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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 22:56
L’édit à la rigueur (1661-1685)

Tandis que le clergé catholique lance des missions de conversion des protestants, Louis XIV met d’abord en œuvre une politique de restriction à l’édit de Nantes puis se lance dans une campagne d’intimidation, avec les dragonnades, visant à faire disparaître le protestantisme du royaume.

De la persécution légale à la violence

  • Dragonnades dans le Poitou en 1681
    Dragonnades dans le Poitou en 1681 © S.H.P.F.

L’étouffement du protestantisme, voulu par Louis XIV est progressif. Il est rythmé par les contraintes de la politique étrangère du roi. Le clergé catholique entreprend une politique de conversion des protestants au catholicisme avec des arguments tendant à minimiser les différences théologiques. Il lance aussi des missions de conversion accompagnées d’aides sociales aux nouveaux convertis.

À l’instigation des évêques, l’application de l’édit de Nantes donne lieu de la part des parlements à un harcèlement juridique consistant à rechercher les moindres irrégularités pour justifier la fermeture de temples.

De son côté le roi restreint progressivement l’édit lui-même sur l’exercice du culte, l’accès des protestants à certaines fonctions et même la liberté de conscience.

La résistance des protestants est limitée et passive. Elle commence en 1683 à l’appel de l’avocat Claude Brousson sous forme d’assemblées réunies pour des cultes sur les ruines des temples détruits, ce qui était interdit.

La violence commence en 1681 avec les dragonnades en Poitou. Il s’agit du logement forcé de soldats du roi chez les protestants. Les soldats se font nourrir et payer. Ils vendent ensuite ou détruisent les meubles puis ils maltraitent leurs hôtes, et même leurs enfants, jusqu’à obtenir leur abjuration. Les dragonnades se généralisent au sud de la Loire en 1685.

Il s’ensuit des conversions en masse de protestants au catholicisme et, malgré l’interdiction royale, de nombreux départs vers les pays du refuge, à l’étranger.

Bibliographie
  •  Documents
    • Déclaration du 18 juin 1681 relative à l’éducation des enfants |  Fichier
    • Déclaration du Roi du 19 novembre 1680 |  Fichier
    • Déclaration du 20 février 1680 |  Fichier
    • Déclaration du Roi du 1er février 1669 |  Fichier
  •  Livres
    • CARBONNIER-BURKARD Marianne et CABANEL Patrick, Une histoire des protestants en France, Desclée de Brouwer, Paris, 1998

 

 

 

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Musée virtuel du Protestantisme
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 22:48
La résistance des protestants (1661-1680)

Les protestants sont prisonniers de leur loyalisme vis-à-vis du roi. C’est pourquoi ils ont peu résisté aux mesures restrictives prises à leur encontre par Louis XIV .

Les protestations juridiques

  • Claude Brousson (1647-1698)
    Claude Brousson (1647-1698) © S.H.P.F.

La communauté réformée revendique son loyalisme vis-à-vis du roi. Elle utilise cependant un certain nombre de moyens légaux pour tenter de résister aux attaques dont elle est l’objet.

Le député général des Églises réformées présente des requêtes auprès du roi et demande au conseil du roi de casser un certain nombre d’arrêts des parlements de province, en particulier ceux de Toulouse et de Guyenne. Parfois il obtient gain de cause. D’autre part les protestants et les communautés se pourvoient devant les tribunaux. Quelques avocats protestants s’illustrent dans la défense de la cause réformée, comme Claude Brousson à Toulouse. Ils ont quelque succès qui retarde le processus de démembrement de la communauté réformée.

L'émigration

  • Défense aux gens de mer de quitter le Royaume
    Défense aux gens de mer de quitter le Royaume © SHPF

Quand tombent les arrêts d’interdiction du culte réformé et les atteintes à la liberté de conscience, beaucoup de réformés comprennent qu’il n’y a pas d’avenir possible pour eux dans le Royaume. Ils émigrent malgré l’interdiction formelle de l’établissement en pays étranger qui est formulée en 1669 et répétée en 1682.

Les principaux pays d’accueil sont l’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas et la Suisse.

La protestation de Claude Brousson

  • Signature de Claude Brousson
    Signature de Claude Brousson © S.H.P.F.

L’idée d’une organisation clandestine des Églises avait vu le jour en Dauphiné, Cévennes et Vivarais. Des directeurs nommés par les synodes régionaux devaient prendre toutes les mesures pour maintenir le culte dans les lieux où il était interdit.

Lorsque le temple de Montpellier est condamné à être rasé en novembre 1682, deux protestations sont envoyées, l’une au Parlement de Toulouse qui avait prononcé la condamnation, l’autre auprès du roi. Les deux protestations, sans doute écrites par l’avocat Claude Brousson, restent sans effet. Le temple de Montpellier est rasé en décembre 1682.

Claude Brousson tente alors de coordonner les efforts de résistance dans le midi. Il réunit à Toulouse le 3 mai 1683 seize directeurs représentant le Haut et Bas Languedoc, les Cévennes, le Vivarais, le Dauphiné. Ils se mettent d’accord sur un projet de 18 articles distinguant les devoirs des sujets vis-à-vis du roi, des obligations des croyants vis-à-vis de Dieu. C’est pourquoi il invite les réformés à se réunir dès le 27 juin pour célébrer le culte dans les lieux où celui-ci est interdit, sans ostentation mais de façon non secrète. Ils espèrent faire plier le roi par une manifestation pacifiste de grande ampleur dans toute la France.

Mais la Guyenne, Saintonge et Poitou refusent de s’associer à cette manifestation collective, ainsi que les grandes villes du Haut et Bas Languedoc. La manifestation est sévèrement réprimée. Pour la discréditer, les catholiques répandent le bruit que le projet a été concerté avec le prince Guillaume d’ Orange.

 

 

 

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Musée virtuel du Protestantisme
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 22:25
Les assemblées clandestines

Bien avant la révocation de l’Édit de Nantes (1685) la liberté du culte protestant est remise en cause. À la révocation de l’Édit de Nantes, les trois quarts des protestants restent en France et abjurent.

Mais très vite ils défient le roi en s’assemblant dans des lieux reculés pour célébrer leur culte : ce sont les assemblées clandestines.

La répression

  • Le Désert : assemblée de protestants à Lecques près de Nîmes
    Le Désert : assemblée de protestants à Lecques près de Nîmes © S.H.P.F.

Dès 1634, il est interdit aux pasteurs de faire « l’exercice du culte » en dehors du lieu de leur résidence. À partir de 1635, les plaintes contre les huguenots s’accumulent dans les cahiers de doléances des Assemblées du clergé ; En 1655, est demandée la destruction des temples construits en dehors des lieux expressément prévus par l’Édit de Nantes (et fixés par les commissaires de l’application de l’édit) et la limitation de l’accès aux offices.

Une législation anti-R.P.R. (Religion Prétendue Réformée) est mise en place entre 1666 et 1683, défaisant pièce à pièce l’Édit de Nantes.

De 1661 à 1685, environ 175 arrêts et déclarations royales interdisent l’exercice du culte, l’accès aux offices et aux dignités, la liberté de conscience.

Entre 1679 et 1685 (avant même l’édit de Révocation), environ 250 temples sont abattus, les « exercices de fief » dans les chapelles des châteaux sont progressivement supprimés. Alors s’organisent spontanément des assemblées sur les emplacements des temples démolis.

Les premières assemblées

  • Lampe sourde pour aller aux assemblées du Désert
    Lampe sourde pour aller aux assemblées du Désert © Maison du Poitou protestant

Dès 1682, la pratique d’assemblées clandestines, s’organise dans les provinces méridionales (dans la Drôme, près d’Anduze et à Vauvert, puis en Cévennes et Languedoc), là où les temples ont été abattus.

En 1683, dans la Drôme, à Château-Double 32 réformés sont arrêtés, 300 autres forment le « camp de l’Éternel » dans la forêt de Saou et se heurtent à quatre régiments de dragons. Le combat se solde à Bourdeaux (Drôme) par l’arrestation de 50 rebelles qui seront brûlés ou pendus. L’avocat Claude Brousson (1647-1698) tente d’étendre ce mouvement à toute la France pour montrer au roi que les temples peuvent être détruits mais que les communautés protestantes restent bien vivantes. L’affaire tourne à l’émeute, occasion d’une répression très dure.

Après la Révocation (1685)

  • Claude Brousson (1647-1698)
    Claude Brousson (1647-1698) © S.H.P.F.

En juillet 1686 une déclaration prévoit la peine de mort pour ceux qui « seront surpris faisant des assemblées », les galères à perpétuité pour les hommes qui les aident, la prison pour les femmes.

Dans les régions où les protestants sont peu nombreux, ils se réunissent chez l’un ou l’autre. En Hollande et en Suisse, des pasteurs cherchent à favoriser ces réunions privées en imprimant des « liturgies pour les chrétiens privés de pasteurs ».

Dans les régions où les protestants sont nombreux, la résistance est publique. D’abord ils s’abstiennent massivement d’aller à la messe lorsque les dragons s’éloignent. Surtout, ils convoquent des assemblées secrètes dans des lieux écartés, le plus souvent de nuit, pour le « prêche » et éventuellement la cène. Contrairement aux premières assemblées, il n’y a plus de pasteurs pour les présider puisqu’ils ont dû ou fuir ou abjurer. Ce sont donc des laïcs qui convoquent et conduisent les assemblées : les prédicants.

Les prédicants

  • Le Désert : assemblée surprise par les soldats
    Le Désert : assemblée surprise par les soldats © S.H.P.F.

Dans les provinces du Sud principalement, plusieurs dizaines de prédicants mènent une vie errante, traqués par les soldats (déclaration de 1686). La plupart des prédicants sont jeunes et peu instruits. Le plus connu est l’avocat Claude Brousson qui, réfugié en Suisse depuis 1683, revient en France en 1689 et anime de nombreuses assemblées clandestines en Cévennes et Bas-Languedoc, puis dans les provinces du Nord. Ses sermons écrits au « Désert » sont répandus par des copies et pour certains publiés à Amsterdam.

Quelques pasteurs ayant émigré rentrent en France au péril de leur vie, à l’appel de leurs troupeaux. Cinq sont arrêtés à Paris et emprisonnés à vie au fort de l’Ile Sainte-Marguerite au large de Cannes. Les autres mènent la vie aventureuse des prédicants. Parmi les prédicants les plus célèbres, outre Claude Brousson, supplicié en 1698, il faut citer Fulcran Rey, pendu en 1686, François Vivent exécuté en 1692.

En Cévennes et Bas-Languedoc

  • Les petits prophètes : Isabeau Vincent (gravure de S. Bastide)
    Les petits prophètes : Isabeau Vincent (gravure de S. Bastide) © Samuel Bastide - Musée du Désert

Le 26 avril 1686, une assemblée est surprise à Saint-Germain-de-Calberte par les troupes royales. À Lasalle (Gard), des assemblées se tiennent dès 1686, notamment dans les grottes de Pagès. Malgré la répression impitoyable de l’intendant Basville, les assemblées se multiplient. C’est dans les Cévennes et le Bas-Languedoc qu’on compte le plus de prédicants : une soixantaine de 1685 à 1700. Cependant, en 1700 la quasi totalité des prédicants sont morts ou exilés.

Certaines assemblées étaient protégées par des hommes en armes qui n’hésitaient pas à tirer sur les soldats du roi. Certains prédicants sont même entrés en rapport avec les princes protestants alliés contre Louis XIV pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Un projet de débarquement des troupes alliées sur la côte du Languedoc, en liaison avec une insurrection des Cévennes, visait à rétablir l’édit de Nantes en France. Le débarquement n’eut pas lieu, mais les autorités royales ont renforcé la surveillance des assemblées et durci les condamnations.

En Haut-Languedoc aussi , dans les montagnes du Tarn, ou monts de Lacaune de nombreuses assemblées se tiennent après 1685. La plus célèbre est celle de Saint-Jean-Del-Frech en 1689 qui donna lieu au massacre de 50 personnes dont le prédicant Corbière de la Sicarié tué à la Pierre-Plantée, près de Castelnau-de-Brassac. Tous les ans une réunion protestante se tient sur ce lieu de mémoire le dernier dimanche du mois d’août.

En Dauphiné et Ardèche

  • Tour de Crest
    Tour de Crest © Collection privée

En 1686, des assemblées sont convoquées en Ardèche à Chalençon et Plan de Baix. Elles accueillent de 6 à 6 000 auditeurs. Ceux qui se font prendre sont enfermés dans la Tour de Crest (Drôme), condamnés aux galères ou envoyés à la potence.

Dans le reste de la France

Dans le Poitou, en 1688, se tient une assemblée près de Mougon (Deux-Sèvres) au Grand Ry. Les dragons surprennent 1 500 personnes en prière et les tirent comme des pigeons.

Dans la presqu’île d’Arvert (Charente-Maritime), des assemblées ont lieu dans les dunes ou dans les forêts, mais les persécutions y sont moins violentes que dans le midi.

Autour de Sedan, les huguenots sont décimés par l’arrivée en novembre 1685 de 300 cavaliers et 17 compagnies du régiment de Champagne : les rescapés tiennent leur culte dans les bois et connaissent aussi la prison et les galères.

Dans le Béarn, des assemblées sont organisées autour de Pau, dans les maisons et dans les bois. En 1698, après avoir présidé deux réunions à Pau, Claude Brousson est arrêté à Oloron, puis supplicié à Montpellier.

Dans la vallée de la Dordogne, la population réformée se rassemble pour chanter des psaumes sur les ruines du temple de Bergerac, détruit en 1682. En 1688, une femme, « la Montjoie », est envoyée à la potence pour avoir tenu des assemblées.

En Normandie, le Désert normand sera soutenu par Claude Brousson. Les grandes assemblées seront évitées et remplacées par des prêches dans des maisons. Une quinzaine d’assemblées seront surprises autour de Condé-sur-Noireau, Bolbec, Crocy, avec pour conséquence plus de 300 condamnations à la prison, 37 galériens, 18 condamnations de cadavres au supplice de la claie.

 

 

 

Source

Musée virtuel du Protestantisme

 

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 22:14
Les dragonnades (1681-1685)

La première dragonnade en Poitou (1681)

  • Les nouveaux missionnaires, gravure d'Engelmann (1686)
    Les nouveaux missionnaires, gravure d’Engelmann (1686) © S.H.P.F.

En 1681, la première dragonnade est expérimentée en Poitou à l’initiative de l’intendant René de Marillac (intendant du Poitou de 1677 à janvier 1682), encouragé sans doute par Louvois.

Louvois lui ayant envoyé un régiment de cavalerie pour ses quartiers d’hiver, Marillac les loge principalement chez les réformés en leur permettant de piller et de ruiner leurs hôtes. Les dragons se font nourrir et payer. Quand l’argent est épuisé, les dragons vendent les meubles ou les mettent en morceaux. Si l’hôte protestant s’obstine à ne pas se convertir, il est maltraité, frappé et devient le jouet de brutes qui inventent des supplices allant jusqu’à faire souffrir les enfants. Ils font subir aux femmes toutes les exactions possibles. Quand le malheureux abjure, les dragons passent chez le voisin.

En quelques mois, les curés enregistrent 38 000 conversions. La région Poitou est ruinée, les habitants s’enfuient vers l’Angleterre, la Hollande. La nouvelle suscite l’indignation de l’Europe protestante. Les soldats sont rappelés et Marillac est déplacé.

Les dragonnades avant la Révocation (1685)

  • Les Dragonnades
    Les Dragonnades © S.H.P.F.

Avant même la Révocation, les persécutions frappent durement les protestants.

La trêve de Ratisbonne en 1684 avait rendu des troupes disponibles. En juillet 1685 Foucault, intendant du roi à Pau, reçoit l’autorisation d’utiliser des soldats contre les réformés. Il perfectionne la méthode inaugurée par Marillac en Poitou. Dès l’annonce de l’arrivée des dragons des bourgs entiers se convertissent. Foucault annonce des milliers de conversions sans violence. Il passe ensuite dans le Poitou, où il laisse les dragons se livrer à des sévices et exactions terribles.

Devant le succès rencontré, Louvois envoie les dragons auprès d’intendants d’autres provinces : les dragons passent à Bergerac, à Montauban puis à Castres, dans la vallée du Rhône et en Dauphiné. Devant la terreur qu’ils inspirent, les réformés de Montpellier et de Nîmes abjurent sans attendre les violences, de même que dans les Cévennes : ils se convertissent avant l’arrivée des soldats. Les trois quarts des huguenots ont abjuré grâce aux « missionnaires bottés » c’est-à-dire les dragons.

Les dragonnades après la Révocation

  • Dragonnade à Orange (1685)
    Dragonnade à Orange (1685) © S.H.P.F.

Dans le Lubéron, les dragons du comté de Grignan ont raison des réformés réunis autour des villages de Lacoste, Mérindol, Lourmarin, Joucas, Cabrières, [glossary_exclue]anciens[/glossary_exclude] fiefs vaudois.

Les régions du nord de la Loire subissent aussi les dragonnades, mais après la révocation de l’édit de Nantes.

La Normandie, la Brie puis la Champagne ne sont pas épargnées. En novembre 1685, les régions du Nord et de l’Est, celles de Chartres, Rouen, Dieppe, Caen, Nantes sont assaillies, puis c’est le tour du diocèse de Meaux, de la Champagne et de Sedan.

À Rouen, fin octobre 1685, en quatre jours de brutalité, douze compagnies de cuirassiers forcent les chefs de famille à abjurer. Toutes les villes du pays de Caux cèdent et le Havre capitule avant l’arrivée des dragons. Une forte émigration vers l’Angleterre ou les Pays-bas, via les îles anglo-saxonnes, dépeuple la région.

La Brie est dragonnée en décembre 1685, jusqu’à Soissons mais, malgré Bossuet, évêque de Meaux, exhortant les « nouveaux convertis », le protestantisme ne disparaît jamais complètement.

Les réformés de Metz, que les traités de Westphalie mettent à part, bénéficient de la part de Louis XIV d’un délai de dix mois après l’Édit de Fontainebleau (1685) pour se convertir. Metz sera la dernière ville de France à être dragonnée en août 1686. En moins de trois jours, Metz était soumise, et la déportation met fin aux derniers résistants en 1687.

Cependant, malgré les violences des dragonnades, l’esprit de la Réforme subsiste et les N.C. (nouveaux convertis) de façade vont rapidement organiser la résistance.

refuge protestant
Refuge Protestant

 

Musée virtuel du Protestantisme
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 22:09
La politique antiréformée (1661-1685)

Afin de mettre à exécution sa politique de réduction de la « religion prétendue réformée » (R.P.R.), le roi Louis XIV utilise d’abord des moyens pacifiques et juridiques, puis il aura recours à la force.

Les mesures répressives

  • Dragonnade à Orange (1685)
    Dragonnade à Orange (1685) © S.H.P.F.

Après avoir appliqué l’édit de Nantes d’une façon de plus en plus restrictive et avoir tenté d’obtenir de nombreuses conversions à l’aide des compagnies de la propagation de la foi, la politique royale adopte à l’égard des protestants des mesures ouvertement répressives.

Les réformés sont atteints dans leur vie civile et professionnelle. Les mesures prises à leur encontre concernent également leur liberté de conscience et l’exercice de leur culte.

La vie politique et professionnelle :

  • les protestants sont progressivement exclus des fonctions municipales et judiciaires ;
  • les chambres mi-parties où magistrats protestants et catholiques étaient en nombre égal sont supprimées ;
  • les corporations de métier sont peu à peu fermées aux artisans protestants ;
  • les membres de l’Académie de peinture et sculpture doivent abjurer ou démissionner.

La liberté de conscience et l’exercice du culte :

  • interdiction faite aux catholiques de se convertir au protestantisme ;
  • validité des conversions d’enfants dès l’âge de sept ans ;
  • fermeture ou démolition de nombreux temples ;
  • réglementation restrictive du culte ;
  • interdiction faite aux pasteurs d’exercer leur ministère en dehors du lieu de leur résidence ;
  • suppression progressive des académies de théologie (Sedan en 1681, Saumur en 1685) ;
  • fermeture des cimetières protestants, dans les villes où l’exercice du culte a été supprimé.

De la violence verbale à la violence physique

Les mesures judiciaires s’étant révélées insuffisantes, le pouvoir aura recours à la violence. Ce sont des compagnies d’infanterie, les dragons du roi qui vont agir pour contraindre les protestants à abjurer.

Le 18 mars 1681, Louvois, secrétaire d’État à la guerre, autorise l’usage à l’égard des protestants de la dragonnade.

  • Conversion forcée de jeunes filles
    Conversion forcée de jeunes filles © S.H.P.F.

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 22:33

Adolphe Monod

Années fructueuses de ministère

Pendant quatre ans, Adolphe Monod dirige l’Eglise évangélique de Lyon et voit, dans le développement rapide de cette nouvelle Eglise, la bénédiction du Seigneur sur sa prédication et sur son ministère.

 

Puis il reçoit une offre qu’il ne sait pas refuser, la main de Dieu y étant évidente.

 

Sa nomination à un professorat à Montauban, la Faculté de théologie de l’Eglise nationale, est aussi surprenante et invraisemblable qu’imprévue et non sollicitée.

 

Son Eglise et sa famille sont entièrement d’accord pour qu’il accepte.

 

De plus, le Seigneur confirme cette décision en envoyant un nouveau pasteur pour guider le troupeau qu’il quitte.

 

Adolphe Monod reste plus de dix ans à Montauban, où il occupe successivement trois chaires : d’abord la chaire de morale évangélique et d’éloquence sacrée; ensuite celle d’hébreu; et, finalement, en 1845, la nouvelle chaire d’exégèse du Nouveau Testament et de critique sacrée.

 

Ce sont des années heureuses et fructueuses.

 

Libre des exigences du ministère pastoral, Adolphe Monod peut passer plus de temps avec sa famille grandissante et développer ses talents d’écrivain.

 

Toutefois, il ne peut pas échapper à la prédication.

 

Souvent, il monte dans les chaires des Eglises de la région et, pendant les vacances universitaires, il fait des tournées de prédications.

 

De plus en plus, il devient une voix pour beaucoup de Chrétiens de France.

 

Adolphe Monod se soucie réellement de ses étudiants à Montauban et, innovation pour l’époque, il les invite chez lui à prendre le thé.

 

Cela produit, d’abord, quelque surprise parmi les étudiants, mais a pour résultat le développement de relations étroites et salutaires avec le professeur et sa famille.

 

En 1847, la vie académique d’Adolphe Monod est interrompue par une nouvelle vocation de Dieu.

 

L’évolution de la situation à Montauban montre que son influence y diminue ; aussi commence-t-il à songer à un retour au ministère pastoral.

 

Puis il reçoit un nouvel appel, aussi inattendu que le précédent : il est nommé par l’Eglise réformée de Paris.

 

On lui propose le poste de pasteur suffragant de M. Juillerat, le vieux président du Consistoire.

 

Il rejoint ainsi son frère Frédéric, l’un des pasteurs titulaires.

 

Sa mère et d’autres membres de sa famille habitant toujours à Paris, il prend sa décision plus facilement et il reçoit un accueil plus chaleureux.

 

Adolphe Monod, qui a souhaité retrouver le ministère pastoral, retrouve en même temps « la croix de la prédication de la croix ».

 

A Paris, la plus grande partie de son temps est prise par la préparation de sermons et la prédication.

 

La ville entière est organisée comme une seule et grande paroisse, avec des dizaines de milliers de membres ; ceux-ci se rendent dans trois grands temples et sont desservis par une équipe de pasteurs qui se partagent le travail en observant un tour de rôle.

 

Chaque dimanche, les obligations d’Adolphe Monod l’amènent dans des endroits variés de la capitale.

 

A sept heures le matin, c’est un culte au lycée Louis-le-Grand ; après, c’est souvent un service à la prison de Saint-Lazare ; puis, à midi, dans l’un des grands temples.

 

Pourtant, sa vraie paroisse – là où il peut le mieux remplir sa fonction de berger des âmes – est un culte d’édification qui a lieu, les dimanches soir, au temple de l’Oratoire.

 

Un an après son arrivée à Paris, un groupe de chrétiens dit évangéliques dont le sérieux et l'authenticité de leur vie en Christ sont indéniables se retire de l’Eglise nationale pour former l’Union des Eglises évangéliques libres.

 

Les deux frères, Adolphe et Frédéric, prient ardemment pour connaître la volonté du Seigneur.

 

Doivent-ils quitter l’Eglise établie ou y rester pour travailler en vue de sa réforme ?

 

Finalement, Adolphe décide de rester dans l’Eglise réformée, alors que Frédéric devient l’un des fondateurs de la nouvelle association.

 

Toujours unis dans la foi, les frères trouvent très pénible cette séparation – même si elle n’est qu’apparente – tout en reconnaissant que le Seigneur leur a adressé des appels différents et leur a confié des tâches distinctes.

 

Quand se réunit le Synode de la nouvelle Eglise, Adolphe invite tous les participants chez lui.

 

Après le départ de Frédéric, il est nommé pasteur titulaire à sa place.

 

Adolphe Monod demeure pasteur à Paris jusqu’à son décès en 1856.

L’homme et sa famille

Un de ses contemporains a décrit ainsi Adolphe Monod:

 

« Modeste, humble, simple en son apparence et son habillement. » 

 

Sa foi est d’une telle sincérité et son amour pour Dieu d’une telle profondeur qu’ils constituent l’essence de son être et déterminent la direction de toutes ses actions.

 

Il réussit à avoir une vie bien disciplinée, estimant qu’ainsi il pourra faire davantage pour le service de son Maître.

 

Mais, surtout, il est un homme de prière.

 

La préparation de ses sermons est imprégnée de prière; il se lève très tôt le matin pour méditer les Ecritures et prier.

 

Sa personnalité marque sa prédication.

 

Il est bien connu comme orateur ;  son éloquence provient plus d’un charme subtil que d’une grande force de rhétorique.

 

Certes il emploie des images vivantes, saisissantes; son éloquence a moins pour objectif d’impressionner que d’édifier.

 

En communiquant les richesses de l’Evangile, il a toujours à cœur de réveiller les « chrétiens non convertis » de leur torpeur spirituelle et d’aider les véritables chrétiens à vivre toujours plus proches de leur Sauveur et à se conformer de mieux en mieux à son image.

 

Ainsi, avec son « cœur de lion », il est toujours ferme et direct dans ses sermons, s’efforçant de bien en développer le thème; mais, avec son « cœur d’agneau », il est aussi très humble et doux, reconnaissant son besoin d’entendre, lui-même, les vérités qu’il prêche aux autres.

 

Enfin, son amour sincère pour ses auditeurs, son « cœur de berger », est toujours évident.

 

Ayant passé sa jeunesse dans une famille fortement soudée, affectueuse et profondément chrétienne, Adolphe Monod est soucieux que ses propres enfants jouissent de la même bénédiction.

 

Alors qu’il était encore pasteur dans l’Eglise réformée de Lyon, il a épousé Hannah Honeyman, d’une famille écossaise à laquelle il avait apporté son aide pastorale.

 

Mme Monod a une foi chrétienne ferme et une simplicité qui fait d’elle une compagne admirable pour son mari.

 

Leur famille est nombreuse: trois filles et un fils sont nés à Lyon, et encore trois filles (dont l’une décède à l’âge d’un an) à Montauban.

 

Les Monod se chargent aussi de l’éducation d’un petit nombre de garçons confiés à leurs soins.

 

Enfin, à cause du climat doux dans le sud de la France, la sœur d’Adolphe Monod, Adèle Babut, vient avec sa famille pour demeurer à Montauban, où elle s’installe chez eux, alors que la santé de son mari décline.

 

Etant chef de famille, A. Monod s’intéresse au bien-être de tous, y compris des domestiques.

 

Adolphe Monod est un père attentif qui fait régner une discipline sans faille, juste, équilibrée, inspirée par l’amour paternel et dénuée de colère.

 

Il s’occupe de l’instruction de ses enfants, mais aussi de leur éducation pratique et spirituelle, les exhortant à l’humilité, la discipline de soi et la persévérance dans le travail.

 

Il souhaite surtout leur apprendre à entendre l’appel de Dieu à la sainteté et au dévouement chrétien.

 

Mais, contrairement à l’impression qu’on pourrait en avoir, il n’est pas un père austère ; il peut aussi s’amuser avec ses enfants et participer à leurs divertissements (nota : que l'on retrouve dans William Booth de l'Armée du Salut).

 

Bien que réservé de nature, il se rend toujours disponible pour ses enfants et se prête quotidiennement à leurs jeux.

 

Il est profondément aimé et respecté, mais il est aussi enjoué.

 

Adolphe Monod n’a que la cinquantaine lorsqu’il doit renoncer à son ministère et qu’il quitte cette vie.

 

Il est décédé d’un cancer le 6 avril 1856.

 

Mais le ministère qu’il a exercé depuis son lit de malade pendant les six mois qui précèdent sa mort – le ministère des Adieux – produit sur l’Eglise un effet plus profond que tous ses labeurs précédents.

 

Adolphe Monod n’aurait jamais choisi son épreuve, mais, sachant qu’elle venait de la disposition de Dieu, il l’a retournée pour en faire un service sublime.

 

Une semaine avant sa mort, il dit :

 

« J’ai un Sauveur! Il m’a sauvé gratuitement par son sang répandu, et je veux que l’on sache que je m’appuie uniquement sur ce sang versé. Toutes mes justices, toutes mes œuvres qui ont été louées, toutes mes prédications qui ont été appréciées et recherchées, tout cela n’est à mes yeux que comme un linge souillé. »

 

Source : La revue Réformée

BibleCroix Huguenote

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 22:11
Adolphe Monod, sa vie.

ADOLPHE MONOD (1802-1856)

 

 

Un Chrétien a dit de lui :

 

« Comme défenseur de la vérité qui est en Christ, il avait un cœur de lion; comme chrétien, il avait le cœur et la simplicité d’un petit enfant, un cœur d’agneau – si j’ose ainsi dire –, doux, bon, inoffensif et toujours débonnaire. Il unissait, dans son caractère chrétien, des qualités rarement associées: la mâle énergie de saint Paul et la douceur évangélique de saint Jean. »

 

Ce cœur de lion, ce cœur d’agneau est aussi un cœur de berger.

 

Adolphe Monod, l’un des grands prédicateurs du XIXe siècle, a toujours souhaité se consacrer davantage au côté pastoral de son ministère.

 

Toutefois, pour lui, la prédication est une obligation sacrée qui réclame le meilleur de lui-même.

 

On comprend mieux ainsi son cri d’angoisse :

 

« Ô croix de la prédication de la croix ! »

 

Des cris d’angoisse, Adolphe Monod en a poussé d’autres dans sa vie.

 

Comme bien des serviteurs de Dieu des plus fidèles, il a enduré de grandes luttes spirituelles au début de son ministère.

Un héritage de piété

Les Monod forment une famille internationale.

 

Né au Danemark, élevé en France, Adolphe fait ses études en Suisse, le pays natal de sa famille.

 

Ainsi, il écrit :

 

« J’ai trois patries, c’est-à-dire que je n’en ai point. Je suis Adolphe sans patrie. » 

 

Son grand-père, Gaspard-Joël Monod, a été pasteur à Genève et en Guadeloupe.

 

Le père d’Adolphe, Jean Monod, fait la connaissance de sa femme, Louise, à Copenhague, où il a servi plus tard comme pasteur pendant la jeunesse de ses enfants.

 

Aldolphe-Louis-Frédéric-Théodore, leur sixième enfant, naît le 21 janvier 1802.

 

Après la naissance de deux autres enfants, la famille déménage à Paris en 1808, où elle s’agrandit encore et comprend au total huit fils et quatre filles.

 

La famille Monod, bien que nombreuse, n’en est pas moins fortement liée.

 

Malgré ses responsabilités importantes, Jean dirige les études de ses fils – quatre deviennent, comme lui, pasteurs – avec le concours de précepteurs et de cours dans deux des collèges de Paris.

 

De son côté, Louise entretient des relations proches avec chacun de ses enfants; et, pendant bien des années, ses fils communiquent fidèlement avec elle, lui décrivant leurs luttes autant que leurs succès.

 

La recherche d’une foi personnelle
 

Bien qu’Adolphe Monod appartienne à une famille de ministres protestants, sa naissance à la foi n’en est pas pour autant facile.

 

Il endure des luttes longues et pénibles avant de comprendre le message et la puissance de l’Evangile et d’embrasser la foi évangélique qu’il pressentait, depuis longtemps, être vraie.

 

Appelé au ministère à l’âge de quatorze ans, il n’a jamais douté de sa vocation, même durant ses crises spirituelles.

 

Comme ses frères, Adolphe Monod fait ses études de théologie à Genève, où des parents l’accueillent.

 

L’aîné, Frédéric, y trouve une foi vibrante grâce à la réalité chrétienne existante en son temps, servant longtemps de guide et d’exemple à ses frères cadets.

 

Mais, au moment où Adolphe et son frère Guillaume arrivent à Genève en 1820, Frédéric est déjà parti, de même que Robert Haldane, l’Ecossais, qui a joué un rôle important dans le développement de sa foi.

 

La première vague du Réveil a aussi reculé, et Adolphe est, par conséquent, « entraîné à tout vent de doctrine » (Ep 4.14), errant dans un désert spirituel.

 

Il n’est pas question pour lui d’abandonner la foi chrétienne, mais d’y trouver sa place et – plus important encore – de trouver sa place en Christ.

 

Son « voyage » dure sept longues années.

 

Toujours consciencieux, minutieux et soucieux d’excellence, Adolphe Monod est satisfait de pouvoir étudier les questions concernant sa foi afin d’éviter de s’égarer.

 

C’est alors qu’un autre Ecossais, Thomas Erskine, arrive à Genève et y a un puissant témoignage de la présence même de Dieu.

 

L’intérêt d’Adolphe Monod est avivé par cette rencontre qui lui fait sentir la puissance et la vérité de l'Evangile, mais ne lui permet pas de les saisir pour lui-même.

 

Sa frustration augmente.

 

Adolphe Monod reste cependant certain de son appel au ministère, et il accepte d’être consacré à la fin de ses études en 1824.

 

Selon l’usage de l’époque, il n’accepte pas tout de suite un poste pastoral mais poursuit ses études à Paris, tout en espérant trouver la clarté.

 

Il s’applique surtout à une étude approfondie des Ecritures mais, malgré ses efforts et son respect de la réalité Chrétienne, sa lutte spirituelle continue.

Des ténèbres à la lumière
 

Voyageant en Italie en 1826, Adolphe Monod y trouve des protestants francophones dépourvus d’Eglise, de pasteur et de culte.

 

Il les rassemble et devient leur pasteur intérimaire.

 

Sa lutte spirituelle se transforme alors en crise.

 

Prêcher un Evangile qu’il ne croit pas véritablement – malgré son désir ardent – suscite en lui des orages qui le conduisent successivement à intensifier, puis à abandonner sa recherche de la clarté.

 

Il pense souvent à quitter son poste.

 

Dans l’incapacité d’abandonner cette jeune Eglise sans la venue d’un autre pasteur et convaincu que lui faire part de ses doutes lui serait funeste, il écrit à son cousin :

 

« Je pris le parti – pénible à ma franchise, mais nécessaire – de prêcher ce que l’Evangile enseigne, sans considérer si je le croyais ou si je ne le croyais pas. » 

 

Puis, au début de 1827, persuadé qu’il a perdu la foi, il est prêt à abandonner le ministère, mais des amis l’en dissuadent.

 

Les membres de la famille d’Adolphe Monod connaissent ses conflits intérieurs, et leur souci à son égard est profond, les poussant souvent à la prière.

 

Sa sœur aînée, Adèle Babut, vivant à Londres, souffre pour la troisième fois de la mort d’un enfant unique et bien chéri. Pourtant, en écrivant à son frère, son plus grand souci est pour lui :

 

"Qu’elles sont déchirantes ces angoisses par lesquelles je viens encore de passer! (…) J’ai pensé à toi (…) cher Adolphe. (…) Si ma fille, dans sa mort, pouvait te prêcher avec plus d’éloquence, avec plus de conviction, que tous ceux qui ont cherché jusqu’à présent à te faire du bien, ah ! je sens combien il serait vrai de dire que le jour de sa mort a mieux valu que le jour de sa naissance! (…) Adolphe, cher Adolphe, donne-lui ton cœur, aime-le pour le bien qu’il me fait, en attendant que tu l’aimes pour celui qu’il te fera à toi-même, quand tu iras à lui avec humilité et simplicité de cœur. "

 

Quelle famille étonnante !

 

De telles prières pouvaient-elles rester longtemps inexaucées ?

 

Au moment de l’apogée de sa crise, A. Monod reçoit, en Italie, la visite de Thomas Erskine, qui passe des jours entiers à parler avec lui :

 

"Je pressens et je vois dans M. Erskine et dans d’autres un bonheur, une paix, un ordre, une conviction que je n’ai point (…) La perfection de la créature ne peut consister que dans la relation avec le Créateur; et cependant, et c’est là le péché, j’ai été à moi-même mon centre jusqu’à ce moment (…) J’ai voulu me faire ma religion à moi-même, au lieu de la prendre de Dieu. Il n’y a qu’une influence extérieure qui puisse me changer. "

 

Enfin, le 21 juillet 1827, tout s’éclaire pour Adolphe Monod ; l’orage est passé.

 

On ignore, sur le plan humain, la cause de ce changement qu’il souhaitait depuis tant d’années, mais le temps de Dieu est arrivé.

 

Une paix profonde et véritable inonde son âme.

 

« C’est qu’auparavant j’étais sans Dieu et chargé moi-même de mon bonheur, et maintenant j’ai un Dieu qui s’en est chargé pour moi. Cela me suffit. »

 

Ou, comme il l’écrit simplement à son père :

 

« Je suis plus calme. » 

 

Il est né de l’Esprit et, pour lui, une vie nouvelle intérieure commence – une vie qui croît pendant des années et dont la maturité est sensible dans Les Adieux.

 

L’épreuve de sa foi

 

Peu après, à l’âge de vingt-six ans, Adolphe Monod est appelé par la grande Eglise réformée de Lyon.

 

Comme sa foi nouvelle se développe et s’approfondit, sa prédication gagne en clarté et en puissance.

 

Il prêche avec assurance le dessein salvateur et les autres grandes vérités bibliques, ce qui le conduit, de temps en temps, à attaquer les injustices sociales de son époque.

 

Les résultats ?

 

Des chrétiens qui ont précédemment quitté l’Eglise établie y retournent mais, d’un autre côté, les membres du Consistoire s’opposent à lui.

 

D’abord, ils lui intiment l’ordre de ne plus prêcher le salut par grâce, ce qu’il refuse.

 

Puis ils lui demandent sa démission, ce qu’il refuse encore.

 

Enfin, ils limitent ses prédications et son ministère, tout en répandant des rumeurs et en faisant distribuer des pétitions en vue de convaincre le gouvernement de le destituer.

 

Survient alors la question de la sainte cène.

 

Le Consistoire sait déjà qu’Adophe Monod s’inquiétait de ce que l’Eglise de Lyon ne se conformait ni aux principes bibliques, ni aux règlements de l’Eglise réformée de France concernant l’admission à la cène.

 

Adolphe Monod s’exprime avec force et sans équivoque dans son sermon « Qui doit communier ? » :

 

« Pour moi, j’aimerais mieux poser sur une pierre le corps de Christ et jeter au vent le sang de Christ, que de les livrer à une bouche incrédule et profane ! » 

 

Le courroux du Consistoire n’en est qu’augmenté.

 

Le Consistoire, sachant que c’est pour Adolphe Monod une affaire de conscience, lui fait obligation de prêcher et de présider la sainte cène le jour de Pentecôte.

 

Si celui-ci refuse, il aura matière à l’accuser devant le gouvernement.

 

Que faire ?

 

Adolphe Monod prononce son sermon et quitte le bâtiment sans distribuer les éléments.

 

Le jour suivant, le Consistoire vote sa destitution et le suspend de son ministère jusqu’à ce que le gouvernement ait prit sa décision.

 

Les trois ans qui s’écoulent sont pénibles et, finalement, en 1832, la décision est prise.

 

Adolphe Monod est destitué de son poste.

 

C’est la première fois que le gouvernement approuve la destitution d’un pasteur sans donner aucune raison – un précédent inquiétant pour tous les chrétiens de France.

 

Mais la foi d’Adolphe Monod tient ferme.

 

Après avoir refusé un poste à la nouvelle Ecole de théologie de Genève, il accepte de devenir pasteur d’un groupe d’environ soixante-dix personnes, pour la plupart assez pauvres, qui, elles, ont  quitté l’Eglise réformée de Lyon.

 

Son frère aîné, Frédéric, l’y encourage.

 

« Les chrétiens de Lyon ne doivent pas être abandonnés. Il est d’une grande importance de montrer aux consistoires que s’ils peuvent chasser les pasteurs fidèles de l’Eglise nationale, ils ne peuvent pas chasser l’Evangile des localités où il a commencé d’être prêché. » 

 

Encore une fois, Adolphe Monod est chargé de fonder une nouvelle Eglise, mais cette fois-ci il le fait avec une foi solide et éprouvée, sachant que rappelé, il  retournera quelques années plus tard à l'Eglie Réformée, prêchant notamment au Temple de l'Oratoire.

 

(Suite et fin)  

Bible
Croix Huguenote
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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 08:03
Le Dieu des petits insignifiants...

Dans les années 1800, dans une petite église d'Écosse,

l'ensem­ble des diacres se rendit vers leur pasteur, un homme assez âgé, et dit :

 

« Nous sentons qu'il est temps pour vous de vous retirer en tant que pasteur. L'année dernière vous n'avez amené qu'une personne au Seigneur, un garçon de neuf ans. »



Le garçon en question s'appelait Robert.

 

Le pasteur avait accueilli l'enfant dans son foyer parce que sa famille ne pouvait plus s'occuper de lui.

 

Un lien solide se développa entre eux.

 

Mais à pré­sent, ce vieux pasteur venait d'être démis de ses fonctions à l'église et devait partir.

 

Le vieil homme et le jeune garçon allaient être sépa­rés.


Mais près de vingt ans plus tard, ce garçon devint un grand éru­dit et traduisit la Bible dans plusieurs langues.

 

Son nom était Robert Moffat.


Robert Moffat devint un homme qui devait un jour attirer l'at­tention de rois et fut connu à travers le monde comme le père de la mission extérieure.


Lors d'une allocution dans une université anglaise, Moffat dit la chose suivante :

 

« Il existe une contrée en Afrique du Nord qui n'a jamais été atteinte par l'évangile. J'ai vu la fumée d'un millier de villages qui n'ont jamais entendu le message de l'évangile.»

 

 

Bible 2010Puis il ajouta : « Quelqu'un doit y aller. »



Il y avait un étudiant dans l'auditoire, à l'avant-dernier rang sur la droite.

 

Ce jeune homme se dit en lui-même : Ce sera moi.


Ce jeune homme s'appelait David Livingstone.


Pendant des années, personne ne parut intéressé par son travail dans les jungles inexplorées d'Afrique.

 

Mais lentement, le récit de ses efforts s'étendit à travers l'Europe.

 

Lorsqu'il mourut à Lake Banweulu en Afrique centrale, le roi d'Angleterre fit ramener son corps à Londres pour être enterré de façon royale à l'Abbaye de Westminster.


Les Africains rétorquèrent:

 

« Non. Il aurait voulu être enterré ici. C'est ici qu'il a donné sa vie. Son coeur était ici avec nous. »

 

Mais le roi et les officiels de la dénomination de Livingstone ne voulurent rien savoir.

 

Lorsqu'il vivait encore, personne ne se sou­ciait qu'il vive ou qu'il meure... Mais une fois mort, tout le monde le réclamait.


Les agents du roi insistèrent, et le bateau mit les voiles de Londres pour aller chercher son corps.

 

La nuit avant que son corps ne fût renvoyé en Europe, deux personnes touchées par Livingstone et ayant fait la Paix et rencontre personnelle avec Dieu se glissèrent furtivement là où reposait le corps et en découpèrent le coeur.

 

Aujourd'hui, le corps de David Livingstone est enterré à l'Abbaye de Westminster en Angleterre, mais son coeur est enterré en Afrique.


Des années auparavant, beaucoup croyaient que ce vieux pasteur en Écosse était à "ranger au placard"...

 

Ils n'auraient jamais deviné quel impact son dévouement aurait eu par la grâce de Dieu sur des milliers de personnes dans les années à venir.

---

Je t'instruirai, et je t'enseignerai le chemin

où tu dois marcher ;

je te conseillerai, ayant mon oeil sur toi.

(Psaume 32.8) 

---

Combien est précieuse ta bonté, ô Dieu!
(Psaumes 36.7:8)

livre et bougie

Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite?
... Quand elle l'oublierait,
Moi je ne t'oublierai point.
Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Jesus-consolation3.jpg

  En 1947 au sud de Boston, dans l’état du Massachusetts, un petit garçon fut abandonné au coin d’une rue par sa mère à l’âge de 14 ans.

 

Elle lui dit  : « Je ne peux plus continuer. Toi, attends ici ».

 

Trois jours plus tard, le jeune enfant était toujours assis au coin de la rue, sa mère ne revint jamais.

 

Un chrétien, vint à sa rencontre et le prit chez lui.

 

Lors d'un message où il entendit ce Dieu attentif à son existence, il rencontra en Dieu par son Fils le Père des Orphelins, et se tourna au pied de la Croix vers ce Doux consolateur.

 

Plus tard, il fut Président et fondateur d'un des plus grands ministères auprès des enfants aux Etats Unis. Son modèle est maintenant utilisé dans le monde entier.

 

Chaque semaine,  plus de 22 000 enfants des quartiers défavorisés du Bronx, de Brooklyn, du Bushwick, de Harlem, etc, rejoignaient le catéchisme, son désir profond se voulant de rejoindre les enfants des ghettos victimes de la drogue, de la violence, des abus et de la corruption pour leur annoncer le message de délivrance et de paix du Christ.

 

Source: Bibletude

ciel

 
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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 14:39
Le Général William Booth

"Travaillez comme si tout dépendait de votre travail,

et priez comme si tout dépendait de votre prière."

Une des armes les plus efficaces dans l'arsenal du Général Booth était la prière fervente.

 

Jean Calvin, Adolphe Monod, Charles Spurgeon  et bien d'autres encore savaient ce qu'elle représentait.

 

auditoire-salvation-army.jpgC'est en 1865, que cet anglais de 36 ans nommé William Booth fonda l'Armée du Salut.

 

La base sur laquelle se reposait  l'Armée du Salut était dans la prière, le don et consécration au Sauveur de leurs âmes.

 

 

Le cri de bataille du Général Booth était :

 

"En avant pour les âmes et en avant pour les pires"

 

Ces pires pécheurs étaient sauvés, les cafés fermaient et des villes entières étaient visitées. refuge-du-chretien-salvation-army.jpg

 

L'ivrogne devenait doux pour sa femme et ses enfants, en travaillant et ramenant le salaire à la maison.

 

Le voleur devenait honnête et rendait ses larcins. Le menteur ne trichait plus et la vérité sans biaisement sortait de ses lèvres.

 

La prostituée changeait littéralement de sa condition de misère extrême pour ne resplendir que de la grâce qui avait transformée sa vie.

 

Ceci dépassait largement le style "jesus people", ou ces "jesus pride" que l'on retrouve aujourd'hui. Rien à voir comme l'écrit Sébastien Fath dans un de ses ouvrages où un "chrétien" compare la rencontre personnelle avec Dieu comme de la ...marijuana...

 

Ce constat, loin d'apporter le mépris du légalisme froid et suffisant, porte plus à la tristesse suppliante envers le Sauveur des âmes.

 

salvation-army.gifWilliam Booth, fondateur de l'Armée du Salut  écrivait déjà :

 

"Le plus grand danger du vingtième siècle sera une religion où certains "chrétiens" seront sans Christ, le pardon sans repentance, le salut sans nouvelle naissance, la politique sans Dieu et un ciel sans enfer."

 

La Grâce de Dieu par lequel Booth et son Armée n'étaient que les instruments de cette dernière, attira non seulement des partisans mais aussi des ennemis.

 

A004020.jpgIl arrivait souvent qu'ils étaient accueillis par des lancers de pierre, aspersion même de goudron, de détritus,etc...

 

Battus, piétinés à coups de pied jusqu'à parfois la mort dans les rues, l'Armée du Salut résistait à leurs ennemis avec un chaleureux "Dieu vous bénisse", et une prière.

 

Le Général Booth lui-même fut dans le feu de l'action. Quand on lui cracha dessus pendant le voyage aux Midlands, Booth encouragea ses compagnons soldats ainsi :

 

"Ne vous essuyez pas - c'est une médaille !"

 

 

ecussonc.gifNuit après nuit, Booth rentrait chez lui, saignant et meurtri après avoir été attaqué dans les bas-quartiers d'Angleterre.

 

Après de telles nuits d'épreuve, il prenait la main de sa femme et lui disait :

 

"Kate, laisse-moi prier avec toi."

 

catherine-booth.jpgAprès avoir prié avec Catherine, il se relevait de sa position à genoux, armé d'un tout nouveau courage et d'un tout nouvel espoir.

 

Booth avait besoin de toute la vaillance que sa femme Catherine pouvait lui inspirer.

 

Malgré les pressions accablantes de leurs tâches, les Booth furent une famille joyeuse et unie.

 

Le Général avait quatre enfants et aimait s'amuser et jouer bruyamment avec eux, particulièrement à leur jeu favori du "renard et des oies".

 

Pendant toute la durée de sa vie au service des autres pour Dieu, William Booth effectua 7,5 millions de kilomètres lors de ses voyages et prêcha 60 000 sermons.

 

Son exemple inspire immensément de respect et de reconnaissance envers Notre Père Bien Aimé.

 

Combien par l'attitude de ces Chrétiens furent ils de merveilleux exemples où Christ reflétait et leur foi et leur vie, touchés à s'approcher et à se jeter chaque jour au pied de la Croix pour contempler le Sauveur qui sut trouver en son racheté par la foi, ce lépreux guéri, reconnaissant envers Son Libérateur, Son Maître et Seigneur.

 

blood-and-fire.jpg

 

 

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 23:02
Les symboles de l'Armée du Salut

 

 

 

 
 
ecussonc

L’Armée du Salut, ce n’est pas une idée, une direction, voire une doctrine, des bâtiments, que sais-je … c’est un homme ou une femme qui vit par amour pour Son Dieu et pour servir son prochain jusqu’à s’oublier soi-même.

Charles Péan

charles-pean.jpg

L'Armée du Salut

Salvation Army

Son message : la Bible.

Son ministère : motivé par l'amour de Dieu.

Sa mission : annoncer l'Evangile de Jésus-Christ, à soulager,

en Son nom, sans distinction aucune, les détresses humaines.

 

Soupe, savon, salut

 

Telle est la devise de l’Armée du Salut depuis ses débuts voilà 140 ans.

Ecusson

  ecussonc

Depuis 1878, l'écusson orne de nombreuses salles de l’Armée du Salut, les casquettes des hommes et distinguent les publications de l’Organisation :

La croix est le signe de la mort expiatoire de Jésus-Christ.

Le « S » est l’initiale de « Salvation », qui signifie salut en anglais, et est étroitement lié à la croix.

Les épées se réfèrent au combat de la foi.

La couronne est le signe de reconnaissance sous la forme de la vie éternelle.

Le sang et le feu sont les symboles du salut et de la sanctification.

Les sept points symbolisent la vérité de l’Evangile.

 

Drapeau

 drapeau-armee-du-salut.jpg

 

C’est en 1878 que le drapeau a été déployé pour la première fois à Coventry, en Angleterre. Jusqu’en 1882, le centre n’était pas une étoile, mais un soleil : A ce moment-là, l’Armée du Salut avait débuté ses activités en Inde où le soleil était le symbole central de la communauté religieuse parsiste.
Chaque Poste a son propre drapeau. Ce dernier a une signification et une fonction particulières lors de circonstances spéciales.

Le bord bleu symbolise la pureté.

Le fond rouge se réfère au sang de Jésus-Christ.

L’étoile jaune est le signe du Saint-Esprit.

Le sang et le feu (blood & fire) sont les symboles du salut et de la sanctification.

 

Salutation

salut-armee-du-salut.jpg

En principe, les Salutistes se saluent de manière tout à fait civile. Lors de cortèges, en des circonstances particulières ou à bon plaisir, les Salutistes se saluent « à la Salutiste » en levant l’index droit.

Contrairement aux autres armées, le salut de l'Armée du Salut ne signifie pas forcément le respect d’un supérieur. Il s’agit bien plus d’un joyeux témoignage que le véritable « supérieur » n’est autre que le Dieu des cieux.

bibles

 

 

Pourquoi l'uniforme ?


L'uniforme est encore à ce jour considéré comme le signe distinctif des «Soldats du Salut ».


C'est d'une part une confession publique au christianisme et, d'autre part, un vêtement de service.

 

 
 
 

 

Confession de foi de l'Armée du Salut

  1. Nous croyons que les Écritures de l'Ancien et du Nouveau Testament ont été données par l'inspiration de Dieu, et qu'elles seules constituent la règle divine de la foi et de la vie chrétiennes.
  2. Nous croyons qu'il y a un seul Dieu, infiniment parfait, Créateur, Conservateur et Gouverneur de toutes choses – unique objet digne de l'adoration religieuse.
  3. Nous croyons qu'il y a dans ce Dieu unique, trois personnes réellement distinctes, mais égales en puissance et en gloire: Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
  4. Nous croyons que dans la personne de Jésus-Christ la nature divine est unie à la nature humaine, de sorte que Jésus-Christ est véritablement Dieu et véritablement homme.
  5. Nous croyons que nos premiers parents furent créés en état d'innocence, mais que, par leur désobéissance, ils perdirent leur pureté primitive et le bonheur. En conséquence de la chute, tous les hommes sont devenus pécheurs, entièrement mauvais, et pour cette raison, ils sont à bon droit exposés à la colère de Dieu.
  6. Nous croyons que notre Seigneur Jésus-Christ, par ses souffrances et sa mort, a réconcilié le monde entier avec Dieu; ainsi quiconque le veut, peut être sauvé.
  7. Nous croyons que la repentance envers Dieu, la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, et la régénération par le Saint-Esprit sont nécessaires au salut.
  8. Nous croyons que c'est par grâce que nous sommes justifiés, par la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, et que celui qui croit en a le témoignage en lui-même.
  9. Nous croyons que la possession permanente du salut dépend de la foi constante en Christ et de l'obéissance à sa parole.
  10. Nous croyons que c'est le privilège de tous les enfants de Dieu d'être sanctifiés tout entiers, et que tout leur être, l'esprit, l'âme et le corps, peut être conservé irrépréhensible pour l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ (1 Th. 5, 23).
  11. Nous croyons à l'immortalité de l'âme, à la résurrection du corps, au jugement universel lors de la fin du monde, au bonheur éternel des justes et au châtiment éternel des méchants.

 

 

Salvation Army
Captain roth

Les capitaines Roth marquèrent par leurs chants de nombreuses personnes tant non chrétiennes que celles l'étant par leurs chants empreints de la centralité de Christ comme Rocher et Refuge.

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 20:18

MARY JONES et sa BIBLE

mary_jones_bible2.jpg

En 1794, dans le Pays de Galles, une petite fille de dix ans, appelée Mary Jones, vivait avec ses parents près d'un petit village. Mary et ses parents allaient à la chapelle du village chaque semaine pour adorer Dieu.

 

Mary désirait tant pouvoir lire la Bible qu’elle en fit un sujet de prière : Seigneur… je t’en supplie, aide-moi à apprendre à lire !

Et voila qu’un jour, ils apprennent qu'on va bientôt ouvrir une école dans le village. Quelle joyeuse nouvelle !


Mary se lève tôt chaque matin, puis, elle marche 3 km jusqu’à l'école du village.


Enfin arrive le jour où le maître d'école, lui fait lire dans la grande Bible galloise.

 

C'est alors que Mary décide qu'elle fera tout son possible pour acheter sa propre Bible. Les Bibles coûtent très cher. Mary sait qu'il lui faudra économiser.

En attendant, Mme Evans qui habite près de chez Mary, l'invite à venir lire sa Bible dans sa ferme. Ainsi, chaque Samedi après-midi, après avoir aidé sa mère aux travaux ménagers, Mary s'en va toute heureuse vers la ferme des Evans pour lire leur Bible.

Mary travaille à tout ce qu'elle peut faire pour gagner de l'argent pour sa Bible.

 

Elle tricote des chaussettes, elle fait pousser des légumes pour les vendre. Elle s'occupe d'une ruche dont elle vend le miel.

 

Mme Evans lui a même donné quelques poules dont elle vend les oeufs. Elle aide aussi les fermiers à récolter leur moisson.

 
Mary travaille beaucoup et met tout son argent de côté pendant six ans.

Enfin ! Un beau jour, elle a la somme voulue !


Mary va alors voir son pasteur qui lui dit que dans la ville voisine, à Bala, M. Charles pourra lui en vendre une mais… il faudra faire 30 km à pieds pour cela !


Loin d'être découragée, Mary se dépêche d'aller chez elle pour tout raconter à ses parents, et, sans trop tarder, elle commence son voyage.

Un tel voyage est très dangereux. Des voleurs guettent souvent les voyageurs sur les routes.

 

Mary se confie à Dieu et prie qu'il la protège.

Elle marche toute la journée et arrive à Bala tard le soir… Elle passe la nuit chez une amie avant de voir M. Charles le lendemain matin.

 

Réveillée tôt et toute excitée elle se rend devant la maison de M. Charles… mary_jones_bala.jpgfrappe à sa porte…

 

Après lui avoir dit qui elle est, Mary lui

 

raconte toute son histoire, combien qu’elle a travaillé dur pendant six années pour économiser assez d’argent pour acheter une Bible.

M. Charles est plein de bonté, mais il ne peut rien faire pour Mary. Il a vendu toutes ses Bibles galloises sauf une qu’il garde pour un ami parce qu’il la lui a promis.

 

Mary se sent tellement déçue qu’elle se met à pleurer.

M. Charles lui sourit. Oui, il a aussi une Bible anglaise, et comme son ami peut lire en anglais aussi bien qu’en gallois, il vend la Bible galloise à Mary.


Folle de joie, Mary remercie M. Charles.

 

jones.jpg


La Bible serrée fortement dans ses bras, elle commence son long trajet de retour au village. Enfin, Mary a une Bible bien à elle !

 

Depuis, Mary lit sa Bible tous les jours et plus elle grandit, plus elle aime Dieu et sa Parole.

M. Charles est très triste que beaucoup de personnes, comme Mary, ne peuvent acheter de Bibles même s’ils économisent pendant des années… les Bibles sont tellement rares…

Cet événement parla au coeur de M. Charles qui, quatre ans plus tard, présenta à Londres la situation du peuple gallois, en exposant leur besoin en Bibles avec une telle éloquence que le révérend Thomas Hughes, s’écria :

« Il faut certainement créer une société pour subvenir à ce besoin. Mais si nous le faisons pour le pays de Galles, pourquoi ne pas agir ainsi pour la Grande-Bretagne ? Et pourquoi pas pour le reste du monde ? »

C’est ainsi qu’est créée la Société biblique britannique et étrangère dont le premier livre biblique fût l’Evangile de Jean, publié dans la langue des Indiens Mohawk de l’Amérique du Nord.

Encore aujourd’hui, les Sociétés bibliques dans plus de 180 pays à travers le monde travaillent afin que des gens comme Mary Jones puissent acheter une Bible en leur propre langue sans payer trop cher.

 

 

mary_jones_bible.jpg

 

 

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 19:36

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Le mot refuge ne laisse pas l’oreille protestante insensible. Il évoque une page d’histoire douloureuse. C’est l’histoire de l’exode des protestants vers des contrées inconnues et parfois la confiscation de tous leurs biens. C’est aussi l’histoire de l’accueil des réfugiés protestants et souvent de leur assimilation. C’est encore une mémoire familiale (les ancêtres) ou académique (les sociétés d’histoire du protestantisme[1]). J’ai parlé à dessein de protestants et non de huguenots. Certes nos coreligionnaires furent les plus nombreux à fuir, mais il ne faut pas oublier les vaudois, les hussites..., nos ancêtres les plus directs.

L’Europe du refuge, de la Hollande à l’Allemagne, de la Suisse à l’Angleterre… Chaque refuge a son histoire. L’Allemagne fut la plus accueillante, l’Angleterre la plus assimilatrice, la Hollande la plus familière, la Suisse la plus transitaire…

 

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Accueil-des-r-fugi-s-huguenots-par-le-grand--lecteur.jpg

 

259541-pendentif-croix-huguenote GD

dragoo-001.jpgOn a donné le nom de dragonnades[1] aux persécutions dirigées sous Louis XIV contre les communautés protestantes de toutes les régions de France pour l’exercice de leur culte, parce qu’on y employait les dragons pour convertir par la force les huguenots.

 

Les premières dragonnades précédèrent de quelques mois l’édit de Fontainebleau de 1685 qui révoquait l’édit de Nantes, et le furent elles-mêmes par les missions bottées de Louvois.

 

Celui-ci commença, en 1681 , dans le Limousin et le Poitou qui relevaient de lui, écrivant aux intendants d’accabler les protestants de cavaliers à loger :

 

« Si, suivant une répartition où ils en devraient porter dix, vous pouvez leur en faire donner vingt. » Il fut obéi.

 

Marillac, l’intendant du Poitou, ordonna de faire le rôle des tailles et de marquer les réformés à la marge pour les grever, tant pour l’impôt que pour le logement des gens de guerre.

 

Les nouveaux convertis au contraire étaient exempts de l’un et de l’autre. Tous les excès étant encouragés, l’effet de ce genre de persécution, au sein de chaque famille passa l’espérance de Louvois.

 

Des milliers de protestants se déclarèrent catholiques tandis que ceux de l’Aunis et de la Saintonge, pays maritimes, émigraient en foule.

 

Colbert s’étant ému de cet état de choses, il éclaira le roi et obtint trois mesures réparatrices : l’interdiction de ce moyen de conversion ; un ordre du conseil contre les violences qui « se faisaient en quelques lieux contre les religionnaires » et la destitution de Marillac, intendant du Poitou. Mais Colbert étant mort en 1683, les Le Tellier restèrent maîtres.

 

Au commencement de l’année 1685, Louis XIV avait envoyé dans le Béarn une armée pour menacer l’Espagne.

 

Pendant le séjour de ces troupes dans cette province, l’intendant Foucaut s’avisa de déclarer que le roi ne voulait plus qu’une religion dans ses États. Aussitôt il déchaîna les troupes contre les calvinistes, qui, par des cruautés inouïes, furent forcés de se convertir, et l’on annonça au monarque que la grâce divine avait opéré ce miracle.

 

La présence d’une armée étant devenue inutile dans le Béarn, par suite des concessions de la cour d’Espagne, Louvois, par une lettre du 31 juillet de la même année, ordonna au marquis de Boufflers d’employer ces troupes à extirper l’« hérésie » que les catholiques appelaient la religion prétendue réformée (RPR) dans les généralités de Bordeaux et de Montauban.

 

Telle fut la première expédition connue sous le nom de dragonnades.

 

abpapot_dragonn.jpgL’infanterie fut, en réalité, également employée à cette triste besogne mais, comme dans toutes les localités les dragons précédaient les autres corps de l’armée, et qu’assez mal disciplinés en ce temps-là, ils commettaient le plus d’excès, leur arme eut le triste honneur de donner son nom à ces barbares exécutions où, comble de raffinement de la cruauté, les dragonnés devaient supporter eux-mêmes les frais de leur persécution. Et les troupes ne manquaient pas de se faire entretenir luxueusement.

 

Le duc de Noailles, qui commandait dans le Languedoc, doit partager avec le marquis de Boufflers la bonté des premières dragonnades. Leur succès fut prompt : à la seule vue des troupes, les conversions se faisaient par milliers.

 

« Les conversions, écrivait le duc de Noailles, à la fin de l’année 1685, ont été si générales et ont marché avec une si grande vitesse, que l’on n’en saurait assez remercier Dieu ni songer trop sérieusement aux moyens d’achever entièrement cet ouvrage, en donnant à ces peuples les instructions dont ils ont besoin et qu’ils demandent avec instance. »

 

Louis XIV, qui, dans toute cette affaire, fut si complètement abusé par des courtisans cupides ou fanatiques, était comblé de joie en recevant la liste des conversions qui ne s’élevaient jamais à moins de 250 à 400 par jour.

 

Persuadé que tout son royaume était catholique ou près de l’être, ce fut là surtout ce qui porta ce monarque à révoquer l’édit de Nantes.

 

Dès lors, les dragonnnades redoublèrent de rigueur et devinrent générales.

 

Elles s’étendirent même hors France, dans les vallées du Piémont où elles furent plus cruelles que partout ailleurs.

 

Ces conversions, dont on exagérait l’importance au roi, s’effectuaient avec un évêque, un intendant, un subdélégué ou un curé marchant à la tête des soldats.

 

On assemblait sur la place de l’endroit les principales familles calvinistes, surtout celles qu’on croyait les plus faciles.

 

Elles renonçaient à leur religion au nom des autres et les obstinés étaient livrés aux soldats, qui avaient toute licence, excepté celle de tuer.

 

Au XVIIIème siècle tout est mis en oeuvre pour essayer de convertir les protestants: après avoir essayé d'acheter leur abjuration (caisse de Pelisson), on essaie la méthode forte: les dragons missionaires assistent les prêtres pour obtenir des protestants qu'ils abandonnent la prétendue hérésie de Calvin.

 

En 1681, le Roi Louis XIV décide d'en finir avec « l'hérésie de Calvin » (le protestantisme français), il faut frapper un grand coup.

 

Sur les conseils de son entourage on envoie donc des régiments de soldats, les "dragons" chargés d'obtenir, par la persuasion en principe, mais en réalité par tous les moyens qu'ils jugeront bons, l'abjuration de l'hérésie de Calvin de la part des sujets égarés (les protestants).

 

Le procédé est simple : munis d'un billet de logement, les dragons, hommes et chevaux, se présentent chez les personnes que l'on sait acquises aux idées « pernicieuses »  et qui sont d'ailleurs souvent dénoncés par le curé lui-même.

 

Le logeur doit alors héberger cavaliers et montures, les nourrir et de surcroit leur verser chaque jour une somme d'argent.

 

Les soldats font régner dans les villages une pesante terreur tant verbale que physique mais qui cesse dès que l'abjuration est obtenue.

 

Le résultat des dragons missionnaires est immédiat : en quelques semaines on obtient ainsi des dizaines de milliers de conversions au catholicisme.

 

Plus le protestant persécuté résiste, plus la persécution s'accentue.

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L’Histoire de l’Édit de Nantes publiée en Hollande en 1695 a donné la description détaillée des diverses violences exercées par les soldats logés à discrétion chez les calvinistes réfractaires : ils faisaient quelquefois danser leurs hôtes jusqu’à ce que ceux-ci tombent en défaillance. Ils bernaient les autres jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus.

 

Quand ils ne pouvaient forcer ces malheureux à fumer avec eux, ils leur soufflaient la fumée dans la figure.

 

Ils leur faisaient avaler du tabac en feuilles.

 

Quand ils ne pouvaient les faire boire de bonne volonté jusqu’à l’ivresse, ils leur mettaient un entonnoir dans la bouche pour leur faire avaler du vin ou de l’eau-de-vie.dragonnadesd.jpg

 

Si, dans un pareil état, ces malheureux laissaient échapper quelque parole qui put passer pour un acte de conversion, les dragons les déclaraient catholiques sur-le-champ.

 

À d’autres, ils faisaient boire de l’eau et les contraignaient d’en avaler vingt ou trente verres. Il y en eut quelques-uns à qui l’on a versé de l’eau bouillante dans la bouche.

 

Les exécuteurs des dragonnades employaient aussi contre leurs victimes le feu, la brûlure, l’estrapade, la suspension par les parties les plus molles et les plus sensibles du corps.

06-514266.jpg

Les dragons étaient les mêmes en tous lieux, battant, étourdissant, brûlant en Bourgogne comme en Poitou, en Champagne comme en Guyenne, en Normandie comme en Languedoc.

 

Seul Paris, où « Les cris, observe Voltaire, se seraient fait entendre au trône de trop près » et l’Alsace, protégée par les traités, n’eurent pas à subir ces horreurs.

 

Les exécuteurs des dragonnades n’avaient pour les femmes ni plus de pitié ni plus de respect que pour les hommes.

 

« Ils abusaient, dit un contemporain, de la tendre pudeur qui est une des propriétés de leur sexe, et ils s’en prévalaient pour leur faire de plus sensibles outrages. »

 

Quant à la conduite des officiers dans ces conjonctures, l’historien de l’Édit de Nantes observe que « Comme la plupart avaient plus d’honneur que leurs soldats, on craignit à la cour que leur présence n’empêchât les conversions, et on donna des ordres fort exprès aux intendants de ne les loger point avec leurs troupes, principalement chez les gentilshommes, de peur que par civilité ils ne repoussassent l’insolence des dragons. »

 

On voit pourtant, d’après les relations du temps, que si les officiers ne partageaient pas les excès de leurs soldats, ils y applaudissaient du moins.

 

C’est ce qui a fait dire à Bayle :

 

« N’est-ce pas une chose qui fait honte au nom chrétien, que pendant que votre soldatesque a été logée dans les maisons de ceux de la religion, les gouverneurs, les intendants et les évêques aient tenu table ouverte pour les officiers des troupes, où on rapportait, pour divertir la compagnie, tous les bons tours dont les soldats s’étaient avisés pour faire peur à leurs hôtes, pour leur escroquer de l’argent. »

 

Les dégâts commis par les dragons convertisseurs n’étaient que trop comparables à leurs cruautés envers les personnes.

 

« Il n’y avait point de meubles précieux, ou chez les riches marchands, ou chez les personnes de qualité, qu’ils ne prissent plaisir à gâter. Ils ne mettaient leurs chevaux que dans des chambres de parade. Ils leur faisaient litière de ballots de laine, ou de coton, ou de soie ; et quelquefois, par un barbare caprice, ils se faisaient donner le plus beau linge qu’il y eût, et des draps de toile de Hollande, pour y faire coucher leurs chevaux… Ils avaient ordre même de démolir les maisons des prétendus opiniâtres. Cela fut exécuté dans toutes les provinces… Dans les lieux où les gentilshommes avaient, ou des bois, ou des jardins, ou des allées plantées de beaux arbres, on les abattait sans formalité ni prétexte… Dans les terres mêmes des princes, on logeait des troupes à discrétion. Le prince de Condé voyait, pour ainsi dire, des fenêtres de sa maison de Chantilly, piller ses sujets, ruiner leurs maisons, traîner les inflexibles dans les cachots. Du seul village de Villiers-le-Bel, il fut emporté par les soldats, ou par d’autres voleurs qui prenaient le nom de dragons, plus de 200 charretées de bons meubles, sans compter ceux qu’on brûlait ou qu’on brisait. »

 

Comme si cela n’était pas assez, de véritables brigands, pour prendre part à ce pillage général, se déguisaient en dragons « et faisaient plus de mal que les dragons mêmes, afin de justifier ce nom épouvantable. »

 

Les dragonnades se multiplièrent durant toute la fin du règne de Louis XIV et même sous Louis XV.

 

Les réformés tentant de se soustraire aux dragonnades par la fuite étaient censés couvrir les frais de logement dans les hôtelleries locales des dragons auxquels ils tentaient d’échapper :

 

« Le provost et un lieutenant du régiment d’infanterie du roy logera chez Monsieur de la Bouillonnière, rue et paroisse Saint-Pierre, conformément aux ordres de sa Majesté. Fait en l’hôtel de Caen, le 13 novembre 1685 […] En cas que la maison ne soit ouverte, logeront à l’Aigle d’or, aux frais dudit sieur de la Bouillonnière[2] ».

 

De tels excès furent épargnés à l’Angleterre, l’Allemagne et même l’Espagne et le Portugal où l’Inquisition n’avait rien de plus affreux que les dragonnades, car ces opérations, confiées à une soldatesque déchaînée, comportaient un caractère manifeste de désordre et d’immoralité inconnu du Saint-Office.

 

Seuls quelques catholiques osèrent rappeler que ces communions forcées n’étaient, pour l’Église, qu’autant de sacrilèges.

 

La reine Christine de Suède elle-même, qui, elle-même convertie, vivait à Rome en catholique zélée depuis trente ans, flétrit les dragonnades de sa désapprobation, peu suspecte, dans une lettre du 1er février 1686 :

 

« De bonne foi, êtes-vous bien persuadé de la sincérité des nouveaux convertis ? Je souhaite qu’ils obéissent sincèrement à Dieu et à leur roi ; mais je crains leur opiniâtreté, et je ne voudrais pas avoir sur mon compte tous tes sacrilèges que commettront ces catholiques, forcés par des missionnaires qui traitent trop cavalièrement nos saints mystères. Les gens de guerre sont d’étranges apôtres, et je les crois plus propres à tuer, à voler, à violer, qu’à persuader : aussi des relations (desquelles on ne peut douter) nous apprennent qu’ils s’acquittent de leur mission fort à leur mode. »

 

L’invention de Louvois lui survécut ; pendant près d’un siècle avant de tomber graduellement en désuétude.

 

Les dragonnades devinrent le moyen régulièrement employé pour réduire les protestants récalcitrants de toute une contrée, pour obtenir d’eux des actes de catholicité et, par exemple, faire baptiser en masse leurs enfants.

 

On cite comme particulièrement rigoureuses les dragonnades du Rouergue en 1745, du Languedoc en 1752, en Guyenne en 1758.

 

Bayle et quelques écrivains calvinistes emploient le mot de « conversions dragonnes » sur lesquelles Pineton de Chambrun, pasteur d’Orange donne des détails curieux dans son Histoire de la persécution des protestants en la principauté d’Orange, par le roi de France (de 1660 à 1687) publiée en anglais à Londres, en 1689, relation qui existe au British Museum.

 

Les dragonnades ont également trouvé leurs apologistes : Traité dogmatique et historique des édits et autres moyens d’établir l’unité de l’Église catholique, par les RR. PP. Thomassin et Bordes de l’Oratoire, 3 vol. in-4°, 1703. Réponse aux plaintes des protestants, par Sainte-Marthe, bénédictin, 1688 ; Réponse à ce qu’on a écrit contre l’instruction pour les nouveaux catholiques, par le R. P. Doucin, jésuite. Caen, 1687.

 

Dragonnades en Alsace

 

Des bailliages réformés et luthériens ont également été dragonnés en Alsace, après les actes de réunion de 1680 et 1681, comme le bailliage réformé et palatin de Seltz en 1684 et le bailliage luthérien et hanauvo-lichtenbergeois d’Offendorf en 1685.

 

Les dragons et les jésuites convertissent de force des villages entiers de la bande rhénane.

 

A Seltz, ils noient 20 réformés qui refusent d’abjurer dans le Seltzbach. Par peur des dragonnades des villages du comté de Hanau-Lichtenberg (Woellenheim et Hohatzenheim) ou la seigneurie de Landersheim, abjurent le luthéranisme.

 

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Chronologie

 

  • 1681 : premières dragonnades en Poitou, en Aunis et en Saintonge.
  • 18 juillet 1683 : dragonnades en Vivarais.
  • Septembre-Octobre 1683 : dragonnades au Chambon-sur-Lignon, au Mazet-Saint-Voy et à Tence.
  • Hiver 1684 : dragonnades dans le bailliage de Seltz en Alsace.
  • Juillet 1685 : dragonnadse à Pau, en Poitou, à Castres, dans la vallée du Rhône et en Dauphiné.
  • 11 août 1685 : dragonnades à Bergerac.
  • 20 août 1685 : dragonnades à Montauban.
  • 1685 : dans le Luberon, dragonnades à Lacoste, Mérindol, Lourmarin, Joucas, Cabrières, anciens fiefs vaudois.
  • Octobre 1685 : dragonnades en Normandie, dans la Brie puis en Champagne.
  • 18 octobre 1685 : édit de Fontainebleau (révocation de l’édit de Nantes)
  • 26 octobre 1685 : dragonnades à Rouen.
  • 13 novembre 1685 : dragonnades à Caen.
  • 17 novembre 1685 : dragonnades à Montivilliers.
  • 28 novembre 1685 : dragonnades à Gruchet-Saint-Siméon.
  • 29 novembre 1685 : dragonnades au Havre.
  • Novembre 1685, dragonnades dans les régions du Nord et de l’Est, à Chartres, Dieppe, Nantes, puis dans le diocèse de Meaux, en Champagne et à Sedan.
  • Décembre 1685 : dragonnades dans la Brie jusqu’à Soissons.
  • 28 juillet 1686 : dragonnades à Metz.
  • du 20 décembre 1744 au 1er mai 1745 : dragonnades à Millau et dans le Rouergue.
  • 1758 : dragonnades en Béarn (Orthez, Salies et Bellocq) et en Guyenne (Sainte-Foy, Bregerac, Tonneins et Clairac), à Jonzac, le Louis, Segonzac.
  • 1759 : dragonnades à Chez-Piet.

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Source liens protestants, wikipédia

 

Histoire de la réforme

 

Refuge Protestant

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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