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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:08
Le Bonheur par Ernest Dhombres (Suite et Fin)

Le Bonheur

(Par Ernest Dhombres)

 

 

Je ne connais plus le bonheur (Lamentations 3.17)

 

Heureux, vous qui êtes pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez, parce que vous serez dans la joie. Vous serez heureux lorsque les hommes vous haïront et vous diront des outrages. (Luc 6.20-23)


 


 

Je puis aimer le Dieu manifesté en Jésus-Christ, et dès lors, il devient celui qui remplit la capacité de mon cœur.

Il fallait à ce cœur inquiet, déçu par la vie, un objet plus grand que lui-même et que tout ce qui est terrestre, plus grand que mon attente et que tout ce qui passe.

Je l'ai trouvé !

 

Alors, je peux m'écrier avec Adolphe Monod :

Heureux, toujours heureux, j'ai le Dieu fort pour Père,
Pour frère, Jésus-Christ, pour guide l'Esprit-Saint ;
Que peut ôter l'enfer, que peut donner la terre,
A qui jouit du ciel et du Dieu trois fois saint ?

Dès lors, les circonstances de ma vie n'ont pas changé : la terre est toujours la terre, mais mon cœur, par lequel je perçois la vie, est changé.

Je vois les événements, les hommes et les choses à travers la lumière divine qui les transfigure.

Je ne suis plus seul, perdu dans la mêlée des existences humaines, faible jouet d'une série de hasards heureux ou malheureux qui déconcertent ma pauvre raison ; je suis, sans métaphore, entre les mains d'un Père qui mesure dans sa sagesse ma part de biens et de maux, et qui, par les uns comme par les autres, travaille à l'éducation de mon âme et à mon bien moral.

L'axe de mon bonheur est déplacé ; il reposait sur ce qui est terrestre et périssable, il repose désormais sur un être miséricordieux et saint qui m'a aimé d'un amour éternel.

O magnificence de la foi au Dieu rédempteur !

Voulez-vous maintenant connaître quelques-uns des caractères de ce bonheur ?

Il a pour lui la durée.

Ne dépendant plus des circonstances extérieures de la vie, il ne participe pas aux instabilités des choses humaines : résidant au fond de notre âme, il est à l'abri des tempêtes, de même que les vagues soulevées à la surface de l'océan ne parviennent pas à en altérer les tranquilles profondeurs.

Le bonheur chrétien est accompagné de sainteté.

Venu de Dieu, il ne peut contracter un pacte avec le péché.

Il se fortifie par nos luttes morales, par nos efforts vers le bien, par nos victoires sur le mal.

Il supprime les mauvais chagrins qui viennent de l'égoïsme, de l'envie, de la vanité, de la susceptibilité, comme aussi, il s'enrichit de toutes les belles joies de l'intelligence et de l'âme.

Ce bonheur est généreux, puisqu'il s'inspire de celui de Dieu qui s'est donné à nous par son Fils.

Arrière la vie de la chair et des sens, le temps perdu, les plaisirs mondains !

Les heures sont trop courtes pour les abréger.

Il faut nous jeter dans le gouffre de la misère humaine pour en retirer quelques naufragés.

Il faut chercher à connaître l'âme populaire pour distiller à sa souffrance quelques gouttes du breuvage divin.

Il faut descendre jusque dans les marais de boue de notre société contemporaine pour en rapporter quelques perles de grand prix, toutes souillées, et les remettre entre les mains du divin Purificateur.

Aimer, aimer encore, aimer toujours, jusqu'au sacrifice de notre repos, de notre bien-être, de notre fortune, de notre vie elle-même, voilà les conditions du vrai bonheur...

Ce bonheur, vous le pensez bien, sera souvent trempé de larmes.

Ah ! Ne redoutez pas les larmes, elles sont permises, elles sont bonnes ; il faudrait plaindre le chrétien qui ne pleurerait pas...

Coulez donc, larmes humaines, sur les maux de notre temps, où l'orgueil et le sensualisme des riches préparent la révolte des pauvres, où la misère conduit presque fatalement à l'abjection, et l'abjection aux pires catastrophes du corps et de l'âme.

Coulez sur nos épreuves personnelles, sur nos douleurs intimes, sur nos cercueils et sur nos sépulcres...

Coulez en flots de sympathie pour le péché, la souffrance et la mort...

Mais vous qui les répandez, soyez pourtant joyeux en vous souvenant qu'une immense espérance a traversé la terre et que le Christ, Roi de l'humanité, veut réparer tous les désordres et essuyer toutes les larmes...

Le bonheur ainsi défini, vous ne pouvez douter qu'il ne soit destiné à tous les âges et à toutes les classes sociales.

Jeune homme, crois au bonheur de toute ton âme, et mets-le dans ta vie en t'unissant à Jésus-Christ.

Laisse aux enfants du siècle le scepticisme frondeur ou morose qui raille et flétrit toutes les fleurs de l'existence humaine, toi, souviens-toi de les cueillir, ces fleurs qui s'appellent le beau, le bien, le devoir, l'amour pur, le patriotisme, les fières ambitions des âmes bien nées.

Déclare-toi pour toute cause où il faut un peu d'héroïsme, fidèle en cela aux belles et vraies traditions, toutes de générosité et de courage.

En même temps, reste pur au milieu des souillures du monde ; soutiens vaillamment la lutte morale ; combats tes passions, les yeux fixés sur ton Sauveur.

En revêtant l'armure des forts, garde aussi le charme attractif et la grâce virile de ta jeunesse : conserve à ton front la candeur des fronts qui n'ont jamais menti...

Alors, j'attendrai ta réponse avec une sereine confiance : Oui, me diras-tu, la vie est bonne, la vie est belle et mon choix est fait : Dieu, famille, patrie ! *

*Il faut prendre en compte la période auquel fut donné ce sermon. Le « patriotisme » d’antan était tout autre que celui d’aujourd’hui d’une part, mais également, la connotation pouvant être prise n’est pas dans l’approbation de combat, ou quelconque politique centré pour la terre uniquement comme on pourrait l’entendre aujourd’hui. En effet, Dieu premier, la famille se trouve être mis dans l’ordre qu’aspire Dieu dans l’harmonie, l’amour et la marche avec Lui. La patrie se trouve également aimée, respectée, mis en avant dans nos prières, quel que soit le bord politique. Nous pouvons comprendre cette affirmation comme étant une aide dans la prière, l’amour, le respect, la soumission devant être due à nos autorités, et ce, allant à celui de l’Ordre (Police, juges, tribunaux), que celui de nos directeurs, responsables, et autorités au dessus de nous tant que ceci ne nous enjoigneraient pas à enfreindre ce que Dieu nous exhorte et commande.

Toi, chrétien, parvenu à l'âge mûr, te plaindrais-tu des travaux et des responsabilités de la vie publique ?

Mais tu sais bien qu'à cette école se forment les vaillants et se trempent les caractères.

C'est à l'invasion de Dieu dans ton cœur que tu dois le secret de la vie la plus riche, la plus heureuse, et la plus humaine aussi, qui soit ici-bas.

Courage, tu peux livrer la bataille, car tu as en mains les armes de Dieu, et, comme un bon soldat a foi en son général, tu es assuré de la victoire, au soir de ta vie terrestre.

Quelle belle destinée ! Ah ! Tu pourrais nous dire que le christianisme, loin de rétrécir la vie, l'élargit sans mesure, et que l'âme du chrétien contient une joie qui triomphe de toutes les épreuves : joie austère, grave, digne d'un être libre et immortel !

Et toi, vieillard fatigué, toi qui as le bonheur de connaître « Celui qui est dès le commencement », toi qui sens tous les objets terrestres décroître en valeur, en importance, en beauté, mis en regard de l'objet suprême.

Oh ! Comme nous aimons ta noble sérénité dans la vieillesse toute blanche !

Harmonie entre la gravité de l'âge et la maturité des convictions chrétiennes, entre la connaissance des hommes et celle toujours plus profonde de Dieu ; harmonie entre les forces qui déclinent et les sentiments qui se détachent, entre les approches de la tombe et la proximité de l'éternelle lumière qui, pour le chrétien, se lève derrière la tombe.

Nous en avons connu de ces vieillards qui, loin de médire de la vie, la bénissaient !

Quand sonna l'heure du délogement, leur départ fut si facile et si doux que la nuit du sépulcre disparut entre les derniers rayons du couchant et l'aurore de l'éternité.

Nous avons dit aussi que le bonheur du chrétien est destiné à toutes les zones de la vie sociale.

Ici, point d'aristocratie. Et si elle pouvait exister, elle serait toute en faveur des pauvres, des petits, des déshérités, qui ne peuvent connaître ni les diversions ni les tentations des bonheurs terrestres.

Sublimes paradoxes de Jésus-Christ, comme ils nous émeuvent !

Comme ils deviennent, sous le pouvoir de son amour, de sublimes réalités !

Car enfin, ce sont presque toujours ces humbles, ces oubliés qui sont dignes d'occuper les premières places dans son royaume : ici, l'humilité marque les degrés de la gloire.

Combien nous en avons connu, de ces affligés, consolés par lui, qui essuyaient nos larmes, de ces simples dont la foi triomphante humiliait notre foi hésitante ; de ces pauvres dont l'admirable confiance faisait honte à nos inquiètes préoccupations du lendemain.

C'étaient parfois des ouvriers naïfs et bons qui voyaient resplendir au-dessus de leur pauvre réduit la face du Père céleste.

Ils ne lui demandaient que de la santé et du travail pour élever leur joyeuse nichée d'enfants.

Il fallait voir le père s'égayer au sourire du dernier venu dans son berceau, et à la belle humeur de la mère, cette vaillante qui ne savait que travailler, aimer, prier !

Il est vrai, ceux-là ne buvaient pas de l'alcool ; ils ne connaissaient pas les mauvais plaisirs de la barrière ; ils ne fréquentaient pas les clubs où certains orateurs font de beaux discours sur les revendications sociales nécessaires et le droit légal au bonheur !

Ils faisaient mieux, ils pratiquaient en famille le bonheur...

O vous, nos frères pauvres, qui élevez vos enfants au prix de beaucoup de privations, vous qui savez rester pieux et résignés et remercier Dieu pour votre morceau de pain noir, nous vous bénissons, car vous nous apprenez que le secret de votre force et de votre joie est en Lui !

Mais venez aussi châtier nos injustices, nos mécontentements et nos révoltes, en revendiquant le titre que Jésus vous confère, et qu'il nous refuse, à nous les ingrats :

Bienheureux, oui, bienheureux, vous, les pauvres !

Et vous, les affligés, les isolés, vous qui restez déconcertés mais soumis devant le mystère de vos épreuves, vous qui n'avez ni parents ni amis, dans ces grandes villes où vous êtes comme des épaves sur la grève immense, vous, pauvre servante qui me disiez votre joie de considérer l'infini du monde des étoiles, le soir, à votre sixième étage, et d'y chercher les âmes de vos bien-aimés.

Oh ! Dites-nous que vous refuseriez tous les biens de ce monde pour le privilège d'aimer Jésus et de recevoir de lui ce beau titre :

Bienheureux, oui, bienheureux les isolés, les affligés !

Enfin, vous les haïs, les outragés, les persécutés de tous les siècles, aussi nombreux que les grains de sable de la mer, et vous, martyrs modernes qui avez succombé sous le glaive des hommes, ou sous le glaive invisible des fléaux qui vous ont moissonnés aux champs lointains de nos missions, venez parler à notre génération anémiée, qui ne cherche que les joies faciles, les succès faciles, qui est impuissante à souffrir parce qu'elle a perdu le sens élevé de la lutte et de la douleur.

Venez châtier sa lâcheté morale, son dégoût de la vie, en lui montrant vos vaillances comme votre joie ineffable et glorieuse d'avoir vécu et d'être morts pour Jésus-Christ.

Alors, sévèrement repris dans nos consciences pour notre funeste notion du bonheur, malgré les larmes que nous répandrons toujours sur vos cercueils de martyrs, nous vous saluerons dans la gloire en vous décernant ce beau titre :

Bienheureux, oui, bienheureux les persécutés !

Et si vous méconnaissiez, ces hautes conditions du bonheur, si cette génération voulait rester dans sa quiétude, son amour du luxe et de l’argent. il faudrait prononcer sur elle, au nom du Maître qu'elle s'obstinerait à repousser, les anathèmes de l'Evangile :

« Malheur-à vous, riches, car vous avez reçu votre condamnation ! Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous vous lamenterez et vous pleurerez ! »

O mon Dieu, ne permets pas que nous commettions cette forfaiture !

Fais fleurir ou refleurir parmi nous le bonheur chrétien.

Et qu'en voyant nos vies transformées par cette sainte joie, les plus légers, les plus sceptiques soient pressés de dire :

Oui, il y a un bonheur, même sur la terre, et ce bonheur est en Dieu et en nous !


 

Amen.

 

ernest dhombres

Ernest Dhombres,

Pasteur Protestant Réformé

 Bible 2010
 
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Source : SERMONS ET HOMÉLIES d’Ernest  Dhombres
 
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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:57
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (1ère partie)
par J. J. S. CELLÉRIER,

Déchargeons nous sur Dieu de tout

ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfans, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante :
Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.
 

 

Pour comprendre le sens des paroles de mon texte, observons d'abord qu'elles ne peuvent s'appliquer aux inquiétudes que causent les passions, à ces inquiétudes toujours criminelles par leur nature ou leur excès.

 

L'avare est tourmenté par la crainte de perdre ce qu'il possède ; l'envieux par la perspective des succès d'autrui ; l'ambitieux, l'homme vain, par le désir de supplanter un concurrent, d'effacer un rival; le libertin par l'incertitude de réussir dans ses honteux desseins.

 

Ce n'est point à de tels hommes, sans doute, qu'on peut dire : Déchargez-vous sur Dieu, etc.

 

Cette invitation suppose quelque rapport entre Celui qui la fait et ceux à qui elle s'adresse.

 

Loin que la sainteté, la justice de Dieu lui permettent d'accomplir de pareils souhaits, de calmer de telles alarmes, il détourne de ceux qui s'y livrent ses regards indignés.

 

Réprimez, leur dit-il, ces désirs insensés et vicieux, mettez un frein à ces passions désordonnées ; arrachez-en de votre coeur jusqu'à la racine; abstenez-vous des passions de la chair, qui font la guerre à l'âme (1 Pierre II, 11).

 

II n'est pour nous de repos qu'à ce prix.


Il n'est pas non plus question dans notre texte de ces inquiétudes qui naissent d'une conscience coupable.

 

L'homme souillé de quelque crime, ou dont le coeur est la proie d'une plaie mortelle, craint sans cesse de voir son fatal secret découvert : il redoute ou le mépris de ses semblables, ou le châtiment qu'infligent les lois, ou cette justice plus formidable dont le bras est levé sur lui.

 

De telles inquiétudes ne sont que trop fondées ; ce n'est pas à cet homme qu'on peut dire:  

 

Déchargez-vous sur Dieu, etc. Il faut, dit l'Écriture (Jérémie II, 19.), qu'il connaisse et qu'il voit quels maux, quelles amertumes on se prépare en abandonnant l'Éternel.

 

Il faut qu'il apprenne, par ses terreurs, à respecter le Dieu Saint qu'il offensa et les lois éternelles qu'il a violées.

 

Il faut qu'il sente profondément les peines attachées à leur violation : le comble du malheur pour lui seroit d'y devenir insensible.

 

Le tourment qu'il éprouve est le feu qui purifie, le fer enfoncé dans la partie malade pour en extraire les chairs corrompues : le succès du remède est la proportion de la douleur qu'il ressent, c'est le seul moyen d'être amené au Sauveur des hommes, à Celui qui peut le justifier et changer son coeur ; c'est la seule ressource, le seul espoir de salut qui lui reste.


À quel genre de craintes peut donc s'appliquer l'exhortation de l'Apôtre?

 

Elle s'applique à ces inquiétudes naturelles, innocentes jusqu'à certain degré, qui ne sont, hélas ! que trop variées et trop communes ici bas.


Nous n'avons pu, malgré nos efforts et notre économie, nous tirer de la misère, ou bien nous avons perdu par des revers imprévus le fruit d'un travail légitime, assidu, peut-être l'héritage de nos pères.

 

L'épuisement de nos forces et le déclin de notre santé ne nous permettent plus d'améliorer notre condition ou de changer nos habitudes.

 

Nous craignons pour la fin de notre vie la dépendance, l'abandon, la détresse; mais la sensualité, l'orgueil, l'avarice n'entrent pour rien dans nos peines.

 

C'est à nous, à vous que Dieu dit : Déchargez-vous sur moi de tout ce qui peut vous inquiéter.

Vous, nous, nous sommes affecté profondément des bruits injurieux que la calomnie sème contre nous, et qu'un hasard cruel, des circonstances malheureuses peuvent accréditer.

 

Nous craignons de perdre la confiance, la considération publique ; nous craignons que les coeurs même qui nous sont le plus attachés, n'en reçoivent quelque atteinte.

 

L'avenir se rembrunit, il se présente à nos yeux que l'abandon, l'humiliation ; mais des penchans coupables, l'aigreur, le ressentiment, l'amour du monde n'entrent pour rien dans nos alarmes.

 

C'est à vous, à nous que Dieu di t: Déchargez-vous sur moi, etc.

Nous nous affligeons d'un malheur public ou particulier ; nous déplorons un événement dont les conséquences peuvent être funestes ; nous craignons pour notre famille, pour notre patrie, pour l'Église ; mais les passions humaines, l'esprit de parti n'entrent pour rien dans nos craintes.

 

C'est à vous, à nous  que Dieu dit : Déchargez- vous sur moi, etc.

Nous voudrions laisser à nos enfans un sort assuré : nous craignons de ne pouvoir faire assez pour leur éducation; la faiblesse de notre santé nous fait redouter de les abandonner jeunes et sans guide dans un monde corrompu ; nous frémissons à l'idée des périls auxquels ils seront exposés : nous craignons peut-être de les voir éloignés de nous par de fâcheuses circonstances, arrachés à notre amour, à nos soins bienfaisants.

 

Toutes les fois que nos regards s'arrêtent sur eux, mille terreurs assiègent notre imagination et bouleversent notre âme; mais c'est le désir de leur vrai bonheur, la piété, la foi qui nous animent, et non l'amour-propre ou l'ambition.

 

C'est encore à vous, à nous que Dieu dit : Déchargez-vous sur moi, etc.

Ainsi, celui pour qui Dieu fait entendre cette voix, c'est le juste qui n'est ni le jouet des penchants vicieux, ni la proie du remords : c'est celui du moins qui s'efforce de marcher dans les voies de la vertu chrétienne, et dont le coeur est sincèrement tourné vers le Seigneur : c'est le fidèle battu par les orages de la vie, exposé à mille dangers par sa nature et sa condition ici-bas, soumis à la crainte par sa sensibilité, par sa faiblesse.

 

Dieu lui tend sa main secourable ; Il craint qu'il ne succombe sous le fardeau qui l'accable ; Il l'aide à soutenir, à porter ce fardeau ; Il lui fait ouïr ces douces paroles: Déchargez-vous sur moi, etc.

Chrétiens !

 

J'aime à supposer que je puis les adresser ces paroles à tous.

 

J'aime à nous considérer tous comme les enfants du Dieu que nous adorons.

 

J'aime à supposer qu'après avoir suspendu nos travaux et sommes distingués de ces enfants du monde qui profanent le jour du Seigneur, de ces spéculateurs insensés qui pensent élever leur fortune sur le mépris des lois du Souverain Arbitre de nos destinées, nous sommes venus chercher auprès de Dieu le repos de nos âmes, qui s'ouvrent d'elles-mêmes au devoir consolant de ce verset.

 

(Suite)

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 
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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:56
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (2ème partie)
Par J. J. S. CELLÉRIER,

 

Déchargeons-nous sur Dieu

de tout ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfants, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante : Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.

 

Mais il ne suffit pas de savoir a qui s'adresse cette exhortation, il faut comprendre encore ce que Dieu nous demande et ce qu'il nous offre.

 Tout d'abord, Il ne nous invite pas, sans doute, à compter qu'Il fournira seul à nos besoins, tandis que nous-mêmes resterions oisifs.

 

S'Il nous a donné l'industrie et l'intelligence, c'est afin que nous soyons les artisans de notre bonheur, que nous agissions du moins avec Lui.

 

Il ne prétend pas autoriser la paresse et l'imprudence : le fidèle travaille comme si tout dépendait de lui, et il attend sans inquiétude l'événement parce que tout dépend de Dieu.

Ce serait se tromper encore grossièrement, que d'espérer que le Maître du monde agira d'une manière sensible, extraordinaire, pour écarter les maux qui nous menacent, ou faire réussir nos projets.

 

Il se plaît quelquefois à nous corriger durement et où, connaissant Notre Père, l'on ne peut méconnaître sa main, et qui disent à notre coeur, saisi d'une religieuse émotion :  

 

Certainement, l'Éternel est ici (Genèse, XXVIII, 16.) ;

 

mais quand Il le fait, le Seigneur a moins égard à sa force qu'à notre faiblesse.

 

S'Il emploie des signes extérieurs, c'est à cause de l'impression que font sur nous les objets sensibles.

 

Eh ! Qu'a-t-Il besoin de changer la face des événements, Lui qui peut toujours en tirer l'accomplissement de ses desseins ?

 

Lui qui peut changer leur effet pour nous !

 

Lui qui peut agir sur notre coeur et lui faire goûter des jouissances dans les situations les plus redoutées!

Aussi, dans le cours ordinaire de sa Providence, Il aime éprouver notre foi, notre confiance.

 

Il nous traite presque toujours comme Il nous traite pour notre subsistance, qui dépend du fruit incertain des moissons, d'une plante fragile, sans cesse battue par les vents, exposée aux déprédations des insectes et des oiseaux.

 

Il aime à voir le fidèle, les yeux attachés sur le Ciel, découvrir à travers les nuages qui l'obscurcissent, les rayons du Soleil suprême qui féconde et vivifie la nature, compter sur un Dieu qui voile sa face, adorer ses desseins sans les comprendre.

 

Ainsi, Chrétiens, ce que  nous pouvons attendre du Seigneur, ce n'est pas qu'Il dissipera nos alarmes par des coups éclatants, ni même qu'Il les dissipera toujours, mais qu'Il en adoucira l'impression, qu'Il la surmontera par le sentiment de sa grâce.

 

Ce n'est pas qu'Il changera toujours notre condition, mais qu'Il nous rendra capable de la supporter, qu'Il fera tout concourir au bonheur général et même à notre avantage particulier.

Se décharger sur Dieu de tout ce qui pourrait nous inquiéter, c'est donc remettre en Ses mains, avec une entière confiance, nos intérêts et notre sort : c'est ne pas nous servir de la faculté de prévoir pour entasser dans l'avenir tous les maux possibles, ne pas même porter des regards inquiets sur cet avenir que Lui-même arrange pour nous : c'est voir approcher l'événement sans trouble et sans impatience.


L'homme qui peut se reconnaître à ces traits, fût-il dans la situation la plus périlleuse, ne sera jamais tenté de faire des démarches qu'interdisent la foi et la piété : il craindrait trop d'attrister Celui qui règne sur l'univers, ou de se soustraire à ses vues bienfaisantes.

 

Lors même que tout paraît désespéré, que tout appui lui manque, qu'il est abandonné de la nature entière, il ne cesse pas de compter sur son Dieu ; et si ce Dieu ne vient pas toujours à son aide, comme il l'aurait souhaité, s'Il ne le délivre pas toujours du danger, le trouble cependant n'approche pas de son coeur.

 

Les vues de mon Dieu, se dit-il à lui-même, sont supérieures aux miennes ; Il sait mieux que moi.

(Suite)

 

 

Bible

Croix Huguenote

 
 

 

 
 

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:55
Le soulagement de l'homme, ou les soins de la Providence (Dernière partie)

Par J. J. S. CELLÉRIER,

 

Déchargeons-nous sur Dieu de tout ce qui pourrait nous inquiéter,

car Lui-même prend soin de nous,

I Pierre, V, 7.

 

 

Qu'il nous est doux, d'adresser cette exhortation !

 

Que la Religion, qui la met dans notre bouche, qui nous charge de répéter, doit nous paraître aimable !

 

Dans ces jours sacrés où elle rassemble et nous invite à goûter le repos que demande la nature, elle ne s'occupe pas moins, que dis-je ? Elle s'occupe surtout de l'intérêt de nos âmes : elle veut les soutenir, les fortifier, les nourrir des plus sublimes et des plus salutaires vérités.

 

Ce n'est pas assez pour elle d'assurer quelque relâche à nos corps en suspendant le cours de nos occupations et de travaux souvent pénibles, elle veut soulager nos coeurs du fardeau plus pesant des inquiétudes.

 

Semblable à la mère tendre qui ne néglige aucun soin relatif au bonheur de ses enfants, cette Religion divine veille sur tous nos intérêts : elle les embrasse tous dans sa sollicitude, elle nous fait du bien sous tous les rapports.

Hâtons-nous de prêter l'oreille à sa voix consolante :

 

Déchargez-vous sur Dieu de tout ce qui peut vous inquiéter.

 

Venons apprendre, à nous faire une juste idée de ce devoir; venons en sentir la justice; venons en apprécier l'influence sur notre bonheur.

 

Et puissent les soins bienfaisants du Dieu qui nous parle ainsi, n'être aujourd'hui perdus pour aucun de nous !

 

Ainsi soit-il.

 

Toute sublime, tout élevée au-dessus de la nature que paraisse une telle conduite, elle n'est cependant que la conséquence nécessaire de nos relations avec Dieu.

 

Nous y sommes appelés également par la raison et par la foi.

 

Pourquoi devons-nous nous décharger sur Dieu de ce qui pourrait nous inquiéter ?  

 

C'est parce que Lui-même prend soin de nous.

 

Oui, grand Dieu ! Tu prends soin de nous.

 

C'est là une vérité gravée dans les Cieux, sur la terre et dans le coeur de l'homme.

 

C'est par Toi que roulent les astres :

 

C'est Toi qui revêts le printemps de sa parure :

 

C'est Toi qui conserves les espèces des plantes et des animaux ;

 

Négligerais-Tu Ton plus bel ouvrage sur la terre, Ton ouvrage le plus Chéri ?  

 

Tu fais croître les lis des champs, Tu nourris les oiseaux de l'air; abandonnerais-Tu l'homme qui vaut beaucoup plus qu'eux ? (Matt., VI, 26-30.)

 

Mais c'est pour lui que Tu commandes à la terre de donner son fruit dans son temps, que Tu commandes aux saisons de se succéder.

 

Ne craignons donc point, au milieu de cette foule d'êtres qui nous environnent ; je vous le déclare en Son Nom, nous sommes les premiers que distinguent ses regards, nous sommes le principal objet des soins de sa Providence,

Eh ! Pourquoi ces lois qu'Il nous donne, cette Révélation dont Il nous enrichit, ce Fils qu'Il nous envoie,
cette Parole éternelle faite chair (Jean, I, 14.), Ce Grand Rédempteur immolé pour nous, s'Il ne voulait pas nous donner toutes choses avec Lui (Rom., VIII, 32.), s'Il n'avait qu'indifférence pour notre sort ?

 

Pourquoi cette activité qu'Il a mise dans notre âme, ce plaisir qu'Il nous fait trouver dans l'exercice de nos facultés, cet intérêt si pressant qu'Il nous fait prendre au bonheur de nos enfants, au sort de ceux pour qui nous avons fait quelque chose, qui dépendent de nous par quelque endroit, à la conservation même des ouvrages sortis de nos mains?

 

Ces dispositions ne nous annoncent-elles pas que Celui de qui nous les tenons agit sans cesse (Jean, V, 17.), déploie sans cesse Ses Perfections Divines, qu'Il conserve, protège toutes les créatures, et veille particulièrement sur celles qu'Il a douées des plus belles facultés?


Et n'est-ce pas encore ce que nous dit l'expérience ?

 

Si l'histoire des peuples nous offre les grands traits d'une Providence qui dirige tout, se joue des passions des hommes, les fait servir au succès, de ses desseins, notre propre histoire ne nous offre-t-elle pas des traits plus particuliers et plus touchants qui portent dans notre coeur la persuasion de cette vérité ravissante :  

 

Dieu prend soin de nous ?  

 

En repassant notre vie, depuis notre naissance, ne croyons nous pas avoir été conduits par une invisible main qui nous éloignait des écueils que nous n'apercevions même pas, et par des chemins souvent détournés nous faisait arriver au but ?

Combien de fois une petite circonstance, qui d'abord ne paraissait rien, a décidé notre sort, amené notre bonheur !

 

Combien d'événements, qui, de loin, semblaient funestes, sont devenus pour nous une source d'instructions, souvent de jouissances !

 

Combien de fois ce Dieu qui nous dirige ne s'est-Il pas joué de nos conjectures inquiètes, de nos murmures téméraires !

 

Et, sans sortir de la vie champêtre, des objets qui nous entourent, combien de preuves remarquables et touchantes n'avons-nous pas de cette bonté, de cette Puissance Divine, si supérieures à nos pensées !

 

Tantôt des saisons contraires nous faisaient craindre de ne pouvoir semer ou recueillir ce grain précieux qui nourrit l'homme ; tout semblait perdu.

 

Dieu commandait au soleil de paraître ; quelques beaux jours changeaient la face de la terre et faisaient succéder l'espoir à nos alarmes.

 

Tantôt une sécheresse cruelle menaçait de tout faire périr de langueur.

 

L'Éternel faisait tomber une pluie bienfaisante, qui ranimait la nature comme par enchantement : elle détrempait la terre, suivant l'expression du Psalmiste (Ps. CIV, 14.), l'arrosait avec abondance, reverdissait les prairies et préparait le blé.

 

Tantôt le fruit de nos champs, dont nous attendions beaucoup, se trouvant réduit soudain à peu de chose, notre imagination se troublait; nous disions avec anxiété:  

 

Où trouverons-nous du pain ?  

(Jean, VI, 5.)

 

Et l'Éternel, Emu de pitié, bénissait, multipliait au centuple une seconde moisson ; Il lui commandait de pourvoir, de suffire à nos besoins.

 

Quelquefois un fléau destructeur étendait tellement ses ravages, que nos campagnes semblaient devoir s'en ressentir longtemps ; et bientôt, reconnaissant la vanité de nos inquiétudes, nous disions, en bénissant Dieu :

 

Nous sommes trompés en bien.

 

Ce n'est pas toujours, il est vrai, par des délivrances pareilles, ni par des délivrances proprement dites, que le Seigneur montre qu'Il prend soin de nous; mais les maux même, oui, ces maux publics et particuliers que des esprits audacieux, des esprits téméraires, dans leur aveuglement, présentent comme une objection contre la Providence, sont une preuve nouvelle de ses tendres soins.

 

Les uns sont destinés à régénérer les nations, à retremper les âmes, à ranimer en elles les germes de la piété, de la foi.

 

Ce sont ces orages qui couvrent l'horizon de ténèbres, bouleversent la nature, nous offrent l'aspect affreux de la confusion et du combat des éléments, mais qui, par une secrète influence, fécondent le sol et purifient l'atmosphère.

 

Les autres ont pour mission d'éclairer le pécheur ou d'éprouver le juste, de le rendre plus digne d'une immortelle récompense.

 

On peut les comparer à ces opérations douloureuses, mais salutaires, qu'exécute un médecin ferme et courageux, malgré les cris du malade, ou bien au procédé de l'artiste habile qui met son or dans l'ardent creuset pour l'en retirer plus pur et plus brillant.


Ainsi, loin de nous annoncer que Dieu voit notre sort avec indifférence, ces maux nous disent qu'Il nous aime,

 

qu'Il nous aime bien mieux que nous ne saurions nous aimer, qu'Il regarde à nos vrais intérêts plus qu'à notre faiblesse, qu'Il envisage l'âme plus que le corps, l'éternité plus que l'instant passager qui s'enfuit.

Ainsi, lors-même qu'Il nous afflige, Il prend un soin tout particulier de nous : alors aussi Ses consolations se répandent dans l'âme soumise ; elles la relèvent, la fortifient: enveloppés encore des nuages de l'infortune, nous voyons percer les rayons d'une Divine Espérance.

 

Il ne suffisait pas cependant que la raison pût nous conduire à cette grande idée que Dieu prend soin de nous ; il ne suffisait pas que cette vérité découlât de sa nature et de la nôtre.

 

Pour prévenir toutes nos craintes, pour dissiper toutes nos incertitudes, Il a daigné nous en faire dans Sa Parole les déclarations les plus formelles.

 

Il dit à chacun de nous, comme autrefois à Josué ; (Chap., I, 9.)  

 

JE ne te laisserai point, JE ne t'abandonnerai point.

Fortifie- toi et prends courage;

que rien ne te trouble et ne t'épouvante,

car JE serai avec toi partout où tu iras.

 

Et pour nous convaincre qu'Il ne dédaignera pas de pourvoir même à nos plus légers intérêts, Il va jusqu'à nous assurer que tous les cheveux de notre tête sont comptés (Luc, XII, 7.).

 

Il se plaît à prendre l'engagement de veiller sur nous, de nous protéger dans tous les instans, comme s'Il voulait subvenir à notre faiblesse, et nous armer pour ces moments d'angoisse où le trouble de l'imagination obscurcit le jugement.

 

Il nous invite Lui- même à nous décharger sur Lui de tout ce qui pourrait nous inquiéter, et c'est assez nous dire qu'Il veut obtenir notre confiance pour Prix de ses soins.

Ne sentons nous pas à présent, combien il est raisonnable, naturel et juste de nous reposer sur Dieu.

 

Il gouverne le monde; Il prend soin de nous, et nous ne serions pas tranquilles !

 

Insensés ! Nous confierions nos jours à un médecin, notre fortune à un négociant, notre sort à un protecteur : nous confierions notre existence tout entière à des hommes faibles, impuissants, sujets à l'erreur comme nous; et lorsque Celui chez qui la sagesse, la puissance, la bonté résident dans Sa plénitude, nous offre de veiller sur nos intérêts, nous refuserions de nous abandonner à Sa Conduite !

 

L'enfant porté dans les bras de sa mère, traverse les plus grands périls avec le doux sourire de la sécurité ; et nous, appuyés sur ce bras qui soutient les mondes, nous éprouverions l'inquiétude et la crainte !

 

Nous refuserions au Très-Haut l'hommage de notre confiance !

Ah ! Nous lui devons cet hommage ;

 

Il l'attend de nous; c'est le seul dont Il puisse être flatté.

 

Les astres suivent la marche qu'Il leur trace; les animaux sont conduits par l'instinct qu'Il leur a donné ; mais ces créatures inanimées ou privées d'intelligence cèdent à Sa Volonté, sans avoir la connaissance de ses perfections et le sentiment de son amour.

 

L'homme, l'homme seul peut honorer son Créateur, parce qu'il peut seul, en se confiant en Lui, en se reposant sur Lui, en s'abandonnant à Ses soins sans réserve, lui offrir l'hommage du coeur, dont Il est jaloux.

Et c'est aussi là, c'est aussi le moyen de l'Intéresser à notre sort.

 

J'en appelle à nous-mêmes.

 

Ne regardons nous pas comme sacrés les intérêts qu'on nous confie ?

 

Il n'y a que l'homme absolument dépravé chez qui ce sentiment soit détruit.

 

Que dis-je ? On a vu des malheureux enfoncés dans le bourbier du crime se montrer encore sensibles à la confiance ; on les a vus servir avec fidélité, avec dévouement ceux qui s'étaient remis en leurs mains.

 

Quel blasphème donc, quel blasphème ne serait-ce pas de penser que l'Être tout-parfait puisse trahir ou négliger les intérêts de l'homme dont le coeur se rend à Ses Invitations et compte sur Ses Promesses !

Mais si celui qui refuse de se confier en Dieu, de se décharger sur Lui de ses soucis et de ses peines, est coupable, infiniment coupable envers son Créateur, son Père, il est bien plus à plaindre encore.
 

 

Malheur, dit l'Écriture, (Jérém., XVII, 5.) à celui qui se confie en l'homme et qui de la chair fait son bras.

 

Malheur à celui qui ne se confie pas en Dieu, et que Dieu, pour cette raison, ne protège pas !

 

C'est un voyageur épuisé, haletant sous le fardeau dont il est chargé : il le traîne en gémissant, et rejette les secours de Celui qui Seul pourrait le décharger.

 

Au poids des malheurs présents, sous lequel il est près de succomber, il ajoute le poids de ceux qui n'existent pas encore.

 

Plus infortuné que la brute, qui ne souffre qu'au moment où elle sent l'atteinte de la douleur, son imagination, cette faculté céleste qui, s'élançant dans l'avenir, peint tous les objets du plus vif colori, et nous fut donnée pour adoucir, pour effacer les maux présents par la ravissante perspective des biens éternels, cette imagination fait ou fera son supplice ; elle l'entoure ou l'entourera de fantômes effrayants, qu'il ne peut, ne pourra ni fuir ni repousser.

Opposons à ce tableau celui du fidèle qui se repose sur son Dieu.

 

Mais comment peindre une telle situation ?

 

Pour l'apprécier, il faut l'avoir goûtée : dès que je veux en offrir quelques traits, le sentiment de sa douceur inonde mon âme, et je ne trouve plus d'expression.



O nous qui, dans une circonstance critique, avons vu l'horizon s'éclaircir pour nous, lorsque l'ami en qui nous avions mis notre confiance s'est chargé du soin de nous guider.

 

Nous qui, dans un péril éminent, étions éperdu, troublé jusqu'au moment où une mère, un père, une épouse, un époux s'est approché de nous, a pris notre main tremblante, et nous a dit par ses regards : Je suis la pour te défendre !

 

Nous qui, dans un lit de maladie, environné des cordages de la mort (Ps, CXVI, 3.), sentions notre courage renaître au seul aspect du médecin !

 

Essayons du moins, essayons de comprendre quelle doit être la félicité de l'homme qui se décharge sur son Dieu, sur son Dieu de tout ce qui peut l'inquiéter.

 

Il goûte ce calme délicieux, ce calme parfait de l'esprit et du coeur, qui fut la chimère des anciens philosophes et le but qu'ils poursuivaient.

 

Mais s'il fut honorable pour l'humanité de concevoir une telle situation et d'y aspirer, hélas ! On n'en vit approcher qu'un petit nombre d'hommes rares ; et même, pour émousser les traits de l'inquiétude, ne connaissant d'autre secret que d'éteindre la sensibilité, ils ne goûtèrent le repos qu'aux dépens du bonheur.

Religion divine ! Religion de mon Sauveur ! Toi seul peux nous conduire dans les sentiers de la paix et de la sagesse.

 

Au lieu de ces maximes pompeuses dont retentissent les écoles de la philosophie humaine, de ces maximes si difficiles à saisir, à pratiquer, tu nous dis:  

 

Déchargez-vous sur Dieu, etc.

 

Ainsi Tu mets ce que la raison a de plus sublime à la portée de l'esprit le plus simple et du coeur le plus faible, et loin que l'élévation où Tu nous places refroidisse la douce chaleur du sentiment, c'est par l'amour que Tu nous y fais monter.


Voulez-vous, voulons nous faire l'heureuse expérience de cette félicité ? En voici le moyen.

 

Observons ce grand précepte de Jésus, auquel toute la loi se rapporte :  

 

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de toute ton âme

(Matth., XXII, 37.).

 

Pénétrons-nous de sa Toute Présence, et de Ses Soins Paternels.

 

Environnons-nous de l'image de ce bon, de cet adorable Sauveur qui nous appelle, qui nous dit :  

 

Venez à Moi, vous tous qui êtes travaillés

et chargés et JE vous soulagerai.

Matt. XI, 28.


Alors un sentiment de repos et de calme se joindra pour nous à l'idée de ce Dieu Sauveur.

 

Penser à Lui, parler de Lui, servira de baume à nos plaies.

 

En toute circonstance, en tout lieu, et surtout quand nous entrerons dans son sanctuaire, quand nous nous approcherons de Celui qui l'habite, il s'approchera de nous (Jacq. IV, 8.); ses consolations restaureront, rafraîchiront notre âme.

 

Ainsi soit-il. Amen,

 


J. J. S. CELLÉRIER,

Bible

Croix

 

 

 

 

Source : Regard

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:50
La Trinité par le pasteur Adolphe Monod

Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, non pas à la chair pour vivre selon la chair ; car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Car vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans la crainte, mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu ; et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ ; si du moins nous souffrons avec Lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec Lui. (Romains 8 : 12-17)

 

L’Ecriture Sainte est sage jusque dans son silence.

 

Vous y chercheriez en vain le mot trinité pour exprimer la doctrine sur laquelle, j’ai à cœur de vous dire quelques mots.

 

Pourquoi ?

 

Parce que ce mot la trinité présenterait à nos esprits l’idée de quelque chose de spéculatif, tandis que cette doctrine, qui a été plus tard appelée, du nom de trinité, est tout ce qu’il y a au monde de plus pratique et de plus tendre, parce que c’est l’expression même de l’Amour qui est en Dieu, soit dans Ses rapports avec l’humanité, soit dans les rapports intérieurs de Dieu avec Lui même.

 

Le principe de notre salut est dans l’Amour de Dieu.

 

« Nous L’aimons, parce qu’Il nous a aimés le Premier ; Dieu est Amour ».

 

Et cet Amour s’est manifesté à nous dans l’œuvre de notre salut ; mais Il s’est fait connaître non seulement comme nous sauvant, mais comme existant de toute éternité dans le Sein de Dieu, et faisant Sa Félicité Eternelle avant de faire la nôtre et celle de toutes Ses créatures fidèles.

 

Lorsqu’on veut se rendre compte de la manière dont l’Amour de Dieu opère envers Ses pauvres créatures perdues, pour leur donner la Vie Eternelle qu’elles ont perdues par leurs œuvres, il n’y a qu’à suivre tout simplement l’Ordre Historique dans lequel Dieu nous a donné Ses Révélations, et a inspiré Ses Ecritures à Ses apôtres, après l’avoir fait à Ses prophètes.

 

C’est ainsi que nous trouvons d’abord le Dieu de l’Ancien Testament, puis le Dieu des Evangiles, et le Dieu des épîtres et de la prophétie évangélique.

 

Dans la première partie de la Bible, nous apprenons déjà, ce qui devrait suffire pour remplir nos cœurs de joie.

 

Nous y apprenons ce qui devrait suffire pour remplir nos cœur de joie : c’est que tout indignes que nous nous sommes rendus de Son Amour, Dieu nous a pourtant aimés.

 

Nous aurions mérité mille et mille fois qu’Il se déclarât contre nous : et si quelqu’un n’était pas pénétré de cette pensé, il n’a qu’à relire les prophètes, Ezéchiel en particulier, qui sont tout remplis de cette doctrine terrible des jugements de Dieu que les enfants d'Israël avaient attirés sur eux par leurs œuvres mauvaises, mais qu’ils n’avaient pas plus mérités que le reste des hommes dont leur histoire est comme le miroir.

 

Mais voici qu’au lieu de se déclarer contre nous, Dieu se déclare pour nous ; et nous apprenons que là où nous ne devions nous attendre qu’à trouver un trésor de colère, nous trouvons un Trésor de Miséricorde.

 

Le Dieu Tout Puissant qui a créé le ciel et la terre, l’Auteur du monde visible et du monde invisible, est pour nous Tout Entier ; Il ne demande qu’à nous sauver ; et quiconque veut entrer dans Ses Pensées, confesser ses péchés et se soumettre à Sa Grâce, possédera la Vie Eternelle comme s’il n’avait point péché ; ou plutôt il la possédera, ayant péché mais ayant été réconcilié, avec un sentiment nouveau de la Miséricorde qui est en Dieu.

 

C’est ainsi que Dieu se révèle à nous dans cette première partie de la Bible, et que soulevant ce pesant fardeau de la Colère Divine, l’Amour Divin perce partout ; ces mêmes prophètes qui dénoncent ces jugements terribles ne peuvent pas soutenir longtemps ce langage, et ils finissent toujours par des paroles de Miséricorde.

 

Vous trouverez cela d’une manière très remarquable dans le prophète Michée, qui, dans la brièveté de ses pages, développe avec une plénitude admirable le plan de la condamnation, de la prophétie, et du salut dans lequel il finit par se reposer.

 

Arrivent les Evangiles prédits par les prophètes.

 

Alors Dieu fait un pas de plus : Il s’approche de nous, Il ne se contente pas de nous déclarer comme de loin qu’Il est pour nous, mais Il vient de tout près vivre avec nous, comme l’un d’entre nous, Fils de l’homme, pris d’entre les hommes, tout Fils de Dieu qu’Il est ; et après avoir été pour nous, Il est avec nous, tout près de nous, comme un Ami et un Frère, avec lequel, selon l’expression du Psaume 55, nous pouvons « communiquer tous nos secrets ».

 

Alors Dieu se montre à nous sous un aspect plus Tendre encore et plus rassurant que nous ne L’avions vu dans la première partie de la Bible, surtout lorsque Cet Ami et Ce Frère vient à achever de nous révéler la Doctrine de la Justice Divine et de la Miséricorde Divine, en mourant pour nous sur la croix et en y effaçant nos péchés.

 

Mais tandis qu’un rapport si tendre se déploie de Dieu à nous, un autre rapport se déploie dans le Sein de Dieu Lui même, et nous apprenons que Celui qui nous rachète est Le Fils de Celui  qui veut nous sauver, et qu’il y a, entre Dieu tel qu’Il s’est montré dans la première partie de la Bible et Dieu tel qu’Il apparaît dans les Evangiles, le touchant rapport d’un Père à Son Fils : rapport que nous ne pouvons discerner du moins être quelque chose d’ineffablement tendre et mystérieux tout à la fois.

 

Remarquez bien que l’un de ces rapports ne saurait aller sans l’autre, et que nous ne comprendrons jamais ce que Dieu est pour nous en Jésus Christ, si nous n’entrevoyons pas ce que Jésus Christ est pour Dieu, d’autant plus qu’il y a ici quelque chose qui ne doit pas nous échapper.

 

Nous ne comprenons dans Sa Plénitude l’esprit d’amour que comme esprit de sacrifice : or, en Dieu, semble-t-il, il ne peut y avoir de sacrifice ; car que pourrait-on prendre sur un seul moment de Sa Félicité Eternelle ?

 

Mais voici que dans la Personne de Son Fils, le Seigneur des seigneurs nous donne l’exemple du sacrifice ; voici que Celui qui est Le Fils du Père est en même temps « l’homme de douleurs » ; et que là où « la plénitude de la divinité a habité corporellement », l’ineffable immensité de la douleur dont l’humanité est capable, mais dont elle n’est capable que dans cette union avec la divinité, se déploie à nos regards touchés et reconnaissants.

 

Et ne voyez vous pas que cette Doctrine si touchante disparaît complètement si le Fils n’est pas un avec le Père, et que tout ce qui excite notre tendre reconnaissance pour le Seigneur Jésus Christ tient à ce qu’Il est véritablement Fils de Dieu, c’est à dire Dieu, comme Il est Fils de l’homme, c’est à dire homme ?

 

Viennent les épîtres et la prophétie évangélique ; et comment s’ouvrent elles ?

 

Par la descente du Saint Esprit, qui fonde l’Eglise tout en se répandant sur elle.

 

C’est le troisième et dernier pas, car on n’en saurait concevoir d’autre, que Dieu fait vers Sa pauvre créature déchue.

 

Il était avec elle, et Le voici qui vient s’établir en elle, et se faire tellement un avec nous, que de ces pauvres corps nés de la poussière et devenus esclaves du péché, Il forme des temples de son Esprit, Le Domicile de Dieu où Il se complaît à reposer.

 

Le Saint Esprit, c’est à dire Dieu, vient Se donner à nous, après avoir été pour nous dans la première partie de la Bible, et avec nous dans les Evangiles : c’est le dernier excès de l’Amour Divin qui ne peut se contenter qu’il ne soit fait un avec nous, « Lui en nous, et nous en Lui ».

 

Et ici encore, remarquez, que toute la puissance de cette doctrine de vie disparaît, si le Saint Esprit, au lieu d’être Dieu Lui même, n’était qu’une émanation de Dieu, qu’une action de Dieu, qu’un don de Dieu ; car ce ne serait alors que rappeler ce que nous savons abondamment par l’Ancien Testament et par les Evangiles sur la Puissance et sur la Grâce que Dieu Peut et Veut nous communiquer ; tandis que le Saint Esprit tel qu’Il se révèle à nous dans les épîtres et dans la fin de la seconde partie de la Bible et dans les promesses de Jésus Christ à ses disciples, étant Dieu Lui même, c’est la Puissance de Dieu qui nous fortifie, c’est la Paix de Dieu qui nous console, c’est la Sainteté de Dieu qui nous affranchit du mal, c’est la vie de Dieu qui fait battre notre cœur.

 

Oh ! Qui pourrait mesurer et comprendre l’immensité de ce progrès du dernier chapitre de l’Evangile au premier chapitre des Actes, et se rendre compte de cette marche admirable de la Révélation et des dons Divins, dans les trois parties des Saintes Ecritures que nous venons de parcourir si rapidement hélas !

 

Admirable vue, que je ne puis qu’indiquer.

 

Le rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit à l’homme, correspond à un rapport du Père, du Fils et du Saint Esprit en Dieu, et l’Amour qui se répand pour nous sauver, est l’expression de l’Amour qui a habité Eternellement dans le Sein de Dieu.

 

Ah ! Que la Doctrine que nous contemplons devient alors touchante et profonde !

 

C’est là le fond de l’Evangile, et ceux qui la rejettent comme une doctrine spéculative et purement théologique, n’y ont donc jamais rien compris.

 

C’est la force de notre cœur, c’est la joie de notre âme, c’est la vie de notre vie, c’est le fondement même de la Vérité révélée.

 

Je vous laisse à vos méditations ces choses et me borne à vous rappeler un mot que j’ai souvent cité en chaire, résumant admirablement toute cette Doctrine.

 

Un Père de l’Eglise disait :

 

« Nous avons dans l’Ancien Testament Dieu pour nous, dans les Evangiles, Dieu avec nous, et dans les Actes et les Epîtres Dieu en nous ».

 

C’est ce Dieu pour vous, avec vous et en vous ; c’est Le Père, Le Fils, Le Saint Esprit, que je vous souhaite, comme à moi même, pour vivre et pour mourir, du plus profond d’un cœur qui vous est dévoué en Jésus Christ !

 

Amen,

 

 

Adolphe Monod

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:48
L'enracinement par l'expérience

Je vous remplacerai les années

que la sauterelle vous avait dévorées.

 Joël 2.25.

 

 

Oui, ces années perdues qui nous font soupirer nous seront rendues.

 

Dieu est assez riche en grâce pour rendre les années qui nous restent à vivre aussi fécondes pour son service, que celles de notre inconversion, sur lesquelles nous portons deuil, ont été inutiles à sa cause.

 

Les sauterelles de la mondanité, des retours en arrière, de la tiédeur, nous en venons à les considérer comme une terrible plaie.

 

Si seulement elles ne s’étaient jamais abattues sur nous !

 

Le Seigneur, dans sa bonté, nous en a délivrés, et nous sommes maintenant pleins de zèle pour son service.

 

Béni soit son nom !

 

Nos moissons de grâces spirituelles sont telles, que notre aridité d’autrefois est plus que compensée.

 

Nos tristes expériences sont changées en fruits bénis et nous servent à en avertir d’autres.

 

Nous sommes, par suite de nos anciens manquements, enracinés d’autant plus profondément dans l’humilité et la dépendance enfantine.

 

Et la vigilance et la circonspection que nous avons acquises nous aident à rattraper plus sûrement le temps perdu.

 

Ainsi, par un miracle d’amour, les années où le dévastateur avait tout dévoré peuvent nous être rendues.

 

N’est-ce pas là une immense faveur ?

 

Croyons-le, et vivons en conséquence et nous le réaliserons, comme Pierre, qui devint un homme beaucoup plus utile après que sa présomption eût été guérie par la découverte de sa faiblesse.

 

Seigneur, aide-nous !

 

Amen, 

 spurgeon

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible (52)

Croix Huguenote

 

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 17:03
Le sacrifice des enfants : une réalité contemporaine
LE SACRIFICE DES ENFANTS :
UNE RÉALITÉ CONTEMPORAINE

par Cornelis Van Dam

En Israël, à l’époque de l’Anti­quité, le sacrifice d’enfants était une réalité de la religion païenne. À tel point que Dieu a bien averti son peuple, avant même leur entrée dans la terre  promise,  de  n’avoir rien à faire avec cette pratique (Lév. 18:21; 20:2-5)Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu! (Deut. 18:10). Israël s’est cependant livré à cette horrible pratique, aussi bien dans le royaume du nord que dans celui du sud. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Dieu a envoyé son peuple en exil (2 Rois 16:3, 17:17; 21:6; Éz. 16:20-21).

Aujourd’hui, l’idée de sacri­fier son propre enfant en l’étendant sur l’autel d’un dieu païen tel que Molok nous répugne. On peut cependant se demander si le danger et la tentation de perpétrer des sacrifices d’enfants n’augmente pas à mesure que notre société se dé­tache de ses amarres chrétiennes et s’en va à la dérive. Encore aujour­d’hui, des enfants sont sacrifiés aux idoles que chacun se forge.

On peut bien sûr montrer du doigt la pratique musulmane des crimes d’honneur. Ce sujet a été propulsé au premier plan de la scène publique lorsque, en janvier 2012, un tribunal canadien a pro­noncé la condamnation d’un père et de son fils pour meurtre au premier degré, ces deux hommes ayant tué quatre femmes au nom de l’hon­neur familial. Trois filles adoles­centes et la première épouse du père ont été sacrifiées au nom de “l’honneur”. La réalité, c’est que les crimes d’honneur se produisent plus souvent que ce qui nous est rapporté dans les médias.

Il n’est toutefois pas néces­saire de fouiller les pratiques de l’islam radical pour trouver des sacrifices d’enfants. La société occidentale pratique ce genre de sacrifices beaucoup plus qu’on ne le reconnaît généralement. Le crime si répandu de l’avortement nous vient immédiatement à l’esprit.

L’avortement

Des parallèles peuvent être établis entre l’ancienne pratique païenne du sacrifice d’enfants au dieu Molok et la pratique actuelle de l’avortement. Dans les deux cas, l’enfant est offert à un faux dieu, que ce soit avant ou après sa naissance. De nos jours, les avortements sont souvent pratiqués sur l’autel de l’idéologie féministe sécularisée, qui prône le droit d’une personne de décider ce qu’elle peut faire avec son corps (niant le fait que l’enfant à naître est un être humain à part entière). Ou encore, l’avortement peut être effectué par soumission au dieu de la commodi­té; un sacrifice humain est perpétré au nom d’une vie de facilité, car les enfants sont souvent considérés une nuisance. D’après une étude, un cinquième de tous les avortements pratiqués aux États-Unis ont été effectués sur des femmes mariées, souvent à l’instigation du mari.

Un autre parallèle peut être établi avec l’ancien sacrifice païen d’en­fants en ce que les avortements sont souvent effectués pour cacher une grossesse inattendue à la suite d’une relation sexuelle illi­cite. Autrefois, en Israël, la prosti­tution avec  les  prêtres de Molok faisait vraisemblablement partie du culte offert à ce dieu. Le fait que le sacrifice d’enfants soit mentionné dans la liste de péchés sexuels en Lévitique 18 le laisse supposer. De plus, la prostitution sacrée était très répandue parmi les religions païennes du Moyen Orient ancien. Dans le cas du culte à Molok, les enfants nés de la prostitution reli­gieuse ont pu être donnés   aux prêtres pour être sacrifiés, façon commode de se débarrasser du fruit non désiré des relations sexu­elles dans le cadre des pratiques religieuses. Aujourd’hui, nombreux sont  ceux  ou  celles  qui  ont des relations sexuelles en dehors du mariage sans trop s’inquiéter de la possibilité d’une grossesse, puisque l’avortement est perçu comme une solution facile.

Il existe des preuves que la pratique de l’avortement a servi à exercer un contrôle de popu­lation dans  l’Antiquité également. Plus spécifiquement, les sacrifices d’enfants pratiqués par l’élite so­ciale aidaient à restreindre la di­mension de leurs familles, ce qui aidait à consolider leur richesse, puisque celle-ci était alors partagée parmi un moins grand nombre de personnes à la génération suivante. Chez les moins nantis, la pratique des sacrifices d’enfants les aidait à tenir la pauvreté en échec. Aujour­d’hui, en Chine, l’avortement sert à exercer le contrôle de la population. Une énorme pression sociale et fi­nancière est exercée sur les couples ayant déjà un enfant pour que la mère se fasse avorter dans le cas de grossesses subséquentes. Des avortements sont souvent imposés à des mères non consentantes.

S’il existe un parallèle entre les avortements à notre époque et les sacrifices d’enfants perpétrés dans l’Antiquité, les enfants d’au­jourd’hui sont privés, d’une autre manière, beaucoup plus insidieuse, de l’essence même de leur vie. On touche à la vie des enfants là où, souvent, ils sont le plus vulnérables. Ils sont en danger, plus que jamais auparavant, de perdre leur enfance et leur innocence sexuelle.

Des enfants dérobés de leur innocence et de leur vie

La tendance actuelle dans le domaine de l’éducation est d’inclure toujours davantage une soi-disant éducation sexuelle dès l’école primaire. Au nom du politiquement correct et de l’inclusivité, de plus en plus de livres pour enfants dépeignent des “familles” homosexuelles et autres thèmes homosexuels comme étant tout à fait normaux. En ce moment le gouvernement libéral de l’Ontario met en l’avant un projet de loi qui, au nom de la lutte contre l’intimidation (une cause louable), fait la promotion d’une éducation sexuelle radicale. Si ce projet de loi est accepté sous sa forme actuelle, les écoles seront forcées de promouvoir la tolérance sexuelle en soutenant les élèves qui voudront organiser des activités telles que des clubs homosexuels.

Gaver les jeunes enfants et les adolescents de ce genre d’édu­cation sexuelle et tenter de façon­ner leur esprit selon des impératifs moraux non bibliques et contre nature est extrêmement déroutant pour ces enfants et ces adolescents. En fait, puisque les enfants et les adoles­cents sont à un âge très vulnérable, il est immoral et irresponsable de la part des éducateurs d’enseigner ceux qui leur sont confiés à remettre en question leur identité sexuelle, comme si le sexe que Dieu leur a donné n’était pas un indicateur suffisant de ce qu’il attend d’eux.

L’identité sexuelle d’une per­sonne est cruciale pour sa perception d’elle-même. En un sens, cette identité est au cœur même de la vie d’une personne. Comme le démon­tre le Dr Miriam Grossman dans son livre publié en 2009 et intitulé “Vous enseignez quoi à mes enfants ?”, la toute dernière chose dont les enfants et les adolescents ont besoin, c’est ce que les soi-disant experts en éducation sexuelle exigent en ce moment. À l’âge qu’ils ont, ils ne sont pas en mesure de réfléchir de manière rationnelle à ce domaine de la vie. La science neurologique a démontré que le cerveau d’un adolescent n’est pas capable de prendre des décisions rationnelles responsables en ce qui a trait à la sexualité, car son sys­tème cérébral n’a pas fini de se dé­velopper. Les mauvaises décisions que prennent les adolescents dans le domaine de la sexualité ne sont pas dues à un manque d’informa­tion, mais plutôt à un manque de jugement. Seuls le temps et le pro­cessus de maturation permettent de dépasser ces limites. Encourager les enfants à la liberté et au péché sexuels met leur santé en danger et peut-être même leur vie. Ce qui constitue le moteur d’une grande partie de l’éducation sexuelle ac­tuelle, c’est une idéologie erronée et   non   pas   une   science   avisée. Miriam Grossman l’établit clairement dans son étude.

Des jeunes vies sont ruinées. Des enfants et des adolescents sont dérobés de leur innocence sexuelle et de la possibilité de grandir d’une façon normale, leur permettant de prendre progressivement cons­cience de leur identité de garçon ou de fille sans être précipités dans des problèmes d’adultes. On sacrifie les enfants sur l’autel de la cause homosexuelle et du politiquement correct. Les conséquences pour les élèves peuvent être dévastatrices pour le reste de leur vie. Au fond, c’est une forme de sacrifice d’en­fants. Une idéologie perverse cherche à restructurer la société et à l’orienter dans une nouvelle direction, sans se soucier du prix que les enfants doivent payer.

Nos enfants offerts en sacrifice vivant

Les enfants sont un grand don de Dieu. Leurs vies doivent être protégées, nourries et formées avec soin. Les parents Chrétiens peuvent être des instruments entre les mains de Dieu, qu’il utilise non seulement pour leur donner la vie physique, mais aussi pour leur donner la vie en Jésus-Christ. Les pères et les mères croyants peuvent offrir leurs enfants à Dieu en sacri­fice vivant de reconnaissance, tout comme ils s’offrent eux-mêmes à Dieu pour le servir. Le Seigneur notre Dieu nous exhorte par le biais de l’apôtre Paul à nous offrir nous-mêmes comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu: ce qui est bon, agré­able et parfait. (Romains 12:1-2, voir 1 Pierre 2:5).

Offrir des sacrifices vivants – vivants pour Dieu -, voilà le défi que nous avons reçu en ce qui concerne nos enfants, au cœur même de la culture de mort et de faillite morale néopaïenne dans laquelle nous vivons. Nous pouvons chercher à élever nos enfants dans la crainte du Seigneur en les offrant à Celui qui donne la vie, aussi bien la vie présente que la vie éternelle. Quel merveilleux privilège rehaussant la vie !

Cornelis Van Dam Reformed Protestant
Cornelis Van Dam

 

 

 

 

 

Bible
Huguenot Cross

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

Traduit et réimprimé avec permission, Cornelis Van Dam, “Child Sacrifice”, Clarion, Vol. 61, No. 12, 8 juin 2012, p. 302-304. L’auteur, à la retraite, était professeur d’Ancien Testament au Canadian Reformed Theological Seminary (Séminaire théologique réformé canadien) à Hamilton dans l’Ontario.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 12:15
Un édifice indestructible

Un joyau architectural des XIIe et XIIIe siècles, un chef-d’œuvre de l’art gothique, un monument connu, visité et célébré internationalement vient de subir des dégâts considérables à la suite de l’incendie ayant ravagé sa charpente composée de poutres provenant de quelque mille trois cents chênes, certains vieux de mille deux cents ans, provoquant stupeur et consternation non seulement à Paris ou en France, mais dans le monde entier.

Pour quiconque, comme moi-même, a grandi à l’ombre de ces tours séculaires, a assisté à nombre de concerts d’orgue offerts au public chaque dimanche après-midi, y a amené tous les amis étrangers de passage à Paris l’ayant pris pour guide d’un jour, ayant même une fois été réquisitionné pour faire circuler dans la cathédrale un sac de collecte destiné à couvrir les frais d’une maîtrise d’enfants venue de très loin pour une tournée de concerts en Europe (!), le choc et la tristesse ne sont pas petits.

Les remarques suivantes ne sont donc en rien la marque d’une indifférence ou d’un regard hautain porté sur un désastre culturel de cette nature.

Mais puisqu’une cathédrale chrétienne est censée être tout d’abord un lieu de culte adressé à celui dont prennent le nom ceux qui l’ont érigée, nom qui les identifie, ne faut-il pas donner en priorité la parole à celui-là même qui porta ce nom le tout premier, afin d’entendre de sa bouche quel culte au juste il a enseigné à rendre à Dieu - en esprit et en vérité - à tous ceux qui prononcent son nom et se réclament de lui ?  A moins bien sûr que la valeur artistique d’un édifice cultuel, la splendeur des objets qu'on y exhibe, le poids de sa présence au cœur de l’histoire d’une ville et d’un pays n’aient depuis longtemps relégué l’objet unique et essentiel de ce culte dans les cendres de l’histoire, le remplaçant progressivement par une adoration tournée sur soi-même, ses priorités, sa mémoire culturelle, sur ce que l’on croit relever du domaine spirituel, en dépit de l’enseignement du Maître, voire directement contre sa parole.   Car entre la religion du Christ et la religion civile dont Notre-Dame de Paris est finalement devenue le symbole, à l’image des trois temples païens du Capitole du temps de Rome, le gouffre n’est pas mince.  Ces derniers jours, nombre de commentateurs n'ont pas manqué de souligner l'ambivalence symbolique du monument niché au coeur de l'île de la Cité, de Paris, de la France.

Lors de son ministère terrestre, Jésus ne fit pas mystère à ses disciples que la plus belle construction ornant alors Jérusalem, en l’occurrence le temple dont la reconstruction depuis le roi Hérode le Grand avait pris quarante-six ans, n’était pas destinée à subsister à toujours, aussi glorieuse qu’elle ait alors pu paraître aux yeux de ces mêmes disciples, non seulement en tant que lieu centralisé du culte rendu à Yahweh, mais également comme sujet de grande fierté nationale.  Au chapitre 13 de l’évangile selon Marc (voir aussi Matthieu 24 et Luc 21), nous les trouvons en train d’admirer l’architecture du temple et de vouloir faire partager leur admiration à Jésus : Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit : Maître, regarde, quelles pierres, quelles constructions ! Et, comme bien souvent lors de ces échanges, ce n’est rien de moins qu’une douche froide que leur administre le Maître : Vois-tu ces grandes constructions ?  Il ne restera pierre sur pierre qui ne soit renversé.  Quarante-six ans de travaux « pharaoniques » soudainement réduits à néant ?  Mais dans quelles conditions et sous quelle force destructrice ? Incendie accidentel ? Attentat criminel ? Nouvelle dévastation militaire par une armée étrangère? Jésus, interrogé à ce propos par ses disciples, ira avec eux s’asseoir en face du temple, sur le mont des Oliviers, pour les enseigner à nouveau.  Il ne s’agit pas pour lui de donner une description détaillée des circonstances de la destruction du temple en question, mais plutôt d’en offrir la clé spirituelle et eschatologique. Avec sa venue sur terre, avec l’accomplissement de son ministère dans les jours et semaines à venir, le temple de Jérusalem n’aura plus de raison d’être, car ce qu’il annonçait symboliquement depuis presque mille ans sous ses différentes formes, reconstructions après destructions, est en passe de revêtir sa forme finale:  celle d’un édifice spirituel indestructible, greffé sur le corps incorruptible  de celui qui, mis à mort dans l’humiliation totale, engloutira une fois pour toutes cette mort par son sacrifice volontaire accompli au bénéfice de tous ceux qui vivront par la foi dans sa mort et sa résurrection (« Tout est accompli », dernière parole de Jésus dans Jean 19 :30).

Avec ou sans bâtiment cultuel, sous un baobab ou à l’intérieur de la plus belle construction pouvant accueillir des centaines de fidèles – peu importe – « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » enseignait-il à ses disciples (Matthieu 18:20).  En promettant sa présence au milieu de ceux qui seraient assemblés en son nom (c’est-à-dire en aucun autre nom que le sien, mais également avec tout ce qu’implique ce nom!) il signifiait la présence d’une église-assemblée (ekklesia) à laquelle  rien ne manque pour être qualifiée comme telle.

Cet édifice spirituel et indestructible, c’est aussi ce dont fera état l’apôtre Pierre soi-même dans sa première lettre adressée à tous les chrétiens dispersés à travers les provinces orientales de l’empire romain en raison d’une sévère persécution (1 Pierre 2:1-8).  Ces circonstances éprouvantes de persécution et de dispersion rendent d’autant plus puissante et éloquente la qualification de cette maison spirituelle qui s’édifie sur un seul fondement légitime. Édifice dont la pierre d’angle, vivante et indestructible n’est autre que Jésus-Christ, souligne l’apôtre:

Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce , en vue d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ; car il y a dans l’Écriture [Ésaïe 40 :6-8]: «Voici je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse », et « celui qui croit en elle ne sera pas confondu » [Esaïe 28 :16].  L’honneur est donc pour vous qui croyez.  Mais pour les incrédules, « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale, celle de l’angle [psaume 118 :22] et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale (Ésaïe 8 :14-15).

La citation du psaume 118 en particulier montre que la division entre ceux qui ne seront pas tournés en confusion et ceux qui achopperont, ne s’opère pas sur le fait que certains construisent et d’autres nom, mais sur le fait que certains le font sur la seule pierre choisie et précieuse, Jésus-Christ, tandis que d’autres l’ont rejetée d’une manière ou d’une autre, la remplaçant par une pierre angulaire de leur choix, censée soutenir la structure architectonique de tout l’édifice.  Quelle que soit alors la dimension et les canons esthétiques du bâtiment reposant sur une telle pierre, quelle que soit son ancienneté, cet édifice n’évitera à personne d’achopper sur la pierre vivante, choisie et précieuse devant Dieu.

Sans doute convient-il de méditer avec urgence sur cet enseignement apostolique à propos de la signification spirituelle du mot Église, alors qu’un culte national semble unir autour d’une cathédrale dévastée toutes sortes de chapelles idéologiques érigées sur des pierres d’angle qui prétendent cimenter l’unité d’un pays ravagé par ses divisions internes.  Car cette religion civile constituée de diverses synthèses et syncrétismes, qui débloque d’énormes crédits pour reconstruire les parties annihilées de Notre Dame de Paris, le tout augmenté par des promesses de dons s’élevant déjà à plusieurs centaines de millions d’euros en provenance des plus grands groupes financiers ou encore d’individus bien intentionnés, ne résistera pas davantage au feu dévastateur qui l’attend, que la vieille charpente et la flèche effondrées ne l’ont pu sous l’effet des flammes terribles. Comme tous les autres cultes voués à des divinités inventées par des hommes en quête de sens et d’unité avant elle, cette religion civile achoppe sur le rocher du Christ.  Il lui paraît toujours scandaleux, car il met à nu son incapacité à donner à l’existence un sens plénier et à ses adeptes une espérance vivante.

En particulier, pour tous ceux qui se nomment « chrétiens », pour leurs hiérarques (toutes chapelles confondues du reste), qui se sont pourtant laissé happer ou hypnotiser par cette religion d’État gravitant autour de l’Homme auto-divinisé et son nombril, méritant dès lors eux aussi le qualificatif d’ incrédules utilisé par l’apôtre Pierre dans sa lettre (2:7), combien grande sera la chute consécutive à l’achoppement sur la pierre choisie et précieuse devant Dieu qu’auront rejetée ceux qui croyaient bâtir ou rebâtir.  Car il ne s’agit pas tant ici d’un désastre culturel ou artistique auquel il est bon an mal an possible de remédier comme on l’a fait tant de fois dans le passé, mais bien d’un désastre spirituel irrémédiable…

 

 

Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 18:29
Gnose et androgynie : la récurrence de l'idéal transgenre

Au vu d’une actualité en pleine mutation sociétale depuis quelques décennies, il semble que notre culture occidentale soit marquée par la recherche d’un Royaume supérieur, purifié des « scories » de la nature, et dans lequel les initiés ne sauraient pénétrer qu’à condition d’avoir aboli les frontières du genre afin de les remodeler à leur guise.  Le grand bazar du genre est désormais ouvert à toute heure du jour et de la nuit, et l’on semble davantage se soucier de fixer les règles du marchandage autour des fripes qu’il exhibe, que de la qualité et la durabilité des produits qu’on y trouve.

Une question de diversité et de mémoire

A l’heure du mariage pour tous, des gay parades, de l’activisme-lobbyisme LGBTQ (XYZ…) tous azimuts, mais également d’une culture et pratique homosexuelle - voire pédérastique - dominante au sein de certaines structures ecclésiastiques, la question à la fois ontologique et anthropologique consistant à définir ce qu’est la diversité devrait pourtant se poser à nos contemporains avec la plus grande urgence. Une combinatoire sexuelle sans repères ni limites renforce-t-elle ou abolit-elle la diversité?  Comment se définit une diversité qui structure les êtres humains et leur permet de se renouveler dans une histoire et une mémoire communes au lieu de les réduire en individualités autonomes dans et par leurs désirs, jusqu’à les y dissoudre en dernier lieu?  Quelles fonctions remplissent la différence et la génération dans cette diversité ? En constituent-elle des éléments à la fois fondateurs et structurants?  Savoir dans toute la mesure du possible qui sont mes parents, assimiler et assumer mon ascendance personnelle avec les blessures que cela peut entraîner, ne fait-il pas aussi partie de ce qui définit mon identité en tant que personne sexuée sur le plan chromosomique dès ma conception?

A cet égard, la transmission de la mémoire individuelle en tant que vecteur indispensable d’une connaissance de soi-même se trouve remise en question par le biais de la dissolution programmée juridiquement en amont par un État devenu ingénieur anthropologique, de l’identification entre parent biologique et parent porteur, entre parent porteur et parent éducateur. Le rapport à la fois personnel et communautaire vis-à-vis de l’histoire (diachronique donc) est aujourd’hui en passe d’être bouleversé par une séparation voire une confrontation à venir entre deux classes d’êtres humains, issues de diversités irréconciliables car évoluant sans un socle commun minimal pour qu’une telle séparation puisse être évitée.  Aujourd’hui, l’une de ces deux classes est déjà condamnée avant même sa naissance à une amnésie génétique programmée.

Un autre champ d’aliénation s’ouvre devant nous, parmi bien d’autres: celui du rapport des êtres humains aux espèces animales, dont on estime traditionnellement et au moins en principe qu’elles devraient faire l’objet de soin et de préservation, dans le respect éthique d’une écosphère indispensable à notre propre survie.  Or comment, à terme, les espèces animales pourraient-elles se soustraire à l’ubris humaine cherchant à les refaçonner sur un modèle compatible avec son propre désir de redéfinition sexuelle, modèle donnant toute satisfaction à cette ubris ? Quelle forme de communication et d’analogie porteuse de sens entre humains et animaux serait encore possible dans un univers rendu disparate par l’idéologie de la page blanche existentialiste, libérée de tout de ce qui est désormais considéré comme déterminisme insupportable?

Le problème de la page blanche sur laquelle l’individu issu des Lumières prétend aujourd’hui tracer l’intégralité de sa propre histoire, est qu’elle risque fort de demeurer blanche pour toujours, car écrite à l’aide d’une encre soluble qui n’a pas vocation à se fixer sur un support destiné lui aussi à disparaître de toutes manières.

Antithèse biblique et prévalence gnostique

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait c’est ce qui se fera. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.  S’il y a un domaine auquel s’applique aujourd’hui cette remarque désabusée de l’Écclésiaste (1:9), c’est bien celui de l’abolition du genre, de l’éradication de la nécessaire différence sexuelle dans sa non moins nécessaire complémentarité.  Certes entre le fantasme et sa tentative contemporaine de réalisation à l’aide d’outils technologiques sophistiqués, il y a un pas important qui n’est pas franchi automatiquement.  Mais, tant que la mémoire des âges qui nous ont précédés n’a pas encore été totalement abolie, tant que la tabula rasa n’est pas devenue l’unique rapport que nous ayons à nous-mêmes, il est opportun d’opérer un retour en arrière sur les pages noircies d’encre de notre histoire, dont nous avons certainement beaucoup à apprendre.

La dernière religion de l’Antiquité sur le plan chronologique, le Gnosticisme, illustre parfaitement la permanence d’un fantasme qu’elle a elle-même hérité de divers courants philosophico-religieux, tels le mythe de l’androgyne raconté par Aristophane dans Le Banquet de Platon. J’ai décrit de manière plus détaillée les sources et expressions du Gnosticisme antique, ainsi qu’un certain nombre de ses avatars contemporains dans mon livre Rendre Compte de l’Espérance.[1]

Par-delà ses différentes moutures, parfois difficiles à distinguer les unes des autres, la religion gnostique contient des éléments communs facilement observables.  Le rejet de la différence sexuelle – fût-elle nécessairement complémentaire – en fait partie.  Car tout ce qui n’est pas strictement un (au sens moniste du terme) est intrinsèquement mauvais aux yeux des gnostiques antiques: selon eux la diversité ne peut être comprise que comme rupture d’un ordre parfait et immuable.  L’apparition de la diversité est interprétée comme source d’opposition, de conflit et donc de souffrance induite par une matérialité physique déchue (l’ex-istence elle-même ne signifiant rien d’autre que la sortie de l’istence, une chute loin de l’Être qui ne se meut ni ne change et se confond avec le Bien suprême dans la stricte mesure où il demeure tel).  De fait, pour les gnostiques, cette matérialité-là ainsi que la matière diversifiée qui en découle n’est pas l’oeuvre de l’esprit divin ultime, l’éoninconnaissable élevé au-dessus de toute autre sphère spirituelle.  La diversité est le fruit du mauvais Démiurge, fils dégénéré de Sophia (sagesse), elle-même une des émanations de l’éon suprême.

A l’aube du christianisme, l’apôtre Paul dénonce déjà «les discours vains et creux de la soi-disant connaissance » (tès pseudonumou gnoseôs) à la fin de sa première lettre à Timothée (6:20), invitant celui-ci à les éviter car  « quelques-uns, pour en avoir fait profession, ont manqué le but en ce qui concerne la foi ».  Il a d’ailleurs donné un aperçu de ces discours vains et profanes un peu plus haut dans sa lettre, annonçant la tournure qu’ils ne manqueraient pas de prendre (4:1-4): différentes formes d’ascétisme niant la grâce générale du Créateur dans son œuvre, prescriptions visant à s’extirper de la matière ou des structures créationnelles divines telles que le mariage, comme si elles étaient mauvaises en soi et que s’en détacher ou y renoncer permettait une ascension spirituelle personnelle:

Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux discoureurs marqués au fer rouge dans leur propre conscience.  Ils prescrivent de ne pas se marier et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâce parceux qui sont fidèles et qui connaissent la vérité.  Or, tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, car tout est sanctifié par la Parole de Dieu et la prière.

 Certes nous n’en sommes pas encore ici aux formes développées du Gnosticisme telles qu’elles apparaîtront à partir du second et surtout du troisième siècle, mais leur thématique spiritualiste visant à déprécier la matière créée en prononçant des interdits particuliers y est bien en germe.  Ne nous y trompons pas cependant: l’avertissement de Paul ne représente en aucun cas un plaidoyer en faveur d’une liberté antinomienne (au sens d’opposition à la loi divine en ce qui concerne l’usage sanctifié des biens dont le Créateur/Législateur a pourvu l’humanité), puisqu’il est question de jouir de ce que Dieu a créé « avec actions de grâces », c’est-à-dire dans la pleine reconnaissance de celui qui en est le dispensateur.  Si tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière, ce ne peut être pour Paul qu’en accord avec le plan du Créateur révélé par sa parole et magnifié dans la prière, sous peine évidemment de prendre son nom en vain dans de telles actions de grâces.

Or, il suffira d’un siècle à peine pour qu’on voie le discours gnostique surgir avec force dans des écrits se réclamant du christianisme, au risque d’en contredire l’essence même. La présence du mythe de l’androgyne est évidente dans l’évangile gnostique de Thomas (vers 145-160 ap. J-C), qu’il est vraiment piquant de voir mis de nos jours sur le même plan que les évangiles canoniques  - ceux du Nouveau Testament - alors que sa teneur sotériologique leur est dès les premières lignes si radicalement opposée, avec son appel à une spiritualité initiatique réservée à un groupe de privilégiés, sur le modèle supposé de Thomas « Didyme » : pseudo jumeau du Christ (en tout cas appelé à se confondre avec lui dans une gémellité spirituelle) il aurait reçu de ce dernier une révélation particulière dans les quelque cent dix-huit logia (paroles) que constitue cet écrit qui n’est attesté nulle part avant le milieu du second siècle.

Concernant ce mythe de l’androgyne, je reprends ici quelques éléments du chapitre précité sur le Gnosticisme dans Rendre Compte de l’Espérance:

La Rédemption passe par l’abolition ici-bas de la différence sexuelle. Ainsi, nous lisons dans l’évangile de Thomas (logion 27):

Jésus leur dit : ‘Lorsque vous ferez les deux êtres un, et que vous ferez le dedans comme le dehors, et le dehors comme le dedans, et le haut comme le bas!  Et si vous faites le mâle et la femelle en un seul, afin que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle (…) alors vous entrerez dans le [Royaume]!

 La dernière des logia de l’évangile de Thomas (118) est encore plus explicite à cet égard:

Simon Pierre leur dit: ‘Que Marie [Madeleine] sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie!” – Jésus dit: “Voici; moi je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux.’

Nous avons ici un refus de la sexualité telle qu’elle est présentée dans les deux premiers chapitres de la Genèse, et même introduite comme premier marqueur de l’ imago Dei dès 1:26-28.  Dans les écrits valentiniens, le démiurge fou et mauvais Yaldabaoth étant, semble-t-il, passé de l’état d’androgyne à celui de mâle, et la divinité suprême étant androgyne, les Gnostiques se doivent de rechercher l’androgynie.  D’après le père de l’Église Hippolyte de Rome (début du troisième siècle), la secte des Naasènes croyait que l’Adam originel était un hermaphrodite.  Les Naasènes s’appuyaient sur la parole de Saint Paul dans sa lettre aux églises de Galatie (3:28) pour faire valoir leur vision strictement moniste: Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Christ-Jésus.  Le contexte sotériologique dans lequel Paul fait cette déclaration n’est pas pris en compte par les Gnostiques, mais il devient tout à fait clair pour peu qu’on lise le passage qui précède immédiatement le verset 28: Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Christ-Jésus: vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.  Pour Paul, l’unité en Christ n’abolit pas ladistinction entre homme et femme, elle la transcende et lui redonne tout son sens, ce qui n’est certes pas la même chose. Le passage le plus éloquent dans ses épîtres à cet égard demeure le cinquième chapitre de sa lettre aux chrétiens d’Éphèse, qui établit une analogie profonde –  un mystère – liant la relation entre les maris et leurs épouses d’une part,  avec celle qui unit Jésus-Christ à son Église d’autre part. A l’opposé, d’un côté l’androgynie gnostique se manifeste par l’absorption d’un genre par un autre (le féminin par le masculin dans l’évangile de Thomas), mais d’un autre, une forme supérieure de divinité, Sophia (la Sagesse), reprend sévèrement le Démiurge, éon masculin inférieur, dont elle est d’ailleurs la mère.

Dans le traité Trimorphic Protennoia (rédigé autour de 200 après Jésus-Christ), voici ce que déclare celle qui se présente dès le début comme ‘Protennoia, la Pensée qui demeure dans la Lumière’:

 Je suis androgyne.  Je suis à la fois Mère et Père, puisque je copule avec moi-même.  Je copule avec moi-même et avec ceux qui m’aiment, et c’est à travers moi seule que le Tout se maintient fermement.  Je suis les entrailles qui donnent forme au Tout en donnant naissance à la lumière qui brille dans la splendeur.  Je suis l’Eon à venir.  Je suis l’accomplissement du Tout, c’est-à-dire Meirothea, la gloire de la Mère.  Je projette le Son de la Voix dans les oreilles de ceux qui me connaissent.  Et je vous invite vers la Lumière exaltée, parfaite (…).

Un mouvement de balancier entre deux extrêmes caractérise les sectes gnostiques  en ce qui concerne leur vision de la sexualité: d’une part des pratiques débridées afin de se prouver qu’au fond, cet aspect bassement matériel de l’existence n’a aucune importance sur le plan spirituel et peut donc être traité avec l’indifférence qu’il mérite, tout excès n’ayant aucune incidence sur le salut de l’initié (on retrouvera mutatis mutandis cet aspect au sein de certaines sectes anabaptistes au seizième siècle); d’autre part un ascétisme forcené pour – là aussi – se prouver qu’on est parvenu à se détacher de la réalité matérielle jusqu’à s’élever au rang de pneumatikos, c’est-à-dire de créature véritablement spirituelle, contrairement aux sarkikoi, ces hommes et femmes irrécupérables livrés à la chair et incapables de s’élever au-dessus de leur vile et basse condition.

Que ces influences aient fait leur chemin au sein de l’Église médiévale par le biais de la pénétration dans la culture populaire des évangiles gnostiques tardifs (dont témoigne une abondante et fascinante iconographie), ne fait pas de doute, comme l’annonçait l’avertissement prophétique de Paul en 1 Timothée 4. La distinction sacramentelle quasi ontologique intervenue au fil du temps entre laïcs et prêtres (prêtres non plus au sens néo-testamentaire de presbuteroi-anciens, mais au sens de iereus-sacrificateur - office repris de l’Ancien Testament sans considérer son accomplissement final en Christ, ce qui est pourtant le thème central de la lettre aux Hébreux dans le Nouveau Testament), n’est pas exempte de la distinction que les Gnostiques établissaient, si ce n’est entre sarkikoi et pneumatikoi, du moins entre ces derniers et une classe intermédiaire, celles des psuchikoi (les « psychiques »): êtres certes doués d’une âme et donc de sentiments plus élevés que les sarkikoi, mais encore incapables de s’élever au niveau du pneumatikos initié dans laspirale ascensionnelle qui le fait rejoindre l’éon suprême. Ce n’est pourtant pas sans raison qu’un peu auparavant dans sa première lettre à Timothée, non seulement l’apôtre du Christ n’interdisait pas aux episkopoi (évêques, intendants) de se marier, mais bien plutôt il faisait du mariage hétérosexuel et monogame une des caractéristiques de l’évêque « irréprochable » (3:2).

Un nouvel œcuménisme autour de l’idéal androgyne ?

Le grand retour de l’androgyne dans la culture occidentale s’effectuera cependant  au moment de la Renaissance florentine et  - faut-il s’en étonner - néo-platonicienne, avec Marsile Ficin, comme en témoignent éloquemment un certain nombre de dessins ou tableaux de Léonard de Vinci, tels l’Ange Incarné ou son Saint Jean-Baptiste (sans doute son dernier tableau), tous deux androgynes pointant de l’index un ciel destiné aux hermaphrodites.  La figure féminisée du disciple Jean à la droite de Jésus dans la fameuse fresque de la Cène (L’Ultima Cena) réalisée par Vinci de 1495 à 1498 pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan, offre une belle illustration du motif transgenre comme vecteur d’ascension spirituelle.  Certes, il s’agit ici non pas d’un passage de l’état de femelle à celui de mâle comme dans l’évangile de Thomas, mais de l’inverse, afin d’illustrer une proximité spirituelle avec le Christ supérieure à celle des autres disciples.  Il n’en demeure pas moins que cette migration transgenre est tout aussi porteuse d’une dimension symbolique gémellaire, accentuée qu’elle est par le regard baissé des deux personnages dans une expression de communion mystique étrangère à celle des autres disciples.

Que de telles formes d’art sacré aient trouvé leur place sans aucun complexe dans des lieux cultuels ou des sanctuaires chrétiens, témoigne de la facilité avec laquelle les influences néo-platoniciennes voire néo-gnostiques ont su imprégner un christianisme adonné aux synthèses avec un paganisme qu’il était censé avoir vaincu et remplacé.  A l’aune de cette histoire, faut-il donc être surpris qu’il en soit toujours de même aujourd’hui ?  La puissante convergence d’un idéal néopaïen magnifié par les médias occidentaux avec une cléricature en ouverte mutation doctrinale et éthique (qui dépasse d’ailleurs les frontières de telle ou telle chapelle), semble augurer de l’émergence d’une nouvelle forme d’œcuménisme humaniste, désormais centré sur le partage de l’identité androgyne.

Est-il exagéré de penser que l’effacement progressif de ce qui est de plus en plus dénoncé comme séparant les individus, à savoir la barrière du genre, est tout à la fois le révélateur et le catalyseur de l’abolition de toutes les différences entre les êtres humains (comme le sous-entend l’Equality Act récemment présenté devant le Congrès américain)? Et que, selon le nouvel œcuménisme et son credo, tous devraient désormais travailler à cette abolition afin de faire émerger la nouvelle humanité destinée dès ici-bas à régner en paix sur le monde? L’élite des initiés, pointant le doigt vers ce Royaume alternatif à la suite de Vinci, nous invite à la suivre sur ce chemin si ce n’est idéal, du moins idéel.  Protennoia, l’androgyne à la fois mère et père, parent 1 et parent 2, lance à nouveau son appel pressant à venir copuler avec elle: Et je vous invite vers la Lumière exaltée, parfaite.  Une Lumière réfractée par les couleurs d’un arc-en-ciel qui n’évoque plus le Déluge, mais pense au contraire l’avoir exorcisé à jamais.

 

Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

[1] L’Age d’Homme, collection Messages, 2009, pages 301-336. https://www.foietviereformees.org/le-retour-du-gnosticisme/

 

 

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Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi&Vie Réformées

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 20:02
L'incrédulité, quelques attitudes où elle se dissimule par John Owen

L’incrédulité se dissimule souvent derrière des attitudes, telles que celles-ci :

I. Certains disent :

« Autant que nous le pouvons, nous croyons à la Parole qui est prêchée. Nous faisons plusieurs choses volontairement et prenons garde de ne pas faire le mal. Que demander de plus ? ». 

En pensant avoir rempli leur devoir, ceux-ci posent la même question que le peuple a demandé à Jésus en Jean 6.28 :

"Que ferons-nous afin de travailler pour les œuvres de Dieu ?"  

Simon le magicien a entendu la Parole et y a cru autant que possible. Hérode a entendu la prédication de Jean.

Mais ni l’un ni l’autre n’était vraiment croyant.

Les incroyants peuvent faire toutes ces choses.

Toutes sortes d’hypocrites accomplissent toutes sortes de tâches sans posséder la vraie Foi.

Leur incrédulité est masquée par toute leur activité. 

Il existe un acte de Foi particulier selon lequel on obéit volontairement à Dieu en toutes choses.

Cet acte distinctif est accompagné d’un changement qui bouleverse complètement la nature.

« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici : toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5.17).

Sans cet acte de Foi à la base, aucun autre acte ne prouve qu’une personne soit un Croyant.

 

II. Certains disent avoir tenté de venir à Christ et de croire en Lui, mais ils ne semblent faire aucun progrès.

 

Ils désespèrent en eux-mêmes de le recevoir de la façon décrite dans l’Evangile. 

 

Je veux rappeler à ces personnes que les disciples ont pêché toute la nuit, mais n’ont rien attrapé (voir Luc 5.3-6).

 

Christ vient à eux et leur dit de jeter leurs filets une fois de plus.

 

Pierre rappelle au Seigneur combien ils ont durement travaillé toute la nuit en vain ; mais il écoute le Maître et jette le filet, puis le filet se brise en raison du grand nombre de poissons capturés.

 

Êtes-vous las et déçus des efforts que vous mettez à venir à Christ ?

 

Essayez encore une fois.

 

Cette fois, Il pourrait vous donner de réussir. 

 

Vous serez détruits, non à cause de vos échecs, mais parce que vous ne tentez plus de venir à Christ.

 

Pensez à la femme de Canaan en Matthieu 15.22-28.

 

En premier, Christ ne lui a pas répondu.

 

Ensuite, les disciples Lui ont demandé de la renvoyer.

 

De plus, Jésus a ajouté qu’Il n’était venu que pour les Israélites.

 

Néanmoins, elle n’a pas abandonné la cause, mais a adoré Jésus et a dit : « Seigneur, aide-moi ».

 

Il l’a par la suite comparé aux chiens qui n’ont pas le droit de manger le pain des enfants.

 

Si elle avait abandonné la partie à ce point, elle n’aurait jamais obtenu Miséricorde.

 

Mais elle n’acceptait pas « non » comme réponse, jusqu’à ce qu’elle soit exaucée.

 

Peut-être avez-vous vraiment prié plusieurs fois sans obtenir de succès.

 

Mais n’abandonnez pas.

 

« Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille de jour en jour à mon seuil, qui monte la garde près des montants de mes portes! » (Proverbes 8.34). « Connaissons, cherchons à connaître l’Éternel » (Osée 6.3).

 

III. Certains disent savoir qu’ils doivent venir à Christ et croire en Lui ou sinon périr, mais sont trop occupés et pensent avoir le temps d’y réfléchir sérieusement plus tard.

 

Y a-t-il plus grande folie que de penser que les pacotilles de la vie présente sont plus importantes qu’un état éternel de bonheur ou de misère ?

 

Vous venez pour entendre la parole, et votre cœur dit :

 

« Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, un peu croiser les mains en te couchant… » (Proverbes 6.10).

 

Étant séduits par cette ruse, des milliers de gens meurent chaque jour.

 

La plus grande réussite de Satan consiste à faire croire aux gens qu’ils ont tout le temps du monde pour considérer leur bien-être éternel avant de mourir.

 

N’oubliez pas, l’Écriture dit aujourd’hui, sans vous garantir que vous aurez un autre jour pour recevoir la Grâce et la Miséricorde (voir 2 Corinthiens 6.2; Hébreux 3.7, 13).

 

IV. Certains aiment tellement leurs plaisirs pécheurs de la vie présente qu’ils ne peuvent s’en séparer.

 

Si c’est votre cas, il est de notre devoir de vous garantir explicitement que vous ne pouvez pas vous attendre à recevoir Miséricorde si votre cœur reste attaché même à un seul péché.

 

Bien sûr que vous ne serez pas complètement libéré de votre vieille nature pécheresse lorsque vous deviendrez un Vrai Croyant.

 

Mais vous ne pouvez qu’aimer Dieu, ou le monde ; Christ, ou Satan ; la sainteté, ou le péché.

 

Il n’y a pas de troisième choix (voir 2 Corinthiens 6.15-18).

 

À l’égard de vos supposés plaisirs, à moins d’être en Christ, vous n’avez jamais connu de vrai plaisir.

 

Éprouver la joie qui ne se trouve qu’en Lui pendant quelques instants surpasse de loin les plus longues heures passées dans les plaisirs incrédules de ce monde, sur lequel repose la Malédiction de Dieu (voir Proverbes 3.13-18).

 

V. Certains affirment que certains croyants chrétiens qu’ils connaissent ne sont pas meilleurs qu’eux-mêmes et que, par conséquent, ils devraient eux aussi être considérés comme chrétiens.

 

À de telles gens, je dis que certains qui se disent chrétiens sont des imposteurs, prétendant être ce qu’ils ne sont pas.

 

Mais ils auront leur propre jugement à supporter.

 

Également, il est malheureusement vrai que certains vrais croyants ne font pas attention à la façon dont ils vivent et déplaisent à Dieu et déshonorent Christ et l’évangile.

 

Ils ne sont pas les modèles que vous devez imiter.

 

Le monde ne peut juger les croyants équitablement.

 

Seule une personne spirituelle peut discerner les choses de Dieu (voir 1 Corinthiens 2.14).

 

Les fautes et les échecs des Saints sont vus par tout le monde, mais leurs grâces demeurent bien souvent inaperçues.

 

« Toute glorieuse est la fille du roi dans l’intérieur du palais » (Psaume 45.14).

 

Si vous pouvez discerner avec justesse les autres Vrais Croyants, vous ne désirerez rien d’autre que d’être en leur compagnie (voir Psaume 16.3).

​​​​​​​

Êtes-vous las et déçus des efforts que vous mettez à venir à Christ ? Essayez encore une fois. Cette fois, Il pourrait vous donner de réussir. (...) Pensez à la femme de Canaan en Matthieu 15.22-28 (...) Si elle avait abandonné la partie à ce point, elle n’aurait jamais obtenu Miséricorde. (...) Peut-être avez-vous vraiment prié plusieurs fois sans obtenir de succès. Mais n’abandonnez pas.

 

 

John Owen

John Owen,

Pasteur et Théologien Calviniste

 

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Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Revenir à l'Evangile 

Revenir à l'Evangile

 

 

 

tiré de La gloire de Christ par John Owen

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 19:54
L’écuménicité qui traverse les siècles

Le thème des croyants décédés en ayant laissé un héritage de foi est courant dans le Nouveau Testament : il se réfère en particulier aux apôtres que Jésus a envoyés pour annoncer l’Évangile. Il s’agit à la fois de leurs paroles et de l’exemple qu’ils ont laissé. Dans bien des cas, cela signifie qu’ils n’ont pas hésité à renoncer à leur propre vie pour la cause de celui qu’ils considéraient comme leur Roi et Sauveur, Jésus-Christ. Qu’on pense par exemple au disciple Jacques, le frère de l’évangéliste Jean, mis à mort vers l’an 44 de notre ère par le roi Hérode Agrippa 1 (livre des Actes, chapitre 12).

Quelle est donc la place aujourd’hui, dans la vie des croyants, de ceux qui les ont précédés dans la foi, et de l’exemple qu’ils leur ont laissé ? Dans la lettre aux Hébreux, l’auteur conclut par ces mots un long passage sur les témoins de la foi, depuis Abel, tué par son frère Caïn (12:1-2):

C’est pourquoi, nous aussi qui sommes entourés d’une telle foule de témoins, débarrassons-nous de tout fardeau, et du péché qui nous cerne si facilement de tous côtés, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection.

Le chapitre 11, portant sur les héros de la foi dans l’Ancien Testament, a eu pour but de fortifier les lecteurs dans l’ancrage de leur foi et de leur espérance en Jésus-Christ. Du reste déjà dans l’Ancien Testament le peuple d’Israël se voit à maintes reprises enjoint de prêter attention aux paroles qui ont été prononcées dans le passé par un chef spirituel, en particulier Moïse.

Dieu rassemble pour lui un peuple au cours des siècles. A travers l’histoire, il adresse sa parole à un peuple particulier, Israël. Ensuite, à un moment de l’histoire humaine qu’Il a déterminé de toute éternité, Il envoie dans une chair semblable à celle des humains son Fils éternel, qui appartient lui aussi au peuple d’Israël puisqu’il est descendant du roi David. A travers l’histoire de l’Église, en commençant par les apôtres, Dieu envoie des messagers, des serviteurs, des conducteurs spirituels à son peuple. Dans son plan de salut il existe une continuité pour les hommes, et cette continuité doit être saisie, gardée et retransmise par chaque génération de croyants. Et ce que tu as entendu de moi, écrit Paul à Timothée (2 Timothée 2 :2) confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres.

C’est dans le même sens que l’auteur de l’épitre aux Hébreux exhorte ses lecteurs comme suit : Souvenez-vous de vos anciens conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu; considérez l’issue de leur vie et imitez leur foi (Hébreux 13:7). Les croyants d’aujourd’hui vivent donc dans une communion fraternelle avec ceux du passé, dans un véritable lien écuménique, et pas seulement avec la génération présente des autres croyants répandus dans le monde.

Dans le même ordre d’idées, la promesse faite tout à la fin du Nouveau Testament, au livre de l’Apocalypse (22:5) est une reprise de celle qui et déjà révélée au prophète Daniel dans l’Ancien Testament (7:27) et comprend tous ceux que Dieu s’est choisis et acquis pour lui:

Le royaume, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous le ciel seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son royaume est un royaume éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront.

Cette promesse indique qu’un jour tous les croyants serons réunis dans le royaume éternel de Dieu, et gouverneront la terre avec le Chef de la nouvelle Création.

Quel enseignement en tirer pour la vie quotidienne dans la foi ? Très souvent l’on cherche à oublier l’héritage précieux du passé, comme s’il n’avait aucune importance. On se soucie tant du présent et du futur qu’on pense que les générations passées n’ont rien à nous transmettre. Il en va dans l’Église comme dans le reste d’une société volontairement amnésique, qui enfouit la mémoire de son histoire, celle qui l’a pourtant façonnée. C’est le syndrome de la « génération spontanée » si typique du postmodernisme contemporain. Ou bien encore, cette mémoire est déformée, elle est incapable de replacer dans une perspective équilibrée les éléments qu’elle retient. Elle peut être aussi très sélective…

Si l’on considère les grands textes que l’Église a produit et qui expriment sa foi, ils nous viennent de très loin dans l’histoire. Ainsi le Symbole dit des Apôtres, qui est utilisé comme confession de foi commune par l’ensemble des chrétiens de par le monde, date du premier millénaire après Jésus-Christ. Le fait qu’il soit une confession de foi exprimée universellement encore aujourd’hui, montre bien que l’héritage de nos conducteurs dans la foi a de l’importance, même si nous ne savons pas dans le détail qui sont ceux qui l’ont rédigé – il s’est constitué petit à petit, à partir d’une confession commune de base des chrétiens primitifs. Que de trésors, que de pierres précieuses dans l’héritage des « hommes fidèles qui ont été capables d’enseigner aussi à d’autres » le message apostolique. L’ignorer volontairement serait faire preuve d’orgueil spirituel, car c’est le Seigneur qui envoie à chaque génération les uns et les autres pour annoncer et maintenir le dépôt, la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 3). Il s’est servi et continue à se servir d’eux. Et il continuera de le faire jusqu’à la fin des temps.

Il faut se souvenir que l’Église, qui est le corps spirituel du Christ, est composée de toutes les générations de croyants depuis le premier couple humain. Or, ce corps, qui grandit à travers les âges, au fur et à mesure que s’y ajoutent de nouvelles générations de croyants, vit de la même et unique source: celui qui est sa tête, Jésus-Christ ! La promesse originelle adressée au premier couple humain, selon laquelle leur ennemi serait un jour totalement défait, sa tête étant écrasée par la descendance de la femme, cette promesse est adressée à toutes les générations de croyants, y compris la génération présente. Le combat contre le serpent dure toujours, même si nous savons qu’au moment de la crucifixion de Jésus à Golgotha, il a été mortellement blessé, puisque Dieu y a opéré le salut de ses élus par le sacrifice volontaire de son Fils unique. Il y a donc unité de toutes les générations de croyants dans la même foi et dans la même espérance, celle du salut provenant exclusivement de Dieu, de sa Grâce. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à l’apôtre Paul, au quatrième chapitre de sa lettre aux Éphésiens (4:4-5):

Il y a un seul corps et un seul Esprit; de même Dieu vous a appelés à une seule espérance lorsqu’il vous a fait venir à lui. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous qui règne sur tous qui agit par tous et qui est en tous.

Notre ancrage dans la foi chrétienne est donc caractérisé par notre participation à un même corps, auquel ceux qui nous ont précédés dans la foi appartiennent eux aussi.

De plus, ce qui a été dit au verset 7 du chapitre 13 de la lettre aux Hébreux (souvenez-vous de vos anciens conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu; considérez l’issue de leur vie et imitez leur foi) repose sur un fondement qui ne devrait jamais être oublié, et qui est énoncé au verset suivant : Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et pour toujours. Jésus Christ ne change pas selon les circonstances historiques, les modes, les idéologies du moment. Il demeure le même pour toute éternité.  Exposer fidèlement ce qui concerne son oeuvre et sa personne, ce n’est donc pas (en tout cas cela ne devrait jamais être) prétendre y ajouter quoi que ce soit, comme si cette oeuvre avait besoin d’être complétée par des hommes et qu’elle n’était pas parfaite en elle-même.  C’est simplement la faire connaître, mettre en lumière sa signification, sa portée et son application pour la vie des croyants.

C’est en lui que sont sauvées toutes les générations de croyants du passé depuis Adam et Ève, c’est en lui qu’elles sont unies en un même corps vivant. Il arrive souvent aujourd’hui qu’on tente de reconstruire une image de Jésus qui est plus une figure mythique que le Jésus des évangiles (ce dernier étant le seul du reste qui soit véritablement attesté dans l’histoire, que cela plaise ou non): figure mythique en ce sens qu’elle est une image déformée pour être adaptée aux idées du moment. On entend souvent dire qu’il faut adapter le message de l’Évangile à chaque contexte, à chaque situation, pour le rendre plus vivant, plus actuel. Mais l’Écriture Sainte, la Parole vivante de Dieu, n’a pas à être adaptée, elle doit simplement être appliquée avec discernement à chaque contexte, afin d’apporter la lumière de l’Évangile sur chaque situation particulière.

Dans cette optique les croyants ont beaucoup à apprendre de l’exemple qu’ont laissé les générations passées de chrétiens qui ont été fidèles à la Parole divine: comment ont-ils vécu l’Évangile, comment ont-ils persévéré, à quel genre d’épreuves ont-ils été soumis? Bien sûr aussi, quelles fautes ou erreurs ont-ils commises qui ne devraient pas être répétées ? Déjà ici le Nouveau Testament révèle des lignes de fracture, des errements coupables, tout en les exposant pour ce qu’ils sont, en y apportant toute la clarté nécessaire. Qu’on se remémore simplement ce qu’écrit Paul au second chapitre de sa lettre aux Galates, lorsqu’il est question de l’hypocrisie qui s’est emparée de l’apôtre Pierre et de Barnabas par rapport aux « parti des circoncis » (Galates 2:11-14). Un croyant prétendant fonder sa foi sur l’Écriture Sainte imaginerait-il un instant pouvoir se dispenser de l’enseignement vital des deux lettres de Pierre dans le Nouveau Testament, et de l’exemple de sa foi, à cause de ce regrettable épisode ? En déchirerait-il les pages car elles proviennent, après tout, de quelqu’un qui s’est révélé être d’abord un renégat par rapport à Jésus-Christ, puis un hypocrite lors de l’épisode d’Antioche avec Paul ?

Tous ces exemples, cette foi vivante des morts, permettent de se situer dans la continuité de la ligne que Dieu trace pour le peuple de son Alliance, et dans l’unité de son plan de salut à travers chaque chaînon. Car ce plan de salut trouve sa source et son but uniquement dans la personne de Jésus Christ qui et le même hier, aujourd’hui et pour toujours.

 

Amen,

 

 

Révérend Eric Kayayan,

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

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Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Foi&Vie Réformées

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 19:54
Passer des ténèbres à la Lumière

A travers les épîtres qu’il a rédigées, et qui sont  contenues dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul revient constamment sur une opposition, une antithèse dont il fit directement l’expérience: l’opposition radicale entre la lumière et les ténèbres.  Il en fit l’expérience sur le chemin de Damas et allait dès lors vivre pour toujours de la lumière qui l’avait d’abord aveuglé.  C’est aussi de cela qu’il témoigne dans sa lettre adressée vers l’an 60 de notre ère aux chrétiens de la petite ville de Colosses, dans la vallée du Lycus en Asie mineure (Turquie actuelle).  Tout semble indiquer qu’elle fut rédigée depuis son emprisonnement romain, dont il est question au chapitre 28 du livre des Actes des Apôtres, de même d’ailleurs que ses lettres aux chrétiens d’Éphèse, à ceux de la ville macédonienne de Philippes et celle à son ami Philémon. Voici le passage en question de la lettre aux chrétiens de Colosses (ch 1, les versets 12 à 20):

Rendez grâces avec joie au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.  Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.  Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs.  Tout a été créé par lui et pour lui.  Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui.  Il est la tête du corps, de l’Eglise.  Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.  Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude et de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.

Pour revenir à sa conversion, Paul devait d’abord être plongé dans l’obscurité par l’apparition de Jésus-Christ dans sa vie : l’astre brillant  renversant ses péchés devait d’abord l’entraîner dans l’obscurité, afin de lui manifester on ne peut plus clairement, si je puis dire, les ténèbres dans lesquelles il était plongé sans son Seigneur et Sauveur.  Et puis, quelque chose comme des écailles devait tomber des yeux de Paul, comme on le lit dans le récit de sa conversion, au chapitre neuf du livre des Actes des Apôtres : un disciple du nom d’Ananias est envoyé vers lui pour lui imposer les mains afin qu’il recouvre la vue (9:11-12).  Arrivé dans la demeure où Paul se trouve, il lui dit, au nom du Seigneur : Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli d’Esprit Saint.  Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue.  Il se leva et fut baptisé; et, après avoir pris de la nourriture, il retrouva ses forces (17-19).

Mais qu’étaient donc ces écailles, si ce n’est le voile recouvrant les yeux dont Paul lui-même parle dans le troisième chapitre de sa seconde lettre aux Corinthiens ; il parle de ses compatriotes qui lisent les livres de Moïse, la Torah, mais n’y voient pas l’annonce du Christ, comme si leurs yeux étaient voilés :

Mais ils se sont endurcis dans leurs pensées. Car jusqu’à ce jour, quand ils font la lecture de l’Ancien Testament, le même voile demeure; il n’est pas enlevé, parce qu’il ne disparaît qu’en Christ.  Jusqu’à ce jour, quand on lit Moïse, il y a un voile sur leur coeur; mais lorsqu’on se tourne vers le Seigneur, le voile est enlevé.  Or, le Seigneur, c’est l’Esprit; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. 

Liberté vis-à-vis des ténèbres, que seul le Saint Esprit peut faire venir dans la vie de tout homme et de toute femme, comme dans celle de Paul.  Le Saint Esprit lui a clairement fait comprendre quelle était la nature de cette lumière intense qui l’avait aveuglé sur le chemin de Damas : le Fils de Dieu lui-même !  L’Esprit Saint, venant sur Paul au moment de la venue d’Ananias, l’a illuminé afin de le rendre capable de voir cette lumière.  Christ est en effet la lumière des nations, déjà promise dans l’Ancien Testament – de manière très spécifique en Ésaïe 49:6 – mais elles ne le saisiront jamais comme la lumière sans être d’abord illuminées par le Saint Esprit…

Lumière et ténèbres : c’est bien de dont il est question dans le passage de la lettre de Paul aux Colossiens précité:

Rendez grâces avec joie au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.  Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. 

Y a-t-il un passage dans le Nouveau Testament qui illustre mieux le motif de la Réforme : Par Christ seulement  (Solo Christo)?  L’obscurité, les ténèbres se manifestent là où Jésus-Christ n’est pas tenu pour qui il est véritablement: le Fils éternel de Dieu.

Dans son commentaire sur le verset 12 de ce chapitre 1 de la l’épître aux Colossiens, Calvin écrit ce qui suit:

Paul retourne encore à l’action de grâces, afin que par cette occasion il leur rappelle quels bienfaits ils ont reçu par Christ; et par là il entre dans la pleine description du Christ.  Car c’était le seul remède pour fortifier les Colossiens contre toutes les embûches par lesquelles les faux apôtres voulaient les surprendre, à savoir de bien comprendre ce qu’est le Christ.  Car d’où vient que nous sommes menés çà et là par tant d’enseignements divers, sinon de ce que nous ne connaissons pas quelle est la puissance du Christ?  Car seul le Christ fait que toutes les autres choses s’évanouissent soudain.  C’est pourquoi il n’y a rien à quoi Satan ne s’efforce davantage, que de mettre des brouillards au-devant pour obscurcir le Christ, parce qu’il sait bien qu’alors la porte est ouverte à tous les mensonges. 

Voici donc le seul moyen, tant pour comprendre et retenir, que pour rétablir la pure doctrine: c’est de mettre devant les yeux le Christ tel qu’il est, avec tous ses biens, afin que sa puissance soit vraiment ressentie.  Il n’est pas question ici du nom seulement: en effet, beaucoup confessent bien avec nous un seul Christ, et cependant quelle grande différence y a-t-il entre eux et nous!  Car, quant à eux, après avoir confessé que le Christ est le Fils de Dieu, ils transfèrent sa puissance aux autres, et la dispersent çà et là; ce faisant, ils le laissent quasiment vide et inutile, ou pour le moins ils le dépouillent de la plus grande part de sa gloire, en sorte que bien qu’il soit, parmi eux, nommé le Fils de Dieu, toutefois il n’est plus tel que le Père a voulu qu’il soit pour nous. 

Mais quiconque considérera le point principal de ce premier chapitre, comprendra bien ceci sans aucune difficulté. Car Paul n’y parle rien d’autre, sinon que nous sachions que Christ est le commencement, le milieu et la fin ; que c’est de lui qu’il nous faut recevoir toutes choses, et que hors de lui il n’y a rien, et qu’on n’y peut rien trouver.

 

Amen,

 

 

 

Révérend Eric Kayayan,

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bible
Photo Stephen Radford

 

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :

Foi&Vie Réformées

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

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  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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