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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:25
O Profondeur (2)

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

 

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

 

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

 

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

Voici trois domaines où il serait profitable pour les chrétiens de cette fin de siècle de retrouver plus de «profondeur» dans la compréhension de l'Evangile.

 

1. Un sens plus profond de l'horreur du péché

 

Nous abordons là un sujet où, aujourd'hui, nous avons faussé compagnie aux anciens évangéliques.

 

Le christianisme moderne ne supporte pas ce qui dépasse une confession de péché formelle.

 

Il est généralement accepté qu'un croyant est en droit de vivre pendant des heures et des jours, vaquant à ses occupations et défendant ses intérêts, avec une petite pause pour la prière privée ou l' adoration publique.

 

Beaucoup de chrétiens de cette classe sont contents d' articuler un joyeux «Père, pardonne-moi» et poursuivent leur chemin comme avant.

 

Mais une telle pratique prouve une santé spirituelle déficiente.

 

Est-ce qu'un croyant ne devrait pas répondre régulièrement de ses péchés dans la présence de Dieu ?

 

Ne devrait-il pas fréquemment réfléchir sur le caractère odieux du péché à la vue de Dieu ?

 

Est-ce que Christ n'a pas été «fait malédiction» et n'est pas mort à cause du péché ?

 

Le chrétien ne doit-il pas se rappeler, à l'occasion, que chaque péché commis mérite la colère et la malédiction de Dieu dans cette vie et celle qui est à venir ?

 

Il y a un moment, dans la vie d'un vrai chrétien, pour se prendre en dégoût à cause de son péché (cf Ez 36.31).

 

Il y a un moment pour ressentir son impureté et pour la confesser (cf Es 6.5).

 

Si nos théologiens protestants d'autrefois pouvaient parler de leur péché comme ayant le caractère «d'infinité sur infinité» et «d'infinité multipliée par l'infinité» que ne devraient pas dire les croyants du leur aujourd'hui ?

 

C'est le péché mignon de notre âge de banaliser le péché.

 

Le remède consiste à méditer sur la sainteté et la justice de Dieu lui-même, sur la rigueur et la perfection de ses lois, sur la fin des damnés en enfer, et, par-dessus tout sur les souffrances de notre bien-aimé Rédempteur sur la croix du Calvaire.

 

Le chrétien cesse de faire des progrès spirituels dès qu'il cesse de se repentir.

 

La façon moderne consiste à chuchoter quelques formules de confession comme si le péché n'était pas plus sérieux, aux yeux de Dieu, qu'un manquement à l'étiquette ou une infraction aux bonnes manières à table.

 

Rappelons-nous que le péché est la contradiction de Dieu.

 

Les grands hommes de Dieu d'autrefois ont regardé leurs propres cours comme un abîme de corruption.

 

Ils avaient raison.

 

C'est quelque chose que nous devrions apprendre de nouveau.

 

Nous pourrions dire de nos péchés «O profondeur».

 

(Suite)

 

Bible (128)

Croix Huguenote

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:13
O Profondeur (3)

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

2. Un comportement plus respectueux dans l'adoration

 

Il est dit de l'Eglise primitive que son attitude envers Dieu était caractérisée par «la craint(Act 2.43) et quelquefois par «une grande crainte» (Act 5.5 et Il).

 

L'apôtre Paul instruit les chrétiens de son temps à se comporter de telle façon dans leurs services publics que si un non-croyant entre, les secrets de son coeur sont dévoilés (1 Cor 14.24- 25).

 

Le sentiment de la présence de Dieu le pousse alors à tomber sur sa face en confessant :

 

Dieu est réellement au milieu de vous (v .25).

 

L' enseignement apostolique met l'accent sur un culte rendu «avec piété et avec crainte» (Héb 12.28).

 

Ailleurs, nous sommes exhortés à mettre en oeuvre notre salut avec crainte et tremblement (Phil 2.12).

 

Malheureusement cette crainte empreinte de respect a été largement perdue dans les services d' adoration contemporains.

 

Ceci est dû, en partie, à l'esprit de notre temps qui secrète la superficialité.

 

L'homme moderne se précipite sur un chemin «où les anges craignent de poser le pied».

 

II s'approche de Dieu hardiment et en coup de vent, avec des pensées, des paroles et des émotions sans préparation de coeur.

 

En fait, l'ancienne pratique qui consistait à se préparer pour l'adoration à la maison de Dieu en passant premièrement du temps dans la prière est généralement considérée comme désuète et comme une addition pénible à l'agenda religieux du jour.

 

II est déplorable que beaucoup de services dans les églises évangéliques ne soient pas marqués par «la crainte respectueuse» (Héb Il.7).

 

Quel dommage que la gravité soit presque partout un souvenir du passé !

 

Une ignorance coupable est tapie derrière le remue-ménage des cultes modernes.

 

Mais la plus grande faute demeure notre manque de perception de la gloire, de la grandeur et de la majesté du Dieu que nous venons adorer.

 

La règle, dans la maison de Dieu, avant un service, devrait être le silence respectueux qui évite la dispersion et les conversations relatives aux affaires courantes.

 

Toute notre attention doit être mobilisée par la solennité de l'heure pour louer le Tout-Puissant avec nos coeurs et nos voix et pour écouter sa parole.

 

Notre entendement doit être rééduqué pour comprendre cette vaste perspective de Dieu, ce qui inspirera notre attitude envers le pasteur et les anciens (Héb 13.7; 1 Thes 5.12,13).

 

Lorsque nous prions notre Dieu, courbons-nous dans sa présence et concentrons nos pensées sur sa grandeur infinie.

 

C'est ainsi que nos coeurs seront réchauffés et réjouis parce que Dieu «fait grâce aux humbles» (Jac4.6).

 

Mais les indifférents et les irrespectueux s'en iront insatisfaits parce qu'ils n'auront pas «sanctifié le Seigneur dans leurs coeurs» (I Pi 3.15).

 

Nous devons faire attention à ce que nous chantons et répandre nos coeurs devant Dieu avec grâce et non dans un torrent de sons.

 

En écoutant la prédication, nous devons prêter attention à la doctrine et ses applications à nos vies ; ne nous permettons pas d'être distraits par une infirmité supposée dans la voix, le style ou la délivrance du sermon.

 

Si nous recevons peu du message, augmentons-en le poids en nous réunissant plus tard avec des amis chrétiens pour discuter les points principaux.

 

En rassemblant les miettes après le service, nous pouvons grandement accroître ce que nous avons reçu à l'Eglise.

 

Nous avons besoin de nous souvenir que lorsque nous venons au culte, nous venons à quelque chose d'excellent et de céleste.

 

De la vraie adoration, nous pourrions dire «O profondeur» !

 

Suite Ô profondeur

 

Bible

Croix Huguenote

 

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:00
O Profondeur (4)

Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.

 

Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.

 

Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.

 

C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.

 

3. Une vision plus élevée de l'intention de Dieu de bénir le monde

 

Il est tout à fait évident que l' apôtre Paul avait ce sujet à l'esprit quand il a rédigé les paroles qui forment le titre de cet article.

 

L'étendue du regard de Paul embrasse le cours complet de l'histoire humaine.

 

Dans l'Ancien Testament, Dieu confinait sa bénédiction à Israël.

 

Dans le présent âge du Nouveau Testament, il confine largement sa bénédiction aux païens.

 

Dans un jour à venir, avant la fin, Israël sera spirituellement vivifié.

 

Il y aura une «plénitude» de salut pour Israël et pour le monde entier.

 

C' est une déclaration foudroyante que Paul fait ici, alors qu' il contemple le plan de Dieu et le voit se concrétiser dans l'histoire:  

 

Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous (Rom 11.32).

 

Cela ne signifie pas, bien sûr, que tous les hommes seront sauvés, mais que tous les croyants seront sauvés.

 

Ils viendront à Christ du sein de toutes les nations et ils attribueront tous leur délivrance de l' in- crédulité à la seule miséricorde et grâce de Dieu.

 

Une nouvelle humanité, rachetée et élue selon le dessein divin, est appelée hors des profondeurs du péché.

 

Aucune force sur la terre ne les empêchera d'entendre l'Evangile, d'y croire et de persévérer jusqu'à la fin.

 

Ils seront appelés au pied de la croix en dépit des préjugés de leur éducation et des inconvénients de leurs circonstances personnelles.

 

La grâce ne les conduira pas seulement à céder au Sauveur.

 

Elle créera en eux la volonté, la joie et l'amour pour le faire.

 

Le fanatique d'une fausse religion sera amené par la grâce à plier le genou devant Jésus-Christ, et l'ancien matérialiste sera changé en un adorateur du seul vrai Dieu.

 

Toutes les barrières qui séparaient autrefois les hommes seront abolies.

 

Aucune considération de race, de credo ou de rang altérera l'unité en Christ dont les rachetés jouiront enfin.

 

Voilà la destinée qui attend le véritable peuple de Dieu, dont la justice vient entièrement de Lui.

 

Il n'est pas étonnant qu'avec de telles pensées agitant son âme, Paul peut s'écrier «O la profondeur» !

 

Notre Dieu est le seul Dieu.

 

Son dessein unique s'accomplira et triomphera sur terre.

 

Tous ses adversaires et ses ennemis seront réduits à néant.

 

Tous ceux qui l'aiment et le servent hériteront la gloire et l'immortalité.

 

Dieu a encore beaucoup d'élus à appeler par l'Evangile.

 

Notre travail n'est pas vain dans le Seigneur.

 

Que le courage caractérise notre témoignage pour Jésus; prions pour recevoir une vision plus élevée du plan de Dieu.

 

Si nous suivons cette voie, nos Eglises modernes se détacheront enfin de la superficialité de notre temps.

 

Maurice Roberts

(La bannière de Vérité)
traduit par Philippe Favre,

Bible (135)

Croix Huguenote

 

Source : Promesses

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 22:04
Jésus Christ croyait-Il au ...purgatoire ?...

Jésus-Christ croyait-Il en l’existence du purgatoire ? 

A-t-Il seulement enseigné qu’un tel état existe ? 

Et s’Il ne l’a pas fait, les apôtres mandatés par Lui pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume des cieux, l’ont-ils fait sous l’inspiration du Saint Esprit leur rappelant tout ce qu’Il leur avait enseigné et leur parlant des choses à venir (selon la Parole du Maître à Ses Disciples en Jean 16:12-15) ?

Quelles que soient les multiples traditions, vénérations, croyances et usages qui se sont développés au cours des siècles et ont été sanctionnés par certaines autorités ecclésiastiques, force est de constater qu’absolument rien ne milite en faveur de la croyance au purgatoire lorsque l’on se fonde sur l’Écriture Sainte comme Autorité Entière et Suffisante en matière de Foi et de vie.

Face à une telle constatation, nous ne pouvons que nous poser la question suivante :

Dieu, dans Sa Parole, dans la Bonne Nouvelle de l’Évangile de la Grâce, aurait-Il volontairement laissé Ses Enfants dans l’obscurité vis-à-vis de la question de leur Salut en Son Fils Jésus-Christ, en omettant de leur apporter un enseignement aussi central et vital, puisqu’il concerne la manière dont ils sont rendus parfaits pour apparaître purs et sans reproche devant Lui après leur mort terrestre ?

UNE DÉFINITION DU PURGATOIRE

Une définition du purgatoire s’impose en premier lieu, et le mieux est d’aller la prendre dans les milieux qui maintiennent cette croyance. 

La nouvelle encyclopédie catholique théo (Droguet & Ardant/Fayard, 1989, page 890) introduit le sujet comme suit :

 Les définitions du purgatoire (du latin purgare, nettoyer, débarrasser, purifier) sont diverses et largement remises en question aujourd’hui.  Pour la clarté de l’exposé on retiendra la suivante : le purgatoire est le temps d’épreuve permettant la purification préalable de ceux qui, au terme de leur vie terrestre, sont admis à partager le bonheur de Dieu. Si cette définition n’est pas acceptée unanimement, c’est que le purgatoire est une construction théologique : dans le Nouveau Testament on ne trouve en effet aucune trace ni du mot ni même de la réalité qu’il désigne.  En fait cette notion théologique s’est élaborée petit à petit, en vue de rendre compte du sens d’une pratique en usage dans l’Église depuis les premiers siècles : la prière pour les défunts.  A quoi servirait-elle si les défunts avaient directement accès à Dieu ?  Or la nécessité de cette prière a toujours fait l’objet d’une très forte conviction.

 En lisant ces premiers paragraphes de la section consacrée au purgatoire dans l’encyclopédie théo, on est heureux de constater deux choses :

  • Tout d’abord l’honnête aveu qu’il n’y a aucun fondement scripturaire pour la doctrine ou la croyance au purgatoire. 

Comment pourrait-on d’ailleurs soutenir le contraire, si ce n’est soit en réécrivant le texte du Nouveau Testament, soit en prétendant qu’il a été falsifié ou amputé par des mains malveillantes au cours des siècles, (à la manière de ce que prétend – sans aucune preuve d’ailleurs – l’islam) et ce dans le but mal avoué de priver les âmes anxieuses d’une Précieuse Révélation que le Seigneur leur aurait pourtant explicitement fournie ?   

  • Et en second lieu l’aveu que la tradition qui a progressivement forgé cette construction théologique repose sur des éléments humains purement subjectifs, en l’occurrence une « très forte conviction » de la part de croyants (tous ? lesquels ?) des premiers siècles : ce qui signifie que le point de départ d’une construction théologique n’est pas nécessairement l’Écriture Sainte comme Révélation Divine, mais peut être à titre égal la très forte conviction des uns ou des autres.

De son côté le Catéchisme de l’Église catholique (Centurion/cerf/Fleurus-Mame/CECC, Paris, 1998, par. 1030-1032, p. 262-263), fournit l’explication suivante :

1030 Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. 1031 L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés.  L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente.  La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture, parle d’un feu purificateur (…) Cet enseignement s’appuie aussi sur la pratique de la prière pour les défunts dont parle déjà la Sainte Écriture : « Voilà pourquoi il (Judas Maccabée) fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché ».  Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu.  L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts (…)

 La citation concernant Judas Maccabée est extraite du deuxième livre des Maccabées (12:46), livre faisant partie des écrits apocryphes de l’Ancien Testament et qui relate des événements historiques concernant le peuple de Juda durant la période post-exilique.

Ce livre n’était pas inclus dans la Bible Hébraïque au temps de Jésus – Il ne s’y réfère Lui-même nulle part dans les Evangiles – mais l’était dans la traduction grecque des Septante largement utilisée dans la diaspora juive à l’époque. 

En tout état de cause il n’avait pas de statut canonique dans le judaïsme, dont aucun autre écrit (antérieur ou postérieur) ne présente d’injonction à offrir des prières pour les morts.

Par ailleurs, le feu dont il est question dans l’Écriture, d’après les deux citations fournies par ce catéchisme en note de bas de page (1 Cor. 3:15 et 1 Pi. 1:7), ne saurait conduire à la notion de purgatoire telle qu’elle y est décrite. 

Dans le cas de  1 Corinthiens 3:15, il n’est nulle part mentionné que le feu à travers duquel passera le bâtisseur d’église utilisant un mauvais matériau finalement consumé par ce feu, puisse remplir un quelconque rôle purificateur. 

L’apôtre Paul avertit seulement ceux qui se targuent d’édifier l’église par leur prédication et leur enseignement déficients, que leur travail sera rigoureusement testé au jour du Jugement.

Si leur œuvre se trouve être consumée par le feu, eux-mêmes ne seront sauvés que comme des tisons arrachés à ce même feu, et ce uniquement parce qu’en dépit de leur œuvre déficiente ils n’auront pas renié le fondement (Christ)

Paul a précisé la fonction du feu au verset 13, fonction non pas purificatrice mais Révélatrice, voire destructrice : l’œuvre de chacun sera manifestée ; car le Jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera de quelle nature est l’oeuvre de chacun.

 Dans le cas de 1 Pierre 1:7, le feu purificateur de l’épreuve dont il est question par analogie au feu qui purifie l’or, est celui de l’épreuve présente, et non d’un état au-delà de la mort. 

Le texte (à partir du verset 6, mais il faut en commencer la lecture dès le début du premier chapitre pour en saisir le contexte immédiat) parle pour lui-même : 

Vous en tressaillez d’allégresse, quoique vous soyez maintenant, pour un peu de temps, puisqu’il le faut, affligés par diverses épreuves, afin que votre foi éprouvée – bien plus précieuse que l’or périssable, cependant éprouvé par le feu – se trouve être un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la révélation de Jésus-Christ.  

De fait, ce texte déclare exactement le contraire de ce que soutient la doctrine du purgatoire : cette Foi des Croyants éprouvée par l’épreuve dans cette vie présente, se trouvera être  un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la révélation de Jésus-Christ. 

 Il est vrai que le catéchisme de l’Église catholique ne dit pas que ces textes sont en soi une preuve scripturaire en faveur de la doctrine du purgatoire et du feu purificateur, mais que c’est la tradition de l’Église qui en parle : La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture, parle d’un feu purificateur. 

Le problème étant qu’elle s’appuie pour ce faire sur une interprétation des passages cités qui fait directement violence à leur sens direct et au contexte dans lequel ils apparaissent. 

Même l’aveu qu’une construction théologique peut se fonder sur une tradition humaine ne peut éluder la question de sa compatibilité ou de son incompatibilité avec la source scripturaire dont elle prétend faire dériver cette tradition ou à laquelle elle cherche à l’arrimer.

Car si l’Église du Dieu vivant, la maison de Dieu – selon l’apôtre Paul en 1 Timothée 3:15est la colonne et l’appui de la vérité, elle ne l’est, toujours selon l’apôtre Paul, que dans la mesure où elle est édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle (Éphésiens 2:20).

L’ENSEIGNEMENT DE LA PARABOLE DE L’HOMME RICHE ET DU PAUVRE LAZARE

Afin de répondre – justement de manière scripturaire – à tout ceci, examinons en premier lieu un texte bien connu du Nouveau Testament : la parabole du riche et du pauvre Lazare racontée par Jésus à ses auditeurs, et que l’on trouve au chapitre 16 de l’évangile selon Luc

Texte bien connu, en en même temps trop souvent réduit à une image d’Épinal, celle de l’inversion des positions entre l’homme riche et le pauvre Lazare.

Durant leur vie terrestre le premier semble avoir tout ce dont on peut rêver sur le plan matériel, à l’inverse du second, destitué de tout et laissé à l’abandon, devant le portail même du riche.

Après leur mort, la situation se trouve totalement inversée. 

Le pauvre Lazare connaît la consolation (étant porté par les anges dans le sein d’Abraham, au Paradis) tandis que l’homme riche – qui a manqué de miséricorde vis-à-vis de Lazare qu’il pouvait pourtant voir quotidiennement avec toute sa misère devant chez lui – se retrouve dans le séjour des morts, le « Hadès » en grec, l’équivalent du « Shéol » en hébreu. 

Notons qu’il ne s’agit pas de l’enfer d’ailleurs, car le Jugement final n’est pas encore intervenu. 

Pour autant, les âmes des décédés sont bien conscientes, au Paradis comme dans le séjour des morts, mais dans une condition déjà bien différente suivant l’endroit où elles se retrouvent.

Cela dit, le point central de la parabole, celui que Jésus souligne, n’est pas en tant que telle cette inversion de conditions, encore moins l’idée qu’en raison de ses souffrances terrestres le pauvre Lazare aurait mérité d’être porté dans le sein d’Abraham immédiatement après sa mort (un dolorisme rédempteur par lui-même, en quelque sorte). 

Le point central de la parabole est le fait que durant sa vie terrestre, l’homme riche avait Moïse et les prophètes  c’est-à-dire la Parole de Dieu dans l’Ancien Testament – pour réfléchir au sens de sa vie et agir avec justice et compassion, ce qu’il n’a pas fait. 

Ce n’est pas seulement le mouvement même du texte de la parabole qui permet d’affirmer que tel est bien ce point central (tertium comparationis) mais aussi le contexte immédiat dans lequel elle est prononcée. 

En effet, un peu auparavant, aux versets 16 et 17 du seizième chapitre de l’évangile selon Luc, Jésus a dit : 

L’époque de la Loi et des prophètes va jusqu’à Jean-Baptiste; depuis qu’il est venu, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. Il serait plus facile au ciel et à la terre de disparaître qu’à un trait de lettre de la Loi.   

C’est cela même que Jésus va illustrer avec la parabole qui suit.

Aux supplications de l’homme (ex-) riche adressées à Abraham d’envoyer Lazare prévenir ses cinq frères afin qu’ils n’agissent pas comme il l’a fait et qu’ils ne se retrouvent pas eux aussi dans la même condition peu enviable, il est répondu : 

Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.  Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront.  Et Abraham lui dit : s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts (v. 29-31).  

C’est sur ces paroles abruptes que Jésus conclut Sa Parabole, et c’est bien là le point central qu’Il veut amener ses auditeurs à comprendre :

On n’entre pas dans le Royaume grâce à des actes forcés par des humains revenant du séjour des morts pour avertir et secouer les vivants de leur torpeur spirituelle, ce qui relève de la violence mentionnée par Jésus juste auparavant. 

La Parole de Dieu est là, avec Son Autorité et Sa Pérennité, c’est à elle qu’il convient de prêter dès maintenant toute son attention, c’est elle qui avertit et secoue. 

Un avertissement similaire a été lancé par Jésus à ses auditeurs par deux fois au chapitre treize, en réponse à deux incidents récents ayant causé mort d’homme (1-9) : 

Mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez de même.

Quel rapport avec le purgatoire, demandera-t-on ?  Il est double. 

D’abord la parabole ne laisse nulle part entendre qu’un séjour prolongé dans le Hadès peut avoir une quelconque fonction purificatrice, alors que l’homme riche se rend bien compte de l’échec total de sa vie au regard des Exigences Divines. 

Abraham ne lui laisse rien entendre dans ce sens. 

En second lieu, il ne peut attendre non plus aucun adoucissement aux tourments dont il est la proie : en dépit de ses supplications (car c’est lui qui est maintenant le mendiant !) 

Lazare ne lui sera pas envoyé pour rafraîchir sa langue avec le bout de son doigt trempé dans l’eau (v. 24). 

Il est frappant que Jésus mette la parole suivante dans la bouche d’Abraham : 

En plus de tout cela entre nous et vous se trouve un grand abîme afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne puissent le faire, et qu’on ne parvienne pas non plus de là vers nous (v. 26). 

Une telle précision dans la narration exclut toute notion d’un état intermédiaire qui pourrait servir de tremplin à l’accès au Paradis, grâce à l’intercession des uns ou les bonnes œuvres des autres pouvant être portées à notre compte. 

En un mot : ma repentance et  ma conversion quotidiennes au Dieu d’Abraham, c’est maintenant  ou bien cela risque d’être trop tard.

Abraham, qui a cru dans la Parole de Dieu avec toutes Ses Promesses (avant même Moïse et les prophètes),  sert ici de figure ou de type du Christ Ressuscité et Glorifié, Celui qui reçoit en Son Sein les âmes des croyants décédés.

QUELS MÉRITES NOUS VALENT-ILS DE POUVOIR PARAÎTRE SANCTIFIÉS DEVANT DIEU ?

On objectera certainement à ceci, sur le fondement des définitions du purgatoire fournies ci-dessus, que ce dernier ne prétend pas être une modification voire une « amélioration » du séjour des morts décrit dans la parabole du riche et du pauvre Lazare.  

Il s’agit d’autre chose, d’un stage de perfectionnement préparatoire pour ceux qui seront de toute manière reçus lors de l’examen final (stage en fait quasi obligatoire pour tous ceux qui sont sauvés : ceux qui, au terme de leur vie terrestre, sont admis à partager le bonheur de Dieu, selon l’encyclopédie théoceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, selon le Catéchisme de l’Église catholique). 

Stage de perfectionnement qui répond à une attente des croyants assurés d’obtenir la moyenne, voire une mention « assez bien », mais pas la mention « très bien », qui seule peut leur donner accès à la Présence Divine.

C’est peu ou prou ce qu’explique l’encyclopédie théo dans le passage suivant de son article consacré au purgatoire :

Le temps du purgatoire (le mot « temps » reflète l’impuissance de l’esprit humain à sortir des limites du temps et de l’espace) est déjà le temps du salut définitif.  Malgré son péché, l’homme se sait justifié par Dieu (jugement particulier) et destiné à la rencontre définitive avec lui ; celle-ci est seulement différée par la volonté de l’homme lui-même, qui ne peut accepter de se laisser approcher par Dieu avant de s’être totalement conformé à lui : temps d’épreuve mais surtout temps de l’amour et du désir entièrement centrés sur Dieu. La solidarité qui unit les hommes dans le monde ne prend pas fin avec la mort.  La prière pour les défunts, les efforts et renoncements en vue d’une vie plus conforme à l’Évangile peuvent contribuer à hâter la rencontre avec Dieu de ceux qui sont en cours de purification. 

On est vraiment étonné de lire de telles explications : depuis quand le Dieu de la Bible (si c’est bien de lui qu’il s’agit, et non d’un fantasme ou d’un ectoplasme) vient-il à la rencontre de l’homme dans Sa Grâce qui sauve, et la réponse de l’homme est de différer cette rencontre pour se perfectionner par lui-même afin d’être jugé digne de cette rencontre, après que son corps soit retourné à la poussière ?

Depuis quand un roi tout puissant convoque-t-il devant lui ses sujets, et ceux-ci refusent par leur volonté d’apparaître devant lui ?

Depuis quand l’homme dans la condition de pécheur qui est la sienne selon la Bible, « ne peut accepter de se laisser approcher par Dieu avant de s’être totalement conformé à lui », alors même qu’il fait preuve d’un « désir entièrement centré sur Dieu » ?

En marge du caractère évidemment bipolaire d’une telle affirmation, on perçoit ici un très grand orgueil, sous un faux prétexte d’humilité et d’obéissance :

L’orgueil typiquement humaniste de croire que notre propre ascèse, voire les mérites, aumônes, prières, indulgences et oeuvres de pénitence d’autres pécheurs encore vivants (qui seraient portés par Dieu à notre compte créditeur), peuvent suppléer à la Grâce Divine, puisqu’apparemment les mérites du Christ acquis pour nous une fois pour toutes ne sont pas suffisants pour manifester pleinement cette Grâce.

Selon cette logique, si un pécheur arrivé au terme de sa vie a eu besoin d’une quasi éternité de purification et de sanctification avant d’être admis dans la Présence Glorieuse et Rayonnante de Son Seigneur, c’est bien le brigand crucifié pour ses actes criminels, qu’il confesse quelques instants à peine avant sa mort devant  Jésus et l’autre brigand, crucifiés en même temps que lui. 

La réponse de Jésus à la demande de Salut qu’il adresse au Roi d’un Royaume qu’il reconnaît ne pas être de ce monde, ne se fait pas attendre : 

En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis (Luc 23:39-43). 

Est-il nécessaire d’élaborer sur cet « aujourd’hui » qui apparaît plusieurs fois dans l’évangile selon Luc pour exprimer l’irruption de la Grâce Divine dans la vie de pécheurs au moment de leur rencontre avec Christ, comme par exemple Zachée (Luc 19:9) ?  

Si chaque Croyant ne peut s’approprier les Paroles de Jésus au brigand crucifié, avec la Promesse de l’accès au Paradis au moment de sa mort dans ce même “aujourd’hui”, à quoi bon la foi ? 

Soupçonnerait-on un instant Jésus d’avoir induit en erreur le brigand repenti, en ne lui accordant pas cet accès immédiat avec Lui et en Sa Présence « aujourd’hui »?

En contradiction avec l’encyclopédie théo  qui a elle-même fait état d’un manque d’unanimité sur la question du purgatoire et sa définition  le Catéchisme pour adultes des évêques de France (Livre de Poche, 1991, p. 455, par. 660) indique que dans l’état du purgatoire, qui (nous est-il précisé) n’est ni un lieu ni un temps, c’est Dieu lui-même qui purifie et transforme.  Sans être une punition, le purgatoire est néanmoins une peine engendrant une souffrance, celle de réaliser après la mort nos imperfections et de désirer nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ (ce que ne dit d’ailleurs pas le Catéchisme de l’Église catholique): La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d’aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ.  C’est Dieu lui-même qui purifie et transforme.  Mais la tradition de l’Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l’intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu.

Il nous faut donc reprendre ce que déclare l’Écriture Sainte sur la Puissance Salvatrice du Christ et la Purification Pleine et Entière qu’elle a apportée à la Croix aux pécheurs qui se repentent et qui croient. 

 

j’ai commencé à évaluer sur le fondement de la Bible crue et acceptée comme Écriture Sainte, la doctrine du purgatoire, et celle des mérites ou actions de personnes vivantes ou décédées.  

D’après cette doctrine, ces mérites ou actions pourraient être attribuées à d’autres personnes décédées afin de les mener à un état de perfection qui leur permettrait d’entrer finalement en la Présence Bienheureuse de Dieu après leur mort, au cours d’un processus final (et douloureux) de purification de leurs péchés.

Il me faut donc reprendre ici encore ce que déclare l’Écriture Sainte sur la Puissance Salvatrice du Christ et la Purification Pleine et Entière qu’elle a apportée à la Croix aux pécheurs qui se repentent et qui croient.

 

LA PUISSANCE SALVATRICE DU CHRIST : PARFAITE ET UNIQUE

La mesure de la Sainteté de Dieu s’est manifestée de manière Absolue à Golgotha, par l’abandon du Fils Unique sur la Croix en vue de l’expiation des péchés de tous ceux qui sont greffés en Lui par la Foi : cet anéantissement de la chair humaine déchue qu’a subie Celui qui justement n’avait pas péché, est semblable au Déluge qui a englouti l’humanité du temps de Noé. 

La différence avec le Déluge est qu’à partir de la Croix, la Grâce de Dieu envers les humains accorde aux pécheurs durant leur vie terrestre de contempler par la Foi le Sacrifice du Christ, et de croire qu’Il est véritablement l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1:29).

Conformément à la Promesse faite à Noé de ne plus amener les eaux de manière cataclysmique sur toute la surface de la terre, le Jugement Divin sur une humanité tout aussi corrompue que celle d’alors est passé sur la personne de Jésus, d’où le lien établi entre le baptême et le Déluge en 1 Pierre 3:21. 

C’est par la Foi en une Oeuvre de Pure Grâce  – qu’ils sont bien incapables d’accomplir par eux-mêmes avant ou après leur propre mort – que les humains sont purifiés de leurs péchés et justifiés devant Dieu : 

C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi.  Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.  Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.  Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions  (Paul aux Éphésiens, 2:8-10).  

Seule la Foi Plantée par le Saint Esprit comme Semence Vivante dans le coeur des Croyants produit une Vie progressivement sanctifiée durant cette vie.

Or, c’est un fait que la Sanctification des Croyants arrivés en fin de vie n’est jamais devenue parfaitement visible.

C’est un cheminement dans la persévérance qui connaît des hauts et des bas, tout au long de l’existence terrestre. 

Leur vie est demeurée entachée de péchés jusqu’à son terme.

La repentance et la conversion quotidiennes n’ont jamais dû cesser.

Cependant la présence même d’une attitude de repentance et de conversion quotidiennes jusqu’à la fin (la Persévérance des Saints dans la Foi) témoigne – en la rendant visible –  de la continuité d’une Action de Sanctification par le Saint Esprit, qui la mène à son terme.

C’est aussi dans ce sens que le Credo (symbole de Nicée-Constantinople) affirme l’Action Vivifiante du Saint Esprit.

En revanche, seule la Sainteté Parfaite manifestée au cours de la vie humaine du Christ Crucifié et Ressuscité peut être portée au Crédit des Croyants, raison pour laquelle Il est seul capable d’intercéder pour eux auprès du Père, étant Le Seul Avocat Habilité à Le faire. 

1 Jean 2:1 utilise le terme juridique  paraklêtos (παράκλητον ἔχομεν) pour désigner cet office du Fils auprès du Père : 

Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres mais aussi pour ceux du monde entier.

Quant à l’auteur de l’épître aux Hébreux, il souligne dès le début de sa lettre que la Purification pour les péchés a bien été accomplie par Le Fils (1:3 )

Ce Fils, qui est le rayonnement  de sa gloire et l’expression de son être, soutient toutes choses par sa parole puissante ; après avoir accompli la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts

Le témoignage de l’Écriture ne laisse donc aucune place pour une quelconque action de purification des péchés en dehors de celle accomplie à la Croix et aucune intercession auprès du Père que celle de Jésus-Christ, Le Seul qui puisse en tout temps être invoqué comme Avocat.

En accomplissant cette Purification pour les Croyants Greffés en Lui par la Foi, Il les a d’ores et déjà rendus Conformes à Sa Mort et à Sa Résurrection. 

Le Père les accepte et reçoit comme tels sur le Fondement de l’Oeuvre du Fils appliqué dans leur vie par l’Esprit Saint. 

L’apôtre Paul l’affirme en Romains 6 (4-11), passage qui vaut la peine d’être cité dans son ensemble car la conformité dont il parle ici invalide toute notion d’un manque de conformité à la Personne du Christ Ressuscité:

Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.  En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection ; nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est quitte du péché.  Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui sachant que Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus ; la mort ne domine plus sur lui.  Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes, et maintenant qu’il vit, il vit pour Dieu.  Ainsi vous-mêmes, considérez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Christ-Jésus.

A la lumière de ces textes de l’Écriture, imaginer un seul instant que les Croyants puissent après leur mort continuer de se sanctifier par leur propre ascèse ou par les prières et actes (toujours entachés de péchés) de ceux qui ne sont pas encore décédés, revient à annuler l’office d’Avocat et de Sacrificateur Parfait du Christ. 

C’est bien là toute la question : une telle assertion porte préjudice à la Perfection de l’Oeuvre de Jésus-Christ à la Croix. 

Cette œuvre aurait toujours besoin d’auxiliaires, jusqu’à la fin des temps. 

Elle continuerait de se manifester par des instruments humains pécheurs, leurs œuvres entachées de péchés étant en quelque sorte recyclées par Dieu pour recycler à leur tour les péchés d’autres pécheurs. 

Dans cette optique ce n’est plus Christ et Lui Seul qui opère la Purification (καθαρισμός) des péchés et Mène à son terme la Sanctification (ἁγιασμός) des Croyants par l’Action toute Puissante de l’Esprit Saint en eux, c’est l’Église  – le corps de la tête –  qui prétend exercer ce ministère.

Or rien n’est plus contraire à l’exposition de la relation entre Christ et son église par analogie à celle du mari et de l’épouse, telle que Paul nous la livre en Éphésiens 5:25-27 : 

Maris, aimez chacun votre femme, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré pour elle, afin de la sanctifier après l’avoir purifiée par l’eau et la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut. 

Ce n’est donc pas l’Église qui se livre perpétuellement pour elle-même, notamment par le biais des prières, aumônes, indulgences et œuvres de pénitence en faveur des défunts, c’est Christ, l’Époux,  qui s’est livré pour elle, afin de la sanctifier après l’avoir purifiée par l’eau et la parole. Et cela est entièrement suffisant pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut. 

Il est d’ailleurs frappant de constater dans tous les passages du Nouveau Testament qui parlent de l’Action Purificatrice de Jésus-Christ en faveur de Son Église,  l’emploi grammatical constant des temps passés (aoriste ou parfait, en grec) pour dénoter le fait que Jésus-Christ a accompli cette oeuvre historiquement et une fois pour toutes (ἐφάπαξ).

 

LE SACERDOCE PARFAIT ET NON TRANSMISSIBLE DE JÉSUS-CHRIST

Dans la section centrale consacrée au Ministère Unique de Prêtre du Christ, Sacerdoce qui ne peut être transmis à personne, l’épitre aux Hébreux déclare (7:25-27):

De plus, ces sacrificateurs [les prêtres-sacrificateurs dans l’Ancien Testament] ont existé en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents ; mais lui, (Jésus) parce qu’il demeure éternellement, possède le sacerdoce non transmissible.  C’est pour cela aussi qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. C’est bien un tel souverain sacrificateur qui nous convenait : saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, et ensuite pour ceux du peuple.  Cela il l’a fait une fois pour toutes, en s’offrant lui-même.

Et au chapitre 10 (11-18), reprenant le même argumentaire, l’auteur conclut cette section avec mots suivants:

Tout sacrificateur se tient à son poste chaque jour pour faire son service et offrir les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés.  Mais lui, après avoir présenté un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu, et il attend désormais que ses ennemis deviennent son marchepied.  Car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés.  C’est ce que le Saint Esprit nous atteste également.  Car après avoir dit [citation du prophète  Jérémie 31:33-34]: « Voici l’alliance que je traiterai avec eux, Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur cœur Et je les écrirai dans leur intelligence (il ajoute) : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. » Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché.  

De fait, la Perfection de ce Sacerdoce Non Transmissible,  qui déclare Inutile toute autre offrande consécutive au Sacrifice Accompli une fois pour toutes à Golgotha, n’est-elle pas la raison même de l’Incarnation du Fils de Dieu?

Si donc Jésus-Christ, de par Son Sacerdoce Unique et Non Transmissible, peut Sauver Parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui durant leur vie terrestre, étant Toujours Vivant pour Intercéder en leur faveur, si par une seule offrande, Il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés, ceux-là, une fois défunts, n’ont nul besoin de prières, d’aumônes, d’indulgences ou d’œuvres de pénitence de quelque nature qu’elles soient, comme si d’autres offrandes étaient encore nécessaires.

Car ou bien Son Oeuvre de Purification est Parfaite, ou elle ne l’est pas. 

Or justement parce qu’elle l’Est, elle entraîne et comprend avec elle l’attribution aux croyants – par Ses Mérites Uniquement – de la Sanctification Requise pour paraître devant Dieu lorsqu’Il nous convoque devant Lui, afin qu’à notre mort nous entrions dans Sa Gloire, étant nous-mêmes entrés dans un état glorieux, définitivement lavés, débarrassés de tout péché. 

Voilà bien la Grâce Divine à l’Oeuvre dans Son Infinie Miséricorde, même dans la vie d’un pécheur tel que le brigand crucifié. 

Cela demeure naturellement le Mystère Inconcevable de l’Amour et du Pardon Divins, Mystère pourtant clairement révélé dans l’Évangile. 

C’est bien aussi cette séquence que l’apôtre Paul présente aux chrétiens de Rome au chapitre 8 de la lettre qu’il leur adresse, dans un célèbre passage (8:28-30) :

Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein : Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’un grand nombre de frères.  Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés, et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.

Du reste quel commandement dans le Décalogue, les morts pourraient-ils bien observer sans aucune faute pour parfaire leur sanctification :

« Tu ne commettras pas d’adultère » ? « Tu ne déroberas point » ?

Ou encore

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? 

Pour revenir au sens de la parabole du riche et du pauvre Lazare, la Loi Divine, Celle du Christ, est la Seule Mesure de Sanctification qui nous soit donnée.

Dans l’Écriture elle concerne notre vie présente, jamais celle de l’au-delà.

Aux chrétiens de Thessalonique l’apôtre Paul écrit (I Thessalonique 4:3-7) :

Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez de l’inconduite ; c’est que chacun de vous sache tenir son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans se livrer à une convoitise passionnée comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ; que personne, en affaires, n’use envers son frère de fraude ou de cupidité : le Seigneur fait justice de tout cela, nous vous l’avons déjà dit et attesté.  Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification.

 C’est aussi ce que Paul écrit aux Chrétiens de Rome au tout début de la troisième partie de la lettre qu’il leur adresse, après leur avoir exposé l’Évangile du Salut par la Grâce, au moyen de la Foi (12:1-2) :

Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.  Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait.

La Sainteté Requise est Celle d’une vie Renouvelée par l’Esprit de Dieu. 

La déclinaison de cette exhortation initiale en autant de recommandations pour la vie présente fait ensuite l’objet de la lettre de Paul, jusqu’à la fin du chapitre quinze.

Le sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ici requis est une offrande de Reconnaissance au Dieu Sauveur, mais n’est pas conçu ou présenté comme un acte de purification ou d’expiation des péchés devant Lui.

Tâcher d’interpréter ce passage dans ce dernier sens reviendrait à invalider dans son ensemble l’argument même de l’épître aux Romains.

Libérées de toute nécessité expiatrice ou purificatrice vis-à-vis du Jugement Divin, les œuvres bonnes Requises de ceux qui ont été Parfaitement Sanctifiés par le sang du Christ, témoignent désormais de cette Reconnaissance mise au Service du Royaume de Dieu dans toutes ses dimensions.

 

NOTRE VÉRITABLE BESOIN PROFOND

Il nous faut cependant encore répondre à la question suivante, que pose l’encyclopédie théo 

Pourquoi la pratique de la prière pour les défunts serait-elle apparue si elle ne répondait pas à un besoin profond ? 

Question qui sous-entend que tout ce qui apparaît comme besoin profond au sein d’une communauté de croyants doit être suivi d’une réponse propre à satisfaire cette attente.

Avec ceci, nous sommes d’accord.

La question qui devrait être posée immédiatement (mais qui ne l’est pas), est :

« D’où viendra donc la réponse adéquate ? »

Faut-il considérer  tout questionnement qui apporte déjà avec lui sa réponse, comme légitime, alors que cette réponse n’est sanctionnée nulle part, ni par le Seigneur ni par ses apôtres, voire s’oppose frontalement à leur enseignement ? 

Les réponses à leur questionnement profond des sectes gnostiques issues de communautés chrétiennes au cours des premiers siècles, étaient-elles légitimes ?

Leur questionnement n’est-il pas justement né d’une déformation préalable de la relation entre Dieu et le monde, l’esprit et la matière – si l’on évalue et juge de tout cela à l’aune de la Parole ?  

Des questionnements profonds témoignant d’un tel éloignement n’apparaissent-ils pas dans les toutes premières églises chrétiennes, celles-là mêmes fondées ou visitées par l’apôtre Paul : l’église de Colosses, de Corinthe, les églises de Galatie ?

Paul accepte-t-il un quelconque syncrétisme avec les judaïsants ou les sophistes grecs pour donner un exutoire aux tendances manifestées dans ces églises ?

Échafaude-t-il des constructions théologiques pour ce faire ?  

La réponse est bien évidemment négative.

Les apôtres (et à leur suite toute église authentiquement apostolique),  présentent à leurs lecteurs l’Évangile du Christ Ressuscité et Sa Puissance de Victoire sur la mort : Son Oeuvre de Purification et de Sanctification est Parfaitement Appliquée par Son Esprit aux Croyants qui en retirent le Bénéfice non seulement au cours de leur vie terrestre, en dépit de leurs faiblesses et de leurs péchés, mais bien plus encore après leur mort, lorsqu’ils entrent immédiatement en la Présence Glorieuse de Leur Sauveur et Seigneur.

L’appel à la Sanctification durant cette vie présente, qui est un Appel à vivre une Vie de Purification conforme aux Paroles du Christ, repose sur l’espérance mise dans l’Oeuvre qu’Il a accomplie pour eux. 

Déjà dans l’Ancien Testament, Job, en proie à la destruction de sa chair, criait son espérance en Son Rédempteur (19:25-27) 

Mais je sais que mon rédempteur est vivant, Et qu’il se lèvera le dernier sur la terre, Après que ma peau aura été détruite ; Moi-même en personne, je contemplerai Dieu.  C’est lui que je contemplerai, Que mes yeux verront, et non quelqu’un d’autre. 

Une reprise de cette vision béatifique apparaît dans la première lettre de Jean (3:2-3), l’auteur appelant ses lecteurs à se purifier dès maintenant, sur le Fondement de cette espérance : 

Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsqu‘il sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.  Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui (le Seigneur) est pur.

Lors de la conférence de Jérusalem, l’apôtre Pierre, parlant de la conversion à Jésus-Christ des païens (toujours en vie) mis au bénéfice de la Grâce de la même manière que les Juifs, déclarait à leur propos (Actes 15:8-9)

Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous; il n’a fait aucune différence entre nous et eux, puisqu’il a purifié leur cœur par la foi (τῇ  πίστει καθαρίσας τας καρδίας αὐτῶν)

A eux aussi, comme à tous les Croyants qui auront mis leur entière confiance en Jésus-Christ au cours de l’histoire et ce jusqu’à Son Retour en Gloire, s’applique donc désormais sans restriction, sans aucune épreuve de purification supplémentaire après leur mort, la béatitude prononcée par Jésus en Matthieu 5:8 :

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

 

Amen,

 

 

Pasteur Eric Kayayan de Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

.

Purgatoire
Purgatoire

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 20:19
Ne perdons pas courage si nous ne sommes pas certains de notre élection

Vers 1610 s’est développée au Pays-Bas une controverse théologique lancée par Jacob Arminius et, après sa mort, par le parti des Remonstrants, concernant le salut par la Grâce Seule et la doctrine de l’Election Divine. 

La théologie « arminienne » des Remonstrants maintenait que l’homme est dans une certaine mesure co-responsable de son salut par l’assentiment volontaire qu’il accorde aux promesses du salut (il saisirait en quelque sorte la perche que lui tend Dieu dans l’Évangile, et opèrerait donc partiellement son salut par lui-même). 

Pour répondre à ces objections contre la doctrine calvinienne de l’Election et de la Toute-Puissance Divine à l’œuvre dans le Salut des Croyants, un Synode des églises des Pays-Bas fut réuni dans la ville de Dordrecht en 1618-1619.

Il condamna fermement les positions arminiennes et confirma la position de la confession Belgica. 

Les cinq points soulignés dans les Canons de Dordrecht sont, très brièvement résumés, 

les suivants :

1.  Dépravation totale de la nature et du genre humain après la Chute.

2. Élection Divine Inconditionnelle des croyants (elle ne dépend pas d’une prescience de Dieu qui sauverait ceux dont Il a vu à l’avance qu’ils avaient la capacité de croire en Lui).

3. Nécessité du Sacrifice du Christ et son Effectivité limitée aux croyants.

4. Grâce Divine Irrésistible dans la vie des croyants.

5. Persévérance des Saints (élus) qui demeureront dans la Foi jusqu’à la fin et ne peuvent tomber dans une rechute spirituelle qui serait fatale à leur salut.

Foi & Vie Réformées / Refuge Protestant

(Foi & Vie Réformées

 

 

Ceux qui ne sentent pas encore efficacement en eux une vive foi en Jésus-Christ, ou une confiance certaine du cœur, une paix de la conscience, un soin et souci d’une obéissance filiale, et une glorification en Dieu par Jésus-Christ, mais qui néanmoins se servent des moyens par lesquels Dieu a promis d’effectuer ces choses en nous : ceux-là ne doivent pas perdre courage quand ils entendent parler de la réprobation, ni se mettre au rang des réprouvés.

Au contraire, ils doivent persévérer soigneusement dans l’usage de ces moyens, désirer ardemment l’heure d’une grâce plus abondante, et l’attendre en toute révérence et humilité.

Beaucoup moins encore doivent être épouvantés par la doctrine de la réprobation ceux qui, bien qu’ils désirent sérieusement se convertir à Dieu, lui plaire uniquement, et être délivrés de ce corps de mort, ne peuvent toutefois encore parvenir aussi avant qu’ils voudraient dans le chemin de la piété et de la foi, puisque Dieu, qui est miséricordieux, a promis qu’il n’éteindra point le lumignon qui fume, ni ne brisera le roseau cassé.

Mais cette doctrine est à bon droit en effroi à ceux qui, ayant mis en oubli Dieu et le Sauveur Jésus-Christ, se sont entièrement asservis aux sollicitudes de ce monde et aux convoitises de la chair, aussi longtemps qu’ils ne se convertissent point à Dieu.

— Canons de Dordrecht, article I.16

 

La doctrine de la Réprobation ne nous est pas révélée pour ternir notre joie, au contraire, mais il peut arriver qu’elle nous rende très mal à l’aise.

 

Se pourrait-il que Dieu ne m’ait pas choisi ?

 

Il y a des gens qui sont extrêmement troublés par une telle idée.

 

Les enfants de Dieu peuvent avoir des craintes dans leur cœur.

 

L’article 16 répond de façon très pastorale pour encourager ceux qui ont des doutes quant à leur élection.

 

Il s’adresse à trois différents types de personnes.

 

Ceux qui ne discernent pas encore clairement les fruits de leur élection.

 

Cette catégorie de personnes n’a pas encore une ferme conviction dans la Foi.

 

« Ils ne sentent pas encore efficacement en eux une vive foi en Jésus-Christ, ou une confiance certaine du cœur, une paix de la conscience, un soin et souci d’une obéissance filiale, et une glorification en Dieu par Jésus-Christ, mais néanmoins se servent des moyens par lesquels Dieu a promis d’effectuer ces choses en nous. » (I.16).

 

Ils sont faibles dans la foi, mais ils écoutent la Parole de Dieu, ils prient, ils participent aux sacrements.

 

Ils veulent servir le Seigneur, mais ils ne sont pas certains de leur élection.

 

Quand ils regardent à eux-mêmes, ils ne voient pas une foi ferme et solide.

 

Ils se rendent compte que leur vie n’est pas assez à l’honneur de Dieu.

 

Le doute et l’inquiétude surgissent alors dans leur esprit :

 

Suis-je vraiment un élu ? Ou suis-je un réprouvé?

 

« Ceux-là ne doivent pas perdre courage quand ils entendent parler de la réprobation ni se mettre au rang des réprouvés. Au contraire, ils doivent persévérer soigneusement dans l’usage de ces moyens, désirer ardemment l’heure d’une grâce plus abondante, et l’attendre en toute révérence et humilité. » (I.16).

 

« Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos fils, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. » (Deutéronome 29:28).

 

Dieu ne nous appelle pas à fouiller ses secrets éternels pour savoir si nous serions « non élus ».

 

Il nous dit clairement ce qu’il faut faire :

 

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » (Actes 16:31).

 

Cette doctrine n’a pas pour but de décourager ceux qui ne ressentent pas l’assurance de la foi, mais de les encourager à marcher sur la bonne route.

 

Le Saint-Esprit se plaît à utiliser des moyens pour nous fortifier dans la foi.

 

« La foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole du Christ. » (Romains 10:17).

 

Nous avons besoin de nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, chercher notre réconfort dans ses promesses, croire en Jésus-Christ, chercher en lui notre vie, mettre en pratique sa Parole.

 

C’est ainsi que nous serons fortifiés dans la foi.

 

« Mais celui qui a plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui persévère, non pas en l’écoutant pour l’oublier, mais en la pratiquant activement, celui-là sera heureux dans son action même. » (Jacques 1:25).

 

Jésus et les apôtres ont comparé la vie chrétienne à un arbre qui porte du fruit (Jean 15:1-8; Galates 5:22-23).

 

Un arbre fruitier a besoin de temps pour grandir et porter du fruit.

 

De même, quand on vient à la foi, on ne peut pas porter du fruit instantanément ; il faut du temps.

 

Certains arbres prennent plus de temps pour parvenir à maturité, de même les croyants parviennent à maturité spirituelle à des moments différents de leur vie.

 

La croissance dans la foi est un processus qui a besoin d’être nourri et cultivé.

 

Continuons donc à nous mettre à l’écoute de sa Parole.

 

En son temps, Dieu nous fera grandir pour nous faire porter plus de fruit.

 

Le deuxième groupe de personnes sont ceux qui ne sont pas encore parvenus au degré de foi désiré. Le deuxième groupe de personnes, ce sont « ceux qui, bien qu’ils désirent sérieusement se convertir à Dieu, lui plaire uniquement, et être délivrés de ce corps de mort, ne peuvent toutefois encore parvenir aussi avant qu’ils voudraient dans le chemin de la piété et de la foi » (I.16).

 

Ils luttent dans leur vie chrétienne à cause de leur manque d’obéissance, leur manque de zèle, leur manque de piété, leur manque de sainteté.

 

Il est facile de s’identifier à cette catégorie.

 

Tous les jours, nous luttons contre le péché, un excès de colère, une convoitise, des paroles blessantes, un désir de voler.

 

Nous devenons découragés de constater que nous retombons toujours dans les mêmes péchés.

 

Il y a tellement de péchés dans nos vies et tellement peu de victoires qu’on peut en venir à se demander : Suis-je vraiment un élu ?

 

Le doute finit par s’installer.

 

Au fond, notre combat ressemble à celui de l’apôtre Paul.

 

Il avait un cœur nouveau, transformé par le Saint-Esprit, et pourtant il disait :

 

« Je suis charnel, vendu au péché […] Car je le sais : ce qui est bon n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair. Car je suis à même de vouloir, mais non pas d’accomplir le bien. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas. » (Romains 7:14,18-19).

 

Paul était très dérangé par le fait qu’il n’avait pas la victoire sur le péché.

 

Il reconnaissait le combat qui faisait rage en lui et criait son désespoir :

 

« Qui me délivrera de ce corps de mort? »

 

Il connaissait toutefois la réponse :

 

« Grâces soient rendues à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. » (Romains 7:24-25). 

La rédemption se trouve dans le sang de Jésus.

 

Le Seigneur pardonne nos péchés par son sang et nous promet de nous transformer par son Esprit.

 

Suis-je un réprouvé ?

 

Je sais que mes péchés sont encore nombreux.

 

Mais Dieu agit en moi pour produire une tristesse qui mène à la repentance ainsi qu’un désir de justice. C’est là un fruit de l’élection ! Dieu est fidèle !

 

Il va compléter ce qu’il a commencé! Nous avons donc cet encouragement.

 

« Beaucoup moins encore doivent être épouvantés par la doctrine de la réprobation […] puisque Dieu, qui est miséricordieux, a promis qu’il n’éteindra point le lumignon qui fume ni ne brisera le roseau cassé. » (Ésaïe 42:3) (I.16).

 

Il nous arrive de fixer notre attention sur nos imperfections et d’oublier de regarder à Jésus.

 

La Parole de Dieu donne beaucoup d’encouragement à nous tous qui sommes faibles dans la foi.

 

« L’Éternel, Dieu compatissant et qui fait grâce, lent à la colère, riche en bienveillance et en fidélité. » (Exode 34:6).

 

Ne regardons pas à notre force, mais à sa force, non pas à notre infidélité, mais à sa fidélité.

 

Gardons précieusement la promesse de Jésus :

 

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. » (Matt. 11:28-29).

 

Écoutons sa Parole qui nous exhorte tendrement mais fermement à nous tourner vers Jésus.

 

Ceux qui se moquent de Dieu et qui vivent dans le péché

 

Le troisième groupe de personnes est celui qui refuse de se convertir et qui s’abandonne à la façon de vivre de ce monde et aux plaisirs de la chair.

 

« Mais cette doctrine est à bon droit en effroi à ceux qui, ayant mis en oubli Dieu et le Sauveur Jésus-Christ, se sont entièrement asservis aux sollicitudes de ce monde et aux convoitises de la chair, aussi longtemps qu’ils ne se convertissent point à Dieu. » (I.16).

 

Ceux-là devraient sérieusement s’inquiéter !

 

La doctrine de la réprobation est terrible pour ceux qui refusent de se convertir.

 

Ces gens devraient réfléchir très sérieusement au fait que Dieu ne laisse pas le péché impuni.

 

Il peut laisser les gens dans leurs péchés.

 

Il peut les endurcir dans leur incrédulité et leur faire payer le salaire qu’ils méritent dans l’enfer éternel.

 

« Cette doctrine est à bon droit en effroi ».

 

C’est un avertissement et un appel à se repentir pendant que Dieu en donne encore l’occasion.

 

Une telle repentance est nécessaire, car « il est terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant! » (Hébreux 10:31).

 

Il arrive souvent que cet enseignement, par la Grâce de Dieu, saisisse une personne et lui fasse voir la gravité de sa condition pour l’amener ensuite à se convertir.

 

Remarquons bien que ceux qui refusent encore de se convertir ne sont pas appelés des réprouvés.

 

Nous ne devrions jamais conclure une telle chose de personne.

 

Tant qu’une personne respire, nous devrions l’appeler à la repentance et à la foi.

 

L’Église a la responsabilité de prêcher et « d’annoncer tout le conseil de Dieu » (Actes 20:27), et cela inclut la doctrine de la réprobation.

 

Nous ne devrions pas hésiter à l’enseigner.

 

Il ne nous est toutefois pas permis de penser que telle personne est réprouvée, car Dieu ne nous l’a pas révélé.

 

La doctrine de la réprobation nous enseigne à craindre Dieu et à « travailler à notre salut avec crainte et tremblement » (Philippiens 2:12).

 

Car Dieu est un Feu Dévorant.

 

C’est une chose terrible de vivre dans l’Église, d’écouter la Parole de Dieu et d’avoir encore l’audace de vivre dans le péché !

 

Cette doctrine nous encourage à utiliser avec diligence les moyens que Dieu nous a donnés pour vivre et grandir dans la Foi.

 

Elle nous pousse à trouver Notre Unique Assurance en Jésus-Christ.

 

Même si nos péchés sont encore nombreux, ce n’est pas une raison de désespérer.

 

La tristesse à cause de nos péchés est une œuvre de l’Esprit et un fruit de notre élection.

 

Dieu n’a pas fini Son Oeuvre dans nos vies!

 

Il ne va pas laisser tomber ce qu’Il a commencé.

 

Nous pouvons dire avec joie et avec confiance :

 

« Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne, en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus-Christ. » (Philippiens 1:6).

 

Amen,

 

 

Paulin Bedard

Pasteur Paulin Bédard, 

 

 

 

 

 

Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Ressources Chrétiennes

D'après Le solide fondement du salut, série d’études doctrinales sur les Canons de Dordrecht.   

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 19:45
La culture de l'impotence

Cet article a pour sujet la culture de l'impotence où l'homme ne vit plus dans la réalité, mais comme dans un spectacle ou une pièce de théâtre.

 

De même, plusieurs Églises encouragent le formalisme et la superficialité.

 

La culture et la promotion de l’impotence, tel est le titre d’un bref essai de mon ami le pasteur et théologien d’origine arménienne, Rousas John Rushdoony, qui inspire mon exposé.

 

Je vous en propose une très large adaptation ainsi qu’un certain nombre d’applications qui ont davantage trait à la situation du monde francophone.

 

Dans son étude Le Chevalier au cours de l’histoire (1984) l’auteure américaine Frances Gies décrit le déclin de la chevalerie à partir du deuxième millénaire.

 

À l’origine, le chevalier était une figure considérable dans la société féodale.

 

Mais après 1050, c’est son statut de noble, plus que sa fonction, qui fut souligné et mis en valeur.

 

Ce qui jusque là n’avait été qu’un rang nobiliaire se transforma en caste héréditaire.

 

Les tournois entre chevaliers devinrent une représentation théâtrale continue.

 

Le même sort échut également à la royauté, qui à son tour devint une affaire de descendance ainsi que de théâtre.

 

À partir de ce moment, ce ne fut plus la compétence personnelle du souverain qui compta, mais plutôt ses liens avec le sang royal.

 

Les cours royales cessèrent d’être les lieux où s’exerçait la justice pour devenir des centres sociaux où les parades et les habits somptueux l’emportaient de loin sur le caractère personnel et l’aptitude à gouverner des monarques (pensons seulement à Louis XIV, vivant en continuelle représentation dans sa cour théâtrale de Versailles).

 

À la réalité de la vie et des affaires du royaume, on préféra des façades et une ostentation de vitrine, mais l’arrière-boutique, elle, restait vide de tout contenu.

 

Au lieu d’exercer l’autorité et la justice, les princes qui gouvernaient s’occupèrent davantage de mode.

 

Dès lors, on comprend le conte du Danois Andersen sur l’empereur nu… (Bien qu’à mon avis, la morale de ce conte pourrait être inversée et l’on pourrait tout aussi bien parler, pour le passé comme pour le présent, d’habits vides d’empereur…).

 

Il était dès lors inévitable que la fin de cet ordre ne tarde pas à arriver.

 

Ainsi, l’imbécillité de Louis XIV prépara aussi bien la Révolution de 1789 que la Terreur, dont la guillotine emporta la tête de son arrière-petit-fils Louis XVI. (Soit dit en passant, on peut se demander si ce n’est pas injustement que ce dernier a été traité d’imbécile. Cette épithète aurait peut-être convenu davantage à son arrière-grand-père, que de bizarres thuriféraires encensent encore sans la moindre pudeur).

 

De tels monarques ont cherché l’admiration pour eux-mêmes plutôt que la vérité, le progrès et le bien du peuple.

 

L’art lui-même se développa au détriment de la Foi Chrétienne pour devenir l’apanage d’une petite minorité qui s’imagina être l’élite de la nation, mais finit par se réfugier en dehors de toute réalité.

 

Ce phénomène n’est pas étranger aux Églises chrétiennes.

 

Ainsi, l’administration et la bureaucratie se substituent souvent à une authentique préoccupation pastorale, et l’exhibitionnisme clérical éclipse la ferme et fidèle proclamation de l’Évangile.

 

Voyez un peu ceux qui se promènent triomphalement un peu partout avec une démagogie indigne du Christ dont ils prétendent être les serviteurs !

 

Ailleurs, des lobbies cléricalistes placent leurs créatures serviles à des postes-clés pour mieux tirer les ficelles dans les coulisses, et si l’on continue sur cette lancée, la loyauté envers l’Écriture Sainte, voire envers l’Église elle-même, finira par disparaître totalement.

 

Ces tactiques ecclésiastiques ne sont rien de moins, elles aussi, que de l’art théâtral et même du théâtre de bas étage.

 

Voyez aussi combien ce que l’on appelle par un néologisme gonflant et redondant « relations publiques » a remplacé la vieille et solide « Communion des Saints », de même que la vieille expression quelque peu amusante « cure d’âme » a cédé le pas à la psychologie interpersonnelle et à d’autres balivernes…

 

Dans le monde du spectacle, aussi bien la vie que la mort sont des faits imaginaires.

 

Selon un homme de théâtre américain, « la vie, la révolution et le théâtre sont une et même chose, un non catégorique jeté à la figure de la société moderne ».

 

C’est là une parfaite gabegie, car transformer la vie en théâtre c’est couper tout lien avec la réalité réelle, s’il est permis d’utiliser un tel pléonasme.

 

Mais combien de nos contemporains, aussi bien dans le monde des lettres que dans celui des simples spectateurs, déclarent que la vie c’est du théâtre et que le théâtre c’est la vie !

 

On s’imagine qu’une fois monté sur scène on participe au théâtre vivant !

 

Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que les services d’information, ainsi que la politique politicienne, ne sont plus que conférences de presse et discours grandiloquents dans des congrès et des colloques…

 

On fait du théâtre au lieu de mener une action concrète et d’œuvrer en vue d’accomplissements réels, utiles et urgents.

 

Et lorsque l’homme prend congé de la réalité, il finit toujours par se réfugier dans le monde imaginaire du théâtre pour cultiver, promouvoir et faire fructifier une impotence foncière.

 

Pour les zombies culturels modernes, véritables morts-vivants, l’impotence exerce une attraction et une séduction étonnantes.

 

L’impotence évite la peine, l’effort, la dépense de soi et le soin et les soucis quotidiens que demande la vie de famille, ainsi que les problèmes inévitables et même fondamentaux à toute existence humaine normale.

 

C’est avec une singulière dilection que notre époque pourchasse aussi bien l’impotence que son fruit, la mort.

 

Elle favorise l’homosexualité, l’avortement, l’euthanasie… Le presbytre Salvien, du 5e siècle de notre ère, décrivant la chute d’une importante ville de l’Empire romain, constatait que ses habitants n’avaient opposé aucune résistance aux envahisseurs… parce qu’ils étaient beaucoup trop engagés dans les jeux publics !

 

Après le sac de leur ville, les survivants adressèrent une supplique à l’empereur pour qu’il ne tarde pas à rebâtir les arènes afin qu’on puisse continuer à jouer et à s’amuser…

 

Notre époque ne présente pas un autre visage.

 

Rome était mourante, écrivait l’auteur Chrétien, mais elle persistait et signait pour rire et pour s’amuser.

 

Notre génération se meurt, elle aussi, mais regardez combien les amuseurs publics et les charlatans remportent du succès au théâtre, au cinéma et à la télévision…

 

L’impotence est devenue une culture généralisée mortellement dangereuse, puisqu’elle engendre tous les maux sociaux dont nous sommes, de nos jours, les témoins effarés : drogue, promiscuité sexuelle, pornographie, délinquance et une véritable épidémie de suicides chez des adolescents et des jeunes.

 

Il semble que nos contemporains s’intéressent moins à dresser des chevaux de course qu’à collecter des mulets improductifs.

 

Ils doivent être follement mordus par l’incompétence, en être amoureux, car ils s’adonnent avec jouissance à la drogue de leur propre incompétence…

 

Dans l’un de ses premiers ouvrages, l’auteur britannique Chrétien C.S. Lewis écrivait déjà en 1947 que l’éducation humaniste — nous dirions laïciste — était devenue une politique de stérilisation planifiée.

 

Il concluait l’un de ses chapitres en signalant que, tout en enlevant aux hommes tel organe vital, on attend encore d’eux qu’ils puissent rester productifs !

 

On se moque éperdument de l’honneur et de la vertu, mais on s’étonne qu’il y ait tellement de traîtres parmi nous.

 

On castre des foules entières, mais on attend des eunuques qu’ils puissent quand même engendrer !

 

Cette constatation s’applique également à d’autres sphères de l’existence et des activités de nos contemporains.

 

Car la culture et la promotion de l’impotence sont devenues des éléments constitutifs essentiels de la culture humaniste athée.

 

La Foi Biblique et Chrétienne contraste avec cette attitude et ce comportement démissionnaires et suicidaires par ses hautes exigences morales, car elle est une attitude éminemment virile.

 

Elle exige notre mort avec le Christ, mais ceci afin de renaître à une Vie Nouvelle.

 

Elle impose une Soumission Inconditionnelle, mais avec la Promesse de la Véritable Libération.

 

Le monde, lui, et nombre d’Églises modernes avec, ne prescrivent qu’une religion de surface.

 

Mais cette religion superficielle, avant même que n’apparaisse la Réforme évangélique du 16e siècle, avait rendu l’âme et trahi en tout cas la Foi Chrétienne.

 

Toute vie d’Église rongée par le formalisme et par les conventions sociales sera dépourvue de vitalité, car elle ne demande pas d’initiative personnelle ni n’attend aucun engagement de la part de ses membres.

 

Avant même le déferlement d’immondices qui submergent actuellement nos sociétés, nous assistions au dépérissement d’Églises complètement et radicalement formalistes.

 

L’immoralité ne pouvait par conséquent laisser la place inoccupée.

 

Car l’âme de l’homme est comme la nature; elle a horreur du vide !

 

Si la décence, la vertu, la noblesse et l’amour y font défaut, ce sera forcément la bassesse et la vulgarité qui s’en empareront.

 

Dans ce message j’ai, bien entendu, plus à cœur la situation des Églises que celle de la société en général.

 

Combien d’entre elles sont passées maîtres en l’art théâtral !

 

C’est du spectacle qu’on offre et c’est du spectacle que cherchent aussi ceux qui passent d’une Église à l’autre sans jamais trouver la vie transformée qu’offre le Dieu de notre salut.

 

Il ne faut donc pas s’étonner ni des succès fulgurants de certains télévangélistes ni de ceux qui, professionnels du « show-biz », organisent leurs campagnes d’évangélisation à grand renfort de gadgets électroniques, troquant l’Évangile Eternel de Dieu contre les performances d’hommes toujours prêts à exhiber leur encombrante nullité.

 

La fonction royale, je dirai même le ministère royal consistait, nous dit-on, à exercer et à promouvoir la justice et à l’appliquer dans toute l’étendue du territoire du souverain.

 

Pour le souverain médiéval, la justice constituait la vertu première de son gouvernement.

 

Certes, tous les monarques de l’époque ne furent pas à la hauteur de leur mission.

 

Mais d’ordinaire, on s’attendait à ce que le monarque fût avant tout le serviteur de la justice, qui devait être la même envers tous, sans discrimination.

 

Ce n’était pas à une représentation théâtrale qu’ils avaient été appelés.

 

Et lorsque la monarchie se convertit en théâtre, comme ce fut surtout le cas pour la cour de Louis XIV, alors elle cessa d’exister.

 

Ayant perdu toute prise avec la réalité, elle creusa sa propre tombe.

 

Mon ami le pasteur Rushdoony rappelle le cas de Louis de Bavière, l’ami de Richard Wagner.

 

Il avait été le mécène des arts le plus généreux de son temps, notamment à l’égard du célèbre compositeur de Bayreuth.

 

Mais l’idée qu’il se faisait de la royauté était complètement irréaliste.

 

Aussi aboutit-elle au suicide de la monarchie bavaroise.

 

D’ailleurs, Wagner, lui aussi, prenait l’Allemagne de son époque, ainsi que l’Europe contemporaine, pour une vaste scène théâtrale.

 

Il réussit à plonger ses contemporains dans un monde de fantaisie et de mythes.

 

Selon Wagner et son concept anthropologique, le mythe était l’expression la plus élevée de la vérité.

 

Le mythe a trouvé actuellement un sol propice dans des Églises chrétiennes.

 

Seul le mythe, enseigne-t-on dans des séminaires de théologie sans foi ni loi, est la forme de la vérité religieuse la plus élevée.

 

Ainsi, si d’après l’hérésiarque moderne Rudolf Bultmann, il fallait démythologiser les Évangiles, d’après un autre hérésiarque, Paul Tillich, il convient de remythiser l’Évangile pour parvenir à en saisir la vérité profonde…

 

Mais à quoi vous servirait-il, je vous le demande, de spéculer sur le mythe quand vous êtes aux prises avec les questions et les problèmes les plus complexes, les plus concrets et les plus redoutables de votre existence sur terre, avec votre condition d’êtres humains en face de Dieu ?

 

Autant chercher à traverser un abîme en y jetant, en guise de pont, une géante toile d’araignées…

 

Confondre Vérité Chrétienne avec mythe sacré c’est encore jouer du théâtre non seulement sur les parvis des églises, comme cela se pratiquait jadis, mais à l’intérieur même de celles-ci.

 

Souvenons-nous cependant que, dans le théâtre, le rideau baisse sur le dernier acte, mais que la vie, elle, continue en dehors de la salle de spectacle.

 

La vie, les naissances et les morts se suivent à une cadence régulière.

 

Nous ne pouvons pas les maîtriser avec quelques astuces de prestidigitateur pour attrape-nigauds…

 

Nous ne pouvons pas tirer nous-mêmes le rideau après notre passage.

 

Aussi l’impotent n’a-t-il aucun avenir…

 

La culture et la promotion de l’impotence sont l’occupation favorite des humanistes athées.

 

Mais Notre Dieu est le Dieu de la Vie.

 

Il nous et vous invite à nous abreuver à satiété au fleuve de vie qui prend sa source en Son Eternité.

 

Amen,

 

 

 

Aaron Kayayan, Pasteur Protestant Réformé, Refuge Protestant

Aaron Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

Bible Refuge Protestant
ressources chrétiennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Ressources Chrétiennes

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 19:18
Le triomphe apparent des méchants

Psaume 10 

Pourquoi, ô Éternel ! te tiens-tu éloigné ? Pourquoi te caches-tu au temps de la détresse ?

Le méchant dans son orgueil poursuit les malheureux, Ils sont victimes des trames qu'il a conçues.

Car le méchant se glorifie de sa convoitise, Et le ravisseur outrage, méprise l'Éternel.

Le méchant dit avec arrogance : Il ne punit pas ! Il n'y a point de Dieu ! - Voilà toutes ses pensées.

Ses voies réussissent en tout temps; Tes jugements sont trop élevés pour l'atteindre, Il souffle contre tous ses adversaires.

Il dit en son coeur : Je ne chancelle pas, Je suis pour toujours à l'abri du malheur !

Sa bouche est pleine de malédictions, de tromperies et de fraudes; Il y a sous sa langue de la malice et de l'iniquité.

Il se tient en embuscade près des villages, Il assassine l'innocent dans des lieux écartés ; Ses yeux épient le malheureux.

Il est aux aguets dans sa retraite, comme le lion dans sa tanière, Il est aux aguets pour surprendre le malheureux ; Il le surprend et l'attire dans son filet.

10 Il se courbe, il se baisse, Et les misérables tombent dans ses griffes.

11 Il dit en son coeur : Dieu oublie ! Il cache sa face, il ne regarde jamais !

12 Lève-toi, Éternel ! ô Dieu, lève ta main! N'oublie pas les malheureux !

13 Pourquoi le méchant méprise-t-il Dieu ? Pourquoi dit-il en son coeur : Tu ne punis pas ?

14 Tu regardes cependant, car tu vois la peine et la souffrance, Pour prendre en main leur cause ; C'est à toi que s'abandonne le malheureux, C'est toi qui viens en aide à l'orphelin.

15 Brise le bras du méchant, Punis ses iniquités, et qu'il disparaisse à tes yeux !

16 L'Éternel est roi à toujours et à perpétuité ; Les nations sont exterminées de son pays.

17 Tu entends les voeux de ceux qui souffrent, ô Éternel ! Tu affermis leur coeur ; tu prêtes l'oreille

18 Pour rendre justice à l'orphelin et à l'opprimé, Afin que l'homme tiré de la terre cesse d'inspirer l'effroi.

Le Psaume 10 fait acrostiche avec le précédent qui est nettement de David.

 

Dans les Septante, ils sont unis, et dans notre version ce Psaume n’a pas de titre qui pourrait être :  « Problème du mal dans la Création de Dieu ».

 

Ce problème est un des plus anciens de la pensée humaine et va de pair avec un second dont on entend souvent parler :

 

« Dieu est-il personnel et immanent ou impersonnel et transcendant ? »

 

Il apparaît aussi dans ce Psaume.

 

Dans le premier verset, le psalmiste semble troublé.

 

Il a le sentiment que le Créateur est trop loin, inaccessible, et ne peut pas intervenir dans la bonne marche de Sa Création.

 

Un « pourquoi ? » est posé devant le problème du mal.

 

Il trouve son écho dans celui du Christ sur la croix.

 

La souffrance exprimée ici et les problèmes examinés se distinguent nettement de ceux que nous trouvons dans le Psaume 6 où il est question des souffrances méritées, cause d’un péché bien connu et non confessé.

 

Il s’agit ici des problèmes qui découlent du péché en général et qui n’attirent pas l’intervention immédiate de Dieu, le Juste Juge.

 

C’est pourquoi le péché imprime la pensée et le caractère du méchant (versets 2 à 4).

 

Ce personnage est orgueilleux, vantard, outrageux, méprisant, hardi, arrogant et même athée.

 

Le principe est que, dans ce monde, le péché réussit mieux que la justice.

 

Le psalmiste ne saisit pas comment une telle pensée peut Glorifier Dieu ou comment Dieu peut rester Juste tout en n’intervenant pas.

 

Le pourquoi du verset 1 se pose à nouveau devant cette réussite du méchant.

 

Dieu laisse peut- être agir le pécheur pour lui donner le temps de se repentir (2 Pierre 3:9).

 

Mais pourquoi lui permettre la réussite dans sa mauvaise voie !?! 

 

Dieu encouragerait-Il le péché !?! 

 

La question est posée devant Dieu.

 

C’est celle du méchant lui-même.

 

Dieu n’agit pas, donc Il ne voit pas ou n’existe pas.

 

Le méchant fait souffrir le juste et Dieu semble l’encourager dans cette injustice.

 

Posons-nous cette question : Dieu exige-t-Il et encourage-t-Il la souffrance silencieuse du Chrétien même quand il est dans la juste voie ?

 

La Bible donne une réponse catégorique (1 Pierre  2:19-23; 3:17-18; Hébreux 11:35).

 

La dernière partie du Psaume (versets 12 à 18) est un appel à l’Intervention Divine.

 

D’abord prière instante avec nouvelle interrogation, puis confession de Foi dans la Justice Finale de Dieu.

 

Le Jugement Divin est invoqué (verset 15, en contraste avec le verset 5).

 

La conclusion assure l’exaucement de la Prière du Juste et l’encourage à croire et à agir envers et contre tout, dans les plus affreuses ténèbres.

 

Ainsi nous serons par avance un Témoignage en face de la hardiesse du méchant (2 Thessaloniciens 1:5).

 

 

Amen, 

 

 

Aaron Kayayan Refuge Protestant

Aaron Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé,

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 18:19
L’amour factice ou la tolérance humaniste

Il est une forme tordue de l’amour dans le monde chrétien, Protestant comme évangélique.

 

On brandit le verset :

 

« L’amour couvre une multitude de péchés »,

 

pour camoufler ou absoudre des fautes graves alors que les coupables ne les ont confessés qu’après y avoir été forcés.

(nota refuge Protestant : et encore malheureusement pas toujours, existant dans de nombreux endroits une douteuse absolution sur des critères fort discutables et contestées par Dieu même, laissant des "tolérances" ou hypocrisies donnant image à l'extérieur non à un pardon avec une repentance réelle avec ses fruits de réconciliation et témoignage saint, mais hélas plutôt une gausserie pointant vers "tous les mêmes" : religion, politique, etc... , rejet, mépris).

 

C’est le cas de Pharaon qui reconnaît avoir péché à la huitième plaie, pour que le cataclysme cesse, mais dont la repentance n’est que de circonstance, tandis que le cœur, lui, s’est endurci.

 

C’est aussi le cas de Saül, convaincu de mensonge et de désobéissance grave par Samuel (1 Samuel 15).

 

Le repentir apparent de Saül n’a qu’un motif : ne pas perdre son trône.

 

Le sentimentalisme n’a rien à voir, non plus, avec l’Amour Divin.

 

Il est même irréductiblement opposé.

 

Paul dit :

 

« la chair a des désirs contraires à l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à la chair ; ils sont opposés l’un à l’autre, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez » (Galates 3 : 17).

 

La chair englobe l’âme et ses sentiments.

 

Quand Pierre a fait preuve de sentimentalisme et de fausse compassion vis-à-vis de Christ, Jésus lui a lancé :

 

« Arrière de moi, Satan ! Tu es pour moi un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Mathieu 16 : 23).

 

Nos « bons sentiments » sont généralement sous la coupe directe de Satan.

 

Le sacrificateur Eli a fermé les yeux sur les abus commis par ses enfants, regardant sans doute, à la lumière de son amour paternel, ces abus abominables comme de simples frasques.

 

Dieu n’était pas d’accord, et toute la famille a subi, à perpétuité, une lourde malédiction (1 Samuel 3 : 13, 14).

 

Si l’on y regarde de près, Eli était âgé de 98 ans ; il était physiquement aveugle, et, selon les critères humanistes, il avait lui aussi droit à toute notre indulgence.

 

Mais vieillesse ou pas, Eli savait que ses fils couchaient avec des femmes qui venaient chercher la face de Dieu, et que tout Israël était contaminé par leurs transgressions (1 Samuel 2 : 22).

 

Au lieu de prendre une décision radicale pour écarter ses fils, il a choisi une molle admonestation.

 

Dieu, Lui, a puni la famille toute entière !

 

Nos « bons sentiments » ne font pas partie de l’amour agape.

 

Pourtant, dans beaucoup d'églises, l’indulgence sentimentale est aujourd’hui pratiquée sur une large échelle.

 

On la confond avec l’amour.

 

Voici un exemple :

 

Le cas d’un pasteur qui, après avoir régulièrement chuté et été mis à l’écart quelque temps, retrouvait sa place de pasteur après une « repentance » publique.

 

Ce pasteur en profitait pour exiger qu’on remette aussi son fils à sa place de co-leader.

 

Au nom de l’amour et du pardon chrétien, bien entendu… La plus grande partie de l’église a suivi !

 

Or ce fils venait de faire un braquage et se trouvait encore en prison !

 

Depuis, dans beaucoup d'églises, les prédications ne portent que sur le pardon et l’amour fraternel.

 

... Jamais sur l’exigence de sainteté de Dieu…

 

Une partie de la Bible ne fait pas la Bible.

 

Ce type d’amour « qui couvre une multitude de péchés » est souvent une forme de complicité, qui aide ceux qui cachent des péchés similaires à se sentir moins sales, et qui permet à tous, au nom de l’amour et de la tolérance, de s’absoudre mutuellement.

 

Puisque le leader le fait et que tous lui pardonnent !…

 

Le niveau d’exigence de Sainteté de Dieu est ainsi rabaissé et devient facile et confortable.

 

Ce qui coûte d’une telle attitude : Le Saint-Esprit se retire progressivement de ces lieux.

 

On doit pardonner « si le frère se repent » jusqu’à « soixante dix fois sept fois » (Matthieu 18 : 22 et Luc 17 : 4).

 

Etre patient comme Dieu l’est avec nous, oui. Mille fois oui ! 

 

Mais devenir tolérant et aveugle avec le péché, non !

 

Ni avec le nôtre, ni avec celui d’autrui, car Dieu a dit par la bouche de Paul :

 

« Le salaire du péché, c’est la mort ».

 

Où est l’amour quand on fait croire aux gens qu’ils peuvent pratiquer sans conséquence ce que Dieu réprouve ou que l’on se tait « pour ne pas les blesser » ?

 

Au nom de « Dieu comprendra », ou « Dieu est amour », la moralité et l’intégrité dégringolent dans l’Eglise comme dans le monde.

 

Mais Dieu, Lui, n’a pas changé d’un iota.

 

Sa Loi de Sainteté non plus.

 

« Que la bonté de Dieu te pousse à la repentance », s’écrie Paul en Romains 2 : 8.

 

Il rappelle ensuite que, par l’endurcissement et par un cœur impénitent, on s’amasse un « trésor de colère pour le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu ».

 

Jésus a donné cet ordre :

 

« Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5 : 48).

 

C’est un ordre perpétuel.

 

C’est la seule chose à laquelle nous devons aspirer de toutes nos forces, pour notre salut et pour porter du fruit, en acceptant les jugements de Dieu et son émondage parfois douloureux, par amour du prochain, par amour pour Dieu et par amour pour nous-mêmes, car il est écrit :

 

« Recherchez la paix avec tous et la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur ».

 

La paix dont la Bible parle ne peut se faire dans le compromis, au détriment du mal fait et/ou occasionné au nom de la tolérance.

 

Cela, c’est la paix babylonienne, une "pax romana" factice,  et vouée à l’écroulement.

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Theonoptie

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 12:28
Endoctrinés ! La vie dans un monde d’illusion et de tromperie

Plusieurs d’entre nous avons l’impression d’être parfaitement conscients de nos convictions et des raisons qui nous ont poussés à les adopter.

Peut-être pensez-vous que votre vision du monde est cohérente, logique et bien pensée.

Mais se pourrait-il que vous soyez davantage le produit de votre culture, de votre société et de vos pairs que vous ne le réalisez ?

Le psychologue séculier Philip Zimbardo croit assurément que nous pouvons facilement être influencés à penser ou à nous comporter de certaines façons.

En 1971, il a mis en œuvre l’expérience de Stanford.

Pour ce faire, il a pris des étudiants collégiaux américains en bonne santé et apparemment bien disposés.

Il leur a attribué au hasard les rôles de prisonniers et de gardiens de prison.

L’expérience de Zimbardo est devenue si réelle pour ceux qui y participaient, et la cruauté de ceux qui avaient le rôle de gardiens est devenue si grande que plusieurs ont souffert de dépression nerveuse.

Zimbardo a donc dû arrêter l’expérience.1 

Il semble qu’un jeu de rôle intense était suffisant pour rendre méchants ces gentils collégiens.

On pourrait argumenter que cette situation s’est passée dans un environnement fermé et qu’elle ne pourrait pas se produire dans le monde réel. Cependant, de manière plus graduelle et subtile, de nouvelles valeurs et perceptions deviennent “normalisées” dans la société. Quand nous entendons ces idées de manière répétée, particulièrement lorsque nous sommes jeunes, et que tout le monde semble y croire, elles deviennent nos croyances, parfois inconsciemment. Alors quels sont les mensonges qu’on nous a fait avaler ?

Mensonge numéro un : Dieu n’a pas créé le monde, du moins pas de la façon décrite dans la Bible.

 

C’est seulement lorsque la Bible a commencé à être imprimée de façon plus répandue dans les langues courantes comme le français ou l’anglais, à partir des années 1500, que les gens ordinaires ont pu la lire et la comprendre par eux-mêmes.

Pendant un certain temps, le paradigme social dominant2 consistait à croire que la Bible est vraie, y compris son récit de la création (comme l’ont fait des fondateurs de la science moderne (lien) tels que Isaac Newton (lien)).

Néanmoins, à cette époque, des hommes d’influence dans la société ont commencé à remettre en question les Vérités Bibliques.3 

Trop orgueilleux pour accepter ces humiliantes vérités, plusieurs riches, puissants et universitaires ont préféré créer de nouveaux paradigmes (voir les tableaux ci-dessous) qui portaient atteinte aux fondements de l’Évangile (lien).

Un exemple en est le sapement de l’histoire de la Genèse, qui expose le contraste entre la Création Miraculeuse par Dieu d’un monde parfait qu’Il aime et le libre choix de l’homme de pécher, expliquant ainsi la malédiction qui pèse sur notre monde (lien).

Les nouveaux paradigmes attaquent Dieu, le faisant paraître responsable de la souffrance (lien) dans le monde, ou indifférent, ou simplement inexistant (lien).

 

Tableau 1. Création d’un paradigme social — Dieu n’a pas créé le monde

NomSièclePrincipaux domaines d’influencesLe changement de paradigme auquel ils ont contribué
James Hutton (anglais)XVIIIeGéologieLa terre est très vieille, et non âgée d’environ 6 000 ans (lien) tel que déterminé à partir de la Bible par plusieurs chrétiens (lien), dont l’archevêque James Ussher (lien).
VoltaireXVIIIePhilosophieIl pourrait y avoir un Créateur, mais il n’y a pas de révélation spéciale dans la Bible (lien) et pas de miracles (lien).4
Charles DarwinXIXeHistoire naturellePlutôt que Dieu ait créé l’homme et la femme (lien) à son image (lien), l’humain descend d’ancêtres semblables au singe.
Francis Galton (anglais)XIXeEugénisme, psychologie, anthropologieLes gens n’ont pas tous la même valeur.
Friedrich Nietzsche (anglais)XIXePhilosophie“Dieu est mort.”5
James George FrazerXIXe
et
XXe
AnthropologieLes croyances humaines ont évolué de la magie, à la religion, à la science.6

Mensonge numéro deux  : La Bible n’est pas infaillible.

 

L’Église n’était pas prête à rejeter la Bible en entier, mais elle était disposée à arrêter de prendre la Parole de Dieu dans son sens premier, afin qu’elle puisse mieux correspondre aux paradigmes sociaux dominants.

Cela a commencé pour de bon quand l’Église a accepté le mythe selon lequel la science ne relevait pas du domaine de la religion.

Les Chrétiens devaient s’en tenir aux “choses spirituelles” et laisser l’étude de la nature aux autorités séculières.

Le problème était qu’en acceptant la philosophie de Galilée, qui stipule que la Bible ne concerne que les choses célestes et n’a donc aucune autorité en ce qui a trait au monde naturel7, les Chrétiens pouvaient commencer à croire que le récit de la Création que l’on retrouve dans la Genèse contient des lacunes (lien) ou est simplement symbolique (lien).

Bien sûr, la réponse de Galilée au rejet de ses découvertes est tout à fait compréhensible, mais toute cette affaire a eu pour conséquence malheureuse d’encourager les gens à dissocier la Bible de la science, tandis qu’au contraire la véritable séparation était entre le pouvoir religieux établi (et ses croyances principalement aristotéliciennes) et la science de Galilée.

Une fois le récit de la Création remis en question, des doutes en ce qui concerne un déluge planétaire et la tour de Babel ont rapidement suivi.

Approfondissant l’œuvre de Darwin, qui conduisait à écarter le sens littéral du Récit Biblique au nom de la science, des anthropologues comme James George Frazer ont donné de nouvelles explications aux importantes preuves archéologiques et anthropologiques issues des quatre coins du monde.

Pourtant, en réalité, les données archéologiques confirment plutôt largement ces trois importants événements historiques.

Avec le temps, les théologiens ont commencé à théoriser au sujet des auteurs de la Bible, au point de contester que Moïse ait écrit le Pentateuque (lien).

Ceux qui assimilent de tels paradigmes vont éventuellement remettre en doute la totalité des Écritures.

Et pour ceux qui ne peuvent pas vivre avec la dissonance cognitive que cela apporte, la Foi est alors affaiblie ou complètement emportée.

Tableau 2. Création d’un paradigme social — la Bible n’est pas infaillible

NomÈre
(siècle)
Principaux domaines d’influenceLe changement de paradigme qu’ils ont amené
La controverse de GaliléeXVIe – XVIIeScience et philosophie“C’est mieux de garder la science et les principes de la Bible complètement séparés.”
WellhausenXIXeÉtudes de la BibleMoïse n’a pas écrit le Pentateuque (un exemple seulement parmi les nombreuses attaques contre la paternité des auteurs de la Bible).
Peter EnnsXXIeÉtudes de la BibleL’écriture de la Bible est plus humaine qu’inspirée.8

Mensonge numéro trois : La morale et l’éthique sont relatives – ils peuvent évoluer et évoluent

Nous avons maintenant une “nouvelle moralité”.

Cela signifie, par exemple, que les droits de la femme peuvent être utilisés pour justifier le meurtre d’un enfant qui n’est pas encore né.

Ce processus insidieux — la mise à mort des êtres humains les plus vulnérables — a été banalisé dans notre société.

Nous utilisons des euphémismes (comme “interruption de la grossesse”) pour nier la réalité de ce qui se passe réellement.

Ainsi, des athées tels que Richard Dawkins et Peter Singer promeuvent les droits des animaux, mais considèrent les fœtus humains comme jetables.

Singer et d’autres vont encore plus loin et appuient l’infanticide après la naissance (lien) aussi bien qu’avant cette dernière.9

Ceci nous mène à une illusion particulièrement commune en Occident — que nous sommes à la base de bonnes personnes vivant dans un beau monde.

Nous nous réfugions dans la bulle d’un confort chimérique, souvent ignorants du péché qui habite dans notre propre cœur, car lorsque nous acceptons ces paradigmes trompeurs, notre perception devient déformée.

Tableau 3. Création d’un paradigme social — évolution de la morale

NomÈre
(siècle)
Principaux domaines d’influenceLe changement de paradigme qu’ils ont amené
Peter SingerXXIePhilosophieCe n’est pas nécessairement mal de tuer un être humain innocent — c’est-à-dire qu’il est acceptable de tuer un enfant infirme — s’il n’est pas souhaité (par les parents) qu’il vive.10
Steven PinkerXXIePsychologie évolutionnisteL’humanité n’est pas pécheresse — nous sommes de moins en moins violents et nous évoluons pour devenir de meilleures créatures.11
Richard DawkinsXXIeBiologie évolutionniste“Il n’y a probablement pas de Dieu. Maintenant, arrêtez de vous faire du souci et profitez de la vie.”12

Mensonge numéro quatre : Le christianisme biblique est radical et dommageable pour notre société

 

Ce mensonge consiste à renverser la Vérité et à réécrire l’histoire.

Un exemple d’une telle propagande est que, plutôt que de tenir la nature pécheresse de l’homme et l’influence du darwinisme responsables de l’Holocauste, certains tordent les faits pour suggérer que c’est le christianisme qui est à l’origine d’un tel massacre.

Pour ce faire, ils doivent ignorer les fortes racines évolutionnistes à la base des pratiques raciales et eugénistes des nazis (lien)13 et leur intention d’exterminer la chrétienté (lien).

Les nouveaux athées utilisent les médias sociaux pour influencer les jeunes (plutôt que de les éduquer) en mettant à leur avantage toutes les religions dans le même panier.

Ils peuvent ainsi associer le Christianisme Biblique, dans la pensée des gens, aux formes de religions dangereuses et violentes tel l’Islam radical (lien).

Avez-vous remarqué qu’une histoire mondiale cohérente n’est pas enseignée dans les écoles publiques ?

Il semble que l’histoire du monde soit trop vaste pour envisager de l’enseigner, et que tant que les enfants sauront comment trouver des informations, ils seront suffisamment éduqués.

Je crois toutefois qu’aucun enfant faisant une recherche par soi-même de l’histoire du monde sur, par exemple, l’Internet n’est susceptible d’obtenir une bonne vue d’ensemble.

Cela signifie que plusieurs Occidentaux nés après la Seconde Guerre mondiale ont peu d’exposition réelle aux pires exemples modernes de la nature humaine, tout en étant insuffisamment éduqués sur ces vérités.

De même, beaucoup de chrétiens modernes n’aiment pas aborder les combats historiques décrits dans l’Ancien Testament — et s’ils croient au mythe évolutionniste, ils s’appuient sur quelque chose qui est contraire à l’histoire de la Genèse.

Cela signifie que, même à l’église, une histoire Biblique cohérente du monde et une vue d’ensemble Biblique qui se tient logiquement ne sont pas nécessairement enseignées.

Ainsi, les jeunes sont dépourvus d’une pleine compréhension de la Bible qui leur servirait de Lentille de la Vérité à travers laquelle interpréter le monde.

Au lieu de cela, ils se sentent de plus en plus embarrassés de défendre la Bible parmi leurs pairs.

Nous constatons également que les milieux académiques et les médias populaires ne permettent pas de remettre en question la pensée établie.

Une tendance répandue consiste à humilier ceux qui oseraient la défier — surtout en ce qui concerne des sujets tels que l’âge de la terre.

Le physicien populaire Brian Cox peut maintenant affirmer pratiquement sans être contesté:

“Il est correct de dire que, si vous croyez que le monde a été créé il y a 6 000 ans, comme les créationnistes le font, alors vous êtes un idiot. Il n’y a rien de mal à dire cela puisque vous êtes un idiot.”14 

Le film Expelled: No Intelligence Allowed (Expulsé : Pas d’intelligence permise) explique pourquoi les scientifiques qui croient à la création sont souvent forcés de garder le silence sans quoi ils risquent de se voir refuser un poste ou de nuire à leur carrière.

Tableau 4. Création d’un paradigme social — le Christianisme Biblique est dangereux

NomÈre
(siècle)
Domaines d’influences principauxLe changement de paradigme qu’ils ont amené
Richard DawkinsXXIeBiologie de l’évolutionLa religion est la source de nos problèmes.15
Sam HarrisXXIePhilosophie“Les chrétiens ont abusé, opprimé, asservi, insulté, tourmenté, torturé et tué des gens au nom de Dieu pendant des siècles, sur la base d’une lecture théologiquement défendable de la Bible.”16
Steven PinkerXXIePsychologie évolutionnisteLa mort de Christ sur la croix était un acte sadique, lequel est adopté de façon inappropriée par ceux qui y croient.17

Contrer les critiques du christianisme

Alors, puisque nous vivons dans une société qui a été imprégnée de mensonges depuis plus de 300 ans, comment devrions-nous réagir ?

Tout d’abord, si la réalité de ce monde peut être illusoire, et qu’il y a une réelle vérité qui ne peut pas être vue facilement, nous devons trouver et reconnaître cette vérité, et nous juger nous-mêmes à la lumière de celle-ci. Paradoxalement, le chemin vers la vérité est à la fois simple et exigent.

Il est simple en ce sens que c’est Dieu qui prodigue la Vraie Sagesse. “Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée.” (Jacques 1.5) Nous devons être assez humbles pour donner à Dieu la chance de nous révéler Sa Vérité. Ceci implique que nous parlions à Dieu (par la prière) et lisions la Bible, la Parole inspirée de Dieu pour nous, avec un cœur et un esprit ouverts. Tout dépend de notre approche envers Dieu afin qu’Il puisse faire le reste.

La démarche qui consiste à regarder les Écritures “en pleine face” peut être aussi douloureuse que la lutte de Jacob avec l’ange de l’Éternel (Genèse 32:24-32). Nous pouvons rencontrer des idées qui ne nous plaisent pas vraiment, et si nous sommes déterminés à trouver la Vérité, nous aurons alors à nous demander si ce n’est pas notre façon de penser qui est mauvaise. Il est utile, dans le cadre de cette démarche, de comprendre d’où proviennent nos croyances préexistantes, car elles peuvent bien venir du monde, ou de notre propre pensée pécheresse.

Il y a seulement une personne, le Dieu-homme (lien)Jésus-Christ (lien), dont la perception de la vérité était parfaite, parce que Sa Pensée n’était pas entravée par le péché ni influencée par le monde. Il a fait une promesse à ceux qui croient en Lui :

“Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.” (Jean 8:32)

 

par  
traduit par Daniel Arsenault et Julie Charette Lauzon 

endoctrinement et illusion
Bible
Croix Huguenote
Ressources Chrétiennes Refuge Protestant

 

Références et notes
  1. Zimbardo, P., The Psychology of Evil (la psychologie du mal), ted.com, février 2008. 
  2. Un paradigme est le cadre de la pensée, ou le principe d’organisation, à l’intérieur duquel les choses sont perçues, interprétées et comprises. 
  3. Les changements de paradigmes sociaux ne progressent pas nécessairement d’une manière chronologique ou séquentielle. Souvent des penseurs influents, comme Freud, font des propositions qui sont choquantes pour l’époque. La société dans son ensemble peut alors prendre du recul face au paradigme, voire même le rejeter. Néanmoins, la graine a été semée, et une partie fait son chemin, pour être poussée plus loin par quelqu’un d’autre sous une forme modifiée. Par exemple, l’idée de l’eugénisme engendrée par l’évolution (lien) a finalement été jugée cruelle et immorale, mais une telle sélection humaine réapparait maintenant sous la forme d’avortement des nourrissons handicapés (lien)
  4. Butel, C, L’histoire de la montée du matérialisme dans la société occidentale (lien)Journal of Creation (Journal de la Création14(3):16–23 Décembre 2000; creation.com/materialism. 
  5. Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le prologue de Zarathoustra, paragraphe 2. Extrait à partir de www.ebooksgratuits.com/pdf/nietzsche_ainsi_parlait_zarathoustra.pdf le 17 janvier 2016. 
  6. en.wikipedia.org/wiki/James_George_Frazer, consulté le 11 août 2014. Notamment, Frazer a tenté d’expliquer d’une nouvelle manière les extraordinaires éléments de preuve anthropologique issus des quatre coins du monde qui corroborent les trois événements bibliques suivants: la Création, le Déluge, et l’incident de la tour de Babel. Voir Cooper, B., The Authenticity of the Book of Genesis (L’authenticité du Livre de la Genèse), pp. 196–201, 2011. 
  7. Mortenson, Philosophical naturalism and the age of the earth: are they related? (Le naturalisme philosophique et l’âge de la terre: sont-ils liés ? (lien)), The Master’s Seminary Journal 15(1):71–92, printemps 2004; 
  8. Cosner, L., The Bible Tells Me So (La Bible me le dit) par Peter Enns: un compte rendu, 23 décembre 2014.
  9. Cosner, L., Richard Dawkins: Les dauphins ont-ils plus de valeur que les bébés atteints du syndrome de Down ? (lien), 24 août 2014. 
  10. Cosner, L., Brouiller la ligne entre l’avortement et l’infanticide? (lien), 2 juillet 2008; 
  11. Singer, P., La violence est-elle chose du passé ? (anglais) (compte rendu de Better Angels of Our Nature, par Steven Pinker), New York Times, 6 octobre 2011; nytimes.com. 
  12. Robinson, P., Probablement pas de Dieu ? Les athées mettent leurs têtes dans le sable (lien), 7 avril 2009.
  13. Weikart, R., The role of Darwinism in Nazi racial thought (Le rôle du darwinisme dans la pensée raciale nazie), German Studies Review (Revue des études allemande36(3):537–556, 2013. 
  14. Farndale, N., Brian Cox: “Je ne suis pas opposé à la religion. Je suis opposé aux maniaques”, Telegraph, 21 février 2011; telegraph.co.uk. Voir aussi Grigg, R., Ruine et misère de la BBC (lien), 2 août 2011. 
  15. Malheureusement, les nouveaux athées semblent inaptes ou non disposés à reconnaître la nature “religieuse” / fondamentaliste de leurs propres croyances — et n’appliquent donc pas l’idée pertinente qui consiste à séparer “l’Église” et l’État. Il semble qu’ils souhaitent imposer leurs nouvelles croyances fondamentalistes à la société. 
  16. Harris, S., Letter to a Christian Nation (Lettre à une nation chrétienne), p. 9, 2006. Voir la réfutation par Wilson, D., Lettre d’un citoyen chrétien (lien)
  17. Steven Pinker, The Better Angels of our Nature – Why Violence has Declined (Les bons anges de notre nature — Pourquoi la violence a diminué), Viking, p.25, 2011; . .

Un philosophe en tête de l’anti-créationnisme admet que l’évolution est une religion

(traduit par Raymond et Noëlle Stutz)

L’évolution est considérée par ses adeptes comme étant davantage qu’une simple science. L’évolution promeut une idéologie, une religion séculière, une solution de rechange laïque à part entière face au christianisme. Et cela autant du point de vue du sens que de la morale. Je suis un évolutionniste ardent et un ex-chrétien, mais je dois admettre que dans cette requête en justice — et M. Gish est l’un des nombreux à la faire — ceux qui prennent les choses à la lettre ont tout à fait raison. L’évolution est une religion. Ce fut le cas de l’évolution dans ses débuts, et cela reste vrai encore aujourd’hui.

… L’évolution devint donc une sorte d’idéologie laïque, un substitut explicite au christianisme.

Michael Ruse était professeur de philosophie et de zoologie à l’Université de Guelph au Canada (il a récemment déménagé en Floride). Il était à la tête des philosophes anti-créationnistes dont les arguments (imparfaits) ont semblé convaincre le juge (partial) de se prononcer contre le projet de loi — en 1981/82 — sur le “traitement équilibré en Arkansas” (concernant l’enseignement de la création et de l’évolution dans les écoles). Lors du procès, lui et les autres anti-créationnistes ont rejeté à pas feutrés la demande qui leur était faite d’affirmer que l’évolution était une religion anti-dieu.

 

 

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 07:30
La Foi Chrétienne et la franc-maçonnerie

Les deux textes ci-dessous sur « Franc-Maçonnerie et Christianisme » sont tirés du quatrième volume de l’ouvrage de Jean-Marc Berthoud (rédigé en cinq volumes), l’Histoire alliancielle de l’Église dans le monde, livre à paraître, Dieu voulant, dans un proche avenir.

 La foi chrétienne et la franc-maçonnerie 

 

 Par Jean-Marc Berthoud,

Lors du 12e Salon des Antiquaires tenu à Lausanne du 12 au 27 novembre 1981, une exposition fut consacrée à L’art dans la franc-maçonnerie. A l’occasion de cette exposition patronnée par un comité maçonnique, un texte, intitulé Pourquoi le symbolisme ? a été diffusé afin d’expliquer aux profanes les buts éminemment spirituels poursuivis par cette organisation beaucoup moins discrète aujourd’hui que par le passé.

Ces buts ainsi ouvertement affichés sont-ils compatibles avec la foi chrétienne ?

Examinons-les point par point avec l’attention qu’ils méritent.

Le texte maçonnique est imprimé en italique.

 

 

 Article 1. 

Héritiers spirituels des bâtisseurs de cathédrales au Moyen Âge, les francs-maçons entendent élever, par leur participation active, ce qu’ils nomment le temple idéal de l’humanité.

 

Réfutation — Héritiers spirituels des bâtisseurs de cathédrales du Moyen Âge, comme ils l’affirment, les francs-maçons ne devraient-ils pas oeuvrer, comme le firent ces bâtisseurs, à l’édification du temple de Dieu qu’est l’Église de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ?

___

 

Article 2. Une telle entreprise – à jamais inachevée – suppose à la base un effort constant de la part de chaque franc-maçon dans la quête de la Vérité qu’il est appelé à chercher d’abord en lui-même.

 

Réfutation — La Foi chrétienne n’enseigne-t-elle pas que la Vérité – notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, vrai Dieu et vrai homme, venu auprès des hommes pour le salut d’une humanité perdue – n’a pas à être recherchée en nous-mêmes, créatures limitées et pécheresses, mais en Dieu et dans sa Révélation ? C’est par le témoignage inerrant [sans erreur aucune] des Écritures à l’oeuvre parfaite et achevée d’Incarnation et d’Expiation du Fils de Dieu, que nous pouvons avoir accès, par l’Esprit Saint, au Père et ainsi participer à l’édification du Royaume de Dieu.

 ___

 

Article 3. Chacun des membres de cette société discrète – trop souvent qualifiée à tort de secrète – entreprend cette démarche spirituelle en toute liberté, à l’écart des dogmes politiques, religieux et philosophiques.

 

Réfutation  La Foi chrétienne ne peut s’écarter des dogmes politiques, religieux et philosophiques révélés par Dieu dans les Saintes Écritures. En effet, le chrétien accepte la Vérité, son Seigneur Jésus-Christ et tous les dogmes politiques, religieux, philosophiques, économiques et même scientifiques, enseignés par Lui, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Ceci, afin de pratiquer la Vérité. Remarquons que l’affirmation de se tenir à l’écart de tout dogme proclame déjà un dogme.

 ___

 

Article 4. Voilà pourquoi les francs-maçons grossissent les rangs des défenseurs les plus acharnés de la liberté individuelle et de la tolérance. Chaque franc-maçon se considère comme une pierre de l’édifice qu’il contribue à élever.

 

Réfutation — Comment peut-on se prétendre le défenseur acharné d’un dogme – la liberté individuelle – et être en même temps tolérant à l’égard de ceux qui refusent ce dogme ? Pour le chrétien, l’absolutisation de la liberté humaine n’est rien d’autre que le culte idolâtre rendu par l’homme à lui-même. Par ailleurs, le chrétien, sachant que la foi est un don de Dieu et l’accès à la Vérité une grâce, ne peut que répondre de manière douce et pacifique des raisons de sa foi.

 ___

 

Article 5. L’institution maçonnique lui donne les moyens de concrétiser cet idéal, entre autres par les outils et les symboles qui lui sont présentés : maillet, ciseau, équerre, compas, etc.

 

Réfutation — Si le maçon peut, lui, parvenir à concrétiser son idéal par l’initiation et par les outils et les symboles qui l’accompagnent, le chrétien a lui accès auprès du Père et participe au Royaume de Dieu par le seul Médiateur, Jésus-Christ, et par les moyens de la grâce que lui communique l’Esprit de Dieu. Ce ne sont pas le maillet, le ciseau, l’équerre et le compas qui sont les instruments de notre salut, mais la Croix du calvaire.

 ___

 

Article 6. La franc-maçonnerie est une société initiatique dont le symbolisme est essentiellement emprunté à l’art de bâtir. Le Franc-maçon est « franc » parce que libre et « maçon » parce que constructeur.

 

Réfutation — L’Église de Jésus-Christ n’est pas une société initiatique, mais l’oeuvre même de Dieu, prévue par Lui dès avant la création du monde, et dans laquelle nous entrons par la repentance, la foi et le baptême. Le chrétien est libre parce qu’il a été libéré de l’esclavage de ses péchés par le sang du Christ. En Christ, il est ouvrier avec Dieu pour l’édification de Son règne afin que ce règne vienne sur la terre comme il est au ciel.

 ___

 

Article 7. « La franc-maçonnerie » écrit Richard Dupuy, « n’est ni une armée, ni une Église, ni un culte, ni un parti. Elle n’est qu’une méthode au service de l’homme, méthode d’accès par la Connaissance à la liberté, méthode d’accès à la Connaissance par le travail. »

 

Réfutation — L’Église de notre Seigneur Jésus-Christ n’est aucunement une méthode au service de l’homme – les marxistes diraient une praxis – mais bien plutôt la manifestation ici-bas du salut de Dieu. L’Église est le corps du Christ qui en est la tête et le fondement ; elle est la colonne et l’appui de la vérité, la lumière du monde, le sel de la terre. Le but de l’Église n’est pas d’abord le service de l’homme mais la gloire de Dieu. L’amour du prochain, sans la manifestation duquel il ne peut y avoir de foi chrétienne véritable, ne vient qu’en second lieu. Est-il nécessaire de rappeler que la finalité de l’homme ne saurait être l’homme lui-même, sans que l’on ne tombe dans l’idolâtrie ? Seul le Créateur, Dieu en trois Personnes, Père, Fils et Saint-Esprit doit recevoir notre adoration. Accéder à la liberté par la Connaissance initiatique n’est rien d’autre que l’ancienne hérésie gnostique ; accéder à la Connaissance par le travail n’est autre chose que la vieille hérésie du salut par les oeuvres de la chair.

 

 

Quel accord pourrait-il y avoir entre

la Foi Chrétienne et la franc-maçonnerie ?

 

 

Jean Marc Berthoud, Refuge Protestant

Jean Marc Berthoud,

Théologien Réformé Baptiste 

Lausanne, 14 Novembre 1981 

Bibliographie sommaire

sur la franc-maçonnerie et le Christianisme

Léon de Poncins, Christianisme et franc-maçonnerie, Éditions de Chiré, Vouillé, 1980. (Catholique romain)

Walton Hannah, Christian by Degrees, Britons Publishing Company, Londres, 1964. (Anglican)

Walton Hannah, Darkness Visible, Britons Publishing Company, Londres, 1963. (Anglican)

Penney Hunt, The Menace of Freemasonry to the Christian Faith, The Freedom Press, Breaston, 1930. (Méthodiste)

Jean-Claude Lozac’hmeur, Fils de la veuve. Recherches sur l’ésotérisme maçonnique, Éditions de Chiré, Chiré-en-Montreuil, 2002 (Catholique)

Jean-Claude Lozac’hmeur, Les origines occultistes de la franc-maçonnerie, Éditions des Cimes, Paris, 2015 (Catholique romain)

Apostolos Makrakis, Freemasonry known by the Masonic Diploma, The Orthodox Christian Educational Society, Chicago, 1956 (Orthodoxe grecque)

Jean Marquès-Rivière, La trahison spirituelle de la franc-maçonnerie, Les Éditions des Portiques, Paris, 1931. (Catholique romain)

A. J. McClain, Freemasonry and Christianity, N. M. H. Books, Winona Lake, 1951. (Évangélique)

Jacques Ploncard d’Assac, Le secret des francs-maçons, Éditions de Chiré, Vouillé, 1979. (Catholique romain)

Reformed Synod, Christ or the Lodge ? A Report on Masonry, Great Commission Publications, Philadelphia. (Calviniste)

L. J. Rongstad, How to Respond to the Lodge, Concordia Publishing House, Saint Louis, Missouri, 1977. (Luthérien)

William Whalen, Christianity and American Free Masonry, Ignatius, San Francisco, 1998 [1958] (Catholique romain)

 

 

 

Document : Les protestants français et la franc-maçonnerie

 

Le Musée Protestant

https://www.museeprotestant.org/notice/les-protestants-francais-et-la-franc-maconnerie/

Pour ce qui concerne les franc-maçons protestants, on peut ajouter à leur liste le célèbre pasteur César Malan, l'un des initiateurs du premier Réveil genevois, ainsi que son farouche adversaire le pasteur libéral, Charles Chenevière qui, tous deux, appartenaient à la même loge mystique genevoise, l'Union des cœurs. Il semble que Malan, membre de la loge dès avant 1814, et ayant été membre honoraire entre 1814 et 1824, ait définitivement démissionné comme membre en 1824, lors de son expulsion de l'Église nationale de Genève, celle fondée par Farel et Viret et dont Calvin fut longtemps le Modérateur. 

 

https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=rtp-003:1936:24::416 

 Il semble que bien des chrétiens spirituels du XIXe siècle ne comprenaient pas les dangers que cette gnose religieuse panthéiste qu'est la maçonnerie, même « spirituelle », représentait pour la Foi Chrétienne.

 

 

 

 

 

Refuge Protestant Bible
Croix Huguenote Refuge Protestant

.

 

 

 

 

 

 

 

Source : Résister & Construire (revue apologétique réformée)

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 20:06
Comment garder l'Eglise apostolique ? par Paul Wells,
Garder l’Eglise apostolique.
Comment « garder l’église apostolique » ?
I Timothée 3:1-7

 

Cette parole est certaine : si quelqu’un aspire à la charge d’ancien, il désire une belle activité…
(1 Tm 3:1-7)

1 Timothée 3:1 nous présente une « parole certaine », la seconde de l’épître, après celle de 1 Timothée 1:15.

Ces paroles ne sont pas inventées par Paul lui-même, mais citées par lui comme résumant la Foi Chrétienne sur des points de sotériologie ou d’ecclésiologie.

Ces paroles sont « fidèles », attribut souvent utilisé pour Dieu ou pour Jésus.

Elles expriment donc La Volonté de Dieu qui est que nous soyions fidèles comme Lui.


L’enseignement des pastorales n’est pas moralisant, comme certains l’affirment.

Son éthique est enracinée dans une théologie qui est tout à fait paulinienne.

I. Des objections…

A) On dit que cette parole n’a que peu de signification.

Cette opinion néglige le fait que pour que la doctrine apostolique soit gardée, il faut la confier à des personnes compétentes.

Il revient à l’Eglise de discerner qui, en son sein, a les dons nécessaires, tout comme un employeur exige des compétences pour un poste de responsabilité.

C’est là une comparaison médiocre, bien sûr, mais pourquoi serions-nous moins exigeants dans l’Eglise qu’on ne l’est dans le monde, sous prétexte que nous sommes « entre frères »?

Ne sommes-nous pas trop souvent tentés par la « politique des trois singes » – vois pas de mal, entends pas de mal et dis pas de mal – au détriment de la justice et de la vérité?

B) Cette parole n’instaure-t-elle pas une hiérarchie, une élite cléricale au-dessus du peuple ?

Nombreux sont ceux qui ont vu, dans ce passage, le catholicisme romain naissant, une institution qui commence à étouffer l’événement, un office qui supplante les charismes.

Il est vrai que ce danger existe toujours.

Mais un autre problème peut surgir : celui de l’accaparement du pouvoir, du maintien obstiné, du refus de laisser sa place à un autre au moment propice.

C’est ainsi qu’il arrive que, dans l’Eglise, des personnes insuffisamment compétentes restent trop longtemps en place.

Pourtant, selon le verset 15, l’Eglise est « la Maison de Dieu » et « la Colonne de la Vérité ».

Parfois difficile à croire en regardant autour de nous !

L’Eglise se doit de veiller à faire preuve de discernement et à ne pas remettre l’autorité à tel ou tel de ses membres mu par l’ambition tandis que d’autres se satisfont de leur oisiveté.

Autrement, elle plaira aux uns et aux autres, mais elle ne fera pas l’Oeuvre du Seigneur.

L’Eglise est appelée à discerner les charismes et, là où elle les discerne, à les reconnaître.

Herman Ridderbos affirme que tout dualisme entre le charisme et l’office est à rejeter.

La relation entre les qualités de la personne et l’office à assumer est très étroite dans les Pastorales.

Si on n’est pas pourvu des qualités souhaitables, il importe de le reconnaître en écoutant les autres et d’en tirer les conséquences [ Voir 1 Tm 4:14; 1:18; 2 Tm 1:6; 2 Tm 2:24; Tt 1:6ss. Ces passages traitent des charismes liés au « leadership ». ].

C) Autre objection sérieuse :

L’exhortation du premier verset – « désirer » un office -ne manque-t-elle pas de psychologie ?

Ne constitue-t-elle pas une incitation à l’orgueil ?


Il ne faut pas oublier qu’au premier siècle, être responsable chrétien était loin d’être une sinécure.

C’était dangeureux.

De plus, l’apôtre ne dit pas que le fait d’aspirer à être responsable soit l’indice d’une qualité personnelle ; c’est cette tâche qui est de qualité : littéralement, c’est une Oeuvre Belle.

Pourquoi cette activité est elle belle ?

Parce que, selon Tite 1:7, l’ancien est oikonomos, intendant dans la Maison de Dieu.

Il est établi, dans l’Eglise, comme le gérant chargé d’assurer la succession du modèle apostolique.
 

II. L’évêque est un témoin vivant de l’action de la grâce divine

Paul a été intendant de la Grâce, des Mystères de Dieu, et Timothée est appelé à vivre selon le modèle de son père spirituel [ Voir1 Co 4:1-2; 16-17;1 Tm 1:1,2. ].

Lorsque Paul envoie Timothée à Ephèse, il lui rappelle d’où vient sa vocation.

Timothée est « l’enfant » engendré par Paul, il a donc la même identité familiale que l’apôtre, et sa fonction est comparable.

Celle-ci a les caractères suivants:

A) Un ministère placé sous l’autorité de Christ

Paul rappelle l’origine de son activité :

« Apôtre de Jésus-Christ par ordre de Dieu ».

La Grâce lui a été faite de porter la Parole de Dieu.

La fonction apostolique implique :


* d’être choisi, envoyé par Christ.

Timothée, le fils spirituel de Paul, est un envoyé de Christ avec sa parole[3]. Pasteurs et anciens sont appelés par Christ, choisis et envoyés par lui. Il convient de vérifier si cette vocation est réelle !


* d’être témoin oculaire de Jésus-Christ.

Paul, sans doute, ne l’a pas été, mais il a reçu une vocation spéciale sur la route de Damas.

Timothée est appelé à être témoin de Jésus-Christ à sa suite.

Sommes-nous aussi de vrais témoins pour reprendre la question célèbre de Kierkegaard à propos de l’évêque Mynster ? [Quand l’évêque danois Mynster est mort en 1854, il a été salué par son successeur H.L. Martensen comme témoin de la vérité. La réponse de Kierkegaard a suscité une controverse qui a précipité la mort du philosophe en 1855. ] 

Beaucoup de choses peuvent détourner du témoignage fidèle :

La bureaucratie de l’Eglise, nos ambitions et notre orgueil ou les soucis du siècle…

Timothée, en vrai fils spirituel de Paul et comme ancien dans la communauté, est appelé à dépendre de l’Esprit.

L’appel, le message et l’efficacité viennent de Jésus-Christ, de Son Autorité et de Son Ordre.

L’autorité de l’ancien n’est autre que celle de la Parole et ne doit rien avoir de commun avec l’autoritarisme humain. 

Comme il est facile de se tromper sur notre autorité, de la justifier en se référant au texte sacré !

Aussi faut-il redoubler de vigilance pour ne pas confondre notre autorité avec celle de la Parole.

La notion de l’autorité qui prévaut dans certains milieux évangéliques conduit à une sorte d’autoritarisme malsain.


Il n’y a pas un seul « type » d’ancien qui correspondrait à un homme qualifié en relations humaines, « politiquement correct », urbain et à l’aise en public.

En effet, Timothée était timide et disponible, Tite hardi et fonceur.

C’est l’Autorité de Christ, sa parole de Grâce qui importent chez le responsable et non pas d’abord des considérations d’ordre psychologique, etc.

B) Un ministère qui requiert une expérience authentique de la grâce de Christ


Qui peut se sentir qualifié ?

La barre est placée tellement haut que personne n’a vraiment les qualités indiquées.

D’où vient donc la capacité spirituelle nécessaire pour accomplir un tel ministère ?

I.) La seconde « parole certaine » est compréhensible à la lumière de la première.

En 1 Timothée 1:13-16, nous lisons quatre indications :

  • Dieu lui-même établit Ses Serviteurs dans Son Service ;
  • Il appelle ceux qui sont naturellement pécheurs. Lorsque Paul écrit qu’il est le « premier des pécheurs », il veut dire que c’est ainsi qu’il se considère lorsqu’il s’examine devant Dieu. Comme l’a fait Martin Luther.
  • Dieu exerce Sa Miséricorde envers ceux qu’Il appelle;
  • Les Serviteurs de l’Evangile illustrent la Grandeur de la Grâce de Dieu en eux, Grâce que Dieu exerce aussi envers tout le Peuple de Dieu.

La belle activité de l' »ancien » suppose la Belle Action de la Grâce de Dieu dans sa vie ; l’ancien doit avoir conscience de la Grandeur de la Miséricorde de Dieu à son égard, de la Transformation que la Grâce a opérée en lui, de la Responsabilité qu’il a d’exprimer, par la sainteté de sa vie, tout ce que Dieu a accompli pour chacun de Ses Enfants.


Le service de l’ancien suppose, de sa part, une dépendance consciente de la Grâce de Dieu, laquelle conditionnera tout, non seulement son attitude face à la Parole dont il est témoin, mais aussi tous les aspects de sa vie.

Cette dépendance est la condition de l’obéissance, de la fidélité et du service.

Si elle fait défaut, on est insuffisant et le ministère se transforme en fonction.

II.) Le « désir » de servir


Si un tel appel est reçu, il n’est pas prétentieux d’y répondre.

Cette vocation est la plus belle qui soit : être témoin du plus merveilleux des Seigneurs, selon le modèle apostolique et avec la grâce qui est accordée à tout chrétien.

Difficile, sans doute ; aussi faut-il s’en souvenir face aux multiples découragements.


Paul n’a jamais sous estimé la dignité de son ministère : il exhorte Timothée à ne pas abandonner sa « belle activité ».

Dans l’Eglise primitive, il y avait des sacrifices à consentir, des persécutions à subir, de fausses doctrines à dénoncer et des souffrances à endurer face aux critiques.

Pour nous, il en est de même.

N’oublions pas l’exemple de ceux qui nous ont précédés.

Ayons comme modèle le courage d’un Luther, la persévérance d’un Calvin, l’abnégation d’un Wesley ou la fougue d’un Spurgeon !


Les mots episkopos et presbyteros évoquent un ministère de responsabilité : celui d’intendant de la Parole .

Que cette mission soit notre premier souci et notre préoccupation constante, chaque jour de notre vie, et ne nous laissons pas accabler par rien.

C’est là notre « belle activité »….

III. Les qualités requises

La description de l’ancien en 1 Timothée 3 a souvent été considérée comme une sélection partiale de qualités éthiques, triées arbitrairement sur le volet.


A la lumière du verset 16 du chapitre 1 et si l’on considère la filiation Paul/Timothée, ces qualités apparaissent plutôt comme le résultat de la « Patience de Christ » et de l’ oeuvre de sanctification qu’Il accomplit en ceux qu’Il appelle.


Sujet de la Grâce de Christ, le serviteur a pour vocation de marcher dignement, ce qui implique chez lui une absence d’orgueil et de recherche de soi.

Remarquons les adjectifs:

A) « Irréprochable » résume toutes les autres qualités.

Ce terme concerne la réputation du responsable.

Cette réputation est évaluée selon les critères de justice et de vérité.

Nous, les calvinistes, avons parfois une réputation mauvaise, qui n’est pas toujours méritée.

« Purs et durs », dit-on, comme en témoignent les opinions sur Calvin, les puritains, Spurgeon etc !

Pourtant ce sont-là des serviteurs qui ont été choisis pour édifier le Royaume de Dieu.

Comme il est difficile d’avoir une bonne réputation, dès lors qu’on n’est pas dans le vent du politiquement correct !

Acquérir une bonne réputation n’est pas si aisé tandis qu’il est facile d’en détruire une : quelques minutes de critique, quelques rumeurs, quelques petits mots…

La propension que nous avons à penser et à dire du mal des autres plutôt que du bien est énorme…

Ne soyons pas avares de nos jugements positifs et de propos encourageants…


Avoir « bonne réputation » n’est pas incompatible avec souffrir l’opprobre pour Christ.

« Etre irréprochable », c’est vivre selon l’Evangile et en accord avec son enseignement sur la sanctification.

B) Qualités positives et négatives…

1) Les attributs positifs.

Le responsable est:

  • mari d’une seule femme = il n’est pas polygame ou adultère;
  • sobre et sensé = indique sa façon générale de vivre;
  • hospitalier et sociable = il est ouvert, ni renfermé, ni égoïste;
  • apte à l’enseignement = il a été lui-même disposé à se laisser enseigner.

Ces qualités concernent les relations que l’ancien établit avec les membres de la communauté de l’Eglise.

2) Les attributs négatifs.


La « modération », un tempérament équilibré indiquent que l’ancien n’est pas une personne emportée face au moindre problème ou à la moindre tentation.

Il peut se contrôler et cherche la conciliation, si cela est possible, sur le fondement de l’Ecriture. (...)

Ceci ne veut pas dire qu’il faut éviter de lutter pour la Vérité.

Veillons à éviter les compromis et la mollesse.

Sachons discerner là où se trouve le véritable ennemi et combattons le bon combat !

« Adonné au vin » et « violent » sont des péchés « exemplaires » qui indiquent un manque de maîtrise de soi et rendent impossible d’être conciliant, pacifique et désintéressé.

Si notre nature charnelle domine, nous ne serons plus capables de nous diriger dans le domaine privé de la famille.

Il est alors probable que le même comportement peu édifiant se produira dans l’Eglise.

Les nouveaux convertis ont à apprendre cette modération, qui est un fruit de l’Esprit, afin que leur orgueil, leur manque de maturité spirituelle ne suscitent pas des occasions pour le diable.

Ces qualités négatives sont visibles de tous, et s’observent non seulement dans l’Eglise, mais aussi dans le comportement social de l’ancien, par ceux qui ne sont pas chrétiens.

Conclusion

Etre responsable dans le corps de Christ est la tâche la plus lourde, la plus riche en responsabilités, la plus exigeante et dangereuse que l’on puisse imaginer.

C’est une lutte spirituelle constante dans laquelle on risque de tomber à tout moment.

Les hommes politiques ont, certes, une rude fonction à exercer, mais celle-ci est peu de choses à côté d’une responsabilité dans l’Eglise de Christ dont l’exercice implique un combat spirituel avec ses tentations, ses découragements, les attaques de l’ennemi et le trouble causé par d’autres chrétiens.

Pour assumer de façon positive une fonction de responsabilité dans l'Eglise aujourd’hui, quatre qualités au moins sont nécessaires:

  • une vraie spiritualité quotidienne;
  • une théologie équilibrée et profonde;
  • une armure psychologique à toute épreuve;
  • une santé physique due en partie à l’observation du repos hebdomadaire.

Le ministère de la Parole suppose une vraie dépendance vis-à-vis de Christ, fruit d’une nature régénérée qui accomplit la sanctification progressive.

Que d'anciens dans des Eglises sont facilement élus !

Sans guère de références aux textes bibliques, ou de formation.

Aussi comment s’étonner qu’il y ait tant de déceptions !

Comme des pasteurs sont aisément accueillis sans période suffisante d’observation pour mettre en évidence leurs qualités.

Aurions-nous oublié le conseil que Spurgeon donnait à ses étudiants à propos du ministère :

« faites autre chose, si c’est possible ! »?


Trois points saillants ressortent de ce passage Biblique sur le ministère chrétien:

Le privilège : Le ministère de la Parole est une Grâce que le Seigneur fait à ceux qui l’exercent. Dieu appelle et il pourvoit. Remerçions-Le de Sa Grâce envers nous, vases de terre et serviteurs inutiles.

La lutte: Ce texte se termine par une référence aux « pièges du diable », ce qui n’est pas étonnant. Car les Ministres de l’Evangile sont en première ligne dans une lutte spirituelle. Soyons vigilants à tout moment, car la régression spirituelle commence toujours en nos coeurs de façon imprévisible et subtile.

Nos dons: Nous n’atteindrons jamais à l’exemplarité. Comme les autres Chrétiens, nous ne sommes pas statiques car la sanctification est une dynamique qui conditionne aussi notre attitude envers nos frères en Christ.

Amen,

 

Paul WELLS*

* Docteur en théologie, Professeur émérite de la Faculté Jean Calvin, Faculté Libre de Théologie Réformée, ainsi qu'éditeur de La Revue réformée.

 

 

 

 

 

Source : La Revue Réformée

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 18:56
La crise identitaire

La crise identitaire est partout, on ne parle que de cela.

Qui sommes-nous, que sommes-nous, en tant qu’individus ou en tant que communautés, nationales ou autres ?

Comment se définir avec un minimum de certitude pour réagir, progresser, fonctionner de manière jugée satisfaisante ?

L’insécurité règne au plus profond dans nos sociétés contemporaines car plus personne ne semble savoir où il en est.

Trop de choses bougent trop rapidement.

Les perspectives globalisantes, aussi fascinantes qu’angoissantes, nous envahissent à chaque instant en particulier via les médias.

Du reste cette insécurité identitaire peut facilement devenir une cause de peur et d’agressivité, menant inéluctablement à un autre type d’insécurité, accompagnée de violences cette fois.

Comment s’en sortir?

Uniquement en faisant le bon diagnostic.

Il y a d’abord une crise identitaire chez les individus parce qu’ils ne savent pas d’où ils viennent et quel est leur mandat, leur raison d’être sur terre, donc leur finalité.

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement lorsque l’on vous répète à longueur de journée que vous n’êtes que le produit du hasard, du chaos, de mutations génétiques hasardeuses qui au cours de milliards d’années ont donné naissance à un type d’organisme vivant appelé l’homo sapiens, appelé lui aussi à se transformer dans le futur en on ne sait trop quoi ?

Aucun dessein, aucun plan n’a présidé à son apparition au sein d’un univers qui, quant à lui, n’a ni but ni sens.

La seule chose qui serait sûre, c’est que nous sommes tous porteurs du gêne égoïste qui recherche avant tout son propre intérêt, fût-ce au détriment de celui des autres.

En on veut encore fonder l’égalité et la fraternité sur un tel socle idéologique en prétextant d’une fumeuse liberté à s’auto-déterminer entièrement !

Au fil du temps, nous serions en effet devenus les auteurs et acteurs conscients de notre propre évolution, en lui conférant la direction qui exprime le mieux nos fantasmes…

Pour le Croyant Chrétien, l’identité fondamentale de l’être humain c’est une analogie avec un autre être, totalement transcendant lui, c’est-à-dire existant au-delà de l’univers visible, tout en étant la source de cet univers : Dieu le Créateur.

Une relation avec Le Créateur est non seulement possible à cause de cette analogie, mais elle est de plus inévitable car Ce Créateur est aussi Celui qui rend à chaque instant la vie sur terre possible : Il la maintient et la renouvelle par Son Esprit et Sa Parole Divine Toute Puissante.

Il ne l’abandonne pas à elle-même.

C’est en tout premier lieu dans cette relation que l’être humain trouve son identité : en connaissant Dieu, il parvient à se connaître lui-même.

Il se connaît d’abord comme créature en état de rupture avec Dieu, c’est-à-dire ayant perdu ses repères par rapport au Créateur.

Pour guérir des maux qui l’affectent, il lui faut avant toute chose retrouver ces repères.

Il se connaît comme créature qui doit regarder au modèle d’homme parfait donné par Dieu en la personne de Son Fils Jésus-Christ.

En unissant dans Sa Personne une nature divine et une nature humaine sans qu’elles soient ni confondues ni mélangées, Christ est venu pour restaurer en nous l’image divine abîmée.

Une identité retrouvée, restaurée, passe essentiellement par un lien indéfectible avec Jésus-Christ, le lien de la foi.

Pour vivre de Sa Vie, il faut être greffé en Lui par la foi.

Voici du reste les paroles qu’Il a adressées un jour à Ses Disciples et qu’on peut lire au chapitre 15 de l’évangile selon Jean, dans le Nouveau Testament de la Bible (c’est ce disciple qui a recueilli ces paroles de sa bouche même et nous les a transmises) :

Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, on le jette hors du vignoble, comme les sarments coupés: ils se dessèchent, puis on les ramasse, on y met le feu et ils brûlent. Mais si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez. Si vous produisez du fruit en abondance et que vous prouvez ainsi que vous êtes vraiment mes disciples, la gloire de mon Père apparaîtra aux yeux de tous.

Voilà donc l’identité retrouvée à laquelle il faut aspirer : étant greffé par une foi vivante sur Jésus-Christ, en Son Enseignement, on commence à mener une vie nouvelle qui rend gloire à Dieu Le Créateur et la manifeste clairement aux yeux de tous.

 

En découle alors progressivement, au fur et à mesure de notre croissance spirituelle sur le cep, un regard différent sur le monde, sur les relations entre les humains, sur la relation entre l’homme et la nature, sur nos objectifs et nos priorités.

 

On est alors passé du domaine du gêne égoïste à celui du Royaume de Dieu, celui que Jésus Christ est venu manifester en chair et en os.

 

Amen,

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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