Réflexions Bibliques
sur le Pastorat féminin
(Suite & fin)
Par Paul Wells,
Rôles, autorité et valeur
Très souvent, on se réfère à la valeur que Jésus reconnaissait aux femmes ou à leurs dons, comme ceux de prophétie et de service mentionnés dans le livre des Actes, pour conclure que l'enseignement de Paul sur l'autorité de l'«episkopos» doit être transcendé.
En effet, refuser l'exercice du ministère d'autorité à la femme ne revient- il pas à considérer celle-ci comme dénuée des qualités nécessaires et donc comme inférieure à l'homme ?
Cette question est mal posée car, dans la seconde partie de la bible une différence d'ordre n'implique pas une différence de valeur.
De plus, cet argument porte en lui un cléricalisme larvé non-biblique, puisqu'il suggère également que tout homme ayant une responsabilité de direction dans l'Eglise est supérieur aux autres.
La Bible s'en prend souvent à ceux qui ont des positions d'autorité politique, sociale ou religieuse en soulignant l'insuffisance de leurs qualités profondes et elle établit un contraste, à cet égard, entre eux et les sans-puissance.
L'exhortation de Christ à rechercher non pas l'autorité mais le service ouvre une autre voie.
L'apôtre Paul tient en grande estime la femme et son service (Rom 16) tout en s'opposant au pastorat féminin.
La valeur que l' on a et l' estime dont on bénéficie n' aboutissent pas nécessairement à l'octroi d'une position d'autorité.
W. Edgar souligne la distinction nécessaire entre, d'une part, les dons et les charismes et, d'autre part, la vocation et l'ordre dans l'Eglise.
Ce que Paul dit sur le rôle des femmes ne concerne pas leurs capacités, mais sa vision de leur vocation.
La question n'est pas de savoir si les femmes ont les capacités pour être pasteurs, mais de discerner si, selon la Bible, c'est leur vocation.
Paul répond que les femmes n'ont pas cette vocation.
La femme, sans aspirer à devenir responsable de l'Eglise, doit accomplir sa vocation créationnelle de vis-à-vis (qui comprend, mais ne se limite pas, à celle d'épouse et de mère de famille, à laquelle est associée son «salut»: 1 Tim 2.15).
La personne de l'«episkopos» doit renforcer le principe fondamental du couple, non le contraire.
L'exercice par une femme de l' autorité sur les hommes-époux dans l'Eglise implique un renversement de la structure de responsabilité au sein du couple et des familles de l'Eglise; il dévalorise, en même temps, la maternité des femmes qui sont mères.
«Le souci de Paul n'est pas culturel et superficiel. Ce qui se passe dans l'Eglise ne doit pas renverser ou dévaloriser les rôles et donc les relations, enracinés dans la création de Dieu, qui appartiennent respectivement aux hommes -époux et pères -et aux femmes -épouses et mères.» (Barrett dans Evangelical Quarterly, 1989,237)
Conclusion
Ces textes bibliques n'ont pas pour contexte la culture, mais la création et la christologie.
Ils sont donc transculturels et, ainsi, ne se périment pas dans l'Eglise, où l'ordre créationnel n'est pas gommé, mais restauré et purifié.
Ils indiquent que le rôle d'autorité et d'enseignement dans le culte public incombe à l'homme et que la femme ne peut pas y accéder sans déshonorer son «chef».
Ils ne traitent pas de coutumes locales, mais de traditions qui remontent à Jésus ou, au moins, aux apôtres; ils sont donc d'application générale : pour toute l'Eglise.
Ils ne dévalorisent pas la femme, car ils concernent non sa nature, mais sa fonction.
Les respecter ouvre, au contraire, la voie à l' exercice d'une diversité de ministères, autres que celui de conducteur-pasteur, qui soient utiles et bienfaisants pour toutes et tous dans l'Eglise.
S'écarter de l'enseignement biblique à cet égard me semble grave pour deux raisons :
- ce serait modifier le fondement apostolique de l'Eglise ;
- ce serait permettre que s'établissent de nouvelles structures de relations entre les femmes et les hommes dans les autres domaines de la vie, surtout dans la famille, au sein de laquelle la subordination de la femme n'est rien moins qu'un modèle de comportement christique... comme c'est aussi le cas dans l'Eglise ;
- ma conviction en ce qui concerne le pastorat féminin est fondée sur trois textes, interprétés selon l'analogie avec d'autres textes bibliques (avant tout ceux de la Genèse, Ephésiens 5 et 1 Pierre 3.1- 7) traitant le rapport créationnel homme-femme et la nature du ministère consacré.
Ce fondement, s'il peut sembler mince, est néanmoins largement suffisant.
Aucun texte sur le ministère dans l'Eglise permettant aux femmes de devenir anciens-enseignants ne lui est, en effet, opposable.
Est-il permis de modifier les structures de l'Eglise sans une raison biblique explicite (voir 1 Corinthiens 14.36-38)?
Arguer du silence de l'Ecriture sur le pastorat féminin ne revient-il pas à supposer que celle-ci est insuffisante sur ce sujet ?
Pouvons-nous remplacer son message explicite pour des raisons «culturelles et sociologiques» , finalement très faibles, sans contrecarrer l'autorité de l' Ecriture sur ce point ?
N'est-ce pas en adoptant une herméneutique relativiste sur une question que nous nous ouvrons au pluralisme sur toutes les autres ?
Paul Wells,


Source : Promesses





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