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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 18:48
Le cri d'Asaph ou l'idée de Dieu d'Ernest Dhombres (1ère partie)

Le cri d'Asaph ou l'idée de Dieu

 

I – Le déisme 

Par Ernest DHOMBRES

(1867)

 

« Quel autre ai-je au ciel ? Je n'ai pris plaisir sur la terre qu'en Toi seul. » (Psaume 73.25)


 

Qui de vous, n'a senti du premier coup la beauté de la parole du psalmiste et n'a tressailli à ce cri d'une grande âme ?

 

Ce cri du pieux Asaph, qu'il est vaste !

 

On dirait que du haut de sa foi comme d'une cime sereine le poète inspiré promène ses regards dans le ciel et n'y découvre pas une profondeur que ne remplisse le Dieu qu'il adore.

 

Il les abaisse sur la terre, et de tous les objets merveilleux qu'elle renferme il n'en est pas un seul qui ne s'efface devant cet objet suprême.

 

Ce cri, qu'il est ferme et viril !

 

Quelle exclusive affirmation dans ces mots : quel autre ai-je au Ciel ?

 

et quel choix arrêté, dans ceux-ci : je n'ai pris plaisir, sur la terre qu'en Toi seul !

 

Ce cri, qu'il est tendre en même temps ! Quelle vive et ardente sensibilité !

 

Quelle sainte passion ! Et quels jets de flamme Dieu ne sait-il pas faire jaillir d'un cœur d'homme pour les diriger vers Lui !

 

De tels accents font du bien à entendre, dans nos jours ingrats, au milieu des attaques de l'incrédulité, des souffles de scepticisme qui parcourent les airs, et du faible témoignage de la piété languissante.

 

« Quel autre ai-je au Ciel ? Je n'ai pris plaisir sur la terre qu'en Toi seul ! »

 

Voilà bien le frémissement de la vie divine, voilà bien la palpitation d'un cœur pieux !

 

Et qui ne sympathise à ces nobles tressaillements ? Qui ne voudrait être la lyre vivante de laquelle s'est échappé cet accord ?

 

Toutefois, ne nous contentons pas d'une confuse admiration, si sincère, si sympathique qu'elle puisse être.

 

Essayons de saisir et de mettre à profit pour nous-mêmes les leçons instructives qui se cachent dans cet élan spontané d'une âme.

 

La sagesse du siècle cherche un autre dieu que le Dieu d'Asaph, que le Dieu qui s'est fait connaître à nous dans les Écritures et dont Jésus-Christ est la manifestation suprême.

 

Montrons-lui que ce Dieu révélé est le seul vrai Dieu, le Seul qui réponde aux besoins éternels du cœur humain, et opposons-lui la première moitié du cri du Psalmiste : Quel autre ai-je au Ciel ?

 

Les adorateurs du vrai Dieu l'aiment d'un amour trop faible, trop hésitant, trop partagé.

 

Sous l'empire des choses terrestres, ils cherchent parfois ailleurs qu'en lui le trésor et la joie de leur âme.

 

Opposons-leur la seconde moitié de la parole d'Asaph : Je n'ai pris plaisir sur la terre qu'en Toi seul !

 

Pour qu'un Dieu soit vraiment notre Dieu, pour qu'il y ait entre Lui et nous cette communion réelle et féconde qu'éprouvait et que chantait le Psalmiste, il faut en premier lieu qu'il nous aime d'un amour effectif, personnel, se manifestant par une intervention directe dans nos destinées.

 

En outre, créature pécheresse, mais invinciblement appelée par les instincts de sa conscience au bien, à la sainteté, à la vie divine, il faut à l'homme un Dieu qui l'assiste dans cette grande œuvre de son relèvement et de son renouvellement moral.

 

Enfin, créature périssable mais immortelle, il faut à l'homme un Dieu qui, au sortir de la vie terrestre, lui ouvre une éternité bienheureuse.

 

Or, le Dieu des Écritures, le Dieu qu'adorait Asaph et que, mieux qu'Asaph, nous pouvons contempler dans la pleine lumière de Christ, est le Seul qui réponde à ces immortels besoins du cœur humain.

 

On essaie de lui substituer d'autres dieux ; la raison humaine veut modifier, corriger l'idée que Dieu nous donne de Lui-même dans les Écritures.

 

A la pure et immuable conception biblique, elle oppose ses propres conceptions, diverses, incertaines, changeantes et impuissantes comme tout ce qui est humain.

 

Parmi ces conceptions erronées, il en est deux auxquelles on peut, de nos jours, ramener plus ou moins toutes les autres, ce sont celles du Déisme et du Panthéisme. Il nous sera facile de prouver que ni l'une ni l'autre ne peuvent satisfaire les aspirations de nos cœurs.

 

Le dieu du Déisme, le dieu de la religion naturelle, le dieu du XVIIIème siècle dont la froide adoration suffit encore de nos jours à beaucoup d'esprits, est cet “Être suprême” qui a créé le monde, mais qui après l'avoir créé est rentré dans un repos immuable.

 

Le monde, sorti des mains de son Créateur, marche selon les lois qui lui ont été données, l'humanité se développe selon les facultés qu'elle a reçues.

 

Mais Dieu n'intervient pas, par des actes nouveaux, dans le cours des choses qu'Il a établi une fois pour toutes.

 

Ce serait entrer dans la variation, dans le changement ; ce serait commettre sa dignité dans des détails infimes.

 

Est-ce là le Dieu qu'il faut à mon cœur ?

 

Et d'abord, est-ce là un Dieu qui m'aime ?

 

S'Il m'a aimé en m'appelant du néant à l'être, son amour s'est aussitôt arrêté, au moins dans ses témoignages actifs.

 

Or, j'ai besoin d'un amour qui m'accompagne et me suive de près dans le cours de ma destinée, qui prenne souci de mon humble sort et qui réponde par des actes nouveaux aux vicissitudes de mon existence passagère.

 

J'ai besoin, en particulier, d'un Dieu que je puisse invoquer au jour de ma détresse.

 

Quand un danger me presse, quand mon esprit troublé cherche anxieusement sa voie, quand une épreuve m'accable et brise mon cœur, puis-je prier ce Dieu, en comptant sur sa pitié et sur son secours ?...

 

Voici la réponse du Déisme dans son plus illustre représentant, Jean-Jacques Rousseau :

 

« J'adore l'Être suprême, mais je ne le prie pas. Que lui demanderais-je ? Qu'il changeât pour moi le cours des choses, qu'il fît des miracles en ma faveur ? Mais ce vœu téméraire mériterait d'être puni plutôt qu'exaucé. »

 

Et voici la réponse du Déisme populaire, dans les refrains légers du chansonnier Français :

Il est un Dieu, devant lui je m'incline
Pauvre et content, sans lui demander rien.
 

Rentre donc ta prière, enfant de la poudre.

 

As-tu l'illusion de croire que le Dieu des cieux puisse l'entendre et l'exaucer ?

 

Mais si l'humanité rencontrait sur son chemin non seulement les souffrances de la vie, mais une grande infortune morale ; si s'éloignant de Dieu, dès ses premiers pas, par l'abus de sa liberté, elle allait s'égarant, se courbant de plus en plus sous le joug du mal...est-ce que Dieu ne lui viendrait pas en aide ?

 

Est-ce que ses entrailles ne s'émouvraient pas en faveur d'un monde perdu ?

 

Est-ce que la liberté divine ne déploierait pas quelque ressource nouvelle, pour ramener la créature coupable et marchant à la mort ?

 

Est-ce que Dieu ne romprait pas le silence ?

 

Est-ce qu'un mot ne tomberait pas du Ciel ?

 

Est-ce qu'une main ne serait pas tendue à l'humanité ?

 

Est-ce qu'un Dieu tout sage et tout bon, ne lui enverrait pas une révélation et un Sauveur ?...

 

Non, répond encore le Déisme.

 

Ce serait, de la part de Dieu, changer le cours des choses, ce serait retoucher son œuvre comme un ouvrier malhabile, ce serait troubler les lois qu'il a établies, porter atteinte à l'ordre primitif et éternel.

 

Une révélation, un Sauveur, c'est le surnaturel, c'est le miraculeux, c'est-à-dire l'arbitraire, l'impossible, et nous n'en voulons pas.

 

Est-ce là, le Dieu qu'il faut à votre cœur ?

 

Comparez-le au Dieu des Ecritures.

 

Celui-ci, après avoir créé le monde, ne se retire pas de lui, mais le pénètre de son action incessante, donnant à tout et à tous, de moment en moment, « la vie, le mouvement et l'être. »

 

En même temps qu' « il ne tombe pas un passereau en terre sans sa permission, » Il veille sur l'humanité, Il la suit dans sa marche et la conduit, à travers les siècles, de Sa Main Souveraine, en respectant le mystère de sa liberté.

 

Lorsque cette liberté s'est égarée, lorsque l'homme s'est jeté dans la transgression, Dieu ne l'a pas abandonné.

 

Bien au contraire, la misère de la créature a provoqué un déploiement nouveau de l'amour du Créateur, le Père céleste a préparé le retour de l'Enfant prodigue.

 

En face de l'ordre naturel troublé par le pécheur et devenu pour lui une loi de mort, il a fondé l'ordre surnaturel pour l'arrêter dans sa chute et le ramener à la vie.

 

Il fallait une révélation, Il l'a donnée.

 

Il fallait des miracles, Il en a opéré.

 

Il fallait des serviteurs et des prophètes, Il les a envoyés.

 

Il fallait son propre Fils, son unique...Il l'a livré !!!

 

« Dieu, ayant autrefois parlé à nos pères par les prophètes, en divers temps et en diverses manières, nous a parlé en ces derniers temps par son Fils, qu'Il a établi héritier de toutes choses et par lequel Il a fait les siècles, et qui, étant la splendeur de sa gloire et l'empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, ayant fait par Lui-même la purification de nos péchés, s'est assis à la droite de la Majesté divine dans les lieux Très-Hauts. »

 

Voilà les actes nouveaux de Dieu en faveur de notre race égarée, voilà ses libres et réparatrices interventions au sein des désordres de la liberté humaine.

 

Qui que tu sois, mon frère ou ma soeur, adresse-toi à Lui avec confiance, du sein de ta misère morale ; demande-Lui ta part de ces dons magnifiques, ta part du salut et de la vie en Christ, qui est le Sauveur de tous !

 

Demande non seulement ces biens suprêmes, mais aussi ces biens inférieurs que sa paternelle çondescendance te permet d'implorer de Lui.

 

Prie pour ta santé, prie pour ton travail, prie pour ton enfant qui part, prie pour ton malade...

 

Va, Dieu t'entend, et Il te répondra au jour que tu seras en détresse.

 

Le cours des choses n'est pas un réseau fatal à travers lequel Il ne puisse étendre Sa Main pour te garder, pour te conduire, pour te délivrer !

 

Lequel de ces dieux préférez-vous ?

 

Lequel répond le mieux aux besoins de vos cœurs ?

 

Le Dieu qui se penche vers vous, qui recueille votre prière à travers le bruit des mondes, et qui vous a envoyé Jésus-Christ ?

 

Ou le spectateur impassible de l'ordre des choses ?

 

Le Dieu que nous pouvons appeler Abbah ! c'est-à-dire Père ?

 

Ou Celui qui n'est, comme on l'a dit, qu'un machiniste caché dans les cieux ?

 

O vous tous qui sentez un cœur battre dans votre poitrine, écoutez-le ce cœur, et vous vous écrierez avec Asaph : Quel autre ai-je au ciel que Toi ?

 


 

(Suite)


bible

-Arthus Croix Huguenote

 

 


 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:12
Faire un voeu - Prêter serment

Faire des voeux ?

 

« Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel », disait Josué à la fin de sa vie (Josué 24 15).

« Je m'acquitterai de mes voeux envers l'Eternel » (Ps. 116: 14).

« Faites des voeux, acquittez-les envers l'Eternel, votre Dieu » (Ps 76 : 12).
 
Ne pas faire des voeux ?

 

« Quand tu as fait à Dieu un voeu, ne tarde pas à t'en acquitter; car Dieu n'est pas favorable aux insensés. Accomplis donc le voeu que tu auras fait. Mieux vaut ne point faire de voeu, que d'en faire et de ne pas s'en acquitter » (Eccl. 5: 4).

« C'est un piège pour l'homme de s'engager à la légère, et de ne réfléchir qu'après les voeux prononcés » (Prov. 20 25).

« Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Mais moi, je vous dis de ne point jurer du tout: ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu ; ni par la terre, car c'est son marche-pied » Que votre parole soit oui, oui ; non, non ! » (Matt. 5 : 33-37).
 
Que faire ?

 

Il y a des chrétiens qui, pour ne pas faire un geste ou dire une parole contraire à l'Ecriture sainte,(voire se défiler pour d'autres et s'éviter comme Caïn toute culpabilité) ne prennent aucune résolution et ne font aucun voeu. Ils citent pour cela les versets de Matthieu 5 reproduits ci-dessus.
 
Est-ce juste ?
 
L'exemple de Josué

 

Josué a fait un voeu :
 
« Nous servirons l'Eternel ».
 
Il nous arrive aussi de formuler des voeux, de prendre une résolution.
 
Lorsqu'un homme prend une compagne, il l'assure de sa fidélité pour toute la vie il fait des voeux de bonheur, d'amour, de bonne entente et de compréhension.
 
De même, lorsqu'un homme abandonne les idoles et se tourne vers Dieu, ilL ui exprime sa reconnaissance et forme le voeu de fidélité envers son Sauveur.
 
Un trait de caractère

 

La capacité de prendre une résolution sérieuse dépeint le caractère d'un homme.
 
Placer devant soi un but, une tâche et s'efforcer d'y arriver, de l'accomplir, démontre la nature virile, l'énergie de l'homme.
 
Le Président d'un pays ami disait, lors de son élection à cette haute tâche
 
« Que ma course soit longue ou courte, que les hommes s'éloignent de moi et me délaissent, l'intégrité et la fermeté ne m'abandonneront point ».

Un voeu exprimé fortifie la volonté.
 
Même pour le chrétien
 
Un croyant du temps passé, Polycarpe, condamné à mort, répondit à l'offre de liberté :
 
« Quatre-vingt-six ans, j'ai servi mon Sauveur. Comment pourrais-je aujourd'hui le renier ? ».
 
Un magistrat jure de servir la nation un soldat jure de défendre son pays.
 
L'homme de coeur formule une ligne de conduite et s'efforce d'y adapter sa vie.
 
Nous servirons I'Eternel

 

Par ces paroles, Josué avait formulé un voeu et quel voeu !

Un voeu public, une déclaration de foi, face au peuple, face à ses ennemis éventuels, face à ses détracteurs : il affirme sa position doctrinale.
 
Quoi que vous fassiez... je servirai l'Eternel.
 
Y compris sa famille, sa maison, ses responsabilités matérielles et spirituelles.
 
Voeu d'une grande importance, décision pour la vie, pour sa vie.
 
Choisir le Maître de la vie pour soi-même : quel privilège !
 
Impossible de choisir pour une nation, une tribu, une communauté, une église, mais un choix personnel.
 
Les bontés de Dieu avaient éclaté aux yeux des Israélites (Josué 23 et 24).
 
Il leur était demandé de tirer une conclusion logique de ce qu'ils avaient vu et touché quel Dieu faut-il servir ?
 
Voeux ou serments ?

 

Le Nouveau Testament nous enseigne que le croyant a « revêtu Christ ».
 
C'est dire qu'il a le privilège de représenter Christ dans ce monde, par son sourire, sa bonne humeur, son humilité, ses paroles, ses actes, sa maîtrise de soi.
 
Du fond du coeur, il peut dire comme Josué :
 
« Je servirai l'Eternel ».

Comme Josué, nous pouvons formuler des voeux, prendre des résolutions et... les tenir.
 
Il faut que le chrétien soit fidèle et droit dans toute sa conduite, il faut que l'on puisse se fier à sa parole.
 
« Que votre oui soit oui, votre non, non ».

« Sers l'Eternel d'un coeur intègre et prompt à l'obéissance; car l'Eternel sonde tous les coeurs, et Il pénètre tous les desseins et toutes les pensées. Si tu le cherches, Il se fera trouver de toi ».
 
Bible (124)
Croix Huguenote
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Source : Promesses
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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:04
Ô, ces chevaux de la chair

 « Il coupa les jarrets à tous le chevaux de trait  et ne conserva que cent attelages…» 1 Chroniques 18.4

 

Parmi les prescriptions bibliques relatives à la royauté en terre d’Israël, nous en trouvons une concernant l’usage des chevaux :

 

Que le roi «n’ait pas un grand nombre de chevaux ; car l’Eternel vous a dit : vous ne retournerez plus par ce chemin-là» (Deut 17.16).

 

Cette défense, tout comme celles qui l’accompagnaient, traçait une ligne de démarcation profonde entre la royauté israélite et celle des nations étrangères.

 

Soumis à l’autorité de l’Eternel, soucieux d’accomplir Sa volonté, le roi ne devait pas avoir pour ambition la grandeur militaire.

 

Il lui fallait résister au désir orgueilleux de briller par la puissance de ses armées.

 

Or, chevaux et chars constituaient alors la force redoutable de l’armée égyptienne et de son roi.

 

La tentation était grande de se tourner vers l’Egypte pour se procurer en grand nombre ces puissants moyens de conquête et faire ainsi l’économie de la juste dépendance du Dieu Tout-Puissant.

 

Il est intéressant de constater que dans la Première partie de la Bible les chevaux sont souvent désignés comme symboles de la puissance humaine en opposition au secours qui vient directement de Dieu:

 

«ceux-ci s’appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux: nous, nous invoquons le nom de l’Eternel, notre Dieu. Eux, ils plient, ils tombent; nous, nous tenons ferme, et restons debout. Eternel, sauve le roi! Qu’il nous exauce quand nous l’invoquons»! (Psaume 20.8-10).

 

Ces trois versets sont extraits d’une des nombreuses prières de David.

 

Ce roi selon le cœur de Dieu avait manifestement compris la raison essentielle de la prescription divine concernant les chevaux.

 

C’est pourquoi, à l’issue d’une bataille contre l’armée syrienne d’Hadarézer au cours de laquelle il prit mille chars et sept mille cavaliers à l’ennemi vaincu, il veilla à ne conserver qu’une centaine de chevaux d’attelage et fit couper les jarrets à tous les autres.

 

Cette attitude d’obéissance à la Parole de Dieu contraste singulièrement avec celle de son fils et successeur, le grand roi Salomon.

 

Parvenu au faîte de sa puissance, «Salomon avait quatre mille stalles pour les chevaux destinés à ses chars, et douze mille cavaliers… C’était de l’Egypte que Salomon tirait ses chevaux; une caravane de marchands allait les chercher par troupes à un prix fixe…» (2 Chroniques 9.25-28 et 1 Rois 10.26-29).

 

Plus tard, au fil de son histoire mouvementée, Israël infidèle ira souvent chercher secours et protection en Egypte, quand ce ne sera pas en Assyrie:

 

«Malheur à ceux qui descendent en Egypte pour avoir du secours, qui s’appuient sur des chevaux et se fient à la multitude des chars et à la force des cavaliers, mais qui ne regardent pas vers le Saint d’Israël et ne recherchent pas l’Eternel ! L’Egyptien est homme et non Dieu; ses chevaux sont chair et non esprit» (Esaïe 31.1,3).

 

Ce quatrième des six «Malheur » d’Esaïe 28 à 33 sanctionne la réaction orgueilleuse du peuple lorsque Dieu

l’a encouragé à mettre sa confiance en Lui :

 

«Car ainsi a parlé le Seigneur, l’Eternel, le Saint d’Israël: c’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force. Mais vous ne l’avez pas voulu ! Vous avez dit : non ! Nous prendrons la course à cheval ! – C’est pourquoi vous fuirez à la course. – Nous monterons des coursiers légers ! – C’est pourquoi ceux qui vous poursuivront seront légers…» (Esaïe 30.15-17).

 

A l’aube de son ministère, le prophète Esaïe dénonçait déjà l’orgueil de Juda par ce douloureux constat :

 

«Le pays est rempli de chevaux, et il y a des chars sans nombre» (2.7).

 

Dans la seconde moitié du huitième siècle avant Jésus-Christ, le prophète Osée supplie Israël de revenir à l’Eternel en s’engageant à refuser désormais d’enfourcher des montures égyptiennes, expression tangible de son alliance coupable avec l’Egypte :

 

«Dites- lui : (…) nous ne monterons pas sur des chevaux» (Osée 14.3).

 

Sédécias, le dernier roi de Juda, se révoltera contre le roi de Babylone «en envoyant ses messagers en Egypte, pour qu’elle lui donne des chevaux et un grand nombre d’hommes» (Ezéchiel 17.15).

 

Alors que la voix prophétique de l’Ancienne Alliance est près de s’éteindre, retentit un merveilleux message concernant la venue du Messie :

 

«Sois transportée d’allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, Ton Roi vient à toi; Il est Juste et Victorieux, Il est Humble et monté sur un ânon, le petit d’une ânesse».

 

Et le prophète Zacharie de poursuivre en ces termes :

 

«Je détruirai les chars d’Ephraïm, et les chevaux de Jérusalem» (9.9-10).

 

Contraste ô combien saisissant entre les nombreux chevaux des hommes, emblèmes d’une puissance autonome, orgueilleuse et belliqueuse, et l’ânon du Seigneur Jésus, symbole d’humilité, de paix et de dépendance du Père.

 

La juste attitude de David m’interpelle.

 

Elle m’invite, me presse même de faire un tour dans mes écuries personnelles pour couper les jarrets à un bon nombre de mes chevaux.

 

Où cherchons-nous notre secours ?

 

Où puisons-nous notre puissance ?

 

Nous sommes si souvent trop forts de notre force pour que le secours de Dieu puisse se déployer pleinement dans notre vie.

 

Nous comptons trop sur nos moyens, notre habileté, nos diplômes, notre nombre, nos alliances, nos relations, nos programmes, nos méthodes, notre système Débrouille…

 

Notre Dieu doit trop souvent détruire Lui-même nos chars et abattre nos chevaux pour pouvoir enfin manifester Sa Puissance et Sa Grâce dans nos vies.

 

Et si nous échangions nos chevaux égyptiens contre l’ânon du Seigneur !

 

«Le cheval est impuissant pour assurer le salut, et toute sa vigueur ne donne pas la délivrance. Voici, l’œil de l’Eternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent en sa bonté». (Psaume 33.17-18).

Maurice-Decker-copie-1.jpg

Pasteur Maurice Decker,

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source : Promesses

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:20
Qu'est ce que le fils de l'homme, pour qu'il soit l'objet de Tes Soins ? (2nde Partie)
Le Printemps, et l'indignité de l'homme.

PAR J. J. S. CELLÉRIER,

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que tu te souviennes de lui?

Qu'est ce que le fils de l'homme, pour qu'il soit l'objet de tes soins ?

 Psaume. VIII, 5.

 

C'est en considérant l'étendue des Cieux déployés sur nos têtes que David tenait ce langage.

 

En effet, lorsque dans les heures tranquilles de la nuit nous contemplons ces feux, ces astres divers, ces mondes innombrables que la main du Créateur a semés dans le firmament, et qui nous donnent de sa puissance une idée si haute qu'elle est presque effrayante pour notre faiblesse ; lorsqu'ensuite, portant nos regards sur nous-mêmes, retombant sur notre néant, nous voyant perdus au milieu de cette immensité, nous songeons aux soins bienfaisants de la Providence, nous pensons que cet Être si grand dont les Cieux annoncent la gloire, est le même Dieu qui nous prévient tous les jours par mille et mille bienfaits de détail, qui nous soutient, nous supporte, nous pardonne, use à notre égard de tant de patience, de tant d'indulgence, comment ne pas être étonnés, confondus de cette bonté infinie dont nous sommes l'objet ?

 

Comment ne pas sentir notre coeur pressé du sentiment de son indignité ? 

O mon Créateur ! Je me prosterne à Tes pieds, et je Te bénis.

 

Dans cette foule d'êtres que Ta Puissance a tirés du néant, Ton Amour distingue l'homme.

 

Faible vermisseau, enfant de la poussière, il n'est cependant pas oublié de Ta Providence :

 

Tes Gratuités l'environnent, Tu lui prodigues Tes Faveurs, Tu le destines à des biens infinis. 


O Sagesse ! ô Pouvoir ! ô Miséricorde incompréhensible !  

 

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que tu te souviennes de lui ? (...)

 

Si, malgré notre tiédeur, nos infidélités, le Seigneur daigne répandre sur nous Ses grâces, s'Il nous accorde des saisons fertiles, s'Il fait mûrir les fruits que le printemps nous annonce, nous n'en jouirons qu'avec respect, avec une sainte crainte du nom de Notre Père. 

Et si des signes menaçants se pointe, qu'ils nous disent cependant, ces hommes terrestres, qu'ils nous disent quels troubles les agitent et les privent quelquefois des douceurs du sommeil à l'approche du péril, que dis-je ?

 

A la simple apparence d'une calamité qui peut les priver du fruit de leurs travaux?

Lorsqu'après les premières chaleurs du printemps ils voient cette froidure, si redoutable pour les tendres jets de la saison, se répandre dans l'atmosphère, blanchir de nouveau le sommet des monts et nous menacer d'une gelée fatale ; lorsque l'aquilon furieux tourmente la nature et secoue avec fureur les rameaux des arbres, comme pour les dépouiller des fleurs qui font notre espérance, avant qu'elles aient pu se changer en fruits ; lorsqu'un soleil brûlant dessèche les plantes, durcit la terre, arrête toute végétation, ou que des pluies trop abondantes semblent devoir inonder nos champs et corrompre la semence qui leur fut confiée; lorsque de sombres nuages, précurseurs de la grêle, poussés par les vents, parcourent l'horizon et s'avancent rapidement sur nos têtes, la conscience n'entre-t-elle pour rien dans leurs inquiétudes et terreurs ?

 

O Dieu ! Bénis nos espérances, répands la sérénité dans les airs, et amène à la foi et la repentance par Ton Saint Esprit le coeur de l'homme. 


A cette époque, la nature, la Providence, la Religion concourent ensemble pour disposer notre coeur et nous unir à notre Dieu.

 

La douceur de l'air qu'on respire, tous ces objets riants qui frappent nos regards, semblent nous dire :

 

Nos campagnes paraissent un Éden, où il ne manque que l'innocence : tout flatte notre espoir, tout doit animer notre reconnaissance.

 

Et, je le répète, c'est en vain que nous remarquerions, que nous admirerions toutes les merveilles dont nous sommes témoins : nous n'aurons que des jouissances imparfaites si nous considérons la magnificence de la terre sans nous élever avec amour à Celui qui en est l'Auteur, si nous ne le bénissons pas en voyant partout les traces de Sa Parfaite Sagesse, de Son Ineffable Bonté. 

La Providence ajoute de nouvelles faveurs à celles dont nous sommes comblés dans la nature.

 

Elle ne se lasse point de veiller à notre conservation, de pourvoir à nos besoins, de nous instruire par les événements qu'elle dispense, de faire tourner toutes choses au bien de ceux qui aiment Dieu (Romains. VIII, 28.)

 
Si elle a permis que nous fussions atteints par ces calamités dont elle se sert pour visiter cette terre, amener des ténèbres à la lumière les hommes, pour éprouver et purifier l'Église, nous avons été privilégiés jusque dans nos peines : elle nous a ménagé des consolations et des ressources.

 

Maintenant elle a fait arriver l'heure de la délivrance.

 

Nous sommes appelés à bénir Notre Dieu pour sa gratuité éclatante, pour les grandes choses qu'Il a fait.

 
La Religion nous parle d'une voix plus forte encore et plus touchante.

 

Cette fête de Pâque que nous célébrerons en son temps, cette fête où tous les prodiges de l'Amour Divin ont été mis sous nos yeux, où, en approchant de la table sainte, conscients de notre faiblesse et de notre indignité, conscients et reconnaissants des miséricordes de Notre Seigneur, du fond de notre coeur sort encore cette voix :

 

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que Tu te souviennes de lui ?  

 

Puissent nos coeurs s'ouvrir aux douces influences de la Religion, comme nos champs aux rosées du Ciel !

 

Puissions-nous recevoir une abondante mesure de cet Esprit sans lequel nous ne pouvons rien, de cet Esprit qui nous sanctifie et nous console, qui nous scelle pour le jour de la Rédemption (Ephésiens,IV, 30).

Alors, en voyant renaître la nature, en admirant les bienfaits de la Providence et les merveilles de la grâce, nous dirons encore :
 

 

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que Tu te souviennes de lui ?  

 

Mais nous le dirons avec ce doux sentiment qu'éprouvent les bienheureux lorsque, dans l'exaltation, dans l'ivresse de leur âme, ils s'entretiennent des gratuités du Dieu Sauveur, lorsqu'ils se perdent avec délices dans le sentiment de l'infinie miséricorde et de l'amour infini.

 

Amen,

 

J. J. S. CELLÉRIER,

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

source : Regard

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:17
Qu'est ce que le fils de l'homme, pour qu'il soit l'objet de Tes Soins ? (1ère Partie)

 

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que tu te souviennes de lui ? Qu'est ce que le fils de l'homme, pour qu'il soit l'objet de Tes Soins ? (Psaume VIII, 5.)

 

C'est en considérant l'étendue des Cieux déployés sur nos têtes que David tenait ce langage.

 

En effet, lorsque dans les heures tranquilles de la nuit nous contemplons ces feux, ces astres divers, ces mondes innombrables que la main du Créateur a semés dans le firmament, et qui nous donnent de sa puissance une idée si haute qu'elle est presque effrayante pour notre faiblesse ; lorsqu'ensuite, portant nos regards sur nous-mêmes, retombant sur notre néant, nous voyant perdus au milieu de cette immensité, nous songeons aux soins bienfaisants de la Providence, nous pensons que cet Être si grand dont les Cieux annoncent la gloire, est le même Dieu qui nous prévient tous les jours par mille et mille bienfaits de détail, qui nous soutient, nous supporte, nous pardonne, use à notre égard de tant de patience, de tant d'indulgence, comment ne pas être étonnés, confondus de cette bonté infinie dont nous sommes l'objet ?

 

Comment ne pas sentir notre coeur pressé du sentiment de son indignité ? 

O mon Créateur !

 

Je me prosterne à Tes Pieds, et je Te bénis.

 

Dans cette foule d'êtres que Ta Puissance a tirés du néant, Ton Amour distingue l'homme.

 

Faible vermisseau, enfant de la poussière, il n'est cependant pas oublié de Ta Providence :

 

Tes Gratuités l'environnent, Tu lui prodigues Tes Faveurs, Tu le destines à des biens infinis. 


O Sagesse ! Ô Pouvoir ! Ô Miséricorde incompréhensible !  

 

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que Tu te souviennes de lui ?

Quelque propre que soit le spectacle des Cieux à faire sur nous cette impression, il en est un autre moins imposant sans doute, mais plus touchant encore : c'est celui qui frappe nos regards dans une époque proche, c'est la renaissance de la nature.

 

Il me semble que ce sont des moments où l'idée des bienfaits de Dieu et de l'ingratitude de l'homme doit se présenter encore à nous sous des traits plus vifs et plus pénétrants.

 

Il me semble que ce sont des moments comme d'autres circonstances où plus que jamais nous devons nous élever a Lui, où, réunis dans le sanctuaire, nous devons tous ensemble présenter au Seigneur des coeurs touchés de ses bienfaits et pénétrés de notre indignité, implorer tous ensemble Son Secours et nous dévouer à son service.

 

Dieu veuille que ce soit le fruit de ce discours ; Dieu veuille que le sentiment qui s'élèvera dans nos coeurs soit pour l'avenir le gage d'une reconnaissance sans bornes et d'une entière fidélité !


S'il est un tableau fait pour exciter, notre admiration, notre reconnaissance, c'est sans doute le prochain retour de ce printemps qui vient nous annoncer  les richesses de l'année : c'est alors qu'un beau jour suffit pour exciser le sentiment du bonheur.


D'abord aux âpres frimas succède un air plus doux et délicieux à respirer.

 

Les oiseaux, par leurs concerts, annoncent le changement qui se prépare; ils invitent l'homme à la joie.

 

La nature semble étaler à nos yeux les présents qu'elle nous destine pour les saisons suivantes.

 

Nos prairies se couvrent d'une herbe épaisse et verdoyante; nos champs élèvent avec fierté ces tiges précieuses que l'été doit jaunir ; les rameaux tortueux de la vigne s'émeuvent pour annoncer le sentiment de vie qui les pénètre ; les arbres se couvrent de boutons qui bientôt s'ouvrent, se développent et produisent la plus brillante décoration. 

Ainsi, ce n'est pas seulement de l'espoir des biens à venir que nous jouissons : cet espoir est excité dans nos âmes par des signes enchanteurs.

 

Ce sont des fleurs charmantes dont les couleurs et les parfums se varient à l'infini, qui nous présagent les fruits de l'automne.

 

Ainsi le Tout- Puissant daigna s'occuper non-seulement de nos besoins, mais encore de nos plaisirs.

 

Comment pourrions-nous y penser sans attendrissement ?

 

Il traite l'homme comme un hôte chéri, dont Il s'empresse à parer la demeure.

 

Chaque plante, chaque arbuste est chargé de lui payer un tribut d'agrément, et de s'embellir pour cette fête dont il est l'objet.

 

Cette terre, toujours froide, sombre, triste et rembrunie dans son intérieur, se décore à l'extérieur par l'ordre du Souverain.

Et ce qui rend plus touchante et plus sensible cette scène d'enchantement, c'est l'époque de froidure et de mort qui l'a précédée.

 

Il semble que la nature, après nous avoir offert dans le cours des saisons l'image de notre accroissement, de nos progrès, de notre décadence, veuille réveiller en nous un espoir divin, et nous offrir dans sa renaissance l'image de cette résurrection de l'homme, promise par Jésus.

 

Il semble que, pour nous offrir l'emblème du prodige dont nous serons un jour l'objet, elle multiplie autour de nous les prodiges. 

Cette terre, parée de fleurs et brillante de jeunesse, était naguère inféconde et flétrie; ces rameaux, pleins d'une sève active qui les couvre de feuilles et de guirlandes, n'étaient qu'un bois mort, semblable à celui qui pétille dans nos foyers ; ce soleil, dont la chaleur ranime et fertilise nos campagnes, paraissait un astre sans chaleur et sans vie, dont les rayons ne portaient qu'une froide clarté ; ces insectes dont nous entendons le bourdonnement, ces oiseaux dont les chants nous ravissent, étaient languissans et endormis dans leurs retraites.


O homme !

 

Compte, si tu le peux, ces miracles qui s'opèrent autour de toi et pour toi.

 

Qui es-tu, pour que le Très- Haut se souvienne de toi ?

 

Qui es-tu, pour que le Tout-Puissant fasse de toi l'objet de soins si tendres, si attentifs, si ingénieux ?

 

Hélas ! Nous n'occupons qu'un point dans l'espace ; nos forces sont faibles, notre intelligence bornée : parmi les objets qui nous environnent, il n'en est aucun qui ne la surpasse; notre durée est courte, incertaine.

 

L'homme ne paraît revêtu de quelque dignité que lorsque, prosterné devant son Dieu, il s'unit à Lui par les élans de son âme: il n'est rien en lui de grand que la faculté de sentir sa petitesse, de s'anéantir devant l'infini.  

 

Qu'est-ce que l'homme mortel, pour que Tu te souviennes de lui ?

Mais, Seigneur, ce n'est point le sentiment de notre petitesse qui oppresse notre coeur quand nous songeons à Tes Bienfaits.

 

Non, non, nous relevons davantage Ton Amour.

 

Pour l'homme, avant sa chute, Tu avais préparé des campagnes encore plus riantes : le péché l'en bannit; mais cette terre que Tu lui a donné est encore couverte de Tes présents, embellie par Tes Soins, remplie de Tes Richesses.

 

Mais, hélas ! Dans un siècle de dégradation, quel asile est assez reculé contre la contagion des vices ?

 

Au bout d'un certain espace de temps, l'irréligion, l'égoïsme, le libertinage répandent et pénètrent leur poison dans les hameaux comme dans les villes.

Nous sont-ils inconnus ces hommes qui, d'un côté comme de l'autre, au milieu même des merveilles de la Providence, osent censurer Ses Dispensations, osent, dans leur ignorante audace, dans leur folie sacrilège, nier Son Existence ; osent, qui le croirait ? Lui ôter le gouvernement du monde pour le donner au hasard, aux astres dont certains en connaissent à peine le nom ?

 

Que parmi les citoyens des villes, on en voie dont l'esprit, gâté par de mauvaises lectures ou par l'orgueil des demi- connaissances, tombe dans cet égarement, et que l'habitant des campagnes, destiné par la Providence à conserver dans leur intégrité la droiture du sens et la simplicité de l'esprit, se prenne dans ce même piège, quoi de plus attristant, quoi de plus étrange et de plus révoltant !

N'en est-il pas plusieurs qui semblent regarder les dons du Ciel comme leur propriété, comme le fruit de leur industrie, qui ne pensent pas avoir à être reconnaissant au Souverain ?

Tout comme l'habitant des villes, en voyant certains citoyens des campagnes tout occupés du soin de cultiver leurs domaines, et ne songeant point à faire descendre sur eux la bénédiction du Ciel, on croirait que ce sont eux qui font lever le soleil sur leurs champs, qui amassent les nuages dans les airs, les font distiller en pluies bienfaisantes, et font circuler la sève dans les rameaux. 


Insensés de toutes conditions face à la Bonté de Dieu !

 

Ils oublient ce qu'auraient pu leur apprendre ces fléaux du Ciel, qui, plus d'une fois, ont confondu leurs espérances, ce que répètent de mille manières nos Écritures :  

 

Paul plante, Apollos arrose, mais c'est Dieu qui donne l'accroissement (I Cor., III, 6.). C'est en vain que vous vous levez matin, que vous vous couchez tard et que vous mangez le pain de douleur, Dieu seul donne du repos à celui qu'il aime (Ps. CXXVII, 2).

N'est -il pas des hommes qui vont plus loin ?

 

N'est-il pas des hommes de toutes conditions qui, face à la nature, loin de devenir bons et généreux, à l'exemple du Dieu qui ne cesse de les bénir, se montrent durs et sans entrailles, ne pensent qu'à eux-mêmes, à leurs convenances, à leurs besoins, et même, en recueillant les biens de la terre ou autre de quelque manière que ce soit, négligent de faire la part de l'indigent et du malheureux ?

Face à la nature, n'est-il pas des hommes qui, malgré la douceur de ces tableaux champêtres, au milieu de cette harmonie qui nous invite à la paix et à l'amour, nourrissent des sentiments de jalousie, de haine, d'envie, se livrent à des querelles, à des rapines, et ne songent qu'à donner cours à la malignité de leurs passions ?


N'en est-il pas enfin qui tournent en dissolution les grâces du Ciel, qui ne voient dans les années fertiles qu'une occasion de se livrer à l'intempérance, et que les années de disette ne peuvent rendre plus sages ?

 

Hélas ! Bien que mis devant ces deux épreuves, et dans l'une et l'autre, le poids peut être léger dans la balance de Dieu.

 

Oublieux, désinvoltes, ces deux épreuves n'ont laissé aucune trace profonde; au mieux encore qu'une impression passagère ; aucune production de véritable réforme, la réforme du coeur; et lorsque l'Éternel a ouvert de nouveau Sa Main, peu d'hommes ont ressenti cette joie noble et religieuse qui devait nous animer : pour le grand nombre cette abondance est devenue une occasion de chute. 

Là est ma bien piètre consolation, il est parmi nous des âmes pures, charitables, des hommes et des femmes éclairés et religieux, qui savent se résigner à la volonté du Très- Haut, Lui rapporter leurs succès, se faire un devoir sacré, un plaisir, un besoin de Lui rendre leurs hommages.

 

Mais, dans ce nombre même en est-il beaucoup à qui la conscience n'ait rien à reprocher, qui, pensant aux grâces du Seigneur, n'aient pas à s'humilier dans le sentiment de leur indignité ?

 

Hélas ! Lorsque mes pensées éplorées se portent sur ceux qui en demeurent éloignés, sur ceux que la tiédeur, le relâchement, les passions terrestres retiennent loin de leur Dieu, sur ceux qui ne s'approchent de Lui que des lèvres ; lorsque je réfléchis à tant de péchés de tout genre que les années précédentes ont vus et que celle-ci verra peut-être encore, l'aspect riant de la nature s'obscurcit à mes yeux, la verdure du printemps se flétrit.

 

Suite & Fin

Qu'est ce que le fils de l'homme, pour qu'il soit l'objet de tes soins ?

 

Bible (135)

Croix Huguenote

 

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:03
Egoïsme et matérialisme (2ème Partie)

Et il leur dit cette parabole : Les terres d'un homme riche avaient rapporté avec abondance. Et il pensait en lui-même, disant que ferai-je ? car je n'ai pas assez de place pour serrer toute ma récolte. Voici, dit-il, ce que je ferai : J'abattrai mes greniers et j'en construirai de plus grands, et j'y assemblerai toute ma récolte et tous mes biens, et puis je dirai à mon âme : mon âme, tu as des biens en réserve pour beaucoup d'années ; repose-toi, mange, bois et te réjouis ! Mais Dieu lui dit : Insensé, cette même nuit ton âme te sera redemandée, et ce que tu as amassé pour qui sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse beaucoup de biens pour lui-même, et qui n'est pas riche en Dieu. (Luc 12.16-21)

 

(...) Si nous écoutons un moment notre conscience, si nous jetons un regard, un seul regard sur Jésus-Christ, notre choix n'est pas douteux.

Que ferai-je ? a dit le riche de la parabole et il n'a songé qu'à lui-même.

 

Mais cet égoïsme, quel but poursuivra-t-il ?

 

Un seul, la jouissance.

 

« J'abattrai mes greniers, j'en construirai de plus grands et puis je dirai à mon âme : mon âme, repose-toi, mange, bois et te réjouis ! »

 

Permettez-nous de vous initier ici, aux hésitations de notre pensée.

 

En méditant ce texte, nous étions d'abord tenté d'attribuer au personnage de notre parabole, un fruit ordinaire de l'égoïsme, l'orgueil : l'orgueil qui nous apparaissait dans ces projets d'agrandissement et dans cette confiance présomptueuse en l'incertitude de la vie.

 

Et certes l'égoïsme contemporain porte volontiers ce fruit empoisonné de l'orgueil, et il y aurait beaucoup à dire sur cette ambition qui veut monter, monter encore, qui rêve des domaines toujours plus vastes, des demeures toujours plus somptueuses, et qui semblable « au sépulcre » ne dit jamais : c'est assez !

 

Mais, en y regardant de plus près, est-ce bien ce vice, avons-nous pensé, est-ce bien ce vice d'une noblesse apparente qui possède le riche de la parabole ?

 

Non, cet homme ne veut pas l'agrandissement pour l'éclat qui peut en rejaillir sur lui, il veut l'agrandissement pour la jouissance, et pour la plus inférieure de toutes, la jouissance matérielle.

 

A l'ombre de ses constructions nouvelles, l'égoïsme du riche ne demande qu'à s'asseoir, et à s'assouvir dans la satisfaction des sens :

 

« Mon âme, tu as des biens en réserve pour beaucoup d'années repose-toi, mange, bois et te réjouis. »


Ce cynique langage nous révolte, et faut il être disposés à croire qu’il est rare au milieu des Chrétiens.

 

Mais qu'importe la forme, si le fond demeure ?

 

Et ce fond, qui est le matérialisme, n'est-il pas la basse région vers laquelle descend de plus en plus l'égoïsme contemporain ?

 

Est-ce que dans cette fièvre de spéculation qui nous travaille, est-ce que dans ces universels désirs de faire fortune, est-ce que dans cet empressement à tenter le hasard et à lui demander des profits rapides et inattendus, il n'y a pas avant tout le désir d'accroître son bien-être, de multiplier ses jouissances et, comme cet autre riche dont parle une autre parabole, « de se vêtir de pourpre et de fin lin, et de se traiter magnifiquement tous les jours ? »

 

Est-ce que cet ouvrier, cet employé, ce paysan qui travaille toute la semaine à la sueur de son front, se réjouit à la pensée du précieux repos du week end dans lequel il pourra nourrir son âme en vie éternelle et goûter en famille un légitime délasssement ?

 

...Hélas ! Non, mais il attend avec impatience ce funeste repos de fin de semaine, où il ira s'étourdir dans les plaisirs des sens.

 

Est-ce que cette classe qu'on est convenu d'appeler plus élevée et qui ferait bien de justifier toujours son titre, ne sacrifie pas d'une autre manière aux jouissances matérielles ?

 

Ce festin magnifique n'est-il que l'occasion d'une causerie intéressante où l'amitié s'épanche, où l'esprit étincelle ?

 

Ou bien une longue séance où s'excite et se déploie une sensualité raffinée ?

 

Et, pour ne pas nous en tenir à un seul côté du matérialisme contemporain, est-ce qu'en jetant un regard au sein des délicatesses excessives de certaines demeures, on n'y découvrirait pas en rougissant tout un système de recherches indéfiniment compliquées pour caresser la chair, pour lui éviter les moindres incommodités, pour lui procurer toutes les aises, déplorable progrès qui conduira nécessairement, par l'amollissement des corps, à l'énervement des âmes ?

 

Ah ! De combien de demeures, élégantes ou grossières, de combien d'existences vouées sous des formes diverses au culte de la chair, n'entendons-nous pas s'échapper le refrain matérialiste de notre texte :

 

« Mon âme tu as des biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois et te réjouis ! »

 

Il est impossible de se le dissimuler, dans le siècle où nous sommes, le matérialisme coule à pleins bords.

 

Tous les progrès de notre civilisation toutes les conquêtes de l'homme sur la nature, tous les embellissements de ce monde dont nous sommes si fiers, semblent nous river à la terre par des chaînes plus étroites, et l'on dirait que l'homme de ce siècle ne triomphe si merveilleusement de la matière que pour la laisser triompher de lui.

 

-- Une littérature, désertant les hautes régions, se concentre au grand détriment du goût, dans ce qu'elle appelle le domaine de la réalité.

 

Elle cherche non l'idée mais la sensation et l'image.

 

Elle substitue au jeu des nobles passions, dans le roman ou dans le drame, les scènes les plus vulgaires, et se glorifie d'exposer aux regards toutes les corruptions du siècle.

 

 -- Un art, indigne de ce nom, semble se dérober, comme à plaisir, à une inspiration supérieure et renoncer à l'expression du sentiment et de la pensée pour s'absorber dans la forme, pour reproduire avec une fidélité servile une nature sans poésie, et une beauté sans idéal.

 

-- Une philosophie, tristement positive, déclare pure abstraction tout ce qui dépasse le cercle de l'observation sensible et, en n'attribuant de réalité qu'au monde de l'industrie et de la science, c'est-à-dire au monde de la matière, elle donne la main, elle aussi, en se reniant elle-même, au sensualisme du jour.

 

C'est l'heure, chrétiens, de lutter par une énergique réaction contre ce courant matérialiste du siècle, non moins que contre le courant de l'égoïsme.

 

C'est l'heure de revendiquer, en face des triomphes de la chair, les droits sacrés de l'esprit !

 

C'est l'heure d'opposer au torrent du luxe une modération dont on ne se départira jamais, même sur les plus hauts sommets de la fortune.

 

C'est l'heure d'opposer à la mollesse des habitudes, des mœurs simples et mâles, protectrices de l'énergie des âmes.

 

C'est l'heure de s'écrier, en contraste avec les accents cyniques du matérialisme :

 

Mon âme, réveille-toi ! Mon âme, ouvre-toi à tous les souffles du ciel ! Mon âme, exerce-toi aux virils efforts, aux saintes luttes, aux renoncements héroïques, et fais de ce corps, auquel tu es associée, non pas ton idole, non pas le tabernacle de la chair mais le temple du Saint-Esprit.

Nous avons vu la délibération du riche de la parabole....

 

Regardons maintenant la délibération de Dieu :

 

« Insensé, cette nuit même ton âme te sera redemandée. »

 

Les heures s'écoulent avec rapidité, déjà les ombres s'allongent, le soir vient, la nuit tombe...et pendant cette nuit il faudra partir et comparaître devant Dieu !

 

Des médecins s'empresseront autour de l'opulent malade, mais n'auront pas le pouvoir de prolonger ses jours.

 

De coûteux remèdes seront employés, mais ils seront frappés d'impuissance.

 

Des serviteurs iront et viendront dans sa demeure bouleversée, ils feront bonne garde autour de sa couche...Mais la mort et ses serviteurs qui sont « les épouvantements » viendront aussi et ils seront les plus forts, et ils emporteront cet homme comme les jeunes gens de la chambre haute emporteront Ananias et Saphira.


Insensé, dit la voix d'en haut.

 

Oui, insensé, car pour ces constructions que projette le riche de la parabole, pour ce repos, pour ce manger et pour ce boire, pour ces longues et grossières jouissances dont il compose son bonheur, il faut du temps, et le temps ne lui appartient pas.

 

Tout son édifice repose sur une base qui ne dépend pas de lui...et cette base va lui manquer !

 

Cette étoffe de la vie présente, sur laquelle il brode ses rêves sensuels...va se dérober tout à coup à ses faibles mains.

 

Insensé ! lui dit le Seigneur.

 

Insensé ! se dit-il à lui-même, au moment où la mort dessille enfin ses yeux.

 

Mais ce n'est pas tout.

 

La mort qui dissipe toutes ses illusions, le met en face des réalités les plus redoutables.

 

La mort, en effet, sépare l'âme du corps, avec lequel elle s'est trop souvent confondue, dans lequel elle s'est comme ensevelie : la mort, en faisant tomber les murs de la prison, dégage la noble captive, qui apparaît et réclame ses droits...

 

Hélas ! qu'a fait pour elle le riche de la parabole ?

 

Il ne s'est pas même souvenu de sa présence, il a étouffé dans la vie de la chair ses nobles aspirations, et maintenant il va la rendre à Dieu cette pauvre âme, souillée, avilie et perdue !

 

« Insensé, cette nuit même ton âme te sera redemandée. »

 

Et voilà ce que je voudrais dire avant qu'il fût trop tard, à vous qui seriez tentés de chercher votre bonheur dans les jouissances charnelles et d'abaisser à ce niveau votre noble destinée.

 

Mais pour que là fût votre bonheur et le but de votre vie, il faudrait que vous n'eussiez pas une âme immortelle, il faudrait que rien ne vous distinguât de la brute, si ce n'est une organisation plus délicate et plus habile à jouir...

 

Alors, mangez, buvez, rassasiez-vous !

 

Ne refusez rien à vos sens, voluptueux, intempérants, hommes de plaisir, adorateurs de la chair !...

 

Et encore pour être heureux dans cette basse région, il faudrait avoir en sa main de longs jours, une santé sans défaillance, une immortelle jeunesse...

 

Mais avec l'épuisement hâté par la passion, avec la satiété et le dégoût si promptement attachés aux jouissances inférieures, avec l'inévitable déclin de l'âge, avec la maladie, avec les infirmités, avec la vieillesse impuissante, avec la mort enfin, à quoi se réduit cette félicité charnelle ?

 

O folie, folie dégradante du matérialisme pour un être qui est autre chose qu'un peu de matière, et qui, d'un instant à l'autre, paraîtra devant Dieu !

Mais aussi, folie de l'égoïsme !

 

Le riche de la parabole n'a amassé que pour lui-même, il n'a vu que son intérêt, sa jouissance, son moi auquel il a tout sacrifié !

 

Eh bien ! il s'est étrangement mépris ; c'est lui-même au fond qu'il a sacrifié, il a travaillé contre son propre intérêt, contre son propre bonheur.

 

Il ressemble à s'y méprendre au « profane Esaü, qui vendît son droit d'aînesse pour un plat de lentilles. »

 

Lui aussi a vendu pour des jouissances charnelles, immédiates et passagères, son droit d'aînesse, c'est-à-dire ses instincts spirituels, ses espérances immortelles, son héritage céleste.

 

En voulant vivre pour lui-même, il s'est détaché de Dieu qui est la source de la vie.

 

Pensées, affections, volonté, énergie du corps et de l'âme, il a tout voué au néant, il a tout mis dans la sphère du périssable, il a placé tout son avoir à la banque désastreuse d'un monde qui passe.

 

Il a perdu les biens éternels, et il va perdre, par une mort inattendue, ces biens visibles eux-mêmes auxquels il a sacrifié tout le reste.

 

Qu'il s'est donc misérablement trompé, le riche de la parabole !

 

Lui qui ne poursuivait que sa propre satisfaction, n'a travaillé qu'à se nuire !

 

Lui qui n'aspirait qu'à jouir, ne s'est préparé que la souffrance !

 

Lui qui s'estimait si riche, n'a fait provision que de pauvreté et de misère !

 

Ayons pitié de lui !

 

Sa dernière heure est affreuse, tout lui échappe au ciel et sur la terre, la mort l'a exproprié de tous les biens d'ici-bas...et il n'a rien là-haut !

 

O folie, folie cruelle de l'égoïsme !

 

L'égoïsme, sachons le bien, est un faux calcul ; l'égoïsme est une puissance de dépouillement, d'épuisement, de destruction ; l'égoïsme est un suicide !

 

Et ici s'éclaire à nos yeux cette mystérieuse parole de Jésus-Christ :

 

« Celui qui aime sa vie, la perdra ; mais celui qui perd sa vie pour l'amour de Moi, la retrouvera. »

 

Voulons nous donc vivre, chrétiens ?

 

Perdons notre vie !

 

Perdons notre vie d'égoïsme, de chair et de péché, et nous vivrons, dans la même mesure, d'une vie divine, céleste, sainte et impérissable !

 

Perdons notre vie, c'est-à-dire oublions nous, sortons de nous-même, regardons au-dessus de nous et à côté de nous, regardons à Dieu et à nos frères et soeurs ; et par là nous nous agrandirons, nous nous enrichirons, c'est-à-dire, nous vivrons !

 

L'égoïsme, en nous concentrant en nous-même comme dans une prison, nous y étouffe ; l'amour en nous arrachant à nous-mêmes épanouit notre être à l'air, à la liberté, au soleil, à la vie !

 

L'égoïsme ne nous procurera que quelques pauvres et passagères jouissances, en nous accablant de soucis, en nous laissant au cœur l'ennui, le vide et l'amertume.

 

L'amour nous affranchira des mille tyrannies d'une personnalité inquiète, et nous ouvrira une source abondante de saintes douleurs, mais aussi de saintes joies.

 

Perdons notre vie, et nous la retrouverons au centuple dans ce sacrifice même.

 

Perdons nvotre vie, et comme l'a dit Fénelon, en sortant de nous-même nous entrerons dans l'infini de Dieu.

 

Au lieu de nous ensevelir avec tout ce qui est à nous dans la sphère du visible et du périssable, nous entrerons nous-mêmes et nous ferons entrer avec nous tout ce qui nous appartient dans la sphère de l'infini, qui est aussi celle des choses qui ne passent point ; nous déposerons tous nos trésors à la banque de Dieu, et au lieu de tout vouer à la destruction et à la mort, nous aurons tout voué à l'immortalité !

 

Rien ne se perdra de ce que nous aurons semé sur la terre ; mais tout reparaîtra dans la patrie d'en haut, en moisson glorieuse et éternelle, tout, jusqu'à ce verre d'eau donné au nom de Jésus-Christ, qui ne restera point sans récompense.

 

Voilà la sagesse, et tout le reste est folie.

 

Voilà la richesse selon Dieu, et tout le reste est pauvreté.

 

Dieu veuille Lui-même, en persuader nos cœurs, afin que, dans la nuit solennelle où il nous redemandera nôtre âme, nous puissions la Lui rendre, non point assoupie dans la lourde ivresse de l'égoïsme et de la matière, mais vigilante, recueillie, et toute pleine de cet amour, qui est déjà sur la terre l'atmosphère du ciel !

 

Amen !

 

Ernest Dhombres

Ernest DHOMBRES,

Pasteur Protestant Réformé

Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

 

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:00
Egoïsme et matérialisme (1ère Partie)
Et il leur dit cette parabole : Les terres d'un homme riche avaient rapporté avec abondance. Et il pensait en lui-même, disant que ferai-je ? car je n'ai pas assez de place pour serrer toute ma récolte. Voici, dit-il, ce que je ferai : J'abattrai mes greniers et j'en construirai de plus grands, et j'y assemblerai toute ma récolte et tous mes biens, et puis je dirai à mon âme : mon âme, tu as des biens en réserve pour beaucoup d'années ; repose-toi, mange, bois et te réjouis ! Mais Dieu lui dit : Insensé, cette même nuit ton âme te sera redemandée, et ce que tu as amassé pour qui sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse beaucoup de biens pour lui-même, et qui n'est pas riche en Dieu. (Luc 12.16-21)

 

 

Les biens considérables que possédait le riche de la parabole, ne sont en eux-mêmes l'objet d'aucun blâme.

 

A l'origine de sa fortune ne se trouvaient ni « cette fausse balance ; ni ce double poids » que condamne le livre des proverbes, ni ce gain déshonnête que flétrit ailleurs l'Écriture, ni ces façons de s'enrichir, autorisées par notre siècle, mais devant lesquelles l'antique bonne foi se voile la face.

 

Non, rien de plus pur que la source de ses richesses.

 

Pour lui le ciel avait été propice et la terre féconde.

 

L'huile avait ruisselé sous ses pressoirs, le « jus de la grappe » avait rempli ses cuves, l'or de ses moissons avait au loin jonché le sol.

 

Non seulement ses produits avaient dépassé ses espérances, mais encore ils débordaient l'espace trop étroit destiné à les contenir ; à la lettre, il en était embarrassé, puisqu'il se disait en lui-même, « que ferai-je ? car je n'ai pas assez de place pour serrer toute ma récolte. »,

 

Rien de coupable donc dans les richesses que possédait cet homme, et ce n'est point à son sujet que Jésus aurait parlé du « Mammon de l'iniquité. »

 

Ce qui est coupable, ce sont les dispositions qu'il apporte à l'usage et à la jouissance de ces dons de Dieu.

 

C'est cet égoïsme qui rapporte tout à soi.

 

C'est ce matérialisme dont  nous en entendons les cyniques accents.

 

Double folie, que viendront dissiper trop tard les formidables surprises de la mort.

 

Fidèle à l'esprit de mon texte, je ne viens point ici faire le procès à la richesse, je ne viens point ouvrir une enquête sur ses origines et me demander si tout est pur dans sa formation et dans son développement.

 

Je viens nous interroger sur son usage.

 

Je viens, étant donnés les biens de ce monde, modiques ou considérables qui sont entre nos mains, mettre cette question sur toutes nos consciences :

 

Dans quel esprit, dans quelles dispositions de cœur jouissons-nous des biens terrestres ?

 

Échappons-nous aux tentations honteuses auxquelles succomba le riche de la parabole ?

 

Et quelle que soit notre part de richesses matérielles, possédons-nous les trésors invisibles du ciel, et sommes-nous riches en Dieu ?

Que ferai-je ! se dit à lui-même le personnage de notre parabole, alors qu'il contemple le merveilleux rapport de ses champs.

 

Voilà, pour cet homme, une de ces heures qui nous sont données dans la vie pour choisir notre voie.

 

C'est le moment où la raison et la conscience vont se faire entendre, et où la liberté va se déployer au milieu des faits.

 

Que ferai-je !...

 

Et cet homme a réfléchi, a délibéré, a pris une résolution :

 

« Voici, dit-il, ce que je ferai. J'abattrai mes greniers, j'en construirai de plus grands, et puis je dirai à mon âme : mon âme, tu as des biens en réserve pour beaucoup d'années : repose-toi, mange, bois, et te réjouis. »

 

Telle est la délibération de cet être intelligent et moral.

 

Le premier sentiment, disons mieux, la première honte qui s'y révèle, c'est l'égoïsme.

 

Rien pour Dieu, rien pour mes frères, tout pour moi !

 

Rien pour Dieu !

 

Ce Dieu qui a béni ses champs, qui les a réchauffés de son soleil, qui leur a dispensé « les pluies du ciel et les saisons fertiles, » ce Dieu qui aurait pu (comme Il le juge bon parfois) « faisant des vents ses anges et des flammes de feu ses ministres, » détruire ses récoltes ou ne dispenser à la terre qu'une fécondité restreinte, ce Dieu qui est l'auteur de toute notre richesse, mais qui l'est d'une manière plus directe et plus évidente pour la richesse des champs, l'homme riche de la parabole n'a pas une pensée, pas un élan de gratitude pour Lui.

 

Tout comblé de ses dons, il n'a pas regardé du côté du ciel, il n'a regardé qu'à la terre, et, sur la terre, qu'à ce petit centre qui s'appelle moi !

 

Et pourtant sur cette terre, n'y a-t-il donc que lui ?

 

La nature, prodigue à son égard, n'a-t-elle pas été avare pour d'autres ?

 

N'y a-t-il pas, près de lui, peut-être, quelque laboureur qui regarde tristement la stérilité de ses champs, tandis que lui-même considère son abondance ?

 

N'y a-t-il pas quelque pauvre, quelque veuve, quelqu'orphelin sur lequel il puisse répandre un peu de son superflu !

 

Est-ce que le bien-être est universel ici-bas ?

 

Est-ce qu'une égalité tranquillisante règne parmi les hommes, ses semblables, ses frères ?

 

...Mais de quelles questions vais-je l'importuner  ?

 

Autrui, des semblables, des frères ?

 

 Il ne les connaît pas, ou s'il les connaît, c'est pour s'en servir et non pour les servir.

 

Ce qu'il connaît, ce qu'il voit, ce qui l'absorbe, c'est le moi, le moi absolu, tyrannique, insatiable.

 

Hélas ! Cet égoïsme est de tous les temps, et chacun de nous le retrouve dans son pauvre cœur.

 

Tant que l'homme n'a pas été ravi à lui-même par l'amour de Jésus-Christ, il vit dans un oubli effrayant de Dieu et de ses frères.

 

Entouré de tous les biens de ce monde, ayant en partage dans une large mesure la fortune, le rang, la position, les ressources terrestres, ou possédant dans une moindre proportion ces biens divers, jouissant au moins de la vie, de la santé, du strict nécessaire,

 

-- il jouit de tous ces dons de Dieu, sans Dieu : il possède au plus haut degré l'art funeste de se passer de Lui.

 

Dans ces mille occasions, où il est appelé à dire, comme le riche de la parabole :

 

Que ferai-je !

 

Jamais Dieu n'est béni, jamais Dieu n'est consulté, jamais Dieu n'a sa part.

 

Et pourtant ce Dieu le couvre d'une protection incessante, ce Dieu prononce chaque jour, à chaque heure, à chaque pulsation de son cœur, la parole qui le fait vivre...

 

Mais à l'inverse du psalmiste qui s'écriait dans une sainte confusion :

 

« O Dieu, qu'est-ce que l'homme mortel que Tu te souviennes de lui et du fils de l'homme, que Tu le visites, » il semble dire dans son orgueil impie :

 

Qu'est-ce que Dieu pour que je me souvienne de Lui !

 

Et dans ces existences vides de Dieu, quelle place y a-t-il pour les frères et soeurs ?

 

...Retranchez quelques services commandés par la bienséance, quelques échanges ou chacun trouve son compte, quelques rapports créés par l'intérêt, quelques secours arrachés par le cri des misères humaines, parfois trop aigu pour que les plus sourds ne l'entendent pas, et dites-nous ce qui reste.

 

Où est l'amour fraternel ?

 

Où est le don de soi-même ?

 

Où est tout au moins la préoccupation sincère d'autrui ?

 

...Que ferai-je ?

 

Je ferai ma part, mon chemin, mon succès, ma,fortune ; je ferai tout...pour qui ?

 

Pour ce Dieu inférieur, pour cette misérable idole qui s'appelle le moi.

 

Ah ! Si nous pouvions, nous arrachant à cette atmosphère empoisonnée de péché que nous respirons, voir l'égoïsme tel qu'il est, tel qu'il apparaît aux yeux de Dieu, nous ne trouverions rien de trop fort dans ce mot de Pascal :

 

« Nous naissons injustes, car chacun tend à soi. »

 

Oui, cet égoïsme est l'injustice même.

 

-- Injustice par rapport à Dieu, car l'homme se faisant son propre centre et voulant tout faire aboutir à lui, se prend ainsi pour l'objet, pour le but, pour la fin ; et, dans une mesure effrayante, il se dérobe à Dieu, il lui ravit sa gloire, tranchons le mot, il se fait Dieu.

 

-- Injustice aussi par rapport aux hommes, car Dieu ne nous a pas créés indépendants et solitaires, il nous a créés solidaires et sociables.

 

Nous devons de droit strict, à tous nos frères et soeurs, respect et amour ; l'humanité est un corps dont nous sommes les membres, et nous n'avons pas plus le droit de refuser notre concours à l'utilité commune, qu'un membre du corps humain n'aurait le droit de rapporter tout à lui.

 

Penser à nos frères et nos soeurs, travailler pour nos frères et pour nos soeurs, nous donner à nos frères et à nos soeurs, ce n'est pas seulement, comme on le dit dans le monde, de la charité, par où l'on entend une sorte de luxe, de vertu facultative et surérogatoire ; c'est de la justice, c'est une obligation indéclinable.

 

Donc, quand nous ne tendons qu'à nous-mêmes, nous sommes injustes ; nous faisons déjà tort au prochain, nous qui prétendons si aisément ne faire tort à personne, en attendant que cette injustice latente devienne une injustice activé, et que cette indifférence coupable, armée par la passion, se change en hostilité.

 

En effet, qu'autrui nous fasse obstacle, qu'il vienne se mettre sur le chemin de notre ambition, de notre succès, de notre jouissance, nous l'écarterons, nous le foulerons aux pieds.

 

Aujourd'hui égoïstes, demain oppresseurs.

 

Souvenons nous de l'histoire de Caïn.

 

Voilà l'égoïsme.

 

Aussi le Christianisme vient-il lui déclarer une guerre à mort.

 

Ce mouvement qui nous ramène et nous absorbe dans le moi charnel, il le détourne ou plutôt il le retourne et le porte vers Dieu et vers nos frères, il le répand en adoration, en reconnaissance, en obéissance envers Dieu, en amour, en services, en sympathie, en dévouement pour les hommes.

 

Et tandis que l'égoïsme resserre, concentre, isole, divise, déshonore et abaisse ; l'amour, au pied de la croix, et « répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit, » l'amour dilate, l'amour féconde, l'amour vivifie, l'amour ennoblit, l'amour relève, l'amour travaille à l'harmonie éternelle.

 

Substituons au riche de la parabole un chrétien sur lequel Dieu a versé ses bénédictions.

 

Écoutons-le : à la place de l'égoïste : que ferai-je ?

 

Il dira avec saint Paul prosterné dans la poudre :

 

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

 

Seigneur, comment puis-je te glorifier ?

 

Seigneur, je veux te consacrer tes propres dons, je veux que, comme la rosée du ciel, descendus de Toi, ils remontent vers. Toi !

 

-- Et puis, regardant autour de lui après avoir regardé au-dessus de lui, il s'écriera :

 

Mes frères, que puis-je faire pour vous ? Pauvres, je vous assisterai ; malades, je vous visiterai ; affligés, je vous consolerai ; opprimés, je vous délivrerai...ou tout au moins je vous plaindrai !

 

Pour nous Chrétiens, il faut choisir entre ces deux directions du moi. (...)

 

Suite Egoïsme & Matérialisme (dernière partie)

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 11:17
Prends ma place...

Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire. Mais que l'humilité vous fasse regarder les autres  comme étant au dessus de vous mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts,

considère aussi ceux des autres. (Philippiens 2-3/4)

 

L’exclamation indignée ou attristée de l’enfant qui à l’école revendique, face à un acte d’injustice, se retrouve à toute heure de l’existence, et en tous domaines.

 

Le sentiment d’injustice demeure profondément ancré dans le cœur des hommes et femmes, et même à une époque où le respect des autres et de ce qui leur appartient s’est très étiolé, la spoliation du prochain n’est pas regardée comme chose banale et acceptable.

 

Bien plus encore quand il s’agit de personnes en position de faiblesse.

 

Et pourtant un proche me racontait comment un automobiliste sans scrupule et sans état d’âme avait placé sa voiture sur le rectangle bleu réservé aux handicapés, clairement signalé par un pictogramme représentant un fauteuil roulant !

 

Il y avait pourtant, circonstance aggravante, plusieurs autres places libres !

 

Mais le «m’en foutisme», plus encore la goujaterie, sont assimilés pour certains à la «débrouillardise», ce «système D» qui typifierait aux dires d’observateurs étrangers, les Français que nous sommes !

 

Etre inventif, savoir tirer parti d’une situation, peut être une qualité, mais devient une tare quand elle s’exerce au détriment des autres…

 

«Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap».

 

Je ne sais qui a trouvé cette formule si éloquente et forte dans sa concision.

 

Elle est placée en sentinelle près des emplacements réservés aux handicapés, et son interpellation ne peut laisser indifférent.

 

Elle s’adresse d’abord au cœur, puis à la raison, et au sens de la justice et du droit.

 

Ceux qui affrontent quotidiennement l’existence en position de faiblesse, quelle qu’en soit la cause, n’ont pas besoin d’un regard de commisération, encore moins de pitié, qui pourrait blesser et ne ferait que souligner la différence…

 

Ils doivent pouvoir vivre en toute dignité et posséder leur espace de liberté comme tout autre, dans le plein respect de leur personne et de leurs droits.

 

Il faut beaucoup de délicatesse et de compréhension pour leur venir en aide.

 

Comment y parvenir sinon en essayant de nous imaginer atteint d’un handicap ou de tel autre.

 

Mais imaginer n’est pas suffisant !

 

On peut se tromper de tant de manières… prêter des sentiments, des pensées, des raisonnements, des comportements, qui sont erronés ou pour le moins subjectifs ou inadaptés…

 

Si la démarche est louable, elle demeure incomplète; écouter attentivement est indispensable car seul celui qui connaît cette situation difficile peut témoigner de ses problèmes et de ce qu’il ressent.

 

Et l’écoute est alors autant celle du cœur que de l’oreille…

 

Quelles sont les difficultés réelles auxquelles il se heurte chaque jour, et dans telle ou telle circonstance plus particulièrement ?

 

Problèmes physiques, matériels, mais aussi psychologiques, affectifs…

 

Et ce qui paraît n’est pas toujours le plus éprouvant.

 

Il y a quelque temps, quelques personnes ont voulu tenter de mieux cerner les conditions de vie des aveugles, et, pendant quelques heures, ont accepté de vivre dans une totale obscurité, partageant notamment un repas avec des non-voyants qui cette fois leur venaient en aide…

 

Noble initiative qui les a un peu aidées à mieux saisir l’univers dans lequel vit le non-voyant… bien que jamais elles n’aient pu connaître véritablement son existence réelle car malgré tous leurs désirs d’identification, elles n’ont pas oublié un instant qu’elles n’étaient pas véritablement «aveugles» !

 

Mais l’essentiel n’est-il pas qu’elles aient voulu essayer de comprendre ?

 

Elles donnent, ce faisant, une belle leçon d’humanité à qui veut écouter leur témoignage éloquent.

 

Car la volonté de discerner la situation de l’autre est première !

 

En ces domaines plus qu’en beaucoup d’autres, il faut agir avec sensibilité et sagesse.

 

Il est si facile de blesser, sans même le réaliser !

 

L’expression bretonne «venir avec ses gros sabots…» et tout piétiner, est peut-être un écho lointain de la fable de La Fontaine : «L’ours et son maître».

 

Souvenons-nous de ce plantigrade, vigilant gardien du maître aimé, qui le tue en voulant écraser la mouche audacieuse posée sur son front…

 

«Si tu prends ma place…»

 

Quelle bassesse peut conduire à «prendre la place» de l’handicapé !

 

Mais n’est-ce pas quelque peu semblable, lorsqu’il s’agit d’autres spoliations ?

 

Agir au mépris des droits ou de la dignité de l’étranger, de celui qui est de race différente, de modes de vie différents… ou seulement plus faible… n’est-ce pas attenter à sa personne ?

 

Un regard suffit parfois pour signifier «à l’autre» qu’il n’est pas accueilli ou pire, qu’il est rejeté…

 

Combien, chaque jour, petits et grands souffrent, ressentant l’ostracisme ou même parfois la haine !

 

Au contraire, un regard, un sourire, un bonjour, peuvent accueillir, intégrer…

 

Chacun a le droit absolu à sa dignité d’homme et de femme, et la même attention, le même respect sont dus à l’enfant.

 

Bien évidemment, chacun doit s’en montrer digne, et nul ne doit utiliser son handicap, sa faiblesse, sa race… ni ce qu’il possède ou ne possède pas pour s’imposer et «profiter de sa situation»…

 

Il reste beaucoup de chemin à accomplir, mais espérons en un monde où tout serait différent, où chacun s’efforcerait de comprendre l’autre, les autres…

 

Tâche grande et noble, pour les parents, enseignants, éducateurs…

 

Il faut dès l’enfance enseigner le respect du prochain, la solidarité humaine, et en montrer l’exemple dans la vie quotidienne.

 

Si cela n’est pas, ne nous étonnons pas de voir s’imposer la «loi de la jungle» ou pire encore !

 

La civilisation se reconnaît d’abord dans le respect de la vie et le respect de chaque être humain, bien plus que dans la grandeur des monuments et la force des armées…

 

«Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap».

 

Ce n’est qu’une parole, le cri de celui qui est un autre nous-mêmes et dont la vie, la dignité, la liberté, sont d’une même valeur que les nôtres.

 

«Aime ton prochain comme tu t’aimes toi-même»!

 

La parole du Christ a tracé le chemin de la fraternité, sans laquelle la vie ici-bas est un désert sans horizon.

 

Aimer, accueillir, aider, partager, guider…. C’est la voie royale dont parle Jésus dans l’Evangile, celle qui ne laisse, ni ne laissera jamais de regrets.

 

Au reste frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable,  tout ce qui mérite l’approbation,  ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées . (Philippiens 4. 8)

 

 

Pasteur Yvon Charles,

Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Regard d'Espérance (Centre Protestant Carhaix-Plouguer)

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:24
Le péché par Ernest Dhombres (Suite)

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Quiconque pèche transgresse la loi,

car le péché est une transgression de la loi(1 Jean 3.4)

 

L'Écriture, avons-nous dit.

 

Invoquons enfin son autorité souveraine, sa décisive lumière.

 

L'Écriture, c'est elle qui regarde en face le péché.


C'est elle qui l'appelle de son vrai nom.

 

C'est elle qui le signale et le flétrit, depuis sa première page jusqu'à la dernière, depuis la Genèse qui nous raconte l'entrée du péché dans le monde jusqu'à l'Apocalypse qui nous montre, sous d'effrayantes images, son châtiment dans le siècle à venir.


C'est elle qui le condamne par les foudres du Sinaï et par le drame sanglant du Calvaire.

 

C'est elle enfin qui nous en révèle la portée redoutable en nous montrant, par delà la loi violée, le législateur offensé.

 

O Dieu ! j'ai péché contre toi, contre toi proprement,s'écrie David après sa chute, et j'ai fait ce qui déplaît à tes yeux.


En effet, derrière la loi, il y a l'auteur de la loi ; derrière la conscience, il y a Celui qui nous parle par la conscience, c'est-à-dire Dieu.


En obéissant à la loi et à la conscience, c'est à Dieu que nous obéissons.

 

En désobéissant à la loi et à la conscience, c'est à Dieu que nous désobéissons.

 

Toute offense à la loi remonte jusqu'à Dieu lui-même.

 

Le péché étant une transgression de la loi est, par cela même, une révolte contre Dieu.


O gravité nouvelle dans la gravité du péché !


Et encore ce n'est là, comme on l'a dit, que la partie négative du péché.


Mais toute négation suppose une affirmation correspondante.

 

Pourquoi nous révoltons-nous contre Dieu, si ce n'est parce que nous ne l'aimons pas ?


Et si nous ne l'aimons pas, n'est-ce pas parce que nous aimons autre chose que Lui ?


Et que pouvons-nous aimer à la place de Dieu, si ce n'est nous-mêmes, et ce moique Pascal, avec raison, appelait haïssable !


Ainsi donc, le moi, le misérable moi humain, se révoltant contre Dieu, le moi se préférant à Dieu, voilà pour le coup tout le crime et toute la folie du péché !


Péché fondamental et universel, qui vient détruire un dernier sophisme, ou dissiper une dernière illusion, celle de ces hommes honnêtes, pieux même, qui, nés sous la loi chrétienne, sont trop éclairés pour croire que le péché n'est qu'une imperfection, ou qu'un inévitable effet de notre organisme matériel, mais qui se rassurent en disant :

 

« Le péché, c'est le vice, c'est le scandale : nous ne l'avons pas commis, nous sommes donc excusables, tout au moins sommes-nous moins coupables que ceux qui ont commis de telles choses. »

 

Erreur ! erreur ! vous dis-je.

 

Au delà des péchés et de leurs manifestations plus ou moins graves, il y a le péché, le péché intérieur et primordial, le moi s'insurgeant contre Dieu et se préférant à Dieu !...


Et, par là, tous les hommes se ressemblent : le plus honnête doit courber la tête à côté du plus criminel : ils sont tous « enfermés dans la rébellion » ; ils sont tous « ennemis de Dieu par leurs pensées et par leurs œuvres, » et la parole de saint Paul se vérifie :


« Il n'y a point de différence, parce que tous ont péché et sont entièrement privés de la gloire de Dieu. »

 

Nous sommes parvenus au terme de notre redoutable analyse...

 

Il me semble voir comme un champ-clos où se rencontrent l'Éternel Dieu et l'homme pécheur : Dieu sur son trône éblouissant de sainteté, l'homme à ses pieds, dans la poudre.

 

Tout à coup ce vermisseau a dressé la tête, le moi humain s'est insurgé contre le moi divin, pensée contre pensée, volonté contre volonté, trône contre trône, autel contre autel, et, pour ainsi dire, Dieu contre Dieu.


Voilà le péché !

Comprenez-vous maintenant, que le christianisme tout entier tombe ou se relève avec, cette notion fondamentale !

 

Niez cette notion, ou seulement affaiblissez-la, substituez quelque chose d'amoindri à ce tragique sens du mot péché, cessez d'y voir le suprême désordre, la révolte de l'homme contre Dieu...

 

Alors tout est amoindri, tout est altéré dans la religion de Jésus.

 

Alors l'idée du Dieu trois fois saint s'affaiblit comme l'idée de la vocation primitive de l'homme, comme celle du relèvement du pécheur, comme celle du Christ qui vient opérer ce relèvement.


 

Alors l'intervention merveilleuse de Dieu dans l'humanité, le surnaturel, le miracle sont un luxe inutile, et l'humanité peut être sauvée si elle a encore besoin de l'être, sans tant de mystère ni de secousse.


 

Alors le drame de la Rédemption, devenu superflu, s'évanouit comme une vaine théorie et les anges peuvent se dispenser d'en sonder les profondeurs.


 

Alors les saintes annales du Fils unique venu en chair et de « l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde » peuvent faire place à la fiction dérisoire d'un aimable docteur de Galilée, inspiré par les instincts de sa race et les paysages de sa patrie, mort martyr d'un sombre fanatisme qui s'empare de lui dans la seconde moitié de sa vie, et ressuscitant dans l'imagination d'une femme hallucinée qui, chose étrange ! a fait croire à son hallucination et l'Eglise et le monde !...

 

Mais alors aussi, avec la grande doctrine, disparaît la grande morale.

 

La charte héroïque du renoncement, du sacrifice et de la mort à soi-même, fait place à la morale peu exigeante des gens du monde et au pâle cortège des vertus humaines.

 

Quelques natures élevées dépasseront sans doute ce niveau abaissé, les âmes sans idéal suivront tranquillement ces sentiers médiocres ; mais les masses plus, grossières rejetteront un jour ce frein de l'honnêteté bourgeoise qui les gêne sans les contenir...et vous entendrez, en frémissant, dans la rue, le refrain de l'orgie antique :

 

Mangeons et buvons, car demain nous mourrons.

 

Mais si nous maintenons la notion du péché dans toute sa rigueur, telle que l'Écriture l'a révélée et que le Saint-Esprit l'enseigne à notre raison et à notre conscience, alors le majestueux édifice du christianisme se relève tout entier et s'offre à nous comme l'unique refuge de l'humanité perdue.

 

Alors je vous comprends, Adam et Christ, pôles mystérieux de notre race déchue et relevée.

 

Je vous comprends, révélation surnaturelle, miracles, prophéties, cortège éblouissant d'un Dieu qui vient en Christ réconcilier le monde avec soi.

 

Je vous comprends, mystère de l'Incarnation et mystère de la Croix.


Je vous comprends, mystère du Saint-Esprit, mystère de la conversion et de la nouvelle naissance !

 

Je vous comprends, délices du ciel et vous aussi, abîmes de la condamnation.

 

Je vous comprends, héroïque religion et morale héroïque !

 

Je te comprends enfin et je te serre sur mon cœur, Évangile !

 

Évangile éternel, Évangile de Jésus-Christ, Évangile des apôtres, Évangile des Pères, Évangile des réformateurs, Évangile des saints, Évangile non des hommes, mais de Dieu, non du siècle, mais des siècles.


Évangile toujours contesté et toujours affirmé, toujours attaqué et toujours vainqueur, « scandale aux Juifs, folie aux Grecs, » mais qui as été, qui es et qui seras « pour tous ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu... »


Ma soeur, mon frère, je ne puis m'arrêter ici sans adresser un appel direct à vos propres âmes.

 

J'ai opposé notion à notion, théorie à théorie.

 

Mais il ne s'agit pas seulement de théorie ici, il s'agit d'application et d'application personnelle.

 

Nous n'avons pas fait une étude sur une race étrangère ; vous et moi, nous étions en cause ; car ce péché, que j'ai exposé dans sa terrible nudité, c'est le vôtre, c'est le mien.
 

Oh ! si vous n'aviez pas encore sondé cette plaie de votre âme, sondez-la aujourd'hui même et appliquez-y le baume de l'Évangile.

 

N'entendez-vous pas l'Esprit de Dieu, Nathan invisible, vous dire :


« Tu es cet homme-là...Tu es ce pauvre pécheur, ce transgresseur de la loi, ce révolté contre ton Dieu. Repens-toi et jette-toi entre les bras de Jésus-Christ. »

 

Obéissez à cet appel, allez, allez aujourd'hui même à Jésus-Christ !

 

Unissez-vous à Lui par une foi vivante ! Et ce même Esprit, vous appliquant toutes les promesses de l'Évangile, vous dira de nouveau :


« Tu es cet homme-là. Tu es ce pauvre pécheur...mais ce pécheur racheté, pardonné, reçu en grâce et enfanté à une vie nouvelle ! »

 

Si déjà, convaincus de péché par le Saint-Esprit, vous avez cherché et trouvé le sauveur...

 

Ah ! laissez-moi vous dire encore : sondez la plaie de votre âme !


Recommencez le salutaire travail de l'humiliation, rentrez dans ses saintes douleurs, descendez toujours plus avant, selon la parole de saint Augustin, dans l'enfer de votre propre cœur, pour remonter toujours plus haut au ciel de Dieu !


Car plus vous sentirez vos misères, plus vous saisirez la grâce de Christ, plus vous recevrez les glorieuses influences du Saint-Esprit !


Plus vous aurez une conscience intense et douloureuse de votre péché, plus vous le haïrez et le vaincrez avec le secours de Dieu ; et vous échangerez enfin un christianisme lâche et médiocre, plein de compromis avec le mal, contre ce christianisme viril et sublime dont l'Église et le monde ont tant besoin !

 

Il n'y a que deux attitudes pour l'homme pécheur, devant le Dieu saint.

 

La première est celle que nous décrivions tout à l'heure avec épouvante : c'est l'attitude de la révolte, c'est l'attitude dans laquelle nous sommes tous naturellement, en tant que pécheurs...et dans laquelle, si nous ne nous convertissons, nous demeurerons jusqu'à la fin pour entendre cette terrible sentence à laquelle il faudra bien obéir :

 

Retirez-vous de moi !

 

La seconde attitude, quelle est-elle ?...

 

Regardez dans le temple de Jérusalem.


Sous ces voûtes, d'où la foule s'est retirée, une pauvre pécheresse est tremblante, éperdue aux pieds de Jésus-Christ...qui, d'un mot, la relève et l'affranchit du mal.

 

Allez, et faites comme cette femme : jetez-vous, mon frère, ma sœur, comme si vous étiez seul dans ce temple, seul dans l'univers, aux pieds de Jésus-Christ.

 

Et que, sur nos fronts courbés, descende la parole du Seigneur, si douce, mais si sévère ; si sévère, mais si douce :


 

« Je ne te condamne pas non plus. Va et ne pèche plus à l'avenir. »


 

Amen.


 


 

Ernest Dhombres Refuge Protestant
Ernest  DHOMBRES,
Pasteur Protestant Réformé
 
Bible 2010
259541-pendentif-croix-huguenote GD
 

 

 
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:23
Le péché par Ernest  Dhombres

Quiconque pèche transgresse la loi,

car le péché est une transgression de la loi

 (1 Jean 3.4)


L'homme moderne est moins grand que ses œuvres, et son progrès moral n'est pas en proportion de son progrès matériel.

 

Au sein des richesses et des accroissements de toute sorte qui constituent la civilisation, la valeur personnelle ne s'est point augmentée : il semble même qu'à quelques égards elle a perdu.

 

Avec beaucoup plus de connaissances, beaucoup plus de lumières répandues, on ne peut nier un certain affaiblissement dans la raison, l'instrument même de la connaissance.

 

La raison, la nette distinction du vrai et du faux, la faculté de bien voir et de bien juger, d'affirmer ou de nier résolument, de poser un principe et de le suivre jusqu'au bout, la raison lumineuse et ferme, attribut incontesté de notre génie national, ne s'est-elle pas émoussée au sein de l'anarchie des doctrines, des pensées et du langage lui-même, au milieu du scepticisme général et de cette largeur mal entendue qui voit partout une portion de vérité ?

 

Et si la force de la raison a reçu une atteinte, les caractères qui sont, comme on l'a dit, la force de la volonté, ont subi une altération analogue.

 

Ils sont rares aujourd'hui les hommes qui consultent les principes plus que les faits et qui, à travers la bonne et la mauvaise fortune, restent inébranlablement fidèles à leurs convictions, à leurs amitiés, à leur drapeau quel qu'il soit.

 

Ils sont si rares, que quand on les rencontre, on les appelle des caractères antiques, et ce mot seul est un aveu significatif pour la génération contemporaine.

 

Mais il est un affaiblissement plus inquiétant encore, c'est celui de la conscience.

 

L'affirmation morale hésite comme l'affirmation intellectuelle, comme l'affirmation des volontés.

 

Dans cet inviolable domaine de l'absolu et de l'immuable, la nuance, cette subtile tentation du temps présent, est parvenue à s'introduire.

 

La conscience semble n'être plus aussi vigoureuse dans la distinction du juste et de l'injuste, du bien et du mal.

 

Et surtout l'injuste, le mal, ne provoquent pas chez elle des réactions assez énergiques.

 

Ce redoutable obscurcissement qui, s'il se consommait, consommerait notre ruine morale, se manifeste, entre autres symptômes, par la faiblesse de la notion du péché.

 

D'imprudentes et fausses idées philosophiques, répandues dans l'air et secondées par la complicité naturelle du cœur humain ont cours dans le monde.

 

Il en résulte que le péché perd son caractère tragique, que les saintes terreurs de la condamnation se dissipent et que, tristement rassuré, on ne s'empresse pas de recourir au remède héroïque du Christianisme, ou bien on ne le prend qu'affaibli, édulcoré, en se tournant vers un autre Évangile, revu et corrigé par la sagesse humaine.

 

Il y a là un péril suprême pour la religion et pour la morale.

 

Travaillons à le conjurer en opposant à ces notions vagues et fausses, la notion exacte et vraie du péché telle qu'elle nous apparaît à la quadruple lumière de la raison, de la conscience, de l'histoire et de la Parole de Dieu.

 

Le péché, a-t-on dit, est une imperfection naturelle de la créature.

 

Toute créature est nécessairement finie et Dieu ne pouvait que la créer finie, autrement la créature serait Dieu même.

 

Cette imperfection, cette limite, c'est le péché, ou du moins ce qui apparaît comme tel à la conscience.

 

Mais cette borne elle-même excite l'homme à la dépasser, cette imperfection sentie le fait aspirer à un état meilleur.

 

C'est là la loi du développement humain. Le mal en est donc la condition, le stimulant nécessaire.


Mais une telle notion qui peut se concevoir et se supporter dans le domaine abstrait de la pensée, ne tient pas un instant dans le domaine des faits, et s'évanouit à la lumière du plus simple bon sens.

 

En effet, de l'imperfection à la perfection il n'y a qu'une différence de nuance, de degré.

 

L'imperfection et la perfection sont le même élément, faible ou fort, minime ou considérable.

 

L'imperfection est la perfection en germe : l'une conduit ; à l'autre et s'achève dans l'autre, tandis que, du bien au mal il y a une différence absolue, il y a un abîme.

 

Ce n'est plus le même élément à divers degrés, ce sont deux éléments contraires.

 

L'un est la négation, le renversement de l'autre.

 

Prenons des exemples. Les lèvres d'un homme vont s'ouvrir.

 

Elles peuvent livrer passage à ce qu'il y a de plus pur et de plus noble au monde, la vérité.

 

Ou bien il peut s'en échapper ce qu'il y a de plus vil et de plus odieux, le mensonge.


Mais qu'y a-t-il de commun entre la vérité et le mensonge ?

 

Est-ce que par hasard le mensonge serait la condition, le germe, l'apprentissage de la vérité ?

 

Le cœur de l'homme est doué de la puissance d'aimer, et dans cet amour je conçois des degrés : je conçois un amour inférieur et un amour supérieur, un amour imparfait et un amour parfait.

 

Mais voici que ce cœur s'ouvre à la haine.

 

Ne sentez-vous pas qu'il entre dans une phase absolument contraire ?


Or, la vérité c'est le bien, le mensonge c'est le mal. L'amour c'est le bien, la haine, c'est le mal.

 

Le mal n'est donc pas un moindre bien, c'est le contraire du bien.

 

Le péché n'est pas une imperfection, c'est une contradiction : ce n'est pas l'ordre, un ordre inférieur, préparatoire, si vous le voulez, mais enfin un ordre, c'est le désordre même.

 

Ce n'est pas la loi, c'est la transgression de la loi. Voilà ce que nous dit la saine raison, non pas seulement celle du savant, mais celle de l'enfant et de l'homme du peuple.

 

Aussi transforme-t-on plus ou moins cette notion inadmissible du péché en une autre plus spécieuse.

 

Le péché, nous dit-on, est le fait de notre nature matérielle.

 

Il a son siège et sa source dans la chair. Le triomphe progressif de l'esprit sur la chair, voilà la loi du développement humain.


On a même poussé de nos jours cette pensée jusqu'à avancer tranquillement que l'homme au début de son histoire n'était que chair, que son premier état a été la pure et simple animalité, mais qu'à un moment donné l'espèce humaine, perfectionnant ses instincts jusqu'à l'intelligence et s'enrichissant tout à coup de l'esprit, a pris le pas sur toutes les autres.

 

Je ne m'arrêterai pas à réfuter cette triste aberration du système.

 

Je me contenterai d'opposer à ces théories dégradantes la grande parole de Dieu rapportée par Moïse :

 

« Faisons l'homme à notre image ! »

 

et l'hymne sublime de David sur l'homme sortant des mains de son Créateur :

 

« Tu l'as fait un peu moindre que les anges, tu l'as couronné de gloire et d'honneur et tu as mis toutes choses sous ses pieds. »

 

Mais laissant de côté ce honteux excès de la doctrine que nous combattons, tenons-nous en à cette idée souvent émise, et souvent admise, même par des esprits sérieux : le péché a son siège et son origine dans la chair.

 

Et l'on nous cite immédiatement, à l'appui de cette théorie, les péchés de la sensualité tels que l'impureté, l'intempérance.

 

Mais combien de péchés pour lesquels cette origine matérielle, même apparente n'existe pas ?

 

Voici un homme dont toute la passion est la passion de l'or.

 

Il ne connaît pas la fureur de jouir, mais celle d'amasser.

 

Quel attrait peut-il y avoir là pour les sens ? Quelle satisfaction pour la chair ?


Cet homme est peut-être inaccessible aux tentations de cet ordre : toutes ses ardeurs sensuelles se sont éteintes au profit de cette sèche passion, de cette flamme tristement immatérielle qui le consume pour un peu d'or !

 

Cet autre n'a qu'un vice, l'orgueil.

 

Monter, monter encore, abaisser, en croyant se grandir, tout ce qui s'élève non seulement au-dessus de lui mais à côté de lui ; tout sacrifier à une personnalité insatiable ; voir s'anéantir, s'il le fallait, le monde entier, pourvu qu'il fût debout sur ses ruines dans cet immense orgueil qui est son tourment et sa volupté, voilà ce qu'il rêve !

 

Qu'y a-t-il là pour les sens et pour la matière ?

 

Il y a donc des péchés et des vices dans lesquels la sensualité n'entre pour rien.

 

Mais je vais plus loin, et je dis que même dans les péchés qui consistent en des satisfactions de la chair, le véritable auteur du péché, le vrai coupable, ce n'est pas la chair, mais l'esprit.


En effet dans tout péché, la liberté et la volonté de l'homme sont en jeu.

 

Si brûlante que soit la tentation, il est un moment où l'homme se dit à lui-même : je cède, ou : je ne céderai pas.

 

C'est toujours sa liberté, c'est sa volonté qui consent au mal.

 

Or, la liberté, la volonté appartiennent au domaine moral, à l'esprit.

 

L'esprit est donc le véritable auteur du péché.

 

La chair est l'occasion, le siège, l'instrument ; mais le moteur, mais l'agent responsable c'est l'esprit, l'esprit rebelle et corrompu.

 

A ce rebelle, la chair fournit, dans l'état actuel de l'humanité, des armes nombreuses et puissantes ; mais c'est l'esprit qui les saisit et les emploie.

 

Aussi malgré les suggestions de la matière, malgré ces prétendues fatalités du tempérament par lesquelles on voudrait expliquer aujourd'hui les individus, les peuples, l'histoire, il demeure vrai que l'esprit est le vrai foyer de la personnalité humaine, et que quand l'homme pèche, c'est à sa nature morale, non à son organisme matériel, qu'il faut s'en prendre : Le péché est une transgression de la loi.

Après la raison, c'est la conscience que j'interroge.

 

Parle-nous à ton tour, voix mystérieuse qui retentis dans les profondeurs de notre âme, et qui n'es que l'écho d'une voix plus haute et plus solennelle, parle, fais justice de tous ces vains sophismes, et dis-nous si le péché n'est qu'une imperfection de notre nature, ou qu'une suggestion fatale de la chair !


La conscience dira avec plus de force encore que la raison : Le péché est une transgression de la loi.

 

Je sais que la conscience peut varier d'un siècle à un autre siècle, d'un pays à un autre pays, d'une race à une autre race, et l'on me citera les Chinois qui noiyaient leurs enfants et en d’autres endroits, des tribus qui se débarrassaient de leurs vieux pères.

 

Mais si la conscience varie sur le catalogue des obligations morales, elle ne varie pas sur l'obligation morale elle-même.


Dans ce qu'elle considère comme bien ou comme mal, elle approuve ou elle condamne ; son verdict est absolu ; et si restreinte, si inférieure, si grossière même que soit la loi qu'elle possède, elle veut que cette loi soit observée et elle punit par le remords celui qui la viole.

 

Je sais encore que selon une comparaison saisissante d'Alexandre Vinet, la conscience étant le gardien logé chez nous, à nos frais, pour surveiller nos actes et en rendre compte, nous distrayons ce gardien, nous le subornons, nous le mettons dans nos intérêts, nous le faisons asseoir à notre table, nous déridons son front sévère et lui faisons vider avec nous la coupe de l'étourdissement...

 

Mais je sais aussi que la conscience se réveille de cette ivresse et qu'il vient un jour, une heure où elle dit au plus léger ou au plus dégradé : Tu as péché, tu as violé la loi !

 

Les frères de Joseph disent avec assurance, en public : « Nous sommes gens de bien ; » mais bientôt après lorsqu'ils sont seuls et vis-à-vis d'eux-mêmes, ils se disent entr'eux : « Vraiment nous fûmes coupables envers notre frère. »

 

Voilà la conscience et sa réaction, tardive peut-être, mais inévitable contre le mal.

 

Si le péché n'est qu'une imperfection innée de ma nature, si le péché n'est que le résultat nécessaire de mon organisme physique, expliquez-moi le remords !

 

Ai-je des remords d'être un homme et non pas un ange ?

 

Ai-je des remords d'avoir un corps et non pas seulement un esprit ?

 

Non, mais j'ai des remords de ce que étant homme, j'ai transgressé la loi inscrite au fond de la conscience humaine ; j'ai des remords de ce que ayant un corps, j'ai fait servir ce corps d'instrument à l'iniquité.

 

Le remords atteste donc que le péché est un désordre, que le péché est un crime : le remords vient joindre sa voix douloureuse et vengeresse à la parole de l'apôtre : Le péché est une transgression de la loi.

Au jugement de la raison, au verdict de la conscience, s'ajoute encore la sentence de l'histoire, j'entends par là la manifestation, dans le domaine des faits, du péché comme d'un désordre.

 

« Sache,dit l'Ecriture, que ton iniquité te trouvera. »


Ma soeur, mon frère, cher ami(e), elle nous trouvera là-haut, mais elle nous trouve déjà plus ou moins ici-bas.

 

Si parfois « la sentence contre les mauvaises œuvres ne s'exécute pas incontinent et si par là le cœur de l'homme est rempli d'envie de mal faire, » parfois aussi la sentence s'accomplit immédiatement dans ce monde même.


Que de péchés portent en eux leur juste punition !


Que de passions trouvent déjà leur châtiment dans les ravages qu'elles exercent, dans les stigmates qu'elles impriment, dans les perturbations qu'elles amènent pour l'individu, pour la famille, pour la société !

 

En combien d'occasions les événements qui suivent le péché ne sont-ils pas comme un premier jugement et une réaction immédiate contre lui ?

 

David, adultère et meurtrier, porte d'abord dans l'angoisse de son âme la peine de son double crime.

 

Témoin ces détresses des psaumes 32 et 51 : « Mes os se sont consumés, je n'ai fait que crier tout le jour...ô Dieu ! délivre-moi de tant de sang. »

 

David se repent et certes son repentir est admirable.

 

Dieu qui le lui inspire, par la parole courageuse du prophète Nathan, daigne y avoir égard et lui accorde le pardon de son péché.

 

Toutefois son péché, même pardonné, le disciplinera, et le prophète lui fait entendre cette sentence : L'épée ne sortira point de ta maison.

 

Et cette sentence devait douloureusement s'accomplir.


Après tant de gloire et de prospérité, que d'humiliations, que de souffrances dans la seconde moitié de son règne !


Ce jeune enfant qui languit et qui meurt, cet autre fils qui brûle d'une flamme incestueuse, cet Absalom qui lève contre son père l'étendard de la révolte, le vieux roi passant le Cédron, gravissant tout en pleurs la montagne des Oliviers, contraint d'ordonner à ses troupes de poursuivre le rebelle et recommandant mais en vain qu'on épargne sa vie, et bientôt, vainqueur inconsolable, s'écriant avec désespoir : Absalom, mon fils ! que ne suis-je mort à ta place ! Absalon, mon fils, mon fils !...

 

Voilà les fruits amers, voilà les terribles ravages, voilà le salaire du péché !

 

Sache que ton iniquité te trouvera !C'est de l'histoire sacrée, dites-vous, c'est la période théocratique où Dieu intervenait directement dans les destinées humaines.


Mais croyez-vous donc que Dieu ait cessé d'y intervenir, que les lois de sa Providence soient abrogées, et qu'aujourd'hui le mal n'engendre plus le malheur ?

 

Il y a quelques années, nous étions avec un public nombreux au pied d'une chaire du collège de France, du haut de laquelle tombe toujours un enseignement spiritualiste et hautement moral.

 

Le professeur parlait de la constitution américaine et il déroulait devant nous cette belle page de l'histoire du nouveau monde, dans laquelle un grand peuple déclara au nom de Dieu son indépendance, et soutint cette déclaration par une guerre héroïque à laquelle la France prêta le concours d'une de ses plus nobles épées.

 

Mais une tache d'abord presque inaperçue vint souiller cette page des annales d'un peuple libre.

 

La première rédaction de l'acte d'indépendance contenait un article proclamant l'abolition du fléau naissant de l'esclavage.


Cet article fut biffé pour rallier tous les esprits !...

 

C'était une iniquité non directement commise, mais criminellement supportée : c'était un interdit caché dans les fondations de l'édifice.

 

L'édifice grandit.

 

Une prospérité sans exemple vint récompenser ce qu'il y avait de pur, de généreux, de chrétien dans la jeune république, et Dieu sembla donner à ce qu'il y avait d'injuste et de souillé l'absolution de la gloire.

 

Mais l'interdit était là et il devait porter ses fruits de mort.

 

Demandez-les à l'Amérique d’aujourd’hui !

 

Demandez-les à ces deux moitiés d'une même nation se précipitant l'une contre l'autre dans une guerre de quatre années !

 

Demandez-les au sang le plus pur des deux Amériques versé par torrents !

 

Demandez-les aux larmes de milliers de veuves et d'orphelins que la guerre a faits !

 

Demandez-les à tant de richesses englouties, à tant d'établissements ruinés, à cette crise effrayante que les flots de l'Atlantique ont apportée jusque sur nos rivages et qui a pesé sur toute l'Europe !

 

Demandez-les à cet horrible assassinat couronnement de tant d'horreurs ! Demandez-les aux formidables obstacles qui subsistent encore pour le relèvement des indiens, des quatre millions de noirs, même après leur émancipation !...

 

Ah ! c'est que l'iniquité a une fécondité déplorable !

 

C'est qu'une institution inique est comme une plante vivace, étendant au loin ses profondes racines, et empoisonnant pour longtemps le sol même qui la porte.

 

C'est qu'il a été dit aux nations comme aux individus : Sache que ton iniquité te trouvera.

 

Non, non, il est impossible qu'un crime auquel tout un peuple a participé ne porte pas tôt ou tard ses fruits de malédiction.

 

Le virus qu'il a introduit dans le corps social y exercera de longs ravages, et il ne peut en être expulsé qu'au prix de secousses et de convulsions dont nul ne peut dire l'opiniâtre durée et la sinistre profondeur !...

 

Dites après cela que le péché est une imperfection, une faiblesse, un effet naturel de la condition terrestre.

 

Non, le péché est une contradiction et un renversement.

 

C'est un désordre dans le domaine moral, c'est aussi un désordre dans le domaine des faits et la voix de l'histoire comme celle de la raison, comme celle de la conscience, confirme la parole de l'Écriture :

 

Le péché est une transgression de la loi.

 

(Suite)

 

 
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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 16:23
N'oublions pas d'où nous venons !

Croix Huguenote

 

Jean Marc Berthoud, historien, auteur a été récemment l’invité de la rédaction de Christianisme Aujourd’hui qui publia cette réflexion, disponible également sur le lien et source de Bernard Ballmoos, Chrétien Confessant de l'Eglise Réformée Baptiste de Lausanne plus bas.

 

Jean-Marc Berthoud encourage l’Église à ne pas oublier d’où elle vient et à prendre conscience de sa vraie place dans l’histoire. Parti pris.

 

L’homme n’est pas un être abstrait.

 

Il se situe dans deux dimensions: celles de l’espace (la géographie) et du temps (l’histoire).

 

Mais ce n’est pas tout: cet espace et ce temps, trames de l’univers et de l’histoire, se trouvent sous l’autorité bienveillante, juste et souveraine du Dieu, Créateur et Providence, qui gouverne toutes choses.


Aujourd’hui, la tendance de notre monde, toujours plus axé sur l’immédiat et sur l’individu, est d’oublier ces deux dimensions dans lesquelles est insérée notre vie, sous le regard de Dieu.

 

L’explosion des communications a réduit notre espace à une proximité universelle; le culte de l’instant a fait disparaître le passé.

 

Le monde est devenu virtuel, de lieu réel qu’il était encore il y a peu de temps.


Cela nous aide à mieux saisir l’importance de l’histoire, surtout pour le chrétien.

 

Car, sans ces trois dimensions - l’espace, le temps et Dieu - la vie de l’homme ne peut avoir de sens.

 

Elle devient plate, superficielle, sans goût ni profondeur, sans véritable proximité, ni passé, ni espérance.

 

Il est donc impossible de bien saisir la réalité et le but du christianisme sans connaître son histoire.

 

Une trame inscrite dans la Bible


Car la relation de Dieu avec les hommes n’est pas une idée abstraite, purement «spirituelle», mais une réalité qui traverse le temps.

 

Dans ce sens, la vie de l’Église, comme celle des hommes de la Bible, est une histoire.

 

C’est l’histoire des actes créateurs et rédempteurs d’un Dieu à la fois transcendant et personnel, intervenant de manière bienveillante et juste dans la vie des hommes et des nations et, tout particulièrement, dans la vie de son peuple, l’Église de Jésus-Christ.


Ainsi, la vie de l’Église, comme la vie de tout chrétien, a une histoire !

 

L’histoire de l’Église, insérée dans celle du monde, est, comme la Bible elle-même, une histoire dans l’alliance divine, c’est-à-dire une histoire structurée par les promesses, les conditions et les avertissements de Dieu.

 

Le point central de toute cette histoire est la croix, où le Christ ouvrit pour nous par sa mort le chemin au Père, fermé par nos péchés; et sa résurrection, qui nous assure la vie éternelle.

 

Ancrées dans ce point de l’histoire, nos histoires personnelles prennent sens, un sens qui culmine dans le retour du Christ en gloire.


La vérité de cette alliance structure donc le temps et l’espace, dans une trame inscrite dans la Bible et qui donne sens à tout ce qui se trouve sous le ciel.

 

C’est pour cela que la connaissance de l’histoire de la Bible, avec ses doctrines, ses commandements et ses promesses, histoire prolongée dans celle de l’Église, est si nécessaire à la vie et à l’intelligence du chrétien.

 

Il faut la connaître pour savoir qui nous sommes, ce qu’est la foi, ce qu’est le christianisme et qui est Dieu.

 

JeanMarcBerthoud

Jean-Marc Berthoud,

Théologien Baptiste Réformé

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Bernard Ballmoss Confessant / Christianisme d'Aujourdhui

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 20:43
Le chrétien de nom (1ère partie)

Le jonc croît il sans marais ?

Le roseau pousse-t-il sans humidité ?

Encore vert et sans qu'on le coupe,

il sèche plus vite que toutes les herbes.

Ainsi arrive-t-il à ceux qui oublient Dieu,

et l'espérance de l'impie périra.

(Job 8:11-13)

 

A quoi la religion du chrétien de nom ressemble-t-elle ? De quoi se nourrit-elle ? Que devient-elle ?

 

A quoi ressemble la profession de piété du chrétien de nom ?

 

Elle est comparée ici à un jonc qui sort du marais, à un roseau qui fleurit dans les eaux.

 

Cette comparaison comporte plusieurs points.

 

Premièrement, la religion du faux chrétien quelle que soit son étiquette dénominationnelle peut être comparée à un jonc par la rapidité avec laquelle elle se développe.

 

Il y a des conversions instantanées :

 

celle de Saul, sur le chemin de Damas, celle du geôlier de Philippes, quand soudement réveillé il s’écria :

 

“Que faut il que je fasse opur être sauvé ?”

 

Mais le développement intérieur des chrétiens n’est pas tout à fait si rapide.

 

Des jours de dépression profonde refroidissent lajoie ; de furieuses tentations troublent la paix ; leur vie spirituelle est mis en échec et ils connaissent la douleur.

 

Rien de pareil chez le chrétien de nom.

 

Une fois qu’il a fait profession d’être converti, le sentier pour lui est facile.

 

Il ne connaît pas les soupirs des autres sur leur corruption intérieure ; quand les vrais croyants parlent de luttes contre leur vieille nature, il est est étonné...

 

Le faux chrétien peut toujours prier et chanter sans entraves...

 

Les épaules des âmes vivantes sont meurtries sous leur fardeau ; mais une locomotive privée de sensibilité ne connaît pas la douleur...

 

Mauvais signe, mauvais signe, cher ami, si tu n’as jamais sonté ton coeur avec anxiété pour t’assurer qu’il ne te trompe pas...

 

Hélas ! Beaucoup se sont dit :

 

“Paix, paix ! Quand il n’y avait pas de paix.”

 

Comme le jonc sur le bord des eaux, le chrétien de nom pousse et fleurit promptement...

 

La maison du pharision, quoique bâtie sur le sable, peut se tenir ferme sans bouger, jusqu’à ce que l’inondation survienne ; mais la destruction en sera terrible, parce que les fondations n’ont coûté aucun travail.

 

Deuxièmement, le jonc est une plante creuse, vide et molle.

 

Quiconque n’en connaîtrait pas la nature croirait pouvoir s’en servir comme d’un bâton solide ; mais celui qui s’appuierait dessus tomberait certainement.

 

Il est beau aux yeux ; mais sans force.

 

Il en est de même du faux chrétien.

 

Il peut être de belle apparence, mais il n’y a en lui ni foi ferme, ni repentance véritable, ni union intime avec Jésus.

 

Il n’a jamais lutté avec l’ange ; jamais il n’a soupiré ni pleuré devant Dieu pour être délivré de ce qu’il craignait.

 

Cher(e)s ami(e)s, quel serait notre sort, si quelques uns d’entre nous devaient être trouvés creux comme des joncs du marais, quand Dieu viendra juger le monde !

 

Anciens membres du troupeau, diacres vénérés, prédicateurs éloquents de la Parole, pensez à votre position, si l’édifice de votre religion devait disparaître comme un songe !

 

C’est pourquoi, ayez autre chose qu’une simple profession de foi.

 

Ne soyez pas comme le jonc spongieux et mou.

 

Jonathan Edwards raconte que dans le grand réveil d’Amérique, il y eut des conversions de toutes sortes de gens ; mais pas une seule de ceux qui, quoique n’étant pas pieux, professaient de l’être.

 

Prenez donc garde de n’avoir que la forme extérieure de la religion, et d’être intérieurement vide et creux comme un jonc.

 

Une troisième remarque que suggère le jonc, c’est qu’il a, comme le chrétien de nom, la propriété de se courber.

 

Si le vent souffle du Nord, il s’inscline vers le Midi ; si la tempête vient du Midi, il se penche vers le Nord.

 

Le faux chrétien se courbe de même.

 

Il cède à la bonne influence d’une bonne société ; mais il reçoit aussi facilement celle d’une mauvaise compagnie.

 

Il est de toutes les opinions religieuses suivant les circonstances.

 

Le vicaire de l’église de Bray (Allusion à une chanson populaire anglaise) était catholique sous Henry VIII, protestant sous le règne suivant ; de nouveau catholique sous Marie Tudor, il redevint protestant sous Elisabeth et déclarait, malgré cela, avoir toujours été d’accord avec lui même.

 

Et c’était vrai. Car son but était sa position temporelle.

 

De telles girouettes n’ont pas un atome de l’étoffe dont on fait les martyrs.

 

Vos principes religieux sont sans valeur si vous ne pouvez pas les conserver partout avec vous, et s’ils ne sont pas votre plus cher trésor.

 

Quatrièmement, le jonc ne porte aucun fruit.

 

Personne ne s’attend à trouver des figues sur un jonc, ni du raisin sur un roseau.

 

Il en est de même du chrétien de nom. Il ne porte pas de fruit.

 

Le faux chrétien peut juste dire :

 

« Je ne m’enivre pas, je ne jure pas, je ne fraude plus, je ne mens pas, je ne travaille pas le dimanche. »

 

Sa religion est toute négative, le côté positif lui manque.

 

Qu’a-t-il fait pour le Christ ?

 

Peut-être a-t-il donné quelque argent comme aumône ; mais l’a-t-il fait pour Dieu ?

 

Y a-t-il dans sa vie quelque chose qui serve Christ ?

 

Il l’a prié ; mais est-ce pour satisfaire sa conscience ou pour plaire à ses auditeurs ?

 

Si c’est pour la gloire de Dieu et afin d’avoir communion avec Lui, il n’est pas chrétien de nom ; car celui-ci ne connaît pas les fruits de la repentance ; il ne recherche pas la sainteté, ni la communion avec Christ, en qui il n’a aucune plaisir.

 

Il n’a ni foi, ni joie, ni espérance, ni aucune ressemblance avec le Maître, il est sans fruit.

 

C’est pourquoi il est comme le jonc et non comme une plante que la main droite du Seigneur a planté.

 

 

Le chrétien de nom (suite)

 

Bible

Croix Huguenote

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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