Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Vie Protestante Réformée

  • : Refuge Protestant
  • Refuge Protestant
  • : Blog Protestant Réformé
  • Contact

  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

Bouchra Maurice 

  Croix Huguenote

par theme
Croix Huguenote

Vous pouvez retrouver

Refuge Protestant

sur Facebook, Google +

en cliquant sur l'un des deux liens 

ci dessous

Facebook suivi

 

  Google + 

 

31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 08:03
Légaliste ou obéissant ?

Vous est-il déjà arrivé, en croyant obéir à un commandement de Dieu, de vous faire traiter de légaliste ?


Le mot « légalisme » ne se trouve pas dans le Petit Larousse.

 

Il faut chercher dans un dictionnaire plus complet pour trouver comme définition :

– « Souci de respecter la lettre de la loi et les formes qu'elle prescrit.
– (Souvent péjoratif) Attitude de celui qui respecte rigoureusement la lettre de la loi. »

 

Le mot ne se trouve pas dans la Bible, mais on y trouve plusieurs indications sur l'obéissance.

 

L'obéissance de détail n'est pas condamnée :

« Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (Matthieu 5.19)

 

L'obéissance partielle est insuffisante :

 

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. » (Matthieu 23.23)

 

L'obéissance à la loi de Moïse n'est plus pour le Chrétien :

Au sujet de la circoncision :

« C’est pourquoi je suis d’avis qu’on ne crée pas des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de la débauche, des animaux étouffés et du sang. » (Actes 15.19-20)


Toutefois la loi nous est toujours utile :

 

« Car il est écrit dans la loi de Moïse : “Tu ne muselleras point le bœuf quand il foule le grain.” Dieu se met-il en peine des bœufs, ou parle-t-il uniquement à cause de nous ? » (1 Corinthiens 9.9-10)

 

Paul se sert de cette instruction de la loi pour justifier l'aide financière aux serviteurs de Dieu.

 

L'obéissance aux lois "fabriquées" est totalement condamnée :

 

« Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes : Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas ! préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ? Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu’à satisfaire la chair. » (Colossiens 2.20-23)

 

L'obéissance à la loi ne rend pas juste :

« Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que personne ne sera justifié par les œuvres de la loi. » (Galates 2.16)

 

« Que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit : “Le juste vivra par la foi.” Or, la loi ne procède pas de la foi ; mais elle dit : “Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles.” » (Galates 3.11-12)

 

« Trop » obéissant ?

 

Certainement pas, mais on peut manquer cependant d'un réel équilibre.

 

Par exemple, je participe à toutes les activités de l'église pour obéir au Seigneur et pendant ce temps je néglige mon Epouse, mon Epoux, mes enfants ou mes parents.

 

C’est ce que Jésus reproche aux pharisiens :

 

« Vous rejetez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition. Car Moïse a dit : “Honore ton père et ta mère” ; et : “Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.” Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : “Ce dont j’aurais pu t’assister est corban”, c’est-à-dire, une offrande à Dieu, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère, annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. » (Marc 7.9-13)

 

« Mal » obéissant ?

 

– J'obéis par peur d'être puni.

 Ce n'est pas un motif noble (Romains 13).

 


– J'obéis pour une récompense, pour que Dieu me bénisse.

Oui, Dieu nous bénit quand nous obéissons : « Honore ton père et ta mère (c’est le premier commandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. » (Éphésiens 6.2-3)

 

Mais Dieu ne nous est pas redevable parce que nous obéissons. En règle générale, la bénédiction de Dieu découle de Sa Grâce et certainement pas de notre comportement, aussi bon peut il être.


– J'obéis pour être vu des autres et être loué.

Dans ce cas, j’ai déjà ma récompense sur la terre, voire à me soucier réellement lorsque Dieu mettra à nue les bas motifs de notre coeur d'une manière ou d'une autre.

 

Conclusion

 

Ne jugeons pas trop vite les motifs qui poussent mon frère à obéir, et pour ce qui nous concerne, ne faisons pas d'introspection dépassant ce que Dieu attend, mais cultivons oui le désir de vouloir toujours plaire sainement et saintement à Dieu par notre vie.

 

Et si on me traite de légaliste ?

 

Examinons honnêtement, avec sérieux devant Dieu et avec Son Aide le bien-fondé de cette critique.

 

Mais si elle est infondée, disons sans fausseté ni travers et sans crainte comme Paul :

« Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous, ou par un tribunal humain. […] Celui qui me juge, c’est le Seigneur. » (1 Corinthiens 4.3-4)

 
Jean Regard

 

 

 

 

 

Source : Promesses

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 17:06
Protestantisme et philosophie

Examinons la question de la possibilité d’une philosophie du point de vue protestant et, plus spécialement du point de vue calviniste.

 

Cette question nous avait été posée par l’un des maîtres les plus éminents de la philosophie, en France.

 

Le protestantisme a-t-il besoin d’une philosophie ?

 

S’il en a besoin, y a-t-il droit ?

 

Bien entendu, il a et peut et doit avoir une théologie; aucune discussion sur ce point ; mais pourquoi une philosophie ?

 

Et comment ?

 

On voit tout de suite la gravité de la question.

 

Si le protestantisme a besoin d’une philosophie, et si le principe de sa théologie lui interdit le droit d’en avoir une, le protestantisme n’a pas le droit d’exister pour la pensée.

 

Si la philosophie n’est, pour lui, que spéculation inutile, il n’est plus qu’une chapelle, ou un foisonnement de chapelles obscurantistes en marge de la pensée humaine.

 

Pour le catholicisme, la question ne se pose plus.

 

Mme M. Davy a montré, dans son livre Les sermons universitaires parisiens de 1230 et 1231, que la question s’est posée d’une manière aiguë au XIIIe siècle et qu’elle avait été résolue négativement par les évêques et les théologiens aux dépens de Thomas d’Aquin.

 

Mais depuis, l’Église a donné raison à l’Ange de l’École.

 

« La science qui, à l’aide des lumières de la raison, s’applique à résoudre les grands problèmes relatifs au monde, à l’homme et à Dieu s’appelle philosophie », dit le philosophe thomiste P. Vallet.

 

Cette science est le fondement logique indispensable à l’édification de la théologie positive.

 

Pour la science dite indépendante, la philosophie est une sorte de luxe de la pensée.

 

Primum vivere, deinde philosophari.

 

Elle est destinée à satisfaire le besoin qui pousse certains esprits à sonder jusqu’au fond le connaissable et à faire des synthèses générales.

 

La question de savoir si ce fond dernier peut être atteint par la seule raison théorique, par la raison pratique ou par l’intuition, est tranchée diversement par les diverses écoles indépendantes.

 

Pour définir l’organe de la philosophie indépendante en englobant toutes les écoles, nous substituerons donc à l’expression du philosophe catholique lumière de la raison, l’expression plus générale lumière naturelle.

 

Comme, d’autre part, les philosophes agnostiques et positivistes relèguent Dieu et les choses en soi dans le domaine de l’inconnaissable, nous assignerons pour objet à la philosophie indépendante le général, l’universel abstrait.

 

Et pour le protestantisme, maintenant ?

 

On désigne sous ce terme unique deux courants de la pensée religieuse qui ont un caractère commun ; ils veulent affranchir la pensée religieuse du magistère infaillible de toute Église représentative, et c’est dans le sein de l’Église romaine, au XVIe siècle, que ce mouvement d’émancipation s’est produit.

 

Mais ces deux courants ont chacun leur principe formel propre.

 

Le principe formel du protestantisme indépendant, c’est l’autorité subjective de la conscience religieuse de l’individu : l’autorité de Dieu si l’on veut, mais l’autorité de Dieu s’exprimant dans et par la conscience de l’individu.

 

Le principe formel du protestantisme orthodoxe, qu’il soit du type luthérien ou du type réformé, c’est l’Autorité de l’Esprit de Dieu s’attestant et à la conscience de l’Église et à la conscience individuelle dans et par l’Écriture.

 

À notre sens, la question de savoir si le protestantisme indépendant ou libéral peut et doit avoir une philosophie ne se pose pas.

 

Il n’est qu’une religion philosophique ou plutôt une philosophie religieuse née au contact de la foi des prophètes d’Israël et surtout de Jésus et des apôtres.

 

Sa dogmatique sera la traduction intellectuelle et synthétique des émotions religieuses ou mystiques de l’âme individuelle.

 

S’il est rationaliste, la philosophie sera, pour lui, ce qu’est la philosophie pour les catholiques scolastiques.

 

S’il est intuitionniste, elle sera pour lui ce qu’elle était pour Kant ou pour Renouvier, et ainsi de suite.

 

S’il veut être en se pensant lui-même, et nous ne voyons pas au nom de quel principe on lui refuserait le droit de se penser, le protestantisme indépendant ou libéral ne peut guère faire autre chose que de philosopher.

 

Il n’entre pas dans notre sujet de faire la critique du protestantisme indépendant.

 

Nous dirons seulement que, si nous voyons très bien qu’avec lui nous pourrions philosopher à perte de vue, il nous apparaît aussi avec évidence qu’il ne tient pas compte de faits qui s’imposent à la conscience religieuse calviniste avec la force d’une injonction divine.

 

Ces faits, c’est que l’Écriture est le buisson ardent où cette conscience a rencontré Dieu, et que la soumission à l’Autorité de l’Écriture, à Son Autorité Formelle, aussi bien que matérielle, comme juge suprême et pierre de touche de toute pensée et de toute sagesse, n’est pas seulement la charte divine qui l’affranchit de toute tyrannie humaine, mais qu’elle est la digue qui s’oppose à la montée des incertitudes, des contradictions de l’anarchie intellectuelle où se débat le protestantisme indépendant.

 

Le calvinisme ne peut être autre chose que protestantisme orthodoxe.

 

La forme conséquente, achevée, du protestantisme orthodoxe est le calvinisme, la théologie réformée.

 

C’est du point de vue du dogme réformé que nous allons maintenant envisager la question de la possibilité d’une philosophie, et d’une philosophie qui ne se confonde pas avec la dogmatique.

 

Il est nécessaire, pour répondre à la question posée, de dire ce qu’est le calvinisme par rapport au problème qui nous occupe ; ce qu’est, pour lui, la dogmatique ; quelle idée il peut se faire de la philosophie.

 

Le calvinisme est d’abord une religion positive.

 

La source et la norme de son dogme est une révélation historique et progressive, une histoire sacrée qui a ses lieux, ses dates, son document : l’Écriture ;

 

son centre : le Christ crucifié.

 

Le calvinisme veut être non une Église nouvelle, mais l’Église ancienne réformée, et réformée selon le mobile de la piété qui est le Soli Deo gloria, le désir de promouvoir la gloire de Dieu, et  cela en prenant pour règle de foi les écrits reconnus par toute l’Église comme parole de Dieu et qui s’attestent à la conscience chrétienne comme Divine par le témoignage indirect et direct du SaintEsprit.

 

Le calvinisme, étant une réforme dans l’esprit de la tradition augustinienne, est anormaliste : il croit à la chute et à la corruption totale de la nature humaine — dans le sens extensif, bien entendu, et non dans le sens intensif — ; il vise donc à purifier l’Église de l’hérésie, sous la forme du judaïsme moraliste d’abord.

 

Sur ce point, il se confond avec le luthéranisme orthodoxe.

 

Il acceptera donc la justification sola fide.

 

Mais il vise à être une réforme plus complète.

 

Il se distingue du luthéranisme en ce qu’il porte un effort intense contre l’autre aspect que revêt l’hérésie : l’élément païen, qui tend à confondre les signes divins avec le numen lui-même, à reléguer Dieu au second plan, ou à mettre Dieu sous la dépendance de l’homme et des choses.

 

Enfin, le calvinisme est sur un autre plan que le rationalisme : il est suprarationaliste.

 

Pour lui, le principe intérieur de la certitude dogmatique et la condition de l’intellection est la foi.

 

Il pourrait s’approprier la devise de saint Anselme : Fides quærens intellectum (la foi recherche l’intelligence).

 

Contrairement au catholicisme romain, il considère la foi comme un élément essentiel de la nature humaine dans son état d’intégrité avant la chute : la foi qui croit (fides qua creditur), la foi, faculté de reconnaître Dieu et les choses divines, quand la révélation se produit.

 

C’est la foi, l’intuition, en nous, de Dieu soutenant notre subsistance et le mouvement de notre vie ; la foi, l’intuition de Dieu dans le monde, où il agit par la création continue et par la conduite qu’il lui impose ; la foi, l’intuition de Dieu dans l’Écriture, où il parle avec Autorité et Promet avec Fidélité.

 

La foi, corrompue par la chute, n’est plus guère que la religiosité conservée par la grâce commune.

 

Mais dans l’état de chute, elle se refuse quand elle devrait se donner, et se donne quand il faudrait se réserver.

 

La nature corrompue ne voit pas toujours que la foi est tellement essentielle à l’essence de notre être qu’on ne peut faire aucune démarche dans la voie de la connaissance sans prendre son point de départ dans un acte de foi initial à quelque principe, ne serait-ce qu’en l’intuition du doute sceptique et du droit intellectuel au doute.

 

Comme pour les autres philosophies intuitionnistes, nous parlerons donc de lumières naturelles plus que de raison naturelle.

 

La pensée naturelle est au seuil du sanctuaire quand elle comprend que la seule attitude conforme à la sagesse et à la dignité de l’Esprit est de n’accorder la foi totale qu’à l’Esprit absolu, originaire et garant de la réalité.

 

Le calvinisme étant ainsi caractérisé, il est aisé de déterminer ce que sera pour lui la dogmatique.

 

Ce sera une synthèse des mystères de la révélation religieuse, opérée par la raison, qui elle-même a reconnu que la foi est la condition de l’intelligence.

 

C’est la science de la foi, par la foi, science qui a pour objet le contenu de la religion positive.

 

Or, la religion a pour fin principale de nous faire connaître la manière de servir et de glorifier Dieu par la foi et les œuvres, et pour fin subordonnée de nous enseigner la voie du salut.

 

La dogmatique a pour objets Dieu, l’homme et le monde en tant que dépendant religieusement de lui pour être conduits à leurs destinées suprêmes, en tant que perdus ou que sauvés.

 

Puisque la foi chrétienne réformée s’est érigée en science dogmatique avec sa théologie propre, son anthropologie et sa cosmologie, la question se pose de savoir s’il y a place, à côté de cette dogmatique, pour une philosophie chrétienne ayant les mêmes objets : Dieu, l’homme, la nature, et, dans le cas affirmatif, comment elle se distinguera de la dogmatique.

 

Immédiatement apparaît une différence fondamentale quant à la finalité : la science dogmatique se propose de connaître ce que Dieu a révélé pour que nous le servions et que nous trouvions la voie du salut.

 

Les sciences concrètes et la philosophie, science des premiers principes universels des sciences, se proposent de connaître la nature, pour l’asservir.

 

Dieu, la souveraineté de Dieu ne sont considérés que dans la mesure où ils peuvent nous faire comprendre l’ordre de la nature qui en relève ; ainsi Dieu, comme cause première, comme ciment logique de la réalité, comme dynamisme ultime de la totalité du réel.

 

La théologie positive de par son essence a pour texte la révélation de Dieu dans la subsistance, dans les relations et le changement de la totalité du réel de la nature.

 

Par sa doctrine de la préordination éternelle et immuable de toutes choses, de la création et de la conservation du monde et de la vocation royale de l’homme sur le monde, le calvinisme, affirmant un univers et un déterminisme de l’ordre de l’univers, donne à la philosophie un domaine bien à elle et distinct de celui de la dogmatique : le domaine de la nature ou ordre imposé par Dieu au créé.

 

Comment le calviniste fera-t-il de la philosophie ?

 

Puisqu’il est rétabli virtuellement dans son état de rénovation ou de régénération et qu’il a retrouvé la faculté normale de l’homme, la foi, il partira des mêmes principes normatifs que la dogmatique : la foi, condition de l’intellection ; la révélation chrétienne dans l’Écriture, norme suprême.

 

Comme pour la dogmatique, il appliquera sa raison croyante à l’étude de son texte : la nature et les généralisations dernières qu’il s’agit d’en tire r; comme le théologien applique sa raison régénérée ou illuminée à l’interprétation scientifique de son texte qui est la révélation positive.

 

Pourquoi fera-t-il de la philosophie ?

 

Parce qu’il a des aspirations humaines et des aspirations spécifiquement religieuses propres à sa foi réformée.

 

Des aspirations humaines, comme les autres hommes, il a besoin de comprendre ce qu’il connaît et de comprendre l’acte même de connaître.

 

Il cultivera les sciences particulières parce qu’il faut savoir pour pouvoir, et il cultivera la science des sciences parce qu’on ne sait vraiment que ce qu’on comprend.

 

Il s’agit là seulement d’une nécessité psychologique.

 

Mais le calvinisme a des aspirations religieuses qui font de la philosophie une nécessité vitale.

 

Il s’agit non plus pour lui, comme pour le catholicisme, de donner à sa foi une base rationnelle.

 

Nous l’avons vu, le calvinisme est suprarationaliste.

 

La foi religieuse n’est pas pour lui une opinion : elle est le type le plus élevé et le plus raisonnable de la certitude.

 

Aussi ceux des calvinistes qui, contrairement à Calvin, croient que l’existence de Dieu peut être l’objet de démonstrations rationnelles ne se servent-ils de ces preuves que pour critiquer l’athéisme et déclarent-ils que ni le fidèle ni l’Église n’en ont besoin.

 

Il s’agit pour lui de toute autre chose.

 

Il s’agit :

 

1°) de répondre à l’appel de l’instinct de la foi qui veut comprendre pour admirer, aimer, glorifier Dieu dans son œuvre ;

 

 2°) de promouvoir la foi en la souveraineté de Dieu dans tous les domaines de la pensée ; de renverser, selon l’idéal apostolique, toute forteresse qui se dresse contre Dieu ; d’amener toute pensée à se ranger, comme captive, derrière le char triomphal du Christ, et, pour cela, d’expurger la science des sciences de tout élément païen (déisme, panthéisme), comme Calvin en a expurgé la partie de l’Église qui s’est rangée derrière le principe qu’il a proclamé : La culture du domaine philosophique est donc non seulement un droit, c’est un devoir religieux.

 

Il reste à examiner brièvement quelques objections.

 

1. En éliminant l’élément païen, c’est la nature qui s’en va et avec elle la philosophie.

 

Réponse : l’élément païen n’est pas l’élément naturel, par opposition à l’élément chrétien, qui serait le surnaturel.

 

Le paganisme et le christianisme sont, l’un et l’autre, le naturel et le surnaturel.

 
Le paganisme, c’est la nature déchue ; le christianisme, c’est la nature rénovée.
 
 
D’autre part, il y a du surnaturel dans le paganisme, non seulement le surnaturel satanique, mais le surnaturel de la grâce commune.
 
La science et la philosophie cultivées par les païens sont les résultats magnifiques de l’action de la grâce commune ; l’élément païen qu’on y trouve ne doit pas être confondu avec elles.
 
Il peut et doit en être séparé.
 
Tout ce qu’ont dit et ce que disent les païens, le judaïsme, les hérétiques n’est pas forcément païen, juif ou hérétique.
 
 
Même dans les questions religieuses, ils ont des lueurs divines parfois : fulgurantes, sinon durables, et cela en vertu de la grâce commune.
 
 
Il est donc faux de dire qu’en éliminant ce qui est spécifiquement païen, nous éliminons la nature.
 
 
2. En assignant à la philosophie un objet religieux : Dieu, qu’elle atteint par la religiosité, par l’intuition de la foi, nous substituerions la religion à la philosophie.
 
 
Réponse : cela pourrait se soutenir si la philosophie n’avait d’autre procédé pour atteindre le vrai, d’autre lumière naturelle que la démonstration rationnelle.
 
 
Ce n’est pas le cas.
 
 
L’intuition sensible est aussi une lumière de la nature, un moyen de connaître, quelquefois le seul possible.
 
Toute science est bien obligée de partir d’indémontrables.
 
La foi n’est pas un procédé exclusivement religieux.
 
Même quand elle prend Dieu pour objet, si elle considère Dieu non comme révélateur, législateur souverain et Sauveur, mais sous l’aspect de l’explication suprême du réel, l’intuition de Dieu, la foi qui l’affirme, tout en étant un acte religieux, est une attitude philosophique.
 
La philosophie de la religion elle-même, quand elle considère les idées abstraites de la révélation positive, de religion positive, est encore de la philosophie et non de la religion.
 
Une philosophie de la religion n’a aucun moyen de déterminer quelle forme concrète le culte de Dieu exige, ni s’il fera ou non de pécheurs des fils adoptifs de sa grâce salvatrice.
 
Elle n’est donc pas une religion.
 
Pourquoi le calviniste ne pourrait-il, lui aussi bien qu’un autre, faire de la religion l’objet de son étude ?
 
Quoi ?
 
L’agnostique et le douteur pourraient le faire en partant de leur principe qui est le doute universel, et le calviniste n’aurait pas le droit de le faire en partant du sien ?
 
Mais le doute universel n’est pas le seul point de départ convenable de la philosophie.
 
On peut même affirmer que celui qui part de là y restera toujours empêtré et qu’il ne pourra jamais constituer une véritable philosophie qu’à condition de se donner un autre point de départ.
 
Nous croyons, au contraire, que la philosophie est la science des sciences, et qu’elle ne peut être cela qu’à condition de s’appuyer sur des certitudes fondamentales et premières, que l’intuition de la foi lui fournit.
 
Par la foi nous savons, dit Calvin après l’épître apostolique ; et par là, le calvinisme rejoint la grande tradition anselmienne pour qui la foi était la condition de l’intellection, et l’intellection le résultat d’un effort de la foi, fides quærens intellectum.
 
Ainsi, le type de philosophie que le calvinisme ne peut ni ne veut cultiver, c’est celui qui, érigeant le doute en principe, prétend créer, par ses seules forces, la vérité, faisant de l’homme la mesure de toutes choses.
 
Entre lui et cette philosophie-là, il y a une opposition principielle irréductible.
 
Toute philosophie calvinienne sera nécessairement une philosophie de croyants, même quand elle sera une philosophie de la croyance.
 
Le calvinisme n’a affranchi la pensée protestante que pour l’assujettir à l’autorité de Dieu, et il croit que c’est dans cette soumission à Dieu qu’est la véritable garantie de la dignité de l’esprit humain.
 
 
Auguste Lecerf, (1872-1943)
Pasteur Réformé
Théologien,
Il fut professeur de dogmatique réformé
à la Faculté de théologie protestante de Paris, 
spécialiste de la pensée de Jean Calvin
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sourceressourceschretiennes

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:16
Depuis le ciel, Dieu ne perd jamais des yeux un(e) seul(e) de Ses Enfants.

Et aussitôt Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. Et quand il l'eut renvoyée, il s’en alla dans la montagne pour prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre. Il vit qu'ils avaient beaucoup de peine à ramer, car le vent leur était contraire. Vers la quatrième veille de la nuit il alla vers eux, marchant sur la mer, et il allait les dépasser. Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c’était un fantôme et ils poussèrent des cris ; car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit : « Rassurez vous, c’est moi, N'ayez pas peur. " Puis il monta auprès d’eux dans la barque et le vent tomba. Ils furent en eux-mêmes tout stupéfaits et remplis d'étonnement, car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur coeur était endurci . Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent.

(Marc 6 : 45/53)

 

Mettons en évidence les points pouvant nous encourager dans les orages de la vie.

 

Jésus envoie ses disciples sur le lac

 

C'est le Seigneur Lui-même qui a envoyé Ses disciples sur le lac.

 

Il les a même contraints à monter dans la barque.

 

Nous voyons ici que nous pouvons nous trouver dans des situations difficiles - où notre foi est éprouvée à l'extrême - dans un chemin où le Seigneur nous a expressément envoyés.

 

Mais quoi qu'il en soit, nous pourrons constater que le Seigneur contrôle constamment toute chose.

 

Ce qui nous arrive n'est pas le produit du hasard.

 

Il a Ses Plans et Les réalise par les moyens qu'Il Juge Bon.

 

Après plusieurs années d'immenses épreuves, jetant un regard en arrière, Joseph pouvait dire à ses frères :

 

« Et maintenant, ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, mais c'est Dieu » (Genèse. 45, 8).

 

Dans notre vie, rien n'arrive que le Seigneur n'ait pas commandé et qui ne soit pas pour notre bien.

 

Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait ordonnée ? (Lamentations 3, 37).

 

Le Seigneur prie sur la montagne et voit ses disciples se tourmenter à ramer

 

Le Seigneur Jésus nous suit des yeux dans la détresse et nous accompagne par la prière.

 

La situation des disciples ne Le laissait pas indifférent.

 

Même s'Il était éloigné d'eux pour un moment, rien de ce qui les concernait ne Lui échappait.

 

Il était monté sur la montagne pour prier.

 

De là Il voyait Ses disciples et leurs circonstances adverses.

 

Aujourd'hui le Seigneur Jésus est dans le ciel.

 

Christ est là comme Notre Miséricordieux et Fidèle Souverain Sacrificateur auprès de Dieu.

 

Il est plein de Compassion pour nous.

 

Il s'occupe de nous.

 

Rien ne Lui échappe.

 

Son regard est dirigé vers nous.

 

C'est ce qu'exprime le psalmiste :

 

« Les yeux de l'Éternel regardent vers les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leur cri » (Psaume. 34, 15).

 

Depuis le ciel, le Seigneur voit :

 

  • chaque difficulté que nous rencontrons,

 

  • chaque larme que nous versons,

 

  • chaque sentiment de notre coeur, même s'il est inconnu de ceux qui nous entourent,

 

  • chaque moment de solitude qui nous oppresse,

 

  • chaque injustice dont nous pourrions être victimes,

 

  • chaque question à laquelle nous ne trouvons pas de réponse ici-bas.

 

Devant Lui toutes choses sont nues et découvertes ; nous sommes entièrement transparents.

 

Depuis le ciel, Il ne nous perd jamais des yeux.

 

Il connaît nos sentiments dans chaque situation.

 

Le Seigneur vient vers ses disciples au moment opportun

 

Jésus ne se contente pas de nous regarder et de compatir avec nous, mais Il vient auprès de nous dans nos difficultés.

 

Il ne s'est pas simplement présenté à Ses disciples dans la barque, mais Il a marché sur les vagues - ces vagues qui parlent des circonstances difficiles qu'il nous arrive de rencontrer.

 

C'est justement là que nous pouvons faire l'expérience de Sa Présence et de Son Secours.

 

Lorsque les trois amis de Daniel étaient dans la fournaise, le Seigneur est venu auprès d'eux dans le feu ardent (Daniel 3, 25).

 

Lorsque Paul était seul dans sa prison, le Seigneur s'est tenu près de lui (2 Timothé 4, 17).

 

C'est ce dont nous pouvons aussi faire l'expérience.

 

En Ésaïe nous lisons :

 

« Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l'Ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et sa miséricorde il les a rachetés, et il s'est chargé d'eux, et il les a portés tous les jours d'autrefois » (63, 9).

 

Et dans un autre passage du même prophète, nous trouvons :

 

« Mais maintenant, ainsi dit l'Éternel, qui t'a créé, ô Jacob, et qui t'a formé, ô Israël : Ne crains point, car je t'ai racheté ; je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et par les rivières, elles ne te submergeront pas ; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pas. Car moi, je suis l'Éternel, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur... tu es devenu précieux à mes yeux... et moi, je t'ai aimé... Ne crains pas, car je suis avec toi » (43, 1-5).

 

Quel appui pour nous que cette Présence de Notre Dieu dans les circonstances difficiles !

 

Le Seigneur se fait connaître à ses disciples

 

Les disciples n'ont pas tout de suite reconnu Leur Maître.

 

Cela nous arrive souvent aussi.

 

En Le voyant marcher sur la mer, ils ont cru que c'était un fantôme et ont crié de peur.

 

Mais aussitôt Il leur a parlé.

 

Il leur a adressé des paroles de consolation, des paroles qui encouragent, des paroles par lesquelles tout est transformé.

 

Ce qu'Il a dit alors à Ses disciples est pour nous aussi.

 

« Ayez bon courage. »

 

Nous n'avons pas à rester résignés, fatigués et sans courage.

 

Le Seigneur nous parle afin de nous encourager.

 

Ecoutons-le.

 

Il veut nous donner la force de supporter l'épreuve que Lui-même a envoyée.

 

« N'ayez point de peur. »

 

Les circonstances de la vie sont souvent de nature à nous faire peur et à nous rendre soucieux quant à l'avenir.

 

Que va-t-il advenir ?

 

Mais à quoi sert-il d'avoir peur de ce qui pourrait survenir ?

 

L'apôtre Pierre nous exhorte : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (1 Pierre 5, 7).

 

« C'est Moi ».

 

Il est l'Eternel JE SUIS, L'Immuable, Le Rocher des siècles.

 

Dans le dernier livre de l'Ancien Testament, nous lisons :

 

« Car moi, l'Éternel, je ne change pas » (Malachie 3, 6).

 

Dans un monde où tout est en bouleversement continuel, nous pouvons nous abandonner entièrement au Seigneur. Rien ne peut l'ébranler.

 

Au moment où le Seigneur est monté dans la barque, les disciples ont pu voir le vent et les vagues s'apaiser.

 

En ce qui nous concerne, il n'en est pas toujours ainsi.

 

Mais une chose est certaine : si le Seigneur est à bord, le bateau ne peut jamais couler.

 

Et le moment vient où nous arriverons sains et saufs au port.

 

« Alors ils ont crié à l'Éternel dans leur détresse, et il les a fait sortir de leurs angoisses ; il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu'ils désiraient. Qu'ils célèbrent l'Éternel pour sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes » (Psaume 107, 28-31).

Amen,

 

E.A. Bremicker

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Le Messager (1860)

 

 

 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 10:58
Europe, la vieille dame inusable

Certains lui donnent deux mille ans ou plus, mais elle ne fait pas son âge.

 

Constamment remise en selle, malgré de mémorables culbutes, elle reste incorrigiblement optimiste.

 

Sous sa forme relookée, elle avoue près de 57 ans ( 9 mai 1950, appel de R. Schuman, acte de naissance de la construction européenne).

 

En 1957 (25 mars 2957, Traité de Rome, à la base du Marché commun et de la CEE) , elle avait déjà six enfants ; elle en exhibe désormais 27 (1er janvier 2007, l'Union européenne compte 27 membres).

 

Cette intendante aux larges robes fait de la place à tous ses protégés ; elle regorge de projets impeccables.

 

« Prospérité, sécurité, liberté, égalité, dignité humaine, paix, tolérance, respect mutuel (et même des minorités), justice, solidarité, développement durable ; lutte contre la faim, la maladie, la pauvreté, le terrorisme, le crime organisé ; démocratie, État de droit, stabilité… et pour faire bon poids, selon sa devise : In varietate concordia (Unie dans la diversité). »

 

Qui ne voudrait souscrire à un tel programme, dans un monde ravagé par la corruption, par les menaces de désintégration sociale, économique, professionnelle… et morale, par le dangereux déséquilibre nord-sud, par le réchauffement climatique, etc. ?

 

Qui n’aurait pas envie de faire sien un tel credo, au moment où, malgré les réticences de deux de ses enfants récalcitrants (voir le non des citoyens français et hollandais au projet de Constitution européenne. nota Refuge Protestant : sans parler de l'Angleterre sorti aujourd'hui), cette grande dame peut se targuer de quelques réussites indéniables ? (Les siens ont commencé à circuler tout à leur aise sur ses terres, et à s’y établir à leur gré. En 2007 déjà, c'était en outre la première puissance économique mondiale avec près de 30,30% du PIB mondial.)

 

Du reste, n’est-il pas préférable d’œuvrer ensemble avec elle plutôt que de rééditer les guerres d’antan ?

 

Oui, chère grande Europe, toi qui te couronnes de douze étoiles, signe de perfection et de plénitude, qui ne souhaiterait du fond du cœur l’accomplissement de tes rêves ?

 

Pour celui qui vit sous ton parapluie, quel avenir !

 

À moins qu’il ne faille, avant de s’élancer joyeusement dans ton sillage...comme nous y invite ton hymne officiel, l' « Ode à la joie », se poser une ou deux questions sur la vraie nature de tes valeurs, de ta liberté sous haute surveillance, de ton salut sans Dieu, de ton évangile sans Christ.

 

Pendant que tu nous le permets encore...

 

 

Claude-Alain Pfenniger

.

 

 

 

Source : 

 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 09:08
La perfection est ailleurs

On imagine souvent mal les ravages de la corruption.

 

Les catastrophes ou les guerres prouvent-elles vraiment l’indifférence de Dieu ?

 

Elles soulignent surtout le vice humain.

 

La situation spirituelle est encore plus dramatique, car ce sont nos coeurs séparés de Dieu et « esclaves de la corruption » (2 Pierre 2.19) qui nous entraînent à notre perte.

 

L'intégrité est cependant un objectif réaliste, à condition toutefois de prendre conscience du « fumier » duquel la Grâce de Dieu peut nous tirer (Psaume 113.7).

 

Celui qui minimise son état de corruption n’aura pas la ferme volonté de s’en affranchir, et sera peu reconnaissant envers son Sauveur (Luc 7.47).

 

Mais plus il admet les profondeurs de son péché, plus il réalise la grandeur de sa délivrance, et plus sa louange s'élève vers le Dieu très-haut :

« là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » (Romains 5.20b).

 

Lisez la biographie d'hommes pieux, et tous vous diront tout ce qu'ils doivent à la Grâce de Dieu, plus qu'à leur moralité naturelle.

 

Oui, la droiture existe dans ce monde... Mais elle n'est pas de ce monde !

 

Que cette réalité nous incite donc, non pas à nous morfondre, mais à rendre toute la gloire à Dieu pour Son Oeuvre de sanctification en nous.

 

Oeuvre qu'Il initie, soutient, et mènera à la perfection, puisqu'Il a prévu de nous rendre progressivement irréprochables pour le jour où Christ paraîtra (1 Corinthien 1.8).

 

Amen,

 

Frédéric Mondin,

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source : 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 13:18
PRO-TESTANTISME OU ANTI-TESTANTISME : La source de la Réforme comme mouvement Confessant par Eric Kayayan,  (Partie I)

UN APERÇU HISTORIQUE

 

Il est indéniable sur le plan historique que la Réforme du seizième siècle – qu’elle soit luthérienne, zwinglienne ou calvinienne – a été un mouvement caractérisé par une très riche expression confessionnelle, c’est-à-dire par la production de textes symboliques présentant, défendant et affirmant en forme de serment (« pro-testant ») le corps de doctrines cru et proclamé dans la prédication, la catéchèse ainsi que dans tous les aspects de la vie des églises et des croyants.

 

Cette activité symbolique s’est d’ailleurs poursuivie au cours du dix-septième siècle (avec notamment la Confession de Westminster, le document symbolique adopté par la plupart des églises dites presbytériennes).

 

Nombre d’églises continuent de voir le jour de par le monde se réclamant du même héritage confessionnel, particulièrement en Afrique sub-saharienne et en Asie (Indonésie, Corée du Sud entre autres).

 

Elles demeurent pro-testantes, maintenant vivante une ou plusieurs de ces confessions de foi, en plus de leur attachement aux grands credos écuméniques des premiers siècles (symbole de Nicée-Constantinople, symbole dit des Apôtres, symbole dit d’Athanase, déclaration du concile de Chalcédoine sur les deux natures – divine et humaine – du Christ et leur relation).

 

A titre d’exemple, de nombreuses églises réformées maintiennent ce qu’il est convenu d’appeler les Trois Formules d’Unité, à savoir la Confession Belgica (rédigée en 1561 par Guido de Brès, mort en martyr en 1567 pour la cause de cette même confession), le Catéchisme de Heidelberg (1563) et les Canons de Dordrecht (1618-1619) : lors de leur ordination, les pasteurs de ces églises prêtent devant l’assemblée des fidèles le serment de prêcher et d’enseigner en accord avec ces textes symboliques.

 

Il serait erroné de penser que la multiplicité des confessions de foi produites durant la Réforme ne témoigne que de divisions ou de désaccords, même si sur un certain nombre de points une telle appréciation est justifiée.

 

Une étude comparative des textes symboliques les plus significatifs par leur contenu et l’adhésion qu’ils ont suscitée, montrera facilement que si les circonstances historiques et ecclésiastiques qui en ont motivé la rédaction diffèrent, leur contenu, même si exprimé différemment (et aussi en langues vernaculaires différentes) est en général remarquablement proche.

 

La comparaison des nuances d’expression, la variation des approches permet en fait de stimuler la réflexion théologique et d’approfondir l’étude de l’Écriture Sainte, à laquelle toutes se réfèrent comme leur source première, comme la norme ultime dont elles se réclament et à laquelle elles cherchent à se soumettre (la norma normans distinguée de la norma normata qui est leur propre statut au sein des églises confessantes, selon le vocabulaire spécialisé).

 

Il est d’autre part non moins indéniable sur le plan historique que face à ce pro-testantisme, s’est graduellement développé à partir du siècle dit des « Lumières », un anti-testantisme au sein de nombre d’églises historiquement issues de la Réforme, qui cherche à minimiser, voire étouffer toute tendance confessante au sens où les Réformateurs l’avait mise en avant.

 

La mention d’une ou plusieurs confessions de foi demeure certes en leur sein comme élément d’un patrimoine historique dont la place muséifiée n’est pas contestée, cependant ces confessions ont depuis longtemps perdu tout caractère normatif, laissant la place soit au subjectivisme individualiste (sous prétexte d’un libre-arbitre en fait nié avec la plus grande véhémence par les Réformateurs), soit à un flou doctrinal savamment orchestré afin d’éviter tout engagement délimitant clairement le champ de ce qui est cru en communauté de ce qui ne l’est pas.

 

On qualifiera alors volontiers de « piège identitaire » tout élément de définition doctrinale s’opposant à un universalisme jugé salvateur du simple fait que le salut serait acquis à tous les humains en tant qu’ils sont les créatures de l’Être suprême.

 

Cet anti-testantisme déconstruisant aussi bien l’esprit que la lettre des textes symboliques issus de la Réforme, doit naturellement se comprendre par rapport à la norme anthropologique et philosophique antithétique dont il se réclame, celles des « Lumières », devenue à tous égards l’anti-norme confessée implicitement voire explicitement par les églises en question.

 

« ET VOUS, QUI DITES-VOUS QUE JE SUIS ? »

 

Le propos de cet article n’est pas d’évaluer ou de contester l’opportunité ou la nécessité de formuler de nouvelles confessions de foi aujourd’hui, dans un contexte socio-historique différent de celui qui prévalait en Europe au 16e siècle.

 

C’est un sujet qui mérite un développement à part.

 

Mon propos est plutôt d’évaluer succinctement toute forme d’activité confessionnelle au sein du christianisme à la lumière de l’Écriture, du Sola Scriptura remis en vigueur par la Réforme, afin de tâcher d’en cerner les traits principaux.

 

Car au-delà des vicissitudes historiques voire des polémiques qui ont accompagné la naissance et la diffusion des confessions de foi de la Réforme (que l’on pense seulement aux circonstances présidant à la publication de la confession d’Augsburg, rédigée par Mélanchthon, l’ami et collaborateur de Luther, et présentée par les princes protestants devant Charles-Quint en juillet 1530) il est nécessaire de remonter à la source de cette remarquable activité confessionnelle : l’Évangile lui-même – auquel les Réformateurs se sont avant tout référés comme à leur point de départ – ; plus spécifiquement, au cœur de l’Évangile, la question cruciale posée en une double séquence par Jésus-Christ à ses disciples en Matthieu 16, d’abord au verset 13: Au dire des gens, qui suis-je, moi, le Fils de l’homme ? (Mc. 8:27 : Les gens, qui disent-ils que je suis ? Lc 9:18: Les foules, qui disent-elles que je suis ?); puis au verset 15, en contraste avec les réponses fournies: Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis?

 

La réponse de Jésus dans les évangiles synoptiques montre sans l’ombre d’un doute qu’il y a des réponses erronées, et une réponse véridique, celle de Pierre, qui le confesse comme le Christ, le Fils du Dieu vivant (Matt. 16:16), [Tu es le Christ, Mc. 8:29 ; Le Christ de Dieu, Lc 9:19].

 

C’est bien sur le fondement de ce roc, de cette confession identifiant et nommant correctement sa personne, et dans ce nom même (Christ/Messie) l’œuvre qu’il est venu accomplir, que Jésus édifiera son Église au cours des âges.

 

Du reste il ne demeurera avec elle jusqu’à la fin des temps que pour autant qu’elle confessera sa souveraineté dans les cieux et sur la terre en la proclamant universellement à toutes les nations au nom du Dieu trinitaire (Matt. 28:18-20).

 

Si, jusqu’à l’accomplissement complet comme Christ/Messie de sa mission sur terre, Jésus défend à ses disciples de proclamer publiquement qu’il est bien celui que Pierre a confessé non d’un simple mouvement humain mais conduit par le Père céleste (Matt. 16:17), cette identification s’est suffisamment répandue auprès des foules pour que le procurateur romain Ponce Pilate lui-même en ait pris connaissance au moment du procès de Jésus:

 

Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas ou Jésus appelé le Christ ? (…) Que ferai-je donc de Jésus, appelé le Christ ? lance-t-il à la foule (Matt. 27:17,22).

 

D’autant plus que la condamnation de Jésus pour blasphème par le sanhédrin un peu plus tôt a été motivée par cette auto-confession sur sa personne.

 

Il s’est identifié au Fils de l’homme de la prophétie de Daniel 7:13:

 

Le souverain sacrificateur lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel (Matt. 26:63-64).

 

En répondant positivement à la question du souverain sacrificateur, Jésus a repris à son compte la confession de Pierre qui lui avait été inspirée par le Père céleste, et a aussi affirmé son propre retour en gloire, ce que le crédo de Nicée-Constantinople confessera comme suit :

 

Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin.

 

Il est du reste tout à fait significatif que Suétone et Tacite, historiens romains de la fin du premier siècle et du début du second siècle, mentionnent la personne de Chrestus, ou Christus, lorsqu’ils parlent des chrétiens.

 

Que Jésus-Christ exige de ses disciples une confession de foi conforme à la réalité de sa personne et de son oeuvre, cela apparaît tout aussi clairement lorsqu’il leur déclare, au milieu d’un discours où l’accent est mis sur les persécutions auxquelles ils peuvent s’attendre, justement en tant que disciples confessants :

 

C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux (Matt. 10:32. )

 

Le texte parallèle dans Lc. 12 :8-9 donne :

 

Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu.

 

La lettre adressée à l’église de Sardes au début de l’Apocalypse de Jean reprend cette promesse-avertissement dans les termes combinés de Matthieu et de Luc:

 

Ainsi le vainqueur se vêtira de vêtements blancs, je n’effacerai pas son nom du livre de vie et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges (Apoc. 3:5).

 

LE CARACTÈRE DE L’ENGAGEMENT CONFESSIONNEL SUR LE FONDEMENT DU NOUVEAU TESTAMENT

 

Dans toutes les occurrences pré-citées, le verbe homologeô (en grec ὁμολογἑω) est distingué du verbe employé dans Matt. 3:6 ou Mc. 1:5 pour signifier plus spécifiquement « confesser ses péchés » (exhomologoumenoi tas hamartias autôn).

 

Ce verbe homologeô ainsi que le substantif apparenté homologia pour « confession » ou « déclaration » (ὁμολογία) apparaissent de nombreuses fois au cours du Nouveau Testament :

 

vingt-six fois pour le verbe – dont onze pour les seuls écrits johanniques – et six fois pour le substantif, étant appliqués le plus souvent à cette réponse à la fois personnelle et communautaire à la présence vivante du Christ (parfois aussi pour exprimer une confession des péchés).

 

A la lumière de ces préliminaires, quelques exemples tirés du Nouveau Testament illustreront – de manière non exhaustive – le caractère d’une confession de foi authentique, au sens de conforme à la réponse attendue par le Christ.

 

Elle est en premier lieu exclusive, Jésus-Christ ne pouvant être ni confondu ni remplacé par quiconque.

 

Au début de l’évangile selon Jean, Jean Baptiste, interrogé par des sacrificateurs et des Lévites sur son identité et sa mission, confesse qu’il n’est pas le Christ :

 

Il confessa sans le nier, il confessa: Moi, je ne suis pas le Christ (1:20).

 

Cette confession à rebours – qui sera suivie le lendemain même par une confession positive lorsqu’il désignera Jésus comme l’Agneau de Dieu (1:29) – nous renvoie aux passages des évangiles synoptiques où une partie des gens estiment que Jésus n’est autre que Jean-Baptiste revenu à la vie après sa décapitation par Hérode Antipas.

 

Ainsi, dès le début du ministère de Jésus une confession le concernant s’avère bien être exclusive de toute autre personne, serait-ce la plus en vue ou la plus respectée.

 

Tous ne sont pas le Christ, seul Jésus l’est, même si par ailleurs plusieurs prétendront l’être après son départ, séduisant beaucoup de gens (Matt. 24:4-5; Mc 13:5-6).

 

Elle est en second lieu intériorisée aussi bien qu’extériorisée, crue intérieurement aussi bien qu’exprimée publiquement, de manière déclarative (le mode déclaratif étant une des connotations les plus fortes du verbe grec homologein).

 

Au dixième chapitre de l’épître aux Romains, Paul explicite ce qu’est la parole de la foi qu’il prêche :

 

parole crue de cœur et confessée de bouche,

 

ces deux aspects étant inséparables:

 

Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car en croyant du cœur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut, selon ce que dit l’Écriture: Quiconque croit en lui ne sera pas confus (10:8b-10).

 

Est-il utile de préciser que cet aspect déclaratif de la confession de foi qui servira de témoignage devant Dieu et ses anges, selon les paroles mêmes de Jésus (Matt. 10:32, Luc 12:8-9), est le test qui fut mis devant les chrétiens de l’Église primitive, tout comme devant les pro-testants de l’époque de la Réforme, au péril même de leur vie ?  (...)

 

 

(Suite) PRO-TESTANTISME OU ANTI-TESTANTISME :

La source de la Réforme comme mouvement Confessant

 

 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 08:36
Apostasie, vous avez dit apostasie ?

 

« Des choses horribles, abominables se passent dans le pays ; les prophètes prophétisent le mensonge, les prêtres font du profit. Et mon peuple aime cela ! Mais que ferez-vous quand viendra la fin ? » (Jérémie 5:30-31)

 

Par Paul Wells*

 

Il est une chose assez étonnante aujourd’hui: alors que l’Eglise, en Occident, est malade ou au moins souffrante d’asthénie, les chrétiens ne se préoccupent guère de savoir comment elle a pu en arriver là.

 

Ils n’arrivent même pas à en faire la diagnose ou à nommer le mal.

 

Bien au contraire, il semble que tout se passe dans le meilleur des mondes ecclésiastiques possibles, avec un baromètre au beau fixe et un climat établi par l’air du temps.

 

La chute, en bien des milieux, du nombre des pratiquants, des conversions, des vocations au ministère et des revenus… n’inquiète pas vraiment.

 

Et même, une certaine suspicion existe à l’encontre des Eglises en développement  :  n’useraient-elles pas de manipulation où la « dureté » maintiendrait la ligne?

 

Dans les Eglises francophones "main-line", issues de la tradition de la Réforme, on « fait » dans le sociologique ou le social et, pour se donner bonne conscience, on disserte, parfois, « en intello » sur les questions de société.

 

Comment imaginer qu’une Eglise puisse devenir une anti-Eglise, alors que le mot, difficile certes, d’apostasie semble impossible à prononcer?1

 

La modernité avancée relativise et subjectivise toute vérité.

 

Le summum n’est peut-être pas de ce monde, mais, chacun à sa manière – la communauté chrétienne ou le chrétien lambda pluraliste ou « évangélique » – se réclame légitimement du Christ.

 

Il serait incorrect de mettre en question la bonne foi du prochain ! On est chrétiens tous ensemble.

 

Ainsi, un certain mois de novembre par le passé, Gene Robinson, premier évêque ouvertement déclaré gay de la communauté anglicane, a invité ses détracteurs, sur la chaîne CNN, à rendre visite à sa « famille », qui est très morale.

 

Le langage même assume son sens contraire dans les milieux « chrétiens ».

 

La moindre remarque ou la plus petite objection constitue une violation du principe absolu de l’amour, le signe d’un sentiment de supériorité spirituelle et d’une mauvaise foi indignes d’un chrétien.

 

« Ne jugez pas » est pris dans le sens « n’ayez pas la moindre idée négative à propos des autres », comme si la Seconde Partie de la Bible ne recommandait pas d’exercer le discernement théologique.

 

Pourtant, nos prédécesseurs, A. Monod, dans l’Eglise réformée de France, et C.H. Spurgeon, au moment de la « régression » (downgrade) de l’Union baptiste en Angleterre au XIXe siècle, ou J.G. Machen, le fondateur du Westminster Seminary, qui s’est opposé aux modernistes dans l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, nous ont avertis.

 

Dans son livre Christianisme et libéralisme (1923), où il montre magistralement que le christianisme et le libéralisme sont deux religions différentes, Machen écrit :

 

« L’Eglise aujourd’hui a été infidèle à son Seigneur en admettant en son sein des compagnies de non-chrétiens, non seulement pour en être membres, mais aussi pour y être enseignants. Ils dominent les conseils et fixent l’enseignement de l’Eglise… Une séparation des partis est le grand besoin de l’époque. »

 

Cet ouvrage n’a rien perdu de son actualité près d’un siècle plus tard, car le libéralisme moderne reste étonnamment fidèle à lui-même, même si les dérapages éthiques d’aujourd’hui, qui touchent les évangéliques, tout comme le Protestantisme, appartiennent à un autre monde que celui des « vieux » libéraux.

 

Combien, dans le Protestantisme, oseraient s’exprimer en 2004 avec la même rigueur que Machen sur l’état de l’Eglise, la théologie ou les problèmes éthiques?

 

I. Une définition

 

« A parler simplement et rigoureusement, la véritable apostasie est celle par laquelle on renonce à la foi. »2

 

L’apostasie est donc le fait de se situer en dehors de la foi chrétienne confessée jusque-là3.

 

« La bonne conscience, certains l’ont abandonnée et ont ainsi fait naufrage en ce qui concerne la foi. » (1 Tm 1:19)

 

Elle se situe au bout d’un chemin en pente descendante le long duquel une simple erreur se transforme en hérésie et se cristallise en désaffection généralisée vis-à-vis de la foi.

 

L’hérésie porte le plus souvent sur une doctrine particulière – le statut de l’Ecriture, la christologie ou la Trinité, par exemple -, alors que l’apostasie est un reniement global de la doctrine apostolique.

 

La blessure spirituelle qu’est l’hérésie se transforme en gangrène.

 

Selon J. Owen, dans son tract La nature et les causes de l’apostasie de l’Evangile (1676), l’apostasie suscite le plus souvent des habitudes ou des attitudes dues au péché ou à l’erreur4.

 

Elle infecte non seulement la pensée, mais toute la vie, au point qu’on ne peut plus parler du salut qu’avec une extrême prudence.

 

Dans le dictionnaire des antonymes chrétiens, « apostasie » est l’opposé de « pureté ».

 

L’Eglise, on le sait, a pour signe et pour vocation de manifester la sainteté :

 

« Soyez saints, car moi, l’Eternel, je suis saint », telle est l’exhortation qui jalonne toute l’histoire de la rédemption.

 

Pensons, par exemple, aux prophéties bouleversantes de Jérémie !

 

Les individualistes que nous sommes, s’ils conçoivent assez aisément la sanctification au plan personnel, l’imaginent bien moins à propos de la collectivité.

 

D. Bonhoeffer en a, cependant, donné une belle illustration dans son livre De la vie communautaire, et il a eu le courage de mettre son modèle en pratique.

 

Par analogie, on admet que « le monde » et « la chair » sont les ennemis de l’Eglise ou du chrétien ; l’hérésie est ce qui se produit lorsque ces ennemis entrent et s’installent dans le camp, et l’apostasie ce qui arrive lorsqu’un rebelle aide l’ennemi.

 

Pour Augustin, les premiers « apostats » sont Adam et Eve et la race humaine est devenue apostate par nature, à cause de leur faute5.

 

Dans l’Apocalypse, l’expression « synagogue de Satan » (Ap 2:9 et 3:9) est utilisée pour décrire une communion dont les pratiques et les doctrines sont contraires à la vérité.

 

II. Des individus et pas des Eglises?

 

Il est aisé de parler d’apostasie à propos d’un individu; chacun connaît, en effet, l’histoire d’Esaü, celle de Judas, ou les noms d’Hyménée et Alexandre (1 Tm 1:20)6.

 

Il en va tout autrement s’il s’agit d’une Eglise.

 

Peu de textes ont été écrits à ce sujet7.

 

Pourquoi ?

 

Les Eglises en seraient-elles à l’abri ? Ou bien, pour diverses raisons – pudeur, souci de tolérance, crainte du sensationnalisme, etc. -, préférerait-on se taire ?

 

Le formalisme est un piège pour toutes les religions, ainsi que la tendance à défendre l’institution, qui sécurise de plusieurs manières.

 

Dans l’Ecriture, l’apostasie du peuple de Dieu est un thème permanent: de l’incident du veau d’or jusqu’à la parole de Jésus « ainsi avez-vous fait des prophètes… » et à la description, faite par Paul en Romains 9-11, de la situation du peuple juif.

 

L’histoire de l’Alliance est celle des désertions et des trahisons, non pas d’individus isolés, mais du peuple entier.

 

Christ n’a-t-il pas eu à souffrir de l’abandon des siens dans l’isolement progressif qui a été le sien entre Gethsémané et Golgotha ?

 

Après la Pentecôte, l’Eglise chrétienne s’est-elle améliorée grâce à l’effusion de l’Esprit ?

 

Apparemment non, car les croyants restent des pécheurs et sont toujours susceptibles d’orgueil et de ressentiments humains.

 

Des sept Eglises de l’Apocalypse, deux seulement ont un bilan de santé positif8.

 

Notre lumière serait-elle plus brillante au XXIe siècle que celle des chandeliers du Ier siècle ?

 

Ne serait-ce pas, pour avoir négligé les avertissements de l’Ecriture quant au risque d’apostasie, que le christianisme est si affadi en Occident ?

 

III. Les étapes de l’apostasie

 

Irénée dit, quelque part, que l’erreur se pare toujours d’habits magnifiques pour avoir l’air plus vraie que la vérité.

 

Comme le péché, elle a une apparence agréable et semble désirable.

 

La relativisation de la gravité de l’erreur est la première étape vers l’apostasie.

 

Un arbre d’Inde, le taxus, produit du fruit la première année de sa maturité, des feuilles la deuxième et du poison la troisième.

 

De même, le péché, après avoir pris racine chez un individu ou dans un groupe, n’a que trop tendance à s’aggraver.

 

Des « bilans globalement positifs », l’autojustification personnelle ou institutionnelle, s’accordent peu avec la vision biblique de la communion chrétienne.

 

La Seconde Partie de la Bible donne quelques indices du comment de la progression de l’apostasie au sein du peuple de Dieu.

 

J. Owen considère cet enseignement comme prophétique, les développements de l’histoire de l’Eglise le confirmant.

 

Voici, selon lui, les étapes de l’apostasie :

  1. des faux prophètes s’élèveront (Mt 24:9; 2 P 2:1);

  2. des loups pénètrent dans l’Eglise pour dévorer le troupeau (Ac 20:28);

  3. les chrétiens deviendront froids et ne supporteront plus la saine doctrine (2 Tm 3:1-9; 1 Tm 4:1-3).

A noter l’ordre suivi dans l’éclosion des « fleurs du mal » de l’apostasie: les erreurs, les faux prophètes, les « loups » et une froideur spirituelle généralisée.

 

IV. L’analogie personnes/Eglises

 

Tout comme il est possible de distinguer un chrétien fidèle d’un chrétien dont la foi dévie et d’une personne qui renie sa foi, serait-il possible de discerner les différentes sortes d’Eglises ?

 

Les lettres aux sept Eglises de l’Apocalypse (chapitres 2 et 3) sont d’une grande aide.

 

On y voit décrits trois types de communautés, que l’on pourrait classer respectivement en Eglises de résistance, de compromis et de dérapage:

 

1. Résistance

2. Compromis

3. Dérapage

Smyrne
Philadelphie

Pergame
Thyatire
Ephèse

Sardes
Laodicée

 

I) Fidèle:
refus des erreurs

Oui, mais tolérance
de la fausse doctrine
(juifs, nicolaïtes)

Tu es mort
(oubli de la Parole)

   

II) Pauvreté:
acceptation de la
souffrance/
des sacrifices

Oui, mais adaptation
au monde (Balaam)

Des œuvres qui
renient la foi

   

III) Victoire par le
témoignage

Des Oeuvres bonnes,
mais inconduite
(Jézabel)

Confiance en la
richesse, vitalité
apparente, mais morte

   

IV) Gardez la Parole…

 

Danger! (3:3, 16)

 

La tendance à l’apostasie va, dans le tableau, de la gauche vers la droite.

 

Elle est d’abord partielle, porte sur un point apparemment de peu d’importance, un « oui, mais… » avant de se généraliser.

 

Les Laodiciens et les habitants de Sardes sont tièdes ou morts et appelés à la conversion et au repentir.

 

De nos jours, existe-t-il une Eglise, locale ou dénominationnelle, qui échapperait à ce danger ?

 

Ce serait tellement beau !

 

L’Eglise est le peuple de l’alliance.

 

Christ s’adresse à chaque Eglise en se donnant le titre de Seigneur.

 

Selon l’état réel de cette communauté, il formule un avertissement ou une exhortation, il lance un appel et fait une promesse.

 

Eglise

Titre du
Seigneur

Nature de
l’Eglise

Exhortation/
Correction

  

Smyrne
2:8-11

Le premier,
le dernier

Pauvreté,
persécution

Ne crains pas!

 

 

Philadelphie
3:7-13

Le Saint, le
Véritable
David

Porte ouverte,
garder la Parole

Je te garderai

 

 

Pergame
2:12-17

Epée à deux
tranchants

Là où est
Satan

Idolâtrie…
fausse doctrine

 

 

Thyatire
2:18-28

Fils de Dieu,
yeux de flamme

Œuvres
nombreuses

J’ai contre toi
Jézabel

  

Ephèse
2:1-7

Les sept étoiles

Persévère

Abandon du
premier amour

 

 

Sardes
3:1-6

Sept étoiles et
Esprits de Dieu

Tu es mort

Je te connais
tu es mort

 

 

Laodicée
3:14-22

L’Amen

Tu es tiède

Je te vomirai
Je corrige

 

 

 

Appel pour  

 

- Smyrne :

Soit fidèle, découlant si obéissance sur la Promesse de la Couronne 2:7 > 22:2

 

- Philadelphie :

Tiens ferme ! découlant sur la Promesse de la Nouvelle Jérusalem au Ciel 3:12 > 22:4

 

- Pergame :

Repens-toi…autrement!… découlant sur la Promesse d'un Nom nouveau  2:17 > 21:24

 

- Thyatire :

Tenez ferme ce que vous avez  découlant sur la Promesse de l' Autorité  2:26 > 21:24

 

- Ephèse

Souviens-toi,  repens-toi ! Découlant sur la Promesse de l' Arbre de vie  2:7 > 22:2

 

- Sardes :

Garde la Parole !  Découlant sur la Promesse  Je confesserai  3:5 > 22:19

 

- Laodiciée :

Je me tiens à la porte découlant sur la Promesse du Trône 3.21 > 21:11

 

 

 

 

La diversité des Eglises de l’Apocalypse est grande, les exhortations qu’elles reçoivent variées.

 

N’y aurait-il pas une sorte de typologie biblique des communautés religieuses ?

 

Même si elle n’intéresse pas les sociologues, elle aurait de la valeur aux yeux de ceux qui appartiennent au Royaume.

 

Elle permettrait de dresser un bilan théologique et spirituel de nos communautés et de leurs physionomies et, éventuellement, d’apporter une réponse à leurs besoins.

 

V. Les causes de l’apostasie

 

Les personnes régénérées croissent en sainteté, de façon positive, en vivant selon la grâce et, de façon négative, en supprimant le péché et en éliminant ce qui relève de la chair.

 

De même, les Eglises croissent par la pratique de l’amour et en luttant contre l’erreur grâce aux fonctions complémentaires: l’enseignement et la discipline.

 

N’aurait-on pas un peu oublié, aujourd’hui, que la vie chrétienne est un combat ?

 

Sait-on assez que l’Eglise est appelée à être militante et à lutter pour se maintenir ?

 

Chez l’individu, l’apostasie – à savoir une atteinte à la fidélité au Christ, comme O. Winslow l’a dit9- prend racine dans le cœur.

 

Dans l’Eglise, elle surgit également au cœur de ce qui constitue sa raison d’être : le Christ ressuscité.

 

Une Eglise vivante établit un équilibre harmonieux entre la doctrine et la pratique, la foi et la vie sous l’autorité de la Parole de Christ, de la façon suivante :

 

 

I) L’Eglise de Smyrne, à l’image de Polycarpe, son célèbre martyr, et celle de Philadelphie respectent cet équilibre, car elles gardent la Parole, sont fidèles et tiennent ferme, en supportant la persécution et en consentant des sacrifices, même jusqu’à la mort.

 

II) Dans les Eglises de Pergame et de Thyatire s’établissent des situations de compromis. Pour s’adapter au monde, de fausses doctrines et l’inconduite à l’image de Jézabel commencent à être tolérées. L’équilibre entre la Parole, la vie et la foi est ébranlé.

 

III) Ephèse, Sardes. Dans le cas de ces deux communautés, cet équilibre est également rompu. La situation s’aggrave, car la Parole est oubliée: les œuvres sont en opposition avec la foi; c’est « l’embourgeoisement ».

 

Le schéma ci-après illustre la nature de l’apostasie d’Ephèse et de Sardes:

 

IV) A Laodicée, en situation de tiédeur,il n’est plus question d’appeler au repentir, aussi le Seigneur affirme-t-il que son action sera celle d’une correction.

 

 

En résumé, l’apostasie atteint l’Eglise en son centre et a les causes suivantes :

 

) Une reconnaissance atténuée du caractère normatif de l’Ecriture en tant que Parole de Christ et de son autorité suprême.

 

2°) Une ignorance de la doctrine biblique, de sa profondeur, de ses mystères et une indifférence vis-à-vis des choses spirituelles, de la doctrine chrétienne.

 

3°) Un amour du monde: conformité avec ses pratiques, fascination pour ce qu’il prise et adoption de ses valeurs.

 

4°) Une autosatisfaction (« tu es riche »), la conviction erronée que l’Eglise est, ne varietur, sur le bon chemin, une sorte de vanité intellectuelle.

 

 

Les caractères ci-dessus sont-ils tout à fait absents de nos communautés locales comme de nos dénominations ?

 

Les Eglises qui se veulent « évangéliques » ne sont-elles pas tentées par des pratiques « mondaines » sur le plan éthique, lorsqu’elles obscurcissent la grâce de l’Evangile ?

 

Un inventaire, avec évaluation sans complaisance, ne mériterait-il pas d’être fait?

 

Il ne suffit pas d’organiser commémoration sur commémoration et de rendre hommage à nos pères; ne conviendrait-il pas aussi de vérifier quel est, aujourd’hui, le prix de la fidélité au Seigneur ?

 

Ce prix est, probablement, d’une nature différente qu’autrefois, mais est-il moins élevé ?

 

VI. Le développement de l’apostasie

 

Comment discerner la présence et le développement de l’apostasie sur le plan institutionnel ?

 

Comme on l’a vu, l’apostasie est par nature une perte, dans l’Eglise, de la présence et de la puissance de Jésus-Christ, le chef de l’Eglise, cette absence se traduisant dans le domaine de l’affirmation doctrinale et dans celui de la pratique.

 

I) En ce qui concerne la vérité

 

L’apostasie se développe en même temps qu’apparaissent un manque d’appétit pour la Parole de Christ et une prise de conscience que des doctrines bibliques deviennent des « problèmes ».

 

Certaines de celles-ci semblent même inacceptables, comme l’inspiration plénière de l’Ecriture, la prédestination, la mort sacrificielle de Christ, le jugement et l’enfer.

 

L’Evangile fait insensiblement place à un autre évangile, humaniste et sentimental ou, dans le meilleur des cas, ambigu.

 

Conséquence: puisqu’une distance est établie entre ce que dit l’Ecriture et ce qu’enseigne l’Eglise, la Parole est de moins en moins familière et la prédication manque de puissance, car la conviction est absente.

 

Dans les synodes, l’étude biblique préalable à la prise de toute décision importante – principe à laquelle on reste très attaché – permet bien souvent de justifier ce qui a déjà été décidé par les meneurs de jeu.

 

Combien de délégués aux divers synodes, faute d’une véritable culture biblique, en sont-ils conscients ?

 

La fidélité à l’Eglise-institution prend le pas sur la fidélité à Jésus-Christ.

 

La vérité se trouve subordonnée à l’agencement de consensus ecclésiastiques.

 

L’unité de l’institution prime; « je reste pour le bien de l’Eglise », « je partirai, si et quand tel seuil sera dépassé ». Et ces seuils s’élèvent de plus en plus !

 

La résistance au mal devient presque impossible.

 

Comme l’a dit C.H. Spurgeon, dans une union d’Eglises pluralistes, les marques bibliques de l’Eglise sont plus ou moins estompées.

 

B.B. Warfield a prononcé une parole frappante à ce sujet: « Il est impossible de couper le bois pourri. »

 

L’Eglise d’Ephèse, dont la situation est ambiguë, risque de se voir enlever son « chandelier », si elle ne se repent pas (Ap 2:5).

 

Sans repentir, les illusions foisonnent et un succédané est substitué à l’Evangile.

 

Il suffit pour s’en convaincre de considérer, d’une part, les mouvements du nouvel âge, sorte d’amalgame avec la foi chrétienne, « l’évangile de la prospérité » ou le culte clappy-happy, imitation du show-biz, et, d’autre part, les théologies modernes qui réduisent, plus ou moins, l’Evangile à des mythes, par abandon des grandes vérités de la christologie et de la sotériologie, comme on le voit, aujourd’hui, dans bien des Eglises, tant néo-évangéliques que pluralistes consensuelles.

 

 

II) En ce qui concerne la pratique

 

L’apostasie élimine la sainteté dans la mise en pratique de l’Evangile.

 

Comme Spurgeon l’a également dit, si l’unité que l’on préserve n’implique pas l’exercice d’une discipline de vie, elle n’a rien à voir avec l’unité selon l’Evangile.

 

Celle-ci, comme l’a souligné Owen, est rompue par l’erreur et elle devient schismatique par rapport au dépôt apostolique.

 

Un principe :

 

Toute communauté ou union d’Eglises qui s’écarte de l’Evangile et de la pratique biblique est dans une situation de schisme par rapport à l’Eglise catholique universelle, la vraie communauté des croyants en Christ.

 

La question de l’homosexualité, par exemple, qui se pose à l’Eglise en Europe aujourd’hui, n’est pas de l’ordre des adiaphora.

 

Ainsi, en refusant de se démarquer d’une Eglise visible renégate, on risque d’être en rupture avec Jésus-Christ lui-même et avec son corps, l’Eglise invisible qui réunit tous les croyants dans le ciel et sur la terre !

 

Reste la douloureuse question : à quel moment faut-il envisager de se séparer ?

 

Après avoir procédé – avec d’autres frères, pas tout seul – à une honnête, lucide et charitable évaluation de la situation.

 

On l’a vu, l’hérésie correspond à une distanciation par rapport à l’Evangile cru et vécu.

 

L’apostasie, elle, va plus loin et ne distingue plus entre la vérité et l’erreur.

 

Pour être éclairé, à cet égard, sur une Eglise, il convient de faire les quatre vérifications suivantes :

 

1°) La pratique de la doctrine biblique est remplacée par des idées humaines, relevant du politiquement correct.

 

2°) Le légalisme se manifeste. Des pratiques hyperspirituelles deviennent plus importantes que les commandements bibliques; ou, par contre, l’intégrisme du consensus devient obligatoire.

 

3°) Le perfectionnisme s’installe, ou le relativisme tolérant, qui proposent, l’un et l’autre, l’illusion que le combat contre le péché n’est plus actuel. Résultat dans les deux cas: des attitudes insidieuses d’hypocrisie, d’orgueil et de jugement d’autrui.

 

4°) Le culte, privé d’une prédication où la puissance de la présence de Christ se manifeste, se caractérise par un formalisme sec ou, à l’inverse, relève du divertissement.

VII. Un remède?

 

 

Est-il possible pour une Eglise devenue apostate, ou en ballottage, de redécouvrir la vérité, de retrouver son premier amour ?

 

Peu d’exemples d’un retour de ce genre existent dans l’histoire de l’Eglise.

 

Pourquoi?

 

Sans doute parce que l’endurcissement causé par le péché et l’erreur ne s’amenuise pas avec le temps.

 

Le seule remède à la gangrène, c’est l’amputation…

 

Pourtant, l’Eglise de Sardes, qui est « morte » à cause de ses œuvres dépourvues de fruits, est appelée à la vigilance, au repentir et à entendre à nouveau la Parole de vie.

 

Il y a même en son sein un « reste » qui ne doit pas mourir, « quelques hommes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ».

 

Ces vainqueurs recevront la robe blanche, leurs noms ne seront pas effacés du livre de vie et Christ leur fera la grâce de les confesser devant le Père.

 

Au sein de la « chrétienté » de notre époque, n’est-ce pas là également notre vocation ?

 

Etre vigilants, nous repentir et confesser la Parole de vérité avec toutes ses exigences.

 

Sommes-nous fidèles à cette vocation ?

 

Soyons attentifs à la parole adressée à Jérémie; elle est peut-être pour nous…

 

« Si tu reviens à moi, je te ferai revenir à ton poste devant moi;

Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil,

Tu seras comme ma bouche.

C’est à eux de revenir à toi, mais ce n’est pas à toi de revenir à eux.

Je ferai de toi pour ce peuple un mur de bronze fortifié;

Ils te feront la guerre mais ils ne l’emporteront pas sur toi;

Car je suis avec toi pour te sauver et te délivrer.
Je te délivrerai de la main des hommes mauvais,

Je te libérerai de la main des tyrans. »

(Jérémie 15:19-21)


 

Bible

Croix Huguenote

 

* P. Wells est professeur de théologie systématique à la faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence et éditeur de la revue.

 

1 Le mot a presque disparu du discours théologique. Le fait que la tradition protestante ne parle pas souvent de l’apostasie s’explique par des références fréquentes à l’« antichrist ». Calvin, dans l‘Institution chrétienne, en parle à plusieurs reprises – III.iii.21; IV.vii.24, 28; Turretin, dans son Institutio Theologiae Elencticae, II, 606-7 et I. 365-372 de l’édition anglaise, alors que Karl Barth n’est fait pas mention dans sa monumentale Dogmatique.

 

2 Saint Thomas, Sum. Theol., IIa, q.xii, a.1.

 

3* P. Wells est professeur de théologie systématique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence et éditeur de la Revue.

Apostasia, apo istamai, abandon, désertion, rébellion, cf. Actes 2:21, 2 Th 2:3, Hé 3:12.

 

4 J. Owen, Works, VII (Edimbourg: Banner of Truth, 1965).

 

5 Pour Calvin, dans l’Institution chrétienne, la faute est plus que l’apostasie, II.i.4.

 

6 La tradition de parler des individus et non des Eglises date de saint Cyprien de Carthage, qui aborde la question dans son De lapsis et étend la question à celle de l’Eglise dans le De unitate (251), l’apostasie individuelle conduisant au schisme et au problème de l’unité.

 

7 L’article d’A. Beugnet, dans le Dictionnaire de théologie catholique, I, n’aborde que la question des individus et des problèmes moraux et n’envisage pas celle de l’apostasie de l’Eglise.

 

8 Autres exemples: cf. Ga 1:6, 3:1 et Col 2:8, 18-19. Dans l’AT, les passages concernant l’apostasie sont plus pointus, et font le lien entre l’abandon de l’alliance et l’infidélité conjugale. Dans ce contexte, l’adultère est synonyme de l’apostasie. Cf. Es 1:2-4, Jé 2:1-9 ou le fameux chapitre d’Ezéchiel 16.

 

9 O. Winslow, Le déclin spirituel et son réveil (Chalon-sur-Saône: Europresse, 1997).

 

Source :

La Revue réformée La revue de théologie de la Faculté Jean Calvin
 
Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Réflexion
commenter cet article
18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 21:32

 

Que dire d’un point de vue Chrétien, de la devise - connue internationalement - de la république française :

 

liberté, égalité, fraternité ?

 

Quand on y réfléchit bien, on est frappé de voir que chacun de ces motifs, et même leur combinaison en une seule devise, prend sa source dans une thématique Chrétienne.

 

Cela peut sembler étrange lorsque l’on sait que l’esprit de la Révolution française a été tout sauf attaché à la foi et à la tradition Chrétienne.

 

Et pourtant...

 

Prenons le thème de la liberté.

 

Il est central à travers toute la Bible : le peuple d’Israël est libéré par Dieu de l’esclavage en Egypte.

 

Au vingtième chapitre du livre de l’Exode, le Décalogue, c’est-à-dire les Dix Commandements, commence par ces mots qui servent d’introduction à la Loi Divine :

 

Je suis l'Eternel, Ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Egypte, du pays où tu étais esclave.

 

Cela dit, la libération accomplie par Dieu n’est pas là pour laisser le peuple d’Israël maître de son destin, libre de faire ce qu’il lui plaît, mais au contraire pour le lier à ce Dieu Tout Puissant et à Sa Loi, qui le maintiendra sur un sentier sûr et stable, quelles que soient les circonstances de son histoire.

 

Donc il ne s’agit pas d’une libération politique et sociale laissant la porte ouverte à une autonomie sans bornes, mais d’une liberté assurée dans une vie d’Alliance avec Dieu.

 

La lettre de Jacques, dans le Nouveau Testament, s’en fait l’écho de cette manière :

 

Voici au contraire, écrit-il, un homme qui scrute la loi parfaite qui donne la liberté, il lui demeure fidèlement attaché et, au lieu de l’oublier après l’avoir entendue, il y conforme ses actes: cet homme sera heureux dans tout ce qu’il fait. 

 

Cette liberté, c’est finalement celle que Jésus-Christ a acquise pour les croyants en venant accomplir parfaitement la Loi et le Plan de Dieu annoncés dans la Bible.

 

A ceux qui avaient cru en Lui il déclarait un jour :

 

Si vous vous attachez à la Parole que je vous ai annoncée, vous êtes vraiment mes disciples. Vous connaîtrez la vérité, et la vérité fera de vous des hommes libres. 

 

Mais ces gens lui ont répondu :

 

Nous, nous sommes les descendants d’Abraham, nous n’avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire: “vous serez des hommes libres”? Vraiment je vous l’assure, leur répondit Jésus, tout homme qui commet le péché est esclave du péché. Or un esclave ne fait pas partie de la famille, un fils, lui, en fait partie pour toujours. Si donc c’est le Fils de Dieu qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres.

 

Voilà la clé de la vraie liberté, dans l’Evangile : c’est Jésus-Christ Seulement, en tant que Fils de Dieu, qui peut l’accorder, car, selon Ses Propres Paroles, Il est Le Chemin, La Vérité et La Vie.

 

Quel contraste avec la devise : “Ni Dieu, ni maître” que l’on veut si souvent faire passer pour l’expression de la vraie liberté.

 

On peut bien séculariser tous les grands thèmes Chrétiens, comme on le fait depuis quelque deux cent cinquante ans, mais sans le Fondement du Christ on aboutit à l’échec de l’application de tous nos impératifs moraux et humanistes.

 

L’égalité est un des thèmes favoris de la plupart des gens et aussi le second volet de la devise républicaine de la France, comme chacun sait.  

 

Tout comme le thème de la liberté, il relève bien d’une thématique Chrétienne, même si on lui a fait prendre ensuite une autre connotation. 

 

L’égalité entre tous les êtres humains au sens Chrétien, elle existe  bien sûr au regard de Dieu, qui est en premier lieu le Créateur de tous.  

 

Tous les hommes et toutes les femmes, à toutes les époques de l’histoire humaine, ont été créés à l’Image de Dieu, nous dit la Genèse.

 

C’est cela qui définit leur identité primordiale, leur dignité et leur vocation d’êtres humains. 

 

 Par delà la diversité de caractéristiques et de dons particuliers, il y a en chacun cette marque qui nous lie non seulement à Notre Créateur, mais aussi à notre prochain, dans une relation devant être marquée par l’amour et le respect.  

 

Toute idéologie raciste s’en trouve par là-même exclue dès le départ.  

 

Mais l’égalité entre tous les hommes est hélas aussi celle d’une condition de déchéance aux Yeux de Dieu depuis un acte de rébellion ayant entraîné dans sa chute l’humanité toute entière.  

 

Condition de rupture d’alliance qui obscurcit complètement notre rapport à Dieu et à notre prochain : source de misère, de tensions, de violence et de haine dont on voit les traces à tous les échelons de la vie :  au niveau personnel, social et politique.  

 

L’apôtre Paul résume cette condition de manière lapidaire au troisième chapitre de sa lettre aux chrétiens de Rome :  

 

Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu.  

 

Bien sûr, la déchéance en question s’exprime à des degrés différents dans la vie des uns et des autres, car Dieu, par Sa Providence Souveraine, en limite les effets les plus destructeurs et permet que la vie continue sur terre.  

 

Mais personne ne peut se croire exempté de cette condition de rupture qui en fin de compte mène à la mort.  

 

Pourtant, au milieu de cette condition mortelle marquée par la déchéance, surgit une espérance adressée à tous, indistinctement (autre signe d’égalité dans la Foi Chrétienne):

 

celle du salut, de la réconciliation avec Dieu.  

 

Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu, et ils sont déclarés justes par sa grâce : c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ.  

 

A partir de là, une humanité nouvelle revient à la vie, appelée au Service de Dieu et du prochain dans l’amour et le respect.  

 

Une des marques de l’égalité humaine sur laquelle la Bible insiste souvent, conformément à l’égalité de condition d’êtres créés à l’Image de Dieu, c’est celle de tous devant la justice humaine.  

 

Il ne s’agit pas  d’essayer d’effacer radicalement toutes les distinctions sociales, comme on le voudrait souvent sur la base d’une autre conception de l’égalité, mais d’assurer une justice publique impartiale pour tous, quel que soit leur statut social.  

 

Dans la Bible, un des meilleurs exemples nous en est donné avec Josaphat, roi du petit royaume de Juda au neuvième siècle avant Jésus-Christ.  

 

Dans le premier livre des Chroniques, dans l’Ancien Testament, au chapitre 19, il est dit : 

 

Josaphat établit des juges dans toutes les villes fortifiées du pays de Juda, et leur donna les instructions suivantes : Veillez avec soin à ce que vous faites, car ce n’est pas pour des hommes que vous prononcez des jugements, mais pour l’Eternel, et il vous assistera lorsque vous rendrez la justice. Maintenant, agissez en craignant l’Eternel et soyez circonspects dans tout ce que vous faites, car l’Eternel, notre Dieu, ne tolère ni l’injustice, ni la partialité, ni la corruption par des cadeaux.   

 

La fraternité entre les hommes, est l’idéal à atteindre qu’exprime le troisième volet de la devise de la république française : liberté, égalité, fraternité.  

 

Tout comme les deux précédents, il trouve sa source dans l’enseignement Chrétien, même s’il s’appuie sur des idées assez différentes, et finalement contradictoires.  

 

Vous connaissez sûrement l’Ode à la Joie du poète allemand Schiller, mis en musique par Beethoven dans le dernier mouvement de sa neuvième symphonie : 

 

Tous les hommes deviendront frères chantent les solistes et le choeur.  

 

Où en sommes-nous aujourd’hui dans la réalisation universelle de ce bel idéal ?  

 

Les peuples ne sont-ils plus en compétition les uns avec les autres ?  

 

La lutte économique et la survie des plus forts aux dépens des plus faibles a-t-elle laissé la place à l’harmonie généralisée dans les relations humaines ?  

 

Il y a en fait une grosse contradiction dans l’idéologie dominante qui gouverne les pensées et les coeurs des hommes de notre époque : on ne peut pas déclarer à la fois que la loi de base qui régit les relations humaines et animales c’est la survie du plus fort au dépend du plus faible, avec pour conséquence évidente l’élimination de ceux qui ne savent ou ne peuvent pas s’adapter, et que d’autre part l’idéal à atteindre c’est la fraternité humaine généralisée.  

 

Il faut être totalement schizophrène pour soutenir que ces deux principes peuvent exister ensemble.  

 

C’est bien pourtant ce qu’on voudrait nous faire croire.  

 

Pour la Foi Chrétienne, la fraternité entre les hommes est avant tout le fait d’une réconciliation avec Dieu opérée par Jésus-Christ, qui est devenu Le Modèle d’une humanité nouvelle.

 

Sur ce fondement, le Christ déclare à Ses Disciples au moment du repas pascal célébré en commun peu avant son arrestation, son procès et sa crucifixion :  

 

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 

 

Reconnaître en l’autre son semblable n’est possible que si on reconnaît d’abord qu’il est créé à l’image de Dieu lui aussi, tout comme soi-même, et que cette image est sacrée.  

 

Je vous parlais de l’égalité des hommes devant Dieu, en particulier devant la justice publique.  

 

Aucun favoritisme n’est toléré devant le siège judiciaire, aucune corruption n’est permise.  

 

Mais sur quelle base ?  

 

Uniquement sur celle du Dieu Eternel et Tout Puissant qui jugera Lui-même tous les hommes.  

 

Cette égalité devant la justice doit permettre de protéger les plus démunis, les plus faibles, contre l’abus et l’exploitation des plus puissants, sans toutefois que cette protection devienne partiale et injuste à son tour.  

 

Un très beau texte du livre du Deutéronome, dans l’Ancien Testament, à la fin du dixième chapitre nous dit ceci : 

 

L’Eternel votre Dieu est le Dieu suprême et le Seigneur des seigneurs, le grand Dieu, puissant et redoutable, qui ne fait pas de favoritisme et ne se laisse pas corrompre par des présents.  Il rend justice à l’orphelin et à la veuve et témoigne son amour à l’étranger en lui assurant le pain et le vêtement.  Vous aussi vous aimerez l’étranger parmi vous, car vous avez été étrangers en Egypte. 

 

L’amour du prochain, c’est donc avant tout l’exercice d’une justice impartiale à son égard, la reconnaissance de son droit à exister en paix, même et surtout s’il est plus fragile que les autres.  

 

C’est cela que l’Evangile proclame, et c’est bien le contraire de l’idéologie naturaliste qui non seulement admet la survie exclusive du plus fort, mais de plus l’encourage de manière éhontée.

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi &Vie Réformées

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Réflexion
commenter cet article
18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 21:20

Charles Spurgeon

 

Le juste marchera

dans son intégrité;

Heureux ses enfants après lui !

Proverbes 20.7

 

 

Nous préoccuper au sujet de notre famille peut être naturel, mais nous ferons bien de reporter ce soin sur notre propre caractère.

 

Si nous marchons devant le Seigneur en intégrité, nous ferons plus pour nos enfants qu’en leur acquérant une fortune.

 

La sainteté de la vie d’un père est le plus bel héritage de ses fils.

 

Le juste laisse à ses enfants son exemple, qui sera la plus riche source de bien-être véritable.

 

Combien attribuent les succès de leur vie à l’exemple reçu de leurs parents !

 

Il leur laisse aussi sa réputation.

 

Les hommes ont de nous une opinion d’autant meilleure que nous sommes les fils d’un homme sur qui l’on pouvait compter, les successeurs d’un commerçant d’excellente réputation.

 

Oh, si tous les jeunes gens étaient soucieux de conserver intact le nom de leur famille !

 

Par-dessus tout, il leur laisse ses prières et la bénédiction du Dieu qui les exauce.

 

C’est ce qui fait que sa postérité est favorisée parmi les fils des hommes.

 

Dieu sauvera nos enfants même après notre mort.

 

Oh, puissent-ils l’être dès maintenant !

 

Notre intégrité peut être le moyen de sauver nos fils et nos filles.

 

S’ils voient dans nos vies la réalité de notre religion, ils seront conduits à croire en Jésus pour eux-mêmes.

 

Seigneur, accomplis ta promesse pour ma maison ! 

 

 

 

C.-H. SPURGEON,

Charles-Haddon-Spurgeon-par-Alexander-Melville.jpg

(Promesses Quotidiennes)

Bible

Croix Huguenote

 

 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Réflexion
commenter cet article
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 21:08

Refuge Protestant

 

Moïse est  l'exemple d'un serviteur qui est resté, d'une manière remarquable, toute sa vie à l'école de Dieu.

 

Il a vécu cent vingt ans (Deut. 34 : 7) ; sa vie se partage en trois étapes distinctes :

 

  • quarante ans à la cour du Pharaon (Act. 7 : 23),

 

  • quarante ans derrière le désert à paître des troupeaux (v. 30),

 

  • quarante ans de traversée du désert pour arriver aux frontières de Canaan (v. 36).

 

Trois étapes, trois classes différentes à l'école de Dieu.

 

Considérons les leçons reçues par Moïse dans chacune de ces classes.

 
 
A la cour du Pharaon, Moïse a dû apprendre ce que valait l'Egypte, c'est-à-dire le monde.
 
Non seulement le monde sous son caractère d'opposition à Dieu et à son peuple (avec ses exacteurs, Ex. 2 : 11), mais le monde sous son jour le plus favorable, avec sa science et ses devins, ses arts, ses richesses et les délices du péché (Héb. 11 : 25-26) ; et avec la fille du Pharaon, au coeur si généreux, dont il aurait pu être appelé le fils (Ex. 2 : 8-10).
 
Que vaut ce monde ?  
 
Rien pour le coeur de Moïse.
 
Il ne mérite que le jugement.
 
Aussi Moïse se lève-t-il pour tuer l'Egyptien.
 
Mais, telle n'était pas, alors, la pensée de Dieu.
 
Nous n'avons pas, nous non plus, à livrer combat contre « le sang et la chair», mais à nous séparer du monde.  
 
Moïse choisit d'être « dans l'affliction avec le peuple de Dieu » ; « l'opprobre de Christ » était pour lui « un plus grand trésor que les richesses de l'Egypte » (Héb. 11 : 25-27).
 
Quarante ans peuvent paraître bien longs pour apprendre une telle leçon !
 
Mais, réfléchissons, l'avons-nous bien apprise nous-mêmes ?
 
Et nous, qui sommes plus âgés que Moïse à ce moment-là, l'avons-nous bien retenue ?
 
« Ne sais-tu pas encore que l'Egypte est ruinée ? » (Ex. 10 : 7).
 
Moïse, bon élève, peut entrer dans une autre classe.
 
Ne pensons pas que les exercices y seront plus faciles.
 
L'école se tient « derrière le désert » ; l'occupation y est bien humble pour un tel homme : garder des troupeaux qui ne sont pas à lui !
 
L'épreuve est longue, quarante années.
 
Mais quelles leçons Dieu va donner à son serviteur !
 
Il a appris ce que vaut le monde ; il faut maintenant qu'il sache ce que lui-même et le peuple valent ; il doit apprendre à connaître Dieu.
 
A la fin de ce temps d'exercices, dans une grande vision, il se verra, lui et le peuple auquel il appartient : un « buisson à épines », bon seulement pour le feu.
 
« Le meilleur, dira le prophète Michée, est comme une ronce, le plus droit pire qu'une haie d'épines » (Mich. 7 : 4).
 
Ce n'est pas une chose agréable à apprendre.  
 
Nous méritions la mort.
 
Mais voici la grande vision :
 
« Le buisson était tout ardent de feu et le buisson n'était pas consumé » (Ex. 3 : 2).
 
Moïse se détourne :
 
« Pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? ».
 
Dieu lui parle :
 
« N'approche pas d'ici ; ôte tes sandales de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte ».
 
 Sans doute Moïse n'a-t-il pas compris pleinement toute la leçon que Dieu veut lui donner.
 
Nous sommes nous « détournés» de notre chemin pour voir cette grande vision ?
 
Dieu avait un autre moyen pour ôter le péché du monde : Il pouvait l'anéantir par un jugement.
 
La flamme pouvait le dévorer. Elle ne l'a pas fait.
 
Moïse, bien des siècles plus tard, sur une autre montagne, comprendra ce qu'il ne comprit pas alors :
 
pour sauvegarder la Sainteté de Dieu et satisfaire Son Amour, le jugement divin en a frappé un Autre.
 
« D'en haut il a envoyé dans mes os un feu qui les a maîtrisés » (Lam. 1 : 13).
 
Sur la sainte montagne, Dieu permet à son serviteur de contempler la Victime, de parler « avec Lui » de sa mort qu'Il allait accomplir (Luc 9 : 30-31).
 
Quelle glorieuse récompense Dieu donne à la fidélité de Moïse !
 
Telles étaient quelques-unes des leçons enseignées par Dieu à son serviteur :
 
ce que nous étions et ce que Dieu est, ce que nous méritions et ce que Dieu a fait.
 
Moïse a quatre-vingts ans.
 
C'est un vieillard.
 
Il a atteint la limite d'âge qu'il fixe lui-même aux vigoureux (Ps. 90 : 10).
 
Aspire-t-il à une retraite bien gagnée ?
 
Non. Il a appris ce qu'est le monde, le moi et Dieu.
 
Voici maintenant, si l'on peut dire, la classe d'application.
 
Sans doute n'a-t-il pas tout appris.
 
La connaissance de Dieu est infinie.
 
Il a été « enfant», puis « jeune homme» ; il est maintenant un « père » (1 Jean 2 : 12-14).
 
Il connaîtra mieux « Celui qui est dès le commencement » ; jusqu'à la fin de sa vie, il apprendra de Lui.
 
Paul désirait aussi « le connaître, Lui » (Phil. 3 : 10).
 
Puissions-nous, jeunes ou plus âgés, rester toute notre vie à l'école de notre Dieu, actifs pour croître « dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3 : 18), appréciant toujours davantage « l'excellence de la connaissance du Christ Jésus (notre) Seigneur » (Phil. 3 : 8).
 
Imitons Moïse qui, à la fin de sa course, âgé de cent vingt ans, contemple le pays lointain avec un « oeil qui n'était pas affaibli » et une vigueur qui « ne s'en était pas allée» (Deut. 34 : 7).

Par ton Esprit, Seigneur, enseigne moi à vivre à ton honneur où que je sois.
 
Jusqu'au bout du chemin, par Ton Pouvoir Divin, que je reste en Ta Main, O Mon Sauveur !
 
Amen,
 
Bible (129)
Croix Huguenote
Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Réflexion
commenter cet article
21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 10:18

refuge Protestant

de Paul WELLS

Croix huguenote

 

Le protestantisme français moderniste et pluraliste, essentiellement horizontaliste, a compromis son avenir en s’étant trop bien adapté au monde. Il se distingue de moins en moins des humanismes variés contemporains.

 

Les évangéliques, quant à eux, qui se félicitent d’être attentifs à garder leur distance vis-à-vis du monde, risquent de subir un sort équivalent pour une autre raison. La dichotomie, la séparation, qu’ils établissent, bien souvent, entre la foi et la vie, leur foi trop subjective qui fait la part belle à l’expérience, les conduisent à accueillir, sans vraie critique, les feelings de la société et les font ressembler à ceux qui se tirent une balle dans le pied.

 

Parmi les quatre sola (seul) du protestantisme – la foi, la grâce, la gloire de Dieu, l’Ecriture – le sola Scriptura est fondamental. Sans ce sola, le sens des autres sola est inévitablement modifié. Quand l’Ecriture est considérée comme une autorité parmi d’autres, son statut se trouve relativisé, et celui de la foi, de la grâce et du service de Dieu le sont également.

 

Le protestantisme perd alors le fondement de sa spécificité religieuse ainsi que sa vitalité spirituelle, même s’il vivote comme phénomène socioculturel.

 

Certains ont essayé de trouver un refuge contre le relativisme ambiant dans un biblicisme «pur et dur» qui, malgré les apparences, n’est pas le sola Scriptura de la Réforme. Celui-ci se préoccupe de situer l’autorité de l’Ecriture en la considérant supérieure à d’autres autorités, ecclésiastiques ou humaines. L’Ecriture scrute la culture et l’histoire avec un regard critique. Après Dieu, elle est l’autorité suprême.

 

Le biblicisme – qui caractérise souvent les milieux évangéliques – à la différence, prétend se limiter à la Bible, opérant une sorte d’enfermement en elle, à l’exclusion de toute autre chose. Les adeptes du biblicisme prétendent ne se ressourcer qu’avec la Bible et disent se désintéresser de tout le reste. L’Ecriture seule, le sola Scriptura, se transforme pour eux, inconsciemment, en un «seul avec l’Ecriture», une forme d’individualisme.

 

La prétention de se limiter à la Bible est, paradoxalement, des plus modernes et s’accommode de comportements et d’attitudes typiques de l’hyper-modernité. Pour les biblicistes, un gouffre se creuse entre la foi et la culture au point que la foi ne les détourne pas d’adopter toutes les attitudes que suscite la culture ambiante.

 

Les biblicistes sont loin d’être des «arriérés». Ils «bétonnent» leur «foi» dans un discours pieux et, curieusement, s’adaptent sans grande peine au climat de la culture environnante. Ces «évangélistes» sont peut-être des «fous de Jésus»1, ils sont également, sans y avoir vraiment réfléchi, des «fous du monde moderne», de ses possibilités de communication et de consommation. Ils ont, en plus, un esprit triomphaliste.

 

Tout comme le protestantisme traditionnel se délite dès qu’il abandonne la spécificité du sola Scriptura, la foi évangélique, quand elle succombe aux tentations du biblicisme, peut apparaître spirituelle, tout en arborant des attitudes mondaines, que camoufle et justifie un langage pieux.

 

Le déclin du christianisme en Occident est dû à la mise en question de la Bible reconnue comme texte sacré. La critique a fait son travail de démolition. Au milieu du XIXe siècle, Arthur Drews a prétendu que Jésus n’avait jamais existé, opinion que même Ernst Troeltsch, le père de la méthode critique moderne, a refusé d’accepter.

 

Aujourd’hui, on peut lire, dans des publications populaires, que si David ou Salomon ont vraiment été rois en Israël, leur histoire est bien différente de celle que la Bible raconte2. A propos de Jésus, nombreux sont ceux qui estiment que le peu de choses que l’on sait de lui serait l’expression de ce que pensaient ses apôtres, c’est-à-dire ne serait pas enraciné dans la réalité. La Bible est poussée en dehors du champ de l’histoire dans le domaine subjectif du symbole ou du mythe.

 

Un fait nouveau est apparu assez récemment. Après la remise en question de l’histoire biblique et des miracles, de nouvelles questions surgissent non à partir de l’examen du texte de la Bible, mais «de l’extérieur». Le vrai visage de Jésus, dit-on, se trouverait dans d’autres textes du monde antique que l’Eglise aurait censurés.

 

Ces textes présentent un Jésus plus éclectique qui prendrait sa place aux côtés des grandes figures des religions du monde. Ainsi serait ouvert le chemin vers une spiritualité universelle. Les évangiles gnostiques sont présentés comme étant des sources comparables aux évangiles bibliques pour connaître Jésus.

 

Le canon de l’Ecriture, son caractère unique, se trouve remis en question. C’est comme si on enlevait les couvertures de nos Bibles pour reconstituer celles-ci en y ajoutant les textes, gnostiques et autres, dont l’origine remonte aux quatre premiers siècles. Toutes les parties de ce nouvel ensemble sont considérées comme ayant une égale valeur.

 

L’effet «Dan Brown» contribue à faire croire que ce que l’on connaît de Jésus par la Bible est peu crédible et que la vérité à son sujet est sans doute ailleurs. En tout cas, cette vérité n’est pas unique, mais plurielle. Le relativisme moderne avec sa spiritualité diffuse a des correspondances dans le monde antique. En définitive, la vérité n’est nulle part et chacun est isolé dans sa recherche spirituelle.

 

Paradoxalement, le «danbrownisme» n’est rien d’autre qu’une entreprise de dissimulation du caractère historique du Nouveau Testament. Les évangiles bibliques constituent, avec les textes de Josèphe ou de Pline, une des principales sources de la connaissance que nous avons du monde antique. Ils sont beaucoup plus proches, dans le temps, de Jésus que n’importe quel évangile gnostique, étant écrits entre quelques dizaines et une centaine d’années au plus après lui.

 

Le visage du Jésus des évangiles du Nouveau Testament est loin d’être flou et apparaît comme celui de quelqu’un en rupture avec les spiritualités de l’humanité. Il est urgent, aujourd’hui, d’avoir une pleine conscience de l’importance et de la fiabilité des évangiles de l’Eglise.

 

Ce double mouvement, intérieur et extérieur, effectué par la critique a modifié l’image de la Bible et ce que l’on en attend. Les chrétiens, en particulier les protestants, sont de moins en moins soumis à l’autorité d’une Eglise institution et de son enseignement confessionnel. Il en résulte l’adoption d’une foi soft qui s’adapte très bien au climat culturel ambiant, une foi qui relativise, en pratique, la vérité.

 

Le résultat obtenu peut être apprécié à la lumière non seulement du principe formel de la Réforme, mais de son principe matériel, la foi. La foi qui justifie, selon nos ancêtres, a trois aspects: la connaissance, la reconnaissance et la certitude. On affirmait que ces trois aspects complémentaires étaient réunis dans une foi qui sauve.

 

Dans la nouvelle situation post-critique et dans notre culture environnante, la foi se réduit au troisième, et cela dans le sens subjectif d’une conviction intérieure, pour beaucoup d’évangéliques et pour les biblicistes tout particulièrement. La foi, pour eux, est personnelle et individuelle, une expérience du vécu, dont le fondement n’est pas nécessairement la reconnaissance d’un fait historique objectif.

 

Cette conception fait courir aux évangéliques biblicistes un grand danger: celui de relativiser, à leur tour, le contenu de la foi biblique fondée sur la révélation divine. Cette conception les laisse, en effet, dans une attitude de neutralité vis-à-vis de la culture globale, qui ne leur pose pas de graves problèmes d’adaptation puisqu’ils ne se distinguent pas de leurs contemporains par un comportement socio-économique ou des références vraiment autres.

 

Un seul domaine constitue peut-être une exception: l’éthique vis-à-vis de laquelle les évangéliques biblicistes prennent une certaine distance par rapport à des questions comme l’homosexualité. Mais, aux Etats-Unis, l’évolution des divorces dans les milieux évangéliques montre que, même sur le plan de l’éthique, les évangéliques sont capables de monter dans le train qui passe.

 

David Wells (ce n’est pas un de mes parents!), un des analystes américains les plus remarqués du phénomène évangélique, tire la sonnette d’alarme dans le dernier de ses livres. Il remarque que le problème que les méga-Eglises évangéliques ont à résoudre est celui de leur réussite due à leur adaptation à la culture hyper-capitaliste3. Elles ont reproduit le modèle du Disneyland.

 

Ces Eglises ont, en quelque sorte, commercialisé la foi en créant un univers aseptisé, sécurisé et divertissant, où toute la famille, notamment bourgeoise, est à l’aise et apprécie de se trouver dans un milieu «à part», à l’abri des crises de la société et loin des malheurs du monde. Aux Etats-Unis, il est possible de passer toute sa vie dans des complexes ecclésiastiques où l’on peut trouver coiffeur, «resto», gymnase, disco avec le soft-rock chrétien aussi bien que la louange.

 

La réussite des évangéliques dans ce pays tient au fait qu’ils ont su s’adapter au monde et aux valeurs de la post-modernité. Le contenu de la foi plus ou moins assurée est noyé dans la cool communication d’un message qui promet le bonheur dans cette vie et sa prolongation dans celle qui est à venir.

 

Cette description n’a pas grand-chose à voir avec la situation et l’identité des évangéliques en France, direz-vous. Tant mieux! Pourtant, si on y regarde de près et qu’on va au-delà des apparences, on trouve des similarités remarquables.

 

La différence est essentiellement due au fait que nos frères d’outre-Atlantique sont un peu plus avancés que nous, mais il est probable que si nous avions les mêmes moyens qu’eux, nous ferions la même chose…

 

La séparation bien réelle entre la foi et la vie que l’on peut observer dans bien des milieux évangéliques conduit à de graves atteintes au contenu de la foi chrétienne, la solidité de la foi biblique étant remplacée par des comportements typés. Cette évolution est le reflet de ce qui se passe, en général, dans le monde moderne. C’est ainsi que les vertus sont remplacées par des valeurs choisies pour soi-même, le caractère par la personnalité et la nature humaine par le «moi»4.

 

Le résultat est l’institution d’un système de valeurs personnelles, agréables pour l’individu, car considérées comme «valorisantes» pour lui. La foi se réduit à ce que l’individu peut accepter comme agréable et valorisant pour lui.

 

Dans cette perspective, la doctrine chrétienne n’a que peu d’intérêt ou de place. L’expérience spirituelle, en revanche, est un produit intéressant que l’Eglise peut commercialiser et que l’individu consommera parce que cela lui plaît.

 

Le christianisme est en train de perdre son fondement objectif et prend place, comme une autre, parmi les nombreuses formes de spiritualité présentées à nos contemporains.

 

Le choisir plutôt que la sagesse du dalaï-lama, par exemple, relève tout simplement de la préférence individuelle. Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. Le relativisme qui coupe la foi de son fondement biblique et qui aboutit à une foi subjective est de ce type.

 

Vers la fin de son livre, David Wells dit que la théologie libérale du siècle dernier, en voulant se mettre au diapason du monde, en se montrant «à la page», est arrivée à l’auto-élimination. Le danger, aujourd’hui, pour les évangéliques, est comparable. Si, pour s’être adaptés à l’esprit du jour, ils perdent leur spécificité, si leur foi est délavée, diluée, ils risquent de dégrader le contenu même de la foi et, malgré leur grande vitalité, de s’autodétruire. Le résultat sera le même que celui qu’obtient la théologie critique la plus féroce.

 

L’identité de la foi évangélique et, par implication, du protestantisme dépendra des capacités dont on fera preuve, face à cette situation, pour réagir et pour maintenir avec lucidité ses distances par rapport à l’esprit du siècle, et cela dans tous les domaines de la vie individuelle et collective.

 


  • P. Wells est professeur de théologie systématique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence et éditeur de la revue.

Bibles013

 

Le Monde, 24 décembre 2005, 18.

2 L’Express, «La Bible. Le vrai, le faux», 15 décembre 2005, 23-46.

3 D. Wells, Above all Earthly Pow’rs (Grand Rapids: Eerdmans, 2005). Wells est professeur à Gordon-Conwell Theological Seminary, près de Boston.

4 D. Wells, op. cit., 49ss.

 

 

Source : Résister & Construire
Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Réflexion
commenter cet article
21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 07:45

Refuge Protestant

Certainement notre coeur se réjouira en Lui,

Parce que nous avons mis notre confiance

 En son Saint Nom.

Psaume 33.21.

 

 

 

 

Sur  la plante de la foi pousse la fleur de la joie du coeur.

 

Elle ne fleurit pas toujours tout d’abord, mais elle vient en son temps.

 

Confions-nous en l’Eternel dans nos heures de tristesse, et au jour marqué, il répondra à notre confiance en nous donnant la joie du Seigneur pour fruit de notre foi.

 

Le doute engendre la souffrance, mais la confiance amène la joie.

 

L’assurance exprimée ici par le Psalmiste est, en réalité, une promesse dont une sainte confiance nous garantit l’accomplissement.

 

Approprions-nous la donc.

 

Si nous ne pouvons nous réjouir en cet instant, aussi sûr que le Dieu de David est notre Dieu, nous aurons lieu de le faire bientôt.

 

Méditons sur le Saint Nom de ce Dieu, afin que nous ayons d’autant plus confiance, et que nous nous réjouissions d’autant plus sûrement.

 

Il a pour caractère d’être saint, juste, miséricordieux, fidèle, invariable.

 

Un Dieu semblable n’est-il pas digne de notre confiance ?

 

Il est tout sage, tout-puissant, et toujours et partout présent.

 

Ne pouvons-nous pas nous reposer sur lui avec abandon?

 

Faisons-le dès maintenant et sans réserve.

 

Jehova-Jiré pourvoira ; Jehova-Shalom enverra la paix, Jehova-Tsidkenu justifiera ; Jehova-Schamma sera toujours là, et avec Jehova-Nissi, nous vaincrons tous nos ennemis.

 

Ceux qui mettent leur confiance en ton Saint Nom se réjouiront en Toi, Seigneur !

 

 spurgeon

 C.-H. SPURGEON,

(Promesses Quotidiennes)

Bible

Croix Huguenote

 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Réflexion
commenter cet article

Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

par theme

 

Google-Translate-English to French  drapeau-israel.gif   Traduire français en ItalianTraduire français en SpanishGoogle-Translate-English to Japanese BETA Traduire français en Arabic Traduire français en PortugueseTraduire français en Arabic Traduire français en Czech Traduire français en danish  Traduire français en Finnish Traduire français en German Traduire français en Greek Traduire français en Hindi  Traduire français en Korean BETAGoogle-Translate-Chinese (Simplified) BETA Traduire français en Croatian Traduire français en NorwegianTraduire français en Arabic Traduire français en Polish  Traduire français en Romanian Traduire français en Russian Traduire français en Russian BETA   Traduire français en SwedishTraduire français en Dutch