Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Vie Protestante Réformée

  • : Refuge Protestant
  • Refuge Protestant
  • : Blog Protestant Réformé
  • Contact

  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

Bouchra Maurice 

  Croix Huguenote

par theme
Croix Huguenote

Vous pouvez retrouver

Refuge Protestant

sur

Facebook, Google +, Twitter

en cliquant sur l'un des trois liens 

ci dessous

Facebook suivi

Refuge Protestant Google +
Refuge Protestant sur Google +
Google plus Refuge Protestant

 

Twitter Refuge Protestant
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:49
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (5ème partie) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)


Prenez celui auquel l'Évangile se complaît le plus, et par lequel je commençais : les bonnes oeuvres fruit du salut, comme le raisin est le fruit de la vigne.


Le fruit n'est-il pas ce que cherche le vigneron, et la fin qu'il se propose ?

 

La grappe chargée de son jus précieux est le produit naturel du cep, elle en est l'aimable ornement, elle en est la marque distinctive, mais elle est plus que tout cela : elle en est la fin ; le jardinier n'a planté la vigne et ne la cultive que pour obtenir le raisin, si bien que s'il eût connu quelque autre moyen de le posséder, il se fût épargné les soins infinis où il consume sa vie.

 

Oh ! Que les bonnes oeuvres sont donc inhérentes au salut gratuit, puisqu'elles l'ont déterminé dans la Pensée Divine, et que Dieu n'a voulu avoir des rachetés que pour avoir des saints !

 

Des saints, n'est-ce pas le nom de prédilection qu'il donne à Ses Enfants pour les distinguer d'avec ceux du siècle ?

 

Au reste, ce n'est pas seulement en cet endroit que le rapport des oeuvres à la Grâce se découvre ; il est marqué souvent ailleurs, surtout dans les lettres de notre Apôtre : car le docteur de la Grâce est aussi le docteur des Bonnes Oeuvres ; et saint Paul est à lui-même son saint Jacques.

 

Méditez à ce point de vue son épître à Tite.

 

Au second chapitre, après avoir pressé tour à tour toutes les classes de chrétiens, jeunes et vieux, libres et esclaves, de s'appliquer aux bonnes oeuvres qui leur sont propres, toujours en s'appuyant de ce même argument présenté sous les formes les plus variées :


« pour honorer la Doctrine de Dieu Notre Sauveur, »


il résume sa pensée là-dessus dans une conclusion qui a de profondes analogies avec mon texte :

 

« Car la grâce de Dieu, salutaire à tous les hommes, a été manifestée, nous enseignant »

 

Quoi ?

 

« Que renonçant à l'impiété et aux passions mondaines, nous vivions dans ce présent siècle sobrement, justement et religieusement. En attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire du grand Dieu, et notre Seigneur Jésus-Christ, qui s'est donné soi-même pour nous. >

 

Pourquoi ?

 

« Afin qu'il nous rachetât de toute iniquité, et qu'il nous purifiât, pour lui être un peuple qui lui appartienne en propre, et qui soit zélé pour les bonnes oeuvres » (Tite 2.11-14).

 

Poursuivons ; il n'a pas fini :

 

« Avertis-les d'être soumis aux principautés et aux puissances, d'obéir aux gouverneurs, d'être prêts à faire toutes sortes de bonnes oeuvres ; de ne médire de personne, de n'être point querelleurs, mais doux, et montrant une parfaite douceur envers tous les hommes. Car nous étions aussi autrefois insensés, rebelles, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés ; vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs, et nous haïssant l'un l'autre. Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour envers les hommes, ont été manifestés, il nous a sauvés, non par des oeuvres de justice que nous eussions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, lequel il a répandu abondamment en nous par Jésus-Christ notre Seigneur. Afin qu'ayant été justifiés par sa grâce, nous soyons les héritiers de la vie éternelle selon notre espérance, »

 

Voilà le but prochain...et voici le but final :

 

« Afin que ceux qui ont cru en Dieu aient soin les premiers de s'appliquer aux bonnes oeuvres. »

 

Allez, maintenant ; vous avez de quoi répondre à ceux qui vous accusent de compromettre les bonnes oeuvres en prêchant le salut par la Grâce.

 

Oui, comme saint Paul a compromis la sainteté de ses disciples par sa doctrine, ou sa sainteté personnelle par sa foi ; ou comme on compromet l'espoir de la récolte en plantant et en taillant la vigne, l'espoir de la moisson en labourant et en ensemençant la terre.

 

Mais au reste, l'intérêt apologétique est ici bien secondaire : j'ai un plus sérieux objet en vue.

 

Ce n'est pas seulement pour que vous ayez de quoi répondre ou aux ignorants que je veux que vous vous appliquiez aux bonnes oeuvres : c'est pour que vous ne renversiez pas l'Ouvrage de Dieu, c'est pour que vous ne refusiez pas à Jésus-Christ le Fruit qu'Il attend de vous (Esaïe 5.4 ; Matthieu 21.19).

 

Les bonnes oeuvres ?

 

Eh ! Vous n'avez pas été sauvés pour autre chose !

 

Si vous ne marchez pas dans les bonnes oeuvres, Dieu a manqué Son But en vous sauvant, aussi réellement que le jardinier a manqué le sien en chargeant son précieux terrain d'un plant stérile :

 

« Coupe-le ; pourquoi charge-t-il la terre ? »

 

Allez, vous dis-je, marchez dans les bonnes oeuvres ; Dieu ne vous a pas rachetés pour autre chose ! (…)

 

 

 

 


 

La Grâce ou l’oeuvre du Père par Adolphe Monod, (Suite partie 5)

.

.

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 07:47
La Grâce ou l'Oeuvre du Père (6ème partie et fin) par le Pasteur Adolphe Monod

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi ; et cela ne vient point de vous c'est le don de Dieu ; non point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-10)

 

Mais enfin, ces bonnes oeuvres, où les trouver, et qui vous en indiquera le chemin, souvent si difficile à discerner ?


Dieu s'en charge encore ; lisez mon texte jusqu'au bout : en vous créant pour les bonnes oeuvres, Il a préparé les Bonnes Oeuvres pour vous ; le chemin en est tout frayé devant vous par Sa Main Paternelle ; il ne vous reste plus qu'à y marcher.


Sentez-vous bien la beauté de cette image, disons mieux, la Grandeur de cette Grâce, que l'Apôtre vous jette comme par surcroît et qui met le comble à tout le reste ?

 

Comme votre salut est tout fait par la Grâce et qu'il ne vous reste qu'à vous l'approprier par la foi, ainsi votre chemin de bonnes oeuvres est tout fait aussi pour vous, et il ne reste qu'à le discerner, puis à le suivre sans vous en détourner ni à droite ni à gauche : ce n'est pas votre chemin à faire, c'est le Chemin de Dieu à trouver.

 

Achevez de comprendre ceci par l'exemple de Jésus-Christ homme.

 

Jésus ne fait jamais paraître la moindre incertitude sur ce qu'Il doit faire, ni le moindre embarras pour se tracer un plan de vie.

 

Ces combats qui ont agité tous les saints et qui se sont terminés pour les uns dans une règle salutaire, mais quelque peu légale, pour les autres dans une liberté salutaire aussi, mais sujette aux abus, ne semblent pas s'être jamais offerts à Son Esprit.

 

Pourquoi cela ? C'est que Son Plan ce n'est pas Lui qui Le choisit, c'est Dieu qui Le lui fait, et qui Le lui fait si Droit, si Lumineux (je ne dis pas si facile !), qu'Il n'a qu'à Le suivre pas après pas, sans hésitation ni obscurité.

 

Ce n'est pas Lui qui va chercher Ses Bonnes Oeuvres, ce sont Ses Bonnes Oeuvres qui viennent Le chercher, se succédant les unes aux autres à leur place devant Lui, chacune en son heure et à son tour, sans se traverser ni s'embarrasser l'une l'autre, Dieu ne laissant jamais manquer ni le temps à l'oeuvre, ni l'oeuvre au temps.

 

Tel est le chemin de bonnes oeuvres que Dieu a préparé pour Jésus, afin qu'Il y marche ; et parce que Jésus répond à ce Plan du Père par un Oeil Simple, par un Coeur Droit, par une Volonté Docile, la Vie Entière de Jésus n'est qu'une série de Bonnes Oeuvres non interrompue, et dont chacune a été expressément choisie de Dieu pour le moment et les circonstances où elle devait trouver sa place marquée.

 

Que cela est beau ! Eh bien ! Cela est pour vous tout comme pour Lui.

 

Que dis-je ? Cela a été en Lui pour vous montrer qu'Il doit être en vous.

 

Comme Lui, vous avez devant vous votre chemin de bonnes oeuvres tout tracé, un chemin qui vous est propre, personnel, et que vous avez désormais non à faire, mais à suivre.

 

Ne le voyez-vous pas, ce chemin ?...Là se trouvent toutes vos bonnes oeuvres.

 

Il n'en est aucune pour vous en dehors de ce chemin, comme il n'en est aucune qui manque dans ce chemin, si vous voulez « ne pas faire votre volonté, ni suivre votre voie, ni dire vos paroles » (Esaïe 58.13).

 

Entre Jésus-Christ et vous, la différence à cet égard n'est pas dans le chemin, elle est dans le coeur.

 

Si vous aviez Son Oeil Simple, Son Coeur Droit, Sa Volonté Soumise, votre vie se déploierait devant vous, jour après jour, heure après heure, aussi naturellement qu'a fait devant Lui la Sienne, et vous approcherez de cet idéal à proportion que vous approcherez de cet Oeil Simple, de ce Coeur Droit, de cette Volonté Soumise.

 

Ne vous agitez pas, ne vous imposez pas le fardeau de votre plan de vie ; ouvrez seulement les yeux et discernez Le Chemin de Dieu, qui part de votre conversion à Jésus-Christ et qui se continue durant tout le cours de votre carrière terrestre.

 

Dans cet esprit, toutes vos oeuvres viendraient se placer sous vos mains, tous vos sentiers devant vos pas, toutes vos paroles sur vos lèvres, appelés de Dieu même, et tout comme si vous entendiez Sa Voix vous dire :

 

« C'est ici le chemin, marchez-y » (Esaïe 30.21).

 

Ainsi vous deviendrez réellement un homme et une femme de Bonnes Oeuvres, n'ayant pas autre chose à faire au monde que les Bonnes Oeuvres, menant une vie toute composée de Bonnes Oeuvres et réalisant dans Sa Plénitude cette belle parole des Proverbes :

 

« Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, qui augmente son éclat jusqu'à ce que le jour soit en sa perfection » (Proverbes 4.18).

 

Cette perspective ne vous tente-t-elle pas ? Ne soupirez-vous pas après une telle vie, toute réglée de Dieu et toute rapportée à Sa Gloire ?

 

Oui, je lis dans votre coeur, cette vie seule répond à votre besoin intérieur ; -- entrez-y donc, vous l'avez devant vous, entrez-y, -- mais entrez-y par la porte, qui est la Grâce ; et pour être l'homme et la femme, le vieillard et la vieille femme aux cheveux blancs, la jeune fille et le jeune homme, l’enfant des bonnes oeuvres, commencez par être l'homme et la femme de la Grâce !

 

Que viens-je de faire, mes chers amis ? D'exposer la doctrine du salut ? Non, mais de vous annoncer l'Évangile.

 

Exposer la doctrine, c'est l'affaire de la théologie, celle de la prédication, c'est d'annoncer l'Évangile aux pécheurs qui périssent.

 

Ce pécheur qui périt, c'est vous ; cet Évangile qui peut vous sauver, le voilà !

 

Dieu m'en est témoin.

 

Que l'on discute tant qu'on voudra ; que l'on rejette, que l'on réfute, que l'on se raille, que l'on s'irrite, -- c'est là l'Évangile, qui se résume en trois mots inséparables :

 

Grâce, Foi, Bonnes Oeuvres.

 

C'est l'Évangile de l'Église Chrétienne, c'est l'Évangile de l'Église véritablement réformée, c'est l'Évangile de Luther, c'est l'Évangile de Calvin, c'est l'Évangile de saint Augustin, c'est l'Évangile de saint Paul, c'est l'Évangile de saint Jacques, c'est l'Évangile de Jésus-Christ.

 

C’est aussi le mien, par la Grâce de Dieu ; et il faut que ce soit le vôtre, ou vous ne verrez jamais la Gloire de Dieu.

 

Je vous l'annonce sous ma responsabilité, recevez-le sous la vôtre : certain, aussi certain que Dieu est Dieu et que la Bible Entière est Sa Parole, que si vous n'entrez pas dans le ciel par cette porte, vous n'y entrerez jamais.

 

N'est-ce pas vrai, ô Mon Sauveur ? Eh bien ! Si cela est vrai, rends-leur-en témoignage Toi-même au dedans d'eux-mêmes !

 

Impose silence à la voix de l'homme, et ne leur fais entendre que la tienne, « afin que leur foi ne soit point l'effet de la sagesse des hommes, mais de la puissance de Dieu ! » (1Corinthiens 2.5.)

 

Amen,

 


 

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant Réformé




 

.

.

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 14:57
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (1ère partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

Si l'on nous eût donné à deviner lequel d'entre tous ses disciples Jésus ressuscité devait honorer de sa première apparition, qui aurions-nous nommé ?

 

À n'écouter d'abord que le cri de la nature, cette tendre mère, à laquelle une épée venait de transpercer l'âme (*1), se serait offerte à notre esprit avant tous les autres.

 

Puis, à peser les droits sacrés de l'apostolat, nous aurions balancé entre les deux disciples de prédilection, Pierre, héritier de cette grande promesse :

 

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon É(Eglise (*2), » ou Jean, le disciple intime, le plus empressé des deux à constater la résurrection de son Maître (*3), et le premier à la croire (*4).

 

Mais la dernière personne à laquelle nous aurions pensé, convenons-en, c'est une pauvre étrangère qui avait commencé par être l'indigne proie de sept esprits infernaux.

 

Et pourtant, c'est cette pauvre étrangère, c'est Marie de Magdala qui a été choisie :

 

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle Il avait chassé sept démons. »

 

En mettant ainsi en regard, dans un de ces raccourcis qui lui sont propres (*5), le premier et le dernier des traits par lesquels le Saint-Esprit nous a fait connaître Marie-Magdeleine, notre évangéliste a eu quelque chose de plus sérieux en vue que de nous proposer un contraste curieux ou embarrassant.

 

Pour lui, ce contraste cache un rapport profond :

 

Si Marie - Magdeleine a été élevée si haut, c'est parce qu'elle avait été retirée de si bas.

 

Étudions la transition instructive qui l'a conduite de l'un de ces termes à l'autre, et que l'histoire évangélique, développant la pensée de saint Marc, nous fait suivre de période en période, non en nous exposant les sentiments intérieurs de Marie-Magdeleine, mais en nous la montrant à l'oeuvre dans quelques-unes de ces grandes occasions où le coeur se révèle par l'action.

 

Car, chose étonnante !

 

Dieu, Lui Seul connaît les coeurs, ne peint guère l'homme que par ses oeuvres, tandis que l'homme, qui ne voit que les oeuvres, s'évertue à pénétrer le secret des coeurs.

 

Me trompé-je en disant que cette étude répond à un besoin de nos âmes ?

 

Nous désirons, nous aussi, que Jésus se révèle a nous dans la sainte gloire de sa résurrection (*6).(...)

 

La seule chose que nous sachions de la conversion de Marie-Magdeleine, c'est que Jésus avait chassé d'elle sept démons.

 

C'est là le fait saillant qui a frappé les évangélistes, saint Luc aussi bien que saint Marc ; c'est sans doute aussi celui qui a frappé ce peuple fidèle dont ils sont les organes inspirés : pour l'Église primitive, Marie-Magdeleine était cette femme bien connue de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

La tradition qui nous représente Marie - Magdeleine livrée aux honteux désordres de la chair, est d'origine plus récente et sans appui solide.

 

On avait jugé, sans raison suffisante, que la présence des esprits malins ne pouvait aller sans une vie déréglée ; ou bien on avait, avec moins de raison encore (*7), confondu Marie-Magdeleine avec cette pécheresse qui vient répandre sur les pieds du Seigneur une huile odoriférante, en les arrosant de ses larmes et les essuyant de ses cheveux.

 

Ne cherchons pas des crimes à Marie-Magdeleine, pour accroître le prodige de sa conversion : avant tout, comme l'Écriture, soyons vrais.

 

Hélas ! Et ce trait seul ne suffit-il pas pour jeter sur son premier état une mystérieuse, mais effrayante lumière : sept démons (*8)?

 

Ce n'est pas le lieu et temps de discuter la condition de ces démoniaques, qui apparaissent dans le Nouveau Testament comme pour fournir au Fils de Dieu l'occasion de déployer toute sa Vertu Divine, dans une lutte étrange et terrible avec les puissances des ténèbres.

 

Une chose est certaine : c'est que ces infortunés, asservis à une influence occulte et pernicieuse, au travers de laquelle perçaient çà et là des lueurs d'intelligence, de foi même, qui redoublaient le sentiment de leur misère quand elles ne les conduisaient pas au Sauveur, appartenaient, par leur condition tant physique que morale, aux plus malheureux et aux plus déchus d'entre les hommes.

 

C'était porter en soi le germe de tous les péchés et de toutes les douleurs, que d'y porter cette action des esprits malins ; c'était ressentir un avant-goût de l'enfer sur la terre, avec ses souffrances sans consolation, avec sa lumière tardive et infructueuse ; aussi les démons chassés comptent-ils, dans le récit des évangélistes, parmi les prodiges les plus éclatants de Jésus-Christ et parmi Ses Bienfaits les plus signalés.

 

Sept démons ! C'est le type du dernier degré d'abaissement moral (...)

 

Sept démons ! Il n'en a fallu qu'un pour réduire un pauvre enfant à cet état d'égarement et de fureur qui défie tous les efforts des apôtres, et ne cède enfin à la parole de Jésus-Christ, spécialement préparé par le jeûne et par la prière, qu'au travers d'un si affreux combat que le malade guéri passe quelque temps pour mort aux yeux de la multitude épouvantée (*9).

 

Sept démons ! On peut juger de ce qu'a dû être la condition première de Marie-Magdeleine par celle de cet autre possédé en qui l'esprit immonde, pressé par cette question du Seigneur :

 

« Comment as-tu nom ? » répond : « Je m'appelle Légion, car nous sommes plusieurs, » et que saint Marc nous montre rompant ses liens et brisant ses fers, courant de jour et de nuit dans les montagnes et dans les sépulcres, se meurtrissant. avec des pierres et poussant des cris lamentables (*10).

 

Telle à peu près a dû être la condition de Marie-Magdeleine, jusqu'au jour de Grâce où elle rencontra ce Fils de Dieu « que tous les anges adorent, » et que les démons confessent en dépit d'eux tout en blasphémant.

 

Il parle, et la voici délivrée ; Il dit : « Esprit immonde, Je te commande, Moi, sors et ne rentre plus (*11) » et voici Marie-Magdeleine rendue, j'allais dire à la société et à sa famille, mais disons mieux encore, rendue à elle-même et à Dieu.

 

Qu'on se figure la confiance et la gratitude qui l'attachent désormais à Celui qui l'a fait passer « de la puissance « de Satan à Dieu, et des ténèbres à la lumière (*12). »

 

La profondeur de l'abîme d'où elle a été retirée, tel est le principe, telle est la mesure de l'amour qu'elle porte désormais à Jésus ; et cet amour est la clef de tout ce qu'elle fait à l'égard de Jésus vivant, de Jésus mourant, de Jésus ressuscité.

 

Elle le suit vivant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le pleure mourant, parce qu'elle l'aime ;

 

Elle le cherche ressuscité, parce qu'elle l'aime ;

 

Et elle l'aime, parce qu'elle n'a qu'à jeter un regard sur Lui pour se rappeler que c'est Lui Seul qui l'a délivrée, et qu'à en jeter un sur elle-même pour se rappeler de quoi Il l'a délivrée, elle, cette femme indigne et misérable, jadis possédée de sept démons à la fois.

 

Le premier effet par lequel se déclare l'amour de Marie-Magdeleine pour Celui qui l'a délivrée, c'est le désir de Le suivre dans le cours de sa Sainte et Bienfaisante vie.

 

Cette expression de sa reconnaissance ne lui est pas particulière : quand Jésus a délivré ce malheureux Gadarénien de sa légion de démons , le malade guéri sollicite la faveur d'être avec Lui.

 

Jésus, qui avait pour cet homme une autre mission en réserve, Lui répond :

 

« Retourne en ta maison, et raconte quelles grandes choses Dieu t'a faites (*13); » mais la mission d'un homme n'est pas celle d'une femme, et la mission d'un disciple n'est pas celle d'un autre disciple (*14) : Marie-Magdeleine désire à son tour d'être avec le Seigneur, et Jésus ne le lui défend point.

 

La voilà donc qui s'attache à tous ses pas, comme ses apôtres, jusqu'à l'accompagner aux fêtes solennelles, où la présence des hommes était seule réclamée par la loi (*15) :

 

« Il allait de ville en ville, et de bourgade en bourgade, prêchant et annonçant le royaume de Dieu; et les douze disciples étaient avec Lui, et quelques femmes aussi qu'Il avait délivrées des malins esprits et des maladies, savoir Marie qu'on appelait Magdeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, et Jeanne, femme de Chuzas, lequel avait le maniement des affaires d'Hérode, et Suzanne, et plusieurs autres, qui l'assistaient de leurs biens (*16). »

 

Marie-Magdeleine, nommée constamment la première, et peinte au point de départ par saint Luc du même trait dont la peint saint Marc en terminant, est à la tête de ce cortège de femmes pieuses qui suivent le Seigneur de lieu en lieu, et qui en même temps subviennent à ses besoins.

 

Jésus n'avait rien à Lui dans ce monde, ni un lieu même où reposer sa tête : c'est à un ami qu'Il demande un asile à Jéricho (*17) ; c'est d'un ami qu'Il emprunte une monture pour entrer dans Jérusalem (*18); c'est chez un ami qu'Il retient une chambre haute pour célébrer la Pâque (*19).

 

Eh bien ! Marie-Magdeleine, pourvue des biens de ce monde, s'empresse de les mettre à la disposition de Celui à qui elle doit tout et se doit elle-même, heureuse de pouvoir faire quelque chose pour Lui rendre moins pesant le fardeau de la vie humaine, dont Il s'est chargé pour la soulager.

 

Toutefois, ce généreux sacrifice n'est pas encore ce qui me touche le plus dans Marie-Magdeleine suivant tous les pas du Seigneur.

 

Ce qui me touche le plus, c'est le tendre empressement qu'elle fait paraître de demeurer toujours avec Lui, pour ne perdre aucune de Ses Paroles , aucun de Ses Miracles, aucune de Ses Guérisons, plus spécialement peut-être aucune de celles qui ressemblent à la sienne.

 

Tout cela nous semble peut-être assez naturel, et nous nous étonnons de voir une grande preuve de l'amour de Marie-Magdeleine pour Son Sauveur dans une conduite toute simple, et que nous aurions tenue nous-mêmes à sa place.

 

Mais y avons-nous bien réfléchi ?

 

Prenons garde : rien de plus attrayant que la charité en perspective et le sacrifice à l'horizon ; mais la réalité est une rude épreuve pour le dévouement, et la seule certaine.

 

Jugeons plutôt de ce que nous aurions fait dans une situation que nous n'apercevons qu'à distance, par ce que nous faisons actuellement dans une situation qui est la nôtre, et où Dieu lui-même nous fournit les moyens de connaître ce qui est dans notre coeur.

 

Vivant aux jours de Jésus-Christ, nous nous serions empressés, pensons-nous, de mettre à son service ce que nous avons de biens sur la terre.

 

Nous aurions fait comme Marie-Magdeleine qui donne son trésor, non comme le jeune riche qui refuse le sien.

 

Et pourquoi donc faisons nous bien souvent dans une vraie réalité objective comme le jeune riche, non comme Marie-Magdeleine ?

 

Si Jésus-Christ n'est plus sur la terre, Il y a laissé ses disciples, qui sont Ses Frères, les membres de Son Corps, et parmi lesquels il ne manque pas de pauvres (*20).

 

Il nous a déclaré que ce que nous faisons pour eux, nous l'aurons fait pour Lui, et que ce que nous leur refusons, nous l'aurons refusé à Lui-même.

 

Voilà un moyen tout trouvé, un moyen pratique sans danger d'illusion ni de poésie, de prouver notre disposition à faire des sacrifices pour Jésus-Christ.

 

Ce moyen, quel usage en faisons-nous ?

 

Nous voit-on en recherche d'occasions pour assister Jésus-Christ dans la personne du pauvre qui croit en son nom ?

 

Nous voit-on nous dépouiller un peu largement en sa faveur de notre superflu, je n'ose pas dire toucher à notre nécessaire ?

 

Ah ! sachons bien que telle que Marie-Magdeleine a été pour le Sauveur, telle elle serait aujourd'hui pour ses frères ; et qu'elle aurait cru se renier elle-même, que de se contenter de ces misérables secours que la plupart d'entre nous, même de ceux qui font profession d'une foi évangélique, se laissent si péniblement arracher.

 

Aussi bien, elle ne pouvait suivre Son Maître, sans trouver à chaque pas, dans les malheureux que la Charité de Jésus attirait de toutes parts, des occasions qui sollicitaient son esprit de sacrifice.

 

Si nous devions nous plaindre de la multitude des appels qui viennent chercher notre bienfaisance : pour elle, sa vie entière était un appel continuel, qu'elle allait chercher elle - même.....

 

Grâces à Dieu, il est dans tous les temps quelques veuves qui donnent de leur nécessaire, quelques Dorcas qui donnent leur travail, quelques Barnabas qui donnent leurs possessions, après s'être donnés eux-mêmes ; il en est que nous connaissons, il en est d'autres qui réussissent à se cacher; - mais, hélas !

 

Hélas ! Sont-ils donc si nombreux que le sacrifice de Marie-Magdeleine ne nous doive inspirer ni admiration ni surprise ?

 

 

 

Suite 2ème partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod)  

Bible (124)

Croix Huguenote

 

 

 

 

Notes :

-1. Luc II, 35. 

 

-2.Math, XVI, 16. 

 

-3. Jean XX, 2-4 

 

-4. Jean XX, 8.

 

.-5. Marc 1, 13, etc. 

 

-6. Éph. 1, 19-fin; 1 Cor.-IV, 14-22, Etc.

 

-7. Luc VIII, 2, rapproché de Luc VII, 37-50.

 

-8. Marie-Magdeleine peut avoir été possédée de ces sept démons, et guérie par le Seigneur, ou successivement, ou simultanément. La seconde hypothèse est de beaucoup la plus vraisemblable, par analogie avec Luc VIII, 27-39, et Matth. XII, 43-45.

 

-9. Marc IX, 19-27. 

 

-10Marc, V, 1-20.

 

-11. Marc IX, 25. 

 

-12. Actes XXVI, 18.

 

-13. Luc VIII, 39.

 

-14. Luc IX, 57-62.

 

-15. Matth. XXVII, 55-56.

 

-16. Luc VIII. 1-3.

 

-17. Luc XIX, 5.

 

-18. Luc XIX, 30, 31

 

-19. Luc XXII, 12.

 

-20.1 Cor. 1, 26.

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 14:56
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (2ème partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Ce devait être aussi, pensons-nous, une vie pleine d'intérêt et de mouvement, que celle de ces disciples et de ces femmes, compagnons assidus du Sauveur auditeurs de Ses Discours, témoins de Ses Oeuvres, spectateurs de Ses Prodiges.

 

Fort bien, s'ils l'eussent suivi dans l'esprit de ce peuple volage qui se pressait parfois sur les pas de Jésus-Christ pour n'en prendre que selon Son Attrait, un jour prêtant l'oreille au sermon de la montagne, un autre jour profitant de la multiplication des pains, ici assistant à la résurrection de Lazare, là attendant l'accueil fait à la prière de la Cananéenne, ou à la question des Pharisiens coalisés avec les Hérodiens.

 

Mais suivre Jésus, comme Marie - Magdeleine, jour après jour, dans toutes les situations, dans toutes les fatigues, dans toutes les douleurs, dans toutes les humiliations, dans toutes les réalités enfin de la vie de l'Homme-Dieu sur la terre ;

 

Le suivre, quand ses disciples n'avaient le loisir ni de se reposer, ni de manger (*21);

 

Le suivre, quand Ses Discours éloignaient de Lui tous ceux qu'une foi invincible n'enchaînait pas auprès de Sa Personne (*22);

 

Le suivre, quand ceux de Nazareth Le menaient au haut de leur montagne pour l'en précipiter (*23), ou quand ces Juifs tenaient déjà des pierres dans leurs mains pour Le lapider (*24);

 

Le suivre, quand on ne pouvait Le suivre qu'au péril de sa propre vie (*25),  

 

Etait-ce aussi curieux, aussi nouveau, aussi entraînant selon nous ?

 

Ah ! Que nous nous connaissons mal nous-mêmes, ou que nous connaissons mal Le Fils de l'homme !

 

Que nous savons peu combien nous sommes asservis à nos habitudes, à nos aises, à notre bien-être, ou que nous savons peu combien Sa Vie, et la vie de ceux qui l'entouraient, était remplie de privations, d'amertumes, de périls !

 

Quand nous Lui aurions dit :

 

« Maître, je Te suivrai partout où Tu iras, »

 

Il nous eût répondu comme à ce disciple novice :

 

« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête (*26); »

 

Et qu'aurions-nous fait alors, nous que décourage parfois, souvent, la moindre peine, le moindre reproche, le moindre embarras à affronter pour le Saint Nom de Jésus ?

 

Mais au reste, à cette double épreuve du sacrifice pécuniaire et du sacrifice personnel, il s'enjoignait une troisième, plus redoutable encore peut-être, mais que je me borne à indiquer : celle de la sainteté.

 

La sainteté seule de Jésus devait suffire pour écarter une âme ordinaire, si elle n'était retenue, comme un Judas, par l'intérêt et par l'hypocrisie.

 

Avez-nous jamais songé à ce qu'il en coûte d'avoir constamment sous les yeux un parfait exemple de piété, de charité, d'humilité, de vie céleste, soit qu'on s'applique avec une noble ardeur à se régler sur ce modèle, ou qu'on se résigne lâchement à subir la censure incommode qu'on y trouve, comme Caïn dans les oeuvres bonnes de son frère ?

 

Mais, croyez-moi : on ne la subira pas longtemps ; si l'on ne tue pas comme un Caïn, on fuira du moins comme un Démas ; suivre Jésus, c'est s'engager tacitement à l'imiter.

 

Je ne parle point ici pour nous accabler : je ne veux que nous faire apprécier, par un contraste humiliant pour nous, tout ce que valait, tout ce que prouvait la fidélité de Marie-Magdeleine à suivre Jésus-Christ vivant.

 

Qu'est-ce donc qui la rendait capable de cette vie, dont nous serions, selon toute apparence, incapables ?

 

C'est qu'elle était cette femme de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

En échange d'une telle délivrance, l'abandon de sa fortune, de son repos, de sa volonté, de sa vie même, si elle lui était demandée, ne lui semblait qu'un présent de vil prix.

 

Et nous, voilà ce qui nous manque : Jésus ne nous a pas délivrés de sept démons.

 

Que si nous souhaitons cependant une épreuve plus décisive pour le dévouement de Marie-Magdeleine, nous ne serons que trop tôt satisfaits.

 

Il est si vrai qu'il fallait aimer Jésus comme Marie-Magdeleine l'aimait, pour s'associer comme elle le faisait à sa vie, que nous allons voir la génération contemporaine importunée par cette vie si bienfaisante, mais si sainte, et tout occupée des moyens d'y mettre un terme.

 

A peine ce beau spectacle a-t-il commencé d'être donné au monde, que déjà Il va lui être enlevé : le Fils de l'homme est retranché de la terre des vivants (*27).

 

Le voici, en quelques jours, que dis-je ?

 

En quelques heures, trahi, arrêté, jugé, condamné, crucifié entre deux brigands.

 

« Il a été mis au rang des malfaiteurs (*28). »

 

Que devient alors Marie-Magdeleine ?

 

Hélas ! Il y a un moment de terreur panique (*29), où le vide se fait de toutes parts autour de « l'homme de douleurs (*30), » et où la terre entière l'abandonne (*31), souvenir à jamais humiliant pour la race humaine.

 

Toutefois, le premier coup de tonnerre passé, les plus fidèles, ou les moins infidèles, se rallient, mais avec quelle timidité !

 

Des deux seuls apôtres qui suivent Jésus (*32), l'un le renie, l'autre n'évite l'apostasie que par le silence ; pas une voix ne s'élève en faveur du Fils de l'homme livré aux mains des méchants.

 

Cependant un groupe de disciples, où les femmes dominent, suivent, en pleurant, Jésus au Calvaire ; et, après avoir peut-être envié secrètement à Simon de Cyrène le pesant fardeau dont on charge ses épaules, ils s'arrêtent, enchaînés sans doute par la crainte, et contemplent à distance la scène de la suprême douleur.

 

Marie-Magdeleine est dans ce groupe (*33).

 

Mais en voici quatre (*34), fidèles entre les fidèles, qui, s'enhardissant par degrés, percent enfin à grand'peine au travers de cette multitude curieuse, de ces pharisiens acharnés, de ces soldats romains cruellement empressés, de tous ces obstacles qui eussent rebuté dix fois un courage, disons mieux, un amour ordinaire, et ne s'arrêtent cette fois que parvenus au pied de la croix : Marie-Magdeleine est de ces quatre, qui donnent à Jésus la plus haute marque d'amour qu'il ait reçue durant « les jours de sa chair. »

 

Je ne crois pas dépasser la vérité en ajoutant que même entre ces quatre, l'amour de Marie-Magdeleine l'emporte par un certain côté, qui est proprement celui de l'Église.

 

C'est l'amour de Jésus-Christ tout pur, sans l'appui, ni le mélange, d'aucune affection particulière.

 

L'amour de Marie de Nazareth est l'amour d'une mère; l'amour de Jean, l'amour d'un apôtre intime; l'amour de Marie de Cléopas, l'amour d'une tante, et cette tante, la mère d'un apôtre (*35).

 

Mais l'amour de Marie-Magdeleine, sans parenté ni apostolat, c'est l'amour, non de tel ou tel disciple, non de telle ou telle catégorie de disciples, mais de l'Église tout entière pour son Sauveur crucifié.

 

Cet amour, Marie-Magdeleine le témoigne, non en apôtre, par une profession publique, telle que la fit autrefois Simon Pierre, mais en femme, par sa présence, par ses larmes, par sa sympathie.

 

Si Jésus souffre pour Marie-Magdeleine, Marie-Magdeleine souffre avec Jésus.

 

Mais cette sympathie, qui la dira ?

 

Je me plaignais tantôt que l'homme prétend lire dans le coeur de l'homme.

 

Au risque de me contredire, je me laisse aller moi-même à la tentation ; oui, je crois lire dans le coeur de Marie-Magdeleine, comme je lirais dans un livre ouvert.

 

 

 

 

 

  Suite partie 3ème  (Marie Magdeleine par Adolphe Monod)

Bible (56)

Croix Huguenote

 

Notes :
 

-21. Marc VI, 31. 

 

-22. Jean VI, 67-69. 

 

-23. Luc IV, 29.

.

-24. Jean X, 31.

 

-25. Jean XI, 16. 

 

-26. Luc IX, 57,58. 

 

-27. Ésaïe LIII, 8.

.

-28. Marc XV, 27, 28. 

 

-29. Marc XIV, 50 - 52. 

 

-30. Esaïe LIII, 3.

.

-31. Jean XVI, 32.

 

-32. Jean XVIII, 13.

.

-33. Matth. XXVII, 56; Marc XV, 40; Luc XXIII, 49.

.

-34. Auxquels Olshausen et d'autres en ajoutent une cinquième, Salomé, d'après Matth. XXVII, 56, et Marc XV, 40; mais Jean XIX, 25, est contraire à cette supposition.

.

-35. Jacques le Mineur, Marc, XV, 40.

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 14:50
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (3ème partie)

  « Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.)

 

(...) Voyons nous Marie Magdeleine, mourant de la mort de Jésus et languissant de ses langueurs, frémissant au bruit de ce marteau tour à tour levé et abaissé, dont les coups retentissent au fond de son âme, et de ces clous enfoncés qui la déchireraient moins., lui semble-t-il, plantés dans ses mains que dans celles de son Maître ?

 

La voyons nous, recueillant tour à tour les sept paroles de la croix, qui ont fait l'étude et l'admiration de l'Église pendant plus de dix-huit cents années, avant de faire l'objet de nos méditations ?

 

La voyons-nous, prêtant l'oreille aux outrages des prêtres, aux railleries des bourreaux, à la prière du larron pénitent, à la confession du centenier, - enfin au dernier soupir du Crucifié, qu'elle attendait pour respirer à l'aise et pleurer sans contrainte ?

 

Jamais elle ne L'a tant aimé vivant, qu'elle L'aime mourant.

 

Pourquoi cela ?

 

C'est qu'elle L'aimait vivant comme Son Libérateur, et qu'elle L'aime mourant comme Son Sauveur; un Sauveur, qui ne la délivre qu'en souffrant pour elle, qui ne Lui donne de vie et de félicité que ce qu'Il prend sur La Sienne, et qui, comme la semence déposée en terre, ne porte son fruit précieux qu'à la condition de mourir (*36).

 

Ainsi que le Bienfait de Jésus, l'amour de Marie-Magdeleine a changé de caractère.

 

Autant l'un est devenu plus douloureux, autant l'autre est devenu plus tendre.

 

C'est pour les pécheurs que Jésus souffre, et par les pécheurs ; c'est plus spécialement pour elle, et par elle, la plus misérable de tous à ses yeux, et à qui sa misère est révélée par cette croix, comme elle ne le fut jamais en Galilée.

 

Elle s'indigne, sans doute, contre les auteurs iniques et les exécuteurs barbares du plus détestable des jugements ; mais elle s'indigne surtout contre elle-même.

 

Ce sont ses péchés, à elle, elle dirait volontiers à elle seule, qui ont imposé à l'Amour de Jésus cet affreux sacrifice ; sa main, sa propre main a conduit les mains qui ont manié ce marteau, planté ces clous, dressé cette croix.

 

Il lui semble que le monde entier va lui dire :

 

C'est pour toi, c'est par toi que tout ceci lui arrive;

 

Et si le monde ne le lui dit pas, elle est prête à le dire au monde :

 

C'est moi qui ai tout fait ; moi, indigne entre les indignes ; moi, la plus ingrate de toutes les créatures, si je n'en étais pas la plus reconnaissante, et si mon amour ne croissait pas avec ses douleurs !

 

Sympathie combien méritée, combien naturelle !

 

Oui, mais combien rare !

 

Rare, comme le sentiment profond de désordre réparé, de coulpe effacée, de peine remise, qui a poussé Marie-Magdeleine au pied de la croix, et que la croix lui rend doublé, centuplé.

 

Nous-mêmes, la connaissons-nous, cette sympathie ?

 

Y a-t-il quelque chose de pareil aux pensées de Marie-Magdeleine, dans les pensées avec lesquelles nous contemplons Notre Sauveur mourant ? q

 

Quelque chose qui soit en rapport avec l'excès de son amertume, ou avec l'objet de Son Sacrifice ; avec ce qu'Il nous doit de douleur, ou avec ce que nous Lui devons de délivrance ?

 

Que dis-je ?

 

Quelque chose qui soit en rapport avec ce que nous avons éprouvé peut-être pour la souffrance d'un indifférent, ou pour le supplice d'un criminel, ou pour des malheurs de roman ou de théâtre ?

 

Coeurs égarés, où la fausse sensibilité a tué la véritable ; tendres à l'excès pour tout le reste, sans pitié pour Lui Seul !

 

C'est affreux, ce que je dis là, c'est effrayant, mais n'est-ce pas bien souvent vrai ?

 

Ah ! C'est que beaucoup n'ont jamais eu conscience, comme Marie-Magdeleine, d'une calamité immense dont Jésus a retirés c'est qu'il n'a pas pour beaucoup encore délivrés de sept démons !

 

Aussi, de quelle ardeur Marie-Magdeleine cherche-t-elle son Sauveur ressuscité !

 

C'est ici la dernière période, et le triomphe de son amour; c'est ici ce qui a inspiré à saint Marc le rapprochement indiqué dans mon texte :

 

« Il apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. »

 

Jésus, Celui qu'elle aimait, sans qui elle ne peut vivre, est mort.

 

Elle L'a suivi vivant; elle La pleuré mourant ; mort, que ferait-elle ?

 

Mort, - mais L'est-Il tout entier ?

 

L'est-Il pour toujours ?

 

L'est-Il pour longtemps ?

 

Son coeur lui dit là-dessus des choses étranges ; et la Parole de Jésus vient en aide à son coeur.

 

Il a annoncé qu'Il mourrait, et qu'Il ressusciterait le troisième jour (*37) ; cela est si bien connu que ses ennemis prennent des précautions pour empêcher l'enlèvement de son corps.

 

Il est vrai que les disciples de Jésus n'ont pas cru cette parole, ou plutôt ne l'ont pas comprise (*38).

 

Marie-Magdeleine ne l'a probablement pas plus comprise que les autres ; les aromates qu'elle apporte pour embaumer le corps de Jésus (*39), et sa plainte répétée :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis (*40), »

 

donnent à connaître qu'elle Le cherche plutôt mort que vivant.

 

Et pourtant, il y a dans le fond de sa pensée quelque autre chose qu'elle ne dit pas, qu'elle ne saurait dire : ce n'est pas ainsi qu'on cherche un mort.

 

En Jésus-Christ Ressuscité, Marie-Magdeleine trouve plus qu'elle n'osait chercher, j'en conviens ; mais certainement aussi dans son seul cadavre, elle eût trouvé moins que ce qu'elle cherchait ; et toute préparée qu'elle est pour l'embaumer, elle s'attend vaguement à avoir quelque chose de meilleur à faire.

 

Après une telle vie et une telle mort, elle compte sur quelque chose d'extraordinaire qu'elle n'avoue à personne, dont elle ne se rend pas compte à elle-même ; elle pressent confusément la Résurrection de Son Maître, à peu près comme Marthe celle de son frère; et sa lumière va croissant par degrés, jusqu'au moment où l'événement vient tout ensemble réaliser ses espérances et les dépasser.

 

Quand je veux me faire quelque idée de ce qui se passe dans son coeur, je me figure une mère qui vient de perdre son fils bien-aimé, mais à qui une parole vénérée a fait concevoir, comme celle d'Élisée à la Sunamite, je ne sais quelle espérance incertaine qu'il va lui être rendu.

 

Je me la figure courant à son tombeau, le trouvant vide, n'ayant plus qu'à choisir entre une résurrection et un enlèvement, n'avouant que' l'enlèvement, mais inclinant vers la résurrection, demeurant la dernière près du sépulcre où elle est venue la première, pleurant, cherchant, interrogeant, attendant, et trouvant enfin son fils, - son fils vivant, - sans oser d'abord le reconnaître, de peur d'avoir à redescendre d'une illusion trop ravissante dans une trop amère réalité...

 

Ce n'est là qu'une image affaiblie de l'histoire de Marie-Magdeleine, devançant tous les autres et prévenant le jour; trouvant la pierre roulée et le sépulcre vide ; courant vers les apôtres, qui semblent ne se mouvoir que sur sa parole ; les rendant témoins de ce qu'elle a vu, mais demeurant après eux pour voir davantage ; seule, faible femme, près d'un tombeau ouvert ; pleurant, et demandant à tout ce qui l'entoure celui qui seul remplit son coeur; le demandant aux anges, en qui rien ne la touche ni ne l'intéresse que le témoignage qu'elle sollicite d'eux ; le demandant à Lui-Même, qu'elle prend pour un autre, - jusqu'au moment où, reconnaissant enfin Sa Voix Aimée dans l'accent dont Il l'appelle, elle est rassurée par cet entretien en deux mots, en deux noms :

 

« Marie ! Rabboni ! » mais deux noms, dont l'un dit tout ce que Marie est pour son Sauveur ressuscité, et l'autre tout ce que Jésus ressuscité est pour Marie sa servante, de laquelle Il a chassé sept démons.

 

C'est toujours à ces sept démons qu'il en faut revenir, c'est par ces sept démons qu'il faut tout expliquer ; le Saint-Esprit l'a fait comprendre à Marc, et Marc nous le fait comprendre à son tour.

 

Marie-Magdeleine, premier témoin de la résurrection, choisie pour L'annoncer à ceux qui ont été choisis pour l'annoncer au monde, simple femme, qui n'a que son coeur pour elle, mais dont ce coeur fait l'apôtre des apôtres ;

 

Marie-Magdeleine, la grande figure de cet admirable vingtième chapitre de saint Jean, où elle occupe, dans la première journée du royaume des cieux, cette première place que les apôtres eux-mêmes lui cèdent sans hésitation ;

 

Marie-Magdeleine, les prémices de l'Église consolée, la première voix terrestre qui ait frappé l'oreille de Jésus ressuscité, et la première oreille humaine que la Voix de Jésus ressuscité ait rendue attentive ;

 

Marie-Magdeleine, à laquelle il n'est pas un disciple, si froid soit-il, qui n'ait donné au moins une fois dans sa vie un mouvement de sympathie et une larme d'attendrissement ;

 

Eh bien, cette Marie-Magdeleine, qui est-elle enfin et d'où vient-elle ?

 

Est-ce une sainte accomplie, qui puisse se vanter d'une vie sans tache, d'une perfection surérogatoire, que sais-je ?

 

D'une conception immaculée ?

 

Non, vous dis-je, non, mais une pauvre et indigne pécheresse ; mais l'objet d'une obsession maligne et infernale.; mais une femme, que nous aurions rougi d'avoir pour fille ou pour soeur; une femme, que nous aurions tremblé de voir s'asseoir à nos côtés ; une femme, que nous aurions fait enfermer dans quelque Salpêtrière et revêtir de la camisole de force ; une femme enfin, de laquelle Jésus avait chassé sept démons.

 

Voilà, voilà le principe de sa vie en Galilée, de sa douleur sous la croix, de sa joie près du sépulcre, enfin de toute sa grandeur ; grandeur dont elle ne sait rien elle-même, suivant, avec la simplicité d'un enfant, le mouvement d'un coeur qui la pousse à chercher Celui qu'elle a perdu, sans plus songer à mériter le témoignage que je lui rends, et que le Saint-Esprit lui a rendu avant moi, que nous ne songeons, nous, à nous obtenir l'estime ou l'admiration des générations à venir par l'émotion qui remplit en ce moment notre coeur, et que nous porterons à la table de ce même Jésus, mort pour nous comme pour Marie-Magdeleine, et pour nous comme pour elle, ressuscité d'entre les morts.

 

Mais le remplit-elle en effet ?

 

Entrons-nous dans l'esprit du dialogue échangé entre Marie-Magdeleine et son Maître ressuscité ?

 

Entendons-nous, en esprit, Jésus nous disant Marie !

 

Et, se réjouissant sur nous, qu'Il a déjà affranchi de la mort, déjà fait monter au ciel, déjà fait asseoir à la droite de Dieu avec lui ?

 

Et Jésus nous entend-Il à son tour lui disant Rabboni ! Et nous réjouissant dans la pensée qu'Il a tout accompli, qu'Il ne souffre plus, qu'Il vit aux siècles des siècles, et qu'Il recueille auprès du Père le prix de Son abaissement et de Son Sacrifice ?

 

Notre coeur, en un mot, célèbre-t-il la Pâque comme une vraie Pâque du Seigneur, qu'il a aimé, qu'il a cherché, qu'il a trouvé?

 

Ou bien célébrera-t-il la Pâque, parce que c'est le jour de Pâques, sans tressaillement, sans amour, prêt à retourner demain aux pensées terrestres de ses joies, à l'abattement de ses douleurs, ou à l'entraînement de ses convoitises, tout comme si Jésus n'était pas ressuscité ?

 

Mais pourquoi ? Si ce n'est parcequ'alors, rien n'aurait été connu qui ressemble à la plaie du coeur de Marie, et que Jésus n'aurait pas encore délivré de sept démons ?

 

Tel est le secret de Marie-Magdeleine, pour croître dans cette grâce qui l'a retirée de l'abîme : l'amour par l'humilité.

 

Son premier secret, avec Jésus vivant, c'est un premier pas dans l'amour par un premier pas dans l'humilité ;

 

Son second secret, avec Jésus mourant, c'est un second pas dans l'amour par un second pas dans l'humilité ;

 

Son troisième secret, avec Jésus ressuscité, c'est un nouveau pas dans l'amour par un nouveau pas dans l'humilité en attendant que son secret final., avec Jésus Glorifié, ce soit le complet épanouissement de l'amour par l'humilité, son âme élue plongeant du plus haut des cieux dans le plus profond de cet enfer auquel elle a commencé par être livrée.

 

... Mais quoi ? Tant de grâce n'est-elle donc accessible qu'à la victime de sept démons ?

 

Pour avoir été préservés de l'excès de misère qui a été la première condition de Marie-Magdeleine, nous sera-t-il impossible d'aimer comme elle ?

 

Et serons-nous réduits à souhaiter d'avoir été plus coupables pour être plus reconnaissants ?

 

Non, non, nous serons réduits seulement à nous connaître mieux ; car nous n'avons qu'à nous mieux connaître pour nous trouver les "sept démons" dont elle a été délivrée, si ce n'est pour nous en trouver davantage, hélas ! Et celui qui s'en voit le moins, est celui qui en a le plus.

 

La pécheresse de saint Luc n'a pas été délivrée de sept démons, comme Marie-Magdeleine ; et cependant, elle ne peut trouver de marques ni assez humbles ni assez tendres de sa reconnaissance et de son amour :

 

« Elle a beaucoup aimé or celui à qui il est moins pardonné, aime moins (*41). »

 

Saint Pierre n'a pas eu à rompre, comme cette pécheresse, avec les indignes convoitises de la chair; et cependant, il peut dire d'un coeur sincère :

 

« Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime (*42). »

 

Saint Paul n'a pas, comme saint Pierre renié trois fois son Maître après l'avoir connu ; et cependant, il a pu écrire :

 

« Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, desquels je suis le premier (*43). »

 

C'est pour lui-même, comme pour saint Pierre, comme pour la pécheresse, comme pour Marie-Magdeleine, comme pour nous tous, que ce même saint Paul a écrit encore :

 

« Nous aussi étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses passions et voluptés, vivant dans la malice et dans l'envie, dignes d'être haïs et nous haïssant l'un l'autre (*44). »

 

Ah ! Quand on est tel , je le demande, pour entrer dans l'esprit de Marie-Magdeleine, faut-il plus que de se connaître ? (...)

 

 

  Suite et dernière partie (Marie Madeleine par Adolphe Monod) 

Bible (133)

Croix Huguenote

 

Notes:

 

-36. Jean XII, 24.

 

-37. Matth. XVI, 21, etc.

 

-38. Luc XVIII, 31-34.

.

-39. Marc XVI, 1, 2.

 

-40. Jean XX, 2, 13, 15.

 

-41. Luc VII, 47.

.

-42. Jean XXI, 17.

-43. 1 Tim. I, 15.

-44. Tite III, 3

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 14:45
Marie Magdeleine par Adolphe Monod (4ème et dernière partie)

« Or Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. » (MARC XVI, 9.) 

 

(...) Quand Jésus oppose cette pécheresse qui a beaucoup aimé parce qu'Il lui a été beaucoup pardonné à Simon le pharisien qui aime moins parce qu'il lui a été moins pardonné, ne voyons-nous pas que ce n'est qu'à ses propres yeux que Simon est moins coupable que la pécheresse, et que la dureté superbe du premier, son incrédulité soupçonneuse, surtout sa complaisance pharisaïque en lui-même, balancent les péchés plus éclatants de la seconde, si elles ne les dépassent pas devant Dieu ?

 

Et si, par malheur, devait on s'imaginer que certains pourraient se sentir si fort, voire même au-dessus de Marie-Magdeleine aux sept démons, ces démons, présents ou passés, l'incrédulité, l'avarice, l'égoïsme, la convoitise, la vanité, l'impureté peut-être, - en voilà six, - ne valent-ils pas les siens ?

 

J'ai gardé pour le dernier le plus mauvais de tous, l'orgueil, qui fait accroire d'être meilleur qu'elle.

 

Et quoi !? Ne peut on pas alors comprendre que la Justice de Dieu, à la différence de celle des hommes, Pèse avec l'acte visible les sentiments cachés dans le coeur, et tient compte à chacun des ressources, des exemples, des occasions, des lumières, des avertissements même intérieurs, dont toute personne a jouie ou dont il a été privé ?

 

Eh bien, qui sommes nous pour faire la part de toutes ces choses ?

 

Qui sommes nous pour balancer notre fardeau avec celui de Marie-Magdeleine ?

 

Et quelle est cette surprenante sûreté, sinon « d'estimer les autres, par humilité, » - y compris Marie-Magdeleine, - « plus excellents que nous-même (*45) ? »

 

Le premier des pécheurs, pour saint Paul, c'est saint Paul ; pour saint Pierre, c'est saint Pierre ; pour la pécheresse, c'est la pécheresse ; pour Marie-Magdeleine, c'est Marie-Magdeleine ; et pour nous, ce doit être nous.

 

Non, non : ce n'est pas nous, ô mon Dieu, que pourrait aborder le souhait téméraire d'offrir un champ plus riche aux merveilles de ta grâce !

 

Pour l'apprécier, cette Grâce toute gratuite, nous n'avons pas plus besoin de nous voir pires que nous ne sommes, que nous n'avons besoin de nous voir meilleurs que nous sommes !

 

Révèle-nous ô Seigneur tels que nous sommes, si toutefois nous pouvons supporter ce spectacle, et si nous n'avons pas à craindre que la tête ne nous tourne en nous penchant sur cet abîme !

 

Tu es Sage, Seigneur, pour nous faire croître dans le sentiment de Ta Miséricorde, en même temps que Tu nous feras croître dans celui de notre injustice; de cette injustice, que nous apprenons d'année en année, et presque de jour en jour, à sonder plus avant, et que nous n'aurions pu voir telle que nous la voyons aujourd'hui, quand nous n'en étions encore qu'aux premiers éléments de ta Gâce, sans risquer de tomber par trop de lumière dans le désespoir !

 

Ah! si Tu devais étaler devant le monde les plaies de chacun de nous, comme Tu as étalé celles de Marie-Magdeleine; si Tu devais proclamer seulement tout ce qui s'est passé entre Toi et chacun de nous, les actions de notre vie, les paroles de nos lèvres, les pensées de nos coeurs, - dans la confusion dont nous serions couverts, la crainte qui nous préoccuperait ne serait plus celle de trouver en nous moins à pardonner, moins à effacer, moins à laver dans le sang de la croix, qu'elle ne trouve en elle !

 

Viens donc, Seigneur Jésus, viens créer en chacun de nous un coeur de repentance et d'humilité, afin que chacun, ne cherchant plus qu'en lui-même, comme Marie-Magdeleine, le plus coupable, le plus indigne, le plus vil de tous, puisse désormais, à force d'amour pour celui qui l'a sauvée telle qu'elle était, et qui nous sauve tels que nous sommes, l'égaler en communion avec Ta Vie, en sympathie pour Ta Mort, en joie dans Ta Résurrection, jusqu'à ce que nous l'égalions en possession ineffable de Ta Gloire et de Ta Félicité !

 

Communiants ! Dans toute fête de Notre Sauveur Ressuscité, approchons-nous à chaque fois de Sa Table dans l'esprit de Marie-Magdeleine, Le cherchant du coeur ; Le cherchant dans la Parole, Le cherchant dans le Sacrement, Le cherchant dans le pain et dans le vin, Le cherchant dans la prière, Le cherchant jusqu'à ce que nous le trouvions et que nous échangiez avec lui Rabboni contre Marie ; de peur que nous ne rentrions tristement dans nos maisons, sans avoir plus reçu à cette fête que nous n'y avons apporté, et que nous ne vnous arrêtions à moitié chemin entre l'incrédulité et la foi, entre la mort et la vie, entre le Vendredi et le Dimanche, dans ce cri douloureux de Marie-Magdeleine encore incertaine et tremblante :

 

« On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais où on L'a mis! »

 

Catéchumènes ! Dans la jeunesse encore, mais pas trop jeunes pour avoir besoin du Dieu de Marie-Magdeleine.

 

Hélas ! Vous connaissez et savez à quoi vous en tenir sur cette innocence prétendue que le monde attribue à votre âge, et au milieu de laquelle vous avez commencé de sentir se former en vous, avec les années, un trésor de péché et de désobéissance, qui déjà vous laisserait sans espérance, si vous n'aviez appris aussi à voir dans Votre Dieu Sauveur un Trésor de Grâce et de Pardon.

 

Oh ! Puissiez-vous, Mes Chers Enfants, ne pas plus valoir à vos propres yeux que Marie-Magdeleine ne valait aux siens, le jour qu'elle donna son coeur à Jésus, et qu'elle puisa dans les profondeurs de sa misère naturelle les richesses divines de son dévouement et de son amour !

 

Et pour celle ou celui, quel qu'il soit, touché(e) pour la première fois peut-être, de tout ce qu'il y a en en soi de misère et de tout ce qu'il y a en Jésus de Grâce Gratuite, souhaiterait intérieurement de finir comme Marie-Magdeleine, après avoir commencé comme elle ; à celle ci, à celui ci, mon frère, ma soeur, qui aurait vécu jusqu'ici ou pour le péché, ou pour l'incrédulité, ou pour l'égoïsme, ou pour le monde, mais à qui l'Esprit de Dieu dit au-dedans du coeur :

 

Et pourquoi ne passerais-tu pas, comme Marie-Magdeleine, « des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu? »

 

Je le redis avec Lui et avec cette conscience : Pourquoi pas ?

 

Et j'ajoute : Pourquoi pas aujourd'hui ? Pourquoi pas dès ce moment ?

 

Pourquoi ne pas mettre cette communion comme une barrière entre cette ancienne vie dont il vous tarde de sortir, et la vie nouvelle où vous êtes impatient et soupirez d'entrer ?

 

Si votre coeur est droit devant Dieu, venez, c'est la meilleure des préparations, et la seule nécessaire.

 

Venez, tels que vous êtes, je vous y invite au nom du Seigneur !

 

Venez, « quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige; »

 

 Venez, et cherchez désormais dans la mesure de votre injustice passée celle de votre sainteté future, au service de Celui qui est venu, sur notre terre souillée, vivre pour notre salut, mourir pour notre rédemption, et ressusciter pour notre délivrance !

 

Si Celui qui, choisit pour premier témoin de sa gloire nouvelle cette Marie-Magdeleine de laquelle Il avait chassé sept démons, devait apparaître et choisir Celui qu'Il daignera honorer de ses communications les plus intimes et de ses bénédictions les plus précieuses, sur qui pensons-nous que tomberait son choix ?

 

Sur celui de tous qui entre le mieux dans l'esprit de Marie-Magdeleine; sur celui de tous, peut-être, pour qui nous attendrions le moins la préférence du Maitre; sur celui de tous, à coup sûr, qui l'attendrait le moins pour elle même ou lui-même !

 

Amen,

 

Pasteur Adolphe Monod,  Adolphe Monod

 

 

Bible

Croix Huguenote

 

 

 

 

 

Note :

 

-45. Phil. II, 3.

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:36
Tracer la main de Dieu dans notre vie (Charles Spurgeon)

« Mon âme, bénis l’Eternel,

et n’oublie aucun de ses bienfaits ! »

Psaume 103.2

 

Il est bon et profitable de tracer la main de Dieu dans la vie des croyants d’antan, de voir la Bonté de Ses Délivrances, la Miséricorde de Son Pardon, et Sa Fidélité à garder son Alliance avec eux.

 

Mais, ne serait il pas même plus intéressant de suivre cette Main Divine dans notre propre vie ?

 

Ne devrions nous pas voir combien notre propre histoire est tout au moins aussi remplie de Dieu ; combien Sa Bonté et Sa Vérité y abondent ; combien nous pouvons y voir tout autant la preuve de Sa Fidélité et de Sa Véracité que dans les vies des saints qui nous ont précédés.

 

Nous traitons parfois injustement le Seigneur en pensant qu’Il accomplissait Ses Oeuvres Puissantes et montrait Sa Force à ceux des temps anciens, mais qu’Il ne fait plus de Merveilles et ne dévoile plus le bras de Sa Puissance aux croyants présents aujourd’hui sur la terre.

 

Passons notre propre vie en revue.

 

Nous y découvrirons certainement quelques heureux incidents propres à nous rafraîchir et à glorifier Dieu.

 

N’avons nous jamais eu de délivrances ? N’avons nous jamais traversé aucun fleuve, soutenu par la Présence Divine ?

 

N’avons nous jamais marché au travers du feu sans en souffrir ?

 

N’avons nous jamais eu de manifestations ou de faveurs spéciales ?

 

Le Dieu qui accorda à Salomon le désir de son cœur n’a-t-il jamais écouté et exaucé nos requêtes ?

 

David chantait la louange d’un dieu à la Bonté Prodigue :

 

« C’est Lui qui rassasie de biens ta vieillesse » (Psaume 103.5)

 

Ne nous a-t-il jamais rassasié de bonnes choses ?

 

Ne nous a-t-il jamais fait reposer dans les verts pâturages, conduit le long des eaux tranquilles ?

 

La Bonté du Seigneur a certainement été pour nous la même que pour les croyants d’autrefois.

 

Louons donc Sa Miséricorde par nos cantiques.

 

Prenons l’or pur de la gratitude, et les diamants de la louange, et unissons les en une nouvelle couronne pour la tête de Jésus.

 

Que notre âme laisse échapper une musique aussi douce et prenante que celle qui s’écoulait de la harpe de David, et louons le Seigneur dont la Miséricorde dure à toujours.

 

Amen,

 

spurgeon

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

Bible

Croix Huguenote

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 12:58
L'homme nouveau

Le rêve d’une humanité nouvelle ne cesse d’alimenter les programmes politiques, ou les fantasmes idéologiques des uns et des autres. 

 

Si l’humanité était parfaite, ou se croyait telle, ce rêve n’aurait certainement pas lieu d’être. 

 

Ce qui alimente ce rêve, ou ce désir de profond changement, c’est bien la conscience douloureuse d’un état de misère dans lequel est plongée l’humanité, malgré ses plus hautes réalisations et ses productions les plus remarquables. 

 

Est-ce une utopie, et même une utopie dangereuse, que de vouloir changer de fond en comble ? 

 

Vous connaissez sûrement la célèbre phrase de Blaise Pascal : 

 

Qui veut faire l’ange fait la bête. 

 

D’abord, sur quel modèle cette humanité nouvelle doit elle se former ? 

 

On a vu au cours de notre histoire récente les fruits de systèmes politiques totalitaires prétendant créer un homme nouveau censé fonctionner parfaitement dans un corps social homogène : ces systèmes politiques ont justement fait de l’homme bien pire qu’une bête, car aucune bête ne se conduit de façon aussi monstrueuse que les hommes adonnés à leurs rêves déments et pervers. 

 

La foi chrétienne, elle, ne dit pas que l’homme a la vocation et la capacité de s’améliorer par lui-même, au contraire elle affirme qu’il en est bien incapable

 

Ce n’est pas en lui qu’il trouvera les ressources pour s’élever au-dessus de sa condition.

 

Seul quelqu’un d’autre est en mesure de lui offrir non pas une quelconque perche de secours, mais un salut gratuit, total et irrévocable

 

Ce quelqu’un, affirme la foi chrétienne, c’est Jésus-Christ : c’est pour cela qu’Il est venu dans le monde il y a quelque deux mille ans, qu’Il a donné volontairement Sa Vie sur la Croix, et qu’Il est ressuscité des morts avant de monter au ciel. 

 

Ceux qui l’ont connu, et fréquenté de près durant le temps de Sa Mission en ont été les témoins.

 

La vie nouvelle et l’espérance qu’Il accorde gratuitement à tous ceux qui les cherchent en Lui n’est pas une utopie, tous ceux qui ont une foi authentique vous le diront. 

 

Elle n’est pas faite de richesses matérielles, de gloire aux yeux des hommes, de puissance politique, militaire ou autre, mais de transformation profonde du coeur et des attitudes : c’est une vie où les sentiments, les pensées, les priorités sont tournées vers le Dieu vivant et cherchent à accomplir Sa Volonté.

 

Le tout en sachant que leurs imperfections, leurs péchés sont pardonnés car le sang de Jésus-Christ versé sur la Croix les a complètement lavés, effacés.

 

C’est uniquement à partir de ce Don Parfait du Fils de Dieu qu’une réelle transformation devient non seulement possible, mais visible aux yeux de tous.

 

Jésus l’a affirmé publiquement : Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne jetterai pas dehors celui qui vient à moi. 

 

En disant cela, Il s’adresse aussi à vous.

 

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

source : Foi & Vie Réformées

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 09:32
Avec ou sans chute ?

Pour essayer de comprendre l’état ou la condition générale de l’homme, celle dans laquelle il se débat de tous temps, il n’y a que deux véritables options :

 

  • soit il a été créé bon au départ mais il est déchu de cet état de perfection par une chute qui a atteint toutes les parties, toutes les dimensions de son être et de l’existence en général.  Mais son créateur a la volonté et le pouvoir de le restaurer dans son état de perfection initiale. 

  • Soit, au contraire, sa condition depuis l’origine est d’être naturellement soumis à ses instincts, même les plus vils et les plus destructeurs, et cela constitue le fond de son être.  Il n’y a donc rien à y changer. 

 

La première explication, c’est celle de la Bible, du livre de la Genèse en particulier :

 

Si l’homme est rempli de toutes sortes de tendances mauvaises, c’est parce qu’il est conçu et naît dans le péché suite à la Chute du couple originel.

 

Il est corrompu et cette corruption se manifeste par tout ce qui l’éloigne des normes divines contre lesquelles il se rebelle constamment. 

 

Mais telle n’était pas sa condition au début de l’humanité.

 

L’espérance d’un renouveau complet existe aussi, elle est ancrée dans la figure de l’homme nouveau, Jésus-Christ : Il est le Fils de Dieu venu vivre sur terre une vie parfaite d’obéissance à Son Père pour entraîner à Sa suite une cohorte d’hommes et de femmes nouveaux, marqués par Son Exemple et habités par Son Esprit.

 

Dans l’autre cas, celui où l’on refuse de croire qu’il y a bien eu une Chute après la Création, on doit prendre comme point de départ la nature humaine avec ses fruits les plus pourris et les plus vicieux, et la considérer comme la seule norme pour sa vie.

 

On ne trouve alors plus aucune raison de considérer ces fruits pourris comme moralement indéfendables, puisqu’on les accepte comme parfaitement naturels. 

 

D’ailleurs, les satanistes ne disent et ne pratiquent pas autre chose. 

 

Ceux qui refusent d’aller aussi loin ne pourront jamais empêcher qu’à terme on en arrive à tous les excès, tous les dérèglements, car même si leur conscience leur parle intérieurement, ils ne pourront jamais amener une seule raison solidement valable pour contrer cette pente fatale : sur quelle base vraiment solide répondre à celui qui vous dit que la nature nous a doués de gènes égoïstes, d’instincts ravageurs, à la fois jouisseurs et vicieux, et le mieux qu’on puisse faire c’est de la suivre, puisqu’elle nous commande ainsi ? 

 

Vous pouvez toujours avancer l’argument selon lequel votre conscience qui s’oppose à ces instincts vous est aussi donnée par la nature, et donc vous vous devez de l’écouter. 

 

Mais sur quel fondement allez-vous imposer les vues de votre conscience à celui qui les rejette totalement en se fondant sur sa propre idée de ce qui est naturel, et qui souhaite laisser libre cours à ses instincts les plus vils ?

 

Bien sûr la nécessaire vie en communauté met un certain frein à cette tendance funeste.

 

Pourtant si la nature est notre seul point de départ, il n’existe aucun garde-fou accepté par tous, ou même par la majorité,  qui puisse nous empêcher  de glisser toujours davantage sur cette dangereuse pente.  

 

C’est exactement ce que nous voyons à l’œuvre dans nos sociétés contemporaines prises entre le marteau et l’enclume de ce qu’elles croient  – à tort – être d’une part la nature, d’autre part leur liberté. 

 

C’est bien sûr tout le problème du bien et du mal qui se pose, et de l’origine du mal en particulier. 

 

En se mettant à l’écoute du Tentateur qui lui a fait croire qu’il pourrait devenir l’égal de Dieu, le premier couple humain a remplacé son Créateur par ce même Tentateur, il s’est placé dans son orbite et l’a intronisé comme son dieu naturel.

 

L’humanité entière descendue de lui cueille jour après jour les fruits de cette malheureuse sujétion, à tous les niveaux de son existence, individuelle, familiale, communautaire, nationale ou internationale. 

 

Mais cette sujétion n’est pas une fatalité. 

 

Par la mort et la résurrection de Jésus-Christ la victoire sur  cet adversaire a été remportée, elle est visible dans la vie de tous ceux qui se mettent à Son bénéfice, elle change non seulement des vies individuelles, mais celle de communautés entières. 

 

Un tel changement ne peut cependant intervenir tant qu’on n’a pas reconnu la réalité de la Chute et de tous les effets qu’elle a entraînés à sa suite. 

 

C’est justement ce que la Bible, dans ses tous premiers chapitres, nous révèle et nous invite à prendre en compte lorsque nous réfléchissons sur le sens profond de notre vie.

 

Amen,

 

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi & Vie Réformées

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 08:45
Alléluia ! Christ est Ressuscité, Il est vraiment Ressuscité !

Alléluia ! Christ est Ressuscité, Il est vraiment Ressuscité !

"Et je vis, au milieu du trône....

un Agneau qui était là comme immolé."

Apocalypse 5/6

 

Pourquoi Notre Seigneur exalté doit-Il paraître avec Ses Blessures dans la Gloire ?

 

Les Blessures de Jésus sont Sa Gloire, Ses Joyaux et Ses Ornements Sacrés !

 

Aux yeux du croyant, Jésus surpasse toute beauté parce qu'Il est "blanc et vermeil ; Il se distingue entre dix mille." (Cantique 5:10).

 

Il a le blanc de l'innocence et le rouge de Son Propre Sang.

 

Nous le voyons comme le lis d'une pureté sans pareille et comme la rose pourpre de Son Propre Sang.

 

Christ est Beau sur le mont des oliviers et sur le Tabor, près de la mer.

 

Mais, oh ! Il n'y a jamais eu de vue aussi belle que celle de ce Christ cloué à la croix.

 

Là, nous contemplons Ses Merveilles dans leur Perfection, tous Ses Attributs pleinement développés, tout Son Amour en action et l'expression de Son caractère tout Entier.

 

Ami(e), les Blessures de Christ sont de loin plus belles à nos yeux que toute la splendeur et l'apparat des rois.

 

La couronne d'épines surpasse un diadème impérial.

 

Il est vrai qu'Il ne tient plus en Sa Main le roseau comme sceptre, mais il s'en échappait déjà une Gloire comme il n'a jamais brillé d'un sceptre d'or.

 

Jésus a pour habit de cour l'apparence d'un Agneau immolé et c'est ainsi qu'Il attire notre âme et la rachète par une expiation complète et parfaite.

 

Ses Blessures ne sont pas non plus seulement des ornements pour lui, mais elle sont aussi les trophés de Son Amour et de Sa Victoire.

 

"Il partagera le butin avec les puissants" ( Esaïe 53:12).

 

Il s'est racheté parmi la race humaine une grande multitude que nul homme ne peut compter et les Cicatrices qu'Il porte servent de Mémorial à ce combat.

 

Ah ! Si Christ aime ainsi garder le souvenir de Ses Souffrances pour Son Peuple, combien ces Blessures devraient nous être Précieuses !

 

 

Amen,

 

 

Charles Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

Mélodie de Léo Hassler 1601, harmonisée par Jean-Sébastien Bach

Chef couvert de blessure,
Meurtri par nous pécheurs,
Chef accablé d’injures
D’opprobres, de douleurs,
Des splendeurs éternelles
Naguère environné,
C’est d’épines cruelles
Qu’on te voit couronné !

 

C’est ainsi que tu paies
Le prix de ma rançon.
Tes langueurs et tes plaies,
Voilà ma guérison.
Mon âme criminelle
Est à tes pieds Seigneur ;
Daigne jeter sur elle
Un regard de faveur.

 

Au sein de ma misère,
Sauvé par ton amour,
Pour toi que puis-je faire ?
Que t’offrir en retour ?
Ah ! du moins, Dieu suprême,
Prends à jamais mon coeur :
Qu’il te serve et qu’il t’aime,
Plein d’une sainte ardeur.

 

Pour ta longue agonie,
Pour ta mort sur la croix,
Je veux toute ma vie
Te louer, Rois des rois !
Ta grâce est éternelle,
Et rien jusqu’à la fin
Ne pourra, Dieu fidèle,
Me ravir de ta main.

Joyeuse Pâques en Christ !
Il est Ressuscité,
Alléluia !
Il est vraiment Ressuscité !

.

.

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:38
Donner sa vie pour ses amis

Donner sa vie pour ses amis

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 

 

Voilà ce que Jésus-Christ disait à ses disciples, ses amis proches, peu avant son arrestation et sa crucifixion, les invitant à s’aimer les uns les autres.

 

Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, au chapitre 5, l’apôtre Paul se fait l’écho de cette déclaration : 

 

Car lorsque nous étions sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies.  A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être aurait le courage de mourir pour un homme qui est bon.  Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.  A bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. 

 

Voilà exactement ce que célèbrent les chrétiens à Pâques :

 

Le don de la vie d’un juste pour des injustes, le sacrifice d’un innocent pour que son sang versé devienne leur vie, leur réconciliation avec Dieu. 

 

Ai-je besoin de vous dire combien ce don, ce sacrifice rédempteur pour tous ceux qui se mettent à son bénéfice, diffère du soi-disant sacrifice de ceux qui se font exploser dans les lieux publics afin de semer la terreur et emporter avec eux dans la mort le plus grand nombre de victimes ?

 

La religion de l’amour de Dieu en Jésus-Christ n’a aucun point commun avec celle de la terreur et du chaos que nous voyons quotidiennement à l’œuvre chez ces adeptes d’une religion sans Christ et sans le don de sa vie sur la Croix. 

 

Pas plus qu’elle n’a quoi que ce soit en commun avec la religion tout aussi impie des états qui se croient puissants, militairement ou économiquement, et donc habilités à aller faire la pluie et le beau temps chez les autres en les déstabilisant, en créant des révolutions de toutes les couleurs afin de faire progresser leur agenda hégémoniste sur l’échiquier mondial. 

 

A ses disciples en mal de supériorité les uns sur les autres, Jésus disait aussi, peu avant d’offrir sa vie pour eux sur la Croix (Luc 22 :25-27) 

 

Les rois des nations les dominent et ceux qui ont autorité sur elles se font appeler bienfaiteurs.  Il n’en est pas de même pour vous.  Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car qui est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui sert ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. 

 

Puisse son exemple et ses paroles guider tous ceux qui, quelle que soit la tâche ou la charge qui leur est confiée, se sont mis au bénéfice du don rédempteur de sa personne divine et humaine qui fait de lui le seul véritable Médiateur entre Dieu et les hommes.

 

C’est à ce titre aussi qu’il est leur Sauveur pour l’éternité.

 

Amen,

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

.

.

 

 

Source : Foi & vie Réformées

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:30
Dieu Mon Père

Dieu Mon Père

Notre Père Céleste est le Père Eternel de Notre Seigneur Jésus Christ.

 

Il n'y a jamais eu un moment où le Père ait existé sans le Fils.

 

Dieu a toujours été le Dieu et Père du Fils, Jésus Christ, même avant que Christ ne devienne homme.

 

Tout ce qui dans le monde est à reconnaître de bon chez un père, est réuni dans la Nature même de Dieu.

 

Ce Dieu qui a créé l'univers inconcevablement grand et tout ce qu'il contient, est Mon Dieu et Mon Père.

 

Chaque enfant qui grandit avec son père, a sans doute dit une fois une phrase semblable à celle ci :

 

"Mon père est plus fort que le tien."

 

Les enfant aiment se vanter de leur père, que cette description soit juste ou non.

 

Imaginons que nous ayons effectivement le plus grand, le plus fort, le plus intelligent et le plus puissant père du monde.

 

Ne serait ce pas magnifique ?

 

Et bien, celle ou celui qui appartient à Jésus Christ, a ce Père.

 

Oui, Dieu est Mon Père, à cause de Son Fils, Jésus Christ.

 

Des théologiens modernes aiment dire que Dieu est le Père de tous les hommes.

 

Mais aussi belle que soit cette conception agréable à entendre, elle ne correspond nullement à ce que Dieu dit à ce sujet.

 

Dieu est le Dieu de tous les hommes, peu importe qu'ils L'adorent ou non.

 

Dieu est aussi le Seigneur qui règne sur tous les hommes, même s'ils ne veulent pas Le servir.

 

Et vu superficiellement, Dieu est aussi le Père de tous les hommes, parce qu'ils Lui doivent leur existence.

 

Mais au sens profond du nom "Père", de la manière dont Jésus l'employait, Dieu est seulement le Père de celles et ceux qui ont Jésus Christ comme frère. (Hébreux 2 :10-17).

 

Nous sommes des enfants de Dieu, non pour des raisons juridiques valables dès notre naissance, mais par adoption.

 

Chaque homme, chaque femme qui accepte Jésus Christ, et croit en Son Nom, obtient le droit d'être appelé enfant de Dieu.

 

Mais à tous ceux qui l'ont acceptée, à ceux qui croient en Son Nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu. (Jean 1:12)

 

Cela peut paraître dur pour des personnes étrangères à la foi Chrétienne.

 

Mais si la Bible parlait réellement d'une paternité universelle de Dieu, qu'en serait il alors du bon Message de l'Evangile disant que Jésus Christ est venu et mourut, afin que tu sois réconcilié avec Dieu ?

 

Qu'y aurait il de particulier à ce que Dieu devienne Ton Père Céleste, alors qu'Il serait déjà le Père de tous ?

 

Avec un tel message, on n'exclurait personne, c'est certain, mais ce qui est sûr également, mais personne ne serait sauvé.

 

La Bible dit très clairement que Dieu nous a aimés et qu'Il a, par Amour, sacrifié Son Fils pour nous, lorsque nous étions encore pécheurs (Romains 5:8).

 

Et nous le devons uniquement au mérite de Jésus, à Sa Mort et à Sa Résurrection "d'avoir reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba, Père !" (Romains 8:15)

 

 

C'est pourquoi nous avons les meilleures raisons de nous fier à Lui et en Son Assistance.

 

Etant donné que Dieu a tout créé à partir du néant, et parce qu'Il tient à chaque instant tout le cosmos ; et parce que ce Dieu d'une puissance inimaginable, s'est fait Lui même Notre Père, et cela encore au prix le plus grand possible, nous pouvons nous fier à Lui.

 

Tout ce que Dieu laisse advenir dans ma vie, Il lui fera prendre une bonne tournure.

 

Mais la Bible, en ce qui concerne les souffrances de ce monde, parle un langage clair.

 

Elle nous dit qu'en tant qu'enfants de Dieu, nous avons encore beaucoup à souffrir.

 

Nous vivons dans un monde déchu, dans lequel Dieu emploie aussi de durs moyens pour éduquer Ses enfants.

 

La confiance en Dieu ne signifie donc pas que nous nous attendons à une vie sans souffrance, mais à une vie dans laquelle la souffrance a un sens et un but.

 

Notre Dieu Tout Puissant est vraiment Tout Puissant ; et Notre Père Céleste est un Vrai Père.

 

C'est pourquoi je peux me fier au fait qu'à la fin, tout ce qu'Il me laisse vivre, s'avérera bon.

 

Nous parents, ne souhaitons nous pas que nos enfants se fient davantage à nous qu'ils reconnaissent que nous savons ce qui est bon pour eux, et que nous sommes toujours là pour eux ?

 

Eh bien, c'est assurément le genre de confiance que Dieu souhaite voir chez Ses enfants.

 

Amen,

 

 

Kevin DeYoung,

Pasteur Protestant Réformé

.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Le Héraut 

Repost 0
Published by Refuge Protestant Refuge Protestant, - dans Au Pays du Soleil
commenter cet article

Album Refuge Protestant

Alors que nous étions encore sans Force,
Jésus au temps marqué par Dieu,
est mort pour nous
sauver et délivrer
 (La Bible)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

par theme

 

Google-Translate-English to French  drapeau-israel.gif   Traduire français en ItalianTraduire français en SpanishGoogle-Translate-English to Japanese BETA Traduire français en Arabic Traduire français en PortugueseTraduire français en Arabic Traduire français en Czech Traduire français en danish  Traduire français en Finnish Traduire français en German Traduire français en Greek Traduire français en Hindi  Traduire français en Korean BETAGoogle-Translate-Chinese (Simplified) BETA Traduire français en Croatian Traduire français en NorwegianTraduire français en Arabic Traduire français en Polish  Traduire français en Romanian Traduire français en Russian Traduire français en Russian BETA   Traduire français en SwedishTraduire français en Dutch