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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 11:39
Source du Foyer Chrétien (2ème partie)

Le foyer selon le Cœur de Dieu,

(Suite & fin)

Croix Huguenote

 

 La famille Chrétienne dans laquelle les parents appartiennent au Seigneur est infiniment plus qu’un simple refuge bienfaisant.

 

C’est, au milieu d’un monde sans Dieu et sans Christ, un sanctuaire où les âmes précieuses des enfants sont gardées de son influence néfaste.

 

Le foyer chrétien est un abri sacré où Dieu et Christ sont reconnus, où Son Esprit habite, où Sa Parole brille comme la lampe de al maison et où l’Evangile est constamment proclamé, indiquant le chemin du ciel à tous ceux qui sont là.

 

Pour reprendre les paroles d’un Chrétien :

 

« C’est le centre de douces affections, où le cœur, instruit dans les liens que Dieu Lui-même a créés, et jouissant de ces affections, est préservé des passions et de la volonté propre.

Dans une telle ambiance, soigneusement entretenue, réside une force qui, en dépit du péché et de la confusion, réveille la conscience et engage le cœur, le gardant à l’abri du mal et de la puissance directe de l’Ennemi de nos âmes ».

 

Bien que le péché soit entré dans le monde et ait tout gâté, l’introduction de Christ dans ces relations de famille fait d’elles une sphère pour les opérations de la grâce et le déploiement actif de la vie divine que nous avons en Christ ; ainsi la tendresse, l’aide mutuelle et le renoncement à soi, exercés au milieu des difficultés et des peines que le péché a causées, donnent à ces relations un charme et une profondeur plus grands qu’ils n’auraient pu être connus dans l’état d’innocence en Eden.

 

Le foyer Chrétien est celui où l’on donne au Seigneur la place qui Lui revient et où tous les membres de la famille appartenant à Christ travaillent ensemble selon la Pensée de Dieu, où Son Amour, connu et versé dans le cœur, constitue l’élément dominant.

 

Là, la Parole de Dieu est lue et mise en pratique, bien qu’avec beaucoup de faiblesse peut être, et l’on y entend la prière et la louange.

 

L’atmosphère du Ciel y est respirée, et comme pour les enfants d’Israël, de tels foyers ont une céleste « lumière dans leurs habitations » (Exode 10,23), alors que tout autour d’eux est dans les ténèbres.

 

Tout vrai foyer chrétien reflète quelque chose de cette Maison Céleste vers laquelle nous nous dirigeons ; aussi se distingue-t-il aisément de ceux où christ, la Lumière des hommes, ne brille pas.

 

En Deutéronome 11/18-21, Dieu donne une magnifique description de ce qu’Il désire voir dans chaque foyer :

 

Vous mettrez dans votre cœur et dans votre âme mes paroles que voici. Vous les lierez comme un signe sur vos mains, et elles seront comme des fronteaux entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos fils et vous leur en parlerez quand tu seras assis dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. Alors vos jours et les jours de vos fils, dans le pays que l'Éternel a juré à vos pères de leur donner, seront aussi nombreux que les jours des cieux au-dessus de la terre.

 

Il veut que Sa Parole demeure dans le cœur des parents et soit liée pour signes sur leur mains.

 

Ils ont à enseigner continuellement cette Parole à leurs enfants et à l’écrire sur les poteaux de la maison et sur leurs portes.

 

L’attention de Dieu est présente sur chacun de ces foyers où l’Ecriture est aimée, mise en pratique et maintenue à sa vraie place.

 

Un tel foyer où tous vivent selon la Parole de Dieu et pour Sa Gloire est un morceau de ciel sur la terre.

 

En est il ainsi dans notre maison ? Sinon, qu’elle en est la raison ?

 

Mais cela n’est possible que lorsque la Précieuse Parole de Dieu est révérée par dessus tout par les parents et que la famille est dirigée selon Ses Préceptes.

 

Alors cette Parole sera pratiquement vue sur les poteaux et les portes, les enfants en seront nourris et marcheront dans la vérité.

 

Si les parents n’aiment pas la Parole de Dieu et ne marchent pas selon ses préceptes, comment peut on s’attendre à ce que leurs enfants l’aiment et s’y soumettent ?

 

Des portions de la Parole de Dieu étaient littéralement placées sur les portes, et liées sur les mains des Israélites, (de la même manière que se trouve toujours attaché aujourd’hui ce Commandement par le peuple Juif dans une grande majorité en Israël et à travers le monde).

 

Il est triste de voir des maisons de chrétiens munies du dernier confort, où se rencontrent une profusion d’objets d’art et de livres profanes n’ayant rien de mal en soi, ainsi que la tv, internet et la radio diffusant beaucoup plus les divertissements du monde, mais où là, la Parole de Dieu se trouve  …reléguée, peut entendue et …guère mise en pratique.

 

De telles maisons ne sont pas des maisons chrétiennes dans le sens vrai du mot.

 

Si nos maisons ne sont pas différentes de celles des non croyants qui nous entourent, il ne peut pas être dit en vérité que nous avons « la lumière dans nos habitations » ou que le Seigneur y a sa place.

 

Il en est de même si les disputes et la discorde caractérisent la maison au lieu de l’amour et des grâces de l’Esprit de Dieu.

 

 

R.K. Campbell,

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : “Le Foyer Chrétien”
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 11:33
Source du Foyer Chrétien (1ère partie)

Le foyer selon le Cœur de Dieu,

  Croix Huguenote

 

Quelles douces pensées ce petit mot « foyer » n’éveille-t-il pas dans l’esprit et quelles cordes ne fait il pas vibrer dans beaucoup de cœur humain !

 

Mais plus précieux encore pour tout enfant de Dieu le « foyer Chrétien » où Dieu est honoré et reconnu comme le Chef de la maison.

 

Bonté et Attention toute particulière de Dieu ayant établi le foyer familial selon Sa Pensée à l’égard de l’humanité.

 

Lorsque Dieu créa Adam et Eve et les unit dans le lien sacré du mariage, leur enjoignant de fructifier, de multiplier et de remplir la terre, Il instituait la première famille humaine, le premier foyer (Genèse 1 /27-28).

 

Cet auteur est Dieu Lui même.

 

L’unité de la famille est ce sur quoi repose normalement toute la structure sociale de l’humanité.

 

Et la maison, le lieu d’habitation de la famille, qu’il s’agisse d’une hutte ou d’un palais, en est le lieu fort et le refuge.

 

Aussi a t on entendu souvent dire que « le foyer est le rempart de la nation ».

 

Il est la base de tout l’édifice de la civilisation.

 

S’il disparaît, la nation tôt ou tard disparaîtra ; car celle ci n’est qu’un ensemble d’individus liés dans une relation de famille.

 

L’importance du foyer et de la vie familiale selon les pensées de Dieu apparaît ainsi d’emblée.

 

Nous vivons dans des jours où les principes de Dieu pour l’humanité sont mis de côté, et où le désordre et la corruption abondent comme cela est toujours le cas lorsque l’homme s’écarte de l’ordre selon Dieu.

 

L’amour libre, l’infidélité, le divorce et toutes les formes de volonté propre ruinent les familles et les foyers.

 

L’accent est mis sur la masse ou en certains endroits du globe terrestre sur l’Etat, au détriment de l’individu et de la famille.

 

Aussi est il nécessaire que notre attention soit attirée sur les principes et les desseins de Dieu pour nous, afin que nous ne soyons pas entraînés par le courant et que nous ne faillissions pas dans le maintien de vrais foyers.

 

Le foyer n’est pas simplement un lieu où nous mangeons et dormons, mais c’est le lieu d’habitation où se goûtent l’amour domestique, la vie de famille heureuse, le repos et le refuge.

 

Ce n’est pas la magnifique maison, ni le mobilier cossu, qui font le foyer.

 

C’est le bonheur, l’affection et les soins pleins d’amour trouvés dans le sanctuaire du cercle domestique donné par Dieu.

 

Ce qui fait le foyer si doux, si bon, si beau,

Ce ne sont pas les sièges, les livres, les tableaux,

Ni les objets placés pour le plaisir des yeux ;

Ce sont les joies sereines données par Notre Dieu,

Le rire de l’enfant, la joie des tout petits,

Le sourire d’une mère, le soir, à la veillée,

C’est cet amour profond dont la source est en Lui

Qui pénètre et remplit le foyer bien aimé.

 

Dans un monde de péché et de rébellion, le foyer est une grâce insigne qu’un Dieu Créateur plein de Miséricorde a donné pour exercer une influence bienfaisante et compensatrice, et constituer un havre temporaire face aux troubles et aux dangers de ce monde agité.

 

C’est l’abri miséricordieux que Dieu donne contre les tempêtes et les aspérités de la vie, contre la puissance effective de l’ennemi de nos âmes, « le chef du monde ».

 

Dans un tel monde, ce n’est pas peu de chose que d’avoir, au sein de la famille, le cœur formé par les affections naturelles implantées par Dieu dans l’homme.

 

Dans les soins que se rendent les membres de la famille, et dans l’exercice journalier du renoncement à soi-même, le détestable égoïsme du cœur naturel peut être réprimé et déjoué.

 

Alors les relations familiales d’obéissance et d’amour, et la pratique quotidienne de la soumission les uns aux autres nécessitées par ces relations, contrebalancent sainement cette racine de tout le mal du genre humain : la volonté propre et la désobéissance.

 

Tout ceci permet d’ouvrir notre maison au Seigneur, à Ses intérêts, à nos sœurs et frères, nos ami(e)s, nos voisins, à l’étranger, afin de ne pas garder ces bienfaits seulement pour nos intérêts égoïstes.

 

La Source du foyer Chrétien (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:44
Le Secret du Bonheur Ou la Combinaison Secrète...

Ma femme et moi avions été en vacances et, dans l'appartement où nous logions, il y avait un petit coffre-fort muni d'une combinaison à quatre chiffres, dans lequel on pouvait mettre ses valeurs.

 

Les valeurs étaient à l'intérieur.

 

La Bible dit que le bonheur aussi est à l'intérieur ; bien mieux, il est intérieur.

 

Mais encore faut-il connaître ou se rappeler la combinaison secrète, pour avoir accès à ces valeurs.

 

Dans la Bible, le bonheur, vu sous l'angle de l'accès au Royaume de Dieu, se résume par cette parole de l'apôtre Paul dans l'épître aux Romains ch.14 v.17 :  

 

"Le Royaume de Dieu ce n'est pas le manger et le boire", ce n'est ni l'abondance des biens, ni la goinfrerie :  

 

"Le Royaume de Dieu, c'est, c'est quoi ?

 

C'est "la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit".

 

En fait, tout ce que nous avons désiré dans notre vie : Paix, joie, justice, est là, dans le coffre du Royaume de Dieu.

 

Et pour ouvrir ce coffre, il y a, comme pour celui de nos vacances, une combinaison secrète à numéros qu'il faut connaître.

 

Et si vous ne connaissez pas la combinaison, même à 4 petits chiffres, vous pouvez passer toute votre vie à chercher, il est peu probable que vous trouviez, tellement il y a de possibilités.

 

Le Royaume de Dieu, sa joie, sa paix, sa justice, sont là à portée de main, et pour y avoir accès, il suffit de connaître la combinaison secrète.

 

Remarquez que certains s'y prennent autrement pour ouvrir un "safe" : Ils emploient la dynamite ou le chalumeau oxhydrique, pour faire sauter ou découper le coffre-fort ; mais ce n'est pas comme cela qu'on ouvre les portes du ciel.

 

La combinaison secrète, on la trouve dans le livre des Actes des Apôtres, qui est le livre d'aventure de la Bible.

 

Au chapitre 20, nous suivons "Paul le casseur, devenu apôtre" selon l'expression du pasteur Exbrayat.

 

Alors qu'il passait une dernière fois près de la ville d'Ephèse, il dit adieu à ses nombreux amis venus l'écouter, et il leur a récapitulé ce qu'avait été son ministère par ces mots :

 

"Je n'ai pas craint de vous prêcher, de vous enseigner publiquement et en privé, annonçant aux Juifs et aux Grecs, 1) la repentance envers Dieu et 2) la foi en notre Sauveur Jésus-Christ".

 

Nous avons ici les deux premiers chiffres de notre combinaison secrète, mais il en manque encore deux.

 

Aussi Paul va-t-il compléter sa pensée quelques chapitres plus loin, où il comparaît devant le roi Agrippa et le gouverneur Festus.

 

Il est entre-temps devenu un prisonnier, pour raison d'opinion dirait-on aujourd'hui.

 

Il est en route pour Rome où il comparaîtra devant le tribunal de l'empereur où il finira martyr de sa foi, condamné à avoir la tête tranchée.

 

Et là, à Césarée, devant le roi Agrippa et devant la crème de la haute société, il reprend et complète ce qu'il a dit devant ses amis d'Ephèse :  

 

"Roi Agrippa, je n'ai point résisté à la vision céleste, à ceux de Damas d'abord, puis à Jérusalem, dans toute la Judée, chez les païens (ce qui veut dire partout, sans distinction de classe) j'ai prêché 

1) la repentance,

2) la conversion à Dieu,

3) la foi en Jésus-Christ et

4) la pratique d'œuvres dignes de la repentance".

 

Ces deux textes donnent les 4 numéros gagnants qui vont nous ouvrir la porte du salut.

 

Je n'en connais pas d'autres.

 

C'est le résumé succinct de la prédication apostolique.

 

Nous allons donc voir ces 4 chiffres dans l'ordre.

 

I. La repentance envers Dieu.

 

Au XXIe° siècle, beaucoup disent : Nous avons dépassé ce stade !

 

La repentance, c'était bon pour l'Antiquité, pour le Moyen-âge, mais pas pour nous.

 

Notre société occidentale a depuis longtemps aboli l'esclavage, alors pourquoi parler de repentance ?

 

On a aboli le travail des enfants.

 

Il n'y a pas si longtemps, au début du siècle dernier, des enfants de 10 ans descendaient dans les mines de charbon, à –600, -800 mètres pour des journées de 12 heures de travail.

 

Un vieil ami qui est auprès du Seigneur à présent, m'a dit qu'à l'âge de 10 ans, on lui avait mis un marteau de 2 kilos dans les mains.

 

Mais tout cela est aboli, alors pourquoi parler de repentance ?

 

Nous avons proclamé l'égalité du citoyen devant la loi, devant l'impôt.

 

Pourquoi parler de repentance ?

 

La condition de la femme occidentale est enviable, si on la compare à ce qu'elle est dans les pays soumis à la pensée Coranique.

 

L'islam a-t-on dit, c'est le paradis des hommes, le purgatoire des femmes et l'enfer des bourricots !

 

Mais la situation de la femme occidentale, largement tributaire de l'enseignement de la Bible, est aux antipodes de l'autre.

 

Pourquoi encore parler de repentance ?

 

Les droits de l'homme ont été proclamés en 2 étapes, à la Révolution française et parachevés en 1945 ; alors pourquoi parler de repentance ?

 

Les éléments, les forces de la nature, ont été captés et domestiqués. L'homme a mis les pieds sur la lune. Quand l'homme est capable de s'élever dans le cosmos, pourquoi parler de repentance ?"

 

C'est vrai que nous avons évolué scientifiquement.

 

Nous avons beaucoup progressé socialement.

 

Mais nous n'avons pas évolué moralement ; nous sommes restés ce qu'étaient nos ancêtres, et l'homme du XXIe° siècle n'est en rien différent de l'homme des cavernes.

 

Son genre de vie a changé, mais son cœur, lui, n'a pas changé, et c'est la Bible qui le dit :  

 

"Les pensées du cœur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse" (Genèse 8 : 21).

 

Et la preuve, c'est que ce que l'apôtre Paul a rencontré de son temps, qui justifiait la prédication de la repentance, il les rencontrerait encore s'il revenait aujourd'hui.

 

a) Paul, de son temps, rencontrait le mensonge, qui est loin d'être un péché mignon, mais une grave violation de la loi de Dieu et qui conduit à la perdition, ceux qui s'y adonnent.

 

Cela justifiait la repentance.

 

Le mensonge est-il mis aux oubliettes aujourd'hui ?

 

Regardez le petit enfant qui naît et grandit dans une famille où on ne lui a jamais appris à mentir ; tout à coup, il ment, cela lui vient comme ça, spontanément.

 

Mais comme il n'est encore qu'un enfant, il ment mal, c'est-à-dire qu'il se fait tout de suite coincer.

 

Mais devenu homme, il va apprendre à mieux mentir, il va habiller son mensonge pour le rendre véridique, c'est-à-dire deux fois plus menteur.

 

Cela s'étend à tous les échelons des activités humaines ; même jusqu'à la façon d'écrire l'Histoire, cette discipline rigoureuse de laquelle on serait en droit d'attendre que le mensonge en soit exclu.

 

Par exemple, dans certains pays d'Europe, l'histoire de la dernière guerre à été écrite à leur façon ; puis, quand le régime a changé, on a réécrit l'histoire parce qu'elle avait été mal écrite la première fois.

 

Voilà ce qui justifie de nos jours la prédication de la repentance.

 

b) De son temps, l'apôtre Paul rencontrait la violence, et aujourd'hui les médias nous la servent à la pelle.

 

Certaines villes ne sont plus sûres le soir, au point que les forces de l'ordre y sont agressées.

 

Et il y a ce crime collectif qu'est la guerre.

 

N'oublions pas que la plus terrible de toute l'histoire de l'humanité a été perpétrée par l'une des nations les plus civilisées du monde.

 

La violence, la haine, la torture, sont comme naturelles au cœur de l'homme.

 

c) De son temps, Paul rencontrait l'immoralité.

 

Aujourd'hui elle est affichée partout.

 

Elle a envahi la rue, la mode, la littérature, les arts.

 

Les trois G de la langue française sont sur toutes les lèvres :  

 

Grivoiserie, Gaudrioles et Gauloiseries.

 

Il y a même jusqu'à certaines danses que l'on qualifie d'immorales.

 

La pornographie, l'échangisme, l'adultère, l'homosexualité ont envahi la rue, les films et la publicité.

 

d) De son temps, l'apôtre Paul rencontrait l'idolâtrie et elle n'a pas changé de ce qu'elle était autrefois.

 

Les Grecs et les Romains avaient 12 grands dieux, une quantité de demi-dieux et une kyrielle de petits dieux.

 

Et nous avons aussi nos dieux du 2I° siècle : Les dieux des stades, les dieux du show-business, les dieux de l'impureté sexuelle, sont vénérés comme jamais et on y sacrifie son temps, sa jeunesse, son argent, ses facultés.

 

Ne me dites pas que j'exagère : j'ai vu de mes propres yeux un reportage où une jeune fille parmi tant d'autres, suivait un chanteur de rock et au reporter qui les questionnait, elle a mis la main sur l'épaule de "son idole", elle s'est retournée et elle a dit : "Pour nous, il est une religion !"

 

On parle comme nos nouvelles divinités, on s'habille comme elles, on fait des effets de croupe ou des effets de buste, on se déhanche comme elles, on les copie : Ce sont nos dieux, les dieux de notre siècle.

 

e) De son temps, Paul rencontrait la superstition.

 

Où ne va-t-elle pas se loger aujourd'hui ?

 

Des millions de gens sont les adeptes inconditionnels de l'horoscope menteur et farfelu.

 

Un grand journal américain n'avait pas pu faire paraître son horoscope pendant plusieurs jours, pour des raisons que j'ignore.

 

Le bureau du journal a été submergé de dizaines de milliers de lettres de gens complètement désemparés, ne sachant plus comment conduire leur vie parce qu'ils n'avaient plus leur horoscope quotidien pour les diriger.

 

J'affirme que ce qui justifiait la prédication de la repentance autrefois, se justifie encore pleinement aujourd'hui, car s'inspirer de l'astrologie c'est aller consulter la parole de l'adversaire contre la Parole de Dieu.

 

Il y a quelques années, un groupe de Chrétiens anglais ont eu l'autorisation de se rendre dans une entreprise à l'heure du thé (ce qu'on appelle chez nous la pause-café !).

 

Ils ont eu 10 minutes pour parler au personnel rassemblé dans la cantine.

 

Aussi brièvement et succinctement que possible, ils ont annoncé l'évangile, suivi d'un court moment de questions.

 

Un leader syndicaliste a levé la main et a demandé la parole.

 

Il a dit à peu près ceci :

 

"Messieurs, c'est aimable à vous d'être venus nous parler, mais nous n'avons pas besoin de votre évangile. Nous avons des bons patrons, nous avons des bonnes paies, nous avons un bon travail, nous avons des bons locaux pour y travailler ; nous n'avons pas besoin de l'évangile."

 

Un des Chrétiens a simplement tendu le bras, pointé le doigt vers un endroit du mur de la cantine.

 

Tous les regards se sont tournés vers une affiche où il était écrit :

 

" Depuis l'ouverture de la cantine, des centaines de couteaux et de fourchettes ayant disparus, chacun est désormais prié d'apporter son propre couvert ".

 

Bien sûr qu'on n'a plus besoin de l'Evangile, seulement couteaux, fourchettes et couverts disparaissent.

 

Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, disait le sage Salomon.

 

Oseriez-vous partir en vacances en laissant la clef sur la porte de votre appartement ?

 

Et sans blâmer les autres, faisons-nous toujours le bien que nous voulons ?

 

Est-ce que nous évitons de faire le mal que nous ne voulons pas faire ?

 

La misère matérielle s'élimine peut-être, mais la source des larmes ne tarit pas.

 

Que de gens qui pleurent chez eux, en cachette derrière leurs murs !

 

Une vieille dame des Cévennes m'avait  dit :

 

"Avez-vous remarqué, Mr. Legrand, que les jeunes ne chantent plus aujourd'hui ?

 

Lorsque la plupart des maisons n'étaient pas équipées de salle de bain, on fréquentait les bains publics.

 

J'y suis allé une fois.

 

On m'avait dit :

 

"Vous entendrez tout le monde chanter ou siffloter sous la douche : "Je t'ai donné mon cœur, etc.… !"

 

Et c'était vrai.

 

Que reste-il aujourd'hui, non pas des bains publics, qui  n'existent plus, mais des chants, qui eux aussi ont parfois mystérieusement disparu.

 

On ne chante plus, ou si peu !

 

La tristesse s'est infiltrée dans les cœurs !

 

Qu'il était perspicace, notre bon Jean de la Fontaine, en nous racontant l'histoire du banquier et du savetier.

 

Ce pauvre savetier qui chantait toute la journée en réparant ses souliers, et qui enviait la richesse du banquier qui, un jour, lui fit cadeau d'une fortune.

 

Dès lors, tourmenté par le souci de ne pas perdre sa nouvelle fortune, notre savetier en perdit le sommeil et ses chansons, jusqu'au jour où il alla rapporter au banquier tout cet argent en lui disant :

 

Rendez-moi mes chansons !

 

Ainsi, la première condition de base du bonheur comme du salut, c'est la repentance :

 

"A moins que vous ne vous repentiez, vous périrez comme les villes de Sodome et Gomorrhe", a dit le Seigneur.

 

Et remarquez que lorsque Paul parle de repentance, il y apporte une précision, c'est la repentance envers Dieu.

 

Parce que lorsque nous commettons le péché, que ce soit envers le prochain ou envers nous-mêmes, ce péché rebondit et va jusqu'à Dieu.

 

La grandeur de l'homme est telle, que son péché ne va pas moins haut que le ciel.

 

D'ailleurs, quand le fils prodigue de la célèbre parabole, après avoir gaspillé le bien de son père dans une vie de débauche, est revenu à la maison il a dit :

 

"Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre Toi".

 

La vraie repentance s'exerce d'abord envers Dieu.

 

Se repentir c'est Lui avouer :

 

"Seigneur, oui je T'ai offensé par ma façon de faire, ma façon de penser et ma façon de vivre. Ce que j'ai pensé, ce que j'ai dit, ce que j'ai fait, je m'en repens".

 

Ainsi le numéro 1 de la combinaison secrète, c'est la repentance, d'abord envers Dieu et envers le prochain, si c'est le cas.

 

II. La Conversion

 

Après avoir dit : "J'ai prêché la repentance", Paul passe au deuxième point : La conversion.

 

Qu'est ce que la conversion ?

 

Autrefois, paraît-il, dans les armées on ne disait pas :

 

"Demi-tour à droite" ; on disait : Conversion à droite.

 

Qu'est ce que la conversion ?

 

C'est un demi-tour.

 

Alors qu'on allait dans une direction, la conversion c'est aller dans la direction opposée.

 

C'est aussi simple que cela.

 

Nous avons gardé ce mot dans notre vocabulaire moderne, et nous avons des exemples très parlants.

 

C'est ainsi qu'on parlera d'un atelier qui a été "converti" en supermarché.

 

J'ai connu à Bruxelles un cinéma qui s'était converti en salle de réunions Chrétienne.

 

Ca, c'est une authentique conversion !

 

Ainsi la conversion c'est un changement d'usage, un changement d'attitude ou un changement de cœur.

 

L'apôtre Paul l'a très bien expliqué quand il écrivait aux convertis de Thessalonique :  

 

"On sait comment vous vous êtes détournés des idoles à Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai".

 

La conversion, c'est cela ; c'est se tourner de quelque chose à quelqu'un et pour quelque chose.

 

La nécessité de la conversion nous est imposée par le Seigneur quand il a dit :  

 

"A moins que vous ne vous convertissiez, vous n'entrerez pas dans le Royaume de Dieu".

 

C'est là une des conditions "sine qua non" du salut.

 

Quelqu'un va peut-être se poser la question :

 

Comment moi, puis-je me convertir ?

 

Je suis né dans une famille chrétienne, j'ai grandi dans un pays dit chrétien, j'ai suivi la filière d'une église dite chrétienne ?

 

Je ne vois pas comment je peux me convertir !

 

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on ne devient pas chrétien par la naissance, par le baptême, par l'imposition des mains, par la communion, par la religion.

 

Ces choses sont peut-être bonnes en elles-mêmes, mais elles ne sauvent pas.

 

On devient chrétien par la conversion ; et la conversion, c'est autre chose.

 

Un jour, Jésus est entré en contact avec un professeur de religion, un théologien de renom, un des hommes les plus considérés de Jérusalem, un certain Nicodème.

 

Et c'est à lui précisément que Jésus a dit :

 

"Nicodème, il te faut naître de nouveau".

 

Ce qui a plongé notre prélat dans la plus extrême perplexité.

 

Il avait suivi la filière de sa religion, la meilleure du monde à l'époque, et voici que Jésus, d'une seule phrase, remettait tout en question :  

 

Si un homme ne naît de nouveau il ne peut ni voir ni entrer dans le Royaume de Dieu.

 

 

J'admets que la conversion et la nouvelle naissance sont deux choses différentes, mais elles sont tellement apparentées et liées entre elles que, pour ne pas compliquer je ne les sépare généralement pas.

 

Quand Jésus a dit à Nicodème - cet honnête homme qui n'avait rien à se reprocher - qu'il devait cependant naître de nouveau, celui-ci a dit :  

 

"Mais comment cela peut-il se faire ?"

 

Il n'y comprenait rien !

 

Il était né dans le pays de la promesse, avec la religion révélée directement par Dieu à Moïse ; il l'avait suivie scrupuleusement, il l'avait étudiée, il l'enseignait aux autres, il faisait de son mieux ; il avait, dirait-on aujourd'hui, accès aux sacrements.

 

Qu'est ce qu'il pouvait faire de plus ?

 

Et malgré tout cela le Seigneur doit lui dire :

 

"Nicodème, si tu ne te convertis pas, si tu ne nais pas de nouveau, tu ne peux pas entrer dans le Royaume de Dieu".

 

Pour lui c'était la bouteille à encre.

 

Je paraphrase ici les explications du Seigneur.

 

Il lui dit ceci :

 

"Nicodème, ce qui est né de la chair est chair ", ce qui veut dire : Ce qui est né de la chair reste chair ; une naissance physique reste ce qu'elle est : Un agglomérat de cellules physiques.

 

Vingt ou cinquante ans plus tard, ce sont toujours les mêmes cellules qui se sont multipliées.

 

Ce qui était chair 20 ans ou 50 ans plus tôt, c'est toujours la chair.

 

Or Dieu, en parlant de cette naissance purement physique, a dit que la chair et le sang n'héritent pas du Royaume de Dieu. (1 Cor.15 : 50)

 

C'est-à-dire que je ne peux pas être sauvé par la naissance naturelle.

 

Il faut une nouvelle naissance, il faut une conversion par le Saint Esprit.

 

Il doit se produire un changement, parce que les lois du Royaume de Dieu ne sont pas les lois de la terre et des hommes : Ce sont des lois spirituelles, elles sont de Dieu, elles viennent d'En-Haut.

 

Et je ne peux pas les pratiquer avant que ma nature profonde ne soit changée.

 

Il faut naître de nouveau, il faut se convertir ; et si ce changement ne se produit pas, nous pourrions connaître, même aimer Jésus-Christ selon la chair avec nos sentiments naturels, et être perdu.

 

C'était le cas de Pierre.

 

Pierre avait marché avec le Seigneur pendant trois ans, et dans un moment difficile il a été jusqu'à lui dire :

 

"Seigneur, quand tout le monde t'abandonnerait, moi je ne t'abandonnerai pas "

 

Il était sincère !

 

Il croyait à sa capacité naturelle à être fidèle au Seigneur.

 

Mais Jésus lui a dit :  

 

"Le coq ne chantera pas deux fois que tu ne m'aies renié trois fois !"

 

Et nous savons que Pierre, malgré sa bonne volonté et les bons sentiments de sa nature charnelle, a fini par renier le Seigneur ; et la troisième fois avec imprécations, c'est-à-dire qu'il a pris le ciel à témoin qu'il ne connaissait pas le Seigneur.

 

L'apôtre Paul avait fait la même expérience, quoique sur un autre plan.

 

Il a dit :

 

"Si nous avons connu Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus de cette façon-là".

 

La conversion, c'est connaître Jésus d'une façon nouvelle, d'une façon personnelle.

 

Pour beaucoup, Jésus, c'est un personnage historique, c'est quelqu'un qui a vécu il y a très longtemps, qui est né dans une crèche, qui a fait des choses extraordinaires, qui était le Fils de Dieu, qui est mort sur une croix pour les péchés du monde, qui est remonté au ciel et qui reviendra un jour pour juger les vivants et les morts.

 

Mais ça, c'est une connaissance purement intellectuelle qui n'apporte rien.

 

Jésus, à ce stade, n'est encore qu'un personnage historique.

 

Mais connaître Jésus d'une façon nouvelle, comme le dit Paul, c'est le connaître, non pas comme celui qui a vécu et qui est mort pour tous, mais qui est mort pour moi !

 

Et je vous assure que tout change quand je comprends que le condamné à mort, c'était moi ; que le salaire du péché c'est la mort, et que, parce que j'ai péché, je suis un condamné à mort.

 

Et voici que le condamné à mort, ça a été Jésus qui m'a remplacé.

 

Il a pris ma place dans la condamnation, pour que moi je sois sauvé.

 

C'est ça, la nouvelle façon de le connaître.

 

Il est mort et ressuscité pour moi.

 

Une nouvelle relation s'installe entre Lui et moi, il devient le Sauveur et le Maître de ma vie, Celui avec lequel je peux converser aujourd'hui, avec qui je peux avoir une relation personnelle.

 

Et les exemples de conversion ne manquent pas dans la Bible.

 

Le plus évident c'est Saul de Tarse qui, sur la route de Damas, va rencontrer le Seigneur, qui va s'abîmer dans la repentance et qui va s'écrier :  

 

"Qui es-tu Seigneur ?"

 

Il va s'entendre dire :

 

"Je suis Jésus, que tu persécutes".

 

Et tout va basculer pour ce Saul de Tarse, qui va devenir l'apôtre Paul.

 

"Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?", demandera le geôlier de la prison de la ville de Philippe sur le point de se suicider.  

 

"Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé", a été la réponse.

 

Ainsi, la conversion c'est une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, et ces lignes n'ont d'autre but que celui-là : Vous faire rencontrer Jésus.

 

Moi aussi j'ai dû le rencontrer personnellement.

 

Ça s'est passé, non pas dans une cathédrale, mais dans ma chambre à coucher, à genoux, au pied de mon lit, dans les larmes où j'ai prié :

 

"Seigneur, aie pitié de moi et sauve- moi !"

 

Et ça s'est fait sur le champ.

 

Pour entrer dans le bonheur du salut de Dieu, vous devez aussi faire cette rencontre.

 

"J'ai prêché la repentance, j'ai prêché la conversion".

 

C'était les deux premiers chiffres de la combinaison qui ouvre la porte du Royaume de Dieu, qui est, je le répète : Bonheur, paix, joie, et justice.

 

III. La Foi en Jésus-Christ.

 

C'est le troisième élément de la combinaison secrète.

 

Quelqu'un va peut-être dire :

 

"Mais qu'est ce que la foi en Jésus-Christ vient faire ici ?"

 

C'est exactement la question que je me suis posée à l'aube de ma conversion.

 

Si je regrette le mal que j'ai fait, me disais-je, si je me détourne de mes péchés, est ce que ce n'est pas suffisant ?

 

N'est-ce pas suffisant de se repentir ?

 

N'est-ce pas suffisant de faire demi-tour, de prendre un autre genre de vie ?

 

Mais pas du tout !

 

Supposons qu'un jeune garçon passe dans une des rues piétonnes et commerçante de votre ville, accompagné de son père qui vient de lui acheter un magnifique ballon de football, contre la promesse d'en prendre soin et surtout de ne jamais jouer avec dans les rues.

 

Promesse faite !

 

Fier comme Artaban avec son ballon tout neuf sous le bras, le gamin se contente d'abord de le faire rebondir par terre.

 

Mais saisi d'une fièvre footballistique subite, oubliant sa promesse et se prenant tout à la fois pour Pelé, Platini ou Ronaldo, et croyant maîtriser sa frappe, il tape un grand coup de pied dans le ballon et "Boum", dans la vitrine du charcutier !

 

La vitre vole en éclats et voilà le ballon de football et les débris de verre dans l'étalage parmi les boudins, les pâtés, les saucisses, les andouillettes et la choucroute garnie !

 

Voyez maintenant la scène : Le charcutier sort les deux poings sur les hanches, avec la mine des mauvais jours.

 

Le garçon s'écriera peut-être :

 

"Oh Monsieur, comme je regrette ! Je vous demande pardon, Monsieur ! Je ne l'ai pas fait exprès, je vous promets que je ne le ferai plus jamais et pour vous prouver ma sincérité, je vous laisse mon ballon de football !"

 

Vous croyez que ça va se passer comme ça ?

 

Et pourtant il y a la repentance ; il y a les :

 

"Je n'aurai pas dû ; j'ai fait le fou, je ne me suis pas dominé, j'ai fait ce qui est mal, j'ai cassé la vitrine et gâché la marchandise, j'ai confessé ma faute, j'ai demandé pardon, je ne recommencerai plus !"

 

Oui mais…. Et la casse ?

 

Et la vitrine ? Et la marchandise ?

 

Et le travail que ça va donner et ce que ça va coûter ?

 

Vous comprenez que regretter et même corriger son point de vue et son erreur, ne suffit pas.

 

La facture sera salée, il faudra la régler et qui va payer ?

 

Pas le gosse, il ne peut pas le faire.

 

Quelqu'un d'autre devra le faire pour lui.

 

Prenons un autre exemple : Vous êtes commerçant, vous avez fait faillite.

 

Une faillite due à des mauvaises affaires, à une mauvaise gestion.

 

Vous avez déposé le bilan.

 

Vos fournisseurs attendent d'être payés et le tribunal de commerce vous a donné un délai de six mois pour rembourser.

 

Est-ce que vous pouvez tirer un trait sur le bilan négatif ?

 

Est-ce que vous pouvez tourner la page, puis vous tourner vers vos fournisseurs à qui vous devez de l'argent et leur dire :

 

"Messieurs, fort de mes expériences du passé, je me refais une nouvelle conduite commerciale, je repars sur de nouvelles bases, livrez-moi un nouveau stock de marchandises ! "

 

Vous croyez qu'ils vont marcher dans la combine ?

 

Et le passif ? Et les sommes dues ?

 

Il faut les payer !

 

Et si vous ne les payez pas, vous allez vous retrouver au tribunal, où cette fois-ci les choses vont se gâter pour de bon.

 

Eh bien, c'est exactement notre situation.

 

Moralement parlant, nous avons fait une mauvaise gestion de notre vie.

 

Devant la loi de Dieu nous avons fait faillite.

 

Nous avons mal géré l'emploi de notre temps ; nous avons mal géré l'usage de nos mains ; nous avons mal géré nos sentiments ; nous avons mal géré nos pensées, nos paroles et nos actes.

 

Nous avons fait faillite, et cette dette, il faudra la payer.

 

Mais comme elle est trop grande et que nous ne pouvons pas la payer, Jésus-Christ l'a payée pour nous.

 

Je vais dire une phrase terrible que j'expliquerai ensuite :

 

La croix du calvaire, où le Fils de Dieu est pendu par les mains et par les pieds, et où il s'écrie :  

 

"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?",

 

ça a été la plus grande faillite du monde.

 

Pourquoi ?

 

Parce que notre faillite était mise à son compte.

 

Ce n'était pas la sienne, sa vie était parfaite.

 

C'est la nôtre qu'il portait, c'est la nôtre qu'il payait de sa vie parfaite.

 

Il en a réglé le montant total.

 

Et sa réussite nous est mise en compte.

 

Et tout ce que Dieu demande pour que notre faillite lui soit attribuée et que son excellence nous soit mise en compte, c'est la foi au Seigneur Jésus-Christ.

 

Il ne demande qu'une chose, avec la repentance et la conversion, c'est la foi au Seigneur Jésus ; c'est de croire qu'à la croix il a porté la plus terrible faillite du monde, la nôtre.

 

Et si vous croyez de tout votre cœur qu'il vous a aimé jusque-là, alors vous serez sauvé.

 

Et cette confiance (foi) au Seigneur, est le seul moyen de nous mettre au bénéfice de ce salut qu'il a payé si chèrement et si complètement.

 

La foi en Jésus-Christ, c'était le troisième chiffre de la combinaison secrète.

 

IV. La pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Après avoir dit :  

 

"J'ai prêché la repentance, j'ai prêché la conversion, j'ai prêché la foi en Jésus-Christ", Paul nous livre le quatrième et dernier chiffre du code secret :

 

"La pratique d'œuvres dignes de la repentance".

 

Voyez-vous, les choses invisibles, pour être vraies, doivent avoir une répercussion visible.

 

Or la repentance, la conversion et la foi, ce sont des choses qui se situent dans le domaine de l'âme, de l'esprit.

 

Ce sont des choses qui ne se voient pas, qui ne sont pas palpables.

 

Et pour qu'elles soient vraies, c'est-à-dire avoir une contrepartie visible, il leur faut une dernière touche, la quatrième :

 

La pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Souvenez-vous qu'un jour, le Seigneur s'est trouvé confronté aux pharisiens, qui lui amenaient une femme prise en flagrant délit d'adultère, et qu'ils se proposaient de lapider.

 

Nous savons comment le Seigneur a traité cette chose.

 

Il lui a dit : "Je ne te condamne pas".

 

Il pouvait le dire, car la condamnation à mort qui pesait sur cette femme, il allait la prendre à son compte en mourant à sa place sur la Croix.

 

Mais il ne s'est pas arrêté là, il s'est tourné vers cette femme et il a ajouté :  

 

"Je ne te condamne pas non plus, va et ne pèche plus !"

 

Ca, c'est la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Dans l'épître de l'apôtre Paul à Tite, on lit au chapitre 2 v.11 :

 

" La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété, aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent sobrement, justement et pieusement".

 

C'est la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

La vie de l'apôtre Paul en a été l'exemple, elle a été le reniement de ses œuvres passées.

 

Lui qui respirait la haine et le meurtre, a écrit ce monument de l'amour qu'est 1 Corinthiens 13 !

 

Zachée, petit par la taille, mais grand contrôleur en chef des impôts, monte sur la branche maîtresse d'un sycomore, pour voir passer le Seigneur, qui l'aperçoit et lui dit :

 

"Zachée, il faut qu'aujourd'hui, je demeure chez toi".

 

Il est descendu, il a ouvert toutes grandes les portes de sa maison. Jésus est entré et Zachée a dit cette parole surprenante : "

 

 Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres. Et si j'ai fait du tort à quelqu'un et qu'il peut le prouver, je lui rends, selon la loi, quatre fois autant".

 

Ça veut dire tout simplement que la fortune de Zachée était le fruit d'un esprit de rapine et d'impositions abusives, qu'il mettait dans sa poche.

 

Et en se convertissant, il restitue ce qu'il a volé.

 

C'est la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Au chapitre 19 du livre des Actes, des sorciers, des devins et des magiciens, réagissent favorablement à la prédication de l'évangile et se convertissent à Jésus-Christ.

 

De l'occultisme le plus profond, ils croient à la parole de Dieu.

 

Et ils ont chez eux des livres magiques, des livres d'occultisme.

 

Ils prennent tous ces livres, les apportent sur la place publique, ils les rassemblent et ils en font un autodafé, un bûcher sur lequel ils brûlent le tout.

 

Si vous regardez bien le texte, l'ensemble de ces livres valait 50.000 pièces d'argent, c'est-à-dire la valeur de 50.000 journées de travail.

 

Chacun de ces livres représenterait aujourd'hui le prix d'une Mercédès de luxe, une véritable fortune.

 

Ils n'ont pas dit :

 

"On va les vendre et donner cet argent à l'église".

 

Non ! Argent maudit que l'argent de ces livres ou ustensiles d'occultisme dévoués à Satan !

 

Par conséquent ils les brûleront publiquement.

 

C'est cela, la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

J'ai dû faire comme eux, quelque temps après ma conversion, parce que je n'étais pas éclairé sur le sujet.

 

Dans ma bibliothèque il y avait des livres qui n'étaient pas digne qu'un chrétien possède.

 

J'ai fait la sélection et j'en ai aussi fait du feu : C'est ça, la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Et aujourd'hui encore, quand le Seigneur entre dans un cœur, il donne la force d'être devant le facteur des Postes :

 

"Ce chiffon de papier avec ses tendances porno qui m'est apporté toutes les semaines, je m'en désabonne".

 

Chiffon de papier, au feu ! C'est la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Un Prédicateur était aux arènes de Harringay à Londres pour une grande campagne où beaucoup de gens se sont convertis.

 

Un soir, dans cette grande foule, deux hommes, "par hasard", se sont trouvés côte à côte sans s'être jamais rencontrés auparavant, et ils se sont découvert des atomes crochus.

 

C'était deux moqueurs qui étaient venus pour rire de la religion.

 

Et en effet, au début, pendant le chant de la chorale, la prière d'introduction et les annonces, ils se sont moqués, à voix assez haute pour être entendus de ceux qui étaient proches.

 

Quand le Prédicateur  a commencé à prêcher, ils se sont calmés et ils ont écouté toute la prédication silencieusement.

 

Et à la fin, quand l'orateur a demandé à ceux qui le voulaient accepter Christ dans leur vie comme leur Sauveur, de se convertir à Lui et de s'avancer, un des deux s'est tourné vers l'autre et lui a dit :

 

"Je ne sais pas ce que vous allez faire, mais moi j'ai compris, je m'avance ce soir".

 

Il s'est levé pour s'avancer, et à c'est alors que l'autre l'a retenu par le veston et lui a dit :

 

"Je vous accompagne, Monsieur, voici votre portefeuille !"

 

Vous avez compris ?

 

C'était un pickpocket qui se convertissait ; et parce qu'il se convertissait à Jésus-Christ, il faisait restitution comme Zachée le publicain.

 

Comme lui il y a eu de la repentance, de la conversion et de la foi en Jésus-Christ ; il passait à la pratique d'œuvres dignes de la repentance.

 

Vous aussi il vous faut rendre ce qui ne vous appartient pas.

 

Vous allez peut-être vous récrier :

 

"Mais que voulez-vous que je rende ? Je n'ai jamais rien volé à personne !"

 

En êtes-vous si sûr ?

 

Qu'en est-il de votre vie, êtes-vous sûr que vous ne l'avez pas dérobée à Dieu ?

 

Car Dieu est le vrai propriétaire de votre vie, et comme beaucoup, comme moi qui écris ces lignes, vous en avez détourné l'usage à votre profit personnel.

 

Votre vie, il faudrait la rendre à son vrai propriétaire.

 

C'est l'occasion de le faire et de lui dire dans cette courte prière que je mets à la première personne du singulier pour que, en cet instant, en terminant cette lecture, vous puissiez la faire vôtre en la répétant dans votre cœur :

 

"Seigneur, ma vie, je l'ai vécue pour moi, uniquement pour moi. Jamais je n'ai eu une pensée sérieuse pour toi, ou si peu, tout au plus une petite prière à la sauvette quand je croyais en avoir besoin. Il n'y a pas dans mon cœur la paix, la joie, et la justice de ton Royaume. Tu me dis de me repentir, je me repens. Seigneur, tu me dis de me convertir, de prendre une autre direction dans ma vie. C'est d'accord, je prends cette autre direction. Tu me dis de croire en Ton Fils, et je crois. Je crois que la dette de mon péché je ne peux pas la payer ; je crois qu'il l'a payée de sa vie donnée à la Croix. Tu me demandes que ce soit vrai dans ma vie de chaque jour. Eh bien, Seigneur, ce sera vrai ! A partir d'aujourd'hui, ma vie chrétienne sera vraie. Elle commence en cet instant et elle sera vraie, je m'y engage ! "

 

Voilà, je vous ai livré le secret du bonheur.

 

Il est dans le coffre du salut éternel, inaccessible autrement que par sa combinaison secrète.

 

Maintenant que vous la connaissez, votre bonheur éternel est à portée de main et dépend de vous.

  Fernand Legrand

fernand Legrand

 

 

 

Bible

Croix huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source : Info Bible
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:26
Donne moi ton coeur ou Dieu demandant le coeur de l'homme (5ème et dernière Partie)

DONNE-MOI TON COEUR

ou

DIEU DEMANDANT

LE COEUR DE L'HOMME

 (par Adolphe Monod)

(Suite de la 4ème partie et fin)

 


« Mon Fils, donne-moi ton coeur.

(Prov. XXIII, 26.)



 Quand Jésus, « fatigué du chemin »et assis près de la fontaine de Jacob , dit à la Samaritaine :

 

« Donne-moi à boire, »

 

Quel est celui de vous qui n'envie à cette femme le privilège de pouvoir donner à son Sauveur un verre d'eau froide pour étancher sa soif ?

 

Mais vous n'aurez rien à lui envier, si, par le don de votre coeur, vous répondez à cet autre « j'ai soif, »plus profond et plus spirituel, qui lui échappe sur la croix où il meurt pour vous.

 

Quand Jésus dit à Zachée :

 

« Descends, car il faut que je demeure aujourd'hui chez toi, »

 

Quel est celui de vous qui n'envie à Zachée le privilège de recevoir son Sauveur dans sa maison et de lui prodiguer tous ses soins ?

 

Mais vous n'aurez rien à lui envier, si vous ouvrez votre coeur à ce même Sauveur, qui vous dit aujourd'hui :

 

« Je me tiens à la porte, et je frappe : si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. »

 

Quand Jésus succombe sous le pesant instrument de son supplice, qui de vous n'envie à Simon de Cyrène le privilège de porter quelques instants pour son Sauveur cette croix, sur laquelle il va bientôt « porter nos péchés en son corps? »

 

Mais vous n'aurez rien à lui envier, si vous êtes de ceux dans lesquels il recueille « le fruit du travail de son âme, »et si votre coeur fait partie de ce « butin précieux qu'il partage avec les puissants, pour avoir livré son âme à la mort. »

 

Et quand ce même Jésus, déjà crucifié et a peine ressuscité, dit à Pierre :

 

« Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? »

 

Quel est celui de vous qui n'envie à l'apôtre tombé, mais relevé, le privilège de verser dans les plaies qu'il a faites pour sa part au corps et à l'âme de son Sauveur, « l'huile et le vin »de sa repentance et de son amour?

 

Mais vous n'aurez rien à envier à l'apôtre lui-même, si, d'un coeur qui vole comme le sien au-devant de la question de son Maître et du vôtre, jaloux de causer quelque joie à celui auquel vous causâtes tant de douleurs, vous pouvez lui dire à votre tour :

 

« Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. »

 

Que s'il y a ici quelqu'un qui sente autrement là-dessus; quelqu'un qui, à la place de la Samaritaine, eût refusé le verre d'eau froide; quelqu'un qui, à la place de Zachée, eût tenu sa porte fermée; quelqu'un qui, à la place de Simon de Cyrène, eût laissé la croix sur les épaules où elle était; quelqu'un qui, à la place de Pierre, eût répondu - autrement qu'il ne répondit

 

Eh bien ! il ne sera que conséquent avec lui-même en résistant à l'invitation de mon texte, et en continuant de refuser son coeur au Dieu de Jésus-Christ qui le demande.

 

Le refuser ! et pourquoi ?

 

Quand vous le lui aurez refusé, ce coeur qu'il demande, qu'en ferez-vous ?

 

Pensez-y, qu'en ferez-vous?

 

Car il faut en faire quelque chose; il faut le donner à quelqu'un; quand vous voudriez le garder pour vous seul, vous ne le pourriez pas : à qui donc le donnerez-vous?

 

Voyez, parlez, expliquez-vous : osez vous lever et me dire en faveur de quel objet plus digne vous dérobez à Dieu ce coeur qu'il réclame ?

 

0 cieux ! soyez étonnés et séchez d'horreur,dit l'Éternel; car mon peuple a fait deux maux : ils m'ont abandonné, moi la source des eaux vives, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne peuvent point contenir d'eau (*28). »

 

Oh ! que voilà bien notre indigne histoire, que voilà bien le sanglant outrage que nous avions fait par le passé, et que vous feriez vous même au Dieu vivant et vrai si tel est votre refus et rejet !

 

Avec un coeur qui a besoin de se donner - avec un coeur prompt à se donner à la créature qui le demande - à la créature même qui ne l'a pas demandé - que sais-je?

 

Peut-être à la créature qui n'en veut pas - vous voici, mendiant, de porte en porte, un asile pour ce coeur, ici déçu, là repoussé, toujours agité et inquiet.

 

Malheureux ! Et vous avez près de vous le Dieu de Jésus-Christ qui le demande, qui le sollicite, qui l'attend !

 

Pour expliquer le crime, l'énormité d'un tel renversement, il faudrait une simplicité qui manque à notre christianisme abâtardi.

 

Qu'un de ces Bassoutos transportés tout à coup « des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie et de la puissance de Satan à Dieu, »dont un pieux missionnaire nous racontait la touchante histoire, me prête sa voix: :

 

« Dieu a dit au soleil d'éclairer, et il a éclairé il a dit à l'herbe de germer, et elle a germé il a dit aux rivières de couler, et elles ont coulé ; il a dit à l'homme : Aime-moi, et l'homme a refusé d'obéir !»

 

Mais que fais-je depuis le début de mon texte ?

 

Je recueille les raisons les plus fortes, je choisis les expressions les plus touchantes, je presse, je conjure.

 

Qui, et de quoi ?

 

Dieu, de pardonner à l'homme pécheur et de lui rendre son coeur, trop justement aliéné de nous ?

 

Non, mais l'homme pécheur de donner son coeur au Dieu de Jésus-Christ; au Dieu dont ce coeur a faim et soif; au Dieu qui nous a donné tout le sien; au Dieu qui semble avoir besoin du nôtre pour compléter sa félicité d'amour.

 

Eh ! N'est-ce pas prendre un soin superflu ?

 

Hélas ! craignons plutôt que ce ne soit prendre un soin inutile.

 

Il y faudrait des raisons plus décisives encore, des expressions plus touchantes encore, des instances et (les supplications plus pressantes encore - on plus d'un de ces pécheurs pour lesquels je parle va sortir d'ici tel qu'il y était entré, répondant à Dieu qui lui dit :

 

« Donne-moi ton coeur, »

 

sinon, je ne veux pas, du moins, je ne peux pas, même pensée exprimée seulement avec plus de ménagement; ou bien, ce qui est moins compromettant, lie répondant rien, secouant la prière de Dieu de dessus ses épaules fatiguées, et impatient d'éteindre dans les occupations ou dans les entraînements de la vie la lueur importune qui vient de se faire jour dans le fond de son âme...

 

Mais non, demeurez.

 

Nous pouvons ne nous revoir jamais.

 

Deux mots encore.

 

Je vous les dis comme un homme qui peut mourir aujourd'hui, a des hommes qui peuvent mourir aujourd'hui.

 

Sachez du moins qui vous êtes, et connaissez-vous enfin vous-mêmes.

 

Vous n'avez pas besoin pour cela d'attendre le jugement de la grande journée, où « les livres ouverts »dévoileront le secret des coeurs : c'est un coeur tout dévoilé, tout jugé, qu'un coeur froid pour Dieu.

 

Encore s'il était froid pour tout; mais non : vif pour tout le reste, vif pour la famille, vif pour le monde, vif pour l'argent, vif pour la convoitise, froid pour Dieu seul.

 

Froid, c'est trop peu dire : avec le Dieu de Jésus-Christ, l'indifférence ne va jamais seule ; avec ce Dieu vivant, qui seul remplit notre coeur, l'indifférence est folie, avec ce Dieu miséricordieux qui nous a donné son coeur, l'indifférence est ingratitude; avec ce Dieu incarné qui sollicite notre coeur, l'indifférence est impiété point de milieu avec le Dieu de Jésus-Christ, entre l'amour et l'inimitié.

 

Or, l'inimitié de Dieu, savez-vous ce que c'est ?

 

C'est l'enfer, tout ensemble prouvé et justifié c'est l'enfer sur la terre, en attendant que ce soit l'enfer dans l'enfer.

 

« Ennemis de Dieu, » voilà ce qlue vous êtes, je le dis après l'Écriture; reculez d'effroi, si vous le voulez, mais sondez-vous, et vous serez d'accord avec moi.

 

On est indifférent avec Dieu, pourquoi ?

 

Parce qu'on est las de son service; las de ses commandements las de ses importunités; las peut-être de son amour.

 

Cette lassitude, qu'est-elle autre chose que de l'inimitié secrète?

 

Encore une fois, ennemis de Dieu, voilà ce que vous êtes - je veux dire ce que vous avez été - ce que vous ne voulez plus être - ce que déjà vous n'êtes plus, si je lis bien dans vos coeurs !

 

Oh ! mon frère, oh ! ma soeur, donnez aujourd'hui au monde, en attendant que vous le donniez à l'univers au jour du jugement, le seul spectacle moral plus beau que celui d'un ange saint qui n'a jamais cessé d'aimer Dieu, le spectacle d'un pécheur, d'ennemi devenu ami; d'un saint Pierre, naguère apostat, à qui Jésus dit :

 

« M'aimes-tu ? »et qui répond : « Tu sais que je t'aime; »

 

D'une Marie-Magdeleine, possédée naguère de sept démons, à qui Jésus dit:


« Marie,et qui répond : « Rabboni ! »

 

Oui, soyez ce saint Pierre, soyez cette Marie : vous le pouvez, si vous le voulez.

 

L'homme refuse tous les jours le coeur de Dieu, mais Dieu ne refusa jamais le coeur de l'homme.

 

Ce n'est pas pour le refuser qu'il le sollicite, qu'il le réveille, qu'il le touche : voulez seulement, et vous le donnerez - voulez, et vous l'avez déjà donné...

 

Entourez-le, cet enfant prodigue reprenant le chemin de la maison paternelle, frères aînés, qui y êtes rentrés avant lui.

 

« Prévenez-le par amour; », encouragez ses pas chancelants encore !

 

Surtout, ah ! surtout, épargnez-lui le scandale de votre profession morte, et sachez bien si vous-mêmes avez donné véritablement vos coeurs à Dieu !

 

Et toi, qui le vois « quand il est encore bien loin, » Père éternel, sors au-devant de lui! et tandis qu'il répand dans ton sein son humble confession :

 

« Mon Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils,»

 

qu'il sente battre ton coeur de père contre son mur de fils, et qu'il entende sortir de ta bouche ce cri paternel :

 

« Mon fils que voici était perdu, mais il est retrouvé ; il était mort, mais il est ressuscité ! »

 

Amen.

 

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

Bibles041

-Arthus Croix Huguenote

 

 

 


-28. Jér. II, 12.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:25
Donne moi ton coeur ou Dieu demandant le coeur de l'homme (4ème Partie)

DONNE-MOI TON COEUR

ou

DIEU DEMANDANT

LE COEUR DE L'HOMME

 (par Adolphe Monod)

(Suite 3ème Partie)

 


« Mon Fils, donne-moi ton coeur.

(Prov. XXIII, 26.)


 

Christ est mort pour nous : pour vous, pour moi, pour nous tous.

 

Pour nous, saints, dociles, fidèles ?

 

Non, mais pour nous, pécheurs, rebelles, ennemis, qui ne vivions que pour l'offenser, et qui l'avons attaché par nos crimes à cette croix où il les vient expier.

 

Pour nous, du moins, pénitents, croyants, priants ?

 

Non, mais pour nous, impénitents, incrédules, « sans Dieu et sans espérance au monde,» qui n'avons commencé de nous douter de notre injustice et de notre péril, qu'en apprenant à quel prix Dieu nous a rachetés de l'une et retirés de l'autre.

 

« Est-ce là la manière d'agir des hommes(*19) ? » et que sont « nos voies auprès des voies» de cette grâce toute gratuite, et « nos pensées auprès de ses pensées ?»

 

0 miséricorde ineffable !

 

Mais me suivez-vous?

 

N'ai-je pas à craindre de ne pas trouver en vous ce coeur simple et ouvert que trouva en Zinzendorf son tableau ?

 

Vos notions de Dieu et de sa justice, de vous-mêmes et de vos péchés, de Jésus et de son oeuvre, sont si confuses et si incertaines, que ce qui perce le coeur du jeune réformateur ne vous apparaît peut-être, à vous, que comme une histoire apprise dès l'enfance, et qui ne vous parle plus qu'un langage effacé.

 

Eh bien ! si votre sentiment est à ce point émoussé et votre lumière obscurcie, rapportez-vous en à d'autres, j'y consens.

 

Tournez le dos à la croix, et lisez l'amour que Dieu vous y donne dans les impressions qu'elle produit sur des témoins plus capables de le comprendre et de l'apprécier.

 

Rapportez-vous-en au seul apôtre qui ait suivi le crucifié jusque-là, pour ne pas dire à l'Esprit de Dieu qui l'inspire :

 

« En ceci est manifesté l'amour de Dieu envers nous, que Dieu a envoyé son Fils unique au monde en propitiation pour nos péchés (*20). »

 

Rapportez-vous-en aux élus glorifiés, qui chantent le cantique :

 

« Tu as été mis à mort, et tu nous as rachetés à Dieu par ton sang, de toute tribu, langue, peuple et nation. (*21

 

Rapportez-vous-en aux anges saints, qui se courbent sur cette charité divine, comme les chérubins sur l'arche, et qui désespèrent d'y pouvoir « regarder jusqu'au fond (*22).»

 

Rapportez-vous-en à la nature - inanimée, que ce spectacle anime : à ces rochers qui se fendent, à cette terre qui rend ses morts, à ce soleil qui se couvre, à ce jour qui se change en nuit, à ce voile du temple qui se déchire, comme si tout l'ordre des choses humaines et divines était bouleversé.

 

Mais plutôt, rapportez-vous-en au Crucifié lui-même, marchant vers sa croix :

 

« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. »

 

Et que ne puis-je, avec vous, remonter à la source première de l'amour révélé au monde par la croix, reculer jusqu'avant les siècles, pénétrer dans ces sanctuaires impénétrables où se tiennent les conseils du Dieu fort (*23), et vous faire assister à cette délibération du Père, du Fils et du Saint-Esprit, où la rédemption de l'homme tombé est résolue dès les temps éternels, et l'oeuvre d'amour partagée entre le Père qui nous appelle, le Fils qui nous rachète, et l'Esprit qui nous sanctifie (*24) !

 

Anges du ciel, présents dans les assemblées de l'Église (*25), parlez :

 

N'est-il rien venu jusqu'à vous de ce conseil d'amour?

 

Aucune parole, aucune pensée, aucun rayon échappé, qui pût révéler le don de Dieu à ces coeurs que rien n'a pu toucher encore ?

 

Que si les lois qui président à nos rapports avec vous, tandis que nous sommes renfermés dans ce corps mortel, ne vous permettent pas de porter du ciel en terre les nouvelles de cette délibération divine, venez, que je vous donne à porter de la terre au ciel la nouvelle d'une autre délibération, tout humaine, mais aussi merveilleuse pour le moins !

 

Allez dire aux intelligences célestes que, tandis que j'annonce ici, d'accord avec vous, avec l'Écriture, avec la vérité de Dieu et avec la conscience de l'homme, l'amour d'un Dieu qui a envoyé son Fils au monde, il y a là, devant moi, un pécheur perdu qui délibère avec lui-même s'il doit ou non donner son coeur au Dieu qui lui a donné son Fils; qui attend, pour se déterminer, qu'il ait pu se soustraire à l'entraînement d'une parole trop maîtresse de lui ou trop peu maîtresse d'elle-même, et qui pourra vous dire demain à quel parti il s'est arrêté.


Allez le dire - et vous qui trouvâtes si souvent la terre incrédule à ce qui vient du ciel, vous allez trouver, pour la première fois, le ciel incrédule à ce qui -vient de la terre !

 

« Donne, mon fils, ton coeur à moi; »à moi, qui te le demande.

 

Qui te le demande si je ne voulais ici que défendre les droits de Dieu sur ce coeur qu'il demande, il me suffirait de vous rappeler que c'est lui qui l'a fait, et qu'en le demandant, il ne demande qu'un bien qui vient de lui.

 

Je disais tantôt que le Dieu de Jésus-Christ a commencé de nous donner son coeur dans la création; il a fait plus, il l'a mis en nous.

 

L'amour, qui est la plus belle définition de Dieu, est aussi le plus beau don que Dieu ait fait à l'homme: si la créature est aimante, c'est parce que le Créateur est amour.

 

Et qui donc a les premiers droits sur cette puissance d'aimer, sinon celui qui l'a déposée en nous avec son image ?

 

Quoi ! cette énergie de dévouement, cette chaleur d'affection, ce besoin de communion, tous ces sentiments à la fois si vifs et si tendres, par lesquels il s'est, non seulement montré, mais peint au dedans de nous, seraient pour tout le monde excepté pour lui?

 

Arrière cet égarement impie et cet excès d'ingratitude !


Mais plus il serait odieux, moins je crois nécessaire de m'y arrêter.

 

C'est une considération plus délicate que j'ai à vous présenter ici, et je veux faire appel en finissant à ce qu'il y a de plus sensible et de plus intime dans le coeur de l'homme.

 

Quand Dieu se présente devant vous et vous dit

 

« Donne, mon fils, ton coeur à moi; »

 

Quand il reconnaît en vous un coeur à donner, et qu'il vous invite, passez-moi l'expression, à lui accorder la préférence, ne vous semble-t-il pas que les rôles sont intervertis par une condescendance infinie ?

 

Que vous entendez aujourd'hui comme une prière de Dieu, qu'il appartient à l'homme d'exaucer; et que vous êtes appelés, pour la première fois, à faire quelque chose pour celui qui a tout fait pour vous ?

 

Loin, loin de nous, faut-il le dire?

 

Toute pensée qui pourrait porter la moindre atteinte à la grandeur infinie, à la félicité immuable de ce Roi des rois, qui n'a pas besoin de l'homme pour le servir, ni du fils de l'homme pour lui venir en aide !

 

« Le Tout-Puissant reçoit-il quelque plaisir si tu es juste, ou quelque avantage si tu marches dans l'intégrité? »

 

Mais la grandeur de Dieu, après tout, n'est pas une grandeur d'insensibilité, ni la félicité de Dieu une félicité froide et impassible.

 

Le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu vivant, en qui se meut un esprit d'amour et de sympathie.

 

Or, cet amour, cette sympathie, quel moyen avons-nous de nous les représenter que de transporter en Dieu les sentiments analogues qui sont dans l'homme, en les dégageant d'avec tout ce qui est du péché et de la chair, pour ne retenir que ce qui est essentiellement vivant et personnel ?

 

Aussi bien, Dieu lui-même nous encourage à saisir ses traits dans ceux de, l'homme qu'il a fait à sa ressemblance, lorsqu'il se révèle partout à nous sous le nom de Père.

 

Et comment concevoir un père, sans un coeur paternel ?

 

Mon texte est tout pénétré de cette pensée : Dieu s'y compare si véritablement à un père que l'on ne sait proprement si c'est un père terrestre ou le Père céleste qui parle.

 

Et celui qui dit ici : « Donne, mon fils, ton coeur à moi, »est aussi celui qui dit ailleurs dans le même chapitre :

 

« Mon fils, si ton coeur est sage, mon coeur, oui, mon propre coeur s'en réjouira. »

 

Mais ce touchant langage est faible auprès de ces magnifiques paroles d'un prophète, qui dépassent tout ce que j'aurais osé dire, et où l'on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, de la beauté du langage ou de la tendresse du sentiment:

 

« L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, le Tout-Puissant, ton libérateur; il se réjouira sur toi d'une grande joie; il se taira à cause de son amour; il s'égayera sur toi avec chant de triomphe (*26)... »

 

Toutefois, en contemplant ce prodige d'amour, un Dieu Créateur et Sauveur qui demande le coeur de sa créature pécheresse et perdue, craignons, comme Moïse devant le buisson ardent, d'approcher de trop près.

 

Sans prétendre lever sur la nature divine un oeil téméraire, reposons nos regards sur ce Dieu qui s'est fait homme tout exprès pour se mettre à notre portée, et contemplons le coeur du Père au travers du coeur humain de ce Fils qui nous a dit lui-même:

 

« Celui qui m'a vu a vu mon Père (*27). »

 

Eh bien ! pouvez-vous vous figurer Jésus impassible à la vue du pécheur pénitent qui vient lui donner son coeur ?

 

Impassible !!!


Lui, qui se compare au bon berger, s'en allant après sa brebis perdue jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée, et trouvée, la mettant sur ses épaules, bien joyeux, et de retour dans sa maison, appelant ses amis et ses voisins, et leur disant :

 

«Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé ma brebis qui était perdue ! »

 

Cette joie, ne voulez-vous pas la lui donner ?

 

(Suite)


 

.-19. 2 Sam. VII, 19.

-20.1 Jean IV, 9, 10.

-21Apoc. V, 9.

-22. 1 Pierre I, 12.

.-23. Ps. LXXIII, 17.

-24. 1 Pierre, I, 2.

-25Éph. III, 10; Luc XV, 7, 10; 1 Cor. XI, 10.

.-26. Soph. III, 17.

-27. Jean XIV, 9,

 

bible

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:24
Donne moi ton coeur ou Dieu demandant le coeur de l'homme (3ème Partie)

DONNE-MOI TON COEUR

ou

DIEU DEMANDANT

LE COEUR DE L'HOMME

 (par Adolphe Monod)

(Suite de la partie 2)

 


« Mon Fils, donne-moi ton coeur.

(Prov. XXIII, 26.)


 

On vous dit : « Vous êtes obligé d'aimer cette personne,» et votre coeur peut ne pas se rendre; il peut même éprouver une tentation de résistance, par le secret plaisir qu'il trouve à constater sa liberté.

 

On vous dit encore : « Cette personne est digne de tout votre amour, »et tout en reconnaissant les droits qu'elle a sur vous, votre coeur peut se sentir retenu, comme en dépit de lui, par un défaut de sympathie naturelle.

 

Mais qu'on vous dise : « Cette personne vous a aimé de l'amour le plus tendre; sans calcul d'intérêt, ni même de retour, elle a hasardé pour vous sa fortune, sa santé, sa vie, »et voici votre coeur gagné du premier coup, par l'horreur instinctive que l'ingratitude inspire à la conscience humaine, même irrégénérée.

 

Cette condition n'est jamais complètement réalisée par la créature, soit parce qu'elle ne trouve pas plus en vous, que vous en elle, tout ce qu'il faut à un coeur si grand, soit parce qu'il y a en elle, aussi bien qu'en vous, un fond de froideur, d'égoïsme qui mêle la recherche du moi jusqu'aux dévouements les plus abandonnés.

 

Mais Dieu l'a remplie, pleinement remplie; car, si vous demandez ce qu'il est, saint Jean vous répond:

 

« Dieu est amour; »


Et si vous demandez ce qu'il a fait, le même saint Jean vous répond dans le même endroit:

 

« Dieu vous a aimés le premier. »

 

Voilà ce qui brise le coeur, quand le coeur a cru à l'Évangile, c'est-à-dire à la bonne nouvelle de l'amour de Dieu en Jésus-Christ; et ce qui fait les chrétiens à la saint Jean, passez-moi l'expression, c'est de pouvoir dire avec saint Jean :

 

« Nous avons connu, et nous avons cru l'amour que Dieu a pour nous (*14). »

 

Cet amour de Dieu, se donnant lui-même, se donnant le premier, se donnant sans réserve, vous le verriez partout et toujours, si vous aviez des yeux pour voir; mais voulez-vous le trouver déclaré tout entier ?

 

Suivez l'apôtre de l'amour en Golgotha; car c'est devant la croix qu'il a écrit ce que je viens de vous lire.

 

Quelqu'un a dit: « Dans la création, Dieu nous montre sa main; dans la rédemption, il nous donne son coeur. »

 

Sans doute, cette antithèse a quelque chose de forcé que je réclame en faveur de la création.

 

NON ! Le coeur de Dieu n'est point absent de la nature.


Il palpite dans les mouvements de l'âme humaine, dans les battements du coeur maternel, dans le fruit précieux d'une terre féconde, dans les pluies du ciel et dans les saisons fertiles, et jusque dans la faim des petits oiseaux apaisée(*15).

 

Et que serait-ce donc, ô Dieu ! Qui est amour, si au lieu d'assujettir la création à la vanité (*16), » l'homme l'avait laissée telle qu'elle est sortie de tes mains !

 

Aussi bien, le Dieu Sauveur n'est autre que le Dieu Créateur, et la rédemption n'a pu nous prodiguer d'amour que ce que la création en tenait enveloppé dès le commencement.

 

Mais il est très vrai que les marques d'amour que Dieu nous a données dans la création pâlissent auprès de celles qu'il nous a données dans la rédemption, comme les feux de la nuit s'éteignent pour nous dans la clarté du jour, sans lui céder en réalité et nous ne ferons qu'imiter l'exemple de saint Jean, de tous les apôtres, en allant droit à la croix de Jésus-Christ, pour vous montrer

 

« quel amour le Père nous a témoigné, »

 

ou, selon une traduction plus littérale, « quel amour « le Père nous a donné. »

 

L'expression est étrange, je l'avoue; je comprends que nos versions aient hésité à la transporter dans notre idiome exact et timide; et pourtant, je le regrette.

 

Le mot donner, ce mot favori de l'Évangile, ne se remplace par aucun autre ; et si saint Jean l'a choisi, c'est qu'il a vu dans l'amour de la croix plus qu'un sentiment qui se déclare.

 

Il y a vu un coeur qui se donne !

 

Ma Chère Lectrice, Mon Cher Lecteur, vous êtes-vous jamais placé, sérieusement, devant la croix de Jésus-Christ ?

 

Vous êtes-vous jamais demandé, ce que Dieu vous a donné d'amour dans cette heure mystérieuse où retentit, au travers de l'espace immense et des siècles éternels, ce cri de l'amour qui s'immole :

 

« Tout est accompli ? »

 

On dit que le pieux réformateur des Moraves datait sa consécration à Dieu d'un jour que, traversant une galerie ornée de tableaux, il s'arrêta par hasard (« je parle selon les hommes ») devant un tableau où l'on voyait le Seigneur Jésus expirant sur la croix, avec ces mots écrits au-dessous :

 

« Voilà ce que j'ai fait pour toi; et toi, qu'as-tu fait pour moi ? »

 

La pensée de ce que Dieu nous a donné sur cette croix, contemplée pour la première fois sérieusement, lui gagna ce jour-là le coeur de Zinzendorf, et par son coeur toute sa vie.

 

Oh ! si ce discours pouvait être pour vous le tableau de Zinzendorf !

 

Et pourquoi ne le serait-il pas?

 

Pourquoi ne compterais-je pas avec vous sur la vérité de l'Évangile, sur l'Esprit de Dieu, sur votre coeur, si vous en avez un ?

 

Pas de peinture oratoire des souffrances de votre Sauveur, pas d'appel pathétique à une sensibilité nerveuse; le fait, le simple fait de la rédemption, parlant à votre sentiment, à votre raison, de ce que vous a donné le Dieu qui vous demande votre coeur :

 

« Dieu signale son amour envers « nous en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous (*17). »

 

Christ est mort pour nous; je n'en veux pas davantage.

 

Christ : Ce Fils de Dieu, son Fils unique et bien-aimé cet autre lui-même, « en qui il a mis tout « son plaisir; »

 

Ce Dieu devenu homme pour se donner sans empêchement à l'homme - qui nous dira son vrai nom?

 

Qui nous dira sa gloire adorable ? Qui nous dira son tendre rapport avec le Père ?

 

Qui nous le dira, quand les séraphins eux-mêmes se voilent la face de leurs ailes pour se dérober à l'éclat de sa majesté (*18)?

 

Pour nous, quand nous aurons essayé de concevoir l'amour le plus exalté, le plus sanctifié, du père le plus aimant pour le fils le plus aimable, et cet amour gravissant en silence une montagne de Morija, comment nous dissimuler que tout cela est autant au-dessous de la mystérieuse réalité que la terre est au-dessous du ciel, et l'homme au-dessous de Dieu?

 

0 don ineffable !

 

Christ est mort : cette mort, ce cruel déchirement du corps, qui vient à peine en mémoire auprès de cette amertume de l'âme, plus cruelle mille fois; ce fardeau de tous les péchés du genre humain pesant sur une seule tète, et cette tête seule innocente ; cette malédiction de Sinaï fondant avec toutes ses terreurs sur « l'Agneau - de Dieu, »et relevée tout à la fois par la sainteté humaine de la victime et par sa grandeur divine.

 

Quelle mort terrestre en pourrait approcher, quelle sympathie terrestre y répondre., quelle imagination terrestre la concevoir?

 

Et quand vous aurez tâché de rassembler en esprit tout ce que vous avez éprouvé, connu, entendu, rêvé de douleurs dans l'humanité, que deviendra cette goutte d'eau dans l'abîme d'angoisse où retentit ce cri lamentable :

 

« Mon Dieu, « mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? »

 

0 sacrifice ineffable !

 

(Suite)


bibleetmains


 

-14. Jean IV, 16.

.-15. Ps. CXLV.

-16 Rom. VIII, 20.

-17. Rom, V, 8.

-18. Ésaïe VI, 2.

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:23
Donne moi ton coeur ou Dieu demandant le coeur de l'homme (2ème Partie)

DONNE-MOI TON COEUR

ou

DIEU DEMANDANT

LE COEUR DE L'HOMME

 (par Adolphe Monod)

(Suite de la première partie)

 


« Mon Fils, donne-moi ton coeur.

(Prov. XXIII, 26.)


Pour lui, donner son coeur à Dieu, « ce coeur d'où procèdent les sources de la vie, » ce n'est pas seulement une obligation de la piété, c'en est le fond même, c'en est le commencement, le milieu et la fin.

 

C'est le caractère non équivoque d'une conversion véritable.

 

Vous me dites qu'un homme a cru à l'Évangile de grâce : c'est bien.

 

Mais y a-t-il cru d'une foi vivante ? qu'il fait une profession irréprochable ?

 

Mais cette profession est celle sincère ? qu'il tient une conduite exemplaire devant ses semblables ?

 

Mais cette conduite est-elle sainte devant Dieu ? qu'il est à la tête des oeuvres chrétiennes ?

 

Mais y apporte-t-il un esprit chrétien ?

 

Mais dites-moi qu'il a donné son coeur à Dieu : toute autre question est superflue ; la foi, les oeuvres, la grâce, la sainteté, la nouvelle création, tout est là.

 

Eh bien ! ce tout de l'Évangile, vous qui ne l'avez pas, et qui sentez en vous-même qu'il vous manque (car c'est vous seul que j'en veux faire juge), il s'agit de savoir aujourd'hui si vous voulez enfin vous en mettre en possession.

 

Je ne m'arrête pas à vous demander si vous croyez à l'inspiration des Écritures, à la vérité de l'Évangile, à la divinité de Jésus-Christ, à la grâce qui réside en lui : je n'en ai pas le loisir, ni ne pense en avoir besoin.

 

La religion résumée dans le coeur donné à Dieu, cela est si simple, si beau, si vrai, que ces quatre mots :

 

« donne-moi ton coeur, »

 

contiennent une apologétique tout entière.


Qui ne sentirait pas battre dans cet appel le coeur du vrai Dieu, serait un homme sans coeur, sur lequel tous nos discours seraient perdus.

 

Mais vous qui avez un coeur, et qui entendez Dieu dans mon texte, placez-vous sans distraction devant la question pratique qu'il soulève, et dites si vous voulez donner votre coeur au Dieu de Jésus-Christ.

 

Et à, qui donc le donnerez-vous, si vous ne le lui donnez ?

 

« Donne, mon fils, ton coeur à moi : » à moi, en qui seul ton coeur peut se reposer, et à qui il aspire sans le connaître.

 

Mélange incompréhensible d'incrédulité et de foi, le coeur irrégénéré a toujours, comme la ville d'Athènes, un autel élevé « au dieu inconnu, » qu'il « cherche comme en tâtonnant quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous, puisque c'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons, et que nous sommes. »

 

Eh bien, ce Dieu inconnu est celui que je vous annonce, » comme saint Paul aux Athéniens.

 

Tout ce que votre coeur réclame pour se donner sans réserve, et qui, manquant à toutes les créatures, l'a empêché de se donner ainsi à aucune d'elles, il le trouve dans le Dieu de Jésus-Christ, sans qui il ne verrait jamais ses besoins satisfaits.

 

Que dis-je? Sans qui il n'en serait jamais bien éclairci, car ce Dieu vivant les satisfait et nous les révèle tout à la fois.

 

Prenez, entre les créatures, ce que vous connaissez de plus aimable et de plus aimé.

 

N'est-il pas vrai que vous ne pouvez essayer de vous livrer à son amour, sans trouver bientôt une barrière qui arrête' impitoyablement l'élan de votre coeur, et qui semble vous dire, avec un défi amer :

 

« Tu viendras, jusqu'ici, tu n'iras pas plus loin ? »

 

Pourquoi cela? C'est que cette créature est mortelle.

 

Pas un jour au matin duquel vous n'ayez sujet de vous dire :

 

« Elle peut m'être enlevée avant que le soir soit venu. Pour que cette forme visible qui est « le plaisir de mes yeux et le désir de mon âme (*8), »

 

aille s'ajouter à « ces ossements de morts et à cette impureté» qui s'entassent, de génération en génération, dans le sein du sépulcre (*9).

 

Que faut-il? Vous ne savez - c'est une question de temps .....

 

Mais si vous pouviez donner votre coeur à un objet dont rien au monde ne vous dût séparer, et auquel il vous fût permis de vous livrer avec la joie de la vie, avec la fraîcheur de la vie, avec la sûreté de la vie, avec la puissance immortelle de la vie !

 

Eh bien, ce Dieu que je vous annonce est ce que votre coeur demande :

 

« Il est le même hier, aujourd'hui, éternellement. »

 

Tenez-vous à lui, il ne vous échappera point.

 

Appelez-le, il vous répondra toujours.

 

Comptez sur lui, il ne vous manquera jamais; et quand vous viendrez à “manquer” vous-même, ce sera pour aller ailleurs le contempler sans voile, et vous unir à lui sans empêchement.

 

Pourquoi encore?

 

C'est que cette créature, fût-elle immortelle, est finie. Comment répondrait-elle aux besoins infinis de votre coeur?

 

Renfermée dans les étroites limites de la chair, contrainte dans sa volonté, bornée dans ses lumières, également incapable et de témoigner tout ce qu'elle sent, et de sentir tout ce que votre coeur attend du sien, qui est-elle pour vous suffire ?

 

Dans un moment d'entraînement peut-être, touché de tant de dévouement, de tant d'attraits, de tant de mérites divers, vous pensez n'avoir rien à désirer dans votre bonheur que de le voir continuer.

 

Mais le moment d'après, rentré en vous-même et revenu de vos tendres illusions, ce cri vous échappe, en dépit de vos efforts pour le comprimer.

 

Et pourtant, ce n'est pas cela; mon coeur demande autre chose !...

 

Eh bien, cet autre chose, cet infini qui remplira, qui débordera toute la capacité de votre coeur, vous le trouverez dans le Dieu que je vous annonce; dans ce Dieu, qui possède sans mesure la lumière, la puissance, la vérité, la vie.

 

Que dis-je?

 

Qui est lui-même tout cela, et du sein duquel découle, comme d'un trésor inépuisable, tout ce qui sur la terre a quelque part à ces noms sacrés.

 

Fragments disséminés de « celui qui est (*10),» la lumière, la puissance, la vérité, la vie, vous ramènent toutes à Dieu, comme autant de ruisseaux divergents à leur source commune; et en vous attachant à lui, vous recueillerez la variété infinie de tous les dons, dans une immuable unité.

 

Pourquoi enfin ?

 

C'est que cette créature est pécheresse, et réduite à dire avec vous, pour peu qu'elle se connaisse :

 

« Je sais qu'en moi n'habite aucun bien. »

 

Et vous pourriez vous abandonner à elle sans réserve?

 

Quoi ! cette créature déchue, pour qui vous avez à solliciter le pardon de Dieu comme pour vous, en qui vous retrouvez le même combat de l'Esprit contre la chair qui se livre en vous, chez qui vous avez à supporter chaque jour les infirmités et les faiblesses qu'elle a à supporter chez vous, c'est en elle que vous devriez chercher, que vous pourriez trouver ce que votre coeur demande !

 

Oh ! L'indigne pensée !

 

Donnez de l'air à ce malheureux qui se débat contre une atmosphère privée du principe de la vie.

 

Donnez du jour à ce prisonnier qui gémit dans un cachot souterrain loin de la douce clarté du soleil.

 

Donnez du pain à qui a faim, de l'eau à qui a soif - et donnez au coeur de l'homme, pour objet de son attachement suprême, un être « saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, ».

 

Tel enfin que son amour soit la sainteté du coeur, et son service la sainteté de la vie !

 

Eh bien, à ces traits, comment méconnaître le Dieu que je vous annonce ?

 

Oui, ma soeur, mon frère, donnez, donnez votre coeur au Dieu de Jésus-Christ.

 

Ce Dieu éternel, ce Dieu infini, ce Dieu saint, est seul fait pour votre coeur, et votre coeur pour lui seul(**11).

 

C'est lui que votre coeur réclamait, avant de l'avoir connu.

 

Et combien plus le réclamera-t-il, s'il a commencé de le connaître ?

 

C'est assez que vous l'ayez seulement entrevu, pour qu'il vous soit désormais impossible de vous reposer ailleurs qu'en lui.

 

Le coeur de l'homme est ainsi fait grâces en soient rendues à celui qui l'a formé ! qu'il ne peut arrêter son attachement nulle part, s'il conçoit la possibilité de le porter plus haut.


Vous aurez beau remonter toute l'échelle des créatures, de plus digne en plus digne, quelque chose vous pressera toujours de monter encore ; toujours, vous entendrez, comme les deux témoins de l'Apocalypse, une voix du ciel vous disant : « Monte ici (*12);» et tant qu'il y aura un Dieu dans l'univers, rien de moins ne saurait contenter votre coeur.

 

Lui, ou personne !

 

Lui, ou un vide affreux et un dégoût amer !

 

Je dis plus : Lui pour la joie de votre coeur, ou lui pour son tourment !

 

Sa charité ne saurait vous permettre aucun repos loin de lui.

 

Votre ivresse ? Il la dissipera.

 

Votre entraînement ? Il le glacera.

 

Votre coupe de délices ? Il l'empoisonnera.

 

Vos attachements idolâtres ? Il appellera contre eux la séparation, la maladie, la mort - jusqu'au jour que, dépris de la créature, vous vous jetterez enfin, fût-ce de fatigue, de soif, de désespoir, dans son sein paternel, et que vous apprendrez à vous écrier avec le Psalmiste :

 

« Quel autre ai-je au ciel? Aussi n'ai-je pris plaisir sur la terre qu'en toi seul. Que mon coeur et ma chair soient consumés: Dieu est le rocher de mon coeur et mon partage à toujours" (*13) »

 

C’est là mon partage, parce qu'il est le rocher de mon coeur, où ce coeur peut appuyer de tout son poids sans craindre de le voir céder jamais !

 

« Donne, mon fils, ton coeur à moi »: à moi, qui, avant de te le demander, ai commencé par te donner le mien.

 

L'amour appelle l'amour; et cet appel est le plus irrésistible de tous.


 

(Suite)


 

.

-8. Éz. XXIV, 16, 21, 25, version littérale.

.-9. Mat. XXIII, 27.

-10. Ex. III, 14.

-11. « Il y a une place vide dans le coeur de l'homme, et Dieu seul la peut remplir » (Erskine).

.-12. Apoc. XI, 12.

-13Ps. LXXIII, 25, 26.

Bibles044

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:22
Donne moi ton coeur ou Dieu demandant le coeur de l'homme (1ère Partie)

DONNE-MOI TON COEUR

ou

DIEU DEMANDANT

LE COEUR DE L'HOMME

 (par Adolphe Monod)


 « Mon Fils, donne-moi ton coeur.

(Prov. XXIII, 26.)

 

Les définitions n'ont pas manqué à la nature humaine; point de philosophie qui n'ait essayé de la sienne l'homme en a-t-il été beaucoup mieux connu La Bible, le plus pratique des livres et le moins systématique, suit une marche inverse : au lieu de définir l'homme sans le révéler, elle le révèle sans le définir.

 

Le voici peint dans mon texte, indirectement, occasionnellement, d'un seul trait, mais d'un trait qui porte la lumière jusqu'à la racine des choses, et où vous allez vous reconnaître tout entier:

 

l'homme est une créature qui a un coeur à donner.

 

Le fond de l'homme, c'est l'homme moral; et le fond de l'homme moral, c'est le coeur.

 

Par le coeur, je n'entends pas ici les affections tendres, encore moins les vives démonstrations ; je prends ce mot dans une acception plus mâle et plus sérieuse, qui comprend tous les caractères, tous les âges, tous les degrés de culture :

 

le coeur est pour moi le siège du sentiment, de la conscience, de l'amour.

 

Tout cela appartient à cette région du dedans, qui est comme le terrain primitif et substantiel de la nature humaine : l'intelligence et la logique, avec leurs clartés admirables (*1) pénètrent moins avant.

 

Oui, il y a moins de l'homme dans l'intelligence qui fait la critique approfondie d'un texte sacré ou d'un livre du canon, que dans la foi du coeur qui se lance au sein du vide, sans autre appui qu'une « parole sortie de la bouche de Dieu. »

 

Il y a moins de l'homme dans la logique qui discute les rapports de l'homme à Dieu et de Dieu à l'homme, que dans la repentance du coeur qui dit à Dieu :

 

« J'ai péché contre toi, « contre toi proprement, »

 

ou dans le besoin du coeur qui lui crie :

 

« Mon âme a soif de toi, dans « cette terre déserte, altérée et sans eau. »

 

Mais ce coeur qui est en nous, qui plus que tout le reste est nous, il aspire à se donner, disons plus, il ne se trouve qu'en se donnant :

 

être aimé, c'est sa joie, mais aimer, c'est sa vie.

 

Là s'applique dans toute sa vérité cette parole du Seigneur :


Mieux « vaut donner que recevoir; »

 

ou plutôt, pour le coeur, donner, c'est recevoir; donner libéralement, c'est recevoir abondamment; et pour se posséder tout entier, il faut se donner sans réserve.

 

Faute de cette nourriture naturelle, notre coeur se replie sur nous-mêmes, je devrais dire contre nous-mêmes, et tournant à l'égoïsme, ronge, sans se rassasier, le sein qui le renferme : donné, il nous porterait, gardé, il nous pèse ; donné, il nous ferait vivre, gardé, il nous tue.

 

Aussi n'y a-t-il personne qui ne cherche un lieu de repos pour son coeur; et si l'homme intérieur de tous ceux qui sont rassemblés devant moi venait à s'ouvrir en ce moment, ce temple, et j'en pourrais dire autant du monde entier, apparaîtrait comme un grand théâtre où chacun apporte son coeur, cherchant à qui le donner.

 

C'est au coeur engagé dans cette recherche que Dieu répond dans mon texte : à moi; réponse plus sensible encore et plus touchante dans une traduction toute littérale :

 

« Donne, mon fils, ton coeur à « moi. »

 

Hélas ! cet à moi n'est ni le seul que le coeur ait entendu, ni le premier qu'il ait écouté.

 

A moi, a dit le péché avec ses convoitises; et beaucoup de coeurs se sont jetés dans cette voie tout ouverte, jusqu'à ce qu'une expérience tardive leur ait appris que le péché ne flatte les besoins du coeur que pour les irriter, et que la séduction la plus entraînante est suivie du retour le plus amer : est-ce vrai?

 

A moi, a dit le monde avec ses pompes et ses plaisirs; et trop de coeurs encore se sont pris à cette amorce, jusqu'à ce qu'ils aient reconnu que le monde, même innocent - s'il l'était jamais - n'a pour remplir le vide du coeur que son vide à lui, qui s'ajoute à l'autre au lieu de le combler : est-ce vrai?

 

A moi, a dit l'affection naturelle, sous la forme d'une mère, d'une épouse, d'un enfant; et que de coeurs se sont livrés sans défiance à un penchant qui avait pour lui le cri de la nature et l'approbation de Dieu même, jusqu'à ce qu'ils aient trouvé qu'il n'y a pas de créature au monde qui puisse donner le repos à une autre créature - hélas ! et si elle pouvait le lui donner, quel repos, réduit à compter de jour en jour avec les accidents possibles, avec la maladie probable, avec la mort certaine ! est-ce vrai?...

 

C'est alors que Dieu vient, disons plutôt (car il était venu le premier, mais sans trouver d'accès) c'est alors que Dieu revient miséricordieusement après tous les autres, content de prendre cette humble place pourvu qu'il soit accueilli à la fin, fût-ce comme un pis-aller

 

« Donne, mon fils, ton coeur à moi. »

 

Dieu, dis-je, mais quel Dieu?

 

Question étrange, mais trop nécessaire, aujourd'hui que ce nom sacré est tourné à des usages si divers, dirai-je ? ou si profanes, par les systèmes et par les partis.

 

Le Dieu qui vous demande votre coeur, c'est le Dieu qui se révèle dans l'Écriture, le Dieu de Jésus-Christ ; le Dieu Père, Fils, et Saint-Esprit

 

Ne traitez pas cette doctrine de spéculation théologique; c'est un mystère, plus encore, c'est « le mystère, » mais un mystère tout « de piété (*2). »

 

Père, qui nous a tant aimés que de frapper son Fils unique pour nous épargner, bien qu'il ait tant haï le péché que de ne nous épargner qu'en frappant son Fils unique.

 

Fils, qui a fait habiter au milieu de nous toute la plénitude de la divinité, revêtue d'un corps mortel, dans lequel aussi il a porté nos péchés sur le bois.

 

Saint-Esprit, qui, venant demeurer en nous, nous fait un avec le Fils comme il est un avec le Père, et nous rend participants de la nature divine (*3).

 

Que ce soit là le Dieu qui vous parle dans mon texte, il le fait assez connaître par le nom seul qu'il vous y donne :

 

Mon fils.

 

Car ce nom n'a sa vérité que dans la bouche de ce Dieu trois fois saint et trois fois bon.

 

Pauvres créatures déchues et rebelles, nous ne sommes fils, que parce que le Père nous a « adoptés en son Fils bien-aimé ».

 

Nous ne sommes fils, que parce que le Fils « ne prend point à honte de nous appeler ses « frères (*4); »

 

Nous ne sommes fils, que parce que le Saint-Esprit nous a scellés du sceau paternel, et instruits à crier : « Abba, Père (*5) ! »

 

Voilà, voilà le Dieu, le seul Dieu qui nous demande notre coeur.

 

Le Dieu personnel, disons mieux encore avec l'Écriture, « le Dieu vivant et vrai; »

 

Le Dieu qui veut entretenir avec nous des rapports de sentiment, parce qu'il a un coeur qui répond au nôtre et qui cherche le nôtre.

 

Le Dieu fait homme, que nous pouvons aimer aussi réellement, aussi naturellement que nous aimons un frère ou un ami, et tout ensemble, par une combinaison merveilleuse.

 

Le Dieu spirituel qui entre dans une communion intérieure avec nous, que nous ne pouvons connaître, ni concevoir, avec aucune créature.

 

Votre coeur ? Eh ! Quel autre Dieu que celui-là s'en soucie ?

 

Ce n'est pas le Dieu du légalisme, qui se tient amplement, surérogatoirement satisfait, si votre corps est assidu à son culte, si votre genou ploie jusqu'en terre, si votre chair est amaigrie par le jeûne, si votre bouche a prononcé quelques prières apprises, ou si votre main se répand en aumônes méritoires.

 

Ce n'est pas le Dieu du panthéisme, qui, se confondant tour à tour avec l'esprit humain ou avec la nature inanimée, ne saurait avoir de sentiment personnel, puisqu'il n'a point d'existence propre, et pour qui recevoir et donner, aimer et être aimé, créer et être créé n'ont plus de sens distinct.

 

Que dis-je ? Pour qui le vrai et le faux, le bien et le mal, l'être et le non être se mêlent, ou plutôt se perdent dans une négation universelle, décorée du nom superbe d'unité absolue.

 

Ce n'est pas le Dieu du déisme, qui, donnant la vie sans se donner lui-même et créant pour se décharger, traite l'ouvrage de ses mains ainsi que « l'autruche ses oeufs, qu'elle « abandonne sur la terre sans s'inquiéter du pied qui les écrasera, cruelle envers ses petits comme s'ils n'étaient pas à elle (*7); ».

 

Ce Dieu distant de ses créatures à perte de vue - et de vie - qui, fixé dans les glaces hyperboréennes d'une création sans paternité et d'une providence sans entrailles, fait de l'existence un hiver éternel et du monde un tombeau glacé, dont il n'est lui-même que la statue.

 

Je ne dis rien du Dieu du mahométisme, qui paye un dévouement sanguinaire et fataliste, avec l'impure monnaie d'une volupté égoïste et charnelle.


 

Ni du Dieu du paganisme,. je devrais dire de ses mille dieux, qui rendent avec usure à l'homme les leçons d'impiété et d'injustice qu'ils reçurent de lui.

 

Ni de tant d'autres dieux que l'homme a créés, et créés à son image.

 

Aussi, en dehors de Jésus-Christ (de Jésus-Christ venu ou attendu, peu importe: l'esprit qui inspire un saint Paul est aussi celui qui inspire un Salomon ou un David), aucune religion ne nous offre rien qui ressemble à l'invitation de mon texte :

 

« Mon fils, « donne-moi ton coeur. »

 

Donne-moi tes pratiques, dit le Dieu du légalisme.

 

Donne-moi ta personnalité, dit le Dieu d'Hegel.

 

Donne-moi ta raison, dit le Dieu de Kant.

 

Donne-moi ton sabre, dit le Dieu de Mahomet.

 

Donne-moi ta convoitise, dit le Dieu d'Homère ou de Virgile.

 

Restait pour le Dieu de Jésus-Christ :

 

Donne-moi ton coeur.

 

Il le relève, ce rebut de tous les autres dieux, et en fait l'essence et la gloire de sa doctrine.

(Suite)


 

Bible 2010
 


 

-1.Prov. XX, 27.

-2.1 Tim. III, 16.

-3.Jean XVII, 22; 2 Pierre I, 4. -

 -4.Héb. II,14.

-5. Rom. VIII.

-6. - Juges X, 16; 1 Sam. XIII, 14, etc.

.-7. Job XXXIX, 17-20.

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:19
Psaume 30 : Reconnaissance et louange

PSAUME 30

Psaume. Cantique de dédicace de la maison. De David.

 

1 Éternel ! je t’exalterai, parce que Tu m’as délivré (litt.: tiré dehors.), et que Tu n’as pas réjoui mes ennemis à mon sujet.

 

2 Éternel, mon Dieu ! j’ai crié à Toi, et Tu m’as guéri.

 

3 Éternel ! Tu as fait remonter mon âme du shéol ; Tu m’as rendu la vie, d’entre ceux qui descendent dans la fosse.

 

4 Chantez à l’Éternel, vous, ses saints (hommes pieux, voir 2 Chron. 6:41, 42), et célébrez la mémoire de Sa Sainteté.

 

5 Car il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur ; le soir, les pleurs viennent loger [avec nous], et le matin il y a un chant de joie.

 

6 Et moi, j’ai dit dans ma prospérité : Je ne serai jamais ébranlé.

 

7 Éternel ! Par Ta Faveur, Tu as donné la stabilité et la force à ma montagne… ; Tu as caché Ta Face, j’ai été épouvanté.

 

8 Éternel ! j’ai crié à Toi, et j’ai supplié le Seigneur l’Éternel :

 

9 Quel profit y a-t-il en mon sang, quand je descendrais dans la fosse ? La poussière Te célébrera-t-elle ? Annoncera-t-elle Ta Vérité ?

 

10 Écoute, ô Éternel ! et use de grâce envers moi ; Éternel, sois-moi en aide.

 

11 Tu as changé mon deuil en allégresse, Tu as détaché mon sac, et Tu m’as ceint de joie ;

 

12 Afin que [mon] âme Te loue par des cantiques et ne se taise point. Éternel, mon Dieu ! je Te célébrerai à toujours.

 

 

Genre, thème et structure

 

Ce poème est généralement considéré comme un psaume individuel de reconnaissance ou de louange.

 

En fait, les deux attitudes du fidèle se rejoignent.

 

Le psalmiste est reconnaissant parce que le Seigneur l'a arraché à la maladie qui menaçait sa vie même.

 

Mais si la délivrance éveille l'action de grâce, elle fait jaillir des lèvres du croyant la louange (v.2,5,10,13).

 

D'ailleurs la structure de ce psaume s'articule autour de cette double perspective :


- Le poème commence par une déclaration générale de louange (v.2-4).


- Il se poursuit par une reprise détaillée de ce même thème (v.5-13).

 

Ce thème principal est d'autant plus significatif qu'il s'articule à deux autres thèmes secondaires :

 

la proximité de la mort (v.4,6,10) et les pleurs du fidèle qui se sent menacé (v.6,10,12,13).

 

Le contexte

 

- Cultuel. Ce psaume se chantait lors de la dédicace du temple, fête connue sous le nom de Hanouca.

 

Cette fête se célébrait dans l'allégresse et commémorait la purification du temple et de l'autel, accompli (en 164-65 av. J.-C.) par Judas Maccabée trois ans après leur profanation par Antiochus Epiphane (1 Mac 4.36-59).

 

Elle est aussi connue sous le nom de la fête des lumières.

 

En effet, on allumait et allume toujours des lampes dans chaque maison les huit jours que durait la fête.

 

Ces lumières signifiaient que la liberté avait « lui» pour le peuple d'une manière inespérée.

 

Elles étaient sans doute le symbole de la loi qui est une lumière, la lumière de Dieu sur les chemins des hommes (Pr 6.23; Ps 119.105).

 

Ce psaume se comprenait aussi en fonction de la restauration exilienne.

 

« C'était le peuple élu qui avait failli périr, à la grande joie de ses ennemis. Mais le Seigneur l'avait ramené des portes du Sheol par la restauration post-exilienne. Il avait changé, et surtout changerait au temps du Messie, son deuil et ses lamentations en chants d'allégresse et en joyeuses danses».

 

- Historique. Il est bien difficile de le préciser.

 

On a pensé à la dédicace de la citadelle de Sion retardée par une grave maladie du psalmiste (2 Sam 5.6-12).

 

D'autres ont pensé qu'il s'agissait d'un psaume composé en vue de la consécration du site du futur temple (2 Sam 24; 1 Chr 25).

 

En effet, après le fléau qui avait frappé le peuple lors du recensement orgueilleux de David, ce dernier avait dressé un autel sur l'aire d'Aravna, site du Temple que Salomon devait construire.

 

Cela n'est pas impossible.

 

Quoiqu'il en soit, nous entrevoyons déjà les richesses de ce psaume et comment les croyants y ont puisé des trésors d'édifications et d'espérances.

 

Puisse-t-il nous aider à mieux recevoir, accueillir celui qui a dit de Lui même :

 

Je suis la Lumière du monde.

 

Portons maintenant notre attention sur les lignes de force de ce psaume : la faveur de Dieu; persévérance ou présomption; le cri «au secours»; la réponse et l'appel de Dieu; le témoignage et le défi.

 

La faveur de Dieu

 

Ce qui caractérise un «hassid», c'està- dire un fidèle, c'est l'impression de solidité, d'assurance, de vitalité et de permanence qui se dégage de lui.

 

Ce psaume ne fait pas exception.

 

Mais cette assurance, le psalmiste ne la puise pas en lui-même.

 

Cette solidité, elle n'est pas inhérente au fidèle; elle est grâce de Dieu, plus précisément faveur de Dieu (v.6,7).

 

Ce mot désigne l'amour spécial que Dieu porte, au sein de l'alliance à son peuple, à ses fidèles.

 

C'est l'ensemble des bénédictions qui l'accompagnent : la santé, le bien-être, la paix, la sécurité, la prospérité et surtout cette communion qui donne à la vie, plénitude et profondeur.

 

Tel était le privilège du fidèle et en particulier du roi qu'on appelle d'ailleurs le plus beau fils d'homme, la grâce est répandue sur ses lèvres : c'est pourquoi Dieu l'a béni pour toujours (Ps 45.3).

 

Lorsque la faveur et la bénédiction divines pénètrent dans le temps du hassid, dans son histoire, elles apportent non seulement une nouvelle qualité de vie, mais aussi une restauration comparable à une véritable résurrection ((v.3,4).

 

Dieu fait resplendir sa face sur lui et tout à coup la vie sur terre avec tous ses bienfaits acquiert une dimension spirituelle.

 

Lorsque la faveur et la bénédiction divines pénètrent dans l'histoire de la vie du hassid, elle apporte assurance (n'en déplaise à ceux qui prônent la radicale incertitude), mais aussi durée, permanence; une qualité de vie qui transcende les limites de nos horizons parce que don du Dieu vivant.

 

Persévérance ou présomption

 

Mais cette Faveur Divine, cette Grâce Céleste appelle de la part du fidèle persévérance.

 

Sans la fidélité et l'obéissance active du croyant, Dieu cache sa Face et tout l'acquis s'évanouit.

 

La présomption guette David et il tombe dans son piège.

 

Ecoutez-le :  

 

Je disais dans ma tranquillité: je ne chancellerai jamais.

 

Le mot hébreu rendu par tranquillité véhicule une connotation négative :

 

« Insouciance, indolence, négligence, légèreté».

 

David, le grand roi, l'élu de Dieu, l'homme de fidélité, d'intégrité ; ce poète et musicien dont les talents ont été entièrement consacrés à la gloire de Dieu...

 

David, le voilà pris au piège de la suffisance, de la présomption.

 

Ce qui était grâce : qualité de vie, solidité, assurance, permanence - devient une fin en soi...

 

Ce qui était faveur, devient un dû...

 

Ce qui appelait humble reconnaissance devient orgueil de la vie... volonté de puissance...

 

Et c'est à cet endroit précis que David trébuche, pèche, lorsqu'il entreprend ce fameux recensement qui provoqua la colère divine et un fléau redoutable au sein de son peuple.

 

On retrouve dans ce psaume le même écho.

 

La réaction de Dieu est immédiate et radicale.  

 

Dieu cache sa face et le fidèle est troublé, secoué, ébranlé, terrorisé, épouvanté (v.8), son fondement s'évanouit sous lui.

 

La colère divine se manifeste dans un châtiment soudain et immédiat (v.6).

 

C'est un coup de tonnerre dans le ciel bleu... La maladie l'assaille (v.3) et le voilà qui se trouve aux portes de la mort et du séjour des morts.

 

Dans ce contexte, ce n'est pas toujours le cas (Job), la maladie, le danger mortel est présenté comme ayant valeur de châtiment.

 

Le contraste entre Je ne serai jamais ébranlé et me faire descendre dans le gouffre (v.10) est total.

 

Comme il est vulnérable l'homme, comme il est fragile le fidèle qui croit pouvoir se passer de Dieu.

 

Il est comme une ombre qui s'évanouit dans la nuit... Il n'a plus ni qualité de temps, ni durée... mais fragmentation.

 

Dans sa folie, l'homme  en fait se détruit.

 

Mais Dieu ne désire pas anéantir l'homme...

 

Le cri «au secours»

 

Dieu ne désire pas la mort du pécheur, mais la repentance qui mène à la vie que donne le pardon.

 

Et là encore, nous constatons que le jugement de Dieu est aussi une Grâce qui permet une prise de conscience, un changement de mentalité, un renouvellement profond, ... la sanctification.

 

Face à l'irruption de la colère divine, la réponse de David ne se fait pas attendre.

 

Il appelle Dieu au secours (v.3); il crie : grâce ! (v.9b), fais-moi grâce (v.11).

 

Notons que cette demande de pardon a été accompagnée d'un rite : David s'est revêtu d'un sac pour marquer sa repentance et son humiliation, son retournement intérieur (v.12).

 

Son secours viendra du Seigneur Seul.

 

Plus encore, dans sa misère profonde, David va jusqu'à interpeller le Seigneur.

 

Ce qui est dramatique dans cet instant de jugement, ce n'est pas tellement la mort et le Sheol, mais le fait de mourir sans la faveur de Dieu !

 

Certes, ce qui est dramatique pour le psalmiste c'est de perdre irrémédiablement la vie, mais, plus encore, c'est de ne plus pouvoir célébrer son Dieu sur la terre des vivants...

 

C'est de ne plus pouvoir raconter la vérité et la fidélité de Dieu sur terre... (v.10-11).

 

Dans un acte de confiance inouï, au sein même de sa misère..., de sa repentance, David ose s'en ouvrir à Dieu.

 

La réponse du Seigneur

 

Dieu entend son appel au secours, Il voit sa repentance et Il renouvelle sa faveur.

 

La générosité du Seigneur est saisissante : Il le relève (v.2).

 

Le mot hébreu signifie littéralement «puiser, retirer un seau d'eau d'un puits ».

 

L'image s'applique parfaitement à la situation de crise du psalmiste.

 

David gravement malade est à l'article de la mort.

 

Il se voit descendre dans la fosse (= «puits»).

 

C'est à ce moment précis que Dieu l'en retire.  

 

Il le guérit (v.2), Il le fait remonter du Sheol (v.4); du séjour des morts.

 

Il le délivre des griffes de la mort.  

 

Il le fait revivre (v.4). Il délie le sac du psalmiste; Il accorde son pardon au fidèle repentant.

 

Le témoignage et le défi

 

David, objet de la faveur de Dieu est rétabli dans sa vocation de hassid.

 

Le fidèle loue Dieu de tout son être sur la terre des vivants.

 

Il raconte la vérité de Dieu, ses hauts faits et sa fidélité aux hommes de son temps (v.13)... et aux générations futures puisqu'aujourd'hui encore, nous entendons son témoignage.

 

Mais David ne se contente pas de raconter son témoignage, il nous prend à parti, il nous interpelle :

 

Vous qui avez entendu les hauts faits de Dieu, vous aussi psalmodiez en l'honneur de l'Eternel, célébrez Son Saint nom. Joignez- vous à moi pour Le célébrer à toujours.

 

Conclusion

 

Dieu est, Il était, Il vient... Sommesnous prêts à célébrer le souvenir de Sa Sainteté, de l'incarnation de Celui qui est notre salut et notre espérance ?

 

Sommes-nous prêts à célébrer Sa Manifestation dans nos vies, en réponse à nos cris, à laisser la Parole et le Saint-Esprit éclairer nos intelligences et baliser nos chemins ?

 

Sommesnous prêts à Le rencontrer lors de son avènement en gloire ?

 

En ce temps d'inquiétudes et d'incertitudes puisse le Seigneur agir dans nos coeurs, afin que nous soyons profondément renouvelés par Celui que nous avons toujours à nouveau à recevoir, Jésus-Christ.

 

Puisse-t-Il donner sens à notre vie et à notre mort au sein d'une époque dans laquelle il est si facile de passer à côté de l'essentiel.

 

 

 

Pierre Berthoud,

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

Source : Promesses

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:21
La peccadille d'Adam par Adolphe Monod (Dernière partie)

LA PECCADILLE D'ADAM

ParAdolphe Monod,

(Dernière Partie)


 

Les Vertus du légalisme et de la suffisance

« O Dieu ! je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, ravisseurs, injustes, adultères, ni même cet homme ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. » (Luc XVIII, 11, 12.)

Quand les élèves du collège de Nantes invités par leurs maîtres, à décerner à l'un d'entre eux le prix de vertu, couronnaient, après sept ans d'épreuve, le jeune Robespierre, savait-on ce qu'il ferait un jour ?

 

Le savait-il lui-même ?

 

Mais voici un exemple qui se rapporte plus directement à notre sujet.

 

De nombreux pharisiens disaient aussi : « Si nous avions été du « temps de nos pères, nous n'aurions pas participé au « meurtre des prophètes ; » et à quelques jours de là, tous ceux là crucifiaient le prophète des prophètes, le Fils de Dieu !

 

Ce sont là des faits, mes chers frères et soeurs; et l'on ne peut pas rejeter des faits. *

 

Mais le résultat auquel nous venons d'arriver vous étonne à tel point que vous avez peine à en croire vos yeux.

Qu'y a-t-il donc dans les vertus de l'honnête homme selon le monde, qu'y a-t-il dans les vôtres qui les rende capables de s'allier au péché, au vice, au crime, et qui leur ôte tout mérite devant Dieu ?

 

Le voici, mes chers frères et je réclame ici toute votre attention : c'est que l'amour de Dieu n'est pas le principe et l'âme de ces vertus.

 

Nous disions tantôt que la seule vertu véritable est celle qui procède d'un coeur bon ; faisons un pas de plus, et reconnaissons qu'il n'y a de coeur vraiment bon que celui qui aime Dieu ; or on ne l'aime que lorsqu'on a cru en Jésus-Christ.

 

Celui qui fait le bien pour le monde a droit aux applaudissements du monde ; celui qui le fait pour la conscience a droit à l'approbation de sa conscience ; mais celui-là seul qui le fait pour Dieu a droit à la faveur de Dieu.

 

Voilà ce que l'honnête homme ne comprend pas, et c'est ce qui corrompt à leur source toutes ses vertus.

 

En oubliant d'aimer Dieu, il a oublié non-seulement « le premier et le « plus grand commandement, » mais encore celui « duquel dépendent toute la loi et les prophètes, » et sans l'observation duquel tout le reste n'est que comme un corps sans âme.
 

Car Dieu étant notre Créateur, et le principe de toutes les relations que nous soutenons avec les créatures, ainsi que de toutes les obligations qui en résultent, lui ôter la première place, c'est tout confondre, tout bouleverser.

 

Sans l'amour de Dieu dans le coeur, les plus belles vertus ressemblent à ces fruits parés de belles couleurs, mais dont un petit ver dévore l'intérieur. **

Fidèle à l'esprit de ce discours, je voudrais vous montrer la vérité comme à l'oeil plutôt que la prouver par de longs raisonnements, j'en appelle à une comparaison, ou, si vous voulez, à une parabole.

 

Celui qui remplit les devoirs de la vie, sans mettre Dieu au centre de tout, ressemble à un homme dont je vais vous raconter l'histoire.

Uni à une femme qu'il a rendue mère, mais lassé de son amour et consumé d'une flamme adultère, il fuit loin de sa famille avec la complice de son crime, et va cacher sous un ciel étranger sa honte avec ses plaisirs, là il comble cette femme des marques de son attachement et prodigue les plus tendres soins aux enfants qu'elle lui a donné.

 

Ses nouveaux amis, qui n'ont pas connu son histoire, le citent comme le modèle des maris et des pères.

 

Mais vous qui la connaissez, que pensez-vous de cette affection conjugale et de cette affection paternelle qui laissent languir dans l'abandon sa femme et ses enfants légitimes ?

 

N'est-elle pas vicieuse dans son principe ?

 

Et n'est-il pas vrai qu'il ne faut, pour mettre à néant toutes les vertus de ce chef de famille, que produire l'acte qui révèle son premier, son véritable engagement ?

 

Eh bien, voilà votre honteuse image à vous qui dites : Je remplis mes devoirs de fils, de père, de citoyen, sans songer à votre premier devoir de chrétien, pour ne pas dire de créature ; et pour mettre à néant toutes vos vertus.


Pour les convaincre de vanité et de mensonge, il ne faut que montrer ce commandement du Dieu qui a fait le ciel et la terre : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de « tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée ; « voilà le premier et le plus grand commandement. »

Que si, non content de vous arrêter à cette vertu sans vie et sans réalité, vous oseriez vous en faire un titre pour vous justifier devant Dieu.

 

Et si vous dites, ce qu'on entend dire sans cesse : Je n'ai pas à redouter la condamnation de Dieu, parce que je suis un honnête homme, qui satisfait à toutes ses obligations et qui ne font de tort à personne, - oh !

 

Alors ce n'est pas assez de dire que cette vertu est nulle : elle devient ce que l'Écriture appelle « la justice propre, » qui est le pire de tous les péchés.

 

Il n'y a pas, aux yeux de Dieu, de plus détestable péché que l'orgueil, ni d'orgueil plus insupportable que celui d'une créature pécheresse qui pense trouver en elle-même de quoi lui mériter la faveur de Dieu.

 

Honnêtes gens du monde qui vous complaisez en vous-mêmes, je n'hésite pas à vous le déclarer : la condition d'une pauvre Marie-Magdeleine qui pleure aux pieds du Seigneur, ou d'un pauvre brigand crucifié qui dit : « Seigneur, souviens-toi de moi quand « tu viendras en ton règne, » vaut mieux que la vôtre.

 

Il y a plus de ressource, il y a plus de lumière, il y a plus de vertu véritable chez cette femme enveloppée de honte et chez ce meurtrier couvert de sang, mais qui ont appris du moins à se connaître et à s'écrier : « Mon Dieu, sois apaisé envers moi pécheur ! » que chez vous, qui passez aux yeux du monde et aux vôtres pour un homme sans reproche, peut-être pour un homme vertueux, mais qui ne comprenez, ni la volonté de Dieu ni l'état de votre coeur, et qui venez étaler avec complaisance devant nos regards, les haillons impurs de votre propre justice.

La pécheresse et le meurtrier pénitents rendent du moins hommage à la Sainte Loi de Dieu, par l'amertume de leur repentir et par leur résolution arrêtée d'entrer dans une voie nouvelle.

 

Mais vous, qui ne songez ni à déplorer le passé ni à rien changer pour l'avenir, vous méconnaissez cette loi, vous la traitez comme si elle n'était pas, vous la foulez aux pieds.

 

Ah ! Ce n'est pas moi qui vous condamne, c'est Jésus-Christ.

Jésus-Christ, qui disait aux pharisiens, à ces honnêtes gens de Jérusalem : « Vous vous justifiez vous-mêmes devant les hommes, mais Dieu connaît vos coeurs ; car ce qui est grand devant les hommes est une abomination devant  Dieu (Luc 16/15) ; »

Jésus-Christ, qui nous montre l'humble publicain de notre parabole justifié préférablement au pharisien superbe, et qui élève la pécheresse pleurant à ses pieds au-dessus de l'irréprochable Simon ; Jésus-Christ, qui déclare « qu'Il est venu pour des pécheurs, non pour des justes, » et « qu'il y a plus de « joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin « de repentance (Luc 15/7) ; »

Jésus-Christ, enfin qui accueille avec une compassion si tendre « les péagers et les pécheurs » altérés de pardon et de grâce, et qui ne s'écarte de Sa douceur ordinaire que pour foudroyer l'orgueil des pharisiens.

 

Eh ! Quels autres a-t-Il jamais, sinon à ceux dont la justification ne se faisait que par leur ego sans Dieu, appelés « hypocrites, sépulcres blanchis, fous et aveugles, race de vipères, serpents, fils de la géhenne, » qui semblent ne pouvoir « échapper à la colère à venir ? »

Mais ce n'est pas pour vous troubler que je suis monté dans cette chaire, c'est pour vous sauver.

 

Ah ! Si vous avez commencé d'apercevoir, et le crime de vos péchés, et le crime plus grand de votre justice propre, n'endurcissez point vos coeurs !


Non, n'endurcissez point vos coeurs ! Si un pauvre pécheur comme moi a pu vous faire entrevoir les terreurs du jugement à venir, que sera-ce quand vous comparaîtrez devant ce Dieu « dont les yeux sont trop purs pour voir le mal ? »

Que ferez-vous quand celui qui sonde les coeurs fouillera dans les replis du vôtre, et recherchera le fond de vos péchés et de vos vertus, à la lumière de Sa Sainte et Redoutable Loi ?

Que ferez-vous alors ? Mais plutôt que voulez-vous faire aujourd'hui ? Car alors il sera trop tard ; mais aujourd'hui vous avez un Sauveur.

Oui, un Sauveur ! Et un Sauveur qui sauve en vérité quiconque ne veut être sauvé que par Lui seul !

 

Non pas un Sauveur qui nous apporte une doctrine de Salut, mais qui la confirme par son martyre, mais un Sauveur qui est lui-même « notre propitiation, » et qui « nous purifie de tout péché ; ».

 

Non pas un Sauveur qui achève de conduire au ciel ceux qui ont fait la moitié du chemin sans Lui, mais un Sauveur qui a tout souffert et tout accompli pour nous, et qui nous a « pré-connus, prédestinés, appelés, justifiés, glorifiés (Rom 8/28-29) ; »

Non pas un Sauveur qui nous laisse toute notre vie incertains de ce qui doit suivre la mort, mais un Sauveur qui nous garde, qui prie pour nous, qui accomplit tout en tous, « de qui, par qui et pour qui « sont toutes choses ! » (Rom 11/36).

 

Ah, et quel autre sauveur pourrait suffire à des misérables tels que nous ?

 

Quel titre pourrions-nous présenter hors de lui ? Quelle condition remplir ? Quelle faveur mériter ?

 

Et que nous reste-t-il enfin que d'être blanchis dans Ton Sang, enveloppés dans Ta Justice, scellés de Ton Esprit, marqués de Ton Nom, trouvés en Toi, « Agneau de Dieu qui ôtes le péché du monde ? »

Ne voulez-vous pas venir à Lui pour avoir la Vie ?

Ne voulez-vous pas ouvrir à Celui qui vous dit avec tant de douceur :

 

« Je me tiens à la porte et Je frappe ; « si quelqu'un entend Ma Voix et M'ouvre la porte, J'entrerai chez lui, et Je souperai avec lui, et lui avec Moi ? » (Apoc 3/20).

Ne voulez-vous pas échanger votre espérance illusoire contre la promesse du Dieu qui ne peut mentir, « les linges souillés de votre justice » contre la justice du « Saint des saints, » votre vie de péché contre le service glorieux de Jésus-Christ, et la colère à venir contre les plaisirs éternels ?

Ne voulez-vous pas vous séparer de la prière présomptueuse du pharisien « Je te rends grâces de ce que je ne suis pas « comme le reste des hommes, ni même aussi comme « ce péager, » et vous allez mettre à genoux à côté du pauvre péager pour vous associer à son humble, à sa bienheureuse prière « Mon Dieu, sois apaisé envers « moi pécheur ? »


Anges du ciel, qui assistez à notre lecture et qui en portez les nouvelles à l'Église d'en haut, que lui direz vous de notre lecture de ce jour ?

 

Pourrez-vous dire qu'elle a fait passer une âme « de la mort à la vie et « de la puissance de Satan à Dieu ? »

Oui, Dieu, votre Dieu et notre Dieu, est fidèle !

 

Il a donné gloire à Sa Parole !

 

Cherchez, et vous trouverez dans quelque coin un pécheur qui s'humilie, qui pleure et qui prie.

 

Portez une de ses larmes au Ciel, et chantez sur lui les cantiques de l'enfant prodigue :

 

« II était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est « retrouvé, » tandis que nous vous répondrons sur la terre par le cantique que vous nous apprîtes au-dessus des plaines de Bethléhem :

 

« Gloire soit à Dieu au « plus haut des cieux ! Paix sur la terre ! Bonne volonté envers les hommes ! »

Amen.


Adophe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

Adolphe Monod

 

* La vérité exprimée par Adolphe Monod n’a strictement rien à voir avec le crime de Déicide inventé par le catholicisme romain pour en cibler le Peuple Juif dans son ensemble, sans oublier toute la haine déjà présente chez les Romains, Grecs… (Même si la diaspora était déjà existante en ce temps là et ne connaissait pas encore ce qui se passait en Judée Samarie)

Tout cela fut un excellent terreau, vecteur et source d’antisémitisme et antisionisme depuis le début jusqu’à ce jour (Martin Luther King sur son appel au non juif antisioniste).

Beaucoup d’affirmations pro-palestiniennes et judéophobes, « chrétiens » ou autre arrivent à défendre et contester tout ce que Dieu a promis pour Israël (ex : Jésus devenant « Palestinien » (Qui n’existait pas encore dans son appellation), ou déposséder et éliminer ce qui appartient à Israël de la Promesse donnée par Dieu pour l’attribuer à un peuple imaginaire montée de toute pièce).

Loin d’exclure que tout homme a droit d’amour, de grâce et de pardon, il n’empêche cependant que cette réalité ne peut transformer ou dévier ce que Dieu a donné comme Héritage et Promesse.

On oublie généralement que tous les Pharisiens ne partageaient pas cela (Nicodème).

Nombres de femmes et d’hommes Juifs de ce temps là se lamentaient et se frappaient la poitrine de douleur lors de la montée du Christ à Géthsémané.

Afin d’éviter toute déviance due à l’actualité aujourd’hui, cette précision n’enlève en rien ce qu’Adolphe Monod partage avec sérieux, mais place la justesse et vérité de l’homme irrégénéré face à ce que Dieu dénonce, condamne et aspire tant envers chacun(e) de celles et ceux qu’Il appelle.


 

** Il ne sert à rien à un arbre de croître, de fleurir si, avec ses fleurs, il ne porte pas de fruits. Beaucoup, justement, périssent tout en fleurs.(Martin Luther)  

Bibles013

-Arthus Croix Huguenote

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:20
La peccadille d'Adam par Adolphe Monod (Troisième Partie)

LA PECCADILLE D'ADAM

Par Adolphe Monod,

(Troisième Partie)


 

Les Vertus du légalisme et de la suffisance

« O Dieu ! je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, ravisseurs, injustes, adultères, ni même cet homme ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. » (Luc XVIII, 11, 12.)
 

Un petit péché, c'est une contradiction dans les termes ; c'est comme si l'on parlait d'une énormité légère ou d'un attentat insignifiant

Aussi est-il écrit : « Le salaire du péché, c'est la « mort (Rom 6/22) ; »

 

Il n'est pas dit, le salaire d'un certain nombre de péchés, mais le salaire du péché n'y en eût-il qu'un seul d'accompli.

 

Il n'est pas dit non plus, le salaire de tel ou de tel péché, mais le salaire du péché, fût-il de ceux que vous jugez les moins graves.

 

Le péché est péché, cela suffit.

 

Comme il ne faut à un homme qui traverse un torrent sur un pont étroit qu'un faux pas, qu'un petit faux pas, pour tomber et périr, il ne faut aussi pour perdre une âme, pour ruiner un monde, qu'un péché, qu'un petit péché ; il ne faut que manger d'un fruit défendu, que prononcer une parole coupable, que nourrir une pensée criminelle, que faire une de ces choses que vous avez faites tous les jours de votre vie.

Car, n'essayez pas de vous tranquilliser en séparant votre condition de celle d'Adam, cela pourrait vous réussir devant votre conscience égarée, mais non pas devant Dieu.

 

L'épître aux Romains, dans laquelle nous lisons ces paroles que nous venons de rappeler :

 

« Le salaire du péché, c'est la mort, » n'a pas été écrite pour Adam, mais pour nous.


Ne dites pas que vous n'avez pas péché, comme Adam, contre une loi expresse du Seigneur.

 

Cela n'est pas vrai.

 

Quelle loi plus expresse voulez-vous que celle-ci ?


« Parlez en vérité à votre « prochain ? » et vous avez menti.


Ou celle-ci : ne médisez point les uns des autres ? Et vous avez médit.


Ou celle-ci : Soyez doux ? Et vous êtes mis en colère.


Ou celle-ci « honore ton père et ta mère » ?

 

Et vous avez manqué à vos parents et combien d'autres commandements exprès n'avez-vous pas transgressés ?

 

Ne dites pas non plus que vous ne vous êtes pas trouvé dans la condition où était Adam lors de son épreuve, n'ayant jamais été sans péché.

 

Cela est vrai.

 

Mais n'avez-vous jamais fait une chose que vous saviez être mauvaise, et que vous auriez pu ne pas faire ?


Eh bien, quand vous avez fait cela, vous avez fait ce qu'a fait Adam, et vous ne sauriez vous plaindre de voir votre conduite assimilée à la sienne.


Ne dites pas enfin que le péché a tant d'empire sur vous que vous n'y pouvez résister.

 

Eh quoi ! C'est là ce qui vous rassure ?

 

C'est bien plutôt ce qui doit vous faire trembler ; ou bien vous n'auriez qu'à vous engager plus avant dans l'iniquité pour devenir plus excusable encore, et si vous pouviez atteindre à la corruption absolue du démon, vous seriez exempt de tout châtiment !

 

Non, ne dites rien pour atténuer votre culpabilité ou pour dissimuler votre péril ; mais mesurez-vous à la mesure dont Dieu s'est servi avec Adam, et voyez-vous tel que vous êtes.

Que si le seul péché d'Adam a été jugé digne d'un châtiment si épouvantable, apprenez de là, honnêtes gens du monde, ce que pèse devant le même Dieu la masse de ces péchés que vous appelez petits et qui remplissent votre vie.

 

Prenez un, un seul, un mensonge, par exemple, et l'envisagez en face.

 

Tirez en des conséquences pareilles à celles que vous venez de voir résulter du péché d'Adam, et faites cette réflexion :

 

Si j'eusse été dans Éden à la place du sein, j'aurais fait autant de mal qu'en a fait le premier homme.

 

Puis, prenez tous les petits péchés que vous commettez dans une journée, et calculez si vous le pouvez, tout ce qu'ils renferment de criminel aux yeux de Dieu et tout ce qu'ils méritent de châtiment.

 

Puis enfin, rassemblez tous les petits péchés de votre vie entière sans parler des grands, pour en faire l'objet d'un calcul semblable... ou plutôt, laissez là tous ces calculs, qui ne vous donnent qu'une mesure d'homme pour des jugements de Dieu.

 

Rapportez-vous en à Dieu lui-même, écoutez le témoin fidèle et véritable.

 

Mettez dans vos coeurs ces paroles : il y aura tribulation et angoisse pour toute âme d'homme qui fait le mal, (Rom 2/9) les yeux de Dieu sont trop purs pour « voir le mal ; l'âme qui pèche mourra » ; notre Dieu « est un feu consumant (Hébr. 12/29) ; » et tant d'autres semblables.

 

Voyez enfin vos péchés comme les voit celui qui doit vous juger.

 

Alors, au lieu de penser dorénavant qu'ils ne soient pas de nature à l'offenser et à troubler votre paix, vous les trouvez au contraire si graves, si nombreux, si accablants, que vous succomberez sous votre fardeau, et que la seule question qui vous restera sera de savoir s'il y a bien quelque salut possible pour un pécheur aussi criminel que vous l'êtes !

Vous venez d'apprendre à contempler vos péchés sous un nouveau jour.

 

Mais, quoi qu'il en soit, vous pensez avoir aussi quelques vertus : Qu'en ferons-nous ?

 

Si Dieu est juste pour punir les premiers, le sera-t-il moins pour récompenser les secondes ?

 

Après tout, un bon fils, un bon mari, un bon père de famille, un homme probe, moral, bienfaisant, soit réputé devant Dieu dépourvu de tout bien et digne seulement de condamnation, cela vous paraît inadmissible, cela blesse votre raison et votre conscience elle-même.

 

Mais n'y aurait-il pas ici une seconde illusion ?

 

Les vertus qui vous flattent sont-elles aussi réelles aux yeux de Dieu qu'aux vôtres ?

 

Nous disons, aux yeux de Dieu : car nous n'avons garde de contester la valeur, l'utilité, la beauté de la vertu humaine, même séparée de la foi, pour l'ordre de la vie présente ; mais nous l'envisageons ici dans la lumière de Dieu, et comme moyen de justification devant lui.

Commençons par poser un principe que personne de vous ne contestera, et qui, une fois reconnu, nous permettra de résoudre cette question ?

 

Comme nous avons résolu la première, par des faits : toute vertu qui s'allie avec l'habitude du crime ou du vice est fausse et n'a que des apparences trompeuses.

 

Expliquons-nous par un exemple.

 

Un homme est cité comme un modèle de respect et de tendresse pour sa mère.

 

Si je viens à découvrir que cet homme vit dans la pratique du vol et qu'il subvient aux besoins de sa mère avec le fruit de sa criminelle industrie, je conclus de là que sa piété filiale n'est pure ni même réelle, et qu'elle ne mérite pas le nom de vertu au jugement de celui qui connaît toutes choses.

 

Pourquoi ?

 

Parce que, selon cette parole de l'Écriture que nous avons déjà citée, « Dieu regarde au coeur, » et qu'il n'y a pour lui de vertu véritable que celle qui procède d'un coeur attaché au bien.

 

Telle n'est pas la piété filiale de ce voleur ; car s'il prenait soin de sa mère par amour du bien, le même amour du bien l'empêcherait également de dérober.

 

La tendresse qu'il lui porte n'est donc qu'une tendresse de tempérament et d'instinct, qui n'a rien de vertueux pour « le Dieu qui sonde les coeurs et reins ».

Mais une fois que vous admettez qu'une vertu alliée à l'habitude du crime ou du vice n'a que des apparences trompeuses, il faut convenir que les vertus de l'honnête homme selon le monde ne doivent pas le rassurer, parce qu'il n'en est aucune qu'on ne voie associée quelquefois avec les plus mauvaises convoitises.

 

Sans chercher trop curieusement dans votre propre vie si les vertus que vous vous attribuez ne s'y trouveraient pas réunies à des pratiques immorales ; sans parler du ces fameux scélérats qui ont poussé fort loin certaines vertus sociales ou domestiques, ni de ces esclaves des passions charnelles qui sont capables de généreux sacrifices, bornons-nous à un exemple tiré de la mieux avérée de toutes les histoires, celle de la Bible.

 

Que diriez-vous si je vous faisais voir que des hommes qui se sont livrés pendant une longue suite d'années à l'injustice et à l'oppression la plus odieuse qui fut jamais, et qui ont fini par commettre le plus grand de tous les crimes, ont possédé plusieurs des vertus dont vous vous vantez et par lesquelles vous pensez vous justifier devant Dieu ?

La terre vit-elle jamais un forfait plus noir que le crucifiement du Seigneur ?

 

 À le considérer comme un supplice atroce infligé à un innocent, c'est une injustice horrible.


À le considérer comme un supplice atroce infligé au premier bienfaiteur de l'humanité, c'est une ingratitude révoltante.


À le considérer comme un supplice atroce infligé au plus grand prophète du Seigneur, c'est une impiété détestable.


Mais de quel nom l'appeler, quand on le considère comme un supplice atroce infligé au Fils de Dieu, descendu du ciel en terre pour sauver l'homme perdu ?

Et qui sont les auteurs de ce forfait ? Je ne dis pas les exécuteurs, ce sont les Romains ; mais les véritables auteurs, les instigateurs du crime, qui sont-ils ? Ce sont les sacrificateurs, les scribes et surtout les pharisiens.

C'est eux qui s'opposèrent dès le commencement à Jésus, parce qu'il blessait leur orgueil, démasquait leur hypocrisie et ruinait leur crédit ; c'est eux qui lui présentèrent à plusieurs reprises des questions captieuses, « pour le surprendre en paroles et pour avoir de quoi l'accuser » ;

C'est eux qui plus d'une fois envoyèrent des messagers pour se saisir de lui et le traduire devant le Sanhédrin ; c'est eux qui, exaspérés par le miracle qu'il venait d'accomplir sur Lazare, délibérèrent de ne plus laisser faire cet homme, et depuis ce jour-là se consultèrent ensemble pour le faire mourir.

C'est eux qui achetèrent sa tête pour trente pièces d'argent ;

C'est eux qui le firent arrêter en Gethsémané, et traîner de Caïphe à Pilate, de Pilate à Hérode, et encore d'Hérode à Pilate.

C'est eux qui excitèrent la multitude à crier : Crucifie ! Crucifie et qui effrayèrent Pilate en le menaçant de l'accuser devant César, s'il ne leur livrait celui qu'on appelait le « roi des Juifs ; »

C'est eux encore qui l'insultèrent jusque dans son agonie en disant : « Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver « Lui-même ! Qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ».

Eh bien, ces meurtriers de Jésus-Christ, en partie de nombreux pharisiens, c'étaient peut-être en général d'honnêtes gens selon le monde.

 

Il ne faut pas se figurer en effet que les pharisiens dans l’ensemble fussent tous des barbares, des libertins, des spoliateurs, des impies.

 

Il pouvait y en avoir de ce caractère ; mais ce n'est pas l'idée que la Seconde Partie Biblique nous donne de la totalité.

 

Tels qu'il nous les fait connaître, beaucoup d'entre eux passeraient dans le monde pour d'honnêtes gens, si ce n'est pour des hommes vertueux.

 

Il est vrai que nos saints livres nous montrent en même temps de mauvaises convoitises, des vices régnant chez eux ; mais tel est dans tous les temps la contradiction de l'honnête homme du monde avec lui-même.


La réputation de haute sainteté que certains pharisiens avaient usurpée auprès du peuple, et qui faisait dire au Seigneur : « Vous vous justifiez vous-mêmes devant les hommes (Luc 16/15), » serait bien difficile à expliquer s'ils n'eussent possédé quelques vertus humaines, et surtout de celles qui sont les plus utiles à la société.

 

Ils tenaient à la religion ; et en opposition aux saducéens, qui étaient les matérialistes de l'époque, ils faisaient hautement profession de croire à l'immortalité de l'âme et à la résurrection.

 

Leur zèle pour l'accomplissement des devoirs extérieurs du culte avait passé en proverbe, et le Seigneur rend témoignage à l'exactitude avec laquelle ils payaient les dîmes, tout en leur reprochant de négliger les préceptes plus spirituels et plus importants de la loi. (Math 23/27)


Leurs vertus se mêlent à leurs vices mêmes, et paraissent jusque dans le temps qu'ils persécutaient le Seigneur et se préparaient à le crucifier.

 

Cet argent qu'ils ont donné à Judas pour prix de sa trahison, et que Judas jette dans le temple, qu'en font-ils ?


Ils répugnent à le mettre dans le trésor, parce que c'est « le prix du sang ».


Quelle délicatesse !

 

Et puis ils l'emploient à « acheter le champ d'un potier pour « sépulture des étrangers : » 

 

Quelle charité !


L’Apôtre Paul, qui avait appartenu aux pharisiens jusqu'à sa conversion, s'exprime partout sur le caractère moral en termes qui confirment le jugement que nous venons d'en porter.

 

En se défendant contre ses accusateurs, il s'honore d'avoir « vécu pharisien, selon la tradition la plus exacte du Judaïsme » et il veut que sa nation et ses adversaires eux-mêmes trouvent dans ce fait une garantie de « la vie »  irréprochable qu'il a menée dès sa jeunesse.

Enfin, et surtout, la parabole d'où notre texte est tiré, et dans laquelle le Seigneur a voulu nous mettre devant les yeux un pharisien qui fut comme le type d’une partie d’un certain pharisaïsme, nous représente un homme qui, tout éloigné qu'il est d'être justifié devant Dieu, n'en n'a pas moins de grandes vertus devant le monde et devant sa propre conscience.

 

Jugez-en par sa prière ; car outre que rien ne donne à entendre que sa conduite extérieure ne soit pas telle qu'il la dépeint, il prononce cette prière « à l'écart et en lui-même, » et l'on n'a pas intérêt à mentir dans une prière particulière.

 

« Il n'est pas comme le reste des hommes » : il a donc les dehors d'une vertu singulière.

 

« Il n'est pas ravisseur « ni injuste : » c'est donc un homme probe dans les affaires.

 

« Il n'est point adultère » : ses moeurs sont donc pures.

 

Mais il y a plus : « Il jeûne deux fois la semaine » : voilà les habitudes de la dévotion portées jusqu'aux privations et aux pénitences.

 

« Il donne la « dîme de tout ce qu'il possède » : voilà de grands sacrifiées qui supposent une bienfaisance et une piété rares ; y en a-t-il beaucoup d'entre vous qui réservent aux pauvres ou aux oeuvres religieuses un dixième de leur revenu ?

Enfin il reconnaît dans ses vertus un don de Dieu, car il lui en rend grâces : Je te rends grâces « de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes. »

Qui ne verrait là un homme estimable, vertueux, religieux, selon le monde ?

 

Ce n'est pourtant, je le répète, qu'un pharisien, qu'un type de pharisaïsme.


Mais si l'honnête homme n'a point de vertus qu'il ne partage avec le pharisien, comment ces vertus pourraient-elles le rassurer contre le jugement de Dieu ?

Avec toutes ces vertus, vous pouvez donc porter un coeur rempli des sentiments qui déplaisent le plus au Seigneur.

 

Avec toutes ces vertus, vous pouvez être au fond un ennemi de Dieu, de la vérité et des gens de bien.

Avec toutes ces vertus, vous auriez pu, si vous aviez été contemporain de Jésus-Christ, être trouvé, non parmi ses disciples, mais parmi ses meurtriers.

 

Cette pensée vous révolte, et vous croyez que j'exagère ; mais prenez garde, on se connaît si mal soi-même !

 

Le coeur irrégénéré renferme des germes secrets dont il est bien loin de prévoir les développements futurs.


 

(Suite dernière partie)


Bible 2010

Croix huguenote

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:19
La peccadille d'Adam par Adolphe Monod (Deuxième Partie)

LA PECCADILLE D'ADAM

ParAdolphe Monod,

(Deuxième Partie)


 

Les Vertus du légalisme et de la suffisance

« O Dieu ! je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, ravisseurs, injustes, adultères, ni même cet homme ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. » (Luc XVIII, 11, 12.)



Une première suite du péché d'Adam c'est un changement complet s'opérant dans tout ce qui l'entoure.

 

Banni de ce jardin délicieux que Dieu avait planté de ses mains, et dans lequel « il avait fait germer tout arbre beau à voir et bon à manger, » il est jeté au dehors sur la face de la terre, et tristement abandonné à cette liberté qui l'a séduit.

 

Cette terre, maudite à cause de lui, ne lui enfantera plus naturellement que des épines et des chardons, et ne lui donnera désormais son pain quotidien qu'en échange d'un pénible travail.

 

Les animaux, que Dieu avait fait venir humblement à ses pieds pour qu'il leur donnât des noms en souverain maître, secouent son empire comme il a secoué celui de son Créateur ; et la nature entière semble se soulever contre lui pour se venger de ce qu'elle a été assujettie par sa faute à la vanité et à un soupir universel :

 

« la création est sujette à la vanité, non de sa volonté mais à cause de celui qui l'y a assujettie ; car nous savons que toute la création soupire et qu'elle est en travail jusqu'à maintenant (Rom 8/19-21). »

 

Ce châtiment vous semble-t-il léger ?

Mais approchons-nous pour voir ce qui se passe dans Adam lui-même, et toutes les morts renfermées dans cette mort à laquelle il s'est livré en aveugle, sur la foi du serpent.


La seconde suite du péché d'Adam, c'est la mort physique :

 

« Tu es poussière et tu retourneras poussière ; »

 

La mort, la plus grande peine que la justice humaine ait su trouver pour les plus grands criminels ; la mort, avec tout ce qui la précède et avec tout ce qui la suit.

 

Avant la mort, cet affaiblissement graduel qui la prépare, ces maladies qui la précipitent, ces déclins qui l'annoncent, ces angoisses qui l'accompagnent.

Après la mort, cette dissolution effrayante qui nous oblige à éloigner de nous ce que nous entourions naguère de l'affection la plus tendre, et à dire comme Abraham de sa chère Sara :

 

« Que j'enterre mon mort et que je l'ôte de devant moi » (Gen 23/4)

 

Mais par-dessus tout la mort en soi, le passage le moment ; ce moment terrible, mystérieux indivisible où le coeur cesse de battre, le sang de couler, l'oeil de regarder ; ce moment, avant lequel on était homme et après lequel on est cadavre, en attendant qu'on ne soit plus rien pour la vue, et qu'on aille se confondre avec cette vile poussière qui va nourrir les générations suivantes.

 

Ce châtiment vous semble-t-il léger ?


La troisième suite du péché d'Adam, c'est la mort spirituelle ; j'appelle de ce nom l'asservissement au péché.

 

Dieu punit le péché par le péché même, en abandonnant le pécheur à sa propre volonté pervertie ; et c'est le plus redoutable de ses jugements :

 

« Car, comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, aussi Dieu les a livrés à un esprit dépourvu de jugement, pour commettre des choses qui ne sont convenables (Rom 1/28) »

 

A peine Adam a-t-il cédé à la tentation, que le péché se fait jour de toutes parts dans son âme.

 

On le voyait jusqu'ici paré de son innocence ; et le voici découvrant en lui-même je ne sais quoi de honteux qui le contraint de se couvrir.

 

Il marchait devant Dieu la tête levée, le visage serein, le coeur libre, et le voici troublé à la voix de son créateur, et se cachant en criminel parmi les arbres du jardin.

 

Mais que Dieu lui fasse rendre compte de sa désobéissance, et vous allez suivre dans sa réponse le progrès rapide du péché.

 

Se condamne-t-il ?

 

Tombe-t-il à genoux ?

 

Demande-t-il pardon à son Juge ?

 

Certes, c'était la seule justice dont il fut encore capable.

 

Mais cette même chute qui devait tant l'humilier l'a livré à l'orgueil, et le voici rejetant sa faute sur Eve, comme Eve rejette la sienne sur le serpent :

 

« la femme que tu as mise avec moi m'a donné du fruit de l'arbre, et j'en ai mangé. »

 

Voyez-vous bien tout ce que signifie cette réponse ?

 

La femme m'en a donné : cette femme, « cet aide semblable à lui, » « cet autre lui-même, « os de ses os et chair de sa chair, » il l'accuse et la présente en sa place aux coups de la vengeance divine, tant l'égoïsme étouffe déjà la charité dans son cœur.

 

Mais l'accusation d'Adam porte plus haut.

 

La femme que tu as mise avec moi : c'est toi qui me l'a donnée, tout ce mal ne serait point arrivé.

 

Malheureux Adam !

 

Ainsi l'impiété achève le désordre de ton coeur.

 

Ah ! Qu'importe que le péché soit entré chez toi par une petite ou une grande ?

 

Quoi qu'il en soit, cette ouverture lui a suffi pour pénétrer, pour s'étendre et pour envahir tout ton être.

 

Pureté, paix, humilité, vérité, charité, piété, tout s'éteint.

 

Ce châtiment vous semble t-il léger ?


La quatrième suite du péché d'Adam, c'est la mort éternelle ; cette mort, cachée comme dans le fond de cette menace mystérieuse : tu mourras de mort.

 

Cette mort, dont la mort physique n'est que l'image, et la mort spirituelle le prélude ; cette mort, si épouvantable que le monde n'y peut pas croire, et que les plus croyants se surprennent parfois à tacher d'en douter, mais cette mort, si clairement et si naturellement prédite par la Parole de Dieu, qu'il faut fermer les yeux pour ne pas voir.

 

Car nous lisons, d'une part :

 

« Quiconque ne fait pas tout ce qui est écrit dans « le livre de la loi est maudit ; » (Gal 3/10)

 

Et de l'autre :

 

« Allez maudits, au feu éternel, préparé pour le diable et pour « ses anges »

 

et encore : leur ver ne meurt point, et leur feu ne s'éteint point.

 

Ce feu qui ne s'éteint point, ce ver qui ne meurt point, cette colère qui demeure, cet abîme que rien ne peut combler, hélas !

 

Ce châtiment vous semble-t-il léger ?


Enfin la cinquième et dernière suite du péché d'Adam, c'est que cette quadruple malédiction que nous venons de voir tomber sur sa tête, croissant et se multipliant avec la race lui doit sortir de lui, va se transmettre à ses enfants avec la lumière du jour, de telle sorte qu'il sera aussi impossible de trouver jamais, ni dans un coin si reculé de la terre ni dans un enfoncement si lointain de l'avenir un homme à qui cet héritage d'amertume ne parvienne pas, qu'il est impossible de trouver dans le lit d'un fleuve une retraite que ne visitent ses eaux.

 

Adam, dont le nom signifie en hébreu l'homme, tombe à la tête d'un monde, qui le suit dans sa chute comme un seul homme.

 

Ses enfants, « formés dans l'iniquité et conçus dans le péché » demeurent comme lui bannis d'Éden et errants sur la terre, comme lui assujettis à la mort, comme lui livrés au péché, comme lui condamnés à une misère sans fin.

 

Ce châtiment encore vous semble-t-il léger ?

Que dis-je ?

 

Et quel mal y a-t-il au monde dont ce premier péché ne soit, je ne dis pas la cause unique, mais la cause originelle ?

 

Quelle calamité, quel désordre, quel crime nommer où l'on n'aperçoive la main de Dieu poursuivant après soixante siècles la peccadille d'Adam ?


Si l'on vous demande ce qui fait que vous luttez incessamment contre la faim et la soif, que vous êtes comme en guerre avec le sol de la terre, avec les pierres des champs et avec les bêtes sauvages, et qu'il faut conquérir votre pain à la sueur de votre front, répondez : C'est la peccadille d'Adam.

Si l'on vous demande ce qui fait que vous souffrez, que vous pleurez, que vous passez des jours dans l'angoisse et des nuits sans sommeil, que vous mourez, que vous voyez mourir, que vous menez une vie toujours mourante, où vous n'avez pu entrer qu'en risquant d'ôter le jour à celle qui vous le donnait, répondez : C'est la peccadille d'Adam.


Si l'on vous demande ce qui fait que vous êtes charnels vendus à l'iniquité, que vous faites non le bien que vous voulez, mais le mal que vous ne voulez pas, que vos petits enfants produisent déjà les fruits amers du péché et qu'ils en portent le germe dès leur naissance, répondez : c'est la peccadille d'Adam.

Si l'on vous demande ce qui fait que vous êtes « par nature enfants de colère, enfants de malédiction, enfants du démon, réservés à son affreuse société, et qu'à moins d'un miracle de la grâce vous allez devenir un sujet éternel de joie pour l'éternel ennemi de tout bien, répondez : c'est la peccadille d'Adam.

Si l'on vous demande enfin ce qui fait que le monde entier est plongé dans le mal, que la perdition est la pente naturelle du coeur et la voie de la multitude, que Satan est devenu le Prince de ce monde, que Dieu se repent d'avoir formé l'homme, et qu'au lieu que le ciel n'a pas cessé de présenter à la terre la magnifique spectacle de ses jours resplendissants et de ses nuits étincelantes, la terre ne présente plus au ciel qu'une vaste scène de désordre, de querelles, de guerres, de rapines de meurtres, de souillures de crimes du jour et de crimes de la nuit, répondez : C'est la peccadille d'Adam.

Ah ! Si vous pouviez douter encore de l'énormité du péché d'Adam, je sais un homme qui n'en doutait pas, et que je voudrais pouvoir vous faire entendre ici à ma place : cet homme c'est Adam lui-même.

Nous avons sur lui le triste avantage de voir le ruisseau auquel il venait d'ouvrir un passage changé en un fleuve immense, qui couvre de son débordement la terre entière ; mais il avait sur nous l'avantage plus triste encore de l'avoir vu naître et commencer à couler.

 

Seul entre tous les hommes, Adam a pu comparer le second état de sa race avec le premier.

 

Pour nous, qui naissons dans le péché, le péché est devenu comme une seconde nature, et nous pouvons à peine concevoir la condition séparée de ce désordre ; mais lui, auteur de ce premier péché qui avait bouleversé l'ouvrage de Dieu, - de ce premier péché - il pouvait sans doute retrouver encore au fond de son âme un souvenir amer de son innocence primitive.

 

Quel changement, ô mon Dieu, quel changement !

 

Quand, fatigué du poids du jour, Adam venait s'asseoir aux portes d'Éden, et raconter à ses enfants comment elles s'étaient fermées et pour lui et pour eux ; quand, appelant le cadavre d'Abel et s'étonnant de ce sommeil qu'il pouvait troubler, il se demandait si ce ne serait pas là cette mort que Dieu lui avait prédite ; quand, après avoir accompli ses neuf cent trente années, et touchant presque à la naissance de Noé s'il voyait l'iniquité de Caïn, surpassée par ses descendants, se communiquer à la race sortie de Seth ; quand il se disait enfin que la ruine universelle du genre humain s'était consommée dans sa personne, sous l'arbre de la science du bien et du mal, - oh ! Alors, qu'eût-il pensé d'un homme qui, jugeant ainsi que vous jugez, serait venu lui dire que le péché qu'il avait commis dans Éden était petit devant Dieu ?

Mais, au reste, qui pourrait mieux nous instruire du jugement de Dieu que Dieu Lui-même ?

 

Écoutez le : « Par un seul homme le péché est entré au monde » « et par le péché la mort » ; et ainsi la mort est parvenu « sur tous les hommes, parce que tous ont péché ; » et encore : « Par un seul péché les hommes sont assujettis à la condamnation. » (Rom 5/12-16). »

C'est que « l'Éternel regarde au coeur, tandis que « l'homme regarde à ce qui est devant les yeux (1 Sam 16/7). »

 

Vous considérez le fait matériel et vous dites :

 

« Adam n'a fait que manger d'un fruit, qu'est-ce que cela ?» 

 

Ou peut-être, vous pénétrez quelque peu sous la surface, et cherchant les causes immédiates du péché d'Adam, vous dites :

 

« Un mouvement d'orgueil, de convoitise ou de curiosité, qu'est-ce que cela encore ? »

 

Mais Dieu entre plus avant, et il trouve dans Adam un coeur qui lui désobéit, le sachant et le voulant.

Que dis-je, manger d'un fruit ce que c'est que cela ?

 

C'est transgresser une défense de Dieu, c'est-à-dire la jeter à terre et la fouler aux pieds ; c'est rejeter, dans ce seul commandement, l'Autorité du Législateur, et avec cette autorité la loi tout entière.

Manger d'un fruit, quand Dieu a dit : Tu n'en mangeras point, c'est, se révolter contre Dieu ; c'est dire :

 

« Nous ne voulons point que celui-Ci règne sur nous (Luc 19/14) ; »

 

C'est lever la main sur Son Trône pour l'en faire tomber, si l'on pouvait, pour y monter, dirai-je ?

 

Ou pour y faire monter le tentateur en sa place…


Manger d'un fruit, quand Dieu a dit : Tu n'en mangeras point, c'est pécher, et en péchant ouvrir la porte à tous les péchés ; c'est faire, en principe et comme en germe, ce que fit Caïn en tuant Abel, Lémec en se livrant à la convoitise et à la vengeance, les tyrans en opprimant les peuples, Cam en se moquant de son père, Taré en servant les faux dieux, et tout le genre humain en corrompant sa voie.

Que dis-je, manger d'un fruit défendu ? L'acte extérieur n'est pas même nécessaire ; les mains et la bouche ne sont ici pour rien, et devant Dieu le péché est déjà tout entier dans la seule pensée du péché : 

 

« Celui qui regarde une femme avec des yeux de convoitise a déjà commis adultère avec elle dans son coeur, » (Math 5/28) et « celui qui hait son frère est un meurtrier » (1 Jean 3/15).

Sans doute il y a des degrés dans l'offense ; mais l'offense, comme offense, mais le péché, comme péché, est toujours infiniment grave devant Dieu, et il le serait à nos propres yeux s'il ne nous avait tellement enveloppés qu'il nous éblouit et nous aveugle.

 

 

(Suite Troisième Partie)

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

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  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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