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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:55
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (Dernière partie)

Par J. J. S. CELLÉRIER,

 

Déchargeons-nous sur Dieu de tout ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfants, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante :

 

Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.

 

Toute sublime, tout élevée au-dessus de la nature que paraisse une telle conduite, elle n'est cependant que la conséquence nécessaire de nos relations avec Dieu.

 

Nous y sommes appelés également par la raison et par la foi.

 

Pourquoi devons-nous nous décharger sur Dieu de ce qui pourrait nous inquiéter ?  

 

C'est parce que Lui-même prend soin de nous.

 

Oui, grand Dieu ! Tu prends soin de nous.

 

C'est là une vérité gravée dans les Cieux, sur la terre et dans le coeur de l'homme.

 

C'est par Toi que roulent les astres :

 

C'est Toi qui revêts le printemps de sa parure :

 

C'est Toi qui conserves les espèces des plantes et des animaux ;

 

Négligerais-Tu Ton plus bel ouvrage sur la terre, Ton ouvrage le plus Chéri ?  

 

Tu fais croître les lis des champs, Tu nourris les oiseaux de l'air; abandonnerais-Tu l'homme qui vaut beaucoup plus qu'eux ? (Matt., VI, 26-30.)

 

Mais c'est pour lui que Tu commandes à la terre de donner son fruit dans son temps, que Tu commandes aux saisons de se succéder.

 

Ne craignons donc point, au milieu de cette foule d'êtres qui nous environnent ; je vous le déclare en Son Nom, nous sommes les premiers que distinguent ses regards, nous sommes le principal objet des soins de sa Providence,

Eh ! Pourquoi ces lois qu'Il nous donne, cette Révélation dont Il nous enrichit, ce Fils qu'Il nous envoie,
cette Parole éternelle faite chair (Jean, I, 14.), Ce Grand Rédempteur immolé pour nous, s'Il ne voulait pas nous donner toutes choses avec Lui (Rom., VIII, 32.), s'Il n'avait qu'indifférence pour notre sort ?

 

Pourquoi cette activité qu'Il a mise dans notre âme, ce plaisir qu'Il nous fait trouver dans l'exercice de nos facultés, cet intérêt si pressant qu'Il nous fait prendre au bonheur de nos enfants, au sort de ceux pour qui nous avons fait quelque chose, qui dépendent de nous par quelque endroit, à la conservation même des ouvrages sortis de nos mains?

 

Ces dispositions ne nous annoncent-elles pas que Celui de qui nous les tenons agit sans cesse (Jean, V, 17.), déploie sans cesse Ses Perfections Divines, qu'Il conserve, protège toutes les créatures, et veille particulièrement sur celles qu'Il a douées des plus belles facultés?


Et n'est-ce pas encore ce que nous dit l'expérience ?

 

Si l'histoire des peuples nous offre les grands traits d'une Providence qui dirige tout, se joue des passions des hommes, les fait servir au succès, de ses desseins, notre propre histoire ne nous offre-t-elle pas des traits plus particuliers et plus touchants qui portent dans notre coeur la persuasion de cette vérité ravissante :  

 

Dieu prend soin de nous ?  

 

En repassant notre vie, depuis notre naissance, ne croyons nous pas avoir été conduits par une invisible main qui nous éloignait des écueils que nous n'apercevions même pas, et par des chemins souvent détournés nous faisait arriver au but ?

Combien de fois une petite circonstance, qui d'abord ne paraissait rien, a décidé notre sort, amené notre bonheur !

 

Combien d'événements, qui, de loin, semblaient funestes, sont devenus pour nous une source d'instructions, souvent de jouissances !

 

Combien de fois ce Dieu qui nous dirige ne s'est-Il pas joué de nos conjectures inquiètes, de nos murmures téméraires !

 

Et, sans sortir de la vie champêtre, des objets qui nous entourent, combien de preuves remarquables et touchantes n'avons-nous pas de cette bonté, de cette Puissance Divine, si supérieures à nos pensées !

 

Tantôt des saisons contraires nous faisaient craindre de ne pouvoir semer ou recueillir ce grain précieux qui nourrit l'homme ; tout semblait perdu.

 

Dieu commandait au soleil de paraître ; quelques beaux jours changeaient la face de la terre et faisaient succéder l'espoir à nos alarmes.

 

Tantôt une sécheresse cruelle menaçait de tout faire périr de langueur.

 

L'Éternel faisait tomber une pluie bienfaisante, qui ranimait la nature comme par enchantement : elle détrempait la terre, suivant l'expression du Psalmiste (Ps. CIV, 14.), l'arrosait avec abondance, reverdissait les prairies et préparait le blé.

 

Tantôt le fruit de nos champs, dont nous attendions beaucoup, se trouvant réduit soudain à peu de chose, notre imagination se troublait; nous disions avec anxiété:  

 

Où trouverons-nous du pain ?  

(Jean, VI, 5.)

 

Et l'Éternel, Emu de pitié, bénissait, multipliait au centuple une seconde moisson ; Il lui commandait de pourvoir, de suffire à nos besoins.

 

Quelquefois un fléau destructeur étendait tellement ses ravages, que nos campagnes semblaient devoir s'en ressentir longtemps ; et bientôt, reconnaissant la vanité de nos inquiétudes, nous disions, en bénissant Dieu :

 

Nous sommes trompés en bien.

 

Ce n'est pas toujours, il est vrai, par des délivrances pareilles, ni par des délivrances proprement dites, que le Seigneur montre qu'Il prend soin de nous; mais les maux même, oui, ces maux publics et particuliers que des esprits audacieux, des esprits téméraires, dans leur aveuglement, présentent comme une objection contre la Providence, sont une preuve nouvelle de ses tendres soins.

 

Les uns sont destinés à régénérer les nations, à retremper les âmes, à ranimer en elles les germes de la piété, de la foi.

 

Ce sont ces orages qui couvrent l'horizon de ténèbres, bouleversent la nature, nous offrent l'aspect affreux de la confusion et du combat des éléments, mais qui, par une secrète influence, fécondent le sol et purifient l'atmosphère.

 

Les autres ont pour mission d'éclairer le pécheur ou d'éprouver le juste, de le rendre plus digne d'une immortelle récompense.

 

On peut les comparer à ces opérations douloureuses, mais salutaires, qu'exécute un médecin ferme et courageux, malgré les cris du malade, ou bien au procédé de l'artiste habile qui met son or dans l'ardent creuset pour l'en retirer plus pur et plus brillant.


Ainsi, loin de nous annoncer que Dieu voit notre sort avec indifférence, ces maux nous disent qu'Il nous aime,

 

qu'Il nous aime bien mieux que nous ne saurions nous aimer, qu'Il regarde à nos vrais intérêts plus qu'à notre faiblesse, qu'Il envisage l'âme plus que le corps, l'éternité plus que l'instant passager qui s'enfuit.

Ainsi, lors-même qu'Il nous afflige, Il prend un soin tout particulier de nous : alors aussi Ses consolations se répandent dans l'âme soumise ; elles la relèvent, la fortifient: enveloppés encore des nuages de l'infortune, nous voyons percer les rayons d'une Divine Espérance.

 

Il ne suffisait pas cependant que la raison pût nous conduire à cette grande idée que Dieu prend soin de nous ; il ne suffisait pas que cette vérité découlât de sa nature et de la nôtre.

 

Pour prévenir toutes nos craintes, pour dissiper toutes nos incertitudes, Il a daigné nous en faire dans Sa Parole les déclarations les plus formelles.

 

Il dit à chacun de nous, comme autrefois à Josué ; (Chap., I, 9.)  

 

JE ne te laisserai point, JE ne t'abandonnerai point.

Fortifie- toi et prends courage;

que rien ne te trouble et ne t'épouvante,

car JE serai avec toi partout où tu iras.

 

Et pour nous convaincre qu'Il ne dédaignera pas de pourvoir même à nos plus légers intérêts, Il va jusqu'à nous assurer que tous les cheveux de notre tête sont comptés (Luc, XII, 7.).

 

Il se plaît à prendre l'engagement de veiller sur nous, de nous protéger dans tous les instans, comme s'Il voulait subvenir à notre faiblesse, et nous armer pour ces moments d'angoisse où le trouble de l'imagination obscurcit le jugement.

 

Il nous invite Lui- même à nous décharger sur Lui de tout ce qui pourrait nous inquiéter, et c'est assez nous dire qu'Il veut obtenir notre confiance pour Prix de ses soins.

Ne sentons nous pas à présent, combien il est raisonnable, naturel et juste de nous reposer sur Dieu.

 

Il gouverne le monde; Il prend soin de nous, et nous ne serions pas tranquilles !

 

Insensés ! Nous confierions nos jours à un médecin, notre fortune à un négociant, notre sort à un protecteur : nous confierions notre existence tout entière à des hommes faibles, impuissants, sujets à l'erreur comme nous; et lorsque Celui chez qui la sagesse, la puissance, la bonté résident dans Sa plénitude, nous offre de veiller sur nos intérêts, nous refuserions de nous abandonner à Sa Conduite !

 

L'enfant porté dans les bras de sa mère, traverse les plus grands périls avec le doux sourire de la sécurité ; et nous, appuyés sur ce bras qui soutient les mondes, nous éprouverions l'inquiétude et la crainte !

 

Nous refuserions au Très-Haut l'hommage de notre confiance !

Ah ! Nous lui devons cet hommage ;

 

Il l'attend de nous; c'est le seul dont Il puisse être flatté.

 

Les astres suivent la marche qu'Il leur trace; les animaux sont conduits par l'instinct qu'Il leur a donné ; mais ces créatures inanimées ou privées d'intelligence cèdent à Sa Volonté, sans avoir la connaissance de ses perfections et le sentiment de son amour.

 

L'homme, l'homme seul peut honorer son Créateur, parce qu'il peut seul, en se confiant en Lui, en se reposant sur Lui, en s'abandonnant à Ses soins sans réserve, lui offrir l'hommage du coeur, dont Il est jaloux.

Et c'est aussi là, c'est aussi le moyen de l'Intéresser à notre sort.

 

J'en appelle à nous-mêmes.

 

Ne regardons nous pas comme sacrés les intérêts qu'on nous confie ?

 

Il n'y a que l'homme absolument dépravé chez qui ce sentiment soit détruit.

 

Que dis-je ? On a vu des malheureux enfoncés dans le bourbier du crime se montrer encore sensibles à la confiance ; on les a vus servir avec fidélité, avec dévouement ceux qui s'étaient remis en leurs mains.

 

Quel blasphème donc, quel blasphème ne serait-ce pas de penser que l'Être tout-parfait puisse trahir ou négliger les intérêts de l'homme dont le coeur se rend à Ses Invitations et compte sur Ses Promesses !

Mais si celui qui refuse de se confier en Dieu, de se décharger sur Lui de ses soucis et de ses peines, est coupable, infiniment coupable envers son Créateur, son Père, il est bien plus à plaindre encore.
 

 

Malheur, dit l'Écriture, (Jérém., XVII, 5.) à celui qui se confie en l'homme et qui de la chair fait son bras.

 

Malheur à celui qui ne se confie pas en Dieu, et que Dieu, pour cette raison, ne protège pas !

 

C'est un voyageur épuisé, haletant sous le fardeau dont il est chargé : il le traîne en gémissant, et rejette les secours de Celui qui Seul pourrait le décharger.

 

Au poids des malheurs présents, sous lequel il est près de succomber, il ajoute le poids de ceux qui n'existent pas encore.

 

Plus infortuné que la brute, qui ne souffre qu'au moment où elle sent l'atteinte de la douleur, son imagination, cette faculté céleste qui, s'élançant dans l'avenir, peint tous les objets du plus vif colori, et nous fut donnée pour adoucir, pour effacer les maux présents par la ravissante perspective des biens éternels, cette imagination fait ou fera son supplice ; elle l'entoure ou l'entourera de fantômes effrayants, qu'il ne peut, ne pourra ni fuir ni repousser.

Opposons à ce tableau celui du fidèle qui se repose sur son Dieu.

 

Mais comment peindre une telle situation ?

 

Pour l'apprécier, il faut l'avoir goûtée : dès que je veux en offrir quelques traits, le sentiment de sa douceur inonde mon âme, et je ne trouve plus d'expression.



O nous qui, dans une circonstance critique, avons vu l'horizon s'éclaircir pour nous, lorsque l'ami en qui nous avions mis notre confiance s'est chargé du soin de nous guider.

 

Nous qui, dans un péril éminent, étions éperdu, troublé jusqu'au moment où une mère, un père, une épouse, un époux s'est approché de nous, a pris notre main tremblante, et nous a dit par ses regards : Je suis la pour te défendre !

 

Nous qui, dans un lit de maladie, environné des cordages de la mort (Ps, CXVI, 3.), sentions notre courage renaître au seul aspect du médecin !

 

Essayons du moins, essayons de comprendre quelle doit être la félicité de l'homme qui se décharge sur son Dieu, sur son Dieu de tout ce qui peut l'inquiéter.

 

Il goûte ce calme délicieux, ce calme parfait de l'esprit et du coeur, qui fut la chimère des anciens philosophes et le but qu'ils poursuivaient.

 

Mais s'il fut honorable pour l'humanité de concevoir une telle situation et d'y aspirer, hélas ! On n'en vit approcher qu'un petit nombre d'hommes rares ; et même, pour émousser les traits de l'inquiétude, ne connaissant d'autre secret que d'éteindre la sensibilité, ils ne goûtèrent le repos qu'aux dépens du bonheur.

Religion divine ! Religion de mon Sauveur ! Toi seul peux nous conduire dans les sentiers de la paix et de la sagesse.

 

Au lieu de ces maximes pompeuses dont retentissent les écoles de la philosophie humaine, de ces maximes si difficiles à saisir, à pratiquer, tu nous dis:  

 

Déchargez-vous sur Dieu, etc.

 

Ainsi Tu mets ce que la raison a de plus sublime à la portée de l'esprit le plus simple et du coeur le plus faible, et loin que l'élévation où Tu nous places refroidisse la douce chaleur du sentiment, c'est par l'amour que Tu nous y fais monter.


Voulez-vous, voulons nous faire l'heureuse expérience de cette félicité ? En voici le moyen.

 

Observons ce grand précepte de Jésus, auquel toute la loi se rapporte :  

 

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de toute ton âme

(Matth., XXII, 37.).

 

Pénétrons-nous de sa Toute Présence, et de Ses Soins Paternels.

 

Environnons-nous de l'image de ce bon, de cet adorable Sauveur qui nous appelle, qui nous dit :  

 

Venez à Moi, vous tous qui êtes travaillés

et chargés et JE vous soulagerai.

Matt. XI, 28.


Alors un sentiment de repos et de calme se joindra pour nous à l'idée de ce Dieu Sauveur.

 

Penser à Lui, parler de Lui, servira de baume à nos plaies.

 

En toute circonstance, en tout lieu, et surtout quand nous entrerons dans son sanctuaire, quand nous nous approcherons de Celui qui l'habite, il s'approchera de nous (Jacq. IV, 8.); ses consolations restaureront, rafraîchiront notre âme.

 

Ainsi soit-il. Amen,

 


J. J. S. CELLÉRIER,

Bible

Croix

 

 

 

 

Source : Regard

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:50
La Trinité par le pasteur Adolphe Monod

Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, non pas à la chair pour vivre selon la chair ; car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Car vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans la crainte, mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ; et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ ; si du moins nous souffrons avec Lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec Lui. (Romains 8 : 12-17)

 

L’Ecriture Sainte est sage jusque dans son silence.

 

Vous y chercheriez en vain le mot trinité pour exprimer la doctrine sur laquelle, j’ai à cœur de vous dire quelques mots.

 

Pourquoi ?

 

Parce que ce mot la trinité présenterait à nos esprits l’idée de quelque chose de spéculatif, tandis que cette doctrine, qui a été plus tard appelée, du nom de trinité, est tout ce qu’il y a au monde de plus pratique et de plus tendre, parce que c’est l’expression même de l’Amour qui est en Dieu, soit dans Ses rapports avec l’humanité, soit dans les rapports intérieurs de Dieu avec Lui même.

 

Le principe de notre salut est dans l’Amour de Dieu.

 

« Nous L’aimons, parce qu’Il nous a aimés le Premier ; Dieu est Amour ».

 

Et cet Amour s’est manifesté à nous dans l’œuvre de notre salut ; mais Il s’est fait connaître non seulement comme nous sauvant, mais comme existant de toute éternité dans le Sein de Dieu, et faisant Sa Félicité Eternelle avant de faire la nôtre et celle de toutes Ses créatures fidèles.

 

Lorsqu’on veut se rendre compte de la manière dont l’Amour de Dieu opère envers Ses pauvres créatures perdues, pour leur donner la Vie Eternelle qu’elles ont perdues par leurs œuvres, il n’y a qu’à suivre tout simplement l’Ordre Historique dans lequel Dieu nous a donné Ses Révélations, et a inspiré Ses Ecritures à Ses apôtres, après l’avoir fait à Ses prophètes.

 

C’est ainsi que nous trouvons d’abord le Dieu de l’Ancien Testament, puis le Dieu des Evangiles, et le Dieu des épîtres et de la prophétie évangélique.

 

Dans la première partie de la Bible, nous apprenons déjà, ce qui devrait suffire pour remplir nos cœurs de joie.

 

Nous y apprenons ce qui devrait suffire pour remplir nos cœur de joie : c’est que tout indignes que nous nous sommes rendus de Son Amour, Dieu nous a pourtant aimés.

 

Nous aurions mérité mille et mille fois qu’Il se déclarât contre nous : et si quelqu’un n’était pas pénétré de cette pensé, il n’a qu’à relire les prophètes, Ezéchiel en particulier, qui sont tout remplis de cette doctrine terrible des jugements de Dieu que les enfants d'Israël avaient attirés sur eux par leurs œuvres mauvaises, mais qu’ils n’avaient pas plus mérités que le reste des hommes dont leur histoire est comme le miroir.

 

Mais voici qu’au lieu de se déclarer contre nous, Dieu se déclare pour nous ; et nous apprenons que là où nous ne devions nous attendre qu’à trouver un trésor de colère, nous trouvons un Trésor de Miséricorde.

 

Le Dieu Tout Puissant qui a créé le ciel et la terre, l’Auteur du monde visible et du monde invisible, est pour nous Tout Entier ; Il ne demande qu’à nous sauver ; et quiconque veut entrer dans Ses Pensées, confesser ses péchés et se soumettre à Sa Grâce, possédera la Vie Eternelle comme s’il n’avait point péché ; ou plutôt il la possédera, ayant péché mais ayant été réconcilié, avec un sentiment nouveau de la Miséricorde qui est en Dieu.

 

C’est ainsi que Dieu se révèle à nous dans cette première partie de la Bible, et que soulevant ce pesant fardeau de la Colère Divine, l’Amour Divin perce partout ; ces mêmes prophètes qui dénoncent ces jugements terribles ne peuvent pas soutenir longtemps ce langage, et ils finissent toujours par des paroles de Miséricorde.

 

Vous trouverez cela d’une manière très remarquable dans le prophète Michée, qui, dans la brièveté de ses pages, développe avec une plénitude admirable le plan de la condamnation, de la prophétie, et du salut dans lequel il finit par se reposer.

 

Arrivent les Evangiles prédits par les prophètes.

 

Alors Dieu fait un pas de plus : Il s’approche de nous, Il ne se contente pas de nous déclarer comme de loin qu’Il est pour nous, mais Il vient de tout près vivre avec nous, comme l’un d’entre nous, Fils de l’homme, pris d’entre les hommes, tout Fils de Dieu qu’Il est ; et après avoir été pour nous, Il est avec nous, tout près de nous, comme un Ami et un Frère, avec lequel, selon l’expression du Psaume 55, nous pouvons « communiquer tous nos secrets ».

 

Alors Dieu se montre à nous sous un aspect plus Tendre encore et plus rassurant que nous ne L’avions vu dans la première partie de la Bible, surtout lorsque Cet Ami et Ce Frère vient à achever de nous révéler la Doctrine de la Justice Divine et de la Miséricorde Divine, en mourant pour nous sur la croix et en y effaçant nos péchés.

 

Mais tandis qu’un rapport si tendre se déploie de Dieu à nous, un autre rapport se déploie dans le Sein de Dieu Lui même, et nous apprenons que Celui qui nous rachète est Le Fils de Celui  qui veut nous sauver, et qu’il y a, entre Dieu tel qu’Il s’est montré dans la première partie de la Bible et Dieu tel qu’Il apparaît dans les Evangiles, le touchant rapport d’un Père à Son Fils : rapport que nous ne pouvons discerner du moins être quelque chose d’ineffablement tendre et mystérieux tout à la fois.

 

Remarquez bien que l’un de ces rapports ne saurait aller sans l’autre, et que nous ne comprendrons jamais ce que Dieu est pour nous en Jésus Christ, si nous n’entrevoyons pas ce que Jésus Christ est pour Dieu, d’autant plus qu’il y a ici quelque chose qui ne doit pas nous échapper.

 

Nous ne comprenons dans Sa Plénitude l’esprit d’amour que comme esprit de sacrifice : or, en Dieu, semble-t-il, il ne peut y avoir de sacrifice ; car que pourrait-on prendre sur un seul moment de Sa Félicité Eternelle ?

 

Mais voici que dans la Personne de Son Fils, le Seigneur des seigneurs nous donne l’exemple du sacrifice ; voici que Celui qui est Le Fils du Père est en même temps « l’homme de douleurs » ; et que là où « la plénitude de la divinité a habité corporellement », l’ineffable immensité de la douleur dont l’humanité est capable, mais dont elle n’est capable que dans cette union avec la divinité, se déploie à nos regards touchés et reconnaissants.

 

Et ne voyez vous pas que cette Doctrine si touchante disparaît complètement si le Fils n’est pas un avec le Père, et que tout ce qui excite notre tendre reconnaissance pour le Seigneur Jésus Christ tient à ce qu’Il est véritablement Fils de Dieu, c’est à dire Dieu, comme Il est Fils de l’homme, c’est à dire homme ?

 

Viennent les épîtres et la prophétie évangélique ; et comment s’ouvrent elles ?

 

Par la descente du Saint Esprit, qui fonde l’Eglise tout en se répandant sur elle.

 

C’est le troisième et dernier pas, car on n’en saurait concevoir d’autre, que Dieu fait vers Sa pauvre créature déchue.

 

Il était avec elle, et Le voici qui vient s’établir en elle, et se faire tellement un avec nous, que de ces pauvres corps nés de la poussière et devenus esclaves du péché, Il forme des temples de son Esprit, Le Domicile de Dieu où Il se complaît à reposer.

 

Le Saint Esprit, c’est à dire Dieu, vient Se donner à nous, après avoir été pour nous dans la première partie de la Bible, et avec nous dans les Evangiles : c’est le dernier excès de l’Amour Divin qui ne peut se contenter qu’il ne soit fait un avec nous, « Lui en nous, et nous en Lui ».

 

Et ici encore, remarquez, que toute la puissance de cette doctrine de vie disparaît, si le Saint Esprit, au lieu d’être Dieu Lui même, n’était qu’une émanation de Dieu, qu’une action de Dieu, qu’un don de Dieu ; car ce ne serait alors que rappeler ce que nous savons abondamment par l’Ancien Testament et par les Evangiles sur la Puissance et sur la Grâce que Dieu Peut et Veut nous communiquer ; tandis que le Saint Esprit tel qu’Il se révèle à nous dans les épîtres et dans la fin de la seconde partie de la Bible et dans les promesses de Jésus Christ à ses disciples, étant Dieu Lui même, c’est la Puissance de Dieu qui nous fortifie, c’est la Paix de Dieu qui nous console, c’est la Sainteté de Dieu qui nous affranchit du mal, c’est la vie de Dieu qui fait battre notre cœur.

 

Oh ! Qui pourrait mesurer et comprendre l’immensité de ce progrès du dernier chapitre de l’Evangile au premier chapitre des Actes, et se rendre compte de cette marche admirable de la Révélation et des dons Divins, dans les trois parties des Saintes Ecritures que nous venons de parcourir si rapidement hélas !

 

Admirable vue, que je ne puis qu’indiquer.

 

Le rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit à l’homme, correspond à un rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit en Dieu, et l’Amour qui se répand pour nous sauver, est l’expression de l’Amour qui a habité Eternellement dans le Sein de Dieu.

 

Ah ! Que la Doctrine que nous contemplons devient alors touchante et profonde !

 

C’est là le fond de l’Evangile, et ceux qui la rejettent comme une doctrine spéculative et purement théologique, n’y ont donc jamais rien compris.

 

C’est la force de notre cœur, c’est la joie de notre âme, c’est la vie de notre vie, c’est le fondement même de la Vérité révélée.

 

Je vous laisse à vos méditations ces choses et me borne à vous rappeler un mot que j’ai souvent cité en chaire, résumant admirablement toute cette Doctrine.

 

Un Père de l’Eglise disait :

 

« Nous avons dans l’Ancien Testament Dieu pour nous, dans les Evangiles, Dieu avec nous, et dans les Actes et les Epîtres Dieu en nous ».

 

C’est ce Dieu pour vous, avec vous et en vous ; c’est Le Père, Le Fils, Le Saint Esprit, que je vous souhaite, comme à moi même, pour vivre et pour mourir, du plus profond d’un cœur qui vous est dévoué en Jésus Christ !

 

Amen,

 

 

Adolphe Monod

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:48
L'enracinement par l'expérience

Je vous remplacerai les années

que la sauterelle vous avait dévorées.

 Joël 2.25.

 

 

Oui, ces années perdues qui nous font soupirer nous seront rendues.

 

Dieu est assez riche en grâce pour rendre les années qui nous restent à vivre aussi fécondes pour son service, que celles de notre inconversion, sur lesquelles nous portons deuil, ont été inutiles à sa cause.

 

Les sauterelles de la mondanité, des retours en arrière, de la tiédeur, nous en venons à les considérer comme une terrible plaie.

 

Si seulement elles ne s’étaient jamais abattues sur nous !

 

Le Seigneur, dans sa bonté, nous en a délivrés, et nous sommes maintenant pleins de zèle pour son service.

 

Béni soit son nom !

 

Nos moissons de grâces spirituelles sont telles, que notre aridité d’autrefois est plus que compensée.

 

Nos tristes expériences sont changées en fruits bénis et nous servent à en avertir d’autres.

 

Nous sommes, par suite de nos anciens manquements, enracinés d’autant plus profondément dans l’humilité et la dépendance enfantine.

 

Et la vigilance et la circonspection que nous avons acquises nous aident à rattraper plus sûrement le temps perdu.

 

Ainsi, par un miracle d’amour, les années où le dévastateur avait tout dévoré peuvent nous être rendues.

 

N’est-ce pas là une immense faveur ?

 

Croyons-le, et vivons en conséquence et nous le réaliserons, comme Pierre, qui devint un homme beaucoup plus utile après que sa présomption eût été guérie par la découverte de sa faiblesse.

 

Seigneur, aide-nous !

 

Amen, 

 spurgeon

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible (52)

Croix Huguenote

 

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 17:02
Loué soit Dieu, Le Seigneur, Le Puissant Roi de Gloire (Praise to The Lord, the Almighty, The King of creation)

Loué soit Dieu, Le Seigneur, Le Puissant Roi de Gloire

(Praise to The Lord, the Almighty, The King of creation)

de  Joachim Neander, Professeur Réformé Calviniste allemand, Théologien et auteur d'hymnes. 

1

Praise to the Lord, the Almighty, the King of creation !
O my soul, praise him, for he is your health and salvation !
Come, all who hear; now to his temple draw near,
join me in glad adoration.

 

2

Praise to the Lord, above all things so wondrously reigning ;
sheltering you under his wings, and so gently sustaining !
Have you not seen all that is needful has been
sent by his gracious ordaining ?

3

Praise to the Lord, who will prosper your work and defend you ;
surely his goodness and mercy shall daily attend you.
Ponder anew what the Almighty can do,
if with his love he befriends you.

4

Praise to the Lord ! O let all that is in me adore him !
All that has life and breath, come now with praises before him.
Let the Amen sound from his people again ;
gladly forever adore him.

 

Reformed Hymn

 

Texte de Jules-Marcel Nicole (1907-1997),
ancien Pasteur Protestant Réformé d'Alès ;
d'après Joachim Neander
 1

Loué soit Dieu le Seigneur, le puissant roi de gloire.
Mon âme, il faut l’acclamer par un chant de victoire.
Réveille-toi.
Viens au devant de ton roi,
Pour célébrer sa mémoire.

 2

Loué soit Dieu, le Créateur le souverain Maître.
À tous Il donne le mouvement, la vie et l’être.
Tout ce qu’il fait
Est agréable et parfait.
Ah! Sache le reconnaître.

3

Loué soi Dieu, Sa bonté chaque jour se révèle,
Il t’a donné la santé, t’a gardé sous son aile.
Ses tendres soins
Pourvoient à tous tes besoins.
Vois combien Il est fidèle.

4

Loué soit Dieu, pour sa miséricorde insondable,
Qui se répand sur le pécheur le plus misérable.
Ah, souviens-toi
De ce que Jésus, ton roi,
A souffert, pour toi, coupable.

5

Loué soit Dieu ! Que les anges lui rendent hommage,
Que sa louange sur terre en tout lieu se propage.
Qu’à l’unisson
Tout en moi chante son nom.
Alléluia d’âge en âge.

Bible
Croix Huguenote

 

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 21:35
R.C. Sproul’s Hymn : The Secret Place ou le Lieu Secret tiré du psaume 91

Le "Lieu Secret" (The Secret Place), de la Gloire au Saint, est basé sur le Psaume 91, exprimant le confort certain d'habiter sans risque "dans le Lieu Secret du Très Haut" (Psaume 91-1), et où il n'y a "pas de meilleur endroit".

 

En effet, "il ne nous est pas plus agréable de nous consoler que d'appartenir à Lui" (catéchisme d'Heidelberg n°1), communier en Sa Présence, se nourrir dans son Pâturage, faire confiance en Ses Promesses, remercier Ses Provisions, et sécurisé sous Sa Protection.

 

Dieu assure la Sécurité de toutes celles et ceux qui ont Confiance en Lui.

 

"La Communion avec Dieu c'est la Sécurité" disait Charles Spurgeon. Dieu Lui-même est Notre Refuge et Forteresse.

 

Il Promet de soutenir Ses Proches à travers tous nos problèmes. Dieu Assure la Sécurité de toutes celles et ceux qui ont Confiance en Lui.

 

"Ses Anges nous gardent" et Sa "Vérité est Toujours Notre Épée et Notre Bouclier".

 

"Sous Sa Grande Ombre", nous n'avons pas besoin de craindre "la terreur qui vient la nuit, ni les flammes enflammées par la lumière du matin".

 

"The Secret Place" (Le Lieu Secret) nous invite à examiner nos cœurs.

 

Pouvons-nous, par la Grâce de Dieu, dire vraiment de l’Éternel : "Il Mon Refuge" ?

 

Sommes-nous  "chez nous en Dieu" (R. Matthew Henry), Lui faisant Confiance, invoquant  et cherchant Refuge sous Ses Ailes "où notre louange sera éternellement dans la Présence Mystérieuse" (Charles Spurgeon) par Ses Moyens de Grâce ?

 

Vivons-nous en Christ (Jean 15-4), qui Seul est La Source de Notre Réconfort ?

 

Louons Christ Notre Seigneur, par qui la parole a été faite chair, habitant parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. (Jean 1-14).

 

Pour assurer Notre demeure auprès du Père, Il a été Abandonné par Dieu (Marc 15-34) pour gagner notre Acceptation.

 

Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que nous sommes sauvés), il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus Christ. Car c'est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de nous, c'est le Don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Christ Jésus pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. (Éphésiens 2/4-10)

 

En Christ, nous pouvons nous réjouir en toute Confiance en sachant que quiconque "habite dans Son Lieu Secret n'est jamais loin de Sa Grâce Bénie".

 

Bible Refuge Protestant

 

Psaume 91

Celui qui demeure sous l'Abri du Très-Haut repose à l'Ombre du Tout Puissant.

Je dis à l’Éternel : Mon Refuge et Ma Forteresse, Mon Dieu en qui je me confie !

Car c'est Lui qui te délivre du filet de l'oiseleur, de la peste et de ses ravages.

Il te couvrira de Ses Plumes, et tu trouveras un Refuge sous Ses Ailes ;

Sa Fidélité est un Bouclier et une Cuirasse.

Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour,

Ni la peste qui marche dans les ténèbres, ni la contagion qui frappe en plein midi.


Que mille tombent à ton côté, et dix mille à ta droite, Tu ne seras pas atteint ;

De tes yeux seulement tu regarderas, et tu verras la rétribution des méchants.

Car Tu es Mon Refuge, ô Éternel ! Tu fais du Très-Haut Ta Retraite.

Aucun malheur ne t'arrivera, aucun fléau n'approchera de ta tente.

Car Il ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies ; (...)

(...) Puisqu'il m'aime, Je le délivrerai ; Je le Protégerai, puisqu'il connaît Mon Nom.

Il M'invoquera, et Je lui répondrai ; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai.

Je le rassasierai de longs jours, Et Je lui ferai voir Mon Salut.

 

 

Bible
Huguenot Cross

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source :  Ligonier   DE         

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:46
Sur Jésus-Christ ressuscité - Bénédict Pictet (prière)

Seigneur Jésus ! Qui as été mort, mais qui es aussi ressuscité pour ma justification; qui ayant été mortifié en chair, as été vivifié en Esprit, et déclaré Fils de Dieu en puissance par ta résurrection des morts.  Tu me vois dans un saint transport de ce que tu as vaincu la mort, et triomphé glorieusement du sépulcre. Je ne puis donc plus douter que tu n'aies parfaitement achevé l'oeuvre de mon salut, et payé ma rançon.

Ainsi je te regarde comme mon parfait Rédempteur, la résurrection et la vie. La mort t'avait comme englouti comme autrefois Jonas le fut par un grand poisson; mais tu l'as engloutie en victoire; comme un autre Samson, tu as enlevé les portes du sépulcre, et tu as été la mort de la mort même. Je ne craindrai donc plus cette ennemie vaincue et désarmée, que je vois enchaînée à ton char de triomphe.

Je sais que qui croit en toi ne mourra jamais, et que tu le ressusciteras au dernier jour. Je crois, Seigneur! je vivrai donc encore avec toi, tu viendras un jour ouvrir le tombeau où mon corps doit reposer, et tu m'en tireras par ta puissante main. Tu es vivant, et tu demeureras le dernier sur la terre, je te verrai encore de ces mêmes yeux, dont je vois les objets corporels, je contemplerai ta face en justice quant je serai réveillé. Mais fais que j'aie part à la première résurrection.

Vivifie et sanctifie mon âme, afin que je sois régénéré en espérance vive par ta résurrection des morts, et qu'un jour, en corps et en âme, tu me reçoives dans ton ciel.

 

Amen,

Bénédict Pictet

Bénédict Pictet

Pasteur Protestant
 

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Bible
Croix Huguenote

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365

 

A Toi la Gloire / Thine be the glorie / U zig de glorie

 À Toi la gloire, Ô Ressuscité ! A Toi la victoire, pour l'éternité ! Brillant de lumière, l'ange est descendu ; il roule la pierre du tombeau vaincu. À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Eternité ! Vois-Le Paraître ! C'est Lui, c'est Jésus, Ton Sauveur, Ton Maître, oh ! ne doute plus ! Sois dans l'allégresse, Peuple du Seigneur, et redis sans cesse que Christ est Vainqueur. À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire,
pour l’Eternité ! 
Craindrais-je encore ? Il vit à jamais, Celui que j'adore, Le Prince de Paix ; Il est Ma Victoire, Mon Puissant Soutien, Ma vie et Ma Gloire. Non, je ne crains rien ! À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Eternité !

Bible
Croix Huguenote

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365

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  La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:30
Sur ce que dit Paul : Christ notre Pâque a été sacrifié pour nous - Bénédict Pictet (prière)

Autrefois, mon Seigneur et mon Dieu ! Tu avais ordonné à ton peuple de célébrer la Pâque avec des pains sans levain, des herbes amères, les reins ceints, et le bâton à la main. Tu n'exiges plus aujourd'hui rien de semblable de ton nouveau peuple; mais tu nous demandes la vérité de ce qui était figuré par ces anciennes cérémonies.

Ton Christ, comme notre Agneau, ayant été immolé, non seulement tu nous exhortes de faire aspersion de son sang sur nos âmes par une véritable foi; mais encore tu nous déclares par ton apôtre, que nous ne saurions avoir part à ce divin agneau, si nous ne nettoyons le vieux levain qui est en nous; si nous ne nous purifions de toute souillure de corps et d'esprit; si prenant en nos mains le flambeau de la loi nous n'examinons avec soin nos consciences et les plus secrètes cachettes de nos âmes, pour en ôter tout ce que nous y trouverons de ce levain que tu détestes, les restes de l'avarice, de l'ambition, de la luxure, de la superstition, de l'envie, pour le consumer, en sorte qu'il n'en reste plus aucune trace.

Seigneur ! J'entends la voix de ton apôtre qui me l'ordonne, mais je ne saurais exécuter ce saint commandement, si tu ne m'en donnes la force, et si par ton Esprit tu ne viens toi-même me délivrer de ce maudit levain et produire en mon cœur ces divines vertus que tu nous prescrits, la sainteté, la pureté, la chasteté, la sincérité, la douceur et la vérité.

Viens donc, ô mon Dieu ! Agis en moi par ton Esprit, afin que je puisse célébrer la fête d'une manière qui te soit agréable. Fais que je mange ton Agneau avec les herbes amères d'une vraie repentance, en me considérant comme un voyageur qui doit quitter le monde, et qui aspire à la patrie céleste, afin qu'après avoir passé quelques temps dans ce désert, je sois introduit dans ton Canaan.

Amen.

Bénédict Pictet

Bénédict Pictet

Pasteur Protestant
 

Christ The Lord is Riden today ! (Congrégation Grace Community Church - Sun Valley, Californie)

Connu également sous ces paroles : Brisant Ses liens funèbres, Alléluia ! Christ est Sorti des ténèbres ; Alléluia ! Le ciel, la terre ont chanté : Alléluia ! Jésus est Ressuscité. Alléluia ! Les soldats, le sceau, la pierre, Alléluia ! N'ont pu le garder en terre : Alléluia ! Et c'est pour nous qu'aujourd'hui, Alléluia ! Le ciel s'ouvre devant Lui ! Alléluia ! Il Vit, Notre Roi de Gloire ! Alléluia ! Sépulcre, où est ta victoire ? Alléluia ! Il a détruit sans effort, Alléluia ! La puissance de la mort. Alléluia ! Puisque Ta mort fut suivie, Alléluia ! Du triomphe de la vie, Alléluia ! Je veux, ô Mon Divin Roi Alléluia ! Mourir et Naître avec Toi ! Alléluia !

 

Christ the Lord is ris’n today, Alleluia !

Sons of men and angels say : Alleluia !

Raise your joys and triumphs high, Alleluia !

Sing, ye heav’ns, and earth reply : Alleluia !

Lives again our glorious King, Alleluia !

Where, O death, is now thy sting ? Alleluia !

Dying once, he all doth save, Alleluia !

Where thy victory, O grave ? Alleluia !

Love’s redeeming work is done, Alleluia !

Fought the fight, the battle won, Alleluia !

Death in vain forbids Him rise, Alleluia !

Christ has opened paradise, Alleluia !

Soar we now where Christ has led, Alleluia !

Foll’wing our exalted Head, Alleluia !

Made like Him, like Him we rise, Alleluia !

Ours the cross, the grave, the skies, Alleluia !

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Bible
Croix Huguenote

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365

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La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:58
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (2ème partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Ce devait être aussi, pensons-nous, une vie pleine d'intérêt et de mouvement, que celle de ces disciples et de ces femmes, compagnons assidus du Sauveur auditeurs de Ses Discours, témoins de Ses Oeuvres, spectateurs de Ses Prodiges.

 

Fort bien, s'ils l'eussent suivi dans l'esprit de ce peuple volage qui se pressait parfois sur les pas de Jésus-Christ pour n'en prendre que selon Son Attrait, un jour prêtant l'oreille au sermon de la montagne, un autre jour profitant de la multiplication des pains, ici assistant à la résurrection de Lazare, là attendant l'accueil fait à la prière de la Cananéenne, ou à la question des Pharisiens coalisés avec les Hérodiens.

 

Mais suivre Jésus, comme Marie - Magdeleine, jour après jour, dans toutes les situations, dans toutes les fatigues, dans toutes les douleurs, dans toutes les humiliations, dans toutes les réalités enfin de la vie de l'Homme-Dieu sur la terre ;

 

Le suivre, quand ses disciples n'avaient le loisir ni de se reposer, ni de manger (*21);

 

Le suivre, quand Ses Discours éloignaient de Lui tous ceux qu'une foi invincible n'enchaînait pas auprès de Sa Personne (*22);

 

Le suivre, quand ceux de Nazareth Le menaient au haut de leur montagne pour l'en précipiter (*23), ou quand ces Juifs tenaient déjà des pierres dans leurs mains pour Le lapider (*24);

 

Le suivre, quand on ne pouvait Le suivre qu'au péril de sa propre vie (*25),  

 

Etait-ce aussi curieux, aussi nouveau, aussi entraînant selon nous ?

 

Ah ! Que nous nous connaissons mal nous-mêmes, ou que nous connaissons mal Le Fils de l'homme !

 

Que nous savons peu combien nous sommes asservis à nos habitudes, à nos aises, à notre bien-être, ou que nous savons peu combien Sa Vie, et la vie de ceux qui l'entouraient, était remplie de privations, d'amertumes, de périls !

 

Quand nous Lui aurions dit :

 

« Maître, je Te suivrai partout où Tu iras, »

 

Il nous eût répondu comme à ce disciple novice :

 

« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête (*26); »

 

Et qu'aurions-nous fait alors, nous que décourage parfois, souvent, la moindre peine, le moindre reproche, le moindre embarras à affronter pour le Saint Nom de Jésus ?

 

Mais au reste, à cette double épreuve du sacrifice pécuniaire et du sacrifice personnel, il s'enjoignait une troisième, plus redoutable encore peut-être, mais que je me borne à indiquer : celle de la sainteté.

 

La sainteté seule de Jésus devait suffire pour écarter une âme ordinaire, si elle n'était retenue, comme un Judas, par l'intérêt et par l'hypocrisie.

 

Avez-nous jamais songé à ce qu'il en coûte d'avoir constamment sous les yeux un parfait exemple de piété, de charité, d'humilité, de vie céleste, soit qu'on s'applique avec une noble ardeur à se régler sur ce modèle, ou qu'on se résigne lâchement à subir la censure incommode qu'on y trouve, comme Caïn dans les oeuvres bonnes de son frère ?

 

Mais, croyez-moi : on ne la subira pas longtemps ; si l'on ne tue pas comme un Caïn, on fuira du moins comme un Démas ; suivre Jésus, c'est s'engager tacitement à l'imiter.

 

Je ne parle point ici pour nous accabler : je ne veux que nous faire apprécier, par un contraste humiliant pour nous, tout ce que valait, tout ce que prouvait la fidélité de Marie-Magdeleine à suivre Jésus-Christ vivant.

 

Qu'est-ce donc qui la rendait capable de cette vie, dont nous serions, selon toute apparence, incapables ?

 

C'est qu'elle était cette femme de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

En échange d'une telle délivrance, l'abandon de sa fortune, de son repos, de sa volonté, de sa vie même, si elle lui était demandée, ne lui semblait qu'un présent de vil prix.

 

Et nous, voilà ce qui nous manque : Jésus ne nous a pas délivrés de sept démons.

 

Que si nous souhaitons cependant une épreuve plus décisive pour le dévouement de Marie-Magdeleine, nous ne serons que trop tôt satisfaits.

 

Il est si vrai qu'il fallait aimer Jésus comme Marie-Magdeleine l'aimait, pour s'associer comme elle le faisait à sa vie, que nous allons voir la génération contemporaine importunée par cette vie si bienfaisante, mais si sainte, et tout occupée des moyens d'y mettre un terme.

 

A peine ce beau spectacle a-t-il commencé d'être donné au monde, que déjà Il va lui être enlevé : le Fils de l'homme est retranché de la terre des vivants (*27).

 

Le voici, en quelques jours, que dis-je ?

 

En quelques heures, trahi, arrêté, jugé, condamné, crucifié entre deux brigands.

 

« Il a été mis au rang des malfaiteurs (*28). »

 

Que devient alors Marie-Magdeleine ?

 

Hélas ! Il y a un moment de terreur panique (*29), où le vide se fait de toutes parts autour de « l'homme de douleurs (*30), » et où la terre entière l'abandonne (*31), souvenir à jamais humiliant pour la race humaine.

 

Toutefois, le premier coup de tonnerre passé, les plus fidèles, ou les moins infidèles, se rallient, mais avec quelle timidité !

 

Des deux seuls apôtres qui suivent Jésus (*32), l'un le renie, l'autre n'évite l'apostasie que par le silence ; pas une voix ne s'élève en faveur du Fils de l'homme livré aux mains des méchants.

 

Cependant un groupe de disciples, où les femmes dominent, suivent, en pleurant, Jésus au Calvaire ; et, après avoir peut-être envié secrètement à Simon de Cyrène le pesant fardeau dont on charge ses épaules, ils s'arrêtent, enchaînés sans doute par la crainte, et contemplent à distance la scène de la suprême douleur.

 

Marie-Magdeleine est dans ce groupe (*33).

 

Mais en voici quatre (*34), fidèles entre les fidèles, qui, s'enhardissant par degrés, percent enfin à grand'peine au travers de cette multitude curieuse, de ces pharisiens acharnés, de ces soldats romains cruellement empressés, de tous ces obstacles qui eussent rebuté dix fois un courage, disons mieux, un amour ordinaire, et ne s'arrêtent cette fois que parvenus au pied de la croix : Marie-Magdeleine est de ces quatre, qui donnent à Jésus la plus haute marque d'amour qu'il ait reçue durant « les jours de sa chair. »

 

Je ne crois pas dépasser la vérité en ajoutant que même entre ces quatre, l'amour de Marie-Magdeleine l'emporte par un certain côté, qui est proprement celui de l'Église.

 

C'est l'amour de Jésus-Christ tout pur, sans l'appui, ni le mélange, d'aucune affection particulière.

 

L'amour de Marie de Nazareth est l'amour d'une mère; l'amour de Jean, l'amour d'un apôtre intime; l'amour de Marie de Cléopas, l'amour d'une tante, et cette tante, la mère d'un apôtre (*35).

 

Mais l'amour de Marie-Magdeleine, sans parenté ni apostolat, c'est l'amour, non de tel ou tel disciple, non de telle ou telle catégorie de disciples, mais de l'Église tout entière pour son Sauveur crucifié.

 

Cet amour, Marie-Magdeleine le témoigne, non en apôtre, par une profession publique, telle que la fit autrefois Simon Pierre, mais en femme, par sa présence, par ses larmes, par sa sympathie.

 

Si Jésus souffre pour Marie-Magdeleine, Marie-Magdeleine souffre avec Jésus.

 

Mais cette sympathie, qui la dira ?

 

Je me plaignais tantôt que l'homme prétend lire dans le coeur de l'homme.

 

Au risque de me contredire, je me laisse aller moi-même à la tentation ; oui, je crois lire dans le coeur de Marie-Magdeleine, comme je lirais dans un livre ouvert.

 

 

 

 

 

  Suite partie 3ème  (Marie Magdeleine par Adolphe Monod)

Bible (56)

Croix Huguenote

 

Notes :
 

-21. Marc VI, 31. 

 

-22. Jean VI, 67-69. 

 

-23. Luc IV, 29.

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-24. Jean X, 31.

 

-25. Jean XI, 16. 

 

-26. Luc IX, 57,58. 

 

-27. Ésaïe LIII, 8.

.

-28. Marc XV, 27, 28. 

 

-29. Marc XIV, 50 - 52. 

 

-30. Esaïe LIII, 3.

.

-31. Jean XVI, 32.

 

-32. Jean XVIII, 13.

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-33. Matth. XXVII, 56; Marc XV, 40; Luc XXIII, 49.

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-34. Auxquels Olshausen et d'autres en ajoutent une cinquième, Salomé, d'après Matth. XXVII, 56, et Marc XV, 40; mais Jean XIX, 25, est contraire à cette supposition.

.

-35. Jacques le Mineur, Marc, XV, 40.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:56
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (3ème partie)

  « Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Voyons nous Marie Magdeleine, mourant de la mort de Jésus et languissant de ses langueurs, frémissant au bruit de ce marteau tour à tour levé et abaissé, dont les coups retentissent au fond de son âme, et de ces clous enfoncés qui la déchireraient moins., lui semble-t-il, plantés dans ses mains que dans celles de son Maître ?

 

La voyons nous, recueillant tour à tour les sept paroles de la croix, qui ont fait l'étude et l'admiration de l'Église pendant plus de dix-huit cents années, avant de faire l'objet de nos méditations ?

 

La voyons-nous, prêtant l'oreille aux outrages des prêtres, aux railleries des bourreaux, à la prière du larron pénitent, à la confession du centenier, - enfin au dernier soupir du Crucifié, qu'elle attendait pour respirer à l'aise et pleurer sans contrainte ?

 

Jamais elle ne L'a tant aimé vivant, qu'elle L'aime mourant.

 

Pourquoi cela ?

 

C'est qu'elle L'aimait vivant comme Son Libérateur, et qu'elle L'aime mourant comme Son Sauveur; un Sauveur, qui ne la délivre qu'en souffrant pour elle, qui ne Lui donne de vie et de félicité que ce qu'Il prend sur La Sienne, et qui, comme la semence déposée en terre, ne porte son fruit précieux qu'à la condition de mourir (*36).

 

Ainsi que le Bienfait de Jésus, l'amour de Marie-Magdeleine a changé de caractère.

 

Autant l'un est devenu plus douloureux, autant l'autre est devenu plus tendre.

 

C'est pour les pécheurs que Jésus souffre, et par les pécheurs ; c'est plus spécialement pour elle, et par elle, la plus misérable de tous à ses yeux, et à qui sa misère est révélée par cette croix, comme elle ne le fut jamais en Galilée.

 

Elle s'indigne, sans doute, contre les auteurs iniques et les exécuteurs barbares du plus détestable des jugements ; mais elle s'indigne surtout contre elle-même.

 

Ce sont ses péchés, à elle, elle dirait volontiers à elle seule, qui ont imposé à l'Amour de Jésus cet affreux sacrifice ; sa main, sa propre main a conduit les mains qui ont manié ce marteau, planté ces clous, dressé cette croix.

 

Il lui semble que le monde entier va lui dire :

 

C'est pour toi, c'est par toi que tout ceci lui arrive;

 

Et si le monde ne le lui dit pas, elle est prête à le dire au monde :

 

C'est moi qui ai tout fait ; moi, indigne entre les indignes ; moi, la plus ingrate de toutes les créatures, si je n'en étais pas la plus reconnaissante, et si mon amour ne croissait pas avec ses douleurs !

 

Sympathie combien méritée, combien naturelle !

 

Oui, mais combien rare !

 

Rare, comme le sentiment profond de désordre réparé, de coulpe effacée, de peine remise, qui a poussé Marie-Magdeleine au pied de la croix, et que la croix lui rend doublé, centuplé.

 

Nous-mêmes, la connaissons-nous, cette sympathie ?

 

Y a-t-il quelque chose de pareil aux pensées de Marie-Magdeleine, dans les pensées avec lesquelles nous contemplons Notre Sauveur mourant ? q

 

Quelque chose qui soit en rapport avec l'excès de son amertume, ou avec l'objet de Son Sacrifice ; avec ce qu'Il nous doit de douleur, ou avec ce que nous Lui devons de délivrance ?

 

Que dis-je ?

 

Quelque chose qui soit en rapport avec ce que nous avons éprouvé peut-être pour la souffrance d'un indifférent, ou pour le supplice d'un criminel, ou pour des malheurs de roman ou de théâtre ?

 

Coeurs égarés, où la fausse sensibilité a tué la véritable ; tendres à l'excès pour tout le reste, sans pitié pour Lui Seul !

 

C'est affreux, ce que je dis là, c'est effrayant, mais n'est-ce pas bien souvent vrai ?

 

Ah ! C'est que beaucoup n'ont jamais eu conscience, comme Marie-Magdeleine, d'une calamité immense dont Jésus a retiré 

c'est qu'il n'a pas pour beaucoup encore délivrés de sept démons !

 

Aussi, de quelle ardeur Marie-Magdeleine cherche-t-elle son Sauveur ressuscité !

 

C'est ici la dernière période, et le Triomphe de Son Amour; c'est ici ce qui a inspiré à saint Marc le rapprochement indiqué dans mon texte :

 

« Il apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. »

 

Jésus, Celui qu'elle aimait, sans qui elle ne peut vivre, est mort.

 

Elle L'a suivi vivant; elle La pleuré mourant ; mort, que ferait-elle ?

 

Mort, - mais L'est-Il tout entier ?

 

L'est-Il pour toujours ?

 

L'est-Il pour longtemps ?

 

Son coeur lui dit là-dessus des choses étranges ; et la Parole de Jésus vient en aide à son coeur.

 

Il a annoncé qu'Il mourrait, et qu'Il ressusciterait le troisième jour (*37) ; cela est si bien connu que ses ennemis prennent des précautions pour empêcher l'enlèvement de son corps.

 

Il est vrai que les disciples de Jésus n'ont pas cru cette parole, ou plutôt ne l'ont pas comprise (*38).

 

Marie-Magdeleine ne l'a probablement pas plus comprise que les autres ; les aromates qu'elle apporte pour embaumer le corps de Jésus (*39), et sa plainte répétée :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis (*40), »

 

donnent à connaître qu'elle Le cherche plutôt mort que vivant.

 

Et pourtant, il y a dans le fond de sa pensée quelque autre chose qu'elle ne dit pas, qu'elle ne saurait dire : ce n'est pas ainsi qu'on cherche un mort.

 

En Jésus-Christ Ressuscité, Marie-Magdeleine trouve plus qu'elle n'osait chercher, j'en conviens ; mais certainement aussi dans son seul cadavre, elle eût trouvé moins que ce qu'elle cherchait ; et toute préparée qu'elle est pour l'embaumer, elle s'attend vaguement à avoir quelque chose de meilleur à faire.

 

Après une telle vie et une telle mort, elle compte sur quelque chose d'extraordinaire qu'elle n'avoue à personne, dont elle ne se rend pas compte à elle-même ; elle pressent confusément la Résurrection de Son Maître, à peu près comme Marthe celle de son frère; et sa lumière va croissant par degrés, jusqu'au moment où l'événement vient tout ensemble réaliser ses espérances et les dépasser.

 

Quand je veux me faire quelque idée de ce qui se passe dans son coeur, je me figure une mère qui vient de perdre son fils bien-aimé, mais à qui une parole vénérée a fait concevoir, comme celle d'Élisée à la Sunamite, je ne sais quelle espérance incertaine qu'il va lui être rendu.

 

Je me la figure courant à son tombeau, le trouvant vide, n'ayant plus qu'à choisir entre une résurrection et un enlèvement, n'avouant que' l'enlèvement, mais inclinant vers la résurrection, demeurant la dernière près du sépulcre où elle est venue la première, pleurant, cherchant, interrogeant, attendant, et trouvant enfin son fils, - son fils vivant, - sans oser d'abord le reconnaître, de peur d'avoir à redescendre d'une illusion trop ravissante dans une trop amère réalité...

 

Ce n'est là qu'une image affaiblie de l'histoire de Marie-Magdeleine, devançant tous les autres et prévenant le jour; trouvant la pierre roulée et le sépulcre vide ; courant vers les apôtres, qui semblent ne se mouvoir que sur sa parole ; les rendant témoins de ce qu'elle a vu, mais demeurant après eux pour voir davantage ; seule, faible femme, près d'un tombeau ouvert ; pleurant, et demandant à tout ce qui l'entoure celui qui seul remplit son coeur; le demandant aux anges, en qui rien ne la touche ni ne l'intéresse que le témoignage qu'elle sollicite d'eux ; le demandant à Lui-Même, qu'elle prend pour un autre, - jusqu'au moment où, reconnaissant enfin Sa Voix Aimée dans l'accent dont Il l'appelle, elle est rassurée par cet entretien en deux mots, en deux noms :

 

« Marie ! Rabboni ! » mais deux noms, dont l'un dit tout ce que Marie est pour son Sauveur ressuscité, et l'autre tout ce que Jésus ressuscité est pour Marie sa servante, de laquelle Il a chassé sept démons.

 

C'est toujours à ces sept démons qu'il en faut revenir, c'est par ces sept démons qu'il faut tout expliquer ; le Saint-Esprit l'a fait comprendre à Marc, et Marc nous le fait comprendre à son tour.

 

Marie-Magdeleine, premier témoin de la résurrection, choisie pour L'annoncer à ceux qui ont été choisis pour l'annoncer au monde, simple femme, qui n'a que son coeur pour elle, mais dont ce coeur fait l'apôtre des apôtres ;

 

Marie-Magdeleine, la grande figure de cet admirable vingtième chapitre de saint Jean, où elle occupe, dans la première journée du royaume des cieux, cette première place que les apôtres eux-mêmes lui cèdent sans hésitation ;

 

Marie-Magdeleine, les prémices de l'Église consolée, la première voix terrestre qui ait frappé l'oreille de Jésus ressuscité, et la première oreille humaine que la Voix de Jésus ressuscité ait rendue attentive ;

 

Marie-Magdeleine, à laquelle il n'est pas un disciple, si froid soit-il, qui n'ait donné au moins une fois dans sa vie un mouvement de sympathie et une larme d'attendrissement ;

 

Eh bien, cette Marie-Magdeleine, qui est-elle enfin et d'où vient-elle ?

 

Est-ce une sainte accomplie, qui puisse se vanter d'une vie sans tache, d'une perfection surérogatoire, que sais-je ?

 

D'une conception immaculée ?

 

Non, vous dis-je, non, mais une pauvre et indigne pécheresse ; mais l'objet d'une obsession maligne et infernale.; mais une femme, que nous aurions rougi d'avoir pour fille ou pour soeur; une femme, que nous aurions tremblé de voir s'asseoir à nos côtés ; une femme, que nous aurions fait enfermer dans quelque Salpêtrière et revêtir de la camisole de force ; une femme enfin, de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

Voilà, voilà le principe de sa vie en Galilée, de sa douleur sous la croix, de sa joie près du sépulcre, enfin de toute sa grandeur ; grandeur dont elle ne sait rien elle-même, suivant, avec la simplicité d'un enfant, le mouvement d'un coeur qui la pousse à chercher Celui qu'elle a perdu, sans plus songer à mériter le témoignage que je lui rends, et que le Saint-Esprit lui a rendu avant moi, que nous ne songeons, nous, à nous obtenir l'estime ou l'admiration des générations à venir par l'émotion qui remplit en ce moment notre coeur, et que nous porterons à la table de ce même Jésus, mort pour nous comme pour Marie-Magdeleine, et pour nous comme pour elle, ressuscité d'entre les morts.

 

Mais le remplit-elle en effet ?

 

Entrons-nous dans l'esprit du dialogue échangé entre Marie-Magdeleine et son Maître ressuscité ?

 

Entendons-nous, en esprit, Jésus nous disant Marie !

 

Et, se réjouissant sur nous, qu'Il a déjà affranchi de la mort, déjà fait monter au ciel, déjà fait asseoir à la droite de Dieu avec lui ?

 

Et Jésus nous entend-Il à son tour lui disant Rabboni ! Et nous réjouissant dans la pensée qu'Il a tout accompli, qu'Il ne souffre plus, qu'Il vit aux siècles des siècles, et qu'Il recueille auprès du Père le prix de Son abaissement et de Son Sacrifice ?

 

Notre coeur, en un mot, célèbre-t-il la Pâque comme une vraie Pâque du Seigneur, qu'il a aimé, qu'il a cherché, qu'il a trouvé?

 

Ou bien célébrera-t-il la Pâque, parce que c'est le jour de Pâques, sans tressaillement, sans amour, prêt à retourner demain aux pensées terrestres de ses joies, à l'abattement de ses douleurs, ou à l'entraînement de ses convoitises, tout comme si Jésus n'était pas ressuscité ?

 

Mais pourquoi ? Si ce n'est parcequ'alors, rien n'aurait été connu qui ressemble à la plaie du coeur de Marie, et que Jésus n'aurait pas encore délivré de sept démons ?

 

Tel est le secret de Marie-Magdeleine, pour croître dans cette grâce qui l'a retirée de l'abîme : l'amour par l'humilité.

 

Son premier secret, avec Jésus vivant, c'est un premier pas dans l'amour par un premier pas dans l'humilité ;

 

Son second secret, avec Jésus mourant, c'est un second pas dans l'amour par un second pas dans l'humilité ;

 

Son troisième secret, avec Jésus ressuscité, c'est un nouveau pas dans l'amour par un nouveau pas dans l'humilité en attendant que son secret final., avec Jésus Glorifié, ce soit le complet épanouissement de l'amour par l'humilité, son âme élue plongeant du plus haut des cieux dans le plus profond de cet enfer auquel elle a commencé par être livrée.

 

... Mais quoi ? Tant de grâce n'est-elle donc accessible qu'à la victime de sept démons ?

 

Pour avoir été préservés de l'excès de misère qui a été la première condition de Marie-Magdeleine, nous sera-t-il impossible d'aimer comme elle ?

 

Et serons-nous réduits à souhaiter d'avoir été plus coupables pour être plus reconnaissants ?

 

Non, non, nous serons réduits seulement à nous connaître mieux ; car nous n'avons qu'à nous mieux connaître pour nous trouver les "sept démons" dont elle a été délivrée, si ce n'est pour nous en trouver davantage, hélas ! Et celui qui s'en voit le moins, est celui qui en a le plus.

 

La pécheresse de saint Luc n'a pas été délivrée de sept démons, comme Marie-Magdeleine ; et cependant, elle ne peut trouver de marques ni assez humbles ni assez tendres de sa reconnaissance et de son amour :

 

« Elle a beaucoup aimé or celui à qui il est moins pardonné, aime moins (*41). »

 

Saint Pierre n'a pas eu à rompre, comme cette pécheresse, avec les indignes convoitises de la chair; et cependant, il peut dire d'un coeur sincère :

 

« Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime (*42). »

 

Saint Paul n'a pas, comme saint Pierre renié trois fois son Maître après l'avoir connu ; et cependant, il a pu écrire :

 

« Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, desquels je suis le premier (*43). »

 

C'est pour lui-même, comme pour saint Pierre, comme pour la pécheresse, comme pour Marie-Magdeleine, comme pour nous tous, que ce même saint Paul a écrit encore :

 

« Nous aussi étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses passions et voluptés, vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs et nous haïssant l'un l'autre (*44). »

 

Ah ! Quand on est tel , je le demande, pour entrer dans l'esprit de Marie-Magdeleine, faut-il plus que de se connaître ? (...)

 

 

  Suite et dernière partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod) 

Bible (133)

Croix Huguenote

 

Notes:

 

-36. Jean XII, 24.

 

-37. Matth. XVI, 21, etc.

 

-38. Luc XVIII, 31-34.

.

-39. Marc XVI, 1, 2.

 

-40. Jean XX, 2, 13, 15.

 

-41. Luc VII, 47.

.

-42. Jean XXI, 17.

-43. 1 Tim. I, 15.

-44. Tite III, 3

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:54
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (1ère partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

Si l'on nous eût donné à deviner lequel d'entre tous ses disciples Jésus ressuscité devait honorer de sa première apparition, qui aurions-nous nommé ?

 

À n'écouter d'abord que le cri de la nature, cette tendre mère, à laquelle une épée venait de transpercer l'âme (*1), se serait offerte à notre esprit avant tous les autres.

 

Puis, à peser les droits sacrés de l'apostolat, nous aurions balancé entre les deux disciples de prédilection, Pierre, héritier de cette grande promesse :

 

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon É(Eglise (*2), » ou Jean, le disciple intime, le plus empressé des deux à constater la résurrection de son Maître (*3), et le premier à la croire (*4).

 

Mais la dernière personne à laquelle nous aurions pensé, convenons-en, c'est une pauvre étrangère qui avait commencé par être l'indigne proie de sept esprits infernaux.

 

Et pourtant, c'est cette pauvre étrangère, c'est Marie de Magdala qui a été choisie :

 

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle Il avait chassé sept démons. »

 

En mettant ainsi en regard, dans un de ces raccourcis qui lui sont propres (*5), le premier et le dernier des traits par lesquels le Saint-Esprit nous a fait connaître Marie-Magdeleine, notre évangéliste a eu quelque chose de plus sérieux en vue que de nous proposer un contraste curieux ou embarrassant.

 

Pour lui, ce contraste cache un rapport profond :

 

Si Marie - Magdeleine a été élevée si haut, c'est parce qu'elle avait été retirée de si bas.

 

Étudions la transition instructive qui l'a conduite de l'un de ces termes à l'autre, et que l'histoire évangélique, développant la pensée de saint Marc, nous fait suivre de période en période, non en nous exposant les sentiments intérieurs de Marie-Magdeleine, mais en nous la montrant à l'oeuvre dans quelques-unes de ces grandes occasions où le coeur se révèle par l'action.

 

Car, chose étonnante !

 

Dieu, Lui Seul connaît les coeurs, ne peint guère l'homme que par ses oeuvres, tandis que l'homme, qui ne voit que les oeuvres, s'évertue à pénétrer le secret des coeurs.

 

Me trompé-je en disant que cette étude répond à un besoin de nos âmes ?

 

Nous désirons, nous aussi, que Jésus se révèle a nous dans la sainte gloire de sa résurrection (*6).(...)

 

La seule chose que nous sachions de la conversion de Marie-Magdeleine, c'est que Jésus avait chassé d'elle sept démons.

 

C'est là le fait saillant qui a frappé les évangélistes, saint Luc aussi bien que saint Marc ; c'est sans doute aussi celui qui a frappé ce peuple fidèle dont ils sont les organes inspirés : pour l'Église primitive, Marie-Magdeleine était cette femme bien connue de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

La tradition qui nous représente Marie - Magdeleine livrée aux honteux désordres de la chair, est d'origine plus récente et sans appui solide.

 

On avait jugé, sans raison suffisante, que la présence des esprits malins ne pouvait aller sans une vie déréglée ; ou bien on avait, avec moins de raison encore (*7), confondu Marie-Magdeleine avec cette pécheresse qui vient répandre sur les pieds du Seigneur une huile odoriférante, en les arrosant de ses larmes et les essuyant de ses cheveux.

 

Ne cherchons pas des crimes à Marie-Magdeleine, pour accroître le prodige de sa conversion : avant tout, comme l'Écriture, soyons vrais.

 

Hélas ! Et ce trait seul ne suffit-il pas pour jeter sur son premier état une mystérieuse, mais effrayante lumière : sept démons (*8)?

 

Ce n'est pas le lieu et temps de discuter la condition de ces démoniaques, qui apparaissent dans le Nouveau Testament comme pour fournir au Fils de Dieu l'occasion de déployer toute sa Vertu Divine, dans une lutte étrange et terrible avec les puissances des ténèbres.

 

Une chose est certaine : c'est que ces infortunés, asservis à une influence occulte et pernicieuse, au travers de laquelle perçaient çà et là des lueurs d'intelligence, de foi même, qui redoublaient le sentiment de leur misère quand elles ne les conduisaient pas au Sauveur, appartenaient, par leur condition tant physique que morale, aux plus malheureux et aux plus déchus d'entre les hommes.

 

C'était porter en soi le germe de tous les péchés et de toutes les douleurs, que d'y porter cette action des esprits malins ; c'était ressentir un avant-goût de l'enfer sur la terre, avec ses souffrances sans consolation, avec sa lumière tardive et infructueuse ; aussi les démons chassés comptent-ils, dans le récit des évangélistes, parmi les prodiges les plus éclatants de Jésus-Christ et parmi Ses Bienfaits les plus signalés.

 

Sept démons ! C'est le type du dernier degré d'abaissement moral (...)

 

Sept démons ! Il n'en a fallu qu'un pour réduire un pauvre enfant à cet état d'égarement et de fureur qui défie tous les efforts des apôtres, et ne cède enfin à la parole de Jésus-Christ, spécialement préparé par le jeûne et par la prière, qu'au travers d'un si affreux combat que le malade guéri passe quelque temps pour mort aux yeux de la multitude épouvantée (*9).

 

Sept démons ! On peut juger de ce qu'a dû être la condition première de Marie-Magdeleine par celle de cet autre possédé en qui l'esprit immonde, pressé par cette question du Seigneur :

 

« Comment as-tu nom ? » répond : « Je m'appelle Légion, car nous sommes plusieurs, » et que saint Marc nous montre rompant ses liens et brisant ses fers, courant de jour et de nuit dans les montagnes et dans les sépulcres, se meurtrissant. avec des pierres et poussant des cris lamentables (*10).

 

Telle à peu près a dû être la condition de Marie-Magdeleine, jusqu'au jour de Grâce où elle rencontra ce Fils de Dieu « que tous les anges adorent, » et que les démons confessent en dépit d'eux tout en blasphémant.

 

Il parle, et la voici délivrée ; Il dit : « Esprit immonde, Je te commande, Moi, sors et ne rentre plus (*11) » et voici Marie-Magdeleine rendue, j'allais dire à la société et à sa famille, mais disons mieux encore, rendue à elle-même et à Dieu.

 

Qu'on se figure la confiance et la gratitude qui l'attachent désormais à Celui qui l'a fait passer « de la puissance « de Satan à Dieu, et des ténèbres à la lumière (*12). »

 

La profondeur de l'abîme d'où elle a été retirée, tel est le principe, telle est la mesure de l'amour qu'elle porte désormais à Jésus ; et cet amour est la clef de tout ce qu'elle fait à l'égard de Jésus vivant, de Jésus mourant, de Jésus ressuscité.

 

Elle le suit vivant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le pleure mourant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le cherche ressuscité, parce qu'elle l'aime ;

 

Et elle l'aime, parce qu'elle n'a qu'à jeter un regard sur Lui pour se rappeler que c'est Lui Seul qui l'a délivrée, et qu'à en jeter un sur elle-même pour se rappeler de quoi Il l'a délivrée, elle, cette femme indigne et misérable, jadis possédée de sept démons à la fois.

 

Le premier effet par lequel se déclare l'amour de Marie-Magdeleine pour Celui qui l'a délivrée, c'est le désir de Le suivre dans le cours de sa Sainte et Bienfaisante vie.

 

Cette expression de sa reconnaissance ne lui est pas particulière : quand Jésus a délivré ce malheureux Gadarénien de sa légion de démons , le malade guéri sollicite la faveur d'être avec Lui.

 

Jésus, qui avait pour cet homme une autre mission en réserve, Lui répond :

 

« Retourne en ta maison, et raconte quelles grandes choses Dieu t'a faites (*13); » mais la mission d'un homme n'est pas celle d'une femme, et la mission d'un disciple n'est pas celle d'un autre disciple (*14) : Marie-Magdeleine désire à son tour d'être avec le Seigneur, et Jésus ne le lui défend point.

 

La voilà donc qui s'attache à tous ses pas, comme ses apôtres, jusqu'à l'accompagner aux fêtes solennelles, où la présence des hommes était seule réclamée par la loi (*15) :

 

« Il allait de ville en ville, et de bourgade en bourgade, prêchant et annonçant le royaume de Dieu; et les douze disciples étaient avec Lui, et quelques femmes aussi qu'Il avait délivrées des malins esprits et des maladies, savoir Marie qu'on appelait Magdeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, et Jeanne, femme de Chuzas, lequel avait le maniement des affaires d'Hérode, et Suzanne, et plusieurs autres, qui l'assistaient de leurs biens (*16). »

 

Marie-Magdeleine, nommée constamment la première, et peinte au point de départ par saint Luc du même trait dont la peint saint Marc en terminant, est à la tête de ce cortège de femmes pieuses qui suivent le Seigneur de lieu en lieu, et qui en même temps subviennent à ses besoins.

 

Jésus n'avait rien à Lui dans ce monde, ni un lieu même où reposer sa tête : c'est à un ami qu'Il demande un asile à Jéricho (*17) ; c'est d'un ami qu'Il emprunte une monture pour entrer dans Jérusalem (*18); c'est chez un ami qu'Il retient une chambre haute pour célébrer la Pâque (*19).

 

Eh bien ! Marie-Magdeleine, pourvue des biens de ce monde, s'empresse de les mettre à la disposition de Celui à qui elle doit tout et se doit elle-même, heureuse de pouvoir faire quelque chose pour Lui rendre moins pesant le fardeau de la vie humaine, dont Il s'est chargé pour la soulager.

 

Toutefois, ce généreux sacrifice n'est pas encore ce qui me touche le plus dans Marie-Magdeleine suivant tous les pas du Seigneur.

 

Ce qui me touche le plus, c'est le tendre empressement qu'elle fait paraître de demeurer toujours avec Lui, pour ne perdre aucune de Ses Paroles , aucun de Ses Miracles, aucune de Ses Guérisons, plus spécialement peut-être aucune de celles qui ressemblent à la sienne.

 

Tout cela nous semble peut-être assez naturel, et nous nous étonnons de voir une grande preuve de l'amour de Marie-Magdeleine pour Son Sauveur dans une conduite toute simple, et que nous aurions tenue nous-mêmes à sa place.

 

Mais y avons-nous bien réfléchi ?

 

Prenons garde : rien de plus attrayant que la charité en perspective et le sacrifice à l'horizon ; mais la réalité est une rude épreuve pour le dévouement, et la seule certaine.

 

Jugeons plutôt de ce que nous aurions fait dans une situation que nous n'apercevons qu'à distance, par ce que nous faisons actuellement dans une situation qui est la nôtre, et où Dieu lui-même nous fournit les moyens de connaître ce qui est dans notre coeur.

 

Vivant aux jours de Jésus-Christ, nous nous serions empressés, pensons-nous, de mettre à son service ce que nous avons de biens sur la terre.

 

Nous aurions fait comme Marie-Magdeleine qui donne son trésor, non comme le jeune riche qui refuse le sien.

 

Et pourquoi donc faisons nous bien souvent dans une vraie réalité objective comme le jeune riche, non comme Marie-Magdeleine ?

 

Si Jésus-Christ n'est plus sur la terre, Il y a laissé ses disciples, qui sont Ses Frères, les membres de Son Corps, et parmi lesquels il ne manque pas de pauvres (*20).

 

Il nous a déclaré que ce que nous faisons pour eux, nous l'aurons fait pour Lui, et que ce que nous leur refusons, nous l'aurons refusé à Lui-même.

 

Voilà un moyen tout trouvé, un moyen pratique sans danger d'illusion ni de poésie, de prouver notre disposition à faire des sacrifices pour Jésus-Christ.

 

Ce moyen, quel usage en faisons-nous ?

 

Nous voit-on en recherche d'occasions pour assister Jésus-Christ dans la personne du pauvre qui croit en son nom ?

 

Nous voit-on nous dépouiller un peu largement en sa faveur de notre superflu, je n'ose pas dire toucher à notre nécessaire ?

 

Ah ! sachons bien que telle que Marie-Magdeleine a été pour le Sauveur, telle elle serait aujourd'hui pour ses frères ; et qu'elle aurait cru se renier elle-même, que de se contenter de ces misérables secours que la plupart d'entre nous, même de ceux qui font profession d'une foi évangélique, se laissent si péniblement arracher.

 

Aussi bien, elle ne pouvait suivre Son Maître, sans trouver à chaque pas, dans les malheureux que la Charité de Jésus attirait de toutes parts, des occasions qui sollicitaient son esprit de sacrifice.

 

Si nous devions nous plaindre de la multitude des appels qui viennent chercher notre bienfaisance : pour elle, sa vie entière était un appel continuel, qu'elle allait chercher elle - même.....

 

Grâces à Dieu, il est dans tous les temps quelques veuves qui donnent de leur nécessaire, quelques Dorcas qui donnent leur travail, quelques Barnabas qui donnent leurs possessions, après s'être donnés eux-mêmes ; il en est que nous connaissons, il en est d'autres qui réussissent à se cacher; - mais, hélas !

 

Hélas ! Sont-ils donc si nombreux que le sacrifice de Marie-Magdeleine ne nous doive inspirer ni admiration ni surprise ?

 

 

 

Suite 2ème partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod)  

Bible (124)

Croix Huguenote

 

 

 

 

Notes :

-1. Luc II, 35. 

 

-2.Math, XVI, 16. 

 

-3. Jean XX, 2-4 

 

-4. Jean XX, 8.

 

.-5. Marc 1, 13, etc. 

 

-6. Éph. 1, 19-fin; 1 Cor.-IV, 14-22, Etc.

 

-7. Luc VIII, 2, rapproché de Luc VII, 37-50.

 

-8. Marie-Magdeleine peut avoir été possédée de ces sept démons, et guérie par le Seigneur, ou successivement, ou simultanément. La seconde hypothèse est de beaucoup la plus vraisemblable, par analogie avec Luc VIII, 27-39, et Matth. XII, 43-45.

 

-9. Marc IX, 19-27. 

 

-10Marc, V, 1-20.

 

-11. Marc IX, 25. 

 

-12. Actes XXVI, 18.

 

-13. Luc VIII, 39.

 

-14. Luc IX, 57-62.

 

-15. Matth. XXVII, 55-56.

 

-16. Luc VIII. 1-3.

 

-17. Luc XIX, 5.

 

-18. Luc XIX, 30, 31

 

-19. Luc XXII, 12.

 

-20.1 Cor. 1, 26.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:54
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (4ème et dernière partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.) 

 

(...) Quand Jésus oppose cette pécheresse qui a beaucoup aimé parce qu'Il lui a été beaucoup pardonné à Simon le pharisien qui aime moins parce qu'il lui a été moins pardonné, ne voyons-nous pas que ce n'est qu'à ses propres yeux que Simon est moins coupable que la pécheresse, et que la dureté superbe du premier, son incrédulité soupçonneuse, surtout sa complaisance pharisaïque en lui-même, balancent les péchés plus éclatants de la seconde, si elles ne les dépassent pas devant Dieu ?

 

Et si, par malheur, devait on s'imaginer que certains pourraient se sentir si fort, voire même au-dessus de Marie-Magdeleine aux sept démons, ces démons, présents ou passés, l'incrédulité, l'avarice, l'égoïsme, la convoitise, la vanité, l'impureté peut-être, - en voilà six, - ne valent-ils pas les siens ?

 

J'ai gardé pour le dernier le plus mauvais de tous, l'orgueil, qui fait accroire d'être meilleur qu'elle.

 

Et quoi !? Ne peut on pas alors comprendre que la Justice de Dieu, à la différence de celle des hommes, Pèse avec l'acte visible les sentiments cachés dans le coeur, et tient compte à chacun des ressources, des exemples, des occasions, des lumières, des avertissements même intérieurs, dont toute personne a jouie ou dont il a été privé ?

 

Eh bien, qui sommes nous pour faire la part de toutes ces choses ?

 

Qui sommes nous pour balancer notre fardeau avec celui de Marie-Magdeleine ?

 

Et quelle est cette surprenante sûreté, sinon « d'estimer les autres, par humilité, » - y compris Marie-Magdeleine, - « plus excellents que nous-même (*45) ? »

 

Le premier des pécheurs, pour saint Paul, c'est saint Paul ; pour saint Pierre, c'est saint Pierre ; pour la pécheresse, c'est la pécheresse ; pour Marie-Magdeleine, c'est Marie-Magdeleine ; et pour nous, ce doit être nous.

 

Non, non : ce n'est pas nous, ô mon Dieu, que pourrait aborder le souhait téméraire d'offrir un champ plus riche aux merveilles de ta grâce !

 

Pour l'apprécier, cette Grâce toute gratuite, nous n'avons pas plus besoin de nous voir pires que nous ne sommes, que nous n'avons besoin de nous voir meilleurs que nous sommes !

 

Révèle-nous ô Seigneur tels que nous sommes, si toutefois nous pouvons supporter ce spectacle, et si nous n'avons pas à craindre que la tête ne nous tourne en nous penchant sur cet abîme !

 

Tu es Sage, Seigneur, pour nous faire croître dans le sentiment de Ta Miséricorde, en même temps que Tu nous feras croître dans celui de notre injustice; de cette injustice, que nous apprenons d'année en année, et presque de jour en jour, à sonder plus avant, et que nous n'aurions pu voir telle que nous la voyons aujourd'hui, quand nous n'en étions encore qu'aux premiers éléments de ta Gâce, sans risquer de tomber par trop de lumière dans le désespoir !

 

Ah! si Tu devais étaler devant le monde les plaies de chacun de nous, comme Tu as étalé celles de Marie-Magdeleine; si Tu devais proclamer seulement tout ce qui s'est passé entre Toi et chacun de nous, les actions de notre vie, les paroles de nos lèvres, les pensées de nos coeurs, - dans la confusion dont nous serions couverts, la crainte qui nous préoccuperait ne serait plus celle de trouver en nous moins à pardonner, moins à effacer, moins à laver dans le sang de la croix, qu'elle ne trouve en elle !

 

Viens donc, Seigneur Jésus, viens créer en chacun de nous un coeur de repentance et d'humilité, afin que chacun, ne cherchant plus qu'en lui-même, comme Marie-Magdeleine, le plus coupable, le plus indigne, le plus vil de tous, puisse désormais, à force d'amour pour celui qui l'a sauvée telle qu'elle était, et qui nous sauve tels que nous sommes, l'égaler en communion avec Ta Vie, en sympathie pour Ta Mort, en joie dans Ta Résurrection, jusqu'à ce que nous l'égalions en possession ineffable de Ta Gloire et de Ta Félicité !

 

Communiants ! Dans toute fête de Notre Sauveur Ressuscité, approchons-nous à chaque fois de Sa Table dans l'esprit de Marie-Magdeleine, Le cherchant du coeur ; Le cherchant dans la Parole, Le cherchant dans le Sacrement, Le cherchant dans le pain et dans le vin, Le cherchant dans la prière, Le cherchant jusqu'à ce que nous le trouvions et que nous échangiez avec lui Rabboni contre Marie ; de peur que nous ne rentrions tristement dans nos maisons, sans avoir plus reçu à cette fête que nous n'y avons apporté, et que nous ne vnous arrêtions à moitié chemin entre l'incrédulité et la foi, entre la mort et la vie, entre le Vendredi et le Dimanche, dans ce cri douloureux de Marie-Magdeleine encore incertaine et tremblante :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis! »

 

Catéchumènes ! Dans la jeunesse encore, mais pas trop jeunes pour avoir besoin du Dieu de Marie-Magdeleine.

 

Hélas ! Vous connaissez et savez à quoi vous en tenir sur cette innocence prétendue que le monde attribue à votre âge, et au milieu de laquelle vous avez commencé de sentir se former en vous, avec les années, un trésor de péché et de désobéissance, qui déjà vous laisserait sans espérance, si vous n'aviez appris aussi à voir dans Votre Dieu Sauveur un Trésor de Grâce et de Pardon.

 

Oh ! Puissiez-vous, Mes Chers Enfants, ne pas plus valoir à vos propres yeux que Marie-Magdeleine ne valait aux siens, le jour qu'elle donna son coeur à Jésus, et qu'elle puisa dans les profondeurs de sa misère naturelle les richesses divines de son dévouement et de son amour !

 

Et pour celle ou celui, quel qu'il soit, touché(e) pour la première fois peut-être, de tout ce qu'il y a en en soi de misère et de tout ce qu'il y a en Jésus de Grâce Gratuite, souhaiterait intérieurement de finir comme Marie-Magdeleine, après avoir commencé comme elle ; à celle ci, à celui ci, mon frère, ma soeur, qui aurait vécu jusqu'ici ou pour le péché, ou pour l'incrédulité, ou pour l'égoïsme, ou pour le monde, mais à qui l'Esprit de Dieu dit au-dedans du coeur :

 

Et pourquoi ne passerais-tu pas, comme Marie-Magdeleine, « des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu? »

 

Je le redis avec Lui et avec cette conscience : Pourquoi pas ?

 

Et j'ajoute : Pourquoi pas aujourd'hui ? Pourquoi pas dès ce moment ?

 

Pourquoi ne pas mettre cette communion comme une barrière entre cette ancienne vie dont il vous tarde de sortir, et la vie nouvelle où vous êtes impatient et soupirez d'entrer ?

 

Si votre coeur est droit devant Dieu, venez, c'est la meilleure des préparations, et la seule nécessaire.

 

Venez, tels que vous êtes, je vous y invite au nom du Seigneur !

 

Venez, « quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige; »

 

 Venez, et cherchez désormais dans la mesure de votre injustice passée celle de votre sainteté future, au service de Celui qui est venu, sur notre terre souillée, vivre pour notre salut, mourir pour notre rédemption, et ressusciter pour notre délivrance !

 

Si Celui qui, choisit pour premier témoin de sa gloire nouvelle cette Marie-Magdeleine de laquelle Il avait chassé sept démons, devait apparaître et choisir Celui qu'Il daignera honorer de ses communications les plus intimes et de ses bénédictions les plus précieuses, sur qui pensons-nous que tomberait son choix ?

 

Sur celui de tous qui entre le mieux dans l'esprit de Marie-Magdeleine; sur celui de tous, peut-être, pour qui nous attendrions le moins la préférence du Maitre; sur celui de tous, à coup sûr, qui l'attendrait le moins pour elle même ou lui-même !

 

Amen,

 

  Adolphe Monod

Pasteur Adolphe Monod,

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

Note :

 

-45. Phil. II, 3.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 12:15
Un édifice indestructible

Un joyau architectural des XIIe et XIIIe siècles, un chef-d’œuvre de l’art gothique, un monument connu, visité et célébré internationalement vient de subir des dégâts considérables à la suite de l’incendie ayant ravagé sa charpente composée de poutres provenant de quelque mille trois cents chênes, certains vieux de mille deux cents ans, provoquant stupeur et consternation non seulement à Paris ou en France, mais dans le monde entier.

Pour quiconque, comme moi-même, a grandi à l’ombre de ces tours séculaires, a assisté à nombre de concerts d’orgue offerts au public chaque dimanche après-midi, y a amené tous les amis étrangers de passage à Paris l’ayant pris pour guide d’un jour, ayant même une fois été réquisitionné pour faire circuler dans la cathédrale un sac de collecte destiné à couvrir les frais d’une maîtrise d’enfants venue de très loin pour une tournée de concerts en Europe (!), le choc et la tristesse ne sont pas petits.

Les remarques suivantes ne sont donc en rien la marque d’une indifférence ou d’un regard hautain porté sur un désastre culturel de cette nature.

Mais puisqu’une cathédrale chrétienne est censée être tout d’abord un lieu de culte adressé à celui dont prennent le nom ceux qui l’ont érigée, nom qui les identifie, ne faut-il pas donner en priorité la parole à celui-là même qui porta ce nom le tout premier, afin d’entendre de sa bouche quel culte au juste il a enseigné à rendre à Dieu - en esprit et en vérité - à tous ceux qui prononcent son nom et se réclament de lui ?  A moins bien sûr que la valeur artistique d’un édifice cultuel, la splendeur des objets qu'on y exhibe, le poids de sa présence au cœur de l’histoire d’une ville et d’un pays n’aient depuis longtemps relégué l’objet unique et essentiel de ce culte dans les cendres de l’histoire, le remplaçant progressivement par une adoration tournée sur soi-même, ses priorités, sa mémoire culturelle, sur ce que l’on croit relever du domaine spirituel, en dépit de l’enseignement du Maître, voire directement contre sa parole.   Car entre la religion du Christ et la religion civile dont Notre-Dame de Paris est finalement devenue le symbole, à l’image des trois temples païens du Capitole du temps de Rome, le gouffre n’est pas mince.  Ces derniers jours, nombre de commentateurs n'ont pas manqué de souligner l'ambivalence symbolique du monument niché au coeur de l'île de la Cité, de Paris, de la France.

Lors de son ministère terrestre, Jésus ne fit pas mystère à ses disciples que la plus belle construction ornant alors Jérusalem, en l’occurrence le temple dont la reconstruction depuis le roi Hérode le Grand avait pris quarante-six ans, n’était pas destinée à subsister à toujours, aussi glorieuse qu’elle ait alors pu paraître aux yeux de ces mêmes disciples, non seulement en tant que lieu centralisé du culte rendu à Yahweh, mais également comme sujet de grande fierté nationale.  Au chapitre 13 de l’évangile selon Marc (voir aussi Matthieu 24 et Luc 21), nous les trouvons en train d’admirer l’architecture du temple et de vouloir faire partager leur admiration à Jésus : Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit : Maître, regarde, quelles pierres, quelles constructions ! Et, comme bien souvent lors de ces échanges, ce n’est rien de moins qu’une douche froide que leur administre le Maître : Vois-tu ces grandes constructions ?  Il ne restera pierre sur pierre qui ne soit renversé.  Quarante-six ans de travaux « pharaoniques » soudainement réduits à néant ?  Mais dans quelles conditions et sous quelle force destructrice ? Incendie accidentel ? Attentat criminel ? Nouvelle dévastation militaire par une armée étrangère? Jésus, interrogé à ce propos par ses disciples, ira avec eux s’asseoir en face du temple, sur le mont des Oliviers, pour les enseigner à nouveau.  Il ne s’agit pas pour lui de donner une description détaillée des circonstances de la destruction du temple en question, mais plutôt d’en offrir la clé spirituelle et eschatologique. Avec sa venue sur terre, avec l’accomplissement de son ministère dans les jours et semaines à venir, le temple de Jérusalem n’aura plus de raison d’être, car ce qu’il annonçait symboliquement depuis presque mille ans sous ses différentes formes, reconstructions après destructions, est en passe de revêtir sa forme finale:  celle d’un édifice spirituel indestructible, greffé sur le corps incorruptible  de celui qui, mis à mort dans l’humiliation totale, engloutira une fois pour toutes cette mort par son sacrifice volontaire accompli au bénéfice de tous ceux qui vivront par la foi dans sa mort et sa résurrection (« Tout est accompli », dernière parole de Jésus dans Jean 19 :30).

Avec ou sans bâtiment cultuel, sous un baobab ou à l’intérieur de la plus belle construction pouvant accueillir des centaines de fidèles – peu importe – « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » enseignait-il à ses disciples (Matthieu 18:20).  En promettant sa présence au milieu de ceux qui seraient assemblés en son nom (c’est-à-dire en aucun autre nom que le sien, mais également avec tout ce qu’implique ce nom!) il signifiait la présence d’une église-assemblée (ekklesia) à laquelle  rien ne manque pour être qualifiée comme telle.

Cet édifice spirituel et indestructible, c’est aussi ce dont fera état l’apôtre Pierre soi-même dans sa première lettre adressée à tous les chrétiens dispersés à travers les provinces orientales de l’empire romain en raison d’une sévère persécution (1 Pierre 2:1-8).  Ces circonstances éprouvantes de persécution et de dispersion rendent d’autant plus puissante et éloquente la qualification de cette maison spirituelle qui s’édifie sur un seul fondement légitime. Édifice dont la pierre d’angle, vivante et indestructible n’est autre que Jésus-Christ, souligne l’apôtre:

Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce , en vue d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ; car il y a dans l’Écriture [Ésaïe 40 :6-8]: «Voici je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse », et « celui qui croit en elle ne sera pas confondu » [Esaïe 28 :16].  L’honneur est donc pour vous qui croyez.  Mais pour les incrédules, « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale, celle de l’angle [psaume 118 :22] et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale (Ésaïe 8 :14-15).

La citation du psaume 118 en particulier montre que la division entre ceux qui ne seront pas tournés en confusion et ceux qui achopperont, ne s’opère pas sur le fait que certains construisent et d’autres nom, mais sur le fait que certains le font sur la seule pierre choisie et précieuse, Jésus-Christ, tandis que d’autres l’ont rejetée d’une manière ou d’une autre, la remplaçant par une pierre angulaire de leur choix, censée soutenir la structure architectonique de tout l’édifice.  Quelle que soit alors la dimension et les canons esthétiques du bâtiment reposant sur une telle pierre, quelle que soit son ancienneté, cet édifice n’évitera à personne d’achopper sur la pierre vivante, choisie et précieuse devant Dieu.

Sans doute convient-il de méditer avec urgence sur cet enseignement apostolique à propos de la signification spirituelle du mot Église, alors qu’un culte national semble unir autour d’une cathédrale dévastée toutes sortes de chapelles idéologiques érigées sur des pierres d’angle qui prétendent cimenter l’unité d’un pays ravagé par ses divisions internes.  Car cette religion civile constituée de diverses synthèses et syncrétismes, qui débloque d’énormes crédits pour reconstruire les parties annihilées de Notre Dame de Paris, le tout augmenté par des promesses de dons s’élevant déjà à plusieurs centaines de millions d’euros en provenance des plus grands groupes financiers ou encore d’individus bien intentionnés, ne résistera pas davantage au feu dévastateur qui l’attend, que la vieille charpente et la flèche effondrées ne l’ont pu sous l’effet des flammes terribles. Comme tous les autres cultes voués à des divinités inventées par des hommes en quête de sens et d’unité avant elle, cette religion civile achoppe sur le rocher du Christ.  Il lui paraît toujours scandaleux, car il met à nu son incapacité à donner à l’existence un sens plénier et à ses adeptes une espérance vivante.

En particulier, pour tous ceux qui se nomment « chrétiens », pour leurs hiérarques (toutes chapelles confondues du reste), qui se sont pourtant laissé happer ou hypnotiser par cette religion d’État gravitant autour de l’Homme auto-divinisé et son nombril, méritant dès lors eux aussi le qualificatif d’ incrédules utilisé par l’apôtre Pierre dans sa lettre (2:7), combien grande sera la chute consécutive à l’achoppement sur la pierre choisie et précieuse devant Dieu qu’auront rejetée ceux qui croyaient bâtir ou rebâtir.  Car il ne s’agit pas tant ici d’un désastre culturel ou artistique auquel il est bon an mal an possible de remédier comme on l’a fait tant de fois dans le passé, mais bien d’un désastre spirituel irrémédiable…

 

 

Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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