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Vie Protestante Réformée

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Jean Calvin

"Puisque Dieu, par conséquent, nous justifie par la Médiation du Christ, Il nous Acquitte, non pas par l'aveu de notre innocence personnelle, mais par une imputation de la justice ; de sorte que nous, qui sommes injustes en nous-mêmes, sommes considérés comme Justes en Jésus Christ."

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  Ouvrez votre maison

à l'homme sans asile.

Soyez heureux de partager ;

ne maltraitez pas l'étranger qui,

rongé de chagrin, sur vos terres s'exile...

B. M.

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 08:46
Sous le contrôle de la Providence Divine

"L'Eternel sonde le juste."

Psaume 11:5

 

Tous les évènements de cette vie sont sous le contrôle de la Providence Divine.

 

En conséquence, on peut immédiatement remonter de toutes les épreuves de notre vie extérieure jusqu'à leur grande Cause initiale.

 

Rangées par régiment, revêtues de leur armure de métal et chargées de leurs armes de guerre, les armées de l'épreuve s'élancent en sortant de la Glorieuse Porte des Ordonnances de Dieu.

 

Toutes les circonstances de la Providence sont des occasions pour l'épreuve.

 

Commes les roses, même les miséricordes dont nous jouissons ont leurs épines.

 

Les hommes peuvent être submergés par des océans de prospérité, tout autant que par des fleuves d'afflictions.

 

Les collines ne sont pas trop hautes, ni les vallées trop profondes pour ne pas être touchées par la tentation.

 

Les épreuves guettent toutes nos voies.

 

Partout, que ce soit au-dessus ou au-dessous, des dangers nous entourent et nous guettent.

 

Toutefois, le nuage menaçant ne laisse tomber aucune pluie sans en recevoir d'abord la permission.

 

Chaque goutte doit recevoir Son Ordre de mission avant de s'élancer vers la terre.

 

Les épreuves qui viennent de Dieu servent à manifester et à fortifier les grâces que nous avons reçues et, ainsi, à immédiatement illustrer la Puissance de la Grâce Divine.

 

Elles servent aussi à démontrer l'authenticité de nos vertus et à augmenter leur force.

 

Dans Sa Sagesse Infinie et Son Amour Surabondant, Notre Seigneur place une valeur tellement élevée sur la foi de Son Peuple qu'Il ne leur épargne pas les épreuves qui, précisément, en augmentent la force.

 

Vous n'auriez jamais possédé la foi si précieuse qui aujourd'hui vous soutient si l'épreuve de cette foi n'avait pas été par le feu.

 

Ami(e) Chrétien(ne), vous êtes comme un arbre.

 

Vous n'auriez jamais été aussi bien enraciné si le vent ne vous avait pas secoué de part et d'autre, vous poussant à affermir votre pogne sur les Précieuses Vérités de l'Alliance de Grâce.

 

L'aise dans le monde est le plus grand adversaire de la foi, car elle relâche les joints d'une sainte valeur et coupe les tendons d'un courage sacré.

 

Le ballon d'hélium ne s'envole pas à moins que l'on coupe les cordes qui le retiennent.

 

Ainsi, l'affliction rend un fier service à l'âme croyante.

 

Tant que le grain dort enfermé dans son enveloppe, il ne sert à rien pour l'homme.

 

Il faut le battre pour le faire sortir et en connaître la valeur.

 

C'est pourquoi, il est bon que l’Éternel sonde le juste, car cela pousse celui-ci à s'enrichir avec Dieu.

 

Amen,

 

Charles Haddon Spurgeon

Charles Haddon Spurgeon,

Pasteur Baptiste Réformé

 

 

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 17:32
Prière sur ce que Dieu nous a tant aimés, qu'il a envoyé son Fils au monde pour nous sauver - Bénédict Pictet

Mon Seigneur et Mon Dieu, Tu me vois prosterné devant Ta Majesté Souveraine, pour Te supplier de me donner Ton Saint-Esprit, afin que je puisse comprendre, avec tous les saints, la hauteur, la largeur, la profondeur et la longueur de Ta Charité.

 

Mon esprit et mes pensées se confondent, quand je considère jusqu'à quel point Tu nous as aimés,  Toi le Saint des saints, Le Créateur de l'univers, Le Roi des anges et des hommes ; Toi qui possèdes toutes les perfections ; qui as le ciel pour Trône, et la terre pour Ton marchepied ; nous qui rampons dans la poudre, et qui sommes souillés depuis la plante de nos pieds jusqu'au sommet de nos têtes ; nous qui étions soulevés contre Toi, et qui méritions toute Ta haine.

 

Comment, ô Dieu, as-Tu pu nous aimer, jusqu'à nous donner Tout ce que Tu avais de plus cher ?

Ton Fils, Ton Propre Fils, Ton Unique, la Splendeur de Ta Gloire; l'Empreinte de Ta Personne, Ton Image Parfaite, par qui Tu as fait les siècles, et qui soutient toutes choses par Sa Parole Puissante.

 

Si Tu avais donné Ton Fils pour les anges, ces intelligences célestes, qui T'adorent dans les cieux dans une parfaite innocence, ou si Tu l'avais donné pour nos premiers parents, pendant qu'ils étaient justes, nous aurions déjà sujet d'admirer Ta Bonté Infinie.

 

Mais Tu L'as envoyé ce Fils pour des créatures qui ne méritaient pas de voir La Lumière, et qui étaient dignes de toutes les foudres de Ta Colère, qui avaient foulé aux pieds Tes Divines Lois, et qui méprisaient les richesses de Ta Patience.

 

Si le Fils que Tu nous as donné était un simple mortel, que Tu eusses pourtant élevé au-dessus des autres hommes par des qualités éminentes, nous aurions encore matière de Te rendre nos actions de grâces, de ce que Tu as pensé à nous, et de ce que Tu as eu Compassion de notre misère.

Mais ce Cher Fils, que Tu as Fait descendre du Ciel pour nous sauver, est Dieu Béni Eternellement avec Toi ; Il possède avec Toi la Même Essence, la Même Gloire, la Même Majesté, les Mêmes Perfections.

 

Cependant Tu nous L'as donné, et Tu L'as exposé à la mort pour nous rendre éternellement Bienheureux.

 

Ô Dieu, Ta Fidélité atteint jusqu'aux nues, mais Ta Bonté et Ta Miséricorde est au-dessus des cieux.

 

Nos esprits sont trop petits pour concevoir Toute La Grandeur de Ton Amour ; mais, Seigneur, ne permets pas que nous soyons ingrats à Tes Faveurs Inestimables.

Puisque Tu nous as Aimé d'un Amour qui surpasse toute connaissance, fais aussi que nous T'aimions autant que nous sommes capables d'aimer ; plus que toutes les plus excellentes créatures, infiniment plus que nous-mêmes, et que tout ce qui est dans nous.

 

Que nous T'aimions sur la terre comme nous T'aimerons dans le Ciel.

 

Nous Te demandons cette Grâce par ce Cher Fils que Tu nous as donné.

Amen.


 

Bénédict Pictet

Bénédict Pictet. 

 

Prières pour les jours de sainte cène, de Noël, de Pâques, de Pentecôte et de septembre, et pour les jours de jeûne.

 

 

 

 

Bible
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

Source : Pensées365

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 20:37
Psautier de Genève : Psaume 101 - Dieu Tout-Puissant, à mes vœux si propice (1729)

1. Dieu tout-puissant, à mes vœux si propice,
Je veux chanter ta grâce et ta justice;
Jusqu’à ma fin je chanterai, Seigneur,
À ton honneur.

2. Viens donc, ô Dieu, soutiens-moi par ta grâce,
Tu me verras marcher devant ta face.
Dans ma maison la justice toujours
Aura son cours.

3. Je hais le crime, et déteste la voie,
De ces méchants qui s’y livrent en proie.
Je sais combien tout commerce avec eux
Est dangereux.

4. Ceux qui suivront une route égarée,
Auprès de moi n’auront aucune entrée,
L’on n’y verra nul d’entre eux écouté,
Ni supporté.

5. Je détruirai ceux dont la médisance,
Fait en secret la guerre à l’innocence,
Et je saurai bannir loin de mes yeux
Les orgueilleux.

6. Les gens de bien, qui seuls peuvent me plaire,
Auront chez moi leur demeure ordinaire;
Et qui toujours le droit chemin tiendra,
Me servira.

7. Ni les flatteurs, ni les âmes obliques
Ne seront point entre mes domestiques;
Et les menteurs ne recevront jamais
de mes bienfaits.

8. du pays saint j’ôterai de bonne heure
Tous les méchants, sans qu’un seul y demeure;
Mes soins, Seigneur, purgeront ta cité,
D’iniquité

 

psaume 101 psautier de Genève
Bible Protestante
Croix Huguenote

 

 

Source : Psautier de Genève

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 19:34
Ô Divin Soleil de mon âme - Pierre Jurieu (prière)

Ô Divin Soleil de mon âme,

Viens dissiper ces nuages.

Grand Libérateur, Viens rompre ces fers,

Ouvre cette prison, Fais cesser cet esclavage.

Tu es plus Pur que je ne suis souillé,

Plus Puissant que je ne suis misérable,

Plus Vivant que je ne suis mort,

Tire-moi de ce malheureux état, de ce néant déplorable.

Dégage-moi de dessous ce fardeau de la corruption,

Afin que j'aille allègrement,

Ou plutôt que je vole rapidement, jusqu'à Toi.

Pardonne-moi mes péchés, afin qu'ils ne me donnent plus d'effroi,

Et ne m'éloignent plus de Ton Trône.

Arrête le cours de mes iniquités,

Afin qu'elles n'empêchent plus mes prières de monter jusque devant Toi.

Ne permets pas que je continue à me rendre indigne de Tes Faveurs

Par le mauvais usage que je pourrais en faire,

Ni que je contriste Ton Saint-Esprit par les souillures de ma vie.

Lui Seul peut m'inspirer cette ardeur que je cherche ;

Lui Seul peut rendre mon âme dévote,

Et Sa Présence Seule peut embraser mes affections.

Mais viendrait-Il apporter Ses Lumières

Dans une âme si sale et ténébreuse que la mienne ?

Ô Dieu prépare Toi-même, chez moi, un logis pour un Si Grand Hôte,

Afin qu'Il Vienne, qu'Il m'Anime, que je vive, que je T'aime,

Et que je brûle du feu de Ton Amour et de celui de la dévotion.

Amen,

 

Pierre Jurieu Pasteur Théologien Calviniste

Pierre Jurieu,

Pasteur Théologien Calviniste

 

Bible Protestante
Croix Huguenote

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Pensées Huguenotes 365 . Traité de la dévotion

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:40
Dieu est Amour (1ère Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

 

Dans une petite ville d’Italie que le volcan du mont Vésuve ensevelit, il y a de cela des années lointaines, sous un fleuve de lave, on trouva d’anciens manuscrits brûlés qui ressemblaient plus à des charbons éteints qu’à des livres, et qu’on déploya par d’ingénieux procédés, péniblement, lentement, ligne après ligne, mot après mot.

 

Supposons qu’un de ces rouleaux d’Herculanum renfermât un exemplaire de notre épître, et le seul qu’il y en eût au monde.

 

Parvenu au quatrième chapitre et au huitième verset, on vient de déchiffrer ces deux mots :

 

« Dieu est »,

 

et l’on ignore encore celui qui doit suivre.

 

Quelle attente !

 

Ce que les philosophes ont tant et si vainement cherché, ce que les plus sages d’entre eux ont enfin renoncé à découvrir, une définition de Dieu, la voici donc et la voici de la main de Dieu Lui-même.

 

Dieu est… que va-t-on nous dire et quel est Il ?

 

Quel est Il, ce Dieu caché, « qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, que nous cherchons comme en tâtonnant, bien qu’Il ne soit pas loin de chacun de nous », et qui nous contraint de nous écrier comme Job :

 

« Oh ! Si je savais comment le trouver ! Voilà, si je vais en avant, Il n’y est pas, et si je vais en arrière, je ne l’y apercevrai point ; Il se fait entendre à gauche et je ne puis le saisir, Il se cache à droite et je ne l’y vois point ? » (Job 23 / 3,8,9)

 

Quel est Il, ce Dieu puissant, dont une parole a créé tout ce qui est et dont une autre parole peut l’anéantir, « en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être », qui nous tient chaque moment sous sa main, et qui peut faire ce qu’Il lui plaît de notre existence, de notre situation, de notre séjour, de notre société, de notre corps, de notre esprit lui-même ?

 

Quel est Il enfin, ce Dieu Saint, « dont les yeux sont trop purs  « pour voir le mal », que notre conscience nous convainc d’avoir offensé et dont la nature nous révèle vaguement la colère, sans que ni conscience ni nature nous fasse pressentir s’il y a pardon auprès de Lui ; Ce Juste Juge entre les mains duquel nous pouvons tomber après avoir donné ce message, peut être demain, peut être aujourd’hui, ignorants de la sentence éternelle qu’Il nous réserve, et sachant seulement que nous avons mérité qu’elle nous soit contraire ?

 

Quel est Il ?

 

Notre repos, notre salut, notre éternité, tout est là ; et je crois voir toutes les créatures de Dieu se pencher sur le Saint Livre, dans l’attente silencieuse et solennelle de ce qu’Il va révéler au monde sur la question des questions.

 

Voici le mot fatal qui se découvre : amour.

 

« Dieu est Amour ».

 

Que pouvait souhaiter de meilleur, que pouvait concevoir de comparable l’imagination la plus confiante et la plus hardie ?

 

Ce Dieu caché, ce Dieu puissant, ce Dieu saint, Il est Amour.

 

Que nous faut il de plus ?

 

Dieu nous aime : que dis je, Il nous aime ?

 

Tout en Dieu est Amour.

 

L’amour est le fond même de Dieu ; qui dit Dieu dit amour.

 

« Dieu est Amour ! »

 

Oh ! Réponse qui passe toutes nos espérances !

 

Oh ! Révélation bienheureuse qui met fin à toutes nos anxiétés !

 

Oh ! Gage assuré de notre félicité présente, future, éternelle !

 

Oui, si nous pouvons croire ; car ce n’est pas assez que Dieu soit Amour, si nous ne pouvons dire avec saint Jean :

 

« Nous avons connu et nous avons cru l’amour que Dieu a pour nous ».

 

L’amour de Dieu ne peut ni nous consoler, ni nous éclairer, ni nous sanctifier, ni nous sauver même, l’amour de Dieu est pour nous comme s’il n’était pas, aussi longtemps qu’il n’a pas été « répandu dans notre cœur par le Saint Esprit » (selon Romain 5/5, l’amour de Dieu, dans cet endroit, c’est l’amour de Dieu pour nous, et non pas notre amour pour Dieu),

 

et « mêlé avec nous par la foi » (Selon Hébreu 4/2, par la foi, la parole de Dieu pénètre dans notre âme et s’unit à elle, comme les aliments qui entrent dans notre corps s’assimilent à sa substance.)

 

Créatures spirituelles et responsables, nous possédons le glorieux mais terrible privilège de pouvoir nous ouvrir ou nous fermer à l’amour de Dieu, et par là nous prévaloir ou nous exclure de cet amour, le trésor du genre humain et l’espérance de l’univers.

 

La foi à l’amour de Dieu, voilà donc le sentiment que je voudrais nous inspirer à tous.

 

Oh ! Si je pouvais nous renvoyer émus, saisis, pénétrés de cette pensée :

 

« Dieu est Amour ! »

 

Seigneur, s’il est vrai que tu es Amour, fais le connaître en conduisant ma plume par ton Amour, et en ouvrant à cet amour le cœur de tout le peuple !

 

Le véritable amour ne se déclare pas seulement, il se montre ; ou mieux encore, selon une belle expression de saint Jean, il se donne :

 

« Voyez quel Amour le Père nous a donné ! » (1 Jean 3/1)

 

Aussi, non content de nous dire qu’Il est amour, Dieu nous l’a prouvé par des marques visibles, par des faits éclatants qui changent cette touchante doctrine en une histoire plus touchante encore.

 

Ouvrons les oreilles et écoutons, ouvrons les yeux et regardons : il n’en faut pas davantage pour reconnaître que Dieu est amour.

 

Ces faits, ce n’est pas à la création ni à la vie naturelle que je vais les emprunter.

 

Non que l’une et l’autre ne soient remplies de l’amour de Dieu, car « L’Eternel est bon envers tous », et « tout ce qui respire loue l’Eternel » (Psaume 145 : 9 & Psaume 150 : 6) ; mais les preuves qu’elle en fournissent seraient insuffisantes pour nous persuader, parce que des marques de colère s’unissent aux marques d’amour dans l’ouvrage du Dieu créateur.

 

Si la douce chaleur du soleil pénètre la nature de vie et de joie, si des fleuves majestueux font couler dans nos campagnes la fertilité et l’abondance, si l’haleine bienfaisante des vents rafraîchit et purifie l’air que nous respirons, si la terre porte et nourrit à la fois les générations humaines, n’avons-nous pas vu ce soleil se changer en un feu consumant, ces fleuves en torrents dévastateurs, ces vents en tempêtes qui brisent des navires sur nos côtes dans une nuit, et cette terre elle-même, cette terre fidèle, en un sol mouvant qui, dans un jour, dans une heure, dans un moment, engloutit une ville et l’efface de dessous les cieux ?

 

Si le foyer domestique a des joies si douces, ces tendres épanchements, cette aide semblable à nous, ces autres nous-mêmes en qui nous revivons, cette caresse d’un petit enfant, ce sourire d’une mère, hélas ! N’a-t-il pas aussi des peines cruelles, ces orages du cœur, ces privations de la pauvreté, ces angoisses de la maladie, et tôt ou tard cette mort qui, avant même qu’elle finisse toutes nos joies, les glace toutes vives par la crainte de les voir chaque jour échapper à nos faibles mains ?

 

Il est vrai que, si nous prenions le soin de démêler ces témoignages contradictoires pour y faire la part du Créateur et celle de la créature, nous trouverions que les marques de colère ne sont point entrées dans le plan de la création, et que l’ouvrage de Dieu, tel qu’il est sorti de Ses mains et qu’il n’a tenu qu’à l’homme de le laisser, resplendissait d’amour comme le soleil de lumière.

 

Quel amour dans l’œuvre de ces six jours dont chacun, dans le récit de Moïse, se termine par ces mots :

 

« Et Dieu vit tout ce qu’Il avait fait ; et voilà, il était très bon ! »

 

Quel amour dans cette lumière des cieux, dans cette terre féconde, dans cet ordre des saisons, dans ces flambeaux du firmament, dans cette multitude vivante qui peuple et qui anime la création tout entière !

 

Quel amour dans cet homme fait à l’image de Dieu, capable de penser, de parler et d’aimer ; songeons y, quel amour dans cette parole :

 

« Faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance ! »

 

Quel amour dans cet Eden, c'est-à-dire dans ce séjour des délices, et dans cette semaine de l’homme partagée, à l’imitation de celle de Dieu Lui-même, entre un travail si facile et un repos si doux !

 

Quel amour dans cette femme formée d’une côte d’Adam, dans cette union à la fois si tendre et si pure, et dans toute cette félicité naïve qui, tout inconnue qu’elle est pour nous, a laissé dans le fond de notre cœur comme un vague et douloureux souvenir !

 

Quel amour même dans cet arbre de la science du bien et du mal par lequel Dieu éprouve nos premiers parents, et qui devait, s’ils étaient fidèles, échanger leur innocence enfantine contre une obéissance de réflexion et de liberté !

 

Ah ! Croyons le, si nous eussions pu interroger Adam avant sa chute, nous aurions entendu sortir de l’abondance de son cœur, nous aurions lu dans chacun de ses regards l’exclamation de notre texte :

 

« Dieu est Amour ».

 

Mais c’est d’un autre amour que je veux nous parler, d’un amour dont Dieu vous aime, m’aime aujourd’hui, et nous aime, vous aime tels que vous êtes.

 

Cet amour, je veux vous le faire voir concentré dans un fait, dans un seul fait qui suffit à notre apôtre, et qui nous suffira également  si nous savons le méditer.

 

« En ceci », poursuit saint Jean développant lui-même sa pensée, « en ceci est manifesté l’amour de Dieu envers nous que Dieu a envoyé son Fils Unique au monde, afin que nous ayons la vie par Lui. En ceci est l’amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés, et qu’Il a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés ».

 

Mais au moment d’ouvrir cette doctrine pour nous montrer le trésor d’amour qu’elle renferme, une crainte secrète me retient et me gêne.

 

Je sais qu’il y a ici un prodige d’amour qui a de quoi nous étonner, nous confondre, nous ravir ; mais je crains d’être écouté froidement, hélas !

 

Et, s’il faut dire toute ma pensée, je crains d’en parler froidement moi-même.

 

Comme la contemplation journalière de la nature nous a rendus presque insensibles aux beautés dont elle étincelle, ainsi l’habitude d’entendre l’Evangile nous a blasés sur ce don ineffable que toutes les puissances de notre âme sont incapables de sentir et de célébrer dignement.

 

Pour réveiller l’attention de ses lecteurs, un philosophe de l’antiquité, décrivant les merveilles de la création, suppose qu’elle s’offrent pour la première fois aux regard d’un homme qui aurait passé toute sa vie dans un antre obscur, et recherche les impressions qu’un tel spectacle produirait sur un tel spectateur.

 

Je veux faire avec vous quelque chose de semblable.

 

Demandons nous quel effet produirait l’Evangile, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle, sur l’âme du non croyant qui l’entendrait pour la première fois,  après avoir toujours demeuré jusque là dans les ténèbres spirituelles de sa grossière idolâtrie.

 

Ou plutôt laissons les hypothèses, et prenons un fait historique.

 

Les Chrétiens Moraves qui portèrent l’Evangile aux Groënlandais crurent devoir préparer ces esprits à le recevoir, en ne leur parlant d’abord que des vérités générales de la religion, de l’existence de Dieu, de l’obéissance due à ses lois et d’une rétribution future.

 

Ainsi s’écoulèrent quelques années durant lesquelles ils ne virent aucun fruit de leur travail.

 

Un jour enfin, les voici qui hasardent de leur parler du Sauveur, et de leur lire le récit de sa passion.

 

Ils n’eurent pas plutôt achevé que l’un de leurs auditeurs, nommé Kajarnak, s’approche de la table où Beck était assis, et lui dit d’une voix forte, mais émue :

 

« Que nous dis tu là ? Répète nous cela. Moi aussi, je veux être sauvé ! »

(Cranz, Geschichte Von Groenland, page 490)

 

Et Kajarnak crut, vécut en Chrétien et mourut dans la paix, prémices bénies d’une abondante moisson.

 

 Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)  Bible

 

Croix Huguenote

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:38
Dieu est Amour (2ème Partie)

Dieu est Amour

(2ème Partie)

Par Adolphe Monod,

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Eh bien, mettons nous à la place de Kajarnak dont la conscience vient enfin de se réveiller, et cherchons à nous expliquer la vive impression qu’il reçoit de cet Evangile tout nouveau pour lui.

 

Il ne faut pour cela que suivre pas à pas notre apôtre dans ce développement si court, mais si plein, que nous avons lu dans 1 Jean Chapitra 4 verset 8 :

 

« Dieu est Amour ».

 

Nous y voyons tout à la fois que l’homme pécheur peut encore avoir part à la vie éternelle, que Dieu a envoyé dans le monde son Fils revêtu d’une chair mortelle, qu’Il l’a livré à la mort en expiation de nos péchés, et qu’Il a fait tout cela pour nous gratuitement, quand nous n’avions mérité que sa colère.

 

La première chose qui doit porter Kajarnak à reconnaître que Dieu est amour, c’est le but que Dieu s’est proposé dans l’Evangile et que l’apôtre énonce en ces mots :

 

« Afin que nous ayons la vie ».

 

Quoique le pécheur ait mille fois encouru la mort, Dieu veut non qu’il meure, mais qu’il vive.

 

Il l’a déclaré, Il l’a juré par lui-même :

 

« Je suis vivant, dit le Seigneur, que Je ne prends point plaisir en la mort du méchant, mais en ce qu’il se convertisse et qu’il vive ».

 

Plus on développe à Kajarnak cette vie que Dieu veut donner au pécheur, plus il est surpris, charmé, ému d’un tel amour.

 

Cette vie, c’est la vie de grâce : c’est le pardon de toutes ses offenses, un pardon qui efface, qui ôte le péché.

 

Oter mon péché, se dit à lui même cet homme simple, quel langage !

 

Quand j’ai souillé mes mains du sang  de mon ennemi, je l’ai ôté avec l’eau de la mer ou avec la neige des cieux ; mais ôter le péché de dessus ma conscience, et me rendre la paix, quel amour !

 

Cette vie, c’est la vie du ciel ; c’est la possession de la gloire de Dieu dans le séjour des bienheureux et dans la société des saints anges.

 

Un pécheur tel que moi appelé à une telle gloire, admis dans un tel séjour, reçu dans une telle société : quelle vocation, quel amour !

 

Cette vie, c’est la vie de Dieu : c’est l’Esprit de Dieu, c’est Dieu même qui vient habiter au dedans du pécheur, c’est Dieu qui se donne à lui, qui s’unit à lui ; n’est ce pas là le propre de l’amour ?

 

Dieu faisant sa demeure dans mon âme comme dans un sanctuaire de prédilection, dans cette âme qui ne semblait réservée qu’au démon et à ses anges : quelle condescendance, quel amour !

 

Mais cette nouvelle, cette excellente nouvelle, est elle bien vraie ?

 

Le peut elle être ?

 

Et la loi de Dieu que j’ai violée ; et la Parole de Dieu, engagée à punir le péché par la mort ; et la justice de Dieu, intéressée au châtiment de mes crimes, que deviennent elles ?

 

Peut être semble t il à plusieurs de nous que je prête à Kajarnak des pensées peu naturelles.

 

Dans ce pardon de Dieu auquel il a peine à croire, nous ne découvrons rien qui nous étonne, nous, saturés de science évangélique sans avoir reçu l’Evangile dans notre cœur ; et nous n’y savons voir, au lieu d’une grâce merveilleuse, qu’une chose toute simple que Dieu devait à ses créatures et qu’il se devait à lui même.

 

Faut il donc un si grand appareil pour pardonner ?

 

N’est ce pas le plus noble usage qu’un souverain puisse faire de sa puissance ?

 

Et comment les perfections qu’on prête à Dieu nous feraient elles moins attendre de sa part ?

 

Nous sommes pécheurs, sans doute, mais à tout péché miséricorde.

 

Voilà une de ces maximes populaires où, par une affreuse confusion de la vérité avec l’erreur, on se sert de l’Evangile pour anéantir l’Evangile.

 

A tout péché miséricorde :

 

Maxime vraie, maxime sainte, maxime divine, si nous disions avec surprise, avec ravissement, et comme d’une chose presque incroyable :

 

Il est donc vrai qu’il y a un pardon pour tous nos péchés !

 

Mais maxime fausse, maxime de péché, maxime de perdition,  si nous disons sans joie, sans émotion, et comme d’une chose qui suit tout naturellement des perfections de Dieu et des misères de l’homme :

 

A tout péché miséricorde.

 

Ah ! C’est que nous jugerions alors de Dieu par nous mêmes, attirant ainsi sur nous ce reproche accablant qu’Il adresse aux plus méchants d’entre les hommes :

 

« Véritablement, vous avez estimé que j’étais semblable à vous » (Psaume 50 :21).

 

Pour nous, « formés dans l’iniquité, conçus dans le péché », c’est une chose toute simple que nous tolérerions sans indignation et sans surprise dans les autres ce qui serait tristement en nous une seconde nature.

 

Mais en est il de même pour ce Dieu « dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, qui ne tient pas le coupable pour innocent », et qui a dénoncé la mort et la malédiction contre quiconque transgresse ses commandements ?

 

Il ne faut pas, il ne se peut pas que sa Parole soit trouvée vaine, ni sa loi foulée aux pieds, ni sa justice désarmée ; et Dieu ne serait plus Dieu s’Il pardonnait comme nous l’entenderions.

 

Sachons qu’il y a un obstacle sur le chemin de ce pardon, un obstacle immense, un obstacle à jamais insurmontable pour tout autre que pour Celui « à qui rien n’est impossible ».

 

 

Bien loin que les pensées que nous avons prêtées à Kajarnak aillent au delà de la vérité, elles demeurent fort en deçà.

 

Kajarnak est encore trop peu éclairé sur les perfections divines pour bien apprécier la difficulté ; plus il croîtra en lumières, plus il la verra grandir devant lui.

 

Mais donnons là à résoudre à de plus avancés.

 

Donnons la à résoudre à ce pécheur depuis longtemps travaillé et chargé, qui ne peut se persuader qu’il y ait pardon pour lui, tant il est touché de sa misère et de la sainteté de Dieu, et nous l’entendrons prier ainsi dans le secret de son cabinet :

 

Pardonne moi, ô mon Dieu, si Tu peux me pardonner sans porter atteinte à ta Sainte Loi !

 

Donnons la à résoudre à ce profond théologien, qui s’exerce jour et nuit dans la contemplation de la grâce, et nous le verrons écrivant dans un journal auquel il confie ses plus secrètes pensées :

 

« Je ne voudrais pas d’un salut où la loi ne serait pas honorée et mon péché expié » (Memoir of Griffin, by Sprague, p27)

 

Faisons mieux encore : donnons la à résoudre aux anges du ciel.

 

Plaçons nous avec eux entre la chute et la promesse, et demandons leur un moyen par lequel Dieu puisse pardonner sans cesser d’être juste, et faire grâce au pécheur sans épargner le péché.

 

Venez, esprits célestes, appris aux méditations sublimes, et qui avez pénétré si avant dans les pensées de l’Amour Divin : tâchez de résoudre ce grand problème.

 

Rassemblons toutes les forces de notre esprit immortel ; appelons à notre aide toute la philosophie d’en haut ; cherchons, méditons, montons au troisième ciel, descendons au plus profond des abîmes, et dites moi, si vous le savez, un moyen de pardonner sans cesser d’être juste et de faire grâce au pécheur sans épargner le péché.

 

Mais comment aurions nous pu découvrir une chose qui, venant à être révélée, étonne et accable notre intelligence ?

 

Comment pourrions nous pressentir la pensée de Dieu dans l’Evangile, nous que le Saint Esprit nous dépeint courbés sur cette pensée, comme les chérubins sur l’arche, et ne pouvant jamais contenter « le désir » qui nous consumait « d’y regarder jusqu’au fond » ? (1 Pierre 1 :12)

 

Ah ! Plutôt faisons silence, et écoutons ensemble la voix de Dieu lui même sortant du ciel :

 

« J’ai trouvé la propitiation ». (Job 33.24)

 

Il l’a trouvée ; et l’on dirait qu’Il s’étonne Lui même d’avoir réussi à la découvrir, tant ce succès est une étonnante merveille où toute la plénitude de sa divinité a dû être engagée.

 

Il l’a trouvée ; mais Il l’a trouvée tout entière dans Son Propre Sein ; « Son propre bras l’a dirigé, et Sa Propre Justice l’a soutenu » ; toute cette œuvre est « de Lui, par Lui et pour Lui ».

 

Il l’a trouvée :

 

« Gloire soit à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bonne volonté envers les hommes ! »

 

Ce Dieu qui a trouvé la propitiation, ce Dieu qui a voulu si fermement nous donner la vie qu’Il a comme triomphé de Sa Justice et de Sa Loi, ce Dieu n’est il pas Amour ?

 

Si le but que Dieu s’est proposé dans notre rédemption touche le cœur de Kajarnak, le moyen qu’Il a employé pour nous racheter le touche plus encore.

 

Dieu a trouvé la propitiation, et voici la propitiation qu’Il a trouvée :

 

« Il a envoyé son Fils Unique au monde ».

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:34
Dieu est Amour (3ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(3ème Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Dieu a un Fils, quelle étonnante nouvelle !

 

Accoutumé à entendre parler de ce Fils de Dieu depuis notre naissance, nous ne sentons pas tout ce qu’il y a d’étrange dans la seule idée de paternité, de génération, associé avec le nom du Dieu créateur.

 

Kajarnak en est frappé bien plus vivement que nous ; mais le pieux chrétien qui lui parle à cet instant n’arrête guère son attention sur ces profondeurs, et, jaloux de parler à son cœur, il ne touche au mystère qu’autant qu’il le faut pour lui faire concevoir quelque chose de l’inconcevable amour qui doit unir ce Père à ce Fils.

 

Le nom seul de Fils le fait déjà connaître : car quel nom plus tendre le Saint Esprit pouvait il choisir, quand il voulait nous montrer dans une relation terrestre quelque image de cet éternel amour ?

 

Mais ce n’est pas assez pour lui : à ce nom de Fils il en joint d’autres qui le relèvent encore.

 

C’est « le Fils unique de Dieu, son propre Fils, son Fils bien aimé ».

 

Unique, qui soutient avec lui une relation à laquelle ne participe aucune créature ; propre, qui lui appartient en vérité, et qui est né de lui réellement et sans figure ; Bien Aimé, « en qui Il prend tout son plaisir ».

 

Oh ! Que de force et de simplicité tout ensemble dans cette parole :

 

« Le Père aime le Fils ! »

 

Il l’aime, et lui communique toute sa puissance :

 

« Le Père aime le Fils, et lui remet toutes choses entre les mains ».

 (Jean 3-35).

 

Il l’aime, et lui fait part de tous ses secrets :

 

« Le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’Il fait ».

 (Jean 5-20).

 

Il l’aime de toute éternité :

 

« Père, tu m’as aimé avant la fondation du monde »

 (Jean 17-24).

 

Il l’aime, et cet amour du Père pour le Fils est le type éternel de tout amour véritable ; tout autre amour n’est qu’un reflet de celui là ; et tout ce que le Fils peut demander de plus excellent pour ses plus chers disciples, c’est « que le Père les aime ainsi qu’Il l’a aimé ».

 

Oh ! Qui dira ce que ce Fils est pour ce Père ?

 

Qui nous racontera ces épanchements intimes, cette dilection ineffable, cette habitation éternelle du Fils dans le sein du Père ?

 

Qui déploiera devant nos yeux tout le sens de cette parole :

 

« J’étais alors par devers Lui son nourrisson,  j’étais ses délices de tous les jours » ?

(Proverbes 8-30)

 

 

Eh bien, avec quel sentiment Kajarnak apprendra-t-il que ce Fils de Dieu, ce Fils Unique, ce Fils Bien Aimé est celui que le Père envoie dans le monde, celui qu’Il éloigne de son trône, de sa gloire, de son sein, pour que nous vivions par Lui !

 

Si le Fils de Dieu est si grand, si précieux, si cher à ses yeux, que Lui sommes nous donc, nous pour qui Il a donné ce Fils si grand, si précieux, si cher ?

 

Si un capitaine rachète à prix d’or ses prisonniers retenus par l’ennemi, n’est ce pas que la liberté de ses compagnons lui est aussi chère, lui est plus chère encore que l’or dont il les rachète ?

 

Si Abraham offre en holocauste Isaac son fils, n’est ce pas que la Sainte Volonté de Dieu lui est aussi chère, lui est plus chère encore que la vie de ce fils tant aimé ?

 

Si Dieu « donne des hommes pour Israël et des peuples pour sa vie », n’est ce pas qu’Israël lui est aussi cher, lui est plus cher encore que les hommes, que les peuples qu’il donne pour sa délivrance ?

 

Et si le Père, placé dans cette alternative, ou de nous frapper en épargnant son Fils unique, ou de livrer son Fils unique pour nous épargner, livre son Fils et nous épargne, que dire de l’amour dont Il nous aime, qu’en dire qui ne parût le comble de l’égarement et de la présomption, si nous n’avions pour nous la vérité, l’évidence, la révélation de Dieu même ?

 

Quoi qu’il en soit, Il le livre, Il le donne, Il l’envoie dans le monde ; dans ce monde que le péché a perdu, mais qui par cela même avait besoin de Lui pour être sauvé.

 

Il fait plus encore : Il l’y envoie sous la forme de l’homme pécheur, « et dans une chair semblable à notre chair de péché ».

 

Car ‘il a fallu, nous dit saint Paul, « qu’Il fût semblable en toutes choses à ses frères » ; et « parce que ceux qu’Il venait sauver participaient à la chair et au sang, Lui aussi a participé aux mêmes choses, afin que par la mort Il détruisît celui qui avait l’empire de la mort, savoir le diable ».

 

Y avons-nous jamais réfléchi ?

 

Quel honneur pour notre nature, pour cette pauvre nature déchue, que le Père l’ait fait revêtir au Fils, « la splendeur de sa gloire et l’image empreinte de sa personne » ; à ce Fils « qui, étant en forme de Dieu, s’est anéanti Lui-même, ayant pris la forme de serviteur fait à la ressemblance des hommes » !

 

Mais aussi quel abaissement pour le Fils, quelle merveille de condescendance et d’amour de la part du Père qui l’a donné !

 

Qu’était ce pour « le Rois des rois et le Seigneur des seigneurs », que de naître d’une femme et de tomber du sein de sa créature sur une terre maudite ?

 

Pour « le Fils du Très Haut », que d’échanger le sein du Père contre un séjour dont Satan est appelé le prince ?

 

Pour « le Dieu fort et puissant », que de souffrir le travail, la fatigue et la peine ?

 

Pour « Celui que tous les anges de Dieu adorent », que de traîner un corps de poussière et de boue ?

 

Pour « le Seigneur de gloire », que de se voir assujetti aux infirmités et aux humiliations de la chair ?

 

Pour « l’Héritier de toutes choses », que de soutenir un corps périssable avec une nourriture périssable ?

 

Pour « le Saint des saints », que d’être tenté par le diable ?

 

Pour « le Prince de la vie », que d’être soumis à l’abaissement de la mort et du tombeau ?

 

Aussi, voyons l’étonnante pensée que ce mystère inspire à saint Paul.

 

Ce que le Seigneur fait ici pour nous, Il l’a fait pour nous seuls ; Il n’a rien fait de pareil pour les anges eux-mêmes.

 

« Car, dit l’apôtre, Il n’a pas pris ou assisté les anges, mais Il a pris la semence d’Abraham. »

 (Hébreux 2-16)

 

Oh ! Quel amour que Celui qui a conçu la pensée d’associer à notre misère, pour nous en retirer, le Fils de Dieu même !

 

Le Dieu qui a envoyé son Fils au monde, pour que nous vivions par Lui, ce Dieu n’est il pas amour ?

 

Mais de quel message le Père a-t-il chargé le Fils, et quelle œuvre Lui a-t-Il donnée à faire en « l’envoyant dans le monde » ?

 

« Il l’a envoyé », répond l’apôtre, « en propitiation pour nos péchés » ; et l’œuvre qu’Il lui a donnée à faire, c’est l’expiation de nos crimes par son sang.

 

L’expiation : mot banal parmi nous, doctrine usée, qu’un enfant sait par cœur ; mais quel mot, mais quelle doctrine pour le catéchumène de Beck !

 

Tu viens d’entendre, Kajarnak, que Dieu a envoyé son Fils au monde pour te sauver ; écoute maintenant comment Il doit te sauver.

 

Il faut que « ce Saint et ce Juste » reçoive à ta place le coup que tu as mérité, mais que le Père veut détourner de toi.

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », loin de Dieu et de sa loi ; « mais l’Eternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous », la mienne, la tienne, l’entends tu bien ?

 

Et puis, Il l’a « navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités. Il a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous procure la paix, afin que nous ayons la guérison par sa meurtrissure ».

 

Ecoute encore :

 

« Celui qui n’a point commis de péché, Il l’a fait être péché pour nous, afin que nous fussions justice de Dieu en Lui ».

 

Qu’en dis tu ?

 

L’avais tu prévu, l’aurais tu imaginé, l’aurais tu rêvé, qu’un Dieu offensé verserait pour laver tes offenses le sang de son propre Fils ?

 

Je pourrais te montrer, dans les contrées lointaines et privilégiées d’où l’on t’apporte cette étonnante nouvelle, des hommes, des assemblées entières qui trouvent cela tout simple : mais toi, dussent ils te taxer d’exagération et d’enthousiasme, qu’en dis tu, qu’en pourrais tu dire ?

 

Mais viens, suis moi au pied de la croix du Fils de Dieu : c’est un spectacle qu’il faut contempler de plus près.

 

 

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite)

 

Bible

Croix Huguenote

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:32
Dieu est Amour (4ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(4ème Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

 

Oh ! Quel amour que Celui qui a conçu la pensée d’associer à notre misère, pour nous en retirer, le Fils de Dieu même !

 

Le Dieu qui a envoyé son Fils au monde, pour que nous vivions par Lui, ce Dieu n’est il pas amour ?

 

Mais de quel message le Père a-t-il chargé le Fils, et quelle œuvre Lui a-t-Il donnée à faire en « l’envoyant dans le monde » ?

 

« Il l’a envoyé », répond l’apôtre, « en propitiation pour nos péchés » ; et l’œuvre qu’Il lui a donnée à faire, c’est l’expiation de nos crimes par son sang.

 

L’expiation : mot banal parmi nous, doctrine usée, qu’un enfant sait par cœur ; mais quel mot, mais quelle doctrine pour le catéchumène de Beck !

 

Tu viens d’entendre, Kajarnak, que Dieu a envoyé son Fils au monde pour te sauver ; écoute maintenant comment Il doit te sauver.

 

Il faut que « ce Saint et ce Juste » reçoive à ta place le coup que tu as mérité, mais que le Père veut détourner de toi.

 

« Nous avons tous été errants comme des brebis », loin de Dieu et de sa loi ; « mais l’Eternel a fait venir sur Lui l’iniquité de nous tous », la mienne, la tienne, l’entends tu bien ?

 

Et puis, Il l’a « navré pour nos forfaits, froissé pour nos iniquités. Il a fait tomber sur Lui le châtiment qui nous procure la paix, afin que nous ayons la guérison par sa meurtrissure ».

 

Ecoute encore :

 

« Celui qui n’a point commis de péché, Il l’a fait être péché pour nous, afin que nous fussions justice de Dieu en Lui ».

 

Qu’en dis tu ?

 

L’avais tu prévu, l’aurais tu imaginé, l’aurais tu rêvé, qu’un Dieu offensé verserait pour laver tes offenses le sang de son propre Fils ?

 

Je pourrais te montrer, dans les contrées lointaines et privilégiées d’où l’on t’apporte cette étonnante nouvelle, des hommes, des assemblées entières qui trouvent cela tout simple : mais toi, dussent ils te taxer d’exagération et d’enthousiasme, qu’en dis tu, qu’en pourrais tu dire ?

 

Mais viens, suis moi au pied de la croix du Fils de Dieu : c’est un spectacle qu’il faut contempler de plus près.

 

« Voici l’heure venue et la puissance des ténèbres » ;  l’heure dont la seule approche lui cause de si cruelles angoisses qu’il sort de son corps une sueur de sang qui coule en grumeaux à terre, mais l’heure que le Père ne pouvait Lui épargner s’Il voulait nous épargner nous-mêmes.

 

Abraham, près d’accomplir son sacrifice, entend la voix d’un ange qui lui crie :

 

« Abraham, Abraham, ne mets point ta main sur l’enfant ! ».

 

Mais cet autre Abraham, n’a personne au dessus de lui pour retenir son bras prêt à frapper : ce qu’il n’a point exigé de son serviteur, il se le commande à lui-même, et il ne s’arrêtera point que le sacrifice ne soit consommé.

 

Venez, rage de l’enfer, venez, fureur de la terre, venez, colère du ciel, épuiser sur cette tête innocente, que le Seigneur vous abandonne, tout ce que vous avez de plus redoutable, et « accomplir tout ce que Sa main et Son conseil avaient auparavant déterminé devoir être fait ! ».

 

« Satan, l’ancien serpent », impatient d’accomplir la première prophétie, soulève en sifflant sa tête hideuse, et « brise le talon de la semence de la femme ».

 

Vaincu naguère par Celui qu’il était venu tenter, il s’était retiré pour un temps.

 

Mais voici que le Père lui permet de revenir, de soulever toute son armée contre le Fils, d’entrer dans Judas pour le trahir, dans Caïphe pour le condamner, dans Pilate pour le livrer ; et s’il n’a pu faire tomber au désert le Saint des saints, il pourra faire mourir en Golgotha le Prince de la vie ; pour Lui fournir l’occasion « d’affranchir par sa mort tous ceux que la crainte de la mort tenait asservis ».

 

Voici quelque chose de plus odieux encore.

 

Que cette ange redoutable, l’éternel ennemi de Dieu et des hommes, s’acharne contre le Fils de Dieu et le Sauveur des hommes, cela est indigne, mais cela se conçoit du moins ; mais ces hommes qu’il venait sauver, ces hommes dont Il avait revêtu la nature, comment le traitent ils à leur tour ?

 

Car le Père l’a livré entre leurs mains et « ils lui font ce qu’ils veulent ».

 

Ils le traitent, je ne dis pas, non en Fils de Dieu ; je ne dis pas, non en Roi ; je ne dis pas, non Prophète ; je ne dis pas, non en Juste, mais non en homme.

 

Ils le réduisent, eux, ces vers de terre, Lui, le Fils de Dieu, à s’écrier sous le poids de leur haine et de leur mépris :

 

« Et moi, l’opprobre et le méprisé du peuple, je suis un ver et non un homme ! ».

 

Ils se le vendent l’un à l’autre ; ils l’estiment au prix de trente pièces, dans le moment qu’Il les estimait, Lui, au prix de son Divin Sang ; ils le surprennent de nuit, armés d’épées et de bâtons ; ils le lient, ils le traînent de Pilate à Hérode, et d’Hérode à Pilate.

 

Ils le raillent comme roi, le parent d’écarlate et le couronnent d’épines ; ils le raillent comme prophète, lui donnent des soufflets et lui disent :

 

« Prophétise qui t’a frappé » ; ils le raillent comme Fils de Dieu, et lui crient : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve toi toi-même ! ».

 

Ils le frappent d’une verge, ils lui crachent au visage, ils le condamnent à mort, ils lui préfèrent Barrabas, ils le crucifient avec un malfaiteur à sa droite et un autre à sa gauche ; et tandis que les plus grands scélérats excitent du moins dans ce moment suprême, plus de pitié que de colère, même chez leurs plus cruels ennemis, Lui Seul a été réservé du Père à l’affreux privilège d’exciter sur sa croix, d’exciter dans son agonie, d’exciter par ses cris et par ses prières les rires, l’ironie, les sarcasmes de ses persécuteurs !

 

Ce n’est pas tout encore, c’est peu auprès de ce qui nous reste à dire

 

 – à qui ? A nous ? Non, mais à Kajarnak, mais à un impie qui heureusement ne connaît pas ces choses, ou du moins ne les connaît pas comme nous, qui savons les souffrances de notre Sauveur comme on sait tristement les fables d’Homère ou les histoires des siècles passés. 

 

Quand le Fils était seul, seul dans la tentation du désert, seul dans l’angoisse de Gethsémané, seul sur la croix, Il pouvait dire :

 

« Je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » ; mais que serait ce si le Père Lui-même venait à l’abandonner ?

 

Contre la rage du démon, contre la haine des pharisiens, contre les clameurs de la populace, contre la lâcheté de Pilate, contre les sarcasmes des sacrificateurs, Dieu, son Dieu, son Père, Le soutenait et Le consolait ; mais qui Le consolera, qui Le soutiendra contre la colère, contre la malédiction, contre la justice terrible de Dieu Lui-même ?

 

Cette mort, ce supplice, ce corps rompu, ce sang versé, ces outrages, ce sont là sans doute des amertumes de la croix ; mais l’amertume de la croix est ailleurs, la cause de sa sueur de sang est ailleurs, la coupe qu’Il demandait à ne pas boire, s’il était possibles, est ailleurs.

 

Le péché venant sur Lui, avec ce qui suit le péché, la colère du Père, la malédiction du Père,  voilà l’amertume de la croix.

 

J’ai vu le Père rassemblant sur le Fils l’iniquité de nous tous, Lui faisant porter nos péchés en son corps, le faisant être péché pour nous, le chargeant de nos transgressions jusqu’à surmonter sa tête et à le faire plier sous le fardeau.

 

Je l’ai vu, pour nous racheter de la malédiction à le froisser (Esaïe 53-10), le mettant en langueur, appesantissant sa main sur Lui, le transperçant de ses flèches, et ne laissant rien d’entier dans sa chair à cause de son indignation, ni de repos dans ses os à cause du péché. (Galates 3-13).

 

Je l’ai vu trouvant désormais dans son Fils, OUI, dans Son Fils Unique et Bien Aimé, un spectacle qui repousse sa Majesté Sainte, s’éloignant de sa délivrance et des paroles de son rugissement, le laissant crier, la voie lassée, le gosier desséché, les yeux consumés d’attente, et le contraignant enfin à cette exclamation d’angoisse :

 

« Eli, Eli, lamma sabachtahani ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as Tu abandonné ? »

 

Ceci nous laisse t il encore l’œil sec, le cœur froid ?

 

Qu’on me donne donc un autre auditoire !

 

Donnez moi donc pour auditeur des Groënlandais, des non croyants, qui entendent parler pour la première fois des merveilles d’un tel Amour, et je vous les montrerai émus, pénétrés de componction et s’écriant :

 

« Que faut il que nous fassions pour être sauvés ? »

 

Que dis je ?

 

Donnez moi le sol de la terre, donnez moi les rochers, donnez moi le voile du temple, donnez moi le soleil pour auditeurs, et je vous montrerai cette terre tremblant, ces rochers se fendant, ce voile se déchirant, ce soleil se voilant le visage, et l’univers, témoin de leur deuil et de votre indifférence, se demandant si ce n’est pas pour eux que le Fils de Dieu est mort plutôt que pour vous !

 

Dites le nous, Groënlandais, non croyants, dites le nous, terre, rochers, voile du temple, soleil, le Dieu qui a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés, ce Dieu, qu’est Il, s’Il n’est pas Amour ?

 

Mais ce qui achève de briser le cœur de Kajarnak, c’est la cause de cet Amour.

 

Car enfin, si Dieu nous a tant aimés, d’où nous vient tout cet Amour ?

 

Pour nous, nous aimons ce qui est aimable ; surtout, nous aimons ceux qui nous aiment.

 

Etions nous aimables aux yeux de Dieu, ou l’avions nous aimé les premiers ? Non.

 

« En ceci est l’amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés. »

 

Dieu, se dit à lui même Kajarnak, Dieu a envoyé son Fils Unique dans le monde en propitiation pour mes péchés ; et moi, qu’ai je fait pour Lui ?

 

Qu’ai je fait pour attirer cet Amour dont Il me prévient, dont Il me comble, dont Il m’accable ?

 

Où sont mes titres, mes avances ; où sont mes œuvres, mes désirs, mes pensées qui ont pu provoquer de sa part un Tel Amour ?

 

Quand Il se souvenait de moi, quand Il prolongeait jusqu’à moi Sa Gratuité, quand Il sacrifiait pour moi son propre Fils, quand Il m’envoyait ce Chrétien de delà les mers pour me rendre témoignage de son Amour, hier encore, ce matin même, que faisais je ?

 

Je l’oubliais, je l’offensais, je foulais aux pieds sa Sainte Loi.

 

Je vivais dans l’égarement, dans la révolte, dans l’idolâtrie, dans la convoitise, dans la haine, dans le mensonge, dans le larcin, dans les voluptés.

 

Ah ! Mes avances, je n’en vois d’autres que mes péchés, et mes titres à son Amour, je n’en vois d’autres que cet Amour même !

 

Oui, Kajarnak, tu dis vrai ; et plus tu apprendras à te connaître, plus tu te verras coupable, injuste, rebelle, « ennemi de Dieu par tes pensées et tes œuvres mauvaises », digne enfin de l’enfer et d’une malédiction éternelle.

 

Si tu pouvais en douter un moment, le spectacle de cette croix même que tu as devant les yeux suffirait pour te désabuser.

 

Car, si elle te montre Dieu aimant tellement le pécheur qu’Il a donné son Fils Unique pour le sauver, elle te montre aussi Dieu détestant tellement le péché qu’il na pas fallu un poindre prix pour l’expier que la mort de ce Fils unique.

 

Un même sang mesure tout ensemble l’amour de Dieu pour nous et l’horreur de Dieu pour nos péchés.

 

Quels péchés que ceux qui ont exposé le fils de Dieu à la rage de l’enfer, à la fureur du monde, hélas ! Et à la colère du ciel !

 

Quels péchés que ceux que Dieu n’a pu contempler en son propre Fils sans l’accabler, Lui son Fils, du poids de sa malédiction !

 

Les plus terribles déclarations de la haine de Dieu contre le péché, le monde submergé par le déluge, cinq villes de la plaine consumées par le feu du ciel, des peuples entiers exterminés en Canaan, ces tonnerres, ces éclairs, cette fumée et ce tremblement du Sinaï, tout cela est peu de chose auprès du Fils Unique de Dieu mourant sur la croix.

 

Approche, Kajarnak, et achève de lire dans l’agonie de ton Sauveur l’enfer que tu as mérité.

 

Et pourtant, quand tu étais si haïssable que le sang du Fils de Dieu pouvait seul te réconcilier avec Dieu, Dieu t’a tant aimé qu’Il a versé pour toi ce sang précieux !

 

« Est ce là la manière des hommes ? »

 

Tu as pu aimer une femme, un enfant, un ami ; mais aimer un ennemi, mais le poursuivre de ton amour jusqu’à ce que tu eusses triomphé de sa haine, mais sacrifier pour lui ton plus précieux trésor quand il était au plus fort de son animosité contre toi, as tu jamais fait, as tu jamais vu, as tu jamais imaginé rien de semblable ?

 

Dieu t’a aimé, non pour quelque chose d’aimable qu’Il ait vu en toi, mais malgré tout ce qu’il y a eu de mauvais et d’odieux.

 

Il t’a aimé à cause de Lui même, par un épanchement de sa nature ; Il t’a aimé parce qu’Il est Amour.

 

Kajarnak n’est pas le seul qui s’émeuve à cette pensée.

 

Tous les écrivains sacrés n’ont qu’une voix là dessus, et dans les tendres prescriptions qu’ils font de l’Amour de Dieu, le point saillant, le trait qui a percé leur propre cœur, c’est la gratuité de cet Amour.

 

« Quand nous étions des enfants de colère comme les autres, Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand Amour dont Il nous a aimés, quand nous étions morts par nos offenses, nous a vivifiés ensemble avec Christ ; vous avez été sauvés par grâce. »

 

Et ailleurs :

 

« Quand nous étions privés de toute force, Christ est mort en son temps pour nous qui étions des impies. Or, à peine quelqu’un mourrait il pour un juste ; mais Dieu fait paraître son Amour envers nous, en ce que Christ est mort pour nous quand nous étions encore des pécheurs ». Ephésiens 2 / 1-5. Romains 5/6-8

 

Et encore :

 

« Car nous étions autrefois insensés, rebelles, abusés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, dignes d’être haïs et nous haïssant l’un l’autre. Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur et son Amour envers les hommes ont été manifestés, Il nous a sauvés, non par des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon Sa Miséricorde ». Tite 3/3-5

 

Mais tout cède à l’expression de notre apôtre :

 

« En ceci est l’Amour, non que nous ayons aimé Dieu, mais que Lui nous a aimés ».

 

Sentons nous la force de cette pensée :

 

« En ceci est l’Amour ? »

 

Ce que nous avons vu jusqu’à présent, une propitiation trouvée pour nos péchés, le Fils de Dieu envoyé au monde, ce Fils livré pour nos péchés, tout cela est une manifestation de l’Amour de Dieu, une manifestation si éclatante qu’auprès d’elle pâlissent toutes les autres marques de l’Amour Divin qu’un homme ou qu’un ange même pourrait recueillir de tout l’univers.

 

Mais voici plus qu’une manifestation de l’Amour, en voici l’Essence même et le Principe :

 

« Dieu nous a aimés le premier » 1 Jean 4/19 ;

 

et si la grandeur de cet Amour nous force à nous écrier avec admiration :

 

« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils » ;

 

la gratuité de ce même Amour arrache à nos cœurs humiliés et brisés cette tendre, cette profonde parole :

 

« Dieu est Amour ! »

 

Oui, Dieu est Amour : cela seul peut expliquer qu’Il ait ainsi aimé.

 

Qui ?

 

Des anges ? Des saints ?

 

Non, mais nous, ses ennemis, nous proprement, moi qui vous parle, vous qui me lisez.

 

Dieu est Amour : l’Amour est Son Etre, Sa Substance, Sa Vie.

 

Dieu est Amour :  l’Amour résume toutes Ses Œuvres et explique toutes Ses Voies.

 

L’Amour lui a inspiré la création d’une race sainte, et la rédemption d’une race déchue.

 

L’Amour a vaincu le néant pour nous donner l’existence, et triomphé du péché pour nous donner la vie éternelle.

 

L’Amour fait le sujet de l’admiration des anges, et le fera de la nôtre dans l’éternité.

 

Les pensées de Dieu sont Amour, Sa Volonté est Amour, Sa Providence est Amour, Ses Dispensations sont amour, Sa Sainteté est Amour, Ses Jugements son Amour, tout en Lui est Amour :

 

« Dieu est Amour ».

 

Mais le cœur de Kajarnak lui en dit plus que nos discours.

 

A l’ouïe de cette bonne nouvelle, voici ce païen, s’il est permis de lui donner un tel nom, le voici qui, suspendu à la parole du Chrétien, le cœur ému, la conscience troublée, s’écriant :

 

« Que dites vous là ? Répétez nous cela : moi aussi je veux être sauvé ».

 

Et pourquoi lui plutôt que nous, vous ?

 

Pourquoi la même doctrine, qui de ce non croyant a fait un Chrétien sur les rivages du Groënland, ne ferait elle pas aujourd’hui, où que nous soyons ou soyez un Chrétien réel et vivant ?

 

C’est l’invitation réveillant l’apathie ordinaire, à se mettre à la place de ce Groënlandais qui entend la Parole de Dieu, l’Evangile pour la première fois de sa vie ; mais gardons nous de croire que cette condition soit indispensable pour en être touché, que l’Evangile ait perdu de sa vertu pour l’avoir été si souvent entendu, et que cette froideur que nous déplorions tantôt soit une nécessité de position.

 

C’est une nécessité de péché, de négligence, d’ingratitude, d’incrédulité, et rien de plus.

 

Notre position est un privilège, si nous y savons seulement répondre.

 

L’Evangile a été souvent entendu, répété ? Eh bien, nous avons ce que souhaitait si ardemment Kajarnak :

 

« Répétez nous cela, répétez nous cela ».

 

On a fait pour nous ce que l’apôtre Paul prenait soin de faire pour ses chers Philippiens :

 

« Il ne m’est point fâcheux, et c’est votre sûreté, que je vous écrive les mêmes choses ».

 

 

Dieu est Amour par Adolphe Monod (Suite & Fin)

 

 

bible (5)Croix Huguenote

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:30
Dieu est Amour (5ème Partie)

Dieu est Amour

Par Adolphe Monod,

(5 ème et dernière Partie)

 

« Dieu est Amour »

(1 Jean Ch 4 verset 8)

 

 

Suppléons au défaut de nouveauté par la ferveur de la méditation, et nous allons trouver dans ce long usage que nous avons de l’Evangile un moyen de nous mieux pénétrer de l’Amour de Dieu.

 

Les œuvres de l’homme perdent à être considérées de trop près ; mais les œuvres de Dieu, mais les témoignages de son Amour, mais par dessus tout le don ineffable de son Fils, nous ne les pourrons jamais tellement admirer que nous ne demeurerions que fort au dessous de la vérité.

 

Nous ne le pourrions ni dans cette vie ni dans celle qui est à venir ; les anges eux mêmes ne le pourront jamais, eux qui s’efforcent en vain d’y regarder jusqu’au fond.

 

Combien de face nouvelles à contempler, que toutes les prédications, tous les livres, toutes les méditations ne suffiraient pas plus à épuiser que nous n’épuiserions la mer avec le creux de notre main !

 

Tantôt c’est la profondeur de l’abîme dont Dieu nous a retirés : quel Amour que celui qui nous a délirés du péché, de l’enfer, du feu éternel, de la société du démon et de ses anges !

 

« ta bonté est grande envers moi ; car tu as retiré mon âme d’un sépulcre profond ! »

 

Tantôt c’est le nombre, c’est l’immensité des dons qui accompagnent celui du Fils : quel Amour que celui qui nous accorde « grâce pour grâce », la vie éternelle, la paix, la lumière, la force, la joie, et pour tout dire en un mot , « la participation à la nature divine ».

 

Tantôt c’est la grandeur, c’est la plénitude du pardon que Dieu nous donne en Jésus christ.

 

Quel Amour que Celui qui anéantit le péché, « qui le jette au fond de la mer, qui l’éloigne de nous autant que l’Orient est éloigné de l’Occident », qui ne nous demande que de nous repentir et de croire, et qui, tombés à genoux sous le poids de la malédiction divine, nous relève affranchis, justifiés, glorifiés, sauvés !

 

Tantôt c’est la direction nouvelle que la Grâce de Dieu en Jésus Christ imprime à ces angoisses de la vie que nous héritons du premier Adam.

 

Quel Amour que Celui qui s’empare de tous ces fruits du péché, qui les fait entrer dans Son Plan, qui les contraint à accroître notre félicité, qui tourne la malédiction en bénédiction, et qui plie toutes les créatures, jusqu’aux plus ennemies, à ne plus travailler que pour notre bien !

 

Tantôt ce sont les appels particuliers que Dieu adresse à chacun de nous pour le porter à recevoir ce grand salut.

 

Quel Amour que Celui qui, nous voyant lent à fuir la colère à venir, nous envoie appel sur appel, avertissement sur avertissement, messager sur messager, affliction sur affliction, s’il le faut, et qui frappe coup sur coup à la porte de notre cœur !

 

Tantôt c’est cette ferme assurance de La Grâce que le Saint Esprit communique à une âme, et à l’âme même d’un Zachée, d’une Marie Magdeleine, d’un brigand crucifié.

 

Quel Amour que Celui qui rend une telle âme capable de saisir la vie éternelle, de ressusciter par avance, de prendre possession du paradis, de s’asseoir dans les Lieux Célestes avec Jésus Christ et de chanter le cantique :

 

« Je suis assuré que ni vie ni mort, ni anges ni principautés ni puissances, ni choses présentes ni choses à venir, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature, ne nous pourra séparer de l’Amour de Dieu qu’Il nous a montré en Jésus Christ Notre Seigneur ! »

 

 

Mais surtout, surtout, quel Amour que Celui qui a donné, qui a sacrifié pour nous le Fils Unique et Bien Aimé !

 

C’est là qu’il en faut toujours revenir ; c’est là que se concentrent toutes les grâces et le ciel tout entier.

 

Car « Celui qui n’a point épargné son Propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait Il pas toutes choses avec Lui ? ».

 

C’est là que nous contemplons sans voile, en face, « dans le visage de Jésus Christ » (2 Corinthiens 4/6), et de Jésus Christ crucifié, l’Amour caché dans le Sein du Père.

 

C’est là que le cœur de Dieu s’ouvre devant nous et que nous y lisons comme dans un livre des choses ineffables, que nulle langue humaine ne peut expliquer dignement.

 

C’est là que nous recevons une mesure nouvelle pour mesurer cet amour auquel toutes les dimensions humaines réunies ne suffisent point, et « qu’étant enracinés et fondés dans l’Amour, nous sommes rendus capables de comprendre, avec tous les saints, quelle en est la largeur, et la longueur, et la profondeur, et la hauteur, et de connaître l’Amour de Christ qui surpasse toute connaissance ».

 

Et pourtant, vains efforts !

 

Non, nous ne saurions le contempler sans voile !

 

Notre faible cœur n’y pourrait suffire !

 

Tout notre être en serait brisé, anéanti !

 

Ici bas nous n’en contemplons que les bords !

 

Et si, comme Moïse, nous demandons à Dieu de nous faire voir Sa Gloire, Il fera passer toute Sa Bonté devant nos yeux, mais nous ne pourrons pas la voir en face.

 

Tandis que ce spectacle se déploiera devant nous, « la main de Dieu nous tiendra couverts dans l’ouverture du rocher ».

 

Seulement une voix frappera nos oreilles, non plus celle qu’entendit Moïse,  mais une voix plus douce et plus tendre encore, la voix du Saint Esprit dans notre texte :

 

Dieu est Amour ! Dieu est Amour !

 

Et maintenant cet Amour, qu’en voulons nous faire ?

 

Voulons nous y répondre, comme Kajarnak, et dire :

 

« Moi aussi je veux être sauvé ? »

 

Il n’est pas demandé de croire à la vérité de la doctrine que le Seigneur vient de faire entendre, nous n’en pouvons pas douter.

 

Cette doctrine se rend à elle-même un témoignage trop manifeste.

 

Si elle n’était pas véritable, elle ne serait pas dans le monde : « ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, qui ne sont point montées au cœur de l’homme », et il serait plus inexplicable que l’homme eût conçu un tel dessein qu’il ne l’est que Dieu l’ait exécuté.

 

Il n’y a aucune ignorance qu’en exposant de la sorte, que la grandeur même de l’Amour que Dieu nous a témoigné, selon l’Evangile, rend l’Evangile incroyable pour un grand nombre.

 

Dieu donnant Son Fils Unique, ce Fils se chargeant de notre nature, ce Fils mourant pour nos péchés, c’est trop d’amour, c’est une condescendance trop infinie pour trouver une entière créance dans des cœurs asservis à l’égoïsme comme les nôtres.

 

Comment croire que Dieu a donné pour nous Son Fils Unique et Bien Aimé, si nous sommes si lents à donner pour autrui ?

 

Non pas un fils ou une fille unique et bien aimé€, mais un peu de notre temps, de notre travail, de notre nécessaire, de notre superflu, de notre bien être ?

 

Réfléchissons et reconnaissons que cela même qui excite notre incrédulité est ce qui doit la confondre.

 

Comment l’esprit humain aurait il pu imaginer un prodige d’amour qui le dépasse, qui le déborde de toutes parts ?

 

Comment serait il capable d’inventer ce qu’il n’est pas même pas capable de croire ?

 

Où l’a-t-il prise, cette idée accablante d’un Fils de Dieu mis en croix pour nos péchés ?

 

Dans quelle région inconnue, dans quels replis de ses méditations, dans quelles profondeurs de ses philosophes, dans quel rêve de ses poètes ?

 

Ah ! Quand je trouverais ce système de l’Evangile au fond d’un désert, loin des prophètes qui l’ont annoncé, loin des prodiges qui l’ont attesté, je le reconnaîtrais tout aussitôt pour l’ouvrage d’un Dieu dont les voies ne sont ps nos voies, ni les pensées nos pensées.

 

Quand Dieu aime, Il aime comme Il fait tout le reste, en Dieu.

 

Veut Il montrer sa puissance ? Il fend les flots de la mer.

 

Veut Il faire éclater Sa Justice ? Il fait monter un déluge sur la terre entière.

 

Veut Il déployer Sa Gloire ? Il parle, et un monde sort du néant.

 

Veut Il faire voir qu’Il est Maître Souverain ? Il parle encore, et le soleil s’éteint, et « les cieux sont roulés comme un livre ».

 

Et veut Il manifester Son Amour, qui « est par-dessus toutes Ses Œuvres » ? Il envoie Son Fils au monde, et Il le livre pour nos péchés.

 

Laissons donc là tous nos doutes, tous nos sophismes, toutes nos hésitations.

 

Faisons comme Kajarnak, écoutons notre cœur.

 

Ce cœur, ne le sentons nous pas ? Est à l’étroit au-dedans de nous, il manque d’air, de jour et de vie.

 

Mettons le au large, échangeons le dieu froid, le dieu mort que nous avons pu servir jusqu’ici, contre ce Dieu qui est Amour et qui a donné Son Fils pour nous sauver.

 

Aussi bien, quel autre salut pourrions nous trouver, quel autre chercher, à quel autre songer seulement en présence de ce spectacle d’amour ?

 

Quels titres, quels mérites, quelles œuvres, que ce fleuve d’amour n’emporte avec nos péchés ?

 

Irons nous peser nos vertus, énumérer nos services, compter les deniers de nos « aumônes » à la vue du sang du Fils de Dieu coulant pour nous ?

 

A cette vue, cessons du même coup et de rien craindre de nos péchés et de rien espérer de nos œuvres.

 

Hâtons nous de jeter au loin le vêtement souillé de notre propre justice, comme Bartimée son manteau.

 

Plongeons nous dans « cette source qui est ouverte en Jérusalem pour le péché et pour la souillure. Quand nos péchés seraient comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige, et quand ils seraient rouges comme le vermillon, ils deviendront comme la laine. »

 

Venons à Celui qui le Premier «  est venu chercher et sauver ce qui était perdu », et qui adresse une invitation si tendre :

 

« Vous tous qui êtes altérés, venez aux eaux, et vous qui n’avez point d’argent, venez, achetez et mangez ; venez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait ».

 

« Venez, et qu’on vous donne dans le sein une bonne mesure, pressée, secouée, et qui se répand par-dessus les bords ».

 

Venons, tels que nous sommes, quand nous entendrions l’Evangile pour la première fois, c’est assez.

 

Kajarnak ne l’avait pas entendu davantage.

 

On ne nous demande que de dire comme lui :

 

« Et moi aussi, je veux être sauvé », que de croire à l’Amour de Dieu, que d’entrer dans le Plan de Sa Grâce, et que de ne pas rendre « inutile le sang de la croix ».

 

Croyons, ouvrons nous, abandonnons nous, rendons nous !

 

Et s’il n’y a pas reddition, quelle est donc alors la pensée ?

 

Serait ce qu’il y ait fondation sur cet Amour même un secret calcul, et qu’il  y ait encouragement dans l’incrédulité par la pensée qu’un Dieu si rempli d’Amour ne saurait réserver une éternité misérable ?

 

S’il en est ainsi, il n’y aucun arrêt pour représenter combien ce calcul est indigne.

 

Eh quoi ! Lorsque Dieu fait appel à ce qu’il reste de plus noble et de plus généreux dans notre nature déchue, par un Amour immérité, immense, ineffable, nous tromperions autant qu’il est en nous le but d’un si tendre appel,  en ne songeant qu’à faire prévaloir contre Dieu de l’excès même de sa miséricorde !

 

Mais ne nous arrêtons pas là-dessus, parce que, dans la supposition qu’il vient d’être faite, ce langage serait vraisemblablement inintelligible pour beaucoup.

 

Il ne reste plus qu’à dire une chose, et elle sera sérieuse : c’est que cet Amour qui nous rassure est ce qui doit également nous faire trembler.

 

Gardons nous de comparer Dieu à ces personnes faibles dont la bonté imprévoyante flatte et nourrit le vice ou l’ingratitude qui en abuse ; bonté indigne d’un homme juste, plus indigne d’un magistrat intègre, combien plus indigne encore du « juge de toute la terre » !

 

L’Amour de Dieu est un amour Saint auquel s’associe l’horreur du péché, et nulle part, encore une fois, ni dans le déluge, ni dans Sodome et Gomorrhe, ni dans l’Egypte, ni dans Canaan, ni en Sinaï, cette horreur n’a été si hautement déclarée que sur la croix.

 

Si nous demeurons dans nos péchés et dans notre incrédulité, l’Amour de Dieu ne trouve point d’accès en nous, et Dieu ne peut pas nous faire face.

 

Il ne le peut pas, sans voiler Sa Sainteté et se manquer à Lui-même.

 

Il ne le peut pas, comme « Jésus ne put pas faire de miracles » chez les Nazaréens, « à cause de leur incrédulité » (Marc 6 :5 ; Matthieu 13 : 58).

 

Il ne le peut pas, parce que « nous aurons rendu Son Dessein inutile à notre égard » (Luc 7 : 30)

 

Il est écrit : «  Si nous sommes infidèles, Il demeure Fidèle, et ne peut se renier Lui-même » (2 Timothée 2 : 13)

 

Mais ce n’est pas assez dire.

 

L’Amour de Dieu trouvera accès chez l’incrédule, mais ce sera pour se tourner contre lui et pour rendre sa condition plus cruelle.

 

Si nous persévérerions dans cette voie,  un temps viendrait où nous serions réduits à souhaiter que nous n’eussions jamais été ainsi aimés, parce que l’Amour de Dieu, oui, Cet Amour Lui-même nous laisserait sans consolation, sans excuse et sans ressource.

 

Sans consolation :

 

Si nous avions été moins aimés, nous pourrions espérer peut être dans notre ruine quelque adoucissement aux reproches de notre conscience et à l’amertume de nos regrets ; mais le moyen de les adoucir quand nous songerions que Dieu nous avait tant aimés que de livrer à la mort pour nous Son Fils Unique et Bien Aimé ?

 

Quelle profondeur d’angoisse dans cette pensée : périr quand nous avions un Tel Sauveur !

 

Avoir été tant aimés et être venus dans ce lieu de tourment !

 

Sans excuse :

 

Si nous avions été moins aimés, nous pourrions essayer de quelque justification devant le Tribunal du Souverain Juge ;  mais que Lui répondre, mais comment ouvrir seulement la bouche, quand Il nous rappellerai combien Il nous a aimés et de quel prix Il a payé notre rançon ?

 

Pesons ces paroles :

 

 « Si quelqu’un avait violé la loi de Moïse, il mourait sans miséricorde sur la déposition de deux ou trois témoins. De combien pires tourments pensez vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, estimé profane le sang de l’Alliance par lequel Il a été sanctifié, et outragé l’Esprit de Grâce ? C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu Vivant ! » 

 

Terrible ! Et pourquoi ?

 

Nous venons de le lire, à cause des Grâces mêmes que nous avons reçues, à cause de l’Amour que Dieu nous a témoigné.

 

Enfin, et surtout, sans ressource :

 

Si nous avions été moins aimés,  nous pourrions rêver peut être quelque nouvelle manifestation d’amour, capable de réparer notre crime et de remédier à notre misère.

 

Mais qu’espérer de semblable quand Dieu a livré Son Propre Fils et ne l’a point épargné ?

 

Attendrons nous qu’une autre victime soit immolée tout exprès pour nous ?

 

Une victime plus précieuse devant Dieu que « Son Fils Unique et Bien Aimé » ?

 

Plus glorieuse que « l’image empreinte de Sa Personne et la Splendeur de Sa Gloire» ?

 

Plus touchante que « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ?

 

Plus grande que « Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » ?

 

Plus pure que « Le Saint des saints » ?

 

Plus capable de nous délivrer que « Le Conseiller, l’Admirable, le Dieu Fort et Puissant, le Père d’Eternité, le Prince de Paix » ?

 

Non, non.

 

« Si nous péchons volontairement après avoir reçu la Connaissance de la Vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais l’attente terrible d’un feu qui dévorer les adversaires » (Hébreux 10 : 26)

 

Aussi Dieu nous prend Il à témoin contre nous-mêmes qu’il n’y a rien à ajouter à ce qu’Il a fait pour nous.

 

« Jugez, je vous prie, entre moi et ma vigne. Qu’y avait il à faire à ma vigne que je ne lui aie fait » ?

 

Tout est épuisé, épuisé par l’Amour, et les ressources ne manquent que parce que l’Amour de Dieu s’est déjà donné, donné tout entier.

 

Il faut donc le dire, quelques répugnance que j’éprouve à présenter de pareilles considérations sur un tel sujet, il faut le dire à ceux qui spéculent sur l’Amour de Dieu, dont certains osent se prévaloir pour Lui contester et résister, et qui feront peut être, leur plus grand tourment dans l’avenir.

 

Cette pensée n’est pas nouvelle.

 

Bien des théologiens l’on émise.

 

Peut être est ce essentiellement cet Amour qui rendra leurs regrets plus amers, leur incrédulité plus criminelle, leur condition plus désespérée.

 

Peut être est ce cet Amour qui fera paraître la justice du jugement à venir, et qui expliquera l’inexplicable mystère d’un châtiment éternel.

 

Peut être mon texte recevra t il dans l’enfer une éclatante,  mais redoutable confirmation.

 

Peut être ne parlera t on pas moins de l’Amour de Dieu (quoique, hélas ! Avec un sentiment bien différent) dans le séjour des damnés que dans celui des bienheureux.

 

Il y a plus ici que de simples hypothèses.

 

On a vu des impies mourants, agités de pressentiments sinistres, rendre témoignage comme en dépit d’eux, au travers de leurs blasphèmes, à l’Amour de Dieu désormais fermé pour eux, mais fermé par eux seuls.

 

Le Saint Esprit nous montre dans l’Apocalypse les ennemis du Seigneur le reconnaissant, mais avec effroi, pour l’Agneau de Dieu, et disant aux montagnes et aux rochers :

 

« Tombez sur nous, et nous cachez de la face de Celui qui est assis sur le Trône et de la colère de l’Agneau ! Car le grand jour de Sa Colère est venu ; et qui est ce qui peut subsister » ?

 

La colère de l’Agneau !

 

Etrange, épouvantable association d’idées !

 

La colère du lion est dans l’ordre de la nature.

 

Mais la colère de l’agneau a quelque chose d’inaccoutumé qui la rend plus redoutable encore.

 

Plus elle est opposée à son caractère, plus il faut qu’elle soit juste, qu’elle soit provoquée, qu’elle soit inévitable, quand elle éclate.

 

Et si ses malheureuses victimes découvrent encore l’Agneau dans celui qui les frappe, ce caractère d’Amour n’arrache leurs hommages que pour accroître leur terreur.

 

Ah ! Puissiez vous ne jamais avoir à fuir devant la colère de l’Agneau !

 

Puisse un temps ne pas venir où le plus grand malheur serait d’avoir été aimés d’un si Grand Amour et Rachetés à un si haut prix !

 

Un temps où reconnaissant trop tard la vérité de mon texte, il y aurait confession certaine que Dieu est Amour, mais avec la rage dans le cœur !

 

N’est il pas vrai, nous ne voulons pas fermer plus longtemps notre cœur à l’Amour de Dieu, ni vivre sans foi devant un Dieu qui est Amour ?

 

Par cette foi, nous sauvons notre âme.

 

Par elle aussi nous devenons un autre homme, une autre femme.

 

Cet amour de Dieu que nous avons devant les yeux se communique à nous et renouvelle tout notre être.

 

C’est en se sentant aimé qu’on apprend à aimer, et l’égoïsme ne règne que parce qu’on ignore l’Amour de Dieu.

 

Entrevoyons nous la vie nouvelle que ce changement prépare ?

 

Je nous vois, « imitateur de Dieu, comme son Enfant Bien Aimé ».

 

Je nous vois, à l’exemple de Christ qui nous aimé, « aller de lieu en lieu faisant du bien », et trouver notre joie dans les privations, dans les fatigues, dans les sacrifices de la Charité.

 

Je nous vois, « pressé et possédé de l’Amour de Christ », sevré de notre volonté propre, de l’amour de l’argent et des plaisirs vides du monde, consoler l’affligé, soulager le pauvre, visiter le malade, et porter partout avec nous Jésus Christ et tous ses bienfaits.

 

Alors l’image et la ressemblance de Dieu aura été formée tout de nouveau dans le cœur !

 

Alors nous demeurerons en Dieu et Dieu en nous !

 

Si d’être aimé, c’est la vie de notre âme, aimer, n’en est ce pas la joie ?

 

Si d’être aimé, c’est toute la dogmatique de l’Evangile, aimer, c’en est toute la morale.

 

Aimer comme nous avons été aimés, c’est le ciel sur la terre, en attendant que ce soit le ciel dans le Ciel.

 

Heureux si l’Amour de Dieu nous pénètre de telle sorte qu’on ne puisse trouver à notre caractère, par quelque côté qu’on nous regarde, de définition plus exacte que celle que l’Amour a inspirée à Jean pour décrire Celui de Dieu !

 

Heureux si l’on peut dire de nous : Il est Amour ! Ses paroles sont Amour ! Ses œuvres sont Amour ! Son zèle est Amour ! Son travail est Amour ! Ses joies sont Amour ! Ses larmes sont Amour !

 

Heureux surtout si ce Dieu « qui sonde les cœurs et les reins » peut ajouter :

 

Son cœur aussi est Amour !

 

Amen.

 

Adolphe Monod Refuge Protestant

Adolphe Monod,

Pasteur Protestant réformée

Bible

Croix Huguenote

 

 

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 07:59
Le jour du Seigneur

La louange accompagnant notre prière nous appelle à l'exhortation :

 

"Offrons continuellement à Dieu un sacrifice de louange, le fruit de nos lèvres confessant Son Nom" (Hébreux 13-15).

 

A cause de Sa Grâce et de Sa Fidélité, le Seigneur nous rencontre dans le Culte qui Lui est dû.

En réponse à Sa Parole, nous offrons nos sacrifices de louange dans les Psaumes et les Hymnes.

Les Credos et les Confessions sont également le fruit de lèvres reconnaissant pleinement le Nom de Dieu.

Le Jour du Seigneur tiré de la première partie du Catéchisme d'Heidelberg au Temple Réformé de Langley (Canada) accompagné par Frank Ezinga, organiste.

 

 

 

 

1.

 

 

 

 

Question

Le Jour du Seigneur,

première partie du Catéchisme d'Heilderberg,

 

 
 
Quelle est ton unique assurance
dans la vie comme dans la mort ?
 
 
Réponse.
C’est que, dans la vie comme dans la mort1,
      j’appartiens, corps et âme,
      non pas à moi-même2,
      mais à Jésus-Christ, mon fidèle Sauveur3:
par son sang précieux4,
      il a totalement payé pour tous mes péchés5
      et m’a délivré de toute puissance du Diable6:
il me garde si bien7
      qu’il ne peut tomber un seul cheveu de ma tête
      sans la volonté de mon Père qui est dans les cieux8,
      et que toutes choses doivent concourir à mon salut9.
C’est pourquoi, par son Saint-Esprit,
      il m’assure la vie éternelle10
      et me rend prêt et disposé
      à vivre désormais pour lui, de tout mon cœur11.
 
 
 
1.       Romains 14:7-9.
2.       1 Corinthiens 6:19-20.
3.       1 Corinthiens. 3:23 ; Tite 2:14.
4.       1 Pierre 1:18-19.
5.       1 Jean 1:7 ; 1 Jean 2:2.
6.       Jean 8:34-36 ; Hébreux 2:14-15 ; 1 Jean 3:8.
7.       Jean 6:39-40 ; Jean 10:27-30 ;
           2 Thessaloniciens 3:3; 1 Pierre. 1:5.
8.       Matthieu 10:29-31 ; Luc 21:16-18.
9.       Romains. 8:28.
10.     Romains 8:15-16 ; 2 Corinthiens 1:20-22 ; 
          2 Corinthiens. 5:5 ; Éphésiens 1:13-14.
11.     Romains 8:14.
 
 
2.Question.

 

Combien de choses dois-tu savoir
pour vivre et mourir dans cette heureuse assurance ?
 
Réponse
Trois.
 
D’abord, combien sont grands mon péché et ma misère1.
Ensuite, comment j’en suis délivré2.
Enfin, quelle reconnaissance je dois à Dieu
      pour cette délivrance3.
 
 
 
1.       Jean 9:41; Jean 15:22; Romains 3:9-10 ; Tite 3:3 ;
          1 Jean 1:10.
2.       Luc 24:46-47 ; Jean 17:3; Actes 4:12 ;
          Actes 10:43; 1 Corinthiens 6:11 ; Tite 3:4-7.
3.       Matthieu 5:16 ; Romains 6:1-2 ; Romains 6:11-14 ;            Éphésiens 5:8-10 ;  Colossiens 3:17 ;
          1 Pierre 2:9-12.
 
 
 
 

.

 

 

 

Bible
hugenote cross

 

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 13:00
Paradoxe du Psaume 8 : Dieu si élevé et si proche à la fois

Quoi de plus paradoxal, quoi de plus époustouflant, que d'entendre dire que le Créateur de l'univers, de la terre comme des étoiles ou des galaxies les plus éloignées, connaît chacune de Ses Créatures terrestres individuellement, même la plus petite.

 

Certains veulent bien croire qu'un Dieu immensément élevé et éloigné de nous a donné naissance à l'univers, qu'Il en est l'Origine et la Cause Eternelle, mais comment pourrait-Il -grand Dieu ! - connaître Personnellement chacun de nous ?

 

Le psaume 8, quant à lui, ne fait pas mystère de ce mystère, il l'énonce avec le plus grand étonnement et en même temps la plus grande foi.

Dieu serait-Il Dieu s'Il ne pouvait connaître chacun de nous ?

Il faudrait plutôt parler d'une divinité sourde, aveugle, impuissante, en fin de compte inutile.

Ecoutons ces paroles :

Quand je regarde tes cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as établies : qu'est ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l'homme, pour que tu prennes gardes à lui ? Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l'as couronné de gloire et de splendeur. Tu lui as donné la domination sur les oeuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds, les brebis comme les boeufs tous ensemble, et même les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les courants marins. Eternel, notre Seigneur ! Que ton nom est magnifique sur toute la terre !

Ce psaume fait bien sûr écho au récit de la création de l'homme et de la femme au livre de la Genèse, où nous lisons que Dieu leur a confié un mandat d'intendance, de gestion, d'exploration et de protection vis-à-vis des ressources de la terre, ceci dans tous les domaines de l'existence et dans la soumission aux Normes Divines.

Le psaume 8, qui a débuté avec les mêmes paroles de louange qui le concluent, a immédiatement poursuivi en affirmant que les nourrissons et les petits enfants sont ceux-là mêmes qui proclament cette louange et que par elle, l'arrogance des méchants est stoppée nette :

Toi qui établis ta majesté au-dessus des cieux, par la bouche des enfants et des nourrissons tu as fondé ta force à cause de tes adversaires, pour imposer silence à l'ennemi et au vindicatif.

Mais à tous ceux qui relèguent Dieu dans un au-delà qu'il ne saurait (ou ne devrait) jamais franchir, croyant ou espérant sans doute ne jamais avoir à Lui rendre directement des comptes pour tous les méfaits qu'ils commettent, un autre psaume (94- 8:11) répond par ces paroles sans appel :  

Faites attention, stupides gens ! Insensés, quand aurez-vous du bon sens ? Celui qui a planté l’oreille n’entendrait-il pas ? Celui qui a formé l’œil ne regarderait-il pas ? Celui qui corrige les nations ne réprimanderait-il pas, lui qui enseigne la connaissance aux humains ? L’Éternel connaît les pensées des humains ! Elles sont vaines !

La Bible appelle les Croyants à une autre attitude :

Celle du Christ Jésus, Lui-même de condition Divine, mais qui a justement franchi cette distance apparemment incommensurable pour venir habiter auprès des hommes et les ramener vers le Père Eternel grâce à Son Oeuvre Unique de Médiateur.

S'il y a une preuve parfaite du fait que Dieu s'intéresse au sort des hommes, de chaque homme ou de chaque femme qu'Il a créé, c'est justement en la personne de Son Fils Bien-Aimé qu'Il a envoyé sur la terre pour cette Mission Unique.

Au second chapitre de sa lettre aux Chrétiens de la ville de Philippes, l'apôtre Paul écrit :

Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Amen,

 

 

Eric Kayayan,

Pasteur Protestant Réformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Foi&Vie Réformées

 

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:53
Christ est Ressuscité ! Joyeuses Pâques !

Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies.  A peine mourrait-on pour un juste; quelqu’un peut-être aurait le courage de mourir pour un homme qui est bon. Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous: lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. (Epître de Paul aux Romains)

 

Joyeuses Pâques à tous !

Christ est Ressuscité !

Oui Il est vraiment Ressuscité ! 

A Toi la Gloire ô Ressuscité !!!

1. À Toi la Gloire,
Ô Ressuscité !
A Toi la Victoire,
Pour l'Eternité !
Brillant de lumière,
L'ange est descendu ;
Il roule la pierre
Du tombeau vaincu.

 

Refrain :

À Toi la Gloire,
Ô Ressuscité !
À Toi la Victoire,
Pour l’Eternité !

 

2. Vois-Le Paraître !
C'est Lui, c'est Jésus,
Ton Sauveur, Ton Maître
Oh ! ne doute plus !
Sois dans l'allégresse,
Peuple du Seigneur,
Et redis sans cesse
Que Christ est Vainqueur.

 

3. Craindrais-je encore ?
Il vit à jamais,
Celui que j'adore,
Le Prince de Paix ;
Il est Ma Victoire,
Mon Puissant Soutien,
Ma Vie et Ma Gloire.
Non, je ne crains rien !

 

Bible

 

Croix Huguenote

 

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La source musicale même des endroits n'engagent pas sur certains domaines Refuge Protestant du point de vue doctrinal ou autres, ces sources trouvées pour la connaissance de chants communs ou autres restent libres & responsables pour eux-mêmes de leur contenu et direction.

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Charles Spurgeon

" J'avoue que je donnerais à peine un penny pour tout salut que je pourrais perdre. La vie éternelle est la chose dont nous avons besoin, la Vie de Dieu, qui ne peut jamais changer ou être enlevée de nous, et c'est ce qui est donné à toutes celles et ceux qui croient en Jésus Christ."

Car, lorsque que nous étions
encore sans force,
Christ, au temps marqué,
est mort pour des impies
 (Romains 5-6)

Croix Huguenote

  Une femme oublie-t-elle

l'enfant qu'elle allaite ?

... Quand elle l'oublierait,

Moi je ne t'oublierai point.

Voici, je t'ai gravée sur mes mains

Esaïe 49.16

Croix Huguenote 

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