Le jonc croît il sans marais ?
Le roseau pousse-t-il sans humidité ?
Encore vert et sans qu'on le coupe,
il sèche plus vite que toutes les herbes.
Ainsi arrive-t-il à ceux qui oublient Dieu,
et l'espérance de l'impie périra.
(Job 8:11-13)
A quoi la religion du chrétien de nom ressemble-t-elle ? De quoi se nourrit-elle ? Que devient-elle ?
A quoi ressemble la profession de piété du chrétien de nom ?
Elle est comparée ici à un jonc qui sort du marais, à un roseau qui fleurit dans les eaux.
Cette comparaison comporte plusieurs points.
Premièrement, la religion du faux chrétien quelle que soit son étiquette dénominationnelle peut être comparée à un jonc par la rapidité avec laquelle elle se développe.
Il y a des conversions instantanées :
celle de Saul, sur le chemin de Damas, celle du geôlier de Philippes, quand soudement réveillé il s’écria :
“Que faut il que je fasse opur être sauvé ?”
Mais le développement intérieur des chrétiens n’est pas tout à fait si rapide.
Des jours de dépression profonde refroidissent lajoie ; de furieuses tentations troublent la paix ; leur vie spirituelle est mis en échec et ils connaissent la douleur.
Rien de pareil chez le chrétien de nom.
Une fois qu’il a fait profession d’être converti, le sentier pour lui est facile.
Il ne connaît pas les soupirs des autres sur leur corruption intérieure ; quand les vrais croyants parlent de luttes contre leur vieille nature, il est est étonné...
Le faux chrétien peut toujours prier et chanter sans entraves...
Les épaules des âmes vivantes sont meurtries sous leur fardeau ; mais une locomotive privée de sensibilité ne connaît pas la douleur...
Mauvais signe, mauvais signe, cher ami, si tu n’as jamais sonté ton coeur avec anxiété pour t’assurer qu’il ne te trompe pas...
Hélas ! Beaucoup se sont dit :
“Paix, paix ! Quand il n’y avait pas de paix.”
Comme le jonc sur le bord des eaux, le chrétien de nom pousse et fleurit promptement...
La maison du pharision, quoique bâtie sur le sable, peut se tenir ferme sans bouger, jusqu’à ce que l’inondation survienne ; mais la destruction en sera terrible, parce que les fondations n’ont coûté aucun travail.
Deuxièmement, le jonc est une plante creuse, vide et molle.
Quiconque n’en connaîtrait pas la nature croirait pouvoir s’en servir comme d’un bâton solide ; mais celui qui s’appuierait dessus tomberait certainement.
Il est beau aux yeux ; mais sans force.
Il en est de même du faux chrétien.
Il peut être de belle apparence, mais il n’y a en lui ni foi ferme, ni repentance véritable, ni union intime avec Jésus.
Il n’a jamais lutté avec l’ange ; jamais il n’a soupiré ni pleuré devant Dieu pour être délivré de ce qu’il craignait.
Cher(e)s ami(e)s, quel serait notre sort, si quelques uns d’entre nous devaient être trouvés creux comme des joncs du marais, quand Dieu viendra juger le monde !
Anciens membres du troupeau, diacres vénérés, prédicateurs éloquents de la Parole, pensez à votre position, si l’édifice de votre religion devait disparaître comme un songe !
C’est pourquoi, ayez autre chose qu’une simple profession de foi.
Ne soyez pas comme le jonc spongieux et mou.
Jonathan Edwards raconte que dans le grand réveil d’Amérique, il y eut des conversions de toutes sortes de gens ; mais pas une seule de ceux qui, quoique n’étant pas pieux, professaient de l’être.
Prenez donc garde de n’avoir que la forme extérieure de la religion, et d’être intérieurement vide et creux comme un jonc.
Une troisième remarque que suggère le jonc, c’est qu’il a, comme le chrétien de nom, la propriété de se courber.
Si le vent souffle du Nord, il s’inscline vers le Midi ; si la tempête vient du Midi, il se penche vers le Nord.
Le faux chrétien se courbe de même.
Il cède à la bonne influence d’une bonne société ; mais il reçoit aussi facilement celle d’une mauvaise compagnie.
Il est de toutes les opinions religieuses suivant les circonstances.
Le vicaire de l’église de Bray (Allusion à une chanson populaire anglaise) était catholique sous Henry VIII, protestant sous le règne suivant ; de nouveau catholique sous Marie Tudor, il redevint protestant sous Elisabeth et déclarait, malgré cela, avoir toujours été d’accord avec lui même.
Et c’était vrai. Car son but était sa position temporelle.
De telles girouettes n’ont pas un atome de l’étoffe dont on fait les martyrs.
Vos principes religieux sont sans valeur si vous ne pouvez pas les conserver partout avec vous, et s’ils ne sont pas votre plus cher trésor.
Quatrièmement, le jonc ne porte aucun fruit.
Personne ne s’attend à trouver des figues sur un jonc, ni du raisin sur un roseau.
Il en est de même du chrétien de nom. Il ne porte pas de fruit.
Le faux chrétien peut juste dire :
« Je ne m’enivre pas, je ne jure pas, je ne fraude plus, je ne mens pas, je ne travaille pas le dimanche. »
Sa religion est toute négative, le côté positif lui manque.
Qu’a-t-il fait pour le Christ ?
Peut-être a-t-il donné quelque argent comme aumône ; mais l’a-t-il fait pour Dieu ?
Y a-t-il dans sa vie quelque chose qui serve Christ ?
Il l’a prié ; mais est-ce pour satisfaire sa conscience ou pour plaire à ses auditeurs ?
Si c’est pour la gloire de Dieu et afin d’avoir communion avec Lui, il n’est pas chrétien de nom ; car celui-ci ne connaît pas les fruits de la repentance ; il ne recherche pas la sainteté, ni la communion avec Christ, en qui il n’a aucune plaisir.
Il n’a ni foi, ni joie, ni espérance, ni aucune ressemblance avec le Maître, il est sans fruit.
C’est pourquoi il est comme le jonc et non comme une plante que la main droite du Seigneur a planté.







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