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Vie Protestante Réformée

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 20:06

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Evangélisation et divertissement


Le témoignage chrétien, préoccupation majeure de tout croyant authentique, repose sur cet ordre prononcé par Jésus lui-même : « que votre lumière luise devant les hommes ». Or la sécularisation grandissante du monde occidental a relégué la foi dans la sphère privée, ce qui a contraint l’Eglise à lutter contre la marginalisation en recherchant sans cesse des moyens d’exister encore aux yeux du monde, et de se faire entendre. La volonté légitime d’adapter le message à la sensibilité contemporaine, de le rendre plus accessible, moins radical, a conduit parfois les croyants dans certains choix bien différents de ceux du passé. L’annonce de l’évangile par des moyens ludiques et la notion de divertissement ont peu à peu envahi nos évangélisations et nos cultes. Des interrogations surgissent alors : toutes les manières d’exprimer sa foi sont-elles bonnes ? Existe-t-il un modèle biblique de piété qui soit atemporel ? La diversité de nos choix, n’est-elle pas lourde de conséquence ?

 

Quels moyens pour évangéliser ?

 

Toute « méthode » pourrait se justifier par cette argumentation simple : « du moment que c’est pour la gloire de Dieu, tout est possible. Dieu seul connaît les cœurs, il peut agir de toutes sortes de manières ».

Par sa puissance et dans sa souveraineté, il est vrai que Dieu peut utiliser tous les moyens pour amener les âmes à lui. La Bible affirme même que « s’ils se taisent les pierres crieront ». Si Dieu peut utiliser les moyens les plus saugrenus, il ne nous est toutefois pas demandé de les mettre en œuvre… Paul, évangéliste par excellence, affirme qu’« il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication ».

Il nous semble nécessaire de rappeler cette orientation biblique, à l’heure où l’Eglise adopte de plus en plus - et parfois aveuglément - les moyens d’expression du monde. La vocation d’être témoin de la Parole divine semble s’effacer au profit de rencontres de louange, soirées spectacle, et autres activités qui confinent plus au divertissement qu’à une méditation sérieuse de la Parole.

Il ne s’agit pas de juger avec hauteur ceux qui utilisent ces moyens mais plutôt de chercher ce que Dieu attend de la pratique de nos œuvres et de notre foi, car s’il est clair - pour la plupart- que Christ est la pierre angulaire, il est précisé également : « que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus ». Le choix du matériau doit être fait en toute conscience devant Dieu, c’est une question de discernement, devoir que tout croyant est appelé à exercer.

Dans le souci « d’accrocher » les incroyants, nous pouvons rivaliser d’ingéniosité et de techniques comme en témoigne un article du magazine Le Point, publié en août 2009 et intitulé « Jésus-Christ superstar ». Cet article explique que les Eglises évangéliques aux Etats-Unis en viennent à mimer l’enlèvement en suspendant les fidèles dans les airs à l’aide d’un filin… Sensation garantie… De plus en plus d’Eglises ne jurent que par la « technoliturgie ». « Depuis quinze ans, les temples font preuve de plus en plus d’innovation. On essaie de réaliser des productions de haute qualité, sur le modèle du Cirque du Soleil »… « Installez un grand écran, un site Internet et il y a des chances pour que la fréquentation augmente », estime un membre de l’Institute for Religion Research. Ces propos viennent comme une confirmation que l’instrument n’est plus au service de la Parole, mais qu’il est devenu le moteur, le stimulant principal. On compte davantage sur l’équipement high-tech ou le volume des décibels que sur l’action de l’Esprit. La préoccupation est ici tournée vers l’homme et ses désirs, non plus vers Dieu.

C’est ainsi que la Parole n’est plus qu’un prétexte à tous les défoulements parfois les plus excentriques. Jacques Ellul, penseur protestant redécouvert ces dernières années et dont la perspicacité ne cesse d’étonner avait quant à lui affirmé :

« On a beau, pour justifier ces danses et ces rites, rappeler la danse de David devant l’arche, le rappel d’un texte biblique ne me convainc pas en face de la permanence du phénomène psychique dans toutes les formes religieuses. C’est le label d’une fausse authenticité : celle que l’homme s’atteste à lui-même quand il confond ses propres phénomènes psychiques avec la présence secrète et pourtant solennelle du Seigneur de sa vie. L’esprit Dionysos est l’inverse de l’Esprit du Seigneur. »

Jacques Ellul, l’impossible prière.

La piété s’appuie sur la connaissance de Dieu et non sur les sentiments. Loin de conduire à un état d’ivresse hédoniste, la louange nous exhorte et nous enseigne : « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. » Col. 3 : 16.

Blaise Pascal s’est également beaucoup interrogé sur la question du divertissement pour en retirer des enseignements très éclairants : selon lui, le divertissement nuit à la vie de l’esprit car il détourne la conscience des questions essentielles qui conduisent l’homme à la prise de conscience de sa misère, chose pourtant indispensable pour chercher Dieu.

« La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et nous fait perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui et cet ennui nous pousserait à chercher le moyen le plus sûr d’en sortir. Mais le divertissement nous amuse, et nous fait insensiblement arriver à la mort ». (« Les Pensées » de Blaise Pascal)

Ne devons nous pas en conclure qu’il est pour le moins paradoxal pour nous croyants, de vouloir conduire les hommes à Christ - seul chemin de plénitude - par un moyen qui n’a pour but que d’étouffer leur quête intérieure ?

 

Sainteté-profanation


« La sainteté convient à ta maison, Ô Eternel ! » Ps. 93 : 5.

En ce qui concerne l’œuvre de Dieu, il convient de rappeler deux choses :

  • Dieu touche et change le cœur des hommes par la Parole et l’action du Saint Esprit
  • le Saint-Esprit est Saint…

Si nous voulons que le Saint-Esprit agisse, il est nécessaire de bien comprendre ce que signifie la sainteté selon la Bible : « Soyez saints car Je suis Saint ». Si l’aspect rituel de la purification disparaît avec la nouvelle alliance, l’exigence d’une conduite sainte est réitérée sans cesse.[1] Paul rappelle également « n’attristez pas l’Esprit de Dieu ».

La solennité de l’approche de Dieu telle qu’elle nous est décrite dans l’ancienne alliance ne disparaît pas dans le nouveau testament, au contraire ! L’épître aux Hébreux nous dit : « puisque nous recevons un royaume inébranlable, ayons de la reconnaissance, en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte. Car notre Dieu est aussi un feu dévorant. »

A la lecture de ces textes il devient difficile de justifier la légèreté ambiante qui règne dans bon nombre de cultes. Lorsqu’il s’agit de parler de choses saintes, ne réalise-t-on pas que l’on touche à la majesté de Dieu ?

Le divertissement n’est pas un péché en soi, car Dieu n’est pas contre le plaisir. Une certaine mentalité religieuse consiste à poser des interdits d’emblée : le plaisir étant considéré comme péché et la jouissance comme coupable. Certains enseignent qu’à partir du moment où le cœur désire quelque chose, la piété chrétienne imposerait nécessairement de choisir l’inverse. Faire ce que l’on aime, aller où le cœur nous pousse, désirer la fille qui nous plaît seraient forcément suspects ! Le renoncement et la frustration seraient-ils donc le fondement du bien ? L’ecclésiaste semble nous encourager à jouir de la vie comme un don de Dieu, mais il avertit aussi que tout homme aura à rendre des comptes.

Le divertissement n’est donc pas interdit et Dieu n’est pas contre le rire puisqu’il a doté l’homme de cette faculté, mais chaque chose doit être à sa place. Lorsqu’il est question de choses spirituelles, il existe un langage spirituel, le profane est le profane. Même si certains - soucieux de casser l’image du « père fouettard » - ne cessent de s’employer à déceler de l’humour en Dieu, il ne nous semble pas que l’évangile et l’ensemble des textes bibliques prêtent à rire. Et lorsque Paul dit qu’il ne veut rien savoir d’autre que Christ crucifié, il ne veut rien faire d’autre qu’amener à une prise de conscience bien éloignée de toute superficialité. Annoncer la Parole de Dieu comme venant de sa part implique une séparation préalable du péché et de l’esprit du monde. « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. »[2] En voulant mélanger les deux choses, les croyants se sont habitués à la profanation et les païens ne sont pas conduits au Saint. Un des derniers ressortissants de la période faste de « l’Union Chrétienne des Jeunes Gens » a expliqué peu de temps avant sa mort que le mouvement s’est éteint de manière quasi soudaine. Il n’a pas manqué de remarquer avec regret que ce retournement coïncide avec l’arrivée des chrétiens de Paris, venus pour imposer une manière plus « moderne » d’évangéliser. Désormais il fallait du spectacle, des comédies musicales et autres sketchs. Ce fut le début de la fin…

En voulant nous adapter au monde, le monde est entré dans l’Eglise au point qu’elle est en passe de perdre son âme. Le mélange nuit à la l’autorité de la Parole qui se retrouve altérée[3] et donc sans puissance. Les cultes ont de moins en moins de contenu biblique propre à toucher les consciences et les pasteurs deviennent, à l’image des présentateurs de télévision, des amuseurs publics.

L’humour n’est pas proscrit mais il est clair selon l’apôtre Paul qu’il ne convient pas au ministère : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. Evite les discours vains et profanes ; car ceux qui les tiennent avanceront toujours plus dans l'impiété, et leur parole rongera comme la gangrène. »

« Nous n'altérons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme devant Dieu. » 2 Corinthiens 4 : 2.

 

La véritable soif du cœur

 

Qu’est-ce qu’un incroyant, un jeune désœuvré peut attendre lorsqu’il s’approche d’un pasteur ? N’y a-t-il pas au fond de son cœur une soif que les plaisirs du monde n’ont pu étancher ? Répondre à des besoins charnels par des moyens charnels ne produira probablement rien de spirituel. N’avons-nous pas expérimenté que notre témoignage n’a jamais été aussi efficace que lorsque nous avons pris au sérieux la détresse de l’autre en suppliant le Seigneur de nous donner une parole pour lui ?

La Parole ne fait pas appel au plaisir des sens mais au véritable besoin du cœur. Lorsque Jésus faisait mention des besoins naturels, il n’avait d’autres intentions que de parler à l’âme de ceux qui l’écoutaient (cf. la femme samaritaine). La soif des hommes désespérés sera étanchée par autre chose que du divertissement, et les écorchés de la vie n’aspirant qu’à mourir n’ont pas le cœur à s’intéresser aux sketchs, ni à faire la fête quand bien même les protestants l’organisent… (peut-être encore moins lorsque c’est eux d’ailleurs...). Seule une parole prophétique, empreinte d’amour et de véritable connaissance du Seigneur peut sortir un homme de son désespoir.

En tant que Mission, il nous a vraiment tenu à cœur de dégager la prédication de la Parole de tous ces artifices, et nous sommes toujours plus surpris et réconfortés de voir encore aujourd’hui des centaines de jeunes écouter avec attention la parole de Dieu prêchée avec sobriété mais solennité. Nous voulons faire nôtre cette préoccupation de Paul :

« Faisant preuve dans l’enseignement de pureté de doctrine, de gravité, de parole saine qu’on ne peut condamner, afin que celui qui s’oppose ait honte, n’ayant rien de mauvais à dire de nous. » (Tite 2 : 8)

 

Conclusion

 

Lorsque Dieu parle, les hommes tombent sur leurs faces, convaincus de péché et ils l’adorent. Aucun réveil n’est survenu par le biais de divertissements ni dans une ambiance d’allégresse légère, mais au contraire par la prédication invitant à la repentance et au retour à Dieu. C’est en réponse à des prières adressées avec supplications et par une prédication sans fioritures que l’œuvre de Dieu s’est accomplie parfois de manière si spectaculaire. C’est ce que l’histoire nous enseigne et ce qui nous semble conforme à l’enseignement biblique.

La nostalgie du « réveil » peut nous conduire autant à nous morfondre qu’à nous démener, mais ne faudrait-il pas plutôt s’informer des anciens sentiers pour s’en inspirer ? Peut-être retrouverons-nous alors le chemin de la bénédiction, celui que nos pères ont suivi parfois dans la peine mais la crainte de Dieu, pour le bien de nos Eglises, pour le salut de nos enfants et de tous ceux que le Seigneur veut encore sauver.

[1] 1 Thessaloniciens 4 : 3 « ce que Dieu veut c’est votre sanctification ».

[2] Jérémie 15 : 19.

[3] En parcourant les magazines évangéliques et à sa tête Horizon Evangélique, il est frappant de constater l’importance accordée aux différentes expressions artistiques sans cesse encouragées prétextant la liberté acquise en Christ.

 

MT

Bible 2010

-Arthus Croix Huguenote

 

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