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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 20:26
Un chrétien pour Israël

Texte que Refuge Protestant

partage, soutient et adhère pleinement.

 

 

 

"J’aborde ici une question qui est singulière: une nouvelle forme et occasion de l’antisémitisme. Il y a eu l’antisémitisme religieux, puis l’antisémitisme politique, et l’antisémitisme démoniaque (de l’État hitlérien).

 

Il y a une permanence de l’antisémitisme.

 

On pourrait penser que ce thème n’est pas vraiment théologique, mais, en réalité, ce sont des chrétiens relativement nombreux qui, d’une part, sont antisionistes, avec beaucoup d’énergie, et se déclarent par contre tout à fait antiracistes, donc hostiles à l’antisémitisme. Il leur importe alors au maximum de prouver qu’être antisioniste, ce n’est pas être antisémite.

 

Remarquons d’ailleurs que ce dernier terme est assez ambigu. En effet, on ne peut pas assimiler Sémites et Juifs.

 

Les Arabes aussi sont des Sémites.

 

Nous l’avons rencontré dans un livre violemment anti-israélien :

 

« On ne peut pas nous accuser d’être antisémites, puisque nous sommes tout à fait pro-arabes, et que les, Arabes sont des Sémites» ! souvent repris depuis 1968 !

 

Et, par conséquent, on peut être philosémite en détestant les Juifs mais en aimant beaucoup les Arabes.

 

En réalité, l’hitlérisme était violemment antijuif mais non pas antisémite au sens général, puisque, par exemple, Hitler a accepté l’aide des Palestiniens lorsque, en 1943, le Grand Mufti de Jérusalem a fait profession de foi nazie et s’est rangé du côté des hitlériens.

 

Ce sont des petits faits de cet ordre qu’il ne faut pas oublier.


Cependant, conservant l’usage courant, je parlerai ici d’antisémitisme au sens d’antijudaïsme.

 

Le principal argument, qui est théologique, pour séparer Israël et le peuple juif est simple : si nous relisons l’Ancien Testament, nous y trouvons constamment l’affirmation que c’est le Dieu d’Israël qui accomplit toutes choses, et que l’homme ne doit pas troubler l’œuvre de Dieu par ses actions intempestives (l’exemple bien connu d’Abraham qui décide d’accomplir par ses propres moyen la promesse de Dieu dont la réalisation se fait attendre).

 

Mais cette orientation générale prend une force toute particulière en ceci : c’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui est la seule arme, la seule puissance, la seule forteresse, la seule protection d’Israël.

 

Celui-ci doit mettre toute sa confiance dans la garantie de Dieu.

 

C’est en étant ainsi dépouillé d’armes et de moyens que le peuple de Dieu manifeste à la fois sa confiance entière, exclusive, envers Dieu et permet à celui-ci de révéler aux yeux des peuples qui il est.

 

Dieu choisit l’homme sans forces et sans moyens pour faire éclater sa propre gloire ! S’il choisissait un peuple puissant, guerrier, des rois glorieux et riches, toutes les confusions seraient possibles : l’homme attribuerait !a victoire à ces moyens humains et non pas à la seule action du Dieu Tout-Puissant.

 

C’est ainsi qu’il choisit David pour abattre Goliath plutôt que le meilleur combattant juif.

 

La vraie puissance d’Israël, c’est sa foi dépouillée de moyens humains, c’est la présence de la Parole de Dieu implantée au milieu de lui. Cette grande leçon est fort entendue par les antisionistes.

 

(II est d’ailleurs curieux de constater que les mêmes qui n’attachent aucune importance aux prophéties qui promettent à Israël le retour dans la terre Promise, et qui considèrent que ce sont là des textes historiques, localisés, datés, visant par exemple la déportation à Babylone, s’attachent au contraire avec la plus grande ferveur aux textes des mêmes prophètes lorsqu’ils contiennent de furieuses condamnations contre le peuple juif, lorsqu’ils annoncent échecs et châtiments; ce choix dans les textes est pour le moins suspect !).

 

Dès lors, on applique donc ces prophéties sur l’Israël des successeurs de Salomon à l’Israël moderne.

 

On fait la leçon aux Juifs.

On aime beaucoup ces Juifs, on leur reconnaît une vocation spirituelle, on se reconnaît soi-même en tant que « Sémite spirituel ».

 

on se dresse avec énergie contre toute reprise du racisme nazi, on cherche une relation oecuménique avec les Juifs et la synagogue, mais on leur rappelle vertement que, lorsqu’ils veulent devenir une nation, lorsqu’ils entretiennent une armée, lorsqu’ils font la guerre, lorsqu’ils accroissent leur puissance, ils tombent à nouveau sous le coup des condamnations prophétiques qui ne sont pas épuisées, et le pire, c’est qu’ils trahissent leur vocation spirituelle qui leur avait été confiée par Dieu.

 

Ils sont infidèles à leur élection et à l’alliance. Ainsi l’Israël moderne, politique et guerrier est la négation de l’Israël véritable et spirituel.

 

Et ce qui, aux yeux de ces chrétiens antisionistes, vient confirmer leur opinion, c’est justement l’agressivité des nations contre l’Etat d’Israël, celui-ci est mis au ban des nations du monde, condamné par les organisations internationales: ceci confirme exactement les prophéties !

 

Donc, il faut supprimer l’Etat d’Israël, juger le sionisme comme démoniaque et ramener le peuple juif à son authenticité et à son témoignage spirituel, car Israël n’est plus le peuple de Dieu quand, à son tour, il combat, tue et opprime.

 

Et, n’étant plus peuple de Dieu, non seulement il peut s’attendre à la colère de Dieu, maïs nous, nous devons le traiter comme n’importe quelle autre nation, sans amitié particulière, sans fraternité.

 

Objectivement, théologiquement, hors des réalités contingentes, cette évaluation, ces jugements sont indiscutables.

 

Mais ils appellent deux ordres de réflexions; le premier : ceux qui font cette analyse devraient soigneusement réfléchir à la parabole de Jésus sur la paille et la poutre.

Les chrétiens qui parlent ainsi sont ultra-favorables aux Palestiniens, et eux-mêmes participent à des mouvements politiques qui ne me semblent en rien favorables à l’esprit de paix évangélique.

 

Ils devraient considérer l’énormité de distance entre leur attitude et l’enseignement de Jésus avant de faire la leçon à Israël sur sa désobéissance à son Dieu.

 

Mais le plus important, c’est ceci: toutes ces choses, peut-être vraies, seul un Juif peut les dire à son peuple.

 

Un chrétien n’a absolument pas le droit de se servir des textes de l’Histoire et de la Révélation d’Israël pour condamner Israël.

 

Ce n’est pas nous, chrétiens, qui avons à ramener Israël dans sa fidélité.

 

Seul un Juif participant aux risques et au calvaire d’Israël pourrait rappeler cette vérité fondamentale que l’Eternel est le seul rempart et la seule puissance du peuple élu.

 

Mais nos intellectuels chrétiens installés à Paris n’ont qu’à se taire.

 

Ils n’ont rien à voir dans les démêlés entre Dieu et son peuple.

 

Et si (ou: quand) un Juif parle ainsi (certains de ceux que l’on appelle les colombes (nota Refuge Protestant :  colombes aussi anti cléricales que nombres de gauchistes de nos propres pays), nous n’avons pas le droit de nous servir non plus de leur parole pour accuser Israël.

 

Ils pourraient aussi se rappeler l’aventure arrivée à un certain prophète étranger qui avait été convoqué par un roi ennemi d’Israël pour maudire Israël au nom même de son Dieu.

 

Et voici que l’Eternel avait bien voulu parler à ce prophète … mais par trois fois ce fut pour l’obliger à bénir Israël… !

 

Eh bien, ces angéliques évangéliques qui se prennent pour des prophètes devraient savoir que s’ils l’étaient ils seraient chargés par le Dieu de Jésus Christ de bénir Israël et de prier pour lui, au lieu de lui faire la leçon et d’aider à l’assassiner.

 

Leur parole même atteste qu’en racontant leur bonne théologie ils sont parfaitement étrangers à la Révélation de Dieu et à l’alliance.

 

Mais quand on écoute ces discours, on est bien obligé de penser à la cruelle formule selon laquelle le Juif que l’on aime bien, que l’on est prêt à défendre, le Juif contre qui on n’a aucun sentiment antisémite, c’est le Juif qui se laisse massacrer.

 

Le Juif, éternelle victime. Juif errant, bouc émissaire, c’est celui-là que l’on approuve, que l’on désire, quand les mêmes antisionistes manifestent bruyamment contre le racisme et l’antisémitisme.

 

Ou encore en faveur du Juif qui a renié sa judéité, qui est parfaitement assimilé.

 

Ce Juif qui est complètement français, on est scandalisé que l’on veuille lui chercher des poux dans la tête.

 

Et c’est d’ailleurs pour cela que l’affaire Dreyfus ne me paraît pas du tout un test : Dreyfus était un Juif parfaitement assimilé, aussi peu juif que possible, alors, bien sûr, on l’aime bien.

 

Il n’a plus rien de juif sinon ses ancêtres… !

 

Et être pour Dreyfus dans ces conditions ne signifie strictement rien quant aux vrais sentiments que l’on peut avoir pour le vrai Israël.

 

Non, c’est en face du rabbin dur et pur maintenant sa rigueur théologique, c’est envers les Juifs pieux de Mea Schearim, c’est envers l’Israël armé qu’il faut savoir si oui ou non nous acceptons le Juif et tendons vers lui la main de paix.

 

Ce que nous ne supportons pas, c’est le Juif qui se défend, qui est capable de combattre pour sa vie, celle de son peuple ou celle de sa foi.

 

Et c’est là que se situe la seule épreuve susceptible de tester notre anti-antisémitisme.

 

Le reste est de l’ordre du discours pieux parfaitement vide et auto-justifiant.

 

Jacques Ellul,

.

 

 

 

 

Source : Eglise Luthérienne en Poitou,

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 07:30
La liberté de nous approcher de Dieu avec confiance

"Nous avons, par la foi en Christ, la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance." Ephésiens 3-12

 

Un jour qu’Abraham Lincoln était président des  États-Unis, une foule de gens attendait pour pouvoir lui parler :

 

Des congressistes, des hommes d’affaires, des avocats. Etc.  

 

Personne n’osait approcher de la porte du bureau du président sans la permission de son secrétaire.  

 

Pourtant, à un moment donné, un jeune garçon se présente et se rend directement au bureau du président sans que personne n’intervienne.  

 

Ce jeune garçon s’appelait Tad, et il était le fils d’Abraham Lincoln.  

 

Parce que le président était son père, Tad avait accès au chef de la nation plus facilement que tous les politiciens de la nation.

 

En tant qu’enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ, nous pouvons entrer en Sa présence en toute confiance, pas parce que nous en sommes dignes, mais parce que nous avons été réconciliés avec Dieu par la croix.  

 

« Par la foi dans le Christ-Jésus Notre Seigneur, nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance » (Éphésiens 3 :12) .

 

Amen,

 

Mario Velleux,

Pasteur Eglise Réformée de Beauce

 

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:12
Jean Calvin, Lettre à l’Amiral de Coligny

Si nous reconnaissons combien nous sommes attachés au monde, il est bien vrai que nous devons en être détachés par les avertissements de Dieu.

 

Alors que restera-t-il de notre orgueil et de notre présomption ?

 

Il faut donc bien que Dieu nous humilie.

 

Comme nous sommes fort enclins par nature à nous exalter et à nous attribuer puissance et vertu si notre faiblesse ne nous est pas montrée à l’œil nu, nous nous croyons extrêmement forts et ne doutons pas de pouvoir surmonter toutes les difficultés qui pourraient advenir.

 

Après quoi, nous sommes si sûrs de nous que nous en arrivons à penser que nous nous débrouillons parfaitement sans la Grâce de Dieu.

 

Dieu nous afflige ?

 

Pensons à ce que nous étions en train d’oublier : à savoir que nous ne sommes que corruption et que vent ; au contraire, les hommes à qui tout réussit s’enivrent, s’égayent et vivent dans un tourbillon.

 

Dieu ne peut pas mieux rabattre notre outrecuidance qu’en nous montrant par expérience combien il y a en nous non seulement de faiblesse, mais même de fragilité.

 

Ainsi, Il nous afflige soit par le déshonneur, soit par la pauvreté ou la maladie ou la perte d’un parent ou tout autre malheur ; et aussitôt nous voilà abattus parce que nous n’avons pas en nous-mêmes la force de tenir bon.

 

Et alors, étant humiliés, nous apprenons à implorer Sa Force qui, Seule, nous fait résister et tenir ferme sous le poids de tels fardeaux.

 

Je vous prie de penser aussi que Dieu, en vous envoyant cette affliction [la captivité], a voulu vous retirer à l’écart pour être mieux écouté…

 

Car, vous savez bien, monseigneur, combien il est difficile au milieu des honneurs, richesses et puissants de ce monde, de Lui prêter l’oreille, parce qu’on est par trop distrait, de-ci de-là, et comme absent, jusqu’à ce qu’il use de tels moyens pour rassembler ceux qui sont à lui…

 

Et voilà pourquoi, monseigneur, je vous prie, puisque Dieu vous donne l’occasion de vous mettre à son école comme s’Il voulait vous donner un cours particulier en tête- à-tête, d’être bien attentif et de goûter mieux que jamais le suc de Son Enseignement ; et puisqu’elle nous doit être infiniment précieuse et aimable, employez-vous assidûment à lire Sa Sainte Parole pour en recevoir instruction et vous enraciner en la foi vive, afin d’être confirmé pour le reste de votre vie dans le combat contre toutes les tentations.

 

Jean Calvin,

Lettre à l’Amiral de Coligny

 

 

 

 

 

PRIÈRE

 

Quand tu veux éprouver notre âme, comme au creuset l’or ou l’argent, Tu nous fais traverser la flamme, tu fais déborder les torrents. Mais, Seigneur, tu maintiens nos têtes au-dessus des flots déchaînés, Dans le fracas de la tempête tu soutiens nos cœurs effrayés.

 

 

 

 

 

 

 

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Source :  www.ressourceschretiennes.com Aujourd’hui devant Dieu. Perspectives Réformées,

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 06:48
Bonne fête de la Réformation !

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Le 31 octobre 1517, Martin Luther posait sur la porte de l'église du château de Wittenberg une affiche en 95 thèses contre l'abus des indulgences.

 

Commémorer la Réforme ne saurait se limiter uniquement à l’évocation de Luther et de Calvin.

 

La Bible doit être au centre de notre mémoire et de notre identité Protestante.

 

C’est peu dire que la Bible est et ne peut être encore que la pierre-angulaire du Protestantisme, de chaque Chrétien.

 

Pour Luther, elle est à la fois le chemin et le garant du retour nécessaire à l’authenticité de l’Evangile.

 

Pour Calvin, l’expérience est tout aussi personnelle, car en étudiant la Bible, l’Écriture devient Parole.

 

Non seulement Dieu parle, mais qui plus est, Il nous parle. 

 

Le célèbre « Sola Scriptura » est un cri face à la dissolution du message Biblique dans une culture et certains milieux (évangéliques comme protestants) tout en se nommant éhontément comme chrétienne, accommodent à son goût une parole qui a perdu toute saveur.

 

Elément unificateur des Églises de la Réforme et du Protestantisme, le « Sola Scriptura » est aussi un frein à un "œcuménisme douteux".

 

« Dieu a-t-il vraiment dit… ».

 

Dieu par les réformateurs ont remis ce trésor entre nos mains.

 

À l’image de la parabole des talents, nous sommes invités à le faire fructifier.

 

C’est l’occasion de repenser au message central de l’apôtre Paul, du réformateur de Wittemberg et ce que Calvin, Zwingli, des Spurgeon, Monod, Dhombres et tant d'autres n'ont cessé de prêcher : le Salut par Grâce, par le moyen de la Foi en Christ Notre Sauveur et Seigneur.

 

Notre fidélité à la Réforme, c’est notre fidélité à la Révélation Biblique, l'attestation de ce message d’espoir, de paix et de justice, en tout temps et en tout lieu.

 

Là où notre vocation nous place et ce, pour la Seule Gloire de Dieu.

 

Bonne fête de la Réformation !

 

 

 

Refuge Protestant,

 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 21:15
Hudson Taylor en Chine (simple petit film)

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 17:25
Ruben Saillens, l'un des nombreux Chrétiens qui aimait Israël

L'antisémitisme et antisionisme ne se sont jamais aussi bien portés jusqu'à ce jour.

 

L'on pourrait dire qu'elle s'affine machiavéliquement, avec une ingéniosité telle que la relativisation, l'oubli de l'histoire font de cette prépondérance impressionnante une douloureuse démonstration.

 

Mais cette attristante et méprisable judeophobie viscérale ne changera jamais les promesses de Dieu à l'égard d'Israël et du peuple Juif.

 

Pourim à cet égard est l'un des exemples, tout comme le retour en Eretz. L'homme peut rester rebelle, mais Dieu ne change pas, ni dans Ses Promesses, ni dans Ses avertissements.

 

La vocation du Refuge Protestant si elle n'est nullement politique, Dieu merci, cependant ne cache pas son empathie et grande affection depuis toujours en faveur d'Israël dépassant simple amitié, ni sa faveur au sionisme réel dans l'essence que représente le sens profond du terme.

 

Que nos prières ne cessent en intensité tant pour eux, que pour tous les frères et soeurs souffrant de la barbarie islamiste, tant dans Gaza, en Judée Samarie, qu'en Syrie, Egypte, et tous les lieux où le nom de Christ est gravé dans le coeur par Dieu même.

 

En Israël comme dans la diaspora, l'on fêtera prochainement la fête dite de Pourim où, à l'énonciation du nom "d'haman", il sera fait tourner une bruyante crécelle pour étouffer le nom du méchant haman.

 

Cette fête de Pourim est célébrée chaque année le 14ème jour du mois hébraïque de Adar (fin de l’hiver/début du printemps).

Elle commémore le salut miraculeux que Dieu a fait pour son peuple dans l’ancien Empire perse du complot ourdi par Haman pour « détruire, exterminer et anéantir tous les juifs jeunes et vieux, enfants et femmes, en un seul jour. »
 

Dans toutes les Synagogues, l'on écoutera la lecture de la Méguila (le Livre d’Esther), relatant l’histoire du miracle de Pourim.

 

De l'argent sera donné aux pauvres, et des cadeaux de nourriture aux  amis et proches, ainsi qu'un joyeux festin de Pourim.

 

En outre, les enfants ont l’habitude de se déguiser ce jour là.

 

Même si cette période en certains endroits d'Israël ont perdu son sens réel au profit d'un marketing moins honorifique, il n'en demeure pas moins que le peuple Juif en son ensemble se rappelle et se remémore encore aujourd'hui ce temps de l'Eternel, Celui ci ne cessant et n'ayant jamais cessé d'aimer  Son Peuple malgré ses chutes et infidélités :  

 

Je T'aime d'un Amour Eternel, c'est pourquoi Je te conserve Ma Bonté ; Je te rétablirai encore, et tu seras rétablie vierge d'Israël ! » (Jérémie 31 : 1 à 4).

 

A ce propos, dans  la revue Archives Juives  du 1er semestre 2007 (Revue d'histoire des Juifs de France) sous le titre "Ruben Saillens et le judaïsme",  on y trouve un merveilleux poème, témoignage du philosémitisme du Pasteur  Rubben Saillens et grand ami de Charles Haddon Spurgeon.

 
Tiré d'une traduction de l'anglais composée entre mars et juillet 1934, à une époque où Adolf Hitler, élu chancelier le 30 janvier 1933, ne porte pas encore le titre de Reichsführer (qu'il se fera attribuer le 19 août 1934).
 
Le texte original est une oeuvre du poète juif américain Philip Raskin (1880-1944), parue dans The Jewish World :


    Un Juif à Hitler

   
    Les Juifs te survivront, Hitler,
    Toi qu'un peuple de fous adore !
Comme autrefois Haman tomba devant Esther
    Tu mourras, - nous vivrons encore !

    Caïn ! Sur ton front, l'on verra
    L'affreux stigmate de ton crime
Et le peuple immortel, innocente victime,
    De ta chute triomphera !

    Les persécuteurs de tout temps,
    Les Titus, les Néron, tombèrent,
Mais les martyrs sont devenus, depuis longtemps,
    Les saints que les peuples vénèrent.

    Hitler, les Juifs te survivront !
    Malgré ta puissance usurpée,
Ton destin sera d'être un autre Pharaon
    S'ajoutant à notre Epopée !


     Ruben Saillens, d'après Philip Raskin   

 

 

 

foi huguenote

 

 

 

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 15:15
François Coillard. Froment ou paille ?

 

Bible

Refuge Protestant (333)

 

Il naquit un 17 Juillet 1834 à Asnières près de Bourges, au coeur de la France où Calvin y professa le droit.

 

Institut.de.Glay.gifA 17 ans,  il entra à l'Institut Protestant de Glay dans le Doubs, et, par une nuit obscure d'hiver et froid intense, offrant son aide pour quérir un docteur afin de soigner l'une des économes de l'Institut même, c'est à cette période qu'il fit l'expérience de la conversion à Christ.

 

Lisons ensemble son journal :

 

"(...)Dès lors, je dus souvent faire le même trajet, de jour, de nuit, par la neige et le vent. 

Mais cette digne femme me rappelait ma mère, et pour l'amour de ma mère que n'aurais je pas fait ? 

Hélas ! Tous les soins affectueux de ceux qui l'entouraient, tous les secours de notre médecin de campagne n'aboutirent pas. La maladie suivit sa marche rapide, effrayante.

Un jour on nous appela, on nous dit que Tante F. demandait à nous voir.

Nous entrâmes tous dans sa grande chambre.

S'appuyant à un bâton suspendu au dessus de son lit, pendant que le couple responsable de l'Institut la soutenait, elle nous remercia de ce que nous avions fait pour elle, et nous pressa de nous convertir et de nous donner au service de Dieu.

Elle nous demanda aussi de lui chanter un cantique qu'elle chanta avec nous.

Cette scène m'émut profondément.

Il y avait dans les paroles de cette vieille tante tant de force, quelque chose de si personnel, de si actuel, de si persuasif, sur cette figure décharnée par la souffrance quelque chose de si radieux et de si céleste, sur ce lit de mort tant de sérénité et de joie que j'en étais intérieurement bouleversé.

Je me sentais en contact avec ce je ne sais quoi, que j'avais déjà senti au lit de mort de ma nièce Ch. et qui se reflétait dans des vies qui m'avaient commandé le plus profond respect.

Ce quelque chose était un mystère pour moi, bien que j'aie connu la théorie de la conversion ; je sentais qu'il me manquait et que, si j'étais moi même à l'agonie comme Tante F., ce n'est pas la paix et la joie, mais la peur et le désespoir qui s'empareraient de moi.

J'étais misérable. Cette scène sublime m'avait fasciné et troublé tout à la fois.

J'aurais voulu fuir de cette chambre où la mort, ce roi des épouvantements, apparaissait avec tant de charmes, et pourtant je me retirai à pas lents, à regret, jetant encore un dernier regard sur cette bienheureuse moribonde, si bonne dans sa vie et si belle dans sa mort.

J'aurais voulu voir la fin. Elle mourut le 23 juin 1852.

Un bon nombres d'amis accoururent des environs, tous endimanchés, et, en chantant des cantiques, nous portâmes ses restes mortels et les déposâmes affectueusement dans le petit cimetière de l'Institut Protestant, sur le sommet de la montagne.

C'était le soir.

Les ombres s'allongeaient ; les chants mêlés de pleurs, les appels pressants qui se succédèrent, l'oeil qui plongeait dans les sombres vallons à nos pieds et allait se perdre au loin sur les sommités du Lomont encore tout ensoleillées par les derniers feux de l'astre qui disparaissait à l'horizon, cette scène ne pouvait que m'impressionner vivement.

Le présent aussi, pour moi, était enveloppé des ombres la nuit, mais la gloire du calvaire ne brillait point encore à mes yeux.

Toutes ces impressions se fussent probablement effacées, peu à peu, comme d'autres.

Mais, le dimanche suivant (17 juin), il plut à Dieu d'y mettre son sceau.

Mr J., responsable de l'Institut Protestant de Glay n'était rien moins qu'orateur.

Je trouvais ses méditations souverainement ennuyeuses, et je m'étonnais que les braves gens, hommes et femmes, vinssent même d'autres villages pour s'en édifier.

Ce jour là, si je l'avais osé, je n'aurais pas mis le pied dans la Chapelle.

J'étais de mauvaise humeur, les chants même m'étaient insupportables, et certes, je n'étais gère disposé à essuyer l'ennui d'un sermon.

A mon grand étonnement, Mr J. ne fit pas de sermon ; mais se mit à lire une petite brochure.

C'était un sermon, mais d'un nouveau genre : "le froment et la paille" de Ryle.

Le titre seul me frappa.

Du froment ou de la paille ?

Qu'est ce que çà voulait dire ?

Et, à chaque période, revenait cette question de plus en plus solennelle :

"Etes vous du froment ou de la paille ?"

J'aurais voulu me boucher les oreilles, j'aurais été content de pouvoir m'endormir et, certes, je fis bien tout ce que je pus ; j'essayai aussi de me distraire et de faire courir mes pensées ailleurs.

Mais non, mes pensées étaient de plomb ; le sommeil me fuyait, aucune distraction ne venait à mon aide, et, quoi que je fisse, la question, de plus en plus terrible, venait frapper, à coups redoublés, à la porte de ma conscience :

"Es tu du froment ou de la paille ?"

J'étais malheureux, je me tordais comme un ver, je maudissais intérieurement ce Ryle, cet inconnu, le perturbateur de ma paix, et ce bon Mr J. qui, ne sachant pas prêcher (c'est ainsi que je raisonnais), empruntait les sermons d'un je ne sais qui.

Lorsque la lecture fut finie et que la question eut retenti pour la dernière fois :

"Es tu du froment ou de la paille ?", je m'imaginai qu'il se fit un grand silence et que tout le monde attendait ma réponse.

Ce fut un moment de terrible angoisse, il me semblait que tous les yeux étaient braqués sur moi.

Et ce moment, un enfer, me parut des heures.

Enfin, un chant vint me tirer d'embarras ; je ne pouvais pas chanter, mais je me sentais délivré.

"Bon, me dis je, c'est fini, enfin !"

Je me hâtai de sortir et de me sauver.

Mais la Flèche du Seigneur avait pénétré dans mon coeur.

Oh !! Que j'étais misérable !

Je ne mangeais plus, je ne pouvais pas dormir, je n'étais plus à mes leçons, d'ailleurs mal préparées.

On me demandait si j'étais malade, cela m'irritait comme si on se moquait de moi :

"Non, je ne suis pas malade !" et je m'éloignais tout bourru, pour me soustraire à des observateurs indiscrets.

Je n'avais pas d'ami intime dans le coeur duquel je pusse épancher le mien.

Je m'efforçais de cacher mes sentiments ; mais j'étais malheureux, profondément malheureux.

On me crut réellement malade bien que je ne gardasse pas le lit, et les professeurs étaient pleins d'indulgence envers moi.

Dès que nous sortions de classe, je courais me cacher au grenier où je pouvais soulager mon coeur par d'abondantes larmes.

Au dortoir, dès que les lumières étaient éteintes, je sautais de mon lit et je me jetais à genoux.

Je pleurais, je criais à Dieu, je ne trouvais pas de soulagement.

"Tu as beau faire, me suggérait l'ennemi de mon âme, tu n'es pas du froment, tu n'es que de la paille ! Tes péchés ? Mais jamais dieu ne Te les pardonnera ! Et ton repentir et tes larmes, hypocrisie !"

J'étais au désespoir. Plus je luttais, plus les ténèbres s'épaississaient autour de moi.

Oh ! Que n'aurais je pas donné pour que quelque bon Samaritain vînt à moi et versât une goutte d'huile, ne fût ce qu'un regard d'amour, sur les plaies de mon pauvre coeur !

Mais j'étais entièrement laissé à moi même, et personne, pas même Mr J. ne me venait en aide.

Je me cachais au galetas pour chercher dans ma Bible des lumières et des consolations, je n'en trouvais point.

Si je tombais sur les paroles les plus explicites :

"Dieu a tant aimé le monde... afin que quiconque croit en Lui ; le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu", je me disais :

"Qu'est ce que croire ? Qui me le dira ? Oui, mais ce n'est pas pour toi. Comment puis je savoir que cela est pour moi, pour moi vraiment ? Mon nom n'y est pas mentionné. Dieu aime les pécheurs, Jésus est venu les sauver, mais pas des pécheurs comme moi. Ce peut être tout le monde, moi excepté."

Partout, de tous côtés, je ne voyais et je n'entendais que les foudres du Sinaï.

Je marchais de long en large dans ce vaste grenier à peine éclairé ; je me jetais à terre parmi les caisses, entassées pêle mêle ; je criais, quelquefois tout haut, dans l'angoisse de mon âme, mais en vain.

"Pas de paix pour le méchant, a dit mon Dieu ; hypocrisie, hypocrisie ! Insinuait une voix qui me poursuivait ; tu ne sens pas tes péchés, tu n'es pas terrassé comme saint Paul et le geôlier de Philippes, tu es trop mauvais pour que Dieu te pardonne et pense même à toi !".

"Parce que les flèches du Tout Puissant étaient entrées au dedans de moi, mon âme en suçait le venin. Les frayeurs de Dieu s'étaient dressées en bataille contre moi". (Job 6/4)

J'étais à bout de force et de courage, je me voyais, je me sentais perdu, sans la plus petite lueur d'espoir ; oui, perdu.

Mon état était affreux.

Poussé par le désespoir qui s'était emparé de moi, je résolus d'aller tout dire à Mr J.

Ah ! Combien de fois n'arpentai je pas le corridor où s'ouvrait son cabinet !

Combien de fois n'avançai je pas la main pour frapper à la porte !

Une terreur me saisissait alors et je me sauvais pour cacher ma honte.

M.-Jacquet-institut-protestant-glay.jpgUn jour pourtant (fin d'août 1852), j'étais devant cette porte qui m'attirait et que je redoutais ; avais je réellement frappé ?

Je ne le sais pas, mais j'avais déjà lestement tourné les talons quand elle s'ouvrit et le digne directeur m'appela.

Plus moyen de reculer.

Seul avec lui, je fondis en larmes et, par des paroles entrecoupées de sanglots, je lui laissai entrevoir l'état lamentable où j'étais.

Le cher et digne homme !

J'oublie tout ce qu'il me dit ; il me lut des passages, pria avec moi.

Je ne sortis pas de cette chambre transformé et me réjouissant de la joie de mon salut, hélas, non !

Mais la tendresse de cet homme de Dieu m'avait pénétré et touché.

Je me disais : Il doit savoir, lui, que je suis mauvais, hypocrite ; et cependant, il me témoigne tant d'affection et tant de sympathie dans ma tristesse !

Dieu serait Il plus dur que lui ?

Une fois la glace brisée, je pris souvent encore le chemin du cabinet de mon vénéré directeur.

Il m'avait empoigné le coeur par sa bonté paternelle ; je buvais, comme à longs traits, ses exhortations.

Mais ma grande difficulté était que j'aurais voulu savoir ce que c'est que croire.

Enfin, je compris que c'était accepter le salut aux conditions de Dieu, c'est à dire sans condition aucune.

Je puis bien le dire, les écailles me tombèrent des yeux.

Et quelles écailles !

Je pouvais dire :

"J'étais aveugle et maintenant je vois."

Je n'oublierai jamais le jour, non, le moment où ce trait de lumière traversa la nuit de mon angoisse.

C'était à déjeuner.

Croire c'est donc accepter et accepter sans réserve.

"A tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu."

C'est évident, c'est positif.

O Mon Dieu, m'écriai je dans le fond de mon coeur, je crois !...

Et instantanément, ce fut comme si une voix, entendue de moi seul, me disait, avec une force et une suavité indescriptibles :

"Mon Fils, va en paix, tes péchés te sont pardonnés."

J'eus comme une vision, je laissai tomber couteau et fourchette de mes mains, je fus complètement absent pendant le reste du déjeuner.

Une paix, une joie que je n'avais jamais connues, se répandirent dans mon âme et l'inondèrent.

J'aurais voulu chanter de joie.

En sortant du réfectoire, je courus au cabinet de mon père spirituel et déversai la surabondance de ma joie et de mon bonheur.

Mme J., son Epouse vint, nous tombâmes à genoux, ils louèrent Dieu pour moi, je le louai avec eux.

Dès lors, plus de contrainte dans nos rapports.

Ils m'aimaient déjà comme un Fils, je sentis bien que j'avais trouvé en eux un père et une mère et je leur vouai toute l'affection dont j'étais capable.

Je n'étais pas le seul dans cet état d'âme.

Un jour que je montais au galetas, j'entendis quelqu'un pleurer et prier.

Un jour, je rencontrais un autre élève.

Une autre fois, c'était un de nos sous maîtres.

Nous nous comprîmes bientôt, sans beaucoup de paroles.

Quand nous nous rencontrions :

"Eh bien ?" disait l'un à l'autre.

Un branlement de tête négatif et un regard de noire tristesse, c'était toute la réponse.

Mais ce jour là le sous maître et moi, nous nous serrions la main avec effusion, et, pour la première fois, nous nous mettions à genoux ensemble pour louer Dieu, dans ce grenier, où, tant de jours durant, nous avions pleuré et gémi individuellement et secrètement.

Nos amis, eux, trouvèrent aussi la paix et se joignirent à nous.

Et ce galetas, témoin de tant d'angoisses et de larmes, retnetit dès lors, pendant les récréations, des accents de notre joie et de nos louanges.

Nous y lisions la Parole de Dieu ensemble, nous nous communiquions nos expériences. "

 

Coillard-F-Refuge-Protestant.jpg

Cet homme s'appelait ....François Coillard, et le Directeur de l'Institut Protestant Mr Jaquet Henri.

 

François Coillard devint plus tard Missionnaire au Zambèze.

 

Le journal de cet homme de Dieu simple et entier est une succession d'épreuves mais aussi une succession de victoires qui serait extrêmement long à énumérer tant l'Attention de Dieu fut présente comme pour chacun(e) de ses enfants rachetés.

 

Mr-Mme-Coillard-Francois-Refuge-Protestant.jpgMr & Mme Coillard eurent à faire face à d'innombrables difficultés et une longue suite de désastres terriblement éprouvant.

 

Mais François Coillard écrivait avec le calme de celui qui connaissait Son Sauveur :

 

"Toutes ces vagues nous semblent maintenant des petits incidents. Dieu veut non seulement que chacun de nous tienne bon, mais qu'Il avance de victoire en victoire."

 

Sa femme écrivait également :

 

" Nous n'avons jamais auparavant été aussi heureux dans notre travail missionnaire."

 

Christina Coillard, née Mackintosh était née en novembre 1829 à Greenock en Ecosse.

 

Toute jeune elle aimait la Bible et se passionnait pour les missions.

 

A 14 ans, à l'insu de ses parents, elle s'aventurait dans les plus mauvais quartiers d'Edimbourg pour visiter les pauvres.

 

Tout cela ne donnait pas à Christina Mackintosh la paix avec Dieu. C'est à 18 ans qu'elle se convertit.Christina née Mackintosh épouse Coillard

 

Le 24 janvier 1861 elle débarquait au Cap, et en rencontrant son futur mari, elle lui dit ces mots qu'il aimait à répéter :

 

"Je suis venue faire avec vous l'oeuvre de Dieu, quelle qu'elle soit, et, souvenez vous en, où que ce soit que Dieu vous appelle, vous ne me trouverez jamais en travers du chemin du devoir."

 

Leur bonheur conjugal fut complet.

 

Lorsque après des difficultés infinies, ils eurent construit leur nouvelle maison en Afrique, et qu'elle fut détruite par le feu quelques jours après son achèvement, François Coillard pouvait dire en regardant le brasier et cherchant ce qu'il pouvait y arracher :

"Sauvons l'harmonium, car nous devons vivre pour chanter."

 

Toutes les lettres qu'il écrivit sont profondément édifiantes.

 

Tombe de François CoillardLui et son Epouse si Chérie tinrent bon jusqu'à la fin ; reposant tous deux sous un grand arbre dans le pays des Barotsis.

 

La vie de François Coillard fait penser naturellement à cette autre personnalité que fut le Pasteur Adolphe Monod auquel sa vie fut entièrement consacrée à Dieu.

 

 

 

 

 

Francois-Coillard refuge du chrétien

"Avec Mon Sauveur on n'est exilé nulle part,

on est heureux partout. "

(françois Coillard)

 

jaquet Mr&Mme Coillard François Refuge Protestant

Bible

Croix Huguenote

 

FrançoisCoillard 23

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 23:25
Jean Hus

Né en 1372 ou 1373 en Bohême, dans la ville de Hussinets, il fut  brûlé vif le 6 juillet 1415 à Constance.


La langue tchèque lui doit beaucoup.

 

Les Tchèques ont fait de lui le héros de leur nation face à l'oppression catholique, impériale et allemande.

 

C'est un héros national commémoré chaque 6 juillet, jour de sa mort sur le bûcher.

 

Cet enfant est issu d’une famille pauvre, mais il fut remarqué par ses qualités intellectuelles et envoyé par le curé de son village à l’université de Prague.


Après un parcours remarquable il est ordonné prêtre en 1400 et il commença à prêcher à la chapelle de Bethlehem de Prague, ses prédications étaient en tchèque et non en allemand.

 

Il attira des foules immenses, près de trois mille personnes venaient l’écouter dont la reine Sophie.



Dans ses débuts Jean Hus aurait été indigné que l’on puisse penser que l’Église ne puisse pas être un guide infaillible…

 

Mais un jour la lumière jaillit dans son âme, il venait de comprendre qu’il y avait une autorité plus grande encore que celle des papes et des conciles, et c’était celle de la Parole de Dieu, la Bible, et que c’était la loi de Jésus-Christ qui primait sur toute autre loi.


Dès lors il ne cessa d’en recommander la lecture :

 

«Prêtres du Seigneur, disait-il, maîtres et chefs de l'Université, gardez fidèlement la Parole de Dieu ; estimez-la plus que tout ; écoutez-la attentivement et pieusement ; attachez votre âme à la lecture de la Bible et vivez selon la loi de Christ.»

Il pouvait dire :

 

«C’est au Christ et à Dieu qu’il faut croire et non pas au prélat, au pape ; l’arbitre ce n’est pas le dignitaire de l’Église, mis la Bible…»

 

Soutenu par l’archevêque et par le roi Venceslas IV il est élu recteur de l’université tchèque.

Cette période est très troublée pour l’église car il y a 2 papes, un à Rome l’autre à Avignon !!!

Jean Hus prend connaissance des thèses développées par un théologien anglais John Wycliffe.

 

Comment en prend-il connaissance ? Il  ne faut pas oublier que la femme du roi d’Angleterre Richard II est Anne de Bohême.


Il sera donc renforcé dans ses positions et continuera de dénoncer sans équivoque les indulgences.

 

Les conflits armés dans l’église font rage, puisque c’est la période ou les 2 papes s’affrontent.

 

Il faut lever de l’argent pour financer la guerre.

 

Le moyen qui est utilisé c’est «les indulgences».

 

Jean Hus s’élève contre ce trafic.

 

Remarquable orateur, il provoquera un soulèvement de foule à Prague qui sera durement réprimé en 1412.

 

Des étudiants conduits pas Jean Hus iront jusqu’à brûler la bulle du pape.

 

Trois étudiants qui interrompent un prêtre qui proclamait l’achat d’indulgence, sont exécutés à la hache.

Un évènement que nous comprenons mal aujourd’hui, la ville de Prague fut mise à l’interdit, défense formelle de dire la messe, de prêcher en public et la chapelle Bethlehem fut fermée.

 

Jean Hus dut quitter la ville, et fut traqué, il trouva refuge dans sa ville natale mais souffrait de ne pouvoir prêcher l’évangile et disait :

 

«J'en appelle à Dieu, me voyant opprimé par une sentence inique ; à Jésus-Christ, mon maître et mon juge qui connaît et protège la juste cause du plus humble des hommes.»

Pour rétablir l'unité de l'Église, l’empereur Sigismond, roi de Hongrie, convoque un concile à Constance.

 

Jean Hus s’y présenta en novembre 1414, muni d'un sauf-conduit paraphé par Sigismond lui-même.

 

Mais pour les hérétiques comme lui le sauf-conduit fut considéré sans valeur, il fut donc arrêté.

Du fond de sa sinistre prison il écrivait :

 

«Cherche la vérité, écoute la vérité, apprends la vérité, aime la vérité, soutiens la vérité, défends la vérité, jusqu'à la mort.»

Les premiers des accusateurs de Jan Hus, sont le cardinal Pierre d'Ailly et son disciple Jean de Gerson, chancelier de l'Université de Paris, puis encore des grands inquisiteurs, secondés par les plus brillants canonistes romains.

 

Les juges procèdent à des interrogatoires ex-cathedra, c’est parler et conduire les interrogatoires d’une façon dogmatique et tranchante, se plaçant au-dessus du prévenu nous pourrions dire avec ton supérieur.

Avec sagesse Jean Hus prend l’avantage sur ses accusateurs, et le débat tourne à son avantage.

 

Malgré que les jours passent Jean Hus ne faiblit pas il parle comme le feront beaucoup d’autres après lui.

 

 «Dieu et ma conscience sont mes seuls témoins, jamais je n'ai prêché ni enseigné les choses que les témoins invoquent contre moi».

Il sera finalement condamné comme hérétique à être brûlé vif et il s’écrie :

 

 «Seigneur Jésus pardonne à tous mes ennemis.»

Il est souvent considéré comme un précurseur de la réforme protestante, mais certainement  il en fut peut être le premier réformateur.

 

Une semence était jetée et allait bientôt produire un beau fruit en Europe…

 

bibleetmains

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source  :  la bergerie

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 17:51
William Tyndale

Bible

Croix Huguenote

 

 

William Tyndale naquit aux environs de 1492, fit des études aux Universités d’Oxford et de Cambridge ; les connaissances acquises lui permirent de lire les Saintes Ecritures en grec, il apprit ainsi à les aimer et à mettre sa confiance en elles.

 

Brillant érudit, Tyndale avait rencontré Érasme, découvert son Nouveau Testament grec-latin et s’était mis à le traduire en anglais.

 

A cette époque, il était formellement interdit de traduire aucune portion des textes bibliques en langue anglaise sans l’autorisation de l’évêque :

 

« Cela seul m’induisit à traduire le Nouveau Testament », écrivit alors Tyndale.

 

Il considérait ce travail comme le service le plus noble qu’il pût rendre à son pays ; lorsqu’il eut pris cette décision, il prononça ces paroles bien connues. :

 

« Si Dieu me prête vie, d’ici peu d’années je ferai en sorte que le garçon qui tient les cornes de la charrue en saura plus long que le pape lui même sur les Saintes Ecritures ».

 

Il se rendit à Londres dans ce but, mais ne tarda pas à se rendre compte d’une chose, à savoir qu’il n’y avait pas "dans le palais de Monseigneur de Londres une seule pièce appropriée à la traduction du Nouveau Testament, que même, dans l’Angleterre entière, il ne trouverait pas un seul endroit pour y travailler".

 

Dans un premier temps, il rechercha la protection de Tunstall, évêque de Londres, mais lorsque ce dernier apprit ses intentions, il lui refusa l’accès à son palais.

 

Aussi en 1524 se décida-t-il de partir pour Hambourg ; il ne devait jamais revoir sa terre natale.

 

Il achève sa traduction dans cette même ville et la remet à un imprimeur.

 

Des ouvriers trop bavard en informent le prêtre Cochlaeus, qui s’apprête à mettre la main sur l’édition.

 

Tyndale se précipite à l’atelier, saisit ses précieux manuscrits et les emporte à Worms.

 

Son Nouveau Testament y paraîtra en 1525.

 

Cochlaeus alerte cependant l’évêque de Londres.

 

Tyndale sait donc que les précieux volumes seront saisis à leur arrivée en Angleterre.

 

Dès 1526, les premiers exemplaires de sa traduction parvinrent en Angleterre ; des marchands britanniques les passèrent en contrebande dans leurs bateaux chargés de blé, et les volumes circulèrent aussitôt de mains en mains.

 

Pour déjouer l’étroite surveillance qui s’exerce dans les ports, les Nouveaux Testaments sont cachés dans des ballots d’étoffe ou des barils de vin.

 

Beaucoup d’exemplaires sont néanmoins confisqués.

 

Leurs destinataires sont astreints à défiler à cheval, le visage tourné vers la queue de l’animal, et portant visiblement le livre défendu ; ils devront le jeter eux-mêmes au feu devant tous, et faire pénitence.

 

Mais les efforts de l’évêque de Londres sont voués à l’échec.

 

Chaque londonien veut prendre connaissance de l’ouvrage proscrit et s’ingénie à l’obtenir au mépris des menaces.

 

En désespoir de cause, l’évêque de Londres prie Packington, un négociant de la cité, de mettre à profit ses relations commerciales avec le port d’Anvers, pour accaparer à la source toute l’édition de Tyndale.

 

Muni d’une forte somme d’argent, Packington se rend sur le continent.

 

L’évêque a cru "mener Dieu par le bout du doigt", écrit un chroniqueur de l’époque.

 

Mais il ne réussira pas mieux dans cette entreprise que dans les précédentes.

 

Packington, ami secret de Tyndale, arrive chez le traducteur :

 

 "Monsieur Tyndale, je vous ai trouvé un bon acquéreur pour vos livres,
 Et qui donc ?
 L’évêque de Londres !
 Mais, si l’évêque veut ces livres, ce ne peut être que pour les brûler !
 Eh bien qu’importe ! D’une manière ou d’une autre l’évêque les brûlera. Il vaut mieux qu’ils vous soient payés ; cela vous permettra d’en imprimer d’autres à leur place !"

 

Le marché est conclu et l’édition est apportée en Angleterre.

 

L’évêque de Londres convoque la population devant la cathédrale Saint-Paul pour assister à la destruction massive des livres hérétiques.

 

Cependant, le bûcher de l’évêque devient une publicité inespérée pour la deuxième édition du Nouveau Testament Tyndale.

 

Imprimé cette fois en petit format, pour faciliter la dissimulation des volumes et mieux échapper aux perquisitions, sa diffusion est un vif succès.

 

Bien qu’exilé, Tyndale n’en restait pas moins sujet du roi, Henri VIII, qui essaya de le persuader de revenir au pays, mais le chrétien refusa en répliquant à l’envoyé :

 

« S’il était conforme au bon plaisir du Roi de donner le simple texte des Saintes Ecritures à son peuple dans la traduction qui plairait à Sa Majesté, je ferais immédiatement la promesse de ne plus écrire et de ne pas rester deux jours de plus ici ; je retournerais immédiatement dans son royaume et là, je me jetterais aux pieds de Sa Majesté royale, offrant mon corps pour qu’on lui inflige n’importe quelle douleur ou torture, et même n’importe quelle mort que Sa Majesté ordonnerait, pourvu que j’obtienne cela ».

 

Tyndale parle peu de sa vie privée.

 

Il fait de lui-même la description suivante :

 

« Peu favorisé des biens de ce monde, sans grâce aux yeux des hommes, timide, d’aspect rude, monotone et sans esprit ».

 

D’Allemagne il se rendit en Hollande, où il eut à coeur de visiter les réfugiés anglais malades et pauvres ; le dimanche il prêchait à un petit auditoire.

 

Pourtant les adversaires de la Bible ne désarment pas.

 

Ils tendent un piège à Tyndale.

 

Trop confiant, le traducteur accepte une invitation à un repas chez de prétendus amis ; on met la main sur lui et on l’enferme au château de Vilvoorde (Belgique).

 

Dans son cachot, le réformateur, ayant obtenu Bible, grammaire et dictionnaire hébreu, traduisit, vingt siècles après, un texte qui fit d’innombrables croyants dans les pays anglo-saxons : les Épîtres de Paul.

 

Au cours de sa captivité il adressa au gouverneur une lettre que voici :

 

« Je présumé, honoré seigneur, que vous n’ignorez pas le sort qui m’attend. Je supplie donc votre seigneurie, au nom de Jésus-Christ, que, si je dois demeurer ici tout l’hiver, elle veuille bien intercéder auprès du Procureur pour qu’il prenne, parmi ceux de mes biens qu’il détient en sa possession, un bonnet plus chaud, car je souffre cruellement de froid à la tête, étant affligé d’un catarrhe continuel qui ne fait que s’aggraver dans cette cellule. Et aussi qu’il m’octroie un manteau plus chaud, car celui que je porte est des plus minces ; puis une pièce d’étoffe pour raccommoder mes guêtres, mon manteau est tout usé, mes chemises aussi. Qu’il veuille bien me faire remettre une chemise de laine qu’il a en sa possession, ainsi que des guêtres plus épaisses et un bonnet chaud pour la nuit. J’implore aussi la grâce que l’on m’accorde une lampe pour la soirée, car il est très pénible de rester seul dans l’obscurité. Mais, par dessus tout, je supplie instamment votre Hautesse d’insister auprès du Procureur pour qu’il m’autorise à avoir ma Bible hébraïque, ma grammaire hébraïque et mon dictionnaire hébreu, afin que je puisse utiliser mon temps à étudier. En retour, puissiez-vous obtenir la réalisation de vos voeux les plus chers, pourvu qu’ils soient en harmonie avec le salut de votre âme. Mais si, avant la fin de l’hiver, on prend une autre décision à mon endroit, j’aurai patience et j’attendrai de voir la volonté de Dieu à mon sujet, afin que tout tourne à la gloire de la grâce du Seigneur Jésus-Christ, dont je souhaite que l’esprit dirige toujours votre coeur. Ainsi soit-il ! W. Tyndale. »

 

Ses amis anglais écrivirent des lettres d’appel pour obtenir sa grâce, mais ce fut en vain.

 

Condamné par Charles Quint, Tyndale fut conduit à l’échafaud où il fut étranglé puis brûlé le 6 octobre 1536.

 

Avant de subir le supplice, il cria d’une voix puissante :

 

"Seigneur, daigne ouvrir les yeux du roi d’Angleterre !".

 

Cette ultime requête sera exaucée deux ans plus tard.

 

En 1538, un exemplaire de cette édition est remis au roi Henri VIII.

 

Bouleversé par la beauté du texte et la profondeur de son message, le monarque qui s’est distingué par ses actes d’indépendance à l’égard du pape, passe outre une nouvelle fois les interdictions ecclésiastiques et décrète que cette Bible doit être lue « dans toutes les paroisses d’Angleterre ».

 

Cette nouvelle édition contenait la traduction faite par Tyndale des cinq livres de Moïse, des livres historiques jusqu’au second livre des Chroniques, et du Nouveau Testament.

 

De son oeuvre Tyndale avait écrit ce qui suit :

 

« J’appelle Dieu à témoin, au jour où nous comparaîtrons devant son trône pour rendre compte de nos actes, que je n’ai pas altéré la moindre syllabe de sa Parole le sachant et le voulant, et ne le ferais pas aujourd’hui, même si l’on m’offrait toutes les richesses, tous les honneurs et tous les plaisirs du monde. »

 

Cela est si vrai que sa traduction servit de base à celles de ses successeurs, notamment à la version la plus populaire en Angleterre, celle faite sur l’ordre du roi Jacques (King James) [1].

 

Recueillant sa traduction faite en prison, les amis de Tyndale la complètent et la font imprimer.

 

Il aurait été beaucoup trop dangereux d’indiquer le nom du traducteur sur la page de garde ; aussi cette édition est-elle désignée comme la « Bible de Matthieu » (Matthew’s Bible), selon le prénom de l’imprimeur.

 

Foxe déclare qu’il possédait sept langues : l’anglais, le français, l’italien, l’espagnol, l’hébreu, le grec et le latin, et que, quelle que fût celle qu’il parlait, on aurait cru que c’était sa langue maternelle.

 

Et Thomas More qui le connut en Allemagne affirme que « Tyndale était connu comme un homme de bien, rangé dans ses habitudes, studieux et bien versé dans les Ecritures ».

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

Source : Theonoptie (1 & 2)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 16:22
Pierre Courthial par Paul Wells (La Revue Réformée)

La Foi Réformée, c’est la foi qui veut rendre à Dieu la gloire qui lui est due. La Foi Réformée selon la Parole de Dieu, c’est la foi qui veut tout rendre à Dieu, tout rendre à Jésus-Christ; qui veut que tous les aspects de l’existence et de la pensée humaines soient soumis à celui qui doit tout emmener derrière son char triomphant[1].

 

 

C’est la bonne providence de Dieu qui m’a accordé le privilège de travailler avec Pierre Courthial dès l’origine de la Faculté d’Aix, d’être son interlocuteur quotidien pendant son décanat et de rester son ami proche lorsqu’il a pris sa retraite[2].

 

Comment brosser un tableau juste et satisfaisant de Pierre Courthial ?

 

Plusieurs ont essayé de le faire en ces pages.

 

En lisant ces témoignages riches, certes, ainsi que le récit passionnant de la vie mouvementée et complexe de Pierre Courthial, on a vraiment l’impression d’être devant un phénomène impossible à cerner.

 

Pierre Courthial avait une personnalité débordante de vie, qui impressionnait par sa chaleur, l’acuité de son intelligence, la force de ses convictions, sa spontanéité, son intégrité et par la fidélité sans faille qui, sa vie durant, lui a fait tenir ses engagements.

 

Tout ce que l’on peut dire de lui n’est que l’ombre de la réalité.

 

Balzac, en dix pages, aurait à peine réussi à effleurer la richesse de cette personnalité.

 

Pierre Courthial avait une autorité naturelle dont le sérieux impressionnait.

 

Dans n’importe quel milieu autre que l’Eglise protestante, où les qualités personnelles sont souvent peu appréciées et même inquiètent lorsqu’elles correspondent à des convictions fortes, il aurait appartenu à l’élite.

 

Un intellect scintillant, un langage vif et fluide, une vraie générosité envers les autres, un amour de la vérité et un désir de la défendre sans s’écarter du cadre biblique jamais perçu comme un carcan, telles sont quelques-unes des caractéristiques de ce frère.

 

A cela, il faut joindre un humour qui me plaisait bien; personne plus que lui n’aimait une bonne blague, surtout si c’était autour d’un repas « lyonnais ».

 

C’est ainsi qu’il m’a recommandé non seulement les labyrinthes de la pensée de Serge Boulgakov, mais aussi Le dîner de c... et, en parlant des affaires ecclésiastiques ou des « apparatchiks » du protestantisme, il faisait référence, avec un clin d’œil, au film Le temps ne fait rien à l’affaire.

 

Pierre Courthial s’intéressait aux êtres humains dont il était proche, malgré une apparente réserve ; il observait leurs grandeurs, leurs misères et leurs folies.

 

Il lisait beaucoup, son insatiable curiosité encyclopédique le conduisant dans de nombreux domaines, y compris celui des mathématiques !

 

« Je suis un glaneur impénitent », disait-il.

 

C’est sans doute la raison pour laquelle il a été poussé à adopter des idées peu communes, pour un théologien français, sur la théonomie ou le textus receptus.

 

Il considérait que tout (sauf la vulgarité) appartenait aux richesses de la création et relevait de la grâce commune de Dieu.

 

Quelques mois avant sa mort, comme je lui rendais une de mes visites régulières, rue Varet, il était toujours capable d’évoquer ce qu’il avait lu dans Etienne Gilson durant les années 1930.

 

Sa mémoire était étonnante.

 

Mais derrière cette personnalité tellement attachante, il était impossible de ne pas discerner une tristesse poignante due à l’incompréhension de ses contemporains dans le protestantisme qui ou n’ont pas su le comprendre, ou ont fait la sourde oreille à ses interpellations.

 

Courthial a suivi la ligne d’Auguste Lecerf, de Pierre Marcel et a partagé le mépris ou/et le rejet qui a été le sort de ses collègues.

 

Il rappelait que Marcel qui avait été nommé professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris a, ensuite, été récusé par le Synode, qui lui a préféré Georges Casalis[3].

 

Un jour où notre doyen respecté est allé faire, exceptionnellement, un cours à la Faculté de théologie de Montpellier, on s’est moqué de lui !

 

A-t-il cherché cela ?

 

En partie peut-être, car Courthial n’était pas tendre envers les institutions.

 

Pour lui, plus grand était l’appareil, plus grands étaient l’ambition, la fuite dans de fausses sécurités institutionnelles, le recours à la langue de bois et les possibilités de mal agir.

 

Il a aimé son Eglise – son plaisir n’a duré qu’un instant en 1938 et son chagrin toute sa vie – mais il se méfiait de son institutionnalisme excessif, de ses prétentions pseudo-intellectuelles, dont il parlait parfois librement et sévèrement.

 

L’unité qu’il affectionnait était plus large, plus spirituelle et correspondait à une vision du Royaume où tout est à Christ partout[4].

 

Mais que fait-on d’un prophète ?

 

Car Courthial en était un ; ses avertissements et ses analyses sur le déclin des Eglise réformées se sont confirmés malheureusement d’année en année face à la surprenante politique de l’autruche de ses « grands prêtres ».

 

On peut mettre un prophète à mort, c’est biblique mais d’un autre temps ; on peut obtenir le même résultat par l’exclusion et la mise à l’index.

 

Courthial disait parfois, en plaisantant, qu’il était préférable qu’on parle de vous en mal plutôt que de n’en rien dire.

 

Comment ne pas regretter que les capacités d’un Courthial aient été « mises au placard » dans son Eglise !

 

Sait-on assez qu’après avoir été le plus jeune délégué au Synode constituant en 1938, il n’a jamais plus été délégué à un synode national de l’Eglise réformée de France ?

 

Quel dommage ! Il est vrai que Courthial a fini par devenir un ennemi du fameux préambule à la confession de foi votée en 1938, et a reconnu que son adhésion initiale avait été une erreur de jeunesse.

 

Je l’ai entendu débattre de ce sujet avec Jean Cadier avec lequel il avait beaucoup de points d’accord – tout Calvin ! – mais ce point essentiel les séparait.

 

Dans une France qui s’est sécularisée à vive allure à partir de 1968 (au revoir les curés !), les convictions de Pierre Courthial rendaient impossibles la reconnaissance et l’utilisation de ses dons ou de ses capacités.

 

S’il avait vécu au XIXe siècle, Courthial aurait figuré aux côtés des Spurgeon, au XVIIIe des Whitefield, au XVIe, des Calvin, Luther et Bucer, ou au IVe des Athanase.

 

Au XXe, le christianisme en Europe a connu non pas un réveil, mais un déclin progressif.

 

Qui voudrait prendre au sérieux un pasteur-théologien qui souhaitait que l’Eglise « se réforme selon la Parole de Dieu » ?

 

Le plus navrant est que les Eglises réformées en France, dont la sécularisation s’effectuait à un rythme voisin de celui de la société, mais toujours à sa remorque, comme le remarquait Jean Brun, l’ami de Courthial, (ne fallait-il pas sacraliser le monde et séculariser l’Eglise dans l’idéologie du moment ? – et maintenant, c’est fait), n’ont pas été capables de reconnaître, comme cela aurait été souhaitable pour le témoignage des Eglises, le ministère et l’engagement d’un Pierre Courthial.

 

La théologie de Courthial a pris progressivement ses distances avec les modes du moment, y compris avec la pensée de Karl Barth, qui lui apparaissait comme un crypto-libéral.

 

Pierre Courthial a donc recherché la communion spirituelle avec le mouvement évangélique naissant en France, avec John Stott et James I. Packer, dont il appréciait la lutte dans l’Eglise d’Angleterre, avec le Mouvement de Lausanne.

 

Il a largement contribué à l’essor de la revue Ichthus avec Henri Blocher et Marie de Védrines, à la Fête de l’Evangile dans les Arènes de Nîmes…

 

Lorsqu’il a répondu à l’appel de la Faculté d’Aix en 1973, Courthial a scellé son sort en choisissant de se marginaliser par rapport à son Eglise, tout en restant inscrit sur son rôle.

 

Avait-il bien mesuré que cela lui mériterait le rejet ou, au moins, une chape de silence sur la nouvelle institution, la politique officielle envers la Faculté dès le début ?

 

Il a toujours espéré que son geste prophétique serait une interpellation pour son Eglise; c’était là son rêve permanent, qui ne s’est jamais réalisé.

 

Courthial était lucide en ce qui concerne le pluralisme théologique et les ravages qu’il ferait dans l’Eglise.

 

En effet, dès lors qu’on accepte que la vérité soit relative, plus aucune limite n’existe dans le domaine doctrinal ou éthique.

 

Une connaissance objective de la vérité fondée sur l’Ecriture sainte est jugée impossible.

 

Le pluralisme peut accueillir toutes les conceptions à l’exclusion de celle qui soutient une théologie fondée sur l’enseignement inspiré et objectif de l’Ecriture Sainte, Parole de Dieu.

 

Pierre Courthial a également été attristé en constatant, dernièrement, que les évangéliques se laissaient trop souvent prendre au même piège.

 

Il aimait citer la phrase de Benjamin B. Warfield sur la division de l’Eglise :

 

« Il est impossible de diviser le bois pourri. »

 

Autrement dit, dans une Eglise atteinte par le relativisme, un schisme a déjà eu lieu par rapport à la vérité.

 

Courthial pensait que « Le pluralisme tend toujours à détruire la vraie unité plurielle parce qu’il veut mêler en une pseudo-unité non pas des complémentaires divers, cohérents et homogènes, mais des contradictoires, incohérents et hétérogènes.[5] »

 

En 1974, au moment de la fondation de la Faculté d’Aix, les pluralistes se montraient parfois plus ouverts qu’à présent en nous accueillant, Courthial et moi-même, dans les pages d’Etudes Théologiques et Religieuses, dans un dialogue avec Daniel Lys et Michel Bouttier[6].

 

Courthial les estimaient fair play ainsi qu’André Gounelle.

 

Il vaut la peine de relire, aujourd’hui, ces textes car, malgré l’évolution enregistrée par le protestantisme français en quarante ans et les nouvelles fraternisations, le débat – pluralisme ou non ? – reste toujours, en principe, le même.

 

Ce débat a illustré ce qui est invariable dans les discours des adeptes du pluralisme.

 

Le pluralisme n’a pas d’arguments probants pour le justifier en dehors de ses « tartes à la crème » qui auraient dépassé la date limite de péremption – la Bible n’est pas la Parole de Dieu car elle est humaine, l’erreur est nécessairement humaine, le relativisme est démontré comme nécessaire car personne ne peut « posséder » la vérité, une foi assurée détruit la tolérance, la foi qui unit l’Eglise est subjective non objective, il faut être pluraliste parce que le salut est universel et patati patata. Que les évangéliques aujourd’hui sachent qu’il n’y a qu’une façon de faire avec le pluralisme doctrinal et ecclésiastique, celle que recommande l’apôtre: « Résistez au diable et il fuira loin de vous. » (Jc 4.7)

 

Pierre Courthial a bien mis en évidence la démarche des pluralistes qui changent le sens normal des mots bibliques et théologiques.

 

On pense dire la même chose, alors qu’il n’en est pas ainsi.

 

A Daniel Lys, il écrivit :

 

« Vous connaissez sûrement, cher Monsieur et frère, le dialogue entre Gros-Coco et Alice dans Ce qu’Alice trouva de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll : ‘Quand moi, j’emploie un mot, déclara Gros-Coco d’un ton assez dédaigneux, il veut dire exactement ce qu’il me plaît qu’il veuille dire… ni plus ni moins… La question est de savoir qui sera le maître, un point c’est tout.’ »

 

Faisant preuve de son humour habituel, Courthial avait raison.

 

Dans l’Eglise aujourd’hui, tout le monde prétend énoncer la même chose, mais tel n’est pas le cas, car personne n’ose définir de quoi il est question[7].

 

Le faire reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore.

 

Les textes comme La Concorde de Leuenberg dissimulent que la « foi » de l’Eglise du début du XXIe siècle n’a plus que des liens très relâchés avec la foi de l’Eglise de toujours et avec l’Ecriture.

 

Avec sa perspicacité, Courthial le voyait.

 

Pourtant, Pierre Courthial faisait preuve d’un optimisme indéfectible.

 

Il guettait, comme la sentinelle de garde sur la tour, des signes de lumière dans la nuit.

 

Il se passionnait toujours en apprenant la publication d’un livre de théologie confessante, et se réjouissait des bonnes nouvelles du ministère de tel ancien étudiant.

 

Il était, il est vrai, de conviction postmillénariste[8]. 

(Nota Refuge du Chrétien : afin d'enlever doute éventuel ou toute question à ce sujet, Refuge du Chrétien est prémillénariste tout comme il est également dispensationnaliste, ce qui ne l'empêche nullement de partager et apprécier le Chrétien que fut Pierre Courthial, homme de Dieu authentique, comme bien d'autres d'ailleurs).

 

Dans un certain sens, il avait tort, car je crois qu’il n’y avait rien à espérer là où il attendait, avec tant d’ardeur, le renouveau.

 

Il espérait toujours contre vents et marées, car il aimait son Eglise qu’il ne cessait pas de considérer, malgré ses infidélités, comme l’Eglise de Christ.

 

Cette situation se traduisait chez lui par une réelle frustration et par des exhortations en termes acérés :

 

« Lorsque des Eglises ne sont plus vraiment UNE Eglise dans une confession unanime de ‹la Foi transmise une fois pour toutes›, elles risquent de n’être plus UNE Eglise que par une administration qui ne pourra manquer de s’auto-recruter et d’être centraliste et bureaucratique. Etant alors de moins en moins ‹dispensatrices des mystères de Dieu›, elles seront de plus en plus imprégnées par les modes de penser et d’agir de leur temps. Elles ne pourront manquer d’être de plus en plus intolérantes à l’égard de ceux et de celles qui entendent témoigner, œuvrer et progresser dans la fidélité aux Confessions de foi de l’Eglise des premiers siècles et à celles de la Réformation, toutes soumises à la Parole de Dieu. La liberté de conscience et de confession de la Foi de ces derniers sera bridée, les synodes ne donnant la parole et leurs votes qu’à leurs adversaires. Exclusivement[9]. »

 

A moins d’être un partisan de l’unité à tout prix, qui pourrait dire aujourd’hui, vingt ans plus tard et soixante-dix après 1938, que Courthial avait tort ?

 

« Si l’Eglise reprend foi en son Seigneur et en sa Parole, elle est sûre de ne pas être battue. Il pourra y avoir des combats difficiles, des moments redoutables, la mort de certains d’entre nous, des persécutions, des lâchetés comme en commettent trop de chrétiens dans les pays dits libres… malgré cela, Jésus n’abandonne pas son Eglise. Il a toujours un reste fidèle qu’il maintient, et c’est à partir de ce reste fidèle que tout demeure possible[10]. »

 

Dans ces citations, on remarquera que, pour Courthial, il y a dans l’Eglise visible deux Eglises, une spirituelle qui a droit de cité et l’autre charnelle qui n’est pas de l’Eglise.

 

On peut ne pas aimer cette réalité, mais il en était ainsi en Israël, dans l’Eglise primitive (Galates 1!) et il en sera de même jusqu’à la fin du monde.

 

Pierre Courthial nous a rappelé quelles armes utiliser pour le combat.

 

P.C. n’était pas PC : voilà pourquoi son témoignage n’a pas fini de rayonner.

 

Paul Wells,

paul wells

Professeur de théologie systématique,

Doyen de la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence,

Editeur de La Revue réformée.

 

Bible

Croix Huguenote

 


 

« Allocution prononcée par le doyen Pierre Courthial pour le 10e anniversaire de la Faculté » (1984), [1]La Revue réformée, 46 (1995 : 2-3), 28.

[2] Courthial raconte les débuts de la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence dans sa brochure La Foi réformée en France (Aix-en-Provence, Kerygma, 1995), 19-24, dont la lecture permet de redresser certaines erreurs à ce sujet.

[3] La Foi réformée en France, 8.

[4] Voir « L’Eglise instituée et l’Eglise Corps de Christ », in Fondements pour l’avenir (Aix-en-Provence : Kerygma, 1981), en particulier 194.

[5] La Foi réformée en France, 10.

[6] Etudes Théologiques et Religieuses, 49 (1974 : 4), 499-522.

[7] Exemples : l’utilisation des mots « hospitalité », « témoignage commun », « Evangile » ou « évangélisation » constituent des exemples parfaits de ceci dans les discours actuels.

[8] Il croyait à la conversion des juifs et du monde avant le retour de Christ.

[9] « Brève réflexion sur un cinquantenaire », La Revue réformée, 40 (1989 : 1), 52.

[10] « Allocution », La Revue réformée, 46 (1995 : 2-3), 29.

 

 

 

 

Source : La Revue Réformée

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 23:06
La politique de conversion (1660-1685)

Tandis que l’édit est appliqué « à la rigueur », l’Église catholique utilise des moyens pacifiques pour inciter les protestants à la conversion. Des ressources financières sont mobilisées.

Les arguments théologiques

  • Bossuet (Cathédrale de Meaux)
    Bossuet (Cathédrale de Meaux) © O. d'Haussonville

Les incitations à la conversion sont du ressort du clergé. Bossuet, évêque de Meaux se trouve au centre de la propagande anti-réformée entre 1670 et 1680.

Ses deux principaux arguments sont :

  • l’opposition théologique de la Réforme se réduit à la contestation d'anciens abus et à des malentendus dogmatiques,
  • les Églises de la Réforme divergent entre elles alors que l’Église catholique ne varie pas.

Les arguments savamment présentés par des théologiens de renom sont efficaces. En 1668, Bossuet parvient à convaincre le maréchal de Turenne de se convertir au catholicisme.

Certains pasteurs se convertissent aussi.

Les arguments financiers

  • Paul Pellisson, maître des Requêtes et de l'Académie Française
    Paul Pellisson, maître des Requêtes et de l'Académie Française © S.H.P.F.

Les Compagnies de la Propagation de la foi et leurs maisons de nouveaux convertis se multiplient à partir de 1660. À Lyon entre 1659 et 1685, 568 protestants ont abjuré sur une communauté de 1600 membres : il s’agit d’orphelins, de veuves, d’enfants issus de mariage mixtes, d’étrangers à la ville.

Les nouveaux convertis bénéficient d’une aide sociale et d’un soutien pédagogique. Les moyens financiers sont fournis aux maisons de nouveaux convertis par les membres des Compagnies de la Propagation de la foi et les assemblées du clergé.

À partir de 1677, des moyens financiers supplémentaires proviennent de revenus ecclésiastiques nouveaux et alimentent la Caisse des conversions. Celle-ci est confiée par le roi de 1676 à 1693 à Paul Pellisson, un converti. La Caisse vient aussi soutenir les missions en terres protestantes, reprises en main avec efficacité par les évêques alors qu’elles s’étaient relâchées au milieu du siècle.

Dans l’ensemble cette politique de conversion ne rencontre pas un succès éclatant.

 

 

 

Source 

Musée virtuel du Protestantisme
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 23:01
Le harcèlement juridique (1661-1685)

Sous la pression du clergé, Louis XIV décide d’appliquer l’édit de Nantes dans un sens de plus en plus restrictif pour forcer les protestants à se convertir. C’est pourquoi on parle d’édit à la rigueur.

L'utilisation des plaintes du clergé

  • Défense de chanter les psaumes 1681
    Défense de chanter les psaumes 1681 © S.H.P.F.

En 1661 commence le règne personnel de Louis XIV. Le roi a pour dessein de réunir à l’Église catholique ceux qui s’en étaient séparés. Pour lui, c’est une condition nécessaire à l’unité du royaume.

La réalisation de ce dessein ne s’arrête pas même si elle est modulée par les circonstances extérieures. C’est ainsi qu’elle est ralentie pendant la guerre de Dévolution (1667) contre l’Espagne et pendant la guerre de Hollande (1672-1678) qui se termine par la paix de Nimègue. Louis XIV vainqueur, alors au faîte de sa puissance, devient « dévot » et il relance la politique de persécution légale.

Le roi nomme des commissaires royaux chargés d’enquêter sur les plaintes du clergé qui lui sont transmises après la réunion des évêques de France en 1656. À partir de 1665 la charge de commissaire royal est attribuée à l’intendant de chaque province.

Plusieurs ecclésiastiques juristes justifient une interprétation restrictive de l’édit de Nantes au motif que celui-ci a été arraché par la « religion prétendue réformée » à la faveur des guerres.

Il se met en place une législation démolissant l’édit pièce à pièce par une succession d’arrêts du conseil du roi et de déclarations royales au moins 75 de 1661 à 1678 et une centaine de 1679 à 1685.

L'exercice du culte et l'enseignement

  • Défense d'enterrer les morts dans la journée (1663)
    Défense d’enterrer les morts dans la journée (1663) © SHPF

À la demande du clergé des diocèses, les commissaires enquêtent avec zèle sur la régularité de l’exercice du culte réformé. L’ordre de fermeture des temples intervient en cas d’irrégularité, en particulier si on ne peut pas prouver leur existence en 1596 ou 1597. Il ne reste plus alors que la réussite improbable d’un appel au conseil du roi. En cinq ans sur 700 églises réformées plus de 250 sont fermées et parfois démolies, comme celle de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard). Ces mesures sont complétées en 1661 par l’interdiction du chant des psaumes hors des temples et en 1663 par l’interdiction des prédications à proximité des temples fermés sur ordre royal.

Les enterrements des protestants ne peuvent plus avoir lieu que de nuit et avec une assistance réduite. Les cultes dans les châteaux des seigneurs protestants sont entravés en 1682 puis supprimés en 1684.

Les collèges réformés sont interdits, puis, entre 1681 et 1685, les académies où sont formés les pasteurs afin d’en tarir le recrutement.

L'accès aux charges et dignités

  • Édit royal de 1685 interdisant aux protestants d'être reçus avocats
    Édit royal de 1685 interdisant aux protestants d’être reçus avocats © Musée du Désert

Les réformés sont aussi visés dans leur vie civile et professionnelle : ils sont progressivement exclus des fonctions municipales et judiciaires. Les réformés juristes deviennent alors avocats jusqu’à ce que la profession leur soit interdite en 1685.

À partir de 1664 les protestants sont exclus de la plupart des corporations, des métiers de santé et du livre en particulier.

La liberté de conscience

  • Enlèvement des enfants protestants
    Enlèvement des enfants protestants © S.H.P.F.

Les dispositions très précises de l’édit de Nantes sur la liberté de conscience ne sont plus respectées. De lourdes peines sont prévues en 1663 pour empêcher aux nouveaux convertisau catholicisme tout retour à la « religion prétendue réformée ».

En 1680, les conversions au protestantisme sont interdites pour empêcher les mariages mixtes.

Le domicile n’est plus un abri contre les « convertisseurs ». En 1666, il est permis aux curés de se présenter aux malades pour savoir s’ils veulent mourir dans la « religion prétendue réformée ». Mais en 1669, le curé ne peut plus entrer qu’accompagné d’un magistrat et à la demande du malade. En revanche en 1680, ordre est donné aux juges de se transporter chez les malades et d’appeler un ecclésiastique.

En 1681, les enfants peuvent être enlevés à l’autorité des parents aux fins d’éducation chez un parent catholique, dans un collège jésuite pour les garçons ou un couvent pour les filles. Leur conversion est même déclarée valide dès l’âge de sept ans.

Bibliographie
  •  Livres
    • CARBONNIER-BURKARD Marianne et CABANEL Patrick, Une histoire des protestants en France, Desclée de Brouwer, Paris, 1998

 

 

 

Source 

Musée virtuel du Protestantisme
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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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