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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 20:32
Jean Calvin : la vraie religion

Le cœur fidèle ne se forge point un Dieu tel quel à la volée, mais il regarde Celui qui est Seul et Vrai Dieu et ne Lui attribue point tout ce que bon lui semble, mais est content de L’avoir tel qu’Il se manifeste, se gardant toujours diligemment de ne sortir point hors de Sa Volonté par audacieuse outrecuidance.

 

L’ayant ainsi connu, pour ce qu’il entend que, par Sa Providence, il modère toutes choses, il se confie de L’avoir pour Tuteur et Protecteur, et pourtant se commet en Sa Garde, d’autant qu’il Le connaît être Auteur de Tout bien; s’il est pressé de quelque nécessité, incontinent il se retire à Son Secours et, ayant invoqué Son Nom, attend aide de Lui; d’autant qu’il est persuadé de Sa Bonté et Bénignité, il se repose sûrement en Sa Clémence et ne doute point d’avoir toujours à toutes ses misères remède appareille à la Miséricorde d’icelui.

 

En tant qu’il Le reconnaît Seigneur et Père, il Le répute être digne duquel au commandement il s’adonne, duquel il révère La Majesté, duquel il tâche d’avancer la gloire, duquel il suive La Volonté.

 

En tant qu’il Le voit être Juste Juge, lequel fera une fois vengeance sur tous transgresseurs, il se propose toujours Son Trône devant les yeux afin d’être retiré de tout ce qui provoque Son Ire.

 

Néanmoins, il n’est pas tellement étonné en pensant à Son Jugement qu’il s’en veuille soustraire, même quand il aurait moyen d’évader.

 

Mais au contraire ne le reçoit pas moins volontiers pour Correcteur des méchants que pour Rémunérateur des bons, vu qu’il connaît n’appartenir moins à Sa Gloire, qu’Il fasse punition des mauvais et iniques que de rétribuer le loyer de la vie éternelle aux fidèles.

 

Davantage, il n’est pas réprimé par la seule crainte de Sa Vengeance pour ne point pécher, mais d’autant qu’il L’aime et révère comme Son Père et Le craint comme Son Seigneur, même quand il n’y aurait nul enfer, si a-t-il horreur de L’offenser.

 

Voilà que c’est de pure et vraie religion, c’est à savoir la foi conjointe avec crainte de Dieu non feinte, tellement que sous le nom de crainte soit comprise tant la dilection de Sa Justice qu’Il a ordonnée par Sa Loi que la révérence qui est, volontairement et de courage entier, portée à Sa Majesté.

 

Or donc si nous sommes tous nés à cette condition de connaître Dieu (et la connaissance d’icelui est vaine et infructueuse sinon qu’elle vienne jusques à ce point-là), il est manifeste que tous ceux qui n’adressent point à ce but toutes les cogitations et actions de leur vie, déclinent et défaillent de l’ordre de leur création.

 

Ce qui n’a même été inconnu des philosophes, car autre chose n’a entendu dire Platon quand par plusieurs fois il a enseigné que le souverain bien de l’âme est la similitude de Dieu, quand, étant parvenue à la vraie contemplation d’icelui, est en lui du tout transformée.

 

Par quoi Grylus argue très sagement en Plutarque quand il tient que, si la religion était ôtée de la vie des hommes non seulement ils n’auraient nulle excellence par-dessus les bêtes brutes, mais en plusieurs manières seraient beaucoup plus misérables.

 

À savoir d’autant qu’étant sujets à tant d’espèces de maux, mènent une vie laborieuse et sans repos.

 

Pour ce qu’il n’y a que la seule connaissance de Dieu qui les rende supérieurs, par laquelle ils peuvent aspirer à l’immortalité.

 

PRIÈRE

 

Maintiens Ta Grâce aux hommes droits ;

Donne à qui aime et suit Ta Voix L’appui de Ta Justice.

Garde-moi de tomber aux mains

De ces méchants, de ces hautains,

De peur que je faiblisse.

Car ils voudraient chasser les tiens,

Les séparer de Leur Soutien,

De leur Seule Assurance.

C’est fait !

Tu les as renversés

Ils ne pourront se relever.

Gloire à Ta Délivrance. 

 
 
 
 
Jean Calvin, 

.

refuge protestant
Lecture : Esaïe 41

 

 

 

 

Source :ressourceschretiennes.com

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:21
La Lettre de Christ

Vous êtes (une) lettre, écrite (…) connue et lue (rendue publique devant) tous les hommes ; car vous êtes manifestés comme étant la lettre de Christ, (…) écrite non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair du cœur.(…) 2 Corinthiens 3 / 2-3

 

Cette histoire fut rapportée comme étant authentique.

 

Alors qu’il prenait le bus, un pasteur nouvellement arrivé dans la ville constate que le chauffeur lui avait rendu de la monnaie en trop.

 

« Je devrais rendre cette monnaie », pensait il.

 

Puis, se ravisant, il se dit en lui même :

 

« pour quelques cents, c’est si peu ! »

 

Mais au moment de sortir, après une brève hésitation, il tend les cents en trop au chauffeur de bus en disant :

 

« Vous m’avez rendu trop de monnaie ! »

 

  • « Etes vous le nouveau pasteur ? » demande le chauffeur de bus. « Depuis longtemps je voulais fréquenter une église. Je voulais juste voir comment vous réagiriez si je vous rendais trop de monnaie… Dimanche prochain je serai dans votre église. »

 

« Mon Dieu ! » pense le pasteur, « j’ai failli vendre ton enfant pour 40 cents !… »

 

Les Chrétiens vrais tout comme celles et ceux n’en ayant qu’apparence trompeuse, sont observés en tous lieux.

 

Prenons garde et appliquons à faire honneur à Notre Père.

 

L'hésitation même de ce pasteur était de trop. Aucun Chrétien digne de ce nom ne devrait et ne doit avoir ce genre de pensée.

 

Sortant de certaines bouches, la vérité elle-même a mauvaise odeur disait Jean Rostand.

 

 

Par la foi, laissons Jésus vivre et mettre en nous Sa Nature, et rappelons nous ce petit texte :

 

« Surveille tes pensées : elles deviennent paroles.

Surveille tes paroles ; elles deviennent actions ;

Surveille tes actions ; elles deviennent habitudes.

Surveille tes habitudes ; elles deviennent caractère.

Surveille ton caractère ; car il influencera ta destinée… »

 

 

Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité. 1 Jean 3 :18

 

On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. (Michée 6 : 8)

 

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Bible Refuge Protestant

 

Croix Huguenote

 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:20
La Bible seule ?

Tous les protestants ont à cœur d’affirmer que l’autorité qui prime, dans les domaines de la foi et de la vie chrétiennes, est celle de la Bible.

 
Des différences importantes existent cependant chez les protestants au sujet du statut de la Bible. 
 
Les évangéliques ne la confondent pas avec le Fils qui est la Parole éternelle de Dieu, mais ils affirment que la Bible est la Parole écrite de Dieu.
 
Les protestants de sensibilité plus libérale préfèrent dire que la Bible contient la Parole de Dieu. 
 
Il revient à chacun, alors de déterminer ce qui dans la Bible est la Parole de Dieu, ce qui accorde une grande place à la lecture subjective de l’Écriture, avec le risque d’en arriver à cette position : Est inspiré ce qui m’inspire.
 
Cela est exprimé par le Sola Scriptura de la Réforme : L’Écriture seule !
 
Cependant, nous devons comprendre ce que les réformateurs ont voulu dire avec cette expression.
 
En effet, les protestants libéraux ou les Témoins de Jéhovah affirment aussi qu’ils se réfèrent à la Bible seule.
 
Le professeur allemand libéral Rudolph Bultmann (1884-1976) a expliqué que personne n’ouvre la Bible sans doctrines et sans présupposés.
 
Mais quels sont-ils ?
 
Ne vont-ils pas colorer ma lecture de la Bible, voire la fausser en y projetant des principes erronés ?
 
Bultmann évoque alors un « cercle herméneutique » qui relie trois pôles :
 
  • l’Écriture,
 
  • mes présupposés (hérités de ma famille, de mon milieu, de mes choix philosophiques),
 
  • les « doctrines » que j’ai pu élaborer sur Dieu, l’homme, la vie, etc.
 
Si le cercle herméneutique fonctionne correctement, l’étude de la Bible peu à peu corrigera mes « doctrines » et mes présupposés, de telle sorte que les outils que j’utilise pour étudier la Bible se trouvent eux-mêmes soumis à la Bible.
 
C’est sans doute là un travail qui n’est jamais achevé.
 
Ce travail est sans doute celui que Paul évoque :
 
« Amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ. »
(2 Corinthiens 10.5).
 
L’article 5 de la Confession de foi de La Rochelle dit ceci au sujet de l’Écriture : « […] Cette Parole est la règle de toute vérité et contient tout ce qui est nécessaire au service de Dieu et à notre salut. Il en découle que ni l’ancienneté, ni les coutumes, ni le grand nombre, ni la sagesse humaine, ni les jugements, ni les arrêts, ni les lois, ni les décrets, ni les conciles, ni les visions, ni les miracles ne peuvent être opposés à cette Écriture sainte. »
 

Le professeur Pierre Courthial commente cet article ainsi :

 

« Il peut et il doit y avoir tout cela : l’ancienneté, les coutumes et le grand nombre. Nos pères ne disent pas que c’est mauvais, tout cela. Non, non. Mais cela ne doit jamais être opposé à l’Écriture sainte. Mais au contraire tout cela doit être examiné, réglé et réformé d’après elle. C’est bon qu’il y ait des traditions dans l’Église. Et c’est bon qu’il y ait des concile et des synodes. Et c’est bon qu’il y ait des miracles […]. Mais dans aucun cas tout cela ne peut être opposé à l’Écriture. Et c’est important qu’aujourd’hui nous retrouvions ce sens de la Parole de Dieu. » 

(P. Courthial, La Confession de foi de La Rochelle. Commentaire. Les cahiers de «Tant qu’il fait jour » et Société des compagnons pour l’Évangile. Paris, 1979, p. 29-30.)
 
Cet article 5 se prolonge ainsi :
 
« Dans cet esprit, nous reconnaissons les trois symboles, à savoir : le Symbole des apôtres, le Symbole de Nicée, le Symbole d’Athanase, parce qu’ils sont conformes à la Parole de Dieu. » Ces confessions de foi anciennes sont aussi appelées « symboles œcuméniques »,
 
car elles ont été acceptées par un grand nombre d’Églises chrétiennes catholiques, protestantes et orthodoxes. 
 
Les Églises d’Orient, cependant, n’ont jamais reconnu ni le Symbole des apôtres ni le Symbole d’Athanase.
 
Nous remarquons que ce qui accorde de l’autorité à ces confessions de foi, ce n’est ni leur ancienneté ni le fait qu’elles soient œcuméniques.
 
C’est parce qu’elles sont « conformes à la Parole de Dieu ».
 
Cela signifie que si l’Écriture seule a le statut de Parole de Dieu, il est néanmoins possible et même nécessaire de l’aborder à la lumière de textes reconnus qui expriment de manière succincte les enseignements principaux qu’elle contient.
 
Ces textes ne sont pas infaillibles, mais ils sont le fruit du travail des docteurs que Dieu a donnés à son Église : en formulant comme ils le font ses doctrines majeures, ils éclairent la Bible d’une lumière qui vient de la Bible elle-même.
 
L’expérience montre que ceux qui se sont affranchis de cet éclairage se sont souvent exposés à diverses dérives.
 
 
 
 Charles Nicolas,
Pasteur Réformé Alès

 

 
 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 15:10
Quel fondement Biblique pour la famille ?

A l’heure où les questions de politique familiale occupent les esprits, et – plus encore – une redéfinition radicale de la famille dans les sociétés occidentales est à l’ordre du jour – il est nécessaire que ceux qui se veulent les héritiers de la civilisation dite « judéo-chrétienne » se posent la question du fondement de la famille sur une assise Biblique.

Sur la base d’une quelconque philosophie de la nature, on peut parfaitement refuser d’accorder l’institution du mariage aux couples homosexuels ou s’opposer à l’idéologie du trans-genre et à ce qu’elle soit inculquée dans la tête de nos enfants dès leur plus jeune âge par le biais de l’école publique, mais ce refus ou cette opposition ne se fondent pas en tant que tels sur une vision biblique claire des choses.

Au mieux, ils s’en inspirent vaguement sans toutefois oser s’en réclamer, par crainte des quolibets ou du politiquement correct.

Dans ce cas, si on en a honte, il est tout à fait inutile de se réclamer de la civilisation « judéo-chrétienne »

Au sens Biblique, il y a d’abord famille parce qu’il y a une dualité homme-femme porteuse de l’image de Dieu dès la Création (Genèse 1:27-28).

Dans le texte de la Genèse cette union dans la différence complémentaire (physique, sexuelle, affective) est d’ailleurs ce qui caractérise l’image de Dieu en nous.

Même s’il en existe beaucoup d’autres, aucun autre trait humain n’est mentionné directement dans le texte pour qualifier cette image, ce qui est tout à fait remarquable.

En effet on ose rarement souligner le fait que le Créateur – qui est lui-même Esprit et non une créature en chair et en os amenée à l’existence par une puissance supérieure – a choisi en tout premier lieu de refléter son image dans Sa créature par la différentiation et la complémentarité sexuelles.

Dès lors, comment nous comprendre nous-mêmes par rapport à cette affirmation du texte Biblique ?

Avant tout, comprenons que nous ne sommes des « personnes » distinguées d’autres « personnes » que dans des rapports particuliers et structurés avec ces autres « personnes ».

Des rapports qui présupposent à la fois similarité et différence.

La Genèse nous enseigne que le tout premier rapport personnel qui fonde la personne c’est cette différentiation/complémentarité homme-femme se reconnaissant comme image de Celui qui l’a créée.

Mais, demandera-t-on, en quoi cela reflète-t-il quelque chose de l’être même de Dieu ?

Ce reflet est dû uniquement au fait que le Dieu éternel est à la fois Un et Trois, un Seul Dieu en trois personnes distinguées l’une de l’autre : le Père, le Fils et le Saint Esprit, ce que d’ailleurs aucune philosophie naturelle n’a jamais dit, expliqué ou révélé, car Seule la Bible le fait.

Le Dieu Eternel vit dans une relation personnelle d’Amour parfait entre les trois personnes divines qui font de ce Dieu Unique la source de tout amour entre les personnes qu’Il crée à Son Image.

C’est là seulement que se situe la source de la vie, et à la base de cette vie, la famille centrée autour du couple homme-femme.

Que dans la Bible ce Dieu se manifeste de plus comme Père Céleste (puisque c’est bien comme cela que Son Fils Jésus-Christ a invité Ses disciples à s’adresser à Lui dans leur prière), ne fait que souligner le rapport de nature familiale qui unit Dieu à Ses « Enfants ».

C’est dans cet esprit que l’apôtre Paul peut écrire aux chrétiens d’Éphèse (chapitre 3, verset 14-16) : C’est pourquoi, je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille [les peuples ou les nations sont inclus dans le mot grec patria traduit par famille] dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur ; que le Christ habite dans vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour (…)

Il y a au sein de la Trinité une génération éternelle du Fils par le Père – c’est ce qu’affirme et confesse la Foi Chrétienne depuis les origines - : cela demeure bien sûr pour nous un mystère dans la mesure où cela concerne l’Essence Eternelle de Dieu.

Cependant, ce mystère nous devient partiellement connaissable par la Bible, mais seulement dans la mesure de notre compréhension limitée de créatures, qui ne pourra jamais connaître l’être de Dieu tel que Lui Seul se connaît.

Ce que ce mystère de la génération éternelle du Fils par le Père nous fait connaître, c’est que dans l’ordre structuré mis en place pour Ses Créatures, le Dieu trinitaire imprime Son image en nous en instituant de génération en génération la génération (au sens d’engendrement) d’enfants par des parents – homme et femme – et ce depuis les origines de l’humanité.

Même si cette humanité est tombée très bas et cherche constamment à nier cet ordre créationnel, celui-ci subsiste par la Volonté et la Providence du Créateur.

C’est un ordre qui ne peut être totalement effacé, en dépit de toutes les caricatures ou déformations qu’il subit, souvent de manière volontaire de la part des humains en rupture d’Alliance avec le Père céleste, souvent aussi de manière involontaire, accidentelle, sans qu’on puisse comprendre les causes immédiates de la déformation.

Pourtant, quelles que soient ces caricatures ou déformations volontaires, quels que soient aussi les accidents qui affectent la vie des uns ou des autres, on ne peut jamais éteindre la notion de cet ordre, pas plus qu’on ne peut abolir la notion de bonne santé par rapport à celle de maladie.

Seule une compréhension spirituelle de l’enseignement Biblique (spirituelle c’est-à-dire en accord avec l’intention de l’Esprit divin dans l’Écriture Sainte) peut nous mener sur la voie de la guérison et le renouvellement de notre intelligence sur toutes ces questions qui travaillent tant l’esprit de nos contemporains.

 

Pasteur Protestant Réformé Eric Kayayan,

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

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Bible Refuge Protestant

Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 20:22
Le refuge de nos bonheurs terrestres n’est pas suffisant pour rassurer notre âme

« L'Éternel des armées fera pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de mets succulents, un festin de vins vieux, de mets succulents, (pleins) de moelle, de vins vieux, clarifiés. Et sur cette montagne, il anéantit le voile qui voile tous les peuples, la couverture qui couvre toutes les nations ; Il anéantit la mort pour toujours ; le Seigneur, l'Éternel, essuie les larmes de tous les visages, il fait disparaître de toute la terre le déshonneur de son peuple ; car l'Éternel a parlé. » (Ésaïe 25)

 

Cette Promesse Magnifique s’accomplira parfaitement pour le Peuple de Dieu et tous ceux qui espèrent en Lui.

 

Elle sera donnée dans la Jérusalem Céleste que nous aimons et attendons.

 

Même si les mots évoquent des richesses terrestres que nous connaissons, Dieu Créera des Choses Nouvelles qui ne seront pas de cette Création.

 

Cette description empreinte de Félicité est un Message d’Espérance et de Foi appelé à nous consoler au sein même des tourments de notre existence.

 

Chacun sait que le refuge de nos bonheurs terrestres n’est pas suffisant pour rassurer notre âme.

 

Qui a vécu une vie sans deuil, sans souffrance et sans larmes ?

 

Comment peut-on se consoler en disant simplement que « tout finira bien » ?

 

Veillons à ne pas être orgueilleux de nos bonheurs, car nous pourrions dire comme le psalmiste :

 

« Je disais dans ma tranquillité : Je ne chancellerai jamais ! (…) Tu cachas ta face, et je fus troublé. »

 

La beauté de nos enfants, leurs succès, leurs amours nous réjouissent, mais qui nous dit que tout finira bien, qu’ils ne seront pas un jour privés de nous, qu’ils suivront le Seigneur ?

 

Dieu dispense à l’homme des joies, mais elles ne doivent pas nous tromper.

 

Un jour, le désespoir se lèvera au cœur pour différentes raisons.

Il faut que la révélation de la Véritable Consolation soit Notre Seul Refuge.

Mais comment pouvons-nous saisir et ressentir une consolation qui n’est qu’une promesse future et intangible ?

 

Comment pouvons-nous dire aujourd’hui au sein de nos détresses : « je suis consolé ! » ?

 

Beaucoup de Croyants ignorent les Promesses de la vie éternelle, car on nous dit aujourd’hui que les Croyants doivent aussi penser à la terre.

 

Penser au ciel semble suranné, on n’en parle guère plus qu’aux obsèques, lorsqu’il n’y a plus rien à espérer.

 

L’espérance a disparu des sermons et des méditations bibliques.

 

Nous aimons, pour notre part, chanter de magnifiques cantiques sur le ciel, voire entendre des prédications qui nous en révèlent quelques aspects.

 

Pourtant, dès l’instant où nous sommes immergés dans la vraie vie, le travail, ou l'arrêt d'activité, pris par nos biens, soucieux de notre santé, l'irritation tend à gagner nos cœurs et ces paroles sur le ciel sont ressenties comme des paroles pieuses, des promesses de grand-mère : « on ne nous la fait plus, à nous ! » murmurons-nous secrètement.

 

Tant que nous sommes jeunes, nous considérons toujours que le meilleur est à venir ; mais lorsque notre œuvre est finie, quand il n'y a plus d'espoir dans la vie, l'espérance disparaît étrangement.

 

Notre part serait-elle dans la vie ?

 

Nos angoisses liées à notre mort trahissent notre attachement à la vie : « Que restera-t-il de nous dans la tombe ?» se disent certains croyants.

 

L'Espérance Véritable n'a plus de réalité, quand on est atteint, elle nous semble bien insuffisante.

 

Qu’il est difficile de trouver des consolateurs !

 

On nous présente tant de chimères, et les faux prophètes n’ont jamais été aussi écoutés.

 

Ils agissent exactement comme ce que décrit si bien Ézéchiel :

 

« Les téraphims ont des paroles de mauvais aloi, les devins ont de fausses visions, les rêves expriment des paroles vides et consolent en vain. » (Ézéchiel 10 : 2)

 

« Bonne santé, surtout la santé ! » se dit-on en début d’année de manière quasi superstitieuse, tout en sachant très bien que rien ne nous garantit une année sans ennuis.

 

Plaisirs, drogues, alcool, jouissance dans l’ivresse sont autant d’ersatz que le monde utilise pour oublier la souffrance.

 

Pour d’autres, c’est le désir de revanche qui les motive : triompher enfin du malheur.

 

La méchanceté et la violence deviennent alors refuges pour calmer leur douleur mais c’est la proposition du péché ! Autant de manifestations d’orgueil.

 

Pourtant, chacun sait bien qu’en recevant la vie, il a reçu aussi la mort qui, tôt ou tard, en fixera le terme.

 

C’est bien la mort qui vaincra. Or, nous recevons dans ces textes une Promesse de Vie !

 

La mort est vaincue, il n’y aura plus de ténèbres.

 

Cette consolation est donnée à ceux qui aiment les Consolations du Seigneur, qui s’attachent à l’Espérance Céleste.

 

Il faut apprendre à aimer ces choses pour les recevoir. Cela signifie alors exclure toutes les fausses consolations.

 

Prenons comme exemple ces raisonnements qui animaient les amis de Job :

 

« Tu es malheureux, mais tu l’as certainement cherché », ce qui signifie aussi : « Tu es heureux, tu le dois à toi-même. »

 

Dans le même sens, on dit facilement : « je suis riche, car j’ai travaillé. »

 

Ceux qui ne sont pas riches ne peuvent donc être que des fainéants.

 

« Je ne dois mes bonheurs qu’à moi-même, c’est par mon travail et ma sueur que j’ai pu en arriver là ! ».

 

Même dans l’Oeuvre de Dieu, nous pouvons être dans cet état d’esprit : il faut que ce qui existe se fasse par nous et nous trouvons une consolation dans ce que nous faisons ou avons fait.

 

Mais quand vient un moment de solitude, la fatigue, la maladie et le manque d’envie au fond d’un fauteuil, ces petites satisfactions ne suffiront pas non plus.

 

En résumé, le croyant cherche souvent pour se consoler les mêmes refuges que les païens.

 

Moments d’extases orchestrés par la musique, créativité artistique, étalage de force, consommation effrénée …

 

Dans un moment de déprime, on part en ville s’acheter une belle robe et déjà une petite sensation de bien-être nous envahit… petite consolation mondaine, même si rien n’est interdit en soi.

 

Bien-sûr, il ne s’agit pas de rejeter ce qui nous est accordé, mais quel rapport avec la consolation que donnent les Écritures ?

 

« Tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance. » (Romains 15 : 4)

 

D’autres s’interdisent la joie et se privent volontairement de tout bonheur, c’est une atteinte de la mort !

 

Une femme par exemple ne supportait pas que son mari lui fasse plaisir.

 

Une hostilité à toute consolation et toute gentillesse est en réalité une violence et surtout un grand orgueil.

 

Quand elle a réalisé enfin cela, tout le monde disait qu’elle avait rajeuni…

 

Paul a été consolé par l’arrivée de Tite.

 

Il acceptait les consolations qui lui étaient accordées, mais ce n'est pas encore l'Espérance Chrétienne.

 

Nous écoutons facilement ceux qui nous proposent des solutions humaines et n’avons de bonheur que dans les plaisirs que le monde peut nous apporter, mais c'est exactement par ces choses que se manifeste l'idolâtrie.

 

L’idolâtre tire orgueil et assurance de sa création, tandis que celui qui sert Dieu malgré sa faiblesse reçoit cette Parole :

 

« mon serviteur que j’ai choisi (…) je te soutiens de ma droite triomphante » (Ésaïe 41 : 10).

 

Connaissons-nous ce soutien triomphant ?

 

Les Consolations du Seigneur ne sont pas uniquement pour l’au-delà, Il veut nous Consoler de nos peines aujourd’hui :

 

« car il n'a ni mépris ni dédain pour les peines du malheureux » (Psaume 22 : 25).

 

Notre part est d’accepter les circonstances de la vie afin de saisir ces Consolations Promises.

 

Seront consolés ceux qui acceptent l’humiliation de leur peine et non ceux qui sont orgueilleux de leur situation ou révoltés de leurs malheurs.

 

Selon une justice légaliste, on s’imagine facilement que le malheur ne peut nous atteindre.

 

S’il vient à surgir, on s’exclame alors :

 

« Comment cela se fait-il que cela puisse m’arriver à moi ? »

 

Cela m’arrive car j’ai peut-être besoin d’être humilié.

 

Poser la question ainsi trahit dans tous les cas un fort sentiment de propre justice.

 

« Tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le pauvre dans la détresse » dit le chapitre 25 d’Ésaïe.

 

Dieu console les humbles (« Dieu qui console les humbles, nous a consolés par l'arrivée de Tite » disait Paul).

 

Dans nos détresses, nous pouvons crier de deux manières : avec un cri qui vient d’un cœur brisé et monte vers Dieu comme une offrande ou par des gesticulations de rage, jugeant insupportable d’avoir été humiliés.

 

« Que ma prière monte devant ta face comme l'encens, et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir ! » (Psaume 141 : 2)

Nos supplications sont autant d’offrandes qui montent vers Son Trône et répandent un Parfum qui Lui est agréable. Si aucune épreuve ne nous atteignait, il est vraisemblable que nous ne lui offririons guère ces oblations.

« Comme un homme que sa mère console, ainsi moi je vous consolerai ; vous serez consolés à Jérusalem. (Ésaïe 66 : 13)

 

Il nous faut bien reconnaître qu’une telle image est quelque peu mièvre et humiliante pour un homme digne de ce nom…

 

Pourtant, il semblerait que les soldats qui mouraient dans les tranchées de Verdun appelaient leur mère dans leur agonie !

 

Ce dernier soupir doit certainement correspondre à un besoin profond chez tout homme, un espoir secret.

 

La mère reste la mère, c’est d’elle qu’on attend toujours la consolation.

 

Ayons donc l’humilité de le reconnaître.

 

Nous avons un Père vers qui nous sommes ramenés par l’esprit d’adoption que nous recevons, mais nous avons aussi besoin d’une mère !

 

Notre mère est la Jérusalem céleste, c’est elle dont le sein console.

 

Nous ne pouvons plus dire : « je suis un orphelin, un arraché de la mère, privé de l’affection paternelle ou maternelle ».

 

Bien sûr, nous avons ce besoin de parents, mais Dieu le Sait, et c’est spirituellement qu’Il nous Comble, car il est bien rare de garder ses parents avec soi toute sa vie.

 

Mais nous sommes Parfaitement Adoptés et nous avons une mère qui nous console de toutes nos douleurs.

 

L’homme ne peut compter sur sa femme pour cela, ce serait ignorer l’action de l’Esprit qui Seul nous apporte tout ce qui est en Jésus.

 

Le Saint-Esprit accomplit concrètement ce qui est dans le ciel dans la vie de ceux qui espèrent.

 

C’est quand tout disparaît que ce qui demeure va paraître.

 

Même s’il ne reste plus rien de notre corps pour une raison ou une autre, nos corps ressusciteront et c’est bien nos yeux qui verront Dieu et non ceux d’un autre.

 

Cette Espérance doit être renouvelée pour subsister quand tout aura disparu.

 

C'est l'invisible, l’incompréhensible, « l'incroyable » qui est appelé à nous sauver.

 

C’est le mystère de la Résurrection.

 

Nous n’avons d’autres paroles de Consolation que celle-ci : « Vous serez consolés à Jérusalem ».

 

Croyons-nous encore à la Jérusalem Céleste et au retour de Jésus-Christ ?

 

Ces réalités ont si peu d’impact sur nos vies ! Pourtant nous sommes les plus malheureux des hommes, si notre Foi est détachée de cette Espérance. Il nous faut croire l’invisible.

 

Les Interventions de Dieu ne sont que des réponses à notre Foi dans l’invisible, qui n’a aucun intérêt pour notre vie ici-bas en apparence.

 

Nul ne peut accaparer les Promesses.

 

C’est par la Foi et la Persévérance que nous en héritons, en renonçant à nos convoitises religieuses et nos joies émotionnelles.

 

Le Seigneur Sait que nous avons besoin de Consolation et des Manifestations Concrètes de Son Amour, Il Sait que sans cela nous n’arriverons pas à tenir.

 

Ces choses sont déjà données à ceux qui aiment Son Avènement, à tous ceux qui L'Attendent pour leur Salut.

 

A ceux qui attendent la Consolation, non pas là où ils la veulent, mais là où elle se trouve !

 

Ce ne sont pas les choses d’en-bas qui nous consolent au sein de notre opprobre.

 

La recherche des choses d’en-bas enfante pour l’esclavage. (Galates 4 : 24).

 

Mais la Véritable Consolation vient d’en-haut, du Père des lumières, du Dieu de Toute Consolation.

 

Un Authentique Croyant va nécessairement subir l’opprobre.

 

Pour cette raison, beaucoup s’abstiennent de confesser le Nom du Seigneur à leur travail, préférant s’accommoder d’une situation en se cachant. Ils n’ont plus à cœur le salut des âmes et, en secouant cet opprobre, ils en deviennent mondains.

 

On ne veut pas de cette honte ni de ce déshonneur.

 

C’est pourquoi les vraies consolations ne suffisent pas, elles ne leur sont d’aucun intérêt.

 

Mais à ceux qui acceptent humblement l’opprobre de la Foi, le Seigneur leur promet :

 

« Je recueillerai ceux qui sont dans la tristesse, loin des fêtes solennelles, ceux qui sont demeurés loin de toi, sur qui le déshonneur pesait comme un fardeau. » (Sophonie 3 : 18).

 

« Sois sans crainte, tu ne seras pas déshonoré », nous promet le Seigneur.

 

Un jour viendra où nous serons justifiés.

 

Cette Justice dépend de Dieu, car tout est à Lui et nous sommes à Christ.

 

Tout appartient à Dieu, mais Il agit comme Il Veut et quand Il Veut.

 

Nous n’avons pas à nous désoler de notre faiblesse car Notre Espérance est en Dieu.

 

Si nous mourons avec Lui, notre corps mortel revivra alors même qu’il n’en restera plus rien de visible.

 

Ces Consolations sont incroyables, elles nous tournent vers l’invisible et nous avons à les saisir comme Seul Refuge.

 

La Foi Véritable, c’est croire quand il n’y a plus rien à espérer, lorsqu’on ne sait plus à quoi et à qui nous accrocher.

 

Une réalité nous aide : dans cette même faiblesse, la vraie Église existe encore et toujours car elle est l’expression et l’avant-goût de ce Royaume Céleste sur la terre.

 

Nous serons des témoins capables de consoler ceux qui passent par l’affliction, portant une odeur de Vie pour ceux qui sont Sauvés.

 

Le jour vient où l’opprobre sera déchiré et nous serons consolés pour l’éternité dans notre Jérusalem céleste.

 

Consolons-nous, les uns les autres, par ces paroles.

 

 

 

 

 

 

 

bible
Croix Huguenote

 

 

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Source :

Mission Protestante Timothée

Mission Protestante Timothée

 

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:36
Fondements en Ruine : la position par Adolphe Monod (1ère Partie)
LES FONDEMENTS EN RUINES
LA POSITION
 (Première Partie)
Par le Pasteur ADOLPHE MONOD
Ce sermon a été prononcé le 24 février 1848.

« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? » (Psaume XI, V. 3.)
 
Psaume XI
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme : Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? Car, voici, les méchants bandent l'arc, ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, sur ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
« L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté ; l'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, Ses paupières sondent les fils des hommes. L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
 
David, réservé de Dieu au trône d'Israël et déjà sacré roi par la main de Samuel, ne parvient à la gloire promise qu'à travers une persécution perfide autant que sanguinaire.
Le jaloux Saül, poussé par des courtisans plus méchants que lui-même, conspire contre l'oint de l'Éternel, tantôt avec une ruse qui ne rougit d'aucune bassesse, tantôt avec une violence qui ne recule devant aucun forfait.
La vie de David est mise, jour après jour, à la pointe de l'épée; et avec elle, l'ordre publié, la sécurité de l'État, tout l'avenir d'Israël, la justice humaine, et la fidélité même de Dieu, engagée envers le peuple au sein duquel le Messie doit naître, et envers le prophète-roi dont il doit sortir.
C'est alors que des amis bienveillants, mais de petite foi, pressent David de renoncer à ses espérances, et de ne songer plus qu'à se soustraire au péril par une prompte retraite, comme l'oiseau timide, effrayé du cri du chasseur impitoyable ou redoutant les pièges du traître oiseleur.. va, loin du mouvement et du bruit de la plaine cacher ses jours menacés sur des montagnes inaccessibles et dans les fourrés impénétrables des bois.
À quoi bon tenter une résistance inutile, dans une lutte inégale ?
Déjà « les méchants bandent leur arc; » déjà « ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, contre ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il? »
David répond à ces conseils d'une amitié charnelle et d'une lâche prudence par le cantique lu plus haut, et dont le premier verset résume toute sa pensée :
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme. Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? »
Nous y découvrons à la fois le principe sur lequel il s'appuie : il se confie en l'Éternel; et la ligne de conduite que ce principe lui trace : il se gardera bien d'une fuite indigne.
Il voit la Position en Dieu : voilà ce qui le soutient; loin de fuir, il restera donc et il agira voilà ce qu'il est résolu de faire.
C'est un des caractères de la Parole Sainte, qu'étant prise au point de vue de Dieu et donnée par l'esprit de prophétie, elle s'applique à tous les temps.
On peut dire même qu'elle s'adapte de mieux en mieux, pour le fond de la pensée, aux siècles qui se déroulent, parce que les germes féconds de vérité qu'elle contient se développent avec l'histoire humaine et le Plan Divin.
Tandis que les autres livres vont vieillissant, la Bible Seule semble rajeunir, parce que les Vérités Eternelles qu'elle présente également à toutes les phases successives de l'humanité, revêtent, d'âge en âge, un aspect toujours nouveau et toujours plus spirituel.
On dirait un corps identique qui ne ferait que changer d'habit pour être en rapport avec chaque génération naissante, ou plutôt, un esprit toujours le même, mais qu'un accroissement sans terme maintiendrait constamment au pas, disons mieux, en avant du genre humain.
Qui ne voit, par exemple, que ce mot d'Habacuc : « Le juste vivra par la foi, » n'a fait que gagner d'à-propos et de profondeur, en passant d'Habacuc à saint Paul ; et de saint Paul à Luther ou Calvin ?
Eh bien ! Qui de nous aussi n'a senti, en lisant ce texte combien il s'adapte divinement, c'est ici le mot exact, aux temps où nous vivons ?
A quelle époque la sagesse humaine a-t-elle eu plus de raison que depuis un demi-siècle, que dis-je ? Que depuis un an, de s'écrier :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il? »
Quels fondements ne menacent ruine ?
Fondements politiques.
Il n'y a ni puissance si bien assise, ni institution si bien enracinée, qui soit à l'abri d'un coup d'État, d'un coup de fusil, d'un coup de poignard, d'un coup de tête, j'ai presque dit d'un coup de vent.
Les plus antiques monarchies chancellent comme un homme ivre, tombent, se relèvent pour tomber encore peut-être, et semblent parfois n'aboutir par tous leurs efforts pour se remettre de leurs secousses, qu'à provoquer des secousses nouvelles plus redoutables que les premières, comme les flots de la mer, dans une tempête, accroissent leur bouleversement par les mouvements mêmes qu'elles se donnent pour retrouver leur niveau.
Fondements sociaux.
Ces bases antiques et vénérées, qui sont à l'ordre de la société ce que le sol de la terre est aux édifices qu'elle porte, ces axiomes du droit et de la morale que l'Évangile, que dis-je ? Que la loi de Moïse trouva déjà reçues dans toutes les nations, la propriété, l'hérédité, la prescription, la famille, oui, la famille elle-même, sont contestées et livrées à l'âpre contradiction de la multitude ; et l'on discute froidement aujourd'hui si l'on doit ou non donner le nom de progrès du siècle à ce qu'on appelait hier sans hésitation du nom de crime.
Fondements ecclésiastiques.
L'Église chrétienne, à laquelle Dieu avait confié le dépôt des maximes qui préservent les peuples, comme elles sauvent les individus, participe au malaise général.
On sent confusément que les établissements religieux qui existent ne répondent plus complètement aux besoins de l'époque.
Une communion chrétienne, qui a mis une infaillibilité prétendue à à l'abri d'une immutabilité trop réelle, s'étonne de voir se séparer, dans la personne de son chef spirituel, des pouvoirs qu'elle s'était montrée, depuis plus de dix siècles, si jalouse de réunir.
Nos églises agitent, avec une ardeur croissante, les questions de l'institution civile et de l'indépendance religieuse.
À la controverse naturelle de ceux qui adorent Jésus comme leur Dieu-Sauveur avec ceux qui ont inventé un autre évangile, s'ajoutent de fâcheux dissentiments entre ceux-là mêmes qui sont unis sur le fondement de la foi.
Confusion étrange, où l'on ne prévoit guère de stabilité que dans quelque forme d'église toute nouvelle, et qui est encore à concevoir.
Enfin, fondements spirituels. Si du moins les croyances et les obligations individuelles étaient nettement saisies et maintenues énergiquement, on trouverait, au dedans des coeurs, le remède le plus efficace contre les agitations du dehors.
L'ébranlement universel a pénétré jusque dans le sanctuaire de la vie intérieure.
Les principes essentiels de la foi chrétienne et de la morale chrétienne sont remués d'une main profane et curieuse.
La philosophie du jour remet en question Dieu, la vie future, le jugement, la distinction du bien et du mal.
Les hommes croyants eux-mêmes éprouvent le besoin de revoir les bases de leur foi, et d'en refaire le symbole.
On ne parle pas seulement de forme nouvelle pour l'Église, on parle de formule nouvelle pour l'expression de la doctrine ; et la seule chose stable qui soit au monde, la Parole de Dieu est menacée de contracter un caractère d'instabilité dans l'opinion, par la variété des interprétations et des systèmes.
Quel chaos ! Quel mouvement ! Quels orages !
Et que l'on conçoit bien qu'ils arrachent à l'âme timorée cette exclamation des faibles amis de David :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste que ferait-il ? »
Ses efforts, impuissants pour la société, ne sauraient aboutir qu'à le compromettre lui-même.
Qu'il se réserve pour des jours meilleurs; qu'il se réfugie, en les attendant, ou dans quelque contrée lointaine où le mal de l'époque ne soit pas encore parvenu, ou dans une vie isolée et silencieuse; et qu'il laisse couler l'eau comme il peut., puisqu'il ne possède après tout aucun moyen d'en suspendre ou d'en détourner le cours.

 
C'est à cette tentation du moment que je veux répondre, et répondre dans l'esprit de David.
Que celui (lui est prêt à perdre courage et à tout abandonner au hasard des événements), « se retire vers « l'Éternel, » et contemple la position en Dieu.
Il n'en faut pas davantage pour qu'il reconnaisse dans cette position des motifs, non de fuir, mais de rester et de mettre la main à l'oeuvre.
Ce point de vue chrétien de la position sera l'objet de ce discours; et cette action chrétienne dans la position nous en fournira un second sur le même texte, s'il plaît à Dieu.
Je dis, un point de vue chrétien, une action chrétienne; car c'est pour le chrétien que je parle : j'ai besoin de m'expliquer nettement là-dessus, avant d'aller plus loin.
La question de mon texte porte sur le juste, c'est-à-dire, dans l'acception biblique du mot, sur l'homme qui fait le bien, mais qui le fait par un principe religieux.
Pour l'époque de David, le juste, c'était le vrai israélite; pour nous, c'est le vrai chrétien.
C'est donc au vrai chrétien que je m'adresse.
Au reste, c'est à lui et à elle que nous nous adressons chaque fois que nous traçons les devoirs de la vie chrétienne ; car lui seul peut les accomplir, lui seul sait les comprendre.
Que si nos discours paraissent dépasser alors la portée spirituelle de nos auditeurs, la faute en est, non à nous, mais au désordre des églises, composées trop souvent par la naissance plus que par la foi.
Ceux qui sont dans la communion de l'Église ne sauraient trouver mauvais que, prenant au sérieux leur profession, nous attendions d'eux les sentiments qui conviennent à ses membres ; et s'il en est qui sont étrangers à sa foi, la première chose qu'ils aient à faire, c'est de se mettre d'accord avec elle, et avec eux-mêmes, en répondant à cette voix d'en haut qui leur crie :
« Convertissez-vous, et vous verrez la différence qui est entre le juste et le pécheur . » Malachie. III, 18.
Eh ! Quelle plus puissante raison pour se convertir que d'avoir à se dire qu'ils ne valent rien, tels qu'ils sont, pour le service de Dieu, et qu'ils ne peuvent entrer dans ses vues qu'à la condition de s'enrôler dans cette sainte milice des vrais chrétiens, sur laquelle seule il compte pour faire son oeuvre, dans les jours mauvais comme dans les bons !
Car, où prendra son point d'appui, pour agir dans des temps tels que ceux-ci, l'homme étranger au vrai christianisme et imbu des maximes du monde ?
Engagé qu'il est dans le présent siècle, il est aussi nécessairement ébranlé quand le siècle s'ébranle, que le navigateur surpris par la tempête est inévitablement entraîné par le mouvement aveugle des flots ; tandis que le vrai chrétien, sur le roc qui les domine et au pied duquel ils se brisent en frémissant, peut seul chanter avec le psalmiste le cantique de la sainte cité :
« Nous ne craignons point, quand la terre se remue, et que les montagnes se balancent dans le coeur des mers. Que leurs eaux grondent et qu'elles écument, et que les montagnes soient ébranlées par leur superbe courroux, les ruisseaux du fleuve réjouissent la cité de Dieu, sanctuaire de l'habitation du Très-Haut; Dieu est au milieu d'elle, elle ne sera point ébranlée . » Psaume. XLVI, 3-6.

 

 
(...)
Deuxième partie (Les Fondements en ruines, la position par Adolphe Monod)

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:33
Fondements en Ruine : la position par Adolphe Monod (2ème Partie)
LES FONDEMENTS EN RUINES
LA POSITION
 (Seconde Partie)
Par le Pasteur ADOLPHE MONOD

 

« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? » (Psaume XI, V. 3.)
 
Psaume XI
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme : Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? Car, voici, les méchants bandent l'arc, ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, sur ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
« L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté ; l'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, Ses paupières sondent les fils des hommes. L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
(...)Le vrai chrétien est l'homme qui est vraiment de Christ.
Christ, annoncé dès le commencement au monde, est apparu dans le monde, comme le Sauveur du monde.
En lui, notre Emmanuel, « Dieu manifesté en chair, » nous sont présentés.
Sous la seule condition de cette foi sincère qui met en rapport avec lui, le pardon., la paix., la vérité, la sainteté, Dieu et tous les dons de Dieu.
Quiconque se tient en dehors de Christ se prive de tout cela, non seulement par un juste jugement de Dieu, pour avoir « mieux aimé les ténèbres que la lumière Jean III, 20. » mais encore par la nécessité même des choses.
Comme un homme qui se tiendrait obstinément caché dans une caverne obscure se priverait de la lumière du jour.
Le vrai chrétien est celui qui sort de sa caverne, de la caverne ténébreuse du monde, et de la caverne non moins ténébreuse de son propre coeur, pour s'approcher de Christ, et pour se réjouir dans la clarté de sa lumière et dans la chaleur de sa vie.
Le vrai chrétien, c'est l'homme qui saisit Jésus-Christ comme son tout en toutes choses, et qui s'attache à Lui, comme un naufragé s'attache à la corde qui doit le tirer sur le rivage.
Le vrai chrétien, c'est l'homme qui prend en Jésus-Christ Seul toute Sa Justice, et qui ne trouve de garant contre le jugement éternel qu'à se voir tout enveloppé de Ses Mérites et tout couvert de Son Sang.
Le vrai chrétien c'est l'homme qui « ne vit plus lui-même, mais Jésus-Christ en lui, » et qui estime qu'il ne vaut plus la peine de vivre que « pour Celui qui est mort et ressuscité pour lui. »
Le vrai chrétien enfin, c'est l'homme qui dit à Jésus-Christ dans son coeur :
" Seigneur, Tu es à moi, et je suis à Toi ! Sans Toi j'étais aveugle, sans Toi misérable, sans Toi perdu ! Me voici, pour marcher en Toi, vivre pour Toi, mourir à Toi, et ressusciter avec Toi ! "
Tel est l'homme pour lequel on demande s'il a quelque chose à faire quand les fondements sont ruinés, et pour lequel je réponds qu'il trouvera, comme David, plus que jamais à faire alors, pourvu que, comme David, il contemple la position en Dieu.
Au lieu de fixer sa vue, comme le font ses amis émus, sur ces fondements ruinés, David a commencé par « se retirer vers l'Éternel. »
Il s'est élevé à Lui, réfugié vers Lui, établi en Lui; et une fois là, que voit-il ?
Un ordre parfait, un plan merveilleux, un spectacle de fermeté et d'immutabilité sur lequel ses regards se reposent avec complaisance.
C'est qu'au travers, et au-dessous de ces fondements ruinés qu'on lui montre avec effroi... David vient de reconnaître, mis à découvert par leur chute même, d'autres fondements plus antiques et plus profonds que les agitations de la surface ne sauraient atteindre, ou qu'elles enfoncent plus avant dans le sol, comme ces mouvements de la cime d'un arbre qui enracinent son pied plus fortement dans la terre :
L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté.
"L'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, sondent les fils des hommes, L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets ; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice Aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
Prenons exemple de ui.
« Ne dites point, conjuration, toutes les fois que ce peuple dit, conjuration; ne craignez point ce qu'il craint, et ne vous en épouvantez point .» Esaïe. VIII, 12.
Retirons-nous seulement vers Christ « avec qui notre vie est cachée en Dieu. »
Puis, une fois assis et affermis en lui, redescendons, de ces hauteurs de la foi, à ce spectacle d'ici-bas qui nous troublait : le voyant alors avec d'autres yeux, nous le verrons sous un autre aspect, et dans cette paix de Dieu qui est la première condition de toute action forte et persévérante.
Car enfin, que sont autre chose tous les bouleversements du siècle, que des dispensations qui ont leur place marquée dans les plans de Dieu, et qui préparent, à leur manière, la victoire finale de Jésus-Christ, et l'établissement de son règne sur la terre ?
David a vu l'Éternel Assis dans Son Palais, sur Son Trône, en Monarque Suprême : c'en est assez pour lui mettre l'esprit en repos.
Voilà de quoi nous donner à nous aussi une pleine paix : Dieu règne.
Ce Dieu, Notre Père, qui nous a tant aimés que de « n'épargner point son Fils unique, mais de le livrer pour nous tous ( Romains VIII, 31. ) » est aussi le Roi des rois, qui dispose de tous les événements, et que « toutes choses servent » à l'envi (Psaume CXIX, 91.).
Sans Lui, ni un monde ne disparaît de sa place, ni un soleil ne s'éteint, ni un trône ne s'écroule, ni une administration ne se renouvelle, ni un homme ne meurt, ni un cheveu ne tombe de notre tête, ni un passereau ne s'abat en terre.
Rien ne gêne Sa Puissance, non, rien, pas même la liberté de ses créatures responsables..
Cette liberté qu'Il respecte toujours, mais qu'Il possède le secret impénétrable de contrôler, sans la contraindre ; à peu près comme cette boussole qu'on a su, par une ingénieuse combinaison d'équilibres, isoler de telle sorte que son mouvement propre s'accomplit sans obstacle au sein du mouvement général du navire, qui la porte de lieu en lieu ainsi qu'Il lui plaît, et Lui commande en ne paraissant que Lui obéir.
Ainsi, la Volonté Divine, tout en laissant, dans son vaste sein, un libre jeu à la volonté humaine, l'oblige, sans violence, à la servir, ou par son obéissance, si elle consent, ou, si elle résiste, par sa désobéissance elle-même ; et il n'y aura pas jusqu'à un Judas vendant le Seigneur, à un Sanhédrin le condamnant, à un Pilate le livrant pour être crucifié, qui n'accomplissent, chacun sous sa responsabilité tout entière, « les choses que la main et le Conseil de Dieu avaient auparavant déterminé devoir être faites. (Actes V, 20.) »
Pensons-nous qu'ils aient moins servi les desseins de Dieu, naguère, ou ces contre-coups qui Lui ont répondu de tous les points de notre vieille Europe ?
Pensons-nous que la volonté humaine, les évènement divers les servent moins, aujourd'hui, ou ce flux qui enveloppe telle puissance, ou ce reflux qui en dégage telle autre, ou ce flux et ce reflux successifs qui en tiennent une troisième comme suspendue, depuis des mois entre la vie et la mort ?
Pensez-vous qu'ils les doivent servir moins, demain, ces bouleversements nouveaux que nous demandons à Dieu de nous épargner, s'il est possible, mais qui peuvent survenir encore, ou parmi nous ou ailleurs, et pour lesquels le passé nous a trop avertis de nous tenir prêts ?
Dieu est Là, vous dis-je, et tout le reste n'est là que par Lui et pour Lui.
Derrière cette main visible, tantôt des peuples et tantôt des princes, qui asseoit un trône ou l'abat, qui bâtit une ville ou y met le feu, qui fonde une industrie ou la ruine, qui nourrit le commerce ou l'affame, qui élève une fortune ou la renverse, la foi contemple une Main Invisible, et Cette Main, celle de Notre Père Céleste, qui remue à Son gré tous ces grands ressorts de Miséricorde et de Colère, comme des décorations de théâtre, paraissant et disparaissant, chacune à son tour, dans ce drame séculaire qui part de la création pour ne se terminer qu'au serment de l'ange de l'Apocalypse:
« Il n'y aura plus de temps. (Apocalypse X, 6.) »
 
Apprenons donc de l'Écriture, et surtout de ses prophéties, à sortir du cercle étroit de l'histoire nationale ou de la génération contemporaine, pour entrer dans le Plan Divin qui embrasse l'humanité tout entière.
C'est ici l'oeuvre, non de la nation, mais du monde ; non de la génération, mais de la race ; non du siècle, mais des siècles.
« Cette bataille est à l'Éternel des armées: »
Il en est le capitaine, nous n'en sommes que les soldats.
Le soldat, n'ayant pas le plan de l'action, en juge mal l'ensemble, parce qu'il ne tient compte que de sa position personnelle ; et s'il entre dans les vues de ses chefs de sacrifier, pour sauver l'armée, le corps dont il fait partie, il pourra s'écrier : Tout est perdu ! au moment où un coup d'oeil plus étendu sur la plaine lui ferait connaître que tout est gagné.
Le moi, l'actuel nous aveugle.
Moïse ne passera pas le Jourdain : qu'importe si le peuple de Dieu doit entrer sans lui sur la terre de Canaan ?
David ne bâtira pas le temple : qu'importe encore, s'il est réservé à Salomon de le bâtir à sa place ?
Ce n'est pas de nous qu'il s'agit, c'est de Dieu et de Son Peuple.
Or, les desseins de Dieu sur Son Peuple s'accompliront infailliblement.
Encore une fois, cela devrait nous suffire : si Dieu règne, nous pouvons bien nous en rapporter à Lui pour régner d'une manière digne de Dieu.
Mais Il daigne lever pour nous un coin du voile qui cache les plans de Son Administration, pour nous découvrir le terme où elle tend, et que David n'a fait qu'entrevoir.
Si c'est Notre Père qui conduit les affaires de ce monde, Il les fait tourner au Triomphe de Notre Sauveur car Dieu, qui « avait donné la terre aux enfants des hommes (Psaume CXV, 16), l'a donnée, par une convention nouvelle, à ce Fils de l'homme, en qui seul l'homme est relevé de sa chute et rétabli dans sa gloire première (Psaume VIII, 7, rapproché de Hébreux. II, 7, 8: 1 Corinthiens XV, 27, Éphésiens I, 22.).
Le Père a donné au Fils "les nations pour Son Héritage et les bouts de la terre pour Sa Possession (Psaume II, 8.). »
Il est vrai que "nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties ( Hébreux II, 8.)"; mais c'est à l'accomplissement de la Promesse du Père Au Fils que Tous les Plans de Dieu aboutissent (Jean XVII, 2.), et que travaille, sans le savoir, l'histoire entière de l'humanité.
Si de grandes monarchies se succédèrent et de grandes puissances se succèdent dans l'empire du globe, c'est pour préparer les voies à ce Royaume, d'un caractère tout nouveau, qui doit s'élever sur leurs ruines et remplir à jamais la terre entière (Daniel. II, 34, 35: VII, 11.)
Nous sommes et restons touchés de penser que les choses de ce monde sont toutes administrées par Notre Père céleste : combien est-il plus touchant encore de se dire qu'elles sont remises entre les mains de Notre Sauveur (Matthieu XX, 18.), et que Celui qui s'est donné pour nous sur la croix est aussi Celui qui s'est acquis tous les peuples par Son Amer Sacrifice, et qui fait conspirer tous les développements de l'histoire à l'établissement de Son Bienheureux Empire !
Quelle impression de tendresse répandue jusque sur les bouleversements les plus cruels, par la pensée que tout cela concourt à la Gloire, au Triomphe de Notre Sauveur bien-aimé qui s'est si chèrement acquis le droit de voir dans la terre entière son Hakeldama(Actes I. 19) et, en même temps, quelle fermeté communiquée à notre espérance pour l'avenir, par la pensée que la Parole du Père est engagée envers le Fils, et que tout ce que nous pourrions souhaiter de conquêtes à l'Évangile n'est désormais qu'un titre d'héritage que Notre Rédempteur a conquis en Golgotha (Philippiens. II, 7-11. ) !
Dernière partie (Les Fondements en ruines, la position par Adolphe Monod)

 

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:30
Fondements en Ruine : la position par Adolphe Monod (dernière Partie)
LES FONDEMENTS EN RUINES
LA POSITION
 Dernière partie
Par le Pasteur ADOLPHE MONOD
 

« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? » (Psaume XI, V. 3.)
 
Psaume XI
« Je me suis retiré vers l'Éternel; comment donc dites-vous à mon âme : Fuyez en votre montagne, comme l'oiseau ? Car, voici, les méchants bandent l'arc, ils ont ajusté leur flèche sur la corde, pour tirer, dans l'ombre, sur ceux qui ont le coeur droit. Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
« L'Éternel est dans le palais de Sa Sainteté ; l'Éternel a Son Trône dans les cieux. Ses yeux contemplent, Ses paupières sondent les fils des hommes. L'Éternel sonde le juste, mais le méchant et l'ami de la violence sont odieux à Son Âme. Il fera pleuvoir sur les méchants des filets; le feu, et le soufre, et le vent embrasé, telle est la portion de leur breuvage. Car l'Éternel de Justice aime le juste; Sa Face contemple l'homme droit. »
 
Si de riches plaines sont couvertes de deuil, si l'espérance de la terre est détruite, si les sources de la prospérité publique sont taries, si la joie est bannie du foyer domestique, si la vie des hommes est tranchée comme la fleur des champs, je me dis :
Ces riches plaines ont été données à Mon Sauveur; et tous ces malheurs entrent dans le plan conçu pour l'assujettissement de ces magnifiques endroits à Son Règne Paisible et Bienfaisant.
Si de fiers pays deviennent et sont devenus tout à coup le théâtre d'une guerre impitoyable, si les forteresses sont tour à tour prises et reprises, si les villes jadis paisibles sont réduites en cendres, si les classes de la société, sont excitées les unes contre les autres, si des ruisseaux de sang coulent sur la terre épouvantée, je me dis :
Ces pays ont été donnée à Mon Sauveur ; et de tout cet enfantement douloureux doit sortir le jour de joie où l'on verra « ses champs s'égayer avec tout ce qui est en eux, ses fleuves battre des mains, et les arbres de ses forêts chanter d'allégresse, » au devant de ce vainqueur miséricordieux qui « vient juger le monde en justice et les peuples en équité. (Psaumes. XC VI. 12; XCVIII, 8, 9.) »
Si d'infortunés endroits ont vu leur indépendance succomber, si de pieux travaux a été jeté aux vents, les vallées fertiles converties en champs de bataille, et un peuple replongé dans la barbarie, au nom de la politique et/ou de la religion de ...Jésus-Christ..., je me dis :
Ces endroits même ont été donnés à Mon Sauveur ; et le temps viendra où fleurira dans son sein une civilisation plus pure et une mission plus glorieuse, sans qu'il y ait personne pour l'étouffer.
Et si notre chère et belle France devait, ce que Dieu veuille Lui épargner, recueillir de nouvelles agitations pour fruit de ses agitations, je me dirais aussi :
La France a été donnée à Mon Sauveur; et quelque parti qui l'emporte dans ses luttes intestines, une chose est certaine, c'est que sa victoire préparera le Triomphe futur de Jésus-Christ.
Quoi qu'il en soit, il faut qu'à la fin « tout genou se ploie au nom de Jésus, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens II, 11.) »
Or, Jésus-Christ triomphant, Jésus-Christ adoré de tous, Jésus-Christ confessé de tous, qu'est-ce autre chose que la terre rendue à son premier honneur, toutes ses puissances malfaisantes anéanties, « ses montagnes portant la paix et ses coteaux la justice, » une paix abondante comme un fleuve, » une justice profonde « comme les flots de la mer (Psaume. LXXII, 3; Esaïe. XLVIII, 18.) ? »
Mais le triomphe du Fils de Dieu ne pouvait-il donc s'obtenir sans tant de bouleversements et de douleurs ?
Oui, si le péché n'était pas sur la terre, ou si Dieu voulait fermer les yeux au péché, si le péché n'était pas sur la terre, ou que Dieu voulût fermer les yeux au péché, pourquoi Jésus-Christ serait-il venu, et pourquoi aurait-il souffert ?
Quand la terre a été promise à Jésus-Christ, elle a été promise au Crucifié, pour Prix de Son Sacrifice (Philippiens. II, 7-11.) .
Eh quoi ! Le Saint des saints n'est parvenu à la Gloire qui Lui était proposée qu'en souffrant la croix (Hébreux. XII, 2.), et nous oserions demander que de pauvres pécheur, tels que nous, qu'une terre maudite comme la nôtre fussent admis à partager cette joie sans avoir eu de la Miséricorde, mais elle n'est pas l'oubli de la Justice.
Il faut que la race humaine ait son désert, son Gethsémané, son Golgotha, comme Notre Sauveur a eu les siens.
Aussi bien, quel moyen de séparer le développement de la race d'avec celui de l'individu ?
« C'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer, » chacun de nous, « dans le royaume de Dieu : » notre mission spirituelle s'accomplit, comme celle du Maître, dans les veilles, dans les sueurs dans les larmes, dans les langueurs mortelles.
Au sein de ce travail immense de la Miséricorde Divine dans la misère de l'individu, comment conduire à leur dénouement les Plans de Dieu pour la race, sans ces famines, ces fléaux, ces guerres, ces révolutions qui sont les veilles, les sueurs, les larmes, les langueurs mortelles de l'humanité ?
Il nous semble peut-être que, si nous avions le gouvernement du monde, nous ne consentirions pas à cet épuisement de certaines régions, à des déchirements de certains pays, à l'oppression d'autres endroits ?
Je le crois ; mais consentirions-nous davantage, en la place de Dieu, à cette seule famille manquant de pain, à ce seul artisan, ouvrier(e), paysan(ne), employé(e) privé(e) de travail, à ce(tte) seul(e) malade passant dix-huit années dans son lit, à ce seul enfant arraché des bras d'une mère désespérée ?
Eh bien ! oui, le Chemin de Dieu, le Seul que notre égarement Lui ait laissé, est un chemin de sang et de pleurs : et rien à faire avec cette croix !
Non, non ; cet agréable drame qui conduirait le genre humain au terme désiré par une pente facile et par un chemin semé de fleurs, si l'on en pouvait trouver de tels sur la terre, ce drame, quel qu'il soit, n'est pas, ne pouvait pas être Celui de Dieu : la Rédemption est le triomphe, le signe qu'Il plante sur une terre qu'Il veut bénir, c'est la croix, et encore la croix, et toujours la croix.
Demander pourquoi les choses se passent de la sorte, c'est demander pourquoi nous n'avons pas à faire à un autre monde ou à un autre Dieu, à un monde sans péché ou à un Dieu sans justice.
Ne vous laissons donc point étonner par les calamités contemporaines certaines.
Tenons-nous en garde contre cette tentation qui entraîne les siècles, comme les individus, par je ne sais quel orgueil de douleur, à se figurer « qu'il leur arrive quelque chose d'extraordinaire (1 Pierre IV, 12. ). »
Si nous eussions vu les générations passées d'aussi près que nous voyons la nôtre, nous aurions trouvé peut-être les temps anciens tout aussi fâcheux que ceux d'aujourd'hui.
« Ne dis point : Pourquoi les jours d'autrefois étaient-ils meilleurs que ceux-ci ? car ce n'est pas la sagesse qui te fait t'enquérir de cela (Ecclésiaste VII, 10). »
Les amis de David auraient sans doute bien des raisons pour s'écrier aujourd'hui :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste, que ferait-il ? »
Mais nous voyons qu'ils ont cru en avoir de suffisantes pour le dire, il y a trois mille ans ; et combien d'autres moments dans l'histoire où ils auraient eu sujet de le dire encore !
Ils l'auraient pu dire, pour toute la terre, aux jours de Noé, lorsque « l'Éternel. voyant que la malice des hommes était très grande, et que toute l'imagination des pensées de leur coeur n'était que mal en tout temps, se repentit d'avoir fait l'homme et en eut du déplaisir en son coeur (Genèse. VI, 5, 6.). »

 
Ils l'auraient pu dire, pour Canaan, aux jours de Lot, lorsque Sodome et Gomorrhe avaient à tel point « augmenté leur cri et aggravé leur péché (Genèse, XVIII, 20.), » que leur nom est devenu un type d'ignominie sur la terre, et leur histoire un monument impérissable de la Vengeance Divine.
Ils l'auraient pu dire, pour Israël, aux jours d'Élie, quand l'Alliance de Dieu était délaissée, que les gens de bien avaient disparu du pays, et que la piété y était devenue si rare ou si timide que le prophète s'imaginait être demeuré seul fidèle à l'Éternel (1 Rois XIX, 10).
Ils l'auraient pu dire aux jours de Jésus-Christ, lorsque le Fils de Dieu est réduit à se plaindre, tout Fils qu'il est, que « nul ne croit à sa prédication (Esaïe LIII, 1), » que dis-je ? lorsqu'il ne paraît sur la terre que pour soulever la contradiction des pécheurs, épuiser les traits de leur injustice, et périr attaché par leurs mains à une croix. Ils l'auraient pu dire aux jours de Jean Huss, lorsqu'aux ténèbres du paganisme avaient succédé les ténèbres du moyen âge, et que le nom de Jésus-Christ ne servait plus qu'à protéger l'oubli de sa doctrine et le mépris de sa loi, et qu'il n'était plus permis de l'aimer et de le servir qu'à la condition de payer sa fidélité du der. nier supplice.
Je ne finirais pas, si je voulais énumérer tous les temps où l'on aurait pu dire avant nous :
« Quand les fondements sont ruinés, le juste. que ferait-il ? »,
sans parler de tous ceux où on pourra le dire encore après nous, jusque dans ces jours où le Fils de l'homme reviendra, et qu'il décrit lui-même d'un seul mot, mais d'un mot effrayant :
« Quand le Fils de l'homme viendra, pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre (Luc XVIII, 9. )? »
.Que s'il y avait, en effet, quelque chose d'extraordinaire dans ce qui nous arrive aujourd'hui, cela même, au lieu de nous faire perdre courage, devrait nous donner plus d'espérance pour l'avenir.
Car il suffit d'un coup d'oeil jeté sur l'histoire, pour reconnaître que les époques où tout a paru le plus sombre et le plus abandonné, ont ordinairement précédé celles où le Seigneur a donné les témoignages les plus éclatants de sa présence.
Plus il y a de mouvement et de désordre apparent dans la ruche, plus le fruit de l'abeille abonde ; plus il y a de fils qui se croisent et semblent se confondre sur le métier, plus l'étoffe est riche ; c'est « dans les grandes eaux qu'est le chemin du Seigneur, et ses traces ne sont point connues (PsaumeXVII, 20. ). »
Les jours de Noé, ont précédé la race humaine renouvelée, le globe. partagé entre les familles des peuples, la terre à jamais prémunie contre le retour de son terrible baptême, et l'alliance de grâce rendue plus ferme et plus précise.
Les jours de Lot ont précédé les jours d'Abraham, ce patriarche de la promesse, qui, retiré de l'idolâtrie, fait dans le monde spirituel ce que Noé avait fait dans le monde matériel, rompt avec la chaîne du Passé, et commence, sur la terre promise, la race promise, qui doit donner le jour à ce Fils promis, « en qui toutes les familles de la terre doivent être bénies. »
Les jours d'Élie précèdent le ministère d'Elisée, revêtu d'une double mesure de l'esprit de son maître, et cette longue succession de prodiges inouïs, qui vont propager l'honneur du nom de l'Éternel, et par tout Israël, et chez les peuples d'alentour, et jusque dans la cour des rois de Syrie.
Les jours de David persécuté précèdent non seulement les jours de David vainqueur. mais les jours encore plus beaux du roi Salomon, remplissant, pour la première fois, les frontières marquées par Moïse (Genèse V 18. ), surpassant en gloire tous les rois ses voisins, bâtissant le temple de Jérusalem, et portant le royaume d'Israël à son point culminant de puissance et de prospérité.
Les jours de Jésus méprisé, rejeté, crucifié, précèdent les jours de Jésus ressuscité et montant au ciel, du Saint-Esprit répandu, de l'Église fondée, de l'Évangile semé depuis Jérusalem jusqu'aux extrémités du monde connu.
Les jours de Huss brûlé précèdent les jours de Luther triomphant, de l'Église affranchie, de la moitié de l'Europe arrachée à un christianisme dégénéré, et d'une lumière nouvelle se levant sur le monde...
Et, en attendant ces jours sans foi qui doivent précéder la venue du Fils de l'homme, les jours où nous vivons, que précèdent-ils à leur tour ?
Que précèdent-ils ?...
Donnez-moi les yeux d'Ésaïe ou l'esprit de saint Jean, et je vous répondrai.
Car, à moins d'être prophète, il faudrait être insensé pour prétendre, je ne dis pas lire dans les siècles obscurs., mais seulement découvrir « ce que le jour de demain peut enfanter. »
Mais, si l'intervalle qui nous sépare de la fin nous est inconnu, avec toutes les péripéties qu'il tient en réserve, cette fin du moins, nous la connaissons, et nous savons que ces jours où nous vivons précèdent, qu'ils préparent, de plus ou moins loin (peut-être de plus près que nous ne pensons) le grand jour où le Fils de l'homme doit venir régner sur la terre.
Heureux, heureux l'oeil qui saurait saisir, dans le désordre présent, les germes cachés de l'ordre futur !
A cet oeil privilégié se révéleraient, dans tous ces fondements qui menacent ruine, le gage et la préparation de fondements plus solides, capables de résister à toutes les secousses, et de porter tout l'édifice d'un monde renouvelé : dans ces fondements politiques ébranlés, le plan d'une administration modèle, qui doit résoudre, pour la première fois, et le problème de la liberté de chacun conciliée avec le repos de tous, et celui de l'amour présidant à l'autorité des gouvernants et à l'obéissance des gouvernés; dans ces fondements sociaux ébranlés, le principe d'un juste équilibre maintenu entre le travail et sa récompense, entre les ressources et les besoins, entre l'expansion de l'action personnelle et la pression de l'action collective, en un mot, toute une organisation sociale, sans socialisme, et toute une prospérité commune, sans communisme; dans ces fondements ecclésiastiques ébranlés, les linéaments confus de cette Église de l'avenir, après laquelle les esprits, disons plutôt les coeurs d'élite, soupirent dans toutes les communions, et à laquelle il est réservé de recueillir dans son sein tout ce qu'il y a de bons éléments dans chacune d'elles, sans hériter de ses faiblesses, nationale sans nationalisme et individuelle sans individualisme, une sans uniformité et variée sans esprit de secte, catholique sans romanisme et protestante sans protestation, rassemblant tous les enfants de Dieu « en un seul troupeau, sous un seul pasteur; » enfin, jusque dans ces fondements spirituels ébranlés, le prélude de cette foi vivante, de cette charité vivante, de cette sainteté vivante, de cette paix vivante, et de toute cette vie vivante, dont le peuple de Dieu a faim et soif, « en attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se purifier un peuple qui lui appartienne en propre et qui soit zélé pour les bonnes oeuvres (Tites. II, 13, 14.). »
Loin de moi la prétention des calculs prophétiques qui ont tant de fois été en piège à l'Église, et dont la Parole de Dieu semble avoir pris soin de confondre à l'avance la témérité !
Mais qui sait dans ce pressentiment général de l'Église, qui croit entrevoir dans des complications redoublées une solution qui s'approche à grands pas ?
Qui sait si nous ne touchons pas aux dernières convulsions et à l'aurore du jour glorieux où « le Fils de l'homme doit paraître sur les nuées du ciel ? »
Qui sait si, tandis que nous disons si légèrement : Quel triste temps que le nôtre ! « les anges, et les vingt-quatre anciens, et les quatre animaux » ne disent pas : Quel temps de grâce que celui-ci ! la moisson approche, le Seigneur va venir ?
Pour moi, j'obéis, sans crainte de m'égarer, et à un besoin de mon coeur, et à l'esprit de la Parole, qui veut que « nous rendions grâce pour toutes choses, » en bénissant Dieu de m'avoir fait naître en cette période d'une crise si redoutable et d'un enfantement si laborieux, persuadé que, s'il y a toujours à faire pour le juste, il a plus à faire que de coutume dans les jours que nous voyons.
Car, point de mi - lieu: ou les fondements ébranlés justifient un lâche abandon, tel que le conseillent à David ses timides amis, ou ils réclament une action doublement énergique, telle que David se prépare à la fournir, en commençant par se fortifier en Dieu.
« Que fais-tu ? » dit un capitaine de vaisseau à un matelot qu'il rencontre se promenant sur le tillac, les bras croisés, pendant la tempête.
« Eh ! que ferais-je? Entendons l'orage qui gronde; regardons ces vagues qui s'élèvent comme des montagnes : quand les fondements de la mer sont bouleversés, que peut faire le matelot ? - Ce qu'il peut faire, malheureux ?...
A l'ouvrage ! Armons les pompes, fermons les écoutilles, carguons les voiles ! »
Ainsi parle un marin fidèle.
Et que serait-ce, s'il était assuré de la délivrance, s'il savait, sur la foi de Dieu, non seulement comme saint Paul naufragé, que l'équipage sera sauvé, mais que le bâtiment même ne peut pas périr ?
Eh bien, telle est notre condition.
Nous aurions quelque excuse peut-être, je ne dis pas pour ne pas travailler, mais pour travailler sans courage, si les temps de grand mouvement étaient des temps sans avenir ni promesse, si nous pouvions nous figurer, après tout ce que je viens de dire, la position désespérée, la partie perdue pour l'Évangile, les rênes de l'histoire tombées des mains de Dieu, et le Fils déshérité de son royaume.
Mais quand nous savons que la terre et l'univers crouleront plutôt que la Parole de Dieu ne sera anéantie, mais quand nous montons un navire contre lequel les portes de l'enfer ne doivent jamais prévaloir, à l'oeuvre, mes chers frères et soeurs, à l'oeuvre, avec plus de courage que jamais !
Mais à quelle oeuvre ?
C'est la question capitale.
Le sentiment d'une responsabilité accrue, d'un sérieux appel d'en haut, d'un nouveau travail à accomplir, nous l'avons tous; mais ce sentiment est obscur, et c'est pour cela qu'il demeure infructueux chez le plus grand nombre.
On manque moins de fidélité que de lumière ; on ne fait pas, parce qu'on ne sait pas que faire ; on craint même de faire le mal, tout en souhaitant de faire le bien ; et l'on finit, comme ce malade, par se tenir immobile, de peur des faux pas.
Mais si Dieu daignait nous ouvrir lui-même un chemin, de quelle ardeur entrerions-nous !
Ici, David ne nous sert plus de guide ; nous le voyons repousser la pensée de fuir, et se promettre à lui-même une action énergique ; mais cette action, il ne nous la fait pas connaître.
Il réserve sans doute ce développement pour sa communion secrète avec Dieu, qui lui montrera ce qu'il doit faire, jour après jour.
C'est aussi à Dieu, c'est à la prière, que je veux avant tout nous renvoyer; mais tout en faisant la première part à la méditation personnelle, examinons ensemble si nous ne trouverons pas quelques obligations générales imposées au chrétien, quel qu'il soit, par l'ébranlement de l'époque : au citoyen, par cet ébranlement politique ; au chef de famille, par cet ébranlement social ; au membre de l'Église, par cet ébranlement ecclésiastique ; et à l'homme, par cet ébranlement spirituel.
Pensons-y, et retrouvons-nous, s'il plaît à Dieu, avec des coeurs attentifs, aux « signes des « temps. » Chroniques XII, 32; Matthieu. XVI, 3.
Amen,
 
 
 
 
 
Adolphe Monod,
Pasteur Protestant Réformé
 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 17:21
L'amour au service de la vérité

Dans Ephésiens 4 : 15, nous lisons que nous devons professer « la vérité dans l’amour ».

 

L’amour est la manière de parler de la vérité mais il n’est pas là pour la mettre de côté.

 

L’amour doit être le serviteur de la vérité, rendant celle-ci plus facile à écouter, à recevoir et à digérer.

 

Mais gardons-nous de lui permettre de l’édulcorer ou de l’éliminer !

 

Il a été dit, à juste titre, que la vérité sans amour est de la brutalité, mais que l’amour sans la vérité est de l’hypocrisie.

 

Les petits enfants sont incapables de concilier la vérité et l’amour.

 

Ils pensent que si vous aimez quelqu’un, sachant que la vérité que vous allez lui dire va le blesser, vous devez l’en protéger.

 

N’est ce pas un signe de maturité spirituelle quand nous sommes capables d’annoncer la vérité avec amour ?

 

« Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs »  (Proverbes 27:6).

 

La vérité unit mais les hérésies et les fausses doctrines divisent.

 

C’est pourquoi, nous ne devons plus être « comme des enfants flottants et emportés à tout vent de doctrine » (Ephésiens 4 : 14).

 

Sachons cependant que la vérité, même prêchée avec amour, est loin d’être toujours acceptée.

 

Jésus en est le parfait exemple.

 

Il a prêché la vérité avec amour comme personne ne l’a fait et cependant on L’a rejeté, Lui et son message.

 

Celui qui prêche la vérité, même dans l’amour, sera lui aussi très souvent rejeté.

 

« Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur » (Mt 10 : 24 et 25).

 

Donner « la vérité dans l’amour » signifie que les vérités fondamentales des Ecritures, annoncées avec amour, doivent toujours avoir la priorité sur toute loyauté aux institutions chrétiennes, traditions religieuses, ou individus, ainsi qu’à toute église quelle qu’elle soit.

 

Toute tentative de communion ou d’unité ne doit jamais invalider la Parole de Dieu ou être basée sur un compromis avec les Ecritures (Ephésiens 4 : 14).

 

La fidélité aux Ecritures peut conduire à une division dans l’église si celle-ci est devenue infidèle à Christ et à l’enseignement de ses apôtres (Ephésiens 2 : 20 ; Romains 16 :17) et si elle persévère dans son infidélité malgré les avertissements.

 

La vérité ne change jamais mais confiée à des messagers humains il arrive qu’elle en soit fragilisée.

 

La vérité, étant par nature immuable, elle ne peut plus l’être si elle change.

 

Jésus a dit :

 

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matthieu 24 : 35).

 

Chaque fois qu’une vérité se modifie, elle perd de sa véracité.

 

La vérité est l’élément clé.

 

Le disciple est appelé à vivre et à agir toujours dans les limites de celle-ci.

 

La vérité doit être inséparablement liée à l’amour.

 

Une bonne nouvelle annoncée durement ou sévèrement n’en est plus une.

 

La beauté du message peut, hélas ! être détruite par l’esprit du messager qui l’apporte.

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Theonoptie

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 08:41
La douceur

Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre.
Matthieu 5.5

Qui sont les vainqueurs ?

 

Selon les versions, le mot "doux" est rendu par débonnaire, humble, aimable, soumis.

 

Rappelons que le mot "heureux" désigne un état de pleine satisfaction dans l'action, dans la marche en avant.

 

Une fois de plus, cette béatitude exprime exactement le contraire de ce que pense l'homme naturel : la conquête du monde promise aux doux, aux humbles, aux soumis.

 

Le monde pense en termes de force, de capacité, de prestige, d'assurance de soi, d'agressivité.

 

Plus on a tout cela, plus on aura du succès.

 

Et Jésus dit que ceux qui sont le contraire posséderont la terre.

 

De nouveau, les Chrétiens se distinguent essentiellement de l'homme du monde.

 

Les Chrétiens sont des créatures nouvelles ; ils appartiennent à un autre royaume.

 

Le monde ne peut pas les comprendre; pour lui, ils sont une énigme.

 

Jésus contredit cette idée-là.

 

Il dit, en fait : «Heureux les humbles, car ils hériteront la terre».

 

L'Église de notre temps ne pense-t-elle pas qu'il faut de grandes organisations, des rencontres impressionnantes ?

 

Car, dit-on, l'ennemi est puissant, et l'Église est divisée ; formons donc une union œcuménique assez puissante pour combattre cet ennemi ; ainsi on aura un impact et on vaincra.

 

Balivernes et tromperie ! 

 

Jésus dit que les vainqueurs ne sont pas ceux qui ont confiance en la force des grandes organisations.

 

La Bible fournit des exemples frappants qui illustrent le principe de Dieu pour vaincre.

 

J'en prends pour preuve le récit qui se trouve dans Juges 7.

 

Gédéon devait faire la guerre aux Madianites, une armée innombrable.

 

Il avait réuni 32000 combattants autour de lui.

 

Mais il fallait les réduire à 10000, puis - chose invraisemblable - à.... 300 !

 

Avec ces 300 hommes, Gédéon remporta la victoire.

 

Dieu n'a pas ajouté au nombre, il en a enlevé.

 

C'est la méthode de Dieu couramment expérimenté par nombre de Ses Enfants.

 

L'ordre des béatitudes

 

L'ordre dans lequel Jésus aligne les béatitudes n'est pas arbitraire.

 

Chaque béatitude suivante présuppose les précédentes et devient plus difficile à appliquer.

 

Ainsi, quand nous comprenons ce que nous devrions être, ce que nous devrions faire, nous devenons des pauvres en esprit ; c'est un état de conscience de ma nullité et de mon impuissance face aux exigences de Dieu et ma totale dépendance de Dieu face à la loi, à l'évangile.

 

Cela mène - si je suis honnête envers moi-même - à une conviction de mon péché, du mal qui habite en moi, de ma perdition ; je suis alors affligé ; mais le Salut par Grâce en Jésus-Christ que Dieu m'accorde, me console.

 

Je suis prêt à accepter ces deux choses.

 

Mais suis-je aussi prêt à en témoigner à autrui ? C'est moins facile.

 

Et cela me mène à la troisième béatitude.

 

Quelques exemples bibliques de douceur

 

Pour mieux saisir ce que c'est d'être doux, humble, soumis, dans le sens où Jésus l'entend ici, cherchons des exemples dans la Bible :

 

Abraham :

Pensons à ses rapports avec Lot, son neveu, plus jeune et moins spirituel. Son oncle le laisse choisir la meilleure part des pâturages quand ils arrivent près de Sodome avec leurs troupeaux.

 


Moïse :

Quelles possibilités à la cour de Pharaon! Il y renonce afin de sauver son peuple. La Bible le décrit comme étant le plus humble des hommes, et le voyage dans le désert à la tête d'un peuple récalcitrant en donne maints exemples.

 


David :

Il savait qu'il serait le roi d'Israël, puisque Samuel l'avait oint. Saül aussi le savait, et il chercha par tous les moyens à le tuer.  A deux reprises, il était à la merci de David, qui prononça cette parole remarquable : «Comment toucherais-je à l’oint de l'Éternel» ? Saül devait bien mourir un jour, mais David en laissa le soin à Dieu.

 


Jérémie :

Les autres prophètes parlaient de choses agréables et avaient la faveur du roi. Jérémie ne parlait pas pour faire plaisir et dut en souffrir.

«C'est un individualiste, il s'isole, il est non-coopératif... » aura-t-on dit.

Jérémie continuait à donner le message reçu de Dieu malgré le mal qu'on disait de lui.

La tradition veut qu'il soit mort en martyr, scié en deux dans un arbre creux. Cela peut être le prix de l'obéissance inconditionnelle.

 


Paul :

Lisez ses lettres aux Corinthiens, à la lumière de tout le mal que certains chrétiens disaient de lui : quelle patience et quel amour bien qu'il fallut parfois mettre de l'ordre et clarifier certaines déviances.

 


Jésus-Christ :

«Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, je vous donnerai le repos... Je suis doux et humble de cœur» (Matthieu 11.28).

Toute sa vie en est le reflet continuel. Persécuté, il pardonne.

Paul décrit le caractère de Jésus :

Il n'a pas tiré avantage de Son Egalité avec Dieu mais s'est soumis à Lui (Philippiens 2.5-11).

Il s'est fait serviteur, Lui, le Maître de l'univers.

Il s'est laissé battre et a subi la torture de la croix, par soumission à Dieu le Père.

 

 

Regardons encore à Jésus pour cerner de plus près quelle est l'essence de l'humilité.

 

Son humilité foncière ne l'a pas empêché de débarrasser le temple des profiteurs avec un fouet, ni d'apostropher les pharisiens en les nommant "hypocrites" huit fois de suite, ni encore de reprendre le serviteur du temple qui lui avait donné une gifle.

 

Parce que, justement, la douceur et l'humilité dont parle Jésus ne sont pas une sorte de lâcheté à l’égard du mal; ce n'est pas "se laisser marcher sur les pieds".

 

Ce que l'humilité n'est pas… et ce qu'elle est

 

Examinons un peu ce que l'humilité n'est pas :

 

  • 1. Ce n'est pas une disposition naturelle.

Tous les chrétiens doivent devenir ainsi, pas seulement ceux qui y seraient disposés.

David était par nature violent ; Moïse était imbu de son savoir-faire ; Paul était supérieurement intelligent et cultivé, jouissant d'un prestige social. Même Spurgeon connaissait le danger de l'orgueil, tout comme un ouvrage dont le titre est plus qu'évocateur : Calvin, l'homme que Dieu a dompté, etc..., 

Et voyez ce qu'ils sont devenus sous La Main Paternelle de Dieu !

 

 

  • 2. L'humilité n'est pas de l'indulgence, ni du laisser-faire (vivre et laisser vivre).

 

 

  • 3. Ce n'est pas la recherche d'un compromis qui arrangera tout le monde.

 

"Passons sur toutes ces divisions et ces distinctions théologiques (comme si elles étaient sans importance !)." – «Soyons un à tout prix, même au prix de la vérité !»

N'avez-vous jamais entendu cela ?

 

 

Voyons donc ce que doit être l'humilité du Chrétien régénéré :

 

1. C'est une affaire intérieure, de l'esprit.

Elle est compatible avec la force et avec une grande autorité. Elle n'est jamais de la faiblesse (les martyrs ne sont pas des faibles).

 


2. L'humilité découle d'une évaluation de soi-même devant Dieu ; elle s'exprime par la conduite envers autrui.

C'est chose impossible sans être pauvre en esprit et conscient de son péché. L'humble ne revendique pas ses droits.

La psychologie enseigne le contraire : se donner de la valeur, s'imposer par sa personnalité.

Jésus-Christ S'est imposé parce qu'Il était d'essence Divine.

C'est aussi Dieu en nous qui nous donne la Seule Autorité valable face aux autres.

 


3. L'humble refuse et rejette le Moi revendicateur, car il est mort avec Christ. Comme on ne peut pas faire mal à un mort, on ne peut plus me faire du tort.

Bunyan s'exprime ainsi :  «Celui qui est par terre n'a plus peur de tomber.»

 


4. Personne n'a jamais été plus abordable et disponible que Jésus, toujours prêt à écouter l'autre.

Sommes-nous prêts à nous laisser enseigner par ceux apportant avec sérieux le conseil de Dieu, même si leur statut est inférieur au nôtre ?

 


5. L'humble abandonne sa vie, son travail, ses relations entre les mains de Dieu.

 

L'héritage promis

 

Qu'en est-il de la seconde moitié de cette béatitude ?

 

«Heureux les humbles, car ils hériteront la terre».

 

Dans un sens, ils l'héritent déjà maintenant, de la façon suivante :

le véritablement humble est toujours satisfait, il est heureux.

 

  •  N'ayant rien, il a tout, comme Paul l'exprime :

«Nous sommes comme n'ayant rien, et nous possédons toute chose» (2 Corinthiens 6.10).

 

  •  Il remercie les Philippiens de leur don en sa faveur et ajoute :

« Je sais vivre dans le besoin, aussi bien que dans l'abondance».

 

  •  Remarquons aussi ce qu'il écrit aux Corinthiens :

«...tout est à vous, ...soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à vous, et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu» (1 Corinthiens 3.21-23).

 

 

  •  Aux Romains :

«Si nous sommes enfants (de Dieu), nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ» (8.17).

 

 

  •  Ailleurs :

«Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui» (2 Timothée 2.12).

En d'autres termes : "Ne t'en fais pas si tu souffres. Même injustement. Dieu le voit. Reste humble, tu régneras avec Lui. "

 

  • Rappelons-nous le critère de Christ Notre Sauveur et Seigneur :

«Quiconque s'exalte sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera exalté» (Luc 14.11).

Comprenons bien :

"s'exalter" = se suffire à soi-même; ne vouloir devoir rien à Dieu ; être son propre Dieu (archétype : Satan) ;

"s'abaisser" = se soumettre à Dieu ; savoir qu'on Lui doit tout (archétype : Jésus).

 

Comment devenir vraiment humble ?

 

Je ne voudrais pas terminer sans rappeler à nouveau que l'humilité est chose impossible à l'homme naturel (pécheur non régénéré).

 

Jamais homme n'a réussi à se "faire" humble comme Christ, Notre Divin Modèle.

 

Seul le Saint-Esprit peut nous faire pauvres en esprit, nous attrister à cause de notre péché et nous mener à la repentance.

 

Ceux pensant se faire "moines", "ermites", ou autre échappatoire (boudhisme, etc...) , abandonnant la vie humaine normale en s'imposant toutes sortes de renoncements ou d'interdits, en pensant réussir mettent toutes leurs chances vers un échec cuisant et douloureux.

 

Lui Seul peut produire en nous l'humilité qui caractérise le Chrétien né de l'Esprit.

 

C'est une chose sérieuse. Tous ceux qui sont Enfants de Dieu ont reçu le Saint-Esprit. Aucun n'a d'excuse pour être orgueilleux.

 

L'humilité est le fruit direct de l'Esprit.

 

Tout ce que je puis faire, c'est méditer continuellement Sa Parole en regardant au Seigneur Jésus-Christ, et maintenir avec Lui une relation ininterrompue par la prière.

 

Je dois considérer le vieil homme comme mort avec Christ, afin que ce Dernier puisse prendre possession de tout mon être, Lui qui m'a racheté à un si grand prix.

 

 

 

J-P  Schneider,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Promesses 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 08:03
Légaliste ou obéissant ?

Vous est-il déjà arrivé, en croyant obéir à un commandement de Dieu, de vous faire traiter de légaliste ?


Le mot « légalisme » ne se trouve pas dans le Petit Larousse.

 

Il faut chercher dans un dictionnaire plus complet pour trouver comme définition :

– « Souci de respecter la lettre de la loi et les formes qu'elle prescrit.
– (Souvent péjoratif) Attitude de celui qui respecte rigoureusement la lettre de la loi. »

 

Le mot ne se trouve pas dans la Bible, mais on y trouve plusieurs indications sur l'obéissance.

L'obéissance de détail n'est pas condamnée :

« Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (Matthieu 5.19)

 

L'obéissance partielle est insuffisante :

 

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. » (Matthieu 23.23)

 

L'obéissance à la loi de Moïse n'est plus pour le Chrétien :

Au sujet de la circoncision :

« C’est pourquoi je suis d’avis qu’on ne crée pas des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de la débauche, des animaux étouffés et du sang. » (Actes 15.19-20)


Toutefois la loi nous est toujours utile :

 

« Car il est écrit dans la loi de Moïse : “Tu ne muselleras point le bœuf quand il foule le grain.” Dieu se met-il en peine des bœufs, ou parle-t-il uniquement à cause de nous ? » (1 Corinthiens 9.9-10)

 

Paul se sert de cette instruction de la loi pour justifier l'aide financière aux serviteurs de Dieu.

 

L'obéissance aux lois "fabriquées" est totalement condamnée :

 

« Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes : Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas ! préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ? Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu’à satisfaire la chair. » (Colossiens 2.20-23)

 

L'obéissance à la loi ne rend pas juste :

« Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que personne ne sera justifié par les œuvres de la loi. » (Galates 2.16)

 

« Que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit : “Le juste vivra par la foi.” Or, la loi ne procède pas de la foi ; mais elle dit : “Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles.” » (Galates 3.11-12)

 

« Trop » obéissant ?

 

Certainement pas, mais on peut manquer cependant d'un réel équilibre.

 

Par exemple, je participe à toutes les activités de l'église pour obéir au Seigneur et pendant ce temps je néglige mon Epouse, mon Epoux, mes enfants ou mes parents.

 

C’est ce que Jésus reproche aux pharisiens :

 

« Vous rejetez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition. Car Moïse a dit : “Honore ton père et ta mère” ; et : “Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.” Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : “Ce dont j’aurais pu t’assister est corban”, c’est-à-dire, une offrande à Dieu, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère, annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. » (Marc 7.9-13)

 

« Mal » obéissant ?

 

– J'obéis par peur d'être puni.

 Ce n'est pas un motif noble (Romains 13).

 


– J'obéis pour une récompense, pour que Dieu me bénisse.

Oui, Dieu nous bénit quand nous obéissons : « Honore ton père et ta mère (c’est le premier commandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. » (Éphésiens 6.2-3)

 

Mais Dieu ne nous est pas redevable parce que nous obéissons. En règle générale, la bénédiction de Dieu découle de Sa Grâce et certainement pas de notre comportement, aussi bon peut il être.


– J'obéis pour être vu des autres et être loué.

Dans ce cas, j’ai déjà ma récompense sur la terre, voire à me soucier réellement lorsque Dieu mettra à nue les bas motifs de notre coeur d'une manière ou d'une autre.

 

Conclusion

 

Ne jugeons pas trop vite les motifs qui poussent mon frère à obéir, et pour ce qui nous concerne, ne faisons pas d'introspection dépassant ce que Dieu attend, mais cultivons oui le désir de vouloir toujours plaire sainement et saintement à Dieu par notre vie.

 

Et si on me traite de légaliste ?

 

Examinons honnêtement, avec sérieux devant Dieu et avec Son Aide le bien-fondé de cette critique.

 

Mais si elle est infondée, disons sans fausseté ni travers et sans crainte comme Paul :

« Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous, ou par un tribunal humain. […] Celui qui me juge, c’est le Seigneur. » (1 Corinthiens 4.3-4)

 
Jean Regard

 

 

 

 

 

Source : Promesses

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:16
Depuis le ciel, Dieu ne perd jamais des yeux un(e) seul(e) de Ses Enfants.

Et aussitôt Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. Et quand il l'eut renvoyée, il s’en alla dans la montagne pour prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre. Il vit qu'ils avaient beaucoup de peine à ramer, car le vent leur était contraire. Vers la quatrième veille de la nuit il alla vers eux, marchant sur la mer, et il allait les dépasser. Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c’était un fantôme et ils poussèrent des cris ; car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit : « Rassurez vous, c’est moi, N'ayez pas peur. " Puis il monta auprès d’eux dans la barque et le vent tomba. Ils furent en eux-mêmes tout stupéfaits et remplis d'étonnement, car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur coeur était endurci . Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent.

(Marc 6 : 45/53)

 

Mettons en évidence les points pouvant nous encourager dans les orages de la vie.

 

Jésus envoie ses disciples sur le lac

 

C'est le Seigneur Lui-même qui a envoyé Ses disciples sur le lac.

 

Il les a même contraints à monter dans la barque.

 

Nous voyons ici que nous pouvons nous trouver dans des situations difficiles - où notre foi est éprouvée à l'extrême - dans un chemin où le Seigneur nous a expressément envoyés.

 

Mais quoi qu'il en soit, nous pourrons constater que le Seigneur contrôle constamment toute chose.

 

Ce qui nous arrive n'est pas le produit du hasard.

 

Il a Ses Plans et Les réalise par les moyens qu'Il Juge Bon.

 

Après plusieurs années d'immenses épreuves, jetant un regard en arrière, Joseph pouvait dire à ses frères :

 

« Et maintenant, ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, mais c'est Dieu » (Genèse. 45, 8).

 

Dans notre vie, rien n'arrive que le Seigneur n'ait pas commandé et qui ne soit pas pour notre bien.

 

Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait ordonnée ? (Lamentations 3, 37).

 

Le Seigneur prie sur la montagne et voit ses disciples se tourmenter à ramer

 

Le Seigneur Jésus nous suit des yeux dans la détresse et nous accompagne par la prière.

 

La situation des disciples ne Le laissait pas indifférent.

 

Même s'Il était éloigné d'eux pour un moment, rien de ce qui les concernait ne Lui échappait.

 

Il était monté sur la montagne pour prier.

 

De là Il voyait Ses disciples et leurs circonstances adverses.

 

Aujourd'hui le Seigneur Jésus est dans le ciel.

 

Christ est là comme Notre Miséricordieux et Fidèle Souverain Sacrificateur auprès de Dieu.

 

Il est plein de Compassion pour nous.

 

Il s'occupe de nous.

 

Rien ne Lui échappe.

 

Son regard est dirigé vers nous.

 

C'est ce qu'exprime le psalmiste :

 

« Les yeux de l'Éternel regardent vers les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leur cri » (Psaume. 34, 15).

 

Depuis le ciel, le Seigneur voit :

 

  • chaque difficulté que nous rencontrons,

 

  • chaque larme que nous versons,

 

  • chaque sentiment de notre coeur, même s'il est inconnu de ceux qui nous entourent,

 

  • chaque moment de solitude qui nous oppresse,

 

  • chaque injustice dont nous pourrions être victimes,

 

  • chaque question à laquelle nous ne trouvons pas de réponse ici-bas.

 

Devant Lui toutes choses sont nues et découvertes ; nous sommes entièrement transparents.

 

Depuis le ciel, Il ne nous perd jamais des yeux.

 

Il connaît nos sentiments dans chaque situation.

 

Le Seigneur vient vers ses disciples au moment opportun

 

Jésus ne se contente pas de nous regarder et de compatir avec nous, mais Il vient auprès de nous dans nos difficultés.

 

Il ne s'est pas simplement présenté à Ses disciples dans la barque, mais Il a marché sur les vagues - ces vagues qui parlent des circonstances difficiles qu'il nous arrive de rencontrer.

 

C'est justement là que nous pouvons faire l'expérience de Sa Présence et de Son Secours.

 

Lorsque les trois amis de Daniel étaient dans la fournaise, le Seigneur est venu auprès d'eux dans le feu ardent (Daniel 3, 25).

 

Lorsque Paul était seul dans sa prison, le Seigneur s'est tenu près de lui (2 Timothé 4, 17).

 

C'est ce dont nous pouvons aussi faire l'expérience.

 

En Ésaïe nous lisons :

 

« Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l'Ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et sa miséricorde il les a rachetés, et il s'est chargé d'eux, et il les a portés tous les jours d'autrefois » (63, 9).

 

Et dans un autre passage du même prophète, nous trouvons :

 

« Mais maintenant, ainsi dit l'Éternel, qui t'a créé, ô Jacob, et qui t'a formé, ô Israël : Ne crains point, car je t'ai racheté ; je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et par les rivières, elles ne te submergeront pas ; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pas. Car moi, je suis l'Éternel, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur... tu es devenu précieux à mes yeux... et moi, je t'ai aimé... Ne crains pas, car je suis avec toi » (43, 1-5).

 

Quel appui pour nous que cette Présence de Notre Dieu dans les circonstances difficiles !

 

Le Seigneur se fait connaître à ses disciples

 

Les disciples n'ont pas tout de suite reconnu Leur Maître.

 

Cela nous arrive souvent aussi.

 

En Le voyant marcher sur la mer, ils ont cru que c'était un fantôme et ont crié de peur.

 

Mais aussitôt Il leur a parlé.

 

Il leur a adressé des paroles de consolation, des paroles qui encouragent, des paroles par lesquelles tout est transformé.

 

Ce qu'Il a dit alors à Ses disciples est pour nous aussi.

 

« Ayez bon courage. »

 

Nous n'avons pas à rester résignés, fatigués et sans courage.

 

Le Seigneur nous parle afin de nous encourager.

 

Ecoutons-le.

 

Il veut nous donner la force de supporter l'épreuve que Lui-même a envoyée.

 

« N'ayez point de peur. »

 

Les circonstances de la vie sont souvent de nature à nous faire peur et à nous rendre soucieux quant à l'avenir.

 

Que va-t-il advenir ?

 

Mais à quoi sert-il d'avoir peur de ce qui pourrait survenir ?

 

L'apôtre Pierre nous exhorte : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (1 Pierre 5, 7).

 

« C'est Moi ».

 

Il est l'Eternel JE SUIS, L'Immuable, Le Rocher des siècles.

 

Dans le dernier livre de l'Ancien Testament, nous lisons :

 

« Car moi, l'Éternel, je ne change pas » (Malachie 3, 6).

 

Dans un monde où tout est en bouleversement continuel, nous pouvons nous abandonner entièrement au Seigneur. Rien ne peut l'ébranler.

 

Au moment où le Seigneur est monté dans la barque, les disciples ont pu voir le vent et les vagues s'apaiser.

 

En ce qui nous concerne, il n'en est pas toujours ainsi.

 

Mais une chose est certaine : si le Seigneur est à bord, le bateau ne peut jamais couler.

 

Et le moment vient où nous arriverons sains et saufs au port.

 

« Alors ils ont crié à l'Éternel dans leur détresse, et il les a fait sortir de leurs angoisses ; il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu'ils désiraient. Qu'ils célèbrent l'Éternel pour sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes » (Psaume 107, 28-31).

Amen,

 

E.A. Bremicker

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Le Messager (1860)

 

 

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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