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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

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B. M.

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 17:55
La prière de Jésus pour nous donner la vie éternelle - Jean 17: 1-5

La prière de Jésus pour nous donner la vie éternelle

Jean 17: 1-5

Par Paulin Bédard

de l'Église Réformée de Beauce (Québec)

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit :

Père, l'heure est venue ! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu'il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire. Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 20:13
La véritable folie

Ce n'est pas pour baptiser que Christ m'a envoyé,

c'est pour annoncer l'Evangile,

et cela sans la sagesse du langage,

afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine.

1 Corinthiens 1:17-31

 

1 Corinthiens 1 nous guide dans les défis intellectuels de notre époque auxquels nous faisons face.

 

Il n’est pas facile d’être chrétien dans le monde d’aujourd’hui.

 

Nous sommes bombardés tous les jours de messages culturels nous dictant quelles devraient être nos valeurs et comment nous devrions agir — des messages souvent contraires à l’enseignement des Écritures.

 

Ceci a pour effet que nous nous sentons souvent marginalisés et isolés.

 

Il ne semble tout simplement pas y avoir de place pour les Chrétiens.

 

De toutes les attaques dirigées contre les Chrétiens, une de celles qui représentent un défi de taille est la ridiculisation de la Foi, accusée régulièrement d’être intellectuellement déficiente et en faillite sur le plan académique.

 

Un bref tour d’horizon tout autour de la planète nous révèle qu’un grand pourcentage de gens considère la Pensée Chrétienne comme étant complètement ridicule.

 

Si nous sommes honnêtes, nous devons avouer que cette ridiculisation est difficile à prendre.

 

Elle nous conduit à nous questionner sur la Foi qui nous est si chère.

 

La Foi est-elle vraiment ridicule ?

 

Est-elle vraiment une faillite intellectuelle ?

 

Si nous nous posons ces questions, nous devons nous rappeler que nous ne sommes pas les premiers à nous les poser.

 

Au premier siècle, l’Église de Corinthe s’est retrouvée dans une situation similaire.

 

Corinthe était un centre intellectuel plein de vitalité situé non loin d’Athènes et faisant sa fierté de sa grande culture philosophique et intellectuelle.

 

Lorsque le Christianisme est arrivé à Corinthe, l’élite intellectuelle de l’époque l’a rejeté et les Chrétiens de Corinthe se sont retrouvés au cœur d’une certaine crise.

 

Si le Christianisme était vrai, alors pourquoi les plus grands penseurs de l’époque le rejetaient-ils ?

 

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul s’attaque de plein fouet à ce défi.

 

Dès le premier chapitre, il expose à ses lecteurs trois mises au point pour les aider à faire face aux défis intellectuels de leur époque.

 

Ajustez vos attentes

 

Le premier aspect que Paul aborde concerne nos attentes lorsque nous présentons l’Évangile à un monde non croyant.

 

Pour diverses raisons, nous agissons souvent en présumant à tort que si une chose est vraie, la majorité des gens y croiront et que si la plupart des gens rejettent une chose, c’est qu’elle doit être fausse.

 

C’est précisément cette fausse présupposition qui nous conduit à un dilemme intellectuel.

 

Si le christianisme est vrai, alors comment se fait-il que la majorité des gens (des gens intelligents pour la plupart) le rejettent ?

 

Cependant, Paul remet en question cette présupposition en démontrant que, lorsque les gens doivent faire face à la Vérité, il n’est pas naturel pour eux de l’accepter ; c’est plutôt l’inverse qui se passe.

 

Leur réaction naturelle est de la rejeter.

 

Pourquoi ?

 

Paul nous dit en 1 Corinthiens 1:18 : « Car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent. »

 

Pour les non-croyants, dont les esprits sont obscurcis par le péché, l’idée d’adorer un Sauveur crucifié est de la pure folie.

 

Les gens ne sont pas neutres ; à la base, leur vision du monde est directement opposée à la Vérité de Dieu.

 

À moins que le Saint-Esprit n’ouvre leurs yeux, ils ne répondront jamais positivement au Message de la croix.

 

La nature offensante de la croix dans le monde gréco-romain se voit très clairement dans un « graffiti » datant du deuxième ou troisième siècle, découvert par des archéologues sur un ancien mur romain.

 

On y aperçoit une personne avec une tête d’âne, clouée à une croix, alors qu’une autre personne est inclinée en geste d’adoration devant la croix.

 

À côté du graffiti, quelqu’un a écrit en grec : « Alexamenos adore son dieu. »

 

Apparemment, ce dessin avait pour but de se moquer d’un Chrétien romain nommé Alexamenos parce qu’il adorait un homme crucifié — comble de l’humiliation dans le monde romain ancien.

 

Paul reconnaît la situation difficile des Croyants corinthiens et leur donne un encouragement tout simple :

 

« Ne soyez pas surpris du rejet généralisé de l’Évangile ».

 

Cela ne prouve rien quant à la véracité du Christianisme.

 

Au contraire, c’est une démonstration très claire d’une des Vérités Chrétiennes, à savoir que l’homme naturel ne reçoit pas les choses de Dieu.

 

Ajustez votre pensée

 

Paul finit à peine de démontrer que le Christianisme semblera toujours une folie aux yeux du monde (à moins que Dieu n’intervienne) qu’Il se dépêche de clarifier ce qu’Il veut dire.

 

Même si le Christianisme semble être une folie, Paul veut s’assurer que son auditoire est bien conscient du fait que le Christianisme n’est pas réellement une folie.

 

Au contraire, le Christianisme est intellectuellement très solide et tout à fait défendable sur le plan académique.

 

Paul veut ici ajuster la pensée des Corinthiens.

 

Il veut leur montrer que c’est la pensée non chrétienne, et non la Pensée Chrétienne, qui est une folie incohérente.

 

Paul met de l’avant son argument en prenant l’offensive :

 

« Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le contestataire de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ? » (1 Corinthien 1:20).

 

Mais quel problème Paul a-t-il au juste avec la pensée non chrétienne ?

 

En termes simples, la pensée non chrétienne s’appuie sur la sagesse humaine.

 

Que des enseignants non croyants fassent de grandes déclarations sur des sujets de portée éternelle — Dieu, le salut, le ciel et l’enfer —, alors qu’ils n’ont que leur propre pensée déchue et faillible sur laquelle s’appuyer, n’a aucun sens, soutient Paul.

 

Pourquoi devrions-nous croire qu’ils peuvent en arriver à des certitudes en ce qui a trait aux sujets concernant l’éternité ?

 

L’explication de l’origine de la vie selon un modèle évolutif est un bon exemple moderne de la folie de ne pas croire en Dieu.

 

Pour la plupart des scientifiques modernes, la perspective Chrétienne (telle que décrite dans le livre de la Genèse) semble indéfendable sur le plan intellectuel.

 

Pourtant, lorsque l’on examine d’un peu plus près l’explication de la première cellule vivante selon ce que propose le modèle évolutif, tout s’écroule assez rapidement.

 

Même à son niveau le plus fondamental, une cellule vivante est infiniment complexe et les scientifiques n’arrêtent pas de découvrir de nouvelles facettes à cette complexité.

 

D’où est venue cette première cellule ?

 

Nous ne possédons aucun exemple empirique de la vie surgissant du non-vivant.

 

Nous n’arrivons pas, non plus, à accomplir intentionnellement un tel exploit en laboratoire.

 

En fait, les données empiriques vont tellement à l’encontre de la possibilité que la vie se développe naturellement à partir du non-vivant que certains scientifiques — dont Francis Crick, un des deux codécouvreurs de l’ADN — ont émis l’hypothèse que la vie sur terre aurait pour origine une forme de vie extra-terrestre en provenance d’une autre planète.

 

Ainsi, certains scientifiques sont plus prêts à croire à la vie extra-terrestre qu’au Dieu de la Bible.

 

La position du Chrétien est très différente.

 

Les Chrétiens font eux aussi de grandes déclarations concernant la Vérité, mais ils le font sur la base de la Parole révélée de Dieu.

 

Autrement dit, les Chrétiens affirment avoir la connaissance des Choses Eternelles sur la base de la Révélation Divine.

 

Qu’est-ce qui est le plus cohérent : faire des affirmations au sujet de l’Eternité sur la base de sa propre connaissance ou sur la base de la Révélation Divine ?

 

Seule cette dernière possibilité a du sens.

 

Ajustez votre attitude

 

Après avoir argumenté pour démontrer que la Pensée Chrétienne est intellectuellement solide, Paul identifie un autre danger devant être écrasé dans l’œuf : l’orgueil intellectuel.

 

Les Corinthiens auraient facilement pu commencer à avoir une haute opinion d’eux-mêmes à cause de leurs habiletés intellectuelles — comme s’ils avaient été croyants parce que leur intelligence aurait été supérieure à celle des autres.

 

Cependant, Paul traite rapidement de ce danger en rappelant aux Corinthiens que leur Foi en Jésus-Christ n’est pas due à leur propre intelligence :

 

« Considérez, frères, comment vous avez été appelés : il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. » (1 Corinthiens 1:26).

 

En d’autres mots, restez humbles parce que ce n’est pas par vous-mêmes que vous avez pu comprendre tout cela.

 

Paul leur dit que « c’est par lui » (v. 30) uniquement qu’ils ont pu croire.

 

Paul nous rappelle ici une caractéristique particulière du Christianisme : le Christianisme permet à une personne d’être à la fois parfaitement humble et d’avoir une Certitude Absolue.

 

Le monde nous dit que l’humilité exige l’incertitude, mais ce n’est pas là la définition Chrétienne de l’humilité.

 

Un Chrétien peut être humble parce que sa connaissance dépend de la Révélation de Dieu et il peut avoir une certitude pour exactement la même raison.

 

Dépendre de la Parole de Dieu, et non pas de la sagesse humaine, est la clé de l’obtention à la fois de la certitude et de l’humilité.

 

En conclusion, 1 Corinthiens 1 nous guide dans les défis intellectuels de notre époque auxquels nous faisons face.

 

Ce chapitre nous rappelle que nous ne devons pas craindre le rejet du Message de l’Évangile, mais que nous devons plutôt faire confiance à Dieu, sachant qu’Il ouvrira les yeux de ceux et celles qu’Il appelle à Lui.

 

L’Évangile « est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieu. » (v. 18).

 

Michael J. Kruger Refuge Protestant

Michael J. Kruger,

Professeur de théologie

Président du Reformed Theological Seminary

à Charlotte, Caroline du Nord, États-Unis

 

 

 

 

 

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Source : Ressources Chrétiennes

 

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 07:12
Doute et confiance

« Jusques à quand, Éternel! m’oublieras-tu sans cesse ?

Jusques à quand me cacheras-tu ta face ? » 

Psaume 13:2

 

Le doute est pour l’homme un produit empoisonné, et peut-être encore davantage pour l’homme moderne.

 

Car il a été témoin de guerres dévastatrices, de massacres d’innocents et de désastres écologiques de toutes sortes, causés par sa propre imprévision et sa rapacité.

 

Comment lui faire admettre qu’il y a un Dieu ?

 

La majorité de nos contemporains ont résolu le problème en décrétant qu’il n’y a pas de Dieu.

 

Un point c’est tout.

 

Le doute du psalmiste peut nous paraître étrange, car il ne met absolument pas en doute l’existence de Dieu.

 

Ce qui l’inquiète et le trouble c’est l’absence de Dieu sur le champ du désastre.

 

Il a l’impression que Dieu l’a complètement oublié.

 

Et pourtant, aussi étrange que cela puisse nous paraître, il appelle Dieu à son secours, il exige une réponse de Sa Part.

 

Il subit l’oppression d’un ennemi redoutable et il veut savoir combien de temps le Seigneur permettra cela.

 

Qui était-il, cet ennemi ?

 

Nous ne le saurons pas.

 

Mais nous connaissons bien, en tout cas, les nôtres !

 

Nous connaissons ce que c’est que le doute, la guerre, les maladies, les peines, l’injustice, les désillusions et une foule d’autres expériences et réalités dures à vivre, à surmonter et à accepter, qui nous cachent le visage de Dieu.

 

Comment les traiter ?

 

Et surtout comment traiter le doute ?

 

Simplement par la Foi.

 

Quand le doute nous assaille, ne posons pas des questions bêtes comme celle de l’existence de Dieu.

 

Au contraire, adressons-lui nos questions.

 

« Mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné? » fut la question de Jésus sur la croix.

 

Dieu entendit Son Cri et Il entendra aussi les nôtres.

 

Il est Réel.

 

Son apparente absence n’est que provisoire.

 

Il Revient bientôt.

 

Accorde-nous, Seigneur, une Foi ferme et opiniâtre qui s’accroche à Toi à l’heure du doute.

 

Puissions-nous découvrir que Ta Grâce est suffisante.

 

Ouvre nos yeux à Ta Présence et nous témoignerons de Ta Bonté envers nous.

 

Amen.

 

Aaron Kayayan Pasteur Protestant

Aaron Kayayan,

pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Source : Ressources Chrétiennes

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 18:35
La transmission fidèle de l'Evangile

Par quelle voie, par quels instruments l’Évangile est-il fidèlement transmis depuis deux mille ans ?  Une telle transmission est-elle seulement possible, ou bien n’est-elle qu’un leurre, une vue de l’esprit, quelque chose qui ne s’est en fait jamais réalisé mais aurait été (et serait toujours) fantasmé par les générations suivantes ?

La question s’est posée dès le début de l’ère chrétienne à ceux qui proclamaient la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, notamment Paul de Tarse, l’auteur de treize lettres comprises dans le Nouveau Testament, reçues et acceptées par les Églises chrétiennes comme détenant une autorité apostolique authentique, en tant que mandatée et certifiée par celui qui se trouve au centre de l’Évangile, Jésus-Christ lui-même. Cette autorité apostolique, contestée par certains du temps du vivant de Paul, mais rapidement établie par l’ensemble de la chrétienté d’alors, ne pouvait aucunement dépendre de mesures coercitives ou d’un complot quelconque. C’est la nature du message proclamé et son fondement qui l’ont établie. En tant qu’homme, Paul termina sa carrière d’apôtre exécuté sous l’empereur Néron en raison de sa foi en Jésus-Christ comme Seigneur (kurios).

Dans sa seconde lettre à Timothée, rédigée peu avant cette exécution, Paul parle justement de la transmission de l’Évangile qui lui a été confié (ainsi qu’aux autres apôtres du Christ) et il en définit les modalités. Les versets 1 à 13 du second chapitre de cette lettre, cités ici, serviront à préciser ces modalités en cinq points centraux (citation à partir de la version Segond révisée, « La Colombe ») :

Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Christ-Jésus. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres.  Souffre avec moi comme un bon soldat du Christ-Jésus.  Il n’est pas de soldat en campagne qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé, et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles.  Le laboureur qui peine doit être le premier à recueillir les fruits.  Comprends ce que je dis : car le Seigneur te donnera l’intelligence en tout.

Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, issu de la descendance de David, selon mon Évangile, pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur.  Mais la parole de Dieu n’est pas liée.  C’est pourquoi je supporte tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui et en Christ-Jésus, avec la gloire éternelle.

 Cette parole est certaine :

Si nous sommes morts avec lui,

Nous vivrons aussi avec lui ;

Si nous persévérons,

Nous régnerons aussi avec lui ;

Si nous le renions,

Lui aussi nous reniera ;

Si nous sommes infidèles,

Lui demeure fidèle,

Car il ne peut se renier lui-même.

  • Le premier point qui doit être souligné par rapport à la question initiale posée, c’est que ce qui doit être transmis, le message-objet de la transmission, c’est « ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins » (2a). Il s’agit d’un enseignement, d’une doctrine de vie appelée par Paul son Évangile (8b).  Succession de doctrine donc. Cet Évangile est le sien non pas de manière exclusive, comme s’il était la propriété de Paul, mais pour être distingué de toute version contradictoire de cet Évangile qui prétendrait détenir une autorité apostolique authentique (voir Galates 1:6-7 à cet égard).  C’est donc de cet Évangile-là dont Timothée doit se souvenir.  La transmission en question ne s’est pas faite de manière quasi-initiatique ou secrète, mais « en présence de beaucoup de témoins » ce qui est à la fois une indication de la portée communautaire du message, et une protection contre toute tentative de déformation par un ou plusieurs individus.  L’impératif de cette transmission indique aussi son caractère diachronique, destiné à traverser les générations suivantes.  L’Évangile n’a pas été annoncé pour une ou deux générations seulement. Ce dépôt doit ensuite être confié à des hommes fidèles (2b). Le caractère de fidélité exigé par Paul pour la transmission de l’Évangile implique qu’aucune déformation, aucun ajout, aucune suppression de tel ou tel élément jugé indésirable ne sauraient être tolérés.  Ceci nous ramène à une injonction similaire que l’on trouve au début du quinzième chapitre de la première lettre de Paul aux Corinthiens : Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes, et par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. Le caractère diachronique de cette transmission de doctrine est ensuite établi au verset 2c : …qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. La fidélité de la transmission sera proportionnelle à la capacité (ikanoi en grec) d’enseignement des transmetteurs suivants.  Ce n’est donc pas à n’importe qui que cette charge de transmission peut ou doit être confiée, mais au contraire à des hommes dûment enseignés, formés et établis pour ce faire. S’il advenait que certains, lesquels ayant reçu le dépôt, soient néanmoins trouvés infidèles dans cette transmission, reniant ainsi le Christ, celui-ci les renierait au jour de sa venue en gloire (12-13). L’infidélité de certains n’annulera néanmoins jamais la fidélité du Christ : Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même (v. 13). De la même manière, le fait que Paul soit emprisonné, attendant son exécution prochaine au moment de la rédaction de sa seconde lettre à Timothée, ne lie pas l’Évangile à sa situation personnelle, comme s’il ne pouvait la transcender :  … pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur.  Mais la parole de Dieu n’est pas liée (v. 9). La fidélité du Christ envers lui-même fera toujours que de nouveaux serviteurs, fidèles quant à eux, seront en leur temps et circonstances envoyés pour proclamer l’Évangile,  qui ne saurait être lié d’une quelconque manière.
Antoine de la Roche Chandieu

Antoine de Chandieu (1534-1591), pasteur Protestant du seizième siècle ayant joué un rôle considérable dans l’établissement d’Églises réformées dans le royaume de France, a écrit quelques très belles pages sur ce thème dans son ouvrage La Confirmation de la Discipline Ecclésiastique (1566).  En voici quelques extraits pour compléter ces remarques:

« A la vérité nous devons bien reconnaître que Dieu est meilleur que nous pour vouloir ce qui est bon et juste, et qu’il est plus sage que nous pour choisir les moyens qui lui sont propres.  Il est certain que ceux qui voient l’Écriture Sainte, ne peuvent ignorer que Dieu a mis cet ordre en son Église, qu’il veut être gardé inviolablement, à savoir qu’un chacun indifféremment et de sa seule autorité ne puisse s’attribuer quelque office ou charge au sein de celle-ci, et particulièrement de prêcher.  Mais que cet honneur lui soit réservé d’y appeler ceux qu’il lui plaira.  De telle sorte que quiconque pervertit un tel ordre ne puisse être excusé de vouloir diviser l’Église et comme couper les nerfs par lesquels Dieu veut qu’elle demeure debout et en son entier.

Cela nous est enseigné si clairement par l’Apôtre, que ceux qui n’y prennent garde ferment les yeux à leur escient.  Jésus-Christ, dit-il, a donné les uns pour être apôtres, et les autres pour être prophètes, les autres évangélistes, les autres pasteurs et docteurs, pour assembler les saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ (Éphésiens 4 :11). Donc puisque le Seigneur a mis cette distinction de charges en son Église, il s’ensuit qu’il n’est pas loisible à tout un chacun de s’y entremettre indifféremment.  Et même, puisque l’apôtre dit que le Seigneur les a donnés, il déclare assez par cela qu’il est l’auteur d’un tel ordre, et que ceux qui s’ingèrent sans être appelés, contreviennent à son ordonnance.  Et à ce propos il dit par ses Prophètes qu’il a constitué sur son peuple des gardes et des guetteurs pour l’avertir de son devoir.  Et S. Paul dit des vrais Pasteurs que le Saint Esprit les a mis sur leurs troupeaux pour gouverner l’Église de Dieu (Ésaïe 62 :6 ; Jérémie 6 :17 ; Ezéchiel 33 :7 ; Actes 20 :28).

Il y a assez d’autres passages qui montrent que c’est Dieu qui envoie les annonciateurs de sa parole : comme quant notre Seigneur Jésus-Christ commandait qu’on priât le maître de la moisson afin qu’il y envoie des ouvriers (Matthieu 9 :38).  Ce qui n’est pas dit seulement en général, mais aussi nous voyons comment en particulier Dieu a souvent témoigné à ses serviteurs que c’était lui qui les envoyait à son œuvre.  Voilà pourquoi tant de fois il commande à Moïse de dire aux Israélites qu’il l’envoyait vers eux pour leur déclarer sa volonté.  Il assure Ésaïe de sa vocation, et même par une vision admirable.  Il donne du courage à Jérémie, l’assurant qu’il était envoyé par lui.  Comme aussi notre Seigneur Jésus-Christ déclare à ses apôtres qu’il les envoie, leur donnant tout de suite après le Saint esprit, par la vertu duquel ils peuvent s’acquitter de leur charge.  Et de même quand il apparut à Saint Paul : Je te suis, dit-il, apparu pour te constituer ministre et témoin des choses que tu as vues, et de celles dans lesquelles je t’apparaîtrai, te délivrant du peuple et des Gentils vers lesquels je t’envoie maintenant.

Et certes ce n’est pas sans cause que Dieu a voulu imprimer dans les cœurs de ses serviteurs une pleine certitude de leur vocation, mais afin que par cela ils soient munis et fortifiés contre tant de difficultés par lesquelles il faut qu’ils passent. Car qui sera celui qui ne tremble s’il appréhende à bon escient, et selon la parole de Dieu, le pesant fardeau d’une telle charge ?  Est-ce une chose légère d’être ambassadeur pour Christ, messager de Dieu et dispensateur de ses secrets ? Est-ce peu de choses de porter la parole de la réconciliation de Dieu avec les hommes ? Exhorter comme si Dieu lui-même exhortait ? D’annoncer la rémission des péchés aux croyants et la condamnation aux infidèles ?  De délier les uns, et lier les autres au jugement de Dieu ? Est-ce une chose humaine d’être le sel de la terre ? La lumière du monde ? Bref d’être la bouche par laquelle le Seigneur parle aux hommes, les mains par lesquelles il s’approche d’eux, afin qu’ils le voient, qu’ils le connaissent et servent selon sa volonté ? Si nous considérons ces choses à bon escient, ne dirons-nous pas avec l’Apôtre : Et qui est suffisant pour ces choses ? Il est certes très nécessaire que ceux auxquels une si grande et difficile charge est commise, cherchent ailleurs qu’en eux-mêmes les choses qui sont requises à leur devoir. Et d’où prendront-ils quelque assurance, sinon de ce qu’ils sont certains et résolus que Dieu les envoie ; et par le même moyen qu’il sera leur garant, qu’il les soutiendra sous le poids d’une si grande charge, qu’il les armera contre les assauts qui leur sont présentés, bref qu’il les pourvoira des choses qui leur sont nécessaires ?

Or, bien que Dieu ait appelé de tout temps ceux qui ont reçu de lui une charge d’enseigner son Église, il n’a cependant pas toujours usé des mêmes moyens pour les y appeler.  Car il a envoyé les Prophètes et Apôtres d’une façon extraordinaire, en tant qu’il n’a pas fait usage du suffrage et de l’élection des hommes en leur endroit.  Pareillement lorsque l’ordre de l’Église est totalement interrompu, et que la pureté de son service est abolie, selon ce qu’il peut apparaître extérieurement, Dieu suscite extraordinairement des personnes qu’il dote de grâces propres pour rétablir l’ordre de l’Église, et remettre dessus son service en la pureté qui convient.  Et comme ce sont des choses extraordinaires, elles n’ont pas toujours lieu en l’Église.

Mais quant aux ministres et Pasteurs, leur charge doit durer en l’Église jusques à la consommation du monde, ayant certains troupeaux qui leur sont assignés, afin qu’ils les nourrissent en la connaissance et crainte par la prédication de sa parole, et l’administration des sacrements qu’il a institués.  Et ceux-ci sont appelés de Dieu à leur charge par le moyen des hommes : assavoir par une élection sainte et légitime, telle qu’elle nous est enseignée par la parole de Dieu.  Et ainsi, bien qu’ils doivent sentir en leur conscience le témoignage de leur vocation intérieure, il faut néanmoins que la vocation extérieure et ordinaire, selon l’ordre de l’Église, y soit adjointe avant qu’ils puissent s’entremettre d’annoncer l’Évangile.  Et voilà pourquoi l’apôtre spécifie et déclare si soigneusement et par le menu les choses requises à un fidèle Pasteur (Timothée 3 :1), afin que par cela l’Église connaisse mieux ceux qu’elle devra élire en une telle charge.  Et même écrivant à Tite (1 :7)Je t’ai laissé, dit-il, afin que tu établisses des Anciens par les villes, comme je l’ai ordonné.  S’il y a quelqu’un qui soit irrépréhensible, etc. Pour nous faire comprendre premièrement que l’élection a lieu en telle chose, et secondement qu’on doit y procéder avec grande prudence et égard, afin que l’Église soit bien pourvue.  A cela appartient la remontrance qui est faite à Timothée (1 Timothée 5 :22), qu’il n’impose pas à la hâte les mains sur aucun, et ne communique point aux péchés d’autrui.  Et même, (bien que Timothée doive être plutôt compté au rang des Évangélistes qui ont eu lieu au commencement avec les apôtres, qu’au rang commun des Pasteurs), l’apôtre déclare néanmoins qu’il a été élu à sa charge par l’imposition des mains de la compagnie des anciens (1 Timothée 4 :14).  Et suivant cela, il est dit que S. Paul et Barnabas ordonnaient des Pasteurs dans chaque Église avec prières et jeûnes (Actes 14:23).

En somme, il nous apparaît par toute l’Écriture Sainte, qu’excepté les Prophètes, Apôtres, et ceux que Dieu a en certains temps suscités extraordinairement et sans le moyen des hommes, tous les autres qu’il a envoyés pour porter sa parole, ont reçu témoignage de leur vocation par l’ordre de l’Église, qui est comme la main de Dieu, par laquelle il élève les hommes en une telle charge.

Et tout comme Dieu approuve ceux qui avec vocation légitime s’emploient à son service, qu’il les assiste, qu’il bénit leurs labeurs et ratifie au ciel la doctrine qu’ils ont annoncée en la terre : aussi il a de tout temps condamné, rejeté et puni ceux qui sans être envoyés, se sont ingérés en quelque charge ecclésiastique. [exemples tirés de l’Ancien Testament : Jérémie 14 ; 29 :23 ; Ézéchiel 13 :7 ; Nombres. 16 1 ; Samuel 6 ; 13 ; 2 Sam. 6 ; 2 Chroniques 26].

Tous ces exemples sont suffisants pour nous retenir en notre devoir, afin que nous ne nous avancions pas outre ce qui nous sera commandé par Dieu.  Car estimons-nous que si après tant de défenses, de menaces, de punitions rigoureuses contre ceux qui ont commis de telles fautes, on veut néanmoins violer et pervertir l’ordre que Dieu a établi, une telle audace et témérité puisse demeurer impunie ?  Que donc l’enseignement de l’Apôtre aux Hébreux nous contienne enserrés dans les limites de notre vocation, quand parlant de la sacrificature, il dit que nul ne prend l’honneur à soi-même sinon celui qui est appelé par Dieu (Hébreux 5 :4).  Comme aussi quand Saint Paul parle de la prédication de l’Évangile : Comment entendra-t-on, dit-il, sans prédication ? Et comment prêchera-t-on sinon qu’on soit envoyé ? (Romains 10 :14-15), montrant par cela que nul ne doit s’avancer pour prêcher la parole de Dieu, sinon celui à qui Dieu aura ouvert la bouche, l’appelant à un tel office.  Et c’est la raison pourquoi les serviteurs de Dieu ont tant de fois allégué leur vocation, tant pour témoigner qu’ils ne s’étaient pas ingérés d’eux-mêmes, qu’aussi pour rendre les hommes plus attentifs et obéissants à la doctrine qu’ils annonçaient.  Ainsi, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Zacharie, et les autres disent qu’ils sont envoyés.  Ainsi Saint Paul déclare qu’il est constitué héraut pour annoncer l’Évangile.  Ainsi Jésus-Christ lui-même témoigne qu’il est envoyé, et que ce qu’il fait est selon la charge qui lui est commise. »

 

Amen,

 

Eric Kayayan Foi et Vie Réformées

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

Texte : Jean Calvin

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi et Vie Réformées

Foi et Vie Réformées

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 18:15
Recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous - Jacques 1: 16-27

Recevez avec douceur la parole

qui a été plantée en vous

Jacques 1: 16-27

 

Par Mario Veilleux

de l'Église Réformée de Beauce

Croix huguenote

 

 

Eglise Réformée de Beauce (Québec)

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Bible Refuge Protestant
Croix huguenote

 

ressources chrétiennes

 

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 19:00
Entends ma voix ô Dieu ! Par Abraham Kuyper (1837-1920)

Entends ma voix ô Dieu !

 

Une méditation par Abraham Kuyper (1837-1920) extraite du recueil de cent dix méditations “S’approcher de Dieu”

Le fait que le Seigneur soit à la fois un Dieu proche et un Dieu lointain (Jérémie 23:23) exprime dans un langage prophétique le fait que devant Dieu toute distance s’efface, et qu’il peut nous parler et entendre notre voix, même si le ciel est son trône et que nous sommes agenouillés ici sur terre ; oui, même si nous murmurons une prière dans notre souffle, qu’une personne se tenant à nos côtés ne peut entendre.

La foi n’a pas d’autre explication à cela que cette question : “Celui qui a formé l’oreille n’entendra-t-il pas ?” (Psaume 94:9) et donc : “Celui qui a formé la voix ne parlera-t-il pas ?”

Naguère la confiance était fondée sur la confession de l’omniprésence de Dieu, et sur le fait qu’Il est l’Omniscient.  Mais il n’y avait rien en cela qui soutenait et portait l’imagination.  Or c’est cela qui est devenu tout à fait différent.  Maintenant qu’il nous est possible, à nous, créatures impuissantes, d’étendre notre voix à travers des continents entiers et de nous rendre intelligibles les uns aux autres ; maintenant que, même sans l’aide de fils, l’échange de pensées est devenu possible à des distances de plusieurs milliers de kilomètres – et tout tend à montrer que ce n’est là que le commencement d’une communication qui sera encore développée – nous pouvons nous faire une idée de la manière dont cette communication peut s’étendre à l’infini, et comment le Seigneur notre Dieu, qui a la disposition absolue de tous ces moyens, en tant qu’Il les a créés, peut, du trône de sa gloire, nous regarder d’en-haut et nous murmurer dans l’âme.  Mais aussi comment, d’autre part, lorsque notre voix s’élève vers lui en suppliant, si faible soit-elle, elle peut être entendue par lui, puisque toute distance qui nous sépare tombe.

Dans notre marche secrète avec Dieu, il y a encore une phase tout à fait différente, à savoir celle de l’ardeur sacrée qui jaillit de la présence du Saint-Esprit en nous.  Aussi souvent que cette présence opère, il n’y a pas de distance entre nous et Dieu. Le Seigneur nous parle alors dans la chambre intérieure du cœur. Nous avons conscience de sa sainte présence, non pas au loin, mais tout près de nous, et nous lui parlons dans un murmure confidentiel, comme de bouche à l’oreille.  Tel est le cas à la fin de la journée, quand une paix supérieure remplit le cœur, et que la jouissance bénie d’être un enfant de Dieu nous apporte une extase silencieuse.

Mais nous ne traitons pas de cette phase maintenant.  Nous parlons ici de l’homme qui croit vraiment, mais qui, soit à cause du péché, soit à cause de la détresse, a perdu en partie la conscience d’être enfant de Dieu, et se retrouve à une grande distance de Dieu, et Dieu à une grande distance de lui. Une condition de l’âme qui se présente constamment dans cette vie, même chez les plus saints. Alors il semble d’abord que Dieu n’entende pas, comme si nous devions l’invoquer pour qu’Il entende de nouveau la voix de notre supplication. “Aie égard à moi, Seigneur !”, c’est le cri de l’âme de celui qui a l’impression que Dieu ne prête aucune attention à sa prière.  Et de même, lorsque, par Isaïe, Dieu dit (51 :4) : “Écoute-moi, mon peuple” , cela signifie qu’au début le peuple n’écoute pas les paroles du Seigneur.

Ces deux cris appartiennent donc à la phase d’éloignement temporaire, lorsque la communion entre Dieu et notre âme, et entre notre âme et Dieu, a été interrompue par le péché ou par une dure épreuve.  Il faut alors rétablir la communication.  Dans le langage du téléphone, Dieu sonne alors, et nous appelons Dieu, afin qu’il nous écoute.  Et c’est ainsi que la connexion se rétablit.

La communication, la communion avec Dieu, est la grande force sanctifiante et protectrice qui nous soutient dans la vie.  Il ne s’agit pas de nous ici-bas séparés de Dieu qui est, lui, au loin dans les cieux, de sorte que nous ne nous souvenons de Lui qu’à quelques moments du long chemin à genoux. Il s’agit d’une communion constante, continue avec notre Père dans les cieux, aussi peu  perturbée ou brisée que possible, et c’est là le secret de la puissance de la foi de l’enfant de Dieu.

Abraham Kuyper

Abraham Kuyper

Pasteur protestant et théologien Pays-Bas

 

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Source : Foi et Vie Réformées

Foi et Vie Réformées

 

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 19:06
Conférence de Foi et Vie Réformées -- Église invisible, Églises visibles : quel lien, pour quelle unité

Conférence de Foi et Vie Réformées

&

Ressources Chrétiennes

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Eglise invisible, Eglises visibles :

Quel lien, pour quelle unité

 

 

 

Quels sont les différents sens du mot église dans le Nouveau Testament ?

 

Quels liens unissent l'église invisible à l'église visible, l'Eglise universelle à l'Eglise particulière, les Eglises particulières entres Elles ?

 

Ce webinaire, poursuivant la réflexion entamée lors d'un précédent webinaire sur le thème de l'Eglise, cherchera à apporter des réponses bibliques à ces nécessaires questions qui concernent l'ensemble du corps du Christ, et doivent être adressées sur un solide fondement en vue de la croissance des Eglises vers leur unique Chef.

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 20:06

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" Il prends de ce qui est à Moi, et Il vous l'annoncera." (Jean 16-15)

 

Il y a des moments où toutes les promesses et les doctrines de la Bible ne nous touchent pas, à moins qu'une main de grâce les applique à notre cas.

 

Nous avons soif mais nous sommes trop faibles pour ramper jusqu'au torrent.

 

Quand un soldat est blessé dans la bataille, il ne lui sert de rien de savoir qu'il y a à l'hôpital des gens capables de panser ses plaies et des médicaments qui apaiseraient les douleurs dont il souffre actuellement.

 

Il a besoin qu'on le porte à l'hôpital et qu'on lui applique les remèdes en question.

 

Il en est ainsi pour notre âme et l'Esprit de Vérité pourvoit à ce besoin en prenant de ce qui appartient à Jésus et en nous l'appliquant.

 

Ne pensons pas que Christ a placé Ses joies sur des étagères célestes et qu'Il nous ordonne de faire de l'escalade pour nous les procurer.

 

Au contraire, Il s'approche et Il répand Sa Paix en notre coeur.

 

Ami(e) Chrétien(ne), si vous peinez sous le poids d'une profonde détresse, sachez que Votre Père Céleste ne vous donne pas les promesses pour vous laisser ensuite les tirer de la Parole comme on retirerait de l'eau d'un puits avec des seaux.

 

Les promesses qu'Il a écrites dans la Parole, Il les écrit à nouveau dans votre coeur.

 

Il manifestera Son Amour pour vous et, par Son Saint Esprit, Il chassera vos soucis et vos difficultés.

 

Sachez le, vous qui pleurez, que Dieu se réserve la prérogative d'essuyer toute larme des yeux de Son Enfant.

 

Le bon Samaritain ne se contenta pas de dire au blessé :

 

"Voilà le vin et voici l'huile pour toi."

 

Il les appliqua en personne sur les blessures.

 

Pareillement, Jésus vous donne le doux vin de la Promesse et Il porte Lui même la coupe dorée à vos lèvres, répandant en vous la force de la vie.

 

Le pauvre pèlerin, épuisé et malade, n'est pas seulement fortifié pour continuer sa marche, mais Dieu le porte en fait sur les ailes de l'aigle.

 

Merveilleux Evangile !

 

Il pourvoit toutes choses pour celles et ceux qui ne peuvent plus rien.

 

Il s'approche de nous alors que nous sommes incapables de l'atteindre.

 

Il nous apporte la Grâce avant même que nous cherchions la Grâce !

 

Il y a tout autant de Gloire dans l'acte de donner que dans le don.

 

Heureux le peuple à qui le Saint Esprit apporte Jésus !

 

Amen,

 

 

 

 

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 20:09
Les privilèges de celui qui pleure

Les Privilèges de celui qui pleure

Par Thomas Watson

 

Les pleurs sont une voie menant vers la joie solide.

 

"Le vin doux est celui qui sort du pressoir des yeux", dit Chrysostome.

 

L'âme n'est jamais plus agrandie que lorsqu’elle peut pleurer.

 

Les larmes du lieu secret sont meilleures alors que la musique de la cour.

 

L'âme d'un chrétien est plus soulagée quand elle peut se décharger par de saintes lamentations.

 

David qui était le grand pleureur en Israël était le doux chantre en Israël.

 

"Mes larmes sont ma nourriture" (Psaumes 42:3).

 

"Les larmes des pénitents", dit Bernard, "sont plus douces que toutes les joies terrestres. "

 

Un chrétien songe lui-même quelquefois aux faubourgs du ciel lorsqu’il peut pleurer.

 

Quand Anne eut pleuré, elle partit et ne fut plus triste.

 

Le sucre quand il fond est infiniment doux.

 

Quand un chrétien fond en larmes, il détient la plus douce joie.

 

Quand la fille de Pharaon descendit dans la rivière, elle y trouva un petit bébé parmi les roseaux ; ainsi quand nous descendons dans la rivière des larmes de repentance, nous y trouvons le "petit bébé" Jésus qui effacera toutes larmes de nos yeux.

 

Les pleurs devancent la consolation tout comme la plaie d'une blessure précède le remède.

 

L’antinomien parle de la consolation, mais tourne en dérision les lamentations dues au péché.

 

Il ressemble à un patient stupide qui, ayant reçu la prescription de prendre une pilule, lèche le sucre, mais jette la pilule.

 

Le libertin est entièrement pour la joie et le réconfort.

 

Il lèche le sucre, mais jette la pilule amère de la repentance.

 

Si nous avons la vraie consolation, nous devons l'avoir suivant les voies et méthodes de Dieu.

 

Le chagrin causé par le péché conduit à la joie :

 

"J'ai vu ses voies, et Je le guérirai; Je lui servirai de guide, et Je le consolerai, lui et ceux qui pleurent avec lui." (Esaïe 57:18).

 

Le vrai soleil de la joie est celui qui vient après une pluie de larmes.

 

Nous pourrions aussi bien nous attendre à une récolte sans semences, qu’à une consolation sans les larmes de l'Evangile.

 

Remarquez que Dieu garde Son meilleur vin pour la fin.

 

Tout d'abord Il prescrit les larmes pour le péché et ensuite Il donne le vin de la consolation.

 

L'Ennemi de nos âmes fait tout à fait le contraire.

 

Il présente le meilleur en premier et réserve le pire pour la fin.

 

Il montre d'abord le vin miroitant dans le verre, vient ensuite la morsure du serpent. ( Proverbes 23:32).

 

Ce même Ennemi met ses plats délicats devant la vue des hommes.

 

Il leur présente le péché coloré de beauté, adouci par le plaisir, argenté par le profit et ensuite, après coup, la triste addition est introduite.

 

Il a d'abord montré l’appât de l'argent à Judas, et l'a ensuite frappé avec le crochet.

 

C'est la raison pour laquelle le péché a tant de disciples, parce qu'il présente le meilleur d'abord.

 

D'abord, les couronnes d'or, viennent ensuite les dents du lion (Apocalypse 9:7,8).

 

Remarquez, les larmes de l'Evangile ne sont pas perdues; elles sont les graines de la consolation.

 

Tandis que le pénitent verse des larmes, Dieu déverse la joie.

 

"Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l’allégresse." (Psaumes 126:5).

 

Le but de l’onction et de la venue de Christ dans le monde était qu'Il console ceux qui pleurent (Esaïe 61:3).

 

L'apôtre peut alors à propos appeler cela "une repentance dont on ne se repent pas" (2 Corinthiens 7:10).

 

Un homme doit se repentir de son ivresse ; il doit se repentir de son impureté; mais il ne doit jamais se repentir de sa repentance, parce qu’elle est la porte d’entrée de la joie.

 

"Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés."

 

Voici le doux fruit d'une réserve amère.

 

Christ fit remplir d'eau les vases de terre, et transforma ensuite l'eau en vin (Jean 2:9).

 

Ainsi, quand l’œil, ce vase de terre, a été rempli d'eau, alors Christ transformera l'eau des larmes en joie.

 

"Les saintes larmes", dit Basil, "sont la semence de laquelle la fleur de la joie éternelle croît."


Raisons pour lesquelles celui qui pleure sera consolé

 

Parce que les larmes sont faites à dessein pour cette fin.

 

Les larmes ne sont pas prescrites pour elles-mêmes, mais afin qu'elles puissent conduire à quelque chose d'autre, afin qu'elles puissent établir un enchaînement vers la consolation.

 

Ainsi donc nous semons dans les larmes afin que nous puissions récolter dans la joie.

 

Les saintes larmes sont un médicament spirituel.

 

Maintenant, un médicament ne se prescrit pas pour lui-même, mais en vue de rétablir la santé.

 

Ainsi les larmes de l’Evangile sont tout désignées pour cette fin précise, celle de produire la joie.

 

Celui qui pleure spirituellement est la personne la plus propice à la consolation.

 

Quand le cœur est brisé à cause du péché, il est maintenant le mieux disposé à la joie.

 

Dieu verse l'huile d'or de la consolation dans des vases brisés.

 

Le cœur de celui qui pleure est vidé d’orgueil et Dieu remplit le vide de Sa bénédiction.

 

D'abord, les consolations de l'Esprit de Dieu sont posées par une conviction profonde :

 

"Et quand Il (c'est-à-dire le Consolateur) sera venu, Il réprouvera (ou convaincra) le monde de péché" (Jean 16:7,8).

 

Pourquoi la conviction vient-elle avant la consolation ?

 

La conviction nous prépare à la consolation.

 

Par la conviction, l'Esprit dispose tout doucement le cœur à rechercher Christ et ensuite à recevoir Christ.

 

Une fois que l'âme est convaincue de péché et de l'enfer qui le suit, un Sauveur est précieux.

 

Les consolations de l'Esprit rendent humbles.

 

Plus on verse de l'eau dans un seau, plus bas il descend ; plus le bateau est chargé de douces épices, plus bas est le niveau sur lequel il navigue.

 

Plus un chrétien est rempli des douces consolations de l'Esprit, plus bas il navigue dans l'humilité.

 

Plus un arbre est rempli de fruits, plus bas la branche pend.

 

Plus nous sommes remplis "du fruit de l'Esprit, de joie et de paix" (Galates 5:22), plus nous nous plions dans l'humilité.

 

Pour ceux qui disent qu’ils ont la consolation, mais sont orgueilleux, qui ont appris à mépriser les autres et sont montés au-dessus des ordonnances, leurs consolations sont des illusions.

 

Encore, l'Ennemi de nos âmes est capable, non seulement de "se déguiser en ange de lumière" (2 Corinthiens 11:14), mais aussi de se déguiser en consolateur.

 

Il est facile de fabriquer de la fausse monnaie, de recouvrir d'argent le cuivre et d’y apposer l'image du roi.

 

Ce même Ennemi peut recouvrir d'argent des fausses consolations et les faire paraître comme si elles avaient le cachet du Roi du ciel sur elles.

 

Les consolations de Dieu rendent humbles.

 

Quoiqu'elles élèvent le cœur dans la reconnaissance, elles ne le font pas cependant haleter dans l’orgueil.

 

JAMAIS !!!

 

Les consolations réservées à ceux qui se lamentent sont des "consolations qui remplissent".

 

"Le Dieu de toute espérance vous remplira entièrement de joie ..." (Romains 15:13).

 

"Demandez... afin que votre joie soit parfaite" (Jean 16:24).

 

Quand Dieu déverse les joies du ciel, elles remplissent le cœur et le font éclater.

 

"Je suis comblé de joie" (2 Corinthiens 7:4).

 

Les consolations que Dieu donne à Ses enfants qui pleurent transportent et ravissent infiniment.

 

Si délectables sont-elles et si admirables, qu'elles causent une jubilation qui, comme certains érudits disent, est si grande qu'elle ne peut pas être exprimée.

 

De toute les choses, la joie est ce qu’il y a de plus difficile à déchiffrer.

 

Elle est appelée "la joie ineffable." (1 Pierre 1:8).

 

Vous pouvez plus facilement goûter le miel que dire combien il est doux.

 

Le vin de l'Esprit peut adoucir les eaux de Mara.

 

Ceux qui sont possédés de ces consolations célestes peuvent cueillir les raisins dans les épines et aller chercher le miel provenant de la dépouille du lion.

 

Ce sont en effet des consolations fortes qui peuvent tenir debout dans l’épreuve ardente et transformer la flamme en lit de roses.

 

Combien puissante est cette consolation qui peut rendre un chrétien glorieux dans les tribulations ! (Romains 5:3).

 

Un croyant n'est jamais aussi triste qu'il ne soit capable de se réjouir.

 

L'oiseau du paradis peut chanter en hiver.

 

Les consolations des enfants de Dieu qui pleurent sont des consolations qui tranquillisent le cœur.

 

Elles engendrent une douce résignation et le repos dans l'âme.

 

Le cœur d'un chrétien est dans une sorte de confusion, comme l'aiguille dans la boussole ; il tremble et tremble jusqu’à la venue du Consolateur.

 

Certaines créatures ne peuvent pas vivre en dehors du soleil.

 

Un chrétien est même mort dans le nid, à moins qu'il ne puisse avoir la lumière du soleil du visage de Dieu.

 

"Ne me cache pas Ta face, de peur que je ne ressemble à ceux qui descendent dans la fosse" (Psaumes 143:7).

 

Les consolations de l'Esprit sont des consolations qui demeurent.

 

De même qu’elles abondent en nous, de même demeurent-elles avec nous.

 

"Il vous donnera un autre Consolateur afin qu'Il demeure avec vous éternellement" (Jean 14:16).

 

Les consolations terrestres sont toujours sur le bout de l'aile, prêtes à s’envoler.

 

Elles ressemblent à une inondation, ou un éclair.

 

Toutes les choses d’ici-bas sont passagères, mais les consolations dont Dieu nourrit Ses enfants qui sont dans le deuil sont immortelles.

 

"Il nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle"(2 Thessaloniciens 2:16).

 

Quoiqu'un chrétien n'ait pas toujours un rayon de consolation, il en possède néanmoins une aube dans son âme.

 

Il a toujours une terre d’espérance et une racine de joie.

 

Il y a à l’intérieur de lui quelque chose qui fait tenir bon son cœur et dont il ne voudrait d’aucune façon se séparer.

 

Voici, alors, le privilège de celui qui pleure : il sera consolé.

 

David qui était le grand pleureur d'Israël était le doux chantre d'Israël.

 

La colombe qui pleure sera couverte des plumes dorées de la consolation.

 

Oh, combien rares et excellentes sont ces consolations !

 

Amen,

 

Thomas Watson,

Bible (128)

Croix Huguenote

 

 

 

 

Source: Regard Bibliothèque Chrétienne - ERM

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 19:11

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Mélodie : Johann Crüger (1653), révision et harmonisation par Johann Sebastien Bach (Jesu, meine Freude). Texte français : Henri Capieu

ô Jésus, Mon Frère,

Ma Joie, ma Lumière,

Au fond de ma vie,

Ta Présence est Douce,

Comme un flot de source,

Un chant dans la nuit.

Jésus, Prince de la Vie,

Tout le temps et tout l'espace

Brillent de Ta Grâce.

Au temps de l'épreuve,

Que ma joie demeure,

Ô Jésus, en Toi.

Dans le bonheur même,

Que Ton Nom devienne,

La plus haute joie.

Jésus, Mon Frère et Mon Roi,

Toi l'Espoir, Toi le Mystère,

La Paix de la terre.

Ô Jésus qui m'aimes,

Ta Parole sème,

Sur moi tant de dons ;

Seule Ta Présence

Met dans dans Ton Silence

Un désir profond.

Jésus, je salue Ton Nom,

En Toi, Jésus, à toute heure,

Que ma joie demeure.

 

 

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 19:03
Apostasie, vous avez dit apostasie ?

« Des choses horribles, abominables se passent dans le pays ; les prophètes prophétisent le mensonge, les prêtres font du profit. Et mon peuple aime cela ! Mais que ferez-vous quand viendra la fin ? » (Jérémie 5:30-31)

 

Par Paul Wells*

 

Il est une chose assez étonnante aujourd’hui: alors que l’Eglise, en Occident, est malade ou au moins souffrante d’asthénie, les chrétiens ne se préoccupent guère de savoir comment elle a pu en arriver là.

 

Ils n’arrivent même pas à en faire la diagnose ou à nommer le mal.

 

Bien au contraire, il semble que tout se passe dans le meilleur des mondes ecclésiastiques possibles, avec un baromètre au beau fixe et un climat établi par l’air du temps.

 

La chute, en bien des milieux, du nombre des pratiquants, des conversions, des vocations au ministère et des revenus… n’inquiète pas vraiment.

 

Et même, une certaine suspicion existe à l’encontre des Eglises en développement  :  n’useraient-elles pas de manipulation où la « dureté » maintiendrait la ligne?

 

Dans les Eglises francophones "main-line", issues de la tradition de la Réforme, on « fait » dans le sociologique ou le social et, pour se donner bonne conscience, on disserte, parfois, « en intello » sur les questions de société.

 

Comment imaginer qu’une Eglise puisse devenir une anti-Eglise, alors que le mot, difficile certes, d’apostasie semble impossible à prononcer?1

 

La modernité avancée relativise et subjectivise toute vérité.

 

Le summum n’est peut-être pas de ce monde, mais, chacun à sa manière – la communauté chrétienne ou le chrétien lambda pluraliste ou « évangélique » – se réclame légitimement du Christ.

 

Il serait incorrect de mettre en question la bonne foi du prochain ! On est chrétiens tous ensemble.

 

Ainsi, un certain mois de novembre par le passé, Gene Robinson, premier évêque ouvertement déclaré gay de la communauté anglicane, a invité ses détracteurs, sur la chaîne CNN, à rendre visite à sa « famille », qui est très morale.

 

Le langage même assume son sens contraire dans les milieux « chrétiens ».

 

La moindre remarque ou la plus petite objection constitue une violation du principe absolu de l’amour, le signe d’un sentiment de supériorité spirituelle et d’une mauvaise foi indignes d’un chrétien.

 

« Ne jugez pas » est pris dans le sens « n’ayez pas la moindre idée négative à propos des autres », comme si la Seconde Partie de la Bible ne recommandait pas d’exercer le discernement théologique.

 

Pourtant, nos prédécesseurs, A. Monod, dans l’Eglise réformée de France, et C.H. Spurgeon, au moment de la « régression » (downgrade) de l’Union baptiste en Angleterre au XIXe siècle, ou J.G. Machen, le fondateur du Westminster Seminary, qui s’est opposé aux modernistes dans l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, nous ont avertis.

 

Dans son livre Christianisme et libéralisme (1923), où il montre magistralement que le christianisme et le libéralisme sont deux religions différentes, Machen écrit :

 

« L’Eglise aujourd’hui a été infidèle à son Seigneur en admettant en son sein des compagnies de non-chrétiens, non seulement pour en être membres, mais aussi pour y être enseignants. Ils dominent les conseils et fixent l’enseignement de l’Eglise… Une séparation des partis est le grand besoin de l’époque. »

 

Cet ouvrage n’a rien perdu de son actualité près d’un siècle plus tard, car le libéralisme moderne reste étonnamment fidèle à lui-même, même si les dérapages éthiques d’aujourd’hui, qui touchent les évangéliques, tout comme le Protestantisme, appartiennent à un autre monde que celui des « vieux » libéraux.

 

Combien, dans le Protestantisme, oseraient s’exprimer en 2004 avec la même rigueur que Machen sur l’état de l’Eglise, la théologie ou les problèmes éthiques?

 

I. Une définition

 

« A parler simplement et rigoureusement, la véritable apostasie est celle par laquelle on renonce à la foi. »2

 

L’apostasie est donc le fait de se situer en dehors de la foi chrétienne confessée jusque-là3.

 

« La bonne conscience, certains l’ont abandonnée et ont ainsi fait naufrage en ce qui concerne la foi. » (1 Tm 1:19)

 

Elle se situe au bout d’un chemin en pente descendante le long duquel une simple erreur se transforme en hérésie et se cristallise en désaffection généralisée vis-à-vis de la foi.

 

L’hérésie porte le plus souvent sur une doctrine particulière – le statut de l’Ecriture, la christologie ou la Trinité, par exemple -, alors que l’apostasie est un reniement global de la doctrine apostolique.

 

La blessure spirituelle qu’est l’hérésie se transforme en gangrène.

 

Selon J. Owen, dans son tract La nature et les causes de l’apostasie de l’Evangile (1676), l’apostasie suscite le plus souvent des habitudes ou des attitudes dues au péché ou à l’erreur4.

 

Elle infecte non seulement la pensée, mais toute la vie, au point qu’on ne peut plus parler du salut qu’avec une extrême prudence.

 

Dans le dictionnaire des antonymes chrétiens, « apostasie » est l’opposé de « pureté ».

 

L’Eglise, on le sait, a pour signe et pour vocation de manifester la sainteté :

 

« Soyez saints, car moi, l’Eternel, je suis saint », telle est l’exhortation qui jalonne toute l’histoire de la rédemption.

 

Pensons, par exemple, aux prophéties bouleversantes de Jérémie !

 

Les individualistes que nous sommes, s’ils conçoivent assez aisément la sanctification au plan personnel, l’imaginent bien moins à propos de la collectivité.

 

D. Bonhoeffer en a, cependant, donné une belle illustration dans son livre De la vie communautaire, et il a eu le courage de mettre son modèle en pratique.

 

Par analogie, on admet que « le monde » et « la chair » sont les ennemis de l’Eglise ou du chrétien ; l’hérésie est ce qui se produit lorsque ces ennemis entrent et s’installent dans le camp, et l’apostasie ce qui arrive lorsqu’un rebelle aide l’ennemi.

 

Pour Augustin, les premiers « apostats » sont Adam et Eve et la race humaine est devenue apostate par nature, à cause de leur faute5.

 

Dans l’Apocalypse, l’expression « synagogue de Satan » (Ap 2:9 et 3:9) est utilisée pour décrire une communion dont les pratiques et les doctrines sont contraires à la vérité.

 

II. Des individus et pas des Eglises?

 

Il est aisé de parler d’apostasie à propos d’un individu; chacun connaît, en effet, l’histoire d’Esaü, celle de Judas, ou les noms d’Hyménée et Alexandre (1 Tm 1:20)6.

 

Il en va tout autrement s’il s’agit d’une Eglise.

 

Peu de textes ont été écrits à ce sujet7.

 

Pourquoi ?

 

Les Eglises en seraient-elles à l’abri ? Ou bien, pour diverses raisons – pudeur, souci de tolérance, crainte du sensationnalisme, etc. -, préférerait-on se taire ?

 

Le formalisme est un piège pour toutes les religions, ainsi que la tendance à défendre l’institution, qui sécurise de plusieurs manières.

 

Dans l’Ecriture, l’apostasie du peuple de Dieu est un thème permanent: de l’incident du veau d’or jusqu’à la parole de Jésus « ainsi avez-vous fait des prophètes… » et à la description, faite par Paul en Romains 9-11, de la situation du peuple juif.

 

L’histoire de l’Alliance est celle des désertions et des trahisons, non pas d’individus isolés, mais du peuple entier.

 

Christ n’a-t-il pas eu à souffrir de l’abandon des siens dans l’isolement progressif qui a été le sien entre Gethsémané et Golgotha ?

 

Après la Pentecôte, l’Eglise chrétienne s’est-elle améliorée grâce à l’effusion de l’Esprit ?

 

Apparemment non, car les croyants restent des pécheurs et sont toujours susceptibles d’orgueil et de ressentiments humains.

 

Des sept Eglises de l’Apocalypse, deux seulement ont un bilan de santé positif8.

 

Notre lumière serait-elle plus brillante au XXIe siècle que celle des chandeliers du Ier siècle ?

 

Ne serait-ce pas, pour avoir négligé les avertissements de l’Ecriture quant au risque d’apostasie, que le christianisme est si affadi en Occident ?

 

III. Les étapes de l’apostasie

 

Irénée dit, quelque part, que l’erreur se pare toujours d’habits magnifiques pour avoir l’air plus vraie que la vérité.

 

Comme le péché, elle a une apparence agréable et semble désirable.

 

La relativisation de la gravité de l’erreur est la première étape vers l’apostasie.

 

Un arbre d’Inde, le taxus, produit du fruit la première année de sa maturité, des feuilles la deuxième et du poison la troisième.

 

De même, le péché, après avoir pris racine chez un individu ou dans un groupe, n’a que trop tendance à s’aggraver.

 

Des « bilans globalement positifs », l’autojustification personnelle ou institutionnelle, s’accordent peu avec la vision biblique de la communion chrétienne.

 

La Seconde Partie de la Bible donne quelques indices du comment de la progression de l’apostasie au sein du peuple de Dieu.

 

J. Owen considère cet enseignement comme prophétique, les développements de l’histoire de l’Eglise le confirmant.

 

Voici, selon lui, les étapes de l’apostasie :

  1. des faux prophètes s’élèveront (Mt 24:9; 2 P 2:1);

  2. des loups pénètrent dans l’Eglise pour dévorer le troupeau (Ac 20:28);

  3. les chrétiens deviendront froids et ne supporteront plus la saine doctrine (2 Tm 3:1-9; 1 Tm 4:1-3).

A noter l’ordre suivi dans l’éclosion des « fleurs du mal » de l’apostasie: les erreurs, les faux prophètes, les « loups » et une froideur spirituelle généralisée.

 

IV. L’analogie personnes/Eglises

 

Tout comme il est possible de distinguer un chrétien fidèle d’un chrétien dont la foi dévie et d’une personne qui renie sa foi, serait-il possible de discerner les différentes sortes d’Eglises ?

 

Les lettres aux sept Eglises de l’Apocalypse (chapitres 2 et 3) sont d’une grande aide.

 

On y voit décrits trois types de communautés, que l’on pourrait classer respectivement en Eglises de résistance, de compromis et de dérapage:

 

1. Résistance

2. Compromis

3. Dérapage

Smyrne
Philadelphie

Pergame
Thyatire
Ephèse

Sardes
Laodicée

 

I) Fidèle:
refus des erreurs

Oui, mais tolérance
de la fausse doctrine
(juifs, nicolaïtes)

Tu es mort
(oubli de la Parole)

     

II) Pauvreté:
acceptation de la
souffrance/
des sacrifices

Oui, mais adaptation
au monde (Balaam)

Des œuvres qui
renient la foi

     

III) Victoire par le
témoignage

Des Oeuvres bonnes,
mais inconduite
(Jézabel)

Confiance en la
richesse, vitalité
apparente, mais morte

     

IV) Gardez la Parole…

 

Danger! (3:3, 16)

 

La tendance à l’apostasie va, dans le tableau, de la gauche vers la droite.

 

Elle est d’abord partielle, porte sur un point apparemment de peu d’importance, un « oui, mais… » avant de se généraliser.

 

Les Laodiciens et les habitants de Sardes sont tièdes ou morts et appelés à la conversion et au repentir.

 

De nos jours, existe-t-il une Eglise, locale ou dénominationnelle, qui échapperait à ce danger ?

 

Ce serait tellement beau !

 

L’Eglise est le peuple de l’alliance.

 

Christ s’adresse à chaque Eglise en se donnant le titre de Seigneur.

 

Selon l’état réel de cette communauté, il formule un avertissement ou une exhortation, il lance un appel et fait une promesse.

 

Eglise

Titre du
Seigneur

Nature de
l’Eglise

Exhortation/
Correction

   

Smyrne
2:8-11

Le premier,
le dernier

Pauvreté,
persécution

Ne crains pas!

 

 

Philadelphie
3:7-13

Le Saint, le
Véritable
David

Porte ouverte,
garder la Parole

Je te garderai

 

 

Pergame
2:12-17

Epée à deux
tranchants

Là où est
Satan

Idolâtrie…
fausse doctrine

 

 

Thyatire
2:18-28

Fils de Dieu,
yeux de flamme

Œuvres
nombreuses

J’ai contre toi
Jézabel

   

Ephèse
2:1-7

Les sept étoiles

Persévère

Abandon du
premier amour

 

 

Sardes
3:1-6

Sept étoiles et
Esprits de Dieu

Tu es mort

Je te connais
tu es mort

 

 

Laodicée
3:14-22

L’Amen

Tu es tiède

Je te vomirai
Je corrige

 

 

 

Appel pour  

 

- Smyrne :

Soit fidèle, découlant si obéissance sur la Promesse de la Couronne 2:7 > 22:2

 

- Philadelphie :

Tiens ferme ! découlant sur la Promesse de la Nouvelle Jérusalem au Ciel 3:12 > 22:4

 

- Pergame :

Repens-toi…autrement!… découlant sur la Promesse d'un Nom nouveau  2:17 > 21:24

 

- Thyatire :

Tenez ferme ce que vous avez  découlant sur la Promesse de l' Autorité  2:26 > 21:24

 

- Ephèse

Souviens-toi,  repens-toi ! Découlant sur la Promesse de l' Arbre de vie  2:7 > 22:2

 

- Sardes :

Garde la Parole !  Découlant sur la Promesse  Je confesserai  3:5 > 22:19

 

- Laodicée :

Je me tiens à la porte découlant sur la Promesse du Trône 3.21 > 21:11

La diversité des Eglises de l’Apocalypse est grande, les exhortations qu’elles reçoivent variées.

 

N’y aurait-il pas une sorte de typologie biblique des communautés religieuses ?

 

Même si elle n’intéresse pas les sociologues, elle aurait de la valeur aux yeux de ceux qui appartiennent au Royaume.

 

Elle permettrait de dresser un bilan théologique et spirituel de nos communautés et de leurs physionomies et, éventuellement, d’apporter une réponse à leurs besoins.

 

V. Les causes de l’apostasie

 

Les personnes régénérées croissent en sainteté, de façon positive, en vivant selon la grâce et, de façon négative, en supprimant le péché et en éliminant ce qui relève de la chair.

 

De même, les Eglises croissent par la pratique de l’amour et en luttant contre l’erreur grâce aux fonctions complémentaires: l’enseignement et la discipline.

 

N’aurait-on pas un peu oublié, aujourd’hui, que la vie chrétienne est un combat ?

 

Sait-on assez que l’Eglise est appelée à être militante et à lutter pour se maintenir ?

 

Chez l’individu, l’apostasie – à savoir une atteinte à la fidélité au Christ, comme O. Winslow l’a dit9- prend racine dans le cœur.

 

Dans l’Eglise, elle surgit également au cœur de ce qui constitue sa raison d’être : le Christ ressuscité.

 

Une Eglise vivante établit un équilibre harmonieux entre la doctrine et la pratique, la foi et la vie sous l’autorité de la Parole de Christ, de la façon suivante :

 

 

I) L’Eglise de Smyrne, à l’image de Polycarpe, son célèbre martyr, et celle de Philadelphie respectent cet équilibre, car elles gardent la Parole, sont fidèles et tiennent ferme, en supportant la persécution et en consentant des sacrifices, même jusqu’à la mort.

 

II) Dans les Eglises de Pergame et de Thyatire s’établissent des situations de compromis. Pour s’adapter au monde, de fausses doctrines et l’inconduite à l’image de Jézabel commencent à être tolérées. L’équilibre entre la Parole, la vie et la foi est ébranlé.

 

III) Ephèse, Sardes. Dans le cas de ces deux communautés, cet équilibre est également rompu. La situation s’aggrave, car la Parole est oubliée: les œuvres sont en opposition avec la foi; c’est « l’embourgeoisement ».

 

Le schéma ci-après illustre la nature de l’apostasie d’Ephèse et de Sardes:

 

IV) A Laodicée, en situation de tiédeur,il n’est plus question d’appeler au repentir, aussi le Seigneur affirme-t-il que son action sera celle d’une correction.

 

 

En résumé, l’apostasie atteint l’Eglise en son centre et a les causes suivantes :

 

) Une reconnaissance atténuée du caractère normatif de l’Ecriture en tant que Parole de Christ et de son autorité suprême.

 

2°) Une ignorance de la doctrine biblique, de sa profondeur, de ses mystères et une indifférence vis-à-vis des choses spirituelles, de la doctrine chrétienne.

 

3°) Un amour du monde: conformité avec ses pratiques, fascination pour ce qu’il prise et adoption de ses valeurs.

 

4°) Une autosatisfaction (« tu es riche »), la conviction erronée que l’Eglise est, ne varietur, sur le bon chemin, une sorte de vanité intellectuelle.

 

 

Les caractères ci-dessus sont-ils tout à fait absents de nos communautés locales comme de nos dénominations ?

 

Les Eglises qui se veulent « évangéliques » ne sont-elles pas tentées par des pratiques « mondaines » sur le plan éthique, lorsqu’elles obscurcissent la grâce de l’Evangile ?

 

Un inventaire, avec évaluation sans complaisance, ne mériterait-il pas d’être fait?

 

Il ne suffit pas d’organiser commémoration sur commémoration et de rendre hommage à nos pères; ne conviendrait-il pas aussi de vérifier quel est, aujourd’hui, le prix de la fidélité au Seigneur ?

 

Ce prix est, probablement, d’une nature différente qu’autrefois, mais est-il moins élevé ?

 

VI. Le développement de l’apostasie

 

Comment discerner la présence et le développement de l’apostasie sur le plan institutionnel ?

 

Comme on l’a vu, l’apostasie est par nature une perte, dans l’Eglise, de la présence et de la puissance de Jésus-Christ, le chef de l’Eglise, cette absence se traduisant dans le domaine de l’affirmation doctrinale et dans celui de la pratique.

 

I) En ce qui concerne la vérité

 

L’apostasie se développe en même temps qu’apparaissent un manque d’appétit pour la Parole de Christ et une prise de conscience que des doctrines bibliques deviennent des « problèmes ».

 

Certaines de celles-ci semblent même inacceptables, comme l’inspiration plénière de l’Ecriture, la prédestination, la mort sacrificielle de Christ, le jugement et l’enfer.

 

L’Evangile fait insensiblement place à un autre évangile, humaniste et sentimental ou, dans le meilleur des cas, ambigu.

 

Conséquence: puisqu’une distance est établie entre ce que dit l’Ecriture et ce qu’enseigne l’Eglise, la Parole est de moins en moins familière et la prédication manque de puissance, car la conviction est absente.

 

Dans les synodes, l’étude biblique préalable à la prise de toute décision importante – principe à laquelle on reste très attaché – permet bien souvent de justifier ce qui a déjà été décidé par les meneurs de jeu.

 

Combien de délégués aux divers synodes, faute d’une véritable culture biblique, en sont-ils conscients ?

 

La fidélité à l’Eglise-institution prend le pas sur la fidélité à Jésus-Christ.

 

La vérité se trouve subordonnée à l’agencement de consensus ecclésiastiques.

 

L’unité de l’institution prime; « je reste pour le bien de l’Eglise », « je partirai, si et quand tel seuil sera dépassé ». Et ces seuils s’élèvent de plus en plus !

 

La résistance au mal devient presque impossible.

 

Comme l’a dit C.H. Spurgeon, dans une union d’Eglises pluralistes, les marques bibliques de l’Eglise sont plus ou moins estompées.

 

B.B. Warfield a prononcé une parole frappante à ce sujet: « Il est impossible de couper le bois pourri. »

 

L’Eglise d’Ephèse, dont la situation est ambiguë, risque de se voir enlever son « chandelier », si elle ne se repent pas (Ap 2:5).

 

Sans repentir, les illusions foisonnent et un succédané est substitué à l’Evangile.

 

Il suffit pour s’en convaincre de considérer, d’une part, les mouvements du nouvel âge, sorte d’amalgame avec la foi chrétienne, « l’évangile de la prospérité » ou le culte clappy-happy, imitation du show-biz, et, d’autre part, les théologies modernes qui réduisent, plus ou moins, l’Evangile à des mythes, par abandon des grandes vérités de la christologie et de la sotériologie, comme on le voit, aujourd’hui, dans bien des Eglises, tant néo-évangéliques que pluralistes consensuelles.

 

 

II) En ce qui concerne la pratique

 

L’apostasie élimine la sainteté dans la mise en pratique de l’Evangile.

 

Comme Spurgeon l’a également dit, si l’unité que l’on préserve n’implique pas l’exercice d’une discipline de vie, elle n’a rien à voir avec l’unité selon l’Evangile.

 

Celle-ci, comme l’a souligné Owen, est rompue par l’erreur et elle devient schismatique par rapport au dépôt apostolique.

 

Un principe :

 

Toute communauté ou union d’Eglises qui s’écarte de l’Evangile et de la pratique biblique est dans une situation de schisme par rapport à l’Eglise catholique universelle, la vraie communauté des croyants en Christ.

 

La question de l’homosexualité, par exemple, qui se pose à l’Eglise en Europe aujourd’hui, n’est pas de l’ordre des adiaphora.

 

Ainsi, en refusant de se démarquer d’une Eglise visible renégate, on risque d’être en rupture avec Jésus-Christ lui-même et avec son corps, l’Eglise invisible qui réunit tous les croyants dans le ciel et sur la terre !

 

Reste la douloureuse question : à quel moment faut-il envisager de se séparer ?

 

Après avoir procédé – avec d’autres frères, pas tout seul – à une honnête, lucide et charitable évaluation de la situation.

 

On l’a vu, l’hérésie correspond à une distanciation par rapport à l’Evangile cru et vécu.

 

L’apostasie, elle, va plus loin et ne distingue plus entre la vérité et l’erreur.

 

Pour être éclairé, à cet égard, sur une Eglise, il convient de faire les quatre vérifications suivantes :

 

1°) La pratique de la doctrine biblique est remplacée par des idées humaines, relevant du politiquement correct.

 

2°) Le légalisme se manifeste. Des pratiques hyperspirituelles deviennent plus importantes que les commandements bibliques; ou, par contre, l’intégrisme du consensus devient obligatoire.

 

3°) Le perfectionnisme s’installe, ou le relativisme tolérant, qui proposent, l’un et l’autre, l’illusion que le combat contre le péché n’est plus actuel. Résultat dans les deux cas: des attitudes insidieuses d’hypocrisie, d’orgueil et de jugement d’autrui.

 

4°) Le culte, privé d’une prédication où la puissance de la présence de Christ se manifeste, se caractérise par un formalisme sec ou, à l’inverse, relève du divertissement.

VII. Un remède?

 

 

Est-il possible pour une Eglise devenue apostate, ou en ballottage, de redécouvrir la vérité, de retrouver son premier amour ?

 

Peu d’exemples d’un retour de ce genre existent dans l’histoire de l’Eglise.

 

Pourquoi?

 

Sans doute parce que l’endurcissement causé par le péché et l’erreur ne s’amenuise pas avec le temps.

 

Le seule remède à la gangrène, c’est l’amputation…

 

Pourtant, l’Eglise de Sardes, qui est « morte » à cause de ses œuvres dépourvues de fruits, est appelée à la vigilance, au repentir et à entendre à nouveau la Parole de vie.

 

Il y a même en son sein un « reste » qui ne doit pas mourir, « quelques hommes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ».

 

Ces vainqueurs recevront la robe blanche, leurs noms ne seront pas effacés du livre de vie et Christ leur fera la grâce de les confesser devant le Père.

 

Au sein de la « chrétienté » de notre époque, n’est-ce pas là également notre vocation ?

 

Etre vigilants, nous repentir et confesser la Parole de vérité avec toutes ses exigences.

 

Sommes-nous fidèles à cette vocation ?

 

Soyons attentifs à la parole adressée à Jérémie; elle est peut-être pour nous…

 

« Si tu reviens à moi, je te ferai revenir à ton poste devant moi ; si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. C’est à eux de revenir à toi, mais ce n’est pas à toi de revenir à eux. Je ferai de toi pour ce peuple un mur de bronze fortifié ; ils te feront la guerre mais ils ne l’emporteront pas sur toi ; car je suis avec toi pour te sauver et te délivrer. Je te délivrerai de la main des hommes mauvais, je te libérerai de la main des tyrans. »

(Jérémie 15:19-21)


 

Bible

Croix Huguenote

 

* P. Wells est professeur de théologie systématique à la faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence et éditeur de la revue.

 

1 Le mot a presque disparu du discours théologique. Le fait que la tradition protestante ne parle pas souvent de l’apostasie s’explique par des références fréquentes à l’« antichrist ». Calvin, dans l‘Institution chrétienne, en parle à plusieurs reprises – III.iii.21; IV.vii.24, 28; Turretin, dans son Institutio Theologiae Elencticae, II, 606-7 et I. 365-372 de l’édition anglaise, alors que Karl Barth n’est fait pas mention dans sa monumentale Dogmatique.

 

2 Saint Thomas, Sum. Theol., IIa, q.xii, a.1.

 

3* P. Wells est professeur de théologie systématique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence et éditeur de la Revue.

Apostasia, apo istamai, abandon, désertion, rébellion, cf. Actes 2:21, 2 Th 2:3, Hé 3:12.

 

4 J. Owen, Works, VII (Edimbourg: Banner of Truth, 1965).

 

5 Pour Calvin, dans l’Institution chrétienne, la faute est plus que l’apostasie, II.i.4.

 

6 La tradition de parler des individus et non des Eglises date de saint Cyprien de Carthage, qui aborde la question dans son De lapsis et étend la question à celle de l’Eglise dans le De unitate (251), l’apostasie individuelle conduisant au schisme et au problème de l’unité.

 

7 L’article d’A. Beugnet, dans le Dictionnaire de théologie catholique, I, n’aborde que la question des individus et des problèmes moraux et n’envisage pas celle de l’apostasie de l’Eglise.

 

8 Autres exemples: cf. Ga 1:6, 3:1 et Col 2:8, 18-19. Dans l’AT, les passages concernant l’apostasie sont plus pointus, et font le lien entre l’abandon de l’alliance et l’infidélité conjugale. Dans ce contexte, l’adultère est synonyme de l’apostasie. Cf. Es 1:2-4, Jé 2:1-9 ou le fameux chapitre d’Ezéchiel 16.

 

9 O. Winslow, Le déclin spirituel et son réveil (Chalon-sur-Saône: Europresse, 1997).

 

Source :

La Revue réformée La revue de théologie de la Faculté Jean Calvin
 
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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 06:20
Foi et Vie Réformées aujourd'hui : réflexion chrétienne par Eric Kayayan,
Foi et Vie Réformées
 
aujourd'hui 
Réflexion Chrétienne
par
Eric KAYAYAN,
pasteur réformé.

 

 

 

Thèmes des réflexions apportées

 

  1. Vaincre la solitude
  2. Croyants ou pratiquants
  3. Morts et ressuscités en Christ 
  4. Ennemis du genre humain
  5. Une promesse pas comme les autres
  6. Un beau voyage
  7. Faire silence
  8. Un cri pour la justice
  9. Vérité ou infox ?
  10. Soumission ou liberté ?
  11. Avoir l'esprit critique
  12. Mon Seigneur et Mon Dieu !
  13. Enterrement ou crémation?
  14. L'ascension juste un jour férié ?
  15. Résister à la tentation
  16. La pensée de l'Eternité
  17. Personne n'a jamais vu Dieu
  18. Une Parole Vivante et Efficace
  19. Où est le Royaume ?
  20. Avoir bonne conscience
  21. La folie de l'idéologie transgenre
  22. Fléchir les genoux devant le Père
  23. L'athéisme pratique
  24. Se reposer de ses travaux
  25. Gardiens de la création
  26. Nous croyons au Saint Esprit
  27. La Loi et l’Évangile
  28. Confesser ses péchés
  29. La nudité humaine
  30. Le décalogue
  31. Contempler le Christ
  32. Quelle civilisation ?
  33. Gardien du jardin
  34. Justifier la violence ?
  35. Comment faire face à la mort ?
  36. Une humanité en dérive
  37. Dieu et les nations
  38. Intenter un procès à Dieu ?
  39. Car c'est à Toi qu'appartiennent...
  40. Ne nous conduis pas vers la tentation
  41. Pardonne nous nos offenses
  42. Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour
  43. Que Ta Volonté soit Faite sur la terre comme au ciel
  44. Que Ton Règne Vienne
  45. Que Ton Nom soit Sanctifié
  46. Notre Père qui es aux cieux
  47. Liberté, égalité, fraternité
  48. Mourir dans la dignité
  49. La vie est un accouchement
  50. Jésus Christ, la clé pour comprendre la Bible
  51. Les Chrétiens et l'état. Hier et aujourd'hui
  52. Être dans le monde sans être du monde
  53. Le décalogue
  54. Au commencement était La Parole
  55. Le Jugement de Dieu
  56. Prêcher l’Évangile
  57. Les Noces de l’Époux et de l’Épouse
  58. Comment lire la Bible
  59. Je Suis Le Chemin La Vérité et La Vie
  60. Permanence du mensonge
  61. Avoir la vocation
  62. Aliénation et restauration
  63. En qui mettre sa confiance ?
  64. Changer notre image de Dieu
  65. Crise de moralité
  66. Mon Royaume n'est pas de ce monde
  67. A Dieu Seul La Gloire
  68. Par l'illumination du Saint Esprit Seulement
  69. Par Jésus Christ Seulement
  70. Par la Grâce Seulement
  71. Par la Foi Seulement
  72. Par l'Ecriture Seulement
  73. Retrouver son identité
  74. Les signes des temps
  75. Une justice sociale pour tous
  76. Le Messie Promis
  77. Les sept paroles du Christ sur la croix
  78. La traduction de la Bible dans le monde
  79. Le mariage, une alliance entre un homme et une femme
  80. Christianisme et laïcité
  81. Quelle civilisation ?
  82. La force du mensonge
  83. La course vers l’Éternité
  84. Le spirituel et le matériel
  85. Parler du péché
  86. Être spirituel
  87. Le vrai miroir
  88. Vous serez comme des dieux
  89. Le Retour du Christ
  90. Dieu, si Élevé et si Proche
  91. Il ne Dort ni ne Sommeille
  92. Le respect dû aux parents
  93. Que tout se fasse dans l'ordre
  94. La foi, l'espérance et l'amour
  95. Tendre l'autre joue
  96. Prévenir pour sauver
  97. La Bible et le don des langues
  98. Dieu Me connaît personnellement
  99. Jésus et l'histoire
  100. Destin ou Providence
  101. La nature du pouvoir
  102. La perfection n'est pas de ce monde
  103. Vaincre l'infobésité
  104. Le principe de restitution
  105. L'homme nouveau, une utopie ?
  106. Ne cherchez pas Le Vivant parmi les morts
  107. Donner sa vie pour ses amis
  108. Le livre de la Genèse et la science
  109. Par la raison ou par la foi ?
  110. Qu'est ce que le cœur au sens Biblique ?
  111. Une génération adultère et perverse
  112. Juger ou ne pas juger ?
  113. Qui devons nous craindre ?
  114. Le Fondement des Apôtres et des Prophètes
  115. Pourquoi une naissance pas comme les autres
  116. Amener toute pensée captive à l'obéissance à Jésus Christ
  117. L'esprit est fort mais la chair est faible
  118. La Bible est elle raciste ?
  119. L'incarnation
  120. Qu'est ce que l'homme ?
  121. Au commencement tout était très bon
  122. La Foi Chrétienne, une béquille pour des êtres faibles et peureux ?
  123. La maladie de l'homme moderne
  124. Aucun statut particulier
  125. Ou que soit le cadavre, là s'assembleront les vautours
  126. Le Jugement des nations
  127. Bonne Nouvelle et exercice du pouvoir
  128. Le principe de la veuve noire
  129. La Bible un texte fiable
  130. La vie a-t-elle un sens
  131. La vraie sagesse
  132. L’Évangile tronqué
  133. Parler d'une même voix
  134. Bâtir un monde meilleur
  135. Un monde pas si différent du nôtre
  136. Comme sommes nous sauvés ?
  137. Dieu s'est révélé
  138. Je Suis Le Chemin La Vérité et La Vie
  139. L'engagement du Chrétien
  140. La folie de la croix
  141. Derrière la vision du monde athée
  142. La Genèse et les mythes égyptiens
  143. L'Amour de Dieu pour Son Peuple
  144. Vaincre la dépression
  145. Croire ou douter ?
  146. Être prêt à mourir
  147. Qui sont les Saints ?
  148. Qui blâmer
  149. Au commencement
  150. Croisements dangereux
  151. Un Seul Dieu en trois personnes
  152. Quel Christianisme ?
  153. Par l'Esprit et en Vérité
  154. L'homme ne vivra pas de pain seulement
  155. (.....) 

 

 

 

 

 

 

Bible

 

Croix Huguenote Refuge Protestant

.

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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