Dieu résiste aux orgueilleux
mais Il fait grâce aux humbles.
(Jacques 4:6)
L'orgueil n'est il pas la barrière principale entre Dieu et l'homme, l'obstacle essentiel à l'exaucement des prières ?
"Voici, tu as dit : je suis riche, et tu n'as pas vu que tu étais pauvre, misérable, aveugle et nu."
Si Dieu résiste aux orgueilleux, combien ne nous importe-t-il pas de bien savoir où nous en sommes.
Si je ne suis qu'au bas de l'échelle, à ce premier degré douloureux et humiliant de la découverte d'un orgueil immense dans un coeur que j'avais cru jusqu'ici modeste et détaché, il s'agit pour moi de monter d'échelon en échelon, soutenu par la Main Divine, jusqu'à la parfaite stature de Christ, dont Il nous le modèle, ne l'oublions pas, dans celle... du petit enfant placé au milieu des disciples (Marc 9:36).
Cette ascension a ceci de particulier, en effet, que c'est en descendant qu'on progresse et en diminuant qu'on grandit.
Jean Baptiste lui même, disait : "Il faut que Christ croisse et que je diminue."
"Et c'est pour me vider de moi, disait le Pasteur Rochat, et me remplir de Lui, qu'Il me laisse faire des expériences humiliantes souvent répétées. Or, comme nous sommes de notre nature pleins de nous mêmes, que notre orgueil a des racines d'une profondeur incroyable, il faut que le Seigneur creuse bien avant pour aller jusqu'à la source du mal. Il ne veut rien faire à demi dans nos âmes ; c'est pourquoi Il nous met dans le creuset plus souvent et plus longtemps. Lorsque nous croirions peut être avoir été suffisamment humiliés, Il remet encore Sa Main sur nous."
Lorsque nous pensons avoir bien connu notre orgueil, être bien dépouillés de l'idée de nos propres forces, voici, Il nous montre par quelque expérience frappante qu'à peine nous sommes encore sur les bords de l'humilité, qu'à peine nous avons soupçonné la profondeur de notre plaie.
Laissons Le faire.
Il ne se trompera pas et ne nous humiliera pas plus qu'il ne faut pour notre bien.
Si le Seigneur travaille à nous vider de notre orgueil, c'est pour demeurer en nous avec tout ce qu'Il de Grâce, de Sainteté et de Joie, par le Saint Esprit.
Soumettons nous donc, si ce n'est avec joie, du moins avec patience, persuadés que le Seigneur nous promène à travers le désert "afin de nous éprouver et pour nous faire du bien".
Ce que le Seigneur veut empêcher, c'est que notre coeur ne s'élève devant les richesses de Sa Grâce, comme Ezéchias devant les trésors de sa maison, comme Nébucadnetsar devant la grande Babylone qu'il avait bâtie.
En tout temps donc, et quels que soient les biens spirituels et tomporels dont puisse nous combler Sa Miséricorde, jetons donc toujours toutes nos couronnes à ses pieds, en nous écriant :
"A Lui soit la Gloire et à moi la confusion de face ! Car que puis je avoir sans l'avoir reçu ?"
"L'orgueil ! Voilà le plus grand de nos maux dit encore Rochat, parce qu'il marche devant la ruine. L'orgueil est le plus grand de nos péchés, parce qu'il vole à Dieu ce qui Lui appartient. L'orgueil ! Voilà ce que Dieu a en abomination par dessus tout, parce qu'Il est un "Dieu jaloux, qui ne donne point Sa Gloire à un autre."
"J'habiterai, dit l'Eternel, avec celui qui a le coeur brisé, qui est humble d'esprit et qui tremble à ma Parole."
Pour "devenir forts, devenons donc faibles", et, pour être affaiblis, consentons à être ployés par les autres.
Cela est difficile !
On demande à genoux l'humilité avec ardeur, on se relève tout ému, tout brisé, croyant presque en avoir fini à tout jamais avec cet adversaire...
A peine debout, voici que le "moi" raidit déjà son cou...
Une branche gourmande jaillissait fièrement hors du tronc d'un pommier, se glorifiant de la vigueur de son jet comparé
à celui des autres.
En automne, les branches chargées de fruits se courbaient vers la terre ; le rameau stérile, avec son port élancé et son vert feuillage, se releva d'autant.
Le jardinier vint, souleva les branches fertiles, mais abaissées, puis coupa et jeta au feu la branche verte dont toute la beauté s'en alla bientôt en fumée.
Hélas ! L'orgueil est une hydre aux cent têtes ; quand nous l'avons écrasé sous une forme, voilà, il reparaît sous une autre.
Il y a aussi tous les genres d'orgueil ; celui de l'un n'est pas celui de l'autre.
Chacun a son "pharisaïsme" particulier, son "je te remercie, ô Dieu ! De ce que je ne suis pas comme tel ou tel".
"Orgueil de naissance, dit Lobstein, orgueil de position, orgueil de talents, orgueil spirituel" ; c'est toujours la même idolâtrie de nous mêmes, la même usurpation de la Gloire de Dieu.
Il est naturel que "Dieu résiste aux orgueilleux et qu'Il bouche leur chemin avec des épines, leur faisant une cloison de pierre, si bien qu'ils ne trouveront plus leur sentier".
La vie de l'orgueilleux est pleine de vexations.
Jamais on ne l'a apprécié comme il voudrait l'être ; cela le fait cruellement souffrir.
Le coeur humble, celui qui a le sentiment réel de sa petitesse, celui qui regarde les autres sincèrement comme plus excellents que soi, est un terrain où tous les dons de Dieu fructifient.
Assurance du pardon, paix profonde, saveur de la Parole Divine, esprit de prière, fermeté dans les afflictions, secours de toute espèce : toutes ces choses sont pour les humbles, à tout instant et gratuitement ; mais la vraie humilité n'a point conscience d'elle même.
On devient orgueilleux sitôt qu'on se croit humble.
Puissé-je, moi, pauvre péager, qui ne crains pas devant Dieu de me considérer comme le plus grand des pécheurs, puissé-je me frapper la poitrine tous les jours de l'année !
Puissé-je apprendre de Celui qui était doux et humble de coeur à "regarder les autres (hommes ou nations, qu'importe !) comme plus excellents que moi", eu égard aux lumières reçues !
Car "à celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé".
Puissé-je ne pas être présomptueux, ou me gonfler de mon importance, de ma personne dans les assemblées, l'Eglise.
Moins ce sujet nous plaît, plus nous devons nous y appliquer.
L'orgueil spirituel, le plus monstrueux, et, hélas ! Le plus caressé des orgueils !
"La connaissance enfle, est-il dit ; l'amour seul édifie !".
Ce "piège de l'ennemi de nos âmes", comme l'appelle saint Paul, si dangereux en particulier pour les ouvriers du Seigneur nouvellement convertis, ce piège de l'ennemi de nos âmes faisant une telle peur à saint Paul, qu'il rendait grâce d'en avoir été préservé par "l'écharde mise en sa chair".
Il avait peur de s'enorgueillir de l'excellence de ses révélations, c'est pour cela qu'il "se plaisait dans les faiblesses et les opprobres".
Quand la croix pèse, le front se courbe.
"Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui même."
Et nous, au contraire, ne nous recherchons nous pas, jusque dans la prière ?
Nous posons devant Dieu, nous posons devant nos soeurs, nos frères, nous posons devant notre propre personne... même à genoux !...
Ne sommes nous pas ridicule !
Après un beau discours, une bonne prière, combien de fois, pour être franc, n'aurions nous pas à confesser, comme Bourdaloue, à la femme qui vient nous le dire :
"Satan m'avait déjà dit que c'était bien".
"Ne nous complaisons point en nous même."








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