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Vie Protestante Réformée

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 20:38
L'essentiel de la foi réformée

En Corée, beaucoup ne comprennent pas réellement le terme «réformé» qui exprime, pour eux, une différence par rapport aux traditions protestantes; mais, dans les pays occidentaux, le terme «réformé» a un sens qui dépasse les dénominations protestantes.

 

Ce terme «réformé» (ou calviniste) désigne particulièrement une attitude envers la foi et la vie, et une approche spéciale de la vie religieuse.

 

C’est ainsi que nous ne pouvons pas dire simplement que Jean Calvin est un des réformateurs du XVIe siècle, un de ceux qui ont laissé un héritage sur la valeur de la vie humaine dans l’histoire de l’humanité.

 

Voilà pourquoi tant de gens, encore aujourd’hui, partout dans le monde, continuent de pratiquer le mode de vie hérité de la Réforme.

 

Réfléchir sur la particularité de la foi réformée est, pour nous, une invitation essentielle à déterminer la raison que nous avons d’être chrétiens.

 

1. La foi réformée rend gloire à Dieu et à Sa Souveraineté par l’obéissance

 

Les croyants réformés sont convaincus que, pour être authentiques dans la profession de la foi chrétienne, il leur faut rendre gloire à Dieu dans tous les aspects de la vie.

 

Cette attitude les différencie des autres traditions protestantes.

 

Il est, certes, évident que tous les chrétiens sont appelés à obéir à la volonté de Dieu et à lui rendre gloire.

 

Mais ce qui caractérise particulièrement le fait d’être «réformé», c’est l’application de la foi réformée à la vie quotidienne comme étant une priorité suprême.

 

Calvin a ainsi laissé un héritage incontournable pour la foi chrétienne.

 

Il faut rappeler, tout d’abord, que la vie chrétienne en Europe a été liée à la foi de l’Eglise catholique romaine.

 

Or, la théologie catholique n’était pas très éloignée de la philosophie grecque, puisque Thomas d’Aquin a bâti une théologie en se référant à celle-ci.

 

La philosophie d’Aristote cherche la réponse à la question de savoir comment atteindre le bonheur ultime dans la vie humaine.

 

Qu’est-ce que la vie philosophique ?

 

Il s’agit de chercher la vérité de l’existence humaine.

 

Selon les philosophes, l’ultime bonheur de la vie de l’homme est le fruit de sa quête de la vérité absolue.

 

La «première philosophie» recherche la cause première de l’existence, l’Etre ou Dieu.

 

Pour Aristote, Dieu n’est pas une personne, comme nous le concevons, mais un dieu qui est derrière l’existence.

 

C’est pourquoi Thomas d’Aquin a considéré la théologie comme «première philosophie» et, ayant trouvé son ultime bonheur dans la recherche de Dieu, il a choisi son point de départ dans l’existence de Dieu comme dans la philosophie grecque.

 

Pour lui, connaître Dieu, c’est contempler Dieu et la vie contemplative est un moyen.

 

A cette époque, à la fin du Moyen Age, le contexte social était menaçant à cause de la guerre, de la peste, des catastrophes naturelles et de la famine.

 

Les vols et les meurtres étaient fréquents et l’invasion turque était une menace grandissante.

 

Au sein de cette situation critique, les gens étaient angoissés par la question du salut.

 

Et cela d’autant plus à cause du schisme du siège pontifical.

 

Des courants de pensée sur l’imminence de la fin des temps se répandaient parmi les habitants.

 

On avait peur du jugement dernier au point que l’Eglise a instauré le système des indulgences afin de rassurer les gens sur leur sort final.

 

D’une façon générale, on était tourmenté par la question : comment être sauvé ?

 

Les gens étaient tellement terrifiés dans cette société en crise que l’indulgence a été légitimée par l’Eglise romaine.

 

Cette pratique a jeté de l’huile sur le feu et, de ce fait, la Réforme est devenue inévitable.

 

C’est, dans ce contexte, que Calvin a souligné l’importance de l’obéissance et de la soumission à la volonté de Dieu.

 

Autrement dit, à la suite de Luther, il a renouvelé la foi chrétienne par la pratique de la foi personnelle en Dieu, mettant en garde contre la recherche d’une connaissance abstraite de Dieu en soi.

 

Il a donc introduit une transformation dans la façon de concevoir la foi chrétienne : de la théorie à la pratique, de la vie anthropocentrique à la vie christocentrique.

 

C’est la raison pour laquelle nous qualifions sa théologie de «théologie théocentrique».

 

C’est ainsi que l’identité de la foi réformée s’est affichée; son but est de rendre gloire à Dieu et de se soumettre au Seigneur dans tous les aspects de la vie.

 

La compréhension de la justification par la foi a permis à Luther de changer radicalement son expérience de la foi en Dieu.

 

Luther, moine catholique de la fin du Moyen Age, a été profondément troublé par la question du salut.

 

Il a compris que même si quelqu’un mène une vie de piété et d’ascétisme, il ne peut pas vivre étant assuré d’être en paix et sauvé.

 

Un jour, il a découvert, par la lecture de l’épître aux Romains, que «l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi».

 

En conséquence, la théologie de Luther a été dominée par cette découverte fondamentale, la justification par la foi, tandis que celle de Calvin a correspondu à une vision plus globale centrée sur la souveraineté de Dieu.

 

L’Eglise catholique romaine s’est attaquée à Calvin à cause de ses premiers écrits et l’a poursuivi.

 

Calvin a dû quitter son pays natal et a rencontré, à Genève, Farel, un des réformateurs, qui a été touché par ses œuvres écrites et qui lui a demandé, à plusieurs reprises,  de collaborer avec lui.

 

Calvin, un être discret, réservé et aimant la vie sans bruit, a refusé avec persévérance.

 

Ses refus répétés malgré la sollicitation ardente de Farel ont mis celui-ci en colère au point d’en arriver à maudire Calvin.

 

Calvin perçoit la voix de Dieu dans celle, si violente, de Farel.

 

Il expérimente alors une force divine qui conduit sa vie et qui le pousse à accepter ce que, humainement parlant, il ne voulait pas.

 

Calvin est donc resté à Genève et a consacré son existence à la Réformation.

 

Sa vie personnelle a été totalement transformée. 

 

Nous comprenons pourquoi un des principes de sa théologie est l’obéissance à la souveraineté de Dieu.

 

C’est ce qui différencie la théologie de Luther et celle de Calvin.

 

Ce dernier est le modèle de quelqu’un que Dieu a dompté.

 

Calvin avait une si mauvaise santé qu’on le surnommait l’«hôpital ambulant».

 

Il souffrait de fortes migraines.

 

Un jour, alors qu’il était en pleine crise, il s’écria :

 

«Seigneur, tu broies ma tête dans une meule.»

 

Puis il a ajouté :

 

«Mais si c’est ta main qui me broie, cela me suffit pour l’accepter.»

 

Il a souhaité que son nom ne soit pas écrit sur sa tombe.

 

L’important pour lui n’était pas que son nom soit connu des hommes ; bien plus importants étaient, à ses yeux, le nom du Christ et la gloire de Dieu.

 

2. La foi réformée est fondée sur l’Ecriture

 

On discerne ici la différence entre l’Eglise réformée et les autres Eglises de la Réforme, par exemple celle de Luther.

 

Le centre de la théologie de Luther est la justification par la grâce et le salut par la foi.

 

Par la mort de Jésus-Christ sur la croix, nous recevons le salut comme un don gratuit ; c’est là une théologie de la croix et la christologie y a une place centrale.

 

Autrement dit, la Réformation de Luther met l’accent sur la correction de l’erreur consistant à croire que l’observation de la Loi permet d’atteindre le salut.

 

A la différence, la Réformation de Calvin a mis en évidence un sens global de la justification par la foi dans le cadre de la doctrine de Dieu et de la christologie.

 

Elle dénonce non seulement les mérites, mais aussi toute idée faisant obstacle à l’application du message de toute l’Ecriture.

 

L’Ecriture est la vérité et toute vie chrétienne se doit d’être soumise à son autorité.

 

Ainsi l’Eglise doit être réformée (reformata), mais elle est aussi appelée à continuer de se réformer (semper reformanda) de façon authentique.

 

3. L’identité et l’authenticité de la foi réformée

 

Une des spécificités de la foi réformée est sa manière de voir les chrétiens comme des serviteurs de Dieu, des membres de l’armée du Christ et des instruments destinés à magnifier  la gloire de Dieu.

 

Cette prise de conscience suscite, chez chaque croyant, un sentiment de responsabilité vis-à-vis du monde.

 

Les trois éléments de l’identité réformée, être serviteur de Dieu, être membre de l’armée du Christ et être un instrument pour la  gloire de Dieu, ont incité les calvinistes à renforcer leur engagement dans la manifestation de l’Evangile dans la société.

 

Si un chrétien n’éprouve pas de responsabilité vis-à-vis de la société et du monde, il ne peut pas être un vrai réformé ; celui-ci est incapable de ne pas se soucier de la justice et de la vérité dans la société.

 

4. La priorité conférée à l’éthique chrétienne

 

Un croyant réformé n’est pas seulement très attaché à la foi personnelle en Jésus-Christ.

 

Il a, en plus, le souci d’une éthique biblique, de la mise en pratique de la Loi dans la vie chrétienne.

 

On peut discerner ici une différence avec la théologie luthérienne.

 

Calvin, ne se contentant pas de la justification par la foi et de la grâce de Dieu, développe, de façon précise, le rapport entre les deux grâces complémentaires que sont la justification et la sanctification.

 

Trop accentuer le salut par la foi peut entraîner l’erreur suivante :

 

«Nous avons la foi, donc peu importent nos actions, elles ne concernent pas le salut.»

 

Cette attitude risque de conduire à mettre de côté l’application de la Loi dans la vie chrétienne.

 

Il est clair que nous ne serons pas sauvés par notre sanctification.

 

Notre salut dépend uniquement de la grâce et du don de Dieu.

 

Mais nous ne pouvons pas éluder la réalité de la sanctification et des fruits qu’elle produit, en étant profondément reconnaissants à cause de notre salut et de la foi, qui est un don de Dieu.

 

La sanctification n’est rien d’autre que la manifestation de la gratitude que suscite en nous le don gratuit du salut.

 

Celui-ci produit, naturellement, une vie sanctifiée et une soumission à la volonté de Dieu.

 

Ce n’est pas pour obtenir le salut que nous sommes appelés à rechercher la sanctification dans notre vie.

 

Nous sommes amenés à mettre en pratique la Loi divine et à œuvrer pour la justice, l’ordre et l’équilibre dans la société.

 

La foi réformée, mue par la conviction de l’importance de l’éducation et de l’enseignement, a favorisé, là où elle s’est enracinée, l’ouverture d’écoles.

 

Les chrétiens conscients que leur vocation est de glorifier Dieu se sont appliqués de toute leur force, avec leurs dons et leur intelligence, à développer l’éducation et l’enseignement.

 

5. L’Ecriture tient une place centrale

 

La foi réformée est essentiellement basée sur l’Ecriture et accorde une grande importance à la prédication et au culte.

 

Dans l’histoire de la Réforme, ce sont les pasteurs de l’Eglise réformée qui ont le plus contribué au développement et à l’évolution de la prédication.

 

Dieu a permis d’établir l’Eglise et il a appelé des serviteurs à exercer ce ministère de la Parole, afin d’enseigner quels sont le fondement et l’orientation de la vie chrétienne.

 

Nous avons à poursuivre cette entreprise.

 

Une Eglise réformée se caractérise par un souci particulier et permanent d’écouter la Parole de Dieu, ce qui n’est pas acquis une fois pour toutes.

 

6. La foi réformée et la vie communautaire

 

Tous ceux qui ont contribué à marquer l’histoire du christianisme ont mis l’accent sur la recherche de la piété dans la vie chrétienne.

 

Calvin a, certes, exhorté à la piété chrétienne dans la vie personnelle, mais il a aussi, et tout particulièrement, exhorté à la manifester dans la vie communautaire.

 

Cette piété consiste à investir son énergie existentielle en tant  que serviteurs de Dieu soucieux d’annoncer son Royaume dans le monde.

 

Autrement dit, selon le principe d’un bon gestionnaire, nous sommes invités à vivre sur la base du minimum vital et à ne pas gaspiller nos ressources pour des choses superflues.

 

Nous avons à utiliser toute notre énergie à annoncer le Royaume de Dieu.

 

Autrement dit, toutes nos ressources humaines, notre temps, notre argent, notre santé, notre intelligence, notre sensibilité et notre volonté sont mobilisés afin de pratiquer l’amour du prochain et d’obéir à la volonté de Dieu.

 

Etre un bon gestionnaire, c’est utiliser ses capacités à accomplir la vocation, qui est la nôtre, de vivre en chrétiens.

 

7. La foi réformée dans sa simplicité

 

Les chrétiens réformés recherchent la simplicité dans tous les domaines : la théologie, le culte, la construction de l’église, la structure ecclésiale et la doctrine.

 

Cette simplicité s’exprime par la vérité et la fidélité dont témoignent paroles et actes.

 

Elle ne comporte ni opacité, ni compromission et, en cela, la foi réformée est intransigeante et rigoureuse.

 

La simplicité se démarque de l’hypocrisie, des abus et du gaspillage.

 

Cette attitude est à l’opposé d’une théologie qui trahit la vérité de l’Ecriture par la langue de bois et une érudition qui s’écarte du vrai.

 

Elle récuse les rites superficiels, la consommation au-delà de ce qui est nécessaire, car tout cela contredit l’esprit réformé.

 

Voilà ce qui caractérise le style de vie des calvinistes.

 

Je regrette de voir que, de nos jours, cette richesse de la tradition réformée que nous avons essayé de garder est en train de disparaître.

 

Aujourd’hui, nous avons à renouveler notre engagement à la lumière de l’essentiel de la foi réformée.

 

Ainsi, cela permettra non seulement de revigorer la santé des Eglises, mais aussi de vivre le renouveau dans notre génération et notre société.

 

 

 Soo-Young LEE,

 

Bible (115)

Croix Huguenote

 

 

 

* Soo-Young LEE est pasteur de l’Eglise de Saemoonan. Il est docteur en théologie de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, président de l’Association pour la recherche sur Calvin en Asie, vice-président de l’Alliance évangélique coréenne et professeur à la Faculté de théologie presbytérienne à Séoul.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : La Revue Réformée

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Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
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