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Vie Protestante Réformée

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 14:18
John Bunyan et la douce et parfaite paix de Dieu

Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi […] n’ayez aucune crainte en votre cœur.
Jean 14.27

 
 

Le célèbre auteur Chrétien britannique du 17ème siècle, John Bunyan, menait une vie déréglée avant de devenir chrétien.

 

Sa conversion fut réelle, mais il restait tourmenté par le « sentiment vertigineux d’une grande culpabilité et de désespoir terrible… »

 

Il écrit :

 

« Le péché, la corruption coulaient de mon cœur comme l’eau d’une fontaine… Je pensais que le diable seul pouvait m’égaler en perversion intime et corruption d’esprit. J’étais persuadé d’être abandonné de Dieu ; et je restai dans cet état pendant plusieurs années. »


Un jour, il lit un livre de Luther où celui-ci décrit le cheminement de son sentiment d’être condamné à la compréhension du pardon que Dieu lui a accordé.

 

« J’ai découvert ma propre condition dans cette expérience si magnifiquement et si exactement décrite, au point que j’aurais pu croire ce livre composé de la substance même de mon cœur », écrit-il encore.


Bunyan reçoit alors pleinement ce message de la puissance libératrice de la mort de Jésus à la croix et de Sa Grâce.

 

Il connaît enfin la victoire sur le péché et la paix de Dieu.


Dès lors, il se met à prêcher partout la Bonne Nouvelle de Christ, de la repentance, du pardon des péchés et du salut.

 

Th. Hammann,

.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :  CAEF (Vivre Aujourd'hui)

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:49
Charles Haddon Spurgeon : la doctrine de Jésus Christ, des Apôtres et des Réformateurs par Rubbens Saillens

Charles Haddon Spurgeon, est depuis longtemps dans le repos céleste, où il contemple « à visage découvert » Celui qu'il a aimé, adoré et servi pendant sa course terrestre.

 

Il serait impertinent de ma part de recommander l'oeuvre de Charles Haddon Spurgeon, elle se recommande d'elle-même.

 

Dieu merci, ce grand nom n'est pas encore oublié, ni près de l'être.

 

Il faut reconnaître cependant que la doctrine de Spurgeon qui est celle des Réformateurs, celle des

Apôtres et de Jésus-Christ lui-même n'est guère à la mode aujourd'hui.

 

Le ciel et l'enfer, l'impuissance de tout effort social, ou même religieux, pour sauver l'humanité, sans le ressort de la foi dans l'amour et la puissance de Dieu manifestés au Calvaire, et par le tombeau ouvert de Jésus-Christ, tout cela semble banni presque entièrement de la prédication contemporaine.

 

L'expérience, hélas ! Montre ce que les Eglises ont perdu en renonçant à « la folie de la croix » dans le futile espoir de conquérir le monde.

 

C'est le monde qui les a conquises.

 

Vouloir établir ici-bas le royaume de Dieu autrement que par la prédication de la grâce, par laquelle seule sont créés des hommes nouveaux capables de vivre la vie sainte, c'est tromper les âmes, c'est trahir la sainte cause de la vérité, pour laquelle les Réformateurs ont lutté et souffert, c'est se rendre prévaricateurs à l'égard de Celui dont on se permet de mutiler le message, pourtant si clair et si précis.

 

Que Dieu nous préserve de cette erreur et de ce crime !

 

L'auteur de ces lignes considère comme l'un des plus grands privilèges que Dieu lui ait accordés d'avoir entendu maintes fois le grand prédicateur dans cet immense édifice, le « Tabernacle Métropolitain » de Londres, rempli deux fois chaque dimanche et une fois au moins en semaine de cinq à six mille auditeurs, venus de tous les quartiers de la grande ville pour entendre prêcher simplement, sobrement, sans efforts d'éloquence, l'Evangile du salut par grâce et par la foi : et, privilège encore plus grand, de l'avoir vu dans l'intimité de son foyer, et dans les réunions de la

Conférence pastorale qu'il avait créée afin de maintenir l'union fraternelle entre les 5 ou 600 jeunes pasteurs (mais quelques-uns étaient aussi âgés que lui), qu'il avait formés dans son « Pastors' College».

 

Bien que je n'eusse pas été de ces élèves, Charles Spurgeon avait bien voulu me proposer de faire partie de la Conférence, ce que j'acceptai de grand coeur, on le devine.

 

Je n'oublierai jamais l'impression que produisit sur nous tous, sur moi en particulier, son discours intitulé : " Le plus grand Combat du Monde " , qu'il prononça à la dernière de ces conférences annuelles à laquelle il pût assister (en 1891).

 

Déjà, à cette époque, apparaissait ce qui était le plus grand danger de l'Eglise, ce qu'on appelait alors le « Down-grade movement », et n'était autre chose que le début de l'hérésie moderniste.

 

Avec une émotion qu'il avait peine à maîtriser, Spurgeon nous prédisait l'apostasie qui ne tarderait pas à devenir générale, et nous conjurait de lutter de toutes nos forces pour la défense de la foi qui a été donnée aux saints une fois pour toutes.

 

Sa mort prématurée en 1892 (à l'âge de 58 ans) fut en grande partie occasionnée par le chagrin qui lui causèrent certaines défections, qui paraîtraient aujourd'hui bien anodines.

 

Je ne crois pas commettre une indiscrétion, après tant d'années écoulées, en rapportant ici une confidence de Spurgeon, à l'une de mes dernières visites à Norwood, où il habitait.

 

« Voici », me dit-il, à propos de l'efficacité de l'Evangile quand il est prêché avec amour et avec foi,

 

« Voici mon expérience. Je ne la publie point, pour des motifs que vous comprenez ; mais je vous la dis pour vous encourager : depuis dix ans, il ne s'est pas passé un seul jour - dimanche ou semaine - sans que j'aie reçu, de vive voix ou par lettre, le témoignage d'une ou de plusieurs personnes, me remerciant d'avoir été l'instrument de leur conversion, soit par ma parole, soit par mes écrits. »

 

Les sermons sténographiés de Spurgeon - plus de quatre mille, car il ne prêchait pas seulement dans son Eglise, et il ne se répétait jamais - ont été imprimés chaque semaine, pendant de longues années.

 

Ils sont répandus dans tous les pays de langue anglaise, et beaucoup sont traduits en plusieurs langues dont un certain nombre en français.

 

Il m'est est arrivé plus d'une fois, dans des assemblées nombreuses, en France et en Suisse, de prier les personnes présentes qui avaient été amenées à la foi par la lecture des sermons de Spurgeon, de vouloir bien en témoigner ; et chaque fois il s'est trouvé une personne (souvent même plusieurs) pour répondre à cette invitation.

 

Quel prédicateur de l'Evangile ne serait saintement ému à jalousie par de telles marques de l'approbation divine sur son ministère ?

 

« Je ne suis pas un Spurgeon », dira peut être quelqu'un.

 

Reconnaissons que Dieu n'accorde pas les mêmes dons à tous ses serviteurs, si fidèles qu'ils soient.

 

Mais il leur donne à tous le même Evangile à proclamer !

 

Il leur donne à tous la même joie en le proclamant, et à tous aussi, sera bientôt adressée la parole qui vaut plus que tous les succès et tous les suffrages humains :

 

« Cela va bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de chose, je t'établirai sur beaucoup. Entre dans la joie de Ton Maître ! »

 

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Pasteur Rubben Saillens,

 

Bible

Croix Huguenote

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:33
Luther à l’écoute du texte biblique : la justification par la foi (Suite)

-Arthus Croix Huguenote

Luther à l’écoute du texte biblique :

la justification par la foi

(Suite)

 

 

 

En quelques années, Luther a donc parcouru un immense chemin, de l’angoisse à la sérénité, de la tristesse à la joie libératrice. Il faut bien parler de conversion, bien qu’on ne puisse pas la dater avec précision, car elle eut lieu au terme d’une lente évolution, fruit évident de son étude de la Bible.

 

Une évolution qui l’a fait passer par des temps de combat intérieur, de doute et de dilemme sur le plan théologique, ainsi que de travail acharné sur lui-même pour se dégager de l’enseignement générateur d’angoisse spirituelle reçu dans sa jeunesse.

 

En suivant Luther dans son combat intérieur et dans sa découverte de la justification par la foi. Est il avant tout un être tournée vers la vie intérieure ? Certes non !

 

On le découvrira rapidement comme un homme d’action, un fonceur malgré lui – s’il se jette dans l’arène, ce n’est pas par goût de la lutte, mais sous la pression d’une force intérieure en laquelle il discerne la volonté de Dieu à l’œuvre. « Il est possible, dira –t-il plus tard, que j’ai parlé trop haut, que j’ai conseillé des choses qu’on trouvera irréalisables, que j’ai attaqué tant d’injustices avec trop de violences. Mais qu’y puis je ? Mon devoir était de parler, et j’aime mieux exciter la colère du monde que celle de Dieu. »

 

Les circonstances qui le propulsèrent alors sur la place publique furent le trafic des indulgences. La « théologie » des indulgences est fondée sur l’idée que l’Eglise est une « banque spirituelle », qui dispose des mérites surérogatoires (c'est-à-dire plus abondants que ce qui est nécessaire) de Jésus Christ et des saints et les vend à qui en manque pour échapper à « un purgatoire » et gagner le paradis…

 

Ce système s’était développé à l’occasion des croisades dont nous connaissons le résultat et impact désastreux. (…) Il existait même pour attirer des pèlerins – tourisme lucratif de l’époque… - où l’on avait rassemblé des reliques dont le total procurait 127 799 ans d’indulgences au fidèle !!!

 

C’est dans ce climat de scandale que Luther intervient en plaçant la question sur son vrai terrain – doctrinal et spirituel.

 

(…) Auparavant, le théologien biennois Thomas Wyttenbach, qui fut le maître de Zwingli à Bâle, s’était élevé lui aussi, en 1505, contre ce trafic, au nom de« la mort du Christ qui seule est le prix du pardon des péchés ».

 

Quant à l’humaniste allemand Ulrich Von Hutten, il composa en 1512, lors d’un séjour en Italie, ce couplet contre le pape Jules II : « Jules le marchand trompe le monde chrétien, il vend le ciel qu’il est bien loin de posséder. Vends moi ce que tu as ! Mais quelle honte de me vendre, ô Jules, ce qui te manque le plus ! »

 

Le sordide marchandage du salut des âmes heurte profondément celui qui a découvert quelques années plus tôt la gratuité du salut. Mais les thèses de Luther manifestent tout autant un autre souci : celui de voir les indulgences donner aux gens une sécurité illusoire alors qu’ils sont perdus faute d’avoir mis leur confiance en Jésus Christ crucifié et d’avoir connu une vrai repentance.

 

Dans un sermon de 1516, il disait :

 

« Prenez garde que les indulgences n’engendrent jamais en nous une fausse sécurité, une inertie coupable, la ruine de la grâce intérieure ! »

 

Et encore :

 

« Celui qui éprouve une véritable repentance ne cherche ni indulgence ni rémission de ses peines ; au contraire, il veut les prendre sur lui ; il cherche la croix. »

 

Voici quelques thèses parmi les plus significatives :

 

36. N’importe quel chrétien, vraiment repentant, a pleine rémission de la peine et de la faute, elle lui est due même sans lettres d’indulgence.

 

45. Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui voit un pauvre, et, sans lui prêter attention, donne pour les indulgences, appelle sur lui-même non les indulgences du pape, mais la colère de Dieu.

 

49. Il faut enseigner aux chrétiens que les indulgences sont des plus funestes, si par elles, ils perdent la crainte de Dieu.

 

68. Les indulgences sont en réalité des grâces bien minimes, comparées à la grâce de Dieu et à la piété de la croix.

 

92. Qu’ils disparaissent donc, tous ces prophètes qui disent au peuple de Christ : paix, paix et il n’y a point de paix.

 

93. Bienvenus au contraire, les prophètes qui disent au peuple de Christ : croix, croix, et ce n’est pas une croix.

 

Ces thèses condamnent donc d’une part la doctrine d’un salut qui s’achète à prix d’argent et nie grossièrement la gratuité de la grâce, et d’autre part la religion et superficielle d’une grâce obtenue à bon marché, c'est-à-dire sans repentance.

 

(…) Le pape Léon s’inquiète (on peut le comprendre aisément), et commence par faire savoir discrètement à Staupitz, le supérieur de Luther, qu’il a la responsabilité de faire taire ce moine contestataire.

 

Luther refuse de se rétracter, persuadé qu’il est fidèle à l’enseignement de l’Eglise en affirmant que « les hommes doivent mettre leur confiance uniquement en Jésus Christ, et non dans leurs prières, leurs mérites ou leurs bonnes œuvres ».

 

Le pape Léon confie alors l’affaire à l’un de ses  meilleurs « théologiens », le cardinal Cajetan. Ce dernier discerne qu’au-delà de cette affaire, c’est bien la théologie des mérites qui est en jeu, et finalement le pouvoir de l’Eglise sur les âmes.

 

Mais il importe de préciser que la question des indulgences est l’occasion et non la cause profonde du débat doctrinal qui mènera à la naissance du protestantisme.

 

En mars 1518, Luther comparaissait devant les responsables de son ordre religieux des Augustins, à Heidelberg.

 

La discussion porte sur ce qui lui tient le plus à cœur : le salut par grâce et la transformation qu’il opère dans le cœur du croyant.

 

Voici quelques thèses qu’il présenta à cette occasion. Elles sont autant de perles spirituelles que théologiques :

 

16. L’homme qui pense qu’il a la volonté de parvenir à la grâce en faisant ce qui est en lui-même, ajoute le péché au péché, de sorte qu’il est rendu doublement pécheur.

 

18. Il est certain qu’il faut que l’homme désespère totalement de lui-même pour être rendu apte à recevoir la grâce du Christ.

 

24. Ce n’est pas la sagesse qui est mauvaise, ni la loi qui doit être évitée, mais l’homme qui, sans la théologie de la croix, use d’une façon totalement pernicieuse des choses les meilleures.

 

26. La loi dit : fais ceci, et jamais on ne le fait. La grâce dit : crois en celui-ci, et par cela seul, toutes les œuvres abondent.

 

28. L’amour de Dieu ne trouve rien d’aimable en nous, mais Il le crée… Quand Dieu fait sentir aux hommes son amour, Il aime des pécheurs, dans l’intention de les rendre justes, sages, forts ; Il se répand en eux et leur donne son bien. Les pécheurs prennent de al valeur, parce qu’ils sont aimée ; ils ne sont pas aimés parce qu’ils ont acquis de la valeur par eux-mêmes.

 

Sans surprise, Luther ne convainc pas les docteurs de son ordre, mais cette discussion est décisive pour plusieurs jeunes théologiens, dont Martin Bucer, futur réformateur de Strasbourg et mentor de Calvin.

 

(…) Luther convoqué pour une confrontation avec Cajetan à Augsbourg, le réformateur s’y rend sans illusion : « Que vive Christ et que Martin périsse ».

 

Il résume ses affirmations principales :

 

  • Le prêtre n’est pas un intermédiaire obligé entre Dieu et les hommes.

  • L’Eglise est présente, non dans une institution, mais là où la personne de Christ est confessée.

  • L’Ecriture seule, et non l’Eglise, est infaillible : concile, ou même un simple fidèle doit pouvoir convaincre n’importe qui s’il est en mesure de s’appuyer sur les Ecritures.

 

(…)Mais justement, Cajetan, le légat du pape, n’est pas venu pour discuter.

 

Ainsi, de 1513 à 1518, Luther a été conduit progressivement du problème de son salut personnel et du salut par la grâce de Dieu à la contestation publique de la pratique des indulgences.

 

Sa motivation est avant tout pastorale.

 

Il s’indigne de voir les gens enfermés dans une doctrine antiévangélique à double titre : l’homme doit, par des œuvres extérieures, payer son salut, alors qu’en même temps son cœur reste étranger à la vie divine.

 

Mais à ce stade, le moine Martin croit encore, ou s’efforce de croire, que si beaucoup de prélats sont pervertis, l’institution romaine comme telle reste l’Eglise du Christ.

 

Et c’est en tant que serviteur et théologien de cette Eglise qu’il l’appelle à se purifier. Il est encore catholique.

 

Jacques Blandenier

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(Retour partie I)

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:32
Luther à l’écoute du texte Biblique : la justification par la foi

Luther à l’écoute du texte biblique :

la justification par la foi

 

Ce n’est pas dans sa propre conscience que Luther a trouvé une issue capable d’apaiser les tourments de son conflit intérieur.

 

Son supérieur et conseiller spirituel, Staupitz, qui a souvent cherché – sans beaucoup de succès – à calmer ses angoisses en dédramatisant les exigences de la sainteté, eut la sagesse de l’orienter vers le travail biblique en lui confiant la charge de prédicateur et de professeur en Ecriture Sainte.

 

C’est par là que la lumière se fit dans le cœur et l’esprit de Martin luther.

 

Ainsi, dès 1513, Luther donne un cours sur les Psaumes, et cette étude lui procure un réel apaisement. Il écrit en 1514 : « Dieu me bénit à un tel point, malgré mon indignité, que je n’ai que des raisons de me réjouir, d’aimer et de faire du bien, même à ceux qui ont mérité le contraire de ma part ; et moi-même je reçois de Dieu le contraire de ce que j’ai mérité (1). »

 

Son Commentaire sur les Psaumes est profondément Christocentrique. Le Professeur Lienhard l’a étudié avec soin, et ses conclusions sont d’un grand intérêt.

 

En voici un extrait :

 

On est frappé à la lecture du Commentaire par la concentration de l’auteur sur Jésus-Christ.

 

Celui-ci est la clé du Psautier, nous dit Luther dès la préface. (…) Il n’hésite pas à appliquer au Christ lui-même les paroles d’abandon du Psaume 22 qu’Augustin rapportait au corps de Christ, c'est-à-dire à l’Eglise.

 

En fait, dans ces paradoxes entre l’abandon du Christ et sa victoire émerge la théologie luthérienne de la croix. (…)

 

De l’interprétation christologique des Psaumes, l’exégète ne cesse de demander ce que cela signifie pour l’existence chrétienne.

 

Ainsi la crucifixion et la résurrection du Christ préfigurent la vie chrétienne. Prêcher le Christ crucifié, c’est prêcher que nos péchés doivent être crucifiés. (…)

 

Luther réussit, semble-t-il, à dépasser une théologie et une spiritualité basé sur l’imitation du Christ au sens moral. La foi en Jésus Christ et la communion existentielle qu’elle implique sont en effet un fruit de la Parole (2).

 

Lienhard note plus loin que le Commentaire sur les Psaumes accorde peu de place aux sacrements et à la vie monacale.

 

En lisant les commentaires bibliques écrits dans ses premières années de professorat, on constate que Luther, s’il ne conteste pas encore la succession apostolique et le rôle de la papauté, envisage l’Eglise avant tout comme « corps de Christ » et comme « peuple des fidèles » plutôt que comme institution juridique et hiérarchique.

 

Et s’il critique l’Eglise, ce n’est pas tant à cause de la décadence du clergé, mais en raison de la fausse sécurité que produisent ses rites formalistes, et de la négligence dans la prédication de la Parole de Dieu :

 

Quels crimes, quels scandales, (…) du clergé ! … De grands scandales je le confesse ; il faut les dénoncer, il faut y porter remède ! (…) Les vices dont vous parlez sont visibles de chacun ; ils émeuvent donc les esprits… Hélas ! Il y a une peste incomparablement plus malfaisante et plus cruelle : le silence organisé sur la Parole de vérité et son adultération. Ce mal qui n’est pas grossièrement matériel, lui, on ne l’aperçoit même pas ; on ne s’en émeut point ; on n’en sent point l’effroi (3).

 

Il dira aussi : « J’ai été mordant pour mes adversaires ; non à cause de leurs mauvaises mœurs, mais à cause de leurs pernicieux enseignements. » Il importe de le souligner car les manuels scolaires et les dictionnaires prétendent trop souvent que la cause de la « révolte » de Luther fut la décadence de l’Eglise et les abus du Clergé – des faits que bien d’autres (Erasme en particulier) fustigeaient depuis longtemps avec autant sinon plus de virulence que lui.

 

Que le concile de Trente les ait en partie corrigés n’a pas pour autant rendu la Réforme protestante sans objet. (4)

 

Résumant l’avis du père Congar, le Professeur Stauffer écrit : (Congar) « a soin de ne pas oublier les causes les plus profondes du grand mouvement de rénovation qui a bouleversé le XVI ème siècle. Il voit bien que ce ne sont pas les abus d’ordre moral ou disciplianire, mais les déficiences de la théologie qui ont amené l’intervention réformatrice ». (5)

 

De 1515 à 1516, Luther donne un cours capital sur l’épître aux Romains. Or il est frappant que dans le commentaire des chapitres 12 à 15, dans lesquels l’apôtre traite de la pratique chrétienne et exhorte ses lecteurs, l’auteur n’en profite guère pour stigmatiser la conduite du clergé, qu’il aurait été pourtant aisé de comparer aux exigences de l’éthique paulinienne.

 

Il n’avait pas encore conscience de s’engager dans un conflit irrémédiable avec la doctrine et la pratique de son Eglise. Luther est encore loin de s’imaginer comme l’un des fondateurs du protestantisme !

 

C’est dans la période 1512-1516, durant laquelle il professe à Wittenberg comme docteur en théologie, que la lumière se fait dans l’esprit et dans le cœur du moine Martin Luther.

 

Loin d’être un enseignement purement académique, sa recherche du sens authentique du texte biblique implique tout son être – et le conduit à la libération de ses angoisses. Il découvre l’immensité de l’amour de Dieu dans les Psaumes, et surtout perce enfin le mystère d’une expression paulinienne qui jusqu’alors l’avait troublé : la justice de Dieu.

 

Il comprend que cette justice n’est pas l’instance juridique qui prononce un verdict de condamnation sur les coupables (au nombre desquels il se compte), mais le don que Dieu accorde à celui qui croit : la justice de Dieu déclare juste celui qui, ayant perdu toute illusion quant à sa capacité de parvenir à satisfaire l’exigence divine, reçoit par la foi la justice que Jésus Christ a lui-même accomplie pour la lui offrir.

 

A lire le Commentaire de l’Epître aux Romains (6), on peut dire qu’au moment où il professe ce cours, Luther a vraiment intégré la vérité évangélique du salut par la seule grâce en Jésus Christ qui donne la liberté et l’assurance de la paix avec Dieu (7).

 

Dans ce Commentaire, Luther explique cette vérité de la manière suivante :

La justice, la véracité de Dieu, etc…, se manifestent de 3 façons :

 

Premièrement quant Il punit et condamne les injustes… car alors Il se montre juste… et sa justice apparaît manifestement dans le châtiment infligé à notre injustice.

 

Mais ce n’est pas une preuve très convaincante de Sa Sainteté, car nous voyons souvent un injuste punir l’injustice.

 

Ensuite, d’une façon relative (par comparaison) : Le contraste est plus frappant quant les contraires sont juxtaposés que quand nous les voyons séparément. Ainsi, la justice de Dieu paraît d’autant plus éclatante que notre injustice est plus repoussante. Mais l’apôtre ne songe pas, dans ce passage [il s’agit de nouveau de Romain 1.17] à cette justice.

 

Et enfin, d’une façon « effective », c'est-à-dire quand, ne pouvant devenir justes par nous-mêmes, nous demandons à Dieu de nous rendre justes, lui confessant que nous ne sommes pas à même de triompher du péché, et qu’Il nous rend vainqueurs quand nous croyons à Sa Parole.

 

Jacques Blandenier

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(Suite)

 

 

 

  1. Cité par Henri Strohl, Luther, sa vie et sa pensée, Strasbourg, Oberlin, 1953, Page 69.

  2. Marc Lienhard, Martin Luther, un temps, une vie, un message, Paris/Genève Centurion 1983

  3. Cité par Albert Greiner, Luther, Strasbourg, Oberlin, 1992, p.43

  4. Bien au contraire : ce concile (dès 1545) fut considéré par le protestantisme comme le concile de la contre-réforme, car il jetait l’anathème sur les points de doctrine les plus centraux pour le luthéranisme.

  5. Richard Stauffer, Le catholicisme à la découverte de Luther, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1966, p.96, à propos de l’ouvrage déjà mentionné du père Congar, Chrétiens désunis, p.20-22

  6. Le Professeur J. De Senarclens écrit : « Je ne pense pas qu’un connaisseur de Paul puisse nier que l’épître aux Romains de Luther soit un des témoignages les plus frappants, peut être le plus impressionnant, rendu à l’Evangile à cette époque. En tout cas un témoignage infiniment meilleur que celui de Gabriel Biel, de la Sorbonne ou de l’Université de Louvain ». (de la vraie Eglise selon Jean Calvin, Genève, Labor & Fides, 1964, p.38). Chose curieuse, Calvin, affirmant avoir hésité à écrire un commentaire sur les Romains en raison des excellents ouvrages déjà publiés sur cette épître, cite ceux de Mélanchthon, Bullinger et Bucer, mais pas celui de Luther !

  7. Près de 2 siècles plus tard à Londres, en tendant dans une réunion morave la lecture de la préface de Luther au Commentaire de l’Epître aux Romains, John Wesley a vécu l’expérience spirituelle fondatrice qui en fit l’un des plus grands revivalistes de l’histoire de l’Eglise, transformant complètement le ministère de ce pasteur anglican alors âgé de 35 ans.

 

 

 
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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 07:20
Pourquoi je crois en Dieu de Jean-Marc Berthoud

Jean-Marc Berthoud est l'auteur, avec son Epouse Rose Marie de beaucoup de livres et d'articles dans la catégorie histoire, théologie, philosophie, pédagogie, éthique et  pensée politique. Entre autre Calvin et la France, mysticisme d'hier et d'aujourd'hui traitant sur les réflexions à propos des dérives du mysticisme évangélique, notamment dans le charismatisme & pentecôtisme, les principaux touchés..

 

Homme d'une grande profondeur, d'une finesse et grâce empreint d'une plume forgée dans le feu divin , il convenait de remettre en avant son témoignage poignant pour qui ont on pu connaître certaines traversées similaires.

 

Encouragement, appel à la grâce, invitation, telle est la marque de Dieu sur l'homme vaincu non par un charme mais l'amour et réalité du Christ s'offrant par son sang et la foi au don gratuit immérité.

 

Tels sont toujours depuis le commencement le voeu, le soupir et aspiration de ce doux Père Céleste  de pardonner, d'accueillir, de délivrer,  Lui qui, par un Amour incommensurable offrit Son Propre Fils pour payer à notre place tous nos péchés sans exception aucune.

 

Tels sont la grandeur, la justice et l'amour de notre Saint Dieu (Jean 3-16)

Croix Huguenote

 

 

Je ne cherchais pas Dieu.

 

Je faisais partie de cette classe d’hommes — si commune aujourd’hui — qui trouvent une justification à leur existence dans l’intensité de leurs sentiments.

 

Pourvu d’une vive sensibilité, je me situais au-dessus du commun des mortels, parmi cette élite que Stendhal appelait les happy few, ces élus cultivés et intelligents dont la vie n’est pas limitée par la banalité et la médiocrité de la plèbe.

 

Je n’ai pas choisi Dieu. En fait, il m’était indifférent.

 

Cette hypothèse n’était pas plus nécessaire au bon fonctionnement de mon psychisme qu’elle ne l’était à l’univers mécanique de Laplace.

 

D’autres pouvaient s’y intéresser. Moi pas.

 

Et lorsque mon frère me parlait d’un ami commun ayant fait une expérience remarquable de Dieu, je lui riais poliment au nez.

 

De telles choses n’existaient tout simplement pas ! Il trouva désormais plus prudent de garder le silence.

 

C’est que Dieu ne m’intéressait pas. Ce n’était pas que je m’opposais à Lui ; cela lui aurait accordé beaucoup trop d’importance ! Il ne méritait pas tant d’attention.

 

Non que j’eus été élevé dans un milieu laïque et profane. Bien au contraire.

 

Mes parents avaient quitté les aises d’une vie confortable en Suisse pour suivre en Afrique leur vocation impérieuse de missionnaires. Et n’imaginons pas là un christianisme hypocrite et de façade. Une foi vécue au travers de difficultés, de sacrifices et d’épreuves ; une foi vigoureuse et joyeuse fondée sur la Bible, constamment lue et méditée en famille… et surtout obéie coûte que coûte.

 

Une foi remplie des saveurs de la vie et de ce parfum sauvage qu’exhale la terre asséchée, soudainement abreuvée par la pluie bienfaisante des premiers orages de l’été.

 

J’admirais, je respectais, j’aimais mes parents.

 

Nulle révolte contre eux mais, à tout dire, leur religion ne m’intéressait pas.

 

Pour eux, elle était certes utile. Je n’en avais pas besoin.

 

Je me suffisais à moi-même. L’intensité de mes sentiments justifiait mon existence.

 

Je pouvais sans peine me passer de leur Dieu. Non que je n’aie été frappé d’inquiétudes.

 

Mais de telles angoisses faisaient partie de ma situation existentielle qui se suffisait à elle même.

 

En 1960, je quittais mon Afrique du Sud natale pour poursuivre des études d’histoire à la Sorbonne.

 

Je la quittais, fiché par la police, affublé du titre de communiste pour mon indignation exprimée sans prudence face aux criantes injustices du racisme de ma patrie.

 

Mais jamais je n’ai été dupe des fadaises réductrices du marxisme ! Je découvris alors un Paris qui enchanta ma soif de lumière, de clarté et d’équilibre humain.

 

Mais l’enchantement ne dura guère.

 

Rapidement, je découvris que sous le vernis de cette société qui jetait la pierre à mon pays, se cachait une concentration de corruption, d’iniquités et d’indifférence aux hommes qui, par contraste, faisaient de l’Afrique du Sud un paradis.

 

C’était l’époque où le gnome du Quartier Latin, Jean-Paul Sartre, régnait encore en maître des esprits et des mœurs.

 

Par sa doctrine et son exemple, il allumait — chez un Pol Pot par exemple — la mèche d’un nouveau génocide socialiste.

 

Avec l’exaltation de mes sentiments, de mon moi, venait aussi, immanquablement, le dégoût de cet enfer que sont les autres, l’horreur d’un monde irrémédiablement pourri, un monde où les bons sentiments n’étaient que trop souvent le masque souriant des pires turpitudes.

 

Le bien était en moi ; le mal dans le monde.

 

Ce dégoût était renforcé par mes recherches. Elles étaient consacrées à l’histoire de la colonisation du bassin du fleuve Congo avant la Première Guerre mondiale.

 

Le Congo fut alors livré par le pouvoir colonial belge et français à une liberté de commerce privée de tout frein politique.

 

Le résultat d’un tel esprit de lucre à l’état pur, ce Cœur des ténèbres dont parle si justement Joseph Conrad qui vécut cette horreur, une barbarie sans nom qui fit plus de cinq millions de morts chez les indigènes et ouvrit toute grande la porte à l’ère des génocides.

 

Mais mon indignation prenait de l’essor.

 

D’où donc pouvait venir cette abdication sans pareille du pouvoir politique face à l’agressivité sans frein dans la recherche du profit, des dividendes ?

 

D’où pouvait donc provenir une telle coupure entre éthique et commerce, entre éthique et politique ?

 

Il me fallait remonter le cours de l’histoire — mes recherches connaissaient alors un tel débordement qu’elles devenaient académiquement intraitables ! — et je découvris l’affrontement sans merci dans notre vieille Europe de deux civilisations, celle de l’être et celle du paraître ; celle des apparences — l’esprit de cour de toutes les époques (qui conquiert aujourd’hui les âmes par les charmes du petit écran) — et celle des réalités temporelles, morales et spirituelles.

 

Une civilisation paysanne, nobiliaire et artisanale opposée à la civilisation de la cour, de la finance et des fastes d’une religion de façade férocement persécutrice.

 

L’époque de la Réforme et de la Renaissance fut un des derniers grands moments de l’histoire de l’Europe où s’affrontèrent ouvertement, et presque à armes égales, ces deux mondes, ces deux modes de civilisation.

 

Je découvrais, dans mes études poussées jusqu’à l’examen du style comme expression de ces deux mondes, que la marque de cette opposition se trouvait jusque dans la poésie.

 

Car ce combat était aussi celui de deux esthétiques : celle où l’accent est mis sur la recherche formelle de la beauté — Pétrarque, Ronsard, Malherbe, et même Racine — et celle dont le style fortement travaillé est avant tout mis au service de l’expression la plus adéquate de la vérité ; c’est la tradition de Rutebeuf, d’Eustache Deschamps, de Villon, de Théodore de Bèze et d’Agrippa d’Aubigné après leur conversion, finalement de Molière, même d’un certain Céline.

 

John CalvinUne telle quête de vérité dans la littérature me conduisit à étudier les prosateurs du XVIe siècle pour découvrir ce qu’ils pouvaient eux aussi apporter à l’explication de notre commune histoire.

 

C’est ainsi que je tombai sur Jean Calvin, par le biais de son style !

 

C’est alors, un dimanche soir de printemps du milieu des années soixante, que — sur un quai de la gare de Neuchâtel où j’enseignais dans un Collège — tout bascula.

 

J’attendais le train qui devait emmener chez elle une amie avec laquelle je venais de passer une journée joyeuse et paisible.

 

D’un instant à l’autre, tout ce que j’étais, tout ce pourquoi j’avais travaillé pendant tant d’années, s’effondra.

 

Je perdis d’un coup, et il me sembla irrémédiablement, le sentiment même d’exister.

 

La sensation de la présence de mon corps m’avait quitté. Je touchais mes mains, ma tête, mes jambes… il n’y avait rien.

 

Et cette amie bouleversée me demandait : “Où es-tu ?”

 

Ainsi qu’Adam devant la même question que lui posait son Dieu après la prise du fruit défendu, je ne pouvais répondre.

 

Il me fallait faire le constat de ma propre mort, d’une fin définitive, absolue.

 

Il ne pouvait plus guère être question de suicide. La chose était faite.

 

Et cela sans angoisse, car tout sentiment m’avait quitté.

 

Il ne restait qu’une froide lucidité. “Je suis foutu, définitivement foutu !”, était ma seule réponse aux questions de l’amie qu’emportait le train.

 

Plus tard, bien plus tard, j’ai commencé à comprendre ce qui m’était arrivé ; que Dieu, dans sa miséricorde, en un clin d’œil, avait tiré le voile sur la vanité de ma vie, sur mon orgueil sans borne, en me montrant dans ma propre chair que le fruit, l’unique salaire du péché est, comme toujours, la mort ; que sans Lui j’étais effectivement, spirituellement, mort.

 

Il révélait en moi-même cette dépravation, cette privation de sens et de vie qui, jusqu’alors, m’avait fait horreur chez les autres.

 

Mais la vie continue, même pour ceux qui découvrent qu’ils sont morts.

 

Je m’en retournai, le train parti, dans la mansarde sous les combles que je louais à une famille d’Italiens au-dessus des jardins de l’Hôpital Pourtalès.

 

C’est là que m’attendait le texte de Calvin — le Traité des Scandales — que j’étudiais alors et dont m’enchantaient la vivacité, la précision, le rythme passionné et l’humour d’un style servant à porter une pensée vigoureuse et forte.

 

Le livre était ouvert sur ma table, mais ce n’était plus le style qui allait maintenant arrêter mon attention mais le message biblique lui-même.

 

Cet état d’anéantissement existentiel ne me lâchait pourtant pas.

 

Mais le sentiment du désespoir en était absent et c’est dans la froide lucidité que ma vie était finie, que je m’assis devant le texte ouvert sur ma table.

 

Et mon regard fut frappé par ces mots : “Quiconque dans l’angoisse crie à Dieu, Dieu ne le délaissera jamais.”

 

J’ignorais alors que Calvin ne citait ici que la promesse d’un Psaume, mais ce texte de la Parole de Dieu ne me lâcha plus.

 

Comment, me disais-je, Calvin avait-il pu rédiger une pareille phrase ?

 

Oui, je comprends bien l’angoisse enfin.

 

Mais un Dieu inexistant, comment donc pourrait-il garder celui qui se confierait à son non-être ?

 

Mais attends donc, me suis-je dit. Tu ne sais pas tout. Peut-être que le Dieu de Calvin existe véritablement.

 

Et suivant l’exemple que donne Pascal — et que j’ignorais alors — je fis mon propre pari.

 

S’il n’existe pas, tu n’as rien à perdre. Mais, s’il existe, tu peux encore tout gagner !

 

Et, ignorant alors également tout de Charles de Foucauld, j’ai répété la prière désespérée qu’il adressa si longtemps et sans relâche au Dieu Saint et Tout-Puissant que notre péché nous rend incapables d’atteindre par nous-mêmes.

 

Avec la prudence de celui qui n’a plus rien à perdre, je mis soigneusement les choses au net.

 

Je dis en gros ceci à Dieu : “Soyons clairs ! Je ne crois pas en toi. Mais, je ne suis pas omniscient. Si tu existes vraiment — ce que je doute fort — ce n’est pas à moi à te trouver. C’est à toi à te révéler à moi.

 

Et, même à une foi aussi lacunaire, aussi incrédule, le Dieu Tout-Puissant et miséricordieux répond.

 

Comme en témoigne Calvin en citant le psalmiste, Dieu sauve par sa grâce souveraine et efficace, l’homme le plus désespérément perdu.

 

Rien ne se produisit de tangible. Bible 2010

 

Mon état d’anéantissement persistait, et persista encore de longs mois.

 

Mais dès cet instant, je basculais du monde du péché dans le règne de la grâce, de celui où Satan gouverne les hommes, dans le royaume de Dieu et de son Christ.

 

Pendant quinze longs mois, la conviction de mon état de péché devant mon Créateur saint et juste ne fit que grandir avant que, émerveillé, j’aie commencé à découvrir, enfin, que cette colère impétueuse de Dieu que je méritais si justement, était tombée pour moi, à la croix de Gologotha, sur son Fils bien-aimé, notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, Dieu fait homme, seul Médiateur entre le Père et les hommes.

 

C’est ainsi que le seul vrai Dieu, Créateur du ciel et de la terre, Soutien infaillible de sa création, Maître de l’histoire, Souverain Législateur et Rédempteur de son peuple — cette Église, qu’il s’est acquise par le sacrifice de son Fils à la croix — se fit connaître à moi.

 

Dans mon émerveillement, je découvris que ce Dieu-là était entièrement digne de toute ma confiance ; et que sa Parole écrite, la Bible, était vraie, totalement fiable.

 

Psy.gifC’est ce Dieu-là qui me conduisit à changer de métier et à reconstruire une vie ruinée par le péché,  non en  consultant un psychiatre, mais en travaillant cinq ans comme jardinier d’abord, puis dix années comme porteur de valises à la gare de Lausanne, et maintenant comme ouvrier postal.

 

C’est ce Dieu-là qui utilisa de tels moyens pour travailler à la patiente transformation de mes pensées pour, petit à petit, conformer mon intelligence aux normes infaillibles de sa sainte Parole.

 

C’est à la constance de sa grâce que je dois de croire en Lui, de vivre par Lui, aujourd’hui.

 

C’est ce Dieu-là qui nous conduit jour après jour, à travailler à amener toutes nos pensées et toutes nos actions à l’obéissance que nous devons à son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ.

 

C’est Lui encore, je le crois fermement, qui me gardera pour la vie éternelle.

 

Je le loue de tout mon cœur pour son œuvre de Créateur et de Rédempteur, œuvre d’une splendeur et d’une magnificence incomparables.

 

C’est à Lui seul que revient toute gloire, Père, Fils et Saint-Esprit.

 

BERTHOUD Jean-Marc,

 

 

 

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 06:24
 

             Bible

Refuge Protestant

Croix Huguenote

           
 Dans l’année 1854, un bateau naviguant en mer fut arrêté au voisinage de la Nouvelle Guinée.


 Voyant la détresse qui se lisait sur le visage du capitaine alors qu’il scrutait attentivement la mer, un jeune Anglais lui demanda la raison de son inquiétude.


Voici ce qui fut sa réponse : "Un courant à quatre nœuds nous entraîne rapidement vers quelques récifs submergés là-bas. Notre destin semble être scellé."


Sur les rivages de l'île, les cannibales couraient ici et là et allumaient des feux dans une grande jubilation.    

             
Puis, le capitaine parla de nouveau : "Nous avons fait tout ce qui peut être fait."

 

"Non," répondit le jeune homme, "il y a une chose que nous n'avons pas faite. Quatre d'entre nous à bord sont chrétiens.Laissez chacun d'entre nous se retirer dans sa cabine, afin que, dans l’unité de la prière, il demande au Seigneur de nous donner une brise immédiatement."


Il en fut convenu et fait ainsi.

 

Après quelques minutes d'intercession fervente, le jeune homme retourna sur le pont confiant dans le fait que sa requête lui avait été accordée.

 

En trouvant le premier officier, un homme impie, en service, il lui demanda de déployer la grande voile.


"A quoi bon cela servirait-il?" demanda-t-il.

 

Le jeune homme lui dit que lui et trois autres avaient demandé à Dieu d'envoyer un vent, que celui-ci allait venir sur le champ et qu'il n'y avait pas une minute à perdre, puisqu’ils étaient également près des récifs.


Avec un regard de mépris, l'officier répondit avec un juron : "Idiotie! C’est impossible de prier pour que le vent se lève."

 

Remarquant quelques instants plus tard que la plus haute voile commençait à trembler, il dit : "C'est seulement une patte de chat - une simple bouffée de vent." "Ne faîtes pas attention à ce que vous pensez," cria le jeune homme. "Déployez la grande voile rapidement."


Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour se mettre à l’ouvrage.

 

En entendant le lourd pas des hommes sur le pont, le capitaine jeta un coup d’œil de sa cabine et vit que la brise était en effet venue.


En quelques minutes, ils s’éloignèrent des dangereux récifs, à la grande déception des cannibales indigènes qui étaient sur la plage.


Hudson Taylor dit : "Ainsi Dieu m'encourageait, jusqu'à notre débarquement sur les rivages de Chine, à Lui apporter chaque besoin spécifique dans la prière et à m'attendre à ce qu'Il honore le nom du Seigneur Jésus et accorde Son aide toutes les fois où une situation d'urgence l’exige."


Tel était J. Hudson Taylor.

 

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 10:07
Ernest Dhombres

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Ernest  DHOMBRES

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Ernest Dhombres est né au Vigan (dans le Gard) le 16 mars 1824, d'un père pasteur. Ses dons intellectuels et poétiques se manifestèrent assez tôt ; après une brillante scolarité il partit achever des études de théologie à Genève, puis à Strasbourg.

Appelé au ministère il exerça à Alès (1847-1857), puis à Montpellier (1857-1860), et enfin à Paris où il resta jusqu'à sa mort. Son talent oratoire, ses qualités personnelles, sa piété, lui acquirent rapidement dans la capitale reconnaissance et amitié.

Mais c'est surtout pendant le siège de Paris, que l'occasion lui fut donné d'exercer une remarquable et bénéfique influence sur ses concitoyens. Par une série de sermons, dans lesquels les passages choisis de l'Ecriture semblaient merveilleusement adaptés à la situation présente, il sut apporter aux malheureux assiégés consolation efficace et espérance vivante.

Celui qui les lit aujourd'hui en retire le sentiment d'avoir lui aussi vécu, de manière particulière, cette page émouvante de l'histoire de France.

Frappé de cécité dans sa vieillesse, Ernest Dhombres continua néanmoins de prêcher, jusqu'à sa mort, le 10 décembre 1894.

Ci-dessous quelques témoignages de pasteurs qui l'ont connu.

 



 

Frédéric Godet:

Le premier recueil de M. Dhombres (Sermons et Homélies) est bien connu chez nous. Le second nous paraît, non seulement l'égaler, mais le surpasser. M. Dhombres ne vise pas à la grande prédication dogmatique, il ne cherche pas non plus la haute démonstration apologétique. Ce qu'il cherche, -- et il excelle dans cet art, -- c'est l'application simple et pratique de l'esprit de l'Evangile aux divers aspects de la vie journalière, religieuse et morale, sociale et ecclésiastique. Sa force ne réside pas dans la souveraine logique avec laquelle Adolphe Monod pose sur vous sa puissante main, ou dans ces mouvements impétueux par lesquels Bossuet emporte son auditoire comme l'ouragan une faible feuille ; sa force, c'est le charme ; un développement d'idées aisé, coulant, détendu vous enlace et vous entraîne. Le style de M. Dhombres est, comme sa pensée, facile, gracieux, clair, suave, abondant sans cesser d'être simple, riche sans luxe, élégant sans apprêt.

 

M.A. Goût :

La parole de M. Dhombres avait le charme, cette abondance d'images, ces vives couleurs que nul orateur contemporain n'a dépassées ; son discours, cette vivacité d'allure qui le rendait parfois si entraînant. A Paris, il eut bientôt conquis une place éminente. Les foules assiégeaient le temple du Saint-Esprit, et, si l'on pouvait suivre dans les âmes la trace des paroles de l'orateur sacré, que de blessures il a contribué à guérir, que de sérieuses résolutions il a fait naître ! Avec quelle puissance il a glorifié cet Evangile qui était sa joie et sa vie !

 

M. G. Meyer :

(...) grâce à un rare ensemble de qualités et de dons remarquables mis au service de fortes convictions, sa parole chaude, claire, élégante et toujours distinguée, sous l'éclat de laquelle on sentait les tendresses d'un cœur aux sympathies profondes, le sérieux d'une conscience en communion avec le Sauveur, attirait des auditoires toujours plus nombreux. Il nous souvient qu'il y a quelques années, alors que M. Dhombres était dans toute l'activité de son ministère et la maturité de son talent, nous l'entendîmes au culte de quatre heures de l'Etoile, commenter le célèbre passage de saint Jacques sur les bienfaits et les méfaits de la langue ; derrière nous, un auditeur qui était certainement un homme cultivé, ne pouvant contenir son admiration, s'écria à demi-voix : « Que c'est beau ! » Cet inconnu avait raison, car l'orateur tenait littéralement son auditoire suspendu à ses lèvres. Cette puissance de sympathie qui donnait à la prédication de M. Dhombres une saveur particulière, et comme son cachet propre, était sa force comme pasteur. Jamais orateur brillant et écouté ne fut d'un abord plus cordial et plus simple.

 

M. J. Bastide:

Ceux qui n'ont pas connu M. Dhombres ne sauront jamais ce qu'il y avait dans sa personne comme dans sa parole, de grâce, dans les deux sens du mot, et de charme. Si on ajoute à l'attrait qu'il exerçait par son aménité, un cœur toujours ouvert et vibrant, une vive imagination, un esprit actif et prompt, et une foi qui est demeurée, jusqu'à la fin, assise sur le roc des Ecritures, on aura le secret de l'autorité morale et spirituelle qu'il a exercée pendant son long ministère. Il a mis au service de l'Eglise chrétienne les dons si riches qu'il avait reçus de Dieu. Il s'est dépensé en visites et en prédications, consacrant à l'étude les trop rares moments que lui laissait sa lourde tâche. Il était l'ami de M. de Pressensé et de M. Bersier, après l'avoir été de Rognon et de Grand pierre. Il était aussi leur égal par le talent, par la foi, par l'influence.

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 15:03

fernand legrand

 

Claudine Legrand-Ecuyer a annoncé le départ pour la patrie céleste de son bien-aimé mari Fernand LEGRAND survenu vendredi 17 décembre 2010, à l’âge de 83 ans.

 

La cérémonie d’adieux a eu lieu au temple de Juriens, le mercredi 22 décembre, à 14 heures.

 

Bible 2010

 

 

Vivant dans le sud de la France, il prêcha le message de la croix depuis de nombreuses années.
 
Donnés sur plusieurs décennies les messages de Fernand Legrand semblent intemporels ... clairs, précis, imparables ... aucun d'eux ne porte la marque du vieillissement.

Leur variété est étonnante, et les anecdotes qui ne cessent de les émailler, les rendent accessibles à tous.

A n'en pas douter l'orateur connaît la complexité du cœur humain. 
Au fil des prédications il n'est guère de recoin caché, voire de jardin secret qui ne reçoive quelque trait de lumière salutaire.
 
Il va à la rencontre de l'homme là où il est, enlisé dans ses problèmes et ses contradictions, pour l'accompagner au seul endroit où tous nos problèmes fondamentaux trouvent une solution : A cette croix où Jésus, pour nous, souffrit tant de douleurs.

On ne peut pas rester indifférent à ces messages : ils possèdent cette puissance que donne, seule, la vérité. Cette interpellation débouchera naturellement sur un choix, un choix important, un choix capital, un choix aux conséquences éternelles: accepter ou refuser l'offre, qu'un humble serviteur fidèle de Christ, Fernand Legrand  a voulu apporter de la part de Dieu...
 
( Pierre Oddon producteur de Fernand Legrand. www.info-bible.org )
 communion-main-ciel.jpg
 
Partie de son Témoignage
 
 
 
...Ma mère avait été mise en contact avec un petit groupe de gens du village voisin qui se réunissaient pour lire la Bible.
 
On les appelait des protestants.
 
Fi, le vilain nom !
 
Et me voilà, moi, le petit Rouquin, entraîné, par une mère qui ne transigeait pas avec la discipline, à fréquenter les temples de ces gens qui osaient se singulariser et dont la vie était tellement austère et la morale tellement rigide.

C'est là que j’ai fait connaissance avec un livre qui s'appelait la Bible, que je me gardais bien de lire, d'ailleurs ! ...

Ah ! Que la grande aiguille de l'horloge avançait lentement sur le cadran pour l'enfant qui n'écoutait pas ! Les rouages devaient manquer d'huile, pour sûr !

 
L'amen final était, de tous les autres, celui que j’accueillais avec le plus de ferveur, une ferveur qui tenait plus du soulagement que de la piété.

C'était le seul que je prononçais de tout mon cœur.
 
Mais comme ces gens-là entendaient mettre leur croyance en pratique, j’eus tôt fait de les prendre en grippe et de haïr le chemin qui conduisait à leurs réunions.

Je préférais de loin la religion facile de mes petits copains qu'on envoyait à la messe une heure le dimanche et qui étaient ensuite libres d'aller et d'agir à leur guise.
 
De ce côté-là au moins il n'y avait pas de restrictions, ou si peu...
 
Aussi, le dimanche, quand l'heure arrivait d'être traîné au culte, de mystérieuses coliques —dont ma mère n'était pas dupe— me sillonnaient le ventre.
 
Pendant quelques instants, je prétextais un mal imaginaire, dans le secret espoir de rester avec mon père qui, lui, ne s'intéressait qu'à ses sports.
 
C'est ainsi que je suis devenu un révolté et un farouche anti-protestant, bien que, dans le tréfonds de mon cœur je sois obligé de reconnaître la qualité de vie de ces gens-là.
 
Et si je les haïssais, c'était précisément à cause de la qualité de leur vie.
 
L'obscurité qui était en moi ne pouvait pas supporter cette lumière (Jean 3.19)....
 
....un ancien de l'Eglise (Eglise évangélique que Fernand Legrand connut pour son sérieux et suivi Biblique) nous a invités à passer chez lui. Jamais, sans doute, cet homme ne fut bombardé d'autant de questions. A brûle-pourpoint, je me souviens lui avoir dit :
 
- Je constate que vous, les chrétiens, vous aimez Dieu; mais moi je ne l'aime pas, je n'éprouve rien pour Lui. Si donc il me faut l'aimer pour être sauvé, je ne le serai jamais.
 
Le vieil homme ne fut pas désarçonné par la question.
 
Il ouvrit paisiblement sa Bible dans la première Epître de Jean et me mit un verset sous le nez qu’il me demanda de lire: "Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est Dieu qui nous a aimés le premier et a envoyé son Fils" (1Jn. 4.10).
 
- Vous n'aimez pas Dieu, me dit-il, je le sais, mais Dieu vous aime !
 
J’ai reçu le choc en pleine poitrine. Jamais je n'avais vu la chose sous cet angle-là.
 
C'était Dieu qui m’aimait, moi, un misérable transgresseur. J’ai commencé à voir que j’avais mis la charrue devant les bœufs.
 
Ce qui comptait, ce n'était pas ce que moi, je pouvais faire pour Dieu, mais au contraire ce que Dieu avait fait pour moi. J’avais inversé les rôles.
 
Voilà pourquoi mes efforts n'aboutissaient à rien. Mon salut, je l'avais ramené à moi-même.
 
Jusque dans la recherche du salut, partout et toujours, ça avait été moi, moi, moi et rien que moi. Et voici que je découvrais maintenant que c'était Dieu et rien que Dieu.
 
Je suis parti ce soir-là avec cette pensée: "Eh bien, si c'est Dieu qui sauve, sauvé je serai !".
 
Dénouement
 
Au soir d’une belle journée de juin, je suis monté dans ma chambre en proie à un grand trouble intérieur. J’aurais voulu prier ce Dieu que je ne connaissais pas encore, que je redoutais et recherchais tout à la fois.
 
J’aurais voulu ployer les genoux et prier, mais je ne l'avais jamais fait vraiment. Une bouffée d'orgueil m’empêchait de me courber. Je ne m’étais jamais courbé devant personne—du moins le croyais-je. C'est trop lâche, non!
 
Je ne voulais pas être un hypocrite: demander le pardon aujourd'hui et recommencer demain la même vie de patachon, non! Je savais que je n'aurais pas la force de rompre avec un genre de vie que Dieu désapprouvait.
 
Très agité, je suis allé vers la fenêtre et j’ai regardé le ciel. Le soleil, tel une énorme boule rouge, se couchait à l'horizon. Je désirais prier, mais je ne le pouvais pas. Plusieurs fois j’ai fait le va et vient du lit à la fenêtre, en proie à un combat intérieur intense.
 
Et tout d'un coup, la crise a éclaté et s’est dénouée. Je suis tombé sur mes genoux, j’ai éclaté en sanglots et j’ai balbutié :
 
"O Dieu, je suis perdu, sauve-moi ! "
 
Combien de temps suis-je resté là, prostré et prosterné ? Je ne saurais le dire.
 
Mais quand je me suis relevé, j’étais devenu un autre homme.
 
Ce jour-là et à cette heure, je suis mort à mon ancien genre de vie.
 
Le jeune homme qui est redescendu de sa chambre, on n'allait plus le reconnaître, car j’étais devenu, selon ce que la Bible en dit :
 
" une nouvelle créature en Jésus-Christ; les choses anciennes étaient passées et toutes choses devenaient nouvelles " (2 Cor. 5-17).
 
 
En un instant, toute ma vie de péché, de révolte, de mondanité, s’est radicalement terminée.
 
La transformation a été complète, jusqu'à mon vocabulaire qui s'en trouva modifié, épuré des propos malsains communément appelés gauloiseries.
 
On ne m’a plus jamais revu dans aucun de ces lieux de plaisir et d’égarement.
 
Désormais, l'homme qui avait lutté contre le Christ allait vivre pour Lui.
 
Et, O surprise, véritable cerise sur le gâteau, en même temps, presque le même jour mon ami Paul basculait lui aussi dans les bras du Seigneur.
 
Notre conversion, non pas à une religion mais à Jésus-Christ, fut radicale tant pour l’un que pour l’autre et notre vie ne s'est pas arrêtée là.
 
Au contraire, elle n'a fait que commencer.
 
Un formidable champ d'action s'est ouvert devant nous. Nous en avions des choses à apprendre car nous ne connaissions rien ou si peu !
 
La Bible est devenue le Livre de ma vie ; Jésus-Christ Mon Sauveur et Mon Seigneur.
 
J’ai rencontré de l'opposition un peu partout. On m’a dit que mon expérience ne tiendrait pas, que ce n'était qu'une crise passagère.
 
Eh bien, non, ça a tenu, cela fait plus de 50 ans que ça tient car c'est Jésus qui me tient dans sa main (Jean 10.28).
 
Les années ayant passé, je suis maintenant un retraité non pratiquant !
 
Je continue à servir Mon Bon Maître qui m'a sauvé d'une si grande perdition par un si Grand Sacrifice.
 
Je suis engagé comme volontaire, mais dans une autre armée et pour un autre combat.
 
Pour toute arme, j’ai la prière et la Parole de Dieu. Je m’en sers comme d'une épée que je lance dans les consciences, les compromis, les péchés et les traditions poussiéreuses. Et elle fait son travail.
 
Je ne suis pas théoricien pour deux sous, je sais de quoi je parle car je parle d'expérience. Ma prédication, c'est du vécu. Ma seule éloquence c'est de croire chaque mot que je dis.
 
Et surtout, j’ai des certitudes à proclamer. Bible en main, j’affirme que l'on peut avoir l'assurance du salut, car je n'imagine pas que Dieu ait donné un Sauveur qui ne sauve pas ou qui ne sauverait qu'à demi. (1Jean 5.13).
 
Je parle d'un salut que le Christ fait tout entier, qu’Il paie tout entier et qu’Il donne tout entier.
 
Je crois, avec tous les écrivains sacrés, que seules la repentance envers Dieu et la foi au sang de Jésus- Christ qui purifie de tout péché, peuvent tirer un homme de sa perdition. (Actes 20.21).
 
J’insiste beaucoup sur le fait que l'homme ayant été créé libre, doit choisir pour lui-même et faire de ce salut une affaire personnelle.
 
Je crois, et je le dis bien haut, que ce salut, bien qu'éternel, commence dès cette vie et implique un changement radical de conduite et de caractère (Actes 26.20).
 
Avec ma Bible, je continue à parcourir les routes de France, de Belgique, de Romandie et, dans une moindre mesure, les pays francophones d'outremer. Ma parole est parfois hésitante et heurtée ; j’ai gardé l’oreille des jeunes parce que je veille à ce que mon vocabulaire ne soit pas "rétro".
 
Ma tignasse a viré de couleur, elle est moins flamboyante et moins fournie qu’autrefois.
 
A l’exemple de l’apôtre Paul, je dis : " Je sais qu'en moi il n'y a rien de bon ". Comme lui, ma vie, je la tire de Mon Sauveur Bien Aimé. (Romains 5.18 et Gal 2.20).
 
Je crois que de tous les pécheurs je suis, avec saint Paul, le premier ex aequo. (1 Timothée 1.15).
 
 
Fernand Legrand,
 

 

Bible rose 3
 
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 22:23
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Georg Müller
              




Une chrétienne irlandaise qui n'a pas l'assurance d'être une enfant de Dieu, d'être née de nouveau et pardonnée, qui ne possède pas la certitude du salut, m'écrit pour m'exposer sa détresse.
Son cas n'est pas unique malheureusement ; il y a bien des enfants de Dieu qui ignorent leur état de fils et de filles...
C'est pourquoi je donne ici quelques réflexions sur cet important sujet.

Comment puis-je avoir l'assurance d'être enfant de Dieu, d'être né de nouveau, que mes péchés sont pardonnés, que je ne mourrai point et que j'aurai la vie éternelle ?
- C'est la Parole de Dieu qui donne la réponse à cette question, et elle est la seule règle, le seul code du chrétien...
Que dit-elle ?
« Vous êtes les enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ (Galates III : 26).
À tous ceux qui l'ont reçu (Jésus), il a été donné (le droit ou le privilège) d'être faits enfants de Dieu », savoir ceux qui croient en son nom et ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais qui sont nés de Dieu » (Jean I : 11-13).

La question qui se pose est donc celle-ci : Ai-je reçu Jésus ? Est-ce que je crois en son Nom ? Si oui, je suis né de Dieu, je suis son enfant. Comment puis-je savoir que mes péchés sont pardonnés ? Dois-je attendre de le sentir. Ou bien faut-il que, quelque passage de l'Écriture, qui affirme le pardon, se présente à mon esprit avec puissance ? - C'est encore la Parole de Dieu qui nous donne la réponse : Non ; nous n'avons pas à tenir compte de ce que nous ressentons. Personnellement, voilà plus de dix-neuf ans que je suis croyant (2). Depuis combien de temps n'ai-je aucun doute sur le pardon de mes péchés ? - Je ne puis le dire exactement. En tout cas depuis que je suis en Angleterre (il y a de cela seize ans), je n'ai jamais eu l'ombre d'un doute à cet égard ; or, je n'ai jamais ressenti ce pardon. Savoir est une chose, et sentir en est une autre. Pour savoir, allons à la Parole de Dieu. Nous lisons dans le livre des Actes au sujet du Seigneur Jésus : « Tous les prophètes rendent de lui ce témoignage que quiconque croira en lui recevra la rémission de ses péchés par son nom » (Chap. X : 43). Quiconque s'attend à lui pour être sauvé, et non à soi-même, quiconque croit qu'Il est ce que Dieu déclare dans sa Parole, reçoit la rémission de ses péchés. La question est donc celle-ci : Est-ce que je vis sans Christ ? Est-ce que je compte sur mes efforts pour être sauvé ? Est-ce que je crois que mes péchés seront pardonnés parce que j'amenderai ma vie à l'avenir ? Ou bien ma seule attente est-elle en Jésus, mort sur la croix pour sauver les pécheurs ? En Jésus qui a accompli la loi pour que les pécheurs fussent justifiés ? Si je suis de ceux qui regardent uniquement au Sauveur, mes péchés sont pardonnés, que je le sente ou non. Le pardon m'est acquis d'ores et déjà. J e n'ai pas à attendre de mourir, ou que Jésus revienne... Mais je dois prendre Dieu au mot, croire que ce qu'il dit est vrai... Et quand je crois ce que Dieu dit j'en éprouve aussitôt de la paix et de la joie...


Lorsque ceux qui ne placent pas leur confiance en eux-mêmes ni dans leur bonté naturelle, mais regardent uniquement aux mérites et aux souffrances du Christ, ne savent pas s'ils sont enfants de Dieu, si leurs péchés sont pardonnés, et s'ils sont sauvés, cela provient généralement de l'une ou l'autre des causes énumérées ci-après :

1° Ils ignorent la simplicité de l'Évangile ;

2° Ils veulent régler la question avec ce qu'ils ressentent, ce qu'ils éprouvent ;

3° Ils attendent une puissante impulsion, ou un rêve, ou une voix du ciel, ou quelque passage qui se précisera avec force à leur esprit pour leur donner l'assurance du salut

4° Ou bien ils vivent dans le péché.

S'il s'agit de cette dernière cause, c'est bien inutilement qu'ils comprendraient parfaitement l'Évangile, et qu'ils chercheraient dans la Parole de Dieu quelque assurance de salut, même s'ils avaient joui autrefois de cette assurance... Aussi longtemps qu'il y a péché, la joie et la paix ne peuvent habiter dans le coeur. Il peut y avoir chez le chrétien beaucoup de faiblesse et d'infirmités, mais le Saint-Esprit ne console pas, et ne consolera jamais quiconque se laisse aller à faire le mal en opposition avec la pensée de Dieu... Il est très important d'avoir un coeur droit et honnête devant Dieu pour posséder l'assurance du salut, du pardon des pêchés, de la nouvelle naissance, et d'avoir été fait enfant de Dieu.

7 mai. - Nous quittons aujourd'hui Nailsworth, où j'arrivai le 20 mars. J'y ai travaillé au service de la Parole, et j'ai préparé pour l'impression la deuxième partie du « Récit ».


COMMENT FAIRE POUR ÊTRE TOUJOURS JOYEUX EN CHRIST
. -


Il a plu au Seigneur de m'enseigner durant ce séjour à Nailsworth, et sans le secours d'instruments humains, pour autant que je puisse m'en rendre compte, une vérité dont je n'ai jamais perdu le bénéfice depuis. Voici : J'ai discerné à Nailsworth plus clairement que jamais jusqu'ici que la grande affaire, l'affaire principale de chaque journée, c'était que mon âme fût heureuse en Dieu mon Sauveur. La première chose que je doive rechercher, ce n'est pas comment je pourrai servir le Seigneur durant la journée, ou comment je pourrai le glorifier, mais comment je pourrai remplir mon âme de joie, nourrir l'être intérieur.

Car même si je m'emploie à exposer la vérité devant les inconvertis, même si j'essaye de la communiquer aux fidèles, même si je cherche à secourir les affligés, et si je fais des efforts pour me conduire en ce monde comme il convient à un enfant de Dieu, si, en même temps, je ne suis pas heureux en Christ mon Sauveur, si je ne suis pas nourri et fortifié dans l'être intérieur jour après jour, toute mon activité ne procède pas de l'esprit qu'il faut, d'un esprit dans les conditions d'équilibre normal.
Jusqu'à ce temps de retraite à Nailsworth, et au moins durant les dix dernières années, voici comment je procédais le matin : je m'habillais puis je me mettais à prier.

Maintenant je comprends que la chose la plus importante, c'est de lire la Parole de Dieu et de la méditer pour que mon coeur soit par là fortifié, encouragé, repris, instruit, et que dans cette méditation je sois amené à faire l'expérience de la communion avec le Seigneur. Je me suis donc appliqué à méditer sur le Nouveau Testament dès le matin en commençant aux premières pages, après avoir demandé à Dieu sa bénédiction sur cette étude de sa Parole. Puis je m'applique à trouver une bénédiction dans chaque verset ; non pas en pensant à de futures prédications mais dans le seul but de nourrir mon âme.
Et généralement voici le résultat : presque invariablement je suis amené à la confession, ou à l'action de grâce, ou à l'intercession ou à la supplication, si bien que, tout en commençant par la méditation et non par la prière, je me trouve cependant presque aussitôt amené à prier.

Lorsque j'ai été conduit à la confession ou à l'intercession, à la supplication ou à l'action de grâce durant quelque temps, je passe au verset suivant en transformant aussi le contenu e n prière pour moi ou les autres selon que j'y suis guidé par la Parole ; gardant toutefois en pensée que mon but essentiel c'est de nourrir mon âme... Et quand vient l'heure du déjeuner, l'être intérieur avant été sensiblement nourri et fortifié, presque invariablement je jouis d'une grande paix intérieure, ou même d'une grande joie. C'est aussi de la sorte que le Seigneur me communique ce qui devient, par la suite, de la nourriture pour les autres ; bien que je m'adonne quotidiennement à la méditation de la Parole, non pour les autres, mais pour nourrir mon âme.

Autrefois, quand je me mettais à prier aussitôt levé, n'ouvrant la Bible que lorsque mon âme desséchée avait particulièrement besoin de nourriture et de rafraîchissement, que se passait-il ? - Il m'arrivait souvent de passer à genoux un quart d'heure, une demi-heure, ou même une heure, avant d'obtenir quelque réconfort, quelque encouragement, avant de parvenir à humilier mon âme..., et c'est après que j'avais souffert assez longtemps du vagabondage de ma pensée, que je commençais à prier vraiment.

Aujourd'hui, il est extrêmement rare que ceci survienne encore. Bi en que je sois vil et que j'en sois indigne, comme je me nourris de la vérité, j'entre aussitôt en communion avec Dieu, et je parle à mon Père et à mon Ami, de ce qu'il vient de me dire par sa très précieuse Parole.

Maintenant qu'il a plu à Dieu de me révéler ces choses sur lesquelles, jusque-là, aucune lecture, aucune personne n'avaient attiré mon attention, il m'apparaît comme absolument lumineux et évident que la chose essentielle chaque matin, c'est d'obtenir la nourriture nécessaire à l'être intérieur. De même que nous ne saurions travailler longtemps sans donner au corps la nourriture qu'il réclame, et que cette nourriture est l'une des premières choses de la journée, il en va de même pour l'être intérieur. L'homme doit se nourrir et sur ce point tout le monde est d'accord. Et quelle est la nourriture de l'être intérieur ? Ce n'est pas la prière, mais c'est LA PAROLE DE DIEU. Non pas une simple lecture de celle-ci, de sorte qu'elle traverse seulement la pensée comme l'eau la conduite qui la transporte, mais une méditation du texte qui devient un sujet de réflexions et que nous appliquons à notre âme.

Quand nous prions, nous parlons à Dieu. Or la prière, la vraie prière, celle qui n'est pas purement formaliste, ne peut se prolonger sans une certaine somme de puissance et de saints désirs ; c'est donc lorsque nous avons nourri notre âme par la méditation. de la Parole que nous pouvons le mieux prier. Si faibles que nous soyons au point de vue spirituel, nous pouvons toujours méditer les Écritures, de façon profitable, avec la bénédiction de Dieu ; bien plus, plus nous sommes faibles, plus cette méditation nous est profitable (3). ..

29 mai. - J'ai reçu ce jour deux mille cinq cents francs de l'Inde. En réponse à la prière, le Seigneur daigne nous envoyer de temps à autre de fortes sommes ; elles proviennent même des endroits les plus éloignés.


______________________________________
_______________________________


(1) Huit ans après, l'homme qui nous avait servi de guide vint me trouver et en se présentant à moi me dit qu'il était devenu chrétien et avait reçu ses premières impressions alors que je lui prêchais la Parole. Que le Seigneur veuille bien nous enseigner par là, lorsqu'Il permet certaines circonstances, à nous demander pourquoi ? Que ce fait encourage les chrétiens à semer sans se lasser, même s'ils ne doivent VOIR la moisson que huit ans après.

(2) Il paraît (je l'appris par la suite) que Satan faisait courir le bruit que nous mourions de faim, ce qui poussa un frère à nous envoyer ces provisions sous le couvert de l'anonymat. Comme on a dit bien des choses sur notre manière de vivre : que nous n'avions pas de quoi manger à notre faim, qu'un régime insuffisant était la cause des maladies dont nous avons souffert, je tiens à déclarer ici que s'il est arrivé que nous fussions sans le sou, et que nous eussions sur la table le dernier pain, cependant il n'est JAMAIS arrivé qu'en nous mettant à table nous avons manqué de nourriture substantielle. Je me sens obligé de dire cela et je le dis AVEC JOIE. Mon maître a toujours montré une grande bonté envers moi ; et si aujourd'hui j'avais à choisir à nouveau la meilleure façon de vivre, et que Dieu m'en fît la grâce, je choisirais à nouveau comme je l'ai fait. Bien que ces bruits au sujet de notre indigence fussent faux, je ne doute pas que Dieu s'en soit parfois servi pour placer sur le coeur de ses enfants nos besoins temporels.

(3) Ci-après le détail de cette somme
Par le tronc de la chapelle £ 31 14 0
Par quelques frères de la paroisse
6 18 6
Par des frères de Teignmouth et d'ailleurs qui n'appartiennent pas à la paroisse
93 6 2
En nature
20


£ 151 18 18


Pour ceux qui prendraient la peine de faire celte addition et la croiraient fautive, nous rappelons qu'il y a 20 shellings dans une livre sterling (I. B.).

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Bible

Croix Huguenote

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 15:06

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Ruben Saillens (1855-1942) ,  fut pasteur protestant baptiste, mais également écrivain et poète, fondateur d'œuvres français.

 

Ruben Saillens est né à Saint-Jean-du-Gard le 24 Juin 1855.

 

Cet orateur brillant, ce chantre prolifique, a marqué son temps, et domine l'histoire de son église.

 

Il dépasse le strict cadre de son église, constituant une importante figure du protestantisme tout entier, en particulier pour les années 1880-1930.

 

Moteur de l'évangélisation parmi les ouvriers parisiens, il s'engage, dans les années 1880, dans la création de plusieurs églises locales.

 

A partir de 1905, il prend du champ, s'investissant dans des entreprises d'évangélisation de masse, comme les " conventions chrétiennes " de Chexbres (1907) et de Morges (1910), tout en rappelant les fondements évangéliques face au modernisme. En 1921, il fonde l'Institut biblique de Nogent-sur-Marne

N'est-il pas l'auteur de la Cévenole, l'hymne protestant par excellence dans ces années-là.

 

Son éloquence, ses Récits et allégories, ses nombreux cantiques (son recueil Sur les ailes de la foi), lui assurèrent une forte influence dans le protestantisme et au-delà.

Le poète


Si ce poète ne se trouve dans aucune anthologie classique, c'est parce qu'il a consacré sa lyre à Jésus-Christ seul.

 

Mais à la lecture de quelques-uns de ses vers on verra que son ambition l'a conduit plus haut encore, au séjour de gloire où l'on n'entre que par grâce.

Pour le lecteur chrétien, il est à peine besoin de présenter Ruben Saillens, le principal auteur des cantiques du recueil les ailes de la foi, le fondateur de l'Institut Biblique de Nogent, et surtout le grand prédicateur du réveil.

Les styles des cantiques chrétiens changent naturellement selon les époques mais cependant nous relisons toujours avec admiration ces strophes qu'il nous a laissées, où la cadence et la mélodie sont toutes entières au service de la Vérité.

 

 


POUR LUI SEUL

O Toi qui tiens le monde abrité sous ton aile,
Toi qu'un siècle révèle au siècle qui le suit,
Que pourraient ajouter à ta gloire éternelle,
Les chants d'un pèlerin qui marche dans la nuit ?

J'ose à peine chanter, mais j'ose moins encore
Me taire, ô Dieu d'amour qui me créas deux fois !
Reçois donc l'humble encens d'un pécheur qui t'adore
Depuis que son regard a rencontré la croix !

A Toi seul qui guéris, à Toi seul qui pardonnes,
Je consacre ma vie et mes chants ici-bas,
Et ne veux désormais te tresser des couronnes
Qu'avec des fleurs, ô Christ écloses sous tes pas !
(1897)

 

 

 


LE BUISSON ARDENT

Oui, tu parles Seigneur, tu parles à mon âme.
Du buisson embrasé je n'ai point vu la flamme,
Mais du peuple asservi j'ai vu l'affliction.
Si je n'ai pas en main la verge des miracles,
Du moins comme Moïse, ô Dieu j'ai tes oracles,
Tes paroles de paix et de compassion.

Mais, Seigneur, je ne suis qu'un ver de terre, une ombre
Sans forme, sans courage, un pauvre esprit perdu ;

Les savants ne m'ont pas compté parmi leur nombre,
Aux secrets égyptiens je n'ai rien entendu.
Ton message en ma bouche est une lettre close,
Je ne saurai le dire, il est trop grand pour moi,
Car tu sais, ô mon Dieu, tu connais toute chose,
Combien mon âme impure est indigne de toi.

Tu sais combien souvent, fuyant tes saintes voies,
Mon cœur revient aux dieux qu'un jour il rejeta ;
Combien de Pharaon les pompes et les joies
M'attirent loin d'Horeb... et loin de Golgotha !
Quoi ! Ce message saint et pur, mes mains souillées
Iraient le présenter aux âmes dépouillées ?
Je leur dirais : " Laissez les dieux que vous servez,
Voici le sang de Christ : prenez, croyez, vivez ! "
Et je ne verrais pas sans cesse en ma pensée
Son corps toujours brisé, sa croix toujours dressée !
Pur serait le message et souillé le porteur !
Non, Seigneur, non ! Ta voix a parlé dans mon âme,
Mais du buisson ardent, je veux sentir la flamme ;
Saint-Esprit, feu sacré, viens brûler dans mon cœur !
(1873)

 

 

 

Dans les Récits et allégories, se trouve un conte de Noël qui eut une singulière fortune.

C'est l'histoire d'un savetier : le Père Martin.

Le conte, traduit en russe, fut adapté par Léon Tolstoï.

Le récit parut par la suite, par erreur sous le nom de l'illustre romancier russe.

Une lettre du 20 mars 1899 en fait foi : "à mon grand regret, je me suis rendu coupable envers vous d'un plagiat involontaire.

C'est avec le plus grand plaisir que je constate par cette lettre, que mon récit n'est qu'une adaptation à la vie russe de votre admirable récit : " Le Père Martin… "

Ruben Saillens et la vie publique (Le patriote chrétien)


L'affaire Dreyfus

Profondément républicain démocrate et patriote chrétien, favorable à la séparation des Églises et de l'État, lui même et les protestants baptistes, à l'image des autres protestants, essayèrent de faire entendre leur voix, même s'il ne faut pas imaginer qu'elle ait eu un réel impact : ultra-minoritaires, ils ne pesaient presque rien dans les débats nationaux.

 

Cette situation aurait pu les décourager. Pourtant, ils s'impliquèrent malgré tout, à leur échelle, dans plusieurs grands débats politique.

On peut citer en particulier l'affaire Dreyfus, où ils prennent globalement le parti du capitaine Dreyfus.

 

Ainsi , dès février 1898, Ruben Saillens rédige une étude intitulée " La révision d'un procès célèbre ", où il décrit le procès de Jésus-Christ, mais effectue implicitement, une comparaison audacieuse entre le capitaine Dreyfus et le Christ, pris dans le même engrenage de l'injustice.

 

Plus tard à la mort d'Émile Zola (1902), il rendit hommage au courageux rédacteur du célèbre : " J'accuse " :


" Zola était matérialiste et athée. Et cependant, jusqu'au péril de sa vie et à la perte momentanée de sa réputation, il a servi la cause de la Justice et de la Vérité, choses spirituelles, et qui appartiennent à un autre monde que celui de la matière et des sens… L'homme qui, à la fin d'un de ses plus récents ouvrages, met aux lèvres de son héros ce cri : " Une religion nouvelle, une religion nouvelle ! " avait-il fini par comprendre combien le matérialisme est froid, décevant, contre-nature ? C'est le secret qu'il a probablement emporté dans la tombe, où il est si soudainement descendu. "

En première ligne dans l'affaire de Madagascar


Par ailleurs, il fit aussi entendre sa voix sur les questions coloniales, surtout à propos de Madagascar- dont Ruben Saillens plaida l'indépendance-, dans les quinze dernières années du XIXème siècle.

Ruben Saillens est intervenu dans un débat politique national : la France devait-elle coloniser Madagascar ? Dans ce débat colonial marqué par un fond d'anti-protestantisme, dans la mesure où les protestants anglais présents à Madagascar constituaient une cible facile pour la presse catholique, prompte à assimiler l'ennemi étranger au protestant, Ruben Saillens décida de prendre parti, avec un certain courage.

 

Il avait lu le Livre rouge publié par la principale ethnie de l'île qui contestait le bien-fondé des prétentions coloniales françaises.

 

Des chrétiens lui avait rapporté " les exactions commises par les troupes françaises ", il décida de se renseigner plus avant, puis rédigea un ouvrage où il prit fait et cause pour l'émancipation des malgaches et s'opposa aux visées coloniales de la France, infondées à ses yeux.

 

Son ouvrage publié en France fut aussitôt diffusé à Madagascar. Il allait à contre-courant d'une large majorité de l'opinion. Il y fut fait allusion par François de Mahy, député de la Réunion et chef du lobby colonial, dans les débats de la Chambre des députés en février-mars 1886. l'affaire mit du temps à se résorber, trouvant des prolongements au-delà de l'expédition de 1895 qui instaura, au prix d'un petit bain de sang, un protectorat effectif de la France sur le Grande Ile.

Ruben Saillens révolutionnaire : " une seule école révolutionnaire : celle de Jésus-Christ "


Il écrivait en février 1900 :


" Je suis un révolutionnaire , moi ! " mâchonne crânement le pâle voyou des " fortifs ", qui n'a pas même la taille réglementaire du soldat, et périra brûlé par l'alcool, son maître. Çà fait pitié ! les vrais révolutionnaires sont rares et ne s'en vantent guère. Ils sont graves et sobres, parlent peu, agissent beaucoup, se donnent noblement à l'idée, songent moins à tuer les autres qu'à mourir pour la bonne cause… les vrais révolutionnaires sont des soldats de l'idée, de la conscience et de Dieu. Et quand on pousse l'analyse jusqu'au bout, on s'aperçoit qu'il n'y a au monde qu'une seule école révolutionnaire : celle de Jésus-Christ ; un seul idéal révolutionnaire : le règne de Dieu ; une seule phalange révolutionnaire : les agneaux de Jésus-Christ, qu'il a envoyé pour combattre les loups ; et une seule arme révolutionnaire : l'amour de Jésus-Christ, qui mourut pour ses ennemis ".

 

 

sur la Tour de Constance

 

 

Non, ce n'est pas ta lourde grille
Ni ton mur noir,
Sombre tour, funèbre bastille,
Que j'aime à voir !
Mais ces traits qui, par une femme,
Furent sculptés,
Ce mot qui recouvre un long drame :
Résistez !

A genoux sous ces voûtes grises,
J'ai retrouvé
Ces quelques lettres indécises,
Sur le pavé !
Et j'ai pleuré, noble victime,
Des Cruautés,
En épelant ton cri sublime :
Résistez !

Ce mot, une main inhabile
Le cisela ;
Une aiguille, instrument débile,
A fait cela.
Mais quels combats d'une âme fière
Sont racontés
Par ces huit lettres sur la pierre :
Résistez !

Lorsqu'elle vit, la Cévenole
Aux cheveux blancs
Qui soutenait par sa parole
Les cœurs tremblants,
Qui ranimait par son courage
Les volontés,
Montrant écrit sur son visage,
Résistez !

Lorsqu'elle vit, la femme austère,
La mort de loin,
Elle voulut que cette pierre
Fut son témoin,
Et, pour prévenir après elle,
Les lâchetés,
Elle écrivit sur la margelle :
Résistez !

En ce temps-là, dans son Versailles,
Le roi riait,
Tandis qu'ici, sous ces murailles,
La Foi priait.
L'un écrivait dans une fête :
Persécutez !
L'autre écrivait, baissant la tête :
Résistez !

Et c'est toi qui fus la plus forte,
Vaillante Foi !
Depuis longtemps la femme est morte
Et mort le roi,
Mais, tandis que sceptre et couronne
Sont emportés,
Dans la tour ce vieux mot rayonne :
Résistez !
(1883)
Plagié par Tolstoï

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Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

par theme

 

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