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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:43
Mon Dieu, Mon Père, écoute moi car ma prière s'élève à Toi

Mon Dieu Mon Père,
Ecoute moi,
Car ma prière s'élève à Toi.
En Jésus Christ, Tu nous l'as dit,
Je puis Seigneur, T'ouvrir mon cœur.
Ah ! fais moi Grâce, Dieu Tout Puissant,
Tourne Ta Face vers Ton enfant.

fc273f80e7 Viens je T'en prie, Change mon coeur,
Guide ma vie loin de l'erreur.
Mon seul désir est de choisir
la bonne part sous Ton Regard.
Que mon offense ne lasse plus
Ta Patience Seigneur Jésus.

fc273f80e7

Fais moi comprendre Ta Charité
Et bien entendre Ta Vérité.
Oui que Ta Main, sur mon chemin,
Soit ô Dieu Fort, Mon Seul Support.
Que Ta Puissance soit chaque jour
Ma Délivrance, O Dieu d'Amour.

 

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Bible (133)

Croix Huguenote

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:40
Dieu est Amour (1ère Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

 

Dans une petite ville d’Italie que le volcan du mont Vésuve ensevelit, il y a de cela des années lointaines, sous un fleuve de lave, on trouva d’anciens manuscrits brûlés qui ressemblaient plus à des charbons éteints qu’à des livres, et qu’on déploya par d’ingénieux procédés, péniblement, lentement, ligne après ligne, mot après mot.

 

Supposons qu’un de ces rouleaux d’Herculanum renfermât un exemplaire de notre épître, et le seul qu’il y en eût au monde.

 

Parvenu au quatrième chapitre et au huitième verset, on vient de déchiffrer ces deux mots :

 

« Dieu est »,

 

et l’on ignore encore celui qui doit suivre.

 

Quelle attente !

 

Ce que les philosophes ont tant et si vainement cherché, ce que les plus sages d’entre eux ont enfin renoncé à découvrir, une définition de Dieu, la voici donc et la voici de la main de Dieu Lui-même.

 

Dieu est… que va-t-on nous dire et quel est Il ?

 

Quel est Il, ce Dieu caché, « qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, que nous cherchons comme en tâtonnant, bien qu’Il ne soit pas loin de chacun de nous », et qui nous contraint de nous écrier comme Job :

 

« Oh ! Si je savais comment le trouver ! Voilà, si je vais en avant, Il n’y est pas, et si je vais en arrière, je ne l’y apercevrai point ; Il se fait entendre à gauche et je ne puis le saisir, Il se cache à droite et je ne l’y vois point ? » (Job 23 / 3,8,9)

 

Quel est Il, ce Dieu puissant, dont une parole a créé tout ce qui est et dont une autre parole peut l’anéantir, « en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être », qui nous tient chaque moment sous sa main, et qui peut faire ce qu’Il lui plaît de notre existence, de notre situation, de notre séjour, de notre société, de notre corps, de notre esprit lui-même ?

 

Quel est Il enfin, ce Dieu Saint, « dont les yeux sont trop purs  « pour voir le mal », que notre conscience nous convainc d’avoir offensé et dont la nature nous révèle vaguement la colère, sans que ni conscience ni nature nous fasse pressentir s’il y a pardon auprès de Lui ; Ce Juste Juge entre les mains duquel nous pouvons tomber après avoir donné ce message, peut être demain, peut être aujourd’hui, ignorants de la sentence éternelle qu’Il nous réserve, et sachant seulement que nous avons mérité qu’elle nous soit contraire ?

 

Quel est Il ?

 

Notre repos, notre salut, notre éternité, tout est là ; et je crois voir toutes les créatures de Dieu se pencher sur le Saint Livre, dans l’attente silencieuse et solennelle de ce qu’Il va révéler au monde sur la question des questions.

 

Voici le mot fatal qui se découvre : amour.

 

« Dieu est Amour ».

 

Que pouvait souhaiter de meilleur, que pouvait concevoir de comparable l’imagination la plus confiante et la plus hardie ?

 

Ce Dieu caché, ce Dieu puissant, ce Dieu saint, Il est Amour.

 

Que nous faut il de plus ?

 

Dieu nous aime : que dis je, Il nous aime ?

 

Tout en Dieu est Amour.

 

L’amour est le fond même de Dieu ; qui dit Dieu dit amour.

 

« Dieu est Amour ! »

 

Oh ! Réponse qui passe toutes nos espérances !

 

Oh ! Révélation bienheureuse qui met fin à toutes nos anxiétés !

 

Oh ! Gage assuré de notre félicité présente, future, éternelle !

 

Oui, si nous pouvons croire ; car ce n’est pas assez que Dieu soit Amour, si nous ne pouvons dire avec saint Jean :

 

« Nous avons connu et nous avons cru l’amour que Dieu a pour nous ».

 

L’amour de Dieu ne peut ni nous consoler, ni nous éclairer, ni nous sanctifier, ni nous sauver même, l’amour de Dieu est pour nous comme s’il n’était pas, aussi longtemps qu’il n’a pas été « répandu dans notre cœur par le Saint Esprit » (selon Romain 5/5, l’amour de Dieu, dans cet endroit, c’est l’amour de Dieu pour nous, et non pas notre amour pour Dieu),

 

et « mêlé avec nous par la foi » (Selon Hébreu 4/2, par la foi, la parole de Dieu pénètre dans notre âme et s’unit à elle, comme les aliments qui entrent dans notre corps s’assimilent à sa substance.)

 

Créatures spirituelles et responsables, nous possédons le glorieux mais terrible privilège de pouvoir nous ouvrir ou nous fermer à l’amour de Dieu, et par là nous prévaloir ou nous exclure de cet amour, le trésor du genre humain et l’espérance de l’univers.

 

La foi à l’amour de Dieu, voilà donc le sentiment que je voudrais nous inspirer à tous.

 

Oh ! Si je pouvais nous renvoyer émus, saisis, pénétrés de cette pensée :

 

« Dieu est Amour ! »

 

Seigneur, s’il est vrai que tu es Amour, fais le connaître en conduisant ma plume par ton Amour, et en ouvrant à cet amour le cœur de tout le peuple !

 

Le véritable amour ne se déclare pas seulement, il se montre ; ou mieux encore, selon une belle expression de saint Jean, il se donne :

 

« Voyez quel Amour le Père nous a donné ! » (1 Jean 3/1)

 

Aussi, non content de nous dire qu’Il est amour, Dieu nous l’a prouvé par des marques visibles, par des faits éclatants qui changent cette touchante doctrine en une histoire plus touchante encore.

 

Ouvrons les oreilles et écoutons, ouvrons les yeux et regardons : il n’en faut pas davantage pour reconnaître que Dieu est amour.

 

Ces faits, ce n’est pas à la création ni à la vie naturelle que je vais les emprunter.

 

Non que l’une et l’autre ne soient remplies de l’amour de Dieu, car « L’Eternel est bon envers tous », et « tout ce qui respire loue l’Eternel » (Psaume 145 : 9 & Psaume 150 : 6) ; mais les preuves qu’elle en fournissent seraient insuffisantes pour nous persuader, parce que des marques de colère s’unissent aux marques d’amour dans l’ouvrage du Dieu créateur.

 

Si la douce chaleur du soleil pénètre la nature de vie et de joie, si des fleuves majestueux font couler dans nos campagnes la fertilité et l’abondance, si l’haleine bienfaisante des vents rafraîchit et purifie l’air que nous respirons, si la terre porte et nourrit à la fois les générations humaines, n’avons-nous pas vu ce soleil se changer en un feu consumant, ces fleuves en torrents dévastateurs, ces vents en tempêtes qui brisent des navires sur nos côtes dans une nuit, et cette terre elle-même, cette terre fidèle, en un sol mouvant qui, dans un jour, dans une heure, dans un moment, engloutit une ville et l’efface de dessous les cieux ?

 

Si le foyer domestique a des joies si douces, ces tendres épanchements, cette aide semblable à nous, ces autres nous-mêmes en qui nous revivons, cette caresse d’un petit enfant, ce sourire d’une mère, hélas ! N’a-t-il pas aussi des peines cruelles, ces orages du cœur, ces privations de la pauvreté, ces angoisses de la maladie, et tôt ou tard cette mort qui, avant même qu’elle finisse toutes nos joies, les glace toutes vives par la crainte de les voir chaque jour échapper à nos faibles mains ?

 

Il est vrai que, si nous prenions le soin de démêler ces témoignages contradictoires pour y faire la part du Créateur et celle de la créature, nous trouverions que les marques de colère ne sont point entrées dans le plan de la création, et que l’ouvrage de Dieu, tel qu’il est sorti de Ses mains et qu’il n’a tenu qu’à l’homme de le laisser, resplendissait d’amour comme le soleil de lumière.

 

Quel amour dans l’œuvre de ces six jours dont chacun, dans le récit de Moïse, se termine par ces mots :

 

« Et Dieu vit tout ce qu’Il avait fait ; et voilà, il était très bon ! »

 

Quel amour dans cette lumière des cieux, dans cette terre féconde, dans cet ordre des saisons, dans ces flambeaux du firmament, dans cette multitude vivante qui peuple et qui anime la création tout entière !

 

Quel amour dans cet homme fait à l’image de Dieu, capable de penser, de parler et d’aimer ; songeons y, quel amour dans cette parole :

 

« Faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance ! »

 

Quel amour dans cet Eden, c'est-à-dire dans ce séjour des délices, et dans cette semaine de l’homme partagée, à l’imitation de celle de Dieu Lui-même, entre un travail si facile et un repos si doux !

 

Quel amour dans cette femme formée d’une côte d’Adam, dans cette union à la fois si tendre et si pure, et dans toute cette félicité naïve qui, tout inconnue qu’elle est pour nous, a laissé dans le fond de notre cœur comme un vague et douloureux souvenir !

 

Quel amour même dans cet arbre de la science du bien et du mal par lequel Dieu éprouve nos premiers parents, et qui devait, s’ils étaient fidèles, échanger leur innocence enfantine contre une obéissance de réflexion et de liberté !

 

Ah ! Croyons le, si nous eussions pu interroger Adam avant sa chute, nous aurions entendu sortir de l’abondance de son cœur, nous aurions lu dans chacun de ses regards l’exclamation de notre texte :

 

« Dieu est Amour ».

 

Mais c’est d’un autre amour que je veux nous parler, d’un amour dont Dieu vous aime, m’aime aujourd’hui, et nous aime, vous aime tels que vous êtes.

 

Cet amour, je veux vous le faire voir concentré dans un fait, dans un seul fait qui suffit à notre apôtre, et qui nous suffira également  si nous savons le méditer.

 

« En ceci », poursuit saint Jean développant lui-même sa pensée, « en ceci est manifesté l’amour de Dieu envers nous que Dieu a envoyé son Fils Unique au monde, afin que nous ayons la vie par Lui. En ceci est l’amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés, et qu’Il a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés ».

 

Mais au moment d’ouvrir cette doctrine pour nous montrer le trésor d’amour qu’elle renferme, une crainte secrète me retient et me gêne.

 

Je sais qu’il y a ici un prodige d’amour qui a de quoi nous étonner, nous confondre, nous ravir ; mais je crains d’être écouté froidement, hélas !

 

Et, s’il faut dire toute ma pensée, je crains d’en parler froidement moi-même.

 

Comme la contemplation journalière de la nature nous a rendus presque insensibles aux beautés dont elle étincelle, ainsi l’habitude d’entendre l’Evangile nous a blasés sur ce don ineffable que toutes les puissances de notre âme sont incapables de sentir et de célébrer dignement.

 

Pour réveiller l’attention de ses lecteurs, un philosophe de l’antiquité, décrivant les merveilles de la création, suppose qu’elle s’offrent pour la première fois aux regard d’un homme qui aurait passé toute sa vie dans un antre obscur, et recherche les impressions qu’un tel spectacle produirait sur un tel spectateur.

 

Je veux faire avec vous quelque chose de semblable.

 

Demandons nous quel effet produirait l’Evangile, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle, sur l’âme du non croyant qui l’entendrait pour la première fois,  après avoir toujours demeuré jusque là dans les ténèbres spirituelles de sa grossière idolâtrie.

 

Ou plutôt laissons les hypothèses, et prenons un fait historique.

 

Les Chrétiens Moraves qui portèrent l’Evangile aux Groënlandais crurent devoir préparer ces esprits à le recevoir, en ne leur parlant d’abord que des vérités générales de la religion, de l’existence de Dieu, de l’obéissance due à ses lois et d’une rétribution future.

 

Ainsi s’écoulèrent quelques années durant lesquelles ils ne virent aucun fruit de leur travail.

 

Un jour enfin, les voici qui hasardent de leur parler du Sauveur, et de leur lire le récit de sa passion.

 

Ils n’eurent pas plutôt achevé que l’un de leurs auditeurs, nommé Kajarnak, s’approche de la table où Beck était assis, et lui dit d’une voix forte, mais émue :

 

« Que nous dis tu là ? Répète nous cela. Moi aussi, je veux être sauvé ! »

(Cranz, Geschichte Von Groenland, page 490)

 

Et Kajarnak crut, vécut en Chrétien et mourut dans la paix, prémices bénies d’une abondante moisson.

 

 Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)  Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:38
Dieu est Amour (2ème Partie)

Dieu est Amour

(2ème Partie)

Par Adolphe Monod,

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Eh bien, mettons nous à la place de Kajarnak dont la conscience vient enfin de se réveiller, et cherchons à nous expliquer la vive impression qu’il reçoit de cet Evangile tout nouveau pour lui.

 

Il ne faut pour cela que suivre pas à pas notre apôtre dans ce développement si court, mais si plein, que nous avons lu dans 1 Jean Chapitra 4 verset 8 :

 

« Dieu est Amour ».

 

Nous y voyons tout à la fois que l’homme pécheur peut encore avoir part à la vie éternelle, que Dieu a envoyé dans le monde son Fils revêtu d’une chair mortelle, qu’Il l’a livré à la mort en expiation de nos péchés, et qu’Il a fait tout cela pour nous gratuitement, quand nous n’avions mérité que sa colère.

 

La première chose qui doit porter Kajarnak à reconnaître que Dieu est amour, c’est le but que Dieu s’est proposé dans l’Evangile et que l’apôtre énonce en ces mots :

 

« Afin que nous ayons la vie ».

 

Quoique le pécheur ait mille fois encouru la mort, Dieu veut non qu’il meure, mais qu’il vive.

 

Il l’a déclaré, Il l’a juré par lui-même :

 

« Je suis vivant, dit le Seigneur, que Je ne prends point plaisir en la mort du méchant, mais en ce qu’il se convertisse et qu’il vive ».

 

Plus on développe à Kajarnak cette vie que Dieu veut donner au pécheur, plus il est surpris, charmé, ému d’un tel amour.

 

Cette vie, c’est la vie de grâce : c’est le pardon de toutes ses offenses, un pardon qui efface, qui ôte le péché.

 

Oter mon péché, se dit à lui même cet homme simple, quel langage !

 

Quand j’ai souillé mes mains du sang  de mon ennemi, je l’ai ôté avec l’eau de la mer ou avec la neige des cieux ; mais ôter le péché de dessus ma conscience, et me rendre la paix, quel amour !

 

Cette vie, c’est la vie du ciel ; c’est la possession de la gloire de Dieu dans le séjour des bienheureux et dans la société des saints anges.

 

Un pécheur tel que moi appelé à une telle gloire, admis dans un tel séjour, reçu dans une telle société : quelle vocation, quel amour !

 

Cette vie, c’est la vie de Dieu : c’est l’Esprit de Dieu, c’est Dieu même qui vient habiter au dedans du pécheur, c’est Dieu qui se donne à lui, qui s’unit à lui ; n’est ce pas là le propre de l’amour ?

 

Dieu faisant sa demeure dans mon âme comme dans un sanctuaire de prédilection, dans cette âme qui ne semblait réservée qu’au démon et à ses anges : quelle condescendance, quel amour !

 

Mais cette nouvelle, cette excellente nouvelle, est elle bien vraie ?

 

Le peut elle être ?

 

Et la loi de Dieu que j’ai violée ; et la Parole de Dieu, engagée à punir le péché par la mort ; et la justice de Dieu, intéressée au châtiment de mes crimes, que deviennent elles ?

 

Peut être semble t il à plusieurs de nous que je prête à Kajarnak des pensées peu naturelles.

 

Dans ce pardon de Dieu auquel il a peine à croire, nous ne découvrons rien qui nous étonne, nous, saturés de science évangélique sans avoir reçu l’Evangile dans notre cœur ; et nous n’y savons voir, au lieu d’une grâce merveilleuse, qu’une chose toute simple que Dieu devait à ses créatures et qu’il se devait à lui même.

 

Faut il donc un si grand appareil pour pardonner ?

 

N’est ce pas le plus noble usage qu’un souverain puisse faire de sa puissance ?

 

Et comment les perfections qu’on prête à Dieu nous feraient elles moins attendre de sa part ?

 

Nous sommes pécheurs, sans doute, mais à tout péché miséricorde.

 

Voilà une de ces maximes populaires où, par une affreuse confusion de la vérité avec l’erreur, on se sert de l’Evangile pour anéantir l’Evangile.

 

A tout péché miséricorde :

 

Maxime vraie, maxime sainte, maxime divine, si nous disions avec surprise, avec ravissement, et comme d’une chose presque incroyable :

 

Il est donc vrai qu’il y a un pardon pour tous nos péchés !

 

Mais maxime fausse, maxime de péché, maxime de perdition,  si nous disons sans joie, sans émotion, et comme d’une chose qui suit tout naturellement des perfections de Dieu et des misères de l’homme :

 

A tout péché miséricorde.

 

Ah ! C’est que nous jugerions alors de Dieu par nous mêmes, attirant ainsi sur nous ce reproche accablant qu’Il adresse aux plus méchants d’entre les hommes :

 

« Véritablement, vous avez estimé que j’étais semblable à vous » (Psaume 50 :21).

 

Pour nous, « formés dans l’iniquité, conçus dans le péché », c’est une chose toute simple que nous tolérerions sans indignation et sans surprise dans les autres ce qui serait tristement en nous une seconde nature.

 

Mais en est il de même pour ce Dieu « dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, qui ne tient pas le coupable pour innocent », et qui a dénoncé la mort et la malédiction contre quiconque transgresse ses commandements ?

 

Il ne faut pas, il ne se peut pas que sa Parole soit trouvée vaine, ni sa loi foulée aux pieds, ni sa justice désarmée ; et Dieu ne serait plus Dieu s’Il pardonnait comme nous l’entenderions.

 

Sachons qu’il y a un obstacle sur le chemin de ce pardon, un obstacle immense, un obstacle à jamais insurmontable pour tout autre que pour Celui « à qui rien n’est impossible ».

 

 

Bien loin que les pensées que nous avons prêtées à Kajarnak aillent au delà de la vérité, elles demeurent fort en deçà.

 

Kajarnak est encore trop peu éclairé sur les perfections divines pour bien apprécier la difficulté ; plus il croîtra en lumières, plus il la verra grandir devant lui.

 

Mais donnons là à résoudre à de plus avancés.

 

Donnons la à résoudre à ce pécheur depuis longtemps travaillé et chargé, qui ne peut se persuader qu’il y ait pardon pour lui, tant il est touché de sa misère et de la sainteté de Dieu, et nous l’entendrons prier ainsi dans le secret de son cabinet :

 

Pardonne moi, ô mon Dieu, si Tu peux me pardonner sans porter atteinte à ta Sainte Loi !

 

Donnons la à résoudre à ce profond théologien, qui s’exerce jour et nuit dans la contemplation de la grâce, et nous le verrons écrivant dans un journal auquel il confie ses plus secrètes pensées :

 

« Je ne voudrais pas d’un salut où la loi ne serait pas honorée et mon péché expié » (Memoir of Griffin, by Sprague, p27)

 

Faisons mieux encore : donnons la à résoudre aux anges du ciel.

 

Plaçons nous avec eux entre la chute et la promesse, et demandons leur un moyen par lequel Dieu puisse pardonner sans cesser d’être juste, et faire grâce au pécheur sans épargner le péché.

 

Venez, esprits célestes, appris aux méditations sublimes, et qui avez pénétré si avant dans les pensées de l’Amour Divin : tâchez de résoudre ce grand problème.

 

Rassemblons toutes les forces de notre esprit immortel ; appelons à notre aide toute la philosophie d’en haut ; cherchons, méditons, montons au troisième ciel, descendons au plus profond des abîmes, et dites moi, si vous le savez, un moyen de pardonner sans cesser d’être juste et de faire grâce au pécheur sans épargner le péché.

 

Mais comment aurions nous pu découvrir une chose qui, venant à être révélée, étonne et accable notre intelligence ?

 

Comment pourrions nous pressentir la pensée de Dieu dans l’Evangile, nous que le Saint Esprit nous dépeint courbés sur cette pensée, comme les chérubins sur l’arche, et ne pouvant jamais contenter « le désir » qui nous consumait « d’y regarder jusqu’au fond » ? (1 Pierre 1 :12)

 

Ah ! Plutôt faisons silence, et écoutons ensemble la voix de Dieu lui même sortant du ciel :

 

« J’ai trouvé la propitiation ». (Job 33.24)

 

Il l’a trouvée ; et l’on dirait qu’Il s’étonne Lui même d’avoir réussi à la découvrir, tant ce succès est une étonnante merveille où toute la plénitude de sa divinité a dû être engagée.

 

Il l’a trouvée ; mais Il l’a trouvée tout entière dans Son Propre Sein ; « Son propre bras l’a dirigé, et Sa Propre Justice l’a soutenu » ; toute cette œuvre est « de Lui, par Lui et pour Lui ».

 

Il l’a trouvée :

 

« Gloire soit à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bonne volonté envers les hommes ! »

 

Ce Dieu qui a trouvé la propitiation, ce Dieu qui a voulu si fermement nous donner la vie qu’Il a comme triomphé de Sa Justice et de Sa Loi, ce Dieu n’est il pas Amour ?

 

Si le but que Dieu s’est proposé dans notre rédemption touche le cœur de Kajarnak, le moyen qu’Il a employé pour nous racheter le touche plus encore.

 

Dieu a trouvé la propitiation, et voici la propitiation qu’Il a trouvée :

 

« Il a envoyé son Fils Unique au monde ».

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:34
Dieu est Amour (3ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(3ème Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Dieu a un Fils, quelle étonnante nouvelle !

 

Accoutumé à entendre parler de ce Fils de Dieu depuis notre naissance, nous ne sentons pas tout ce qu’il y a d’étrange dans la seule idée de paternité, de génération, associé avec le nom du Dieu créateur.

 

Kajarnak en est frappé bien plus vivement que nous ; mais le pieux chrétien qui lui parle à cet instant n’arrête guère son attention sur ces profondeurs, et, jaloux de parler à son cœur, il ne touche au mystère qu’autant qu’il le faut pour lui faire concevoir quelque chose de l’inconcevable amour qui doit unir ce Père à ce Fils.

 

Le nom seul de Fils le fait déjà connaître : car quel nom plus tendre le Saint Esprit pouvait il choisir, quand il voulait nous montrer dans une relation terrestre quelque image de cet éternel amour ?

 

Mais ce n’est pas assez pour lui : à ce nom de Fils il en joint d’autres qui le relèvent encore.

 

C’est « le Fils unique de Dieu, son propre Fils, son Fils bien aimé ».

 

Unique, qui soutient avec lui une relation à laquelle ne participe aucune créature ; propre, qui lui appartient en vérité, et qui est né de lui réellement et sans figure ; Bien Aimé, « en qui Il prend tout son plaisir ».

 

Oh ! Que de force et de simplicité tout ensemble dans cette parole :

 

« Le Père aime le Fils ! »

 

Il l’aime, et lui communique toute sa puissance :

 

« Le Père aime le Fils, et lui remet toutes choses entre les mains ».

 (Jean 3-35).

 

Il l’aime, et lui fait part de tous ses secrets :

 

« Le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’Il fait ».

 (Jean 5-20).

 

Il l’aime de toute éternité :

 

« Père, tu m’as aimé avant la fondation du monde »

 (Jean 17-24).

 

Il l’aime, et cet amour du Père pour le Fils est le type éternel de tout amour véritable ; tout autre amour n’est qu’un reflet de celui là ; et tout ce que le Fils peut demander de plus excellent pour ses plus chers disciples, c’est « que le Père les aime ainsi qu’Il l’a aimé ».

 

Oh ! Qui dira ce que ce Fils est pour ce Père ?

 

Qui nous racontera ces épanchements intimes, cette dilection ineffable, cette habitation éternelle du Fils dans le sein du Père ?

 

Qui déploiera devant nos yeux tout le sens de cette parole :

 

« J’étais alors par devers Lui son nourrisson,  j’étais ses délices de tous les jours » ?

(Proverbes 8-30)

 

 

Eh bien, avec quel sentiment Kajarnak apprendra-t-il que ce Fils de Dieu, ce Fils Unique, ce Fils Bien Aimé est celui que le Père envoie dans le monde, celui qu’Il éloigne de son trône, de sa gloire, de son sein, pour que nous vivions par Lui !

 

Si le Fils de Dieu est si grand, si précieux, si cher à ses yeux, que Lui sommes nous donc, nous pour qui Il a donné ce Fils si grand, si précieux, si cher ?

 

Si un capitaine rachète à prix d’or ses prisonniers retenus par l’ennemi, n’est ce pas que la liberté de ses compagnons lui est aussi chère, lui est plus chère encore que l’or dont il les rachète ?

 

Si Abraham offre en holocauste Isaac son fils, n’est ce pas que la Sainte Volonté de Dieu lui est aussi chère, lui est plus chère encore que la vie de ce fils tant aimé ?

 

Si Dieu « donne des hommes pour Israël et des peuples pour sa vie », n’est ce pas qu’Israël lui est aussi cher, lui est plus cher encore que les hommes, que les peuples qu’il donne pour sa délivrance ?

 

Et si le Père, placé dans cette alternative, ou de nous frapper en épargnant son Fils unique, ou de livrer son Fils unique pour nous épargner, livre son Fils et nous épargne, que dire de l’amour dont Il nous aime, qu’en dire qui ne parût le comble de l’égarement et de la présomption, si nous n’avions pour nous la vérité, l’évidence, la révélation de Dieu même ?

 

Quoi qu’il en soit, Il le livre, Il le donne, Il l’envoie dans le monde ; dans ce monde que le péché a perdu, mais qui par cela même avait besoin de Lui pour être sauvé.

 

Il fait plus encore : Il l’y envoie sous la forme de l’homme pécheur, « et dans une chair semblable à notre chair de péché ».

 

Car ‘il a fallu, nous dit saint Paul, « qu’Il fût semblable en toutes choses à ses frères » ; et « parce que ceux qu’Il venait sauver participaient à la chair et au sang, Lui aussi a participé aux mêmes choses, afin que par la mort Il détruisît celui qui avait l’empire de la mort, savoir le diable ».

 

Y avons-nous jamais réfléchi ?

 

Quel honneur pour notre nature, pour cette pauvre nature déchue, que le Père l’ait fait revêtir au Fils, « la splendeur de sa gloire et l’image empreinte de sa personne » ; à ce Fils « qui, étant en forme de Dieu, s’est anéanti Lui-même, ayant pris la forme de serviteur fait à la ressemblance des hommes » !

 

Mais aussi quel abaissement pour le Fils, quelle merveille de condescendance et d’amour de la part du Père qui l’a donné !

 

Qu’était ce pour « le Rois des rois et le Seigneur des seigneurs », que de naître d’une femme et de tomber du sein de sa créature sur une terre maudite ?

 

Pour « le Fils du Très Haut », que d’échanger le sein du Père contre un séjour dont Satan est appelé le prince ?

 

Pour « le Dieu fort et puissant », que de souffrir le travail, la fatigue et la peine ?

 

Pour « Celui que tous les anges de Dieu adorent », que de traîner un corps de poussière et de boue ?

 

Pour « le Seigneur de gloire », que de se voir assujetti aux infirmités et aux humiliations de la chair ?

 

Pour « l’Héritier de toutes choses », que de soutenir un corps périssable avec une nourriture périssable ?

 

Pour « le Saint des saints », que d’être tenté par le diable ?

 

Pour « le Prince de la vie », que d’être soumis à l’abaissement de la mort et du tombeau ?

 

Aussi, voyons l’étonnante pensée que ce mystère inspire à saint Paul.

 

Ce que le Seigneur fait ici pour nous, Il l’a fait pour nous seuls ; Il n’a rien fait de pareil pour les anges eux-mêmes.

 

« Car, dit l’apôtre, Il n’a pas pris ou assisté les anges, mais Il a pris la semence d’Abraham. »

 (Hébreux 2-16)

 

Oh ! Quel amour que Celui qui a conçu la pensée d’associer à notre misère, pour nous en retirer, le Fils de Dieu même !

 

Le Dieu qui a envoyé son Fils au monde, pour que nous vivions par Lui, ce Dieu n’est il pas amour ?

 

Mais de quel message le Père a-t-il chargé le Fils, et quelle œuvre Lui a-t-Il donnée à faire en « l’envoyant dans le monde » ?

 

« Il l’a envoyé », répond l’apôtre, « en propitiation pour nos péchés » ; et l’œuvre qu’Il lui a donnée à faire, c’est l’expiation de nos crimes par son sang.

 

L’expiation : mot banal parmi nous, doctrine usée, qu’un enfant sait par cœur ; mais quel mot, mais quelle doctrine pour le catéchumène de Beck !

 

Tu viens d’entendre, Kajarnak, que Dieu a envoyé son Fils au monde pour te sauver ; écoute maintenant comment Il doit te sauver.

 

Il faut que « ce Saint et ce Juste » reçoive à ta place le coup que tu as mérité, mais que le Père veut détourner de toi.

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », loin de Dieu et de sa loi ; « mais l’Eternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous », la mienne, la tienne, l’entends tu bien ?

 

Et puis, Il l’a « navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités. Il a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous procure la paix, afin que nous ayons la guérison par sa meurtrissure ».

 

Ecoute encore :

 

« Celui qui n’a point commis de péché, Il l’a fait être péché pour nous, afin que nous fussions justice de Dieu en Lui ».

 

Qu’en dis tu ?

 

L’avais tu prévu, l’aurais tu imaginé, l’aurais tu rêvé, qu’un Dieu offensé verserait pour laver tes offenses le sang de son propre Fils ?

 

Je pourrais te montrer, dans les contrées lointaines et privilégiées d’où l’on t’apporte cette étonnante nouvelle, des hommes, des assemblées entières qui trouvent cela tout simple : mais toi, dussent ils te taxer d’exagération et d’enthousiasme, qu’en dis tu, qu’en pourrais tu dire ?

 

Mais viens, suis moi au pied de la croix du Fils de Dieu : c’est un spectacle qu’il faut contempler de plus près.

 

 

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:32
Dieu est Amour (4ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(4ème Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

 

Oh ! Quel amour que Celui qui a conçu la pensée d’associer à notre misère, pour nous en retirer, le Fils de Dieu même !

 

Le Dieu qui a envoyé son Fils au monde, pour que nous vivions par Lui, ce Dieu n’est il pas amour ?

 

Mais de quel message le Père a-t-il chargé le Fils, et quelle œuvre Lui a-t-Il donnée à faire en « l’envoyant dans le monde » ?

 

« Il l’a envoyé », répond l’apôtre, « en propitiation pour nos péchés » ; et l’œuvre qu’Il lui a donnée à faire, c’est l’expiation de nos crimes par son sang.

 

L’expiation : mot banal parmi nous, doctrine usée, qu’un enfant sait par cœur ; mais quel mot, mais quelle doctrine pour le catéchumène de Beck !

 

Tu viens d’entendre, Kajarnak, que Dieu a envoyé son Fils au monde pour te sauver ; écoute maintenant comment Il doit te sauver.

 

Il faut que « ce Saint et ce Juste » reçoive à ta place le coup que tu as mérité, mais que le Père veut détourner de toi.

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », loin de Dieu et de sa loi ; « mais l’Eternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous », la mienne, la tienne, l’entends tu bien ?

 

Et puis, Il l’a « navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités. Il a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous procure la paix, afin que nous ayons la guérison par sa meurtrissure ».

 

Ecoute encore :

 

« Celui qui n’a point commis de péché, Il l’a fait être péché pour nous, afin que nous fussions justice de Dieu en Lui ».

 

Qu’en dis tu ?

 

L’avais tu prévu, l’aurais tu imaginé, l’aurais tu rêvé, qu’un Dieu offensé verserait pour laver tes offenses le sang de son propre Fils ?

 

Je pourrais te montrer, dans les contrées lointaines et privilégiées d’où l’on t’apporte cette étonnante nouvelle, des hommes, des assemblées entières qui trouvent cela tout simple : mais toi, dussent ils te taxer d’exagération et d’enthousiasme, qu’en dis tu, qu’en pourrais tu dire ?

 

Mais viens, suis moi au pied de la croix du Fils de Dieu : c’est un spectacle qu’il faut contempler de plus près.

 

« Voici l’heure venue et la puissance des ténèbres » ;  l’heure dont la seule approche lui cause de si cruelles angoisses qu’il sort de son corps une sueur de sang qui coule en grumeaux à terre, mais l’heure que le Père ne pouvait Lui épargner s’Il voulait nous épargner nous-mêmes.

 

Abraham, près d’accomplir son sacrifice, entend la voix d’un ange qui lui crie :

 

« Abraham, Abraham, ne mets point ta main sur l’enfant ! ».

 

Mais cet autre Abraham, n’a personne au dessus de lui pour retenir son bras prêt à frapper : ce qu’il n’a point exigé de son serviteur, il se le commande à lui-même, et il ne s’arrêtera point que le sacrifice ne soit consommé.

 

Venez, rage de l’enfer, venez, fureur de la terre, venez, colère du ciel, épuiser sur cette tête innocente, que le Seigneur vous abandonne, tout ce que vous avez de plus redoutable, et « accomplir tout ce que Sa main et Son conseil avaient auparavant déterminé devoir être fait ! ».

 

« Satan, l’ancien serpent », impatient d’accomplir la première prophétie, soulève en sifflant sa tête hideuse, et « brise le talon de la semence de la femme ».

 

Vaincu naguère par Celui qu’il était venu tenter, il s’était retiré pour un temps.

 

Mais voici que le Père lui permet de revenir, de soulever toute son armée contre le Fils, d’entrer dans Judas pour le trahir, dans Caïphe pour le condamner, dans Pilate pour le livrer ; et s’il n’a pu faire tomber au désert le Saint des saints, il pourra faire mourir en Golgotha le Prince de la vie ; pour Lui fournir l’occasion « d’affranchir par sa mort tous ceux que la crainte de la mort tenait asservis ».

 

Voici quelque chose de plus odieux encore.

 

Que cette ange redoutable, l’éternel ennemi de Dieu et des hommes, s’acharne contre le Fils de Dieu et le Sauveur des hommes, cela est indigne, mais cela se conçoit du moins ; mais ces hommes qu’il venait sauver, ces hommes dont Il avait revêtu la nature, comment le traitent ils à leur tour ?

 

Car le Père l’a livré entre leurs mains et « ils lui font ce qu’ils veulent ».

 

Ils le traitent, je ne dis pas, non en Fils de Dieu ; je ne dis pas, non en Roi ; je ne dis pas, non Prophète ; je ne dis pas, non en Juste, mais non en homme.

 

Ils le réduisent, eux, ces vers de terre, Lui, le Fils de Dieu, à s’écrier sous le poids de leur haine et de leur mépris :

 

« Et moi, l’opprobre et le méprisé du peuple, je suis un ver et non un homme ! ».

 

Ils se le vendent l’un à l’autre ; ils l’estiment au prix de trente pièces, dans le moment qu’Il les estimait, Lui, au prix de son Divin Sang ; ils le surprennent de nuit, armés d’épées et de bâtons ; ils le lient, ils le traînent de Pilate à Hérode, et d’Hérode à Pilate.

 

Ils le raillent comme roi, le parent d’écarlate et le couronnent d’épines ; ils le raillent comme prophète, lui donnent des soufflets et lui disent :

 

« Prophétise qui t’a frappé » ; ils le raillent comme Fils de Dieu, et lui crient : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve toi toi-même ! ».

 

Ils le frappent d’une verge, ils lui crachent au visage, ils le condamnent à mort, ils lui préfèrent Barrabas, ils le crucifient avec un malfaiteur à sa droite et un autre à sa gauche ; et tandis que les plus grands scélérats excitent du moins dans ce moment suprême, plus de pitié que de colère, même chez leurs plus cruels ennemis, Lui Seul a été réservé du Père à l’affreux privilège d’exciter sur sa croix, d’exciter dans son agonie, d’exciter par ses cris et par ses prières les rires, l’ironie, les sarcasmes de ses persécuteurs !

 

Ce n’est pas tout encore, c’est peu auprès de ce qui nous reste à dire

 

 – à qui ? A nous ? Non, mais à Kajarnak, mais à un impie qui heureusement ne connaît pas ces choses, ou du moins ne les connaît pas comme nous, qui savons les souffrances de notre Sauveur comme on sait tristement les fables d’Homère ou les histoires des siècles passés. 

 

Quand le Fils était seul, seul dans la tentation du désert, seul dans l’angoisse de Gethsémané, seul sur la croix, Il pouvait dire :

 

« Je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » ; mais que serait ce si le Père Lui-même venait à l’abandonner ?

 

Contre la rage du démon, contre la haine des pharisiens, contre les clameurs de la populace, contre la lâcheté de Pilate, contre les sarcasmes des sacrificateurs, Dieu, son Dieu, son Père, Le soutenait et Le consolait ; mais qui Le consolera, qui Le soutiendra contre la colère, contre la malédiction, contre la justice terrible de Dieu Lui-même ?

 

Cette mort, ce supplice, ce corps rompu, ce sang versé, ces outrages, ce sont là sans doute des amertumes de la croix ; mais l’amertume de la croix est ailleurs, la cause de sa sueur de sang est ailleurs, la coupe qu’Il demandait à ne pas boire, s’il était possibles, est ailleurs.

 

Le péché venant sur Lui, avec ce qui suit le péché, la colère du Père, la malédiction du Père,  voilà l’amertume de la croix.

 

J’ai vu le Père rassemblant sur le Fils l’iniquité de nous tous, Lui faisant porter nos péchés en son corps, le faisant être péché pour nous, le chargeant de nos transgressions jusqu’à surmonter sa tête et à le faire plier sous le fardeau.

 

Je l’ai vu, pour nous racheter de la malédiction à le froisser (Esaïe 53-10), le mettant en langueur, appesantissant sa main sur Lui, le transperçant de ses flèches, et ne laissant rien d’entier dans sa chair à cause de son indignation, ni de repos dans ses os à cause du péché. (Galates 3-13).

 

Je l’ai vu trouvant désormais dans son Fils, OUI, dans Son Fils Unique et Bien Aimé, un spectacle qui repousse sa Majesté Sainte, s’éloignant de sa délivrance et des paroles de son rugissement, le laissant crier, la voie lassée, le gosier desséché, les yeux consumés d’attente, et le contraignant enfin à cette exclamation d’angoisse :

 

« Eli, Eli, lamma sabachtahani ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as Tu abandonné ? »

 

Ceci nous laisse t il encore l’œil sec, le cœur froid ?

 

Qu’on me donne donc un autre auditoire !

 

Donnez moi donc pour auditeur des Groënlandais, des non croyants, qui entendent parler pour la première fois des merveilles d’un tel Amour, et je vous les montrerai émus, pénétrés de componction et s’écriant :

 

« Que faut il que nous fassions pour être sauvés ? »

 

Que dis je ?

 

Donnez moi le sol de la terre, donnez moi les rochers, donnez moi le voile du temple, donnez moi le soleil pour auditeurs, et je vous montrerai cette terre tremblant, ces rochers se fendant, ce voile se déchirant, ce soleil se voilant le visage, et l’univers, témoin de leur deuil et de votre indifférence, se demandant si ce n’est pas pour eux que le Fils de Dieu est mort plutôt que pour vous !

 

Dites le nous, Groënlandais, non croyants, dites le nous, terre, rochers, voile du temple, soleil, le Dieu qui a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés, ce Dieu, qu’est Il, s’Il n’est pas Amour ?

 

Mais ce qui achève de briser le cœur de Kajarnak, c’est la cause de cet Amour.

 

Car enfin, si Dieu nous a tant aimés, d’où nous vient tout cet Amour ?

 

Pour nous, nous aimons ce qui est aimable ; surtout, nous aimons ceux qui nous aiment.

 

Etions nous aimables aux yeux de Dieu, ou l’avions nous aimé les premiers ? Non.

 

« En ceci est l’amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés. »

 

Dieu, se dit à lui même Kajarnak, Dieu a envoyé son Fils Unique dans le monde en propitiation pour mes péchés ; et moi, qu’ai je fait pour Lui ?

 

Qu’ai je fait pour attirer cet Amour dont Il me prévient, dont Il me comble, dont Il m’accable ?

 

Où sont mes titres, mes avances ; où sont mes œuvres, mes désirs, mes pensées qui ont pu provoquer de sa part un Tel Amour ?

 

Quand Il se souvenait de moi, quand Il prolongeait jusqu’à moi Sa Gratuité, quand Il sacrifiait pour moi son propre Fils, quand Il m’envoyait ce Chrétien de delà les mers pour me rendre témoignage de son Amour, hier encore, ce matin même, que faisais je ?

 

Je l’oubliais, je l’offensais, je foulais aux pieds sa Sainte Loi.

 

Je vivais dans l’égarement, dans la révolte, dans l’idolâtrie, dans la convoitise, dans la haine, dans le mensonge, dans le larcin, dans les voluptés.

 

Ah ! Mes avances, je n’en vois d’autres que mes péchés, et mes titres à son Amour, je n’en vois d’autres que cet Amour même !

 

Oui, Kajarnak, tu dis vrai ; et plus tu apprendras à te connaître, plus tu te verras coupable, injuste, rebelle, « ennemi de Dieu par tes pensées et tes œuvres mauvaises », digne enfin de l’enfer et d’une malédiction éternelle.

 

Si tu pouvais en douter un moment, le spectacle de cette croix même que tu as devant les yeux suffirait pour te désabuser.

 

Car, si elle te montre Dieu aimant tellement le pécheur qu’Il a donné son Fils Unique pour le sauver, elle te montre aussi Dieu détestant tellement le péché qu’il na pas fallu un poindre prix pour l’expier que la mort de ce Fils unique.

 

Un même sang mesure tout ensemble l’amour de Dieu pour nous et l’horreur de Dieu pour nos péchés.

 

Quels péchés que ceux qui ont exposé le fils de Dieu à la rage de l’enfer, à la fureur du monde, hélas ! Et à la colère du ciel !

 

Quels péchés que ceux que Dieu n’a pu contempler en son propre Fils sans l’accabler, Lui son Fils, du poids de sa malédiction !

 

Les plus terribles déclarations de la haine de Dieu contre le péché, le monde submergé par le déluge, cinq villes de la plaine consumées par le feu du ciel, des peuples entiers exterminés en Canaan, ces tonnerres, ces éclairs, cette fumée et ce tremblement du Sinaï, tout cela est peu de chose auprès du Fils Unique de Dieu mourant sur la croix.

 

Approche, Kajarnak, et achève de lire dans l’agonie de ton Sauveur l’enfer que tu as mérité.

 

Et pourtant, quand tu étais si haïssable que le sang du Fils de Dieu pouvait seul te réconcilier avec Dieu, Dieu t’a tant aimé qu’Il a versé pour toi ce sang précieux !

 

« Est ce là la manière des hommes ? »

 

Tu as pu aimer une femme, un enfant, un ami ; mais aimer un ennemi, mais le poursuivre de ton amour jusqu’à ce que tu eusses triomphé de sa haine, mais sacrifier pour lui ton plus précieux trésor quand il était au plus fort de son animosité contre toi, as tu jamais fait, as tu jamais vu, as tu jamais imaginé rien de semblable ?

 

Dieu t’a aimé, non pour quelque chose d’aimable qu’Il ait vu en toi, mais malgré tout ce qu’il y a eu de mauvais et d’odieux.

 

Il t’a aimé à cause de Lui même, par un épanchement de sa nature ; Il t’a aimé parce qu’Il est Amour.

 

Kajarnak n’est pas le seul qui s’émeuve à cette pensée.

 

Tous les écrivains sacrés n’ont qu’une voix là dessus, et dans les tendres prescriptions qu’ils font de l’Amour de Dieu, le point saillant, le trait qui a percé leur propre cœur, c’est la gratuité de cet Amour.

 

« Quand nous étions des enfants de colère comme les autres, Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand Amour dont Il nous a aimés, quand nous étions morts par nos offenses, nous a vivifiés ensemble avec Christ ; vous avez été sauvés par grâce. »

 

Et ailleurs :

 

« Quand nous étions privés de toute force, Christ est mort en son temps pour nous qui étions des impies. Or, à peine quelqu’un mourrait il pour un juste ; mais Dieu fait paraître son Amour envers nous, en ce que Christ est mort pour nous quand nous étions encore des pécheurs ». Ephésiens 2 / 1-5. Romains 5/6-8

 

Et encore :

 

« Car nous étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, dignes d’être haïs et nous haïssant l’un l’autre. Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur et son Amour envers les hommes ont été manifestés, Il nous a sauvés, non par des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon Sa Miséricorde ». Tite 3/3-5

 

Mais tout cède à l’expression de notre apôtre :

 

« En ceci est l’Amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés ».

 

Sentons nous la force de cette pensée :

 

« En ceci est l’Amour ? »

 

Ce que nous avons vu jusqu’à présent, une propitiation trouvée pour nos péchés, le Fils de Dieu envoyé au monde, ce Fils livré pour nos péchés, tout cela est une manifestation de l’Amour de Dieu, une manifestation si éclatante qu’auprès d’elle pâlissent toutes les autres marques de l’Amour Divin qu’un homme ou qu’un ange même pourrait recueillir de tout l’univers.

 

Mais voici plus qu’une manifestation de l’Amour, en voici l’Essence même et le Principe :

 

« Dieu nous a aimés le premier » 1 Jean 4/19 ;

 

et si la grandeur de cet Amour nous force à nous écrier avec admiration :

 

« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils » ;

 

la gratuité de ce même Amour arrache à nos cœurs humiliés et brisés cette tendre, cette profonde parole :

 

« Dieu est Amour ! »

 

Oui, Dieu est Amour : cela seul peut expliquer qu’Il ait ainsi aimé.

 

Qui ?

 

Des anges ? Des saints ?

 

Non, mais nous, ses ennemis, nous proprement, moi qui vous parle, vous qui me lisez.

 

Dieu est Amour : l’Amour est Son Etre, Sa Substance, Sa Vie.

 

Dieu est Amour :  l’Amour résume toutes Ses Œuvres et explique toutes Ses Voies.

 

L’Amour lui a inspiré la création d’une race sainte, et la rédemption d’une race déchue.

 

L’Amour a vaincu le néant pour nous donner l’existence, et triomphé du péché pour nous donner la vie éternelle.

 

L’Amour fait le sujet de l’admiration des anges, et le fera de la nôtre dans l’éternité.

 

Les pensées de Dieu sont Amour, Sa Volonté est Amour, Sa Providence est Amour, Ses Dispensations sont amour, Sa Sainteté est Amour, Ses Jugements son Amour, tout en Lui est Amour :

 

« Dieu est Amour ».

 

Mais le cœur de Kajarnak lui en dit plus que nos discours.

 

A l’ouïe de cette bonne nouvelle, voici ce païen, s’il est permis de lui donner un tel nom, le voici qui, suspendu à la parole du Chrétien, le cœur ému, la conscience troublée, s’écriant :

 

« Que dites vous là ? Répétez nous cela : moi aussi je veux être sauvé ».

 

Et pourquoi lui plutôt que nous, vous ?

 

Pourquoi la même doctrine, qui de ce non croyant a fait un Chrétien sur les rivages du Groënland, ne ferait elle pas aujourd’hui, où que nous soyons ou soyez un Chrétien réel et vivant ?

 

C’est l’invitation réveillant l’apathie ordinaire, à se mettre à la place de ce Groënlandais qui entend la Parole de Dieu, l’Evangile pour la première fois de sa vie ; mais gardons nous de croire que cette condition soit indispensable pour en être touché, que l’Evangile ait perdu de sa vertu pour l’avoir été si souvent entendu, et que cette froideur que nous déplorions tantôt soit une nécessité de position.

 

C’est une nécessité de péché, de négligence, d’ingratitude, d’incrédulité, et rien de plus.

 

Notre position est un privilège, si nous y savons seulement répondre.

 

L’Evangile a été souvent entendu, répété ? Eh bien, nous avons ce que souhaitait si ardemment Kajarnak :

 

« Répétez nous cela, répétez nous cela ».

 

On a fait pour nous ce que l’apôtre Paul prenait soin de faire pour ses chers Philippiens :

 

« Il ne m’est point fâcheux, et c’est votre sûreté, que je vous écrive les mêmes choses ».

 

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite & Fin)

 

 

bible (5)Croix Huguenote

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:30
Dieu est Amour (5ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(5 ème et dernière Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Suppléons au défaut de nouveauté par la ferveur de la méditation, et nous allons trouver dans ce long usage que nous avons de l’Evangile un moyen de nous mieux pénétrer de l’Amour de Dieu.

 

Les œuvres de l’homme perdent à être considérées de trop près ; mais les œuvres de Dieu, mais les témoignages de son Amour, mais par dessus tout le don ineffable de son Fils, nous ne les pourrons jamais tellement admirer que nous ne demeurerions que fort au dessous de la vérité.

 

Nous ne le pourrions ni dans cette vie ni dans celle qui est à venir ; les anges eux mêmes ne le pourront jamais, eux qui s’efforcent en vain d’y regarder jusqu’au fond.

 

Combien de face nouvelles à contempler, que toutes les prédications, tous les livres, toutes les méditations ne suffiraient pas plus à épuiser que nous n’épuiserions la mer avec le creux de notre main !

 

Tantôt c’est la profondeur de l’abîme dont Dieu nous a retirés : quel Amour que celui qui nous a délirés du péché, de l’enfer, du feu éternel, de la société du démon et de ses anges !

 

« ta bonté est grande envers moi ; car tu as retiré mon âme d’un sépulcre profond ! »

 

Tantôt c’est le nombre, c’est l’immensité des dons qui accompagnent celui du Fils : quel Amour que celui qui nous accorde « grâce pour grâce », la vie éternelle, la paix, la lumière, la force, la joie, et pour tout dire en un mot , « la participation à la nature divine ».

 

Tantôt c’est la grandeur, c’est la plénitude du pardon que Dieu nous donne en Jésus christ.

 

Quel Amour que Celui qui anéantit le péché, « qui le jette au fond de la mer, qui l’éloigne de nous autant que l’Orient est éloigné de l’Occident », qui ne nous demande que de nous repentir et de croire, et qui, tombés à genoux sous le poids de la malédiction divine, nous relève affranchis, justifiés, glorifiés, sauvés !

 

Tantôt c’est la direction nouvelle que la Grâce de Dieu en Jésus Christ imprime à ces angoisses de la vie que nous héritons du premier Adam.

 

Quel Amour que Celui qui s’empare de tous ces fruits du péché, qui les fait entrer dans Son Plan, qui les contraint à accroître notre félicité, qui tourne la malédiction en bénédiction, et qui plie toutes les créatures, jusqu’aux plus ennemies, à ne plus travailler que pour notre bien !

 

Tantôt ce sont les appels particuliers que Dieu adresse à chacun de nous pour le porter à recevoir ce grand salut.

 

Quel Amour que Celui qui, nous voyant lent à fuir la colère à venir, nous envoie appel sur appel, avertissement sur avertissement, messager sur messager, affliction sur affliction, s’il le faut, et qui frappe coup sur coup à la porte de notre cœur !

 

Tantôt c’est cette ferme assurance de La Grâce que le Saint Esprit communique à une âme, et à l’âme même d’un Zachée, d’une Marie Magdeleine, d’un brigand crucifié.

 

Quel Amour que Celui qui rend une telle âme capable de saisir la vie éternelle, de ressusciter par avance, de prendre possession du paradis, de s’asseoir dans les Lieux Célestes avec Jésus Christ et de chanter le cantique :

 

« Je suis assuré que ni vie ni mort, ni anges ni principautés ni puissances, ni choses présentes ni choses à venir, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature, ne nous pourra séparer de l’Amour de Dieu qu’Il nous a montré en Jésus Christ Notre Seigneur ! »

 

 

Mais surtout, surtout, quel Amour que Celui qui a donné, qui a sacrifié pour nous le Fils Unique et Bien Aimé !

 

C’est là qu’il en faut toujours revenir ; c’est là que se concentrent toutes les grâces et le ciel tout entier.

 

Car « Celui qui n’a point épargné son Propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait Il pas toutes choses avec Lui ? ».

 

C’est là que nous contemplons sans voile, en face, « dans le visage de Jésus Christ » (2 Corinthiens 4/6), et de Jésus Christ crucifié, l’Amour caché dans le Sein du Père.

 

C’est là que le cœur de Dieu s’ouvre devant nous et que nous y lisons comme dans un livre des choses ineffables, que nulle langue humaine ne peut expliquer dignement.

 

C’est là que nous recevons une mesure nouvelle pour mesurer cet amour auquel toutes les dimensions humaines réunies ne suffisent point, et « qu’étant enracinés et fondés dans l’Amour, nous sommes rendus capables de comprendre, avec tous les saints, quelle en est la largeur, et la longueur, et la profondeur, et la hauteur, et de connaître l’Amour de Christ qui surpasse toute connaissance ».

 

Et pourtant, vains efforts !

 

Non, nous ne saurions le contempler sans voile !

 

Notre faible cœur n’y pourrait suffire !

 

Tout notre être en serait brisé, anéanti !

 

Ici bas nous n’en contemplons que les bords !

 

Et si, comme Moïse, nous demandons à Dieu de nous faire voir Sa Gloire, Il fera passer toute Sa Bonté devant nos yeux, mais nous ne pourrons pas la voir en face.

 

Tandis que ce spectacle se déploiera devant nous, « la main de Dieu nous tiendra couverts dans l’ouverture du rocher ».

 

Seulement une voix frappera nos oreilles, non plus celle qu’entendit Moïse,  mais une voix plus douce et plus tendre encore, la voix du Saint Esprit dans notre texte :

 

Dieu est Amour ! Dieu est Amour !

 

Et maintenant cet Amour, qu’en voulons nous faire ?

 

Voulons nous y répondre, comme Kajarnak, et dire :

 

« Moi aussi je veux être sauvé ? »

 

Il n’est pas demandé de croire à la vérité de la doctrine que le Seigneur vient de faire entendre, nous n’en pouvons pas douter.

 

Cette doctrine se rend à elle-même un témoignage trop manifeste.

 

Si elle n’était pas véritable, elle ne serait pas dans le monde : « ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, qui ne sont point montées au cœur de l’homme », et il serait plus inexplicable que l’homme eût conçu un tel dessein qu’il ne l’est que Dieu l’ait exécuté.

 

Il n’y a aucune ignorance qu’en exposant de la sorte, que la grandeur même de l’Amour que Dieu nous a témoigné, selon l’Evangile, rend l’Evangile incroyable pour un grand nombre.

 

Dieu donnant Son Fils Unique, ce Fils se chargeant de notre nature, ce Fils mourant pour nos péchés, c’est trop d’amour, c’est une condescendance trop infinie pour trouver une entière créance dans des cœurs asservis à l’égoïsme comme les nôtres.

 

Comment croire que Dieu a donné pour nous Son Fils Unique et Bien Aimé, si nous sommes si lents à donner pour autrui ?

 

Non pas un fils ou une fille unique et bien aimé€, mais un peu de notre temps, de notre travail, de notre nécessaire, de notre superflu, de notre bien être ?

 

Réfléchissons et reconnaissons que cela même qui excite notre incrédulité est ce qui doit la confondre.

 

Comment l’esprit humain aurait il pu imaginer un prodige d’amour qui le dépasse, qui le déborde de toutes parts ?

 

Comment serait il capable d’inventer ce qu’il n’est pas même pas capable de croire ?

 

Où l’a-t-il prise, cette idée accablante d’un Fils de Dieu mis en croix pour nos péchés ?

 

Dans quelle région inconnue, dans quels replis de ses méditations, dans quelles profondeurs de ses philosophes, dans quel rêve de ses poètes ?

 

Ah ! Quand je trouverais ce système de l’Evangile au fond d’un désert, loin des prophètes qui l’ont annoncé, loin des prodiges qui l’ont attesté, je le reconnaîtrais tout aussitôt pour l’ouvrage d’un Dieu dont les voies ne sont ps nos voies, ni les pensées nos pensées.

 

Quand Dieu aime, Il aime comme Il fait tout le reste, en Dieu.

 

Veut Il montrer sa puissance ? Il fend les flots de la mer.

 

Veut Il faire éclater Sa Justice ? Il fait monter un déluge sur la terre entière.

 

Veut Il déployer Sa Gloire ? Il parle, et un monde sort du néant.

 

Veut Il faire voir qu’Il est Maître Souverain ? Il parle encore, et le soleil s’éteint, et « les cieux sont roulés comme un livre ».

 

Et veut Il manifester Son Amour, qui « est par-dessus toutes Ses Œuvres » ? Il envoie Son Fils au monde, et Il le livre pour nos péchés.

 

Laissons donc là tous nos doutes, tous nos sophismes, toutes nos hésitations.

 

Faisons comme Kajarnak, écoutons notre cœur.

 

Ce cœur, ne le sentons nous pas ? Est à l’étroit au-dedans de nous, il manque d’air, de jour et de vie.

 

Mettons le au large, échangeons le dieu froid, le dieu mort que nous avons pu servir jusqu’ici, contre ce Dieu qui est Amour et qui a donné Son Fils pour nous sauver.

 

Aussi bien, quel autre salut pourrions nous trouver, quel autre chercher, à quel autre songer seulement en présence de ce spectacle d’amour ?

 

Quels titres, quels mérites, quelles œuvres, que ce fleuve d’amour n’emporte avec nos péchés ?

 

Irons nous peser nos vertus, énumérer nos services, compter les deniers de nos « aumônes » à la vue du sang du Fils de Dieu coulant pour nous ?

 

A cette vue, cessons du même coup et de rien craindre de nos péchés et de rien espérer de nos œuvres.

 

Hâtons nous de jeter au loin le vêtement souillé de notre propre justice, comme Bartimée son manteau.

 

Plongeons nous dans « cette source qui est ouverte en Jérusalem pour le péché et pour la souillure. Quand nos péchés seraient comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige, et quand ils seraient rouges comme le vermillon, ils deviendront comme la laine. »

 

Venons à Celui qui le Premier «  est venu chercher et sauver ce qui était perdu », et qui adresse une invitation si tendre :

 

« Vous tous qui êtes altérés, venez aux eaux, et vous qui n’avez point d’argent, venez, achetez et mangez ; venez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait ».

 

« Venez, et qu’on vous donne dans le sein une bonne mesure, pressée, secouée, et qui se répand par-dessus les bords ».

 

Venons, tels que nous sommes, quand nous entendrions l’Evangile pour la première fois, c’est assez.

 

Kajarnak ne l’avait pas entendu davantage.

 

On ne nous demande que de dire comme lui :

 

« Et moi aussi, je veux être sauvé », que de croire à l’Amour de Dieu, que d’entrer dans le Plan de Sa Grâce, et que de ne pas rendre « inutile le sang de la croix ».

 

Croyons, ouvrons nous, abandonnons nous, rendons nous !

 

Et s’il n’y a pas reddition, quelle est donc alors la pensée ?

 

Serait ce qu’il y ait fondation sur cet Amour même un secret calcul, et qu’il  y ait encouragement dans l’incrédulité par la pensée qu’un Dieu si rempli d’Amour ne saurait réserver une éternité misérable ?

 

S’il en est ainsi, il n’y aucun arrêt pour représenter combien ce calcul est indigne.

 

Eh quoi ! Lorsque Dieu fait appel à ce qu’il reste de plus noble et de plus généreux dans notre nature déchue, par un Amour immérité, immense, ineffable, nous tromperions autant qu’il est en nous le but d’un si tendre appel,  en ne songeant qu’à faire prévaloir contre Dieu de l’excès même de sa miséricorde !

 

Mais ne nous arrêtons pas là-dessus, parce que, dans la supposition qu’il vient d’être faite, ce langage serait vraisemblablement inintelligible pour beaucoup.

 

Il ne reste plus qu’à dire une chose, et elle sera sérieuse : c’est que cet Amour qui nous rassure est ce qui doit également nous faire trembler.

 

Gardons nous de comparer Dieu à ces personnes faibles dont la bonté imprévoyante flatte et nourrit le vice ou l’ingratitude qui en abuse ; bonté indigne d’un homme juste, plus indigne d’un magistrat intègre, combien plus indigne encore du « juge de toute la terre » !

 

L’Amour de Dieu est un amour Saint auquel s’associe l’horreur du péché, et nulle part, encore une fois, ni dans le déluge, ni dans Sodome et Gomorrhe, ni dans l’Egypte, ni dans Canaan, ni en Sinaï, cette horreur n’a été si hautement déclarée que sur la croix.

 

Si nous demeurons dans nos péchés et dans notre incrédulité, l’Amour de Dieu ne trouve point d’accès en nous, et Dieu ne peut pas nous faire face.

 

Il ne le peut pas, sans voiler Sa Sainteté et se manquer à Lui-même.

 

Il ne le peut pas, comme « Jésus ne put pas faire de miracles » chez les Nazaréens, « à cause de leur incrédulité » (Marc 6 :5 ; Matthieu 13 : 58).

 

Il ne le peut pas, parce que « nous aurons rendu Son Dessein inutile à notre égard » (Luc 7 : 30)

 

Il est écrit : «  Si nous sommes infidèles, Il demeure Fidèle, et ne peut se renier Lui-même » (2 Timothée 2 : 13)

 

Mais ce n’est pas assez dire.

 

L’Amour de Dieu trouvera accès chez l’incrédule, mais ce sera pour se tourner contre lui et pour rendre sa condition plus cruelle.

 

Si nous persévérerions dans cette voie,  un temps viendrait où nous serions réduits à souhaiter que nous n’eussions jamais été ainsi aimés, parce que l’Amour de Dieu, oui, Cet Amour Lui-même nous laisserait sans consolation, sans excuse et sans ressource.

 

Sans consolation :

 

Si nous avions été moins aimés, nous pourrions espérer peut être dans notre ruine quelque adoucissement aux reproches de notre conscience et à l’amertume de nos regrets ; mais le moyen de les adoucir quand nous songerions que Dieu nous avait tant aimés que de livrer à la mort pour nous Son Fils Unique et Bien Aimé ?

 

Quelle profondeur d’angoisse dans cette pensée : périr quand nous avions un Tel Sauveur !

 

Avoir été tant aimés et être venus dans ce lieu de tourment !

 

Sans excuse :

 

Si nous avions été moins aimés, nous pourrions essayer de quelque justification devant le Tribunal du Souverain Juge ;  mais que Lui répondre, mais comment ouvrir seulement la bouche, quand Il nous rappellerai combien Il nous a aimés et de quel prix Il a payé notre rançon ?

 

Pesons ces paroles :

 

 « Si quelqu’un avait violé la loi de Moïse, il mourait sans miséricorde sur la déposition de deux ou trois témoins. De combien pires tourments pensez vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, estimé profane le sang de l’Alliance par lequel Il a été sanctifié, et outragé l’Esprit de Grâce ? C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu Vivant ! » 

 

Terrible ! Et pourquoi ?

 

Nous venons de le lire, à cause des Grâces mêmes que nous avons reçues, à cause de l’Amour que Dieu nous a témoigné.

 

Enfin, et surtout, sans ressource :

 

Si nous avions été moins aimés,  nous pourrions rêver peut être quelque nouvelle manifestation d’amour, capable de réparer notre crime et de remédier à notre misère.

 

Mais qu’espérer de semblable quand Dieu a livré Son Propre Fils et ne l’a point épargné ?

 

Attendrons nous qu’une autre victime soit immolée tout exprès pour nous ?

 

Une victime plus précieuse devant Dieu que « Son Fils Unique et Bien Aimé » ?

 

Plus glorieuse que « l’image empreinte de Sa Personne et la Splendeur de Sa Gloire» ?

 

Plus touchante que « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ?

 

Plus grande que « Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » ?

 

Plus pure que « Le Saint des saints » ?

 

Plus capable de nous délivrer que « Le Conseiller, l’Admirable, le Dieu Fort et Puissant, le Père d’Eternité, le Prince de Paix » ?

 

Non, non.

 

« Si nous péchons volontairement après avoir reçu la Connaissance de la Vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais l’attente terrible d’un feu qui dévorer les adversaires » (Hébreux 10 : 26)

 

Aussi Dieu nous prend Il à témoin contre nous-mêmes qu’il n’y a rien à ajouter à ce qu’Il a fait pour nous.

 

« Jugez, je vous prie, entre moi et ma vigne. Qu’y avait il à faire à ma vigne que je ne lui aie fait » ?

 

Tout est épuisé, épuisé par l’Amour, et les ressources ne manquent que parce que l’Amour de Dieu s’est déjà donné, donné tout entier.

 

Il faut donc le dire, quelques répugnance que j’éprouve à présenter de pareilles considérations sur un tel sujet, il faut le dire à ceux qui spéculent sur l’Amour de Dieu, dont certains osent se prévaloir pour Lui contester et résister, et qui feront peut être, leur plus grand tourment dans l’avenir.

 

Cette pensée n’est pas nouvelle.

 

Bien des théologiens l’on émise.

 

Peut être est ce essentiellement cet Amour qui rendra leurs regrets plus amers, leur incrédulité plus criminelle, leur condition plus désespérée.

 

Peut être est ce cet Amour qui fera paraître la justice du jugement à venir, et qui expliquera l’inexplicable mystère d’un châtiment éternel.

 

Peut être mon texte recevra t il dans l’enfer une éclatante,  mais redoutable confirmation.

 

Peut être ne parlera t on pas moins de l’Amour de Dieu (quoique, hélas ! Avec un sentiment bien différent) dans le séjour des damnés que dans celui des bienheureux.

 

Il y a plus ici que de simples hypothèses.

 

On a vu des impies mourants, agités de pressentiments sinistres, rendre témoignage comme en dépit d’eux, au travers de leurs blasphèmes, à l’Amour de Dieu désormais fermé pour eux, mais fermé par eux seuls.

 

Le Saint Esprit nous montre dans l’Apocalypse les ennemis du Seigneur le reconnaissant, mais avec effroi, pour l’Agneau de Dieu, et disant aux montagnes et aux rochers :

 

« Tombez sur nous, et nous cachez de la face de Celui qui est assis sur le Trône et de la colère de l’Agneau ! Car le grand jour de Sa Colère est venu ; et qui est ce qui peut subsister » ?

 

La colère de l’Agneau !

 

Etrange, épouvantable association d’idées !

 

La colère du lion est dans l’ordre de la nature.

 

Mais la colère de l’agneau a quelque chose d’inaccoutumé qui la rend plus redoutable encore.

 

Plus elle est opposée à son caractère, plus il faut qu’elle soit juste, qu’elle soit provoquée, qu’elle soit inévitable, quand elle éclate.

 

Et si ses malheureuses victimes découvrent encore l’Agneau dans celui qui les frappe, ce caractère d’Amour n’arrache leurs hommages que pour accroître leur terreur.

 

Ah ! Puissiez vous ne jamais avoir à fuir devant la colère de l’Agneau !

 

Puisse un temps ne pas venir où le plus grand malheur serait d’avoir été aimés d’un si Grand Amour et Rachetés à un si haut prix !

 

Un temps où reconnaissant trop tard la vérité de mon texte, il y aurait confession certaine que Dieu est Amour, mais avec la rage dans le cœur !

 

N’est il pas vrai, nous ne voulons pas fermer plus longtemps notre cœur à l’Amour de Dieu, ni vivre sans foi devant un Dieu qui est Amour ?

 

Par cette foi, nous sauvons notre âme.

 

Par elle aussi nous devenons un autre homme, une autre femme.

 

Cet amour de Dieu que nous avons devant les yeux se communique à nous et renouvelle tout notre être.

 

C’est en se sentant aimé qu’on apprend à aimer, et l’égoïsme ne règne que parce qu’on ignore l’Amour de Dieu.

 

Entrevoyons nous la vie nouvelle que ce changement prépare ?

 

Je nous vois, « imitateur de Dieu, comme son Enfant Bien Aimé ».

 

Je nous vois, à l’exemple de Christ qui nous aimé, « aller de lieu en lieu faisant du bien », et trouver notre joie dans les privations, dans les fatigues, dans les sacrifices de la Charité.

 

Je nous vois, « pressé et possédé de l’Amour de Christ », sevré de notre volonté propre, de l’amour de l’argent et des plaisirs vides du monde, consoler l’affligé, soulager le pauvre, visiter le malade, et porter partout avec nous Jésus Christ et tous ses bienfaits.

 

Alors l’image et la ressemblance de Dieu aura été formée tout de nouveau dans le cœur !

 

Alors nous demeurerons en Dieu et Dieu en nous !

 

Si d’être aimé, c’est la vie de notre âme, aimer, n’en est ce pas la joie ?

 

Si d’être aimé, c’est toute la dogmatique de l’Evangile, aimer, c’en est toute la morale.

 

Aimer comme nous avons été aimés, c’est le ciel sur la terre, en attendant que ce soit le ciel dans le Ciel.

 

Heureux si l’Amour de Dieu nous pénètre de telle sorte qu’on ne puisse trouver à notre caractère, par quelque côté qu’on nous regarde, de définition plus exacte que celle que l’Amour a inspirée à Jean pour décrire Celui de Dieu !

 

Heureux si l’on peut dire de nous : Il est Amour ! Ses paroles sont Amour ! Ses œuvres sont Amour ! Son zèle est Amour ! Son travail est Amour ! Ses joies sont Amour ! Ses larmes sont Amour !

 

Heureux surtout si ce Dieu « qui sonde les cœurs et les reins » peut ajouter :

 

Son cœur aussi est Amour !

 

Amen.

 

Adolphe Monod Refuge Protestant

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant réformée

Bible

Croix Huguenote

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:10
Le Bonheur par Ernest Dhombres

Croix huguenote

Le Bonheur

(Par Ernest Dhombres)

 

 

Je ne connais plus le bonheur (Lamentations 3.17)

Heureux, vous qui êtes pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez, parce que vous serez dans la joie. Vous serez heureux lorsque les hommes vous haïront et vous diront des outrages. (Luc 6.20-23)


 


 

Ce n'est pas sans surprise que j'ai constaté que le mot bonheur se trouve rarement dans la Bible.

Je ne l'ai rencontré, au moins dans son sens général, qu'au livre le plus poignant des Ecritures, les Lamentations de Jérémie ; encore n'y est-il que d'une manière négative :

« Je ne connais plus le bonheur. »

Serait-ce parce que cette réalité, trop belle pour notre pauvre terre, n'appartient qu'à un paradis retrouvé ?

D'autre part, si ce mot n'est pas dans nos pages sacrées, la chose s'y trouve ; mais elle n'exprime guère ce que nous décorons du nom de bonheur.

Que dirions-nous d'un ascète, d'un cénobite, ou d'un nouveau Jean-Baptiste qui viendrait nous proclamer cette doctrine étrange : Heureux les pauvres, heureux les affligés ; heureux ceux qui sont outragés et haïs ?...

On le prendrait pour un illuminé, pour un pauvre fou, auquel il faudrait conseiller de retourner à ses jeûnes et à ses prières au désert...

C'est là pourtant ce que Jésus est venu enseigner au monde, il y a dix-neuf siècles.

Or, par ce paradoxe -- si c'est vraiment un paradoxe -- il a marqué que le bonheur n'est nullement dans les choses extérieures de la vie, mais dans tel état d'âme qui domine les vicissitudes de la vie.

Eh bien, emparons-nous de la pensée de Jésus-Christ pour déterminer le vrai sens du mot bonheur, diamétralement opposé à celui que lui donne le monde.

Je crois qu'il nous sera facile de constater que le bonheur des mondains aboutit à une faillite, tandis que celui des chrétiens est une admirable réalité, au sein même de l'infortune.

Vous l'avouerai-je ? En étudiant le sujet du bonheur, je me suis senti gagné par une invincible mélancolie.

Et tout d'abord, ma pensée s'est portée vers ces millions d'êtres humains qui ne connaissent que la souffrance et les privations.

Dominés par les rudes nécessités de l'existence, ce ne sont pas eux qui ont le loisir de s'abandonner à des dissertations sur ce sujet.

Ils livrent l'inexorable combat pour la vie, du matin au soir, et ce combat devient chaque jour plus âpre et plus violent.

D'autre part, j'ai constaté que l'idée du bonheur s'est singulièrement abaissée en cette fin de siècle.

Elle pourrait tenir, au moins pour le grand nombre, dans cette formule brutale : être riche ou le devenir.

La passion de l'argent s'affirme de plus en plus avec cynisme.

La fortune -- la seule royauté aujourd'hui debout -- confère tous les privilèges et reçoit tous les hommages.

On est un homme riche, on est quelqu'un, on n'a que pauvreté ou fortune médiocre, on ne compte pas...

De là, les ambitions effrénées qui s'éveillent et qui, plus d'une fois, conduisent au crime.

Le métal tant convoité qui s'appelle l'or, miroite devant toutes les imaginations et leur donne le vertige.

C'est la sirène moderne qui attire et ensevelit dans ses abîmes toutes les nobles aspirations, tous les généreux sentiments.

Vous savez bien que je n'invente pas...

La spéculation, le cours de la rente, les fluctuations de la Bourse, constituent aujourd'hui les ressorts de la vie moderne.

Là se concentrent les combinaisons habiles des gens d'affaires ; là se trouvent les grandes émotions des jours de crise : joie ou stupeur, et quelquefois, les suicides...

Pourquoi cet affolement, cette fièvre de devenir riche, non par un labeur consciencieux, mais tout de suite ?

Oh, c'est bien simple ! Autrefois, nos ancêtres avaient la passion d'amasser ; aujourd'hui, nos contemporains ont celle de jouir.

Et pour jouir, il faut être les esclaves de cet adversaire moderne de nos âmes, le roi de l'or qui, plus cruel que les tyrans de l'antiquité, imprime au front de ses victimes ces deux flétrissures : l'égoïsme et le matérialisme.

Certes, nous ne faisons pas ici un procès à la richesse en général, ni aux riches chrétiens, fidèles dispensateurs des biens que Dieu leur prête ; mais nous marquons quelques-uns des traits de notre société moderne.

Eh bien, n'est-il pas vrai que jouirest en ce moment l'idéal de vie du grand nombre ?

Epicuriens, matérialistes pratiques, hommes, femmes, jeunes gens mondains, tous sont affolés de plaisirs jusqu'à la démence.

Ils se poursuivent, se heurtent, se bousculent pour avoir le premier rang sur cette arène, où le triomphe est fascinateur.

Et pour obtenir ce rang si envié, ne faut-il pas se livrer aux hasards de la spéculation, c'est à dire, s'exposer aux pires catastrophes ?

Ces bonheurs-là me causent autant de pitié que de stupeur...

Encore, n'en voyons-nous que le côté extérieur, que le décor brillant.

Mais les dessous ?

Avons-nous pensé à ce qui se dissimule de convoitises dans ces âmes vouées au culte du plaisir, du succès, de la vanité et des sens ?

Pour les satisfaire, ces convoitises, avons-nous pensé aux infamies, petites ou grandes, qu'il faut commettre ?

Savons-nous les basses envies, les noires jalousies que recèlent ces cœurs de mondains et de mondaines ?

Que de perfidies secrètes, de calomnies insidieuses contre des rivaux qu'il faut perdre !

Que de pactes indignes, tolérés peut-être par la morale des affaires, mais hautement désavoués par l'honneur !

Que de moyens délictueux, de trahisons, de menées ténébreuses, pour s'emparer de toutes les aises, de tout le luxe, de tout le pouvoir que confère la grande fortune, sans nul souci des victimes qu'on fait et des ruines qu'on amasse sur son chemin...

Oh ! je vous en prie, ne profanons pas le nom de bonheur en le donnant à ces satisfactions mauvaises, à ces réussites fatales, à ces triomphes insolents dont pourraient se glorifier non des hommes, mais des démons...

Poursuivons cette analyse et voyons si le bonheur ne se trouve pas dans une sphère plus haute.

C'est une belle chose que la contemplation de la nature.

Dieu a mis à profusion sur la terre les spectacles les plus magnifiques pour le plaisir de nos yeux et la joie de nos cœurs.

Il y a aussi de nobles jouissances, bien au-dessus des satisfactions vulgaires, dans l'étude des questions littéraires et scientifiques, dans la culture de l'art et de la poésie, dans les travaux de la pensée, dans la vue d'un tableau où le génie de l'artiste a fixé le reflet d'une beauté supérieure, comme aussi dans l'audition d'un poème symphonique tout pénétré de larmes et de suaves harmonies.

Notre âme vibre alors comme sous un souffle venu d'en haut, et ce frémissement est l'une de nos plus pures jouissances.

Toutefois nous ne pouvons prêter à ces satisfactions passagères, qui ne sont que l'agrément de la vie, le sens élevé du mot : bonheur.

C'est aussi une belle chose que la famille et ses tendres relations.

Vous qui les possédez, vous savez qu'elles sont bien près de réaliser le paradis sur la terre, et je ne m'arrête pas à vous les décrire.

Que de joies intimes dont vous gardez le souvenir dans vos cœurs comme on garde de saintes reliques !

Des joies, des bonheurs, ai-je dit !

Moments délicieux, heures bénies, jours ineffables !

Mais enfin, des moments, des heures, des jours, qui ne sont ni toute la vie, ni tout le bonheur !

En effet, vous savez bien que, le plus souvent, un ver caché gâte nos meilleures satisfactions : nous avons un aimable cercle de famille, et notre santé altérée nous empêche d'en jouir ; nous possédons tel bien auquel nous attachons peu de prix, et nous en désirons avec ardeur tel autre qui nous est obstinément refusé.

Toujours quelque chose d'incomplet, d'inachevé, de décevant, dans la destinée humaine et qui ne va pas sans mélancolie...

Puis, les points noirs à l'horizon, les mille soucis dont la vie est faite ; puis, l'imprévu, peut-être la gêne, une intelligence obscure, une infirmité menaçante, une carrière brisée ?...

Qui peut dire la variété des blessures que nous fait la vie ?

Elle serait inépuisable, la nomenclature de nos peines connues ou secrètes.

D'ailleurs, ce bonheur domestique qui nous est si cher même traversé par des épreuves, il en est beaucoup qui ne l'ont jamais goûté et qui se contenteraient, pour rassasier leur faim, des miettes tombées de notre table.

Que d'unions conjugales d'où sont bannies la confiance et l'affection !

Que de promesses de bonheur ont échoué sur la lande stérile de l'indifférence, et même de la répulsion !...

Et pour ceux qui aiment véritablement, leur félicité n'est-elle pas toujours menacée par l'instabilité des choses humaines ?

Ils vivent au sein des plus pures jouissances ; on les envie !

Attendez...Un lendemain mystérieux, tragique, les guette ; il va tout emporter au fond de l'abîme, comme ce cyclone qui engloutit une île dans les profondeurs de l'océan...

Oui, toujours et pour tous, l'inéluctable réalité de la mort et du sépulcre.

Pessimisme navrant ! S'écrieront peut être quelques-uns : 

« Vous assombrissez le tableau comme à plaisir. Vous oubliez qu'après tout, dans la vie, la somme des biens l'emporte sur celle des maux. »

Soit ! Je n'ai aucun goût pour une mélancolie de convention ni pour un dénigrement systématique de la destinée humaine ; je ne suis touché ni par les plaintives élégies des Werther et des René, ni par les désenchantements plus modernes de notre littérature dont le pessimisme marche de pair avec le sensualisme et la luxure...

Oh ! Pourquoi, sans le voir et comprendre, éteignez vous toutes les belles lumières du passé de notre France : foi, vertus domestiques, amour chevaleresque, généreux patriotisme, jeune enthousiasme pour tout ce qui est noble et grand !

Mais si je suis un ennemi déclaré du pessimisme, je n'ai aucun goût pour cet optimisme frivole et raffiné qui regarde avec un inexplicable désintéressement la vie comme un spectacle où la douleur et le crime ont leur place et leur rôle pour relever la monotonie de la scène.

Non, ne jouons ni au rire ni aux larmes.

Point de fiction, point de roman, mais le vrai dans la chaire chrétienne.

Eh bien, le vrai, c'est qu'il y a un fardeau de douleur qui pèse sur l'existence humaine.

Si vous me reprocheriez d'être pessimiste, n'en avez-vous jamais senti le poids ? Etes-vous satisfaits ?

Vous n'avez donc ni souffert, ni vu souffrir ?

Votre cœur est-il si bien fermé que le cri des misères humaines ne soit point parvenu à troubler sa quiétude ?

Il est vrai, qu’il plus rassurant de voir que l'on s'amuse et que, dans les rues, sur les places publiques, les visages sont épanouis et joyeux.

Mais si c’est cela qui vous rassure, alors c’est précisément ce qui m'effraie.

Est-ce que la joie vulgaire et la gaieté banale n'augmentent pas à mesure qu'on descend les degrés de la vie de l'âme ?

Est-ce que ce n'est pas une vérité démontrée qu'on souffre moins dans la proportion où l'on s'abaisse davantage, et que mettre son cœur au niveau de la vie est la sagesse de ceux qui suicident leur être moral, en sorte qu'on en vient à ne plus souffrir du tout, comme ces Romains de la décadence qui ne demandaient à leurs maîtres que du pain et des jeux...

Mais nous n'en sommes pas encore à cette chute irrémédiable.

Si la joie est sur les visages, c'est souvent un masque ; tout est tragique au fond des cœurs !

Comme je le disais, jamais le combat pour la vie ne fut plus meurtrier.

Sur notre planète, devenue trop étroite, se déploie un vaste champ de bataille où il y a des vainqueurs qui triomphent insolemment, et des vaincus qui jonchent le sol...

Toujours l'alternative de devenir oppresseur si l'on ne veut être victime.

Oh ! Dites, est-ce là le bonheur ?

Serions nous assez superficiels pour ne voir, pour n'entendre que les éclats de joie bruyante de nos grandes villes ?

Eh bien, écartons les murs de ces milliers de maisons de nos faubourgs, et nous verrons...

Ici, des mansardes où suinte la fièvre, un air fétide, des haillons, des êtres qui maudissent, qui blasphèment, qui montrent le poing à la destinée : là, des enfants pâles qui ont froid et faim ; des ouvrières livrées à la déchéance ou qui meurent de consomption pour rester honnêtes ; des femmes qui attendent avec terreur, le soir, leurs maris portant au foyer l'horrible férocité de l'alcool...

Dites, ces drames de tous les jours, de tous les instants, n'ont-ils pas le pouvoir de faire cesser votre tranquille optimisme ?

Et les hommes du monde gorgés d'or et de plaisirs, oh ! Ceux-là, vous les croyez heureux !

Eh bien, détrompez-vous.

Oui, s'ils n'avaient pas une âme immortelle qui les distinguât de la brute et s'ils n'avaient qu'à dire à leurs sens : mangez, buvez, rassasiez-vous !

Oui, s'ils pouvaient être toujours jeunes, toujours dominateurs, s'ils n'avaient pas à compter avec les rides du visage, les maladies, les infirmités, la vieillesse, la mort...

Voilà, pour beaucoup, ils ont commis cette forfaiture de vivre pour eux-mêmes, et ils se sont détachés sans le connaître, de Dieu et de leurs frères.

Pensées, affections, énergies du corps et de l'âme, ils ont tout placé à la banque désastreuse d'un monde qui passe.

Comme ils se sont affreusement trompés !

Eux qui n'aspiraient qu'à jouir, ils ne se sont préparés que la souffrance !

Eux qui n'estimaient que la richesse, ils n'ont en perspective que la pauvreté !

Ayons pitié d'eux : ils sont seuls avec leurs remords, et leur dernière heure est affreuse.

Tout leur échappe sur la terre et au ciel ; la mort les exproprie de tous les biens d'ici-bas, et ils n'ont rien là-haut.

Leur égoïsme fut un faux calcul, car l'égoïsme est une puissance de mort et un suicide...

Comprenez-vous maintenant la mélancolie dont je vous parlais en commençant ce discours ?

Nous avions voulu faire la revue de nos bonheurs, et voici, il se trouve que nous n'avons fait que celle de nos misères.

Ecoutez, mille ans avant notre ère, un désabusé, un grand roi :

« Quel avantage revient-il à l'homme de tout son travail ? J'ai appliqué mon cœur à rechercher par la sagesse tout ce qui se fait sous le soleil, et voilà, tout est vanité et rongement d'esprit. J'ai dit à mon cœur : Voyons, que je t'éprouve maintenant par la joie, et prends du bon temps. Et voici, même en riant, le cœur est triste et la joie finit par l'ennui. Je me suis bâti des maisons, j'ai planté des vignes et fait des réservoirs ; j'ai amassé de l'argent, de l'or, des pierreries... »

Et toujours le refrain sinistre :

« Vanité des vanités, tout est vanité. »

Et trois mille ans après, un poète de notre siècle a fait écho au désabusé du livre de l'Ecclésiaste : même recherche fiévreuse de tous les biens terrestres, mêmes passions, mêmes dégoûts mêlés de sanglots, enfin, même jugement sur le bonheur :

Qui tout à coup se brise, et, perdus dans l'espace,
Nous laisse épouvantés d'avoir cru vivre heureux.
Et cependant, le besoin du bonheur est impérissable autant qu'universel.
Le cœur de l'homme, si fragile et si vaste, a des aspirations infinies ; il lui faut la plénitude de l'être.
Or, le christianisme n'a pu méconnaître ce besoin primordial de l'âme humaine.
L'homme transformé par la grâce sera nécessairement heureux.
C'est son droit, et c'est aussi son devoir.
Eh bien, pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?
Je vais vous le dire : c'est que nous demandons le bonheur à ce qui ne peut nous le donner.
Cette soif qui est en nous, nous la dirigeons non vers les fontaines du ciel mais vers les sources inférieures de la terre qui ne font que l'irriter.
Il en doit être ainsi, car nous avons méconnu notre nature, étouffé ses nobles instincts, elle se venge en nous livrant au désenchantement, à la tristesse, à la souffrance incurable.
En effet, ce n'est pas avec ce qui est imparfait, borné, terrestre, qu'on satisfait des besoins infinis ; ce n'est pas avec les biens d'ici-bas qu'on peut remplir des cœurs faits pour les choses éternelles.
O vous qui vous plaignez de la vie, apprenez à souffrir de la misère des misères, le péché, votre péché !
O vous qui dissertez avec éloquence sur les déceptions, les contradictions et les désordres de ce monde, affligez-vous d'abord du désordre central qui est dans vos cœurs.
Il faut que vous en veniez à vous reconnaître non seulement malheureux, mais encore coupables ; alors, vous éprouverez une soif plus ardente que toutes vos autres soifs, celle du pardon et de la sainteté.
Vous ne pourrez plus vous en distraire, vous ne voudrez plus en chercher l'apaisement dans les joies terrestres ; vous irez, à deux genoux, les mains suppliantes, le demander à votre Dieu.

« Heureux l'homme dont l'iniquité est pardonnée et le péché couvert. »

Voilà le motif élevé du vrai bonheur, et voici sa source : le pardon de Dieu par Jésus-Christ.

« Le bonheur, a dit le grand Pascal, est en Dieu et en nous »,

Ce qui signifie : dans la communion rétablie entre Dieu et nous.

Si je ne vois plus Dieu entouré des éclairs du Sinaï qui épouvantent ma conscience, mais tout enveloppé de la miséricordieuse clémence du Calvaire, alors s'établit entre lui et moi une relation paternelle et filiale qui fait cesser la cause première de ma tristesse.

Je puis aimer le Dieu manifesté en Jésus-Christ, et dès lors, il devient celui qui remplit la capacité de mon cœur.

Il fallait à ce cœur inquiet, déçu par la vie, un objet plus grand que lui-même et que tout ce qui est terrestre, plus grand que mon attente et que tout ce qui passe.

Je l'ai trouvé !

 

 

Le bonheur (suite et fin)

Bibles044

Croix Huguenote

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:08
Le Bonheur par Ernest Dhombres (Suite et Fin)

Le Bonheur

(Par Ernest Dhombres)

 

 

Je ne connais plus le bonheur (Lamentations 3.17)

 

Heureux, vous qui êtes pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez, parce que vous serez dans la joie. Vous serez heureux lorsque les hommes vous haïront et vous diront des outrages. (Luc 6.20-23)


 


 

Je puis aimer le Dieu manifesté en Jésus-Christ, et dès lors, il devient celui qui remplit la capacité de mon cœur.

Il fallait à ce cœur inquiet, déçu par la vie, un objet plus grand que lui-même et que tout ce qui est terrestre, plus grand que mon attente et que tout ce qui passe.

Je l'ai trouvé !

 

Alors, je peux m'écrier avec Adolphe Monod :

Heureux, toujours heureux, j'ai le Dieu fort pour Père,
Pour frère, Jésus-Christ, pour guide l'Esprit-Saint ;
Que peut ôter l'enfer, que peut donner la terre,
A qui jouit du ciel et du Dieu trois fois saint ?

Dès lors, les circonstances de ma vie n'ont pas changé : la terre est toujours la terre, mais mon cœur, par lequel je perçois la vie, est changé.

Je vois les événements, les hommes et les choses à travers la lumière divine qui les transfigure.

Je ne suis plus seul, perdu dans la mêlée des existences humaines, faible jouet d'une série de hasards heureux ou malheureux qui déconcertent ma pauvre raison ; je suis, sans métaphore, entre les mains d'un Père qui mesure dans sa sagesse ma part de biens et de maux, et qui, par les uns comme par les autres, travaille à l'éducation de mon âme et à mon bien moral.

L'axe de mon bonheur est déplacé ; il reposait sur ce qui est terrestre et périssable, il repose désormais sur un être miséricordieux et saint qui m'a aimé d'un amour éternel.

O magnificence de la foi au Dieu rédempteur !

Voulez-vous maintenant connaître quelques-uns des caractères de ce bonheur ?

Il a pour lui la durée.

Ne dépendant plus des circonstances extérieures de la vie, il ne participe pas aux instabilités des choses humaines : résidant au fond de notre âme, il est à l'abri des tempêtes, de même que les vagues soulevées à la surface de l'océan ne parviennent pas à en altérer les tranquilles profondeurs.

Le bonheur chrétien est accompagné de sainteté.

Venu de Dieu, il ne peut contracter un pacte avec le péché.

Il se fortifie par nos luttes morales, par nos efforts vers le bien, par nos victoires sur le mal.

Il supprime les mauvais chagrins qui viennent de l'égoïsme, de l'envie, de la vanité, de la susceptibilité, comme aussi, il s'enrichit de toutes les belles joies de l'intelligence et de l'âme.

Ce bonheur est généreux, puisqu'il s'inspire de celui de Dieu qui s'est donné à nous par son Fils.

Arrière la vie de la chair et des sens, le temps perdu, les plaisirs mondains !

Les heures sont trop courtes pour les abréger.

Il faut nous jeter dans le gouffre de la misère humaine pour en retirer quelques naufragés.

Il faut chercher à connaître l'âme populaire pour distiller à sa souffrance quelques gouttes du breuvage divin.

Il faut descendre jusque dans les marais de boue de notre société contemporaine pour en rapporter quelques perles de grand prix, toutes souillées, et les remettre entre les mains du divin Purificateur.

Aimer, aimer encore, aimer toujours, jusqu'au sacrifice de notre repos, de notre bien-être, de notre fortune, de notre vie elle-même, voilà les conditions du vrai bonheur...

Ce bonheur, vous le pensez bien, sera souvent trempé de larmes.

Ah ! Ne redoutez pas les larmes, elles sont permises, elles sont bonnes ; il faudrait plaindre le chrétien qui ne pleurerait pas...

Coulez donc, larmes humaines, sur les maux de notre temps, où l'orgueil et le sensualisme des riches préparent la révolte des pauvres, où la misère conduit presque fatalement à l'abjection, et l'abjection aux pires catastrophes du corps et de l'âme.

Coulez sur nos épreuves personnelles, sur nos douleurs intimes, sur nos cercueils et sur nos sépulcres...

Coulez en flots de sympathie pour le péché, la souffrance et la mort...

Mais vous qui les répandez, soyez pourtant joyeux en vous souvenant qu'une immense espérance a traversé la terre et que le Christ, Roi de l'humanité, veut réparer tous les désordres et essuyer toutes les larmes...

Le bonheur ainsi défini, vous ne pouvez douter qu'il ne soit destiné à tous les âges et à toutes les classes sociales.

Jeune homme, crois au bonheur de toute ton âme, et mets-le dans ta vie en t'unissant à Jésus-Christ.

Laisse aux enfants du siècle le scepticisme frondeur ou morose qui raille et flétrit toutes les fleurs de l'existence humaine, toi, souviens-toi de les cueillir, ces fleurs qui s'appellent le beau, le bien, le devoir, l'amour pur, le patriotisme, les fières ambitions des âmes bien nées.

Déclare-toi pour toute cause où il faut un peu d'héroïsme, fidèle en cela aux belles et vraies traditions, toutes de générosité et de courage.

En même temps, reste pur au milieu des souillures du monde ; soutiens vaillamment la lutte morale ; combats tes passions, les yeux fixés sur ton Sauveur.

En revêtant l'armure des forts, garde aussi le charme attractif et la grâce virile de ta jeunesse : conserve à ton front la candeur des fronts qui n'ont jamais menti...

Alors, j'attendrai ta réponse avec une sereine confiance : Oui, me diras-tu, la vie est bonne, la vie est belle et mon choix est fait : Dieu, famille, patrie ! *

*Il faut prendre en compte la période auquel fut donné ce sermon. Le « patriotisme » d’antan était tout autre que celui d’aujourd’hui d’une part, mais également, la connotation pouvant être prise n’est pas dans l’approbation de combat, ou quelconque politique centré pour la terre uniquement comme on pourrait l’entendre aujourd’hui. En effet, Dieu premier, la famille se trouve être mis dans l’ordre qu’aspire Dieu dans l’harmonie, l’amour et la marche avec Lui. La patrie se trouve également aimée, respectée, mis en avant dans nos prières, quel que soit le bord politique. Nous pouvons comprendre cette affirmation comme étant une aide dans la prière, l’amour, le respect, la soumission devant être due à nos autorités, et ce, allant à celui de l’Ordre (Police, juges, tribunaux), que celui de nos directeurs, responsables, et autorités au dessus de nous tant que ceci ne nous enjoigneraient pas à enfreindre ce que Dieu nous exhorte et commande.

Toi, chrétien, parvenu à l'âge mûr, te plaindrais-tu des travaux et des responsabilités de la vie publique ?

Mais tu sais bien qu'à cette école se forment les vaillants et se trempent les caractères.

C'est à l'invasion de Dieu dans ton cœur que tu dois le secret de la vie la plus riche, la plus heureuse, et la plus humaine aussi, qui soit ici-bas.

Courage, tu peux livrer la bataille, car tu as en mains les armes de Dieu, et, comme un bon soldat a foi en son général, tu es assuré de la victoire, au soir de ta vie terrestre.

Quelle belle destinée ! Ah ! Tu pourrais nous dire que le christianisme, loin de rétrécir la vie, l'élargit sans mesure, et que l'âme du chrétien contient une joie qui triomphe de toutes les épreuves : joie austère, grave, digne d'un être libre et immortel !

Et toi, vieillard fatigué, toi qui as le bonheur de connaître « Celui qui est dès le commencement », toi qui sens tous les objets terrestres décroître en valeur, en importance, en beauté, mis en regard de l'objet suprême.

Oh ! Comme nous aimons ta noble sérénité dans la vieillesse toute blanche !

Harmonie entre la gravité de l'âge et la maturité des convictions chrétiennes, entre la connaissance des hommes et celle toujours plus profonde de Dieu ; harmonie entre les forces qui déclinent et les sentiments qui se détachent, entre les approches de la tombe et la proximité de l'éternelle lumière qui, pour le chrétien, se lève derrière la tombe.

Nous en avons connu de ces vieillards qui, loin de médire de la vie, la bénissaient !

Quand sonna l'heure du délogement, leur départ fut si facile et si doux que la nuit du sépulcre disparut entre les derniers rayons du couchant et l'aurore de l'éternité.

Nous avons dit aussi que le bonheur du chrétien est destiné à toutes les zones de la vie sociale.

Ici, point d'aristocratie. Et si elle pouvait exister, elle serait toute en faveur des pauvres, des petits, des déshérités, qui ne peuvent connaître ni les diversions ni les tentations des bonheurs terrestres.

Sublimes paradoxes de Jésus-Christ, comme ils nous émeuvent !

Comme ils deviennent, sous le pouvoir de son amour, de sublimes réalités !

Car enfin, ce sont presque toujours ces humbles, ces oubliés qui sont dignes d'occuper les premières places dans son royaume : ici, l'humilité marque les degrés de la gloire.

Combien nous en avons connu, de ces affligés, consolés par lui, qui essuyaient nos larmes, de ces simples dont la foi triomphante humiliait notre foi hésitante ; de ces pauvres dont l'admirable confiance faisait honte à nos inquiètes préoccupations du lendemain.

C'étaient parfois des ouvriers naïfs et bons qui voyaient resplendir au-dessus de leur pauvre réduit la face du Père céleste.

Ils ne lui demandaient que de la santé et du travail pour élever leur joyeuse nichée d'enfants.

Il fallait voir le père s'égayer au sourire du dernier venu dans son berceau, et à la belle humeur de la mère, cette vaillante qui ne savait que travailler, aimer, prier !

Il est vrai, ceux-là ne buvaient pas de l'alcool ; ils ne connaissaient pas les mauvais plaisirs de la barrière ; ils ne fréquentaient pas les clubs où certains orateurs font de beaux discours sur les revendications sociales nécessaires et le droit légal au bonheur !

Ils faisaient mieux, ils pratiquaient en famille le bonheur...

O vous, nos frères pauvres, qui élevez vos enfants au prix de beaucoup de privations, vous qui savez rester pieux et résignés et remercier Dieu pour votre morceau de pain noir, nous vous bénissons, car vous nous apprenez que le secret de votre force et de votre joie est en Lui !

Mais venez aussi châtier nos injustices, nos mécontentements et nos révoltes, en revendiquant le titre que Jésus vous confère, et qu'il nous refuse, à nous les ingrats :

Bienheureux, oui, bienheureux, vous, les pauvres !

Et vous, les affligés, les isolés, vous qui restez déconcertés mais soumis devant le mystère de vos épreuves, vous qui n'avez ni parents ni amis, dans ces grandes villes où vous êtes comme des épaves sur la grève immense, vous, pauvre servante qui me disiez votre joie de considérer l'infini du monde des étoiles, le soir, à votre sixième étage, et d'y chercher les âmes de vos bien-aimés.

Oh ! Dites-nous que vous refuseriez tous les biens de ce monde pour le privilège d'aimer Jésus et de recevoir de lui ce beau titre :

Bienheureux, oui, bienheureux les isolés, les affligés !

Enfin, vous les haïs, les outragés, les persécutés de tous les siècles, aussi nombreux que les grains de sable de la mer, et vous, martyrs modernes qui avez succombé sous le glaive des hommes, ou sous le glaive invisible des fléaux qui vous ont moissonnés aux champs lointains de nos missions, venez parler à notre génération anémiée, qui ne cherche que les joies faciles, les succès faciles, qui est impuissante à souffrir parce qu'elle a perdu le sens élevé de la lutte et de la douleur.

Venez châtier sa lâcheté morale, son dégoût de la vie, en lui montrant vos vaillances comme votre joie ineffable et glorieuse d'avoir vécu et d'être morts pour Jésus-Christ.

Alors, sévèrement repris dans nos consciences pour notre funeste notion du bonheur, malgré les larmes que nous répandrons toujours sur vos cercueils de martyrs, nous vous saluerons dans la gloire en vous décernant ce beau titre :

Bienheureux, oui, bienheureux les persécutés !

Et si vous méconnaissiez, ces hautes conditions du bonheur, si cette génération voulait rester dans sa quiétude, son amour du luxe et de l’argent. il faudrait prononcer sur elle, au nom du Maître qu'elle s'obstinerait à repousser, les anathèmes de l'Evangile :

« Malheur-à vous, riches, car vous avez reçu votre condamnation ! Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous vous lamenterez et vous pleurerez ! »

O mon Dieu, ne permets pas que nous commettions cette forfaiture !

Fais fleurir ou refleurir parmi nous le bonheur chrétien.

Et qu'en voyant nos vies transformées par cette sainte joie, les plus légers, les plus sceptiques soient pressés de dire :

Oui, il y a un bonheur, même sur la terre, et ce bonheur est en Dieu et en nous !


 

Amen.

 

ernest dhombres

Ernest Dhombres,

Pasteur Protestant Réformé

 Bible 2010
 
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Source : SERMONS ET HOMÉLIES d’Ernest  Dhombres
 
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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:57
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (1ère partie)
par J. J. S. CELLÉRIER,

Déchargeons nous sur Dieu de tout

ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfans, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante :
Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.
 

 

Pour comprendre le sens des paroles de mon texte, observons d'abord qu'elles ne peuvent s'appliquer aux inquiétudes que causent les passions, à ces inquiétudes toujours criminelles par leur nature ou leur excès.

 

L'avare est tourmenté par la crainte de perdre ce qu'il possède ; l'envieux par la perspective des succès d'autrui ; l'ambitieux, l'homme vain, par le désir de supplanter un concurrent, d'effacer un rival; le libertin par l'incertitude de réussir dans ses honteux desseins.

 

Ce n'est point à de tels hommes, sans doute, qu'on peut dire : Déchargez-vous sur Dieu, etc.

 

Cette invitation suppose quelque rapport entre Celui qui la fait et ceux à qui elle s'adresse.

 

Loin que la sainteté, la justice de Dieu lui permettent d'accomplir de pareils souhaits, de calmer de telles alarmes, il détourne de ceux qui s'y livrent ses regards indignés.

 

Réprimez, leur dit-il, ces désirs insensés et vicieux, mettez un frein à ces passions désordonnées ; arrachez-en de votre coeur jusqu'à la racine; abstenez-vous des passions de la chair, qui font la guerre à l'âme (1 Pierre II, 11).

 

II n'est pour nous de repos qu'à ce prix.


Il n'est pas non plus question dans notre texte de ces inquiétudes qui naissent d'une conscience coupable.

 

L'homme souillé de quelque crime, ou dont le coeur est la proie d'une plaie mortelle, craint sans cesse de voir son fatal secret découvert : il redoute ou le mépris de ses semblables, ou le châtiment qu'infligent les lois, ou cette justice plus formidable dont le bras est levé sur lui.

 

De telles inquiétudes ne sont que trop fondées ; ce n'est pas à cet homme qu'on peut dire:  

 

Déchargez-vous sur Dieu, etc. Il faut, dit l'Écriture (Jérémie II, 19.), qu'il connaisse et qu'il voit quels maux, quelles amertumes on se prépare en abandonnant l'Éternel.

 

Il faut qu'il apprenne, par ses terreurs, à respecter le Dieu Saint qu'il offensa et les lois éternelles qu'il a violées.

 

Il faut qu'il sente profondément les peines attachées à leur violation : le comble du malheur pour lui seroit d'y devenir insensible.

 

Le tourment qu'il éprouve est le feu qui purifie, le fer enfoncé dans la partie malade pour en extraire les chairs corrompues : le succès du remède est la proportion de la douleur qu'il ressent, c'est le seul moyen d'être amené au Sauveur des hommes, à Celui qui peut le justifier et changer son coeur ; c'est la seule ressource, le seul espoir de salut qui lui reste.


À quel genre de craintes peut donc s'appliquer l'exhortation de l'Apôtre?

 

Elle s'applique à ces inquiétudes naturelles, innocentes jusqu'à certain degré, qui ne sont, hélas ! que trop variées et trop communes ici bas.


Nous n'avons pu, malgré nos efforts et notre économie, nous tirer de la misère, ou bien nous avons perdu par des revers imprévus le fruit d'un travail légitime, assidu, peut-être l'héritage de nos pères.

 

L'épuisement de nos forces et le déclin de notre santé ne nous permettent plus d'améliorer notre condition ou de changer nos habitudes.

 

Nous craignons pour la fin de notre vie la dépendance, l'abandon, la détresse; mais la sensualité, l'orgueil, l'avarice n'entrent pour rien dans nos peines.

 

C'est à nous, à vous que Dieu dit : Déchargez-vous sur moi de tout ce qui peut vous inquiéter.

Vous, nous, nous sommes affecté profondément des bruits injurieux que la calomnie sème contre nous, et qu'un hasard cruel, des circonstances malheureuses peuvent accréditer.

 

Nous craignons de perdre la confiance, la considération publique ; nous craignons que les coeurs même qui nous sont le plus attachés, n'en reçoivent quelque atteinte.

 

L'avenir se rembrunit, il se présente à nos yeux que l'abandon, l'humiliation ; mais des penchans coupables, l'aigreur, le ressentiment, l'amour du monde n'entrent pour rien dans nos alarmes.

 

C'est à vous, à nous que Dieu di t: Déchargez-vous sur moi, etc.

Nous nous affligeons d'un malheur public ou particulier ; nous déplorons un événement dont les conséquences peuvent être funestes ; nous craignons pour notre famille, pour notre patrie, pour l'Église ; mais les passions humaines, l'esprit de parti n'entrent pour rien dans nos craintes.

 

C'est à vous, à nous  que Dieu dit : Déchargez- vous sur moi, etc.

Nous voudrions laisser à nos enfans un sort assuré : nous craignons de ne pouvoir faire assez pour leur éducation; la faiblesse de notre santé nous fait redouter de les abandonner jeunes et sans guide dans un monde corrompu ; nous frémissons à l'idée des périls auxquels ils seront exposés : nous craignons peut-être de les voir éloignés de nous par de fâcheuses circonstances, arrachés à notre amour, à nos soins bienfaisants.

 

Toutes les fois que nos regards s'arrêtent sur eux, mille terreurs assiègent notre imagination et bouleversent notre âme; mais c'est le désir de leur vrai bonheur, la piété, la foi qui nous animent, et non l'amour-propre ou l'ambition.

 

C'est encore à vous, à nous que Dieu dit : Déchargez-vous sur moi, etc.

Ainsi, celui pour qui Dieu fait entendre cette voix, c'est le juste qui n'est ni le jouet des penchants vicieux, ni la proie du remords : c'est celui du moins qui s'efforce de marcher dans les voies de la vertu chrétienne, et dont le coeur est sincèrement tourné vers le Seigneur : c'est le fidèle battu par les orages de la vie, exposé à mille dangers par sa nature et sa condition ici-bas, soumis à la crainte par sa sensibilité, par sa faiblesse.

 

Dieu lui tend sa main secourable ; Il craint qu'il ne succombe sous le fardeau qui l'accable ; Il l'aide à soutenir, à porter ce fardeau ; Il lui fait ouïr ces douces paroles: Déchargez-vous sur moi, etc.

Chrétiens !

 

J'aime à supposer que je puis les adresser ces paroles à tous.

 

J'aime à nous considérer tous comme les enfants du Dieu que nous adorons.

 

J'aime à supposer qu'après avoir suspendu nos travaux et sommes distingués de ces enfants du monde qui profanent le jour du Seigneur, de ces spéculateurs insensés qui pensent élever leur fortune sur le mépris des lois du Souverain Arbitre de nos destinées, nous sommes venus chercher auprès de Dieu le repos de nos âmes, qui s'ouvrent d'elles-mêmes au devoir consolant de ce verset.

 

(Suite)

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 
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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:56
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (2ème partie)
Par J. J. S. CELLÉRIER,

 

Déchargeons-nous sur Dieu

de tout ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfants, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante : Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.

 

Mais il ne suffit pas de savoir a qui s'adresse cette exhortation, il faut comprendre encore ce que Dieu nous demande et ce qu'il nous offre.

 Tout d'abord, Il ne nous invite pas, sans doute, à compter qu'Il fournira seul à nos besoins, tandis que nous-mêmes resterions oisifs.

 

S'Il nous a donné l'industrie et l'intelligence, c'est afin que nous soyons les artisans de notre bonheur, que nous agissions du moins avec Lui.

 

Il ne prétend pas autoriser la paresse et l'imprudence : le fidèle travaille comme si tout dépendait de lui, et il attend sans inquiétude l'événement parce que tout dépend de Dieu.

Ce serait se tromper encore grossièrement, que d'espérer que le Maître du monde agira d'une manière sensible, extraordinaire, pour écarter les maux qui nous menacent, ou faire réussir nos projets.

 

Il se plaît quelquefois à nous corriger durement et où, connaissant Notre Père, l'on ne peut méconnaître sa main, et qui disent à notre coeur, saisi d'une religieuse émotion :  

 

Certainement, l'Éternel est ici (Genèse, XXVIII, 16.) ;

 

mais quand Il le fait, le Seigneur a moins égard à sa force qu'à notre faiblesse.

 

S'Il emploie des signes extérieurs, c'est à cause de l'impression que font sur nous les objets sensibles.

 

Eh ! Qu'a-t-Il besoin de changer la face des événements, Lui qui peut toujours en tirer l'accomplissement de ses desseins ?

 

Lui qui peut changer leur effet pour nous !

 

Lui qui peut agir sur notre coeur et lui faire goûter des jouissances dans les situations les plus redoutées!

Aussi, dans le cours ordinaire de sa Providence, Il aime éprouver notre foi, notre confiance.

 

Il nous traite presque toujours comme Il nous traite pour notre subsistance, qui dépend du fruit incertain des moissons, d'une plante fragile, sans cesse battue par les vents, exposée aux déprédations des insectes et des oiseaux.

 

Il aime à voir le fidèle, les yeux attachés sur le Ciel, découvrir à travers les nuages qui l'obscurcissent, les rayons du Soleil suprême qui féconde et vivifie la nature, compter sur un Dieu qui voile sa face, adorer ses desseins sans les comprendre.

 

Ainsi, Chrétiens, ce que  nous pouvons attendre du Seigneur, ce n'est pas qu'Il dissipera nos alarmes par des coups éclatants, ni même qu'Il les dissipera toujours, mais qu'Il en adoucira l'impression, qu'Il la surmontera par le sentiment de sa grâce.

 

Ce n'est pas qu'Il changera toujours notre condition, mais qu'Il nous rendra capable de la supporter, qu'Il fera tout concourir au bonheur général et même à notre avantage particulier.

Se décharger sur Dieu de tout ce qui pourrait nous inquiéter, c'est donc remettre en Ses mains, avec une entière confiance, nos intérêts et notre sort : c'est ne pas nous servir de la faculté de prévoir pour entasser dans l'avenir tous les maux possibles, ne pas même porter des regards inquiets sur cet avenir que Lui-même arrange pour nous : c'est voir approcher l'événement sans trouble et sans impatience.


L'homme qui peut se reconnaître à ces traits, fût-il dans la situation la plus périlleuse, ne sera jamais tenté de faire des démarches qu'interdisent la foi et la piété : il craindrait trop d'attrister Celui qui règne sur l'univers, ou de se soustraire à ses vues bienfaisantes.

 

Lors même que tout paraît désespéré, que tout appui lui manque, qu'il est abandonné de la nature entière, il ne cesse pas de compter sur son Dieu ; et si ce Dieu ne vient pas toujours à son aide, comme il l'aurait souhaité, s'Il ne le délivre pas toujours du danger, le trouble cependant n'approche pas de son coeur.

 

Les vues de mon Dieu, se dit-il à lui-même, sont supérieures aux miennes ; Il sait mieux que moi.

(Suite)

 

 

Bible

Croix Huguenote

 
 

 

 
 

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:55
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (Dernière partie)

Par J. J. S. CELLÉRIER,

 

Déchargeons-nous sur Dieu de tout ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfants, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante :

 

Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.

 

Toute sublime, tout élevée au-dessus de la nature que paraisse une telle conduite, elle n'est cependant que la conséquence nécessaire de nos relations avec Dieu.

 

Nous y sommes appelés également par la raison et par la foi.

 

Pourquoi devons-nous nous décharger sur Dieu de ce qui pourrait nous inquiéter ?  

 

C'est parce que Lui-même prend soin de nous.

 

Oui, grand Dieu ! Tu prends soin de nous.

 

C'est là une vérité gravée dans les Cieux, sur la terre et dans le coeur de l'homme.

 

C'est par Toi que roulent les astres :

 

C'est Toi qui revêts le printemps de sa parure :

 

C'est Toi qui conserves les espèces des plantes et des animaux ;

 

Négligerais-Tu Ton plus bel ouvrage sur la terre, Ton ouvrage le plus Chéri ?  

 

Tu fais croître les lis des champs, Tu nourris les oiseaux de l'air; abandonnerais-Tu l'homme qui vaut beaucoup plus qu'eux ? (Matt., VI, 26-30.)

 

Mais c'est pour lui que Tu commandes à la terre de donner son fruit dans son temps, que Tu commandes aux saisons de se succéder.

 

Ne craignons donc point, au milieu de cette foule d'êtres qui nous environnent ; je vous le déclare en Son Nom, nous sommes les premiers que distinguent ses regards, nous sommes le principal objet des soins de sa Providence,

Eh ! Pourquoi ces lois qu'Il nous donne, cette Révélation dont Il nous enrichit, ce Fils qu'Il nous envoie,
cette Parole éternelle faite chair (Jean, I, 14.), Ce Grand Rédempteur immolé pour nous, s'Il ne voulait pas nous donner toutes choses avec Lui (Rom., VIII, 32.), s'Il n'avait qu'indifférence pour notre sort ?

 

Pourquoi cette activité qu'Il a mise dans notre âme, ce plaisir qu'Il nous fait trouver dans l'exercice de nos facultés, cet intérêt si pressant qu'Il nous fait prendre au bonheur de nos enfants, au sort de ceux pour qui nous avons fait quelque chose, qui dépendent de nous par quelque endroit, à la conservation même des ouvrages sortis de nos mains?

 

Ces dispositions ne nous annoncent-elles pas que Celui de qui nous les tenons agit sans cesse (Jean, V, 17.), déploie sans cesse Ses Perfections Divines, qu'Il conserve, protège toutes les créatures, et veille particulièrement sur celles qu'Il a douées des plus belles facultés?


Et n'est-ce pas encore ce que nous dit l'expérience ?

 

Si l'histoire des peuples nous offre les grands traits d'une Providence qui dirige tout, se joue des passions des hommes, les fait servir au succès, de ses desseins, notre propre histoire ne nous offre-t-elle pas des traits plus particuliers et plus touchants qui portent dans notre coeur la persuasion de cette vérité ravissante :  

 

Dieu prend soin de nous ?  

 

En repassant notre vie, depuis notre naissance, ne croyons nous pas avoir été conduits par une invisible main qui nous éloignait des écueils que nous n'apercevions même pas, et par des chemins souvent détournés nous faisait arriver au but ?

Combien de fois une petite circonstance, qui d'abord ne paraissait rien, a décidé notre sort, amené notre bonheur !

 

Combien d'événements, qui, de loin, semblaient funestes, sont devenus pour nous une source d'instructions, souvent de jouissances !

 

Combien de fois ce Dieu qui nous dirige ne s'est-Il pas joué de nos conjectures inquiètes, de nos murmures téméraires !

 

Et, sans sortir de la vie champêtre, des objets qui nous entourent, combien de preuves remarquables et touchantes n'avons-nous pas de cette bonté, de cette Puissance Divine, si supérieures à nos pensées !

 

Tantôt des saisons contraires nous faisaient craindre de ne pouvoir semer ou recueillir ce grain précieux qui nourrit l'homme ; tout semblait perdu.

 

Dieu commandait au soleil de paraître ; quelques beaux jours changeaient la face de la terre et faisaient succéder l'espoir à nos alarmes.

 

Tantôt une sécheresse cruelle menaçait de tout faire périr de langueur.

 

L'Éternel faisait tomber une pluie bienfaisante, qui ranimait la nature comme par enchantement : elle détrempait la terre, suivant l'expression du Psalmiste (Ps. CIV, 14.), l'arrosait avec abondance, reverdissait les prairies et préparait le blé.

 

Tantôt le fruit de nos champs, dont nous attendions beaucoup, se trouvant réduit soudain à peu de chose, notre imagination se troublait; nous disions avec anxiété:  

 

Où trouverons-nous du pain ?  

(Jean, VI, 5.)

 

Et l'Éternel, Emu de pitié, bénissait, multipliait au centuple une seconde moisson ; Il lui commandait de pourvoir, de suffire à nos besoins.

 

Quelquefois un fléau destructeur étendait tellement ses ravages, que nos campagnes semblaient devoir s'en ressentir longtemps ; et bientôt, reconnaissant la vanité de nos inquiétudes, nous disions, en bénissant Dieu :

 

Nous sommes trompés en bien.

 

Ce n'est pas toujours, il est vrai, par des délivrances pareilles, ni par des délivrances proprement dites, que le Seigneur montre qu'Il prend soin de nous; mais les maux même, oui, ces maux publics et particuliers que des esprits audacieux, des esprits téméraires, dans leur aveuglement, présentent comme une objection contre la Providence, sont une preuve nouvelle de ses tendres soins.

 

Les uns sont destinés à régénérer les nations, à retremper les âmes, à ranimer en elles les germes de la piété, de la foi.

 

Ce sont ces orages qui couvrent l'horizon de ténèbres, bouleversent la nature, nous offrent l'aspect affreux de la confusion et du combat des éléments, mais qui, par une secrète influence, fécondent le sol et purifient l'atmosphère.

 

Les autres ont pour mission d'éclairer le pécheur ou d'éprouver le juste, de le rendre plus digne d'une immortelle récompense.

 

On peut les comparer à ces opérations douloureuses, mais salutaires, qu'exécute un médecin ferme et courageux, malgré les cris du malade, ou bien au procédé de l'artiste habile qui met son or dans l'ardent creuset pour l'en retirer plus pur et plus brillant.


Ainsi, loin de nous annoncer que Dieu voit notre sort avec indifférence, ces maux nous disent qu'Il nous aime,

 

qu'Il nous aime bien mieux que nous ne saurions nous aimer, qu'Il regarde à nos vrais intérêts plus qu'à notre faiblesse, qu'Il envisage l'âme plus que le corps, l'éternité plus que l'instant passager qui s'enfuit.

Ainsi, lors-même qu'Il nous afflige, Il prend un soin tout particulier de nous : alors aussi Ses consolations se répandent dans l'âme soumise ; elles la relèvent, la fortifient: enveloppés encore des nuages de l'infortune, nous voyons percer les rayons d'une Divine Espérance.

 

Il ne suffisait pas cependant que la raison pût nous conduire à cette grande idée que Dieu prend soin de nous ; il ne suffisait pas que cette vérité découlât de sa nature et de la nôtre.

 

Pour prévenir toutes nos craintes, pour dissiper toutes nos incertitudes, Il a daigné nous en faire dans Sa Parole les déclarations les plus formelles.

 

Il dit à chacun de nous, comme autrefois à Josué ; (Chap., I, 9.)  

 

JE ne te laisserai point, JE ne t'abandonnerai point.

Fortifie- toi et prends courage;

que rien ne te trouble et ne t'épouvante,

car JE serai avec toi partout où tu iras.

 

Et pour nous convaincre qu'Il ne dédaignera pas de pourvoir même à nos plus légers intérêts, Il va jusqu'à nous assurer que tous les cheveux de notre tête sont comptés (Luc, XII, 7.).

 

Il se plaît à prendre l'engagement de veiller sur nous, de nous protéger dans tous les instans, comme s'Il voulait subvenir à notre faiblesse, et nous armer pour ces moments d'angoisse où le trouble de l'imagination obscurcit le jugement.

 

Il nous invite Lui- même à nous décharger sur Lui de tout ce qui pourrait nous inquiéter, et c'est assez nous dire qu'Il veut obtenir notre confiance pour Prix de ses soins.

Ne sentons nous pas à présent, combien il est raisonnable, naturel et juste de nous reposer sur Dieu.

 

Il gouverne le monde; Il prend soin de nous, et nous ne serions pas tranquilles !

 

Insensés ! Nous confierions nos jours à un médecin, notre fortune à un négociant, notre sort à un protecteur : nous confierions notre existence tout entière à des hommes faibles, impuissants, sujets à l'erreur comme nous; et lorsque Celui chez qui la sagesse, la puissance, la bonté résident dans Sa plénitude, nous offre de veiller sur nos intérêts, nous refuserions de nous abandonner à Sa Conduite !

 

L'enfant porté dans les bras de sa mère, traverse les plus grands périls avec le doux sourire de la sécurité ; et nous, appuyés sur ce bras qui soutient les mondes, nous éprouverions l'inquiétude et la crainte !

 

Nous refuserions au Très-Haut l'hommage de notre confiance !

Ah ! Nous lui devons cet hommage ;

 

Il l'attend de nous; c'est le seul dont Il puisse être flatté.

 

Les astres suivent la marche qu'Il leur trace; les animaux sont conduits par l'instinct qu'Il leur a donné ; mais ces créatures inanimées ou privées d'intelligence cèdent à Sa Volonté, sans avoir la connaissance de ses perfections et le sentiment de son amour.

 

L'homme, l'homme seul peut honorer son Créateur, parce qu'il peut seul, en se confiant en Lui, en se reposant sur Lui, en s'abandonnant à Ses soins sans réserve, lui offrir l'hommage du coeur, dont Il est jaloux.

Et c'est aussi là, c'est aussi le moyen de l'Intéresser à notre sort.

 

J'en appelle à nous-mêmes.

 

Ne regardons nous pas comme sacrés les intérêts qu'on nous confie ?

 

Il n'y a que l'homme absolument dépravé chez qui ce sentiment soit détruit.

 

Que dis-je ? On a vu des malheureux enfoncés dans le bourbier du crime se montrer encore sensibles à la confiance ; on les a vus servir avec fidélité, avec dévouement ceux qui s'étaient remis en leurs mains.

 

Quel blasphème donc, quel blasphème ne serait-ce pas de penser que l'Être tout-parfait puisse trahir ou négliger les intérêts de l'homme dont le coeur se rend à Ses Invitations et compte sur Ses Promesses !

Mais si celui qui refuse de se confier en Dieu, de se décharger sur Lui de ses soucis et de ses peines, est coupable, infiniment coupable envers son Créateur, son Père, il est bien plus à plaindre encore.
 

 

Malheur, dit l'Écriture, (Jérém., XVII, 5.) à celui qui se confie en l'homme et qui de la chair fait son bras.

 

Malheur à celui qui ne se confie pas en Dieu, et que Dieu, pour cette raison, ne protège pas !

 

C'est un voyageur épuisé, haletant sous le fardeau dont il est chargé : il le traîne en gémissant, et rejette les secours de Celui qui Seul pourrait le décharger.

 

Au poids des malheurs présents, sous lequel il est près de succomber, il ajoute le poids de ceux qui n'existent pas encore.

 

Plus infortuné que la brute, qui ne souffre qu'au moment où elle sent l'atteinte de la douleur, son imagination, cette faculté céleste qui, s'élançant dans l'avenir, peint tous les objets du plus vif colori, et nous fut donnée pour adoucir, pour effacer les maux présents par la ravissante perspective des biens éternels, cette imagination fait ou fera son supplice ; elle l'entoure ou l'entourera de fantômes effrayants, qu'il ne peut, ne pourra ni fuir ni repousser.

Opposons à ce tableau celui du fidèle qui se repose sur son Dieu.

 

Mais comment peindre une telle situation ?

 

Pour l'apprécier, il faut l'avoir goûtée : dès que je veux en offrir quelques traits, le sentiment de sa douceur inonde mon âme, et je ne trouve plus d'expression.



O nous qui, dans une circonstance critique, avons vu l'horizon s'éclaircir pour nous, lorsque l'ami en qui nous avions mis notre confiance s'est chargé du soin de nous guider.

 

Nous qui, dans un péril éminent, étions éperdu, troublé jusqu'au moment où une mère, un père, une épouse, un époux s'est approché de nous, a pris notre main tremblante, et nous a dit par ses regards : Je suis la pour te défendre !

 

Nous qui, dans un lit de maladie, environné des cordages de la mort (Ps, CXVI, 3.), sentions notre courage renaître au seul aspect du médecin !

 

Essayons du moins, essayons de comprendre quelle doit être la félicité de l'homme qui se décharge sur son Dieu, sur son Dieu de tout ce qui peut l'inquiéter.

 

Il goûte ce calme délicieux, ce calme parfait de l'esprit et du coeur, qui fut la chimère des anciens philosophes et le but qu'ils poursuivaient.

 

Mais s'il fut honorable pour l'humanité de concevoir une telle situation et d'y aspirer, hélas ! On n'en vit approcher qu'un petit nombre d'hommes rares ; et même, pour émousser les traits de l'inquiétude, ne connaissant d'autre secret que d'éteindre la sensibilité, ils ne goûtèrent le repos qu'aux dépens du bonheur.

Religion divine ! Religion de mon Sauveur ! Toi seul peux nous conduire dans les sentiers de la paix et de la sagesse.

 

Au lieu de ces maximes pompeuses dont retentissent les écoles de la philosophie humaine, de ces maximes si difficiles à saisir, à pratiquer, tu nous dis:  

 

Déchargez-vous sur Dieu, etc.

 

Ainsi Tu mets ce que la raison a de plus sublime à la portée de l'esprit le plus simple et du coeur le plus faible, et loin que l'élévation où Tu nous places refroidisse la douce chaleur du sentiment, c'est par l'amour que Tu nous y fais monter.


Voulez-vous, voulons nous faire l'heureuse expérience de cette félicité ? En voici le moyen.

 

Observons ce grand précepte de Jésus, auquel toute la loi se rapporte :  

 

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de toute ton âme

(Matth., XXII, 37.).

 

Pénétrons-nous de sa Toute Présence, et de Ses Soins Paternels.

 

Environnons-nous de l'image de ce bon, de cet adorable Sauveur qui nous appelle, qui nous dit :  

 

Venez à Moi, vous tous qui êtes travaillés

et chargés et JE vous soulagerai.

Matt. XI, 28.


Alors un sentiment de repos et de calme se joindra pour nous à l'idée de ce Dieu Sauveur.

 

Penser à Lui, parler de Lui, servira de baume à nos plaies.

 

En toute circonstance, en tout lieu, et surtout quand nous entrerons dans son sanctuaire, quand nous nous approcherons de Celui qui l'habite, il s'approchera de nous (Jacq. IV, 8.); ses consolations restaureront, rafraîchiront notre âme.

 

Ainsi soit-il. Amen,

 


J. J. S. CELLÉRIER,

Bible

Croix

 

 

 

 

Source : Regard

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:50
La Trinité par le pasteur Adolphe Monod

Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, non pas à la chair pour vivre selon la chair ; car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Car vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans la crainte, mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ; et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ ; si du moins nous souffrons avec Lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec Lui. (Romains 8 : 12-17)

 

L’Ecriture Sainte est sage jusque dans son silence.

 

Vous y chercheriez en vain le mot trinité pour exprimer la doctrine sur laquelle, j’ai à cœur de vous dire quelques mots.

 

Pourquoi ?

 

Parce que ce mot la trinité présenterait à nos esprits l’idée de quelque chose de spéculatif, tandis que cette doctrine, qui a été plus tard appelée, du nom de trinité, est tout ce qu’il y a au monde de plus pratique et de plus tendre, parce que c’est l’expression même de l’Amour qui est en Dieu, soit dans Ses rapports avec l’humanité, soit dans les rapports intérieurs de Dieu avec Lui même.

 

Le principe de notre salut est dans l’Amour de Dieu.

 

« Nous L’aimons, parce qu’Il nous a aimés le Premier ; Dieu est Amour ».

 

Et cet Amour s’est manifesté à nous dans l’œuvre de notre salut ; mais Il s’est fait connaître non seulement comme nous sauvant, mais comme existant de toute éternité dans le Sein de Dieu, et faisant Sa Félicité Eternelle avant de faire la nôtre et celle de toutes Ses créatures fidèles.

 

Lorsqu’on veut se rendre compte de la manière dont l’Amour de Dieu opère envers Ses pauvres créatures perdues, pour leur donner la Vie Eternelle qu’elles ont perdues par leurs œuvres, il n’y a qu’à suivre tout simplement l’Ordre Historique dans lequel Dieu nous a donné Ses Révélations, et a inspiré Ses Ecritures à Ses apôtres, après l’avoir fait à Ses prophètes.

 

C’est ainsi que nous trouvons d’abord le Dieu de l’Ancien Testament, puis le Dieu des Evangiles, et le Dieu des épîtres et de la prophétie évangélique.

 

Dans la première partie de la Bible, nous apprenons déjà, ce qui devrait suffire pour remplir nos cœurs de joie.

 

Nous y apprenons ce qui devrait suffire pour remplir nos cœur de joie : c’est que tout indignes que nous nous sommes rendus de Son Amour, Dieu nous a pourtant aimés.

 

Nous aurions mérité mille et mille fois qu’Il se déclarât contre nous : et si quelqu’un n’était pas pénétré de cette pensé, il n’a qu’à relire les prophètes, Ezéchiel en particulier, qui sont tout remplis de cette doctrine terrible des jugements de Dieu que les enfants d'Israël avaient attirés sur eux par leurs œuvres mauvaises, mais qu’ils n’avaient pas plus mérités que le reste des hommes dont leur histoire est comme le miroir.

 

Mais voici qu’au lieu de se déclarer contre nous, Dieu se déclare pour nous ; et nous apprenons que là où nous ne devions nous attendre qu’à trouver un trésor de colère, nous trouvons un Trésor de Miséricorde.

 

Le Dieu Tout Puissant qui a créé le ciel et la terre, l’Auteur du monde visible et du monde invisible, est pour nous Tout Entier ; Il ne demande qu’à nous sauver ; et quiconque veut entrer dans Ses Pensées, confesser ses péchés et se soumettre à Sa Grâce, possédera la Vie Eternelle comme s’il n’avait point péché ; ou plutôt il la possédera, ayant péché mais ayant été réconcilié, avec un sentiment nouveau de la Miséricorde qui est en Dieu.

 

C’est ainsi que Dieu se révèle à nous dans cette première partie de la Bible, et que soulevant ce pesant fardeau de la Colère Divine, l’Amour Divin perce partout ; ces mêmes prophètes qui dénoncent ces jugements terribles ne peuvent pas soutenir longtemps ce langage, et ils finissent toujours par des paroles de Miséricorde.

 

Vous trouverez cela d’une manière très remarquable dans le prophète Michée, qui, dans la brièveté de ses pages, développe avec une plénitude admirable le plan de la condamnation, de la prophétie, et du salut dans lequel il finit par se reposer.

 

Arrivent les Evangiles prédits par les prophètes.

 

Alors Dieu fait un pas de plus : Il s’approche de nous, Il ne se contente pas de nous déclarer comme de loin qu’Il est pour nous, mais Il vient de tout près vivre avec nous, comme l’un d’entre nous, Fils de l’homme, pris d’entre les hommes, tout Fils de Dieu qu’Il est ; et après avoir été pour nous, Il est avec nous, tout près de nous, comme un Ami et un Frère, avec lequel, selon l’expression du Psaume 55, nous pouvons « communiquer tous nos secrets ».

 

Alors Dieu se montre à nous sous un aspect plus Tendre encore et plus rassurant que nous ne L’avions vu dans la première partie de la Bible, surtout lorsque Cet Ami et Ce Frère vient à achever de nous révéler la Doctrine de la Justice Divine et de la Miséricorde Divine, en mourant pour nous sur la croix et en y effaçant nos péchés.

 

Mais tandis qu’un rapport si tendre se déploie de Dieu à nous, un autre rapport se déploie dans le Sein de Dieu Lui même, et nous apprenons que Celui qui nous rachète est Le Fils de Celui  qui veut nous sauver, et qu’il y a, entre Dieu tel qu’Il s’est montré dans la première partie de la Bible et Dieu tel qu’Il apparaît dans les Evangiles, le touchant rapport d’un Père à Son Fils : rapport que nous ne pouvons discerner du moins être quelque chose d’ineffablement tendre et mystérieux tout à la fois.

 

Remarquez bien que l’un de ces rapports ne saurait aller sans l’autre, et que nous ne comprendrons jamais ce que Dieu est pour nous en Jésus Christ, si nous n’entrevoyons pas ce que Jésus Christ est pour Dieu, d’autant plus qu’il y a ici quelque chose qui ne doit pas nous échapper.

 

Nous ne comprenons dans Sa Plénitude l’esprit d’amour que comme esprit de sacrifice : or, en Dieu, semble-t-il, il ne peut y avoir de sacrifice ; car que pourrait-on prendre sur un seul moment de Sa Félicité Eternelle ?

 

Mais voici que dans la Personne de Son Fils, le Seigneur des seigneurs nous donne l’exemple du sacrifice ; voici que Celui qui est Le Fils du Père est en même temps « l’homme de douleurs » ; et que là où « la plénitude de la divinité a habité corporellement », l’ineffable immensité de la douleur dont l’humanité est capable, mais dont elle n’est capable que dans cette union avec la divinité, se déploie à nos regards touchés et reconnaissants.

 

Et ne voyez vous pas que cette Doctrine si touchante disparaît complètement si le Fils n’est pas un avec le Père, et que tout ce qui excite notre tendre reconnaissance pour le Seigneur Jésus Christ tient à ce qu’Il est véritablement Fils de Dieu, c’est à dire Dieu, comme Il est Fils de l’homme, c’est à dire homme ?

 

Viennent les épîtres et la prophétie évangélique ; et comment s’ouvrent elles ?

 

Par la descente du Saint Esprit, qui fonde l’Eglise tout en se répandant sur elle.

 

C’est le troisième et dernier pas, car on n’en saurait concevoir d’autre, que Dieu fait vers Sa pauvre créature déchue.

 

Il était avec elle, et Le voici qui vient s’établir en elle, et se faire tellement un avec nous, que de ces pauvres corps nés de la poussière et devenus esclaves du péché, Il forme des temples de son Esprit, Le Domicile de Dieu où Il se complaît à reposer.

 

Le Saint Esprit, c’est à dire Dieu, vient Se donner à nous, après avoir été pour nous dans la première partie de la Bible, et avec nous dans les Evangiles : c’est le dernier excès de l’Amour Divin qui ne peut se contenter qu’il ne soit fait un avec nous, « Lui en nous, et nous en Lui ».

 

Et ici encore, remarquez, que toute la puissance de cette doctrine de vie disparaît, si le Saint Esprit, au lieu d’être Dieu Lui même, n’était qu’une émanation de Dieu, qu’une action de Dieu, qu’un don de Dieu ; car ce ne serait alors que rappeler ce que nous savons abondamment par l’Ancien Testament et par les Evangiles sur la Puissance et sur la Grâce que Dieu Peut et Veut nous communiquer ; tandis que le Saint Esprit tel qu’Il se révèle à nous dans les épîtres et dans la fin de la seconde partie de la Bible et dans les promesses de Jésus Christ à ses disciples, étant Dieu Lui même, c’est la Puissance de Dieu qui nous fortifie, c’est la Paix de Dieu qui nous console, c’est la Sainteté de Dieu qui nous affranchit du mal, c’est la vie de Dieu qui fait battre notre cœur.

 

Oh ! Qui pourrait mesurer et comprendre l’immensité de ce progrès du dernier chapitre de l’Evangile au premier chapitre des Actes, et se rendre compte de cette marche admirable de la Révélation et des dons Divins, dans les trois parties des Saintes Ecritures que nous venons de parcourir si rapidement hélas !

 

Admirable vue, que je ne puis qu’indiquer.

 

Le rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit à l’homme, correspond à un rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit en Dieu, et l’Amour qui se répand pour nous sauver, est l’expression de l’Amour qui a habité Eternellement dans le Sein de Dieu.

 

Ah ! Que la Doctrine que nous contemplons devient alors touchante et profonde !

 

C’est là le fond de l’Evangile, et ceux qui la rejettent comme une doctrine spéculative et purement théologique, n’y ont donc jamais rien compris.

 

C’est la force de notre cœur, c’est la joie de notre âme, c’est la vie de notre vie, c’est le fondement même de la Vérité révélée.

 

Je vous laisse à vos méditations ces choses et me borne à vous rappeler un mot que j’ai souvent cité en chaire, résumant admirablement toute cette Doctrine.

 

Un Père de l’Eglise disait :

 

« Nous avons dans l’Ancien Testament Dieu pour nous, dans les Evangiles, Dieu avec nous, et dans les Actes et les Epîtres Dieu en nous ».

 

C’est ce Dieu pour vous, avec vous et en vous ; c’est Le Père, Le Fils, Le Saint Esprit, que je vous souhaite, comme à moi même, pour vivre et pour mourir, du plus profond d’un cœur qui vous est dévoué en Jésus Christ !

 

Amen,

 

 

Adolphe Monod

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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