publics !

 

Après le sac de leur ville, les survivants adressèrent une supplique à l’empereur pour qu’il ne tarde pas à rebâtir les arènes afin qu’on puisse continuer à jouer et à s’amuser…

 

Notre époque ne présente pas un autre visage.

 

Rome était mourante, écrivait l’auteur Chrétien, mais elle persistait et signait pour rire et pour s’amuser.

 

Notre génération se meurt, elle aussi, mais regardez combien les amuseurs publics et les charlatans remportent du succès au théâtre, au cinéma et à la télévision…

 

L’impotence est devenue une culture généralisée mortellement dangereuse, puisqu’elle engendre tous les maux sociaux dont nous sommes, de nos jours, les témoins effarés : drogue, promiscuité sexuelle, pornographie, délinquance et une véritable épidémie de suicides chez des adolescents et des jeunes.

 

Il semble que nos contemporains s’intéressent moins à dresser des chevaux de course qu’à collecter des mulets improductifs.

 

Ils doivent être follement mordus par l’incompétence, en être amoureux, car ils s’adonnent avec jouissance à la drogue de leur propre incompétence…

 

Dans l’un de ses premiers ouvrages, l’auteur britannique Chrétien C.S. Lewis écrivait déjà en 1947 que l’éducation humaniste — nous dirions laïciste — était devenue une politique de stérilisation planifiée.

 

Il concluait l’un de ses chapitres en signalant que, tout en enlevant aux hommes tel organe vital, on attend encore d’eux qu’ils puissent rester productifs !

 

On se moque éperdument de l’honneur et de la vertu, mais on s’étonne qu’il y ait tellement de traîtres parmi nous.

 

On castre des foules entières, mais on attend des eunuques qu’ils puissent quand même engendrer !

 

Cette constatation s’applique également à d’autres sphères de l’existence et des activités de nos contemporains.

 

Car la culture et la promotion de l’impotence sont devenues des éléments constitutifs essentiels de la culture humaniste athée.

 

La Foi Biblique et Chrétienne contraste avec cette attitude et ce comportement démissionnaires et suicidaires par ses hautes exigences morales, car elle est une attitude éminemment virile.

 

Elle exige notre mort avec le Christ, mais ceci afin de renaître à une Vie Nouvelle.

 

Elle impose une Soumission Inconditionnelle, mais avec la Promesse de la Véritable Libération.

 

Le monde, lui, et nombre d’Églises modernes avec, ne prescrivent qu’une religion de surface.

 

Mais cette religion superficielle, avant même que n’apparaisse la Réforme évangélique du 16e siècle, avait rendu l’âme et trahi en tout cas la Foi Chrétienne.

 

Toute vie d’Église rongée par le formalisme et par les conventions sociales sera dépourvue de vitalité, car elle ne demande pas d’initiative personnelle ni n’attend aucun engagement de la part de ses membres.

 

Avant même le déferlement d’immondices qui submergent actuellement nos sociétés, nous assistions au dépérissement d’Églises complètement et radicalement formalistes.

 

L’immoralité ne pouvait par conséquent laisser la place inoccupée.

 

Car l’âme de l’homme est comme la nature; elle a horreur du vide !

 

Si la décence, la vertu, la noblesse et l’amour y font défaut, ce sera forcément la bassesse et la vulgarité qui s’en empareront.

 

Dans ce message j’ai, bien entendu, plus à cœur la situation des Églises que celle de la société en général.

 

Combien d’entre elles sont passées maîtres en l’art théâtral !

 

C’est du spectacle qu’on offre et c’est du spectacle que cherchent aussi ceux qui passent d’une Église à l’autre sans jamais trouver la vie transformée qu’offre le Dieu de notre salut.

 

Il ne faut donc pas s’étonner ni des succès fulgurants de certains télévangélistes ni de ceux qui, professionnels du « show-biz », organisent leurs campagnes d’évangélisation à grand renfort de gadgets électroniques, troquant l’Évangile Eternel de Dieu contre les performances d’hommes toujours prêts à exhiber leur encombrante nullité.

 

La fonction royale, je dirai même le ministère royal consistait, nous dit-on, à exercer et à promouvoir la justice et à l’appliquer dans toute l’étendue du territoire du souverain.

 

Pour le souverain médiéval, la justice constituait la vertu première de son gouvernement.

 

Certes, tous les monarques de l’époque ne furent pas à la hauteur de leur mission.

 

Mais d’ordinaire, on s’attendait à ce que le monarque fût avant tout le serviteur de la justice, qui devait être la même envers tous, sans discrimination.

 

Ce n’était pas à une représentation théâtrale qu’ils avaient été appelés.

 

Et lorsque la monarchie se convertit en théâtre, comme ce fut surtout le cas pour la cour de Louis XIV, alors elle cessa d’exister.

 

Ayant perdu toute prise avec la réalité, elle creusa sa propre tombe.

 

Mon ami le pasteur Rushdoony rappelle le cas de Louis de Bavière, l’ami de Richard Wagner.

 

Il avait été le mécène des arts le plus généreux de son temps, notamment à l’égard du célèbre compositeur de Bayreuth.

 

Mais l’idée qu’il se faisait de la royauté était complètement irréaliste.

 

Aussi aboutit-elle au suicide de la monarchie bavaroise.

 

D’ailleurs, Wagner, lui aussi, prenait l’Allemagne de son époque, ainsi que l’Europe contemporaine, pour une vaste scène théâtrale.

 

Il réussit à plonger ses contemporains dans un monde de fantaisie et de mythes.

 

Selon Wagner et son concept anthropologique, le mythe était l’expression la plus élevée de la vérité.

 

Le mythe a trouvé actuellement un sol propice dans des Églises chrétiennes.

 

Seul le mythe, enseigne-t-on dans des séminaires de théologie sans foi ni loi, est la forme de la vérité religieuse la plus élevée.

 

Ainsi, si d’après l’hérésiarque moderne Rudolf Bultmann, il fallait démythologiser les Évangiles, d’après un autre hérésiarque, Paul Tillich, il convient de remythiser l’Évangile pour parvenir à en saisir la vérité profonde…

 

Mais à quoi vous servirait-il, je vous le demande, de spéculer sur le mythe quand vous êtes aux prises avec les questions et les problèmes les plus complexes, les plus concrets et les plus redoutables de votre existence sur terre, avec votre condition d’êtres humains en face de Dieu ?

 

Autant chercher à traverser un abîme en y jetant, en guise de pont, une géante toile d’araignées…

 

Confondre Vérité Chrétienne avec mythe sacré c’est encore jouer du théâtre non seulement sur les parvis des églises, comme cela se pratiquait jadis, mais à l’intérieur même de celles-ci.

 

Souvenons-nous cependant que, dans le théâtre, le rideau baisse sur le dernier acte, mais que la vie, elle, continue en dehors de la salle de spectacle.

 

La vie, les naissances et les morts se suivent à une cadence régulière.

 

Nous ne pouvons pas les maîtriser avec quelques astuces de prestidigitateur pour attrape-nigauds…

 

Nous ne pouvons pas tirer nous-mêmes le rideau après notre passage.

 

Aussi l’impotent n’a-t-il aucun avenir…

 

La culture et la promotion de l’impotence sont l’occupation favorite des humanistes athées.

 

Mais Notre Dieu est le Dieu de la Vie.

 

Il nous et vous invite à nous abreuver à satiété au fleuve de vie qui prend sa source en Son Eternité.

 

Amen,

 

 

 

Aaron Kayayan, Pasteur Protestant Réformé, Refuge Protestant

Aaron Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

Bible Refuge Protestant
ressources chrétiennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Ressources Chrétiennes

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Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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