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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 08:10
Sur la véritable gloire du Chrétien de Jacques Saurin (1677-1730)

Sur la véritable Gloire du Chrétien,

Sermon de Jacques Saurin

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Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie,

si ce n’est en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ,

par qui le monde m’est crucifié, et moi au monde.

Galates VI, 14

 

Le Saint Esprit nous représentant, sous l’idée d’une mort et d’une crucifixion, notre renoncement au monde n’a pas seulement voulu nous marquer la nature et les degrés de cette disposition ; il a voulu aussi en marquer les difficultés.

 

Rarement meurt-on sans souffrir.

 

Les morts les plus douces sont pour l’ordinaire précédées de symptômes violents, que quelqu’un a appelé les messagers de la mort.

 

Ces messagers de la mort, ce sont des syncopes mortelles, ce sont des ardeurs brûlantes, ce sont des douleurs violentes, ce sont des tortures insupportables.

 

La crucifixion surtout était le supplice le plus violent que la justice des hommes, dirai-je ? ou leur barbarie eût jamais inventé.

 

L’imagination est effrayée, quand elle se représente un corps attaché à un poteau, suspendu par des clous, entraîné par son propre poids, dont le sang est versé goutte à goutte, et n’expirant qu’à force de souffrir.

 

Cette effrayante image est-elle outrée pour représenter les peines, les combats, les sacrifices auxquels un chrétien est appelé, et qu’il ne peut se dispenser de subir, avant que de parvenir à ce bienheureux état où la grâce avait donné à notre Apôtre d’arriver, lorsqu’il disait dans les paroles de mon texte :

 

Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.

 

Représentez-vous un chrétien, représentez-vous un homme encore novice dans l’école de Jésus-Christ, appelé tantôt à combattre des penchants qu’il a apportés au monde ; tantôt, à déraciner une habitude qui est devenue en lui une seconde nature ; tantôt, à résister au torrent de l’exemple et de la coutume ; tantôt à mortifier une passion dominante qui l’occupe, qui le possède, qui l’entraîne ; tantôt à quitter le lieu de sa naissance comme Abraham, à marcher sans savoir où il va ; tantôt à immoler un fils unique, comme ce Patriarche ; à s’arracher dans un lit de mort à des amis, à une épouse, à un enfant qu’il aime à l’égal de lui-même ; et tout cela, parce que c’est Dieu qui le veut ; et tout cela, avec cette soumission qui faisait dire à Jésus-Christ, le chef et le consommateur de la foi du chrétien, son rédempteur et son modèle :

 

Non point ce que je veux, mais ce que tu veux (Matthieu 26 :19) !

 

O croix de mon Sauveur, que vous êtes pesante, quand vous êtes imposée à des hommes qui n’ont pas encore porté l’amour pour lui à ce degré, qui rend toutes choses aisées à celui qui l’aime !

 

O sentier de la vertu qui paraissez uni à ceux qui y marchent, que le chemin qui nous conduit à vous est raboteux !

 

O joug de Jésus-Christ si aisé, fardeau léger à celui qui a accoutumé de vous porter, que vous êtes difficile à ceux qui veulent essayer leurs forces !

 

Aussi, vous le voyez, mes frères, dans le style de l’Écriture, renoncer au monde de la cupidité, c’est offrir son corps en sacrifice :

 

Je vous exhorte par les compassions de Dieu que vous présentiez vos corps en sacrifice (Romains 12 :1).

 

C’est se couper son bras, c’est s’arracher un œil (Matthieu 5 :29-30), c’est renoncer à soi-même, c’est charger sa croix : car si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il charge sa croix (Matthieu16 :24).

 

C’est être crucifié avec Jésus-Christ, car je suis crucifié avec Jésus-Christ (Galates 2 :20) et dans notre texte : le monde m’est crucifié et je suis crucifié au monde.

 

Mon Dieu qu’il en coûte pour être chrétien !

 

Mais cette disposition, de quelque amertume qu’elle soit accompagnée, constitue pourtant la véritable gloire ; c’est le second article qu’il faut éclaircir.

 

Nous consentons de mettre ici en opposition le héros du siècle avec le héros chrétien.

 

Nous nous engageons à prouver que ce dernier l’emporte infiniment sur l’autre.

 

De quelles sources le héros du siècle prétend-il tirer sa gloire ?

 

Quelquefois de la grandeur du maître auquel il s’est dévoué.

 

On se félicite de contribuer à la gloire de ces hommes qui sont élevés au-dessus du reste du genre humain, d’être l’appui de leur trône, et d’affermir leur couronne.

 

Le maître au service duquel le chrétien se dévoue, c’est le roi des rois : c’est celui devant lequel tous les rois de la terre ne sont que comme une goutte d’eau pendant à un seau, et comme la menue poussière qui s’arrache d’une balance (Ésaïe 40 :15) : c’est celui par l’autorité duquel les rois règnent, et les princes administrent la justice (Proverbes 8 :15).

 

Il est vrai que la grandeur de cet être adorable* (*Digne d'adoration) le met au-dessus de tous nos services.

 

Il est vrai que son trône est stable à toujours, et que toutes les créatures réunies seraient incapables de l’ébranler.

 

Mais si le chrétien ne peut pas contribuer à la gloire d’un si grand maître, il la publie, il confond ceux qui l’outragent, il la fait connaître par toute la terre.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la haine qu’il porte à l’ennemi auquel il livre la guerre.

 

Quel ennemi plus odieux pourrions-nous avoir, que le monde ?

 

C’est lui qui nous dégrade de notre grandeur naturelle ; c’est lui qui efface de notre âme ces traits que la divinité y avait elle-même gravés ; c’est lui qui nous fait perdre les prétentions que nous avions à une éternité bienheureuse.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la noblesse de ceux qui ont marché devant lui dans la même carrière.

 

Il est glorieux, dans le monde, de succéder à ces hommes qui ont rempli l’univers de leur nom, qui ont fait marcher la terreur devant eux, et qui se sont signalés par des actions au-dessus de l’homme.

 

Le chrétien a été précédé, dans sa carrière, par les Patriarches, par les Prophètes, par les Apôtres, par les martyrs, par ces foules de rachetés de toutes les nations, de tous les peuples, de toutes les langues (Apocalypse 5 :9).

 

Ces saints hommes ont été appelés à livrer la guerre au péché, comme nous à vaincre nos passions ; à former au-dedans d’eux, comme nous, la piété, la charité, la patience, toutes les vertus.

 

Le chrétien a été précédé, dans sa carrière, par Jésus-Christ lui-même, le chef et le consommateur de la foi.

 

Nous donc, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetant tout fardeau, et le péché qui nous environne si aisément, poursuivons constamment la course qui nous est proposée. Regardant à Jésus, le chef et le consommateur de la foi ; qui au lieu de la joie qui lui était proposée, a souffert la croix, ayant méprisé la honte (Hébreux 12 : 1-2).

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la grandeur des exploits.

 

Mais qui en opère de plus grands que le chrétien ?

 

S’affranchir du préjugé, mépriser le jugement des hommes, résister à la chair et au sang, vaincre les passions, affronter la mort, souffrir le martyre, être inébranlable sous les débris du monde croulant, et savoir s’appliquer au milieu du bouleversement universel des créatures, ces belles promesses : Quand les montagnes crouleraient, quand les coteaux se renverseraient ! ma gratuité ne se départira point de toi, l’alliance de ma paix ne bougera point (Ésaïe 54 :10).

 

Voilà les exploits du chrétien.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire des avantages qu’il procure aux autres, des biens qu’il fait à sa patrie, des forçats qu’il délivre de leurs chaînes, des monstres dont il purge la terre.

 

Qui est, à cet égard, plus utile à la société que le chrétien ? Il en est le rempart, il en est la lumière, il en est le modèle.

 

Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire des acclamations qu’excite son héroïsme, et de la magnificence de la couronne qui lui est préparée.

 

Mais d’où partent les acclamations qui l’enflent ?

 

Est-ce à des âmes vénales, à des courtisans, à des panégyristes à gages ; est-ce à des gens de cet ordre à applaudir, et à louer ?

 

Ont-ils seulement l’idée de la véritable gloire ? Porte, porte tes méditations, chrétien, jusqu’à la grandeur de l’être suprême !

 

Pense à cette intelligence adorable qui réunit dans son essence tout ce qu’il y a de grand !

 

Contemple la divinité entourée d’anges, d’archanges, de chérubins, de séraphins ! Ecoute les concerts que ces bienheureux esprits entonnent à sa gloire ! Vois-les pénétrés, ravis, transportés des beautés divines ; employant l’éternité à les exalter, et s’écriant jour et nuit :

 

Saint, Saint, est l’Éternel des armées ! Tout ce qui est en toute la terre est sa gloire ! Amen (Ésaïe 6 :3).

 

Louange, gloire, action de grâce, honneur, puissance soit à notre Dieu aux siècles des siècles ! Amen (Apocalypse 7 :12).

 

Que tes œuvres sont grandes et magnifiques, ô Seigneur notre Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables ! Roi des Saints, qui ne craindrait qui ne glorifierait ton nom (Apocalypse 15 :3-4).

 

Cet être si digne de louange et si dignement loué, c’est celui qui prépare les acclamations aux vainqueurs du monde.

 

Oui, athlète chrétien ! Après que tu auras été la balayure et la raclure de ce monde (1 Corinthiens 4 :13) ; après que tu auras mortifié, martyrisé, crucifié cette chair ; après que tu auras porté cette croix qui était autrefois scandale aux Juifs et folie aux Grecs, et qui est encore aujourd’hui folie et scandale à ceux qui devraient mettre toute leur gloire à la porter ; tu seras appelé en la présence des hommes et des anges !

 

Ce grand Dieu te démêlera dans la foule, et il t’adressera cette voix :

 

Cela va bien, bon serviteur et fidèle (Matthieu 25 :21).

 

Il accomplira la promesse qu’il fait encore aujourd’hui à tous ceux qui combattent sous les étendards de la croix :

 

Celui qui vaincra, je le ferai seoir* (asseoir) sur mon trône (Apocalypse 3 :21).

 

Ah ! gloire du héros du siècle, éloges profanes, inscriptions fastueuses, trophées superbes, diadèmes plus propres à amuser des enfants qu’à occuper des hommes raisonnables !

 

Qu’avez-vous de comparable aux acclamations et aux couronnes qui attendent le héros chrétien ?

(…)

Si nous regardons cette croix par rapport à son harmonie avec toute la contradiction que Jésus-Christ a éprouvé sur la terre ; elle nous porte à nous mettre dans les dispositions de Saint Paul, et à pouvoir dire comme lui :

 

Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.

 

Notre grand maître finit par la croix une vie passée dans le mépris, dans l’indigence, dans le détachement des sens, dans la faim, dans la soif, dans le travail, dans la mortification ; siérait-il à un chrétien de s’endormir dans les bras de l’indolence, de se livrer aux plaisirs, de se laisser enchanter par les charmes de la volupté, de ne respirer que l’aise, que les commodités, que le repos, que l’abondance ?

 

Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite, que le serviteur n’est pas plus grand que son maître (Jean 15 :18-20).

 

Si nous regardons cette croix par rapport au sacrifice qui y est offert à la justice divine, elle nous porte à nous mettre dans la disposition de Saint Paul, et à pouvoir dire comme lui :

 

Le monde m’est crucifié et je suis crucifié au monde.

 

Cette vie mondaine, ces dissipations, ces rébellions aux ordres du ciel ; en un mot cette cupidité qui fait nos délices, à quoi aboutit-elle ?

 

Voyez les carreaux * (foudre et tonnerre, par analogie avec les flèches des arbalètes appelées "carreaux") qu’elle attire sur la tête de ceux qui s’y livrent.

 

Jésus-Christ était parfaitement exempt de péché, mais il s’était chargé des nôtres, il les a portés sur le bois (1 Pierre 2 :24) et c’est pour cela qu’il a subi sur ce bois infâme tous les tourments sous lesquels sa divinité et son innocence l’ont empêché de succomber.

 

Voilà ce qui t’attend pécheur !

 

Oui, si tu n’es pas crucifié avec Jésus-Christ par la foi, tu le seras par la justice divine !

 

Et alors tous les carreaux de la justice divine fondront sur ta tête, comme ils fondirent sur la sienne !

 

Alors tu seras livré, dans un lit de mort, aux combats auxquels il fut livré dans Gethsémané ! Tu frémiras à l’idée des supplices que la vengeance divine te prépare ! Tu sueras comme des grumeaux de sang, quand tu porteras ta pensée sur le trône de justice, devant lequel tu vas être traîné ! Bien plus : alors tu seras condamné à compenser, par la longueur de ton supplice, ce que ta faiblesse te rend incapable de supporter de son poids !

 

Les siècles accumulés ne mettront point de bornes à tes tourments ! Tu seras maudit de Dieu dans l’éternité, comme Jésus-Christ le fut dans son temps ! Et cette croix que tu auras refusé de porter dans le temps, tu la porteras dans l’éternité !

 

Si nous regardons la croix de Christ, par rapport à l’atrocité de ceux qui méprisent un sacrifice si auguste, elle nous porte à revêtir les dispositions de Saint Paul, et à nous mettre en état de pouvoir dire comme lui :

 

Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.

 

L’image que je voudrais vous tracer ici, est encore de Saint Paul. Cet apôtre nous dépeint la cupidité comme un mépris de la croix de Christ et comme un renouvellement de son supplice.

 

L’idée de la punition d’un tel crime l’absorbe et le confond ; il ne trouve point de couleurs assez vives pour le dépeindre ; et il se contente de dire, après avoir parlé des châtiments infligés à ceux qui avaient enfreint la loi de Moïse :

 

De combien pires tourments pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le fils de Dieu ; et tenu pour une chose profane le sang de l’alliance, par lequel il avait été sacrifié ! (Hébreux 10 :29)

 

Voilà ta sentence, pécheur ! La voix du sang du Fils de Dieu criera de la terre au ciel, vengeance contre toi ; Dieu te demandera compte, un jour, du sang d’un Fils qui lui est si cher.

 

Il te dira, comme Saint Pierre dit à ceux qui l’avaient versé :

 

Tu as renié le saint et le juste, tu as mis à mort le prince de la vie (Actes 3 :14-15).

 

Il te poursuivra de ses fléaux comme si tu avais répandu ce sang, et comme il a poursuivi ceux qui l’ont réellement répandu.

 

Mais pressons des motifs plus doux, et plus sortables* (convenables) à la dignité des rachetés de l’Éternel.

Si nous regardons la croix de Christ par rapport aux preuves qu’il nous y donne de sa charité, pouvons-nous trouver quelque chose de trop pénible dans les sacrifices qu’il demande de nous ?

 

Pouvons-nous trop faire pour un Jésus qui a tant fait pour nous ?

 

Quand votre cœur se révolte contre la morale de l’Évangile, quand vous êtes tentés de dire : Cette parole est rude, qui la peut ouïr (Jean 6 :60) ?

 

Quand la porte du ciel vous apparaît trop étroite, quand la chair vous exagère les difficultés du salut ; quand il vous semble que nous venons vous arracher le cœur, lorsque nous vous demandons de modérer la fougue de votre tempérament, de résister au torrent de votre cupidité, de donner quelque portion de votre bien aux pauvres, d’immoler une Dalila et une Drusille* (Voir Actes 24:24: Drusille, fille d’Hérode Agrippa I (cf Actes 12) avait déserté son premier mari, le roi d’Émèse qu’elle avait épousé à l’âge de 15 ans, pour le gouverneur Félix, un an après son mariage.) ; suivez votre Sauveur jusqu’au calvaire ; voyez-le traversant le torrent de Cédron, arrivant sur le funeste mont où il devait consommer son sacrifice ; voyez ce concours de maux qui le réduisent à s’écrier :

 

Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ! (Matthieu 27 :46)

 

Si vous le pouvez, tenez contre ces objets !

[p. 78]
Si nous envisageons la croix par rapport aux preuves qu’elle nous fournit en faveur de la doctrine de celui qui y a fini sa vie, elle nous porte à revêtir les sentiments de Saint Paul. Il est naturel, je l’avoue, que des êtres raisonnables, de qui l’on exige de si grands sacrifices que ceux que la religion vous demande, veuillent s’assurer de la vérité de cette religion.

 

On ne saurait prendre trop de précautions, lorsqu’il est question d’immoler des victimes si chères.

 

Le moindre doute sur cette question est capital. Mais cet article est-il susceptible du moindre doute ?

 

Jésus-Christ a scellé de son sang la doctrine qu’il a prêchée ; il a été non seulement le héros de la religion que nous vous prêchons, mais il en a été le martyr. SI nous regardons cette croix, par rapport aux forces nécessaires pour nous former aux sentiments de Saint Paul, elle nous presse encore de les revêtir.

 

Elle nous assure, de la part de Dieu, tous les secours dont nous avons besoin pour nous soutenir dans les combats auxquels elle nous appelle. Elle fonde ce raisonnement le plus juste, le plus concluant qu’aucune intelligence ait jamais formé.

 

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a point épargné son propre fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il point toutes choses avec lui ? (Romains 7 :30-31)


Et pour finir ce discours, par les images que nous tracions en le commençant, si nous regardons cette croix par rapport aux gloires qui l’ont suivie, elle nous presse encore de revêtir les sentiments de Paul.

 

L’idée de cette gloire soutint Jésus-Christ dans ce que son sacrifice eut de plus pénible. A la veille de le consommer, il dit à son père,

 

Père ! L’heure est venue, glorifie ton fils, afin qu’il te glorifie (Jean 12 :23, 28).

 

Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, toi, père ! envers toi-même, de la gloire que j’ai eue par devers toi avant que le monde fût (Jean 17 : 1, 5).

 

Cette espérance ne fut point trompée. Le combat fut long, il fut rude ; mais il finit ; mais des messagers célestes vinrent le recevoir, au sortir de son tombeau ; mais une nuée vint l’enlever à la terre ; mais les portes du ciel s’ouvrirent à la voix de l’Église triomphante qui honorait son triomphe, et qui s’écriait dans le moment de son exaltation :

 

Portes, élevez vos linteaux ! Huis éternel, haussez-vous ! (Psaume 24, 7, 9).


Chrétiens, arrêtons nos regards sur cet objet. Souffrir avec Jésus-Christ, c’est s’assurer de régner avec lui. Nous ne vous déguisons point les peines qui vous attendent, dans la carrière que nous vous avons ouverte.

 

Il est dur de se refuser tout ce qui flatte, tout ce qui plaît, tout ce qui enchante.

 

Il est dur d’entendre toujours parler de difficultés à surmonter, d’ennemis à combattre, de croix à porter, de crucifixion à subir.

 

Il est dur de se mortifier, tandis que les gens du monde se réjouissent ; tandis qu’ils raffinent sur les plaisirs ; tandis qu’ils sont ingénieux à se procurer de nouveaux amusements ; tandis qu’ils distillent leur cerveau pour diversifier leur joie ; tandis qu’ils consument leur vie en jeux, en fêtes, en festins, en spectacles.

 

Le combat est long, il est violent, je l’avoue ; mais il finit, mais votre croix sera suivie des mêmes pompes que celles de Jésus-Christ : 

 

Père, L’heure est venue, glorifie ton fils.

 

Mais vous, en expirant sur votre croix, vous remettrez votre âme à votre Dieu comme il lui remit la sienne, et vous mourrez en disant :

 

Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23 :46).

 

Mais les anges viendront recevoir cette âme, pour la porter dans le sein de Dieu ; et après s’être réjouis de votre conversion, ils se réjouiront de votre béatitude, comme ils se réjouirent de la sienne. Mais dans le grand jour du rétablissement de toutes choses, vous serez portés sur les nuées au ciel, comme Jésus-Christ ; vous serez exaltés, comme lui, par-dessus tous les cieux ; et vous prendrez, comme lui, séance sur le trône de la majesté de Dieu.


C’est ainsi que la croix de Christ nous forme aux sentiments de notre apôtre ; c’est ainsi qu’elle fait que le monde nous est crucifié, et que nous sommes crucifiés au monde : C’est ainsi qu’elle nous conduit à la véritable gloire.

 

O glorieuse croix ! Tu seras toujours l’objet de ma méditation et de mes études !

 

Je ne veux me proposer de savoir que Jésus-Christ crucifié !

 

A Dieu ne plaise que je me glorifie, si ce n’est en la croix de Jésus-Christ, par qui le monde m’est crucifié, et moi au monde !

 

Dieu nous en fasse la grâce.


Amen.

Jacques Saurin

Jacques Saurin,

Pasteur Protestant Réformé

Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

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Source : Avec les remerciements à Eric Kayayan, Pasteur et Responsable de Foi & Vie Réformées

(Pges 64 /78 sermon Jacques Saurin)

 

Foi et Vie Réformées
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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 08:00
Commentaires sur les compassions de Dieu, s​​​ermon de Jacques Saurin

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 SUR LES COMPASSIONS DE DIEU

Sermon de Jacques Saurin

Par Eric Kayayan, Pasteur de Foi & Vie Réformées

Croix Huguenote Foi et Vie Réformées
Jacques Saurin

Jacques Saurin,

Pasteur Protestant Réformé

De telles compassions dont un père est ému envers ses enfants, de telles compassions l’Éternel est ému envers ceux qui le craignent (Psaume 103 :13)

 

Dans son sermon sur les compassions de Dieu, le pasteur français Jacques Saurin (1677-1430) contraste l’amour de Dieu, ses compassions, avec le caractère d’imperfection et le défaut d’harmonie qu’on trouve chez tous les humains, même lorsqu’il est question de la plus grande expression de l’amour chez eux.


La plus belle notion que nous puissions nous former de la divinité, celle qui est en même temps le fondement le plus solide de la foi que nous en avons en sa parole, de l’assurance que nous avons en ses promesses, c’est celle qui nous représente Dieu comme un être conforme, dont les attributs ont une exacte harmonie, et qui est toujours d’accord avec lui-même (…) Il y a une parfaite harmonie de perfections dans la divinité. 

Cette véracité va nous servir de guide dans le corps de ce discours, elle va même en régler le plan.


Le cinquième des six points que Saurin développe pour éclairer son propos consiste en l’immobilité des desseins de Dieu, c’est-à-dire le fait que sa volonté et ses desseins sont immuables, non changeants. Voici comment il exprime dans ce passage de son sermon le caractère changeant d’affections humaines certes sincères, mais néanmoins flottantes et variables :


L’amour de Dieu pour les créatures est en harmonie avec l’immobilité de ses volontés. Il y a peu de fond, peu de solidité dans les sentiments d’amour dont les hommes comme nous sont susceptibles.

 

Ces noms de fermeté, de constance, d’égalité, d’image que rien ne pourra effacer, d’impression qu’aucune cause ne sera capable d’affaiblir, d’idée toujours présente à l’esprit, d’attachement sans fin, d’amitié éternelle, ces noms ne sont que des noms ; ce ne sont que de vains sons quand ils sont appliqués aux sentiments que les amis même les plus fidèles peuvent avoir les uns pour les autres.


Je ne veux pas dépeindre seulement ici ces caractères légers, aussi prompts à quitter les chaînes dont ils se sont liés, qu’ils avaient été à les prendre. Je veux caractériser une autre disposition d’esprit. Nous ne nous connaissons point nous-mêmes, lorsque nous nous croyons capables d’un attachement solide, et nous sommes les premiers à nous tromper, lorsque nous pensons que nous aimerons toujours, parce que nous sommes sincères lorsque nous assurons que nous aimons.

 

Cet homme, qui dans certains moments produit des sentiments de tendresse, cet homme n’est point hypocrite.

 

Cette femme n’est point hypocrite, lorsqu’éplorée auprès d’un époux mourant, et en quelque sorte plus mourante que lui, elle ne recueille de forces que pour recueillir les derniers souffles d’une personne qui lui est si chère ; elle proteste de n’aimer dans la vie désormais que ce moment où il plaira à l’arbitre des événements de lui permettre de suivre dans le tombeau une partie d’elle-même ; cette femme exprime ce qu’elle sent, et ce qu’elle croit sentir toujours : mais bientôt la suite du temps, un objet nouveau, d’autres projets, calmeront la violence de ces sentiments, et la mettront dans cet état de tranquillité et de soumission aux volontés divines, que toutes les maximes de la religion n’avaient pu produire.

Les hommes ne sont pas toujours blâmables d’être si superficiels dans leurs amitiés. Notre légèreté fait en quelque sorte notre bonheur, et nos malheurs sont l’apologie de notre inconstance.


La vie serait un tourment continuel, si nos amitiés étaient toujours dans le même degré d’activité, et Rachel serait infiniment malheureuse, si elle avait toujours ses enfants dans sa mémoire, et si elle refusait toujours d’être consolée de ce qu’ils n’existent plus.

 

Je veux dire seulement que ce caractère de légèreté est essentiel aux amitiés des esprits bornés comme sont les hommes.


Dieu seul est capable (être adorable, qui peux seul avoir des sentiments si nobles, donne-nous de les exprimer !) Dieu seul, mes chers frères et sœurs, est capable d’un amour réel, solide, permanent et sans diversion, sans interruption.


Dans la dernière section de son sermon, qui concerne le fait que la bonté de Dieu doit être en harmonie avec sa véracité, Jacques Saurin va se pencher sur le don parfait par le Père de son Fils Jésus-Christ, à partir de Jean 3 :16 

 

L’expression la plus vive et la plus énergique de l’amour de Dieu, selon nous, c’est celle qui est dans le chapitre 3, verset 16, de l’Évangile selon saint Jean : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.

 

Pesons ces mots, mes frères et sœurs : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.


Les idées métaphysiques commencent à être décriées ; je ne m’en étonne point : les hommes ont des notions si imparfaites des substances, ils connaissent si peu la nature des esprits, surtout ils se trouvent si confondus, lorsqu’ils veulent déduire certaines conséquences de l’infini, qu’il n’y a pas lieu d’être surpris, si l’on commence à revenir de certaines spéculations dans lesquelles on voit que des esprits téméraires ont fait de si grands écarts.


Voici une métaphysique plus sûre. Persuadé de la faiblesse de mes connaissances, surtout à l’égard de l’essence divine et de ses attributs, je consulte l’idée que m’en donne ce livre sacré, que Dieu a lui-même dicté.

 

D’abord je ne puis m’empêcher d’apercevoir que Dieu, en parlant de lui-même, s’est proportionné à l’infirmité de l’homme à qui il parlait.

 

Je n’ai pas de peine à expliquer par cette voie ce que je vois dans l’Écriture, que Dieu a des mains, des pieds, des yeux, des entrailles ; qu’il va, qu’il vient, qu’il monte, qu’il descend, qu’il s’apaise, qu’il se courrouce.


Il me semble pourtant que ce serait abuser étrangement de cette pensée que de ne pas prendre à la lettre certaines idées constantes que nos Écritures nous donnent de la divinité, idées sur lesquelles elles font rouler en partie le système de la religion chrétienne.


Je vois, ce me semble, clairement, je vois d’une manière constante, dans nos écritures, qu’il y a dans la divinité un être, une personne, et si l’on peut ainsi parler, une portion de l’essence divine, qui s’appelle le Père, et une autre qui s’appelle le Fils.


Je vois, ce me semble, d’une manière qui n’est pas moins claire, dans ce même livre, que l’union qui est entre ce Père et ce Fils, entre ces deux personnes, est l’union la plus étroite, la plus intime qui puisse jamais être conçue.

 

Quel amour doit être celui de deux personnes qui ont les mêmes perfections, les mêmes idées, les mêmes desseins, les mêmes projets !

 

Quel amour doit être celui de deux personnes dont l’union n’est traversée par aucune misère, par aucune passion, et pour dire encore plus, par aucun caprice.

Je vois encore, ce me semble, d’une manière qui n’est pas moins claire, que Jésus homme, qui est né à Bethléhem couché dans une crèche, est uni d’une manière intime à cette Parole éternelle, qui est elle-même unie avec Dieu, je vois que ce Jésus livré pour moi, vile créature, au traitement le plus honteux, au supplice le plus douloureux et le plus infâme qui pût jamais être infligé au plus indigne et au plus criminel de tous les hommes.


Et quand je cherche dans ma méditation la cause de ce grand mystère, quand je me demande à moi-même quel est le principe qui a mû la divinité à me faire un si riche présent ; surtout quand je cherche, dans la révélation, l’explication d’un mystère que la raison ne pourrait jamais m’expliquer qu’imparfaitement, je ne saurais en trouver d’autre que la miséricorde de Dieu.


Que l’école se donne carrière, que la raison se perde dans des spéculations, que la foi même ait peiné à se soumettre à un dogme qui a été dans tous les siècles l’effroi de tous ceux qui pensent et qui méditent ; pour nous, nous nous en tiendrons à cette claire, à cette étonnante, mais à cette douce, à cette consolante proposition : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.

 

Quand on nous montrera Jésus-Christ dans Gethsémané, suant des grumeaux de sang ; quand on nous le fera voir chez Caïphe, interrogé, insulté, battu de verges ; quand on nous le présentera sur le Calvaire, cloué sur une croix, prêt à plier sous les coups qui lui sont portés de la part du ciel et de la part de la terre ; quand on nous demandera raison de ces étonnants et de ces formidables phénomènes, nous dirons :

 

C’est que Dieu aimait les hommes : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.

 

 

Eric Kayayan Foi et Vie Réformées

 

Commentaire d'Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

sur les compassions de Dieu, s​​​ermon de Jacques Saurin

 

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Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

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Source : Aimablement transmis par Eric Kayayan, Pasteur et Responsable de Foi & Vie Réformées

 

Foi et Vie Réformées
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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 15:50
Bonne fête de la Réformation !

Bonne fête de la Réformation !

Fête de la Réformation


Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées,

et dont les péchés sont couverts !

Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché !


Romains 4:7-8

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En ce dimanche 31 octobre anniversaire de la Réformation, alors que la plupart de nos contemporains en font un "dimanche des sorcières" et organisent des activités ludiques pour leurs enfants en ce sens, avec moults déguisements macabres et occultes, une méditation bienvenue sur l'homme reformé et revêtu par Jésus-Christ.

Le pasteur Jean Daillé (1594-1670) nous parle de la nature de l'Église comme assemblée de croyants greffés en Jésus-Christ.

Révérend Eric Kayayan Foi et Vie Réformées
Révérend Eric Kayayan Foi et Vie Réformées

 

Bible et Croix Huguenote

 

Dans sa série de prédications sur le Catéchisme de Genève, le pasteur Jean Daillé (1594-1670) aborde la section XV, qui concerne l’Église, avec une explication établissant le lien entre les assemblées politiques de l’Antiquité gréco-romaine (ekklesiae) et les corps et les sociétés des fidèles dans le Nouveau Testament, appelées Églises (ekklesiae) pour les distinguer des synagogues juives.

Dieu a tellement aimé l’homme, qu’il a pris plaisir de déployer sur lui toutes ses plus exquises et divines opérations, soit dans la nature, soit dans la grâce. L’homme fut la fin de la première création ; car le Seigneur, après avoir créé les Cieux et la terre, lui mit tout entre les mains.  L’homme est encore le but de la seconde création plus magnifique de beaucoup et plus illustre que la première.  Car le Fils de Dieu est venu sur la Terre, il a fait et souffert tant de choses extraordinaires, afin d’élever l’homme au comble d’une félicité souveraine.  Comme il n’a pas pris ls Anges à soi, aussi n’a-t-il pas travaillé pour eux, mais pour cette semence d’Abraham dont il s’est uni la nature personnellement : Christ est la plénitude de la Divinité ; le trésor de toutes les merveilles de Dieu, l’homme est l’objet sur lequel il les répand, s’il faut ainsi dire, le remplissant, le revêtant, le formant, lui communiquant tous ses biens comme s’il ne les avait reçus que pour lui en faire part. Mais l’homme ainsi reformé et revêtu par Jésus-Christ, change de nom aussi bien que de nature, il s’appelle un homme nouveau et spirituel, Chrétien et fidèle, et le corps de tous ces hommes unis en leur chef se nomme l’Église.  Ainsi pouvons-nous dire que Christ et l’Église composent toutes les parties de la doctrine du salut, Christ est la cause, l’Église est l’effet ; Christ l’Ouvrier, l’Église son Ouvrage.

(…) Maintenant notre Catéchisme nous représente brièvement dans cette Section et dans la suivante, quelle est cette Église pour laquelle Jésus-Christ a tant travaillé, quelle est sa nature et ses propriétés, ce en quoi aussi il suit l’ordre du Symbole des Apôtres qui contient, comme vous savez, quatre parties principales, la première qui traite de Dieu et de la Création, la seconde de Jésus-Christ ; la troisième du S. Esprit, et c’est ce qui a été exposé ci-devant, la quatrième parle de l’Église et des grâces que Dieu qui la constituent, savoir la rémission des péchés la résurrection de la chair et la vie éternelle. C’est ce que nous aurons aujourd’hui à vous expliquer, moyennant l’assistance favorable de celui qui a fait et créé l’Église, Jésus-Christ notre Sauveur, que nous invoquons derechef pour cet effet.

Le mot d’Église est Grec d’extraction et signifie proprement au langage des Grecs une Compagnie de gens assemblés en un même lieu, non par hasard et par rencontre, ou de leur simple mouvement, mais par ordre du public, car le terme d’Église vient d’un mot qui signifie appeler quelqu’un hors de son lieu. Quand donc les Bourgeois d’une ville, cités et appelés, selon l’ordre de leur État, ou par un cri public, ou par une dénonciation faite à chacun en particulier, se rendaient tous en un même lieu, sur la place, ou quelque part ailleurs, pour penser aux affaires qui concernaient le public, une telle assemblée s’appelait Église.  Il faut encore remarquer que ce nom proprement ne se donnait qu’aux assemblées populaires où les moindres citoyens et de la plus basse qualité intervenaient.  La Compagnie des principaux, tels qu’étaient les premiers Officiers de l’État, se nommait le Conseil ou le Sénat et non l’Église.  Et il y a grande probabilité que cette considération a mû les Apôtres à employer ce mot, plutôt qu’un autre, pour signifier les Corps et les Compagnies des hommes fidèles, parce que le plus souvent elles sont composées de personnes peu qualifiées, de petites gens comme on dit, selon que Saint Paul nous l’apprend en la première Épître aux Corinthiens [1: 26] : Vous n’êtes pas plusieurs nobles ni plusieurs riches ou puissants selon la chair.  Dieu, pour confondre l’orgueil du monde a choisi les choses basses, faibles et de bas état, la raclure et la balayure des hommes.  De là donc les Saints Apôtres ont emprunté ce terme, et s’en sont servis, pour signifier la multitude des fidèlesle Corps de ceux qui croient en Jésus-Christ, et qui ont embrassé sa Religion, à cause du rapport qui se trouve en un tel Corps et une assemblée de peuple.  Car comme une Assemblée de peuple est un Corps composé de différentes personnes, qui ont les unes avec les autres quelque union, comme d’être d’un même pays, d’une même race, et en un même lieu, de même les fidèles de Jésus-Christ sont un Corps de personnes, qui bien que différentes en elles-mêmes sont néanmoins liées ensemble par une même Religion ; quoique non assemblées actuellement en un même lieu, elles sont néanmoins considérées du Seigneur, comme si elles étaient toutes en un même Temple, le servant et adorant ensemble d’un commun accord.  Le Corps des fidèles sous l’Ancien Testament se nommait Synagogue ; et les Juifs l’appellent encore ainsi aujourd’hui, d’un Nom qui signifie une Assemblée, comme le nom d’Église, et toutefois les Apôtres n’appellent jamais les Corps et les Sociétés des fidèles sous le Nouveau testament, mais partout constamment Églises.

Si vous me demandez pourquoi les Apôtres, simples en leur langage, et qui y emploient même d’ordinaire les termes et les façons de parler usitées en Israël,  ne se sont jamais servi de celle-ci ?  Je réponds qu’ils l’ont fait, non par superstition ou par haine contre les Juifs, mais par prudence, pour mieux distinguer le Christianisme d’avec le Judaïsme, de peur que quelqu’un entendant nommer la Synagogue ne se figurât un Peuple, un Corps ou une Religion de Juifs, voilà pourquoi ils ont constamment nommé la société des fidèles Chrétiens Église, et non Synagogue.  Que cela soit la signification du mot Église au Nouveau Testament il est tout évident d’après Matthieu 16: Tu es Pierre, dit Notre Seigneur, parlant à son Apôtre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église, c’est-à-dire, le Corps de ceux qui croiront en moi ; Et si ton frère a péché contre toi, dis-le à l’Église. Et ailleurs, l’Église est la maison du Dieu vivant, la Colonne et l’appui de la vérité [1 Timothée 3 :15]Et pour vous en éclaircir davantage, vous n’avez qu’à considérer exactement tous les endroits où se trouve le mot d’Église dans le Nouveau Testament, car vous verrez qu’étant ainsi mis, il se prend partout pour des hommes unis et liés ensemble par la Société d’une même Religion Chrétienne, et nulle part autrement.

Pasteur Jean Daillé
Pasteur Jean Daillé

Jean Daillé (1594-1670) fut l’un des pasteurs de l’Église réformée de Charenton de 1626 à sa mort.

Bible
Croix Huguenote

 

 

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Luther

En ce beau moment fêtant la Réformation, lecture chaudement recommandée pour pré-adolescents & adolescents. Matthieu Arnold (de l'Université de Strasbourg) a servi d'historien. Excellent scénario (texte soutenu, basé sur les documents historiques) et illustrations de grande qualité tout au long de la BD. En fin d'album, 8 pages de documents (carte, iconographie) et notes historiques, avec une petite bibliographie. Un beau cadeau à envisager pour vos enfants ou petits-enfants (14.50€ à librairie Jean Calvin (Rennes, Paris, Alès, Cholet).

(Eric Kayayan de Foi et Vie Réformées)

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

Foi et Vie Réformées
Foi et Vie Réformées

 

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 16:30
La Bible est elle raciste ?

“TOUTES LES FAMILLES DE LA TERRE

SERONT BÉNIES EN TOI”

Trouve-t-on des traces de racisme dans la Bible ? Comme on entend affirmer parfois que c’est le cas, il faut bien répondre à cette accusation.

 

Accusation en fait totalement infondée pour quiconque sonde attentivement le contenu des Écritures, et ne se laisse pas entraîner à répéter un slogan ou un cliché que d’autres lui ont fourré dans le crâne.

 

Constatons d’abord que la Bible reste de loin le premier best-seller mondial et qu’elle continue à être traduite dans un grand nombre de langues: des hommes et des femmes appartenant à des peuples, des nations, des continents très éloignés les uns des autres, continuent à y puiser une ressource spirituelle qui motive leur existence.

 

Cela pourrait-il être le cas si la Bible proclamait un message raciste, affirmant par exemple la supériorité de la race caucasienne sur la race noire, ou celle des japonais sur les papous ?

 

En fait ce qui dès les premières pages de la Bible démonte toute idée de racisme c’est que l’humanité entière est issue d’un couple originel.

 

Peu importe pour mon présent propos que l’on y croie ou non,  on est bien forcé de constater que la Bible parle de ce couple originel.

 

Tous les êtres humains, à quelque groupe qu’ils appartiennent, se retrouvent dans la condition humaine d’Adam et Eve.

 

Et ce message est répercuté sur toutes les pages qui suivent.

 

Bien sûr, l’existence de peuples divers y est souvent mentionnée (je dis bien de peuples, car la Bible ne parle jamais de races au sens moderne qu’on a donné à ce terme à partir du dix-neuvième siècle surtout).

 

Mais ce qui est le plus étonnant, c’est que statistiquement parlant, le peuple le plus critiqué dans la Bible, est celui-là même dont elle est issue, celui qui l’a écrite : c’est le peuple d’Israël, le peuple juif !

 

Ce sont les prophètes juifs qui reprochent à leurs compatriotes tant de violations de la Loi de Dieu, de désobéissances et de pratiques mauvaises.

 

Bien sûr les peuples voisins qui adoraient des idoles de pierre et de bois ne sont pas épargnés, loin de là !

 

Mais Israël l’objet de l’affection divine car il l’a choisie pour en faire son propre peuple, le peuple de son Alliance, elle lui a été infidèle.

 

Combien de fois lisons-nous qu’il l’a choisie non pas parce qu’elle était supérieure aux autres peuples, mais en fait précisément pour le contraire : aux yeux de Dieu les Hébreux n’avaient rien qui puissent les rendre plus attirants que d’autres nations; c’est son libre choix divin qui s’est porté sur eux.

 

A ce peuple viendront se joindre des étrangers qui en adopteront le culte (Exode 12:48-49). 

 

Deux femmes d’origine étrangère, Rahab de Jéricho et Ruth la Moabite, feront même partie de la lignée qui mènera au roi David et, par sa descendance, au Messie promis (ce que rappelle explicitement la généalogie de Jésus en Matthieu 1:5).

 

L’argument selon lequel la dépossession et l’élimination par les Israélites des peuples qui habitaient en Canaan (narrées au livre de Josué)  relèverait d’une forme de racisme exacerbé, ne tient pas la route. 

 

C’est pour des raisons cultuelles (pratiques idolâtres qualifiées à maintes reprises dans l’Ancien Testament d’ abominables, comme les sacrifices d’enfants à leurs divinités, la sorcellerie, la divination etc.) que ces peuples sont retranchés, et non pour des raisons ethniques ou raciales (Lévitique 18:24-30 ; Deutéronome  7:1-6 ; 20:17-18 ; 1 Rois 21:26 ; 2 Chroniques 36:14 etc.)

 

L’universalité du message de la Bible trouve son apogée dans l’Évangile et l’abolition du mur de séparation entres les Juifs et les autres nations (ta ethnê en grec), à commencer par les Samaritains. 

 

La rencontre entre Jésus et la femme samaritaine au puits de Sychar (Jean 4) préfigure l’envoi des disciples vers toutes les nations, à commencer par la Judée et la Samarie (Actes 1:8). 

 

Le disciple Pierre se voit commander d’aller rendre visite à un centenier romain et sa maisonnée (Actes 10) pour justement leur annoncer l’Évangile. 

 

Dans sa lettre aux chrétiens d’Éphèse (2:11-18), Paul insiste sur la destruction du mur de séparation qui éloignait autrefois les autres nations des enfants de la promesse.

 

Un court passage  du Nouveau Testament mérite toutefois un commentaire : dans sa lettre à Tite (1:12-13) l’apôtre Paul dénonce à son collaborateur les défauts des habitants de l’île de Crète, qu’il devait bien connaître.

 

L’ironie tient à ce qu’il dénonce ces travers en citant un de leurs propres poètes, Épiménide, ayant vécu au septième siècle avant Jésus-Christ, et qui écrit quelque part : Crétois, toujours menteurs, méchantes bêtes, ventres paresseux. 

 

Et Paul d’approuver ce témoignage, qui est en fait non pas la critique d’un groupe ethnique en tant que tel, mais celle des mauvaises habitudes qui caractérisent les habitants de cette île. 

 

Cela dit, si Paul était un raciste, considérant les Crétois comme un peuple inférieur, il ne se préoccuperait guère de planter des communautés chrétiennes solides en Crète et de donner des instructions précises à Tite dans ce but,  afin que les fruits de l’Esprit deviennent visibles chez les Crétois.

 

Voilà d’ailleurs où se trouve la preuve la plus flagrante que le message de la Bible est tout sauf raciste : il s’adresse à tous, quels que soient leur origine ethnique ou sociale.

 

Et cela parce que Dieu a envoyé sur terre le nouvel Adam, le prototype de la nouvelle humanité, son propre Fils, Jésus-Christ.

 

Celui-ci a commandé à ses disciples : Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

 

Dans une autre lettre écrite par le même apôtre Paul aux communautés chrétiennes de la région de Galatie (3:26-29), la réalité de la nouvelle vie en Jésus-Christ, commune à tous les croyants sans exception, est décrite comme suit : 

 

Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Christ-Jésus: vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtus Christ.  Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Christ-Jésus. 

 

Et si vous êtes à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse.  

 

Une promesse faite dix-sept siècles plus tôt, qu’on trouve au douzième chapitre du livre de la Genèse, et qui comprend cette parole : Toutes les familles de la terre seront bénies en toi (12:3)

 

Aux membres de l’église de Colosse, en Asie mineure, le même Paul décline les implications éthiques de la nouvelle identité qu’ont reçue les membres de cette église, quelle que soit leur origine ethnique ou autre (3:9-11): 

 

Ne mentez pas les uns aux autres, vous qui avez dépouillé la vieille nature avec ses pratiques et revêtu la nature nouvelle qui se renouvelle en vue d’une pleine connaissance selon l’image de celui qui l’a créée.  Il n’y a là ni Grec, ni Juif, ni circoncis, ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous.

 

S’il y a un lieu où l’harmonie et le respect entre personnes d’origines ethniques différentes devrait régner et être visible aux yeux de tous, fondés non pas sur de vagues bons sentiments mais sur la réalité d’une œuvre de réconciliation qui fait de tous des membres d’un seul et même corps, celui du nouvel Adam, c’est bien l’église de Jésus-Christ. 

 

C’est lui qui s’est donné pour tous et les appelle à vivre dans l’unité de la foi, de l’espérance et de l’amour. 

 

Qu’au sein d’une même communauté il faille souvent  faire preuve de patience, de persévérance et de sagesse à cet égard n’annule pas cette réalité. 

 

Ces efforts doivent au contraire manifester la réalité en question par des œuvres qui reflètent la perfection du Christ mort et ressuscité pour le salut d’un grand nombre. 

 

L’existence de communautés chrétiennes exprimant des particularismes linguistiques ou culturels qui permettent à l’Évangile d’être communiqué avec plus de clarté aux uns et aux autres, n’exprime pas en soi la négation d’une telle unité, pour autant que cela ne constitue pas une barrière avec d’autres communautés sœurs, conduisant à proclamer ici et là un Évangile ethnique :  non plus un Évangile universel qui prend en compte un certain degré de diversité culturelle ou linguistique,  mais un évangile tronqué qui prend comme source tel ou tel particularisme culturel et plus le Christ régnant sur son Église depuis les cieux.

 

Une communion fraternelle exprimée concrètement entre communautés chrétiennes qui se trouvent sur un même sol mais diffèrent de par leur culture, devrait être maintenue comme signe que ce n’est pas l’origine ethnique ou linguistique qui se trouve à la source ou au cœur de l’église, mais bien celui qui en est la tête et le chef : Jésus-Christ.

 

Cette unité se manifestant dans la diversité constitutive de l’universalité du peuple de Dieu sous la bannière du Christ, est exprimée dans le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse (5:9-10).

 

Le cantique nouveau chanté en l’honneur de celui qui est présenté tout au long de ce livre comme l’Agneau immolé, contient les paroles suivantes, témoignant de l’universalité de la rédemption acquise par l’Agneau de Dieu : 

 

Tu es digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toutes tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ; tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre.

 

Eric Kayayan
Eric Kayayan

Pasteur Protestant Réformé,

Foi et Vie Réformées

 

Bible (133)

Croix Huguenote

 

 

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Source : Foi & Vie Réformées

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 19:06
Conférence de Foi et Vie Réformées -- Église invisible, Églises visibles : quel lien, pour quelle unité

Conférence de Foi et Vie Réformées

&

Ressources Chrétiennes

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Eglise invisible, Eglises visibles :

Quel lien, pour quelle unité

 

 

 

Quels sont les différents sens du mot église dans le Nouveau Testament ?

 

Quels liens unissent l'église invisible à l'église visible, l'Eglise universelle à l'Eglise particulière, les Eglises particulières entres Elles ?

 

Ce webinaire, poursuivant la réflexion entamée lors d'un précédent webinaire sur le thème de l'Eglise, cherchera à apporter des réponses bibliques à ces nécessaires questions qui concernent l'ensemble du corps du Christ, et doivent être adressées sur un solide fondement en vue de la croissance des Eglises vers leur unique Chef.

 

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Foi et Vie Réformées
Ressources Chrétiennes

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Bible Refuge Protestant
Croix huguenote
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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 12:45
29 mai 2021 Conférence Zoom Foi Et Vie Réformées en partenariat avec Ressources Chrétiennes : Église invisible, Églises visibles, quel lien, pour quelle unité ?
A partager !
 
E-Conférence gratuite :
 
Église invisible, Églises visibles :
quel lien, pour quelle unité ?
 
29 mai 14h00 (Paris) / 08h00(Montréal)
 
avec
 
Paul Wells, Éric Kayayan,
 
Fabio Genovez & Charles Nicolas.
 

Conférence

Foi Et Vie Réformées 

en partenariat avec

Ressources Chrétiennes

Conférence zoom Foi et Vie Réformées 29 mai 2021

Église invisible, Églises visibles :

quel lien, pour quelle unité ?

 

La conférence aura pour orateurs Paul Wells, Éric Kayayan, Fabio Genovez et Charles Nicolas

et sera diffusée le 29 mai 2021 sur Zoom.

Elle sera également accessible en rediffusion sur la chaîne YouTube de Foi et Vie Réformées

 

Programme

14h - 14h15 : Accueil et ouverture

14h15 - 15h15 : Paul Wells : Église visible et Église invisible

15h15 - 16h15 : Éric Kayayan Quels liens d’unité entre les églises ?

16h15 - 16h30 : Pause.

16h30 - 17h15 : Fabio Genovez l'Église Presbytérienne du Brésil, présentation et questions

17h15 - 17h35 : Paul Wells Synthèse

17h35 - 18h10 : Charles Nicolas - Prédication

18h10 - 18h15 : conclusion

 

Orateurs

Paul Wells

Paul Wells s’intéresse depuis des années aux problèmes des églises en France, ayant été engagé dans l’organisation et l’implantation de communautés chrétiennes. Il a été professeur de théologie systématique à la Faculté Jean Calvin à Aix-en-Provence. Il est rédacteur en chef de la revue théologique Unio cum Christo.

 

Éric Kayayan

Éric Kayayan est un pasteur consacré dans les Église Réformées en Afrique du Sud, où il a vécu 26 ans. Depuis 2014 il anime en France le ministère de Foi et Vie Réformées (www.foietviereformees.org). Chercheur associé à la faculté de théologie de l’Université Libre de Bloemfontein, il a publié plusieurs articles sur les écrits de Calvin. Il est régulièrement invité à prêcher ou à s’exprimer dans les églises, en France ou à l’étranger.

 

Fabio Genovez

Fabio Genovez est pasteur de l’Église Presbytérienne du Brésil – missionnaire en France – pasteur de l’UNEPREF en poste à l’Église Réformée Évangélique d'Aix-en-Provence. Il est très engagé auprès de la jeunesse et des étudiants. Il est aussi professeur de « cours de Bible » à l’Ecole Chrétienne de La Nouvelle Alliance.

 

Charles Nicolas

Charles Nicolas a effectué ses études à Aix-en-Provence (1975-1981). Il est pasteur de l'Union des églises réformées évangéliques. Il a alterné des temps de ministère classiques et des temps de ministère en aumônerie : aumônerie aux Armées et, actuellement, aumônerie hospitalière à Alès, dans le Gard. Depuis 4 ans, il exerce un ministère d'enseignant itinérant.

 

Déroulement de la conférence

La conférence se déroulera en ligne sur Zoom et en simultané sur la chaîne YouTube de Foi et Vie Réformées le 29 mai 2021 à 14.00 (Paris), et 8.00 am (Montréal). 

Les liens de connexion pour celles et ceux s'étant inscrit(e)s seront envoyés par mail au plus tard une heure avant pour l'accès sur Zoom.

Tout ce dont vous avez besoin pour suivre cette conférence c'est d'un ordinateur ou éventuellement smartphone avec une connexion internet. Nous vous recommandons d'avoir une Bible à disposition et tout ce qui est nécessaire pour rédiger des notes si vous le souhaitez.

 

Pourrais-je poser des questions pendant la conférence ?

Oui par l'intermédiaire du "tchat" ou par les commentaires. Plus d'informations vous seront communiquées sur ce point après l'inscription. 

 

Partenaire

Ressources Chrétiennes

 

Ressources chrétiennes a pour but de fournir gratuitement par le moyen de l’Internet du matériel de qualité basé sur la Bible. Ce ministère offre une bibliothèque chrétienne francophone en ligne pour tous, couvrant le plus grand nombre possible de sujets bibliques, théologiques et pastoraux.


Ressources chrétiennes est un service offert par l’Église chrétienne réformée de Beauce, au Québec, Canada, en collaboration avec le Centre d’études réformées (Reformational Study Centre), situé à Pretoria, en Afrique du Sud.

 

Eglise Réformée de Beauce (Québec)

 

 

Bible Refuge Protestant
Croix huguenote

 

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 16:48
Vidéos de la conférence de Foi et Vie Réformées du 20 mars 2021 : Pour quelle Église ? Biblique, servante et disciple du Christ,
Biblique, servante et disciple du Christ,
pour quelle Église ?
Orateurs :
- Paul Wells,
- Éric Kayayan,
- Fabio Genovez,

 

Orateurs :

 
Paul Wells

 Paul Wells s’intéresse depuis des années aux problèmes des églises en France, ayant été engagé dans l’organisation et l’implantation de communautés évangéliques. Il a été professeur de théologie systématique à la Faculté Jean Calvin à Aix-en-Provence, il est rédacteur en chef de la revue théologique Unio cum Christo.

 

 

Eric Kayayan Foi et Vie Réformées

 

Rev. Éric Kayayan est pasteur consacré dans les Église Réformées en Afrique du Sud, où il a vécu 26 ans. Depuis 2014 il anime en France le ministère de Foi et Vie Réformées (www.foietviereformees.org). Chercheur associé à la faculté de théologie de l’Université Libre de Bloemfontein, il a publié plusieurs articles sur les écrits de Calvin. Il est régulièrement invité à prêcher ou à s’exprimer dans les églises, en France ou à l’étranger.

 

 

Fabio Genovez

 

Rev. Fabio Genovez est pasteur de l’Église Presbytérienne du Brésil – missionnaire en France – pasteur de l’UNEPREF en poste à l’Église Réformée Évangélique d'Aix-en-Provence. Il est très engagé auprès de la jeunesse et des étudiants. Il est également professeur de « cours de Bible » à l’Ecole Chrétienne de La Nouvelle Alliance.

 

 

 

 

Bible

 

Croix Huguenote

 

 

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 06:20
Foi et Vie Réformées aujourd'hui : réflexion chrétienne par Eric Kayayan,
Foi et Vie Réformées
aujourd'hui 
Réflexion Chrétienne
par
Eric KAYAYAN,
pasteur réformé.

 

 

 

Thèmes des réflexions apportées

 

  1. Vaincre la solitude
  2. Croyants ou pratiquants
  3. Morts et ressuscités en Christ 
  4. Ennemis du genre humain
  5. Une promesse pas comme les autres
  6. Un beau voyage
  7. Faire silence
  8. Un cri pour la justice
  9. Vérité ou infox ?
  10. Soumission ou liberté ?
  11. Avoir l'esprit critique
  12. Mon Seigneur et Mon Dieu !
  13. Enterrement ou crémation?
  14. L'ascension juste un jour férié ?
  15. Résister à la tentation
  16. La pensée de l'Eternité
  17. Personne n'a jamais vu Dieu
  18. Une Parole Vivante et Efficace
  19. Où est le Royaume ?
  20. Avoir bonne conscience
  21. La folie de l'idéologie transgenre
  22. Fléchir les genoux devant le Père
  23. L'athéisme pratique
  24. Se reposer de ses travaux
  25. Gardiens de la création
  26. Nous croyons au Saint Esprit
  27. La Loi et l’Évangile
  28. Confesser ses péchés
  29. La nudité humaine
  30. Le décalogue
  31. Contempler le Christ
  32. Quelle civilisation ?
  33. Gardien du jardin
  34. Justifier la violence ?
  35. Comment faire face à la mort ?
  36. Une humanité en dérive
  37. Dieu et les nations
  38. Intenter un procès à Dieu ?
  39. Car c'est à Toi qu'appartiennent...
  40. Ne nous conduis pas vers la tentation
  41. Pardonne nous nos offenses
  42. Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour
  43. Que Ta Volonté soit Faite sur la terre comme au ciel
  44. Que Ton Règne Vienne
  45. Que Ton Nom soit Sanctifié
  46. Notre Père qui es aux cieux
  47. Liberté, égalité, fraternité
  48. Mourir dans la dignité
  49. La vie est un accouchement
  50. Jésus Christ, la clé pour comprendre la Bible
  51. Les Chrétiens et l'état. Hier et aujourd'hui
  52. Être dans le monde sans être du monde
  53. Le décalogue
  54. Au commencement était La Parole
  55. Le Jugement de Dieu
  56. Prêcher l’Évangile
  57. Les Noces de l’Époux et de l’Épouse
  58. Comment lire la Bible
  59. Je Suis Le Chemin La Vérité et La Vie
  60. Permanence du mensonge
  61. Avoir la vocation
  62. Aliénation et restauration
  63. En qui mettre sa confiance ?
  64. Changer notre image de Dieu
  65. Crise de moralité
  66. Mon Royaume n'est pas de ce monde
  67. A Dieu Seul La Gloire
  68. Par l'illumination du Saint Esprit Seulement
  69. Par Jésus Christ Seulement
  70. Par la Grâce Seulement
  71. Par la Foi Seulement
  72. Par l'Ecriture Seulement
  73. Retrouver son identité
  74. Les signes des temps
  75. Une justice sociale pour tous
  76. Le Messie Promis
  77. Les sept paroles du Christ sur la croix
  78. La traduction de la Bible dans le monde
  79. Le mariage, une alliance entre un homme et une femme
  80. Christianisme et laïcité
  81. Quelle civilisation ?
  82. La force du mensonge
  83. La course vers l’Éternité
  84. Le spirituel et le matériel
  85. Parler du péché
  86. Être spirituel
  87. Le vrai miroir
  88. Vous serez comme des dieux
  89. Le Retour du Christ
  90. Dieu, si Élevé et si Proche
  91. Il ne Dort ni ne Sommeille
  92. Le respect dû aux parents
  93. Que tout se fasse dans l'ordre
  94. La foi, l'espérance et l'amour
  95. Tendre l'autre joue
  96. Prévenir pour sauver
  97. La Bible et le don des langues
  98. Dieu Me connaît personnellement
  99. Jésus et l'histoire
  100. Destin ou Providence
  101. La nature du pouvoir
  102. La perfection n'est pas de ce monde
  103. Vaincre l'infobésité
  104. Le principe de restitution
  105. L'homme nouveau, une utopie ?
  106. Ne cherchez pas Le Vivant parmi les morts
  107. Donner sa vie pour ses amis
  108. Le livre de la Genèse et la science
  109. Par la raison ou par la foi ?
  110. Qu'est ce que le cœur au sens Biblique ?
  111. Une génération adultère et perverse
  112. Juger ou ne pas juger ?
  113. Qui devons nous craindre ?
  114. Le Fondement des Apôtres et des Prophètes
  115. Pourquoi une naissance pas comme les autres
  116. Amener toute pensée captive à l'obéissance à Jésus Christ
  117. L'esprit est fort mais la chair est faible
  118. La Bible est elle raciste ?
  119. L'incarnation
  120. Qu'est ce que l'homme ?
  121. Au commencement tout était très bon
  122. La Foi Chrétienne, une béquille pour des êtres faibles et peureux ?
  123. La maladie de l'homme moderne
  124. Aucun statut particulier
  125. Ou que soit le cadavre, là s'assembleront les vautours
  126. Le Jugement des nations
  127. Bonne Nouvelle et exercice du pouvoir
  128. Le principe de la veuve noire
  129. La Bible un texte fiable
  130. La vie a-t-elle un sens
  131. La vraie sagesse
  132. L’Évangile tronqué
  133. Parler d'une même voix
  134. Bâtir un monde meilleur
  135. Un monde pas si différent du nôtre
  136. Comme sommes nous sauvés ?
  137. Dieu s'est révélé
  138. Je Suis Le Chemin La Vérité et La Vie
  139. L'engagement du Chrétien
  140. La folie de la croix
  141. Derrière la vision du monde athée
  142. La Genèse et les mythes égyptiens
  143. L'Amour de Dieu pour Son Peuple
  144. Vaincre la dépression
  145. Croire ou douter ?
  146. Être prêt à mourir
  147. Qui sont les Saints ?
  148. Qui blâmer
  149. Au commencement
  150. Croisements dangereux
  151. Un Seul Dieu en trois personnes
  152. Quel Christianisme ?
  153. Par l'Esprit et en Vérité
  154. L'homme ne vivra pas de pain seulement
  155. (.....) 

 

 

 

 

 

 

Bible

 

Croix Huguenote Refuge Protestant

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 18:30
Colloque de Foi et Vie Réformées sur Zoom le 21 novembre 2020 à 9h

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Colloque Foi et Vie Réformées 21 novembre 2020

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École et transmission dans un cadre biblique


Face à la sécularisation,

 

quels défis principiels et pratiques ?

colloque Foi et Vie Réformées 21 novembre 2020

(Webinaire gratuit) Sujet :

École et transmission dans un cadre biblique

Face à la sécularisation, quels défis principiels et pratiques ?

📆 Samedi 21 novembre 2020

⏰ 9:00 - 17:15

📍 en ligne par Zoom

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Intervenants Colloque Foi et Vie Réformées 21 novembre 2021

 

Colloque de Foi et Vie Réformées sur Zoom le 21 novembre 2020 à 9h
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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 19:07
Une génération adultère et perverse

Lire les évangiles directement dans la Bible nous confronte au fait que l’Évangile à l’eau de rose qu’on nous propose si souvent de nos jours, n’a pas grand-chose en commun avec les textes inspirés de la Bible. 

 

Les paroles souvent rugueuses de Jésus ne peuvent cependant être éliminées si facilement, à moins de créer un faux en écritures, comme on dit en langage juridique pour décrire des comptes truqués. 

 

Parmi ces paroles rugueuses on trouve régulièrement l’expression : 

 

génération perverse, ou génération adultère, 

 

que Jésus applique à ses contemporains qui refusent de croire en Sa Personne et Sa Mission Divine.

 

Par exemple, au chapitre 8 de l’évangile selon Marc Jésus dit :

 

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? En effet quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges.  

 

En lisant ces paroles, on est bien sûr amené à se demander :

 

Jésus ne s’adresse-t-Il qu’à ses contemporains, ou bien à toutes les générations d’hommes et de femmes jusqu’à Son Retour en Gloire, donc nous-mêmes aujourd’hui y compris ? 

 

Il n’y a pas de doute que nous aussi nous sommes inclus dans cet avertissement, car l’envoi de Ses disciples vers toutes les nations pour annoncer l’Évangile jusqu’à son retour promis inclut toutes les générations d’hommes et de femmes à venir. 

 

On voit donc bien par-là qu’essayer d’adoucir les Paroles de Jésus lorsqu’on les trouve trop rugueuses, bref substituer un évangile à l’eau de rose à celui révélé dans la Bible, c’est justement avoir honte de Lui et de Ses Paroles.  

 

Prétendre être chrétien tout en niant que Jésus-Christ demande une allégeance totale et sans compromis à Sa Personne, c’est tout simplement Le renier, et avec lui son propre salut. 

 

Dans son discours de Pentecôte, le disciple Pierre, qui avait lui-même renié Jésus peu après son arrestation en niant Le connaître, prononce ces paroles vitales à la foule de Jérusalem qui s’était rassemblée : 

 

Repentez-vous, et que chacun soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.  Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.

 

Amen,

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 18:09
Un temps de sagesse pour un temps de confinement
Foi et vie réformées

Bonne écoute 

Psaume 90 verset 1-2

 

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Un temps de sagesse

pour un temps de confinement

 

 

Quelques lectures bibliques commentées (Luc 15, Proverbes 1)

 

Deux types d'humanité apparaissent en Genèse 4 et 5. Auquel appartenons-nous ?

 

Comment en arrive-t-on au Déluge à partir de Caïn dans Genèse 4 à 6 ?

 

Que faire lorsque les lois humaines sont détournées pour favoriser l'injustice ? Une réflexion à la lumière d'Habaquq 1 et du psaume 94

 

Le Psaume 90 parle de la fidélité de Dieu vis-à-vis de toutes les générations d'humains qui forment son peuple et nous ramène ainsi au début de la Genèse

 

 

Le tentateur revient à la charge au moment de la crucifixion de Jésus : le lien entre Luc 4 et Luc 23

 

Le crucifié est-il vraiment roi ? Seconde tentation du prince de ce monde pour Jésus sur la Croix (Luc 4 & 23)

 

Sur la Croix, Jésus repousse la dernière tentation : Tout est accompli !

 

 

Le salut, c'est bien différent d'un simple sauvetage, cela passe par une guérison spirituelle opérée par le Dieu qui seul peut guérir l'âme et le corps des personnes aussi bien que des communautés.

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 15:15
Espérer contre toute espérance

Les quelques réflexions présentées au cours du chapitre précédent dans l'ouvrage * sur le sujet de la dépression nous conduisent à revenir sur la question suivante, abordée au cours de la première partie (au chapitre trois): Dieu peut-il changer le mal en bien ? Il arrive tellement d’événements négatifs dans la vie quotidienne, tellement de souffrances causées par toutes sortes de facteurs, qu’on peut à bon droit se demander à quoi tout cela rime. Dieu est-il en contrôle des événements, et si oui, pourquoi laisse-t-il arriver tant de malheurs ? Cette question, chacun se la pose, ou se l’est posée. Le mal qui m’arrive a-t-il un but particulier et peut-il en sortir à plus ou moins long terme quelque chose de bon ?

La réponse chrétienne à cette délicate question est certainement oui, mais elle a besoin d’être expliquée. Car d’un point de vue purement humain, on ne voit jamais très bien le but de la souffrance a priori. La tendance naturelle de l’homme est de se révolter contre Dieu, voire de nier son existence à cause du mal que l’on voit autour de soi. Cependant, lorsque l’on parle de Dieu il faut d’abord se demander s’Il est bien la mesure de toutes choses, ou bien si nous autres humains sommes cette mesure. Or l’on peut bien dire que Dieu est la mesure de toutes choses, puisqu’Il est omnipotent, c’est-à-dire tout-puissant, et omniscient, c’est-à-dire qu’Il sait par avance tout ce qui va se dérouler dans notre histoire personnelle et celle du monde. Si tel n’était pas le cas, nous n’aurions aucune raison de l’appeler Dieu ; au mieux, Il serait une créature supérieure. En fin de compte, notre vie personnelle entre dans son plan, un plan bien plus grand que nous ne pourrions jamais l’imaginer.

Or, saisir cette réalité ne peut se faire que par la foi au Dieu qui se révèle comme omnipotent et omniscient. Il contrôle même les étapes de notre vie qui ne se sont pas encore déroulées, car Il est au-dessus du temps et le gouverne. Accepter ceci par la foi ne veut pas dire que chacun comprendra sans problème comment des événements ressentis comme très négatifs et douloureux pourraient finalement contribuer à un bien quelconque. D’abord, peut-être ne verrons-nous jamais de notre vivant en sortir quelque chose de positif. Bien des générations plus tard on pourra peut-être voir apparaître des effets inattendus et bénéfiques. Ensuite, il est bien possible que certains événements négatifs le resteront à toujours et ne produiront jamais de fruits positifs. Comment en juger sur un plan purement humain, qui n’est, quant à lui, ni omnipotent ni omniscient ? Comment, par exemple, évaluer les souffrances sans nom et l’extermination dûment planifiée de plus d’un million et demi d’Arméniens chrétiens au cours de la Première Guerre mondiale, extermination envisagée et entamée dès la seconde moitié du dix-neuvième siècle ?

Néanmoins, se placer dans la perspective de la foi c’est accepter que Dieu a bel et bien le pouvoir de changer toutes choses, de faire toutes choses nouvelles. En recherchant sa volonté révélée, en vivant par la foi en Jésus-Christ, on peut souvent se rendre compte soi-même, après coup, que l’épreuve que Dieu a amenée sur notre chemin avait un but particulier positif qu’Il avait lui-même déterminé d’avance. Tout concourt au bien de ceux qui l’aiment, écrit Paul aux chrétiens de Rome (8:28). Paul savait bien de quoi il parlait, lui dont la vie était remplie d’épreuves de toutes sortes, et pas des moindres. Mais il parlait animé d’une foi indestructible en Jésus-Christ.

Considérons justement le sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix de Golgotha. Sur un plan purement humain, il n’y a rien de plus désespérant que la mort injuste de Jésus-Christ, en qui tant d’hommes et de femmes avaient mis leur espoir, l’ayant suivi pendant les trois années de son ministère sur terre. Ils étaient absolument choqués et abasourdis qu’un tel désastre ait pu se produire. Toutefois, si l’on mesure les conséquences positives de sa résurrection pour l’humanité, on peut bien dire qu’il n’y a jamais rien eu de pareil dans l’histoire du monde. Il fallait donc bien la Croix avant la Résurrection. Or si cette crucifixion a été une nécessité pour le salut de l’humanité, ce n’est pas par hasard qu’elle a pris place historiquement, mais selon un plan divin établi de toute éternité et annoncé à l’avance par les prophètes de l’Ancien Testament aussi bien que par Jésus lui-même. Cette transformation de la chose la plus vile et la plus abjecte en l’événement le plus glorieux ne pouvait être accomplie que par Dieu.

Prenons un autre exemple dans l’histoire du Nouveau Testament. Avant sa conversion miraculeuse à la foi chrétienne, sur le chemin de Damas, Paul avait persécuté les chrétiens de manière très violente. Au livre des Actes des Apôtres, (8:3) il est dit : Il cherchait à détruire l’Église, allant de maison en maison pour en arracher les croyants, hommes et femmes, et les jeter en prison. La conséquence positive et inattendue de cette persécution nous est donnée immédiatement après, au verset suivant: Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays en proclamant le message de la Bonne Nouvelle. Paul cherche à détruire l’Église, et en fin de compte la persécution qu’il initie aboutit au résultat contraire. Qui d’autre que Dieu pourrait accomplir un tel renversement ?

Autre question cruciale : les vertus les plus respectées telles que le courage, l’endurance et la persévérance, le sacrifice de soi-même, pourraient-elles se manifester autrement qu’au milieu des épreuves, des souffrances et de grands dangers ? Or ce sont justement ces vertus qui font admirer le degré d’humanité de ceux qui les pratiquent. Un grand nombre d’exploits sportifs sont même appréciés sur cette base : traversée des océans en solitaire, ascension d’un pic sur sa face réputée inaccessible etc. Que dire a fortiori des Jeux Paralympiques ? La souffrance forge le caractère, elle aide aussi à distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas, ce qui est durable de ce qui est passager. Ceux qui l’ont connue et en sont sortis grandis peuvent servir d’exemple à d’autres qui vivent des moments similaires. Cela est souvent vrai pour des incroyants. À plus forte raison faut-il savoir accepter par la foi que ce qui nous arrive fait partie d’un plan bien plus étendu que ce que nous percevons au moment de l’épreuve.

Le Seigneur Jésus-Christ est passé par une souffrance indescriptible lors de sa Passion: cette souffrance a signifié l’abandon total par son Père céleste, c’est-à-dire l’enfer proprement dit. Sa victoire sur la mort et l’enfer n’a pas été acquise à un prix vil, mais au prix le plus précieux, celui de sa vie même. Or c’est aussi Jésus-Christ qui a dit (Matthieu 16:24, voir aussi 10:37-39): Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. Car celui qui est préoccupé de sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. Perdre sa vie à cause de Jésus-Christ signifie passer par ce processus d’élagage, de purification de la foi au travers d’une épreuve qui a un sens, afin qu’un être renouvelé spirituellement se dégage de l’homme ancien. Les deux dernières béatitudes prononcées par Jésus durant le Sermon sur la Montagne en témoignent elles aussi (Matthieu 5:10-12) : Heureux ceux qui sont opprimés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient. Heureux serez-vous quand les hommes vous insulteront et vous persécuteront, lorsqu’ils répandront toutes sortes de calomnies sur votre compte à cause de moi. Oui, réjouissez-vous alors et soyez heureux, car une magnifique récompense vous attend dans les cieux. Car vous serez ainsi comme les prophètes d’autrefois: eux aussi ont été persécutés avant vous de la même manière.

Dans la Bible il n’y a sans doute aucun récit qui illustre comment Dieu peut changer le mal en bien comme celui de Joseph et de ses frères, tous fils du patriarche Jacob. Détesté par ses frères et vendu par eux comme esclave, il se retrouve bien plus tard, après de nombreuses pérégrinations et épreuves, l’intendant du pharaon d’Égypte, ayant en main l’administration de tout le pays. Or, la famine qui sévit non seulement en Égypte mais dans le pays voisin où résident son père et ses frères, amène ceux-ci à venir chercher des vivres à la cour du pharaon, où ils sont reçus par Joseph lui-même qu’ils ne reconnaissent pas, tandis que lui les reconnaît. Après plusieurs aller retour, et bien des moments dramatiques durant tout cet épisode, Joseph en sanglots découvre son identité à ses frères (Genèse 45:4-8): Je suis Joseph, leur dit-il, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Égypte. Et maintenant ne vous tourmentez pas et ne vous accablez pas de remords de m’avoir vendu comme esclave. C’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous. Car voici deux ans que la famine sévit dans ce pays et pendant cinq ans encore, il n’y aura ni labour ni moisson. Dieu m’a envoyé devant vous pour vous faire subsister sur la terre et vous garder la vie, par une très grande délivrance. C’est pourquoi ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu. Et il m’a élevé au rang de « Père pour le pharaon », faisant de moi le maître de toute sa cour et le dirigeant de toute l’Égypte. Plus tard, alors que ses frères redoutent que peut-être il cherche à se venger de ce qu’ils lui ont fait subir, Joseph les rassurera encore (50 :19-21) : N’ayez aucune crainte! Suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté de faire du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.

L’assurance que Dieu peut changer le mal en bien, à sa manière et en son temps, ne devrait pas inciter les uns à témoigner d’une sympathie à bon marché vis-à-vis d’autres lorsque ces derniers passent par une grande épreuve. Dans un tel cas, ma responsabilité consiste non pas à tâcher de minimiser la douleur de celui qui est affligé, mais, tout en tâchant d’alléger son fardeau dans la mesure de mes possibilités, à l’aider avec sensibilité à mettre sa confiance et sa foi en Dieu seul, afin que cette épreuve devienne pour lui purificatrice et mène à son affermissement spirituel.

Espérer contre toute espérance : cette formule paulinienne (tirée de Romains 4:18) se réfère à celui qui est tenu pour le père des croyants, le patriarche Abraham, lui-même ancêtre de Joseph et de ses frères. Alors qu’il est fort avancé en âge, sans enfants et à vues humaines destiné à mourir sans laisser de traces, une descendance comprenant de nombreuses nations lui est promise par l’Éternel. Par la foi, il s’accroche à cette promesse divine, qui se réalisera à partir de la naissance d’Isaac et sera poursuivie à travers l’histoire d’un peuple particulier, Israël, puis de l’ensemble des nations à partir de Jésus-Christ et du mandat missionnaire qu’Il confie à ses disciples avant son Ascension (Actes:1:8). Néanmoins, cette formule exprime bien un paradoxe, celui de la foi, qui va à l’encontre de ce que l’on voit ou prévoit à vues humaines. Elle va de pair avec cette autre formule paulinienne paradoxale qui parle de la folie de la prédication (1 Corinthiens 1:20-25), prédication centrée sur la Croix du Christ et qui renverse les perceptions et les raisonnements humains non illuminés par l’Esprit divin. La rationalité chrétienne – qui est tout sauf rationaliste au sens du mouvement philosophique issu des soi-disant « Lumières » – passe donc nécessairement par le paradoxe de la Croix et tout ce qu’il implique.

Rendre compte de l’espérance chrétienne, c’est donc avant tout rendre compte de la Croix et du radical renversement qu’elle opère dans l’histoire des hommes. Ce n’est pas s’appuyer sur des triomphalismes religieux tapageurs et passagers (comme c’est hélas souvent le cas au sein de bien des communautés chrétiennes, par déformation et non par réformation). Ce n’est pas non plus s’appuyer sur un héritage culturel dont le noyau vivificateur, Jésus-Christ, est absent. C’est avant tout s’appuyer sur la Croix, cet instrument de transformation irrésistible où Dieu se donne en personne, plongeant dans les ténèbres de la condition humaine afin de confondre une fois pour toutes la mort et son propagateur, celui qui a séduit et continue de séduire une humanité en perpétuelle quête de délivrances avortées.

Que cette humanité appelle la succession de ces mirages sauveteurs l’Histoire, le Progrès, la Raison, la Science, la Démocratie et les Droits de l’Homme, qu’elle la définisse par n’importe quels autres vocables voire qu’elle cherche en permanence à pulvériser les frontières sémantiques de ces vocables, elle n’aura jusqu’à la fin des temps d’autre horizon que sa propre déchéance à moins qu’elle n’entre dans le domaine racheté de l’enfer par le Christ victorieux : le domaine du Royaume de Dieu. Or, celui-ci est déjà manifesté dans la vie de ceux qui lui appartiennent, par les fruits que l’Esprit fait naître en eux. L’homme cherche par tous les moyens à transcender sa condition, et à repousser les frontières de son expérience sur tous les fronts. Lorsqu’il s’agit de repousser les frontières de sa propre folie, il n’est d’ailleurs jamais en reste (comme en témoignent, à titre d’exemples, la pornographie ou le développement de son arsenal nucléaire). Cette recherche tous azimuts peut à juste titre être envisagée comme une série d’ersatz et de dévoiements de sa quête vers l’homme parfait, accompli, réconcilié avec lui-même, avec l’autre, le monde et la Transcendance.

La vie du chrétien authentique, elle, témoigne d’une expansion, d’une croissance vers le Christ, l’homme parfait. Elle n’est pas repliée sur elle-même, au contraire elle tend vers un but, elle possède une direction. Elle n’atteint pas la perfection de manière immédiate et artificielle, mais elle croît progressivement dans la perfection déjà atteinte par le Christ ressuscité, étant greffée en lui. Avec reconnaissance elle peut contempler le chemin accompli et y voir la marque de la présence divine qui l’a soutenue tout au long de ce chemin souvent cahoteux et semé d’embûches. Elle tend aussi vers l’autre, dans la reconnaissance que ce prochain porteur de la même Imago Dei est lui aussi appelé à un renouvellement total, à cette croissance visible vers le Christ dans l’union avec lui. La vie du chrétien cherche donc à s’intégrer dans une communauté unie sans préjudice de la diversité qui constitue cette unité.

Certes, en tant qu’elle se situe entre le déjà et le pas encore du renouvellement total promis à la résurrection, elle n’est encore qu’un prélude aux choses à venir. Cependant ce prélude comporte distinctement tous les thèmes qui seront développés dans l’éternité. Voilà pourquoi cette vie chrétienne marquée par l’espérance n’est pas une échappatoire facile, une dérobade vis-à-vis de la réalité créée qui appartient au Créateur. Elle ne s’exprime pas, ou du moins ne devrait jamais s’exprimer, sous forme de mantras répétées mécaniquement jusqu’à la nausée soit pour aboutir à une expérience du vide intérieur calquée sur certaines spiritualités orientales, soit pour obtenir magiquement ou par voie d’autosuggestion ce que l’on souhaite ardemment. Au contraire elle est appelée à manifester dans tous les domaines de l’existence le caractère éthique, relationnel, qui est celui du Christ vis-à-vis de la réalité rachetée, son domaine propre, son Royaume.

Au milieu de la désagrégation, de la désintégration, du déclin inexorable qui marque toute forme de vie dans l’état actuel des choses, elle constitue une semence destinée à germer de manière impérissable. Voilà donc quelles sont l’espérance et la joie du croyant, dont il ou elle a à rendre compte : elles consistent à se savoir racheté, greffé en Jésus-Christ, revêtu d’une vie nouvelle, restauré dans cette image divine précédemment abîmée par la chute ; à vivre chaque jour de la vie du Christ sous la conduite de l’Esprit de Dieu, reflétant clairement cette œuvre de restauration de l’image divine placée par le Créateur qui est aussi le Recréateur de toutes choses; et au moyen de cette image restaurée reluisant dans sa conduite, à amener d’autres créatures vouées à la mort à connaître la puissance du salut manifesté en Jésus-Christ.

 

Amen,

 

Eric Kayayan Foi et Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

Bible Protestante
Croix Protestante

 

Source : Foi & Vie Réformées

 

* Le texte suivant est le dernier chapitre du livre “Rendre Compte de l’Espérance” (éditions L’Age d’Homme, collection “Messages”, Lausanne, 2009; chapitre 24, pages 293-299),

intégralement disponible en PDF sur notre site : https://www.foietviereformees.org/publications/

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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