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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 02:13
Bonne journée d'action de grâce !

Je dis à l’Éternel :

Tu es Mon Seigneur, Tu es Mon Souverain Bien !

(Psaume 16-2)

Holy Bible

 

« Thanksgiving est un moment pour exprimer une profonde et sincère gratitude à la Providence de Dieu pour l'année de Tendre Miséricorde que nous avons reçue de la Main de Sa Bienveillance. De Ses Soins, de Son Confort, de Ses Conseils, de Son Gouvernement de notre vie, nous devons prendre le temps d'être reconnaissants. "

R.C. Sproul

R.C. Sproul

R.C. Sproul

 

Qui offre l’action de grâces Me rend Gloire

 

d'après la Cantate BWV17

 

de Jean Sébastien Bach

Jean Sébastien Bach

 

Psaume 50-23

Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces Me Glorifie, et à celui qui veille sur sa voie Je ferai voir le Salut de Dieu.  

 

Luc 17,15-18

Jésus, se rendant à Jérusalem, passait entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent : Jésus, maître, aie pitié de nous ! Dès qu'il les eut vus, il leur dit : Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris. L'un d'eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces. C'était un Samaritain. Jésus, prenant la parole, dit : Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neuf autres, où sont-ils ? Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu ? Puis il lui dit : Lève-toi, va; ta foi t'a sauvé. 

----

Qui offre l’action de grâces Me rend Gloire

et c’est le chemin du Salut de Dieu que Je lui indique.

Que la terre entière soit le témoin muet de la Suprême Majesté de Dieu,

l’air comme l’eau, le firmament comme la terre,

dont l’harmonie est réglée avec minutie ;

Parée des dons innombrables qu’ Il y a placés, la nature Le Glorifie,

et tout ce qui respire veut encore plus faire corps avec Lui,

alors que les langues s’animent et que les ailes battent

pour célébrer Sa Gloire .

Seigneur, Ta Bonté est aussi vaste que les cieux

et Ta Vérité s’étend aussi loin que ne vont les nuages .

Même si je ne connaissais rien de Ta Grandeur,

elle éclaterait à mes yeux à la vue de Tes Œuvres.

Comment ne pas toujours T’en Glorifier et T’en rendre Grâce ?

Puisque Tu veux nous montrer le chemin du salut. (...)

Si débordante est cette Bonté que Tu m’Offres !

Que puis-je Te donner en retour ?

Seigneur, je ne sais que T’apporter ma reconnaissance et ma louange !

Vois ma volonté, je sais ce que je suis :

le corps, la vie et la raison, la santé, la force et le caractère,

dont Tu me laisses jouir et exprimer la joie par ma bouche,

sont les fleuves de Ta Grâce, que Tu Déverses sur moi ;

Amour, Paix, Justice et Joie dans Ton Esprit Saint

sont les Trésors qui préfigurent ici-bas ce que là-haut

Tu Veux me donner de Bon en partage

pour me guérir totalement corps et âme.

Comme le Père qui a Pitié de Ses Tout Petits Enfants,

ainsi Fait le Seigneur pour nous les petits

qui Le Craignons avec la simplicité de l’enfant.

Il Connaît les pauvres créatures que nous sommes, Il le Sait,

nous ne sommes que poussière,

semblables à l’herbe que retient le râteau,

à une fleur, aux feuilles qui tombent (...)

Thanksgiving

 

Bonne journée d'action de grâce ! 

Remplis ton cœur de joie et d'allégresse, chante et loue Ton Dieu Grand est Notre Seigneur dans l'Amour et la Sagesse, Pouvoir et Majesté DivineLouez Le Seigneur, Son Peuple, louez-LeLes âmes blessées que Son Confort Connaît et ceux qui Le Craignent trouvent Sa Miséricorde, Paix dans la douleur et Joie dans le malheur ; les cœurs les plus humbles sont exaltés, la fierté humaine et le pouvoir mis à terreLouez Le Seigneur, Son Peuple, louez Le Seigneur pour les temps et les saisons, les nuages ​​et le soleil, le vent et la pluie. Remplissons nos cœurs de joie et d'allégresse, Paix et Abondance couronne nos jours. Louons Le Seigneur, remplissons nos cœurs de joie et d'allégresse, aimons Ses Lois, déclarons Ses Jugements, marchons dans Toutes Ses Paroles et Ses Voies

 

 

 

 

 

 

Holy Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La source musicale même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 10:39
Séminaire par Foi & Vie Réformées sur Orange (Vaucluse) le 1er décembre 2019 et Conférence organisée le 03 décembre 2019 par la Librairie Jean Calvin sur Alès (Gard)

Un séminaire sur Orange (Vaucluse) est organisé par le Pasteur Eric Kayayan de Foi & Vie Réformées (Reformed Faith&Life) le 1er décembre 2019, ainsi qu'une conférence organisée par la Librairie Jean Calvin d'Alès (Gard) au Temple Protestant d'Alès le 3 décembre 2019.

 

Pasteur Eric Kayayan Reformed Faith & Life
Eric Kayayan, Pasteur Protestant Foi&Vie Réformées (Reformed Faith&Life)

Séminaire sur la nature et la nécessité de la discipline ecclésiale pour une croissance saine de l'église locale le dimanche 1er décembre 2019 au :

 

CEP d'Orange (Vaucluse) 

125 rue Alexandre Blanc, 84100 ORANGE

 

Le dimanche matin, culte avec prédication sur 1 Pierre 1:13 - 2:3

 

Le dimanche après-midi, exposés-discussions :

 

1. La nécessité de la discipline dans l'Église, pour son unité et sa croissance.
2.
La nature et les étapes de la discipline en vue de la justice et de la réconciliation

La discipline ecclésiale : sa nature et sa nécessité organisé par Foi et Vie Réformées

 

Jean Calvin

 

La Bible est le Sceptre par lequel le Roi des cieux Dirige Son Eglise.

Jean Calvin

Librairie Jean Calvin

Conférence organisée par la librairie Jean Calvin

le 3 décembre à Alès au Temple.

Conférence Temple Alès 3 décembre 2020

 

John Calvin

 

Car le fœtus, bien qu'enfermé dans le ventre de sa mère, est déjà un être humain, et c'est un crime monstrueux de lui voler la vie dont il pas encore commencé à jouir. S'il semble plus horrible de tuer un homme dans sa propre maison que dans un champ, parce que la maison de cet homme est son refuge le plus sûr, il devrait sûrement être jugé plus atroce de détruire un fœtus dans le ventre avant qu'il ne soit arrivé à lumière.

Jean calvin

Bible Refuge Protestant
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

Source :  

Foi & Vie Réformées
Librairie Jean Calvin

 

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 20:51
Les Psaumes Huguenots

La version instrumentale pour luth de ces prières chantées jusqu'à nos jours dans les temples protestants français avait disparu ; son manuscrit, rescapé des guerres de religion et de nombreuses persécutions, a été retrouvé il y a quelques années seulement.

Les sept pièces sélectionnées ici, renvoyant aux sept jours de la Création, adaptées pour la guitare par Marcelo de la Puebla, font partie des plus connues et des plus représentatives du genre : chant de louange, d'espoir, de fraternité, d'aspiration à la paix et à la justice déterminé par les nombreuses meurtrissures endurées, similaires à celles des Hébreux conduits sur les chemins de l'Exode.

 

Bonne écoute

 

7 PSAUMES HUGUENOTS


Psaume 92, O que c´est chose belle
Psaume 68, Que Dieu se montre seulement
Psaume 128, Dieu bénit ceux qui l´aiment
Psaume 77, L´âme de douleur atteinte
Psaume 47, Frappez dans vos mains
Psaume 137, Assis au bord du fleuve à Babylone
Psaume 150, Dans son temple louez Dieu

.

.

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 06:25
Bonne fête de la Réformation !

Notre fidélité à la Réforme, c’est notre fidélité à la Révélation Biblique, l'attestation de ce message d’espoir, de paix et de justice, en tout temps et en tout lieu, là où notre vocation nous place et ce, pour la Seule Gloire de Dieu.

 

Bonne fête de la Réformation !

 

 

 

Refuge Protestant,

Bible Refuge Protestant

 

Nous croyons que, par le sacrifice unique que le Seigneur Jésus a offert sur la croix, nous sommes réconciliés avec Dieu, afin d'être tenus pour justes devant lui et considérés comme tels. Nous ne pouvons, en effet, lui être agréable et participer à son adoption que s'il nous pardonne nos fautes et les ensevelit. Nous affirmons donc que Jésus Christ est notre intégrale et parfaite purification, qu'en sa mort nous avons une totale réparation pour nous acquitter de nos forfaits et des iniquités dont nous sommes coupables, et que nous ne pouvons être délivrés que par ce moyen.

Confession de La Rochelle, article 17

sola scriptura Refuge Protestant
Croix Huguenote

 

Martin Luther Refuge Protestant

 

32 .Tous ceux qui pensent gagner le ciel moyennant les lettres de pardon délivrées par les hommes s’en iront en enfer avec ceux qui les endoctrinent ainsi.

Martin Luther

Jean Calvin Refuge Protestant

 

Dans les préceptes de la loi, Dieu n'est perçu que comme récompensant la justice parfaite et, d'autre part, comme le vengeur sévère de la méchanceté. Mais en Christ, son visage rayonne de grâce et de douceur envers les pauvres pécheurs indignes.

(Jean Calvin)

Bible Refuge Protestant
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 20:58
Prière : Que Ta Miséricorde est Infinie de nous avoir donné Ton Fils - Bénédict Pictet
Ô Dieu ! Que Ta Miséricorde est Infinie, et que Ta Justice est Sévère !
 
Que Ta Miséricorde est Infinie, de nous avoir donné Ton Fils, non seulement pour être Notre Frère et Notre Époux, Notre Docteur et Notre Chef, mais encore pour être Notre garant et Notre Sauveur, et de l’avoir exposé à la mort, pour nous misérables pécheurs, qui méritons toutes les rigueurs de Ta Plus Terrible Vengeance !
 
Que Ta Justice est Sévère et Terrible, d’avoir mieux aimé faire mourir Ton Unique, Celui que Tu Aimes, et en qui Tu as pris Tout Ton Plaisir, que de laisser le péché impuni. Que mes péchés me font horreur, puisqu’ils n’ont pu être expiés que par le sang d’une victime si Parfaite !
 
Ô Mon Dieu ! Comment se peut-il, que Tu aies fait descendre dans un si profond anéantissement Celui qui était Seigneur de Gloire, au lieu qu’il semblait que Tu devais plutôt détruire tout le genre humain, qui t’avait Offensé ? Nous étions coupables, Il était Innocent ; nous étions injustes, Il était Juste, et Parfaitement Saint ; nous étions tes ennemis, et Il est Le Plus Cher Objet de Ton Amour ; nous étions les esclaves du démon, et Il est Ton Fils, que Tu as engendré de toute éternité.
 
Comment as-Tu pu, ô Mon Dieu, immoler cette Incomparable Victime pour les plus indignes de Tes Créatures ? Certainement, plus je pense à cette mort, plus je suis dans l’admiration, surtout, quand je fais réflexion, que par cette mort ignominieuse Tu as fait le Merveilleux Ouvrage de notre Salut, que tous nos ennemis ont été vaincus, et que le Paradis a été ouvert aux pécheurs repentants.
 
C’est pour nous procurer les Doux Fruits de cette mort de Ton Fils, que Tu nous appelles à Ta Sainte Table. Mais, Seigneur, Fais-moi bien comprendre que je ne saurais avoir aucune Communion avec Ton Fils, si je ne renonce à mes péchés, et si je ne les déteste.
 
Produis donc dans mon cœur une sincère repentance de T’avoir Offensé ; mais en même temps, fais que je m’approche de Ta Table avec une Vraie Foi, afin que j’y trouve le Pardon de toutes mes offenses, la Paix de ma conscience, la Joie de mon âme, et que je m’en retourne avec une Ferme Assurance de posséder un jour la Vie Eternelle, que Ton Fils m’a méritée par Sa Mort.
 
Amen.
 
Bénédict Pictet,
 
Bible Refuge Protestant
Croix Huguenote

 

 
 


Prières pour les jours de sainte cène, de Noël, de Pâques, de Pentecôte et de septembre, et pour les jours de jeûne.
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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 20:37
Psautier de Genève : Psaume 101 - Dieu Tout-Puissant, à mes vœux si propice (1729)

1. Dieu tout-puissant, à mes vœux si propice,
Je veux chanter ta grâce et ta justice;
Jusqu’à ma fin je chanterai, Seigneur,
À ton honneur.

2. Viens donc, ô Dieu, soutiens-moi par ta grâce,
Tu me verras marcher devant ta face.
Dans ma maison la justice toujours
Aura son cours.

3. Je hais le crime, et déteste la voie,
De ces méchants qui s’y livrent en proie.
Je sais combien tout commerce avec eux
Est dangereux.

4. Ceux qui suivront une route égarée,
Auprès de moi n’auront aucune entrée,
L’on n’y verra nul d’entre eux écouté,
Ni supporté.

5. Je détruirai ceux dont la médisance,
Fait en secret la guerre à l’innocence,
Et je saurai bannir loin de mes yeux
Les orgueilleux.

6. Les gens de bien, qui seuls peuvent me plaire,
Auront chez moi leur demeure ordinaire;
Et qui toujours le droit chemin tiendra,
Me servira.

7. Ni les flatteurs, ni les âmes obliques
Ne seront point entre mes domestiques;
Et les menteurs ne recevront jamais
de mes bienfaits.

8. du pays saint j’ôterai de bonne heure
Tous les méchants, sans qu’un seul y demeure;
Mes soins, Seigneur, purgeront ta cité,
D’iniquité

 

psaume 101 psautier de Genève
Bible Protestante
Croix Huguenote

 

 

Source : Psautier de Genève

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 19:34
Ô Divin Soleil de mon âme - Pierre Jurieu (prière)

Ô Divin Soleil de mon âme,

Viens dissiper ces nuages.

Grand Libérateur, Viens rompre ces fers,

Ouvre cette prison, Fais cesser cet esclavage.

Tu es plus Pur que je ne suis souillé,

Plus Puissant que je ne suis misérable,

Plus Vivant que je ne suis mort,

Tire-moi de ce malheureux état, de ce néant déplorable.

Dégage-moi de dessous ce fardeau de la corruption,

Afin que j'aille allègrement,

Ou plutôt que je vole rapidement, jusqu'à Toi.

Pardonne-moi mes péchés, afin qu'ils ne me donnent plus d'effroi,

Et ne m'éloignent plus de Ton Trône.

Arrête le cours de mes iniquités,

Afin qu'elles n'empêchent plus mes prières de monter jusque devant Toi.

Ne permets pas que je continue à me rendre indigne de Tes Faveurs

Par le mauvais usage que je pourrais en faire,

Ni que je contriste Ton Saint-Esprit par les souillures de ma vie.

Lui Seul peut m'inspirer cette ardeur que je cherche ;

Lui Seul peut rendre mon âme dévote,

Et Sa Présence Seule peut embraser mes affections.

Mais viendrait-Il apporter Ses Lumières

Dans une âme si sale et ténébreuse que la mienne ?

Ô Dieu prépare Toi-même, chez moi, un logis pour un Si Grand Hôte,

Afin qu'Il Vienne, qu'Il m'Anime, que je vive, que je T'aime,

Et que je brûle du feu de Ton Amour et de celui de la dévotion.

Amen,

 

Pierre Jurieu Pasteur Théologien Calviniste

Pierre Jurieu,

Pasteur Théologien Calviniste

 

Bible Protestante
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365 . Traité de la dévotion

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 14:19
La Providence de Dieu
LA PROVIDENCE DE DIEU
Un thème saillant dans le livre de Jonas

 

Cinq passages dans le livre de Jonas mettent en évidence la Providence Divine :


« L’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer » (1.4)


« L’Éternel fit intervenir un grand poisson pour engloutir Jonas » (2.1)


« Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas »


« L’Éternel fit intervenir un ricin qui s’éleva au dessus de Jonas » (4.6)


« Le lendemain, Dieu fit intervenir un ver pour s’attaquer au ricin. » (4.7)

 

En méditant le livre de Jonas, on est frappé par le fait que dans chaque chapitre ce thème ressorte d’une façon évidente.

 

Il y a une cause première dans tous ces événements et circonstances : DIEU.

 

Quant aux causes secondaires, ce sont les moyens par lesquels Il intervient par Sa Divine Providence :

 

le vent, un grand poisson, une prédication, un ricin et un ver.

 

Une définition du terme « providence » fut donnée par les dictionnaires français Quillet et Le Petit Robert :

 

« Sagesse divine qui gouverne tout » (Quillet) ou « sage gouvernement de Dieu sur la création, et par extension, Dieu gouvernant la création » (Le Petit Robert 1, 1986).

 

Le terme vient du latin providentia (prévoyance) et providere (pourvoir).

 

Il se réfère à la Prescience et à la Préconnaissance de Dieu.

 

Dans la Bible, ce terme n’est pas directement employé.

 

Il n’y a pas de mot équivalent en hébreu mais en grec deux mots s’en rapprochent :

 

le nom pronoia : Actes 24.2 (administration, prévoyance) ; Romains 13.14 (préoccupation, souci),

 

et le verbe pro-noeo : Romains 12.17 (viser, avoir souci de) ; 2 Corinthiens 8.21 (se préoccuper de, avoir souci de).

 

C’est un sujet dont on ne parle plus guère.

 

Les avancées de la science et de la technologie ont contribué en partie à rendre l’homme totalement autonome face à un Dieu évacué dans notre monde occidental.

 

Il y a à peine 100 ans, on parlait encore de la Providence comme désignant Dieu.

 

On croyait en un Dieu Souverain qui règne et domine sur l’univers.

 

Le sécularisme a fermé l’accès au transcendant, au surnaturel, parce que dans ce monde désacralisé, la vie se meut dans un système mécaniste où les événements sont dûs à des lois fixes et impersonnelles, de force ou de chance.

 

L’évolutionnisme, ayant totalement imprégné la science et la technologie humanistes, constitue un des principaux éléments du rejet de la Providence.

 

D’autre part, le Nouvel Âge, élément important du postmodernisme, est fasciné par l’irrationnel, qui, de son côté, attaque la Providence de Dieu en propageant l’ésotérisme, l’occultisme, l’animisme moderne.

 

Ce sont les armes de l’ennemi de Dieu, Satan, qui désire remplacer la Providence de Dieu par un retour à un paganisme moderne de superstition, dominé par lui.

 

La Création constitue l’Oeuvre Originelle de Dieu (Gen 1).  

 

La Providence constitue la continuation de l’Oeuvre de Dieu en vue de l’achèvement de Ses Plans.

 

Elle a deux aspects :


- celui de la préservation de la création en la maintenant et la soutenant pour qu’elle subsiste ;


- celui de Son Gouvernement, de Sa Direction du cours des événements pour accomplir Ses Desseins.

 

A. La Providence par la préservation de la création de Dieu.

 

Tout subsiste par Christ.

 

Il est avant toutes choses et tout subsiste en Lui ; Il Soutient toutes choses afin d’accomplir Ses Desseins (Colossiens 1.17 ; Hébreux 1.3)

 

Toute la création dépend de Lui : la nature, les hommes, Son Peuple, tous les Siens.

 

Sa création :

 

Dieu maintient la terre (Psaume 104.5).

 

Il envoie de l’eau pour abreuver les animaux (Psaume 104.10-13).

 

Il fait pousser fruits et herbes pour nourrir les animaux (Psaume 104.13-14).

 

Il envoie les ténèbres pour permettre à certains animaux de se nourrir (Psaume 104.20-21).

 

Tous les animaux reçoivent leur nourriture de Dieu (Psaume 104.27).

 

Il a affermi les œuvres de Sa création pour toujours et a donné des Lois à la nature, Lois qu’Il ne violera pas (Psaume 148.6).

 

Les Siens :

 

Joseph fut déporté en Egypte pour donner plus tard du pain aux siens.

 

La vie de Moïse fut épargnée afin qu’il délivre ensuite son peuple.

 

Tout au long de l’histoire d’Israël dans l'Ancien Testament, l’on constate les Soins Providentiels de Dieu envers Son Peuple à travers l’action d’hommes de Dieu.

 

Il suscite Daniel et ses trois compagnons pour glorifier Son Nom et Préserver Son Peuple.

 

Il suscite aussi Esther, à un moment crucial de l’histoire de son peuple déporté (Esther 4.14).

 

Dans Mathieu 6.25-34, nous avons un exemple de Sa Divine Providence qui Pourvoit aux besoins des hommes et en particulier des Croyants ; Il donne la nourriture (v. 26) ; Il fait pousser les lis des champs (v 28-29), et Il sait ce dont nous avons besoin (v. 32).

 

Tout cela touche la faune, la flore et les hommes.

 

Dieu prend Soin des Siens et ils n’ont rien à craindre (Mathieu 10.27-32 ; Jean 10.27-30 ; Romains 8.35 ; 1 Pierre 1.5-6).

 

B. La Providence par le Gouvernement de Dieu

 

Dieu Contrôle tout l’univers et ses activités se déroulent de telle manière que tous les événements convergent vers un but final qu’Il s’est Fixé.

 

- Il Gouverne les forces de la nature (Psaume 135.5-7).

 

Il Fait pleuvoir sur les Justes et les injustes (Mathieu 5.45).

 

Jésus Contrôlait et Dominait le vent et la mer (Mathieu 4.39 ; Luc 8.25).

 

- Il Gouverne les peuples, en faisant leur histoire et leur destinée (Daniel 2.21 ; 4.22 ; Job 12.13-25 ; Psaume 66.7 ; Actes 17.26).

 

- Il a Gouverné de telle façon que tout a convergé vers la « plénitude des temps accomplis » (Galates 4.4), quand, par l’incarnation, Dieu s’est manifesté en chair par Jésus-Christ (Luc 2.1-7 ; 1 Timothée 3.16).

 

- Il Gouverne les individus en restant le Souverain dans Toutes leurs circonstances.

 

C’est Lui qui fait mourir et qui fait vivre, qui appauvrit et qui enrichit (Anne, 1 Samuel 2.6-7) ; Il abaisse les puissants de leurs trônes et élève ceux qui sont abaissés (Marie, Luc 1.52).

 

C’est encore Lui qui a mis à part l’apôtre Paul avant sa naissance (Galates 1.15-16).

 

Pleins de confiance en l’Éternel, nous disons avec le psalmiste :

 

« Mes temps sont dans tes mains. » (31.14-15)

 

Donc, ma propre histoire est parfaitement sous Son Contrôle.

 

- Il Contrôle et dirige Toutes les circonstances pour arriver à Ses Desseins Eternels.

 

« Le sort est jeté… mais toute décision vient de l’Éternel. » (Proverbes 16.33)

 

Rien ne peut se passer sans que Dieu ne L’ait permis ou n’ait agi selon Ses Propres Desseins et Décisions.

 

Et tout le livre de Jonas en est un exemple parfait.

 

Même la folie d’un Nebucadnetsar a été dirigée par Dieu pour qu’il reconnaisse la Souveraineté Absolue de Dieu (Daniel 4.32-34).

 

- Il Dirige les actions libres des humains.

 

Les Israélites, à la sortie d’Égypte, ne sont pas sortis du pays « les mains vides », parce que Dieu le leur avait Promis et avait guidé les circonstances et les cœurs des Égyptiens pour qu’ils leur donnent leurs bijoux (Exode 3.21 et 12.35-36).

 

Nos dispositions nous appartiennent, mais c’est le Dessein de Dieu qui s’accomplira toujours (Psaume 38.15 ; Proverbes 16.1 ; 19.21).

 

- Il peut Permettre (ou Empêcher) le péché pour faire éclater notre incapacité naturelle à ne pas commettre de péché.

 

Ceci manifeste aussi la corruption totale de l’homme et la Grâce de Dieu qui vient à son secours.

 

Ceci dit, « Dieu ne peut être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne. » (Jacques 1.14)

 

Quand un homme ou une société persistent dans le mal et le péché, Dieu Peut les « livrer à la passion des hommes… à une mentalité réprouvée, pour commettre des choses indignes. » (Romains 1.24-28)

 

Dans l’exemple de Joseph, Dieu L'avait préservé de la tentation venant de la femme de Potiphar, parce que Joseph aimait l’Éternel et désirait Le suivre en toute pureté (Genèse 39.7-23).

 

En même temps, Dieu s’est servi de cette circonstance qui avait jeté Joseph en prison à cause de sa fidélité à Dieu et de sa résistance au péché, pour faire entrer Joseph à la cour royale d’Égypte (Genèse 40-50).

 

La conclusion que donne Joseph à la fin de toutes ses péripéties — depuis sa vente à un marchand d’esclaves jusqu’à son arrivée à l’apogée du pouvoir — est touchante :

 

« Ce n’est pas vous, mais Dieu qui m’a envoyé ici. » (Genèse 45.8 ; 50.20)

 

- Il Peut aussi simplement limiter des actes de péché ou de mal.

 

Dans le cas de Job, c’est Dieu qui avait Permis à Satan de l’attaquer par la maladie, mais Il lui avait interdit de le faire mourir :

 

« Il est entre tes mains, seulement épargne sa vie. » (Job 1.12)

 

Job est sorti victorieux finalement, et l’épreuve lui a appris à connaître Dieu.

 

C. Caractéristiques du gouvernement de Dieu en activité

 

1. Cette activité est universelle

 

- Elle s’opère envers les Croyants :

 

« Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu. » (Romains 8.28)

 

C’est la doctrine des convergences :

 

Toutes les circonstances dans notre vie mènent au Bien que Dieu S’est Fixé pour moi.

 

L’exhortation : « Ne crains rien » prend ici tout son poids, car elle se dresse contre nos peurs, nos soucis, nos incertitudes, que l’on peut comparer à une hydre à têtes multiples qui se régénèrent rapidement sitôt coupées.

 

Rien ne pourra jamais séparer le Racheté de Son Sauveur Jésus-Christ.

 

Dans ce sens, aucun mal ne lui arrivera dans la perspective de l’éternité.

 

Toutes les épreuves servent à notre sanctification pour affiner notre foi (1 Pierre 1.6-7), même les mauvaises actions des hommes, y compris les nôtres parfois.

 

Le but est notre « transformation à l’Image de Son Fils » (Romains 8.29 ; Hébreux 12.6-11).

 

« Le bien », c’est d’être finalement avec Christ dans nos corps glorifiés lors de Son Glorieux Retour.

 

La mort atteint tout homme (Hébreux 9.27), mais le Croyant reste en sécurité absolue face à l’éternité.

 

Soyons rassurés, car Dieu S’occupe Personnellement de tous les Siens (Luc 15.3-7 ; Jean 10.3-6, 14, 27 ; Mathieu 10.30), alors que la modernité fait de l’humain un être impersonnel, sans âme.

 

Oui, Notre Dieu est Personnel et en même temps Infini.

 

Il Prend Soin de nous dans toutes les circonstances.

 

- Quelle tragédie, en revanche, pour le non-croyant (Romains 1.18-21 ; Actes 17.30-31) !

 

Saisissons les opportunités pour faire « du bien » en témoignant de l’Amour du Sauveur à notre prochain non-croyant pour qu’il se repente de ses péchés et croie au Seigneur Jésus-Christ.

 

- Elle s’opère envers tous les hommes :

 

« Il fait lever le soleil sur les méchants et sur les bon et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Mathieu 5.45)

 

La Bonté de Dieu se manifeste envers tous les hommes.

 

2. Dieu Absolument Souverain dans Toutes Ses Actions

 

- Nous n’avons pas à Lui dicter Sa Volonté, mais demandons-Lui en revanche de nous Révéler Ses Pensées en nous éclairant à travers Sa Parole.

 

3. Dieu est Bon

- La Bonté de Dieu est Infinie, car Il est Bonté.

 

Mais Il est aussi Juste, et jamais ces deux Attributs Divins ne sont séparés l’un de l’autre.

 

4. L’activité de Dieu et la nôtre

 

- Elles ne s’excluent pas mutuellement, parce que Sa Providence inclut les actions humaines.

 

- En conséquence, il n’y a pas de place pour le laxisme, l’indifférence, la résignation, le fatalisme.

 

- Parfois les humains sont conscients d’accomplir les intentions divines.

 

L’exemple par excellence nous est donné en Jésus-Christ qui savait qu’Il devait boire la coupe des souffrances pour notre Salut (Mathieu 26.42).

 

- Parfois les humains ne le savent pas, comme dans le cas de l’empereur César Auguste lorsqu’il a décrété le recensement de la terre.

 

Il fallait que cela se passe ainsi pour accomplir les Desseins de Dieu (Luc 2.1)

 

5. La Providence et la prière

La question peut se poser : si Dieu a fixé Ses Desseins d’avance, la prière change-t-elle encore quelque chose ?

 

- Dieu ne change pas Ses Plans, mais, dans Ses Plans, la prière et la foi sont incluses.

 

Il y une parfaite relation entre l’effort humain, moyen Providentiel que Dieu a voulu donner au Croyant, et l’Activité Providentielle de Dieu.

 

L’Écriture affirme que les Desseins de Dieu sont Fixes et Définis, donc Sans Révision.

 

Mais Il désire que nous priions pour qu’Il puisse Agir avec efficacité (Jacques 5.16).

 

- Dans beaucoup de cas, Dieu Agit en association avec l’homme par le moyen de la Foi.

 

Ne citons que deux exemples :

 

la foi du centurion : « Va, qu’il te soit fait selon ta foi » (Mathieu 8.5-13)

 

et la foi de la femme qui avait une perte de sang : « Va, ta foi t’a guérie » (Mathieu 9.18-22).

 

C’est une interpellation à nos cœurs :

 

faut-il vraiment que « Jésus s’étonne de notre incrédulité » (Marc 6.6) ou saisissons-nous Sa Main en Lui confessant notre petitesse dans la foi :

 

« Je crois, Seigneur, viens en aide à ma petite foi ! » ?

 

Ne restons pas passifs, mais marchons par la foi, car elle franchit des montagnes.

 

- Oui, la prière et la foi sont vraiment les Moyens Providentiels par lesquels Dieu désire opérer.

 

D. Prudence et modestie dans nos affirmations au sujet de la Providence

 

- Restons sages et prudents dans nos affirmations quant à nos évaluations des actes Souverains et Providentiels de Dieu.

 

Seule l’éternité manifestera réellement la Pleine Révélation des Mystères de la Providence du Dieu Juste, Bon et Sage.

 

- Tout cela doit nous amener à une attitude d’humilité et de confiance en Lui.

 

Redisons, avec la prière du Notre Père : « Que ta volonté soit faite »,

 

avant de demander : « Donne-nous notre pain quotidien ».

 

- Qu’il est bienfaisant de se répéter dans toutes les circonstances ce que le Seigneur affirmait à Paul :

 

« Ma grâce te suffit.»

 

Quoi qu’il nous arrive, Dieu « ne refuse pas le bonheur à ceux qui marchent dans l’intégrité. » (Psaume 84.12)

 

Ce Vrai Bonheur, c’est de posséder Jésus-Christ : personne ne pourra jamais nous le ravir.

 

Gloire à Notre Bien-Aimé Sauveur !

 

Gloire à Dieu dont la Parfaite Providence dirige Toutes Choses pour notre bien et pour Sa Gloire !

 

Et cela Jonas a dû l’apprendre.

 

Mais la Patience de Dieu est Grande et nous encourage à L’aimer et Le suivre de tout notre cœur.

 

Amen,

 

Henri Lüscher,

Bible (134)

Croix Huguenote

 

Source : Promesses

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 22:56

 

(Traditional Hymns) Isaac Watts : Give to our God immortal praise

Psaume 19/2-15. 

 

Les cieux racontent la gloire de Dieu, 
Et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains. 
Le jour en instruit un autre jour,

La nuit en donne connaissance à une autre nuit. 
Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles 
Dont le son ne soit point entendu: 
Leur retentissement parcourt toute la terre, 
Leurs accents vont aux extrémités du monde, 
Où il a dressé une tente pour le soleil. 
Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, 
S’élance dans la carrière avec la joie d’un héros; 
Il se lève à une extrémité des cieux, 
Et achève sa course à l’autre extrémité: 
Rien ne se dérobe à sa chaleur. 
La loi de l’Éternel est parfaite, elle restaure l’âme; 
Le témoignage de l’Éternel est véritable,

Il rend sage l’ignorant. 
Les ordonnances de l’Éternel sont droites,

Elles réjouissent le cœur; 
Les commandements de l’Éternel sont purs,

Ils éclairent les yeux. 
La crainte de l’Éternel est pure, elle subsiste à toujours; 
Les jugements de l’Éternel sont vrais, ils sont tous justes. 
Ils sont plus précieux que l’or, que beaucoup d’or fin; 
Ils sont plus doux que le miel,

Que celui qui coule des rayons. 
Ton serviteur aussi en reçoit instruction; 
Pour qui les observe la récompense est grande. 
Qui connaît ses égarements? 
Pardonne-moi ceux que j’ignore. 
Préserve aussi ton serviteur des orgueilleux; 
Qu’ils ne dominent point sur moi! 
Alors je serai intègre, innocent de grands péchés. 
Reçois favorablement les paroles de ma bouche 
Et les sentiments de mon cœur, 
O Éternel, mon rocher et mon libérateur !

 

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 13:36
Mais qu'est-ce que donc que la Loi de Dieu ?

Nous avons été habitués à donner une portée relativement restrictive à la notion de "loi de Dieu".

 

Elle a souvent été limitée à la notion de "loi de Moïse", de la législation donnée par Dieu à Moïse pour le peuple d'Israël.

 

En général, elle a été uniquement appliquée à la théocratie juive.

 

Nous allons voir que l'usage biblique de cette expression est beaucoup plus large que nous ne l'imaginons.

 

Premièrement, la loi de Moïse ne peut être opposée à la loi de Dieu, la loi de l'Eternel.

 

Quand au temps du roi Josias, l'on retrouva le livre de la loi, c'est-à-dire le Pentateuque, il en fut parlé ainsi :


Hilkija, le prêtre, trouva le livre de la loi de l'Eternel donné par Moïse (II Chr 34.14).

 

Ainsi la loi donnée par Moïse n'est rien d'autre que la loi de l'Eternel.

 

Voici les termes du serment par lesquels Néhémie et ses compa­gnons, de retour de l'exil de Babylone, renouvelèrent l'alliance d'lsrael avec Dieu :

 

Ils promirent avec serment et jurèrent de marcher dans la loi de Dieu, qui avait été donnée par Moïse, serviteur de Dieu, d'observer et de mettre en pratique tous les commandements de l'Eternel, notre Seigneur, ses préceptes et ses lois (Néh 10.29).

 

Il est donc évident que la loi de Dieu et la loi donnée par Moïse sont des expressions qui recouvrent la même réalité.

 

Si la loi donnée par Moïse est bel et bien la loi de Dieu, elle est, en conséquence, une loi dont l'application dépasse singulièrement le peuple d'Israël.

 

Si elle a été transmise par Moïse à lsraël, elle l'a été pour tous les hommes, pour toutes les nations, car cette loi étant de Dieu, elle révèle la pensée mê­me de Dieu, pensée qui établit l'ordre et le vrai sens de toutes choses, de toute la création de Dieu.

 

C'est de cette universalité de la loi de Dieu que nous parle l'apôtre Paul quand il écrit aux Romains :

 

Quand les païens, qui n'ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, eux qui n'ont pas la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes. Ils montrent par là que l'oeuvre de la loi est écrite dans leur coeur, leur propre conscience en témoigne... (Rom 2.14-15).

 

Nous pouvons ainsi conclure que tous les hommes - et non le seul peuple Juif -, sont soumis au pouvoir et à la législation souveraine du Créateur qui, en tant que Créateur, est le seul apte à donner à ses créatures une loi conforme à leur nature.

 

Certains distinguent subtilement la loi de Dieu des commandements de Dieu, préférant le mot commandement comme étant moins contrai­gnant que celui de loi.

 

Ce n'est pas l'avis de l'Ecriture Sainte.

 

Nous avons vu dans le texte de Néhémie que nous avons cité, que suivre la loi de Dieu est exactement la même chose que de pratiquer tous les commandements de l'Eternel.

 

Pour Paul, lui aussi, qui parle des oeu­vres de la loi, ces deux expressions sont équivalentes.

 

On peut sim­plement affirmer que la loi de Dieu contient les commandements, les préceptes et les ordonnances de l'Eternel.

 

Certains désirent distinguer la loi ou les commandements de Dieu de la Parole ou des Paroles de Dieu.

 

Ce n'était pas l'avis de Jésus-Christ qui disait à la fin du Sermon sur la Montagne :

 

Quiconque entend mes paroles et les met en pratique sera semblable àun homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc (Mat 7.24), confirmant ainsi ce qu'Il avait affirmé au début de ce même sermon, quand Il déclarait qu'il ne disparaîtrait de la loi ni un seul iota, ni un seul trait de lettre, jus qu'à ce que tout soit accompli.

 

Et Il ajouta : Celui donc qui violera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à les violer, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux (Mat 5.18-19).

 

Il y a donc dans la bouche de Jésus identité entre loi, commandement et parole.

 

Christ en s'adressant aux Pharisiens au sujet des subterfu­ges légalistes qu'ils employaient pour ne point secourir leurs parents leur déclarait :  

 

Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?(...) Ainsi vous avez annulé la Parole de Dieu par votre tradition (Mat 15.3,6).

 

Il est ainsi évident que la Parole de Dieu, les paroles de Christ, la loi de Dieu et le commandement du Seigneur sont des expressions différentes souvent utilisées par la Bible pour recouvrir des aspects variés d'une réalité unique, la révélation écrite et normative de Dieu.

 

Quoi d'étonnant à cela, puisque Jésus-Christ est Dieu Lui-même et que la loi donnée par Moïse vient de ce même Dieu, Créateur, Législateur et Sauveur ?

 

Certains veulent distinguer entre 'Ecriture et la loi de Dieu.

 

Il est vrai que parfois, pour désigner l'Ancien Testament, l'Ecriture parle de la loi et des prophètes.

 

N'oublions pas, cependant, que la tâche essentielle de la prophétie consiste toujours à rappeler la loi et à l'expliciter.

 

C'est le contraire de la critique biblique, dominée par une théorie de l'existentialisme évolutionniste, selon laquelle la révélation de Dieu vient après l'activité "créatrice" du prophète.

 

De même, un christianisme où l'activité charismatique joue un rôle pré­dominant situera lui aussi la loi sur un plan secondaire par rapport aux révélations prophétiques.

 

Il en va tout autrement dans la Bible où la loi, révélatrice de la pensée de Dieu, a toujours la première place.

 

L'expression l'Ecriture recouvre souvent également la loi.

 

Quand Jé­sus disait aux Juifs : Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle ce sont elles qui rendent témoignage de moi (Jean 5.39), Il se référait aussi bien a la loi qu'aux prophètes.

 

Nous trouvons une unité remarquable entre loi mosaïque, écrits et parole dans ce que Jésus déclare aux Juifs incrédules :  

 

Ne pensez pas que moi, je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c'est Moï­se, en qui vous avez mis votre espérance. Car, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi parce qu'il a écrit à mon sujet. Mais, si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? (Jean 5.45-47)

 

Nous devons par conséquent constater qu'il n'existe aucune opposi­tion entre les Ecritures, la loi de Dieu donnée par Moïse et les paroles du Christ.

 

La loi de Dieu est l'Ecriture Sainte, la Parole même de Dieu, Ancien et Nouveau Testaments.

 

D'autres encore opposent la vérité à la loi de Dieu.

 

Ils se basent pour le faire sur un texte célèbre du prologue de Jean :  

 

Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ (Jean 1.17).

 

Rien dans ce texte ne met en opposition loi et vérité Moïse et Jésus-Christ.

 

Rien non plus ici n'oppose loi et grâce.

 

Un développe­ment dans la révélation et dans l'efficacité de la grâce n'implique au­cunement contradiction ou opposition.

 

C'est d'ailleurs ce que nous prouve admirablement l'Ecriture quand l'apôtre Paul affirme que la loi n'est rien d'autre que la règle de la connaissance et de la vérité (Rom 2.20).

 

Seigneur Jésus, ta parole est la vérité sanctifie-nous par la vé­rité

 

La loi, les commandements, l'Ecriture, la Parole de Dieu, la vérité ne sont autre chose que la règle de notre foi, utile, à confondre tout ce qui s'oppose à la saine doctrine (1 Tim 1.10), car Toute l'Ecritu­re est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli (atteigne tout son développement) et qu'il soit apte à toute bonne oeuvre. (2 Tim 3.16-17)

 

Ceux qui se permettent d'attaquer la loi de Dieu en l'opposant à la foi et à la grâce portent tout simplement atteinte à la vérité, à la Parole de Dieu, à l'Ecriture Sainte.

 

En fait, ils s'attaquent à Dieu.

 

C'est d'eux aussi que parle le deuxième psaume :


Les rois de la terre se soulèvent, et les princes se liguent ensemble contre l'Eternel et contre son oint. Rompons leurs liens, et rejetons loin de nous leurs chaînes ! (Ps 2.2-3)

 

Ces liens et ces chaînes qui répugnent tant à notre siècle sans Dieu ni loi ne sont autres que les saints commandements de la loi de Dieu.

 

Les dernières exhortations de la Bible s'adressent, entre autres, à de tels antinomiens. (Antinomisme : doctrine qui enseigne, au nom de la suprématie de la grâce, l'indifférence à l'égard de la loi, Larousse 3.)

 

Si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu lui retranchera sa part de l'arbre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre (Apoc 22.19).

 

Cet avertissement est un simple écho des paroles de Moïse dans le Deutéronome :

 

Vous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de l'Eternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris (Deut 4.2).

 

C'est dans cette perspective de l'identité des commandements de Dieu et de la Parole de Dieu que nous comprenons mieux ce que Jé­sus voulait dire quand il affirmait au sujet de l'un de ces plus petits commandements que celui qui les observera et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux (Mat 5.19).

 

Et ce n'est pas par rapport au royaume de Dieu que nous vou­lons nous contenter d'ambitions médiocres !

 

Amen,

 

JeanMarcBerthoud.jpg

Jean Marc Berthoud,

Théologien Réformé Baptiste,

 

Bible (124)

Croix Huguenote

 

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 13:22
Protestantisme et philosophie

Examinons la question de la possibilité d’une philosophie du point de vue protestant et, plus spécialement du point de vue calviniste.

 

Cette question nous avait été posée par l’un des maîtres les plus éminents de la philosophie, en France.

 

Le protestantisme a-t-il besoin d’une philosophie ?

 

S’il en a besoin, y a-t-il droit ?

 

Bien entendu, il a et peut et doit avoir une théologie; aucune discussion sur ce point ; mais pourquoi une philosophie ?

 

Et comment ?

 

On voit tout de suite la gravité de la question.

 

Si le protestantisme a besoin d’une philosophie, et si le principe de sa théologie lui interdit le droit d’en avoir une, le protestantisme n’a pas le droit d’exister pour la pensée.

 

Si la philosophie n’est, pour lui, que spéculation inutile, il n’est plus qu’une chapelle, ou un foisonnement de chapelles obscurantistes en marge de la pensée humaine.

 

Pour le catholicisme, la question ne se pose plus.

 

Mme M. Davy a montré, dans son livre Les sermons universitaires parisiens de 1230 et 1231, que la question s’est posée d’une manière aiguë au XIIIe siècle et qu’elle avait été résolue négativement par les évêques et les théologiens aux dépens de Thomas d’Aquin.

 

Mais depuis, l’Église a donné raison à l’Ange de l’École.

 

« La science qui, à l’aide des lumières de la raison, s’applique à résoudre les grands problèmes relatifs au monde, à l’homme et à Dieu s’appelle philosophie », dit le philosophe thomiste P. Vallet.

 

Cette science est le fondement logique indispensable à l’édification de la théologie positive.

 

Pour la science dite indépendante, la philosophie est une sorte de luxe de la pensée.

 

Primum vivere, deinde philosophari.

 

Elle est destinée à satisfaire le besoin qui pousse certains esprits à sonder jusqu’au fond le connaissable et à faire des synthèses générales.

 

La question de savoir si ce fond dernier peut être atteint par la seule raison théorique, par la raison pratique ou par l’intuition, est tranchée diversement par les diverses écoles indépendantes.

 

Pour définir l’organe de la philosophie indépendante en englobant toutes les écoles, nous substituerons donc à l’expression du philosophe catholique lumière de la raison, l’expression plus générale lumière naturelle.

 

Comme, d’autre part, les philosophes agnostiques et positivistes relèguent Dieu et les choses en soi dans le domaine de l’inconnaissable, nous assignerons pour objet à la philosophie indépendante le général, l’universel abstrait.

 

Et pour le protestantisme, maintenant ?

 

On désigne sous ce terme unique deux courants de la pensée religieuse qui ont un caractère commun ; ils veulent affranchir la pensée religieuse du magistère infaillible de toute Église représentative, et c’est dans le sein de l’Église romaine, au XVIe siècle, que ce mouvement d’émancipation s’est produit.

 

Mais ces deux courants ont chacun leur principe formel propre.

 

Le principe formel du protestantisme indépendant, c’est l’autorité subjective de la conscience religieuse de l’individu : l’autorité de Dieu si l’on veut, mais l’autorité de Dieu s’exprimant dans et par la conscience de l’individu.

 

Le principe formel du protestantisme orthodoxe, qu’il soit du type luthérien ou du type réformé, c’est l’Autorité de l’Esprit de Dieu s’attestant et à la conscience de l’Église et à la conscience individuelle dans et par l’Écriture.

 

À notre sens, la question de savoir si le protestantisme indépendant ou libéral peut et doit avoir une philosophie ne se pose pas.

 

Il n’est qu’une religion philosophique ou plutôt une philosophie religieuse née au contact de la foi des prophètes d’Israël et surtout de Jésus et des apôtres.

 

Sa dogmatique sera la traduction intellectuelle et synthétique des émotions religieuses ou mystiques de l’âme individuelle.

 

S’il est rationaliste, la philosophie sera, pour lui, ce qu’est la philosophie pour les catholiques scolastiques.

 

S’il est intuitionniste, elle sera pour lui ce qu’elle était pour Kant ou pour Renouvier, et ainsi de suite.

 

S’il veut être en se pensant lui-même, et nous ne voyons pas au nom de quel principe on lui refuserait le droit de se penser, le protestantisme indépendant ou libéral ne peut guère faire autre chose que de philosopher.

 

Il n’entre pas dans notre sujet de faire la critique du protestantisme indépendant.

 

Nous dirons seulement que, si nous voyons très bien qu’avec lui nous pourrions philosopher à perte de vue, il nous apparaît aussi avec évidence qu’il ne tient pas compte de faits qui s’imposent à la conscience religieuse calviniste avec la force d’une injonction divine.

 

Ces faits, c’est que l’Écriture est le buisson ardent où cette conscience a rencontré Dieu, et que la soumission à l’Autorité de l’Écriture, à Son Autorité Formelle, aussi bien que matérielle, comme juge suprême et pierre de touche de toute pensée et de toute sagesse, n’est pas seulement la charte divine qui l’affranchit de toute tyrannie humaine, mais qu’elle est la digue qui s’oppose à la montée des incertitudes, des contradictions de l’anarchie intellectuelle où se débat le protestantisme indépendant.

 

Le calvinisme ne peut être autre chose que protestantisme orthodoxe.

 

La forme conséquente, achevée, du protestantisme orthodoxe est le calvinisme, la théologie réformée.

 

C’est du point de vue du dogme réformé que nous allons maintenant envisager la question de la possibilité d’une philosophie, et d’une philosophie qui ne se confonde pas avec la dogmatique.

 

Il est nécessaire, pour répondre à la question posée, de dire ce qu’est le calvinisme par rapport au problème qui nous occupe ; ce qu’est, pour lui, la dogmatique ; quelle idée il peut se faire de la philosophie.

 

Le calvinisme est d’abord une religion positive.

 

La source et la norme de son dogme est une révélation historique et progressive, une histoire sacrée qui a ses lieux, ses dates, son document : l’Écriture ;

 

son centre : le Christ crucifié.

 

Le calvinisme veut être non une Église nouvelle, mais l’Église ancienne réformée, et réformée selon le mobile de la piété qui est le Soli Deo gloria, le désir de promouvoir la gloire de Dieu, et  cela en prenant pour règle de foi les écrits reconnus par toute l’Église comme parole de Dieu et qui s’attestent à la conscience chrétienne comme Divine par le témoignage indirect et direct du SaintEsprit.

 

Le calvinisme, étant une réforme dans l’esprit de la tradition augustinienne, est anormaliste : il croit à la chute et à la corruption totale de la nature humaine — dans le sens extensif, bien entendu, et non dans le sens intensif — ; il vise donc à purifier l’Église de l’hérésie, sous la forme du judaïsme moraliste d’abord.

 

Sur ce point, il se confond avec le luthéranisme orthodoxe.

 

Il acceptera donc la justification sola fide.

 

Mais il vise à être une réforme plus complète.

 

Il se distingue du luthéranisme en ce qu’il porte un effort intense contre l’autre aspect que revêt l’hérésie : l’élément païen, qui tend à confondre les signes divins avec le numen lui-même, à reléguer Dieu au second plan, ou à mettre Dieu sous la dépendance de l’homme et des choses.

 

Enfin, le calvinisme est sur un autre plan que le rationalisme : il est suprarationaliste.

 

Pour lui, le principe intérieur de la certitude dogmatique et la condition de l’intellection est la foi.

 

Il pourrait s’approprier la devise de saint Anselme : Fides quærens intellectum (la foi recherche l’intelligence).

 

Contrairement au catholicisme romain, il considère la foi comme un élément essentiel de la nature humaine dans son état d’intégrité avant la chute : la foi qui croit (fides qua creditur), la foi, faculté de reconnaître Dieu et les choses divines, quand la révélation se produit.

 

C’est la foi, l’intuition, en nous, de Dieu soutenant notre subsistance et le mouvement de notre vie ; la foi, l’intuition de Dieu dans le monde, où il agit par la création continue et par la conduite qu’il lui impose ; la foi, l’intuition de Dieu dans l’Écriture, où il parle avec Autorité et Promet avec Fidélité.

 

La foi, corrompue par la chute, n’est plus guère que la religiosité conservée par la grâce commune.

 

Mais dans l’état de chute, elle se refuse quand elle devrait se donner, et se donne quand il faudrait se réserver.

 

La nature corrompue ne voit pas toujours que la foi est tellement essentielle à l’essence de notre être qu’on ne peut faire aucune démarche dans la voie de la connaissance sans prendre son point de départ dans un acte de foi initial à quelque principe, ne serait-ce qu’en l’intuition du doute sceptique et du droit intellectuel au doute.

 

Comme pour les autres philosophies intuitionnistes, nous parlerons donc de lumières naturelles plus que de raison naturelle.

 

La pensée naturelle est au seuil du sanctuaire quand elle comprend que la seule attitude conforme à la sagesse et à la dignité de l’Esprit est de n’accorder la foi totale qu’à l’Esprit absolu, originaire et garant de la réalité.

 

Le calvinisme étant ainsi caractérisé, il est aisé de déterminer ce que sera pour lui la dogmatique.

 

Ce sera une synthèse des mystères de la révélation religieuse, opérée par la raison, qui elle-même a reconnu que la foi est la condition de l’intelligence.

 

C’est la science de la foi, par la foi, science qui a pour objet le contenu de la religion positive.

 

Or, la religion a pour fin principale de nous faire connaître la manière de servir et de glorifier Dieu par la foi et les œuvres, et pour fin subordonnée de nous enseigner la voie du salut.

 

La dogmatique a pour objets Dieu, l’homme et le monde en tant que dépendant religieusement de lui pour être conduits à leurs destinées suprêmes, en tant que perdus ou que sauvés.

 

Puisque la foi chrétienne réformée s’est érigée en science dogmatique avec sa théologie propre, son anthropologie et sa cosmologie, la question se pose de savoir s’il y a place, à côté de cette dogmatique, pour une philosophie chrétienne ayant les mêmes objets : Dieu, l’homme, la nature, et, dans le cas affirmatif, comment elle se distinguera de la dogmatique.

 

Immédiatement apparaît une différence fondamentale quant à la finalité : la science dogmatique se propose de connaître ce que Dieu a révélé pour que nous le servions et que nous trouvions la voie du salut.

 

Les sciences concrètes et la philosophie, science des premiers principes universels des sciences, se proposent de connaître la nature, pour l’asservir.

 

Dieu, la souveraineté de Dieu ne sont considérés que dans la mesure où ils peuvent nous faire comprendre l’ordre de la nature qui en relève ; ainsi Dieu, comme cause première, comme ciment logique de la réalité, comme dynamisme ultime de la totalité du réel.

 

La théologie positive de par son essence a pour texte la révélation de Dieu dans la subsistance, dans les relations et le changement de la totalité du réel de la nature.

 

Par sa doctrine de la préordination éternelle et immuable de toutes choses, de la création et de la conservation du monde et de la vocation royale de l’homme sur le monde, le calvinisme, affirmant un univers et un déterminisme de l’ordre de l’univers, donne à la philosophie un domaine bien à elle et distinct de celui de la dogmatique : le domaine de la nature ou ordre imposé par Dieu au créé.

 

Comment le calviniste fera-t-il de la philosophie ?

 

Puisqu’il est rétabli virtuellement dans son état de rénovation ou de régénération et qu’il a retrouvé la faculté normale de l’homme, la foi, il partira des mêmes principes normatifs que la dogmatique : la foi, condition de l’intellection ; la révélation chrétienne dans l’Écriture, norme suprême.

 

Comme pour la dogmatique, il appliquera sa raison croyante à l’étude de son texte : la nature et les généralisations dernières qu’il s’agit d’en tire r; comme le théologien applique sa raison régénérée ou illuminée à l’interprétation scientifique de son texte qui est la révélation positive.

 

Pourquoi fera-t-il de la philosophie ?

 

Parce qu’il a des aspirations humaines et des aspirations spécifiquement religieuses propres à sa foi réformée.

 

Des aspirations humaines, comme les autres hommes, il a besoin de comprendre ce qu’il connaît et de comprendre l’acte même de connaître.

 

Il cultivera les sciences particulières parce qu’il faut savoir pour pouvoir, et il cultivera la science des sciences parce qu’on ne sait vraiment que ce qu’on comprend.

 

Il s’agit là seulement d’une nécessité psychologique.

 

Mais le calvinisme a des aspirations religieuses qui font de la philosophie une nécessité vitale.

 

Il s’agit non plus pour lui, comme pour le catholicisme, de donner à sa foi une base rationnelle.

 

Nous l’avons vu, le calvinisme est suprarationaliste.

 

La foi religieuse n’est pas pour lui une opinion : elle est le type le plus élevé et le plus raisonnable de la certitude.

 

Aussi ceux des calvinistes qui, contrairement à Calvin, croient que l’existence de Dieu peut être l’objet de démonstrations rationnelles ne se servent-ils de ces preuves que pour critiquer l’athéisme et déclarent-ils que ni le fidèle ni l’Église n’en ont besoin.

 

Il s’agit pour lui de toute autre chose.

 

Il s’agit :

 

1°) de répondre à l’appel de l’instinct de la foi qui veut comprendre pour admirer, aimer, glorifier Dieu dans son œuvre ;

 

 2°) de promouvoir la foi en la souveraineté de Dieu dans tous les domaines de la pensée ; de renverser, selon l’idéal apostolique, toute forteresse qui se dresse contre Dieu ; d’amener toute pensée à se ranger, comme captive, derrière le char triomphal du Christ, et, pour cela, d’expurger la science des sciences de tout élément païen (déisme, panthéisme), comme Calvin en a expurgé la partie de l’Église qui s’est rangée derrière le principe qu’il a proclamé : La culture du domaine philosophique est donc non seulement un droit, c’est un devoir religieux.

 

Il reste à examiner brièvement quelques objections.

 

1. En éliminant l’élément païen, c’est la nature qui s’en va et avec elle la philosophie.

 

Réponse : l’élément païen n’est pas l’élément naturel, par opposition à l’élément chrétien, qui serait le surnaturel.

 

Le paganisme et le christianisme sont, l’un et l’autre, le naturel et le surnaturel.

 
Le paganisme, c’est la nature déchue ; le christianisme, c’est la nature rénovée.
 
 
D’autre part, il y a du surnaturel dans le paganisme, non seulement le surnaturel satanique, mais le surnaturel de la grâce commune.
 
La science et la philosophie cultivées par les païens sont les résultats magnifiques de l’action de la grâce commune ; l’élément païen qu’on y trouve ne doit pas être confondu avec elles.
 
Il peut et doit en être séparé.
 
Tout ce qu’ont dit et ce que disent les païens, le judaïsme, les hérétiques n’est pas forcément païen, juif ou hérétique.
 
 
Même dans les questions religieuses, ils ont des lueurs divines parfois : fulgurantes, sinon durables, et cela en vertu de la grâce commune.
 
 
Il est donc faux de dire qu’en éliminant ce qui est spécifiquement païen, nous éliminons la nature.
 
 
2. En assignant à la philosophie un objet religieux : Dieu, qu’elle atteint par la religiosité, par l’intuition de la foi, nous substituerions la religion à la philosophie.
 
 
Réponse : cela pourrait se soutenir si la philosophie n’avait d’autre procédé pour atteindre le vrai, d’autre lumière naturelle que la démonstration rationnelle.
 
 
Ce n’est pas le cas.
 
 
L’intuition sensible est aussi une lumière de la nature, un moyen de connaître, quelquefois le seul possible.
 
Toute science est bien obligée de partir d’indémontrables.
 
La foi n’est pas un procédé exclusivement religieux.
 
Même quand elle prend Dieu pour objet, si elle considère Dieu non comme révélateur, législateur souverain et Sauveur, mais sous l’aspect de l’explication suprême du réel, l’intuition de Dieu, la foi qui l’affirme, tout en étant un acte religieux, est une attitude philosophique.
 
La philosophie de la religion elle-même, quand elle considère les idées abstraites de la révélation positive, de religion positive, est encore de la philosophie et non de la religion.
 
Une philosophie de la religion n’a aucun moyen de déterminer quelle forme concrète le culte de Dieu exige, ni s’il fera ou non de pécheurs des fils adoptifs de sa grâce salvatrice.
 
Elle n’est donc pas une religion.
 
Pourquoi le calviniste ne pourrait-il, lui aussi bien qu’un autre, faire de la religion l’objet de son étude ?
 
Quoi ?
 
L’agnostique et le douteur pourraient le faire en partant de leur principe qui est le doute universel, et le calviniste n’aurait pas le droit de le faire en partant du sien ?
 
Mais le doute universel n’est pas le seul point de départ convenable de la philosophie.
 
On peut même affirmer que celui qui part de là y restera toujours empêtré et qu’il ne pourra jamais constituer une véritable philosophie qu’à condition de se donner un autre point de départ.
 
Nous croyons, au contraire, que la philosophie est la science des sciences, et qu’elle ne peut être cela qu’à condition de s’appuyer sur des certitudes fondamentales et premières, que l’intuition de la foi lui fournit.
 
Par la foi nous savons, dit Calvin après l’épître apostolique ; et par là, le calvinisme rejoint la grande tradition anselmienne pour qui la foi était la condition de l’intellection, et l’intellection le résultat d’un effort de la foi, fides quærens intellectum.
 
Ainsi, le type de philosophie que le calvinisme ne peut ni ne veut cultiver, c’est celui qui, érigeant le doute en principe, prétend créer, par ses seules forces, la vérité, faisant de l’homme la mesure de toutes choses.
 
Entre lui et cette philosophie-là, il y a une opposition principielle irréductible.
 
Toute philosophie calvinienne sera nécessairement une philosophie de croyants, même quand elle sera une philosophie de la croyance.
 
Le calvinisme n’a affranchi la pensée protestante que pour l’assujettir à l’autorité de Dieu, et il croit que c’est dans cette soumission à Dieu qu’est la véritable garantie de la dignité de l’esprit humain.
 
 
Auguste Lecerf, (1872-1943)
Pasteur Réformé
Théologien,
Il fut professeur de dogmatique réformé
à la Faculté de théologie protestante de Paris, 
spécialiste de la pensée de Jean Calvin
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sourceressourceschretiennes

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 18:01
A Toi La Gloire !

Paroles Edmond Budry 1885 & Mélodie Georg Friedrich Haendel 1746

À Toi la gloire, Ô Ressuscité ! 

A Toi la victoire, pour l'éternité ! 

Brillant de lumière, l'ange est descendu ; il roule la pierre du tombeau vaincu. 

À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! 

À Toi la Victoire, pour l’Eternité ! Vois-Le Paraître ! 

C'est Lui, c'est Jésus, Ton Sauveur, Ton Maître, oh ! ne doute plus ! 

Sois dans l'allégresse, Peuple du Seigneur, et redis sans cesse que Christ est Vainqueur.

À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire,
pour l’Eternité ! 
Craindrais-je encore ? Il vit à jamais, 

Celui que j'adore, Le Prince de Paix ; 

Il est Ma Victoire, Mon Puissant Soutien, Ma vie et Ma Gloire. 

Non, je ne crains rien ! À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! 

À Toi la Victoire, pour l’Eternité !

 

 

.

 

 

Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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