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Vie Protestante Réformée

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 17:13
Sans la Permission, l'Autorité, l'Accord et Assistance du Père Céleste

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Le Père a envoyé le Fils

comme Sauveur du monde.

(1 Jean 4:14)

 

 

 Il est doux de penser que Jésus Christ n'est pas venu sans la Permission, l'Autorité, l'Accord et l'Assistance de Son Père.

 

C'est le Père qui L'envoya comme Sauveur des hommes.

 

Nous avons trop tendance à oublier que, bien qu'il y ait une distinction de personnes dans la Trinité, il n'y a en revanche aucune distinction d'honneur.

 

Nous attribuons trop fréquemment l'honneur de notre salut, ou tout au moins les profondeurs de ses bienfaits, davantage à Jésus qu'au Père.

 

Il s'agit là d'une très grande erreur.

 

Jésus est venu, oui, mais n'était Il pas envoyé du Père ?

 

Si Jésus annonçait des merveilles, n'était ce pas parce que le Père emplissait Ses Paroles de Grâce, afin qu'Il soit un bon serviteur de la nouvelle alliance ?

 

Celui qui connaît le Père, le Fils et le Saint Esprit correctement, ne les met jamais en concurrence l'un contre l'autre dans Son Amour.

 

Il les voit à Béthléhem, Gethsémané et Golgotha, tous trois également engagés dans l'Oeuvre du salut.

 

Ami(e) Chrétien(ne), avons nous placé notre confiance en l'Homme Christ Jésus ?

 

Nous reposons nous uniquement sur Lui ?

 

Sommes nous uni à Lui ?

 

Alors, croyons que nous sommes uni au Dieu des cieux.

 

Nous sommes un frère de l'Homme Christ Jésus et entretenons une communion étroite avec Lui.

 

Nous sommes aussi en relation avec l'Eternel Dieu.

 

L'Ancien des jours est Notre Père et Notre Ami.

 

Avons nous jamais réfléchi à la Profondeur de l'Amour présent dans le Coeur de l'Eternel, alors que Dieu Le Père préparait Son Fils pour l'accomplissement de la grande entreprise de Miséricorde ?

 

Non ?

 

Alors faisons en le sujet de notre méditation.

 

Le Père L'envoya !

 

Pensons à cela.

 

Voyons comment Jésus accomplit La Volonté du Père.

 

Voyons l'Amour du Grand Yahvé dans Les Blessures du Sauveur mourant.

 

Que toute pensée sur Jésus Christ soit aussi en relation avec l'Eternel, Le Dieu Eternellement béni, car "il a plu à l'Eternel de Le briser par la souffrance... Après avoir livré Sa Vie en Sacrifice pour le péché".(Esaïe 53:10).

 

Amen,

 

 

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

Sans la Permission, l'Autorité, l'Accord et Assistance du Père Céleste

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Sans la Permission, l'Autorité, l'Accord et Assistance du Père Céleste

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 09:18
Sous le contrôle de la Providence Divine

"L'Eternel sonde le juste." Psaume 11:5

 

Tous les évènements de cette vie sont sous le contrôle de la Providence Divine.

 

En conséquence, on peut immédiatement remonter de toutes les épreuves de notre vie extérieure jusqu'à leur grande Cause initiale.

 

Rangées par régiment, revêtues de leur armure de métal et chargées de leurs armes de guerre, les armées de l'épreuve s'élancent en sortant de la Glorieuse Porte des Ordonnances de Dieu.

 

Toutes les circonstances de la Providence sont des occasions pour l'épreuve.

 

Commes les roses, même les miséricordes dont nous jouissons ont leurs épines.

 

Les hommes peuvent être submergés par des océans de prospérité, tout autant que par des fleuves d'afflictions.

 

Les collines ne sont pas trop hautes, ni les vallées trop profondes pour ne pas être touchées par la tentation.

 

Les épreuves guettent toutes nos voies.

 

Partout, que ce soit au-dessus ou au-dessous, des dangers nous entourent et nous guettent.

 

Toutefois, le nuage menaçant ne laisse tomber aucune pluie sans en recevoir d'abord la permission.

 

Chaque goutte doit recevoir Son Ordre de mission avant de s'élancer vers la terre.

 

Les épreuves qui viennent de Dieu servent à manifester et à fortifier les grâces que nous avons reçues et, ainsi, à immédiatement illustrer la Puissance de la Grâce Divine.

 

Elles servent aussi à démontrer l'authenticité de nos vertus et à augmenter leur force.

 

Dans Sa Sagesse Infinie et Son Amour Surabondant, Notre Seigneur place une valeur tellement élevée sur la foi de Son Peuple qu'Il ne leur épargne pas les épreuves qui, précisément, en augmentent la force.

 

Vous n'auriez jamais possédé la foi si précieuse qui aujourd'hui vous soutient si l'épreuve de cette foi n'avait pas été par le feu.

 

Ami(e) Chrétien(ne), vous êtes comme un arbre.

 

Vous n'auriez jamais été aussi bien enraciné si le vent ne vous avait pas secoué de part et d'autre, vous poussant à affermir votre pogne sur les Précieuses Vérités de l'Alliance de Grâce.

 

L'aise dans le monde est le plus grand adversaire de la foi, car elle relâche les joints d'une sainte valeur et coupe les tendons d'un courage sacré.

 

Le ballon d'hélium ne s'envole pas à moins que l'on coupe les cordes qui le retiennent.

 

Ainsi, l'affliction rend un fier service à l'âme croyante.

 

Tant que le grain dort enfermé dans son enveloppe, il ne sert à rien pour l'homme.

 

Il faut le battre pour le faire sortir et en connaître la valeur.

 

C'est pourquoi, il est bon que l'Eternel sonde le juste, car cela pousse celui-ci à s'enrichir avec Dieu.

 

Amen,

 

 

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 07:30
Désir insatiable de voir des prodiges, symptôme de l'état maladif des hommes

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"Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point." Jean 14:48

 

Ce désir inatiable des voir des prodiges était un symptôme de l'état maladif des hommes à l'époque de Notre Seigneur.

 

Ils refusaient une nourriture solide mais soupiraient après de simples prodiges.

 

Ils ne voulaient pas recevoir l'Evanglie, dont ils avaient un si grand besoin, mais ils réclamaient avec avidité les miracles que Jésus n'était pas toujours prêt à leur donner.

 

Beaucoup de gens aujourd'hui exigent de voir des miracles et des prodiges avant de croire.

 

Certains se disent au fond de leur coeur :

 

"Il me faut ressentir une profonde horreur de l'âme, ou bien je ne croirai pas en Jésus."

 

Mais, que dire s'ils ne ressentent jamais cela, comme ce sera très probablement le cas ?

 

Aller en enfer à cause de ce mépris pour Dieu, parce qu'Il n'aura pas traité telle ou telle personne comme tel ou tel autre ?

 

Ami(e), ne jouez pas à un tel risque certain !

 

Un autre homme se dit en lui-même peut être :

 

"Si j'avais une vision, ou si je pouvais sentir quelque je-ne-sais-quoi-de-soudain, alors je croirai..."

 

C'est ainsi, mortels indignes, que l'on peut s'imaginer pouvoir dicter à Mon Seigneur !

 

Non.

 

Ne vous faîtes aucune illusion, vous êtes des mendiants à Sa Porte et vous avez besoin de Sa Miséricorde.

 

Pourtant, si tel est le cas dans les exemples cités précédemment, vous voulez néanmoins dresser une liste de règles et de règlements sur la manière dont Il doit vous accorder cette miséricorde !

 

Pensez vous réellement qu'Il s'y soumettra ?

 

Mon Maître Bien Aimé possède un Esprit Généreux, mais Il a un Coeur vraiment Royal.

 

Il rejette et rejettera tout dictat et affirme Sa Souveraineté d'action.

 

Pourquoi, mon ami(e), si tel est le cas, désirez vous tant voir des miracles et des prodiges ?

 

Le fait que "Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Propre Fils Unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point" (Jean 3:16), n'est-il pas le Miracle Suprême ?

 

Cette Précieuse Parole :

 

"Que celui qui veut prenne de l'eau de la vie, gratuitement",

 

et cette Promesse Solennelle :

 

"Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi" (Apocalypse 22:17 ; Jean 6:37),

 

ne sont elles pas meilleures que des miracles et des prodiges ?

 

Nous devons et devrions croire en un Sauveur qui est Véritable.

 

Il est la Vérité elle-même.

 

Pourquoi faudrait il demander une preuve de la véracité de Celui Seul qui ne peut mentir ?

 

Les démons eux-mêmes le déclarent être le Fils de Dieu ; ne refusez pas vous, ami(e), de croire en Lui.

 

Amen,

 

 

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 

 

 

Désir insatiable de voir des prodiges, symptôme de l'état maladif des hommes

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Désir insatiable de voir des prodiges, symptôme de l'état maladif des hommes

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:35
La misère de l'homme (première partie)

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« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ». (Romains 11,32)

 

Qui entendrait bien ce seul verset de la Bible aurait la clef de la Bible entière.

 

La doctrine de la Bible a deux articles fondamentaux : la misère de l’homme, et la Miséricorde de Dieu ; mon texte les énonce tous deux et les met en regard,

 

« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance » : voilà la misère de l’homme ;

 

« pour faire Miséricorde à tous » : voilà la Miséricorde de Dieu.

 

Je désire vous montrer la misère de l’homme.

 

Ce texte est le premier paragraphe du texte entier :

 

« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance ».

 

Ce texte a besoin de quelques éclaircissements.

 

Et d’abord, en le rapprochant du reste du chapitre, où l’Apôtre a divisé le genre humain en deux peuples, les Juifs et les Gentils, on voit que sa pensée complète est celle-ci :

 

« Dieu les a tous renfermés », tant Juifs que Gentils, « dans la désobéissance ».

 

Il ne faut pas croire que la sentence de saint Paul doive être restreinte aux Juifs et aux Gentils ses contemporains : elle embrasse tous les hommes de tous les temps.

 

Cela est mis hors de doute par un autre endroit où il énonce le même jugement, en l’étendant à tous les hommes :

 

« L’Ecriture a tout renfermé sous le péché » Galates 3.22

Nous pouvons donc laisser de côté la distinction des Juifs et des Gentils qui n’appartient point à notre sujet, et ne considérer que l’idée générale du texte :

 

« Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance ».

 

Le mot « désobéissance » peut être remplacé par le mot synonyme « péché », qui est plus communément employé dans l’Ecriture, et dont saint Paul se sert dans le passage parallèle de l’épître aux Galates que nous venons de rappeler.

 

Quant à cette expression :

 

« Dieu a renfermé les hommes dans le péché », il serait aussi superflu que facile de prouver par toute l’Ecriture qu’elle ne signifie pas que Dieu ait contraint les hommes au péché, mais que Dieu les a déclarés pécheurs.

 

Enfin, l’homme dont il est ici question, c’est « l’homme naturel » ( 1 Corinthiens 2.14.)

 

C’est ainsi que je traduis, avec les versions anglaise et allemande, le terme grec qui est traduit moins clairement dans nos versions par « l’homme animal ».

 

L’étymologie de ce terme (l’homme psychique, de psyché, l’âme ou le souffle de la vie) et la comparaison de 1 Corinthiens 15.44-49 avec Genèse 2.7, font voir que l’homme dont parle saint Paul, c’est l’homme en tant qu’ayant le souffle de la vie, descendant d’Adam et semblable à lui,
appartenant à la terre et à ce monde.

 

Le mot psychique se trouve encore Jc 3.15 et Jd 19, où nos versions le rendent par sensuel : là aussi, je le rendrais par naturel ; au reste, il ne faut pas confondre l’état naturel (actuel) de l’homme, avec son état normal (primitif), c’est-à-dire l’homme tel qu’il est « par nature » Ephésiens 2.3 et tant qu’il n’a pas subi un changement radical, que l’Ecriture appelle «conversion ».

 

Ainsi éclaircie, voici la doctrine de mon texte : Dieu a déclaré que tout homme, dans son état
naturel, est pécheur.

 

C’est là ce que je souhaite de vous persuader.

 

Ce souhait vous semblerait-il contraire à la charité ?

 

Et quelqu’un se plaindrait-il de ce que, parmi tant de réflexions que j’aurais pu porter dans cette chaire, j’en ai choisi une si dure ?

 

Je lui répondrai par une comparaison.

 

Un homme est attaqué d’une maladie grave, incurable si elle est négligée, guérissable si elle est prise à temps.

 

Deux amis le visitent, dont l’un lui dit : Vous vous portez bien ;

 

et l’autre : Vous êtes malade, et en péril de la vie si vous ne recourez pas au médecin.

 

La charité du premier n’est-elle pas cruelle ?

 

Et la cruauté du second, n’est-elle pas charitable ?

 

Je fais aujourd’hui auprès de vous l’office du second ami ; et Dieu me préserve de faire jamais auprès de personne celui du premier !

 

Je ne serai pas doux à la manière du monde, qui vous déguise la maladie de votre âme pour que vous y demeuriez et que vous mouriez ; mais je serai dur à la manière de saint Paul, à la manière de saint Jean, à la manière de Jésus-Christ Mon Sauveur et Seigneur, à la manière de Dieu, qui accuse votre mal pour que vous en cherchiez la guérison et que vous viviez ; et je demande à Dieu la grâce de vous convaincre de péché, avec force, avec autorité, mais surtout avec amour.

 

Avant tout, comprenez bien ce que j’entends en disant que nous sommes tous pécheurs.

 

Le mot péché est mal compris du plus grand nombre ; de là vient l’objection qu’on a coutume de faire contre la vérité de mon texte.

 

L’Evangile, dit-on, en nous enveloppant tous dans une accusation commune de péché, exagère ; c’est parler contre l’expérience.

 

Qu’on regarde ma vie, on verra que je ne suis pas un pécheur : je ne suis ni avare, ni méchant, nu intempérant, ni mauvais ami, ni fils ingrat, ni époux infidèle ; et quand je le serais, j’en connais d’autres qui assurément ne le sont pas.

 

Ceux qui parlent ainsi confondent deux choses fort différentes, le péché et le vice.

 

Je ne dis pas que tous les hommes soient vicieux.

 

Si je le disais, non-seulement j’exagérerais, mais je me contredirais dans les termes.

 

Car le vice est une habitude immorale qui attire sur celui qui s’y livre le blâme des autres hommes ; c’est une distinction honteuse ; cela est si vrai que dans la plus philosophique des langues modernes, le mot vice a été primitivement synonyme du mot honte (Le mot allemand Laster ; voir le Dictionnaire d’Adelung à ce mot.).

 

Dès lors, de même qu’en disant qu’un homme est d’une constitution faible, on reconnaît tacitement que d’autres hommes ont une constitution plus robuste, ainsi en disant qu’un homme est vicieux, on reconnaît aussi tacitement qu’il existe des hommes qui ne le sont pas.

 

L’avarice est un vice, il est donc des hommes généreux.

 

L’intempérance est un vice, il est donc des hommes sobres.

 

La méchanceté est un vice, il est donc des hommes doux.

 

Tous les hommes ne sont pas vicieux ; mais tous sont pécheurs, ce qui est fort différent.

 

Je ne puis vous donner de notion plus précise de ce que signifie le mot péché, qu’en vous rappelant la signification première de ce mot dans la langue où le Nouveau Testament a été écrit.

 

Le mot grec que nous traduisons en français par pécher signifie manquer le but, et de là s’égarer.

 

Le pécheur est un égaré : c’est un voyageur qui, ayant une destination déterminée, s’est fourvoyé dans une route qui n’y conduit pas ; ou, mettant à la place de cette image ce qu’elle représente, le pécheur est un être qui doit suivre une certaine direction morale, et qui suit une direction opposée.

 

Ayant ainsi expliqué ce que c’est qu’un pécheur, je vais vous faire voir que tels nous sommes tous de notre nature ; parce que nous devons aimer Dieu par-dessus tout, et que nous aimons tous, dans notre état naturel, autre chose plus que Dieu.

 

Si, pour établir ces deux points, je voulais m’appuyer uniquement sur l’autorité de l’Ecriture, j’aurais tout dit en peu de mots.

 

Car je ne crains pas d’affirmer que dans aucun livre on ne trouve rien ni de plus clairement établi, ni surtout de plus constamment supposé, que le sont dans l’Ecriture ces deux assertions, que l’homme doit aimer Dieu par-dessus tout, et que de sa nature il aime autre chose plus que Dieu.

 

 

Pour ce qui est de la première, l’un des caractères distinctifs de l’Ecriture est de mettre partout Dieu sur le premier plan, et de réclamer hautement pour lui notre première attention et notre premier amour.

 

Aimer Dieu par-dessus tout, c’était déjà l’esprit et le résumé de première loi.

 

Le premier précepte du Décalogue est celui-ci :

 

« Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face » Exode 20.3

Ce qui ne signifie pas seulement :

 

Tu réserveras à Dieu ton culte extérieur, à l’exclusion de tout autre être qu’on appelle Dieu ;

 

mais encore :

 

Tu réserveras à Dieu ton culte intérieur, ton amour, à la préférence de tout autre objet.

 

Ainsi est commenté ce précepte par les prophètes et par Moïse lui-même, qui l’énonce ailleurs en termes plus clairs :

 

« Tu aimeras l’Eternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces » Deutéronome 6.5

La nouvelle loi, qui est « la loi parfaite » Jc 1.25, tout en abrogeant une partie de l’ancienne, maintient, développe et met dans tout son jour le précepte fondamental d’aimer Dieu par-dessus tout ; et Jésus-Christ répond à cette question d’un docteur :

 

« Quel est le grand commandement de la loi ? » en reprenant le commandement de Moïse :

 

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée : c’est là le premier et le grand commandement » Matthieu 22.36.

 

Il est vrai qu’à ce commandement Il en joint un autre :

 

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

 

Mais Il donne à entendre, par les épithètes dont Il l’accompagne, celles de « second » et de « semblable au premier », et Il fait voir ailleurs, aussi bien que ses apôtres, qu’Il prescrit l’amour du prochain comme subordonné à l’amour de Dieu, et comme en découlant par une conséquence nécessaire ; en sorte que c’est moins comme un second précepte fondamental qu’Il le recommande que comme une suite et un symptôme de l’observation du premier, selon ce que dit saint Jean :

 

« Nous avons reçu de lui ce commandement, que celui qui aime Dieu doit aimer aussi son frère » 1 Jean 4.21

Qu’on ne pense pas combattre cette réflexion en rappelant que l’Evangile met plus d’une fois la charité en tête des préceptes de la loi 1 Corinthien 13

Car le mot charité a un sens plus étendu dans le langage original du Nouveau Testament que dans le nôtre : il signifie l’amour en général, l’amour chrétien, l’affection pure et désintéressée, appliquée soit au Créateur, soit à la créature ; aussi a-t-il été traduit dans plusieurs langues par le mot amour.

 

Au reste, pour ne laisser aucun doute que l’Amour de Dieu doive dominer et régler tout autre amour, Jésus-Christ choisit, entre toutes nos affections, la plus obligatoire, l’amour du prochain, et entre tous les exercices de cet amour, le plus indispensable, la piété filiale ; et puis Il déclare que la piété filiale elle-même doit être constamment subordonnée à la piété envers Dieu :

 

« Si quelqu’un aime son père ou sa mère plus que moi, il ne peut être mon disciple » Matthieu 10.37, Luc 14.26,
 

Tant Il veut fortement, avec toute l’Ecriture, que l’homme aime Dieu par-dessus tout.

 

L’Ecriture ne se prononce pas moins clairement sur la seconde proposition, que tel n’est pas l’homme dans son état de nature, qu’il aime autre chose plus que Dieu.

 

Il me serait facile de citer des textes où ce désordre est affirmé :

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », qui se sont égarées loin de leur pasteur et « détournées chacune dans son propre chemin » ; nous avons tous commencé par être « des enfants de rébellion », éloignés de Dieu, sans amour pour Lui, vivant au gré de nos propres désirs, sans nous informer de Sa Volonté ; « nous étions par nature des enfants de colère, aussi bien que le reste des hommes ; - le monde entier gît dans le mal ; - nous sommes morts par nos fautes et par nos péchés ; - si quelqu’un dit qu’il n’a point de péché, la vérité n’est point en lui Esaïe 53.6 ; Ephésiens 2.1 -3 ; Colossiens 1.21 ; 1 Jean 1.8,10 ; 5.19 ; Tites 3.3 ».

 

Mais si je me bornais à ces citations détachées, je pourrais vous donner lieu de croire que l’Ecriture n’établit le désordre des affections de l’homme que par des déclarations isolées, que j’aurai peut-être, penserez-vous, rassemblées à grand’peine, et où il faut tenir compte du temps, de l’occasion, et de certaines vivacités de langage ; tandis qu’elle s’en explique moins encore par des déclarations isolées, par des allusions indirectes, par sa lettre, que par son esprit, par son ensemble, et dans les endroits où elle expose et développe ses principes le plus complètement.

 

Mais c’est là ce que je ne puis vous faire voir en peu de mots.

 

Je suis contraint de renvoyer chacun de vous, pour éprouver la vérité de cette affirmation, à la lecture de la Bible, dont je ne rappellerai ici qu’un seul endroit que je recommande particulièrement à votre méditation :

 

ce sont les trois premiers chapitres de l’épître aux Romains, à laquelle j’ai emprunté mon texte.

 

Nul doute que l’objet de cette épître ne soit d’exposer la doctrine chrétienne, puisque saint Paul lui-même, dès le début, annonce son dessin dans ce verset qui est comme le titre de tout l’ouvrage :

 

« L’Evangile est la puissance de Dieu en salut à tout croyant »Romains 1.16

 

(...)

La misère de l'homme (suite dernière partie)

La misère de l'homme (première partie)

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La misère de l'homme (première partie)

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:33
La misère de l'homme (dernière partie)

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« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ». (Romains 11,32)

 

(...) Je suis contraint de renvoyer chacun de vous, pour éprouver la vérité de cette affirmation, à la lecture de la Bible, dont je ne rappellerai ici qu’un seul endroit que je recommande particulièrement à votre méditation :

 

ce sont les trois premiers chapitres de l’épître aux Romains, à laquelle j’ai emprunté mon texte.

 

Nul doute que l’objet de cette épître ne soit d’exposer la doctrine chrétienne, puisque saint Paul lui-même, dès le début, annonce son dessin dans ce verset qui est comme le titre de tout l’ouvrage :

 

« L’Evangile est la puissance de Dieu en salut à tout croyant »Romains 1.16

Eh bien ! Lisez-en les trois premiers chapitres, tout d’une suite et avec cette attention que réclame le langage de saint Paul, souvent confus à une première lecture à force d’ardeur et d’abondance ; et vous verrez qu’il appuie toute l’économie du salut sur le désordre des affections de l’homme naturel et termes si fermes et si positifs, qu’il faut avouer après les avoir lus qu’on ne peut pas plus entrer dans la foi chrétienne sans avoir reconnu ce désordre, qu’on ne peut entrer dans une maison sans passer par la porte.

 

Car, voulant amener son lecteur à cette conclusion, qu’il annonce au commencement et qu’il répète à la fin de son raisonnement, que Dieu offre désormais à l’homme « la justification par la foi », parce que l’homme ne peut plus l’espérer « par les œuvres », - ce qui signifie, en expliquant saint Paul par saint Paul, que Dieu offre désormais à l’homme la vie éternelle comme une Grâce, parce que l’homme ne peut plus l’espérer à titre de récompense, - Il établit que tous, tant Juifs que Gentils, se sont rendus indignes de la récompense et dignes au contraire du châtiment, parce que tous sont pécheurs ; et Il prouve le péché, tant des Juifs que des Gentils, par tout ce que l’histoire rapporte de leur corruption.

 

Que si quelqu’un pense ébranler cette preuve en disant que ces chapitres de saint Paul n’ont été écrits que pour ses contemporains et qu’ils ne nous concernent pas, il abuse étrangement d’un principe dans lequel il y a pourtant quelque vérité.

 

Il est vrai qu’on trouve dans l’Evangile, écrit à une époque spéciale et destiné premièrement aux hommes de cette époque, certains détails qui n’ont d’application directe qu’à cette époque et à ces hommes ; des allusions, des exhortations, des reproches, des considérations, en rapport avec les circonstances du temps et avec le caractère ou le génie du siècle.

 

Il est vrai encore qu’on peut justement appliquer cette observation au commencement de l’épître aux Romains, en disant que les faits auxquels en appelle saint Paul pour attester le désordre des affections de l’homme sont tirés de l’histoire de son temps et peuvent ne pas se rapporter tous au nôtre ; et surtout que le portrait qu’il trace, étant celui de populations entières embrassées dans une seule vue, est composé de traits divers empruntés à des individus divers, en sorte que tous les désordres qu’il rappelle ne se rencontrent pas dans chaque homme en particulier.

 

Tout cela est vrai.

 

Mais il n’est pas moins vrai que l’Evangile, quoiqu’il n’ait pas été écrit à tous les hommes, l’a été pour tous les hommes ; que cette Sagesse Eternelle qui l’a dicté, et aux yeux de laquelle « mille ans sont comme un jour et un jour comme mille ans »2 Pierre 3.8, avait en vue tous les individus de tous les temps ; que saint Paul accuse dans tout homme l’existence de ce même germe mauvais, quoiqu’il ne se déclare pas toujours par les mêmes fruits ; et que si, au lieu d’écrire aux Romains du premier siècle, il eût écrit aux Français du dix-neuvième et d'aujourd'hui, il fût arrivé, quoique par des faits différents en partie, à cette même sentence dont il n’excepte personne : « Toute bouche doit donc être fermée, et tout homme reconnu coupable devant Dieu. Il n’y a point de juste, non, pas même un seul ; il n’y a personne qui cherche Dieu ; ils se sont tous détournés ; ils se sont tous corrompus ; il n’y en a pas un seul qui fasse le bien, non », répète-t-il, « pas même un seul » Romains 3.9-12

Car, si l’on nie l’universalité de ces déclarations ; si l’on fait, dans l’interprétation de l’Evangile, une part plus large à la spécialité de l’époque que celle que nous venons de lui faire ; si l’on ose soutenir que non-seulement certaines particularités, mais des enseignements suivis, non seulement certaines preuves de détail, mais des raisonnements entiers et jusqu’à leurs conclusions, non seulement certains traits, mais des fragments, des chapitres, peut-être des livres entiers, ne doivent pas être pris en considération parce qu’ils n’ont été écrits que pour les contemporains et ne nous concernent pas, - vous prévoyez la conséquence.

 

Libres de trier l’Evangile, nous n’en croirons plus que ce qui nous plaira, et nous en rejetterons tout ce qui nous déplaira, sous prétexte que cela ne nous concerne pas.

 

Et comme il est aisé de pressentir que ce qui nous plaira, c’est ce qui sera conforme à nos idées personnelles, et que tout ce qui leur sera contraire nous déplaira, il suit de là que nous n’admettrons plus de l’Evangile que ce que nous croyions déjà avant de le lire, et que nous en élaguerons tout ce qui est contre nos idées, c’est-à-dire précisément ce qui pouvait les redresser, ce qui nous était le plus spécialement destiné de Dieu.

 

Après en avoir achevé la dernière ligne, nous en serons à peu près au même point qu’avant d’avoir commencé la première :

 

il n’y aura guère de changé que le nom ; le fond des convictions et des sentiments ne le sera pas.

 

Loin de moi ces systèmes humains et ces interprétations forcées, qui, sous prétexte de dépouiller la foi de ce qui n’est pas raisonnable, tombent dans cet abus terrible contre lequel l’ange de l’Apocalypse prit tant de soin de prémunir l’apôtre saint Jean, « ajoutent, retranchent »Apocalypse 22.18, corrigent, substituent, « tordent les Ecritures » 2 Pierre 3.46, dit saint Pierre, et passez-moi ces expressions, désévangélisent l’Evangile et dédivinisent la Parole de Dieu !

 

Que cet évangile épuré, que cet évangile des hommes enseigne ce qu’il voudra, je m’en tiens à l’Evangile de Dieu ; et selon cet Evangile, l’homme est de sa nature dans un état de péché, d’égarement, de désordre.

 

Si l’homme n’est pas dans le désordre, il faut effacer de l’Ecriture tous les passages que je citais plus haut, et cette foule d’autres que je me suis abstenu de citer, où ce désordre est déclaré.

 

Si l’homme n’est pas dans le désordre, il faut effacer tous les passages où est enseignée la nécessité d’une conversion et d’un rétablissement, puisqu’il n’y a pas lieu à changer de chemin quand on n’est point égaré, ni à rétablir ce qui n’est point reversé.

 

Si l’homme n’est pas dans le désordre, il faut effacer tous les passages où est proclamée cette Réconciliation, cette Délivrance Merveilleuse, cette Miséricorde qui surpasse toute connaissance, puisqu’il n’y a point de réconciliation sans inimitié, point de délivrance merveilleuse sans un affreux péril, point de miséricorde infinie sans une misère infinie.

 

Il faut déchirer page après page, discours après discours, livre après livre ; et après que vous aurez mis ainsi la Bible en lambeaux, il faudra déchirer ces lambeaux eux-mêmes, ou convenir que, selon la Bible, tout homme dans son état naturel est pécheur.

 

Quand la Parole de Dieu s’est ainsi expliquée, je n’ai pas besoin, quant à moi, d’autre autorité.

 

Mais, parce que je crains que plusieurs n’aient pas assez de foi dans la Bible pour admettre sans hésiter tout ce qu’elle enseigne, je vais descendre un moment sur leur terrain, et leur faire voir que la raison elle-même, loin de contredire cette doctrine de la Bible, ne peut lui refuser son assentiment, parce qu’elle aussi établit à sa manière ces deux points, que l’homme doit aimer Dieu par-dessus tout, et que dans son état naturel il aime autre chose plus que Dieu.

 

Etablir par le raisonnement que notre premier amour est dû à Dieu, ce n’est pas une chose facile ; non que la justesse de cette proposition ne me semble claire, mais au contraire parce qu’elle me semble si claire que la voyant comme par instinct, je suis embarrassé pour la démontrer.

 

Essayons cependant ; et faisons voir que Dieu est Souverainement Digne de notre amour, soit qu’on le considère en Lui-même, ou dans Ses Rapports avec nous.

 

Quoi de plus aimable, à le considérer en Lui-même, que l’être parfait ; en qui se trouvent au plus haut degré, tempérées et relevées les unes par les autres, les qualités les plus dignes d’admiration et les plus dignes d’affection ; en qui tout est si excellent, que tous les peuples se sont accordés à réserver aux choses qu’ils voulaient louer au delà de toute expression l’épithète de divines ?

 

Et combien n’est-il pas évident qu’un tel être est en droit d’attendre de nous, si nous sommes dans l’ordre, toute la vénération, tout le dévouement, tout l’amour dont nous sommes capables ?

 

Mais combien plus ces sentiments Lui semblent-ils dus quand nous Le considérons non plus seulement en Lui-même, mais dans Ses Rapports avec nous ; comme Celui sans qui nous n’aurions rien, et pour tout dire en un mot, sans qui nous ne serions pas !

 

Arrêtez-vous sur ce dernier rapport, en le considérant à part comme s’il était seul ; et pour sentir la nécessité d’aimer Dieu par-dessus tout, réfléchissez seulement qu’Il est Votre Créateur, et que vous êtes Sa Créature.

 

Essayez de vous faire quelque idée de ce que c’est que créer : tirer de rien quelque chose, faire que nous qui n’étions pas nous avons été.

 

Vous ne pourrez aller au fond de cette pensée, elle a des abîmes où notre faible intelligence se perd ; mais le peu que vous en comprendrez, mais l’impossibilité même d’en comprendre davantage, suffira pour vous faire reconnaître que la relation qui unit le Créateur à la créature est si forte, si intime, si étendue, et si je puis ainsi parler, si unique, que toute autre relation doit Lui être subordonnée, tout autre engagement soumis à votre engagement primitif avec Dieu, et tout autre amour précédé, commandé, dominé par l’Amour de Dieu.

 

Il y a plus :

Non seulement Dieu est Souverainement Digne de votre amour, mais Il en est Digne Lui Seul.

 

Tout ce qui est aimable vient de Dieu, ou plutôt tout ce qui est aimable est Dieu.

 

La sainteté, la vérité, la morale, la conscience, la félicité, tous ces noms honorés du respect de tous les peuples et des méditations des plus beaux génies, ces noms qui font vibrer toute âme d’homme d’un saint frémissement, n’ont point d’autorité qu’ils n’empruntent de Lui ; ce sont comme des fragments de Dieu éparpillé[s] par un esprit trop borné pour le considérer tout d’une vue et dans son ensemble.

 

La sainteté est la Volonté de Dieu, la vérité est Sa Pensée, la félicité est Son Etat, la morale est Sa Loi, la conscience est Son Représentant ; et si vous remontez aux commencements, vous voyez toutes ces routes diverses que la religion et la saine philosophie ont montrées à l’homme, converger de plus en plus en se rapprochant de leur source, et là aboutir enfin toutes à Dieu, centre commun d’où elles rayonnent sur tout l’univers.

 

Puis donc que Dieu est votre principe, votre centre, votre fin, votre tout, commencez par Lui donner votre amour, votre cœur, vous-même tout entier ; et il sera temps de voir ensuite comment vos affections pourront être étendues à d’autres objets, sans rien ôter et en tout subordonnant à ce premier amour.

 

Sortez-en, cessez d’aimer Dieu par-dessus tout, et vous tomberez dans un désordre d’autant plus grand, que de la relation fondamentale qui vous unit au Créateur dépendent toutes les relations secondaires qui vous unissent aux créatures, en sorte que la première ne peut être rompue que les autres ne le soient aussi par contre-coup.

 

Rendons cela sensible par une image.

 

Comprenez l’état de l’homme cessant d’aimer Dieu par-dessus tout, par ce qui arriverait à une planète, par exemple à la terre, si, lasse de poursuivre sa marche uniforme autour du soleil, elle faisait un bond hors de son orbite et se frayait dans l’espace une route libre et indépendante.

 

Par cet égarement, par ce péché de la terre, sera rompue la loi fondamentale de son être, et avec elle toutes les autres lois qui en dépendent ; en même temps que son rapport avec le soleil, seront troublés aussi ses rapports avec son satellite et avec les autres planètes.

 

Figurez-vous la confusion que ces changements apporteront dans son sein : les temps marqués par ses mouvements, les jours et les nuits, les étés et les hivers, ne se succédant plus ; le flux et le reflux des mers privé de règle et de frein ; la vie des plantes, des animaux, des hommes, arrêtée dans son cours ; et sans multiplier les prévisions, de désordres en désordres enfantés les uns par les autres, à la fin un chaos effroyable, où s’il reste comme par hasard à notre globe quelques traces de sa gloire et de sa beauté première, elles ne serviront qu’à relever la honte de son bouleversement.

 

Tel sera le désordre intérieur de l’homme, s’il s’écarte du principe de son être et place hors de Dieu son premier amour.

 

Ainsi la raison donne un plein assentiment à cette assertion de l’Ecriture, que l’homme, pour être dans l’ordre, doit aimer Dieu par-dessus tout.

 

Elle donne le même assentiment à cette autre assertion de l’Ecriture, que l’homme, dans son état naturel, aime autre chose plus que Dieu.

 

Car, examinez de bonne foi, vous qui n’avez point subi jusqu’à présent de conversion, et qui par conséquent êtes encore dans votre état naturel, examinez si le sentiment que vous portez à Dieu peut être appelé un amour dominant.

 

L’amour ne se cache pas dans le cœur : il se montre au dehors par certaines marques visibles ; « de l’abondance du cœur la bouche parle », les yeux regardent, la main travaille, tout l’homme agit.

 

Eh bien ! Trouve-t-on dans votre vie des marques d’un amour dominant pour Dieu ?

 

Vous en allez juger vous-mêmes.

 

Supposant un moment que cet amour est en ceux qui m’écoutent, je vais faire de leur vie une peinture idéale, que vous n’aurez qu’à comparer avec votre vie réelle pour reconnaître si ma supposition était ou non fondée.

 

Aimer Dieu par-dessus tout est visiblement la pente naturelle de leur cœur ; et quand je viens de leur dire qu’ils doivent vivre avant tout pour Lui, chacun m’a compris, chacun m’avait prévenu.

 

Le matin, sitôt qu’ils s’éveillent, Dieu est leur première pensée ; une pensée qu’ils n’ont pas besoin de chercher, tant elle s’offre à eux d’elle-même ; ils la trouvent partout, au dedans et au dehors, qui les pénètre et qui les environne, dans leur cœur, dans le jour qui les éclaire, dans l’air qu’ils respirent.

 

Le soir, cette même pensée les suit encore jusqu’à la fin, survit dans leur esprit à tous les autres souvenirs, s’éteint la dernière dans le sommeil, et quelquefois occupe encore jusqu’aux songes de la nuit, comme elle occupe dans le jour ces moments d’abandon où l’esprit se laisse entraîner sans dessein à ses mouvement instinctifs.

 

Tous les jours, Dieu est l’âme de tout ce qu’ils font ; leur unique ambition est de L’aimer et de Lui obéir.

 

Forcés de se livrer à des occupations matérielles, ils souffriraient de se voir distraits par elles de Son Service, s’ils ne trouvaient moyen de les y faire rentrer par l’esprit qu’ils y portent.

 

Leur plus dure privation dans ce monde est d’être empêchés par un corps pesant et des facultés bornées, de se livrer avec pleine liberté à la contemplation de Ses attributs et de Ses bienfaits.

 

Chez eux, les affections du sang et de l’amitié sont comme un reflet de l’Amour de Dieu, et quand ils aiment quelque autre que Dieu, c’est encore Dieu qu’ils aiment en Lui.

 

S’ils lisent, Dieu est l’objet favori de leurs lectures : un livre les attache à proportion qu’il les entretient davantage de Lui ; mais Sa Parole surtout a pour eux un attrait qu’ils ne trouvent point ailleurs, et dans l’étude assidue qu’ils en font le devoir a moins de part que le plaisir.

 

S’ils parlent, Dieu est encore le sujet habituel de leurs discours : Son Nom vient se placer de lui-même dans toutes les bouches ; Sa Bonté, les moyens de Lui plaire, le malheur de l’offenser, remplissent tous leurs entretiens ; ils n’y font aux soins de la vie et aux intérêts de ce monde que la part indispensable, et si la conversation a été longtemps envahie par des sujets où Dieu n’est pour rien, ils y sentent aussitôt un vide qui les avertit de revenir à Lui.

 

Enfin, quoi qu’ils fassent, et jusqu’en mangeant et en buvant, ils le font en vue de Dieu 1 Corinthiens 10.31 ; rien de plus constant, de plus vif, de plus entraînant que le sentiment qu’Il leur inspire ; et l’on voit à toute leur vie qu’ils Lui ont, sans effort, par penchant, voué leur premier amour.

 

Mes bien-aimé(e)s frères et soeurs, loin de moi l’ironie.

 

Par ce tableau de ce que serait votre vie si vous aimiez Dieu par-dessus tout, je n’ai voulu que vous faire voir comme à l’œil combien vous êtes éloignés de l’aimer de la sorte.

 

Chacun de vous a pu faire en lui-même le rapprochement de cette vie imaginée avec sa vie réelle ; et chacun a senti qu’elles diffèrent sur tous les points.

 

Il n’est pas vrai que chacun m’ait compris, que chacun m’eût prévenu, quand j’ai dit que nous devons vivre avant tout pour Dieu : tout au contraire, quand vous rencontrez quelque expression vive d’amour pour Dieu et de dévouement à Dieu, vous êtes tentés d’y voir de la nouveauté, de l’exagération ou du mysticisme.

 

Il n’est pas vrai qu’aimer Dieu soit la pente irrésistible de votre cœur : pour y faire naître cet amour, il faut pour certain(e)s qu’on vous remue, qu’on vous ébranle ; encore disparaît-il le moment d’après, comme une étincelle qui s’élève dans les airs et qui s’éteint.

 

Il n’est pas vrai que votre plus dure privation soit d’être détournés par ce corps pesant et grossier de contempler Dieu et de le servir : vous ne sentez guère les misères de votre corps que lorsqu’il est affligé par des besoins matériels ou par des douleurs physiques.

 

Il n’est pas vrai que dans ceux que vous aimez ce soit Dieu que vous aimiez : les sentiments du sang et de l’amitié ne sont si vifs que par ce qu’ils ont d’humain ; et si vous y faites entrer Dieu quelquefois, c’est comme le protecteur, non comme le premier objet de vos affections.

 

Il n’est pas vrai que les lectures qui vous attachent le plus soient celles qui vous occupent de Dieu, et surtout sa Parole : vous faites de saintes lectures par devoir, vous lisez la Bible par conscience, c’est une tâche qu’il faut avoir remplie pour s’endormir content de soi ; mais vous réservez votre goût, votre curiosité, votre ardeur, pour des livres remplis des intérêts de ce monde, si ce n’est des convoitises de ce monde.

 

Il n’est pas vrai surtout que Dieu soit le sujet habituel et favori de vos entretiens : hélas ! Tout y trouve place excepté Lui.

 

Le bonheur et la santé de ceux qui vous appartiennent, les soins de votre carrière, la prospérité de la patrie, la nouvelle du jour, les petits événements de la vie domestique, peut-être les choses les plus indifférentes et les plus frivoles, occuperont tour à tour, rempliront, animeront vos entretiens : mais Le Nom de Dieu n’y paraîtra pas, ou n’y sera mêlé qu’avec une réserve timide, quand ce n’est pas avec une légèreté profane ; s’il vient à la pensée de quelqu’un d’en parler avec quelque animation, je ne sais quelle pudeur de piété le retiendra ; il n’oserait, il semblerait étrange, on dirait qu’il prêche, ce n’est pas le temps, ce n’est pas le lieu, – comme si le véritable amour n’était pas de tous les temps et de tous les lieux !

 

Comme si le véritable amour savait observer si habilement les convenances, et se plier si docilement à toutes les apparences de la froideur !

 

Comme si le véritable amour était celui qu’on quitte et qu’on prend à volonté, qu’on montre ou qu’on cache, selon le jour de la semaine, selon l’heure de la journée, selon le ton d’une maison !

 

Ah ! Il faut dire de votre amour pour Dieu précisément le contraire de ce que nous disions tout à l’heure : rien de vif, rien d’entraînant, rien d’aimant dans cet amour.

 

Le sentiment que vous portez à Dieu (ce que je vais dire n’est point un trait qui m’échappe dans la chaleur du discours, c’est une expression exacte et réfléchie), le sentiment que vous portez à Dieu se trouve n’être, si l’on en juge d’après votre vie, qu’une estime froide ; sentiment dont un père, une mère, un frère, un époux, un ami, non seulement ne se contenteraient pas, mais qu’ils regarderaient comme une injure.

 

Tant il est vrai qu’aux yeux de la raison elle-même, l’homme naturel n’aime pas Dieu par-dessus tout, l’homme naturel est égaré, est pécheur.

 

Après avoir vu que vous n’aimez pas Dieu d’un amour dominant, examinez encore, et vous trouverez, chacun de vous, quelque autre objet que vous aimez d’un amour dominant, et comme vous devriez aimer Dieu.

 

Cet objet n’est pas le même pour tous ; tous sont pécheurs, mais tous ne le sont pas de la même manière.

 

L’objet du premier amour du plus grand nombre, et presque de tous les hommes, dans leur état naturel, c’est le monde.

 

J’appelle ainsi les choses extérieures et visibles qui contribuent à notre bien-être personnel et à notre considération sociale : la fortune, le rang, le crédit, la science, le talent.

 

C’est dans une de ces choses que vous trouverez, la plupart de vous, l’objet de votre premier amour ; non d’une estime froide telle que vous l’accordez à Dieu, mais d’un sentiment ardent et passionné.

 

A vous, votre premier amour, c’est la fortune : ce n’est pas une estime froide que vous avez vouée à l’argent et à l’or, c’est une cupidité ardente et passionnée ; vous les cherchez comme le bien suprême ; vous identifiez leur substance avec votre substance ; vous en faites votre vie, votre sang, votre tout.

 

A vous, votre premier amour, c’est le rang et le crédit : ce n’est pas une estime froide que vous avez vouée aux distinctions du monde, c’est une ambition ardente et passionnée ; vous sacrifiez pour vous élever votre temps, votre repos, votre santé, vos goûts, votre fierté.

 

A vous, votre premier amour, c’est la science et le talent : ce n’est pas une estime froide que vous avez vouée aux lumières et au génie, c’est une admiration ardente et passionnée ; avec quelle vivacité vous les désirez pour vous-mêmes ! Avec quel feu vous les exaltez dans les autres !

 

Presque tous, votre premier amour, c’est le monde et les choses du monde.

 

Ces choses remplissent votre cœur ; elles préoccupent vos esprits ; elles animent vos discours ; les pensées qui s’y rapportent vous trouvent toujours vifs et éveillés ; vous vous en occupez, vous en parlez, vous en écrivez, vous vous en nourrissez, vous en vivez.

 

Première classe de pécheurs, et la plus nombreuse, ceux qui préfèrent à Dieu le monde : Les pécheurs mondains.

 

Soyons justes cependant : tous n’ont pas cette mondanité de pensées.

 

Quelques-uns ont une âme plus tendre et des attachements plus généreux.

 

Ils ne livrent pas leur cœur aux choses extérieures : ils le donnent à la famille et à l’amitié.

 

Les objets de leur premier amour, c’est un père ou une mère, un mari ou une femme, un enfant, un ami, au bonheur desquels ils rapportent leurs projets, leurs plans, tout ce qu’ils font et tout ce qu’ils ont ; pour lesquels ils semblent exister autant et plus encore que pour eux-mêmes, et sans lesquels ils ne se soucient pas de vivre.

 

Je n’ai garde de les confondre avec les pécheurs mondains ; ils ont des sentiments autant au-dessus des leurs que l’âme humaine est au-dessus des choses visibles.

 

J’accorderai même qu’il y a dans cette puissance d’affection quelque chose de touchant et de louable.

 

Mais une belle idole n’est après tout qu’une idole : pour avoir placé leur premier amour dans un ordre plus élevé de choses créées, il n’en est pas moins vrai qu’eux aussi préfèrent la créature au Créateur ; ils détournent sur l’homme ce premier amour qu’ils devaient à Dieu, ils pèchent.

 

Seconde classe de pécheurs, ceux qui préfèrent à Dieu les objets de leurs affections : Les pécheurs affectueux.

 

Enfin, il est peut-être des hommes qui ne détournent leur premier amour ni sur le monde, ni sur les affections du cœur, mais sur ce qu’ils acceptent comme le devoir ; réglant leur vie sur leur conscience, sans remonter jusqu’à la volonté de Dieu, et s’appliquant à se perfectionner, moins pour plaire à Dieu que pour être contents d’eux-mêmes.

 

Assurément, de tels hommes sont supérieurs aux pécheurs mondains, et même aux pécheurs affectueux ; et je me réjouirai pour la triste nature humaine qu’elle soit encore capable d’aussi nobles aspirations.

 

Mais, quand nous aurons fait en leur faveur toute la part de l’équité, et celle même du respect, il faudra reconnaître cependant que ces hommes encore ne sont pas dans l’ordre.

 

Ils se servent de centre à eux-mêmes.

 

Ils se font un Dieu de leur conscience ; et par là, sans y songer, ils démoralisent la conscience elle-même.

 

Car la conscience se rapporte à Dieu comme la lune au soleil : elle n’a de lumière auxiliaire pour nous, qu’autant que Dieu demeure Notre Lumière Principale.

 

Du moment qu’elle ne dit plus : Dieu veut, mais je veux, la conscience elle-même est une rebelle, elle pèche ; et il arrive alors à celui qui lui donne son premier amour ce qu’a prédit Jésus-Christ :

 

« Si la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes tes ténèbres ! »

 

C’est pourquoi ces esclaves naturels du devoir, ces adorateurs de la conscience, pourront être des hommes vertueux, mais ne seront pas saints ; ils pourront être exempts de vice, mais ne le seront pas de péché.

 

Troisième classe de pécheurs, ceux qui préfèrent à Dieu leur conscience : Les pécheurs vertueux.

 

Retranchez ces trois classes de pécheurs.

 

Retranchez la multitude des pécheurs mondains.

 

Retranchez la troupe nombreuse des pécheurs affectueux.

 

Retranchez la famille clair-semée des pécheurs vertueux.

 

Que reste-t-il pour ton partage, Ô Mon Dieu ?

 

Et combien en est-il qui aient réservé pour Toi ce Premier Amour qui t’est dû par tous ?

 

« pas un, non, pas même un seul ! »

 

Nous avons tous abandonné le Créateur pour la créature, nous sommes tous égarés, tous pécheurs !

 

Mes frères, mes soeurs, si ce discours a trouvé quelque ouverture dans votre âme, s’il y a fait pénétrer quelque conviction, quelque soupçon du moins de la misère de votre nature, je vous en conjure, ne repoussez pas cette impression.

 

Vous réussirez à vous étourdir, si vous le voulez.

 

Vous n’avez qu’à dire en sortant de cette église : Cette doctrine est exagérée ;

 

vous ne trouverez que trop d’écho tout autour de vous ; vous serez persuadés, parce que vous souhaitez de l’être ; vous écarterez la vérité importune que j’ai démontrée, mais pour votre malheur.

 

Parce que vous aurez écarté la Vérité, elle n’en sera pas moins la Vérité ; parce que vous aurez fermé la Bible, elle n’en sera pas moins la Parole de Dieu ; parce que vous aurez mis votre main sur votre plaie, elle n’en sera pas moins grave, et vous ne gagnerez à la couvrir que de la déguiser au médecin, jusqu’à ce qu’elle soit peut-être devenue mortelle.

 

Laissez, laissez troubler votre périlleuse sécurité !

 

Que cette première vue qui vient de vous être donnée de votre misère vous fasse chercher dans la Parole de Dieu une autorité plus imposante, à laquelle je n’ai voulu que vous renvoyer, sachant bien que le raisonnement ne peut tout au plus préparer les cœurs, mais que Dieu a réservé à son Esprit et à sa Parole de les « convaincre de péché »Jean 16.8

Là, cette voix dont vous direz à chaque page : « Voix d’un Dieu et non d’un homme » Ac 12.22, vous révélera peu à peu l’inexprimable désordre de vos affections, et vous apprendra à vous voir vous-mêmes tels que Dieu vous voit.

 

Là, vous découvrirez dans les fautes qui vous semblent aujourd’hui légères, des offenses à la Majesté Divine que tout votre sang ne peut expier ; dans des pensées qui vous semblent aujourd’hui innocentes, des mystères d’iniquité ; dans des actions qu’aujourd’hui votre conscience approuve, des péchés déguisés.

 

Là enfin, vous contemplant vous-mêmes non plus dans vos ténèbres naturelles, mais dans la Pure Lumière de Dieu, loin de douter que vous soyez pécheurs, vous aurez peine à croire qu’il y ait eu un temps de votre vie où vous l’avez ignoré.

 

Ne craignez pas la sévérité avec laquelle l’Evangile vous juge.

 

L’Evangile, en condamnant votre état actuel dont le monde se contente, vous donne à connaître que vous étiez appelés, et qu’il peut vous faire revenir, à une grandeur que le monde ne soupçonne pas.

 

Par l'Ecriture, Dieu ne vous juge si mauvais, que parce qu’Il vous veut si saints ; Il ne vous trouve si pauvres, que parce qu’Il a tout à vous donner ; et la condamnation qu’Il prononce sur vous est un gage de cette Délivrance qu’Il vous réserve, et sur laquelle on a tout dit en un mot quand on a seulement rappelé Ton Nom, Ô Jésus !

 

C’est-à-dire Ô Sauveur ! Oui, Grand Dieu !

 

Qui n’abaisses que pour relever, qui n’agites que pour calmer, qui n’ébranles que pour raffermir, nous acceptons la sentence de notre condamnation.

 

Nous l’acceptons avec repentir et avec douleur, mais avec reconnaissance et avec espoir, comme un gage de notre délivrance.

 

Ne nous cache rien de notre désordre !

 

Répands dans nos âmes Ta Lumière toute vive et tout entière, pour que nous nous voyions tels que nous sommes !

 

Qu’à cette vue il s’élève à la fois de partout un cri de surprise et d’angoisse, qui déchire l’atmosphère d’indifférence où nous sommes enveloppés, qui se fasse jour jusqu’à Toi et qui remue Tes Entrailles Paternelles !

 

En sorte que renonçant désormais à toute estime de nous mêmes, humiliés, et rien qu’humiliés, croyants, et rien que croyants, nous nous abandonnions sans réserve à Ton Amour, pour sortir de l’abîme de notre misère par celui de Ta Miséricorde !

 

Amen,

 

 

 

Adolphe Monod,

(Pasteur Protestant)

 

La misère de l'homme (dernière partie)

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La misère de l'homme (dernière partie)

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Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Au Pays du Soleil
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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:30
La Miséricorde de Dieu (Partie 1)

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« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ». (Romains 11,32)

(Suite du sermon traitant de La misère de l'homme  )

 

Ce texte réduit la doctrine de la Bible à ses deux articles fondamentaux :

 

la misère de l’homme et la Miséricorde de Dieu.

 

La première partie a été traité en établissant la misère de l’homme.

 

Traitons dans la seconde partie la Miséricorde de Dieu en montrant le remède à cette misère dans la Miséricorde de Dieu.

 

Pour bien comprendre, il faut avoir présent à l’esprit le premier sermon auquel il fait suite, et qu’en conséquence je commencerai par résumer.

 

Le texte de ce premier discours était le premier paragraphe du texte entier :

 

« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance. »

 

J’avais commencé par éclaircir mon texte, et montré que la pensée qui y est contenue peut être exprimée dans les termes suivants :

 

Dieu a déclaré que tout homme, dans son état naturel, est pécheur.

 

Ce n’est pas que tout homme soit vicieux, ce qu’on ne pourrait dire sans une sorte de contradiction dans les termes, parce que le vice est une distinction ; mais c’est que tout homme est dans un état d’égarement, qui consiste en ce qu’il doit aimer Dieu par-dessus tout et qu’il aime dans son état naturel autre chose plus que Dieu.

 

J’avais établi ces deux points, en premier lieu, par l’Ecriture.

 

Car, d’une part, elle rapporte toute la Loi de Dieu au précepte fondamental d’aimer Dieu par-dessus tout, auquel elle subordonne tous les autres devoirs, même l’amour du prochain ; d’autre part, elle enseigne que l’homme aime naturellement autre chose plus que Dieu, et cela non-seulement par des déclarations isolées, mais par son ensemble et dans les endroits où elle développe ses principes le plus complètement, en particulier dans les trois premiers chapitres de l’épître aux Romains.

 

En second lieu, par la raison.

 

Car, d’une part, elle montre Dieu à l’homme comme Souverainement Aimable, soit en Lui-même, soit surtout dans les rapports qu’Il soutient avec nous, et que j’ai concentrés dans celui de Créateur à créature ; rapport tel qu’il doit dominer toute notre existence, et que l’homme ne peut cesser d’aimer Dieu par-dessus tout sans que tout en lui soit bouleversé.

 

D’autre part, il ne faut qu’imaginer ce que serait notre vie si nous aimions Dieu par dessus tout, pour reconnaître que l’homme naturel ne l’aime pas de la sorte, et qu’il ne Lui accorde qu’une estime froide, réservant son premier amour pour quelque autre objet :

 

  • la plupart pour le monde : les pécheurs mondains ;

  • plusieurs pour les affections du cœur : les pécheurs affectueux ;

  • quelques-uns pour la conscience séparée de Dieu, et dès lors faussée : les pécheurs vertueux.

 

Ainsi, au nom de la raison comme au nom de la Bible, nous avions conclu avec saint Paul que l’homme, dans son état naturel, est pécheur.

 

Voilà le triste résultat où nous a conduits mon premier discours.

 

A celles et ceux à qui Dieu m’a fait la Grâce de persuader que leur état naturel est un état de péché, et qui, ne se rappelant à aucune époque de leur vie une conversion, c’est-à-dire un passage d’une première direction à une direction nouvelle, sont contraints de convenir avec eux mêmes qu’ils sont encore dans leur état naturel, dans leur état de péché, vous ne pouvez pas, si vous êtes sages, avoir un moment de tranquillité que vous n’en soyez sortis.

 

Car cet état est doublement mauvais : c’est un état de condamnation, et c’est un état de misère.

 

C’est un état de condamnation, où vous êtes exposés aux justes châtiments de Dieu, parce que vous êtes coupables, ce que je n’essayerai point d’établir par des raisonnements, mais que vous sentez si vous avez une conscience et une mémoire.

 

Mais c’est aussi un état de misère, où vous êtes déjà malheureux par votre péché, quand Dieu ne devrait pas vous punir pour votre péché ; et où Dieu Lui-même ne peut pas vous rendre heureux, parce qu’Il ne peut pas faire qu’une chose soit à la fois et ne soit pas, que vous soyez à la fois pécheurs, et par conséquent opposés à Sa Volonté, et heureux, c’est-à-dire contents de Son Administration.

 

Ainsi, également coupables et misérables, également indignes et incapables d’être heureux, vous avez besoin d’être délivrés et de la peine du péché, et du péché lui-même.

 

Jusque-là, il n’y a point pour vous de bonheur possible, et ce que vous appelez de ce nom n’est qu’étourdissement.

 

Cette double délivrance, la chercherez-vous en vous-mêmes ?

 

Vous ne tarderiez pas à reconnaître par l’expérience, ce qu’au reste vous pouvez reconnaître d’avance par la seule réflexion, que vous l’y chercheriez en vain.

 

Vous ne pouvez pas vous délivrer de la peine du péché car, vous ne pouvez pas effacer le crime de votre désobéissance première par une obéissance tardive, qui, pût-elle même être parfaite, ne pourrait cependant être surérogatoire et fournir du surplus à reverser sur le passé.

 

Vous ne pouvez pas non plus vous délivrer du péché lui-même car, quelque résolu que vous soyez d’obéir désormais à Dieu, comme une terre imprégnée de sucs malfaisants ne peut pousser des herbes salutaires, ainsi la chair, dit Jésus-Christ, ne peut enfanter que la chair (Jean 3-6) , c’est-à-dire le péché ne peut pas produire la Sainteté, ni votre volonté mauvaise réformer votre volonté mauvaise.

 

En sorte que, n’ayant point d’espoir en vous-mêmes et forcés d’en chercher ailleurs, vous vous écriez avec angoisse :

 

Et qui donc me délivrera ?

 

Dieu.

 

Il n’accuse votre état de péché, que parce qu’Il veut vous en délivrer.

 

Il ne vous « a renfermés dans la désobéissance », que « pour vous faire Miséricorde ».

 

Ainsi vous assure Sa Parole ; et voici le Plan que Sa Miséricorde a arrêté pour votre délivrance, tel que nous le révèle cette même Parole.

 

Je dis tel que nous le révèle Sa Parole car je ne veux, dans l’exposé qui va suivre, que vous présenter les pensées de la Bible, sans solliciter l’approbation de la raison humaine ; étant trop manifeste que pour délivrer l’homme pécheur Dieu n’aura pas pris conseil de l’homme pécheur, et qu’Il sera entre dans « des voies au-dessus de nos voies et dans des pensées au-dessus de nos pensées »

(Esaïe 55.8. Ce verset, que l’on applique invariablement à la doctrine des afflictions, se rapporte dans la pensée du prophète à la doctrine du pardon gratuit : le contexte ne laisse aucun doute à cet égard)


La raison a pu, quand il s’est agi d’établir notre misère naturelle, être appelée à joindre son faible suffrage à la Toute-Puissante Autorité de Dieu.

 

La raison a sa manière de constater le besoin que nous avons de l’Évangile, et les signes de divinité que cet Évangile porte avec lui.

 

Mais quand elle a fait cela, elle a fait toute son œuvre : son témoignage est épuisé.

 

Qu’elle rentre aujourd’hui dans son silence ; qu’elle écoute Dieu qui va parler, et ne prétende pas juger Son Juge.

 

Et Toi, Ô Seigneur, Déploie librement aux yeux de celle ou celui qui lit « Ta Folie, plus Sage que la sagesse des hommes »(1 Colossiens 1.25), et par laquelle Il T’a plu et plaira de les sauver !

 

Et d’abord tous les prophètes de l’Ancien Testament annoncent, et l’Evangile s’ouvre en proclamant, une dispensation de la Miséricorde Divine, si consolante pour l’homme pécheur et à laquelle il avait si peu droit de s’attendre, qu’elle a donné à l’Evangile son nom qui signifie bonne nouvelle.

 

La première des deux délivrances que vous cherchez vous est acquise :

 

Dieu consent à vous remettre la peine de vos péchés ; Il vous pardonne.

 

Ce n’est pas que la condamnation que votre conscience prononce contre vous ne soit juste selon la Bible,loin de l’infirmer, elle la prononce au contraire à son tour avec plus de force encore.

 

Pour n’en citer qu’un seul exemple, dans ce même chapitre de l’épître aux Romains où nous lui avons entendu déclarer, que tout homme est pécheur, elle déclare aussi que tout pécheur est « inexcusable » (Romains 1.20), ce qu’elle démontre par la manière dont s’est développée la corruption des peuples anciens ; et cette démonstration, bien qu’elle soit prise dans l’histoire des populations, non des individus, s’applique cependant aussi dans la conclusion de saint Paul à chaque homme en particulier, parce que l’histoire des populations se retrouve en miniature dans l’histoire des individus.

 

Car, de même que la corruption de ces peuples avait commencé parce qu’ils avaient volontairement fermé les yeux à la Lumière, telle quelle, que Dieu leur avait accordée, et par là contraint Dieu de leur retirer cette lumière et de les abandonner à leurs ténèbres, qui les livrèrent aux plus effroyables débordements.

 

Ainsi tout homme sincère reconnaîtra qu’il a lui-même nourri le péché dans son cœur, parce qu’il a volontairement repoussé les premières lumières, telles quelles, que Dieu lui avait données, et par là contraint Dieu de lui retirer ces lumières et de l’abandonner à son ignorance, qui l’a livré au péché.

 

C’est pourquoi, selon saint Paul, tout homme est coupable et a perdu irréparablement « la justification par les œuvres », c’est-à-dire la vie éternelle méritée par une conduite conforme à la loi de Dieu.

(Note Refuge Protestant : Christ est le Seul Chemin menant au pardon de Dieu malgré le désir sincère et profond d’amis Juifs à revenir à la Thora seule, ce qui est au premier abord une bonne chose. Mais elle amènera inévitablement à Christ pour toute âme attirée par Dieu. Christ est le Messie promis venue non pour abolir la Loi mais accomplir sur la croix ce que Dieu avait annoncé et promis. Pour Israël premièrement, puis aux païens que nous étions. On peut dès lors s’étonner du pape actuel de l’exonération gravissime que s’octroie le vatican en écartant le peuple Juif et Israël de la Grâce et Salut !?!...)

 

Mais maintenant, ajoute saint Paul, Dieu, voyant que nul homme n’était arrivé ni ne pouvait arriver désormais à l’éternité bienheureuse par cette première voie, en ouvre une autre toute différente, et propose à l’homme « la justification par la Foi », c’est-à-dire, la vie éternelle accordée comme une Grâce à un coupable.

 

Pourquoi ?

 

Par cela seul qu’Il est Miséricordieux, « gratuitement par Grâce » (le pléonasme est de saint Paul)Romains 3.23, non pour aucun mérite ni pour aucune dignité qui soit dans l’homme, mais malgré tout son démérite et toute son indignité.

 

Et comment ?

 

Par la Rédemption qui est en Jésus-Christ.

 

« Christ est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. – Il est la propitiation pour nos péchés, et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde. – Il a porté nos péchés en Son Corps sur le bois. II s’est chargé de nos maladies ; Il a pris sur Lui nos langueurs. Il a été navré pour nos forfaits ; Il a été froissé pour nos iniquités ; par Ses Meurtrissures nous sommes guéris. Nous avons tous été errants comme des brebis qui se sont détournées chacune dans son propre chemin ; mais l’Éternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous, et a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous apporte la paix. »(Jean 1.29 ; 1 Jean 2.2 ; 1 Pierre 2.24 ; Esaïe 53.4-6)

Mes frères et mes soeurs, ne tordons point les Ecritures : ces déclarations ne peuvent avoir qu’un sens.

 

Jésus-Christ a souffert, en notre place, la mort que nous avons tous méritée, pour que nous puissions recevoir, en faveur de Lui, la vie éternelle qu’Il a méritée Lui Seul.

 

Dieu traite Son Fils Innocent comme s’Il était aussi coupable que l’homme, pour pouvoir traiter l’homme coupable comme s’il était aussi innocent que Son Fils.

 

Il veut ainsi « éloigner de nous nos péchés autant que l’orient est éloigné de l’occident, les jeter au fond de la mer, ne s’en plus souvenir » (Psaume 103 ; Hb 8.12), nous relever de notre état de condamnation.

 

C’est ici surtout qu’il faut vous souvenir que je n’en appelle qu’à l’Autorité de la Bible.

 

Je n’en appelle pas au suffrage de la raison, que peut-être et certainement je n’obtiendrais pas, et dont aussi je n’ai pas besoin, parce que j’expose non mes pensées, mais les Pensées de Dieu, et les expose revêtues non de mon langage, mais du langage de la Bible Sainte.

 

Que si vous me demandez quel rapport lie le pardon de nos péchés avec la mort de Jésus-Christ ; par quelle étrange séparation la Justice Divine se satisfait en punissant le péché, sans punir le pécheur ; et comment Dieu frappe l’innocent en la place du coupable, et pardonne au coupable en faveur de l’innocent?

 

Je n’ai qu’un mot à répondre : Je ne sais pas.

 

Et si vous désiriez de moi un discours où la rédemption fût expliquée, je prendrais exemple de ce philosophe de l’antiquité de qui on avait désiré une définition de Dieu.

 

Je vous demanderais d’abord une semaine pour préparer ce discours ; après cette semaine écoulée, je vous en demanderais une seconde ; après la seconde, une troisième ; et ainsi de suite jusqu’à ce que je vous eusse enfin déclaré que je ne le terminerais jamais.

 

Car plus ce philosophe méditait sur Dieu, moins il pouvait Le définir ; et moi, plus je médite sur la Rédemption, moins je puis l’expliquer.

 

Mais, quoique je ne puisse pas expliquer la rédemption directement, j’ai une manière indirecte de l’expliquer ; quoique je ne puisse pas, la concevoir en elle-même et par ce qui la constitue, je la conçois en quelque sorte par ce qui la précède et par ce qui la suit :

 

Par ce qui la précède, je veux dire par le besoin de ma conscience auquel elle répond ; et par ce qui la suit, je veux dire par la paix qu’elle y rétablit.

 

Quand Dieu sollicité par Moïse « de lui faire voir Sa Gloire, fit passer devant ses yeux toute Sa Bonté », Moïse sut, avant que Dieu eût passé, qu’il allait passer, et après que Dieu eut passé, qu’il avait passé ; mais dans le temps qu’Il passait, il ne Le vit point, parce que Dieu, dit l’Ecriture, l’avait couvert de Sa Main. »( Exode 33.18-23 )


De même de la Rédemption, Dieu passe devant nous, sacrifiant Son Fils pour l’expiation de nos péchés.

 

Dans le temps que le sacrifice s’accomplit, nous ne voyons rien : Dieu a mis Sa Main sur nos yeux.

 

Mais avant qu’il s’accomplisse, nous Le contemplons dans le pressentiment de notre conscience angoissée ; et, après qu’il a été accompli, Dieu ôte Sa Main, et nous Le contemplons dans la paix qu’Il nous a rendue.

 

Contenions-nous. Ne soyons pas assez déraisonnables pour nous étonner que Dieu n’ait pas voulu, ou n’ait pas pu, dans notre état actuel, nous tout éclaircir.

 

Un jour viendra que « nous connaîtrons comme nous fûmes connus » (1 Co 13.12)

En attendant, croyons Dieu sur Parole ; acceptons la Bonne Nouvelle comme une Nouvelle.

 

Dieu consent à pardonner tout à tous, en considération de Jésus-Christ qui a souffert tout pour tous.

 

Mais c’est en vain que le pécheur est délivré de la peine du péché, s’il n’est délivré du péché lui-même.

 

Aussi Dieu nous offre-t-il encore cette seconde délivrance.

 

Dans le même temps qu’Il nous pardonne, et, ce qui est admirable, par le même moyen, Il dépose dans notre âme le germe de la Sainteté, selon cette parole profonde du Psaume 103 : « Il y a pardon auprès de toi, a afin que tu sois craint. » Psaume 103.4

La seconde partie du plan de la Miséricorde Divine, celle qui a pour objet de délivrer l’homme du péché lui-même, en d’autres termes de le ramener à aimer Dieu de son premier amour, est conçue sur un principe divinement simple et fécond, qu’on peut appeler la théorie de la sanctification véritablement évangélique :

 

L’amour ne se commande pas ; il naît, sans effort, à la vue de certaines qualités qui l’attirent d’elles-mêmes.

 

Si un être nous paraît dépourvu de ces qualités, s’il ne nous paraît pas aimable, nous ne pouvons pas l’aimer quoi que nous fassions.

 

Si au contraire un être nous paraît doué de ces qualités, s’il nous paraît aimable, non-seulement nous l’aimerons sans effort, mais nous ne pourrons pas ne pas l’aimer.

 

Si donc nous péchons, si nous n’aimons pas Dieu, c’est que Dieu ne nous paraît pas aimable.

 

Mais si Dieu ne nous paraît pas aimable, c’est que nous ne Le connaissons pas.

 

Car si nous Le connaissions, nous saurions qu’Il possède, au plus haut degré, de toutes les qualités la plus propre à Lui attirer notre amour : un Grand Amour pour nous.

 

« Quiconque pèche » dit saint Jean, « n’a point connu Dieu ; car Dieu est Amour » 1 Jean 3.6 ; 4.8

Il ne faut donc, pour ramener l’homme à aimer Dieu, que lui faire connaître combien Dieu l’aime.

 

Dans ce dessein Dieu, pour manifester aux hommes Son Vrai Nom qui est celui de Père, leur a envoyé Son Fils Jésus-Christ, qui Seul ayant demeuré de tout temps dans le Sein de Dieu, Seul a vu Dieu, et Seul connaît tout ce qu’il y a en Lui de Paternel.

 

Que Jésus-Christ a bien rempli Cette Mission !

 

Et qu’il est impossible de contempler Le Fils et de douter de l’Amour du Père ! (...)

 

 

Suite la Miséricorde de Dieu (partie 2)

 

 

 

La Miséricorde de Dieu (Partie 1)

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La Miséricorde de Dieu (Partie 1)

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:22
La Miséricorde de Dieu (Partie 2)

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« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance,
pour faire miséricorde à tous ».
(Romains 11.32) 

(Suite de La misère de l'homme (première partie) d'Adolphe Monod,)

 

 

Christ est venu ; Il a parlé de Dieu trois années et demie ; et tout ce qu’Il en a dit peut se résumer en cette seule parole : Dieu vous aime.

 

Puis, ce qu’Il avait proclamé dans Sa Vie, Il l’a montré par Sa Mort ; et Il a dit sur la croix non plus seulement :

 

Dieu vous aime,

 

mais :

 

Voyez combien Dieu vous aime !

 

Car quel amour égale celui que Dieu a fait paraître pour nous dans le sacrifice de Son Fils !

 

Quand je veux m’en faire quelque idée, je me figure d’abord un pauvre pécheur tel que moi marchant vers le tribunal de Dieu ; repassant dans sa mémoire les péchés de sa vie, et, dans cette petite portion qu’il en a pu retenir, découvrant matière à le condamner mille fois ; réfléchissant que, si « son cœur le condamne » ainsi, Dieu « qui est plus grand que son cœur » 1 Jean 3.20, le condamne bien plus sévèrement encore, parce qu’Il aperçoit en lui tout le mal que lui-même n’y voit pas et se souvient de tout celui que lui-même oublie ; écoutant gronder à son oreille ces avertissements redoutables de l’Écriture, jugements anticipés d’une Justice Eternelle qui prononce malédiction sur le transgresseur de la loi (Galates 3.10), et qui tient pour transgresseur de toute la loi celui qui en a violé un seul commandement (Jc 2.10) enfoncé dans ces réflexions, plein de remords sur le passé, plein d’inquiétude sur l’avenir, et cependant forcé de marcher toujours, dans un désespoir qui croît à chaque pas ; arrivant en présence du Saint des Saints, lui pécheur des pécheurs ; et dans Son Juge, sur lequel il n’ose lever les yeux, et dont il attend dans un morne silence une sentence atterrante, trouvant un Père qui lui dit : « Mon enfant, va en paix, tes péchés te sont pardonnés. »

 

Si par ce seul mot son existence est changée ; si un poids insupportable tombe de dessus son cœur ; si la paix et l’espérance rentrent, dirai-je ? Ou se précipitent dans son âme ; s’il lève sur Son Juge Paternel des yeux où l’on ne sait si la surprise ne l’emporte pas sur la joie, n’est-il pas vrai que la première parole qui sortira de sa bouche sera :

 

Quel Amour ! Mon Dieu, quel Amour !

 

– Eh bien ! Me dis-je alors, l’Amour que Dieu m’aurait témoigné dans cette supposition est pâle auprès de celui qu’il m’a témoigné par la mort de Son Fils.

 

Là, tout ce que Sa Miséricorde a de plus tendre est relevé par tout ce que Sa Sainteté a de plus Terrible.

 

Là, en même temps que je suis instruit qu’Il me fait grâce, je suis instruit aussi que Sa Loi est si Inflexible et mon péché si énorme, qu’Il n’a pas voulu faire Grâce sans faire Justice, qu’il a fallu que ma dette fût payée, et qu’Il a pu seul la payer pour moi.

 

Là, le Pardon est un sacrifice, où Son Amour pour le pécheur, déclaré par l’absolution du coupable, se mesure à Son Horreur pour le péché, déclarée par le sang versé.

 

Quel Amour ! Mon Dieu, quel Amour !

 

Et quelle est donc la victime qu’Il sacrifie ainsi pour moi ?

 

Est-ce un homme ? Non, dit l’Écriture.

 

Est-ce un ange ? Non, dit l’Écriture.

 

Est-ce une créature ? Non, dit l’Écriture.

 

C’est le Fils de Dieu, Son Fils Unique, en qui Il a mis toute Son Affection, qui a été dès le commencement avec Dieu, qui est Un avec Dieu, qui est Dieu . ( Mathieu 3.17 ; Jean 1.1-2 ; 3.16 ; 10.30) ; et Le Créateur Se donne pour la créature dans la personne de Son Fils.

 

Quel Amour ! Mon Dieu, quel Amour !

 

Mais enfin pourquoi tant d’amour ?

 

Y a-t-il quelque chose en moi qui ait pu le mériter ?

 

Ai-je seulement prévenu Son Amour par le mien ?

 

Non : « Il m’a aimé le Premier » 1 Jean 4.19

Le secret de Sa Miséricorde est tout Entier dans Sa Miséricorde elle-même ; Il ne fait Grâce que parce qu’Il se plaît à Faire Grâce ; Il ne me sauve que parce que j’étais perdu.

 

Quand j’étais « un enfant de rébellion et de colère, Son ennemi » (Ephésiens 2.3 ; Colossiens 1.21), c’est le temps qu’Il a choisi pour sacrifier Son Fils pour moi.

 

Quel Amour ! Mon Dieu, quel Amour !

 

Et cependant je ne vois que les bords de cet amour (Job 26.14).

 

C’est un abîme où je ne puis regarder jusqu’au fond (1 Pierre 1.12 ) ; mais cet abîme n’a pas d’enfoncement qui ne soit rempli par l’Amour de Dieu.

 

Dans ces bords que j’en vois, je découvre un Amour Divin qui va le plus loin que mon imagination puisse aller ; et dans ce fond que je ne vois pas, je pressens un Amour encore Divin qui confond, qui absorbe, qui anéantit toutes mes pensées ... « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a envoyé Son Fils Unique pour faire l’expiation des péchés du monde. – Dieu est Amour. – Celui qui ne L’aime point ne l’a point connu. » ( Jean 3.16 ; 1 Jean 2.2 ; 4.8-10 ; 1 Colossiens 8.3)

 

Mais moi qui L’ai connu, moi qui ai contemplé Le Christ, l’Amour du Père, comment pourrais-je ne pas L'aimer ?

 

« Racheté à si haut prix, je ne suis plus à moi-même » ( 1 Co 6.19s ), et je Lui donne tout mon cœur !

 

Par une si éclatante Manifestation de l’Amour de Dieu pour l’homme pécheur, JésusChrist aurait fait tout ce qui était nécessaire pour convertir l’homme pécheur à aimer Dieu, si cette manifestation trouvait dans l’homme pécheur un esprit ouvert pour la recevoir : mais elle ne l’y trouve pas.

 

Les Pensées Divines exprimées dans la Rédemption sont si éloignées de nos pensées humaines, qu’elles ne peuvent avoir aucune prise sur notre âme si elle n’a subi premièrement une préparation spéciale.

 

La démonstration est claire, irrésistible ; mais elle est faite dans un langage qui nous est étranger, en sorte qu’il faut pour la comprendre que nous recevions d’abord au dedans de nous un interprète de ce langage.

 

Aussi ce préparateur de notre esprit, cet interprète de la Rédemption nous est-il promis encore, sous le nom de Saint-Esprit.

 

Ne vous figurez pas en effet que la promesse du Saint-Esprit ne fût que pour les seuls apôtres : elle est pour tous les chrétiens de tous les temps.

 

Ce qui, dans les dons spirituels des apôtres, appartenait à la propagation rapide du christianisme, ce qu’ils recevaient pour les autres, ne nous est pas comme à eux nécessaire, ni comme à eux promis.

 

Mais ce qui, dans les dons spirituels des apôtres, appartenait à la conversion de leur propre cœur, ce qu’ils recevaient pour eux-mêmes, nous est comme à eux nécessaire, et comme à eux promis.

 

C’est devant tout un peuple que Jésus-Christ a dit :

 

« Dieu donnera le Saint-Esprit à quiconque le demande. » ( Luc 11.13 )

 

C’est dans des épîtres adressées à des églises entières que les apôtres ont écrit :

 

« Vous avez reçu l’onction du Saint » (1 Jean 2.20), c’est-à-dire du Saint-Esprit ; « votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous » (1 Co 6.19 ) ; si quelqu’un n’a « point l’Esprit de Christ, il n’est point à Lui. » (Romains 8.9)

 

Que si des affirmations si claires pouvaient vous laisser encore quelque doute, il ne vous en restera plus après cette déclaration par laquelle saint Pierre conclut son discours de la Pentecôte, et par laquelle il est visible qu’il veut prévenir dans l’esprit de ses auditeurs précisément la même erreur que je combats actuellement dans le vôtre :

 

« Vous recevrez la vertu du Saint-Esprit ; car la Promesse est faite à vous, et à vos enfants, et à tous ceux qui sont éloignés, autant que le Seigneur en appellera » (Actes 2,39)

 

Mes Frères et mes Soeurs, quand Dieu a parlé, ne contestons plus :

 

Le Saint-Esprit est promis à tous les Chrétiens.

 

Et savez-vous ce que c’est que le Saint-Esprit ?

 

Apprenons-le de la Bible.

 

Ecoutons-la sans incrédulité ; n’affaiblissons point le sens de ses expressions ; ne demandons pas plus, mais aussi n’attendons pas moins que Dieu ne nous a clairement promis.

 

Le Saint-Esprit n’est pas une réaction de notre esprit sur lui-même dans la méditation ou dans la prière.

 

Le Saint-Esprit n’est pas non plus une impression produite naturellement sur notre esprit par des pensées vraies ou salutaires.

 

Le Saint-Esprit, c’est une action directe, réelle, surnaturelle, exercée sur l’esprit de l’homme par un Dieu Maître de notre cœur aussi véritablement qu’Il l’est de la nature, et qui peut à Son gré nous donner et nous ôter des sentiments et des pensées.

 

Ou, pour nous tenir encore plus près des termes de l’Ecriture, le Saint-Esprit, c’est l’Esprit de Dieu pensant, voulant, aimant, agissant dans l’esprit de l’homme.

 

Le Saint-Esprit, c’est Dieu dans l’homme (1 Co 3.16) .

 

L’Ecriture attribue à cet Esprit plusieurs influences sur le nôtre, et en particulier celle dont nous avons tout à l’heure reconnu le besoin : Il l’ouvre à la manifestation de l’Amour de Dieu contenue dans la Rédemption.

 

Elle dit que « l’Esprit de Dieu répand dans nos cœurs l’Amour de Dieu », c’est-à-dire nous révèle, ou plutôt nous communique l’Amour qui est en Dieu pour nous ; que « cet Esprit rend témoignage au nôtre que nous sommes enfants de Dieu », réconciliés avec Lui par la mort de Son Fils ; en sorte que par cet Esprit, et par Lui Seul, nous pouvons recevoir Jésus-Christ pour le Seigneur (Romains 5.5 ; 8.16 ; 1 Co 12.3 ) , le Messie, notre Rédempteur.

 

Mais voici saint Paul qui traite directement de cette doctrine, en écrivant aux Corinthiens.

 

« Nous n’avons voulu savoir parmi vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié … Ce sont des choses que a l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées dans le cœur de l’homme »

 

Vous voyez que l’Apôtre parle de la Rédemption, et qu’il déclare qu’elle ne trouve pas dans l’homme un esprit susceptible par lui-même de la recevoir.

 

« Mais maintenant, » ajoute-t-il, « Dieu nous les a révélées par son Esprit … Car nous avons reçu l’Esprit de Dieu, pour connaître les grâces que Dieu nous a faites. » ( 1 Co 2.2, 9, 10, 12)

 

Quand donc vous aurez reçu cet Esprit, vous pourrez croire la Rédemption et la "sentir".

 

Par là, entrant sous une vive impression de l’Amour de Dieu pour vous, votre cœur se tournera vers Lui comme de lui-même, et vous commencerez à l’Aimer à votre tour.

 

Alors surviendra en vous quelque chose de tout nouveau : des lumières nouvelles, des sentiments nouveaux, des goûts nouveaux, des souvenirs nouveaux, des espérances nouvelles, en un mot, comme dit l’Écriture, « une Vie Nouvelle ».

 

Alors, bien qu’ayant encore à lutter contre le péché, dit l’Écriture ( Jc 3.2 ; Pr 24.16 ; Ph 3.12s), vous ne serez plus esclaves du péché, dit cette même Écriture (1 Jean 3.9 ; 5.18) ; vous broncherez encore sur le chemin du Salut, mais vous ne suivrez plus le chemin de la perdition ; vous irez vous dépouillant de plus en plus « de toute apparence de mal ».

 

Alors enfin, vous serez de ceux que l’Écriture appelle « justes, convertis, régénérés, rachetés de Jésus Christ, enfants de Dieu », détachés de ce monde, mûrs pour l’autre, sachant vivre et pouvant mourir.
(Ez 36.26s ; Jean 14.17 ; 17.21 ; 1Jean 4.12s).

 

« Dieu demeure en nous. A ceci nous connaissons que nous demeurons en Lui, et Lui en nous, c’est qu’Il nous a donné de Son Esprit. »
 

Ainsi la Miséricorde Divine n’a rien laissé manquer pour le salut de l’homme pécheur.

 

Il faut à l’homme pécheur une double délivrance.

 

Coupable, il a besoin d’un pardon ; misérable, il a besoin d’un changement de cœur : Dieu lui offre l’un et l’autre en Jésus-Christ.

 

Il lui pardonne, en considération de Jésus-Christ, qui a souffert à sa place la peine due à ses péchés.

 

Il lui change le cœur, en lui manifestant Son Amour dans la Rédemption, qu’Il lui fait croire et sentir par le Saint-Esprit.

 

Mais pour entrer dans ce Plan de Miséricorde, n’avons-nous rien à faire de notre côté ?

 

Ou que faut-il enfin que nous fassions ?

 

Oui, nous avons quelque chose à faire.

 

Dieu, qui nous a créés sans nous, ne veut pas nous sauver sans nous (Saint Augustin )

 

A quiconque veut recevoir pour lui-même les deux grâces que Jésus-Christ apporte, le pardon et le changement du cœur, il faut une certaine disposition d’âme qui a le nom de foi : l’Écriture l’exige clairement, et n’exige qu’elle.

 

Sans en multiplier les preuves, il me suffira de vous rappeler deux grands traits, l’un du Ministère de Jésus-Christ, l’autre de celui des apôtres.

 

Quand Jésus-Christ était sollicité par des malades de leur accorder la guérison du corps, par laquelle Il figurait la guérison de l’âme, Il leur disait : « Crois-tu ? Si tu crois, tout est possible au croyant » ( Mc 9.23) ; et quand saint Paul fut interrogé par le geôlier de Philippes sur ce qu’il devait faire pour être sauvé, il lui répondit : « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. » (Actes 16.31)

 

Ainsi, si d’un côté vous ne pouvez être sauvés que « par la Grâce », de l’autre vous ne pouvez avoir part à cette Grâce que « par la foi » (Ephésiens 2.8 : « Vous avez été sauvés par la grâce, par la foi »).

 

Mais qu’est-ce donc que la foi ?

 

Apprenez-le encore de l’Écriture.

 

La foi y a deux significations, selon qu’elle est considérée dans son principe ou dans son application.

 

La foi considérée dans son principe, c’est la conviction générale que la Bible est la Parole de Dieu, en sorte que tout ce qu’elle dit est vrai : c’est la foi en Dieu.

 

La foi considérée dans son application, c’est la conviction spéciale qu’il est vrai, puisque Dieu l’a dit dans Sa Parole, que nous sommes perdus et que nous pouvons être sauvés par Jésus-Christ : c’est la foi en Jésus-Christ.

 

La seconde, la foi en Jésus-Christ, qui n’est au reste qu’une conséquence de la foi en Dieu, est celle qui est exigée par saint Paul du geôlier de Philippes, qui l’est aussi de nous, pour le salut.

 

Si vous voulez avoir de cette foi la notion la plus exacte en même temps et la plus simple possible, vous la trouverez dans ce mot d’un lépreux à Jésus-Christ :

 

« Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre net » (Lc 5.12 ; Mc 1.40-42 ).

 

Je suis perdu, je ne puis pas me sauver ; Tu peux me sauver, sauve-moi, Seigneur ! Voilà la foi.

 

Du jour que vous serez entrés dans cette disposition, il n’y aura plus rien dans les Promesses de l’Écriture que vous ne puissiez-vous appliquer personnellement ; et Jésus-Christ ne sera plus seulement le Sauveur, il sera Votre Sauveur.  (...) 

 

Suite la Miséricorde de Dieu (dernière partie) 

La Miséricorde de Dieu (Partie 2)

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La Miséricorde de Dieu (Partie 2)

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:18
La Miséricorde de Dieu (dernière partie)

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« Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ». (Romains 11,32)

 

(...) A quiconque veut recevoir pour lui-même les deux grâces que Jésus-Christ apporte, le pardon et le changement du cœur, il faut une certaine disposition d’âme qui a le nom de foi : l’Écriture l’exige clairement, et n’exige qu’elle.

 

Sans en multiplier les preuves, il me suffira de vous rappeler deux grands traits, l’un du Ministère de Jésus-Christ, l’autre de celui des apôtres.

 

Quand Jésus-Christ était sollicité par des malades de leur accorder la guérison du corps, par laquelle Il figurait la guérison de l’âme, Il leur disait : « Crois-tu ? Si tu crois, tout est possible au croyant » ( Mc 9.23) ; et quand saint Paul fut interrogé par le geôlier de Philippes sur ce qu’il devait faire pour être sauvé, il lui répondit : « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. » (Actes 16.31)

 

Ainsi, si d’un côté vous ne pouvez être sauvés que « par la Grâce », de l’autre vous ne pouvez avoir part à cette Grâce que « par la foi » (Ephésiens 2.8 : « Vous avez été sauvés par la grâce, par la foi »).

 

Mais qu’est-ce donc que la foi ?

 

Apprenez-le encore de l’Écriture.

 

La foi y a deux significations, selon qu’elle est considérée dans son principe ou dans son application.

 

La foi considérée dans son principe, c’est la conviction générale que la Bible est la Parole de Dieu, en sorte que tout ce qu’elle dit est vrai : c’est la foi en Dieu.

 

La foi considérée dans son application, c’est la conviction spéciale qu’il est vrai, puisque Dieu l’a dit dans Sa Parole, que nous sommes perdus et que nous pouvons être sauvés par Jésus-Christ : c’est la foi en Jésus-Christ.

 

La seconde, la foi en Jésus-Christ, qui n’est au reste qu’une conséquence de la foi en Dieu, est celle qui est exigée par saint Paul du geôlier de Philippes, qui l’est aussi de nous, pour le salut.

 

Si vous voulez avoir de cette foi la notion la plus exacte en même temps et la plus simple possible, vous la trouverez dans ce mot d’un lépreux à Jésus-Christ :

 

« Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre net » (Lc 5.12 ; Mc 1.40-42 ).

 

Je suis perdu, je ne puis pas me sauver ; Tu peux me sauver, sauve-moi, Seigneur ! Voilà la foi.

 

Du jour que vous serez entrés dans cette disposition, il n’y aura plus rien dans les Promesses de l’Écriture que vous ne puissiez-vous appliquer personnellement ; et Jésus-Christ ne sera plus seulement le Sauveur, il sera Votre Sauveur.

Mais cette foi, comment l’acquérir ?

 

Faut-il que Dieu nous la donne ? Oui ; car l’Écriture dit :

 

« Il vous a été donne de croire. » ( Ph 1.29 ; Eph 2.8)

 

Faut-il donc attendre sans travail qu’elle nous tombe dans l’esprit ? Non ; car l’Écriture dit encore :

 

« Appliquez-vous, cherchez l’Éternel, travaillez à votre salut. » ( 2 Pi 3.14 ; Es 55.6 ; Ph 2.12)

 

Mais comment concilier deux choses qui semblent si opposées ?

 

En théorie, je tiens la chose pour impossible ; mais en pratique, elle est aisée.

 

Vous les concilierez en demandant la foi.

 

Car demander, c’est reconnaître que nous avons besoin qu’on nous donne ; et en même temps demander, c’est chercher, c’est agir.

 

Demandez donc, priez pour obtenir la foi.

 

Pour vous exaucer, Dieu ne vous fera qu’une seule question, celle de Jésus-Christ au paralytique de Béthesda :

 

Voulez-vous être exaucé ? (Jean 5.6) Voulez-vous croire ?

 

Non pas seulement désirez-vous, souhaitez-vous, mais voulez-vous ?

 

Le voulez-vous avant tout et quoi qu’il en coûte ?

 

Voulezvous connaître la Vérité ?

 

C’est-à-dire voulez- vous faire pour la connaître tous les sacrifices que Dieu exigera de vous ?

 

Celui de votre paresse, de votre négligence, de vos préoccupations, de vos intérêts, de vos affections, celui même de vos opinions personnelles et de votre indépendance prétendue ?

 

Voulez-vous écouter Dieu dans l’Écriture avec une sincère détermination d’accepter Son Témoignage, conforme ou non à ce que vous avez cru jusqu’ici ?

 

Voulez-vous être pardonné ? Voulez-vous être gracié comme un vil criminel ?

 

Voulez-vous être confondu dans une commune absolution avec des brigands, a « des péagers et des pécheurs » (Jean 5,6) ?

 

Voulez-vous être sanctifié ? Voulez-vous faire tout ce que vous trouverez ordonné dans la Parole de Dieu, agréable ou non à vos penchants ?

 

N’avoir plus de volonté propre, mais suivre la volonté de Dieu Seul, et Lui donner tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes ?

 

Voulez-vous, pour tout dire en un mot, ô amertume ! Ô croix de la nature ! Voulez-vous renoncer à vous-même ?

 

Voulez-vous ne valoir rien, ne mériter rien, ne savoir rien, ne pouvoir rien, n’être rien, et ne vous réserver rien de rien ?

 

Si vous voulez cela, si ces dispositions sont les vôtres, demandez à Dieu la foi librement : ne craignez pas d’être trop confiant dans cette prière, ne craignez que de ne l’être pas assez ; car douter que Dieu vous veuille exaucer, ce serait douter de Sa Promesse Formelle.

 

Si au contraire vous ne voulez pas cela, si ces dispositions ne sont pas les vôtres …

 

Mais pourquoi jeter le découragement dans vos âmes ?

 

Ah ! Si vous ne sentez pas en vous ces dispositions, mais si vous en sentez du moins le commencement, si vous en sentez seulement le désir, eh bien !

 

Présentez à Dieu ce commencement, ce désir.

 

Appuyez-vous auprès de Lui sur l’exemple de ce malheureux père qui, suppliant Jésus-Christ de guérir son enfant, et interrogé par Lui s’il croit, répond en pleurant :

 

« Je crois, Seigneur ; aide-moi dans mon incrédulité ! » ( Mc 9.24) et qui pourtant n’est pas repoussé.

 

Vous de même priez, sinon avec foi, du moins avec ce peu de foi que vous avez ; sinon avec renoncement, du moins avec ce peu de renoncement que vous avez.

 

Ces premières prières imparfaites vous obtiendront de premières grâces, imparfaites sans doute ; mais ces grâces vous exciteront à des prières meilleures, qui vous obtiendront des grâces plus abondantes ; et ainsi de prières en grâces, et de grâces en prières, vous aussi vous entrerez, plus lentement à la Vérité, mais vous entrerez à la fin dans la voie des Miséricordes Divines !

 

Mes Frères et Soeurs, dans ce discours et dans le précédent, je vous ai exposé la nécessité et la voie du Salut par Jésus-Christ.

 

Si quelqu’un rejetait ces discours, je lui demanderais d’abord ce qu’il en rejette.

 

N’est-ce que la forme, le langage, l’enchaînement des idées ?

 

Libre à chacun de rejeter cela, parce que cela vient de moi.

 

Est-ce au contraire le fond, les idées elles-mêmes ?

 

Ce que vous ne croyez pas vrai, est-ce le fait que l’homme est dans sa nature pécheresse; qu’il a besoin d’un pardon, qui ne peut être obtenu que par la mort expiatoire du Fils de Dieu ; qu’il a besoin d’un changement de cœur, qui ne peut être opéré que par l’Esprit de Dieu ; qu’il est perdu, et ne peut être sauvé qu’en Jésus Christ, « par grâce, par la foi » ?

 

Si c’est là ce que vous rejetez, je n’ajoute qu’une réflexion.

 

Agissez du moins en connaissance de cause, et sachez ce que vous rejetez : ce n’est pas un homme, ce n’est pas la parole d’un homme ; c’est l’Évangile, c’est Jésus-Christ.

 

Car il n’y a qu’un évangile (Ga 1.7 : « Il n’y a point d’autre évangile. » ; Eph 4.5 ; 2 Co 11.4), et c’est celui qui enseigne précisément ce que vous rejetez :

 

l’homme perdu, Dieu Sauveur, Christ Victime, le Saint-Esprit Régénérateur.

 

C’est là sur quoi se sont toujours accordés tous les hommes qui ont puisé leur foi dans les Écritures.

 

C’est l’évangile de l’Église réformée de France ; c’est l’évangile de Calvin ; c’est l’évangile de Luther ; c’est l’évangile de Pascal ; c’est l’évangile de Fénelon ; c’est l’évangile de l’Imitation ; c’est l’évangile de Jean Huss ; c’est l’évangile de saint Bernard ; c’est l’évangile de saint Augustin ; c’est l’évangile de saint Polycarpe ; c’est l’évangile de saint Paul ; c’est l’évangile de saint Jean ; c’est l’évangile de saint Jacques ; c’est l’évangile de Jésus-Christ’ ; c’est l’évangile de Dieu.

 

En sorte que si vous le rejetez, vous pouvez bien être appelés chrétiens, vous pouvez même vous croire chrétiens, mais vous n’êtes pas plus chrétiens qu’un philosophe qui rejette la philosophie platonicienne n’est disciple de Platon.

 

Ce que je vous ai prêché, ce n’est pas mon opinion : c’est La Vérité.

 

Ce n’est pas une doctrine : c’est La Doctrine.

 

C’est plus : c’est La Vie ; et si vous ne croyez pas cela, vous demeurez dans la mort.

 

Que dis-je ? Si vous ne croyez pas cela, que croyez-vous donc ?

 

Qu’êtes vous ? A qui appartenez- vous ? D’où venez-vous ? Que faites-vous ici ?

 

Si nous nous taisons, les pierres de toute véritable Eglise, de tout Temple véritable crieront que le culte qu’elles vous voient rendre à l'intérieur à Dieu est un contresens.

 

Car, sans parler des jours de communion, où cette liturgie au nom de laquelle on vous invite à vous approcher de la table sainte, et que vous reconnaissez vraie en répondant à cette invitation, déclare que vous êtes de « misérables pécheurs » qui n’ont d’espérance que « dans la Miséricorde Divine », que « Jésus-Christ est Le Véritable Agneau pascal qui a été immolé pour vous », et que vous avez besoin que « l’Esprit de Dieu vous transforme en de nouvelles créatures », chaque dimanche, vous n’accompagnez donc pas du cœur, vous n’accompagnez que des mains la prière par laquelle on ouvre le service : car cette prière se compose de deux parties, dont la première est un résumé de mon premier discours, et la seconde, un résumé de mon second discours.

 

Quand le pasteur dit tout haut :

 

« Nous reconnaissons devant Ta Sainte Majesté que nous sommes de pauvres pécheurs, nés dans la corruption, enclins au mal, incapables par nous-mêmes de faire le bien, et qui transgressons tous les jours et en plusieurs manières Tes Saints Commandements, ce qui fait que nous attirons sur nous par Ton Juste Jugement la condamnation et la mort, » ,

 

il faut, si vous rejetez mon premier discours, que vous disiez tout bas :

 

Je ne suis pas un pauvre pécheur ; je ne suis pas né dans la corruption ni enclin au mal ; je ne suis pas incapable par moi-même de faire le bien ; je ne transgresse pas tous les jours en tant de manières les commandements de Dieu, et je n’ai pas mérité la mort et la condamnation.

 

Et encore, quand le pasteur dit tout haut :

 

« Nous recourons humblement à Ta Grâce, et te supplions de subvenir à notre misère. Veuille donc avoir pitié de nous, Dieu Très Bon, Père de Miséricorde, et nous pardonner nos péchés pour l’Amour de Ton Fils, Jésus-Christ Notre Seigneur ! Accorde-nous aussi, et nous augmente continuellement, les grâces de Ton Saint-Esprit ! »,

 

il faut, si vous rejetez mon second discours, que vous disiez tout bas :

 

Comme je ne mérite pas la condamnation, je n’ai point de grâce à solliciter ; comme je ne suis pas né dans la corruption, je n’ai pas besoin d’être renouvelé par le Saint-Esprit ; et comme je ne pense pas que l’innocent souffre à la place du coupable, je ne saurais demander mon pardon au nom de Jésus-Christ.

 

En sorte que ne pouvant, aussi longtemps que vous rejetez cette doctrine, vous mettre d’accord ni avec l’Église Protestante, ni avec les réformateurs ; ni avec les catholiques pieux, ni avec les véritables et authentiques Chrétiens de tous les temps, ni avec les Pères de l’Église, ni avec l’Église primitive, ni avec les apôtres, ni avec Jésus-Christ, ni avec Dieu, ni avec vous-mêmes, il faut sortir de quelque manière d’une situation si fausse : il faut ou aller plus avant, ou revenir en arrière ; ou prendre la chose, ou quitter le nom ; ou recevoir cette doctrine, ou renoncer à être Chrétiens.

 

O vous, qui que vous soyez dans tout Temple et Eglise que Dieu a rendu sérieux par ces discours, faites de cette disposition sérieuse un usage fidèle.

 

« Aujourd’hui même, si vous entendez sa voix, n’endurcissez point votre cœur » (Hb 4.7s ).

 

Qui sait si ce n’est pas ici « votre jour favorable, votre jour de salut » (2 Co 6.2), qui peut, si vous le négligez, ne plus revenir, qui peut aussi, si vous l’accueillez fidèlement, marquer pour vous l’ère d’une vie nouvelle ?

 

Oubliez toute influence humaine, toute impression humaine ; ne voyez que Dieu et vous ; dites-Lui donc alors à Celui prêt à vous pardonner :

 

Mon Dieu ! J’ai cru jusqu’à présent être chrétien ; mais je commence à entrevoir que je ne l’étais que de nom. Je sens que tout n’est pas bien en moi, que je n’ai pas la paix avec Toi. Donne-la moi, cette paix, Seigneur ! Fallût-il renoncer à tout le reste. Veux-tu ma fortune ? voici ma fortune. Veux-tu ma réputation ? voici ma réputation . Veux-tu mon bien-être ? voici mon bien-être. Veux-tu les objets même de mes affections ? faut-il me séparer de mon ami, de mon père, de ma mère, de ma femme, de mon enfant ? voici, 1e sacrifice est accepté. Avant tout ta volonté. Avant tout ta vérité. Avant tout ton Esprit. Avant tout ma conversion.

 

« Convertis-moi, Seigneur, et je serai converti ! » (Jr 31.18 ; Lm 5.21).

 

Mon Dieu ! Si quelqu’un te prie de cette manière, il n’est pas éloigné du royaume des cieux.

 

Achève, oh ! Achève de lui faire faire le seul pas qui reste encore, en envoyant dans son cœur, pour le presser, pour l’importuner, pour continuer l’œuvre et pour la terminer, cet Esprit-Saint, Avocat Céleste de la Vérité, sans lequel l’avocat terrestre n’aurait été qu’un airain qui sonne et une cymbale qui retentit.

 

Amen,
 

 

 

 

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé,

La Miséricorde de Dieu (dernière partie)

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La Miséricorde de Dieu (dernière partie)

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 13:37
Où est Dieu, Mon Créateur, qui inspire des chants d'allégresse pendant la nuit ?

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"Où est Dieu, Mon Créateur, qui inspire des chants d'allégresse pendant la nuit ?" 

Job 35-10

 

N'importe quel homme peut chanter d'allégresse pendant le jour.

 

Quand la coupe est pleine, il est possible d'y boire de l'inspiration.

 

Quand la richesse coulen en abondance autour de lui, n'importe quel homme peut louer le Dieu qui donne une riche récolte et fait revenir le gallion plein à craquer.

 

Il est aisé pour la harpe éolienne de faire flotter sa musique quand les vents sont favorables.

 

La difficulté pour que la musique s'étoffe survient quand aucun vent ne la diffuse.

 

Il est facile de chanter quand on peut lire les notes à la lumière du jour, mais il faut un homme adroit pour chanter de mémoire, quand aucun rayon de lumière ne vient éclairer la page.

 

Personne ne peut créer de lui même un chant d'allégresse dans la nuit.

 

Il est possible qu'il essaie mais il trouvera que, dans la nuit, un tel chant doit lui être divinement inspiré.

 

Si tout va bien, je peux tisser des chants d'allégresse, les composant partout où je vais, à partir des fleurs qui s'ouvrent sur mon sentier.

 

Mais, si vous me placez dans un désert, où aucune verdure ne pousse, avec quoi formerai je un cantique de louange à Dieu ?

 

Comment un homme mortel peut-il façonner une couronne pour le Seigneur là où il n'y a pas de diamants ?

 

Si ma voix est claire et mon corps en bonne santé, il m'est possible de chanter la louange de Dieu.

 

Mais, arrêtez ma langue et placez-moi sur le lit de la maladie ; comment alors chanterai-je les louanges exaltées de Dieu, à moins qu'Il m'en donne Lui-même le cantique ?

 

Non, il n'appartient pas au pouvoir de l'homme de chanter quand tout se dresse contre lui, à moins qu'un charbon ardent de l'autel ne vienne lui toucher les lèvres.

 

Habakuk chantait un cantique Divin quand il dit dans la nuit :

 

"Car le figuier ne fleurira pas, la vigne ne produira rien, le fruit de l'olivier manquera, les champs ne donneront pas de nourriture ; les brebis disparaîtront du pâturage, et il n'y aura plus de boeufs dans les étables. Toutefois, je veux me réjouir en l'Eternel, je veux me réjouir dans le Dieu de Mon Salut" (3 :17-18).

 

Aussi, puisque Notre Créateur donne des chants d'allégresse pendant la nuit, cherchons notre musique auprès de Lui.

 

Ô Toi, Tendre et Digne Chef Musicien, ne nous laisse pas dans le silence à cause de l'affliction qui s'abat peut être sur nous.

 

Accorde nos lèvres à la mélodie des actions de grâces.

 

Amen,

 

 

 

 

 

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

 

 

Où est Dieu, Mon Créateur, qui inspire des chants d'allégresse pendant la nuit ?

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Où est Dieu, Mon Créateur, qui inspire des chants d'allégresse pendant la nuit ?

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 19:28
SPURGEON RDC
Que celui qui veut,
prenne de l'eau de la vie,
gratuitement
(Apocalypse 22:17)

Jésus dit : Prenez gratuitement.


Il ne désire ni paiement ni préparation.


Si seulement vous le voulez, vous êtes invités; c'est pourquoi venez !


Vous n'avez pas besoin de croyance ni de repentance, venez à Lui, et il vous donnera toutes ces choses.


Venez tel que vous êtes, et prenez gratuitement, sans argent, sans aucun prix à payer.


Il se donne Lui-même aux nécessiteux.


Les fontaines aux coins de nos rues, bien que de plus en plus rares, sont de précieuses institutions, et nous pouvons difficilement imaginer quelqu'un assez fou pour penser à sa bourse lorsqu'il se tient devant l'une d'elles et qui se mettrait à crier :


Je ne peux pas boire par ce que je n'ai pas d'argent en poche.


Pourtant l'homme est pauvre, il y a la fontaine, et tel qu'il est il peut y boire.


Voyageurs assoiffés, qui passez par là, même revêtus de fin lin, n'hésitez pas à boire; la présence d'une fontaine est une autorisation à prendre gratuitement de son eau.


La libéralité de certains a mis là le verre du rafraîchissement et nous le prenons sans nous poser de question.


Peut-être que des personnes qui ont besoin de boire passent devant ces fontaines.


Ce sont peut être des dames distinguées, ou de nobles personnages dans leur voiture.


Ils ont peut-être très soif, mais ils refusent de passer pour vulgaires au point de boire à la fontaine commune, et ils passent devant, en gardant leurs lèvres desséchées.


Oh combien nombreux sont ceux qui sont riches en bonnes oeuvres et ne veulent pourtant pas venir à Christ !


Je ne veux pas être sauvé, disent-ils, de la même manière qu'un roturier ou quelqu'un qui jure. Quoi ?


Aller au Ciel de la même manière qu'un ramoneur de cheminées ?


N'y a-t-il pas d'autre chemin pour la Gloire que celui emprunté par le voleur ?


Je ne veux pas être sauvé comme-ça.


De tels vantards orgueilleux restent sans l'eau de la vie.


Mais Jésus a dit :

 

"Que celui qui veut prenne de l'eau de la vie gratuitement."

 

Charles Spurgeon,

 

Bible 2010
-Arthus Croix Huguenote

 


 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 10:15
La folie de la croix

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Le Christianisme, c’est quoi au juste ?  

 

Croire en Dieu, croire en Jésus-Christ, croire aux deux ?  

 

Et quels changements apporte une telle foi dans la vie de ceux qui se disent chrétiens ?  

 

Croire en Dieu et en Son Fils Eternel et Unique, Jésus-Christ, c’est d’abord reconnaître que nous ne pouvons pas vraiment connaître Dieu par nos propres moyens.  

 

Même le plus fort sentiment de l’existence de Dieu qu’on peut nourrir au fond de soi-même ne suffit pas pour nous assurer cette connaissance.  

 

Même l’observation de la nature, qui nous crie à haute voix qu’un Etre tout puissant et éternel a mis en oeuvre le dessein extraordinairement complexe de l’univers, n’y suffit pas.  

 

Lorsqu’on cherche à connaître Dieu par ses propres moyens, on bute toujours sur une impuissance à L’appréhender, à Le connaître, et encore plus à Lui parler, à communiquer dans la confiance avec Lui.  

 

Pour cela, il faut qu’Il descende Lui-même vers nous, il faut qu’Il prenne Lui-même l’initiative.  

 

Or, l’initiative la plus parfaite qu’Il ait prise à cet égard a été de s’incarner, c’est-à-dire de venir sous une forme humaine parfaitement reconnaissable vivre au milieu de nous dans la personne de Jésus-Christ.  

 

Il s’agit bien sûr d’un événement historique hors du commun, totalement unique.  

 

Pourtant, cet événement avait bien été annoncé à de nombreuses générations de croyants auparavant.  

 

On le comprend clairement lorsqu’on lit l’Ancien Testament et ensuite les évangiles, qui racontent la mission de Jésus-Christ sur terre afin que ceux qui les lisent voient bien en Lui le Messie promis qui a réalisé tout ce qui avait été écrit d’avance à Son sujet.  

 

Plus on étudie ce rapport, plus on est conforté dans cette foi.  

 

Mais ce qui frappe le plus, dans les évangiles, c’est que la mission de Jésus a eu comme point central une mort infâme, ignoble : être crucifié sur une Croix et abandonné de tous, même de Dieu.  

 

Alors là, beaucoup se disent que ce n’est pas possible.

 

Si Dieu est vraiment le Père Eternel de Jésus-Christ, Il n’a pas pu laisser se passer une chose pareille.  Cela n’a pas de sens.  

 

Et pourtant…

 

Encore une fois si nous lisons attentivement les écrits de l’Ancien Testament, nous comprendrons que la mission de Jésus n’a pas été de venir imposer artificiellement le règne de Dieu sur terre en imitant les exemples des despotes et tyrans de son temps, mais de donner Sa Vie pour Ses disciples, afin de payer pour eux le prix qu’ils devaient à Dieu et n’auraient jamais pu payer par eux-mêmes.  

 

C’est ce que l’apôtre Paul appelle dans sa première lettre aux Corinthiens “la folie de la Croix”.

 

Pour certains en effet c’est une folie, rendons nous compte :

 

Dieu qui s’incarne pour devenir la victime d’hommes cruels et insensibles ?...  

 

Mais Paul ajoute que ce qui aux yeux des hommes paraît une folie a en fait  été la manifestation de la Sagesse de Dieu, la réalisation Parfaite de Son plan de salut.  

 

Ce salut aurait-il pu être possible si le prix de la réconciliation entre Dieu et les hommes n’avait pas été payé à cent pour cent ?  

 

Et si Dieu avait suivi les idées et les désirs des hommes cruels et égoïstes pour accomplir leur salut, pensez-vous que ce plan aurait réussi ?  

 

Non, il fallait bien la folie de la Croix pour ce faire.  

 

Et c’est en ce message du Don Parfait de Dieu aux hommes de tous temps et de toutes conditions que croient les vrais chrétiens.

 

Il n’y a qu’un Seul Médiateur  Parfait entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ, et pour Le connaître et tirer un bénéfice de cette médiation, il nous a fallu et il vous faut venir à la Croix et accepter que c’est là, et nulle part ailleurs, qu’Il a accompli l’oeuvre de Rédemption qui nous a sauvé et vous sauvera.

 

Amen,

La folie de la croix
Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformée

La folie de la croix

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La folie de la croix

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Source : Foi & Vie Réformées

 

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 10:13
Thomas et la Résurrection de Jésus-Christ (1ère partie)

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«Or, Thomas, appelé Didyme, qui était l'un des douze, n'était point avec eux quand Jésus vint. Et les autres disciples lui dirent : nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : si je ne vois les marques des clous en ses mains, et si je ne mets mon doigt où étaient les clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne le croirai point. Et huit jours après, les disciples étant encore dans la maison et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et il fut là au milieu d'eux et il leur dit : Que la paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas : Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance aussi ta main et la mets dans mon côté, et ne sois point incrédule, mais croyant. Et Thomas répondit et lui dit : Mon Seigneur et Mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru : bienheureux sont ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! » (Jean 20.24-29)


 

Il y a plus d'une analogie entre la situation de Thomas et la nôtre, entre sa disposition d'esprit et nos propres dispositions, par rapport au grand fait de la résurrection de Jésus-Christ ; c'est par conséquent que l'étude de cette scène évangélique nous paraît présenter un grand intérêt d'actualité et une utilité toute spéciale pour l'Église et pour le siècle.


 

Thomas n'avait pas été témoin, comme ses collègues dans l'apostolat, de la résurrection de Son Maître, et cependant il était appelé à y croire sur leur témoignage et sur les données de sa propre conscience.


 

Séparés de l'événement par plus de vingt siècles, nous sommes aussi appelés à y croire sur des preuves analogues, à la fois historiques et morales.


 

Comme à l'apôtre un moment incrédule, Dieu consent à nous accorder une manifestation extérieure, une sorte de vue du Christ mort et ressuscité, à travers le cours des siècles.


 

Enfin Jésus nous fait entendre, aussi bien qu'à Thomas, cette leçon si utile à recueillir dans une époque à la fois sceptique et positive :


 

Heureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru !


 

Et Il nous rappelle, avec une singulière opportunité, que la foi n'est pas la vue, qu'elle repose bien moins sur le témoignage des sens que sur des raisons du dedans, et qu'elle est essentiellement confiance et abandon de l'âme au Dieu de l'Évangile et de la conscience humaine.

 

La preuve immédiate, la preuve matérielle de la résurrection de Jésus-Christ manquait, avons-nous dit, à l'apôtre Thomas qui, tout troublé par la mort de Son Maître, avait peut être quitté Jérusalem et s'était éloigné de ces lieux pleins de deuil et d'horreur.


 

Il ne s'était trouvé ni dans le jardin d'Arimathée où Pierre et Jean, voyant le sépulcre vide, avaient saisi dans l'absence du mort la réalité de la résurrection ; ni dans la maison d'Emmaüs où deux disciples avaient reconnu à la clarté de la lampe le Divin Maître qui avait cheminé avec eux ; ni dans ce lieu où étaient assemblés les disciples et où Jésus entra tout à coup « les portes étant fermées, » et leur adressa cette douce salutation :


 

La paix soit avec vous !


 

Thomas revient peut être à Jérusalem quelques jours après.


 

Mais il entend les disciples affirmer le grand prodige et lui dire tous ensemble :


 

Nous avons vu le Seigneur !


 

« Si je ne vois, s'écrie-t-il, la marque de ses clous en ses Mains, si je ne mets mon doigt où étaient les clous et si je ne mets ma main dans son Côté, je ne croirai point. »


 

Que signifie cette parole ?


 

N'est-elle que la réserve d'un esprit ferme qui ne veut pas se rendre à la légère, mais qui est prêt à accepter des preuves suffisantes ?


 

Si elle n'est que cela elle n'est pas digne de blâme, mais bien plutôt d'éloge ; car la foi ne saurait être une adhésion aveugle et précipitée, un triomphe de l'imagination surprise sur la raison asservie ; et nous souscrivons pleinement à cette parole de Fénelon :


 

« Il me, faut des raisons pour soumettre ma raison. »


 

Mais ces raisons existaient pour Thomas.


 

Bien avant la preuve qu'il demandait, il avait déjà des preuves, des preuves suffisantes de la résurrection de Jésus-Christ.


 

Il ne se rend pas à ces premières raisons pourtant vraies, bien fondées et capables de déterminer sa conviction.


 

Il en veut d'autres qui sont surérogatoires et superflues ; il veut des preuves matérielles, palpables et personnelles ; il ne veut en un mot se fier qu'à ses propres sens.


 

En cela Thomas est sceptique et incrédule.


 

En cela il fait preuve non d'une juste fermeté mais d'une injuste exigence, non de force mais de faiblesse, non de raison mais de déraison.


 

Chacun de nous va être forcé de le reconnaître.


 

Deux preuves, en effet, et je dirai même deux évidences lui sont données et devraient entraîner sa conviction : l'évidence du témoignage, et ce que j'appellerai l'évidence morale.


 

L'évidence du témoignage.


 

Voici des apôtres, ses compagnons, ses amis éprouvés qui lui disent :


 

« Nous avons vu le Seigneur. »


 

Ce n'est pas un seul qui le déclare, ce ne sont pas trois ou quatre d'entre eux, ce sont tous les apôtres, qui avec leurs individualités diverses se réunissent dans la même affirmation :


 

un Nathanaël, l'israélite sans fraude, un saint Pierre si prompt mais si loyal, un saint Jean à l'âme limpide et profonde.


 

Ces hommes sont qualifiés autant qu'on puisse l'être pour être les témoins de ce grand fait.


 

C'est à eux-mêmes que Jésus est apparu.


 

Ils ne sauraient le confondre avec un autre, puisqu'ils ont vécu dans sa société la plus intime ; ils ne sauraient non plus confondre un mort avec un vivant ; un fantôme avec un être réel.


 

Jésus leur a adressé la parole, Jésus « leur a montré Ses Mains et Son Côté. »


 

Ils ne peuvent songer à mentir, à le tromper, lui Thomas.


 

Ce sont des hommes véridiques, hommes simples et droits, incapables de raconter autre chose que ce qu'ils ont vu, de dire autre chose que ce qu'ils pensent eux-mêmes.


 

D'ailleurs ils ont douté comme lui : tardifs à croire à ce grand événement, s'ils l'affirment c'est qu'ils sont pleinement convaincus de sa réalité.


 

Voilà la première évidence qui devait frapper Thomas, l'évidence du témoignage.


 

Mais il faut y ajouter l'évidence morale.


 

Thomas a contemplé Jésus pendant trois ans et demi.


 

Il L'a entendu parler, il L'a vu agir comme un Être supérieur à ce monde.


 

Un tel être, s'il consent à mourir, ne peut rester dans un sépulcre.


 

Il est impossible que Celui qui dépasse de si haut la terre, suive le chemin de toute la terre et s'y arrête misérablement.


 

Il est impossible qu'Il soit vaincu par la mort qu'Il a vaincue lui-même pour la fille de Jaïrus, pour le fils de la veuve de Naïn, pour son ami Lazare.


 

En outre Il a déclaré solennellement qu'Il ressusciterait le troisième jour.


 

Sa Parole toujours Vraie, toujours Ferme, ne saurait être démentie par les événements.


 

S'Il ne ressuscite pas.... c'est que sa parole a été une illusion, ou une imposture.


 

La Parole de Jésus-Christ, une illusion ou une imposture !?!...


 

Et cela aux yeux de Thomas ! Impossible.


 

C'est ce que j'appelle l'évidence morale.

Double démonstration, à laquelle Thomas ne se rend pas.


 

Il en veut une troisième, la seule, dit-il, qui puisse le convaincre, la vue et la vue personnelle.


 

En cela, fait-il preuve d'une judicieuse fermeté d'esprit ou d'une injuste exigence, fait-il preuve de raison ou de déraison ?


 

Et voilà aussi ma réponse à celles et ceux qui pourraient être portés à dire comme Thomas :


 

«  Si nous avions vu, vu de nos propres yeux, Jésus-Christ ressuscité, alors nous croirions et nous aurions raison de croire. Jusques-là nous restons dans un doute raisonnable. »


 

Non, dirons-nous ensemble à notre tour, ce doute n'est pas fondé, cette exigence n'est pas légitime, car les mêmes raisons qui, selon cette argumentation auraient dû convaincre Thomas, nous sont présentées : comme lui, si nous voulons bien y réfléchir, nous sommes en face d'une double évidence, l'évidence du témoignage et l'évidence morale.


 

Il est vrai que nous n'avons pas le témoignage parlé des apôtres, mais nous avons leur témoignage écrit.


 

Ce qu'ils ont prêché à la génération de leur temps, ils l'ont consigné pour toutes les générations futures dans ce Nouveau Testament qui est entre nos mains.


 

Je respecte les droits de la science dans l'étude des documents sacrés ; j'admets les recherches d'une critique consciencieuse.


 

Mais une chose est certaine, c'est que d'après les résultats généraux des travaux actuels, nous avons dans les quatre évangiles, sur la Résurrection de Jésus-Christ, le témoignage direct de deux apôtres, saint Matthieu et saint Jean, et de deux compagnons d'apôtre, saint Marc et saint Luc ; c'est que nous avons encore sur ce même fait de la résurrection de Jésus-Christ, et cette fois d'après l'unanimité des interprètes, le témoignage si frappant de saint Paul dans le fameux passage de la première épître aux Corinthiens, chapitre 15, dans les huit premiers versets.


 

C'est enfin, qu'aujourd'hui les critiques les plus négatifs (Le plus illustre de ces critiques, Baur, a écrit ces lignes : « Ce que la résurrection est en soi reste en dehors du cercle des recherches historiques. L'histoire n'a qu'à s'en tenir à ce fait : que pour la foi des disciples, la résurrection de Jésus-Christ était une réalité certaine et inébranlable. Ce n'est que dans cette foi que le christianisme a trouvé une base solide pour tout son développement historique ultérieur. » (Baur, Das Christenthum und die christliche Kirche der drei ersten Jahrhunderte ; 2e édition, p. 39 et 40 ; cité par M. Jacot dans sa Thèse sur la Résurrection de Jésus-Christ. Toulouse, 1866. ) reconnaissent, qu'à tort ou à raison, les premiers disciples de Jésus-Christ croyaient tous à la résurrection de Leur Maître, en rendaient unanimement témoignage, et faisaient de ce témoignage l'objet même de leur prédication.


 

La question est donc bien simplifiée et elle se réduit à ceci :


 

ce témoignage apostolique qui est incontesté, portait-il sur un fait vrai ou sur un fait imaginaire ?


 

La résurrection, que tous ces témoins affirment, était-elle une hallucination ou une réalité ?


 

Dans ces termes, la question ne m'inquiète plus et je suis tranquille sur la réponse.


 

Relisons simplement, sans parti pris, les récits sacrés et prononçons nous-mêmes.


 

Quoi ! Pourrions-nous voir une hallucination indéfiniment répétée dans ces apparitions de Jésus-Christ, si multipliées, si diverses, racontées avec tant de candeur et de précision ?


 

Dans l'épisode si simple et si touchant de Marie-Madeleine ?


 

Dans celui des disciples d'Emmaüs ?


 

Dans la scène du lac de Tibériade ?


 

Dans le dialogue avec saint Pierre ?


 

Dans, les apparitions enfin, mentionnées par saint Paul et suivies de celle dont il a été favorisé lui-même ?


 

Non, non, c'est là de L'histoire et non de la légende.


 

Si les documents sacrés ne sont pas dignes de foi sur ce point, je ne vois pas sur quels autres points ils pourraient l'être.


 

Allons plus loin :


 

Si la Résurrection de Jésus-Christ ne ressort pas de cet ensemble d'attestations, je ne sais pas ce qu'il faudrait pour l'établir, et j'affirme que, si ce n'était pas un fait appartenant à l'ordre surnaturel, nié d'avance par certains esprits, personne, au point de vue historique, n'aurait jamais songé à le contester.


 

Il y a donc ici pour nous, comme pour Thomas, l'évidence du témoignage.


 

Mais il y a encore l'évidence morale.


 

Ce Christ, dont nous avons, nous aussi, contemplé la Divine Figure et entendu les Célestes Accents à travers la simplicité des Évangiles, ce Christ qui nous apparaît, que nous le voulions ou non, comme dominant les siècles, comme supérieur à la nature et à l'humanité, Ce Christ dans lequel beaucoup reconnaissent au moins l'idéal sublime vers lequel doit tendre et monter notre race, aurait subi la loi commune et fini comme l'un de nous !


 

Celui qui, comme on l'a si bien dit (Coulin. Conférences sur le Fils de l'Homme, p. 147. ), « ne parle et n'agit jamais comme un homme pour qui la mort soit un terme, mais toujours comme un homme pour qui la mort est un point de départ...qui construit sa vie sur sa mort, en attend tout, y rapporte tout, y renvoie tout tellement que ce qui est la disparition des autres sera sa grande, sa vraie manifestation à lui, »


 

Ce Prince de la Vie, aurait été Lui aussi un vaincu et un captif de la mort ?


 

Ce Saint et Ce Juste, dont l'Âme Pure comme le ciel habita un corps exempt de souillure, aurait senti dans une tombe inconnue les outrages de la corruption, et Sa Chair Sacrée aurait été en proie aux vers du sépulcre...


 

Non, non, une voix proteste au-dedans de nous, et crie avec saint Pierre :


 

Il n'était pas possible qu'Il fût retenu dans les liens de la mort.


 

Il est Ressuscité, voilà le témoignage de L'histoire.


 

Il devait Ressusciter, voilà le témoignage de notre conscience ! (…)


 

 

Thomas et  la Résurrection de Jésus-Christ

(Dernière partie) (Suite)


 

Thomas et la Résurrection de Jésus-Christ (1ère partie)

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Thomas et la Résurrection de Jésus-Christ (1ère partie)

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