Il est possible d'être convaincu de servir Dieu, alors qu'en fait notre service peut être tout sauf un parfum de bonne odeur pour Christ.
Autrement dit, nous pouvons "faire de bonnes choses pour les mauvaises raisons", ce qui "gâche" l'activité en question.
Faire le "bien" sans que cela soit ....bien.
Servir Dieu ne limite pas la réflexion aux activités dans une Eglise.
Servir Dieu, c'est aussi servir notre prochain, notre société, nos collègues, nos ami(e)s, notre Directeur et/ou Responsable divers dans un emploi "séculier", notre Épouse, notre Époux, nos enfants à la maison, mais aussi notre pasteur dans les tâches qu'il peut confier pour le bien de l'Eglise.
Ce sujet nous concerne tous.
Plusieurs texte de l'Ecriture montrent qu'une activité qui peut paraître plaire à Dieu peut ne pas Lui être agréable en raison de l'état d'esprit dans lequel elle est accomplie.
- Une belle oeuvre faite pour gagner l'accès à Dieu, est "bonne à être mise au rebut" (Philippiens 3.8)
- Les Corinthiens utilisaient leurs talents spirituels sans amour réel pour les autres (1 Corinthiens 12-14), ce qui revient à n'être "rien de plus qu'un airain résonnant ou une cymbale bruyante" (1 Corinthiens 13.1)
- Un serviteur de Dieu qui bâtit de manière douteuse sur le fondement de Jésus Christ (y compris son attitude) verra sa construction consumée par le feu lors du Jugement Final. Au lieu d'utiliser de l'or, de l'argent et des pierres précieuses résistant au feu, il a opté pour des matériaux inflammables tel que le bois, le chaume ou du torchis de paille (1 Corinthiens 3.10-15)
- Annoncer Christ "par jalousie et par un esprit malsain de rivalité, voire des motifs étant loin d'être innocents" (Philippiens 1.15,17)
- Alors que Paul rédige sa lettre aux Philippiens, tous, dans son entourage (y compris, sans doute, des personnes croyant servir Dieu), à l'exception de Timothée, "ne s'intéressent qu'à leurs propres affaires et non à la Cause Sainte de Christ" (Philippiens 1.21)
Cet échantillonnage d'exemples donne à réfléchir.
Alors, avant d'intervenir de quelque manière que ce soit, rencontrer des personnes, nos ami(e)s, nos voisins, nos collègues, rendre un service pratique, m'occuper de ma famille, accomplir une tâche en apparence "peu spirituelle" (car, dans la Vie Chrétienne, TOUT est "Service de Dieu"), avec l'aide de Christ,
Avant toutes choses, je remercie Dieu.
La gratitude et reconnaissance me recentre sur Lui et sur Sa Bonté.
Lui dire merci pour ce qui me vient à cœur et à l'esprit, et, tout particulièrement, pour le salut extraordinaire que Dieu m'a accordé.
Le remercier pour Son Aide et Secours à le servir en toute circonstance.
Lui demander à conduire ma prière tel qu'Il le souhaiterait.
J'ai accès à Dieu grâce à Christ Seul.
Je ne sers et n'aime pas Dieu pour qu'Il m'accepte ; Il m'a déjà accueilli !
Je m'ancre dans la doctrine Sainte de la justification par la Foi Seule.
Christ a mérité l'Approbation de Dieu à ma place.
Je me repose uniquement dans Son Oeuvre pleinement accomplie.
Avec Christ, Son joug est facile à porter et Son fardeau léger. (Matthieu 11.30)
Je ne suis pas à moi-même mais j'appartiens à Christ.
Un passage sous la plume de Jean Calvin cite :
Nous ne nous appartenons pas (1 Corinthiens 6.19) ; que notre raison et notre volonté ne dominent pas dans nos réflexions et nos décisions.
Nous ne nous appartenons pas ; n’ayons pas pour objectif ce qui nous plaît selon la chair.
Nous ne nous appartenons pas; oublions-nous nous-mêmes autant que possible, ainsi que tout ce qui nous entoure.
Au contraire, nous sommes au Seigneur; que sa volonté et sa sagesse dirigent nos actions.
Nous sommes au Seigneur; que tous les aspects de notre vie soient orientés vers lui comme étant notre unique objectif.
Ô que de bienfaits a reçu la personne qui, sachant qu’elle ne s’appartient pas, a renoncé à l’autonomie et à la domination de sa propre raison pour les remettre à Dieu !
Car la satisfaction d’être maître à bord est la pire peste qui puisse atteindre les êtres humains pour les perdre et les couler ; aussi l’unique havre de salut est-il de ne pas être sage à ses propres yeux, de ne rien attendre de soi, mais seulement de suivre le Seigneur (Romains 14.8).
– Institution de la religion chrétienne, Livre III, chapitre VII
Je m'assure d'être en mode " Marie" plutôt qu'en mode "Marthe" (Luc 10.38-42)
Je ne peux donner aux autres que ce que j'ai reçu de Christ.
Je confesse mes fautes.
Suis-je conscient d'un péché non reconnu ? Je me mets rapidement au bénéfice du sang de Christ (1 Jean 1.9) en réglant également ce qu'il y a à régler selon Dieu et devant les hommes s'il se doit avec honnêteté et droiture.
J'implore son secours
Même les fois où le service que je m’apprête à réaliser est très « terre à terre » et ne semblerait pas justifier à nos propres yeux le recours au Secours Divin, je place ma confiance et demande aide à Mon Dieu.
Existe-t-il vraiment des activités que je puisse accomplir « sans Dieu »?
Ce que je suis à présent, c’est à la Grâce de Dieu que je le dois, et cette Grâce qu’Il m’a témoignée n’a pas été inefficace.
Loin de là, j’ai peiné à la tâche plus que tous les autres apôtres – non pas moi, certes, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. (1 Corinthiens 15.10).
Ce qui a fait défaut à Marthe, c'est la joie, engagée par ailleurs dans un service tout à fait louable (Luc 10.38-42).
Mais dans l’ordre, j'ai la joie d’être un pécheur pardonné ; et j'ai l'immense joie de pouvoir servir Mon Dieu, Mon Sauveur et Seigneur.
Ce que je fait en tant que Chrétien sauvé par Grâce vise le bien des autres.
Je mets donc en priorité l’intérêt des personnes.
Je rejette toute fausse humilité et je m'attends de quelque manière que ce soit à ce que Dieu bénisse ce qui sera fait à Sa Gloire Seule, et non forcément en termes de fruits visibles ou de résultats apparents, mais dans la perspective qui est la Sienne.
Je suis au service de Christ, pas de mon petit royaume personnel.
S’il m’arrivait d’avoir l’impression qu’une certaine mesure de bénédiction accompagnait ce que je fais, je m’engage à attribuer, dans le silence de mon cœur, tout l’honneur à Dieu.
Si, au contraire, je devais ressentir l’impression désagréable d’avoir perdu mon temps, je donnerai aussi gloire à Dieu, car Lui ne perd jamais le Sien.
Dieu n'a pas besoin de moi.
Je ne suis pas indispensable. Dieu ne manque pas de ressources humaines, et je suis loin d’être Sa Seule Option.
Si je meurs avant d’avoir pu accomplir un quelconque service, Dieu ne sera pas pris au dépourvu, et le mouvement des astres ne s’interrompra guère ! Dieu accomplira Son Plan quoiqu'il en soit, avec ou sans moi.
Ces exemples ne sont pas exhaustifs, et ceux ci ne constituent certainement pas la seule manière d’aborder d'être en tant que Chrétien.
Mais c’est un bon regard susceptible d’aider face à un nombre considérable de pièges dans lesquels nous pourrions tomber.
Je me mets au bénéfice de la pureté de Christ, voulant Lui ressembler de plus en plus, y compris dans tout ce que je ferai pour Mon Maître.
Amen,
D. Angers,
Professeur & Docteur en Théologie pratique Québec,
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