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Vie Protestante Réformée

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:14
Le Plan de Dieu (3ème partie)

Le Plan de Dieu

Pasteur Adolphe Monod

(1850)

« Je connais, ô Éternel,

que la voie de l'homme

ne dépend pas de lui,

et qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme

qui marche de diriger ses pas. »

(JÉRÉMIE X, 23.)

Textes parallèles :

 

« Les pas de l'homme sont conduits par l'Éternel, et il prend plaisir à ses voies. » 

(Ps. XXXVII, 23.) 

« Le coeur de l'homme délibère de sa voie, mais l'Éternel conduit ses pas. » 

(Prov. XVI, 9.) 

« Les pas de l'homme sont de par l'Éternel : continent donc l'homme entendra-t-il sa voie ? »  

(Prov. XX, 24).

 

Il n'y a qu'une solution possible à ce problème: si le Fils réalise à la fois le plan de son Père et son plan personnel, c'est que ces deux plans n'en font qu'un.

 

C'est que le Fils a tellement adopté le plan du Père, qu'Il l'a fait sien; ce plan, qu'il semble tour à tour avoir accepté ou choisi, suivant qu'on le contemple dans son obéissance ou dans sa liberté par où Il accomplit la loi de la nature humaine que Jérémie a révélée dans mon texte, mais en la dépouillant de tout air d'infirmité ou même de nécessité, d'autant plus obéissant qu'il est plus libre, et d'autant plus libre qu'il est plus obéissant.

Voila le secret que nous cherchions :

 

« Allez et faites de même. »

 

De ces deux plans qui sont devant nous, celui de Dieu et le nôtre, n'en faisons qu'un ; et ne pouvant imposer notre plan à Dieu, adoptons le Sien, non dans l'esprit d'une contrainte servile, mais dans celui d'une adhésion filiale.

 

S'agit-il des choses qui dépendent de nous? Ne faisons que ce que nous avons lieu de croire conforme au plan de Dieu.

 

Au lieu de demander, dans le choix d'une carrière, quelle est celle qui nous promet le plus de succès, de bien-être, d'influence, demandons avant tout quelle est celle que Dieu nous a marquée, ou par notre aptitude, ou par notre préparation, ou par les circonstances, ou par ces appels intérieurs qui s'expliquent à l'âme fidèle.

 

Au lieu de demander, dans la formation d'une alliance, quelle est celle qui flattera le plus nos vues d'ambition, nos projets de fortune, notre volonté propre, demandons avant tout quelle est celle qui nous prêtera le plus sûr appui pour croître dans la vie de Dieu, et pour accomplir l'oeuvre qu'Il nous donne à faire sur la terre.

 

Au lieu de demander, dans l'éducation d'un enfant, quelle est la direction conseillée par l'usage, par l'opinion, par la vanité, par l'intérêt, demandons avant tout quelle est celle qui entre le mieux dans les indications de santé, de facultés, de penchant ou de position, que Dieu nous a fournies.

 

S'agit-il de choses qui ne dépendent pas de nous ?

 

Laissons faire à Dieu, et que notre paix soit de nous dire que Son Plan dispose de tout.

 
A Lui Seul de mesurer la part de joies et de douleurs qui nous convient.

 

Les douceurs, les consolations que Dieu nous a ménagées.

 

prenons-les, savourons-les, jusqu'aux plus petites, d'un coeur d'autant plus heureux et plus reconnaissant, que nous les recueillons de Sa Main Paternelle; mais celles qu'Il nous a refusées, jusqu'aux plus désirées, aux plus désirables, faisons-en le sacrifice, et contentons-nous de savoir que c'est Cette Même Main qui nous les a retranchées.

 

Au contraire, les privations, les amertumes que Dieu nous épargne, ne les envions pas à  «ces bienheureux qui ont souffert », et craignons, si nous les allions chercher, de succomber sous un fardeau de notre propre choix; mais celles qu'Il nous a dispensées, dussent-elles nous entraver dans les projets les plus chers, les plus utiles, les plus bienfaisants, acceptons-les comme des exercices salutaires, appropriés à notre éducation spirituelle et miséricordieusement mesurés à notre portée.

 

En deux mots, sachons quel est le plan que Dieu a formé pour nous ; et ce plan trouvé, adoptons-le pour nôtre, comme nous voyons que Jésus a fait.

 
Ne nous répondons pas que nous sommes en peine de discerner le plan de Dieu : ce discernement est promis à la simplicité d'un coeur droit.

 

Quand l'âme fidèle, humblement pénétrée de cette parole :

 

« Les pas de l'homme sont de par l'Éternel : comment donc l'homme entendra-t-Il Sa Voie (24)? »

 

a prié ainsi :

 

"Enseigne-moi le chemin où je dois marcher, car tu es mon Dieu "

 

le Seigneur lui répond :

 

« Je t'enseignerai le chemin où tu dois marcher, mon oeil sera sur toi (25). »

 

C'est assez que Jésus n'ait d'autre plan que celui de Dieu, pour que ce plan se révèle à Lui, disons mieux, se déploie devant Lui, jour après jour, et pour que ce chemin de bonnes oeuvres que Dieu Lui a préparé (26) se fraye, pas après pas, tantôt par un appel qui Lui est adressé, tantôt par un fait qui survient, tantôt par un sentiment intérieur, tantôt par les nécessités matérielles ou spirituelles de la vie, et tout cela avec tant d'ouverture et de facilité, que la question même qui nous préoccupe ne semble pas se poser pour Lui.

 

Ayons son esprit, nous aurons Sa Lumière : la nature, les hommes, les événements, toutes choses nous seront comme un cours d'instruction divine, où la fidélité qui donne se proportionnera à la fidélité qui reçoit.

 

Que s'il entre dans les vues de Notre Père de nous dérober quelque temps encore la connaissance de ses desseins, comme pour nous obliger tendrement à le serrer de plus près, rappelons-nous alors que ce qui importe, après tout, c'est moins de discerner le plan de Dieu que de Le suivre, et que Dieu a des moyens de nous Le faire suivre, même sans nous Le faire discerner.

 

"Par la foi, Abraham, étant appelé obéit, pour aller dans la terre qu'il devait recueillir en héritage, et il partit sans savoir où il allait (27)"; mais Dieu le savait, et c'était assez.

 

Marchons aussi par la foi, et Dieu nous conduira jusque dans les jours les plus sombres, si nous ne voulons que Ses Voies pour nos voies, et Ses Pensées pour nos pensées (28).

Par là, comme Jésus, nous accomplirons tout ensemble le plan de Dieu devenu le nôtre, et notre plan uni au Sien; ce qui sera pour nous, comme pour Jésus, le principe d'une conciliation parfaite entre des intérêts qui semblaient opposés.

 

Car, d'une part, accomplissant le plan de Dieu, nous nous sentirons dans l'ordre; et de l'autre, accomplissant notre propre plan, nous nous sentirons dans la liberté.

 

Ceci mérite de nous arrêter quelques instants : ce n'est rien moins que la solution, simple autant que profonde, d'un des plus grands problèmes moraux qui aient jamais préoccupé la conscience humaine.

Nous nous sentirons dans l'ordre, parce que nous accomplirons un plan qui est de Dieu, et non pas de nous.

 

Pour reconnaître la vérité de cette réflexion, renversons les choses.

 

Supposons que nous accomplissions, au contraire, un plan qui soit de nous, et non pas de Dieu : quel désordre !

 

Désordre caché, mais pourtant réel, alors même que ce plan pourrait être exécuté.

 

Désordre éclatant et manifeste, chaque fois que ce plan sera renversé.

 

Faisons l'hypothèse la plus favorable : ce plan que nous aurons conçu nous-mêmes, il nous sera donné de l'exécuter pleinement, invariablement.

 

Même alors, je devrais dire peut-être surtout alors, quel désordre.

 

Car enfin, nous ne saurions nous dissimuler que nous sommes des créatures bornées, qui ne voient qu'à quelques pas devant elles, et qui ne peuvent rien contempler dans l'ensemble des temps et des choses.

 

Charger une pareille créature d'arrêter le plan qui doit décider de son existence, c'est risquer une perturbation terrible dans ces innombrables rapports qui aboutissent à elle, toute bornée qu'elle est.

 

Mais restreignons-nous à son seul intérêt personnel, malgré l'étroitesse de ce point de vue : charger une pareille créature d'arrêter le plan qui doit décider de son existence, c'est lui imposer une responsabilité auprès de laquelle le supplice d'Atlas*, écrasé sous le poids du ciel, serait digne d'envie.


C'est notre propre plan qui décide de notre destinée ?

 

Véritablement, ce bonheur inouï est le plus grand malheur qui nous puisse arriver (29).

 

Notre plan qui décide !

 

Mais avons-sous bien calculé les suites incalculables que peut entraîner pour nous la moindre de nos actions, de nos paroles, de nos pensées ?

 

Notre plan qui décide mais qui nous garantit que notre plan soit bon, plus encore, qu'il soit le meilleur possible, car nous ne saurions, ni ne devons nous contenter à moins ?

 

Notre plan qui décide mais voilà de quoi nous faisons perdre le repos le jour, et le sommeil la nuit.

 

J'aimerais mieux avoir, quant à moi, à gouverner le monde, même dans la confusion où il est aujourd'hui, qu'à régler le dessein immense et si prodigieusement compliqué de ma condition présente et. future, matérielle et spirituelle.

 

Notre plan qui décide mais, sérieusement, voudrions-nous qu'il en fût ainsi ?

 

Si Dieu nous offrait de tout régler conformément à notre plan, accepterions-nous ?

 

Non mille fois non, si nous ne sommes pas un enfant, pour ne pas dire un insensé.

 

Eh quel homme de sens aurait le courage de choisir ses pas, quand chaque pas qu'il fait retentit jusque dans les profondeurs du temps et de l'espace, de ce temps qu'il ne saurait prévoir, de cet espace qu'il ne peut découvrir.

 

Dans l'illusion tristement plaisante de ce fou qui n'osait bouger de sa place, par la crainte où il était de se casser en marchant, je vois une juste image de l'angoisse où nous jetterait ce choix terrible, tremblant toujours de prendre l'intérêt apparent pour l'intérêt réel, le passager pour le permanent, le visible pour l'invisible, le petit pour le grand; ne sachant à quoi nous résoudre entre les chances de l'action et les périls du quiétisme, et ne trouvant enfin de repos qu'à nous décharger de tout sur Celui qui connaît aussi bien l'avenir que le présent, l'ensemble que le détail, le fond des choses que la surface ; en d'autres termes, ne trouvant de repos - que dans ce qui est aujourd'hui.

Mais venons à l'hypothèse la plus vraisemblable, et qui deviendra inévitablement vraie une fois ou une autre.

 

Que nos plans échouent, que la machine à la construction de laquelle nous nous serons consacré tout entier se brise,

« comme le seau sur la fontaine ou la roue dans la citerne (30) : quel désordre, si nous n'avons appris à nous réfugier dans un plan de Dieu, qui peut se réaliser sans le nôtre, malgré le nôtre.

 

Quel désordre, si toutes les espérances de notre fortune terrestre viennent à s'évanouir tout d'un coup.

 

Quel désordre, si tous les liens les plus chers viennent à se rompre sans retour.

 

Quel désordre, si nous venons à nous voir enlevé nous-même, plein de vie, plein de forces, plein de projets, plein d'avenir.....

 

Comme le jeune André Chénier**, conduit à une mort prématurée autant qu'affreuse, et révélant le trouble du dedans, sous la tranquille fermeté du dehors, par ce mot amer et naïf qu'il prononce en se touchant le front :

 

« Et pourtant il y avait quelque chose-là »

 

Mais transportons-nous dans le plan de Dieu : la réparation de tout ce désordre, la réponse même que sollicite un Chénier montant sur l'échafaud, la voici trouvée.

 

Car dans le vaste plan de Dieu,, qui a les ressources de tout l'univers pour le seconder, l'espace infini pour se déployer, le temps éternel pour se développer, jamais rien d'irréparable, rien de désespéré, rien d'imprévu, rien de compromis seulement.

 

Là se recueille tout ce qui se perd ici, là reparaît tout ce qui s'ensevelit ici, là continue tout ce qui s'arrête ici, là revit tout ce qui meurt ici.

 

Que dis-je ?

 

Elle devait se perdre pour se recueillir, elle devait s'ensevelir pour reparaître, elle devait s'arrêter pour continuer, elle devait mourir pour revivre, cette semence précieuse, qui ne pouvait fleurir et fructifier dans le plan de Dieu qu'à la condition de périr dans le nôtre; et le moment où un Jacob s'écrie, resserré qu'il est dans les bornes étroites de son plan personnel :

 

« Toutes ces choses sont contre moi (31), » est celui où toutes choses s'arrangent, dans le plan étendu et prévoyant du Seigneur, pour lui préparer la plus grande joie peut-être qui ait jamais fait battre le coeur d'un père.

Au lieu de nous consumer en efforts stériles pour peindre la beauté de cette doctrine, regardons-la plutôt en Jésus, dans la vie duquel elle se convertit en histoire.

 

  Le Plan de Dieu par Adolphe Monod

(Suite et Fin)

 

Bible

Croix Huguenote

-24. Prov. XX, 21

-25. Ps. CXLIII, 8, 10 ; XXXII, 8.  

-26. Éph. II, 10. 
.
-27. Hébr. XI, 8.

-28. Es. LV, 8.

-29. Ps. LXXXI, 13.

-30. Eccl. XII 8.
.
-31. Gen, XLII, 36.
 
 

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* Mythologie grecque, Atlas (Atlante) portant sur ses épaules le globe céleste. Héraclès aurait demandé à Atlas de lui reprendre le monde un temps mais se défila habilement laissant le (naïf) Titan porter le monde.

----

** André Chénier, est un poète né le 30 octobre 1762 à Constantinople et mort guillotiné à Paris le 25 juillet 1794 à 31 ans.

L'œuvre inachevée de ce jeune poète du XVIIIe siècle, publiée progressivement à partir de 1819, a fait de lui une figure majeure de l'hellénisme en France.  

Ses dernières paroles prononcées avant de monter sur l’échafaud en s'adressant au poète Jean Antoine Roucher ont été « je n'ai rien fait pour la postérité » et de rajouter (se désignant la tête) : « Pourtant, j’avais quelque chose là ! » ou « C'est dommage, il y avait quelque chose là ! ». Son corps fut jeté avec 1 300 autres victimes de la Terreur et de la guillotine place de la nation dans une fosse commune du couvent des chanoinesses devenu le cimetière de Picpus à Paris.

 

 

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Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
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  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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