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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

B. M.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 15:48
La Résurrection spirituelle de l'homme perdu (3ème partie)

Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés ) Ephésiens 2 : 5
 


J'aborde maintenant une autre partie de mon sujet.

 

Il y a diversité dans les moyens employés pour vivifier les pécheurs, quoique la vie ne procède que d'un seul et même agent : telle est la seconde vérité que notre rapprochement fait ressortir d'une manière frappante.

 

En effet, la fille de Jaïrus, tout comme le jeune homme, et celui-ci, tout comme Lazare, furent ressuscités, et ressuscités par la même personne, c'est-à-dire par Jésus ; mais la manière dont s'opérèrent ces trois résurrections présente de notables différences.

 

Quant à la jeune fille, nous lisons dans l'Evangile que Jésus, l'ayant prise par la main, Lui dit simplement :

 

" Jeune fille, lève-toi"

 

Il n'en fallut pas davantage.

 

Une voix douce et subtile, un léger attouchement, pas de bruit, pas d'éclat, rien de propre à frapper les regards, et l'enfant se réveilla de son sommeil de mort ; et les pulsations de son coeur reprirent leur cours accoutumé.

 

C'est ainsi, mes amis, que Dieu agit, le plus souvent, à l'égard des jeunes âmes pures selon le monde, qu'il veut convertir à Lui.

 

Pour les réveiller, Il n'emploie ni les terreurs de Sinaï, ni le feu brûlant, ni la nuée épaisse, ni la tempête ; Il se borne à leur ouvrir le coeur, comme autrefois à Lydie, afin qu'elles reçoivent la Parole ; La Grâce Divine descend sur de telles âmes doucement et sans bruit, comme la rosée sur les fleurs.

 

Lorsqu'il s'agit de pécheurs endurcis, cette Grâce fond sur eux en torrents impétueux, mais c'est en douces ondées qu'elle se répand habituellement sur les âmes qui sont encore à la première phase de la mort spirituelle.

 

L'Esprit ne fait que les effleurer de son souffle.

 

Peut-être osent-elles à peine croire elles-mêmes à la réalité de leur conversion; mais qu'elles se rassurent.

 

Si elles ont la Vie, c'est que Jésus les a vivifiées, et pour avoir été moins apparente que d'autres, leur conversion n'est pas moins véritable.

Et le fils de la veuve de Naïn recouvra-t-il la vie de la même manière que la jeune fille ? Non.

 

Observez avant tout que, tandis que celle-ci la reçut dans l'intérieur de sa chambre, ce fut en public, au grand jour, en pleine rue, qu'elle fut rendue au jeune homme.

 

Observez, en outre, que, dans ce nouveau cas, Jésus toucha, non pas le mort, mais la bière ; et ceux qui la portaient s'arrêtèrent, est-il ajouté.

 

Après cela, le Seigneur prononça à haute voix ces paroles impressives :

" Jeune homme, je te le dis, lève-toi !"

 

Ainsi, tandis que Jésus communique une vie nouvelle à l'enfant par une douce pression de la main, dans le cas du jeune homme, le même résultat est obtenu, non pas en le touchant, mais en arrêtant sa bière.

 

C'est ainsi que le Seigneur agira probablement avec toi, ô jeune homme, s'Il daigne te vivifier.

 

Il commencera par te retirer tes occasions de chute, tes moyens de péché ; à tes compagnons de plaisir qui, par leurs mauvais exemples, te transportent pour ainsi dire au sépulcre du vice, Il ordonnera de s'arrêter.

 

Alors, il y aura pendant quelque temps, dans ta vie, une réforme partielle ; et finalement, tu entendras dans ton âme une voix forte et solennelle qui te dira :

 

" Jeune homme, je te le dis, lève-toi !"

Pour ce qui est de la résurrection de Lazare, de celle qui en apparence était la plus impossible, je vous prie, mes chers amis, de relire avec attention les préparatifs extraordinaires dont le Sauveur jugea bon de la faire précéder.

 

Au moment de ressusciter la jeune fille, Il avait traversé la chambre, le sourire aux lèvres, en disant : " Elle n'est pas morte, mais elle dort."

 

Au moment de ressusciter le fils de la veuve, Il avait dit à celle-ci :

 

" Ne pleure point."

 

Mais dans la circonstance qui nous occupe, Jésus est plus grave, plus sombre.

 

Il est en face d'un cadavre se corrompant dans son tombeau.

 

Comment Son Âme ne serait-elle pas attristée ?

 

C'est à cette occasion que l'évangéliste nous dit :

 

Et Jésus pleura.

 

Et après qu'il eut pleuré, il frémit en lui-même. Puis il dit : " ôtez la pierre."

 

Ensuite, élevant les yeux au ciel, il prononça cette sublime invocation :

 

" Mon Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé."

Enfin, après s'être ainsi recueilli, Il cria à haute voix :

 

" Lazare ! sors dehors !"

 

Chose digne de remarque, cette expression : Il cria à haute voix, nous ne la trouvons pas dans le récit des deux autres résurrections.

 

Jésus parla bien aux trois morts ; ce fut Sa Parole qui les vivifia tous, mais il semble n'avoir élevé la voix que dans le seul cas de Lazare.

 

Y a-t-il une âme vile parmi les viles, un être arrivé au plus bas degré de la dépravation ?

 

Ah ! Pécheur, pécheresse, lui dirai-je, puisse Mon Sauveur te vivifier !

 

Christ peut le faire ; mais, sache-le, Il Lui en coûtera bien des Larmes !

 

Oui, quand Il viendra te disputer aux horreurs de la dissolution et t'arracher à cet affreux sépulcre où tu croupis dans tes vices, Jésus viendra en pleurant sur tes forfaits, en gémissant sur les hideux ravages que la mort spirituelle a faits dans ton âme !

 

De plus, il y a une pierre à rouler de dessus toi : tes habitudes coupables; et alors même que cette lourde pierre aura été enlevée, un son doux et subtil ne saurait te réveiller.

 

Non, pour te convertir, il ne faut rien moins que la voix éclatante de l'Eternel, cette voix qui fait trembler le désert et brise les cèdres du Liban.

 

Bunyan, l'immortel auteur du Voyage du Pèlerin vers l'éternité, était un de ces Lazare spirituels ; aussi, quels moyens énergiques furent employés à son égard !

 

Songes terribles, angoisses affreuses, ébranlements effroyables - tout dut être mis en oeuvre pour le vivifier à salut.

 

Ne dis donc point, ô pécheur, que Dieu ne t'aime pas, s'Il terrifie ton âme par les tonnerres de Sinaï, mais reconnais bien plutôt que tu étais trop profondément plongé dans la mort pour qu'une voix moins formidable eût pu frapper tes oreilles !

 

 

 



La Résurrection spirituelle de l'homme perdu (dernière partie)

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 15:45
La Résurrection spirituelle de l'homme perdu (dernière partie)

Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés ) Ephésiens 2 : 5

Mais me voici arrivé à la dernière partie de mon sujet.

 

Quoique la vie soit une, ai-je dit, elle se manifeste de manières différentes.

 

En effet, les besoins, les expériences, les aspirations de tous les Chrétiens sont loin d'être les mêmes.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur ce point, et je regrette que le temps me manque pour le développer d'une manière convenable.

 

Après avoir ressuscité les trois morts dont nous nous sommes occupés, que fit Jésus ?

 

" Donnez-lui à manger" : telle fut Sa première recommandation à l'égard de la jeune fille.

 

Il le rendit à sa mère : tel fut Son premier soin à l'égard du jeune homme.

 

" Déliez-le et laissez-le aller" : tel fut Son premier ordre à l'égard de Lazare.

 

Il me semble que ces diverses paroles nous révèlent, non seulement les besoins respectifs des personnes à qui Jésus venait de rendre la vie, mais encore ceux des trois classes d'âmes dont nous avons parlé.

 

Lorsqu'une âme se convertit avant d'avoir cédé aux séductions du monde, lorsqu'elle est vivifiée par la Grâce de Dieu avant que le germe de mort qui est dans son sein se soit développé, la Vie Nouvelle qu'elle a reçue se manifeste surtout en elle par un ardent désir d'être nourrie, en sorte que cette injonction de Jésus correspond parfaitement à ses besoins : " Donnez-lui à manger."

 

Oui, une nourriture saine, une solide instruction, voilà ce qu'il faut aux jeunes convertis.

 

Peu éclairés, en général, ils ont besoin d'être édifiés dans la foi.

 

Souvent, leurs idées sur le péché et sur le salut ne sont pas aussi nettes que celles d'âmes appelées à la connaissance de Christ, lorsqu'elles étaient plus avancées dans la vie ou dans le mal ; aussi, le lait spirituel et pur de l'Evangile est-il plus nécessaire à cette première classe de croyants qu'à toute autre.

 

Que les ministres de la Parole veillent donc avec un soin tout particulier sur les agneaux de leurs troupeaux, et lorsque de jeunes âmes entrent dans la bergerie, qu'ils n'oublient pas ce commandement de leur Maître: "Pais mes agneaux."

 

Et de votre côté, jeunes gens, ne négligez rien pour satisfaire cette faim et cette soif de connaissances spirituelles, trait distinctif par lequel se manifeste en vous la Vie Divine.

 

Cherchez l'instruction auprès de votre pasteur ; de tout représentant et homme appelé au Service Saint de Dieu, cherchez-la dans de bons livres ; cherchez-la surtout dans l'Ecriture.

 

Telle doit être votre principale affaire : " Donnez-lui à manger."

Quant au fils de la veuve, Jésus, nous dit le récit sacré, le rendit à sa mère.

 

Et c'est là également ce que Mon Sauveur fera de toi, jeune homme, jeune fille, s'il te fait passer de la mort à la vie.

 

De même que Christ rendit le fils de la veuve de Naïn à sa mère, de même, en te communiquant la vie, Il te placera dans les bras de l'Eglise, cette mère spirituelle de tous les croyants.

 

Et ce ne sera pas seulement vers cela, jeune homme, jeune fille que tu te sentiras attiré, mais également vers la grande famille des Enfants de Dieu.

 

Tu rechercheras avec empressement les douceurs de la vie, les joies pures de la famille.

 

Ah ! Rien n'est puissant comme la Grâce Divine pour resserrer les liens que le péché avait relâchés.

 

Qu'un jeune homme ou une jeune fille se livre à la dissipation, aussitôt il se soustrait à la tendre influence, à la vigilante sollicitude ; mais, du moment que son coeur est touché, il éprouve le besoin d'accourir de nouveau vers elles, et goûte dans leur société un charme qu'il, qu'elle ne connut jamais auparavant.

 

Lors donc que tu auras été vivifié, recherche avec toujours plus de soin la compagnie des justes ; car, de même que les mauvaises liaisons te transportaient, pour ainsi dire, au sépulcre de perdition, de même tu auras besoin du secours d'amis Chrétiens pour te soutenir dans ta marche vers les cieux.

Vient enfin l'ordre de Jésus relativement à Lazare :

 

" Déliez-le et laissez-le aller."

 

Je ne puis m'expliquer, je l'avoue, pourquoi le fils la veuve n'était pas lié de bandes comme Lazare.

 

Vainement ai-je examiné nombre d'ouvrages traitant des moeurs et coutumes orientales ; je n'ai pu parvenir à élucider ce fait, qui pourtant ressort avec évidence du récit sacré.

 

Il nous est dit, en effet, qu'aussitôt que Jésus se fut adressé au jeune homme, celui-ci s'assit et commença à parler ; tandis que Lazare, emprisonné dans des bandages qui gênaient ses mouvements, et la tête enveloppée d'un linge qui l'empêchait probablement d'articuler aucun son, Lazare paraît n'être sorti qu'à grand peine de la grotte sépulcrale.

 

Je le répète, comment expliquer cette différence ?

 

Pour ma part, je serais disposé à penser qu'on doit chercher la cause dans une différence de fortune : le jeune homme était fils d'une veuve ; peut-être n'avait-on pu l'envelopper que de quelques linges grossiers, tandis que Lazare, étant plus riche, était bandé avec soin, suivant l'usage du temps.

 

Quoi qu'il en soit, ce détail en lui-même est de peu d'importance ; mais ce que je désire que vous remarquiez, mes chers amis, c'est l'application que nous pouvons en faire à la troisième classe de pécheurs dont nous avons parlé.

 

Le Seigneur, lorsqu'Il les ressuscite, agit envers ceux-ci absolument comme Il le fit envers Lazare : après leur avoir donné la vie, Il ordonne qu'ils soient mis en liberté ; Il les aide à se dégager de leurs habitudes coupables, à rompre les liens de leurs vices.

 

Aussi, quoique la vie nouvelle qu'ils ont reçue soit exactement la même dans son principe et dans sa nature que celle qui anime tous les Enfants de Dieu sans exception, elle se manifeste le plus souvent d'une manière toute différente.

 

Pour eux, la grande affaire n'est ni de croître en connaissance, ni de marcher dans la communion des Saints ; non, ils ont, autant qu'ils peuvent le faire, à se débarrasser du linceul de leurs péchés, à se dépouiller de leurs passions charnelles.

 

Peut-être, hélas ! Jusqu'à leur mort, devront-ils, lambeaux après lambeaux et pièces après pièces, déchirer les liens qui garrottaient leurs âmes !

 

Celui-ci est aux prises avec son intempérance : oh ! Quels efforts désespérés devra-t-il faire pour s'en dégager !

 

Celui-là se débat contre des convoitises impures : oh ! Que de luttes opiniâtres ne lui en coûtera-t-il pas avant de s'en rendre maître !

 

Un troisième combat contre son habitude de jurer : oh ! Que de fois n'aura-t-il pas à se faire violence pour retenir les expressions malséantes, toujours prêtes à monter sur ses lèvres !

 

Un autre encore a affaire avec son amour pour les plaisirs et les vanités du siècle : il y a renoncé ; mais que de fois ses anciens amis ne chercheront-ils pas à l'attirer de nouveau vers le monde !

 

Pour de telles âmes, la vie Chrétienne n'est guère autre chose qu'un pénible déchirement, qu'un dépouillement continuel de vieilles habitudes, de péchés enracinés, et parfois ce dépouillement ne prend fin que lorsqu'elles entrent dans le repos de Leur Sauveur.

Et maintenant, je tiens à vous poser à tous cette sérieuse question :

 

Avez vous été vivifiés ?

 

Prenez garde !

 

Que vous soyez bons ou mauvais selon le monde, respectés ou méprisés des hommes, je vous le déclare solennellement, si vous n'êtes pas ressuscités en nouveauté de vie, vous êtes morts dans vos fautes, et si vous quittez ce monde dans cet état, vous serez éternellement perdus.

 

Toutefois, que pas un d'entre vous ne désespère :

 

Christ peut encore vous vivifier. Il peut même vous vivifier, vous les plus dégradés des hommes.

 

Oh ! Dieu veuille qu'aujourd'hui même vous soyez touchés à salut !

 

Dieu veuille que cette Voix Puissante qui cria : " Lazare, sors dehors !"

 

retentisse en cet instant aux oreilles de quelques grands pécheurs, en sorte qu'abandonnant le tombeau de leurs vices, l'intempérant vive désormais dans la sobriété, la femme de mauvaise vie dans la continence !

 

Et Dieu veuille surtout, oh ! Dieu veuille bénir abondamment Sa Parole pour les âmes jeunes, pures, candides encore, qui l'ont entendue aujourd'hui !

 

Puissent-elles comprendre que, par nature, elles sont mortes comme les autres, et puissent-elles devenir, dès à présent, Enfants de Dieu par la Foi en Jésus-Christ !

Quant à vous, mes chers frères et soeurs, qui avez le bonheur d'être déjà vivifiés, permettez-moi de vous adresser un seul mot d'exhortation.

 

Prenez garde aux embûches du diable.

 

Il rôde continuellement autour de vous, n'en doutez pas.

 

Veillez donc et priez.

 

Que votre esprit soit toujours occupé de bonnes pensées, et ainsi l'adversaire ne pourra vous nuire.

 

Oh ! Je vous le dis encore : méfiez-vous des ruses de Satan.

 

Gardez votre coeur plus que toute autre chose qu'on garde, car c'est de lui que procèdent les sources de la vie.

Que Dieu vous bénisse, mes bien-aimés, pour l'amour de Jésus !

 

Amen,

 

 

 

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 19:00
Le meilleur des cantiques

La première rencontre entre Adam et Ève dut se faire certainement dans un sentiment d’étonnement et d’admiration réciproque.

 

Le premier couple dut se regarder d’abord légèrement gêné, pour s’envelopper aussitôt d’un regard d’amour et d’encouragement affectueux.

 

Exactement comme lorsqu’un couple normal se rencontre pour la première fois, avec une certaine timidité pour commencer, timidité suivie de la première émotion et d’un sentiment d’admiration.

 

Dans la joie et la retenue, avec des égards qui témoignent du respect mutuel, l’homme, le premier, adresse ses compliments à la femme, et celle-ci y découvre non pas la séduction trompeuse, mais bien au contraire l’amour véritable.

 

Le premier baiser, donné et reçu sans fausse pudeur ni effronterie, est le signe et le premier pas vers l’engagement définitif qui ne peut s’arrêter qu’au seuil de la mort, et encore…

 

D’Adam et d’Ève, nous connaissons surtout leur tragique mésaventure.

 

Nous oublions souvent qu’ils furent le premier couple amoureux, les tout premiers à chanter le chant d’amour d’un couple heureux, le meilleur des cantiques.

 

Le mot « galant » a été tellement galvaudé que nous avons fini par en oublier le sens original.

 

Les termes que l’on pourrait lui substituer n’ont pas les nuances voulues.

 

Je le retiendrai ici en lui donnant son sens premier, celui de politesse, d’agrément, de bon goût dans les manières.

 

Hélas ! Le mot a été vidé de son contenu et appauvri de ses qualités chevaleresques ; actuellement, il désigne plutôt l’emprise des sens, la coquetterie vaniteuse, l’hypocrisie aussi…

 

L’amour peut en souffrir, comme il souffre lorsque l’affectation aride et l’étiquette formaliste dégradent l’attitude amoureuse et le réduisent à quelques convenances sociales.

 

L’Évangile qui inspire la pureté des sentiments transforme l’amour en quelque chose de grand et de profond, en une sorte de noble poésie.

 

Il en fait le don de soi par excellence dans la joie intégrale, envers le partenaire devenu une partie de soi-même.

 

L’Évangile affranchit l’homme et la femme des faux problèmes, des obsessions, des manières apprêtées aussi bien que des propos vulgaires.

 

Il fait découvrir le beau et le bien voulus de Dieu, lesquels devraient présider les rapports entre un homme et une femme, au lieu du plaisir effréné, du plaisir pour le plaisir.

 

Du fait que l’attitude galante a dégénéré en affectation chez les nobles et les élites durant les derniers siècles, cachant mal l’exploitation érotique de la femme, nos contemporains ont foncé, par réaction, dans le sens contraire, jetant toute retenue aux orties et se moquant éperdument de toute forme de noblesse et de prévenance.

 

Aujourd’hui, on appelle un chat un chat !

 

On n’y va pas par quatre chemins pour déclarer ses passions…

 

Ainsi que l’écrivait Jean Baudrillard dans son livre La transparence du mal, le mâle déclarera tout de go :

 

« votre sexe m’intéresse ! »

 

Mais est-ce encore l’amour ?

 

Peu à peu la grâce que Dieu a placée, comme un élément indispensable, chez la femme, s'efface en certains endroits.

 

Le nivellement des riches diversités de la personne physique est bien inquiétant ; la diversité sexuelle tend à disparaître comme si l’Adam moderne, rejetant sa côte, s’efforçait à tout prix de la récupérer pour faire ainsi disparaître « l’autre semblable, mais non identique », don de Dieu.

 

Lorsque nos contemporains admirent l’agréable figure du sexe féminin, ce n’est souvent qu’avec le regard pragmatique de leurs instincts…

 

Le gros rire et les plaisanteries grossières remplacent hélas, trop souvent, le meilleur des cantiques.

Le peintre français Antoine de Watteau nous a laissé des tableaux d’une grande sensibilité et d’une exquise beauté, en brossant sur le tableau des hommes et des femmes ensemble.

 

Des figures empreintes de noblesse s’amusant avec grâce et légèreté, dans une atmosphère qui exhale la fraîcheur sous d’immenses arbres ornant des parcs ou bien au bord des ruisseaux.

 

Une nonchalance gracieuse, le tact et la délicatesse caractérisent ces fêtes champêtres, d’où semblent absents désirs violents et passions viles…

 

L’ardeur même dont témoigne parfois le regard de ces hommes et de ces femmes n’est pas celle du feu charnel.

 

Sans doute connaissaient-ils les limites à ne pas franchir dans leurs relations, mais ces limites n’étaient pas appelées à l’époque des « tabous » et des « interdits » dont il faut se débarrasser à tout prix…

 

Je me garderai bien de prétendre que les siècles révolus, dont celui du peintre, furent exempts de passions vulgaires et de bas instincts.

 

Je voudrais tout simplement rappeler la finesse des traits, la noblesse des figures et cette élégance raffinée qui annoncent l’importance que la délicatesse et la beauté devraient occuper dans les relations entre l’homme et la femme.

 

L’amour et la beauté devraient les régir aussi ; ils sont voulus de Dieu autant que la fidélité, le dévouement et la constance.

 

C’est le sentiment de cette beauté et l’admiration qu’elle nous inspire qui composeront le cantique de reconnaissance et de gloire que le couple devrait chanter à Son Créateur.

 

Sans quoi, le démon moderne de l’unisexe, ainsi que toute la hideuse exploitation de l’amour et de la sexualité par des marchands de tout acabit, finiront par tout submerger dans leur immonde boue.

 

L’époque d’Antoine de Watteau est à jamais révolue et nous savons que le romantisme des siècles passés n’est pas un idéal que l’on peut adopter aujourd’hui.

 

Le romantisme a connu, lui aussi, ses maladies, dont la principale est cette tristesse qu’ont chantée tant de poètes, pour lesquels l’amour vrai et noble ne semblait jamais possible qu’en dehors des liens du mariage !

 

Alors le poète et l’homme amoureux plongeaient dans cette mélancolie dont témoigne une certaine poésie larmoyante, souvent mièvre, de tant d’auteurs romantiques.

 

Cependant, l’amour romantique devrait nous rappeler que Dieu a fait, dans les relations entre les hommes et les femmes, une place légitime pour la noblesse, la prévenance, le bon goût, voire l’honnête galanterie.

 

 

Il a permis qu’Adam et Ève se rencontrent dans la totalité de leur personne afin qu’ils se complètent et qu’ils chantent ensemble le meilleur des cantiques.

 

Il est tout à fait possible d’allier ce sentiment à celui de la fidélité, qui n’est certainement pas synonyme d’ennui ou d’hypocrisie.

 

Nous ne pourrons sans doute pas recréer à notre époque l’atmosphère et les menuets des siècles précédents.

 

Mais faut-il les remplacer par les rythmes endiablés d’une musique démentielle, génératrice de déchaînements et d’angoisse ?

 

N’y aurait-il plus de place, dans les chansons d’aujourd’hui, pour la vraie beauté, pour la joie et pour la retenue ?

 

Certes, l’architecture moderne ne permet plus aux jeunes amoureux de chanter comme autrefois, sous le balcon de leur bien-aimée, ces sérénades qui nous émeuvent aujourd’hui lorsque nous les entendons.

 

Les grands ensembles et tous les gratte-ciel de nos cités inhumaines cachent le visage de la lune; et comme le dit une comptine pour enfants :

 

« J’ai une maison, pleine de fenêtres; pleine de fenêtres en large et en long; et puis des portes aussi, car il faut bien sortir…, et un escalier qui grimpe, qui grimpe; et un escalier qui fait mal aux pieds; et puis un ascenseur qui fait mal au cœur; et des habitants qui grognent, qui grognent, et qui n’ont jamais le temps ! »

 

Ceci ne devrait pourtant pas empêcher les amoureux d’échanger des paroles et des lettres, de s’exprimer avec tact et galanterie…

 

L’homme et la femme ont reçu la vocation du Créateur, Inventeur du beau autant que de l’amour, de vivre harmonieusement et amoureusement, jusqu’à la fin de leur vie en commun.

 

Un livre de la Bible, l’un des plus surprenants et des plus beaux de la littérature de tous les temps, nous parle de cette vocation.

 

C’est le livre appelé Le Cantique des cantiques, dans l’Ancien Testament.

 

J’en veux à certains théologiens qui n’ont voulu y lire qu’une allégorie de l’amour de Dieu pour l’homme.

 

Qu’il s’y trouve implicitement, je le sais ; mais quand je lis ces lignes, j’y découvre l’amour frais et pur de celle qui crie : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui. »

 

Aveu d’amour et de serment de fidélité exclusif, presque possessif…

 

Les expressions sont orientales, éclatantes de couleur, parfois même audacieuses.

 

L’amour est donc un feu pétillant dont la flamme, vive et téméraire, s’élève droite vers le ciel ; sa flamme détruit toute impureté, et alors tout est pur pour celui qui est pur.

 

Ce chant est plein de beauté et de vérité pour celui qui vit dans la pureté et dans la simplicité.

 

Chacun des deux partenaires est le seul, l’unique pour l’autre :

 

« Il y a soixante reines et quatre-vingts princesses; les jeunes filles sont innombrables, mais unique est ma colombe, mas parfaite », déclare l’homme épris de sa fiancée (Cantique 6:8-9).

 

Auprès du lys des champs, le reste n’apparaît que comme des chardons.

 

La force de l’amour est irrésistible comme la mort qui arrache à la vie.

 

Mais l’amour, lui, arrache à la vie présente pour plonger dans l’éternité.

 

Il est générateur de repos et de joie.

 

Tant que la flamme de l’Amour de Dieu brûlera Chaude et Lumineuse dans notre cœur, elle produira une Fidélité Inébranlable et une Noblesse sans faux semblants, que les forces de la séduction et toutes les tentations ne sauront vaincre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Aaron Kayayan,

Pasteur réformé

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Source : Ressources Chrétiennes

Homme et femme il les créa. Perspectives Réformées, Palos Heights, 1990.

 

 

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 16:05
Asile, refuge et repos

Il te couvrira de ses plumes,

et tu auras retraite sous ses ailes;

sa vérité sera ton bouclier et ton écu.

(Psaume 41.4.)

 

 

Ôh la gracieuse et bienfaisante comparaison !

 

Ainsi qu’une poule protège sa couvée et lui permet de se blottir sous ses ailes, de la même manière le Seigneur protège Son Peuple et lui permet de se réfugier en Lui.

 

N’avons-nous pas vu les petits poussins sortant la tête de dessous l’aile de leur mère ?

 

N’avons-nous pas entendu leur petit cri exprimant leur joie ?

 

Abritons-nous pareillement sous l’égide de Notre Dieu.

 

Nous y trouverons une paix inexprimable, dans cette pensée qu’Il nous protège et nous garde.

 

Tant qu’Il nous couvre ainsi, nous sommes sans crainte.

 

Il serait étrange qu’il en fût autrement; comment pourrions nous rester dans l’inquiétude quand l’Eternel Lui-même veut devenir Notre Asile, Notre Refuge et Notre Repos ?

 

Sachons comprendre cela, et, jouissant ainsi de Sa Sûre Garde, nous pourrons combattre pour Lui.

 

Nous avons besoin, pour cela, de bouclier et de cuirasse, mais si nous nous confions vraiment en Lui, Sa Vérité nous servira d’armure Complète.

 

Le Seigneur ne peut mentir ; Il reste fidèle à Son Peuple et Sa Promesse est Sûre.

 

Cette vérité est Le Bouclier dont nous avons besoin.

 

Derrière Lui, nous sommes à l’abri des traits enflammés de l’ennemi.

 

Approche-toi, mon âme, et cache-toi derrière Ses Larges Ailes; qu’elles soient  Ton Rempart et Ta Force.

 

Amen,

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:57
Personne que Christ veuille écarter du salut

"Et maintenant, ne soyez pas attristés, et ne voyez pas d'un oeil chagrin que vous m'ayez vendu ici, car c'est pour la conservation de la vie que Dieu m'a envoyé devant vous." (Genèse 45.5)

 

 

Le récit de Genèse 44 et 45 est des plus émouvants.

 

Les frères de Joseph, coupables, ont dû passer par des exercices de coeur profonds et douloureux, jusqu'à ce qu'enfin ils se tiennent en présence de ce frère qu'ils avaient blessé, leurs âmes étant atteintes jusqu'au fond par la flèche de la conviction de péché.

 

C'est alors seulement que les paroles apaisantes du verset ci dessus pénètrent leurs oreilles.

 

Grâce exquise, incomparable !

 

Du moment où ils ont pris la place de la confession, Joseph prend la position du pardon.

 

Cette position est l'action de Dieu.

 

Il leur avait parlé "durement" lorsqu'ils ne pensaient pas à leur péché ; mais dès que leur confession confirme ce qu'ils avaient dit :

 

"Certainement nous sommes coupables au sujet de notre frère" (42.21), la réponse plein de grâce vient à leur rencontre :

 

"Ce n'est pas vous.... mais c'est Dieu" (45.48).

 

Il en est bien ainsi.

 

Au moment précis où le pécheur prend la place de la repentance, Dieu prend celle du pardon sans restriction ; et quand Dieu pardonne, le pécheur l'est pleinement.

 

"J'ai dit : Je confesserai mes transgressions à l'Eternel ; et Toi, Tu as pardonné l'iniquité de mon péché" (Psaume 32.5).

 

Quel langage peut décrire l'émotion de celle ou celui qui s'est vu(e) coupable devant la croix de Jésus Christ rejeté du monde, mais qui sait que sa culpabilité est entièrement ôtée, et pour toujours ?

 

Qui pourrait essayer de traduire les sentiments des fères de Joseph quand ils ont vu ses larmes d'affection ?

 

Quelle scène !!

 

Des larmes de repentance et des larmes d'amour qui se mêlent !

 

Précieux mélange !

 

Seul le Coeur de Dieu peut vraiment en estimer la valeur et la douceur.

 

Amen,

 

 

 

 

 

C.H. Mackintosh,

.

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 14:45
Je vous consolerai !

Je vous consolerai comme une mère console son fils,

et vous serez consolé.

(Esaïe 66.13)

 

La consolation d'une mère ! C'est la tendresse même.

 

Comme elle sait entrer dans le chagrin de son enfant !

 

Comme elle le presse sur son sein et cherche à prendre toutes ses peines sur son coeur.

 

Il peut tout lui dire, sûr qu'elle sympathisera comme aucun autre ne le peut.

 

De tous les consolateurs, celui que l'enfant préfère, c'est sa mère.

 

C'est ce qu'a éprouvé même plus d'un homme fait.

 

Dieu condescendrait-Il à prendre le rôle d'une mère ?

 

De sa part, c'est la Bonté même !

 

Nous pouvons juger de ce qu'Il est comme Père ; mais voici qu'Il veut encore être pour nous une Mère, nous invitant par là à une Sainte Familiarité Respectueuse, à une Confiance sans Réserve, à un Complet Repos.

 

Quand Dieu devient Notre "Consolateur," aucune angoisse ne peut nous étreindre longtemps.

 

Disons Lui donc notre peine, lors même qu'elle ne puisse s'exprimer que par des soupirs et par des sanglots.

 

Il ne méprise point nos pleurs, pas plus qu'une mère digne de ce nom ne le ferait.

 

Comme une mère, Il aura pitié de notre faiblesse, et Il pardonnera nos fautes, mais d'une manière plus complète et plus sûre qu'une mère ne le pourrait.

 

Ne portons pas nos peines tout seuls ; nous aurions grand tort de le faire quand un Être si Bon et Compatissant s'offre à les partager.

 

Présentons-les donc sans tarder au Dieu d'Amour ; Il ne se fatiguera pas plus de nous, qu'une mère ne se fatigue de son enfant.

 

Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ?(...) Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point. Voici, Je t'ai gravé sur Mes Mains. (Esaïe 49.16)

 

Amen,

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

.

 

 

 

 

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 23:27
Pour un seul pécheur qui se repent
"Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se repent."
Luc 15:10
 

Le cœur de l'homme n'est jamais assez grand pour contenir toutes ses joies ou tous ses chagrins.

 

Jamais vous n'avez entendu parler d'un homme dont le cœur aurait été tout juste rempli d'affliction.

 

Car à peine ce cœur est-il rempli que déjà il déborde.

 

Le premier élan d'une âme est de partager son affliction.

 

La raison en est simple: notre cœur n'est pas assez grand pour supporter toute notre peine.

 

Nous avons besoin d'un autre cœur pour y déverser une partie de notre douleur.


Il en est de même avec un cœur joyeux.

 

Lorsqu'un cœur est rempli de joie, il ne peut la retenir.

 

C'est un peu comme une fontaine sur la place du marché: lorsqu'elle est pleine, vous la verrez toujours déborder en petits ruisseaux, et, si ce débordement cesse, vous pouvez être sûr que la fontaine n'est plus remplie.

 

Si un cœur est vraiment plein, il finira toujours par déborder.

 

En effet, toutes les fois que votre âme débordait de joie, vous avez réuni vos amis afin de leur communiquer la cause de votre bonheur.

 

Et lorsque ces vases ont été eux-mêmes remplis jusqu'au bord, vous avez agi comme la veuve qui a emprunté des vases vides chez ses voisins.

 

Car vous les avez tous appelés à partager votre joie.

 

Et lorsque les cœurs de tous vos voisins ont été bien remplis, il vous a semblé qu'ils n'étaient pas suffisamment grands.

 

Alors, vous avez convié le monde entier pour partager le bonheur d'un cœur débordant de joie.

 

L'océan insondable fut lui-même invité à goûter votre joie; les arbres furent invités à battre des mains, et les monts et les collines à éclater dans un chant d'allégresse; même les étoiles du ciel semblaient vous jeter leur regard du haut du firmament; tous furent invités à chanter pour vous, et l'univers tout entier fut rempli de musique.

 

Il était rempli de la musique de votre cœur.

 

Après tout, qu'est-ce que l'homme, sinon le grand musicien du monde.

 

L'univers est un orgue aux tuyaux immenses et puissants.

 

Le temps, l'espace et l'éternité en sondent les profondeurs, et l'homme, cette petite créature, pose ses mains sur le clavier de ce gigantesque instrument.

 

Des tonnerres orchestrés retentissent, ébranlant la création tout entière, et entraînant l'univers dans les acclamations les plus fougueuses.

 

Ne savez- vous pas que l'homme est le souverain sacrificateur de Dieu ?

 

Toute la création représente le sacrifice, mais lui est le sacrificateur – portant en son cœur le feu, dans ses mains le bois et dans sa bouche l'épée à double tranchant de la consécration avec laquelle il offre toutes choses à Dieu.

 

Aucun homme ne peut se repentir sans que Dieu ait créé en lui un cœur nouveau et un esprit bien disposé.

 

Je me demande si, depuis le jour où Dieu a créé le monde, les anges ont vu Dieu créer quoi que ce soit si ce n'étaient des cœurs nouveaux.

 

Il aurait très bien pu, si tel avait été son dessein, créer de nouveaux mondes depuis cette époque-là.

 

Peut-être que la seule nouvelle création qu'ils aient jamais vue – depuis le premier jour glorieux où Dieu créa l'univers – est celle d'un cœur nouveau et d'un esprit bien disposé dans un pauvre pécheur repentant.

 

C'est la raison pour laquelle il doivent se réjouir, car ils peuvent revivre le moment de la création.

 

Je n'ai aucun doute non plus qu'ils célèbrent Dieu parce qu'ils peuvent encore voir son oeuvre briller de plus belle de l'éclat de l'excellence.

 

Lorsque l'Esprit influence tendrement les hommes au point de les mener à la repentance et à la foi renouvelée, Dieu pose de nouveau ses regards sur l'homme.

 

En ces moments-là, il doit certainement se dire: "Cela est très bon."

 

Car ce que son Esprit fait est à sa ressemblance – bon, saint et précieux.

 

Dieu peut alors de nouveau sourire sur sa création deux fois née et répéter: "Cela est très bon."

 

Les anges entonnent alors certainement un chant et louent son nom, car ses oeuvres sont toujours bonnes et pleines de beauté.

 

Mes bien-aimé(e)s, les anges exultent lorsque des pécheurs se repentent, parce qu'ils savent à quoi ce pauvre pécheur a échappé.

 

Car vous et moi, nous ne pouvons imaginer toutes les profondeurs de l'enfer, séparé de nous par un voile noir de ténèbres, nous ne pouvons saisir les horreurs que contient cette prison lugubre des âmes perdues.

 

Par bonheur, les gémissements des damnés ne nous ont jamais fait sursauter, car mille tempêtes ne sont qu'un murmure de jeune fille en comparaison d'un seul hurlement d'un esprit damné.

 

Il nous est impossible de voir les tortures de ces âmes qui demeurent éternellement dans une angoisse qui ne connaît aucun apaisement.

 

Ces yeux deviendraient des sphères aveugles et enténébrées s'il leur était permis de voir, ne serait-ce qu'un instant, cette demeure terrifiante du tourment éternel.

 

L'enfer est un lieu horrible, car nous pouvons dire que ce sont "des choses que l'œil n'a point vues et que l'oreille n'a point entendues et qui ne sont point montées au cœur de l'homme".

 

Nul ne peut donc concevoir les horreurs que Dieu a préparées pour ceux qui le haïssent.

 

Mais les anges, eux, savent bien mieux que vous et moi.

 

Ils savent ce qu'est l'enfer; non pas qu'ils l'aient vécu, mais ils se souviennent de ce jour où Satan et ses anges se rebellèrent contre Dieu.

 

Ils se souviennent du jour où le tiers des étoiles du ciel se sont révoltées contre leur souverain, et ils n'ont pas oublié la manière dont la main droite de Yahvé Jésus avait retenti dans un tonnerre.

 

Ils n'oublient pas cette brèche qui fut ouverte dans les remparts du ciel, des hauteurs les plus élevées jusqu'aux profondeurs abyssales, où Lucifer et son armée furent précipités.

 

Ils n'ont jamais oublié comment, au son de la trompette, les sombres ennemis furent pourchassés jusqu'au tréfonds du désespoir le plus noir, alors qu'ils s'approchaient de ce lieu où le serpent ancien sera lié par des chaînes; ils se souviennent comment ils ont vu Topheth, dont le bûcher est préparé depuis longtemps.

 

Ils se souviennent comment, alors qu'ils s'en retournaient sur leurs ailes à la maison, toute langue gardait le silence, même s'ils auraient pu crier leur louange à celui qui était victorieux de Lucifer; mais un silence s'emparait d'eux tous, un silence profond et un respect mêlé d'une crainte solennelle s'emparaient d'eux, alors qu'ils pensaient à Celui qui peut instantanément anéantir un chérubin et le précipiter dans les tourments éternels.

 

Ils savaient ce qu'était l'enfer pour avoir frôlé ses mâchoires, pour avoir vu leurs propres frères s'y engouffrer.

 

Ainsi donc, lorsqu'ils voient un pécheur qui est sauvé, ils se réjouissent à la pensée qu'il y en aura un de plus qui échappera à l'enfer et qui ne sera pas éternellement consumé par des vers qui ne meurent point – une âme de plus qui aura échappé de la gueule du lion.

 

Il y a pourtant une meilleure raison encore.

 

Les anges savent quelles sont les joies du ciel, et ils se réjouissent donc de la repentance d'un seul pécheur.

 

Nous parlons ici de portes perlées et de rues pavées d'or, de robes blanches, de harpes en or et de couronnes d'amarante.

 

Mais si un ange pouvait nous parler du ciel, il sourirait et nous dirait:

 

"Toutes ces choses merveilleuses ne sont que des histoires pour enfant ; et vous, vous êtes de petits enfants qui ne peuvent comprendre la grandeur de la splendeur éternelle. Dieu vous a donc donné un livre et un alphabet, là vous pouvez arriver à lire grossièrement les premières lettres sur ce qu'est le ciel. Mais ce que le ciel est réellement, vous ne le savez pas."

 

"Oh, hommes mortels, vos yeux n'en ont pas vu les splendeurs, et votre cœur n'a jamais été transporté par ses joies sans pareilles."

 

Vous pouvez parler, et penser, et deviner et rêver, mais vous ne pourrez jamais mesurer l'infinité du ciel que Dieu offre à ses enfants.

 

C'est la raison pour laquelle, lorsque les anges voient une âme être sauvée et un pécheur se repentir, ils battent des mains.

 

Ils savent bien que toutes ces demeures éternelles bénies leur appartiennent, car tous ces lieux merveilleux où régnera un bonheur éternel sont l'héritage de tous les pécheurs qui se seront repentis.

 

J'aimerais que vous relisiez notre texte encore une fois.

 

Il y a de la joie dans la présence des anges de Dieu pour chaque pécheur qui se repent.

 

Pourquoi donc n'économisent-ils pas leur joie jusqu'au moment où le pécheur meurt et va au ciel ?

 

Pourquoi se réjouissent-ils à son sujet lorsqu'il se repent ?

 

Mon ami Arminius aurait dû en son temps, je le pense, aller au ciel pour redresser ce point.

 

D'après sa théorie, ils se trompent grandement en se réjouissant prématurément.

 

En effet, d'après la doctrine arminienne, un homme peut se repentir, et pourtant encore être perdu ; il peut avoir reçu la grâce de se repentir et de croire, et pourtant il peut déchoir de cette grâce et être rejeté au loin.

 

Vous, les anges, vous allez trop vite en besogne.

 

Vous aurez peut-être à vous repentir de ceci un jour si la doctrine arminienne est vraie.

 

Je vous conseille donc d'épargner vos chants de joie. Peut-être que ceux en l'honneur de qui vous chantez aujourd'hui vous feront porter le deuil demain.

 

Je suis tout à fait sûr qu'Arminius n'a jamais enseigné sa doctrine au ciel.

 

Je ne sais pas s'il s'y trouve – j'espère qu'il y est; mais, si tel est le cas, il n'est alors plus arminien.

 

Les anges se réjouissent parce qu'ils savent que lorsqu'un pécheur se repent, il est absolument sauvé – dans le cas contraire, ils se réjouiraient bien prématurément, et ils auraient de bonnes raisons de réserver leur joie pour une autre occasion.

 

Mais les anges savent ce que Christ voulait dire lorsqu'il a déclaré :

 

"Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main" (Jn 10:28).

 

C'est la raison pour laquelle ils se réjouissent lorsque des pécheurs se repentent.

 

Ils se réjouissent parce qu'ils savent que ces pécheurs sont sauvés.

 

Il y a encore un fait que j'aimerais mentionner avant de conclure sur ce point.

 

Le texte nous dit que les anges se réjouissent pour un pécheur qui se repent.

 

Les anges sont tellement remplis de bienveillance envers les hommes, qu'ils se réjouissent pour un pécheur qui se repent.

 

Des exemples ?

 

Elle se trouve là, dans cette mansarde, là où les étoiles se faufilent entre les tuiles.

 

Il y a un lit misérable dans cette chambre, et une seule couverture.

 

Elle est couchée là, attendant la mort.

 

Pauvre créature !

 

Elle a arpenté les rues plus d'une fois, la nuit, gaiement, mais maintenant ses joies s'en sont allées; une maladie infecte dévore son cœur !

 

Et elle s'éteint rapidement, alors que personne ne se soucie de son âme !

 

Mais là, dans cette petite chambre, elle tourne son visage contre le mur et s'écrie:

 

"Oh, tu as sauvé Madeleine, sauve-moi; Seigneur, je me repens, aie pitié de moi, je t'en supplie."

 

Les cloches ont-elles sonné ?

 

La trompette a-t-elle retenti ? Ah ! non.

 

Les hommes se sont-ils réjouis ?

 

Un chant de reconnaissance résonna-t-il dans une quelconque église ?

 

Non, personne ne l'a entendu, car elle est morte seule.

 

Mais, attendez !!!

 

Il y avait quelqu'un qui était à ses côtés et qui a remarqué cette larme – un ange qui était venu du ciel pour prendre soin de cette brebis égarée et marquer son retour; et, à peine sa prière prononcée, l'ange se mit à battre de ses ailes en guise d'applaudissement; alors, l'on vit s'envoler vers les portes de perle un esprit ressemblant à une étoile.

 

Les gardiens célestes se précipitèrent à la porte, s'écriant :

 

"Quelles sont les nouvelles, oh fils de feu?"
"C'est fait", répondit-il.
"Qu'est-ce qui est fait ?" demandèrent-ils.
"Eh bien, elle s'est repentie."
"Quoi ! Elle, qui était naguère une pécheresse entre elles toutes ?

S'est-elle tournée vers Christ?"
"Oui, elle l'a fait."

 

Et alors la nouvelle se répandit dans les rues, et les cloches du ciel retentirent de leurs plus beaux carillons, car Madeleine était sauvée ; elle, qui avait été une pécheresse endurcie, s'était tournée vers le Dieu vivant.

 

Encore un autre exemple. Cela se passait ailleurs.

 

Un pauvre petit garçon négligé et vêtu de haillons errait dans les rues depuis plusieurs jours.

 

Initié au crime, sa vie le menait tout droit à la potence.

 

Mais un matin, il passait près d'une humble pièce où quelques hommes et femmes s'étaient réunis pour enseigner de pauvres enfants en haillons.

 

Il s'y arrêta, lui, le nomade des rues à demi sauvage ; ils lui parlèrent ; ils lui parlèrent de l'âme et de l'éternité – des choses dont il n'avait jamais entendu parler; ils parlèrent à ce pauvre garçon, qui n'avait pas d'amis, de Jésus et de la bonne nouvelle et de la joie et du ciel.

 

Il y retourna le dimanche suivant, et puis le suivant encore, toujours dans ses guenilles, car il n'arrivait pas à s'en débarrasser.

 

Il arriva que l'enseignant lui dit un jour : "Jésus-Christ reçoit les pécheurs."

 

Ce jeune garçon courut, mais pas à la maison, car l'appeler ainsi aurait été une farce – dans le lieu où son ivrogne de père et sa mère lubrique menaient un vacarme d'enfer.

 

Il courut, et sous une arcade ou dans un coin peu fréquenté, il plia ses petits genoux.

 

Alors, cette pauvre créature en haillons éclata en sanglots, et dit :

 

"Seigneur, sauve-moi, ou je meurs."

 

Ce petit polisson était à genoux – le petit voleur était sauvé !

 

Il avait dit:

 

"Jésus, toi qui aimes mon âme, laisse-moi m'en aller vers toi."

 

Et de ce lieu déshérité, sous une vieille arcade, de ce taudis oublié de tous, un esprit s'envola, heureux de porter la nouvelle au ciel qu'un autre héritier de gloire était né à Dieu.

 

Chacun d'entre vous ne pourrait-il pas plutôt se remémorer la sienne ?

 

Vous vous rappelez le moment où le Seigneur vous a rencontré.

 

Ah ! Vous ne vous doutiez pas de l'agitation que cela allait provoquer au ciel !

 

Si la reine avait mis en marche toute son armée, cela n'aurait pas réussi à arrêter le regard des anges; si tous les princes de la terre – avec toutes leurs robes, leurs bijoux, leurs couronnes et leurs insignes royaux, avec tous leurs chars et tous leurs cavaliers – si toutes les monarchies passées s'étaient levées – si toute la puissance de Babylone ou de Tyr ou de Grèce s'était rassemblée en une parade grandiose – aucun ange ne se serait arrêté dans sa course pour accorder le moindre sourire à ces pauvres choses.

 

Mais, au-dessus de vous, le plus vil d'entre les vils, le plus pauvre d'entre les pauvres, le plus obscur et le plus anonyme – au-dessus de vous des ailes angéliques tournoyaient ; de vous l'on parlait sur la terre et l'on criait haut et fort dans le ciel :

 

"Alléluia, car aujourd'hui un enfant est né à Dieu."

 

Les anges se réjouissent dans le ciel pour les pécheurs qui se repentent.

 

Si certains parmi vous se donnaient à Christ aujourd'hui – car il est toujours prêt à vous recevoir – vous sortiriez d'où vous êtes en chantant, et les anges chanteraient avec vous.

 

Il y aurait de la joie sur la terre et de la joie au ciel – de la paix sur la terre et de la gloire pour Dieu au ciel.

 

Que Dieu vous bénisse tous, pour l'amour de Jésus.

 

 

 

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 

Bible

Croix Huguenote

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:24
Grâce pour les plus grands pécheurs

"Pour l'amour de Ton Nom,

ô Eternel, pardonne mon péché qui est si grand !"

Psaume 25:11

 

Quelques passages dans ce psaume, montrent clairement que David le Roi d'Israël se trouvait dans une grande tentation et en danger lorsqu'il l'a écrit.

 

Cela ressort d'une manière particulièrement claire au psaume 25, dans les versets suivants :

 

"Mes yeux sont constamment tournés vers l'Eternel, car c'est Lui qui dégage mes pieds pris au filet. Regarde-moi, ô Eternel, et Fais moi Grâce, car je suis seul et malheureux. Mon coeur est dans l'angoisse, délivre moi de mes tourments ! Oh ! Vois combien mes ennemis sont en grand nombre, et quelle haine violente ils ont pour moi. Protège moi, Délivre moi, Garde moi de la honte : je cherche en Toi un Sûr Refuge " (Psaume 25 v.15-17 + 19-20)

 

Les défis auxquels David était confronté, lui rappelaient ses péchés, tout en l'amenant à confesser ceux-ci devant Dieu et à Le supplier de lui pardonner.

 

"Ne tiens plus compte de ces péchés de ma jeunesse, de mes fautes passées, mais Traite moi selon Ta Grâce, ô Eternel, Toi qui est Bon ! Vois ma misère et ma souffrance, Pardonne moi tous mes péchés ! " (Psaume 25 v7+18).

 

C'est frappant de voir les arguments que David énumère, afin que Dieu écoute sa prière demandant Grâce et Pardon.

 

 

  • 1. "Pour l'Amour de Ton Nom, ô Eternel, Pardonne mon péché..." (v,11).

 

 

David sait qu'il ne peut espérer de Pardon en raison de sa propre justice ou à cause de quoi que ce soit qu'il ait fait pour réparer son péché.

 

Au lieu de cela, il demande à Dieu de lui pardonner pour l'Amour de Son Nom, pour Sa Gloire, en raison de Sa Libre Grâce et Fidélité envers Ses Grandioses Promesses.

 

 

  • 2. "...Pardonne moi mon péché qui est si grand !" (v.11).

 

 

N'est il pas remarquable que David cite la grandeur de son péché comme argument, pour que Dieu lui pardonne ?

 

Au lieu de dire :

 

"Seigneur, vois les bonnes oeuvres que j'ai accomplies..." ou "Pardonne moi mon péché, car il n'est pas trop grand, et Tu n'as pas beaucoup de raisons de T'irriter contre moi",

 

David dit exactement le contraire :

 

"Pardonne moi mon péché qui est si Grand !".

 

Pourquoi David pouvait il exprimer cette demande ?

 

La réponse est :

 

Plus son péché était grand, plus il avait besoin de pardon.

 

C'est comme si David avait dit :

 

"Pardonne moi mon péché, car il est trop grand pour que je puisse en supporter le châtiment ; mon péché est si Grand et mon état tellement désespéré qu'il n'est rien dont j'aie autant besoin que Ta Grâce."

 

Quand il demande du pain, un mendiant essaye de faire de son besoin une description aussi claire que possible.

 

Lorsqu'un homme se trouve en difficulté et a besoin d'aide, il recevra le plus facilement un secours en n'embellissant pas sa situation, mais en décrivant clairement son état.

 

La même chose est valable en ce qui concerne notre situation devant Dieu.

 

Il n'accordera Sa Grâce qu'à ceux qui le Lui demandent.

 

Et plus notre situation est difficile, plus Il sera prêt à nous en délivrer.

 

Dieu fait Grâce à des pécheurs non parce qu'ils l'ont mérité, mais parce qu'ils ont besoin de Sa Miséricorde.

 

Lorsque nous demandons Grâce à Dieu, la grandeur de notre péché ne sera pas un obstacle à Son Pardon.

 

Car s'il n'en était pas ainsi, David ne l'aurait jamais donnée comme raison de sa demande de Pardon.

 

Les points suivants sont importants lorsqu'un pécheur vient à Dieu pour recevoir de Lui le Pardon.

 

 

  1. Nous devons reconnaître notre besoin en Miséricorde.

 

 

Ceux qui ne reconnaissent pas leur besoin, ne demanderont jamais à Dieu de leur accorder Sa Miséricorde car la Miséricorde de Dieu consiste précisément en ce qu'Il accorde aux misérables Sa Bonté et Sa Grâce.

 

Et celui qui ne reconnaît pas sa propre misère, ne recevra de Lui aucune aide.

 

L'homme doit donc réaliser qu'il est de par sa nature un enfant de la colère, avec la Loi de Dieu contre lui et vit de ce fait sous la malédiction de la Loi.

 

La Colère de Dieu demeurera sur lui, car chaque jour il provoque avec son péché cette Divine Colère.

 

Il doit se rendre compte qu'il n'y a rien de plus terrible que d'être exposé à la Juste Colère de Dieu et d'avoir le Tout Puissant pour ennemi.

 

Aucun homme ne pourra supporter la Colère de Dieu.

 

Et c'est par sa propre faute que l'homme se met dans cette situation désespérée, aussi agréable que sa vie puisse lui paraître partiellement.

 

Tant qu'il n'obtient pas la Miséricorde de Dieu, l'homme demeure dans cette situation sans espoir.

 

Il ne pourra en effet y échapper par ses propres moyens.

 

Au contraire, il sera perdu pour l'Eternité, si Dieu ne l'aide pas.

 

 

  1. Aucun homme ne mérite la Miséricorde de Dieu.

 

 

Celui qui vient à Dieu pour recevoir de Lui le Pardon, le fait en tant que mendiant sans avoir droit à la Grâce.

 

La Grâce de Dieu est un Libre Don, pas la conséquence de l'accomplissement d'un devoir, et pas non plus un mérite.

 

La perdition à laquelle nous sommes exposés, est par contre le salaire mérité pour nos péchés.

 

La Colère de Dieu est le Juste Châtiment pour ne pas avoir respecté Ses Saints et Bons Commandements.

 

Mais celui qui vient à Dieu dans la bonne attitude, celui qui reconnaît son péché et prend pleinement conscience du fait qu'il se présente devant Dieu en tant qu'une personne indigne ne pouvant se fier qu'à Sa Miséricorde, recevra ce qu'il cherche.

 

 

  1. Le pécheur peut seulement par Jésus Christ, venir à Dieu pour recevoir la Miséricorde.

 

 

Tout espoir de Grâce n'est possible qu'en regard de ce qu'est Jésus Christ, de ce qu'Il a fait et souffert.

 

"Il n'y a pas de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmis les hommes par lequel nous devions être sauvés."

(Actes 4:12).

 

 

  • Il est le Fils du Dieu Vivant et Le Sauveur du monde.

 

  • Il a versé Son Sang pour le Pardon des péchés.

 

  • Par Ses Souffrances et Sa Mort Expiatoire sur la croix, chaque pécheur appartenant à Christ, recevra le Pardon et deviendra un Enfant de Dieu.

 

 

Chaque personne qui vient à Dieu pour obtenir Sa Miséricorde, doit croire que la miséricorde est trouvable auprès de Lui.

 

"Or, sans la foi, il est impossible de Lui être agréable ; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe et qu'Il est le Rémunérateur de celles et ceux qui Le cherchent." (Hébreux 11:6).

 

Ils viennent toutefois en se fiant à ce que Dieu ne leur donnera pas le juste salaire de leur péché, mais celui de la Justice de Jésus.

 

La grandeur de leur péché ne jouera alors aucun rôle.

 

Même si leurs péchés sont aussi nombreux que les grains de sable au bord de la mer, cela ne peut empêcher Dieu de leur pardonner tous leurs péchés.

 

Cette Vérité, je veux la commenter plus amplement sur les points suivants :

 

 

  • La Grâce de Dieu est suffisante pour pardonner au plus grand comme au plus petit pécheur.

 

La Grâce de Dieu suffit au plus grand comme au plus petit pécheur, car elle est infinie.

 

Tout comme Dieu dans Sa Puissance, dépasse de loin les commandants de ce monde, et règne tant sur les rois que sur les mendiants, Sa Grâce est aussi assez Puissante pour expier les péchés du monde.

 

 

  • Le Sacrifice de Jésus est suffisant pour expier les plus grands péchés.

 

"Mais si nous marchons dans la Lumière comme Il est Lui même dans la Lumière, nous sommes mutuellement en communion et le Sang de Jésus Son Fils nous purifie de tout péché." (1 Jean 1:7).

 

"Sachez donc, hommes frères, que c'est par Lui que le Pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par Lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la Loi de Moïse". (Actes 13:38-39).

 

Tous les pécheurs qui viennent à Dieu, pour recevoir de Lui la Grâce du Pardon indépendamment de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils ont fait seront justifiés par Lui.

 

Car Dieu est Fidèle et Il l'a promis !

 

A celle ou celui donc, qui est justifié(e) devant Lui par Le Sacrifice substituionnel de Jésus, Dieu ne fera certainement pas obstacle à Son Pardon.

 

Le fait que le Sacrifice de Jésus soit Suffisant pour tous les péchés, et Sa Justice Promise à tous ceux qui croient en Lui, permet que le Dieu Saint, dans Sa Juste Nature, puisse sauver même le plus terrible des pécheurs qui vient à Lui.

 

Cette Grâce, cependant, n'indique absolument pas que Dieu ferme les yeux sur les péchés.

 

La Haine de Dieu envers le péché est plus que jamais manifestée par la Souffrance de Son Fils.

 

Mais précisément parce que le Christ, Le Fils Bien Aimé, a payé pour les péchés, Dieu peut aimer le pécheur et le considérer entièrement juste, même s'il a été le plus terrible de tous les pécheurs.

 

Cette Oeuvre Salvatrice de Jésus n'est absolument pas incompatible avec la Gloire et la Justice de Dieu.

 

La Gloire de Dieu et Sa Justice ont exigé une compensation pour les péchés.

 

Mais Christ a par Sa Mort, rempli entièrement cette Exigence.

 

"C'est Lui que Dieu a destiné à être, par Son Sang pour tous ceux qui croiraient, Victime Expiatoire, afin de montrer Sa Justice, parce qu'Il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de Sa Patience ; Il montre ainsi Sa Justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus." (Romains 3 : 25-26).

 

La Loi que Dieu met devant nous, n'est par conséquent pas un motif d'empêchement sur le chemin de Dieu, car Christ a rempli Entièrement chaque partie de la Loi et pris sur Lui lors de Sa Crucifixion, la malédiction de la Loi.

 

"Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit soit tout homme qui est pendu au bois". (Galates 3:13).

 

 

 

  • Christ veut sauver même le plus grand pécheur qui croit en Lui, parce que c'est Sa Mission,

 

 

Jésus a reçu de Son Père la mission d'être un Sauveur pour les pécheurs.

 

C'est pourquoi Il est venue en ce monde.

 

Dans Matthieu 9:13, Jésus même dit qu'Il est venu pour appeler les pécheurs à la repentance et non les justes.

 

Son but était de guérir le péché des hommes.

 

Par conséquent, Il ne rejettera aucun homme parce que celui-ci a trop péché.

 

Plus un homme est pécheur, plus il a besoin de Christ comme Son Sauveur :

 

"Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades" (Matthieu 9:12).

 

Qu'est ce que cela serait comme médecin, celui qui refuserait de guérir un malade alors qu'il en a le moyen ?

 

 

 

  • La Gloire de la Grâce de Jésus consiste en grande partie en ce qu'Il sauve les plus grands pécheurs.

 

Tout le Plan de Salut de Dieu a un but :

 

Célébrer la Gloire de la Grâce de Dieu (Cif. Ephésiens 1:4-6+12).

 

La Grandeur de la Grâce de Dieu se manifeste le plus clairement quand Dieu, en Christ, sauve les plus grands pécheurs.

 

Plus le péché d'une homme est grand, plus la Grâce de Dieu est Grande pour lui pardonner le péché et pour faire de lui l'un de Ses Justes.

 

"La Loi est intervenue pour que la faute abonde, mais là où le péché a abondé, la Grâce a surabondé". (Romains 5:20).

 

Lorsque l'apôtre Paul apprend à Timothée quel grand pécheur il a été, il dirige à la fois leur regard à partir de son grand péché, vers la Grâce Surabondante en raison de laquelle Dieu lui a pardonné ses mauvaises actions :

 

"...moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j'ai obtenu Miséricorde, parce que j'agissais par ignorance, dans l'incrédulité ; mais la Grâce de Notre Seigneur a surabondé, avec la Foi et l'Amour qui est en Jésus Christ". (1 Timothée 1 : 13/14).

 

Jésus Christ est Digne de tous les honneurs.

 

Il est le Parfait Sauveur du péché et de la mort, car Il a versé Son Sang, afin de payer en tant que Substitut pour le péché et blanchir devant Dieu ceux qui mettent leur confiance en Lui.

 

Etant donné que Christ, en raison de la Rédemption, est digne de Tous les honneurs, la question ne se pose pas de savoir s'Il est prêt à sauver tous ceux qui viennent à Lui en demandant le Pardon et aucun péché n'est pour Lui trop grand !

 

 

  • L'Evangile de Jésus Christ s'adresse à tous les pécheurs.

 

 

"Jésus dit : Je suis Le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif." (Jean 6:35), "Venez vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos." (Matthieu 11:28), "Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut de l'eau de la vie la prenne gratuitement !" (Apocalypse 22:17). Et : "Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37).

 

C'est pourquoi Christ nous a aussi donné, à nous qui avons reçu Son Pardon, l'ordre suivant :

 

"Allez dans le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé (...) (Marc 16: 15/16).

 

Si tu viens à vraiment à Christ, afin de recevoir de Lui le Pardon, tu verras alors qu'Il fait de toi un homme nouveau.

 

Il ne te laissera pas tel que tu es.

 

Tu viens à Lui comme un patient vient chez un médecin, afin qu'Il guérisse ta maladie et tes blessures.

 

Confesse Lui tout ce qui te pèse, ne retiens rien.

 

Et ne pense surtout pas pouvoir venir à Lui en raison de tes propres bonnes actions, tu perdrais inutilement ton temps et tes forces.

 

Ne dis pas et ne pense jamais :

 

"Jésus, pardonne moi, car je ne suis pas une mauvaise personne", mais confesse comme le Roi David :

 

"Pour l'amour de Ton Nom, ô Eternel, pardonne mon péché qui est si grand !!!".

 

Amen,

 

 

 

Pasteur Jonathan Edwards,

.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Héraut

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:16
Jésus, Pain de Vie

Guidez-moi, O Grand Dieu est un hymne gallois populaire écrit par Guillaume Williams (1717-1791) et le compositeur John Hughes.

 

Cet hymne chrétien, mais également réputé, est un chant largement utilisé au Pays de Galles.

 

L'hymne, complètement tiré de la Bible, compare le voyage du Peuple d'Israël au pays promis avec la vie d'une vie chrétienne comme un "pèlerin sur le terrain aride."

 

Ce chant est d'abord apparu en 1745 dans un livre de cantiques publié par Williams en Angleterre à Bristol.

 

Il est à l'origine composé de cinq strophes de six lignes et faisait force pour traverser la région sauvage.

 

Guillaume Williams, affectueusement connu comme le "chanteur doux du Pays de Galles," est le fils d'un fermier prospère dans la paroisse de Carmarthenshire.

 

Il était un jeune étudiant médical lorsqu'il fut touché par le sermon qu'il entendit, et remué pour une vocation nouvelle, ceci, après un plein air où la réunion était tenue par un pasteur gallois, Howell Harris.

 

En Angleterre les Wesleys (Charles Wesley et John Wesley) et George Whitefield accomplissaient des reprises publiques semblables.

 

 Guillaume Williams a prêché l'Évangile dans tout le Pays de Galles et a parcouru de longues distances à cheval, en prêchant et en chantant l'Évangile dans sa langue natale.

 

Il a été respecté comme un pasteur persuasif, la source primaire de son influence était la Bible et ses hymnes.

 

Des 800 cantiques que Guillaume Williams a écrit, "Me guident, O Vous Grand Dieu" est son hymne le plus grand.

 

L'air a été écrit en 1907 par John Hughes, un compositeur gallois d'école de dimanche, hymnes et airs d'hymne.

 

abiblean-120973

GUIDE- MOI Ô TOI GRAND DIEU

Guide- moi ô Toi, Grand Dieu, pèlerin sur cette terre aride, je suis faible, mais Toi, Tu es fort,tiens- moi par Ta Main Puissante : ÉTERNEL !

Viens du ciel, nourris ma foi. Ouvre la fontaine de cristal, d'où coule le flot qui guérit, et fais que Ta colonne de feu me conduise dans mon voyage.

Puissant Sauveur ! Sois mon soutien et ma force lorsque je traverse le Jourdain, fais disparaître toutes mes craintes, porte- moi par le torrent en crue, en sûreté dans Canaan.

Des louanges ! Je te chanterai, PAPA.

Mon Dieu, viens ! Car nous désirons vivre pour toujours avec Toi ; et connaître en pleine communion, la douceur de Ton amour, Viens ! 

Il est également connu sous le Texte de A. Pélaz tiré d'une parole de Jésus  :"Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif".

 

 

C'est toi, Jésus, pain de vie,

Qui me nourris jour par jour,

Manne céleste et bénie,

C'est ton merveilleux Amour

Pain de vie, pain de vie,

Don du Ciel toujours nouveau,

Tu me nourris, pain d'en haut

----

C'est encore toi, source vive,

Le secours du pèlerin.

Il puise, il boit et ravive,

Son coeur le long du chemin.

Source vive, source vive,

Don du Ciel toujours nouveau,

Tu jaillis sur moi d'en haut.

----

Âmes toujours altérées,

Qui cherchez de fraîches eaux,

Aux citernes crevassées

Préférez les clairs ruisseaux !

O rosées, O rosées,

Don du Ciel toujours nouveau,

Descendez sur nous d'en haut !

----

A ton Amour je me fie,

Que me faudrait il de plus ?

Rien, non, rien ne rassasie

Ici-bas, que toi, Jésus.

Pain de vie, pain de vie,

Don du Ciel toujours nouveau,

Je te bénis, pain d'en haut !

----- 

 

temple

croix huguenote

 

 
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 14:00
Le forçat volontaire

Croix Huguenote

Au temps où les condamnés aux travaux forcés étaient détenus dans les ports de Brest, de Rochefort et de Toulon, un homme avait obtenu la permission de visiter régulièrement l'un de ces bagnes.

 

Tous les jours, à la même heure, les forçats le voyaient arriver invariablement.

 

Été comme hiver, quelque temps qu'il fît, le visiteur ne manquait jamais. Il était devenu l'une des figures habituelles de ce lieu étrange, quoiqu'il y eût une grande différence entre lui et les hôtes forcés qui l'habitaient.

 

Bien que ses vêtements n'indiquassent pas un homme d'une position supérieure, son visage et ses manières le montraient suffisamment.

 

Il avait la plus grande distinction unie à la plus grande bienveillance, et, en causant familièrement avec les plus dépravés, il ne se départissait jamais d'un ton grave et doux à la fois qui leur inspirait toujours le respect.

 

Qui était cet homme ? Nul ne le savait.

 

Que venait-il faire ? Tous les jours il se présentait les mains pleines.

 

À l'un il donnait un livre, à l'autre quelque argent, à celui-ci un remède, à celui-là une parole d'espérance et de sympathie.

 

Il n'oubliait personne ; ceux qui avaient insolemment refusé ses dons la veille n'étaient point négligés le lendemain.

 

Il semblait que ce fût à lui que ces malheureux rendissent service. Il était si triste quand on refusait ses dons, et si joyeux quand on les acceptait !

 

Ceux qui sont mauvais ne peuvent croire au bien désintéressé ; aussi, dans le bagne, était-on fort divisé au sujet de ce visiteur.

 

Il semble qu'il n'y aurait dû avoir qu'une opinion — c'est un brave homme ! et qu'un sentiment : la reconnaissance.

 

Mais les uns — c'étaient les loustics, les anciens, les esprits forts de la troupe, disaient :

 

Un brave homme ? Allons donc ! Il n'y en a pas. C'est un mouchard qui fait semblant de pleurer pour nous tirer les vers du nez. Il espère gagner notre confiance, nous faire raconter notre histoire, et en informer la police. Plus souvent ! ... À malin, malin et demi.

 

Cette opinion semblait prévaloir, car ceux de qui elle venait faisaient autorité.

 

D'autres disaient :

 

Bah ! C'est un maniaque, un fou. C'est par toquade qu'il s'est pris d'une si belle affection pour nous. Profitons de sa folie, mais tenons-nous tout de même sur nos gardes.

 

Et c'est à peine si, dans le nombre, il s'en trouvait quelques-uns pour dire timidement :

 

Non, malgré tout ce que vous dites, c'est un brave homme. Il a pleuré de vraies larmes quand il m'a vu entrer ici. Il parle trop bien pour être un fourbe ou un fou. Il nous aime.

 

Mais les autres reprenaient tous ensemble

 

Il nous aime, dites-vous ? Est-ce que c'est possible ? A-t-on jamais vu des honnêtes gens courir après des forçats ? Nous sommes vraiment bien aimables ! Non, non, il ne peut y avoir là que de la fausseté ou de la folie.

 

Ce qui ne les empêchait pas de recevoir ses dons quand il revenait le lendemain. Ainsi tous étaient divisés à son sujet.

 

Un jour, ce fut bien autre chose.

 

Le visiteur était venu comme d'habitude ; mais, au lieu de s'en aller une fois sa tournée finie, il rassembla, avec la permission du gouverneur, les condamnés dans une salle et leur dit :

 

Mes amis, je suis touché de votre malheur et je veux y mettre un terme. Les dons que je vous ai faits jusqu'à présent ne sont rien ; c'est la liberté que je veux vous donner cette fois. Y en a-t-il parmi vous qui se repentent de leurs fautes, qui feraient tout au monde pour les effacer, qui voudraient pouvoir recommencer la vie ? Eh bien, c'est à ceux-là que j'apporte le moyen de sortir d'ici.

 

Au mot. de liberté, bien des visages s'étaient éclaircis.

 

Au mot de repentance, quelques yeux s'étaient remplis de larmes.

 

Mais les « malins » se mirent à rire et à murmurer entre eux :

 

Hein, qu'avions-nous dit ? Vous voyez bien que c'est un mouchard. Il va nous proposer une évasion, pour nous faire pincer ensuite.

 

Mais le bienfaisant étranger poursuivit :

 

J'ai obtenu du prince qui nous gouverne une faveur bien plus grande que celle qu'il m'a accordée en me permettant de venir vous voir. Il m'a autorisé à prendre ici la place de tous ceux d'entre vous, si nombreux soient-ils, qui voudront en changer avec moi. Je serai leur remplaçant au bagne, et eux posséderont en liberté ma maison et ma fortune.

 

Pour le coup, le plus grand nombre éclata de rire ; et quelques-uns de s'écrier :

 

Vous le voyez bien, c'est un fou !

 

Mais lui, sans se troubler :

 

Je comprends que mes paroles ne vous paraissent pas croyables. Je sais que jamais personne ne vous a fait une semblable proposition et que, moi parti, jamais personne ne vous la fera plus. Vous me demanderez quel intérêt me pousse à me substituer à vous.

 

Vous croyez que j'ai perdu la raison, que je me flatte d'une chose que je ne puis faire, ou que je veux vous entraîner à une révolte sans issue. Je vous assure que ce n'est pas vrai. Le seul motif que je puisse vous donner, c'est que je vous aime ; je vous aime parce que vous êtes malheureux, je vous aime quoique vous soyez coupables.

 

Acceptez mon offre et vous verrez que je ne vous trompe pas.

 

Mais ce fut en vain que le bienfaiteur les pressa ce jour-là.

 

Il ne se lassa point ; il revint le lendemain, il fut plus pressant encore sans aucun résultat.

 

Jour après jour, semaine après semaine, tout en leur distribuant ses aumônes habituelles, il leur répétait, sans se rebuter :

 

« Ah ! si vous vouliez ! ... Vous seriez libres, vous seriez riches, vous seriez heureux ! »

 

Enfin, ses supplications aboutirent à troubler quelques-uns des condamnés.

 

Cinq ou six de ceux qui, tout en étant de grands criminels, avaient encore en eux de bons désirs et quelque foi dans la vertu, et aussi quelques-uns de ceux qui, étant condamnés à perpétuité, n'avaient rien à craindre des tentatives les plus désespérées, se dirent les uns aux autres :

 

Après tout, s'il disait vrai ? S'il a vraiment le droit de nous absoudre en prenant notre place ? Que risquons-nous à essayer ? Quelques quolibets valent bien qu'on les affronte, lorsqu'il s'agit de gagner la liberté et la richesse !

 

Ils allèrent donc à lui et lui dirent :

 

Nous croyons ce que vous avez promis, nous sommes décidés à accepter votre offre.

 

Le visage du visiteur s'éclaircit à ces paroles.

 

Ah ! quelle joie ! s'écria-t-il. Je ne serai donc pas venu pour rien dans ce lieu de misère !

 

Et il les fit entrer dans une salle à part, où il leur parla ainsi :

 

Je suis disposé à tenir ma promesse, non pas demain, mais aujourd'hui, à l'instant même. Nous allons changer de place ; vous me donnerez vos fers, votre bonnet jaune, votre casaque de forçat. Vous prendrez les clés de ma maison, de mon trésor et de mes titres. Je ne vous impose qu'une seule condition.

 

Laquelle ? s'écrièrent-ils tous à la fois.

 

La voici : Il faut que vous me promettiez de me représenter aussi fidèlement dans le monde que moi je vous représenterai ici. Je suis un honnête homme, il faut que vous me promettiez de l'être. Je suis bienfaisant, vous devez l'être aussi. Mon langage, ma manière d'agir, tout ce que j'ai en un mot, il faut que vous l'ayez vous-même. Enfin, vous allez vivre ensemble, puisque je n'ai qu'une maison pour vous tous. Il faudra que vous vous aimiez comme des frères, chacun de vous portant le même nom, qui sera le mien : un nom que j'ai reçu pur et sans tache de mes ancêtres et que je ne saurais voir traîné dans la boue. Ici vous vous détestez, vous vous querellez ; mais il faut me promettre, une fois en liberté, de vous chérir et de vous prêter mutuellement assistance comme si vous étiez les membres du même corps, et vous l'êtes en effet, puisque, entre vous tous, vous ne représentez que moi dans le monde.

 

À ces mots presque tous ses auditeurs s'écrièrent :

 

N'est-ce que cela ? Ce sera bien facile !

 

Pour moi, ajouta le plus âgé, il y a trop longtemps que je suis ici pour ne pas savoir que le crime coûte cher, et que ce qu'il y a de meilleur, c'est la vertu. Soyez sans crainte : votre honneur sera sauf entre mes mains. Je ne dis pas que je serai tout à fait comme vous dès le début, mais, avec le temps et des efforts, j'y arriverai. Je serai bientôt aussi vertueux, aussi bienfaisant, aussi bien élevé que vous.

 

Quant à moi, dit un autre, cela me sera bien facile, car je n'ai jamais cessé d'être honnête. C'est par une injustice que je suis ici ; je n'ai pas mérité ma condamnation. Rien ne me sera donc plus naturel que de faire le bien, une fois rentré dans le monde.

 

Je ne dirai pas, ajouta un troisième, que je n'aie commis quelques peccadilles. Mais c'est par entraînement, car j'ai été bien élevé et je suis d'une bonne famille. Je puis donc sans crainte revenir dans la société : J'y ferai aussi bonne figure que vous. Dans deux heures, si je sors d'ici, l'on ne me reconnaîtra plus.

 

Ainsi tous ces malheureux, sous leurs casaques infâmes, se donnaient déjà toutes les vertus et commençaient à trouver très simple que les richesses et les honneurs leur fussent offerts.

 

Cependant leur bienfaiteur paraissait plus attristé que réjoui par ces protestations.

 

Évidemment, il n'y avait pas confiance.

 

Tandis que tous les forçats, à l'envi, promettaient si légèrement des choses si grandes, un seul d'entre eux avait timidement gagné la porte et s'apprêtait à sortir de la salle.

 

Le visiteur le vit et l'appela :

 

Pourquoi t'en aller ? lui demanda-t-il. Mon offre ne t'agrée-t-elle déjà plus ?

 

Alors le criminel s'approcha de quelques pas et, courbant la tête, lui dit d'une voix pleine de larmes :

 

Homme juste et bon, votre offre m'attire, mais je n'en suis pas digne. Ce que vous me demandez, je ne saurais le promettre. J'ai été coupable, je porte la peine de mon crime ; mais, bien que souffrant ici ce que j'ai mérité, je sens que mon coeur est encore plein de mauvais désirs ; que serait-ce si j'étais livré à moi-même ? Je n'ose penser à ce que je pourrais être tenté de faire encore. Et que me demandez-vous ? De vous ressembler, d'être aussi juste, aussi bon que vous ? Ah ! Jamais je ne le pourrai. Or, si je suis un criminel, je ne veux pas être un traître. C'est assez d'avoir souillé mon nom, je ne veux pas souiller le vôtre. Je suis dégradé par ma faute, je ne veux pas que vous le soyez par la mienne. Je ne me sens pas la force de vous représenter dignement ; laissez-moi donc vivre et mourir ici.

 

En entendant ces paroles, le visage du bienfaiteur devint rayonnant :

 

C'est toi, c'est toi, mon frère, s'écria-t-il, qui sortiras d'ici à l'instant même ! C'est toi qui as le vrai repentir, puisque tu as la vraie humilité. Ne crains point, car je serai avec toi, bien qu'absent ; ma pensée t'enveloppera comme une protection, et, quand tu douteras de toi-même, tu reviendras ici me demander conseil. Pars, laisse tes fers, prends mon vêtement et la clé de ma maison.

 

Et l'échange se fit aux yeux des forçats étonnés. Beaucoup eussent voulu se décider alors, mais l'heure était passée.

 

Et le libéré sortit, joyeux et triste à la fois — joyeux de son salut, triste à cause des douleurs que son ami allait subir à sa place ; et celui-ci le suivit d'un long regard et d'une bénédiction.

 

Le forçat libéré entra donc en possession de cette nouvelle vie.

 

Il ne pouvait d'abord croire à son bonheur. Oh ! La volupté d'être libre, de respirer un air pur à pleins poumons, d'aller devant soi, à l'aventure, sans sentir des fers à ses pieds et le fouet du garde-chiourme sur sa tête !

 

Libre, et à quel prix !... Cette pensée remplissait toujours ses yeux de larmes.

 

En présence de la nature ravissante, devant un beau coucher de soleil, il se disait tout à coup :

 

Un autre est au bagne à ma place ! C'est à lui que je dois tout ceci ! Et ces grandes choses se revêtaient pour lui d'un charme plus touchant, et son coeur s'emplissait d'une ineffable mélancolie.

 

Bientôt il comprit qu'il avait été libéré pour autre chose que pour jouir de la vie ; qu'il lui fallait agir comme son sauveur l'avait fait.

 

Il se mit donc à visiter les pauvres, les malheureux, répandant partout des aumônes et, quand on le remerciait, disant :

 

« Ce n'est pas moi, c'est de la part d'un autre. »

 

Quand la tentation d'employer son temps à quelque frivolité ou son argent à quelque folie le saisissait, il s'arrêtait bientôt :

 

« Mon temps, mon argent, je n'en ai point ; ils sont à mon bienfaiteur. C'est lui qui doit vivre en moi. Comment ferait-il en cette occasion ? »

 

Si la difficulté était trop grande, il reprenait le chemin du lieu de souffrance où il avait laissé son remplaçant.

 

Et là, dans le secret d'une conversation intime, il lui exposait le cas, lui demandait des conseils qui devenaient des ordres. 

 

Il sortait toujours de ces entrevues plus fort, plus vertueux et plus reconnaissant que jamais.

 

Puis le temps vint — la peine étant expirée où le forçat volontaire vint rejoindre le forçat libéré. Alors, pour ce dernier, ce fut le bonheur parfait.

 

Ils étaient deux, mais ne faisaient qu'un, assis à la même table, dans la même maison ; puisant à la même bourse, portant le même nom ....

 

À force de vivre ensemble, ils finirent par se ressembler, et les serviteurs eux-mêmes ne faisaient plus de différence entre leur maître et son frère d'adoption.

 

• • • • • • • • • • • • • • •
 

Faut-il une explication à l'apologue ci-dessus ?

 

Personne n'aura pu croire qu'une pareille aventure soit jamais arrivée parmi les hommes.

 

Des dévouements semblables ne se rencontrent pas.

 

Mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.

 

Or, Dieu a tellement aimé le monde, — c'est-à-dire cette immense foule de forçats et de criminels, de souffrants et de mourants dont se compose l'humanité, — qu'il est venu sur la terre, dans notre bagne, dans notre infamie, pour nous offrir un échange.

 

Le Fils de Dieu s'est fait le fils de l'homme ; Les fils des hommes peuvent devenir fils de Dieu.
 
Il a pris nos douleurs, notre mort, il a expié nos crimes.Il nous offre sa gloire, sa sainteté, sa vie éternelle.
 

Après nous avoir comblés de dons temporels, — la liberté sociale, la lumière, le progrès, l'amélioration des moeurs, — Jésus-Christ vient nous dire :

 

« Tout cela, ce n'est rien. Voulez-vous avoir LA VIE ÉTERNELLE ? »

 

On l'a traité de fourbe et d'insensé. Il ne s'est pas rebuté ; à chaque génération d'hommes, il répète :

 

« Voulez-vous avoir LA VIE ÉTERNELLE ? Être affranchis du mal et de la condamnation ? Laissez-Moi prendre votre place et prenez la Mienne. Croyez, croyez à Mon Amour ! »

 

Le monde, en majorité, rejette ce Libérateur.

 

Mais il se trouve, ici et là, quelques âmes, — lecteur, sommes nous du nombre ? — qui se repentent, qui se défient d'elles-mêmes, qui se sentent incapables de se sauver jamais par leurs propres forces. Ce sont celles-là qui croient en Jésus-Christ, quand Il se présente à elles.

 

Et, dès qu'elles ont cru en Lui, leur bonheur commence.

 

Oh ! quels horizons nouveaux, quelle ivresse de joie, quand on se dit : Je suis Fils, Fille de Dieu !

 

J'ai devant moi l'éternité bienheureuse ! Rien ni personne ne me menace plus !

 

A-t-on besoin de force pour ne pas retomber dans le mal ? Le Calvaire est toujours là ; par la prière, on peut s'en approcher, et le Christ Libérateur est aussi le Christ Sauveur.

 

En toutes circonstances, sa force s'accomplit en notre faiblesse, Il nous anime de son Esprit, et Il vit Lui-même en nous ....

 

Puis viendra la réunion glorieuse. Le Sauveur et les sauvés, la victime et ceux qu'elle a remplacés, se retrouveront dans la même demeure.

 

Vie sublime, vie éternelle ! L'espoir seul de te posséder illumine déjà la vie présente !

 

Rubben Saillens,

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Croix Huguenote

 
 

 

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 08:40

Refuge Protestant

 

Beaucoup d’hommes et de femmes lorsque la moquerie facétieuse à l’encontre de Dieu semblerait croire s’estomper, rampent dès lors sur un autre registre pour mieux afficher sinon la frustration égocentrique voire narcissique, un mépris dont seul le toupet effronté de la suffisance humaine explique une telle audace et inconscience.

 

Jacques Monod, prix Nobel de médecine en 1965, concluait son ouvrage intitulé « le hasard et la nécessité » par une pathétique et affligeante réponse à la hauteur de la bêtise :

 

 …« Nous savons que le ciel est vide. »…

 

En traduisant la pensée indirecte de manière plus explicite sur le fond : «  Autrement dit, inutile de tourner nos regards vers le ciel ou de l’implorer, il n’y a nul Dieu pour nous entendre… Nous sommes donc seuls, inexorablement seuls, sur notre planète, face à l’immensité de l’univers… »,

 

Jean Grebille a donné et répondu comme tout véritable Chrétien et enfant de Dieu peut affirmer sans la moindre hésitation !

 

« ….Quand Jésus lève les yeux vers le ciel, c’est bien avec certitude qu’il n’est pas vide ! La venue sur cette terre de Jésus, Fils de Dieu, mort et ressuscité, est pour le croyant l’assurance que Dieu n’est pas indifférent justement à notre sort, que le ciel n’est pas vide ! Dieu, en Jésus, est venu à notre rencontre et invite quiconque, à se mettre en relation avec Lui. A l’affirmation de Jacques Monod, nous pouvons opposer tous les « nous savons », toutes les certitudes que nous pouvons trouver dans la Parole de Dieu. Puissions nous dire comme l’apôtre Pierre :

 

Nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu !!! (Jean 6-69) »

 

Cette magnifique réponse et vérité renvoient et donnent cette douce consolation pour toute personne sans aucune condition de niveau social, de race ou de couleur :

 

« Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés (Matthieu 11.28) »

 

Un autre Chrétien, Albert Nouguier,  témoigne et cite d’une manière admirable encore cette belle réalité :

 

« (…) La personne de Jésus Christ, Fils de Dieu, est Le Rayonnement, Le Resplendissement de la Gloire de Dieu. Tel est le sujet que la Bible ne fait pas que déclarer, mais démontre. C’est ce Jésus qui a marché sur la terre des hommes pour leur apporter des paroles de grâce, d’espérance et de consolation. C’est Lui véritablement qui invite tout être humain chargé, en proie à de si nombreuses difficultés, à venir à Lui pour recevoir le Vrai Repos. Quel réconfort pour tous de savoir que nous pouvons l’approcher à tout instant et recevoir le réconfort dont nous avons si souvent besoin ! Il faut en toute simplicité s’approcher de Lui pour faire l’expérience de son Immense Amour. La vie prend alors une tout autre saveur. Tel est le secret d’une vie heureuse, même si souvent de lourds nuages noirs viennent assombrir la route. (…)»

 

Tel est Notre Christ, Notre Sauveur, Notre Seigneur.

 

Amen,

 

 

Bible (124)

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : tiré de Vivre Aujourd'hui (Assemblée de Frères)

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 19:51
La réalité de Jésus Christ

Sermon du 17 Février 1856

du Pasteur Adolphe Monod

 

Quand on considère ce que nous venons de faire en rappelant ce que Dieu nous a donné en son Fils Bien-Aimé, on voudrait ou demeurer dans le silence, ou n'ajouter à ce service Solennel que des paroles d'adoration et d'actions de grâces.

 

Mais puisque le Seigneur nous appelle aussi à glorifier sa Parole et à rendre témoignage de sa Vérité, et que dans certaines positions les occasions de le faire sont si rares, je continuerai, en me reposant sur le secours de Dieu, à vous exposer la Vérité telle qu'elle est dans mon coeur, en attendant que le jour vienne où le Seigneur me dira en me fermant la bouche :  

 

C'est assez, tu as assez parlé, va maintenant te reposer de tes travaux dans le sein de ton Sauveur.

 

J'aime, vous le savez, à vous parler ici, sous le nom de ce que j'appelle les regrets du chrétien mourant, des vues d'un chrétien qui se croit près de sa fin, sur l'emploi qu'il a fait de sa vie ou qu'il en voudrait faire si elle lui était continuée, et qu'il en voudrait voir faire à ses frères qui vivent encore.

 

Mais je me sens aussi appelé, dans cette position particulière et surtout dans les jours obscurs et agités où nous vivons, à rendre témoignage des résultats auxquels la vie Chrétienne et l'expérience du ministère pastoral dans mon infirmité m'ont conduit, afin que l'on sache bien dans quels sentiments, Dieu m'appelant, je me reposerai et je m'endormirai, et qu'il ne puisse y avoir aucune espèce de doute dans le coeur de mes amis, de mes frères, de l'Eglise, sur ce qui fait en ce moment, et ce qui fera de plus en plus, je l'espère de la Bonté de Dieu, l'assurance de mon âme.

 

Il y a une première chose capitale sur laquelle je ne m'arrête pas (...). Cette première vue était celle du péché.

 

Le premier point est d'avoir une vue claire et profonde de notre état de péché devant Dieu, non seulement par la conviction où nous sommes que nous avons péché contre sa loi sainte, mais parce que nous avons commencé de mesurer l'énormité du péché, la terreur des jugements de Dieu et la profondeur de l'abîme d'où il s'agissait de nous retirer.

 

Une fois pénétrés de cette amertume du péché, sans atténuation, sans excuse, sans explication aucune, et en nous bornant à dire :

 

" j'ai péché contre toi, contre toi proprement !",

 

l'Evangile tout entier se résume pour nous, mes chers amis, et se résume en particulier en ce moment pour moi, dans un seul mot, ou plutôt dans un seul nom, Jésus-Christ, selon ce que nous dit Paul :

 

"Je n'ai voulu savoir autre chose parmi vous que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié".

 

Qui est Jésus christ ? Quel est Il ? Quelle idée avez vous de Lui ?

 

Que répondriez vous à sa question : "Qui dit on que Je suis?"

 

Voilà le fondement et le commencement de notre foi.

 

Quand nous contemplons Jésus christ, c'est d'abord comme homme que nous le regardons, mais nous nous apercevons bientôt que ce n'est pas un homme ordinaire.

 

Nous trouvons ici une Charité Infinie, une Bonté toujours prête à nous venir en Aide, et une Puissance toujours capable de nous délivrer, un Maître et un Libérateur qui guérit les maux du corps pour montrer qu'Il peut guérir ceux de l'âme, et jusqu'aux misères les plus invisibles et les plus profondes, une Sainteté sans tâche, une Sainteté qui est Celle de Dieu même transportée sur la terre, et en un mot, dans un corps d'homme et dans un esprit d'homme, une Vertu Divine de Vérité, de Force, de Bonté et de Délivrance que nul homme n'a jamais possédée ni soupçonnée, et qui nous attire vers Lui comme vers Celui que nous sommes instinctivement avertis pouvoir, et pouvoir seul, nous apporter toutes les délivrances qui nous sont nécessaires.

 

Mais bientôt, en écoutant l'Ecriture et en l'écoutant Lui-même, ce mystère commence à s'éclaircir, mais par un autre mystère, plus profond encore.

 

Nous apprenons que notre Seigneur Jésus Christ, - car tel est l'homme que nous venons de contempler, - né d'une naissance surnaturelle, n'est pas seulement fils de l'homme, mais en même temps Fils de Dieu : fils de l'homme, c'est à dire homme, fils de Dieu, c'est dire Dieu.

 

S'il a une Vertu, une Puissance, une Sainteté et une Bonté Divines, c'est qu'Il est Dieu, Il est le reflet de Sa Personne et la Splendeur de Sa Majesté, et "Toute la Plénitude de la Divinité a habité en Lui corporellement".

 

C'est Le Mystère de la Piété, Dieu manifesté en chair, Dieu pouvant dire à ses disciples, comme nous l'avons tantôt entendu lire :

 

"Qui m'a vu, a vu mon Père".

 

C'est ici, mes chers amis, dans ma conviction croissante et profonde, et dans celle de tout le peuple fidèle du commencement à la fin, prophètes, autant qu'il leur était donné de l'entrevoir, patriarches, apôtres, témoins, martyrs, pères fidèles de l'Eglise, réformateurs, serviteurs et servantes du Seigneur de tous les temps, c'est ici proprement la Clef de l'Edifice Evangélique, et le Fondement de l'Evangile tout entier, c'est de ce point que partent tous les chemins infiniment nombreux qui divergent vers tous les actes de foi et d'obéissance auxquels nous pouvons être appelés, en sorte que la Vie Chrétienne tout entière repose tellement sur ce fondement, Jésus Christ, Dieu manifesté en chair, que hors de là jésus Christ n'est pas seulement détrôné, mais Dieu l'est Lui même.

 

Le Dieu vivant ne vit plus, on nous donne un dieu des déistes, un dieu des panthéistes, un dieu des rationalistes, - qui n'est qu'un dieu mort, qui n'a jamais sauvé, ni sanctifié, ni consolé personne, parce que le vrai Dieu est Celui qui se révèle à nous, et non seulement qui se révèle, mais qui se donne à nous en Jésus Christ, car, comme quelqu'un l'a dit et si bien dit, dans la création Dieu nous montre Sa Main, mais dans la rédemption Il nous donne Son Coeur.

 

Jésus christ Dieu et pourtant Jésus Christ homme, véritablement et réellement homme, véritablement et pleinement Dieu, semble à plusieurs une doctrine de spéculation plutôt que de pratique, mais il n'en est point ainsi, et bien loin que ce soit une doctrine de spéculation, c'est le fond même de la pratique et de la vie chrétienne.

 

Aussi Paul, tout en l'appelant un mystère, l'appelle le mystère de la piété : " Le mystère de la piété est grand".

 

Il n'y a pas de vie chrétienne, de force chrétienne, de mort chrétienne, hors de là, c'est le fondement de tout le reste, et la grâce du Seigneur Jésus répandue dans nos coeurs  est notre unique force aussi bien que notre unique espérance.

 

C'est pourquoi je veux qu'on sache, et je confesse que je contemple en Jésus Christ mon Dieu, devant qui je me prosterne avec Thomas, en lui disant : " Mon Seigneur et mon Dieu !" et de qui je rends ce témoignage avec Jean : "Il est le vrai Dieu et la vie éternelle", ou avec Paul : "Il est Dieu sur toutes choses, béni éternellement".

 

Je l'honore comme j'honore le Père, et je sais que le Père, si jaloux de Sa Gloire, loin de l'être de celle que je donne à Jésus Christ, l'approuve comme une gloire rendue à Lui même, parce qu'Il veut que tous "honorent le Fils comme ils honorent le Père", et je m'applique à vivre dans la communion de Jésus christ, dans la paix de Jésus Christ, le priant, m'attendant à Lui, lui parlant, l'écoutant, et lui rendant en un mot une série constante de témoignages, de jour et de nuit, qui seraient une idolâtrie s'Il n'était pas Dieu, et s'Il ne l'était pas dans le sens le plus élevé, le plus unique que l'esprit humain soit capable de donner à ce nom sublime.

 

Jésus Christ est Celui qui est :  

 

"Je suis, - je suis le chemin, la vérité et la vie, - je suis celui qui suis, - Jéhovah, - le Seigneur Dieu tout puissant",

 

Voilà ce qu'est Jésus Christ : voilà ce qu'Il est pur moi.

 

Et si, dans les derniers moments de ma vie, je devais être empêché par la maladie de lui rendre ce témoignage, je veux qu'on sache que je Lui rends ici, et en le Lui rendant, je n'ai pas la pensée de le Lui retirer jamais !

 

Car je n'ai connu ni le peu de foi, ni le peu de consolation, ni le peu de sainteté, ni le peu de charité que je possède, et que je prie Dieu de m'augmenter, que depuis que, changeant mes premiers sentiments, j'ai appris  à adorer Jésus Christ comme Mon Sauveur et Mon Dieu.

 

Cela mis en sûreté, je trouve en même temps en Jésus Christ Mon Frère, Mon Semblable, Mon Ami, Celui qui est avec moi, Près de moi, et selon cette belle expression du Psaume 84, "Mon Soleil et Mon Bouclier".

 

Mon Soleil, c'est ma Protection de loin, mon Bouclier, c'est ma Protection de près.

 

Entre ce Soleil de la Divinité et moi, il y a tant de choses, un chemin si immense (dont je laisse à l'homme de calculer la durée matérielle, quoiqu'on n'en puisse jamais calculer la longueur spirituelle), que j'ai besoin du Seigneur près de moi, comme d'un Bouclier qui m'enveloppe de toutes parts, dont le Coeur presse mon coeur, dont les Bras me tiennent constamment environné, et auquel je puisse dire, et dire si je veux à l'oreille et sans que personne au monde l'entende :

 

je suis à Toi et Tu es à moi, je sais qui Tu es, mon Dieu et mon Frère, et Tu sais qui je suis, Ton enfant et Ton serviteur, qui, malgré toutes ses infirmités, croit en Toi, qui ne gémit que de croire si peu, et qui aspire à croire jusqu'à te glorifier dans les plus amères épreuves !

 

Jésus christ donc est mon frère.

 

Ah ! Quelle grâce que d'avoir Dieu pour Frère, et d'avoir un frère pour Dieu !

 

Je ne pourrai jamais seulement essayer de dire tout ce qu'il y a de combinaison profonde, tendre et mystérieuse dans cette union de Dieu avec l'homme : voilà ce qu'est Jésus Christ pour moi.

 

Je n'en puis dire davantage dans ce moment, mais vous voyez quelles sont mes pensées quant au Seigneur, que je serais prêt à confesser devant son tribunal s'Il m'y appelait, sachant qu'Il ne me démentira pas, et qu'Il ne manque à ces sentiments que ce qui manque à mon adoration, à ma reconnaissance, et que je suis infiniment en arrière des sentiments d'amour et d'adoration que je Lui dois.

 

Mes amis, voilà ce que Jésus christ est devenu pour moi, voilà ce que Dieu, dans sa grâce, l'A rendu pour moi, en se servant tour à tour de moyens divers d'éducation, d'exemple, d'action, de livres, de prédications, en employant ces divers instruments à des degrés de lumière divers, en différentes manières, et en m'établissant ainsi dans Sa grâce pour l'éternité.

 

Je sais qu'Il me préparait alors, et qu'Il voulait me donner de pouvoir résister à ce qu'il m'envoie aujord'hui, et que ce qu'Il m'envoie aujourd'hui sera le couronnement, si toutefois c'est le couronnement, ce que nous ne pouvons pas affirmer encore, de ses dispensations à mon égard.

 

Je vous conjure de vous interroger vous mêmes, et de voir si Jésus Christ Est pour vous ce qu'Il Est pour l'Eglise Universelle fidèle, ce qu'Il Est, je le répète, pour les patriarches, pour les prophètes, pour les apôtres, pour les martyrs, pour les pères, pour les réformateurs, et pour tous les saints de tous les temps, ce qu'Il Est selon Sa Parole, ce qu'Il Est selon Ses Propres Déclarations, ce qu'Il Est selon les témoignages du Père.

 

Reposez vous alors, ne vous reposez jamais avant, car nul ne doit se reposer qu'il n'ait appris à se reposer au pied de la Croix de son Dieu Sauveur, dût il y être poussé par les vents et les orages, et tomber de lassitude à cette place qu'il ne veut plus désormais quitter !

 

Amen,

 

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé

Pasteur Adolphe Monod

Croix huguenote

 

 

 

 

 

 

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

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  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

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