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Vie Protestante Réformée

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 20:09

Ernest Dhombres

Le sommeil (Suite)

(Par Ernest Dhombres)

 

Que fais-tu là, dormeur ?

(Jonas 1.1-6)

 

 

 

Il m'en coûte de descendre de ces hauteurs sereines pour vous décrire les mauvais sommeils qui ne sont que la perversion des bienfaits de Dieu.


Chacun sait, sans que je le dise, que le sommeil est aussi l'oreiller des paresseux.


De même qu'il est des amateurs de bonne chère, il y a des amateurs d'un sommeil qui est sans aucune proportion avec les besoins de notre corps.


Ecoutons ici l'avertissement pittoresque du livre des Proverbes :


« Le long dormir fait vêtir de robes déchirées...Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu de bras ployés pour dormir, et la pauvreté viendra comme un passant, et la disette comme un homme armé. »


Cet homme armé, que de victimes il a faites !


C'est ce malheureux écolier incapable d'un effort, sorti « fruit sec » de huit années d'études scolaires, qui sont comme le présage de sa vie avortée.


C'est cet ouvrier sans dignité, sans courage ; il arrive tard au chantier, mécontente ses patrons, se fait renvoyer et jette sa famille dans une existence de misère, de dettes et de profond désespoir.


Sont-ils-moins coupables les jeunes riches oisifs ?


Ils eussent pu s'imposer un travail, exercer une fonction, se rendre utiles à leurs concitoyens, à leurs frères, à leur pays...

 

Non, ils ont dit à leur manière :


« Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu de bras ployés pour dormir... »,


Et tandis que l'équipage est à la manœuvre, eux, ils sont tranquillement couchés sur leurs moelleux coussins, au milieu d'habitudes de sybarites.


« Ils tuent le temps », selon une expression qui leur est familière.


Tuer le temps, ironie brutale et cruelle !


Quand la vie est si courte et le temps si précieux, eux, ils se chargent d'être les destructeurs du temps !


Hommes de plaisir, ils dorment quand les autres travaillent, et puis, ils s'amusent, la nuit, jetant dans le gouffre des joies mauvaises leur fortune, leur santé, leur jeunesse, leur corps et leur âme...


Il y a aussi le sommeil de l'alcool que notre France ne connaissait guère autrefois et qui s'est propagé, d'une façon vertigineuse, de la grande ville dans le plus petit des hameaux de notre cher pays : avilissement de la créature qui efface l'image de Dieu sur son front pour lui substituer celle de la brute ; flot montant qui submerge le monde moderne de sa fange impure...


Il y a le sommeil de cet homme qui, voyant d'un œil inquiet le dérangement de ses affaires, s'étourdit, cherche à oublier ses échéances, jusqu'au jour où se consomment son déshonneur et celui de sa famille.


Il y a le sommeil du joueur qui se livre avec frénésie à sa coupable passion, et qui s'endort bestialement pour ne plus penser à sa ruine.


Il y a le sommeil du criminel qui va subir sa peine, sommeil devenu légendaire parce qu'on le sait noir comme les ténèbres de l'enfer du Dante.


Combien de fois, au contraire, il n'y a pas de sommeil ; c'est le crime et la luxure qui veillent...


Quel spectacle pour ta justice et ta sainteté, ô mon Dieu, que celui des nuits que tu avais données à la terre pour l'apaiser, pour la bercer..., et la terre, refusant ce présent magnifique, les a changées en veillées horribles où Satan fourbit ses armes, où, au sein de nos Babylones modernes, l'assassinat médite ses coups dans quelque sinistre orgie ; où les hommes de sang perpètrent leurs crimes sous la lueur paisible des étoiles, profanateurs de tout ce qui est sacré, contempteurs infâmes de toutes les lois humaines et divines...


O mon Dieu, quel odieux défi jeté à ton amour de Père !


Nous n'avons rien de commun avec ces mœurs, ni avec ceux qui les pratiquent, nous, chrétiens, qui vivons dans une société honnête, respectable, religieuse même.


Laissez-moi cependant, avant de vous entretenir d'un certain sommeil qui peut être une infidélité comme le fut celui de Jonas, vous rendre attentifs à un abus qui existe parmi nous, et qui n'est pas sans quelque péril.


Par l'effet de nos habitudes modernes, la loi naturelle a fait place à une loi tout artificielle.


A combien de personnes, d'ailleurs sérieusement attachées à leurs devoirs domestiques, ne pourrait-on pas dire :


Que fais-tu là, dormeur ?


Le soleil a déjà parcouru une partie de sa course, le monde a repris son labeur, la vie son tumulte, et toi, tu t'attardes sur ta couche, épuisé de fatigue, parce que tu as passé dans de brillants salons la plupart des heures que Dieu t'avait données pour renouveler tes forces.


Nos ancêtres avaient l'extrême sagesse de se faire une vie bien réglée, dans laquelle on évitait les veillées tardives.


Quelques-uns se souviennent d'avoir entendu parler de ces belles mœurs provinciales où, à dix heures du soir, le couvre-feu sonnait la retraite, et chacun de regagner sa demeure.


Le matin, on suivait de près les indications de la nature : l'alouette s'élançant dans les airs avec sa gaie chanson, le coq -- celui-là bien français d'allure -- faisant résonner son clairon dès l'aube.


On jouissait de la douceur des heures matinales, de la lumière s'épandant peu à peu sur les paysages familiers ; on avait le temps de se sentir vivre et de se recueillir.


De là, soyez-en sûrs, l'habitude vénérable, si négligée à notre époque, du culte domestique qui réunissait la famille autour de la Bible.


Serait-il possible, aujourd'hui, d'établir cette coutume, d'une manière régulière, dans nos maisons ?


Quand on rentre à une heure avancée de la nuit, on ne peut songer qu'à se plonger dans le sommeil, après avoir dit une prière, distraite et hâtive, si l'on tient à se mettre en règle avec Dieu.


Est-on mieux disposé le matin ?


Mais ne voyez-vous pas que, fatigué d'une longue veillée, on se lève tard, et l'on est sollicité aussitôt par son travail, repris par l'engrenage des devoirs domestiques et sociaux ?


Où donc placer la prière en commun ?


Et cependant quelle bénédiction pour nous, pour nos enfants, pour nos serviteurs, que ce culte de famille !


Comme chacun se sent sous la discipline du devoir, en présence d'un Dieu duquel nous dépendons et qui a le droit de régler toute notre vie !


De même pour notre culte personnel.


Heureuse préparation de notre journée qu'une rencontre matinale et filiale avec Jésus, notre Sauveur !


Au lieu d'une agitation fébrile, le calme d'une âme qui se possède et qui suppute toutes ses obligations pour les bien remplir ; au lieu d'une présomption hautaine, l'humilité d'un cœur qui, redoutant les assauts de l'ennemi et le sachant prêt à entrer par toutes les brèches, se présente devant lui avec les armes de la Parole de Dieu et de la prière.


O sainte virginité de l'heure matinale, que ta douce et paisible aurore se lève sur tous nos foyers !...


J'ai peine à comprendre que des femmes, des mères chrétiennes, puissent passer la plus grande partie de leurs nuits au théâtre ou dans des sociétés mondaines.


Mais, disent-elles, ce sont là les habitudes modernes, et comment nous y soustraire ?


N'est-ce pas tout simple de faire comme les autres ?


Il est vrai, cela est tout simple, et même très facile.


Mais sommes-nous chrétiens ou ne le sommes-nous pas ?


Si nous sommes chrétiens, écoutons l'apôtre nous recommander de ne pas « nous conformer au présent siècle ».


Entendons Jésus-Christ nous appeler « la lumière du monde ».


Et quelle lumière que celle qui se promène de salon en salon ?


Quel pauvre christianisme que celui de notre temps !


Enfin, il est un argument -- celui-là utilitaire et moins élevé que les précédents -- qui a aussi sa valeur morale.


Est-ce que nos pères ne devaient pas la belle santé de leurs corps et de leurs âmes à cette austérité de vie à laquelle nous sommes devenus trop infidèles ?


Ces habitudes mondaines, ces veillées tardives, mesurez-en le danger à la pâleur des visages et à l'affaissement des âmes.


De là, notre génération à la fois surexcitée et débilitée, inoccupée et surmenée, atteinte de maux extraordinaires pour lesquels il faut inventer des vocables jusqu'ici inconnus du dictionnaire de l'Académie...


C'est ce qui faisait dire à l'illustre Lacordaire, dans ses Lettres à un jeune homme :


« Si vous voulez être tout ce que Dieu demande de vous, levez-vous de bonne heure et ne vous couchez jamais trop tard. Aujourd'hui, on veut unir le prestige des travaux sérieux, à la jouissance des plaisirs vulgaires. On est homme du monde par delà minuit, et l'on se réveille écrivain, savant, magistrat, ministre même..., en attendant que accablée de ce double fardeau, se venge du génie lui-même par un idiotisme qui atteint toutes les facultés de l'être humain et que l'antiquité n'avait pas connu. »


Mais n'est-il pas d'autres péchés qui se rattachent au sommeil ?


Ne nous sommes-nous jamais endormis comme Jonas dans l'infidélité et la révolte ?


Dans nos maisons, un fils, une fille ont manqués au respect qu'ils doivent à leur père et mère.


L’orgueil s'irrite, et loin de prononcer une parole de regret, on s'obstine dans la rébellion injuste.


Sombre, dur, on se couche, en proie à la plus violente colère.


Y eut-il jamais un état moins propre au repos de la nuit ?


Où sont-elles, les douces visions de l’enfance ?


Où sont-ils, les rêves souriants du  cœur autrefois si docile et si pur ?


Jeune homme, jeune fille, si tu persévères dans ton indiscipline, prends garde, c'en est fait de ta paix intérieure et peut-être de ta vie morale elle-même, rentre dans l'obéissance, afin qu'elles puissent t'être appliquées, ces belles paroles de nos Saints Livres qui sont tout un programme de vie pour la jeunesse :


« Je me coucherai, je me réveillerai, je m'endormirai, car l'Eternel me soutient. »


Ces époux se sont froissés mutuellement.


Toi, mon frère et ma sœur, croyant en Jésus, « que le soleil ne se couche pas sur ta colère ! »


Si vous persévérez dans vos rancunes, savez-vous qu'il n'y aura plus de paix dans votre maison, savez-vous que vos enfants, devenus sceptiques, considéreront l'union conjugale comme un lien sans poésie, et le bonheur domestique comme une chimère dont il vaut mieux se garder ?


Savez-vous que vos joies les meilleures s'évanouiront ?


...Ah ! Ne commettez pas ce sacrilège, ayez le courage de dire l'un et l'autre :


« Que le soleil ne se couche point sur notre colère ! »

 

 

Le Sommeil par Ernest Dhombres (suite)

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