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Vie Protestante Réformée

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 20:06
Comment garder l'Eglise apostolique ? par Paul Wells,

Garder l’Eglise apostolique.

Comment « garder l’église apostolique » ?

I Timothée 3:1-7

 

Cette parole est certaine : si quelqu’un aspire à la charge d’ancien, il désire une belle activité…
(1 Tm 3:1-7)

1 Timothée 3:1 nous présente une « parole certaine », la seconde de l’épître, après celle de 1 Timothée 1:15.

Ces paroles ne sont pas inventées par Paul lui-même, mais citées par lui comme résumant la Foi Chrétienne sur des points de sotériologie ou d’ecclésiologie.

Ces paroles sont « fidèles », attribut souvent utilisé pour Dieu ou pour Jésus.

Elles expriment donc La Volonté de Dieu qui est que nous soyions fidèles comme Lui.


L’enseignement des pastorales n’est pas moralisant, comme certains l’affirment.

Son éthique est enracinée dans une théologie qui est tout à fait paulinienne.

I. Des objections…

A) On dit que cette parole n’a que peu de signification.

Cette opinion néglige le fait que pour que la doctrine apostolique soit gardée, il faut la confier à des personnes compétentes.

Il revient à l’Eglise de discerner qui, en son sein, a les dons nécessaires, tout comme un employeur exige des compétences pour un poste de responsabilité.

C’est là une comparaison médiocre, bien sûr, mais pourquoi serions-nous moins exigeants dans l’Eglise qu’on ne l’est dans le monde, sous prétexte que nous sommes « entre frères »?

Ne sommes-nous pas trop souvent tentés par la « politique des trois singes » – vois pas de mal, entends pas de mal et dis pas de mal – au détriment de la justice et de la vérité?

B) Cette parole n’instaure-t-elle pas une hiérarchie, une élite cléricale au-dessus du peuple ?

Nombreux sont ceux qui ont vu, dans ce passage, le catholicisme romain naissant, une institution qui commence à étouffer l’événement, un office qui supplante les charismes.

Il est vrai que ce danger existe toujours.

Mais un autre problème peut surgir : celui de l’accaparement du pouvoir, du maintien obstiné, du refus de laisser sa place à un autre au moment propice.

C’est ainsi qu’il arrive que, dans l’Eglise, des personnes insuffisamment compétentes restent trop longtemps en place.

Pourtant, selon le verset 15, l’Eglise est « la Maison de Dieu » et « la Colonne de la Vérité ».

Parfois difficile à croire en regardant autour de nous !

L’Eglise se doit de veiller à faire preuve de discernement et à ne pas remettre l’autorité à tel ou tel de ses membres mu par l’ambition tandis que d’autres se satisfont de leur oisiveté.

Autrement, elle plaira aux uns et aux autres, mais elle ne fera pas l’Oeuvre du Seigneur.

L’Eglise est appelée à discerner les charismes et, là où elle les discerne, à les reconnaître.

Herman Ridderbos affirme que tout dualisme entre le charisme et l’office est à rejeter.

La relation entre les qualités de la personne et l’office à assumer est très étroite dans les Pastorales.

Si on n’est pas pourvu des qualités souhaitables, il importe de le reconnaître en écoutant les autres et d’en tirer les conséquences [ Voir 1 Tm 4:14; 1:18; 2 Tm 1:6; 2 Tm 2:24; Tt 1:6ss. Ces passages traitent des charismes liés au « leadership ». ].

C) Autre objection sérieuse :

L’exhortation du premier verset – « désirer » un office -ne manque-t-elle pas de psychologie ?

Ne constitue-t-elle pas une incitation à l’orgueil ?


Il ne faut pas oublier qu’au premier siècle, être responsable chrétien était loin d’être une sinécure.

C’était dangeureux.

De plus, l’apôtre ne dit pas que le fait d’aspirer à être responsable soit l’indice d’une qualité personnelle ; c’est cette tâche qui est de qualité : littéralement, c’est une Oeuvre Belle.

Pourquoi cette activité est elle belle ?

Parce que, selon Tite 1:7, l’ancien est oikonomos, intendant dans la Maison de Dieu.

Il est établi, dans l’Eglise, comme le gérant chargé d’assurer la succession du modèle apostolique.
 

II. L’évêque est un témoin vivant de l’action de la grâce divine

Paul a été intendant de la Grâce, des Mystères de Dieu, et Timothée est appelé à vivre selon le modèle de son père spirituel [ Voir1 Co 4:1-2; 16-17;1 Tm 1:1,2. ].

Lorsque Paul envoie Timothée à Ephèse, il lui rappelle d’où vient sa vocation.

Timothée est « l’enfant » engendré par Paul, il a donc la même identité familiale que l’apôtre, et sa fonction est comparable.

Celle-ci a les caractères suivants:

A) Un ministère placé sous l’autorité de Christ

Paul rappelle l’origine de son activité :

« Apôtre de Jésus-Christ par ordre de Dieu ».

La Grâce lui a été faite de porter la Parole de Dieu.

La fonction apostolique implique :


* d’être choisi, envoyé par Christ.

Timothée, le fils spirituel de Paul, est un envoyé de Christ avec sa parole[3]. Pasteurs et anciens sont appelés par Christ, choisis et envoyés par lui. Il convient de vérifier si cette vocation est réelle !


* d’être témoin oculaire de Jésus-Christ.

Paul, sans doute, ne l’a pas été, mais il a reçu une vocation spéciale sur la route de Damas.

Timothée est appelé à être témoin de Jésus-Christ à sa suite.

Sommes-nous aussi de vrais témoins pour reprendre la question célèbre de Kierkegaard à propos de l’évêque Mynster ? [Quand l’évêque danois Mynster est mort en 1854, il a été salué par son successeur H.L. Martensen comme témoin de la vérité. La réponse de Kierkegaard a suscité une controverse qui a précipité la mort du philosophe en 1855. ] 

Beaucoup de choses peuvent détourner du témoignage fidèle :

La bureaucratie de l’Eglise, nos ambitions et notre orgueil ou les soucis du siècle…

Timothée, en vrai fils spirituel de Paul et comme ancien dans la communauté, est appelé à dépendre de l’Esprit.

L’appel, le message et l’efficacité viennent de Jésus-Christ, de Son Autorité et de Son Ordre.

L’autorité de l’ancien n’est autre que celle de la Parole et ne doit rien avoir de commun avec l’autoritarisme humain. 

Comme il est facile de se tromper sur notre autorité, de la justifier en se référant au texte sacré !

Aussi faut-il redoubler de vigilance pour ne pas confondre notre autorité avec celle de la Parole.

La notion de l’autorité qui prévaut dans certains milieux évangéliques conduit à une sorte d’autoritarisme malsain.


Il n’y a pas un seul « type » d’ancien qui correspondrait à un homme qualifié en relations humaines, « politiquement correct », urbain et à l’aise en public.

En effet, Timothée était timide et disponible, Tite hardi et fonceur.

C’est l’Autorité de Christ, sa parole de Grâce qui importent chez le responsable et non pas d’abord des considérations d’ordre psychologique, etc.

B) Un ministère qui requiert une expérience authentique de la grâce de Christ


Qui peut se sentir qualifié ?

La barre est placée tellement haut que personne n’a vraiment les qualités indiquées.

D’où vient donc la capacité spirituelle nécessaire pour accomplir un tel ministère ?

I.) La seconde « parole certaine » est compréhensible à la lumière de la première.

En 1 Timothée 1:13-16, nous lisons quatre indications :

  • Dieu lui-même établit Ses Serviteurs dans Son Service ;
  • Il appelle ceux qui sont naturellement pécheurs. Lorsque Paul écrit qu’il est le « premier des pécheurs », il veut dire que c’est ainsi qu’il se considère lorsqu’il s’examine devant Dieu. Comme l’a fait Martin Luther.
  • Dieu exerce Sa Miséricorde envers ceux qu’Il appelle;
  • Les Serviteurs de l’Evangile illustrent la Grandeur de la Grâce de Dieu en eux, Grâce que Dieu exerce aussi envers tout le Peuple de Dieu.

La belle activité de l' »ancien » suppose la Belle Action de la Grâce de Dieu dans sa vie ; l’ancien doit avoir conscience de la Grandeur de la Miséricorde de Dieu à son égard, de la Transformation que la Grâce a opérée en lui, de la Responsabilité qu’il a d’exprimer, par la sainteté de sa vie, tout ce que Dieu a accompli pour chacun de Ses Enfants.


Le service de l’ancien suppose, de sa part, une dépendance consciente de la Grâce de Dieu, laquelle conditionnera tout, non seulement son attitude face à la Parole dont il est témoin, mais aussi tous les aspects de sa vie.

Cette dépendance est la condition de l’obéissance, de la fidélité et du service.

Si elle fait défaut, on est insuffisant et le ministère se transforme en fonction.

II.) Le « désir » de servir


Si un tel appel est reçu, il n’est pas prétentieux d’y répondre.

Cette vocation est la plus belle qui soit : être témoin du plus merveilleux des Seigneurs, selon le modèle apostolique et avec la grâce qui est accordée à tout chrétien.

Difficile, sans doute ; aussi faut-il s’en souvenir face aux multiples découragements.


Paul n’a jamais sous estimé la dignité de son ministère : il exhorte Timothée à ne pas abandonner sa « belle activité ».

Dans l’Eglise primitive, il y avait des sacrifices à consentir, des persécutions à subir, de fausses doctrines à dénoncer et des souffrances à endurer face aux critiques.

Pour nous, il en est de même.

N’oublions pas l’exemple de ceux qui nous ont précédés.

Ayons comme modèle le courage d’un Luther, la persévérance d’un Calvin, l’abnégation d’un Wesley ou la fougue d’un Spurgeon !


Les mots episkopos et presbyteros évoquent un ministère de responsabilité : celui d’intendant de la Parole .

Que cette mission soit notre premier souci et notre préoccupation constante, chaque jour de notre vie, et ne nous laissons pas accabler par rien.

C’est là notre « belle activité »….

III. Les qualités requises

La description de l’ancien en 1 Timothée 3 a souvent été considérée comme une sélection partiale de qualités éthiques, triées arbitrairement sur le volet.


A la lumière du verset 16 du chapitre 1 et si l’on considère la filiation Paul/Timothée, ces qualités apparaissent plutôt comme le résultat de la « Patience de Christ » et de l’ oeuvre de sanctification qu’Il accomplit en ceux qu’Il appelle.


Sujet de la Grâce de Christ, le serviteur a pour vocation de marcher dignement, ce qui implique chez lui une absence d’orgueil et de recherche de soi.

Remarquons les adjectifs:

A) « Irréprochable » résume toutes les autres qualités.

Ce terme concerne la réputation du responsable.

Cette réputation est évaluée selon les critères de justice et de vérité.

Nous, les calvinistes, avons parfois une réputation mauvaise, qui n’est pas toujours méritée.

« Purs et durs », dit-on, comme en témoignent les opinions sur Calvin, les puritains, Spurgeon etc !

Pourtant ce sont-là des serviteurs qui ont été choisis pour édifier le Royaume de Dieu.

Comme il est difficile d’avoir une bonne réputation, dès lors qu’on n’est pas dans le vent du politiquement correct !

Acquérir une bonne réputation n’est pas si aisé tandis qu’il est facile d’en détruire une : quelques minutes de critique, quelques rumeurs, quelques petits mots…

La propension que nous avons à penser et à dire du mal des autres plutôt que du bien est énorme…

Ne soyons pas avares de nos jugements positifs et de propos encourageants…


Avoir « bonne réputation » n’est pas incompatible avec souffrir l’opprobre pour Christ.

« Etre irréprochable », c’est vivre selon l’Evangile et en accord avec son enseignement sur la sanctification.

B) Qualités positives et négatives…

1) Les attributs positifs.

Le responsable est:

  • mari d’une seule femme = il n’est pas polygame ou adultère;
  • sobre et sensé = indique sa façon générale de vivre;
  • hospitalier et sociable = il est ouvert, ni renfermé, ni égoïste;
  • apte à l’enseignement = il a été lui-même disposé à se laisser enseigner.

Ces qualités concernent les relations que l’ancien établit avec les membres de la communauté de l’Eglise.

2) Les attributs négatifs.


La « modération », un tempérament équilibré indiquent que l’ancien n’est pas une personne emportée face au moindre problème ou à la moindre tentation.

Il peut se contrôler et cherche la conciliation, si cela est possible, sur le fondement de l’Ecriture. (...)

Ceci ne veut pas dire qu’il faut éviter de lutter pour la Vérité.

Veillons à éviter les compromis et la mollesse.

Sachons discerner là où se trouve le véritable ennemi et combattons le bon combat !

« Adonné au vin » et « violent » sont des péchés « exemplaires » qui indiquent un manque de maîtrise de soi et rendent impossible d’être conciliant, pacifique et désintéressé.

Si notre nature charnelle domine, nous ne serons plus capables de nous diriger dans le domaine privé de la famille.

Il est alors probable que le même comportement peu édifiant se produira dans l’Eglise.

Les nouveaux convertis ont à apprendre cette modération, qui est un fruit de l’Esprit, afin que leur orgueil, leur manque de maturité spirituelle ne suscitent pas des occasions pour le diable.

Ces qualités négatives sont visibles de tous, et s’observent non seulement dans l’Eglise, mais aussi dans le comportement social de l’ancien, par ceux qui ne sont pas chrétiens.

Conclusion

Etre responsable dans le corps de Christ est la tâche la plus lourde, la plus riche en responsabilités, la plus exigeante et dangereuse que l’on puisse imaginer.

C’est une lutte spirituelle constante dans laquelle on risque de tomber à tout moment.

Les hommes politiques ont, certes, une rude fonction à exercer, mais celle-ci est peu de choses à côté d’une responsabilité dans l’Eglise de Christ dont l’exercice implique un combat spirituel avec ses tentations, ses découragements, les attaques de l’ennemi et le trouble causé par d’autres chrétiens.

Pour assumer de façon positive une fonction de responsabilité dans l'Eglise aujourd’hui, quatre qualités au moins sont nécessaires:

  • une vraie spiritualité quotidienne;
  • une théologie équilibrée et profonde;
  • une armure psychologique à toute épreuve;
  • une santé physique due en partie à l’observation du repos hebdomadaire.

Le ministère de la Parole suppose une vraie dépendance vis-à-vis de Christ, fruit d’une nature régénérée qui accomplit la sanctification progressive.

Que d'anciens dans des Eglises sont facilement élus !

Sans guère de références aux textes bibliques, ou de formation.

Aussi comment s’étonner qu’il y ait tant de déceptions !

Comme des pasteurs sont aisément accueillis sans période suffisante d’observation pour mettre en évidence leurs qualités.

Aurions-nous oublié le conseil que Spurgeon donnait à ses étudiants à propos du ministère :

« faites autre chose, si c’est possible ! »?


Trois points saillants ressortent de ce passage Biblique sur le ministère chrétien:

Le privilège : Le ministère de la Parole est une Grâce que le Seigneur fait à ceux qui l’exercent. Dieu appelle et il pourvoit. Remerçions-Le de Sa Grâce envers nous, vases de terre et serviteurs inutiles.

La lutte: Ce texte se termine par une référence aux « pièges du diable », ce qui n’est pas étonnant. Car les Ministres de l’Evangile sont en première ligne dans une lutte spirituelle. Soyons vigilants à tout moment, car la régression spirituelle commence toujours en nos coeurs de façon imprévisible et subtile.

Nos dons: Nous n’atteindrons jamais à l’exemplarité. Comme les autres Chrétiens, nous ne sommes pas statiques car la sanctification est une dynamique qui conditionne aussi notre attitude envers nos frères en Christ.

Amen,

 

Paul WELLS*

* Docteur en théologie, Professeur émérite de la Faculté Jean Calvin, Faculté Libre de Théologie Réformée, ainsi qu'éditeur de La Revue réformée.

 

 

 

 

 

Source : La Revue Réformée

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 18:56
La crise identitaire

La crise identitaire est partout, on ne parle que de cela.

Qui sommes-nous, que sommes-nous, en tant qu’individus ou en tant que communautés, nationales ou autres ?

Comment se définir avec un minimum de certitude pour réagir, progresser, fonctionner de manière jugée satisfaisante ?

L’insécurité règne au plus profond dans nos sociétés contemporaines car plus personne ne semble savoir où il en est.

Trop de choses bougent trop rapidement.

Les perspectives globalisantes, aussi fascinantes qu’angoissantes, nous envahissent à chaque instant en particulier via les médias.

Du reste cette insécurité identitaire peut facilement devenir une cause de peur et d’agressivité, menant inéluctablement à un autre type d’insécurité, accompagnée de violences cette fois.

Comment s’en sortir?

Uniquement en faisant le bon diagnostic.

Il y a d’abord une crise identitaire chez les individus parce qu’ils ne savent pas d’où ils viennent et quel est leur mandat, leur raison d’être sur terre, donc leur finalité.

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement lorsque l’on vous répète à longueur de journée que vous n’êtes que le produit du hasard, du chaos, de mutations génétiques hasardeuses qui au cours de milliards d’années ont donné naissance à un type d’organisme vivant appelé l’homo sapiens, appelé lui aussi à se transformer dans le futur en on ne sait trop quoi ?

Aucun dessein, aucun plan n’a présidé à son apparition au sein d’un univers qui, quant à lui, n’a ni but ni sens.

La seule chose qui serait sûre, c’est que nous sommes tous porteurs du gêne égoïste qui recherche avant tout son propre intérêt, fût-ce au détriment de celui des autres.

En on veut encore fonder l’égalité et la fraternité sur un tel socle idéologique en prétextant d’une fumeuse liberté à s’auto-déterminer entièrement !

Au fil du temps, nous serions en effet devenus les auteurs et acteurs conscients de notre propre évolution, en lui conférant la direction qui exprime le mieux nos fantasmes…

Pour le Croyant Chrétien, l’identité fondamentale de l’être humain c’est une analogie avec un autre être, totalement transcendant lui, c’est-à-dire existant au-delà de l’univers visible, tout en étant la source de cet univers : Dieu le Créateur.

Une relation avec Le Créateur est non seulement possible à cause de cette analogie, mais elle est de plus inévitable car Ce Créateur est aussi Celui qui rend à chaque instant la vie sur terre possible : Il la maintient et la renouvelle par Son Esprit et Sa Parole Divine Toute Puissante.

Il ne l’abandonne pas à elle-même.

C’est en tout premier lieu dans cette relation que l’être humain trouve son identité : en connaissant Dieu, il parvient à se connaître lui-même.

Il se connaît d’abord comme créature en état de rupture avec Dieu, c’est-à-dire ayant perdu ses repères par rapport au Créateur.

Pour guérir des maux qui l’affectent, il lui faut avant toute chose retrouver ces repères.

Il se connaît comme créature qui doit regarder au modèle d’homme parfait donné par Dieu en la personne de Son Fils Jésus-Christ.

En unissant dans Sa Personne une nature divine et une nature humaine sans qu’elles soient ni confondues ni mélangées, Christ est venu pour restaurer en nous l’image divine abîmée.

Une identité retrouvée, restaurée, passe essentiellement par un lien indéfectible avec Jésus-Christ, le lien de la foi.

Pour vivre de Sa Vie, il faut être greffé en Lui par la foi.

Voici du reste les paroles qu’Il a adressées un jour à Ses Disciples et qu’on peut lire au chapitre 15 de l’évangile selon Jean, dans le Nouveau Testament de la Bible (c’est ce disciple qui a recueilli ces paroles de sa bouche même et nous les a transmises) :

Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, on le jette hors du vignoble, comme les sarments coupés: ils se dessèchent, puis on les ramasse, on y met le feu et ils brûlent. Mais si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez. Si vous produisez du fruit en abondance et que vous prouvez ainsi que vous êtes vraiment mes disciples, la gloire de mon Père apparaîtra aux yeux de tous.

Voilà donc l’identité retrouvée à laquelle il faut aspirer : étant greffé par une foi vivante sur Jésus-Christ, en Son Enseignement, on commence à mener une vie nouvelle qui rend gloire à Dieu Le Créateur et la manifeste clairement aux yeux de tous.

 

En découle alors progressivement, au fur et à mesure de notre croissance spirituelle sur le cep, un regard différent sur le monde, sur les relations entre les humains, sur la relation entre l’homme et la nature, sur nos objectifs et nos priorités.

 

On est alors passé du domaine du gêne égoïste à celui du Royaume de Dieu, celui que Jésus Christ est venu manifester en chair et en os.

 

Amen,

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 20:32
Jean Calvin : la vraie religion

Le cœur fidèle ne se forge point un Dieu tel quel à la volée, mais il regarde Celui qui est Seul et Vrai Dieu et ne Lui attribue point tout ce que bon lui semble, mais est content de L’avoir tel qu’Il se manifeste, se gardant toujours diligemment de ne sortir point hors de Sa Volonté par audacieuse outrecuidance.

 

L’ayant ainsi connu, pour ce qu’il entend que, par Sa Providence, il modère toutes choses, il se confie de L’avoir pour Tuteur et Protecteur, et pourtant se commet en Sa Garde, d’autant qu’il Le connaît être Auteur de Tout bien; s’il est pressé de quelque nécessité, incontinent il se retire à Son Secours et, ayant invoqué Son Nom, attend aide de Lui; d’autant qu’il est persuadé de Sa Bonté et Bénignité, il se repose sûrement en Sa Clémence et ne doute point d’avoir toujours à toutes ses misères remède appareille à la Miséricorde d’icelui.

 

En tant qu’il Le reconnaît Seigneur et Père, il Le répute être digne duquel au commandement il s’adonne, duquel il révère La Majesté, duquel il tâche d’avancer la gloire, duquel il suive La Volonté.

 

En tant qu’il Le voit être Juste Juge, lequel fera une fois vengeance sur tous transgresseurs, il se propose toujours Son Trône devant les yeux afin d’être retiré de tout ce qui provoque Son Ire.

 

Néanmoins, il n’est pas tellement étonné en pensant à Son Jugement qu’il s’en veuille soustraire, même quand il aurait moyen d’évader.

 

Mais au contraire ne le reçoit pas moins volontiers pour Correcteur des méchants que pour Rémunérateur des bons, vu qu’il connaît n’appartenir moins à Sa Gloire, qu’Il fasse punition des mauvais et iniques que de rétribuer le loyer de la vie éternelle aux fidèles.

 

Davantage, il n’est pas réprimé par la seule crainte de Sa Vengeance pour ne point pécher, mais d’autant qu’il L’aime et révère comme Son Père et Le craint comme Son Seigneur, même quand il n’y aurait nul enfer, si a-t-il horreur de L’offenser.

 

Voilà que c’est de pure et vraie religion, c’est à savoir la foi conjointe avec crainte de Dieu non feinte, tellement que sous le nom de crainte soit comprise tant la dilection de Sa Justice qu’Il a ordonnée par Sa Loi que la révérence qui est, volontairement et de courage entier, portée à Sa Majesté.

 

Or donc si nous sommes tous nés à cette condition de connaître Dieu (et la connaissance d’icelui est vaine et infructueuse sinon qu’elle vienne jusques à ce point-là), il est manifeste que tous ceux qui n’adressent point à ce but toutes les cogitations et actions de leur vie, déclinent et défaillent de l’ordre de leur création.

 

Ce qui n’a même été inconnu des philosophes, car autre chose n’a entendu dire Platon quand par plusieurs fois il a enseigné que le souverain bien de l’âme est la similitude de Dieu, quand, étant parvenue à la vraie contemplation d’icelui, est en lui du tout transformée.

 

Par quoi Grylus argue très sagement en Plutarque quand il tient que, si la religion était ôtée de la vie des hommes non seulement ils n’auraient nulle excellence par-dessus les bêtes brutes, mais en plusieurs manières seraient beaucoup plus misérables.

 

À savoir d’autant qu’étant sujets à tant d’espèces de maux, mènent une vie laborieuse et sans repos.

 

Pour ce qu’il n’y a que la seule connaissance de Dieu qui les rende supérieurs, par laquelle ils peuvent aspirer à l’immortalité.

 

PRIÈRE

 

Maintiens Ta Grâce aux hommes droits ;

Donne à qui aime et suit Ta Voix L’appui de Ta Justice.

Garde-moi de tomber aux mains

De ces méchants, de ces hautains,

De peur que je faiblisse.

Car ils voudraient chasser les tiens,

Les séparer de Leur Soutien,

De leur Seule Assurance.

C’est fait !

Tu les as renversés

Ils ne pourront se relever.

Gloire à Ta Délivrance. 

 
 
 
 
Jean Calvin, 

.

refuge protestant

Lecture : Esaïe 41

 

 

 

 

 

Source :ressourceschretiennes.com

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:21
La Lettre de Christ

Vous êtes (une) lettre, écrite (…) connue et lue (rendue publique devant) tous les hommes ; car vous êtes manifestés comme étant la lettre de Christ, (…) écrite non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair du cœur.(…) 2 Corinthiens 3 / 2-3

 

Cette histoire fut rapportée comme étant authentique.

 

Alors qu’il prenait le bus, un pasteur nouvellement arrivé dans la ville constate que le chauffeur lui avait rendu de la monnaie en trop.

 

« Je devrais rendre cette monnaie », pensait il.

 

Puis, se ravisant, il se dit en lui même :

 

« pour quelques cents, c’est si peu ! »

 

Mais au moment de sortir, après une brève hésitation, il tend les cents en trop au chauffeur de bus en disant :

 

« Vous m’avez rendu trop de monnaie ! »

 

  • « Etes vous le nouveau pasteur ? » demande le chauffeur de bus. « Depuis longtemps je voulais fréquenter une église. Je voulais juste voir comment vous réagiriez si je vous rendais trop de monnaie… Dimanche prochain je serai dans votre église. »

 

« Mon Dieu ! » pense le pasteur, « j’ai failli vendre ton enfant pour 40 cents !… »

 

Les Chrétiens vrais tout comme celles et ceux n’en ayant qu’apparence trompeuse, sont observés en tous lieux.

 

Prenons garde et appliquons à faire honneur à Notre Père.

 

L'hésitation même de ce pasteur était de trop. Aucun Chrétien digne de ce nom ne devrait et ne doit avoir ce genre de pensée.

 

Sortant de certaines bouches, la vérité elle-même a mauvaise odeur disait Jean Rostand.

 

 

Par la foi, laissons Jésus vivre et mettre en nous Sa Nature, et rappelons nous ce petit texte :

 

« Surveille tes pensées : elles deviennent paroles.

Surveille tes paroles ; elles deviennent actions ;

Surveille tes actions ; elles deviennent habitudes.

Surveille tes habitudes ; elles deviennent caractère.

Surveille ton caractère ; car il influencera ta destinée… »

 

 

Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité. 1 Jean 3 :18

 

On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. (Michée 6 : 8)

 

.

 

 

 

 

Bible Refuge Protestant

 

Croix Huguenote

 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:20
La Bible seule ?

Tous les protestants ont à cœur d’affirmer que l’autorité qui prime, dans les domaines de la foi et de la vie chrétiennes, est celle de la Bible.

 
Des différences importantes existent cependant chez les protestants au sujet du statut de la Bible. 
 
Les évangéliques ne la confondent pas avec le Fils qui est la Parole éternelle de Dieu, mais ils affirment que la Bible est la Parole écrite de Dieu.
 
Les protestants de sensibilité plus libérale préfèrent dire que la Bible contient la Parole de Dieu. 
 
Il revient à chacun, alors de déterminer ce qui dans la Bible est la Parole de Dieu, ce qui accorde une grande place à la lecture subjective de l’Écriture, avec le risque d’en arriver à cette position : Est inspiré ce qui m’inspire.
 
Cela est exprimé par le Sola Scriptura de la Réforme : L’Écriture seule !
 
Cependant, nous devons comprendre ce que les réformateurs ont voulu dire avec cette expression.
 
En effet, les protestants libéraux ou les Témoins de Jéhovah affirment aussi qu’ils se réfèrent à la Bible seule.
 
Le professeur allemand libéral Rudolph Bultmann (1884-1976) a expliqué que personne n’ouvre la Bible sans doctrines et sans présupposés.
 
Mais quels sont-ils ?
 
Ne vont-ils pas colorer ma lecture de la Bible, voire la fausser en y projetant des principes erronés ?
 
Bultmann évoque alors un « cercle herméneutique » qui relie trois pôles :
 
  • l’Écriture,
 
  • mes présupposés (hérités de ma famille, de mon milieu, de mes choix philosophiques),
 
  • les « doctrines » que j’ai pu élaborer sur Dieu, l’homme, la vie, etc.
 
Si le cercle herméneutique fonctionne correctement, l’étude de la Bible peu à peu corrigera mes « doctrines » et mes présupposés, de telle sorte que les outils que j’utilise pour étudier la Bible se trouvent eux-mêmes soumis à la Bible.
 
C’est sans doute là un travail qui n’est jamais achevé.
 
Ce travail est sans doute celui que Paul évoque :
 
« Amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ. »
(2 Corinthiens 10.5).
 
L’article 5 de la Confession de foi de La Rochelle dit ceci au sujet de l’Écriture : « […] Cette Parole est la règle de toute vérité et contient tout ce qui est nécessaire au service de Dieu et à notre salut. Il en découle que ni l’ancienneté, ni les coutumes, ni le grand nombre, ni la sagesse humaine, ni les jugements, ni les arrêts, ni les lois, ni les décrets, ni les conciles, ni les visions, ni les miracles ne peuvent être opposés à cette Écriture sainte. »
 

Le professeur Pierre Courthial commente cet article ainsi :

 

« Il peut et il doit y avoir tout cela : l’ancienneté, les coutumes et le grand nombre. Nos pères ne disent pas que c’est mauvais, tout cela. Non, non. Mais cela ne doit jamais être opposé à l’Écriture sainte. Mais au contraire tout cela doit être examiné, réglé et réformé d’après elle. C’est bon qu’il y ait des traditions dans l’Église. Et c’est bon qu’il y ait des concile et des synodes. Et c’est bon qu’il y ait des miracles […]. Mais dans aucun cas tout cela ne peut être opposé à l’Écriture. Et c’est important qu’aujourd’hui nous retrouvions ce sens de la Parole de Dieu. » 

(P. Courthial, La Confession de foi de La Rochelle. Commentaire. Les cahiers de «Tant qu’il fait jour » et Société des compagnons pour l’Évangile. Paris, 1979, p. 29-30.)
 
Cet article 5 se prolonge ainsi :
 
« Dans cet esprit, nous reconnaissons les trois symboles, à savoir : le Symbole des apôtres, le Symbole de Nicée, le Symbole d’Athanase, parce qu’ils sont conformes à la Parole de Dieu. » Ces confessions de foi anciennes sont aussi appelées « symboles œcuméniques »,
 
car elles ont été acceptées par un grand nombre d’Églises chrétiennes catholiques, protestantes et orthodoxes. 
 
Les Églises d’Orient, cependant, n’ont jamais reconnu ni le Symbole des apôtres ni le Symbole d’Athanase.
 
Nous remarquons que ce qui accorde de l’autorité à ces confessions de foi, ce n’est ni leur ancienneté ni le fait qu’elles soient œcuméniques.
 
C’est parce qu’elles sont « conformes à la Parole de Dieu ».
 
Cela signifie que si l’Écriture seule a le statut de Parole de Dieu, il est néanmoins possible et même nécessaire de l’aborder à la lumière de textes reconnus qui expriment de manière succincte les enseignements principaux qu’elle contient.
 
Ces textes ne sont pas infaillibles, mais ils sont le fruit du travail des docteurs que Dieu a donnés à son Église : en formulant comme ils le font ses doctrines majeures, ils éclairent la Bible d’une lumière qui vient de la Bible elle-même.
 
L’expérience montre que ceux qui se sont affranchis de cet éclairage se sont souvent exposés à diverses dérives.
 
 
 
 Charles Nicolas,
Pasteur Réformé Alès

 

 
 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:13
L'Esprit de pentecôte

L’Esprit de Pentecôte c’est bien sûr avant tout le Saint-Esprit !

C’est Lui dont Jésus avait annoncé la venue à Ses disciples peu avant Son arrestation, Son procès et Sa crucifixion (Jean 14 :25-26): « Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. »

Donc le Saint-Esprit n’ajoute rien à ce que Jésus a enseigné, Il n’invente rien ou ne distribue pas de nouvelles révélations qui ajouteraient, annuleraient ou relativiseraient ce que Jésus a fait et enseigné.

Il confirme tout (rien de moins et rien de plus) ce qui concerne la Personne et l’Oeuvre de Jésus-Christ.

On ne peut donc jamais se réclamer du Saint-Esprit lorsqu’on prétend apporter de nouvelles révélations, fondées sur des visions ou des inspirations subites.

Ceux qui se croient remplis du Saint-Esprit alors qu’ils donnent plutôt l’impression d’être possédés par des forces obscures lorsqu’ils s’expriment, crient et s’agitent, font grande injure au Saint-Esprit de Dieu.

On n’est véritablement rempli du Saint-Esprit que lorsque l’on s’en tient à ce que l’Esprit a inspiré dans cette Parole Divine qui trouve son incarnation dans le Fils de Dieu fait homme, Jésus-Christ.

Exposer avec consistance et persévérance cette Parole de vie, tout en cherchant à en déduire les nécessaires applications contemporaines, c’est être véritablement spirituel : toute église qui le fait manifeste qu’elle est liée à Son Seigneur et Sauveur par le lien de l’Esprit.

Comme l’exprime la grande confession de foi universelle de Nicée-Constantinople (datant du 4e siècle de l’ère chrétienne) : Nous croyons en l’Esprit Saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui a parlé par les prophètes, qui, avec le Père et avec le Fils, est adoré et glorifié.

Le Saint-Esprit qui vivifie est, selon cette confession de foi, Celui qui a parlé par les prophètes (comprendre toute l’Ecriture Sainte).

On ne doit jamais divorcer les deux.

La Pentecôte, c’est donc l’événement inaugurant la prédication de l’Évangile par l’Église à Jérusalem, puis dans les régions avoisinantes de Judée et de Samarie, enfin jusque dans les recoins les plus reculés de la terre (Actes 1:8).

Ce n’est pas l’événement fondateur de cette prédication, car celui-ci consiste en l'Oeuvre Parfaite du Christ accomplie sur la Croix, selon le Plan Eternel de Dieu le Père.

Cette prédication doit être claire et articulée.

Écoutez l’étonnement des Juifs pieux venus de tout le bassin méditerranéen (et même de plus loin) à Jérusalem pour célébrer la fête traditionnelle juive de la Pentecôte (Actes 2:7-8 et suivants) :

« Ils étaient hors d’eux-mêmes et dans l’admiration, et disaient : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment les-entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? »

Leur étonnement n’était pas dû au fait que les disciples s’exprimaient avec des sons inconnus, ou par des manifestations incompréhensibles, bien au contraire :

« Nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu ! »

Et puis l’Esprit Saint donne aux Enfants de Dieu la Soif du retour de Jésus-Christ.

 

Il est Le Consolateur car Il rend témoignage à l’esprit des Croyants que le Christ est bien vivant, à la droite du Père Céleste, depuis Son Ascension ; en même temps, Il leur rappelle que Jésus a promis à Ses disciples de revenir :

 

Il viendra de là pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin, déclare la confession de foi de Nicée-Constantinople.

 

Entre temps il y a une attente impatiente des Croyants, attente active au service de la manifestation dans toutes les sphères de la vie de la Royauté du Christ entré dans Sa Gloire.

 

Cette attente est exprimée avec force à la fin du dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse de Jean (22 :17):

 

L’Esprit et l’épouse [l’Église du Christ] disent : Viens ! Que celui qui entend, dise : Viens ! Que celui qui a soif, vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie gratuitement !

 

A cette attente, le Christ répond Lui-même (v. 20-21):

 

Celui qui atteste ces choses dit :

Oui, je viens bientôt. – Amen ! Viens Seigneur Jésus ! –

Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous !

 

 

 

 

 

 

Eric Kayayan pasteur Protestant Réformé

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:10
Quel fondement Biblique pour la famille ?

A l’heure où les questions de politique familiale occupent les esprits, et – plus encore – une redéfinition radicale de la famille dans les sociétés occidentales est à l’ordre du jour – il est nécessaire que ceux qui se veulent les héritiers de la civilisation dite « judéo-chrétienne » se posent la question du fondement de la famille sur une assise Biblique.

Sur la base d’une quelconque philosophie de la nature, on peut parfaitement refuser d’accorder l’institution du mariage aux couples homosexuels ou s’opposer à l’idéologie du trans-genre et à ce qu’elle soit inculquée dans la tête de nos enfants dès leur plus jeune âge par le biais de l’école publique, mais ce refus ou cette opposition ne se fondent pas en tant que tels sur une vision biblique claire des choses.

Au mieux, ils s’en inspirent vaguement sans toutefois oser s’en réclamer, par crainte des quolibets ou du politiquement correct.

Dans ce cas, si on en a honte, il est tout à fait inutile de se réclamer de la civilisation « judéo-chrétienne »

Au sens Biblique, il y a d’abord famille parce qu’il y a une dualité homme-femme porteuse de l’image de Dieu dès la Création (Genèse 1:27-28).

Dans le texte de la Genèse cette union dans la différence complémentaire (physique, sexuelle, affective) est d’ailleurs ce qui caractérise l’image de Dieu en nous.

Même s’il en existe beaucoup d’autres, aucun autre trait humain n’est mentionné directement dans le texte pour qualifier cette image, ce qui est tout à fait remarquable.

En effet on ose rarement souligner le fait que le Créateur – qui est lui-même Esprit et non une créature en chair et en os amenée à l’existence par une puissance supérieure – a choisi en tout premier lieu de refléter son image dans Sa créature par la différentiation et la complémentarité sexuelles.

Dès lors, comment nous comprendre nous-mêmes par rapport à cette affirmation du texte Biblique ?

Avant tout, comprenons que nous ne sommes des « personnes » distinguées d’autres « personnes » que dans des rapports particuliers et structurés avec ces autres « personnes ».

Des rapports qui présupposent à la fois similarité et différence.

La Genèse nous enseigne que le tout premier rapport personnel qui fonde la personne c’est cette différentiation/complémentarité homme-femme se reconnaissant comme image de Celui qui l’a créée.

Mais, demandera-t-on, en quoi cela reflète-t-il quelque chose de l’être même de Dieu ?

Ce reflet est dû uniquement au fait que le Dieu éternel est à la fois Un et Trois, un Seul Dieu en trois personnes distinguées l’une de l’autre : le Père, le Fils et le Saint Esprit, ce que d’ailleurs aucune philosophie naturelle n’a jamais dit, expliqué ou révélé, car Seule la Bible le fait.

Le Dieu Eternel vit dans une relation personnelle d’Amour parfait entre les trois personnes divines qui font de ce Dieu Unique la source de tout amour entre les personnes qu’Il crée à Son Image.

C’est là seulement que se situe la source de la vie, et à la base de cette vie, la famille centrée autour du couple homme-femme.

Que dans la Bible ce Dieu se manifeste de plus comme Père Céleste (puisque c’est bien comme cela que Son Fils Jésus-Christ a invité Ses disciples à s’adresser à Lui dans leur prière), ne fait que souligner le rapport de nature familiale qui unit Dieu à Ses « Enfants ».

C’est dans cet esprit que l’apôtre Paul peut écrire aux chrétiens d’Éphèse (chapitre 3, verset 14-16) : C’est pourquoi, je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille [les peuples ou les nations sont inclus dans le mot grec patria traduit par famille] dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur ; que le Christ habite dans vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour (…)

Il y a au sein de la Trinité une génération éternelle du Fils par le Père – c’est ce qu’affirme et confesse la Foi Chrétienne depuis les origines - : cela demeure bien sûr pour nous un mystère dans la mesure où cela concerne l’Essence Eternelle de Dieu.

Cependant, ce mystère nous devient partiellement connaissable par la Bible, mais seulement dans la mesure de notre compréhension limitée de créatures, qui ne pourra jamais connaître l’être de Dieu tel que Lui Seul se connaît.

Ce que ce mystère de la génération éternelle du Fils par le Père nous fait connaître, c’est que dans l’ordre structuré mis en place pour Ses Créatures, le Dieu trinitaire imprime Son image en nous en instituant de génération en génération la génération (au sens d’engendrement) d’enfants par des parents – homme et femme – et ce depuis les origines de l’humanité.

Même si cette humanité est tombée très bas et cherche constamment à nier cet ordre créationnel, celui-ci subsiste par la Volonté et la Providence du Créateur.

C’est un ordre qui ne peut être totalement effacé, en dépit de toutes les caricatures ou déformations qu’il subit, souvent de manière volontaire de la part des humains en rupture d’Alliance avec le Père céleste, souvent aussi de manière involontaire, accidentelle, sans qu’on puisse comprendre les causes immédiates de la déformation.

Pourtant, quelles que soient ces caricatures ou déformations volontaires, quels que soient aussi les accidents qui affectent la vie des uns ou des autres, on ne peut jamais éteindre la notion de cet ordre, pas plus qu’on ne peut abolir la notion de bonne santé par rapport à celle de maladie.

Seule une compréhension spirituelle de l’enseignement Biblique (spirituelle c’est-à-dire en accord avec l’intention de l’Esprit divin dans l’Écriture Sainte) peut nous mener sur la voie de la guérison et le renouvellement de notre intelligence sur toutes ces questions qui travaillent tant l’esprit de nos contemporains.

 

Pasteur Protestant Réformé Eric Kayayan,

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

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Bible Refuge Protestant

Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:36
Fondements en Ruine : la position par Adolphe Monod (1ère Partie)
LES FONDEMENTS EN RUINES
LA POSITION
 (Première Partie)
Par le Pasteur ADOLPHE MONOD
Ce sermon a été prononcé le 24 février 1848.

« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? » (Psaume XI, V. 3.)
 
Psaume XI
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme : Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? Car, voici, les méchants bandent l'arc, ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, sur ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
« L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté ; l'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, Ses paupières sondent les fils des hommes. L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
 
David, réservé de Dieu au trône d'Israël et déjà sacré roi par la main de Samuel, ne parvient à la gloire promise qu'à travers une persécution perfide autant que sanguinaire.
Le jaloux Saül, poussé par des courtisans plus méchants que lui-même, conspire contre l'oint de l'Éternel, tantôt avec une ruse qui ne rougit d'aucune bassesse, tantôt avec une violence qui ne recule devant aucun forfait.
La vie de David est mise, jour après jour, à la pointe de l'épée; et avec elle, l'ordre publié, la sécurité de l'État, tout l'avenir d'Israël, la justice humaine, et la fidélité même de Dieu, engagée envers le peuple au sein duquel le Messie doit naître, et envers le prophète-roi dont il doit sortir.
C'est alors que des amis bienveillants, mais de petite foi, pressent David de renoncer à ses espérances, et de ne songer plus qu'à se soustraire au péril par une prompte retraite, comme l'oiseau timide, effrayé du cri du chasseur impitoyable ou redoutant les pièges du traître oiseleur.. va, loin du mouvement et du bruit de la plaine cacher ses jours menacés sur des montagnes inaccessibles et dans les fourrés impénétrables des bois.
À quoi bon tenter une résistance inutile, dans une lutte inégale ?
Déjà « les méchants bandent leur arc; » déjà « ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, contre ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il? »
David répond à ces conseils d'une amitié charnelle et d'une lâche prudence par le cantique lu plus haut, et dont le premier verset résume toute sa pensée :
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme. Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? »
Nous y découvrons à la fois le principe sur lequel il s'appuie : il se confie en l'Éternel; et la ligne de conduite que ce principe lui trace : il se gardera bien d'une fuite indigne.
Il voit la Position en Dieu : voilà ce qui le soutient; loin de fuir, il restera donc et il agira voilà ce qu'il est résolu de faire.
C'est un des caractères de la Parole Sainte, qu'étant prise au point de vue de Dieu et donnée par l'esprit de prophétie, elle s'applique à tous les temps.
On peut dire même qu'elle s'adapte de mieux en mieux, pour le fond de la pensée, aux siècles qui se déroulent, parce que les germes féconds de vérité qu'elle contient se développent avec l'histoire humaine et le Plan Divin.
Tandis que les autres livres vont vieillissant, la Bible Seule semble rajeunir, parce que les Vérités Eternelles qu'elle présente également à toutes les phases successives de l'humanité, revêtent, d'âge en âge, un aspect toujours nouveau et toujours plus spirituel.
On dirait un corps identique qui ne ferait que changer d'habit pour être en rapport avec chaque génération naissante, ou plutôt, un esprit toujours le même, mais qu'un accroissement sans terme maintiendrait constamment au pas, disons mieux, en avant du genre humain.
Qui ne voit, par exemple, que ce mot d'Habacuc : « Le juste vivra par la foi, » n'a fait que gagner d'à-propos et de profondeur, en passant d'Habacuc à saint Paul ; et de saint Paul à Luther ou Calvin ?
Eh bien ! Qui de nous aussi n'a senti, en lisant ce texte combien il s'adapte divinement, c'est ici le mot exact, aux temps où nous vivons ?
A quelle époque la sagesse humaine a-t-elle eu plus de raison que depuis un demi-siècle, que dis-je ? Que depuis un an, de s'écrier :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il? »
Quels fondements ne menacent ruine ?
Fondements politiques.
Il n'y a ni puissance si bien assise, ni institution si bien enracinée, qui soit à l'abri d'un coup d'État, d'un coup de fusil, d'un coup de poignard, d'un coup de tête, j'ai presque dit d'un coup de vent.
Les plus antiques monarchies chancellent comme un homme ivre, tombent, se relèvent pour tomber encore peut-être, et semblent parfois n'aboutir par tous leurs efforts pour se remettre de leurs secousses, qu'à provoquer des secousses nouvelles plus redoutables que les premières, comme les flots de la mer, dans une tempête, accroissent leur bouleversement par les mouvements mêmes qu'elles se donnent pour retrouver leur niveau.
Fondements sociaux.
Ces bases antiques et vénérées, qui sont à l'ordre de la société ce que le sol de la terre est aux édifices qu'elle porte, ces axiomes du droit et de la morale que l'Évangile, que dis-je ? Que la loi de Moïse trouva déjà reçues dans toutes les nations, la propriété, l'hérédité, la prescription, la famille, oui, la famille elle-même, sont contestées et livrées à l'âpre contradiction de la multitude ; et l'on discute froidement aujourd'hui si l'on doit ou non donner le nom de progrès du siècle à ce qu'on appelait hier sans hésitation du nom de crime.
Fondements ecclésiastiques.
L'Église chrétienne, à laquelle Dieu avait confié le dépôt des maximes qui préservent les peuples, comme elles sauvent les individus, participe au malaise général.
On sent confusément que les établissements religieux qui existent ne répondent plus complètement aux besoins de l'époque.
Une communion chrétienne, qui a mis une infaillibilité prétendue à à l'abri d'une immutabilité trop réelle, s'étonne de voir se séparer, dans la personne de son chef spirituel, des pouvoirs qu'elle s'était montrée, depuis plus de dix siècles, si jalouse de réunir.
Nos églises agitent, avec une ardeur croissante, les questions de l'institution civile et de l'indépendance religieuse.
À la controverse naturelle de ceux qui adorent Jésus comme leur Dieu-Sauveur avec ceux qui ont inventé un autre évangile, s'ajoutent de fâcheux dissentiments entre ceux-là mêmes qui sont unis sur le fondement de la foi.
Confusion étrange, où l'on ne prévoit guère de stabilité que dans quelque forme d'église toute nouvelle, et qui est encore à concevoir.
Enfin, fondements spirituels. Si du moins les croyances et les obligations individuelles étaient nettement saisies et maintenues énergiquement, on trouverait, au dedans des coeurs, le remède le plus efficace contre les agitations du dehors.
L'ébranlement universel a pénétré jusque dans le sanctuaire de la vie intérieure.
Les principes essentiels de la foi chrétienne et de la morale chrétienne sont remués d'une main profane et curieuse.
La philosophie du jour remet en question Dieu, la vie future, le jugement, la distinction du bien et du mal.
Les hommes croyants eux-mêmes éprouvent le besoin de revoir les bases de leur foi, et d'en refaire le symbole.
On ne parle pas seulement de forme nouvelle pour l'Église, on parle de formule nouvelle pour l'expression de la doctrine ; et la seule chose stable qui soit au monde, la Parole de Dieu est menacée de contracter un caractère d'instabilité dans l'opinion, par la variété des interprétations et des systèmes.
Quel chaos ! Quel mouvement ! Quels orages !
Et que l'on conçoit bien qu'ils arrachent à l'âme timorée cette exclamation des faibles amis de David :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste que ferait-il ? »
Ses efforts, impuissants pour la société, ne sauraient aboutir qu'à le compromettre lui-même.
Qu'il se réserve pour des jours meilleurs; qu'il se réfugie, en les attendant, ou dans quelque contrée lointaine où le mal de l'époque ne soit pas encore parvenu, ou dans une vie isolée et silencieuse; et qu'il laisse couler l'eau comme il peut., puisqu'il ne possède après tout aucun moyen d'en suspendre ou d'en détourner le cours.

 
C'est à cette tentation du moment que je veux répondre, et répondre dans l'esprit de David.
Que celui (lui est prêt à perdre courage et à tout abandonner au hasard des événements), « se retire vers « l'Éternel, » et contemple la position en Dieu.
Il n'en faut pas davantage pour qu'il reconnaisse dans cette position des motifs, non de fuir, mais de rester et de mettre la main à l'oeuvre.
Ce point de vue chrétien de la position sera l'objet de ce discours; et cette action chrétienne dans la position nous en fournira un second sur le même texte, s'il plaît à Dieu.
Je dis, un point de vue chrétien, une action chrétienne; car c'est pour le chrétien que je parle : j'ai besoin de m'expliquer nettement là-dessus, avant d'aller plus loin.
La question de mon texte porte sur le juste, c'est-à-dire, dans l'acception biblique du mot, sur l'homme qui fait le bien, mais qui le fait par un principe religieux.
Pour l'époque de David, le juste, c'était le vrai israélite; pour nous, c'est le vrai chrétien.
C'est donc au vrai chrétien que je m'adresse.
Au reste, c'est à lui et à elle que nous nous adressons chaque fois que nous traçons les devoirs de la vie chrétienne ; car lui seul peut les accomplir, lui seul sait les comprendre.
Que si nos discours paraissent dépasser alors la portée spirituelle de nos auditeurs, la faute en est, non à nous, mais au désordre des églises, composées trop souvent par la naissance plus que par la foi.
Ceux qui sont dans la communion de l'Église ne sauraient trouver mauvais que, prenant au sérieux leur profession, nous attendions d'eux les sentiments qui conviennent à ses membres ; et s'il en est qui sont étrangers à sa foi, la première chose qu'ils aient à faire, c'est de se mettre d'accord avec elle, et avec eux-mêmes, en répondant à cette voix d'en haut qui leur crie :
« Convertissez-vous, et vous verrez la différence qui est entre le juste et le pécheur . » Malachie. III, 18.
Eh ! Quelle plus puissante raison pour se convertir que d'avoir à se dire qu'ils ne valent rien, tels qu'ils sont, pour le service de Dieu, et qu'ils ne peuvent entrer dans ses vues qu'à la condition de s'enrôler dans cette sainte milice des vrais chrétiens, sur laquelle seule il compte pour faire son oeuvre, dans les jours mauvais comme dans les bons !
Car, où prendra son point d'appui, pour agir dans des temps tels que ceux-ci, l'homme étranger au vrai christianisme et imbu des maximes du monde ?
Engagé qu'il est dans le présent siècle, il est aussi nécessairement ébranlé quand le siècle s'ébranle, que le navigateur surpris par la tempête est inévitablement entraîné par le mouvement aveugle des flots ; tandis que le vrai chrétien, sur le roc qui les domine et au pied duquel ils se brisent en frémissant, peut seul chanter avec le psalmiste le cantique de la sainte cité :
« Nous ne craignons point, quand la terre se remue, et que les montagnes se balancent dans le coeur des mers. Que leurs eaux grondent et qu'elles écument, et que les montagnes soient ébranlées par leur superbe courroux, les ruisseaux du fleuve réjouissent la cité de Dieu, sanctuaire de l'habitation du Très-Haut; Dieu est au milieu d'elle, elle ne sera point ébranlée . » Psaume. XLVI, 3-6.

 

 
(...)
Deuxième partie (Les Fondements en ruines, la position par Adolphe Monod)

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:33
Fondements en Ruine : la position par Adolphe Monod (2ème Partie)
LES FONDEMENTS EN RUINES
LA POSITION
 (Seconde Partie)
Par le Pasteur ADOLPHE MONOD

 

« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? » (Psaume XI, V. 3.)
 
Psaume XI
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme : Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? Car, voici, les méchants bandent l'arc, ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, sur ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
« L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté ; l'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, Ses paupières sondent les fils des hommes. L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
(...)Le vrai chrétien est l'homme qui est vraiment de Christ.
Christ, annoncé dès le commencement au monde, est apparu dans le monde, comme le Sauveur du monde.
En lui, notre Emmanuel, « Dieu manifesté en chair, » nous sont présentés.
Sous la seule condition de cette foi sincère qui met en rapport avec lui, le pardon., la paix., la vérité, la sainteté, Dieu et tous les dons de Dieu.
Quiconque se tient en dehors de Christ se prive de tout cela, non seulement par un juste jugement de Dieu, pour avoir « mieux aimé les ténèbres que la lumière Jean III, 20. » mais encore par la nécessité même des choses.
Comme un homme qui se tiendrait obstinément caché dans une caverne obscure se priverait de la lumière du jour.
Le vrai chrétien est celui qui sort de sa caverne, de la caverne ténébreuse du monde, et de la caverne non moins ténébreuse de son propre coeur, pour s'approcher de Christ, et pour se réjouir dans la clarté de sa lumière et dans la chaleur de sa vie.
Le vrai chrétien, c'est l'homme qui saisit Jésus-Christ comme son tout en toutes choses, et qui s'attache à Lui, comme un naufragé s'attache à la corde qui doit le tirer sur le rivage.
Le vrai chrétien, c'est l'homme qui prend en Jésus-Christ Seul toute Sa Justice, et qui ne trouve de garant contre le jugement éternel qu'à se voir tout enveloppé de Ses Mérites et tout couvert de Son Sang.
Le vrai chrétien c'est l'homme qui « ne vit plus lui-même, mais Jésus-Christ en lui, » et qui estime qu'il ne vaut plus la peine de vivre que « pour Celui qui est mort et ressuscité pour lui. »
Le vrai chrétien enfin, c'est l'homme qui dit à Jésus-Christ dans son coeur :
" Seigneur, Tu es à moi, et je suis à Toi ! Sans Toi j'étais aveugle, sans Toi misérable, sans Toi perdu ! Me voici, pour marcher en Toi, vivre pour Toi, mourir à Toi, et ressusciter avec Toi ! "
Tel est l'homme pour lequel on demande s'il a quelque chose à faire quand les fondements sont ruinés, et pour lequel je réponds qu'il trouvera, comme David, plus que jamais à faire alors, pourvu que, comme David, il contemple la position en Dieu.
Au lieu de fixer sa vue, comme le font ses amis émus, sur ces fondements ruinés, David a commencé par « se retirer vers l'Éternel. »
Il s'est élevé à Lui, réfugié vers Lui, établi en Lui; et une fois là, que voit-il ?
Un ordre parfait, un plan merveilleux, un spectacle de fermeté et d'immutabilité sur lequel ses regards se reposent avec complaisance.
C'est qu'au travers, et au-dessous de ces fondements ruinés qu'on lui montre avec effroi... David vient de reconnaître, mis à découvert par leur chute même, d'autres fondements plus antiques et plus profonds que les agitations de la surface ne sauraient atteindre, ou qu'elles enfoncent plus avant dans le sol, comme ces mouvements de la cime d'un arbre qui enracinent son pied plus fortement dans la terre :
L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté.
"L'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, sondent les fils des hommes, L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets ; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice Aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
Prenons exemple de ui.
« Ne dites point, conjuration, toutes les fois que ce peuple dit, conjuration; ne craignez point ce qu'il craint, et ne vous en épouvantez point .» Esaïe. VIII, 12.
Retirons-nous seulement vers Christ « avec qui notre vie est cachée en Dieu. »
Puis, une fois assis et affermis en lui, redescendons, de ces hauteurs de la foi, à ce spectacle d'ici-bas qui nous troublait : le voyant alors avec d'autres yeux, nous le verrons sous un autre aspect, et dans cette paix de Dieu qui est la première condition de toute action forte et persévérante.
Car enfin, que sont autre chose tous les bouleversements du siècle, que des dispensations qui ont leur place marquée dans les plans de Dieu, et qui préparent, à leur manière, la victoire finale de Jésus-Christ, et l'établissement de son règne sur la terre ?
David a vu l'Éternel Assis dans Son Palais, sur Son Trône, en Monarque Suprême : c'en est assez pour lui mettre l'esprit en repos.
Voilà de quoi nous donner à nous aussi une pleine paix : Dieu règne.
Ce Dieu, Notre Père, qui nous a tant aimés que de « n'épargner point son Fils unique, mais de le livrer pour nous tous ( Romains VIII, 31. ) » est aussi le Roi des rois, qui dispose de tous les événements, et que « toutes choses servent » à l'envi (Psaume CXIX, 91.).
Sans Lui, ni un monde ne disparaît de sa place, ni un soleil ne s'éteint, ni un trône ne s'écroule, ni une administration ne se renouvelle, ni un homme ne meurt, ni un cheveu ne tombe de notre tête, ni un passereau ne s'abat en terre.
Rien ne gêne Sa Puissance, non, rien, pas même la liberté de ses créatures responsables..
Cette liberté qu'Il respecte toujours, mais qu'Il possède le secret impénétrable de contrôler, sans la contraindre ; à peu près comme cette boussole qu'on a su, par une ingénieuse combinaison d'équilibres, isoler de telle sorte que son mouvement propre s'accomplit sans obstacle au sein du mouvement général du navire, qui la porte de lieu en lieu ainsi qu'Il lui plaît, et Lui commande en ne paraissant que Lui obéir.
Ainsi, la Volonté Divine, tout en laissant, dans son vaste sein, un libre jeu à la volonté humaine, l'oblige, sans violence, à la servir, ou par son obéissance, si elle consent, ou, si elle résiste, par sa désobéissance elle-même ; et il n'y aura pas jusqu'à un Judas vendant le Seigneur, à un Sanhédrin le condamnant, à un Pilate le livrant pour être crucifié, qui n'accomplissent, chacun sous sa responsabilité tout entière, « les choses que la main et le Conseil de Dieu avaient auparavant déterminé devoir être faites. (Actes V, 20.) »
Pensons-nous qu'ils aient moins servi les desseins de Dieu, naguère, ou ces contre-coups qui Lui ont répondu de tous les points de notre vieille Europe ?
Pensons-nous que la volonté humaine, les évènement divers les servent moins, aujourd'hui, ou ce flux qui enveloppe telle puissance, ou ce reflux qui en dégage telle autre, ou ce flux et ce reflux successifs qui en tiennent une troisième comme suspendue, depuis des mois entre la vie et la mort ?
Pensez-vous qu'ils les doivent servir moins, demain, ces bouleversements nouveaux que nous demandons à Dieu de nous épargner, s'il est possible, mais qui peuvent survenir encore, ou parmi nous ou ailleurs, et pour lesquels le passé nous a trop avertis de nous tenir prêts ?
Dieu est Là, vous dis-je, et tout le reste n'est là que par Lui et pour Lui.
Derrière cette main visible, tantôt des peuples et tantôt des princes, qui asseoit un trône ou l'abat, qui bâtit une ville ou y met le feu, qui fonde une industrie ou la ruine, qui nourrit le commerce ou l'affame, qui élève une fortune ou la renverse, la foi contemple une Main Invisible, et Cette Main, celle de Notre Père Céleste, qui remue à Son gré tous ces grands ressorts de Miséricorde et de Colère, comme des décorations de théâtre, paraissant et disparaissant, chacune à son tour, dans ce drame séculaire qui part de la création pour ne se terminer qu'au serment de l'ange de l'Apocalypse:
« Il n'y aura plus de temps. (Apocalypse X, 6.) »
 
Apprenons donc de l'Écriture, et surtout de ses prophéties, à sortir du cercle étroit de l'histoire nationale ou de la génération contemporaine, pour entrer dans le Plan Divin qui embrasse l'humanité tout entière.
C'est ici l'oeuvre, non de la nation, mais du monde ; non de la génération, mais de la race ; non du siècle, mais des siècles.
« Cette bataille est à l'Éternel des armées: »
Il en est le capitaine, nous n'en sommes que les soldats.
Le soldat, n'ayant pas le plan de l'action, en juge mal l'ensemble, parce qu'il ne tient compte que de sa position personnelle ; et s'il entre dans les vues de ses chefs de sacrifier, pour sauver l'armée, le corps dont il fait partie, il pourra s'écrier : Tout est perdu ! au moment où un coup d'oeil plus étendu sur la plaine lui ferait connaître que tout est gagné.
Le moi, l'actuel nous aveugle.
Moïse ne passera pas le Jourdain : qu'importe si le peuple de Dieu doit entrer sans lui sur la terre de Canaan ?
David ne bâtira pas le temple : qu'importe encore, s'il est réservé à Salomon de le bâtir à sa place ?
Ce n'est pas de nous qu'il s'agit, c'est de Dieu et de Son Peuple.
Or, les desseins de Dieu sur Son Peuple s'accompliront infailliblement.
Encore une fois, cela devrait nous suffire : si Dieu règne, nous pouvons bien nous en rapporter à Lui pour régner d'une manière digne de Dieu.
Mais Il daigne lever pour nous un coin du voile qui cache les plans de Son Administration, pour nous découvrir le terme où elle tend, et que David n'a fait qu'entrevoir.
Si c'est Notre Père qui conduit les affaires de ce monde, Il les fait tourner au Triomphe de Notre Sauveur car Dieu, qui « avait donné la terre aux enfants des hommes (Psaume CXV, 16), l'a donnée, par une convention nouvelle, à ce Fils de l'homme, en qui seul l'homme est relevé de sa chute et rétabli dans sa gloire première (Psaume VIII, 7, rapproché de Hébreux. II, 7, 8: 1 Corinthiens XV, 27, Éphésiens I, 22.).
Le Père a donné au Fils "les nations pour Son Héritage et les bouts de la terre pour Sa Possession (Psaume II, 8.). »
Il est vrai que "nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties ( Hébreux II, 8.)"; mais c'est à l'accomplissement de la Promesse du Père Au Fils que Tous les Plans de Dieu aboutissent (Jean XVII, 2.), et que travaille, sans le savoir, l'histoire entière de l'humanité.
Si de grandes monarchies se succédèrent et de grandes puissances se succèdent dans l'empire du globe, c'est pour préparer les voies à ce Royaume, d'un caractère tout nouveau, qui doit s'élever sur leurs ruines et remplir à jamais la terre entière (Daniel. II, 34, 35: VII, 11.)
Nous sommes et restons touchés de penser que les choses de ce monde sont toutes administrées par Notre Père céleste : combien est-il plus touchant encore de se dire qu'elles sont remises entre les mains de Notre Sauveur (Matthieu XX, 18.), et que Celui qui s'est donné pour nous sur la croix est aussi Celui qui s'est acquis tous les peuples par Son Amer Sacrifice, et qui fait conspirer tous les développements de l'histoire à l'établissement de Son Bienheureux Empire !
Quelle impression de tendresse répandue jusque sur les bouleversements les plus cruels, par la pensée que tout cela concourt à la Gloire, au Triomphe de Notre Sauveur bien-aimé qui s'est si chèrement acquis le droit de voir dans la terre entière son Hakeldama(Actes I. 19) et, en même temps, quelle fermeté communiquée à notre espérance pour l'avenir, par la pensée que la Parole du Père est engagée envers le Fils, et que tout ce que nous pourrions souhaiter de conquêtes à l'Évangile n'est désormais qu'un titre d'héritage que Notre Rédempteur a conquis en Golgotha (Philippiens. II, 7-11. ) !
Dernière partie (Les Fondements en ruines, la position par Adolphe Monod)

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:30
Fondements en Ruine : la position par Adolphe Monod (dernière Partie)
LES FONDEMENTS EN RUINES
LA POSITION
 Dernière partie
Par le Pasteur ADOLPHE MONOD
 

« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? » (Psaume XI, V. 3.)
 
Psaume XI
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme : Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? Car, voici, les méchants bandent l'arc, ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, sur ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
« L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté ; l'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, Ses paupières sondent les fils des hommes. L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
 
Si de riches plaines sont couvertes de deuil, si l'espérance de la terre est détruite, si les sources de la prospérité publique sont taries, si la joie est bannie du foyer domestique, si la vie des hommes est tranchée comme la fleur des champs, je me dis :
Ces riches plaines ont été données à Mon Sauveur; et tous ces malheurs entrent dans le plan conçu pour l'assujettissement de ces magnifiques endroits à Son Règne Paisible et Bienfaisant.
Si de fiers pays deviennent et sont devenus tout à coup le théâtre d'une guerre impitoyable, si les forteresses sont tour à tour prises et reprises, si les villes jadis paisibles sont réduites en cendres, si les classes de la société, sont excitées les unes contre les autres, si des ruisseaux de sang coulent sur la terre épouvantée, je me dis :
Ces pays ont été donnée à Mon Sauveur ; et de tout cet enfantement douloureux doit sortir le jour de joie où l'on verra « ses champs s'égayer avec tout ce qui est en eux, ses fleuves battre des mains, et les arbres de ses forêts chanter d'allégresse, » au devant de ce vainqueur miséricordieux qui « vient juger le monde en justice et les peuples en équité. (Psaumes. XC VI. 12; XCVIII, 8, 9.) »
Si d'infortunés endroits ont vu leur indépendance succomber, si de pieux travaux a été jeté aux vents, les vallées fertiles converties en champs de bataille, et un peuple replongé dans la barbarie, au nom de la politique et/ou de la religion de ...Jésus-Christ..., je me dis :
Ces endroits même ont été donnés à Mon Sauveur ; et le temps viendra où fleurira dans son sein une civilisation plus pure et une mission plus glorieuse, sans qu'il y ait personne pour l'étouffer.
Et si notre chère et belle France devait, ce que Dieu veuille Lui épargner, recueillir de nouvelles agitations pour fruit de ses agitations, je me dirais aussi :
La France a été donnée à Mon Sauveur; et quelque parti qui l'emporte dans ses luttes intestines, une chose est certaine, c'est que sa victoire préparera le Triomphe futur de Jésus-Christ.
Quoi qu'il en soit, il faut qu'à la fin « tout genou se ploie au nom de Jésus, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens II, 11.) »
Or, Jésus-Christ triomphant, Jésus-Christ adoré de tous, Jésus-Christ confessé de tous, qu'est-ce autre chose que la terre rendue à son premier honneur, toutes ses puissances malfaisantes anéanties, « ses montagnes portant la paix et ses coteaux la justice, » une paix abondante comme un fleuve, » une justice profonde « comme les flots de la mer (Psaume. LXXII, 3; Esaïe. XLVIII, 18.) ? »
Mais le triomphe du Fils de Dieu ne pouvait-il donc s'obtenir sans tant de bouleversements et de douleurs ?
Oui, si le péché n'était pas sur la terre, ou si Dieu voulait fermer les yeux au péché, si le péché n'était pas sur la terre, ou que Dieu voulût fermer les yeux au péché, pourquoi Jésus-Christ serait-il venu, et pourquoi aurait-il souffert ?
Quand la terre a été promise à Jésus-Christ, elle a été promise au Crucifié, pour Prix de Son Sacrifice (Philippiens. II, 7-11.) .
Eh quoi ! Le Saint des saints n'est parvenu à la Gloire qui Lui était proposée qu'en souffrant la croix (Hébreux. XII, 2.), et nous oserions demander que de pauvres pécheur, tels que nous, qu'une terre maudite comme la nôtre fussent admis à partager cette joie sans avoir eu de la Miséricorde, mais elle n'est pas l'oubli de la Justice.
Il faut que la race humaine ait son désert, son Gethsémané, son Golgotha, comme Notre Sauveur a eu les siens.
Aussi bien, quel moyen de séparer le développement de la race d'avec celui de l'individu ?
« C'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer, » chacun de nous, « dans le royaume de Dieu : » notre mission spirituelle s'accomplit, comme celle du Maître, dans les veilles, dans les sueurs dans les larmes, dans les langueurs mortelles.
Au sein de ce travail immense de la Miséricorde Divine dans la misère de l'individu, comment conduire à leur dénouement les Plans de Dieu pour la race, sans ces famines, ces fléaux, ces guerres, ces révolutions qui sont les veilles, les sueurs, les larmes, les langueurs mortelles de l'humanité ?
Il nous semble peut-être que, si nous avions le gouvernement du monde, nous ne consentirions pas à cet épuisement de certaines régions, à des déchirements de certains pays, à l'oppression d'autres endroits ?
Je le crois ; mais consentirions-nous davantage, en la place de Dieu, à cette seule famille manquant de pain, à ce seul artisan, ouvrier(e), paysan(ne), employé(e) privé(e) de travail, à ce(tte) seul(e) malade passant dix-huit années dans son lit, à ce seul enfant arraché des bras d'une mère désespérée ?
Eh bien ! oui, le Chemin de Dieu, le Seul que notre égarement Lui ait laissé, est un chemin de sang et de pleurs : et rien à faire avec cette croix !
Non, non ; cet agréable drame qui conduirait le genre humain au terme désiré par une pente facile et par un chemin semé de fleurs, si l'on en pouvait trouver de tels sur la terre, ce drame, quel qu'il soit, n'est pas, ne pouvait pas être Celui de Dieu : la Rédemption est le triomphe, le signe qu'Il plante sur une terre qu'Il veut bénir, c'est la croix, et encore la croix, et toujours la croix.
Demander pourquoi les choses se passent de la sorte, c'est demander pourquoi nous n'avons pas à faire à un autre monde ou à un autre Dieu, à un monde sans péché ou à un Dieu sans justice.
Ne vous laissons donc point étonner par les calamités contemporaines certaines.
Tenons-nous en garde contre cette tentation qui entraîne les siècles, comme les individus, par je ne sais quel orgueil de douleur, à se figurer « qu'il leur arrive quelque chose d'extraordinaire (1 Pierre IV, 12. ). »
Si nous eussions vu les générations passées d'aussi près que nous voyons la nôtre, nous aurions trouvé peut-être les temps anciens tout aussi fâcheux que ceux d'aujourd'hui.
« Ne dis point : Pourquoi les jours d'autrefois étaient-ils meilleurs que ceux-ci ? car ce n'est pas la sagesse qui te fait t'enquérir de cela (Ecclésiaste VII, 10). »
Les amis de David auraient sans doute bien des raisons pour s'écrier aujourd'hui :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
Mais nous voyons qu'ils ont cru en avoir de suffisantes pour le dire, il y a trois mille ans ; et combien d'autres moments dans l'histoire où ils auraient eu sujet de le dire encore !
Ils l'auraient pu dire, pour toute la terre, aux jours de Noé, lorsque « l'Éternel. voyant que la malice des hommes était très grande, et que toute l'imagination des pensées de leur coeur n'était que mal en tout temps, se repentit d'avoir fait l'homme et en eut du déplaisir en son coeur (Genèse. VI, 5, 6.). »

 
Ils l'auraient pu dire, pour Canaan, aux jours de Lot, lorsque Sodome et Gomorrhe avaient à tel point « augmenté leur cri et aggravé leur péché (Genèse, XVIII, 20.), » que leur nom est devenu un type d'ignominie sur la terre, et leur histoire un monument impérissable de la Vengeance Divine.
Ils l'auraient pu dire, pour Israël, aux jours d'Élie, quand l'Alliance de Dieu était délaissée, que les gens de bien avaient disparu du pays, et que la piété y était devenue si rare ou si timide que le prophète s'imaginait être demeuré seul fidèle à l'Éternel (1 Rois XIX, 10).
Ils l'auraient pu dire aux jours de Jésus-Christ, lorsque le Fils de Dieu est réduit à se plaindre, tout Fils qu'il est, que « nul ne croit à sa prédication (Esaïe LIII, 1), » que dis-je ? lorsqu'il ne paraît sur la terre que pour soulever la contradiction des pécheurs, épuiser les traits de leur injustice, et périr attaché par leurs mains à une croix. Ils l'auraient pu dire aux jours de Jean Huss, lorsqu'aux ténèbres du paganisme avaient succédé les ténèbres du moyen âge, et que le nom de Jésus-Christ ne servait plus qu'à protéger l'oubli de sa doctrine et le mépris de sa loi, et qu'il n'était plus permis de l'aimer et de le servir qu'à la condition de payer sa fidélité du der. nier supplice.
Je ne finirais pas, si je voulais énumérer tous les temps où l'on aurait pu dire avant nous :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste. que ferait-il ? »,
sans parler de tous ceux où on pourra le dire encore après nous, jusque dans ces jours où le Fils de l'homme reviendra, et qu'il décrit lui-même d'un seul mot, mais d'un mot effrayant :
« Quand le Fils de l'homme viendra, pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre (Luc XVIII, 9. )? »
.Que s'il y avait, en effet, quelque chose d'extraordinaire dans ce qui nous arrive aujourd'hui, cela même, au lieu de nous faire perdre courage, devrait nous donner plus d'espérance pour l'avenir.
Car il suffit d'un coup d'oeil jeté sur l'histoire, pour reconnaître que les époques où tout a paru le plus sombre et le plus abandonné, ont ordinairement précédé celles où le Seigneur a donné les témoignages les plus éclatants de sa présence.
Plus il y a de mouvement et de désordre apparent dans la ruche, plus le fruit de l'abeille abonde ; plus il y a de fils qui se croisent et semblent se confondre sur le métier, plus l'étoffe est riche ; c'est « dans les grandes eaux qu'est le chemin du Seigneur, et ses traces ne sont point connues (PsaumeXVII, 20. ). »
Les jours de Noé, ont précédé la race humaine renouvelée, le globe. partagé entre les familles des peuples, la terre à jamais prémunie contre le retour de son terrible baptême, et l'alliance de grâce rendue plus ferme et plus précise.
Les jours de Lot ont précédé les jours d'Abraham, ce patriarche de la promesse, qui, retiré de l'idolâtrie, fait dans le monde spirituel ce que Noé avait fait dans le monde matériel, rompt avec la chaîne du Passé, et commence, sur la terre promise, la race promise, qui doit donner le jour à ce Fils promis, « en qui toutes les familles de la terre doivent être bénies. »
Les jours d'Élie précèdent le ministère d'Elisée, revêtu d'une double mesure de l'esprit de son maître, et cette longue succession de prodiges inouïs, qui vont propager l'honneur du nom de l'Éternel, et par tout Israël, et chez les peuples d'alentour, et jusque dans la cour des rois de Syrie.
Les jours de David persécuté précèdent non seulement les jours de David vainqueur. mais les jours encore plus beaux du roi Salomon, remplissant, pour la première fois, les frontières marquées par Moïse (Genèse V 18. ), surpassant en gloire tous les rois ses voisins, bâtissant le temple de Jérusalem, et portant le royaume d'Israël à son point culminant de puissance et de prospérité.
Les jours de Jésus méprisé, rejeté, crucifié, précèdent les jours de Jésus ressuscité et montant au ciel, du Saint-Esprit répandu, de l'Église fondée, de l'Évangile semé depuis Jérusalem jusqu'aux extrémités du monde connu.
Les jours de Huss brûlé précèdent les jours de Luther triomphant, de l'Église affranchie, de la moitié de l'Europe arrachée à un christianisme dégénéré, et d'une lumière nouvelle se levant sur le monde...
Et, en attendant ces jours sans foi qui doivent précéder la venue du Fils de l'homme, les jours où nous vivons, que précèdent-ils à leur tour ?
Que précèdent-ils ?...
Donnez-moi les yeux d'Ésaïe ou l'esprit de saint Jean, et je vous répondrai.
Car, à moins d'être prophète, il faudrait être insensé pour prétendre, je ne dis pas lire dans les siècles obscurs., mais seulement découvrir « ce que le jour de demain peut enfanter. »
Mais, si l'intervalle qui nous sépare de la fin nous est inconnu, avec toutes les péripéties qu'il tient en réserve, cette fin du moins, nous la connaissons, et nous savons que ces jours où nous vivons précèdent, qu'ils préparent, de plus ou moins loin (peut-être de plus près que nous ne pensons) le grand jour où le Fils de l'homme doit venir régner sur la terre.
Heureux, heureux l'oeil qui saurait saisir, dans le désordre présent, les germes cachés de l'ordre futur !
A cet oeil privilégié se révéleraient, dans tous ces fondements qui menacent ruine, le gage et la préparation de fondements plus solides, capables de résister à toutes les secousses, et de porter tout l'édifice d'un monde renouvelé : dans ces fondements politiques ébranlés, le plan d'une administration modèle, qui doit résoudre, pour la première fois, et le problème de la liberté de chacun conciliée avec le repos de tous, et celui de l'amour présidant à l'autorité des gouvernants et à l'obéissance des gouvernés; dans ces fondements sociaux ébranlés, le principe d'un juste équilibre maintenu entre le travail et sa récompense, entre les ressources et les besoins, entre l'expansion de l'action personnelle et la pression de l'action collective, en un mot, toute une organisation sociale, sans socialisme, et toute une prospérité commune, sans communisme; dans ces fondements ecclésiastiques ébranlés, les linéaments confus de cette Église de l'avenir, après laquelle les esprits, disons plutôt les coeurs d'élite, soupirent dans toutes les communions, et à laquelle il est réservé de recueillir dans son sein tout ce qu'il y a de bons éléments dans chacune d'elles, sans hériter de ses faiblesses, nationale sans nationalisme et individuelle sans individualisme, une sans uniformité et variée sans esprit de secte, catholique sans romanisme et protestante sans protestation, rassemblant tous les enfants de Dieu « en un seul troupeau, sous un seul pasteur; » enfin, jusque dans ces fondements spirituels ébranlés, le prélude de cette foi vivante, de cette charité vivante, de cette sainteté vivante, de cette paix vivante, et de toute cette vie vivante, dont le peuple de Dieu a faim et soif, « en attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se purifier un peuple qui lui appartienne en propre et qui soit zélé pour les bonnes oeuvres (Tites. II, 13, 14.). »
Loin de moi la prétention des calculs prophétiques qui ont tant de fois été en piège à l'Église, et dont la Parole de Dieu semble avoir pris soin de confondre à l'avance la témérité !
Mais qui sait dans ce pressentiment général de l'Église, qui croit entrevoir dans des complications redoublées une solution qui s'approche à grands pas ?
Qui sait si nous ne touchons pas aux dernières convulsions et à l'aurore du jour glorieux où « le Fils de l'homme doit paraître sur les nuées du ciel ? »
Qui sait si, tandis que nous disons si légèrement : Quel triste temps que le nôtre ! « les anges, et les vingt-quatre anciens, et les quatre animaux » ne disent pas : Quel temps de grâce que celui-ci ! la moisson approche, le Seigneur va venir ?
Pour moi, j'obéis, sans crainte de m'égarer, et à un besoin de mon coeur, et à l'esprit de la Parole, qui veut que « nous rendions grâce pour toutes choses, » en bénissant Dieu de m'avoir fait naître en cette période d'une crise si redoutable et d'un enfantement si laborieux, persuadé que, s'il y a toujours à faire pour le juste, il a plus à faire que de coutume dans les jours que nous voyons.
Car, point de mi - lieu: ou les fondements ébranlés justifient un lâche abandon, tel que le conseillent à David ses timides amis, ou ils réclament une action doublement énergique, telle que David se prépare à la fournir, en commençant par se fortifier en Dieu.
« Que fais-tu ? » dit un capitaine de vaisseau à un matelot qu'il rencontre se promenant sur le tillac, les bras croisés, pendant la tempête.
« Eh ! que ferais-je? Entendons l'orage qui gronde; regardons ces vagues qui s'élèvent comme des montagnes : quand les fondements de la mer sont bouleversés, que peut faire le matelot ? - Ce qu'il peut faire, malheureux ?...
A l'ouvrage ! Armons les pompes, fermons les écoutilles, carguons les voiles ! »
Ainsi parle un marin fidèle.
Et que serait-ce, s'il était assuré de la délivrance, s'il savait, sur la foi de Dieu, non seulement comme saint Paul naufragé, que l'équipage sera sauvé, mais que le bâtiment même ne peut pas périr ?
Eh bien, telle est notre condition.
Nous aurions quelque excuse peut-être, je ne dis pas pour ne pas travailler, mais pour travailler sans courage, si les temps de grand mouvement étaient des temps sans avenir ni promesse, si nous pouvions nous figurer, après tout ce que je viens de dire, la position désespérée, la partie perdue pour l'Évangile, les rênes de l'histoire tombées des mains de Dieu, et le Fils déshérité de son royaume.
Mais quand nous savons que la terre et l'univers crouleront plutôt que la Parole de Dieu ne sera anéantie, mais quand nous montons un navire contre lequel les portes de l'enfer ne doivent jamais prévaloir, à l'oeuvre, mes chers frères et soeurs, à l'oeuvre, avec plus de courage que jamais !
Mais à quelle oeuvre ?
C'est la question capitale.
Le sentiment d'une responsabilité accrue, d'un sérieux appel d'en haut, d'un nouveau travail à accomplir, nous l'avons tous; mais ce sentiment est obscur, et c'est pour cela qu'il demeure infructueux chez le plus grand nombre.
On manque moins de fidélité que de lumière ; on ne fait pas, parce qu'on ne sait pas que faire ; on craint même de faire le mal, tout en souhaitant de faire le bien ; et l'on finit, comme ce malade, par se tenir immobile, de peur des faux pas.
Mais si Dieu daignait nous ouvrir lui-même un chemin, de quelle ardeur entrerions-nous !
Ici, David ne nous sert plus de guide ; nous le voyons repousser la pensée de fuir, et se promettre à lui-même une action énergique ; mais cette action, il ne nous la fait pas connaître.
Il réserve sans doute ce développement pour sa communion secrète avec Dieu, qui lui montrera ce qu'il doit faire, jour après jour.
C'est aussi à Dieu, c'est à la prière, que je veux avant tout nous renvoyer; mais tout en faisant la première part à la méditation personnelle, examinons ensemble si nous ne trouverons pas quelques obligations générales imposées au chrétien, quel qu'il soit, par l'ébranlement de l'époque : au citoyen, par cet ébranlement politique ; au chef de famille, par cet ébranlement social ; au membre de l'Église, par cet ébranlement ecclésiastique ; et à l'homme, par cet ébranlement spirituel.
Pensons-y, et retrouvons-nous, s'il plaît à Dieu, avec des coeurs attentifs, aux « signes des « temps. » Chroniques XII, 32; Matthieu. XVI, 3.
Amen,
 
 
 
 
 
Adolphe Monod,
Pasteur Protestant Réformé
 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 17:21
L'amour au service de la vérité

Dans Ephésiens 4 : 15, nous lisons que nous devons professer « la vérité dans l’amour ».

 

L’amour est la manière de parler de la vérité mais il n’est pas là pour la mettre de côté.

 

L’amour doit être le serviteur de la vérité, rendant celle-ci plus facile à écouter, à recevoir et à digérer.

 

Mais gardons-nous de lui permettre de l’édulcorer ou de l’éliminer !

 

Il a été dit, à juste titre, que la vérité sans amour est de la brutalité, mais que l’amour sans la vérité est de l’hypocrisie.

 

Les petits enfants sont incapables de concilier la vérité et l’amour.

 

Ils pensent que si vous aimez quelqu’un, sachant que la vérité que vous allez lui dire va le blesser, vous devez l’en protéger.

 

N’est ce pas un signe de maturité spirituelle quand nous sommes capables d’annoncer la vérité avec amour ?

 

« Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs »  (Proverbes 27:6).

 

La vérité unit mais les hérésies et les fausses doctrines divisent.

 

C’est pourquoi, nous ne devons plus être « comme des enfants flottants et emportés à tout vent de doctrine » (Ephésiens 4 : 14).

 

Sachons cependant que la vérité, même prêchée avec amour, est loin d’être toujours acceptée.

 

Jésus en est le parfait exemple.

 

Il a prêché la vérité avec amour comme personne ne l’a fait et cependant on L’a rejeté, Lui et son message.

 

Celui qui prêche la vérité, même dans l’amour, sera lui aussi très souvent rejeté.

 

« Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur » (Mt 10 : 24 et 25).

 

Donner « la vérité dans l’amour » signifie que les vérités fondamentales des Ecritures, annoncées avec amour, doivent toujours avoir la priorité sur toute loyauté aux institutions chrétiennes, traditions religieuses, ou individus, ainsi qu’à toute église quelle qu’elle soit.

 

Toute tentative de communion ou d’unité ne doit jamais invalider la Parole de Dieu ou être basée sur un compromis avec les Ecritures (Ephésiens 4 : 14).

 

La fidélité aux Ecritures peut conduire à une division dans l’église si celle-ci est devenue infidèle à Christ et à l’enseignement de ses apôtres (Ephésiens 2 : 20 ; Romains 16 :17) et si elle persévère dans son infidélité malgré les avertissements.

 

La vérité ne change jamais mais confiée à des messagers humains il arrive qu’elle en soit fragilisée.

 

La vérité, étant par nature immuable, elle ne peut plus l’être si elle change.

 

Jésus a dit :

 

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matthieu 24 : 35).

 

Chaque fois qu’une vérité se modifie, elle perd de sa véracité.

 

La vérité est l’élément clé.

 

Le disciple est appelé à vivre et à agir toujours dans les limites de celle-ci.

 

La vérité doit être inséparablement liée à l’amour.

 

Une bonne nouvelle annoncée durement ou sévèrement n’en est plus une.

 

La beauté du message peut, hélas ! être détruite par l’esprit du messager qui l’apporte.

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Theonoptie

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 08:41
La douceur

Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre.
Matthieu 5.5

 

Qui sont les vainqueurs ?

 

Selon les versions, le mot "doux" est rendu par débonnaire, humble, aimable, soumis.

 

Rappelons que le mot "heureux" désigne un état de pleine satisfaction dans l'action, dans la marche en avant.

 

Une fois de plus, cette béatitude exprime exactement le contraire de ce que pense l'homme naturel : la conquête du monde promise aux doux, aux humbles, aux soumis.

 

Le monde pense en termes de force, de capacité, de prestige, d'assurance de soi, d'agressivité.

 

Plus on a tout cela, plus on aura du succès.

 

Et Jésus dit que ceux qui sont le contraire posséderont la terre.

 

De nouveau, les Chrétiens se distinguent essentiellement de l'homme du monde.

 

Les Chrétiens sont des créatures nouvelles ; ils appartiennent à un autre royaume.

 

Le monde ne peut pas les comprendre; pour lui, ils sont une énigme.

 

Jésus contredit cette idée-là.

 

Il dit, en fait : «Heureux les humbles, car ils hériteront la terre».

 

L'Église de notre temps ne pense-t-elle pas qu'il faut de grandes organisations, des rencontres impressionnantes ?

 

Car, dit-on, l'ennemi est puissant, et l'Église est divisée ; formons donc une union œcuménique assez puissante pour combattre cet ennemi ; ainsi on aura un impact et on vaincra.

 

Balivernes et tromperie ! 

 

Jésus dit que les vainqueurs ne sont pas ceux qui ont confiance en la force des grandes organisations.

 

La Bible fournit des exemples frappants qui illustrent le principe de Dieu pour vaincre.

 

J'en prends pour preuve le récit qui se trouve dans Juges 7.

 

Gédéon devait faire la guerre aux Madianites, une armée innombrable.

 

Il avait réuni 32000 combattants autour de lui.

 

Mais il fallait les réduire à 10000, puis - chose invraisemblable - à.... 300 !

 

Avec ces 300 hommes, Gédéon remporta la victoire.

 

Dieu n'a pas ajouté au nombre, il en a enlevé.

 

C'est la méthode de Dieu couramment expérimenté par nombre de Ses Enfants.

 

L'ordre des béatitudes

 

L'ordre dans lequel Jésus aligne les béatitudes n'est pas arbitraire.

 

Chaque béatitude suivante présuppose les précédentes et devient plus difficile à appliquer.

 

Ainsi, quand nous comprenons ce que nous devrions être, ce que nous devrions faire, nous devenons des pauvres en esprit ; c'est un état de conscience de ma nullité et de mon impuissance face aux exigences de Dieu et ma totale dépendance de Dieu face à la loi, à l'évangile.

 

Cela mène - si je suis honnête envers moi-même - à une conviction de mon péché, du mal qui habite en moi, de ma perdition ; je suis alors affligé ; mais le Salut par Grâce en Jésus-Christ que Dieu m'accorde, me console.

 

Je suis prêt à accepter ces deux choses.

 

Mais suis-je aussi prêt à en témoigner à autrui ? C'est moins facile.

 

Et cela me mène à la troisième béatitude.

 

Quelques exemples bibliques de douceur

 

Pour mieux saisir ce que c'est d'être doux, humble, soumis, dans le sens où Jésus l'entend ici, cherchons des exemples dans la Bible :

 

Abraham :

Pensons à ses rapports avec Lot, son neveu, plus jeune et moins spirituel. Son oncle le laisse choisir la meilleure part des pâturages quand ils arrivent près de Sodome avec leurs troupeaux.

 


Moïse :

Quelles possibilités à la cour de Pharaon! Il y renonce afin de sauver son peuple. La Bible le décrit comme étant le plus humble des hommes, et le voyage dans le désert à la tête d'un peuple récalcitrant en donne maints exemples.

 


David :

Il savait qu'il serait le roi d'Israël, puisque Samuel l'avait oint. Saül aussi le savait, et il chercha par tous les moyens à le tuer.  A deux reprises, il était à la merci de David, qui prononça cette parole remarquable : «Comment toucherais-je à l’oint de l'Éternel» ? Saül devait bien mourir un jour, mais David en laissa le soin à Dieu.

 


Jérémie :

Les autres prophètes parlaient de choses agréables et avaient la faveur du roi. Jérémie ne parlait pas pour faire plaisir et dut en souffrir.

«C'est un individualiste, il s'isole, il est non-coopératif... » aura-t-on dit.

Jérémie continuait à donner le message reçu de Dieu malgré le mal qu'on disait de lui.

La tradition veut qu'il soit mort en martyr, scié en deux dans un arbre creux. Cela peut être le prix de l'obéissance inconditionnelle.

 


Paul :

Lisez ses lettres aux Corinthiens, à la lumière de tout le mal que certains chrétiens disaient de lui : quelle patience et quel amour bien qu'il fallut parfois mettre de l'ordre et clarifier certaines déviances.

 


Jésus-Christ :

«Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, je vous donnerai le repos... Je suis doux et humble de cœur» (Matthieu 11.28).

Toute sa vie en est le reflet continuel. Persécuté, il pardonne.

Paul décrit le caractère de Jésus :

Il n'a pas tiré avantage de Son Egalité avec Dieu mais s'est soumis à Lui (Philippiens 2.5-11).

Il s'est fait serviteur, Lui, le Maître de l'univers.

Il s'est laissé battre et a subi la torture de la croix, par soumission à Dieu le Père.

 

 

Regardons encore à Jésus pour cerner de plus près quelle est l'essence de l'humilité.

 

Son humilité foncière ne l'a pas empêché de débarrasser le temple des profiteurs avec un fouet, ni d'apostropher les pharisiens en les nommant "hypocrites" huit fois de suite, ni encore de reprendre le serviteur du temple qui lui avait donné une gifle.

 

Parce que, justement, la douceur et l'humilité dont parle Jésus ne sont pas une sorte de lâcheté à l’égard du mal; ce n'est pas "se laisser marcher sur les pieds".

 

Ce que l'humilité n'est pas… et ce qu'elle est

 

Examinons un peu ce que l'humilité n'est pas :

 

  • 1. Ce n'est pas une disposition naturelle.

Tous les chrétiens doivent devenir ainsi, pas seulement ceux qui y seraient disposés.

David était par nature violent ; Moïse était imbu de son savoir-faire ; Paul était supérieurement intelligent et cultivé, jouissant d'un prestige social. Même Spurgeon connaissait le danger de l'orgueil, tout comme un ouvrage dont le titre est plus qu'évocateur : Calvin, l'homme que Dieu a dompté, etc..., 

Et voyez ce qu'ils sont devenus sous La Main Paternelle de Dieu !

 

 

  • 2. L'humilité n'est pas de l'indulgence, ni du laisser-faire (vivre et laisser vivre).

 

 

  • 3. Ce n'est pas la recherche d'un compromis qui arrangera tout le monde.

 

"Passons sur toutes ces divisions et ces distinctions théologiques (comme si elles étaient sans importance !)." – «Soyons un à tout prix, même au prix de la vérité !»

N'avez-vous jamais entendu cela ?

 

 

Voyons donc ce que doit être l'humilité du Chrétien régénéré :

 

1. C'est une affaire intérieure, de l'esprit.

Elle est compatible avec la force et avec une grande autorité. Elle n'est jamais de la faiblesse (les martyrs ne sont pas des faibles).

 


2. L'humilité découle d'une évaluation de soi-même devant Dieu ; elle s'exprime par la conduite envers autrui.

C'est chose impossible sans être pauvre en esprit et conscient de son péché. L'humble ne revendique pas ses droits.

La psychologie enseigne le contraire : se donner de la valeur, s'imposer par sa personnalité.

Jésus-Christ S'est imposé parce qu'Il était d'essence Divine.

C'est aussi Dieu en nous qui nous donne la Seule Autorité valable face aux autres.

 


3. L'humble refuse et rejette le Moi revendicateur, car il est mort avec Christ. Comme on ne peut pas faire mal à un mort, on ne peut plus me faire du tort.

Bunyan s'exprime ainsi :  «Celui qui est par terre n'a plus peur de tomber.»

 


4. Personne n'a jamais été plus abordable et disponible que Jésus, toujours prêt à écouter l'autre.

Sommes-nous prêts à nous laisser enseigner par ceux apportant avec sérieux le conseil de Dieu, même si leur statut est inférieur au nôtre ?

 


5. L'humble abandonne sa vie, son travail, ses relations entre les mains de Dieu.

 

L'héritage promis

 

Qu'en est-il de la seconde moitié de cette béatitude ?

 

«Heureux les humbles, car ils hériteront la terre».

 

Dans un sens, ils l'héritent déjà maintenant, de la façon suivante :

le véritablement humble est toujours satisfait, il est heureux.

 

  •  N'ayant rien, il a tout, comme Paul l'exprime :

«Nous sommes comme n'ayant rien, et nous possédons toute chose» (2 Corinthiens 6.10).

 

  •  Il remercie les Philippiens de leur don en sa faveur et ajoute :

« Je sais vivre dans le besoin, aussi bien que dans l'abondance».

 

  •  Remarquons aussi ce qu'il écrit aux Corinthiens :

«...tout est à vous, ...soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à vous, et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu» (1 Corinthiens 3.21-23).

 

 

  •  Aux Romains :

«Si nous sommes enfants (de Dieu), nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ» (8.17).

 

 

  •  Ailleurs :

«Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui» (2 Timothée 2.12).

En d'autres termes : "Ne t'en fais pas si tu souffres. Même injustement. Dieu le voit. Reste humble, tu régneras avec Lui. "

 

  • Rappelons-nous le critère de Christ Notre Sauveur et Seigneur :

«Quiconque s'exalte sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera exalté» (Luc 14.11).

Comprenons bien :

"s'exalter" = se suffire à soi-même; ne vouloir devoir rien à Dieu ; être son propre Dieu (archétype : Satan) ;

"s'abaisser" = se soumettre à Dieu ; savoir qu'on Lui doit tout (archétype : Jésus).

 

Comment devenir vraiment humble ?

 

Je ne voudrais pas terminer sans rappeler à nouveau que l'humilité est chose impossible à l'homme naturel (pécheur non régénéré).

 

Jamais homme n'a réussi à se "faire" humble comme Christ, Notre Divin Modèle.

 

Seul le Saint-Esprit peut nous faire pauvres en esprit, nous attrister à cause de notre péché et nous mener à la repentance.

 

Ceux pensant se faire "moines", "ermites", ou autre échappatoire (boudhisme, etc...) , abandonnant la vie humaine normale en s'imposant toutes sortes de renoncements ou d'interdits, en pensant réussir mettent toutes leurs chances vers un échec cuisant et douloureux.

 

Lui Seul peut produire en nous l'humilité qui caractérise le Chrétien né de l'Esprit.

 

C'est une chose sérieuse. Tous ceux qui sont Enfants de Dieu ont reçu le Saint-Esprit. Aucun n'a d'excuse pour être orgueilleux.

 

L'humilité est le fruit direct de l'Esprit.

 

Tout ce que je puis faire, c'est méditer continuellement Sa Parole en regardant au Seigneur Jésus-Christ, et maintenir avec Lui une relation ininterrompue par la prière.

 

Je dois considérer le vieil homme comme mort avec Christ, afin que ce Dernier puisse prendre possession de tout mon être, Lui qui m'a racheté à un si grand prix.

 

 

 

J-P  Schneider,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Promesses 

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Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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