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Vie Protestante Réformée

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 14:35

Adolphe Monod

LA  PROPITIATION
ou l'oeuvre du Fils (Suite)

(Adolphe Monod)

(3ème et dernière  partie)

 

 

« Car c'est lui qui est la propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais a aussi pour ceux de tout le monde.  »
(1Jean 2.2)



 

(...) Supprimer le sacrifice de Jésus-Christ, son sacrifice de propitiation, c'est plus que de supprimer une doctrine clairement révélée de Dieu ; c'est supprimer le Dieu vivant et vrai ; le Dieu vivant, en supprimant le rapport du Père au Fils dans la Trinité ; le vrai Dieu, en supprimant le combat et l'harmonie de la sainteté et de l'amour dans le Dieu de l'Évangile ; c'est nier à la fois la nature divine et le caractère divin ; c'est substituer le Dieu du déiste au Dieu de Jésus-Christ !

 

L'Écriture nous a été donnée pour nous sauver, mais pour nous sauver tout en nous sanctifiant.

 

Faut-il montrer, après ce que nous venons de voir, que tel est le caractère de la rédemption qui est par le sang de Jésus-Christ, pour quiconque s'y associe par la foi ?

 

Si la vie éternelle est de connaître le vrai Dieu, la sainteté est de l'imiter : or, quoi de plus propre à faire du croyant « un imitateur de Dieu, » que le spectacle que nous venons de contempler ?

 

La sainteté et l'amour, qui sont les deux traits essentiels du caractère divin, sont également, et sont pour cela même, les deux traits essentiels du caractère chrétien.

 

Donnez-moi un homme en qui se trouve une sainte horreur du péché, tempérée par un tendre amour pour Dieu :

 

je serai en paix sur son développement spirituel, parce que je trouve dans ces deux dispositions qui se relèvent et s'achèvent mutuellement, le germe de tout bien à faire et de tout mal à éviter.

 

Eh bien ! cet homme, comment le formera-t-on ?

 

Vous avez répondu vous-mêmes.

 

On le formera en le plaçant devant la croix de Jésus-Christ.

 

Ce qu'elle lui montrera en Dieu, elle le fera pénétrer dans son coeur, par le Saint-Esprit, par la foi.

 

Cette sainteté terrible, inflexible, résolue de ne pactiser avec aucun péché, et prête à sacrifier le Fils unique et bien-aimé plutôt que de se prêter à aucune apparence de mal, comment la contempler si vivement dépeinte sur cette croix, sans s'associer à elle de tout son coeur, et sans ressentir pour le péché cette horreur instinctive, que Zinzendorf exprimait en disant :

 

« Quand je trouve le péché sur mon chemin, je marche dessus comme sur un serpent ? »

 

Cet amour infini, ineffable, prêt à tout donner pour nous jusqu'au Fils unique et bien-aimé, comment le contempler aussi sans se sentir pressé d'y répondre, et sans s'écrier avec le pieux Cellérier :

 

« Quand j'aurais mille vies et mille coeurs je les lui donnerais tous, en ne regrettant que d'avoir si peu à lui offrir ? »

 

Connaissez-vous un homme livré à des ressentiments ou à des convoitises qu'il déplore, qu'il condamne, mais dont rien au monde ne l'a pu encore affranchir, et faisant l'amère expérience de cette parole de l'Apôtre :

 

« Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas ? »

 

Hâtez-vous de le conduire devant la croix de Jésus-Christ : qu'il connaisse, qu'il apprenne, qu'il croie, que le Fils de Dieu est venu sur la terre souffrir et mourir en sacrifice de propitiation pour nos péchés : il trouvera dans ce spectacle, s'il croit, la force qu'il n'a trouvée nulle part ailleurs pour soumettre sa chair rebelle à la sainte loi de Dieu.

 

Vous lui avez parlé de la beauté de la loi, des droits de Dieu sur lui, des exemples des saints, de l'injustice du péché, des suites terribles qu'il traîne à sa suite, pour le temps et pour l'éternité : il ne s'est point rendu.

 

Mais pourra-t-il ne pas se rendre, s'il contemple avec foi Jésus mourant à sa place et en Jésus mourant son péché déjà tout puni, et tout ensemble tout pardonné ?

 

N'y a-t-il pas dans ce spectacle un argument également persuasif pour son intelligence, pour son coeur, pour sa conscience, pour sa volonté, pour tout son être ?

 

Un argument, ai-je dit ?

 

Dites plutôt un cri, un appel, une puissance irrésistible (irrésistible...qu'il le soit ou non, il doit l'être) !

 

Car enfin le mot d'argument serait par trop froid pour peindre ce que trouverait une mère dans la vue de son fils arraché à la mort par un ami qui s'y est livré à sa place !

 

« Nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier ; vous avez été rachetés par prix, glorifiez donc Dieu en votre corps et en votre esprit qui appartiennent à Dieu ; vous n'êtes plus à vous-mêmes ; Christ a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu'étant morts au péché nous vivions à la justice : »

 

Voilà de ces raisons, également acceptables pour un philosophe et un enfant, qui prennent un homme tout entier, et qui ne lui laissent ni le moyen ni la volonté d'échapper. Jésus-Christ crucifié, qui ramène l'ordre et la paix dans le monde moral bouleversé par le péché, les ramène également dans l'âme du croyant, et une vie nouvelle commence pour lui sous la croix.

 

Mais que cela est froid ! Que tout se glace et se dessèche en passant par la bouche de l'homme !

 

O désespoir de la théologie et de la prédication ! ô impuissance de l'esprit et du langage humain pour saisir une matière si étendue, pour pénétrer une matière si profonde ! j'en appelle à l'Évangile et à votre coeur -- et je me tais.

Ici, ici seulement, est la vertu de la régénération !

 

Ici, ici seulement, se sont formés tous les saints dignes de ce nom.

 

Ici, ici seulement, est la force et la grâce commune d'un Paul et d'un Jean, d'un Augustin, d'un Luther et d'un Calvin, d'un Pascal et d'un Coligny, de tous ceux qui sous quelque nom que ce soit ont surmonté la chair et marché selon l'Esprit !

 

Tout cela est si vrai que la croix de Jésus-Christ trouve au fond de notre coeur un secret besoin auquel elle répond et qui peut aller jusqu'à la pressentir, car il y a des vérités divines pressenties.

 

Tout tombé qu'il est, notre homme intérieur garde pourtant de sa première gloire je ne sais quelles ruines où se reconnaît encore le plan primitif, quand la lumière du ciel les vient éclairer.

 

De là, la vérité divine nous apparaît parfois comme connue, non comme étrangère.

 

Bien qu'élevée au-dessus de toutes nos conceptions et de toutes nos prévisions, bien qu'impossible à trouver, que pour celui qui s'écrie dans Job :

 

« J'ai trouvé la propitiation ! » (33.24) comme s'il admirait qu'il l'eût pu découvrir, -- la rédemption a son témoin silencieux dans votre coeur et dans le mien, pour ne rien dire du consentement de l'humanité tout entière, attesté par l'usage constant et universel des sacrifices.

 

Pour moi, je puis parler ici d'expérience.

 

Non seulement j'ai reconnu que la rédemption une fois connue s'adaptait à mon sentiment intérieur, mais je l'ai pressentie, avant de l'avoir connue, comme l'unique moyen de mettre ce sentiment intérieur d'accord avec lui-même.

 

Avec le besoin de pardon, que le sentiment sérieux du péché ne peut manquer d'exciter en nous, j'en éprouve un autre : le besoin d'expiation.

 

Je souhaite que Dieu me pardonne, sans doute ; mais je ne trouve ni possible, ni désirable même qu'il me pardonne sans mettre à l'abri la sainteté de sa loi.

 

L'indulgence est bonne d'homme à homme et convient à l'homme pécheur ; la miséricorde seule peut s'exercer de Dieu à l'homme, parce qu'elle convient seule au Dieu saint.

 

J'appelle indulgence un pardon donné sans qu'il en coûte rien ; j'appelle miséricorde le pardon achetant par le sacrifice le droit de se donner.

 

Affamé de grâce, mais jaloux pour la loi de Dieu, je trouve au pied de cette croix le seul pardon qui réponde, je ne dis pas seulement aux exigences de la loi divine, mais à celles mêmes de ma conscience, parce qu'ici seulement je retrouve un moyen de glorifier la loi de Dieu dans mon pardon, tout aussi bien que je l'aurais pu faire en y obéissant, oserai-je dire mieux encore ?

 

En obéissant, je rendais à cette loi un hommage tacite, indirect, inconscient de lui-même ; mais en ne rentrant en grâce que par voie d'expiation, je rends à cette loi un hommage distinct, direct, réfléchi, douloureux.

 

Je le dis avec une conviction arrêtée : ce pardon-là est le seul qu'il soit digne de Dieu de m'offrir ; je m'enhardirai jusqu'à dire que c'est le seul qu'il soit digne de moi d'accepter.

 

Tout autre pardon inquiéterait mon âme comme un désordre.

 

Je ne puis, je ne veux pas être heureux aux dépens de la sainteté divine.

 

Loin de moi un salut où la gloire de Dieu perdrait !

 

Commencez par sauver sa loi sainte ; et vous me sauverez après, si vous pouvez !

 

Ô croix ! Ô sang du Saint des saints versé pour mes péchés !

 

Ô sacrifice trois fois amer d'une victime trois fois sainte !

 

Ô croix, qui justifies tout ensemble et le pécheur perdu devant la loi de Dieu, et le Dieu qui pardonne, devant la conscience du pécheur !

 

Ô croix, croix trois fois bénie, mon âme tout entière vole au-devant de toi !

 

Elle t'appelait avant de te connaître : de quel coeur ne te saisira-t-elle pas, connue ?

 

Elle ne te doit pas moins que de pouvoir glorifier la loi de Dieu, autrement que par sa damnation, autre part que dans l'enfer !

 

Ô croix, croix trois fois sainte et trois fois miséricordieuse ! Solution du problème des problèmes !

 

Que d'autres tournent autour de toi pour chercher ; que peut-on chercher quand on t'a trouvée ?

 

Tu m'as révélé Dieu ; tu m'as révélé moi-même à moi-même ; en te trouvant, je l'ai trouvé, et je me suis retrouvé !

 

Et je ne veux employer ce qui me reste de vie qu'à te montrer à qui t'ignore.

 

Oui, ô mon Dieu ! Je m'associe intérieurement à ta rédemption.

 

Je cherchais sur la terre un coin où je pusse, tel que je suis, misérable pécheur, te donner gloire encore : je l'ai découvert, et ce coin, c'est celui qu'ombrage la croix de Jésus.

 

Sauve-moi donc ici, ô mon Dieu, puisqu'ici tu as trouvé le moyen de me sauver, je ne dis pas en abaissant ta loi et tes perfections, mais en les élevant plus haut que jamais !

 

Venez donc, venez, qui que vous soyez qui m'écoutez.

 

Ce frère, cette soeur, avec qui je veux partager cette grâce, c'est vous ; et c'est pour cela que j'ai parlé.

 

J'ai voulu, sans doute, affermir dans la foi au sang de l'Agneau de Dieu ceux qui ont commencé d'en connaître la douceur salutaire ; mais j'ai voulu surtout vous la révéler à vous qui y avez été jusqu'à ce jour étrangers.

 

Je l'ai dit : je ne monte pas ici en théologien, mais en apôtre ; je n'expose pas la doctrine, j'annonce l'Évangile, je proclame le salut.

 

Eh ! qui sait si Dieu ne m'a pas suscité tout exprès pour faire tomber le voile étendu jusqu'ici sur vos yeux.

 

Qui sait si Jésus-Christ n'est pas présent au milieu de nous, vous cherchant par ma voix et vous disant :

 

« Mon fils, donne-moi ton coeur ! »

 

Qui sait si un jour nouveau ne va pas se lever sur votre âme, une joie nouvelle se répandre dans votre coeur, une lumière nouvelle illuminer votre sentier !

 

Qui le sait ? C'est à vous de le savoir.

 

Tout cela est pour vous, si vous le voulez ; pour vous, aujourd'hui même.

 

Dieu ne demande qu'à vous sauver :

 

« il attend pour vous faire grâce »

 

Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié se tient humblement à votre porte, en vous disant (ne l'entendez-vous pas ?) :

 

« Je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi. »

 

Quelqu'un ? C'est votre nom, votre propre nom qu'il nommerait, n'en doutez pas, s'il ne voulait que ce tendre appel pût servir en même temps pour tous les autres, c'est-à-dire si sa charité n'était aussi étendue qu'elle est profonde.

 

Jusqu'ici, Jésus n'était mort que pour le monde : il ne l'était pas pour vous, qui n'y songiez pas.

 

Voici venir le moment où ce sacrifice devient vôtre.

 

Quand Jésus-Christ meurt sur la croix, la terre tremble, les rochers se fendent, le voile du temple se déchire, le soleil se couvre, les morts sortent de leur tombeau.

 

Donnez donc aux anges le même spectacle que leur donne la terre en voyant expirer son Sauveur.

 

Sol qui portes ce pauvre pécheur, tremble sous ses pieds !

 

Fendez-vous, rochers de son coeur !

 

Déchire-toi, voile qui lui interceptes la vue de Dieu !

 

Couvre-toi, soleil trompeur du monde et de sa philosophie ! Et que le mort sorte de son tombeau !




Adolphe Monod,

Bible

Croix Huguenote

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 14:34

Adolphe Monod

LA  PROPITIATION
ou l'oeuvre du Fils (Suite)

(Adolphe Monod)

(2ème partie)

 

 

« Car c'est lui qui est la propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde.  »
(1Jean 2.2)



 

(...) Gardez-vous de réduire ce grand sacrifice aux proportions mesquines d'une figure ou d'une déclaration ; c'est « une rédemption éternelle, » le sacrificateur, qui est en même temps la victime, « ayant fait par soi-même la purification de nos péchés » (Hébreux 1.3 ; 9.12).

 

L'Écriture s'en exprime en termes qui n'ont rien d'équivoque ; vous n'avez qu'à comparer entre eux le témoignage qu'elle rend des sacrifices initiaux et celui qu'elle rend de Christ.

 

D'une part, « il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés » (Hébreux 10.4), et les sacrifices où ce sang était répandu « ne pouvaient sanctifier la conscience de ceux qui les présentaient » (Hébreux 9.9 ; 10.1-2), de l'autre, « le sang de Jésus-Christ purifie de tout péché » (1Jean 1.7), et « le sang de Christ, qui par l'Esprit éternel s'est offert lui-même à Dieu sans nulle tache, purifiera votre conscience des oeuvres mortes, pour servir le Dieu vivant » (Hébreux 9.14).

 

Pauvres pécheurs qui m'écoutez, je vous le dis :

 

Il y a une seule chose au monde qui soit capable d'effacer vos péchés : ce ne sont pas vos pénitences, ni vos oeuvres, ni votre repentance, ni même vos prières, c'est le sang du Fils de Dieu.

 

Soyez lavés dans ce sang précieux, et « quand vos péchés seraient comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige, et quand ils seraient rouges comme le vermillon, ils seront blanchis comme la laine » (Esaïe 1.18) ; mais hors de là, rien ne pourrait effacer la moindre trace du moindre de vos péchés !

 

Mais c'est peu que je vous le dise ; l'Église universelle vous le dit avec moi : elle n'a jamais su entendre l'Évangile autrement.

 

C'est une grande chose que la tradition de l'Église, quand cette tradition est générale.

 

Nul n'a raison contre tous ; et comme l'accord de tous, en matière philosophique, démontre l'existence d'un sentiment gravé, ineffaçablement dans le fond du coeur de l'homme, ainsi l'accord de tous, en matière religieuse, démontre la clarté irrésistible de l'enseignement divin, sur un point que tous y trouvent également.

 

Eh bien ! Nommez une doctrine plus universellement acceptée dans l'Église, sur la foi des Écritures, que l'est la rédemption.

 

Je n'irai pas, comme je l'ai fait pour d'autres doctrines, notamment pour la Trinité, en chercher la preuve dans les confessions de foi, anciennes ou modernes : ici, les choses sont si évidentes que nous pouvons procéder plus simplement.

 

Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil autour de soi : la croix est partout où est Jésus-Christ.

 

Quelle est l'âme de la doctrine de l'Église primitive ? La croix ;

 

Selon l'Église elle-même, qui s'en explique par l'organe des saints apôtres ? la croix (1Corinthiens 2.1)

 

Selon la synagogue, qui se scandalise ? la croix (1Corinthiens 1.23)

 

Selon la Grèce, qui se raille ? la croix (id.)

 

Selon Rome, qui s'inquiète et qui persécute ? la croix.

 

Quel est le symbole de la foi chrétienne ? la croix

 

Pour la tradition, qui en fait le signe qui détermine la conversion de Constantin ? la croix.

 

Pour l'art, qui en fait le caractère architectural des Églises chrétiennes ? la croix.

 

Pour la superstition, qui en fait l'emblème et le témoignage visible de la piété chrétienne ? la croix.

 

Quel est dans l'Évangile le point de mire qui attire toutes les attaques de l'incrédulité ? la croix .

 

Le fond commun de la foi des apôtres, des Pères, des Réformateurs, des confesseurs de tous les temps ? la croix.

 

Le terrain commun de toutes les grandes communions entre lesquelles l'Église chrétienne s'est divisée (romaine, grecque, protestante) ; ou subdivisée (anglicane, luthérienne, réformée) ? la croix.

 

Quel est enfin le résumé du culte chrétien, des sacrements chrétiens, des convictions chrétiennes, des missions chrétiennes ? la croix, toujours la croix.

 

Et quand l'Apôtre s'écrie :

 

« Loin de moi de me glorifier en autre chose qu'en la croix de Christ, par laquelle je suis crucifié, au monde, et le monde à moi » (Galates 6.14),

 

c'est l'Église entière qui jette par son organe ce cri significatif où elle se réunit comme un seul homme, témoin ses cantiques, ses prières, ses docteurs, ses martyrs, ses combats, ses revers, ses victoires, toute son histoire du commencement à la fin.

 

Après cela, si nous pouvions jamais rougir de la croix de Jésus-Christ, l'Église universelle rougirait à son tour de nous !

 

Notre christianisme n'aurait plus de sel, ni notre ministère de sens ! et nous serions les partisans d'un crucifié, au lieu d'être les serviteurs du Dieu vivant !

 

Ce n'est pas assez d'avoir recueilli la doctrine révélée par l'Écriture et reçue par l'Église sur la mort de Jésus-Christ : il faut en pénétrer l'esprit.

 

Les doctrines du salut ont deux faces : l'une, divine, absolue, par où elles sont vraies en soi en dehors de nous et au-dessus de nous ; l'autre, humaine, spirituelle, par où elles deviennent nôtres ayant pénétré au dedans de nous par la porte de la foi, et par la main du Saint-Esprit.

 

Nous venons de contempler la rédemption de Jésus-Christ comme objet de révélation, contemplons-la maintenant comme objet d'expérience, et apprenons comment ce moyen de salut si étrange, éclaire, nourrit, sanctifie l'âme qui s'ouvre pour le recevoir.

 

« C'est ici la vie éternelle, dit Jésus-Christ, de te connaître, toi le seul vrai Dieu, »

 

à quoi il ajoute :

 

« et Jésus-Christ que tu as envoyé » (Jean 17.3),

 

parce qu'on ne connaît le vrai Dieu qu'en Jésus-Christ :

 

« nul ne connaît le Père que le Fils, et celui à qui le Fils l'aura voulu révéler » (Matthieu 11.27).

 

Or, Jésus-Christ ne nous révèle nulle part aussi bien le vrai Dieu que lorsqu'il meurt en sacrifice de propitiation pour nos péchés.

 

Quiconque se place devant sa croix et la contemple avec foi, trouve dans cette contemplation un cours sommaire de théologie, mais de la théologie la plus haute et la plus populaire tout ensemble.

 

Je pourrais, si une matière si profonde n'alarmait ma faiblesse, aller jusqu'à dire que la croix de Jésus-Christ jette une lumière obscure sur l'essence même de Dieu, cachée au sein de la Trinité.

 

J'entrevois, dans Jésus-Christ crucifié, cette unité distincte, cette opposition harmonique qui est le propre de la Trinité prise sur le fait dans le sacrifice du Fils de Dieu (1Jean 1.7 ; 3.8).

 

Car ici, à la différence de tous les autres sacrifices qui sont offerts par la main de l'homme, c'est Dieu qui offre le sacrifice, mais qui l'offre à lui-même.

 

Qu'y a-t-il de plus harmonique que le sacrifice ?

 

Et quoi de plus un que le Père ; livrant son Fils bien-aimé ; et le Fils bien-aimé se livrant lui-même pour sauver l'homme perdu ?

 

Mais qu'y a-t-il aussi de plus personnel que le sacrifice, et quoi de plus distinct que celui qui l'offre et celui à qui il est offert ?

 

Je l'entrevois -- oui, mais comme au travers d'un nuage, et ce nuage, je veux le respecter, car il vient aussi de Dieu à sa manière.

 

Aussi bien, une fois engagé dans ce conseil redoutable du Père, du Fils et du Saint-Esprit, où s'arrêteraient nos questions ?

 

Est-ce le sacrifice prévu du Fils qui a déterminé le pardon du Père ?

 

Ou bien est-ce la volonté de pardonner chez le Père qui a déterminé le sacrifice du Fils ?

 

Ou bien se sont-ils déterminés l'un l'autre à la fois, dans le même temps, je veux dire dans la même éternité ?

 

Comment se représenter le Père désarmé par le sacrifice du Fils, quand c'est le Père lui-même qui à envoyé son Fils au monde, et qui l'a livré pour nos offenses ?

 

Mais aussi comment se représenter lé Fils obligé par le Père à se sacrifier pour les pécheurs, quand ce sacrifice est ce qu'il y à de plus libre et de plus spontané :

 

« Je donne ma vie ; je la donne de moi-même ?... » (Jean 10.18.)

 

Non, non, arrêtons-nous devant cet abîme ; et venant à des considérations plus à notre portée, contentons-nous de recueillir les leçons que nous donne Jésus-Christ crucifié sur le caractère de Dieu, et plus spécialement sur ses dispositions à l'égard de l'homme pécheur.

 

C'est là le premier point de toute révélation, mais ce point est obscur et en apparence contradictoire, par ce que l'Écriture nous révèle à la fois de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde, l'une qui l'oblige à punir, l'autre qui l'invite à pardonner.

 

Cette contradiction se déclare sans détour, sans effort de conciliation, dans cette définition étrange que Dieu fait de lui-même au jour qu'il fait passer sa gloire devant Moïse caché dans un rocher :

 

« L'Éternel, l'Éternel ! le Dieu fort, compatissant, miséricordieux, tardif à colère, abondant en gratuité et en vérité ; gardant la gratuité jusqu'en mille générations, ôtant l'iniquité, le crime et le péché qui ne tient point le coupable pour innocent ; et qui punit l'iniquité des pères sur les enfants, et sur les enfants des enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34.6-7).

 

Remarquez-vous ce contraste impossible à démêler :

 

« ôtant le péché, » et « ne tenant point le coupable pour innocent ; » « gardant la gratuité ; » et « punissant l'iniquité ? »

 

Dans l’Alliance Renouvelée, chacun de ces deux traits du caractère de Dieu, l'amour qui épargne et la sainteté qui frappe, est relevé par une définition à part, que nous empruntons à notre apôtre :

 

« Dieu est amour » (1Jean 4.8, 16), il est l'amour même, voilà de quoi rassurer le pécheur ; « Dieu est lumière » (1Jean 1.5), il est la lumière, c'est-à-dire la sainteté même, voila de quoi effrayer le pécheur.

 

Qui donc se chargera de mettre d'accord cet amour et cette sainteté, qui, demandant des choses toutes contraires, semblent condamnées à une guerre interminable ?

 

La croix de Jésus-Christ l'a fait, et c'est pour résoudre ce redoutable, dirai-je cet insoluble problème, qu'elle a été dressée.

 

Sur cette croix, le pardon, sollicité par l'amour de Dieu, est hautement proclamé ; mais ce pardon est au prix d'une souffrance dans laquelle est non moins hautement proclamée la peine réclamée par la sainteté de Dieu.

 

En deux mots, le pardon est un sacrifice, qui, séparant le péché d'avec le pécheur, tout inséparables qu'ils sont, frappe l'un pour épargner l'autre, et met dans une égale lumière l'amour de Dieu et la sainteté de Dieu, en les associant l'un à l'autre, que dis-je ?

 

En les mesurant l'un par l'autre, puisqu'ils se relèvent mutuellement.

 

Cherchez par toute la terre la marque la plus grande que vous puissiez trouver de l'amour de Dieu pour le pécheur : vous la trouverez sur la croix de Jésus-Christ, puisque cette croix vous apprend, non seulement que Dieu pardonne au pécheur, mais qu'il est si bien résolu de lui pardonner que, plutôt que de le laisser périr, il frappe en sa place son Fils unique et bien-aimé.

 

Mais aussi, cherchez par toute la terre la marque la plus grande que vous puissiez trouver de l'horreur de Dieu pour le péché : vous la trouverez encore sur la croix de Jésus-Christ, puisque cette croix vous apprend, non seulement que Dieu punit le péché, mais qu'il est si bien résolu de le punir, que, plutôt que de le laisser impuni, il le recherche dans la personne de son Fils unique et bien-aimé.

 

Ni la création, ni la providence, ni la terre, ni le ciel, n'ont rien de comparable à la croix de Jésus-Christ pour proclamer que « Dieu est amour ; » ni Éden fermé, ni le Déluge, ni Sodome et Gomorrhe en feu, ni Jérusalem détruite et son temple brûlé, n'ont rien de comparable à la croix de Jésus-Christ pour proclamer que « Dieu est lumière. »

 

Et, pour surcroît, tout cela est rassemblé dans la même scène, vu du même coup d'oeil, senti dans le même battement de coeur ; -- ô merveille, ô mystère, « ô profondeur ! »

 

Reconnaissez-le donc : le sacrifice de Jésus-Christ renferme en soi le fond de tout l'Évangile.

 

La Propitiation ou l’oeuvre du Fils (Suite et Fin)

 

Bible

Croix Huguenote


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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 14:33

Adolphe Monod               

La propitiation ou  l'oeuvre du Fils

D’Adolphe Monod,

(1ère partie)

 

« Car c'est lui qui est la propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde.  »
(1Jean 2.2)



Si nous lisions l'Évangile pour la première fois, et sans que l'habitude eût émoussé nos impressions, nous serions vivement frappés de la place qui y est donnée à Jésus-Christ mourant.

 

Demandez soit à un enfant chrétien, soit à un disciple d'un âge mûr, ce que Jésus-Christ est venu faire sur la terre: 

mourir pour nous,

 

telle sera la réponse de l'un et de l'autre ; réponse que le premier a prise à la surface des Écritures, tandis que le second l'a trouvée dans ces mêmes Écritures étudiées jusqu'au fond.

 

L'un a remarqué partout cette mort, prédite par Jésus-Christ Lui-même, mise au premier plan par les quatre évangiles, rappelée sans cesse dans les épîtres des apôtres, servant de texte à tous leurs discours, figurée par l'un et l'autre sacrement (Romains 6 ; 1Corinthiens 11).

 

L'autre a vu cette mort, servant de centre et d'âme à tous les autres actes du grand ouvrage de notre rédemption, qui semblent, soit qu'ils la précèdent ou qu'ils la suivent, n'être là que pour elle : l'incarnation n'ayant pour objet que de la préparer (Jean 12.24 ; Hébreux 2.14), la résurrection d'en attester le sens et le prix (Romains 4.25), l'ascension d'en assurer les fruits précieux (Hébreux 9.12).

 

Si la résurrection de Jésus-Christ résume tout l'Évangile comme témoignage (Actes 1.22), Sa mort le résume comme doctrine, Dieu se révélant tout entier en Jésus-Christ, et Jésus-Christ tout entier dans Sa mort :

 

« Je n'ai voulu savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié » (1Corinthiens 2.2).

 

Chose étrange, que la mort tienne le premier rang dans un livre qui a pour objet « la vie éternelle ! » que « le Prince de la vie » ne puisse nous être nommé que nous ne le cherchions expirant sur une croix !

 

Qui nous éclaircira ce mystère ? quelle est la signification et la portée d'une mort que Dieu a mise en un rang si glorieux ?

 

C'est à l'Écriture elle-même que nous l'allons demander, mais à l'Écriture prise, si Dieu nous en fait la grâce, dans cette simplicité humble et pratique dont Jésus-Christ et les apôtres ont partout donné l'exemple.

 

Je traiterai cette matière dans le même esprit que j'ai fait la Trinité : la rédemption que nous étudierons ensemble, ce n'est pas la rédemption du théologien, c'est la rédemption du petit enfant.

 

Écoutons d'abord saint Jean dans mon texte :

 

« Jésus-Christ est la propitiatin pour nos péchés »

 

Propitiation vient d'un vieux verbe propitier, qui n'est pas demeuré dans notre langue : Jésus-Christ est Celui qui nous rend Dieu propice, d'opposé qu'Il nous était à cause de nos péchés.

 

Mais à cette acception primitive du mot propitiation, l'usage des langues tant anciennes que modernes en a substitué une plus précise, qui implique le moyen par lequel Dieu est apaisé :

 

Ce moyen, c'est la mort d'une victime innocente mise à la place du coupable.

 

Aussi bien, saint Jean fait connaître dans l'un des versets qui touchent à mon texte que la vertu de propitiation qu'il attribue à Jésus-Christ réside en effet dans sa mort :

 

« Le sang de Jésus-Christ son Fils purifie de tout péché. »

 

En deux mots, Jésus-Christ est une victime offerte pour nos péchés ; Sa mort est un sacrifice expiatoire.

 

Si ce texte n'en disait pas assez par lui-même, il n'en manquerait pas d'autres pour y suppléer.

 

« Le Fils de l'homme est venu mettre Sa vie en rançon pour plusieurs » (Matthieu 20.23).

 

Il est « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1.29).

 

« Nous sommes justifiés par la rédemption qui est en Jésus-Christ, lequel Dieu a établi pour propitiation par la foi en Son sang » (Romains 3.24).

 

« En Lui nous avons la rédemption par Son sang, la rémission des péchés » (Éphésiens 1.7).

 

 « Il a porté nos péchés en Son corps sur le bois » (1Pierre 2.24) ; « par Sa meurtrissure nous avons été guéris. »

 

Cette dernière parole est empruntée à ce chapitre d'Ésaïe que saint Augustin appelait le cinquième évangile, et qui a révélé la vertu propitiatoire de la mort de Jésus-Christ avec une clarté que l’Alliance Renouvelée lui-même n'a pas surpassée :

 

« Il a porté nos maladies, et Il s'est chargé de nos douleurs. Nous l'avons cru puni, frappé de Dieu et humilié ; mais Il était navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous apporte la paix a été sur Lui, et par Sa meurtrissure nous avons été guéris. Nous avons tous été errants comme des brebis, suivant chacun son propre chemin ; mais l'Éternel a fait venir sur Lui l'iniquité de nous tous...Après qu'Il aura donné sa vie en propitiation,...mon serviteur juste en justifiera plusieurs...et lui-même portera leurs iniquités » (Ésaïe 53).

 

Si je faisais un cours de théologie, il me faudrait reprendre chacun de ces passages, et en discuter un à un les termes.

 

Mais il me suffit ici d'en recueillir la pensée commune, sur laquelle on ne saurait balancer, surtout ayant affaire à l'Écriture, le plus simple et le plus populaire des livres.

 

Une rançon à payer, nos péchés à porter, la colère de Dieu à apaiser, un sacrifice offert, une victime immolée : toutes ces images diverses renferment une même idée, Jésus-Christ nous affranchissant de la peine que nous avons méritée par nos péchés, en la souffrant pour nous, « Le salaire du péché c'est la mort » (Romains 6.23), la mort physique (Romains 5.12), et la mort spirituelle (Éphésiens 2.1 et suivants).

 

Nous voici donc, « morts par nos fautes et par nos péchés, » réservés à « la colère de Dieu » (Jean 3.36) et à « la malédiction de sa loi » (Galates 3.10).

 

C'est alors que Jésus-Christ « meurt pour nos péchés » (1Corinthiens 15.3) ; le coup qui nous était destiné, Il le détourne sur lui ; Il reçoit la mort pour l'amour de nous, Lui qui a mérité la vie, pour que nous, qui avons mérité la mort, recevions la vie pour l'amour de Lui.

 

« Dieu frappe son Fils Innocent en faveur des hommes coupables, et pardonne aux hommes coupables en faveur de son Fils innocent » (Bossuet).

 

Donnez ces textes à lire à un chrétien simple : je le défie d'y trouver autre chose.

 

Que l'on se scandalise de cet échange de justice et de péché, de vie et de mort, fait entre Jésus-Christ et nous : qui pourrait s'exprimer plus nettement là-dessus que le fait saint Paul :

 

« Celui qui n'a point connu de péché, Il l'a fait être péché ce pour nous, afin que nous devinssions justes devant Dieu par Lui ? » (2Corinthiens 5.21)

 

Que l'on s'indigne à la pensée que l'innocent puisse souffrir à la place du coupable ; quelle réponse plus précise trouver à cela que celle de saint Pierre :

 

« Il a souffert, lui juste, pour nous injustes ? » (1Pierre 3.18.)

 

Que l'on tourmente tour à tour les prépositions, les substantifs, les verbes, et tous les mots du langage : on n'échappera jamais à cette alternative redoutable : ou bien forcer et fausser le langage des Écritures, ou bien reconnaître que, selon ces Écritures, la mort de Jésus-Christ est un sacrifice de propitiation qu'Il offre à Dieu pour les péchés du genre humain.

 

Mais ce n'est pas rendre justice à la mort expiatoire de Jésus-Christ que de l'appuyer sur des passages détachés, quels qu'en soient le nombre et la force.

 

Prenez les Écritures dans leur ensemble, et d'un coup d'oeil, L’Alliance Renouvelée de son côté, la Première Alliance du sien, et chacun des deux dans son rapport à l'autre.

 

Vous reconnaîtrez de la sorte que la doctrine du sacrifice, telle que nous venons de la trouver dans les Écritures, n'est pas seulement attestée par elles, mais qu'elle en fait l'âme et l'unité.

 

Le sacrifice que Jésus-Christ offre de Lui-même sous l’Alliance Renouvelée, ce n'est pas seulement un sacrifice, c'est Le sacrifice, le Vrai sacrifiée, offert « une seule fois dans la consommation des siècles » (Hébreux, chapitres 9 et 10), et auquel aboutissent, comme à leur terme commun, et répondent, comme la figure à la réalité, tous les sacrifices de la Première Alliance, dont la chaîne remonte aux premiers jours du monde.

 

Le sacrifice de Jésus-Christ dans l’Alliance Renouvelée, voilà la fin, la clef, le sens et le prix de tous les sacrifices expiatoires de la première.

 

Or, comme ces sacrifices, introduits par la première famille, continués par les patriarches, organisés par Moïse, invoqués, par les prophètes et célébrés par tout Israël, constituent le fond même du culte lévitique et de l'économie préparatoire (Psaume 50.5), il faut avouer que dépouiller la mort de Jésus-Christ de son caractère propitiatoire, c'est, tout en niant l’Alliance Renouvelée, renverser la Première, de fond en comble, en rejeter l'esprit avec la lettre et dénaturer l'histoire et la prophétie tout ensemble.

 

Que ferez-vous désormais de la victime de Pâques (Exode 12.3, etc.), si Christ n'est pas « la Pâque qui a été immolée pour nous ? » (1Corinthiens 5.7.)

 

Que ferez-vous de l'holocauste perpétuel (Nombres 28), si Christ n'est pas « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1.29.)

 

Que ferez-vous des sacrifices privés de valeur intrinsèque devant Dieu, tout prescrits qu'ils sont de lui, s'ils ne trouvent pas leur signification dans « l'oblation une fois faite du corps de Jésus-Christ ? » (Hébreux 10.10.)

 

De deux choses l'une, ou soutenez contre saint Paul que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés (Hébreux 10.4), ou reconnaissez que tout ce sang coulant par ruisseaux sous l’Alliance Première, appelait de génération en génération cet autre sang « qui dit de meilleures choses que n'en dit Abel 1 » par son sacrifice, d'autant que la réalité vaut mieux que la figure, et le corps que l'ombre.

 

En même temps que le rapprochement que l'Écriture établit entre les victimes immolées sous l’Alliance  et Jésus-Christ mourant achève de montrer que Sa mort est un sacrifice, Il donne aussi à connaître que ce sacrifice a une vertu réelle, à la différence de ceux de la Première qui n'avaient qu'une vertu typique.

 

Cette différence est grande.

 

Ce que les autres sacrifices représentent, la croix seule l'opère ; le pardon qu'ils proclament, elle seule le procure ; s'ils rassurent l'homme pécheur, elle seule le rachète et le sauve.

 

Aussi bien, si le sacrifice du Fils de Dieu était moins que cela, il n'eût jamais été offert, on peut l'affirmer hardiment.

 

On conçoit que, dans l'intérêt du salut de l'homme, des créatures inférieures à l'homme et formées pour son usage aient pu être livrées innocentes à la mort, pour lui mieux garantir son pardon par un spectacle qui parle à ses yeux.

 

Mais que le Fils de Dieu eût été livré à la mort sans un rapport plus profond et plus nécessaire entre Sa mort et notre pardon ; que les amertumes ineffables de la croix ne fussent que les scènes terribles d'une sorte de drame qui se jouait entre le Père et le Fils, pour rendre la proclamation de ce pardon plus vivante et plus sympathique ; en un mot, que le sacrifice de Jésus-Christ n'eût qu'une vertu déclarative au lieu d'une vertu essentielle : non, ni l'amour du Père, ni la dignité même du Fils n'autorisent une supposition si étrange, pour ne pas dire si cruelle.

 

Et quel avantage aurait alors la croix sur les sacrifices de l’Alliance donnée par Dieu à Israël ?

 

Après avoir cherché la réalité du sacrifice d'Abel dans celui de Jésus-Christ, la réalité du sacrifice de Jésus-Christ, où la chercherez-vous ?

 

Ne la cherchez nulle part, car on ne saurait remonter plus haut.

 

 

La Propitiation ou l’Oeuvre du Fils (Suite)

 

 

 

1

Hébreux 12.24. Non pas, suivant une traduction défectueuse : « de meilleures choses que n'en dit le sang d'Abel ; » mais « de meilleures choses que n'en dit Abel » par le sacrifice qu'il offre à Dieu (Genèse 4.4 ; voyez aussi Hébreux 11.4). Abel rend témoignage en figure, par son sacrifice, mais Jésus rend un témoignage meilleur, en réalité, par le grand sacrifice de lui-même.

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:03
Peut-on légitimement se séparer de sa dénomination ? par Jean Marc Berthoud

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Peut-on légitimement se séparer de sa dénomination ?

Non si notre dénomination reste fidèle à la Parole de Dieu.

Oui si ce n'est pas le cas.

Lorsque cette tristesse se présente, c'est la dénomination toute entière et en particulier ceux qui la dirigent qui sont en rupture ou en schisme par rapport à l'Eglise fidèle à la Parole de Dieu et à la communion des saints.

Quitter une dénomination devenue infidèle en ouvrant ses portes à l'agnosticisme exégétique du néo-libéralisme évangélique n'est autre que rester fidèle à la Parole de Dieu qui seule fonde l'Eglise véritable.

 

Ne devons-nous pas rester unis à nos frères dans notre dénomination plutôt que de nous séparer d'eux en formant une Eglise entièrement indépendante de tout groupement d'Eglises ?

 

Nous restons unis à tous nos frères, dans notre dénomination ou en dehors d'elle, qui demeurent fidèlement attachés aux enseignements précis de la Parole de Dieu.

Notre dénomination bénéficie du crédit d'une ancienne fidélité à la Parole de Dieu mais nous ne pouvons que constater douloureusement lorsqu'existente la désagrégation de sa fidélité à la règle de Foi donnée une fois pour toutes à l'Eglise.

La foi étant la source de l'unité de l'Eglise nous ne nous séparons pas de l'Eglise de Dieu en quittant notre dénomination.

 

Ne devons-nous pas manifester notre humilité en nous soumettant à nos frères qui ont la responsabilité de diriger notre dénomination et ainsi d'en préserver l'unité ?

 

Il ne s'agit pas ici d'humilité face aux hommes, mais de la vraie humilité qui est de nous soumettre à la volonté de Dieu révélée dans Sa Parole.

 

Ce qui est en cause ce· n'est pas d'abord nous-mêmes, notre Eglise ou notre dénomination, mais l'avenir de la Vérité, la perpétuation de la vraie Foi.

 

Nous ne pouvons rester en communion avec une dénomination qui tolère un néo-libéralisme évangélique destructeur de la Foi de l'Eglise de Dieu.

 

Notre devoir en tant que chrétiens est de continuer à maintenir la vraie Foi.

 

La direction de notre dénomination n'a jamais réussi, ou même essayé de prouver que nous nous trompions quant à l'enseignement véritable de la Parole de Dieu.

 

Elle se contente de nous exhorter à l'amour et à l'unité.

 

Comme nous le montre l'Ecriture à maintes reprises quand il s'agit de la vraie Foi nous devons savoir résister publiquement aux autorités ecclésiastiques en place et. si les circonstances nous obligent à prendre ce pas douloureux, nous en séparer.

 

Si nous nous retirons de notre dénomination ce n'est aucunement pour des raisons de sensibilité, de goût pour une interprétation de l'Ecriture qui nous serait chère, mais pour garder la Foi et ainsi rester soumis à Jésus-Christ.

 

Ce sont ceux qui veulent changer la Foi en adoptant des notions qui accommodent des erreurs modernes pernicieuses qui sont véritablement orgueilleux.

 

Car en agissant ainsi pour plaire à certains courants à la mode ils refusent la Révélation dans sa plénitude.

 

Nous voulons constamment nous soumettre dans notre intelligence et dans notre volonté à la Foi qui nous a été enseignée telle qu'elle est contenue dans la Parole de Dieu.

 

Nous devons refuser d'être associés à ceux qui veulent changer la Foi transmise une fois pour toutes aux saints.

 

On doit garder la Foi quitte à être martyre, à donner notre sang pour la vérité.

 

Il y aurait orgueil de notre part si nous pensions pouvoir transformer la Foi et l'exprimer de manière plus acceptable par l'esprit de nos contemporains.

 

La Foi est humilité puisqu'elle est un acte de soumission à Dieu.

 

Plutôt que de nous prétendre fidèles à l'Eglise immuable du Christ ne devrions-nous pas, bien au contraire, renoncer à diviser les chrétiens par la défense obstinée de nos positions ?

 

Nous adhérons sans réserve à la vérité du Christianisme tel qu'il est contenu dans le trésor de l'Ecriture toute entière, Ancien et Nouveau Testament.

 

En nous unissant ainsi à tous ceux qui nous ont précédés dans cette même Foi nous ne divisons aucunement l'Eglise.

 

L'unité de l'Eglise n'est pas seulement dans l'espace, mais dans le temps.

 

Nous demeurons et voulons demeurer en communion avec l'Eglise fidèle à notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, Créateur et Soutien de l'univers, Sauveur et Juge de tous les hommes.

 

Ce sont ceux qui, par souci de plaire aux hommes et au monde ne demeurent pas dans cette Foi qui divisent l'Eglise.

 

Ils rompent avec la tradition des apôtres pour suivre les vaines traditions des hommes.

 

En ce faisant ils résistent à l'action du Saint-Esprit qui ne change pas, qui ne peut changer, car Sa tâche est de nous donner ce qui est à Christ, de nous conduire dans toute la Vérité.

 

Avec les patriarches et les prophètes, avec les apôtres et les pères, avec les réformateurs et les fondateurs, et avec tous ceux qui aiment Jésus-Christ par-dessus toutes choses, nous voulons demeurer dans cette unique Foi, dans la Vérité de Dieu sans laquelle nul ne peut être sauvé.

 

Que Dieu nous vienne en aide.

 

Amen,

 

 

 

Jean Marc Berthoud,

Théologien Réformé Baptiste

 

 

 

Source : Résister & Construire

Peut-on légitimement se séparer de sa dénomination ? par Jean Marc Berthoud

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Peut-on légitimement se séparer de sa dénomination ? par Jean Marc Berthoud

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 23:14

SPURGEON RDC2

 

Un mal s’est introduit parmi les croyants chrétiens, si grossier et si incongru, que les plus "myopes" spirituels ne peuvent manquer de le voir.

 

Au cours des dernières années, il s’est répandu fort rapidement comme du levain qui agit jusqu'à ce que toute la pâte soit levée.

 

Rarement Satan a proposé aux assemblées quelque chose d’aussi rusé :

 

II les a amenées à admettre la nécessité de présenter aux gens des distractions afin de les gagner.

 

Le témoignage de l’Eglise n’a cessé de perdre de son Influence.

 

Les puritains parlaient encore droitement.

 

On est alors devenu indifférent, et l’on n’a plus ressenti tragiquement les influences mondaines, qui ne tardèrent pas à être tolérées en marge par les assemblées.

 

Aujourd’hui, elles sont officialisées par cet argument : l’on peut ainsi atteindre les grandes masses.



Voici une première réponse :

 

Nulle part l’on ne trouve dans l’Ecriture qu’il faille, comme mission d’une assemblée chrétienne, présenter des distractions aux gens.

 

Si cela était du domaine des oeuvres spirituelles, Christ ne l’aurait-Il pas mentionné ?

 

II a recommandé :

Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création.(Marc 16;15).


C’est clair, n’est-ce pas ?

 

Et tout aussi clair eût été ceci, qu’Il aurait ajouté :

 

"...et offrez des distractions à ceux qui n’accueillent pas l’Evangile avec beaucoup d’intérêt".

 

Mais nous ne trouvons pas de tels mots.

 

II semble bien qu’Il n’y pensait nullement.

Prenons un autre passage biblique:

 

Ephésiens 4 : 11-12   Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, 12 pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,


Où placer là les amuseurs ?

 

L’Esprit Saint ne les mentionne pas.

 

Les prophètes furent-­ils persécutés pour avoir fait rire les auditeurs ?

 

Ne serait-ce pas plutôt parce qu’ils refusaient de le faire? (...)

Deuxièmement : Offrir des distractions est en opposition directe à la doctrine et à la vie de Christ et de tous Ses apôtres.

 

Quelle était la position de l'Eglise vis-à-vis du monde ?

 

"Vous êtes le sel..." (Matth. 5,13), et non pas ceux qui sucent une tétine !

 

Le sel est rejeté, il n’est pas absorbé pour le plaisir.

 

Brève et sèche, cette déclaration "...laisse les morts ensevelir leurs morts" (Math. 8,22).

 

Jésus le pensait avec une sainte solennité !

Si Jésus-Chiist avait introduit davantage d'éléments gais et agréables dans Ses prédications, Il n’aurait pas perdu de Sa popularité (dans le cas exposé en Jean 6, 60-69).

 

Je ne vois nulle part qu’Il ait dit :

 

"Cours après eux, Pierre, et dis-leur qu’à partir de demain, nous présenterons un nouveau genre de religion, attrayant avec de brèves prédications. Nous offrirons au peuple une soirée agréable. Dis-leur que les gens s’y sentiront certainement très bien. Vite, Pierre, nous devons absolument attirer du monde!"

Jésus éprouvait de la compassion pour les pécheurs ; Il soupire et pleure sur eux, mais Il n’essaya jamais de les distraire.

 

C’est en vain que l'on chercherait dans les épîtres néo-testamentaires une trace d'un Evangile distrayant.

 

Le message biblique est : "Sortez du monde, restez en dehors, et tenez-vous purs de ses oeuvres!"

Les premiers chrétiens avaient une confiance illimitée dans l'évangile ; ils ne se servaient d’aucune autre arme.

 

Après que Pierre et Jean eurent été emprisonnés pour avoir prêché publiquement, une assemblée se réunit pour prier (Actes 4).

 

La prière formulée ne fut pas :

 

"Seigneur, fais que Tes serviteurs puissent montrer à ces gens, par des distractions inoffensives et bien mûries, quel peuple joyeux nous, chrétiens, nous sommes."

 

Ils ne se laissaient pas dissuader de prêcher Christ.

 

Ils n’avaient pas de temps à consacrer à l'organisation de distractions.

 

Dispersés par des persécutions, ils allèrent partout pour prêcher l'Evangile.

 

Le monde en fut remué.

 

Là réside la différence avec nous, chrétiens d’aujourd'hui.

 

"Oh Seigneur, purifie l’Assemblée de toute la pourriture et de toute l’absurdité dont le diable l’a chargée, et ramène-nous aux méthodes apostoliques !"

Finalement, l'amusement chrétien" rate le vrai but.

 

Il provoque des ravages chez les nouveaux convertis.

 

Que les insouciants et les moqueurs, qui remercient Dieu de ce que l’Eglise les a rencontrés à mi-chemin, se lèvent et rendent témoignage.

 

Que ceux qui portent de lourds fardeaux prennent la parole, eux qui auraient trouvé la paix lors d’un concert "chrétien".

 

Qu’ils se lèvent, les alcooliques à qui une pièce de théâtre "chrétienne" aurait donné une impulsion décisive vers leur conversion !

 

Personne portant en vérité la réalité Chrétienne justement ne se lèvera !

 

L'évangélisation au moyen de la distraction n’a amené personne à se convertir.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est une étude, faite avec foi, de la Parole de Dieu, allant de pair avec une vie spirituelle sérieuse, où un élément découle de l'autre comme le fruit procède de la racine.

 

II nous faut un enseignement biblique, qui touchera notre intelligence et nos coeurs d’une manière telle que nous en deviendrons ardents pour le Seigneur.

 

Amen,

 

spurgeon

Charles Spurgeon,

 

Bible 2010

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 10:15

refuge protestant oiseaux

LA PROVIDENCE DE DIEU
Un thème saillant dans le livre de Jonas

 

Cinq passages dans le livre de Jonas mettent en évidence la providence divine :


« L’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer » (1.4)


« L’Éternel fit intervenir un grand poisson pour engloutir Jonas » (2.1)


« Alors Dieu regretta le mal qu’il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas »


« L’Éternel fit intervenir un ricin qui s’éleva au dessus de Jonas » (4.6)


« Le lendemain, Dieu fit intervenir un ver pour s’attaquer au ricin. » (4.7)


En méditant le livre de Jonas, on est frappé par le fait que dans chaque chapitre ce thème ressorte d’une façon évidente.

 

Il y a une cause première dans tous ces événements et circonstances : DIEU.

 

Quant aux causes secondaires, ce sont les moyens par lesquels il intervient par sa divine providence :

 

le vent, un grand poisson, une prédication, un ricin et un ver.


Une définition du terme « providence » est donnée par les dictionnaires Quillet et Le Petit Robert :

 

« Sagesse divine qui gouverne tout » (Quillet) ou « sage gouvernement de Dieu sur la création, et par extension, Dieu gouvernant la création » (Le Petit Robert 1, 1986).

 

Le terme vient du latin providentia (prévoyance) et providere (pourvoir).

 

Il se réfère à la prescience et à la préconnaissance de Dieu.

 

Dans la Bible, ce terme n’est pas directement employé.

 

Il n’y a pas de mot équivalent en hébreu mais en grec deux mots s’en rapprochent :

 

le nom pronoia : Act 24.2 (administration, prévoyance) ; Rom 13.14 (préoccupation, souci),

 

et le verbe pro-noeo : Rom 12.17 (viser, avoir souci de) ; 2 Cor 8.21 (se préoccuper de, avoir souci de).


C’est un sujet dont on ne parle plus guère.

 

Les avancées de la science et de la technologie ont contribué en partie à rendre l’homme totalement autonome face à un Dieu évacué dans notre monde occidental.

 

Il y a à peine 100 ans, on parlait encore de la Providence comme désignant Dieu.

 

On croyait en un Dieu souverain qui règne et domine sur l’univers.


Le sécularisme a fermé l’accès au transcendant, au surnaturel, parce que dans ce monde désacralisé, la vie se meut dans un système mécaniste où les évènements sont dûs à des lois fixes et impersonnelles, de force ou de chance.

 

L’évolutionnisme, ayant totalement imprégné la science et la technologie humanistes, constitue un des principaux éléments du rejet de la Providence.


D’autre part, le Nouvel Âge, élément important du postmodernisme, est fasciné par l’irrationnel, qui, de son côté, attaque la providence de Dieu en propageant l’ésotérisme, l’occultisme, l’animisme moderne.

 

Ce sont les armes de l’ennemi de Dieu, Satan, qui désire remplacer la Providence de Dieu par un retour à un paganisme moderne de superstition, dominé par lui.


La Création constitue l’œuvre originelle de Dieu (Gen 1).  

 

La Providence constitue la continuation de l’œuvre de Dieu en vue de l’achèvement de ses plans.

 

Elle a deux aspects :


- celui de la préservation de la création en la maintenant et la soutenant pour qu’elle subsiste ;


- celui de son gouvernement, de sa direction du cours des événements pour accomplir ses desseins.


A. La Providence par la préservation de la création de Dieu.


Tout subsiste par Christ.

 

Il est avant toutes choses et tout subsiste en Lui ; Il soutient toutes choses afin d’accomplir Ses Desseins (Col 1.17 ; Héb 1.3)


Toute la création dépend de Lui : la nature, les hommes, son peuple, tous les siens.


Sa création :

 

Dieu maintient la terre (Ps 104.5).

 

Il envoie de l’eau pour abreuver les animaux (Ps 104.10-13).

 

Il fait pousser fruits et herbes pour nourrir les animaux (Ps 104.13-14).

 

Il envoie les ténèbres pour permettre à certains animaux de se nourrir (Ps 104.20-21).

 

Tous les animaux reçoivent leur nourriture de Dieu (Ps 104.27).

 

Il a affermi les œuvres de sa création pour toujours et a donné des lois à la nature, lois qu’il ne violera pas (Ps 148.6).


Les siens :

 

Joseph fut déporté en Egypte pour donner plus tard du pain aux siens.

 

La vie de Moïse fut épargnée afin qu’il délivre ensuite son peuple.

 

Tout au long de l’histoire d’Israël dans l’A.T., l’on constate les soins providentiels de Dieu envers son peuple à travers l’action d’hommes de Dieu.

 

Il suscite Daniel et ses trois compagnons pour glorifier son nom et préserver son peuple.

 

Il suscite aussi Esther, à un moment crucial de l’histoire de son peuple déporté (Est 4.14).

 

Dans Mat 6.25-34, nous avons un exemple de Sa Divine Providence qui pourvoit aux besoins des hommes et en particulier des croyants ; Il donne la nourriture (v. 26) ; Il fait pousser les lis des champs (v 28-29), et Il sait ce dont nous avons besoin (v. 32).

 

Tout cela touche la faune, la flore et les hommes.

 

Dieu prend soin des siens et ils n’ont rien à craindre (Mat 10.27-32 ; Jean 10.27-30 ; Rom 8.35 ; 1 Pi 1.5-6).


B. La Providence par le gouvernement de Dieu


Dieu contrôle tout l’univers et ses activités se déroulent de telle manière que tous les événements convergent vers un but final qu’il s’est proposé.


- Il gouverne les forces de la nature (Ps 135.5-7).

 

Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes (Mat 5.45).

 

Jésus contrôlait et dominait le vent et la mer (Mat 4.39 ; Luc 8.25).


- Il gouverne les peuples, en faisant leur histoire et leur destinée (Dan 2.21 ; 4.22 ; Job 12.13-25 ; Ps 66.7 ; Act 17.26).


- Il a gouverné de telle façon que tout a convergé vers la « plénitude des temps accomplis » (Gal 4.4), quand, par l’incarnation, Dieu s’est manifesté en chair par Jésus-Christ (Luc 2.1-7 ; 1 Tim 3.16).


- Il gouverne les individus en restant le Souverain dans toutes leurs circonstances.

 

C’est lui qui fait mourir et qui fait vivre, qui appauvrit et qui enrichit (Anne, 1 Sam 2.6-7) ; Il abaisse les puissants de leurs trônes et élève ceux qui sont abaissés (Marie, Luc 1.52).

 

C’est encore Lui qui a mis à part l’apôtre Paul avant sa naissance (Gal 1.15-16).

 

Pleins de confiance en l’Éternel, nous disons avec le psalmiste :

 

« Mes temps sont dans tes mains. » (31.14-15)

 

Donc, ma propre histoire est parfaitement sous son contrôle.


- Il contrôle et dirige toutes les circonstances pour arriver à ses desseins éternels.

 

« Le sort est jeté… mais toute décision vient de l’Éternel. » (Pr 16.33)

 

Rien ne peut se passer sans que Dieu ne l’ait permis ou n’ait agi selon ses propres desseins et décisions.

 

Et tout le livre de Jonas en est un exemple parfait.

 

Même la folie d’un Nebucadnetsar a été dirigée par Dieu pour qu’il reconnaisse la souveraineté absolue de Dieu (Dan 4.32-34).


- Il dirige les actions libres des humains.

 

Les Israélites, à la sortie d’Égypte, ne sont pas sortis du pays « les mains vides », parce que Dieu le leur avait promis et avait guidé les circonstances et les cœurs des Égyptiens pour qu’ils leur donnent leurs bijoux (Ex 3.21 et 12.35-36).

 

Nos dispositions nous appartiennent, mais c’est le dessein de Dieu qui s’accomplira toujours (Ps 38.15 ; Pr 16.1 ; 19.21).


- Il peut permettre (ou empêcher) le péché pour faire éclater notre incapacité naturelle à ne pas commettre de péché.

 

Ceci manifeste aussi la corruption totale de l’homme et la grâce de Dieu qui vient à son secours.

 

Ceci dit, « Dieu ne peut être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne. » (Jac 1.14)

 

Quand un homme ou une société persistent dans le mal et le péché, Dieu peut les « livrer à la passion des hommes… à une mentalité réprouvée, pour commettre des choses indignes. » (Rom 1.24-28)

 

Dans l’exemple de Joseph, Dieu l’avait préservé de la tentation venant de la femme de Potiphar, parce que Joseph aimait l’Éternel et désirait le suivre en toute pureté (Gen 39.7-23).

 

En même temps, Dieu s’est servi de cette circonstance qui avait jeté Joseph en prison à cause de sa fidélité à Dieu et de sa résistance au péché, pour faire entrer Joseph à la cour royale d’Égypte (Gen 40-50).

 

La conclusion que donne Joseph à la fin de toutes ses péripéties — depuis sa vente à un marchand d’esclaves jusqu’à son arrivée à l’apogée du pouvoir — est touchante :

 

« Ce n’est pas vous, mais Dieu qui m’a envoyé ici. » (Gen 45.8 ; 50.20)


- Il peut aussi simplement limiter des actes de péché ou de mal.

 

Dans le cas de Job, c’est Dieu qui avait permis à Satan de l’attaquer par la maladie, mais Il lui avait interdit de le faire mourir :

 

« Il est entre tes mains, seulement épargne sa vie. » (Job 1.12)

 

Job est sorti victorieux finalement, et l’épreuve lui a appris à connaître Dieu.


C. Caractéristiques du gouvernement de Dieu en activité


1. Cette activité est universelle


- Elle s’opère envers les croyants :

 

« Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rom 8.28)

 

C’est la doctrine des convergences :

 

toutes les circonstances dans notre vie mènent au bien que Dieu s’est proposé pour moi.

 

L’exhortation : « Ne crains rien » prend ici tout son poids, car elle se dresse contre nos peurs, nos soucis, nos incertitudes, que l’on peut comparer à une hydre à têtes multiples qui se régénèrent rapidement sitôt coupées.

 

Rien ne pourra jamais séparer le racheté de son Sauveur Jésus-Christ.

 

Dans ce sens, aucun mal ne lui arrivera dans la perspective de l’éternité.

 

Toutes les épreuves servent à notre sanctification pour affiner notre foi (1 Pi 1.6-7), même les mauvaises actions des hommes, y compris les nôtres parfois.

 

Le but est notre « transformation à l’image de son Fils » (Rom 8.29 ; Héb 12.6-11).

 

« Le bien », c’est d’être finalement avec Christ dans nos corps glorifiés lors de son glorieux retour.

 

La mort atteint tout homme (Héb 9.27), mais le croyant reste en sécurité absolue face à l’éternité.

 

Soyons rassurés, car Dieu s’occupe personnellement de tous les siens (Luc 15.3-7 ; Jean 10.3-6, 14, 27 ; Mat 10.30), alors que la modernité fait de l’humain un être impersonnel, sans âme.

 

Oui, notre Dieu est personnel et en même temps infini.

 

Il prend soin de nous dans toutes les circonstances.


- Quelle tragédie, en revanche, pour le non-croyant (Rom 1.18-21 ; Act 17.30-31) !

 

Saisissons les opportunités pour faire « du bien » en témoignant de l’amour du Sauveur à notre prochain non-croyant pour qu’il se repente de ses péchés et croie au Seigneur Jésus.


- Elle s’opère envers tous les hommes :

 

« Il fait lever le soleil sur les méchants et sur les bon et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Mat 5.45)


La bonté de Dieu se manifeste envers tous les hommes.


2. Dieu absolument souverain dans toutes ses actions


- Nous n’avons pas à Lui dicter sa volonté, mais demandons-Lui en revanche de nous révéler Ses Pensées en nous éclairant à travers sa Parole.


3. Dieu est bon


- La bonté de Dieu est infinie, car Il est Bonté.

 

Mais Il est aussi Juste, et jamais ces deux attributs divins ne sont séparés l’un de l’autre.


4. L’activité de Dieu et la nôtre


- Elles ne s’excluent pas mutuellement, parce que sa Providence inclut les actions humaines.


- En conséquence, il n’y a pas de place pour le laxisme, l’indifférence, la résignation, le fatalisme.


- Parfois les humains sont conscients d’accomplir les intentions divines.

 

L’exemple par excellence nous est donné en Jésus-Christ qui savait qu’il devait boire la coupe des souffrances pour notre salut (Mat 26.42).


- Parfois les humains ne le savent pas, comme dans le cas de l’empereur César Auguste lorsqu’il a décrété le recensement de la terre.

 

Il fallait que cela se passe ainsi pour accomplir les desseins de Dieu (Luc 2.1)


5. La providence et la prière


La question peut se poser : si Dieu a fixé ses desseins d’avance, la prière change-t-elle encore quelque chose ?


- Dieu ne change pas ses plans, mais, dans ses plans, la prière et la foi sont incluses.

 

Il y une parfaite relation entre l’effort humain, moyen providentiel que Dieu a voulu donner au croyant, et l’activité providentielle de Dieu.

 

L’Écriture affirme que les desseins de Dieu sont fixes et définis, donc sans révision.

 

Mais Il désire que nous priions pour qu’Il puisse agir avec efficacité (Jac 5.16).


- Dans beaucoup de cas, Dieu agit en association avec l’homme par le moyen de la foi.

 

Ne citons que deux exemples :

 

la foi du centurion : « Va, qu’il te soit fait selon ta foi » (Mat 8.5-13)

 

et la foi de la femme qui avait une perte de sang : « Va, ta foi t’a guérie » (Mat 9.18-22).

 

C’est une interpellation à nos cœurs :

 

faut-il vraiment que « Jésus s’étonne de notre incrédulité » (Marc 6.6) ou saisissons-nous Sa Main en Lui confessant notre petitesse dans la foi :

 

« Je crois, Seigneur, viens en aide à ma petite foi ! » ?

 

Ne restons pas passifs, mais marchons par la foi, car elle franchit des montagnes.


- Oui, la prière et la foi sont vraiment les moyens providentiels par lesquels Dieu désire opérer.


D. Prudence et modestie dans nos affirmations au sujet de la Providence


- Restons sages et prudents dans nos affirmations quant à nos évaluations des actes souverains et providentiels de Dieu.

 

Seule l’éternité manifestera réellement la pleine révélation des mystères de la providence du Dieu Juste, Bon et Sage.


- Tout cela doit nous amener à une attitude d’humilité et de confiance en Lui.

 

Redisons, avec la prière du Notre Père : « Que ta volonté soit faite »,

 

avant de demander : « Donne-nous notre pain quotidien ».


- Qu’il est bienfaisant de se répéter dans toutes les circonstances ce que le Seigneur affirmait à Paul :

 

« Ma grâce te suffit.»

 

Quoi qu’il nous arrive, Dieu « ne refuse pas le bonheur à ceux qui marchent dans l’intégrité. » (Ps 84.12)

 

Ce vrai bonheur, c’est de posséder Jésus-Christ : personne ne pourra jamais nous le ravir.

 

Gloire à notre bien-aimé Sauveur !

 

Gloire à Dieu dont la parfaite providence dirige toutes choses pour notre bien et pour sa gloire !

 

Et cela Jonas a dû l’apprendre.

 

Mais la patience de Dieu est grande et nous encourage à l’aimer et le suivre de tout notre cœur.

 

Amen,

 

Henri Lüscher,

Bible (134)

Croix Huguenote

 

Source : Promesses

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 10:00

refuge du chrétien assemblée du désert2

 

Prières inexaucées !

 

 

Dieu ne satisfait pas toujours nos demandes, même les plus pressantes, et nous pourrions dire après coup :

 

- Heureusement que tu n'a pas répondu à ma prière.

J'ai parlé sans savoir, sans me rendre compte que je me trompais quand je t'ai demandé cela.

Je t'ai demandé de m'enlever cette épreuve, comme Paul t'a supplié de lui ôter son écharde (2 Corinthiens 12-8-9), et tu m'a donné assez de patience et de force pour la supporter, et même pour la transformer en bénédiction.

Je t'ai demandé d'ouvrir une porte et tu l'as fermée pour me placer ensuite sur un chemin plus adapté à ce que je suis et à ce que tu désires que je devienne.

J'ai voulu une grâce particulière comme jouir du fruit d'un travail, tel Moïse qui désirait entrer dans la terre promise (Deutéronome 3:23-25), tu m'a alors dit que d'autres récolteraient et qu'il me suffisait d'être fidèle pour te plaire et être béni.

Dans un moment d'abattement, j'ai peut être été pris d'une envie de tout arrêter... même le cours de ma vie, comme tes serviteurs Élie et Job (1 Rois 19:4; Job 6:8-9), mais tu m'a relevé pour me rendre plus en toi que je n'avais avant, plus de confiance en toi, de sérénité, de paix, d'espérance et de tant d'autres trésors que tu as en réserve pour ton enfant.

Je suis honteux d'avoir été si chancelant quand je pense à ton Fils, ce merveilleux Sauveur que tu m'as donné, lui, qui n'a pas eu de réponse positive à sa supplication d'être délivré de la coupe de ta colère contre le péché, contre mes innombrables péchés, en Gethsémané  (Matthieu 26:38-44).

Il a accepté que sa demande légitime, car il était innocent et saint, soit mise de côté pour te glorifier, pour accomplir l'œuvre de mon salut, pour m'accompagner dans ma vie de tous les jours, pour me soutenir en toutes circonstances, pour prier et intercéder pour moi lorsque je pense à tort que mes prières sont justes.

Ô mon Dieu ! Merci, merci et encore merci pour tant de patience, de miséricorde, de bonté.

Merci pour ne pas avoir exaucé tout ce que je t'ai parfois demandé.


Amen,

 

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Bible

Croix Huguenote

 

 


 

 

Source : espace-bible.com

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 08:04

refuge du Chrétien 3


Croix huguenote


PROTESTANTISME ET LIBERTÉS :


SOLA SCRIPTURA, SOLA FIDE  ET SOLI DEO GLORIA


Ronald BERGEY*



Par son insistance sur l’Écriture seule en matière de foi et de vie, la foi seule comme moyen de justification et la gloire à Dieu seul pour le salut, le protestantisme, avec toute l’Église, recherche pour l’homme la plus grande liberté, celle de la libération du péché.

 

L’apôtre Paul dit au sujet de ceux qui croient en Christ:

 

«Ils sont déclarés justes par sa grâce; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance (rédemption ou libération) apportée par Jésus-Christ.» (Rm 3.24)


La manière dont Paul développe sa plaidoirie en Romains 4 illustre bien ce triangle doctrinal cher au protestantisme:


sola scriptura, sola fide et soli Deo gloria.

 

Le thème du contexte de ce chapitre (3.21-5.21) est la justification; le souci de Paul est de démontrer à partir d’un précédent vétérotestamentaire comment on est justifié ou comment on est en règle avec Dieu.

 

Pour appuyer son argument relatif à cette justice, l’apôtre se sert du père fondateur du peuple d’Israël, Abraham (4.1-5, 9-25).

 

Comme le dit F.F. Bruce dans son commentaire sur l’épître aux Romains (p. 86): «De tous les justes de l’ancienne alliance, aucun ne surpassait Abraham – ‹mon ami›, comme l’appelle Dieu en Esaïe (Es 41.8).»

 

Au chapitre 4 de cette épître nous lisons:


1 Prenons l’exemple d’Abraham, l’ancêtre de notre peuple, selon la descendance physique. Que pouvons-nous dire à son sujet? 2

 

S’il a été déclaré juste en raison de ce qu’il a fait, alors certes, il peut se vanter.

 

Mais ce n’est pas ainsi que Dieu voit la chose! 3

 

En effet, que dit l’Écriture? Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste. 4

 

Si quelqu’un accomplit un travail, on lui compte son salaire non pas comme si on lui faisait une faveur, mais d’après ce qui lui est dû. 5

 

Et si quelqu’un n’accomplit pas d’œuvre mais place sa confiance en Dieu qui déclare justes les pécheurs, Dieu le déclare juste en portant sa foi à son crédit. (vv. 1-5, Bible du Semeur)


Sola scriptura


Les Écritures seules font autorité ultime et suprême en matière de foi, de salut, de connaissance de Dieu et de vie.

 

Pour avancer son argument pour la justification par la foi, Paul fait appel uniquement aux Écritures.

 

Il parle de la justice de Dieu attestée dans la loi et les prophètes (Rm 3.26; cf. Es 45.21, 24-25, 54.17).

 

Concernant l’imputation de cette justice, il cite la Torah (Rm 4.3, 10; cf. Gn 15 et 17) et les Ecrits (Rm 4.7-8; cf. Ps 32).

 

Précisément, il base sa prétention sur Genèse 15.6, qui parle de la foi d’Abraham, le père de tous ceux qui croient, de tous ceux qui ont la foi en Christ (Rm 4.16; Ga 3.9).

 

Il met en opposition deux hypothèses: la justification par les œuvres et la justification par la foi.

 

Pour trancher cette question, Paul pose la question clé: «Que dit l’Écriture?»

 

Puis il la cite: «Abraham eut foi en Dieu, et cela lui fut compté comme justice.»

 

Seules les Écritures peuvent fournir la réponse définitive.

 

Pour l’Église, il n’y a pas deux règles différentes en matière de foi.

 

La seule règle, ou canon - norme ayant autorité divine -, c’est l’Écriture, la première et la seconde partie de la Bible.

 

Ce qui fait que les Écritures ont un statut à part, c’est que celles-ci sont inspirées et infaillibles.

 

Le mot sola ne laisse pas de place, au même niveau que l’Écriture, aux dogmes de l’Église.

 

Aussi importants qu’ils soient, ceux-ci ne sont ni infaillibles ni inspirés et ils n’occupent donc pas la place des Écritures.


Sola fide

 


Dieu confère la grâce du salut par le moyen de la foi seule.

 

Le qualificatif «seule» exclut les œuvres comme moyen de justification.

 

Or la question n’est pas: les œuvres sont-elles nécessaires?

 

Certes, la foi conduit aux œuvres bonnes.

 

A ce sujet, le témoignage de l’Écriture concernant Abraham est élogieux : «Abraham a écouté ma voix, il a observé mon ordre, mes commandements, mes prescriptions et mes lois.» (Gn 26.5; cf. 18.19)

 

Les affirmations dans la seconde partie de l'Alliance sont aussi très claires : nous devons nous appliquer à être zélés pour les œuvres bonnes et à exceller dans les œuvres bonnes (Tt 2.14, 3.8); nous sommes sauvés pour accomplir des œuvres bonnes (Ep 2.10).

 

La question est plutôt: les œuvres sont-elles nécessaires pour notre justification, notre salut? L’homme, par l’obéissance à la loi de Dieu, peut-il être en règle avec Dieu ou doit-il ajouter à sa foi les œuvres en vue de son salut?


L’argument scripturaire de Paul pour la justification par la foi seule se base sur une exégèse serrée du texte hébreu de Genèse 15.6, qu’on peut traduire: «Il eut foi dans le Seigneur et il la lui compta comme justice.»

 

Le complément d’objet pronominal féminin en hébreu traduit «la» se réfère au nom féminin ‘emunah, qui veut dire «foi» ou «confiance».

 

Ce nom est apparenté à ce verbe ‘aman traduit «il eut foi».

 

Le nom «foi» ne se trouve pas dans ce verset, mais celui-ci est implicite grâce au complément «la».

 

Paul l’explicite et l’interprète: «la», c’est «sa foi» et, donc, «sa foi est comptée comme justice» (Rm 4.5; Ga 3.6).

 

L’emploi des termes financier et juridique dans l’expression «compter comme justice» souligne l’acte de Dieu qui porte au compte d’Abraham la justice sur la seule base de sa foi.

 

Dans le cas du pardon de David, Paul s’appuie sur la non-imputation du péché pour parler de l’imputation de la justice (Rm 4.6-8).

 

Paul réitère: «Nous disons en effet: la foi d’Abraham lui fut comptée comme justice.» (v. 9b)


Puis Paul demande dans quelles conditions la foi lui fut comptée comme justice:

 

«… avant ou après sa circoncision?»

 

Cette question, surtout pour un juif, revêtait une importance capitale.

 

La circoncision, le signe visible de l’alliance, était la marque extérieure sine qua non d’appartenance à Dieu.

 

Sa réponse: «Non pas après, mais avant!» (4.9) L’argument de Paul est toujours scripturaire.

 

Le rite de la circoncision (Gn 17.10ss) ne fut introduit que bien plus tard, bien des années après qu’Abraham eut été déclaré juste (treize ans après la naissance d’Ismaël; cf. Gn 17.25 et vv. 1 et 24 avec 16.16).

 

Comme l’affirme la seconde partie de l'Alliance, les œuvres sont insuffisantes pour le salut (Ga 3.10-11) et nous sommes sauvés sans les œuvres (Rm 3.20; Ep 2.9).


Si l’homme peut être en règle avec Dieu, être justifié devant lui, ce n’est pas parce qu’il œuvre ou devient collaborateur avec Dieu pour son salut.

 

Selon le théologien Louis Berkhof, la foi est la condition de notre justification, non son fondement méritoire.

 

«Si c’était le cas, il faudrait considérer la foi comme une œuvre méritoire de l’homme.» (Systematic Theology, p. 521)

 

La justification par la foi veut dire que l’homme ne peut qu’accepter comme un don ce que Dieu lui offre gratuitement.

 

La foi, ce sont les mains vides étendues vers Dieu, qui acceptent et reçoivent le cadeau du salut, salut acquis par l’œuvre du Christ sur la croix, le sacrifice substitutif une fois pour toutes.

 

Pierre Courthial dit: «La foi, c’est la main qui saisit les promesses de Dieu. (…) la main tendue dans la prière qui reçoit ce que Dieu a fait et donne.»1

 

Soli deo gloria



Dieu sauve pour sa gloire seule et le moyen qu’il emploie pour sauver ne laisse aucune place pour l’homme de se glorifier.

 

Paul demande:

 

«Y a-t-il donc lieu de s’enorgueillir?» Sa réponse:

 

«C’est exclu! Au nom de quoi? Des œuvres? Nullement, mais au nom de la foi.» (Rm 3.27)

 

Ou, comme le traduit la Bible du Semeur:

 

«Reste-t-il encore une raison de se vanter? Non, cela est exclu.

 

Pourquoi? Parce que ce qui compte, ce n’est plus le principe de mérite, mais celui de la foi.»

 

Que dit Paul au sujet d’Abraham? «Si Abraham a été justifié par les œuvres, il a sujet de se glorifier, mais non devant Dieu.» (4.3)


La gloire de Dieu est étroitement liée à sa grâce ou sola gratia.

 

Paul a montré, à partir d’Abraham, que l’homme est justifié par la foi et cela sans œuvres, même la circoncision.

 

Paul va plus loin.

 

En vue du salut, la preuve de la grâce divine, c’est que le principe de la foi prime sur l’obéissance à la loi.

 

Il raisonne: la promesse que Dieu a faite à Abraham a été l’objet de sa foi (Gn 15.5-6, 17.5); par la foi, il est devenu héritier de la promesse, héritier du monde entier (Rm 4.13).

 

La conclusion?

 

«Aussi est-ce par la foi qu’on devient héritier, afin que ce soit par grâce.» (4.16a)

 

La promesse dont il est question est celle qui concerne la bénédiction qui s’étendrait, à travers Abraham, à toutes les nations de la terre (Gn 12.3, 18.18, 22.18) et qu’Abraham deviendrait le père d’une foule de nations (Gn 17.5; Rm 4.17).

 

C’est la promesse que Paul qualifie «la bonne nouvelle prêchée d’avance» à Abraham, qui n’est rien d’autre que l’Évangile du salut pour tous, Juifs et Gentils, en Jésus-Christ (Ga 3.6-9, 22).

 

En vue de cette grâce, l’apôtre les exhorte: «Accueillez-vous donc les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.» (Rm 15.7)


La justification par la foi constitue la démonstration par excellence de la grâce de Dieu.

 

Comme le dit Paul: «Dieu déclare les hommes justes par leur foi en Jésus-Christ…» (Rm 3.22)

 

Le salut ne dépend pas de l’homme mais de Dieu à cent pour cent.

 

L’apôtre poursuit en disant: «Ils sont déclarés justes par sa grâce; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ.» (v. 24)

 

Ailleurs il dit: «Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.» (2Co 5.21)

Luc Ferry dit dans son livre récent, Apprendre à vivre2, que l’interrogation centrale de toute philosophie est le salut.

 

L’être humain, à la différence de Dieu, est mortel, un être fini, limité dans l’espace et dans le temps.

 

Mais, à la différence des animaux, il est le seul être qui ait conscience de ses limites.

 

Il sait qu’il mourra et que ses proches, ceux qu’il aime, aussi.

 

Il ne peut donc s’empêcher de s’interroger sur cette question qui, a priori, est inquiétante, voire absurde ou insupportable.

 

Et, bien sûr, pour cela, il se tourne d’abord vers les religions qui lui promettent le salut.


Face à la menace suprême qu’est la mort, la philosophie et la religion ont, d’après Ferry, deux façons opposées d’approcher la question du salut.

 

Pour l’essentiel de la religion, c’est la foi et elle seule qui peut faire tomber sur nous la grâce de Dieu.

 

Cela requiert l’humilité, ce qui ne laisse aucune place pour l’arrogance ou la vanité de la philosophie, comme ne cessent de répéter les plus grands penseurs chrétiens d’Augustin à Pascal.

 

Pour la philosophie, cette réponse est trop belle pour être vraie. Elle est déraisonnable.

 

Le salut par la foi fait de la mort, dit-il, une illusion car, après tout, nous sommes immortels et, après la mort biologique, nous allons retrouver ceux que nous aimons.

 

Certes, cette foi peut calmer les angoisses de mort. Mais, pour y croire, on abandonne la raison. Avoir la foi met un terme à l’esprit critique.

 

La philosophie est pour l’essentiel, poursuit Ferry, une quête de la vie bonne hors religion, une recherche du salut sans Dieu (c’est lui qui le souligne).

 

En effet, le salut vient de la sagesse. Etre sage veut dire vivre heureux et libre autant qu’il est possible, en ayant, enfin, vaincu les peurs que la finitude a éveillées en nous.


On peut dire que le triangle doctrinal de Ferry est:

la philosophie seule, la raison seule et la gloire à l’homme seul.

 

Cela fait penser à 1Corinthiens 1.21: «Car puisque le monde, avec sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.»

 

Le chemin préconisé par Ferry est loin de celui qui est balisé par le protestantisme et ne mène pas à la liberté vraie.


A Dieu seul la gloire pour le salut révélé dans l’Écriture seule et pour la justification par le moyen de la foi seule.

 

La libération et la liberté qui en résultent ont été acquises à grand prix, la rédemption accomplie en Jésus-Christ.

 

Que le protestantisme, en France, serve de vases communicants et proclame cette liberté en Christ !



* R. Bergey est professeur d’hébreu et de la première partie de la Bible à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence. Ce texte est celui de la méditation biblique présentée au Carrefour 2007.

1 P. Courthial, La Confession de foi de La Rochelle – Commentaire (Aix-en-Provence: éd. Kerygma, 1979), 79.

2 L. Ferry, Apprendre à vivre (Paris: Plon, 2006), 16-17, 20ss, 30.


bibleetmains

Croix Huguenote

 

 

 

 

 


Source : La Revue réformée   La revue de théologie de la Faculté Jean Calvin

 

 

 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 07:48

Charles Spurgeon
La requête des hommes droits

lui est agréable.
(Proverbes 15-8)



Ceci vaut une promesse, car c'est l'attestation d'un fait qui se renouvelle à travers tous les âges.

 

Dieu prend un grand plaisir à la prière des hommes droits, et elle lui est agréable.

 

Qu'être intègres soit notre premier soin.

 

Ne nous détournons ni à droite, ni à gauche, mais marchons droit.

 

Ne soyons ni déshonnêtes dans la conduite de nos affaires, ni lâches en cédant au mal, mais soyons fermes dans la droiture et dans l'intégrité absolues, car celui qui louvoie et use d'expédients aura à se tirer d'affaire tout seul.

 

Si nous prenons des voies détournées, nous verrons que nous ne pourrons pas prier, et si nous avons la prétention de le faire quand même, nous trouverons le ciel fermé à nos requêtes.

Agissons-nous en suivant une ligne parfaitement droite et en nous conformant à la volonté de Dieu, telle qu'elle nous est révélée ?

 

Dans ce cas, prions beaucoup et prions en assurance.

 

Si notre prière est agréable à Dieu, ne Le privons pas de ce qui Lui fait plaisir.

 

Il ne regarde ni à la forme grammaticale, ni à la rhétorique, ni à la richesse des pensées.

 

Dieu est un père qui aime le balbutiement de ses enfants, et écoute le bégaiement de ses fils et de ses filles nouveaux-nés.

 

Ne devrions-nous pas nous réjouir dans la prière, puisque l'Éternel y prend plaisir ?

 

Portons nos pétitions à Son Trône.

 

Le Seigneur nous donne beaucoup de sujets de prière, et nous devons le remercier de ce qu'il en est ainsi.

 

Amen,

 

Charles Spurgeon

Pasteur

Charles Haddon Spurgeon,

Bible

Croix Huguenote

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 00:59

Refuge protestant 3

 

 

Qu’ils soient confondus et qu’ils reculent, tous ceux qui haïssent Sion !  

 Psaume 129.5

 

Notre verset n’est pas seulement un vœu ou une prière ; c’est un avertissement qui prend tout son sens aujourd’hui où l’antisémitisme se déguise en antisionisme.

 

Le psaume tout entier parle de ce peuple que Dieu a choisi depuis toujours, qui n’a cessé d’être haï, précisément à cause de son élection, mais qui n’a point été vaincu.


L’Adversaire de Dieu et des hommes veut sa destruction et en multiplie les ennemis.

 

Une propagande mensongère gagne de plus en plus de terrain.

 

Bien sûr, de justes reproches peuvent lui être faits.

 

Son statut de peuple élu pousse à penser certains Chrétiens qu’il devrait être parfait.

 

Il en est loin et sa conversion depuis longtemps prophétisée appartient encore à l’avenir.


Parfaits, le sommes-nous, nous qui nous prétendons membres de la famille de Dieu ?

   

Quoi qu’il en soit, Dieu attend de ses enfants qu’ils aiment son peuple, qu’il prient pour la paix de Jérusalem, qu’ils fassent des vœux pour son bonheur.

 

Ces paroles de cet autre cantique des degrés ―le psaume 122― seraient-elles devenues caduques, sans signification ?


Soyons plus que jamais vigilants et demandons la sagesse divine afin de ne pas devenir victimes du projet destructeur de Satan et instruments inconscients de sa haine séculaire.

 

Amen,

Richard F Doulière

Pasteur R.F. Doulière,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bible la colombe

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :Études & Échanges

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 10:00

Refuge Protestant 1 (16)

 

La victoire la plus importante fut souvent remportée lorsque nous craignions le plus la défaite ; les plus beaux cantiques furent souvent ceux du mauvais jour où nous n’avions que Dieu pour seul Refuge.

 

Je sens très profondément la douleur des adieux, mais en Esprit tout va bien.

 

Jésus est le lien qu’aucune distance ne peut rompre, que, sans Lui, aucune proximité de ceux que nous aimons ne peut resserrer et qui, béni soit Son Saint Nom ! Demeurera à toujours.

 

Il nous sèvre, de toute manière, de ce monde, afin de nous attacher à Christ pour lequel Il nous a créés de nouveau.

 

La main de Dieu est toujours meilleure que celle de l’homme ; la dureté apparente de Dieu vaut mieux que la faveur du monde.

 

Le ressort qui la fait mouvoir est toujours l’amour, un amour dirigé par une sagesse dont nous comprendrons bientôt la perfection.

 

Il fait sentir aux siens que son appui vaut mieux que toute l’agitation dans le monde.

 

L’âme a besoin tous les jours du repos que le sang de Christ procure.

 

Des vases brisés valent souvent mieux que des vases entiers pour manifester la suffisance et la grâce de Christ.

 

Sa Bonne Main est sur nous, même, et d’une manière toute particulière, dans des circonstances douloureuses.

 

Il ne valait pas la peine de nous donner un long récit de la prospérité de Job, mais le Saint Esprit de Dieu nous raconte en détail tout ce qui eut lieu pendant ses épreuves.

 

Il en valait la peine et ce récit profitera aux enfants de Dieu jusqu’à la fin des temps.

 

C’est là que nous pouvons voir l’œuvre de notre Dieu.

 

Qu’Il nous donne d’avoir une entière confiance en Lui !

 

Le christianisme fut semé dans les larmes du Fils de Dieu.

 

C’est le fruit du travail de son âme qu’Il verra dans le jour de sa gloire.

 

De même, dans tout service (faisons-en bien notre compte), s’il doit y avoir une bénédiction réelle, il faut que nous éprouvions la souffrance causée par l’opposition du monde ; de plus, même dans l’église, nous ressentirons, plus douloureusement encore, la tristesse causée par son état de ruine et par l’imperfection du témoignage de ceux que nous aimerions voir manifester pleinement Christ.

 

Évidemment la nature recule devant la souffrance ; toutefois, si nous la rencontrons avec Dieu, la force et la joie remplissent nos cœurs.

 

Dans les petites difficultés que j’ai traversées, j’ai trouvé que la perspective d’une épreuve était beaucoup plus pénible que l’épreuve elle même.

 

Lorsque je la traversais, j’étais calme et paisible, au lieu d’être agité comme lorsque je l’attendais.

 

Avant qu’elle vous atteigne, si elle vous menace, vous y pensez, tandis qu’en la traversant, vous portez les yeux, non sur elle, mais sur le Seigneur.

 

Si le travail nécessaire peut s’accomplir en nous sans l’affliction, Dieu ne nous l’enverra pas.

 

Son amour vaut infiniment mieux que notre volonté.

 

Confiez-vous en Lui !

 

S’Il frappe, soyez assurés qu’Il vous donnera plus qu’Il ne vous ôte.

 

La perte d’une mère ou d'un père est toujours immense.

Personne d’autre qu’une mère ne peut être une mère, ou un père un autre père, mais Dieu peut être tout pour nous et envers nous dans toutes nos difficultés.

Amen,


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J-N, Darby,

 

Bible (133)

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:03

Charles Spurgeon

Que ton coeur ne porte point d'envie aux pécheurs,

Mais adonne-toi

à la crainte de l'Eternel continuellement.

Car il y aura véritablement bonne issue pour toi,

et ton attente ne sera point trompée.

Proverbes 23.17-18.

 

 

Quand nous voyons prospérer les méchants, nous sommes portés à les envier, et quand nous les entendons s'égayer tandis que nous avons le coeur attristé, nous sommes tentés de croire que leur part est meilleure.

 

Mais c'est là folie et péché.

 

Si nous les connaissions mieux et si nous considérions leur fin, nous aurions bien plutôt pitié d'eux.

 

Le remède contre cette envie, c'est de demeurer constamment et tout le jour dans le sentiment de la présence de Dieu, l'adoration et la communion avec lui.

 

Une religion véritable portera notre âme dans des régions supérieures où notre jugement deviendra plus clair et nos désirs plus purs.

 

Plus le ciel aura de part dans notre vie, moins nous nous attacherons aux choses de la terre.

 

La crainte de Dieu déracinera les convoitises trompeuses.

 

Nous porterons le coup de mort à l'envie en considérant avec calme la fin du méchant.

 

Sa richesse et sa gloire ne sont qu'un vain étalage.

 

Sa pompeuse apparence éblouit un moment, puis s'éteint.

 

Quel gain a-t-il de sa prospérité, quand le jugement vient à l'atteindre, celui qui réussit dans le péché ?

 

Mais l'homme de Dieu, au contraire, a pour fin la paix et la bénédiction, et « nul ne peut lui ravir sa joie. »

 

Abandonne donc toute envie et recherche le vrai contentement d'esprit. 

 

spurgeon

C.-H. SPURGEON,

(Promesses Quotidiennes)

Bibles023

Croix Huguenote

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Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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