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Vie Protestante Réformée

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:31
Amen par Ernest Dhombres (2ème Partie)

Et tout le peuple dira :

Amen !
(Deutéronome 27.15)

(Seconde partie)

 

 

 

Après ces considérations générales, en essayant d'étudier nos amens dans deux manifestations de notre vie chrétienne, la prière et le culte public, il faut regarder si elles correspondent, pratiquement, à la belle théorie qui vient d’être développée.

 

Les amens qui soulignent nos prières ne sont-ils pas souvent formalistes ?

 

Où sont les coups d'ailes qui nous emportent vers Dieu ?

 

Nous nous tenons dans le terre à terre des vaines oraisons ; quel bien peuvent-elles nous faire ?

 

Et cependant, c'est nous qui avons dit de la sœur de charité égrenant dévotement son chapelet : Quel mécanisme !

 

Nos amens ne peuvent-ils être coupables ?

 

Nous nous sommes révoltés devant l'hypocrisie de Louis XI méditant un crime :

 

 « Que votre volonté soit faite, vierge mère ! » « Et la mienne aussi »,

 

murmure le vieux roi fourbe, superstitieux et cruel.

 

Au temps du siège de Paris, l'âme française, à laquelle déplut ce légalisme suffisant, s'indignait devant les prières officielles pour le succès des armées allemandes, ordonnées par le roi Guillaume, se prenant au sérieux comme l'Oint de l'Eternel chargé de châtier nos péchés.

 

Et nous, n'avons-nous jamais dit amen à une cause triomphante, même injuste, parce qu'elle servait notre égoïsme national ou notre amour-propre sectaire ?

 

Ne nous est-il jamais arrivé de vouer au jugement de Dieu quelqu'un de nos ennemis et de prononcer sur son châtiment un amen vindicatif  ?

 

C'est un païen, Sénèque, qui a dit ce mot profond :

 

« Nous faisons tous les jours aux dieux des prières que nous n'oserions adresser aux hommes »...

 

Nos amens ne sont-ils jamais l'expression de notre orgueil ?

 

Je me souviens d'avoir lu une autobiographie, traduite de l'anglais, qui m'avait vivement impressionné.

 

L'auteur racontait lui-même qu'il avait demandé à Dieu, par une sommation hardie, de grandes richesses.

 

Dieu avait daigné l'exaucer : l'or, l'argent, les billets de banque affluaient dans ses caisses.

 

Mais, parvenu au faîte de la fortune, que voyait-il du haut de cette tour d'or et d'ivoire qu'il s'était plu à ériger ?

 

Là-bas, son triste veuvage, la mort prématurée de plusieurs de ses enfants, l'ingratitude des autres ; c'était d'une mélancolie navrante...

 

Eh bien, ne pourrait-il se faire que Dieu dit amen à quelqu'une de nos prières ambitieuses, bien moins pour nous bénir que pour nous châtier ?

 

Mais il est des amens de sainteté auxquels Dieu prend plaisir et qui sont la piété elle-même.

 

Aspirer à la vie et à l'imitation de Christ, quel idéal déployé devant celui qui prie et qui voit une cime succéder à une autre cime sur les hauteurs de la perfection chrétienne !

 

Ici, nous pourrons tout demander pour tout obtenir ; ici, nous oserons être ambitieux, car Dieu se plaira à nos audaces comme à nos triomphes.

 

Il est des chrétiens qui marchent de force en force, parce qu'ils ont entrepris ce noble labeur de croître dans la vie divine.

 

Comme ils sont bienfaisants !

 

La lumière qui se détache d'eux, la sérénité de leur visage, la paix de leur âme, quelle belle apologie du christianisme !

 

Mais combien sont-ils, ces vaillants dont la vie n'est qu'un amen de sainteté ?

 

D'autres chrétiens, ou “demi-chrétiens”, se soucient peu de grandir en piété, de devenir meilleurs ; peut-être même ne le désirent-ils pas du tout ?

 

Ils sont de feu pour solliciter les bénédictions temporelles, de glace pour demander les biens spirituels.

 

Quoi, tant d'ardeur à souhaiter la santé, la prospérité, le succès de leurs enfants, tant de froideur à demander leur conversion !

 

Allons plus loin, déchirons les voiles qui dissimulent nos hypocrisies !

 

Il est des grâces que nous ne désirons pas recevoir et des progrès que nous ne voulons pas accomplir parce qu'ils effraient notre lâcheté morale.

 

Nos lèvres disent à Dieu : délivre-nous du mal, et nos cœurs se refusent « à couper ce bras, à arracher cet œil » qui nous font tomber dans le péché.

 

Alors, une dualité s'établit au dedans de nous ; une fiction dangereuse trouve droit de cité dans notre vie chrétienne, et nous voilà semblables à Ananias et à Saphira qui voulaient donner quelque chose aux apôtres, tout en gardant par un mensonge une partie de leur fonds de terre.

 

Bien des chrétiens pratiquent, peut-être sans en avoir conscience, cette hypocrisie redoutable.

 

Dès lors leurs amens de sainteté sont absolument stériles, car aucun progrès spirituel n'est possible pour les âmes qui ne sont pas droites, et Dieu refuse son Esprit à ces chrétiens qui gardent en eux-mêmes des interdits sacrilèges...

 

Si les amens de sainteté sont indispensables à notre vie religieuse, il en est de même des amens de soumission.

 

C'est ici que l'imitation de notre Maître devient à la fois tragique et sublime.

 

Disciples de Celui qui fut obéissant jusqu'à la mort de la croix, nous ne pouvons nous soustraire à une obéissance libre et filiale.

 

Mais combien douloureuse !

 

Et cependant, il est des chrétiens qui trouvent une paix céleste dans l'immolation de leur volonté à celle de Dieu.

 

Je ne connais pas de plus belle démonstration de l'Evangile.

 

Là, le drame de Gethsémané -- hors son côté divin et rédempteur -- s'est accompli pour eux.

 

Quelle lutte avant l'apaisement !

 

Ils ont commencé par crier, chacun dans sa langue et selon sa détresse personnelle :

 

« Père, si tu voulais que cette coupe passât loin de moi ? »

 

Cette coupe, c'était un endroit chéri à sacrifier ; c'était peut-être l'exil, l'abandon, la pauvreté, la flétrissure...

 

Et le Père : Mon enfant, cela n'est pas possible pour ton bien.

 

 - Père, pourquoi me traiter ainsi, pourquoi m'infliger un si cruel châtiment ?

 

 - Mon enfant, pour t'apprendre à te dépouiller de toi-même, de ta volonté mal situé, pour mettre sur ton front un reflet de l'image de mon Fils.

 

- O Père, je ne puis dire amen ; mon cœur se révolte ; aie pitié de moi ; je suis triste jusqu'à la mort ; tu vois mes larmes, ma sueur, mon agonie ; ne peux-tu donc m'épargner ?

 

- Et le Père : Mon enfant, cela n'est pas possible pour ton bien !

 

- O Père, si tu le veux, si tu me presses, que ta volonté soit faite, non la mienne !...

 

Et l'amen de la soumission est prononcé, et les anges de tressaillir devant cet apogée de la souffrance humaine transfigurée par une sublime obéissance.

 

Toute  vie a, dès à présent, ou elle aura un jour son Gethsémané.

 

Connaissez-vous une seule vie qui ait échappé à cette loi universelle ?

 

Pour moi, je déclare n'en point connaître.

 

Mais ce que je sais avec non moins de certitude, c'est qu'il en est beaucoup qui expérimentent les douleurs du jardin des Oliviers sans en recueillir les bénédictions.

 

Combien de chrétiens, ou qui se disent chrétiens, qui succombent sous leurs épreuves sans en chercher le sens profond et le but sanctifiant !

 

Quoi, chers affligés, vous avez été épargnés jusqu'ici, vous avez passé à côté de vos bonheurs terrestres sans les considérer, pour ainsi dire, sans prononcer des amens de reconnaissance qui les eussent soulignés aux yeux de votre âme, et maintenant que Dieu vous les ôte, il vous semble qu'il n'en a pas le droit.

 

Nous nous plaignons amèrement, nous doutons de son amour !

 

Sans nous révolter ouvertement, il y a en nous une impatience secrète, et nos larmes, d'ailleurs légitimes, tourneraient au dépit et à l'irritation ?

 

O l'horrible torture de ne pouvoir se soumettre à la volonté de Dieu !

 

Comme elle aggrave nos épreuves ! Comme elle les rend intolérables !

 

Allons, mes amis, allons visiter à nouveau le jardin des Oliviers : là, en voyant Notre Sauveur

 

- plus pâle que les pâles oliviers témoins de son agonie

 

- fléchir sous le double fardeau des misères et des péchés de l'humanité, de nos péchés, nous aurons des remords de nos douleurs égoïstes et nous apprendrons de Lui le secret des amens de soumission filiale.

 

« O Roi de gloire et homme de douleur, quiconque t'a aimé a souffert ; quiconque t'aime consent à souffrir ! Il est voué tout ensemble à la gloire et à la douleur ! » (Vinet)

 

Consentir librement à la souffrance, tel est l'amen héroïque qui nous unit, à Jésus-Christ et met sur nos fronts un trait de ressemblance avec Lui !

 

J'ai parlé jusqu'ici pour des chrétiens, ou qui font profession d'être chrétiens.

 

Mais si je voulais décrire les révoltes de notre siècle contre la destinée humaine, alors quel douloureux spectacle s'offrirait à nos regards !

 

Fut-il jamais un siècle plus désenchanté, plus sombre en son pessimisme, et en même temps plus avide de jouissances ?

 

Il ne veut pas souffrir !

 

De là ses blasphèmes en demandant compte à Dieu, -- s'il y a un Dieu, -- des mystères qui nous déconcertent :

 

Pourquoi les fléaux, les maladies, les infirmités, la misère, l'inégalité des conditions, la vieillesse, la mort ?

 

C'est une clameur universelle contre Celui qui est le créateur et qui n'a pas fait de notre terre un paradis.

 

Et notre siècle nie l'un des termes du problème, le péché, et, avec non moins d'incrédulité, il nie le plan rédempteur par lequel Dieu a daigné réparer le péché en donnant son Fils au monde, son Fils, le divin médecin des maux du corps et de l'âme !

 

Lui, ce Fils, roi de l'humanité, notre peuple le repousse tantôt avec dédain, tantôt avec colère.

 

O peuple généreux, mais égaré, qu'il nous soit donné de te présenter le vrai Christ des Evangiles tout fait de mansuétude !

 

C'est Lui qui éclairerait la raison, qui dissiperait ces noirs cauchemars, qui guérirait ces blessures...

 

Et nous, comme nous serions dans l'allégresse si, de cette poitrine oppressée par le doute et la révolte, s'échappait enfin, au lieu de cris de haine, un amen libérateur de foi, de soumission, de confiance filiale à l'égard de ce Dieu qui est amour et qui, par son amour, peut transfigurer notre destinée !

 

(Suite et dernière partie) Amen par Ernest Dhombres

 

 

Bible (115)

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Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
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  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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