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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 17:03
Le sacrifice des enfants : une réalité contemporaine
LE SACRIFICE DES ENFANTS :
UNE RÉALITÉ CONTEMPORAINE

par Cornelis Van Dam

En Israël, à l’époque de l’Anti­quité, le sacrifice d’enfants était une réalité de la religion païenne. À tel point que Dieu a bien averti son peuple, avant même leur entrée dans la terre  promise,  de  n’avoir rien à faire avec cette pratique (Lév. 18:21; 20:2-5)Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu! (Deut. 18:10). Israël s’est cependant livré à cette horrible pratique, aussi bien dans le royaume du nord que dans celui du sud. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Dieu a envoyé son peuple en exil (2 Rois 16:3, 17:17; 21:6; Éz. 16:20-21).

Aujourd’hui, l’idée de sacri­fier son propre enfant en l’étendant sur l’autel d’un dieu païen tel que Molok nous répugne. On peut cependant se demander si le danger et la tentation de perpétrer des sacrifices d’enfants n’augmente pas à mesure que notre société se dé­tache de ses amarres chrétiennes et s’en va à la dérive. Encore aujour­d’hui, des enfants sont sacrifiés aux idoles que chacun se forge.

On peut bien sûr montrer du doigt la pratique musulmane des crimes d’honneur. Ce sujet a été propulsé au premier plan de la scène publique lorsque, en janvier 2012, un tribunal canadien a pro­noncé la condamnation d’un père et de son fils pour meurtre au premier degré, ces deux hommes ayant tué quatre femmes au nom de l’hon­neur familial. Trois filles adoles­centes et la première épouse du père ont été sacrifiées au nom de “l’honneur”. La réalité, c’est que les crimes d’honneur se produisent plus souvent que ce qui nous est rapporté dans les médias.

Il n’est toutefois pas néces­saire de fouiller les pratiques de l’islam radical pour trouver des sacrifices d’enfants. La société occidentale pratique ce genre de sacrifices beaucoup plus qu’on ne le reconnaît généralement. Le crime si répandu de l’avortement nous vient immédiatement à l’esprit.

L’avortement

Des parallèles peuvent être établis entre l’ancienne pratique païenne du sacrifice d’enfants au dieu Molok et la pratique actuelle de l’avortement. Dans les deux cas, l’enfant est offert à un faux dieu, que ce soit avant ou après sa naissance. De nos jours, les avortements sont souvent pratiqués sur l’autel de l’idéologie féministe sécularisée, qui prône le droit d’une personne de décider ce qu’elle peut faire avec son corps (niant le fait que l’enfant à naître est un être humain à part entière). Ou encore, l’avortement peut être effectué par soumission au dieu de la commodi­té; un sacrifice humain est perpétré au nom d’une vie de facilité, car les enfants sont souvent considérés une nuisance. D’après une étude, un cinquième de tous les avortements pratiqués aux États-Unis ont été effectués sur des femmes mariées, souvent à l’instigation du mari.

Un autre parallèle peut être établi avec l’ancien sacrifice païen d’en­fants en ce que les avortements sont souvent effectués pour cacher une grossesse inattendue à la suite d’une relation sexuelle illi­cite. Autrefois, en Israël, la prosti­tution avec  les  prêtres de Molok faisait vraisemblablement partie du culte offert à ce dieu. Le fait que le sacrifice d’enfants soit mentionné dans la liste de péchés sexuels en Lévitique 18 le laisse supposer. De plus, la prostitution sacrée était très répandue parmi les religions païennes du Moyen Orient ancien. Dans le cas du culte à Molok, les enfants nés de la prostitution reli­gieuse ont pu être donnés   aux prêtres pour être sacrifiés, façon commode de se débarrasser du fruit non désiré des relations sexu­elles dans le cadre des pratiques religieuses. Aujourd’hui, nombreux sont  ceux  ou  celles  qui  ont des relations sexuelles en dehors du mariage sans trop s’inquiéter de la possibilité d’une grossesse, puisque l’avortement est perçu comme une solution facile.

Il existe des preuves que la pratique de l’avortement a servi à exercer un contrôle de popu­lation dans  l’Antiquité également. Plus spécifiquement, les sacrifices d’enfants pratiqués par l’élite so­ciale aidaient à restreindre la di­mension de leurs familles, ce qui aidait à consolider leur richesse, puisque celle-ci était alors partagée parmi un moins grand nombre de personnes à la génération suivante. Chez les moins nantis, la pratique des sacrifices d’enfants les aidait à tenir la pauvreté en échec. Aujour­d’hui, en Chine, l’avortement sert à exercer le contrôle de la population. Une énorme pression sociale et fi­nancière est exercée sur les couples ayant déjà un enfant pour que la mère se fasse avorter dans le cas de grossesses subséquentes. Des avortements sont souvent imposés à des mères non consentantes.

S’il existe un parallèle entre les avortements à notre époque et les sacrifices d’enfants perpétrés dans l’Antiquité, les enfants d’au­jourd’hui sont privés, d’une autre manière, beaucoup plus insidieuse, de l’essence même de leur vie. On touche à la vie des enfants là où, souvent, ils sont le plus vulnérables. Ils sont en danger, plus que jamais auparavant, de perdre leur enfance et leur innocence sexuelle.

Des enfants dérobés de leur innocence et de leur vie

La tendance actuelle dans le domaine de l’éducation est d’inclure toujours davantage une soi-disant éducation sexuelle dès l’école primaire. Au nom du politiquement correct et de l’inclusivité, de plus en plus de livres pour enfants dépeignent des “familles” homosexuelles et autres thèmes homosexuels comme étant tout à fait normaux. En ce moment le gouvernement libéral de l’Ontario met en l’avant un projet de loi qui, au nom de la lutte contre l’intimidation (une cause louable), fait la promotion d’une éducation sexuelle radicale. Si ce projet de loi est accepté sous sa forme actuelle, les écoles seront forcées de promouvoir la tolérance sexuelle en soutenant les élèves qui voudront organiser des activités telles que des clubs homosexuels.

Gaver les jeunes enfants et les adolescents de ce genre d’édu­cation sexuelle et tenter de façon­ner leur esprit selon des impératifs moraux non bibliques et contre nature est extrêmement déroutant pour ces enfants et ces adolescents. En fait, puisque les enfants et les adoles­cents sont à un âge très vulnérable, il est immoral et irresponsable de la part des éducateurs d’enseigner ceux qui leur sont confiés à remettre en question leur identité sexuelle, comme si le sexe que Dieu leur a donné n’était pas un indicateur suffisant de ce qu’il attend d’eux.

L’identité sexuelle d’une per­sonne est cruciale pour sa perception d’elle-même. En un sens, cette identité est au cœur même de la vie d’une personne. Comme le démon­tre le Dr Miriam Grossman dans son livre publié en 2009 et intitulé “Vous enseignez quoi à mes enfants ?”, la toute dernière chose dont les enfants et les adolescents ont besoin, c’est ce que les soi-disant experts en éducation sexuelle exigent en ce moment. À l’âge qu’ils ont, ils ne sont pas en mesure de réfléchir de manière rationnelle à ce domaine de la vie. La science neurologique a démontré que le cerveau d’un adolescent n’est pas capable de prendre des décisions rationnelles responsables en ce qui a trait à la sexualité, car son sys­tème cérébral n’a pas fini de se dé­velopper. Les mauvaises décisions que prennent les adolescents dans le domaine de la sexualité ne sont pas dues à un manque d’informa­tion, mais plutôt à un manque de jugement. Seuls le temps et le pro­cessus de maturation permettent de dépasser ces limites. Encourager les enfants à la liberté et au péché sexuels met leur santé en danger et peut-être même leur vie. Ce qui constitue le moteur d’une grande partie de l’éducation sexuelle ac­tuelle, c’est une idéologie erronée et   non   pas   une   science   avisée. Miriam Grossman l’établit clairement dans son étude.

Des jeunes vies sont ruinées. Des enfants et des adolescents sont dérobés de leur innocence sexuelle et de la possibilité de grandir d’une façon normale, leur permettant de prendre progressivement cons­cience de leur identité de garçon ou de fille sans être précipités dans des problèmes d’adultes. On sacrifie les enfants sur l’autel de la cause homosexuelle et du politiquement correct. Les conséquences pour les élèves peuvent être dévastatrices pour le reste de leur vie. Au fond, c’est une forme de sacrifice d’en­fants. Une idéologie perverse cherche à restructurer la société et à l’orienter dans une nouvelle direction, sans se soucier du prix que les enfants doivent payer.

Nos enfants offerts en sacrifice vivant

Les enfants sont un grand don de Dieu. Leurs vies doivent être protégées, nourries et formées avec soin. Les parents Chrétiens peuvent être des instruments entre les mains de Dieu, qu’il utilise non seulement pour leur donner la vie physique, mais aussi pour leur donner la vie en Jésus-Christ. Les pères et les mères croyants peuvent offrir leurs enfants à Dieu en sacri­fice vivant de reconnaissance, tout comme ils s’offrent eux-mêmes à Dieu pour le servir. Le Seigneur notre Dieu nous exhorte par le biais de l’apôtre Paul à nous offrir nous-mêmes comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu: ce qui est bon, agré­able et parfait. (Romains 12:1-2, voir 1 Pierre 2:5).

Offrir des sacrifices vivants – vivants pour Dieu -, voilà le défi que nous avons reçu en ce qui concerne nos enfants, au cœur même de la culture de mort et de faillite morale néopaïenne dans laquelle nous vivons. Nous pouvons chercher à élever nos enfants dans la crainte du Seigneur en les offrant à Celui qui donne la vie, aussi bien la vie présente que la vie éternelle. Quel merveilleux privilège rehaussant la vie !

Cornelis Van Dam Reformed Protestant
Cornelis Van Dam

 

 

 

 

 

Bible
Huguenot Cross

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

Traduit et réimprimé avec permission, Cornelis Van Dam, “Child Sacrifice”, Clarion, Vol. 61, No. 12, 8 juin 2012, p. 302-304. L’auteur, à la retraite, était professeur d’Ancien Testament au Canadian Reformed Theological Seminary (Séminaire théologique réformé canadien) à Hamilton dans l’Ontario.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:46
Sur Jésus-Christ ressuscité - Bénédict Pictet (prière)

Seigneur Jésus ! Qui as été mort, mais qui es aussi ressuscité pour ma justification; qui ayant été mortifié en chair, as été vivifié en Esprit, et déclaré Fils de Dieu en puissance par ta résurrection des morts.  Tu me vois dans un saint transport de ce que tu as vaincu la mort, et triomphé glorieusement du sépulcre. Je ne puis donc plus douter que tu n'aies parfaitement achevé l'oeuvre de mon salut, et payé ma rançon.

Ainsi je te regarde comme mon parfait Rédempteur, la résurrection et la vie. La mort t'avait comme englouti comme autrefois Jonas le fut par un grand poisson; mais tu l'as engloutie en victoire; comme un autre Samson, tu as enlevé les portes du sépulcre, et tu as été la mort de la mort même. Je ne craindrai donc plus cette ennemie vaincue et désarmée, que je vois enchaînée à ton char de triomphe.

Je sais que qui croit en toi ne mourra jamais, et que tu le ressusciteras au dernier jour. Je crois, Seigneur! je vivrai donc encore avec toi, tu viendras un jour ouvrir le tombeau où mon corps doit reposer, et tu m'en tireras par ta puissante main. Tu es vivant, et tu demeureras le dernier sur la terre, je te verrai encore de ces mêmes yeux, dont je vois les objets corporels, je contemplerai ta face en justice quant je serai réveillé. Mais fais que j'aie part à la première résurrection.

Vivifie et sanctifie mon âme, afin que je sois régénéré en espérance vive par ta résurrection des morts, et qu'un jour, en corps et en âme, tu me reçoives dans ton ciel.

 

Amen,

Bénédict Pictet

Bénédict Pictet

Pasteur Protestant
 

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Bible
Croix Huguenote

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365

 

A Toi la Gloire / Thine be the glorie / U zig de glorie

 À Toi la gloire, Ô Ressuscité ! A Toi la victoire, pour l'éternité ! Brillant de lumière, l'ange est descendu ; il roule la pierre du tombeau vaincu. À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Eternité ! Vois-Le Paraître ! C'est Lui, c'est Jésus, Ton Sauveur, Ton Maître, oh ! ne doute plus ! Sois dans l'allégresse, Peuple du Seigneur, et redis sans cesse que Christ est Vainqueur. À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire,
pour l’Eternité ! 
Craindrais-je encore ? Il vit à jamais, Celui que j'adore, Le Prince de Paix ; Il est Ma Victoire, Mon Puissant Soutien, Ma vie et Ma Gloire. Non, je ne crains rien ! À Toi la Gloire, Ô Ressuscité ! À Toi la Victoire, pour l’Eternité !

Bible
Croix Huguenote

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365

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  La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:30
Sur ce que dit Paul : Christ notre Pâque a été sacrifié pour nous - Bénédict Pictet (prière)

Autrefois, mon Seigneur et mon Dieu ! Tu avais ordonné à ton peuple de célébrer la Pâque avec des pains sans levain, des herbes amères, les reins ceints, et le bâton à la main. Tu n'exiges plus aujourd'hui rien de semblable de ton nouveau peuple; mais tu nous demandes la vérité de ce qui était figuré par ces anciennes cérémonies.

Ton Christ, comme notre Agneau, ayant été immolé, non seulement tu nous exhortes de faire aspersion de son sang sur nos âmes par une véritable foi; mais encore tu nous déclares par ton apôtre, que nous ne saurions avoir part à ce divin agneau, si nous ne nettoyons le vieux levain qui est en nous; si nous ne nous purifions de toute souillure de corps et d'esprit; si prenant en nos mains le flambeau de la loi nous n'examinons avec soin nos consciences et les plus secrètes cachettes de nos âmes, pour en ôter tout ce que nous y trouverons de ce levain que tu détestes, les restes de l'avarice, de l'ambition, de la luxure, de la superstition, de l'envie, pour le consumer, en sorte qu'il n'en reste plus aucune trace.

Seigneur ! J'entends la voix de ton apôtre qui me l'ordonne, mais je ne saurais exécuter ce saint commandement, si tu ne m'en donnes la force, et si par ton Esprit tu ne viens toi-même me délivrer de ce maudit levain et produire en mon cœur ces divines vertus que tu nous prescrits, la sainteté, la pureté, la chasteté, la sincérité, la douceur et la vérité.

Viens donc, ô mon Dieu ! Agis en moi par ton Esprit, afin que je puisse célébrer la fête d'une manière qui te soit agréable. Fais que je mange ton Agneau avec les herbes amères d'une vraie repentance, en me considérant comme un voyageur qui doit quitter le monde, et qui aspire à la patrie céleste, afin qu'après avoir passé quelques temps dans ce désert, je sois introduit dans ton Canaan.

Amen.

Bénédict Pictet

Bénédict Pictet

Pasteur Protestant
 

Christ The Lord is Riden today ! (Congrégation Grace Community Church - Sun Valley, Californie)

Connu également sous ces paroles : Brisant Ses liens funèbres, Alléluia ! Christ est Sorti des ténèbres ; Alléluia ! Le ciel, la terre ont chanté : Alléluia ! Jésus est Ressuscité. Alléluia ! Les soldats, le sceau, la pierre, Alléluia ! N'ont pu le garder en terre : Alléluia ! Et c'est pour nous qu'aujourd'hui, Alléluia ! Le ciel s'ouvre devant Lui ! Alléluia ! Il Vit, Notre Roi de Gloire ! Alléluia ! Sépulcre, où est ta victoire ? Alléluia ! Il a détruit sans effort, Alléluia ! La puissance de la mort. Alléluia ! Puisque Ta mort fut suivie, Alléluia ! Du triomphe de la vie, Alléluia ! Je veux, ô Mon Divin Roi Alléluia ! Mourir et Naître avec Toi ! Alléluia !

 

Christ the Lord is ris’n today, Alleluia !

Sons of men and angels say : Alleluia !

Raise your joys and triumphs high, Alleluia !

Sing, ye heav’ns, and earth reply : Alleluia !

Lives again our glorious King, Alleluia !

Where, O death, is now thy sting ? Alleluia !

Dying once, he all doth save, Alleluia !

Where thy victory, O grave ? Alleluia !

Love’s redeeming work is done, Alleluia !

Fought the fight, the battle won, Alleluia !

Death in vain forbids Him rise, Alleluia !

Christ has opened paradise, Alleluia !

Soar we now where Christ has led, Alleluia !

Foll’wing our exalted Head, Alleluia !

Made like Him, like Him we rise, Alleluia !

Ours the cross, the grave, the skies, Alleluia !

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Bible
Croix Huguenote

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365

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La source même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:17
Et Resurrexit, extrait du Credo de Jean Sébastien Bach avec paroles du symbole de Nicée-Constantinople

Et Resurrexit,

extrait du Credo en si mineur BWV 232

de Jean Sébastien Bach.

 

Les paroles latines sont celles du symbole de Nicée-Constantinople (325/381 après Jésus Christ) :

Il est ressuscité [des morts] le troisième jour [suivant la crucifixion], selon les Écritures [c'est-à-dire en accomplissement des prophéties annoncées à son sujet dans les Écritures sacrées, = l'Ancien Testament].

La composition d'Et Resurrexit en si s'est étalée sur de nombreuses années (1724-1749), le Credo étant l'une des dernières parties venant compléter l'ensemble.

Jean Sébastien Bach, qui signait toutes ses œuvres par une autre parole en latin : "Soli Deo Gloria" (A Dieu seul la gloire) semble n'avoir jamais entendu l'oeuvre complète. 

 

 

foi et vie réformées

Explicatif apporté par le Pasteur Eric Kayayan de Foi & Vie Réformées,

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 05:00
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (1ère partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

Si l'on nous eût donné à deviner lequel d'entre tous ses disciples Jésus ressuscité devait honorer de sa première apparition, qui aurions-nous nommé ?

 

À n'écouter d'abord que le cri de la nature, cette tendre mère, à laquelle une épée venait de transpercer l'âme (*1), se serait offerte à notre esprit avant tous les autres.

 

Puis, à peser les droits sacrés de l'apostolat, nous aurions balancé entre les deux disciples de prédilection, Pierre, héritier de cette grande promesse :

 

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon É(Eglise (*2), » ou Jean, le disciple intime, le plus empressé des deux à constater la résurrection de son Maître (*3), et le premier à la croire (*4).

 

Mais la dernière personne à laquelle nous aurions pensé, convenons-en, c'est une pauvre étrangère qui avait commencé par être l'indigne proie de sept esprits infernaux.

 

Et pourtant, c'est cette pauvre étrangère, c'est Marie de Magdala qui a été choisie :

 

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle Il avait chassé sept démons. »

 

En mettant ainsi en regard, dans un de ces raccourcis qui lui sont propres (*5), le premier et le dernier des traits par lesquels le Saint-Esprit nous a fait connaître Marie-Magdeleine, notre évangéliste a eu quelque chose de plus sérieux en vue que de nous proposer un contraste curieux ou embarrassant.

 

Pour lui, ce contraste cache un rapport profond :

 

Si Marie - Magdeleine a été élevée si haut, c'est parce qu'elle avait été retirée de si bas.

 

Étudions la transition instructive qui l'a conduite de l'un de ces termes à l'autre, et que l'histoire évangélique, développant la pensée de saint Marc, nous fait suivre de période en période, non en nous exposant les sentiments intérieurs de Marie-Magdeleine, mais en nous la montrant à l'oeuvre dans quelques-unes de ces grandes occasions où le coeur se révèle par l'action.

 

Car, chose étonnante !

 

Dieu, Lui Seul connaît les coeurs, ne peint guère l'homme que par ses oeuvres, tandis que l'homme, qui ne voit que les oeuvres, s'évertue à pénétrer le secret des coeurs.

 

Me trompé-je en disant que cette étude répond à un besoin de nos âmes ?

 

Nous désirons, nous aussi, que Jésus se révèle a nous dans la sainte gloire de sa résurrection (*6).(...)

 

La seule chose que nous sachions de la conversion de Marie-Magdeleine, c'est que Jésus avait chassé d'elle sept démons.

 

C'est là le fait saillant qui a frappé les évangélistes, saint Luc aussi bien que saint Marc ; c'est sans doute aussi celui qui a frappé ce peuple fidèle dont ils sont les organes inspirés : pour l'Église primitive, Marie-Magdeleine était cette femme bien connue de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

La tradition qui nous représente Marie - Magdeleine livrée aux honteux désordres de la chair, est d'origine plus récente et sans appui solide.

 

On avait jugé, sans raison suffisante, que la présence des esprits malins ne pouvait aller sans une vie déréglée ; ou bien on avait, avec moins de raison encore (*7), confondu Marie-Magdeleine avec cette pécheresse qui vient répandre sur les pieds du Seigneur une huile odoriférante, en les arrosant de ses larmes et les essuyant de ses cheveux.

 

Ne cherchons pas des crimes à Marie-Magdeleine, pour accroître le prodige de sa conversion : avant tout, comme l'Écriture, soyons vrais.

 

Hélas ! Et ce trait seul ne suffit-il pas pour jeter sur son premier état une mystérieuse, mais effrayante lumière : sept démons (*8)?

 

Ce n'est pas le lieu et temps de discuter la condition de ces démoniaques, qui apparaissent dans le Nouveau Testament comme pour fournir au Fils de Dieu l'occasion de déployer toute sa Vertu Divine, dans une lutte étrange et terrible avec les puissances des ténèbres.

 

Une chose est certaine : c'est que ces infortunés, asservis à une influence occulte et pernicieuse, au travers de laquelle perçaient çà et là des lueurs d'intelligence, de foi même, qui redoublaient le sentiment de leur misère quand elles ne les conduisaient pas au Sauveur, appartenaient, par leur condition tant physique que morale, aux plus malheureux et aux plus déchus d'entre les hommes.

 

C'était porter en soi le germe de tous les péchés et de toutes les douleurs, que d'y porter cette action des esprits malins ; c'était ressentir un avant-goût de l'enfer sur la terre, avec ses souffrances sans consolation, avec sa lumière tardive et infructueuse ; aussi les démons chassés comptent-ils, dans le récit des évangélistes, parmi les prodiges les plus éclatants de Jésus-Christ et parmi Ses Bienfaits les plus signalés.

 

Sept démons ! C'est le type du dernier degré d'abaissement moral (...)

 

Sept démons ! Il n'en a fallu qu'un pour réduire un pauvre enfant à cet état d'égarement et de fureur qui défie tous les efforts des apôtres, et ne cède enfin à la parole de Jésus-Christ, spécialement préparé par le jeûne et par la prière, qu'au travers d'un si affreux combat que le malade guéri passe quelque temps pour mort aux yeux de la multitude épouvantée (*9).

 

Sept démons ! On peut juger de ce qu'a dû être la condition première de Marie-Magdeleine par celle de cet autre possédé en qui l'esprit immonde, pressé par cette question du Seigneur :

 

« Comment as-tu nom ? » répond : « Je m'appelle Légion, car nous sommes plusieurs, » et que saint Marc nous montre rompant ses liens et brisant ses fers, courant de jour et de nuit dans les montagnes et dans les sépulcres, se meurtrissant. avec des pierres et poussant des cris lamentables (*10).

 

Telle à peu près a dû être la condition de Marie-Magdeleine, jusqu'au jour de Grâce où elle rencontra ce Fils de Dieu « que tous les anges adorent, » et que les démons confessent en dépit d'eux tout en blasphémant.

 

Il parle, et la voici délivrée ; Il dit : « Esprit immonde, Je te commande, Moi, sors et ne rentre plus (*11) » et voici Marie-Magdeleine rendue, j'allais dire à la société et à sa famille, mais disons mieux encore, rendue à elle-même et à Dieu.

 

Qu'on se figure la confiance et la gratitude qui l'attachent désormais à Celui qui l'a fait passer « de la puissance « de Satan à Dieu, et des ténèbres à la lumière (*12). »

 

La profondeur de l'abîme d'où elle a été retirée, tel est le principe, telle est la mesure de l'amour qu'elle porte désormais à Jésus ; et cet amour est la clef de tout ce qu'elle fait à l'égard de Jésus vivant, de Jésus mourant, de Jésus ressuscité.

 

Elle le suit vivant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le pleure mourant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le cherche ressuscité, parce qu'elle l'aime ;

 

Et elle l'aime, parce qu'elle n'a qu'à jeter un regard sur Lui pour se rappeler que c'est Lui Seul qui l'a délivrée, et qu'à en jeter un sur elle-même pour se rappeler de quoi Il l'a délivrée, elle, cette femme indigne et misérable, jadis possédée de sept démons à la fois.

 

Le premier effet par lequel se déclare l'amour de Marie-Magdeleine pour Celui qui l'a délivrée, c'est le désir de Le suivre dans le cours de sa Sainte et Bienfaisante vie.

 

Cette expression de sa reconnaissance ne lui est pas particulière : quand Jésus a délivré ce malheureux Gadarénien de sa légion de démons , le malade guéri sollicite la faveur d'être avec Lui.

 

Jésus, qui avait pour cet homme une autre mission en réserve, Lui répond :

 

« Retourne en ta maison, et raconte quelles grandes choses Dieu t'a faites (*13); » mais la mission d'un homme n'est pas celle d'une femme, et la mission d'un disciple n'est pas celle d'un autre disciple (*14) : Marie-Magdeleine désire à son tour d'être avec le Seigneur, et Jésus ne le lui défend point.

 

La voilà donc qui s'attache à tous ses pas, comme ses apôtres, jusqu'à l'accompagner aux fêtes solennelles, où la présence des hommes était seule réclamée par la loi (*15) :

 

« Il allait de ville en ville, et de bourgade en bourgade, prêchant et annonçant le royaume de Dieu; et les douze disciples étaient avec Lui, et quelques femmes aussi qu'Il avait délivrées des malins esprits et des maladies, savoir Marie qu'on appelait Magdeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, et Jeanne, femme de Chuzas, lequel avait le maniement des affaires d'Hérode, et Suzanne, et plusieurs autres, qui l'assistaient de leurs biens (*16). »

 

Marie-Magdeleine, nommée constamment la première, et peinte au point de départ par saint Luc du même trait dont la peint saint Marc en terminant, est à la tête de ce cortège de femmes pieuses qui suivent le Seigneur de lieu en lieu, et qui en même temps subviennent à ses besoins.

 

Jésus n'avait rien à Lui dans ce monde, ni un lieu même où reposer sa tête : c'est à un ami qu'Il demande un asile à Jéricho (*17) ; c'est d'un ami qu'Il emprunte une monture pour entrer dans Jérusalem (*18); c'est chez un ami qu'Il retient une chambre haute pour célébrer la Pâque (*19).

 

Eh bien ! Marie-Magdeleine, pourvue des biens de ce monde, s'empresse de les mettre à la disposition de Celui à qui elle doit tout et se doit elle-même, heureuse de pouvoir faire quelque chose pour Lui rendre moins pesant le fardeau de la vie humaine, dont Il s'est chargé pour la soulager.

 

Toutefois, ce généreux sacrifice n'est pas encore ce qui me touche le plus dans Marie-Magdeleine suivant tous les pas du Seigneur.

 

Ce qui me touche le plus, c'est le tendre empressement qu'elle fait paraître de demeurer toujours avec Lui, pour ne perdre aucune de Ses Paroles , aucun de Ses Miracles, aucune de Ses Guérisons, plus spécialement peut-être aucune de celles qui ressemblent à la sienne.

 

Tout cela nous semble peut-être assez naturel, et nous nous étonnons de voir une grande preuve de l'amour de Marie-Magdeleine pour Son Sauveur dans une conduite toute simple, et que nous aurions tenue nous-mêmes à sa place.

 

Mais y avons-nous bien réfléchi ?

 

Prenons garde : rien de plus attrayant que la charité en perspective et le sacrifice à l'horizon ; mais la réalité est une rude épreuve pour le dévouement, et la seule certaine.

 

Jugeons plutôt de ce que nous aurions fait dans une situation que nous n'apercevons qu'à distance, par ce que nous faisons actuellement dans une situation qui est la nôtre, et où Dieu lui-même nous fournit les moyens de connaître ce qui est dans notre coeur.

 

Vivant aux jours de Jésus-Christ, nous nous serions empressés, pensons-nous, de mettre à son service ce que nous avons de biens sur la terre.

 

Nous aurions fait comme Marie-Magdeleine qui donne son trésor, non comme le jeune riche qui refuse le sien.

 

Et pourquoi donc faisons nous bien souvent dans une vraie réalité objective comme le jeune riche, non comme Marie-Magdeleine ?

 

Si Jésus-Christ n'est plus sur la terre, Il y a laissé ses disciples, qui sont Ses Frères, les membres de Son Corps, et parmi lesquels il ne manque pas de pauvres (*20).

 

Il nous a déclaré que ce que nous faisons pour eux, nous l'aurons fait pour Lui, et que ce que nous leur refusons, nous l'aurons refusé à Lui-même.

 

Voilà un moyen tout trouvé, un moyen pratique sans danger d'illusion ni de poésie, de prouver notre disposition à faire des sacrifices pour Jésus-Christ.

 

Ce moyen, quel usage en faisons-nous ?

 

Nous voit-on en recherche d'occasions pour assister Jésus-Christ dans la personne du pauvre qui croit en son nom ?

 

Nous voit-on nous dépouiller un peu largement en sa faveur de notre superflu, je n'ose pas dire toucher à notre nécessaire ?

 

Ah ! sachons bien que telle que Marie-Magdeleine a été pour le Sauveur, telle elle serait aujourd'hui pour ses frères ; et qu'elle aurait cru se renier elle-même, que de se contenter de ces misérables secours que la plupart d'entre nous, même de ceux qui font profession d'une foi évangélique, se laissent si péniblement arracher.

 

Aussi bien, elle ne pouvait suivre Son Maître, sans trouver à chaque pas, dans les malheureux que la Charité de Jésus attirait de toutes parts, des occasions qui sollicitaient son esprit de sacrifice.

 

Si nous devions nous plaindre de la multitude des appels qui viennent chercher notre bienfaisance : pour elle, sa vie entière était un appel continuel, qu'elle allait chercher elle - même.....

 

Grâces à Dieu, il est dans tous les temps quelques veuves qui donnent de leur nécessaire, quelques Dorcas qui donnent leur travail, quelques Barnabas qui donnent leurs possessions, après s'être donnés eux-mêmes ; il en est que nous connaissons, il en est d'autres qui réussissent à se cacher; - mais, hélas !

 

Hélas ! Sont-ils donc si nombreux que le sacrifice de Marie-Magdeleine ne nous doive inspirer ni admiration ni surprise ?

 

 

 

Suite 2ème partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod)  

Bible (124)

Croix Huguenote

 

 

 

 

Notes :

-1. Luc II, 35. 

 

-2.Math, XVI, 16. 

 

-3. Jean XX, 2-4 

 

-4. Jean XX, 8.

 

.-5. Marc 1, 13, etc. 

 

-6. Éph. 1, 19-fin; 1 Cor.-IV, 14-22, Etc.

 

-7. Luc VIII, 2, rapproché de Luc VII, 37-50.

 

-8. Marie-Magdeleine peut avoir été possédée de ces sept démons, et guérie par le Seigneur, ou successivement, ou simultanément. La seconde hypothèse est de beaucoup la plus vraisemblable, par analogie avec Luc VIII, 27-39, et Matth. XII, 43-45.

 

-9. Marc IX, 19-27. 

 

-10Marc, V, 1-20.

 

-11. Marc IX, 25. 

 

-12. Actes XXVI, 18.

 

-13. Luc VIII, 39.

 

-14. Luc IX, 57-62.

 

-15. Matth. XXVII, 55-56.

 

-16. Luc VIII. 1-3.

 

-17. Luc XIX, 5.

 

-18. Luc XIX, 30, 31

 

-19. Luc XXII, 12.

 

-20.1 Cor. 1, 26.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:58
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (2ème partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Ce devait être aussi, pensons-nous, une vie pleine d'intérêt et de mouvement, que celle de ces disciples et de ces femmes, compagnons assidus du Sauveur auditeurs de Ses Discours, témoins de Ses Oeuvres, spectateurs de Ses Prodiges.

 

Fort bien, s'ils l'eussent suivi dans l'esprit de ce peuple volage qui se pressait parfois sur les pas de Jésus-Christ pour n'en prendre que selon Son Attrait, un jour prêtant l'oreille au sermon de la montagne, un autre jour profitant de la multiplication des pains, ici assistant à la résurrection de Lazare, là attendant l'accueil fait à la prière de la Cananéenne, ou à la question des Pharisiens coalisés avec les Hérodiens.

 

Mais suivre Jésus, comme Marie - Magdeleine, jour après jour, dans toutes les situations, dans toutes les fatigues, dans toutes les douleurs, dans toutes les humiliations, dans toutes les réalités enfin de la vie de l'Homme-Dieu sur la terre ;

 

Le suivre, quand ses disciples n'avaient le loisir ni de se reposer, ni de manger (*21);

 

Le suivre, quand Ses Discours éloignaient de Lui tous ceux qu'une foi invincible n'enchaînait pas auprès de Sa Personne (*22);

 

Le suivre, quand ceux de Nazareth Le menaient au haut de leur montagne pour l'en précipiter (*23), ou quand ces Juifs tenaient déjà des pierres dans leurs mains pour Le lapider (*24);

 

Le suivre, quand on ne pouvait Le suivre qu'au péril de sa propre vie (*25),  

 

Etait-ce aussi curieux, aussi nouveau, aussi entraînant selon nous ?

 

Ah ! Que nous nous connaissons mal nous-mêmes, ou que nous connaissons mal Le Fils de l'homme !

 

Que nous savons peu combien nous sommes asservis à nos habitudes, à nos aises, à notre bien-être, ou que nous savons peu combien Sa Vie, et la vie de ceux qui l'entouraient, était remplie de privations, d'amertumes, de périls !

 

Quand nous Lui aurions dit :

 

« Maître, je Te suivrai partout où Tu iras, »

 

Il nous eût répondu comme à ce disciple novice :

 

« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête (*26); »

 

Et qu'aurions-nous fait alors, nous que décourage parfois, souvent, la moindre peine, le moindre reproche, le moindre embarras à affronter pour le Saint Nom de Jésus ?

 

Mais au reste, à cette double épreuve du sacrifice pécuniaire et du sacrifice personnel, il s'enjoignait une troisième, plus redoutable encore peut-être, mais que je me borne à indiquer : celle de la sainteté.

 

La sainteté seule de Jésus devait suffire pour écarter une âme ordinaire, si elle n'était retenue, comme un Judas, par l'intérêt et par l'hypocrisie.

 

Avez-nous jamais songé à ce qu'il en coûte d'avoir constamment sous les yeux un parfait exemple de piété, de charité, d'humilité, de vie céleste, soit qu'on s'applique avec une noble ardeur à se régler sur ce modèle, ou qu'on se résigne lâchement à subir la censure incommode qu'on y trouve, comme Caïn dans les oeuvres bonnes de son frère ?

 

Mais, croyez-moi : on ne la subira pas longtemps ; si l'on ne tue pas comme un Caïn, on fuira du moins comme un Démas ; suivre Jésus, c'est s'engager tacitement à l'imiter.

 

Je ne parle point ici pour nous accabler : je ne veux que nous faire apprécier, par un contraste humiliant pour nous, tout ce que valait, tout ce que prouvait la fidélité de Marie-Magdeleine à suivre Jésus-Christ vivant.

 

Qu'est-ce donc qui la rendait capable de cette vie, dont nous serions, selon toute apparence, incapables ?

 

C'est qu'elle était cette femme de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

En échange d'une telle délivrance, l'abandon de sa fortune, de son repos, de sa volonté, de sa vie même, si elle lui était demandée, ne lui semblait qu'un présent de vil prix.

 

Et nous, voilà ce qui nous manque : Jésus ne nous a pas délivrés de sept démons.

 

Que si nous souhaitons cependant une épreuve plus décisive pour le dévouement de Marie-Magdeleine, nous ne serons que trop tôt satisfaits.

 

Il est si vrai qu'il fallait aimer Jésus comme Marie-Magdeleine l'aimait, pour s'associer comme elle le faisait à sa vie, que nous allons voir la génération contemporaine importunée par cette vie si bienfaisante, mais si sainte, et tout occupée des moyens d'y mettre un terme.

 

A peine ce beau spectacle a-t-il commencé d'être donné au monde, que déjà Il va lui être enlevé : le Fils de l'homme est retranché de la terre des vivants (*27).

 

Le voici, en quelques jours, que dis-je ?

 

En quelques heures, trahi, arrêté, jugé, condamné, crucifié entre deux brigands.

 

« Il a été mis au rang des malfaiteurs (*28). »

 

Que devient alors Marie-Magdeleine ?

 

Hélas ! Il y a un moment de terreur panique (*29), où le vide se fait de toutes parts autour de « l'homme de douleurs (*30), » et où la terre entière l'abandonne (*31), souvenir à jamais humiliant pour la race humaine.

 

Toutefois, le premier coup de tonnerre passé, les plus fidèles, ou les moins infidèles, se rallient, mais avec quelle timidité !

 

Des deux seuls apôtres qui suivent Jésus (*32), l'un le renie, l'autre n'évite l'apostasie que par le silence ; pas une voix ne s'élève en faveur du Fils de l'homme livré aux mains des méchants.

 

Cependant un groupe de disciples, où les femmes dominent, suivent, en pleurant, Jésus au Calvaire ; et, après avoir peut-être envié secrètement à Simon de Cyrène le pesant fardeau dont on charge ses épaules, ils s'arrêtent, enchaînés sans doute par la crainte, et contemplent à distance la scène de la suprême douleur.

 

Marie-Magdeleine est dans ce groupe (*33).

 

Mais en voici quatre (*34), fidèles entre les fidèles, qui, s'enhardissant par degrés, percent enfin à grand'peine au travers de cette multitude curieuse, de ces pharisiens acharnés, de ces soldats romains cruellement empressés, de tous ces obstacles qui eussent rebuté dix fois un courage, disons mieux, un amour ordinaire, et ne s'arrêtent cette fois que parvenus au pied de la croix : Marie-Magdeleine est de ces quatre, qui donnent à Jésus la plus haute marque d'amour qu'il ait reçue durant « les jours de sa chair. »

 

Je ne crois pas dépasser la vérité en ajoutant que même entre ces quatre, l'amour de Marie-Magdeleine l'emporte par un certain côté, qui est proprement celui de l'Église.

 

C'est l'amour de Jésus-Christ tout pur, sans l'appui, ni le mélange, d'aucune affection particulière.

 

L'amour de Marie de Nazareth est l'amour d'une mère; l'amour de Jean, l'amour d'un apôtre intime; l'amour de Marie de Cléopas, l'amour d'une tante, et cette tante, la mère d'un apôtre (*35).

 

Mais l'amour de Marie-Magdeleine, sans parenté ni apostolat, c'est l'amour, non de tel ou tel disciple, non de telle ou telle catégorie de disciples, mais de l'Église tout entière pour son Sauveur crucifié.

 

Cet amour, Marie-Magdeleine le témoigne, non en apôtre, par une profession publique, telle que la fit autrefois Simon Pierre, mais en femme, par sa présence, par ses larmes, par sa sympathie.

 

Si Jésus souffre pour Marie-Magdeleine, Marie-Magdeleine souffre avec Jésus.

 

Mais cette sympathie, qui la dira ?

 

Je me plaignais tantôt que l'homme prétend lire dans le coeur de l'homme.

 

Au risque de me contredire, je me laisse aller moi-même à la tentation ; oui, je crois lire dans le coeur de Marie-Magdeleine, comme je lirais dans un livre ouvert.

 

 

 

 

 

  Suite partie 3ème  (Marie Magdeleine par Adolphe Monod)

Bible (56)

Croix Huguenote

 

Notes :
 

-21. Marc VI, 31. 

 

-22. Jean VI, 67-69. 

 

-23. Luc IV, 29.

.

-24. Jean X, 31.

 

-25. Jean XI, 16. 

 

-26. Luc IX, 57,58. 

 

-27. Ésaïe LIII, 8.

.

-28. Marc XV, 27, 28. 

 

-29. Marc XIV, 50 - 52. 

 

-30. Esaïe LIII, 3.

.

-31. Jean XVI, 32.

 

-32. Jean XVIII, 13.

.

-33. Matth. XXVII, 56; Marc XV, 40; Luc XXIII, 49.

.

-34. Auxquels Olshausen et d'autres en ajoutent une cinquième, Salomé, d'après Matth. XXVII, 56, et Marc XV, 40; mais Jean XIX, 25, est contraire à cette supposition.

.

-35. Jacques le Mineur, Marc, XV, 40.

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:56
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (3ème partie)

  « Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Voyons nous Marie Magdeleine, mourant de la mort de Jésus et languissant de ses langueurs, frémissant au bruit de ce marteau tour à tour levé et abaissé, dont les coups retentissent au fond de son âme, et de ces clous enfoncés qui la déchireraient moins., lui semble-t-il, plantés dans ses mains que dans celles de son Maître ?

 

La voyons nous, recueillant tour à tour les sept paroles de la croix, qui ont fait l'étude et l'admiration de l'Église pendant plus de dix-huit cents années, avant de faire l'objet de nos méditations ?

 

La voyons-nous, prêtant l'oreille aux outrages des prêtres, aux railleries des bourreaux, à la prière du larron pénitent, à la confession du centenier, - enfin au dernier soupir du Crucifié, qu'elle attendait pour respirer à l'aise et pleurer sans contrainte ?

 

Jamais elle ne L'a tant aimé vivant, qu'elle L'aime mourant.

 

Pourquoi cela ?

 

C'est qu'elle L'aimait vivant comme Son Libérateur, et qu'elle L'aime mourant comme Son Sauveur; un Sauveur, qui ne la délivre qu'en souffrant pour elle, qui ne Lui donne de vie et de félicité que ce qu'Il prend sur La Sienne, et qui, comme la semence déposée en terre, ne porte son fruit précieux qu'à la condition de mourir (*36).

 

Ainsi que le Bienfait de Jésus, l'amour de Marie-Magdeleine a changé de caractère.

 

Autant l'un est devenu plus douloureux, autant l'autre est devenu plus tendre.

 

C'est pour les pécheurs que Jésus souffre, et par les pécheurs ; c'est plus spécialement pour elle, et par elle, la plus misérable de tous à ses yeux, et à qui sa misère est révélée par cette croix, comme elle ne le fut jamais en Galilée.

 

Elle s'indigne, sans doute, contre les auteurs iniques et les exécuteurs barbares du plus détestable des jugements ; mais elle s'indigne surtout contre elle-même.

 

Ce sont ses péchés, à elle, elle dirait volontiers à elle seule, qui ont imposé à l'Amour de Jésus cet affreux sacrifice ; sa main, sa propre main a conduit les mains qui ont manié ce marteau, planté ces clous, dressé cette croix.

 

Il lui semble que le monde entier va lui dire :

 

C'est pour toi, c'est par toi que tout ceci lui arrive;

 

Et si le monde ne le lui dit pas, elle est prête à le dire au monde :

 

C'est moi qui ai tout fait ; moi, indigne entre les indignes ; moi, la plus ingrate de toutes les créatures, si je n'en étais pas la plus reconnaissante, et si mon amour ne croissait pas avec ses douleurs !

 

Sympathie combien méritée, combien naturelle !

 

Oui, mais combien rare !

 

Rare, comme le sentiment profond de désordre réparé, de coulpe effacée, de peine remise, qui a poussé Marie-Magdeleine au pied de la croix, et que la croix lui rend doublé, centuplé.

 

Nous-mêmes, la connaissons-nous, cette sympathie ?

 

Y a-t-il quelque chose de pareil aux pensées de Marie-Magdeleine, dans les pensées avec lesquelles nous contemplons Notre Sauveur mourant ? q

 

Quelque chose qui soit en rapport avec l'excès de son amertume, ou avec l'objet de Son Sacrifice ; avec ce qu'Il nous doit de douleur, ou avec ce que nous Lui devons de délivrance ?

 

Que dis-je ?

 

Quelque chose qui soit en rapport avec ce que nous avons éprouvé peut-être pour la souffrance d'un indifférent, ou pour le supplice d'un criminel, ou pour des malheurs de roman ou de théâtre ?

 

Coeurs égarés, où la fausse sensibilité a tué la véritable ; tendres à l'excès pour tout le reste, sans pitié pour Lui Seul !

 

C'est affreux, ce que je dis là, c'est effrayant, mais n'est-ce pas bien souvent vrai ?

 

Ah ! C'est que beaucoup n'ont jamais eu conscience, comme Marie-Magdeleine, d'une calamité immense dont Jésus a retirés c'est qu'il n'a pas pour beaucoup encore délivrés de sept démons !

 

Aussi, de quelle ardeur Marie-Magdeleine cherche-t-elle son Sauveur ressuscité !

 

C'est ici la dernière période, et le triomphe de son amour; c'est ici ce qui a inspiré à saint Marc le rapprochement indiqué dans mon texte :

 

« Il apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. »

 

Jésus, Celui qu'elle aimait, sans qui elle ne peut vivre, est mort.

 

Elle L'a suivi vivant; elle La pleuré mourant ; mort, que ferait-elle ?

 

Mort, - mais L'est-Il tout entier ?

 

L'est-Il pour toujours ?

 

L'est-Il pour longtemps ?

 

Son coeur lui dit là-dessus des choses étranges ; et la Parole de Jésus vient en aide à son coeur.

 

Il a annoncé qu'Il mourrait, et qu'Il ressusciterait le troisième jour (*37) ; cela est si bien connu que ses ennemis prennent des précautions pour empêcher l'enlèvement de son corps.

 

Il est vrai que les disciples de Jésus n'ont pas cru cette parole, ou plutôt ne l'ont pas comprise (*38).

 

Marie-Magdeleine ne l'a probablement pas plus comprise que les autres ; les aromates qu'elle apporte pour embaumer le corps de Jésus (*39), et sa plainte répétée :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis (*40), »

 

donnent à connaître qu'elle Le cherche plutôt mort que vivant.

 

Et pourtant, il y a dans le fond de sa pensée quelque autre chose qu'elle ne dit pas, qu'elle ne saurait dire : ce n'est pas ainsi qu'on cherche un mort.

 

En Jésus-Christ Ressuscité, Marie-Magdeleine trouve plus qu'elle n'osait chercher, j'en conviens ; mais certainement aussi dans son seul cadavre, elle eût trouvé moins que ce qu'elle cherchait ; et toute préparée qu'elle est pour l'embaumer, elle s'attend vaguement à avoir quelque chose de meilleur à faire.

 

Après une telle vie et une telle mort, elle compte sur quelque chose d'extraordinaire qu'elle n'avoue à personne, dont elle ne se rend pas compte à elle-même ; elle pressent confusément la Résurrection de Son Maître, à peu près comme Marthe celle de son frère; et sa lumière va croissant par degrés, jusqu'au moment où l'événement vient tout ensemble réaliser ses espérances et les dépasser.

 

Quand je veux me faire quelque idée de ce qui se passe dans son coeur, je me figure une mère qui vient de perdre son fils bien-aimé, mais à qui une parole vénérée a fait concevoir, comme celle d'Élisée à la Sunamite, je ne sais quelle espérance incertaine qu'il va lui être rendu.

 

Je me la figure courant à son tombeau, le trouvant vide, n'ayant plus qu'à choisir entre une résurrection et un enlèvement, n'avouant que' l'enlèvement, mais inclinant vers la résurrection, demeurant la dernière près du sépulcre où elle est venue la première, pleurant, cherchant, interrogeant, attendant, et trouvant enfin son fils, - son fils vivant, - sans oser d'abord le reconnaître, de peur d'avoir à redescendre d'une illusion trop ravissante dans une trop amère réalité...

 

Ce n'est là qu'une image affaiblie de l'histoire de Marie-Magdeleine, devançant tous les autres et prévenant le jour; trouvant la pierre roulée et le sépulcre vide ; courant vers les apôtres, qui semblent ne se mouvoir que sur sa parole ; les rendant témoins de ce qu'elle a vu, mais demeurant après eux pour voir davantage ; seule, faible femme, près d'un tombeau ouvert ; pleurant, et demandant à tout ce qui l'entoure celui qui seul remplit son coeur; le demandant aux anges, en qui rien ne la touche ni ne l'intéresse que le témoignage qu'elle sollicite d'eux ; le demandant à Lui-Même, qu'elle prend pour un autre, - jusqu'au moment où, reconnaissant enfin Sa Voix Aimée dans l'accent dont Il l'appelle, elle est rassurée par cet entretien en deux mots, en deux noms :

 

« Marie ! Rabboni ! » mais deux noms, dont l'un dit tout ce que Marie est pour son Sauveur ressuscité, et l'autre tout ce que Jésus ressuscité est pour Marie sa servante, de laquelle Il a chassé sept démons.

 

C'est toujours à ces sept démons qu'il en faut revenir, c'est par ces sept démons qu'il faut tout expliquer ; le Saint-Esprit l'a fait comprendre à Marc, et Marc nous le fait comprendre à son tour.

 

Marie-Magdeleine, premier témoin de la résurrection, choisie pour L'annoncer à ceux qui ont été choisis pour l'annoncer au monde, simple femme, qui n'a que son coeur pour elle, mais dont ce coeur fait l'apôtre des apôtres ;

 

Marie-Magdeleine, la grande figure de cet admirable vingtième chapitre de saint Jean, où elle occupe, dans la première journée du royaume des cieux, cette première place que les apôtres eux-mêmes lui cèdent sans hésitation ;

 

Marie-Magdeleine, les prémices de l'Église consolée, la première voix terrestre qui ait frappé l'oreille de Jésus ressuscité, et la première oreille humaine que la Voix de Jésus ressuscité ait rendue attentive ;

 

Marie-Magdeleine, à laquelle il n'est pas un disciple, si froid soit-il, qui n'ait donné au moins une fois dans sa vie un mouvement de sympathie et une larme d'attendrissement ;

 

Eh bien, cette Marie-Magdeleine, qui est-elle enfin et d'où vient-elle ?

 

Est-ce une sainte accomplie, qui puisse se vanter d'une vie sans tache, d'une perfection surérogatoire, que sais-je ?

 

D'une conception immaculée ?

 

Non, vous dis-je, non, mais une pauvre et indigne pécheresse ; mais l'objet d'une obsession maligne et infernale.; mais une femme, que nous aurions rougi d'avoir pour fille ou pour soeur; une femme, que nous aurions tremblé de voir s'asseoir à nos côtés ; une femme, que nous aurions fait enfermer dans quelque Salpêtrière et revêtir de la camisole de force ; une femme enfin, de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

Voilà, voilà le principe de sa vie en Galilée, de sa douleur sous la croix, de sa joie près du sépulcre, enfin de toute sa grandeur ; grandeur dont elle ne sait rien elle-même, suivant, avec la simplicité d'un enfant, le mouvement d'un coeur qui la pousse à chercher Celui qu'elle a perdu, sans plus songer à mériter le témoignage que je lui rends, et que le Saint-Esprit lui a rendu avant moi, que nous ne songeons, nous, à nous obtenir l'estime ou l'admiration des générations à venir par l'émotion qui remplit en ce moment notre coeur, et que nous porterons à la table de ce même Jésus, mort pour nous comme pour Marie-Magdeleine, et pour nous comme pour elle, ressuscité d'entre les morts.

 

Mais le remplit-elle en effet ?

 

Entrons-nous dans l'esprit du dialogue échangé entre Marie-Magdeleine et son Maître ressuscité ?

 

Entendons-nous, en esprit, Jésus nous disant Marie !

 

Et, se réjouissant sur nous, qu'Il a déjà affranchi de la mort, déjà fait monter au ciel, déjà fait asseoir à la droite de Dieu avec lui ?

 

Et Jésus nous entend-Il à son tour lui disant Rabboni ! Et nous réjouissant dans la pensée qu'Il a tout accompli, qu'Il ne souffre plus, qu'Il vit aux siècles des siècles, et qu'Il recueille auprès du Père le prix de Son abaissement et de Son Sacrifice ?

 

Notre coeur, en un mot, célèbre-t-il la Pâque comme une vraie Pâque du Seigneur, qu'il a aimé, qu'il a cherché, qu'il a trouvé?

 

Ou bien célébrera-t-il la Pâque, parce que c'est le jour de Pâques, sans tressaillement, sans amour, prêt à retourner demain aux pensées terrestres de ses joies, à l'abattement de ses douleurs, ou à l'entraînement de ses convoitises, tout comme si Jésus n'était pas ressuscité ?

 

Mais pourquoi ? Si ce n'est parcequ'alors, rien n'aurait été connu qui ressemble à la plaie du coeur de Marie, et que Jésus n'aurait pas encore délivré de sept démons ?

 

Tel est le secret de Marie-Magdeleine, pour croître dans cette grâce qui l'a retirée de l'abîme : l'amour par l'humilité.

 

Son premier secret, avec Jésus vivant, c'est un premier pas dans l'amour par un premier pas dans l'humilité ;

 

Son second secret, avec Jésus mourant, c'est un second pas dans l'amour par un second pas dans l'humilité ;

 

Son troisième secret, avec Jésus ressuscité, c'est un nouveau pas dans l'amour par un nouveau pas dans l'humilité en attendant que son secret final., avec Jésus Glorifié, ce soit le complet épanouissement de l'amour par l'humilité, son âme élue plongeant du plus haut des cieux dans le plus profond de cet enfer auquel elle a commencé par être livrée.

 

... Mais quoi ? Tant de grâce n'est-elle donc accessible qu'à la victime de sept démons ?

 

Pour avoir été préservés de l'excès de misère qui a été la première condition de Marie-Magdeleine, nous sera-t-il impossible d'aimer comme elle ?

 

Et serons-nous réduits à souhaiter d'avoir été plus coupables pour être plus reconnaissants ?

 

Non, non, nous serons réduits seulement à nous connaître mieux ; car nous n'avons qu'à nous mieux connaître pour nous trouver les "sept démons" dont elle a été délivrée, si ce n'est pour nous en trouver davantage, hélas ! Et celui qui s'en voit le moins, est celui qui en a le plus.

 

La pécheresse de saint Luc n'a pas été délivrée de sept démons, comme Marie-Magdeleine ; et cependant, elle ne peut trouver de marques ni assez humbles ni assez tendres de sa reconnaissance et de son amour :

 

« Elle a beaucoup aimé or celui à qui il est moins pardonné, aime moins (*41). »

 

Saint Pierre n'a pas eu à rompre, comme cette pécheresse, avec les indignes convoitises de la chair; et cependant, il peut dire d'un coeur sincère :

 

« Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime (*42). »

 

Saint Paul n'a pas, comme saint Pierre renié trois fois son Maître après l'avoir connu ; et cependant, il a pu écrire :

 

« Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, desquels je suis le premier (*43). »

 

C'est pour lui-même, comme pour saint Pierre, comme pour la pécheresse, comme pour Marie-Magdeleine, comme pour nous tous, que ce même saint Paul a écrit encore :

 

« Nous aussi étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses passions et voluptés, vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs et nous haïssant l'un l'autre (*44). »

 

Ah ! Quand on est tel , je le demande, pour entrer dans l'esprit de Marie-Magdeleine, faut-il plus que de se connaître ? (...)

 

 

  Suite et dernière partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod) 

Bible (133)

Croix Huguenote

 

Notes:

 

-36. Jean XII, 24.

 

-37. Matth. XVI, 21, etc.

 

-38. Luc XVIII, 31-34.

.

-39. Marc XVI, 1, 2.

 

-40. Jean XX, 2, 13, 15.

 

-41. Luc VII, 47.

.

-42. Jean XXI, 17.

-43. 1 Tim. I, 15.

-44. Tite III, 3

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 04:54
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (4ème et dernière partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.) 

 

(...) Quand Jésus oppose cette pécheresse qui a beaucoup aimé parce qu'Il lui a été beaucoup pardonné à Simon le pharisien qui aime moins parce qu'il lui a été moins pardonné, ne voyons-nous pas que ce n'est qu'à ses propres yeux que Simon est moins coupable que la pécheresse, et que la dureté superbe du premier, son incrédulité soupçonneuse, surtout sa complaisance pharisaïque en lui-même, balancent les péchés plus éclatants de la seconde, si elles ne les dépassent pas devant Dieu ?

 

Et si, par malheur, devait on s'imaginer que certains pourraient se sentir si fort, voire même au-dessus de Marie-Magdeleine aux sept démons, ces démons, présents ou passés, l'incrédulité, l'avarice, l'égoïsme, la convoitise, la vanité, l'impureté peut-être, - en voilà six, - ne valent-ils pas les siens ?

 

J'ai gardé pour le dernier le plus mauvais de tous, l'orgueil, qui fait accroire d'être meilleur qu'elle.

 

Et quoi !? Ne peut on pas alors comprendre que la Justice de Dieu, à la différence de celle des hommes, Pèse avec l'acte visible les sentiments cachés dans le coeur, et tient compte à chacun des ressources, des exemples, des occasions, des lumières, des avertissements même intérieurs, dont toute personne a jouie ou dont il a été privé ?

 

Eh bien, qui sommes nous pour faire la part de toutes ces choses ?

 

Qui sommes nous pour balancer notre fardeau avec celui de Marie-Magdeleine ?

 

Et quelle est cette surprenante sûreté, sinon « d'estimer les autres, par humilité, » - y compris Marie-Magdeleine, - « plus excellents que nous-même (*45) ? »

 

Le premier des pécheurs, pour saint Paul, c'est saint Paul ; pour saint Pierre, c'est saint Pierre ; pour la pécheresse, c'est la pécheresse ; pour Marie-Magdeleine, c'est Marie-Magdeleine ; et pour nous, ce doit être nous.

 

Non, non : ce n'est pas nous, ô mon Dieu, que pourrait aborder le souhait téméraire d'offrir un champ plus riche aux merveilles de ta grâce !

 

Pour l'apprécier, cette Grâce toute gratuite, nous n'avons pas plus besoin de nous voir pires que nous ne sommes, que nous n'avons besoin de nous voir meilleurs que nous sommes !

 

Révèle-nous ô Seigneur tels que nous sommes, si toutefois nous pouvons supporter ce spectacle, et si nous n'avons pas à craindre que la tête ne nous tourne en nous penchant sur cet abîme !

 

Tu es Sage, Seigneur, pour nous faire croître dans le sentiment de Ta Miséricorde, en même temps que Tu nous feras croître dans celui de notre injustice; de cette injustice, que nous apprenons d'année en année, et presque de jour en jour, à sonder plus avant, et que nous n'aurions pu voir telle que nous la voyons aujourd'hui, quand nous n'en étions encore qu'aux premiers éléments de ta Gâce, sans risquer de tomber par trop de lumière dans le désespoir !

 

Ah! si Tu devais étaler devant le monde les plaies de chacun de nous, comme Tu as étalé celles de Marie-Magdeleine; si Tu devais proclamer seulement tout ce qui s'est passé entre Toi et chacun de nous, les actions de notre vie, les paroles de nos lèvres, les pensées de nos coeurs, - dans la confusion dont nous serions couverts, la crainte qui nous préoccuperait ne serait plus celle de trouver en nous moins à pardonner, moins à effacer, moins à laver dans le sang de la croix, qu'elle ne trouve en elle !

 

Viens donc, Seigneur Jésus, viens créer en chacun de nous un coeur de repentance et d'humilité, afin que chacun, ne cherchant plus qu'en lui-même, comme Marie-Magdeleine, le plus coupable, le plus indigne, le plus vil de tous, puisse désormais, à force d'amour pour celui qui l'a sauvée telle qu'elle était, et qui nous sauve tels que nous sommes, l'égaler en communion avec Ta Vie, en sympathie pour Ta Mort, en joie dans Ta Résurrection, jusqu'à ce que nous l'égalions en possession ineffable de Ta Gloire et de Ta Félicité !

 

Communiants ! Dans toute fête de Notre Sauveur Ressuscité, approchons-nous à chaque fois de Sa Table dans l'esprit de Marie-Magdeleine, Le cherchant du coeur ; Le cherchant dans la Parole, Le cherchant dans le Sacrement, Le cherchant dans le pain et dans le vin, Le cherchant dans la prière, Le cherchant jusqu'à ce que nous le trouvions et que nous échangiez avec lui Rabboni contre Marie ; de peur que nous ne rentrions tristement dans nos maisons, sans avoir plus reçu à cette fête que nous n'y avons apporté, et que nous ne vnous arrêtions à moitié chemin entre l'incrédulité et la foi, entre la mort et la vie, entre le Vendredi et le Dimanche, dans ce cri douloureux de Marie-Magdeleine encore incertaine et tremblante :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis! »

 

Catéchumènes ! Dans la jeunesse encore, mais pas trop jeunes pour avoir besoin du Dieu de Marie-Magdeleine.

 

Hélas ! Vous connaissez et savez à quoi vous en tenir sur cette innocence prétendue que le monde attribue à votre âge, et au milieu de laquelle vous avez commencé de sentir se former en vous, avec les années, un trésor de péché et de désobéissance, qui déjà vous laisserait sans espérance, si vous n'aviez appris aussi à voir dans Votre Dieu Sauveur un Trésor de Grâce et de Pardon.

 

Oh ! Puissiez-vous, Mes Chers Enfants, ne pas plus valoir à vos propres yeux que Marie-Magdeleine ne valait aux siens, le jour qu'elle donna son coeur à Jésus, et qu'elle puisa dans les profondeurs de sa misère naturelle les richesses divines de son dévouement et de son amour !

 

Et pour celle ou celui, quel qu'il soit, touché(e) pour la première fois peut-être, de tout ce qu'il y a en en soi de misère et de tout ce qu'il y a en Jésus de Grâce Gratuite, souhaiterait intérieurement de finir comme Marie-Magdeleine, après avoir commencé comme elle ; à celle ci, à celui ci, mon frère, ma soeur, qui aurait vécu jusqu'ici ou pour le péché, ou pour l'incrédulité, ou pour l'égoïsme, ou pour le monde, mais à qui l'Esprit de Dieu dit au-dedans du coeur :

 

Et pourquoi ne passerais-tu pas, comme Marie-Magdeleine, « des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu? »

 

Je le redis avec Lui et avec cette conscience : Pourquoi pas ?

 

Et j'ajoute : Pourquoi pas aujourd'hui ? Pourquoi pas dès ce moment ?

 

Pourquoi ne pas mettre cette communion comme une barrière entre cette ancienne vie dont il vous tarde de sortir, et la vie nouvelle où vous êtes impatient et soupirez d'entrer ?

 

Si votre coeur est droit devant Dieu, venez, c'est la meilleure des préparations, et la seule nécessaire.

 

Venez, tels que vous êtes, je vous y invite au nom du Seigneur !

 

Venez, « quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige; »

 

 Venez, et cherchez désormais dans la mesure de votre injustice passée celle de votre sainteté future, au service de Celui qui est venu, sur notre terre souillée, vivre pour notre salut, mourir pour notre rédemption, et ressusciter pour notre délivrance !

 

Si Celui qui, choisit pour premier témoin de sa gloire nouvelle cette Marie-Magdeleine de laquelle Il avait chassé sept démons, devait apparaître et choisir Celui qu'Il daignera honorer de ses communications les plus intimes et de ses bénédictions les plus précieuses, sur qui pensons-nous que tomberait son choix ?

 

Sur celui de tous qui entre le mieux dans l'esprit de Marie-Magdeleine; sur celui de tous, peut-être, pour qui nous attendrions le moins la préférence du Maitre; sur celui de tous, à coup sûr, qui l'attendrait le moins pour elle même ou lui-même !

 

Amen,

 

  Adolphe Monod

Pasteur Adolphe Monod,

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

Note :

 

-45. Phil. II, 3.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 12:15
Un édifice indestructible

Un joyau architectural des XIIe et XIIIe siècles, un chef-d’œuvre de l’art gothique, un monument connu, visité et célébré internationalement vient de subir des dégâts considérables à la suite de l’incendie ayant ravagé sa charpente composée de poutres provenant de quelque mille trois cents chênes, certains vieux de mille deux cents ans, provoquant stupeur et consternation non seulement à Paris ou en France, mais dans le monde entier.

Pour quiconque, comme moi-même, a grandi à l’ombre de ces tours séculaires, a assisté à nombre de concerts d’orgue offerts au public chaque dimanche après-midi, y a amené tous les amis étrangers de passage à Paris l’ayant pris pour guide d’un jour, ayant même une fois été réquisitionné pour faire circuler dans la cathédrale un sac de collecte destiné à couvrir les frais d’une maîtrise d’enfants venue de très loin pour une tournée de concerts en Europe (!), le choc et la tristesse ne sont pas petits.

Les remarques suivantes ne sont donc en rien la marque d’une indifférence ou d’un regard hautain porté sur un désastre culturel de cette nature.

Mais puisqu’une cathédrale chrétienne est censée être tout d’abord un lieu de culte adressé à celui dont prennent le nom ceux qui l’ont érigée, nom qui les identifie, ne faut-il pas donner en priorité la parole à celui-là même qui porta ce nom le tout premier, afin d’entendre de sa bouche quel culte au juste il a enseigné à rendre à Dieu - en esprit et en vérité - à tous ceux qui prononcent son nom et se réclament de lui ?  A moins bien sûr que la valeur artistique d’un édifice cultuel, la splendeur des objets qu'on y exhibe, le poids de sa présence au cœur de l’histoire d’une ville et d’un pays n’aient depuis longtemps relégué l’objet unique et essentiel de ce culte dans les cendres de l’histoire, le remplaçant progressivement par une adoration tournée sur soi-même, ses priorités, sa mémoire culturelle, sur ce que l’on croit relever du domaine spirituel, en dépit de l’enseignement du Maître, voire directement contre sa parole.   Car entre la religion du Christ et la religion civile dont Notre-Dame de Paris est finalement devenue le symbole, à l’image des trois temples païens du Capitole du temps de Rome, le gouffre n’est pas mince.  Ces derniers jours, nombre de commentateurs n'ont pas manqué de souligner l'ambivalence symbolique du monument niché au coeur de l'île de la Cité, de Paris, de la France.

Lors de son ministère terrestre, Jésus ne fit pas mystère à ses disciples que la plus belle construction ornant alors Jérusalem, en l’occurrence le temple dont la reconstruction depuis le roi Hérode le Grand avait pris quarante-six ans, n’était pas destinée à subsister à toujours, aussi glorieuse qu’elle ait alors pu paraître aux yeux de ces mêmes disciples, non seulement en tant que lieu centralisé du culte rendu à Yahweh, mais également comme sujet de grande fierté nationale.  Au chapitre 13 de l’évangile selon Marc (voir aussi Matthieu 24 et Luc 21), nous les trouvons en train d’admirer l’architecture du temple et de vouloir faire partager leur admiration à Jésus : Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit : Maître, regarde, quelles pierres, quelles constructions ! Et, comme bien souvent lors de ces échanges, ce n’est rien de moins qu’une douche froide que leur administre le Maître : Vois-tu ces grandes constructions ?  Il ne restera pierre sur pierre qui ne soit renversé.  Quarante-six ans de travaux « pharaoniques » soudainement réduits à néant ?  Mais dans quelles conditions et sous quelle force destructrice ? Incendie accidentel ? Attentat criminel ? Nouvelle dévastation militaire par une armée étrangère? Jésus, interrogé à ce propos par ses disciples, ira avec eux s’asseoir en face du temple, sur le mont des Oliviers, pour les enseigner à nouveau.  Il ne s’agit pas pour lui de donner une description détaillée des circonstances de la destruction du temple en question, mais plutôt d’en offrir la clé spirituelle et eschatologique. Avec sa venue sur terre, avec l’accomplissement de son ministère dans les jours et semaines à venir, le temple de Jérusalem n’aura plus de raison d’être, car ce qu’il annonçait symboliquement depuis presque mille ans sous ses différentes formes, reconstructions après destructions, est en passe de revêtir sa forme finale:  celle d’un édifice spirituel indestructible, greffé sur le corps incorruptible  de celui qui, mis à mort dans l’humiliation totale, engloutira une fois pour toutes cette mort par son sacrifice volontaire accompli au bénéfice de tous ceux qui vivront par la foi dans sa mort et sa résurrection (« Tout est accompli », dernière parole de Jésus dans Jean 19 :30).

Avec ou sans bâtiment cultuel, sous un baobab ou à l’intérieur de la plus belle construction pouvant accueillir des centaines de fidèles – peu importe – « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » enseignait-il à ses disciples (Matthieu 18:20).  En promettant sa présence au milieu de ceux qui seraient assemblés en son nom (c’est-à-dire en aucun autre nom que le sien, mais également avec tout ce qu’implique ce nom!) il signifiait la présence d’une église-assemblée (ekklesia) à laquelle  rien ne manque pour être qualifiée comme telle.

Cet édifice spirituel et indestructible, c’est aussi ce dont fera état l’apôtre Pierre soi-même dans sa première lettre adressée à tous les chrétiens dispersés à travers les provinces orientales de l’empire romain en raison d’une sévère persécution (1 Pierre 2:1-8).  Ces circonstances éprouvantes de persécution et de dispersion rendent d’autant plus puissante et éloquente la qualification de cette maison spirituelle qui s’édifie sur un seul fondement légitime. Édifice dont la pierre d’angle, vivante et indestructible n’est autre que Jésus-Christ, souligne l’apôtre:

Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce , en vue d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ; car il y a dans l’Écriture [Ésaïe 40 :6-8]: «Voici je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse », et « celui qui croit en elle ne sera pas confondu » [Esaïe 28 :16].  L’honneur est donc pour vous qui croyez.  Mais pour les incrédules, « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale, celle de l’angle [psaume 118 :22] et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale (Ésaïe 8 :14-15).

La citation du psaume 118 en particulier montre que la division entre ceux qui ne seront pas tournés en confusion et ceux qui achopperont, ne s’opère pas sur le fait que certains construisent et d’autres nom, mais sur le fait que certains le font sur la seule pierre choisie et précieuse, Jésus-Christ, tandis que d’autres l’ont rejetée d’une manière ou d’une autre, la remplaçant par une pierre angulaire de leur choix, censée soutenir la structure architectonique de tout l’édifice.  Quelle que soit alors la dimension et les canons esthétiques du bâtiment reposant sur une telle pierre, quelle que soit son ancienneté, cet édifice n’évitera à personne d’achopper sur la pierre vivante, choisie et précieuse devant Dieu.

Sans doute convient-il de méditer avec urgence sur cet enseignement apostolique à propos de la signification spirituelle du mot Église, alors qu’un culte national semble unir autour d’une cathédrale dévastée toutes sortes de chapelles idéologiques érigées sur des pierres d’angle qui prétendent cimenter l’unité d’un pays ravagé par ses divisions internes.  Car cette religion civile constituée de diverses synthèses et syncrétismes, qui débloque d’énormes crédits pour reconstruire les parties annihilées de Notre Dame de Paris, le tout augmenté par des promesses de dons s’élevant déjà à plusieurs centaines de millions d’euros en provenance des plus grands groupes financiers ou encore d’individus bien intentionnés, ne résistera pas davantage au feu dévastateur qui l’attend, que la vieille charpente et la flèche effondrées ne l’ont pu sous l’effet des flammes terribles. Comme tous les autres cultes voués à des divinités inventées par des hommes en quête de sens et d’unité avant elle, cette religion civile achoppe sur le rocher du Christ.  Il lui paraît toujours scandaleux, car il met à nu son incapacité à donner à l’existence un sens plénier et à ses adeptes une espérance vivante.

En particulier, pour tous ceux qui se nomment « chrétiens », pour leurs hiérarques (toutes chapelles confondues du reste), qui se sont pourtant laissé happer ou hypnotiser par cette religion d’État gravitant autour de l’Homme auto-divinisé et son nombril, méritant dès lors eux aussi le qualificatif d’ incrédules utilisé par l’apôtre Pierre dans sa lettre (2:7), combien grande sera la chute consécutive à l’achoppement sur la pierre choisie et précieuse devant Dieu qu’auront rejetée ceux qui croyaient bâtir ou rebâtir.  Car il ne s’agit pas tant ici d’un désastre culturel ou artistique auquel il est bon an mal an possible de remédier comme on l’a fait tant de fois dans le passé, mais bien d’un désastre spirituel irrémédiable…

 

 

Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 18:29
Gnose et androgynie : la récurrence de l'idéal transgenre

Au vu d’une actualité en pleine mutation sociétale depuis quelques décennies, il semble que notre culture occidentale soit marquée par la recherche d’un Royaume supérieur, purifié des « scories » de la nature, et dans lequel les initiés ne sauraient pénétrer qu’à condition d’avoir aboli les frontières du genre afin de les remodeler à leur guise.  Le grand bazar du genre est désormais ouvert à toute heure du jour et de la nuit, et l’on semble davantage se soucier de fixer les règles du marchandage autour des fripes qu’il exhibe, que de la qualité et la durabilité des produits qu’on y trouve.

Une question de diversité et de mémoire

A l’heure du mariage pour tous, des gay parades, de l’activisme-lobbyisme LGBTQ (XYZ…) tous azimuts, mais également d’une culture et pratique homosexuelle - voire pédérastique - dominante au sein de certaines structures ecclésiastiques, la question à la fois ontologique et anthropologique consistant à définir ce qu’est la diversité devrait pourtant se poser à nos contemporains avec la plus grande urgence. Une combinatoire sexuelle sans repères ni limites renforce-t-elle ou abolit-elle la diversité?  Comment se définit une diversité qui structure les êtres humains et leur permet de se renouveler dans une histoire et une mémoire communes au lieu de les réduire en individualités autonomes dans et par leurs désirs, jusqu’à les y dissoudre en dernier lieu?  Quelles fonctions remplissent la différence et la génération dans cette diversité ? En constituent-elle des éléments à la fois fondateurs et structurants?  Savoir dans toute la mesure du possible qui sont mes parents, assimiler et assumer mon ascendance personnelle avec les blessures que cela peut entraîner, ne fait-il pas aussi partie de ce qui définit mon identité en tant que personne sexuée sur le plan chromosomique dès ma conception?

A cet égard, la transmission de la mémoire individuelle en tant que vecteur indispensable d’une connaissance de soi-même se trouve remise en question par le biais de la dissolution programmée juridiquement en amont par un État devenu ingénieur anthropologique, de l’identification entre parent biologique et parent porteur, entre parent porteur et parent éducateur. Le rapport à la fois personnel et communautaire vis-à-vis de l’histoire (diachronique donc) est aujourd’hui en passe d’être bouleversé par une séparation voire une confrontation à venir entre deux classes d’êtres humains, issues de diversités irréconciliables car évoluant sans un socle commun minimal pour qu’une telle séparation puisse être évitée.  Aujourd’hui, l’une de ces deux classes est déjà condamnée avant même sa naissance à une amnésie génétique programmée.

Un autre champ d’aliénation s’ouvre devant nous, parmi bien d’autres: celui du rapport des êtres humains aux espèces animales, dont on estime traditionnellement et au moins en principe qu’elles devraient faire l’objet de soin et de préservation, dans le respect éthique d’une écosphère indispensable à notre propre survie.  Or comment, à terme, les espèces animales pourraient-elles se soustraire à l’ubris humaine cherchant à les refaçonner sur un modèle compatible avec son propre désir de redéfinition sexuelle, modèle donnant toute satisfaction à cette ubris ? Quelle forme de communication et d’analogie porteuse de sens entre humains et animaux serait encore possible dans un univers rendu disparate par l’idéologie de la page blanche existentialiste, libérée de tout de ce qui est désormais considéré comme déterminisme insupportable?

Le problème de la page blanche sur laquelle l’individu issu des Lumières prétend aujourd’hui tracer l’intégralité de sa propre histoire, est qu’elle risque fort de demeurer blanche pour toujours, car écrite à l’aide d’une encre soluble qui n’a pas vocation à se fixer sur un support destiné lui aussi à disparaître de toutes manières.

Antithèse biblique et prévalence gnostique

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait c’est ce qui se fera. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.  S’il y a un domaine auquel s’applique aujourd’hui cette remarque désabusée de l’Écclésiaste (1:9), c’est bien celui de l’abolition du genre, de l’éradication de la nécessaire différence sexuelle dans sa non moins nécessaire complémentarité.  Certes entre le fantasme et sa tentative contemporaine de réalisation à l’aide d’outils technologiques sophistiqués, il y a un pas important qui n’est pas franchi automatiquement.  Mais, tant que la mémoire des âges qui nous ont précédés n’a pas encore été totalement abolie, tant que la tabula rasa n’est pas devenue l’unique rapport que nous ayons à nous-mêmes, il est opportun d’opérer un retour en arrière sur les pages noircies d’encre de notre histoire, dont nous avons certainement beaucoup à apprendre.

La dernière religion de l’Antiquité sur le plan chronologique, le Gnosticisme, illustre parfaitement la permanence d’un fantasme qu’elle a elle-même hérité de divers courants philosophico-religieux, tels le mythe de l’androgyne raconté par Aristophane dans Le Banquet de Platon. J’ai décrit de manière plus détaillée les sources et expressions du Gnosticisme antique, ainsi qu’un certain nombre de ses avatars contemporains dans mon livre Rendre Compte de l’Espérance.[1]

Par-delà ses différentes moutures, parfois difficiles à distinguer les unes des autres, la religion gnostique contient des éléments communs facilement observables.  Le rejet de la différence sexuelle – fût-elle nécessairement complémentaire – en fait partie.  Car tout ce qui n’est pas strictement un (au sens moniste du terme) est intrinsèquement mauvais aux yeux des gnostiques antiques: selon eux la diversité ne peut être comprise que comme rupture d’un ordre parfait et immuable.  L’apparition de la diversité est interprétée comme source d’opposition, de conflit et donc de souffrance induite par une matérialité physique déchue (l’ex-istence elle-même ne signifiant rien d’autre que la sortie de l’istence, une chute loin de l’Être qui ne se meut ni ne change et se confond avec le Bien suprême dans la stricte mesure où il demeure tel).  De fait, pour les gnostiques, cette matérialité-là ainsi que la matière diversifiée qui en découle n’est pas l’oeuvre de l’esprit divin ultime, l’éoninconnaissable élevé au-dessus de toute autre sphère spirituelle.  La diversité est le fruit du mauvais Démiurge, fils dégénéré de Sophia (sagesse), elle-même une des émanations de l’éon suprême.

A l’aube du christianisme, l’apôtre Paul dénonce déjà «les discours vains et creux de la soi-disant connaissance » (tès pseudonumou gnoseôs) à la fin de sa première lettre à Timothée (6:20), invitant celui-ci à les éviter car  « quelques-uns, pour en avoir fait profession, ont manqué le but en ce qui concerne la foi ».  Il a d’ailleurs donné un aperçu de ces discours vains et profanes un peu plus haut dans sa lettre, annonçant la tournure qu’ils ne manqueraient pas de prendre (4:1-4): différentes formes d’ascétisme niant la grâce générale du Créateur dans son œuvre, prescriptions visant à s’extirper de la matière ou des structures créationnelles divines telles que le mariage, comme si elles étaient mauvaises en soi et que s’en détacher ou y renoncer permettait une ascension spirituelle personnelle:

Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux discoureurs marqués au fer rouge dans leur propre conscience.  Ils prescrivent de ne pas se marier et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâce parceux qui sont fidèles et qui connaissent la vérité.  Or, tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, car tout est sanctifié par la Parole de Dieu et la prière.

 Certes nous n’en sommes pas encore ici aux formes développées du Gnosticisme telles qu’elles apparaîtront à partir du second et surtout du troisième siècle, mais leur thématique spiritualiste visant à déprécier la matière créée en prononçant des interdits particuliers y est bien en germe.  Ne nous y trompons pas cependant: l’avertissement de Paul ne représente en aucun cas un plaidoyer en faveur d’une liberté antinomienne (au sens d’opposition à la loi divine en ce qui concerne l’usage sanctifié des biens dont le Créateur/Législateur a pourvu l’humanité), puisqu’il est question de jouir de ce que Dieu a créé « avec actions de grâces », c’est-à-dire dans la pleine reconnaissance de celui qui en est le dispensateur.  Si tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière, ce ne peut être pour Paul qu’en accord avec le plan du Créateur révélé par sa parole et magnifié dans la prière, sous peine évidemment de prendre son nom en vain dans de telles actions de grâces.

Or, il suffira d’un siècle à peine pour qu’on voie le discours gnostique surgir avec force dans des écrits se réclamant du christianisme, au risque d’en contredire l’essence même. La présence du mythe de l’androgyne est évidente dans l’évangile gnostique de Thomas (vers 145-160 ap. J-C), qu’il est vraiment piquant de voir mis de nos jours sur le même plan que les évangiles canoniques  - ceux du Nouveau Testament - alors que sa teneur sotériologique leur est dès les premières lignes si radicalement opposée, avec son appel à une spiritualité initiatique réservée à un groupe de privilégiés, sur le modèle supposé de Thomas « Didyme » : pseudo jumeau du Christ (en tout cas appelé à se confondre avec lui dans une gémellité spirituelle) il aurait reçu de ce dernier une révélation particulière dans les quelque cent dix-huit logia (paroles) que constitue cet écrit qui n’est attesté nulle part avant le milieu du second siècle.

Concernant ce mythe de l’androgyne, je reprends ici quelques éléments du chapitre précité sur le Gnosticisme dans Rendre Compte de l’Espérance:

La Rédemption passe par l’abolition ici-bas de la différence sexuelle. Ainsi, nous lisons dans l’évangile de Thomas (logion 27):

Jésus leur dit : ‘Lorsque vous ferez les deux êtres un, et que vous ferez le dedans comme le dehors, et le dehors comme le dedans, et le haut comme le bas!  Et si vous faites le mâle et la femelle en un seul, afin que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle (…) alors vous entrerez dans le [Royaume]!

 La dernière des logia de l’évangile de Thomas (118) est encore plus explicite à cet égard:

Simon Pierre leur dit: ‘Que Marie [Madeleine] sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie!” – Jésus dit: “Voici; moi je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux.’

Nous avons ici un refus de la sexualité telle qu’elle est présentée dans les deux premiers chapitres de la Genèse, et même introduite comme premier marqueur de l’ imago Dei dès 1:26-28.  Dans les écrits valentiniens, le démiurge fou et mauvais Yaldabaoth étant, semble-t-il, passé de l’état d’androgyne à celui de mâle, et la divinité suprême étant androgyne, les Gnostiques se doivent de rechercher l’androgynie.  D’après le père de l’Église Hippolyte de Rome (début du troisième siècle), la secte des Naasènes croyait que l’Adam originel était un hermaphrodite.  Les Naasènes s’appuyaient sur la parole de Saint Paul dans sa lettre aux églises de Galatie (3:28) pour faire valoir leur vision strictement moniste: Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Christ-Jésus.  Le contexte sotériologique dans lequel Paul fait cette déclaration n’est pas pris en compte par les Gnostiques, mais il devient tout à fait clair pour peu qu’on lise le passage qui précède immédiatement le verset 28: Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Christ-Jésus: vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.  Pour Paul, l’unité en Christ n’abolit pas ladistinction entre homme et femme, elle la transcende et lui redonne tout son sens, ce qui n’est certes pas la même chose. Le passage le plus éloquent dans ses épîtres à cet égard demeure le cinquième chapitre de sa lettre aux chrétiens d’Éphèse, qui établit une analogie profonde –  un mystère – liant la relation entre les maris et leurs épouses d’une part,  avec celle qui unit Jésus-Christ à son Église d’autre part. A l’opposé, d’un côté l’androgynie gnostique se manifeste par l’absorption d’un genre par un autre (le féminin par le masculin dans l’évangile de Thomas), mais d’un autre, une forme supérieure de divinité, Sophia (la Sagesse), reprend sévèrement le Démiurge, éon masculin inférieur, dont elle est d’ailleurs la mère.

Dans le traité Trimorphic Protennoia (rédigé autour de 200 après Jésus-Christ), voici ce que déclare celle qui se présente dès le début comme ‘Protennoia, la Pensée qui demeure dans la Lumière’:

 Je suis androgyne.  Je suis à la fois Mère et Père, puisque je copule avec moi-même.  Je copule avec moi-même et avec ceux qui m’aiment, et c’est à travers moi seule que le Tout se maintient fermement.  Je suis les entrailles qui donnent forme au Tout en donnant naissance à la lumière qui brille dans la splendeur.  Je suis l’Eon à venir.  Je suis l’accomplissement du Tout, c’est-à-dire Meirothea, la gloire de la Mère.  Je projette le Son de la Voix dans les oreilles de ceux qui me connaissent.  Et je vous invite vers la Lumière exaltée, parfaite (…).

Un mouvement de balancier entre deux extrêmes caractérise les sectes gnostiques  en ce qui concerne leur vision de la sexualité: d’une part des pratiques débridées afin de se prouver qu’au fond, cet aspect bassement matériel de l’existence n’a aucune importance sur le plan spirituel et peut donc être traité avec l’indifférence qu’il mérite, tout excès n’ayant aucune incidence sur le salut de l’initié (on retrouvera mutatis mutandis cet aspect au sein de certaines sectes anabaptistes au seizième siècle); d’autre part un ascétisme forcené pour – là aussi – se prouver qu’on est parvenu à se détacher de la réalité matérielle jusqu’à s’élever au rang de pneumatikos, c’est-à-dire de créature véritablement spirituelle, contrairement aux sarkikoi, ces hommes et femmes irrécupérables livrés à la chair et incapables de s’élever au-dessus de leur vile et basse condition.

Que ces influences aient fait leur chemin au sein de l’Église médiévale par le biais de la pénétration dans la culture populaire des évangiles gnostiques tardifs (dont témoigne une abondante et fascinante iconographie), ne fait pas de doute, comme l’annonçait l’avertissement prophétique de Paul en 1 Timothée 4. La distinction sacramentelle quasi ontologique intervenue au fil du temps entre laïcs et prêtres (prêtres non plus au sens néo-testamentaire de presbuteroi-anciens, mais au sens de iereus-sacrificateur - office repris de l’Ancien Testament sans considérer son accomplissement final en Christ, ce qui est pourtant le thème central de la lettre aux Hébreux dans le Nouveau Testament), n’est pas exempte de la distinction que les Gnostiques établissaient, si ce n’est entre sarkikoi et pneumatikoi, du moins entre ces derniers et une classe intermédiaire, celles des psuchikoi (les « psychiques »): êtres certes doués d’une âme et donc de sentiments plus élevés que les sarkikoi, mais encore incapables de s’élever au niveau du pneumatikos initié dans laspirale ascensionnelle qui le fait rejoindre l’éon suprême. Ce n’est pourtant pas sans raison qu’un peu auparavant dans sa première lettre à Timothée, non seulement l’apôtre du Christ n’interdisait pas aux episkopoi (évêques, intendants) de se marier, mais bien plutôt il faisait du mariage hétérosexuel et monogame une des caractéristiques de l’évêque « irréprochable » (3:2).

Un nouvel œcuménisme autour de l’idéal androgyne ?

Le grand retour de l’androgyne dans la culture occidentale s’effectuera cependant  au moment de la Renaissance florentine et  - faut-il s’en étonner - néo-platonicienne, avec Marsile Ficin, comme en témoignent éloquemment un certain nombre de dessins ou tableaux de Léonard de Vinci, tels l’Ange Incarné ou son Saint Jean-Baptiste (sans doute son dernier tableau), tous deux androgynes pointant de l’index un ciel destiné aux hermaphrodites.  La figure féminisée du disciple Jean à la droite de Jésus dans la fameuse fresque de la Cène (L’Ultima Cena) réalisée par Vinci de 1495 à 1498 pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan, offre une belle illustration du motif transgenre comme vecteur d’ascension spirituelle.  Certes, il s’agit ici non pas d’un passage de l’état de femelle à celui de mâle comme dans l’évangile de Thomas, mais de l’inverse, afin d’illustrer une proximité spirituelle avec le Christ supérieure à celle des autres disciples.  Il n’en demeure pas moins que cette migration transgenre est tout aussi porteuse d’une dimension symbolique gémellaire, accentuée qu’elle est par le regard baissé des deux personnages dans une expression de communion mystique étrangère à celle des autres disciples.

Que de telles formes d’art sacré aient trouvé leur place sans aucun complexe dans des lieux cultuels ou des sanctuaires chrétiens, témoigne de la facilité avec laquelle les influences néo-platoniciennes voire néo-gnostiques ont su imprégner un christianisme adonné aux synthèses avec un paganisme qu’il était censé avoir vaincu et remplacé.  A l’aune de cette histoire, faut-il donc être surpris qu’il en soit toujours de même aujourd’hui ?  La puissante convergence d’un idéal néopaïen magnifié par les médias occidentaux avec une cléricature en ouverte mutation doctrinale et éthique (qui dépasse d’ailleurs les frontières de telle ou telle chapelle), semble augurer de l’émergence d’une nouvelle forme d’œcuménisme humaniste, désormais centré sur le partage de l’identité androgyne.

Est-il exagéré de penser que l’effacement progressif de ce qui est de plus en plus dénoncé comme séparant les individus, à savoir la barrière du genre, est tout à la fois le révélateur et le catalyseur de l’abolition de toutes les différences entre les êtres humains (comme le sous-entend l’Equality Act récemment présenté devant le Congrès américain)? Et que, selon le nouvel œcuménisme et son credo, tous devraient désormais travailler à cette abolition afin de faire émerger la nouvelle humanité destinée dès ici-bas à régner en paix sur le monde? L’élite des initiés, pointant le doigt vers ce Royaume alternatif à la suite de Vinci, nous invite à la suivre sur ce chemin si ce n’est idéal, du moins idéel.  Protennoia, l’androgyne à la fois mère et père, parent 1 et parent 2, lance à nouveau son appel pressant à venir copuler avec elle: Et je vous invite vers la Lumière exaltée, parfaite.  Une Lumière réfractée par les couleurs d’un arc-en-ciel qui n’évoque plus le Déluge, mais pense au contraire l’avoir exorcisé à jamais.

 

Eric Kayayan, Foi & Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

[1] L’Age d’Homme, collection Messages, 2009, pages 301-336. https://www.foietviereformees.org/le-retour-du-gnosticisme/

 

 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 19:54
L’écuménicité qui traverse les siècles

Le thème des croyants décédés en ayant laissé un héritage de foi est courant dans le Nouveau Testament : il se réfère en particulier aux apôtres que Jésus a envoyés pour annoncer l’Évangile. Il s’agit à la fois de leurs paroles et de l’exemple qu’ils ont laissé. Dans bien des cas, cela signifie qu’ils n’ont pas hésité à renoncer à leur propre vie pour la cause de celui qu’ils considéraient comme leur Roi et Sauveur, Jésus-Christ. Qu’on pense par exemple au disciple Jacques, le frère de l’évangéliste Jean, mis à mort vers l’an 44 de notre ère par le roi Hérode Agrippa 1 (livre des Actes, chapitre 12).

Quelle est donc la place aujourd’hui, dans la vie des croyants, de ceux qui les ont précédés dans la foi, et de l’exemple qu’ils leur ont laissé ? Dans la lettre aux Hébreux, l’auteur conclut par ces mots un long passage sur les témoins de la foi, depuis Abel, tué par son frère Caïn (12:1-2):

C’est pourquoi, nous aussi qui sommes entourés d’une telle foule de témoins, débarrassons-nous de tout fardeau, et du péché qui nous cerne si facilement de tous côtés, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection.

Le chapitre 11, portant sur les héros de la foi dans l’Ancien Testament, a eu pour but de fortifier les lecteurs dans l’ancrage de leur foi et de leur espérance en Jésus-Christ. Du reste déjà dans l’Ancien Testament le peuple d’Israël se voit à maintes reprises enjoint de prêter attention aux paroles qui ont été prononcées dans le passé par un chef spirituel, en particulier Moïse.

Dieu rassemble pour lui un peuple au cours des siècles. A travers l’histoire, il adresse sa parole à un peuple particulier, Israël. Ensuite, à un moment de l’histoire humaine qu’Il a déterminé de toute éternité, Il envoie dans une chair semblable à celle des humains son Fils éternel, qui appartient lui aussi au peuple d’Israël puisqu’il est descendant du roi David. A travers l’histoire de l’Église, en commençant par les apôtres, Dieu envoie des messagers, des serviteurs, des conducteurs spirituels à son peuple. Dans son plan de salut il existe une continuité pour les hommes, et cette continuité doit être saisie, gardée et retransmise par chaque génération de croyants. Et ce que tu as entendu de moi, écrit Paul à Timothée (2 Timothée 2 :2) confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres.

C’est dans le même sens que l’auteur de l’épitre aux Hébreux exhorte ses lecteurs comme suit : Souvenez-vous de vos anciens conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu; considérez l’issue de leur vie et imitez leur foi (Hébreux 13:7). Les croyants d’aujourd’hui vivent donc dans une communion fraternelle avec ceux du passé, dans un véritable lien écuménique, et pas seulement avec la génération présente des autres croyants répandus dans le monde.

Dans le même ordre d’idées, la promesse faite tout à la fin du Nouveau Testament, au livre de l’Apocalypse (22:5) est une reprise de celle qui et déjà révélée au prophète Daniel dans l’Ancien Testament (7:27) et comprend tous ceux que Dieu s’est choisis et acquis pour lui:

Le royaume, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous le ciel seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son royaume est un royaume éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront.

Cette promesse indique qu’un jour tous les croyants serons réunis dans le royaume éternel de Dieu, et gouverneront la terre avec le Chef de la nouvelle Création.

Quel enseignement en tirer pour la vie quotidienne dans la foi ? Très souvent l’on cherche à oublier l’héritage précieux du passé, comme s’il n’avait aucune importance. On se soucie tant du présent et du futur qu’on pense que les générations passées n’ont rien à nous transmettre. Il en va dans l’Église comme dans le reste d’une société volontairement amnésique, qui enfouit la mémoire de son histoire, celle qui l’a pourtant façonnée. C’est le syndrome de la « génération spontanée » si typique du postmodernisme contemporain. Ou bien encore, cette mémoire est déformée, elle est incapable de replacer dans une perspective équilibrée les éléments qu’elle retient. Elle peut être aussi très sélective…

Si l’on considère les grands textes que l’Église a produit et qui expriment sa foi, ils nous viennent de très loin dans l’histoire. Ainsi le Symbole dit des Apôtres, qui est utilisé comme confession de foi commune par l’ensemble des chrétiens de par le monde, date du premier millénaire après Jésus-Christ. Le fait qu’il soit une confession de foi exprimée universellement encore aujourd’hui, montre bien que l’héritage de nos conducteurs dans la foi a de l’importance, même si nous ne savons pas dans le détail qui sont ceux qui l’ont rédigé – il s’est constitué petit à petit, à partir d’une confession commune de base des chrétiens primitifs. Que de trésors, que de pierres précieuses dans l’héritage des « hommes fidèles qui ont été capables d’enseigner aussi à d’autres » le message apostolique. L’ignorer volontairement serait faire preuve d’orgueil spirituel, car c’est le Seigneur qui envoie à chaque génération les uns et les autres pour annoncer et maintenir le dépôt, la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 3). Il s’est servi et continue à se servir d’eux. Et il continuera de le faire jusqu’à la fin des temps.

Il faut se souvenir que l’Église, qui est le corps spirituel du Christ, est composée de toutes les générations de croyants depuis le premier couple humain. Or, ce corps, qui grandit à travers les âges, au fur et à mesure que s’y ajoutent de nouvelles générations de croyants, vit de la même et unique source: celui qui est sa tête, Jésus-Christ ! La promesse originelle adressée au premier couple humain, selon laquelle leur ennemi serait un jour totalement défait, sa tête étant écrasée par la descendance de la femme, cette promesse est adressée à toutes les générations de croyants, y compris la génération présente. Le combat contre le serpent dure toujours, même si nous savons qu’au moment de la crucifixion de Jésus à Golgotha, il a été mortellement blessé, puisque Dieu y a opéré le salut de ses élus par le sacrifice volontaire de son Fils unique. Il y a donc unité de toutes les générations de croyants dans la même foi et dans la même espérance, celle du salut provenant exclusivement de Dieu, de sa Grâce. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à l’apôtre Paul, au quatrième chapitre de sa lettre aux Éphésiens (4:4-5):

Il y a un seul corps et un seul Esprit; de même Dieu vous a appelés à une seule espérance lorsqu’il vous a fait venir à lui. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous qui règne sur tous qui agit par tous et qui est en tous.

Notre ancrage dans la foi chrétienne est donc caractérisé par notre participation à un même corps, auquel ceux qui nous ont précédés dans la foi appartiennent eux aussi.

De plus, ce qui a été dit au verset 7 du chapitre 13 de la lettre aux Hébreux (souvenez-vous de vos anciens conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu; considérez l’issue de leur vie et imitez leur foi) repose sur un fondement qui ne devrait jamais être oublié, et qui est énoncé au verset suivant : Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et pour toujours. Jésus Christ ne change pas selon les circonstances historiques, les modes, les idéologies du moment. Il demeure le même pour toute éternité.  Exposer fidèlement ce qui concerne son oeuvre et sa personne, ce n’est donc pas (en tout cas cela ne devrait jamais être) prétendre y ajouter quoi que ce soit, comme si cette oeuvre avait besoin d’être complétée par des hommes et qu’elle n’était pas parfaite en elle-même.  C’est simplement la faire connaître, mettre en lumière sa signification, sa portée et son application pour la vie des croyants.

C’est en lui que sont sauvées toutes les générations de croyants du passé depuis Adam et Ève, c’est en lui qu’elles sont unies en un même corps vivant. Il arrive souvent aujourd’hui qu’on tente de reconstruire une image de Jésus qui est plus une figure mythique que le Jésus des évangiles (ce dernier étant le seul du reste qui soit véritablement attesté dans l’histoire, que cela plaise ou non): figure mythique en ce sens qu’elle est une image déformée pour être adaptée aux idées du moment. On entend souvent dire qu’il faut adapter le message de l’Évangile à chaque contexte, à chaque situation, pour le rendre plus vivant, plus actuel. Mais l’Écriture Sainte, la Parole vivante de Dieu, n’a pas à être adaptée, elle doit simplement être appliquée avec discernement à chaque contexte, afin d’apporter la lumière de l’Évangile sur chaque situation particulière.

Dans cette optique les croyants ont beaucoup à apprendre de l’exemple qu’ont laissé les générations passées de chrétiens qui ont été fidèles à la Parole divine: comment ont-ils vécu l’Évangile, comment ont-ils persévéré, à quel genre d’épreuves ont-ils été soumis? Bien sûr aussi, quelles fautes ou erreurs ont-ils commises qui ne devraient pas être répétées ? Déjà ici le Nouveau Testament révèle des lignes de fracture, des errements coupables, tout en les exposant pour ce qu’ils sont, en y apportant toute la clarté nécessaire. Qu’on se remémore simplement ce qu’écrit Paul au second chapitre de sa lettre aux Galates, lorsqu’il est question de l’hypocrisie qui s’est emparée de l’apôtre Pierre et de Barnabas par rapport aux « parti des circoncis » (Galates 2:11-14). Un croyant prétendant fonder sa foi sur l’Écriture Sainte imaginerait-il un instant pouvoir se dispenser de l’enseignement vital des deux lettres de Pierre dans le Nouveau Testament, et de l’exemple de sa foi, à cause de ce regrettable épisode ? En déchirerait-il les pages car elles proviennent, après tout, de quelqu’un qui s’est révélé être d’abord un renégat par rapport à Jésus-Christ, puis un hypocrite lors de l’épisode d’Antioche avec Paul ?

Tous ces exemples, cette foi vivante des morts, permettent de se situer dans la continuité de la ligne que Dieu trace pour le peuple de son Alliance, et dans l’unité de son plan de salut à travers chaque chaînon. Car ce plan de salut trouve sa source et son but uniquement dans la personne de Jésus Christ qui et le même hier, aujourd’hui et pour toujours.

 

Amen,

 

 

Révérend Eric Kayayan,

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 19:54
Passer des ténèbres à la Lumière

A travers les épîtres qu’il a rédigées, et qui sont  contenues dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul revient constamment sur une opposition, une antithèse dont il fit directement l’expérience: l’opposition radicale entre la lumière et les ténèbres.  Il en fit l’expérience sur le chemin de Damas et allait dès lors vivre pour toujours de la lumière qui l’avait d’abord aveuglé.  C’est aussi de cela qu’il témoigne dans sa lettre adressée vers l’an 60 de notre ère aux chrétiens de la petite ville de Colosses, dans la vallée du Lycus en Asie mineure (Turquie actuelle).  Tout semble indiquer qu’elle fut rédigée depuis son emprisonnement romain, dont il est question au chapitre 28 du livre des Actes des Apôtres, de même d’ailleurs que ses lettres aux chrétiens d’Éphèse, à ceux de la ville macédonienne de Philippes et celle à son ami Philémon. Voici le passage en question de la lettre aux chrétiens de Colosses (ch 1, les versets 12 à 20):

Rendez grâces avec joie au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.  Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.  Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs.  Tout a été créé par lui et pour lui.  Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui.  Il est la tête du corps, de l’Eglise.  Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.  Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude et de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.

Pour revenir à sa conversion, Paul devait d’abord être plongé dans l’obscurité par l’apparition de Jésus-Christ dans sa vie : l’astre brillant  renversant ses péchés devait d’abord l’entraîner dans l’obscurité, afin de lui manifester on ne peut plus clairement, si je puis dire, les ténèbres dans lesquelles il était plongé sans son Seigneur et Sauveur.  Et puis, quelque chose comme des écailles devait tomber des yeux de Paul, comme on le lit dans le récit de sa conversion, au chapitre neuf du livre des Actes des Apôtres : un disciple du nom d’Ananias est envoyé vers lui pour lui imposer les mains afin qu’il recouvre la vue (9:11-12).  Arrivé dans la demeure où Paul se trouve, il lui dit, au nom du Seigneur : Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli d’Esprit Saint.  Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue.  Il se leva et fut baptisé; et, après avoir pris de la nourriture, il retrouva ses forces (17-19).

Mais qu’étaient donc ces écailles, si ce n’est le voile recouvrant les yeux dont Paul lui-même parle dans le troisième chapitre de sa seconde lettre aux Corinthiens ; il parle de ses compatriotes qui lisent les livres de Moïse, la Torah, mais n’y voient pas l’annonce du Christ, comme si leurs yeux étaient voilés :

Mais ils se sont endurcis dans leurs pensées. Car jusqu’à ce jour, quand ils font la lecture de l’Ancien Testament, le même voile demeure; il n’est pas enlevé, parce qu’il ne disparaît qu’en Christ.  Jusqu’à ce jour, quand on lit Moïse, il y a un voile sur leur coeur; mais lorsqu’on se tourne vers le Seigneur, le voile est enlevé.  Or, le Seigneur, c’est l’Esprit; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. 

Liberté vis-à-vis des ténèbres, que seul le Saint Esprit peut faire venir dans la vie de tout homme et de toute femme, comme dans celle de Paul.  Le Saint Esprit lui a clairement fait comprendre quelle était la nature de cette lumière intense qui l’avait aveuglé sur le chemin de Damas : le Fils de Dieu lui-même !  L’Esprit Saint, venant sur Paul au moment de la venue d’Ananias, l’a illuminé afin de le rendre capable de voir cette lumière.  Christ est en effet la lumière des nations, déjà promise dans l’Ancien Testament – de manière très spécifique en Ésaïe 49:6 – mais elles ne le saisiront jamais comme la lumière sans être d’abord illuminées par le Saint Esprit…

Lumière et ténèbres : c’est bien de dont il est question dans le passage de la lettre de Paul aux Colossiens précité:

Rendez grâces avec joie au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.  Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. 

Y a-t-il un passage dans le Nouveau Testament qui illustre mieux le motif de la Réforme : Par Christ seulement  (Solo Christo)?  L’obscurité, les ténèbres se manifestent là où Jésus-Christ n’est pas tenu pour qui il est véritablement: le Fils éternel de Dieu.

Dans son commentaire sur le verset 12 de ce chapitre 1 de la l’épître aux Colossiens, Calvin écrit ce qui suit:

Paul retourne encore à l’action de grâces, afin que par cette occasion il leur rappelle quels bienfaits ils ont reçu par Christ; et par là il entre dans la pleine description du Christ.  Car c’était le seul remède pour fortifier les Colossiens contre toutes les embûches par lesquelles les faux apôtres voulaient les surprendre, à savoir de bien comprendre ce qu’est le Christ.  Car d’où vient que nous sommes menés çà et là par tant d’enseignements divers, sinon de ce que nous ne connaissons pas quelle est la puissance du Christ?  Car seul le Christ fait que toutes les autres choses s’évanouissent soudain.  C’est pourquoi il n’y a rien à quoi Satan ne s’efforce davantage, que de mettre des brouillards au-devant pour obscurcir le Christ, parce qu’il sait bien qu’alors la porte est ouverte à tous les mensonges. 

Voici donc le seul moyen, tant pour comprendre et retenir, que pour rétablir la pure doctrine: c’est de mettre devant les yeux le Christ tel qu’il est, avec tous ses biens, afin que sa puissance soit vraiment ressentie.  Il n’est pas question ici du nom seulement: en effet, beaucoup confessent bien avec nous un seul Christ, et cependant quelle grande différence y a-t-il entre eux et nous!  Car, quant à eux, après avoir confessé que le Christ est le Fils de Dieu, ils transfèrent sa puissance aux autres, et la dispersent çà et là; ce faisant, ils le laissent quasiment vide et inutile, ou pour le moins ils le dépouillent de la plus grande part de sa gloire, en sorte que bien qu’il soit, parmi eux, nommé le Fils de Dieu, toutefois il n’est plus tel que le Père a voulu qu’il soit pour nous. 

Mais quiconque considérera le point principal de ce premier chapitre, comprendra bien ceci sans aucune difficulté. Car Paul n’y parle rien d’autre, sinon que nous sachions que Christ est le commencement, le milieu et la fin ; que c’est de lui qu’il nous faut recevoir toutes choses, et que hors de lui il n’y a rien, et qu’on n’y peut rien trouver.

 

Amen,

 

 

 

Révérend Eric Kayayan,

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photo Stephen Radford

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

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  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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