"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."
Me voici donc, ô mon Dieu ! Abattu au pied de ton trône, dans une sainte admiration de ce que tu as fait pour le genre humain. Non seulement tu as envoyé ton cher Fils et ton unique au monde, et tu l'as exposé à la mort pour des pécheurs indignes, mais encore tu nous as donné ton Esprit, sans lequel le don de ton Bien-aimé nous aurait été inutile.
Ce fut au jour de la Pentecôte chrétienne que tu répandis cet Esprit sur les disciples de ton Fils, et que tu les baptisas de ces flammes célestes, qui les embrasèrent d'un zèle si ardent pour ta gloire, qu'ils allèrent publier partout l’Évangile de ton Christ, et qu'ils ne firent point difficulté de le sceller de leur propre sang. Si cet Esprit n'était venu, nous aurions toujours été dans les ténèbres de l'ombre de la mort, et nous aurions été sans Dieu, sans Christ et sans espérance au monde.
Béni soit donc à jamais ton grand nom, ô notre Dieu! du don ineffable que tu nous as fait de ton Saint-Esprit, qui a dissipé les ténèbres dont tout le monde était couvert, qui a fait connaître ton Fils à toutes les nations, et qui a converti les peuples. Tu nous appelles, Seigneur! à célébrer dans quelques jours la mémoire de ce merveilleux évènement qui ravit en admiration tous les habitants de Jérusalem. Non seulement tu nous invites à venir manger la chair de ton agneau, mais encore tu veux nous communiquer ton Esprit.
Hélas ! Qui sommes-nous, que tu daignes ainsi ouvrir toutes les sources de tes grâces en notre faveur ? Qui suis-je que tu veuilles venir loger chez moi avec ton Fils et ton Esprit ? Je me reconnais indigne que tu entres sous mon toit. Comment pourrais-je recevoir l'Esprit de ta sainteté étant souillé comme je suis ? Je ne suis que ténèbres, quelle communion aurais-je avec ton Esprit de lumière ? Que ferai-je donc, ô mon Dieu ? M'éloignerai-je de la table sacrée, à laquelle tu m'appelles avec tant de bonté ? Non, Seigneur ! Je ne m'en éloignerai pas, je m'en approcherai; mais comme je suis convaincu que je ne saurais avoir part à ton Esprit, si ton Esprit ne me met lui-même en état de la recevoir.
Donne-moi cet Esprit que tu répandis si abondamment sur tes apôtres. Fais souffler ce vent céleste dans mon âme; nettoie-moi avec les eaux de ta grâce, purifie-moi avec ce divin feu, et enflamme mon coeur d'amour pour toi. Mais après m'avoir donné cet Esprit, ne me l'ôte jamais, et qu'il demeure toujours avec moi jusqu'à ce qu'il m'élève un jour dans ton ciel.
Amen.
Bénédict Pictet.
Méditation
Les chrétiens ont leur Pentecôte aussi bien que le peuple Juif ; le peuple Juif célébrait dans leur Pentecôte la mémoire de ce que Dieu leur avait donné sa loi, cinquante jours après leur sortie d’Égypte ; et les chrétiens célèbrent dans leur Pentecôte la mémoire de ce que Jésus-Christ, cinquante jours après sa mort, envoya son Esprit en forme de langues mi-partie de feu sur les apôtres, pour les mettre en état de prêcher son Évangile dans tout l’univers, et pour établir la religion chrétienne. Il ne faut pas douter que les chrétiens n’aient des obligations infinies à Dieu pour le don qu’il leur a fait de son Esprit, après leur avoir fait celui de son cher Fils.
Ce serait en vain que le Père céleste nous aurait destiné le salut de toute éternité, et qu’il aurait fait descendre son Fils sur la terre pour nous l’acquérir, s’il ne l’avait pas fait connaître par la prédication de son Évangile, et s’il ne nous l’avait pas appliqué par son Esprit. Ce serait en vain que le Seigneur Jésus aurait répandu son sang pour l’expiation de tous nos péchés, si le Saint-Esprit n’était venu faire l’aspersion de ce précieux sang sur nos consciences, et détruire en nous le règne du péché. En vain Dieu aurait donné sa loi aux hommes pour être la règle parfaite de leur conduite, si son Esprit ne venait l’imprimer dans leur âmes, et ne leur donnait la force d’observer ses commandements.
C’est cet Esprit qui a préparé les hommes par lesquels l’Évangile devait être annoncé, qui les a remplis de la connaissance de ses misères, qui leur a donné le courage de le faire retentir en tous lieux, qui a disposé les esprits à écouter leur prédication, et à recevoir leur doctrine avec obéissance de foi. En un mot, c’est cet Esprit qui a converti les nations.
Ainsi la Pentecôte chrétienne a de grands avantages sur la Pentecôte des Israélites. Dans l’une Dieu donna sa loi à la postérité d’Abraham ; mais dans l’autre Dieu envoya son Esprit sur toute chair, et fit publier la loi de grâce, la loi de l’Esprit de la vie, la loi de la liberté. Dans la première il n’y avait rien que d’effrayant ; dans la seconde il n’a rien qui ne console.
Les chrétiens donc ont bien sujet de bénir Dieu de ce qu’ils ne sont point venus à une montagne, qui puisse se toucher de la main, ni au feu brûlant, ni au tourbillon, ni à l’obscurité, ni à la tempête, ni au son de la trompette, ni à cette voix, qui était telle que ceux qui l’entendirent prièrent qu’on ne leur parlât plus ; et Moïse dit lui-même : Je suis tout épouvanté, et je tremble ; Mais de ce qu’ils sont venus à la montagne de Sion, à la cité du Dieu vivant, à la Jérusalem céleste, aux milliers d’anges, à l’Assemblée et à l’Église des premiers-nés qui sont écrits dans la ciel ; à Dieu, qui est Juge de tous, aux esprits des justes qui sont consacrés à Jésus le Médiateur de la nouvelle alliance, et au sang de l’aspersion, qui prononce de meilleures choses que celui d’Abel.
Ils doivent continuellement célébrer les richesses de la miséricorde de Dieu, de ce qu’il a ouvert tous ses trésors en leur faveur, et de ce qu’il leur a donné tout ce qu’il avait de plus grand et de plus précieux, son Fils, et le sang de son Fils, son Esprit avec toutes ses grâces. Ils doivent le bénir sans cesses, de ce qu’il leur a fait voir le corps de toutes les ombres de la loi, la vérité de toutes les anciennes figures, l’accomplissement des oracles des prophètes, et de ce qu’au lieu qu’ils ne voyaient Moïse que couvert d’un voile, ils peuvent contempler à face découverte la gloire du Seigneur dans le miroir de l’Évangile, et être transformés dans la même image de gloire en gloire comme par l’Esprit du Seigneur.
Quelle ne doit pas être leur reconnaissance de ce qu’au lieu, qu’autrefois l’Esprit n’était répandu que sur une petite partie du monde, il est répandu aujourd’hui sur tout l’univers, et que la terre est remplie de la connaissance de Dieu ? Certainement il est juste que leur reconnaissance soit éternelle, et qu’elle paraisse dans leurs paroles et dans leurs actions.
Chant interprété par l'Eglise Protestante Timothée
PSAUME 73
Que le Dieu d’Israël est doux
1.
Que le Dieu d’Israël est doux
À son peuple élu, même à tous,
Quand d’un cœur sincère et sans vice
On suit les lois de sa justice.
J’ai souffert de rudes combats ;
Tout près de me voir renverser,
Mes pieds ne faisaient que glisser,
Je chancelais à chaque pas.
2.
Je regardais d’un œil jaloux
L’état tranquille de ces fous,
De ces méchants qui dans le monde
Jouissent d’une paix profonde.
Ils ne traînent point en langueur ;
On les voit mourir sans tourment ;
Et jusqu’à leur dernier moment,
Leur esprit garde sa vigueur.
3.
Pendant qu’on souffre mille maux,
Ils n’ont ni chagrin ni travaux ;
Et l’on ne voit pas qu’ils pâtissent,
Tandis que les autres gémissent.
Pour pâture et pour ornement,
Autour de leur cou gros et fier,
Ils ont l’orgueil comme un collier;
La malice est leur vêtement.
4.
Tout rit à ces audacieux;
La graisse leur couvre les yeux,
Et quoique leur vanité tente,
Le succès passe leur attente.
Ils ont tout selon leur désir ;
Ils ne font, ces esprits hautains,
Dans leurs projets méchants et vains,
Que se vanter, que s’applaudir.
PAUSE 1
5.
Leur bouche ose bien jusqu’au ciel,
Porter son venin et son fiel,
Et leur langue légère et vaine
Par tout le monde se promène.
Cependant le juste en souci
Est comme noyé dans ses pleurs ;
Et dans l’excès de ses douleurs,
On l’entend qui se plaint ainsi;
6.
Le Dieu fort sait-il dans les cieux
Ce qui se passe en ces bas lieux ?
Se peut-il qu’il y prenne garde,
Ou seulement qu’il y regarde ?
Les plus indignes des humains
Sont toujours heureux et contents ;
Le ciel sur eux verse, en tout temps
Ses richesses à pleines mains.
7.
C’est donc en vain que j’ai tâché
D’épurer mon cœur de péché;
Je lave en vain dans l’innocence
Et mes mains et ma conscience.
Sans cesse de nouveaux malheurs
Viennent m’accabler tour-à-tour;
Tous les matins, avec le jour,
Je vois renaître mes douleurs.
8.
Mais quoi ! Ce discours emporté
Outrage la divinité,
Blesse ses vertus immortelles,
Et fait injure à ses fidèles.
Ainsi, rappelant ma raison,
J’ai tâché de me redresser;
Mais mon trouble n’a pu cesser,
Seigneur, qu’en ta sainte maison.
9.
C’est là qu’abattu devant Dieu
Et méditant dans ce saint lieu,
Des méchants la dernière issue
S’offrit aussitôt à ma vue.
Je m’aperçus que le chemin
Que tiennent tous ces faux heureux
Est si glissant, si dangereux,
Qu’un précipice en est la fin.
PAUSE 2
10.
Chacun alors est étonné
De voir leur sort infortuné,
Et cette chute grande et prompte
Qui couvre leur orgueil de honte.
Dieu parle, et l’on voit effacé
L’éclat trompeur de leur faux bien,
Tel qu’un songe qui n’est plus rien
Dès que le sommeil a cessé.
11.
Hélas! je fus sourd à ta voix ;
J’avais presqu’oublié tes lois ;
Le chagrin troublait mes pensées,
Je n’en formais que d’insensées.
Mon Dieu, j’avais perdu l’esprit,
J’étais abruti devant toi ;
Ma raison n’était plus à moi,
Quand ce désespoir me surprit.
12.
Mais, Seigneur, je veux désormais
M’attacher à toi pour jamais;
Car quelque danger qui me presse,
Ta main me soutient et m’adresse.
Tes conseils en tout temps, Seigneur,
Heureusement me conduiront ;
Tes soins enfin m’élèveront
Au comble de gloire et d’honneur.
13.
De tout ce qu’au ciel j’aperçois,
Qui peut être mon Dieu que toi ?
M’irai-je forger dans le monde
Quelque divinité seconde ?
Le cœur me manquait tous les jours,
Et mon corps séchait de langueur ;
Mais ta bonté, dans ce malheur,
Fut mon remède et mon secours.
14.
Ceux qui de toi s’éloigneront,
Confus, tôt ou tard périront ;
Ceux qu’on voit quitter ton service
Tombent tous dans le précipice.
Pour moi, m’approcher du Seigneur
Sera toujours mon plus grand bien ;
De lui seul, qui fut mon soutien,
Je veux célébrer la grandeur.
Il faut, grand Dieu, que de mon cœur
La sainte ardeur
Te glorifie ;
Qu’à toi, des mains et de la voix,
Devant les rois
Je psalmodie.
J’irai t’adorer, ô mon Dieu,
En ton saint lieu,
D’un nouveau zèle ;
Je chanterai ta vérité,
Et ta bonté
Toujours fidèle.
2.
Ton nom est célèbre à jamais,
Par les effets
De tes paroles ;
Quand je t’invoque, tu m’entends;
Quand il est temps
Tu me consoles.
Tous les rois viendront à tes pieds,
Humiliés,
Prier sans cesse,
Sitôt qu’ils auront une foi
Ouï la voix
De ta promesse.
3.
Ils rempliront par leurs concerts,
Tout l’univers
De tes louanges ;
Les peuples, qui les entendront,
Admireront
Tes faits étranges.
Grand Dieu, qui vois du haut des cieux,
Tous ces bas lieux
Sous ton empire ;
Quoique tu sembles être loin,
C’est par ton soin
Que tout respire.
4.
Si mon cœur, dans l’adversité,
Est agité,
Ton bras m’appuie ;
C’est toi qui délivres des mains
Des inhumains
Ma triste vie ;
Quand je suis le plus abattu,
C’est ta vertu
Qui me relève.
Ce qu’il t’a plu de commencer,
Sans se lasser
Ta main l’achève.
Psautier de Genève de (1729)
Source : Psautier de Genève
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59. Question : Et maintenant, à quoi cela te sert-il de croire toutes ces choses ?
A être justifié en Christ devant Dieu
Voici que son âme est enflée. Elle n'est pas droite en lui, mais le juste vivra par sa foi. (Habacuc 2:4)
En effet la justice de Dieu s'y révèle par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit : Le juste vivra par la foi. (Romains 1:17)
Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous devons d'avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu. (Romains 5 : 1-2)
et à être héritier de la vie éternelle.
( Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. (Jean 3:36) )
L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. (Romains 8:16)
Afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle. (Tite 3:7)
60. Question : Comment es-tu justifié(e) devant Dieu ?
Seulement par une vraie foi en Jésus-Christ.
Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, attestée dans la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Car il n'y a pas de distinction: tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés pas sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus. (Romains 3:21-24)
Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, (Romains 10:10)
Sachant que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Christ-Jésus, nous aussi nous avons cru en Christ-Jésus, afin d'être justifiés par la foi en Christ, et non par les œuvres de la loi, parce que nul ne sera justifié par les œuvres de la loi. (Galates 2:16)
Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. (Éphésiens 2:8-9)
Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi, afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d'entre les morts. (Philippiens 3:8-11)
Aussi, quoique ma conscience m'accuse d'avoir gravement péché contre tous les commandements de Dieu, de n'en avoir jamais gardé aucun,
Quoi donc ! Sommes-nous plus excellents ? Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous l'empire du péché, selon qu'il est écrit : Il n'y a point de juste, pas même un seul (Romains 3:9-10)
et d'être encore continuellement enclin à tout mal,
je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. (Romains 7:23)
Dieu cependant, sans aucun mérite de ma part
Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. (Deutéronome 6 : 9)
C'est pourquoi dis à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : ce n'est pas à cause de vous que j'agis de la sorte, maison d'Israël ; c'est à cause de mon saint nom, que vous avez profané parmi les nations où vous êtes allés. (Ézéchiel 36 : 22)
... Il nous a sauvés - non parce que nous aurions fait des œuvres de justice, mais en vertu de sa propre miséricorde - par le bain de la régénération et le renouveau du Saint-Esprit. (Tite 3:5)
mais par pure grâce,
Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. (Romains 3:24)
Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. (Éphésiens 2:8)
C'est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. (Ephésiens 2:8)
me donne-t-il et m'impute-t-il l'oeuvre parfaite de restauration, la justice et la sainteté du Christ,
Or à celui qui fait une oeuvre, le salaire est compté non comme une grâce, mais comme un dû. Quant à celui qui ne fait pas d'oeuvre, mais croit en celui qui justifie l'impie, sa foi lui est comptée comme justice. (Romains 4:4-5);
Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. (2 Corinthiens 5:17-19)
Il est lui-même victime expiatoire, pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. (1 Jean 2:2)
comme si je n'avais jamais commis ni eu aucun péché, et comme si j'avais eu moi-même cette parfaite obéissance que Jésus-Christ a observée pour moi
C'est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification. (Romains 4:24-25)
Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. (2 Corinthiens 5:21)
à la seule condition que je reçoive ce bienfait avec un cœur croyant.
Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. (Jean 3:18)
Il les fit sortir, et dit: Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Paul et Silas répondirent : crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille (Actes 16:30-31)
Justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de distinction. (Romains 3:22)
Celui qui croit, en lui n'est pas jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. (Jean 3:18)
61.Question : Pourquoi dis-tu que tu es justifié seulement par la foi ?
Ce n'est pas que je plaise à Dieu par la valeur de ma foi, mais l'oeuvre accomplie par le Christ,
Car je n'ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. (1 Corinthiens 2:2)
sa justice et sa sainteté sont ma justice devant Dieu
... afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Or, c'est par lui que vous êtes en Christ-Jésus qui, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption. (1 Corinthiens 1:29-30)
et je ne puis les recevoir et me les approprier autrement que par la seule foi.
Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Ecriture : quiconque croit en lui ne sera point confus (Romains 10:10-11)
Mais l'Ecriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient. (Galates 3:22)
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même; celui qui ne croit pas Dieu, le fait menteur, puisqu'il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage: Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est en son Fils. (1 Jean 5 :10-11)
NOTES EXPLICATIVES *
1. Vue d’ensemble.
Le Catéchisme traite de la justification immédiatement après le Symbole des apôtres. Le Symbole des apôtres présente le contenu de la vraie foi. Quelle en est la signification et quel profit en tirons-nous ? Quelle est l’utilité de répéter : “Je crois...” Cela nous aide-t-il ? Par cette foi, je suis déclaré juste, justifié devant Dieu.
a. 8e dimanche : Introduction au Symbole : Que doit croire un chrétien ?
b. 9e au 22e dimanches : Le Symbole des apôtres (Père, Fils, Saint-Esprit)
c. 23e et 24e dimanches : À quoi cela sert-il ? La justification par la foi, sans les œuvres.
2. La justification par la foi seule
est au cœur de la doctrine réformée.
Tout au long de l’histoire, elle a été plusieurs fois rejetée, par les pharisiens, les catholiques romains, les arminiens, etc. Ils prétendent que si l’on fait assez d’efforts, on peut accomplir les commandements du Seigneur. Dans notre cœur pécheur, nous avons l’idée que nous sommes capables de faire quelque chose qui peut plaire à Dieu et gagner sa faveur.
3. Qu’est-ce que la justification ?
On peut définir la justification comme étant l’acte de Dieu, le Juge, par lequel nous sommes déclarés innocents et libérés de la culpabilité et de la condamnation.
4. L’exemple de la cour de justice.
La justification est un acte juridique comparable à ce qui se passe dans une cour de justice :
a. Dieu est le Juge.
b. Les accusateurs sont :
Satan (Apocalypse 12:10).
La conscience, le coeur (1 Jean 3:20).
La Loi (Moïse) (Jean 5:45).
Ma chair faible (1 Jean 1:8).
c. L’accusé : l’homme.
d. L’avocat: Jésus-Christ.
e. Les accusations :
Avoir péché contre tous les commandements de Dieu (nous sommes injustes).
N’avoir gardé aucun d’eux.
Être enclins à toutes sortes de mal.
f. Il n’y a aucun espoir. Nous ne pouvons nous attendre à autre chose qu’à la condamnation. Nous méritons le pire des châtiments (la peine capitale), car le Seigneur a dit que l’âme qui pèche est celle qui mourra. À partir du moment où l’on viole ses commandements, c’est terminé.
g. Mais Jésus-Christ est venu. Il répond aux accusations :
Satisfaction parfaite : J’ai couvert les péchés par mon expiation; j’ai payé la dette et porté toute la condamnation que vous méritiez.
Justice parfaite : J’ai gardé tous les commandements que mon peuple aurait dû garder.
Sainteté parfaite : Je ne suis aucunement enclin au mal et je vais les purifier afin qu’ils ne le soient plus eux non plus.
Cela signifie que la satisfaction, la justice et la sainteté de Jésus sont transférées à notre compte. Toutes ces dettes, il les a payées pour nous. Au lieu d’être déclarés coupables, nous sommes maintenant déclarés innocents.
5. Comment recevoir la justification ?
La foi est l’instrument par lequel nous recevons cette justice et cette justification.
a. Pas une justification après la foi, mais par la foi.
b. Pas une justification avant la foi, mais accompagnée par la foi.
c. Pas une justification avec la foi, comme son fondement, mais comme instrument.
6. Erreurs et controverses.
Les catholiques romains : Croient que la justification est une combinaison de foi et d’œuvres.
Les arminiens : Croient que la justification est due à la nature de la foi du croyant.
Les libéraux : Croient que Dieu n’a pas besoin de nous justifier puisqu’il aime tout le monde.
7. Quelques textes.
Genèse 15:1-6 Déclaré juste
Psaume 32 Les bénédictions de la justice
Romains 3:21-24 La justice de Dieu
Romains 4:1-12 La justice d’Abraham
Romains 5 Les fruits de la justice
Galates 2:16 à 3:11 La foi et la justice
Philippiens 3:8-9 La foi et la justice
8. Mémorisation -
Jean 3:18
“Celui qui croit en lui n’est pas jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.”
Quelques lectures bibliques commentées (Luc 15, Proverbes 1)
Deux types d'humanité apparaissent en Genèse 4 et 5. Auquel appartenons-nous ?
Comment en arrive-t-on au Déluge à partir de Caïn dans Genèse 4 à 6 ?
Que faire lorsque les lois humaines sont détournées pour favoriser l'injustice ? Une réflexion à la lumière d'Habaquq 1 et du psaume 94
Le Psaume 90 parle de la fidélité de Dieu vis-à-vis de toutes les générations d'humains qui forment son peuple et nous ramène ainsi au début de la Genèse
Le tentateur revient à la charge au moment de la crucifixion de Jésus : le lien entre Luc 4 et Luc 23
Le crucifié est-il vraiment roi ? Seconde tentation du prince de ce monde pour Jésus sur la Croix (Luc 4 & 23)
Sur la Croix, Jésus repousse la dernière tentation : Tout est accompli !
Le salut, c'est bien différent d'un simple sauvetage, cela passe par une guérison spirituelle opérée par le Dieu qui seul peut guérir l'âme et le corps des personnes aussi bien que des communautés.
La résurrection distingue Jésus Christ de toute autre figure centrale des religions du monde. Bouddha est mort. Mohammed est mort. Confucius est mort. Aucun d'eux n'était sans péché. Aucun n'a offert l'expiation. Aucun n'a été confirmé par la résurrection. Mais, Christ Lui est vivant !
R.C. Sproul
À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! A Toi la Victoire, pour l’Éternité ! Brillant de lumière, l'ange est descendu ; il roule la pierre du tombeau vaincu. À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Éternité ! Vois-Le Paraître ! C'est Lui, c'est Jésus, Ton Sauveur, Ton Maître, oh ! Ne doute plus ! Sois dans l'allégresse, Peuple du Seigneur, et redis sans cesse que Christ est Vainqueur. À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Éternité ! Craindrais-je encore ? Il vit à jamais, Celui que j'adore, Le Prince de Paix ; Il est Ma Victoire, Mon Puissant Soutien, Ma Vie et Ma Gloire. Non, je ne crains rien ! À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Éternité !
Pendant trois jours, le monde a été plongé dans les ténèbres.
Les femmes de l'entourage de Jésus pleurèrent amèrement, ne prenant que peu de consolation dans la permission d'accomplir le tendre acte d'onction de son corps.
Les disciples s'étaient enfuis et étaient recroquevillés dans leur cachette, leurs rêves brisés par le cri : « C'est fini. »
Pendant trois jours, Dieu est resté silencieux. Puis Il a crié.
Avec un pouvoir cataclysmique, Dieu a roulé la pierre et a déchaîné un paroxysme d'énergie créatrice de vie, la réinjectant dans le corps immobile du Christ.
Le cœur de Jésus a commencé à battre, pompant le sang glorifié à travers les artères glorifiées, envoyant une puissance glorifiée aux muscles atrophiés par la mort.
Les vêtements graves ne pouvaient pas le lier alors qu'Il se levait et quittait la crypte.
En un instant, le mortel est devenu immortel et la mort a été engloutie par la victoire.
Dans un moment de l'histoire, la question de Job a été résolue une fois pour toute :
"Si un homme meurt, revivra-t-il ?"
Voici le moment décisif de l'histoire humaine, où la misère de la race se transforme en grandeur.
Ici, le kérygme , la proclamation de l'église primitive, est né avec le cri : «Il est Ressuscité».
La résurrection distingue Jésus de toute autre figure centrale des religions du monde.
Bouddha est mort. Mohammed est mort. Confucius est mort.
Rien de tout cela n'était sans péché. Aucun n'a offert l'expiation. Aucun n'a été confirmé par la résurrection.
Si nous chancelons d'incrédulité avant le fait de la résurrection, nous ferions bien de considérer l'histoire des deux marches à Emmaüs ce week-end.
Luc enregistre l'événement pour nous ( Luc 24: 13–35 .).
Alors que les deux hommes s'éloignaient de Jérusalem, Jésus les rejoignit incognito.
Ils ont présumé informer Jésus des événements de la crucifixion et ont manifesté une impatience évidente face à son apparente ignorance des choses.
Lorsqu'elles ont relaté le rapport des femmes concernant la résurrection, le Christ les a réprimandées :
« Ô insensés et lents de cœur pour croire tout ce que les prophètes ont dit ! N'était-il pas nécessaire que le Christ souffre ces choses et entre dans sa gloire ? »
Et en commençant par Moïse et tous les prophètes, Il leur a interprété dans toutes les Écritures les choses qui le concernent.
Quand les deux ont ouvert les yeux et ont reconnu Jésus ce soir-là, ils se sont dit :
"Nos cœurs n'ont-ils pas brûlé en nous pendant qu'il nous parlait sur la route, alors qu'il nous ouvrait les Écritures ?"
Le chrétien n'est pas un sceptique. Il est une personne au cœur brûlant, un cœur enflammé avec certitude de Sa Résurrection.
R.C. Sproul
Fondateur de Ligonier Ministries,
Pasteur fondateur de la Chapelle St Andrew à Sanford en Floride,
Christ The Lord is Riden today ! (Congrégation Grace Community Church - Sun Valley, Californie)
Connu également sous ces paroles : Brisant Ses liens funèbres, Alléluia ! Christ est Sorti des ténèbres ; Alléluia ! Le ciel, la terre ont chanté : Alléluia ! Jésus est Ressuscité. Alléluia ! Les soldats, le sceau, la pierre, Alléluia ! N'ont pu le garder en terre : Alléluia ! Et c'est pour nous qu'aujourd'hui, Alléluia ! Le ciel s'ouvre devant Lui ! Alléluia ! Il Vit, Notre Roi de Gloire ! Alléluia ! Sépulcre, où est ta victoire ? Alléluia ! Il a détruit sans effort, Alléluia ! La puissance de la mort. Alléluia ! Puisque Ta mort fut suivie, Alléluia ! Du triomphe de la vie, Alléluia ! Je veux, ô Mon Divin Roi Alléluia ! Mourir et Naître avec Toi ! Alléluia !
Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d'une ânesse.
Zacharie 9: 9
Pasteur Mario Veilleux de l'Église Chrétienne Réformée de Beauce, Québec, Canada
Pasteur Mario Veilleux de l'Église Chrétienne Réformée de Beauce, Québec, Canada
(...) Le pasteur Jean-Marc Thobois a été emporté par le coronavirus à l’âge de 75 ans dans la nuit du 13 au 14 mars. Son nom est dans la préface de la version de la Bible, version qu’on appelle à la Colombe, parce qu’il a contribué à sa traduction. Issu d’une longue lignée de pasteurs huguenots, ce grand amoureux de la Bible et conférencier infatigable depuis plus de quatre décennies avait une assurance et une consolation solide. C’était quoi ? C’était que, dans la vie comme dans la mort, il appartenait, corps et âme, non pas à lui-même, mais à Jésus-Christ, son fidèle Sauveur. Par son sang précieux, ce fidèle Sauveur a totalement payé pour tous nos péchés et nous a délivrés de toute puissance du diable. Il nous garde si bien qu’il ne peut tomber un seul cheveu de notre tête sans la volonté de notre Père qui est dans les cieux. Il ne peut tomber un seul cheveu de notre tête sans la volonté de notre Père qui est dans les cieux. Cet enseignement, qui provient de la bouche du Fils de Dieu lui-même (Mc 10.29), nous remplit de réconfort. Quoi qu’il arrive, le Seigneur qui nous aime est parfaitement en contrôle et mène tout à bonne fin pour nous. Dans le sage plan de Dieu, le pasteur Jean-Marc Thobois avait terminé sa mission sur la terre ; il se repose maintenant là où le coronavirus n’a aucun accès.
Une grande tristesse pour l'auteur de Refuge Protestant lorsque la nouvelle fut apprise par un des journaux israéliens (Times of Israël) quelques jours après son départ auprès de Dieu, tant l'estime pour lui, son Epouse et sa famille était profonde. C'était un grand ami indéfectible d'Israël tout comme le sont autant sa famille. Heureux de le savoir auprès du Père, pensant dans nos prières aux siens qu'Il les console et entoure tant durant l'épreuve que pour le chemin à continuer sur terre avec Christ. Nous pensons particulièrement à David et Yaël Chauvel et leurs enfants dans nos prières.
Les quelques réflexions présentées au cours du chapitre précédent dans l'ouvrage * sur le sujet de la dépression nous conduisent à revenir sur la question suivante, abordée au cours de la première partie (au chapitre trois): Dieu peut-il changer le mal en bien ? Il arrive tellement d’événements négatifs dans la vie quotidienne, tellement de souffrances causées par toutes sortes de facteurs, qu’on peut à bon droit se demander à quoi tout cela rime. Dieu est-il en contrôle des événements, et si oui, pourquoi laisse-t-il arriver tant de malheurs ? Cette question, chacun se la pose, ou se l’est posée. Le mal qui m’arrive a-t-il un but particulier et peut-il en sortir à plus ou moins long terme quelque chose de bon ?
La réponse chrétienne à cette délicate question est certainement oui, mais elle a besoin d’être expliquée. Car d’un point de vue purement humain, on ne voit jamais très bien le but de la souffrance a priori. La tendance naturelle de l’homme est de se révolter contre Dieu, voire de nier son existence à cause du mal que l’on voit autour de soi. Cependant, lorsque l’on parle de Dieu il faut d’abord se demander s’Il est bien la mesure de toutes choses, ou bien si nous autres humains sommes cette mesure. Or l’on peut bien dire que Dieu est la mesure de toutes choses, puisqu’Il est omnipotent, c’est-à-dire tout-puissant, et omniscient, c’est-à-dire qu’Il sait par avance tout ce qui va se dérouler dans notre histoire personnelle et celle du monde. Si tel n’était pas le cas, nous n’aurions aucune raison de l’appeler Dieu ; au mieux, Il serait une créature supérieure. En fin de compte, notre vie personnelle entre dans son plan, un plan bien plus grand que nous ne pourrions jamais l’imaginer.
Or, saisir cette réalité ne peut se faire que par la foi au Dieu qui se révèle comme omnipotent et omniscient. Il contrôle même les étapes de notre vie qui ne se sont pas encore déroulées, car Il est au-dessus du temps et le gouverne. Accepter ceci par la foi ne veut pas dire que chacun comprendra sans problème comment des événements ressentis comme très négatifs et douloureux pourraient finalement contribuer à un bien quelconque. D’abord, peut-être ne verrons-nous jamais de notre vivant en sortir quelque chose de positif. Bien des générations plus tard on pourra peut-être voir apparaître des effets inattendus et bénéfiques. Ensuite, il est bien possible que certains événements négatifs le resteront à toujours et ne produiront jamais de fruits positifs. Comment en juger sur un plan purement humain, qui n’est, quant à lui, ni omnipotent ni omniscient ? Comment, par exemple, évaluer les souffrances sans nom et l’extermination dûment planifiée de plus d’un million et demi d’Arméniens chrétiens au cours de la Première Guerre mondiale, extermination envisagée et entamée dès la seconde moitié du dix-neuvième siècle ?
Néanmoins, se placer dans la perspective de la foi c’est accepter que Dieu a bel et bien le pouvoir de changer toutes choses, de faire toutes choses nouvelles. En recherchant sa volonté révélée, en vivant par la foi en Jésus-Christ, on peut souvent se rendre compte soi-même, après coup, que l’épreuve que Dieu a amenée sur notre chemin avait un but particulier positif qu’Il avait lui-même déterminé d’avance. Tout concourt au bien de ceux qui l’aiment, écrit Paul aux chrétiens de Rome (8:28). Paul savait bien de quoi il parlait, lui dont la vie était remplie d’épreuves de toutes sortes, et pas des moindres. Mais il parlait animé d’une foi indestructible en Jésus-Christ.
Considérons justement le sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix de Golgotha. Sur un plan purement humain, il n’y a rien de plus désespérant que la mort injuste de Jésus-Christ, en qui tant d’hommes et de femmes avaient mis leur espoir, l’ayant suivi pendant les trois années de son ministère sur terre. Ils étaient absolument choqués et abasourdis qu’un tel désastre ait pu se produire. Toutefois, si l’on mesure les conséquences positives de sa résurrection pour l’humanité, on peut bien dire qu’il n’y a jamais rien eu de pareil dans l’histoire du monde. Il fallait donc bien la Croix avant la Résurrection. Or si cette crucifixion a été une nécessité pour le salut de l’humanité, ce n’est pas par hasard qu’elle a pris place historiquement, mais selon un plan divin établi de toute éternité et annoncé à l’avance par les prophètes de l’Ancien Testament aussi bien que par Jésus lui-même. Cette transformation de la chose la plus vile et la plus abjecte en l’événement le plus glorieux ne pouvait être accomplie que par Dieu.
Prenons un autre exemple dans l’histoire du Nouveau Testament. Avant sa conversion miraculeuse à la foi chrétienne, sur le chemin de Damas, Paul avait persécuté les chrétiens de manière très violente. Au livre des Actes des Apôtres, (8:3) il est dit : Il cherchait à détruire l’Église, allant de maison en maison pour en arracher les croyants, hommes et femmes, et les jeter en prison. La conséquence positive et inattendue de cette persécution nous est donnée immédiatement après, au verset suivant: Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays en proclamant le message de la Bonne Nouvelle. Paul cherche à détruire l’Église, et en fin de compte la persécution qu’il initie aboutit au résultat contraire. Qui d’autre que Dieu pourrait accomplir un tel renversement ?
Autre question cruciale : les vertus les plus respectées telles que le courage, l’endurance et la persévérance, le sacrifice de soi-même, pourraient-elles se manifester autrement qu’au milieu des épreuves, des souffrances et de grands dangers ? Or ce sont justement ces vertus qui font admirer le degré d’humanité de ceux qui les pratiquent. Un grand nombre d’exploits sportifs sont même appréciés sur cette base : traversée des océans en solitaire, ascension d’un pic sur sa face réputée inaccessible etc. Que dire a fortiori des Jeux Paralympiques ? La souffrance forge le caractère, elle aide aussi à distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas, ce qui est durable de ce qui est passager. Ceux qui l’ont connue et en sont sortis grandis peuvent servir d’exemple à d’autres qui vivent des moments similaires. Cela est souvent vrai pour des incroyants. À plus forte raison faut-il savoir accepter par la foi que ce qui nous arrive fait partie d’un plan bien plus étendu que ce que nous percevons au moment de l’épreuve.
Le Seigneur Jésus-Christ est passé par une souffrance indescriptible lors de sa Passion: cette souffrance a signifié l’abandon total par son Père céleste, c’est-à-dire l’enfer proprement dit. Sa victoire sur la mort et l’enfer n’a pas été acquise à un prix vil, mais au prix le plus précieux, celui de sa vie même. Or c’est aussi Jésus-Christ qui a dit (Matthieu 16:24, voir aussi 10:37-39): Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. Car celui qui est préoccupé de sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. Perdre sa vie à cause de Jésus-Christ signifie passer par ce processus d’élagage, de purification de la foi au travers d’une épreuve qui a un sens, afin qu’un être renouvelé spirituellement se dégage de l’homme ancien. Les deux dernières béatitudes prononcées par Jésus durant le Sermon sur la Montagne en témoignent elles aussi (Matthieu 5:10-12) : Heureux ceux qui sont opprimés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient. Heureux serez-vous quand les hommes vous insulteront et vous persécuteront, lorsqu’ils répandront toutes sortes de calomnies sur votre compte à cause de moi. Oui, réjouissez-vous alors et soyez heureux, car une magnifique récompense vous attend dans les cieux. Car vous serez ainsi comme les prophètes d’autrefois: eux aussi ont été persécutés avant vous de la même manière.
Dans la Bible il n’y a sans doute aucun récit qui illustre comment Dieu peut changer le mal en bien comme celui de Joseph et de ses frères, tous fils du patriarche Jacob. Détesté par ses frères et vendu par eux comme esclave, il se retrouve bien plus tard, après de nombreuses pérégrinations et épreuves, l’intendant du pharaon d’Égypte, ayant en main l’administration de tout le pays. Or, la famine qui sévit non seulement en Égypte mais dans le pays voisin où résident son père et ses frères, amène ceux-ci à venir chercher des vivres à la cour du pharaon, où ils sont reçus par Joseph lui-même qu’ils ne reconnaissent pas, tandis que lui les reconnaît. Après plusieurs aller retour, et bien des moments dramatiques durant tout cet épisode, Joseph en sanglots découvre son identité à ses frères (Genèse 45:4-8): Je suis Joseph, leur dit-il, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Égypte. Et maintenant ne vous tourmentez pas et ne vous accablez pas de remords de m’avoir vendu comme esclave. C’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous. Car voici deux ans que la famine sévit dans ce pays et pendant cinq ans encore, il n’y aura ni labour ni moisson. Dieu m’a envoyé devant vous pour vous faire subsister sur la terre et vous garder la vie, par une très grande délivrance. C’est pourquoi ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu. Et il m’a élevé au rang de « Père pour le pharaon », faisant de moi le maître de toute sa cour et le dirigeant de toute l’Égypte. Plus tard, alors que ses frères redoutent que peut-être il cherche à se venger de ce qu’ils lui ont fait subir, Joseph les rassurera encore (50 :19-21) : N’ayez aucune crainte! Suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté de faire du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.
L’assurance que Dieu peut changer le mal en bien, à sa manière et en son temps, ne devrait pas inciter les uns à témoigner d’une sympathie à bon marché vis-à-vis d’autres lorsque ces derniers passent par une grande épreuve. Dans un tel cas, ma responsabilité consiste non pas à tâcher de minimiser la douleur de celui qui est affligé, mais, tout en tâchant d’alléger son fardeau dans la mesure de mes possibilités, à l’aider avec sensibilité à mettre sa confiance et sa foi en Dieu seul, afin que cette épreuve devienne pour lui purificatrice et mène à son affermissement spirituel.
Espérer contre toute espérance : cette formule paulinienne (tirée de Romains 4:18) se réfère à celui qui est tenu pour le père des croyants, le patriarche Abraham, lui-même ancêtre de Joseph et de ses frères. Alors qu’il est fort avancé en âge, sans enfants et à vues humaines destiné à mourir sans laisser de traces, une descendance comprenant de nombreuses nations lui est promise par l’Éternel. Par la foi, il s’accroche à cette promesse divine, qui se réalisera à partir de la naissance d’Isaac et sera poursuivie à travers l’histoire d’un peuple particulier, Israël, puis de l’ensemble des nations à partir de Jésus-Christ et du mandat missionnaire qu’Il confie à ses disciples avant son Ascension (Actes:1:8). Néanmoins, cette formule exprime bien un paradoxe, celui de la foi, qui va à l’encontre de ce que l’on voit ou prévoit à vues humaines. Elle va de pair avec cette autre formule paulinienne paradoxale qui parle de la folie de la prédication (1 Corinthiens 1:20-25), prédication centrée sur la Croix du Christ et qui renverse les perceptions et les raisonnements humains non illuminés par l’Esprit divin. La rationalité chrétienne – qui est tout sauf rationaliste au sens du mouvement philosophique issu des soi-disant « Lumières » – passe donc nécessairement par le paradoxe de la Croix et tout ce qu’il implique.
Rendre compte de l’espérance chrétienne, c’est donc avant tout rendre compte de la Croix et du radical renversement qu’elle opère dans l’histoire des hommes. Ce n’est pas s’appuyer sur des triomphalismes religieux tapageurs et passagers (comme c’est hélas souvent le cas au sein de bien des communautés chrétiennes, par déformation et non par réformation). Ce n’est pas non plus s’appuyer sur un héritage culturel dont le noyau vivificateur, Jésus-Christ, est absent. C’est avant tout s’appuyer sur la Croix, cet instrument de transformation irrésistible où Dieu se donne en personne, plongeant dans les ténèbres de la condition humaine afin de confondre une fois pour toutes la mort et son propagateur, celui qui a séduit et continue de séduire une humanité en perpétuelle quête de délivrances avortées.
Que cette humanité appelle la succession de ces mirages sauveteurs l’Histoire, le Progrès, la Raison, la Science, la Démocratie et les Droits de l’Homme, qu’elle la définisse par n’importe quels autres vocables voire qu’elle cherche en permanence à pulvériser les frontières sémantiques de ces vocables, elle n’aura jusqu’à la fin des temps d’autre horizon que sa propre déchéance à moins qu’elle n’entre dans le domaine racheté de l’enfer par le Christ victorieux : le domaine du Royaume de Dieu. Or, celui-ci est déjà manifesté dans la vie de ceux qui lui appartiennent, par les fruits que l’Esprit fait naître en eux. L’homme cherche par tous les moyens à transcender sa condition, et à repousser les frontières de son expérience sur tous les fronts. Lorsqu’il s’agit de repousser les frontières de sa propre folie, il n’est d’ailleurs jamais en reste (comme en témoignent, à titre d’exemples, la pornographie ou le développement de son arsenal nucléaire). Cette recherche tous azimuts peut à juste titre être envisagée comme une série d’ersatz et de dévoiements de sa quête vers l’homme parfait, accompli, réconcilié avec lui-même, avec l’autre, le monde et la Transcendance.
La vie du chrétien authentique, elle, témoigne d’une expansion, d’une croissance vers le Christ, l’homme parfait. Elle n’est pas repliée sur elle-même, au contraire elle tend vers un but, elle possède une direction. Elle n’atteint pas la perfection de manière immédiate et artificielle, mais elle croît progressivement dans la perfection déjà atteinte par le Christ ressuscité, étant greffée en lui. Avec reconnaissance elle peut contempler le chemin accompli et y voir la marque de la présence divine qui l’a soutenue tout au long de ce chemin souvent cahoteux et semé d’embûches. Elle tend aussi vers l’autre, dans la reconnaissance que ce prochain porteur de la même Imago Dei est lui aussi appelé à un renouvellement total, à cette croissance visible vers le Christ dans l’union avec lui. La vie du chrétien cherche donc à s’intégrer dans une communauté unie sans préjudice de la diversité qui constitue cette unité.
Certes, en tant qu’elle se situe entre le déjà et le pas encore du renouvellement total promis à la résurrection, elle n’est encore qu’un prélude aux choses à venir. Cependant ce prélude comporte distinctement tous les thèmes qui seront développés dans l’éternité. Voilà pourquoi cette vie chrétienne marquée par l’espérance n’est pas une échappatoire facile, une dérobade vis-à-vis de la réalité créée qui appartient au Créateur. Elle ne s’exprime pas, ou du moins ne devrait jamais s’exprimer, sous forme de mantras répétées mécaniquement jusqu’à la nausée soit pour aboutir à une expérience du vide intérieur calquée sur certaines spiritualités orientales, soit pour obtenir magiquement ou par voie d’autosuggestion ce que l’on souhaite ardemment. Au contraire elle est appelée à manifester dans tous les domaines de l’existence le caractère éthique, relationnel, qui est celui du Christ vis-à-vis de la réalité rachetée, son domaine propre, son Royaume.
Au milieu de la désagrégation, de la désintégration, du déclin inexorable qui marque toute forme de vie dans l’état actuel des choses, elle constitue une semence destinée à germer de manière impérissable. Voilà donc quelles sont l’espérance et la joie du croyant, dont il ou elle a à rendre compte : elles consistent à se savoir racheté, greffé en Jésus-Christ, revêtu d’une vie nouvelle, restauré dans cette image divine précédemment abîmée par la chute ; à vivre chaque jour de la vie du Christ sous la conduite de l’Esprit de Dieu, reflétant clairement cette œuvre de restauration de l’image divine placée par le Créateur qui est aussi le Recréateur de toutes choses; et au moyen de cette image restaurée reluisant dans sa conduite, à amener d’autres créatures vouées à la mort à connaître la puissance du salut manifesté en Jésus-Christ.
* Le texte suivant est le dernier chapitre du livre “Rendre Compte de l’Espérance” (éditions L’Age d’Homme, collection “Messages”, Lausanne, 2009; chapitre 24, pages 293-299),
intégralement disponible en PDF sur notre site : https://www.foietviereformees.org/publications/
" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."
Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
(Romains 5-6)
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