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Vie Protestante Réformée

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

Bouchra Maurice 

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 10:23
J'ai appelé Dieu, et Il ne m’a point répondu

« Je L’ai appelé, et Il ne m’a point répondu. »
Cantique des cantiques 5/6

 

La prière doit parfois attendre, comme le suppliant au portail, que le Roi s’approche pour la combler des bénédictions qu’elle cherche.

 

On a déjà vu que, lorsqu’Il a conféré une grande foi, le Seigneur la met à l’épreuve en tardant parfois longtemps.

 

Il permet à Ses serviteurs et servantes de faire entendre leur voix, mais le ciel semble demeurer de plomb au dessus d’eux.

 

Ils frappent à la porte dorée, mais elle ne bouge pas, comme si les charnières en sont rouillées.

 

Comme Jérémie, ils crient :

 

« Tu t’es enveloppé d’un nuage, pour fermer accès à la prière » Lamentations 3/44.

 

C’est ainsi que de vrai(e)s croyant(e)s ont continué longtemps à attendre avec patience, sans qu’aucune réopnse ne vienne.

 

Cela ne vient pas de ce que leurs prières manquent d’ardeur, ni de ce que Dieu ne les accepte pas, mais de ce qu’Il plaît, à Celui qui est Le Souverain et qui fait ce qui lui plaît, de faire attendre.

 

S’Il Lui plaît d’ordonner à notre patience de s’exercer, ne fera t Il pas ce qu’Il veut avec les Siens ?

 

Le mendiant n’a aucun choix quant au moment, au lieu et à la forme.

 

Mais nous devons prendre garde de ne pas voir comme un refus le retard avec lequel le Seigneur répond à notre prière.

 

Les traites Divines, bien qu’à longue échéance parfois, seront toutes honorées avec ponctualité.

 

Nous ne devons pas permettre à Satan d’ébranler notre confiance en la Vérité de Dieu quand Il nous montre des prières qui ne sont pas exaucées.

 

Non exaucées, elles n’en sont pas moins entendues.

 

Dieu se souvient de nos prières.

 

Le vent ne les chasse pas au loin, mais le Roi les garde jalousement dans ses archives.

 

Il est un registre dans les parvis célestes où tout prière est notée.

 

Ami(e) croyant(e) en proie à l’épreuve, Notre Seigneur possède une outre dans laquelle Il place les précieuses larmes d’une saint chagrin, et un livre dans lequel Il a dénombré tous nos saints gémissements.

 

En son temps, notre pétition prévaudra.

 

Ne pouvons nous pas accepter d’attendre un peu ?

 

L’heure du Seigneur n’est elle pas meilleure que la nôtre ?

 

Sans tarder, Il se révèlera à nous dans la consolation, à la grande joie de notre âme, et Il nous dépouillera du sac et de la cendre de notre longue attente.

 

Il nous revêtira de la pourpre et de la soie d’une pleine réponse.

 

Amen,

 

 

 

 spurgeon rdc8

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 09:15
Je vous recevrai comme un parfum d’une agréable odeur

« Je vous recevrai comme un parfum

d’une agréable odeur »
Ezéchiel 20 :41

 

Les mérites de notre Grand Rédempteur sont un parfum d’une agréable odeur pour le Très Haut.

 

Que nous parlions de la justice passive ou active de Christ, le parfum est égal.

 

Une agréable odeur se dégage de Sa Vie, par laquelle Il a honoré la loi de Dieu et fait briller chaque précepte comme un précieux joyau enchâssé dans la pureté de Sa Personne.

 

Son obéissance passive fut également de la même eau.

 

Par elle, Il endura, en une soumission sans murmure, la faim et la soif, le froid et la nudité et, enfin, la sueur comme des grumeaux de sang dans le jardin de Gethsémané.

 

Il offrit Son Dos à ceux qui le frappaient et Ses Joues à ceux qui en arrachaient la barbe.

 

Il fut cloué au bois cruel afin de subir la colère de Dieu à notre place.

 

Ces deux choses sont d’une agréable odeur devant le Très Haut.

 

En vertu des accomplissements de christ, de Sa Mort, de Ses Souffrances en tant que substitut et de Son Obéissance à notre place, le Seigneur Notre Dieu nous accueille en Sa Présence.

 

Quelle valeur doit résider en Christ pour qu’Il parvienne à surpasser notre propre dénuement de toute valeur !

 

Quelle agréable odeur qui efface notre puanteur !

 

Quelle puissance de purification dans Son Sang, qui ôte un péché tel que le nôtre !

 

Et quelle gloire dans Sa Justice pour rendre acceptables dans le Bien Aimé des créatures aussi repoussantes !

 

Remarquons, ami(e) croyant(e), combien notre acceptation auprès de Dieu doit être assurée et immuable, puisqu’elle est en Lui !

 

Prenons garde de ne jamais douter de notre acceptation en Jésus.

 

Dieu ne peut pas nous accepter en dehors de Christ, mais, quand nous sommes recouvert de Son Mérite, Nous ne pouvons être qu’accepté !

 

En dépit de tous nos doutes, craintes et péchés, Le Regard empli de Grâce de l’Eternel ne se jamais sur nous dans la Colère.

 

Bien qu’Il voie le péché en nous même, Il ne voit cependant aucun péché quant Il nous regarde en Christ.

 

Nous sommes toujours accepté en Christ, ainsi que béni et Cher au Cœur du Père Céleste.

 

Elevons donc nos cantiques, alors que nous voyons monter l’encens des Mérites de Notre Sauveur devant le trône de saphir, et que l’encens  de notre louange ne  manque pas de s’élever aussi.

 

Amen,

 

 

spurgeon rp2

Charles Haddon Spurgeon

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

Bible

Croix Huguenote

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 19:34
L'ascension de Jésus (Dernière partie)

Après cela, il fut élevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux...Et voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent et leur dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ?...Ce Jésus qui a été enlevé du milieu de vous dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'avez vu y monter.

 (Actes 1.9-12)

(Suite & fin)

 

Mais avons-nous pensé que le ciel ne saurait être une sorte de rendez-vous banal où tous les hommes sont admis après l'existence terrestre, quel que soit leur état intérieur ?

 

La vie éternelle, dit Jésus dans sa Parole, c'est de Te connaître, Toi, Seul Vrai Dieu, et Celui que tu as envoyé (Jean 17.3).

 

Eh bien, connaissons-nous le Dieu de Jésus-Christ de cette connaissance qui est une vie ?

 

Pouvons-nous dire que nous vivons par Lui et pour Lui ?

 

Si la nouvelle créature est encore bien faible au dedans de nous, du moins est-elle née et aspire-t-elle à grandir ?

 

A supposer que nous fussions appelés à mourir dans quelques instants, pourrions-nous nous dire citoyens du ciel et prêts à partir pour notre patrie ?

 

Car enfin, il faut qu'il y ait des affinités entre un pays et ses habitants.

 

Cela est si vrai, que, dans la sphère humaine, la loi de l'adaptation des milieux ne fut jamais plus affirmée qu'à notre époque.

 

Que serait le ciel, avec ses nobles pensées, ses activités généreuses, ses joies toutes pénétrées de sainteté, pour l'égoïste ou l'impur qui se serait plongé dans toutes les satisfactions de la chair ?

 

Je me souviens d'avoir lu, à ce sujet, un récit d'une haute portée morale, malgré sa naïve simplicité.

 

C'était le rêve d'une jeune fille.

 

Transportée dans l'éternité avec un cœur attaché à une vie mondaine, elle ne s'y sentait pas à sa place.

 

Il y avait là un Fils de Dieu, d'une douceur, d'une beauté morale saisissante, qu'elle ne connaissait pas et que tous adoraient : le bonheur, c'était Lui et son ineffable présence !

 

Tout était étranger à la jeune fille dans cette terre nouvelle ; le paysage, les harmonies mystiques, les habitants, et jusqu'à la langue qu'ils parlaient entre eux...

 

Son malaise augmentait de minute en minute, en sorte qu'elle eût voulu s'enfuir de ce lieu, béni pour tous, maudit pour elle...

 

Allégorie pleine de profondeur !

 

Tel serait le ciel pour les cœurs irrégénérés qui n'y apporteraient que les convoitises d'ici-bas, ou qui seraient dévorés par des passions charnelles.

 

Alors le ciel ne serait pas le ciel ; il leur apparaîtrait comme un lieu d'exil, comme une bastille détestée...

 

Je l'avoue, cette pensée me trouble singulièrement aujourd'hui.

 

Je crains que l'Eglise contemporaine, s'endormant dans un commode repos, ne cherche à s'épargner les renoncements de la vie chrétienne, sous prétexte de salut gratuit et de pardon acquis par le sacrifice de notre Rédempteur, comme s'il était possible de séparer le salut de la pratique de la sainteté !

 

Et je crains que, par cela même, l'Eglise de nos jours ne se rende impuissante à propager la foi en la vie éternelle.

 

Donnez-moi des exemplaires authentiques de Jésus-Christ, et je vous donnerai des croyants au ciel !

 

Mais sans des vies austères, détachées des biens terrestres, entièrement consacrées à Dieu et aux hommes, vous ne convaincrez personne...

 

Quand les pauvres verront les riches, qui se disent chrétiens, prendre si peu le souci de leur pauvreté et les humilier de leur morgue ; quand ils verront ces élus de la fortune, peu scrupuleux dans leurs façons de s'enrichir, pactiser avec toutes les cupidités de notre époque et faire de leur argent la seule idole encensée ; quand ils les verront étaler leur luxe, s'accorder toutes les jouissances terrestres et s'établir fastueusement, non dans des tentes d'un jour comme des « étrangers et des voyageurs », mais dans des palais de marbre et d'or, comme si « toute leur portion était ici-bas », alors, je vous le dis, les pauvres ne pourront prendre au sérieux ceux qui parlent avec tant de componction du ciel et qui s'accommodent si bien de la terre !

 

Le ciel de certains riches, ils n'en voudront pas...

 

O vous qui avez reçu une part considérable dans l'héritage du Père de famille, soyez accablés par vos responsabilités, et prenez en ce jour des résolutions viriles !...

 

Au reste, cet avertissement du Maître, d'une psychologie si profonde, nous concerne tous :

 

« Où est votre trésor, là sera votre cœur. » Où est notre trésor ?

 

Question solennelle que je pose devant toutes vos consciences, à commencer par la mienne !

 

Si des anges descendaient au milieu de nous, comme au temps des apôtres, croyez-vous qu'ils nous diraient, ainsi qu'à ces humbles Galiléens :

 

Hommes du vingtième siècle, pourquoi regardez-vous au ciel ?

 

Ne châtieraient-ils pas nos infidélités et nos hypocrisies en nous adressant ce sanglant reproche :

 

Théoriciens du ciel, pourquoi, dans la pratique, passez-vous, les yeux fixés à terre, comme un vil troupeau ?

 

Qu'il nous soit donné, de ce beau jour de l'Ascension, de « jeter notre ancre au delà du voile, selon l'expression hardie de saint Paul.

 

Alors, le passage sombre franchi, le voile déchiré, nous aborderons aux rivages bénis de la patrie éternelle.

 

O joie, ô gloire !

 

Nous vous verrons, vous, nos bien-aimés, vers lesquels montent en ce moment nos regrets, nos soupirs, mais aussi, nos espérances !

 

O mon Dieu, une place à côté d'eux, fût-elle la dernière !...

 

Nous vous verrons aussi, Jérusalem céleste aux milliers d'anges, peuple des prophètes, des martyrs, des rachetés, vaillantes cohortes qui livrâtes, à travers les siècles, toutes les nobles batailles de la vérité, et qui fûtes victorieuses par votre Maître et pour votre Maître !

 

Au-dessus de tous, nous te verrons, ô mon Sauveur, ô Jésus, homme de la douleur et Roi de gloire, toi que l'Ecriture appelle l'Etoile brillante du matin, l'Agneau immolé avant la fondation du monde, l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin...

 

Et, en te contemplant, nous serons faits à ton image.

 

Et tu seras le ciel de notre ciel...

 

O la belle, ô la divine certitude !

 

Viens, Seigneur Jésus ! :

 

Amen,

 

Ernest Dhombres

 Ernest Dhombres,

Pasteur Protestant Réformé



J'entendis une grande voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu au milieu des hommes. Il habitera avec eux et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera leur Dieu, et il sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni labeur, car les premières choses auront disparu. A celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la source d'eau vive. Celui qui vaincra possédera toute chose ; je serai son Dieu et il sera mon fils. Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la cité sainte ; les serviteurs de Dieu le serviront ; ils verront sa face ; son nom sera sur leurs fronts. La nuit ne sera plus, et ils n'auront besoin, ni de lampe, ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les illuminera. Ils régneront aux siècles des siècles. (Apocalypse 21.2-7, et 22.3-5)



Les rachetés de l'Eternel iront à Sion avec des chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête ; l'allégresse et la joie s'approcheront ; la douleur et les gémissements s'enfuiront. (Esaïe 51.11)



Ceux qui semaient avec larmes moissonneront avec chants d'allégresse ; celui qui marchait en pleurant, quand il portait la semence, reviendra avec un cri de joie en portant ses gerbes. (Psaume 126.5-6).



Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles à toujours et à perpétuité. (Daniel 12.3).

 

Bible (119)

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 19:33
L'ascension de Jésus (2ème partie)

Après cela, il fut élevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux...Et voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent et leur dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ?...Ce Jésus qui a été enlevé du milieu de vous dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'avez vu y monter.

 (Actes 1.9-12)

(Suite 2)

 


A ces élans d'une piété ardente, le monde sourit et s'étonne.

 

Les esprits raisonnables nous accusent de sacrifier les choses d'ici-bas aux choses d'en haut, et les autres, les esprits dominés par les doctrines du jour, déclarent que ce sont là des chimères bonnes pour l'enfance des peuples, mais inutiles et même dangereuses à l'heure de leur virilité.

 

Notre texte répond à la première de ces objections, puisque des anges, au moment où les apôtres se perdent dans la contemplation du ciel, viennent les arracher à cette extase et les renvoyer à Jérusalem, c'est-à-dire au travail et à l'action.

 

Non, le christianisme n'a pas provoqué une rupture entre l'homme du ciel et l'homme de la terre ; au contraire, il les a unis dans une synthèse supérieure où la foi au ciel devint l'inspiration la plus puissante des activités de la terre.

 

Je n'ignore pas, cependant, qu'il fut des époques où les hommes pieux, égarés par les sublimes folies de l'ascétisme, cherchèrent à fuir la société humaine, pour vivre dans les déserts et à l'ombre des cloîtres.

 

Toutefois, même alors, tant la puissance d'action de l'Evangile est incontestable, ces ascètes furent les savants et les civilisateurs de leur siècle.

 

Pourrait-on oublier sans injustice tout ce que nous devons aux moines du moyen âge :

 

le défrichement des terres, le soin des pauvres, la protection des faibles, et ces travaux de bénédictins, -- le mot est resté -- qui nous conservèrent, avant la découverte de l'imprimerie, dans des manuscrits admirables, les Saintes Ecritures et les chefs-d'œuvre de l'antiquité ?

 

D'ailleurs, aujourd'hui, le christianisme a fait ses preuves comme agent de civilisation.

 

Quand on a vu les nations les plus pénétrées de la sève de l'Evangile être aussi les plus puissantes et les plus ouvertes au progrès, quand on a vu les Eglises les plus ferventes se mettre à la tête des institutions les plus charitables ; quand on a vu les chrétiens de toutes les communions s'efforcer d'établir la justice ici-bas, avant de la voir, régner là-haut, prendre en main toutes les causes généreuses, être partout, eux, les hommes de la foi, les héros de l'action -- un Oberlin, un Garfield, un Livingstone, un Montalembert, un Pasteur, un Jauréguiberry, et cet apôtre féminin, Mme Beecher Stove, dont le livre enflammé fut le coup de clairon de l'émancipation de quatre millions d'esclaves -- alors, elle est tombée cette vieille objection que le christianisme nuit à la vie pratique, car elle a été glorieusement réfutée par les faits.

 

Mais il nous faut aussi répondre à ceux qui prétendent que l'humanité, sur le seuil du vingtième siècle, n'a plus besoin des chimères de l'autre vie.

 

Ah ! Je sais bien ce que j'ai à leur dire.

 

Puisqu'il n'y a pas de ciel, vous avez donc le pouvoir de faire une terre qui soit un paradis ?

 

Voulez-vous, je vous prie, nous montrer cette terre ?

 

Avec toute votre science, ferez-vous pour tous un sol « qui distille le lait et le miel », qui soit à l'abri des accidents, des épidémies, des fléaux de toutes sortes ?

 

Avec vos chartes et vos institutions, parviendrez-vous à établir l'égalité entre les hommes et à supprimer entièrement la pauvreté, ainsi que les vices qu'elle engendre ?

 

Avec les progrès de cette civilisation dont vous êtes si fiers, trouverez-vous le secret de guérir les misères morales et les infirmités physiques, le plus souvent rançon douloureuse du péché ?

 

N'y aura-t-il plus d'égoïsme, plus de jalousie, plus de haine d'homme à homme, plus de guerres de classe à classe et de peuple à peuple ?

 

Réussirez-vous à effacer du vocabulaire humain les noms d'orphelins et de veuves, à bannir de notre planète cet hôte funèbre -- inexorable à tous -- qui s'y promène depuis six mille ans ?

 

Supprimerez-vous la mort ?

 

Eh bien, si vous ne le pouvez, respectez donc la loi providentielle qui nous assigne la terre comme préparation, le ciel comme but, la terre comme demeure d'un jour, le ciel comme patrie éternelle.

 

Que penseriez-vous des insensés qui prétendraient voiler le dôme d'azur dont notre monde est couronné et le radieux soleil qui l'illumine ?

 

Plus insensés, plus criminels, ceux qui voudraient ravir à l'humanité la divine poésie, ou plutôt, la divine réalité de l'au-delà, sans laquelle la vie ne serait qu'un non-sens, une cruelle ironie et comme un défi jeté à nos misères...

 

Oh ! Par pitié, que personne ne commette cette forfaiture !...

 

Et toi, peuple des pauvres et des petits, défends ton patrimoine : repousse les sophismes de ceux qui cherchent à t'arracher, lambeau après lambeau, l'antique foi de tes pères.

 

Sans Dieu, sans espérance, ni du côté de la terre, ni du côté du ciel, où trouveras-tu la force de souffrir et de vivre ?

 

Ah ! Je comprends parfois que, du sein de ton désespoir, tu échappes à ta destinée par la porte de sortie du suicide, cette fatale erreur et issue des époques de décadence et d'amer scepticisme...

 

Et pourtant, ce ne peut être là qu'une épidémie passagère.

 

Toujours l'âme humaine proteste contre l'obsession du néant.

 

A l'étroit dans sa prison, elle rêve de l'avenir et veut en soulever le voile.

 

L'homme fait à l'image de Dieu est le seul être de la création qui ne se sente pas chez lui ici-bas et qui ait la nostalgie de la maison paternelle.

 

Aussi, malgré les sophismes qui le troublent, il retournera aux vieilles croyances de l'au-delà, dût-il y revenir par le chemin de la superstition.

 

Ainsi s'explique l'étrange fortune des sciences occultes, du spiritisme, et de toutes les chiromancies de bas étage !

 

Mais il est une issue meilleure à ces aspirations :

 

c'est l'Evangile éternel avec ses belles certitudes.

 

J'ai vu, parfois, au cimetière, l'incrédule s'attendrir et pleurer lorsque, jetant la première pelletée de cette terre qui va recouvrir pour toujours le cercueil de son enfant, j'ai prononcé, selon l'usage de notre Eglise, cette antique parole biblique :

 

« Le corps retourne dans la poudre d'où il a été tiré ; mais l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. O mort, où est ton aiguillon, ô sépulcre, où est ta victoire ? »

 

Cette larme n'était-elle pas une sorte de protestation muette contre l'idée du néant ?

 

Et nos enfants des écoles du dimanche, quels sont les cantiques qui font éclater la joie sur leurs visages ?

 

N'est-ce pas ceux qui glorifient les beautés de la Sion éternelle ?

 

Et les ouvriers des réunions populaires fondées par un apôtre M. Mac-All ?

 

Tous les éducateurs de ces humbles ne vous diront-ils pas que les récits qui les subjuguent et les hymnes qui les enflamment sont ceux qui les entretiennent de la patrie retrouvée ?

 

Allez les surprendre, dans leurs réunions du soir, ces hommes au teint basané, aux mains noircies, par le travail, assis à côté de leurs femmes et de leurs enfants.

 

Quand ils se lèveront pour chanter, de leurs voix mâles et incultes, les cantiques qui résument leurs aspirations et leurs royales espérances :

 

« De Canaan quand verrons-nous les célestes rivages ? »

 

ou encore :

 

« Les chants après les larmes, le trône après la croix ! »

 

vous vous sentirez tressaillir d'émotion ; et, à ces vibrations de l'âme populaire, vous resterez convaincus qu'il y a, dans tous les cœurs naïfs ou désolés, le rêve de l'infini, une sollicitation passionnée de l'au-delà et comme une ardente prophétie du ciel...


Nous sommes de ceux qui croient au ciel, et c'est bien là que se réfugient nos plus chères espérances.

 

 

 

 

(Suite & Fin L’ascension de Jésus)

 

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Croix Huguenote

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 19:32
L'ascension de Jésus

Après cela, il fut élevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux...Et voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent et leur dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ?...Ce Jésus qui a été enlevé du milieu de vous dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'avez vu y monter.

 (Actes 1.9-12)

 

Je comprends ces apôtres du Christ, les yeux fixés sur la nuée qui leur dérobe déjà le Maître, et ne pouvant les en détacher.

 

Ainsi, la mère cherche d'un regard ardent, jusqu'aux extrêmes limites de l'horizon, le vaisseau qui, emporte son fils vers des mers lointaines ; ainsi, pendant la période du siège, nous suivions d'un œil humide les aérostats qui s'élevaient lentement du sol et disparaissaient bientôt dans la brume glacée, chargés de fragiles messages pour nos chers absents.

 

Tels les disciples sur la montagne des Oliviers.

 

Il part, Celui qui était Leur lumière, Leur Force et Leur Joie.

 

Que vont-ils devenir sans Lui ?

 

Ils ne verront plus son visage ; ils n'entendront plus le doux son de sa voix : encore quelques instants, et la nuée se sera effacé dans l'espace infini.

 

Mais le Fils de Dieu monte vers les pures régions du ciel : de là, leur consolation.

 

Le triomphe de leur Maître, dans lequel ils entrevoient leur propre triomphe, finit par dominer leur tristesse et par la transformer en une muette extase, à laquelle deux anges viennent les arracher en les rappelant au sentiment d'eux-mêmes et de cette vie terrestre que, dans leur ineffable contemplation, ils semblent avoir oubliée.


Le ciel !

 

Que signifie ce mot, l'un des plus doux de la langue humaine ?

 

Quelles impressions s'attachent pour les apôtres à cet azur limpide et profond où s'élance leur Maître ?

 

Parmi les traits divers qui peuvent représenter, dans leur pensée comme dans la nôtre, le séjour où monte le Christ, il en est deux que je veux marquer :

 

le repos et la gloire.

 

Le ciel, c'est d'abord le repos pour notre Sauveur.

 

Qu'a été sa vie terrestre, si ce n'est une immense fatigue ?

 

Habiter notre pauvre planète, revêtir notre chair mortelle, aux forces limitées et souvent défaillantes, livrer toutes ses journées à l'activité intense qu'impose une entière consécration à Dieu et aux hommes ;

 

n      lutter contre les oppositions ouvertes ou cachées de ses adversaires et contre les dispositions charnelles de ses disciples ;

 

n      porter dans une entière solitude morale le poids de la pensée la plus vaste, de l'œuvre la plus laborieuse qui fut jamais ; et, à mesure qu'il avance vers le terme, voir augmenter son fardeau de douleurs jusqu'à cette croix sous le faix de laquelle il a un moment plié,

 

n      n'est-ce pas avoir supporté toutes les lassitudes du corps et de l'âme ?

 

Mais aujourd'hui, jour de l'Ascension, plus de combats à livrer, plus de croix à porter !

 

Le fardeau de Jésus tombe pour toujours.

 

Le voilà revêtu d'un corps glorifié qui perd graduellement ses propriétés grossières ; le voilà élevé au-dessus de la lourde atmosphère de la vie terrestre ; le voilà dans les régions supérieures de la paix et du bonheur...

 

Ah ! Ne vous semble-t-il pas entendre les apôtres, quelle que soit la tristesse des derniers adieux, lui dire à l'envi :

 

Pars, Maître Gglorieux, nous ne voulons pas Te retenir après ta rude journée terrestre ; pars pour les bienheureuses demeures du ciel ; va Te reposer de ton tragique labeur dans le sein de ce Père dont Tu n'as consenti à te séparer que pour sauver nos âmes.

 

 

Le ciel est aussi la gloire pour Jésus-Christ.

 

Si l'on peut appeler sa vie une fatigue incessante, on peut l'appeler aussi une insondable humiliation.

 

Quel abaissement du Fils de Dieu dans cette abdication des attributs divins, dans cette acceptation volontaire de l'infime condition humaine !

 

Quel opprobre pour Celui qui fut sans péché de voir Satan s'approcher de Lui et lui faire des offres indignes !

 

Quel opprobre d'être appelé tantôt « un homme possédé du démon », tantôt « un ami des péagers et des gens de mauvaise vie » !

 

Quel opprobre d'avoir contre soi les savants et les ignorants, les puissants et le peuple, de se voir abandonné par ses disciples, renié par l'un, trahi par l'autre, arrêté comme un malfaiteur, insulté, conspué, condamné, mis en croix comme le plus vil des esclaves !...

 

Quel opprobre surtout que la réalité intérieure de sa passion, que son identification avec les pécheurs !

 

Lui, Juste, Il consent à porter l'iniquité des coupables ; Lui, Saint, Il accepte d'être comme submergé par les flots de cette malédiction divine que nos péchés avaient méritée...

 

Mais aujourd'hui, jour de l'Ascension, plus d'abaissement, plus d'opprobre !

 

Elle est exaucée, cette prière du Fils :

 

« Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût fait. » (Jean 17.5).

 

N'entendez-vous pas retentir là-haut l'hymne sublime de bienvenue par lequel les chérubins, les séraphins, les anges et les archanges saluent le retour du Fils dans sa demeure ?

 

Magnifique antithèse opposée aux insultes du Calvaire :

 

« Portes, élevez vos linteaux : laissez entrer le Roi de gloire ! »
 


Le repos, la gloire, -- n'est-ce pas aussi la double aspiration de nos âmes ?

 

Quel rude labeur que celui de la vie, et comme elle se réalise, l'antique sentence :

 

« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton visage. »

 

Le travail est sans doute une loi primitive et un joug salutaire, mais combien aggravés par la chute de notre race !

 

Depuis un mineur dans le monde enfermé dans sa prison de minerai ou autres, depuis l'enfant du pauvre dans le monde s'étiolant dans une manufacture ou autres, depuis l'homme d'affaires à l’employé(e) subissant la tyrannie du travail quotidien et les fiévreuses émotions des jours de crise, jusqu'à l'homme d'étude qui n'arrache quelques secrets à la nature, à l'histoire, à la science qu'au prix d'un effort de son cerveau plus douloureux que celui des bras du travailleur, combien l'homme se fatigue sur la terre !

 

Fatigue pour amasser des biens, fatigue pour les conserver !

 

Etreintes de la maladie, des souffrances morales, des chagrins du cœur, des séparations après lesquelles on ne traîne qu'une existence brisée ; déception amère d'une œuvre avortée, impuissance à propager nos convictions, à façonner l'âme de ceux qui nous sont le plus chers...

 

La vie, à elle seule, est une fatigue avec sa tâche journalière souvent au-dessus de nos forces, avec sa marche ininterrompue, ses soucis renaissants, ses préoccupations grandes ou misérables, surtout la vie de notre siècle, la vie de nos grandes villes, particulièrement chargée, haletante, dévorante ...

 

Ah ! Combien de fois nous avons dit :

 

Quand pourrai-je me reposer ?...

 

Je me souviens d'avoir vu à Delft, en Hollande, dans l'église où sont conservés les restes de Guillaume le Taciturne, un écusson du XVIe siècle représentant un navire battu par les flots avec cette devise :

« Repos ailleurs. »

 

Oui, repos ailleurs, repos au ciel.

 

Repos, mais non point inertie !

 

Car, dans ce monde supraterrestre, nous aurons des activités sans lassitude ; comme le papillon transmué, nous posséderons des ailes morales pour propager toutes les belles et saintes choses de la vie, avec des aspects nouveaux, imprévus et magnifiques !

 

Un jour, mon frère ou ma sœur, vous avez déposé sur son lit funèbre le mort bien-aimé auquel vous veniez de fermer les yeux.

 

Là, immobile, il était beau, d'une beauté venue de l'au-delà.

 

Quelle paix respirait son visage !

 

Après les épreuves de la vie, après le combat de la mort qui avait torturé votre pauvre cœur, c'était comme une transfiguration...

 

Alors vous lui avez dit comme les apôtres à leur Maître :

 

Toi que j'ai tant aimé, non, je ne saurais te retenir : va te reposer, après ta rude journée terrestre, dans les demeures du Père où « l'Homme de la douleur » t'a préparé une place.

 

Nous aspirons aussi à la gloire.

 

Monter est la noble ambition de la nature humaine.

 

Eh bien, notre vie terrestre est presque toujours une humiliation.

 

Esclavage du corps, limites de l'esprit contre lesquelles nous nous heurtons, disproportion entre notre idéal si beau et la réalité si misérable, entre ce que nous avons désiré et ce que nous possédons, mais surtout, servitude du péché, ce patrimoine humiliant de notre race dont nous avons tous une si large part ; constatation douloureuse du mal qui est en nous et dans les autres ; défauts des meilleurs, lacunes de la piété la plus solide, taches du vieil homme apparaissant sur la blanche robe de l'homme nouveau, quand cesseront toutes nos misères ?

 

Quand serons-nous faits semblables à notre Sauveur et verrons-nous briller sur nos fronts quelque chose de sa divine image ?...

 

Telle est votre gloire, ô nos bien-aimés qui êtes déjà dans le ciel.

 

Et si vous pouviez nous entretenir de la maison du Père, vous nous diriez que la joie des joies est pour vous d'avoir vu tomber, comme un vieux vêtement hors d'usage, toutes les souillures de la chair et de l'esprit, et se réaliser le vœu de Wesley mourant :

 

« Un séjour où nous ne pécherons plus et où nous ne verrons plus pécher... »

 

C'est un beau jour, mes frères et mes soeurs, que celui de l'Ascension, puisqu'il prophétise à tous les enfants de Dieu, au delà de toutes les souffrances et de toutes les humiliations de la vie, le repos et la gloire.

 

Tête d'une colonne immense, le Christ est déjà dans le ciel.

 

Des milliers et des centaines de milliers de rachetés sont parvenus avec Lui jusqu'à la radieuse lumière éternelle.

 

Nous, nous sommes encore dans l'ombre des régions inférieures, dans l'imperfection, dans le combat, dans les larmes.

 

Mais, si nous faisons partie de la colonne sacrée, nous montons, nous montons chaque jour, et bientôt nous serons réunis aux multitudes de l'Eglise triomphante.

 

Convoqués aujourd'hui sur la colline de Béthanie, il faut que de toutes nos âmes, s'échappent les paroles naïves et ferventes de notre vieux cantique :

 

Suivons-le tous, animés d'un saint zèle,
N'arrêtons plus nos cœurs dans ces bas lieux.
Ce doux Sauveur lui-même nous appelle,
Et nos vrais biens sont cachés dans les cieux.

 

 

 

 

(Suite L’ascension de Jésus)

 

 

Bible (52)

Croix Huguenote

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 19:20
L'oeuvre de Christ (Dernière partie)

Oui ou non, aimons-nous Christ ?

 

Telle est la seule question.

 

Notre objectif n'est pas de garder la loi pour être capables de suivre Christ, mais de refléter Christ qui magnifia ici-bas la loi de Dieu.

 

Il fut un temps où parmi nous la question de la loi et de ses exigences préoccupait beaucoup plus les âmes qu'aujourd'hui, et on a beaucoup écrit alors sur la délivrance de la loi.

 

C'est que les âmes en question sortaient de milieux où l'on faisait dépendre la vie chrétienne de l'observation de la loi.

 

Il en existe encore beaucoup de tels, partout en somme où les âmes ne sont pas mises directement en rapport avec Christ.

 

Il est nécessaire d'insister dans ce cas sur le fait que crucifiés avec Christ nous sommes "morts à la loi afin que nous vivions à Dieu", et que notre acceptation ne dépend pas de notre conduite, mais de Christ en qui, par grâce, nous croyons.

 

Mais aujourd'hui, nombreux sont ceux qui ayant été élevés sous l'enseignement de la grâce et habitués à des formules doctrinales correctes quant au salut par la foi, risquent de méconnaître la vraie portée de la loi, et par là même la vraie portée de la grâce.

 

Cela provient, au fond, de ce qu'ils n'ont pas connu véritablement Romains 7, où nous trouvons une âme régénérée amenée aux confins du désespoir, parce qu'elle voudrait observer la loi et trouve que sa chair ne le peut pas.

 

Elle ne voit dans la loi que l'instrument de condamnation tourné contre elle ; et il en est ainsi jusqu'à ce qu'elle ait trouvé son repos en Christ le libérateur, et cru qu'il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus".

 

La loi n'a pas perdu pour autant son caractère de sainteté et de justice mais cette âme a compris que la vieille nature ne parviendra pas plus à l'accomplir demain qu'aujourd'hui ni hier, et que Dieu ne voit plus le croyant dans la chair, mais en Christ.

 

Ceux qui n'ont pas connu ce nécessaire mais douloureux stage, n'ont pas éprouvé en réalité ce qu'est le péché.

 

"Par la loi est la connaissance du péché" (Romains 3:20), -- non point la délivrance du péché.

 

Ils rabaissent le commandement saint, juste et bon.

 

Ils n'ont pas compris que, si excellente que puisse être une loi divine, et précisément parce qu'elle est telle, elle est "faible", non en elle-même, mais "par la chair" incapable de lui obéir (8:3).

 

Ils n'ont pas saisi que "Dieu a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l'Esprit" (8:3-4).

 

Nous ne nous arrêterons jamais trop sur ces passages qui embrassent à la fois l'étendue de notre délivrance, la perfection de la position du croyant en Christ, et le niveau de la marche qui est demandée à ceux qui ont été "affranchis de la loi du péché et de la mort".

 

Ainsi, le premier malentendu dont il est question au début de ces pages n'est vraisemblablement pas le danger qui menace la plupart de ceux auxquels elles s'adressent.

 

Mais le second risque de ruiner leur vie chrétienne en changeant, sans qu'ils s'en doutent, la grâce en dissolution. L'attention des jeunes croyants est appelée sur ce point avec insistance, en toute affection.

Il serait tout aussi funeste de vouloir réagir contre cette tendance par un légalisme formaliste, tout en injonctions et en défenses: "Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas" (Col. 2:21).

 

Ce serait chercher à "achever par la chair", et se placer sous "un joug de servitude" (Gal. 3:3; 5:1).

 

Pour un tel état d'esprit, ce n'est plus seulement la loi de Moïse, ce sont toutes les précieuses invitations et instructions du Seigneur dans la seconde partie de la Bible qui prennent ce caractère d'obligation contraignante, directement opposé à la vie chrétienne.

 

L'âme n'est alors jamais vraiment heureuse, jamais en repos, à moins qu'elle ne s'enveloppe, comme le pharisien, dans l'orgueilleuse prétention de faire ce que les autres ne font pas.

 

"Je suis resté, moi seul", dira-t-elle volontiers.

 

Car cet esprit légal se reconnaît souvent, d'autre part, à la tendance fâcheuse à tout juger chez les autres.

 

Nous sommes vite portés à manier la loi pour relever, sans charité ni grâce, ce qui nous paraît manquer chez nos frères, -- à en user comme d'une jauge pour la vie d'autrui.

 

La Parole doit s'imposer à mon coeur; il ne m'appartient pas d'exiger des autres, que je puis mal juger (1 Cor. 4:5), ce qui m'est demandé à moi.

 

Le lavage des pieds représente une attitude toute différente, celle du serviteur qui s'abaisse à l'exemple de son Seigneur.

 

Méditons beaucoup Galates 5:13 et 6:6, après Matthieu 7:1-5.

 

Le meilleur moyen d'éviter le légalisme et ses dangers est de "regarder de près dans la loi parfaite, celle de la liberté" (Jacques 1:25).  

 

"Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant".

 

Et ensuite :  

 

"Accomplissez la loi du Christ" (Galates 5:1; 6:2).

 

La liberté du Christ, la loi du Christ : tel est, circonscrit par l'Esprit de Dieu, le domaine où le chrétien est appelé à se mouvoir.

 

N'est-ce pas ce que Jésus Lui-même disait dans les paroles incomparables :  

 

"Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos... Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi..." ?

 

Que sa voix ne perde jamais, pour aucun de nous, ni sa douceur, ni son autorité.

 

Amen,

 

 

A.G.,

Bible (116)

Croix Huguenote

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 19:19
L'oeuvre de Christ (2ème partie)

Mais est-ce à dire que, l'autorité judiciaire de la loi étant ainsi annulée pour nous par la mort de Christ, et nos relations avec Dieu étant celles, non point d'esclaves mais d'enfants libres, nous n'avons plus rien à faire avec la signification morale de la loi ?

 

Ce serait dénier à la première partie de la Bible  toute utilité pour nous, et dire que Dieu n'avait pas de raisons de nous conserver même le souvenir des ombres, du moment que la lumière luit.

 

Or Il nous a conservé cette première partie de la Bible ; mieux, la seconde nous y ramène sans cesse, et nous donne la clef pour interpréter l'enseignement inépuisablement riche de ses figures.

 

Non pour que nous y "retournions", mais pour que nous apprenions d'elles le déploiement varié des pensées et des voies de Dieu.

 

Ce serait dire aussi, et peut-être est-ce plus grave encore, que nous n'avons rien à apprendre de Jésus tel qu'Il a été sur la terre accomplissant la loi.

 

Ce serait, enfin, méconnaître que les commandements de la loi sont saints, justes et bons, et que le sommaire de la loi reste, comme un autre l'a dit, "le principe et le fruit de la vie en nous".

 

La grâce nous prend et nous place par delà la mort, unis à Christ ressuscité.

 

Mais Il est Celui qui a glorifié Dieu sur la terre, et dans les entrailles duquel était la loi de Dieu (Ps. 40:8).

 

Il ne nous fait pas, certes, revenir en arrière pour nous dire :

 

Vous ne serez tels que je suis, et vous n'atteindrez la résurrection que quand vous vous serez montrés aussi parfaits que moi.

 

Cela n'est pas possible.

 

Il ne nous sauve pas par son exemple, car nous ne pourrions le reproduire ; Il nous sauve par sa mort, telle que seul Il l'a connue, sous le jugement de Dieu à notre place.

 

Mais Il nous assure la puissance de Sa mort et de Sa résurrection.

 

Il nous laisse Son exemple, mais après nous avoir donné une vie capable de s'y conformer, et Il nous demande de "marcher en nouveauté de vie".  

 

"Celui qui dit demeurer en Lui doit marcher comme Lui a marché" (1 Jean 2:6).

 

Ce n'est plus là l'injonction implacable de la loi.

 

Et d'autre part cela va plus loin que l'observation de la loi littérale.

 

Celle-ci, donnée aux hommes comme la règle de leur devoir, ne pouvait embrasser les manifestations de la vie divine en grâce comme en vérité, ce qui a eu lieu en Christ, et qui doit être vu maintenant dans les Siens.

 

La loi ne prévoit pas un dévouement jusqu'à la mort tel qu'a été celui de Christ, et que nous avons à imiter; elle ne prescrit pas d'aimer ses ennemis, etc.

 

Tout cela est vrai.

 

Mais ces choses seraient-elles donc opposées à la loi ?

 

Ne seraient-elles pas plutôt, en réalité, l'accomplissement de la loi dans son esprit par delà même sa lettre, puisque cette loi se résume dans l'amour ?

 

L'apôtre répond à ces questions lorsque, après avoir énuméré les perfections du "fruit de l'Esprit", il dit :  

 

"Contre de telles choses il n'y a pas de loi" ; et encore :  

 

"Toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Galates 5:23, 14).

 

Mais avant Paul, quand Jésus monté sur la montagne avait prêché cette "charité" dont Il était le vivant exemple, Il n'annulait certes pas la loi, ni ne la contredisait ; Il ne se plaçait pas dans un autre courant de pensée que celui de la loi donnée de Dieu, sainte et bonne; bien au contraire, Il la dépassait.

 

Ce qui signifie qu'Il l'accomplissait premièrement.

 

"Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir".

 

La loi de Sinaï était le maximum de ce qui pouvait être demandé à un enfant d'Adam, mais non point la limite de l'obéissance à Dieu.

 

Prétendre ne pas être intéressé par elle sous prétexte que Christ est notre vie, c'est, dès le départ, refuser ce qui est demandé en premier lieu.

 

Il est d'une grande importance de saisir cela.

 

Notre délivrance de la loi n'en est point atteinte, au contraire.

 

La loi n'est plus notre maître, elle est passée à notre service, de même que pour les croyants de l'ancien temps (qu'elle n'a pas plus fait vivre que nous, elle était un "conducteur jusqu'à Christ".

 

Cette loi qui nous condamnait à mort n'a plus à nous mettre à nouveau à mort; c'est fait une fois pour toutes, sa puissance est éteinte, parce que Christ a subi la mort pour nous, Lui qui seul était sous cette loi sans qu'elle le condamnât.

 

Mais elle n'a pas davantage la puissance de nous faire vivre.

 

Vouloir nous justifier par la loi nous fait "déchoir de la grâce".

 

Le motif de la vie chrétienne n'est pas d'échapper à une condamnation ou d'acquérir un mérite, il est Christ Lui-même.

 

Si nous prenons la loi comme règle de vie en disant :

 

Je ne suis pas à Christ si je n'obéis pas à cette loi,-- nous l'employons mal, nous ne voyons pas Christ derrière la loi.

 

Mais si nous regardons Christ nous voyons la loi briller en Lui, et si nous Le suivons nous accomplirons la loi sans effort, heureux de la reconnaître et de dire :

 

Je suis chrétien par grâce, et je marche après Christ qui m'a sauvé ;

 

voilà où passe le chemin de mon Maître et où je passe avec Lui ; il n'y a pas d'autre part pour moi ; or Ses délices étaient de faire la volonté de Dieu et la loi de Dieu était "au dedans de ses entrailles".

 

Être sous la loi et aimer la loi sont deux choses bien différentes.

 

L'homme irrégénéré ne peut pas aimer la loi.

 

Et celui qui, même croyant, n'a pas saisi l'étendue de la grâce de Dieu en Christ, prend bien plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur mais se désespère de ne pouvoir l'accomplir malgré ses efforts (Rom. 7).

 

Même sous l'ancienne dispensation, le psaume 119 est là pour nous le dire, celui qui aime la loi est quelqu'un qui s'abandonne entièrement à la grâce de Dieu, et non point quelqu'un qui prétend être capable de garder par lui-même cette loi sainte.

 

Pour ceux qui maintenant, ayant l'Esprit de Dieu, conduits par Lui, sont fils de Dieu, la nature divine qu'ils ont reçue par grâce aime ce que Dieu commande.

 

Leur vieille nature ne l'aimera jamais, mais "ses commandements ne sont pas pénibles" à ce qui est "né de Dieu" (1 Jean 5:3).

 

Si je commande à mon enfant ce que précisément il désire le plus, il n'a pas le sentiment d'une contrainte mais d'une heureuse faveur.

 

C'est là ce que l'apôtre Jacques appelle la loi parfaite, la loi de la liberté (1:25).

 

On dira :

 

Ces considérations valent en principe, mais la loi de Moïse comporte toute une partie cérémonielle dont nous n'avons que faire aujourd'hui, et quantité de prescriptions relatives à la vie quotidienne dont le détail n'est plus de notre temps.

 

Sans doute.

 

Mais si ces choses nous ont été transmises comme se rapportant au peuple que l'Éternel a choisi sur la terre et dont Lui-même était le législateur, n'est-ce pas pour que nous profitions des précieuses données morales qu'elles seules sont propres à mettre en relief ?

 

Au temps où elles n'étaient que des ombres, c'est grâce à elles que les croyants d'avant la croix ont été guidés ; elles gardent une puissante valeur d'enseignement, pour nous qui sommes capables de les mieux comprendre, maintenant qu'elles sont placées en pleine lumière.

 

Toutes ont été données pour notre instruction.  

 

"Dieu s'occupe-t-il des boeufs, ou parle-t-il entièrement pour nous ?" dit l'apôtre tirant d'une recommandation qui semble d'infime portée, une direction nécessaire pour l'Église.

 

C'est ainsi que nous devons considérer toute la loi.

 

Elle ne nous enchaîne point, mais elle ne nous en instruit que mieux.

 

Les dix commandements sont le sommaire moral de la loi, dégagé de toutes ses prescriptions rituelles et autres.

 

Mais ne vouloir retenir que ce sommaire nous priverait d'une foule d'illustrations expressives.

 

Dans ces dix commandements eux-mêmes, nous pourrions dire que l'observation du shabbat n'est plus imposée maintenant aux chrétiens, puisque Christ est sorti du tombeau le premier jour de la semaine, et que le shabbat est l'emblème d'un repos terrestre qui n'a pu s'établir et d'une alliance que le peuple n'avait pas gardée ; mais nous perdrions beaucoup à ne pas nous occuper de la signification du sabbat, de la bonté de Dieu soucieux de donner du repos à l'homme, et du fait que le repos qui reste pour le peuple de Dieu est un repos shabbatique.

 

Le tort du Peuple Juif était précisément de mettre le signe au-dessus de la signification; c'est pourquoi, à propos du shabbat, le Seigneur revendique cette signification (Marc 2:23-28; Jean 7:19-24).

 

Le shabbat était le jour de l'Éternel; le jour du Seigneur aurait-il moins de prix pour nous ?

 

Que dire, d'autre part, des "commandements avec promesse" ?

 

Honorer son père et sa mère ne nous serait-il plus demandé parce que nous ne sommes plus sous la loi ?

 

La joie du chrétien est de le faire "dans le Seigneur", "car cela est agréable au Seigneur".

 

"Nous savons que la loi est spirituelle (Romains 7:14).

 

C'est dans son esprit que la chair est incapable de l'accomplir.

 

Les formes plaisent au contraire à cette chair, mais alors c'est la contrefaçon de la loi.

 

Dans leur lettre, les ordonnances, et même les dix commandements, sauf le dernier, visent l'extérieur ; ils demandent de faire certaines choses et de s'abstenir d'autres, de sorte que l'homme religieux charnel observe les formes et s'en prévaut.

 

En réalité, elles ne sauraient être agréables à Dieu sans le coeur nouveau.  

 

"Il regarde au coeur".

 

Jésus met le jeune homme riche à l'épreuve là-dessus ; celui-ci avait gardé les commandements dès sa jeunesse, mais quels étaient ses motifs intérieurs ?

 

Nous voyons Jésus se dresser sans cesse contre le formalisme, et dénoncer les "enseignements des anciens" qui, renchérissant sur les pratiques extérieures de la loi de Moïse, violaient l'esprit de celle-ci.  

 

"Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux", dit-Il (Matthieu 5:20).

 

Or, quand Paul veut dire qu'il observait rigoureusement les prescriptions de la loi avant sa conversion, il dit :  

 

"quant à la loi, pharisien...".

 

Ce légalisme était, et reste, contraire à la loi même.

 

Le Seigneur met Lui-même en lumière la vraie signification de la loi de Moïse, quand Il énonce les deux grands commandements (Marc 12:29-31), ou qu'Il approuve ceux qui les citent :  

 

"Tu as bien répondu", dit-il au docteur de la loi, lorsque celui-ci a rappelé :  

 

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée", "et ton prochain comme toi-même" (Luc 10:27).

 

N'aurions-nous donc plus à aimer Dieu, ni notre prochain ?

 

La force nous en est donnée, ce que la loi ne donnait pas.

 

Aimer ainsi est la joie du nouvel homme; et si la lutte est continuelle avec la chair, c'est parce que celle-ci "ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas",-- pas plus après notre conversion qu'avant, ne l'oublions pas.

 

Exerçons-nous à discerner, dans les détails extérieurs de la loi écrite, l'âme de cette loi, l'amour de Dieu, l'amour du prochain, tout ce qui constitue la "loi royale" (Jacques 2:8).

 

Par exemple, quand nous trouvons telle prescription concernant le costume, ou encore la conduite à tenir envers un esclave, nous sommes tentés de dire :

 

Oh ! Cela ne nous concerne pas, les moeurs sont maintenant différentes !

 

Et il est clair que l'aspect matériel des choses a changé.

 

Mais ce qui n'a pas changé, et ne saurait changer, c'est le sens profond de ces commandements, la pensée de Dieu que leur pratique avait pour but de manifester.

 

Prenons la question du vêtement, puisque aussi bien c'est une de celles que l'on discute volontiers.

 

Nous lisons en Deutéronome 22:5 :  

 

"La femme ne portera pas un habit d'homme, et l'homme ne se vêtira pas d'un vêtement de femme; car quiconque fait ces choses est en abomination à l'Éternel ton Dieu".

 

Nous comprenons que la pensée de Dieu, dans tous les temps, est que l'habit marque, entre l'homme et la femme, la distinction voulue par Lui, conforme à un ordre que la créature trouble à son propre détriment.

 

Les deux forment un tout qui est défiguré si l'un des composants renie le caractère que Dieu lui a attribué :  

 

"Dieu créa l'homme à son image... Il les créa mâle et femelle" (Genèse 1:27, rappelé par le Seigneur en Matthieu 19:4); de sorte que l'homme n'est complet qu'avec la femme et que la femme n'est complète qu'avec l'homme.

 

Mais lorsqu'il ne tient pas sa place, et qu'elle sort de la sienne, la volonté de Dieu est laissée de côté, au mépris de Sa gloire comme du bien des créatures.

 

Si la femme a été placée par Lui dans une position de subordination (non point d'infériorité), la gloire de la femme est de le reconnaître expressément, par sa chevelure, comme l'enseigne la seconde partie Biblique (1 Cor. 11:6-16), et par son vêtement, comme l'enseigne la première partie.

 

Recevoir cela, c'est honorer Dieu, et le chrétien y trouve une joie que ne saurait lui procurer une simple obéissance formelle.

 

Ne pas le recevoir entraîne, si peu qu'il y ait de spiritualité, une mauvaise conscience.

 

Il en va ainsi pour toutes les prescriptions de la loi.

 

Ce ne sont pas les articles d'un code impassible, mais le langage du Dieu que nous invoquons comme Père.

 

Le chrétien n'est point appelé à y obéir passivement, mécaniquement.  

 

"Je parle comme à des personnes intelligentes", disait l'apôtre.

 

Mais l'intelligence spirituelle va de pair avec les affections, elle oriente pour ainsi dire l'élan du coeur.

 

Elle discerne, dans toutes les ordonnances inspirées, la pensée de Dieu à laquelle le coeur est heureux de répondre.

 

La forme en elle-même n'est rien.

 

Être sans loi est le fait de l'iniquité (anomia).

 

Notre loi, c'est Christ.

 

Mais Christ, répétons-le, bien loin d'annuler la loi antérieurement prescrite, l'a accomplie et a dépassé sa lettre, mettant en évidence l'amour comme "le grand commandement" de la loi (Matthieu 5:17-19; 22:38).

 

Quand Paul polémiquait violemment contre les docteurs judaïsants, c'est qu'ils ramenaient aux formes ceux qui avaient été amenés à l'Esprit ; mais constamment on le voit donner aux enseignements de la loi leur place légitime, telle qu'il convient aux chrétiens de la donner.

 

Ses écrits sont pleins de rappels des ordonnances, il montre la signification typique de ces formes, et la lumière nouvelle qu'il projette sur elles fait ressortir leur valeur morale permanente.

 

C'est que l'amour de Christ étreignait Paul.

 

Oui ou non, aimons-nous Christ ?

 

Telle est la seule question.

 

Notre objectif n'est pas de garder la loi pour être capables de suivre Christ, mais de refléter Christ qui magnifia ici-bas la loi de Dieu.

 

L'oeuvre de Christ (Suite & fin)

 

Bible (119)

Croix Huguenote

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 19:18
L'oeuvre de Christ (1ère partie)

 

Il existe parmi les chrétiens deux sortes de méprises au sujet de la loi que l'Éternel a donnée à Israël par Moïse.

 

La première est propre à ceux qui n'ont pas saisi la valeur de l'oeuvre de Christ pour nous délivrer, et qui cherchent la sanctification dans l'accomplissement d'obligations morales.

 

Pour eux, du moment que la loi est l'expression de la sainte volonté de Dieu, nous ne serons agréés par Lui que dans la mesure où nous serons parvenus à accomplir cette loi.

 

Par une méprise tout opposée à celle-là, d'autres ne prennent pas garde que, "ayant été affranchis du péché", nous avons été "asservis à Dieu", "asservis à la justice".

 

Ils pensent volontiers que la loi ne nous concerne plus en aucune manière et que nous n'avons pas à nous préoccuper de ce qu'elle enseigne.

 

La première de ces façons de voir empêche de se réjouir pleinement en Christ ; elle continue à demander quelque chose à la vieille nature, et elle imprime à la conduite un légalisme desséchant, ce que l'extérieur peut voir à juste titre comme intégrisme.

 

La seconde prive l'âme de guides sûrs quant à la pensée de Dieu.

 

Toutes les deux en réalité nous détournent de Christ, l'une sous le couvert de la sainteté divine, l'autre sous celui de la liberté chrétienne.  

 

"Car Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant" (Romains 10:4): pour le croyant la loi a son terme en Christ, mais en Christ seul.

 

La loi, en tant que loi, implique des sanctions judiciaires.

 

Elle condamne toujours l'homme qui n'est pas "dans le Christ Jésus".

 

Christ a subi à notre place la condamnation qu'elle prononce, et Il nous délivre de sa juste sentence.

 

Jamais ce point fondamental ne sera trop fortement retenu.

 

La mort de Christ proclame bien haut ce que la loi divine exigeait à notre sujet, sans rémission possible.

 

Mais elle dit en même temps que, par cette mort même, la loi est satisfaite, et la résurrection de Christ vient l'attester, selon la justice de Dieu.

 

Aussi l'Évangile annonçait-il, à ce peuple d'Israël qui avait reçu la loi :

 

Vous n'êtes plus sous la loi.

 

Et à ceux des nations, qui n'avaient aucune part à la loi comme système religieux ou civil, il disait :

 

Ne vous placez pas sous cette loi.

 

Pourquoi ?

 

Parce que, pour les uns comme pour les autres, il n'y avait pas à reprendre une chose faite, ni à recommencer ce que Christ a achevé.

 

La loi est arrivée à sa fin par Christ.

 

Dieu ne dit plus : Faites.

 

Il dit :  

 

"Croyez au nom du Fils de Dieu". "Le Christ Jésus nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption" (1 Corinthiens 1:30).

 

Ah ! Si quelqu'un qui ne possède pas la vie nouvelle prétend, sans avoir Christ, ne rien craindre de la loi, celle-ci peut être justement brandie contre lui (1 Timothée 1:9).

 

Elle lui dira ce qu'il mérite.

 

C'est seulement à la mort de Christ que cette arme terrible a été non pas brisée, mais remise au fourreau, parce que tout ce qu'elle avait à opérer l'a été alors.

 

Christ n'est plus sous la loi ; Il ne saurait y replacer les siens ; ils sont à Lui, non point à elle.

 

"Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l'Esprit de son Fils dans nos coeurs, criant : Abba, Père" (Galates 4:5, 6).

 

La loi ne pouvait nous faire vivre ; Christ le peut, nous ayant, dans sa mort, fait "mourir à la loi" par la loi elle-même :  

 

"Car moi, disait Paul, par la loi, je suis mort à la loi, afin que je vive à Dieu" (Gal. 2:19).

 

C'est à la nouvelle vie ainsi reçue par la foi en Christ qu'il appartient désormais de marcher ici-bas à la gloire de Dieu.

 

Elle reçoit sa puissance non de la loi, ni d'un esprit légal quelconque, mais de l'Esprit de Christ.  

 

"Si vous êtes conduits par l'Esprit vous n'êtes pas sous la loi" (Gal. 5:18).

 

(Suite)

 

Bible (115)

Croix Huguenote

 

 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 16:44
Améliorer ...l'Evangile pour mieux le recevoir ?...

Quoi ? À chaque tournant de l’Histoire, l’Evangile sombrerait dans le non-sens, l’inadapté, l’inacceptable, et devrait être repensé, corrigé sur mesure ?

 

Comment ?

 

Le mystère de Dieu n’aurait été exprimé qu’à l’intention des adeptes de la civilisation gréco-latine du bassin méditerranéen et devrait, à chaque époque, être retraduit selon les mentalités de chaque nation, de chaque peuple, de chaque tribu, par des « herméneutes » qui se plébiscitent eux-mêmes ?

 

Ce Dieu aurait mis le Fils de son amour aux enchères des esprits de ce monde… ?


Celui qui, des millénaires durant, a proclamé :  

 

« Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Esaïe.55:8)

 

déclarerait désormais :

 

« Vos pensées seront les miennes » ?

 

Et Jésus ?

 

Aurait-Iil sciemment adopté les idées de l’époque…sachant qu’elles ne véhiculeraient qu’un temps son message, confiant que d’autres, plus tard, le transmettraient mieux que Lui ?

 

Aurait-il, Lui, la Parole vivante, ignoré qu’il s’exprimait en termes irrecevables ?

 

« Quel est donc le christ qu’ils nous rotent ? », s’écrierait ici Jean Calvin.

 

Et mon professeur de théologie pratique ( Maurice Ray) dans les années 1960, d’affirmer avec juste raison :

 

« Se réclamer d’une évolution de la société pour déclarer, voire décréter, qu’il faut aménager la vérité scripturaire, corriger Paul et moderniser l’Eglise, c’est annoncer un autre Evangile, c’est travailler à l’édification d’une « maison de Dieu » corrigée par des mains humaines »

 

Pasteur Pierre Marcel,

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Revue Réformée & Église Protestante Évangélique de Charleroi 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 16:42

refuge protestant

Eglise Luthérienne Poitou

Jésus leur dit une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier et ne pas se lasser. Il dit : Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et qui n'avait d'égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : Fais-moi justice de mon adversaire. Pendant longtemps il ne voulut pas. Mais ensuite il dit en lui-même : Bien que je ne craigne pas Dieu et que je n'aie d'égard pour personne, néanmoins parce que cette veuve me cause des ennuis, je lui ferai justice, de peur que jusqu'à la fin, elle ne vienne me casser la tête. Le Seigneur ajouta : Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tarderait-il à leur égard ? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?     LUC 18.1-8

 

 

 

Penchons nous sur une des paraboles que Jésus a utilisées pour expliquer à ses disciples ce qu'est le royaume de Dieu.

D'emblée, Luc nous explique que Jésus a enseigné cette parabole pour nous montrer « qu'il faut  toujours prier, sans se lasser ».


Pour cela, Jésus utilise une histoire.

Beaucoup de paraboles sont basées sur des similitudes, mais celle-ci repose sur une opposition.

Le premier personnage est une veuve.

Dans la société du temps, cela veut dire l'isolation sociale, la pauvreté, aucune influence.

La veuve est en procès avec une partie adverse.

L'affaire a été confiée à un juge.

Celui-ci n'a aucun souci de la justice, c'est un homme sans cœur et sans morale, qui ne craint ni Dieu ni les hommes.

Peut-être même est-il, comme beaucoup de juges de l'époque, corrompu et attend il que la veuve lui verse un petit quelque chose qui lui permettrait d'arranger ses affaires.

Mais la veuve insiste, encore et toujours.

Elle revient à la charge, inlassablement.

Elle ne lâche rien.

Et elle va obtenir gain de cause.

Le juge lui rend justice.

Oh, pas par sursaut de conscience ou de bonté : pas le genre du bonhomme !

Pourquoi alors ?

Parce qu'il en a tellement assez que cette femme lui « casse la tête » et qu'il veut s'en débarrasser !

Parce qu'il veut être tranquille !

Et ce que Jésus veut nous enseigner ici apparaît clairement :

si un juge insensible et méchant va donner satisfaction à une pauvre veuve, à combien plus forte raison Dieu notre père ne va t'il pas répondre aux prières de ses enfants ?

Car Dieu n'est pas un juge intraitable, il est un Père au cœur rempli d'amour, de bienveillance et de bonté.

Bien plus, il est tout-puissant et tous les trésors de la terre et des cieux sont dans sa main.

Et nous-mêmes, frères chrétiens, nous ne sommes pas comme la pauvre veuve sans défense ni recours.

Si vous croyez en Jésus comme votre unique Sauveur, vous êtes un enfant de Dieu, vous êtes une nouvelle création, vous avez en Christ la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance (Eph 3.12).

Toutes ces choses là, frères et sœurs, se sont des vérités que nous devrions toujours garder à l'esprit, parce qu'elle nous disent quelle est l'identité de Dieu, quelle est notre identité en Christ, parce qu'elles sont porteuses de promesses qui peuvent être le combustible de notre vie de prière.

Et Dieu sait que notre vie de prière peut en avoir besoin.

Le Petit Catéchisme de Westminster (1646) définit la prière de façon très juste.

Il dit « la prière est l’acte par lequel nous présentons à Dieu nos désirs pour des choses conformes à sa volonté, au nom de Christ, en confessant nos péchés, et en reconnaissant avec actions de grâce ses bontés. »

Rien à rajouter.

Vous voyez, il y a trois parties essentielles dans la prière :

  • la confession de nos fautes et la demande de pardon à Dieu

  • la pétition pour nos besoins spirituels et matériels

  • l'action de grâces : dire merci à Dieu de tout ce que nous avons reçu

Tout cela, c'est bien beau, mais dans la réalité, de nombreux chrétiens, de nombreuses églises ont une vie de prière totalement sous-développée.

Les paroles de Jésus qui nous dit qu'il faut « toujours prier sans jamais se décourager » résonnent parfois en nous comme des accusations.

Parce que nous ne prions pas toujours et qu'il nous est très facile de nous décourager et de ne pas persévérer dans la prière.

Nous ne prions pas aussi souvent que nous le pourrions, nous ne prions pas pour ce que nous pourrions ou pour qui nous le pourrions.

Nous oublions de rendre grâces à Dieu de tout ce qu'Il nous a donné, comme ces neuf lépreux que Jésus a guéris et qui ne sont pas revenus vers Lui pour le remercier.

Nous négligeons de prier Dieu pour qu'Il pourvoit à tous nos besoins : besoins matériels, santé, nourriture spirituelle...peut-être parce que nous pensons qu'Il ne veut pas ou ne peut pas nous les donner.

Où bien encore, nous prions de façon automatique et générale, sans y mettre notre cœur.

Où alors notre prière est limitée au dimanche matin.

Soyons honnêtes : aucun d'entre nous ne prie comme il le pourrait, comme il le devrait !

Et puis, nous nous décourageons.

Nous avons l'impression que personne n'est là pour écouter nos prières.

Pourquoi est-ce que Dieu n'entend pas ?

Et s'Il entend, pourquoi est-ce qu'Il ne répond pas ?

A quoi sert il de prier ?

Rien ne semble s'arranger, et les choses ont même tendance à empirer !

Il semble n'y avoir aucun résultat à notre prière et nous nous décourageons.

Il faut toujours prier, sans se décourager.

Ces paroles, si nous les interprétons comme une instruction de la loi, un commandement, vont forcément nous accuser.

Nous ne prions pas toujours et nous nous décourageons.

Nous ne sommes pas comme la veuve tenace qui n'abandonne pas tant qu'elle n'a pas eu ce qu'elle voulait.
Mais nous devrions lui ressembler.

Alors, rentrons à la maison, mettons nous à prier et faisons mieux !

Cessons de démontrer dans notre vie de prière toute notre médiocrité de pécheurs !

Ces paroles ne sont pas Loi, mais Évangile, Bonne Nouvelle !!

Certes, elles nous instruisent, nous disent quoi faire et comment le faire, mais elles sont avant tout une magnifique invitation à prier.

Prier Celui qui nous écoute. 

Prier Celui qui prend plaisir à notre prière et qui y répondra selon sa volonté sainte, juste et bonne :

Notre Père, Notre Juste Juge, de qui vient tout don parfait.

Quand Dieu nous dit qu'il faut toujours prier sans jamais se décourager, ce sont des paroles d'encouragement fondées sur Ses Promesses, ces promesses divines qui doivent être le terreau de nos prières, enracinées dans les bénédictions divines.

Et si nous pouvons prier le Père, si nous pouvons avoir accès à tous les trésors de sa grâce, c'est par Jésus Christ.
Sans Jésus, et sans foi en Jésus, les misérables pécheurs que nous sommes n'auraient aucun droit et aucune possibilité de s'approcher de Dieu.

C'est Jésus qui est le Seul Médiateur entre Dieu et les hommes, c'est par Lui Seul que nous pouvons avoir un accès au Père.

Et nous seulement, Jésus permet aux pécheurs que nous sommes d'être reçus par Dieu si nous croyons en Lui, mais Il est en plus notre grand intercesseur.

Grâce à Jésus, nous pouvons nous présenter devant le Père et nous pouvons présenter nos prières devant Lui.

Et la Bible nous dit aussi que l'Esprit Saint si nous croyons en Jésus et en son sacrifice parfait, nous savons que plus aucune condamnation ne pèse sur nous, que rien ne saura jamais nous arracher de la main du Père et nous sommes assurés de recevoir la vie éternelle.

Voilà pourquoi nous ne devons pas nous décourager : grâce à ce que Christ a fait pour nous et grâce à qui nous sommes en Christ.

Ne perdons pas courage !

C'est une exhortation mais avant tout une promesse.

Quand tout semble futile et dérisoire.

Quand le diagnostic n'est pas bon.

Quand Dieu vous affirme une chose dans sa Parole mais que les faits semblent raconter une autre histoire.

Quand nous voulons la paix et qu'autour de nous il n'y a que le tumulte.

Quand nous voulons être en sécurité mais que demain est tellement incertain.

Quand nous sommes pas sûr que nous pouvons faire face à demain et peut-être même pas à aujourd'hui.

Ne perdons pas courage car en Christ Dieu a fait de nous son très cher fils, sa très chère fille.

Dieu dit à chacun de nous «j'ai gravé ton nom sur la paume de mes mains » (Esaïe 49.16).

Alors, insistons auprès de Lui, ne le lâchons pas, comme l'a fait la pauvre veuve avec le juge, demandons Lui sa bénédiction et Il nous la donnera !

Ce que Jésus nous dit ici c'est « dérangez-moi, insistez ! Demandez-moi mon aide : Je suis là pour vous la donner ! Persistez dans vos requêtes et ne vous découragez pas ! Je vous entends, Je vous écoute et Je vais vous donner de bonnes choses. Je ne vous abandonnerai pas et Je ne vous délaisserais pas »

Et si le Seigneur nous enseigne tout cela à propos de la prière, ce n'est pas seulement parce qu'Il a à cœur de nous répondre.

Sa phrase finale donne un autre éclairage à la question :

« Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-Il la foi sur la terre ? »

Ici, Jésus parle de son retour prochain, et Il lie clairement la question de la foi et celle de la prière.

Un cœur croyant est un cœur d'où jaillit la prière.

Alors que nous vivons dans l'apostasie de la fin des temps, prédite par le Seigneur, veillons sur nous-mêmes, sur notre foi, sur notre vie de prière.

Car le Seigneur a dit cela pour nous montrer que lorsque la foi s'éteint, la prière cesse.

Croyons donc afin de prier, et afin que la foi elle-même ne s'éloigne pas, prions.

"La foi produit la prière et la prière, à son tour, obtient l'affermissement de la foi ».

Que notre prière et notre foi puissent mutuellement se renforcer.

Prions toujours, et ne nous décourageons pas !

Amen,

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 16:19
Refuge Protestant 1 (17)
La Bible est remplie de symboles.
 
Quand Jésus nous dit par exemple que nous sommes sel de la terre et lumière du monde, ou quand nous étudions la vision reçus par Zacharie du chandelier entouré de deux oliviers.
 
Et puis, dans sa Parole, Dieu a utilisé beaucoup de symboles pour nous dire qui Il est.
 
Penchons nous sur quatre symboles de Christ, des symboles qui je l'espère vont nous rappeler qui Il est, qui vont nous rappeler pourquoi nous L'aimons.
 
Le premier des symboles utilisés pour décrire Jésus, c'est le rocher, le roc.
 
Pierre nous dit que Christ est la Pierre Angulaire.
 
Qu'est-ce que ce symbole nous évoque ?
 
La stabilité, la sécurité, l'image de quelque chose qui ne bouge pas quand nos vies, elles, subissent tant de changements.
 
Nous vivons dans une société qui croit bon de remettre en cause ses fondements mêmes : c'est ce qu'on a vu récemment quand on a complètement redéfini le mariage, quand on cherche à imposer dans les écoles une nouvelle ...« moralité »...
 
Et puis, il y a ces choses qui nous arrivent et qui bouleversent nos vies, parfois très brusquement.
 
Il y a aussi par exemple un grand facteur d'instabilité, qui est l'empilement de Contrats à Durée Déterminée.
 
Comment faire des plans si l'on n'a pas de vision à plus d'un an ?
 
Le monde dans lequel nous vivons n'est pas sûr, la vie n'est pas sûre non plus et nous voulons tous la stabilité et la sécurité, parce qu'elles sont des conditions pour bâtir nos existences dans une paix au moins relative.
 
C'est ce sentiment que l'on retrouve souvent dans les Psaumes :
 
  • le psaume 107, où l'expérience du peuple de Dieu est comparé à une tempête,
  • le psaume 40 où David exprime qu'il s'est retrouvé dans la « fosse de destruction »,
  • tous les psaumes dont les auteurs se décrivent entourés d'ennemis, de puissances hostiles.
Tous ces passages nous rappellent, si besoin est, que notre monde ou notre propre expérience nous donnent souvent l'impression d'être un chaos effrayant !
 
Et c'est pour cela que nous avons besoin de Christ comme Pierre Angulaire de notre vie, comme Le Rocher sur lequel nous pouvons établir une fondation sûre.
 
En 1 Pierre 2.4 nous lisons « Approchez-vous de Christ, la pierre vivante rejetée par les hommes mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, en tant que pierres vivantes, laissez-vous édifier pour former une maison spirituelle, un groupe de prêtres saints, afin d'offrir des sacrifices spirituels que Dieu peut accepter par Jésus-Christ. »
 
Ici, Pierre nous invite à devenir des pierres vivantes fondées sur La Pierre Angulaire.
 
C'est l'union de nos vies avec celle de Christ qui nous donne stabilité et sécurité.
 
Et si nous sommes appelés à devenir des pierres vivantes dans l'édifice de l’Église, c'est que Jésus peut utiliser notre vie.
 
« Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui et pour l'éternité » (Héb 13.8).
 
Il peut y avoir de grands bouleversements dans notre société ou dans nos vies personnelles, mais Jésus reste le même, et c'est pour cela qu'Il est le point d'appui sur lequel nous pouvons nous reposer pour tenir bon, c'est pour cela qu'Il peut nous apporter la stabilité et la sécurité dont nous avons tous tant besoin.
 
C'est pour cela aussi que nous devons parler de Lui à ceux qui ne le connaissent pas et qui vivent dans les angoisses de l'existence.
 
Le deuxième symbole de Jésus, c'est celui de la lumière, la lumière spirituelle qui illumine le cœur humain.
 
En Jean 8.12, Jésus dit «Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie.»
 
La Lumière de la vie, la Lumière qui donne la vie.
 
Il est frappant de penser que Jésus a prononcé ces paroles des milliers d'années avant que les biologistes découvrent le phénomène de la photosynthèse et montrent qu'effectivement la lumière est indispensable à la vie.
 
Quand nous croyons en Lui, Jésus nous amène Sa Lumière et nous donne la Vie.
 
Nous y voyons clair à la lumière de Christ : clair par rapport à nous, à Dieu. Clair par rapport au bien et au mal, au vrai et au faux (qui, quoiqu'on en dise, ne sont pas des notions dépassées!!).
 
Je crois qu'il y a beaucoup de gens qui cherchent la lumière, qui saisissent (même confusément) que l'humanité vit dans des ténèbres.
 
Pensons à toutes celles et tous ceux qui tombent dans le piège des sectes, (nota refuge du Chrétien : on peut citer sans ambage les dérives sectaires, l'illuminisme sensorialiste, le mysticisme faisant des dégâts monstrueux au sein de nombreuses églises aujourd'hui, notamment dans le monde pentecôtiste et charismatique).
 
Pensons à toutes celles et tous ceux pour qui la psychologie devient une boussole pour diriger leurs vies...
 
Mais Jésus Seul est La Lumière.
 
«  Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres ».
 
Suivons Jésus, et nous pourrons avancer dans la vie dans Sa Lumière.
 
Le troisième symbole est celui de l'eau, image de ce qui désaltère une âme assoiffée.
 
Samuel Taylor Coleridge a écrit un des plus beaux poèmes de la langue anglaise « The Rime of the Ancient Mariner » (« Le Dit du Vieux Marin », illustré par Doré), racontant la traversée frappé par des événements surnaturels d'un malheureux navire.
 
A un moment du récit, le navire se retrouve, en absence de vent, immobilisé sur une mer d'huile, alors que toutes les réserves d'eau douce sont épuisées.
 
Durant bien des jours nous demeurâmes là, sans brise ni mouvement, tels qu’un vaisseau peint sur une mer en peinture. L’eau, l’eau était partout, et toutes les planches du bord se rétrécissaient. L’eau, l’eau était partout, et nous n’avions pas une goutte d’eau à boire. (traduction Auguste Barbier, 1877)
 
L'eau était partout, et nous n'avions pas une goutte à boire.
 
Oui, l'eau était partout, mais de l'eau de mer, salée, incapable de désaltérer et de maintenir la vie.
 
De la même façon, les hommes et les femmes d'aujourd'hui sont trop souvent bloqués, immobilisés, entourés de mille choses et de milles idées qui se révèlent incapables de satisfaire les besoins vitaux de nos âmes (l'argent, le sexe, le pouvoir, les loisirs...) mais Seul Jésus saura nous rassasier.
 
En Jean 4, Jésus rencontre une femme samaritaine au bord d'un puits, et la discussion s'engage.
 
Jésus révèle à la femme qu'Il sait qui elle est « «Tu as bien fait de dire: 'Je n'ai pas de mari', car tu as eu cinq maris et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit la vérité.» (v.17)
 
Mais ce que nous voyons aussi, c'est que dans cet échange, Jésus ne la sermonne pas.
 
Au lieu de cela, Il lui dit qui Il est et ce qu'Il peut faire pour elle :
 
« celui qui boira de l'eau que Je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que Je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» (v. 14).
 
La vie éternelle : voilà ce dont il est question quand nous faisons face à Jésus.
 
La vie alors qu'autour de nous, il y a tant de puissances de mort.
 
Quelque chose d'éternelle qui nous donne la perspective juste quand autour de nous il y a tant de choses flottantes, temporaires.
 
Jésus est venu restaurer notre relation avec Dieu et nous détourner de tous les substituts qui ne pourront jamais nous satisfaire.
 

Sur la Croix, le sang de Jésus a coulé avant que nous puissions être lavés de nos fautes, totalement purifiés.

 
L'eau donne la vie, et par sa résurrection Jésus a vaincu la mort et nous a communiqué la vraie vie, éternelle et glorieuse, dans la présence du Père.
 
Jusqu'à présent, nous avons vu comme symboles de Jésus des choses impersonnelles et inanimées, mais il y a un autre symbole que nous connaissons certainement, pour lequel la dimension personnelle est essentielle : c'est celui du berger.
 
En Jean 10, Jésus dit : « Je suis Le Bon Berger ».
 
L'idée est celle du soin que le berger prend de ses brebis, et ses brebis, c'est vous et moi.
 
Jésus dit qu'Il donne sa vie pour ses brebis.
 
Cela fait bien sûr écho au Psaume 23, que nous sommes nombreux à bien connaître «  L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. ».
 
On retrouve aussi l'expression « Grand Berger des brebis » pour désigner Jésus en Hébreux 13:20.
 
Le berger, c'est celui qui pourvoit, qui guide, qui guérit.
 
Dans une de ses paraboles, Jésus nous a expliqué qu'Ill est Le Berger qui, ayant 100 brebis, va chercher celle qui s'est perdue en laissant les 99 autres.
 
Et nous mêmes ?
 
Est-ce qu'en tant qu'Eglise notre premier désir est d'aller chercher ses brebis perdues et de les ramener dans le troupeau ?
 
Est-ce que vraiment nous voulons nous donner le mal nécessaire pour les appeler, les retrouver et les ramener à la maison ?
 
Il y a tant de gens qui se sentent perdus, ou qui sont perdus, même s'ils ne le réalisent pas.
 
Depuis plusieurs décennies, nos sociétés ont abandonné les normes (sans doute un peu pesantes en certains endroits) qui régissaient la vie sociale.
 
La nouvelle règle est devenue « vis comme tu veux, fais ce qui te rend heureux ».
 
Mais nous devons à présent évaluer les résultats de cette attitude.
 
A t'elle tenu ses promesses ?
 
Les gens sont-ils vraiment plus heureux ??
 
Sincèrement, je ne le pense pas, et je suis même persuadé que nous sommes dans une société pathogène en terme psychologiques, une société qui crée le mal-être chez beaucoup de gens.
 
Il y a des effondrements intérieurs, trop souvent suivis par l'effondrement d'une famille, et quand les familles s'effondrent, c'est la société qui menace ruine à son tour !!
 
Nous avons besoin d'être guidés sur les chemins de la vie par le Bon Berger, Jésus, qui nous mène vers les verts pâturages de Dieu.
 
Nous avons besoin de reconnaître Sa Voix quand nous lisons la Bible qui nous dit ce qu'il faut croire et comment il faut vivre.
 
Jésus Est le Bon Berger, Le Rocher, La Lumière et L'Eau.
 
Tous ces symboles qui, je l'espère, nous rappelle qu'être chrétien, ce n'est pas une morale, le fait d'être né dans tel ou tel pays ni même le fait de venir au temple chaque dimanche.
 
Être chrétien, c'est s'attacher à Lui par la foi, c'est croire en Celui sur lequel nous pouvons bâtir nos vies, Celui qui nous illumine de Sa Grâce, Celui qui nous purifie de nos fautes et qui nous donne le pardon, Celui qui est Notre Bon Berger !
 
Amen,
 
Pasteur Thomas Constantini,
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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 18:42

refuge du Chrétien

 

L'humanisme défait par la Loi de Dieu

Par Pierre Courthial (*)

 


Il est à noter que le mot latin Lex (Loi) a souvent désigné, de façon à la fois plus précise et plus englobante, la religion [1].

 

C'est ainsi que S. Augustin, dans son De Vera Religione (XXIII,20) parle de la Christiana lex.


Durant l’Âge de la Foi, Jean de Salisbury (1110- 1180), cet Anglais qui mourut évêque de Chartres et a magnifiquement écrit :  

 

"Si le vrai Dieu est la vraie Sagesse, alors l'amour de Dieu est la vraie philosophie" (Philosophus amator Del est; est philosophe celui qui aime Dieu) [2], emploie à plusieurs reprises le mot Lex pour désigner le culte religieux ou la profession de la Foi, dans son Polycraticus.

 

Raymond Lulle (1235-1315) [3], qui avait appris l'arabe et était allé, à plusieurs reprises, évangéliser les Sarrasins, compare la Lex Mahumetana (La Loi de Mahomet) et la Christiana Lex quand il veut comparer la Foi de l'Islam et la Foi chrétienne [4].

 

Roger Bacon (1220-1292) [5]- "La sagesse totale a été donnée par un seul Dieu, à un seul monde et pour une seule fin"; "Il n’y a qu'une seule parfaite sagesse qui est contenue dans les Saintes Écritures" - parle lui aussi de Lex Christiana pour désigner la Foi chrétienne et de Lex Antichristi pour désigner les autres religions.


R. J. Rushdoony, l'un des initiateurs de la théonomie réformée contemporaine, s'inscrit donc dans une ancienne et solide tradition lorsqu'il dit à son tour :


"En toute culture, le Droit, la Loi, est d'origine religieuse... La source du Droit est le dieu de toute société. Si la raison humaine est la source du Droit, c'est que la raison humaine est le dieu de cette société-là. Si c'est une oligarchie, ou une Cour suprême, ou un Sénat, ou un chef d’État qui est à la source du Droit, cette source est alors le dieu du système... L'humanisme moderne, en plaçant la source du Droit dans le peuple ou dans l’État, désigne le dieu de son système... Dans la culture occidentale, la source du Droit a été transférée de Dieu au peuple ou à l'État, alors que le pouvoir historique et la vitalité de l'Occident avaient été longtemps situés dans la Foi et le Droit bibliques" [6].


Toute Foi, y compris celle des (prétendus) athées (= sans Dieu !), et, en conséquence, toute Loi, toute Morale, tout Droit non-bibliques, sont en rivalité, sinon en opposition déclarée, avec la Foi, la Loi, la Morale et le Droit révélés en l’Écriture Sainte (la Lex) de Dieu.

 

L'homme a toujours la responsabilité de choisir entre la théonomie et son désir d'autonomie.

 

En réalité, seul le vrai Dieu est autonome (= Loi à soi-même et pour ses créatures).

 

Calvin disait en une phrase lapidaire :

 

Deus legibus solutus est quia ipse sibi et omnibus Lex est (Dieu n'est pas soumis aux lois parce qu'Il est lui-même Loi pour lui-même et pour tout et tous) [7].


La question est encore et toujours : quelle est la Norme ? Où se situe l'Autorité ?


Et la réponse est encore et toujours : la Norme, la Lex, est la Loi alliancielle qu'est la Sainte Écriture du Christ ; elle est au cœur de notre religion (= de notre relation à Dieu) et de notre service cultuel et culturel qu'elle identifie, définit et ordonne.

 

Pour notre salut et notre joie.

 

L'Autorité est celle du Dieu trinitaire qui, une fois pour toutes, nous a donné sa parole d'Alliance.


Voilà la théonomie !


L'humanisme, lui, ayant foi en l'Homme, ou en sa Raison, ou en tout autre dieu qu'il choisira (Évolution, Démocratie, État Providence, etc.) croit pouvoir définir à son gré Droit, Loi et Morale; avec toutes leurs variations possibles, successivement ou pluralistiquement.

 

Et, pour être dans le mouvement, certains chrétiens, contaminés par l'humanisme, croient pouvoir faire appel, eux, à la Révélation naturelle.


- Aux humanistes, il faut rappeler, avec Lecerf, que :  

 

"Le péché siège au centre même de la conscience intellectuelle de l'homme. Si la raison était normale ("elle ne l'est plus depuis la chute", P.C.), elle consentirait à demeurer une raison raisonnée (normée par Dieu, P.C.). Nous ne la verrions plus aspirer à devenir raison ratiocinante ("ergoteuse, abusive", P.C.).

La raison pratique, qui se proclame autonome, pèche, car il y a un seul Législateur : Dieu; et ce Législateur, elle le méconnaît pour s'installer à sa place.

La raison théorique pèche aussi, car elle méconnaît son rôle subordonné d'organe, d'instrument conditionné par le Vrai objectif, pour s'ériger en norme suprême et en source fallacieuse du savoir.

Dans l'ordre de la connaissance, comme dans l'ordre de la toi morale, l'homme est partout substitué à Dieu. Il (en) résulte que le péché (provoque) un conflit entre la raison suprême de qui tout dépend et la raison subordonnée qui voudrait s'affranchir de sa dépendance" [8].


- Aux chrétiens contaminés par l'humanisme, il faut rappeler que, s'il est vrai qu'il y a bel et bien une Révélation naturelle de Dieu dont les hommes ont l'évidence sous les yeux,

"ce que l'on peut connaître de Dieu est manifeste pour les hommes : Dieu le leur a manifesté. En effet, depuis la création du monde, ses perfections invisibles : éternelle puissance et divinité, sont visibles dans ses œuvres pour l'intelligence" (Romains 1:19-20),


ces mêmes hommes

"se sont fourvoyés dans leurs raisonnements et leurs cœurs insensés se sont enténébrés ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge... et, comme ils n'ont pas eu souci de garder la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leurs intelligences sans jugement : ainsi font-ils ce qu'ils ne devraient pas et sont-ils remplis de toutes sortes d'injustice, de perversité... ennemis de Dieu" (Romains 1:21,25,28,29).


Pour que la Révélation naturelle reprenne ses formes, ses couleurs et son sens, il faut que les fidèles "chaussent les lunettes de l'Écriture" (Calvin) afin que le regard de leur cœur, enfin corrigé, clarifié, restauré, retrouve l'évidence, là, sous leurs yeux, que leur intelligence "fourvoyée" ne discernait pas.

 

Alors, et alors seulement, la Révélation naturelle, qui a toujours été là, leur apparaît dans sa douce, belle et forte lumière.


Rushdoony a fort bien discerné que :

 

"la raison pour laquelle certains chrétiens choisissent de chercher un fondement ("de la morale et du droit", P.C.) en l'homme, c'est qu'ils aspirent à trouver un terrain commun à tous les hommes et à toute la réalité hors de Dieu. Ils veulent échapper à ce qu'ils appellent un "système sectaire de pensée". Ils affirment la nécessité d'une philosophia perennis, d'une philosophie permanente qui serait commune à tous les hommes en tant qu'hommes, en dehors de toute considération théologique. Ces chrétiens pensent qu'ainsi ils peuvent établir les vérités de la religion chrétienne d'une manière rationnelle satisfaisante pour tous; et qu'en place d'une révélation exclusive et bornée pourra être établi un terrain commun d'entente [9].


A l'inverse, tout chrétien fidèle est appelé à "sanctifier en son cœur le Christ Seigneur, à être toujours prêt à la défense (en grec : apologia), avec douceur et respect, de l'espérance chrétienne devant quiconque lui en demande compte" (1 Pierre 3:15-16); "les armes que nous utilisons dans notre combat ne sont pas d'origine humaine ; leur puissance vient de Dieu, pour la destruction des forteresses ; nous détruisons les faux raisonnements et tout ce qui se dresse orgueilleusement contre la connaissance de Dieu, faisant captive toute pensée pour l'amener à obéir au Christ" (2 Corinthiens 10:4 et 5).


Voilà qui nous oblige, en conscience, à croître dans l'intelligence de la Foi, dans la connaissance de l'Écriture du Christ et du Christ de l'Écriture : nous, c'est-à-dire non seulement les pasteurs et docteurs (au reste trop souvent paresseux et infidèles), mais tous les membres de l'Église.

 

L'évangélisation, en tant que vocation et tâche de tous, c'est d'abord et surtout, et ce n'est pas le plus facile, cette apologie-là, dans les contacts constants et ordinaires de l'existence avec les prochains, quels qu'ils soient.

 

C'est, en tout cas, ce qu'ordonne, en priorité, la Parole de Dieu, et ce qui s'est vérifié, d'abord aux trois premiers siècles de notre ère sous plusieurs terribles persécutions, comme ensuite maintes fois dans l'histoire.

 

D'où l’importance capitale, à côté de la prédication, d'une catéchèse catholique (= fidèle à l'Écriture-Parole de Dieu) continue, dans l'Eglise; ce qu'ont compris aussi bien les Docteurs de l'Eglise ancienne que ceux de la Réformation, avec leurs petits et grands Catéchismes.


Il est bien évident aussi qu'une manière chrétienne de vivre, en rupture chaque fois qu'il le faut avec celle du monde ambiant (Romains 12:1-2), doit accompagner et pratiquer l'apologie de chaque jour : aucun des aspects, aucune des parties, pas un pouce de terrain, de notre existence ne devant échapper à la Vérité révélée et à la seigneurie royale du Christ notre Dieu.

 

"Mettez en œuvre (verbe grec katergazomai) votre salut, avec crainte et tremblement, car Dieu produit (verbe grec energeô) en vous le vouloir et le faire, selon son bienveillant dessein" (Philippiens 2:12-13).


La Foi que nous devons "défendre devant quiconque nous en demande compte" doit être défendue conjointement, inséparablement, par notre dire et notre faire; et ce dans tous les domaines de notre vie ici-bas, régis souverainement par le seul Sauveur-Seigneur, qu'il s'agisse de notre vie personnelle, intime, ou de nos vies conjugale, familiale, civique, professionnelle, ecclésiale,…

 

 

Pierre Courthial,

Bible

Croix Huguenote



[1] "Lex (Law) as Another Word for Religion : A lesson from the Middle Ages", par Thomas Schirrmacher, Calvinism Today, vol. II, N°2, avril 1992, p.5.

[2] La philosophie au Moyen Age, par Etienne Gilson (Payot, 1947), pp.274-277, etc.

[3] Ibid., pp.461-465, etc.

[4] Par exemple, Lettera a Maonietto II, 115 ; cf. note 12 ci-dessus.

[5] Gilson, op. cit., pp. 476-482, etc.

[6] Institutes of Biblical Law, p.4.

[7] Commentaire du Deutéronome (1563), Corpus Reformatorum 52, 49, 131.

 

[8] Introduction à la dogmatique reformée ("Je Sers", Paris, 1932) vol. 1, pp. 111 ss.

[9] Op. cit., pp.684-685. Là, peut se trouver une explication de la dérive intellectuelle de Jacques Maritain (1882-1973) depuis son Antimoderne, de 1922(animé par le motif-de-base scolastique "nature = grâce") jusqu'au Paysan de laGaronne, de l966, en passant par Humanisme intégral, de 1936. Si j'avais apprécié, dans Antimoderne, lu en 1930, son : "les pentes de l'intelligencemoderne sont contre nous ; mais les pentes sont faites pour qu'on les remonte",j'ai déploré que J. Maritain se soit laissé gagner par l'humanisme... moderne !

 

 

 

 

Référence: L'Humanisme Défait Par la Loi de Dieu, Pierre Courthial - Lausanne, édition L’Age d’Homme, 1996.

Notes:

* Pierre Courthial, rappelé auprès de Dieu était doyen honoraire de la Faculté libre de théologie réformée d'Aix-en-Provence.

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Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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