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Vie Protestante Réformée

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:33
Luther à l’écoute du texte biblique : la justification par la foi (Suite)

-Arthus Croix Huguenote

Luther à l’écoute du texte biblique :

la justification par la foi

(Suite)

 

 

 

En quelques années, Luther a donc parcouru un immense chemin, de l’angoisse à la sérénité, de la tristesse à la joie libératrice. Il faut bien parler de conversion, bien qu’on ne puisse pas la dater avec précision, car elle eut lieu au terme d’une lente évolution, fruit évident de son étude de la Bible.

 

Une évolution qui l’a fait passer par des temps de combat intérieur, de doute et de dilemme sur le plan théologique, ainsi que de travail acharné sur lui-même pour se dégager de l’enseignement générateur d’angoisse spirituelle reçu dans sa jeunesse.

 

En suivant Luther dans son combat intérieur et dans sa découverte de la justification par la foi. Est il avant tout un être tournée vers la vie intérieure ? Certes non !

 

On le découvrira rapidement comme un homme d’action, un fonceur malgré lui – s’il se jette dans l’arène, ce n’est pas par goût de la lutte, mais sous la pression d’une force intérieure en laquelle il discerne la volonté de Dieu à l’œuvre. « Il est possible, dira –t-il plus tard, que j’ai parlé trop haut, que j’ai conseillé des choses qu’on trouvera irréalisables, que j’ai attaqué tant d’injustices avec trop de violences. Mais qu’y puis je ? Mon devoir était de parler, et j’aime mieux exciter la colère du monde que celle de Dieu. »

 

Les circonstances qui le propulsèrent alors sur la place publique furent le trafic des indulgences. La « théologie » des indulgences est fondée sur l’idée que l’Eglise est une « banque spirituelle », qui dispose des mérites surérogatoires (c'est-à-dire plus abondants que ce qui est nécessaire) de Jésus Christ et des saints et les vend à qui en manque pour échapper à « un purgatoire » et gagner le paradis…

 

Ce système s’était développé à l’occasion des croisades dont nous connaissons le résultat et impact désastreux. (…) Il existait même pour attirer des pèlerins – tourisme lucratif de l’époque… - où l’on avait rassemblé des reliques dont le total procurait 127 799 ans d’indulgences au fidèle !!!

 

C’est dans ce climat de scandale que Luther intervient en plaçant la question sur son vrai terrain – doctrinal et spirituel.

 

(…) Auparavant, le théologien biennois Thomas Wyttenbach, qui fut le maître de Zwingli à Bâle, s’était élevé lui aussi, en 1505, contre ce trafic, au nom de« la mort du Christ qui seule est le prix du pardon des péchés ».

 

Quant à l’humaniste allemand Ulrich Von Hutten, il composa en 1512, lors d’un séjour en Italie, ce couplet contre le pape Jules II : « Jules le marchand trompe le monde chrétien, il vend le ciel qu’il est bien loin de posséder. Vends moi ce que tu as ! Mais quelle honte de me vendre, ô Jules, ce qui te manque le plus ! »

 

Le sordide marchandage du salut des âmes heurte profondément celui qui a découvert quelques années plus tôt la gratuité du salut. Mais les thèses de Luther manifestent tout autant un autre souci : celui de voir les indulgences donner aux gens une sécurité illusoire alors qu’ils sont perdus faute d’avoir mis leur confiance en Jésus Christ crucifié et d’avoir connu une vrai repentance.

 

Dans un sermon de 1516, il disait :

 

« Prenez garde que les indulgences n’engendrent jamais en nous une fausse sécurité, une inertie coupable, la ruine de la grâce intérieure ! »

 

Et encore :

 

« Celui qui éprouve une véritable repentance ne cherche ni indulgence ni rémission de ses peines ; au contraire, il veut les prendre sur lui ; il cherche la croix. »

 

Voici quelques thèses parmi les plus significatives :

 

36. N’importe quel chrétien, vraiment repentant, a pleine rémission de la peine et de la faute, elle lui est due même sans lettres d’indulgence.

 

45. Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui voit un pauvre, et, sans lui prêter attention, donne pour les indulgences, appelle sur lui-même non les indulgences du pape, mais la colère de Dieu.

 

49. Il faut enseigner aux chrétiens que les indulgences sont des plus funestes, si par elles, ils perdent la crainte de Dieu.

 

68. Les indulgences sont en réalité des grâces bien minimes, comparées à la grâce de Dieu et à la piété de la croix.

 

92. Qu’ils disparaissent donc, tous ces prophètes qui disent au peuple de Christ : paix, paix et il n’y a point de paix.

 

93. Bienvenus au contraire, les prophètes qui disent au peuple de Christ : croix, croix, et ce n’est pas une croix.

 

Ces thèses condamnent donc d’une part la doctrine d’un salut qui s’achète à prix d’argent et nie grossièrement la gratuité de la grâce, et d’autre part la religion et superficielle d’une grâce obtenue à bon marché, c'est-à-dire sans repentance.

 

(…) Le pape Léon s’inquiète (on peut le comprendre aisément), et commence par faire savoir discrètement à Staupitz, le supérieur de Luther, qu’il a la responsabilité de faire taire ce moine contestataire.

 

Luther refuse de se rétracter, persuadé qu’il est fidèle à l’enseignement de l’Eglise en affirmant que « les hommes doivent mettre leur confiance uniquement en Jésus Christ, et non dans leurs prières, leurs mérites ou leurs bonnes œuvres ».

 

Le pape Léon confie alors l’affaire à l’un de ses  meilleurs « théologiens », le cardinal Cajetan. Ce dernier discerne qu’au-delà de cette affaire, c’est bien la théologie des mérites qui est en jeu, et finalement le pouvoir de l’Eglise sur les âmes.

 

Mais il importe de préciser que la question des indulgences est l’occasion et non la cause profonde du débat doctrinal qui mènera à la naissance du protestantisme.

 

En mars 1518, Luther comparaissait devant les responsables de son ordre religieux des Augustins, à Heidelberg.

 

La discussion porte sur ce qui lui tient le plus à cœur : le salut par grâce et la transformation qu’il opère dans le cœur du croyant.

 

Voici quelques thèses qu’il présenta à cette occasion. Elles sont autant de perles spirituelles que théologiques :

 

16. L’homme qui pense qu’il a la volonté de parvenir à la grâce en faisant ce qui est en lui-même, ajoute le péché au péché, de sorte qu’il est rendu doublement pécheur.

 

18. Il est certain qu’il faut que l’homme désespère totalement de lui-même pour être rendu apte à recevoir la grâce du Christ.

 

24. Ce n’est pas la sagesse qui est mauvaise, ni la loi qui doit être évitée, mais l’homme qui, sans la théologie de la croix, use d’une façon totalement pernicieuse des choses les meilleures.

 

26. La loi dit : fais ceci, et jamais on ne le fait. La grâce dit : crois en celui-ci, et par cela seul, toutes les œuvres abondent.

 

28. L’amour de Dieu ne trouve rien d’aimable en nous, mais Il le crée… Quand Dieu fait sentir aux hommes son amour, Il aime des pécheurs, dans l’intention de les rendre justes, sages, forts ; Il se répand en eux et leur donne son bien. Les pécheurs prennent de al valeur, parce qu’ils sont aimée ; ils ne sont pas aimés parce qu’ils ont acquis de la valeur par eux-mêmes.

 

Sans surprise, Luther ne convainc pas les docteurs de son ordre, mais cette discussion est décisive pour plusieurs jeunes théologiens, dont Martin Bucer, futur réformateur de Strasbourg et mentor de Calvin.

 

(…) Luther convoqué pour une confrontation avec Cajetan à Augsbourg, le réformateur s’y rend sans illusion : « Que vive Christ et que Martin périsse ».

 

Il résume ses affirmations principales :

 

  • Le prêtre n’est pas un intermédiaire obligé entre Dieu et les hommes.

  • L’Eglise est présente, non dans une institution, mais là où la personne de Christ est confessée.

  • L’Ecriture seule, et non l’Eglise, est infaillible : concile, ou même un simple fidèle doit pouvoir convaincre n’importe qui s’il est en mesure de s’appuyer sur les Ecritures.

 

(…)Mais justement, Cajetan, le légat du pape, n’est pas venu pour discuter.

 

Ainsi, de 1513 à 1518, Luther a été conduit progressivement du problème de son salut personnel et du salut par la grâce de Dieu à la contestation publique de la pratique des indulgences.

 

Sa motivation est avant tout pastorale.

 

Il s’indigne de voir les gens enfermés dans une doctrine antiévangélique à double titre : l’homme doit, par des œuvres extérieures, payer son salut, alors qu’en même temps son cœur reste étranger à la vie divine.

 

Mais à ce stade, le moine Martin croit encore, ou s’efforce de croire, que si beaucoup de prélats sont pervertis, l’institution romaine comme telle reste l’Eglise du Christ.

 

Et c’est en tant que serviteur et théologien de cette Eglise qu’il l’appelle à se purifier. Il est encore catholique.

 

Jacques Blandenier

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(Retour partie I)

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Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Témoignages
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