"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."
Pourquoi s’adresser à Dieu dans la prière ? Sur la nature de la prière selon la Bible, lisons la réponse que donne à cette question le catéchisme de Heidelberg, cet excellent manuel de piété chrétienne rédigé il y a bientôt cinq siècles. Lisons la série de questions et de réponses qui font partie du quarante-cinquième dimanche de ce catéchisme:
116 Pourquoi devons nous prier ?
Parce que la prière est la principale partie de la reconnaissance que Dieu réclame de nous; et parce que Dieu ne veut donner sa grâce et son Saint-Esprit qu’à ceux qui les lui demandent par des prières ardentes et continuelles et qui l’en remercient.
117 Que faut-il pour que la prière soit agréée et exaucée par Dieu ?
Premièrement, que nous demandions du fond du cœur au seul vrai Dieu qui s’est révélé à nous dans sa Parole tout ce qu’Il nous a ordonné de requérir de lui; deuxièmement que nous connaissions, droitement et à fond, notre pauvreté et notre misère afin de nous humilier devant sa majesté; troisièmement, que nous nous appuyions sur cette ferme assurance que, sans tenir compte de notre indignité, Il exaucera sûrement notre prière pour l’amour du Seigneur Jésus-Christ, comme Il nous l’a promis dans sa Parole.
118 Que Dieu nous a-t-il ordonné de lui demander?
Tout ce qui est nécessaire pour l’esprit et pour le corps et que le Seigneur Jésus-Christ a rassemblé dans la prière qu’il nous a lui-même enseignée.
119 Que dit cette prière?
Notre Père qui es aux cieux
Que ton Nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel;
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal;
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen
Le catéchisme poursuit ensuite son explication du Notre Père, qu’on appelle aussi l’oraison dominicale (c’est-à-dire la prière du Seigneur):
120 Pourquoi le Christ nous a-t-il commandé de nous adresser à Dieu comme à notre Père?
Afin d’éveiller en nous, dès le commencement de notre prière, le respect filial et la confiance en Dieu qui doivent être à la source de notre prière, car Dieu est devenu notre Père par le Christ. Il veut bien moins nous refuser ce que nous lui demandons avec foi que nos pères ne le font pour les choses ordinaires.
121 Pourquoi est-il ajouté: qui es aux cieux?
Afin que nous n’ayons aucune idée terre-à-terre de la majesté céleste de Dieu et que nous attendions de sa toute-puissance tout ce qui nous est nécessaire pour le corps et pour l’âme.
122 Quelle est la première demande?
Que ton nom soit sanctifié, c’est-à-dire: donne-nous d’abord de te connaître droitement, de te sanctifier, de te célébrer, et de te louer dans toutes tes œuvres en lesquelles brillent ta toute-puissance, ta sagesse, ta bonté, ta justice, ta miséricorde et ta vérité. Donne-nous aussi de régler toute notre vie, nos pensées, nos paroles et nos actes de telle sorte que ton Nom ne soit jamais blasphémé à cause de nous, mais plutôt honoré et glorifié.
123 Quelle est la deuxième demande?
Que ton règne vienne, c’est-à-dire: règne sur nous par ta Parole et ton Esprit de telle sorte que nous nous soumettions de plus en plus à toi. Maintiens et fais croître ton Église. Renverse les œuvres du Diable, toute puissance qui s’élève contre toi et tous les méchants complots formés contre ta sainte Parole, jusqu’à ce que vienne l’accomplissement de ton Royaume lorsque tu seras tout en tous.
124 Quelle est la troisième demande?
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, c’est-à-dire: Que tous les hommes et nous, nous renoncions à notre propre volonté et que, sans aucun murmure, nous obéissions à sa volonté qui seule est bonne, et qu’ainsi chacun s’acquitte de son devoir et de sa vocation aussi promptement et fidèlement que les anges dans le ciel.
125 Quelle est la quatrième demande?
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. C’est-à-dire: veuille nous pourvoir de tout ce qui est nécessaire à l’existence afin que nous reconnaissions que tu es la source unique de tout bien et que, sans ta bénédiction, ni nos soins, ni nos travaux, ni même tes dons ne nous profiteraient; et qu’ainsi nous détournions notre confiance de toutes les créatures pour ne la placer qu’en toi.
126 Quelle est la cinquième demande?
Pardonne nous-nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, c’est-à-dire: à cause du sang du Christ, veuille ne pas nous imputer, à nous pauvres pécheurs, toutes nos fautes et le mal qui nous est toujours attaché; donne-nous également de trouver en nous ce témoignage de ta grâce: la ferme résolution de pardonner de bon coeur à notre prochain.
127 Quelle est la sixième demande?
Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, c’est-à-dire: puisque nous sommes si faibles que nous ne saurions subsister un instant, et que, de plus, nos ennemis mortels – le Diable, le monde et notre propre chair – nous assaillent sans cesse, veuille nous soutenir et nous fortifier par la puissance de ton Saint Esprit. Ainsi seulement nous pourrons leur résister avec courage et ne pas succomber dans ce combat spirituel, jusqu’à ce qu’enfin nous remportions une pleine victoire.
128 Comment conclus-tu cette prière?
Car c’est à toi qu’appartiennent, aux siècles des siècles, le règne, la puissance et la gloire, c’est-à-dire: nous te demandons tout cela parce que tu es notre Roi et qu’ayant tout en ta puissance, tu peux et tu veux nous accorder tout bien; ainsi la gloire en revient non pas à nous mais éternellement à ton saint Nom.
129 Que signifie ce petit mot: Amen ?
Amen veut dire: c’est sûr et certain ! Ma prière est bien plus sûrement exaucée par Dieu que je ne sens dans mon coeur le désir qu’elle le soit.
Le chant des psaumes en langue vernaculaire, qu’il soit individuel, familial ou communautaire (dans le cadre du culte), a sans aucun doute été un marqueur de l’identité protestante depuis la Réforme du seizième siècle. Foi et Vie Réformées a déjà publié des extraits de la Préface de Jean Calvin au recueil des psaumes publié à Genève en 1543 en conclusion d’un article sur la préparation, l’impression et la diffusion du Psautier de 1562 (cliquer ici).
De son côté Martin Luther écrivait ce magnifique texte dans la préface au psautier allemand (1531-1545) :
Tout chrétien, qui veut prier et se recueillir, devrait se servir du Psautier. Il serait bon que tout chrétien se familiarisât à tel point avec lui, qu’il le sache par cœur, mot à mot, et puisse en citer, en toute circonstance, un passage approprié. Car, en vérité, tout ce qu’un cœur pieux désire exprimer en une prière, il le trouve formulé dans les Psaumes d’une façon si parfaite et si émouvante, qu’aucun homme ne saurait mieux le dire. Le Psautier nous enseigne et nous console précisément par la prière. Il s’accorde au « Notre Père » et le « Notre Père » se retrouve en lui d’une façon si parfaite que l’un nous sert à comprendre l’autre et que les deux rendent le même son.
Ce qui donne la plus grande valeur à ces paroles, c’est qu’elles sont prononcées en présence de Dieu et lui sont adressées : de là leur sérieux et leur vie. Car, quand on parle aux hommes de ces choses, le cœur est moins engagé, il y a moins de flamme, de vie et d’insistance. C’est pourquoi le Psautier est le livre de chevet de tous les saints et chacun y trouve, en toutes circonstances, des prières et des paroles qui s’adaptent à son cas et correspondent à tel point à ses besoins qu’elles semblent avoir été écrites uniquement pour lui, et qu’il ne saurait en formuler, en trouver, en souhaiter de meilleures. Cela nous sert à acquérir la certitude que, quand ces paroles nous plaisent et répondent à nos propres sentiments, nous sommes réellement dans la communion des saints, qui ont éprouvé ce que nous-mêmes nous expérimentons, parce que leur chant s’accorde avec le nôtre…
En résumé, si tu veux un tableau vraiment vivant et coloré de la sainte Église chrétienne, prends en main un Psautier et tu verras dans un miroir parfait ce qu’est la chrétienté. Tu y apprendras aussi à te connaître réellement toi-même, de même que Dieu et toutes les créatures.
Notre Seigneur, qui nous a enseigné à prier les Psaumes et l’Oraison dominicale, et qui nous les a donnés, veuille aussi nous accorder un esprit de prière, afin que nous priions avec joie et avec une foi réelle, fermement et sans cesse ; car nous en avons besoin. C’est ainsi qu’il l’a ordonné, et c’est ce qu’il attend de nous. Qu’il soit loué, honoré et béni à jamais : Amen.
Un jour, quelqu’un m’a demandé si j’étais plutôt de gauche ou de droite. A ma question de savoir ce qu’il entendait par gauche et droite, il m’a dit : en résumé, une personne de gauche insistera davantage sur la notion de justice tandis qu’une personne de droite insistera davantage sur celle d’ordre.
Que cette définition soit juste ou non, pertinente ou très approximative, elle appelle quelques remarques. La première consiste à se demander si la justice peut subsister, voire exister, sans l’ordre, et inversement. Là où règne le désordre, peut-on s’attendre à ce que règne une justice impartiale et honnête ? Et là où règne l’injustice, de quel ordre s’agit-il ? D’un ordre injuste, qui n’est rien d’autre qu’un désordre moral. Alors, par rapport à ces catégories, faut-il être plutôt centriste que de gauche ou de droite ? Le juste milieu serait-il la solution ? Cinquante pour cent de justice et cinquante pour cent d’ordre suffisent-ils à faire l’affaire ?
Si tel est notre choix, il faudra rapidement convenir qu’il manquera toujours quelque part cent pour cent de ce que l’on recherche : cinquante pour cent d’ordre et cinquante pour cent de justice manqueront toujours à l’appel. Le vrai problème n’est-il pas que notre esprit est déformé, inclinant toujours à opposer quelque part ordre et justice car incapable d’envisager que ces deux notions sont inséparables, même si elles peuvent être distinguées ? On doit chercher à atteindre chacune d’entre elles pour que l’autre puisse aussi apparaître et fleurir de manière concomitante. Mais là où l’ordre est abusivement amalgamé à l’oppression, et la justice faussement assimilée au laissez-faire, on ne risque sûrement pas de parvenir à la manifestation harmonieuse des deux !
Dans bien des milieux qui se disent chrétiens, une opposition artificielle entre ordre et justice s’exprime lorsqu’on commence par s’opposer à la notion même de justice divine : celle qui exige la rétribution pleine et entière des transgressions commises par les hommes pécheurs contre la sainteté de Dieu. On trouve cette notion insupportable. A partir de ce rejet, on rejette tout de go l’ordre restauré par le Dieu sauveur entre lui et les humains à travers le plan de rédemption qu’il a accompli en Jésus-Christ. Car c’est ce dernier qui, accomplissant parfaitement la justice divine, a permis le rétablissement de cette relation. Si ordre et justice doivent prévaloir de manière harmonieuse entre les humains, ce ne peut être qu’en plongeant le regard de la foi dans cette œuvre-là, qui vient d’en-haut.
Écoutons l’apôtre Jacques, qui nous parle dans sa lettre de désordre et de justice (3.16-18) : Làoù il y a jalousie et rivalité, il y a du désordre et toute espèce de pratiques mauvaises. La sagesse d’en-haut est d’abord pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. Le fruit de la justice est semé dans la paix par les artisans de paix.
Le Seigneur Jésus, avant d’enseigner à ses disciples la prière que tous les chrétiens connaissent sous le nom de “Notre Père” (car c’est avec ces mots qu’elle commence), a défini l’attitude que nous devrions avoir en priant : pas d’extériorité destinée à faire impression sur les autres, pas d’hypocrisie tâchant de nous faire passer pour des gens très religieux, pas non plus de cris ou de hurlements (comme si le nombre de décibels émis par notre larynx pouvait faire grande impression sur le Dieu qui habite dans les cieux, et pourtant connaît exactement ce qu’il y a au plus profond de notre cœur).
Au contraire, Jésus nous prescrit une attitude recueillie, calme, empreinte de crainte confiante par laquelle nous pouvons commencer notre prière avec les mots : “Notre Père, qui es aux cieux…”
Durant sa vie terrestre, Jésus s’est retiré dans des lieux à l’écart, loin des foules qui le suivaient partout, pour pouvoir prier Dieu, son Père.
Mais il a encore averti ses disciples au sujet de l’attitude qu’il convient d’avoir dans la prière (Matthieu 6.7-8) :
En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
Il y a une grande différence entre multiplier de vaines paroles, et faire connaître à Dieu nos demandes par la prière et la supplication, avec des actions de grâces.
Dans le premier cas on parle à tort et à travers, on s’excite soi-même, on répète interminablement les mêmes phrases, tandis que dans le second cas on prie dans une attitude de dépendance totale marquée par l’humilité et la reconnaissance à la fois.
On attend vraiment son secours de Dieu, dans la confiance d’une foi vraie.
Lisons ce qu’écrit l’apôtre Jacques à ses lecteurs dans la lettre qu’il leur adresse (1.5-8) :
Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, que le vent agite et soulève. Qu’un tel homme ne pense pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur : c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies.
Ce texte de la lettre de Jacques, dans le Nouveau Testament, nous dit non seulement que douter lorsque l’on prie, c’est assurément se priver de l’exaucement de Dieu, mais il nous indique aussi ce qu’il convient de demander en priorité à Dieu : une véritable sagesse, inspirée par son Esprit.
Voilà un point très important : nos requêtes devraient d’abord concerner ce qui peut nous rapprocher davantage de Dieu : une vraie sagesse, l’amour et la connaissance de la vérité, des relations avec notre prochain conformes à la volonté de Dieu, la patience, le zèle.
Voilà ce qu’il convient de demander en priorité à Dieu.
Cela n’exclut pas des demandes matérielles particulières, pour autant qu’il ne s’agisse pas de notre égoïsme personnel, mais de ce qui nous permet de mieux servir Dieu, de mieux travailler au sein de son Royaume, là où il nous a appelés.
Une autre partie très importante de la prière est constituée par l’intercession.
Intercéder, nous l’avons vu avec Jésus-Christ et le Saint Esprit, c’est prier pour d’autres que soi-même, présenter des requêtes à Dieu qui les concernent. Jésus-Christ nous a appris ce qu’est l’intercession lorsqu’il a prié pour ses disciples, peu avant son arrestation, son procès et sa crucifixion.
Dans l’Évangile selon Jean (17.8-9), il prie de cette façon pour eux :
Je leur ai donné les paroles que tu m’as données ; ils les ont reçues; ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’il sont à toi.
Notre intercession commence avec nos proches, nos frères et sœurs dans la foi.
En particulier, ceux d’entre eux qui souffrent à cause de leur foi, ceux qui sont persécutés (il y a dans le monde beaucoup de chrétiens persécutés pour leur foi, même si les grands médias ne s’en font pas l’écho).
Ceux-là devraient faire l’objet de notre intercession particulière.
Car ils sont avec nous les membres du même corps, et leur souffrance témoigne de ce que ce corps souffre dans certains de ses membres.
Comment les autres membres pourraient-ils rester indifférents à cette souffrance ?
Notre intercession, pourtant, doit s’étendre plus loin qu’à ceux qui partagent la même foi que nous.
A un moment précis que nous venons d’évoquer, Jésus a prié en particulier pour ses disciples, qu’il confiait à son Père céleste, car ils allaient être investis d’une mission très spéciale après sa résurrection : celle de proclamer l’Évangile.
La proclamation de cet Évangile de pardon et de grâce est destinée à s’étendre sur tout le genre humain.
Il nous faut donc aussi, dans notre intercession, prier que l’Évangile atteigne le plus grand nombre d’hommes et de femmes, afin que tout comme cela a été le cas pour nous, eux aussi soient amenés à la connaissance de Jésus-Christ, qui seul peut opérer leur salut.
Au second chapitre de sa première lettre à Timothée (2.1-3), Paul écrit ceci :
J’exhorte donc, en tout premier lieu, à faire des requêtes, prières, intercessions, actions de grâce, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui occupent une position supérieure, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et dignité. Cela est bon et agréable devant Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.
Comme on le voit, s’il faut prier pour tous les hommes, Paul mentionne une catégorie en particulier : les gouvernants, ceux qui ont reçu un mandat particulier d’autorité.
Car ce mandat ne provient pas d’eux-mêmes (comme beaucoup le croient trop souvent), ni même de la volonté du peuple, comme on aime à la proclamer haut et fort à notre époque moderne, mais en fin de compte de Dieu lui-même : ils sont ses lieutenants sur terre, pour faire régner ordre et justice sans partialité ni corruption.
Et s’il faut prier pour eux – quelle que soit d’ailleurs leur conduite ou leur manière d’exercer cette autorité – c’est afin qu’ils reconnaissent d’où elle leur vient, afin aussi qu’ils l’exercent selon les normes posées par Dieu dans sa Parole.
Peut-on tout dire à Dieu en une prière ?
Quelle doit en être la longueur ?
S’il ne faut pas multiplier de vaines paroles dans nos prières, comme le font les païens, faut-il nous fixer une limite de temps pour chaque prière?
Devons-nous et pouvons-nous chaque fois intercéder pour toutes les causes qui se présentent à nous ?
Nous faut-il développer notre prière selon les thèmes que nous avons abordé, sans jamais nous écarter de cet ordre ?
Et comment comprendre les paroles de l’apôtre Paul qui écrit à de jeunes communautés chrétiennes qu’il prie sans cesse pour elles (par exemple en Romains 1.8-10 ; Éphésiens 1.15 ; Colossiens 1.9) ? Cela implique-t-il pour nous que nous devons passer au moins de cinq à six heures par jour dans la prière ?
Vous aurez compris que la prière est par excellence un acte spirituel, qui doit être mesuré, évalué et apprécié de manière spirituelle.
La vie chrétienne est faite de nombreuses facettes différentes, qui sont pourtant toutes reliées par un même lien : Jésus-Christ, qui doit régner sur chacune de ces facettes.
La prière est un aspect essentiel de la vie chrétienne, elle n’est cependant pas la seule facette de cette vie.
L’étude de la Bible, la lecture d’ouvrages propres à approfondir notre connaissance spirituelle, l’adoration en commun avec d’autres frères et sœurs, le chant de psaumes et hymnes, la pratique de l’amour chrétien, constituent d’autres facettes de cette vie chrétienne.
Mais celle-ci ne se limite pas, loin de là, à l’étude de la Bible ou à l’adoration commune.
Elle doit devenir un témoignage complet à la royauté de Jésus-Christ.
La vie de famille, les activités de loisir, la vie sociale et économique des chrétiens, leurs activités artistiques ou sportives, devraient refléter la marque de cette royauté, dans un témoignage sérieux et réfléchi.
Ainsi, la prière ne constitue pas le seul élément de la vie chrétienne, et ne peut servir de palliatif à une absence de témoignage dans les domaines que je viens d’évoquer à titre d’exemple.
Cependant, comment réformer nos activités quotidiennes pour les soumettre à la volonté de Jésus-Christ si nous ne prions pas Dieu qu’il nous accorde sa sagesse ?
Comment témoigner autour de nous de Jésus-Christ par nos actes et nos paroles, si nous n’entretenons pas une relation personnelle suivie avec celui qui constitue l’objet de notre foi et de notre témoignage ?
Autant retirer l’épine dorsale d’un corps humain, et croire qu’il pourra continuer à marcher sans problème… La prière est la respiration de la foi, a dit quelqu’un de manière très juste.
Prier sans cesse signifie prier sans que notre zèle pour la prière soit refroidi, sans que nous passions des journées voire des semaines inactifs dans cette communication intime avec Dieu.
Et si une paresse ou une nonchalance nous prend, alors il faut nous forcer à prier, tout comme l’on doit parfois se forcer à manger, même quand, pour une raison ou une autre, on n’en a pas envie.
Oui, la prière doit être quotidienne : actions de grâces avant de prendre un repas qui nous est accordé par Dieu dans sa Providence ; prière de reconnaissance pour un bienfait particulier reçu, que nous n’attribuerons pas au hasard ou à la chance, comme le font les païens.
Des moments de calme doivent être aménagés dans la journée, au milieu d’activités diverses bien souvent très prenantes.
On doit pouvoir s’isoler ne serait-ce que pour quelques instants, afin de renouer le dialogue avec Dieu.
Il est évident que chaque moment de prière diffèrera en longueur, selon les circonstances.
Mieux vaut une prière courte et recueillie, qu’une prière longue prononcée au milieu de l’agitation, alors que nos pensées sont enclines à se disperser.
Notre intercession doit pouvoir aussi être répartie en plusieurs sessions, afin de ne rien oublier qui compte à nos yeux.
Des moments nocturnes d’insomnie, chose en soi peu enviable, peuvent être utilisés avec grand profit pour la prière.
Peut-être est-ce la manière par laquelle Dieu nous force à nous adresser à lui, dans le calme de la nuit…
En résumé, la qualité de notre prière importe davantage que le temps qui lui est consacré.
Il est bon de passer de longs moments dans la prière si ceux-ci nous sont accordés, il est bon de ménager de telles plages dans notre vie quotidienne, mais il serait erroné et même dangereux de négliger les autres aspects de la vie chrétienne mentionnés plus haut, au profit exclusif de la prière.
Beaucoup d’hommes et de femmes savent bien que Dieu est présent dans leur vie, qu’il n’est pas une illusion, ou le produit de leur imagination en mal de certitudes.
Et pourtant, ils ne savent pas toujours comment s’adresser à la personne qui compte le plus dans leur vie, qui les a créés et les maintient en vie jour après jour.
Est-il possible de parler à Dieu, dans l’intimité ? Et que faut-il lui dire ? Quelle garantie avons-nous que celui qui a créé les myriades d’étoiles et de constellations entend notre faible voix ?
Or ce Dieu là, le seul qui se soit vraiment révélé aux hommes, nous dit haut et clair dans sa Parole que nous pouvons, que nous devons même lui parler, nous adresser à lui, vivre près de lui dans une intimité qu’il a rendue lui-même possible en envoyant son Fils éternel, Jésus-Christ, vivre auprès de nous.
Nous pouvons prier Dieu et même l’appeler Père, à cause de Jésus-Christ.
C’est là le premier fondement de la prière, celui qui la rend possible.
Si vous êtes empêchés de prier parce qu’en considérant votre vie vous vous rendez compte de tout ce qui vous sépare de Dieu, apprenez et répétez ces deux versets tirés de la première lettre de Jean, chapitre 2 :
"Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.”
Nous avons bien lu : si nous pensons que nous devons expier toutes nos fautes avant de pouvoir nous adresser à Dieu dans la prière, Dieu nous assure dans sa Parole qu’il a fait l’expiation pour nous, par le sang de son Fils Jésus-Christ versé pour nous sur la croix de Golgotha.
Dans un passage de sa lettre aux Romains (8.33-34) qui résume et proclame l’Évangile chrétien de la manière la plus saisissante, l’apôtre Paul écrit ceci :
Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie ! Qui les condamnera ? Le Christ-Jésus est celui qui est mort ; bien plus, il est ressuscité. Il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous !
Intercéder, cela veut dire prier pour quelqu’un d’autre, présenter sa cause devant Dieu.
C’est ce que fait Jésus-Christ pour nous devant son Père, car lui seul est en mesure de dire :
“Vois, Père, j’ai payé la dette de cet homme ou de cette femme qui s’adresse à toi. Plus rien désormais ne fait obstacle à ce que tu écoutes sa prière.”
Et Dieu, qui ne refuse rien à son Fils bien aimé, reçoit alors notre prière.
La Parole de Dieu nous assure que non seulement Jésus-Christ intercède pour nous, mais que le Saint Esprit de Dieu le fait également.
Dans ce même chapitre 8 de la lettre aux Romains, Paul écrit encore :
De même aussi l’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est l’intention de l’Esprit : c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints.
Le Dieu trinitaire, Père, Fils et Saint Esprit est activement à l’œuvre lorsque nous prions.
Puisque nous en avons la certitude, n’hésitons pas à nous adresser à Dieu dans notre prière quotidienne, car l’intercession de Jésus-Christ et de l’Esprit Saint ne nous dispensent pas d’élever nos cœurs vers Dieu et de nous adresser à lui dans notre prière.
Maintenant que nous avons l’assurance que nous pouvons prier Dieu, que faut-il lui dire ?
Et quelle doit-être notre attitude, notre disposition d’esprit ?
Jésus-Christ nous enseigne lui-même à ce sujet, dans le sermon qu’il a prononcé sur la montagne (nous lisons ces paroles au chapitre 6 de l’Évangile selon Matthieu):
Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour se montrer aux hommes. En vérité je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. Mais toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est dans le lieu secret, et ton Père qui vois dans le secret te le rendra.
L’enseignement de Jésus, ici, est que la prière n’est pas un acte destiné à nous faire passer pour quelqu’un de très religieux aux yeux des autres, afin de gagner leur estime et leur considération (et peut-être d’autres avantages aussi).
Cela n’est qu’hypocrisie, et une distorsion de l’acte essentiel qui consiste à prier.
Notre prière personnelle s’adresse avant tout à Dieu, qui connaît exactement ce qu’il y a dans notre cœur et dans nos pensées.
Avec lui, il est inutile de jouer la comédie d’hommes ou de femmes très religieux qui se font passer pour des gens spirituellement supérieurs, et qui misent sur l’apparence plutôt que sur une attitude humble.
Quel contraste dans cet enseignement de Jésus, et ce que l’on a pu voir souvent.
Mais comment commencer une prière sincère ? Il est bon de commencer sa prière en nommant celui à qui l’on s’adresse : Dieu, le Créateur et Seigneur de toutes choses, l’Éternel, le Tout Puissant.
Il est bon de s’adresser à lui en le reconnaissant comme le seul vrai Dieu, à l’exclusion de tous ceux que les hommes appellent Dieu, divinité, ou considèrent comme tels.
S’adresser au seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, c’est s’assurer que notre prière ne se perdra pas, ne s’égarera pas, mais atteindra la personne à qui elle est adressée, puisque le Fils et l’Esprit eux-mêmes la portent devant le Père.
De plus, nous devons louer Dieu pour ses actes insurpassables dans la Création du monde et son maintien à chaque instant.
Notre Dieu est un Dieu de gloire, de majesté, de puissance, et nous devons le reconnaître comme tel. Autrement, nous commençons dès le début de notre prière à nous forger une idole, qui ne lui ressemble pas du tout, quel que soit le nom par lequel nous nous adressions à lui.
Ensuite, si nous sommes persuadés par la foi que Dieu nous a fait grâce de nos fautes en Jésus Christ, alors nous devons lui exprimer notre reconnaissance pour cela.
Puisque nous avons appris que notre prière n’atteint Dieu que grâce à l’intercession de Jésus-Christ et du Saint Esprit, il nous faut reconnaître quel est notre état de pécheurs, c’est-à-dire d’hommes et de femmes qui n’auraient jamais accès à Dieu si lui-même n’intervenait pour nous réconcilier avec lui.
Remercier Dieu pour tous ses bienfaits doit aussi faire partie de notre prière, car si nous prions pour demander que Dieu exauce toutes nos requêtes, tandis que nous oublions de le remercier pour tout ce qu’il fait pour nous, alors notre prière est motivée par une forme d’égocentrisme et d’ingratitude.
La Bible condamne très nettement une telle attitude lorsqu’elle dit, dans la lettre de Jacques (4:3): Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de tout dépenser pour vos passions.
Il est non seulement possible de s’adresser à Dieu personnellement, mais que Dieu lui-même, qui se présente à nous comme un Père céleste, nous le demande.
Il rend même cette communication possible par le biais, ou la médiation, de son Fils Jésus-Christ, qui nous sert d’avocat auprès de lui.
Et son Esprit Saint porte aussi nos faibles prières devant son trône de grâce.
Pourtant, prier Dieu de manière spirituelle, requiert une attitude correcte, attitude faite à la fois d’humilité et de confiance.
Un des textes bibliques de la lettre de Paul aux Chrétiens de Rome, au chapitre 8 cité plus haut souligne bien que nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières, c’est pourquoi l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables, et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est l’intention de l’Esprit : c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints.
Mais alors, si nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières, faut-il faire connaître nos requêtes à Dieu ?
Est-il mauvais de demander certaines choses précises à Dieu dans notre prière ?
Non, certainement pas, à condition que nous le demandions dans l’attitude requise : une attitude d’humilité qui non seulement accepte la volonté de Dieu, mais demande activement que cette volonté soit faite.
On ne peut prier de manière arrogante, comme si l’on pouvait extorquer à Dieu quoi que ce soit, à forces de paroles et de répétitions lassantes.
L'apôtre Paul, dans sa lettre aux chrétiens de la ville de Philippes, nous décrit – et prescrit – l’attitude correcte que nous devons avoir (Philippiens 4.6) :
Ne vous inquiétez de rien; mais en toutes choses, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Christ-Jésus.
Paul, dans ce passage, nous indique aussi le fruit d’une prière sincère et accompagnée d’actions de grâces : il s’agit de la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence.
En effet, les requêtes que nous présentons à Dieu, aussi motivées soient-elles de notre part, aussi conformes soient-elles à ce que nous savons de sa volonté, ne seront pas forcément exaucées de la manière que nous souhaitons.
Bien souvent, elles ne seront pas non plus exaucées dans les délais que nous aimerions fixer nous-mêmes.
Le plan de Dieu pour notre vie personnelle n’est pas forcément celui que nous avons en vue.
Notre patience sera maintes fois éprouvée, car le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes.
A ses yeux, mille ans sont comme le jour d’hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit, nous enseigne le psaume 90.
C’est pourquoi Paul a dit que nous ne savons pas ce qu’il convient de demander.
Car ce que nous demandons va bien souvent à l’encontre de ce que Dieu veut pour nous.
De plus, nos paroles sont loin d’être acceptables par elles-mêmes devant Dieu.
Mais cela n’est désormais plus un obstacle, puisque, comme nous l’avons vu, l’Esprit de Dieu pallie à cette faiblesse, et transmet devant Dieu notre prière en une langue acceptable pour lui.
Il intercède pour nous “selon Dieu” dit Paul, c’est-à-dire qu’il rend nos prières conformes à la volonté parfaite de Dieu, tandis que Jésus-Christ se fait aussi l’avocat de cette prière purifiée par l’Esprit.
C’est d’ailleurs pourquoi nous pouvons terminer notre prière avec les mots “en Jésus-Christ”, ou “au nom de Jésus-Christ”, mentionnant par là que nous savons qui intercède pour nous auprès du Père, qui est notre seul médiateur et avocat.
Dès lors, notre prière sera bien exaucée, même si ce n’est pas de la façon dont nous l’envisageons ou le souhaitons.
Elle sera exaucée au sens où elle confirmera le plan de Dieu pour notre vie.
Qui plus est, une prière sincère, qui accepte de se soumettre à la volonté de Dieu, ne manquera pas de recevoir cette paix de Dieu qui surpasse toute intelligence : l’intelligence humaine ne comprend la paix que comme la réalisation des désirs les plus profonds que l’on a.
Mais la paix de Dieu surpasse de loin cette notion, car elle est donnée même à ceux qui ne reçoivent pas ce qu’ils ont tant souhaité : leurs pensées sont gardées en Jésus-Christ, et cela compte pour eux plus encore que l’exaucement de leurs désirs.
Mon Seigneur et mon Dieu, Père de lumière et de grâce ! Donne-moi ton Esprit de sagesse et de révélation, qui me fasse bien comprendre ce que tu es, et ce que je suis ; ta grandeur et mon néant, tes perfections et mes péchés, tout ce que ton Fils a souffert pour m'acquérir le salut, la gloire qu'il m'a méritée, l'excellence de ma vocation, les devoirs que tu exiges de moi, et les biens que tu me fais espérer.
Fais que la connaissance de ta bonté et de ta justice, de ton immensité et de ta puissance, de ta sainteté et de ta sagesse, de ta fidélité et de ta majesté, me porte à t'aimer, à te craindre, à me soumettre à tes justes lois, à haïr le péché, à me résigner aux ordres de ta providence, à mettre toute mon espérance en toi, à t'adorer et à te rendre mes justes hommages.
Que la considération du profond abaissement où ton Fils est descendu, et des cruels tourments qu'il a endurés, me donne une juste horreur pour le péché, qui l'a exposé à de si cruelles souffrances, et que l'espérance de la gloire que tu prépares à tes saints, me fasse travailler continuellement à me mettre en état de pouvoir l'obtenir, à mépriser les choses de la terre, et à commencer à vivre ici bas comme les bienheureux vivent dans ton ciel.
Amen.
Pasteur Protestant Calviniste, Professeur en Théologie,
L’Esprit de Pentecôte c’est bien sûr avant tout le Saint-Esprit !
C’est Lui dont Jésus avait annoncé la venue à Ses disciples peu avant Son arrestation, Son procès et Sa crucifixion (Jean 14 :25-26): « Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. »
Donc le Saint-Esprit n’ajoute rien à ce que Jésus a enseigné, Il n’invente rien ou ne distribue pas de nouvelles révélations qui ajouteraient, annuleraient ou relativiseraient ce que Jésus a fait et enseigné.
Il confirme tout (rien de moins et rien de plus) ce qui concerne la Personne et l’Oeuvre de Jésus-Christ.
On ne peut donc jamais se réclamer du Saint-Esprit lorsqu’on prétend apporter de nouvelles révélations, fondées sur des visions ou des inspirations subites.
Ceux qui se croient remplis du Saint-Esprit alors qu’ils donnent plutôt l’impression d’être possédés par des forces obscures lorsqu’ils s’expriment, crient et s’agitent, font grande injure au Saint-Esprit de Dieu.
On n’est véritablement rempli du Saint-Esprit que lorsque l’on s’en tient à ce que l’Esprit a inspiré dans cette Parole Divine qui trouve son incarnation dans le Fils de Dieu fait homme, Jésus-Christ.
Exposer avec consistance et persévérance cette Parole de vie, tout en cherchant à en déduire les nécessaires applications contemporaines, c’est être véritablement spirituel : toute église qui le fait manifeste qu’elle est liée à Son Seigneur et Sauveur par le lien de l’Esprit.
Comme l’exprime la grande confession de foi universelle de Nicée-Constantinople (datant du 4e siècle de l’ère chrétienne) : Nous croyons en l’Esprit Saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui a parlé par les prophètes, qui, avec le Père et avec le Fils, est adoré et glorifié.
Le Saint-Esprit qui vivifie est, selon cette confession de foi, Celui qui a parlé par les prophètes (comprendre toute l’Ecriture Sainte).
On ne doit jamais divorcer les deux.
La Pentecôte, c’est donc l’événement inaugurant la prédication de l’Évangile par l’Église à Jérusalem, puis dans les régions avoisinantes de Judée et de Samarie, enfin jusque dans les recoins les plus reculés de la terre (Actes 1:8).
Ce n’est pas l’événement fondateur de cette prédication, car celui-ci consiste en l'Oeuvre Parfaite du Christ accomplie sur la Croix, selon le Plan Eternel de Dieu le Père.
Cette prédication doit être claire et articulée.
Écoutez l’étonnement des Juifs pieux venus de tout le bassin méditerranéen (et même de plus loin) à Jérusalem pour célébrer la fête traditionnelle juive de la Pentecôte (Actes 2:7-8 et suivants) :
« Ils étaient hors d’eux-mêmes et dans l’admiration, et disaient : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment les-entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? »
Leur étonnement n’était pas dû au fait que les disciples s’exprimaient avec des sons inconnus, ou par des manifestations incompréhensibles, bien au contraire :
« Nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu ! »
Et puis l’Esprit Saint donne aux Enfants de Dieu la Soif du retour de Jésus-Christ.
Il est Le Consolateur car Il rend témoignage à l’esprit des Croyants que le Christ est bien vivant, à la droite du Père Céleste, depuis Son Ascension ; en même temps, Il leur rappelle que Jésus a promis à Ses disciples de revenir :
Il viendra de là pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin, déclare la confession de foi de Nicée-Constantinople.
Entre temps il y a une attente impatiente des Croyants, attente active au service de la manifestation dans toutes les sphères de la vie de la Royauté du Christ entré dans Sa Gloire.
Cette attente est exprimée avec force à la fin du dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse de Jean (22 :17):
L’Esprit et l’épouse [l’Église du Christ]disent : Viens ! Que celui qui entend, dise : Viens ! Que celui qui a soif, vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie gratuitement !
A cette attente, le Christ répond Lui-même (v. 20-21):
Celui qui atteste ces choses dit :
Oui, je viens bientôt. – Amen ! Viens Seigneur Jésus ! –
Conférence du matin avec le pasteur Eric KAYAYAN de Foi et Vie Réformées ( https://carrefour-montauban.weebly.com/ )
L'équipe des organisateurs s'intéresse de savoir qui sera
présent avec eux de manière dématérialisée samedi.
N'hésitez donc pas à leur envoyer un message avec vos noms et le lieu d''où vous suivez cette retransmission.
Par ailleurs, ceux qui suivront en ligne pourront envoyer leurs questions aux orateurs par sms au 06 79 99 61 56
Nous les transmettrons dans la mesure du possible.
A samedi pour ceux qui seront présents sur place, ainsi que par internet ! Avec joie !
ERE Montauban
Pour assister physiquement, inscription à :
Culte du dimanche 23 janvier
à l'ERE Montauban
Invité :
Pasteur Eric Kayayan
de Foi & Vie Réformées
Reformed Faith and Life
.
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* L'ERE de Montauban est membre de l'Union Nationale des Églises Protestantes Evangéliques Réformées de France (UNEPREF) qui, elle-même, fait partie de la Fédération Protestante de France (FPF). L'ERE est d'abord, une église chrétienne, annonçant Jésus-Christ, Dieu le Fils, Seigneur et Sauveur, se reconnaissant dans les déclarations de foi de L'Église Chrétienne des premiers siècles : Symbole des Apôtres (Credo), Symbole de Nicée, Symbole dit «d'Athanase». En tant qu'église protestante, l'ERE de Montauban adhère aux grands principes qui ont animé les réformateurs du XVIème siècle affirmant son attachement à la Bible, Ancien et Nouveau-Testament, comme ultime autorité en matière de foi et de vie. Réformée, elle maintient un lien étroit (historique et doctrinale) avec les premières églises protestantes du XVIème siècle. En tant qu'Église réformée, l'ERE de Montauban exprime son attachement aux principes de la Réforme calviniste et aux confessions de foi historiques que sont la Confession de foi de La Rochelle (1559), le Catéchisme de Heidelberg (1563), les Canons de Dordrecht (1619) et la Confession de foi de Westminster (1647).
si ce n’est en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ,
par qui le monde m’est crucifié, et moi au monde.
Galates VI, 14
Le Saint Esprit nous représentant, sous l’idée d’une mort et d’une crucifixion, notre renoncement au monde n’a pas seulement voulu nous marquer la nature et les degrés de cette disposition ; il a voulu aussi en marquer les difficultés.
Rarement meurt-on sans souffrir.
Les morts les plus douces sont pour l’ordinaire précédées de symptômes violents, que quelqu’un a appelé les messagers de la mort.
Ces messagers de la mort, ce sont des syncopes mortelles, ce sont des ardeurs brûlantes, ce sont des douleurs violentes, ce sont des tortures insupportables.
La crucifixion surtout était le supplice le plus violent que la justice des hommes, dirai-je ? ou leur barbarie eût jamais inventé.
L’imagination est effrayée, quand elle se représente un corps attaché à un poteau, suspendu par des clous, entraîné par son propre poids, dont le sang est versé goutte à goutte, et n’expirant qu’à force de souffrir.
Cette effrayante image est-elle outrée pour représenter les peines, les combats, les sacrifices auxquels un chrétien est appelé, et qu’il ne peut se dispenser de subir, avant que de parvenir à ce bienheureux état où la grâce avait donné à notre Apôtre d’arriver, lorsqu’il disait dans les paroles de mon texte :
Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.
Représentez-vous un chrétien, représentez-vous un homme encore novice dans l’école de Jésus-Christ, appelé tantôt à combattre des penchants qu’il a apportés au monde ; tantôt, à déraciner une habitude qui est devenue en lui une seconde nature ; tantôt, à résister au torrent de l’exemple et de la coutume ; tantôt à mortifier une passion dominante qui l’occupe, qui le possède, qui l’entraîne ; tantôt à quitter le lieu de sa naissance comme Abraham, à marcher sans savoir où il va ; tantôt à immoler un fils unique, comme ce Patriarche ; à s’arracher dans un lit de mort à des amis, à une épouse, à un enfant qu’il aime à l’égal de lui-même ; et tout cela, parce que c’est Dieu qui le veut ; et tout cela, avec cette soumission qui faisait dire à Jésus-Christ, le chef et le consommateur de la foi du chrétien, son rédempteur et son modèle :
Non point ce que je veux, mais ce que tu veux (Matthieu 26 :19) !
O croix de mon Sauveur, que vous êtes pesante, quand vous êtes imposée à des hommes qui n’ont pas encore porté l’amour pour lui à ce degré, qui rend toutes choses aisées à celui qui l’aime !
O sentier de la vertu qui paraissez uni à ceux qui y marchent, que le chemin qui nous conduit à vous est raboteux !
O joug de Jésus-Christ si aisé, fardeau léger à celui qui a accoutumé de vous porter, que vous êtes difficile à ceux qui veulent essayer leurs forces !
Aussi, vous le voyez, mes frères, dans le style de l’Écriture, renoncer au monde de la cupidité, c’est offrir son corps en sacrifice :
Je vous exhorte par les compassions de Dieu que vous présentiez vos corps en sacrifice (Romains 12 :1).
C’est se couper son bras, c’est s’arracher un œil (Matthieu 5 :29-30), c’est renoncer à soi-même, c’est charger sa croix : car si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il charge sa croix (Matthieu16 :24).
C’est être crucifié avec Jésus-Christ, car je suis crucifié avec Jésus-Christ (Galates 2 :20) et dans notre texte : le monde m’est crucifié et je suis crucifié au monde.
Mon Dieu qu’il en coûte pour être chrétien !
Mais cette disposition, de quelque amertume qu’elle soit accompagnée, constitue pourtant la véritable gloire ; c’est le second article qu’il faut éclaircir.
Nous consentons de mettre ici en opposition le héros du siècle avec le héros chrétien.
Nous nous engageons à prouver que ce dernier l’emporte infiniment sur l’autre.
De quelles sources le héros du siècle prétend-il tirer sa gloire ?
Quelquefois de la grandeur du maître auquel il s’est dévoué.
On se félicite de contribuer à la gloire de ces hommes qui sont élevés au-dessus du reste du genre humain, d’être l’appui de leur trône, et d’affermir leur couronne.
Le maître au service duquel le chrétien se dévoue, c’est le roi des rois : c’est celui devant lequel tous les rois de la terre ne sont que comme une goutte d’eau pendant à un seau, et comme la menue poussière qui s’arrache d’une balance (Ésaïe 40 :15) : c’est celui par l’autorité duquel les rois règnent, et les princes administrent la justice (Proverbes 8 :15).
Il est vrai que la grandeur de cet être adorable* (*Digne d'adoration) le met au-dessus de tous nos services.
Il est vrai que son trône est stable à toujours, et que toutes les créatures réunies seraient incapables de l’ébranler.
Mais si le chrétien ne peut pas contribuer à la gloire d’un si grand maître, il la publie, il confond ceux qui l’outragent, il la fait connaître par toute la terre.
Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la haine qu’il porte à l’ennemi auquel il livre la guerre.
Quel ennemi plus odieux pourrions-nous avoir, que le monde ?
C’est lui qui nous dégrade de notre grandeur naturelle ; c’est lui qui efface de notre âme ces traits que la divinité y avait elle-même gravés ; c’est lui qui nous fait perdre les prétentions que nous avions à une éternité bienheureuse.
Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la noblesse de ceux qui ont marché devant lui dans la même carrière.
Il est glorieux, dans le monde, de succéder à ces hommes qui ont rempli l’univers de leur nom, qui ont fait marcher la terreur devant eux, et qui se sont signalés par des actions au-dessus de l’homme.
Le chrétien a été précédé, dans sa carrière, par les Patriarches, par les Prophètes, par les Apôtres, par les martyrs, par ces foules de rachetés de toutes les nations, de tous les peuples, de toutes les langues (Apocalypse 5 :9).
Ces saints hommes ont été appelés à livrer la guerre au péché, comme nous à vaincre nos passions ; à former au-dedans d’eux, comme nous, la piété, la charité, la patience, toutes les vertus.
Le chrétien a été précédé, dans sa carrière, par Jésus-Christ lui-même, le chef et le consommateur de la foi.
Nous donc, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetant tout fardeau, et le péché qui nous environne si aisément, poursuivons constamment la course qui nous est proposée. Regardant à Jésus, le chef et le consommateur de la foi ; qui au lieu de la joie qui lui était proposée, a souffert la croix, ayant méprisé la honte (Hébreux 12 : 1-2).
Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire de la grandeur des exploits.
Mais qui en opère de plus grands que le chrétien ?
S’affranchir du préjugé, mépriser le jugement des hommes, résister à la chair et au sang, vaincre les passions, affronter la mort, souffrir le martyre, être inébranlable sous les débris du monde croulant, et savoir s’appliquer au milieu du bouleversement universel des créatures, ces belles promesses : Quand les montagnes crouleraient, quand les coteaux se renverseraient ! ma gratuité ne se départira point de toi, l’alliance de ma paix ne bougera point (Ésaïe 54 :10).
Voilà les exploits du chrétien.
Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire des avantages qu’il procure aux autres, des biens qu’il fait à sa patrie, des forçats qu’il délivre de leurs chaînes, des monstres dont il purge la terre.
Qui est, à cet égard, plus utile à la société que le chrétien ? Il en est le rempart, il en est la lumière, il en est le modèle.
Quelquefois le héros du siècle tire sa gloire des acclamations qu’excite son héroïsme, et de la magnificence de la couronne qui lui est préparée.
Mais d’où partent les acclamations qui l’enflent ?
Est-ce à des âmes vénales, à des courtisans, à des panégyristes à gages ; est-ce à des gens de cet ordre à applaudir, et à louer ?
Ont-ils seulement l’idée de la véritable gloire ? Porte, porte tes méditations, chrétien, jusqu’à la grandeur de l’être suprême !
Pense à cette intelligence adorable qui réunit dans son essence tout ce qu’il y a de grand !
Contemple la divinité entourée d’anges, d’archanges, de chérubins, de séraphins ! Ecoute les concerts que ces bienheureux esprits entonnent à sa gloire ! Vois-les pénétrés, ravis, transportés des beautés divines ; employant l’éternité à les exalter, et s’écriant jour et nuit :
Saint, Saint, est l’Éternel des armées ! Tout ce qui est en toute la terre est sa gloire ! Amen (Ésaïe 6 :3).
Louange, gloire, action de grâce, honneur, puissance soit à notre Dieu aux siècles des siècles ! Amen (Apocalypse 7 :12).
Que tes œuvres sont grandes et magnifiques, ô Seigneur notre Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables ! Roi des Saints, qui ne craindrait qui ne glorifierait ton nom (Apocalypse 15 :3-4).
Cet être si digne de louange et si dignement loué, c’est celui qui prépare les acclamations aux vainqueurs du monde.
Oui, athlète chrétien ! Après que tu auras été la balayure et la raclure de ce monde (1 Corinthiens 4 :13) ; après que tu auras mortifié, martyrisé, crucifié cette chair ; après que tu auras porté cette croix qui était autrefois scandale aux Juifs et folie aux Grecs, et qui est encore aujourd’hui folie et scandale à ceux qui devraient mettre toute leur gloire à la porter ; tu seras appelé en la présence des hommes et des anges !
Ce grand Dieu te démêlera dans la foule, et il t’adressera cette voix :
Cela va bien, bon serviteur et fidèle (Matthieu 25 :21).
Il accomplira la promesse qu’il fait encore aujourd’hui à tous ceux qui combattent sous les étendards de la croix :
Celui qui vaincra, je le ferai seoir* (asseoir) sur mon trône (Apocalypse 3 :21).
Ah ! gloire du héros du siècle, éloges profanes, inscriptions fastueuses, trophées superbes, diadèmes plus propres à amuser des enfants qu’à occuper des hommes raisonnables !
Qu’avez-vous de comparable aux acclamations et aux couronnes qui attendent le héros chrétien ?
(…)
Si nous regardons cette croix par rapport à son harmonie avec toute la contradiction que Jésus-Christ a éprouvé sur la terre ; elle nous porte à nous mettre dans les dispositions de Saint Paul, et à pouvoir dire comme lui :
Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.
Notre grand maître finit par la croix une vie passée dans le mépris, dans l’indigence, dans le détachement des sens, dans la faim, dans la soif, dans le travail, dans la mortification ; siérait-il à un chrétien de s’endormir dans les bras de l’indolence, de se livrer aux plaisirs, de se laisser enchanter par les charmes de la volupté, de ne respirer que l’aise, que les commodités, que le repos, que l’abondance ?
Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite, que le serviteur n’est pas plus grand que son maître (Jean 15 :18-20).
Si nous regardons cette croix par rapport au sacrifice qui y est offert à la justice divine, elle nous porte à nous mettre dans la disposition de Saint Paul, et à pouvoir dire comme lui :
Le monde m’est crucifié et je suis crucifié au monde.
Cette vie mondaine, ces dissipations, ces rébellions aux ordres du ciel ; en un mot cette cupidité qui fait nos délices, à quoi aboutit-elle ?
Voyez les carreaux * (foudre et tonnerre, par analogie avec les flèches des arbalètes appelées "carreaux")qu’elle attire sur la tête de ceux qui s’y livrent.
Jésus-Christ était parfaitement exempt de péché, mais il s’était chargé des nôtres, il les a portés sur le bois (1 Pierre 2 :24) et c’est pour cela qu’il a subi sur ce bois infâme tous les tourments sous lesquels sa divinité et son innocence l’ont empêché de succomber.
Voilà ce qui t’attend pécheur !
Oui, si tu n’es pas crucifié avec Jésus-Christ par la foi, tu le seras par la justice divine !
Et alors tous les carreaux de la justice divine fondront sur ta tête, comme ils fondirent sur la sienne !
Alors tu seras livré, dans un lit de mort, aux combats auxquels il fut livré dans Gethsémané ! Tu frémiras à l’idée des supplices que la vengeance divine te prépare ! Tu sueras comme des grumeaux de sang, quand tu porteras ta pensée sur le trône de justice, devant lequel tu vas être traîné ! Bien plus : alors tu seras condamné à compenser, par la longueur de ton supplice, ce que ta faiblesse te rend incapable de supporter de son poids !
Les siècles accumulés ne mettront point de bornes à tes tourments ! Tu seras maudit de Dieu dans l’éternité, comme Jésus-Christ le fut dans son temps ! Et cette croix que tu auras refusé de porter dans le temps, tu la porteras dans l’éternité !
Si nous regardons la croix de Christ, par rapport à l’atrocité de ceux qui méprisent un sacrifice si auguste, elle nous porte à revêtir les dispositions de Saint Paul, et à nous mettre en état de pouvoir dire comme lui :
Le monde m’est crucifié, et je suis crucifié au monde.
L’image que je voudrais vous tracer ici, est encore de Saint Paul. Cet apôtre nous dépeint la cupidité comme un mépris de la croix de Christ et comme un renouvellement de son supplice.
L’idée de la punition d’un tel crime l’absorbe et le confond ; il ne trouve point de couleurs assez vives pour le dépeindre ; et il se contente de dire, après avoir parlé des châtiments infligés à ceux qui avaient enfreint la loi de Moïse :
De combien pires tourments pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le fils de Dieu ; et tenu pour une chose profane le sang de l’alliance, par lequel il avait été sacrifié ! (Hébreux 10 :29)
Voilà ta sentence, pécheur ! La voix du sang du Fils de Dieu criera de la terre au ciel, vengeance contre toi ; Dieu te demandera compte, un jour, du sang d’un Fils qui lui est si cher.
Il te dira, comme Saint Pierre dit à ceux qui l’avaient versé :
Tu as renié le saint et le juste, tu as mis à mort le prince de la vie (Actes 3 :14-15).
Il te poursuivra de ses fléaux comme si tu avais répandu ce sang, et comme il a poursuivi ceux qui l’ont réellement répandu.
Mais pressons des motifs plus doux, et plus sortables* (convenables) à la dignité des rachetés de l’Éternel.
Si nous regardons la croix de Christ par rapport aux preuves qu’il nous y donne de sa charité, pouvons-nous trouver quelque chose de trop pénible dans les sacrifices qu’il demande de nous ?
Pouvons-nous trop faire pour un Jésus qui a tant fait pour nous ?
Quand votre cœur se révolte contre la morale de l’Évangile, quand vous êtes tentés de dire : Cette parole est rude, qui la peut ouïr (Jean 6 :60) ?
Quand la porte du ciel vous apparaît trop étroite, quand la chair vous exagère les difficultés du salut ; quand il vous semble que nous venons vous arracher le cœur, lorsque nous vous demandons de modérer la fougue de votre tempérament, de résister au torrent de votre cupidité, de donner quelque portion de votre bien aux pauvres, d’immoler une Dalila et une Drusille* (Voir Actes 24:24: Drusille, fille d’Hérode Agrippa I (cf Actes 12) avait déserté son premier mari, le roi d’Émèse qu’elle avait épousé à l’âge de 15 ans, pour le gouverneur Félix, un an après son mariage.) ; suivez votre Sauveur jusqu’au calvaire ; voyez-le traversant le torrent de Cédron, arrivant sur le funeste mont où il devait consommer son sacrifice ; voyez ce concours de maux qui le réduisent à s’écrier :
[p. 78] Si nous envisageons la croix par rapport aux preuves qu’elle nous fournit en faveur de la doctrine de celui qui y a fini sa vie, elle nous porte à revêtir les sentiments de Saint Paul. Il est naturel, je l’avoue, que des êtres raisonnables, de qui l’on exige de si grands sacrifices que ceux que la religion vous demande, veuillent s’assurer de la vérité de cette religion.
On ne saurait prendre trop de précautions, lorsqu’il est question d’immoler des victimes si chères.
Le moindre doute sur cette question est capital. Mais cet article est-il susceptible du moindre doute ?
Jésus-Christ a scellé de son sang la doctrine qu’il a prêchée ; il a été non seulement le héros de la religion que nous vous prêchons, mais il en a été le martyr. SI nous regardons cette croix, par rapport aux forces nécessaires pour nous former aux sentiments de Saint Paul, elle nous presse encore de les revêtir.
Elle nous assure, de la part de Dieu, tous les secours dont nous avons besoin pour nous soutenir dans les combats auxquels elle nous appelle. Elle fonde ce raisonnement le plus juste, le plus concluant qu’aucune intelligence ait jamais formé.
Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a point épargné son propre fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il point toutes choses avec lui ? (Romains 7 :30-31)
Et pour finir ce discours, par les images que nous tracions en le commençant, si nous regardons cette croix par rapport aux gloires qui l’ont suivie, elle nous presse encore de revêtir les sentiments de Paul.
L’idée de cette gloire soutint Jésus-Christ dans ce que son sacrifice eut de plus pénible. A la veille de le consommer, il dit à son père,
Père ! L’heure est venue, glorifie ton fils, afin qu’il te glorifie (Jean 12 :23, 28).
Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, toi, père ! envers toi-même, de la gloire que j’ai eue par devers toi avant que le monde fût (Jean 17 : 1, 5).
Cette espérance ne fut point trompée. Le combat fut long, il fut rude ; mais il finit ; mais des messagers célestes vinrent le recevoir, au sortir de son tombeau ; mais une nuée vint l’enlever à la terre ; mais les portes du ciel s’ouvrirent à la voix de l’Église triomphante qui honorait son triomphe, et qui s’écriait dans le moment de son exaltation :
Chrétiens, arrêtons nos regards sur cet objet. Souffrir avec Jésus-Christ, c’est s’assurer de régner avec lui. Nous ne vous déguisons point les peines qui vous attendent, dans la carrière que nous vous avons ouverte.
Il est dur de se refuser tout ce qui flatte, tout ce qui plaît, tout ce qui enchante.
Il est dur d’entendre toujours parler de difficultés à surmonter, d’ennemis à combattre, de croix à porter, de crucifixion à subir.
Il est dur de se mortifier, tandis que les gens du monde se réjouissent ; tandis qu’ils raffinent sur les plaisirs ; tandis qu’ils sont ingénieux à se procurer de nouveaux amusements ; tandis qu’ils distillent leur cerveau pour diversifier leur joie ; tandis qu’ils consument leur vie en jeux, en fêtes, en festins, en spectacles.
Le combat est long, il est violent, je l’avoue ; mais il finit, mais votre croix sera suivie des mêmes pompes que celles de Jésus-Christ :
Père, L’heure est venue, glorifie ton fils.
Mais vous, en expirant sur votre croix, vous remettrez votre âme à votre Dieu comme il lui remit la sienne, et vous mourrez en disant :
Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23 :46).
Mais les anges viendront recevoir cette âme, pour la porter dans le sein de Dieu ; et après s’être réjouis de votre conversion, ils se réjouiront de votre béatitude, comme ils se réjouirent de la sienne. Mais dans le grand jour du rétablissement de toutes choses, vous serez portés sur les nuées au ciel, comme Jésus-Christ ; vous serez exaltés, comme lui, par-dessus tous les cieux ; et vous prendrez, comme lui, séance sur le trône de la majesté de Dieu.
C’est ainsi que la croix de Christ nous forme aux sentiments de notre apôtre ; c’est ainsi qu’elle fait que le monde nous est crucifié, et que nous sommes crucifiés au monde : C’est ainsi qu’elle nous conduit à la véritable gloire.
O glorieuse croix ! Tu seras toujours l’objet de ma méditation et de mes études !
Je ne veux me proposer de savoir que Jésus-Christ crucifié !
A Dieu ne plaise que je me glorifie, si ce n’est en la croix de Jésus-Christ, par qui le monde m’est crucifié, et moi au monde !
Dieu nous en fasse la grâce.
Amen.
Jacques Saurin,
Pasteur Protestant Réformé
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Source:Avec les remerciements à Eric Kayayan, Pasteur et Responsable deFoi & Vie Réformées
De telles compassions dont un père est ému envers ses enfants, de telles compassions l’Éternel est ému envers ceux qui le craignent (Psaume 103 :13)
Dans son sermon sur les compassions de Dieu, le pasteur français Jacques Saurin (1677-1430) contraste l’amour de Dieu, ses compassions, avec le caractère d’imperfection et le défaut d’harmonie qu’on trouve chez tous les humains, même lorsqu’il est question de la plus grande expression de l’amour chez eux.
La plus belle notion que nous puissions nous former de la divinité, celle qui est en même temps le fondement le plus solide de la foi que nous en avons en sa parole, de l’assurance que nous avons en ses promesses, c’est celle qui nous représente Dieu comme un être conforme, dont les attributs ont une exacte harmonie, et qui est toujours d’accord avec lui-même (…) Il y a une parfaite harmonie de perfections dans la divinité.
Cette véracité va nous servir de guide dans le corps de ce discours, elle va même en régler le plan.
Le cinquième des six points que Saurin développe pour éclairer son propos consiste en l’immobilité des desseins de Dieu, c’est-à-dire le fait que sa volonté et ses desseins sont immuables, non changeants. Voici comment il exprime dans ce passage de son sermon le caractère changeant d’affections humaines certes sincères, mais néanmoins flottantes et variables :
L’amour de Dieu pour les créatures est en harmonie avec l’immobilité de ses volontés. Il y a peu de fond, peu de solidité dans les sentiments d’amour dont les hommes comme nous sont susceptibles.
Ces noms de fermeté, de constance, d’égalité, d’image que rien ne pourra effacer, d’impression qu’aucune cause ne sera capable d’affaiblir, d’idée toujours présente à l’esprit, d’attachement sans fin, d’amitié éternelle, ces noms ne sont que des noms ; ce ne sont que de vains sons quand ils sont appliqués aux sentiments que les amis même les plus fidèles peuvent avoir les uns pour les autres.
Je ne veux pas dépeindre seulement ici ces caractères légers, aussi prompts à quitter les chaînes dont ils se sont liés, qu’ils avaient été à les prendre. Je veux caractériser une autre disposition d’esprit. Nous ne nous connaissons point nous-mêmes, lorsque nous nous croyons capables d’un attachement solide, et nous sommes les premiers à nous tromper, lorsque nous pensons que nous aimerons toujours, parce que nous sommes sincères lorsque nous assurons que nous aimons.
Cet homme, qui dans certains moments produit des sentiments de tendresse, cet homme n’est point hypocrite.
Cette femme n’est point hypocrite, lorsqu’éplorée auprès d’un époux mourant, et en quelque sorte plus mourante que lui, elle ne recueille de forces que pour recueillir les derniers souffles d’une personne qui lui est si chère ; elle proteste de n’aimer dans la vie désormais que ce moment où il plaira à l’arbitre des événements de lui permettre de suivre dans le tombeau une partie d’elle-même ; cette femme exprime ce qu’elle sent, et ce qu’elle croit sentir toujours : mais bientôt la suite du temps, un objet nouveau, d’autres projets, calmeront la violence de ces sentiments, et la mettront dans cet état de tranquillité et de soumission aux volontés divines, que toutes les maximes de la religion n’avaient pu produire.
Les hommes ne sont pas toujours blâmables d’être si superficiels dans leurs amitiés. Notre légèreté fait en quelque sorte notre bonheur, et nos malheurs sont l’apologie de notre inconstance.
La vie serait un tourment continuel, si nos amitiés étaient toujours dans le même degré d’activité, et Rachel serait infiniment malheureuse, si elle avait toujours ses enfants dans sa mémoire, et si elle refusait toujours d’être consolée de ce qu’ils n’existent plus.
Je veux dire seulement que ce caractère de légèreté est essentiel aux amitiés des esprits bornés comme sont les hommes.
Dieu seul est capable (être adorable, qui peux seul avoir des sentiments si nobles, donne-nous de les exprimer !) Dieu seul, mes chers frères et sœurs, est capable d’un amour réel, solide, permanent et sans diversion, sans interruption.
Dans la dernière section de son sermon, qui concerne le fait que la bonté de Dieu doit être en harmonie avec sa véracité, Jacques Saurin va se pencher sur le don parfait par le Père de son Fils Jésus-Christ, à partir deJean 3 :16
L’expression la plus vive et la plus énergique de l’amour de Dieu, selon nous, c’est celle qui est dans le chapitre 3, verset 16, de l’Évangile selon saint Jean : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.
Pesons ces mots, mes frères et sœurs : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.
Les idées métaphysiques commencent à être décriées ; je ne m’en étonne point : les hommes ont des notions si imparfaites des substances, ils connaissent si peu la nature des esprits, surtout ils se trouvent si confondus, lorsqu’ils veulent déduire certaines conséquences de l’infini, qu’il n’y a pas lieu d’être surpris, si l’on commence à revenir de certaines spéculations dans lesquelles on voit que des esprits téméraires ont fait de si grands écarts.
Voici une métaphysique plus sûre. Persuadé de la faiblesse de mes connaissances, surtout à l’égard de l’essence divine et de ses attributs, je consulte l’idée que m’en donne ce livre sacré, que Dieu a lui-même dicté.
D’abord je ne puis m’empêcher d’apercevoir que Dieu, en parlant de lui-même, s’est proportionné à l’infirmité de l’homme à qui il parlait.
Je n’ai pas de peine à expliquer par cette voie ce que je vois dans l’Écriture, que Dieu a des mains, des pieds, des yeux, des entrailles ; qu’il va, qu’il vient, qu’il monte, qu’il descend, qu’il s’apaise, qu’il se courrouce.
Il me semble pourtant que ce serait abuser étrangement de cette pensée que de ne pas prendre à la lettre certaines idées constantes que nos Écritures nous donnent de la divinité, idées sur lesquelles elles font rouler en partie le système de la religion chrétienne.
Je vois, ce me semble, clairement, je vois d’une manière constante, dans nos écritures, qu’il y a dans la divinité un être, une personne, et si l’on peut ainsi parler, une portion de l’essence divine, qui s’appelle le Père, et une autre qui s’appelle le Fils.
Je vois, ce me semble, d’une manière qui n’est pas moins claire, dans ce même livre, que l’union qui est entre ce Père et ce Fils, entre ces deux personnes, est l’union la plus étroite, la plus intime qui puisse jamais être conçue.
Quel amour doit être celui de deux personnes qui ont les mêmes perfections, les mêmes idées, les mêmes desseins, les mêmes projets !
Quel amour doit être celui de deux personnes dont l’union n’est traversée par aucune misère, par aucune passion, et pour dire encore plus, par aucun caprice.
Je vois encore, ce me semble, d’une manière qui n’est pas moins claire, que Jésus homme, qui est né à Bethléhem couché dans une crèche, est uni d’une manière intime à cette Parole éternelle, qui est elle-même unie avec Dieu, je vois que ce Jésus livré pour moi, vile créature, au traitement le plus honteux, au supplice le plus douloureux et le plus infâme qui pût jamais être infligé au plus indigne et au plus criminel de tous les hommes.
Et quand je cherche dans ma méditation la cause de ce grand mystère, quand je me demande à moi-même quel est le principe qui a mû la divinité à me faire un si riche présent ; surtout quand je cherche, dans la révélation, l’explication d’un mystère que la raison ne pourrait jamais m’expliquer qu’imparfaitement, je ne saurais en trouver d’autre que la miséricorde de Dieu.
Que l’école se donne carrière, que la raison se perde dans des spéculations, que la foi même ait peiné à se soumettre à un dogme qui a été dans tous les siècles l’effroi de tous ceux qui pensent et qui méditent ; pour nous, nous nous en tiendrons à cette claire, à cette étonnante, mais à cette douce, à cette consolante proposition : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.
Quand on nous montrera Jésus-Christ dans Gethsémané, suant des grumeaux de sang ; quand on nous le fera voir chez Caïphe, interrogé, insulté, battu de verges ; quand on nous le présentera sur le Calvaire, cloué sur une croix, prêt à plier sous les coups qui lui sont portés de la part du ciel et de la part de la terre ; quand on nous demandera raison de ces étonnants et de ces formidables phénomènes, nous dirons :
C’est que Dieu aimait les hommes : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils.
Commentaire d'Eric Kayayan,
Pasteur Protestant Réformé
sur les compassions de Dieu, sermon de Jacques Saurin
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Source:Aimablement transmis par Eric Kayayan, Pasteur et Responsable deFoi & Vie Réformées
Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché !
Romains 4:7-8
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En ce dimanche 31 octobre anniversaire de la Réformation, alors que la plupart de nos contemporains en font un "dimanche des sorcières" et organisent des activités ludiques pour leurs enfants en ce sens, avec moults déguisements macabres et occultes, une méditation bienvenue sur l'homme reformé et revêtu par Jésus-Christ.
Le pasteur Jean Daillé (1594-1670) nous parle de la nature de l'Église comme assemblée de croyants greffés en Jésus-Christ.
Révérend Eric Kayayan Foi et Vie Réformées
Dans sa série de prédications sur le Catéchisme de Genève, le pasteur Jean Daillé (1594-1670) aborde la section XV, qui concerne l’Église, avec une explication établissant le lien entre les assemblées politiques de l’Antiquité gréco-romaine (ekklesiae) et les corps et les sociétés des fidèles dans le Nouveau Testament, appelées Églises (ekklesiae) pour les distinguer des synagogues juives.
Dieu a tellement aimé l’homme, qu’il a pris plaisir de déployer sur lui toutes ses plus exquises et divines opérations, soit dans la nature, soit dans la grâce. L’homme fut la fin de la première création ; car le Seigneur, après avoir créé les Cieux et la terre, lui mit tout entre les mains. L’homme est encore le but de la seconde création plus magnifique de beaucoup et plus illustre que la première. Car le Fils de Dieu est venu sur la Terre, il a fait et souffert tant de choses extraordinaires, afin d’élever l’homme au comble d’une félicité souveraine. Comme il n’a pas pris ls Anges à soi, aussi n’a-t-il pas travaillé pour eux, mais pour cette semence d’Abraham dont il s’est uni la nature personnellement : Christ est la plénitude de la Divinité ; le trésor de toutes les merveilles de Dieu, l’homme est l’objet sur lequel il les répand, s’il faut ainsi dire, le remplissant, le revêtant, le formant, lui communiquant tous ses biens comme s’il ne les avait reçus que pour lui en faire part. Mais l’homme ainsi reformé et revêtu par Jésus-Christ, change de nom aussi bien que de nature, il s’appelle un homme nouveau et spirituel, Chrétien et fidèle, et le corps de tous ces hommes unis en leur chef se nomme l’Église. Ainsi pouvons-nous dire que Christ et l’Église composent toutes les parties de la doctrine du salut, Christ est la cause, l’Église est l’effet ; Christ l’Ouvrier, l’Église son Ouvrage.
(…) Maintenant notre Catéchisme nous représente brièvement dans cette Section et dans la suivante, quelle est cette Église pour laquelle Jésus-Christ a tant travaillé, quelle est sa nature et ses propriétés, ce en quoi aussi il suit l’ordre du Symbole des Apôtres qui contient, comme vous savez, quatre parties principales, la première qui traite de Dieu et de la Création, la seconde de Jésus-Christ ; la troisième du S. Esprit, et c’est ce qui a été exposé ci-devant, la quatrième parle de l’Église et des grâces que Dieu qui la constituent, savoir la rémission des péchés la résurrection de la chair et la vie éternelle. C’est ce que nous aurons aujourd’hui à vous expliquer, moyennant l’assistance favorable de celui qui a fait et créé l’Église, Jésus-Christ notre Sauveur, que nous invoquons derechef pour cet effet.
Le mot d’Église est Grec d’extraction et signifie proprement au langage des Grecs une Compagnie de gens assemblés en un même lieu, non par hasard et par rencontre, ou de leur simple mouvement, mais par ordre du public, car le terme d’Église vient d’un mot qui signifie appeler quelqu’un hors de son lieu. Quand donc les Bourgeois d’une ville, cités et appelés, selon l’ordre de leur État, ou par un cri public, ou par une dénonciation faite à chacun en particulier, se rendaient tous en un même lieu, sur la place, ou quelque part ailleurs, pour penser aux affaires qui concernaient le public, une telle assemblée s’appelait Église. Il faut encore remarquer que ce nom proprement ne se donnait qu’aux assemblées populaires où les moindres citoyens et de la plus basse qualité intervenaient. La Compagnie des principaux, tels qu’étaient les premiers Officiers de l’État, se nommait le Conseil ou le Sénat et non l’Église. Et il y a grande probabilité que cette considération a mû les Apôtres à employer ce mot, plutôt qu’un autre, pour signifier les Corps et les Compagnies des hommes fidèles, parce que le plus souvent elles sont composées de personnes peu qualifiées, de petites gens comme on dit, selon que Saint Paul nous l’apprend en la première Épître aux Corinthiens [1: 26] : Vous n’êtes pas plusieurs nobles ni plusieurs riches ou puissants selon la chair. Dieu, pour confondre l’orgueil du monde a choisi les choses basses, faibles et de bas état, la raclure et la balayure des hommes. De là donc les Saints Apôtres ont emprunté ce terme, et s’en sont servis, pour signifier la multitude des fidèles, le Corps de ceux qui croient en Jésus-Christ, et qui ont embrassé sa Religion, à cause du rapport qui se trouve en un tel Corps et une assemblée de peuple. Car comme une Assemblée de peuple est un Corps composé de différentes personnes, qui ont les unes avec les autres quelque union, comme d’être d’un même pays, d’une même race, et en un même lieu, de même les fidèles de Jésus-Christ sont un Corps de personnes, qui bien que différentes en elles-mêmes sont néanmoins liées ensemble par une même Religion ; quoique non assemblées actuellement en un même lieu, elles sont néanmoins considérées du Seigneur, comme si elles étaient toutes en un même Temple, le servant et adorant ensemble d’un commun accord. Le Corps des fidèles sous l’Ancien Testament se nommait Synagogue; et les Juifs l’appellent encore ainsi aujourd’hui, d’un Nom qui signifie une Assemblée, comme le nom d’Église, et toutefois les Apôtres n’appellent jamais les Corps et les Sociétés des fidèles sous le Nouveau testament, mais partout constamment Églises.
Si vous me demandez pourquoi les Apôtres, simples en leur langage, et qui y emploient même d’ordinaire les termes et les façons de parler usitées en Israël, ne se sont jamais servi de celle-ci ? Je réponds qu’ils l’ont fait, non par superstition ou par haine contre les Juifs, mais par prudence, pour mieux distinguer le Christianisme d’avec le Judaïsme, de peur que quelqu’un entendant nommer la Synagogue ne se figurât un Peuple, un Corps ou une Religion de Juifs, voilà pourquoi ils ont constamment nommé la société des fidèles Chrétiens Église, et non Synagogue. Que cela soit la signification du mot Église au Nouveau Testament il est tout évident d’après Matthieu 16: Tu es Pierre, dit Notre Seigneur, parlant à son Apôtre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église,c’est-à-dire, le Corps de ceux qui croiront en moi ;Et si ton frère a péché contre toi, dis-le à l’Église.Et ailleurs, l’Église est la maison du Dieu vivant, la Colonne et l’appui de la vérité [1 Timothée 3 :15]. Et pour vous en éclaircir davantage, vous n’avez qu’à considérer exactement tous les endroits où se trouve le mot d’Église dans le Nouveau Testament, car vous verrez qu’étant ainsi mis, il se prend partout pour des hommes unis et liés ensemble par la Société d’une même Religion Chrétienne, et nulle part autrement.
Pasteur Jean Daillé
Jean Daillé (1594-1670) fut l’un des pasteurs de l’Église réformée de Charenton de 1626 à sa mort.
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En ce beau moment fêtant la Réformation, lecture chaudement recommandée pour pré-adolescents & adolescents. Matthieu Arnold (de l'Université de Strasbourg) a servi d'historien. Excellent scénario (texte soutenu, basé sur les documents historiques) et illustrations de grande qualité tout au long de la BD. En fin d'album, 8 pages de documents (carte, iconographie) et notes historiques, avec une petite bibliographie. Un beau cadeau à envisager pour vos enfants ou petits-enfants (14.50€ à librairie Jean Calvin (Rennes, Paris, Alès, Cholet).
" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."
Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
(Romains 5-6)
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