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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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à l'homme sans asile.

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ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 19:16
La tristesse selon Dieu produit la repentance (1ère partie)
 

En effet, la tristesse selon Dieu

produit une repentance

(2 Corinthiens 7:10).



Authentique, l’affliction spirituelle à cause du péché est l’oeuvre de l’Esprit de Dieu.

 

La repentance est aussi une fleur de choix pour croître dans le jardin de la nature.

 

Les perles poussent naturellement dans les huîtres, mais la pénitence ne se manifeste jamais chez les pécheurs, excepté lorsque la grâce divine y oeuvre.

 

Si tu as une parcelle de haine réelle pour le péché, c’est que Dieu a dû te la donner, car les épines de la nature humaine ne produisent jamais une seule fleur.

 

Ce qui est né de la chair est chair.

 

La vraie repentance a une référence qui rappelle le Sauveur.

Quand nous nous repentons du péché, nous devons avoir un oeil sur le péché et un autre sur la croix, et il serait encore préférable de fixer les deux yeux sur Christ et de regarder nos transgressions seulement à la Lumière de son Amour.

La vraie tristesse à cause du péché est éminemment pratique, personne ne peut dire qu’il hait le péché, s’il vit dans le péché.

 

La repentance nous fait regarder l’horreur du péché, pas seulement en théorie, mais par expérience, comme un enfant qui a touché le feu.

 

Nous serons autant effrayé de ce péché que quelqu’un qui vient d’être agressé et volé est effrayé à la pensée d’un voleur même sur un chemin fréquenté ; et nous le fuirons, nous en écartant en toutes choses, pas seulement dans les grandes, mais aussi dans les petites.

 

Aussi bien des petites vipères que des gros serpents.

 

Le vrai deuil pour le péché nous rendra très jaloux quant à notre propre langue, de peur qu’elle ne dise des paroles mensongères ; nous serons très vigilants quant à nos actions quotidiennes, de peur de commettre quelque offense en quoi que ce soit, et chaque soir nous terminerons la journée par de douloureuses confessions de nos manquements, et chaque matin nous nous éveillerons avec d’angoissantes prières, qu’à chaque jour Dieu veuille nous tenir debout afin de ne pas pécher contre Lui.

La sincère repentance est continuelle.

 

Les croyants se repentent jusqu’au jour de leur mort.

 

Cette descente dans le puits n’est pas intermittente.

 

Toute autre tristesse temporaire produit peu mais cette chère tristesse croît avec notre croissance, et c’est une amertume si douce !

 

Que nous remercions Dieu pour nous permettre de nous en réjouir et de le supporter jusqu’à ce que nous soyons entrés dans notre repos éternel.

 

Charles Spurgeon,

 (Suite et fin)

Bible

Croix Huguenote

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 20:36
Amour de ...”l’institution”...ou amour de la Vérité Divine ?

“Ils blasphémèrent le nom de Dieu qui a l’autorité sur ces plaies, et ils ne se repentirent pas pour Lui rendre gloire.” (Apocalypse 16 : 9)

 

 “Les hommes, (...) ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains; (...) ils ne se repentirent pas de (...)leur inconduite, ni de leurs vols.” Apocalypse 9 :20-21

Croix Huguenote

 

S’il est une réalité nécessaire aujourd’hui c’est celle de la repentance.

 

Le renouveau spirituel et la réforme que nous attendons doivent passer par elle, par un retour à la compréhension de ce qu’elle représente.

 

L’usage de ce mot, aujourd’hui devient bien absent de notre vocabulaire.

 

De telles omissions témoignent fort bien de l’état d’esprit et de l’orientation de cette civilisation dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à nous repentir.

 

Notre siècle rempli de désastres et d’horreurs montre fort bien que Dieu n’a cessé dans Sa Providence, de nous appeler à la repentance face au fruit de nos péchés.

 

Car de telles épreuves, loin d’être injuste, bien au contraire, appelle à prendre garde à nos mauvaises voies, pour que nous prenions conscience de notre culpabilité envers Lui et envers nos semblables, et que nous changions de voie.

 

Mais comme l’indiquent si clairement les textes de l’Apocalypse cités en tête, il semble que, comme à d’autres époques, les jugements miséricordieux de Dieu aient trouvé un bien mauvais accueil auprès de beaucoup d’hommes de notre temps, qui préfèrent leurs mensonges et leurs injustices à la Vérité et à la Justice de Dieu.

 

L’amour de l’institution ou l’amour de la vérité ?

 

Un tel état d’endurcissement des consciences est déjà fort dramatique.

 

Mais ce qui nous pousse presque à désespérer de la situation présente est la disparition de ce mot, et de la réalité qu’il recouvre, dans la vie et la pensée des Eglises.

 

Ce refus général de toute repentance n’est malheureusement pas limité au seul monde non chrétien.

 

Cette fermeture des consciences aux exigences précises de la Loi- Parole de Dieu affecte aussi la plupart des églises.

 

Il ne s’agit pas ici des seules églises doctrinalement pluralistes.

 

Même les milieux s’affirmant encore orthodoxes dans les églises réformées, (comme des évangéliques)qui professent dépendre uniquement de la Bible, sont affectés par cet endurcissement (…).

 

Les Eglises, même celles qui se targuent de leur fidélité biblique, semblent elles aussi souffrir de ce blocage spirituel (...)

 

L’amour de l’institution — je dirais même sa quasi idolâtrie — et l’obsession de l’unité, du consensus doctrinal ecclésiastique ou institutionnel face à ce qui était perçu comme une menace venant de l’extérieur, se sont avérés bien plus puissants que l’amour de la Vérité, que l’amour de Jésus-Christ.

 

L’amour de l’unité, c’est-à-dire l’unité réelle avec ces frères importuns— disparaissait brusquement lorsque se posait la question de l’amour pour la vérité.

 

L’unité de l’institution — unité sans préoccupation sérieuse pour la piété et la Vérité chrétiennes, a ainsi manifestement la priorité sur l’unité réelle que nous avons en Jésus-Christ.

 

Ce qui est beaucoup plus grave que le rejet hors de la communion fraternelle de quelques frères gênants est le fait qu’évangéliques et réformés aux appellations dite pourtant orthodoxes se sont, par ce rejet même, solidarisé avec les erreurs dénoncées.

 

Certains sont même, par souci d’unité, allés jusqu'à se faire les défenseurs explicites de ces erreurs doctrinales et des injustices ecclésiastiques réprouvées.

 

L’amour de “notre” institution passait de cette façon bien avant celui que nous devons à la Vérité, même avant cet amour modeste que nous devons à la vérité de faits incontestés.

 

Ainsi, la défense du consensus pluraliste de doctrines fausses, jointe à celle des pasteurs infidèles eux-mêmes — dont le comportement scandalise le troupeau et rend futile, aux yeux du pays, le témoignage de l’Eglise — devient la considération première.

 

Pour ceci, le souci d’unité passe bien avant la protection des brebis contre les loups ravisseurs.

 

La leçon est claire.

 

Il ne faut surtout pas mettre le doigt sur la plaie.

 

Il ne faut pas appeler un chat un chat.

 

Le consensus doctrinal et spirituel en place et l’unité toute factice de l’institution seraient mis en danger mortel par une franchise si peu sociable, par un tel désir de connaître la vérité.

 

Nous découvrons ainsi qu’il est interdit de toucher au chibboleth, au tabou ecclésiastique !

 

De cette façon, la défense de l’institution qui nous abrite, passe avant la véritable unité chrétienne, l’unité du corps de Jésus-Christ, unité faite de tous ceux qui, dans la communion historique de l’enseignement apostolique, ont la foi en Jésus et obéissent aux commandements de Dieu.

 

Ainsi, nos hommes ecclésiastiques se montrent bien tendres envers des mercenaires, ou des loups qui ravagent les brebis du Seigneur et implacables envers ceux qui oseraient attirer l’attention du peuple de Dieu sur la gangrène spirituelle, doctrinale et morale qui envahit cette institution, mettant ainsi en danger de mort spirituelle les faibles et les ignorants.

 

Voilà où nous conduit le refus de la repentance dans l’Eglise.

 

Qu’est-ce que encore une fois  la repentance ?

 

Mais, en fait, qu’est donc la repentance dont nous parlons ? Ecoutons ici les enseignements de l’un des théologiens américain d’origine néerlandaise :

 

“L’idée que se fait notre Seigneur de la repentance est aussi profonde et complète que sa conception de la justice. Des trois mots utilisés par le texte grec des Evangiles pour décrire ce phénomène, un premier terme met l’accent sur l’élément émotionnel du regret, sur le sentiment de tristesse par rapport à sa mauvaise vie précédente, metamelomai, Matt.21 : 29-32; un deuxième exprime le renversement complet de toute l’attitude mentale, metaneo, Matt.12 : 41, Luc 11 :32; 15 :7, 10; le troisième indique un changement dans la direction de sa vie, la substitution d’un but à un autre, epistrephomai, Matt. 13 : 15 (et parallèles); Luc 17 :4; 22 : 32. La repentance ne se limite pas à une seule faculté mentale : elle engage l’homme tout entier, l’intellect, la volonté et les sentiments.”

 

Et ce même d’ajouter :

 

“Là où l’amour de Dieu est absent, s’introduit un amour idolâtre du monde et du moi. Il en résulte une attitude hostile ou offensante à l’égard de Dieu. … Mais dans sa conscience la plus profonde, l’homme est si intimement lié à Dieu, et cela d’une façon si nécessaire, que toute indifférence ou toute neutralité sont totalement exclues.”[1]

 

Un tel esprit de repentance se trouve au centre de toute vie chrétienne authentique.

 

Tant qu’il s’agissait de parler uniquement des péchés d’adversaires qui nous étaient communs : le Nouvel Age, les témoins de jehovah, les mormons, l’illuminisme charismatique, le syncrétisme œcuménique, la théologie de la libération, le relativisme moral, l’égalitarisme, la critique biblique, le légalisme, l’intégrisme et j’en passe, tout pouvait aller pour le mieux.

 

Bien sûr qu’il se doit de se garder une distance certaine et pudique — respect pour l’institution à laquelle on appartient ! — avec les trouble-fête, les empêcheurs de tourner en rond.

 

Mais que nos chiens de garde, si utiles pour nous protéger des dangers extérieurs, ne se mettent pas en tête de porter leur attention sur des péchés pratiqués fort ouvertement dans “leur” milieu !

 

Il ne fallait surtout pas indiquer la fausse route sur laquelle certains roulent si tranquillement.

Comment se repentir ?

 

Mais alors, comment se repentir ?

 

Il ne nous est pas recommandé d’aimer notre lointain, mais notre prochain.

 

De même, il n’est guère utile d’appeler ceux qui sont loin de nous à la repentance.

 

Il nous faut d’abord nous adresser là où le bât blesse, à nous-mêmes.

 

Puis, ayant enlevé la poutre qui est dans notre œil, parler lorsqu’il y a flagrance, gravité, et après avoir suivi la cohérence de la discrétion salutaire Biblique qui aspire à sauver et non critiquer dans la suffisance orgueilleuse ou méritoire, avec amour mais déférence à ce que Dieu aspire et nous commande, du péché de son prochain, de son frère, des milieux qui nous sont proches.

 

Et si l’unité du corps de Christ, unité de tous les véritables chrétiens qui dépasse les divisions arbitraires des Eglises, signifie encore quelque chose, ce frère “prochain” ne se trouve pas uniquement dans un petit groupement ou grande dénomination.

 

C’est le frère qui se trouve dans ma localité, celui avec lequel je peux avoir des contacts, pour lequel j’éprouve un amour qui accepte de souffrir, qu’il me faut exhorter.

 

C’est de lui aussi que je dois pouvoir recevoir ces exhortations si nécessaires au progrès de ma propre vie Chrétienne.

 

C’est au travers d’une telle communication franche, signe d’un véritable et doux amour entre frères que pourra, sous l’action du Saint-Esprit, se produire une repentance véritable.

 

Soyons-en certains : sans un tel esprit de vérité et de repentance, nous ne devons pas nous attendre au moindre signe de renouveau dans certaines églises.

 

L’apostasie de l’individu et celle des églises locales ou des dénominations toutes entières ne sont des réalités que trop tangibles et évidentes dans un monde où règne une guerre constante contre Dieu, entre l’Eglise fidèle et l’esprit de séduction.

 

La Bible et l’histoire de l’Eglise nous montrent clairement cette situation effrayante.

 

L’Ecriture établit souvent des contrastes frappants, des antithèses catégoriques.

 

L’épouse fidèle — l’Eglise imparfaite et fragile mais cherchant à obéir à son Chef — est constamment opposée à ce qui est et sera toujours malgré une apparence de piété ou gentillesse maquillée fausse église, celle qui prétend être l’épouse du Christ mais qui ment (Apoc. 2 :2; 2 :9; 3 :9; 19 :1 à 3, 5 à 9).

 

Fidélité ou infidélité ?

 

Le sort terrible pour les églises rentrant consciemment ou inconsciemment dans  l’apostasie se doit d’être pour chacun une leçon permanente de la fidélité de Dieu dans ses jugements.

 

L’institution ecclésiastique, après tant d’appels à la repentance, après une si longue patience de la part du Seigneur dont elle rejette en fait l’Alliance, cette église infidèle, si telle est la réalité, est finalement rejetée par son époux qui ne reconnaît plus en elle les marques de l’Eglise.

 

L’institution est rejetée mais il persiste en son sein tant qu’elle existe un reste, plus ou moins nombreux, selon l’élection divine.

 

La lettre de divorce est proclamée et ceux qui ne veulent pas participer aux souillures d’une telle église sont appelés à en sortir (Apoc. 18 :4).

 

Si l’Eglise fidèle est la lumière du monde et le sel de la terre, c’est-à-dire un bienfait inestimable pour la société dans laquelle elle se trouve, une telle contrefaçon de l’Eglise ne peut être que source de corruption et de faiblesse pour la nation qui l’abrite pour son malheur.

 

Mais ceci ne signifie aucunement que Dieu aurait révoqué ses dons et son appel (Rom. 11 : 29).

 

La conversion même de nombres du Peuple Juif en témoigne abondamment.

 

Malgré l’accomplissement du signe visible de l’opposition de Dieu par la destruction de Jérusalem en l’an 70, nous voyons que Dieu demeure fidèle à ses promesses car ceux-ci sont toujours aimés (Rom. 11 : 28).

 

Il en est de même pour les Eglises.

 

Les mêmes jugements qui ont frappé Israël que Dieu aime et a choisi réellement peuvent les frapper elles aussi.

 

La branche sauvage (païenne) greffée sur l’olivier franc (juif) peut, elle aussi, être retranchée si elle devient incrédule (Rom. 11 : 22).

 

Il semblerait bien que cette prophétie adressée par Paul à l’Eglise de Rome se soit littéralement accomplie plus tard au travers de l’apostasie de l’Eglise catholique romaine.

 

Les Eglises historiques qui ont repris le flambeau d’Israël sans s’approprier ce qui est élection fidèle et de droit lui appartenant (élection jamais reniée) ont connu, elles aussi, la fidélité du Dieu de l’Alliance.

 

Dieu demeurait fidèle dans ses promesses de bénédiction lorsque ces Eglises marchaient dans la foi au Christ et dans l’obéissance aux commandements de Dieu.

 

Mais Dieu ne change pas.

 

Il est fidèle à sa Parole, à toute sa Parole, même aux promesses de sanction envers le peuple qui se réclame de Lui et qui marche pourtant dans l’infidélité et aveuglément quant au Messie promis et donné.

 

Lorsque les Eglises historiques marchent avec persévérance et obstination dans la désobéissance et dans la révolte envers leur Seigneur, elles sont traitées de la même manière que le fut Israël.

 

Elles rompent l’Alliance miséricordieuse que Dieu avait, dans sa bienveillance, établie avec elles.

 

Mais, là aussi, à cause des pères, et parce que les promesses et les dons de Dieu sont irrévocables, Dieu suscite dans le sein de ces églises apostates un résidu fidèle qui, après avoir lutté de toutes ses forces contre l’erreur et le péché, doit, lui aussi au temps opportun, entendre l’appel divin de sortir du milieu d’elles.

 

C’est ainsi que la tradition des apôtres — par opposition aux traditions vaines des hommes et des Eglises — s’est implantée dans les Eglises historiques, Orthodoxes, Romaines, Réformées, Evangéliques.

 

Le Saint-Esprit a agi au travers de toutes ces Eglises et il est de notre devoir de nous attacher fidèlement à tout ce qui est conforme à la Parole de Dieu dans cette tradition sainte et apostolique.

 

Nous voulons confesser que nous croyons l’Eglise une, sainte, catholique (universelle, intégrale) et apostolique.

 

Mais malheureusement, comme Israël, ces Eglises historiques ne sont guère restées fidèles à l’Alliance.

 

L’une après l’autre elles ont connu le rejet par leur Suzerain jaloux de Son Alliance et de la sainteté de Son nom.

 

Car en confessant l’Eglise sainte et apostolique nous rejetons tout ce qui dans ces églises est contraire à la Sainte Ecriture.

 

Nous ne pouvons pas avoir part à de telles erreurs si nous voulons glorifier et adorer le Dieu de l’Alliance en Esprit et en Vérité.

 

La secte est la communauté qui s’attache à l’erreur plutôt qu’à la Vérité.

 

Elle honore ainsi le père du mensonge, le Diable, plutôt que le Père des lumières, que Jésus-Christ, la Lumière du monde.

 

L’unité : notre affaire, ou celle de Dieu ?

 

La véritable unité des chrétiens ici-bas est inséparable de la Vérité.

 

Sans Vérité et hors de la Vérité il ne peut y avoir la moindre unité.

 

Une communauté chrétienne, une Eglise locale, quelque modeste qu’elle puisse être, qui s’attache à la Vérité et vit de cette vérité, ne peut être une secte, car elle n’est pas une branche coupée (secare latin couper) du tronc de l’olivier.

 

Une telle communauté fait partie de l’Eglise une et catholique, sainte et apostolique du Seigneur Jésus-Christ.

 

C’est là le véritable et le seul œcuménisme chrétien.

 

Ecoutons ici le témoignage de cet éminent docteur de l’Eglise si puissamment employé par Dieu pour l’avancement de son Royaume aux Pays-Bas, Klaas Schilder (1890-1952) de Kampen, tel qu’il est rapporté par son ami et biographe, Rudolf van Reest :

 

“A notre époque le chapitre 17 de l’Evangile de Jean est malmené de la façon la plus horrible. Différents courants de doctrine, de nombreuses sectes, des mouvements variés, les faux œcuménistes et le Conseil œcuménique des Eglises, tous utilisent cette prière du Sauveur pour faire avancer la plus grande unité organisationnelle englobant toute la Chrétienté. Une telle fausse unité est la grande tentation que Satan place devant nous aujourd’hui. …

Schilder écrivit une fois que bien des chrétiens ne croient qu’a onze des articles du Symbole des Apôtres.

 

Ils ne confessent pas tous les douze.

 

L’article : Je crois à l’Eglise chrétienne universelle (catholique) ne fait pas partie de leurs convictions fondées sur la foi. Ils croient à Dieu le Père — même s’ils ne le voient pas.

 

De même ils croient au Fils de Dieu et au Saint-Esprit bien qu’ils ne les voient pas non plus.

 

Mais c’est là que s’arrête leur foi. Parce qu’ils ne voient pas la manifestation tangible de l’unité de l’Eglise, leur confession s’arrête à ce point.

 

En fait ils ne croient pas que l’unité de l’Eglise est quelque chose de réel. Pour eux la sainte Eglise chrétienne universelle n’est pas une réalité de la foi.

 

Ici le mot clé est celui de foi. Car comme Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit sont réels, de même en vérité l’Eglise existe indestructible en son unité, son universalité et sa catholicité.

 

L’existence de l’Eglise est un article de Foi pour nous; même si nous ne voyons rien de cette unité, nous la croyons quand même. Nous la croyons parce que Dieu nous enseigne à la croire dans Sa Parole.

 

En Jean 17 le Christ prie le Père et dit : Père, l’heure est venue; glorifie ton Fils.

 

C’est le début et en même temps le résumé de ce qui suit dans ce chapitre.

 

Jésus est conscient que son temps est arrivé. Il est sur le point de gagner la délivrance de son Eglise par ses souffrances et Il demande qu’en ceci aussi Il puisse être glorifié.

 

C’est une prière entre le Fils et le Père. Le Fils réclame ici ses droits et il sait que sa demande lui sera accordée.

 

Parmi ces droits du Fils se trouve Son Eglise, avec la révélation de l’unité de cette Eglise.

 

Cette unité doit être gagnée à Golgotha. Ainsi Il vient devant le Père et réclame sa propre glorification, glorification qu’il est sur le point de gagner par l’achèvement de sa souffrance.

 

Pour ce qui nous concerne nous devons ôter nos mains pécheresses de cette sainte prière.

 

Les faux œcuménistes agissent comme si c’était nous — qui ne sommes que de pauvres malheureux, des créatures débiles, des gens stupides attachés à la poussière (Psaume 119 : 25) — qui devrions faire en sorte que cette prière du Fils soit entendue du Père.

 

Nous nous mettrons au travail et nous ferons en sorte que l’unité pour laquelle le Fils prie se réalise dans la réalité.

 

En conséquence nous organisions des conférences, fondions un Conseil œcuménique des Eglises et engagions même à ce moment là l’Union Soviétique dans nos efforts — pour faire en sorte que la prière du Christ puisse être enfin entendue, tout cela sur la base de nos propres efforts. Quelle bêtise !

 

La prière du Fils pour l’unité de l’Eglise fut entendue par le Père il y a bien longtemps.

 

C’est à cause de cet exaucement que nous confessons :

 

Je crois l’Eglise chrétienne sainte, universelle (catholique) … la communion des saints …

 

Si les promoteurs du faux œcuménisme avaient raison dans ce qu’ils supposent nous ferions mieux d’éliminer cet article de nos confessions.

 

Car il nous est impossible d’accomplir nous-mêmes cette unité. C’est l’œuvre du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

 

Qui sont les personnes dont il est dit qu’elles sont un?

 

Jean nous donne une réponse claire à cette question : il s’agit de ceux qui gardent Sa Parole.

 

Sanctifie-les par la Vérité; Ta Parole est la vérité, prie le Christ au verset 17.

 

Quiconque ne garde pas cette Parole est exclu de l’unité de l’Eglise. Christ ne prie même pas pour ceux qui ne gardent pas Sa Parole. …

 

Les réformateurs de l’Eglise ne sont pas ceux qui luttent pour l’unité mais ce sont des gens qui combattent pour la vérité.

 

L’unité qui suit est le fruit de leur combat.”[2]

 

Les promesses de Dieu à l’Eglise, corps du Christ, rassemblement des élus de tous les temps et de toutes les nations, sont indéfectibles.

 

Mais l’Alliance de Dieu ne renferme aucune promesse absolue envers telle ou telle Eglise locale, telle communauté chrétienne, envers telle ou telle dénomination ou Eglise nationale.

 

Comme les civilisations, les Eglises historiques sont mortelles.

 

Les paroles adressées par Jésus-Christ aux Eglises d’Asie Mineure sont valables pour les Eglises de tous les temps, de toutes les nations.

 

Ecoutons ce que l’Esprit de Dieu disait à l’Eglise d’Ephèse :

 

“Souviens-toi d’où tu es tombée, repens-toi et pratique tes premières œuvres, sinon je viendrai à toi et j’écarterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes.” (Apoc. 2 :5)

 

A l’Eglise de Laodicée étaient adressées les paroles suivantes :

 

“Moi, je reprends et je corrige tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repens-toi ! Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi …

Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises.” (Apoc. 3 :19-22).

 

Si nous confondons entièrement l’unité véritable de l’Eglise corps de Jésus-Christ avec son unité sociologique, son unité visible, terrestre, charnelle, nous serons portés à idolâtrer l’institution qui est la nôtre, à couvrir les injustices qu’elle commet et combattre tous ceux qui mettront son unité visible en péril en luttant ouvertement et publiquement contre l’erreur et le mal en son sein.

 

Une telle tolérance durable de l’injustice au sein de sa propre Eglise, un tel refus obstiné de la Vérité entraînera les conséquences les plus graves pour ceux qui, séduits par l’injustice, périront — à moins qu’ils ne se repentent et changent de manière d’agir — parce qu’ils n’auront en fait jamais reçu cet amour durable de la Vérité qui aurait sauvé leurs âmes.

 

Ils prouvent ainsi, qu’en dépit de leur combat inlassable pour l’unité visible de l’Eglise, ils n’ont en réalité jamais fait partie de l’Eglise de Jésus-Christ.

 

C’est par notre persévérance dans la Vérité, par la foi en Jésus-Christ et par cet amour de Dieu et des hommes qui se montre par notre obéissance aux commandements de Dieu, que nous manifesterons la réalité de notre élection, de notre appel et de notre adoption comme enfants du Père.

 

“C’est pourquoi frères, efforcez-vous d’autant plus d’affermir votre vocation et votre élection; en le faisant, vous ne broncherez jamais. C’est ainsi que vous sera largement accordée l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.” (II Pierre 1 :10-11)

 

Que le Dieu de toute miséricorde ait pitié de nous tous, pauvres pécheurs que nous sommes.

 

 Qu’Il daigne répandre son Esprit sur son Eglise afin que nous puissions nous repentir et vivre.

 

Amen,

 

  jean marc berthoud

  Jean Marc Berthoud,

Théologien Réformé Baptiste

 

Bible

Croix Huguenote

 

Notes et références

1.    ↑ Gerhardus VOS : The Kingdom and the Church, Presbyterian and Reformed, Nutley, 1972, p. 92

 

↑ Rudolf van REEST : Schilder’s Struggle for the Unity of the Church, Inheritance Publications, Neerlandia, Alberta, Canada, 1990, p. 402-404. Première édition néerlandaise, 1962-1963

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : (Tiré du texte de Jean Marc Berthoud dans  Résister et Construire  pour Refuge Protestant)
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 16:56
il ouvrait sa porte aux voyageurs et l’étranger ne passait pas la nuit dehors (Job 31:32)

 Il ouvrait sa porte aux voyageurs

et l’étranger ne passait pas la nuit dehors

(Job 31:32)

par Campbell,

Citation refuge du Chrétien

 

Que nos maisons deviennent des phares spirituels,

propres à guider les nacelles vers le port tranquille,

Quand même elles seraient des chaumières,

elles sont appelées à faire briller la lumière,

Il faut qu'on sache qu'on trouvera à nos foyers

la consolation, la paix, la joie,

les baumes qui guérissent !

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Hospitalité

 

 

Exercer l’hospitalité est une vertu chrétienne magnifique à laquelle les Écritures nous exhortent constamment par des préceptes et des exemples.

 

L’hospitalité, cette cordiale et généreuse réception de son prochain sous son toit, a été appelée la gloire de la maison et le fleuron de la vie de famille.

 

C’est un ornement bienséant de l’«enseignement qui est de notre Dieu Sauveur» (Tite 2:10).

 

L’essence même de toute la doctrine de Dieu est sa grâce illimitée et abondante se déversant en bénédictions divines sur l’homme pécheur.

 

L’hospitalité du chrétien à l’égard de son prochain est une petite manifestation de cette même grâce par le canal de son coeur racheté.

 

Les épîtres de la Seconde Partie de la Bible qui exposent si pleinement la grâce de Dieu, présentent l’exercice de l’hospitalité comme une partie vitale du christianisme pratique.

 

On a dit que parmi les premiers chrétiens, l’hospitalité était un trait si évident de leurs vies, que même les païens les en admiraient.

 

Si nous considérons les exhortations de l’Écriture, nous voyons d’après Rom. 12:9-21 que l’un des nombreux préceptes qui constituent le saint vêtement du christianisme pratique est : «Vous appliquant à l’hospitalité» (v. 13).

 

De même l’une des qualifications qu’un ancien ou surveillant devrait avoir était d’être «hospitalier» (1 Tim. 3:2; Tite 1:8).

 

Mais l’hospitalité ne doit pas seulement être manifestée à l’égard de ceux que nous connaissons et aimons; elle doit aussi bien s’exercer envers des étrangers.

 

Ainsi Héb. 13:2 nous enseigne :

 

«N’oubliez pas l’hospitalité; car par elle quelques-uns, à leur insu, ont logé des anges».

 

Allusion à l’hospitalité d’Abraham et de Sara en Gen. 18, lorsqu’ils apprêtèrent en hâte un abondant repas pour les trois étrangers qui se présentèrent à l’entrée de leur tente, et qui, plus tard, se manifestèrent être deux anges accompagnant l’Éternel Lui-même.

 

Les résultats bénis de l’exercice de l’hospitalité envers des étrangers sont ainsi illustrés, comme plusieurs en ont fait l’expérience depuis lors.

 

Le passage de 1 Tim. 5:10 souligne aussi l’importance de l’hospitalité chrétienne.

 

Le fait d’avoir logé des étrangers recommandait une soeur veuve et âgée aux soins et à l’assistance de l’assemblée.

 

  Le manque d’hospitalité

 

 

Du patriarche Job il nous est dit qu’il ouvrait sa porte aux voyageurs et que l’étranger ne passait pas la nuit dehors (Job 31:32), tandis que l’indifférence à cet égard caractérise, chez ceux qui professent connaître Dieu, les jours de déclin et d’éloignement de sa volonté divine.

 

On le voit dans les temps de Juges 19:15-18, alors que le peuple de Dieu était tombé si bas.

 

À cette époque un Lévite, sa compagne et son jeune homme, vinrent à la ville de Guibha, de la tribu de Benjamin, et le soir, il s’assit sur la place de la ville, car «il n’y eut personne qui les reçût dans sa maison pour passer la nuit».

 

Plus tard cependant un vieillard d’Éphraïm, qui séjournait là, passa et le prit chez lui. On connaît malheureusement la triste suite...

 

Dans nos jours laodicéens de tiédeur et de satisfaction de soi, nous avons à veiller que ce même défaut d’hospitalité ne devienne caractéristique de nos maisons.

 

Au milieu des conditions de vie compliquées et trépidantes de notre époque, le devoir de l’hospitalité peut devenir plus difficile à pratiquer pour certains, et l’on trouvera bien des prétextes pour s’y soustraire.

 

Mais qu’en pense Celui qui sonde les reins et les coeurs ?

 

Est-ce que les premiers chrétiens étaient dans des circonstances plus aisées que nous pour exercer l’hospitalité ?

 

Et est-ce que les exhortations des Écritures à ce sujet sont moins applicables pour nous dans nos jours difficiles que pour eux dans les leurs ?

 

Examinons à nouveau sérieusement le sujet et distinguons-nous dans cette excellente vertu.

 

Campbell,

 

Source : bibliquest

Bible

Croix Huguenote

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 08:51
L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Dernière Partie)
L'unité chrétienne...
Ce qu'elle est ...et ses limites
Par Daniel Molla,
(Suite de la 3ème Partie)
un seul Dieu et Père de tous,
au-dessus de tous, parmi tous, en tous.

Par ces mots, Paul conduit enfin ses lecteurs à ce qui est au coeur de l'unité des croyants; elle se fonde sur cette vérité :

 

Dieu est au centre de tout, Il est l'auteur, la source et la cause première.

 

Toute la Bible est théocentrique.  

 

Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul! (Mat 4.10)

 

Ce n'est pas quelque chose qui plaît aux hommes.

 

Orgueilleux et égocentriques depuis la chute, ils se veulent autonomes, maîtres de leurs destinées, de leurs choix, sans devoir rendre compte à quiconque.

 

Ils ne veulent pas d'une autorité divine souveraine dans leur vie.

 

Cette attitude-là marque encore l'homme, même après qu'il s'est converti, quand il se tourne vers Dieu pour recevoir le pardon de ses péchés et la grâce d'une vie nouvelle.

 

Même en présence des commandements clairs du Seigneur, il est capable de discuter, de tergiverser, d'hésiter à obéir.

 

La souveraineté de Dieu n'est pas la doctrine favorite du croyant moyen.

 

Il est pourtant capable de chanter avec enthousiasme que Christ est Seigneur; il est aussi capable de reconnaître que tel ordre du Seigneur est clair. ..et que, théoriquement, ce serait bien de pouvoir lui obéir sans réserve... mais, pratiquement, pour toutes sortes de raisons, il va se permettre de minimiser cet ordre divin, de le rendre facultatif, pour lui obéir à sa convenance.

 

Pour expliquer son «oui, mais» (qui est une manière polie de dire «non» ), il invoquera des questions de commodité, d' efficacité, de politique.

 

Il peut encore avoir des motivations cachées comme celles de ces gens qui troublaient les Galates en les éloignant du pur Evangile; en fait, nous révèle Paul, ils ne voulaient pas être persécutés pour la croix de Christ (GaI 6.12-13).

 

Ils refusaient de porter l' opprobre de Christ.

 

Ils voulaient pouvoir se dire «chrétiens» sans trop se mettre en porte à faux avec les judaïsants.

 

Aujourd'hui comme hier : La crainte des hommes tend un piège (Pr 29:25).

 

Il est vrai que personne n'aime affronter le jugement des autres à cause d'un différend «doctrinal» .

 

Pourquoi mettre en péril sur de si délicates questions des amitiés auxquelles on tient ?

 

Chacun est tenté de mettre sa lumière un peu sous le boisseau pour éviter ces ennuis face à la majorité «qui pense que».

 

C'est ainsi que ce que Dieu affirme ou commande est «relativisé».

 

Comme Pierre, nous répondons à l'ordre précis qu'Il donne par un retentissant ou discret :  

 

Non, Seigneur (Act 10.14).

 

«Non», et «Seigneur»: deux mots qui ne devraient jamais se suivre dans la bouche ou le cour d'un enfant de Dieu.

 

Cependant, il faut bien l'avouer: l'autorité de Dieu et Sa souveraineté gênent.

 

Si la réponse à la question :  Que dit l'Ecriture ? est dérangeante, on cherchera ailleurs des raisons de faire autrement.

 

Aucun d'entre nous n'est à l'abri de ce type d'attitude... de reniement.

 

Si Pierre et Barnabas se sont laissé piéger (Gal 2.11- 13), c'est qu'il faut vraiment veiller et nous encourager les uns les autres dans cette attitude de vigilance.

 

L'important, c'est donc de voir en Dieu, Père (au-dessus de tous), Fils (parmi tous) et Saint-Esprit (en tous), l'unique souverain, l'unique voix autorisée, l'unique roi, l'unique chef suprême de nos vies et de l'Eglise.

 

L 'important, c'est de vouloir scrupuleusement, et avec joie, se soumettre à Sa voix, le glorifier Lui et le servir Lui seul.  

 

Vous êtes heureux si vous savez ces choses, pourvu que vous les pratiquiez (Jn 13.17). Faites tout pour la gloire de Dieu (1 Cor 10:31).

 

Dans notre monde, le syncrétisme a ses adeptes; on accrédite l'idée qu'on peut mettre un signe «égal» entre le Dieu de la Bible et les autres divinités que les hommes adorent sous divers noms, en divers lieux.

 

Au sein même du christianisme, des voix s'élèvent pour dire que plusieurs chemins mènent au salut, que les différences de «foi» ne sont finalement pas très importantes, pourvu que l'on soit sincère et que l'on aime son prochain.

 

On est loin du Dieu exclusif, unique, que l'Ecriture proclame, et que le premier commandement nous demande d'adorer, sans partager, de quelque manière que ce soit, Sa gloire avec un autre.

 

Notre unité se fait autour de ce seul Dieu, unique et trinitaire, que nous devons aimer de tout notre cour, de toute notre force, de toute notre âme et de toute notre pensée (Deut 6.5, Mat 22.37).

 

Le craindre, c'est le commencement de la sagesse (Pr 1.7, 10).

 

Une sagesse qui conduisait David à dire :  

 

Seigneur, tu es la chance de ma vie... Tu tiens mon destin entre tes mains; c'est un sort qui m'enchante, un privilège qui me ravit! (Ps 16:5-6).

 

Mais il disait aussi :  

 

Je serre ta parole dans mon cour, afin de ne pas pécher contre toi (Ps 119.11).

 

Prétendre Lui appartenir et Le suivre est chose sérieuse.

 

Il a droit au meilleur de nous-mêmes, individuellement et collectivement dans son Eglise.

 

Et ce qu'il demande de ses intendants, c'est que chacun soit trouvé fidèle (1 Cor 4: 1-2), et qu'il s'efforce de (se) présenter devant Dieu comme un homme éprouvé un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité (2 Ti. 2: 15).

 

 

4. Conclusion

 

 

4.1 Une tentation à éviter

 

 

Ce chemin de l'unité dans la fidélité peut paraître bien étroit.

 

Le Seigneur Jésus ne l'a pas présenté autrement !

 

Nous pourrions être tentés de l'élargir un peu, pour moins d'inconfort et plus de rentabilité dans les contacts, pour avoir peut-être «meilleure presse».

 

Il faut pourtant résister à cette tentation, et l'histoire nous donne bien des raisons de le faire.

 

Robert Dubarry décrivait, par une phrase brève mais vraie, ce qui s'est passé quand les chrétiens sont entrés dans le jeu de l'élargissement progressif du chemin étroit :

 

«Le christianisme se fit ainsi temporel, puis arrangeant, puis intellectuel, puis mondain.» (8)

 

Au bout du compte, après quelques siècles, que restait-il de l'évangile au sein du christianisme officiel ?

 

Et même après la Réforme, qu'est-il advenu des grandes églises protestantes qui, tout en ayant retrouvé certaines vérités oubliées ou méprisées pendant des siècles, n' ont pas rompu avec le baptême des enfants et l'ecclésiologie multitudiniste ?

 

Elles sont tout comme les milieux évangéliques, le plus souvent, retombées dans les pièges du formalisme, du traditionalisme, d'un christianisme d'étiquette, bien loin de celui que décrit la Seconde Partie de la Bible.

 

Il y a, cependant, dans ces Eglises confondues, de véritables enfants de Dieu en Jésus-Christ, dont l'amour pour Dieu, la foi et la persévérance sont exemplaires.

 

Cependant, il est regrettable que leur présence dans ces églises accrédite l'idée que l'on peut vivre une vie chrétienne normale dans un environnement ecclésial contraire, de plusieurs manières, aux vérités de l'évangile.

 

4.2 Un combat à mener

 

 

Le christianisme des églises professantes qui se voulaient  fidèles à l'Ecriture quoi qu'il en coûte, a dû lutter pour survivre, car ses adversaires religieux n'hésitaient pas à recourir au bras séculier pour faire taire, physiquement s'il le fallait, la voix de ceux qui aspiraient à un vrai retour aux sources de l' évangile.

 

Longtemps, les chrétiens n'ont guère eu à connaître que la politique du bâton.

 

A défaut de cela, on préfère de nos jours tendre la "carotte", espérant ainsi inciter les «frères séparés» à trouver le chemin du bercail, celui d'un christianisme unifié, pacifié, dans lequel on évitera surtout de sortir la Bible pour parler vérité et saine doctrine.

 

Une vaste entreprise de récupération est en cours. qui trouve des alliés tant du Protestantisme depuis longtemps qu'au sein même du «camp évangélique professant».

 

Les dangers viennent, depuis toujours, de l'extérieur mais aussi de l'intérieur, et ce dernier «angle d'attaque» de notre adversaire est de loin, le plus redoutable.

 

L'apôtre Paul n' a-t-il pas dit:  

 

il s'élèvera au milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc (Act 20.29-31) ?

 

Si nous prenons l'Ecriture au sérieux, il est évident que cela va limiter, restreindre, nos possibilités de manifester concrètement l'unité entre croyants au sein d' un christianisme où le pluralisme doctrinal est de rigueur.

 

Il faut fixer des frontières, des limites à ne pas franchir, si nous voulons éviter de perdre notre identité Chrétienne, notre message, le sens de notre mission dans ce monde.

 

Ce n'est pas parce que la scène religieuse est confuse, difficile à cerner, avec la «valse des étiquettes» qu'il faut renoncer à clarifier, dans un souci de fidélité à Dieu et à sa Parole, ce, qui peut et doit l'être : que ce soit le contenu de notre foi, les objectifs qui peuvent être visés ensemble, et les moyens à mettre en oeuvre pour les atteindre.

 

Cependant, dans ce qui me semble être un bon combat, il faut rester prudent, examiner toute chose et retenir ce qui est bon.

 

La recherche de l'unité ne peut se réduire à une approche du style:  «tout, ou rien!».

 

C'est vrai que l'exercice est périlleux, et les dangers qu' il comporte pourraient nous rendre prudents à l'excès ou inversement.

 

Mais l'isolationnisme qui en résulterait serait grave.

 

Le repliement sur soi est aussi une tentation à laquelle il faut résister.

 

4.3 Une recherche à poursuivre

 

 

La recherche de l'unité doit donc rester au coeur de nos préoccupations... malgré les difficultés d'une telle démarche.

 

S'il est grave de manquer de jugement concernant les faux prophètes et les risques qu'ils font courir à 1 'EGLISE, etc..., il serait aussi grave de juger trop sévèrement ou injustement des frères pour la seule raison qu'ils ne voient pas les choses exactement comme nous dans cette délicate question de l'unité à vivre et à concrétiser.

 

Il faut aussi reconnaître qu'il y a différents niveaux dans les signes extérieurs d'unité.

 

Cela peut aller de contacts ponctuels ou épisodiques entre personnes issues de milieux religieux  différents jusqu'à des collaborations étroites entre églises en vue d'un témoignage commun devant le monde. *

 

Par exemple :

 

1. Il est possible d'organiser des rencontres assez «larges» (à l'échelle d'une ville ou d'une région, voire pays) dont le but est de favoriser le respect mutuel entre responsables d'églises, de faire circuler des informations utiles à chacun, ou encore de réfléchir ensemble à des problèmes de société ou à des problèmes théologiques.

 

Confronter paisiblement, mais en toute clarté, les positions et apprendre à mieux connaître la pensée des autres, leur manière de comprendre et d'interpréter les Ecritures, est certainement utile pour les uns comme pour les autres, même si cela peut se révéler «dérangeant» .

 

Ces rencontres devraient être informelles, sans parrainage particulier, pour leur éviter toute «récupération» intempestive par les «anti» ou les «pro» de l'oecuménisme (ou d'autres «ismes» plus ou moins populaires !).

 

2. Dans le cadre des Groupes Bibliques Universitaires (ou d'autres mouvements semblables) des chrétiens d'origines diverses peuvent témoigner d'une certaine communion entre eux en organisant des moments de prière et des études bibliques sur leurs lieux de travail, afin de promouvoir dans ces contextes particuliers le témoignage chrétien, la lecture de la Bible et l' appel au salut en Christ par la foi seule.

 

Mais il est évident qu'un travail plus complet doit se faire en dehors de ce cadre particulier pour amener les personnes intéressées à une meilleure connaissance de la vérité, y compris sur la question ecclésiologique.

 

3. Des croyants, attachés à l'inspiration et à l'autorité des Saintes Ecritures, peuvent s'unir pour en rendre témoignage devant le monde (religieux ou non), même s'ils ne partagent pas la même ecclésiologie, par exemple.

 

Cela s' est déjà fait de manière semble-t-il profitable.

Il y a probablement d'autres pistes à suivre, avec sagesse, afin de saisir des occasions où, en toute clarté et sur des sujets précis, bien définis à l'avance, des chrétiens engagés, mais ne partageant pas les mêmes convictions sur l'ecclésiologie ou sur d'autres points de doctrines, peuvent se retrouver utilement et donner un certain témoignage de leur unité en Christ, de leur attachement à l'Ecriture Sainte.

 

Ainsi pourrons-nous explorer et exploiter quelques possibilités de rendre compte, avec douceur et respect, de l' espérance qui est en nous (1 Pi. 3.15) et de professer la vérité dans l'amour (Eph 4.15)

 

4.4 Une unité à promouvoir

 

Il faut cependant encourager un autre niveau de l' unité entre croyants, ce que l'on pourrait appeler un oecuménisme véritablement biblique.

 

Il s'agit de promouvoir une collaboration étroite entre églises professantes unies sur l'essentiel de la foi chrétienne.

 

Les objectifs d'une telle «unité» seraient, tout à la fois, de manifester aux yeux du monde la communion réelle qui règne entre elles, et d'annoncer la Bonne Nouvelle ensemble au cour de notre société.

 

Il est alors évident que, dans ce contexte-là, l'accord le plus large doit être recherché à la lumière d'un texte comme celui d'Eph 4.

 

 

 

On ne peut obéir ensemble à l'ordre du Seigneur (Mat 28.18-20): Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit, sans être d'accord sur les doctrines du Salut et de l'Eglise.

 

Nous devrions, entre membres d'églises de professants, manifester notre unité face au monde (qu'il soit religieux ou non) en obéissant à cet ordre de mission dans son entier, comme l'apôtre Pierre l'a fait le jour de la Pentecôte (Act 2).

 

La repentance, la conversion, la réception du Saint-Esprit (nota Refuge du Chrétien : qui n'a rien à voir avec la définition pentecôtiste ou charismatique tels qu'ils le pratiquent couramment ou "encouragent" ), l'immersion de ceux qui ont reçu la Bonne Nouvelle du Salut en Christ, leur introduction dans l'Eglise, leur formation spirituelle par l'enseignement de la doctrine des apôtres, faisaient partie de l' ABC de la prédication (et de l'action ) apostolique.

 

Il devrait en être de même aujourd'hui, que ce soit au niveau d'une église locale engagée dans le témoignage chrétien ou au niveau de plusieurs églises locales collaborant dans une action commune d'évangélisation.*

 

C'est sans complexe, et de manière déterminée, que nous devons rendre compte de notre position sur ces questions vitales pour l' avenir de nos églises.

Car nous ne devons pas perdre de vue que si l'EGLISE de Jésus-Christ est immortelle, les églises locales, quant à elles, ne le sont pas; leur chandelier peut leur être enlevé par le Seigneur en personne (Apoc 2.5).

 

Les appels à veiller, ou même à se repentir -d'un manque d'amour (Apoc 2.4-5), ou d'une attitude laxiste dans des questions de doctrine ou de discipline (Apoc 2.14-16,20; 3.2- 3, 19) -ne sont pas superflus.*

 

La vie et l'avenir des églises locales en dépendent.

 

Ainsi, ces questions sur le thème de «l'unité chrétienne, ce qu'elle est et ses limites», doivent faire l'objet d'une réflexion d'autant plus sérieuse que l'un des drames actuels du monde chrétien, c'est l'union apparente de ceux qui ne partagent pas la même foi sur les choses essentielles, et la désunion apparente de ceux qui auraient toutes les raisons d: être ensemble s ' ils donnaient la priorité, dans le choix de leurs alliances, à leur accord sur l'essentiel.*

 

Cette situation est grave; c'est un succès pour l'adversaire.

Certaines divisions au sein du peuple de Dieu sont véritablement coupables, parce qu'elles s'appuient sur des différences de sensibilité personnelle ou d'interprétations sur des su jets difficiles et controversés.

 

Mais certaines unions, que le souci du nombre a fondées sur l'équivoque au détriment du respect de la vérité, le sont sans doute autant.

 

Que Dieu nous aide alors à bâtir, entre professants, une véritable unité, qui honore le Seigneur et rend témoignage devant le monde de Sa venue et de l'efficacité de Sa grâce.

 

Qu'Il nous préserve de divisions, ou d'alliances, qui feraient le jeu de l' adversaire en affaiblissant notre capacité de proclamer «tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher», en vue du salut de beaucoup.

 

Qu' à Dieu soit la gloire, dans l'Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles! Amen! (Eph.3.21).

 

Daniel Molla,

 

 

 

 

Source :  Logo Promesses

bible

Croix Huguenote

Notes:
1 The nature of biblical unity, p. 380 à 392 du livre «Let the earth hear his voice». (Recueil des études et conférences présentées lors du Congrès de Lausanne pour l'évangélisation du monde, en 1974). Les citations qui suivent sont tirées de la version française de cette étude distribuée aux congressistes francophones.
2 Ibid., p. 387. 3 Ibid., p. 387 4 Ibid., p. 388 5 Ibid. p. 388. 6 Ibid., p. 388.
7 Vocabulaire de Théologie Biblique, de Xavier LEON-DUFOUR, Editions du Cerf; p.114

 

 

    Nota Refuge : Quand cela bien sûr est possible, ce qui n'est pas toujours le cas malheureusement lorsqu'il existe soit une "église" versée dans une mondanité exacerbée,  mysticisme, sensorialisme, gravité autres, malhonnêteté, mysticisme, dérives sectaires, etc...

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 08:50
L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Troisième Partie)

L'unité chrétienne...
Ce qu'elle est ...et ses limites
Par Daniel Molla,
(Suite Seconde Partie)

 

Dans ce siècle de confusion généralisée, face aux turbulences religieuses, face à la multiplication des sectes, il est important de faire preuve de vigilance.

 

Les vents de doctrines soufflent dans toutes les directions.

 

Les risques de se laisser emporter existent bel et bien.

 

Alors, quand l'Ecriture parle d'un seul corps et d'un seul esprit, il est nécessaire d'éprouver les bases sur lesquelles nous nous fondons en matière, précisément, de «corps» et «d'esprit».

 

3.2.2 une seule espérance

 

Le chrétien est quelqu'un qui regarde en avant : Dieu vous a appelés à une seule espérance lorsqu'il vous a/ait venir à lui (Semeur).

 

Cela ne signifie pas qu'il doit oublier le passé. Bien au contraire !

 

Comment pourrait-il cesser de regarder à la croix ?

 

Là, Jésus est mort pour ses péchés; là, il a reçu, avec le pardon, la grâce d'une vie nouvelle.

 

Ce souvenir, il doit le cultiver en participant régulièrement au repas du Seigneur.

 

C'est, du reste, dans ce mémorial même qu'il trouvera le plus fort encouragement à regarder aussi en avant : car celui qui est mort est aussi celui qui vient.

 

Le plein héritage qu'il a acquis pour les siens n'est pas encore là; il reste à venir: le meilleur est pour la fin (Rom 8:17-18; 2 Cor4:17-18) ! Lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. (1 In 3:1-3).

 

L'Apocalypse nous donne une idée de ce qui attend les rachetés du Seigneur. Merveilleux !

 

L'espérance est inscrite partout dans la Bible : Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. (2 Pi 3:13).

 

C'est une espérance vivifiante, source de consolation dans l'épreuve, de courage dans le service.

 

Elle motive une vie sainte, dans l' attente de ce jour où nous comparaîtrons devant le Maître pour rendre compte de la gestion de nos vies (2 Cor 5.10, Mat 25.13s).

 

Notre unité se nourrit aussi de cette seule espérance: celle du triomphe de l'Agneau, le triomphe de l'amour et de la justice.

 

Mais cette seule espérance ne peut pas se confondre avec des espoirs qui ne se fondent que sur les capacités humaines et n'ont d'autre visée que notre condition terrestre.

 

Elle exclut l'illusion d'atteindre par le combat politique, l'action sociale, le progrès scientifique, un âge d'or où l'homme, parvenu à sa maturité, aurait résolu tous ses problèmes.

 

Elle exclut toute théologie de la libération qui prônerait au nom du Christ l'utilisation de la violence et verrait dans la lutte pour une libération politico-sociale la traduction pure et simple du message de l'Evangile.

 

On ne voit pas, en effet, que telle ait été l'attitude de Jésus, ni la visée de son enseignement.

 

Il n'instruit pas contre Zachée le procès politique que d'autres ne manqueraient pas de lui faire -puisqu'il s'est mis au service de la puissance occupante et qu'il en tire d'intéressants profits.

 

Il le traite en ami et fait de lui un homme nouveau pour le plus grand bien de tous.

 

Il résout ainsi le vrai problème: celui du péché dans le coeur d'un homme perdu que Jésus est venu chercher et sauver (Luc 19.10).

 

Qu'aurait gagné Jéricho à la condamnation de Zachée?

 

Paul dit : une seule espérance. C'est celle que l'Evangile apporte à un monde perdu, la même qu'exprime parfaitement ln 3.16: afin qu'ils ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle.

 

On ne peut expliquer vraiment aux hommes la nécessité du salut et les conduire à la seule espérance sans leur parler de la réalité de la perdition, des deux seuls chemins, des deux seules destinations possibles: le ciel ou l'enfer.

 

Ce vieil Evangile n' est pas forcément populaire.

 

Cependant, sans ces vérités fondamentales, la signification de l'espérance chrétienne ne peut être véritablement saisie.

 

Dans le monde, dit Paul, nous étions sans espérance (Eph 2.12).

 

En Christ, nous avons reçu une espérance qui ne trompe pas (Rom 5.5).

 

Veillons à présenter fidèlement cette seule espérance; veillons à nous mettre, ou à rester, en situation de pouvoir l'annoncer clairement.

 

Il s'agit, selon Col 1.23, de demeurer fondés et inébranlables dans la foi, sans nous détourner de l'espérance de l'Evangile

 

Voilà donc bien un des critères de l'unité.

 

Négliger d'annoncer la seule espérance, l'annoncer sans la rattacher à la réalité de la perdition, lui substituer une autre espérance, c'est attenter à l'unité.

 

Car celle-ci est fondée sur la seule espérance.

3.2.3. Il y a un seul Seigneur

 

Le chrétien est attaché à Christ seul Seigneur; il est en Christ.

 

L'oeuvre de l'Esprit est de nous conduire à Jésus, de nous le faire connaître et aimer; c'est lui qui applique aux croyants les mérites et les bienfaits qui découlent de son oeuvre rédemptrice.

 

Notre unité ne se fait pas d' abord autour de la vérité révélée dans les Ecritures, mais bien autour d'une personne qui est le chemin, la vérité et la vie.

 

Ce n'est pas seulement: «je sais ce que je crois», mais c'est: «Je sais en qui j'ai cru.»!

 

D'ailleurs, Eph 4 dit: un seul Seigneur, avant de dire: une seule foi.

 

Un seul Seigneur, chef suprême de l'Eglise.

 

C'est Lui dont le monde a besoin.  

 

Il n'y a pas d'autre nom par lequel nous puissions être sauvés... Il n'y a de salut en aucun autre. (Act 4.12).

 

Il est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim 2.5).

 

Notre évangélisation ne peut être que christocentrique.

 

Tout passe par Lui.

 

Il est le seul Sauveur et le seul Seigneur.

 

Il est aussi le modèle, l'ami, le seul bon berger.

 

Il est l'indispensable avocat, le fidèle intercesseur.

 

Il est question de venir à Lui, de Le suivre, de L'aimer, de demeurer en Lui, d'être Ses témoins (Mat 11.28; Mc 8.34; Jn 14.15; 15.4; Act 1.8).

 

Notre vocation de chrétien se résume aussi dans cette image:  

 

Vous êtes une lettre de Christ... lue et connue de tous

(2 Cor 3.2-3).

 

D'autres textes soulignent encore ce caractère christocentrique de l'évangile.

 

Ainsi Paul affirme que, pour lui: vivre, c'est Christ (Phill.21), que le connaître est son seul vrai trésor (PhiI3.8-10).

 

On sent bien que pour Paul, recevoir l'approbation de Christ est son but, sa joie, sa récompense.

 

Notre unité se manifeste et se fortifie quand, ensemble, nous regardons à Jésus dont notre foi dépend du commencement à la fin. (Héb 12.2).

 

La proclamation de l'Evangile ne va pas sans celle de la seigneurie de Christ, de Son autorité souveraine,

 

Et cette seigneurie concerne avant tout les chrétiens auxquels le Seigneur dit:  

 

Si vous m'aimez, gardez mes commandements (Jn 14.15)...

 

Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. (Jn 15.14).

 

Notre volonté de faire réellement ce qu'Il nous dit, d'obéir à Ses commandements, doit se manifester dans tous les domaines de nos vies de disciples de Christ, y compris dans notre manière de vouloir et de rechercher l'unité.

 

Le lien est direct entre un seul Seigneur et une seule foi.

3.2.4 une seule foi

 

C'est là un point dont J'importance est évidente quand il s'agit de définir l'unité chrétienne et ses limites.

 

La seule foi dont parle Paul peut être envisagée sous deux aspects.

 

Sous son aspect subjectif, la foi est l'acte d'un sujet, la confiance qu'éprouve le chrétien envers le Christ, sa personne, son oeuvre, ses promesses.

 

L'aspect objectif concerne le contenu de la foi, ce que l'on croit, et qui peut s'énoncer comme un ensemble de vérités, la saine doctrine transmise par les apôtres et formulée dans la Bible, résumée dans un credo ou une confession de foi.

 

Ces deux aspects sont inséparables dans la réalité de la vie.

 

Mais il n' est pas inutile de les distinguer pour la commodité de l'exposé.

 

Le premier a été abordé dans notre point précédent. Nous traitons ici du second.

 

Dire que les premiers chrétiens persévéraient dans la doctrine des apôtres (Act 2.42), c'est laisser entendre qu'ils recevaient un enseignement précis auquel ils étaient attachés.

 

Dans son discours d'adieu aux anciens d'Ephèse (Act 20), Paul rappelle qu'il leur a enseigné tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher.

 

Ailleurs, il décrit les chrétiens de Rome en ces termes: Grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de coeur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits. (Rom 6.17).

 

Paul met en garde ses lecteurs : L'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de faux docteurs... (I Tim 4:1-2).

 

Il ajoute dans sa deuxième lettre à Timothée : qu'il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine... ils détourneront l'oreille de la vérité et se tourneront vers les fables. (2 Tim 4:3- 4).

 

Il paraît évident que pour pouvoir abandonner la foi ou pour détourner l'oreille de la vérité, il faut avoir adhéré à J'une et à l'autre auparavant !

 

Dans le même ordre d'idées, Pierre écrit: Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux. (2 Pi 2.1-2).

 

Eph 4.11-14, affirme que l'exercice des ministères dans l'Eglise a pour but d'amener les croyants à l'unité de la foi, pour qu'ils ne soient pas flottants et emportés à tout vent de doctrine, mais que professant la vérité dans l'amour.. ils grandissent dans celui qui est le chef Christ.

 

Il n'est pas étonnant, alors que dans la dernière épître, les croyants soient exhortés à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. (Jude 3) et à s'édifier sur leur très sainte foi attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle (Jude 20-21)

 

Une seule foi ! Aucun doute, cette parole n'a rien d'une affirmation isolée ou d'une préoccupation secondaire.

 

Il y a, pour lui, comme pour les autres auteurs des lettres de la Seconde Partie de la Bible, vérité et erreur, vraie et fausse doctrine; l'unité des croyants ne peut se réaliser au détriment de la foi transmise aux saints une fois pour toutes.

 

Paul lui-même nous présente du reste une conséquence pratique : le différend qui l'a opposé à Pierre.

 

Fallait-il qu'il ferme les yeux sur l'attitude répréhensible de Pierre qui laissait entendre, plus par ses actes que par ses paroles, qu'il n'y avait pas de véritable unité entre chrétiens d'origine juive et chrétiens d'origine païenne ?

 

Une fausse unité (entre chrétiens juifs) mettait en péril la véritable unité spirituelle entre chrétiens de nations... les implications pratiques et doctrinales étaient considérables.

 

Pierre et ceux qui suivaient son exemple, ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile (Ga12:ll-l4), Paul a donc affronté ce problème, car l'Eglise de Jésus-Christ était en péril.

 

En elle se manifestaient déjà les prmières atteintes d'un mal qui s'appelle aujourd'hui le pluralisme doctrinal, à savoir la tentative de faire cohabiter dans l'Eglise des convictions contraires l'une à l'autre sur point de doctrine fondamental.

 

Le pluralisme doctrinal a connu, dans notre XXe siècle, un prodigieux développement.

 

Il a de quoi plaire, puisqu'il prône la tolérance et plaide pour la paix, entre croyants tout au moins, quand la paix est un bien si rare autour nous.

 

Un raisonnement simple sous-tend cette approche :

 

«Je sais ce que je crois et je sais que l'autre croit tout autre chose que moi; mais cela ne fait rien. Le contenu de ma foi et de la sienne est, somme toute, secondaire; ce qui compte c'est d' être unis!"

 

... On accepte sur cette base une grande diversité en matière de convictions religieuses.

 

Personne ne doit être exclu...

 

Cette diversité n'a cependant rien à voir avec celle qui, selon les Ecritures, se manifeste dans l'unité entre les membres du corps de Christ.

 

Il s'agit, réalité, d'oppositions, de contradictions flagrantes sur des points fondamentaux d la foi.

 

On veut que cohabitent ceux qui nient la divinité de Christ et ceux qui l'affirment, ceux qui contestent la résurrection corporelle de Christ et ceux qui trouvent en elles leur raison d'espérer, ceux qui disent que tous les hommes seront sauvés et ceux qui acceptent l'enseignement de l'Ecriture qui dit le contraire, ceux qui croient que la Bible contient des vérités (et passablement d'erreurs) et ceux qui la reconnaissent comme «seule et infaillible règle de foi et de vie chrétienne», ceux qui affirment que le salut est une expérience politico-sociale et ceux qui le reçoivent comme une libération spirituelle du péché et de ses conséquences, en vue de la vie éternelle... etc.

 

Entre ces deux pôles d' affirmations contradictoires se déploie tout l'éventail des convictions religieuses.

 

Or, pour beaucoup de responsables religieux actuels, l'unité doit se vivre dans cette diversité.

 

Les contradictions ne doivent pas être regardées comme un obstacle à l'unité visible de ceux qui, de près ou de loin, se réclament du christianisme.

 

Cela conduit à une forme d'union dans l' équivoque la plus totale sur le plan du contenu de la foi.

 

A voir ce type d'unité entre des personnes qui annoncent «des évangiles» si différents sur tant de sujets vitaux, les incroyants ou les gens religieux non-convertis peuvent penser que le contenu de la foi n'a pas grande importance : erreur d'une évidente gravité, puisque c'est justement la connaissance de la vérité qui libère et sanctifie, selon les paroles du Seigneur Jésus lui-même (cf. In 8.32; 17 .17).

 

J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, dans les milieux religieux, on ne craint pas vraiment les risques d'un autre évangile... pas plus que les Corinthiens autrefois:  

 

Si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien. (2 Cor 11.4).

 

Aujourd'hui, il n'est pas simple de vouloir s'attacher à une seule foi.

 

Celui qui ose prétendre le faire suscite l'étonnement, s'attire la moquerie, parfois même des critiques sévères, car ceux qui réclament haut et fort «la tolérance» en matière doctrinale en manquent eux-mêmes souvent à l'égard de ceux qui demandent des bases doctrinales précises comme préalable à l'expression visible de l'unité entre églises.

 

Du temps de Paul, il n'était déjà pas facile de vivre l'unité sur des bases solides et claires.

 

Il écrivait aux Galates:  

 

Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Evangile (GaI 1.6). Avec fermeté, il ajoutait: Non pas qu'il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème! (Gall. 7 -8).

 

Dans sa lettre aux Romains, Paul avertissait:

 

Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux (Rom 16.17).

 

Les risques de dérapage doctrinal sont réels.

 

L' apôtre Jean écrivait:

 

Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas; Salut! car celui qui lui dit: Salut! participe à ses mauvaises oeuvres (2 Jn 9-11).

 

Il est donc des séparations, douloureuses, mais nécessaires, qui préservent l'unité véritable des croyants.

 

On ne mélange pas ténèbres et lumière, justice et iniquité, fidèle et infidèle, Dieu et les idoles, mensonge et vérité, Christ et Bélial, l'Eglise et le monde.  

 

C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, et séparez- vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant (2 Co. 6.14 à 7.1 ).

 

Ces derniers versets créent un malaise.

 

Chacun comprend assez bien ce qu'ils veulent dire, mais au sein d'un christianisme aux mille «chapelles», comment exercer le discernement pour préserver l'unité véritable et pratiquer les nécessaires séparations devant les déviations doctrinales de notre temps ?

 

Car il est certain que les difficultés rencontrées par les églises du premier siècle se retrouvent aujourd'hui.

 

Plusieurs textes indiquent même que la question de la fidélité doctrinale sera l'un des problèmes majeurs des églises des derniers temps.

 

Que fait-on alors avec cette affirmation de Paul : une seule foi?

 

D'une certaine manière, le Seigneur Jésus rencontre chez nous les mêmes réserves qu'il trouvait chez ses auditeurs devant les «duretés» de l'évangile, devant ses affirmations tranchées qui dérangent.

 

On se souvient de l'accueil accordé à son discours sur le pain de vie :  

 

Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter? (Jn 6.60)...

 

et, un peu plus loin, de la douloureuse question qu'il pose aux douze:  

 

Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? (Jn 6:67).

 

Quand Jésus dit (Mat 12:30): Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse...

 

quand il déclare qu'il y a deux chemins, deux portes, deux destinations, il souligne, en fait, qu'il faut faire le choix du chemin «resserré» de cette seule foi qui sauve.

 

L'unité passe nécessairement par la porte étroite, par le chemin étroit.

 

Il faut donc être unis, s'entendre sur l'essentiel; c'est une nécessité.

 

Le pluralisme doctrinal, tel que le conçoivent nos contemporains, est exclu.

 

Jésus n'a pas dit :

 

«Croyez ce que vous voulez, mais soyez unis!»

 

Il nous demande d'amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les paiens (Rom 1.5), et de rechercher dans l'Eglise l'unité de la foi (Eph 4.13), ce qui peut paraître bien étroit.

 

Mais quel critère retenir pour cette seule foi afin de vivre aujourd'hui l'unité chrétienne ?

 

La réponse n'est pas facile.

 

Viser pour exemple l'unité des «évangéliques» semble être un bon objectif dans la mesure où ces derniers devraient avoir en commun une foi authentiquement biblique.

 

Il faut reconnaître cependant que l'appellation «évangélique» n'est pas une «appellation d'origine contrôlée» !

 

Pour être honnête: c'est une appellation que nul ne contrôle.

 

Dans toutes les branches du christianisme on rencontre des personnes qui se disent (ou que d'autres considèrent comme) «évangéliques».

 

Si cela signifie qu'il y a, entre elles, des points communs, cela n'exclut pas la possibilité de différences doctrinales importantes.

 

L'étiquette «évangélique» recouvre en fait, dans la pratique, un véritable pluralisme doctrinal au sens où nous l'avons défini.
 

Elle s'applique en effet aussi bien à des personnes qui désignent du même mot «résurrection» , les unes une résurrection corporelle, qui concerne la personnalité de Jésus dans toutes ses dimensions, les autres une résurrection «spirituelle», dont la réalité se situerait au niveau de l' expérience faite par les disciples de la présence de Jésus dans leur souvenir.

 

On le voit bien: les mots n' ont pas toujours le même sens, et c'est vrai aussi du mot: «évangélique».

 

Une seule foi : s'entendre sur l'essentiel... Oui !

 

Mais, quand on a dit cela, qu'a-t-on réglé ?

 

Une parole de sagesse -qui sonne bien -a été avancée pour éclairer cette voie de l'entente sur l'essentiel:

 

«Sur le primordial: unité. Sur le secondaire : liberté. En tout: charité !»

 

Comment ne pas être d'accord avec cette approche si conforme à l'esprit de l'évangile ?

 

Cependant, il faut encore s'entendre sur la définition du primordial et du secondaire.

 

Il est difficile de trancher.

 

L'accord va-t-il se faire sur le plus petit dénominateur commun qui permette l'alliance la plus large, ou sur tous les détails, quitte à réduire l'unité... à une seule personne ?

 

Dans la Seconde Partie de la Bible, un texte évoque la possibilité que certains désaccords existent dans l'Eglise sans que pour autant son unité soit mise en péril :  

 

Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas (Phil 3:15-16). Eph 4 propose l'unité de la foi comme un objectif à viser pour l'Eglise, mais il est évident qu'il demeure en partie inaccessible, car il y aura toujours, entre les membres du corps local (et à plus forte raison, entre membres de communautés ou dénominations différentes), certains désaccords inévitables dans les convictions doctrinales.

 

L' apôtre Pierre évoque cette difficulté, quand il dit que dans les écrits de Paul, il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine. (2 Pi. 3.16)  

 

L'unité de la foi n'était donc pas un objectif facile pour l'Eglise primitive.

 

Mais ce que dit Pierre montre bien que cette difficulté ne doit pas nous décourager dans la recherche de l'unité de la foi.

 

Toute autre attitude, consciente ou non, conduit à la ruine, dit-il.  

 

Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. (2 Pi 3.17).

 

Si l'accord ne peut pas se faire sur tout, sur quels points est-il indispensable ?

 

Quelles sont les doctrines sur lesquelles doit se faire l'unité ? La réponse n'est pas simple.

 

Dans une étude sur le thème de l'unité, présentée lors du Congrès de Lausanne 1974, le professeur Henri Blocher a proposé cinq critères qui devraient nous aider à distinguer entre le primordial et le secondaire, critères dont l'application exige, de son point de vue, la reconnaissance préalable de l'entière autorité et de la parfaite inspiration des Saintes Ecritures.

 

Voici ces cinq critères:

 

I. Le critère biblique.

 

Quand on discute d'une interprétation, d'une doctrine biblique, «la place qu'occupe un sujet dans la Bible, et surtout la Seconde Partie, est un indice du poids que Jésus et ses apôtres lui donnaient. Bien entendu, l'importance d'une doctrine ne se mesure pas au seul nombre de versets qui l' exposent, mais même ce critère rudimentaire peut nous aider. La doctrine de l'expiation est partout dans l'Ecriture, comme le sang dans le corps, disait Vinet; elle est sûrement d'un tout autre rang que la prescription du voile pour les femmes, quelle que soit l'interprétation qu'on en donne, puisqu'on ne la trouve qu'en un seul passage» (1 Cor II).

 

Il. Le critère théologique.

 

«Plus les conséquences sont nettes et plus elles sont directes pour le coeur de la vérité évangélique, plus le point prendra de l'importance. Il y a des doctrines stratégiques. Si on y touche, tout s'écroule; et d'autres, périphériques: une divergence à leur sujet laisse intact le reste de l'édifice» (3).

 

On peut appliquer ce critère, par exemple, à la doctrine de la résurrection de Christ :  

 

Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votrefoi aussi est vaine. (1 Cor 15.14), ou à celle de la justification par la foi, sans les oeuvres de la loi, sinon vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce (Gal5:4- 6).

 

Par contre, il est possible de proposer diverses interprétations quant à la durée du mot «jour» dans Gen 1, sans remettre en cause le fait que la création est, en tout point, l'oeuvre prodigieuse du Dieu créateur.

 

III. Le critère pratique.

 

«Il faut considérer de même les conséquences non théologiques mais pratiques. Quels sont les enjeux pour l'organisation de l'Eglise, la vie spirituelle, les méthodes et le message d'évangélisation? (Pour bien en juger, il nous faut observer, mais cela ne suffit pas: certaines différences pratiques paraissent liées à un point de doctrine, alors qu'en réalité d'autres facteurs, cachés, les déterminent (sociologiques, personnels, etc. ). La question du baptême des enfants, qui n'est pas centrale théologiquement, a des conséquences pratiques assez considérables». (4)

 

IV. Le critère historique.

 

«Pour nous délivrer de l'étroitesse de nos horizons personnels, aucun secours ne nous est plus précieux que celui de nos frères et pères en la foi. Ils n'ont pas été infaillibles, mais nous devons respecter, apprécier la sagesse que Dieu leur a donnée, et en profiter. Nous risquons toujours de donner prise à l'ironie de Paul: Est-ce de chez vous que la Parole de Dieu est partie? Ou est-ce à vous seuls qu'elle est parvenue? (1 Cor 14.36). Ainsi nous voyons que tout au long de l'histoire de l'Eglise, jusqu'au XIXe siècle, les chrétiens n'ont pas pensé juste de se diviser à propos du millenium. La plus ancienne déclaration prémillénariste, après le temps apostolique, celle de Justin Martyr (vers 150), souligne que beaucoup d'autres chrétiens pensent autrement, qui appartiennent à la foi pure et pieuse. Serait-il sage d'être plus intolérant que lui ? Il a été suivi dans son attitude fraternelle par la plupart des générations chrétiennes. Il en va très différemment de la doctrine de l'eucharistie, pour laquelle on s'est divisé -à tort ou à raison, le fait pèse son poids». (5)

 

V. Le critère contemporain.

 

«Dieu a donné à sa Parole une clarté telle que l'essentiel du message ne peut pas échapper au lecteur respectueux et de bon sens. Lorsque des hommes de Dieu, scientifiquement compétents, et qui se veulent tout à fait dociles devant l'Ecriture, se trouvent en grand nombre dans les deux camps d'une controverse, nous pouvons présumer que l'objet du débat n'appartient pas au coeur absolument vital du christianisme. Ainsi de la doctrine de l' état intermédiaire, que nous croyons biblique: elle est contestée par certains théologiens évangéliques, ce qui laisse supposer qu'elle est secondaire.» (6)

 

'l'els sont les cinq critères qui peuvent nous aider à distinguer entre le primordial et le secondaire, afin d'arriver à l'unité de la foi sur les doctrines fondamentales, tout en reconnaissant la possibilité de divergences sur des points de détail, sur des doctrines qui ne seraient pas «stratégiques». (...)

 

Il est certainement utile de passer au crible des cinq critères précédents les questions de foi sur lesquelles il s'agit de bâtir l'union ou de justifier une désunion.

 

C'est un exercice à mener avec soin, car le contenu de notre foi est primordial à tous les niveaux de notre vie.

 

L' adversaire essaie toujours de discréditer la Parole de Dieu.

 

Semer le doute, faire défaillir la foi, voilà bien sa tactique, et l'abandon de la saine doctrine est l'un des objectifs qu'il recherche en ce qui nous concerne.

 

Depuis Eden, ce problème est malheureusement d' une brûlante actualité.

 

3.2.5 Un seul baptême

 

On peut s ' étonner de rencontrer le baptême dans cette liste de points d' union donnée par Eph 4.

 

Ce sujet n'a évidemment pas la même envergure que les autres affirmations contenues dans ces mêmes versets:

 

un seul Seigneur, une seule foi, un seul Dieu..

 

La Parole de Dieu est inspirée, et ce n'est pas par erreur que cette affirmation se trouve là.

 

L 'histoire s'est chargée de nous en montrer l'importance.

 

La façon de comprendre le baptême et de le pratiquer conduit à au moins deux types d'Eglises, deux types de chrétiens, deux façons de recevoir le Saint-Esprit et d'envisager le salut...

 

Il ne s'agit donc pas d'un point secondaire mais d'une question cruciale.

 

C'est autour de cette question que se définissent l'Eglise, sa nature, sa composition, son message même.

Le Seigneur Jésus a institué le baptême pour les disciples, pour ceux qui, de manière personnelle, mettaient leur foi en Christ pour le pardon de leurs péchés (Mat 28.18-20; Act 2.38-42).

 

Telle a été la pratique des disciples qui ont suivi de près l'exemple et les commandements du Maître.

 

Le baptême devait être une porte d'entrée visible dans l'Eglise.

 

Il devait être comme une frontière, le lieu où l'on passe du monde dans la communauté des rachetés.

 

Il devait être le symbole de la régénération, le signe extérieur d'une adhésion intérieure, de cour et d'esprit, au Christ, Seigneur et Sauveur.

 

Pour le nouveau converti, ce devait être une marque d' obéissance à son Maître, car le premier des commandements du Seigneur qui le concernait, une fois qu'il avait compris le salut, c'était justement de se faire baptiser pour témoigner de sa repentance et de sa foi en Jésus.

 

Très tôt, l'adversaire s'est attaqué au baptême, à sa signification originelle, à la façon de le pratiquer.

 

Il a tout fait pour que, peu à peu, en l'espace de deux ou trois siècles, le symbole de la régénération passe pour le moyen par lequel le Saint-Esprit opère cette régénération.

 

L'acte du baptême devenait efficace en lui-même, il devenait un sacrement que seuls des hommes revêtus d'une autorité particulière pouvaient administrer.

 

Cela changeait, bien sûr, la nature du baptême, mais aussi celle de l'Eglise.

 

Le baptême «symbole», confession de la foi du baptisé, n'est pas en lui-même indispensable au salut (le brigand repentant a pu s'en passer); il est de l'ordre du témoignage, de la mise en pratique de l'évangile en obéissance à un commandement du Seigneur.

 

Il est le geste par lequel le chrétien s'affirme comme disciple et est reconnu comme tel par ses frères.

 

Mais, du jour où on en fait un sacrement, il devient indispensable pour tous. (...)

 

Ainsi, l'unité des croyants ne peut s'envisager sans ces trois mots: un seul baptême.

 

Mais quand il s'agit d'appliquer ce principe aux relations inter- ecclésiastiques, on sent bien le problème.

 

Baptême des croyants et baptême des enfants sont deux pratiques radicalement différentes, pour ne pas dire oppo- sées.

 

Si nous sommes convaincus que le baptême biblique est le baptême par immersion des croyants, comment travailler sereinement avec des pédo-baptistes, dans un contexte où, pour évangéliser ensemble, il faudrait justement taire un élément important du message évangélique ?

 

Selon le livre des Actes, le message de l'évangile a pour but, non seulement d'orienter tout de suite le nouveau converti vers l'obéissance du baptême (Act 2.38,41 -voir aussi l'eunuque éthiopien, Saul de Tarse, Corneille, Lydie, etc), mais encore de lui faire découvrir le type d'Eglise dans laquelle il pourra persévérer dans la doctrine des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. (Act 2.42).

 

Point d'évangélisation biblique sans un but ecclésiologique clair.

 

Comment accréditer, par une collaboration entre églises de multitudes et églises de professants, une doctrine du baptême (et donc de l'Eglise) coupable d'avoir donné, des siècles durant, l'illusion du christianisme à des millions de gens ?

 

Seule la vérité libère.

 

Il faut donc rester en situation de pouvoir annoncer tout le conseil de Dieu ...y compris sur cette question du baptême des croyants.

 

L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Suite et Fin)

Bible

Croix Huguenote

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 08:49
L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Seconde Partie)

L'unité chrétienne...
Ce qu'elle est ...et ses limites
Par Daniel Mola,
(Suite)

 

Si le Seigneur veut l'unité, c'est pour notre bien : c'est pour qu'un témoignage soit rendu à la louange de Sa grâce; c'est aussi en vue d'un enrichissement spirituel réciproque; et c'est encore pour qu'ensemble nous puissions faire ce qu'il nous serait difficile d'accomplir séparément (comme quand les églises de Macédoine et de Grèce unissent leurs efforts pour apporter une aide aux églises de Judée dans l' épreuve).

 

Pour toutes ces raisons (et pour quelques autres encore), on ne peut que désirer l'unité... ardemment !

 

Mais comment s' orienter dans la situation actuelle que sa confusion et sa complexité rendent si déconcertante ?

 

2.2 Aujourd'hui

 

 

Il est difficile de transposer la situation de l'Eglise primitive dans notre contexte actuel. Tant de choses ont changé.

 

Il n'y a plus d'un côté: le judaïsme et le paganisme, et d'un autre côté : les églises locales, persécutées, au milieu d'un monde hostile.

 

Sans doute le monde a-t-il beaucoup évolué depuis 20 siècles en ce qui concerne le style de vie et les formes extérieures; mais, sur le fond, dans le domaine spirituel, il est resté tout autant opposé à l' Evangile. ..il préfère toujours les ténèbres à la lumière.

 

Le christianisme, quant à lui, a beaucoup changé, non seulement dans ses formes, mais aussi dans son fond.

 

La scène religieuse offre un spectacle extrêmement complexe, avec une quasi infinité de nuances légères ou d'oppositions caractérisées sur les questions doctrinales et pratiques entre ceux qui se réclament de l'héritage chrétien.

 

Dans ce contexte-là, une question se pose :

 

Les divisions que l'on constate aujourd'hui, au sein du christianisme, sont-elles toutes scandaleuses et constituent-elles autant de trahisons de l'intention divine ?

 

Certainement pas.

 

La Bible le montre clairement :

 

L''unité dont il parle avec tant de chaleur n'est ni une unité à n' importe quel prix, ni l'unité n'importe comment, sur n'importe quelles bases et avec n'importe qui.

 

D'une certaine manière, on peut résumer son enseignement en disant que toute unité n'est pas forcément unité de l'Esprit et que toute division n'est pas forcément coupable.

 

Il faut «examiner toute chose et retenir ce qui est bon» (1 Thes 5.21).

 

Nous trouvons dans le texte inspiré des indications susceptibles de guider cet examen et d'éclairer notre route, même dans le brouillard qui recouvre actuellement notre paysage religieux.

 

Il est nécessaire ici de distinguer, même s'ils sont conjoints et solidaires, deux aspects de l'unité chrétienne :

 

l'aspect «spirituel», qui est déjà une réalité pour ceux qui sont «en Christ», et l'aspect «visible», humainement organisé, qui est à manifester concrètement, avec les objectifs que nous proposent les Ecritures.

 

C' est ce qui se fait au sein des églises locales où le spirituel et le visible se rejoignent de manière heureuse, dans une organisation qui s'inspire des principes enseignés dans la Bible.

 

C'est encore ce que l'on retrouve quand des Eglises, ayant la même Confession de Foi, s'unissent dans le cadre d'Associations pour dire et faire ensemble, devant le monde, ce qu' elles ne pourraient pas dire et faire séparément.

 

Mais il y a un autre niveau de «visibilité» qui peut être recherché, me semble- t-il, pour une pleine manifestation de l'unité spirituelle, même s'il est plus difficile à atteindre.

 

C' est celui qui rassemble des chrétiens membres de dénominations diverses dans un témoignage commun devant le monde.

 

Il serait vain d'en nier l'importance.

 

Cet appel à réaliser de manière concrète l'unité des chrétiens est, dans l'idéal, le projet oecuménique; c'est aussi le projet (moins ambitieux, mais plus concret) des diverses collaborations inter-ecclésiastiques qui se proposent à nous, sur Ie plan local ou régional.

 

Jusqu'où faut-il aller dans ces manifestations tangibles d'unité ?

 

Dans quel cadre les situer ?

 

Ces questions ne sont pas simples.

 

D'ailleurs, chaque fois qu'il s'agit de fixer un cadre ou des limites à ne pas dépasser, les difficultés sont grandes... cela a quelque chose d'arbitraire: tracer une ligne, c' est toujours définir deux côtés, distincts et séparés; c'est, du même coup, délimiter deux «camps»

 

L'appartenance à l'un ou l'autre de ces camps entraîne ou manifeste une réelle séparation, produite par la différence des options religieuses.

 

Remarquons cependant qu'une séparation de ce genre peut atteindre des amis sans pour autant détruire leur amitié.

 

L' oecuménisme, sous ses formes diverses (locales, nationales ou internationales), est-il une sorte de passage obligé pour un témoignage chrétien efficace face au monde ?

 

Rien n'est moins sûr !

 

Certains semblent croire qu'il faudrait être tous ensemble dans un même grand navire oecuménique pour aller à la pêche et avoir du succès !

 

Mais l'efficacité de la méthode est loin d'être prouvée !

 

Le professeur CarI Witloof (cité par H. Blocher) a fait cette remarque qui ne manque pas de pertinence:

 

«Les grands transatlantiques sont-ils réellement plus efficaces que les petits bateaux quand il s'agit d'aller à la pêche ?»

 

Bonne question !

 

Dans la pratique, on le constate:

 

L'unité visible, la plus large possible, n'est pas toujours garante d'un témoignage efficace et vrai.

 

Il est vrai que nos contemporains rejettent l'Evangile, et que l'influence que celui-ci peut avoir dans le monde semble diminuer.

 

Mais il ne suffit pas, pour expliquer ces faits, d'invoquer l'absence d'unité du peuple de Dieu.

 

Il faut tenir compte aussi du contexte dans lequel se fait l'évangélisation: il se caractérise, sur un plan général, par l'indifférence spirituelle des hommes ou leur franche hostilité à l'Evangile, le matérialisme et ses puissants attraits, et, sur le plan religieux, par le fait que, depuis des siècles, les églises «chrétiennes» obscurcissent, défigurent le message de l'Evangile et maintiennent, en quelque sorte, "la vérité captive"..., sans parler des sectes multiples qui ajoutent à la confusion.

 

Et l'on ne peut, malheureusement, passer sous silence, chez beaucoup de chrétiens «évangéliques» (nota : comme Protestant également), la froideur spirituelle, un manque de zèle et de consécration, ou bien, parfois, un zèle sans intelligence, un message déséquilibré, tronqué ou caricatural qui fait office de repoussoir... ou de «miroir aux alouettes!»

 

Tout cela nuit à la crédibilité du message du salut et rend les églises locales fort peu convaincantes aux yeux de ceux qui cherchent le vrai chemin.

 

N' oublions pas enfin l'adversaire, le menteur, l'accusateur des frères, le grand falsificateur, qui déploie, à l'intérieur comme à l'extérieur des églises, une action d'une redoutable efficacité pour que cette situation spirituelle déplorable se maintienne ou s'aggrave... si possible !

 

Quelques textes bibliques peuvent nous aider à retrouver le cadre dans lequel l'unité des enfants de Dieu peut et doit se manifester.

 

Ils contiennent des réponses précises aux questions que nous nous posons.

 

3. L'étendue et les limites de l'unité chrétienne

 

 

3.1 Jean 17

Examinons très brièvement l'un des textes les plus cités pour exhorter les enfants de Dieu à réaliser leur unité :

 

Jn 17, et plus particulièrement les versets 20 et 21: Ce n'est pas pour eux (les disciples) seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé .

 

Que tous soient un : parole on ne peut plus claire et d' autant plus précieuse quand on considère que Jésus l' a prononcée dans une prière adressée à Son Père céleste, à la veille de la crucifixion, alors qu'Il se préparait à donner sa vie pour «ses brebis».

 

Le poids des mots devient alors considérable.

 

Le bon berger plaide en pensant à son troupeau présent et à venir.

 

Le Seigneur veut l'unité de «tous» !

 

Mais que recouvre ce «TOUS» ? :


v.2 Ce sont ceux que le Père lui a donnés, à qui il accorde la vie éternelle.


v.3 Ils connaissent le seul vrai Dieu et celui qu'Il a envoyé, Jésus-Christ.


v.6 Ils sont tirés du milieu du monde... et ils ont gardé Sa parole.


v .8 Leur foi est précise: les paroles que tu m'as données... ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m 'as envoyé.


v.10 En eux Christ est glorifié.


v.11 Ils ne sont pas du monde, comme Christ n'est pas du monde, et ils ont besoin d'être gardés par le Père pour qu'ils soient un comme le Père et Jésus sont un.


v.12 Ce sont ceux que Christ garde et qui sont sauvés... Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie.


v .13 S'ils peuvent goûter la joie parfaite de Christ... ils n'en sont pas moins :


v.14 haïs par le monde, parce qu'ils ont reçu la Parole de Dieu et qu'ils ne sont pas du monde.


v.17 Leur vie se vit dans un rapport étroit avec la vérité qui sanctifie. Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité.


v .18 Ils ont à remplir dans le monde une mission semblable à celle de Christ: Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. ...pour proclamer la Bonne Nouvelle, appeler les hommes à la repentance...

 

Ces versets nous aident à cerner l'identité de ceux qui sont inclus dans le «tous».

 

Le Seigneur n'envisage pas ici, de toute évidence, l'unité de différentes confessions religieuses, de différentes églises ou dénominations, mais tout simplement et merveilleusement, l'union de tous ses disciples; ils ont reçu la vie éternelle; ils exercent une foi personnelle; ils sont engagés dans le chemin de l'obéissance à la Parole de Dieu, de la sanctification et du service.

 

Leur union est semblable à celle du Père et du Fils; elle est un témoignage à la gloire de Christ et à l' amour de Dieu pour eux.

 

Sans doute, leur union va-t-elle se concrétiser dans l'appartenance à des familles spirituelles locales, mais ce qui les unit d'abord, c'est ce qu'ils sont en Christ... le reste n'étant que conséquences pratiques inévitables, en accord avec le plan de Dieu pour tous ses rachetés.

 

Jésus dit:  

 

Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. (Jn 1722-23).

 

Le Père exauce toujours les prières du Fils (Jn 11.42).

 

Cette unité spirituelle EST! Elle n'est donc pas à faire; elle est.

 

Tous les chrétiens véritables, tous les vrais disciples, où qu'ils se trouvent et quelles que soient leurs étiquettes religieuses (qui dramatiquement et injustement les divisent parfois), sont unis en Christ, par Christ.

 

Cette réalité, si imparfaitement visible aujourd'hui, sera glorieusement manifestée dans le ciel, quand tous les rachetés du Seigneur se retrouveront pour chanter ensemble le cantique de l' Agneau.

 

L' apôtre Paul a une compréhension semblable de l'unité.

 

Elle est pour lui une réalité permanente, qu'il convient, non de rechercher comme si elle n'était pas encore là, ni de créer comme si elle devait être notre oeuvre, mais de maintenir.  

 

Efforcez-vous, dit-il aux Ephésiens, de conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix. (4.3)

 

Or cette exhortation se situe dans un texte d'une importance capitale et qui peut fonder, non seulement notre réflexion, mais notre action dans ce domaine.


Paul définit l'unité chrétienne véritable, en précise les composantes, les exigences, l'étendue... et par là même, les limites.

 

Il nous dit ce qu'il faut viser, ce qui est essentiel, indispensable.

 

Il nous donne, en quelque sorte, le dénominateur commun des chrétiens unis selon Dieu.

 

Il est fondamental.

 

Il est donc important pour nous de le redécouvrir en relation avec notre sujet. Nous allons le considérer en détail.

 

3.2 Ephésiens 4.1-6

Après avoir dit aux chrétiens d'Ephèse (v.1-3): Je vous exhorte à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec amour, vous efforçant de conserver l'unité de l' esprit par le lien de la paix, Paul ajoute (v .4- 6): Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous et parmi tous et en tous.

 

3.2.1 Il y a un seul corps et un seul Esprit

 

Le Seigneur Jésus avait révélé à ses disciples les diverses étapes de l'oeuvre de l'Esprit : d'abord, son action décisive au coeur de l'évangélisation : Il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement (JnI6).

 

En conséquence de cette oeuvre puissante, des hommes se convertiront, recevront le don du Saint-Esprit et formeront l'Eglise de Jésus-Christ, à Jérusalem, mais aussi jusqu'aux extrémités de la terre (Act I; 2).

 

Partout, des assemblées locales naîtront, s'édifieront.

 

Le ministère du Saint-Esprit sera alors de les conduire dans toute la vérité.

 

Pour les chrétiens de Corinthe, Paul résume une partie du ministère de l'Esprit en ces mots:  

 

Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. (1 Cor 12:13).

 

Cette affirmation constitue, avec l'ensemble du ch. 12 de 1 Cor, une ébauche de la pensée à laquelle l'apôtre a donné toute sa portée dans l'épître aux Ephésiens, et notamment dans la formule que nous venons de citer (Eph 4.4: Il y a un seul corps et un seul Esprit).

 

Les deux textes, qui s'éclairent réciproquement, déclarent ensemble que l'union des enfants de Dieu en un seul corps est réellement l'oeuvre de l'Esprit.

 

C'est lui qui fait qu'au sein des églises locales la diversité des dons, des ministères, des personnes, forme un ensemble cohérent, uni, au service de Christ.

 

Cependant, cette réalité si précieuse ne doit pas nous faire oublier que l'adversaire (à Corinthe comme à Ephèse) essaie de troubler l'Eglise de Jésus- Christ, de la diviser, y compris par la contrefaçon de choses qui dépendent habituellement du ministère du Saint-Esprit au sein du corps de Christ.

 

En 2 Cor 11.4, Paul évoque la possibilité pour les Corinthiens de recevoir un autre Esprit que celui qu'ils ont reçu, ou un autre Evangile que celui qu'ils ont embrassé.

 

Ce n'était pas là un risque isolé... une exception.

 

L'apôtre Jean invite ses lecteurs à éprouver les esprits.

 

Il déclare :  

 

Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde... (I Jn4.1-3).

 

Pour lui, ceux auxquels il s'adressait couraient des risques qui justifiaient largement de telles mises en garde.

 

Certains événements récents dans l'expérience des églises le démontraient :  

 

Petits enfants! la dernière heure a commencé. Vous avez appris qu'un Anti-Christ doit venir. Or, dès à présent, beaucoup d 'anti-christs sont là. Voilà pourquoi nous savons que nous sommes entrés dans la dernière heure. Ces adversaires du Christ sont sortis de chez nous, mais, en réalité, ils n'étaient pas des nôtres. Car s'ils l'avaient été, ils seraient restés avec nous. Mais ils nous ont quittés pour qu'il apparaisse clairement que tous ne sont pas des nôtres. (1J n 2: 18-19 «Semeur» ).

 

Paul et Jean évoquaient des situations qui avaient été (ou qui devaient être) assainies, clarifiées.

 

Un seul corps, un seul esprit : ces deux affirmations impliquaient une nécessaire vigilance de la part des églises devant les dangers de la contrefaçon.

 

L'Esprit de vérité ne peut pas être l'auteur de la confusion ou de l'équivoque.

 

Le chrétien doit donc examiner les choses avec sérieux, en profondeur, dans un souci de vérité.

 

C'est là un besoin qui se fait toujours sentir.

 

Nous rencontrons aujourd'hui des situations qui obligent à réfléchir et qui peuvent étonner, parfois même troubler.

 

Ainsi, à côté d'un oecuménisme officiel, un autre oecuménisme trouve, dans l'expérience charismatique, telle qu'elle est vécue dans certains milieux, la base de manifestations d'unité qui rassemblent catholiques, protestants et évangéliques partageant cette compréhension particulière de l'oeuvre du Saint-Esprit.

 

On peut cependant se demander jusqu'où va cette unité, et même quelle est sa nature, quand on constate que les mouvements concernés ont, sur des points essentiels, comme le salut ou l'Eglise, des perspectives doctrinales apparemment inconciliables.

 

Aujourd'hui encore, l'exhortation de Jean garde toute son actualité : Il faut éprouver les esprits, faire preuve de discernement, demander à Dieu de la sagesse pour ne pas mal juger un frère, mais aussi pour ne pas se laisser abuser par un faux frère, un faux prophète, une fausse doctrine, ou une fausse unité... autant de moyens que l'adversaire continue à utiliser pour mettre en péril l'édification de l' Eglise.

 

Les faux, les «pseudo», sont, par expérience, une arme plus efficace contre l'Eglise que les persécutions.

 

C' était déjà vrai au premier siècle quand les apôtres étaient encore personnellement les piliers de l'Eglise.

 

A combien plus forte raison depuis, quand le péril annoncé est celui d'un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité et se tourneront vers les fables. (2 Tim 4:3-4).

 

Que de mises en garde dans la Seconde Partie de la Bible, de la part de Jésus et des apôtres, à ce sujet.

 

Paul avertissait les anciens d'Ephèse en leur disant :  

 

Prenez donc garde à vous- mêmes et à tout l& troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l'Eglise du Seigneur qu'il s'est acquise par son propre sang. Je sais qu'il s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau, et qu'il s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les dis après eux. Veillez donc, vous souvenant que... je n'ai cessé nuit et jour d'exhorter avec larmes chacun de vous. (Act 20:27-31).

 

Faut-il considérer aujourd'hui que ce type d'avertissement n'est plus nécessaire ?

 

Que les églises évangéliques comme Protestantes actuelles ne courent plus de dangers de cet ordre ?

 

Que ce qui empêche les manifestations visibles de l'unité des croyants est bien plus grave que ce qui menace leur intégrité doctrinale, leur fidélité à l'Evangile, leur unité dans l'Esprit ?

 

Face aux ennemis «extérieurs» (les persécuteurs de l'Eglise) et «intérieurs» du peuple de Dieu (les faux docteurs agissant du dedans) l'Evangile nous propose des traitements dont il importe de noter les différences.

 

En ce qui concerne les ennemis extérieurs, Jésus nous propose de prier pour eux, de les bénir au lieu de les maudire, de leur faire du bien en réponse au mal qu'ils nous font, de ne pas les craindre s'ils s'en prennent à notre vie... car mieux vaut perdre sa vie que son âme !

 

Pour les ennemis intérieurs,  la Bible nous propose de nous séparer d'eux, de les exclure de la communion, de ne rien avoir à faire avec eux, de ne plus les recevoir, de dénoncer leurs mensonges... que celui qui annonce «un autre Evangile» soit anathème, c'est à dire exclu.

 

Dans ce siècle de confusion généralisée, face aux turbulences religieuses, face à la multiplication des sectes, il est important de faire preuve de vigilance.

 

Les vents de doctrines soufflent dans toutes les directions.

 

Les risques de se laisser emporter existent bel et bien.

 

Alors, quand l'Ecriture parle d'un seul corps et d'un seul esprit, il est nécessaire d'éprouver les bases sur lesquelles nous nous fondons en matière, précisément, de «corps» et «d'esprit».

 

L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Suite)

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 08:45
L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (1ère Partie)

L'unité chrétienne...

Ce qu'elle est... et ses limites

(1ère Partie)

Daniel Mola,

 

 

Introduction

 

Sujet passionnant, important pour la vie de nos églises, et difficile à traiter !

 

Il existe sur cette question des sensibilités, des approches différentes. J'en suis bien conscient.

 

Chacune de nos églises rencontre cette question de l'unité chrétienne dans ses rapports avec d'autres églises et mouvements qui existent dans sa région, sa ville ou son village.

 

Les situations varient beaucoup d'un endroit à l'autre.

 

Comment traiter les problèmes de collaborations, de relations inter-ecclésiastiques ?

 

Quels principes suivre?

 

«Que dit l'Ecriture» au sujet de l'unité chrétienne ?

 

I. La recherche de l'unité

 

De nos jours, le mouvement oecuménique fait de la recherche de l'unité son combat.

 

Son but est de regrouper sous sa bannière tous ceux qui se réclament du christianisme, et d'aboutir à une organisation qui, en manifestant l'unité des croyants, apporterait enfin un exaucement à la prière de notre Seigneur :

 

«Que tous soient un».

 

L'objectif qui consiste à unir les chrétiens est louable.

 

Il y a derrière l'oecuménisme une belle pensée, imprégnée d'amour chrétien.

 

L'idéal ne paraît manquer ni d'élévation, ni de fondement sur le plan biblique.

 

De plus, il semble correspondre à un vrai besoin.

 

Après deux guerres mondiales et devant la multiplicité des conflits qui ensanglantent la planète, comment ne pas désirer que l'ocuménisme réussisse sur le plan religieux ce que l'on aimerait voir réussir sur le plan politique par le moyen des Nations Unies ?

 

Cela éviterait déjà certaines guerres dont le prétexte avoué est religieux !

 

Il faut l'unité, c'est évident !

 

Il faut encourager la compréhension mutuelle, l' amour fraternel.

 

Et qui d'autre que les chrétiens devrait donner l'exemple de l'unité, la rechercher, la vivre, en être les artisans ?

 

Si nous reconnaissons l'inspiration et l'autorité des Saintes Ecritures, une telle recherche s'inscrit au cour de notre vie chrétienne, au centre de notre programme d' église locale. ..car, d' une manière générale :

 

1.1 L'Ecriture est «pour» l'unité

 

La Bible nous parle des bonheurs de la communion fraternelle, de la joie d'adorer Dieu et de le servir ensemble.  

 

Voici, oh! qu'i! est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble! (Ps 133: 1).

 

L'Alliance Renouvelée exprime à bien des reprises et de bien des manières, de la description à l' exhortation en passant par le récit, le bonheur et le devoir de la communion fraternelle.

 

C'est une réalité du premier jour: il nous est dit que les premiers convertis persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières... Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu et ils avaient tout en commun (Act 2:42-44). Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple.. .(Act 2:46).

 

Les apôtres, de leur côté, insistent régulièrement sur l'importance d'un amour fraternel sincère; aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cour, écrivait Pierre (1 Pi 1 :22).

 

Certes, ces textes s'inscrivent dans le cadre d'églises locales.

 

Mais cette communion ne doit elle pas être recherchée et manifestée aussi entre tous les chrétiens ?

 

Le Christ n'a-t-il pas dit:  

 

Que tous soient un?

 

Les images que le Seigneur nous donne de son Eglise militent clairement en faveur de l'unité des croyants :

 

- l'Eglise est le corps de Christ... les membres qui le composent sont très différents les uns des autres, ils n'ont ni les mêmes fonctions ni les mêmes capacités, mais ils forment ensemble une unité qui manifeste la même vie.

 

Leur diversité fait la richesse du corps.

 

Aussi : Qu'il n 'y ait pas de division dans le corps.. (1 Cor 12:25). Comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ. (1 Cor 12: 12).

 

Christ est la tête; l'Eglise est son corps (Col 1.18).

 

Quelle unité que celle-là, puisqu'elle a pour auteur le seul Esprit !

 

- l'Eglise est la «maison» de Dieu.

 

En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. (Eph 2:22).

 

Cette «maison» spirituelle unit les pierres vivantes autour de la même pierre vivante: le Christ, et pour une même vocation: être le temple de Dieu.

 

Son unité provient aussi de ce qu'elle est édifiée par son unique architecte: le Seigneur Jésus, qui a dit: Je bâtirai mon EGLISE... (Mat 16:18).

 

«Mon> EGLISE, au singulier.

 

Au-delà des églises locales dont l'Alliance Renouvelée nous parle abondamment, il y a cette EGLISE -en lettres majuscules -qui rassemblera un jour tous les élus de Dieu de tous les temps, une grande foule, que personne ne pourra compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue (Apoc 7.9).

 

- l'Eglise est l'épouse de Christ.

 

Il l'aime, Il l'a rachetée, Il s'est livré pour elle et Il la prépare, la sanctifie, la purifie, pour le jour du banquet des noces de l'Agneau. (Eph 5.25-33, Apoc 19.7-9).

 

- l'Eglise est le troupeau du Seigneur.

 

Le Christ déclare à son sujet : il y aura un seul troupeau et un seul berger (Jn 10.16).

 

Toutes ces images décrivent, chacune à sa manière, l'unité de l'EGLISE.

 

Cette unité nous est aussi proposée, à maintes reprises et de diverses façons, comme un objectif à atteindre: être UN en Christ (GaI 3.28), nous efforcer de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix... (Eph 4:3), marcher d'un même pas (PhiI3.15), être tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d'amour fraternel, de compassion, d' humilité. ( I Pi 3:8; PhiI2.1-5).

 

Sous ces exhortations apostoliques, on ne peut que reconnaître le commandement que Christ nous a laissé de nous aimer les uns les autres (ln 13.34; 15.12, etc.).

 

Ce qui nous amène à considérer aussi que :

 

1.2 L'Ecriture est «contre» les divisions

 

Voici quelques textes très significatifs:

 

Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment Christ est-il divisé? (I Cor 1.10, 13). Je vous exhorte à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux, (Rom 16:17). Les oeuvres de la chair, ce sont... les inimitiés, les querelles... les disputes, les divisions, les sectes... (GaI 5:20). Eloigne de toi... celui qui provoque des divisions. (Tit 3:10)... etc.

 

Quelle fermeté à l'égard des diviseurs !

 

L'unité des croyants doit être traitée avec le plus grand sérieux; il faut l'aimer, la chérir.

 

Elle a du prix aux yeux du Seigneur.

 

Il est grave de la blesser.

 

Ce n'est qu'en donnant tout son poids au fait que l'Ecriture est «pour> l'unité et «contre» les divisions que l'on peut tenter d' aborder le sujet de l'unité chrétienne, de sa définition et de ses limites.

 

Tels sont les principes fondamentaux que nous devons garder à l'esprit au moment d'examiner la situation actuelle du monde chrétien.

 

2. Les bienfaits et les inconvénients de l'unité

 

 

Devant les divisions du christianisme et le triste spectacle de morcellement que donnent les diverses familles de la chrétienté depuis longtemps, que penser ?

 

On peut voir là, avec beaucoup d'autres, un scandale, un mauvais témoignage, une trahison de l'intention divine, une cause évidente, enfin, du rejet de la foi par beaucoup d'hommes.

 

D'une certaine manière, nous partageons cette opinion.

 

Le livre des Actes nous montre que l'unité des chrétiens et les progrès de l'Evangile sont intimement liés; que l'unité et la croissance de l'Eglise vont souvent de pair (Act 2.44-47; 4.32-33; 5.12,14; 9.31 ).

 

Nous connaissons les bienfaits qui découlent de manifestations tangibles de l'unité entre croyants: à l'extérieur, l'amour qui unit les chrétiens constitue un témoignage éloquent en faveur de l'Evangile de Jésus-Christ; et, à l'intérieur, que d'occasions d'apprendre et d'être encouragés, enrichis par les connaissances, les talents et les expériences d'autres frères et soeurs !

 

Il est vrai que ces contacts peuvent se révéler «embarrassants», mais pas forcément pour de mauvaises raisons.

 

Ces fraternelles «confrontations» peuvent nous aider à discerner ce qui, dans nos propres conceptions, est «vérité» et ce qui n'est peut-être que «tradition».

 

Nous pouvons être plus ou moins prisonniers de notre histoire, de nos habitudes ou de nos expériences personnelles.

 

Fréquenter d'autres chrétiens nous oblige à réfléchir dans des domaines où nous prenons peut-être pour des convictions «bibliques» des opinions toutes faites que nous respectons sans trop savoir pourquoi.

 

Nos manières de penser et d'agir se trouvent ainsi testées.

 

Il faut accueillir sereinement ce genre de difficulté.

 

A vouloir l'éviter , on courrait le risque de rater en même temps une occasion de progresser, de repenser notre foi et notre pratique.

 

Les mises en commun peuvent être réciproquement stimulantes.

 

2.1 Autrefois

 

Les églises primitives différaient beaucoup les unes des autres, comme on le voit sans peine pour Corinthe et Ephèse.

 

Il y avait de l'une à l'autre des différences de styles, d'organisations, de sensibilité.

 

Les contextes culturels, religieux, sociaux, politiques, raciaux ne pouvaient manquer d'influencer des églises dont les membres avaient des origines tellement diverses et qui vivaient elles-mêmes dans des milieux très différents.

 

Aussi l'unité entre les églises ne voulait surtout pas dire «uniformité» !

 

Aucune église n'était une sorte de copie conforme, de clone, d'une église modèle, qui aurait pu être celle de Jérusalem ou celle d' Antioche de Syrie.

 

Bien des indices, dans les Actes et les épîtres, montrent que ces églises entretenaient des contacts assez fréquents, contacts qui n'allaient d'ailleurs pas sans problèmes.

 

Il n'y avait pas que les gens «bien sous tous rapports» qui voyageaient.

 

Ces contacts amenaient du bon et du moins bon; parfois du franchement mauvais !

 

Mais les églises ne cherchaient pas à vivre en milieu aseptisé ou dans une sorte de quarantaine (inversée) pour éviter les contagions.

 

Une telle crainte aurait été un signe de mauvaise santé.

 

Elles acceptaient donc les risques de l'unité des croyants et des relations fraternelles avec d'autres églises.

 

Elles étaient cependant attentives à éprouver les esprits, à dénoncer les faux frères, à combattre l'erreur doctrinale.

 

Et s' il leur arrivait d'y manquer, les apôtres et les bergers des églises devaient être prêts à assumer cette responsabilité.

 

C'était leur rôle, leur désagréable, mais incontournable devoir.

 

L'Alliance Renouvelée  ne voile pas cette réalité: il en donne de nombreux exemples et énonce les principes qui doivent inspirer les chrétiens devant des situations de ce genre.

 

Il y avait donc une unité réelle entre les églises primitives.

 

Les apôtres maintenaient les contacts avec elles et entre elles.

 

Ils les conduisaient à louer Dieu pour les progrès de l'oeuvre, ou à intercéder en faveur d'églises en difficulté.

 

L'entraide répondait aux besoins, dès qu'ils étaient connus, avec autant de spontanéité que d'efficacité (cf. Act 11.29-30; 2Cor8. 9).

 

Une telle unité n'avait donc rien d'artificiel: elle n'était pas de façade ou d'institution.

 

Elle n'avait pas entraîné la création d'une grande organisation religieuse; elle en ignorait les hiérarchies, voire la bureaucratie, et n'en utilisait pas les moyens.

 

Ce n'était du reste pas les seuls apôtres ou leurs représentants qui, en visitant les églises, entretenaient leurs relations : d'autres chrétiens aussi jouaient ce rôle, en dehors de toute mission officielle, lorsqu' ils quittaient une ville pour s'établir dans une autre, ou lorsque, de passage, ils recevaient ici ou là, l'hospitalité (Héb 13,2).

 

Cette unité n'avait qu'une origine : l'amour profond des églises pour le Christ et leur volonté de le servir quoi qu' il en coûte.

 

En Son nom, ils poursuivaient partout les mêmes objectifs; ils annonçaient le même message du salut par grâce, par le moyen de la foi; ils avaient la même conception générale de l'Eglise, la même approche de la vie chrétienne, la même joie de servir à l'avancement du Royaume de Dieu dans l'attente du retour de Christ.

 

Une grande vigilance s'exerçait pour que ce cap soit maintenu, malgré les différences inévitables de sensibilité entre les églises.

 

L'unité était là, dans les cours, et elle rejaillissait vers l'extérieur, bien visible pour le monde environnant qui trouva un surnom éloquent pour les disciples du Christ: on les appela «chrétiens».

 

Si le Seigneur veut l'unité, c'est donc pour notre bien : c'est pour qu'un témoignage soit rendu à la louange de Sa grâce; c'est aussi en vue d'un enrichissement spirituel réciproque; et c'est encore pour qu'ensemble nous puissions faire ce qu'il nous serait difficile d'accomplir séparément (comme quand les églises de Macédoine et de Grèce unissent leurs efforts pour apporter une aide aux églises de Judée dans l' épreuve).

 

Pour toutes ces raisons (et pour quelques autres encore), on ne peut que désirer l'unité... ardemment !

 

Mais comment s' orienter dans la situation actuelle que sa confusion et sa complexité rendent si déconcertante ?

 

 

L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Suite)

 

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 20:10
Le Sommeil par Ernest Dhombres (Dernière partie)
 Le sommeil (Suite)

(Par Ernest Dhombres)

 

Que fais-tu là, dormeur ? 

(Jonas 1.1-6)

 

 

 

Nous avions un ami ; il est devenu notre ennemi.

 

Notre méchanceté n'a que trop réussi, et le voilà dans la ruine, tombé par terre comme le chêne frappé par la hache du bûcheron.

 

Comme nous voudrions maintenant racheter notre faute !

 

Mais il est trop tard : le cruel trop tard s'impose à nous : l'irréparable est accompli !

 

Ces souvenirs nous étreignent, et que de fois nous nous réveillons, la nuit, dans une agitation fébrile, au milieu d'amers sanglots !...

 

Une autre fois, Dieu nous demandait un sacrifice, quelque acte d'obéissance difficile que nous n'avons pas voulu accomplir : alors, l'heure du repos venue, comme Jonas nous avons cherché à engourdir notre conscience ; comme lui, nous avons dormi, lourdement dormi !...

 

Mais ce ne sont pas des anges qui se sont approchés de notre couche, c'est l'Esprit de ténèbres qui l'a hantée, nous apportant des rêves lugubres...

 

Une autre fois, nous avons cédé à une coupable tentation, accompli quelque acte déloyal.

 

Il fallait nous jeter à genoux et demander avec larmes le pardon de notre Dieu.

 

Nous ne l'avons pas fait ; nous avons cherché à le fuir ; nous avons persévéré dans notre orgueil : aucune humiliation, aucun repentir.

 

Dès lors le câble qui nous reliait à notre Père céleste est brisé.

 

Mais quel sommeil !

 

Nous sommes comme sous la griffe d'une puissance hostile et malfaisante qui cherche à déchirer notre chair et notre âme.

 

C'est un cauchemar affreux !

 

Ne voyez-vous pas que c'est la conscience qui se venge des coups que nous lui avons portés ?

 

Puisse-t-elle nous sauver de notre fatal endurcissement !...

 

Ainsi, cela est certain, s'il y a un sommeil avec Dieu pour celui qui vit en communion avec lui, il peut y avoir -- et il y a trop souvent -- un sommeil sans Dieu.

 

En voulez-vous des exemples bibliques ?

 

Sans parler de Jonas, voici le prophète Elie : effrayé par les menaces de Jézabel, il se laisse aller à un découragement sans espoir.

 

« Ta cause est perdue, dit-il à l'Eternel ; je suis demeuré seul ! »

 

Et il s'affaisse sous un genévrier pour mourir.

 

Quelque saint qu'il soit, c'est pourtant le sommeil du doute qui a envahi l'âme du prophète !...

 

Voici les trois disciples bien-aimés : ils sont là, dans le jardin des Oliviers, à la distance d'un jet de pierre de leur Maître.

 

Lui, il livre le combat le plus formidable qui se soit passé sous le ciel : des gouttes de sang tombent de son front divin comme celles d'une forte pluie d'orage, le calice qu'il voudrait éloigner passe devant ses yeux ; c'est bien comme un suppliant qu'il s'écrie :

 

« Père, si tu voulais que cette coupe passât loin de moi ! »...

 

Et tout près de cette détresse, eux, ils dorment d'un sommeil qui nous indigne...

 

Dites qu'ils sont fatigués, accablés, et qu'ils veulent échapper à leur affreuse tristesse, je le veux bien !

 

Mais dites aussi qu'ils cèdent aux instincts inférieurs de la nature humaine qui renonce à servir les vaincus, ou ceux qui semblent vaincus...

 

Oui, le sommeil des trois apôtres est bien celui de notre lâcheté...

 

Voici des exemples plus réconfortants : Jésus est sur une barque avec ses disciples ; il dort sur un oreiller.

 

Mais la tempête fait rage et le frêle esquif va être englouti.

 

Jésus se réveille au moment voulu.

 

Avec quel calme, avec quelle autorité aussi, Il dit à la mer :

 

« Tais-toi, sois tranquille ! »

 

N'est-ce pas le sommeil de la sérénité paisible, de la sainteté que rien n'alarme ?

 

Jésus était le Fils de Dieu, dites-vous, et nous, nous sommes des pécheurs.

 

Eh bien ! Voici un homme, pécheur comme vous et moi, l'apôtre Paul.

 

Il est sur un vaisseau qui subit quatorze jours d'une effroyable tempête : Paul seul reste calme.

 

Il invite les matelots et les passagers à prendre de la nourriture, et certainement, il se livre au sommeil, fort de cette parole que son Dieu lui a dite :

 

« Paul, ne crains point, car je t'ai donné tous ceux qui naviguent avec toi. »

 

Toutes les apparences sont contre lui, mais son Dieu est pour lui.

 

Le Dieu « à qui il est et qu'il sert » ne peut mentir.

 

Paul n'appartient ni à l'orage, ni aux vents, ni aux éléments déchaînés ; il appartient à son Dieu qui le tient dans ses bras et qui le porte comme sur des ailes d'aigle.

 

Voilà le repos de la foi, et de la foi héroïque.

 

Inspirons-nous du grand exemple de saint Paul.

 

Si nous avions la foi de Paul, ou seulement, quelques parcelles de sa foi, comme nous chasserions de nos nuits les sommeils agités du doute, de l'orgueil, de la haine, de l'égoïsme, de la lâcheté !

 

Comme ces parcelles de foi suffiraient pour nous faire croire à l'amour de notre Père céleste à qui nous remettrions notre avenir et le soin de notre destinée, comme elles enrichiraient nos cœurs d'un doux contentement, d'une confiance sereine !

 

Et si nous devions passer par ces tempêtes de la vie qui ne peuvent être épargnées à aucun de nous, nous ne perdrions pas courage.

 

Maladies, souffrances du corps et de l'âme, tout serait apaisé, sinon guéri !

 

Lors même que nous serions privés, parfois, de ce sommeil réparateur, si nécessaire à notre pauvre existence -- car enfin il faut compter avec les insomnies inhérentes à la douleur physique, au chagrin, à la vieillesse -- ces insomnies elles-mêmes pourraient être bénies de Dieu.

 

Tu ne peux dormir, mon frère ou ma sœur, eh bien, répète tel cantique appris dans ton enfance, au milieu des effusions de ta jeune piété, alors que tu n'avais pas encore la science amère de la vie ; ou bien, redis quelques uns de ces psaumes, éternels consolateurs des affligés, qui sont sortis du cœur de David comme d'une lyre vivante et vibrante !

 

Tu apaiseras ainsi ton âme blessée, tes nerfs surexcités, et ce sera comme autrefois, au temps où le chant monotone de ta mère -- ce chant si doux que tu en rêves encore -- calmait et endormait tes douleurs enfantines.

 

 Soyons enfin les hommes de la foi qui guérit tout, et qui peut tout !

 

Alors nous appartiendrons véritablement à notre race ; nous serons les fils des Huguenots, à la piété simple et virile, et nous pourrons dire avec l'un de leurs psaumes les plus chers :

 

Je me couche sans peur,
Je m'endors sans frayeur,
Sans crainte je m'éveille.
Dieu qui soutient ma foi,
Est toujours près de moi,
Et jamais ne sommeille.

 

Dans ces dispositions paisibles, la mort elle-même, dont le sommeil est une image si saisissante, la mort ne pourra nous causer aucune alarme.

 

J'ai vu quelquefois, pendant mon ministère, des hommes et des femmes s'endormir, le soir, et ne plus se réveiller, le matin.

 

Ils étaient passés, sans le savoir, de la vie terrestre dans l'éternité.

 

« Belle mort », disaient les gens du monde.

 

Oui, belle mort, si ceux-là étaient en état de grâce, s'ils avaient entendu et reçu dans leurs cœurs la parole de la réconciliation par Christ : belle mort, car ils sont allés avec leur Dieu Sauveur, transfigurés comme Hénoch ou Elie, sans avoir connu les affres de l'agonie, pressenti les sombres mystères du défilé que nul n'a pu nous décrire...

 

Mort redoutable et qui nous fait trembler, s'ils ont quitté ce monde sans repentance, sans conversion, s'ils sont allés trouver un Juge de l'autre côté de la tombe.

 

Ah ! Plutôt la souffrance, plutôt les luttes suprêmes de la dernière heure, qui leur eussent parlé de justice et de jugement, que cette inconscience fatale au bout de laquelle se trouve la rencontre redoutable d'un Dieu offensé !...

 

C'est pourquoi je vous supplie de vous dire chaque soir : Si cette nuit était ma dernière nuit, où irais-je ?

 

Suis-je réconcilié avec Dieu ? Serais-je perdu ? Serais-je sauvé ?

 

Mesurez la solennité de cette question et hâtez-vous de la résoudre.

 

J'ai connu une vieille aïeule -- elle avait quatre-vingt-huit ans -- qui avait passé ses dernières années dans la prière, la lecture de la Bible et le culte des souvenirs, aux lieux où avait vécu son âme ancestrale.

 

Je la vois encore avec sa bonne et sereine figure, son profil régulier, quoique un peu sévère, sa taille haute et droite, malgré les années.

 

Elle ne manquait jamais, le soir, de faire un culte domestique ; puis, lorsqu'elle était couchée, on l'entendait murmurer ces vieux vers bien naïfs :

 

Dans mon lit je me couche, dans mon lit je me rends,
Si le sommeil me presse, si la mort me surprend,
A toi je recommande mon âme, ô grand Dieu tout puissant.

 

 

Et d'une voix ferme elle ajoutait : 

 

Amen !

 

La rime n'était pas riche, ni le français bien moderne, mais quel sentiment d'admirable confiance !

 

Un soir, un peu souffrante, elle sentit que l'éternité était proche.

 

C'était attendu ; cela lui semblait tout simple de partir...

 

Elle fit de touchants adieux aux siens ; puis, on l'entendit répéter, par trois fois, la prière qui termine le livre de l'Apocalypse :

 

« Seigneur Jésus, viens ! »

 

Elle pencha la tête ; ses yeux s'ouvrirent, se refermèrent, et tout fut fini...

 

Elle dormait son dernier sommeil !

 

O Dieu, endors-nous paisiblement du dernier sommeil de cette sainte aïeule.

 

 

 

 

Ernest  Dhombres,

Pasteur Protestant Réformé

Bible

Croix Huguenote

 

 

 SourceSERMONS   ET  HOMÉLIES

 

 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 20:09
Le Sommeil par Ernest Dhombres (2ème partie)
Le sommeil (Suite)

(Par Ernest Dhombres)

 

Que fais-tu là, dormeur ?

(Jonas 1.1-6)

 

 

 

Il m'en coûte de descendre de ces hauteurs sereines pour vous décrire les mauvais sommeils qui ne sont que la perversion des bienfaits de Dieu.

 

Chacun sait, sans que je le dise, que le sommeil est aussi l'oreiller des paresseux.

 

De même qu'il est des amateurs de bonne chère, il y a des amateurs d'un sommeil qui est sans aucune proportion avec les besoins de notre corps.

 

Ecoutons ici l'avertissement pittoresque du livre des Proverbes :

 

« Le long dormir fait vêtir de robes déchirées...Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu de bras ployés pour dormir, et la pauvreté viendra comme un passant, et la disette comme un homme armé. »

 

Cet homme armé, que de victimes il a faites !

 

C'est ce malheureux écolier incapable d'un effort, sorti « fruit sec » de huit années d'études scolaires, qui sont comme le présage de sa vie avortée.

 

C'est cet ouvrier sans dignité, sans courage ; il arrive tard au chantier, mécontente ses patrons, se fait renvoyer et jette sa famille dans une existence de misère, de dettes et de profond désespoir.

 

Sont-ils-moins coupables les jeunes riches oisifs ?

 

Ils eussent pu s'imposer un travail, exercer une fonction, se rendre utiles à leurs concitoyens, à leurs frères, à leur pays...

 

Non, ils ont dit à leur manière :

 

« Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu de bras ployés pour dormir... »,

 

Et tandis que l'équipage est à la manœuvre, eux, ils sont tranquillement couchés sur leurs moelleux coussins, au milieu d'habitudes de sybarites.

 

« Ils tuent le temps », selon une expression qui leur est familière.

 

Tuer le temps, ironie brutale et cruelle !

 

Quand la vie est si courte et le temps si précieux, eux, ils se chargent d'être les destructeurs du temps !

 

Hommes de plaisir, ils dorment quand les autres travaillent, et puis, ils s'amusent, la nuit, jetant dans le gouffre des joies mauvaises leur fortune, leur santé, leur jeunesse, leur corps et leur âme...

 

Il y a aussi le sommeil de l'alcool que notre France ne connaissait guère autrefois et qui s'est propagé, d'une façon vertigineuse, de la grande ville dans le plus petit des hameaux de notre cher pays : avilissement de la créature qui efface l'image de Dieu sur son front pour lui substituer celle de la brute ; flot montant qui submerge le monde moderne de sa fange impure...

 

Il y a le sommeil de cet homme qui, voyant d'un œil inquiet le dérangement de ses affaires, s'étourdit, cherche à oublier ses échéances, jusqu'au jour où se consomment son déshonneur et celui de sa famille.

 

Il y a le sommeil du joueur qui se livre avec frénésie à sa coupable passion, et qui s'endort bestialement pour ne plus penser à sa ruine.

 

Il y a le sommeil du criminel qui va subir sa peine, sommeil devenu légendaire parce qu'on le sait noir comme les ténèbres de l'enfer du Dante.

 

Combien de fois, au contraire, il n'y a pas de sommeil ; c'est le crime et la luxure qui veillent...

 

Quel spectacle pour ta justice et ta sainteté, ô mon Dieu, que celui des nuits que tu avais données à la terre pour l'apaiser, pour la bercer..., et la terre, refusant ce présent magnifique, les a changées en veillées horribles où Satan fourbit ses armes, où, au sein de nos Babylones modernes, l'assassinat médite ses coups dans quelque sinistre orgie ; où les hommes de sang perpètrent leurs crimes sous la lueur paisible des étoiles, profanateurs de tout ce qui est sacré, contempteurs infâmes de toutes les lois humaines et divines...

 

O mon Dieu, quel odieux défi jeté à ton amour de Père !

 

Nous n'avons rien de commun avec ces mœurs, ni avec ceux qui les pratiquent, nous, chrétiens, qui vivons dans une société honnête, respectable, religieuse même.

 

Laissez-moi cependant, avant de vous entretenir d'un certain sommeil qui peut être une infidélité comme le fut celui de Jonas, vous rendre attentifs à un abus qui existe parmi nous, et qui n'est pas sans quelque péril.

 

Par l'effet de nos habitudes modernes, la loi naturelle a fait place à une loi tout artificielle.

 

A combien de personnes, d'ailleurs sérieusement attachées à leurs devoirs domestiques, ne pourrait-on pas dire :

 

Que fais-tu là, dormeur ?

 

Le soleil a déjà parcouru une partie de sa course, le monde a repris son labeur, la vie son tumulte, et toi, tu t'attardes sur ta couche, épuisé de fatigue, parce que tu as passé dans de brillants salons la plupart des heures que Dieu t'avait données pour renouveler tes forces.

 

Nos ancêtres avaient l'extrême sagesse de se faire une vie bien réglée, dans laquelle on évitait les veillées tardives.

 

Quelques-uns se souviennent d'avoir entendu parler de ces belles mœurs provinciales où, à dix heures du soir, le couvre-feu sonnait la retraite, et chacun de regagner sa demeure.

 

Le matin, on suivait de près les indications de la nature : l'alouette s'élançant dans les airs avec sa gaie chanson, le coq -- celui-là bien français d'allure -- faisant résonner son clairon dès l'aube.

 

On jouissait de la douceur des heures matinales, de la lumière s'épandant peu à peu sur les paysages familiers ; on avait le temps de se sentir vivre et de se recueillir.

 

De là, soyez-en sûrs, l'habitude vénérable, si négligée à notre époque, du culte domestique qui réunissait la famille autour de la Bible.

 

Serait-il possible, aujourd'hui, d'établir cette coutume, d'une manière régulière, dans nos maisons ?

 

Quand on rentre à une heure avancée de la nuit, on ne peut songer qu'à se plonger dans le sommeil, après avoir dit une prière, distraite et hâtive, si l'on tient à se mettre en règle avec Dieu.

 

Est-on mieux disposé le matin ?

 

Mais ne voyez-vous pas que, fatigué d'une longue veillée, on se lève tard, et l'on est sollicité aussitôt par son travail, repris par l'engrenage des devoirs domestiques et sociaux ?

 

Où donc placer la prière en commun ?

 

Et cependant quelle bénédiction pour nous, pour nos enfants, pour nos serviteurs, que ce culte de famille !

 

Comme chacun se sent sous la discipline du devoir, en présence d'un Dieu duquel nous dépendons et qui a le droit de régler toute notre vie !

 

De même pour notre culte personnel.

 

Heureuse préparation de notre journée qu'une rencontre matinale et filiale avec Jésus, notre Sauveur !

 

Au lieu d'une agitation fébrile, le calme d'une âme qui se possède et qui suppute toutes ses obligations pour les bien remplir ; au lieu d'une présomption hautaine, l'humilité d'un cœur qui, redoutant les assauts de l'ennemi et le sachant prêt à entrer par toutes les brèches, se présente devant lui avec les armes de la Parole de Dieu et de la prière.

 

O sainte virginité de l'heure matinale, que ta douce et paisible aurore se lève sur tous nos foyers !...

 

J'ai peine à comprendre que des femmes, des mères chrétiennes, puissent passer la plus grande partie de leurs nuits au théâtre ou dans des sociétés mondaines.

 

Mais, disent-elles, ce sont là les habitudes modernes, et comment nous y soustraire ?

 

N'est-ce pas tout simple de faire comme les autres ?

 

Il est vrai, cela est tout simple, et même très facile.

 

Mais sommes-nous chrétiens ou ne le sommes-nous pas ?

 

Si nous sommes chrétiens, écoutons l'apôtre nous recommander de ne pas « nous conformer au présent siècle ».

 

Entendons Jésus-Christ nous appeler « la lumière du monde ».

 

Et quelle lumière que celle qui se promène de salon en salon ?

 

Quel pauvre christianisme que celui de notre temps !

 

Enfin, il est un argument -- celui-là utilitaire et moins élevé que les précédents -- qui a aussi sa valeur morale.

 

Est-ce que nos pères ne devaient pas la belle santé de leurs corps et de leurs âmes à cette austérité de vie à laquelle nous sommes devenus trop infidèles ?

 

Ces habitudes mondaines, ces veillées tardives, mesurez-en le danger à la pâleur des visages et à l'affaissement des âmes.

 

De là, notre génération à la fois surexcitée et débilitée, inoccupée et surmenée, atteinte de maux extraordinaires pour lesquels il faut inventer des vocables jusqu'ici inconnus du dictionnaire de l'Académie...

 

C'est ce qui faisait dire à l'illustre Lacordaire, dans ses Lettres à un jeune homme :

 

« Si vous voulez être tout ce que Dieu demande de vous, levez-vous de bonne heure et ne vous couchez jamais trop tard. Aujourd'hui, on veut unir le prestige des travaux sérieux, à la jouissance des plaisirs vulgaires. On est homme du monde par delà minuit, et l'on se réveille écrivain, savant, magistrat, ministre même..., en attendant que accablée de ce double fardeau, se venge du génie lui-même par un idiotisme qui atteint toutes les facultés de l'être humain et que l'antiquité n'avait pas connu. »

 

Mais n'est-il pas d'autres péchés qui se rattachent au sommeil ?

 

Ne nous sommes-nous jamais endormis comme Jonas dans l'infidélité et la révolte ?

 

Dans nos maisons, un fils, une fille ont manqués au respect qu'ils doivent à leur père et mère.

 

L’orgueil s'irrite, et loin de prononcer une parole de regret, on s'obstine dans la rébellion injuste.

 

Sombre, dur, on se couche, en proie à la plus violente colère.

 

Y eut-il jamais un état moins propre au repos de la nuit ?

 

Où sont-elles, les douces visions de l’enfance ?

 

Où sont-ils, les rêves souriants du  cœur autrefois si docile et si pur ?

 

Jeune homme, jeune fille, si tu persévères dans ton indiscipline, prends garde, c'en est fait de ta paix intérieure et peut-être de ta vie morale elle-même, rentre dans l'obéissance, afin qu'elles puissent t'être appliquées, ces belles paroles de nos Saints Livres qui sont tout un programme de vie pour la jeunesse :

 

« Je me coucherai, je me réveillerai, je m'endormirai, car l'Eternel me soutient. »

 

Ces époux se sont froissés mutuellement.

 

Toi, mon frère et ma sœur, croyant en Jésus, « que le soleil ne se couche pas sur ta colère ! »

 

Si vous persévérez dans vos rancunes, savez-vous qu'il n'y aura plus de paix dans votre maison, savez-vous que vos enfants, devenus sceptiques, considéreront l'union conjugale comme un lien sans poésie, et le bonheur domestique comme une chimère dont il vaut mieux se garder ?

 

Savez-vous que vos joies les meilleures s'évanouiront ?

 

...Ah ! Ne commettez pas ce sacrilège, ayez le courage de dire l'un et l'autre :

 

« Que le soleil ne se couche point sur notre colère ! »

 

 

Le Sommeil par Ernest Dhombres (suite)

Bible

Croix Huguenote

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 20:08
Le Sommeil par Ernest Dhombres (1ère partie)

Le sommeil

(Par Ernest Dhombres)

 

  

Que fais-tu là, dormeur ?

 (Jonas 1.1-6)

 


 

 

J'emprunte mon texte à ce livre de Jonas dans lequel plusieurs ne veulent voir que le plus étrange des miracles, sans se douter de la profondeur psychologique qui le caractérise.

 

Etude du cœur humain, révélation des voies de Dieu, ce livre est admirable dans son originalité et sa concision.

 

Je ne veux aujourd'hui attirer votre attention que sur un point fécond en instructions de toutes sortes :

 

Le sommeil de Jonas.

 

Qu'était ce sommeil ?

 

Assurément, bien moins celui d'un homme accablé de fatigue que celui d'une conscience coupable.

 

Jonas vient de désobéir à l'Eternel en refusant d'aller dénoncer à Ninive ses jugements.

 

Il part sur un vaisseau qui se rend à Tarsis ; là, il cherche à fuir Dieu et à se fuir lui-même, en demandant au sommeil l'oubli de ses remords.

 

Le prophète y réussit si bien que, ni les mugissements de la tempête, ni le craquement des mâts, ni l'affolement de l'équipage, ne parviennent à le réveiller.

 

« Que fais-tu là, dormeur ? s'écrie le pilote qui semble partagé entre l'étonnement et la colère, lève-toi, invoque ton Dieu, peut-être voudra-t-il penser à nous, et nous ne périrons pas. »

 

Il peut donc y avoir un sommeil avec Dieu et un sommeil sans Dieu, un sommeil qui est un apaisement, et un sommeil qui n'est que l'engourdissement voulu de notre personnalité morale.

 

Sujet très spécial, et pourtant très pratique, que je veux essayer de traiter aujourd'hui.

 

Eh quoi ! Dira peut-être quelqu'un, vous allez donc incriminer jusqu'à notre sommeil ?

 

N'est-ce point assez, pour nous accuser, de nos heures de veille ?

 

Ferez-vous le procès à cet acte tout passif qui consiste précisément dans l'inertie de notre vouloir et de notre pouvoir ?

 

Eh bien, non, nous ne sommes ni tout à fait passifs, ni tout à fait irresponsables dans le phénomène du sommeil ; dans tous les cas, nous ne pouvons nier que le sommeil ne soit, à bien des égards, l'image de notre situation morale et comme la traduction de nos pensées et de nos sentiments intérieurs.

 

Arrêtons-nous quelques instants sur ce sujet qui nous montrera jusqu'à quel point la nature humaine a le dangereux pouvoir de pervertir tous les dons de Dieu, même ceux qui semblent le moins susceptibles de devenir des péchés.

 

Le sommeil est un bienfait.

 

Quelle touchante sollicitude de la part de Dieu d'avoir placé ces heures de repos à la fin de chacune de nos journées !

 

Comme tous les ressorts de l'être humain se détendent !

 

Cette cessation régulière de toute activité, cet arrêt momentané dans l'exercice de nos facultés physiques et morales renouvelle singulièrement nos forces.

 

Au temps des dragonnades -- ceci n'est pas de la légende, mais de l'histoire, prohiber le sommeil, c’est le genre de cruauté qui fut inventé pour dompter ces hommes indomptables, les huguenots.

 

Les dragons du « grand roi » s'établissaient dans une maison, le plus souvent située au milieu de nos vieilles Cévennes, et là, par mille moyens barbares, ils empêchaient hommes et femmes de dormir, même un instant, tant qu'ils n'avaient pas signé l'abjuration de leur foi protestante.

 

Nos pères pouvaient, sans aucune défaillance, souffrir tous les genres de persécution -- excepté celui-là !

 

Ils étaient vaincus par ce traitement inhumain, le plus odieux, le plus barbare de tous, qui semble inventé par Satan.

 

On ne change pas impunément une loi de Dieu, et celle du repos est impérieuse.

 

Voyez ce brave ouvrier, attaché à la terre ou à l'industrie, qui peine toute une journée.

 

Soit qu'il porte des fardeaux ou pousse la charrue, soit qu'il manie la truelle ou batte le fer sur l'enclume, comme il est las, quand vient l'heure du soir !

 

Oui, ses mains sont calleuses, son visage est noirci par le soleil des champs ou la fumée de l'atelier, le lit qui l'attend est aussi dur que son travail de la journée, mais qu'importe !

 

Lorsque ses membres s'étendent sur sa couche, lorsque ses paupières se ferment, il est « aussi heureux qu'un roi », pour parler le langage populaire ; et il reprendra, le lendemain, allègre et vaillant, sa tâche quotidienne.

 

Et vous, les ouvriers de la pensée, qui usez et abusez de votre instrument intellectuel, comme vous bénissez ce bienheureux repos !

 

Et vous, les fatigués de la vie, si nombreux dans la famille humaine, vous les pauvres, les isolés, les malheureux de toute catégorie, qui portez au cœur une peine intime, oh ! C’est bien vous, n'est-ce pas, qui avez besoin de vous plonger, pour quelques heures, dans cet océan de l'oubli d'où vous remontez plus apaisés, plus capables de refouler vos larmes et de reprendre votre tâche, plus forts pour la lutte et pour la souffrance.

 

Vous tous qui me lisez, vous avez veillé auprès d'un cher malade : comme vous avez retenu vos paroles et suspendu, pour ainsi dire, votre souffle !

 

Si Dieu voulait lui donner un peu de repos ?....

 

Mais l'œil reste ouvert et fixe, les visions de la fièvre passent devant lui.....

 

Cependant, aux dernières heures du matin, une détente s'opère, le malade s'apaise, ses paupières se ferment, et nous disons intérieurement, comme les disciples à Jésus : « S'il dort, il sera guéri ! »

 

Il ne sera peut-être pas guéri, mais il sera soulagé.

 

Voyez cette charmante tête blonde ou brune posée sur son oreiller : c'est l'image du bonheur pur et tranquille ; quel charme dans ce repos !

 

Vous n'entendez que les palpitations régulières de ce petit cœur d'enfant ; vous ne voyez qu'un frais visage qu'effleure parfois un imperceptible sourire.

 

« L'enfant rit aux anges, » d'après le dicton populaire, et ce sont bien des anges qui planent sur ce doux berceau !

 

Des bénédictions d'un autre ordre nous viennent aussi du sommeil.

 

On dit, non sans raison : « La nuit porte conseil. »

 

En effet, au réveil, nous sortons d'un amas d'idées obscures, et nous percevons des solutions lumineuses ; notre cerveau et notre conscience se ressaisissent avec une netteté et une fermeté qu'ils n'avaient pas, la veille ; nous voyons plus clair dans toute décision à prendre.

 

Ainsi, bienfaits matériels et moraux se réunissent pour nous montrer cette bonté paternelle de Dieu qui, nourrissant les oiseaux de l'air et donnant leur parure aux lis des champs, ne dédaigne pas de s'abaisser jusqu'aux plus humbles choses de notre vie terrestre.

 

Et la nature elle-même ne participe-t-elle pas à ce repos si nécessaire à l'homme ?

 

Lorsque les grandes ombres du soir descendent sur la terre, le tumulte de la vie s'apaise, les troupeaux rentrent à l'étable, les oiseaux cessent leur charmant gazouillis, les arbres bruissent avec douceur, il y a comme un recueillement de tous les êtres ; un calme suave s'étend sur les choses ; les étoiles elles-mêmes, immobiles, « comme des clous d'or au front noir de la nuit », ont l'air de nous regarder, et leurs âmes, de s'associer à cette paix du soir : c'est un repos qui descend du ciel sur la terre ; c'est comme une rosée discrète et bienfaisante qui s'épanche sur toute la création...

 

 

Le Sommeil par Ernest Dhombres (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 19:32
Les mains pures

Celui qui a les mains pures, et un coeur pur;

qui ne livre pas son âme au mensonge,

ni ne jure pas pour tromper.

(Psaume 24:4).


La sainteté pratique extérieure est une marque très précieuse de la grâce.

 

Il est à craindre que plusieurs chrétiens de nom aient perverti la doctrine de justification par la foi de la même manière qu’ils considèrent les bonnes oeuvres avec mépris.

S’il en est ainsi, ils recevront le salaire éternel du mépris au dernier grand jour.

 

Si nos mains ne sont pas pures, lavons-les dans le Sang précieux de Jésus, et ainsi levons des mains pures vers Dieu.

 

Mais des mains pures ne suffisent pas, à moins qu’elles ne soient jointes avec un coeur pur.

 

La vraie religion est une affaire de coeur.

 

Nous pouvons laver l’extérieur de la coupe et le plat autant qu’il nous plaît, mais les faces intérieures sont sales, dégoûtantes.

 

Nous sommes entièrement sales aux yeux de Dieu, car nos coeurs sont vraiment nous-mêmes plus que nos mains.

 

La vie même de notre être réside dans l’être intérieur de notre nature, c’est pourquoi la pureté intérieure est un besoin impératif. Celui qui est pur de coeur verra Dieu.


Toutes les autres prétentions ne sont qu’aveuglement.


Celui qui est né d’en haut, n’a pas livré son âme au mensonge.

 

Tous les hommes ont leurs joies, par lesquelles leurs âmes sont élevées.

 

Le mondain livre son âme aux plaisirs charnels qui ne sont que vanités creuses et vides, mais le saint aime les choses plus substantielles.

 

Comme Josaphat, il grandit dans les voies du Seigneur.

 

Celui qui se contente de la gousse sera compté parmi les pourceaux.

 

Le monde te satisfait-il? Alors tu as ta récompense et ta part dans cette vie. Livres-y alors ton coeur car tu ne connaîtras point d’autre joie.

Ni ne jure pour tromper. Les saints sont des hommes d’honneur tranquille.

 

La parole d’homme chrétien est son seul serment mais elle a autant de valeur que vingt serments des autres hommes.

 

L’homme qui parle avec fausseté sera exclu du ciel, car un menteur ne peut entrer dans la maison de Dieu quelles que puissent être ses professions ou ses machinations.


Lecteur, le texte qui est devant nous te condamne-t-il ou espères-tu monter sur la montagne du Seigneur ?

 

Charles Spurgeon

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

bible bis

Croix Huguenote

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 13:41
L'Eternel a ouï ma supplication (Charles Spurgeon)

L’Eternel a ouï ma supplication ;

L’Eternel a reçu ma requête.

Psaume 6.10.

 

 

Cette expérience est la mienne et j’ai reconnu que Dieu est véritable.

 

Il a répondu par des moyens merveilleux aux prières de ses serviteurs de tous les temps.

 

Et aujourd’hui, il entend encore ma supplication, et ne fermera pas son oreille à ma requête.

 

Béni soit-il !

 

C’est pourquoi, de l’expression d’humble confiance du Psalmiste jaillit pour moi une promesse que je veux m’approprier par la foi.

 

« L’Eternel accueille ma prière, »

 

Il l’accueille et l’exaucera de la manière et au temps que sa sagesse miséricordieuse juge les meilleurs.

 

J’apporte avec moi ma pauvre requête, et le grand Roi me donne audience et reçoit ma pétition.

 

Mes ennemis ne m’écouteront pas, mais le Seigneur le fera.

 

Ils rient de mes larmes, mais lui, Il n’en rit pas, et Il ouvre son oreille et son coeur à ma prière.

 

Quel accueil pour un pauvre pécheur !

 

Nous recevons Jésus, et Dieu nous reçoit, nous et nos requêtes, pour l’amour de son Fils.

 

Béni soit son saint Nom qui affranchit nos suppliques, en sorte qu’elles pénètrent librement au

delà des portes d’or.

 

Seigneur qui entend mes prières,

Enseigne-moi à prier !

Oui, malgré ma misère,

Tu reçois ma prière :

Ton regard est sur moi,

Et tu soutiens ma foi. 

 

spurgeon

C.-H. SPURGEON,

(Promesses Quotidiennes)

Bible

Croix Huguenote

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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