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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 21:57
Appel d'Amour de Dieu

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Prépare-toi à la rencontre de Ton Dieu !

(Amos 4,12)

 

En lisant la Bible, nous voyons bien que Dieu n'exerce jamais de jugement sans prévenir d'abord les hommes.

 

Dès le début Dieu avertit Adam que s'il mangeait du fruit défendu, il allait mourir.

 

Et c'est ce qui arriva.

 

Mais sitôt après, Dieu annonça Son Plan de Salut par le moyen de la descendance de la femme : Christ Jésus. (Genèse 3,15)

 

De même, Dieu n'a pas appelé le déluge sur la terre avant d'avoir alerté les hommes par Noé.

 

Durant toute l'histoire d'Israël et du peuple Hébreu, Dieu lui a donné des prophètes pour avertir Son Peuple du jugement s'il enfreignait Ses Commandements.

 

Cet appel d'Amour concerne encore aujourd'hui tout homme et femme, Dieu appelant à se préparer à Le rencontrer, et ainsi éviter le Jugement.

 

Quelle est la manière d'éviter le Jugement ?

 

Se repentir et confesser nos péchés pour obtenir Son Pardon offert.

 

Accomplir avec Son Soutien et Son Aide les œuvres bonnes que Dieu a préparées d'avance afin que nous les pratiquions. (Ephésiens 2,10)

 

Ainsi, nous pouvons attendre le Retour de Christ sans crainte.

 

Quel doux bonheur d'être de ceux qui entendront Notre Seigneur nous dire :

 

« Bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses (…) ; entre dans la Joie de Ton Maître. » (Matthieu 25,23)

 

Amen,

 

H. Christen,

Appel d'Amour de Dieu

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Appel d'Amour de Dieu

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 23:04
La plus douce des fleurs

"Je suis un Narcisse de Sharon"

 

Quelle que puisse être la beauté dans le monde matériel, Jésus Christ possède tout ce qu’il y a dans le monde spirituel à un degré décuplé.

 

Parmi les fleurs, le narcisse de Sharon, ou rose, comme le traduisent d’autres versions, est estimée la fleur la plus douce, mais Jésus est infiniment plus beau dans le jardin de l’âme que la rose ne peut l’être dans les jardins de la terre.

 

Il prend la première place comme le plus beau d’entre dix mille.

 

Il est le soleil, et toutes les autres ne sont que des étoiles; les cieux et le jour sont obscurs en comparaison à Lui, car le Roi dans sa beauté surpasse tout.

 

Je suis la rose de Sharon.

 

Celle-ci était la plus belle et la plus rare des roses.

Jésus n’est pas seulement la rose, Il est la rose de Sharon, juste comme Il appelle sa justice "Or" et ensuite ajoute, l’or d’Ophir, le meilleur du meilleur.

 

Il est positivement aimable, et réellement le plus aimable.

 

Il y a une variété dans ses charmes.

 

La rose est agréable à la vue, et son parfum est suave et rafraîchissant ; ainsi chacun des sens de l’âme, que ce soit le goût ou le sentiment, l’ouïe, la vue, ou l’odeur spirituelle trouve son plaisir en Jésus.

 

Même le souvenir de son amour est doux.

 

Prenez la rose de Sharon et détachez pétale après pétale et déposez-les dans le vase de la mémoire, et vous trouverez le parfum de chaque pétale longtemps après, remplissant la maison de son parfum.

Christ satisfait le goût le plus fin de l’esprit le plus éduqué jusqu’à la plénitude.

 

Le plus grand amateur de parfums est tout à fait satisfait avec la rose de Sharon, et quand l’âme est arrivée à son plus haut degré de goût véritable, elle sera encore contente avec Christ, non, elle sera la plus capable de l’apprécier.

 

Le ciel lui-même ne possède rien qui surpasse la rose de Sharon.

 

Quel emblème peut pleinement représenter sa beauté ?

 

Le discours humain et les choses nées de la terre font défaut pour la décrire.

 

Les mélanges des charmes du plus grand choix terrestre dépeignent faiblement l’abondance de sa préciosité.

 

Rose bénie, soit fleurie dans mon coeur pour toujours !!

 

Amen,

 

Pasteur Charles Spurgeon,

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:53
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (1ère partie) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)

 

L'homme est pécheur, et perdu. Tout l'atteste, la conscience, l'Écriture, et par-dessus tout le reste, Jésus-Christ, Son Nom, Sa Mission, Son Sacrifice, Son Histoire entière.

 

Cet homme pécheur et perdu, comment sera-t-il sauvé ?

 

Ou, pour aller droit au but, si vous êtes cet homme pécheur et perdu ou cette femme pécheresse et perdue comment serez-vous sauvé(e) ?

 

En présence de cette question, la première pensée qui monte dans le coeur de l'homme, c'est de mériter le salut par l'obéissance rendue aux commandements de Dieu.

 

Pensée à laquelle on se livre avec d'autant plus de confiance, qu'on croit pouvoir l'appuyer sur des déclarations de l'Écriture ; de Moïse :

 

« L'homme qui fera ces choses vivra par elles. » (Lévitique 18.5) ;

 

de Jésus-Christ même :

 

« Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements » (Matthieu 19.17).

 

Mais un coup d'oeil attentif suffit pour dissiper cette espérance : c'est attacher le salut à une condition qui est déjà toute violée.

 

Vous serez sauvé si vous ne péchez point : de quoi cela vous sert-il, si vous avez déjà péché ?

 

Autant porter à un malheureux, qui s'est rendu coupable de meurtre, la bonne nouvelle qu'il n'a rien à redouter de la loi pourvu qu'il ait respecté la vie de son prochain !

 

Vous venez trop tard : le mal est fait ; et, tant qu'on en appellera à la loi, il est irréparable.

 

Que si Moïse dit à Israël :

 

« Celui qui fera ces choses vivra par elles, »

 

ou si Jésus-Christ dit au jeune riche :


« Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements, »


Moïse et Jésus-Christ rappellent ici une condition propre à une économie qui n'est plus ; et ils la rappellent tout exprès pour obliger le pécheur tenté de prendre la voie des oeuvres (Galates 3.10), à y regarder de plus près, et à reconnaître qu'elle est désormais fermée pour lui.

 

Non que cette voie ne fût bonne en soi pour conduire à la vie ; seulement, elle n'est plus bonne pour l'homme pécheur, ou plutôt l'homme pécheur n'est plus bon pour elle, parce que c'est le chemin des saints.

 

Parler à l'homme de mériter le salut, c'est un anachronisme ; c'est plus, c'est une contradiction dans les termes.

 

Car on n'a besoin de salut que pour être perdu, on n'est perdu que pour avoir démérité.

 

Dire à un pécheur : Méritez le salut, c'est dire à un malade : Guérissez-vous en vous bien portant.

 

Cela est clair comme le jour ; et pourtant l'homme pécheur ne se rend pas.

 

Le mérite des oeuvres lui tient tellement à coeur, qu'il s'ingénie pour lui trouver une place à côté du péché.

 

A défaut de ce mérite qui s'obtiendrait par l'observation de toute la loi, il en imagine un de second ordre, pour lequel il suffirait d'en avoir observé une partie ; c'est-à-dire que ne pouvant s'élever jusqu'à la loi, il abaisse la loi jusqu'à lui ; il l'accommode à sa condition pécheresse, tout exprès pour pouvoir dire :

 

« J'ai observé cette loi-là. »

 

Non seulement la philosophie morale, jusque dans ses représentants les plus élevés, appelle l'homme au bonheur par le chemin de la vertu humaine, dont elle avoue elle-même les manquements ; mais le disciple même des Écritures Divines, tout instruit qu'il est par elles de son état de péché, trouve toujours quelque ouverture par où retomber dans le mérite des oeuvres.

 

Le Peuple Juif, placé en présence de la Loi de Sinaï qu'il ne peut suivre pleinement, peut se rassurer en substituant aux oeuvres principales de la loi les ordonnances cérémonielles, et se rassurer de la vie éternelle parce qu'il est circoncis, et qu'il n'a ni omis un sacrifice, ni oublié une ablution, ni violé un shabbat.

 

Le chrétien, accablé par la sainteté du sermon de la Montagne, se réfugie dans les pratiques du renoncement, la pénitence, la macération, les jeûnes, la solitude, sauf à justifier le mérite qu'il leur attribue par je ne sais quelle communication de celui qui réside dans les oeuvres de Jésus-Christ.

 

Le protestant lui-même, affranchi du mérite des pratiques, se rassure par celui des oeuvres morales, la bienfaisance, la probité, les vertus de famille ou de société.

 

Toujours les oeuvres de l'homme, partout la même illusion : une obéissance partielle et mêlée de péché, tenant lieu de cette obéissance absolue et sans péché qui seule, selon l'Évangile, constituerait l'homme en état de mérite.

 

Le tout ou rien, maxime dangereuse dans les choses de l'homme, est la seule qui convienne au Dieu trois fois Saint : aussi l'Écriture l'invoque-t-elle ici sans ménagement.

 

Selon elle, quiconque en appelle aux oeuvres par un côté, est tenu de prouver qu'il a tout observé :

 

« Je proteste à quiconque se fait circoncire, qu'il est obligé de pratiquer la loi tout entière » (Galates 5.3).

 

Et encore, :

 

« Si c'est par la grâce, ce n'est plus par les oeuvres autrement la grâce n'est plus la grâce ; et si c'est par les oeuvres, ce n'est, plus par la grâce ; autrement l'oeuvre n'est plus une oeuvre. » (Romains 11.6).

 

Entre ces deux chemins que l'on nous montre pour nous conduire au ciel, il s'agit, non de transiger, mais de choisir : n'en ayons qu'un, mais qu'il soit sûr.

 

Ce chemin, s'il existe pour nous, ne peut être désormais que la grâce.

 

Le meurtrier, condamné par la loi des hommes, peut être affranchi de la sentence qu'il a encourue par l'exercice souverain du droit de grâce.

 

Y a-t-il auprès de Dieu, pour le pécheur condamnable et condamné, un recours en grâce ?

 

Voilà toute la question.

 

Que si c'est à peine une question pour vous, tant il vous paraît résulter naturellement de la bonté de Dieu qu'Il pardonne le péché, vous êtes loin, très loin de la Vérité.

 

La Bonté de Dieu, oui ; mais la Sainteté de Dieu aussi, avec laquelle il faut que cette bonté compte, et il s'agit de savoir si elle le pourra.

 

C'est une question, vous dis-je, sinon pour vous, du moins pour l'Apôtre, du moins pour le geôlier de Philippes (Actes 16.30), du moins pour les anges (Luc 16.7), du moins pour Dieu Lui-même, qui s'écrie :

 

« J'ai trouvé la propitiation » (Job 30.24),

 

comme d'une chose qu'il a longtemps cherchée sans la trouver et qu'il n'a fini par trouver qu'en rappelant à son aide toutes les pensées divines combinées.

 

C'est à cette question que saint Paul répond dans mon texte, par ce qu'il appelle ailleurs « l'Évangile (c'est-à-dire la bonne nouvelle) de la grâce » (Actes 20.24).

 

Lisez ce qu’il a dit :

 

« Vous avez été sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous ; c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, étant créés en Jésus-Christ pour les bonnes oeuvres, que Dieu a préparées, afin que nous marchions en elles. »

 

Voici tout l'Évangile resserré en trois lignes, aussi pleines qu'elles sont concises.

 

Tout est là :

 

Le principe du salut, la grâce ;

 

Le moyen du salut, la foi ;


La fin du salut, les bonnes oeuvres ;

 

Et chaque chose y est à la place qui lui est propre, et dans son vrai rapport avec tout le reste.

 

Ainsi notre plan nous est tout donné :


Nous n'avons qu'à suivre notre Apôtre, mais avec une différence d'application.


Lui s'adresse plus spécialement à ceux de ses lecteurs qui sont déjà convertis au Seigneur Jésus-Christ, et il leur rappelle comment ils ont été sauvés.

 

Moi, je m'adresse plus spécialement à ceux de mes lecteurs qui ne sont pas jusqu'ici convertis au Seigneur Jésus-Christ, et je leur explique comment ils peuvent être sauvés.


Commençons par le commencement :

 

« Vous avez été sauvés par la grâce. »

 

Qu'est-ce que la grâce ?

 

La grâce -- c'est la grâce : il y a dans le langage des hommes de ces termes primitifs que l'on sent, mais que l'on ne définit pas, comme on n'analyse pas les substances simples ; il y en a aussi de tels dans l'Évangile, et le mot grâce est de ce nombre.

 

Tout ce que nous pouvons dire, c'est que la grâce est la faveur que trouve auprès de Dieu un pauvre pécheur, qui n'a mérité que Sa Colère.

 

Je dis qui a mérité Sa Colère : ce point est capital.

 

La grâce implique, chez qui la reçoit, un état d'indignité qui lui méritait un traitement tout contraire ; le ciel n'est donné par grâce qu'à celui qui est digne de l'enfer ; la vie éternelle n'est une grâce que pour qui est digne de la mort éternelle :

 

Vous croyez peut-être avoir rendu assez d'hommage à la grâce, quand vous avez déclaré que les oeuvres sont insuffisantes, et que, l'homme eût-il fait tout ce qu'il doit faire, la félicité éternelle dépasse trop ses faibles mérites pour n'être pas accueillie à titre de grâce ?

 

Détrompez-vous : ce n'est pas rendre hommage à la grâce, c'est lui donner un démenti.


C'est confondre la Grâce de Dieu qui n'est que pour la créature déchue, avec sa bonté, dont les plus innocentes, dont les saints anges eux-mêmes ont besoin.

 

Il n'en coûterait guère à notre amour-propre de reconnaître que Dieu nous fait grâce, -- comme Il fait Grâce à l'ange Gabriel, ou à l'ange Michel, qui n'ont jamais contrevenu en quoi que ce soit à Sa Volonté.

 

Quand nous aurions fait tout ce que nous devons, « nous ne serions que des serviteurs inutiles » (Luc 17.10), et la vie éternelle serait encore un don de la Bonté Divine, d'une Bonté Infinie ; mais ce ne serait plus une grâce, parce que nous n'aurions pas alors encouru la condamnation, disons plus, parce que nous aurions droit alors à la vie par les conditions de la Loi.

 

Mes frères et mes sœurs, point d'équivoque, soyez sincères avec Dieu et avec vous-mêmes.

 

Il ne s'agit pas seulement de reconnaître vos oeuvres insuffisantes pour vous justifier, il s'agit de les reconnaître suffisantes pour vous condamner.


Que si vous ne les reconnaissez pas telles, du moins ne prononcez plus le mot grâce ; ce mot n'a dans votre bouche ni vérité ni dignité, car il vous déclare ce que vous ne croyez pas être.

 

Laissez-nous-en l'usage, à nous qui nous reconnaissons pécheurs, pécheurs perdus, sans mérite, sans ressource propre.


Laissez-nous-le, -- nous ne nous plaindrons pas de notre partage.


Si les langues humaines n'ont pas de mot plus humiliant pour notre orgueil, elles n'en ont pas de plus doux à notre coeur.


Oui, mon Dieu ! Grâce ! Grâce ! Grâce !

 

Puisque celui qui se met à genoux en criant grâce est aussi celui qui se relève « sauvé par la grâce ! » « Sauvés par la grâce. »

 

Comprenez-vous ce salut, dont la grâce est le principe ?


C'est la chose la plus simple à la fois et la plus merveilleuse du monde.


A regarder ce que vous êtes, un pécheur, et ce que vous avez mérité, la mort, il n'y avait autre chose à attendre pour vous que la perdition ; et pour vous y soustraire, aucune délivrance ne pouvait être trouvée en vous-même.

 

Mais « Dieu qui est Amour, » et qui n'a pu nous voir d'un oeil indifférent courir à une affliction éternelle, a trouvé en Lui-même un secret pour donner la vie à ceux qui ont mérité la mort.

 

Ce secret, c'est la Grâce. (…)

 

 


 

La grâce ou l’oeuvre du Père par Adolphe Monod, (suite partie 1)

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:52
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (2ème partie) par le Pasteur Adolphe Monod

 

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ;

et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ;

non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. »

(Éphésiens 2.8-10)

 

Selon la Loi, la promesse de la vie, attachée à une condition que vous ne pouvez remplir dans votre état actuel, et qu'au surplus vous avez déjà transgressée, vous était à tout jamais inaccessible, et ne vous laissait pas d'autre partage que le désespoir : selon la Grâce, vous pouvez entrer dans la vie tel que vous êtes, en vous soumettant à ce salut humiliant que Dieu met à votre portée, et dont Il a fait Lui-même tous les frais.

 

Il a envoyé son Fils au monde ; Il a accompli en Lui toute l'Oeuvre de la Loi ; Il a fait venir sur Lui l'iniquité de nous tous ; Il L'a frappé à notre place, sur la croix ; Il L'a ressuscité des morts, et L'a élevé à Sa Droite, et Il a promis la vie éternelle à quiconque la veut venir prendre en Jésus-Christ.

 

Voilà désormais, au lieu de la Justice impraticable de la Loi, une Justice praticable pour nous, parce que Jésus-Christ se charge de tout.

 

C'est la doctrine de saint Paul dans un admirable passage de son Épître aux Romains :

 

« Car Christ est la fin de la loi en justice à tout croyant. Or Moïse décrit ainsi la justice qui est par la loi, savoir que l'homme qui fera ces choses vivra par elles. Mais la justice qui est par la foi s'exprime ainsi : Ne dis point en ton coeur : Qui montera au ciel ? Cela est ramener Christ d'en haut. Ou : Qui descendra dans l'abîme ? cela est ramener Christ d'entre les morts. Mais que dit-elle ? La parole est près de toi, en ta bouche et en ton coeur » (Romains 10.4-7).

 

Pour nous qui avons perdu la Justice de la Loi qui disait :

 

« L'homme qui fera ces choses vivra par elles, » reste la Justice de la foi qui nous est tout ouverte et tout accessible, parce que transportant en Christ tout ce que nous n'avions pas fait et n'aurions jamais pu faire, elle substitue à la question de savoir si nous pouvons, et si nous avons fait, la question de savoir si Christ peut, et si Christ a fait.

 

Cette justice-là, tout aimable, toute prévenante, parle ainsi :


« Ne dis point en ton coeur : Qui montera au ciel ? C'est en faire descendre Christ ; ni : Qui descendra dans l'abîme ? C'est rappeler Christ d'entre les morts. »

 

C'est-à-dire : ne te tourmente pas de cette parfaite obéissance que tu devais à la Loi de Dieu, et que tu ne lui as point rendue ; car ce n'est plus à toi qu'elle est demandée, c'est à Christ, qui peut la rendre, et qui l'a rendue ; c'est une chose faite.

 

Ne te tourmente pas non plus de cette peine redoutable que tu as encourue, et que tu ne pourrais souffrir qu'en perdant ton âme, car, ce n'est pas sur toi qu'elle tombera, c'est sur Christ, qui la peut souffrir, et qui l'a soufferte ; c'est une chose faite.

 

« La parole est près de toi, en ta bouche et en ton coeur. »

 

Le salut que l'on te presse d'accepter est un salut tout fait, que tu n'as qu'à prendre ; un autre a travaillé, il ne te reste qu'à entrer dans son travail.

 

Sur quoi Luther, le Paul de la Réformation, écrit ces paroles naïves et pénétrantes :

 

« Il faut bien savoir distinguer la loi d'avec l'Évangile. La loi et l'Évangile sont aussi différents l'un de l'autre que l'homme est différent de Dieu ; car la Loi nous entretient de ce que nous devons à Dieu, et l'Évangile de ce que Dieu nous a donné.

 

La Loi nous prescrit, et nous impose, ce que nous devons faire ; elle est toute tournée vers le faire, et tout occupée d'exiger.

 

Car Dieu dit par la Loi : Fais ceci, ne fais pas cela, voilà ce que je veux !


L'Évangile, tout au contraire, au lieu de prescrire, d'imposer, d'exiger, le prend en sens opposé.

 

Il ne dit pas :

 

Fais ceci, ne fais pas cela ; mais il nous invite à étendre la main et à prendre, en disant :

 

Vois, mon ami, ce que Dieu a fait pour toi ; il a envoyé son Fils en chair, et il l'a livré à la mort ; et toi, il t'a délivré de la mort, du péché, de l'enfer et du Diable.

 

Crois cela, et l'accepte, et tu seras bien heureux !

 

Tu seras ? Ce n'est pas assez : tu es bien heureux.

 

J'ai affaibli mon texte. Vous serez sauvés par la grâce, disais-je ; mais l'Apôtre dit à quiconque croit :

 

« Par la grâce vous avez été sauvés, » et il le dit par deux fois en quatre lignes.

 

La première, en parenthèse, comme d'une chose si bien connue qu'il n'a besoin que de la rappeler ; la seconde, en thèse directe, comme d'une chose si bien affermie qu'il est prêt à l'établir contre tout venant.

 

« Vous avez été sauvés » (Tite 3.5 ; 1Timothée 1.13, etc.).

 

C'est une chose faite, pour le chrétien, tout aussi bien que d'être perdu est une chose faite pour le pécheur.

 

De tout perdu qu'il était hier, aujourd'hui il est tout sauvé. 

 

Si ce langage vous paraît trop absolu, lisez plutôt l'Apôtre lui-même développant sa pensée dans les versets qui précèdent mon texte et qui l'amènent :

 

« Dieu, qui est riche en miséricorde, par sa grande charité de laquelle il nous a aimés, lors, dis-je, que nous étions morts en nos fautes, il nous a vivifiés ensemble avec Christ, par la grâce duquel vous êtes sauvés ; et il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ » (versets 4-7).

 

Est-ce assez de gratuité ? Est-ce assez d'assurance ?

 

Ce langage, je le sais bien, est taxé de présomption par tous ceux qui en appellent au mérite des oeuvres ; et à leur point de vue, ils ont raison.

 

Oui, le langage que saint Paul tient lui-même et qu'il nous engage à tenir, serait le comble de la présomption, pour qui songerait à mériter.

 

Mais pour qui n'attend rien que de la grâce, ce langage est l'expression toute simple de la reconnaissance, de l'amour.

 

Que dis-je ? De l'humilité.

 

Il n'y a pas plus de présomption à dire :

 

J'ai été sauvé par la grâce, quand on le dit dans l'esprit de l'Apôtre, qu'il n'y en aurait de la part d'un pauvre qui aurait été tiré de la misère à dire : Voyez le bien qu'il m'a fait ; me voici hors de peine ! que je serais ingrat de ne pas l'aimer !

 

Allez, mon frère, frère en Adam par le péché, frère en Christ pour le salut, laissez dire au monde ; et quoi qu'il en puisse penser, prenez le salut gratuit qui vous est présenté !

 

Présenté aujourd'hui, prenez-le aujourd'hui ! Et ne vous endormez pas ce soir que vous ne puissiez dire :

 

J'ai reçu la vie éternelle !

 

Et qu'est-ce donc qui vous pourrait retenir ?


Est-ce que vous êtes trop bon, trop vertueux, trop saint, pour avoir besoin d'un tel salut ?


Malheureux, va donc apprendre à te connaître.

 

« Tu dis : Je suis riche, je suis dans l'abondance et je n'ai besoin de rien ; et tu ne connais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (Apocalypse 3.17).


Ou bien, est-ce que vous êtes trop coupable pour en être digne ?

 

Mon frère, que me dites-vous là ?

 

Eh quoi ! Trop coupable pour dire avec le publicain :

 

« Mon Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur ! »

 

Trop coupable pour dire avec le larron en croix :

 

« Je reçois ce que j'ai mérité ; »

 

Ou avec saint Paul :

 

« Je suis le premier des pécheurs ! »


Viens, viens, comme ils ont fait, tel que tu es, chargé du fardeau de tes péchés, et tu « retourneras dans ta maison, » comme eux, pliant sous le poids de la Grâce !

 

Mais pour avoir part à « la Grâce de Dieu, » que faire ?

 

Cette Grâce « salutaire (en principe) pour tous les hommes, » mais dont (en fait) tous ne profitent pas, comment vous sera-t-elle appropriée ?

 

« Par la foi, »

 

répond l'Apôtre :

 

Si la grâce est le principe du salut, la foi en est le moyen.

 

Une version plus littérale ferait mieux sentir ce rapport :

 

  • « Vous avez été sauvés par la grâce, par le moyen de la foi (By grace, through faith). »

 

La foi, dont l'Écriture parle si souvent, la foi, qui est le gage de toutes les promesses, n'y est pas plus définie que la grâce.

 

Car ces mots par lesquels s'ouvre le magnifique tableau des triomphes de la foi (Hébreux 11.1) :

 

« La foi est une représentation des choses qu'on espère, et une démonstration de celles qu'on ne voit point, »

 

expliquent moins le caractère de la foi qu'ils n'en décrivent la puissance.

 

Sans doute, c'est encore ici une de ces notions élémentaires, que l'on obscurcirait en cherchant à les éclaircir, et qui s'expliquent d'elles-mêmes à l'esprit de l'homme ; ou s'il manque quelque chose à leur conception, c'est à la vie et aux faits, non à la philosophie et au langage, qu'il appartient d'y suppléer.

 

Imitons l'Écriture ; c'est le plus populaire de tous les maîtres, et tout ensemble le plus exact. (...)


 

La Grâce ou l’oeuvre du Père (Suite partie 2)


 

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:51
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (3ème partie) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)

 

Croire, c'est prendre Dieu sur parole ; c'est s'en rapporter à Dieu, d'un esprit tout persuadé et d'un coeur sans défiance ; plus spécialement, dans la matière qui nous occupe, croire, c'est écouter la Bonne Nouvelle de la Grâce avec les dispositions d'un homme qui ne doute ni que Dieu ait parlé, ni que ce que Dieu a dit soit vrai.

 

Ce qu'il faut surtout remarquer ici, c'est le rapport de la foi à la Grâce.


La foi, cet élément humain du Salut Tout Divin, la foi est ce je ne sais quoi dans l'homme, par où se donne à lui la Grâce qui est en Dieu ; de telle sorte que, d'une part, la Grâce ne parvient à l'homme que si elle lui est transmise par la foi ; et que, de l'autre, la foi n'agit dans l'homme qu'en laissant passer la Grâce, sans y rien ajouter du sien.

 

La foi est donc si nécessaire, que sans elle la Grâce est comme si elle n'était pas, et tout ensemble si simple, qu'elle laisse à la Grâce sa gratuité tout entière, que dis-je ? Qu'elle la constate et la fait éclater.

 

La foi est nécessaire pour approprier à l'homme la Grâce de Dieu.

 

Il ne s'agit pas de mériter un salut dont le caractère essentiel est d'être immérité ; mais ce salut immérité, il s'agit d'y prendre part.

 

Celui qui sauve, c'est Dieu ; mais celui qui est sauvé, c'est l'homme ; et cet homme, non une machine ou un instrument, mais une créature morale et responsable, qui a sa participation inévitable autant qu'obligatoire, dans toute transaction dont elle est l'objet, sans en excepter la plus souveraine ou la plus gratuite.

 

Le salut d'une âme est un ouvrage qui n'appartient qu'à Dieu ; c'est une création, selon l'expression de l'Apôtre dans mon texte, c'est-à-dire l'introduction d'un principe nouveau dans le coeur, par opposition au développement naturel d'un germe préexistant.

 

Mais cette création est intérieure ; elle s'opère dans l'homme, c'est assez pour que l'homme y ait sa part d'action, à la différence de cette autre création qui nous a appelés à l'existence.

 

« Dieu qui nous a créés sans nous, a dit un Père de l'Église, ne veut pas nous sauver sans nous ; »

 

Cela est vrai dans l'affaire du Salut, comme il est vrai dans toute action de l'homme par laquelle il est mis en possession des dons de Dieu, quels qu'ils soient.

 

Dieu met devant moi un paysage ravissant : encore faut-il que j'ouvre les yeux pour le contempler ;

 

Dieu me présente un fruit délicieux : encore faut-il que j'ouvre la bouche pour le recueillir ;

 

Dieu m'offre un remède certain pour mes maux : encore faut-il que j'ouvre la main pour le prendre.

 

Il en va de même pour le Salut : la foi est la faculté réceptive de l'homme, s'exerçant sur le Don de Dieu, et faisant nôtre ce qui n'était que pour nous.

 

La foi est l'oeil qui regarde, la bouche qui recueille, la main qui prend.

 

Un Béchuana converti la définissait admirablement :

 

« La foi est la main du coeur. »


En deux mots, si la Grâce est la Main de Dieu qui donne, la foi est la main de l'homme qui reçoit : que ces deux mains se rencontrent, tout est dit.

 

Mais autant la foi est nécessaire, autant elle est simple.

 

Elle opère en recevant, mais en recevant seulement : l'homme s'efface, pour laisser tout le Salut à Dieu.

 

Ne me dites pas que la foi sent, que la foi aime, que la foi obéit ; et que c'est par ce sentiment, par cet amour, par cette obéissance qu'elle vaut devant Dieu.

 

Non, vous dis-je ; la foi ne fait que recevoir ; et c'est par cette simplicité du recevoir qu'elle vaut, parce que c'est par elle qu'elle laisse à Dieu toute la Gloire du faire.

 

Le sentiment, l'amour, l'obéissance, ce n'est pas la foi, c'en sont les fruits, les oeuvres ; et attribuer le Salut à ces fruits, à ces oeuvres, c'est, après l'avoir rejetée dehors par le grand portail, ramener la justice propre par une porte dérobée.


Ne me dites pas même que la foi est une condition du salut.


Sans doute, cela peut se dire, si l'on ne veut exprimer par là que la nécessité de la foi pour être sauvé ; mais le mot de condition présente à l'esprit l'image d'une participation agissante méritoire ; et l'humble participation du recevoir ne saurait être qualifiée de condition sans abuser du langage.

 

Vous vous rendriez ridicule si vous disiez :


La vallée de Chamonix est admirable -- mais à condition qu'on la regarde ; ou le raisin est un fruit exquis -- mais à condition qu'on le prenne.

 

Il ne faudra pas dire davantage :

 

La grâce de Dieu nous sauve, mais à condition qu'on y croie ;

 

mais il faudra dire avec l'Apôtre :

 

« La grâce de Dieu nous sauve par la foi. »

 

Par la foi, précisément pour bien constater que l'homme n'y est pour rien, et que le salut est un don de Dieu, un pur don, tout gratuit ; ainsi l'explique l'Apôtre, reprenant sa pensée par le côté négatif, pour ne laisser à notre orgueil aucune issue par où lui échapper :

 

« Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; cela ne vient pas des oeuvres, afin que nul ne se glorifie. »

 

C'est dans le même esprit que le même Apôtre écrit aux Romains une ligne qui résume à elle seule tout ce que nous pourrions dire là-dessus :

 

« C'est par la foi -- afin que ce soit selon la grâce. »

 

Pesez bien cette parole profonde.

 

Non seulement, nous sauvant par la foi, Dieu nous sauve par Grâce ; mais s'Il nous sauve par la foi, c'est précisément pour réduire la participation de l'homme aux moindres proportions possible, pour constater, pour rendre visible à tous les yeux, qu'Il nous sauve par pure Grâce, sans condition, sans mérite, sans autre action humaine que celle qui nous met en rapport avec l'action Souveraine de Dieu.

 

Viens donc, pauvre pécheur qui me prêtes une oreille si attentive, et qui voudrais de si bon coeur vivre dans la Grâce, mourir dans la paix et ressusciter dans la gloire, mais qui as jusqu'ici douté de Dieu et désespéré de toi-même, viens, et crois.

 

Ne te tourmente-pas de ce que tu as à faire, crois.

 

Ne te tourmente pas de ce que c'est que croire, crois : ton coeur t'instruit assez de ce que c'est, et l'expérience t'apprendra le reste. (...)


 

La Grâce ou l’oeuvre du Père par Adolphe Monod (Suite partie 3)


 

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:50
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (4ème partie) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)

 

Voilà de l'eau, bois ; voilà du pain, mange ; voilà la Grâce de Dieu, voilà Jésus-Christ crucifié et ressuscité, qui s'est chargé de tout le faire, qui était hors de ta portée, pour ne te laisser que le croire, qui est à ta portée : crois, dis-je, et tout ce qu'Il a fait est autant à toi que si tu l'avais fait toi-même, pour que tu sois aussi sûr de ton salut que si tu étais saint comme le Saint des saints.

 

« Crois seulement, et tu verras la gloire de Dieu. »

 

Que si tu ne peux te consoler de l'avoir déshonoré par le péché, au lieu de lui donner gloire par la sainteté, lis :

 

Tu as ta manière de lui donner gloire.

 

La première voie ouverte à l'homme pour glorifier Dieu, l'obéissance parfaite, qui eût rendu hommage à la perfection de Sa Loi, t'est fermée, mais il t'en reste une seconde, la foi, qui rend hommage à la Gratuité de Sa Grâce.

 

Cet hommage ne sera pas moins agréable à Dieu que n'eût été l'autre ; que dis-je ? Il le sera même davantage, car « Dieu est Amour, » et de toutes Ses Perfections, celle dont Il est le plus jaloux, c'est Son Amour Tout Gratuit, que l'homme innocent n'eût jamais connu, que l'ange saint n'a point éprouvé, et que l'homme pécheur, mais reçu en Grâce, a la tendre mission de sentir et de proclamer.

 

Je disais avec Jésus-Christ :

 

« Crois seulement, et tu verras la gloire de Dieu » (Jean 11.40) ;

 

Je puis ajouter : Crois, et nul ne fera pour cette gloire plus que toi !

 

Mais les bonnes oeuvres, que deviennent-elles dans ce salut tout gratuit ?


Ce qu'elles deviennent ? Elles deviennent praticables, d'impraticables qu'elles étaient.


Ce salut, dont la Grâce est le principe, et la foi le moyen, les bonnes oeuvres en sont le terme.

 

« Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, étant créés en Jésus-Christ pour les bonnes oeuvres, que Dieu a préparées, afin que nous y marchions. »

 

Deux choses frappent ici par leur contraste : la première, que la gratuité du salut ne reçoit nulle atteinte de la nécessité des bonnes oeuvres ; la seconde, que la nécessité des bonnes oeuvres n'est en rien compromise par la gratuité du salut.

 

Il y a plus : cette gratuité et cette nécessité se relèvent l'une l'autre.

 

L'Apôtre aurait pu se borner à dire que « ce n'est pas par les oeuvres, » quoique ce soit pour les bonnes oeuvres. »

 

Mais ce n'est pas par un quoique, c'est par un car, qu'il lie ces deux pensées : ces deux côtés du salut Chrétien ne se complètent pas seulement, ils s'appuient et se déterminent l'un l'autre.

 

Ce sont, dans la doctrine du salut, les deux faces d'une seule vérité, comme ce sont, dans le langage de l'Apôtre, les deux membres d'une seule période.

 

Ceci est admirable : jamais saint Paul et saint Jacques ne furent mieux conciliés ; jamais on ne vit ni le salut plus nettement dégagé d'avec les oeuvres de l'homme, ni les bonnes oeuvres du Chrétien placées en plus haut rang.

 

La Gratuité du salut Chrétien maintenue dans les bonnes oeuvres qu'il enfante, c'est le premier objet qui attire l'attention de l'Apôtre, parce que cette Gratuité est la doctrine distinctive de mon texte, et de toute la première partie de notre épître.

 

« Nous sommes l'Ouvrage de Dieu, » nous qui faisons les bonnes oeuvres ; de telle sorte que nos bonnes oeuvres, n'étant que l'ouvrage de l'Ouvrage de Dieu, retournent de plein droit à Lui comme à leur source véritable : c'est moins nous qui les faisons, que Lui qui les fait par nous.

 

L'Apôtre applique ici à la création spirituelle du peuple Chrétien, ce que le Psalmiste avait dit de la création nationale du peuple d'Israël :

 

« C'est lui qui nous a faits, et non pas nous ; nous sommes son peuple et le troupeau de sa conduite » (Psaumes 100).

 

Mais ce mot ouvrage ne lui suffit déjà plus : nous sommes plus que l'Ouvrage de Dieu, nous sommes Sa Création :

 

« Ayant été créés en Jésus-Christ, pour les bonnes oeuvres. »

 

Créer, c'est créer : Dieu n'a pas moins fait quelque chose de rien en nous sauvant qu'en nous donnant la vie, et l'un ne réclame pas moins que l'autre sa toute-puissance.

 

Comment pourrions-nous désormais nous glorifier dans des bonnes oeuvres qui ne sont que le produit d'une Création de Dieu ?

 

Autant vaudrait nous attribuer l'honneur de notre naissance, ou bien le mérite des mouvements que nos mains et nos pieds exécutent à l'aide des forces naturelles dont Dieu les a pourvus.

 

Enfin, pour dernier trait, nous ne pouvons pas même nous vanter d'avoir préparé ou choisi les bonnes oeuvres que nous faisons ; car c'est « Dieu qui les a préparées, » tout exprès « pour que nous y marchions. »

 

Comme Il nous a créés pour elles, Il les a préparées pour nous.

 

Tant il est vrai que les bonnes oeuvres elles-mêmes ne sont qu'une partie du Plan formé de Dieu pour notre salut, et que « tout est de Lui, par Lui, et pour Lui. »

 

Cessez donc d'opposer les bonnes oeuvres des sauvés à la Gratuité du salut : c'est raisonner en sens contraire de la Vérité.

 

Ces bonnes oeuvres constatent et font éclater cette Gratuité, qui seule leur a donné l'être et frayé le chemin ; et plus un Chrétien sera zélé pour les bonnes oeuvres, plus il manifestera pour sa part cette Gratuité qui l'a fait tout ce qu'il est.


Il m'est permis de passer rapidement sur ce point après les développements auxquels je me suis livré ; et je me hâte vers la contrepartie de cette Gratuité, je veux dire vers la nécessité des bonnes oeuvres.

 

Cela même qui vous fait voir combien peu nos bonnes oeuvres nous appartiennent, fait voir du même coup combien elles sont nécessaires : car c'est tout exprès pour les faire que nous avons été sauvés :

 

« Ayant été créés en Jésus-Christ pour les bonnes oeuvres, que Dieu a préparées afin que nous marchions en elles. »

 

Ailleurs, les bonnes oeuvres sont recommandées aux Chrétiens :

 

  • Soit comme provenant de la Grâce, qui les produit aussi naturellement qu'un arbre son fruit (Galates 5.22),

 

  • Soit comme « convenables à la Saine Doctrine, parce que la foi n'a pas de plus bel ornement qu'elles (1Timothée 2.9-10 etc.) ;

 

  • Soit comme voulues de Dieu parce qu'Il prend plaisir à voir marcher Ses Enfants dans la Sainteté (Hébreux 17.16 ; 1Pierre 2.20) ;

 

  • Soit comme prescrites par la reconnaissance, en réponse à l'Amour dont Il nous a aimés le premier. (1Jean 4.19 ; Romains 12.1) ;

 

  • Soit comme indispensables au salut, parce qu'on ne va pas au ciel par le chemin de l'enfer (Romains 6.16) ;

 

  • soit pour d'autres raisons, car elles sont infinies.


Mais celle qui est indiquée ici par l'Apôtre est plus décisive encore :


les bonnes oeuvres sont plus que le fruit de la Grâce, plus que l'ornement de la foi, plus que le Commandement de Dieu, plus qu'une obligation de reconnaissance ; elles sont la fin du salut.

 

Vous demandez pourquoi vous avez été sauvés par la Grâce, pourquoi créés de nouveau par la foi en Jésus-Christ ?

 

l'Apôtre vous répond :

 

« Pour les bonnes oeuvres. »

 

Nous voici au coeur même de la question.

 

Dieu fait tout en vue de Sa Gloire ; même le méchant pour le jour de la calamité ; combien plus le juste pour le jour de sa délivrance !

 

Et, en se proposant pour fin prochaine le bonheur de ceux qu'Il arrache à la perdition, Il se propose pour fin dernière de glorifier en eux Son Nom, par les bonnes oeuvres :

 

« Que votre lumière luise devant « les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est aux cieux ».(Matthieu 5.16 ; Jean 15.8).

 

En nous sauvant par Grâce, sans les oeuvres, en Jésus-Christ, Dieu a eu devant les yeux les bonnes oeuvres qu'Il voulait nous amener à produire : les bonnes oeuvres, voilà la fin, l'objet, le stimulant, le terme de tout ce qu'Il a fait pour nous.

 

Cela est aussi simple que profond ; et les autres aspects sous lesquels les bonnes oeuvres nous sont présentées reviennent tous à celui-là. (…)

 

 

 

 

 

La Grâce ou l’oeuvre du Père par Adolphe Monod (Suite partie 4)


 


 


 

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:49
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (5ème partie) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)


Prenez celui auquel l'Évangile se complaît le plus, et par lequel je commençais : les bonnes oeuvres fruit du salut, comme le raisin est le fruit de la vigne.


Le fruit n'est-il pas ce que cherche le vigneron, et la fin qu'il se propose ?

 

La grappe chargée de son jus précieux est le produit naturel du cep, elle en est l'aimable ornement, elle en est la marque distinctive, mais elle est plus que tout cela : elle en est la fin ; le jardinier n'a planté la vigne et ne la cultive que pour obtenir le raisin, si bien que s'il eût connu quelque autre moyen de le posséder, il se fût épargné les soins infinis où il consume sa vie.

 

Oh ! Que les bonnes oeuvres sont donc inhérentes au salut gratuit, puisqu'elles l'ont déterminé dans la Pensée Divine, et que Dieu n'a voulu avoir des rachetés que pour avoir des saints !

 

Des saints, n'est-ce pas le nom de prédilection qu'il donne à Ses Enfants pour les distinguer d'avec ceux du siècle ?

 

Au reste, ce n'est pas seulement en cet endroit que le rapport des oeuvres à la Grâce se découvre ; il est marqué souvent ailleurs, surtout dans les lettres de notre Apôtre : car le docteur de la Grâce est aussi le docteur des Bonnes Oeuvres ; et saint Paul est à lui-même son saint Jacques.

 

Méditez à ce point de vue son épître à Tite.

 

Au second chapitre, après avoir pressé tour à tour toutes les classes de chrétiens, jeunes et vieux, libres et esclaves, de s'appliquer aux bonnes oeuvres qui leur sont propres, toujours en s'appuyant de ce même argument présenté sous les formes les plus variées :


« pour honorer la Doctrine de Dieu Notre Sauveur, »


il résume sa pensée là-dessus dans une conclusion qui a de profondes analogies avec mon texte :

 

« Car la grâce de Dieu, salutaire à tous les hommes, a été manifestée, nous enseignant »

 

Quoi ?

 

« Que renonçant à l'impiété et aux passions mondaines, nous vivions dans ce présent siècle sobrement, justement et religieusement. En attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire du grand Dieu, et notre Seigneur Jésus-Christ, qui s'est donné soi-même pour nous. >

 

Pourquoi ?

 

« Afin qu'il nous rachetât de toute iniquité, et qu'il nous purifiât, pour lui être un peuple qui lui appartienne en propre, et qui soit zélé pour les bonnes oeuvres » (Tite 2.11-14).

 

Poursuivons ; il n'a pas fini :

 

« Avertis-les d'être soumis aux principautés et aux puissances, d'obéir aux gouverneurs, d'être prêts à faire toutes sortes de bonnes oeuvres ; de ne médire de personne, de n'être point querelleurs, mais doux, et montrant une parfaite douceur envers tous les hommes. Car nous étions aussi autrefois insensés, rebelles, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés ; vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs, et nous haïssant l'un l'autre. Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour envers les hommes, ont été manifestés, il nous a sauvés, non par des oeuvres de justice que nous eussions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, lequel il a répandu abondamment en nous par Jésus-Christ notre Seigneur. Afin qu'ayant été justifiés par sa grâce, nous soyons les héritiers de la vie éternelle selon notre espérance, »

 

Voilà le but prochain...et voici le but final :

 

« Afin que ceux qui ont cru en Dieu aient soin les premiers de s'appliquer aux bonnes oeuvres. »

 

Allez, maintenant ; vous avez de quoi répondre à ceux qui vous accusent de compromettre les bonnes oeuvres en prêchant le salut par la Grâce.

 

Oui, comme saint Paul a compromis la sainteté de ses disciples par sa doctrine, ou sa sainteté personnelle par sa foi ; ou comme on compromet l'espoir de la récolte en plantant et en taillant la vigne, l'espoir de la moisson en labourant et en ensemençant la terre.

 

Mais au reste, l'intérêt apologétique est ici bien secondaire : j'ai un plus sérieux objet en vue.

 

Ce n'est pas seulement pour que vous ayez de quoi répondre ou aux ignorants que je veux que vous vous appliquiez aux bonnes oeuvres : c'est pour que vous ne renversiez pas l'Ouvrage de Dieu, c'est pour que vous ne refusiez pas à Jésus-Christ le Fruit qu'Il attend de vous (Esaïe 5.4 ; Matthieu 21.19).

 

Les bonnes oeuvres ?

 

Eh ! Vous n'avez pas été sauvés pour autre chose !

 

Si vous ne marchez pas dans les bonnes oeuvres, Dieu a manqué Son But en vous sauvant, aussi réellement que le jardinier a manqué le sien en chargeant son précieux terrain d'un plant stérile :

 

« Coupe-le ; pourquoi charge-t-il la terre ? »

 

Allez, vous dis-je, marchez dans les bonnes oeuvres ; Dieu ne vous a pas rachetés pour autre chose ! (…)

 

 

 

 


 

La Grâce ou l’oeuvre du Père par Adolphe Monod, (Suite partie 5)

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:47
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (6ème partie et fin) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)

 

Mais enfin, ces bonnes oeuvres, où les trouver, et qui vous en indiquera le chemin, souvent si difficile à discerner ?


Dieu s'en charge encore ; lisez mon texte jusqu'au bout : en vous créant pour les bonnes oeuvres, Il a préparé les Bonnes Oeuvres pour vous ; le chemin en est tout frayé devant vous par Sa Main Paternelle ; il ne vous reste plus qu'à y marcher.


Sentez-vous bien la beauté de cette image, disons mieux, la Grandeur de cette Grâce, que l'Apôtre vous jette comme par surcroît et qui met le comble à tout le reste ?

 

Comme votre salut est tout fait par la Grâce et qu'il ne vous reste qu'à vous l'approprier par la foi, ainsi votre chemin de bonnes oeuvres est tout fait aussi pour vous, et il ne reste qu'à le discerner, puis à le suivre sans vous en détourner ni à droite ni à gauche : ce n'est pas votre chemin à faire, c'est le Chemin de Dieu à trouver.

 

Achevez de comprendre ceci par l'exemple de Jésus-Christ homme.

 

Jésus ne fait jamais paraître la moindre incertitude sur ce qu'Il doit faire, ni le moindre embarras pour se tracer un plan de vie.

 

Ces combats qui ont agité tous les saints et qui se sont terminés pour les uns dans une règle salutaire, mais quelque peu légale, pour les autres dans une liberté salutaire aussi, mais sujette aux abus, ne semblent pas s'être jamais offerts à Son Esprit.

 

Pourquoi cela ? C'est que Son Plan ce n'est pas Lui qui Le choisit, c'est Dieu qui Le lui fait, et qui Le lui fait si Droit, si Lumineux (je ne dis pas si facile !), qu'Il n'a qu'à Le suivre pas après pas, sans hésitation ni obscurité.

 

Ce n'est pas Lui qui va chercher Ses Bonnes Oeuvres, ce sont Ses Bonnes Oeuvres qui viennent Le chercher, se succédant les unes aux autres à leur place devant Lui, chacune en son heure et à son tour, sans se traverser ni s'embarrasser l'une l'autre, Dieu ne laissant jamais manquer ni le temps à l'oeuvre, ni l'oeuvre au temps.

 

Tel est le chemin de bonnes oeuvres que Dieu a préparé pour Jésus, afin qu'Il y marche ; et parce que Jésus répond à ce Plan du Père par un Oeil Simple, par un Coeur Droit, par une Volonté Docile, la Vie Entière de Jésus n'est qu'une série de Bonnes Oeuvres non interrompue, et dont chacune a été expressément choisie de Dieu pour le moment et les circonstances où elle devait trouver sa place marquée.

 

Que cela est beau ! Eh bien ! Cela est pour vous tout comme pour Lui.

 

Que dis-je ? Cela a été en Lui pour vous montrer qu'Il doit être en vous.

 

Comme Lui, vous avez devant vous votre chemin de bonnes oeuvres tout tracé, un chemin qui vous est propre, personnel, et que vous avez désormais non à faire, mais à suivre.

 

Ne le voyez-vous pas, ce chemin ?...Là se trouvent toutes vos bonnes oeuvres.

 

Il n'en est aucune pour vous en dehors de ce chemin, comme il n'en est aucune qui manque dans ce chemin, si vous voulez « ne pas faire votre volonté, ni suivre votre voie, ni dire vos paroles » (Esaïe 58.13).

 

Entre Jésus-Christ et vous, la différence à cet égard n'est pas dans le chemin, elle est dans le coeur.

 

Si vous aviez Son Oeil Simple, Son Coeur Droit, Sa Volonté Soumise, votre vie se déploierait devant vous, jour après jour, heure après heure, aussi naturellement qu'a fait devant Lui la Sienne, et vous approcherez de cet idéal à proportion que vous approcherez de cet Oeil Simple, de ce Coeur Droit, de cette Volonté Soumise.

 

Ne vous agitez pas, ne vous imposez pas le fardeau de votre plan de vie ; ouvrez seulement les yeux et discernez Le Chemin de Dieu, qui part de votre conversion à Jésus-Christ et qui se continue durant tout le cours de votre carrière terrestre.

 

Dans cet esprit, toutes vos oeuvres viendraient se placer sous vos mains, tous vos sentiers devant vos pas, toutes vos paroles sur vos lèvres, appelés de Dieu même, et tout comme si vous entendiez Sa Voix vous dire :

 

« C'est ici le chemin, marchez-y » (Esaïe 30.21).

 

Ainsi vous deviendrez réellement un homme et une femme de Bonnes Oeuvres, n'ayant pas autre chose à faire au monde que les Bonnes Oeuvres, menant une vie toute composée de Bonnes Oeuvres et réalisant dans Sa Plénitude cette belle parole des Proverbes :

 

« Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, qui augmente son éclat jusqu'à ce que le jour soit en sa perfection » (Proverbes 4.18).

 

Cette perspective ne vous tente-t-elle pas ? Ne soupirez-vous pas après une telle vie, toute réglée de Dieu et toute rapportée à Sa Gloire ?

 

Oui, je lis dans votre coeur, cette vie seule répond à votre besoin intérieur ; -- entrez-y donc, vous l'avez devant vous, entrez-y, -- mais entrez-y par la porte, qui est la Grâce ; et pour être l'homme et la femme, le vieillard et la vieille femme aux cheveux blancs, la jeune fille et le jeune homme, l’enfant des bonnes oeuvres, commencez par être l'homme et la femme de la Grâce !

 

Que viens-je de faire, mes chers amis ? D'exposer la doctrine du salut ? Non, mais de vous annoncer l'Évangile.

 

Exposer la doctrine, c'est l'affaire de la théologie, celle de la prédication, c'est d'annoncer l'Évangile aux pécheurs qui périssent.

 

Ce pécheur qui périt, c'est vous ; cet Évangile qui peut vous sauver, le voilà !

 

Dieu m'en est témoin.

 

Que l'on discute tant qu'on voudra ; que l'on rejette, que l'on réfute, que l'on se raille, que l'on s'irrite, -- c'est là l'Évangile, qui se résume en trois mots inséparables :

 

Grâce, Foi, Bonnes Oeuvres.

 

C'est l'Évangile de l'Église Chrétienne, c'est l'Évangile de l'Église véritablement réformée, c'est l'Évangile de Luther, c'est l'Évangile de Calvin, c'est l'Évangile de saint Augustin, c'est l'Évangile de saint Paul, c'est l'Évangile de saint Jacques, c'est l'Évangile de Jésus-Christ.

 

C’est aussi le mien, par la Grâce de Dieu ; et il faut que ce soit le vôtre, ou vous ne verrez jamais la Gloire de Dieu.

 

Je vous l'annonce sous ma responsabilité, recevez-le sous la vôtre : certain, aussi certain que Dieu est Dieu et que la Bible Entière est Sa Parole, que si vous n'entrez pas dans le ciel par cette porte, vous n'y entrerez jamais.

 

N'est-ce pas vrai, ô Mon Sauveur ? Eh bien ! Si cela est vrai, rends-leur-en témoignage Toi-même au dedans d'eux-mêmes !

 

Impose silence à la voix de l'homme, et ne leur fais entendre que la tienne, « afin que leur foi ne soit point l'effet de la sagesse des hommes, mais de la puissance de Dieu ! » (1Corinthiens 2.5.)

 

Amen,

 


 

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé




 

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:36
Tracer la main de Dieu dans notre vie (Charles Spurgeon)

« Mon âme, bénis l’Eternel,

et n’oublie aucun de ses bienfaits ! »

Psaume 103.2

 

Il est bon et profitable de tracer la main de Dieu dans la vie des croyants d’antan, de voir la Bonté de Ses Délivrances, la Miséricorde de Son Pardon, et Sa Fidélité à garder son Alliance avec eux.

 

Mais, ne serait il pas même plus intéressant de suivre cette Main Divine dans notre propre vie ?

 

Ne devrions nous pas voir combien notre propre histoire est tout au moins aussi remplie de Dieu ; combien Sa Bonté et Sa Vérité y abondent ; combien nous pouvons y voir tout autant la preuve de Sa Fidélité et de Sa Véracité que dans les vies des saints qui nous ont précédés.

 

Nous traitons parfois injustement le Seigneur en pensant qu’Il accomplissait Ses Oeuvres Puissantes et montrait Sa Force à ceux des temps anciens, mais qu’Il ne fait plus de Merveilles et ne dévoile plus le bras de Sa Puissance aux croyants présents aujourd’hui sur la terre.

 

Passons notre propre vie en revue.

 

Nous y découvrirons certainement quelques heureux incidents propres à nous rafraîchir et à glorifier Dieu.

 

N’avons nous jamais eu de délivrances ? N’avons nous jamais traversé aucun fleuve, soutenu par la Présence Divine ?

 

N’avons nous jamais marché au travers du feu sans en souffrir ?

 

N’avons nous jamais eu de manifestations ou de faveurs spéciales ?

 

Le Dieu qui accorda à Salomon le désir de son cœur n’a-t-il jamais écouté et exaucé nos requêtes ?

 

David chantait la louange d’un dieu à la Bonté Prodigue :

 

« C’est Lui qui rassasie de biens ta vieillesse » (Psaume 103.5)

 

Ne nous a-t-il jamais rassasié de bonnes choses ?

 

Ne nous a-t-il jamais fait reposer dans les verts pâturages, conduit le long des eaux tranquilles ?

 

La Bonté du Seigneur a certainement été pour nous la même que pour les croyants d’autrefois.

 

Louons donc Sa Miséricorde par nos cantiques.

 

Prenons l’or pur de la gratitude, et les diamants de la louange, et unissons les en une nouvelle couronne pour la tête de Jésus.

 

Que notre âme laisse échapper une musique aussi douce et prenante que celle qui s’écoulait de la harpe de David, et louons le Seigneur dont la Miséricorde dure à toujours.

 

Amen,

 

spurgeon

Charles Haddon Spurgeon,
Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 09:32
Avec ou sans chute ?

Pour essayer de comprendre l’état ou la condition générale de l’homme, celle dans laquelle il se débat de tous temps, il n’y a que deux véritables options :

 

  • soit il a été créé bon au départ mais il est déchu de cet état de perfection par une chute qui a atteint toutes les parties, toutes les dimensions de son être et de l’existence en général.  Mais son créateur a la volonté et le pouvoir de le restaurer dans son état de perfection initiale. 

  • Soit, au contraire, sa condition depuis l’origine est d’être naturellement soumis à ses instincts, même les plus vils et les plus destructeurs, et cela constitue le fond de son être.  Il n’y a donc rien à y changer. 

 

La première explication, c’est celle de la Bible, du livre de la Genèse en particulier :

 

Si l’homme est rempli de toutes sortes de tendances mauvaises, c’est parce qu’il est conçu et naît dans le péché suite à la Chute du couple originel.

 

Il est corrompu et cette corruption se manifeste par tout ce qui l’éloigne des normes divines contre lesquelles il se rebelle constamment. 

 

Mais telle n’était pas sa condition au début de l’humanité.

 

L’espérance d’un renouveau complet existe aussi, elle est ancrée dans la figure de l’homme nouveau, Jésus-Christ : Il est le Fils de Dieu venu vivre sur terre une vie parfaite d’obéissance à Son Père pour entraîner à Sa suite une cohorte d’hommes et de femmes nouveaux, marqués par Son Exemple et habités par Son Esprit.

 

Dans l’autre cas, celui où l’on refuse de croire qu’il y a bien eu une Chute après la Création, on doit prendre comme point de départ la nature humaine avec ses fruits les plus pourris et les plus vicieux, et la considérer comme la seule norme pour sa vie.

 

On ne trouve alors plus aucune raison de considérer ces fruits pourris comme moralement indéfendables, puisqu’on les accepte comme parfaitement naturels. 

 

D’ailleurs, les satanistes ne disent et ne pratiquent pas autre chose. 

 

Ceux qui refusent d’aller aussi loin ne pourront jamais empêcher qu’à terme on en arrive à tous les excès, tous les dérèglements, car même si leur conscience leur parle intérieurement, ils ne pourront jamais amener une seule raison solidement valable pour contrer cette pente fatale : sur quelle base vraiment solide répondre à celui qui vous dit que la nature nous a doués de gènes égoïstes, d’instincts ravageurs, à la fois jouisseurs et vicieux, et le mieux qu’on puisse faire c’est de la suivre, puisqu’elle nous commande ainsi ? 

 

Vous pouvez toujours avancer l’argument selon lequel votre conscience qui s’oppose à ces instincts vous est aussi donnée par la nature, et donc vous vous devez de l’écouter. 

 

Mais sur quel fondement allez-vous imposer les vues de votre conscience à celui qui les rejette totalement en se fondant sur sa propre idée de ce qui est naturel, et qui souhaite laisser libre cours à ses instincts les plus vils ?

 

Bien sûr la nécessaire vie en communauté met un certain frein à cette tendance funeste.

 

Pourtant si la nature est notre seul point de départ, il n’existe aucun garde-fou accepté par tous, ou même par la majorité,  qui puisse nous empêcher  de glisser toujours davantage sur cette dangereuse pente.  

 

C’est exactement ce que nous voyons à l’œuvre dans nos sociétés contemporaines prises entre le marteau et l’enclume de ce qu’elles croient  – à tort – être d’une part la nature, d’autre part leur liberté. 

 

C’est bien sûr tout le problème du bien et du mal qui se pose, et de l’origine du mal en particulier. 

 

En se mettant à l’écoute du Tentateur qui lui a fait croire qu’il pourrait devenir l’égal de Dieu, le premier couple humain a remplacé son Créateur par ce même Tentateur, il s’est placé dans son orbite et l’a intronisé comme son dieu naturel.

 

L’humanité entière descendue de lui cueille jour après jour les fruits de cette malheureuse sujétion, à tous les niveaux de son existence, individuelle, familiale, communautaire, nationale ou internationale. 

 

Mais cette sujétion n’est pas une fatalité. 

 

Par la mort et la résurrection de Jésus-Christ la victoire sur  cet adversaire a été remportée, elle est visible dans la vie de tous ceux qui se mettent à Son bénéfice, elle change non seulement des vies individuelles, mais celle de communautés entières. 

 

Un tel changement ne peut cependant intervenir tant qu’on n’a pas reconnu la réalité de la Chute et de tous les effets qu’elle a entraînés à sa suite. 

 

C’est justement ce que la Bible, dans ses tous premiers chapitres, nous révèle et nous invite à prendre en compte lorsque nous réfléchissons sur le sens profond de notre vie.

 

Amen,

 

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

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Source : Foi & Vie Réformées

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 08:45
Alléluia ! Christ est Ressuscité, Il est vraiment Ressuscité !

Alléluia ! Christ est Ressuscité, Il est vraiment Ressuscité !

"Et je vis, au milieu du trône....

un Agneau qui était là comme immolé."

Apocalypse 5/6

 

Pourquoi Notre Seigneur exalté doit-Il paraître avec Ses Blessures dans la Gloire ?

 

Les Blessures de Jésus sont Sa Gloire, Ses Joyaux et Ses Ornements Sacrés !

 

Aux yeux du croyant, Jésus surpasse toute beauté parce qu'Il est "blanc et vermeil ; Il se distingue entre dix mille." (Cantique 5:10).

 

Il a le blanc de l'innocence et le rouge de Son Propre Sang.

 

Nous le voyons comme le lis d'une pureté sans pareille et comme la rose pourpre de Son Propre Sang.

 

Christ est Beau sur le mont des oliviers et sur le Tabor, près de la mer.

 

Mais, oh ! Il n'y a jamais eu de vue aussi belle que celle de ce Christ cloué à la croix.

 

Là, nous contemplons Ses Merveilles dans leur Perfection, tous Ses Attributs pleinement développés, tout Son Amour en action et l'expression de Son caractère tout Entier.

 

Ami(e), les Blessures de Christ sont de loin plus belles à nos yeux que toute la splendeur et l'apparat des rois.

 

La couronne d'épines surpasse un diadème impérial.

 

Il est vrai qu'Il ne tient plus en Sa Main le roseau comme sceptre, mais il s'en échappait déjà une Gloire comme il n'a jamais brillé d'un sceptre d'or.

 

Jésus a pour habit de cour l'apparence d'un Agneau immolé et c'est ainsi qu'Il attire notre âme et la rachète par une expiation complète et parfaite.

 

Ses Blessures ne sont pas non plus seulement des ornements pour lui, mais elle sont aussi les trophés de Son Amour et de Sa Victoire.

 

"Il partagera le butin avec les puissants" ( Esaïe 53:12).

 

Il s'est racheté parmi la race humaine une grande multitude que nul homme ne peut compter et les Cicatrices qu'Il porte servent de Mémorial à ce combat.

 

Ah ! Si Christ aime ainsi garder le souvenir de Ses Souffrances pour Son Peuple, combien ces Blessures devraient nous être Précieuses !

 

 

Amen,

 

 

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

Mélodie de Léo Hassler 1601, harmonisée par Jean-Sébastien Bach

Chef couvert de blessure,
Meurtri par nous pécheurs,
Chef accablé d’injures
D’opprobres, de douleurs,
Des splendeurs éternelles
Naguère environné,
C’est d’épines cruelles
Qu’on te voit couronné !

 

C’est ainsi que tu paies
Le prix de ma rançon.
Tes langueurs et tes plaies,
Voilà ma guérison.
Mon âme criminelle
Est à tes pieds Seigneur ;
Daigne jeter sur elle
Un regard de faveur.

 

Au sein de ma misère,
Sauvé par ton amour,
Pour toi que puis-je faire ?
Que t’offrir en retour ?
Ah ! du moins, Dieu suprême,
Prends à jamais mon coeur :
Qu’il te serve et qu’il t’aime,
Plein d’une sainte ardeur.

 

Pour ta longue agonie,
Pour ta mort sur la croix,
Je veux toute ma vie
Te louer, Rois des rois !
Ta grâce est éternelle,
Et rien jusqu’à la fin
Ne pourra, Dieu fidèle,
Me ravir de ta main.

Joyeuse Pâques en Christ !
Il est Ressuscité,
Alléluia !
Il est vraiment Ressuscité !

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:38
Donner sa vie pour ses amis

Donner sa vie pour ses amis

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 

 

Voilà ce que Jésus-Christ disait à ses disciples, ses amis proches, peu avant son arrestation et sa crucifixion, les invitant à s’aimer les uns les autres.

 

Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, au chapitre 5, l’apôtre Paul se fait l’écho de cette déclaration : 

 

Car lorsque nous étions sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies.  A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être aurait le courage de mourir pour un homme qui est bon.  Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.  A bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. 

 

Voilà exactement ce que célèbrent les chrétiens à Pâques :

 

Le don de la vie d’un juste pour des injustes, le sacrifice d’un innocent pour que son sang versé devienne leur vie, leur réconciliation avec Dieu. 

 

Ai-je besoin de vous dire combien ce don, ce sacrifice rédempteur pour tous ceux qui se mettent à son bénéfice, diffère du soi-disant sacrifice de ceux qui se font exploser dans les lieux publics afin de semer la terreur et emporter avec eux dans la mort le plus grand nombre de victimes ?

 

La religion de l’amour de Dieu en Jésus-Christ n’a aucun point commun avec celle de la terreur et du chaos que nous voyons quotidiennement à l’œuvre chez ces adeptes d’une religion sans Christ et sans le don de sa vie sur la Croix. 

 

Pas plus qu’elle n’a quoi que ce soit en commun avec la religion tout aussi impie des états qui se croient puissants, militairement ou économiquement, et donc habilités à aller faire la pluie et le beau temps chez les autres en les déstabilisant, en créant des révolutions de toutes les couleurs afin de faire progresser leur agenda hégémoniste sur l’échiquier mondial. 

 

A ses disciples en mal de supériorité les uns sur les autres, Jésus disait aussi, peu avant d’offrir sa vie pour eux sur la Croix (Luc 22 :25-27) 

 

Les rois des nations les dominent et ceux qui ont autorité sur elles se font appeler bienfaiteurs.  Il n’en est pas de même pour vous.  Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car qui est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui sert ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. 

 

Puisse son exemple et ses paroles guider tous ceux qui, quelle que soit la tâche ou la charge qui leur est confiée, se sont mis au bénéfice du don rédempteur de sa personne divine et humaine qui fait de lui le seul véritable Médiateur entre Dieu et les hommes.

 

C’est à ce titre aussi qu’il est leur Sauveur pour l’éternité.

 

Amen,

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

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Source : Foi & vie Réformées

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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