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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 08:50
L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Troisième Partie)

L'unité chrétienne...
Ce qu'elle est ...et ses limites
Par Daniel Molla,
(Suite Seconde Partie)

 

Dans ce siècle de confusion généralisée, face aux turbulences religieuses, face à la multiplication des sectes, il est important de faire preuve de vigilance.

 

Les vents de doctrines soufflent dans toutes les directions.

 

Les risques de se laisser emporter existent bel et bien.

 

Alors, quand l'Ecriture parle d'un seul corps et d'un seul esprit, il est nécessaire d'éprouver les bases sur lesquelles nous nous fondons en matière, précisément, de «corps» et «d'esprit».

 

3.2.2 une seule espérance

 

Le chrétien est quelqu'un qui regarde en avant : Dieu vous a appelés à une seule espérance lorsqu'il vous a/ait venir à lui (Semeur).

 

Cela ne signifie pas qu'il doit oublier le passé. Bien au contraire !

 

Comment pourrait-il cesser de regarder à la croix ?

 

Là, Jésus est mort pour ses péchés; là, il a reçu, avec le pardon, la grâce d'une vie nouvelle.

 

Ce souvenir, il doit le cultiver en participant régulièrement au repas du Seigneur.

 

C'est, du reste, dans ce mémorial même qu'il trouvera le plus fort encouragement à regarder aussi en avant : car celui qui est mort est aussi celui qui vient.

 

Le plein héritage qu'il a acquis pour les siens n'est pas encore là; il reste à venir: le meilleur est pour la fin (Rom 8:17-18; 2 Cor4:17-18) ! Lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. (1 In 3:1-3).

 

L'Apocalypse nous donne une idée de ce qui attend les rachetés du Seigneur. Merveilleux !

 

L'espérance est inscrite partout dans la Bible : Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. (2 Pi 3:13).

 

C'est une espérance vivifiante, source de consolation dans l'épreuve, de courage dans le service.

 

Elle motive une vie sainte, dans l' attente de ce jour où nous comparaîtrons devant le Maître pour rendre compte de la gestion de nos vies (2 Cor 5.10, Mat 25.13s).

 

Notre unité se nourrit aussi de cette seule espérance: celle du triomphe de l'Agneau, le triomphe de l'amour et de la justice.

 

Mais cette seule espérance ne peut pas se confondre avec des espoirs qui ne se fondent que sur les capacités humaines et n'ont d'autre visée que notre condition terrestre.

 

Elle exclut l'illusion d'atteindre par le combat politique, l'action sociale, le progrès scientifique, un âge d'or où l'homme, parvenu à sa maturité, aurait résolu tous ses problèmes.

 

Elle exclut toute théologie de la libération qui prônerait au nom du Christ l'utilisation de la violence et verrait dans la lutte pour une libération politico-sociale la traduction pure et simple du message de l'Evangile.

 

On ne voit pas, en effet, que telle ait été l'attitude de Jésus, ni la visée de son enseignement.

 

Il n'instruit pas contre Zachée le procès politique que d'autres ne manqueraient pas de lui faire -puisqu'il s'est mis au service de la puissance occupante et qu'il en tire d'intéressants profits.

 

Il le traite en ami et fait de lui un homme nouveau pour le plus grand bien de tous.

 

Il résout ainsi le vrai problème: celui du péché dans le coeur d'un homme perdu que Jésus est venu chercher et sauver (Luc 19.10).

 

Qu'aurait gagné Jéricho à la condamnation de Zachée?

 

Paul dit : une seule espérance. C'est celle que l'Evangile apporte à un monde perdu, la même qu'exprime parfaitement ln 3.16: afin qu'ils ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle.

 

On ne peut expliquer vraiment aux hommes la nécessité du salut et les conduire à la seule espérance sans leur parler de la réalité de la perdition, des deux seuls chemins, des deux seules destinations possibles: le ciel ou l'enfer.

 

Ce vieil Evangile n' est pas forcément populaire.

 

Cependant, sans ces vérités fondamentales, la signification de l'espérance chrétienne ne peut être véritablement saisie.

 

Dans le monde, dit Paul, nous étions sans espérance (Eph 2.12).

 

En Christ, nous avons reçu une espérance qui ne trompe pas (Rom 5.5).

 

Veillons à présenter fidèlement cette seule espérance; veillons à nous mettre, ou à rester, en situation de pouvoir l'annoncer clairement.

 

Il s'agit, selon Col 1.23, de demeurer fondés et inébranlables dans la foi, sans nous détourner de l'espérance de l'Evangile

 

Voilà donc bien un des critères de l'unité.

 

Négliger d'annoncer la seule espérance, l'annoncer sans la rattacher à la réalité de la perdition, lui substituer une autre espérance, c'est attenter à l'unité.

 

Car celle-ci est fondée sur la seule espérance.

3.2.3. Il y a un seul Seigneur

 

Le chrétien est attaché à Christ seul Seigneur; il est en Christ.

 

L'oeuvre de l'Esprit est de nous conduire à Jésus, de nous le faire connaître et aimer; c'est lui qui applique aux croyants les mérites et les bienfaits qui découlent de son oeuvre rédemptrice.

 

Notre unité ne se fait pas d' abord autour de la vérité révélée dans les Ecritures, mais bien autour d'une personne qui est le chemin, la vérité et la vie.

 

Ce n'est pas seulement: «je sais ce que je crois», mais c'est: «Je sais en qui j'ai cru.»!

 

D'ailleurs, Eph 4 dit: un seul Seigneur, avant de dire: une seule foi.

 

Un seul Seigneur, chef suprême de l'Eglise.

 

C'est Lui dont le monde a besoin.  

 

Il n'y a pas d'autre nom par lequel nous puissions être sauvés... Il n'y a de salut en aucun autre. (Act 4.12).

 

Il est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim 2.5).

 

Notre évangélisation ne peut être que christocentrique.

 

Tout passe par Lui.

 

Il est le seul Sauveur et le seul Seigneur.

 

Il est aussi le modèle, l'ami, le seul bon berger.

 

Il est l'indispensable avocat, le fidèle intercesseur.

 

Il est question de venir à Lui, de Le suivre, de L'aimer, de demeurer en Lui, d'être Ses témoins (Mat 11.28; Mc 8.34; Jn 14.15; 15.4; Act 1.8).

 

Notre vocation de chrétien se résume aussi dans cette image:  

 

Vous êtes une lettre de Christ... lue et connue de tous

(2 Cor 3.2-3).

 

D'autres textes soulignent encore ce caractère christocentrique de l'évangile.

 

Ainsi Paul affirme que, pour lui: vivre, c'est Christ (Phill.21), que le connaître est son seul vrai trésor (PhiI3.8-10).

 

On sent bien que pour Paul, recevoir l'approbation de Christ est son but, sa joie, sa récompense.

 

Notre unité se manifeste et se fortifie quand, ensemble, nous regardons à Jésus dont notre foi dépend du commencement à la fin. (Héb 12.2).

 

La proclamation de l'Evangile ne va pas sans celle de la seigneurie de Christ, de Son autorité souveraine,

 

Et cette seigneurie concerne avant tout les chrétiens auxquels le Seigneur dit:  

 

Si vous m'aimez, gardez mes commandements (Jn 14.15)...

 

Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. (Jn 15.14).

 

Notre volonté de faire réellement ce qu'Il nous dit, d'obéir à Ses commandements, doit se manifester dans tous les domaines de nos vies de disciples de Christ, y compris dans notre manière de vouloir et de rechercher l'unité.

 

Le lien est direct entre un seul Seigneur et une seule foi.

3.2.4 une seule foi

 

C'est là un point dont J'importance est évidente quand il s'agit de définir l'unité chrétienne et ses limites.

 

La seule foi dont parle Paul peut être envisagée sous deux aspects.

 

Sous son aspect subjectif, la foi est l'acte d'un sujet, la confiance qu'éprouve le chrétien envers le Christ, sa personne, son oeuvre, ses promesses.

 

L'aspect objectif concerne le contenu de la foi, ce que l'on croit, et qui peut s'énoncer comme un ensemble de vérités, la saine doctrine transmise par les apôtres et formulée dans la Bible, résumée dans un credo ou une confession de foi.

 

Ces deux aspects sont inséparables dans la réalité de la vie.

 

Mais il n' est pas inutile de les distinguer pour la commodité de l'exposé.

 

Le premier a été abordé dans notre point précédent. Nous traitons ici du second.

 

Dire que les premiers chrétiens persévéraient dans la doctrine des apôtres (Act 2.42), c'est laisser entendre qu'ils recevaient un enseignement précis auquel ils étaient attachés.

 

Dans son discours d'adieu aux anciens d'Ephèse (Act 20), Paul rappelle qu'il leur a enseigné tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher.

 

Ailleurs, il décrit les chrétiens de Rome en ces termes: Grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de coeur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits. (Rom 6.17).

 

Paul met en garde ses lecteurs : L'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de faux docteurs... (I Tim 4:1-2).

 

Il ajoute dans sa deuxième lettre à Timothée : qu'il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine... ils détourneront l'oreille de la vérité et se tourneront vers les fables. (2 Tim 4:3- 4).

 

Il paraît évident que pour pouvoir abandonner la foi ou pour détourner l'oreille de la vérité, il faut avoir adhéré à J'une et à l'autre auparavant !

 

Dans le même ordre d'idées, Pierre écrit: Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux. (2 Pi 2.1-2).

 

Eph 4.11-14, affirme que l'exercice des ministères dans l'Eglise a pour but d'amener les croyants à l'unité de la foi, pour qu'ils ne soient pas flottants et emportés à tout vent de doctrine, mais que professant la vérité dans l'amour.. ils grandissent dans celui qui est le chef Christ.

 

Il n'est pas étonnant, alors que dans la dernière épître, les croyants soient exhortés à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. (Jude 3) et à s'édifier sur leur très sainte foi attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle (Jude 20-21)

 

Une seule foi ! Aucun doute, cette parole n'a rien d'une affirmation isolée ou d'une préoccupation secondaire.

 

Il y a, pour lui, comme pour les autres auteurs des lettres de la Seconde Partie de la Bible, vérité et erreur, vraie et fausse doctrine; l'unité des croyants ne peut se réaliser au détriment de la foi transmise aux saints une fois pour toutes.

 

Paul lui-même nous présente du reste une conséquence pratique : le différend qui l'a opposé à Pierre.

 

Fallait-il qu'il ferme les yeux sur l'attitude répréhensible de Pierre qui laissait entendre, plus par ses actes que par ses paroles, qu'il n'y avait pas de véritable unité entre chrétiens d'origine juive et chrétiens d'origine païenne ?

 

Une fausse unité (entre chrétiens juifs) mettait en péril la véritable unité spirituelle entre chrétiens de nations... les implications pratiques et doctrinales étaient considérables.

 

Pierre et ceux qui suivaient son exemple, ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile (Ga12:ll-l4), Paul a donc affronté ce problème, car l'Eglise de Jésus-Christ était en péril.

 

En elle se manifestaient déjà les prmières atteintes d'un mal qui s'appelle aujourd'hui le pluralisme doctrinal, à savoir la tentative de faire cohabiter dans l'Eglise des convictions contraires l'une à l'autre sur point de doctrine fondamental.

 

Le pluralisme doctrinal a connu, dans notre XXe siècle, un prodigieux développement.

 

Il a de quoi plaire, puisqu'il prône la tolérance et plaide pour la paix, entre croyants tout au moins, quand la paix est un bien si rare autour nous.

 

Un raisonnement simple sous-tend cette approche :

 

«Je sais ce que je crois et je sais que l'autre croit tout autre chose que moi; mais cela ne fait rien. Le contenu de ma foi et de la sienne est, somme toute, secondaire; ce qui compte c'est d' être unis!"

 

... On accepte sur cette base une grande diversité en matière de convictions religieuses.

 

Personne ne doit être exclu...

 

Cette diversité n'a cependant rien à voir avec celle qui, selon les Ecritures, se manifeste dans l'unité entre les membres du corps de Christ.

 

Il s'agit, réalité, d'oppositions, de contradictions flagrantes sur des points fondamentaux d la foi.

 

On veut que cohabitent ceux qui nient la divinité de Christ et ceux qui l'affirment, ceux qui contestent la résurrection corporelle de Christ et ceux qui trouvent en elles leur raison d'espérer, ceux qui disent que tous les hommes seront sauvés et ceux qui acceptent l'enseignement de l'Ecriture qui dit le contraire, ceux qui croient que la Bible contient des vérités (et passablement d'erreurs) et ceux qui la reconnaissent comme «seule et infaillible règle de foi et de vie chrétienne», ceux qui affirment que le salut est une expérience politico-sociale et ceux qui le reçoivent comme une libération spirituelle du péché et de ses conséquences, en vue de la vie éternelle... etc.

 

Entre ces deux pôles d' affirmations contradictoires se déploie tout l'éventail des convictions religieuses.

 

Or, pour beaucoup de responsables religieux actuels, l'unité doit se vivre dans cette diversité.

 

Les contradictions ne doivent pas être regardées comme un obstacle à l'unité visible de ceux qui, de près ou de loin, se réclament du christianisme.

 

Cela conduit à une forme d'union dans l' équivoque la plus totale sur le plan du contenu de la foi.

 

A voir ce type d'unité entre des personnes qui annoncent «des évangiles» si différents sur tant de sujets vitaux, les incroyants ou les gens religieux non-convertis peuvent penser que le contenu de la foi n'a pas grande importance : erreur d'une évidente gravité, puisque c'est justement la connaissance de la vérité qui libère et sanctifie, selon les paroles du Seigneur Jésus lui-même (cf. In 8.32; 17 .17).

 

J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, dans les milieux religieux, on ne craint pas vraiment les risques d'un autre évangile... pas plus que les Corinthiens autrefois:  

 

Si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien. (2 Cor 11.4).

 

Aujourd'hui, il n'est pas simple de vouloir s'attacher à une seule foi.

 

Celui qui ose prétendre le faire suscite l'étonnement, s'attire la moquerie, parfois même des critiques sévères, car ceux qui réclament haut et fort «la tolérance» en matière doctrinale en manquent eux-mêmes souvent à l'égard de ceux qui demandent des bases doctrinales précises comme préalable à l'expression visible de l'unité entre églises.

 

Du temps de Paul, il n'était déjà pas facile de vivre l'unité sur des bases solides et claires.

 

Il écrivait aux Galates:  

 

Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Evangile (GaI 1.6). Avec fermeté, il ajoutait: Non pas qu'il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème! (Gall. 7 -8).

 

Dans sa lettre aux Romains, Paul avertissait:

 

Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux (Rom 16.17).

 

Les risques de dérapage doctrinal sont réels.

 

L' apôtre Jean écrivait:

 

Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas; Salut! car celui qui lui dit: Salut! participe à ses mauvaises oeuvres (2 Jn 9-11).

 

Il est donc des séparations, douloureuses, mais nécessaires, qui préservent l'unité véritable des croyants.

 

On ne mélange pas ténèbres et lumière, justice et iniquité, fidèle et infidèle, Dieu et les idoles, mensonge et vérité, Christ et Bélial, l'Eglise et le monde.  

 

C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, et séparez- vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant (2 Co. 6.14 à 7.1 ).

 

Ces derniers versets créent un malaise.

 

Chacun comprend assez bien ce qu'ils veulent dire, mais au sein d'un christianisme aux mille «chapelles», comment exercer le discernement pour préserver l'unité véritable et pratiquer les nécessaires séparations devant les déviations doctrinales de notre temps ?

 

Car il est certain que les difficultés rencontrées par les églises du premier siècle se retrouvent aujourd'hui.

 

Plusieurs textes indiquent même que la question de la fidélité doctrinale sera l'un des problèmes majeurs des églises des derniers temps.

 

Que fait-on alors avec cette affirmation de Paul : une seule foi?

 

D'une certaine manière, le Seigneur Jésus rencontre chez nous les mêmes réserves qu'il trouvait chez ses auditeurs devant les «duretés» de l'évangile, devant ses affirmations tranchées qui dérangent.

 

On se souvient de l'accueil accordé à son discours sur le pain de vie :  

 

Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter? (Jn 6.60)...

 

et, un peu plus loin, de la douloureuse question qu'il pose aux douze:  

 

Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? (Jn 6:67).

 

Quand Jésus dit (Mat 12:30): Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse...

 

quand il déclare qu'il y a deux chemins, deux portes, deux destinations, il souligne, en fait, qu'il faut faire le choix du chemin «resserré» de cette seule foi qui sauve.

 

L'unité passe nécessairement par la porte étroite, par le chemin étroit.

 

Il faut donc être unis, s'entendre sur l'essentiel; c'est une nécessité.

 

Le pluralisme doctrinal, tel que le conçoivent nos contemporains, est exclu.

 

Jésus n'a pas dit :

 

«Croyez ce que vous voulez, mais soyez unis!»

 

Il nous demande d'amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les paiens (Rom 1.5), et de rechercher dans l'Eglise l'unité de la foi (Eph 4.13), ce qui peut paraître bien étroit.

 

Mais quel critère retenir pour cette seule foi afin de vivre aujourd'hui l'unité chrétienne ?

 

La réponse n'est pas facile.

 

Viser pour exemple l'unité des «évangéliques» semble être un bon objectif dans la mesure où ces derniers devraient avoir en commun une foi authentiquement biblique.

 

Il faut reconnaître cependant que l'appellation «évangélique» n'est pas une «appellation d'origine contrôlée» !

 

Pour être honnête: c'est une appellation que nul ne contrôle.

 

Dans toutes les branches du christianisme on rencontre des personnes qui se disent (ou que d'autres considèrent comme) «évangéliques».

 

Si cela signifie qu'il y a, entre elles, des points communs, cela n'exclut pas la possibilité de différences doctrinales importantes.

 

L'étiquette «évangélique» recouvre en fait, dans la pratique, un véritable pluralisme doctrinal au sens où nous l'avons défini.
 

Elle s'applique en effet aussi bien à des personnes qui désignent du même mot «résurrection» , les unes une résurrection corporelle, qui concerne la personnalité de Jésus dans toutes ses dimensions, les autres une résurrection «spirituelle», dont la réalité se situerait au niveau de l' expérience faite par les disciples de la présence de Jésus dans leur souvenir.

 

On le voit bien: les mots n' ont pas toujours le même sens, et c'est vrai aussi du mot: «évangélique».

 

Une seule foi : s'entendre sur l'essentiel... Oui !

 

Mais, quand on a dit cela, qu'a-t-on réglé ?

 

Une parole de sagesse -qui sonne bien -a été avancée pour éclairer cette voie de l'entente sur l'essentiel:

 

«Sur le primordial: unité. Sur le secondaire : liberté. En tout: charité !»

 

Comment ne pas être d'accord avec cette approche si conforme à l'esprit de l'évangile ?

 

Cependant, il faut encore s'entendre sur la définition du primordial et du secondaire.

 

Il est difficile de trancher.

 

L'accord va-t-il se faire sur le plus petit dénominateur commun qui permette l'alliance la plus large, ou sur tous les détails, quitte à réduire l'unité... à une seule personne ?

 

Dans la Seconde Partie de la Bible, un texte évoque la possibilité que certains désaccords existent dans l'Eglise sans que pour autant son unité soit mise en péril :  

 

Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas (Phil 3:15-16). Eph 4 propose l'unité de la foi comme un objectif à viser pour l'Eglise, mais il est évident qu'il demeure en partie inaccessible, car il y aura toujours, entre les membres du corps local (et à plus forte raison, entre membres de communautés ou dénominations différentes), certains désaccords inévitables dans les convictions doctrinales.

 

L' apôtre Pierre évoque cette difficulté, quand il dit que dans les écrits de Paul, il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine. (2 Pi. 3.16)  

 

L'unité de la foi n'était donc pas un objectif facile pour l'Eglise primitive.

 

Mais ce que dit Pierre montre bien que cette difficulté ne doit pas nous décourager dans la recherche de l'unité de la foi.

 

Toute autre attitude, consciente ou non, conduit à la ruine, dit-il.  

 

Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. (2 Pi 3.17).

 

Si l'accord ne peut pas se faire sur tout, sur quels points est-il indispensable ?

 

Quelles sont les doctrines sur lesquelles doit se faire l'unité ? La réponse n'est pas simple.

 

Dans une étude sur le thème de l'unité, présentée lors du Congrès de Lausanne 1974, le professeur Henri Blocher a proposé cinq critères qui devraient nous aider à distinguer entre le primordial et le secondaire, critères dont l'application exige, de son point de vue, la reconnaissance préalable de l'entière autorité et de la parfaite inspiration des Saintes Ecritures.

 

Voici ces cinq critères:

 

I. Le critère biblique.

 

Quand on discute d'une interprétation, d'une doctrine biblique, «la place qu'occupe un sujet dans la Bible, et surtout la Seconde Partie, est un indice du poids que Jésus et ses apôtres lui donnaient. Bien entendu, l'importance d'une doctrine ne se mesure pas au seul nombre de versets qui l' exposent, mais même ce critère rudimentaire peut nous aider. La doctrine de l'expiation est partout dans l'Ecriture, comme le sang dans le corps, disait Vinet; elle est sûrement d'un tout autre rang que la prescription du voile pour les femmes, quelle que soit l'interprétation qu'on en donne, puisqu'on ne la trouve qu'en un seul passage» (1 Cor II).

 

Il. Le critère théologique.

 

«Plus les conséquences sont nettes et plus elles sont directes pour le coeur de la vérité évangélique, plus le point prendra de l'importance. Il y a des doctrines stratégiques. Si on y touche, tout s'écroule; et d'autres, périphériques: une divergence à leur sujet laisse intact le reste de l'édifice» (3).

 

On peut appliquer ce critère, par exemple, à la doctrine de la résurrection de Christ :  

 

Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votrefoi aussi est vaine. (1 Cor 15.14), ou à celle de la justification par la foi, sans les oeuvres de la loi, sinon vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce (Gal5:4- 6).

 

Par contre, il est possible de proposer diverses interprétations quant à la durée du mot «jour» dans Gen 1, sans remettre en cause le fait que la création est, en tout point, l'oeuvre prodigieuse du Dieu créateur.

 

III. Le critère pratique.

 

«Il faut considérer de même les conséquences non théologiques mais pratiques. Quels sont les enjeux pour l'organisation de l'Eglise, la vie spirituelle, les méthodes et le message d'évangélisation? (Pour bien en juger, il nous faut observer, mais cela ne suffit pas: certaines différences pratiques paraissent liées à un point de doctrine, alors qu'en réalité d'autres facteurs, cachés, les déterminent (sociologiques, personnels, etc. ). La question du baptême des enfants, qui n'est pas centrale théologiquement, a des conséquences pratiques assez considérables». (4)

 

IV. Le critère historique.

 

«Pour nous délivrer de l'étroitesse de nos horizons personnels, aucun secours ne nous est plus précieux que celui de nos frères et pères en la foi. Ils n'ont pas été infaillibles, mais nous devons respecter, apprécier la sagesse que Dieu leur a donnée, et en profiter. Nous risquons toujours de donner prise à l'ironie de Paul: Est-ce de chez vous que la Parole de Dieu est partie? Ou est-ce à vous seuls qu'elle est parvenue? (1 Cor 14.36). Ainsi nous voyons que tout au long de l'histoire de l'Eglise, jusqu'au XIXe siècle, les chrétiens n'ont pas pensé juste de se diviser à propos du millenium. La plus ancienne déclaration prémillénariste, après le temps apostolique, celle de Justin Martyr (vers 150), souligne que beaucoup d'autres chrétiens pensent autrement, qui appartiennent à la foi pure et pieuse. Serait-il sage d'être plus intolérant que lui ? Il a été suivi dans son attitude fraternelle par la plupart des générations chrétiennes. Il en va très différemment de la doctrine de l'eucharistie, pour laquelle on s'est divisé -à tort ou à raison, le fait pèse son poids». (5)

 

V. Le critère contemporain.

 

«Dieu a donné à sa Parole une clarté telle que l'essentiel du message ne peut pas échapper au lecteur respectueux et de bon sens. Lorsque des hommes de Dieu, scientifiquement compétents, et qui se veulent tout à fait dociles devant l'Ecriture, se trouvent en grand nombre dans les deux camps d'une controverse, nous pouvons présumer que l'objet du débat n'appartient pas au coeur absolument vital du christianisme. Ainsi de la doctrine de l' état intermédiaire, que nous croyons biblique: elle est contestée par certains théologiens évangéliques, ce qui laisse supposer qu'elle est secondaire.» (6)

 

'l'els sont les cinq critères qui peuvent nous aider à distinguer entre le primordial et le secondaire, afin d'arriver à l'unité de la foi sur les doctrines fondamentales, tout en reconnaissant la possibilité de divergences sur des points de détail, sur des doctrines qui ne seraient pas «stratégiques». (...)

 

Il est certainement utile de passer au crible des cinq critères précédents les questions de foi sur lesquelles il s'agit de bâtir l'union ou de justifier une désunion.

 

C'est un exercice à mener avec soin, car le contenu de notre foi est primordial à tous les niveaux de notre vie.

 

L' adversaire essaie toujours de discréditer la Parole de Dieu.

 

Semer le doute, faire défaillir la foi, voilà bien sa tactique, et l'abandon de la saine doctrine est l'un des objectifs qu'il recherche en ce qui nous concerne.

 

Depuis Eden, ce problème est malheureusement d' une brûlante actualité.

 

3.2.5 Un seul baptême

 

On peut s ' étonner de rencontrer le baptême dans cette liste de points d' union donnée par Eph 4.

 

Ce sujet n'a évidemment pas la même envergure que les autres affirmations contenues dans ces mêmes versets:

 

un seul Seigneur, une seule foi, un seul Dieu..

 

La Parole de Dieu est inspirée, et ce n'est pas par erreur que cette affirmation se trouve là.

 

L 'histoire s'est chargée de nous en montrer l'importance.

 

La façon de comprendre le baptême et de le pratiquer conduit à au moins deux types d'Eglises, deux types de chrétiens, deux façons de recevoir le Saint-Esprit et d'envisager le salut...

 

Il ne s'agit donc pas d'un point secondaire mais d'une question cruciale.

 

C'est autour de cette question que se définissent l'Eglise, sa nature, sa composition, son message même.

Le Seigneur Jésus a institué le baptême pour les disciples, pour ceux qui, de manière personnelle, mettaient leur foi en Christ pour le pardon de leurs péchés (Mat 28.18-20; Act 2.38-42).

 

Telle a été la pratique des disciples qui ont suivi de près l'exemple et les commandements du Maître.

 

Le baptême devait être une porte d'entrée visible dans l'Eglise.

 

Il devait être comme une frontière, le lieu où l'on passe du monde dans la communauté des rachetés.

 

Il devait être le symbole de la régénération, le signe extérieur d'une adhésion intérieure, de cour et d'esprit, au Christ, Seigneur et Sauveur.

 

Pour le nouveau converti, ce devait être une marque d' obéissance à son Maître, car le premier des commandements du Seigneur qui le concernait, une fois qu'il avait compris le salut, c'était justement de se faire baptiser pour témoigner de sa repentance et de sa foi en Jésus.

 

Très tôt, l'adversaire s'est attaqué au baptême, à sa signification originelle, à la façon de le pratiquer.

 

Il a tout fait pour que, peu à peu, en l'espace de deux ou trois siècles, le symbole de la régénération passe pour le moyen par lequel le Saint-Esprit opère cette régénération.

 

L'acte du baptême devenait efficace en lui-même, il devenait un sacrement que seuls des hommes revêtus d'une autorité particulière pouvaient administrer.

 

Cela changeait, bien sûr, la nature du baptême, mais aussi celle de l'Eglise.

 

Le baptême «symbole», confession de la foi du baptisé, n'est pas en lui-même indispensable au salut (le brigand repentant a pu s'en passer); il est de l'ordre du témoignage, de la mise en pratique de l'évangile en obéissance à un commandement du Seigneur.

 

Il est le geste par lequel le chrétien s'affirme comme disciple et est reconnu comme tel par ses frères.

 

Mais, du jour où on en fait un sacrement, il devient indispensable pour tous. (...)

 

Ainsi, l'unité des croyants ne peut s'envisager sans ces trois mots: un seul baptême.

 

Mais quand il s'agit d'appliquer ce principe aux relations inter- ecclésiastiques, on sent bien le problème.

 

Baptême des croyants et baptême des enfants sont deux pratiques radicalement différentes, pour ne pas dire oppo- sées.

 

Si nous sommes convaincus que le baptême biblique est le baptême par immersion des croyants, comment travailler sereinement avec des pédo-baptistes, dans un contexte où, pour évangéliser ensemble, il faudrait justement taire un élément important du message évangélique ?

 

Selon le livre des Actes, le message de l'évangile a pour but, non seulement d'orienter tout de suite le nouveau converti vers l'obéissance du baptême (Act 2.38,41 -voir aussi l'eunuque éthiopien, Saul de Tarse, Corneille, Lydie, etc), mais encore de lui faire découvrir le type d'Eglise dans laquelle il pourra persévérer dans la doctrine des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. (Act 2.42).

 

Point d'évangélisation biblique sans un but ecclésiologique clair.

 

Comment accréditer, par une collaboration entre églises de multitudes et églises de professants, une doctrine du baptême (et donc de l'Eglise) coupable d'avoir donné, des siècles durant, l'illusion du christianisme à des millions de gens ?

 

Seule la vérité libère.

 

Il faut donc rester en situation de pouvoir annoncer tout le conseil de Dieu ...y compris sur cette question du baptême des croyants.

 

L'unité chrétienne... Ce qu'elle est ...et ses limites (Suite et Fin)

Bible

Croix Huguenote

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commentaires

Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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