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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 19:53
PRO-TESTANTISME OU ANTI-TESTANTISME : La source de la Réforme comme mouvement Confessant par Eric Kayayan,  (Partie I)

UN APERÇU HISTORIQUE

 

Il est indéniable sur le plan historique que la Réforme du seizième siècle – qu’elle soit luthérienne, zwinglienne ou calvinienne – a été un mouvement caractérisé par une très riche expression confessionnelle, c’est-à-dire par la production de textes symboliques présentant, défendant et affirmant en forme de serment (« pro-testant ») le corps de doctrines cru et proclamé dans la prédication, la catéchèse ainsi que dans tous les aspects de la vie des églises et des croyants.

 

Cette activité symbolique s’est d’ailleurs poursuivie au cours du dix-septième siècle (avec notamment la Confession de Westminster, le document symbolique adopté par la plupart des églises dites presbytériennes).

 

Nombre d’églises continuent de voir le jour de par le monde se réclamant du même héritage confessionnel, particulièrement en Afrique sub-saharienne et en Asie (Indonésie, Corée du Sud entre autres).

 

Elles demeurent pro-testantes, maintenant vivante une ou plusieurs de ces confessions de foi, en plus de leur attachement aux grands credos écuméniques des premiers siècles (symbole de Nicée-Constantinople, symbole dit des Apôtres, symbole dit d’Athanase, déclaration du concile de Chalcédoine sur les deux natures – divine et humaine – du Christ et leur relation).

 

A titre d’exemple, de nombreuses églises réformées maintiennent ce qu’il est convenu d’appeler les Trois Formules d’Unité, à savoir la Confession Belgica (rédigée en 1561 par Guido de Brès, mort en martyr en 1567 pour la cause de cette même confession), le Catéchisme de Heidelberg (1563) et les Canons de Dordrecht (1618-1619) : lors de leur ordination, les pasteurs de ces églises prêtent devant l’assemblée des fidèles le serment de prêcher et d’enseigner en accord avec ces textes symboliques.

 

Il serait erroné de penser que la multiplicité des confessions de foi produites durant la Réforme ne témoigne que de divisions ou de désaccords, même si sur un certain nombre de points une telle appréciation est justifiée.

 

Une étude comparative des textes symboliques les plus significatifs par leur contenu et l’adhésion qu’ils ont suscitée, montrera facilement que si les circonstances historiques et ecclésiastiques qui en ont motivé la rédaction diffèrent, leur contenu, même si exprimé différemment (et aussi en langues vernaculaires différentes) est en général remarquablement proche.

 

La comparaison des nuances d’expression, la variation des approches permet en fait de stimuler la réflexion théologique et d’approfondir l’étude de l’Écriture Sainte, à laquelle toutes se réfèrent comme leur source première, comme la norme ultime dont elles se réclament et à laquelle elles cherchent à se soumettre (la norma normans distinguée de la norma normata qui est leur propre statut au sein des églises confessantes, selon le vocabulaire spécialisé).

 

Il est d’autre part non moins indéniable sur le plan historique que face à ce pro-testantisme, s’est graduellement développé à partir du siècle dit des « Lumières », un anti-testantisme au sein de nombre d’églises historiquement issues de la Réforme, qui cherche à minimiser, voire étouffer toute tendance confessante au sens où les Réformateurs l’avait mise en avant.

 

La mention d’une ou plusieurs confessions de foi demeure certes en leur sein comme élément d’un patrimoine historique dont la place muséifiée n’est pas contestée, cependant ces confessions ont depuis longtemps perdu tout caractère normatif, laissant la place soit au subjectivisme individualiste (sous prétexte d’un libre-arbitre en fait nié avec la plus grande véhémence par les Réformateurs), soit à un flou doctrinal savamment orchestré afin d’éviter tout engagement délimitant clairement le champ de ce qui est cru en communauté de ce qui ne l’est pas.

 

On qualifiera alors volontiers de « piège identitaire » tout élément de définition doctrinale s’opposant à un universalisme jugé salvateur du simple fait que le salut serait acquis à tous les humains en tant qu’ils sont les créatures de l’Être suprême.

 

Cet anti-testantisme déconstruisant aussi bien l’esprit que la lettre des textes symboliques issus de la Réforme, doit naturellement se comprendre par rapport à la norme anthropologique et philosophique antithétique dont il se réclame, celles des « Lumières », devenue à tous égards l’anti-norme confessée implicitement voire explicitement par les églises en question.

 

« ET VOUS, QUI DITES-VOUS QUE JE SUIS ? »

 

Le propos de cet article n’est pas d’évaluer ou de contester l’opportunité ou la nécessité de formuler de nouvelles confessions de foi aujourd’hui, dans un contexte socio-historique différent de celui qui prévalait en Europe au 16e siècle.

 

C’est un sujet qui mérite un développement à part.

 

Mon propos est plutôt d’évaluer succinctement toute forme d’activité confessionnelle au sein du christianisme à la lumière de l’Écriture, du Sola Scriptura remis en vigueur par la Réforme, afin de tâcher d’en cerner les traits principaux.

 

Car au-delà des vicissitudes historiques voire des polémiques qui ont accompagné la naissance et la diffusion des confessions de foi de la Réforme (que l’on pense seulement aux circonstances présidant à la publication de la confession d’Augsburg, rédigée par Mélanchthon, l’ami et collaborateur de Luther, et présentée par les princes protestants devant Charles-Quint en juillet 1530) il est nécessaire de remonter à la source de cette remarquable activité confessionnelle : l’Évangile lui-même – auquel les Réformateurs se sont avant tout référés comme à leur point de départ – ; plus spécifiquement, au cœur de l’Évangile, la question cruciale posée en une double séquence par Jésus-Christ à ses disciples en Matthieu 16, d’abord au verset 13: Au dire des gens, qui suis-je, moi, le Fils de l’homme ? (Mc. 8:27 : Les gens, qui disent-ils que je suis ? Lc 9:18: Les foules, qui disent-elles que je suis ?); puis au verset 15, en contraste avec les réponses fournies: Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis?

 

La réponse de Jésus dans les évangiles synoptiques montre sans l’ombre d’un doute qu’il y a des réponses erronées, et une réponse véridique, celle de Pierre, qui le confesse comme le Christ, le Fils du Dieu vivant (Matt. 16:16), [Tu es le Christ, Mc. 8:29 ; Le Christ de Dieu, Lc 9:19].

 

C’est bien sur le fondement de ce roc, de cette confession identifiant et nommant correctement sa personne, et dans ce nom même (Christ/Messie) l’œuvre qu’il est venu accomplir, que Jésus édifiera son Église au cours des âges.

 

Du reste il ne demeurera avec elle jusqu’à la fin des temps que pour autant qu’elle confessera sa souveraineté dans les cieux et sur la terre en la proclamant universellement à toutes les nations au nom du Dieu trinitaire (Matt. 28:18-20).

 

Si, jusqu’à l’accomplissement complet comme Christ/Messie de sa mission sur terre, Jésus défend à ses disciples de proclamer publiquement qu’il est bien celui que Pierre a confessé non d’un simple mouvement humain mais conduit par le Père céleste (Matt. 16:17), cette identification s’est suffisamment répandue auprès des foules pour que le procurateur romain Ponce Pilate lui-même en ait pris connaissance au moment du procès de Jésus:

 

Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas ou Jésus appelé le Christ ? (…) Que ferai-je donc de Jésus, appelé le Christ ? lance-t-il à la foule (Matt. 27:17,22).

 

D’autant plus que la condamnation de Jésus pour blasphème par le sanhédrin un peu plus tôt a été motivée par cette auto-confession sur sa personne.

 

Il s’est identifié au Fils de l’homme de la prophétie de Daniel 7:13:

 

Le souverain sacrificateur lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel (Matt. 26:63-64).

 

En répondant positivement à la question du souverain sacrificateur, Jésus a repris à son compte la confession de Pierre qui lui avait été inspirée par le Père céleste, et a aussi affirmé son propre retour en gloire, ce que le crédo de Nicée-Constantinople confessera comme suit :

 

Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin.

 

Il est du reste tout à fait significatif que Suétone et Tacite, historiens romains de la fin du premier siècle et du début du second siècle, mentionnent la personne de Chrestus, ou Christus, lorsqu’ils parlent des chrétiens.

 

Que Jésus-Christ exige de ses disciples une confession de foi conforme à la réalité de sa personne et de son oeuvre, cela apparaît tout aussi clairement lorsqu’il leur déclare, au milieu d’un discours où l’accent est mis sur les persécutions auxquelles ils peuvent s’attendre, justement en tant que disciples confessants :

 

C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux (Matt. 10:32. )

 

Le texte parallèle dans Lc. 12 :8-9 donne :

 

Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu.

 

La lettre adressée à l’église de Sardes au début de l’Apocalypse de Jean reprend cette promesse-avertissement dans les termes combinés de Matthieu et de Luc:

 

Ainsi le vainqueur se vêtira de vêtements blancs, je n’effacerai pas son nom du livre de vie et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges (Apoc. 3:5).

 

LE CARACTÈRE DE L’ENGAGEMENT CONFESSIONNEL SUR LE FONDEMENT DU NOUVEAU TESTAMENT

 

Dans toutes les occurrences pré-citées, le verbe homologeô (en grec ὁμολογἑω) est distingué du verbe employé dans Matt. 3:6 ou Mc. 1:5 pour signifier plus spécifiquement « confesser ses péchés » (exhomologoumenoi tas hamartias autôn).

 

Ce verbe homologeô ainsi que le substantif apparenté homologia pour « confession » ou « déclaration » (ὁμολογία) apparaissent de nombreuses fois au cours du Nouveau Testament :

 

vingt-six fois pour le verbe – dont onze pour les seuls écrits johanniques – et six fois pour le substantif, étant appliqués le plus souvent à cette réponse à la fois personnelle et communautaire à la présence vivante du Christ (parfois aussi pour exprimer une confession des péchés).

 

A la lumière de ces préliminaires, quelques exemples tirés du Nouveau Testament illustreront – de manière non exhaustive – le caractère d’une confession de foi authentique, au sens de conforme à la réponse attendue par le Christ.

 

Elle est en premier lieu exclusive, Jésus-Christ ne pouvant être ni confondu ni remplacé par quiconque.

 

Au début de l’évangile selon Jean, Jean Baptiste, interrogé par des sacrificateurs et des Lévites sur son identité et sa mission, confesse qu’il n’est pas le Christ :

 

Il confessa sans le nier, il confessa: Moi, je ne suis pas le Christ (1:20).

 

Cette confession à rebours – qui sera suivie le lendemain même par une confession positive lorsqu’il désignera Jésus comme l’Agneau de Dieu (1:29) – nous renvoie aux passages des évangiles synoptiques où une partie des gens estiment que Jésus n’est autre que Jean-Baptiste revenu à la vie après sa décapitation par Hérode Antipas.

 

Ainsi, dès le début du ministère de Jésus une confession le concernant s’avère bien être exclusive de toute autre personne, serait-ce la plus en vue ou la plus respectée.

 

Tous ne sont pas le Christ, seul Jésus l’est, même si par ailleurs plusieurs prétendront l’être après son départ, séduisant beaucoup de gens (Matt. 24:4-5; Mc 13:5-6).

 

Elle est en second lieu intériorisée aussi bien qu’extériorisée, crue intérieurement aussi bien qu’exprimée publiquement, de manière déclarative (le mode déclaratif étant une des connotations les plus fortes du verbe grec homologein).

 

Au dixième chapitre de l’épître aux Romains, Paul explicite ce qu’est la parole de la foi qu’il prêche :

 

parole crue de cœur et confessée de bouche,

 

ces deux aspects étant inséparables:

 

Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car en croyant du cœur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut, selon ce que dit l’Écriture: Quiconque croit en lui ne sera pas confus (10:8b-10).

 

Est-il utile de préciser que cet aspect déclaratif de la confession de foi qui servira de témoignage devant Dieu et ses anges, selon les paroles mêmes de Jésus (Matt. 10:32, Luc 12:8-9), est le test qui fut mis devant les chrétiens de l’Église primitive, tout comme devant les pro-testants de l’époque de la Réforme, au péril même de leur vie ?  (...)

 

 

(Suite) PRO-TESTANTISME OU ANTI-TESTANTISME :

La source de la Réforme comme mouvement Confessant

 

 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 19:50
PRO-TESTANTISME OU ANTI-TESTANTISME : La source de la Réforme comme mouvement Confessant par Eric Kayayan,  (Partie II)

 (...)

Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car en croyant du cœur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut, selon ce que dit l’Écriture: Quiconque croit en lui ne sera pas confus (10:8b-10).

 

Est-il utile de préciser que cet aspect déclaratif de la confession de foi qui servira de témoignage devant Dieu et ses anges, selon les paroles mêmes de Jésus (Matt. 10:32, Luc 12:8-9), est le test qui fut mis devant les chrétiens de l’Église primitive, tout comme devant les pro-testants de l’époque de la Réforme, au péril même de leur vie ?

 

En troisième lieu elle est à la fois personnelle et communautaire.

 

Homologein, c’est d’abord parler en conformité avec l’objet de la foi articulée, à savoir avec le Christ Fils du Dieu vivant, et ensuite le dire ensemble avec les autres croyants (l’Église) dans une unité de cœur, d’esprit et de parole.

 

C’est là un des fruits de l’exhortation que Paul adresse aux chrétiens de Rome :

 

Que le Dieu de la patience et de la consolation vous donne d’avoir une même pensée les uns à l’égard des autres selon le Christ Jésus, afin que d’un commun accord, d’une seule voix, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ (Rom. 15:5-6).

 

Une exhortation similaire est adressée par le même Paul aux Corinthiens dans un contexte tendu, alors que cette unité leur fait justement défaut :

 

Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ: tenez tous le même langage, qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais soyez en plein accord dans la même pensée et dans la même opinion (1 Cor. 1:10).

 

Il est superflu d’ajouter que cette confession de foi communautaire trouve sa représentation concrète et inséparable dans le partage en commun au sein de l’Église (corps du Christ) des signes visibles accordés par le Christ lui-même, et rendus effectifs par son Esprit :

 

les sacrements du baptême et de la Cène, centrés sur son oeuvre rédemptrice.

 

En quatrième lieu elle revêt un caractère allianciel, en tant qu’elle forme un nœud indissociable avec la question initiée par le Christ Fils du Dieu vivant qui l’a suscitée comme réponse véridique.

 

La promesse de Jésus d’édifier son Église sur la pierre (petra) de cette confession (Matt. 16:18) indique qu’il ne s’agit pas d’une parole qui n’engage que celui qui l’a prononcée :

 

Dieu lui-même lie son action et la venue de son Royaume à ces paroles.

 

Cette promesse trouve son écho dans les paroles de Paul aux chrétiens d’Éphèse :

 

Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle. En lui, tout l’édifice bien coordonné s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous aussi, vous êtes édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu en Esprit (Éph. 2:20-22).

 

Il est clair que le socle, la véritable pierre sur laquelle s’élève tout l’édifice n’est pas celui à qui le Père a révélé la véritable identité de Jésus, mais Jésus-Christ lui-même, qui se lie à la confession véridique de son nom.

 

En revanche, celui à qui cela a été révélé (d’abord Pierre, puis les disciples et à leur suite tous ceux qui reprendront cette confession de bouche et de cœur) fait l’objet d’une béatitude, par excellence une bénédiction alliancielle :

 

Tu es heureux Simon, fils de Jonas makarios ei, Simôn Bariôna »).

 

En cinquième lieu, elle engage la vie tout entière des croyants, exigeant une conformité de leurs actes avec son contenu, à moins de n’être qu’une parole creuse qui sera finalement rejetée par celui-là même qui en est l’objet.

 

Dans le Sermon sur la montagne Jésus met solennellement en garde ses auditeurs afin qu’ils ne se méprennent pas sur ce point :

 

Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur! n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé des démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité (Matt. 7:21-23).

 

En sixième lieu elle n’est pas sujette à des fluctuations et demande à être maintenue contre vents et marées, dans la persévérance de la foi, d’autant qu’elle est liée à une espérance qui repose sur les promesses divines.

 

Au cours des chapitres trois à dix de l’épître aux Hébreux, l’auteur a développé le thème de la prêtrise unique du seul sacrificateur qui compte désormais, celui qui s’est lui-même offert en victime expiatoire pour le pardon des péchés et l’accomplissement des exigences de la loi en vue de la justification des croyants.

 

Déjà au cours de cette section il a exhorté les croyants à tenir fermement leur confession de foi :

 

Puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus le Fils de Dieu, tenons fermement la confession de notre foi. Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses ; mais il a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, en vue d’un secours opportun (4:14-16).

 

Plus loin dans la même épître, la fermeté requise est de nouveau soulignée:

 

Confessons donc notre espérance sans fléchir, car celui qui a fait la promesse est fidèle (10:23-24).

 

Cette exhortation est encore répétée au chapitre 13:

 

Par lui [Jésus] offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. Cependant, n’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir (13:15-16).

 

Une exhortation similaire est adressée par l’apôtre Paul à Timothée, dans un parallèle frappant entre la confession prononcée publiquement par ce même Timothée – à laquelle il est appelé par Paul à rester fidèle – et celle de Jésus devant Pilate :

 

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as prononcé cette belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. Je te le recommande, devant Dieu qui donne la vie à tous les êtres, et devant le Christ-Jésus qui a rendu témoignage par sa belle confession devant Ponce Pilate: garde le commandement sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ (1 Tim. 6 :12-14).

 

 

En septième lieu, elle est de nature universelle, en accord avec son objet.

 

Au second chapitre de l’épître aux Colossiens, Paul contraste l’humiliation volontairement consentie par celui dont la condition était celle de Dieu (2:6), avec son élévation après sa mort sur la croix et sa résurrection d’entre les morts.

 

Il expose la conséquence de cette élévation :

 

C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (2:9-11).

 

L’élévation du Christ en gloire appelle une confession de toute la Création, celle-là même que Jésus a ordonné à ses disciples d’aller requérir de toutes les nations (Matt. 28:18-20).

 

En huitième lieu, une confession de foi fidèle à celui qui la suscite est trinitaire, puisqu’elle reprend l’enseignement de tout ce qu’il a prescrit (Matt. 28:20) ce qui signifie le nom (singulier) du Père, du Fils et du Saint Esprit par lequel les disciples sont appelés à baptiser et enseigner les nations (20:19).

 

C’est du reste le cas de toutes les confessions des premiers siècles, ainsi que de toutes celles qui ont été mentionnées plus haut.

 

Ce point ne saurait être éludé sous le prétexte qu’une excroissance unitarienne (niant la Trinité) a bien fait son apparition au cours de l’histoire de la Réformation et demeure ici ou là présente sous la forme d’une croyance déiste – toujours suivant l’idéal des « Lumières » – et non d’une foi théiste (fondée en l’Écriture).

 

Lors de son discours prononcé au moment du dernier repas pris avec ses disciples avant son arrestation et sa crucifixion, Jésus exprime à plusieurs reprises non seulement le lien d’amour divin unissant le Père au Fils (Jean 17:20-26), mais il nomme la Personne du Saint Esprit le Consolateur, celui qui rappellera aux disciples après son départ tout ce qu’il leur aura enseigné :

 

Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit (Jean 14:26); Quand sera venu le Consolateur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui provient du Père, il rendra témoignage de moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement (15:26-27).

 

Rendre témoignage, est-il besoin de le répéter, c’est confesser sa foi publiquement, mais c’est tout autant le faire en accord avec le témoignage rendu par le Consolateur provenant du Père et envoyé par le Fils.

 

Quant à nier la personne du Fils, cela revient à se priver de celle du Père, les deux ne pouvant être séparées :

 

Celui-là est l’antichrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils a aussi le Père (1 Jean 2:22b-23).

 

Dans la foulée du point précédent, une confession de foi conforme aux données de l’Écriture confesse l’Incarnation :

 

Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, est une personne historique venue dans la chair, ayant vécu sur terre, jugée et crucifiée sous le règne de César Tibère et lors du gouvernement de la province de Judée par le procurateur Ponce-Pilate.

 

Il ne s’agit ni d’un mythe habilement fabriqué par des âmes torturées par des questions religieuses insolubles (1 Pierre 1:16-17), ni d’un fantôme rêvé par une poignée d’exaltés et leurs successeurs (Luc 24:37).

 

Aussi bien dans le symbole dit des Apôtres que dans celui de Nicée-Constantinople se trouve affirmée la réalité de l’Incarnation :

 

enchâssée dans la structure trinitaire de ces textes, la confession de l’Incarnation en constitue la partie la plus développée.

 

Dans la seconde épître de Jean, la négation de l’Incarnation est la marque de l’antichrist au même titre que la négation du Père et du Fils dans 1 Jean 2:22b-23:

 

Car dans le monde sont entrés plusieurs séducteurs, qui ne confessent pas Jésus-Christ venu dans la chair. Voilà le séducteur et l’antichrist. Prenez garde à vous-mêmes, afin de ne pas perdre le fruit de notre travail, mais de recevoir une pleine récompense. Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n’a pas Dieu ; celui qui demeure dans la doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres (7-11).


 

UN CHRISTIANISME CONFESSANT RÉSOLUMENT IDENTITAIRE

 

 

Un christianisme confessant est-il un christianisme « identitaire » ?

 

Cela ne fait aucun doute, puisque l’identité de Jésus en tant que Christ est pour les chrétiens ce qui les marque à toujours.

 

Avec leur baptême, ils portent en eux non un quelconque tatouage, mais la marque indélébile de sa mort comme eau purificatrice, et de sa résurrection comme émergence de la mort causée par le péché :

 

En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection (Rom. 6:5).

 

La première lettre de Pierre, adressée à des communautés de chrétiens dispersées dans les provinces asiatiques de l’empire romain, décline cette nouvelle identité en termes à la fois vifs et tranchés.

 

Tout comme l’apôtre Paul aux Éphésiens, Pierre le fait sur le fondement de Jésus-Christ comme pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu.

 

C’est sur le fondement de cette pierre d’angle que les croyants sont appelés à devenir eux-mêmes des pierres vivantes (2:4-6).

 

Il poursuit :

 

Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d’annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière; vous qui, autrefois, n’étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant avez obtenu miséricorde (2:9-10).

 

L’Église est bien réunissant en un même peuple, marqué par une même identité, des femmes et des hommes de toute langue et de toute nation.

 

On ne saurait en effet être plus « identitaire ».

 

Au milieu d’un christianisme contemporain souvent sans repère, littéralement « déboussolé », où le nord et le sud, l’est et l’ouest ont été confondus sous les coups de boutoirs d’un post-modernisme réducteur de toute ligne de démarcation, il est nécessaire pour les chrétiens de revenir aux données de l’Écriture afin d’y retrouver les marques qui permettent de définir leur caractère et identité propre, afin aussi qu’ils sachent rendre compte de manière articulée de l’espérance qui est en eux à tous ceux qui leur en demandent raison.

 

Qu’est-ce d’autre, au fond, que ce que la Réforme du seizième siècle a puissamment contribué à promouvoir à travers les nombreux textes symboliques qu’elle a suscités ?

 

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Source : Foi&Vie Réformées

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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 18:30
Dieu est Il injuste ?

Dieu est-il injuste de choisir les uns et pas les autres ?

 

La commémoration de la naissance du Réformateur Jean Calvin a été l’occasion de remettre en évidence la fameuse question de la « prédestination » :

 

Question qui divise la chrétienté et scandalise l’incroyant.

 

Lisons la formulation de la doctrine :

 

« Nous appelons prédestination le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les traite pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi, selon la fin pour laquelle est créé l’être humain, nous disons que celui-ci est prédestiné à la mort ou à la vie ».

 

Pourquoi avoir défendu avec force ce que lui-même qualifiait de « décret horrible », qui « doit nous épouvanter », de « sujet difficile et incompréhensible », de « labyrinthe sans issue » ?

 

Si son intention était d’apaiser les croyants inquiets et de les délivrer de leurs angoisses face à l’au-delà, nous pouvons nous demander comment un tel sujet pouvait bien rassurer ceux qui en étaient instruits ?

 

Notre raisonnement ne s’indigne-t-il pas devant ce décret arbitraire : de quel droit Dieu se courroucerait-t-Il contre des créatures qui n’ont commis nulle faute contre lui ?

 

La condamnation arbitraire d’hommes et de femmes ne relève-t-elle pas de la cruauté d’un tyran et non de l’équité d’un juge ?

 

Dieu serait-Il injuste et agirait-Il par favoritisme ?

 

Nous sommes cependant troublés, car la Bible elle-même expose solidement cette élection !

 

Se contredirait-elle en affirmant d’une part le choix Souverain de Dieu en matière de salut et d’autre part la responsabilité entière des hommes réprouvés ?

 

Acceptant la contradiction apparente, Jean Calvin affirme catégoriquement que Dieu ne saurait être fait Auteur du mal ni que le réprouvé le soit injustement et ne subisse pas le juste châtiment de son incrédulité.

 

Par fidélité à la Bible où « rien n’est enseigné, selon lui, qu’il ne soit inutile de savoir », a refusé de passer la rigueur de ce thème sous silence :

 

« Dieu veut que nous pensions toujours à son élection gratuite, qui est la fontaine de tous ses bienfaits envers nous ».

 

Seule cette doctrine, selon ses affirmations, peut rassurer « les pauvres consciences » incapables de trouver en elles et dans leurs œuvres aucune vertu suffisante pour satisfaire à la Justice Divine.

 

Si Jean Calvin a discerné un tel message « rassurant », ne vaut-il pas la peine de le découvrir nous aussi ?

 

N’est-il pas nécessaire d’examiner, avec honnêteté, ce que les Saintes Écritures en disent ?

 

 

Pasteur Luc Warnon

Luc Warnon,

Pasteur Protestant

de l'Eglise Timothée Nîmes

 

 

 

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source

Timothée

 

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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 20:59
Justice sociale, convoitise et accaparement selon la Bible

Contrairement à ce que beaucoup de gens semblent penser, la Bible s’intéresse de près à la question de la justice sociale, dans la mesure où l’amour du prochain est caractérisé par un principe d’équité qui doit être fondé sur l’amour de Dieu vécu comme obéissance envers le Créateur de tous les êtres humains.  En effet, comme l’a rappelé Jésus-Christ à un de ses interlocuteurs (Matt. 22:37-40) la Loi divine se résume à ces deux grands commandements:  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée, et : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.  Il a ajouté à ces paroles: De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.  

L’équité n’est pas l’égalitarisme

La justice sociale signifie-t-elle l’égalité absolue de condition entre les uns et les autres ?  Pour la Bible la justice sociale n’est pas de l’ordre de l’égalitarisme forcené et artificiel. Sans compter le fait qu’une telle égalité n’est qu’une utopie nécessitant un régime totalitaire pour tâcher de l’instaurer, comme on l’a bien vu au cours du vingtième siècle, il faut se poser la question de savoir si, dans toute société, chacun est qualifié pour accéder aux mêmes fonctions, aux mêmes responsabilités, et donc au même niveau de rémunération. Tous ont-ils reçu les mêmes dons, les mêmes aptitudes ?  Peuvent-ils servir la communauté de manière parfaitement interchangeable ?  Ceci ne signifie en aucun cas que l’accession à des postes élevés de responsabilité dans la société civile ou dans le domaine public doit être réservée à une caste fermée perpétuant ses privilèges d’accès, sans aucune possibilité pour ceux qui n’en font pas partie de franchir les étapes qui y mènent. Dérober aux autres – et ce de manière sournoise ou institutionnelle – des possibilités d’accès à une instruction adéquate ou à des opportunités réelles et réalistes, c’est tout simplement enfreindre le huitième commandement « Tu ne déroberas pas ».  Car ce commandement à une portée bien plus large que ce que l’on veut bien imaginer en général.

L’ascenseur social

Dans la Bible, il n’y a sans doute pas d’exemple plus frappant de ce que peut être l’« ascenseur social » que l’histoire de Joseph dans l’Ancien Testament (Genèse 37-50): vendu comme esclave à des caravaniers par ses frères jaloux de lui, puis revendu à un riche fonctionnaire égyptien, il parvient par ses qualité de travail et son éthique irréprochable à devenir le gérant des affaires de cet homme, qui se repose entièrement sur lui.  Dénoncé à tort par la femme de ce dernier qui voulait en faire son amant, le voilà jeté en prison pour une longue période.  Mais sa fiabilité et son honnêteté sans faille lui vaudront de gagner la confiance du chef de la prison, qui lui aussi confiera à Joseph des responsabilités majeures au sein de cet établissement carcéral.  De fil en aiguille, Joseph deviendra le premier ministre du pharaon, pourvoyant avec prévoyance aux années de vaches maigres en accumulant tout ce qu’il faut de blé pour nourrir le peuple, puis ses propres frères venus chercher des vivres en Égypte, durant sept années de grande famine.  Bien sûr, en tout cela la Genèse indique comme un leitmotiv que Joseph réussit dans toutes ses entreprises car « l’Éternel était avec lui ; l’Éternel faisait réussir tout ce qu’il faisait » (39:23).  Et ce récit n’a évidemment pas pour objet de vanter les mérites de Joseph en tant que « self made man », ou de prétendre qu’il faut d’abord passer par la case esclavage ou prison avant de réussir dans la vie.   Il est question en tout premier lieu du plan de rédemption de Dieu vis-à-vis du peuple qu’il s’est choisi, et du fait que celui qui contrôle toutes choses par-delà les intentions et les desseins mauvais d’hommes ou de femmes corrompus, c’est Dieu lui-même, constamment à l’œuvre (au travail !) par sa Providence.  Il n’en demeure pas moins qu’il conduit son plan par le biais d’un instrument (Joseph) qui se conduit avec droiture.

La valeur et la signification du travail

Ce que nombre de passages bibliques soulignent, c’est d’abord la valeur du travail, qui est un des constituants principaux de l’image de Dieu dont l’homme est porteur (Genèse 1:28).  Pour ce faire, chacun doit être équipé d’un outil de travail, quelle que soit sa vocation, et pouvoir vivre décemment de son travail.  Toute vocation qui ne contrevient pas à la Loi divine (c’est-à-dire qui ne fait pas de tort à notre prochain, abîmant d’une manière ou d’une autre l’image de Dieu dont il est le porteur), doit être respectée et rémunérée avec équité.  Dans la Loi de l’Ancien Testament, on ne pouvait prendre en gage – en échange d’un prêt quelconque – l’une des deux meules d’un moulin, ce qui aurait été l’équivalent de prendre en gage la vie même de son prochain (Deut. 24 :6).

Dans le Nouveau Testament l’apôtre Paul déclare aux chrétiens de l’Église de Thessalonique (2 Thess. 3:10): Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.  Vouloir travailler signifie entre autres être prêt à accepter, au moins provisoirement, un emploi qui ne correspond pas forcément à ce que nous souhaiterions a priori, quitte à devoir faire certains sacrifices de manière à ne pas peser comme charge sociale sur les autres, que ce soit ses proches ou la collectivité. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres, car celui qui aime les autres a accompli la loi écrit le même Paul aux chrétiens de Rome (13:8). Dans la Bible, la justice sociale ne signifie jamais encourager ou subventionner l’oisiveté, le parasitisme.  Un proverbe de l’Ancien Testament l’exprime de façon lapidaire (14:23) : En tout travail se trouve du profit, mais les paroles toutes seules ne mènent qu’à la disette.

Avertissements et exhortations aux plus riches 

Mais dans le même temps le fait que certains puissent vivre dans l’affluence ne saurait être le produit de l’exploitation des autres, soit par le non paiement d’un salaire pourtant gagné à la sueur de son front, soit par une rémunération qui ne permet pas aux salariés de subvenir à leurs besoins.  Un passage virulent de la lettre de Jacques dans le Nouveau Testament, faisant écho à maints passages des prophètes dans l’Ancien Testament, condamne sans appel ceux qui s’enrichissent aux dépens de ceux qu’ils font travailler (Jq. 5:1-6): A vous maintenant, les riches ! Pleurez  à grands cris à cause des malheurs qui viendront sur vous !  Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités.  Votre or et votre argent sont rouillés; et leur rouille s’élèvera contre vous et dévorera votre chair comme un feu.  Vous avez amassé des trésors dans ces jours qui sont les derniers!  Voici : le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu dans les voluptés et dans le luxe, vous avez rassasié vos coeurs aux jours du carnage.  Vous avez condamné, vous avez tué le juste; il ne vous résiste pas.

Si le huitième commandement « Tu ne déroberas pas » s’applique parfaitement à ce type de situation, le dixième commandement « Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain » s’applique dans l’autre sens.  Dans la Bible, la justice sociale ne se confond jamais avec l’envie et la jalousie vis-à-vis du prochain plus aisé que soi-même. Car Dieu accorde ses bénédictions aux uns et aux autres dans la mesure de sa Providence, appelant toujours les plus riches à faire preuve de générosité lorsqu’il s’agit de permettre aux plus pauvres de retrouver le chemin de la prospérité ou simplement de pouvoir subsister.  Les lois sur le Jubilé (Lév. 25) fournissent la matrice de cette attitude.  De son côté, l’apôtre Paul enjoint à Timothée de faire aux riches dans le monde présent cette belle recommandation (1 Tim 6:17-19): Recommande aux riches du présent siècle de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu, qui nous donne tout avec abondance, pour que nous en jouissions.  Qu’ils fassent le bien, qu’ils soient riches en œuvres bonnes, qu’ils aient de la libéralité, de la générosité, et qu’ils s’amassent ainsi un beau et solide trésor pour l’avenir, afin de saisir la vraie vie.  Recommandation bien sûr aux antipodes du fameux – et fumeux – Carpe diem des épicuriens si cher à notre culture contemporaine matérialiste, avant tout axée sur le caractère momentané et jouissif de l’instant présent.   La convoitise des yeux y est constamment attisée par toutes sortes d’éléments visuels s’introduisant dans notre vie de tous les jours par les médias et incitant à la consommation de produits souvent creux et inutiles, le tout au service d’une soi-disant “croissance”.  Frustrations et jalousie deviennent alors trop facilement le lot de ceux qui ne peuvent y accéder,  et qui qualifient de revendication sociale légitime l’accès à des biens de consommation qui ne leur apporteront guère plus de satisfaction véritable et durable que ceux qui peuvent déjà se les offrir.

La justice de l’impôt

La question controversée s’il en est de la justice de l’impôt et de la nécessité de son paiement ne date certes pas d’aujourd’hui.  Dans le célèbre passage de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome qui traite des rapports entre l’État et ses sujets, Paul écrit ceci (Rom 13:6-7): C’est aussi pour cela que vous payez les impôts.  Car ceux qui gouvernent sont au service de Dieu pour cette fonction précise.  Rendez à chacun ce qui lui est dû: la taxe à qui vous devez la taxe, l’impôt à qui vous devez l’impôt, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur.  Cette injonction, qui légitime le prélèvement de l’impôt pour le bien public, ne peut cependant jamais être séparée de ce que Paul a  écrit juste auparavant, toujours au sujet de l’autorité publique (13:3-4): Fais le bien et tu auras son approbation, car elle est au service de Dieu pour ton bien.  Tout comme pour l’utilisation d’une violence légitime de la part de l’État qui a reçu un mandat divin afin de protéger ceux qui sont confiés à sa protection (devoir régalien de l’État), le prélèvement de l’impôt doit se tenir dans les limites de ce qui est “bien” dans le cadre du service dû à Dieu.  Paul ne fait ici que reprendre et développer la célèbre formule de Jésus lorsqu’on l’a questionné pour savoir s’il était légitime de payer l’impôt à César (l’empereur romain),  maître politique de la Palestine à l’époque: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Matt. 22:21).  César n’étant lui-même nullement exempté  de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, il est de sa responsabilité d’ordonner des impôts qui soient pour le bien de ses sujets, et non pour son propre profit ou pour leur oppression.  Le “bien”, le “service de Dieu” c’est aussi pour l’État le respect du huitième commandement, qui ne s’applique pas qu’à ses sujets, mais à lui également.  De fait, son aptitude à le respecter aura nécessairement des effets bénéfiques pour application de ce commandement dans toutes les sphères de la société.  A contrario, la tête pourrie du poisson contaminera rapidement le reste du corps.

L’État peut-il sans conséquences se prendre pour Dieu?

Prendre en compte avec foi et humilité toutes ces prescriptions, et bien d’autres que l’on trouve sur le même sujet, permet la formation d’une éthique de véritable solidarité : une solidarité qui n’est guidée ni par la convoitise ni par l’accaparement.  Et encore moins par l’attribution à un État sécularisé de prérogatives divines qu’il est toujours enclin à revendiquer pour lui-même au détriment de l’authentique mandat qui lui est attribué par Dieu, alors même qu’il n’est ni en capacité et surtout pas en droit de se prendre pour la Providence.  Car il se rapproche du chaos à chaque pas supplémentaire qu’il franchit dans cette direction.  En revanche, un État digne de ce nom doit utiliser son autorité et son pouvoir pour combattre avec les moyens qui sont à sa disposition et dans le cadre des prérogatives qui sont les siennes, tout ce qui ressortit de la convoitise et de l’accaparement, à commencer par ses propres inclinations dans ces deux funestes directions.

 

 

Pasteur Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

Bible Foi & Vie Réformées

 

Croix Huguenote Protestante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :

Foi&Vie Réformées

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 19:15
Mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ?

Pourquoi êtes vous troublés,

et pourquoi pareilles pensées

s'élèvent elles dans vos coeur ?

(Luc 24-38)

 

"Pourquoi dis tu, Jacob, pourquoi dis tu, Israël : ma destinée est cachée devant l'Eternel, mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ?" (Esaïe 40-27)

 

Le Seigneur Prend Soin de toutes choses et la plus petite de Ses Créatures entre dans le Cercle de Sa Providence Universelle.

 

Il réserve cependant Sa Providence particulière pour Ses Saint(e)s :

 

"L'ange de l’Éternel campe autour de celles et ceux qui Le craignent, et Il les arrache au danger" (Psaume 34-8)

 

"Elle a du prix aux yeux de l’Éternel, la mort de celles et ceux qui l'aiment " (Psaume 116-15)

 

"Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de celles et ceux qui aiment Dieu, de celles et ceux qui sont appelés selon Son Dessein " (Romains 8-28)

 

Laissons nous réconforter et réjouissons nous dans le fait que, bien qu'Il soit le Sauveur de tous les hommes, Il est spécialement Le Sauveur de celles et ceux qui croient.

 

Nous faisons l'Objet de Son Attention Particulière.

 

Nous sommes le Trésor Royal qu'Il Protège comme la Prunelle de Ses Yeux.

 

Nous sommes la vigne sur laquelle Il Veille jour et nuit.

 

"Même vos cheveux sont tous comptés". (Matthieu 10-30)

 

Que la pensée de Son Amour Spécial à notre égard soit pour nous un tranquillisant spirituel, l'apaisement bienvenu de tout malheur.

 

"Je ne te délaisserai point, et Je ne t'abandonnerai point !" (Hébreux 13-5)

 

Dieu nous dit cela tout autant qu'à n'importe lequel de Ses Saints d'antan.

 

"Ne crains point ; Je suis Ton Bouclier, et ta récompense sera très grande." (Genèse 15-1)

 

Nous nous privons d'une grande consolation par notre habitude à lire les promesses comme si elles s'adressaient seulement à l'Eglise dans son entier, plutôt que de nous les approprier aussi directement pour nous mêmes.

 

Saisissons la Parole Divine par une Foi personnelle et ferme.

 

Entendons Jésus nous dire :

 

"J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point !" (Luc 22-32).

 

Voyons Le venir, marchant sur les eaux de nos difficultés, car Il est ici et Il nous dit :

 

"Rassurez vous, c'est Moi, n'ayez pas peur !" (Matthieu 14-27)

 

Quelles Merveilleuses et Douces Paroles de Christ !

 

Puisse le Saint Esprit nous les faire ressentir comme s'adressant à nous.

 

Oublions les autres pour un instant et acceptons la Voix de Jésus comme s'adressant à nous et disons :

 

"Jésus murmure sa consolation ; je ne peux la refuser. Je vais m'asseoir à son ombre avec grand plaisir".

 

Amen,

 

 

 

 

spurgeon   

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 

 

Bible (52)

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 19:13
A la croisée des chemins

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Première lettre de Jean, dans le Nouveau Testament, passage tiré du second chapitre de cette lettre :

 

“Je vous écris ceci, enfants: vos péchés vous sont pardonnés à cause de ce que Jésus-Christ a fait.  Je vous écris ceci, pères : vous connaissez celui qui est dès le commencement.  Je vous écris ceci, jeunes gens: vous avez vaincu le diable.  Je vous le confirme, enfants: vous connaissez le Père.  Je vous le confirme, pères: vous connaissez celui qui est dès le commencement.  Je vous le confirme, jeunes gens: vous êtes forts, la Parole de Dieu demeure en vous et vous avez vaincu le diable. N’aimez pas le monde ni rien de ce qui fait partie de ce monde.  Si quelqu’un aime le monde, l’amour pour le Père n’est pas en lui.  En effet, tout ce qui fait partie du monde: les mauvais désirs qui animent l’homme livré à lui-même, la soif de posséder ce qui attire les regards, et l’orgueil qu’inspirent les biens matériels, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.  Or le monde passe avec tous ses attraits, mais celui qui accomplit la volonté de Dieu demeure éternellement.”

 

Dans la vie, nous sommes souvent placés à la croisée de plusieurs chemins, devant des choix qui engagent notre futur de manière très sérieuse :

- quelle carrière professionnelle choisir,  

- vers quel pays émigrer, peut être sans espoir de retour,

- avec quel époux ou quelle épouse s’engager pour la vie ?  

 

Nous pouvons être confronté à une croisée des chemins lorsque nous devons enterrer un être cher, sachant bien que notre vie ne sera plus jamais la même.  

 

De tels moments interviennent dans la vie de tout un chacun et nous forcent à opérer des choix décisifs lors de notre pèlerinage terrestre.  

 

Mais, dans la vie, la croisée des chemins n’est pas seulement quelque chose de très épisodique.  

 

Car en y regardant de plus près, nous sommes chaque jour confrontés à des choix qui peuvent avoir des conséquences dramatiques sur notre existence.

 

Agir avec intégrité dans une situation où on nous a confié des responsabilités financières très sensibles, garder le contrôle de soi en dépit de pressions presque intolérables qui pourraient nous amener à commettre un geste irréparable… etc..., les exemples ne manquent dans aucun domaine.

 

Au dix-septième siècle, John Bunyan a parlé de la croisée des chemins de manière frappante dans un livre écrit en prison : le “Voyage du Pélerin”, allégorie sur le pèlerinage que constitue la vie chrétienne.  

 

Le personnage central, Chrétien, quitte la Cité de la Destruction chargé d’un fardeau extrêmement lourd à porter.

 

En dépit des moqueries de son entourage proche, il s’en va seul, son lourd fardeau attaché aux  épaules, se dirigeant vers la Cité Céleste dont il a pris connaissance en lisant un livre bien particulier.  

 

Sur son chemin, il rencontrera bien des obstacles, bien des personnages qui lui recommanderont de se diriger sur telle ou telle route, bien des croisements de chemins où il lui faudra faire un choix décisif.  

 

Lors d’un moment crucial lors de ce périple, il parviendra à la colline de la Croix, et c’est là que le lourd fardeau dont il est chargé, tombera enfin de ses épaules.  

 

Mais il s’égarera souvent aussi, prenant la mauvaise route, ayant été invité à prendre des raccourcis qui semblent offrir bien des avantages ; il sera exposé à des dangers ou des tentations quasi insurmontables, mais il parviendra finalement à destination.  

 

Dans le texte de la lettre de Jean, l’auteur nomme de tels dangers  “tout ce qui fait partie du monde”:

 

les mauvais désirs qui animent l’homme livré à lui-même, la soif de posséder ce qui attire les regards, et l’orgueil qu’inspirent les biens matériels, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.”  

 

En employant ce mot, “le monde”, il ne veut pas dire la bonne Création de Dieu, l’univers qui reflète la gloire de son Créateur, mais un état de déchéance spirituelle qui englobe l’humanité, et qui devient le terreau de toutes sortes de turpitudes, de convoitises, de tendances à la fois alléchantes et destructrices.  

 

On n’en finirait pas de nommer ces tendances et la manière dont elles s’expriment dans la vie des hommes :  l’arrogance de la jeunesse, qui se croit invincible et immortelle, les désirs jamais assouvis de posséder sexuellement autant de partenaires que possible, la poursuite effrénée de la richesse matérielle, la soif du pouvoir, la tendance calculée à manipuler émotionnellement les autres pour exercer sur eux une forme de contrôle psychologique, que sais-je encore…

 

 “N’aimez pas le monde ni rien de ce qui fait partie de ce monde.  Si quelqu’un aime le monde, l’amour pour le Père n’est pas en lui”, écrit Jean.  

 

Mais il ne fait pas que mettre en garde ses lecteurs, il leur montre quelles sont les armes par lesquelles ils vaincront.

 

En s’adressant d’abord aux enfants, puis aux jeunes gens, et enfin aux pères, il pourrait signifier différents degrés de maturité spirituelle, plutôt que différentes classes d’âges.  

 

Dans ce cas, aux enfants dans la foi, c’est-à-dire à ceux qui y sont récemment parvenus, il leur rappelle l’assurance que leurs péchés ont été pardonnés grâce au sacrifice accompli sur la Croix par Jésus-Christ.  

 

Tout comme Chrétien, le héros du livre de John Bunyan, est libéré du fardeau qu’il portait jusque là, et est rendu désormais capable de poursuivre sa route de manière allégée, les enfants dans la foi sont libres de marcher sur la voie royale tracée pour eux, sans que leur conscience les accable constamment.  

 

Les pères dans la foi, eux, savent que Jésus-Christ était dès le commencement, avant même la fondation du monde.  

 

Quant aux jeunes gens, ils ont vaincu l’adversaire le plus redoutable, le prince de ce monde, Satan. 

 

Notons bien, le temps passé que Jean utilise :

 

“vous avez vaincu le diable”, et non pas “vous allez vaincre le diable”, comme si cela relevait d’un futur encore non réalisé…  

 

Mais de quelle arme disposent-ils donc, ces jeunes gens qui ont vaincu le diable ?  

 

 “Je vous le confirme, jeunes gens: vous êtes forts, la Parole de Dieu demeure en vous et vous avez vaincu le diable.”  

 

La Parole de Dieu est l’arme principale dont les pèlerins sont équipés lors de leur long voyage.  

 

Elle est aussi une carte qui nous aide à nous diriger au cours de notre vie, une carte que nous pouvons consulter à chaque croisée des chemins.  

 

Au centre de cette carte se trouve Jésus-Christ, Il en éclaire tous les angles, toutes les facettes.  

 

Pour utiliser une autre image, la vie peut être comparée à un puzzle fait de pièces éparses que chacun d’entre nous tâche de reconstituer.  

 

Le point de départ de cette reconstruction, la pièce par laquelle il faut commencer, c’est Jésus-Christ; c’est à partir de Lui que les pièces s’emboîtent dans le bon ordre.  

 

Autrement, on s’acharne à emboîter des pièces qui ne vont pas ensemble, et l’on n’arrive jamais à reconstituer de manière satisfaisante l’image d’ensemble.  

 

On pense bien y parvenir, mais c’est une image déformée, à l’instar de nos fantasmes, que l’on construit.  

 

Ce qui fait partie du monde, comme le décrit Jean, guide nos tentatives infructueuses, que nous nous obstinons cependant à prendre pour des succès.  

 

Or, a-t-il conclu, le monde passe avec tous ses attraits, mais celui qui accomplit la volonté de Dieu demeure éternellement.” 

 

Terminons enfin sur la première lettre de Jean, en en lisant le début du premier chapitre, afin que la lumière de la Parole de Dieu éclaire notre cheminement de pèlerins, afin qu’à la croisée des chemins, toutes et tous soient équipés de la seule carte qui vaille la peine d’être consultée :

 

“Nous vous annonçons le message de celui qui est la vie.  Nous vous annonçons ce qui était dès le commencement: nous l’avons entendu, nous l’avons vu de nos propres yeux, nous l’avons contemplé et nos mains l’ont touché. Celui qui est la vie s’est manifesté: nous l’avons vu, nous en parlons en témoins et nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée pour nous.  Oui, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous.  Or, la communion dont nous jouissons est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.  Si nous vous écrivons ces choses, c’est pour que notre joie soit complète.  Voici le message que nous avons entendu de Jésus-Christ et que nous vous annonçons: Dieu est lumière et il n’y a aucune trace de ténèbres en lui.  Si nous prétendons être en communion avec lui, tout en vivant dans les ténèbres, nous sommes des menteurs et nous n’agissons pas comme la vérité l’exige de nous.  Mais si nous vivons dans la lumière, tout comme Dieu lui-même est dans la lumière, alors nous sommes en communion les uns avec les autres, et parce que Jésus, son Fils, a versé son sang, nous sommes purifiés de tout péché.  Si nous prétendons n’être coupable d’aucun péché, nous vivons dans l’illusion, et la vérité n’habite pas en nous.  Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis. Mes chers enfants, je vous écris ceci afin que vous ne péchiez pas.  Si, toutefois, il arrivait à quelqu’un de commettre un péché, nous avons un Défenseur auprès du Père: Jésus-Christ le juste.  Car il a apaisé la colère de Dieu contre nous en s’offrant pour nos péchés – et pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.”

Amen,

 

 

Pasteur Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 19:11
Quelques réflexions édificatrices
Refuge Protestant
Rendre un culte selon sa sensibilité ?
Rendre un culte selon sa sensibilité ?

 

Refuge Protestant
Laxisme ou légalisme, un dilemme fatal ?
Laxisme ou légalisme, un dilemme fatal ?

 

La Loi Divine est chargée d’une telle Autorité qu’elle exerce son pouvoir sur tous les hommes. Elle est Bonne et Parfaite, mais l’homme est faillible et répréhensible ; elle est Spirituelle, mais nous sommes charnels (Romains 7.14). Chacun de nous subit donc son exigence et sa menace. Toutefois, comme un aimant magnétise ou rejette, cette Loi produit des réactions opposées chez les hommes qui ressentent son Pouvoir. Certains, pour lui obéir, s'en rendent esclaves, d'autres lui résistent et se révoltent. Quelle est à ce sujet, la voie que Christ nous a ouverte ? La Parole nous révèle que ces réactions sont vaines et vouées à l’échec : à cause du péché, la loi a un ministère de mort et de condamnation (Romains 5.13 ; 2 Corinthiens 3.6). Ni le laxisme, ni le légalisme ne peuvent nous délivrer de son emprise.  L’équilibre et la modération ne sont, non plus, d’aucun secours dans ce domaine ; car nous n’obéissons pas à moitié à un commandement si notre éternité en dépend (Romains 2.13). La liberté ? Celle des hommes s’arrache et se défend, mais l’on ne s’affranchit pas soi-même de la Loi Divine. Reste la fuite. Mais que vaut la liberté d’un déserteur qui rencontrera nécessairement son maître, en cours ou au terme de son périple ? (...) 

 

(Cliquer ci-dessous pour lire la suite)

Croix Huguenote

 

Refuge Protestant
N'oubliez pas l'hospitalité (Hébreux 13-2)
« N’oubliez pas l’hospitalité » (Hébreux 13.2)

 

Dans la Parole, l’hospitalité relève de la « justice ». Elle est très liée à la cause du malheureux qui vit au sein du Peuple de Dieu, aux « droits inviolables » (Amos 2.7) du pauvre, de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin. Aussi, l’Écriture ne fait-elle pas de l’hospitalité un concept, ni même un cheval de bataille. Épiloguer, se révolter devant l’injustice et la précarité dans le monde, militer pour le rendre plus « hospitalier », ne semble ni suffisant, ni être tellement la vocation du Chrétien. Est déclaré « juste », celui qui pratique personnellement la justice. Il est alors indispensable de consulter les différents textes relatifs à l’hospitalité et de les méditer, pour être maintenu dans une orientation vivante et dans la véritable sensibilité, celle qui conduit à la pratique de l’amour, « [non] pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité. » (1 Jean 3.18). Dès qu’il est question de détresses et de besoins humains, notre sensiblerie risque de s’éveiller et de se manifester la première, en lieu et place de l’Amour Véritable. La capacité à s’émouvoir tromperait ainsi les âmes les plus “chrétiennes” Si l'émotion ne conduit pas à prendre soin de l'autre, à prendre à cœur sa souffrance en cherchant à la soulager, elle n'est que sensiblerie. La sensiblerie est donc une contrefaçon de la sensibilité. C’est une émotivité à fleur de peau qui « touche » sans pousser à l’action. Elle s’empare de nos consciences au travers des médias qui nous habituent à des malheurs de tous ordres, auxquels il nous est impossible de répondre. Nous sommes irrigués, à longueur de temps, d’« images qui ‘saignent’ sans laisser de tâche ou qui ‘meurent’ sans laisser de cadavre » (Jean  BRUN, Les vagabonds de l'Occident, Desclée, 1976, p. 198.) Assurément, si nous n’y veillions pas et si nous ne sommes renouvelés dans un Amour Véritable, l'insensibilité risque, imperceptiblement, de s'emparer de nos cœurs. Celle-ci peut emprunter divers "canaux", mais le résultat sera le même : un cœur dur envers l'indigent.  L’insensibilité des « grands » et des « riches », qui, engourdis par les plaisirs du monde et accaparés par les préoccupations matérielles, n’ont pas le « loisir » de pratiquer la charité. L’homme religieux n’est pas non plus en reste dans ce domaine. En effet, le propre juste, pétrit de jugements étriqués et fort de sa connaissance du Bien, n’estime personne tout à fait digne de son secours et justifie ainsi son inaction : « si untel est dans le besoin, c’est qu’en définitive, il n’a pas fait ce qui fallait pour l’éviter »L’insensibilité de l’universitaire, du spécialiste, qui se réfugie dans la théorie et tient son objet d’étude à distance, nous guette à l’instant où nous abordons un « thème ». On cause de généralités, de l’inégale répartition des richesses et du mépris de la Nature, tout en laissant à l’abandon nos... propres jardins et ... voisins… (...)

 

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Croix Huguenote
Refuge Protestant Bible
Qui veut faire l’ange fait la bête
Qui veut faire l’ange fait la bête

 

"Garde ton cœur" (Proverbe 4.23).

 

Chez celle ou celui qui a connu et aimé le Seigneur, ces trois mots, ont un immense pouvoir d'évocation. Ils plongent évidemment dans le souvenir des époques de réveil où les Chrétiens étaient plus pieux, plus zélés pour le pur, pour l’intégrité, la droiture.  (...)  Personne n’est pur évidemment. Et par ailleurs, nous le sommes tous en Jésus Christ. (...) La question n'est pas d'être à contre-courant, la pureté ne se trouvant pas dans la mode siècle passé. (Et certainement pas dans le machisme et le racisme), mais notre vigilance doit s'exercer à l'égard de "ce qui est dans le monde" d'aujourd'hui (...) Cette recherche de la pureté Chrétienne (dont le rapport au monde n’est qu’un aspect !) est légitime. Elle n’a en elle-même, rien d’un légalisme ni d’une poursuite téméraire et idéaliste. (...)  mais si par contre le moteur et le but ne sont plus «la Grâce de Dieu», ni le zèle «pour les bonnes œuvres» il devient alors  l’idéal de soi. Or l’idéal n’est pas mignon mais coupable ; l’angélisme est un péché, puisqu’il est par définition, révolte, idole et tromperie.  (...)

 

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Croix Huguenote

 

Bible Refuge Protestant
Le Ciel : c'est bien, c'est beau, mais c'est loin....
Qu’est ce que l’Espérance céleste ? 
Cette thématique Biblique, bien que Fondamentale, semble être aujourd’hui démodée. Ne disparaît-elle pas parfois du monde dit chrétien ? Il n’y a qu’à interroger certains cultes, chants, vies. S’il arrive encore que l’Espérance et le Ciel soient évoqués, c’est parfois à l’occasion des enterrements, pire, en dernier recours, quand il n’y a rien d’autre à dire. Malheureusement, l’idée actuelle que nous nous faisons de l’Espérance ne diffère pas vraiment de la compréhension que le monde se fait du Ciel : c'est bien, c'est beau, mais c'est loin... La notion d’Espérance nous laisse souvent si perplexe que nous pensons tout bas : « à quoi me sert aujourd’hui, l’éventualité qu’après ma mort tout ira mieux ? ». (...)

 

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Croix Huguenote

 

Bible Refuge Protestant
« Lever le voile » (1) : l’Ancien Testament, ombre ou projecteur ?

 Notre amour pour l’Ancien Testament, s’apparente, bien souvent, au devoir entre deux époux, dont le mariage se résumerait à un respect sacré de l’alliance. Si nous aimons le canon Juif, n'est-ce pas tout d'abord par devoir, par principe ? Nous croyons en l'inspiration des Écritures tout de même... Ne cherchons-nous pas, à notre avantage, des qualités et intérêts à ses récits, comme on en chercherait chez la femme dont nous devrions, de toute manière, partager la couche jusqu’à la fin de nos jours ? Et chacun s’y retrouve : la Genèse plaira, en général, aux enfants ; la Loi, aux parents ; les Psaumes au plus pieux et les prophéties, aux érudits. Tout n’est qu’affaire de goût. Cette attitude – que je caricature sans doute – n’est certes pas sans valeur, mais nous en conviendrons, quelque chose d’essentiel doit probablement nous échapper. L’Ancien Testament, une bande-annonce désuète ? L’objet principal de l’Ancien Testament, de ses oracles et de ses récits, était d’annoncer la Nouvelle Alliance et Son Médiateur, Jésus-Christ. Le Peuple Juif l'attend encore, avec enjeu et suspens, mais nous Chrétiens, savons qu’Il est déjà venu. En définitive, le malaise est évident : à quoi l'Ancien Testament nous sert-il, dès lors que nous avons déjà bel et bien reconnu le Messie ? (...)

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Croix Huguenote

 

Pasteur Protestant Guilhem Jaussaud

Guilhem Jaussaud, 

Pasteur Protestant Mission Timothée Anduze

 

Refuge Protestant

 

Bonne lecture et édification !

Refuge Protestant

 

 

 

 

 

 

 

 

Bible Protestante
Croix Huguenote

 

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Source :  PoinTheo (Penser,grandir-servir)

point theo

 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 21:43
Où trouver Jésus-Christ ?

Un Chrétien peut être brièvement caractérisé comme une personne qui entretient un lien de Foi et de communion Intime avec une autre personne qui s’appelle Jésus-Christ. Il ou elle entretient ce lien sur la base du fait qu’il reconnaît ce Jésus-Christ comme le Fils éternel de Dieu, venu il y a deux mille ans environ vivre une vie d’homme sur terre afin d’offrir cette vie en sacrifice de Réconciliation entre Dieu et l’humanité créée par Lui, mais aussi aliénée de Lui.

On ne manquera pas de demander au Chrétien : 

Mais où est donc ce Jésus-Christ avec lequel  tu entretiens ce lien de foi, de confiance, d’amour ?  Comment peux-tu prétendre avoir un tel lien alors que tu ne peux même pas me le montrer afin que je le voie moi-même ?   

Quelle devrait être la réponse du chrétien à ces questions cruciales ? Les chrétiens croient-ils en un fantôme, ou en un simple fantasme issu de leur imagination collective ?

Jésus-Christ se trouve d’abord dans le rapport historique des faits le concernant qu’on trouve dans les évangiles rédigés peu après Son passage sur terre sur la base de témoignages concernant Son Enseignement, Ses Actes, et avant tout Sa Mort et Sa Résurrection.  L’un de ces évangiles, écrits par un auteur nommé Luc et adressé à un certain Théophile, commence de cette manière : 

Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement en ont été les témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole, il m’a semblé bon à moi aussi, après  tout recherché exactement depuis les origines de te l’exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.  

Une lecture même superficielle de ce passage d’introduction nous apprend qu’au moment de sa rédaction les témoins oculaires vivaient encore, et qu’ils enseignaient un message concernant la Personne de Jésus-Christ, un message que Luc recommande à son lecteur comme étant digne de foi.

Jésus-Christ se trouve aussi (bien que dans une moindre mesure) dans d’autres témoignages de l’époque, certains plus tardifs, comme celui de l’historien romain Tacite, ou des traditions juives d’ailleurs plutôt défavorables à sa personne.

Jésus-Christ se trouve ensuite dans tout enseignement de l’Église qui perpétue de manière vivante et fidèle ce que les premiers témoins ont rapporté afin que cela soit transmis de génération en génération.  L’Église enseigne d’ailleurs ces choses non pas de son propre chef, mais sur le Commandement express du Christ, qu’elle reconnaît comme Son Seigneur. Cela apparaît tout particulièrement dans les dernières paroles de Jésus rapportées à la fin de l’évangile selon Matthieu : 

Jésus s’approcha d’eux et leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit.  Et voici : je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. 

L’Église apporte aussi cet enseignement sur le fondement de cette autre Parole de Jésus à Ses Disciples rapportée par l’évangéliste Jean (14:25-26) : 

Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit.

Et puis Jésus-Christ se trouve dans la vie même des Chrétiens qui croient en Lui et vivent de Sa Vie, selon une autre Parole prononcée par Lui dans le même passage de l’évangile selon Jean (15:5)

Moi je suis le cep ; vous, les sarments.  Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire.  

Il y a d’abord dans le cœur des Chrétiens un témoignage intérieur opéré par le Saint Esprit – le Consolateur dont il est question dans la Parole de Jésus que j’ai citée tout à l’heure. 

Ce témoignage est irréfutable et tout Chrétien greffé par la Foi dans la Vie du Christ le connaît bien. 

Mais il y a aussi les fruits que produit le même Esprit dans ces personnes, des fruits qui concordent avec la Vie et l’Enseignement du Christ, et qui parlent indirectement de Lui, manifestant Sa Présence par l’obéissance à ce qu’Il a prescrit.   

Un peu auparavant dans l’évangile de Jean (14:23) Jésus a dit à ses disciples : 

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui.

Jésus-Christ  se manifeste aussi de manière Réelle et Spirituelle dans le partage entre les Croyants du pain et du vin, comme Il a Commandé à Ses Disciples de le faire : ce sont en effet des signes attestant Réellement et Spirituellement aux Croyants le Don de Son Corps et de Son Sang sur la Croix de Golgotha en sacrifice d’expiation Parfaitement Acceptable à Dieu. 

L’apôtre Paul rappelle dans sa première lettre aux chrétiens de Corinthe (au chapitre 11) comment Jésus a institué ce repas entre Ses Disciples, leur Commandant de le répéter régulièrement avec la signification qu’Il lui a donné : 

De même, après avoir soupé, il prit la coupe et dit : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois que vous en boirez.  Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Enfin, depuis Son Ascension rapportée dans les évangiles, Jésus-Christ vit au Ciel, auprès du Père Céleste, au-delà donc de l’univers créé.

Il a été Couronné Roi de la Création par le Créateur Lui-même, qui se rend Gloire à travers la Personne de Son Fils Unique. 

Lorsque l’évangéliste Marc débute son récit, il commence sur ses mots qui ne laissent aucun doute sur l’identité Divine de Celui dont il va entretenir ses lecteurs : Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.  

Pour sa part l’auteur de la lettre aux Hébreux, toujours dans le Nouveau Testament, établit le rapport entre Dieu et ce Fils Eternel au début de sa lettre (1:3-4), en nous parlant justement de ce couronnement céleste : 

Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire et l’expression de son être, soutient toutes choses par sa parole puissante ; après  avoir accompli la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts, devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom bien différent du leur.  

Mais aussi élevé qu’Il soit dans les lieux très-hauts, Jésus-Christ demeure Présent auprès des Siens par Son Esprit Saint. C’est bien d’ailleurs le sens de la dernière parole de l’évangile selon Matthieu : 

Et voici : je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Donc, ni fantôme, ni fantasme, Jésus-Christ est bien vivant : attesté historiquement ; proclamé et prêché par l’Église ; Actif par Son Esprit dans la vie des Croyants qui sont Greffés en Lui comme les sarments sur le cep ; spirituellement présent dans le repas qu’Il a institué pour Ses Disciples; Eternellement Vivant dans les sphères célestes auprès du Père qui L’a Etabli Souverain Maître de l’univers et Le ramènera au jour fixé comme Juge Divin de toute créature. 

 

Les Chrétiens ont donc toutes les raisons de continuer à mettre leur Foi en Lui et de proclamer à toutes les nations Sa Seigneurie, Lui qui n’a pas hésité à donner Sa Vie pour Racheter de la mort  un peuple nombreux destiné à régner Eternellement avec Lui.

 

Amen,

 

 

Eric Kayayan, Pasteur Protestant Réformé

Eric Kayayan, 

Pasteur Protestant Réformé,

 

 

Bible
Huguenot Cross

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 07:25
Les Psaumes au quotidien

Pourquoi la Bible contient-elle un recueil de 150 Psaumes ?

 

Prières d’adoration et chants de louange, cris d’appel « des profondeurs de l’abîme » ou psaumes d’imprécation réclamant la justice du Très-Haut, humbles confessions des péchés ou rappels des exploits de Dieu, les Psaumes se classent (avec le livre de Job) parmi la plus belle poésie de toute la littérature mondiale.

 

Plus encore, ces vieux psaumes de David ou d’Asaph, des fils de Qoré ou d’autres, occupent une place de choix dans la Bible.

 

N’est-ce pas remarquable ?

 

Le Seigneur s’est révélé à nous sous forme de prières, à la fois poésie humaine et Parole de Dieu.

 

Pourquoi donc ?

 

Parce qu’Il s’adresse à notre être tout entier.

 

Il nous veut tout à Lui, corps et âme, travail et loisirs, famille, Église et projets.

 

Avant tout, c’est notre cœur qu’Il veut, qu’Il purifie, régénère et fortifie ; le reste alors suivra…

 

Les Psaumes reflètent admirablement cette intimité de l’Alliance.

 

« Je serai votre Dieu, vous serez mon peuple. »

 

Quelle grande promesse et quelle obligation sérieuse !

 

Jésus-Christ est venu sceller cette Alliance par Son Sang ; Son Esprit Saint nous habite pour que nous en vivions la Réalité.

 

Les Psaumes eux-mêmes nous parlent de Jésus, nous annoncent Sa Venue dans le monde, Ses Souffrances, Sa Mort Expiatoire, Sa Résurrection Victorieuses, Sa Montée au Ciel et Son Règne Actuel.

 

Les prières et les louanges des Psaumes sont là non seulement pour nourrir notre piété personnelle et en Église, mais également pour nous faire admirer Notre Sauveur et Lui rendre grâce pour Son Si Grand Salut.

 

Les Psaumes au quotidien, « seul dans ta chambre » ou en famille autour de la table, durant des rencontres de prière ou le dimanche en Église, les Psaumes lus ou chantés, priés ou médités, constitueront un aliment essentiel pour une diète bien équilibrée.

 

Nos cœurs craintifs ou coupables, déçus ou découragés, s’élèveront alors vers « le Refuge de ma vie », « Ma Lumière et Mon Salut », afin de « rendre Gloire à Son Nom ».

 

La pratique du chant des Psaumes procure de nombreux bienfaits aussi bien à l’ensemble de l’Église qu’à la vie chrétienne individuelle et familiale.

 

Ces bienfaits ont été observés dans l’histoire de l’Église et sont encore remarqués dans plusieurs Églises actuelles qui chantent les Psaumes.

 

Voici les principaux bienfaits du chant des Psaumes :

1. Il contribue puissamment à unir le cœur et l’intelligence

 

La musique a la capacité d’unir le cœur et l’intelligence.

Le ministère d’enseignement est essentiel dans l’Église, mais chanter les Psaumes contribue à faire pénétrer le contenu de la Parole de Dieu dans nos cœurs.

Notre cœur est le moteur de nos actions et de nos vies.

C’est la raison pour laquelle Dieu a donné les Psaumes à Son Église, afin qu’ils soient chantés de tout cœur.

2. Il développe une riche spiritualité biblique

Les Psaumes sont un guide complet pour notre vie spirituelle.

Ils expriment toute la gamme des expériences et des émotions du croyant : la louange, la joie, la reconnaissance, la foi, la tristesse, la crainte, la douleur, la détresse, les lamentations, la confiance, l’adoration, les requêtes, la confession des péchés, l’enseignement, l’appel à la justice, l’espérance de la victoire, etc.

Nos émotions ont besoin d’être formées par l’Évangile et par le Saint-Esprit autant que notre intellect.

Le chant des Psaumes soumet le cœur humain pécheur et rebelle afin de le conduire sur le chemin de la piété ; il discipline les sentiments du cœur à l’école de la Foi et nous stimule à élever nos cœurs vers Dieu.

3. Il nous fait grandir dans la connaissance des doctrines bibliques

Dans l’histoire, de mauvais chants ont souvent contribué à faire entrer des hérésies dans l’Église.

Chanter les Psaumes contribue à nous en préserver.

Nous chantons une richesse théologique, car les Psaumes contiennent tous les grands sujets théologiques : Dieu et ses attributs, la création, l’homme, le péché, le salut, la personne et l’Oeuvre de Jésus-Christ, l’Église, l’alliance, la fin des temps, etc.

4. Il nous aide à trouver refuge en Dieu

Les Psaumes sont les chants de l’Église qui souffre au milieu de la persécution, des détresses, de la maladie et de la mort.

Ils aident les fidèles et tout le peuple de l’alliance à trouver Refuge et force en Notre Rocher qui est annoncé et célébré dans les Psaumes.

5. Il produit une piété solide, militante et courageuse

Les Psaumes forment l’armée du Seigneur au combat spirituel.

Ils contiennent beaucoup d’images de guerre, de conquête divine et de victoire de la justice.

Le chant des Psaumes a contribué à donner la victoire de la foi à un très grand nombre de réformés, devant les rois français, l’empire espagnol, la monarchie des Stuart en Angleterre. etc.

Ce chant a donné force et courage au milieu des drames, des guerres et des calamités.

Le chant des Psaumes peut transformer une Église habituée au compromis en une Église militante et courageuse dans son combat contre le péché, le monde et le diable.

Les Psaumes sont des chants de l’Église victorieuse.

Ils inspirent l’Église à croire dans la victoire finale de Leur Grand Roi.

Dans une culture où le monde est de plus en plus opposé à la foi, le chant des Psaumes pourra donner force et courage au Peuple de Dieu afin de vivre vaillamment sa Foi dans l’espérance de la victoire finale.

6. Il contribue à notre sanctification

Le monde n’a pas besoin de passer des lois pour inciter les gens à commettre des immoralités sexuelles, à devenir violents, etc.

Le monde n’a qu’à chanter des chansons folles qui encouragent les gens à vivre ainsi.

Face aux chansons folles de ce monde, l’Église est appelée à chanter des chants de sagesse qui nous inciteront à la sagesse, à la fidélité et à la sainteté.

Plus le chant des Psaumes fera partie de notre vie, plus ceux-ci transformeront nos pensées et nos émotions, et plus nous deviendrons différents du monde autour de nous et semblables à Jésus-Christ.

7. Il nous aide à mémoriser la Bible

La musique nous aide à garder en mémoire la vérité des paroles que nous chantons.

Les paroles des Psaumes, inspirées par l’Esprit de Dieu, pourront alors être puissamment employées dans nos cœurs par le même Esprit dans les diverses circonstances de nos vies où nous en aurons besoin.

8. Il nous aide à nous situer dans l’alliance et dans l’histoire de la rédemption

Les Psaumes ne racontent pas seulement des expériences spirituelles individuelles, mais nous racontent l’histoire du peuple de l’alliance et des Oeuvres Rédemptrices de Dieu.

Chanter les Psaumes, c’est confesser l’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament, c’est célébrer la Fidélité de Dieu à Son Alliance, c’est raconter Ses Exploits et Ses Délivrances en faveur de Son Peuple, hier, aujourd’hui et pour les générations futures, dans l’espérance de Ses Glorieuses Promesses à venir.

9. Il encourage à vivre et apprécier la communion des saints

Les Psaumes ont été chantés par le peuple de l’alliance de génération en génération, depuis qu’ils ont été écrits jusqu’à aujourd’hui, et le seront jusqu’au Retour de Jésus-Christ.

Chanter les Psaumes nous aide à vivre cette solidarité avec tout le peuple des Rachetés, qui s’étend au-delà des cultures et des générations.

Chanter les Psaumes, c’est confesser la communion des Saints et cela contribue à développer un sens de solidarité avec le Peuple de l’Alliance de tous les temps.

10. Il nous amène à louer la personne et l’œuvre de Jésus-Christ

Les Psaumes contiennent une richesse de prophéties, de figures, d’attentes messianiques et de préfigurations concernant la Personne et l'Oeuvre de Jésus-Christ.

Ils annoncent Ses Souffrances (Psaume 22 ; 40), Son Humiliation et Son Exaltation (Psaume 2; 8; 118), Sa Résurrection (Psaume 2 ; 16), Son Ascension (Psaume 110), Son Règne (Psaume 2; 110), Son Retour à venir en Gloire pour juger le monde (Psaume 21; 24).

C’est Jésus-Christ Lui-même qui nous parle et qui est Présent dans les Psaumes.

Revenir au chant des Psaumes ne peut que nous aider à célébrer Notre Rédemption en Jésus-Christ.

Amen,

 

 

 

 

Pasteur Paulin Bedard

Pasteur Paulin Bédard,

 

 

Bible Protestante

 

Croix Protestante

 

Que l'Éternel te bénisse et te garde ! Que l’Éternel fasse briller son visage sur toi, et qu'il te soit agréable ! Que l'Éternel lève son visage sur toi, et qu'il te donne la paix ! ( Nombres 6 /24-26 )

Source : Psautier de Genève /  Ressources Chrétiennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La source musicale même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 21:15
Jésus Christ...Qui par la volonté de Dieu, a été fait pour nous Sagesse

Christ... Qui par la volonté de Dieu,

a été fait pour nous sagesse.

(1 Corinthiens 1-30)

 

L'intelligence de l'homme cherche le repos et, par nature, elle le cherche en dehors du Seigneur Jésus Christ.

 

Même quand ils se convertissent, les hommes éduqués ont tendance à regarder les simplicités de la croix de Christ avec trop peu de révérence et d'amour.

 

Ils se laissent piéger par l'ancien filet dans lequel les Grecs se firent prendre et ils rêvent de mélanger la philosophie avec la révélation.

 

La tentation qui guette l'homme à la pensée et à l'éducation élevées consiste à se détourner de la simple vérité de Jésus crucifié pour inventer, comme on dit, une doctrine plus intellectuelle.

 

Cela conduisit les premières églises au gnosticisme et les séduisit à se laisser entraîner par toutes sortes d'hérésies.

 

C'est ici la racine de la néologie et des autres choses raffinées qui furent naguère tellement à la mode en Allemagne et qui séduisent tant aujourd'hui certaines catégories de théologiens.

 

Qui que nous soyons, et quelle qu'ait été notre éducation, si nous appartenons au Seigneur, prenons garde de ne jamais trouver de repos dans une théologie qui se met à philosopher.

 

Il est possible que nous ayons reçu tel dogme de tel grand penseur, ou tel rêve de quelque autre profond intellectuel.

 

Mais, quand on les compare à la pure Parole de Dieu, ces choses se révèleront être ce qu'est la balle en comparaison au grain.

 

Même guidée au mieux, tout ce que la raison de l'homme peut découvrir n'est que le B.A.-BA de la vérité.

 

Il lui manque même la certitude de ces choses, alors qu'en Jésus Christ se trouve assemblée toute la plénitude de la sagesse et de la connaissance.

 

Toutes les tentatives de la part des chrétiens pour se contenter de systèmes que la plupart des théologiens accepteraient sont immanquablement vouées à l'échec.

 

Les vrais héritiers du ciel doivent revenir à la grande simplicité de ce qui fait briller l'oeil de l'apprenti laboureur et qui réjouit le coeur de l'indigent :

 

"Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs !!!" (1 Timothée 1-15)

 

Jésus satisfait l'intellect le plus élevé quand ce dernier le reçoit par la foi.

 

En dehors de Christ, l'esprit des hommes régénérés ne trouve aucun repos.

 

"La crainte de l'Eternel est le commencement de la science... Tous ceux qui l'observent ont une raison saine !". (Proverbes 1-7 ; Psaume 111-10).

 

Amen,

 

 

Charles Spurgeon

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

Bible (128)

Croix Huguenote

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 21:10
Poser la bonne question: qu'est-ce que l'homme ? Ou bien qui est l'homme ?

L’homme, qu'est-ce au juste ?  Un composé physico-chimique de substances ajoutées les unes aux autres ? Le fruit d’un long processus de changements génétiques hasardeux sans but ni sens (ce que la science génétique contredit totalement d’ailleurs)? 

Qui est celui ou celle d’entre nous qui peut envisager son humanité comme cela, même si on le lui rabâche à longueur de journée ?  Et par quel tour de passe-passe attribuer une dignité ou même des droits à un composé physico-chimique, aussi complexe soit-il ?  Ne plaisantons pas. 

L’homme est bien plus que la matière qui le compose.  Son esprit, en fait son être tout entier reflète quelque chose de supérieur à la poussière d’atomes et de molécules dont il est constitué. 

C’est ce que la Genèse, au début de la Bible, révèle, par ces paroles si simples et si fondamentales : 

Dieu créa l’homme à son image: il le créa à l’image de Dieu.  Homme et femme il les créa.  

Donc, porteur de l’image Divine, d’une ressemblance avec Dieu par analogie.  L’homme n’est pas un « que », objet morcelable à volonté selon ses fantasmes d’auto-reconstruction, grâce aux techniques qu’il développe à seule fin d’actualiser le mythe séculaire de Protée.   

Il est un « qui », doué d’une personnalité, à l’image du Dieu personnel qui L’a Créé et qui Seul Lui attribue sa raison d’être, son mandat sur terre.  Vivre ce mandat en accord avec le Créateur et Législateur de la vie, voilà la seule liberté qui vaille la peine de poursuivre.

Avons-nous noté que le tout premier trait de cette analogie, de cette image Divine dont il est le porteur,  c’est la sexualité qui s’exprime dans la différenciation entre homme et femme ? 

Oui, il y a à la fois unité et pluralité, différence et complémentarité dans cette image Divine qu’est l’espèce humaine. 

Certes, ce trait n’est pas unique à l’espèce humaine, il est partagé par les espèces animales. Mais il est significatif de constater que la Genèse souligne ce trait en rapport avec l’homme et la femme et leur ressemblance avec Dieu. 

Comme s’ils étaient appelés à vivre cette image Divine qu’ils portent en eux dans la conscience très nette de leur unité et complémentarité mutuelles. C’est ce couple-là que bénit le Créateur au commencement, pas un autre : le couple Adam et Ève, et non une quelconque paire Adam et Yves… 

Cette bénédiction se manifeste par le don de la fécondité, et l’appel à croître et multiplier,  propre à l’unité et la complémentarité du couple homme-femme.

Le genre humain est donc l’image de Dieu sur terre, son Représentant, chargé à la fois de développer la Création, de la faire fructifier tout en la gardant et la conservant – comme le chapitre deux de la Genèse le dit expressément : 

L’Éternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder

Développement et conservation du jardin ne sont pas contradictoires, ils vont de pair dans la Création Parfaite de Dieu.

Mais si l’homme est l’Image de Dieu, il ne lui est pas permis d’adorer Dieu sous forme humaine ou sous forme d’une quelconque créature.  Aucune idolâtrie donc. 

La seule religion qui n’aliène pas consiste à rendre Gloire à Dieu en vivant dans une communion avec le Créateur. Cette relation de communion consiste à exercer le mandat confié à l’homme par ce dernier : cultiver et garder le jardin de la Création; développer sans détruire et protéger sans laisser à l’abandon.

Voilà donc où réside l’identité de l’homme, sa Véritable Vocation.

Où en sommes-nous aujourd’hui dans l’exercice de ce mandat, de cette vocation ? 

Le constat  que l’on peut faire est bien sombre : les qualités et les dons mis en l’homme ont tellement été obscurcis et détournés de leur but initial qu’on dirait que l’homme s’acharne plutôt à détruire et à asservir la Création qu’à la cultiver et à la garder, comme l’indiquait le mandat reçu. 

Certes, l’homme fait preuve de beaucoup d’ingéniosité, et même de génie, ce qui prouve que les dons mis en lui n’ont pas été abolis, loin de là ; mais au vu des résultats de son action on voit bien qu’il y a quelque chose de radicalement dysfonctionnel dans son être et sa manière d’être et d’agir.

Une humanité renouvelée Réconciliée avec Dieu et avec elle-même, est-elle possible ?   

Oui, elle l’est, à condition de passer par Jésus-Christ, le premier-né d’entre les morts, Le Modèle Parfait d’une humanité Restaurée parce que provenant du Sein même de Dieu.

Celui que la Bible appelle le Nouvel Adam est d’ailleurs plus qu’un simple modèle : Il est Celui en lequel tout homme et toute  femme doit nécessairement être Greffé par la Foi afin de vivre de Sa Vie Eternelle.

La Foi en Jésus-Christ épurée de toute scorie transforme intérieurement tout homme et toute femme  qui la reçoit.

Elle renouvelle la vision de notre identité et ancre en nous le sens de notre vocation initiale d’êtres humains créés à l’Image de Dieu.

Elle purifie le regard que nous portons sur le monde. 

En tout premier lieu cette Foi nous fait reconnaître que le monde demeure la propriété du Créateur et que nous n’en sommes que les intendants. 

Notre responsabilité devant Lui est donc engagée, et ne s’accomplit que dans la réponse positive au mandat qu’Il nous a confié.

Amen,

Eric Kayayan, Pasteur Protestant Réformé

Eric Kayayan, 

Pasteur Protestant Réformé,

 

Bible
Huguenot Cross

 

Source : Foi & Vie Réformées

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31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 20:09
Pâques et la signification de la crucifixion de Christ

En ce temps de commémoration pascale l’actualité nous rappelle de manière bouleversante ce que peut impliquer la notion de sacrifice héroïque de soi-même pour protéger d’autres vies en danger de mort. 

Je n’ai guère besoin de faire un dessin, les faits, abondamment commentés par d’autres, parlent pour eux-mêmes.  Ils forcent une nation à réfléchir avec émotion et profondeur sur le sens du mot « sacrifice ».

Coïncidence de calendrier ou non, et qu’on le veuille ou non, nous ne pouvons éluder la signification du sacrifice de Jésus-Christ pour d’autres, alors qu’elle se trouve au cœur même de la Foi Chrétienne. 

Ceux qui ne partagent pas celle-ci n’ont d’ailleurs rien à perdre à se mettre à l’écoute de ceux qu’elle fait vivre, ne serait-ce que pour tâcher d’en saisir sa portée.

Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies.  A peine mourrait-on pour un juste; quelqu’un peut-être aurait le courage de mourir pour un homme qui est bon. Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous: lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. 

C’est ce qu’écrit l’apôtre Paul au début du chapitre cinq de sa lettre aux chrétiens de Rome un peu plus de vingt-cinq ans après la crucifixion de Jésus-Christ, attribuant à celle-ci une signification sacrificielle au caractère unique et indépassable.

« Envers nous, pour nous », écrit Paul. 

Mais qui donc ce « nous » englobe-t-il ?

Lui-même, ses compagnons et ses lecteurs, certes, mais aussi de nombreuses autres jeunes communautés de croyants qu’il a contribué à fonder par sa prédication, et par delà celles de son temps, tous ceux et celles au cours de l’histoire subséquente qui se seront mis à l’écoute de cette même prédication et l’auront fermement saisie dans leur coeur et leur esprit.

Cette constatation ne dispense cependant pas de se demander dans quel état se trouvent ceux pour qui le Christ prêché par l’apôtre Paul s’est sacrifié sur la Croix en se substituant à eux.   Étaient-ils simplement un peu égarés, ou même sérieusement blessés mais néanmoins encore capables de saisir l’aide qu’il venait leur offrir ? 

Au second chapitre de sa lettre aux chrétiens d’Éphèse, Paul s’exprime sans ambiguïté à ce sujet. Ceux pour qui Jésus-Christ s’est sacrifié étaient bel et bien morts spirituellement. 

Non  pas morts au sens où la vie physique, matérielle ou intellectuelle leur aurait fait défaut (car Dieu la maintient et la renouvelle par sa Grâce générale qui s’étend sur tous les hommes et sur sa Création en général), mais au sens ou devant sa sainteté et son jugement, ils étaient morts et voués à une condamnation éternelle, sans aucun recours possible avant le sacrifice du Christ reçu et accepté par la foi. 

Ce n’est pas pour rien que Paul parle « d’enfants de colère » pour décrire cette condition déchue et perdue d’êtres pour toujours aliénés de Dieu à moins qu’il n’initie et ne réalise lui-même leur salut, et ce par un don gratuit, c’est-à-dire par pure Grâce :

Pour vous, vous étiez MORTS par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air [= Satan] cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.  Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. Mais Dieu est riche en miséricorde et, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions MORTS par nos fautes, il nous a rendus à la vie par le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés – il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus, afin de montrer dans les siècles à venir la richesse surabondante de sa grâce par sa bonté envers nous en Christ-Jésus.

Ceci devrait être bien clair en premier lieu pour tous les chrétiens : s’ils proclament depuis le tout début de l’Église que Jésus-Christ est mort sur la Croix (« …il a souffert sous Ponce-Pilate, il a été crucifié, il est MORT, il a été enseveli, il est descendu aux enfers… »)  ce n’est pas pour indiquer simplement que sa crucifixion et la mort qui s’est ensuivie n’ont pas été fictives (comme le prétendait la secte des Docètes durant les premiers siècles de l’ère chrétienne, suivie plusieurs siècles après par Mahomet et le Coran). 

A la suite de Paul et des autres apôtres, ils affirment que cette mort – constatée par les autorités romaines de l’époque et rapportée par leurs historiens (comme  Tacite, au début du second siècle) – a rempli un but, une mission unique : celle de prendre sur lui notre propre mort sous le jugement de Dieu, en s’offrant volontairement en sacrifice parfait et sans défaut, sacrifice que seul le Fils éternel de Dieu ayant revêtu notre nature humaine pouvait accomplir.   

Elle était donc justement nécessaire à cause de notre propre mort au regard de Dieu.  

Si nous n’étions pas morts par nos fautes et nos péchés (selon les mots mêmes de Paul) la mort bien réelle de Jésus sur la Croix n’aurait pas eu lieu d’être.  Pour la foi chrétienne, la corrélation entre les deux est inéluctable.

La mort de Jésus n’est pas un malheureux accident de l’histoire témoignant de ces que des gens bien comme Jésus peuvent mourir injustement malgré le bel exemple d’humanité dont ils ont fait preuve par leurs actes et leurs paroles durant leur vie.  

Elle ne revêt son sens rédempteur que dans la reconnaissance que nous étions véritablement et totalement morts par nos fautes et nos péchés, et qu’il aura fallu rien de moins que la mort et la résurrection du Christ comme miracles de la Grâce divine pour nous ramener à cette vie que nous avions totalement perdue. 

En effet si la résurrection de Jésus au matin de Pâques est un miracle sans égal, c’est pareillement pour qu’elle devienne une véritable résurrection spirituelle pour ceux qui étaient auparavant morts mais ont été mis au bénéfice de cette résurrection en se l’appropriant par la foi.

Peut-être faut-il aussi noter (comme le fait le catéchisme de Genève, rédigé par Calvin en 1545) que la mention de Ponce Pilate dans le Credo -la confession de foi- n’est pas non plus un simple rappel de l’historicité véridique de cette mort, qui n’est ni mythe ni affabulation.  

Cette mention trouve aussi sa signification dans le fait que l’autorité politique humaine du moment (le gouverneur Ponce Pilate) qui a finalement livré Jésus à ceux qui voulaient le faire crucifier, avait déclaré à plusieurs reprises devant eux qu’elle ne trouvait en Jésus rien qui mérite une telle condamnation (voir entre autres Jean 19:4). 

Ponce Pilate déclara donc ouvertement l’innocence de Jésus, et par là l’iniquité du jugement qu’il prononçait.  Il se trouvait du reste parfaitement d’accord avec l’autre instrument de ce jugement inique, le souverain sacrificateur Caïphe. 

En effet, plus tôt au cours du ministère de Jésus (Jean 11:47-51) la question de la mise à mort d’un seul pour tout le peuple avait été discutée en haut lieu:   Alors, les principaux sacrificateurs et les Pharisiens assemblèrent le sanhédrin et dirent : Qu’allons-nous faire ? Car cet homme fait beaucoup de miracles.  Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront nous enlever et notre lieu sait et notre nation. L’un d’eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit : « Vous n’y entendez rien ; vous ne vous rendez pas compte qu’il est avantageux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas. »  Or, il ne dit pas cela de lui-même mais, étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.

Si nous revenons à notre condition avant le sacrifice de Jésus-Christ, la question qu’il faut se poser sans faux-semblants ou faux-fuyants est de savoir s’il demeure spirituellement quoi que ce soit de bon ou de valable en nous avant que Dieu, par pure grâce, ne vienne annuler notre mort spirituelle en la transférant sur son Fils bien-aimé, puis nous confère une vie nouvelle par la vie nouvelle du Christ ressuscité des morts.

En effet l’orgueil de l’homme est tel que même confronté par tant de preuves accablantes à la réalité désespérée de sa condition spirituelle devant le Dieu saint, il se laisse accroire qu’il demeure tout de même un petit quelque chose en lui sur lequel Dieu peut prendre appui pour lui tendre la perche dont il a besoin pour s’en tirer.  Mais laissons à nouveau l’apôtre Paul, inspiré par l’Esprit de Dieu, répondre à ces faux semblants qui ne feront qu’enfoncer davantage ceux qui s’appuient sur eux. 

Il écrit, dans l’épître aux Romains (3:23-25):

Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus.  C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice. 

Et plus loin (6:23)Car le salaire du péché c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Christ-Jésus notre Seigneur. 

Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.

Or pécher et être privé de la gloire de Dieu c’est être mort devant Luisimplement et tragiquement. 

Il ne sert à rien d’escamoter cette réalité, qui n’a d’autre remède que le Sacrifice de Jésus-Christ offert une fois pour toutes et qui ne peut être saisi que par la Foi.

Dans un sermon sur les premiers versets du second chapitre de la lettre de Paul aux Éphésiens, cités et commentés plus haut, Jean Calvin expose le texte apostolique comme suit (je conserve la syntaxe et l’orthographe anciennes de l’édition consultée, tout en clarifiant certains termes par des équivalents entre crochets):

Car iusques à ce que les hommes ayent ainsi examiné combien ils sont povres et miserables, il est certain que iamais ils ne rendront à Dieu la centieme partie de l’honneur qu’il merite (…) 

Et de faict, quelle est nostre nature en général?  C’est que nous ne pensons sinon tout mal : comme aussi S. Paul tend à ce propos maintenant.  Au premier chap.  il a tousiours poursuivi cest argument, que nous ne sçaurions assez exalter nostre Dieu, attendu [étant donné] la misericorde dont il a usé envers nous.  Or maintenant pour mieux exprimer encores cela, il nous monstre comme en peinture et en un miroir quels sont les hommes, iusques à ce que Dieu les ait prévenus de sa grace, et qu’il les ait recueillis à soy.  Il monstre donc que nous sommes tout plongez en un abysme si horrible, que quand nous y pensons nous devons estre confus, les cheveux nous doyvent dresser en la teste: car là-dessus il est impossible que nous ne soyons esmeus [émus] et enflambez à bénir le nom de Dieu, d’autant qu’il nous a ainsi cerchez [cherchés] au profond d’enfer pour nous attirer au royaume des cieux. 

Et nostre Seigneur Iesus-Christ, pour nous declarer en quel estat il nous trouve, dit qu’il est venu à fin que les morts ressuscitent à sa voix.  Voici donc l’office que s’attribue le Fils de Dieu, c’est que par la doctrine de son Evangile il nous retire de mort à vie.  Comme aussi il adiouste que tous ceux qui croiront en luy, sont passez de la mort en laquelle ils estoyent [étaient] detenus, pour entrer en la vie celeste: non pas que les fideles en iouissent ici encores: mais ils la possèdent tellement par esperance, qu’ils en sont tout asseurez.  Or quand nostre Seigneur Iesus Christ dit que sa voix a ceste vertu de ressusciter les morts, il prend cela par similitude.  Car quelque vie que nous cuidions [pensions] avoir, si est-ce qu’ [néanmoins] estans separez de Dieu nous sommes en une mort spirituelle: combien que [bien que] tous incredules cuideront [penserons] et en leur sagesse et en leur vertu estre plus que vivans.  Or ils s’endurcissent en cela, et s’y glorifient iusques au bout.

Mais regardons où est la fontaine de vie: elle est en Dieu: et ils en sont alienez.  Regardons aussi quelle est la vraye vie de l’homme : ce n’est pas qu’il soit fin, et que par ses finesses et astuces il puisse bien faire ses besongnes en ce monde, qu’il puisse acquerir grand renom, qu’il puisse estre subtil et bien advisé pour donner conseil à tous autres: ce n’est pas qu’il soit excellent en toutes sciences humaines et tous arts: ce n’est pas aussi qu’il soit prisé et renommé comme magnanime, ou ayant d’autres vertus qui sont louables entre les hommes: mais il faut commencer plus haut, c’est que nous cognoissions [connaissions] Dieu estre nostre Père, que nous soyons gardez par la clairté de sa parole, et illuminez en la foy pour cognoistre [connaître] le chemin de salut, et que nous sçachions que tout nostre bien gist en luy, à fin que nous l’y cerchions [cherchions] en toute humilité: que nous cognoissions aussi le moyen comment nous pourrons parvenir là, c’est à sçavoir ayant nostre Seigneur Iesus Christ, auquel toute plenitude de grace nous est présentée.

Voilà donc le message de Pâques, de la signification et la valeur incomparables du Sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix, que le disciple Pierre dans sa première lettre adressée à des croyants non seulement dispersés mais aussi persécutés, résume ainsi (3:18): En effet, Christ aussi est mort une seule fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de vous amener à Dieu. 

A Toi la Gloire Ô Ressuscité

 

Eric Kayayan

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

Bible
Huguenot Cross

 

 

 

 

 

SourceFoi & Vie Réformées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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