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Vie Protestante Réformée

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à l'homme sans asile.

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:01

Ernest Dhombres Refuge du Chrétien6

Et il leur dit cette parabole : Les terres d'un homme riche avaient rapporté avec abondance. Et il pensait en lui-même, disant que ferai-je ? car je n'ai pas assez de place pour serrer toute ma récolte. Voici, dit-il, ce que je ferai : J'abattrai mes greniers et j'en construirai de plus grands, et j'y assemblerai toute ma récolte et tous mes biens, et puis je dirai à mon âme : mon âme, tu as des biens en réserve pour beaucoup d'années ; repose-toi, mange, bois et te réjouis ! Mais Dieu lui dit : Insensé, cette même nuit ton âme te sera redemandée, et ce que tu as amassé pour qui sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse beaucoup de biens pour lui-même, et qui n'est pas riche en Dieu. (Luc 12.16-21)

 

 

Les biens considérables que possédait le riche de la parabole, ne sont en eux-mêmes l'objet d'aucun blâme.

 

A l'origine de sa fortune ne se trouvaient ni « cette fausse balance ; ni ce double poids » que condamne le livre des proverbes, ni ce gain déshonnête que flétrit ailleurs l'Écriture, ni ces façons de s'enrichir, autorisées par notre siècle, mais devant lesquelles l'antique bonne foi se voile la face.

 

Non, rien de plus pur que la source de ses richesses.

 

Pour lui le ciel avait été propice et la terre féconde.

 

L'huile avait ruisselé sous ses pressoirs, le « jus de la grappe » avait rempli ses cuves, l'or de ses moissons avait au loin jonché le sol.

 

Non seulement ses produits avaient dépassé ses espérances, mais encore ils débordaient l'espace trop étroit destiné à les contenir ; à la lettre, il en était embarrassé, puisqu'il se disait en lui-même, « que ferai-je ? car je n'ai pas assez de place pour serrer toute ma récolte. »,

 

Rien de coupable donc dans les richesses que possédait cet homme, et ce n'est point à son sujet que Jésus aurait parlé du « Mammon de l'iniquité. »

 

Ce qui est coupable, ce sont les dispositions qu'il apporte à l'usage et à la jouissance de ces dons de Dieu.

 

C'est cet égoïsme qui rapporte tout à soi.

 

C'est ce matérialisme dont  nous en entendons les cyniques accents.

 

Double folie, que viendront dissiper trop tard les formidables surprises de la mort.

 

Fidèle à l'esprit de mon texte, je ne viens point ici faire le procès à la richesse, je ne viens point ouvrir une enquête sur ses origines et me demander si tout est pur dans sa formation et dans son développement.

 

Je viens nous interroger sur son usage.

 

Je viens, étant donnés les biens de ce monde, modiques ou considérables qui sont entre nos mains, mettre cette question sur toutes nos consciences :

 

Dans quel esprit, dans quelles dispositions de cœur jouissons-nous des biens terrestres ?

 

Échappons-nous aux tentations honteuses auxquelles succomba le riche de la parabole ?

 

Et quelle que soit notre part de richesses matérielles, possédons-nous les trésors invisibles du ciel, et sommes-nous riches en Dieu ?

Que ferai-je ! se dit à lui-même le personnage de notre parabole, alors qu'il contemple le merveilleux rapport de ses champs.

 

Voilà, pour cet homme, une de ces heures qui nous sont données dans la vie pour choisir notre voie.

 

C'est le moment où la raison et la conscience vont se faire entendre, et où la liberté va se déployer au milieu des faits.

 

Que ferai-je !...

 

Et cet homme a réfléchi, a délibéré, a pris une résolution :

 

« Voici, dit-il, ce que je ferai. J'abattrai mes greniers, j'en construirai de plus grands, et puis je dirai à mon âme : mon âme, tu as des biens en réserve pour beaucoup d'années : repose-toi, mange, bois, et te réjouis. »

 

Telle est la délibération de cet être intelligent et moral.

 

Le premier sentiment, disons mieux, la première honte qui s'y révèle, c'est l'égoïsme.

 

Rien pour Dieu, rien pour mes frères, tout pour moi !

 

Rien pour Dieu !

 

Ce Dieu qui a béni ses champs, qui les a réchauffés de son soleil, qui leur a dispensé « les pluies du ciel et les saisons fertiles, » ce Dieu qui aurait pu (comme Il le juge bon parfois) « faisant des vents ses anges et des flammes de feu ses ministres, » détruire ses récoltes ou ne dispenser à la terre qu'une fécondité restreinte, ce Dieu qui est l'auteur de toute notre richesse, mais qui l'est d'une manière plus directe et plus évidente pour la richesse des champs, l'homme riche de la parabole n'a pas une pensée, pas un élan de gratitude pour Lui.

 

Tout comblé de ses dons, il n'a pas regardé du côté du ciel, il n'a regardé qu'à la terre, et, sur la terre, qu'à ce petit centre qui s'appelle moi !

 

Et pourtant sur cette terre, n'y a-t-il donc que lui ?

 

La nature, prodigue à son égard, n'a-t-elle pas été avare pour d'autres ?

 

N'y a-t-il pas, près de lui, peut-être, quelque laboureur qui regarde tristement la stérilité de ses champs, tandis que lui-même considère son abondance ?

 

N'y a-t-il pas quelque pauvre, quelque veuve, quelqu'orphelin sur lequel il puisse répandre un peu de son superflu !

 

Est-ce que le bien-être est universel ici-bas ?

 

Est-ce qu'une égalité tranquillisante règne parmi les hommes, ses semblables, ses frères ?

 

...Mais de quelles questions vais-je l'importuner  ?

 

Autrui, des semblables, des frères ?

 

 Il ne les connaît pas, ou s'il les connaît, c'est pour s'en servir et non pour les servir.

 

Ce qu'il connaît, ce qu'il voit, ce qui l'absorbe, c'est le moi, le moi absolu, tyrannique, insatiable.

 

Hélas ! Cet égoïsme est de tous les temps, et chacun de nous le retrouve dans son pauvre cœur.

 

Tant que l'homme n'a pas été ravi à lui-même par l'amour de Jésus-Christ, il vit dans un oubli effrayant de Dieu et de ses frères.

 

Entouré de tous les biens de ce monde, ayant en partage dans une large mesure la fortune, le rang, la position, les ressources terrestres, ou possédant dans une moindre proportion ces biens divers, jouissant au moins de la vie, de la santé, du strict nécessaire,

 

-- il jouit de tous ces dons de Dieu, sans Dieu : il possède au plus haut degré l'art funeste de se passer de Lui.

 

Dans ces mille occasions, où il est appelé à dire, comme le riche de la parabole :

 

Que ferai-je !

 

Jamais Dieu n'est béni, jamais Dieu n'est consulté, jamais Dieu n'a sa part.

 

Et pourtant ce Dieu le couvre d'une protection incessante, ce Dieu prononce chaque jour, à chaque heure, à chaque pulsation de son cœur, la parole qui le fait vivre...

 

Mais à l'inverse du psalmiste qui s'écriait dans une sainte confusion :

 

« O Dieu, qu'est-ce que l'homme mortel que Tu te souviennes de lui et du fils de l'homme, que Tu le visites, » il semble dire dans son orgueil impie :

 

Qu'est-ce que Dieu pour que je me souvienne de Lui !

 

Et dans ces existences vides de Dieu, quelle place y a-t-il pour les frères et soeurs ?

 

...Retranchez quelques services commandés par la bienséance, quelques échanges ou chacun trouve son compte, quelques rapports créés par l'intérêt, quelques secours arrachés par le cri des misères humaines, parfois trop aigu pour que les plus sourds ne l'entendent pas, et dites-nous ce qui reste.

 

Où est l'amour fraternel ?

 

Où est le don de soi-même ?

 

Où est tout au moins la préoccupation sincère d'autrui ?

 

...Que ferai-je ?

 

Je ferai ma part, mon chemin, mon succès, ma,fortune ; je ferai tout...pour qui ?

 

Pour ce Dieu inférieur, pour cette misérable idole qui s'appelle le moi.

 

Ah ! Si nous pouvions, nous arrachant à cette atmosphère empoisonnée de péché que nous respirons, voir l'égoïsme tel qu'il est, tel qu'il apparaît aux yeux de Dieu, nous ne trouverions rien de trop fort dans ce mot de Pascal :

 

« Nous naissons injustes, car chacun tend à soi. »

 

Oui, cet égoïsme est l'injustice même.

 

-- Injustice par rapport à Dieu, car l'homme se faisant son propre centre et voulant tout faire aboutir à lui, se prend ainsi pour l'objet, pour le but, pour la fin ; et, dans une mesure effrayante, il se dérobe à Dieu, il lui ravit sa gloire, tranchons le mot, il se fait Dieu.

 

-- Injustice aussi par rapport aux hommes, car Dieu ne nous a pas créés indépendants et solitaires, il nous a créés solidaires et sociables.

 

Nous devons de droit strict, à tous nos frères et soeurs, respect et amour ; l'humanité est un corps dont nous sommes les membres, et nous n'avons pas plus le droit de refuser notre concours à l'utilité commune, qu'un membre du corps humain n'aurait le droit de rapporter tout à lui.

 

Penser à nos frères et nos soeurs, travailler pour nos frères et pour nos soeurs, nous donner à nos frères et à nos soeurs, ce n'est pas seulement, comme on le dit dans le monde, de la charité, par où l'on entend une sorte de luxe, de vertu facultative et surérogatoire ; c'est de la justice, c'est une obligation indéclinable.

 

Donc, quand nous ne tendons qu'à nous-mêmes, nous sommes injustes ; nous faisons déjà tort au prochain, nous qui prétendons si aisément ne faire tort à personne, en attendant que cette injustice latente devienne une injustice activé, et que cette indifférence coupable, armée par la passion, se change en hostilité.

 

En effet, qu'autrui nous fasse obstacle, qu'il vienne se mettre sur le chemin de notre ambition, de notre succès, de notre jouissance, nous l'écarterons, nous le foulerons aux pieds.

 

Aujourd'hui égoïstes, demain oppresseurs.

 

Souvenons nous de l'histoire de Caïn.

 

Voilà l'égoïsme.

 

Aussi le Christianisme vient-il lui déclarer une guerre à mort.

 

Ce mouvement qui nous ramène et nous absorbe dans le moi charnel, il le détourne ou plutôt il le retourne et le porte vers Dieu et vers nos frères, il le répand en adoration, en reconnaissance, en obéissance envers Dieu, en amour, en services, en sympathie, en dévouement pour les hommes.

 

Et tandis que l'égoïsme resserre, concentre, isole, divise, déshonore et abaisse ; l'amour, au pied de la croix, et « répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit, » l'amour dilate, l'amour féconde, l'amour vivifie, l'amour ennoblit, l'amour relève, l'amour travaille à l'harmonie éternelle.

 

Substituons au riche de la parabole un chrétien sur lequel Dieu a versé ses bénédictions.

 

Écoutons-le : à la place de l'égoïste : que ferai-je ?

 

Il dira avec saint Paul prosterné dans la poudre :

 

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

 

Seigneur, comment puis-je te glorifier ?

 

Seigneur, je veux te consacrer tes propres dons, je veux que, comme la rosée du ciel, descendus de Toi, ils remontent vers. Toi !

 

-- Et puis, regardant autour de lui après avoir regardé au-dessus de lui, il s'écriera :

 

Mes frères, que puis-je faire pour vous ? Pauvres, je vous assisterai ; malades, je vous visiterai ; affligés, je vous consolerai ; opprimés, je vous délivrerai...ou tout au moins je vous plaindrai !

 

Pour nous Chrétiens, il faut choisir entre ces deux directions du moi. (...)

 

Suite Egoïsme & Matérialisme (dernière partie)

 

Bible

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Published by Refuge Protestant Refuge du Chrétien - dans Réflexion
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