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Vie Protestante Réformée

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 15:49
La Résurrection spirituelle de l'homme perdu (2ème partie)

Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés ) Ephésiens 2 : 5



J'ai dit qu'il existe certaines différences extérieures entre les âmes inconverties, mais que leur condition n'en est pas moins la même.

 

J'ajoute que cette condition, commune à tous, c'est la mort.

 

Approchez-vous par la pensée, de la fille de Jaïrus.

 

Voyez-la étendue sur son lit : ne dirait-on pas que la vie est encore en elle ?

 

Les lèvres de sa mère effleurent encore son front, la main de son père presse encore sa main, et c'est à peine si ce père, si cette mère peuvent se persuader que leur enfant est morte ; mais il n'est que trop vrai, elle est morte, aussi morte qu'elle peut jamais l'être.

 

Voyez maintenant ce jeune homme qu'on porte en terre.

 

Il est plus que mort, passez-moi l'expression; il commence à se corrompre ; déjà les teintes livides, précurseurs de la dissolution, sont répandues sur son visage.

 

Et cependant, quoique la mort soit plus apparente chez lui que chez l'enfant, à proprement parler, il n'est pas plus mort qu'elle, car il n'y a point en réalité de degrés dans la mort.

 

Mais voici un troisième cas, où la mort se révèle avec plus d'évidence encore ; c'est celui de Lazare, de Lazare, dont Marthe, faisant usage de mots non couverts, pouvait dire :

 

Seigneur, il sent déjà mauvais, car il est là depuis quatre jours.

 

Toutefois, remarquez-le, la fille de Jaïrus n'était pas moins morte que Lazare.

 

Il y avait différence quant à la manifestation extérieure de la mort, mais non point quant à la mort elle-même.

Ainsi en est-il des âmes, qui n'ont point été vivifiées par la Grâce de Dieu.

 

J'ai eu, sans nul doute, devant moi quelques-unes de ces créatures favorisées que l'oeil se plaît à contempler.

 

Elles sont belles à voir de toutes manières, belles par leurs qualités morales, aussi bien que par leurs charmes extérieurs.

 

Il semble en vérité qu'elles réunissent tout ce qui est bon et désirable ; et pourtant, si elles sont irrégénérées (notez bien ceci), elles sont mortes, complètement mortes !

 

A voir la fille de Jaïrus, qui eût dit qu'elle n'était plus qu'un cadavre ?

 

Une main tendre et pieuse n'avait pas encore fermé ses yeux ; dans son regard brillait encore comme un dernier reflet de lumière.

 

Pareille à un lis à peine détaché de sa tige, elle n'avait rien perdu de sa grâce.

 

Le ver n'avait pas commencé à creuser sa joue ; les couleurs de la vie ne s'étaient pas flétries sur son front, elle paraissait encore appartenir au monde des vivants.

 

Et de même, chères jeunes âmes dont je viens de parler, si vous possédez tout ce que le coeur peut désirer, sauf la seule chose nécessaire ; il ne vous manque absolument rien, si ce n'est le Souffle Divin, l'Amour du Sauveur ; si vous n'êtes pas unies à Jésus par une foi vivante ; c'est pourquoi - je vous le dis avec profonde douleur, mais je dois vous le dire - vous êtes mortes !

 

Vous êtes mortes !

 

Aussi mortes que les derniers des pécheurs, quoique votre mort ne soit pas aussi apparente.

 

Mais, à côté de ces filles de Jaïrus, il est certainement aussi, des êtres qui ont fait un pas de plus, dirai-je, dans la mort spirituelle.

 

Il y a encore en eux, je le reconnais, quelques restes de bons sentiments, mais ils ont commencé à céder à leurs inclinations mauvaises.

 

Ils ne sont pas encore des intempérants sans pudeur, des blasphémateurs sans frein ; leur inconduite n'est pas encore assez scandaleuse pour que leurs semblables n'en puissent tolérer la vue.

 

Comme chez le jeune homme de Nain, la corruption qui couve au-dedans d'eux n'a pas encore ouvertement éclaté au dehors.

 

Mais, qu'ils ne s'abusent point : quoiqu'ils ne soient pas descendus au dernier degré de la dépravation, quoique le monde ne les rejette pas de son sein, ils sont morts !

 

Ils sont morts !

 

Tout aussi morts que les derniers des pécheurs !

 

Et n'y a-t-il point aussi, parmi ceux là me lisant, de ces derniers, de ces plus avilis des hommes, véritables Lazare spirituels, chez qui la mort revêt son plus hideux aspect ?

 

Semblables à des cadavres dans leur sépulcre, leur âme est en pleine putréfaction.

 

Leurs moeurs sont abominables ; leur conduite tout entière inspire l'horreur la plus profonde ; ils sont mis à l'index de toute société qui se respecte ; la pierre est en quelque sorte roulée sur leur tombeau.

 

Ils ont si complètement perdu tout sens moral que ceux qui les connaissent ne veulent plus soutenir aucune relation avec eux, et semblent s'écrier à leur manière :

 

" Otez ce mort de devant nous, car nous n'en saurions supporter la vue !"

 

Et cependant, - j'insiste sur ce point - ces âmes si corrompues, si perverties, ne sont pas en réalité plus mortes que les autres âmes irrégénérées, de même que Lazare n'était pas plus mort que la jeune fille à qui il ne manquait que le souffle.

 

Les fruits de la mort sont plus visibles, il est vrai, chez les unes que chez les autres; mais toutes également sont privées de vie; toutes ont un égal besoin d'être vivifiées par Jésus-Christ.

P
ermettez-moi, d'entrer dans quelques détails, et de vous indiquer les traits principaux qui constituent la différence existant entre les trois classes d'âmes dont je viens de parler.

 

Pour cela, continuons notre rapprochement, et revenons d'abord à la fille de Jaïrus.

 

Voici donc cette jeune fille : regardons-la de nouveau.

 

Loin de nous repousser, sa vue, n'est-il pas vrai ? nous attire.

 

Elle est morte, et pourtant elle est encore belle.

 

Quoique privée de vie, elle est pleine de charmes et de grâces.

 

Quel contraste avec le jeune homme !

 

Toute beauté a disparu de ses traits ; on devine que le ver est déjà à l'oeuvre ; toute sa gloire s'est évanouie.

 

Quel contraste surtout avec Lazare ! Il n'est plus qu'un foyer de corruption !

 

... Mais chez la fille de Jaïrus il existe, je le répète, une beauté extérieure.

 

Il en est de même de beaucoup de ceux qui me lisent en ce moment.

 

N'est-elle pas en effet pleine de grâce, cette jeune âme dont le souffle impur du péché semble avoir respecté la candeur ?

 

Qui pourrait ne pas l'aimer ?

 

N'est-elle pas aimable, n'est-elle pas belle entre toutes ?

 

N'est-elle pas digne d'être admirée, souvent même d'être imitée ?

 

Ah ! Sans doute, elle est tout cela ; elle est plus encore peut-être, je suis le premier à en convenir ; mais, hélas ! Hélas !

 

Dieu le Saint-Esprit n'a pas encore soufflé sur elle, elle n'a pas reconnu Jésus pour Son Sauveur, ni imploré Son Pardon ; elle possède tout, excepté la Vraie Religion ; et dès lors, elle est morte, morte malgré toute sa beauté, malgré tous ses attraits !

 

Oh ! Ma soeur, ma chère soeur, mon amie, pourquoi faut-il qu'il en soit ainsi ?

 

Pourquoi faut-il que toi si douce, si aimable, si tendre, si compatissante, je sois obligé de te compter au nombre de ceux qui sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés ?

 

Comme mon Maître pleura jadis sur le jeune riche, qui avait gardé tous les commandements, mais à qui il manquait une chose, ainsi je pleure aujourd'hui sur toi !

 

Oui, je pleure à la pensée que toi, ornée de qualités si précieuses, de tant de dons du coeur et de l'esprit, tu n'en es pas moins plongée dans la mort !

 

Car, ne te fais point illusion, tu es morte aussi longtemps que tu n'as pas la foi en Christ.

 

Ta bonté, ta vertu, ton excellence ne te serviront de rien : tu es morte, et tu ne saurais vivre si Jésus ne te donne la Vie.

Remarquons, en outre, que la fille de Jaïrus est encore entourée d'amis.

 

Elle vient d'exhaler le dernier soupir, et sa mère la couvre de tendres baisers.

 

Oh ! Se peut-il bien qu'elle soit morte ? Les caresses qu'on lui prodigue ne parviendront-elles pas à la ranimer ?

 

Et les larmes brûlantes qui pleuvent sur elle ne suffiront-elles pas à féconder cette terre froide, il est vrai, mais assez riche encore, semble-t-il, pour que la vie jaillisse de son sein ?

 

Hélas ! Non .

 

Ces caresses, ces larmes sont stériles ; la semence de la vie manque ; l'enfant ne respire plus ; néanmoins, c'est à qui se pressera autour d'elle, c'est à qui la comblera de témoignages d'amour.

 

Quel contraste avec le jeune homme !

 

Il est étendu sur sa bière ; personne ne le touchera plus, et si quelqu'un le touchait, il serait souillé.

 

Quel contraste surtout avec Lazare !

 

Une pierre est scellée sur lui.

 

N'en est-il pas de même de vous, chères âmes auxquelles je me suis déjà adressé ?

 

N'êtes-vous pas entourées de l'amour de tous ?

 

Le peuple de Dieu lui-même vous chérit d'une affection cordiale ; il vous recherche, il vous estime, il vous approuve.

 

Votre pasteur même prie souvent pour vous.

 

Admises dans les assemblées des enfants de Sion, vous vous asseyez avec eux comme si vous étiez des leurs, vous entendez ce qu'ils entendent, vous chantez ce qu'ils chantent.

 

Et pourtant, pourtant hélas ! Vous le dirai-je ?

 

Vous êtes encore dans la mort.

 

Il ne vous manque absolument qu'une chose, mais c'est la seule qui puisse vous sauver ; il ne vous manque qu'une chose, mais cette chose c'est la Vie.

 

En vain les enfants de Dieu vous ouvrent-ils leur sein, en vain vous accueillent-ils dans leur compagnie ; ils ne sauraient allumer en vous cette étincelle Sacrée de la Vie ; et, si jamais vous l'obtenez, sachez-le, vous devrez vous joindre au plus grand des pécheurs pour répéter avec l'Apôtre :


Lorsque nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés, Dieu nous a vivifiés avec Christ.

 

Mais considérons encore la jeune fille.

 

Voyez, elle n'est point revêtue des insignes de la mort.

 

Ni le suaire ni le linceul ne l'enveloppent.

 

On ne l'a point dépouillée de ses habillements ordinaires.

 

Elle est vêtue exactement comme elle l'était le jour où, ressentant les premières atteintes de sa maladie, elle s'étendit sur sa couche.

 

On ne l'a point livrée définitivement à la mort.

 

Il n'en est pas de même du fils de la veuve : l'appareil de la sépulture l'environne ; ni de Lazare : il est lié pieds et mains.

 

Mais je le répète, la fille de Jaïrus est encore revêtue de l'habit des vivants.

 

Ainsi en est-il de l'âme simple et ingénue dont je parle.

 

Jusqu'à présent, elle semble n'avoir aucune habitude coupable, aucun mauvais penchant déclaré ; et, tandis que tel jeune homme est déjà emprisonné dans le linceul de son inconduite, et que tel pécheur vieilli dans le vice est lié pieds et mains par ses passions désordonnées, cette âme se pare de tous les ornements extérieurs de la piété.

 

Elle agit comme les Chrétiens, elle parle comme eux ; sa conduite semble pure, digne d'éloges, irrépréhensible : c'est à peine si l'on pourrait y discerner quelques taches.....

 

Hélas, hélas ! Chère âme, pourquoi faut-il qu'une si belle parure, des apparences si aimables ne recouvrent que la mort ?

 

Vainement, as-tu orné ton front du brillant joyau de la bienfaisance.

 

Vainement as-tu ceint tes reins des chastes robes de la pureté extérieure.

 

Hélas ! Chère âme, il faut bien que je te le dise :

 

Si tu n'es pas née de nouveau, tu es encore dans la mort !

 

Ton excellence s'évanouira comme la teigne ; tes prétendues bonnes oeuvres s'en iront en fumée, et, au jour du jugement, tu seras pour jamais séparée des justes, à moins que Dieu ne te donne la vie.

 

Oh ! Je gémis, je gémis amèrement sur cette foule de jeunes âmes qui semblent avoir été préservées jusqu'ici de toute souillure du monde, mais qui n'en sont pas moins sans vie et sans salut !

 

Oh ! Plût à Dieu, jeune homme, plût à Dieu, jeune fille, que de vos premières années, vous fussiez vivifiés par l'Esprit !

Veuillez observer un détail encore.

 

Dans le cas de la jeune fille, la mort était, pour ainsi dire, une chose secrète.

 

C'était dans sa chambre que l'enfant avait rendu le dernier soupir ; c'était dans sa chambre que son corps inanimé reposait, et rien probablement ne laissait soupçonner au dehors le douloureux mystère que recélait cette maison de deuil.

 

Il n'en était pas ainsi du jeune homme, car on l'avait transporté jusqu'aux portes de la ville, et beaucoup de gens l'avaient vu ; ni de Lazare, car des Juifs étaient venus de Jérusalem pour pleurer sur sa tombe.

 

Mais la mort de la fille de Jaïrus n'avait point ce caractère de publicité, et il en est de même des âmes dont je l'ai prise pour type.

 

Jusqu'à présent, leur péché se cache dans l'ombre ; il est tout intérieur.

 

La convoitise a bien conçu dans leur coeur, mais le péché n'est pas encore enfanté ; le germe des passions existe en elles, mais ce germe impur ne s'est point manifesté par des actes.

 

Le jeune homme n'a point encore porté à ses lèvres la coupe enivrante, quoique souvent une voix séductrice lui en ait vanté les douceurs ; la jeune fille n'a point abandonné les sentiers de la vertu, quoique souvent elle ait prêté l'oreille aux suggestions de la vanité.

 

En un mot, leurs mauvais penchants n'ont point franchi les limites du for intérieur ; personne peut-être n'en soupçonne l'existence.

 

Hélas, mon frère ! Hélas, ma soeur ! Qu'elle est triste la pensée que vous, dont la vie extérieure est si louable, vous cachez pourtant de secrètes souillures dans la chambre de votre coeur, et que, dans les replis les plus intimes de votre être, vous portez la mort spirituelle, mort aussi véritable, quoique moins évidente, que celle du pécheur le plus scandaleux.

 

Oh ! Dieu veuille que vous puissiez vous écrier aujourd'hui même :

 

"Malgré toutes nos justices, malgré toutes nos vertus, nous étions morts, comme les autres, dans nos fautes et dans nos péchés, mais Dieu nous a vivifiés."

 

Mes amis, mes chers amis, souffrez que j'insiste encore sur ce point.

 

Il y a des âmes au sujet desquelles j'éprouve les plus vives appréhensions.

 

Je l'ai déjà dit, elles possèdent tout ce que le coeur peut souhaiter, mais il leur manque une chose : elles n'aiment pas Mon Maître.

 

O vous jeunes gens, qui fréquentez assidûment les parvis du Seigneur, et dont les murs sont irréprochables, pourquoi faut-il que votre piété soit comme une plante sans racine ?

 

O vous, vierges de Sion, qu'on voit toujours dans la maison de prières, pourquoi faut-il que vous n'ayez point la Grâce de Dieu dans le coeur ?

 

Prenez garde, je vous en supplie, vous, âmes simples, naïves, aimables, innocentes aux yeux des hommes !

 

Lorsque viendra le grand jour où le Seigneur séparera les vivants d'avec les morts, encore une fois, je vous le déclare avec douleur, si vous n'avez été converties, régénérées, vivifiées par l'Esprit de Dieu, malgré toute votre excellence, vous serez rangées parmi les morts !



Mais il est temps que nous quittions la jeune fille, pour passer au fils de la veuve de Naïn.

 

Avant tout, observez qu'il n'est pas plus mort que l'enfant ; seulement il est parvenu, si je puis ainsi parler, à une phase plus avancée de la mort.

 

Venez, approchons-nous du funèbre cortège ; arrêtons la bière ; contemplons le corps qui y est couché.

 

Vous frémissez, n'est-il pas vrai ? Vous détournez vos regards.

 

Le visage de la petite fille était plein et coloré, mais ici, la joue est creuse, le teint livide.

 

Et l'oeil ?... oh ! Quelle noirceur l'environne !...

 

Ne pressent-on pas que le ver va bientôt paraître, que la décomposition est au moment de se faire jour ?... Ainsi en est-il d'une certaine classe d'âmes.

 

Ils ne sont plus ce qu'ils étaient dans leur première jeunesse, alors que leurs moeurs étaient à l'abri de tout reproche.

 

Peut-être viennent-ils de tomber dans le filet de la femme étrangère ; ils commencent à se lancer dans la carrière du libertinage : leur corruption est en voie d'éclater.

 

Ils ne sont plus, disent-ils, des enfants à la lisière ; n'est-il pas temps qu'ils s'émancipent ?

 

Que d'autres se soumettent, si bon leur semble, à l'absurde esclavage des lois de la morale ; quant à eux, ils sont libres, ils veulent l'être, ils entendent mener joyeuse vie, et ainsi ils se précipitent dans un tourbillon de plaisirs bruyants et charnels, en sorte que les signes de la mort spirituelle se manifestent en eux avec toujours plus d'évidence.

 

De plus, remarquez, mes chers amis, que si la jeune fille était entourée de caresses, par contre, personne ne touche le jeune homme : il est étendu sur sa bière, et quoique des hommes le portent sur leurs épaules, il n'en est pas moins vrai qu'il inspire à tous les vivants une instinctive répulsion.

 

Jeune homme ! Ne te reconnais-tu point à ce trait ?

 

Ne sais-tu pas que depuis quelque temps les gens pieux, que dis-je, tes amis eux-mêmes se tiennent à distance de toi ?

 

Hier encore les larmes de ta mère n'ont-elles pas coulé en abondance, tandis qu'elle exhortait ton jeune frère à fuir ta société, à ne pas suivre ton exemple ?

 

Ta soeur, ta propre soeur, qui, en t'embrassant ce matin, a peut-être instamment supplié le Seigneur de te faire recevoir du bien dans cette maison de prières, ta soeur elle-même a honte de toi.

 

Ta conduite devient si légère, tes propos si déplacés qu'elle rougit en te voyant.

 

Il y a aussi des maisons Chrétiennes où tu étais naguère le bienvenu ; tu fléchissais le genou avec la famille assemblée, ton nom était mentionné dans la prière commune ; mais à présent, tes visites dans ces maisons deviennent de plus en plus rares, car, lorsque tu y vas, on t'accueille avec réserve.

 

Le père de famille ne voudrait à aucun prix que son fils se liât avec toi, car il sait que tu pourrais le souiller.

 

Il ne vient plus lui-même, comme autrefois, s'asseoir à ton côté pour s'entretenir de choses Saintes ; s'il te reçoit encore chez lui, c'est simplement par politesse ; mais il ne peut plus te traiter avec son ancienne cordialité, car il sent qu'entre son âme et la tienne il n'existe plus aucun lien sympathique.

 

Le Peuple de Dieu pareillement te témoigne de la froideur ; il ne te repousse pas encore d'une manière ouverte, mais il y a, dans ses rapports avec toi, une contrainte qui prouve clairement que ton état de mort lui est bien connu.

Un autre point de dissemblance entre le fils de la veuve et l'enfant de Jaïrus, c'est que, tandis que celle-ci était encore revêtue de l'habit des vivants, l'autre était déjà enveloppé dans les vêtements de la mort.

 

Et toi aussi, jeune homme, tu es comme enveloppé dans tes habitudes vicieuses.

 

Tu sais que le diable, de sa main de fer, étreint ton âme toujours plus fortement.

 

Il y eut un temps où tu pouvais encore te dégager de cette étreinte ; tu étais maître de tes plaisirs, disais-tu.

 

Maintenant, tes plaisirs sont tes maîtres.

 

Jeune homme ! J'en appelle à ta conscience, tes voies ne sont-elles pas des voies d'iniquité ?

 

Tu n'oserais le nier !

 

Sans doute, tu n'es point arrivé aux dernières limites de l'immoralité et de l'infamie ; mais, en vérité, en vérité, je te le dis, mon frère : tu es mort ! tu es mort !

 

Et si l'Esprit de Dieu ne te vivifie, tu seras jeté dans la vallée de la géhenne, pour être en pâture au ver qui ne meurt point, mais qui dévore les âmes pendant l'éternité.

 

Ah ! Jeune homme, jeune homme, je pleure sincèrement sur toi, car, si la pierre du sépulcre ne te recouvre pas encore, si ta corruption morale n'est pas avancée au point que tu sois pour tes alentours un objet d'horreur et d'épouvante, cependant, tu as déjà fait plusieurs pas dans la carrière du vice, et qui peut dire où tu t'arrêteras ?

 

Prends garde ! Le péché est une pente glissante, et ne s'arrête pas qui veut sur cette pente...

 

Lorsque le ver du sépulcre a commencé ses ravages, peut-on placer son doigt dessus, et lui dire :

 

" Arrête-toi ?"

 

Non, il poursuit son oeuvre de destruction jusqu'au bout...

 

Oh ! Jeune homme, Dieu veuille te vivifier avant que tu ne sois parvenu à cette consommation de la mort que l'enfer soupire de te voir atteindre, et à laquelle le ciel seul peut te faire échapper !

Une dernière observation au sujet du fils de la veuve de Naïn.

 

La chambre de la jeune fille, avons-nous dit, était seule témoin de sa mort ; mais dans le cas de celui-ci, la mort, au contraire, se montrait au grand jour, puisque Jésus rencontra le convoi aux portes de la ville.

 

C'est ainsi que chez la première classe d'âmes que j'ai essayé de décrire, le péché est plus ou moins secret ; mais chez toi, jeune homme, il est patent, il est manifeste.

 

Tu ne crains pas de pécher à la face du soleil, à la face de Dieu même.

 

Tes dérèglements ne sont un mystère pour personne ; aussi bien, tu ne tiens plus à sauver les apparences.

 

" Je ne suis point un hypocrite", dis-tu d'un ton de bravade, " je n'ai aucune prétention à la sainteté; je ne rougis pas de quelques écarts de jeunesse".

 

Ah ! Jeune homme, jeune homme !

 

Tandis que tu tiens ce langage, qui sait si ton père ne s'écrie pas dans l'amertume de son coeur :

 

" Plût à Dieu que je fusse mort avant d'avoir vu mon fils se conduire comme il le fait ! Plût à Dieu que lui-même eût été couché dans la tombe, avant de s'être ainsi engagé dans les sentiers du vice ! Plût à Dieu que le jour même où je le contemplai pour la première fois, où mes yeux furent réjouis par la vue de mon fils, il eût été soudainement frappé par la maladie et la mort ! Oh ! Oui, plût à Dieu que son âme enfantine eût été retirée au ciel, et qu'il n'eût pas vécu pour faire descendre avec douleur mes cheveux blancs au sépulcre !..."

 

Jeune homme, tu le sais : ton inconduite avouée, ton inconduite qui s'étale, pour ainsi dire, aux portes de la ville, jette le trouble dans la maison de ton père, abreuve de douleur le coeur de ta mère.

 

Oh ! je t'en conjure, arrête-toi !

 

... Oh ! Seigneur Jésus, Touche la bière en cet instant même !

 

Arrête quelque pauvre âme qui chemine dans la voie de la perdition, et crie-lui :

 

" Lève-toi !"

 

Alors, cette âme, ressuscitée en nouveauté de vie, pourra s'écrier avec nous tous, qui par Ta Grâce jouissons déjà de la vie :

 

" Lorsque nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés, Dieu nous a vivifiés ensemble avec Christ, par le moyen de son Esprit !"

Et maintenant, nous arrivons à la troisième et dernière résurrection accomplie par notre Seigneur : celle de Lazare, de Lazare mort et enseveli.

 

Oh ! Mes chers amis, je ne puis vous mener voir Lazare dans son sépulcre !

 

Retirez-vous, oh ! Retirez-vous loin de lui !

 

... Où fuir pour échapper à l'odeur infecte de ce corps en putréfaction ?...

 

Non seulement tout vestige de beauté a disparu, mais c'est à peine si on reconnaît en lui une forme humaine.

 

Oh ! Hideux spectacle !...

 

Je ne veux pas entreprendre de le décrire, les paroles me manqueraient ; d'ailleurs, vous ne pourriez l'entendre ou le lire jusqu'au bout.

 

Et de même, je ne trouverais point d'expressions si je voulais décrire l'état moral d'une certaine catégorie de pécheurs.

 

Mon front rougirait de confusion, s'il me fallait vous dévoiler les oeuvres de ténèbres accomplies chaque jour par les impies de ce monde, accomplies peut-être par quelques-uns de ceux me lisant en ce moment.

 

Ah ! Qu'elle est hideuse la dernière phase de la mort physique, la dernière phase de la dissolution ; mais la dernière phase du péché, combien n'est-elle pas plus hideuse encore!...

 

Plusieurs de nos écrivains modernes paraissent avoir une aptitude particulière pour fouiller celle boue, pour remuer cette fange impure ; mais je le confesse, cette aptitude n'est pas la mienne ; aussi, ne vous dépeindrai-je point les souillures et les turpitudes du pécheur consommé.

 

Je passerai sous silence les abominables débauches, les convoitises dégradantes, les actions ignobles et diaboliques dans lesquelles se vautrent ceux chez qui la mort spirituelle a accompli tous ses ravages, et chez qui le péché s'est manifesté dans toute son épouvantable laideur.

 

Y a-t-il des êtres appartenant à cette classe de pécheurs ?

 

Il se peut qu'ils ne soient pas nombreux, mais j'ose affirmer qu'il y en a.

 

Inutile de dire qu'ils ne sont pas, comme la jeune fille, recherchés, caressés par les Chrétiens, ou même comme le jeune homme, accompagnés de loin à leur dernière demeure ; non, les honnêtes gens s'enfuient à leur approche, tant est grande l'horreur qu'ils leur inspirent.

 

Leurs femmes elles-mêmes, lorsqu'ils rentrent chez eux le soir, courent se cacher pour éviter leur contact.

 

Ils sont montrés du doigt, ils sont l'objet du mépris de tous.

 

Telle est la prostituée, de laquelle nous détournons nos regards quand nous la rencontrons dans la rue ; tel est le débauché scandaleux, à qui nous nous empressons de céder le pas, de peur qu'il ne nous touche en passant.

 

Ces infortunés sont couchés dans le sépulcre de leurs vices ; les stigmates de la mort spirituelle sont empreints sur leur visage ; l'opinion publique a roulé la pierre sur eux.

 

Ils savent qu'ils sont devenus un objet de dégoût pour leurs semblables ; même, dans un lieu de culte, ils se sentent mal à l'aise, car ils n'ignorent pas que, si leur voisin se doutait de ce qu'ils sont, il reculerait épouvanté.

 

Et notez bien un détail, tandis que dans le cas du jeune homme la mort était pour ainsi dire de notoriété publique, dans le cas de Lazare, comme dans celui de la fille de Jaïrus, elle est secrète, elle est resserrée dans d'étroites limites ; seulement, chez Lazare, ce n'est plus dans la chambre funèbre qu'elle se cache, c'est dans la nuit du tombeau.

 

Image frappante de ce qui a lieu dans le monde moral.

En effet, lorsqu'un pécheur n'est qu'à demi enfoncé dans l'iniquité, il la commet ouvertement, mais lorsqu'il s'y est plongé tout entier, ses passions deviennent tellement dépravées qu'il est obligé de s'y livrer en secret.

 

Il lui faut alors le silence et l'obscurité du sépulcre.

 

Ses convoitises sont d'une nature si détestable qu'il ne peut les assouvir qu'à l'heure de minuit ; sa corruption est si révoltante qu'elle a besoin d'être enveloppée de l'épais linceul des ténèbres.

 

Peut-être ce Lazare spirituel est-il dans la condition la plus abjecte ; peut-être cache-t-il sa honteuse existence dans quelque bouge infect de quelque sombre ruelle.

 

Mais peut-être aussi appartient-il à ce que l'on appelle les classes supérieures de la société, et habite-t-il de somptueuses demeures.

 

Ah ! Mes frères et soeurs, mon ami(e), vous le dirai-je en ayant souvent écouté les aveux que sont venues constamment me faire des âmes travaillées et repentantes, je rougis pour l'humanité.

 

Jusque dans les plus hautes régions de l'échelle sociale, se pratiquent les plus honteuses énormités.

 

Il y a dans mon propre troupeau, dans mon Eglise même, de malheureuses créatures, dont la perte a été consommée par des hommes de grand nom, de grande naissance, haut placés, influents...

 

La hardiesse de mon langage vous étonne peut-être, mais pourquoi craindrais-je de dire ce que d'autres ne craignent pas de faire ?

 

L'Ambassadeur de Dieu doit-il être moins hardi pour reprendre que les hommes ne le sont pour pécher ?

 

Oui, je le déclare hautement, dans tous les rangs de la société, il est des âmes qui sont comme en puanteur aux narines du Tout-Puissant, des âmes dont la corruption est plus hideuse qu'on ne saurait dire !

 

Elles doivent enfouir leurs désordres dans la tombe du mystère, sans quoi elles seraient huées, honnies, chassées de la société - j'allais presque dire de l'existence !...

 

Et cependant, ô Admirable Puissance de la Grâce de Dieu !

 

Cette dernière classe de pécheurs peut être sauvée aussi bien que la première.

 

Lazare, déjà en proie à la corruption, peut aussi aisément sortir du tombeau que l'enfant endormie de son lit.

 

La créature la plus avilie, la plus dégradée peut, tout comme une autre, ressusciter en nouveauté de vie, et être amenée à s'écrier, elle aussi :

 

" Lorsque j'étais morte dans mes fautes et dans mes péchés, Dieu m'a vivifiée par Christ."

J'espère que vous avez bien saisi la vérité importante sur laquelle je viens de m'étendre si longuement ; à savoir :

 

Que tous les hommes, sans exception, sont, par nature, également morts, mais que la mort se manifeste en eux sous un aspect différent.

 

 

 

 

 



La Résurrection spirituelle de l'homme perdu (3ème partie)

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Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
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Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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