Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Vie Protestante Réformée

  • : Refuge Protestant
  • : Blog Protestant Réformé
  • Contact

Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

 Nombres visites
depuis sa création
 
194 329

  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

BM

  Croix Huguenote

par theme
Croix Huguenote

Vous pouvez retrouver

Refuge Protestant

sur

YouTube, Facebook, Pinterest, Twitter

en cliquant sur l'un des quatres liens 

ci dessous

Facebook suivi

Refuge Protestant Pinterest
Twitter Refuge Protestant
2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 02:27
Jésus Christ baptisé ou la Trinité (2ème Partie)

JÉSUS-CHRIST  BAPTISÉ
ou
LA  TRINITÉ

(Seconde Partie)

 

“Et quand Jésus eut été baptisé, Il sortit aussitôt hors de l’eau ; et voilà, les cieux lui furent ouverts, et Jean vit l’Esprit de Dieu descendant comme une colombe, et venant sur Lui ! Et voilà une voix du ciel disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai pris mon bon plaisir.” (Matthieu 3.16-17)

 

 

 Pour échapper à un christianisme trop dogmatique, il ne faut pas se jeter dans un christianisme sans doctrine ; et ce dernier mal est plus à redouter des tendances actuelles que le premier.

 

A force de s'en tenir à la vie, au sentiment, à l'expérience en matière de foi, on s'expose à effacer la doctrine, seule base solide sur laquelle la vie, le sentiment, l'expérience puisse s'appuyer ; c'est-à-dire que pour avoir une maison mieux bâtie, on commence par en supprimer les fondements.

 

Il y a une théologie de bon aloi, qui, sur la foi de Dieu, reçoit des doctrines très profondes, très obscures, mais très clairement révélées.

 

C'est la théologie que l'on rencontre à chaque pas chez Jésus-Christ, chez  Paul, chez  Jean, à qui elle avait fait donner le nom de théologien, dans la simple et naïve antiquité.

 

Cette théologie-là, par laquelle de petits enfants se trouveront, quand tous les voiles seront levés, être devenus les plus grands des philosophes sans le savoir, est celle que l'on recueille en puisant dans les Écritures, comme nous l'allons faire en ce moment : la doctrine du Saint-Esprit, dans le langage du Saint-Esprit, rien de plus, mais rien de moins.

 

La Trinité, que nous allons ainsi étudier, ce ne sera pas la Trinité de la théologie : ce sera la Trinité du petit enfant.

 

Il faut reconnaître d'abord que l'Écriture parle d'un Père, d'un Fils et d'un Saint-Esprit, nettement distingués l'un d'avec l'autre, et pourtant étroitement unis entre eux dans l'ouvrage de notre salut.

 

Je dis dans l'ouvrage de notre salut.

 

Je pourrais, sans sortir du champ de l'Écriture, trouver le Père, le Fils et le Saint-Esprit déjà associés dans l'oeuvre de la création (Genèse chapitre 1 ; Jean 1.1-3) ;

 

Je pourrais, remontant plus haut encore, les trouver subsistant ensemble avant la création, dès les temps éternels (Jean 1.1 ; Hébreux 13.20, etc.).

 

Mais, fidèle à l'esprit de ces discours, je me renferme dans ce qui se rapporte directement au salut, et à ce salut pris dans la Seconde Partie de la Bible, c'est-à-dire dans le développement achevé des Révélations Divines.

 

C'est là que nous trouvons partout le Père, le Fils et le Saint-Esprit, distincts, mais unis ; unis, mais distincts.

 

Il est impossible, en lisant l'Évangile, soit de méconnaître ce fait, soit de n'y pas voir quelque chose de très considérable.

 

-          Ainsi, les voici rassemblés tous Trois dans la naissance de Jésus ;

 

-          ainsi, dans l'institution de notre baptême, administré « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28.19) ;

 

-          ainsi, dans la résurrection du Seigneur, proclamé Fils par le Père, selon le Saint-Esprit (Romains 1.4) ;

 

-          ainsi, dans l'événement de la Pentecôte, le Fils répandant sur l'Église le Saint-Esprit qu'il a reçu du Père (Actes 1.33) ;

 

-          ainsi, dans la salutation apostolique : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, et l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous » (2Corinthiens 13.13) ;

 

-          ou dans le résumé apostolique du salut : « Élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, à l'obéissance et à l'aspersion du sang de Jésus-Christ » (1Pierre 1.2).

 

 

Mais le spectacle que mon texte met sous nos yeux tient lieu de tout le reste.

 

-          Voici le Fils sortant de l'eau après son baptême ;

 

-          voici le Saint-Esprit descendant et se posant sur sa tête ;

 

-          voici le Père rendant témoignage de ce qu'il est, son Fils bien-aimé.

 

 

Désormais, Jésus-Christ homme porte au sein de l'humanité, dans Sa Personne Visible, la doctrine du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; Il ne peut faire un pas qu'elle ne marche avec Lui ; elle est devenue en Lui un Fait Historique, qui a été vu, qui a été entendu, le Père ayant pris une voix qui frappe les oreilles, et le Saint-Esprit Lui-même ayant revêtu une forme qui frappe les yeux, contrairement, si je l'ose dire, au caractère propre de son action, essentiellement invisible.

 

Quel mystère vient ici se révéler, dirai-je ?

 

Ou se cacher à nos regards ?

 

Pénétrons-y avec respect, aussi loin que l'Écriture voudra nous conduire : nous nous hasardons sur une terre sainte ; ôtons les souliers de nos pieds.

 

Les Trois sont distincts, nettement distincts.

 

Distincts, de nom : puisque l'Un est appelé Père, le Second Fils, et le Troisième Saint-Esprit ; ces Noms ne sont pas donnés indifféremment ; le Père n'est pas mis pour le Fils, ni le Fils pour le Saint-Esprit.

 

Distincts, d'office : Chacun des Trois a Son Oeuvre à part, qui n'est point celle des deux autres ; ni l'élection de grâce n'est attribuée au Fils, ni la mort de la croix au Père, ni l'une ou l'autre au Saint-Esprit (Jean 16.7).

 

Gardons nous de croire que les mots grâce, amour, communion, dans la salutation apostolique, ou les mots prescience, aspersion de sang, sanctification, dans le résumé apostolique du salut, soient placés à l'aventure à côté des noms qu'ils accompagnent : chacun a sa place marquée, que l'on ne pourrait changer sans confusion.

 

Mais il y a plus encore ; distincts, de personnalité : ceci demande un peu plus d'éclaircissement.

 

Si les Trois ne différaient que de nom et d'office, on pourrait, à la rigueur, n'y voir que trois aspects, sous lesquels Dieu se présenterait successivement à nous, nous pardonnant, nous rachetant et nous sanctifiant tour à tour.

 

Mais nulle explication de cette nature ne saurait nous satisfaire, quand nous avons constaté, je ne dis pas dans le langage poétique de la Première Partie Biblique, mais dans le langage tout simple et tout uni de la Seconde, que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont Trois personnes.

 

Je ne sais quelle autre expression donner à ma pensée ; trois personnes, désignées l'une par rapport à l'autre, et se désignant entre elles, par l'emploi de ces mots qui, dans toutes les langues, marquent la vie distincte : moi, toi, lui ; trois personnes, agissant, parlant, voulant, vivant enfin, chacune individuellement et pour son propre compte.

 

C'est ici le point capital, et qui aurait de quoi nous étonner, de quoi nous confondre, si un long usage ne nous avait tellement familiarisés avec les noms Père, Fils et Saint-Esprit, que nous les prononçons sans y attacher de notion ferme et précise.

 

Cette existence et cette action personnelle n'a pas besoin d'être prouvée pour le Père, qui, comme son Nom l'indique, Est le Centre et l'Appui de tout le reste : le Fils est son Fils ; le Saint-Esprit est son Esprit ; donner son Fils au monde, envoyer son Esprit dans l'Eglise, comment cela se pourrait-il, comment cela se concevrait-il sans une personnalité vivante ?

 

Pour le Fils, issu du Père dont Il est la Splendeur et l'Image (Hébreux 1.3), les choses sont plus obscures, mais elles ne sont pas moins certaines.

 

Si c'est un profond mystère que de savoir comment il a pu être donné au Fils d'avoir la Vie en Lui-même (Jean 5.26), c'est un fait incontestable que le Fils a la Vie en Lui-même, avec son action propre et son existence distincte (Jean 8.16-18).

 

Le Fils qui était dans le sein du Père, vient dans le monde ; Il obéit au Père et Le prie, Il donne Sa Vie et Il la reprend à volonté (Jean 10.18), Il quitte le monde et retourne auprès du Père : quel sens tout cela présenterait-il si le Fils n'était une Personne Vivante aussi réellement que le Père ?

 

Le Saint-Esprit occupant dans les Révélations Divines, par la nature même des choses, une place moins saillante et moins visible que ne font les deux autres, sa vie personnelle est moins aperçue du premier coup d'oeil ; mais elle ne tarde pas de se révéler au lecteur attentif de l'Évangile.

 

« Ce Consolateur qui doit prendre de ce qui est au Fils, » et achever de « conduire ses disciples dans toute la Vérité, » qui est-il ?

 

 Le Saint-Esprit (Jean 16.13-14).

 

Celui qui dit aux disciples réunis dans Antioche :  

 

« Séparez-moi Barnabas et Saul pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés, »

 

et à Pierre dans Joppe :

 

« Ne fais point difficulté d'aller avec ces gens-là, car c'est moi qui les ai envoyés » (Actes 13.2 ; 10.20) ; qui est-il ?

 

Le Saint-Esprit.

 

Celui Qui pousse les prophètes, Qui envoie les apôtres, Qui parle par eux, Qui leur assigne leur champ de travail, Qui nous ouvre les yeux et le coeur, Que nous contristons quand nous péchons, Qui distribue Ses Dons à qui Il Lui plaît, Qui établit les pasteurs, Qui opère les miracles, Qui accomplit les guérisons ?

 

Le Saint-Esprit.

 

Après tout cela, si le Saint-Esprit n'a pas une existence et une action personnelles, toutes les lois du langage humain sont renversées, et le plus simple, le plus vrai de tous les livres en est le plus mystique et le plus étrange.

 

Au reste, pourquoi chercher si loin ?

 

Ici encore, la scène historique de mon texte suffit.

 

Ce Fils baptisé, qui est Recommandé par le Père et le Saint-Esprit à la foi des peuples, ce Père qui Le proclame Fils de Dieu du haut des cieux, ce Saint-Esprit qui prend une forme visible tout exprès pour Le marquer du Sceau auquel le Fils de Dieu devait être reconnu, que sont-Ils donc, s'Ils n'ont pas, chacun, une vie distincte ?

 

Que font-Ils donc s'Ils n'exercent pas, chacun, une action distincte ?

 

Que si cela ne nous frappe pas, complétons donc le baptême de Jésus-Christ par celui que Jésus-Christ a institué pour nous et dont nous avons été baptisés nous-mêmes.

 

Quoi ! Nous avons été baptisés au nom du Père, au nom du Fils, au nom du Saint-Esprit, et le Père, le Fils, le Saint-Esprit ne seraient pas des personnes vivantes ?

 

Coupons court.

 

La distinction, non seulement des noms, mais des oeuvres ; non seulement des oeuvres, mais des personnes, entre le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, est un fait scripturaire incontestable : nions l'Écriture, si  nous l'osons ; mais si nous l'acceptons, prenons-la telle qu'elle est, et rendons hommage avec elle à ces Trois personnes vivantes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

 

Toutefois, après l'avoir suivie les distinguant l'une de l'autre avec une netteté croissante, et qui ne s'est arrêtée qu'à l'existence et à l'action personnelles, suivons-la encore les unissant aussi avec une clarté croissante, et qui ne s'arrête qu'à l'Unité Absolue, Eternelle, qui fait le fond de la Nature Divine.

 

Les Trois sont unis, étroitement unis ; et chose remarquable, unis par les côtés mêmes qui les distinguent, de telle sorte que tout ce qui vient d'être dit pour marquer la distinction, doit être redit pour marquer l'unité.

 

Leurs noms, disions-nous, sont distincts : mais ces mêmes noms les rapprochent, non seulement pour être rassemblés en tant d'occasions solennelles, mais encore pour être tellement liés entre eux, qu'ils se supposent et se sous-entendent les uns les autres.

 

Le rapport du Père au Fils et du Fils au Père, est trop manifeste pour être méconnu ; mais le rapport du Saint-Esprit à l'un et à l'autre n'est pas moins réel ; car l'Esprit n'est nommé de son nom que par une image empruntée à l'esprit de l'homme si étroitement uni avec le corps qu'il anime.

 

A cette unité de nom correspond une unité d'action.

 

Les offices des Trois, disions-nous, sont distincts ; mais ces mêmes offices sont unis par l'objet commun auquel ils se rapportent.

 

L'oeuvre du Saint-Esprit s'appuie sur celle du Fils, comme celle du Fils s'appuie sur celle du Père : ce sont les trois éléments essentiels d'une même oeuvre.

 

Cela est si vrai que les trois oeuvres sont nommées souvent dans une seule phrase, comme associées les unes aux autres :

 

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, et l'amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous » (2Corinthiens 13.13),

 

ou même comme dépendantes les unes des autres :

 

« Élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, pour l'obéissance et l'aspersion du sang de Jésus-Christ (1). »

 

Le Père adresse ses élus au Saint-Esprit, qui les adresse au Fils : élection, sanctification, rédemption, trois temps d'une seule action, dont aucun ne saurait manquer sans entraîner l'économie de tout l'ensemble.

 

Reste l'unité principale qui réside au sein de la distinction principale, celle des personnes.

 

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnes distinctes : mais au-dessous de cette personnalité individuelle, il y a une substance et une vie commune à tous les Trois.

 

Le rang égal qui leur est assigné tant de fois, comme dans la salutation apostolique, comme dans la formule de notre baptême :

 

« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, »

 

et que l'Écriture semble avoir voulu faire ressortir en intervertissant de temps en temps l'ordre habituel où ils sont nommés (2Corinthiens 13.13), suffirait pour marquer cette unité fondamentale (2).

 

Mais l'Écriture s'élève au-dessus de toute contestation en prêtant au Père, au Fils et au Saint-Esprit les attributs de Dieu et jusqu'à son Nom.

 

Chacun des Trois est Dieu.

 

Le Père est Dieu : cela est dit ou supposé partout.

 

Le Fils est Dieu : il n'est pas difficile pour une âme droite d'en trouver les preuves ; Il est pour ses apôtres le Jéhovah de la Première Partie de la Bible, « leur Seigneur et leur Dieu, Dieu sur toutes choses, Eternellement béni, » Celui en qui « habite corporellement toute la plénitude de la Divinité. »

 

Le Saint-Esprit à son tour est Dieu, Il commande avec l'Autorité de Dieu ; le posséder, c'est être le Temple de Dieu ; lui mentir, c'est mentir à Dieu (1Corinthiens 3.16 ; Actes 5.3-4).

 

Mais ici encore, sans aller au loin chercher des preuves, la scène de mon texte suffit.

 

Quel autre que Dieu peut être recommandé à la foi de la terre comme l'est ici le Fils ?

 

Quel autre que Dieu oserait joindre son témoignage à celui de Dieu, comme le fait ici le Saint-Esprit ?

 

Non ; jamais l'Écriture, si jalouse du Nom et de la Gloire de Dieu, n'eût rendu au Fils et au Saint-Esprit, comme au Père, l'honneur dû à Dieu Seul, si tous les Trois n'étaient réellement participants à la Nature Divine, si tous les Trois n'étaient Un, comme Dieu est Un.

 

Répondons maintenant à la question que nous nous sommes posée : Que dit l'Écriture sur la doctrine qui nous occupe ?

 

Au sein de cette Unité Absolue de Dieu, qu'Elle proclame à chaque page, qu'Elle respire dans chaque mot, l'Écriture nous fait démêler le Père, le Fils et le Saint-Esprit se partageant l'ouvrage de notre Rédemption.

 

Abrégeons : Il y a un Père, un Fils et un Saint-Esprit ; mais chacun des Trois est Dieu.

 

Il y a un seul Dieu : mais ce Dieu Unique est Père, Fils et Saint-Esprit.

 

Complétons cette étude Biblique par une observation capitale.

 

Cette doctrine, telle quelle, va se développant du commencement à la fin des Écritures, en suivant pas à pas le cours progressif des révélations Divines.

 

A mesure que la Parole de Dieu devient plus abondante et plus lumineuse, la doctrine du Père, du Fils et du Saint-Esprit y occupe une place plus étendue et plus sensible.

 

Marquer tous les degrés de ce développement demanderait une étude spéciale et approfondie ; bornons-nous ici à ces trois qui sautent aux yeux : la Première partie de la Bible, les Évangiles, les Actes et les Épîtres.  (...)

 

Jésus-Christ baptisé ou la Trinité par Adolphe Monod (Suite 3)

 

Bible

Croix Huguenote

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 02:25
Jésus Christ baptisé ou la Trinité (1ère Partie)

Jésus Christ baptisé

ou la Trinité

(1ère Partie)

 

“Et quand Jésus eut été baptisé, Il sortit aussitôt hors de l’eau ; et voilà, les cieux lui furent ouverts, et Jean vit l’Esprit de Dieu descendant comme une colombe, et venant sur Lui ! Et voilà une voix du ciel disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai pris mon bon plaisir.” (Matthieu 3.16-17)


 



Prenant pour guide la règle de foi que nous avons reçue des mains de Jésus-Christ, la Parole de Dieu, tâchons d'en recueillir la doctrine du salut, ramenée à ses éléments les plus essentiels, sous leur forme la plus populaire.

 

J'ai cru ne pouvoir mieux répondre à ce double besoin de solidité dans le fond et de simplicité dans la forme, qu'en cherchant l'unité de ces discours en Jésus-Christ Lui-même, et en Jésus-Christ contemplé historiquement, à peu près comme le fait le Symbole des Apôtres.

 

Les faits de Jésus-Christ, ce sont les vérités du salut, telles que Dieu les a proposées Lui-même à la foi des peuples, assez substantiellement pour contenter les esprits les plus éclairés, assez naturellement pour s'accommoder aux plus simples.

 

-          La Trinité, c'est le fait de Sa Naissance et de Son Baptême ;

 

-          le péché originel, c'est le fait de cette humanité malade qui se presse autour de Lui pour être guérie ;

 

-          le jugement éternel, c'est le fait de la séparation que fait la Parole qu'Il annonce entre qui la reçoit et qui la rejette ;

 

-          l'expiation du péché, c'est le fait de Sa Mort Offerte en sacrifice ;

 

-          la vie éternelle promise aux croyants, c'est le fait de Sa Résurrection, le déclarant « Fils de Dieu, Prince et Sauveur ; »

 

-          le ciel ouvert et assuré à leur espérance, c'est le fait de Son Ascension et de Son Retour auprès du Père ;

 

-          la régénération et la vie nouvelle, c'est le fait du Saint-Esprit qu'Il reçoit du Père et qu'Il répand dans les siens ;

 

-          et la grâce toute gratuite par laquelle nous sommes élus, c'est le fait de l'envoi de l'Homme-Dieu au sein de l'humanité révoltée contre Dieu.

 

 

Aussi, en rappelant les faits principaux de Jésus-Christ, je viens de nommer dans leur ordre les titres des discours dont cette série doit se composer.

 

Commençons donc par jeter un coup d'oeil sur Jésus-Christ, tel qu'il s'offre à nous durant cet intervalle qui sépare sa Naissance de son baptême, avant d'entrer dans l'exercice de son Ministère.

 

Tandis qu'Il se prépare pour son Oeuvre, faisons connaissance avec sa Personne ; avant de demander à sa carrière ce qu'Il vient faire, demandons à ses débuts qui Il est.

 

La réponse est partout dans le cours de ces trente années ; mais elle est plus spécialement dans ces deux termes, sa naissance qui les ouvre et son baptême qui les clôt :

 

Jésus est le Fils de Dieu.

 

Pénétrons : comme Fils de Dieu, Il se caractérise par le rapport qu'Il soutient, d'une part, avec le Père ; de l'autre, avec le Saint-Esprit.

 

Dans sa naissance, ce Fils vient au monde, appelé du nom de Dieu son Père, parce qu'Il a été conçu du Saint-Esprit (Luc 1.31-32, 35).

 

Puis, dans son baptême, nous Le voyons, du sein des cieux ouverts sur Sa Tête, proclamé Fils, et par le Saint-Esprit qui revêt une image visible pour descendre et se poser sur Lui, et par le Père qui fait entendre sa voix, disant :

 

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »

 

Cette scène mystérieuse et solennelle de mon texte, par laquelle Jésus est inauguré pour son ministère, de quoi m'appelle-t-elle à nous occuper, si ce n'est de la Trinité ?

 

La Trinité : à ce nom, je crois voir un nuage s'élever.

 

J’avais promis de la religion : ne donné-je pas de la théologie ?

 

N'est-ce pas de la théologie, et de la théologie la plus abstruse, que la Trinité du symbole de Nicée :

 

« un seul Dieu en trois personnes, coéternelles, cosubstantielles et coégales ; en qui l'on doit vénérer la trinité dans l'unité, et l'unité dans la trinité, etc. »

 

Le nom même de cette doctrine n'est-il pas théologique, puisqu'il ne se trouve nulle part dans l'Écriture, et qu'il ne se rencontre pour la première fois que plusieurs siècles après l'ère chrétienne ?

 

Reconnaissons une certaine mesure de vérité dans ces deux remarques, et tenons-en compte.

 

Je dis plus : félicitons-nous de les rencontrer dès le début sur notre chemin, pour nous contenir dans la simplicité de la prédication de l’Evangile.

 

Oui, le mot Trinité est dû, non à l'Écriture, mais à de pieux docteurs des premiers temps de l'Église ; et ce n'est guère que vers le commencement du troisième siècle qu'il s'établit dans la langue religieuse, où le concile de Nicée achève de le fixer (325).

 

Ce n'est pas un motif de défiance, s'il n'est, comme on peut l'affirmer, qu'un terme heureusement choisi pour donner une expression à la fois exacte et concise à une vérité enseignée par l'Écriture.

 

Les mots péché originel, ou incarnation, ne sont pas non plus empruntés à l'Écriture, mais ils ne renferment ni plus ni moins que ce qu'Elle (Bible) dit Elle-même, quand Elle fait remonter le péché à l'origine du genre humain (Romains 5.12, etc.), ou quand Elle nous montre « la Parole de Dieu faite chair » (Jean 1.14).

 

Au reste, ce ne sont pas les mots qui importent, ce sont les choses.

 

Comme je serais prêt à abandonner les mots péché originel et incarnation, tout commodes que je les trouve, s'ils blessaient quelque conscience trop scrupuleusement restreinte aux seules expressions des apôtres et des prophètes, je le suis également à faire pour une raison semblable, le sacrifice du mot Trinité, et à m'en tenir avec l'Écriture à un Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, sans chercher un nom général qui mette à la fois en saillie ce que les trois ont de commun et ce qu'ils ont de divers.

 

Je tâcherai donc de ne pas faire usage du mot Trinité ; je n'ose pourtant promettre qu'il ne viendra pas de temps en temps sur mes lèvres : il dit tant à mon intelligence !

 

Il est si cher à mon coeur !

 

Oui, encore, et ceci est plus essentiel à observer, les définitions exactes, les explications précises de la Trinité, qui ont été tentées soit par les théologiens, soit par les assemblées ecclésiastiques, ont parfois dépassé, je ne dis plus seulement le langage des Écritures, mais la portée même de leur enseignement ; par où l'on s'est exposé, soit à fausser la simplicité de la doctrine, soit du moins à la compromettre en l'engageant dans les fluctuations et les incertitudes de la philosophie, au lieu de l'accepter, comme une révélation pure et simple, sur le seul témoignage de Dieu, et avec les seuls développements que Dieu a fournis.

 

Cette observation s'applique au langage du Symbole de Nicée, qui vient d'être rappelé ; celui de la Confession de La Rochelle et des autres confessions Protestantes, plus simple et plus gardé, ne l'est pas encore assez à mon gré pour l'exposition toute religieuse que j'ai à coeur de présenter ici.

 

Laissons donc ces développements humains de la Vérité Divine ; et restons-en, dans l'esprit du petit enfant, à la doctrine de l'Écriture, revêtue du langage de l'Écriture.

 

Combien de préventions contre la Vérité auraient été évitées, si cette précaution eût toujours été prise, disons mieux, si cette justice eût toujours été rendue à la Parole de Dieu !

 

Impuissance de l'homme pour le bien, élection ou prédestination, justification par la foi sans les oeuvres, etc. ; combien de doctrines que repoussent, telles qu'elles leur apparaissent dans les attaques de leurs adversaires, ou dans les apologies mêmes de leurs amis, plusieurs de ceux qui les recevraient peut-être sans difficulté telles que les présente l'Écriture, si simple, si mesurée, si sainte, si vraie !

 

Eh bien ! Que nous dit l'Écriture sur le grand mystère qui nous occupe ?

 

Interrogeons-la ensemble ; et pour que le résultat de cet examen nous inspire plus de confiance, recueillons-le séance tenante, passez-moi l'expression, de la Parole de Vérité, prise sur le fait et vue du premier coup d'oeil.

 

Que si le résultat ainsi obtenu nous paraîtrait encore trop théologique, nous n'aurions à nous en prendre qu'à nous-même. (...)

 

Jésus-Christ baptisé ou la Trinité par Adolphe Monod (Suite 2)

 

Bible

Croix Huguenote

(1)

Voyez Jean 16.26 ; Actes 2.33, etc.

(2)

Citons ces belles paroles de Bossuet, parlant au Saint-Esprit : « Vous êtes égal au Père et au Fils, puisque nous sommes également consacrés au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit ; et que vous avez avec eux un même temple qui est notre âme, notre corps, tout ce que nous sommes. Rien d'inégal, ni d'étranger au Père et au Fils ne doit être nommé avec eux en égalité ; je ne veux pas être baptisé et consacré au nom d'un serviteur, je ne veux pas être le temple d'une créature : ce serait une idolâtrie de lui bâtir un temple, et, à plus forte raison, d'être et se croire soi-même son temple. » (Bossuet, Élévations, Ve à la Trinité.

 

 

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 06:25
L’Eschatologie est elle une science à haut risque ?

Plus du quart des 66 livres de la Bible sont des livres dits prophétiques. Ils regroupent de nombreuses prophéties politiques, économiques, sociales et religieuses, chacune contribuant à éclairer certains faits importants ou mineurs de l'Histoire. Depuis plus de 4000 ans, un grand nombre se sont déjà accomplies dans le détail. Cette présentation a pour but d'aider à comprendre la raison d'être de l’eschatologie, à proposer une approche biblique d’interprétation et à exhorter tout homme à se préparer à rencontrer son Dieu.

 

Définition

 

L'eschatologie est la partie de la théologie qui traite "des fins dernières de l'homme et du monde".

 

Cela couvre l'étude des événements futurs : l'enlèvement de l'Eglise, la tribulation, le tribunal de Christ, le retour de Christ, le millénium, les différents jugements et l'état éternel.

 

Soulignons la différence entre la prophétie et l'eschatologie.

 

La prophétie est un message transmis par l’Esprit de Dieu à un prophète dans le but d’apporter sur un événement passé, présent, ou futur, l’éclairage et le point de vue divins.

 

Dans le cas d’un message concernant l’avenir, l'intervalle entre l'annonce et l'accomplissement peut être de quelques minutes (1 Rois 13.3-5) ou de plusieurs milliers d'années (Es 11.6-12).

 

L'eschatologie est la partie de la prophétie qui ne concerne que les événements groupés vers la fin de l'histoire humaine, elle est donc plus restrictive.

 

Pourquoi s’intéresser à l’eschatologie ?

 

L'avenir nous intéresse tous, car nous aimerions savoir ce que nous réserve le futur.

 

La Bible, en nous donnant un aperçu, affirme que l'histoire suit un plan divin.

 

Puisqu'elle a pour auteur l'Eternel, qui domine l'espace et le temps, elle nous parle avec autorité du passé, du présent et de l'avenir.

 

De nos jours, nombreux sont ceux qui pensent que la prophétie est un sujet vaste et compliqué.

 

Le fait que les sectes en aient si souvent abusé ne fait que renforcer ce sentiment.

 

Le chrétien est néanmoins tenu de prendre en considération les textes prophétiques, car ils sont à la base de sa vie.

 

La prophétie l'aide dans sa vie personnelle et dans son service pour le Seigneur en lui donnant une espérance (1 Jean 3.3).

 

Elle le rassure à travers les crises économiques, sociales et politiques qu'il peut traverser.

 

Elle le réconforte lorsqu'il est éprouvé (1 Thes 4.18 et Hab 3.16-19).

 

Certaines prophéties concernent le futur, mais il est évident qu'au moment où nous les lisons, il faut distinguer entre ce qui est déjà accompli et ce qui ne l'est pas encore.

 

Le fait qu'une prophétie soit déjà accomplie (comparer Gen 2.17 avec 3.7,8,16,19) ou ne le soit pas encore (Dan 9.27 et Mat 24.15) ne change rien à l'intérêt qu'il y a à l'étudier.

 

En effet, les prophéties déjà accomplies :

 

  • révèlent la puissance et la sagesse de Dieu ; montrent qu'il est maître de l'avenir,

 

  • prouvent l'existence et la réalité de cette mode de révélation,

 

  • soulignent l'intégrité et la moralité de la source divine et du porte-parole humain,

 

  • prouvent la véracité de la Bible (par exemple: Es 44.28 ; Mat 2.15,17,23 ; 27.9 ; Act 7.17 ; 13.32-33 ; 1 Pi 1.10-12),

 

  • créent une base de confiance chez le lecteur pour la réception et l'acceptation des prophéties non-accomplies,

 

  • révèlent la manière dont les prophéties sont accomplies.

 

Les prophéties non-accomplies :

 

  • nous font connaître l'avenir dans ses grandes lignes sans nous en révéler tous les détails,

 

  • nous incitent à rester toujours dans l'attente et dans l'attitude des prophètes qui faisaient des recherches (1 Pi 1.10), ce qui nous empêche de nous enfler d'orgueil,

 

  • nous assurent de la puissance, de la sagesse et du triomphe final de Dieu,

 

  • nous donnent la paix de Dieu,

 

  • nous poussent à une vie de justice et de sainteté (Mich 6.8).

 

Quelques dangers liés à l'étude de la prophétie. 

Il y a pourtant quelques dangers à étudier la prophétie, en particulier :

 

  • l'orgueil, croire qu'on est le seul capable d'interpréter la prophétie,

 

  • le sectarisme, croire que si l'on n'interprète pas la prophétie exactement de la même façon, on ne peut pas être en communion ; c'est le résultat d'une conception fausse de la communion fraternelle dont la base est la personne et l'œuvre de notre Seigneur Jésus-Christ,

 

  • ne pas chercher à voir la personne du Seigneur au cours de l'étude et ne s'arrêter qu'à ce qui satisferait notre curiosité ; n'oublions pas que "le témoignage de Jésus, est l'esprit de la prophétie" (Apocalypse 19.10, voir aussi Actes 10.43),

 

  • faire dire au texte plus qu'il ne dit,

 

  • trop actualiser ; de nombreuses générations de chrétiens ont cru être arrivées à la fin des temps et ont identifié, pour ne prendre qu'un exemple, la bête de l'Apocalypse au tyran de leur époque.

 

Esprit général de la prophétie

 

La prophétie n'est pas une prescience naturelle : elle vient de Dieu.

 

Nous devons donc nous y soumettre comme à toute autre parole de l'Ecriture.

 

Cela nécessite de bien comprendre ce que Dieu veut nous communiquer par elle.

 

La prophétie concerne l'ensemble des rachetés, qu'ils soient Juifs ou chrétiens.

 

Elle couvre également l'histoire des nations païennes et envisage l'histoire de ces trois groupes (Juifs, chrétiens et païens) à des moments déterminés de leur existence.

 

Tous les détails de l'histoire des Juifs et de l'Eglise ne sont pas tracés dans la Parole, bien que celle de l'Eglise puisse, entre autre, être vue aussi sous un angle synthétique tel qu’il est offert au lecteur des chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse.

 

Cet angle particulier permet de discerner, derrière les sept églises nommées, toutes les églises de tous les temps.

 

La prophétie se rapporte avant tout à la personne de notre Seigneur Jésus-Christ (Luc 24.44-48 ; Apoc 19.10 ; Act 10.43).

 

Comme les prophéties font partie de la Bible au même titre que les autres passages, elles obéissent, en général, aux mêmes règles d’interprétation.

 

Elles ont été données aux croyants pour leur édification et ne sont donc pas réservées qu'à une poignée de "spécialistes".

 

Comment étudier la prophétie ?

 

Il est bon de rappeler d'emblée que sans l'intervention du Saint-Esprit, nul ne peut comprendre correctement les Ecritures.

 

Le Seigneur Jésus disait aux disciples :

 

"l'Esprit de vérité... vous conduira dans toute la vérité" (Jean 16.13).

 

L'application de certaines règles est pourtant nécessaire pour qu'un passage soit correctement interprété et non dénaturé.

 

Les prophéties déjà accomplies fournissent une clé importante pour la compréhension de celles qui ne sont pas encore accomplies : l'accomplissement de ces dernières aura lieu avec la même précision et la même exactitude que pour les précédentes.

 

Voici donc quelques règles saines et logiques :

 

  • Il faut interpréter les prophéties de façon littérale ou normale, c'est-à-dire en conférant aux mots leur sens ordinaire. Cette méthode d'interprétation est aussi appelée historico-grammaticale car elle s'intéresse au contexte historique, aux mots, et à la grammaire du texte. Signalons le danger d'interpréter systématiquement de façon allégorique les prophéties non encore accomplies, indépendamment de leur genre littéraire. Lorsque Dieu a demandé aux prophètes de parler ou d'écrire, il leur a laissé le soin de le faire dans leur langage de tous les jours. Ce principe n'exclut pas l'emploi de symboles ou de figures de rhétorique, tout comme en poésie.

 

  • Il faut interpréter le texte dans son contexte, c'est-à-dire en relation avec les paragraphes qui l'entourent et les passages parallèles dans le même livre ou dans un autre.

 

  • Il faut interpréter le texte dans le contexte de tout le programme prophétique, l'interprétation d'un passage doit s'harmoniser avec le tout (2 Pierre 1.20-21).

 

  • Il faut interpréter le texte selon la perspective prophétique. Il arrive que des événements en rapport les uns avec les autres et faisant partie d'un même programme prophétique se trouvent groupés dans une seule prophétie. Mais il peuvent être distincts quant à l'époque de leur accomplissement. Un prophète peut grouper sans discrimination des prophéties concernant la captivité, les événements du jour de l'Éternel, le retour de Babylone, la dispersion d'Israël et son rassemblement.

 

  • Il faut interpréter le texte en accord avec son arrière-plan historique et culturel, l'interprétation peut devenir immédiate si on comprend le langage et les coutumes de la société dans laquelle la prophétie a été donnée.

 

  • Il faut interpréter le texte selon l'analogie de la foi. Ce principe, mis en évidence par les Réformateurs, souligne que les Ecritures sont les meilleurs interprètes de l'Ecriture. La Bible a la solution à ce que nous considérons comme ses propres problèmes. Avec le concours de l'archéologie, de l'histoire, de l'anthropologie, de la linguistique et de la grammaire, la Bible donnera 9 fois sur 10 la solution aux problèmes et aux paradoxes découverts ou imaginés. Il se peut aussi qu'une génération trouve la solution "voilée" qui échappait à la génération précédente. La foi et la patience sont requises.

 

  • Il faut interpréter le texte en se rappelant que la révélation d'une doctrine est progressive. Dieu n'a pas révélé d'un seul coup tout ce qu'il avait à dire sur un sujet donné. Toutefois, il ne faudrait pas en déduire qu'une révélation donnée risque d'être contredite par la suite. Dieu n'est pas un Dieu de confusion, mais d'ordre (1 Cor 14.33).

 

  • Il faut interpréter les textes en se rappelant qu'il ne doit y avoir qu'une seule interprétation pour chaque verset, mais qu'il peut y avoir plusieurs applications. Ainsi, par exemple, la prière du Psaume 122.6-7 se réfère au peuple Juif (exilés ou habitant le pays) et à la paix que le Messie apportera lors de son apparition glorieuse, mais une application peut en être faite dans la vie chrétienne.

 

  • Parfois l'interprétation nécessite l'application du principe de la "double référence". L'exemple classique est celui de Joël 2.28-32 qui est interprété comme une prophétie de la descente du Saint-Esprit le Jour de la Pentecôte (Act 2.16-21). Toutefois, tous les signes associés ne se sont pas accomplis "ce jour-là". Ce passage aura donc un second accomplissent vers la fin de la Tribulation et au début du Millénium (Zach 13.9).

 

  • Il faut interpréter le texte par rapport à son application au Christ. Jésus est le personnage central autour duquel tourne toute la prophétie (Luc 24.27 ; Act 10.43 ; Apoc 19.10 ; Eph 1.10; Rom 11.36).

 

Ces principes, développés ici d'une manière très générale, doivent être employés régulièrement et systématiquement, sous la direction du Saint-Esprit, si l'on veut comprendre la Bible et la prophétie en particulier.

 

Les trois interprétations majeures de l'eschatologie

Disons d'emblée que dans le camp des évangéliques et des réformés évangéliques tous confessent l'autorité souveraine de l'Ecriture et son inerrance, tous affirment le retour personnel de Jésus-Christ en gloire, la résurrection des justes et des injustes, le jugement du monde, le règne visible de Christ, le bonheur éternel de tous les rachetés et le châtiment éternel des impénitents.

 

Cependant, tous les chrétiens n'ont pas la même conception ni la même approche de l'eschatologie.

 

Les paragraphes suivants donnent les trois interprétations majeures du règne de mille ans présenté en Apocalypse 20 :

 

a) l'interprétation amillénariste

L’approche amillénariste rejette l’interprétation littérale du Millénium (Apoc 20.1-10), Christ ne régnera donc pas mille ans sur la terre.

 

Cette approche remonte à Origène (mort en 254 ap. JC) qui interpréta la Bible en harmonie avec la philosophie grecque.

 

Dans la ligne de l’école d’Alexandrie, il spiritualisa les passages de l’Ancien Testament, excluant entre autres l’espérance pour Israël d’un règne terrestre.

 

Cette approche a été érigée en doctrine par Augustin (mort en 430 ap. JC) qui considère le Millénium comme un royaume spirituel dans le cœur de tout converti à Christ.

 

Ce règne avance au fur et à mesure que l’Evangile progresse dans la vie de l’Eglise.

 

En suivant cette voie, Origène et Augustin ont réagi contre la foi apostolique et post-apostolique ancrée dans un règne littéral de Christ sur la terre.

 

Aujourd'hui, l'Eglise catholique romaine, certains protestants et une partie des évangéliques tiennent cette approche.

 

Mais, ni l'histoire des trois premiers siècles ni la Bible ne soutiennent leur théorie.

 

Il existe aujourd'hui de petites variantes de l'idée d'Augustin ; l'amillénarisme n'est donc pas monolithique.

 

b) l'interprétation postmillénariste

Les formes modernes de cette approche eschatologique ont été associées à Daniel Whitby, pasteur anglican qui, en 1703, a publié Paraphrase et Commentaire du N.T.

 

Cependant, déjà John Owen, en 1651, dans un sermon sur "le royaume de Christ" exprimait une vision postmillénariste.

 

D'autres pasteurs puritains de ce temps-là prêchaient les mêmes convictions.

 

Selon Whitby, le Millénium serait le dernier millénaire de l'histoire humaine, et Christ ne reviendrait qu'à la fin de cette période pour recevoir les acclamations de toute l'humanité convertie.

 

Les tenants de cette théorie croient que l'Evangile parviendra à christianiser progressivement le monde et que le résultat de ce miracle sera l'établissement de l'Age d'Or ou Millénium.

 

Le postmillénarisme se base sur certaines paraboles qui présentent le royaume en croissance, comme par exemple celle du grain de moutarde qui devient un grand arbre.

 

Vers la fin du 19e siècle, le postmillénarisme, sous une forme humaniste et influencé par la théorie darwinienne de l'évolution, a adopté le concept d'un progrès spirituel étalé sur une période très longue grâce au progrès technologique, intellectuel et social.

 

Le monde serait métamorphosé par "le bien" permettant à Christ de revenir à la fin de ce processus pour introduire l'état éternel.

 

Une sorte de christianisation humaniste : la confiance en l'homme pour améliorer son environnement.

 

D'une manière générale, l'interprétation postmillénariste pose les mêmes problèmes que ceux de l'interprétation amillénariste : cette approche allégorise les textes.

 

Le postmillénarisme avait le vent en poupe parmi bien des conservateurs et parmi les libéraux jusqu'à la première guerre mondiale, mais ce conflit entre nations "christianisées" a porté un coup fatal à l'optimisme placé dans la capacité de l'homme.

 

Depuis les années 50, le postmillénarisme est réapparu chez certains évangéliques, surtout aux USA.

 

Il existe trois branches de postmillénaristes :

 

  • les libéraux, qui prônent l'humanisme,
  • o les évangéliques, qui prônent la progression du christianisme par la prédication de l'Evangile,
  • o les évangéliques appelés « théonomistes » ou « reconstructionnistes » : le triomphe de Christ parmi les nations, son héritage, à travers la prédication de l'Evangile, en mettant l'accent sur l’application de la loi de Moïse à tous les domaines de la société (la théonomie est le régime où l'Etat est gouverné par Dieu).
  •  
c) l'interprétation prémillénariste
 (Position de Refuge du chrétien)

 

Cette façon de concevoir la prophétie et l'eschatologie croit que la 2e venue de Christ sur la terre (son retour) aura lieu après la Tribulation de 7 ans.

 

Christ établira alors son règne de mille ans sur la terre à Jérusalem.

 

Selon P. Schaff, un historien réputé du 19° siècle, il est incontestable que l'Eglise avant le 4e siècle a été majoritairement millénariste, croyant au règne littéral de Christ sur la terre pour mille ans.

 

Même le célèbre historien protestant allemand Adolf Harnack (mort en 1930), qui n'était pas prémillénariste, a affirmé que le millénarisme des premiers siècles devait être considéré comme une partie essentielle du christianisme.

 

Avec la "christianisation" de l'Empire romain et l'influence des théologiens allégorisants d'Alexandrie en Egypte, le millénarisme des Pères apostoliques et post-apostoliques a disparu jusqu'à son réveil par les Anabaptistes du 16e siècle, puis par les Huguenots.

 

Le grand bond en avant du prémillénarisme commença au 19e siècle avec des théologiens et des commentateurs de grande érudition en Angleterre, en Allemagne, aux USA et même en France.

 

Tous les prémillénaristes s'accordent sur la place particulière qu'occupera Israël dans le règne messianique.

 

Pour tous, la Tribulation précède le retour de Christ en gloire, retour incluant les divers jugements qui s'abattront sur "les habitants de la terre" (perturbations cosmiques, naturelles, sociales et politiques, persécutions).

 

Mais les opinions diffèrent quant à l'enlèvement de l'Eglise (avant, au milieu ou à la fin de la Tribulation).

 

Cela n'a pas d'incidence sur la théologie prémillénariste du retour de Christ pour juger les nations, produire la repentance d'Israël, et établir son règne messianique terrestre de paix et de justice.

 

La majorité des prémillénaristes situe l'enlèvement de l'Eglise avant la Tribulation.

 

La position prémillénariste est tenue en général par des chrétiens évangéliques conservateurs.

 

Cette interprétation, qui date de l'Eglise apostolique et post-apostolique, est aussi la mienne.  

(Position identique pour Refuge du Chrétien)

 

Elle s'expose et se défend, lorsqu'on étudie les textes prophétiques et eschatologiques selon les règles herméneutiques présentées ci-dessus.

 

Conclusion

Nous avons essayé de présenter ces quelques jalons sur l'étude de l'eschatologie dans le but d'encourager le lecteur à méditer toute la Parole de Dieu et à s'atteler également à l'étude des lignes de l'histoire de la rédemption en se rappelant que "les choses cachées sont à l'Eternel, notre Dieu; les choses révélées à nous et à nos fils, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi" (Deutéronome 29.28).

 

Quel bonheur pour "celui qui lit et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui s'y trouve écrit! Car le temps est proche" (Apocalypse 1.3). "Maranatha" - "Notre Seigneur vient" - "Viens Seigneur" Amen.

 

  ScottMcCarty.jpg

Scott McCARTY,

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

Scott McCarty a fait ses études en théologie au Dallas Seminary aux États-Unis. Il exerce un ministère d’enseignement biblique en France depuis 1971. Il est membre du comité de rédaction de Promesses

 

Source : Promesses

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 11:58
La marche pour une foi saine

L'épreuve de votre foi.

(1 Pierre 1:7)




La foi non éprouvée peut être une vraie foi, mais ce qui est sûr c'est qu'elle est une petite foi, et va vraisemblablement rester chétive, naine aussi longtemps qu'elle demeure sans épreuves.

 

La foi ne prospère jamais aussi bien que lorsque les choses lui sont contraires.

 

Les tempêtes sont ses entraîneurs, et les éclairs l'illuminent.

 

Quand le calme règne sur la mer, déployez les voiles comme vous voulez, le navire ne fera pas route vers son port.

 

Car sur un océan endormi la quille dort aussi.

 

Que les vents viennent à souffler violemment, et que les flots viennent à s'agiter, à monter eux aussi, alors, même si le bateau est ballotté, son pont recouvert par les vagues, et son mât contraint à craquer sous la forte pression exercée par les voiles gonflées, c'est alors qu'il mettra le cap en direction du port désiré.

 

Aucune fleur n'est si joliment vêtue de bleu que celle qui pousse au pied des glaciers gelés; aucune étoile ne scintille avec autant d'éclat que celles qui brillent dans le ciel polaire ; aucune eau n'a un goût si doux que celle qui jaillit dans le désert de sable ; et il n'y a pas de foi plus précieuse que celle qui vit et triomphe dans l'adversité.

 

La foi éprouvée apporte l'assurance dans la vie expérimentée.

 

Nous n'aurions pas pensé que notre propre faiblesse nous aurait amené à passer à travers les fleuves; nous n'aurions jamais connu la puissance de Dieu si nous n'avions été emporté comme par les flots de la mer.

 

La foi augmente avec la tribulation.

 

La foi est précieuse, et ses épreuves le sont aussi.

 

Que ceci cependant ne décourage pas ceux qui sont jeunes dans la foi.

 

Il y aura assez d'épreuves sans les rechercher.

 

La pleine mesure sera donnée amplement en temps utile.

 

Cependant si nous ne pouvons pas nous réclamer d'une longue expérience, rendons grâce à Dieu pour la grâce que nous avons ; louons le degré de sainte confiance que nous avons atteint.

 

Marchons selon cette règle, et nous bénéficierons de plus en plus de la bénédiction de Dieu, jusqu'à ce que notre foi puisse déplacer les montagnes et vaincre des impossibilités.

 

Amen,

 

spurgeon

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 22:10
L'oeuvre de l'esprit (Dernière partie)

Croix Huguenote

 

Le vent souffle où il veut et tu en entends le son, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit.

(Jean 3.8)

 

 

 

Qui pourra dire l'infinie variété des opérations de Dieu dans les âmes !

 

L'Écriture nous offre d'innombrables exemples des moules divers dans lesquels Dieu jette les éléments glorieux de la nouvelle création.

 

Autre est la conversion des trois mille, qui, au jour de la Pentecôte, se précipitent comme un torrent à  Jésus-Christ ; autre celle des apôtres comprenant enfin la réalité et l’oeuvre du Christ.

 

Autre est la conversion de Saul de Tarse, violente et fortement accentuée ; autre celle de l'officier Ethiopien et du centenier Corneille, âmes exemptes de préjugés, marchant de vérité en vérité, de lumière en lumière.

 

Autre encore celle du geôlier de Philippe, au sein d'une nuit agitée ; autre celle de Lydie paisiblement assise sur le bord du fleuve, et sentant son cœur s'ouvrir pendant que Paul parlait.

 

De tout temps les diversités de nature, d'éducation, d'antécédents, de tempérament même, varient à l'infini l'œuvre essentiellement une de la régénération des pécheurs.

 

L'Esprit souffle à travers la diversité des caractères.

 

Les natures ardentes ou paisibles, expansives ou concentrées, les Marthe et les Marie, les saint Jean et les saint Pierre, les Luther et les Calvin, sont diversement transformés par l'action de l'Évangile.

 

L'Esprit souffle à travers la diversité des âges.

 

J'ai vu l'enfant arriver dans une même période à la raison et à la foi, le jeune homme consacrer à Dieu le printemps de sa vie, et le vieillard « appelé à la onzième heure, » n'ouvrir les yeux à la lumière d'en haut que lorsqu'ils allaient se fermer à la lumière d'ici-bas.

 

L'Esprit souffle à travers la diversité des époques.

 

Autre est le Christianisme, si ardent et si pur de l'Église primitive ; autre celui qui brille çà et là dans la nuit du moyen-âge, autre le Christianisme réfléchi des temps modernes.

 

L'Esprit souffle à travers la diversité des nationalités.

 

Le génie anglais grave, exact et pratique, le génie germanique plus vague et plus profond, le génie français plus lumineux, plus vif, plus résolu, marquent chacun la piété de leur empreinte.*

 

L'Esprit souffle enfin à travers la diversité des Églises. *

 

Il nous plairait peut-être de l'enfermer dans la nôtre, mais il plane, dans sa liberté souveraine, au-dessus de tous les compartiments de la vaste « maison de Dieu. » *

 

Ne le sentez-vous pas dans les écrits de nos Réformateurs, pleins d'une piété mâle, vigoureuse, qui ne fuit pas le monde, mais qui y demeure tout armée pour le combattre et pour le vaincre ? 

 

O voies merveilleuses de la sagesse de Dieu, « infiniment diverses » selon la parole de l'Apôtre !

 

O ressources sans nombre de la grâce de Jésus-Christ !

 

O puissance de l'Esprit qui déborde toutes nos conceptions !

 

Mais, à travers ces différences multipliées éclate une unité profonde.

 

Il y a diversité d'opérations, mais il n'y a qu'un seul Esprit.

 

Toutes ces âmes, à quelque Église, à quelque siècle, à quelque nation qu'elles appartiennent, nous offrent le même prodige spirituel :

 

elles sont nées de l'Esprit.

 

Toutes pourraient chanter, sur des modes divers, cette belle strophe d'un poète chrétien :

 

Dans l'abîme de misères,
Où j'expirais loin de toi,
Ta bonté, Dieu de mes pères,
Descendit jusqu'à moi !
Tu parlas, mes yeux s'ouvrirent !
A mes regards éperdus
Tes secrets se découvrirent !
J'étais mort et je vécus.

 

« J'étais mort et je vécus ! »

 

Tout est là.

 

Voilà l'expérience décisive, voilà l'unité des chrétiens !

 

Voilà le « témoignage du Saint-Esprit. ».

 

Aussi, posons nous la question avec notre texte :

 

Sommes nous nés de l'Esprit ?

 

Avons nous senti le souffle céleste passer sur notre âme et renouveler notre vie ?

 

Est-ce qu'un principe divin a pénétré en nous pour nous unir à Dieu et nous séparer du monde ?

 

Est-ce que Dieu, Christ, le pardon, le salut, le ciel, le service du divin Maître, sont pour nous des réalités ?

 

Est-ce vers ces réalités que se portent de plus en plus nos pensées, nos affections, nos efforts, ou tout au moins nos soupirs ?

 

En un mot, sommes nous nés de l'Esprit !

 

Que jamais il ne soit dit peut-être, en s’autorisant des propres paroles de Jésus-Christ pour se soustraire à son appel :

 

Si l'Esprit peut seul nous faire naître et si l'Esprit souffle où il veut, qu'avons-nous à faire que d'attendre le jour où il plaira à Dieu de nous l'envoyer ?

 

Ah ! Quelle y soit répondue avec fermeté :

 

Oui ! Attendez ce jour, mais attendez-le avec une sainte impatience :

 

Attendez-le en priant, en désirant avec sincérité, en recherchant avec énergie le don céleste : être né de Dieu.

 

Si nous avons relevé, dans ce discours, la liberté et la souveraineté de Dieu, nous n'avons pas un instant oublié la liberté et la responsabilité humaines.

 

Dieu est l'Ouvrier suprême, mais vous êtes « ouvriers avec Lui ! 

 

"Je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau", nous dit l'Éternel par la voix du prophète.

 

Mais il nous dit aussi, par la voix du même prophète :

 

Faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. (Ezéchiel 36.26 et 18.31)

 

Ces déclarations, en apparence opposées, se concilient dans l'expérience de toute âme sincère.

 

D'ailleurs, ne vous représentez pas le don du Saint-Esprit sous la forme d'une vision, d'une extase, ou de quelque phénomène extraordinaire.

 

L'Esprit s'approche de nos cœurs par les voies les plus simples et les plus habituelles.

 

Il est dans cette page de la Bible qui nous émeut, dans cette prédication chrétienne qui nous édifie, dans cette vérité qui nous saisit avec force, dans cette impulsion généreuse que reçoit un jour notre volonté ;

 

Il est dans ce trouble de notre conscience, dans ce vide qu'éprouve notre cœur, dans cette larme qui s'échappe involontairement de nos yeux....

 

Vous disiez : je l'attends.

 

Et il était près de vous, cet Esprit de grâce, entourant et pressant votre âme de ses divines influences !

 

Que de fois il vous a déjà parlé, que de fois il a excité de saints désirs dans votre cœur !

 

mais vous l'avez repoussé peut-être....

 

Il vous parle encore à cette heure même, dans le silence d’un temple, d’une chambre, où que vous soyez,

 

Ah ! Ne l'éteignez pas ! Ne le contristez pas !

 

Et que, comme aux jours de la création première, un monde nouveau puisse éclore au-dedans de vous, sous le souffle de Dieu !

 

 

Ernest Dhombres,

Pasteur Protestant Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

* Nota : rassurons nous de savoir également que l’Esprit souffle tout autant à travers les génies des nationalités diverses auxquels chacune ou chacun appartient, et que, si l'Esprit à travers les diversités des églises composant la vaste et réelle maison de Dieu souffle également, ceci sous entend de la part de l'auteur l'attachement de tout Chrétien authentique à la Parole de Dieu. D'évidence, afin d'éviter toute confusion, il n'y a de sa part aucune caution, soutien ou appui à certaines théories existante dans le pentecôtisme et charismatisme (Glossolalie, arminianisme, etc...).

 

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 22:09
L'oeuvre de l'esprit (2ème partie)

Croix Huguenote

« Le vent souffle où il veut et tu en entends le son, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit. »

(Jean 3.8)

 

 

 

Oui, il en est de même, à travers les siècles, non seulement dans les réveils généraux renouvelées que Dieu envoie de temps à autre à son Église, mais dans les conversions individuelles qui s'opèrent encore sous nos yeux.

 

Vous avez vu des âmes transformées, des pécheurs ramenés de leurs égarements, des vies arrachées au monde et rendues à Jésus-Christ.

 

Fruits célestes, que la terre est incapable de produire !

 

Effets divins que la nature n'explique pas, que les vicissitudes de la vie n'expliquent pas, que les influences humaines n'expliquent pas, et qui dénotent une cause divine :

 

Le vent céleste a soufflé.

 

Comment ?

 

c'est le secret de Dieu.

 

Mais nous en entendons le son, nous en constatons le glorieux passage.

 

Mystère, mais réalité !

 

Au reste, quand nous pourrions moins encore la comprendre, l'œuvre du Saint-Esprit n'en serait pas moins absolument nécessaire pour convertir les cœurs.

 

Rien ne peut la remplacer, ni la suppléer.

 

La comparaison de notre texte vient encore nous l'apprendre.

 

Que le vent se taise, tout est immobile et silencieux dans la nature.

 

Aucun souffle humain ne peut au loin balancer les rameaux des arbres, incliner les moissons, ou enfler la voile du navire.

 

Que le vent se lève et les couches d'air se déplacent, les feuilles s'agitent, l'air frémit, et l'aile du vaisseau l'emporte à travers les ondes.

 

Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit.

 

Sans l'action du Saint-Esprit les âmes demeurent dans l'immobilité et dans la mort.

 

Ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l'esprit est esprit.

 

Le péché s'est étendu sur l'âme humaine et ne lui a plus laissé qu'une vie charnelle qui est une véritable mort.

 

Oubli de Dieu, oubli du ciel, oubli de la loi de Dieu, obscurcissement de la conscience, domination de la chair sur l'esprit, voilà l'état naturel de l'homme depuis que « le péché est entré dans le monde et par le péché la mort. »

 

C'est cet état que Dieu vient faire cesser par la proclamation de l'Évangile, par le don de son Fils.

 

Mais nous ne pouvons recevoir l'Évangile, nous ne pouvons recevoir Jésus-Christ que par le Saint-Esprit.

 

Le Saint-Esprit peut seul mettre notre âme en rapport vivant avec l'Évangile, en rapport vivant avec Jésus-Christ.

 

Sans l'action du Saint-Esprit, l'Évangile, Jésus-Christ, restent hors de nous, ils sont pour nous comme s'ils n'étaient pas.

 

Recueillons à cet égard le témoignage de tous les Chrétiens, ils nous diront :

 

Nous lisions la parole de Dieu dans nos demeures, et nous l'entendions dans nos temples, mais cette parole de Dieu ne pénétrait pas au-dedans de nous.

 

Nous l'entendions de nos oreilles, nous l'admettions par l'intelligence, mais elle ne faisait pas tressaillir nos âmes.

 

Plus d'une fois ses grandes doctrines nous froissaient, ses saints mystères nous repoussaient, cette révélation de Dieu était enveloppée pour nous d'obscurité et de contradictions :

 

car « l'homme animal ne comprend pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, elles lui paraissent une folie parce que c'est spirituellement qu'on en juge. »

 

Mais un jour nous avons dit à Dieu avec David :

 

Dessille mes yeux afin que je regarde aux merveilles de la loi, et ces merveilles nous sont apparues, ces ténèbres nous sont devenues lumière, ces contradictions harmonie, cette folie sagesse, la vérité chrétienne a répondu aux plus profonds besoins de notre cœur.

 

C'est l'esprit de Dieu qui a illuminé les yeux de notre entendement, qui nous a fait connaître les choses qui nous ont été données de Dieu et qui a rendu sa parole vivante et efficace dans nos âmes.

 

Cette parole rendue vivante, les grandes vérités qu'elle enseigne sont devenues vivantes pour nous.

 

Elle nous parlait à chaque page de notre péché.

 

Nous y entendions les accents poignants d'un David, l'humble prière du péager, les douloureuses expériences d'un saint Paul :

 

« Quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi »

 

et la déclaration solennelle d'un saint Jean :

 

 « le monde est plongé dans le mal. »

 

Et nous avions une conscience confuse de ce mal, nous nous reconnaissions pécheurs avec l'humanité tout entière, mais sans douleur, sans trouble, sans larmes, sans un besoin personnel et irrésistible de sortir de notre corruption, lorsqu'un jour l'Esprit est venu nous convaincre de péché ; il nous a dit au fond même de notre conscience :

 

tu es cet homme-là ;

 

tu es ce pauvre pécheur, souillé, condamné, perdu...

 

Oh ! alors, quel trouble ! Quelle inquiétude ! Quelle repentance !

 

Et la prière du péager s'est pour la première fois échappée de notre âme :

 

« O Dieu ! sois apaisé envers moi qui suis pécheur. »

 

O Dieu, pardonne-moi, sauve-moi au nom de Jésus-Christ.

 

Jésus-Christ !

 

Nous avions entendu depuis notre enfance son nom sacré, nous avions lu dans sa Parole l'histoire de sa vie, de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection, et il était resté pour nous un être absent, éloigné, homme du passé, sans rapport direct avec notre âme qui l'appelait vaguement le Sauveur de l'humanité.

 

Mais, convaincus de péché par le Saint-Esprit, comme il nous est devenu nécessaire, comme nous avons soupiré après sa délivrance !

 

Ainsi que la statue dont les voiles tombent, il nous est tout à coup apparu dans son ineffable réalité, dans son infinie douceur...

 

Mais il n'est pas resté immobile, il s'est avancé vers nous, et il nous a dit à nous-mêmes :

 

« Ne crains point, crois seulement. Va en paix, tes péchés te sont pardonnés. »

 

Alors nous avons compris cette parole :

 

Nul ne peut dire que Jésus-Christ est le Seigneur, si ce n'est par le Saint-Esprit.

 

Le dire des lèvres, c'est facile !

 

Le dire de l'intelligence, c'est facile !

 

Mais le dire du cœur et de l'âme, nul ne le peut si ce n'est par le Saint-Esprit, qui seul persuade, qui seul ouvre le cœur, qui seul lui donne Jésus-Christ, et le donne à Jésus-Christ !

 

Et quand nous avons connu, quand nous avons possédé Jésus-Christ, nous avons senti qu'une vie nouvelle était éclose dans notre âme.

 

Jusques-là nous étions préoccupés sans doute de devoir et de moralité, mais nous ne vivions pas de la vie de Dieu.

 

Convaincus de péché, ayant obtenu grâce, c'est ce Dieu Sauveur qui est devenu l'objet suprême de notre vie.

 

L'aimer, le servir, lui immoler nos convoitises, lui consacrer tout notre être, voilà pour nous ce que c'est que vivre.

 

Et si nous étions plus fidèles, si nous laissions l'Esprit poursuivre, consommer en nous son œuvre glorieuse, quelle horreur du mal !

 

Quel accomplissement du bien !

 

Quels triomphes sur la chair et le sang !

 

Quelle humilité ! Quelle charité ! Quelle sainteté !

 

Alors nous pourrions dire avec saint Paul :

 

« La loi de l'Esprit de vie qui est en Jésus-Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort...Si quelqu'un est en Christ il est une nouvelle créature. Les choses vieilles sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. »


 

Œuvre magnifique, mais œuvre surhumaine !

 

Oeuvre « non de l'homme ni de la volonté de l'homme, » mais de l'Esprit de Dieu.

 

Sans le Saint-Esprit, nous pouvons avoir l'apparence, la copie extérieure du christianisme :

 

nous n'en avons pas la réalité.

 

Sans le Saint-Esprit :

 

-          la repentance n'est qu'un regret stérile,

-          la foi n'est qu'une adhésion intellectuelle,

-          la charité n'est que de la philanthropie,

-          la prière elle-même n'est qu'un mouvement des lèvres ou une vague et stérile élévation de l'âme.

 

Par le Saint-Esprit :

 

-          le repentir est une sainte douleur,

-          la foi est une conviction qui saisit tout notre être,

-          la charité une double flamme qui nous porte vers Dieu et vers nos frères,

-          la prière un soupir de l'Esprit qui descend du ciel et qui y remonte en nous emportant avec lui.

 

 O vous qui soupirez après la vie de Dieu, n'avez-vous pas douloureusement senti combien l'Esprit vous est nécessaire pour soulever votre âme attachée à la poudre !

 

Représentez-vous vivement, d'une part l'état naturel de l'homme, l'éloignement de Dieu, l'égoïsme, les inclinations mondaines, le poids honteux de la chair ;

 

Et d'autre part l'état glorieux du chrétien, la communion avec Dieu, l'amour, la sainteté ;

 

et pour passer de l'un de ces états à l'autre, votre inertie, vos vaines résolutions, votre inconstance, votre impuissance...

 

Ah ! Ne vous écrierez-vous pas avec le prophète en présence de ce désert moral où règnent l'immobilité et la mort :

 

« Esprit, souffle des quatre vents, souffle sur ces morts, afin qu'ils revivent ! »

 

L'œuvre de l'Esprit est nécessaire.

 

L'Esprit est le saint agitateur de l'âme humaine, le Créateur unique de la vie d'en haut.

 

Mais il agit avec une souveraine liberté : je veux dire que riche en conseil et abondant en moyens, il travaille dans les âmes avec une suprême indépendance, et que ce n'est point à nous à régler sa marche, à déterminer ses modes d'action.

 

Dans le domaine de la nature, le vent souffle où il veut et comme il veut  :

 

-          aujourd'hui sur les hautes cimes, demain plus près de terre à travers les vallées profondes ;

-          aujourd'hui, porté, sur les ailes de l'aurore, demain sur les ailes de la nuit.

 

Il souffle « de l'Orient ou de l'Occident, du septentrion ou du midi. »

 

Ici c'est un vent de tempête qui déracine les arbres et ébranle les rochers ; là c'est un vent doux et subtil comme celui qu'entendit le prophète sur les hauteurs du Carmel.

 

Il est agent à la fois un et divers de mouvement et de vie, souffle de Dieu se promenant librement dans le vaste domaine de la création.



Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit.

 

 

 

 

L'oeuvre de l'esprit (Suite)

 

 

Bible (56)Croix Huguenote

 

 

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 22:08
L'oeuvre de l'esprit (1ère partie)

Croix Huguenote

Le vent souffle où il veut et tu en entends le son, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit.

(Jean 3.8)

 

 

 

Il est deux aspects sous lesquels on peut considérer le Saint-Esprit : sa nature et son œuvre, ce qu'il est en lui-même et ce qu'il produit dans les âmes.

 

La nature du Saint-Esprit !

 

Grande et haute question !

 

Relever toutes les déclarations des Ecritures sur ce point important, soit dans la première, soit dans la deuxième partie de la Bible, particulièrement dans saint Jean et dans saint Paul, les deux apôtres théologiens ; puis de ces données scripturaires, s'élever par l'effort de la pensée et par l'intuition du cœur à la conception de la personnalité du Saint-Esprit et marquer sa place dans l'essence divine ; saisir dans l'unité suprême de Dieu une pluralité mystérieuse, dans l'égalité parfaite une distinction parfaite ; voir ainsi l'idée du Dieu rationnel, plus ou moins abstraite, immobile et froide, faire place à la notion riche, vivante, animée du Dieu révélé ; -- voilà un noble labeur de l'esprit et nous comprenons qu'il ait tenté cet évêque de la cité des Ptolémées qui, dans un magnifique essai de spéculation, a concentré sur ces profondeurs tout l'effort du génie humain.

 

Mais, nos auditoires supporteraient-ils ces fortes méditations que ne redoutaient pas nos pères, et l'esprit positif du siècle ne viendrait-il pas se joindre à je ne sais quelle paresse intellectuelle pour bannir des sujets aussi abrupts de la chaire Chrétienne ?

 

Convenons-en d'ailleurs, traiter de telles matières avec tous les développements qu'elles comportent, ce serait faire de la théologie plutôt que de la religion.

 

Or, dans cette heure rapide, conquise non sans peine sur notre vie agitée, c'est de la religion plutôt que de la théologie que l’on attend de nous.

 

Occupons-nous donc de l'œuvre de l'Esprit, des divines opérations de cet Agent mystérieux dont l'Ecriture nous parle en tant de passages et sur lequel la solennité de ce moment dirige notre attention.

 

La parole de notre texte, empruntée à l'entretien de Jésus avec Nicodème, nous décrit cette œuvre du Saint-Esprit dans une comparaison saisissante :

 

« L'Esprit souffle où il veut et tu en entends le son, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va ; il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit. »

 

En hébreu, comme dans le grec de la seconde partie de la Bible, empreint d'hébraïsme, le même mot désigne le vent et l'esprit.

 

De là une analogie instructive, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, entre la sphère de la nature et la sphère de la grâce ; analogie qui nous fournira sur l'action du Saint-Esprit de précieuses lumières et nous montrera successivement le mystère de cette action, son absolue nécessité pour toute âme d'homme, et la souveraine liberté de ses modes d'opération dans les cœurs.

 

J'ai parlé d'abord du mystère de l'action du Saint-Esprit.

 

Ne nous figurons pas avoir échappé au mystère parce qu'au lieu d'envisager la nature du Saint-Esprit, nous envisageons son œuvre.

 

Là aussi, dans les rapports de l'infini avec le fini comme dans la contemplation de l'infini en lui-même nous touchons au merveilleux, à l'incompréhensible.

 

Le mystère est partout, au ciel et sur la terre ; il nous enveloppe, il nous presse de toutes parts et que sommes-nous nous-mêmes si ce n'est « un mystère jeté au sein du mystère universel ? »

 

Il faut le reconnaître et en prendre son parti, ou bien se résoudre à nier, parce qu'on ne les comprend pas, une foule de faits et de phénomènes indéniables.

 

Comment l'Esprit infini peut-il agir sur notre esprit borné ?

 

Comment cette personnalité mystérieuse peut-elle s'unir à la nôtre ?

 

Comment le divin peut-il toucher et pénétrer l'humain ?

 

Comment, au sein de notre liberté, la liberté et la souveraineté divine peuvent-elles se déployer en nous ?

 

Questions insolubles et éternellement insolubles.

 

Et cependant cette action, ces communications merveilleuses, ces triomphes de l'Esprit sur notre nature sont des faits incontestables.

 

La comparaison de notre texte nous rend sensible cette réalité de l'œuvre de l'Esprit dans l'obscurité de son mode d'action.

 

Le vent souffle où il veut et tu en entends le son, mais tu ne sais d'où il vient ni où il va.

 

Nous ne voyons pas le vent, mais nous voyons ses effets.

 

Nous ne connaissons ni son point de départ ni son point d'arrivée, mais nous saisissons les traces certaines de son passage.

 

Qu'il souffle doux ou véhément à travers nos campagnes, et un suave murmure, une plainte mélancolique ou un sourd mugissement parviennent à nos oreilles, tandis qu'un spectacle plein d'animation frappe nos yeux.

 

Le feuillage frissonne doucement, les moissons ondulent avec grâce : ou bien les forêts s'agitent, les branches des arbres se tordent sous l'effort de la tempête, des tourbillons de poussière s'élèvent et de sombres nuages traversent les airs comme des armées qui se poursuivent et parfois se heurtent en faisant jaillir la foudre.

 

Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit.

 

Cet agent divin demeure invisible, mais ses effets sont visibles.

 

Un souffle d'en haut a passé sur les âmes : nous le reconnaissons à cette agitation féconde, à ces mouvements célestes, à ces glorieux résultats qui s'offrent à nos regards.

 

Quels exemples nous en sont donné lorsque nous lisons les merveilleux effets de la parole des apôtres à travers les épitres, nous pourrions nous dire qu’il vient de l’éloquence et de son étonnant prestige.

 

Non.

 

Saint pierre n'était pas un orateur.

 

Pas plus que saint Paul, ils n'annonçaient l'Evangile avec les discours pathétiques qu'enseigne la sagesse humaine.

 

D'ailleurs l'éloquence humaine ne produit que des effets humains.

 

Elle peut exciter l'admiration, l'enthousiasme, exalter les courages, soulever dans un sens ou dans un autre les passions populaires ; mais pour produire les effets spirituels, pour renverser les préjugés et l'orgueil, pour déterminer la repentance, pour amener les pensées « captives à l'obéissance de la croix », il faut autre chose que l'éloquence humaine.

 

Il fallait l'action du Saint-Esprit.

 

C'est, dirions nous encore, la puissance de la vérité, la proclamation de la résurrection de Jésus-Christ...

 

Sans doute...

 

Mais que de fois la vérité n'a-t-elle pas été présentée avec la même clarté et la même force, sans produire des effets semblables ?

 

Reconnaissons ici le travail du Saint-Esprit accompagnant la prédication de la vérité.

 

Le souffle d'en haut dans les faits relevés d’avec les apôtres, a passé sur les âmes et les a remuées jusqu'au fond.

 

Comment ?

 

C'est le secret de Dieu.

 

Mais le ciel s'est abaissé sur la terre, et une création divine s'est opérée dans les cœurs.

 

« Le vent souffle où il veut et tu en entends le son, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit. »

 

 

 

L'oeuvre de l'esprit (Suite)

 

 

 

Bible (125)

Croix Huguenote

 

 
Partager cet article
Repost0
1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:50
Un temps pour toutes choses

Un temps pour toutes choses

 

 

Dans  Ecclésiaste chapitre 3, il est précisé que tout ce qui arrive ici-bas vient au moment opportun décidé par Dieu Lui-même.

 

C’est Lui qui détermine le moment de naître et celui de mourir, le moment de planter, le moment d’abattre et celui de construire.

 

C’est Lui qui fixe le temps des pleurs et celui des rires, le temps de la tristesse et celui des moments de joie, le temps de disperser des pierres et celui de les ramasser, le temps pour s’embrasser et le temps pour s’en abstenir.

 

Il décide quand vient le moment de chercher et quand il faut laisser perdre, quand il faut conserver et quand il faut jeter, quand il faut déchirer et quand il faut recoudre,

 

C'est Dieu qui décide quand il faut garder le silence et quand vient le moment de parler, quand il faut aimer et quand il faut haïr, quand il faut déclarer la guerre et quand il faut signer la paix.(Ecclésisaste 3)

 

Ici bas nous ne pouvons comprendre le pourquoi des temps difficiles que nous traversons parfois, et surtout des deuils qui peuvent nous frapper.

 

Mais si nous y réfléchissons, nous ne pouvons pas non plus comprendre le temps de la joie et des gains immérités…

 

Nous ne pouvons donc que nous en remettre à la Justice et à l’Amour de Dieu pour nous ses enfants : pour tout !

 

Ce qu’Il met sur notre chemin est ce dont Il tirera tôt ou tard Sa gloire, et en attendant nous devons confesser :

 

«ce que je ne comprends pas aujourd’hui je le comprendrai plus tard. Dieu donne et Dieu reprend ; que le nom de l’Eternel soit béni…»

 

Pasteur Serge Gout,

 

 

Bible (133)

Croix Huguenote

Source :  "Les Ulis"

 

 

 

Partager cet article
Repost0
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 18:45
Simplicité et sobriété Chrétienne

"En priant, ne multipliez pas de vaines paroles,

commes les païens qui s'imaginent

qu'ils seront exaucés à force de paroles."

(Matthieu 6:7)

 

 

Si l'abondance des paroles et la pauvreté des idées caractérisent les prières païennes, que de païens, hélas ! Même au sein du peuple Chrétien !

 

"Dans la multitude des paroles, il y a une multitude de péchés : crains Dieu !", dit le Sage.

 

Apprenons la sobriété Chrétienne qui réprime le verbiage, les phrases inutiles, les exagérations de sentiments, les fausses emphases, la mauvaise littérature, en priant.

 

Rappelons nous donc que c'est à Dieu que nous parlons ; qu'Il sait très bien ce que nous voulons dire. (...)

 

Le champ est riche, si l'un cultive le blé, que l'autre cultive l'avoine.

 

Si ton frère parle de tel malade, toi, présentes en un autre.

 

Dans la demande des grâces du Saint Esprit, cette prière là, renfermant toutes les autres, ne saurait se multiplier assez ; car elle est le cri de toute âme qui a soif.

 

"Seigneur Jésus, viens !", voilà le cri de l'Eglise !

 

Puissent les enfants de Dieu l'adresser au Ciel de toutes parts !

 

Puissent ils le chanter sur tous les tons, dans toutes les églises de la terre !

 

Car il est la prière que le sérieux des temps actuels doit mettre de plus en plus dans notre coeur.

 

N'oublions pas celle que le Christ nous a apprise, le modèle sur lequel nous devrions régler toutes les nôtres.

 

Est-elle bien réellement notre "prière quotidienne" ?

 

Ne dit-elle pas tout ce que nos coeurs doivent dire d'essentiel ?

 

Que chaque jour,  celle ci salue l'aurore de nos journées de travail  pour que,  l'activité extérieure nous privant de la tranquille méditation du matin, il ne nous reste que le temps d'une courte invocation à notre Dieu.

 

Pour le soir, une simple action de grâce peut suffire à qui succombe de fatigue.

 

J'ai connu un Chrétien malade qui, ne pouvant appliquer sa tête à l'effort mental de la prière, s'agenouillait chaque soir pour ces simples paroles, prononcées du fond du coeur :

 

"Mon Dieu, je te rends grâces pour toutes choses ; je te prie pour toutes choses ; bénis moi au nom de Jésus. Amen !"

 

"Lorsque tu t'approches de l'autel, n'offre pas le sacrifice des insensés, mais use de peu de paroles, car Dieu est au ciel, et toi sur la terre !".

 

Amen,

 

Pasteur Charles Spurgeon,

spurgeon

Bible

Croix Huguenote

 

 
Partager cet article
Repost0
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 18:35
Orgueil et humilité (Suite & fin)

Dieu résiste aux orgueilleux

mais Il fait grâce aux humbles.

(Jacques 4:6)

(Dernière partie)

 

 

C'est par des paroles flatteuses, prononcées par des coeurs imprudents, que plus d'un serviteur du Christ a sombré dans l'orgueil après avoir été béni d'abord dans la petitesse.

 

Le pasteur Rochat eut beaucoup lutter contre l'orgueil spirituel. Il en fut délivré par la prière et la vigilance assidues.

 

Voici ce qu'il écrivait en 1844 :

 

"...L'orgueil est de tous nos ennemis celui qui meurt le plus lentement, le plus difficilement.

 

Mme de Staël disait à son lit de mort :

 

"Ce qui meurt le dernier en nous, c'est l'amour-propre !". (...)

 

Si je vous demandais comment vous savez que je suis un des hommes les plus avancés dans les voies chrétiennes, "un serviteur de Dieu éminent", vous seriez sans doute fort embarrassé de me répondre.

 

Me citeriez vous mes ouvrages ? (...) malheureusement nous ne sommes points, toujours et en toutes choses, les hommes de nos discours.

 

Nous portons ce trésor de connaissance Chrétienne dans des vases de terre, afin que l'excellence de sa force soit attribuée à Dieu, non à nous.

 

Je ne veux pas vous dire ce que je pense de moi.

 

Je m'y rechercherais probablement, et peut être en me recherchant pourrais je paraître humble, ce que je ne suis pas.

 

J'aime mieux vous dire ce que le Seigneur pense de moi.

 

Ce Glorieux Maître qui sonde les coeurs, qui parle en Vérité, qui est l'Ancien le Témoin Fidèle et Véritable, m'a souvent parlé dans le secret de mon coeur : Grâces Lui en soient rendues !

 

Mais je puis déclarer que jamais Il ne m'a dit que  je fusse un Chrétien éminent et avancé dans les voies de la Vérité.

 

Au contraire, Il me dit très clairement que si je savais me mettre à ma place, je m'appellerais le premier des pécheurs, le moindre de tous les saints.

 

Je puis dire que lorsqu'on me loue, j'éprouve deux choses : l'une, que mon orgueil voudrait encore trouver là sa pâture ; l'autre, que ma conscience, mon nouvel homme, se déplaît dans ces éloges, en rougit, et même les ressent comme une espèce de reproche de me faire paraître aux autres au-delà de ce que je suis.

 

Croyez-moi, louons le Seigneur ! Lui Seul est digne d'être loué, vénéré, adoré !

 

Jamais on n'a trop célébré Sa Bonté.

 

A cela, il n'y aura peut être point de danger.

 

Le cantique des bienheureux ne loue que Celui qui les a rachetés par son sang ; il ne renferme pas un mot d'éloges pour aucun d'eux, pas un mot qui les classe en éminents ou non-éminents.

 

Tous se confondent sous le titre commun de rachetés qui fait leur gloire et leur bonheur.

 

Tâchons de mettre nos coeurs en harmonie avec ce cantique, auquel nous espérons joindre un jour nos faibles voix.(...)

 

Puissions nous faire dès à présent comme les séraphins qui de deux ailes couvraient leurs pieds, comme cachant leur démarche à eux et aux autres, et de deux volaient pour exécuter la Sainte Volonté du Roi des rois, en criant l'un à l'autre : "Saint, Saint, Saint est l'Eternel Dieu". Amen,

 

Seigneur ! Crée en moi un coeur humble, "froissé, brisé, tremblant", qui s'humilie sous ta verge comme sous tes grâces excellentes, qui fuie l'ostentation en toutes choses, surtout dans la prière, qui se contente des oeuvres basses, cachées et sans attrait, qui ne cherche point son propre chemin, ses goûts propres, ses oeuvres propres, qui cache aux autres, à moi même si possible, le bien qu'il m'est donné de faire (Matthieu 6:3-4)(...)

 

Si parfois, ô mon Dieu ! Tu veux bien te servir de mon néant pour ton Oeuvre Sainte, brise moi en m'y employant, plutôt que de permettre que Satan vienne, "déguisé en ange de lumière, m'élever par orgueil" et m'enfler à perdition.

 

Merci, merci, mon Dieu ! De toutes les échardes, de toutes les épines, de tous les opprobres que tu accordes à tes serviteurs et à tes servantes sur le chemin de leur dévouement à ta cause !

 

Il fallait que je sois "jeté par terre" pour que j'apprisse la valeur de cette promesse des promesses :

 

Ma Grâce te suffit.

 

Oui, je te bénis, ô Mon Père ! Pour toutes ces croix, tous ces jugements, toutes ces sévérités, qui me tuent à la terre et me font vivre au ciel : il était bon pour ton enfant d'être ignoré, rabaissé, souffleté.

 

Je te rends grâces même de me cacher tes exaucements, car Tu m'aimes en me rebutant, comme Tu m'aimeras en me délivrant.

 

D'ailleurs, ils sont là, je le sais, dans Ta Main, derrière un voile, nécessaire à mon humilité.

 

Père Saint, je les y laisserai, et je resterai en paix jusqu'au jour marqué ; car "tes voies sont trop merveilleuses pour moi, tes jugements sont impénétrables...".

 

Si nous avons été affligés ensemble par l'humiliant examen de notre triste coeur "rusé et désespérément mauvais" et de nos infirmes prières, prenons courage, cependant, et consolons nous ensemble en tournant nos regards sur le "Souverain Sacrificateur qui porte nos iniquités".

 

 S'Il nous enseigne à prier "en son Nom", c'est pour pouvoir présenter ces prières à Son Père "dans l'encensoir d'or" de ses parfaits mérites, "comme un parfum de bonne odeur".

 

Comme un parfum !!... Serait-ce vrai ?... Ces misérables invocations, dont pas une ne fut faite dans les conditions bibliques, dont pas une ne réalisa l'idéal de prière que j'avais conçu !

 

Néanmoins, Tu les entends, Tu les accueilles, ô Mon Dieu !

 

Et non seulement Tu les reçois par Jésus Christ qui Les purifie, mais Tu les rassembles comme Ton Trésor Particulier sur l'autel de la Jérusalem Céleste !

 

Oh ! Ne veillerai je pas désormais pour que, parmi ces parfums divins qui ont une si grande destinée, il ne s'introduise aucun parfum étranger !

 

Ne veillerai je pas pour que ces parfums soient bien véritablement de "ces prières des saints", des sanctifiés, des mis à part pour le service du Père ?

 

Ne veillerai je pas aussi pour qu'il y en ait "beaucoup", puisqu'il est dit :

 

"Ceux qui en auront amené plusieurs à la justice luiront commes les étoiles à toujours et à perpétuité" ? (Daniel 12:3)

 

En cela aussi, "comme faibles nous sommes forts", car, dans notre infirmité reconnue et pleurée, le Saint Esprit agira davantage.

 

Oui, "l'Esprit nous soulage dans nos faiblesses ; nous ne savons pas ce que nous devons demander pour prier comme il faut, mais l'Esprit Lui même intercède pour nous par des soupirs qui ne se peuvent exprimer, et Celui qui sonde les coeur connaît quelle est la pensée de l'Esprit lorsqu'il prie pour les saints, selon la volonté de Dieu."

 

Viens bientôt ! Oui, Seigneur Jésus, viens !

 

Amen,

spurgeon

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

bible

foi huguenote

 

Partager cet article
Repost0
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 18:34
Orgueil et humilité (1)

Dieu résiste aux orgueilleux

mais Il fait grâce aux humbles.

(Jacques 4:6)

 

 

 

L'orgueil n'est il pas la barrière principale entre Dieu et l'homme, l'obstacle essentiel à l'exaucement des prières ?

 

"Voici, tu as dit : je suis riche, et tu n'as pas vu que tu étais pauvre, misérable, aveugle et nu."

 

Si Dieu résiste aux orgueilleux, combien ne nous importe-t-il pas de bien savoir où nous en sommes.

 

Si je ne suis qu'au bas de l'échelle, à ce premier degré douloureux et humiliant de la découverte d'un orgueil immense dans un coeur que j'avais cru jusqu'ici modeste et détaché, il s'agit pour moi de monter d'échelon en échelon, soutenu par la Main Divine, jusqu'à la parfaite stature de Christ, dont Il nous le modèle, ne l'oublions pas, dans celle... du petit enfant placé au milieu des disciples (Marc 9:36).

 

Cette ascension a ceci de particulier, en effet, que c'est en descendant qu'on progresse et en diminuant qu'on grandit.

 

Jean Baptiste lui même, disait : "Il faut que Christ croisse et que je diminue."

 

"Et c'est pour me vider de moi, disait le Pasteur Rochat, et me remplir de Lui, qu'Il me laisse faire des expériences humiliantes souvent répétées. Or, comme nous sommes de notre nature pleins de nous mêmes, que notre orgueil a des racines d'une profondeur incroyable, il faut que le Seigneur creuse bien avant pour aller jusqu'à la source du mal. Il ne veut rien faire à demi dans nos âmes ; c'est pourquoi Il nous met dans le creuset plus souvent et plus longtemps. Lorsque nous croirions peut être avoir été suffisamment humiliés, Il remet encore Sa Main sur nous."

 

Lorsque nous pensons avoir bien connu notre orgueil, être bien dépouillés de l'idée de nos propres forces, voici, Il nous montre par quelque expérience frappante qu'à peine nous sommes encore sur les bords de l'humilité, qu'à peine nous avons soupçonné la profondeur de notre plaie.

 

Laissons Le faire.

 

Il ne se trompera pas et ne nous humiliera pas plus qu'il ne faut pour notre bien.

 

Si le Seigneur travaille à nous vider de notre orgueil, c'est pour demeurer en nous avec tout ce qu'Il de Grâce, de Sainteté et de Joie, par le Saint Esprit.

 

Soumettons nous donc, si ce n'est avec joie, du moins avec patience, persuadés que le Seigneur nous promène à travers le désert "afin de nous éprouver et pour nous faire du bien".

 

Ce que le Seigneur veut empêcher, c'est que notre coeur ne s'élève devant les richesses de Sa Grâce, comme Ezéchias devant les trésors de sa maison, comme Nébucadnetsar devant la grande Babylone qu'il avait bâtie.

 

En tout temps donc, et quels que soient les biens spirituels et tomporels dont puisse nous combler Sa Miséricorde, jetons donc toujours toutes nos couronnes à ses pieds, en nous écriant :

 

"A Lui soit la Gloire et à moi la confusion de face ! Car que puis je avoir sans l'avoir reçu ?"

 

"L'orgueil ! Voilà le plus grand de nos maux dit encore Rochat, parce qu'il marche devant la ruine. L'orgueil est le plus grand de nos péchés, parce qu'il vole à Dieu ce qui Lui appartient. L'orgueil ! Voilà ce que Dieu a en abomination par dessus tout, parce qu'Il est un "Dieu jaloux, qui ne donne point Sa Gloire à un autre."

 

"J'habiterai, dit l'Eternel, avec celui qui a le coeur brisé, qui est humble d'esprit et qui tremble à ma Parole."

 

Pour "devenir forts, devenons donc faibles", et, pour être affaiblis, consentons à être ployés par les autres.

 

Cela est difficile !

 

On demande à genoux l'humilité avec ardeur, on se relève tout ému, tout brisé, croyant presque en avoir fini à tout jamais avec cet adversaire...

 

 A peine debout, voici que le "moi" raidit déjà son cou...

 

Une branche gourmande jaillissait fièrement hors du tronc d'un pommier, se glorifiant de la vigueur de son jet comparé

à celui des autres.

 

En automne, les branches chargées de fruits se courbaient vers la terre ; le rameau stérile, avec son port élancé et son vert feuillage, se releva d'autant.

 

Le jardinier vint, souleva les branches fertiles, mais abaissées, puis coupa et jeta au feu la branche verte dont toute la beauté s'en alla bientôt en fumée.

 

Hélas ! L'orgueil est une hydre aux cent têtes ; quand nous l'avons écrasé sous une forme, voilà, il reparaît sous une autre.

 

Il y a aussi tous les genres d'orgueil ; celui de l'un n'est pas celui de l'autre.

 

Chacun a son "pharisaïsme" particulier, son "je te remercie, ô Dieu ! De ce que je ne suis pas comme tel ou tel".

 

"Orgueil de naissance, dit Lobstein, orgueil de position, orgueil de talents, orgueil spirituel" ; c'est toujours la même idolâtrie de nous mêmes, la même usurpation de la Gloire de Dieu.

 

Il est naturel que "Dieu résiste aux orgueilleux et qu'Il bouche leur chemin avec des épines, leur faisant une cloison de pierre, si bien qu'ils ne trouveront plus leur sentier".

 

La vie de l'orgueilleux est pleine de vexations.

 

Jamais on ne l'a apprécié comme il voudrait l'être ; cela le fait cruellement souffrir.

 

Le coeur humble, celui qui a le sentiment réel de sa petitesse, celui qui regarde les autres sincèrement comme plus excellents que soi, est un terrain où tous les dons de Dieu fructifient.

 

Assurance du pardon, paix profonde, saveur de la Parole Divine, esprit de prière, fermeté dans les afflictions, secours de  toute espèce : toutes ces choses sont pour les humbles, à tout instant et gratuitement ; mais la vraie humilité n'a point conscience d'elle même.

 

On devient orgueilleux sitôt qu'on se croit humble.

 

Puissé-je, moi, pauvre péager, qui ne crains pas devant Dieu de me considérer comme le plus grand des pécheurs, puissé-je me frapper la poitrine tous les jours de l'année !

 

Puissé-je apprendre de Celui qui était doux et humble de coeur à "regarder les autres (hommes ou nations, qu'importe !) comme plus excellents que moi", eu égard aux lumières reçues !

 

Car "à celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé".

 

Puissé-je ne pas être présomptueux, ou me gonfler de mon importance, de ma personne dans les assemblées, l'Eglise.

 

Moins ce sujet nous plaît, plus nous devons nous y appliquer.

 

L'orgueil spirituel, le plus monstrueux, et, hélas ! Le plus caressé des orgueils !

 

"La connaissance enfle, est-il dit ; l'amour seul édifie !".

 

Ce "piège de l'ennemi de nos âmes", comme l'appelle saint Paul, si dangereux en particulier pour les ouvriers du Seigneur nouvellement convertis, ce piège de l'ennemi de nos âmes faisant une telle peur à saint Paul, qu'il rendait grâce d'en avoir été préservé par "l'écharde mise en sa chair".

 

Il avait peur de s'enorgueillir de l'excellence de ses révélations, c'est pour cela qu'il "se plaisait dans les faiblesses et les opprobres".

 

Quand la croix pèse, le front se courbe.

 

"Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui même."

 

Et nous, au contraire, ne nous recherchons nous pas, jusque dans la prière ?

 

Nous posons devant Dieu, nous posons devant nos soeurs, nos frères, nous posons devant notre propre personne... même à genoux !...

 

Ne sommes nous pas ridicule !

 

Après un beau discours, une bonne prière, combien de fois, pour être franc, n'aurions nous pas à confesser, comme Bourdaloue, à la femme qui vient nous le dire :

 

"Satan m'avait déjà dit que c'était bien".

 

"Ne nous complaisons point en nous même."

 

(Suite et fin)

 

 

bible

foi huguenote

 

Partager cet article
Repost0
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 18:23
Le Divin Potier

Il est des Chrétiens qui sont continuellement et souvent miraculeusement exaucés.

 

Les Moraves, par exemples, vivent d'une succession d'actes de foi et de délivrances dans les grandes et dans les petites choses de leur vie.

 

C'est qu'ils sont des Chrétiens petits enfants, et que, dans la majeure partie des cas, nous sommes des chrétiens raisonneurs, ce qui est fort différent.

 

Qui n'a pas connu telle personne qui, lorsqu'elle a fait une prière de foi dans les conditions posées par la Parole, rend déjà grâce pour l'exaucement ?

 

Mais cette âme laisse à Dieu le quand et le comment Il voudra faire apparaître cette réponse à ses yeux.

 

Faisons de même.

 

Et si je venais à mourir auparavant ? Qu'importe !

 

Peut être y eut il des Israélites qui moururent pendant les sept jours de l'assaut de Jéricho, la muraille n'en tomba pas moins à l'heure propice, parce qu'ils avaient cru, et cru "sans hésiter".

 

Mais pourquoi ces retards dans l'exaucement ?

 

D'abord, les "pourquoi" aussi étonnant que celà puisse être ne nous regardent pas.

 

"L'argile dira-t-elle au potier : que fais tu ?"

 

Puis ces retards mêmes ne sont ils pas une grâce de sanctification bien précieuses à notre âme !

 

Dieu n'a nul besoin de nos prières pour bénir.

 

C'est Son Désir, c'est Son Bonheur Suprême.

 

S'Il les demande, c'est pour nous, non pour Lui.

 

C'est pour nous accorder le bienfait de nous associer aux grâces que Sa Miséricorde veut répandre sur nous et sur les autres.

 

Seulement, de peur que cette faveur ne nous nuise, en suscitant en nous l'orgueil spirituel, Il semble nous rebuter un certain temps.

 

Mais ce n'est que pour éprouver notre foi plus précieuse que l'or, afin que cette épreuve tourne à Sa Louange, à Son Honneur et à Sa Gloire lorsqu'Il paraîtra.

 

Prends donc courage, pauvre cananéenne !

 

Il a recueilli chacun de tes soupirs, chacun de tes cris persévérants.

 

Si, depuis des années, tu le poursuis sans qu'Il daigne donner l'impression de se retourner, n'est ce pas pour te dire un jour avec d'autant plus d'Amour :

 

"Ta foi est grande, qu'il te soit fait selon ce que tu désires."

 

En attendant ce jour du festin joyeux de la délivrance, contente toi des miettes du petit chien.

 

Abaisse toi de plus en plus dans la prière, car plus ton âme se prosternera dans la poussière, reconnaissant qu'Il ne te doit rien, plus le trésor des bénédictions de l'exaucement s'accumulera pour t'enrichir quand l'heure marquée sera là.

 

Amen,

 

 

Charles Spurgeon

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

Bible

Croix Huguenote

 

 

Partager cet article
Repost0

Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

par theme

 

Google-Translate-English to French  drapeau-israel.gif   Traduire français en ItalianTraduire français en SpanishGoogle-Translate-English to Japanese BETA Traduire français en Arabic Traduire français en PortugueseTraduire français en Arabic Traduire français en Czech Traduire français en danish  Traduire français en Finnish Traduire français en German Traduire français en Greek Traduire français en Hindi  Traduire français en Korean BETAGoogle-Translate-Chinese (Simplified) BETA Traduire français en Croatian Traduire français en NorwegianTraduire français en Arabic Traduire français en Polish  Traduire français en Romanian Traduire français en Russian Traduire français en Russian BETA   Traduire français en SwedishTraduire français en Dutch