Les chrétiens modernes se lassent rapidement quand ils se trouvent confrontés au sérieux de l'Evangile.
Mais les hommes se trompent s'ils s'imaginent qu'ils peuvent voltiger comme un papillon d'un engouement religieux à un autre et s'ils considèrent qu'ils ont accompli leur devoir envers Dieu sans jamais faire une pause pour s'émerveiller des hauteurs et des profondeurs de la grâce de Dieu.
Ce n'est pas l'écumage rapide de livres religieux ou la précipitation négligente dans l'accomplissement des devoirs dominicaux qui produisent une foi chrétienne forte.
C' est plutôt une méditation sans hâte des vérités de l'Evangile et l'ouverture de nos esprits à ces vérités qui donnent le fruit d'un caractère sanctifié.
Voici trois domaines où il serait profitable pour les chrétiens de cette fin de siècle de retrouver plus de «profondeur» dans la compréhension de l'Evangile.
1. Un sens plus profond de l'horreur du péché
Nous abordons là un sujet où, aujourd'hui, nous avons faussé compagnie aux anciens évangéliques.
Le christianisme moderne ne supporte pas ce qui dépasse une confession de péché formelle.
Il est généralement accepté qu'un croyant est en droit de vivre pendant des heures et des jours, vaquant à ses occupations et défendant ses intérêts, avec une petite pause pour la prière privée ou l' adoration publique.
Beaucoup de chrétiens de cette classe sont contents d' articuler un joyeux «Père, pardonne-moi» et poursuivent leur chemin comme avant.
Mais une telle pratique prouve une santé spirituelle déficiente.
Est-ce qu'un croyant ne devrait pas répondre régulièrement de ses péchés dans la présence de Dieu ?
Ne devrait-il pas fréquemment réfléchir sur le caractère odieux du péché à la vue de Dieu ?
Est-ce que Christ n'a pas été «fait malédiction» et n'est pas mort à cause du péché ?
Le chrétien ne doit-il pas se rappeler, à l'occasion, que chaque péché commis mérite la colère et la malédiction de Dieu dans cette vie et celle qui est à venir ?
Il y a un moment, dans la vie d'un vrai chrétien, pour se prendre en dégoût à cause de son péché (cf Ez 36.31).
Il y a un moment pour ressentir son impureté et pour la confesser (cf Es 6.5).
Si nos théologiens protestants d'autrefois pouvaient parler de leur péché comme ayant le caractère «d'infinité sur infinité» et «d'infinité multipliée par l'infinité» que ne devraient pas dire les croyants du leur aujourd'hui ?
C'est le péché mignon de notre âge de banaliser le péché.
Le remède consiste à méditer sur la sainteté et la justice de Dieu lui-même, sur la rigueur et la perfection de ses lois, sur la fin des damnés en enfer, et, par-dessus tout sur les souffrances de notre bien-aimé Rédempteur sur la croix du Calvaire.
Le chrétien cesse de faire des progrès spirituels dès qu'il cesse de se repentir.
La façon moderne consiste à chuchoter quelques formules de confession comme si le péché n'était pas plus sérieux, aux yeux de Dieu, qu'un manquement à l'étiquette ou une infraction aux bonnes manières à table.
Rappelons-nous que le péché est la contradiction de Dieu.
Les grands hommes de Dieu d'autrefois ont regardé leurs propres cours comme un abîme de corruption.
Ils avaient raison.
C'est quelque chose que nous devrions apprendre de nouveau.
Nous pourrions dire de nos péchés «O profondeur».







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